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22e Année - N°239

Juillet/July 1998
38 rue des Eburons - 1000 Bruxelles
Tél: (32-2) 215 35 76 - Fax: (32-2) 215 58 60
E-mail:  info.turk@ping.be
 Chief Editor /Rédacteur en chef: Dogan Özgüden - Responsible editor/Editrice responsable: Inci Tugsavul

 

The government cedes once again to the military

 It is not a surprise for those who recognize a little bit the real character of the Turkish regime. Any demonstration of force of the establishment parties against the army, very often for fooling the public opinion, ends in stepping back and confirming their submission to the army generals.
 The same farce was staged once again at the beginning of July 1998.
 Everything started General Cevik Bir's talks with journalists in which the Deputy Chief of Staff stated that fundamentalism has remained the primary domestic threat in Turkey and opinion polls commissioned by the Turkish armed forces showed that the FP was the leading party.
 First Deputy Prime Minister Bulent Ecevit reacted against him by saying, "You cannot protect secularism by going to bed every night and having nightmares in the morning about fundamentalism And you certainly cannot protect it by regarding every devout person as a fanatic and hurting religious feelings."
 Few days later, on July 4, Prime Minister Mesut Yilmaz, at his press conference on the occasion of the first anniversary of his government, declared that the fight against the fundamentalism was the task of the government and qualified General Bir's remarks as an irresponsible act of a public servant.
 Political observers said the government was treading a thin line between satisfying army demands for a deeper anti-Islamist purge and keeping the loyalty of traditionalist Moslem voters.
 However the army's reaction against the government was not delayed. On Sunday, July 5, all force and army commanders met at the General Staff Headquarters and declared that they had a duty to protect the country's secular constitution.
 "To protect the present constitutional order is an obligation given to us by laws," the General Chief of Staff Ismail Hakki Karadayi said in the statement on behalf of the Armed Forces.
 On this reaction of the generals, the top of the State ceded once more. Prime Minister Mesut Yilmaz said he found the declaration very positive and added: "I would put my signature to it. If everybody did his duty there would be no trouble," Yilmaz had made similar remarks in March, prompting the military, who have staged three coups since 1960, to warn him not to interfere with their leading role in the anti-Islamist drive.
 Ecevit too expressed his satisfaction with the Army's declaration!
 As for President Süleyman Demirel, her said, "Everything is thus settling in its place. The quarrel is over."
 Although the Army's declaration was an open disobey to constitutional order and constituted a crime liable to the dismissal of the army chiefs, the big media too interpreted it as a normal functioning and applauded the military's sense of responsibility.
 Next day, HURRIYET said that Chief of General Staff Gen. Ismail Hakki Karadayi had the last word in the government-army quarrel. RADIKAL said, "The army bittersweet -- In response to Yilmaz the army issues a statement which is soft in style but harsh in content." SABAH said, "The commanders' reply"; MILLIYET, "Karadayi puts the final full stop"; YENI SAFAK, "The military gives a reply once again"; CUMHURIYET, "The military's reply in the fundamentalist threat quarrel: Protecting the regime is our constitutional duty"; ZAMAN, "General Staff takes a moderate but clear stance in the controversy involving the method to be used in the fight against fundamentalism: We are outside politics"; YENI YUZYIL, "Gen. Karadayi puts a full stop to the quarrel: Do not wear out the army"; and YENI SAFAK, "Yilmaz backs down yet another time, says he would put his signature to the statement."
 YENI SAFAK also reported that the quarrel between the military and the government has revived that controversy around the date of the proposed early election. The military, in the fear of an Islamist victory in an early election, does not want an election until the year 2000 when a new president is due to be elected.
 In fact, it is well known that the Army prefers a presidential system with a "yesman" like Demirel at the Presidential Palace.
 Although Prime Minister Yilmaz and CHP leader Deniz Baykal agreed on holding general and local elections anticipatively in April 1999, it will not be a surprise to see them take another back step and yield to the Army's directive to report all elections to 2000.

A l'ombre des généraux, tueurs à gages et narcotrafiquants

 L'attentat perpétré le 12 mai dernier à Ankara contre M. Akin Birdal, le président de l'Association turque des droits humains, a relancé le débat sur les agissements des réseaux criminels qui prospèrent à l'ombre du pouvoir." Alors qu'en Espagne les 28 meurtres commis par les GAL sont devenus une grave affaire d'Etat, en Turquie, qui se dit un Etat de droit et frappe à la porte de l'Union européenne, aucun des auteurs de plus de 4 500 meurtres politiques non élucidés, les tristement célèbres "faili meçhul", perpétrés depuis 1991, n'a encore été arrêté ; dans mon pays, les assassins courent les rues, les intellectuels sont derrière les barreaux", déclarait avec indignation M. Akin Birdal, dans une intervention devant un auditoire de la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH), dont il est le vice-président, quelques semaines avant la tentative d'assassinat à laquelle il a échappé miraculeusement. Pourtant, les faits sont connus et, dans une large mesure, officiellement reconnus.
 Dans son rapport publié le 28 janvier 1997, l'inspecteur en chef du gouvernement turc, M. Kutlu Savas, décrit comment, dans le no man's land juridique du Sud- Est kurde, les hommes de la guerre spéciale, ne se contentant point de tuer qui bon leur semble, se sont livrés au racket des commerçants, au chantage, au viol, au trafic de drogue (1).
 Il explique aussi comment l'Etat a délégué la sécurité d'un vaste district - autour des villes de Siverek et Hilvan - à l'armée privée d'un chef de tribu, M. Sedat Bucak, un député proche de Mme Tansu Ciller et qui a droit de vie et de mort sur ses habitants. Ce député seigneur de la guerre est par ailleurs le seul survivant de l'accident de circulation de novembre 1996 sur la route allant d'Izmir à Istanbul, près de la localité de Susurluk (2). Il s'y trouvait aux côtés d'un chef de police et d'un célèbre chef de la mafia d'extrême droite, Abdullah Çatli, impliqué dans l'attentat contre le pape, recherché par Interpol pour trafic de drogue et par la justice turque pour le meurtre de sept militants de gauche !
 Depuis, pour les Turcs, Susurluk est devenu synonyme de la dérive mafieuse de l'Etat. C'est pourquoi la population ne cesse de réclamer une opération "mains propres". Ni la création d'une commission d'enquête parlementaire ni la longue intervention télévisée du premier ministre Mesut Yilmaz, le 23 janvier 1997, commentant le rapport d'inspection qui venait de lui être remis, n'ont pu satisfaire l'opinion, qui y voit des tentatives visant à dissimuler l'étendue de la gangrène qui ravage le coeur même de l'Etat. D'autant que les responsables politiques et policiers désignés sont toujours en liberté et qu'ils affirment avoir agi sur des ordres provenant du sommet de l'Etat (3).
 L'inspecteur en chef du gouvernement constate avec amertume qu'un personnage comme Yesil, dit "le Terminator", est responsable d'au moins dix-neuf assassinats, dont celui d'un député, Mehmet Sincar. Il l'accuse également de l'enlèvement, à la porte de la Cour de sûreté de l'Etat de Diyarbakir, de deux jeunes filles, Sükran Mizgin et Zeynep Baka, qu'il a violées et torturées sauvagement avant de les tuer.
 Le rapport précise que le Terminator, au vu et au su de la police et de la MIT (Organisation nationale du renseignement), dont il appelait l'un des chefs "papa", a pu disposer à Ankara d'un compte bancaire où transitaient des sommes énormes provenant des rackets et du trafic de drogue". Porteur de cartes du bureau de renseignement du premier ministre, le criminel quitte le pays le 23 octobre 1996 à destination de Beyrouth, en compagnie de deux agents de la MIT portant des passeports diplomatiques - et ce en passant par le salon d'honneur, réservé au premier ministre, de l'aéroport d'Istanbul. Comment, dans ces conditions, parler de "dérive" et d'"errements"?
 Un autre policier tueur en série, M. Ayhan Çarkin, interrogé le 28 août 1996 par la MIT, raconte : "On m'a imputé 91 meurtres commis dans l'Est et le Sud-Est. ýNous savons tout cela et personne n'a rien à y redireţ, m'ont confié mes interrogateurs. Mais pourquoi avez-vous enlevé Omer Luftu Topal [le roi des casinos] ? Pour votre compte ? Savez-vous que vous servez une force politique ? Celle du premier ministre Tansu Ciller et de Mehmet Agar, directeur général de la sûreté."
 La déclaration tonitruante de Mme Tansu Ciller, le 4 octobre 1993, est souvent citée : "Nous connaissons la liste des hommes d'affaires et des artistes rackettés par le PKK (le Parti des travailleurs du Kurdistan), nous leur demanderons des comptes." A partir du 14 janvier 1994, près d'une centaine d'entre eux seront enlevés, un à un, par des commandos vêtus d'uniformes et à bord de véhicules de police. Après quoi, ils seront abattus quelque part sur la route entre Ankara et Istanbul, dans le "triangle satanique" de Kocaeli, fief de la mafia d'extrême droite et plaque tournante du trafic d'héroïne vers l'Europe.
 Chef de la principale unité d'exécution du bureau des opérations spéciales et impliqué dans ces assassinats, Abdullah Çatli était un proche de Mme Tansu Ciller - qui lui rendit un vibrant hommage après à sa mort dans l'accident de Susurluk. Considéré comme l'un des exécutants majeurs des basses oeuvres de la branche turque de l'organisation Gladio (4), Çatli avait déjà joué un rôle de premier plan dans les événements sanglants des années 1976 à 1980, lesquels avaient préparé les conditions du coup d'Etat militaire de septembre 1980. Jeune chef des milices d'extrême droite, les Loups gris, il fut accusé, entre autres crimes, de l'assassinat de sept étudiants de gauche.
 Un "grand patriote"
 ON reproche aussi à Abdullah Çatli d'avoir organisé l'évasion de prison et la fuite en Europe de Mehmet Ali Agça, reconnu coupable de l'assassinat du directeur du quotidien libéral Milliyet. Ce serait lui qui, à la demande du chef mafieux turc Bekir Celenk, aurait organisé l'attentat contre le pape en échange d'une somme de 3 millions de marks pour son mouvement. On le voit également en compagnie de Stephano Della Chiae, de la branche italienne de Gladio, au cours d'un périple en Amérique latine, et à Miami en septembre 1982. Réfugié en France, sous le nom de Hasan Kurtoglu, il reprend du service pour l'Etat turc, qui le charge d'une série d'attentats contre les intérêts arméniens et contre l'Asala - dont le plasticage du monument arménien d'Alfortville, le 3 mai 1984, et l'attentat contre l'activiste Ara Toronian. La MIT le rémunérant en héroïne, c'est pour trafic de stupéfiants qu'il est arrêté, le 24 octobre 1984, à Paris. Condamné à sept ans de prison, il est remis, en 1988, à la Suisse, qui voulait également le juger pour trafic d'héroïne. Malgré une nouvelle peine de sept ans de prison, il parvient à s'évader en mars 1990, grâce à de mystérieuses complicités. De retour en Turquie, il est recruté par la police pour des "missions spéciales" - à l'époque, il est officiellement toujours recherché par la justice turque pour meurtres et passible de la peine de mort (5).
 Salué comme "un grand patriote" par Mme Ciller, Abdullah Çatli était un personnage redoutable aux procédés diaboliques. Ainsi faisait-il d'abord payer les personnes figurant sur la "liste de Ciller" : il leur promettait d'effacer leur nom, encaissait l'argent, mais ensuite les faisait néanmoins enlever et exécuter, non sans les avoir préalablement torturées. L'une de ses victimes, Behçet Canturk, versera 10 millions de dollars, auxquels le "roi des casinos", Omer Luftu Topal, ajoutera 17 millions de dollars. Cette double rançon n'empêchera pas Canturk d'être enlevé, le 28 juillet 1996, par des policiers dirigés par Çatli. Lesquels, reconnus et signalés par un témoin à la sûreté d'Istanbul, le 25 août, seront brièvement gardés à vue à Istanbul, le 27 août, avant d'être transférés dans la nuit même à Ankara sur l'ordre personnel du ministre de l'intérieur. Pour les mettre à l'abri, ce dernier les affectera à la protection rapprochée du député Bucak, pilier de l'organisation spéciale de Mme Ciller. Quant au témoin téméraire, il sera abattu dès le 28 août...
 La guerre spéciale coûte cher. Dès 1993, une dotation de 70 millions de dollars est mise en place, puisée dans les fonds secrets du premier ministre. Cette somme, selon le rapport de M. Savas, est pour l'essentiel consacrée à l'achat en Israël des armes et équipements antiterroristes et à des opérations extérieures. A l'intérieur, le racket et les fonds secrets permettent notamment de rémunérer tueurs à gages et "indics". Toutefois, l'entretien de véritables armées privées comme celle de M. Bucak (20 000 hommes) et des 64 000 protecteurs de village (miliciens kurdes progouvernementaux), nécessite plus d'argent. Aussi les banques d'Etat sont-elles mobilisées pour accorder des crédits généreux à certains soutiens locaux du gouvernement. Mais l'essentiel du financement provient d'un gigantesque trafic d'héroïne.
 La Turquie joue, depuis les années 50, un rôle important dans le transit vers l'Europe et l'Amérique de l'héroïne produite dans le Croissant d'or : Afghanistan-Pakistan- Iran. Ce sont des groupes mafieux, étroitement contrôlés par la MIT, qui s'en chargent. L'un de leurs responsables raconte en ces termes cette coopération avec la police : "Nos hommes passent quand ils veulent sans aucun contrôle les douanes de Yesilköy (l'aéroport d'Istanbul) avec des mallettes contenant 3 à 5 millions de marks. Parfois, ils font tamponner leur passeport, parfois ils ne le font pas. Notre chef dispose de toutes sortes de faux passeports, de tampons, etc. (6)."
 Inci Baba, un "baba" (parrain), se targuait, à la télévision et dans les colonnes du Turkish Daily News du 7 décembre 1993, d'être un proche ami du président Süleyman Demirel, qu'il aurait "protégé et aidé" pendant sa traversée du désert. Il l'aurait même accompagné pour une visite officielle à Washington...
 Après la guerre du Golfe de 1991, la Turquie, privée de l'important marché irakien et dépourvue de gisements pétroliers significatifs, décide de compenser son manque à gagner par un recours plus massif à la drogue. Le trafic s'accélère brusquement à partir de l'arrivée au pouvoir des faucons à la suite de la mort suspecte du président Turgut Ozal, en avril 1993. Il faut dire qu'en 1994, à en croire le ministre de l'intérieur lui-même, la guerre du Kurdistan coûte 12,5 milliards de dollars au budget turc (7). Or, selon Hürriyet, le trafic d'héroïne rapporte de son côté 25 milliards de dollars en 1995 et 37,5 milliards de dollars l'année suivante (8).
 Seuls des réseaux travaillant en étroite coopération avec les services de la police et de l'armée peuvent organiser un trafic sur une telle échelle. Des barons de la drogue, comme Huseyin Baybasin, ont déclaré à plusieurs télévisions occidentales et turques travailler sous la protection de l'Etat et à son profit (9). Les trafiquants voyagent avec des passeports diplomatiques. La drogue serait même transportée par des hélicoptères militaires à partir de la frontière iranienne, ont assuré des témoins déposant devant la Commission parlementaire enquêtant sur l'accident de Susurluk. Le président de cette dernière, le député Mehmet Erkatmis, a d'ailleurs protesté contre la censure de ces témoignages accablants dans le rapport officiel de la commission...
 Dans un document explosif que le directeur de l'hebdomadaire Aydinlik a rendu public au cours d'une conférence de presse tenue le 21 septembre 1996 à Istanbul, la MIT elle-même accuse sa rivale, la direction générale de la sûreté, de "fournir des cartes de police et des passeports diplomatiques à des membres d'un groupe qui, sous couvert d'activités antiterroristes, se rendent en Allemagne, aux Pays-Bas, en Belgique, en Hongrie et en Azerbaïdjan et s'y livrent au trafic de drogue". Elle donne une liste nominative de certains de ces trafiquants protégés de la sûreté (10). Celle-ci, par la voix de l'un de ses chefs, M. Hanefi Avci, lui retournera le compliment et livrera, à son tour, une liste de noms de trafiquants au service de la MIT. La guerre des polices pour le contrôle de ce trafic juteux aura d'ailleurs coûté la vie à une quinzaine d'agents de la MIT, selon le rapport officiel de M. Kutlu Savas.
 L'Europe occidentale est la principale destination de ce vaste trafic. Pourtant, la plupart de ses gouvernements préfèrent garder un silence embarrassé sur les agissements d'Ankara, tout comme ils s'abstiennent de critiquer ouvertement la destruction de 3 428 villages kurdes et le déplacement de plus de 3 millions de Kurdes par leurs alliés turcs (11). Le 22 janvier 1997, toutefois, le juge allemand Ralf Schwalbe mettait publiquement en cause le gouvernement turc en général et Mme Tansu Ciller en particulier. A son tour, le 26 janvier, dans une déclaration au Sunday Times, M. Tom Sackville, vice-ministre britannique de l'intérieur, affirme que 80 % de l'héroïne saisie en Grande-Bretagne provient de la Turquie et que son gouvernement est "inquiet des rapports troublants affirmant que des membres de la police et même des membres du gouvernement turc sont impliqués dans le trafic de drogue". Tant et si bien que, le 17 juin 1997, M. Fernando Carpentieri, directeur de la "Financial Task Force" de l'OCDE, lance une mise en demeure solennelle " La Turquie est le seul membre de l'OCDE à ne pas appliquer les mesures décidées par celle-ci pour empêcher le blanchiment de l'argent sale (...). Cette situation ne peut durer longtemps encore. Nous accordons aux autorités turques jusqu'au mois de septembre pour promulguer la législation nécessaire, sinon ce pays pourrait faire face à la réaction potentiellement destructrice de la communauté bancaire mondiale."
 Même Washington, fidèle allié d'Ankara, commence à rompre le silence. Le très officiel International Narcotics Control Strategy Report (INCSR) du département d'Etat américain, rendu public fin février 1998, relève que "environ 75 % de l'héroïne saisie en Europe est fabriquée ou provient de Turquie", que "4 à 6 tonnes d'héroïne y transitent chaque mois à destination de l'Europe de l'Ouest", et que "de nombreux laboratoires de purification de l'opium utilisés pour transformer la base morphine en héroïne sont installés sur le sol turc". Le rapport souligne que la Turquie est l'un des pays le plus touchés par le blanchiment de l'argent pratiqué notamment par "le commerce de valise" avec les pays ex-soviétiques, dans les casinos ou dans les industries de construction et du tourisme. (PAR KENDAL NEZAN, Le Monde diplomatique, juillet 1998)
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 (1) "Dans la région d'état d'urgence [il s'agit des provinces kurdes], le pouvoir de décider de la mise à mort est descendu jusqu'aux échelons des sergents-chefs, des adjoints des commissaires, bien plus grave encore, jusqu'aux repentis, qui sont des terroristes d'hier et des criminels potentiels de demain (Í). Lorsque des personnes remises d'un service de l'Etat à un autre pour une affaire déférée aux tribunaux sont trouvées mortes sous un pont, il est évident qu'on ne peut pas parler de meurtres par des auteurs inconnus", écrit l'inspecteur Savas dans son rapport, dont le texte expurgé a été publié sous forme de supplément par le quotidien turc Radikal, 4 février 1998.
 (2) Lire "Les liaisons dangereuses de la police turque", Le Monde diplomatique, mars 1997.
 (3) Selon le quotidien turc Hürriyet du 6 juin 1998, 43 responsables policiers impliqués dans ces opérations viennent d'être promus.
 (4) Gladio est un réseau de résistance anticommuniste mis en place par l'OTAN en Europe de l'Ouest au lendemain de la seconde guerre mondiale. Il a fonctionné pendant quarante ans.
 (5) Deux journalistes turcs, Soner Yalçin et Dogan Yurdakul, ont publié en octobre 1977 un ouvrage très documenté sur Abdullah Çatli, intitulé Ries, Gladio'nun Türk Tetikçisi ("Le Raïs, tueur turc du Gladio"), Oteki Yayinlari, Istanbul.
 (6) Soner Yalçin et Dogan Yurdakul, op. cit.
 (7) Cité par le Turkish Daily News, 29 janvier 1995.
 (8) Hürriyet, respectivement 26 décembre 1996 et 5 juin 1997.
 (9) Certaines de ces déclarations ont été reprises par les quotidiens Hürriyet, 27 décembre 1996, et Ozgur Politika, 2 janvier 1997.
 (10) MIT Raporu, publié in extenso par l'hebdomadaire Aydinlik du 21 septembre 1996 et sous forme d'extraits par des journaux turcs du lendemain.
 (11) Chiffre officiel donné par la Commission de migrations du Parlement turc cité par Turkish Probe du 7 juin 1998.

