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 Chief Editor /Rédacteur en chef: Dogan Özgüden - Responsible editor/Editrice responsable: Inci Tugsavul


Earlier bulletins / Bulletins précédents

23e Année - N°244

December/Décembre 1998

INTERIOR POLITICS/POLITIQUE INTERIEURE

Yalim Erez nommé Premier ministre

 Yalim Erez, ministre de l'Industrie et du Commerce, a été nommé Premier ministre par le président turc Suleyman Demirel le 23 décembre , à quelques mois des législatives prévues pour avril 1999.
 Il succède ainsi au chef du Parti de la Gauche démocratique (DSP, gauche nationale) Bulent Ecevit qui avait annoncé le 21 décembre qu'il renonçait à former un gouvernement, ses efforts s'étant soldés par un échec.
 M. Erez, 54 ans, tentera la tâche ardue, vue la composition fragmentée du parlement, de former une coalition gouvernementale pour remplacer celle du premier ministre sortant Mesut Yilmaz, qui a été destituée par le parlement le 25 novembre pour "liens avec la mafia".
 "Je tenterai de former un gouvernement d'entente nationale", a poursuivi M. Erez, indiquant qu'il entamerait  avec Recai Kutan, chef du Parti islamiste de la Vertu (FP), un premier tour de table avec les principaux dirigeants politiques.
 Le FP est le premier parti en sièges (144 sur 550) au parlement. Il est suivi de l'ANAP (136), du Parti de la Juste Voie (DYP, droite, 99), du DSP (61) et du parti républicain du peuple CHP (social-démocrate). Le reste du parlement est composé de petits partis et de non-inscrits.
 M. Erez, élu député en décembre 1995 sur les listes du DYP de Mme Tansu Ciller, qu'il a ensuite quitté en avril 1997, pour protester contre l'alliance de ce parti avec les islamistes, avait joué un rôle important dans la création du gouvernement minoritaire de M. Yilmaz, en juin 1997.
 Le mois dernier, avant même la destitution du gouvernement de M. Yilmaz, M. Erez avait réclamé le poste de Premier ministre.
 Mme Tansu Ciller, leader du DYP, a annoncé avant cette nomination que son parti n'était pas favorable à la formation d'un gouvernement conduit par un ancien membre du cabinet Yilmaz, réclamant pour elle ce poste.
 M. Erez a été le président de la puissante Union des Chambres de Commerce et de Bourses (TOBB), avant de se lancer dans la politique. Il avait été élu député DYP de Mugla (sud-ouest) aux législatives de décembre 1995.
 Il avait joué, en juin 1993, un rôle important dans l'élection de Mme Ciller à la tête du DYP, après que M. Demirel eut été élu président en mai 1993.
 En avril 1997, M. Erez avait rompu avec Mme Ciller et démissionné du DYP, en signe de protestation contre la poursuite de l'alliance gouvernementale entre le DYP et le Parti islamiste de la Prospérité (RP), aujourd'hui dissous pour "activités contraires à la laïcité de l'Etat".
 Si aucune coalition viable ne peut être mise en place jusqu'au 10 janvier, c'est-à-dire dans les 45 jours suivant la destitution d'un gouvernement au parlement, M. Demirel peut nommer un gouvernement intérimaire chargé de diriger le pays jusqu'aux législatives d'avril.
 Ce gouvernement, dirigé par un député désigné par M. Demirel et appelé le "gouvernement de Cankaya", du nom du palais présidentiel, n'a pas besoin de la confiance du parlement. (AFP, 23 décembre 1998)

Chronology of Turkish government crisis

 Following is a chronology of the main events leading up to the appointment of Yalim Erez as Turkey's prime minister-designate.
 June 18, 1997 - Islamist Prime Minister Necmettin Erbakan resigns under army pressure, requesting President Suleyman Demirel to hand power to his coalition partner Tansu Ciller.
 June 20 - Demirel angers the Islamists by picking main conservative opposition Motherland Party leader Mesut Yilmaz.
 June 30 - Yilmaz takes over as prime minister with leftist Ecevit as his deputy united on an anti-Islamist agenda.
 July 12 - Yilmaz coalition wins vote of confidence.
 August 16 - Parliament passes a bill to curtail Islamic education, sparking nationwide anti-government demonstrations.
 December 14 - The European Union puts Turkey's entry bid on hold. Turkey says it will cut political dialogue with the bloc.
 March 20, 1998 - Leftist leader Deniz Baykal, who backed the coalition on key votes, says the government is effectively finished. The army warns Yilmaz not to go soft on Islamism.
 June 3 - Yilmaz strikes a deal with Baykal under which he will resign as prime minister at the end of 1998 so an interim government can rule until elections in April 1999.
 June 16 - Yilmaz signs the polls deal with Baykal.
 July 30 - Parliament approves April 18, 1999, as the date for early polls, not normally due until 2000.
 August 4 - Businessman Korkmaz Yigit's $600 million bid is the highest in a tender to buy Turkbank from the central bank.
 September 3 - Yilmaz asks Baykal to reconsider their deal.
 October 22 - Turkey says Syria has stopped aiding Kurdish rebels following Turkish threats of military force.
 November 10 - Baykal calls for Yilmaz to resign after Yigit alleges corruption in the Turkbank sale.
 November 12 - Kurdish rebel leader Abdullah Ocalan arrested in Rome, leading to tension with Italy over his fate.
 November 25 - Yilmaz loses a censure vote on alleged corruption in the Turkbank sale, ending his government.
 December 2 - Demirel nominates Ecevit to form a government.
 December 21 - Ecevit abandons his search.
 December 23 - Demirel mandates independent MP Yalim Erez to put together a coalition.

Vingt-et-un partis en lice pour les élections

 Vingt-et-un partis politiques seront en lice en Turquie pour les élections législatives anticipées et les municipales prévues simultanément le 18 avril, a annoncé le Haut comité électoral, chargé de la tenue des scrutins.
 Les islamistes du Parti de la Vertu (FP) de M. Recai Kutan étaient arrivés en téte lors des derniéres législatives en 1995, suivis du Parti de la Mére Patrie (Anap, droite) du Premier ministre sortant Mesut Yilmaz, du Parti de la Juste Voie (DYP, droite) de l'ancien Premier ministre Tansu Ciller, du Parti de la Gauche Démocratique (DSP, gauche nationale) du vice-Premier ministre sortant Bulent Ecevit et du Parti Républicain du Peuple (CHP, social-démocrate) de l'ex-ministre des Affaires étrangéres Deniz Baykal.
 Ces formations sont les mieux placés pour étre à nouveau représentées au parlement.
 Selon la loi électorale, les partis politiques doivent dépasser la barre de 10% des voix à l'échelon national pour obtenir des siéges au parlement.
 Les fonctionnaires qui veulent se porter candidats aux législatives doivent démissionner de leur poste d'ici le 11 janvier.
 Les législatives devaient avoir lieu normalement en décembre 2000. Mais en juillet dernier, elles avaient été avancées sous la pression du CHP qui soutenait, sans y participer, le gouvernement de coalition minoritaire de M. Yilmaz. Le parlement avait alors entériné un accord conclu entre MM. Yilmaz et Baykal pour l'organisation simultanée des législatives et des municipales.
 Le gouvernement Yilmaz a été destitué au parlement le 25 novembre par les partis d'opposition, dont le CHP, "pour liens avec la mafia". (AFP, 4 janvier 1999)

