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 Chief Editor /Rédacteur en chef: Dogan Özgüden - Responsible editor/Editrice responsable: Inci Tugsavul


Earlier bulletins / Bulletins précédents

24e Année - N°267

Novembre/November 2000


Grève de la faim des

prisonniers politiques

*

Prisonniers politiques en grève de la faim

 Plus de 800 détenus sont en grève de la faim dans les prisons turques depuis un mois pour dénoncer un projet de réforme des établissements pénitentiaires surchargés et aux mutineries fréquentes, a annoncé le 22 novembre l'Association des droits de l'Homme turque (IHD).
 "La grève de la faim, à laquelle participent 815 détenus dans de nombreuses prisons à travers le pays, en est à son 33-ème jour aujourd'hui", a souligné dans un communiqué l'IHD, principale organisation de défense des droits de l'Homme de Turquie.
 L'état de santé de 40 d'entre eux, qui se sont déclaré prêts le 19 novembre à jeûner jusqu'à la mort, se dégrade, a ajouté l'IHD.
 "Il est évident que la grève de la faim va entraîner des morts et de graves complications si elle n'est pas arrêtée immédiatement", a souligné l'association.
 Le mouvement vise à dénoncer le projet de réforme des prisons du gouvernement, qui envisage de construire de nouveaux établissements avec des cellules pour 3 personnes, à la place des dortoirs actuels de 60 détenus, en vue d'améliorer la sécurité dans les prisons, où révoltes et affrontements entre gangs mafieux rivaux sont fréquents.
 La réforme est dénoncée par les familles des prisonniers et les défenseurs des droits de l'Homme selon qui la nouvelle organisation va encore plus isoler les prisonniers.
 L'IHD presse le gouvernement d'annuler ce projet et d'ouvrir un dialogue avec les grévistes de la faim "pour arrêter le mouvement avant qu'il ne fasse des victimes".
 Mais le ministre de la Justice Hikmet Sami Turk a affirmé que "les grèves de la faim ne profiteront à personne" lors d'une intervention devant le parlement le 21 novembre soir, rapportée par l'agence Anatolie. (AFP, 22 novembre, 2000)

Grande manifestation contre des prisons modernes

 Une grande manifestation contre la mise en service prochaine de nouvelles prisons, à cellules au lieu de dortoirs, baptisée "Plateforme contre les cellules" a pris fin sans incident le 25 novembre à Ankara.
 Ce rassemblement, composé de nombreux partis politiques, associations de défense des droits de l'Homme et organisations professionnelles venus de tout le pays, a notamment été suivi par deux parlementaires suédois, Agneta Norberg et Annita Cullberg.
 Les manifestants, quelques milliers au vu des images de télévisions, ont scandé des slogans contre les prisons "de type F", dans lesquelles les détenus seront dans des cellules de deux ou trois personnes à la place des actuels dortoirs pouvant héberger jusqu'à 60 personnes.
 Ils ont réclamé également l'adoption d'une loi d'amnistie, attendue depuis plus de 18 mois, qui pourrait vider les prisons turques d'une bonne partie de sa population, représentant aujourd'hui quelque 70.000 personnes.
 Plusieurs pancartes exigeaient aussi la disparition des Cours de Sûreté de l'Etat, célèbres pour le caractère très politique de leurs procédures. (AFP, 25 novembre, 2000)

AI: "Danger de mort pour les détenus en grève de la faim"

 Amnesty International s'est inquiétée du danger de mort pour les prisonniers en grève de la faim en Turquie qui protestent contre le projet du gouvernement turc d'étendre la détention en isolement et a appelé Ankara à éviter ce système, dans un communiqué reçu le 29 novembre à Ankara.
 Amnesty souligne qu'elle a envoyé une lettre aux autorités turques le 27 novembre pour exprimer sa préoccupation sur la détention en isolement total ou par petites groupes qui peut "avoir de sérieuses conséquences sur la santé mentale et physique des prisonniers et peut constituer un traitement cruel, inhumain ou dégradant, ou une punition. Elle peut aussi faciliter la torture et les mauvais traitements".
 Amnesty rappelle que quelque 800 prisonniers accusés ou condamnés pour délits politiques continuent leur grève de la faim contre la construction de prisons de type F, avec des cellules pour 3 détenus maximum.
 "La vie des ces prisonniers est en danger alors que la grève de la faim est entrée le 22 novembre dans son 39-ème jour et une quarantaine ont converti leur grève en jeûne complet depuis le 19 novembre", souligne l'organisation.
 Elle relève que "la raison de leur protestation coïncide sous bien des aspects avec les préoccupations" d'Amnesty.
 Les autorités turques ont entamé la construction de prison avec des cellules pour 3 détenus, pour remplacer les dortoirs surpeuplés pouvant accueillir jusqu'à 60 détenus, dans le but de contrôler les prisons, où les mutineries avec prise d'otages, souvent réprimées dans le sang, et les affrontements mortels entre gangs mafieux sont fréquents.
 Amnesty demande au gouvernement "d'assurer aux prisonniers, y compris ceux condamnés pour des délits politiques, un traitement conforme aux normes internationales" et de leur permettre de passer chaque jour un certain temps avec d'autres prisonniers hors de leurs cellules. (AFP, 29 novembre 2000)

Recent appeal of political prisoner to the world opinion

 "We, as political prisoners in the prisons of ULUCANLAR-ANKARA, ADANA-KURKCULER, AYDIN, BARTIN, BAYRAMPASA, BUCA, BURSA, CEYHAN, CANAKKALE, CANKIRI, ERMENEK, GEBZE, MALATYA, NEVSEHIR, NIGDE, USAK AND UMRANIYE who started hunger strikes on the dates of October 20, 23 and 26, 2000, announced to public opinion that we had turned it into a DEATH FAST on November 19, 2000 as our demands had not been met.
 "In the meantime, since there have been no developments, on November 29, 2000, we, as the SECOND DEATH FAST TEAM, started the DEATH FAST action.
 "Until our demands are granted, we will continue our DEATH FAST resistance with the same determination.
 "THE DEMANDS OF OUR DEATH FAST ACTION:
 "- The closure of the 'F' Type prisons
 "- Law No. 3713, the Ant-Terror Law, to be abolished along with all its consequences - The cancellation of the Tripartite Protocol - The cancellation of the State Security Courts
 "- Those responsible at various dates for the killing and serious wounding of our friends in Buca, Umraniye, Diyarbakir, Ulucanlar and Burdur prisons to be brought to trial,
 "- Those prisoners suffering from various illnesses, those who are suffering from the after-effects of the 1996 Death Fast, those who were wounded in various attacks and who have not had medical treatment are to be released,
 "- The torturers are to be brought to judgement,
 "- All anti-democratic laws which are an obstacle to the struggle of the peoples for democracy and freedom are to be abolished, and there must be an end to repression."
 "FOR THESE DEMANDS WE HAVE LAIN DOWN TO DIE, IN THIS SITUATION WE WILL DIE BUT WE WILL NOT GO INTO THE CELLS." (Info-Türk, 30 novembre 2000)

FORCES ARMEES / ARMED FORCES

Turkish Military Under Fire for Wide-Ranging Smear Campaign

 Revelations that a top army general authorized a smear campaign against politicians, journalists and human rights activists have intensified debate in Turkey over the role of the military and have further undermined this nation's already shaky democracy.
 Nazli Ilicak, a lawmaker for the main opposition Islamic Virtue Party, said on November 5 that she plans to take legal action against Cevik Bir, the former deputy chief of the army general staff who allegedly masterminded the campaign, and will push for a parliamentary investigation as well.
 "I will not give up this fight until justice is served," Ilicak said in a telephone interview from her home in Istanbul.
 Details of the secret army memo, dated April 1998, became public after Ilicak published excerpts Oct. 21 in her column in the religious-leaning daily Yeni Safak. The measures it proposed included getting newspaper editors to publish stories defaming selected journalists, politicians and a prominent rights group by saying all had received money from and collaborated with Kurdish "separatist terrorists". "The aim is to undermine their reputations," the memo said.
 Shortly afterward, allegations began to surface in the Turkish press that, during his interrogation, a captured Kurdish rebel had accused those named in the document of links to his group. Within days of those allegations, Mehmet Ali Birand, a liberal columnist for the daily Sabah, was fired by his editors. And within weeks, Turkey's top human rights defender, Akin Birdal, narrowly survived an armed attack by ultranationalist gunmen.
 Controversy over the memo received a boost on November 2 after the army issued a statement admitting that the document was genuine. The statement described the measures as part of its legitimate struggle against terrorism. It left open whether the measures had ever been implemented, but it made clear that the army would consider similar actions whenever it deemed fit.
 The statement said: "The Turkish Armed Forces will continue to wage in a resolved manner its determined, serious, sensible and legal struggle against persons and institutions that attempt, without considering their own situation and their own past, to insult the Turkish Armed Forces members who think of nothing other than to serve their country at the expense of their own lives, and it will continue to warn those who do not exhibit this sensitivity."
 Bir was subsequently quoted in press accounts as saying that he was very pleased with the statement and that he had been acting in the interest of the state.
 Under Turkish law, military officers can be tried only in military courts and only if their commanding officers agree that they should be prosecuted. So chances that Bir will ever appear in court are extremely slim.
 The army's statement came only days before the European Union is expected to announce a set of conditions that Turkey must fulfill before it can achieve its long-cherished goal of full membership in the EU. High on the list are likely to be demands that Turkey improve its bleak human rights record and that the army keep out of politics.
 "This [incident] is 10 times worse than the Watergate scandal in America," wrote Gulay Gokturk, a prominent Sabah columnist. A fellow columnist, Cengiz Candar, who was targeted in the now-famous memo, had even harsher words, but his editors refused to run his article last week, saying it was libelous and insulted the military. That move provoked a further uproar in the Turkish press. And in an act of solidarity, several rival newspapers published the article in which Candar likened Bir to former Chilean dictator Augusto Pinochet.
 Turkey's generals, who view themselves as guarantors of the secular legacy of the founder of modern Turkey, Kemal Ataturk, have seized power three times since 1960. The army's latest intervention came in 1997, when it forced the country's first pro-Islamic prime minister, Necmettin Erbakan, to step down amid charges that he had sought to introduce Islamic rule during a turbulent year in office. Yet the military continues to rank among Turkey's most venerated and trusted institutions, and its popularity shows few signs of waning.
 Echoing widespread public sentiment, Emin Colasan, a columnist for the pro-establishment daily Hurriyet, said: "When it is a matter of national security, certain institutions of the state undertake such actions. Journalists who defend terrorist actions are more dangerous than the terrorists themselves." Some commentators have even suggested that in taking responsibility for the memo, the army has proved it is willing to become more open and accountable, in line with EU demands.
 "This whole affair is a watershed for Turkish democracy," Candar said in a telephone interview. "I am hopeful that things will get better in the long term, but in the short term they could get worse." (AMBERIN ZAMAN, Los Angeles Times, November 6, 2000)

Journalist's column prevented from appearing in newspaper

 In a 16 November 2000 open letter to Zafer Mutlu, chairman of the board for daily newspaper "Sabah", Dinç Bilgin, the newspaper's publisher, and Editor-in-Chief Tayfun Devecioglu, IPI expressed its concern at the decision by the management of "Sabah" to discontinue the weekly column of one of the newspaper's journalists.
 According to IPI's sources, a decision by the management prevented journalist Cengiz Candar's column of 4 November from appearing in the newspaper. Instead, "Sabah" issued a statement under the journalist's by-line, "explaining" that the column had been withdrawn because it "broke the law by insulting the military". In addition, Candar was told that his weekly column would no longer be included in the newspaper. As a result, the journalist decided to take a leave of absence.
 Candar's column, which was subsequently published in other media outlets, had called for military officers involved in a smear campaign to be "punished". The reported smear campaign, named the "Special Action Plan", was first disclosed by Nazli Ilicak, a columnist for the newspaper "Yeni Safak" and a member of parliament, on 21 October. The aim of the campaign was to discredit a number of prominent journalists and intellectuals, including Candar, by linking them to the outlawed Kurdistan Workers' Party. The military has confirmed the existence of a document, dated April 1998, which outlines this plan, but claims that it was only a "memo" containing suggestions.
 The decision to discontinue Candar's column is deeply troubling and raises serious concerns with regard to editorial independence. In view of the fact that Candar was merely providing further comments on an issue already in the public realm, it would appear self-censorship has played a role in the outcome of an editorial decision, thus compromising the accountability that the media is supposed to ensure and provide in a democracy. In addition, a column is widely recognised as a commentary rather than an article and, in this case, it appears Candar has been punished for expressing an opinion. (IPI/IFEX, November 16, 2000)

"Licence d'exportation indispensable pour contrat de chars"

 Le ministre turc de la Défense Sabahattin Cakmakoglu a averti le 7 novembre que les compagnies étrangères en lice pour un important contrat de co-production de chars d'assaut seraient exclues si elles ne possédaient pas une licence d'exportation de leur gouvernement.
 L'appel d'offre lancé l'année dernière porte sur la production commune en Turquie d'un millier de chars, pour un montant d'environ 7 milliards de dollars.
 "Nous ne prendrons pas en considération celles (NDLR: les compagnies) qui n'auront pas obtenu une licence d'exportation", a dit le ministre, qui s'exprimait lors d'un symposium sur l'industrie de défense à Ankara, cité par l'agence Anatolie.
 M. Cakmakoglu a rejeté toute restriction qui serait imposée à la Turquie sur l'utilisation de ses armements. (AFP, 7 novembre, 2000)

L'armée turque contre l'idée d'émissions en kurde

 L'armée turque a exprimé des craintes que la création d'émissions de radio ou télévision en kurde, demandée par l'Union européenne (UE) à la Turquie, ne porte atteinte à l'intégrité du pays à peine sorti de 15 ans de rébellion kurde, a rapporté le 15 novembre l'agence Anatolie.
 "L'armée turque ne peut être contre l'entrée de la Turquie dans l'UE, mais quant à savoir si cela doit se faire de manière inconditionnelle, nous pouvons avoir une opinion différente", a déclaré le 14 novembre soir le secrétaire général de l'état-major Aslan Guner, cité par l'agence.
 "La seule inquiétude de l'armée réside dans le fait que cette initiative pourrait mettre un terme à la structure unitaire de la Turquie. Nous ne pouvons rester forts si nous sommes divisés", a expliqué M. Guner, interrogé au sujet de la création de radios et de télévisions en langue kurde.
 "Mais ce sont des questions politiques, des questions sensibles... Elles seront évaluaées en temps voulu", a-t-il ajouté. (AFP, 15 novembre, 2000)

La coopération militaire entre l'Ukraine et la Turquie

 L'Ukraine et la Turquie ont signé le 23 novembre 9 accords de coopération à l'occasion d'une visite à Ankara du président Leonid Koutchma qui en a profité pour vanter les mérites du char ukrainien en lice pour un important contrat avec l'armée turque.
 Les accords, signés à l'issue d'une rencontre de M. Koutchma avec son homologue turc Ahmet Necdet Sezer, portent sur la prévention des désastres nucléaires, la coopération en matière de justice, santé, communication, et l'échange de technologie et savoir-faire militaire.
 "Nous partageons la même volonté politique d'améliorer les relations bilatérales et de renforcer notre partenariat", en particulier les échanges commerciaux et la coopération dans l'industrie de défense, a souligné M. Sezer devant la presse, cité par l'agence Anatolie. (AFP, 23 novembre, 2000)

La priorité de l'Armée au Boeing pour l'achat d'Awacs

 La Turquie a décidé d'entamer des négociations commerciales "en priorité" avec le constructeur américain Boeing pour l'achat d'au moins six avions-radar Awacs d'un montant environ de 1,5 milliard de dollars, a annoncé le 27 novembre le Premier ministre  Ecevit.
 "Nos discussions commenceront en priorité avec Boeing puis avec Raytheon" a-t-il déclaré à la presse à la sortie d'une réunion du comité exécutif de l'Industrie de la Défense.
 Deux firmes, Boeing et Raytheon (israélo-américain), sont en lice dans cet appel d'offres ouvert en 1998 pour l'achat de quatre avions Awacs avec une option sur quatre autres pour les besoins de l'armée turque.
 Si un accord n'était pas trouvé avec Boeing, la Turquie se tournerait alors vers le consortium israélo-américain.
 M. Ecevit a précisé que la Turquie achèterait "six ou sept" avions-radar et que les négociations allaient commencer immédiatement avec Boeing. (AFP, 28 novembre 2000)

LE TERRORISME DE L'ETAT / STATE TERRORISM

Un loup gris élu chef de la commission des droits de l'Homme

Un député turc d'extrême droite a été élu le 9 novembre chef de la commission parlementaire des droits de l'Homme, faisant perdre son poste à Mme Sema Piskinsut, qui s'est illustrée en dénonçant publiquement la pratique de la torture, a-t-on indiqué de source parlementaire.
 Huseyin Akgul, du parti de l'Action nationaliste (MHP), a été élu grâce à un accord entre le MHP et le parti de la Gauche démocratique (DSP) du Premier ministre Bulent Ecevit, membres de la coalition au pouvoir.
 Mme Piskinsut, députée DSP, n'a pas assisté au vote et reste un membre de cette commission qu'elle a dirigée pendant ces trois dernières années.
 Elle a déploré que la présidence de la commission ait fait l'objet d'un accord politique et "ait été laissée au MHP dans cette conjoncture", alors que la Commission européenne vient une fois de plus d'engager la Turquie à améliorer son bilan déficient en matière de respect des droits de l'Homme.
 "Notre commission a contribué à la respectabilité du parlement, de la démocratie et de l'Etat de droit", a-t-elle dit dans un communiqué, cité par l'agence Anatolie.
 Mme Piskinsut, médecin de profession, s'est fait connaître pour son franc-parler et sa détermination à enquêter sur les violations des droits de l'Homme.
 Elle doit notamment sa popularité à des descentes nocturnes effectuées avec d'autres membres de la commission dans des prisons et des postes de police un peu partout en Turquie, lors desquelles des instruments de torture avaient été découverts, soulevant l'indignation populaire.
 Sous sa direction, la commission a publié une série de rapport dénonçant la pratique de la torture, ainsi que les mauvais traitements dont font l'objet les détenus et les personnes gardées à vue.
 Le travail de la commission avait été salué le 8 novembre par Guenter Verheugen, commissaire européen à l'élargissement, lors de sa présentation au Parlement européen du rapport annuel sur l'état d'avancement des pays candidats, fort critique envers le bilan de la Turquie en matière de droits de l'Homme. (AFP, 9 novembre, 2000)

Physician Details Changing Methods of Torture

 Dr. Sukran Irencin, the Istanbul Representative of the Human Rights Foundation of Turkey (TIHV), who undertakes the treatment of people who claim to have been subjected to torture, said that the methods used for torture have changed in the past year.
 Irencin said that in the process of entering into the EU , thick wooden sticks that have been called "Haydar" have taken the place of the billy club. [He] made the following claims: "The policemen's billy clubs were collected because we will be entering the EU. There are no longer scenes reflecting the public being hit with billy clubs. However, in the police vans they are treating the people so badly that the billy clubs are missed. They beat the people with the sticks called 'Haydar,' which have been hidden under the seats in the van, and the people have to go to the hospital for treatment. Moreover, the bad treatment continues even when they are being taken to the hospital. The most frequently used method is the Mamak Corridor..."
 Irencin stated that the methods of torture have changed according to the conditions and circumstances. The bastinado can be determined with bone scintigraphy and for this reason it has begun to be abandoned.
 He said, "In the past the bastinado was a very frequently used method. Later the determination of the bastinado marks came onto the agenda and the bastinado was abandoned." (Milliyet, 3 Nov 2000)