Orchestrators of attack against Birdal sought

 Mehmet Bedri Incetahtaci, the head of Human Rights Sub-Commission statedthat in order to shedlight on the armed attack directed towards Akin Birdal,Chairman of the Human Rights Association (IHD), it is necessary to identifythe orchestrator behind the event. "We believe that not only the assassinsbut also the orchestrators should be apprehended" said Incetahtaci.
 Incetahtaci, a Virtue Party (FP) deputy and the head of the Human Rights Sub-Commission paid a visit to Akin Birdal at his home along with commissionmembers Republican People's Party (CHP) Izmir Deputy Sabri Ergul and VPDiyarbakir Deputy Hasim Hasimi.
 During the visit, Incetahtaci indicated that the event is not restricted toan attack on Birdal's life and should be investigated taking all aspects andpossibilities into consideration. Incetahtaci also explained that the visitwas made in order to clarify issues for a report the commission is preparingand hoped that Birdal fully regains his health.
 Birdal explained that the IHD is investigating the attack to prevent certainpowers from suppressing the issue."It is very encouraging to see that boththe law and the judicial mechanism have been activated in an effort toenlighten this incident," he added.
 Birdal asserted that people in Turkey had lost their confidence in law andjustice and added that,"The efforts demonstrated by the IHD are beneficialfor people to regain their confidence in the judicial system."
 Birdal, explaining that he has much difficulty in moving his fingers, said,"I will start writing about concepts like peace, democracy and human rightin about a month-and-a-half."
 After the visit, Incetahtaci announced that, "Security forces areinvestigating the incident, however, we are more interested in the humanrights issue. We believe that incidents of such a degree provideencouragement to organizations such as the PKK, therefore not only theassassins but also the orchestrators should be apprehended. Kartal Demirag,the name of the hitman who made an attempt to assassinate President Turgut Ozal does not even know the reason [why he was hired]."
 "We think that this attack was committed against all human rights activists"said Sabri Ergul, a member of the sub-commission, adding that, "After theattack, Prime Minister Mesut Yilmaz said that this was probably an act ofinternal confrontation. Yilmaz later admitted that he was mislead. In otherwords, he did not say he made a mistake. We must look into the issue ofwhether there are connections between those people who mislead him and thosepeople who orchestrated theassassination attempt."
 "After our conversation with Birdal, our suspicions have increased," said Ergul. (Turkish Daily News, July 2, 1998)

Turkey buys 10 ships and 72 missiles from USA

 Ankara has accelerated implementation of the agreement signed with the United States for the delivery of 72 ATCMS surface-to-surface missiles, of which 42 have already been handed over to the Turkish armed forces in recent weeks, according to defense officials. The news comes in the wake of the latest flare up of tension concerning the Greek Cypriot plan to deploy in Cyprus Russian S-300 missiles. Meanwhile, talks are continuing to also purchase three frigates of the Perry class, two ships of the Kidd class and five mine-sweepers. (Hürriyet, July 2, 1998)

Kurdish human rights conference in Brussels

 A conference entitled, "Human Rights in Kurdistan", organised by the Confederation of Kurdish Associations in Europe (KON-KURD), began in Brussels on 3 July. The opening speech was made by KON-KURD president Cenap Yeter, who said that efforts were being made to silence all those involved in the struggle for human rights in Turkey and Kurdistan. ERNK European spokesperson Kani Yilmaz also spoke at the conference, criticising the attitude of western countries toward the "Kurdish Question".
 Parliamentarians and representatives of political parties, trade unions and human rights organisations from Denmark, Norway, Switzerland, Germany, Britain, Belgium, Holland and Turkey attended the conference in Brussels. The President of KON-KURD, Cenap Yeter, explained how the Turkish authorities prevented international human rights delegations access to Kurdistan, thereby stopping information about the destruction caused by the war reaching the world's press. Yeter said that the aim of the conference was to inform the European public of events in Kurdistan.
 On the first day of the conference the history of Kurdistan, the situation of the Kurdish national liberation struggle and the position of the "Kurdish Question" in international law was debated. A speaker from the Belgian Peace Organisation said that fourteen people from Turkey were invited to the conference, but were prevented from leaving the country.
 ERNK spokesperson Kani Yilmaz said that due to the intransigent position of the Turkish State, the war in Kurdistan was intensifying daily. Yilmaz said that Turkey itself had made no proposals for a solution to the "Kurdish Question," and has, on the contrary, disparaged those who have made proposals.
 Yilmaz said that incidents of rape against Kurdish women were increasing, the bodies of Kurdish guerrillas were being mutilated and right-wing gangs were encouraged to attack Kurdish students.
 Yilmaz emphasised that the Kurdish people had to defend themselves against such inhuman attacks, and criticised those who categorise such self-defence as "terrorism". Yilmaz also criticised the western states for delaying the resolution of the "Kurdish Question". (Med-TV , July 6, 1998)

PKK sends letter to European governments

 The Kurdistan Workers Party (PKK) has sent a letter to the heads of state and foreign ministers of EU countries, the USA and South Africa, informing them that they are ready for a dialogue to resolve the "Kurdish Question". The letter stated: "If Turkey is ready, we are prepared to end the war immediately with international supervision."
 The PKK letter pointed out that the public around the world were taking more of an interest in the "Kurdish Question," and drew attention to recent discussions developed by various states and international institutions.
 The letter stated that, in order to end speculation, the PKK felt the need to make its position clear in relation to increasing calls for a solution. The letter explained the dire situation in Kurdistan and stressed that it was much more serious than that of other regions where Europe has taken a greater interest.
 The letter continued: "As the PKK we aim to bring together the Kurdish nation and different political circles.
 We have adopted a policy whereby the solution emanates, not from war, but from a political solution, as we believe that through dialogue the current impasse may be overcome. We believe that influential states and international institutions could play a significant role in the resolution of the 'Kurdish Question'. We are fully aware of the expectations people have and are prepared to make the necessary contribution".
 The letter stressed that the PKK was ready to discuss various alternatives, including the creation of a federation, and pointed out that the time was right and the appropriate conditions were in place for a resolution of the "Kurdish Question". The letter also emphasised that those who label the "Kurdish Question" as one that deals with terrorism, only served to wreck attempts at finding a solution. (Med-TV, July 6, 1998)

"Prisoners on hunger strike near death"