HADEP's "Natural allies" in coming elections

 While debates on various government models are continuing in Ankara, the issue of "after the recent developments, what can the People's Democracy Party (HADEP) possibly do in the elections" is becoming a matter of interest. HADEP has announced that initiatives to prepare for the elections have been activated and subsequent to its recent party congress, it has launched its political campaign.
 HADEP has indicated that it will enter elections with the support of its natural allies, the Freedom and Democracy Party (ODP), the Laborers' Party (EMEP), the Turkey Socialist Workers' Party (TSIP) and the Socialist Power Party (SIP), as well as support from unions and nongovernmental organizations.
 HADEP, which seemed to have no obvious obstacle to entering the elections, is now facing certain problems related to the Abdullah Ocalan crisis.
 Based on an statement by the General Staff, an article by Turkish Daily News Editor in Chief Ilnur Cevik indicated that HADEP could win 11 seats in Parliament if it participated in the elections by fielding independent candidates. It was also stated in the same article that HADEP has the potential to gain 8 percent of the total vote.  This article had quite an effect on HADEP circles and has convinced HADEP representatives that if an election alliance were established with the ODP and the other leftist parties, the 10 percent threshold could be passed. According to surveys conducted by some nongovernmental organizations, ODP has a 3 percent vote potential.
 The Peace Party (BP) could also be convinced to participate in the election block. While all this progress was building self confidence at HADEP, the balance was suddenly changed.
 Despite the fact that HADEP's vote potential remained stable, recent developments have created anxiety that they would not be allowed to enter the elections.
 After many raids on all HADEP buildings and over 1,000 members were taken into police custody due to the rise of nationalistic waves in western Anatolia, HADEP is now trying to concentrate on what could possibly be done about the elections.
 Government officials, who despite their ongoing struggle with the Kurdistan Workers' Party (PKK) and their saying that the Kurdish problem should be separated from the PKK issue, have started to observe with great anxiety that the Kurdish problem has begun to achieve a political dimension on an international level -- because of their inability to support military success in the Southeast with social reform.
 The attitude officially adopted by the government, to add the words "so called" in front of the titles of each and every sub organization affiliated with the PKK, has developed into a posture of even relating to the southeastern problem that was once recognized by all the prime ministers and the presidents, with the prefix of "so called."
 In light of recent developments, it is assumed that the southeastern problem that has a communal, political and a social character will from now on be referred to as a virtual (make believe) event.
 The Motherland Party (ANAP), which was the senior member of the newly ousted Motherleft minority coalition government, responded to external developments by organizing interior reactions, and has, consequently, redefined itself as a nationalist party. It seems that once the ANAP administration establishes a cooperation with True Path Party (DYP) leader Tansu Ciller, who has been flirting with the conservative nationalists for a long time, Turkey will truly assume a rightist identity.
 HADEP and the leftist parties that were unable to enter Parliament have been conducting debates since September on possible alliance. A joint opinion has already been established to restructure a political formation similar to the "Labor, Peace and Freedom Block" that was formed among HADEP, the BSP and the SIP during the 1995 elections.
 At a meeting held in September with participation of the above political parties and various organizations, like the Confederation of Revolutionary Workers' Union (DISK), the Confederation of Public Workers' Union (KESK), HAK-Is and TURK-Is labor confederations, the Turkish Union of Engineers and Architects (TMMOB), the Human Rights Association (IHD), the Progressive Jurists Association (CHD) and the Progressive Journalists Association (CGD), it was agreed to form a unified body entitled the Rainbow Project.  Participants of the Rainbow Project, which was jointly established by 37 separate organizations, published a declaration to announce their objectives, which stated that their main interest was not limited only by the elections, but the body was formed to congregate all people that are willing to defend the concepts of a clean society and clean politics, as well as democratic principles. It was also stated that the social democrats are welcome to take their place under the same roof.
 ODP Deputy Chairman Yildirim Kaya said, "We lay great emphasis on the Rainbow Project, which was established with the participation of 37 separate organizations. We announce that under the scope of this project, we will join forces with those powers who appreciate labor, peace and free cooperation. We realize that this cannot be achieved with the participation of political parties only, and therefore, we are developing projects in which civil initiatives could also take part. We consider HADEP as being one of those powers also."
 Kaya went on to say that due to an article in the election law, it is mandatory for HADEP to enter elections under its own title. In other words, even if an election alliance were established, ODP has to enter elections under its own name, otherwise the party would be abolished.
 A group within the ODP is strongly against going into alliance with the HADEP. According to those who are against the alliance, cooperating with the HADEP would damage their image in big cities, and furthermore, it would prevent the ODP from conducting independent policies.
 The HADEP administration on the other hand, has declared that they would go into elections regardless of the conditions. During a two-day meeting held by HADEP's executive board, the proposal suggested by President Suleyman Demirel to adopt a two-tear election system was evaluated. Although being convinced that the proposal is aimed to weaken the Virtue Party (FP) in big cities and HADEP in the rural areas, the HADEP administration claims that their party will get stronger even under this system.  During an interview with the TDN, HADEP member Zeynettin Unay stated: "People that made these calculations were wrong. This will only help us to prosper. People would react to a system that is implemented to weaken HADEP, and consequently, the reactionary votes would all come to us. Lets say that during the regional elections in Batman, HADEP received 40 percent of the votes and entered the second round of the elections with the FP. Those who proposed the two-tier system assume that the Republican People's Party (CHP), the DYP and ANAP would automatically join forces against the HADEP. What we think is completely opposite. We will receive all the reactionary votes."
 In response to a question about their party facing the risk of being closed and their chairman being in police custody, Unay said: "It is only natural that our leader being in jail represents a disadvantage for the party. Knowing the problems we have to endure, people continue to provide their support. I think the recent developments have increased our vote potential. We do not foresee any possibility of being closed. The Ankara State Security Court (DGM) has recently requested the Public Prosecutors Office to bring certain charges against HADEP to close the party. Two other requests previously submitted by the DGM were overturned by the prosecutor of the High Court of Appeals due to technicalities. I am confident that the last one will also be overturned based on insufficient evidence. There are no legal obstacles for HADEP to participate in elections."  It is obvious that the recent developments had detrimental effects on HADEP alliances. There are hard days ahead for HADEP, which had been eagerly preparing to make a splash during elections. HADEP, which can partially overcome the difficulties in regional elections by nominating some influential characters, is also planning to enter elections with independent candidates, in the case the efforts to establish alliances were to fail.
 With increasing public reaction against HADEP, the stance of the other leftist parties not represented in Parliament, which had drifted apart from HADEP, is being kept under careful scrutiny as a candidate for a possible alliance. There is one thing for certain; HADEP will insist on forming alliances with those parties up until the last minute. (Turkish Probe, December 6, 1998)

ARMED FORCES/FORCES ARMEES

The Army urges Western understanding on PKK

 The Turkish military urged the West on December 4 to back Ankara's diplomatic drive against Kurdish guerrillas, describing separatist chief Abdullah Ocalan's calls for peace as an empty deceit.
 The General Secretariat of the General Staff told Reuters Ocalan's Kurdistan Workers Party (PKK) had been greatly weakened as a fighting force. Ocalan, now in Rome, was taking his "terror" abroad with a propaganda campaign.
 "This separatist organisation seeks to use high values, to which the Western World is particularly sensitive, for its own interests," the General Secretariat said in a written reply to Reuters questions.
 It was the first top-level public army comment on Ocalan since a row broke out with NATO partner Italy over his fate. The General Secretariat is responsible for communicating policy and views of the powerful military to media and public bodies.
 The General Staff said Ocalan, in Rome since his arrest there three weeks ago, was misleading the West when he said he sought a peaceful solution after 14 years of guerrilla conflict.
 "Turkey is determined to combat terrorism without making any concessions on its unity and its principles of human rights, democracy (and) secularism," it said.
 "But we believe that this determination should also be shown by other countries."
 Ankara is accused by critics of closing the door to peace over many years by refusing to deal with any bodies in recognising a separate Kurdish ethnic identity within Turkey.
 Recent comments by leading Turkish politicians suggest acknowledgement of the existence of a "Kurdish issue," if only as a result of the devastation wrought on the southeast by the conflict.
 The prospect of Ocalan, blamed here for the deaths of 29,000, being taken seriously abroad as a political figure becomes all the more galling, not least to the military.
 Ocalan has no previous credentials as anything other than a guerrilla and Ankara insists it will never treat with him.
 Ironically, it was an army-backed diplomatic campaign that drove Ocalan, at the lowpoint of his military fortunes, from his hideout in Syria, via Moscow, to Rome.
 Only there has he found international attention. (Reuters, December 4, 1998)

STATE TERRORISM/TERREUR DE L'ETAT

Will 1999 see an improvement over Turkey's 1998 human rights record?

 With regard to human rights and democratization, the 55th government has failed despite the priority given to both issues on the national agenda, said Human Rights Association (IHD) Chairman Akin Birdal in a written statement on December 31.
 Birdal, who barely survived an armed attack in May, released the "balance sheet" of the 1998 human rights record which confirms that Turkey continues to fall short of the mark with respect to the issue.
 In 1998, 167 unsolved murders were committed, 103 extra-judicial killings resulted from torture under detention, 1,651 people were killed in clashes, 90 civilians were killed and 164 injured in attacks against civilians, 27 people mysteriously disappeared, 449 people were tortured or alleged that they were tortured, 848 were attacked or faced threats or intimidation, 30 villages were evacuated, 410 attacks were directed at prison inmates, 135 political associations and publications were closed, and there are still 133 people serving time in prison for "thought crimes."
 While no constitutional amendments or legislation regarding human rights and democratization have been adopted in Turkey, major strides have been made in the world as a whole. As examples, Birdal cited the U.N. Human Rights Commission's official recognition of two documents that seek to protect human rights defenders, the agreement to establish an international penalty court, the decisions reached by the Human Rights Summit that was held in Paris and the trial of Pinochet.
 In Turkey, on the other hand, attacks towards human rights activists and organizations increased, particularly planned attacks that were directed against the IHD and its members and executives. Birdal, who has been an outspoken critic of Turkey's shaky human rights record and who has frequently accused the state of conducting a "dirty war" against Kurdistan Workers' Party (PKK)  in the Southeast, was shot six times on May 12 and barely survived the attack.
 Voicing his expectations for 1999, Birdal said that human rights violations must cease, the necessary legislation and amendments should be adopted, the Kurdish problem should be solved in a peaceful and democratic way, tolerance and understanding should increase, the will of the people should prevail, the State Security Courts (DGM) should be dissolved and intimidation and discrimination based on gender, religion and ethnicity should stop. (TDN, January 1, 1999)

Bilan des violations des droits de l'homme entre 1994-1997

 A l'occasion du 50ème anniversaire de la déclaration des droits de l'homme, l'association turque des droits de l'homme (IHD) a rendu publique son bilan des violations des droits fondamentaux entre 1994 et 1997 en Turquie. Le bilan se présente comme suit:
 Meurtres non élucidés: 1.578 morts,
 Exécutions extra-judiciaires et de morts à la suite de gardes à vue: 724
 Morts au combat: 14.267
 Nombre de personnes disparues à la suite d'une garde à vue: 808
 Nombre de personnes torturées: 3.124
 Nombre d'arrestations: 6.654
 Nombre de villages et hameaux évacués: 1.834
 Nombre d'associations, de syndicats, d'organes de presse interdits: 508
 Nombre de journalistes placés en garde à vue: 1.180
 Nombre de prisonniers politiques 466

Mass arrest of HADEP supporters

 Police have detained around 200 members and sympathisers of Turkey's biggest legal Kurdish party (HADEP) on December 7 to try to halt a hunger strike protesting against a crackdown on Kurdish activism.
 Thousands of others were detained last month in nationwide police raids on party offices following the arrest of Kurdish guerrilla leader Abdullah Ocalan in Italy. Some were released and others were charged and kept under arrest.
 "Our hunger strike is continuing nationwide although some of party members are in custody," Cabbar Leygara of HADEP told Reuters.
 The party advocates a negotiated solution to the 14-year-old conflict between security forces and Ocalan's Kurdistan Workers' Party (PKK) in which more than 29,000 people have died.
 Leygara said police had detained 86 HADEP members in the mainly- Kurdish east and southeast and 23 more in the northwestern province of Tekirdag. Around 105 party members were arrested in Istanbul.
 Party leader Murat Bozlak was arrested in November on charges of links to Ocalan's guerrillas. (Reuters, December 7, 1998)