Risk of torture and ill-treatment

 Amnesty International is concerned that five members of the Ak family, who have been arrested in southeastern Turkey, are at risk of torture.
 Haci Muhittin and Ayse Ak, and their children, Abdülhamit, Gülizar and Dilber, were arrested early in the morning on 18 November by gendarmes (soldiers who act as police in rural areas) from a local outpost near their home in the Kurdish village of Davahirap in Bingöl Province, southeastern Turkey. They were subsequently brought to the Gendarmerie headquarters in Genc, a borough of Bingöl. It is not known where they are detained at present, or on what charges they are held. However, at least two family members have been tortured while in detention previously, and it is feared that they are at serious risk of being tortured once more.
 Sixty-five-year-old Haci Muhittin Ak has been detained four or five times, and was imprisoned for aiding and abetting the PKK until May this year. He is paralysed and has difficulty walking, reportedly because of previous torture. His son, Abdülhamit Ak, has also been arrested previously, and was imprisoned for six or seven years. (Amnesty International, 20 November 2000)

L'état d'urgence reconduit dans 4 provinces kurdes

 Le parlement turc a décidé le 21 novembre de reconduire l'état d'urgence en vigueur dans 4 provinces de l'est et du sud-est à majorité kurde, dont la levée est l'une des mesures réclamées par l'Union européenne pour une adhésion à terme de la Turquie.
 Les provinces concernées sont Tunceli (est), Diyarbakir (sud-est), Hakkari (extrême sud-est) et Sirnak (sud-est), théâtre pendant 15 ans de la rébellion du PKK. La mesure s'applique pour quatre mois à partir du 30 novembre.
 La décision est intervenue le jour même où la Cour européenen des droits de l'Homme examinait une plainte contre la Turquie déposée par le chef du PKK Abdullah Ocalan, condamné à mort en Turquie en juin 1999 pour trahison et séparatisme.
 La levée de l'état d'urgence fait partie des mesures politiques réclamées à "moyen terme" à la Turquie par le "partenariat d'adhésion" mis au point par la Commission européenne.
 Les 4 provinces sont placées depuis 1987 sous la responsabilité du bureau du gouverneur de l'état d'urgence à Diyarbakir, chef-lieu du sud-est anatolien, chargé de coordonner la lutte contre le PKK.
 Ce dernier a mis fin officiellement en septembre 1999 à sa rébellion armée pour obtenir la création d'un Etat kurde indépendant dans le sud-est, à la demande d'Ocalan.
 Mais l'armée turque s'est dit déterminée à pourchasser jusqu'au bout les rebelles à moins qu'ils ne se rendent (AFP, 21 novembre, 2000)

Acquittement pour des jeunes torturés par la police

 Quinze jeunes gens, qui avaient été torturés lors d'une garde à vue par des policiers par la suite condamnés, ont été acquittés le 28 novembre par le tribunal qui les jugeaient pour appartenance à une organisation illégale.
 La Cour de sûreté de l'Etat d'Izmir, près de Manisa (ouest), a acquitté pour manque de preuves les accusés, poursuivis pour appartenance au Parti et Front révolutionnaires de libération nationale (DHKP-C), selon l'agence Anatolie.
 Des aveux écrits par les accusés ont été déclarés nuls par la cour.
 Ces jeunes gens, âgés de 14 à 26 ans à l'époque des faits, en 1995, avaient été placés en garde à vue à Manisa (ouest) sur la base de vagues accusations d'appartenance à ce groupe d'extrême gauche.
 Les accusés ont déclaré qu'ils avaient alors reçu des électrochocs, fait l'objet d'abus sexuels, avaient été battus et menacés. (AFP, 28 novembre 2000)

Human Rights violations in brief

 @ The case opened in connection with the press statement read out in Istanbul on 3 September on the occasion of 1 September World Peace Day started at Beyoglu Penal on 2 November. A number of EMEP, ODP, DBP, HADEP and KESK leading are prosecuted with the accusation of  žholding an unauthorized demonstration.Ó (Evrensel, Nov 3, 2000)
 @ In its establishment anniversary (6 November 1981), protest acts have been held against the Higher Education Institution (YOK) in many places. In order to attend the meeting that would be held in Ankara today the Association of Solidarity with Istanbul University Youth (IYÖ-DER) members set out from Istanbul on 5 November but they were hindered by the police officers. (Yeni Gündem, Nov 6, 2000)
 @ Police opened fire on a man who escaped from a traffic control in Istanbul. A teenager, Alican Kaynar (14), was shot dead in the incident. (Yeni Gündem, Nov 6, 2000)
 @ 85 members of the teaching staff at Samsun 19 May University who had protested against the appointment of a new rector at the university are put on trial for žhaving staged an illegal demonstrationÓ.  Having violated the Law No. 2911 on Meetings and Demonstrations they have to expect sentences of one to 3 yearsŪ imprisonment. (Radikal, Nov 9, 2000)
 @ The appeal hearing in the case of Zeki Rüzgar, lawyer at the Office for PeopleŪs Law, Dr. Cumhur Akpinar, physician at the Fornesics and former board member of Ankara Medical Assoication, Ayse Betül Gökoglu, chairwoman of the Association of Solidarity and Aid for Relatives of Prisoners and Human Rights (TUYAD) and Ali Ercan Gökoglu was held on 8 November at the Court of Cassation. The court quashed all convictions. (Radikal, Nov 9, 2000)
 @ The case opened against Ahmet Turan Demir, HADEP Chairperson, in connection with the speech he gave at the congress of HADEP Manisa Provincial Organization on 6 September 1998, concluded. Izmir SSC sentenced Ahmet Turan Demir to 1 year imprisonment under Article 8 of the Anti-Terror Law on the grounds that "he had supported the attacks by the PKK thus legitimized them in his speech." The SSC commuted DemirŪs sentence to 10 months imprisonment and TL 666 billion fine, considering his good conduct during the prosecution. (Yeni Gündem, Nov 14, 2000)
 @ The case opened against Sema Pektas, one of the lawyers of the youths tortured in detention in Manisa, for giving the photos of police officers on trial to the members of media and thus žabused her dutyÓ continued on 15 November. Sema Pektas confirmed that she had taken the photocopies of the photos of the police officers before the identification and said: žHowever, there is no record found that I took the photocopies." (Radikal, Nov 16, 2000)
 @ The trial of Özge Yenier Duman, member of Ankara Medical Chamber Ethic Commission and a physician with the Numune Hospital Psychiatry Department concluded at Ankara Penal Court of First Instance No. 12 on November 16. The case had been opened against her for not carrying out examination on a prisoner when the gendarmes refused to leave the room. Özge Yenier Duman, prosecuted on charges of žnegligence of dutyÓ stated that she had acted conforming with the ethic of medicine and that the gendarmes hindered her from practicing her duty by not leaving the room. The Court Board took the decision of acquittal for Duman. (TIHV, Nov 16, 2000)
17/11
 @ A case has been opened against Tekin Yildiz, Chairperson of Tüm Yargi Sen Trade Union (union of prison warders) on the accusations of žinsulting Ali Suat Ertosun, General Director of Prisons and Detention Houses and Rüstem Çinkiliç, Director of Ankara Central Prison.Ó The indictment sought from 7 months to 2 years 8 months prison sentence for Yildiz. (Evrensel, November 17, 2000)
 @ The trial of PKK with 70 defendants, 24 under remand, which was continuing for about 7 years in Adana concluded. 11 defendants were sentenced to 12 years 6 months imprisonment under Article 168 of the TPC on charges of "PKK membership", 2 defendants were sentenced to 8 years 4 months and 33 were sentenced to 3 years 9 months imprisonment on charges of "aiding and sheltering members of PKK." Ten defendants were acquitted in the trial. (Yeni Gündem, November 18, 2000)
 @ The case opened in connection with the bomb attack against the Çankiri Governor Ayhan Çevik on 5 March 1999 continued at Ankara SSC on 21 November. The prosecution seeks the death penalty for seven defendants under Article 146 of the TPC,  and 22 years 6 months imprisonment for five others on the accusations of TIKKO membership. (Evrensel, November 22, 2000)
 @ The case opened against Mehmet Yagik (HADEP), Mayor of Küçükdikili, Adana and 5 staff members of the municipality on charges of žaiding and sheltering members of PKKÓ continued at Adana SSC on 22 November. Four years and six months imprisonment is demanded for each under Article 169 of the Turkish Penal Code. (Yeni Gündem, November 23, 2000)
 @ D. G. (16) a teenager at a middle school in Nurhak district of Maras reported that police officers beat him, hit him on the head with a walkie-talkie and squeezed his testicles in the head masterŪs room, on the grounds of starting a fight at school. D. G. also informed that he had been subjected to the same treatment at the security directorate where he was later taken to and that had been released without appearing before the Prosecution Office. (Yeni Gündem, November 27, 2000)
 @ Istanbul SSC decided on the closure of the daily Yeni Evrensel for a month under Article 312/2 of the TPC in connection with an article by Ender Umrek about Newroz published on 17 March. The 20th issue of the weekly Devrimci (Progressive) Democracy was confiscated by the Istanbul Penal Court of Peace No. 3. Istanbul SSC had previously took the decision of confiscation for the same issue. (Evrensel, November 25-26, 2000)
 @ The trial of Van Mayor Sahabettin Özaslaner from HADEP  and Batman Mayor Abdullah Akin from the same party concluded at Erzurum SSC on 25 November. The SSC sought 10 months imprisonment and 1 billion 260 million fine for each of the mayors under Article 312 of the TPC. The case had been opened against the mayors in connection with a speech they gave at HADEP Agri Provincial Organization Congress held on 3 September 1998. (Evrensel, November 26, 2000)

PRESSIONS SUR LES MEDIAS / PRESSURE ON THE MEDIA

Pétition pour la nationalité turque au poète Nazim Hikmet

 La restitution de sa nationalité turque au poète Nazim Hikmet (1902-1963), persécuté dans son pays pour ses opinions de gauche et mort en exil en URSS, a été demandée dans une pétition signée par un demi-million de personnes et envoyée le 5 novembre au Premier ministre Bulent Ecevit, a rapporté l'agence Anatolie.
 Des membres du Parti socialiste turc se sont rendus à la poste du quartier de Kadikoy, situé dans la partie asiatique d'Istanbul, pour envoyer cette pétition réclamant que la citoyenneté turque soit restituée à Nazim Hikmet, considéré comme le poète le plus important et le plus novateur de ce siècle en Turquie.
 Après avoir passé plusieurs années en prison sous des accusations liées à ses prises de position de gauche, Nazim Hikmet avait fui son pays en 1951 pour l'URSS.
 En 1959, le gouvernement d'Ankara lui avait retiré sa nationalité turque du fait de son exil. Nazim Hikmet avait alors pris la nationalité polonaise et s'était installé à Moscou, où il mourut en 1963.
 Ses oeuvres, d'abord censurées, ont commencé à être diffusées depuis 1965 en Turquie, mais les efforts pour qu'on lui rende sa nationalité et que ses restes soient rapatriés en Turquie sont demeurés vains jusqu'ici.
 Une plainte déposée par la soeur de Nazim Hikmet pour obtenir qu'il soit rétabli dans sa nationalité avait été rejetée en 1992. (AFP, 5 novembre, 2000)

200 detained in protests against university watchdog

 Turkish police detained at least 220 people on November 6 in nationwide protests against Turkey's university watchdog, a much-criticized legacy of the 1980 military coup, Turkish media reported.
 Ninety-five university students were taken into custody outside Ankara when they clashed with police after being refused a permission to enter the city for a planned protest against the Higher Education Council (YOK), Anatolia news agency said.
 The protestors hold a symbolic funeral ceremony for the YOK, a supervising body whose establishment in 1981 stripped Turkish universities of their autonomy and brought them under close state control.
 Two students and two officers were injured when truncheon-wielding police swooped on the students after they attempted to block the road, according to Anatolia.
 Police briefly detained 25 people at Istanbul's Beyazit square, where some 500 students and scholars hold a demonstration under heavy security measures, including numerous check points and security cameras, Anatolia said.
 Some 3,000 policemen were deployed at the scene with several snipers stationed on the roofs of nearby buildings, according to the all-news NTV channel.
 Another 100 demonstrators were taken under custody in the southeastern cities of Diyarbakir and Siirt and Trabzon in the north.
 Critics say the influence YOK wields over university administrations, their scholars, students and education programs has dealt a serious blow to freedom of science and thought.
 The YOK is one of the most-criticized institutions established by the military after it seized power on September 12, 1980 to put an end to a domestic political and economic chaos marked by street violence between right- and left-wingers.
 Universities, which were often the scene of clashes between opposing groups, were blamed for contributing to the political polarization among Turkish youth. (AFP, 6 Nov 2000)

Turkish Journalists' Association announces October report

 The Turkish Journalists' Association (TGC) has announced its October report, a document that consists of important events concerning journalists in October.
 The report says, "Attacks against press organizations and journalists continued in October." According to the report, two journalists were attacked, one journalist was beaten, one was taken in custody, one was sent to prison, two newspapers were closed down, two magazines were raided by police and two journalists were fined.
 Another interesting development was the accusation against Rauf Tamer, a columnist for daily Sabah, of having received a bribe from Murat Demirel, the former owner of Egebank. Tamer was questioned by the State Security Court (DGM) until he established his innocence. (TDN, November 14, 2000)

Trial for "Freedom to Thought 2000"

 A second trial has been launched against 16 intellectuals and artists in connection with signing as publishers the book entitled "Freedom to Thought 2000," which contains a banned book and 60 articles. The case opened by Üsküdar Public Prosecution Office will be held at Üsküdar Penal Court of First Instance on November 17
 The defendants are charged with "insulting the Turkish Republic, the Turkish flag, the Parliament, Atatürk, God, the Prophet Muhammad, the holly books and the court board."
 The case opened against Yavuz Önen, President of the TIHV, Hüsnü Öndül, IHD Chairperson, Mehmet Atilla Maras, former Chairperson of the Writers Association, Yilmaz Ensaroglu, Mazlum-Der Chairperson and Salim Uslu, Hak-Is Chairperson on charges of žpublishing banned articles,Ó žinciting people to hatred and enmity,Ó žaiding the PKK,Ó ždisseminating separatist propagandaÓ and žviolating the Press LawÓ continues at Istanbul SSC.
 The prosecution demands 7 years to 15 years 6 months prison sentence and TL 100 million to TL 300 million fine each. (TIHV, November 17, 2000)

Le chanteur kurde Ahmet Kaya est mort en exile

 L'idole des banlieues populaires de Turquie, le chanteur kurde Ahmet Kaya, décédé le 16 novembre à Paris d'une crise cardiaque à l'âge de 43 ans a été enterré le 19 novembre au cimetière parisien du Père-Lachaise, loin de sa terre natale et de son peuple qu'il chérissait tant.
 Craignant des provocations des bandes de l'extrême droite et des tracasseries de la police turque sa famille a décidé de ne pas rapatrier sa dépouille mortelle. "Ahmet n'était pas fâché contre la Turquie. Il s'opposait à un système qui le menaçait de 13 ans de prison pour ses opinions et ses chansons et qui l'a contraint à l'exil. Il n'avait pas volé, il n'avait tué personne: il était l'un des plus gros contribuables d'impôts du pays. Son seul crime était de revendiquer l'égalité des droits entre Turcs et Kurdes, le respect de l'identité kurde, le respect de la dignité humaine et de la liberté d'expression. Il en est mort. Par respect pour ses idées et pour sa conception de la dignité, j'ai décidé de l'enterrer à Paris. Il y reposera jusqu'à ce que la Turquie devienne une démocratie digne de ce nom et jusqu'au jour où les chaînes de télévision publiques de Turquie diffusent de la musique kurde" a déclaré Mme Kaya au cours d'une conférence de presse donnée le 18 novembre à l'Institut kurde.
 Les funérailles ont lieu le 19 novembre. La cérémonie a commencé à 11h00 à l'Institut kurde de Paris, dont il était un membre d'honneur, où une chapelle ardente avait été dressée. Des milliers de Kurdes ainsi que de nombreux Turcs, Arméniens, Français, sont venus s'incliner devant sa dépouille et signer le registre de condoléances. Partant de l'Institut kurde, le cortège funèbre est arrivé au cimetière du Père Lachaise vers 15h 00 se frayant difficilement le chemin au travers d'une foule d'environ 15 000 admirateurs et amis accourus de tous les coins d'Europe. Après des interventions des personnalités kurdes, turques et françaises, et de son épouse, conformément à tradition kurde, deux chanteurs, Sivan Perwer et Ferhat Tunç, ont chanté deux élégies kurdes. Puis Ahmet Kaya a été enterré en compagnie de ses propres chansons, tristes et poignantes, sur la mort sur l'exil, sur la liberté.
 Son corps repose à quelques pas de son ami, Yilmaz Güney, le grand cinéaste kurde, auteur de Yol, lui aussi mort en exil.
 La chaîne de télévision kurde par satellite, Medya TV a diffusé en direct les obsèques de Kaya. Pendant cette diffusion les rues des villes et villages kurdes étaient désertes. La plupart des magasins fermés. Dans nombre de villes du Kurdistan iranien et irakien, il y a eu également des réunions de commémorations conférant ainsi à Ahmet Kaya le statut d'un symbole national du combat pour la liberté et l'identité kurdes.
 Quant aux médias turcs, malgré l'immense popularité de l'artiste dissident disparu, ils ont, conformément aux consignes reçues des autorités policières et militaires, assuré un service minimum: diffusion des informations pratiques et des extraits d'interviews des proches sans programmes spéciaux ni diffusion de ses chansons.
 Enfin, en bravant la censure turque déguisée, des amis de l'artiste disparu viennent de créer en turc, un site internet (www.amhetkaya.com). De son côté le site de l'Institut kurde de Paris (www.institutkurde.org) diffuse en français et en anglais des informations détaillées sur Ahmet Kaya. (CILDEKT, 24 novembre 2000)

L'imprimerie d'un quotidien d'opposition incendiée à Chypre

 Dans une lettre adressée à Rauf Denktash, président de la République turque de Chypre du nord (RTCN, reconnue seulement par la Turquie), RSF s'est inquiétée de l'incendie des locaux de l'imprimerie du quotidien chypriote turc "Avrupa".
 Robert Ménard, secrétaire général de RSF, a demandé au président de la RTCN de "tout mettre en oeuvre afin qu'une enquête soit ouverte et que les responsables soient identifiés et sanctionnés".
 RSF a rappelé que le propriétaire du journal ainsi que trois journalistes, accusés d'espionnage au profit de la partie grecque de l'île, avaient été détenus en juillet 2000 pendant plusieurs jours (consulter deux alertes de l'IFEX du 11 juillet 2000).
 Selon les informations recueillies par RSF, des inconnus ont incendié, le 27 novembre, l'imprimerie du quotidien chypriote turc "Avrupa", dans le nord de Nicosie. De nombreux dégâts ont été constatés et l'imprimerie a été mise hors service. Le quotidien pourra toutefois être imprimé dans d'autres locaux.
 Le rédacteur en chef du journal, Sener Levent, a estimé que cet incendie était une tentative de plus pour faire taire son journal. "Avrupa" est poursuivi dans le cadre de soixante-quinze affaires initiées par l'administration chypriote turque pour "incitation à la haine à l'égard de la République turque de Chypre du nord et de l'armée turque".
 IFJ too issued the following communiqué on the matter:
 "THE International Federation of Journalists, the world's largest journalists' organization, and its regional organization, the European Federation of Journalists, have condemned the firebombing of the printing office of the daily AVRUPA. (RSF/IFEX, 27-29 novembre 2000)