 The Prison Commission of the Izmir Chapter of the Human Rights Association (IHD) and the Izmir Prisoners Family Association (TAYDER) held a press conference at the Izmir IHD Branch, announcing, "Prisoners on hunger strike near death." They pointed out that the hunger strike had begun in Erzurum, Elazig, Elbistan, Sivas, Giresun, Kirikkale, Umraniye and Malatya Prisons. They stated that the condition of the striking prisoners was critical, and their deaths were imminent.
 At the press conference, prisoners' families said that the hunger strike was on its 42nd day at the Elazig Closed E Type Prison and they feared the prisoners' were close to death, yet prisoner administrators have refused to address prisoners' rights. The hunger strike had begun in order to protest the administration of the prisons.
 The head of the Prisons Commission of the IHD, Mihriban Dilsen, said that another hunger strike is continuing in the Sivas Closed E Type Prison and that 120 female prisoners are still on hunger strike. The female prisoners, who were already taking part in sporadic hunger strikes, are now striking continuously. The strikes began as a protest to pressures applied by the prison administration, sexual abuse by the gendarmes while showering, being taken to the hospital handcuffed and with chains around their feet, and the transfer of some inmates to other prisons.
 Dilsen said that the prison administration will not grant permission to prisoners to see their lawyer in the Erzurum Special Type Prison; the hunger strike in this prison began intermittently on May 26 and continuously on June 22. Dilsen added that another hunger strike is continuing at the Elazig E Type Closed Prison, and that this hunger strike began in order to protest the administration for not allowing prisoners to go to the hospital for medical treatment. Dilsen also said, since June 23, that two new hunger strikes had begun in the Umraniye Closed E Type Prison and the Kirklareli Closed E Type Prison.
 Dilsen reasserted that prisoners' rights are ignored by prison administrations, refusing prisoners medical treatment at hospitals. She added that those prisoners who do fall ill are not expected to recover without outside medical treatment.
 Besides the press conference, about two hundred people marched in order to protest prison conditions by going to the Izmir Central Post Office and sending a protest telegraph to Justice Minister Oltan Sungurlu. (Turkish Daily News, July 8, 1998)

30.040 victimes en 11 ans de guerre au Kurdistan

 Selon les chiffres avancés vendredi 3 juillet 1998 par M. Aydin Arslan, gouverneur de la région sous état d'exception (OHAL), 30.040 personnes ont été tuées au cours de la guerre au Kurdistan depuis 1987, soit 21.041 morts dans les rangs du PKK, 4.606 membres des forces de sécurité turque et 4.399 civils dont 493 enfants. (CILDEKT, 9 juillet 1998)

Nouvelle tension entre l'Armée et le gouvernement

 Depuis que le parti de la Prospérité (RP) est sorti vainqueur des élections législatives de 1995, la "lutte contre le fondamentalisme" est un sujet de prédilection en Turquie. Cependant les militaires et le gouvernement n'ont pas toujours la même approche de la question. Ces trois dernières années une série de mesures anti-islamistes ont été prises; Le Parti de la Prospérité (RP) a été dissous. Necmettin Erbakan, leader du dit parti a été interdit de vie politique au même titre que cinq autres dirigeants islamistes. Le maire d'Istanbul, Recep Tayyip Erdogan, considéré comme un des leaders potentiels du parti de la Vertu (FP), fondé à la suite de l'interdiction du RP, risque aujourd'hui le même sort. La MUSIAD, l'association pro-islamiste des hommes d'affaires est également menacée d'interdiction.
 C'est dans ce contexte que le général Çevik Bir, chef adjoint de l'état-major des armées a déclaré que le fondamentalisme islamique restait toujours le danger numéro un dans le pays, tout en reconnaissant que le nouveau Parti islamiste de la Vertu gardait sa position de première force politique du pays. L'intégrisme a été désigné en 1997 par l'armée comme le danger numéro un pour la Turquie et les militaires restent mécontents de la performance du gouvernement de Mesut Yilmaz dans ce domaine et ils le font savoir. Face aux déclarations de Çevik Bir, le vice-premier ministre Bulent Ecevit, le 1er juillet 1998, suivi du Premier ministre ont indiqué implicitement leur mécontentement puis ont demandé à l'armée de rester en dehors de la politique. "J'apprécie la vigilance de l'armée pour la protection de l'État laïc, mais je désapprouve l'attitude [des militaires] allant jusqu'à exprimer des points de vue politiques" a déclaré M. Yilmaz, samedi 4 juillet 1998.
 À la suite d'une réunion, dimanche 5 juillet 1998, à Ankara, des quatre commandants en chef des armées turques sous la présidence du chef d'état-major, le général Ismail Hakki Karadayi, les militaires turcs ont réaffirmé avec force leur détermination à lutter contre l'intégrisme musulman en Turquie. "Dans leur tâche de protéger l'ordre constitutionnel contre tous les dangers, les forces armées turques agissent dans le cadre des lois en respectant la suprématie du droit" a réaffirmé le général Karadayi. (CILDEKT, 9 juillet 1998)

L'Internationale socialiste et la question kurde

 Les 2 et 3 juillet 1998 une conférence sur le thème de "En route vers l'Europe: L'avenir de la question kurde pour la Turquie et ses voisins" a réuni une soixantaine de représentants de partis occidentaux membres de l'Internationale socialiste, des représentants des partis kurdes (PDK-Iran, PDK-Irak, UPK, HADEP et des experts). Au terme de diverses communications, des auditions et des débats, une déclaration a été rendue publique. En voici les principaux extraits:
 "Nous, les députés socialistes européens des partis socialistes européens des États membres de l'Union Européenne, déclarons ceci: Qu'une paix durable ne peut être établie au Moyen-Orient sans que soit prise en compte la question kurde.
 Que les problèmes rencontrés par les Kurdes, y compris les violations massives des droits politiques, socio-économiques et culturels, le sous-développement économiques et la migration forcée, ont eu, et ont toujours un impact sur la paix, la sécurité et la stabilité de la région et de l'Europe, procurant une dimension internationale aux problèmes.
 Que l'Europe a un intérêt direct à trouver des solutions à ces problèmes, non pas parce que cela a causé une crise de réfugiés.
 Qu'une solution stable et juste à la question kurde ne peut jamais être réglée par des moyens militaires ou violents mais seulement par un processus politique de dialogue mené entre les représentants kurdes et les autorités gouvernementales aussi bien qu'entre les organisations kurdes.
 Que la base d'une quelconque solution politique doit inclure:
 - la démocratie politique dans ces pays
 - la reconnaissance et des garanties des droits des Kurdes (civils,
politiques et culturels) à l'intérieur des frontières de ces pays
 - le respect de l'intégrité territoriale des pays concernés
 - le développement économique et social dans la région
 Que, afin de contribuer aux entreprises de solutions politiques, l'Union Européenne devrait faire des efforts spéciaux pour apaiser la souffrance des victimes des conflits à travers ses programmes humanitaires et, sur la base de ceci, adoptons les positions suivantes sur la situation des Kurdes en Irak, Iran et la Turquie.
 Sur la situation des Kurdes en Turquie
 - Nous affirmons que l'Europe a un intérêt direct dans la résolution de la question kurde en Turquie étant donné le statut de la Turquie comme pays candidat à l'Union européenne.
 - Nous croyons fermement qu'une solution à la question kurde en Turquie implique la démocratie, les droits de l'homme et des minorités en Turquie ()
 - Nous croyons également que la reconnaissance et la solution subséquente de la question kurde constitue non pas une menace à son intégrité territoriale, mais tout au contraire, renforcerait les institutions, société et identité politiques de la Turquie.
 - Nous croyons que les propositions ci dessous énumérées constituent des éléments substantiels d'une solution:
 - Des droits culturels garantis par la constitution, renfermant la liberté d'expression et de publication en langue kurde aussi bien que les droits à l'éducation en sa langue maternelle sur tout le territoire de la Turquie (notons que les droits linguistiques sont reconnus dans le traité de Lausanne)
 - des réformes démocratiques qui permettraient la participation et la représentation juste des Kurdes au sein de la Grande Assemblée Nationale, comprenant la reforme de la loi sur les partis politiques, la loi électorale et, en particulier l'abaissement du seuil de 10% pour la députation.
 - () des pas vers la démilitarisation de la société turque.
 - la levée de l'état d'urgence dans les provinces du Sud et Sud-Est et démantèlement du système de gardiens de village dans ces régions.
 - développement social et économique en faveur de la population locale dans ces régions dévastées par un conflit violent et qui a souffert pendant longtemps des effets de manque d'investissement et destruction d'infrastructure ()
 - la révision de la législation établissant "les crimes de la pensée" et, en particulier, l'abrogation de l'article 8 de la loi anti-terroriste et de l'article 81 de la loi sur les parties politiques restreignant la liberté politique.
 - la fin du règlement gouvernemental par décret, sans promulgation de la loi
 - la fin de l'harcèlement des partis politiques légaux et la libération des prisonniers politiques associés dont ceux arrêtés alors qu'ils étaient députés; Leyla Zana, lauréate du prix Sakharov du Parlement européen en 1995, Hatip Dicle, Orhan Dogan et Selim Sadak.
 - protection et sécurité des défenseurs des droits de l'homme en Turquie pour mettre définitivement fin aux crimes tels que la tentative d'assassinat contre Akin Birdal. (CILDEKT, 9 juillet 1998)

Prolongation du mandat pour les avions alliés d'Incirlik

 Le Parlement turc a décidé, mardi 30 juin 1998, de prolonger de six mois l'autorisation accordée à l'aviation alliée d'utiliser la base aérienne américano-turque d'Incirlik, abritant environ 45 avions américains et britanniques.
 Incirlik sert de base pour les avions alliés qui survolent presque quotidiennement le Kurdistan irakien, zone d'exclusion aérienne décrétée après la guerre du Golf. (CILDEKT, 9 juillet 1998)

Seven Austrians arrested for filming a demonstration

 Turkish police detained seven Austrian tourists on Saturday for filming a human rights demonstration in the capital Ankara, state-run Anatolian news agency said.
 It said the seven were arrested for filming and photographing the weekly Human Rights Association sit-down protest without permission from the authorities.
 Turkey has often come under fire from the European Union over its human rights record, one of the main reasons for its exclusion from a list of potential new members of the bloc last December.
 Austria is the current holder of the presidency of the EU. (Reuters , July 11, 1998)

Eager for closer Israel ties, Turkey turns up the charm

 Long used to being treated like a pariah in the Middle East, Israel is coming to terms with a two-year charm offensive that has been led by Turkey's military establishment - and reciprocated by Israeli generals.
 A day after Egyptian, Jordanian, and Palestinian leaders condemned Israel's right-wing government for blocking the peace process at a mini-summit in Cairo, Turkish Foreign Minister Ismail Cem arrived Monday in Israel - the latest in a string of high-level exchanges.
 But while both sides extol the benefits, the deepening relationship has also highlighted differences.
 "Turkey used to downplay these ties, but in the past two years [it is] pulling Israel right into the open, to the point where it may be a little too much," says Yiftah Shapir, an analyst at Tel Aviv University's Jaffee Center for Strategic Studies.
 Turkey-Israel ties revolve around two security agreements signed in 1995 and 1996. Israel provides Turkey with high-tech military equipment, while Turkey provides Israeli pilots a vast training space and intelligence capability along borders with enemies Syria, Iraq, and Iran.
 The alliance has been encouraged by the US - Israel's strongest backer, and a NATO ally with Turkey - but has caused anger in Arab states. Turkish and Israeli warships carried out a modest joint exercise in January.
 At several stops in Israel, Mr. Cem sought to allay concerns that the alliance would adversely affect Israel's peace process with the Palestinians. He met with Palestinian Authority President Yasser Arafat Wednesday.
 But for Turkey, making friends with the Jewish state fits into a strategic realignment: Rebuffed by the European Union late last year, it is looking for alliances with other non-EU members.
 "Both sides have strategic interests, but in Turkey they also serve political interests," says Mark Heller, an expert on regional security at the Jaffee Center. He notes that Turkey is the only Israeli friend that makes "more noise about it than Israel.
 "It is a signal of the military's predominant role in Turkish politics, and it is a way of saying to Europe that 'You are not our only option,'" Mr. Heller says.
 Turkey felt insulted by the EU rejection of its decades-old application for membership, especially when Cyprus has been put on the fast track for membership. Turkish troops invaded the northern third of Cyprus in 1974, and the ethnic Turkish government there has followed Ankara's will, taking a hard line against reuniting Turkish-controlled areas with the Greek-led government of Cyprus.
 But observers here say that Turkish ambitions for changing the Middle East may be too dogmatic, and do not take into account the current collapse of Arab-Israeli peace negotiations.
 Turkish officials talk of their nation and Israel as the only democratic, "secular," and free-market states in the region, and reportedly envision a joint mission to mold Arab countries the same way - minimizing Islam's impact on governance.
 Israeli analysts, however, say that they learned the difficulties of such a path four years ago, when then-Foreign Minister Shimon Peres called for a "new Middle East" based on peace, modernization, and integration.
 "We believed in that," says Alon Liel, an expert on Turkey who was Israel's first chargé d'affaires to Ankara in the 1970s. "But we learned the hard way that any doctrine coming from Jerusalem is by definition rejected [by the Arabs], even if it is good."
 Turkey may fare no better, he says, and may not succeed at all if it includes Israel, unless there is real movement toward peace.
 "If Israel really makes peace with Lebanon and Syria and the Palestinians, then there will be a great future with Turkey," Mr. Liel says. "But if we go the other way, I don't think Turkey will be able to completely disconnect the peace process from bilateral ties."
 Still, relations are growing fast. Turkish sources say Ankara is building an air base in eastern Turkey exclusively for Israel's use. Turkish planes were recently in Israel on a secret mission that Israeli defense sources suggest could include training on how to avoid surface-to-air missiles, a constant threat for both, with Turkey fighting Kurdish PKK guerrillas and Israel fighting Hizbullah guerrillas in Lebanon.
 There have been drawbacks. Israel is upgrading F-4 Phantom planes for Turkey, and wanted a similar contract with Turk rival Greece. Israel did not win it, however, in part because "every day the newspaper headlines shout about Turkey-Israel ties," says Mr. Shapir.
 Turkey sees more opportunity in Russia, the former Soviet republics, Iran, and most Arab states. It bills itself as a primary pipeline route from the Caspian Sea to the rest of the world.
 But if cracks appear in Turkish designs, some observers say, it may be because the possibilities overshadowed political realities.
 "The problem with generals is they think like engineers," says another analyst here, who asked not to be named. "This map ... completely ignores emotional, psychological, or political considerations." (Scott Peterson, The Christian Science Monitor, July 10, 1998)

