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25e Année - N°274

Juin/June 2001

 

La 3e force politique
de Turquie interdite

POLITIQUE INTERIEURE / INTERIOR POLICY

La troisième force politique de Turquie interdite

La Cour constitutionnelle a, le 22 juin, dissous le parti de la Vertu (FP), troisième force politique du pays avec 102 députés au Parlement, le parti Fazilet (Vertu) est, la 23ème formation politique interdite en Turquie depuis la fondation de la Cour constitutionnelle en 1962. Le Fazilet est le quatrième parti islamiste, lié à l'ex-Premier ministre Necmettin Erbakan, le patron de l'islam politique turc, a être interdit depuis 1972 après ceux de l'Ordre national (MNP), du Salut national (MSP) et de la Prospérité (Refah).

L'interdiction du parti d'opposition islamiste de la Vertu (Fazilet), compromet les aspirations européennes d'Ankara en ternissant son image en matière de respect de la liberté d'expression et de la démocratie, estiment les analystes. Elle montre qu'une partie de l'establishment turc ne désarme pas dans sa lutte contre l'islam politique, posé en menace principale pour la République laïque par l'armée. Même si le Premier ministre Bulent Ecevit en personne avait ouvertement exprimé ses réticences et son inquiétude sur les conséquences d'une telle mesure pour la stabilité du pays plongé dans une grave crise économique.

Le chancelier autrichien Wolfgang Schuessel, de passage à Ankara, avait, le 21 juin, prévenu qu'une interdiction du parti ne serait pas accueillie "favorablement" par l'Union Européenne (UE), ajoutant qu'il "faut être très prudent dans les démocraties pluralistes" avec ce genre de décision. La dissolution du Fazilet va placer la Turquie en position délicate au cours du Conseil d'association Turquie-UE, organe de dialogue politique qui se réunit une fois par an, et qui aura lieu mardi prochain à Luxembourg pour faire le point sur le processus d'adhésion. "Le problème, c'est que les Turcs interdisent les partis politiques en fonction de ce qu'ils pourraient faire, et non de ce qu'ils font", souligne une analyste européenne.

Plus de dix partis de gauche, dont le Parti Communiste Uni de Turquie (TBKP) et le parti Socialiste (SP), ont été dissous depuis les années 60 sous l'accusation d'activités communistes, interdites en Turquie jusqu'en 1990.

La Cour constitutionnelle a également interdit une série de partis pro-kurdes. Le cas le plus célèbre est celui du Parti de la Démocratie (DEP) le 15 juin 1994. Quatre membre du DEP, dont Mme Leyla Zana, lauréate en 1995 du prix Sakharov du Parlement européen pour la liberté de pensée, purgent actuellement des peines de 15 ans de prison. D'autres partis pro-kurdes, notamment le Parti du Travail du peuple (HEP) et le Parti de la Liberté et de la Démocratie (OZDEP) ont également été dissous pour séparatisme. En février 1999, un parti pro-kurde modéré, le Parti démocratique des masses (DKP), dirigé par un ancien ministre, Serafettin Elci, a été interdit pour " atteinte à l'unité de la Turquie et prôné les différences régionales et ethniques dans son programme".

Le Parti pro-kurde de la Démocratie du peuple (HADEP), qui a succédé au DEP et qui plaide en faveur d'une solution pacifique à la question kurde, fait actuellement l'objet d'une procédure de dissolution devant la Cour pour ses liens présumés avec le PKK, une accusation qu'il rejette catégoriquement.

Que va-t-il se passer maintenant? Le parti dissous, va-t-il, comme c'est très probable, se reconstituer sous un autre nom? En pleine crise économique et politique, la Turquie va-t-elle devoir convoquer de nouvelles élections législatives ? En effet, la Constitution turque dispose que si 5 %, soit 28 sièges, du Parlement turc composé de 550 députés, était vacant, des élections législatives devraient être prévues dans les trois mois à venir. Aujourd'hui, 8 sièges restent inoccupés au Parlement turc et le parti Fazilet compte 102 députés. En cas d'élections législatives anticipées, les partis politiques ne sont pas tenus par le seuil national de 10 % pour accéder au Parlement, ce qui favorise le sort des partis comme le HADEP. (CILDEKT, 22 juin 2001)

MP distribution at the GNAT after FP Ban

Deputyships of Nazli Ilicak and Bekir Sobaci from the banned Virtue Party (FP) will be lifted after the Constitutional Court's reasoned verdict is published in the Official Gazette.

The recent distribution of seats at the Parliament after the Constitutional Court annulled FP`s legal status is as follows:

Democratic Left Party (DSP)........132
Nationalist Movement Party (MHP)...126
Motherland Party (ANAP).............88
True Path Party (DYP)...............83
Independent........................113
Vacant...............................8

Ilicak and Sobaci will be considered independent deputies until the reasoned verdict is published in the Official Gazette. (Anatolia, June 22, 2001)

Une vingtaine de partis interdits en 39 ans

Le parti de la Vertu (Fazilet), dissous vendredi, est la 23ème formation politique interdite en Turquie par la Cour constitutionnelle depuis la fondation de cette dernière en 1962.

La plupart de ces partis étaient d'obédience communiste, pro-kurde ou islamiste.

Le Fazilet est le quatrième parti islamiste, dont la fondation est liée à l'ex-Premier ministre Necmettin Erbakan, le patron de l'islam politique turc, a être interdit depuis 1972 après ceux de l'Ordre national (MNP), du Salut national (MSP) et de la Prospérité (Refah).

Plus de dix partis de gauche, dont le Parti Communiste Uni de Turquie (TBKP) et le parti Socialiste (SP), ont été dissous depuis les années 60 sous l'accusation d'activités communistes, interdites en Turquie jusqu'en 1990.

La Cour constitutionnelle a également interdit une série de partis pro-kurdes. Le cas le plus célèbre est celui du Parti de la Démocratie (DEP) en juin 1994, accusé d'avoir servi de relais au PKK, qui a lutté pendant 15 ans en faveur de la création d'un Etat kurde dans le Sud-Est de la Turquie à majorité kurde.

Quatre membre du DEP, dont Mme Leyla Zana, lauréate en 1995 du prix Sakharov du parlement européen pour la libertée de pensée, purgent actuellement des peines de 15 ans de prison pour "appartenance" au PKK.

D'autres partis pro-kurdes, notamment le Parti du Travail du peuple (HEP) et le Parti de la Liberté et de la Démocratie (OZDEP) ont également été dissous pour séparatisme.

En février 1999, un parti pro-kurde modéré, le Parti démocratique des masses (DKP), dirigé par un ancien ministre, Serafettin Elci, a été interdit pour avoir porté atteinte à l'unité de la Turquie et prôné les différences régionales et ethniques dans son programme.

Le Parti pro-kurde de la Démocratie du peuple (HADEP), qui a succédé au DEP et qui plaide en faveur d'une solution pacifique à la question kurde, fait actuellement l'objet d'une procédure de dissolution devant la Cour pour ses liens présumés avec le PKK, une accusation qu'il rejette catégoriquement.

Ce parti a remporté une série de municipalités dans le Sud-Est lors des municipales de 1999, mais ne siège pas au parlement, n'ayant pas passé la barre des 10% des voix requises. (AFP, 22 juin 2001)

Le dernier d'une lignée de partis islamistes interdits

Le parti de la Vertu (Fazilet), dissous vendredi pour "activités anti-laïques", est le dernier descendant d'une lignée de formations islamistes interdites par la justice turque.

Voici les principales dates du développement de l'islam politique en Turquie:

- Création en 1970 par le pionnier de l'islam politique et futur Premier ministre Necmettin Erbakan du Parti de l'Ordre national (MNP).

- Dissolution en 1971 du MNP par la Cour constitutionnelle pour activités contraire à la laïcité.

- Fondation en 1972 du Parti du Salut National (MSP) par M. Erbakan, qui devient vice-Premier ministre dans trois gouvernements de coalition entre 1974 et 1978.

- Septembre 1980: Putsch : tous les partis politiques sont interdits et leurs dirigeants bannis.

- Création à la veille des élections législatives en 1983 du Parti de la Prospérité, Refah (RP), par des proches collaborateurs de Necmettin Erbakan qui dirige le parti dans les coulisses. Le parti n'est pas représenté au parlement faute d'avoir franchi le seuil de 10% des voix sur le plan national.

- 1987: Erbakan prend officiellement les rênes du Refah à la suite d'une consultation populaire qui restaure dans leurs droits politiques les anciens dirigeants.

- Juin 1996 à juin 1997: Erbakan, dont le parti devient le premier parti au parlement à l'issue des législatives de décembre 1995 avec 21,3% des voix, créant la surprise, devient le premier Premier ministre islamiste de la Turquie laïque en formant une coalition gouvernementale avec un des leaders de la droite conservatrice, Mme Tansu Ciller.

- Juin 1997: Erbakan démissionne sous la forte pression de l'armée, gardienne des principes laïcs et des milieux pro-laïcs.

- Décembre 1997: Fondation du Fazilet par des proches d'Erbakan.

- Janvier 1998: Dissolution du Refah par la Cour constitutionnelle pour "activités anti-laïques". Erbakan et cinq de ses collaborateurs sont interdits de politique pour cinq ans, la quasi-totalité des ex-députés du Refah rejoignent le Fazilet.

- Avril 1999: le Fazilet, dirigé par Recai Kutan, bras droit d'Erbakan, devient la troisième force politique du pays et le premier parti d'opposition avec 15,4% des voix aux législatives.

- Juin 2001: Dissolution du Fazilet. (AFP, 22 juin 2001)

La presse dénonce une atteinte à la démocratie

Au lendemain de la fermeture du Parti islamiste de la Vertu, la presse turque stigmatise samedi la "démocratie blessée" par le verdict de la Cour Constitutionnelle, et promet un éclatement de la formation islamiste entre modernistes et conservateurs.

Titrant en une "La démocratie blessée", le quotidien Radikal (centre gauche) est, avec la presse d'obédience religieuse, le plus virulent à dénoncer samedi la dissolution du parti islamiste de la Vertu, ou Fazilet, pour "activités anti-laïques".

"Le pouvoir s'avère d'autant plus fragile qu'il montre une capacité de tolérance limitée", commente Murat Yetkin, qui estime qu'il n'est "pas besoin d'être devin pour prévoir que la Turquie va accumuler les problèmes si elle continue avec la constitution actuelle".

Le journal Zaman (islamiste) estime lui que "L'opposition a été fermée", en allusion au poids du parti de la Vertu dans l'échiquier politique turc, première formation d'opposition avec 102 députés et troisième force politique du pays.

Dans le journal islamiste Yeni Safak, Ahmet Tasgetiren regrette que "quand la Turquie appelle en choeur à plus de démocratie, la justice décrète de nouveaux bannissement politiques".

"C'est un coup porté par le pouvoir judiciaire à la Démocratie, ou plus exactement contre le Droit", conclut Yeni Safak, sous la plume de Mehmet Barlas.

Pour Taha Akyol, éditorialiste à Milliyet (centre droit), "La démocratie s'est encore étriquée avec la fermeture du Parti de la Vertu".

"Il est clair que la majorité des membres de la Cour Constitutionnelle se complaisent dans leur attitude autoritaire et se moquent des préceptes libéraux en vigueur en occident", alors que la Turquie est depuis 18 mois candidate à l'élargissement de l'Union Européenne, écrit Taha Akyol.

Les journaux prévoient que le Fazilet renaîtra, comme ses prédécesseurs, sous la forme d'"un, deux, voire peut-être trois autres partis" de même sensibilité. Et "Le risque d'une nouvelle interdiction demeurera si les partis qui suivront continuent de défendre le port du voile", prévient Mustafa Unal pour Zaman.

Dans Hurriyet (centre droit), Fatih Altayli prévoit même que "dans deux ans, nous en serons au même point: à attendre la décision de la Cour Constitutionnelle". (AFP, 23 juin 2001)

Le Conseil de l'Europe critique l'interdiction du FP

Lord Russell-Johnston, président de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, a critiqué lundi à Strasbourg l'interdiction du parti de la Vertu (islamiste) par les autorités d'Ankara.

"Le président du Conseil constitutionnel de Turquie aurait dû attendre que notre propre Cour européenne des droits de l'Homme ait statué sur cette affaire", a déclaré le président de l'Assemblée parlementaire lors d'une conférence de presse, peu avant l'ouverture de la session d'été de l'Assemblée.

"Je regrette qu'une fois de plus, les autorités turques, dès lors qu'elles ont à faire face aux défis sociaux et politiques de leurs pays, semblent préférer la coercition au dialogue", a-t-il poursuivi.

L'Assemblée va demander jeudi à la Turquie de faire des efforts supplémentaires pour respecter ses obligations vis-à-vis du Conseil de l'Europe et de la Convention européenne des droits de l'Homme, en tant qu'Etat membre.

Le rapport de MM. Andras Barsony (Hongrie, socialiste) et Benno Zierer (Allemagne, chrétien-démocrate) encourage les autorités turques à réviser leur constitution, à abolir la peine de mort, à réformer l'institution pénitentiaire et à accorder pleine liberté d'association aux organisations, notamment celles qui travaillent pour la protection des droits de l'Homme dans le sud-est du pays où vit une grande partie de la minorité kurde. (AFP, 25 juin 2001)

Washington déplore la fermeture du parti islamiste

Les Etats-Unis ont déploré vendredi la décision de la Cour constitutionnelle turque d'interdire pour "activités anti-laïques" le parti islamiste de la Vertu (Fazilet), troisième force politique du pays.

"Nous regrettons la fermeture de ce parti, car cela est contraire aux normes internationalement acceptées en matière de démocratie", a déclaré le porte-parole adjoint du département d'Etat, Philip Reeker.

Deux députés ont également été démis de leur mandat et les biens du parti seront transférés au Trésor, a déclaré le président de la Cour constitutionnelle, Mustafa Bumin.

La décision de dissoudre le Fazilet fait suite à une procédure engagée en mai 1999.

Le Fazilet avait été créé avant la dissolution en 1998, également pour "activités anti-laïques", du Refah de l'ex-Premier ministre Necmettin Erbakan, qui avait dû quitter le pouvoir sous la pression de l'armée et des milieux pro-laïcs en 1997, après un an de gouvernement.

"Nous sommes encouragés par le fait qu'une commission parlementaire représentant tous les partis politiques de Turquie ait fait une proposition de réforme de la Constitution pour rendre plus difficile la fermeture des partis", a ajouté M. Reeker. (AFP, 22 juin 2001)

Les députés islamistes quittent le parlement

Les députés du parti islamiste de la Vertu (Fazilet), interdit par la justice turque, ont quitté lundi le parlement en signe de protestation et jusqu'à l'adoption d'un amendement constitutionnel qui rend la fermeture des partis plus difficile, a déclaré Yasin Hatipoglu, ex-député Fazilet.

"Nous quittons l'Assemblée pour laisser ceux qui se déclaraient contre le fermeture des formations politiques traduire leurs paroles en actes", a-t-il dit lors de la première session du parlement à la suite de la fermeture du parti.

La Cour constitutionnelle turque a décidé vendredi de fermer le Fazilet, troisième force politique du pays, pour "activités antilaïques", de démettre de leur mandat deux de ses 102 députés (sur 550), et de transférer tous ses biens au Trésor.

Avant que tout les députés islamistes ne quittent la session, le chef du Fazilet dissous, Recai Kutan, devenu député indépendant, a violemment critiqué lors d'un discours la décision de la Cour.

"Nous n'avons pas commis de crime, ni soutenu la violence et la terreur. Nous avons seulement pensé d'une manière différente", a-t-il dit du haut de la tribune.

Soulignant que la décision de la Cour est "contraire aux normes juridiques  universelles" et "porte un coup dur aux valeurs démocratiques", M. Kutan a estimé que cette interdiction mettait la Turquie dans une "position difficile" au sein de la communauté internationale.

"Il n'y a pas de démocratie au sens exact du terme en Turquie", a-t-il ajouté.

Un projet d'amendements constitutionnels, dont l'un sur les partis politiques qui fait l'objet de discussions au parlement, doit rendre de telles dissolutions plus difficiles.

Mais les vacances parlementaires doivent débuter le 1er juillet et durer jusqu'en octobre.

Lord Russell-Johnston, président de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, a critiqué lundi à Strasbourg l'interdiction du Fazilet.

"Je regrette qu'une fois de plus, les autorités turques, dès lors qu'elles ont à faire face aux défis sociaux et politiques de leurs pays, semblent préférer la coercition au dialogue", a-t-il dit.

La décision de fermer le Fazilet "a très désagréablement surpris", a souligné pour sa part la ministre allemande de la Justice Herta Daeubler-Gmelin, en visite à Ankara. (AFP, 25 juin 2001)

L'Union européenne se déclare préoccupée

La présidence suédoise de l'Union européenne (UE) s'est déclarée préoccupée lundi par la décision de la Cour constitutionnelle turque de dissoudre le Parti islamiste de la vertu (Fazilet).

"L'Union européenne prend acte avec préoccupation de la décision de la Cour constitutionnelle turque le 22 juin de fermer le Parti de la vertu, de saisir ses biens et d'interdire à certains de ses membres d'être députés de la Grande assemblée nationale turque ou d'exercer toute activité politique pendant cinq ans", a déclaré l'UE dans un communiqué.

"Cette décision a des incidences sur le pluralisme démocratique et la liberté d'expression en Turquie, candidate à l'adhésion à l'UE", prévient-elle.

Saluant les efforts du gouvernement pour réformer la Constitution du pays conformément aux accords sur l'adoption des acquis européens, l'UE estime que l'interdiction du Parti de la vertu souligne la nécessité pour Ankara de "faire avancer les réformes politiques" entreprises.

La Cour constitutionnelle turque a décidé d'interdire pour "activités anti-laïques" le parti d'opposition islamiste, troisième force politique du pays, et de démettre de leur mandat deux de ses 102 députés sur 550. (AFP, 25 juin 2001)

L'interdiction du FP au Conseil d'association UE-Turquie

Le commissaire européen pour l'Elargissement, Guenter Verheugen, a exprimé mardi la préoccupation de la Commission européenne après l'interdiction par les autorités d'Ankara du parti islamiste de la vertu, Fazilet.

Cette mesure pose des questions concernant le respect du pluralisme politique et la liberté d'expression en Turquie, a déclaré à la presse Guenter Verheugen, qui s'exprimait à l'issue du conseil d'association Union européenne - Turquie, réuni à Luxembourg.

La Turquie était représentée par son ministre des Affaires étrangères, Ismaïl Cem.

Les conseils d'association donnent l'occasion de faire le point sur les relations bilatérales entre l'UE et les pays candidats à l'UE.

La Commission européenne observera de près les amendements constitutionnels en préparation en Turquie pour vérifier qu'ils sont conformes aux "critères de Copenhague", prévoyant que tout pays candidat à l'Union doit respecter les principes démocratiques fondamentaux, a ajouté Guenter Verheugen.

La Turquie est candidate à l'UE, mais n'a pas engagé les négociations d'adhésion avec Bruxelles.

La ministre suédoise des Affaires étrangères, Anna Lindh, dont le pays assure la présidence de l'UE jusqu'à fin juin, a précisé que d'autres sujets liés aux droits de l'Homme avaient été évoqués lors du conseil d'association, comme celui de la torture ou des grèves de la faim dans les prisons.

Faisant un parallèle avec les "néo-nazis" dans les pays occidentaux, Ismaïl Cem a déclaré que son gouvernement considérait comme une "menace" ceux qui "exploitent les sentiments religieux pour changer le régime démocratique".

Le ministre a exprimé l'espoir toutefois que le parlement turc adopterait "assez rapidement" des amendements constitutionnels "pour restreindre encore davantage les interdictions de partis politiques".

A propos de Chypre, Guenter Verheugen a appelé de nouveau les Chypriotes turcs à reprendre les discussions sous l'égide des Nations unies.

Il a souhaité une solution politique au problème de Chypre avant les premières adhésions des pays candidats à l'UE. (AFP, 26 juin 2001)

Strasbourg condamne l'interdiction du FP en Turquie

L'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe a condamné jeudi à Strasbourg l'interdiction du Parti de la Vertu (islamiste), principal parti d'opposition du pays, dans une résolution adoptée à la majorité.

La décision de la Cour constitutionnelle turque d'interdire ce parti est "contraire aux principes de la démocratie pluraliste", ont jugé les parlementaires européens dans un amendement qui a obtenu le consensus des cinq groupes politiques de l'Assemblée.

Cette interdiction est aussi "de nature à contribuer à l'instabilité politique au moment où la Turquie entreprend d'importantes réformes", selon les parlementaires.

Dans sa résolution, l'Assemblée juge que la Turquie, "pays démocratique", a progressé dans le respect de beaucoup de ses obligations en tant que membre du Conseil de l'Europe.

Mais des "progrès" restent à faire en ce qui concerne la réforme des prisons, l'abolition de la peine de mort, la liberté d'association, le délit d'opinion et l'exécution des arrêts de la Cour européenne des droits de l'homme, notamment dans l'affaire Loizidou, estime-t-elle.

L'Assemblée a décidé de maintenir sa "procédure de suivi" (monitoring) dans ce pays en rejetant un amendement de la délégation turque qui souhaitait mettre fin à ce système de "surveillance démocratique" mis en place dans les pays jugés les plus fragiles. (AFP, 28 juin 2001)

Démission "prévisible" du ministre de "privatisations"

La démission jeudi du ministre turc chargé des privatisations, Yuksel Yalova, critiquant le programme d'austérité signé avec le FMI, est interprétée par les analystes économiques comme un aléa politique prévisible, plus utile que dommageable pour le pays.

Les déclarations de M. Yalova avaient brièvement affecté les marchés, la bourse d'Istanbul perdant plus de 5% en première séance jeudi matin, mais l'indice a terminé en légère hausse à la fin de la journée, et vendredi la première séance marquait une reprise de 3,6%.

M. Yalova résistait à soumettre au Parlement pour des considérations politiques un projet de loi prévoyant la libéralisation du secteur du tabac en Turquie, dont il avait la charge.

"Que ceux qui ont signé les engagements se chargent de soumettre ce projet au Parlement. La question du tabac est délicate, il ne faut pas précipiter les choses", avait-il dit, évoquant le ministre de l'Economie Kemal Dervis qui a décroché le soutien du Fonds Monétaire International et réclame des réformes rapides.

Ce n'est sans doute pas un hasard si cette démission est intervenue très rapidement, à quelques heures de l'arrivée à Ankara d'une mission du FMI devant évaluer les efforts du gouvernement à surmonter les causes structurelles de la crise, pour débloquer une nouvelle tranche de crédit.

"Cette démission n'est pas néfaste, au contraire: c'est un signe positif pour le futur", a déclaré à l'AFP Tevfik Eraslan, directeur pour les marchés de capitaux à la Kentbank.

"Désormais, les ministres devront tenir leur langue et le gouvernement parlera d'une seule voix, ce qui est indispensable pour instaurer la confiance", a affirmé M. Eraslan.

La réticence de M. Yalova, élu de la région d'Aydin (ouest), grosse productrice de tabac, n'est pas sans précédent: lundi, le gouvernement avait difficilement adopté des prix de soutien au blé jugés insuffisants par le ministre de l'Agriculture Husnu Yusuf Gokalp. L'agriculture emploie 45% de la population active de Turquie.

"Voilà qui révèle une nouvelle fois la résistance du pouvoir politique au changement", explique à l'AFP Ahmet Insel, professeur de sociologie à l'Université de Galatasaray.

"Le fond de l'affaire, c'est l'absence totale de confiance vis-à-vis du gouvernement quant à sa volonté de réformes", estime-t-il.

Le départ de M. Yalova n'est pas vécu par les milieux économiques comme une crise, mais plutôt comme un rebondissement sain à une situation toujours instable.

"S'il n'avait pas démissionné, il est certain que son maintien aurait nui au programme économique et aurait pu assécher les aides financières étrangères, car son attitude allait à l'encontre du contenu de la lettre d'intention (d'Ankara au FMI)", analyse pour l'AFP Abdurrahmane Arriman, secrétaire général de l'Association des Investisseurs Etrangers (YASED).

M. Arriman n'exclut d'ailleurs pas d'autres "réticences" similaires à l'application du programme d'austérité, et estime "probable" la nécessité d'un remaniement ministériel.

"De telles crises se répèteront tant qu'il n'y aura pas de changement politique dans le gouvernement", car "ce sont les hommes par qui la crise est arrivée qui sont en charge d'appliquer les réformes", prédit également un analyste étranger, qui n'a pas voulu être identifié.

Depuis l'explosion de la crise, fin février, le Premier Ministre Bulent Ecevit qui dirige une coalition tripartite, s'est refusé à entendre les appels à la démission ou à un remaniement ministériel lancés par les organisations socio-professionnelles.

Pour ce banquier européen, le gouvernement sera encore forcé de prendre des décisions "impopulaire", comme sur la revalorisation des salaires de la fonction publique, au cours du mois de juin.

Désormais, les acteurs économiques le sanctionneront au moindre faux-pas, prévoit le professeur Insel. (AFP, 1er juin 2001)

Le ministre de l'Intérieur forcé à démissionner

Le ministre considéré comme le champion de la lutte anti-corruption en Turquie, Sadettin Tantan, a démissionné mercredi après avoir été rétrogradé du portefeuille de l'Intérieur à celui des Douanes, ses enquêtes ayant plongé son propre parti dans l'embarras.

Cette démission soulève des interrogations sur l'avenir de la lutte qu'il avait engagée depuis deux ans contre la corruption, l'un des fléaux de la Turquie, qui s'est engagée à remettre son économie en ordre au terme d'un programme d'austérité  conclu avec le Fonds monétaire international (FMI) suite à une grave crise en février.

"Je démissionne car j'estime que la pratique dont j'ai fait l'objet est incompatible avec mes principes et mon approche de la politique", a dit le très populaire homme politique dans une déclaration écrite.

Il s'est dit "déterminé" à continuer à lutter contre "toute forme d'injustice", remerciant l'opinion publique pour son "grand soutien" à son travail.

M. Tantan, 60 ans, a également quitté son parti de la mère-patrie (ANAP, centre-droit), troisième partenaire de la coalition du Premier ministre Bulent Ecevit.

Il était entré en désaccord avec le chef de l'ANAP, Mesut Yilmaz, sur des enquêtes anti-corruption sans précédent qui ont provoqué en avril la démission du ministre de l'Energie Cumhur Ersumer, membre de leur parti.

Nigar Goksel, de la Fondation Turque des Etudes Economiques et Sociales (TESEV), a salué le soutien "important" donné par M. Tantan à une recherche effectuée récemment par son organisation sur la corruption en Turquie.

Ce fléau est perçu par la population comme le troisième problème le plus important du pays, après l'inflation et la cherté de la vie, puis le chômage.  "La Turquie traverse une sérieuse crise économique et politique. M. Tantan était perçu comme le Monsieur propre par la population et peu importe en fin de compte s'il l'est vraiment ou pas", a déclaré à l'AFP un analyste étranger sous couvert d'anonymat.

Selon lui, cette démission peut consacrer la "fin" de l'ANAP qui "donne le signal qu'il n'est pas vraiment du côté de la lutte anti-corruption" dans un pays où la confiance dans les hommes politiques est déjà au plus bas.

La démission "étale une fois de plus au grand jour la faiblesse du système des partis, sur lequel le chef a un contrôle total", renchérit un diplomate étranger.

L'opposition au parlement, le parti de la Juste Voie (DYP, centre-droit) et le parti de la Vertu (Fazilet, islamiste) ont apporté leur soutien à M. Tantan.

Pour Sinan Aygun, président de la chambre de commerce d'Ankara, la démission de M. Tantan est une "grande perte dans la campagne contre la corruption".