Violations of thought freedom in brief

 @ The Radio and Television Supreme Board (RTÜK) banned the broadcasting of the cabled Teleon Channel for a day on the grounds of "affecting the physical, psychological and moral development of children and youth" in the film named žHighwayÓ broadcast on 10 October. (Yeni Gündem, Nov 11, 2000)
 @ The three separate cases opened against Fikret Ilkiz, the editor-in-chief with the daily Cumhuriyet and Sadullah Usumi and Aydin Engin, journalists with the same daily in connection with the three articles published in the newspaper resulted with the decisions of acquittal at Istanbul Criminal Court No. 2 on 10 November. The cases had been opened on charges of "insulting the Republic and the Turkish Armed ForcesÓ in the articles titled žWill the judicial process start for 12 September?Ó by Sadullah Usumi published on 24 May and "The Ministry of Justice and the prisoners are ready. How about us?" and "I give up writing" by Aydin Engin. (Cumhuriyet, Nov 11, 2000)
 @ Halil Imrek and Sinan Araman, reporters with the daily Evrensel and Çetin Gülbasar, reporter with the daily Yeni Adana were detained under harassment during an opening ceremony in Adana on 9 November. Çetin Gülbasar was released immediately and reporters with the daily Evrensel were released after an hour. The 24th issue of the daily Özgür Gelecek was confiscated by the Istanbul SSC Prosecution Office on the grounds of "illegal organization propaganda." The bi-weekly journal Rojeva Welat which is in Kurdish and which was first published two weeks ago, was banned from entering the State of Emergency Region. Nuri Karakoyun, owner of the journal stated that in the last 6 months all the Kurdish publications were banned from entering the region. Dogan Dündar, Malatya distributor of the daily Yeni Gündem was detained on 10 November. (Evrensel-Yeni Gündem, Nov 11-12, 2000)
 @ A case was opened against Turkish Folk Music singer Ismail Türüt on the accusations of "praising an act which is considered a crime" in his song prepared for the election campaign of Sevki Yilmaz, Rize MP with the closed Welfare Party.  The indictment seeks from 6 months to 2 years of imprisonment for Türüt under Article 312/1 of the TPC. (11 November, Hürriyet)
 @ The Governorates of Van and Adiyaman banned the play titled žPir Sultan AbdalÓ (Sultan Abdal, the founder of a dervish order) written by Erol Toy and staged by Ankara Birlik Theatre (ABT). The play had been performed in various countries and cities 1400 times. Toy and the ABT opened a case with the Van and Gaziantep Regional Administrative Courts with the demand to stop the enforcement of the decision. (Cumhuriyet, Nov 14, 2000)
 @ The case opened against the Ankara Governorate in connection with the ban of the play žKomara Dinan Cermola (Republic of the Crazy Cermola)Ó a play in Kurdish put on stage by Teatra Jiyana Nü in Ankara, concluded. Ankara Administrative Court No 1 complied with the ban verdict of the Governorate. It was claimed that the play was in Kurdish and some actors who took part in the play had criminal records and that this would žcreate ethnic discrimination among the society and would arose hatred among society, and cause unwanted incidents.Ó (Radikal, November 17, 2000)
 @ The case opened under Article 159 of the TPC against Fatih Polat, editor-in-chief with the daily Evrensel and Bülent Kalakoglu the responsible editor-in-chief with the same daily on charges of žinsulting the ArmyÓ in an article titled žDemocracy under Command,Ó commenced on 21 November. The four different cases opened against Bülent Kalakoglu by the Bakirköy Public Prosecution Office were heard on the same day. (Evrensel, November 22, 2000)
 @ The case opened against the editor-in-chiefs of the dailies who published the letters of the Mafia leaders, Allattin Çakici and Nuri Ergin sent from Kartal Prison, on charges of žhelping the gangÓ commenced at Istanbul SSC on 21 November. Hasan Çakkalkurt, editor-in-chief with the daily Radikal, Eren Güvener, editor-in-chief with the daily Milliyet, and Dogan Satmis editor-in-chief with the daily Hürriyet who testified at the hearing rejected the accusations and emphasized that they had published the letters žwith the will of publishing a news. (Radikal, November 22, 2000)
 @ Ankara Chief Public Prosecution Office opened a case against Sevket Kazan, former Deputy Chairperson of the defunct Welfare Party (RP), Ahmet Hakan Coskun, Channel 7 Television Station managing broadcaster and journalist Zahid Akman. The indictment asserted that Kazan žinsulted the Supreme Court membersÓ in the program titled žBlack-WhiteÓ on Channel 7 where he appeared as a guest on 9 July after Supreme Court Penal Board No. 8 ratified the prison sentence given to former RP leader Necmettin Erbakan. The prosecution demands up to 16 months prison sentence for Kazan, Coskun and Akman. (Akit, November 23, 2000)
 @ The Istanbul State Security Court Prosecution Office confiscated the 20th issue of the weekly žDevrimci DemokrasiÓ (Progressive Democracy) on charges of showing Minister of Justice Hikmet Sami Türk as a target and of žillegal organization propaganda.Ó(Evrensel, November 23, 2000)
 @ Nevzat Onaran, Contemporary Journalists Association (ÇGD) Istanbul Branch Chairperson who was sentenced to 2 months imprisonment by the General Staff Military Court in connection with the booklet žFreedom to Thought-38Ó will start to serve his sentence today. In the trial concluded at the General Staff Military Court on 1 February, Onaran and Sanar Yurdatapan had each been sentenced to 2 months imprisonment under 155 of the Turkish Penal Code on the grounds of ždiscouraging people against the military serviceÓ and the Military Supreme Court had ratified the decision. Sanar Yurdatapan had applied to the Prosecution Office on 8 August and postponed his sentence for 4 months. (Yeni Gündem-TIHV, November 24, 2000)
 @ The Muss Governorate banned the play titled Pir Sultan Abdal which was to be staged in Mus by Ankara Union Theatre (ABT) on 24 November. The ABT players who were invited to Mus by Egitim-Sen Union in connection with the TeachersŪ Day were getting prepared for the play when the police officers entered the hall and reported that the play had been banned The players were taken out of the hall. Director Zeki Göker stated that the play was also banned in Van and that they staged the play with the decision of Van Regional Administrative Court. Göker pointed out that although they had faxed the decision to the Mu_ Governorate the Governorate asked for the original paper and so wouldnŪt let them stage the play. (Hürriyet, November 25, 2000)
 @ In Silvan district of Diyarbakir singing Kurdish songs during wedding ceremonies was banned. According to the information received, the letter signed by Çatalköprü Gendarmerie Station Commander, Non-commissioned Officer Ibrahim Bulut and sent on 10 November to Mehmet Çagirtekin who was getting prepared for the marriage of his son in Alakum quarter of Akçeltik, Silvan, warned that Kurdish songs shouldnŪt be sang in the wedding. The letter also read that the wedding should finish at 12:00 midnight and that the village guard should inform the gendarmes when the wedding is over and also the guests out of the village should be informed to the gendarmerie. In Silvan the singers of regional music groups named Ferhenk, Bari_, Esmer, Buse, Evgi, Navdest and Dostlar were reportedly invited to the District Battalion Headquarters some time ago and were warned not to sing in Kurdish. (Yeni Gündem, November 26, 2000)
 @ The Radio and Television Supreme Board (RTÜK) disclosed that in 2000 radio and television stations altogether received 210 warnings and a total of 4087 days of broadcast ban. 1295 radio and 260 television station broadcast and in 6 years RTÜK gave a total of 11.430 broadcast ban, 8321 for žseparatismÓ and 2362 for žpro-IslamicÓ broadcasts. (Hürriyet, November 25, 2000)
 @ The 24 November and 7 December issue of the bi-weekly journal Özgür Gelecek was confiscated by Istanbul SSC on charges of ždisseminating illegal organizationŪs propaganda.Ó (Evrensel, November 28, 2000)
 @ The case opened against the Italian Journalist Dino Frisullo in connection with the Newroz demonstrations held on 21 March 1998, continued at Diyarbakir SSC on 28 November. Lawyer Muharrem Erbey stated that in order to participate in the hearing and make his defense Frisullo applied to almost all the authorities and said: žThe court board insists on Frisullo to appear before the court and testify and my client tries to testify. However Frisullo is most of the times detained at his arrival at Istanbul Atatürk Airport and expelled.Ó Diyarbakir SSC had given Dino Frisullo 1 year prison sentence and a fine of TL 6 billion 100 million on charges of žinciting people to hatred and enmity by making discriminations of nation, class, race, religion, sect or region,Ó under Article 312 of the TPC however the verdict had been quashed by the Supreme Court. (Cumhuriyet, November 29, 2000)

QUESTION KURDE / KURDISH QUESTION

HADEP critique l'UE d'ignorer le mot "Kurde"

 Le HADEP a critiqué le 9 novembre l'Union européenne pour avoir évité d'employer le mot "Kurde" dans le programme publié par la Commission européenne, qui définit les réformes à mener par la Turquie en vue de rejoindre l'Union européenne.
 "L'UE n'a pas utilisé le mot Kurde. Nous voyons cela comme une déficience", annonce un communiqué du HADEP.  "Quand il y a un problème concernant une certaine communauté, ce problème doit être défini par son nom", souligne le texte.
 Le partenariat d'adhésion publié le 8 novembre par la Commission définit un calendrier de réformes à "court terme" et à moyen terme" que la Turquie est tenue de réaliser dans les domaines politiques et économiques.
 Le document évite les mots de "Kurde" ou "minorité", une distinction parmi ses citoyens que la Turquie réfute. Et il évite de mettre Ankara sous pression en demandant en termes généraux la mise en oeuvre de plusieurs grandes réformes sans échéance précise.
 Dans les priorités politiques à moyen terme, sans préciser de date, il demande à la Turquie d'"assurer la diversité culturelle et garantir les droits culturels pour tous les citoyens, quelle que soit leur origine".
 Malgré ses critiques, le HADEP a qualifié le document de "satisfaisant" dans l'ensemble.
 "La réalisation de ces réformes contribuera à la démocratisation de la Turquie", candidate à l'adhésion à l'UE depuis décembre dernier, estime-t-il.
 Le HADEP n'est pas représenté au parlement mais a remporté une série de municipalités dans le sud-est à majorité kurde lors des élections de 1999.
 Il fait l'objet d'une procédure d'interdiction en justice pour "liens organiques" avec le PKK qui a mis fin en septembre 1999 à sa rébellion armée à la demande de son chef, Abdullah Ocalan, condamné à mort en juin de la même année pour séparatisme et trahison.
 Les autorités turques s'opposent à des droits culturels pour les Kurdes --enseignement ou télévision en kurde-- de crainte qu'ils favorisent les aspirations autonomistes. (AFP, 9 novembre, 2000)

Distribution of Rojeva Welat halted in Diyarbakir

 Despite the fact that discussions are held on removing the bans that are imposed on Kurdish media as well as on radio and television broadcasts in the Kurdish language, the pressures on Kurdish publications continue.
 Policemen from the Diyarbakir Security Directorate arbitrarily banned the distribution of the Rojeva Welat newspaper, which started its publication two weeks ago.
 Drawing attention to the fact that the majority of the readers of Kurdish publications lives in the OHAL region, M. Nuri Karakoyun, proprietor of the Azadiya Welat and the Rojeva Welat newspapers, said the following:
 "In addition to the fact that this bans violates the people's right to be informed, it is clear that it also aim at causing financial damages for Kurdish publications and at ensuring that they will go bankrupt." (Ozgur Politika, 13 Nov 2000)

Le chef du HADEP condamné à dix mois de prison

 Le président du HADEP Ahmet Turan Demir a été condamné le 14 novembre à dix mois de prison pour "propagande séparatiste" par une Cour de sûreté de l'Etat d'Izmir (ouest), a indiqué à l'AFP son avocate.
 "M. Demir a été condamné pour avoir prononcé en 1998 un discours à contenu séparatiste alors qu'il était le chef provincial à Izmir du Hadep", a dit Me Sedef Ozdogan.
 "Nous ferons appel de la sentence", a-t-elle précisé.
 Selon l'acte d'accusation, M. Demir a promis dans son discours à "nos martyrs, qui nous guident sur le chemin de la liberté, de parvenir le plus tôt possible à l'objectif qu'ils visent".
 La Cour a estimé qu'il faisait allusion aux rebelles du PKK, qui a mis fin l'année dernière à 15 ans de lutte armée pour la création d'un Etat kurde indépendant dans le sud-est à majorité kurde. (AFP, 14 novembre, 2000)

Prosecutor Files Suit Against Kurdish Institute

 A suit has been filed against the Kurdish Institute, which has been conducting its activities in Istanbul for eight years, on charges that "it is not legal."
 The suit filed by the Sisli District Prosecutor's Office, requests a prison sentence of up to two years for the Institute leader Hasan Kaya, claiming that the Institution provides education in the Kurdish language.
 It is known that the Accession Partnership Document which the EU will announce tomorrow, will include requests concerning the guarantee of "education in the mother tongue" and "cultural rights."
 The indictment argues that the Institute offers Kurdish lessons and has opened classes to this end, and states that this is against Article 42 of the Constitution, and the private educational institutions law number 625.
 The indictment states that an institute means "scientific education institution," and recalled that Article 42 of the Constitution reads, "No language other than Turkish can be taught to Turkish citizens as their mother tongue in institutions of education." (2000'de Yeni Gundem, 7 Nov 2000)

Kurdish cultural center sealed off for a play in Kurdish

 Turkish police sealed off the theater hall of a Kurdish cultural center in Istanbul on November 19 after a play in Kurdish was staged there, Turkey's leading human rights group said.
 "The official reason for the closure was announced as the center's lack of a licence to run a theater hall," a statement by the Istanbul branch of the Human Rights Association (IHD) said.
 "But it is meaningful that the closure followed a newspaper report that a play was staged there in Kurdish," it added.
 Turkey's biggest daily, Hurriyet, reported on November 19 that the Mezopotamya cultural center began a run of a play in Kurdish on November 18.
 IHD said the closure of the theater "shows how insincere the recent pledges of democratization are" by Turkish authorities. (AFP, 19 novembre 2000)

Bahceli: "Encouraging Ethnic Differences Harms Democracy"

 Nationalist Movement Party (MHP) leader and Deputy Prime Minister Devlet Bahceli said on November 21 that "encouraging ethnic identities, and making ethnic and religious differences more obvious never helped the advancement of social solidarity and democracy anywhere in the world."
 Speaking at his party's group meeting, Bahceli said the MHP started an intensive work programme. "The nationalist movement will start implementing its policies with a new spirit and enthusiasm," Bahceli said.
 "We believe that even those who are trying to criticize us with their ideologic obsessions and prejudices will start thinking that we are right as they start seeing the realities," he went on to say. "We witnessed this in the past and I hope we will witness it again in the future."
 Bahceli said there are some people who are even bothered when they hear the words "Turkey's national interest" and these people, knowingly or not knowingly, are speaking on behalf of some circles and this proves the importance of the nationalist movement.
 Bahceli said Turkey had not made much progress in the institutionalization of democracy although there has been a debate over democracy for several years.
 "Encouraging ethnic identities, and making ethnic and religious differences more obvious never helped the advancement of social solidarity and democracy anywhere in the world," Bahceli said. "No country in the world managed to preserve a public order by ignoring a national identity and culture. It is every Turkish citizen's duty to be agile and show reaction against these distorted mentalities." (AA, November 21, 2000)

Ankara condamné dans une nouvelle affaire kurde

 La Turquie a été une nouvelle fois condamnée le 16 novembre à Strasbourg par la Cour européenne des droits de l'Homme à la suite de la plainte d'un Kurde dont la maison et les biens avaient été totalement détruits par les forces de sécurité turques, dans la province de Diyarbakir.
 Ihsan Bilgin, 40 ans, habitant actuellement à Batman, recevra 22.000 livres sterling pour dommage matériel et moral et 21.500 livres pour frais et dépens, soit au total 70.659 euros.
 Dans son arrêt rendu à l'unanimité, la Cour européenne a constaté une violation de l'article 3 de la Convention européenne des droits de l'Homme (interdiction des peines ou traitements dégradants) et jugé que la destruction du domicile et des biens du requérant, sous prétexte d'empêcher qu'ils soient utilisés par des "terroristes", constituait "des actes inhumains".
 Les juges européens ont également conclu à la violation des articles 8 (respect de la vie privée et familiale, et du domicile), du Protocole 1 (droit au respect de ses biens) et 13 (absence d'un recours effectif).
 Ils ont en outre reproché à la Turquie d'avoir exercé "une forme de pression illicite et inacceptable" sur le requérant pour l'empêcher de porter plainte à la Cour européenne, en violation de l'article 25. (AFP, 16 novembre, 2000)

Pleins feux à Strasbourg sur Abdullah Ocalan

 La Cour européenne des droits de l'Homme a examiné le 21 novembre à Strasbourg les circonstances de la condamnation à mort du chef kurde Abdullah Ocalan, tandis que plus de 21.000 Kurdes et Turcs manifestaient, dans des cortèges séparés, pour leur "héros" Apo, ou contre le "terroriste assassin".
 Les sympathisants d'Ocalan ont réuni, selon la police, 18.500 manifestants venus avec femmes et enfants des quatre coins d'Allemagne pour réclamer "Liberté pour Ocalan et Paix pour le Kurdistan" dans un cortège coloré et résonnant de musique traditionnelle.
 Le cortège adverse, moins dense, plus masculin, a mobilisé "contre le terrorisme" environ 2.800 marcheurs selon la police, 7.000 selon les organisateurs, originaires de l'Est de la France ou des régions allemandes voisines. Pas de musique, le ton est ici à l'austérité et à l'indignation contre Ocalan: "Si les autres sont contre les assassins, ils n'ont qu'à défiler avec nous", dit l'un des manifestants.
 Pour éviter les heurts entre les deux camps antagonistes, le Palais des droits de l'Homme, où les audiences sont d'habitude largement ouvertes au public, avait été transformé en camp retranché, la police et le service d'ordre filtrant les entrées de manière draconienne.
 Soixante-dix places avaient été réservées aux proches et sympathisants d'Ocalan, parmi lesquels plusieurs ex-députés du parti indépendantiste kurde DEP (dissous), dont le président du parlement kurde en exil Yasar Kaya, et l'ancien maire de Diyarbakir Medhi Zana. Un frère et une soeur du leader indépendantiste kurde devaient également assister à l'audience, selon des représentants de la partie kurde.
 Autant de places étaient occupées par les familles des victimes de la rébellion kurde, représentées surtout par des femmes en deuils, des adolescents et des hommes mutilés et invalides.
 A l'audience, la cause du chef du PKK a été défendue par quatre avocats, assistés de six conseillers. Ocalan accuse la Turquie de multiples violations des droits de l'Homme, commises selon lui lors de son arrestation à Nairobi, son "enlèvement" et son transfert vers la Turquie, sa détention et son isolement dans l'île-prison d'Imrali, son procès et sa condamnation à mort.
 La question cruciale qui se pose à la Cour européenne, selon ses défenseurs, est de savoir si la peine capitale a encore sa place dans une Europe démocratique.
 "Il vous appartient d'en décider", a déclaré aux juges européens Sir Sydney Kentridge. "La vie d'un homme en dépend", a renchéri Mark Muller.
 Selon Sir Sydney Kentridge, si la Cour européenne décidait que "la peine de mort n'est pas un traitement inhumain et dégradant, ce serait un désastre, cela jetterait l'opprobre sur la Convention des droits de l'Homme". (AFP, 21 novembre, 2000)

"La langue kurde est-elle un droit ou une trahison"?