"A signature for amnesty" campaign by IHD

 The Human Rights Association's (IHD) Istanbul office has declared on Thursday that they have started a campaign about the prisoners in Turkey who were sentenced for expressing their thoughts.
 In the declaration, the association's Istanbul office said "The prisons are full of guilty people due to the social system, the prohibitions, inequality and poverty. The number of the prisoners in Turkey has reached to 74,000 and 183 people died because of attacks or bad conditions between 1981 and 1997. Guilt is the result of unfair social conditions. In nondemocratic countries society is more guilty than the individual. It is not so easy to decide who is responsible for the guilt, the system, the laws or the prisoners? The situation in Turkey proves that an amnesty is needed immediately."
 The text of the declaration has been sent to Parliament to warn the politicians. (Turkish Daily News, July 10, 1998)

Turkish pilots trained to take out Cyprus missiles

 Turkish fighter pilots have been given training by Israel to destroy anti-aircraft missiles bought by Cyprus, the Hurriyet newspaper reported Monday.
 Six Turkish F-16 warplanes, combat pilots, military experts and maintenance officers recently underwent training exercises in the Shdema base in Israel's Negev desert to take out the S-300 missiles the Greek-Cypriot government has ordered from Russia, it said.
 The Turkish newspaper reported that the Turkish military personnel were also given training in scrambling the missile batteries' radar and in flying undetected by radar.
 Cypriot government spokesman Christos Stylianides said Monday that Cyprus has no information about the reported training. But he said that the Cypriot government "has always maintained a cautious stance toward the military defense agreement between Israel and Turkey."
 He added that Israel has often assured Nicosia that its agreement with Turkey does not affect Cyprus.
 Stylianides also denied a report Sunday in Israel's Haaretz newspaper that his government asked Israel to intervene with Ankara to defuse tension Cyprus' purchase of the Russian missiles.
 He said the "Haaretz article is not precise." The newspaper reported that Cyprus and the United States had asked Israel to use its influence with Turkey to ease the missile crisis, but that its efforts were in vain.
 Prime Minister Benjamin Netanyahu told Turkish Foreign Minister Ismail Cem during his visit to the Jewish state last week that Israel regretted the Cyprus arms race and called for a peaceful solution to the crisis, Haaretz said.
 Israel has good ties with both Cyprus and Turkey and wants to remain neutral in the conflict, Netanyahu reportedly said.
But according to internal foreign and defence ministry reports quoted by Haaretz, Israel believes Cyprus "committed an error" with its decision to order the missiles.
 Delivery of the missiles was originally due in August but Russian officials said earlier this month that it has been put back to "late autumn" following a request by Greek-Cypriot authorities.
 Cyprus President Glafcos Clerides reassured Russia on Monday during a visit to Moscow that his government intends to honour the contract to buy the missile system, Russian news agencies reported.
 Meanwhile, both Turkey and Israel denied reports Monday by a US newspaper that Turkey is building an air base in the east of the country for Israeli combat pilots to train in Turkish air space.
 The report, published in the Christian Science Monitor, was reproduced in the Turkish daily Milliyet Monday.
 "This story is totally unfounded and has nothing to do with reality," a Foreign Ministry communique stated.
 In Jerusalem, an Israeli Foreign Minsitry spokesman also denied the report.
 Under a defence pact signed in 1996, Israeli and Turkish aircraft have trained in each other's airspace and the two nations' navies participated in January in joint naval maneuvers in the Mediterranean with the United States.
 Israel and Turkey are also discussing a series of joint weapons projects, notably involving anti-missile defense systems, while Israel is upgrading Turkish warplanes in a contract worth more than 600 million dollars.
 The Cypriot missile deal has raised tensions between long-time rivals Greece and Turkey over Cyprus, which has been divided since Ankara occupied the northern third in 1974 after a coup aimed at uniting the island with Greece.
 Ankara has vowed to take military action against the advanced ground-to-air missiles, saying they pose a threat not only to the Turkish-Cypriot part of the divided eastern Mediterranean island but also to Turkey itself.
 Turkish Prime Minister Mesut Yilmaz said last week that Turkey would deploy missiles of its own in north Cyprus if the Greek-Cypriot government went ahead with the missile deployment.
 The Turkish airforce carried out a simulated attack against imaginary S-300 missiles in northern Cyprus in November. (AFP, July 13, 1998)

Court released students who demonstrated at Parliament

 The Ankara State Security Court (DGM) released on Monday 12 students who were arrested in 1996 because they had opened banners at the Parliament hall to protest an increase in university tuition fees. The students were later tried by the DGM on charges that they had connections with an outlawed organization and had participated in violent, illegal demonstrations.
 Five of these students -- Ahmet Askin Dogan, Metin Murat Kalyoncugil, Bulent Karakas, Ozgur Tufekci and Ulas Dogu Atli were imprisoned the same year on the grounds that they were members of an outlawed organization.
 In addition to the defendants' relatives and fellow students, the trial was attended by famous singers, writers, actors and politicians, including singers Leman Sam, Suavi and Melike Demirag; writers Orhan Aydin, Metin Ustundag and Cezmi Ersoz; actor Menderes Samancilar; Freedom and Solidarity Party (ODP) Chairman Ufuk Uras and Deputy Chairman Yildirim Kaya, the Anatolia news agency reported.
 During the trial, State Prosecutor Unal Haney has asked for prison terms varying from four to 30 years for the defendants on the grounds that some of them were members of an outlawed organization, some had illegally participated in violent demonstrations and the remaining students had assisted outlawed organizations.
 Senal Sarihan, one of the lawyers for the defendants, had asked for the release of his clients saying that the students had acted in a democratic manner and that what they had done did not constitute an offence. Sarihan claimed the defendants were forced to falsely testify under torture that they had thrown molotov cocktails in a demonstration in 1996. He also denied the accusations that his clients were connected with an outlawed organization.
 At the end of the trial, Judge Mehmet Turgut Okyay, president of the court, released the defendants and delayed the continuation of the trial until August 19, a decision that was received by applause from the courtroom.
 Speaking to the press after the trial, ODP Chairman Ufuk Uras expressed his happiness about the release of the students. "A democratic regime should leave the youngsters alone. These students suffered in prison because the deputies in Parliament could not amend the restrictive constitution of 1980. I am proud of defending peace, democracy and human rights in Turkey. This is ODP's mission," Uras proclaimed.
 Following the trial, the famous figures who had been in the courtroom then went to Cankiri prison to visit the blind human rights activist, lawyer and author, Esber Yagmurdereli, who currently serving a sentence there. (Turkish Daily News, July 14, 1998)

Defense ties with Israel still overshadow other areas

 A recent visit to Israel by Turkish Foreign Minister Ismail Cem has proven that Turkey's political and economic relations with the Jewish state are not proceeding as fast as ties in defense.
 During his four-day official visit to Israel last week, Foreign Minister Cem had talks with both Israeli and Palestinian officials. In Jerusalem, Cem was received by Israeli President Ezer Weizman and Prime Minister and acting Foreign Minister Benjamin Netanyahu and later met with Trade Minister Natan Sharansky. He also had talks with leading Palestinian officials, including Yasser Arafat, the president of the autonomous Palestinian National Authority (PNA), in the West Bank town of Ramallah.
 What became apparent from Cem's talks with Israeli officials was Ankara's willingness to increase ties with Tel Aviv in political and economic spheres, in addition to their defense relationship, which is more than two years old. Turkey is among the majority of countries that do not recognize Jerusalem as Israel's capital, despite the completion of the transfer to that city of all Israeli government offices, except the defense ministry. Turkey keeps it embassy in Tel Aviv and a consulate in Jerusalem.
 Cem's talks with both Israeli and Palestinian officials, although completely isolated from each other, showed Ankara's eagerness to play a more significant role in the Middle East peace process, which is currently in deadlock as a result of accusations by Israeli and Palestinian officials against one another over failure to comply with the Oslo agreements.
 It has already been made clear by the Israeli side that the most influential role in the process has been undertaken by the United States as a mediator between the two parties -- and that that role cannot be assumed by any other state. However, Israel -- particularly Prime Minister Netanyahu -- encouraged Turkey to further its cooperation with Arab countries in the region in order to build a bridge between those Arab countries and Israel, which has been considered their archenemy since it's establishment in 1948.
 "You know that certain circles in Turkey say that our relations with Israel are hampered by our efforts to search for better bilateral relations with our neighboring countries. But it is quite the contrary -- this was declared untrue by the Israeli prime minister himself," Cem told Turkish journalists in Jerusalem.
 Also, Turkey appeared overly enthusiastic in its desire to boost economic ties with Israel. Currently, both countries have an annual trade volume of $800 million, and Ankara has expressed its willingness to increase that amount to $2 billion in a short time. According to Netanyahu, that target even exceeded Israeli predictions. Turkey and Israel signed a free trade agreement in 1996 which removed customs taxes.
 Turkey's burgeoning defense ties with Israel sparked severe criticism from Arab countries and from Palestinians, who claimed that the Turkish-Israeli alliance was directed against them. Both Ankara and Tel Aviv have reiterated on several occasions, including this latest trip, that their cooperation did not target any third party. Cem also stated that Turkey will not allow its relationship with Israel to be used as a bargaining chip in relations with any other country.
 As Turkish Foreign Ministry officials made clear, Turkey's main policy towards Israel and the Palestinians is centered on "not hurting either side."
 "We are one of the rare countries that have good relations with both sides involved in these problems," Cem said during his visit. Turkey demonstrated that fact when it fulfilled a Palestinian request to find leasing documents concerning the holy city of Jerusalem. The documents are intended to be shown to Israeli courts in a bid to prove that some of the land in Jerusalem was illegally sold to Jews.
 Cem also stressed Turkey's sensitivity on the Jerusalem issue, saying it will not approve of any unilateral move by any of the sides. He was referring to the Israel's latest attempt to expand the municipal boundaries of Jerusalem to extend its hold over the city, which is also home to a considerable number of Palestinian Arabs.
 Another gesture from Turkey was the granting of $1 million to the Palestinian National Authority out of the $50 million in loans promised by Ankara.
 Ties are expected to be further enhanced with a visit by Arafat to Ankara later this month and a planned visit by Turkish Prime Minister Mesut Yilmaz for talks with both Israelis and Palestinians in September.
 Signals of further military cooperation During his talks with Israeli officials, Cem preferred not to concentrate on the growing defense ties.
 Turkey's defense relationship with Israel is growing so fast that Ankara has decided to increase the number of its defense attaches in Tel Aviv to three, the Turkish Daily News was told.
 The Turkish military is currently represented in Israel by an Air Force colonel, but in late August Turkey will send military officers from its Land and Naval forces for permanent positions.
 The defense relationship, which has drawn criticism from neighboring countries, goes back to the military training and cooperation agreement which was signed in February 1996, even earlier than the free trade agreement. The defense agreement provides for the reciprocal training of Turkish and Israeli military personnel and the use of aircraft in joint exercises.
 Both countries also undertook joint defense industry projects, including the modernization of Turkish F-4 and F-5 jets with sophisticated Israeli avionic systems. Israel is also bidding on a number of Turkish defense industry tenders. Among them is a $4.5 billion joint project by Turkey to produce 800 new tanks, which Israel wants to take part in with its Merkava-3 tanks. In addition, Israeli Aircraft Industries (IAI) has entered two separate bids with partners Italian Augusta and Russian Kamov to jointly produce 145 third generation attack helicopters with Turkey in a $3.5 billion project.
 Turkish and Israeli officials also discussed regional problems during the talks in Jerusalem. One of the problems focused on was the growing crisis on Cyprus due to Greek Cypriot insistence on deploying Russian-made surface-to-air S-300 missiles there. On Sunday, the Israeli dailies said Netanyahu had told Cem about Israel's concern over the rapid pace of armament in the eastern Mediterranean.
 However, Israel has preferred to keep a low profile on the S-300 issue. Netanyahu's adviser, David Bar-Ilan, told Turkish journalists covering Cem's visit that the deployment of the S-300s was a "minor issue" in the eastern Mediterranean when compared to the escalating armament by Syria and Iran, which constitute the main threats for Israel. (Turkish Daily News, July 14, 1998)

Kurdish fighters kill 22 Turkish troops and guards

 Kurdish separatist rebels have killed 22 members of Turkeys security forces in a raid in the remote mountains of southeastern Turkey, a military official said on Wednesday.
 He said the attack on a security post took place late on Tuesday night near the town of Yuksekova, in the far southeastern corner of Turkey that borders Iran and Iraq.
 A large group of Kurdistan Workers Party (PKK) guerrillas killed two officers, 13 soldiers and seven pro-state village guards in the attack, he said. Fighting continued for four hours before the rebels left the scene.
 Helicopters and fixed-wing aircraft joined a widespread search operation for the rebel group.
 We are in pursuit of the escaping terrorists, the officer told Reuters The attack contradicted claims by the Turkish military to have all but defeated the PKK, fighting for self-rule in the mainly Kurdish southeast of the country.
 There was no word of any rebel casualties.
 It is rare for the army to admit to such a large number of soldiers killed in one engagement, despite almost daily clashes between security forces and the rebels.
 More than 28,000 people have died in the 13-year-old conflict.
 Turkish officials say the rebels killed nine civilians in two raids on villages in central and eastern Turkey this week.
 Turkey's southeastern provinces are ruled under a state of emergency from the regional capital of Diyarbakir and independent confirmation of clashes in the mountains and forests is hard to find.
 Turkish forces last week launched a major air and ground assault on the rebels in the border province of Sirnak, with fighting often spilling over into northern Iraq.
Turkish forces have become a semi-permanent presence in the Kurdish enclave of northern Iraq. The PKK uses the region, outside Baghdads control since the 1991 Gulf War, as a base to launch attacks into Turkey. (Reuters, July 15, 1998)