"Mais cette campagne va se poursuivre, peut-être un peu plus lentement, car elle figure dans le programme du gouvernement", a-t-il dit à l'AFP.

M. Yilmaz avait récemment laissé entendre qu'il pourrait limoger son ministre auquel il reprochait son indépendance vis-à-vis du parti. "C'est le peuple qui choisit les députés mais c'est moi qui choisis les ministres", avait-il déclaré, demandant aux "traîtres" de quitter le parti.

Les investigations menées par M. Tantan  --un ancien policier réputé pour son honnêteté qui s'est lancé dans la politique dans les rangs de l'ANAP en 1994-- dans les milieux mafieux et son acharnement à lutter contre la corruption ont fait de lui un héros aux yeux de l'opinion publique turque.

Son successeur, Rustu Kazim Yucelen, a assuré dans une première déclaration aux journalistes qu'il lutterait avec autant d'acharnement contre la corruption. (AFP, 6 juin 2001)

Modifications de la Constitution reportées au septembre

 Le gouvernement turc a décidé de convoquer le parlement dès la mi-septembre pour qu'il adopte une série d'amendements visant à libéraliser la constitution pour se rapprocher des normes européennes, a annoncé mardi le vice-Premier ministre Mesut Yilmaz.

"Nous avons décidé de rappeler le parlement au travail le 17 septembre", a déclaré M. Yilmaz après une réunion des dirigeants de la coalition gouvernementale tripartite, cité par l'agence Anatolie.

Le parlement est normalement en vacances du 1er juillet jusqu'en octobre.

Un groupe de travail de députés de tous les partis représentés au parlement travaillera sur les amendements pour les finaliser d'ici septembre, selon lui.

"L'important est d'adopter les amendements d'ici octobre afin qu'ils soient pris en compte dans le rapport de suivi en novembre", a-t-il ajouté, en référence au rapport de la commission européenne qui doit évaluer les progrès de la Turquie dans sa candidature à l'Union européenne.

Ce projet d'amendements, qui peut encore être modifié, prévoit l'abolition de la peine de mort sauf en cas de guerre ou pour terrorisme. Il exclut ainsi le chef du PKK Ocalan, condamné à mort en 1999, dont l'exécution a été suspendue dans l'attente d'une décision de la Cour européenne des droits de l'Homme.

Il lève l'interdiction d'utiliser "des langues interdites" dans l'expression et la diffusion de la pensée, ce qui ouvrirait la voie à l'utilisation du kurde dans les médias.

Il prévoit une augmentation du nombre des civils au Conseil national de sécurité, instance réunissant les plus hauts dirigeants civils et militaires à travers laquelle ces derniers pèsent ouvertement sur la vie politique.

Un amendement rend plus difficile la fermeture des partis politiques, en définissant une série de critères stricts.

Le premier parti d'opposition, le parti islamiste de la Vertu Fazilet, a été fermé vendredi par la Cour constitutionnelle pour "activités anti-laïques".

La constitution turque a été rédigée en 1981, sous l'influence des militaires qui avaient perpétré l'année précédente un coup d'Etat.

La Turuqie a été déclarée candidate à l'UE en 1999 mais doit améliorer son respect des droits l'Homme et de la démocratie avant d'ouvrir des négociations d'adhésion. (AFP, 26 juin 2001)

LE TERRORISME DE L'ETAT / STATE TERRORISM

58 victimes dans la résistance des prisonniers politiques

La grève de la faim des prisonniers politiques en Turquie qui protestent contre le régime carcéral répressif a fait un 26ème mort  le 29 juin. Ainsi, le nombre total des victimes de la grève de la faim s'est élevé à 58 depuis l'assaut sanglant des forces de l'ordre contre les prisons en décembre 2000.

Zehra Kulaksiz, dont l'oncle était incarcéré, est morte à Istanbul au 223ème jour de sa grève de la faim.

Il y a deux jours, le 27 juin, Aysun Kayaci, accusée d'appartenir à l'organisation de gauche TKEP/L, était décédée à l'hôpital Kartal d'Istanbul. Agée de 25 ans, elle avait été récemment hospitalisée, après un jeûne de 183 jours, soit près de six mois.

Le 16 juin, un autre prisonnier politique, Veli Gunes, 45 ans, jugé pour appartenance au DHKP/C, était mort à l'hôpital des suites d'un jeûne de 239 jours qu'il menait dans la prison de Kandira, située dans la province d'Izmit. Il était jugé depuis sept ans sous la menace de la peine de mort pour aide à cette organisation de gauche.

La grève de la faim, lancée en octobre par des détenus de gauche pour protester contre une réforme remplaçant les prisons à dortoirs par des établissements à cellules, a fait 24 autres morts depuis le 21 mars: 21 détenus et 5 de leurs proches qui suivaient le mouvement par solidarité.

S'y rajoutent les 30 prisonniers tués lors d'un assaut lancé par l'armée fin décembre contre 20 prisons afin de briser le mouvement, dont plusieurs s'étaient immolés par le feu. Deux gendarmes avaient également été tués pendant l'opération, baptisée "Retour à la vie".

Le gouvernement en avait alors profité pour transférer plus d'un millier de détenus dans les nouvelles prisons, mais la grève s'était poursuivie.

Depuis, le parlement turc a adopté 2 lois, l'une qui allège la détention en isolement des condamnés pour terrorisme, l'autre instituant un juge auquel les prisonniers peuvent avoir recours en cas d'abus. Une troisième loi, instituant des commissions de contrôle de ces conditions, est en voie d'examen.

Mais les détenus, leurs défenseurs et les organisations de défense des droits de l'Homme jugent ces modifications insuffisantes. Les détenus dénoncent l'isolement des nouyvelles cellules qui peut permettre d'éventuelles tortures.

Le Conseil de l'Europe, qui avait récemment évoqué la question lors de son assemblée parlementaire à Istanbul, n'a pu que constater l'impasse, les autorités refusant de dialoguer avec les détenus et de revenir sur le système des nouvelles prisons.

Selon l'IHD, quelque 120 prisonniers en grève de la faim sont aujourd'hui hospitalisés, une dizaine sont dans un état critique, 300 à 400 d'entre eux observent une grève de la faim "totale" ou "à mort", alors que plus de 1650 détenus observent une grève tournante, et que plusieurs de leurs proches font jeûne par solidarité.

Le premier ministre Ecevit (DSP), le chef de l'Etat-major des forces armées le général Kivrikoglu --également l'homme fort du Conseil de la Sûreté nationale (MGK)--, les vice-premiers ministres Devlet Bahçeli (MHP, néo-fasciste) et Mesut Yilmaz (ANAP, de droite) ainsi que le ministre de la Justice Hikmet Sami Türk (DSP) et le ministre de l'Intérieur Saadettin Tantan (ANAP) sont les responsables principaux de la mort des dizaines des prisonniers politiques dans ce pays au seuil de l'Union européenne.

La culpabilité politique, morale et juridique des dirigeants politico-militaires de la Turquie, dont le premier ministre Ecevit, le chef de l'Armée Kivrikoglu et le führer néo-fasciste Bahceli, s'aggrave de jour en jour. (Info-Türk, 27 juin 2001)

Des députés européens appellent à une "action urgente"

Une délégation de parlementaires européens a appelé vendredi le gouvernement turc à "une action urgente" pour faire cesser la grève de la faim des détenus qui a fait 23 morts, et à alléger le régime d'isolement dans les nouvelles prisons, à l'origine du mouvement.

Le député Vert européen Daniel Cohn-Bendit, co-président de la Commission parlementaire mixte Europe-Turquie, et un membre de la commission, Johannes Swoboda, ont rendu compte lors d'une conférence de presse à Ankara de leurs visites dans diverses prisons, dont des établissements avec des cellules destinées à remplacer les dortoirs abritant jusqu'à 80 détenus.

M. Cohn-Bendit a pressé le gouvernement turc d'avoir "de l'imagination" et de dialoguer avec les porte-parole des grévistes pour qu'ils mettent fin à un mouvement actuellement suivi par quelque 400 détenus.

Il a demandé que les nouvelles prisons prévoient un regroupement plus large des détenus, alors que les cellules actuelles abritent jusqu'à 3 personnes. "Ce n'est pas de l'isolement, mais c'est la destruction des relations humaines" de côtoyer 24 heures sur 24 pendant des années les mêmes personnes, a-t-il estimé.

"Mais nous appelons les grévistes à suspendre leur mouvement car nous estimons que la situation dans les nouvelles prisons ne justifie pas leur grève à mort", a souligné le député Vert.

"Notre critique majeure est qu'il n'y a pas assez de vie en commun et de contacts entre les prisonniers, et beaucoup trop d'isolement", a renchéri M. Swoboda.

Dans la nouvelle prison de Sincan, près d'Ankara, l'isolement d'un détenu par cellule est rare, mais celui de 2 ou 3 personnes est "beaucoup trop fréquent", a-t-il estimé.

Les activités en commun doivent être une règle, et non liée à la bonne conduite des prisonniers, ce qui est actuellement le cas, a-t-il ajouté.

Il a cependant relevé que "pas un des prisonniers que nous avons rencontrés ne souhaite un retour au vieux système" des dortoirs.

M. Cohn-Bendit a appelé à la libération des 9.000 à 10.000 prisonniers détenus au terme de la loi antiterroriste pour leurs opinion et non pour des actions terroristes, selon lui, dont la députée kurde Leyla Zana. (AFP, 8 juin 2001)

Report of European deputies on Turkish prisons

The mission of the European Parliament that visited several prisons in Turkey on an invitation by the Justice Ministry some two weeks ago published a report on their observations.

The delegation visited Bayrampasa Prison in Istanbul, Kandira F-type Prison in Izmir, Keciören Corrective Institution in Ankara and Sincan F-type Prison and prepared a 7-page report. The report concluded that the F-type prisons were much better suited for the execution of sentences than prison built on a ward system.

The delegation did not find signs of physical torture, but alleged that the only way of communication between the prisoners were small pieces of paper thrown from one cell to another.

On the individual prisons the report said:

Bayrampasa Prison: inhuman for living conditions, no private life of the prisoners, 2.270 prisoners are in a place designed for 1.300 people, in a ward for 45 people 80 people are staying, during the last five years 9 guardians were killed.

Kandira F-type Prison: 337 prisoners are here, 37 are on hunger strike, the prison is clean and has good light, the 2 rooms for three people have 25 square meters, the common spaces have not been installed, the leaders of the prisoners say that they do not want to return to the ward system, but stressed that the isolation made life unbearable.

Keciören Correction House: not such strict security measures as in the F-type prisons, 62 prisoners aged between 11 and 18 are staying in good conditions.

Sincan F-type Prison: we could not see any of the 31 prisoners on death fast, common spaces are not ready, communication between the rooms is almost impossible, 332 prisoners stay in a place designed for 368 people, the prison is clean, but the prisoners are living in isolation, there were no signs of physical torture, but psychological torture exists.

The report recommends that the prisoners are given the opportunity for meeting each other and develop social activities. At the same time it was demanded that the political prisoners are released and the pressure on NGOs is lifted. (Radikal-TIHV, June 21, 2001)

Demands of the resisting political prisoners

The representatives of the resisting political prisoners from the DHKP-C, TKP(ML), TKIP, TKP/ML, MLKP, TIKB, TDP, DY, DH, PKK/DÇS, MLSPB trials announced on June 14, 2001 the following demands in order to put an end to the Hunger Strike actions:

1) Architectural and legal reforms have to be made to the F-Type prisons. The existence of cells for one or three persons has to be abolished. The doors of the cells have to be kept open until the necessary reforms have been made. It has to be guaranteed that the prisoners and those awaiting trial can live together without any preconditions being placed upon them. The denial of living rights and isolation must end. Common living areas for the prisoners and those awaiting trial has to be created.

The common facilities for sports, social and cultural activities, which are said to have been created, have to be opened for usage without being bound to any preconditions. This has to be recognized as a right and the laws which are preventing this have to be abolished. There has to be reforms to meet the requirements for sports, social and cultural activities between the different blocks.

Legal publications (books, magazines and newspapers) have to be allowed, taking into account that even the recent law doesnıt prohibit this. The examples of the confiscation of publications, the arbitrariness of this, has to end. The obstacles placed before us regarding our rights to letters and communications has to be removed. The practice of limiting visits to 30 minutes when our visitors are traveling hundreds of kilometers and having their visit almost turned into a torture session has to end. These limits and this arbitrary behaviour has to be stop. The right to an open visit must not be put under conditions. It most be allowed and in our favour. There must not be limits to the articles of daily use like food and clothes which are brought to the prisons by our families. It has to be made possible for our families to hand over refrigerators, ovens, radios, type writers and cassette recorders which are necessary articles for daily use.

Regarding our legal problems, any arbitrary restrictions placed upon us during our talks with our lawyers has to be removed. The right of to have a ³private consultation with our legal defense² has to be respected. Lawyers most be allowed to talk to more than one client at the same time and the arbitrariness of the humiliating and degrading treatment of our legal defense must end.

The internal and external canteen requirements have to be regulated and made suitable. The practice of overpricing has to stop. The practice of ³subjecting those who are imprisoned to charges², which forces prisoners to pay for the electric, television and medicine on their own, has to end.

The right of the prisoners to be represented has to be recognized and practiced.

The sentenced prisoners and those awaiting trial have to stay in the same common areas.

Our demands and our rights have to be guaranteed by law by the state. They will be absolutely and completely applied to both the F-Type prisons and in all other prisons where political prisoners and those awaiting trial are kept, and they will be applied without making any changes. Any such changes or ³improvements² which we judge to be trying to break our thoughts have to be abandoned.

2. Article 16 of the Anti-Terror-Law has to be removed. The change to article 16 has legitimized isolation and attacks. Isolation was put into law and consolidated by tying its practice to the arbitrariness within all the prisons. Furthermore the Minister of Justice has to keep the promise he made before 19th December, to remove the double standard of the ³penalty execution² between political and social prisoners by making the necessary reforms to article 17 and to article 5 of the Anti-Terror-Law which is connected to it.

3. The tripartite protocol has to be cancelled. This protocol has robbed us of our right to defense. It has abolished the confidentiality regarding the trial documents between the lawyer and their client. It has to be cancelled as a whole because it not only attacks our right to defense but it is also the basis for the attacks and massacres on the prisoners. It also contains articles which are an attack upon our families and doctors.

4. The ³Observatory Committees² have to be represented not by those persons who represent those who apply isolation and repression; but by those who represent institutions like the Bar Associations, the Medical Association of Turkey (TAB), Human Right Association (IHD), Union of the Chambers of Engineers and Architects of Turkey (TMMOB) and the various association representing the families of prisoners like TAYAD, TÜYAB and Tüm Yargi-Sen. The prisons have to be opened for regular inspections by the independent Observatory Committees and the necessary recommendations that are in their reports have to be implemented immediately.

5. In relation to the abolition of anti-democratic institutions and laws such as the DGMıs (State Security Courts) and the Anti-Terror-Law, which is not only demanded by us political prisoners but also by all democratic forces, the political prisoners and democratic forces and public opinion have to be given a guarantee regarding this.

6. The punishment of the prisoners who received severe mental and physically damage during both the hungerstrike-death fast resistance in 1996 and todayıs death fast resistance and during the operations carried out in the prisons, and those who for whom thereıs no possibility of medical treatment in the prisons and who are very ill, has to be cancelled with the compliance of the Prosecutor of the Republic. This has to be done without there being an examination by the forensic medics whose arbitrary and subjective diagnosis has made receiving medical treatment impossible.

7. The massacres in the prisons, beginning from the operation of 19th December 2000, and including those in Buca, Ümraniye, Diyarbakir, Ulucanlar and Burdur, have to be investigated by commissions consisting of independent institutions of independent democratic mass organisations and professional chambers and also the Parliamentary Human Rights Commission. There must be guarantees that there will not be any restrictions regarding their reports and they have to be made public and those who are identified as being responsible have to be taken before the courts and punished. Our demands are fully just, legitimate, democratic and humane. Against all of the lies, demagogues and distortions our demands are not unacceptable. In order to fulfill our demands, and to negotiate and to find a solution, there must be unconditional negotiations with representatives who are chosen by the prisoners by their own free will.

IHD Report on Displaced Persons in Kurdistan

A joint press statement issued by the Human Rights Association (HID), the Turkish Human Rights Foundation (TIHV), the Displaced Persons Cultural and Social Aid Association (Goc-Der) and several other NGOs and political parties including the Peoples Democracy Party (HADEP) following a meeting in Van with people who had been forcibly displaced and a tour of three forcibly evacuated villages from the Gevas, Bitlis and Tatvan districts notes the following conclusions:

The forcible evacuation of villages in Turkey's Southeast began in the early 1990s and continued up until 1999. This resulted in close to 3 million people from around 3,700 settlements being forced to abandon without their will or consent their homes. The report notes that after the 16 year conflict [with the PKK] many settlements had been razed to the ground, it had been forbidden to go onto the plains and thousands of hectares of forestry had been burned down. All infrastructure - roads, electricity, water - in these regions had been destroyed. The ban on using the plains meant the death of animal raising. The evacuated houses were both taken over and razed to the ground by the village guards.

The report draws attention to the threats and obstacles faced by people wishing to return to their villages such as minefields and the attitudes of the security forces in general. It notes that the forms those wishing to return have to fill in contain an article stating they were forced out by terrorists and they are pressurized into ticking this box. They are also asked to pledge not to demand any compensation from the state. This, states the report, is a violation of their constitutional rights.

Among the recommendations listed by the report are that all returns to villages should be entirely voluntary as should the villagers choice of location. It calls for compensation to be made in lieu of loss to property and material wealth caused by being forced to migrate and for the taking of measures to ensure that the rights to food, shelter, work, health and education are ensured. Material and technical support for those returning to the villages should be provided. It states the aid programs set up by provincial and district governors' offices are hopelessly inadequate and should be improved to really meet all needs. It calls for all the necessary equipments and incentives to be provided so that bee-keeping, animal raising and tobacco farming can be reestablished. It calls for an end to the village guards system. It says the state should work with NGOs to form an atmosphere of trust and provide employment opportunities. It notes that the security forces regard not only those wishing to return but also institutions working for a solution with suspicion.

Finally, the statement notes that the delegation was placed under continuous police and Gendarmerie surveillance, that they were subject to excessive searches, that their tour notes were seized and that they were mistreated. The villages they visited had been subject to raids by the security forces both before and after the visits. Requests by HADEP, TMMOB and Goc-Der to speak with the Van Governor's Office were all turned down. They said they would keep the matter in the public eye until it had been totally resolved. (Turkish Daily News, June 1, 2001)

La Turquie condamnée à indemniser 20 villageois

La Cour européenne des droits de l'Homme a condamné mardi à Strasbourg la Turquie à verser des indemnités complémentaires allant jusqu'à près de 30.000 dollars à vingt familles turques dont les terres ont été noyées par les eaux d'un barrage hydro-électrique.

Les requérants se plaignaient devant la Cour européenne des retards dans le paiement des indemnités qui leur étaient dues à la suite de leur expropriation, en raison de la construction du barrage d'Altinkaya dans la vallée de Kizilirmak.

Ils affirmaient en outre que les sommes qu'ils avaient reçues ne tenaient pas compte de l'inflation galopante en vigueur en Turquie, estimée à 70 % par an, entre la date où les montants avaient été fixés et la date à laquelle ils avaient été effectivement versés.

La Cour européenne a jugé à l'unanimité que la Turquie avait violé le droit à la protection de la propriété des requérants et leur a attribué à chacun des sommes comprises entre 2.000 et 30.000 dollars américains pour réparer les dommages matériels et moraux subis, ainsi que 300 dollars à chacun pour les frais et dépens.

Ces villageois, expropriés en 1987, possédaient pour la plupart des rizières sur l'emplacement actuel du lac de retenue d'eaux du barrage. (AFP, 5 juin 2001)

Foreign Ministry puts reservation on Mazlum-Der

While the European Union (EU) expects the Turkish government to take steps to  encourage civic society organizations, the Turkish Foreign Ministry made a surprising  attempt to prevent a meeting taking place between EU diplomats and the pro-Islamic  human rights asociation Mazlum-Der.

Regarding a visit to be made by the number two officials of the EU embassies in  Ankara to Erzurum, Kars and Trabzon, the Foreign Ministry's EU department "advised" the diplomats not to meet with the representatives of Mazlum-Der, as had  been planned to take place in Trabzon.

Signed by Akin Alptuna of the EU Department of the Foreign Ministry, a message  was sent to the Interior Ministry and the governors and mayors of Trabzon, Erzurum  and Kars, informing the authorities that in two successive messages, the diplomats  were asked not to meet Mazlum-Der representatives in Trabzon.

"Despite our requests to the diplomats not to meet with Mazlum-Der, in the second  corrected version of their program they informed us that they would meet with  representatives of certain non-governmental organizations (NGOs), without giving any  hint of who. The diplomats declared that all responsibility would be on themselves, if a  meeting were to take place in spite of our statements," said Alptuna in the message.

 The Foreign Ministry wrote two messages, dated May 10 and May 21, to the related  institutions, revealing its reservations to a meeting between MAzlum-Der and the  diplomats.

Later on Mazlum-Der officials in Trabzon, with representatives from other  non-governmental organizations, met with the EU diplomats in the office of the Human  Rights Association (IHD) in Trabzon.

"However, we heard that two policemen awaited us in our office in Trabzon in case of  an unexpected visit, when the meeting was taking place," said Yilmaz Ensaroglu, the  head of Mazlum-Der, in remarks to the Turkish Daily News on Wednesday.

On Wednesday, Mazlum-Der wrote a letter to the Foreign Ministry and questioned the  reason behind such a reservation, the Mazlum-Der chairman told the TDN.

On the other hand, Ensaroglu, who participated at a meeting between the Prime  Minister's Secretary-General on EU Affairs Volkan Vural and the NGOs which took  place on June 4, complained at the meeting about the reservations.

"Vural listened and stated that he would take note of this," the head of the Turkish  Human Rights Foundation, Yavuz Onen told the TDN when speaking about the  meeting of the civic groups with Vural.

Another interesting point related with the matter was the claim that the Foreign  Ministry had made no reservations for meetings with the IHD. Onen, rejecting these  claims said that the ministry website stated that it looked forward to the association.

Another visit paid by the members of the European Parliament (MEPs) to F-Type  prisons showed the advantage of a transparent approach toward foreign official visits  to certain anti-government bodies in the country.

The MEP's, who met with so-called leaders of terrorist bodies, who are being kept in  F-Type prisons, had defined Sadi Ozpolat, a leading member of the terrorist group  DHKP-C as someone who still lives in the stone age, after meeting with him and  listening to his "points of view" at the Kandira F-Type prison. (Turkish Daily News, June 14, 2001)

La Turquie crée des commissions de surveillance des prisons

Le parlement turc a voté jeudi une loi instaurant des commissions chargées de relever les infractions et de surveiller les conditions de détention dans les prisons turques, théâtres depuis plusieurs mois d'une grève de la faim qui a fait 23 morts.

Cette loi est la troisième mesure d'un programme destiné à réformer le système pénitentiaire turc. Les deux autres ont levé l'interdiction pour les prisonniers condamnés pour terrorisme de côtoyer les autres détenus lors des récréations, et ont mis en place des magistrats spécialisés pour traiter les plaintes des détenus et de leurs familles sur les infractions des autorités pénitentiaires.

Mais ces réformes n'ont pas satisfait les détenus, dont 400 continuent une grève de la faim entamée en octobre et qui a déjà fait 23 morts (18 prisonniers, 4 proches de détenus et un ancien détenu). Les grévistes protestent contre une réforme remplaçant les prisons à dortoirs par des établissements à cellules abritant un ou trois détenus, ce qui selon eux, favorise l'isolement et les mauvais traitements.

Le ministre turc de la Justice Hikmet Sami Turk a déclaré qu'avec cette dernière loi votée jeudi, le système pénitentiaire turc correspondait aux critères modernes. "Ces trois mesures mettront un terme aux craintes de torture et de mauvais traitements", a-t-il déclaré. Il a aussi appelé les grévistes de la faim à "arrêter immédiatement ce drame humain."

Les commissions de surveillance devraient comprendre entre cinq et sept membres, qui feront des visites régulières dans les prisons et transmettront leurs observations au ministère de la Justice.

Leurs rapports ne seront pas rendus publics sans une autorisation préalable des autorités.

Les membres seront élus par les autorités judiciaires locales parmi une liste de personnes diplômées en sciences politiques et sociales ou en médecine, à la moralité jugée exemplaire et n'appartenant à aucun parti politique. (AFP, 14 juin 2001)

Manifestation pour soutenir les grévistes de la faim

Une quarantaine de personnes revêtues de linceuls blancs se sont étendues samedi sur la place centrale de Strasbourg (est), simulant des rangées de cadavres, pour manifester leur "solidarité avec les prisonniers politiques en Turquie", a constaté l'AFP.

Les manifestants soutiennent le mouvement de grève de la faim des prisonniers en Turquie qui en est à son 240e jour et demandent l'arrêt de l'isolement carcéral des prisonniers politiques, la reprise des pourparlers avec leurs représentants et l'arrêt des hospitalisations et des interventions médicales forcées.

A l'appel du Comité de solidarité avec les prisonniers politique en Turquie (DETUDAK), ils entendaient ainsi protester contre la mise en service des nouvelles prisons de type F où les détenus sont isolés dans des cellules, et non plus regroupés dans des dortoirs comme les prisons anciennes.

Quatre cents détenus continuent une grève de la faim entamée en octobre et qui a déjà fait 23 morts (18 prisonniers, 4 proches de détenus et un ancien détenu). (AFP, 16 juin 2001)

25 manifestants contre les prisons modernes interpellés

Vingt-cinq familiers et proches de détenus politiques d'extrême gauche, protestant contre les nouvelles prisons à cellules "de type F" sur la place Taksim d'Istanbul, ont été interpellés dimanche par la police, rapporte l'agence Anatolie.

Les manifestants s'étaient rassemblés dans le centre européen d'Istanbul pour protester contre l'isolement carcéral dans lequel sont maintenus les prisonniers de 3 récentes prisons à cellules, mais n'ont pu lire leur communiqué et ont été emmenées par les policiers, dit Anatolie.

Les chaînes de télévisions d'information ont indiqué que les manifestants étaient pour la plupart membres de la branche locale de l'Association turque des Droits de l'Homme (IHD), et ont montré des images où l'ont voit des journalistes et caméramen sévèrement molestés par la police.

Selon la presse, une quatrième prison de type F ouvrira ses portes à Bursa (ouest), dans les semaines à venir. (AFP, 24 juin 2001)

Une trentaine de grévistes de la faim libérés pour six mois

Les autorités turques ont libéré pour une durée de six mois une trentaine de détenus grévistes de la faim qui protestent contre une réforme des prisons en raison de l'aggravation de leur état sanitaire, ont rapporté vendredi les médias turcs.

Dans un premier temps, 28 détenus, incarcérés pour "terrorisme" et qui observent un jeûne depuis 210 jours, ont été relâchés dans la nuit de jeudi à vendredi de la prison de Kandira (nord-ouest) et ont été remis à leurs familles, selon l'agence Anatolie.

Six autres détenus devaient par ailleurs être libérés de ce même établissement, ajoute l'agence.

Cette remise en liberté provisoire, qui existe dans une disposition de la loi, est intervenu après une dégradation de la santé de ces prisonniers, a souligné la chaîne d'information NTV. (AFP, 29 juin 2001)

L'état d'urgence reconduit dans quatre provinces kurdes

Le parlement turc a reconduit vendredi l'état d'urgence en vigueur depuis 14 ans dans quatre provinces de l'est et du sud-est à majorité kurde, a constaté l'AFP.