 Dans la longue liste des mesures à adopter énumérées par l'Union européenne ( Partenariat d'adhésion 8 novembre 2000), un sujet ? l'enseignement et la diffusion de la langue kurde ? continue à susciter un débat très animé en Turquie, particulièrement entre deux partenaires de la coalition gouvernementale, le parti de l'action nationaliste (MHP- ultra nationaliste) de Devlet Bahçeli et le parti de la Mère patrie (ANAP) de Mesut Yilmaz.
 Le parti ultra nationaliste (MHP), l'armée et certains hommes politiques, montrent une résistance farouche contre les réformes en matière des droits de l'homme et la langue kurde, soutenant que la diffusion de la langue kurde porterait atteinte à l'intégrité territoriale de la Turquie. Du côté du parti ANAP, le point de vue est totalement différent. Ils considèrent tout au contraire que la reconnaissance des droits culturels des Kurdes va plutôt renforcer le pays. L'ANAP n'est pas totalement étrangère à cette idée, le Président Turgut Özal avait soutenu en 1990 la même proposition. Ainsi, l'ANAP propose d'émettre des programmes en langue kurde sur la chaîne nationale turque (TRT). Certains députés du parti de la Gauche démocratique (DSP) du Premier ministre Bülent Ecevit semblent également adhérer à cette idée.
 Cependant selon Devlet Bahçeli, il est impossible pour la Turquie de considérer favorablement les droits "culturels et ethniques qui ne pourront servir qu'à exciter les flammes du conflit ethnique et la discrimination". D'autres ministres de son parti ont affiché la même réaction contre la proposition: Enis Öksüz, ministre des transports, Sabahattin Çakmakoglu, ministre de la défense, Suayip Üsenmez, ministre d'Etat et Abdulhaluk Çay, ministre d'Etat chargé des républiques turques. Ce dernier a montré la plus forte opposition en déclarant: "Le fait de demander la télévision en kurde en Turquie n'est rien d'autre que la trahison". M. Çakmakoglu, candidat du MHP aux élections présidentielles a, quant à lui, déclaré: "la diffusion d'une langue étrangère par le satellite est une chose, la diffusion légale et légitime au nom de l'Etat est une autre
 Dans l'unité, il devrait y avoir union de toutes nos valeurs. Dans l'unité, il devrait y avoir l'unité de la langue et de la culture". À suivre  (CILDEKT, 24 novembre 2000)

4e congrès du HADEP: Nouvelles instructions judiciaires

  Le HADEP a élu le 26 novembre son nouveau président, Murat Bozlak, lors d'un congrès tenu sous forte pression policière et judiciaire. Murat Bozlak avait déjà présidé le parti avant M.Demir, qui faisait partie des 6 candidats qui ont retiré leur candidature pour permettre son élection. M. Bozlak avait dû quitter ses fonctions après une condamnation à la prison pour "propagande séparatiste", en février dernier. "Nous suivrons une politique de dialogue et de concorde qui rassemble l'ensemble de la Turquie", a déclaré M. Bozlak à une assistance surexcitée, dont une seule petite partie avait pu trouver place dans la salle de sports de 3 000 places. Plus de 50 000 personnes avaient fait le déplacement d'Ankara à bord de 1 300 autocars spécialement affrétés pour ce congrès, le quatrième depuis la création du parti en 1994, sous la surveillance de quelque 2 000 policiers.
 À la suite de ce quatrième congrès Le HADEP, qui est d'ores et déjà sous le coup d'une menace d'interdiction pour "liens organiques" avec le PKK, a vu s'ouvrir une autre instruction par la Cour de sûreté de l'Etat d'Ankara. Beaucoup de diplomates et de représentants de partis européens, dont Mlle Feleknas Uca, députée européenne allemande d'origine kurde, s'étaient déplacées pour le congrès. Cette dernière a tenté d'intervenir à la tribune en langue kurde, mais en a été empêchée. Le commissaire du gouvernement assistant d'office au congrès. L'ancien Premier ministre italien, Massimo d'Alema a envoyé un message qui fut très applaudi. Les congressistes ont marqué une minute de silence à la mémoire d'Ahmet Kaya "parti au pays des étoiles et des fleurs".
 Les responsables du HADEP avaient dénoncé une vague d'arrestations dans leurs rangs, à la veille de leur congrès. Le président de la branche provinciale d'Adana, avait été interpellé le 23 novembre avec huit de ses collaborateurs. Fatih Sanli et les principaux responsables du parti ont été
 relâchés dans la soirée du 24, mais quatre membres restent en prison et seront jugés par la Cour de Sûreté de l'Etat pour "aide et propagande au profit d'une organisation illégale". Le secrétaire provincial du HADEP, Ahmet Yildiz, a indiqué que les interpellations avaient débuté dans la province le 19 novembre, à 48 heures du recours devant la Cour Européenne des droits de l'homme d'Abdullah Öcalan. M. Yildiz a également dénoncé des pressions policières dans les provinces voisines de Hakkari, Van, Siirt, où les compagnies de transport ont été obligées de refuser leurs services, ou les bus loués n'ont pu circuler. (CILDEKT, 1 décembre 2000)

Révélations du chef des services secrets turcs (MIT)

 Senkal Atasagün, chef des services secrets turcs (MIT), au cours d'une conférence de presse exceptionnelle, s'est prononcé, le 28 novembre, pour des émissions de télévision en kurde comme moyen de contrer la "propagande des indépendantistes kurdes".
 L'autorisation d'émissions en kurde est l'objet d'un vif débat en Turquie depuis la publication le 8 novembre d'un document de la Commission européenne énumérant les réformes politiques et économiques que la Turquie doit mener si elle veut adhérer à l'UE.
 Plusieurs articles concernent les Kurdes sans les nommer directement et l'un d'entre eux appelle à la levée des interdictions pesant sur l'utilisation de la langue maternelle.  Mais le Parti de l'action nationaliste (MHP, ultra nationaliste) est opposé à des émissions en kurde, y voyant un stimulant pour les aspirations indépendantistes.
 Le Premier ministre Bülent Ecevit a récemment souligné que le gouvernement devait s'occuper rapidement de cette question, et son adjoint chargé des Affaires européennes Mesut Yilmaz, du parti de la Mère patrie (ANAP), a plaidé pour des émissions en kurde.
 De plus, après la capture d'Abdullah Öcalan, le MIT avait réalisé un rapport pour la réunion du Conseil national de sécurité (MGK) le 25 février 1999, en détaillant ce qu'il faut entreprendre dans la région kurde. Le rapport, qui comprend également les mesures culturelles, avait créé à l'époque des remous au sein du MGK, mais pour beaucoup, les récentes déclarations du MIT vont dans le même sens.
 Dans un rare entretien avec la presse turque, Senkal Atasagün a souligné que: "Medya-TV, qui suit la ligne du PKK est largement regardée dans le Sud-est Ils déforment la réalité. Ne serait-ce pas mieux de les mettre en compétition?". La télévision satéllitaire Medya-TV, proche du PKK, peut être reçue dans toute la Turquie.
 Toujours dans le même sens, Mikdat Alpay, le numéro deux du MIT, qui assistait à la conférence, a, quant à lui, rappelé ses années de service au tribunal d'Urfa en 1965 en soulignant qu'à l'époque ils avaient besoin d'un interprète en arabe ou en kurde pour comprendre la population de la région et que "cette situation n'a pas changé aujourd'hui. Si vous voulez gagner le peuple, vous devrez pouvoir être compris par elle. Mais comment? Avec le langage des signes? Si vous voulez les gagner, vous devez les atteindre. Leur langue maternelle est le kurde. Comment allez-vous vous mettre à leur expliquer les faits en turc? Nous devrions pouvoir utiliser le kurde pour le plus grand intérêt de la République de Turquie dans le même sens que nous utilisons Öcalan. Alors, nous devrions pas considérer cela comme si nous avions été contraints, mais comme si nous l'avions voulu. Regardez. Une troupe de théâtre jouant en kurde et s'engageant dans le nationalisme kurde est une chose, l'utilisation de langue kurde par l'Etat pour être compris de ses citoyens est tout à fait autre chose. La République de Turquie est incapable de gagner le coeur de leurs mères. Selon certaines études, 60% des mères de la région ne savent pas parler le turc. Nous n'avons jamais mis sur pied un système pour les gagner. Cet Etat ne sait pas s'adresser aux mères. Si nous avions réussi à les gagner, le problème n'aurait jamais perduré jusqu'à nos jours."
 Interrogé sur la question de savoir si les différentes composantes de l'Etat avaient auparavant pris connaissance des points de vue du MIT, M. Atasagün a déclaré: "Ayant été interrogé, nous leur avons donné notre opinion, la même que celle que nous vous expliquons. Nous sommes également opposés à l'exécution d'Öcalan. Nous le sommes pour l'intérêt de la Turquie. Ce n'est pas que nous avons peur des conséquences de son exécution, des affrontements ou du chaos. Simplement parce qu'Öcalan est plus utile pour nous. Tout le monde s'est servi d'Öcalan. Pourquoi ne le ferons-nous pas à notre tour dans l'intérêt de la Turquie?"
 D'autre part, selon le chef du MIT, le PKK qui a annoncé en septembre 1999 l'arrêt des combats et son retrait de Turquie "continue d'être une menace aussi longtemps qu'il disposera de 4.500 membres armés à l'étranger et 500 en Turquie". (CILDEKT, 1 décembre 2000)

MINORITES / MINORITIES

Un ministre turc exclut une normalisation avec Erevan

 Le ministre d'Etat turc Abdulhaluk Cay a exclu le 3 novembre toute normalisation avec l'Arménie voisine tant que ce pays persistera à "avancer des allégations" sur le génocide arménien, ce que la Turquie rejette catégoriquement.
 "Tant que ce pays continuera d'avancer des allégations de ce genre, il sera impossible de dialoguer", a dit M. Cay, chargé des relations avec les républiques turcophones d'Asie centrale, devant la presse.
 Il a indiqué que la Turquie conditionnait d'autre part une normalisation des relations avec l'Arménie à un retrait des forces arméniennes du Nagorny Karabakh, territoire azerbaïdjanais peuplé majoritairement d'Arméniens. (AFP, 3 novembre, 2000)

Le sénat français vote la reconnaissance du génocide arménien

 Dix-huit mois après le vote d'une proposition de loi à l'Assemblée nationale en mai 1998 énonçant que "la France reconnaît publiquement le génocide arménien", le Sénat français a, le 8 novembre, reconnu à son tour par 164 voix contre 40 (4 abstentions) le génocide arménien. Les massacres et déportations d'Arméniens entre 1915 et 1917, sous l'Empire ottoman, ont fait jusqu'à 1,5 million de morts. La Turquie reconnaît des massacres ayant fait entre 250 000 et 500 000 morts, mais rejette la thèse d'un génocide et parle d'une répression dans un contexte de guerre civile.
 Le vote français est intervenu cette semaine moins de deux mois après que la Chambre des représentants américains eut retiré in extremis, mais provisoirement, une résolution comparable, sous la pression de Bill Clinton. Le 27 février dernier, la Conférence des présidents du Sénat avait refusé d'inscrire à son ordre du jour la proposition de loi craignant des réactions d'Ankara à la veille d'un voyage de Jacques Chirac en Turquie où devaient être discutés des contrats industriels. Le gouvernement et l'Elysée s'étaient opposés depuis le début à cette proposition de loi, refusant de la transmettre au Sénat pour des raisons économiques et politiques.
 À l'annonce du vote, le gouvernement turc a vivement critiqué la décision du Sénat et le ministère turc des affaires étrangères ainsi que des députés ont publié des communiqués dénonçant un "complot international contre la Turquie". Ankara affirmé que "cette décision revient à distordre fâcheusement les réalités historiques et à calomnier une nation entière par des allégations dénuées de tout fondement".
 Quelques voix se sont cependant élevées pour soutenir que la Turquie devait faire face sans crainte à son histoire et en débattre. Ainsi, Dogu Ergil, professeur à la faculté de sciences politiques d'Ankara, remarque: "Il y a un trou noir dans l'histoire avant la République qui n'a jamais été comblé Ce qui prête le flanc au surgissement régulier de cette question est le fait que la Turquie emploie encore les mêmes méthodes aujourd'hui - contrainte, violence, et déplacement de population?pour traiter la question kurde dans le Sud-est".
 Le texte adopté au Sénat, devra retourner à l'Assemblée pour avoir force de loi. Ankara redoute à présent d'avoir à faire face à d'autres votes, en particulier en Italie où des députés ont soumis un projet de loi comparable. (CILDEKT, 17 novembre 2000)

Le vote du Sénat ouvre une nouvelle période de tension

 Soucieuses de préserver leurs relations avec Ankara, les autorités françaises se sont rapidement démarquées du vote du Sénat reconnaissant le "génocide arménien" de 1915 sous l'empire ottoman, alors que s'ouvre une nouvelle période de tension entre les deux pays.
 Coïncidence de l'histoire: le vote du Sénat (chambre haute), vivement dénoncé par Ankara, est intervenu au moment où la commission européenne rendait public un projet de rapport considérant que la Turquie ne répondait "pas encore aux conditions d'ouverture de négociations" d'adhésion à l'Union Européenne (UE).
 Aussitôt connu le résultat du vote à la majorité du Sénat, les autorités françaises ont publié un communiqué affirmant que: "La France souhaite continuer à entretenir et à développer avec la Turquie des relations de coopération étroite dans tous les domaines".
 Ankara avait une première fois réagi négativement après le vote à l'unanimité en mai 1998 par l'Assemblée nationale de la proposition de loi sur le génocide arménien, dénonçant ou reportant un certain nombre de contrats dans le domaine de l'armement.
 Deux ans et demi plus tard, l'adoption par le Sénat d'une autre proposition de loi, dont les termes sont identiques, a été dénoncée avec autant de vigueur par Ankara.
 "Nous rejetons et condamnons cette initiative absolument erronée et regrettable", a déclaré le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué, tout en estimant que cet acte "a déjà détérioré les relations turco-françaises".
 Le texte doit maintenant être soumis aux députés pour être entériné.
 Cependant Ankara a déjà prévenu qu'une telle action porterait un "coup dur" aux relations bilatérales, tout en critiquant le gouvernement français de n'avoir "pas fait grand-chose pour empêcher l'adoption de la proposition au Sénat".
 Le vote du Sénat représente en tout cas une indéniable victoire pour la communauté arménienne en France (env. 500.000 membres), et dont les représentants s'acharnent depuis des années à faire reconnaître le "génocide" par le parlement français. (AFP, 8 novembre, 2000)

4,5 millions d'Arméniens vivent dans le monde aujourd'hui.

 Le président du groupe d'amitié France-Arménie à l'Assemblée nationale, le député socialiste Jean-Paul Bret, a assuré le 8 novembre que le parlement français reconnaîtrait officiellement le génocide arménien de 1915.
 Selon M. Bret, la proposition de loi adopté le 8 novembre par le Sénat français reconnaissant le génocide arménien "retournera à l'Assemblée nationale, qui confirmera son premier vote" de mai 1998, favorable à cette reconnaissance. Ce vote de la chambre basse équivaudrait à la reconnaissance officielle du génocide arménien de 1915 par le parlement français.
 "Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour que nous allions vite", ajoute M. Bret dans un communiqué.
 Pour M. Bret, le vote du Sénat "est une grande victoire sur la Realpolitik". "La vérité l'a emporté sur les intérêts marchands", estime-t-il.
 Le génocide arménien a été reconnu le 29 août 1985 par la sous-commission des droits de l'homme de l'ONU, puis par le Parlement européen le 18 juin 1987. (AFP, 8 novembre, 2000)

La presse turque dénonce une "erreur historique"

 La presse turque dénonçait le 9 novembre une "erreur historique" de la France après l'adoption par le Sénat français la veille une proposition de loi reconnaissant le génocide arménien.
 Mais les commentaires restaient relativement modérés, la plupart des journaux soulignant surtout la "forte réaction "turque" à cette décision, et préférant consacrer leurs éditoriaux au non résultat des élections américaines ou au partenariat d'adhésion à l'Union européenne de la Turquie.
 "L'erreur historique de la France", lançait en une le quotidien islamiste modéré Zaman.
 "Ils sont restés spectateurs" titrait le quotidien libéral Milliyet, en allusion à la délégation de parlementaires turcs qui s'était rendue en France pour exposer le point de vue turc aux Sénateurs.
 Le journal commentait en page intérieure "la dernière erreur de Paris".
 "Paris s'incline devant le lobby arménien", estimait le quotidien kémaliste Cumhuriyet dans un article en pages intérieure.
 "Ce n'est pas bien, France!", estimait le quotidien à grand tirage Hurriyet en page intérieure, après avoir relevé en une que la Turquie "a tancé la France dans une note diplomatique".
 "Forte réaction de la Turquie envers la France", relevait également le quotidien à grand tirage Sabah en page intérieure, rappelant que le ministère turc des Affaires étrangères a mentionné dans son communiqué condamnant la décision du Sénat l'assassinat de diplomates turcs dans les années 70 et 80 par l'Armée nationale de libération arménienne (ASALA). (AFP, 9 novembre, 2000)

Le parlement européen reconnaît le génocide arménien

 Le Parlement européen a, le 15 novembre, adopté une résolution demandant à la Turquie de reconnaître publiquement le génocide arménien et de retirer ses troupes du nord de Chypre.
 La Turquie a tout de suite dénoncé en termes vifs la mention du génocide arménien ainsi que des problèmes de Chypre et des Kurdes dans le rapport du Parlement européen. žLe rapport, malgré certaines approches positives, contient des phrases malheureuses sur le retrait des troupes turques de Chypre, le règlement de la question kurde et le génocide arménienÓ, a souligné le ministère turc des Affaires étrangères dans un communiqué. Ces références sont dues à un žcomplexeÓ et à ždes sentiments d'hostilité basées sur des raisons religieusesÓ, selon le ministère. žIl serait beaucoup plus bénéfique et approprié que le Parlement européen fasse des observations constructives basées sur des faits historiques et prenne des décisions objectives au lieu de juger l'histoire et la culture d'un paysÓ, ajoute le communiqué.
 žLa Turquie a mené l'opération de paix de 1974 conformément à ses droits et obligations internationaux découlant de son statut de garant de l'îleÓ, souligne le texte. Selon lui, quelques 35.000 soldats turcs sont stationnés dans le nord pour žmaintenir la paix et la sécurité et éviter une répétition des massacres commis par les Chypriotes grecs contre la partie turqueÓ.
 Le ministère dénonce également la mention d'un règlement de la question kurde: žQue cela soit clair dès le départ, il n'existe pas de problème kurde en TurquieÓ. (CILDEKT, 17 novembre 2000)
Trial of the Syriac Priest for talking of genocide
 Yusuf Akbulut, priest at the Syriac church Mother MariaÓ in Diyarbakir, was now charged with žinciting the people to hate and enmityÓ according to Article 312 TPC.
He had been detained on 5 October when he was showing his church to tourists for the words that žSyriacs were also subjected to a genocide along with ArmeniansÓ.
 This alleged statement came when the draft resolution on the genocide of the Armenians had passed the Commission on International Relations in the US House of Representatives. (Radikal, Nov 9, 2000)