Political prisoners' families send out SOS

 Both the families of prisoners and the Prison Commission of the Izmir section of the Human Rights Association (IHD) held a meeting on Tuesday to protest the health situation of inmates in front of Buca Prison. About a hundred families attended, calling on the prison administration to deal with the widespread health problems in prisons.
 According to the prisoners' families, 140 inmates are suffering from various illnesses for which the prison administration has refused to grant them their right to have access to hospital and medical treatment. The families also allege that the prison administration does not carry out any health check-ups and has even blocked the medical treatment of some prisoners.
 As for the statistical breakdown: 22 prisoners are suffering from inflammation of the kidneys, 18 have eye problems, 15 have bronchitis, 22 prisoners have ulcers, four female prisoners have gynecological problems, seven are suffering from anaemia, five have tuberculosis and about 50 are suffering from other illnesses.
 The families called on the prison administration to allow medical treatment for the inmates and said that they should immediately be given permission to go to hospital for medical treatment.
 The situation in other prisons around the country is also reaching a critical stage: hunger strikes are continuing in the Erzurum, Elazig, Elbistan, Sivas, Giresun, Kirikkale, Umraniye and Malatya Prisons. The situation of the fasting prisoners is growing increasingly bleak as prison administrations are still refusing to acknowledge prisoners' rights.
 The hunger strike at Elazig Prison, which began as a protest against the cell system, has entered its 47th day. The families added that another hunger strike is continuing in Sivas Prison with 120 female prisoners fasting. They began their strike on May 2 as a temporary measure but on May 27 it became indefinite. The strike was started to protest prison administration treatment, in particular sexual abuse suffered under the gendarmes, and being taken to hospital handcuffed with their feet shackled. (Turkish Daily News, July 16, 1998)

Bilan de juin 1998 des violations des droits de l'homme

 Les organisations de défense des droits de l'homme en Turquie, l'Association des droits de l'homme (IHD) et MAZLUM-DER ont rendu public le bilan des violations des droits de l'homme du mois de juin 1998 qui se présente comme suit:
 - Meurtres non élucidés: 10
 - Morts à la suite de tortures: 1
 - Nombre des disparus: 7
 - Nombre de personnes placées en garde à vue: 1 781
 - Actes de violence en prison: 19
 - Nombre de morts en prison: 3
 - Nombre de personnes emprisonnées pour crimes de pensée: 2
 - Nombre de journalistes placés en garde à vue et attaqués: 14
 - Nombre de publications interdites: 48
 - Nombre d'association, de syndicats et partis politiques interdits: 3
 - Nombre d'instructions ouvertes à l'encontre d'étudiants: 394
 - Nombre de morts à la suite des combats: 239 / blessés: 70
 - Attaques à l'encontre des civils: 35 morts / 12 blessés.
 - Nombre d'explosion de bombes et de mines: 16
 (CILDEKT, 20 juillet 1998)

Un meaculpa des leaders de l'ancienne coalition

 Recai Kutan, président du parti islamiste la Vertu (FP), première formation du parlement turc, a appelé, vendredi 17 juillet 1998, à ce que "l'identité ethnique des 10 millions de Kurdes en Turquie [ndlr: estimation officielle] soit reconnue officiellement".
 Par ailleurs, Mme Tansu Çiller, ancien Premier ministre et leader du parti de la Juste Voie (DYP), a déclaré, vendredi 17 juillet, qu'elle regrettait l'interdiction du parti kurde de la Démocratie (DEP) et l'emprisonnement des parlementaires kurdes, décidé pendant qu'elle était au pouvoir.
 "Ça été une erreur majeure, je le reconnais aujourd'hui ( ) ce qui aurait du être fait est de donner la priorité aux droits individuels ( ) Nous n'avons jamais eu de démocratie au sens propre du terme" a-t-elle déclaré. Il semble que Mme Çiller s'inquiète de plus en plus des accusations de corruption qui pèsent sur elle et sa famille, elle qui n'arrive pas à expliquer son enrichissement personnel si soudain et si rapide à la commission d'enquête parlementaire formée dans le but d'étudier l'origine de sa fortune.
 Cependant, les quatre parlementaires kurdes, dont Leyla Zana sont toujours incarcérés à la Prison centrale d'Ankara. La candidature de Mme Zana, considérée "prisonnière de conscience" par l'Amnesty International, au prix Nobel de la Paix 1998 est soutenue par de nombreuses organisations et personnalités. Dernièrement, M. Benjamin A. Gilman, président de la commission des relations internationales du Congrès américain, a, dans une lettre datée du 14 juillet 1998, exprimé son soutien à la candidature de Mme Zana. (CILDEKT, 20 juillet 1998)

Arrivée de nouveaux réfugiés kurdes en Italie

 La police italienne n'a pas fini de s'inquiéter du flux de réfugiés arrivés dans des conditions misérables sur ses côtes. Environ 300 immigrés clandestins dont 112 Kurdes mais également 42 Albanais et des réfugiés de Bangladesh, d'Égypte, du Rwanda et du Pakistan ont été arrêtés le week-end des 11 et 12 juillet 1998 dans le sud de l'Italie.
 Lundi 13 juillet 1998, 600 autres réfugiés dont 56 Kurdes, 240 Albanais et 40 Yougoslaves ont été interceptés par la police italienne qui redoute l'arrivée massive de clandestins en raison des conditions météorologiques favorables et du calme de la mer. "Je ne sais pas pourquoi les média ne couvrent plus ce qui se passe" a déclaré surpris un officier de police.
 L'arrivée des milliers d'Albanais et de Kurdes l'année dernière en Italie a mis en question les lois d'immigration qui sont devenues plus rigides; tous les réfugiés doivent être rapatriés conformément aux dernières lois adoptées permettant l'expulsion immédiate des personnes entrées illégalement en Italie.
 Par ailleurs l'Union Européenne a décidé d'étendre l'aide destinée aux villages kurdes évacués par l'armée turque pour des "raisons de sécurité". Un "Projet de retour aux villages" présenté par des représentants des organisations internationales d'aide humanitaire, a reçu le soutien du gouvernement allemand qui a décidé d'y contribuer pour un montant de 250 millions de DM. (CILDEKT, 20 juillet 1998)

Nouvelle incursion de l'Armée turque à l'Irak

 Environ 5000 soldats turcs soutenus par l'aviation- des hélicoptères Cobra, ont fait, vendredi 10 juillet 1998, une nouvelle incursion au Kurdistan irakien. L'agence de presse semi-officielle Anatolie a annoncé que le Parti Démocratique du Kurdistan (PDK), avait coopéré avec l'armée turque, mais des responsables du PDK ont nié catégoriquement cette information. (CILDEKT, 20 juillet 1998)

23 ans de prison requis contre les agresseurs de Birdal

 Une peine de 23 ans de prison a été requise, jeudi 16 juillet 1998, par Unal Haney, procureur de la Cour de sûreté de l'État d'Ankara à l'encontre des agresseurs d'Akin Birdal, président de l'Association turque des Droits de l'Homme (IHD), grièvement blessé le 12 mai 1998 dans une tentative d'assassinat. Le procès débutera en septembre 1998; les deux agresseurs et leurs complices dont un sergent de la gendarmerie seront jugés pour "tentative d'homicide à motif politique" et "d'appartenance à une organisation clandestine".
 D'après le réquisitoire, les agresseurs sont membres d'une organisation d'extrême-droite illégale, la Brigade turque de la Vengeance (TIT) et ils ont reçu l'ordre de tuer M. Birdal par Mahmut Yildirim, alias "Yesil", militant ultra-nationaliste, considéré comme l'élément-clé de l'affaire de "Susurluk" qui a révélée fortuitement en novembre 1996 l'existence de gangs au sein de l'État.
 Par ailleurs, une sous-commission parlementaire, formée pour élucider l'attentat contre M. Birdal, a commencé ses travaux. Dans une première phase, Bedri Incetahtaci, Hasim Hasimi et Sabri Ergul, membres de la sous-commission, ont rendu visite à Akin Birdal. La commission s'est décidée à réclamer tous les documents relatifs à l'affaire au ministre turc de la justice. (CILDEKT, 20 juillet 1998)

L'enquête anti-islamiste à l'encontre de 73 sous-préfets

 L'opération d'envergure anti-islamiste réclamée par le Groupe de Travail de l'Ouest de l'armée (BÇG) s'est concrétisée par l'ouverture d'une instruction à l'encontre de 141 sous-préfets soupçonnés d'intégrisme et par la rétrogradation de 19 préfets, accusés de sympathie ou de négligence dans la lutte contre l'intégrisme. À la suite de l'instruction, il a été décidé de porter plainte contre 73 sous-préfets à qui on reproche leur soutiens financier au profit d'organisations islamistes telles que la Fondation nationale de la jeunesse, mouvement de Jeunes du parti de la Prospérité (RP-dissous). (CILDEKT, 20 juillet 1998)

Affaire Göktepe: Verdict cassé par la Cour de cassation

 Le verdict prononcé le 19 mars 1998 contre cinq policiers accusés du meurtre de Metin Goktepe, journaliste au quotidien turc d'extrême-gauche Evrensel, battu à mort après son arrestation le 8 janvier 1996 par des policiers, a été cassé, vendredi 17 juillet 1998, par la Cour de cassation turque pour "vice de procédure". Cinq policiers avaient été condamnés à sept ans et demi de prison par la Cour d'Assises d'Afyon pour homicide involontaire et six autres policiers avaient été acquittés pour insuffisance de preuves. L'arrêt de cassation a souligné le "manque d'un approfondissement" de l'enquête et la "non-audition" de certains témoins réclamés par les avocats du journaliste.
 L'Association Reporters sans frontières s'est félicitée de l'arrêt rendu par la Cour de cassation. Elle avait qualifié le précédent verdict d'"inique et inacceptable". Le nouveau procès doit mettre en cause la totalité de 11 policiers mis en cause dans l'affaire. (CILDEKT, 20 juillet 1998)

12 étudiants acquittés après deux ans de prison

 La Cour de Sûreté de l'État d'Ankara a, lundi 13 juillet 1998, prononcé la libération des 12 étudiants qui avaient été arrêtés en 1996 pour avoir ouvert le 29 février 1996 une pancarte au Parlement turc protestant contre l'augmentation des droits universitaires. Les étudiants condamnés le 6 décembre 1996 par une précédente cour à des peines variant entre 18 et 20 ans, ont purgé une peine de 2 ans de prison pour être finalement acquittés.
 Le procureur de la république, Unal Haney avait requis des peines de prison variant entre 4 et 30 ans à l'encontre des étudiants, accusés pour certains d'"être membres d'une organisation illégale", pour d'autres de "participation illégale
 à des manifestations illégales" et encore pour "soutien à des organisations illégales".
 Senal Sarihan, un des avocats de la défense, a sollicité la libération pure et simple de ses clients en affirmant que les étudiants avaient agi d'une manière démocratique et que leur acte ne constituait pas un délit. M. Sarihan a dénoncé également le fait que ses clients aient été forcés d'affirmer sous la torture qu'ils avaient jeté des cocktails Molotov dans une manifestation en 1996. (CILDEKT, 20 juillet 1998)

An analysis on the absence of freedom of the press in Turkey

 Are we Turkish journalists sensitive enough on the subjects of freedom of the press and human rights? These become bothering issues particularly when human rights activists from abroad ask us what "they" can do for human rights and freedom of the press in our country.
 Most recently, it was Kati Marton, a journalist and a representative of the Human Rights Watch based in New York, who asked such a question after visiting daily Cumhuriyet's Ragip Duran, in prison for violating the anti-terror law. Marton heads the Committee to Protect Journalists and came to Turkey on a special mission within this framework. She later visited Akan Birdal in Ankara and has probably, by now, written her report on the situation of human rights and freedom of the press in Turkey.
 We, too, have our regrets on those issues in Turkey. Almost all the concerned ministries have their human rights desks by now and the Human Rights Coordination Board is working very hard under State Minister Hikmet Sami Turk for improvements. Yet we always find ourselves helpless whenever a foreigner asks us what they can do. We certainly cannot say "Mind your own business" when our president (Suleyman Demirel) repeatedly speaks about the importance of globalization.
 On Sunday, I learnt that Oral Calislar, another journalist with daily Cumhuriyet, will be tried on Tuesday at the State Security Court in Istanbul. Calislar, like many other journalists, interviewed the PKK leader in 1993, was tried and found not guilty with the changes made in the anti-terror law. But now it seems he will be tried again with another article of the anti-terror law.
 Learning this, I really panicked. Because this meant that our foreign colleagues -- last week there was another visiting journalist, Marvin Howe from the United States who was doing a story on Turkish women and fundamentalism... and the subject of human rights in everywhere -- will enquire as to why Calislar is being tried and why at the State Security Court. They will say that the European Rights Court doesn't see the State Security Court as a normal court... and all such arguments.
 So, I think it must be us who should search for ways of having a free press, instead of developing an auto-control, feeling happy that we can say what we want in our own newspapers and get away with it. Besides, it is very doubtful that the public is even interested in the number one threat or whether the prime minister and the second chief of General Staff are on good terms. They are more interested in seeing Turkey rise above all this through democracy which means a free press and freedom of expression.
 We should really ask the question as to what "we" should be doing for a free press in Turkey if we don't want to be squeezed into a corner struggling to find a convincing response for those who come from abroad to defend our rights. Otherwise we cannot avoid hearing and reporting the views of our colleagues like Marton, who, in her press release here stated that Turkey cannot call itself a fully formed democracy or a state governed by the rule of law while "reporters like Ragip Duran... who do not advocate violence... are treated like criminals." It may be of interest to also mention that Marton is the wife of Richard Holbrooke, the American president's special envoy for Cyprus. (Turkish Daily News, July 20, 1998)

Journalist Calislar tried in State Security Court

 Five years after the event, it was decided that Oral Calislar should be tried for violating the law in a 1993 interview with outlawed Kurdistan Workers' Party (PKK) leader Abdullah Ocalan and Kurdistan Social Party leader Kemal Burkay. Calislar's interviews were published in Cumhuriyet newspaper 10 days apart. Although not held culpable at the time, Calislar is now being tried for his interview with the leader of the separatist organization.
 When Calislar arrived at the DGM at 9:30 am. to make a court statement, a number of artists and journalists were there to support him, including Republican People's Party (CHP) Parliamentarian Ercan Karakas as well as Ethem Cankurtaran, Ilhan Selcuk, Oktay Eksi, Ahmet Altan, Cezmi Ersoz and Ahmet and Necef Ugurlu.
 During the trial that began at 10:00 am, Calislar was asked what the purpose of his interview was. In his brief statement, Calislar said that he had just done his job. After a closed session among the judges at the DGM, it was decided to postpone Calislar's trial to a further date. If at the end of this trial it is decided that Calislar is guilty, he will be sent to the Saray Prison as journalist Ragip Duran who also interview Ocalan has been. (Turkish Daily News, July 22, 1998)