Ces provinces sont Tunceli (est), Diyarbakir (sud-est), Hakkari (extrême sud-est) et Sirnak (sud-est), théâtre pendant 15 ans de la rébellion du PKK. La mesure s'applique pour quatre mois à partir du 30 juillet.

Le parlement se prononce tous les quatre mois sur le maintien de ce régime d'exception.

Sa levée fait partie des mesures politiques réclamées à "moyen terme" à la Turquie par l'Union européenne si elle veut ouvrir des négociations d'adhésion.

Le gouvernement turc s'est engagé à le lever, mais sans donner de date.

Le PKK a mis fin officiellement en septembre 1999 à sa rébellion armée, lancée en 1984 pour la création d'un Etat kurde indépendant dans le sud-est, à la demande de son chef Abdullah Ocalan, condamné à mort en juin 1999 pour trahison et séparatisme.

Depuis, les combats ont quasiment cessé dans la région.

Mais l'armée turque s'est déclarée déterminée à pourchasser jusqu'au bout les rebelles à moins qu'ils ne se rendent et poursuit des opérations dans le nord de l'Irak, sous contrôle de deux factions kurdes irakiennes, où la plupart des combattants du PKK se sont repliés. (AFP, 29 juin 2001)

HUMAN RIGHTS VIOLATIONS IN BRIEF

HADEP officials on trial

A court case was launched against the organizers of the Newroz celebrations in Van on 21 March. Hasan Güven, deputy chairman of the Peopleıs Democracy Party (HADEP) in Van province and the board members Rifat Kaya, Sefiyete Çetin, Muhbet Kaval, Delila Aslan, Ali Kalçik and Battal Basut will be charged under Article 312 with "inciting the people to enmity". The first hearing was conducted at Van Penal Court No. 2 on 1 June and adjourned to 19 June. (3 June, Evrensel-TIHV, June 3, 2001)

Warning for the Communist Party

The Constitutional Court has warned the Communist Party (KP) to delete the word "communist" in its name within 6 months. The warning was issued in the Official Gazette of 1 June and it was claimed that word "communist" was not allowed according to the Law on Political Parties. (Milliyet-TIHV, June 2, 2001)

Detention of a political exiled

Hüseyin Basidik, a leader of the Patriotic Revolutionary Youth Association (YDGD) who had been living in France since the coup dıetat of 12 September 1980 was detained on 28 May, when he returned to Turkey. His lawyer Haydar Ikizer stated that he had been detained at Antep Airport on the grounds of "membership of an illegal organization", although the period of limitation had elapsed. (TIHV, June 2, 2001)

Trial of Hasan Celal Güzel

The former chairman of the Rebirth Party (YDP), Hasan Celal Güzel, appeared at Ankara Criminal Court No. 6 on 4 June. He is being tried with "insulting the judiciary" in a speech he made on 10 May 2000, the day when he was released from prison. He has to expect a sentence of 1 to 6 yearsı imprisonment, if convicted. The hearing was adjourned to a later date. (Akit-TIHV, June 4, 2001)

Detentions and Arrests

Türkan Maden, who had been sentenced to 45 monthsı imprisonment for supporting the "Revolutionary Peopleıs Liberation Party/Front (DHKP/C) was detained in Izmir and later arrested by Izmir SSC. Again in Izmir Firat Simsek (22), Kazim Tug (21), Aysegül Özdemir (23), T.Ö.E. (19), S.T. (19), H.A. (19), E.A. and I.D. (18) were detained as alleged members of the Workers and Peasantsı Liberation Army of Turkey (TIKKO). (Evrensel-Cumhuriyet-TIHV, June 4, 2001)

Human Rights Defenders on Trial

A court case was opened against speakers on the "Congress against Sexual Assault and Rape in Custody" that was held in Istanbul on 10 and 11 June 2000. Lawyer Fatma Karakas, Womenıs Union representative Nahide Kiliç, journalist Zeynep Ovayolu, Fatma Kara and the torture victim Kamile Çigci will be charged under Article 312 TPC and Article 8 of the Anti-Terror Law in a trial that will begin on 28 June. Reportedly the charges are based on using the word "Kurdish women". Meanwhile the court case against the organizers and speakers at the congress charged with "insulting the army" will continue at Beyoglu Criminal Court No. 1 on 21 June. (Evrensel-TIHV, June 6, 2001)

Detention of TIKKO members

In Izmir 3 of the 8 people detained as alleged members of the Workers and Peasantsı Liberation Army of Turkey (TIKKO) were arrested by Izmir SSC. The names are: Firat Simsek (22), Kazim Tug (21) and I.D. (18). Aysegül Özdemir (23), T.Ö.E. (19), S.T. (19), H.A. (19) and E.A. were released to be tried without pre-trial detention. (Evrensel-TIHV, June 6, 2001)

Death Penalty Demanded

On 5 June Erzurum SSC continued to hear the case of Burhan Bayram, accused of leadership of the "Revolution Party of Turkey" (TDP). The prosecution has demanded death penalty and Bayram applied to benfit from the so-called Repentance Law. (Milliyet-TIHV, June 6, 2001)

Detentions and Arrests of human rights activists

During the night of 5 to 6 June 22 people were detained during house raids in Ankara, including members of the prison commission of the Ankara branch of the Human Rights Association (HRA). During a raid on the journal Atilim, Aysegül Yüksel and Hüseyin Ögretmen were detained. The name of the other detainees are: Alihan Alhan, Mustafa Bulut, Arif Dönmez, Murat Öner, Izet Atik, Aslihan Han, Umut Yildirim, Mahir Kalkan, Erol Dogan, Sirin Gürkan, Senol Gürkan, Celal Yesilyurt, Onur Yaver, Sami Bozkurt, Ebru Dede, Ekrem Erdin, Yilmaz Güden, Onur Gürbudak, Emre Baykan, Beyza Konukcan and two persons by the name of Zeynep and Taylan. (Evrensel-TIHV, June 7, 2001)

Trade union actions

The Confederation of Trade Unions in the Public Sector (KESK) organized protest against the draft law on trade unions in the public sector in various towns. In Mersin the police did not allow the protesters to march. When the crowd made a second attempt, after having staged a sit-in of about 2 hours the police used truncheons. During the event 14 people were injured including 6 police officers. The police detained 25 people including Ferbag Firat, spokesperson of KESK, Yilmaz Bozkurt, chairperson of the trade union of staff in the health sector and Ayse Eren, chairwoman of the teachersı union Egitim-Sen. In Ankara protesters were attacked with gas bombs when they wanted to march towards Kizilay Square. A total of 8 people were injured in this event including the Egitim-Sen representatives Ömer Buzludag and Ibrahim Mamak. (Akit-Evrensel-TIHV, June 8, 2001)

Physicians under Investigation

In Urfa the Director for Health Affairs, Dr. Faruk Aslan wrote to Urfa Governor Muzaffer Dilek asking for an investigation against the physicians  of Urfa State Hospital, Ekrem Uysal, Abdurrahman Baltaci and Cafer Siyahhan, who on 16 January had participated in a protest action of the Turkish Medical Association (TTB) under the headline "I am writing my prescription with a red pen". Dr. Aslan alleged that a banner had been found asking for better health conditions and wages and that the physicians had violated their duties because the prescriptions written in red color had not been accepted by the pharmacies. (Cumhuriyet- TIHV, June 8, 2001)

A new court action for May Day celebrations

A court case was opened against Deniz Taçyildiz, Gökhan Gündogan, Gökhan Yilmaz, Erdal Taman, Nazim Solgun, Ali Yildiz and Abbas Tugrul, members of the Labor Party (EMEP) because they did not put up the posters for the 1st of May celebrations in the places of Tunceli which had been allocated for it. Tunceli Penal Court will hear the case. (Evrensel-TIHV, June 8, 2001)

Attacks and Clashes in the Southeast

The Governor for the region under a state of emergency announced that 5 PKK militants, three of Syrian offspring were "caught dead" in the rural areas of Hakkari province. The daily Özgür Politika, published in Europe, alleged that PKK militant Felat Demir (22) who was killed during a clash on the rural area of Sancak town in Bingöl province on 6 June, had actually been detained wounded and then killed. He was buried in Diyarbakir. (Cumhuriyet-TIHV, June 8, 2001)

Torture allegations from Elazig

The juveniles Bülent Kara, Serdar Boyraz, Vahap Kaya and Murat Bozkas, who had been detained during a so-called "Order Operation", tried to set themselves on fire on 7 June in protest at ill treatment during their detention. Their attempt in front of the housing estate of judicial staff was prevented by police officers, who detained them again. (Cumhuriyet-TIHV, June 9, 2001)

Pressure in Prisons

Gönül Özdemir, Leyla Çaliskan and Zuhal Akinci reportedly were beaten when they were taken to court from Manisa E-type Prison. The prisoners, who have been convicted for membership of the Revolutionary Communist Party of Turkey (TDKP), filed an official complained via their lawyer Hasan Hüseyin Evin. The same prisoners also received a ban of visits for one month, because they objected to have their shoes being inspected and shouted slogans. Meanwhile the situation of Kazim Keles, Bülent Tunç and Sadri Kiliç on hunger strike in Elbistan E-type Prison reportedly worsened. An official complaint filed by Kazim Keles on the grounds that he was ill-treated during the 19 December operations ended in a decision of non-prosecution. (Evrensel-TIHV, June 9, 2001)

Teachers Dismissed

Ayten Akogul, Canan Yildirim and Habibe Kilinç, teachers at the primary school "100. Yil" in Mus, were dismissed on the grounds that they had worn headscarves during the lessons. It was reported that the High Disciplinary Council of the Ministry for National Education for the first time had used Article 125/e of Law No. 657 providing for "dismissals of civil servants. (Yeni Safak-TIHV, June 10, 2001)

Civil Servants Punished

The Judicial Commission of Courts in Ankara concluded its disciplinary investigation against six civil servants working in Ankara including the President of the trade union of staff working in the judiciary, Tekin Yildiz, who had been transferred to Nevsehir. The final report on him and Figen Öner, Kamuran Emir, Erol Çavus, Bekir Akkaya, Nanu Kaya and Ahmet Tandogan calls on the High Disciplinary Council of the Justice Ministry to dismiss these civil servants from duty without the right to return. The civil servants allegedly had supported illegal organization by joining actions against the F-type prisons and taken positions against the Ministry of Justice. (Evrensel-TIHV, June 9, 2001)

Mayor and Bureaucrats on Trial

The prosecutor at Diyarbakir SSC launched a case against 28 people including the mayor of Kumcati town (Sirnak), Osman Demir, and bureaucrats from the Directorate for Education in Sirnak. The defendants, four of them in pre-trial detention, are charged with "supporting the PKK". It is alleged that Osman Demir, leader of the Batuyan tribe, cut the wages of village guards and sent the money to the PKK. (Cumhuriyet-TIHV, June 10, 2001)

Detentions and Arrests

In Adana the 117 people who had been detained in connection with football contest under the headline "Peace and Brotherhood" organized by the Youth Wing of Adana Peopleıs Democracy Party (HADEP) were taken to Adana SSC and charged with "forming an alternative football league, conducting illegal sportive activity, finding supporters for an illegal organization and making propaganda". All detainees were released to be tried without pre-trial detention. Cem Kiliç (20) wanted for membership of the Revolutionary Peopleıs Liberation Party/Front (DHKP/C) was detained in Izmir, where he was doing his military service. (Cumhuriyet-TIHV, June 12, 2001)

Demonstration Prevented

In Istanbul the police detained 10 members of the Association for Aid and Solidarity with Families of Victims (MAGDER), when they wanted to send telegrams from Galatasaray Post Office (Istanbul) protesting the killing of 20 PKK militants in Yedisu (Bingöl) on 23 May. The demonstrators alleged that chemical weapons had been used during that operation. (Cumhuriyet-TIHV, June 14, 2001)

Detentions and Arrests

In connection with an attack of a shop for drinks and cigarettes in Torbali district (Izmir) on 12 June the police in Izmir detained Mehmet Yazar and Remzi Koyuncu, two alleged members of the PKK. Reportedly they confessed to have thrown the molotov cocktail into the shop because the owner had treated relatives of Remzi Koyuncu badly. In Rize 11 people, 4 of them of Iranian origin, were detained during an illegal gathering of the ''Teblig cemaati'' sect. After their interrogation at the department to fight terrorism the suspects were released and the Iranians were later deported. On 11 June a group of members of the Labor Party (EMEP), including Sinan Ceviz, member of the general board, was detained when they distributed leaflets of EMEP in Günesli region (Istanbul). Mehmet Kilincaslan, chairman of EMEP for Istanbul province, alleged that the police at the central police station in Bagcilar and the "100 Yil" Police Station tried to impose crimes on the detainees. In Ankara the HRA members Alihan Alhan, Mustafa Bulut and Arif Dönmez together with Umut Yildirim, Hüseyin Ögretmen, Erol Dogan, Sirin Gürkan, Senol Gürkan, Ekrem Erdil, Onur Gülbudak, Elvan Kelebek, Mustafa Naki Dogan, Eylem Sule Erdogan and Münevver Iltumuz, who had been detained during house raids on 5-6 June, were arrested on allegations of being members of the Marxist-Leninist Communist Party (MLKP). (Cumhuriyet-Evrensel-TIHV, June 14, 2001)

HADEP executives on Trial

Van SSC continued to hear the case of HADEP executives in Van in connection with celebrations at New Year. Observers were not even allowed to enter the garden of the building and the police beat many people including the HADEP officials Ahmet Seker, Erdal Söylemez, Diba Ergül and Alican Ünlü. Ahmet Seker was detained and the hearing was adjourned to 9 August. The defendants Ferhat Yegin, Irfan Kaval, Nezahat Ergünes, Riza Taslitepe, Azat Simsek, Tekin Topçuoglu, Remziye Umar, Memduh Dalga (all under arrest), Hasan Güven, Naci Çakirgöz, Rifat Kaya, Ali Sivip, Nezir Öcek and Ahmet Ertas are charged under Article 169 TPC. (TIHV, June 15, 2001)

HADEP Officials Arrested

Ahmet Seker, member of HADEP Council member, Ferhat Yegin, deputy Secretary General of HADEP and Ahmet Kaval, chairman of HADEP for Van province, who was detained on 14 June, were arrested on 15 June on charges of having staged an illegal demonstration. In Istanbul some 100 members of the youth wing of HADEP wanted to protest against the detentions in Van on 15 June. The police intervened and detained 10 people. During house raids in Batman on 16 June Ahmet Candemir (board member of HADEP, Hamdullah Yildiz, chairman of TUHAY-DER, Mehmet Kaya (HRA) and the HADEP members Hasan Öner and M. Salih Ekinci were among many people detained. In Sirnak the HADEP official Mehmet Yumak was detained in 17 June. (16-18 June, Evrensel-TIHV, June 16-18, 2001)

Physicians on Trial

The trial against Bülent Aslanhan, SG of Bursa Medical Association, Hamdi Ugur, Sule Akköse and Arif Ismet Adanur on charges of "having supported the death fast action" continued at Bursa Penal Court No. 2 on 18 June. The defendants stated that they had done nothing wrong and treated the prisoners like any other patient. The defense stated that two different protocols had been taken and in the first one signed by the prison director, the prosecutor and other officials no accusation had been brought against the defendants. The Prison Director Cihan Sahkarakoc, who was heard as witness, however testified, that Arif Ismet Adanur had said to the prisoners "we are supporting you, we understand your problems". A discussion between the witness and the presiding judge arose on the point of two different protocols when the witness used the word "terrorist" and the judge objected by saying that the law did not speak of "terrorists" when talking about prisoners. The hearing was adjourned to 4 July to listen to further witnesses. The defendants are expecting prison sentences of 2 to 6 months under Article 526/1 TPC for "ignoring orders of officials". (TIHV, June 19, 2001)

Board members on Trial

Several board members of associations in Merzifon (Amasya) who held a press conference against the ban of the daily "Evrensel" on 13 October 2000 were put on trial for having violated the "Law on Associations". Their names are: Mehmet Saydam, representative of the teachers' union Egitim-Sen, Cengiz Dogmus, chairman of the Aid and Solidarity Association "Piri Baba", Bayram Bal, chairman of the Aid and Solidarity Association of Retired People, Nurdane Oguz, representative of SES, Ahmet Turhan Saltik, chairman of the Haci Bektas Veli Anatolian Culture Foundation and Fikret Yigit. (Evrensel-TIHV, June 16, 2001)

Students on Trial

The case against the students Meriç Solmaz, Irfan Kaplan, Özlem Cihan, Ünal Arslan and Mehmet Yüksel, who on 19 December 2000 had occupied the offices of the Democratic Left Party (DSP) in Beyoglu (Istanbul) in support of the death fasts, continued at Istanbul SSC on 15 June. The demand for release of the students was rejected and the hearing was adjourned to a later date. (Akit-TIHV, June 16, 2001)

Detentions and Arrests

Mehmet Sirin Yavuz, Ilyas Yavuz, Muhammet Yavuz, Asri Yavuz, Ekrem Taskin, Ahmet Cihan, Serkan Demirler, Nusret Tas, Mithat Salgut, Ismail Soyluvural, Mehmet Özkizil, Nevzat Özmen and Zeynel Abidin Zekeriya, who had been detained in Konya for alleged membership of the radical Islam organization Hezbollah, were arrested on 16 June. Ziyaettin Kara was released. HADEP Officials Arrested... Ahmet Seker, member of the parliament of the People's Democracy Party (HADEP), Ferhat Yegin, deputy Secretary General of HADEP and Ahmet Kaval, chairman of HADEP for Van province, all of whom were detained on 14 June, were arrested on 15 June on charges of having staged an illegal demonstration. In Istanbul some 100 members of the youth wing of HADEP wanted to protest against the detentions in Van on 15 June. The police intervened and detained 10 people. (Cumhuriyet-TIHV, June 16-17, 2001)

Human Rights Defenders Detained

A delegation set up by the Research Center of the Mediterranean and the Human Rights Association (HRA) was detained in Silopi. The 20 people of the delegation including several foreigners are in the region to research the "disappearance" of Serdar Tanis and Ebubekir Deniz, the situation of women, who have been subjected to sexual assault in custody and/or prison and to establish what kind of aid municipalities in France can provide for municipalities in the region. The members of the delegation were detained on 19 June, after they had talked to the public prosecutor in Silopi. They were taken to Silopi Police HQ. and released after interrogation. (Evrensel-TIHV, June 19, 2001)

Cevat Soysal on Trial

On 19 June Ankara SSC continued to hear the case of Cevat Soysal, an alleged leading member of the PKK, who had been taken from Moldavia to Turkey, Ali Kandemir, former board member of the trade union SES and Osman Özcelik, former deputy chairman of the Peopleıs Democracy Party (HADEP). In his testimony Cevat Soysal said that during his interrogation by the police he had been put under pressure to testify against a number of well-known people including the former chairman of the Democratic Turkey Party (DTP), Hüsamettin Cindoruk. Cevat Soysal is charged under Article 125 TPC that requires the death penalty. (Yeni Safak-TIHV, June 20, 2001)

Students Detained

In Ankara the students E.A., M.G. and C.K. from the lyceum for preachers (imam hatip lisesi) were detained during the night of 18 June. The juveniles had not passed their examination, because they had not been allowed into the classroom when they refused to take off their headscarves during the lessons on national security. They later visited Haydar Keskin, deputy Governor of Ankara and asked for help. Allegedly they told him that their aim was "to build a State based on the rules of the sheria", so that Ankara SSC started an investigation against them. (Akit-Yeni Safak-TIHV, June 20, 2001)

HADEP members detained

In Mardin several houses were raided on 18 and 19 June and Sükrü Degirmenci, chairman of HADEP for the central district of Mardin, Musa Binbir, chairman of the youth wing, Abdullah Albay and Tuncer Özgen were detained. (Evrensel-TIHV, June 20, 2001)

Case against the Medical Association

The public prosecutor of Ankara appealed against the rejection of the case brought against 7 board members of the Turkish Medical Association (TTB) with the demand to suspend them of their duties. The prosecution argued that the verdict of judge Ismail Hakki Asarlioglu at Ankara Judicial Court No. 11, who dismissed the case. Was against the rules and laws. The files will now be sent to the Court of Cassation. The public prosecutor had demanded the suspension of Füsun Sayek, chairwoman of TTB, Metin Bakkalci, deputy chairman of TTB, Eris Bilaloglu, SG of the TTB and 4 other board members because of a press statement dated 22 December 2000. (Cumhuriyet-TIHV, June 20, 2001)

Human Rights Activists on Trial

The trial against 19 defendants, 18 of them women, who spoke at the "Conference against sexual assault and rape in custody" which was held in Istanbul on 10 and 11 June 2000, continued on 21 June at Beyoglu Criminal Court No. 1. Defendant Fatma Karakas (lawyer) complained that the testimony of the defendants had not been taken during the investigation of the prosecutor. The defendants in this trial are: Gülizar Tuncer, Fatma Karakas, Özgül Han, Duygu Aydin, Nazli Top, Fatma Deniz Polattas, Hayriye Ümin Yurdakul, Suna Aras, Tülay Çaglar, Berrin Tas, Safiye Top, Sultan Seçik, Temin Salmanoglu, Cemile Güçlü, Derya Engin, Songül Yildiz, Nahide Kiliç, Zeynep Ovayolu and Fatma Kara. They are charged under Article 159 TPC. The hearing was adjourned to 18 October. Until then the court wants to get details on a similar case that was opened at Istanbul SSC against the defendants Nahide Kiliç, Zeynep Ovayolu, Fatma Kara, Fatma Karakas and Kamile Çigci for a violation of Article 312 TPC and Article 8 of the Law to Fight Terrorism. (Evrensel-TIHV, June 22, 2001)

Greenpeace Action

While a large number of fishing boats blockaded the Bosphorous in protest at the transport of waste through the strait members of Greenpeace staged a protest at the Conrad Hotel in Istanbul. Representatives of supranational companies such as Shell, BP and Chevron had gathered with representatives of the government to discuss "World Energy United" (winning oil in the Black Sea, Mediterranean and Sea of Marmara). They opened a banner saying, "Oil companies organize the catastrophe". Spokesperson Melda Keskin was prevented from making a statement and she and another 12 activists were detained (Cumhuriyet-TIHV, June 22, 2001)

HADEP members detained

In Batman Ahmet Candemir, board member of Peopleıs Democracy Party (HADEP), Hamdullah Yildiz, chairman of TUHAY-DER, Mehmet Kaya, board member of the HRA and the HADEP members Hasan Öner, M. Salih Ekinci, Selahattin Geyik, A. Sitar Kaptan, Esref Ekinci, Mahmut Ilhan, Kasim Sen, Serif Tas, Besir Tas, Mehmet Tas, Yusuf Yigit, M. Nurullah Ak, Ihsan Acet, M. Selim Is, Ramazan Aslan, Abdurrahman Aslan, Iskender Kaya and Haci Çag, who had been detained since 15 June, were arrested on charges of "supporting the PKK". Semiyan Ölmez was released to be tried without pre-trial detention. In Ceylanpinar district (Urfa) the Peopleıs Democracy Party (HADEP) members Haluk Emel, Remziye Ilhan, Abdulvahap Emel, Murat Ilhan, Hursit Ilhan and Ahmet Emel, who had been detained on 20 June on accusation of having destroyed the Turkish flag in Xirbesuf village, were released when it turned out that the right wing Ahmet Demir had destroyed the flag. Reportedly Ahmet Emel and Murat Ilhan were beaten in detention. (Evrensel-TIHV, June 24-25, 2001)

Death Penalty demanded

The prosecutor at Istanbul SSC prepared an indictment again Murat Sincar, chief of the Sincar tribe, and his brother Davut Sincar for killing Sait Yilmaz and Mustafa Yanbul in Bostanci (Istanbul). He asked for the death penalty for both defendants on charges of "inciting to intentional killing". For the defendants Selma Sincar (mother of the brothers), Mehmet Saylag and Sevket Gürdap prison terms were demanded. Earlier a case had been opened against Sükrü Uyar (the killer) and another 9 people. (Milliyet-TIHV, June 23, 2001)

Teacher Arrested

Mahmut Toprak, Director of the Primary School in Soguksu hamlet, Oymatas village (Batman) on the grounds that he "made propaganda for the PKK by playing the Kurdish song Delilo during the celebrations of 23 April". Following an investigation by the provincial directorate for education the police raided the house of the teacher on 1 June and confiscated videocassettes and books. Mahmut Toprak was detained, but later released. During the first hearing on 14 June an arrest warrant was issued. At the same time Batman Criminal Court decided to send the file to Diyarbakir SSC, which is competent to hear this case. (Evrensel-TIHV, June 23, 2001)

Burglary in HRA Izmir Branch

During the night of 22 June unknown people entered the offices of the Human Rights Association (HRA) in Izmir and stole the computer with information on people who applied to the HRA. The other computers and documents were not touched. (TIHV, June 23, 2001)

Demand to Close the HRA

Today, on 25 June Ankara Judicial Court No. 24 continued to hear the case with the demand to close down the HRA.  The court adjourned the hearing to 24 September waiting for the result of an investigation carried out by the prosecutorıs office at Ankara SSC. Both cases are related to a search in the offices of the HQ. of the HRA on 25 January, during which alleged incriminatory material was confiscated. (TIHV, June 25, 2001)

Clashes and Attacks

During the night of 24 to 25 June a clash broke out between militants of the Turkish Communist Party/ML-Workersı and Peasants Liberation Army of Turkey (TKP/ML TIKKO) and security forces on the border of the districts Mesudiye and Gölköy in Ordu province. During the clash sergeant Askin Öksüz was severely wounded. (Sabah-TIHV, June 26, 2001)

Fight among "Idealists"

In the evening of 24 June a group of people came to the internet cafe of Bünyamin Çiftçi, former chairman of the Idealistsı Union in Bakirköy and fired at random. The police detained Bünyamin Çiftçi. According to his testimony 9 people were detained including Aykut Kola, chairman of the Idealistsı Union in Bakirköy, Nihat Kurt, chairman of the Idealistsı Union in Zeytinburnu and Sahmerdan Erdogan, chairman of the Idealistsı Union in Bagcilar. The fight reportedly broke out after Bünyamin Çiftçi had left the National Movement Party (MHP) and joined the Enlightened Turkey Party (ATP), led by Tugrul Türkes. (Sabah-TIHV, June 26, 2001)

Case against Prisoners

The case against 399 prisoners from Üskü_dar Prison will be heard at Üsküdar Criminal Court No. 1. Earlier the court had decided that the charges should be brought under Article 146 TPC and dealt with by Istanbul SSC. This court had rejected the case and the Court of Cassation decided on the competent court. In the indictment the prisoners are held responsible for the death of two prisoners and one soldier and are facing a number of charges such as "rioting in prison". The sentences range from 13 to 14 years' imprisonment if convicted. Reportedly 18 defendants, who would have been released without these charges have not been released yet. In the meantime, two prisoners, Kenan Taybora and Nabi Kimran, were reportedly released in the framework of Article 399 of CMUK. (Evrensel-TIHV, June 27, 2001)

Trade Unionist Sentenced

Hidir Yavuz, representative of the trade union Haber Sen in Bolu was sentenced to 4 months' imprisoment and a fine of TL 91 million for his participation in the one-day stop-work action on 1 December. Bolu Criminal Court also punished him by 2.5 months deprivation of being a civil servant, but commuted the prison term to a fine totalling TL 380 million and later suspended the sentence. (Evrensel-TIHV, June 27, 2001)

Teachers Punished

In Alapli district of Zonguldak province 189 teachers, who participated in the one-day no-work action on 1 December were given disciplinary punishment. 47 teachers faced a cut of their wages; in 142 cases warnings were issued. In Izmir members of the Confederation of Trade Unions in the Public Sector (KESK) complained that the police had used gas bombs and truncheon during a demonstration on 25 June. (Evrensel-TIHV, June 28, 2001)

Detentions and Arrests

In Erzurum 9 alleged members of the so-called "Teblig Parish" were detained. Besides the Turkish citizens Özcan Yildirim, Hüseyin Cinisli, Recep Sentürk, Özkan Kulabi and Fatih Tosun the Iranians Alan Hasaro Narouei, Golmuhammad Gorgu, Abdulaziz Cshindel Gorgu and Zaman Datkhodaei were detained as well. (Zaman-TIHV, June 28, 2001)

Trade Unionists on Trial

On 28 June Ankara SSC continued to hear the case of 16 executives of the Tüm Yargi Sen (the trade union of prisonsı staff) on charges of "supporting an illegal organization". The hearing was adjourned to 6 September. (Evrensel-TIHV, June 29, 2001)

Politicians and Unionists on Trial

During the first hearing of 28 June Malatya SSC acquitted members of the Democracy Platform in Tunceli in connection with a protest against the F-type prisons on 20 December 2000. The defendants had been charged with "insulting officials" in facsimiles they sent to the government. The names of the defendants (and their affiliations) are: Salih Gündogan (EMEP), Murat Üldes (EMEP), Yusuf Cengiz (ÖDP), Kenan Aktan (SIP), Ali Can Öncü (ADEP), Hidir Aytaç (HADEP), Hasan Çiçek (Genel Is), Hüseyin Aygün (Tunceli Bar Association), Kemal Tutar (Egitim-Sen) and Süleyman Güler. (TIHV, June 29, 2001)

Human Right Defenders on Trial

On 28 June Istanbul SSC No. 5 started to hear the case of 5 women who had participated in the "Conference against Sexual Assault and Rape in Custody" that was held in Istanbul in June last year. The defendants Fatma Kara, Nahide Kiliç and Zeynep Ovayolu were presented while defendant-lawyer Fatma Karakas and Kamile Çigci had not come. The defendants stated that they had not used the terms of "Kurdish provinces" and "Kurdish women" and not made "separatist propaganda". The hearing was adjourned to 11 September to hear the testimony of the other defendants. (Evrensel-TIHV, June 29, 2001)

PRESSIONS SUR LES MEDIAS / PRESSURE ON THE MEDIA

IPI expresses concern over draft media law

In a 5 June 2001 letter to Turkish Prime Minister Bülent Ecevit, IPI expressed deep concern over a draft media law that would require Internet websites in Turkey to submit their pages to the authorities prior to publication.