The People's Lawyers Office stormed by police

 The People's Lawyers Office issued on January 8, 1999, the following appeal to international human rights organizations:
 "On January 8, 1999, 4 p.m., the People's Lawyers Office in Ankara was stormed by the police. The raid was ordered by the State Prosecutor of the State Security Court, Nuh Mete Yuksel. The approximately 15 lawyers who arrived at the scene during the search were kept waiting outside the office. Only lawyer Zeki Ruzgar was present during the
search.
 "After the office rooms were searched, they went to the private apartment of lawyer Zeki Ruzgar where the search was continued. In the course of these searches, electronic equipment and office material were being confiscated. Furthermore, several objects were confiscated in the private apartment of the lawyer. Asked for the reason of the raid against the office, the state prosecutor replied 'I'm the reason'. This made clear that there is a conspiracy, organised by the state prosecutor of the State Security Court and the police going on against our friend who works for rights and freedom. Policemen told lawyers in the vicinity 'No to worry, Zeki Ruzgar is still in good condition'. They also showed the picture of the lawyer of the People's Lawyers Office, Fuat Erdogan, murdered a few years ago, and remarked: 'We will do the same to him'.
 "While in case of an accusation, lawyer Zeki Ruzgar may only be interrogated by the state prosecutor personally, he was immediately handed over to the police. Lawyer Zeki Ruezgar suffers from bone deterioration. Therefore even a minor physical attack could lead to permanent bodily harm. Our colleague Zeki Ruzgar was already almost beaten to death on January 13, 1994, in the Ekin Cultural Centre where he was in the function of his work. His hands and feet were chained and he was arrested although he informed them he was a lawyer. He was brought to the Anti-Terror Department. At that time too, it was state prosecutor of the State Security Court Nuh Mete Yueksel who ordered the arrest and police detention of 13 days. Lawyer Zeki Ruzgar was handed a statement that he was unable to work for 7 days as a result of the torture he was submitted to while in police custody.
 "As you know, lawyer Zeki Ruzgar works in our office in Ankara and he is a person who is active against the violations of law in Turkey. These activities are the only reason for his arrest. The arrest, and the way it was conducted, constitute a turning point regarding the increasing attacks against those who act for rights and freedom. Therefore we want to ask your organisation to start an urgent campaign for the release of Zeki Ruzgar. In any case, we will send you any further details. We wish you good luck with your work."

Ankara n'est pas "prête" à abolir la peine de mort

 Le président de la République Demirel a estimé le 26 décembre que la Turquie n'est pas "prête" à abolir la peine capitale, affirmant qu'il n'existe pas dans l'opinion publique turque une tendance favorable à cette éventualité.
 "Actuellement la Turquie n'est pas prête à abolir la peine de mort (...) Comment voulez vous abolir cette peine alors que des attaques terroristes se poursuivent dans le pays", a indiqué M. Demirel en réponse à une question lors de sa conférence de presse traditionnelle de fin d'année.
 La Turquie réclame l'extradition du chef du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), Abdullah Ocalan, arrêté le 12 novembre à Rome et libéré le 16 décembre. Rome s'y oppose car la Turquie maintient la peine de mort bien qu'elle n'ait pas été appliquée depuis 1984.
 "Demander l'abolition de cette peine pour obtenir l'extradition du chef terroriste est une condition très lourde", a estimé M. Demirel.
 Le ministre turc de la Justice Hasan Denizkurdu a présenté à la mi-novembre au gouvernement un amendement afin d'abolir la peine capitale mais celui-ci n'a pas reçu l'aval de la plupart des ministres. (AFP, 26 décembre 1998)

4.000 islamistes arrêtés en 10 ans en Turquie

 Prés de 4.000 personnes, membres présumés d'organisations islamistes clandestines, ont été capturées en 10 ans en Turquie, a annoncé le 31 décembre un responsable de la police anti-terroriste turque.
 Ces organisations sont le "Hezbollah", le "Mouvement islamiste", le "Front islamique des Combattants du Grand Orient" (IBDA-C) et "l'Etat fédéré islamique d'Anatolie" (AFID), a indiqué M. Kemal Donmez, responsable du département de lutte contre le terrorisme.
 "Leur objectif est de renverser l'ordre contitutionnel établi pour mettre en place un régime islamiste en Turquie à l'exemple de l'Iran", a-t-il dit, cité par l'agence Anatolie.
 Toutes ces organisations procédent parfois à une collaboration avec le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), en rébellion armée contre Ankara pour créer un Etat kurde indépendant dans le sud-est de la Turquie à majorité kurde, selon lui.
 L'organisation la plus visée par la police est le Hezbollah, créée en 1991. Elle est active notamment dans le sud-est de la Turquie et prés de 3.000 membres présumés du Hezbollah ont été capturés lors d'opérations policiéres, selon la méme source.
 Quatre personnes ont éte tuées et 22 autres blessées lors d'attentats à l'explosif perpétrés par IBDA-C, notamment à Istanbul, une métropole de plus de 10 millions d'habitants, a indiqué ce responsable.
 Créée en 1985 et active à Istanbul depuis 1993, cette organisation s'est faite connaître par des attentats à la bombe, notamment contre des bars et discothéques vendant de l'alcool, et contre des églises. 520 de ces membres ont été arrétés par la police.
 Le Mouvement islamiste, créé en 1987 à Batman (Sud-est), est connu depuis 1993 par la police qui a capturé quelque 250 de ses militants lors d'opérations notamment à Istanbul.
 L'AFID, dont l'ancien nom est la "Fédération des associations et des communautés islamiques" (ICCB), créée en 1984, est une organisation illégale basée à Cologne.  L'AFID prône l'instauration de la charia (loi islamique) en Turquie et est dirigé par Metin Kaplan, dont la Turquie réclame l'extradition. (AFP, le 1er janvier 1999)

PRESSURE ON THE MEDIA/PRESSIONS SUR LES MEDIAS

Turk TV boss jailed for insulting army

 The owner of a local Turkish television station was sentenced to more than two years in jail on December 9 for insulting the country's powerful military, state-run Anatolian news agency said.
 It said Ismail Yurdakok, head of Balikesir Karesi TV in western Turkey, was jailed for two years and four months for "contempt and derision of the Turkish Armed Forces" while referring to strict secularist former army chief General Cevik Bir.
 Turkey's generals brook little dissent over their prominent position in the country enshrined in the constitution, drawn up during the last period of direct military rule which ended in 1983.
 Turkey's first Islamist-led government was toppled from power in June last year under pressure from the generals. The European Union have called the power of the army in Turkish politics "an anomaly." (Reuters, December 9, 1998)

Protestation contre la mise en liberté des tortionnaires

 Le secrétaire général de Reporters Sans Frontières, M. Robert Menard, a envoyé le 14 décembre 1998, la lettre de protestation suivante au ministre de la Justice turc Hasan Denizkurdu:
 "Monsieur le Ministre,
 "Reporters sans frontières, organisation indépendante de défense de la liberté de la presse dans le monde, s'inquiète de la mise en liberté provisoire de cinq policiers accuses du meurtre du journaliste Metin Goktepe, le 8 janvier 1996.
 "Le 11 décembre, la cour d'assises d'Afyon, a décidé de mettre en liberté provisoire cinq des six policiers accuses du meurtre du journaliste de l'ancien quotidien d'extrême gauche Evrensel, Metin Goktepe. Ceux-ci avaient ete condamnes, le 19 mars 1998, a une peine de sept ans et demi de prison pour "homicide involontaire" a la suite d'un proces entache de nombreuses irregularites. Le 17 juillet, la Cour de cassation avait casse pour "vice de procédure" le verdict prononce en mars, justifiant sa décision par le "manque d'approfondissement" de l'enquête et la non audition de certains témoins.
 "Reporters sans frontières s'inquiète de ces libérations, alors que le procès semble approcher de son terme. Notre organisation rappelle que jusqu'à la septième audience du procès, le 21 août 1997, les policiers n'ont jamais été présents dans le box des accusés bien qu'inculpes de meurtre. Le président du tribunal avait alors reconnu ne pas savoir où ils se trouvaient. Le 23 juillet 1997, le Premier ministre Mesut Yilmaz et le Président Suleyman Demirel avaient dû intervenir pour que "l'administration collabore avec la justice", et que les policiers se rendent a Afyon.
 "Si la decision de mise en liberte provisoire de ces policiers a ete justifiee au nom du droit de chacun d'etre juge dans un delai raisonnable (article 5 alinea 3 de la Convention europeenne des droits de l'homme), cette situation illustre l'extreme lenteur de la justice dans un proces qui devait etre, pourtant, un exemple pour les droits de l'homme en Turquie. Il faut rappeler qu'au cours des dix dernières années, vingt journalistes ont trouve la mort sans que jamais personne n'ait été condamne pour ces assassinats.
 Alors que l'on approche du troisième anniversaire de la mort du journaliste Metin Goktepe, notre organisation ne peut que s'inquiéter de cette mise en liberté de policiers qui sont accusés de meurtre et ont été une première fois reconnus coupables. Cette remise en liberté est d'autant plus inquiétante, que, comme vous le savez, plusieurs fois depuis la mort de Metin Goktepe, des témoins cruciaux de ce meurtre ont été l'objet de pressions et de menaces, certaines provenant des milieux de la police. Reporters sans frontières vous demande de tout mettre en oeuvre pour que le procès aboutisse rapidement a une décision juste et équitable. En outre, nous vous demandons que toutes les mesures soient prises pour que ces policiers soient effectivement présents sur le banc des accuses lors des prochaines audiences."