Turkish police escort human rights leader to court

 Turkish police escorted the country's top human rights campaigner to court on Wednesday to face trial, two months after he was wounded in a gun attack.
 Plain-clothed policemen accompanied the head of Turkey's Human Rights Association to the Ankara state security court to answer charges of inciting hatred in two separate speeches he made in 1996 calling for a peaceful solution to the country's Kurdish problem.
 "I am obeying a court ruling ordering my presence at the trial," Akin Birdal, who is temporarily confined to a wheelchair following the shooting in May by suspected rightists, told Reuters ahead of Wednesday's hearing.
 "The main theme of my speeches was peace," Birdal told the court in asking for his acquittal. The trial was adjourned to a later date, but it was not not clear whether Birdal would attend the next hearing.
 The court had previously agreed to take a statement from Birdal at his home because of his injuries. It later ordered police to ensure he attends the hearing after he was photographed recently eating dinner at a local restaurant.
 "The picture gave a wrong impression to the court. I was out at the restaurant just next to my home on the advise of my doctor," Birdal said.
 Earlier Birdal was carried out of his apartment in his wheelchair by colleagues and a police bodyguard and taken by car to the courtroom. He is unable to use his right arm and his left leg is in plaster.
 The court was hearing two separate cases after the appeals court overthrew two earlier verdicts, sentencing him to a total two years in prison for provoking hatred.
 Two men pumped six bullets into Birdal's chest and legs in his office on May 12. Police arrested seven suspected far-rightists accused of organising and carrying out the attack.
 The shooting followed leaks to the press of allegations by a captured Kurdish rebel commander that the activist was linked to the guerrillas.
 Birdal's group denies any links to the rebels, fighting for self-rule in southeast Turkey in a conflict that has killed more than 28,000 people. He has vowed to maintain his outspoken criticism of Turkey's poor human rights
record, cited as a major obstacle to its bid for European Union membership. (Reuters, July 22, 1998)

Ecevit propose une amnistie quasi générale

 M. Bulent Ecevit, vice-Premier ministre turc, a proposé, lundi 20 juillet 1998, le vote d'une loi d'amnistie pour 70 000 prisonniers de droit commun , à l'occasion du 75ème anniversaire de la fondation de la République de Turquie, fêtée le 29 octobre prochain. Bien que M. Ecevit ait déclaré dans un premier temps que l'amnistie ne concernerait pas les 10 000 prisonniers condamnés pour "terrorisme et crimes contre l'État", de vives oppositions se sont manifestées dans les milieux politiques turcs accusant le leader du parti de la Gauche Démocratique (DSP) de proposer l'amnistie à des fins électorales.
 Dans une seconde déclaration faite, mercredi 22 juillet 1998, au terme de la réunion du groupe parlementaire de DSP, M. Ecevit a exprimé son souhait de pouvoir élargir "dans la mesure du possible" sa proposition aux prisonniers politiques; "Je souhaite que notre proposition soit dans la mesure du possible élargie aux personnes emprisonnées pour des délits d'opinion qui n'ont pas été impliquées dans des actes de violence" a-t-il déclaré. Cependant, nombreux sont ceux qui évoquent les termes de la Constitution turque interdisant toute amnistie aux crimes tels que le terrorisme et les atteintes à l'intégrité et l'indivisibilité de l'État. (CILDEKT, 27 juillet 1998)

"Turkey needs justice, not amnesty"

 While the amnesty proposal put forward by Democratic Left Party (DSP) Deputy Chairwoman Rahsan Ecevit was accepted in the DSP's Administrative Council on Tuesday, the reactions of other parties and nongovernmental organizations to the proposal are controversial.
 The DSP Administrative Council has accepted, in principle, the amnesty proposal and will start work on the details. Since the public might be offended if individuals who had damaged the Turkish state and fled the country were included in a general pardon for individuals who had committed serious crimes, the council has decided to expend efforts in searching for an amnesty formula that would be acceptable to everyone.
 However, party leaders do not welcome the idea of an amnesty wholeheartedly and criticize the DSP for announcing their proposal to quickly. Republican People's Party (CHP) Chairman Deniz Baykal harshly criticized the DSP for putting the amnesty move on the country's agenda without having discussed it in the Cabinet. The DSP wants to benefit politically by rushing forward on the issue, he concluded. Responsible statesmen must consider their statements before pronouncing them, particularly on such sensitive issues, Baykal said, without revealing his own viewpoint on an amnesty.
 Changing Turkey Party (DEPAR) Chairman Gokhan Capoglu, who formed his own party after being dismissed from the DSP, stated that in no serious country of the world are discussions on general amnesty moves being carried out. "Instead of improving the penal system and the mechanisms of justice, simple solutions like a general amnesty cause an increase, not a decrease in crime," he said.
 Capoglu said that in a country where children who steal baklava are being sentenced to six years while people who rob the state receive rapid promotion, to put forward a general amnesty for serious crimes instead of improving the justice system was a sign of the incompetence and superficiality of Turkish politicians. Capoglu also said that crimes of conscience, rather than being pardoned, should not be considered a crime under the Turkish Penal Code at all.
 Virtue Party (FP) Chairman Recai Kutan, at a press meeting, said that an amnesty move would only benefit people like Engin Civan, Selim Edez and Selcuk Parsadan, who had swindled the state out of large sums of money. Kutan also criticized DSP leader Bulent Ecevit's statement that people who exploited religious beliefs would not be included in the amnesty move; Kutan asserted that the Turkish Penal Code did not include such a crime.
 Meanwhile, the Human Rights Association (IHD) expressed its support for the amnesty proposal. The IHD said that the general amnesty move is compulsory for the preservation, improvement and protection of the basic rights and freedoms of individuals. The IHD, in a written statement, said that crime is a result of social conditions and that in undemocratic countries, crime is committed by the society rather than the individual. Referring to criminals as "society's outsiders," the statement said that "outsiders and insiders have to compromise."
 True Path Party (DYP) Deputy Chairman Cihan Pacaci, on the other hand, said that the amnesty proposal is a move to change Turkey's agenda. "To neglect the emotions and hopes of 60,000 prisoners and to make politics out of these emotions and hopes is ruthlessness," charged Pacaci. (Turkish Daily News, July 22, 1998)

Ankara seeks to build nuclear weapons

 Greek Defence Minister Akis Tsohatzopoulos on Thursday accused Turkey of seeking to build nuclear weapons, the ANA news agency reported. Ankara is "on a mistaken path towards nuclear arms," he said, referring to Turkey's plans to build the country's first nuclear power plant at Akkuyu on its Mediterranean coast. He said the Turks were planning to use Canadian technology for the construction of the plant, adding that "every country that has used this technology has built nuclear weapons" and gave India as an example.
 Greece has repeatedly expressed concern over the Akkuyu project but so far this has been for ecological reasons. Akkuyu is in an area hit by a lethal earthquake last month. Greece's nuclear technology institute is meanwhile set to begin measuring radioactivity in its eastern Aegean Sea, which borders on Turkish waters, ahead of the planned 1999 start for construction of the nuclear plant.
 Nuclear Power International, headed by Siemens of Germany and Framatome of France, is the leading contender for the construction of the plant at Akkuyu. Two other consortiums, led by Westinghouse Electric Corporation (USA) and Atomic Energy of Canada, are also bidding in the multi-billion-dollar tender, which is to be concluded this summer. (AFP, July 23, 1998)

Article 19 statement about the freedom of expression

 In a comprehensive report published on 24 July 1998, ARTICLE 19 and the Kurdish Human Rights Project survey freedom of expression conditions in Turkey and conclude that, with 67 journalists in jail, several political parties banned, religious and cultural minorities severely repressed, and a legal framework and government determination to support such measures, Turkey cannot seriously expect to be considered for EU membership in the near future.
 The Turkish authorities' determination that the state must be secular, centralised and unified leads to suppression, by force if necessary, of any attempts to exercise publicly the right to freedom of expression on cultural, political and religious issues, since these are judged to undermine the indivisibility of the state.
 The authorities consider journalists a threat, use rigid licensing regulations to control them and wilfully fail to view journalists as distinct from the issues or people on which they are reporting.
 The Kurdish minority makes up more than ten per cent of the Turkish population, yet anyone who raises Kurdish issues is defined as a supporter of the PKK (Kurdistan Workers Association), an organisation which advocates violence to overturn the Turkish state. This has led to prosecutions and imprisonment of academics, journalists, newspaper vendors and even democratically elected politicians. Others have faced extra-legal measures ranging from police harassment to murder by armed groups linked to the state.
 Frances D'Souza, Executive Director of ARTICLE 19, said:
 "It is ironic that Turkey complains that it is being denied entry to the EU because of its Islamic population, when it persecutes anyone attempting to express an Islamic identity in the country. There is an urgent need for Turkey to undertake reforms so that freedom of expression is upheld as a fundamental right under the law, rather than being penalised on a regular basis."
 Kerim Yildiz, Executive Director of the Kurdish Human Rights Project, said:
 "The Constitution is one of the primary obstacles to freedom of expression in Turkey. Currently, many of Turkey's laws fall well below internationally accepted standards and contravene the government's most basic legal obligations under the European Convention on Human Rights and commitments under the United Nations Charter."
 The only 'free' press in Turkey is that which avoids subjects deemed taboo by the government. Terrestrial broadcasting is controlled by the Radio and Television Supreme Board (RTÜK). Set up in 1994, the body has carte blanche to suspend stations and is currently stepping up its pace of censure. Closure orders against three pro-Kurdish radio stations totalling 240 days are being implemented since May 1998. Islamic stations also expect a clampdown, following a warning from the RTÜK's head in March 1998.
 Satellite television is more difficult to control, and is used for Kurdish language broadcasting, which remains illegal. Nevertheless, warnings that those caught watching Med TV2 will be imprisoned for up to three months have been broadcast over loudspeakers in one town in southeastern Turkey. People with satellite dishes reported that their homes had been raided and that two men were detained for watching Med TV. Police also seized a satellite television decoder in 1997, and at the beginning of 1998, commercial outlets were ordered to note the names of buyers of satellite dishes.
 Until June 1998 there appeared to be no restrictions on information received or imparted through the Internet. However, in June, 18-year-old Emre Ersöz got a 10-month suspended prison sentence for "publicly insulting the state security forces" after criticising on the Internet police ill-treatment of a group of blind people protesting against potholes in Ankara's pavements.
 Turkey is one of the relatively small minority of countries which has not signed or ratified the International Covenant on Civil and Political Rights. However, it is a member of the Council of Europe and a signatory to the European Convention on Human Rights (it signed in 1954).
 The European Court of Human Rights has found Turkey to be in breach of its freedom of expression obligations (Article 10) on several occasions. More cases are pending which Turkey is also likely to lose. The European Court has proposed that prosecutions for spreading separatist propaganda, (a charge often used against writers, including academics and journalists) should not take place without the presence of a clear and imminent risk to national security.
 ARTICLE 19 and the Kurdish Human Rights Project do not support the Turkish authorities' view that human rights are a purely internal affair. In accordance with the need for external pressure to uphold fundamental rights, their report makes a series of recommendations, including a number of amendments to Turkish laws and provisions to ensure that citizens are guaranteed a right to freedom of association, expression and assembly.
 Notes:
 1. More than half of the journalists in jail worldwide are in Turkish prisons.
 2. Med TV broadcasts in Kurdish and other languages by satellite from the UK and Belgium and is perceived by the Turkish government to be close to the PKK.

Turkish workers started a strike at US military facilities

 A strike begun Thursday by 1,400 Turkish employees of U.S. military facilities disrupted dining halls, laundry services and military taxis at bases in three cities.
 Strikers were demanding higher pay and accused the Air Force of trying to eliminate social benefits including education grants for children of employees.
 "The strike will continue until our demands are met," said Ibrahim Yalcin, deputy head of Harb-Is, the Union of Defense Industry and Allied Workers that organized the strike.
 Air Force Capt. Max Torrens, spokeswoman at the base in Incirlik said employees whose posts could not be left vacant, such as firefighters and medical personnel, were not involved in the strike.
 Incirlik, 300 miles south of Ankara, is the base for 45 British and American planes that patrol skies over Iraq. Bases in Ankara and Izmir also were affected by the strike. (Associated Press, July 23, 1998)

Political prisoners' families continue sit-in in Izmir

 Prisoners' families and human rights activists held a press conference in Konak Square to protest against the government's attitude towards the prisoners who are on hunger strikes in various prisons across the country.
The families called on the government: "The deaths of 12 prisoners on hunger strikes in 1996 have not been forgotten," and added that the current hunger strikes will lead to more deaths.
 The families said that hunger strikes are continuing in the Elazig Closed Prison, Erzurum Special Closed Prison and Sivas Closed E-Type Prison, and warned, "The conditions of the prisoners on hunger strikes are critical, and deaths are imminent."
 The protest meeting was organized by The Prisoners' Families Association (Tayder) and The Prison Commission of the Izmir Chapter of the Human Right Association (IHD). About a hundred people attended the meeting, which included a nonviolent sit-down protest that lasted about half an hour.
 According to the protestors, the government wants to repeal the rights of prisoners won through the 1996 hunger strike in which 12 prisoners died. "We don't want deaths in prisons again and we don't want to remember prison with death. We will try every type of action to ensure no one dies on a hunger strike, but we expect a solution from the government and the Justice Ministry," they insisted.
 "Nowadays, the prison administrators are trying to block the human rights commission by not giving its members permission to see prisoners and find solutions to the problems of those on hunger strikes," said the families, adding, "This attitude will exacerbate the problem and will bring new deaths." (Turkish Daily News, July 23, 1998)