According to IPI sources, if the draft law is passed, website operators would be forced to hand over copies of pages to a prosecutor and a governor's office before they can post them on the Internet. All electronic broadcasts carrying text or pictures would be affected by the proposed legislation. In addition, the draft law would also oblige new Internet service providers to obtain permission from the authorities before starting operations.

The requirement to submit material to the authorities, prior to its publication, is an undue restriction on freedom of the media and expression. It could be used by the authorities to prevent publication of material deemed harmful to their interests, including criticism or other forms of discourse that are healthy and necessary parts of public debate in democratic societies. Indeed, judging by recent actions taken against websites in Turkey, it would appear that the draft law could provide the authorities with further power to censor information before it is published, which is in contradiction with internationally accepted standards.

On 16 February, it was reported that the website www.subay.net was taken off the Internet after it allegedly insulted the Turkish army. IPI believes that the proposed law could be used in a similar way by the authorities to control what is being published on the Internet. Consequently, it is in gross violation of Article 10.1 of the European Convention on Human Rights to which Turkey is bound. This Article guarantees the ".freedom to hold opinions and to receive and impart information and ideas without interference by public authority and regardless of frontiers." (IPI/IFEX, June 5, 2001)

Nouvelle loi pour sanctionner les délits sur l'internet

Le parlement turc a adopté jeudi une loi qui introduit des sanctions pour la diffusion d'informations mensongères ou de diffamation sur l'internet et renforce les pénalités pour les radios et télévision, a-t-on indiqué de source parlementaire.

Mais le gouvernement a enlevé du projet de loi initial un article controversé demandant à tous les sites internet de soumettre leurs pages aux autorités pour contrôle avant publication.

Cette décision est intervenue après un déluge de critiques en Turquie et à l'étranger, a-t-on précisé de même source.

L'Institut international de la presse (IPI), basé à Vienne, avait ainsi condamné mardi cet aspect du projet de loi, y voyant "une restriction de la liberté des médias et d'expression", dans une lettre ouverte adressés au Premier ministre Bulent Ecevit.

La loi, qui amende les dispositions existantes, stipule que la propagation de fauses informations, la diffamation et autres actes de même nature sur les sites seront passibles d'amendes allant jusqu'à 100 milliards de livres turques (environ 85.000 dollars)

Les amendements rendent aussi plus difficile la suspension temporaire de chaînes de radio ou télévision, une pratique courante en Turquie, pour atteinte à la pudeur, à la vie privée, à la structure familiale turque et aux règles morales générales ainsi que pour séparatisme, en relation avec la rébellion kurde.

Le Haut Conseil de l'audiovisuel (RTUK), organisme de contrôle controversé, pourra d'abord suspendre le programme concerné --et non toute la chaîne-- puis infliger une amende allant jusqu'à 200.000 dollars en cas de récidive.

En cas d'une troisième infraction dans une période d'un an pour les mêmes motifs, la chaîne en question pourra voir sa licence révoquée pendant une période allant jusqu'à un an.

En outre, les partis politiques, syndicats ou associations ne pourront pas créér des chaînes de télévision ou de radio.

Et les émissions de jeu, très prisées en Turquie, ne pourront plus distribuer de cadeaux ou de lots à des participants par téléphone.

Depuis sa création en 1994, le RTUK a déjà suspendu pendant des laps de temps divers quelque 500 chaînes de radio et de télévision, selon les chiffres officiels.

Outre les cinq chaînes de la télévision d'Etat TRT, la Turquie compte 13 chaînes privées nationales et plus de 200 chaînes locales. Le nombre de chaînes de radio est estimé à environ 2.500. (AFP, 7 juin 2001)

RSF proteste contre l'incarcération de Fikret Baskaya

Dans une lettre adressée au ministre de la Justice, Hikmet Sami Türk, RSF a protesté contre la prochaine incarcération de Fikret Baskaya, éditorialiste et universitaire condamné à une peine de un an et quatre mois de prison, et celle du journaliste Zeynel Abidin Kizilyaprak, également condamné à un an et quatre mois de prison.

"En punissant de prison la simple expression d'une opinion, la justice turque ferme brutalement la porte à toute évolution vers les standards européens et donc à tout rapprochement avec l'Union européenne", a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de l'organisation. "Nous vous demandons d'intervenir pour que les autorités judiciaires sursoient à l'exécution des peines de prison de Fikret Baskaya et de Zeynel Abidin Kizilyaprak. Par ailleurs, nous demandons à nouveau la libération immédiate et inconditionnelle des journalistes Asiye Zeybek Güzel, Hasan Özgün, Mustafa Benli et Kemal Evcimen, et un procès juste et équitable pour le journaliste Nureddin Sirin", a ajouté M. Ménard. (Consulter les alertes de l'IFEX du 18 avril et 7 mars 2001, 22 et 20 décembre 2000, et 7 décembre 1999.)

Selon les informations recueillies par RSF, Baskaya a été condamné par la Cour de sûreté d'État à une peine de un an et quatre mois de prison pour "propagande séparatiste par voie de presse" sur la base de l'article 8/1 de la loi relative à la lutte contre le terrorisme, peine confirmée par la Cour de cassation le 26 janvier 2001. L'exécution de sa peine a été ajournée au 29 juin suite à une requête de son avocat. A cette date, Baskaya sera incarcéré. L'éditorialiste avait écrit, dans un article intitulé "Est-ce un procès historique ?", publié le 1er juin 1999 dans le quotidien prokurde "Özgür Bakis", que "les dirigeants turcs ont toujours considéré le problème kurde comme un problème d'ordre public alors qu'il s'agit d'un problème national, et ont pensé pouvoir résoudre le problème en appliquant une politique chauvine, raciste et nationaliste".

Kizilyaprak, éditeur d'un supplément du quotidien "Özgür Bakis" intitulé "De 1900 à l'an 2000, les Kurdes", a été condamné à un an et quatre mois de prison et à une amende de 1,612 milliard de livres turques (environ 1700 euros), peine confirmée par la Cour de cassation le 14 mai. Le journaliste a été reconnu coupable de tenir des "propos séparatistes", condamnés au titre de l'article 8 de la loi antiterroriste. Le supplément avait été saisi avant même sa distribution le 2 février 2000. Le journaliste devrait entrer en prison en juin 2001.

RSF a rappelé que dans son dernier "Rapport régulier sur les progrès réalisés par la Turquie sur la voie de l'adhésion", la Commission européenne a estimé que "la situation en matière de liberté d'expression restait inquiétante" et que le rapprochement de la Turquie et de l'Union européenne était lié au respect de ses engagements en matière de droits de l'homme, et notamment au respect de l'article 10 de la Convention européenne qui garantit la libre expression, et le droit d'informer et d'être informé.

RSF a adressé une copie de son courrier au président de la Commission européenne et aux députés européens membres de la délégation du Parlement européen en visite en Turquie le 6 mai. (RSF/IFEX, June 11, 2001)

Un journal pénalisé pour un article sur la grève de la faim

Le quotidien libéral turc Radikal a été privé de publicité pendant 5 jours pour avoir traité de "coeur de pierre" le ministre de la Justice à propos de la grève de la faim des détenus qui a fait 24 morts.
Radikal a précisé lundi que l'interdiction de publier de la publicité était liée à une plainte pour insulte du ministre, Hikmet Sami Turk, à l'Office de la publicité de presse.
Un éditorial paru le 15 avril dans le quotidien accusait M. Turk "d'avoir un coeur de pierre et de faire la sourde oreille" envers les gréviste, en ne prenant pas les mesures adéquates pour mettre fin au mouvement.
L'Office de la publicité de presse a estimé que M. Turk avait bien été insulté dans cet éditorial et a interdit le journal de publicité pendant cinq jours, une décision qualifiée de "censure économique" par le président de la Société des journalistes turcs Orhan Erinc.
Depuis le début de la grève de la faim en octobre, Radikal s'est distingué par une approche différente de celle des grands journaux, reprochant régulièrement au gouvernement sa façon de traiter l'affaire.
La grève a été lancée par des détenus en majorité d'extrême gauche pour dénoncer l'entrée en service de nouvelles prisons à cellules pour remplacer celles à dortoirs.
Soutenus par les défenseurs des droits de l'Homme, les prisonniers affirment que ce système accroît leur aliénation et les rend plus vulnérables aux mauvais traitements.
Le gouvernement a refusé de céder, faisant valoir que le système des dortoirs favorisait les émeutes avec prises d'otages fréquentes dans les prisons surpeuplées. (AFP, 18 juin 2001)

Court repeals decision to acquit 15 intellectuals

The Supreme Court repealed the court verdict which acquitted the 15 people who had writers, artists and unionists among them, who signed the Freedom of Thought-2000 booklet.

Istanbul State Security Court (DGM) had acquitted Sadik Tasdogen, Cengiz Bektas, Mehmet Sanar Yurdatapan, Yilmaz Ansaroglu, Siyami Erdem, Vahdettin Karabay, Ibrahim Omer Madra, Etiyen Mahcupyan, Ayse Lale Mansur, Mehmet Atilla Maras, Huseyin Ali Nesin, Zuhal Bilginer, Husnu Ondul, Yavuz Onen, Erdal Oz and Salim Uslu who were the publishers of the booklet. They were charged with "offering help and shelter to armed gang members", "making propoganda against the Turkish Republic" and "inciting hatred among people based on religious and regional differences."

The Supreme Court approved the decision to acquit Sadik Tasdogen and repealed the decision for other 15 suspects.

The suspects will next be tried at Istanbul DGM again. If the court insists on its decision to acquit the suspects, the Supreme Court Penalty General Council will give the last decision. (Anatolia, June 18, 2001)

Le président met son veto à la loi sur les médias

Le président turc Ahmet Necdet Sezer a mis son veto lundi à une loi prévoyant des sanctions pour les délits sur l'internet et renforçant les pénalités pour les radios et télévisions en cas d'infraction, la jugeant incompatible avec les normes démocratiques européennes.

La loi comprend des dispositions "incompatibles avec les traditions démocratiques et les principes des droits et libertés, ainsi qu'avec les normes légales et constitutionnelles", a souligné M. Sezer pour motiver son refus, dans un document publié par l'agence Anatolie.

Cette loi très controversée, adoptée par le parlement, introduit des sanctions pour la diffusion de fausses informations sur l'internet et durcit les pénalités pour les manquements aux règles des émissions de radio et télévision.

M. Sezer, ancien président de la Cour constitutionnelle et homme politique le plus populaire du pays pour son intégrité et son respect du droit, estime que cette loi ouvre la voie à des ingérences politiques dans les médias et juge disproportionnées les amendes prévues, allant jusqu'à 210.000 dollars.

"Le programme d'adhésion à l'Union européenne de la Turquie (...) appelle à renforcer les garanties légales et constitutionnelles pour la liberté de la presse", a rappelé le président. "Paralyser les médias avec de lourdes amendes n'est pas compatible avec ce but", a-t-il ajouté.

Il estime que l'internet doit faire l'objet d'une loi spéciale. "Les problèmes n'y peuvent être réglés que sur la base de la liberté d'expression et en laissant la supervision au judiciaire", estime-t-il.

Il a critiqué le flou entourant la définition de certaines violations dans la loi, qui ouvre selon lui la voie à l'arbitraire dans les décisions par l'organe de contrôle de l'audiovisuel, le RTUK, ainsi que le droit des partis politiques à proposer un certain nombre de membres de cette Autorité, ensuite approuvés par le parlement.

Aux termes de la constitution, le président ne peut renvoyer qu'une seule fois une loi devant le parlement. Si celui-ci la laisse inchangée, il est obligé de la promulguer. (AFP, 18 juin 2001)

IPI: "Media law reform poses threat to independent media"

In a 19 June 2001 letter to Turkish Prime Minister Bülent Ecevit, IPI expressed its deep concern about the charges against Fehmi Koru, journalist and columnist of the daily "Yeni Safak", the imprisonment of Mehmet Kutlular, owner of the Yeni Asya media group, the use of Article 312 of the Turkish Penal Code (TCK) in both of these cases, as well as the planned media law reform for Turkey.

According to IPI's sources, the charges against Koru stem from a public speech by Kutlular in which he described the devastating 17 August 1999 earthquake as divine retribution. As a result of these comments, Kutlular was recently sentenced to two years in prison under Article 312 of the TCK. On 23 October 1999, in a televised interview on Kanal 7, Koru defended Kutlular by arguing, "Everybody is entitled to their own beliefs...You have your religion and I have mine." During the interview, Koru also criticised Prime Minister Ecevit's appraisal of Kutlular's opinion as "primitive thinking." Koru is now being charged with "inciting hatred and animosity among the public." He will be tried under Article 312 of the TCK on 21 June and faces a possible prison sentence.

After reading a transcript of Koru's comments, which form the basis of his prosecution, it is IPI's opinion that he was simply expressing his own belief in freedom of expression and defending the right of Kutlular to express his views on the religious dimensions of the devastating earthquake.

IPI is also very worried about the plans to reform Law 3984 (1994) by adding restrictive measures against the media. In the amended Article 6, one member of the nine-member governing body, the RTÜK, will be from the National Security Council. Five members would be appointed by parliament and four by ministers. Although IPI welcomes the introduction of two professional journalist representatives to the RTÜK, the organisation does not believe two members from a committee of nine is sufficient for the voice of journalists to be heard. IPI is also concerned about the new restrictions on the internet, particularly those sections concerning the publication of information. Furthermore, in article 13 of the amended version of the law, the penalties for the press, in general, are being increased 1000 times.

Moreover, there are, concerns that the new law will lead to an increase in the concentration of ownership of the Turkish media.

IPI believes that the introduction of such a law could cripple independent media in Turkey and poses a great threat to journalists. On 18 June, President Sezer vetoed the law after it had passed through parliament. However, under laws regulating parliamentary procedure, if it is passed by the parliament again, without any changes, then the president will be forced to ratify it. (IPI/IFEX, June 19, 2001)

ARTICLE 19 concerned about military trial of intellectuals

In a 20 June 2001 letter to Swedish Prime Minister Göran Persson, in his capacity as European Union (EU) president, ARTICLE 19 expressed concern over the news of an imminent hearing by a military court of sixteen Turkish intellectuals, due to take place on 29 June (1).
The organisation called upon the EU president to urge Turkey to withdraw the above charges and modify its legislation so as to allow compliance with European standards of freedom of expression, as part of the process of accession to the European Union.

The defendants will be tried for publishing a book titled "Freedom of Thought 2000" in April 2000. The book contained 60 articles written by prisoners of conscience, which had been previously banned by the Turkish state. In particular, two of the articles included in the publication had been banned for violating Article 155 of the Turkish Penal Code, carrying prison sentences of two months to two years for those who publish or publicly make "suggestions to cause unwillingness of the people to render military service."

The intellectuals are charged under Article 162 of the Penal Code, which prohibits the reproduction of any publication previously outlawed by the authorities. The trial will take place at the General Staff Military Court of Ankara and is scheduled for 29 June. Following the trial it is expected that the decision will be referred to the Supreme Military Court of Appeal which may take a further eight to twelve months to consider the case in full. The upcoming hearing follows the appeal of the first judgement, delivered on 23 May, which found the defendants guilty.

The decision to publish "Freedom of Thought 2000" forms part of a general civil disobedience movement, which began in 1995 following the trial of the writer Yasar Kemal. Kemal was prosecuted for his article published in "Der Spiegel" analysing Turkish government policy in the predominantly Kurdish South-Eastern part of Turkey. 1,080 people protested against Kemal's trial by re-publishing his article and other banned articles in a book titled "Freedom of Expression", and 185 of them were prosecuted under Article 162 of the Penal Code. Following a high-profile collective campaign, legal proceedings against them were suspended and Yasar Kemal was acquitted. Sanar Yurdatapan, spokesperson of the Initiative Freedom of Expression, and the former head of the Istanbul branch of the Contemporary Journalists' Association, Nevzat Onaran, were sentenced to two months' imprisonment for publishing yet another version of the same booklet.

This practice is in clear breach of the European Convention on Human Rights (ECHR), to which Turkey is a signatory, Article 10 of which establishes that: "Everyone has the right to freedom of expression. This right shall include freedom to hold opinions and to receive and impart information and ideas without interference by public authority and regardless of frontiers."

Turkey is also bound by similar obligations pursuant to Article 19 of the International Covenant on Civil and Political Rights.

The Constitution of the Republic of Turkey establishes in Article 90 that international agreements into which Turkey enters are to prevail over domestic law. Hence legitimate restrictions to the right to freedom of expression have to satisfy the three-part test set by the second paragraph of Article 10 of the ECHR, specifying that such restrictions are to be prescribed by law, pursue a legitimate aim, and be "necessary in a democratic society." Not only are such conditions not fulfilled in this case, but Articles 155 and 162 directly contradict the ECHR by imposing undue restrictions that serve to curb freedom of expression.

Furthermore, the trial of citizens in military courts violates the right to an "independent and impartial tribunal" enshrined in Article 6 (1) of the ECHR. In the case of Incal v Turkey the European Court said, with regards to the Izmir National Security Court (2) and the position of military judges: "[The military judges] are servicemen who still belong to the army, which in turn takes its orders from the executive...They remain subject to military discipline and assessment reports are compiled on them by the army for that purpose...Decisions taken to their appointment are to a great extent taken by the administrative authorities and the army."(3)

"[In the use of military courts to try civilians] what is at stake is that confidence which the courts in a democratic society must inspire in the public and above all...in the accused...The Court attaches great importance to the fact that a civilian had to appear before a court composed, even if only in part, of members of the armed forces...the applicant could legitimately fear that because one of the judges...was a military judge it might allow itself to be unduly influenced by considerations which had nothing to do with the nature of the case."(4)

In the case in question, the intellectuals' defence lawyers referred to the above in the first hearing of 23 May, yet their objections were rejected by the Turkish court despite the fact that Turkey, by virtue of its ratification of the ECHR, is bound by the case-law of the European Court.

Turkey and the European Union

Turkey was recognised as a candidate for membership in the European Union in its summit in Helsinki in December 1999. As a condition for membership, Turkey will have to meet the Copenhagen criteria, including "stability of institutions guaranteeing democracy, the rule of law, human rights, and respect of and protection of minorities." However, Turkey has until now failed to amend its freedom of expression-related provisions and court practice that have a detrimental effect on the work of journalists and all those that express non-violent opinion.

The Turkish government stated in the Report on the Political Criteria, prepared by its Special Committee on Turkey-EU Relations in February 2000: "The provisions of related legislation, including particularly the Turkish Penal Code...that restrict freedom of thought and expression and allow flexible interpretation by the administration should be redrafted."

Notes: 1. Cengiz Bektas (architect, writer, president of

TYS: Turkish Writer's Union), Sadik Dasdogen (owner of BERDAN Printing House),Yilmaz Ensaroglu (president of MAZLUM-DER: Islamic HR Association), Siyami Erdem (president of KESK: Confederation of Civil Servants' Unions at 2000), Vahdettin Karabay (president of DISK: Confederation of Revolutionary Labour Unions, at 2000), Omer Madra (director of AÇIK RADYO: Open Radio), Etyen Mahcupyan (journalist), Ms. Lale Mansur (theatre, film and TV actress), Atilla Maras (president of TYB: Writers Union-Islamic, at 2000), Prof. Ali Nesin (mathematic professor, famous humorist and HR activist Aziz Nesin's son), Ms. Zuhal Olcay (theatre, film and TV actress), Husnu Ondul (president of IHD: Human Rights Association), Yavuz Önen (president of Human Rights Foundation and former president of The Union of Chambers of Engineers and Architects), Erdal Öz (writer and publisher), Salim Uslu (president of HAK-IS: Confederation of Islamic Labour Unions), Sanar Yurdatapan (composer, spokesperson of the Initiative Freedom of Expression).

2. The court is composed of three judges, one of whom is a regular officer and member of the Military Legal Service.

3. Incal v Turkey, EHHR, No. 41/1997/825/1031, Judgment of 9 June 1998, para 68.

4. Incal v Turkey, para 70-71.

RECOMMENDED ACTION:

Send appeals to the EU president: - asking him to urge the Turkish government, in the context of EU enlargement, to immediately drop all charges against the above defendants - calling on him to encourage the Turkish government to discontinue the practice of trying civilians in military courts - requesting that he advocate the amendment of Articles 155 and 162 of the Turkish Penal Code to bring them in line with European standards of freedom of expression, particularly Article 10 of the ECHR, to which Turkey is signatory - urging him to request that the Turkish government cease the intimidation of journalists and writers for the mere expression of non-violent opinion, also pursuant to Article 10 of the ECHR. (ARTICLE 19/IFEX, June 22, 2001)

Case on "Abusing the image of the military"

The trial concerning the 16 publishers of the book "Freedom of Thought 2000," is still underway being in the General Staff's Military Court.

Of the accused being judged, Onen, Yurdatapan, Uslu, Ensaroglu, Mansur and Maraf attended the hearing with their lawyers. The lawyers objected to the prevention of the admittance of observers to the court room, claiming that this was against the principle of transparency. The lawyers requested the claimed order to be annulled. Denying having issued such an order, the judge decided that as many observers as there were number of seats were to be allowed in court. However, no observers were left at the gates as of 10:30 a.m.

Later on, the identities of the accused Mansur, Uslu and Ensaroglu were ascertained and their defence statements were heard. All three refused to make statements on the subject claiming that military courts weren't independent.

The lawyers of the accused filed a complaint about the officers at the gates and requested a decree to be issued concerning the admittance of observers freely the next time.

The intermediate decisions revealed by the judge concerned a repetition of the orders regarding the hearings of the statements of the accused and the necessary actions that should be taken to allow the admittance of observers. The hearing was postponed to a future date.

Among the publishers of the book are Zuhal Olcay, Salim Uslu, Yilmaz Ensaroglu, Lale Mansur and Ranar Yurdatapan. The publishers are accused of violating Article 155 of the Turkish Penal Law (TCK), which concerns the "abuse of the image of the military" and requests a prison sentence ranging from two months to two years. (Turkish Daily News, June 29, 2001)

Radikal journalist on trial

Radikal newspaper's writer Duriye Nese Yasar (Nese Duzel) as well as the newspaper's editor Hasan Cakkalkurt were on trial yesterday at Istanbul Number 6 State Security Court (DGM) accused of "inciting the people to hatred by drawing attention to sectarian differences", the Anatolia news agency reported yesterday.

If found guilty, they could each face between two and six years in prison. Ms. Yasar had written in her statement that journalism was a profession supposed to expose the problems in society and said that the majority of those killed in armed clashes and in death fasts were Alawite, which was why she had conducted the interview with the chairman of the Pir Sultan Abdal Foundation as he knew the subject intimately.

Ms. Yasar denied the charges against her saying that incitement was a form of oppression and that it meant convincing people there was no way in which they could make themselves heard using democratic means. "As a journalist, I believe that I am doing a job that shows that every member of society can make their voice heard in a democracy with rule of law," she said. (Turkish Daily News, June 28, 2001)

Fikret Baskaya put in jail

Dr. Fikret Baskaya started today to serve his sentence of 16 monthsı imprisonment imposed on him by Istanbul SSC.