Yurdatapan and his friends at higher military court

 We received the following message from human rights defender Sanar Yurdatapan on December 30, 1998:
 "Dear friends,
 "Yesterday, I was in Ankara, for the hearing at the General Staff Military Court about 'Freedom of Expression Vol. 16' Saruhan OluçÝs crime! (He was sentenced to an imprisoned for 2 months at Mamak Military Prison ? Ankara. I refused to give any statement or answer the questions of the judge, about the concent. I only insisted on the basic idea that:
 "1. This court cannot try civilians. (Two of the judges and the prosecutor are military. Plus, the third member of the court is not even a judge, he is an ordinary military officer!) Military Courts are not 'Natural' but 'Special' courts.
 "2. The articles concerning this case, article 162 and article 155 of the Turkish Penal Code, are in a clear contradiction with article 19 of UHRD and article 10 of EHRD. Due to article 90 of the Constitution, International Conventions, after the approval of the Parliament are accepted as a part of the interior legislation and they cannot be sent to Constitutional Court with demand of being cancelled.
 "3. Military prosecutors answer as: 'Military Courts are based on the article 145 of the constitution, established depending on a law, and it is decided by the Ministry of Defence, that they are authorized to try the crimes concerning some articles of the Penal Code, including article 155 (anti-military propaganda)' brings us only to a 'Deafs' Dialogue'. There is also a hierarchy in legislation:
1.Constitution, 2. Laws, 3. Governmental Decisions, 4Í etc. Due to article 90 of the constitution, International convertions are prior. Can a captain give an order in contradiction with the general's order? If he does, who obeys?
 "4. Remember the 'Incal' decision of EHRC (April 1998): State Security Courts cannot be accepted as 'Independent justice organs', because one of the 3 judges is military. Here, in the military court everybody is military and one of the judges is not even a judge! It is almost 100% that EHRC will give a similar decision. Then who will pay me back the months I will have to spend in military prison and more important than that, who will bring back the broken prestige of Turkey in the world public opinion?
 "Therefore, we invite you, judges and prosecutors who are in this practice 24 hours a day, and hope that you will take your place beside us, refusing take part in such cases by freezing the trials and sending them to Constitutional Court.
 "The case came to the last step, when I refused to make defence. But somehow they decided to delay it to 09.02.1999 Tuesday, 09:35. The same day, they gave a date ? at 09:25 hrs!?- for the next hearing of journalist Koray Düzgören and singer Nilüfer Akbal for the booklet 'Freedom of Expression Vol.9' in which they participated at the crime!? of consciencous objector Osman Murat Ülke.
 "We invite international observers to both cases."

Journalist sentenced to twenty-month prison term

 RSF has protested a new sentencing of a Turkish journalist. On 18 December 1998, Nureddin Sirin, an editorialist with the Islamic daily "Selam", was sentenced to a twenty-month prison term by Istanbul's State Security Court No. 1 for "inciting hatred and racial discrimination through a publication" (Article 312 of the Penal Code).
 This sentencing follows the 15 July 1997 publication of an article entitled "One has to side with the oppressed even if they are atheists." The journalist presented his political view of the "Kurdish question" and recognised the Kurdish people's cultural identity. Sirin has appealed the sentence.
 RSF is of the opinion that the incriminating article contains no racist or xenophobic views and does not incite hatred. (RSF/IFEX, December 30, 1998)

KURDISH QUESTION/QUESTION KURDE

Appel de 75 personnalités kurdes pour une solution politique

 Dans son éditorial du 3 décembre 1998, Cengiz Candar, journaliste au quotidien turc Sabah souligne: "l'extradition d'Abdullah Ocalan en Turquie suscite en réalité des inquiétudes sur 'la politisation' du PKK et la conquête d'une 'légitimité' en Europe (...) Jusqu'aujourd'hui 'une politique négationiste du problème' a été observée. A partir de maintenant, il faut reconnaître la réalité du problème et formuler une politique à ce titre (...) Sur la scène politique en Turquie, de nombreuses personnalités d'origine kurde ne sont pas du PKK; la plus part d'entre eux ne sont même pas sympathisants du PKK. Il y a cinq jours 75 d'entre eux ont fait une conférence à Ankara (...) On se doit de prêter l'oreille à ce que ces 75 personnalités issues d'un large éventail politique ont à dire (...)".
 En effet, soixante-quinze personnalités représentant les divers secteurs de la mouvance non violente du mouvement kurde en Turquie ont tenu, le 28 novembre, une réunion dans un grand hôtel d'Ankara pour lancer un appel commun en faveur d'une solution politique de la question kurde en Turquie.
 Parmi les signataires de cet important texte figurent Serafettin Elles, ancien ministre des travaux publics, Abdulmelik Firat, député pendant plusieurs législatures au sein des partis de la Justice et de la Juste Voie de S. Demirel; Ahmet Turk, ex-député, ex-président du parti HEP, Adnan Ekmen, ex-dirigeant du SHP d'Erdal Inönü, Mehmet Vural, ex-dirigeant du mouvement de la nouvelle démocratie de Cem Boyner. M. Emin Sever, ex-député social-démocrate.  Voici les principaux extraits de cet appel:
 "Les derniers développements en Turquie font l'objet, de manière de plus en plus ample, de discussions à la fois en Turquie et dans le monde. Conscients de notre devoir éthique et politique d'informer l'opinion publique du pays et du monde entier et la presse, nous, soussignés, faisons part de notre évaluation de la situation et de notre sensibilité à ce sujet. Si (comme le prétendent les dirigeants turcs) la question kurde n'existait pas, elle n'occuperait pas depuis 70 ans l'agenda de la Turquie, ne deviendrait pas d'année en année plus brillante pour se transformer aujourd'hui en problème fondamental de la Turquie s'étendant avec ses flambées récentes au monde extérieur.
 "En raison des positions basées sur la violence et la négation des dirigeants de la Turquie, qui n'ont pas leur place dans nos sociétés d'aujourd'hui, sur les problèmes fondamentaux du pays, y compris la question kurde, l'idéologie dominante a conduit le pays vers le chaos et la ruine. Suivant cette politique, des milliers de villages kurdes ont été détruits et brûlés. Des millions de Kurdes ont fui la torture et l'oppression et se sont réfugiés dans les villes turques ou en Europe.
 "Comme l'affaire Susurluk l'a mis en lumière, des bandes composées de tueurs à gages et de trafiquants de drogue, ont assassiné des milliers de personnes et en ont kidnappé et fait disparaître autant. Devenues incontrôlables, ces bandes ont commencé à s'accaparer des postes clés du pouvoir dans les domaines politique et économique et ont ainsi transformé la Turquie en un paradis de criminels. Dans ce tableau tragique, il y a une question dont la solution exige une urgence absolue: la question kurde. Il faut l'appeler par son nom et trouver une solution avec bon sens.
 "On comprend maintenant que cette question ne peut être ni réglée et ni étouffée par la violence. Elle a un aspect politique et dépend directement de la démocratisation de la Turquie.
 "Profitant de la crise résultant de l'affaire Ocalan qui a commencé avec la Syrie et qui continue à présent avec l'Italie, les forces dominantes ont commencé à utiliser les forces fascistes sous prétexte de protester contre l'Italie et ont montré du doigt le peuple kurde en provoquant les sentiments chauvins des foules. Elles s'en sont violemment prises aux partis et organisations légales qui sont sensibles à la question kurde.
 "Certains hauts dirigeants de l'État en collaboration avec les média et certaines institutions se sont mis à provoquer une confrontation entre Kurdes et Turcs. Cette vague chauvine a déjà coûté la vie de certains de nos citoyens et pourrait conduire la Turquie vers un chaos et une situation catastrophique, si la société n'agit pas.
 "Une telle chose ne profiterait à personne en Turquie.  "Tout autant que les autres ethnies, depuis des millénaires les Kurdes ont également contribué à donner la vie à cette région, à établir une civilisation et à vivre avec humanisme et fraternité avec les Turcs. En Anatolie et en Mésopotamie, les Kurdes et les Turcs ont vécu côte à côte, en toute communion.
 "On ne doit pas laisser une poignée de chauvins briser les liens existants entre des peuples qui vivent de concert depuis des siècles. On doit faire échec à ce genre d'ambition dès le début. Les Kurdes tout autant que les Turcs ont besoin de la paix, de la démocratie, du pain et de la liberté. Le problème ne se pose pas entre eux mais avec les personnes qui les ont amenés jusqu'à cet imbroglio. La Turquie se doit de se débarrasser de cette conception primitive. La Turquie a soi-disant adopté le système démocratique, signé la plupart des conventions internationales et s'est tournée vers l'Union européenne fondée sur le principe universel des droits de l'homme et des libertés individuelles. Or ce qui se passe à l'intérieur du pays va à l'encontre de tout cela.
 "La société de Turquie doit désormais prendre sa décision. Soit elle acceptera d'adopter les normes démocratiques universelles pour son système afin de faire partie des pays démocratiques et civilisés, soit elle jouera dans la ligue des régimes dictatoriaux et primitifs du Moyen-Orient. Nous sommes en faveur de la première option. La Turquie doit dès maintenant briser cette vague chauvine, renoncer à la violence dans la solution des problèmes. Il faut qu'elle crée un contexte démocratique et pacifique pour le règlement de ses problèmes, à commencer par la question kurde. L'avenir de la Turquie en passe par la paix et la démocratie. Il faut pour cela: un système égalitaire basé sur les principes du droit, doté d'une culture démocratique et sur la tolérance que ces terres ont toujours cultivée.
 "Comme on peut le constater avec les derniers développements, nous assistons à des scènes de provocation dans une ambiance de délire, ce qui produit les sentiments ultra-nationalistes et une hostilité en Turquie. De tels comportements ne sont pas dans l'intérêt de la Turquie ne peuvent pas résoudre nos problèmes. Au contraire, il rendrait difficile la résolution des problèmes et provoquerait de plus graves problèmes. De telles réactions pouvant conduire la Turquie vers une guerre civile ne devraient pas être considérées comme l'amour pour la Turquie et le patriotisme. Il faut renoncer à ce genre de folie sociale et de débordements démesurés. Les Kurdes aussi devraient éviter toutes sortes de provocation pouvant servir à alimenter un contexte de guerre que certains tentent de créer de toutes leurs forces". (CILDEKT, 17 décembre 1998)