Un journal turc fustige le pape "atteint de sénilité"

 Le journal libéral turc Milliyet s'en est vivement pris le 11 novembre au pape Jean Paul II qui a condamné avec Karékine II, chef spirituel des chrétiens arméniens, le génocide des Arméniens au début du XXème siècle, estimant qu'il est "atteint de démence sénile".
 "Le pape est atteint de démence sénile", écrit en gros titres à la une le quotidien, avec à l'appui une photo du chef de l'Eglise catholique en train de somnoler.
 "Le pape, qui présente tous les signes de vieillesse à 80 ans, a affirmé que le prétendu génocide arménien de 1915 a provoqué la Première Guerre mondiale en 1914. Il s'agit d'une grosse erreur historique due à son âge avancée", estime Milliyet.
 "Le génocide arménien a été le prélude des horreurs qui ont suivi, les deux guerres mondiales, d'innombrables conflits régionaux et des campagnes d'extermination délibérément organisées, qui ont supprimé des millions de fidèles", ont souligné le 10 novembre le pape Jean Paul II et le catholicos Karékine II dans leur déclaration signée à l'issue d'une célébration oecuménique dans la basilique Saint-Pierre à Rome.
 "Mentalité de croisade du pape", lance Milliyet.
 D'autres journaux turcs se sont contentés de rapporter cette déclaration en page intérieur, indiquant que le pape a "reconnu" le génocide arménien, sous l'Empire ottoman. (AFP, 11 novembre, 2000)

Le parlement italien reconnaît le génocide arménien

 Le Parlement italien a lui aussi approuvé le 17 novembre, à une large majorité, un texte de loi par lequel il reconnaît le génocide des Arméniens en 1915 et invite le gouvernement turc à faire de même.
 Le texte, qui reprend la formulation d'un amendement voté deux jours plus tôt par le Parlement européen, "invite le gouvernement de Turquie et la grande assemblée de Turquie à accroître leur soutien à la minorité arménienne - qui représente une part importante de la société turque - particulièrement par la voie de la reconnaissance publique du génocide qu'a subi la minorité arménienne avant l'établissement d'un Etat modern en Turquie."
 C'est à l'initiative du parlementaire italien Giancarlo Pagliarini que le texte a été soumis au débat dans le Parlement italien, avec l'appui de différents groupes politiques, comme Forza Italia, l'Alliance nationale, la Ligue du Nord, les démocrates chrétiens et les socialistes. (GAMK, 20-21 novembre 2000)

Le génocide arménien au parlement iranien

 Les deux députés arméniens membres du Parlement iranien (Majlis), dominé par le courant réformateur, s'apprêtent à présenter une proposition de loi reconnaissant le génocide arménien de 1915, a rapporté le 29 novembre le journal centriste Entekhab.
 "Le génocide arménien par la Turquie est une réalité indéniable qui a été reconnue par un nombre important d'Etats à travers le monde" et notamment "en France et en Italie", a déclaré Léon Davidian, l'un des deux représentants arméniens au Majlis, cité par le journal.
 "Nous voulons que les députés du Parlement iranien fassent de même et soutiennent ainsi la communauté arménienne" d'Iran, a-t-il poursuivi.
 La présentation d'un tel texte au Majlis pourrait créer des tensions entre l'Iran et son voisin turc, pays avec lequel Téhéran entretient déjà des relations plutôt difficiles en raison notamment des liens privilégiés d'Ankara avec Israël.
 L'Iran compte une communauté d'Arméniens de plus de 200.000 membres, installés pour la plupart depuis le 16ème siècle. (AFP, 29 novembre 2000)

AFFAIRES RELIGIEUSES / RELIGIOUS AFFAIRS

Découverte d'une cache d'armes islamiste

 La police turque a découvert le 14 novembre une importante cache d'armes et de munitions dans la ville de Cizre (sud-est), sur la frontière turco-syrienne, et a arrêté quatre membres présumés de l'organisation islamiste clandestine Hizbullah, a annoncé le 15 novembre l'agence Anatolie.
 L'arsenal était dissimulé dans la cave d'une maison de deux étages, sise a environ 100 mètres de la frontière syrienne. Selon le gouverneur de la province, M. Huseyin Baskaya, cité par Anatolie, l'arsenal comprenait deux lance-roquettes avec neuf roquettes, un lance-flammes, 98 fusils, huit pistolets, cinq mines, 71 grenades à main, 20 obus de mortier et six fusils lance-grenades. (AFP, 15 novembre, 2000)

Un chef islamiste turc de Cologne condamné à quatre ans

 Un chef islamiste turc, Metin Kaplan, surnommé "le calife de Cologne", a été condamné le 15 novembre à quatre ans de prison par le tribunal de Duesseldorf (ouest) pour avoir lancé une fatwa mortelle contre un rival.
 Le procureur général Volker Brinkmann avait requis fin octobre quatre ans et cinq mois de prison contre Metin Kaplan, 47 ans, coupable d'avoir appelé à deux reprises en septembre 1996 au meurtre d'un jeune médecin turc qui lui disputait le titre de "calife", Halil Ibrahim Sofu.
 Kaplan était accusé de "direction de complot dans une organisation criminelle" et "d'incitation publique à des actes criminels".
 Mais, avait souligné le procureur, il n'avait jamais pu être prouvé que les appels du "calife" avaient été à l'origine du meurtre de Halil Ibrahim Sofu, abattu à son domicile par trois hommes masqués le 8 mai 1997. Le meurtre n'a jamais été élucidé.
 Un collaborateur de Kaplan, qui comparaissait à ses côtés sous le chef d'accusation d'"appartenance à une organisation criminelle", a été condamné à trois ans de prison.
 Kaplan dirige l'organisation islamique Hilafet Devleti (Califat) à Cologne, dont le but premier est de renverser la démocratie turque pour y substituer un califat.
 Les services de renseignement allemands voient en lui un "fanatique dangereux", à la tête d'une organisation radicale, qui compte 1.300 adhérents, dont 600 en Rhénanie du Nord-Westphalie (ouest).
 La Turquie avait réclamé son extradition, mais le gouvernement allemand avait refusé, arguant d'un refus d'Ankara à lui garantir la vie sauve.
 Le procès de Metin Kaplan, interpellé en mars 1999 et depuis maintenu en détention, s'était ouvert début février. (AFP, 15 novembre, 2000)

Deux écoles fermées pour tolérer le port du foulard

 Le ministère turc de l'Education a fermé deux écoles privées de la ville de Usak (ouest) parce que ses professeurs et étudiants ont violé l'interdiction de port du foulard, a indiqué l'agence Anatolie.
 Cette décision est intervenue après une série d'inspections dans ces établissements scolaires, qui ont révélé la violation permanente de la règle malgré les avertissements répétés des autorités, selon l'agence.
 Les étudiants devraient être transférés dans d'autres écoles de la ville.
 Le port du foulard est interdit dans la fonction publique, les écoles et les universités en Turquie, pays musulman mais à l'Etat laïque, les autorités y voyant le signe d'un Islam politique qui a pour objectif d'instaurer un ordre religieux.  (AFP, 17 novembre, 2000)

L'interdiction du parti islamiste à la Cour suprême

 La Cour constitutionnelle turque a décidé le 27novembre d'examiner à partir du 12 décembre la procédure d'interdiction lancée contre le parti islamiste de la Vertu (Fazilet), principale formation d'opposition, une décision qui pourrait être lourde de conséquences.
 La décision a été prise par le président de la Cour, Mustafa Bumin, qui a fixé l'agenda du tribunal pour les mois à venir.
 La procédure d'interdiction a été lancée en mai 1999 par le procureur général de la Cour de cassation Vural Savas, qui accuse le Fazilet d'avoir "agi en violation de la loi sur les partis politiques" interdisant à une formation d'être la continuation d'un parti dissous, le parti de la Prospérité (Refah).
 Cette formation avait été interdite en janvier 1998 par la Cour constitutionnelle, habilitée à interdire les partis politiques, pour "activités anti-laïques".
 M. Savas l'accuse également d'exploiter les sentiments religieux du peuple et avait même comparé le Fazilet à un "vampire".
 Il a dans le même temps réclamé l'interdiction d'activités politiques pendant cinq ans de tous les dirigeants du Fazilet, dont son chef Recai Kutan, et le retrait du mandat de ses 103 députés (sur 550), ce qui entraînerait des élections si la Cour suit sa demande.
 La Cour n'aura pas de limite de temps avant de se prononcer. Il est fort probable que les défenseurs du Fazilet vont s'engager dans des manoeuvres dilatoires afin de retarder une décision.
 Celle-ci pourrait avoir de sérieuses conséquences pour la Turquie car si tous les députés du Fazilet sont déchus de leur mandat --ce qui constituerait une vacance d'un cinquième des sièges au parlement-- de nouvelles élections législatives devront être organisées.
 En outre, une fermeture du parti pourrait être considérée négativement par l'Union européenne, à laquelle la Turquie est candidate depuis décembre 1999, ce qui implique qu'elle améliore son bilan en matière de démocratie et de respect des droits de l'Homme.
 Le Fazilet avait obtenu 15,4% des voix aux élections législatives d'avril 1999, devenant le troisième parti au parlement, alors que le Refah était arrivé en tête en 1995 avec 21,3% des voix.
 Son chef, Necmettin Erbakan, était devenu le premier chef de gouvernement islamiste de Turquie, pays musulman mais à l'Etat laïque, mais il avait dû démissionner en juin 1997 sous la pression de l'armée après avoir dirigé le pays pendant un an, à la tête d'une coalition avec le chef du parti de la juste Voie (DYP, centre-droit), Mme Tansu Ciller.
 Avec la dissolution du Refah, M. Erbakan, 74 ans, et plusieurs de ses adjoints avaient été déchus de leur mandat de député et interdits d'activités politiques pour cinq ans.
 M. Erbakan a été condamné en mars dernier à un an de prison pour incitation à la haine raciale et religieuse, ce qui lui vaut d'être exclu à vie de toute activité politique. Il devra commencer à purger sa peine vers la mi-janvier, sauf si un projet d'amnistie du gouvernement, en préparation et qui pourrait le concerner, est voté au parlement avant cette date.
 S'il va en prison, il purgera une peine de près de cinq mois, avec le jeu des remises de peine. (AFP, 27 novembre 2000)

SOCIO-ECONOMIQUE / SOCIO-ECONOMIC

Les prix en hausse de 3,1% en octobre, +44,4% sur un an

 L'inflation en Turquie a atteint 44,4% en octobre en glissement annuel, contre 49% en septembre, avec une hausse des prix à la consommation de 3,1% par rapport à septembre, a annoncé le 3 novembre l'Institut des statistiques d'Etat (DIE).
 Les prix de gros ont augmenté de 2,8% pour la même période.
 En septembre, les prix à la consommation avait augmenté de 3,1% par rapport à août et les prix de gros avaient enregisté une progression de 2,3% pour la même période.
 Le gouvernement turc a annoncé récemment qu'il devra réviser à la hausse ses objectifs de ramener l'inflation chronique à 20-25% fin 2000 bien que pour la première fois depuis la fin des années 80, l'inflation soit descendue sous la barre des 50% en septembre.
 La Turquie vise à juguler l'inflation dans le cadre d'un accord conclu avec le Fonds monétaire international (FMI) qui lui a accordé en décembre 1999 un crédit de 4 milliards de dollars sur trois ans pour son ambitieux programme de réforme économique. (AFP, 3 novembre 2000)

Manifestation pour des revendications salariales

 Quelque 50.000 personnes, pour la grande majorité des fonctionnaires, ont défilé dans le calme le 11 novembre dans les rues d'Ankara à l'appel de leur syndicat pour des revendications salariales, ont rapporté les médias.
 Organisée à l'appel de la Confédération des fonctionnaires turcs (KESK), la manifestation, l'une des plus importantes de ces dernières années, a rassemblé des fonctionnaires venus des quatre coins de Turquie sur la place Kizilay.
 Des représentants de plusieurs partis de gauche ainsi que du parti pro-kurde de la Démocratie du peuple (HADEP) ont prêté main forte aux manifestants, a indiqué l'agence Anatolie.
 Les manifestants ont scandé des slogans contre le gouvernement qui a décidé d'octroyer aux fonctionnaires une augmentation de 10% pour le premier semestre de 2001, conformément aux demandes du Fonds monétaire international (FMI) qui a accordé à la Turquie en 1999 un crédit de 4 milliards de dollars sur trois ans pour son programme de réforme économique, notamment pour réduire les dépenses publiques.
 Un important dispositif de sécurité a été mis en place à Kizilay et ses environs pour empêcher tout débordement, selon Anatolie.
 Parmi les pancartes brandies par les manifestants, on pouvait notamment lire : "On ne veut pas de l'aumône du gouvernement" ou "A bas le FMI, vive la Turquie indépendante", selon les images diffusées sur la chaîne de télévision d'information NTV.
 Les manifestants ont également demandé au gouvernement de donner aux fonctionnaires le droit de faire une grève générale. D'après la législation actuelle, les fonctionnaires qui font grève perdent leur emploi.
 Les manifestants se sont ensuite dispersés sans incident, selon Anatolie. (AFP, 11 novembre, 2000)

Séisme du 12 novembre 1999: Situation précaire des sinistrés

 Un an après le séisme du 12 novembre 1999 qui avait fait près d'un millier de morts dans la région de Duzce, dans le nord-ouest de la Turquie, des dizaines de milliers de sinistrés vivent toujours dans des conditions très précaires, a relevé la presse turque à l'occasion de cet anniversaire.
 "Ce deuxième séisme (de l'année 1999 en Turquie) est resté dans l'ombre du grand séisme du 17 août", qui avait fait au moins 20.000 morts, déplore le journal libéral Radikal.
 Le séisme du 12 novembre 1999 avait fait 894 morts et près de 5.000 blessés, selon un bilan officiel.
 "Bien qu'un an soit passé depuis le séisme, près de 10.000 sinistrés vivent encore dans des tentes peu parées à l'hiver. Ils ont été oubliés", dénonce Radikal.
 De plus, 30.000 sinistrés vivent dans des préfabriqués, selon la presse libérale. Pour le journal Milliyet, le chômage est le principal souci des sinistrés dans la région. (AFP, 12 novembre, 2000)

Marche de protestation contre l'exploitation d'une mine d'or

 Une marche de protestation de villageois opposés à l'exploitation au cyanure d'une mine d'or par une compagnie australienne s'est achevée le 20 novembre au mémorial de Canakkale, sur le détroit des Dardanelles, a indiqué l'agence Anatolie.
 "Nous ne nous tairons plus désormais et continuerons à nous battre, après dix ans de lutte", a déclaré Oktay Konyar, leader du mouvement, après avoir parcouru 300 km. "S'il le faut, nous parcourerons tout le pays", a-t-il ajouté, cité par Anatolie.
 La soixantaine de manifestants, dont dix femmes, étaient partis le 13 novembre du village d'Ovacik, près de Bergama (ouest), où la compagnie Eurogold, dont l'australien Normandy est le principal actionnaire, veut exploiter une mine d'or par cyanuration.
 Eurogold devrait commencer son exploitation prochainement, après des années de procédure et un feu vert donné au début de l'été par le gouvernement turc.
 En septembre, une cour de sûreté de l'Etat avait inculpé pour "formation de bande illégale" et "organisation secrète" les villageois d'Ovacik, qui ont l'habitude de se présenter en irréductibles "Obélix", en pantalon rayé bleu et blanc, rebellés contre l'impérialisme des grandes multinationales.
 La cyanuration est employée depuis des décennies pour extraire l'or.  L'extraction se fait par dissolution de la roche dans une solution de cyanure de potassium, un violent poison, et permet de récupérer 99% de l'or.
 Ses détracteurs dénoncent les risques encourus en cas d'accident, confortés en début d'année par la mort massive de poissons dans plusieurs pays à la suite d'une contamination au cyanure provenant d'une mine d'or située en Roumanie.
 Les paysans de Bergama craignent ainsi la mort de leurs oliveraies et la fuite des touristes de la région de l'antique Pergame. (AFP, 20 novembre, 2000)

Une crise financière en Turquie fait plonger la bourse

 Le gouvernement turc a annoncé le 30 novembre des mesures pour rétablir la confiance en vue de maîtriser la crise financière, sans empêcher la bourse de poursuivre sa chute, liée à l'annonce par la Banque centrale qu'elle arrêtait ses injections de livres turques sur le marché.
 L'indice des 100 valeurs vedettes à la Bourse d'Istanbul a reculé de 8,04% à la clôture par rapport à la veille, à 8.748 points contre 9.512 points le 29 novembre soir. L'indice avait déjà fortement chuté le 28 novembre, de 9,01%, à la clôture, descendant pour la première fois depuis le début de l'année sous la barre des 10.000 points, à 9.641 points.
 La Bourse a réagi à l'annonce par la Banque centrale qu'elle allait arrêter à partir du 1er décembre ses injections exceptionnelles de livres turques des jours précédents, en accord avec le Fonds monétaire international (FMI), qui lui a octroyé en décembre 1999 un crédit stand-by de 3,7 milliards de dollars sur trois ans.
 Selon une source bancaire, la Banque a porté son taux au jour le jour à 400%, et cette politique risque de créer des difficultés sérieuses aux banques et compagnies à court de liquiditée, et d'accentuer la baisse de la Bourse.
 Pour gérer le manque de liquidités, les analystes attendaient une intervention du FMI.
 "La Banque centrale a réussi jusqu'à présent à freiner la chute, mais son intervention n'est pas suffisante et la situation est très précaire", soulignait Hasan Koni, de la Sitebank.
 "S'il n'y a pas d'argent frais qui vient de l'étranger, du FMI par exemple, la chute à la Bourse risque de se poursuivre", a-t-il estimé.
 La Commission européenne a octroyé une aide de 150 millions d'euros à la Turquie pour qu'elle puisse faire face à la crise financière, a annoncé le 30 novembre un porte-parole de la Commission.
 Le Premier ministre Bulent Ecevit avait auparavant annoncé l'accélération de la privatisation de l'opérateur de télécommunications Turk Telekom, précisant que ses conditions seraient annoncées avant le 15 décembre, avec la vente d'un bloc de 33,5% des parts.
 Le retard pris dans cette privatisation a créé des inquiétudes sur la capacité du gouvernement à mener dans les temps son programme de réformes économiques et lui avait valu un rappel à l'ordre du FMI.
 "Cette annonce est une bonne nouvelle, elle était très attendue, car le succès du programme de réformes y est très lié, et son report avait fait naître des doutes sur la capacité du gouvernement à respecter ce programme", décidé en accord avec le Fonds monétaire international, a souligné un analyste bancaire sous couvert de l'anonymat.
 La crise en Turquie a retenti sur la bourse de Moscou, déjà en baisse marquée depuis trois jours et qui a plongé le 30 novembre, les ventes prenant un caractère de "panique", ont relevé les opérateurs.
 Le principal indice de la Bourse, le RTS, a terminé en recul de 10,89%, à 143,42 points, renouant avec des niveaux inconnus depuis décembre 1999. (AFP, 30 novembre 2000)