He had been convicted for his article "A Historic Case?", which appeared on 1 June 1999 in the daily Özgür Bakis. His sentence had been confirmed on 26 January. (TIHV, June 30, 2001)

VIOLATIONS OF THOUGHT FREEDOM IN BRIEF

Journal closed, journalists on trial

Istanbul SSC decided to ban the journal "Kaldirac" for one month from publication on the grounds that some articles contained "propaganda for an illegal organization. On June 1, Istanbul Criminal Court No. 5 continued to hear the case of the journalist Abdurrahman Dilipak (from the daily "Akit") and the ex-MP for the Welfare Part (RP), Hasan Hüseyin Ceylan. They are charged with "insulting the republic" during speeches they made in Germany. The public prosecutor in Ankara launched a case against Tuncay Özkan (from the daily "Radikal") and the editor-in-chief Hasan Cakkalkurt for an article of Tuncay Özkan in which he allegedly insulted the Minister of the Interior, Sadettin Tantan. If convicted the defendants have to expect sentences of between 3 and 16 monthsı imprisonment. (Evrensel-Akit-Cumhuriyet-TIHV, June 2-3, 2001)

Journals Confiscated, Journalist Arrested

The first issue of the journal "Yeni Nizam" (right-wing publication) was confiscated on orders of Istanbul SSC. During a raid on the offices of the journal the editor-in-chief Fazil Duygun was detained, but released on objection of his lawyers. Istanbul SSC also ordered the confiscation of the 8th edition of the journal "Devrimci Demokrat" for the week 1-6 June. (Akit-Evrensel-TIHV, June 6, 2001)

Ozgur Bakis Journalist Sentenced

Cihan Çapan, the former editor-in-chief of the closed down daily Ozgur Bakis was senteced to 45 monthsı imprisonment for an article by Haydar Ergül, a member of the "Second Peace Group" of the PKK that appeared on 8 November 1999. Istanbul SSC No. 3 No passed the verdict on 6 June based on Article 169 TPC for "supporting an armed gang". (Evrensel-TIHV, June 6, 2001)

Theater Play Unwanted

After several attempts to hinder the performance of the play "A Beautiful-Ugly King" staged by Ankara Union Theater, was performed in Diyarbakir on 5 June. The play had been banned in 27 provinces (mainly the southeast of Turkey). In Diyarbakir the artists had to apply to the administrative court to get a ban by the governor lifted. Afterwards the police tried to prevent the sale of tickets and instead of the State Theater, the Town Theater had to be used. Baris Özat, who went to inform the police of the new location reportedly was insulted by police officers and slammed into his face. (Evrensel-TIHV, June 6, 2001)

Journalists Fined

Bülent Ufuk Ates, the owner of the local newspaper "Cinar" (Mersin) and the editor-in-chief Güler Yildiz were fined TL 213 million each, because they "did not follow the ban by Istanbul SSC on publishing articles on the death fast actions and the F-type prisons". The issue of 23 March had been confiscated by Mersin Penal Court No. 1, because of an advertisement by Association of Solidarity with Prisonersı Families (TAYAD). Mersin Penal Court No. 1 later imposed the fine. (Evrensel-TIHV, June 10, 2001)

Journalists on Trial

The trial against the editor-in-chiefs of newspaper that published letters of the imprisoned mafia leaders Alaattin Çakici and Nuri Ergin from Kartal Prison concluded on 12 June. Istanbul SSC acquitted the editors-in-chief of the dailies Radikal, Hasan Çakkalkurt, Milliyet, Eren Güvener, Hürriyet, Dogan Satmis, Sabah, Semra Uncu and Star, Saffet Serdar Akbiyik on the grounds that the offence of "supporting a gang" had not materialized. On 12 June Istanbul SSC No. 2 heard the case of Mehmet Sevki Eygi, columnist in the daily "Milli Gazete" and the editor-in-chief Selami Caliskan. They are charged under Article 312/2 TPC with "inciting the people to enmity and hatred" in an article entitled "Turkey during Ramadan". The hearing was adjourned to a later date, when a verdict may be announced.  (Yeni Safak-Akit-TIHV, June 12-13, 2001)

Festival Prohibited

A "march of children" and a conference under the title of "Education in the Mother Tongue" which had been planned within the "First Childrenıs Festival" organized by the Municipality of Diyarbakir were prohibited by the governor for the region under a state of emergency on the grounds that the activities would "disturb the public security". (Evrensel-TIHV, June 13, 2001)

Incident at University

During a struggle between leftist and rightist students at Istanbul University 2 students were injured on 12 June. Some 100 rightist students wanted to protest against the dismissal of 11 students. During the demonstration they started to throw stones at leftist students who responded. The fight continued outside the campus, but nobody was detained. (Cumhuriyet-TIHV, June 13, 2001)

HR Defender and Journalist on Trial

On 15 June the case against Eren Keskin, chairwoman of the Istanbul branch of the Human Rights Association (HRA) and Erdal Tas, editor-in-chief of the closed down daily "Yeni Gündem" on charges of "having insulted the army" started at Beyoglu Criminal Court No. 2. Eren Keskin said: "torture is applied in Turkey systematically as a State policy. The report that I prepared concerning the 'Peace Mothers', who were tortured in Silopi, did not aim at insulting the armed forces." The hearing was adjourned to 16 August, when Erdal Tas is supposed to testify. (Evrensel-TIHV, June 18, 2001)

Journalists Sentenced and Arrested

Adnan Özdemir, former news director of Sun TV, a local station in Mersin, was sentenced to 3 months' imprisonment and a fine of TL 35.5 million for a program that concentrated on the F-type prisons and the death fast action. The verdict was passed on 28 May by Mersin Penal Court No. 1 based on Article 526/1 TPC for "offending the ban of the government to distribute news on the hunger strikes". Özdemir said that he had left the TV station already before the program was broadcasted and that he had never testified anywhere in connection with this case. Ahmet Aydin, the cameraman of the local TV station "VIP" was arrested when he did not listen to judge Belgin Aycil who had warned him not to continue filming. On 15 June Ahmet Aydin was doing filming in the Festival area of Antalya, while an on-site inspection on the case of the shop-owners against the municipality was being carried out. The judge asked Aydin several times to stop filming and when he continued had him detained. After his interrogation at Yenikapi Police Station he was taken to the Penal Court and arrested on charges of "having resisted a civil servant on duty". (Cumhuriyet-Radikal-TIHV, June 16, 2001)

Lawyer Convicted, Journal Closed

The lawyer Ahmet Zeki Okcuoglu was sentenced to 16 monthsı imprisonment and a fine of TL 1.35 billion for an article in the third edition of the journal "Serbesti". Istanbul SSC also ordered the closure of the journal for one month. (Evrensel-TIHV, June 18, 2001)

Journalist Detained

Melik Hozur, the publishing director of the journal "Partizan", and Serap Horuz, a close relative of his, were detained on 18 June. They were reportedly taken to Tokat in connection with a testimony about them. (Evrensel-TIHV, June 18, 2001)

Journalist Convicted, Paper Banned

On 19 June Istanbul SSC announced its verdict in the case relating to an article in the daily "Evrensel" of 25 December 2000. The article on justice and the Justice Minister allegedly had pointed at Hikmet Sami Türk and made him a target for illegal organization. Istanbul SSC fined the paperıs owner Fevzi Saygili TL 594 million and the editor-in-chief Bülent Falakoglu TL 297 million. At the same time the newspaper received a ban of 3 daysı edition. Istanbul SSC confiscated the 9th edition of the journal "Devrimci Demokrasi" on the grounds that some articles contained "propaganda for illegal organizations". (Evrensel-TIHV, June 20, 2001)

Ban on Radio

The High Council for Radio and Television (RTÜK) ordered the closure for 7 days of Radio Imaj (Ankara) for 7 days. The reason for this decision was said to be Kurdish music played during the program. (Evrensel-TIHV, June 21, 2001)

Journalist on Trial

On 21 June Istanbul SSC No. 2 continued to hear the case of Fehmi Koru (columnist with Yeni Safak). He is being charged under Article 312/2 + 3 TPC with "inciting the people to hatred and enmity". In a program of TV station Kanal 7 of 12 October 1999 he allegedly supported the views of Mehmet Kutlular who had called the earthquake a warning by god. The videocassette of the program was sent to the Turkish Radio and TV station TRT for a transcript. (Yeni Safak-TIHV, June 22, 2001)

Book Confiscated

The book "Preferences and Prisoners" written by Evin Aydar Çiçek was confiscated by Beyoglu Penal Court No. 2. The order reportedly is based on the allegation that one interviewed prisoner is quoted with words that "insult Mustafa Kemal Atatürk". (Evrensel-TIHV, June 22, 2001)

Journalist Convicted

On 22 June Istanbul SSC passed a verdict relating to an article that had appeared in the journal "Proleter Halkin Birligi" on 16 January 2000. The former owner of the journal Salih Aksu was fined TL 225 million and the editor-in-chief, Elif Yilidirim, was sentenced to six monthsı imprisonment for "disseminating separatist propaganda". The prison term was commuted to a fine of TL 550 million and the journal was banned from appearing for one month. (Evrensel-TIHV, June 24, 2001)

Journalist on Trial

On 27 June Istanbul SSC No. 6 heard the case of Nese Düzel, columnist with the daily "Radikal" in connection with an interview with Murtaza Demir, chairman of the Pir Sultan Abdal Foundation, that was published on 8 January 2001. Prosecutor Ali Cengiz Haciosmanoglu maintained that the expression of "young Alevites are driven towards terrorism", "during the intermediate regime of 1970 the Alevites were tortured and thrown into prison", "Alevites are put under pressure because of their identity and there is high unemployment among them" constituted a crime according to Article 312 TPC (inciting the people to hatred and enmity). Defendant Nese Düzel stated that the interview was on problems of the Alevite population that needed to be solved and asked whether the prosecutor knew their problems better than themselves. The hearing was adjourned to a later date. (Radikal-TIHV, June 28, 2001)

Journalists Detained

Halil Sahin, from "Firatta Yasam" and Servet Özdemir, from the journal "Alinteri", who observed a demonstration if KESK members, were detained by the police. They were released after a short while, but stated that the police had asked to stop working as journalists. (Evrensel-TIHV, June 28, 2001)

Journalist Convicted

Güler Yildiz, one of the editors of the newspaper "Cinar" that appears in Mersin was sentenced to 10 monthsı imprisonment for an article on the "Soldierıs Book" (Mehmetin Kitabi) written by Nadire Mater. Mersin Criminal Court No. 1 passed the verdict based on Article 159 TPC on 21 June. The initial sentence of one yearıs imprisonment was reduced to 10 months and then suspended for the next five years. Nadire Mater and the publisher of the book, Semih Sökmen, had earlier been acquitted in the case opened against them. (Evrensel-TIHV, June 29, 2001)

Journalist on Trial

The public prosecutor of Istanbul indicted the writer Ahmet Altan for two articles in the journal "Aktüel", demanding prison terms of up to 12 years. Ahmet Altan is accused of "having insulted the armed forces" in the articles entitled "All generals in Turkey should turn back to their barracks" and "Put these generals on trial, disclose the name of the journalists". Murat Tunali, editor-in-chief of "Aktüel" will be tried together with Ahmet Altan. (Milliyet-TIHV, June 29, 2001)

Report from Mazlum-Der on Freedom of Thought

On 28 June the human rights organization Mazlum-Der presented a report for the first half of the year 2001 concerning "Freedom of Thought". According to the report a total of 183 cases were brought against 161 persons in connection with their opinions. Counting the hearings, including the cases at the Court of Cassation, Mazlum-Der counted 366 hearings in just 180 days. During the first six months six people were acquitted, while 9 defendants were sentenced to a total of 212 monthsı imprisonment. Besides, the Court of Cassation confirmed the sentences of 4 people, who had been sentenced to 76 monthsı imprisonment and either have or soon will start to serve their sentences. (Zaman-TIHV, June 29, 2001)

FORCES ARMEES / ARMED FORCES

Le commandant de la gendarmerie sermonne le gouvernement

Au cours de la réunion, le 29 mai du Conseil national de sécurité (MGK) le général Aytaç Yalman, commandant en chef de la gendarmerie turque, a clairement sermonné le Premier ministre Bülent Ecevit.
Prenant spécialement la parole en début de séance, le général a voulu réagir contre les dernières déclarations de M. Ecevit qui avait qualifié d'"inélégantes" les perquisitions effectuées par la gendarmerie au siège de plusieurs établissements publics impliqués dans la corruption.
Le général Yalman a exprimé "la tristesse de la gendarmerie" en rappelant que la gendarmerie était présente sur plus de 92 % du territoire et qu'"elle agissait conformément à la loi sur requête du parquet".
Il a ajouté: "ce genre de déclarations met la gendarmerie en position de cible du gouvernement. On ne peut pas accepter cela. Et de toute façon nous ne prenons pas au sérieux ces propos".
Aytaç Yalman a également tancé, le ministre de l'intérieur, Sadettin Tantan qui n'a pas réagi et a attendu simplement que la colère du chef militaire s'apaise. (CILDEKT, 6juin 2001)

First step taken towards professional army

Parliament has passed a law enabling the Turkish Armed Forces (TSK) to employ officers on a contract basis in a move that is considered to be the first step towards a wholly professional rather than conscript army in the country, the Anatolia news agency reported yesterday. The bill envisages the TSK employing on a contract basis officers of First Lieutenant to Captain rank and Non-Commissioned Officers of Sergeant to Staff Sergeant rank. Accordingly, graduates with BA or equivalent degrees and high-school graduates aged 27 or less as well as post-graduates aged 32 or less can receive Short Service Commissions.

Furthermore, people aged 24 or under and with a college or equivalent education can become a contracted NCO. The Ministry of Defense and Interior Ministry will jointly publish a directive within six months of the law coming into effect stating the conditions they are looking for in the prospective SSC officers and contracted NCOs.  Those who have been dismissed from military schools or from the TSK will not be able to be employed this way. However, those who voluntarily left military education as well as those who had earlier served as reserve officers or senior soldiers will be able to take on a Short Service Commission. SSC officers will not be taken into service as military judges. All those filling the education, age and other requirements will be given the rank of Lieutenant.

The period of contract, which will be no less than three and no more than nine years, will be determined in the directive according to arm and branch of service and in connection with the needs of service and training costs. (Turkish Daily News, June 15, 2001)

Commandes d'armes malgré la crise économique

Au salon de Bourget en France, les ministres de la défense de huit pays européens ont, le 20 juin, signé un protocole d'accord portant sur l'achat de 196 avions de transport militaire Airbus A400M. Parmi les acheteurs figurent la Turquie avec 10 appareils.

Les promoteurs du projet s'attendaient toutefois à un total légèrement supérieur, la Turquie ayant revu sa commande en baisse de 20 à 10 avions. Le contrat devrait être officiellement signé fin septembre 2001. (CILDEKT, 22 juin 2001)

L'armée turque renonce à un projet avec Thales

L'armée turque a annulé un contrat avec la firme française Thales (ex Thomson-CSF) pour la modernisation du système de navigation de ses chasseurs F-16 à la suite de pressions américaines, a indiqué mercredi le journal turc Milliyet.

Aux termes de l'accord, Thales devait équiper une soixantaine de F-16 de l'aviation turque de systèmes de navigation modernes.

L'état-major des armées turques a demandé le 29 mai au ministère de la Défense de faire le nécessaire pour l'annulation du contrat d'un montant de quelque 200 millions de dollars signé en septembre dernier, selon le journal.

La presse turque avait évoqué l'éventualité de l'annulation de ce contrat en janvier après l'adoption par le parlement français d'une loi reconnaissant le génocide arménien sous l'empire ottoman.

Rendue furieuse par cette décision, la Turquie avait annulé une série de projets avec des compagnies françaises.

Mais selon Milliyet, la vraie raison derrière la décision de l'armée turque est l'opposition des Etats-Unis à l'installation d'équipements non-américains sur les F-16 fabriqués en Turquie sous licence américaine.

Le ministère de la Défense et les responsables de Thales en Turquie n'étaient pas joignables dans l'immédiat.

Le département de la Défense américain a mis en garde récemment ses interlocuteurs turcs dans une lettre sur des "incompatibilités pouvant se produire dans les opérations conjointes avec les Etats-Unis si des systèmes étrangers sont installés sur les appareils", ajoute le quotidien.

Les Etats-Unis sont le principal fournisseur d'armes de la Turquie. Ankara souhaite cependant diversifier ses source d'approvisionnement pour réduire sa dépendance vis-à-vis des Américains. (AFP, 13 juin 2001)

QUESTION KURDE / KURDISH QUESTION

Turkey's European future still over horizon

Black basalt walls dating to the fourth century overlook a stone inn where Arab traders and their camels once bedded down for the night. Overhead, the cloud-curdling thunder of American-made F-16 jets routinely competes with the calls to prayer issuing from the city's numerous mosques.

Under an ohal, or state of emergency, soldiers carrying automatic weapons patrol the streets in Land Rovers. Foreign reporters arriving at the local airport are met by plainclothes police officers, who tail them throughout their stay. And people who say or write things the government disagrees with, such as Kurdish separatists, say they are routinely tortured.

Is this Europe?

The Turkish government, which for four decades has aspired unsuccessfully to join the rich man's club known as the European Union, says it should be. But almost 2,000 miles from this center of rebellion and repression, officials at the EU's elegant headquarters in Brussels say, "We'll see."

The United States and its European allies have security and economic interests riding on the ultimate answer. Indeed, Washington badly wants NATO member Turkey, the site of air bases for bombing raids against Iraq and a transit route for new Caspian Sea oil supplies, to cement its pro-Western status by one day joining the EU.

Now, amid a debilitating financial crisis, Turkey is beginning to implement a 738-page reform plan designed to transform this flawed republic into a model European state. Many Europeans remain skeptical. But if Turkey's European dream were permanently frustrated, the secular government in Ankara could tilt toward an Islamic fundamentalism that would undermine U.S. interests along a volatile arc running from the Balkans to the Middle East.

"Turkey is strategically the most important country in Europe," says Gunter Verheugen, the EU official overseeing expansion. "It would be a terrible mistake to lose Turkey."

Turkey has a long list of shortcomings to overcome. The military exercises too much influence over politics. The economy is distorted by a "crony capitalism" that enriches allies of top politicians at the expense of the public. The electoral system is characterized by weak institutions and powerful political bosses, who run their parties as virtual fiefdoms.

Perhaps most disqualifying is the country's spotty human rights record, the shortcomings of which are easily seen in this regional capital about 450 miles southeast of Ankara. Deputy Prime Minister Mesut Yilmaz once famously highlighted the need for reform here by declaring, "The road to the EU passes through Diyarbakir."

Enlargement of the 15-nation EU to include the formerly communist nations of Central Europe, now expected by 2004, will radically change the United States' chief political ally and economic rival. But those changes would pale alongside the consequences of admitting Turkey, which stands at the end of a long line of EU aspirants.

Sheer size is one reason for caution: With more than 65 million people, Turkey would be Europe's second-most-populous state, after Germany. Even as Europe faces a looming labor shortage, some Europeans, especially Germans, worry about a flood of low-wage Turks undercutting native workers. With 46% of its people still depending on the soil for a living, extending EU agricultural subsidies to Turkey could swamp the union's already swollen budget. Plus, Turkey would be the EU's first Muslim nation, a breakthrough some Europeans welcome and others fear.

EU aspirants expected to be in the first wave of expansion, such as Poland, Hungary and the Czech Republic, overcame formidable challenges in scrapping communism and building free-market democracies. The transformation required to make Turkey fully "European" will be even more daunting.

The post-communist countries had been part of "Europe" for centuries before the Iron Curtain descended at the end of World War II. After the Berlin Wall fell in 1989, Poles, Hungarians and Czechs were happy to discard the communist ideology of their Soviet oppressors.

Turkey, however, is the successor to the Ottoman Empire, whose Muslim armies warred with Christian Europe for several centuries. The nationalist ideology of Kemal Ataturk (1880-1938), the founder of modern Turkey, remains virtually unquestioned. Meeting EU standards does not mean "taking the past Turkey and grinding it down in the garbage disposal," Foreign Ministry Undersecretary Faruk Logoglu warns.

Some Turkish officials hope that by making economic and political restructuring unavoidable, the current financial crisis could accelerate progress toward the distant European goal. "The things we should be doing for full (EU) membership are things we should do anyway for ourselves," says Volkan Vural, responsible for coordinating the government's bid for EU membership.

This impoverished southeastern city of 2 million is the epicenter of a Kurdish separatist conflict that has claimed more than 30,000 lives in the past 15 years. Kurds are the world's largest ethnic group without a state. There are 25 million Kurds spread across Turkey, northern Iraq and Iran.

The political climate here has improved over the past two years while the fighters of the Kurdistan Workers Party, or PKK, have observed a cease-fire. People now stay out on the dusty streets after dark, browsing the sidewalk markets or praying at one of the many local mosques.

Official repression hasn't stopped with the cessation of fighting. The local office of the Human Rights Foundation of Turkey recorded 128 complaints of torture last year, up from 73 the year before. Victims are those typically suspected of supporting the PKK's efforts to secure a Kurdish state. Three years ago, journalist Mehmet Eren was among them.

Accused of sympathizing with the PKK, Eren was beaten repeatedly by security officials, stripped and threatened with rape. When he refused to denounce rebel leaders during a 10-day detention, his testicles were crushed and he was forced to listen to recorded screams of what he assumed were other torture victims. "They were beating me all the time. The 10 days were like a lifetime," says Eren, who appears a decade older than his 37 years.

His travails are the subject of a case he brought against the Turkish government now before the European Court of Human Rights.

City governor A. Cemil Serhatli insists there has been no torture since he assumed his post 17 months ago. But Serhatli concedes that he rebuffed a local prosecutor in 1999 who recommended pressing torture charges against security officials in 33 cases.

How Ankara treats people here who regard themselves as Kurdish citizens of Turkey -- and not Turks -- is seen as a key test of the country's willingness to conform to European practices. So far, the government continues to refuse demands for Kurdish-language television broadcasts and newspapers. Some locals are afraid to even discuss politics with a foreigner.

In Ankara, officials insist the government will take its first steps toward reform, widening freedom of expression and providing constitutional guarantees for non-governmental organizations, by the end of June. But in Diyarbakir, human rights workers say hard-liners will try to provoke a renewed crisis to justify continued repression.

"They are trying to convince the people they are on their way to the EU," Eren says. "They are lying to themselves and the West and to their own people." (David J. Lynch, USA TODAY, May 31, 2001)

Une petite Kurde mordue à mort par les chiens des gendarmes

Emre Kocaoglu, député ANAP d'Istanbul, a adressé une question écrite au Premier ministre Bulent Ecevit à propos de la mort d'une petite fille kurde âgée de 11 ans, tuée à l'incitation des gendarmes par leurs chiens de garde à Bingöl.
La Fondation turque des droits de l'homme avait dénoncé l'affaire dans son rapport d'avril 2001: Gazal Beru, sa grande soeur, Meral, âgée de 13 ans et une dizaine d'autres petites filles, après avoir ramassé des plantes dans les champs, passent devant la caserne de la gendarmerie.

Meral, rescapée, raconte: "Au bout de quelque temps nous nous sommes rendues compte que nous avions perdu un couteau. Nous sommes alors retournées devant la caserne pour le rechercher. Le soldat de garde nous a demandé de quitter les lieux et nous lui avons expliqué que nous cherchions simplement nos couteaux. Il a alors lâché ses chiens sur nous en pointant son doigt sur nous et en criant 'attrape'. Les chiens nous ont pris d'assaut et nous avons commencé à hurler pour qu'il les arrête, mais il a continué et nous nous sommes enfuies jusqu'au cimetière. Le mur étant élevé, Gazal n'a pas pu monter. Cinq ou six chiens l'ont alors tiré et mordu".

Outre le sort des petites filles kurdes, la question d'Emre Kocaoglu rentrait plutôt dans le cadre des dernières polémiques survenues entre Bülent Ecevit, Mesut Yilmaz et la gendarmerie turque. "Si la gendarmerie dépasse ses prérogatives, pensez-vous engager une instruction contre elle?" conclue-t-il. Mais qui, en Turquie, va avoir le courage de poursuivre des militaires? (CILDEKT, 6juin 2001)

Cinq militants kurdes tués par l'armée dans le sud-est

Cinq rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan ont été tués par l'armée turque lors d'affrontements dans la province d'Hakkari (sud-est), a-t-on appris jeudi de source officielle à Diyarbakir.

Les affrontements ont opposé mercredi une unité de soldats en patrouille dans une région rurale et un groupe de rebelles, dans cette province frontalière avec l'Iran et l'Irak, a précisé un communiqué des autorités responsables de l'état d'urgence à Diyarbakir (sud-est).

Trois des rebelles tués étaient d'origine syrienne, précise le communiqué, ajoutant que "les opérations de sécurité continuent dans la région".

Le PKK a mené pendant quinze ans une guérilla armée contre le régime turc en vue de créer un Etat kurde indépendant dans le sud-est de la Turquie à majorité kurde.

Mais il a annoncé l'arrêt des combats et son retrait de Turquie à partir de septembre 1999, s'engageant à prôner une règlement pacifique, à l'appel de son chef Abdullah Ocalan, jugé en Turquie et condamné à mort pour trahison et séparatisme.

Depuis, les affrontements dans la région, qui ont fait quelque 36.500 morts, selon un bilan officiel, ont considérablement diminué.

Mais l'armée turque a rejeté les appels à la paix du PKK et a juré de poursuivre les rebelles jusqu'au dernier.

La plupart se sont réfugiés dans le nord de l'Irak contrôlé par deux factions kurdes irakiennes. (AFP, 7 juin 2001)

Ocalan exclu de l'abolition de la peine de mort

Une commission du parlement turc s'est entendue sur un projet d'amendements constitutionnels qui prévoient l'abolition de la peine de mort mais en exclut le chef du PKK Ocalan, et ouvre la voie à des émissions en kurde, a annoncé jeudi son chef Nejat Arseven.

Le projet de la commission, formée par les cinq partis représentés à l'Assemblée, concerne 37 articles de la constitution visant à la rendre conforme aux normes européennes, a expliqué M. Arseven devant la presse.

Il prévoit l'abolition de la peine capitale excepté en "temps de guerre" ou pour "crimes terroristes".

Cela exclut le chef du PKK, condamné à mort en 1999 par la justice turque pour trahison et séparatisme.

Son exécution a été suspendue dans l'attente d'une décision de la cour européenne des droits de l'Homme.

Le projet prévoit une levée des restrictions sur l'utilisation d'une langue autre que le turc, notamment le kurde, dans "la propagation des opinions", en référence à des émissions en kurde, à condition qu'elles n'aient pas un caractère séparatiste.

Un compromis sur ce projet est intervenu après de "difficiles" discussions en raison d'oppositions du Parti de l'Action Nationaliste (MHP, extrême droite), membre du gouvernement tripartite, souligne-t-on de source parlementaire.

La Turquie, candidate à l'Union Européenne depuis 1999, doit remplir les critères de Copenhague sur le respect des droits de l'Homme et de la démocratie --abolition de la peine de mort, droit à un enseignement en kurde et réduction du rôle de l'armée dans la vie politique-- pour pouvoir ouvrir des négociations d'adhésion.

Les amendements prévoient l'élargissement de la liberté d'expression et des droits syndicaux, une augmentation du nombre des civils au Conseil national de sécurité, instance réunissant les plus hauts dirigeants civils et militaires à travers laquelle ces derniers pèsent ouvertement sur la vie politique.

Un autre amendement rend plus difficile la fermeture des partis politiques, en définissant une série de critères stricts.

Le projet doit être soumis aux trois partis gouvernementaux et peut encore être modifié avant d'être voté par les députés, vraisemblablement après leurs vacances de juillet à octobre. (AFP, 14 juin 2001)

Turkish Army continues operations in Kurdistan
 

The Turkish army has been continuing military action in Zagros, Botan, and Behdinan. While the operation begun in Zagros has ended, another operation was begun in the environs of Cudi Mountain.

While Turkish military units continue their operations despite the PKK's call for peace and its pursuit of the path of democratic struggle, units which were sent into the regions of Oramar, Ertus, and Carcela on June 1 began to withdraw as of June 12. PKK sources state that while they do not have information on the number of military losses in these operations, one guerrilla lost his life and 4 guerrillas broke away from their units. Meanwhile, all the tanks that were in Ciyaye Spi have been withdrawn.

There has also been a reduction in troops in Kanimasi. No information was available as to where the withdrawing soldiers were transferred.

It was also learned that tanks in the South Kurdistan Metina region bordering on North Kurdistan were withdrawn. Only three tanks remain in the KDP-controlled town of Shaladize, where a number of tanks had been kept for a long time. While PKK sources have confirmed the withdrawal, they also say that 41 of the tanks that were withdrawn are being kept at Bamerni. It was also learned that a 100-vehicle military convoy has gone to Semdinli.

'We have nothing to do with the mines'

Meanwhile, it was learned that the Turkish military began an operation near Cudi Mountain a while ago. It was reported that there have been no clashes so far in the operation in which two air brigades are participating. The People's Defense Forces (HPG) released a statement saying that an operation had begun in Masiro and Sukurpasa the other day.

Meanwhile, the HPG also released a statement saying that it have nothing to do with the mine which exploded on the road between Gire Colyan and Silopi, leading to the deaths of three people. The HGP statement said unequivocally that it had nothing to do with the incident.

Meanwhile, although no solid results have come out of the latest meetings between the Kurdistan Democratic Party (KDP) and Patriotic Union of Kurdistan (PUK), the meetings are continuing. The PUK has in the meantime increased its road check points near Kandil Mountain, while all its peshmergas are receiving one month of training from Turkish military officers. (Ozgur Politika, 19 June 2001)

Journalistes kurdes empêchés de couvrir une visite de Sezer

Deux journalistes kurdes basés en Roumanie ont été empêchés, "à la demande de la délégation turque", de couvrir la conférence de presse donnée jeudi à Bucarest par le président turc Ahmet Necdet Sezer, a indiqué le Service de protection des personnalités (SPP).