Abdullah Ocalan wants an equitable trial

 Kurdish rebel leader Abdullah Ocalan told a German news program on December 6 that he wants to stand trial on terror and murder charges before an international court.
 Such a court could determine "if we or the Turkish government are responsible for the war against each other, in which many thousand people have died on both sides," he explained in an interview with station ZDF.
 Ocalan, the leader of the outlawed Kurdish Workers Party, or PKK, was arrested Nov. 15 in Rome, where he remains under police guard while Italy weighs his asylum request and European leaders work toward setting up an international court.
 Italy and Germany agreed last month to push for a neutral tribunal.
 The PKK has fought a 14-year war for Kurdish autonomy in southeastern Turkey in which 37,000 people have been killed. Ocalan faces murder and terror charges in Turkey and in Germany, but his fate remains uncertain.
 Italy by law cannot extradite him to Turkey because he faces the death penalty there. Germany has no death penalty, but Chancellor Gerhard Schroeder ruled out seeking his extradition for fear of stirring unrest among Germany's Turkish population of 2 million, one-fifth of which is Kurdish.
 Even as Ocalan gave his interview, 5,000 Turks were demonstrating on December 6 in Frankfurt and Hamburg for the Kurdish leader to be sent to Turkey for trial. (AP, December 6, 1998)

Ocalan Rally Draws 40,000 Kurds in Germany

 About 40,000 Kurds from across Europe gathered in Germany on December 19 to demonstrate for the release of Kurdish guerrilla chief Abdullah Ocalan, German police said.
 An Italian appeals court formally freed Ocalan from detention on December 16 a month after he slipped into Italy with a false passport. But he remains under police surveillance and may not leave Italy.
 The Italian government is embroiled in a row with Turkish authorities over its refusal to extradite Ocalan to Turkey where he could face a possible death sentence for leading a 14-year-old  insurrection.
 Kurdish protesters marched through Bonn holding pictures of the Kurdistan Workers' Party (PKK) leader to press their demand for Ocalan to be granted political asylum in Italy.
 The protesters, who rallied under the banner "Peace, Freedom and Democracy," also called for an international peace conference to debate the Kurdish question.
 Italy, which would prefer to send Ocalan before a European tribunal, has said it will decide in the next few days whether to try Ocalan or expel him. (Reuters, December 19, 1998)

Le ministre italien de la Justice: Ocalan reste libre

 Le ministre italien de la Justice Oliviero Diliberto a rejeté une demande faite par la Turquie de remise aux arrêts d'Abdullah Ocalan, et le chef kurde demeure ainsi libre de ses mouvements, a-t-on appris le 24 décembre de source judiciaire.
 Le ministre a répondu par la négative, dans un fax envoyé à la Cour d'Appel de Rome, à la requête de l'avocat du gouvernement turc, Me Augusto Sinagra, demandant des mesures de restriction à la liberté du dirigeant kurde motivées par un risque de fuite.
 Le chef du Parti des travailleurs du Kurdistan avait été arrêté le 12 novembre à son arrivée à Rome, puis assigné à résidence le 29 novembre avant d'être remis en liberté le 16 décembre.
 Le 28 décembre, la cour d'Appel donnera formellement sa réponse à la requête turque concernant l'arrestation en tenant compte de l'avis du ministre de la Justice.
 Des tractations sont menées depuis plusieurs jours pour trouver un pays d'accueil pour celui que la Turquie considère comme son ennemi public numéro un, mais le chef kurde demande des garanties quant à sa sécurité personnelle et veut pouvoir continuer à faire de la politique en faveur de la cause kurde.
 Il voudrait également, indiquent ses proches, rester en Europe, ce qui semble difficile, la plupart des pays ayant décliné l'offre. L'Estonie évoquée a notamment démenti vouloir accueillir M. Ocalan ainsi que la Norvège dont le porte-parole du gouvernement a indiqué à l'AFP que son pays n'avait pas accordé l'asile politique au chef kurde.
 Cependant le porte-parole de M. Ocalan, M. Ahmed Yaman, a indiqué le 24 décembre matin que son départ d'Italie était imminent. "Je ne sais pas quand exactement, mais je peux vous assurer qu'il quittera l'Italie au plus tard ces prochains jours." (AFP, 24 décembre 1998)

Turkey's future depends on resolving Kurdish question

 The Kurdish insurrection against the Turkish army, in which an estimated 30,000 people have been killed, is one of Ankara's most severe problems, writes David Reed.
 The Turkish national anthem sounds a little out of place in the mouths of the Kurdish villagers of Yigityolu. This week, the military, press and Emergency Zone Governor have descended on this tiny hamlet 75 miles from the Syrian border on the scrub plains of Turkey's conflict-ridden south-east.
 On every rooftop within a mile, soldiers finger automatic weapons, and as the portly governor, Mr Aydin Arslan, makes his way between the ramshackle buildings he is squeezed between heavily armed body guards. "This is just security for my visit," he says. "There is no support among these people for the PKK. There isn't a Kurdish problem in our region, but a terrorism problem."
 The brass band strikes up and the governor shovels a spadeful of concrete to lay the foundations of a new school.  The army's new role as a benevolent giant stretching out a tender hand to the impoverished Kurds aims to cut the support on the ground from under the PKK. It is classic counter-insurgency. But while the army may win hearts and minds here, its policy between 1992-95, which saw some 3,000 villages in this region emptied, has left lasting scars.
 "The day the soldiers came to empty our village, they stripped us naked and beat us," says Ms Iffet Mutaf (40), speaking in her native Kurdish, a language banned in schools and all public institutions. It is from among Kurdish villagers like her - rounded up from their farms and corralled into the south-east's major cities: cities such as Diyarbakir - that the Kurdish Workers' Party and its leader, Mr Abdullah Ocalan, find greatest support.
 The 14-year war between the PKK and the Turkish army has cost an estimated 30,000 lives and so tarnished Turkey's human rights record that it is now a major obstacle to entry into the European Union.
 In Turkey's capital, Ankara, the third floor of a police station has been given over to the Mothers of the Martyrs, an organisation for people like Ms Gulsen Ones whose husband, a policeman, was killed in 1981 by a 16-year-old PKK guerrilla. Her two children have had to grow up fatherless.
 "When I sent my three year-old boy to primary school," she says, "he always painted pictures of graveyards, so I had to send him for psychotherapy. Now I want to ask those who talk about human rights: how about our human rights, my children's rights, and how about my husband's life?"
 It's human rights day in Turkey, and while the country is not winning any awards, its human rights association is honouring doctors who saved the life of its leading campaigner. In May this year, Mr Akin Birdal was hit by six bullets in an assassination attempt. In answer to Ms Ones's demand he says he wants human rights for all, but he sees the Kurdish issue and the constitution that outlaws advocacy of anything but a unified Turkish state as central to the country's sorry rights record.
 "The main reasons for human rights violations are the legal and constitutional structure here," he says. "They are based on the 1982 constitution put in place after the military coup in 1980. We want Turkey to be in line with the international conventions and declar ations she has signed up to."
 But just as soldiers still guard the mausoleum to the country's founder, Kemal Ataturk, so the military still acts as the guardians of his vision in Turkish politics. It was his dream that the ethnic divisions that unravelled the Ottoman Empire not dog the secular state he founded in 1923.
 Those suggesting a political answer, such as the leader of the party, Hadep - which claims to democratically embrace the Kurdish issue - can fall victim to the draconian constitution and be arrested. With Hadep's leader in jail, the deputy director of the party, Mr Osman Ozcelik, suggested that were Turkey more democratic, support for the PKK would fall away.
 However, according to an international relations professor at Ankara University and a lecturer at the National Security College, the authorities in Turkey feel too insecure to trust the democratic route. "If we can build confidence in Turkey then perhaps there can be more democratic solution possible," Prof Hassan Kroni says.
 That will come, he says, only after entry into Europe - ironically, without a solution to the Kurdish issue, that is unlikely to happen.
 In the meantime many Kurds will continue to place all their hope in Mr Ocalan and the PKK. According to commentators it will not be until the military cease their meddling in Turkish politics that the Kurdish question will be addressed politically.
 Perhaps then the Kurds will look less to the PKK to solve their ills, and the Turkish national anthem will sound less out of place in the mouths of Kurdish villagers. (Irish Times, December 24, 1998)

Kurdish Politicians Charged with Rebel Ties

 A Turkish prosecutor on December 28 charged 47 leaders and members of the country's main Kurdish party with aiding the rebels of Kurdish guerrilla leader Abdullah Ocalan.
 The Anatolian news agency said prosecutor Talat Salk charged the the People's Democracy Party (HADEP) officials with abetting the rebels through statements and hunger strikes they began after Ocalan was arrested in Rome last month.
 If convicted the 47, among them party head Murat Bozlak, face between four and seven years in jail.
 Ocalan's arrest sparked short hunger strikes by Kurds across Turkey in support of the Kurdistan Workers Party (PKK) leader. Such strikes are a common form of political protest in Turkey.
 Police detained hundreds of HADEP members and sympathisers in raids on party offices where the hunger strikers had gathered.
 "The unity and organic link between the PKK and HADEP was shown clearly by documents found during searches of party local buildings," the agency quoted Salk's indictment as saying.
 The case adds to a growing number of charges against HADEP party officials. A court has sentenced Bozlak to a year in jail for speeches made in 1993. He is appealing the verdict.
 Rome's Appeal Court on December 28 threw out a petition by lawyers acting for Turkey asking Italy to put Kurdish rebel leader Abdullah Ocalan under preventive detention.
 Court president Tommaso Figliuzzi declared the request inadmissible, saying it could only be granted at the behest of Italy's Justice Minister, Oliviero Diliberto, who has already recommended the guerrilla leader remain free.
 The court also said the request to detain Ocalan, arrested in Rome on a German warrant on November 12 but freed this month by a Rome appeals court, itself lacked legal foundation. (Reuters, December 28, 1998)