Une famille prête à donner son enfant en échange d'un loyer

 Un couple du sud de la Turquie cherche une famille à laquelle donner un bébé en échange du paiement de son loyer, après avoir déjà donné deux de ses enfants dans l'espoir d'arriver à joindre les deux bouts, a indiqué le 30 novembre l'agence Anatolie.
 "Nous ne pouvons même pas payer le loyer de notre maison de deux pièces et nous ne savons pas quoi faire d'autre", a déclaré Salih Eroglu, 47 ans, un employé du bâtiment sans salaire depuis longtemps dans le village de Turunclu, dans la province d'Adana.
 "Si une famille aisée veut prendre notre fils de onze mois, Murat, nous le lui donnerons si elle accepte de payer notre loyer", a renchéri son épouse Hacer.
 Le couple a expliqué avoir déjà donné deux filles à deux familles différentes par le passé contre la promesse de meubles et d'une maison, sans qu'aucune de ces familles ne remplisse ses engagements.
 "Mon coeur s'est brisé quand je les ai données. Il sera aussi très difficile de se séparer de Murat, mais nous n'avons pas d'autre choix", a souligné Hacer.
 Le produit national brut par habitant en Turquie était de 2.878 USD en 1999, recouvrant toutefois de larges disparités régionales entre l'ouest prospère et l'est sous-développé. (AFP, 30 novembre 2000)

RELATIONS MAFIEUSES / MAFIA RELATIONS

Prise d'otages par une bande mafieuse dans la prison

 Les forces de sécurité ont repris le 3 novembre le contrôle de la prison d'Usak, dans l'ouest de la Turquie, où des violences entre détenus ont fait cinq morts, et les otages retenus par les prisonniers ont été libérés, a annoncé le gouverneur de la province.
 "Un accord a été conclu grâce à des négociations. Tous les otages ont été libérés et ils sont en bonne forme", a déclaré à la presse le gouverneur Ayhan Cevik, selon l'agence Anatolie.
 Après quatre jours de troubles, les forces de sécurité ont capturé le 3 novembre le meneur des émeutes, Nuri Ergin, chef d'un gang d'Istanbul, et l'ont transféré dans la prison de Bilecik, une ville du centre de la Turquie.
 Vedat Ergin, frère de Nuri, et 17 autres détenus qui avaient participé aux violences ont également été transférés à Bilecik, selon le gouverneur.
 La mutinerie avait éclaté le 31 octobre lorsque des membres d'une bande mafieuse menée par Nuri Ergin avaient pris en otages au moins 29 personnes, dont le directeur de la prison, pour protester contre le transfert à Usak de membres de la bande du principal adversaire d'Ergin, Alaatin Cakici.
 Cinq détenus avaient été tués et une dizaine d'autres blessés lors d'affrontements entre les deux bandes.
 Le 2 novembre, les forces de sécurité avaient lancé une opération pour reprendre le contrôle de la prison, mais avaient suspendu leur assaut en début de soirée, les détenus mutinés ayant annoncé qu'ils se rendraient le 3 novembre matin.
 Les mutins n'ont finalement ouvert les portes de la prison aux autorités que le 3 novembre en fin de journée, après d'âpres négociations.
 Des tirs sporadiques provenant de l'intérieur de la prison ont été entendus durant toute la journée de le 3 novembre, sans qu'il ne soit fait état de nouvelles victimes, a rapporté la chaîne NTV.
 Selon le ministère de la Justice, les frères Ergin et leurs complices ont reçu le soutien de quelque 200 détenus sur les 591 qui se trouvaient dans la prison d'Usak. (AFP, 3 novembre 2000)

Le neveu de Demirel devant la justice pour corruption

 Yahya Murat Demirel, neveu de l'ex-président  turc Suleyman Demirel, a comparu le 20 novembre devant une cour criminelle d'Istanbul qui le juge pour détournement de fonds, après la faillite d'une banque qu'il possédait, a indiqué l'agence Anatolie.
 M. Demirel avait été arrêté le mois dernier après que les caméras de surveillance de la direction d'Egebank l'eurent filmé en train de vider les coffres de plusieurs millions de dollars, alors que l'établissement, en faillite, avait été placé sous tutelle de l'état.
 Depuis, Yahya Murat Demirel est poursuivi sous de multiples chefs d'inculpation tournant principalement autour de l'abus de biens sociaux, de faux en écriture et de détournements de fonds.
 Dans l'une de ces affaires, le neveu du vétéran de la politique turque, dont le mandat ne fut pas renouvelé en avril dernier, est accusé d'avoir accordé un "crédit" de 8 millions de dollars à un ami d'un de ses collaborateurs, sans aucune garantie, dont 7,5 millions finirent en liquide dans le coffre d'une de ses sociétés.
 Ce scandale a mené à l'arrestation de dizaines de personnes --hommes d'affaires, politiciens, membres de l'administration et même des journalistes soupçonnés d'avoir profité des largesses de Yahya Murat Demirel.
 La presse et l'opinion publique ont à plusieurs reprises accusé le précédent président de la République d'avoir aidé et protégé son neveu, notamment à investir en Azerbaïdjan, pays très proche de la Turquie. Mais Suleyman Demirel s'est défendu de tout favoritisme, expliquant qu'il aidait tous les investisseurs turcs à l'étranger.
 Yahya Murat Demirel risque plusieurs dizaines d'années de prison pour l'ensemble de ces affaires, à moins qu'il ne bénéficie d'une amnistie générale actuellement en préparation. (AFP, 20 novembre, 2000)

RELATIONS AVEC L'OUEST / RELATIONS WITH THE WEST

MHP chief's menaces to the European Union

 Turkey's deputy prime minister Devlet Bahceli called on the European Union on November 5 to adopt a sincere approach to Turkey's bid for full membership, accusing the 15-Nation bloc of being biased.
 "We believe that Turkey's integration with the EU will be realized in a reasonable period of time as long as the Union evaluates Turkey's membership in a realistic and sincere manner," Bahceli, the leader of the far-right Nationalist Action party (MHP), told a party congress here.
 He added that the EU had to give up "hiding behind" Greece in its relations with Turkey and drop its "unilateral" stance on the divided island of Cyprus and the disputes in the Aegean Sea between regional rivals Ankara and Athens.
 "The MHP gives importance to and takes seriously full membership of the EU. It is our natural right to expect the Union to take our nation's basic sensitivities into consideration," Bahceli said in his speech which was boradcast live on TV.
 "To turn the democracratization process into recognition of minority rights is one of the most evil acts against a country," Bahceli said. "It is not possible for the MHP to accept initiatives that will lead to separatism and division," the MHP leader said.
 Bahceli's two-hour speech at the party's sixth congress was often interrupted by ovations and cheers from the packed crowd inside an Ankara sports hall.
 During the congress, the 52-year-old Bahceli is set to renew his mandate at the helm of the party unopposed after a potential rival, Serafeddin Toperi, failed to complete registration formalities, the Anatolia news agency reported.
 But the highlight of the gathering will be the vote by nearly 1,400 delegates on a set of proposed changes to the party's programme in a bid for the party to become more moderate and shift towards the centre-right.
 The draft programme, which has been kept secret so far, underlines the importance of Turkey's membership of the EU and stresses a "harmonious unity with the globalizing world", according to press reports.
 It also redefines the party's interpretation of nationalism and categorically rejects a "violent and racist" approach.
 But Bahceli denied during his speech that the party was giving up on its traditional views of Turkish nationalism.
 "Movements with deep historical roots do not change, but develop and search for solutions to newly arisen needs and developments," he said.
 Bahceli, who became MHP leader in 1997, has been trying hard since to help the party shed its image of violent nationalism stemming from their role in the chaotic late 1970s.
 The MHP is best known for its infamous youth branch, the Grey Wolves, who were running street battles with left-wing militants before the 1980 military coup. (AFP, 5 November 2000)

La Commission européenne critique le régime turc

 La Commission européenne s'est montrée très critique à l'égard de la Turquie, lui reprochant de continuer à ne pas respecter les droits de l'Homme, mais lui a offert dans le même temps "un partenariat d'adhésion" pour l'aider à progresser. Le rapport annuel de la Commission, publié le 8 novembre, sur l'état d'avancement des pays candidats à l'adhésion à l'Union européenne est très sévère sur la situation des droits de l'Homme et des minorités en Turquie." Beaucoup d'aspects de la situation globale des droits de l'Homme restent préoccupants", souligne le rapport. "Torture et mauvais traitements sont loin d'avoir été éradiqués", "les conditions dans les prisons ne se sont pas améliorées", et "la liberté d'expression, de même que la liberté d'association et de rassemblement font encore régulièrement l'objet de restrictions". Quant aux minorités, la Commission européenne s'inquiète que "tous les Turcs, quelle que soit leur origine ethnique" ne puissent bénéficier des "mêmes droits culturels". "La situation dans le Sud-est, où la population est à prédominance kurde, n'a pas substantiellement changé", note le rapport.
 Cependant pour ne pas heurter la fameuse "sensibilité turque" sur la question kurde, le "partenariat d'adhésion" ne fait aucune mention de mot "kurde", évite toute allusion à la minorité kurde, mettant ainsi son drapeau en poche et ignorant les résolutions récurrentes et explicites du Parlement européen, sur ce sujet, dont la résolution adoptée le 12 juin 1992 à la quasi-unanimité sur "les droits du peuple kurde". Assurément les victimes kurdes des violations massives et systématiques des droits de l'homme en Turquie, n'ont même plus le droit d'être appelées par leur nom. Faute d'européaniser la Turquie, la Commission se turquise en se soumettant à la censure turque au risque de susciter ranc ur et désespoir chez les 15 à 18 millions de Kurdes en Turquie et près d'un million de Kurdes qui vivent dans les pays de l'Union où de la Suède à la France ils sont pourtant reconnus en tant que tels, avec leur langue, leur identité et leur culture, par un grand nombre d'Etats membres de l'Union.
 Au Parlement européen, où il est venu présenter ce document, Gunter Verheugen, commissaire européen à l'élargissement, a tenu un discours plus explicite pour les eurodéputés estimant que "la Turquie doit améliorer la situation des Kurdes et mettre fin à l'état d'urgence dans les quatre provinces du Sud-est". Il a qualifié de "violation des droits de l'homme" l'interdiction de la "langue kurde sur les ondes". Il a également mis en avant la préoccupation de l'UE concernant "le rôle joué par l'armée dans la vie politique par l'entremise du Conseil national de sécurité". M. Verheugen a tenu à souligner que l'une des priorités du "partenariat d'adhésion" était également de parvenir à "la levée de l'Etat d'urgence dans le Sud-est du pays et à la reconnaissance de droits culturels aux minorités ethniques".
 Le rapport reconnaît par ailleurs que l'octroi à la Turquie du statut de candidat à l'adhésion à l'UE, lors du sommet européen d'Helsinki en décembre 1999, a créé une dynamique dans la société turque et "stimulé les forces réformatrices". "Le rapport sur la torture rédigé par la commission des droits de l'homme de l'Assemblée nationale turque en constitue un exemple concret", a affirmé M. Verheugen qui a également rappelé qu'en septembre 2000, le gouvernement turc s'était fixé des "objectifs prioritaires" pour respecter les critères politiques requis pour adhérer à l'Union.
 Contrairement aux douze autres postulants, le rapport exclut que des négociations d'adhésion puissent s'ouvrir avec la Turquie qui continue donc à ne disposer que d'un simple statut de candidat à l'adhésion. Pour l'aider à réaliser ses objectifs, la Commission européenne a proposé à Ankara "un partenariat d'adhésion" qui dresse un ensemble de priorités à court et moyen terme dans les domaines politiques et économiques que la Turquie devra réaliser pour remplir les critères d'adhésion.
 La Turquie a accueilli favorablement le programme de la Commission européenne tout en soulignant qu'elle ignorerait un passage sur Chypre. "La Turquie refuse l'établissement d'un lien entre sa candidature à l'UE et le dossier chypriote et est déterminée à maintenir sa position", a déclaré Sükrü Sina Gürel, porte-parole du gouvernement turc. Ismail Cem, ministre turc des affaires étrangères a, quant à lui, déclaré que le paragraphe sur Chypre n'avait "aucune validité pour nous". Ankara avait insisté pour que la question de l'île divisée depuis l'occupation de son tiers nord en 1974 par l'armée turque, ne figure pas dans le document.
 Le parti de la démocratie du peuple (HADEP- pro-kurde), a vivement critiqué l'Union européenne pour avoir évité d'employer le mot "Kurde" dans le programme. "L'UE n'a pas utilisé le mot Kurde. Nous voyons cela comme une déficience. Quand il y a un problème concernant une certaine communauté, ce problème doit être défini par son nom", annonce un communiqué du HADEP. Malgré ses critiques, le HADEP a qualifié le document de "satisfaisant" dans l'ensemble en estimant que "la réalisation de ces réformes contribuera à la démocratisation de la Turquie". Pour Human Rights Watch, le partenariat n'est pas assez clair et détaillé sur la question des droits de l'homme. (CILDEKT, 17 novembre 2000)

Principales priorités du "partenariat d'adhésion" turco-EU

 La Commission européenne a proposé le 8 novembre un "partenariat d'adhésion" à la Turquie à qui elle fixe plusieurs priorités à atteindre à "court" et "moyen" terme avec le soutien financier de l'Union européenne. En voici les principales.
 Priorités politiques à "court terme" (2001)
 - "renforcer les garanties constitutionnelles et législatives pour le droit à la liberté d'expression (...). Répondre dans ce contexte à la situation des personnes condamnées et emprisonnées pour avoir exprimé des opinions non violentes".
 - prendre "toutes les mesures nécessaires pour renforcer la lutte contre la torture" et "intensifier la formation sur les droits de l'homme" pour les responsables chargés d'appliquer la loi.
 - "maintien de facto du moratoire sur la peine capitale".
 - "soutient fortement, dans le contexte du dialogue politique, les efforts du secrétaire général de l'ONU pour conduire positivement le processus visant à trouver un accord global sur la question de Chypre".
 Priorités politiques à "moyen terme" (pas de date)
 - "garantir le plein bénéfice pour chacun, sans aucune discrimination et quelle que soit sa langue, sa race, sa couleur, son sexe, son opinion politique, sa croyance philosophique ou religieuse, de tous les droits de l'homme et libertés fondamentales".
 - "révision de la constitution turque et autre législation adéquate en vue de garantir droits et libertés pour tous les citoyens turcs".
 - "abolir la peine de mort".
 - "lever l'état d'urgence dans le Sud-Est".
 - "assurer la diversité culturelle et garantir les droits culturels pour tous les citoyens, quelle que soit leur origine".
 Priorités économiques "à court terme" (2001)
 - "assurer la mise en oeuvre du programme de réforme structurelle et de lutte contre l'inflation adopté avec le FMI (Fonds monétaire international) et la Banque Mondiale et, en particulier, assurer le contrôle des dépenses publiques".
 - "mise en place rapide de la réforme du secteur financier visant à garantir contrôle et transparence".
 Priorités économiques "à moyen terme" (pas de date)
 - "achever le processus de privatisation", ainsi que "la réforme des secteurs agricole et financier".
 - "assurer le renforcement et le niveau général (des secteurs) de l'éducation, de la santé, en prêtant une attention particulière à la jeune génération et aux régions désavantagées". (AFP, 8 novembre, 2000)

HRW Warning on Turkey to the European Union

 The European Union has failed to take full advantage of an important opportunity to promote human rights reform in Turkey, Human Rights Watch said today.
 Human Rights Watch said while the document contained much that was of value, it had a disappointing lack of detail in key areas such as safeguards against torture, and protection of freedom of expression.
 "The E.U. missed an unparalleled opportunity to apply leverage," said Jonathan Sugden, Human Rights Watch's researcher on Turkey. "This is a disappointment. The Partnership Agreement should have had unambiguous benchmarks for human rights progress."
 A Human Rights Watch report issued in September urged the E.U. commission to draw up a Partnership Agreement with clear benchmarks to signal that the E.U. was serious about Turkey's admission. The report recommended a detailed program to resolve Turkey's appalling human rights record.
 Since the 1980 military coup, thousands of people in Turkey have been tortured; 450 people have died in police custody; at least 140 people have "disappeared;" and more than two thousand people have been killed in political killings and extrajudicial executions.
 Even according to official figures, nearly half a million people have been displaced during clearances in mainly Kurdish villages when gendarmes ordered, threatened or burned villagers out of their homes. Police torture is still commonplace, and victims include children. Sexual assault or rape of women and men in custody are frequently reported. Sexual assault or rape of women and men in custody are frequently reported. Courts continue to sentence Turkish citizens to terms of imprisonment for voicing their non-violent opinions, and to shut down political parties for challenging the dominant ideology.
 The Accession Partnership covers torture, the constraints on freedom of expression and association, and repression of civil society in overly broad terms, which the Turkish authorities may use to continue their traditional policy of delay and prevarication.
 On the issue of language rights, the Accession Partnership document avoids mention of specific minorities but does set clear goals- the right to mother tongue broadcasting within a year and mother tongue education in the medium term-approximately four years. The document is also firm on abolition of the death penalty, and lifting Turkey's anomalous reservations to the 1951 Refugee Convention.
 The single most important safeguard against torture is the abolition of incommunicado detention -- that is, police detention without access to legal counsel. This was recommended by the Council of Europe's Committee for the Prevention of Torture and the UN Committee against Torture nearly a decade ago and still has not happened. The document should have spelled out this problem as a matter of urgency.
 On freedom of expression, the document goes little further than the E.U.'s earlier sincere but vague solicitations. There is no specific mention either of the right of conscientious objection or the headscarf ban which is denying thousands of women access to university education. The extensive violations committed by the Turkish security forces and the PKK during the sixteen-year conflict in the southeast are left unresolved and treated as a conveniently closed chapter.
 Human Rights Watch urges the Accession Partnership for Turkey to be strengthened by establishing clear benchmarks in the following areas:
 Incommunicado detention should be abolished in law and practice. This means revising the Criminal Procedure Code to give all prisoners access to legal counsel from the first moments of police custody. Clear penalties should be demanded for police and gendarmficers who try to circumvent regulations. Blindfolding of detainees should be explicitly forbidden.
 Permission should be given for the publication of the remaining eight reports of the Council of Europe's Committee for the Prevention of Torture on their visits to Turkey.
 Prosecutors and judges must immediately stop indicting or sentencing people for the expression of their non-violent opinions. Current practice contravenes Article 10 of the European Convention on Human Rights, which supersedes domestic law (according to the Turkish Constitution). Those imprisoned for their non-violent opinions should be promptly released and their political rights restored.
 The omission of conscientious objectors and women denied access to education because of the headscarf ban should also be addressed in the Accession Partnership.
 The Turkish government should institute a full commission of inquiry, composed of independent experts, into the human rights and humanitarian law violations committed during the course of the fifteen year conflict with the PKK. Where violations are established to have taken place, those responsible should be brought to justice, and the victims compensated. (Brussels, November 8, 2000)