Emergency rule extended for the 32nd time in Kurdistan

 Emergency Rule, which is being implemented in Diyarbakir, Hakkari, Tunceli, Siirt, Sirnak and Van, in Southeastern Turkey, has been extended for the 32nd time. The rule will start on July 30 and continue for four months, the Anatolia news agency reported.
 The circular, which was prepared by the government because of prompting by the National Security Council (MGK), was voted in favor of by the governing parties -- the Motherland Party (ANAP), the Democratic Left Party (DSP), and the Democratic Turkey Party (DTP) -- and, in addition, the True Path Party (DYP). However, the Virtue Party (FP) and the Republican People's Party (CHP) voted against the measure.
 Interior Minister Murat Basesgioglu stated that Emergency Rule was going to be abolished when conditions were suitable. (Turkish Daily News, July 24, 1998)

La Turquie a voté contre la cour criminelle internationale

 Au terme de cinq semaines de négociations et après une dernière ligne droite riche en tractations, les délégués de 160 pays réunis sous l'égide des Nations unies à Rome ont présenté, vendredi 17 juillet 1998, un projet de traité relatif à la Cour criminelle internationale (CCI). Le traité définissant les statuts de la CCI a recueilli 120 voix, tandis qu'il y a eu 21 absentions et 7 voix contre, dont les États-Unis, l'Inde, la Chine, Israël, les Philippines, Sri Lanka et la Turquie.
 La CCI qui sera compétente pour crimes contre l'humanité, crimes de guerre et génocide le sera également, selon les v ux des pays non-alignés, pour agression.
 La Turquie qui est si souvent critiquée pour ses violations des droits de l'homme- 3 428 villages évacués, 3 millions de personnes déplacées, 30 000 morts du fait de la guerre au Kurdistan- et pour ses incursions répétées au Kurdistan irakien craint d'être mise sur la sellette devant une cour de justice internationale. (CILDEKT, 27 juillet 1998)

L'Italie et la Turquie discutent l'immigration clandestine

 M. Romano Prodi, président du Conseil italien, est arrivé, lundi 27 juillet 1998, à Istanbul pour rencontrer son homologue turc Mesut Yilmaz. L'immigration clandestine devrait être au cours des discussions, puisque l'Italie affronte l'arrivée continue des clandestins dont de nombreux Kurdes de nationalité turque et irakienne.
 Le lundi 20 juillet 1998, 250 clandestins- des Kurdes, des Égyptiens, des Afghans, des Pakistanais et des Indiens, parmi lesquels des femmes et une centaine d'enfants sont arrivés en Calabre près de Crotone. Mardi 21 juillet 1998, une soixantaine d'autres ont été interpellés. C'est la seconde visite en Turquie de M. Prodi après celle accomplie en septembre 1996. (CILDEKT, 27 juillet 1998)

La TIHV: La torture reste systématique en Turquie

 La Fondation turque des droits de l'homme (TIHV) a, mardi 21 juillet 1998, rendu public son rapport des violations des droits de l'homme de l'année 1997. Le rapport préparé par les services de soins et de réhabilitation de la fondation, dénonce la pratique systématique de la torture en Turquie tout en soulignant que 24,52% des personnes victimes de torture et ayant fait appel à la fondation, sont issues de la région kurde en état d'exception (OHAL).
 À la suite de l'étude réalisée sur 518 des 537 victimes ayant eu recours aux services de soins et de réhabilitation d'Ankara, d'Istanbul, d'Izmir et d'Adana, la pratique de tortures systématiques dans les commissariats et les gendarmeries, des détentions arbitraires et extrajudiciaires, des kidnappings ont été constatés. Regroupées en 30 rubriques, les méthodes de tortures les plus répandues sont "insultes, passages à tabac, menaces, bandeau sur les yeux, mise à nu, jet d'eau froide, empêchement d'aller aux commodités, privation d'eau et de nourriture enfermement au froid, électro-chocs, pendaison".
 Selon le rapport, 68,91% (soit 357 personnes) des 518 personnes ont affirmé avoir été torturés aux commissariats. Parmi les personnes victimes de tortures au cours de leur placement en garde à vue, 241 ont été emprisonnées, 121 libérées par décision de procureur ou après jugement et 156 libérés sans même la saisine du procureur.
 La fondation souligne que 75% de ces personnes gardent des séquelles physiques durables ou encore restent handicapées suite aux tortures. 29,92% des victimes se plaignent seulement de tortures physiques et 4,83% uniquement de tortures psychologiques, alors que 65,25% des victimes évoquent les deux en même temps. Le rapport a également dénoncé le fait que trop souvent les sévices soient ignorés par les médecins légistes malgré des preuves accablantes de tortures. (CILDEKT, 27 juillet 1998)

Turkish police detained two Belgian human rights activists

 Turkish police Saturday briefly detained two Belgians attending a human rights protest in the Aegean port of Izmir, the Anatolia news agency said.
 The two Belgians were detained for "attending an illegal demonstration," the agency quoted police officials as saying. But the two were later released after they were briefly questioned at the police headquarters, it said.
 The protest was organised by a human rights group called the Izmir Rights and Freedoms Platform in protest at alleged human rights violations in Turkey.
 Two weeks ago, seven Austrian tourists were detained after taking pictures of another human rights protest in central Ankara. They were released the next day. (AFP, July 25, 1998)

Limogage de 328 préfets, expulsion de 517 officiers de l'Armée turque

 Depuis que M. Mesut Yilmaz a pris les commandes du gouvernement, il s'est engagé dans une série de mesures légales de lutte contre les islamistes turcs, lutte imposée par l'armée turque qui se considère comme le gardienne de la laïcité de l'État. Ainsi, à partir de l'enquête effectuée par des inspecteurs du ministère de l'Intérieur, la destitution de 328 préfets-adjoint a été décidée dans le cadre de purges anti-islamistes au sein de l'État turc. Selon le quotidien Hurriyet du mardi 21 juillet 1998, le gouvernement turc a soumis au président Suleyman Demirel un décret portant sur le limogeage de ces fonctionnaires, accusés d'implication dans des "activités fondamentalistes".
 Par ailleurs, Ismet Sezgin, ministre turc de de défense, a déclaré, samedi 25 juillet 1998, que l'armée turque a expulsé de ses rangs 517 officiers pour leurs liens présumés avec des groupes extrémistes islamistes au cours des deux dernières années. "Un total de 227 officiers ont été expulsés de l'armée pour des raisons liées au fondamentalisme entre l'été 1996 et l'été 1997. Entre l'été dernier et cet été, ce chiffre s'est élevé à 290" a-t-il ajouté. (CILDEKT, 27 juillet 1998)

Le nouvel accord pour la construction de sous-marins

 La Turquie a signé, mercredi 22 juillet 1998, un accord d'une valeur de 996 millions de DM avec la firme allemande Howaldtswerke Deutshe Werft AG (HDW) pour la construction en Turquie de quatre sous marins. Selon Ismet Sezgin, ministre turc de la défense, la construction du premier sous marin débutera l'année prochaine et en 2006 les quatre seront construits.
 D'autre part, la firme américaine Sikorsky Aircraft est sur le point de conclure un accord final avec la Turquie pour la vente de 50 hélicoptères Black Hawk S-70 et 8 plate- formes Super Stallion d'une valeur de $ 700 millions. Si l'accord aboutit effectivement, cela portera un coup dur au consortium franco-germain Eurocopter et à la firme américaine Boeing Co.
 Par ailleurs, Akis Tsohatzopoulos, ministre grec de la défense, a, jeudi 23 juillet 1998, accusé la Turquie, en référence au projet turc de construction d'une centrale nucléaire d'ici 2006 à Akkuyu, de chercher à se doter de l'arme nucléaire. Soulignant que "tous les pays ayant adopté la même technologie [ndlr: une technologie canadienne] ont construit des armes nucléaires", il a exprimé sa préoccupation face au projet d'Akkuyu. (CILDEKT, 27 juillet 1998)

Akin Birdal condamné à un an de prison

 À peine sorti de convalescence suite à l'attentat du 12 mai 1998, Akin Birdal, président de l'Association turque des droits de l'homme (IHD), a été, mardi 28 juillet 1998, condamné par la Cour de Sûreté de l'État à un an de prison pour "incitation à la haine raciale". La Cour reproche à M. Birdal un discours prononcé en faveur d'une solution pacifique au conflit turco-kurde. Un précédent appel avait infirmé une première condamnation de M. Birdal en soulignant que le dit discours ne constituait pas un crime. "C'est une nouvelle violation de la liberté de l'expression" a déclaré Nazmi Gur, secrétaire général de l'IHD.
 Akin Birdal qui n'hésite pas à dénoncer la torture et l'évacuation forcée des villages kurdes en Turquie, est devenu une cible de choix pour les autorités turques qui l'accusent de ternir l'image de la Turquie. Les gangs ultra-nationalistes agissant de concert avec certains services de l'État ont cherché à l'assassiner.
 Lundi 3 août 1998, au total 11 hommes étaient poursuivis dans cette affaire, dont Cengiz Ersever, officier de l'armée turque, présenté par la presse comme instigateur de l'attentat et fondateur de la Brigade de Vengeance Turque (TIT), un des escadrons de la mort le plus actif depuis 1992.
 Au cours de l'audience, ce dernier a d'abord nié avoir donné l'ordre de tuer Akin Birdal et a lancé en pleine salle d'audience; "Je n'avais pas l'intention de tuer Akin Birdal Si je voulais, vous pouvez en être sûr, je pourrais envoyer sa cervelle contre le mur en 24 heures" et se retournant contre le juge "Tu veux parier?". C'est alors que les avocats de M. Birdal ont protesté, constatant que ces propos n'étaient pas enregistrés dans le procès-verbal. L'audience est repoussée jusqu'au 3 septembre 1998. (CILDEKT, 28 juillet 1998)

Kurdish demonstration in Lausanne angers Ankara

 Turkey protested Monday over a demonstration by Kurds in Switzerland last weekend to mark the 75th anniversary of the Treaty of Lausanne that gave rise to the modern Turkish state.
 But Swiss federal authorities replied that Ankara's criticism was groundless, saying they had nothing to do with the demonstration or a decision not to allow an official Turkish commemoration at the Rumine Palace where the treaty was signed.
 Some 3,000 Kurds demonstrated in Lausanne on Saturday to mark the anniversary of the treaty which recognized Turkey's frontiers in the wake of World War I but failed to grant the Kurds an independent state or even minority status within Turkey.
 The demonstration was kept away from the Rumine Palace, which was closed to the public, and passed off peacefully, without a repeat of the violence that occurred in 1990.
 A Turkish foreign ministry statement said the demonstration and a meeting the previous day had been staged by a "terrorist organization," a reference to the Kurdistan Workers Party (PKK) which is fighting for a separate state in Kurdish-populated southwest Anatolia.
 "The authorization of these activities is unacceptable and inexplicable, while the Swiss authorities prevented under various pretexts the celebration of the anniversary of the Treaty of Lausanne by the Turkish embassy in Bern," the statement added.
 "We condemn the insensitive attitude of the Swiss federal government which, ignoring all our warnings, authorized anti-Turkish activities which shocked Turkish opinion."
 But a Swiss foreign ministry spokesman, contacted by the domestic ATS news agency, rejected Ankara's complaint, saying the meeting of Kurds was private and did not require authorization.
 The demonstration was the responsibility of the city of Lausanne, while the use of the Rumine Palace depended on the authorities of the Vaud canton, the spokesman said.
 Switzerland was conscious of the importance of the Treaty of Lausanne and recognized the integrity of Turkey's frontiers, the spokesman added.(AFP, July 27, 1998)

Nouvelle condamnation de la Turquie par la Cour européenne

 La Cour européenne des droits de l'homme a, lundi 27 juillet 1998, condamné une nouvelle fois la Turquie pour la violation de l'article 2 de la Convention européenne des droits de l'homme qui prône la protection du "droit de toute personne à la vie". La plainte avait été déposée par Huseyin Guleç, père d'Ahmet Guleç, jeune adolescent de 15 ans tué lors d'une manifestation violemment réprimée par les forces de sécurité turques à Idil dans la province kurde de Sirnak, le 4 mars 1991. Le plaignant avait saisi en vain les instances turques qui avaient prononcé un non-lieu, confirmé par le Conseil d'État turc.
 La Cour européenne s'est appuyée sur le témoignage des notables locaux qui ont révélé que les troupes ont ouvert le feu en direction de la foule et ont fait preuve d'un "usage disproportionné de la force ".
 Tout en rejetant les allégations du gouvernement turc qui soutenait comme à son habitude que la responsabilité du décès de l'adolescent était imputable au PKK, la Cour a dénoncé "l'absence d'une enquête approfondie sur les circonstances du décès". Huseyin Guleç s'est vu allouer 50.000 F pour préjudice moral et 10.000 F pour les frais et dépens. La vie d'une Kurde vaut donc $ 10.000 pour les juges européens. À ce compte- là, le régime turc pourrait continuer à tuer tous ses opposants réels ou supposés. (CILDEKT, 10 août 1998)

Newspaper and staff targets for harassment

 On 17 July 1998, several days after having put forth his candidacy for the position of editor-in-chief of the bi-monthly "Demokrat Baykan" in Siirt (southeastern Turkey), journalist Bisar Hazar has withdrawn it after having received threats from the deputy prefect of Siirt, Cihangir Köksal.
 In early June 1998, five contributors to the newspaper, Baris Göktekin, Cezmi Erdem, Keles Karasu, Seyitham Ari and Seyithan Yesilisik, decided to resign due to pressure placed on them by the military and the police. The owner of the newspaper, Erhan Palabiyik, has stated several times that his life and those of his contributors are in danger. Palabiyik has since left the city.
 "Demokrat Baykan", which has been publishing since March 1998, has already had five different editors-in-chief and has five different legal proceedings pending against it. (Reporters sans frontières, July 30, 1998)

Cartoonist Dogan Güzel sentenced to prison

 On 31 July 1998, Dogan Güzel, a cartoonist for the pro-Kurdish dailies "Özgür Gündem" and "Özgür Ülke", was taken in for questioning by police, then taken to central police headquarters in Beyoglu before being detained in Bayrampasa prison in Istanbul.
 The journalist had been sentenced to forty months' imprisonment for "insulting the State" (Article 159 of the Penal Code) for having written the phrase "Khape TC" ("the lax/weak Republic of Turkey") in four drawings. Each caricature resulted in a ten-month prison sentence for Güzel. He is to serve only sixteen of the forty months in prison.
 Also on 31 July, Kerem Türk, a reporter for the pro-Kurdish daily "Ülkede Gündem", was assaulted in front of the Palace of Justice in Urfa, in south-west Turkey, by plainclothes police officers. After asking Türk to identify himself and the name of the newspaper for which he worked, the officers denied him access to the palace and then began to assault him. Türk sustained several cuts to his face, arms and legs. The officers also prevented the journalist from filing a complaint and seeking medical assistance.
 On 30 July, Cemal Dogan, a journalist with the daily "Sabah", was the victim of an armed attack in front of his home in Ankara. The presumed attacker, who was taken in for questioning by police shortly after the incident, had fired a gunshot that missed the journalist. The attack is thought to be connected to the publication of an article on extra-judicial executions.