NATIONAL MINORITIES/MINORITES NATIONALES

Syrian Christian prisoner's case at Strasbourg

 The restructuring of the European Court of Human Rights (ECHR) put into effect November 4 is expected to speed up Syrian Christian Soner Onder's chances of having his case reviewed by a neutral judicial body outside his native Turkey.
 Otherwise, Onder faces another five and one-half years in a high-security military prison cell, marked as a political prisoner aligned with the terrorist activities of the Kurdistan Workers' Party (PKK).
 A 17-year-old youth at the time of his arrest in December 1991, Onder was accused of participating in a firebombing attack on an Istanbul department store in which 12 people were killed by PKK. Despite clearcut testimony contradicting the incriminating police report, as well as an official medical report verifying his claims that torture was used to extort a false confession, he was convicted and handed a death sentence, later commuted to life in prison.
 An affidavit from the Syrian Orthodox Metropolitan of Istanbul confirming Onder's attendance at Christmas Day church services just prior to the December 25 attack was ignored by the Turkish courts. Nor was evidence produced that Onder had any links with the PKK.
 Now almost 25, he has already spent seven years behind bars. His sentence was eventually reduced to 16 years and eight months because he was less than 18 years of age at the time of his arrest. The Turkish penal code forbids the death penalty against minors. He would be eligible for parole after serving three-fourths of his sentence, a total of 12 years and six months.
 After exhausting all possible judicial appeals through the Turkish State Security Courts and the Supreme Court, Onder's Turkish human rights lawyer Hasip Kaplan filed an appeal last January before the ECHR in Strasbourg. Kaplan is optimistic that the court's newly-streamlined hearing procedures should bring up Onder's case for consideration during 1999.
 "I am hoping for an unprejudiced decision from the European Court," Onder told relatives during a special family visit granted at Bayrampasa Prison the last weekend in October, on the occasion of the 75th anniversary of the Turkish Republic.
 Normally incarcerated in Istanbul's Umraniye Military Prison, Onder had been admitted to a hospital for minor surgery in mid October, just days before a prison uprising broke out among his fellow political prisoners. Family members admitted they were "relieved" that he was still recuperating in the hospital ward of Bayrampasa Prison during the one-day protest October 24. The youth had suffered serious head injuries during a crackdown by Umraniye prison guards in December 1995 in which several inmates were killed.
 ECHR proceedings are conducted in English and French, requiring all documents concerning Onder's case to be translated into both languages. Kaplan, who said he lacked fluency in either of these languages, hopes to be assisted by a European lawyer at the Strasbourg hearing of the case.
 Onder's family believe the youth was arrested simply because his identity card revealed that he was born in Diyarbakir, a major city in the heavily Kurdish-populated southeast region of Turkey. Separatist forces of the PKK have been fighting with government troops in the region since 1984, at the cost of more than 30,000 lives.
 "Our whole family is awaiting a positive result from Strasbourg in the shortest possible time", Onder's brother Teoman Onder told Compass last month.
 The latest ECHR reforms enacted November 4 require the court to function full-time, eliminating the cumbersome backlog of cases from the 1992 policy under which the Human Rights Commission spent a week of every month working separately from the court.
 As the judicial body of the Council of Europe, the ECHR is authorized to hear appeals from private citizens of member nations, once all internal legal avenues have been exhausted. Onder's case qualified for consideration after his final appeal before the Turkish Supreme Court was rejected in December 1997.
 Turkey has a record 2,400 cases on file before the ECHR, the largest number from any member nation. However, less than 10 percent are accepted for formal review: only 29 of the 365 cases filed from Turkey during 1997 were accepted.
 The Turkish government remains at odds with the ECHR over an array of rulings against Turkey, the majority related to cases involving the Kurdish struggle. In early November, the Turkish Justice Minister criticized recent ECHR rulings, claiming the court's "biased rulings" were being used to exert political pressure against Turkey. Turkey has threatened to suspend its membership in the Council of Europe, which would freeze its implementation of the court's rulings.
 Onder's elderly mother and all but two fo his eight older siblings have immigrated to Europe, part of the Syrian Christian diaspora from Southeast Turkey where they were born. Numbering some 70,000 in the 1930s, less than 2,000 of the ancient community remain in the war-torn region, which still boasts the oldest Christian monastery in the world at Tur Abdin. (HRWF-Compass, November 20, 1998)

Assassination of a Christian north of Tur Abdin

 Hannah Atekti, a Christian in his sixties from south-east Turkey, was assassinated by "unidentified" people on November 26 while guarding his flock outside his village, Besbin. He was the head of the last Christian family of this village. The announcement of the death of Hannah Atekti has just been made to his son-in-law Isa Karakut, who took refuge in Belgium in 1995 because he was threatened with death by Muslims.
 Since the beginning of this decade, thousands of Christians have fled from that part of Turkey because their security could not be guaranteed any more. Although the gravity of the situation is well known, the Belgian authorities persist in arbitrarily denying the right of asylum to Christians coming from that region.
 "Human Rights Without Frontiers" has met Isa Karakut who since July 1, 1998 has been threatened with deportation from Belgium back to Turkey. He is a Chaldean Christian and the religious minority he belongs to is systematically persecuted both by the local authorities and by the Kurds.
 "Human Rights Without Frontiers" confirms the persecution of Christians in south-east Turkey. However, the Belgian authorities think they there is no risk for him as he left behind his wife, Kitane Atekti (29), and their two children Ziver and Verine Karakut, respectively 7 and 5 years old. Though, what is true is that men are the priority targets of the religious hostility of the local population and that his wife wanted to stay in her village to take care of her aged parents. Moreover, in 1995, Isa Karakut's children were less than 4 and 2 years old. In such conditions, a travel of several thousands of kilometres was not conceivable. Up to now, the Belgian authorities have obstinately refused to take these local realities into consideration.
 Isa Karakut will "celebrate" the 50th anniversary of the Universal Declaration of Human Rights mourning the death of his father-in-law, a victim of religious hatred, and waiting in anxiety for deportation back to Turkey. (HRWF, 9.12.1998)

MAFIA RELATIONS/RELATIONS MAFIEUSES

Agitation dans la police après des accusations de liens avec la mafia

 La police turque était le 16 décembre en pleine ébullition, après le limogeage du chef du département antidrogue de la police d'Istanbul qui a accusé ses supérieurs d'avoir reçu 4 millions de dollars de pots-de-vin de chefs mafieux.
 Ferruh Tankus a été rétrogradé lundi au poste de chef d'un commissariat de quartier et, dans la foulée, a accusé mardi des dirigeants de la police d'Istanbul d'avoir reçu 4 millions de dollars de mafieux se livrant au trafic de drogue.
 "Mon départ à un autre poste a été rendu possible par un pot-de-vin payé par des chefs mafieux à des dirigeants policiers parce que je menais des opérations sans merci et couronnées de succès contre ces mafieux", a affirmé M. Tankus, sans donner de noms.
 La presse estimait qu'il visait notamment le chef de la police d'Istanbul, Hasan Ozdemir, et plusieurs de ses proches collaborateurs.
 Le directeur général de la police nationale, Necati Bilican, a accusé M. Tankus "d'avoir dissimulé jusqu'ici ce qu'il savait, si ses accusations s'avèrent vraies". Le gouverneur d'Istanbul Erol Cakir a pour sa part accusé M. Tankus d'avoir "des liens avec les organisations criminelles".
 Le ministère de l'Intérieur a ouvert une enquête sur les déclarations de M. Tankus et l'a limogé du poste auquel il venait d'être nommé. (AFP, 16 décembre 1998)

Drug dealer's prison death raises storm in Turkey

 The mysterious suicide of a drug trafficker who had accused the police of links to organised crime sparked a storm of questions in the Turkish press on December 29.
 An official inquiry into the death of Huseyin Uzun, found hanged on December 26 in the toilets at the Organised Crime Bureau in Istanbul, ruled on December 28 that the jailed drugs trafficker had committed suicide.
 Huseyin gave himself up to police last week and the press said he had made a lengthy confession accusing high-ranking Istanbul police officials of taking bribes from drugs barons.
 His accusations focused on the former chief of the anti-drugs squad Ferruh Tankus, who was sacked from his post last week.
 Tankus, who was demoted to the rank of local police station chief, accused his superiors of taking four million dollars in bribes from mafia bosses in return for his dismissal after his crackdown on the drugs trade.  Uzun's lawyer disputed the suicide verdict, arguing that his 180- centimetres (six foot) tall client could not have hanged himself in the alleged space, which was only 150 centimetres (five feet) high.
 He said: "A suicide should look like a suicide."  The Turkish press asked on December 29 whether Uzun had been silenced by the men he had accused or by his police questioners. The press also mooted the idea that he had been killed by the mafia.
 The popular daily Sabah said: "Scandals which can overthrow a government in a civilised country are accepted in our country as ordinary events."
 The government of outgoing premier Mesut Yilmaz collapsed last month amid allegations of the premier's links with organised crime. (AFP, December 29, 1998)