La presse turque critique la mention de Chypre

 La presse turque a salué dans son ensemble le 9 novembre le  rapport publié le 8 novembre par la Commission européenne définissant les réformes qu'elle est tenue d'accomplir pour son adhésion à l'Union européenne (UE), mais a critiqué l'inclusion de Chypre.
 Le "partenariat d'adhésion" appelle la Turquie à engager des réformes globales dans le domaine de la liberté d'expression, de prendre "toutes les mesures nécessaires pour renforcer la lutte contre la torture" et de maintenir de facto un moratoire sur la peine capitale.
 Déès le 8 novembre soir, le ministère des Affaires étrangères avait critiqué la référence à Chypre contenue dans ce partenariat d'adhésion, rejetant un lien entre sa candidature et les efforts pour régler le problème de l'île divisée.
 De nombreux éditorialistes trouvaient cette réaction justifiée, mais soulignaient que la Turquie perdrait ses chances d'adhérer à l'UE si elle ne se conforme pas aux objectifs définis par la Commission.
 "La vérité est simple. Nous deviendrons plus démocratiques et améliorerons notre bilan déficient en matière des droits de l'Homme. Nous réglerons nos différends avec la Grèce et saisirons l'occasion de parvenir à une solution juste et durable à Chypre", relevait un éditorialiste du journal libéral Milliyet. "Il ne peut y avoir d'adhésion sans ces conditions", a-t-il souligné.
 D'autres éditorialistes estimaient qu'il est temps pour la Turquie de passer à l'action et de travailler pour réaliser les réformes demandées par les Quinze.
 "Il est grand temps de réfléchir et discuter si nous voulons vraiment devenir membre de l'UE. Si c'est le cas, il faut nous y mettre immédiatement", estimait Ismet Berkan du journal Radikal (libéral).
 Mais Turkiye (conservateur) accusait les Européens d'exercer "injustement" des pressions sur la Turquie pour qu'elle améliore son bilan en matière de droits de l'Homme et de démocratie.
 "Si l'on considère que certains membres de l'UE ne se conforment pas aux critères de l'Union, ces accusations ne sont pas tout à fait sincères", estimait un éditorialiste. (AFP, 9 novembre, 2000)

Athènes critique les réactions turques

 Le porte-parole du gouvernement grec, Dimitris Reppas, a critiqué le 10 novembre le refus de la Turquie d'inclure la question de Chypre dans le partenariat d'adhésion proposé par la Commission européenne, qui définit les réformes à mener en vue de rejoindre l'Union européenne.
 "L'affaire chypriote est un élément qui doit être inclus dans le texte du partenariat d'adhésion de la Turquie à l'UE", a dit M. Reppas au cours de son point de presse quotidien.
 "Le passage sur Chypre ternit l'image d'une Union européenne respectueuse de la loi. Il n'a aucune validité pour nous", avait déclaré le 9 novembre le chef de la diplomatie turque, Ismail Cem. "La Turquie n'a jamais accepté et n'acceptera jamais un lien entre ses relations avec l'UE et la question chypriote", avait-il ajouté.
 M. Reppas a insisté sur le fait que l'inclusion du problème de Chypre dans le texte "va de soi et servira de catalyseur pour évaluer la position turque" vis-à vis la Grèce et l'UE.
 Il a estimé que "les critiques exprimés par la Turquie donnent l'impression que ce pays n'est pas mûr pour accepter le projet de l'UE pour (les relations) gréco-turques".
 "L'adhésion de la Turquie à l'UE est de l'intérêt de ce pays et il est nécessaire qu'elle fasse des efforts pour gagner ce pari", a-t-il dit. Le texte de l'UE n'est pas "pour ou contre la Turquie ou la Grèce, mais constitue une conséquence des accords du sommet d'Helsinki" en décembre 1999, qui avait retenu la candidature de la Turquie, a fait valoir le porte-parole. (AFP, 10 novembre, 2000)

Ecevit: "L'UE nous a trompés en incluant Chypre"

 Le Premier ministre turc Bulent Ecevit a estimé le 14 novembre que l'Union européenne avait "trompé" la Turquie en incluant la question de Chypre dans le partenariat d'adhésion de la Commission européenne, en dépit des oppositions d'Ankara.
 "Ils nous ont trompés. Ils nous avaient promis de ne pas établir de lien entre notre candidature à l'UE et le conflit chypriote", a-t-il dit dans un entretien accordé au quotidien populaire Sabah.
 "Nous ne pouvons accepter", la référence à Chypre", a-t-il précisé.
 M. Ecevit a ajouté qu'il avait demandé au ministère des affaires étrangères de rechercher "ce qui peut être fait" contre le passage sur Chypre dans le document qui définit les réformes à mener en vue de rejoindre l'UE.
 Ankara s'est vivement opposée à cette référence sur Chypre dans le partenariat qui fixe à la Turquie, parmi les objectifs politiques à réaliser en 2001, "un fort soutien, dans le contexte du dialogue politique, aux efforts du secrétaire général de l'ONU pour conduire positivement le processus visant à trouver un accord global sur la question de Chypre".
 Le chef de la diplomatie turque, Ismail Cem, avait estimé que le passage sur Chypre n'avait "aucune validité" pour la Turquie. "La Turquie n'a jamais accepté et n'acceptera jamais un lien entre ses relations avec l'UE et la question chypriote", a-t-il dit.
 La Turquie a rejeté la semaine dernière un document sur l'avenir de Chypre remis par le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan aux dirigeants des deux communautés de Chypre, qui se sont rencontrés du 1er au 10 novembre à Genève pour un cinquième cycle de pourparlers indirects, sous l'égide de l'ONU, refusant toute concession.
 Dans ce document de travail, M. Annan reprend certaines idées favorables à la création dans l'île d'un seul Etat doté d'un seul gouvernement, alors que la Turquie et le dirigeant chypriote-turc, Rauf Denktash, soutiennent la thèse d'une confédération.
 Chypre est divisée en deux secteurs, turc au nord et grec au sud, suite à l'intervention de l'armée turque en 1974, en réponse à un coup d'Etat de Chypriotes-grecs qui visait à rattacher l'île à la Grèce. (AFP, 14 novembre, 2000)

La Turquie condamnée pour "violation du droit à la vie"

 La Cour européenne des droits de l'Homme a condamné le 14 novembre Ankara, notamment pour "violation du droit à la vie" d'un homme, disparu après son arrestation en 1993 par les forces de l'ordre à Cizre (sud-est de la Turquie, Kurdistan).
 Le requérant, Besir Tas, né en 1943, assurait que son fils, Muhsin, disparu pendant sa garde à vue, avait été tué par les forces de l'ordre, qui l'avaient également torturé, selon un communiqué de la Cour.
 M. Tas, qui réside à Tatvan (sud-est), regrettait en outre qu'aucune enquête effective n'ait été menée sur la disparition de son fils.
 La Cour, qui n'a pas retenu les accusations de torture à l'encontre de Mehsin Tas, a cependant estimé qu'il y avait lieu de "présumer qu'il est décédé après son arrestation par les forces de l'ordre".
 Elle a également conclu qu'aucune enquête "n'avait été menée sur la disparition au moment des événements".
 Par ailleurs, la Cour a condamné Ankara pour "tortures et traitements inhumains et dégradants", à l'encontre de Besir Tas, estimant que ce dernier avait souffert de la conduite des autorités, indifférentes et insensibles à ses inquiétudes, selon elle.
 Les juges européens ont alloué 20.000 livres sterling (33.527 euros) pour préjudice moral aux héritiers de Muhsin Tas, 10.000 livres sterling (16.763 euros) pour le préjudice moral subi par le requérant et 14.795 livres sterling (24.801 euros) au titre des frais et dépens. (AFP, 14 novembre, 2000)

La Turquie sermonnée par le Parlement européen

 La Turquie a été sermonnée par le Parlement européen (PE) qui a adopté le 16 novembre une résolution lui demandant notamment de reconnaître publiquement le génocide arménien et de retirer ses troupes du nord de Chypre.
 Dans un amendement au rapport Morillon sur les "progrès réalisés par la Turquie sur la voie de l'adhésion" à l'Union européenne, le Parlement a invité les autorités turques à "accroître leur soutien à la minorité arménienne, notamment par la reconnaissance publique du génocide."
 L'amendement N.25 déposé par un député grec du PPE, Giorgios Dimitrakopoulos, a été adopté par 234 voix pour, 213 contre et 93 abstentions. Il a divisé les eurodéputés qui ont voté en ordre dispersé.
 Les députés européens ont débatu le 15 novembre en séance plénière des "progrès réalisés par la Turquie sur la voie de l'adhésion" à l'Union européenne et de la question de la reconnaissance du génocide arménien, qui divise les parlementaires.
 Le général Philippe Morillon, député UDF au PE et membre du Parti populaire européen (PPE/démocrates-chrétiens), a présenté un rapport sans référence à la reconnaissance par la Turquie du génocide arménien, ce que déplorent la majorité du Parti des socialistes européens (PSE), une partie du PPE, des Verts et la Gauche unitaire européenne (GUE) qui voteront un amendement afin de pallier cette absence.
 M. Morillon, favorable à un Forum euro-turc des droits de l'Homme, estime qu'on ne peut pas "bâtir un avenir de paix et de stabilité en ne cessant de ranimer les rancoeurs du passé. J'ai trop souffert avec toutes les communautés de Bosnie-Herzégovine des conséquences tragiques (...) d'un rappel systématique des atrocités", a-t-il dit.
 Hannes Swoboda (PSE) a mis l'acccent sur les lacunes du rapport qui ne contient "rien pour supprimer la peine de mort, sur le droit des minorités" et sur le génocide arménien. Il faut "ancrer la Turquie dans notre communauté de valeurs", a-t-il ajouté.
 Gunter Verheugen, commissaire européen pour l'élargissement, a rappelé que pour l'instant, il n'était pas question d'ouverture de négociations, "nous attendons de la Turquie des réformes de grande ampleur et des engagements fermes", a-t-il déclaré.
 Le général Philippe Morillon commandait les Forces de protection de l'ONU (FORPRONU) en Bosnie-Herzégovine de 1992 à 1993. Surnommé le "général courage", il s'est illustré dans l'enclave musulmane de Srebrenica et siège aujourd'hui au Parlement européen comme député européen PPE.
 La Turquie a accédé au statut de candidat à l'UE en décembre dernier au sommet d'Helsinki mais Bruxelles n'a pas engagé les négociations d'adhésion avec Ankara.
 En marge du débat sur la Turquie le 14 novembre, trois cents représentants de la communauté arménienne d'Europe ont manifesté devant le Parlement contre une entrée de la Turquie dans l'UE tant qu'elle n'aura pas reconnu officiellement le génocide arménien. Les massacres et déportations d'Arméniens entre 1915 et 1917, sous l'Empire ottoman, ont fait jusqu'à 1,5 million de morts, selon les Arméniens.
 L'assemblée européenne a également discuté du rapport Seppanen qui prévoit "de mettre en place un programme d'action spécial de la Banque européenne d'investissements (BEI) pour la consolidation et le resserrement l'union douanière CE-Turquie". (AFP, 14-16 novembre, 2000)

La Turquie dénonce la mention du génocide et de Chypre

 La Turquie a dénoncé le 15 novembre en termes vifs la mention du génocide arménien ainsi que des problèmes de Chypre et des Kurdes dans un rapport adopté le même jour par le Parlement européen (PE).
 "Le rapport, malgré certaines approches positives, contient des phrases malheureuses sur le retrait des troupes turques de Chypre, le règlement de la question kurde et le génocide arménien", a souligné le ministère turc des Affaires étrangères dans un communiqué.
 Ces références sont dues à un "complexe" et à "des sentiments d'hostilité basées sur des raisons religieuses", selon le ministère.
 "Il serait beaucoup plus bénéfique et approprié que le Parlement européen fasse des observations constructives basées sur des faits historiques et prenne des décisions objectives au lieu de juger l'histoire et la culture d'un
pays", ajoute le communiqué.
 Le PE a adopté le 15 novembre une résolution demandant à la Turquie de reconnaître publiquement le génocide arménien et de retirer ses troupes du nord de Chypre.
 Le communiqué d'Ankara dément catégoriquement qu'il y ait eu un génocide perpétré contre les Arméniens sous l'empire ottoman, de 1915 à 1917. Une telle mention "porte atteinte à nos relations avec le Parlement européen qui ont besoin d'être développées", ajoute-t-il.
 Il rejette la demande d'un retrait de ses "troupes d'occupation" du nord de Chypre, que la Turquie a envahi en 1974 en réponse à un coup d'Etat soutenu par la junte militaire alors au pouvoir à Athènes et visant à unir l'île avec la Grèce. (AFP, 15 novembre, 2000)

Ecevit écrit aux ministres européens à propos de Chypre

 Le Premier ministre turc Bulent Ecevit a indiqué le 15 novembre qu'il avait écrit aux ministres de l'Union Européenne pour leur expliquer que la Turquie ne cèderait pas dans son refus de lier sa candidature à l'UE au problème chypriote.
 "J'ai envoyé aujourd'hui aux ministres et responsables européens une lettre expliquant clairement la détermination de la Turquie sur cette question", a déclaré M. Ecevit aux députés de son Parti de la Gauche Démocratique (DSP), cité par l'agence Anatolie.
 Dans son programme de partenariat pour la Turquie, publié la semaine dernière, la Commission Européenne fixe comme objectif à court terme (en 2001) à Ankara un soutien aux efforts de l'ONU pour "conduire positivement le processus visant à trouver un accord global sur la question de Chypre".
 Le gouvernement turc a salué ce programme dans son ensemble, mais a dénoncé le passage sur Chypre.
 "Nous avions dit (à l'UE) que le conflit chypriote concernait les deux communautés de l'île et que personne n'avait à s'ingérer dans ce problème. Des garanties nous avaient été données à ce sujet", a dit M. Ecevit.
 "Il semble maintenant qu'ils reviennent sur leurs promesses. Nous n'accepterons ni n'autoriserons jamais cela", a-t-il ajouté.
 M. Ecevit a de nouveau condamné un ensemble de propositions du secrétaire général de l'ONU Kofi Annan aux leaders Chypriotes, qui prévoit un état unique et un seul gouvernement sur une île réunifiée, ainsi que le retour des Chypriotes-grecs dans la partie nord occupée par la Turquie.
 "Aucun de ces schémas ne peut être accepté par la partie turque. Tout le monde doit comprendre qu'il ne peut y avoir de compromis si l'existence de deux états à Chypre n'est pas reconnue", a affirmé M. Ecevit.
 Si ces propositions sont appliquées, elles poseront une menace pas seulement aux Chypriotes-turcs, mais aussi à la sécurité de la Turquie, a-t-il affirmé. (AFP, 15 novembre, 2000)

L'UE reporte l'adoption du partenariat  avec la Turquie

 Les Quinze ont décidé de reporter à décembre l'adoption du partenariat d'adhésion avec la Turquie proposé par la Commission européenne, a annoncé le 20 novembre Hubert Védrine, ministre français des Affaires étrangères dont le pays préside l'Union européenne.
 M. Védrine n'a donné aucune précision à propos de ce report. Mais, selon des sources européennes, les dernières prises de position turques sur Chypre et l'exigence de la Grèce pour que son différend territorial avec la Turquie en Mer Egée soit évoqué dans le partenariat sont à l'origine de cette décision.
 Le 18 novembre, le Premier ministre turc Bulent Ecevit avait déclaré que la Turquie réviserait ses rapports avec l'UE si celle-ci conditionnait son adhésion à la solution du conflit chypriote et de son différend territorial avec la Grèce en
mer Egée.
 Dans son rapport annuel sur l'état d'avancement des pays candidats à l'adhésion à l'UE publié début le 8 novembre, la Commission européenne s'était montrée très critique à l'égard de la Turquie, lui reprochant de continuer à ne pas respecter les droits de l'Homme et excluant l'ouverture de négociations.(AFP, 20 novembre, 2000)

La Grèce reste ferme sur ses positions

 La Grèce a réaffirmé fermement le 21 novembre, au lendemain d'un échec des Quinze sur ce point, que le partenariat d'adhésion de la Turquie à l'UE devait faire référence à la recherche d'un règlement sur Chypre et les litiges territoriaux entre Athènes et Ankara.
 Les Quinze ont décidé le 20 novembre à Bruxelles de reporter à décembre l'adoption du partenariat d'adhésion avec la Turquie proposé par la Commission européenne en raison, selon des sources européennes, des dernières prises de position turques sur Chypre et de l'exigence d'Athènes d'évoquer dans le texte son différend territorial avec la Turquie en Mer Egée.
 "Ce qui nous intéresse, c'est que la question de Chypre et les relations gréco-turques constituent un élément du texte sur les relations UE-Turquie", a déclaré le 21 novembre le porte-parole du gouvernement grec Dimitris Reppas.
 Il faut, a-t-il ajouté, "que ce texte précise la lettre et l'esprit de la decision du sommet d'Helsinki qui évoque l'intérêt commun des pays de l'UE et de la Turquie".
 Le gouvernement grec, a dit M. Reppas, "reste sur la position qu'il avait exprimée dès le premier moment : le report de la décision, soit au conseil des affaires générales du 4 décembre soit plus tard au sommet de l'UE, ne constitue pas un problème pour nous". (AFP,21  novembre, 2000)

La pression d'Ankara à propos de la force européenne

 Le Premier ministre turc Bulent Ecevit a déclaré le 23 novembre qu'il était "impossible" à la Turquie d'accepter le rôle limité à ses yeux qui lui est imparti dans la future défense européenne, malgré une tentative pour le convaincre du secrétaire général de l'OTAN George Robertson.
 "Non, je ne suis pas satifait. Les droits de la Turquie dans cette affaire sont négligés. Les décisions de la défense européenne concernant (les installations de) l'OTAN seront prises sans nous. Il est impossible de l'accepter", a déclaré M. Ececvit à l'issue d'un entretien avec M. Robertson.
 Ce dernier s'est rendu spécialement à Ankara pour tenter de vaincre les résistances de la Turquie, mécontente d'être tenue à l'écart du processus de décision, à l'instar des six pays européens membres de l'OTAN mais pas de l'UE, dans la future défense européenne.
 Les Quinze ont invité les six de l'OTAN à apporter des contributions additionnelles à la force de réaction rapide dont ils veulent se doter d'ici à 2003 pour être capable de mener des opérations de paix de type Kosovo et à laquelle ils fourniront eux-même 100.000 hommes. La Turquie a offert une brigade.
 Mais le ministre turc de la Défense Sabahattin Cakmakoglu avait prévenu le 22 novembre qu'Ankara lierait sa contribution à sa participation au processus de décision.
 "Les propositions qu'a apportées M. Robertson tombent en fait sous la juridiction de l'Union européenne. C'est un problème qui dépend de l'UE plutôt que du secrétaire général de l'OTAN", a souligné le Premier ministre turc.
 Ankara bloque les discussions UE-OTAN sur l'emprunt éventuel par les Quinze de moyens de l'Alliance pour mener leurs propres opérations. (AFP, 23 novembre, 2000)