EN BREF/IN BRIEF

(La Fondation des Droits de l'Homme de Turquie-TIHV)
1/7/1998:
´ L'ancien président provincial de HADEP à Eskisehir, Hamza Abay, est condamné par la CSE d'Ankara à une peine de deux ans et une amende de 3,4 million de LT pour un communiqué de presse.
´ La CSE d'Izmir condamne deux membres du DHKP-C à une peine de prison de 21 ans.
2/7/1998:
´ Le quotidien Gündem est publié avec trois colonnes vides suite à la censure sur trois articles.
´ La CSE d'Ankara commence à juger 30 manifestants du Premier Mai sous l'inculpation d'appartenir au DHKP-C. Chacun risque une peine de prison allant jusque 22 ans et 6 mois.
´ Soumis à des pratiques de torture au poste de police en 1992 et 1994, Nurettin Balkic, âgé de 45 ans, meurt à Adana à cause de la détérioration de son état de santé.
3/7/1998:
´ Le président provincial du HADEP à Batman, Sakir Kakalicoglu, et dix autres dirigeants de même parti sont traduits devant la CSE de Diyarbakir sous l'inculpation d'héberger et d'aider des militants du PKK.
5/7/1998:
´ Le quotidien Gündem est publié avec une vide suite à la censure sur un appel du leader du PKK à une solution pacifique.
´ A Siirt, l'éditeur du journal local Demokrat Baykan, Erhan Palabiyik, est arrêté lors qu'il en train de distribuer son journal.
6/7/1998:
´ Le quotidien Gündem est publié avec deux colonnes vides suite à la censure sur deux articles.
´ L'ancienne rédactrice en chef du périodique Proleter Halkin Birligi, Perihan Erol, est arrêtée lors qu'elle se rend à un poste de police pour chercher son passeport.
´ Cinq membres présumés du PKK sont traduits devant la CSE d'Istanbul pour avoir placé des explosifs à un parc public à Istanbul. Les inculpés déclarent avoir été torturés pendant leur interrogatoire à la police.
´ Le périodique Odak, N°78, est confisqué par la CSE d'Istanbul pour propagande séparatiste.
7/7/1998:
´ Le secrétaire local du syndicat des transporteurs (Nakliyat-Is), Bayram Karkin, est incarcéré à Ankara pour purger sa peine de prison d'un an. Il a été condamné pour son discours lors d'une manifestation de Newroz à Ankara en 1997.
´ Un des députés du parti du bien-être (RP), interdit par la Cour Constitutionnelle, Sevki Yilmaz, est condamné par un tribunal criminel de Rize à une peine de 18 mois pour avoir insulté Kemal Atatürk.
´ Deux journalistes du quotidien local Sabah à Antep, le rédacteur Hasan Yavnik et la correspondante Zahide Yalcin, sont traduits devant un tribunal pénal parce qu'ils ont critiqué la condamnation d'un garçon à neuf ans pour avoir volé 5 Kg de pistaches.
´ La CSE d'Ankara commence à juger le rédacteur en chef du périodique Hedef, Mustafa Benli, et six autres personnes pour appartenir au parti révolutionnaire de Turquie (TDP).
´ La CSE d'Istanbul condamne un membre de l'Armée de libération ouvrière-paysanne de Turquie (TIKKO) à la prison à vie, et trois autres à des peines jusque 12 ans et 6 mois.
´ Accusé de fournir des informations au PKK, le correspondant du quotidien Gündem, Habib Calik, est arrêté à Mersin et interrogé pendant cinq heures. Après sa mise en liberté, Calik affirme avoir été torturé au poste de police.
10/7/1998:
´ La CSE d'Izmir condamne trois dirigeants locaux de HADEP à Manisa à des peines de prison de 10 mois pour propagande séparatiste.
12/7/1998:
´ A Ceylanpinar, Mme Saadet Sürer accuse la police d'avoir torturé ses deux garçons, Ismail Sürer (12) et Mesut Sürer (10) suite à leur arrestation sous l'inculpation d'adhérer au PKK.
´ Le quotidien Gündem rapporte que le traitement médical d'un prisonnier politique, Mehmet Turgay (34), est empêché par les autorités pénitentiaires malgré le fait qu'il se trouve dans un état de santé inquiétant.
13/7/1998:
´ Les parents d'un prisonnier politique, Hasan Ürün, condamné à une peine de 12 ans et 6 mois, déclare que ce dernier est privé du traitement médical alors qu'il souffre toujours de l'érosion des os.
´ Les deux derniers numéros du quotidien Gündem sont publiés avec des colonnes vides en raison de la censure imposée par le procureur sur plusieurs articles et informations relatives à l'oppression des Kurdes.
´ Un tribunal pénal de Bursa condamne 33 employés publics à une peine de 4 mois chacun pour avoir participé à une manifestation non-autorisée en 1994.
´ Lors de l'arrivée d'une délégation de HADEP à l'aéroport de Diyarbakir, la police arrête plusieurs membres du parti et le correspondant du quotidien Gündem, Metin Dag. L'opération se poursuit au siège provincial du parti avec l'arrestation de Zeki Dogru, le président local du parti, Remzi Yildirim, le président local de l'Association culturelle de Mésopotamie, et Abdullah Gunduz, le représentant de la revue Ozgur Halk.
´ A Tunceli, le président de l'Association culturelle de Tunceli, Kemal Mutlu, est arrêté par la police politique lors qu'il mène une enquête sur les paysans kurdes forcés à l'exil.
14/7/1998:
´ Le quotidien Gündem est publié avec deux pages vides suite à la censure imposée par le procureur de la CSE d'Istanbul sur un article et une annonce publicitaire.
´ Deux journalistes du quotidien islamiste Akit, le rédacteur Murat Balibey et le chroniqueur Yasar Kaplan sont condamnés par le tribunal militaire de l'Etat-major à des peines de prison de 14 mois pour inciter les militaires à la désobéissance.
15/7/1998:
´ La CSE d'Istanbul condamne un membre du PKK à la prison à vie et neuf autres inculpés à des peines de prison allant jusque 18 ans.
16/7/1998:
´ Vingt-quatre membres présumés du parti communiste ouvrier de Turquie-Léniniste (TKEP-L) sont jugés devant la CSE d'Istanbul. Cinq des inculpés risquent la peine capitale.
´ Le président local du CHP à Bergama, Oktay Konyar, est condamné par un tribunal pénal à une peine de prison de six mois pour inciter le peuple au désordre.
´ A Istanbul, la police perquisitionne la Maison du peuple à Bahcelievler et arrête quatre personnes se trouvant à l'intérieur.
´ Une féministe islamiste, Mme Konca Kuris, est enlevée par des inconnus à Istanbul. Elle est connue par sa prise de position contre la discrimination de la femme.
17/7/1998:
´ La distribution d'un bulletin spécial de l'Association des droits de l'homme (IHD) consacré au 12e anniversaire de l'organisation est interdit par le gouverneur de Diyarbakir.
´ A Taskopru dans la province de Kastamonu, un jeune de 17 ans, V.A., déclare avoir été torturé au poste de police où a-t-il été emmené sans un motif valable.
´ Deux distributeurs du journal Azadiye Welat, Hanifi Seven et Bayram Ozyilmaz, déclarent avoir été battus et menacés par la police.
18/7/1998:
´ A Batman, six membres d'un groupe musical, Sirin Bagli, Ali Nas, Evin Celik, Sohbet Ekinci, Gonul Yavuz et Aziz Toprak, sont traduits devant la CSE de Diyarbakir pour avoir chanté des chansons kurdes lors de la célébration de la Journée mondiale des Femmes du 8 mars 1998.
19/7/1998:
´ Deux périodiques, Atilim, N°50, et Sosyalist Iktidar, N°159, sont confisqués par la CSE d'Istanbul pour propagande séparatiste.
20/7/1998:
´ In Savur, Mehmet Salgin, âgé de 17 ans, déclare avoir été torturé à la suite de son arrestation par des militaires le 13 juillet 1998.
21/7/1998:
´ Les dirigeants locaux du parti du Travail (EMEP) à Edirne sont inculpés à cause d'un communiqué qu'ils avaient publié le 1er mai. Ils sont également inculpés avec les dirigeants du parti pour la liberté et la solidarité (ODP), de la Maison du peuple et la Confédération des syndicats des travailleurs du secteur public (KESK) pour un communiqué commun à l'occasion de l'anniversaire du massacre de Sivas.
22/7/1998:
´ Les acteurs et dirigeants du théâtre Izmir Fetih Sahnesi sont traduits à nouveau devant la CSE d'Ankara suite à la cassation de leur acquittement par la Cour d'appels. Accusés d'avoir insulté l'Armée dans leur représentation intitulée "Un ennemi du peuple", chacun risque une peine de prison jusque 21 ans.
´ La Cour de cassation ratifie une peine de prison d'un an et une amende de 100 millions LT contre le sociologue Ismail Besikci pour un article qu'il avait écrit en 1995 à l'occasion de la semaine des droites de l'homme.
23/7/1998:
´ Un livre intitulé "L'histoire de la politique kurde dans le passé récent", composé des articles du Prof. Celile Celil, M.S. Lazarev, O.I. Jagalina, M.A. Gasaratyan et Prof. Sakire X. Miyohan, est confisqué par la décision de la CSE d'Istanbul.
24/7/1998:
´ La militante allemande du PKK Eva Junke, arrêtée en Irak pendant l'opération de ratissage de l'Armée turque déclare devant la CSE de Van qu'elle avait été soumise à la torture et au harcèlement sexuel pendant son interrogatoire.
´ La CSE d'Ankara juge les professeurs Haluk Gerger et Yalcin Kucuk, le journaliste Mahir Sayin, le leader du parti socialiste du Kurdistan (PSK) Kemal Burkay, et Mehmet Canakci, pour avoir participé à un débat télévisé à la télévision kurde Med-TV. Ils sont accusés de soutenir le PKK.
´ La CSE d'Istanbul poursuit le procès de 83 membres présumés du DHKP-C et le procureur demande la peine capitale pour 15 inculpés. Les autres accusés risquent des peines de prison allant jusque 26 ans.
25/7/1998:
´ Deux dirigeants locaux du HADEP sont arrêtés à Batman.
´ Le quotidien Gündem est publié avec deux pages vides suite à la censure imposée par le procureur de la CSE d'Istanbul sur une déclaration du leader du PKK Ocalan.
´ Le Conseil supérieur de la Radio-TV (RTUK) décide d'arrêter les émissions de Kanal D et Flash TV pour deux jours, celles de ATV et Show TV pour un jour, celles des radios Best FM et Aktuel à Diyarbakir pour sept jours.
26/7/1998:
´ L'ancienne rédactrice en chef du périodique Proleter Halkin Birligi, Perihan Erol, est arrêtée par les agents de la police politique.
27/8/1998:
´ La CSE d'Ankara condamne un dirigeant du parti du Travail (EMEP), Mustafa Yalciner, à une peine de prison de 13 mois, et le secrétaire général des Maisons du Peuple, Abdullah Aydin, à une prison d'un an et une amende de 100 million LT  pour leur allocution à une conférence en 1993.
´ A Istanbul, Murat Kiric est arrêté lors qu'il se rendait au bureau de la revue Kaldirac et soumis à la torture.
28/7/1998:
´ Le quotidien Gündem est publié avec trois colonnes vides suite à la censure imposée par le procureur de la CSE d'Istanbul sur différents articles.
´ Le bureau du journal Atilim à Antep est perquisitionné par la police et deux personnes se trouvant à l'intérieur sont passées à tabac.
´ Le dernier numéro du journal Ozgur Gelecek est confisqué par la CSE d'Istanbul.
´ A Izmir, Bulent Taskin et Ali Coban sont arrêtés pendant l'affichage pour le journal Kizilbayrak et soumis à la torture.
30/7/1998:
´ Le quotidien Gündem est publié avec des colonnes vides suite à la censure imposée par le procureur de la CSE d'Istanbul sur un article.
´ La CSE d'Ankara commence à juger 128 membres de la confrérie Aczmendi. Ils sont accusés d'insulter Ataturk et de résister contre les forces de sécurité.
´ La RTUK décide de suspendre les émissions de la TV Ak pour un mois, celles de Kanal D pour trois jours, ATV, Interstar et Hilal-1 pour un jour.
31/7/1998:
´ Le quotidien Gündem est publié avec des colonnes vides dans deux pages suite à la censure imposée par le procureur de la CSE d'Istanbul sur certains articles et photos.
´ A Urfa, un correspondant du quotidien Gundem, Kerem Turk, est passé à tabac au palais de justice par des policiers en civil lors qu'il se rend à son procès.
´ A Türkozu, un dirigeant de la Association culturelle Pir Sultan Abdal (PSAKD), Muslum Dogan, est passé à tabac à une poste de police.
´ Le secrétaire local du HADEP à Osmangazi, Ali Harmanci, est arrêté par des policiers qui effectue également une perquisition chez lui.

 

 

 

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