SOCIO-ECONOMIC/SOCIO-ECONOMIQUE

Global economic crisis fuels Turkish unemployment

 World financial woes are triggering large-scale layoffs in Turkey and intensifying pressure for new economic policies but the country is struggling even to form a new government, business groups said. The slowdown is being felt most acutely in the vital textile sector, focused in the Aegean region, where companies are being increasingly challenge by cheaper foreign competition and funding problems. "The crisis is escalating by the day. The sector's problems must be addressed immediately," said Hasan Ozmen, chairman of the Chamber of Commerce in Izmir. "If this crisis is not solved and the (textile) sector collapses, nobody will be able to get up from under it."
 Turkey's textile and readywear sectors account for 39 percent of its total industrial production and some 10 percent of its gross national product. Faruk Giyik, deputy chairman of the Aegean Clothing Manufacturers' Association, quoted a sector report as saying more than 300 companies had closed in the last year, leaving 20,000 people unemployed. "Hundreds of firms are facing closure in our region. Around 300,000 people are facing the threat of redundancy," he told a sector meeting at the weekend to discuss the crisis. The downturn is evident across the country, leading Turkey towards stagnation and possible recession next year, according to Professor Esfender Korkmaz, head of Istanbul University economics faculty.
 Gross national product growth slowed sharply to 1.9 percent year-on-year in the third quarter from 8.3 percent in 1997. Turkey's official unemployment rate rose to 6.4 percent in April, from 5.9 percent a year earlier, but analysts believe it could be higher. "Turkey's economy will shrink in 1999 unless necessary steps are taken," Korkmaz told Reuters in an interview. Newspaper front pages reflected the concerns. "Unemployment Alarm," said the mass-circulation daily Sabah. "The crisis has hurt Turkey badly." It said 10,500 people had been made redundant in the southeastern province of Gaziantep. Some 5,000 will be made redundant in the southern province of Adana at the weekend.
 Textile sector representatives say part of the problem is the high financing costs which they have to pay. They pointed to interest rates of around 145 percent, while annual consumer price inflation stands at 72.8 percent. Political uncertainty generated by the government's recent collapse, and apparent difficulties in establishing its successor, point to a worsening of the situation, business leaders said. "1999 looks bleak," said Ankara Chamber of Industry chairman Zafer Caglayan.
 Alongside textiles, the readywear sector, metal industry and building sectors were feeling the pinch. Associated industries are expected to be next on the list, Caglayan said. He said government anti-inflationary policies, designed to curb demand, were at the heart of the slowdown. (Reuters, December 7, 1998)

Net minimum monthly wage $ 184 in Turkey

 Gross minimum wage was decided as TL 78,075,000 ($ 250)for the first six months and TL 93,600,000 for the second half of 1999 for workers over the age of 16. For workers under the age of 16, gross minimum wage will be TL 66,363,750 and TL 79,560,000 for the first and second halves of 1999. (1 $=312.860 TL Official Rate)
 The new minimum wage was increased by 103.2 percent compared to the minimum wage for the first half of 1998. The new minimum wage was accepted in the Commission of Determining Minimum Wage unanimously on December 29, 1998.
 Labor Minister Nami Cagan announced the decision stating that for the first time, minimum wage was determined for six months. The net minimum wage for the first half of 1999 will be TL 57,620,790 ($ 184)for those over 16. Cagan said that the minimum wage hike is well over the annual inflation rate, the Anatolia news agency reported.
 When it was considered that consumer prices index is 73 percent, it would be seen that the real increase is 22.6 percent, said Cagan.
 On the other hand, Turk-Is's Third Region Representative Mustafa Kundakci claimed that the new minimum wage will drive 4-4.5 million workers into desperation and they are not satisfied with it. Kundakci said "In November, the food spending of a four-member family reached TL 85 million. When sheltering, clothing, education and health expenses are considered, it can be seen that this amount is not enough meeting a four-member family's basic needs."
 Salih Kilic, general education secretary of Turk-Is, said that they spent effort for improving unequal income distribution. Kilic warned that if income distribution is not bettered, social explosions can be experienced.
 However, Deputy General Secretary of the Confederation of Turkish Employers' Unions (TISK) Bulent Pirler said that their warnings that if the minimum wage is increased too sharply, then unemployment will increase were not taken into consideration. (TDN, December 30 1998)

RELATIONS WITH THE WEST/RELATIONS AVEC L'OUEST

Mme Mitterrand demande l'expulsion de l'ambassadeur turc

 Mme Danielle Mitterrand a demandé aux autorités françaises de juger ou d'expulser l'ambassadeur de Turquie en France, Sonmez Koksal, estimant sa responsabilité engagée dans la répression contre les nationalistes kurdes.
 Cette demande est exprimée dans un communiqué signé, notamment, d'organisations dont la veuve du président François Mitterrand est la présidente: France-Liberté et le Comité international pour la libération des députés kurdes emprisonnés en Turquie (CILDEKT).
 Le texte, parvenu le 3 décembre à l'AFP, rappelle que Sonmez Koksal était, avant de prendre son poste à Paris, le chef du service de renseignement turc (MIT). Il a occupé cette fonction de 1993 à 1997, période pendant laquelle ce service, selon le texte, a participé à "la politique d'élimination physique des élites intellectuelles kurdes suspectées de nationalisme".
 Les organisations signataires demandent aux autorités françaises "de lever son immunité diplomatique" afin "qu'il puisse répondre devant la justice des crimes commis sous son autorité par sa police ou à défaut de le déclarer non grata et de l'expulser". (AFP, 3 décembre 1998)

Le parlement européen demande une solution politique à la question kurde

 Dans une résolution datée du 3 décembre 1998, le Parlement européen, en réitérant sa demande pour la "libération de Leyla Zana, lauréate du prix Sakharov, et de tous les prisonniers politiques", a appelé à la solution pacifique du problème kurde et à un "dialogue entre les forces sociales pertinentes, dont les représentants de population kurde". L'instance européenne a demandé que les "droits culturels garantis constitutionnellement, y compris la liberté d'expression et la publication en langue kurde, ainsi que le droit à une éducation dans la langue maternelle dans toutes les régions de la Turquie" soient mis en place. D'autre part, il a appelé à la "mise en uvre de réformes démocratiques" permettant "la participation et une représentation équitable de tous les intérêts" à l'Assemblée nationale turque, mais également "à la réforme de la loi sur les partis politiques, la loi électorale et, en particulier, l'abaissement du seuil des 10% pour la représentation politique, ainsi que l'abrogation de la législation "antiterroriste", et plus spécialement de l'odieux article 8 en vertu duquel des intellectuels, des écrivains et des personnalités politiques restent détenus".
 De plus, la résolution demande "l'abandon de l'actuel rôle constitutionnel des militaires dans le système politique" et donc d'aller vers "la démilitarisation de la société turque", mais aussi "la levée de l'état d'urgence dans les provinces de l'est et du Sud-est et le démantèlement du système de gardes dans les villages de ces régions". Le Parlement européen met l'accent sur "le développement social et économique au profit de la population située dans les régions dévastées par le violent conflit et qui a souffert des effets à long terme du manque d'investissements et de la destruction des infrastructures". (CILDEKT, 17 décembre 1998)

Ankara qualifie d'"ingérence" la résolution du parlement européen

 Le président turc Suleyman Demirel a condamné le 4 décembre une résolution du parlement européen qui a adopté le 3 décembre un rapport sur la Turquie proposant une conférence européenne sur les Kurdes, la qualifiant "d'ingérence" dans les affaires intérieures de la Turquie.
 "C'est une ingérence directe dans les affaires intérieures de la Turquie", a déclaré M. Demirel, dans l'avion qui le ramenait à Ankara d'une visite en Roumanie.
 Le parlement européen a adopté un rapport sur la Turquie élaboré par le parlementaire autrichien Hannes Swoboda, demandant la tenue d'une conférence internationale sur les Kurdes et l'établissement d'un dialogue entre "les autorités turques et les représentants du peuple kurde".
 "Toute résolution, toute intervention visant l'intégrité territoriale, la souveraineté de la Turquie et ses affaires intérieures est inadmissible", a dit M. Demirel, cité par l'agence Anatolie.
 Le rapport Swoboda demande également qu'Ankara "réponde favorablement à la trêve" déclarée unilatéralement à compter du 1er septembre par le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), en rébellion armée contre Ankara pour créer un Etat kurde indépendant dans le sud-est de la Turquie, à majorité kurde.
 "Deux autres résolutions identiques ont été adoptées par le parlement européen en septembre 1992 et en juillet 1993 (...) S'il (parlement européen) veut dire que la Turquie sera acceptée à l'Union européenne en cas de division de notre pays, nous ne voulons pas (adhérer à) l'UE", a indiqué M. Demirel.
 La trêve du PKK, dont le chef Abdullah Ocalan a été assigné à résidence à Rome par la justice italienne, avait été immédiatement rejetée par les autorités turques.
 Le ministère des Affaires étrangères a pour sa part accusé le parlement européen "d'être le porte-parole des milieux hostiles à la Turquie".
 "Il est évident que le parlement européen n'a cette fois non plus adopté une attitude susceptible de contribuer au développement des relations entre la Turquie et l'UE", indique un communiqué de la diplomatie turque.
 "Le parlement européen insiste pour poursuivre son attitude qui n'est pas constructive et réaliste", ajoute le texte.
 "Cette approche déformée, qui reste indifférente à la mort des milliers de citoyens turcs, signifie une approbation du terrorisme. Nous condamnons cette approche de la façon la plus sévère au nom des familles victimes du terrorisme", affirme le ministère des Affaires étrangères. (AFP, 4 décembre 1998)

Règlement à l'amiable: Ankara paye 1 million de francs à deux plaignants

 Le gouvernement turc a accepté de verser 1,02 million de francs (environ 182.000 dollars) au total aux parents de deux hommes "prétendument tués par les forces de l'ordre après avoir été torturés", a annoncé le 4 décembre le Conseil de l'Europe dans un communiqué.
 Ce règlement à l'amiable met un terme à une procédure judiciaire engagée au niveau européen en décembre 1994 par le père de l'un des deux tués et le frère de l'autre. Les deux décès remontent à mai 1992.
 Les deux victimes avaient été arrêtées avec trois amis par des gendarmes dans l'est de la Turquie, où les forces de sécurité turques et des rebelles kurdes se livrent depuis plusieurs années une lutte sanglante. Les cinq corps avaient été retrouvés par la suite près du lieu de l'arrestation.
 Des traces de torture avaient été décelées et le procureur de la République avait estimé que les victimes, d'abord couchées au sol sur le ventre, avaient été tuées ensuite par des balles tirées dans la tête.
 Le gouvernement turc avait alors soutenu que des armes se trouvaient dans leur voiture et que les cinq personnes avaient été tuées lors d'un affrontement entre les forces de l'ordre et un autre groupe composé de "terroristes", selon Ankara.
 Selon le gouvernement, une enquête sur cette affaire est en cours devant le procureur de la République près de la Cour de sûreté de l'Etat de Diyarbakir.
 Ankara a cependant accepté de verser 510.000 FF à chacun des requérants. (AFP, 4 décembre 1998)