Les deux journalistes, qui disposaient des accréditations nécessaires, ont été admis dans la salle du palais présidentiel où devait se tenir la conférence de presse, avant que des membres du SPP ne leur demandent de sortir, selon la même source.

"A la demande d'un membre de la délégation turque, les accréditations leur ont été retirées", a expliqué le porte-parole du SPP, Constantin Dobre.

Les deux hommes, qui n'ont pas opposé de résistance, ont été escortés jusqu'à la sortie du palais, a-t-il ajouté.

Les deux journalistes, Mustafa Kemal Akkaya et Bunyamin Aras, qui travaillent pour le mensuel Vocea Mesopotamiei (la Voix de la Mésopotamie), bénéficient depuis plusiseurs années du statut de réfugiés en Roumanie, a-t-on appris auprès de leur journal.

M. Akkaya est membre d'un association de journalistes roumains ainsi que de la Fédération internationale des journalistes (FIJ), selon la même source.

Le président turc a entamé jeudi une visite de deux jours en Roumanie à l'invitation de son homologue Ion Iliescu. (AFP, 21 juin 2001)

The PKK warns Turkey of a new war in Kurdistan
 

The Kurdistan Workers Party (PKK) has warned two years after declaring a unilateral ceasefire that it may resume armed operations against Turkish security forces.

The PKK said it was prepared to start striking back against Turkish forces, which were inflicting "constant blows" upon them with 33 rebels killed since April. Clashes between the PKK and the Turkish military have become intermittent since Ocalan ordered the unilateral ceasefire in April 1999.

Ocalan, who has been sentenced to death by a Turkish security court on charges of treason and is awaiting the outcome of his appeal to the European Human Rights Court, had hoped that the ceasefire would prompt the government to negotiate cultural rights for the countryıs estimated 12 million Kurds.

Since Ocalanıs capture in February 1999, some 5,000 PKK fighters have withdrawn into northern Iraq and Iran.

But the Turkish government has dismissed Ocalanıs strategy as an attempt to save his own neck and has vowed to wipe out the PKK, which it denounces as a terrorist organization. The government has so far done little to rebuild the war-ravaged south-eastern Turkey and to restore political stability.

Some 30,000 people have died in 16 years of fighting between the PKK and security forces in south-eastern Turkey.

"The constant blows aimed at destroying us are forcing our guerrilla forces towards retaliation," the PKK command was said in a statement on the website of Ozgur Politika, a pro-Kurdish publication. "We call on officials of the Turkish state once more to abandon these coercive attacks and the politics of denial and destruction," the command said.

The statement said 33 PKK rebels had been killed in the south-eastern provinces of Sirnak and Hakkari since April. The number of deaths tallies with statements made by security officials in April and May about clashes in the south-east of the country.

"Despite the Turkish armyıs cries of heroism, our guerrilla army is powerful and strong enough to rapidly become an even more superior force," the PKK said in its statement.

A farmer in Hakkari died this week and another was seriously wounded late on when a landmine exploded in the field where they were working, the governorıs office said. Officials said the mine had been laid by the PKK. (The Scotsman, June 22, 2001)

Violations des droits de l'homme au Kurdistan en mai

Osman Baydemir, responsable de l'Association turque des droits de l'homme (IHD) à Diyarbakir, a, le 13 juin, rendu public le bilan de mai 2001 des violations des droits de l'homme au Kurdistan. Au cours d'une conférence de presse, M. Baydemir a attiré l'attention sur l'augmentation des affrontements armés dans la région:

"Au mois de janvier 7, en février 1, en mars 11, en avril 13, en mai 23 personnes ont perdu la vie dans des combats".

Il s'est dit par ailleurs circonspect sur les dernières déclarations officielles relatives à la mort de 20 combattants du PKK dans le district de Yedisu, province de Bingol en mai 2001.

M. Baydemir n'hésite pas à parler d'"exécutions extrajudiciaires" et souligne qu'une enquête est en cours avec un contre rapport médical.

Voici le rapport de mai 2001 des violations des droits de l'homme:

- Nombre de placements en garde-à-vue: 111
- Nombre de personnes torturés et de sévices: 39
- Nombre d'arrestations: 23
- Nombre de publications interdites dans la région sous état d'urgence (OHAL): 17
- Nombre de pièces de théâtre et de communiqués de presse interdits: 4 (CILDEKT, 22 juin 2001)

Trois militants kurdes tués dans le sud-est

Trois militants du PKK ont été tués par l'armée turque lors d'affrontements dans la province de Diyarbakir, chef-lieu du sud-est à majorité kurde, a-t-on indiqué mercredi de source officielle.

Un des rebelles tués dans les combats qui se sont produit dans une zone rurale lors d'une patrouille de l'armée est de nationalité irakienne, précise un communiqué des autorités responsables de l'état d'urgence à Diyarbakir.

Deux soldats ont par ailleurs été blessés par l'explosion d'une mine posée par le PKK dans la province de Sirnak, frontalière avec l'Irak, ajoute le communiqué.

Le PKK a mené pendant quinze ans une lutte armée contre l'Etat turc pour créer un Etat kurde indépendant dans le sud-est de la Turquie.

Mais il a annoncé l'arrêt des combats et son retrait de Turquie à partir de septembre 1999, à l'appel de son chef Abdullah Ocalan, jugé en Turquie et condamné à mort pour trahison et séparatisme.

Depuis, les affrontements dans la région, qui ont fait quelque 36.500 morts, selon un bilan officiel, ont considérablement diminué.

Mais l'armée turque a rejeté les appels à la paix du PKK et a juré de poursuivre les rebelles jusqu'au dernier.

La plupart se sont réfugiés dans le nord de l'Irak contrôlé par deux factions kurdes irakiennes. (AFP, 27 juin 2001)

Les femmes kurdes poursuivies pour avoir dénoncé les viols

La Cour de sûreté de l'Etat (DGM) d'Istanbul a, le 28 juin, procédé à l'audience de cinq femmes ayant participé en tant qu'intervenant à une conférence contre le harcèlement sexuel et le viol.

19 femmes, dont Fatma Kara, Nahide Kilici, Zeynep Ovayolu, Fatma Karakas et Kamile Cigci, sont également poursuivies par le tribunal correctionnel de Beyoglu pour "séparatisme".

Les deux juridictions leur reprochent d'avoir mentionné les termes de "provinces kurdes" et "femmes kurdes" au cours de cette conférence tenue le 15 juin 2000.

Au cours de l'audience, Me Gulizar Tuncer, avocat de la défense, a contesté le chef d'accusation en déclarant "les femmes kurdes comme d'autres sont victimes de viol. Raconter cela ne constitue en rien une infraction. Les procureurs des cours de sûreté de l'Etat peuvent ne pas reconnaître le peuple kurde, mais ils ne peuvent nier la réalité kurde".

De nombreux observateurs étrangers ont assisté à l'audience qui a été repoussée au 17 octobre 2001. (CILDEKT, 2 juillet 2001)

Une histoire du Kurdistan interdite en Turquie

La Cour de sûreté de l'Etat d'Istanbul a ordonné la saisie du livre "Histoire du Kurdistan", publié par les éditions Avesta et réalisé par des académiciens de l'Institut d'orientation russe. La cour a soutenu que "de la page 9, préambule du livre et jusqu'à la dernière page, soit la page 359, le livre n'est qu'une propagande contre l'Etat et la nation turcs et porte atteinte à l'intégrité indivisible du pays".

L'éditeur, dans un communiqué de presse daté du 25 juin, a dénoncé la saisie et s'est étonné de constater qu'"un livre de 390 pages ait été lu en une heure et puis interdit". (CILDEKT, 2 juillet 2001)

MINORITES / MINORITIES

Manifestation contre la reconnaissance du génocide arménien

Plusieurs milliers de manifestants se sont rassemblés dimanche à Ankara pour protester contre une campagne arménienne en faveur de la reconnaissance du génocide des Arméniens sous l'empire ottoman au début du 20ème siècle.

Les manifestants, qui arboraient des drapeaux turcs, ont scandé des slogans nationalistes, critiquant notamment l'Arménie ainsi que la France, dont le parlement a officiellement reconnu comme un génocide les massacres des Arméniens sous l'Empire ottoman, dans une loi adoptée en janvier.

Un orateur a affirmé lors du rassemblement que durant les dernières années de l'empire ottoman, les Arméniens avaient massacré des dizaines de milliers de Turcs lors de combats pour l'indépendance en Anatolie orientale.

La Turquie nie catégoriquement que les Arméniens aient été victimes d'un génocide de 1915 à 1917 sous l'empire ottoman, et affirme que quelque 300.000 Arméniens et des milliers de Turcs ont péri dans des affrontements lorsque les Arméniens ont soutenu les troupes russes lors de la Première guerre mondiale.

Les Arméniens affirment que 1,5 million des leurs ont péri dans les massacres et déportations. (AFP, 10 juin 2001)

La pression sur la communauté assyro-chaldéenne

Le quotidien turc Milliyet du 15 juin dénonce sous le titre de "la pensée d'Hitler persiste", l'oppression subie par la communauté assyro-chaldéenne du Kurdistan du fait des décisions discrétionnaires et arbitraires du ministère de l'Intérieur turc.

Selon le quotidien, le ministère turc de l'Intérieur a interdit tout accès de la région jusqu'à la fin de l'année 2001, particulièrement aux étrangers désireux de s'y rendre pour des recherches scientifiques et le tourisme. Un jour après la destitution du ministre de l'Intérieur, les autorités régionales ont été informées que cette décision a été modifiée sous certaines conditions. Alors que le Premier ministre Bulent Ecevit avait promis l'autorisation de retour des assyro-chaldéens dans leur région, le ministère de l'Intérieur reste sourd à cela.

Dans la nouvelle décision, il est stipulé que "les étrangers devraient informer les autorités 48 h à l'avance", que "les tours opérateurs devraient être en relation directe avec la gendarmerie", qu'"il est interdit d'y séjourner la nuit", que "les visites devront être effectuées accompagnées d'un guide".(CILDEKT, 15 juin 2001)

Two Syriac juveniles arrested in Sirnak

In Idil district (Sirnak) two juveniles of Syriac origin were arrested when they filmed each other with a video camera. Reportedly Ibrahim Konutgan (27) and Bilal Gülec (18) went to the church of Mother Maria on 8 June and filmed each other while walking in the church.

The soldiers from a nearby station were informed the police that military objects were being filmed. The police detained the young people.

During an inspection of the tapes Bilal Gülec reportedly acted as speaker of Medya TV saying that 12 soldiers were killed and the guerillas did not receive the slightest wounds. Ibrahim Konutgan was on film when lighting a candle saying ³I light this candle for all of our people to return to Mesopotamia².

Both juveniles were arrested on 9 June for making separatist propaganda and filming military objects. Their hearing should start in the near future at Diyarbakir SSC. (Radikal-TIHV, June 15, 2001)

SOCIO-ECONOMIQUE / SOCIO-ECONOMIC

358.000 travailleurs on perdu leur emploi en trois mois

La crise économique, qui secoue la Turquie depuis plusieurs mois, a fait perdre leur emploi à plus de 358.000 personnes au cours du seul premier trimestre de l'année 2001, indique l'Institut National des Statistiques (DIE), dans un rapport cité par l'agence Anatolie.

Le nombre des personnes officiellement à la recherche d'un emploi est passé de 1,451 million à 1,809 million entre le 31 décembre 2000 et le 31 mars 2001, soit une augmentation de 24,7%, précise le DIE.

Selon le DIE, le taux officiel du chômage aurait ainsi augmenté de 8,3% à 8,6%, même si ces chiffres passent pour être loin de refléter la véritable situation de l'emploi en Turquie, où l'économie dite "informelle" est en outre trés importante.

En février, le DIE avait déjà annoncé que le programme de stabilisation économique mis en place en décembre 1999 avec le Fonds Monétaire International (FMI) avait coûté 120.000 emplois au cours du second trimestre de l'an 2000.

En novembre, une première crise financière due au manque de liquidités dans le secteur bancaire, avait incité le FMI et la Banque Mondiale à voler au secours d'Ankara, avec une aide de 10 milliards de dollars.

Puis, le 22 février, une profonde crise de confiance envers le gouvernement a poussé la Turquie à abandonner la parité fixe de la livre turque face aux devises, et à renoncer à son plan de lutte contre l'inflation.

En mai, le FMI a accordé un nouveau crédit d'aide de 8 milliards de dollars à la Turquie, mais l'activité économique demeure en léthargie. (AFP, 4 juin 2001)

Protection policière pour tortues en vadrouille en Turquie

Les tortues de la région de Tuzla (ouest d'Istanbul) bénéficient d'une protection policière particulière pour les empêcher de se faire écraser par les automobiles qui passent à proximité de leur lac de prédilection, en cours d'assèchement.

La mairie de Tuzla a placé autour de ce lac des panneaux avertissant les automobilistes: "Attention, sortie de tortues!" pour limiter les pertes de ces petits sauriens, dont des dizaines ont déjà été victimes de la vitesse, a indiqué à l'AFP Halil Guler, attaché de presse.

"Notre maire est sincèrement impliqué dans la défense de l'environnement, et voilà six mois qu'il a mis sur pied une Société des Amis de l'Environnement donnant un statut aux volontaires de la défense de l'environnement", a dit M. Guler.

"Mais nous ne nous attendions pas à une migration d'une telle ampleur, et il a fallu mettre sur place une patrouille de la police municipale quasiment à temps complet", ajoute-t-il.

La sécheresse pousse les tortues à chercher de nouveaux refuges et à traverser les 3 routes qui bordent le lac au péril de leur vie, explique-t-il.

Consciencieusement, les fonctionnaires descendent de leur voiture pour remettre les petites bêtes dans ce qui reste du plan d'eau, par ailleurs connu pour abriter une exceptionnelle communauté de plus de 300 espèces d'oiseaux.

La zone, protégée, fait l'objet d'un programme de sauvetage financé par la mairie du grand Istanbul pour alimenter le lac en eau pompée de la nappe phréatique.

En attendant, chaque jour, jusqu'à 50 tortues sont écartées du mauvais chemin, et "cela risque de durer tout l'été!", soupire Halil Guler. (AFP, 5 juin 2001)

Manifestations de fonctionnaires, 14 blessés à Mersin

Quatorze personnes, dont 6 policiers, ont été blessées jeudi et 10 manifestants ont été interpellés au cours d'échauffourées à Mersin (sud) entre la police et quelque 300 fonctionnaires qui dénonçaient un projet de loi leur déniant le droit de grève, a rapporté l'agence Anatolie.

Les manifestants, membres du Syndicat des travailleurs du service public (KESK), se sont rassemblés devant la branche provinciale d'un syndicat d'enseignants et ont voulu lire un communiqué de presse avant d'en être empêchés par la police, a précisé l'agence.

Des bagarres ont éclaté ensuite entre des manifestants et policiers qui voulaient franchir une barricade dressée par les policiers anti-émeute. Dix manifestants ont été interpellés, a ajouté l'agence.

A Ankara, quelque 2.500 manifestants ont scandé des slogans dénonçant le gouvernement et le Fonds monétaire international (FMI), qui a conclu en mai un programme d'austérité avec Ankara pour l'aider à sortir d'une grave crise financière, a constaté un photographe de l'AFP.

Des milliers d'autre fonctionnaires ont manifesté sans incident contre le projet de loi dans d'autres villes à travers le pays, notamment Izmir (ouest), Izmit (nord-ouest), Bursa (nord-ouest) et Antalya (sud) à l'appel du KESK, opposé au projet actuellement au parlement, qu'il juge loin de satisfaire les revendications sociales --droit à des conventions collectives, à la grève et à se syndiquer librement-- de ses membres.

Les lois turques interdisent aux fonctionnaires de faire grève contrairement aux ouvriers qui jouissent de libertés syndicales plus vastes. (AFP, 7 juin 2001)

TOBB report indicates deepening of crisis
 

The Turkish Union of Chambers and Commodities Exchanges (TOBB) voiced concern on Friday with the worsening economic situation that indicated the deepening of the crisis.

A report issued by TOBB also urged for an overhaul of the existing political system through amendments to the political party, election law and the Constitution.

Releasing the report, TOBB Chairman Fuat Miras said unless the government immediately started implementing some policies that would relieve the problems of the production sector of the country, "in a few months time there won't be a real sector in this country that we can talk about."

Miras said that in devising the new economic program the government did not feel the need to consult with TOBB and the developments have shown that the program falls short of addressing the problems of the real sector of the country.

Stressing that TOBB, the largest private sector organization in Turkey, did not support the program which was prepared without any contributions from itself, Miras said the Turkish business world was facing severe problems and indications show that these problems would further worsen in the near future unless some action is taken by the government.

He said it was the duty of the TOBB to diagnose well the problems of the Turkish businesses, produce ideas for their resolution and to convey these ideas to the government and the relevant bodies of the state.

He said that within that understanding from the day Turkey ended the dollar pegging policy and moved on to the fluctuating currency system, TOBB made all of the evaluations and sought ways of solving the problems.

He said that contrary to the statements of government officials, although more than three months have passed since the outbreak of the February crisis unemployment was still increasing, capacity utilization was decreasing, the anticipated increase in exports was not materializing and electricity consumption in all industrialized Turkish cities has since then dropped by 50 percent.

"This is an alarming situation," Miras said.

Miras said the real sector was particularly suffering from financing problems because of credit repayments and difficulties in obtaining fresh credits.

The TOBB chief Turkish businessmen expected from the government to at least act to decrease the bureaucracy.

The majority of the 3,476 businesses polled by TOBB reported that they were facing greater difficulties in the first quarter of this year compared to the same period of last year.

A sharp economic contraction that followed the two financial crises in November and February forced firms to cut production and opt for layoffs.

Survey results announced by TOBB officials yesterday indicated that 96.9 percent of the businesses would like to see a new political party and election law, and 95.5 percent want a new Constitution.

Some 98.6 percent of the firms said Turkey needs a management restructuring and 96.4 percent said local administrations should be reformed.

Survey results showed 79.7 percent of the firms experienced a more difficult period in the first quarter when compared to the same period of last year. Some 15.1 percent said their situation hasn't changed, while only 5 percent reported a recovery.

Of the polled firms, 32.5 percent anticipated that business would get worse during the rest of the year, while 41.3 percent don't expect a change. Some 26.2 percent expect recovery.

Around 56.5 percent of the businesses reported that they had made layoffs in the first quarter of this year and only 2.4 percent reported an increase in employment.

The results showed 40.7 percent of the firms are planning layoffs for the rest of the year and 50.6 percent plan to keep it unchanged. Just 8.7 percent plan to employ new workers.

Asked if they have secured bank loans in the first quarter of this year, 70.2 percent said they haven't, while 17.3 percent of the firms were borrowers. Around 74 percent don't plan to borrow from banks during the rest of the year.

Some 32 percent of the businesses are planning a downsizing in order to remain operational during the rest of the year, while 63.2 percent are planning to maintain the existing structure. Only 4.8 percent anticipated growth.

Meanwhile, 61 percent of the businesses said they have understood the ongoing economic program, while the rest have failed to understand it. (Turkish Daily News, June 8, 2001)

La prostitution de la victime: circonstance atténuante!

Un tribunal d'Istanbul a commué les peines de prison à vie prononcées contre 3 frères qui avaient tué leur soeur pour laver l'honneur de la famille, estimant que la prostitution à laquelle elle se livrait était une "grave provocation", a rapporté mardi le journal Hurriyet.

Dans la nuit du 6 juin 2000, les frères Salman, originaires d'Agri (est), avaient jeté du haut d'un pont à Istanbul leur soeur Nayime, 15 ans, qui se livrait, selon eux, à la prostitution, selon l'acte d'accusation.

Les accusés ont nié avoir tué leur soeur, affirmant qu'elle s'était suicidée en se jetant du haut du pont au moment où leur voiture s'était arrêtée, précise le journal.

Nayime avait été forcée par sa famille à se marier religieusement à 13 ans, puis s'était enfuie à plusieurs reprises de chez elle, avant que ses frères ne la retrouvent à Istanbul.

Une cour d'assises les a reconnus coupables de meurtre avec préméditation, et condamné à la prison à vie, avant de commuer les sentences en estimant que le fait que la victime se prostituait constituait une "grave provocation", et donc une circonstance atténuante.

L'un des meurtriers, dont la peine a été commuée à 4 ans et 5 mois de prison, a immédiatement été libéré à l'issue de l'audience par le jeu des remises de peine, indique Hurriyet.

Ses deux frères ont été condamnés à 12 ans et six mois de prison et 8 ans et quatre mois de prison. Il ne devront en principe purger que les deux tiers de leur peine.

Les crimes d'honneur existent notamment dans l'est et le sud-est de la Turquie, où les traditions ancestrales continuent de déterminer la vie quotidienne. (AFP, 12 juin 2001)

Tarkan veut quitter la Turquie sous la pression

L'idole de la pop turque Tarkan a décidé de quitter son pays pour une durée indéterminée après la publication dans les médias turcs de photos, le montrant nu avec de jeunes hommes, qui ont relancé les rumeurs sur son homosexualité présumée, a rapporté la presse mardi.

"Je ne sais pas quand je reviendrai", a déclaré à Istanbul le chanteur de 28 ans, qui a fait une belle percée à l'étranger. "Je veux respirer un bon coup, mais ce n'est pas une fuite", a-t-il ajouté, cité par les médias.

Les télévisions et journaux turcs ont publié vendredi une série de photos montrant Tarkan nu avec d'autres hommes, relançant les rumeurs sur l'homosexualité présumée du chanteur, malgré ses démentis répétés.

Après la publication de ces clichés, Tarkan a déposé plainte pour chantage contre la personne qui les a diffusés, Suleyman Sahin. Le chanteur accuse ce dernier d'avoir subtilisé les photos lors d'un déménagement de ses affaires à New York et d'avoir tenté de les lui vendre en échange de 250.000 dollars.

Suleyman Sahin a été arrêté et mis en détention préventive à Istanbul. (AFP, 12 juin 2001)

Justice Commission approves Civil Code Bill

The parliamentary Justice Commission on Thursday after long debates approved the controversial Civil Code Bill, having 1,030 articles.

 The commission finally reached a reconciliation after five months of discussions. The bill includes the following four chapters: "Introduction," "Family Law," "Heritage" and "Law on Assets."

 The hottest debate on the bill was about equal share of assets.

 According to the bill, in case of a divorce the husband and wife will share the assets purchased during the marriage equally.

 The bill amends the former Civil Code article naming the "husband" as the master of the house and says the husband and wife have equal say and equal rights.

 According to the bill, a wife will have the opportunity to use her maiden surname together with her husband's family name.

 The bill sets the marriage age for both male and female at 18; for extraordinary occasions, it can be reduced to 17.

 The bill removes the former Civil Code article that says the "husband is in charge of taking care of the wife and children" and says there would be equal financial responsibility.

 After its approval in the parliamentary Justice Commission, the bill will be discussed in a parliamentary meeting and will then be voted on. (Turkish Daily News, June 15, 2001)

Le déficit du budget multiplié par six après la crise

Le parlement de la Turquie en pleine crise économique a adopté jeudi soir un collectif budgétaire d'environ 26 milliards de dollars de dépenses, multipliant presque par six le déficit prévu, à quelque 24,8 milliards de dollars.

Ces nouvelles dépenses sont destinées principalement aux charges d'intérêts à verser pour les fonds destinés à la restructuration du système bancaire, au coeur des problèmes financiers.

L'adoption de ce collectif est l'une des exigences du Fonds monétaire international pour débloquer une seconde tranche d'un prêt de quelque 8 milliards de dollars destiné à soutenir le programmes de réformes économiques approfondies de la Turquie.

Initialement, le paiement des intérêts de la dette publique s'élevait à 14,35 mds USD et le déficit budgétaire s'établissait à 4,5 mds USD.

 La crise a obligé le gouvernement à réviser ses objectifs économiques et notamment le budget dont le montant initial s'élevait à près de 42 milliards de dollars.

Depuis février, la livre turque a perdu 40% de sa valeur par rapport au dollar, alourdissant le remboursement de la dette publique. En outre, la réforme du secteur bancaire entreprise par le gouvernement a grevé le budget de charges supplémentaires, et l'économie est entrée en récession. (AFP, 15 juin 2001)

Les crimes d'honneur persistent dans une indulgence légale

Les peines modérées récemment infligées à 3 frères pour crime d'honneur font ressortir l'indulgence des lois turques et le calvaire des femmes soumises à des coutumes tribales encore vivaces dans certaines communautés d'un pays candidat à l'Union européenne.

Et la grande révision du code pénal en cours d'élaboration ne prévoit rien contre cette pratique consistant à tuer les femmes sur ordre des anciens pour laver l'honneur familial, selon les spécialistes.

Une cour d'Istanbul a condamné à vie trois frères la semaine dernière pour le meurtre prémédité de leur soeur de 15 ans, qu'ils ont jetée du haut d'un pont parce qu'elle avait déshonoré la famille en fuguant et en se prostituant. Mais les sentences ont été réduites à des peines entre 4 et 12 ans de prison parce que la victime avait "provoqué" le meurtre par sa conduite.

Cette décision est l'un des nombreux exemples montrant que les hommes s'en tirent avec des peines courtes pour des crimes d'honneur.

Ces crimes, sur lesquels il n'existe pas de statistiques, ont leur origine dans les communautés kurdes et arabes du sud-est sous-développé de la Turquie, où le féodalisme pèse encore lourdement sur la population, selon Mehmet Farac, journaliste et auteur d'un livre sur les crimes d'honneur.

La pratique s'est étendue au reste du pays avec les migrations.

"Le conseil de famille prend la décision de tuer une femme et désigne un exécutant, qui est presque toujours un mineur pour s'assurer qu'il aura une peine réduite", a expliqué M. Farac à l'AFP.

Son livre, "Les femmes sous le joug des coutumes tribales", raconte les meurtres de 5 filles, entre 1994 et 1998 dans la province de Sanli Urfa (sud-est), pour conduite déshonorante aux yeux de leurs famille.

Deux d'entre elles --dont une de 12 ans-- ont été égorgées dans un jardin public, deux autres écrasées par un tracteur, la cinquième tuée par balle par un jeune frère.

M. Farac doute que le nombre de crimes d'honneur soit jamais connu dans la région, où nombre de filles ne sont pas enregistrées à la naissance ni envoyées à l'école.

"Il est très facile d'éliminer quelqu'un qui n'existe pas officiellement. Et les témoins ne parlent pas parce qu'ils trouvent ces meurtres justifiés", dit-il.

Mais le principal obstacle à la prévention de ces meurtres est un article du code pénal qui prévoit des réductions de peine importantes pour des crimes commis "sous provocation", explique Canan Arim, avocate en pointe dans la lutte contre la violence envers les femmes.

"Les assassins plaident presque toujours la provocation liée à la conduite de la victime, qu'ils disent contraire aux coutumes, et écopent de peines réduites qui ne sont pas dissuasives", dit-elle.

Comme les meurtriers nient toute décision familiale collective, les instigateurs restent impunis.

"Les contradictions du système légal font de la violence contre les femmes en Turquie une politique d'Etat", estime-t-elle.

Le projet de révision du code pénal prévoit de supprimer la clause réduisant les peines de ceux qui tuent un parent surpris en flagrant délit d'adultère, mais conserve l'article sur la provocation.

"Pour arrêter la violence, il ne doit pas y avoir de réduction de peine. Un meurtre est un meurtre", dit Me Arim, plaidant aussi pour une campagne d'éducation afin de lutter contre le système féodal et d'éradiquer la pauvreté.

"Alors seulement la population désapprouvera les crimes d'honneur et cessera de traiter ses auteurs en héros qui ont lavé dans le sang l'honneur de la famille", dit-elle. (AFP, 17 juin 2001)

La conversion de la dette intérieure en dollars

La Turquie a procédé lundi à une conversion de la dette intérieure sur 850.000 milliards de livres turques (733 millions de dollars) supplémentaires, en raison d'une forte demande des banques suite à la conversion de 7 milliards de dollars effectuée la semaine dernière, a indiqué le Trésor turc.