Visite mouvementée de Claudia Roth à Diyarbakir

 Invitée, le 21 novembre, à une conférence organisée par l'Initiative contre les délits d'opinion, en Turquie, Mme Claudia Roth, députée allemande et notre vice-présidente, a pu rendre visite à Leyla Zana à la prison d'Ulucanlar à Ankara, mais n'a pu s'entretenir avec les trois autres anciens députés kurdes emprisonnés dans la même prison. Mme Roth avait essuyé à un refus de la part des autorités turques l'année dernière.
 Mme Roth s'est également entretenue avec Hikmet Sami Türk, ministre turc de la Justice, Mesut Yilmaz, vice-Premier ministre, chargé des relations avec l'Union européenne, et Mehmet Akgül, président de la commission parlementaire des droits de l'homme. Le 23 novembre, Mme Roth a eu "une dispute plutôt violente" avec la police turque à Diyarbakir. Une équipe de policiers s'appliquait à suivre pas à pas la délégation de la commission des droits de l'homme du Parlement allemand, filmant en permanence et prenant des notes lors de ses entretiens.
 Les cinq parlementaires de la délégation se sont indignés devant ce qu'ils ont perçu comme "un contrôle sur nous et nos interlocuteurs" a ajouté Mme Roth. Tout en disant comprendre la nécessité de mesures de sécurité lors des visites de parlementaires étrangers dans la région kurde, Mme Roth a estimé que la police avait dépassé les bornes. L'Ambassade d'Allemagne à Ankara a dû intervenir auprès du gouvernement turc pour aplanir le terrain et les policiers turcs se sont prudemment tenus à distance.
 À son retour, au cours d'une conférence de presse donnée le 27 novembre, Mme Roth a indiqué: "Il n'y a pas de développement en Turquie en ce qui concerne les droits de l'homme. Mais nous soutiendrons la candidature de la Turquie à l'UE, une fois que des réformes nécessaires seront entreprises Les Kurdes devraient bénéficier des droits accordés aux minorités et leur identité culturelle devrait être préservée".
 La visite et les déclarations de Mme Roth ont soulevé de vives critiques en Turquie, y compris de la part du ministre des affaires étrangères, Ismail Cem, qui a indiqué que les déclarations de Mme Roth étaient "perturbatrices et absurdes".
 La presse s'est déchaînée contre cette "Allemande insolente". Le directeur du quotidien Sabah a appelé le Gouvernement à "faire taire cette femme allemande qui prétend nous donner des leçons". (CILDEKT, 1 décembre 2000)

RELATIONS REGIONALES / REGIONAL RELATIONS

Téhéran proteste contre l'inspection d'un avion iranien

 L'Iran a protesté le 1er novembre auprès des autorités turques pour avoir forcé un avion iranien, en route pour Damas, à se poser le 31 octobre sur l'aéroport de Diyarbakir (sud-est) pour inspecter sa cargaison, a rapporté l'agence officielle IRNA.
 La protestation iranienne a été notifiée au chargé d'affaires de l'ambassade de Turquie à Téhéran qui a été convoqué au ministère iranien des Affaires étrangères, selon IRNA.
 Un responsable du ministère a qualifié d'"acte inamical et contraire au principe du bon voisinage" la démarche des autorités turques, a ajouté IRNA.
 Selon Radio-Téhéran, l'avion, dont le type n'a pas été précisé, appartient à la compagnie civile iranienne Caspienne.
 Cette compagnie assure plusieurs vols hebdomadaires à destination de la capitale syrienne où les touristes et les pèlerins iraniens se rendent régulièrement pour visiter les lieux saints de l'Islam chiite.
 Le journal libéral turc Milliyet écrivait le 1er novembre que les informations selon lesquelles l'appareil iranien transportait des armes pour le Hezbollah pro-iranien libanais s'étaient avérées fausses.
 Selon ce journal, l'avion, un Tupolev-154, transportait des pèlerins et du matériel médical.
 Le journal populaire Hurriyet a rapporté de son côté que l'appareil "soupçonné de transporter des armes" a été forcé à atterrir sur l'aéroport de Diyarbakir par des F-16 de l'aviation turque.
 Aucune arme, selon ce journal, n'a été retrouvée à l'issue des recherches.
 Le journal conservateur iranien Tehran Times a affirmé le 1er novembre pour sa part que "selon les autorités militaires turques, l'avion iranien était suspecté de transporter des armes pour les Palestiniens". (AFP, 1 novembre, 2000)

Denktash dénonce le partenariat d'adhésion proposé à Ankara

 La République turque de Chypre du Nord (RTCN, reconnue seulement par Ankara) a dénoncé le 8 novembre soir certains termes du partenariat d'adhésion proposé à la Turquie par l'Union européenne (UE), a rapporté l'agence Anatolie.
 Le président de la RTCN Rauf Denktash a dénoncé depuis Genève, où il se trouvait, le "jeu" européen consistant à inclure le règlement de la question chypriote dans les priorités que la Turquie doit remplir à court terme avant d'entamer des négociations pour son adhésion à l'UE.
 "Les aspects du texte en relation avec Chypre représentent une précondition" pour la Turquie, a déclaré M. Denktash, cité par Anatolie.
 "Si, avec ou sans raison, l'une des deux parties en présence (ndlr: à Chypre) refuse d'aider à une solution, comment cela va-t-il affecter le processus d'intégration de la Turquie?", a ajouté M. Denktash.
 En début de soirée, le ministère turc des Affaires étrangères avait de son côté critiqué "l'existence d'un lien entre les efforts visant à trouver une solution à la question de Chypre et sa candidature à l'UE".
 Dans un communiqué, le ministère menaçait qu'Ankara respecterait "uniquement" la déclaration finale du sommet d'Helsinki, qui avait retenu la candidature de la Turquie il y a onze mois. (AFP, 9 novembre, 2000)

Lancement de manoeuvres turques et chypriotes-turques

 Les forces turques et chypriotes-turques ont entamé le  novembre trois jours de manoeuvres conjointes en République turque de Chypre du Nord (RTCN, reconnue seulement par Ankara), baptisées Taurus 2000.
 Des forces terrestres, navales et aériennes participent à ces manoeuvres qui se déroulent chaque année dans le nord de l'île divisée en vue de parer à une éventuelle agression par les forces chypriotes-grecques et de mener des exercices de sauvetage.
 Le 22 novembre, quatre chasseurs turcs doivent atterrir à l'aéroport de Gecitkale (Lefkoniko) pour la première fois depuis deux ans, en réponse à la venue d'avions grecs le mois dernier dans le sud de l'île divisée.
 L'armée turque avait annoncé la semaine dernière que ce geste répondait à l'atterrissage d'avions grecs sur la base de Paphos, dans le sud, lors d'un exercice conjoint des armées chypriotes-grecque et grecque, Nikoforos-Toxotis, du 17 au 21 octobre.
 Soulignant qu'aucun avion turc n'avait atterri à Chypre depuis novembre 1998, l'état-major avait affirmé avoir unilatéralement ramené le nombre de ses exercices militaires à Chypre de deux à un, au vu du récent rapprochement avec la Grèce et des discussions entre communautés grecque et turque de l'île sous l'égide de l'ONU. Mais l'armée turque a reproché au gouvernement chypriote et à la Grèce de ne pas avoir suivi la même voie.
 Deux navires de guerre turcs doivent également participer aux manouvres le 21 novembre, auxquelles assisteront le ministre turc de la Défense Sabahattin Cakmakoglu et le chef de l'armée de terre Hilmi Ozkok. (AFP, 21 novembre, 2000)

La Turquie défie l'UE sur Chypre

 La Turquie a défié l'Union européenne le 24 novembre en soutenant la décision du dirigeant chypriote-turc Rauf Denktash de quitter les discussions sur l'île divisée de Chypre, organisées sous l'égide de l'ONU.
 M. Denktash a annoncé qu'il quittait les discussions indirectes en cours depuis décembre 1999, à l'issue d'un entretien à Ankara avec les dirigeants turcs, les qualifiant de "perte de temps".
 Le Premier ministre turc Bulent Ecevit a soutenu cette décision en accusant l'Union européenne d'être à l'origine de la stagnation des discussions.
 L'UE a provoqué la colère d'Ankara en liant son adhésion à la question de Chypre, dans un catalogue de mesures politiques et économiques à mener pour concrétiser sa candidature, entérinée en décembre 1999.
 "La direction que prennent ces discussions nous a obligés à une nouvelle évaluation", a déclaré M. Denktash devant la presse. "Nous ne voyons aucune utilité à la poursuite de ces discussions sans acceptations de nos paramètres. En l'état, ces discussions ne sont qu'une perte de temps", a-t-il dit.
 "La tendance des discussions est favorable aux Chypriotes-grecs parce que l'attitude du secrétaire général (de l'ONU Kofi Annan) est basée sur le postulat qu'ils représentent le gouvernement légitime de Chypre", a ajouté M. Denktash, président de la République turque de Chypre du nord (RTCN), proclamée en 1983 et reconnue par la seule Turquie.
 Chypre est divisée en deux secteurs, turc au nord et grec au sud, depuis que la Turquie a envahi son tiers nord en 1974, en riposte à un coup d'Etat de Chypriotes-grecs qui visait à rattacher l'île à la Grèce.
 Une série de discussions indirectes entre responsables chypriotes turc et grec se sont déroulées par l'intermédiaire de l'ONU en vue de régler la question depuis décembre 1999. La dernière s'est achevée à Genève le 10 novembre, une nouvelle était prévue en janvier à Genève.
 M. Denktash et la Turquie prônent une solution basée sur une confédération de deux Etats séparés. Chypre, Athènes et la communauté internationale préconisent une fédération bi-zonale et bi-communale.
 M. Ecevit a soutenu la rupture des discussions, qui "durent depuis près d'un an et n'ont abouti à aucun résultat". "Si l'Union européenne n'avait pas tenté de prendre en main la question chypriote, on aurait pu parvenir à un compromis. Mais les Chypriotes-grecs ont été encouragés dans leur intransigeances par le soutien de l'UE", a-t-il affirmé devant la presse, en ajoutant: "Il n'y aura pas de solution tant que l'UE se mêlera du problème".
 L'UE a provoqué la colère de la Turquie en incluant dans son "partenariat d'adhésion", parmi les critères politiques à remplir en 2001 en vue d'une adhésion, la question de Chypre.
 Le partenariat demande à la Turquie "un fort soutien, dans le contexte du dialogue politique, aux efforts du secrétaire général de l'ONU pour conduire positivement le processus visant à trouver un accord global sur la question de Chypre".
 M. Ecevit a alors accusé l'UE d'avoir "trompé" la Turquie et menacé de "réviser" les liens avec l'UE, craignant en outre que les Quinze n'ajoutent au partenariat ses différends territoriaux avec la Grèce, sous la pression d'Athènes.
 Devant cette réaction, les chefs de la diplomatie européenne ont préféré reporter à décembre l'adoption du texte.
 "On ne peut que déplorer" la prise de position turque, a souligné un diplomate européen sous couvert de l'anonymat. "Elle va rendre plus difficile pour l'UE de négocier le partenariat d'adhésion".
 "Les Turcs se mettent et nous mettent dans une situation difficile , et chaque durcissement ne fait qu'entériner le point de vue grec", a-t-il ajouté. (AFP, 24 novembre, 2000)

La décision d'Ankara est "provocatrice", selon Athènes

 La Grèce a qualifié le 27 novembre de "négative" et de "provocatrice" la décision du dirigeant chypriote turc Rauf Denktash de ne pas participer aux prochains pourparlers indirects sur Chypre en janvier à Genève.
 Le porte-parole du gouvernement grec Dimitris Reppas a déclaré le 27 novembre lors de son point de presse quotidien qu'Athènes "espérait que la Turquie et M. Denktash ne persévèrent pas dans leur position négative et provocatrice".
 Le dirigeant chypriote-turc a annoncé le 24 novembre à Ankara qu'il quittait les discussions visant à régler le problème de l'île divisée de Chypre, sous l'égide de l'ONU. Le Premier ministre turc Bulent Ecevit a soutenu sa décision.
 Cette décision "prouve avec éclat que la Turquie et M. Denktash ne sont pas intéressés par une solution du problème de Chypre", a ajouté M. Reppas appelant l'ONU à "leur faire porter la responsabilité" de leur choix.  (AFP, 27 novembre 2000)

IMMIGRATION / MIGRATION

350 clandestins en partance pour l'Europe arrêtés en Turquie

 Trois-cent cinquante immigrés clandestins ont été interpellés par les forces de sécurité dans la nuit de mercredi à jeudi, alors qu'ils s'apprêtaient à embarquer pour l'Europe dans un port de la mer de Marmara, au nord-ouest de la Turquie, a annoncé jeudi l'agence Anatolie.
 Agissant sur renseignement, les gendarmes ont intercepté les 350 clandestins lors de leur arrivée dans un port proche de la ville turque de Sarkoy, sur la côte de la mer de Marmara.  Les immigrants, notamment 18 Turcs, des Afghans, des Bangladais, des Pakistanais et des Palestiniens, avaient dû payer 4.000 à 5.000 marks pour rejoindre la Grèce, et devaient, de là, gagner la France, ont affirmé des gendarmes.
 Selon l'agence, la gendarmerie a également arrêté un membre présumé d'un réseau de contrebande aidant les clandestins.
 La Turquie est un point de passage habituel pour les immigrés d'origine asiatique ou africaine, qui tentent de gagner l'Europe par bateau ou par voie terrestre. (AFP, 9 novembre, 2000)

Deux immigrants clandestins abattus par les forces turques

 Les forces de sécurité turques ont abattu deux immigrants clandestins bangladeshis et blessé trois autres personnes après avoir ouvert le feu sur un groupe qui tentait d'entrer en Turquie depuis l'Iran, près de Dogubeyazit, a annoncé un responsable local le 15 novembre.
 Les gardes-frontières ont fait feu sur les 16 Bangladeshis et un Pakistanais qui avaient refusé d'obéir aux injonctions verbales et aux tirs de sommation, a indiqué le governeur de la province d'Agri, Tahsin Cumhur Ersoy, cité par l'agence Anatolie.
 Les trois blessés ont été hospitalisés et les 12 personnes restantes ont été arrêtées, a ajouté M. Ersoy, sans préciser quand s'est déroulé l'incident.
 Parmi les incidents similaires survenus aux frontières de l'est du pays, 2 hommes avaient été tués à la frontière syrienne le 18 juillet, et un autre avait trouvé la mort dans des circonstances analogues à la frontière arménienne le 19 juin.
 La Turquie est la principale voie de transit pour les immigrants clandestins asiatiques et africains à la recherche d'une vie meilleure en Europe. (AFP, 15 novembre, 2000)

Interception d'un bateau avec 64 clandestins à bord

 Les gardes-côtes turcs ont intercepté un cargo battant pavillon géorgien avec à son bord 63 immigrants clandestins, le 22 novembre au large de l'île de Bozcaada, près du détroit des Dardanelles, a annoncé le 23 novembre à l'AFP un responsable des gardes-côtes, joint par téléphone.
 Le bateau, le "Levan Pakurrize", qui avait appareillé du port de Kusadasi en mer Egée, a été poursuivi pendant 48 heures par les forces de sécurité, qui le soupçonnaient de se diriger "vers la Grèce ou l'Italie", avant d'être abordé, a précisé ce responsable.
 Le capitaine du bateau, un Turc, a été blessé lors d'une bagarre avec les passagers, selon le responsable des gardes-côtes, et a dû être hospitalisé.
 Selon l'agence Anatolie, le bateau transportait des Bangladeshis, Afghans et Marocains candidats à l'immigration clandestine vers l'Europe.
 Les clandestins seront déférés devant la justice avant d'être extradés, a précisé l'agence. (AFP, 23 novembre, 2000)

Manifestation contre la détention en isolement en Turquie

 Plusieurs centaines de Turcs --plus d'un millier, selon les organisateurs-- se sont rassemblés le 18 novembre après-midi sur une place du centre de Strasbourg pour protester contre les cellules d'isolement dans les prisons turques, a constaté l'AFP.
 Le rassemblement, à l'appel du "Comité de lutte contre les cellules de mort", devait se conclure le 18 novembre soir par le départ d'un groupe de 60 à 100 marcheurs qui avaient l'intention d'effectuer à pied le trajet entre Strasbourg et Bruxelles.
 Leur arrivée dans la capitale belge est prévue le 2 décembre pour une manifestation devant le bâtiment de la Commission européenne, a indiqué un porte-parole des organisateurs, Nuray Gunduz.
 Les manifestants viennent de plusieurs pays d'Europe, notamment d'Allemagne, de Belgique et de Norvège, a-t-elle assuré, en signalant la présence de célébrités turques du monde intellectuel et des spectacles.
 La porte-parole a notamment cité les écrivains Haluk Gerger, Emin Karaca, Avni Odabasi et Sukru Erbas, l'acteur et metteur en scène de théâtre Zafer Diper et les chanteurs Sivan Perwer, Elkan Sesen et Suavi. (AFP, 18 novembre, 2000)

Manifestation à Athènes pour les grévistes de la faim

 Quelque 200 personnes ont manifesté le 27 novembre soir dans le centre d'Athènes et devant l'ambassade de Turquie pour marquer leur solidarité avec les 816 prisonniers politiques en grève de la faim en Turquie, a-t-on appris de source policière.
 La manifestation était organisée par le "comité de solidarité aux prisonniers politiques turcs et kurdes", et avait reçu le soutien de plusieurs organisations grecques de gauche.
 Les manifestants se sont réunis devant les locaux de l'Université d'Athènes, dans le centre de la capitale, et se sont rendus en cortège près de l'ambassade turque gardée par d'importantes forces policières.
 Ils ont brûlé un drapeau turc près de l'ambassade de Turquie avant de se disperser dans le calme. (AFP, 27 novembre 2000)

BELGIQUE-TURQUIE / BELGIUM-TURKEY

Ocalan entendu par une délégation de juristes belges

 Une délégation de juristes belges a entendu le 14 novembre le chef rebelle kurde Abdullah Ocalan sur l'île-prison d'Imrali (ouest de la Turquie) dans le cadre d'une affaire de blanchiment d'argent en Belgique, a indiqué le 15 novembre le ministère turc de la Justice.
 Une délégation de huit juristes conduite par le juge d'instruction Jeroen Burn "a entendu Abdullah Ocalan comme témoin" dans le cadre d'une enquête menée par les autorités belges, précise un communiqué.
 L'enquête, baptisée "opération Spoutnik", a été lancée à la suite de la découverte d'importantes indications sur un blanchiment d'argent par la société "ROJ", produisant les émissions de la chaîne de télévision pro-kurde Med-TV, dont le siège se trouvait à Londres et qui avait ses studios de production à Bruxelles, souligne le texte.
 La licence de cette chaîne lui avait été retirée en avril 1999 par une commission indépendante britannique pour incitation à la violence après la capture d'Ocalan par un commando turc au Kenya en février de la même année.
 L'un des avocats d'Ocalan, Dogan Erbas, avait indiqué le 15 novembre à l'AFP, qu'une délégation belge avait rendu visite à son client pour enquêter sur "certaines activités du PKK en Belgique dans le cadre d'une procédure ouverte en 1998".
 Ocalan a indiqué à son avocat qu'il avait été interrogé non en tant que témoin, mais comme quelqu'un qui pouvait aider l'enquête, selon Me Erbas.
 C'est la première fois qu'Ocalan recevait une visite autre que celle de ses avocats ou parents depuis sa condamnation à mort pour trahison et séparatisme en juin 1999 à Imrali, dont il est l'unique prisonnier.
 Ocalan avait reçu la visite, peu après son incarcération à Imrali en février 1999, de membres du Comité pour la prévention de la torture du Conseil de l'Europe en mars. (AFP, 16 novembre, 2000)

 
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