EU says no place for Turkey at Vienna summit

 European Union foreign ministers said on December 7 Turkey would not be invited to a two-day EU summit in Vienna on December 11 to join 11 candidates involved in the 15-nation bloc's eastward expansion drive.
 After a day of wrangling in which Greece dug in its heels against treating Turkey as a candidate member, Austrian Foreign Minister Wolfgang Schuessel told a news conference that the current lack of a government in Ankara made an invitation difficult.
 He played down talk of a crisis in EU-Turkey relations. "I don't think we are facing any serious crisis with Turkey," he said after a meeting in which ministers also favoured sending Kurdistan Workers' Party (PKK) leader Abdullah Ocalan for international trial.
 Schuessel said ministers expressed broad support for an international solution to the diplomatic crisis prompted by Ocalan's arrest in Italy last month.
 A year ago in Luxembourg EU leaders had snubbed Turkey's longstanding bid to join the Western bloc when they left it off an invitation to join the expansion process involving 10 former communist bloc countries and the Mediterranean island of Cyprus. (Reuters, December 7, 1998)

La presse turque tente d'expliquer l'échec d'Ankara

 L'Union européenne attend les résultats des prochaines élections en Turquie, qui se heurte, en outre, toujours au refus de la Grèce de la voir adhérer à l'UE, estimait le 13 décembre la presse turque pour expliquer l'échec d'Ankara à se faire reconnaître officiellement comme candidat à l'entrée dans l'UE.
 Ankara a décidé le 12 décembre de geler de nouveau ses relations politiques avec l'Union européenne, en riposte au fait que les Quinze ne l'ont toujours pas explicitement désignée comme candidate à l'adhésion, lors de leur sommet à Vienne.
 "L'Union européenne attend que les élections se soient déroulées en Turquie", écrit le quotidien Radikal (libéral). "La Turquie est bien le 12e candidat (à l'entrée dans) l'Union. Le seul problème est le veto d'Athènes et le fait qu'il n'y a pas de gouvernement à Ankara", poursuit-il.
 Le Premier ministre turc désigné Bulent Ecevit s'est déclaré le 10 décembre sur le point d'abandonner la tâche de former un nouveau gouvernement. Si aucune coalition viable n'est trouvée d'ici mi-janvier, le président turc Suleyman Demirel peut nommer un gouvernement intérimaire jusqu'aux élections législatives d'avril.
 "Cette fois, 14 pays membres ont officiellement reconnu que la Turquie était candidate", écrit, pour sa part, Sabah, citant une source non identifiée au ministère des Affaires étrangères. "L'Allemagne, la Grande-Bretagne, les Pays-Bas et la France notamment ont fait un grand effort. Mais l'obstacle de la Grèce n'a pas pu être surmonté", ajoute le quotidien.
 En décembre 1997, ulcérée d'avoir été laissée à l'écart de la liste des onze pays officiellement candidats à l'adhésion par le sommet européen de Luxembourg, la Turquie avait décidé de geler ses relations politiques avec les Quinze. Dans un rapport le mois dernier, la Commission de Bruxelles avait inclu la Turquie parmi les pays candidats, suscitant à Ankara l'espoir que la décision de Luxembourg serait révisée à Vienne.(AFP, 13 décembre 1998)

Le rapport de Human Rights Watch sur la Turquie

 Selon le rapport de l'organisation Human Rights Watch, rendu public le 3 décembre 1998, les scandales en série concernant les bandes illégales au sein de forces de sécurité de l'État, la montée de l'islam politique et le conflit armé dans le Sud-Est (kurde) ont marqué le bilan des droits de l'homme et l'agenda politique de la Turquie en 1998. Malgré des débats vigoureux entre dirigeants politiques et représentants de la société civile à propos de la nécessité d'"un État de droit", des lois restreignant les libertés d'expression et de réunion ont continué à être appliquées de manière arbitraire. Les militaires ont continué, à travers les privilèges qu'ils se sont attribués dans la Constitution de 1982, à exercer une influence sur la vie politique de manière tout à fait incompatible avec les standards des États démocratiques. Les partis politiques pro-islamiste, pro-kurde ou de tendance gauchiste ont fait l'objet de harcèlements et certains de leurs locaux ont été fermés. Il y a eu des attaques violentes contre des défenseurs des droits de l'homme et des bureaux de groupes de défense des droits de l'homme ont été fermés occasionnellement. La liberté d'expression a été restreinte par les actions arbitraires et abusives de la police. En raison de poursuites légales en vigueur, nombre de manifestants non-violents, d'écrivains et de journalistes ont été arrêtés et plusieurs publications interdites durant toute l'année. Bien que des dirigeants de haut rang aient condamné l'usage de torture et promis de faire des réformes, la torture a continué à rester très largement pratiquée en détention et ceux qui en étaient accusés ont reçu plutôt de la clémence ou n'ont pas été du tout condamnés dans certains cas bien connus (...).
 (...) Les scandales en série à propos de militants d'extrême droite et de membres d'organisations de crime organisé - appelés soi-disant "bandes ou gangs illégaux" - que les forces de sécurité de l'État ont mis à leur solde pour commettre des abus de droits de l'homme, ont occupé le premier plan du débat politique en Turquie. Les investigations du Parlement et du gouvernement relatives à l'accident de route à Susurluk qui a révélé en 1996 l'évidence de liens entre les forces de sécurité de l'État et ultra-nationalistes fugitifs, ont donné lieu à certaines poursuites très minimes. En 1998, plusieurs procès entamés contre des membres présumés de ces soi-disant "gangs illégaux" étaient en cours, mais les investigations qui pourraient donner lieu à l'implication de certains bureaucrates bien placés, poursuivent leur chemin très lentement (...).
 (...) Bien que le conflit armé dans le Sud-Est ait perdu de son intensité, les forces gouvernementales et à la fois celles du PKK ont commis des sérieuses violations de droits de l'homme. Des protecteurs de villages - d'origine kurde, ils fonctionnent comme gardiens civils désignés par l'État dans le Sud-Est - et les civils sont restés vulnérables dans la région. Durant une mission parlementaire sur les droits de l'homme, le gouverneur de Batman affirme que des méthodes qui sont loin d'"être qualifiées de normes acceptables" sont utilisées pour convaincre les villageois de ne pas soutenir le PKK. Les villageois précisent ces méthodes : marcher sur les champs de mines, torture des membres de famille ou de voisins (...)
 (...) Cependant, en 1998, même des journalistes et écrivains éminents ont été poursuivis en vertu de la loi anti-terreur. Parmi eux, on peut énumérer l'emprisonnement du professeur d'université Haluk Gerger (relâchés neuf mois plus tard), du journaliste Ragip Duran (condamnés à dix mois de prison) and de l'avocat et activiste humanitaire Esber Yagmurdereli (condamné à vingt ans de prison), tous pour des raisons liées à la liberté d'expression. Le 21 mars, un communiqué de l'état-major des armées excluaient deux principaux éditorialistes libéraux Mehmet Ali Birand (Sabah-Show TV) et Yalcin Dogan (Milliyet, NTV) de toute sorte de reportages sur les militaires, sur des sites militaires ou de réaliser des reportages avec le personnel militaire (...)
 ()Le gouvernement a souvent évoqué la loi anti-terreur pour punir les propos tenus relatifs à l'expression de l'identité kurde. Le journal Ulkede Gündem, défenseur de la reconnaissance de l'identité kurde, a été condamné à une amende de 40 milliards de livres turques (12000 $) durant l'année 1998 et fermé par un arrêt judiciaire pour une durée de 312 jours. L'hebdomadaire Hêvi (Espoir), connu pour sa prise de position non-violente, a été confisqué quarante-trois fois pour les neuf premiers mois de l'année. Sefik Beyaz, ex-président de l'Institut kurde d'Istanbul a, quant à lui, a été condamné à un an de prison et à une amende de 100 $ "pour avoir fait de la propagande séparatiste en jouant de la musique kurde" durant sa campagne électorale en 1995. (CILDEKT, 17 décembre 1998)

Pope's Cordial Christmas greeting to Kurdish People

 A tired-looking Pope John Paul II offered a Christmas prayer that people stand firm against violence and work to end weapons production, the death penalty and genocide.
 After leading the faithful in a Christmas Eve midnight Mass that ended about 1:30 a.m., John Paul had a few hours to rest before appearing on the central balcony of St. Peter's Basilica at noon today to deliver his traditional "Urbi et Orbi" message.
 His speech mentioned no region except for the Middle East. However, at the end of his speech, John Paul offered an unscripted "cordial greeting to the Kurdish people."
 A small group of Kurds was reportedly in the crowd of about 40,000 people in St. Peter's Square.(AP, December 26, 1998)

REGIONAL RELATIONS/RELATIONS REGIONALES

Le parlement turc reconduit le mandat de "Northern Watch"

 Le parlement turc a décidé le 24 décembre de reconduire, pour une durée de six mois, le mandat de la force multinationale "Northern Watch" déployée sur la base turque d'Incirlik (sud), chargée de surveiller la zone d'exclusion de vol imposée à l'aviation irakienne au nord du 36ème parallèle, a rapporté l'agence Anatolie.
 La base d'Incirlik, située près d'Adana, avait été massivement utilisée par l'aviation américaine lors de la guerre du Golfe, en 1991, pour des raids aériens sur l'Irak.
 "Northern Watch" est composée essentiellement d'avions américains et britanniques, chargés de surveiller la zone d'interdiction de vol imposée au nord du 36ème parallèle depuis la fin de la guerre du Golfe.
 La Turquie faisait partie de la coalition anti-irakienne formée sous la direction des Etats-Unis lors de la crise du Golfe.
 L'assemblée turque procède à la reconduction du mandat de cette force tous les six mois. (AFP, 24 décembre 1998)

 
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