"Des offres totalisant 1.639.000 milliards de livres (1,4 milliard de dollars) ont été reçues, et 850.000 milliards ont été honorées", a indiqué le Trésor dans un communiqué.

Le ministre de l'Economie Kemal Dervis avait indiqué dimanche que la conversion porterait sur 7 milliards de dollars, sur des propositions reçues de quelque 9 milliards de dollars.

Au terme de cette conversion, les banques privées ont échangé les deux tiers de leurs bons du Trésor libellés en livres turques venant à échéance d'ici juin 2002 contre des bons indexés sur le dollar avec un remboursement à échéance de 3 ans pour un tiers, de 5 ans pour un deuxième tiers, avec un cours du dollar fixé à 1.160.000 livres turques et un taux d'intérêt égal à celui du marché monétaire londonien (Libor) +2,85%, soit quelque 7%.

Le dernier tiers a concerné des bons en livres turques à échéance d'un an en échange de ceux arrivant à maturité en 2001, et de deux ans pour ceux arrivant à maturité en 2002, avec un taux d'intérêt de 27,8% sur les six premiers mois puis un taux d'intérêt variable aligné sur les émissions à trois mois.

L'opération a pour but à la fois d'étaler le remboursement de la dette intérieure de l'Etat et de fournir aux banques privées turques les instruments leur permettant d'avoir accès à des liquidités en dollars pour fermer leurs positions. (AFP, 19 juin 2001)

Treize membres de Greenpeace interpellés en Turquie

Treize militants de Greenpeace ont été interpellés par les forces de l'ordre turques jeudi alors qu'ils manifestaient à Istanbul contre les grands groupes pétroliers et les "dangers qu'ils présentent sur l'écologie", a annoncé la branche turque de l'organisation écologiste.

Des militants ont suspendu une banderole proclamant que "les pétroliers trament un désastre ici" devant un hôtel de luxe qui accueille une conférence internationale sur les ressources pétrolières de la Caspienne, la mer Noire et la Méditerranée, a précisé l'organisation dans un communiqué.

Des responsables gouvernementaux de plusieurs pays ainsi que des représentants des compagnies pétrolières BP, Chevron et Shell assistent à la réunion.

"Les responsables des géants pétroliers qui participent à la réunion doivent admettre que la production, le chargement et l'utilisation du pétrole provoque un changement climatique et est une menace pour l'écologie", a indiqué Melda Keskin, une responsable de Greenpeace en Turquie, citée dans le communiqué.

Elle a souligné le nombre croissant de pétroliers traversant le détroits turcs, dont le trafic est déjà congestionné.

Greenpeace a enfin appelé à la signature par tous les pays du protocole de Kyoto sur le changement climatique. (AFP, 21 juin 2001)

Mystérieuse hécatombe de tortues protégées en Turquie

Une trentaine de tortues marines d'espèces protégées ont été retrouvées mortes sur la côte méditerranéenne de la Turquie, soulevant l'indignation des écologistes.

Le ministère de l'Environnement a annoncé jeudi l'ouverture d'une enquête.

Selon la presse turque, au cours des derniers mois, 29 tortues rares ont été retrouvées mortes sur la plage à proximité d'une usine de Mersin utilisant du chrome, dont 6 en une seule semaine.

Plusieurs espèces de tortues marines rares pondent sur les plages du sud de la Turquie.

Le maire de la ville de Kazanli, où elles ont été retrouvées, a expliqué que les cadavres étaient apparus après que l'usine eut commencé début mars à rejeter des eaux souillées dans la mer, qui a été teintée en rouge en certains endroits.

Depuis des mois, des manifestations ont lieu à Kazanli et Mersin contre l'usine, avec la participation d'une vedette du rock turc, Haluk Levent.

D'après le quotidien Hurriyet, la direction de l'usine a affirmé que les eaux rejetées en mer étaient inoffensives. Mais une analyse commanditée par le chanteur a prouvé le contraire, et la direction de l'usine a été condamnée à payer une amende d'environ 20.000 dollars.

Le maire s'est indigné que les mises en garde et amende n'aient pu empêcher a mort des tortues à Kazanli, où 6 Caretta Caretta et 23 tortues vertes Chelonia Mydas ont été retrouvées mortes.

Une délégation d'experts du ministère de l'environnement doit se rendre à Mersin pour élucider la cause des décès, a annoncé jeudi le ministre Fevzi Ayketin. (AFP, 21 juin 2001)

Un garde de sécurité distribue l'argent de la banque

Un garde de sécurité d'une banque publique turque a distribué à des passants vendredi 32 milliards de livres turques (25.600 dollars) puisés dans le coffre pour protester contre ses problèmes financiers et la fermeture prochaine de la banque, a indiqué l'agence Anatolie.

Arif Korkut, employé depuis quatre ans dans une succursale d'Emlak Bank à Istanbul, a pris l'argent du coffre après avoir menacé un des employés, l'a mis dans un sac et a tiré un coup de feu avant de quitter le bâtiment, selon Anatolie.

Puis il a jeté une partie de l'argent en l'air et a distribué le reste aux passants et à des boutiquiers. Il a tiré 6 ou 7 coups de feu en l'air en face de la banque avant d'être arrêté par la police, selon Anatolie.

D'honnêtes passants ont remis à la banque 4,3 milliards de l'argent dsitribué par le gardien.

Korkut, marié et père d'un enfant, avait depuis quelques temps des problèmes financiers et a sombré dans la dépression en apprenant qu'il allait perdre son emploi, selon Anatolie.

Les employés d'Emlak Bank ont manifesté à plusieurs reprises ces dernières semaines contre le plan de fermeture de leur banque --l'une des 3 banques d'Etat dont les pertes ont atteint 20 milliards de dollars-- dans le cadre d'une réforme du secteur bancaire à l'origine d'une grave crise économique. (AFP, 22 juin 2001)

"Dernier avertissement" des écologistes aux pétroliers

Un groupe de défenseurs turcs de l'environnement a organisé dimanche sur le détroit du Bosphore une manifestation pour lancer un "dernier avertissement pacifique" aux pétroliers traversant la ville d'Istanbul, rapporte l'agence Anatolie.

Les quelques dizaines de manifestants, rassemblés sous la bannière du Cocon Turc de l'Environnement (Turkiye Cevre Kozasi) fédérant plus de 400 associations hétéroclites ont actionné des feux de Bengale et des sirènes de bateaux en déployant des banderolles sur les eaux du Bosphore, dit Anatolie.

A la tête de ce rassemblement flottant, le président de l'Association Paix avec la Nature Mehmet Ustun a prévenu qu'il s'agissait là d'un "dernier avertissement pacifique", après quoi "soit ils nous passerons dessus, soit ils s'arrêteront".

"Les détroits turcs ne sont pas un oléoduc" ou encore "main dans la main pour la sécurité avant le désastre" disaient les slogans des écologistes, rapportés par l'agence de presse.

Ils tentent depuis plusieurs mois d'attirer l'attention sur l'accroissement prévisible du transit par Istanbul des pétroliers qui exporteront bientôt le pétrole de la mer Caspienne livré au terminal de Novorossisk, en Russie.

Les animateurs ont annoncé avoir mis sur pied une union de 16 organisations non gouvernementales régionales autour de la protection de l'environnement, réunissant des Azéris, Bulgares, Moldaves, Russes, Roumains et Ukrainiens, dit Anatolie.

"Nous ne voulons pas de cargaisons nocives et de déchets nucléaires dans les détroits turcs", a expliqué Murat Zafer Cetintas, président de l'Organisation Environnementale des Guerriers de la Nature, qui organisait une manifestation parallèle. (AFP, 23 juin 2001)

Trente et un blessés dans un séisme de 5,5 dans le sud

Un séisme d'une magnitude de 5,5 sur l'échelle ouverte de Richter a secoué lundi Osmaniye (sud de la Turquie), faisant 31 blessés et des dégâts matériels, a annoncé lundi un responsable local.

La plupart des victimes se sont blessées en se jetant de leurs balcons et par la fenêtre, prises de panique, a précisé le vice-gouverneur de la province d'Osmaniye, qui porte le même nom que la ville, cité par l'agence Anatolie.

Aucun blessé n'était dans un état grave, a-t-il ajouté

Le maire de la ville, Memili Kirikanat, a indiqué à Anatolie que le tremblement de terre avait endommagé la tour de l'horloge de la ville et provoqué des fissures dans certains bâtiments.

La secousse s'est produite à 16h28 (13h28 GMT) et son épicentre était situé à Osmaniye, a indiqué l'institut sismologique Kandilli d'Istanbul.

Osmaniye est située à une quarantaine de kilomètres à l'est de Ceyhan, où un violent tremblement de terre avait fait plus de 100 morts et des centaines de blessés en juin 1998.

La Turquie, traversée de failles sismiques, est régulièrement secouée par des séismes. Les plus violents, d'une magnitude de 7,4 en août 1999 et 7,2 en novembre de la même année, avaient fait plus de 20.000 morts dans le nord-ouest densément peuplé. (AFP, 25 juin 2001)

Nouvelle loi déniant aux fonctionnaires le droit de grève

Le parlement turc a adopté lundi soir une loi controversée déniant aux fonctionnaires le droit de grève en dépit d'une d'une série de manifestations de protestations, a rapporté l'agence Anatolie.

La loi accorde une série de droits syndicaux plus vastes aux fonstionnaires mais leur interdit catégoriquement le droit de faire grève et de négocier des conventions collectives avec l'Etat.

Les militaires, les policiers, les juges et les procureurs ainsi que le personel des services de renseignements (MIT) notamment n'auront pas le droit de se syndiquer, selon la loi.

De nombreuses manifestations ont été organisées à travers le pays ces dernières semaines à l'appel du Syndicat des travailleurs du service public (KESK) pour dénoncer cette loi jugée "anti-démocratique".

Lundi, un groupe de 300 manifestants ont organisé un sit-in sur la place Kizilay d'Ankara pour dénoncer la loi. La police est violemment intervenue avec des canons à eau et matraques pour disperser les protestaires, selon les images diffusées sur la chaîne d'information NTV.

Les lois turques interdisent aux fonctionnaires de faire grève contrairement aux ouvriers qui jouissent de libertés syndicales plus vastes.

Une dizaine de manifestants ont été interpellés, selon l'agence Anatolie, qui fait aussi état de blessés parmi la police et les journalistes qui couvraient l'événement, sans préciser leur nombre. (AFP, 25 juin 2001)

Compromis sur la privatisation de Turk Telekom

Le gouvernement turc est parvenu jeudi à un compromis sur la composition du conseil de direction de Turk Telekom, condition posée par le Fonds monétaire international (FMI) pour l'octroi d'une aide financière, a annoncé le Premier ministre Bulent Ecevit.

"Le problème a été surmonté. Le résultat (du compromis) est bon. Que ce soit bénéfique à tout le monde", a-t-il dit aux journalistes.

Le ministre turc de l'Economie, Kemal Dervis, était depuis plusieurs semaines en désaccord avec le ministre des Transports, Enis Oksuz, du parti de l'Action Nationaliste (MHP, extrême droite), partenaire du gouvernement, sur la composition de ce conseil, qui dirigera la compagnie publique (qui doit être privatisée).

M. Dervis souhaitait une direction "professionnelle et compétente" sans affiliation politique, à l'instar du FMI, alors que M. Oksuz insistait sur la nomination de plusieurs de ses collaborateurs.

Ce compromis devrait permettre le versement par le FMI d'une tranche de 1,5 milliard de dollars en juillet (sur une aide de 8 milliards devant aider la Turquie à sortir d'une grave crise économique apparue en février).

Sur les sept membres du comité directeur (dont deux généraux en retraite), quatre ont été nommés par le MHP, deux par M. Dervis et un autre par le Premier ministre, selon la chaîne d'information NTV.

M. Dervis avait annulé mercredi soir une tournée à l'étranger en raison de la persistance du désaccord sur la composition de ce conseil.

La loi sur la privatisation de Turk Telekom, votée en mai au Parlement, avait déjà fait l'objet d'âpres débats au sein de la coalition en raison de  réticences de M. Oksuz.

Elle prévoit l'abandon par l'Etat de 99% du capital mais les partenaires étrangers ne pourront pas acquérir plus de 45% des actions. La Turquie se réserve aussi une "action en or" lui donnant un droit de veto sur des décisions qu'elle jugera contraires à ses intérêts nationaux.

L'assemblée générale de Turk Telekom, qui sera chargée de la privatisation de l'opérateur public, a ainsi finalement pû se réunir jeudi après plusieurs reports, a indiqué l'agence Anatolie. (AFP, 28 juin 2001)

Les députés adoptent une loi taxant les voyages à l'étranger

Le parlement turc a adopté vendredi un projet de loi prévoyant de nouvelles taxes, dont une de 50 dollars pour chaque Turc voyageant à l'étranger, afin de renflouer les caisses du pays confronté à une grave crise économique, a constaté l'AFP.

Chaque citoyen turc paiera désormais 50 dollars en sortant du territoire national. Cette taxe pourra être portée à 100 dollars par le conseil des ministres "en cas de nécessité".

Une taxe d'un million de livres turques par an (0,7 dollar) est également imposée à tout détenteur de compte bancaire.

Ces taxes seront en vigueur jusqu'au 31 décembre 2002.

Le gouvernement a finalement abandonné l'idée de taxes sur la téléphonie mobile.

La loi a été adoptée en un temps record de cinq minutes en l'absence des députés de l'opposition --ceux de l'ex-parti islamiste de la Vertu, interdit la semaine dernière par la Cour constitutionnelle pour "activités anti-laïques" et du parti conservatuer de la Juste Voie-- qui boycottent les travaux de l'Assemblée.

Le ministre du Tourisme Erkan Mumcu s'était prononcé contre l'imposition d'"une taxe de sortie du territoire", estimant qu'elle ne va pas rapporter des fonds "substantiels" au Trésor.

Une taxe similaire (100 dollars) avait été mise en vigueur au milieu des années 80 avant d'être levée dans les années 90.

Le Premier ministre Bulent Ecevit, qui dirige une coalition tripartite, et son ministre de l'Economie, Kemal Dervis, avaient pourtant assuré qu'il n'y aurait pas de nouveaux impôts pour lutter contre la crise économique qui a éclaté fin février.

La Turquie a conclu en mai un programme d'austérité avec le Fonds monétaire international (FMI) pour l'aider à sortir de la crise, marquée par une dévaluation de la livre turque de 40% face au dollar. (AFP, 29 juin 2001)

AFFAIRES RELIGIEUSES / RELIGIOUS AFFAIRS

10 militants du Hizbullah turc interpellés

Dix militants présumés du mouvement intégriste clandestin turc Hizbullah, dont une femme, soupçonnés d'être impliqués dans le meurtre du chef de la police de Diyarbakir (sud-est), ont été capturés lors d'une opération policière, a indiqué lundi le gouverneur de cette province Cemil Serhadli.

"Des armes saisis lors de l'opération à Diyarbakir ont été utilisées dans le meurtre de Gaffar Okkan", a-t-il précisé lors d'une conférence de presse.

Les militants sont interrogés par la police anti-terroriste, a-t-il souligné.

La police avait capturé le mois dernier un autre militant islamiste qui a avoué, selon les autorités, avoir participé au meurtre d'Okkan, tué par balles avec cinq autres policiers dans une embuscade en janvier à Diyarbakir.

Les autorités turques accusent le Hizbullah de tenter de renverser le régime laïque pour instaurer un état islamique.

L'an dernier, la police avait lancé une grande opération contre le mouvement et retrouvé les cadavres de 68 victimes présumées de l'organisation enterrées un peu partout en Turquie. (AFP, 3 juin 2001)

Former FP Deputy Kavakci (Headscarf Ban) Applies to ECHR
 

Merve Kavakci, a former Virtue Party (FP) deputy who had been denaturalized, applied to the European Court of Human Rights (ECHR) due to "human rights violations" against her.

Holding a press conference in Strasbourg, Kavakci said that she had been barred from participating in the oath ceremony at the Parliament after she had been elected as a member of parliament and later she was denaturalized.

Sources said that Kavakci applied to the ECHR claiming that "Turkey had violated Article 9 and 14 of the European Convention on Human Rights."

Article 9 is about freedom of religion and conscience and Article 14 is about prohibition of discrimination. (AA, June 12, 2001)

The headscarf comedy

From some dailies of June 19, 2001:

HURRIYET: "Headscarf-wearing girls were not admitted into the halls where the university entrance exams were held throughout the country on June 17. Some of them managed to take the exam by hastily covering their headscarves with wigs in the ladies' rooms. Many applicants simply took off their headscarves at the entrance. In Antalya male applicants were not permitted to take the exam while wearing hats. The exams took place without incidents. Of the applicants, 300,000 will be able to get a higher education while the remaining 1,154,000 will be left out in the cold."

MILLIYET: "Turkey is failing in this exam -- Once again the university exam, once again the same sad picture. Of the 1.5 million students who took the exam, 1 million will be left out. Meanwhile, for the first time this year, headscarved students were banned from taking the exam. Some of them wore wigs over their headscarves to be able to take the exam."

ZAMAN published a photo showing a headscarved girl, and the caption said that she was a student in Ankara who decided not to take the exam so as not to take off her headscarf."

YENI SAFAK: "The ban that caused them to shed tears."

RELATIONS AVEC L'OUEST / RELATIONS WITH THE WEST

A qui ce tapis rouge au Parlement européen?

La commission parlementaire mixte EU/Turquie se réunit ce mardi 26 juin 2001 à Bruxelles alors que le Parlement turc fait preuve incessamment de son obédience aux directives de la caste des militaires.

Reçue avec tous les honneurs sur tapis rouge par les députés européens, la délégation turque présidée par un Loup gris néo-fasciste répétera pour la énième fois "la détermination du régime d'Ankara de réaliser les réformes démocratiques".

A cette réunion, les parlementaires européens auront également l'honneur d'écouter pour la énième fois un discours ensorceleur du ministre turc des affaires étrangères Cem .

Or, dans ce pays candidat à l'Union européenne qu'ils représentent:

o Il y a quelques jours, le troisième parti politique du pays, le parti de la Vertu (FP) a été interdit par la Cour Constitutionnelle. Un autre parti populaire qui ne plait pas les militaires, le HADEP, est menacé de même façon d'une interdiction définitive.

o L'ancienne députée kurde Leyla Zana et ses trois collègues sont toujours privés de leur liberté en raison d'avoir prononcé publiquement leur origine kurde.

o Hier soir, le même parlement turc a adopté une loi controversée déniant aux fonctionnaires le droit de grève en dépit  d'une série de manifestations.

o Encore hier, les chefs des partis gouvernementaux, sous la pression des militaires et du chef du MHP néo-fasciste, ont décidé de reporter à l'automne le débat parlementaire sur les réformes constitutionnelles timides y compris l'abolition de la peine capitale.

o Le Conseil de la sûreté nationale (MGK) dominé par les militaires conserve toujours ses privilèges et bloque toutes les initiatives civiles pour la connaissance les droits fondamentaux du peuple kurde et des autres minorités ethniques et religieuses.

o Les opérations militaires contre les opposants kurdes s'intensifient ces derniers jours dans le Kurdistan malgré les appels pacifiques du PKK et menacent la paix précaire.

o La grève de la faim des prisonniers politiques qui protestent contre le régime carcéral a fait le 24e mort le 16 juin. Ainsi, le nombre total des victimes de la grève de la faim sıest élevé à 56 depuis l'assaut sanglant contre les prisons en décembre 2000.

o Les articles répressifs de la législation, notamment du Code pénal et de la Loi anti-terreur, restent toujours en vigueur et continuent ainsi de menacer tous les opposants. D'ailleurs, le parlement turc a adopté le 7 juin une nouvelle loi pour "sanctionner les délits sur l'Internet".

o L'état d'urgence reste toujours en vigueur dans quatre provinces kurdes et c'est le même parlement qui le reconduit  périodiquement  pour satisfaire les militaires.

o Ce sont les mêmes militaires qui empêchent toute solution pacifique aux questions chypriote et égéenne, et c'est le même ministre Cem, invité d'honneur du Parlement européen, défend ardemment la position belliqueuse des militaires sur le plan international.

Les députés européens, comment peuvent-ils s'entretenir avec les représentants d'un tel régime qui reste toujours une tâche noire dans le paysage politique européen? (Info-Türk, 26 juin 2001)

"Terrific image lobby" for Turkish adhesion to the EU

Turkey has reached a deal with WMP Eurocom, a terrific lobbying firm, to break the resistance in Germany which is blocking Turkey's European Union path.

The firm's executives include former Foreign Minister Hans-Dietrich Genscher who has opposed our EU membership drive for years. The advisers include former Chief of Staff Klaus Naumann, former Central Bank chief Karl Otto Pohl, author Peter Scholl-Latour and former head of ZDF TV channel Klaus Bresser.

WMP Eurocom was founded by a group of journalists who used to work for the Bild newspaper. Thanks to the efforts of the firm, Turkey will create a new image for itself and break the anti-Turkey policies especially in Germany." (Hurriyet, June 4, 2001)

La visite de Rumsfeld: "Une démonstration de force"

Un journal officiel irakien a dénoncé mercredi comme "une démonstration de force" contre l'Irak la visite du secrétaire américain à la Défense Donald Rumsfeld en Turquie, où il s'est inquiété des activités de la DCA irakienne.

"C'est une démonstration de force dans le cadre de l'escalade contre l'Irak, attisée par l'administration américaine", écrit le quotidien Al-Iraq.

Au cours de sa visite lundi, qui a coïncidé avec un nouveau bras de fer entre Bagdad et Washington, M. Rumsfeld s'est inquiété des risques encourus par les avions américains et britanniques chargés de surveiller les zones d'exclusion aérienne dans le nord et le sud de l'Irak.

"Le risque visant les avions de Northern et de Southern Watch augmente dans la mesure où d'autres Etats aident l'Irak à renforcer ses capacités militaires", a-t-il dit mardi, citant des "techniciens, notamment chinois, travaillant dans le secteur des communications".

"Les Etats-Unis envoient ainsi un message à l'Irak, pour dire qu'ils vont poursuivre leur agression", a estimé Al-Iraq, affirmant que "la menace ne fera pas plier l'Irak".

Bagdad a rejeté un projet de révision des sanctions de l'ONU, inspiré par les Etats-Unis, et que le Conseil de sécurité devrait discuter début juillet. (AFP, 6 juin 2001)

Blocage turc au sein de l'OTAN

La solution au blocage par la Turquie d'un accord entre l'OTAN et l'Union européenne doit être trouvée surtout par l'UE, a estimé mardi un haut responsable de l'OTAN.

"La balle est surtout dans le camp de l'UE. Nous pensons que cette question peut être réglée bientôt mais pas demain", lors du sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'OTAN à Bruxelles, a estimé ce haut responsable sous couvert de l'anonymat.

Depuis des mois, la Turquie, membre de l'OTAN mais pas de l'UE, bloque un accord entre les deux institutions sur l'accès des Quinze à la planification opérationnelle de l'Alliance atlantique. Ankara veut que cet accès soit décidé au cas par cas et non "garanti et permanent", comme le demandent les Quinze.

Ankara profite de ce que les décisions à l'OTAN sont prises par consensus pour tenter d'obtenir gain de cause auprès de l'UE. La Turquie refuse pour l'instant de se contenter des consultations étroites proposées par les Quinze aux six pays européens de l'OTAN non membres de l'UE dans le cadre de leur politique de défense.

Lors de la réunion des chefs de la diplomatie de l'OTAN à Budapest fin mai, un accord semblait proche. Les alliés se disaient alors confiants de trouver une solution d'ici le sommet de l'OTAN.

Juste avant Budapest, des hauts fonctionnaires du Département d'Etat américain s'étaient rendus en Turquie avec des homologues britanniques pour proposer un texte de compromis.

Selon ce compromis, les Quinze s'engageraient à prendre en compte les préoccupations de la Turquie dans le cas d'une opération dans sa région et à étudier attentivement sa participation à cette opération.

Ankara obtiendrait aussi l'assurance politique que la force de réaction rapide de l'UE n'interviendrait pas dans les disputes politiques entre alliés de l'OTAN, en référence implicite au conflit gréco-turc.

En Turquie, les autorités semblent divisées sur ce texte. De son côté, Athènes l'a rejeté en le jugeant contraire aux décisions du sommet européen de Nice en décembre. Selon les Grecs, cela reviendrait à accorder à un pays non membre de l'UE des prérogatives non prévues par le traité de Nice.

Le blocage turc pèse sur la construction de l'Europe de la défense, alors que les Quinze ont prévu de déclarer l'UE opérationnelle pour la gestion de crise au sommet européen de Laeken en décembre. (AFP, 12 juin 2001)

La Turquie encourt des sanctions du Conseil de l'Europe

Le secrétaire général du Conseil de l'Europe Walter Schwimmer a déclaré mercredi à Strasbourg que la Turquie encourrait des "sanctions", si elle persistait dans son refus de respecter l'arrêt de la Cour européenne des droits de l'homme, dans l'affaire Loizidou.

"Si un pays refuse de respecter un arrêt de la Cour, cela peut amener des sanctions, et à plus long terme certaines conséquences" plus graves, a dit M. Schwimmer (Autriche, chrétien-démocrate) en répondant à une question d'un journaliste sur une éventuelle exclusion de la Turquie.

"Les arrêts de la Cour européenne doivent être respectés et exécutés" par tous les pays membres, a insisté le secrétaire général.

La Turquie refuse catégoriquement de respecter un arrêt de la Cour qui l'a condamnée à dédommager une Chypriote grecque, Mme Titina Loizidou, spoliée de ses biens dans la partie nord de l'île en 1974, après l'intervention des forces armées turques.

Ankara a une nouvelle fois rejeté mardi la responsabilité des faits sur les autorités de la République turque de Chypre du Nord (RTCN), autoproclamée en 1983 et reconnue par la seule Turquie, après avoir reçu une troisième injonction à payer de l'exécutif du Conseil de l'Europe, le Comité des ministres.

"La Cour rend des arrêts qui ne sont pas politiques, mais strictement juridiques", a ajouté M. Schwimmer. Le règlement de la Cour ne prévoit pas qu'un pays se dispense d'exécuter un arrêt dans l'attente que certains problèmes politiques soient résolues.

Le Comité des ministres a brandi mardi la menace d'une sanction en "soulignant que l'acceptation de la Convention (européenne des droits de l'homme), incluant la juridiction obligatoire de la Cour et le caractère obligatoire de ses arrêts, est devenue une condition pour être membre de l'organisation"
Ankara a été condamné par la Cour à verser plus de 640.000 dollars (741.000 euros) à Mme Loizidou. (AFP, 27 juin 2001)

La Turquie maintenue "sous surveillance démocratique"

L'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe a, le 28 juin, décidé de maintenir la Turquie sous "surveillance démocratique", malgré "d'importants progrès constatés". Au chapitre des satisfactions, les parlementaires ont relevé le "Programme national pour l'adoption de l'acquis communautaire", en vue de l'adhésion à l'Union européenne, le cessez-le-feu annoncé du PKK, des réformes constitutionnelles (comme la suppression du juge militaire dans les cours de sûreté de l'Etat) et judiciaires notamment.

Mais de nombreux progrès restent à accomplir : éradiquer la torture, améliorer les conditions de garde-à-vue, abolir la peine de mort, modifier la loi sur le terrorisme qui ouvre la voie à l'arbitraire sur les "délits d'opinion", lever l'état d'urgence dans les quatre provinces du Sud-Est, briser l'isolement des détenus des prisons dites de type F qui font la grève de la faim depuis plusieurs mois. Le rapporteur, Andras Barsony [ndlr : Hongrie, socialiste], a même affirmé au cours du débat que les conditions de détention dans les prisons turques étaient de bien meilleure qualité que dans beaucoup d'autres prisons européennes. Allez comprendre pourquoi alors les prisonniers turcs font des grèves de la faim!

Mais l'Assemblée a aussi condamné l'interdiction du Parti islamiste de la Vertu, principal parti d'opposition du pays, troisième force au Parlement turc jusqu'à sa dissolution, en adoptant un amendement qui avait été rédigé avec l'accord de ses cinq groupes politiques. La décision de la Cour constitutionnelle turque d'interdire ce parti est "contraire aux principes de la démocratie pluraliste" et "de nature à contribuer à l'instabilité politique au moment où la Turquie entreprend d'importantes réformes", selon les parlementaires. Selon Andras Barsony, "il faut changer la Constitution pour que de tels faits ne se reproduisent pas". "Une partie de la Constitution turque, fondée sur des principes datant de l'instauration de la République turque en 1923, n'est pas conforme aux critères en vigueur au Conseil de l'Europe" souligne le rapport qui demande à ce qu'Ankara collabore avec la commission de Venise [ndlr : Commission créée pour assister les anciens pays communistes à élaborer une Constitution conforme aux critères occidentaux].

Par ailleurs, le quotidien turc Hurriyet accuse, à la Une de son édition du 29 juin, Oya Akgonenç, députée islamiste de la Vertu (FP - dissous) et représentante de la Turquie au Conseil de l'Europe, d'avoir causé, par son absence, le vote, dans un des rapports du Conseil, des mots "le peuple kurde" au lieu de "citoyens turcs d'origine kurde", expression officielle d'Ankara." Oya Akgonenç, du parti Fazilet, étant dans les coulisses pour défendre son parti dissous, le terme "peuple kurde" est entré dans un des rapports du Conseil de l'Europe", écrit Hurriyet. Les parlementaires du parti de l'Action nationaliste (MHP ? ultra-nationaliste) sont rapidement montés au créneau. Huseyin Kalkan (MHP) a déclaré: Y a-t-il une différence entre elle et Leyla Zana?

Vous arrivez ici avec l'argent de l'Etat et vous critiquez la Turquie à droite et à gauche. C'est immoral."

En outre, l'Assemblée reproche au gouvernement turc de refuser d'exécuter certains arrêts de la Cour européenne, notamment l'arrêt Loizidou, du nom d'une Chypriote grecque dépossédée de ses biens dans la partie nord de l'île, au moment de l'intervention de l'armée turque en 1974.

Il s'est pourtant trouvé quelques défenseurs de la Turquie dans l'Assemblée, tel le conservateur britannique John Taylor qui a affirmé qu'il ne se trouvait pas dans le camp des "casseurs de sucre" sur le dos de ce pays Toutefois, l'Assemblée a rejeté la plupart des amendements turcs qui tentaient d'affaiblir ses critiques et notamment un amendement demandant la fin de la "procédure de suivi" (monitoring), le système de "surveillance démocratique" mis en place dans les pays jugés les plus fragiles. (CILDEKT, 2 juillet 2001)

RELATIONS REGIONALES / REGIONAL RELATIONS

La Turquie confirme l'arrêt du pompage de brut d'Irak

Le ministre turc de l'Energie, Zeki Cakan, a confirmé lundi l'arrêt du pompage de brut irakien vers le terminal pétrolier turc de Ceyhan (sud), tout en soulignant qu'il n'affecterait pas la Turquie.

"L'Irak a arrêté le pompage de brut dimanche à 23H00 (20H00 GMT)", a précisé le ministre, cité par l'agence Anatolie.

"Mais l'arrêt de l'écoulement du pétrole n'affectera pas la Turquie", a-t-il ajouté.

L'Irak a arrêté ses exportations de brut sous contrôle de l'ONU lundi à 08H00 locales (04H00 GMT), privant le marché de 2,3 millions de barils par jour, pour protester contre un projet américano-britannique de révision des sanctions qui le frappent depuis 1990, a appris l'AFP auprès du ministère irakien du Pétrole.

L'Irak a ainsi mis à exécution sa décision annoncée samedi d'interrompre "jusqu'à nouvel ordre" ses exportations pétrolières depuis Ceyhan, auquel il est relié par oléoduc, et depuis son terminal de Mina al-Baker, sur le Golfe.

Baghad avait cependant souligné que cet arrêt n'affecterait pas ses exportations de pétrole acheminé par camions vers la Jordanie et la Turquie, en dehors du programme "pétrole contre nourriture" de l'ONU.

Le projet américano-britannique vise à faciliter les importations de l'Irak, à l'exception des armes et biens à usage militaire, et à renforcer la lutte contre la contrebande de pétrole. (AFP, 4 juin 2001)

Grenade contre un poids-lourd turc en Grèce: pas de victimes

Une grenade a été lancée dans la nuit de dimanche à lundi contre un poids-lourd effectuant des liaisons internationales (TIR) immatriculé en Turquie et stationné près de la douane de Larissa (centre), sans faire de victimes, a indiqué lundi une source policière à Larissa.

"L'attentat, le premier de son genre, a été revendiqué dans la nuit par une organisation chypriote, "les cuirassés", inconnue jusqu'ici", a ajouté cette source.

Contactée par l'AFP depuis Athènes, cette source a précisé que la grenade a provoqué des dégâts peu importants aux roues de la voiture dans laquelle dormait son conducteur turc, sorti indemne.

Celui-ci a indiqué, dans des déclarations à Mega, une chaîne de télévision privée athénienne, "qu'il a été réveillé par le bruit de la déflagration et qu'il a vu partir ceux qui l'ont lancée". Le conducteur a affirmé qu'il se garait avec son TIR depuis 25 ans dans cette région.

Chypre est divisée en deux depuis l'intervention des troupes turques dans le nord de l'île en 1974 en réponse à un coup d'état d'ultranationalistes chypriotes-grecs télécommandés par la Junte militaire alors au pouvoir à Athènes. Des troupes turques se trouvent toujours au nord de Chypre où un république, la RTCN (République turque de Chypre du nord), reconnue seulement par Ankara a été implantée depuis 1983.

La Communauté internationale reconnaît jusqu'ici seulement la république de Chypre (chypriote-grecque) qui n'a depuis 1974 le contrôle que sur la partie centre-sud de l'île. (AFP, 4 juin 2001)

Formation d'un nouveau gouvernement à Chypre du nord

Le parti du Premier ministre chypriote-turc Dervis Eroglu, l'Union nationale (UBP, droite), et le Parti démocrate (DP, droite) de Salih Cosar ont formé mercredi un nouveau gouvernement en République turque de Chypre du nord (RTCN), reconnue uniquement par Ankara.

"Nous avons tenté de former un gouvernement qui travaillerait en harmonie", a dit M. Eroglu devant la presse lors d'une cérémonie de signature d'un protocole au Parlement chypriote-turc.

Il a souligné que le "développement des relations avec la Turquie" figurerait parmi les priorités du gouvernement de la RTCN.

La liste du nouveau gouvernement, constitué de six ministres de l'UBP et quatre du DP, sera remise jeudi au président de la RTCN Rauf Denktash.

M. Eroglu avait présenté le 25 mai sa démission à M. Denktash, au lendemain de l'effondrement de sa coalition gouvernementale avec le Parti du salut social (TKP, gauche) de Mustafa Akinci, formée en décembre 1998, en raison de divergences sur des questions économiques et l'avenir de l'île divisée.

Il avait été désigné pour former le nouveau gouvernement, son parti détenant 23 des 50 sièges du Parlement, contre 12 pour le DP.

Ce changement de gouvernement ne devrait pas avoir de conséquence majeure sur les tentatives pour trouver une solution au conflit chypriote, la politique étrangère étant du seul ressort de M. Denktash.

Fortement soutenu par la Turquie, M. Denktash réclame la création d'une confédération et la reconnaissance de la RTCN tandis que le gouvernement de Nicosie, le seul reconnu internationalement, et la communauté internationale préconisent une fédération bicommunale et bizonale.

Chypre est divisée en deux secteurs, grec au sud et turc au nord, depuis l'intervention des troupes turques dans le nord de l'île en 1974 en réponse à un coup d'Etat d'ultra-nationalistes chypriotes-grecs, ourdi par la junte militaire au pouvoir à Athènes, visant à rattacher l'île à la Grèce. (AFP, 6 juin 2001)

La Turquie s'inquiète du test d'un nouveau missile iranien
 

La Turquie a exprimé son inquiétude après l'annonce par l'Iran voisin du test d'un nouveau missile sol-sol, le "Fateh ("Le victorieux") 110".

"Le test d'un missile Fateh par l'Iran le 31 mai a suscité l'inquiétude dans notre pays", a affirmé le porte-parole du ministère turc des Affaires étrangères Huseyin Dirioz dans un communiqué, rappelant que la Turquie "a fait part à maintes reprises à l'Iran de nos préoccupations à ce sujet et suit de près les développements".

L'Iran a testé avec succès un deuxième missile sol-sol, le Fateh 110, un engin téléguidé fabriqué par l'industrie militaire, avait indiqué jeudi un porte-parole du ministère de la Défense.

Selon la télévision iranienne, il est "d'une très grande précision" et figure "parmi les plus efficaces de l'armée iranienne".

En l'an 2000, l'Iran avait lancé un premier missile, le Chahab-3, d'une portée de 1.300 km, soit capable de toucher Israël, le principal "ennemi" de la République islamique.

Les relations entre la Turquie et l'Iran traversent régulièrement des périodes de tension. Ankara accuse Téhéran d'abriter des bases du PKK et d'exporter son régime islamique en Turquie, pays musulman mais à l'Etat laïc, ce que l'Iran dément. (AFP, 6 juin 2001)

La Grèce rejette un projet de compromis avec la Turquie

Le ministre grec des Affaires étrangères Georges Papandréou a rejeté une proposition de Londres de faire participer la Turquie sur une base ad hoc à la planification de certains opérations de l'armée européenne utilisant des moyens de l'OTAN, a rapporté jeudi un porte-parole.

M. Papandréou s'est entretenu mercredi avec l'ambassadeur de Grande-Bretagne en Grèce, David Madden, des "évolutions dans les rapports entre la Turquie et l'identité européenne de sécurité", selon le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Panos Béglitis.

M. Papandréou a affirmé qu'Athènes "ne peut accepter aucune proposition qui saperait les décisions du sommet de Nice" consacrant le projet d'armée européenne, a indiqué M. Béglitis lors d'un point de presse, soulignant que la Grèce a déjà "clairement fait part de ces vues tant à ses partenaires européens qu'à ceux de l'OTAN".

Selon des informations parues dans la presse internationale et reprise par des journaux grecs, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis ont proposé un compromis pour la participation de la Turquie dans le projet de l'armée européenne, qu'Ankara bloque.

Aux termes de ce projet, la Turquie pourrait participer à la planification des opérations dans des régions liées aux intérêts turcs lorsque les moyens de l'OTAN seront utilisés, selon les mêmes sources.

Athènes estime que ce projet est contraire aux décisions de Nice, car cela reviendrait à accorder à un pays non membre de l'UE des prérogatives non prévues par ce traité. (AFP, 7 juin 2001)

Moscou et Ankara vont oeuvrer ensemble contre le terrorisme

La Turquie et la Russie ont exprimé vendredi, à l'occasion d'une visite du chef de la diplomatie russe Igor Ivanov, leur volonté de coopérer dans le domaine de la lutte anti-terroriste dans le cadre d'un "nouveau partenariat" à mettre en place entre les deux pays.

"Nous pensons que les conditions nécessaires existent pour porter les relations turco-russes vers un nouveau partenariat", a dit M. Ivanov, qui est le premier ministre russe des Affaires étrangères à effectuer une visite officielle en Turquie depuis neuf ans, lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue Ismail Cem.

 "Nous croyons que nous sommes en effet à un point où nous pouvons porter nos liens à un niveau supérieur", a renchéri M. Cem.

Les deux pays vont ainsi mettre en place un groupe de travail commun pour notamment évoquer la lutte anti-terroriste et la promotion des relations économiques et commerciales, a-t-il souligné.

Selon une source diplomatique turque, les travaux de ce groupe vont contribuer à "dynamiser la coopération déjà existante" pour éventuellement aboutir à un "plan d'action".

Les deux hommes ont signé un programme d'échange entre 2001 et 2003 dans les domaines de la culture, de l'enseignement, de la science et du sport.

Répondant à une question, M. Ivanov a indiqué que la réalisation du projet commun de gazoduc baptisé Blue Stream est de l"intérêt de la Russie et de la Turquie". "Ce projet constitue une composante importante de nos liens commerciaux et sera achevé d'ici le début de 2002", a-t-il dit.

Ce gazoduc partira du centre gazier d'Izobilnoy (sud de la Russie) et traversera la Mer noire pour atteindre la ville côtière turque de Samsun pour la livraison de 8 milliards de mètres cube de gaz naturel par an..

La Russie est le principal fournisseur de gaz à la Turquie.

Le projet fait en Turquie l'objet d'une vaste procédure judiciaire devant faire la lumière sur des accusations de corruption dans des concessions de centrales énergétiques qui, le mois dernier, a poussé à la démission le ministre de l'Energie Cumhur Ersumer.

Il s'est également attiré des critiques en Turquie car il accroit la dépendance à la Russie en matière de fourniture de gaz.

En ce qui concerne la Tchétchénie, M. Ivanov a assuré que la politique russe de trouver une solution politique au conflit n'avait pas changé "malgré les attaques terroristes visant les civils".

La république rebelle est la proie de combats et de violences depuis que les forces fédérales russes y ont pénétré le 1er octobre 1999.

Sur une question sur la sécurité des détroits turcs face à un passage de pétroliers et de navires transportant des déchets nucléaires, M. Cem a répondu : "Nous avons évoqué toutes les questions qui intéressent notre pays".

La Douma a approuvé mercredi l'importation de déchets nucléaires en Russie.

M. Ivanov, arrivé jeudi soir à Ankara, doit s'entretenir avec le président Ahmet Necdet Sezer et le Premier ministre Bulent Ecevit avant de passer dans l'après-midi à Istanbul pour s'entretenir avec des hommes d'affaires turcs impliqués dans des projets en Russie.

Cette rencontre aura lieu au Swissôtel, hôtel de luxe d'Istanbul où, en avril, un commando pro-tchétchène avait retenu pendant des heures plusieurs centaines de personnes en otage pour condamner la politique russe au Caucase.

En mars, des pirates de l'air tchétchènes avaient détourné vers l'Arabie saoudite un avion de ligne russe en partance d'Istanbul avec 175 personnes à bord.  La Russie accuse de longue date la Turquie de fermer les yeux sur les activités de la guérilla tchétchène sur son sol ce que les autorités turques démentent. (AFP, 8 juin 2001)

L'Irak met en garde la Turquie contre les sanctions

Le vice-Premier ministre irakien Tarek Aziz a mis en garde lundi Ankara contre les retombées négatives sur son économie du projet de sanctions "intelligentes", en recevant à Bagdad un responsable turc.

Cité par l'agence officielle INA, M. Aziz a évoqué "les conséquences négatives sur les relations économiques irako-turques si Ankara appliquait (le projet de) résolution" sur les sanctions "intelligentes" que le Conseil de sécurité de l'ONU devrait voter début juillet.

Rencontrant le sous-secrétaire d'Etat turc aux Affaires étrangères Faruk Logoglu, M. Aziz a souligné "la volonté de l'Irak de préserver ses relations avec la Turquie".

Pour sa part, M. Logoglu a affirmé que la "Turquie voulait promouvoir ses relations avec l'Irak dans les divers domaines et (que) sa visite s'inscrivait dans cette optique".

Il a ensuite été reçu par le vice-président irakien Taha Yassine Ramadan, qui a estimé que "la décision de l'élargissement de la coopération bilatérale appartenait aux gouvernements irakien et turc et non à un pays tiers", dans une allusion aux Etats-Unis.

L'Irak, qui a cessé le 4 juillet ses exportations de pétrole sous contrôle de l'ONU, a menacé de rompre ses livraisons à ses voisins s'ils se conformaient à la future résolution du Conseil de sécurité.

Le projet de résolution facilite l'importation des biens civils en Irak mais renforce les contrôles sur les biens à usage militaire et cherche à tarir la contrebande de pétrole.

La Turquie, à l'instar des autres voisins de l'Irak, est sollicitée notamment par les Etats-Unis pour contribuer à la mise en oeuvre du nouveau projet de résolution de l'ONU, dès son approbation.

Ankara, qui bénéficie d'un trafic transfrontalier, y compris de pétrole, toléré par l'ONU, estime à quelque 35 milliards de dollars les pertes subies par son économie depuis le début de l'embargo contre l'Irak en 1990.

Une commission mixte de coordination irako-turque, qui se retrouve tous les six mois alternativement à Bagdad et Ankara, s'est réunie lundi à Bagdad, sous la présidence de M. Logoglu et de son homologue irakien, Nouri Louayes. (AFP, 11 juin 2001)

Exercices aériens américano-israélo-turcs en Turquie

Les forces aériennes israéliennes, turques et américaines ont entamé lundi des exercices conjoints dans la province de Konya (centre de la Turquie), a annoncé un responsable de l'état-major turc.

Les exercices doivent s'achever le 29 juin, a précisé ce responsable à l'AFP. Des sources diplomatiques israéliennes à Ankara avaient indiqué auparavant que ces exercices dureraient trois jours.

Le porte-parole du gouvernement Tunca Toskay a de son côté démenti des informations de presse selon lesquelles des armes à l'uranium appauvri devraient être utilisées au cours des exercices, et des vols supersoniques de nuit et à basse altitude seraient programmés.

"Il n'y aura en aucun cas de tels vols", a souligné le porte-parole, citant le ministre turc de la Défense Sabahattin Cakmakoglu.

Israël et la Turquie ont déjà organisé dans la passé des exercices conjoints à Konya. La Turquie, pays musulman où l'Etat est laïc, entretient des relations militaires suivies avec l'Etat hébreu depuis 1996, date de la signature d'un accord de coopération militaire ayant suscité une levée de bouclier dans la région.

Israël, la Turquie et les Etats-Unis ont organisé des manoeuvres conjointes navales en janvier 2001, décembre 1999 et janvier 1998. (AFP, 18 juin 2001)

Ankara rejette la résolution du Conseil de sécurité

La Turquie a rejeté lundi comme "inacceptable" la résolution du Conseil de sécurité de l'ONU prolongeant le mandat des Casques bleus à Chypre du fait que ni les Turcs chypriotes ni Ankara n'avaient été consultés.

"Cette résolution ne servira qu'à favoriser les efforts des Chypriotes grecs pour faire comme si les Chypriotes turcs n'existaient pas et ajoutera un nouvel obstacle à la solution du problème chypriote", affirme un communiqué du ministère turc des Affaires étrangères.

Cette résolution viole une règle établie de longue date selon laquelle les Casques bleus n'interviennent dans une zone de troubles qu'avec le consentement de toutes les parties intéressées, ajoute le communiqué.

Ce communiqué fait suite à une réaction similaire samedi de Rauf Denktash, président de la République turque de Chypre du Nord (RTCN), reconnue seulement par Anakara et où la Turquie maintient quelque 35.000 hommes.

M. Denktash a menacé de "représailles", mais n'a pas précisé quelles mesures concrètes il comptait prendre.

Vendredi dernier, la Conseil de Sécurité a adopté à l'unanimité une résolution prolongeant jusqu'au 15 décembre prochain le mandat des 1.216 Casques bleus de l'UNFICYP et ignorant l'exigence de la RTNC d'être consultée au préalable.

La UNFICYP a été envoyée à Chypre en mars 1964 à la suite de troubles intercommunautaires qui ont conduit à l'expulsion des Chypriotes turcs de l'administration et du parlement alors gérés par les deux communautés.

Cette force de l'ONU est restée sur place après 1974, date à laquelle la Turquie a occupé le tiers nord de l'île en réaction à un coup d'Etat à Nicosie téléguidé par Athènes et visant à unir Chypre à la Grèce.

Les efforts internationaux en vue de la réunification de Chypre sont restés vains, la partie turque exigeant comme préalable à l'engagement de pourparlers sur une solution définitive, que la RTNC soit reconnue. (AFP, 18 juin 2001)

Sécurité renforcée pour les forces américaines à Incirlik

Les forces américaines stationnées sur la base d'Incirlik (sud de la Turquie) d'où elles surveillent le nord de l'Irak ont renforcé leur état d'alerte à la suite de menaces, a indiqué vendredi un porte-parole de la base.

"Nous avons augmenté notre niveau de menace hier à la suite d'informations sur des menaces", a déclaré à l'AFP le porte-parole, sans vouloir préciser le niveau d'alerte et les mesures prises, ni la nature des menaces.

Selon l'agence Anatolie, le personnel de la base n'a pas le droit de la quitter pendant la journée sauf raison de travail.

L'ambassade américaine à Ankara n'a pu être jointe dans l'immédiat pour commenter.

La base d'Incirlik abrite une quarantaine d'avions américains et britanniques chargés de faire respecter la zone interdite de survol à l'aviation irakienne dans le nord de l'Irak depuis la guerre du Golfe en 1991.

Le renforcement du niveau d'alerte intervient deux jours après que l'Irak eut accusé les appareils américains et britanniques d'avoir tué 23 Irakiens lors d'un bombardement près de Mossoul au cours d'un de leurs vols de routine.

Washington et Londres ont immédiatement démenti un tel bombardement.

Des incidents quasi quotidiens opposent l'Irak aux avions américains et britanniques qui surveillent cette zone d'exclusion, ainsi que celle imposée dans le sud de son territoire.

L'Irak ne reconnaît pas les deux zones d'exclusion aérienne, qui ne font pas l'objet de résolutions de l'ONU. (AFP, 22 juin 2001)

Le mandat de surveillance du nord de l'Irak reconduit

Le parlement turc a décidé lundi de prolonger de six mois le mandat de l'opération Northern Watch chargée de surveiller la zone d'exclusion aérienne dans le nord de l'Irak, malgré les appels répétés de Bagdad pour mettre fin à ces patrouilles, a rapporté l'agence Anatolie.

La décision du parlement prolonge de six mois à partir du 30 juin cette opération conduite depuis la base d'Incirlik (sud de la Turquie) par une quarantaine d'appareils américains et britanniques.

Northern Watch a été mise en place en janvier 1997 et son mandat a été depuis renouvelé par le parlement turc tous les six mois.

De fréquents incidents opposent l'Irak aux avions américains et britanniques qui surveillent la zone d'exclusion aérienne du nord ainsi que celle du sud de l'Irak, imposées à Bagdad après la guerre du Golfe en 1991.

Bagdad ne reconnaît pas ces deux zones, qui ne font pas l'objet de résolutions de l'ONU.

L'Irak avait affirmé la semaine dernière que 23 Irakiens avaient été tués et 11 autres blessés lors d'un raid américano-britannique près de Mossoul, dans le cadre de Nortern Watch.
Washington et Londres avaient immédiatement et catégoriquement démenti un tel bombardement.
Le 26 juin, Bagdad a vivement dénoncé mardi la reconduction par le Parlement turc pour six mois du mandat de l'opération Northern Watch chargée de surveiller la zone d'exclusion aérienne dans le nord de l'Irak.  "Cette décision est en contradiction avec les allégations de la Turquie sur sa volonté de préserver l'unité et la sécurité du territoire irakien", a déclaré un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, cité par l'agence officielle INA.

Affirmant que la reconduction de l'opération Northern Watch intervient "alors que l'Irak s'efforce de développer ses relations avec la Turquie", le porte-parole a estimé que la démarche du Parlement turc "contribue à perpétuer la situation anormale qui prévaut dans le nord de l'Irak", qui échappe au contrôle de Bagdad depuis la guerre du Golfe en 1991.

Il a rendu le gouvernement turc "responsable juridiquement pour tous les dégâts occasionnés par les agressions américaines et britanniques menées depuis le territoire turc". (AFP, 25-26 juin 2001)

IMMIGRATION / MIGRATION

Un passeur turc tué à la frontière syrienne

Les forces de sécurité turques ont tué un passeur turc présumé qui cherchait à faire entrer des immigrants illégaux de Syrie en Turquie, a annoncé l'agence de presse Anatolie.

Les troupes paramilitaires ont arrêté cinq Irakiens et un Ghanéen, qui s'étaient introduits en Turquie près de Reyhanli, une ville située dans la province frontalière de Hatay, a ajouté l'agence turque.

Elles ont ouvert le feu sur un groupe d'immigrants qui avaient refusé de s'arrêter, a indiqué Anatolie sans préciser si certaines d'entre eux avaient été blessés.

La Turquie est l'un des principaux points de passage pour les immigrants illégaux, en provencance d'Asie et d'Afrique, qui souhaitent gagner l'Europe. (AFP, 8 juin 2001)

Trois immigrés retrouvés dans un cageot sous un camion

Trois immigrés clandestins turcs ont été retrouvés près de Winchcombe (ouest de l'Angleterre) allongés dans un cageot haut de 35 cm sous un camion en provenance d'Allemagne, a annoncé mercredi la police britannique.

"Ils ont dû rester couchés pour pouvoir tenir là-dedans, ce qui a dû être épouvantable", a déclaré une porte-parole de la police du Gloucestershire, Suzanne Lightfoot.

"Le cageot était assez large, mais haut de 35 cm seulement", a-t-elle précisé, ajoutant que le poids lourd était capable de transporter 30 tonnes de marchandises.

Les trois hommes, âgés de 24, 27 et 39 ans, "avaient tous les trois l'air un peu étourdis", a affirmé pour sa part Duncan Westerman, un porte-parole de Hollingsworth et Vose, la société à laquelle était destinée la marchandise du camion. Le dernier que nous avons sorti était déshydraté", a-t-il ajouté.

Dès l'arrivée du poids lourd dans les locaux de la société, le personnel de Hollingsworth et Vose avait entendu des coups en provenance du cageot. Mais ils ne l'ont ouvert qu'en présence des policiers appelés immédiatement.

Les trois Turcs, qui sont maintenant en bonne santé, ont été interrogés par la police puis pris en charge par les services d'immigration, selon la police.

Le conducteur du poids lourd a également été interrogé puis relâché, a-t-on ajouté de même source. (AFP, 20 juin 2001)

Une centaine d'immigrants clandestins arrêtés à Gebze

Une centaine d'immigrants clandestins ont été interpellés par la police jeudi près de Gebze, à l'est d'Istanbul, alors qu'ils circulaient en autocar, a indiqué jeudi l'agence Anatolie.  Les 98 clandestins, parmi lesquels 24 Turcs, des Afghans, Iraniens, Irakiens, Indiens, Palestiniens, Chinois de la province turcophone du Xin-Jiang et des ressortissants d'Arabie Saoudite, se rendaient vers le lieu d'embarquement d'un bateau qui devait les emmener hors de Turquie, selon Anatolie.

Des femmes et des enfants faisaient partie des passagers des deux autocars, qui doivent être présentés devant le procureur de Tuzla, précise Anatolie.

Le 5 mai, 448 personnes avaient été retrouvées dans la cale d'un cargo turc au large de Gebze, menant à l'arrestation de 9 Turcs dont un ancien policier.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, une cinquantaine de clandestins parmi 200 interpellés samedi à bord d'un bateau ukrainien en mer de Marmara (nord-ouest d'Istanbul) ont réussi à fausser compagnie à la police.

La Turquie est l'un des principaux points de passage pour les immigrants illégaux, en provenance d'Asie et d'Afrique, qui tentent de gagner l'Europe. (AFP, 28 juin 2001)
 
 
 
 
 

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(January/janvier 1998 - Mai/May 2001)

 

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