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Chief Editor /Rédacteur en chef: Dogan Özgüden - Responsible editor/Editrice responsable: Inci Tugsavul



 
 

27e Année/27th Year - N°298

Juin/June 2003


La Turquie ouvre ses ports et aéroports aux Etats-Unis

Le MGK conditionne l'adhésion
de la Turquie à l'Union européenne
 

La Turquie reste toujours un pays de "tortures"
*
Troisième mandat pour l'arrestation
de Dogan Özgüden à la frontière turque
*
Le Parlement européen déplore
le rôle démesuré de l'Armée turque
*
CISL: Rapport annuel des violations
des droits syndicaux en Turquie (2003)
*
Le chef de l'Armée turque accuse
l'UE de tolérer le séparatisme kurde
 


    Politique intérieure/Interior Policy

  • Acquittement d'un politicien impliqué dans les affaires mafieuses
  • Erdogan et son parti réclament des dommages à Cem uzan
  • D'anciens responsables turcs prochainement inculpés pour corruption
  • Erdogan décidé à achever les changements nécessaires pour adhérer à l'UE
  • Erdogan visite la maison natale d'Ataturk à Salonique
  • Le parlement turc adopte de nouvelles réformes pour séduire le sommet européen
  • A politico-commercial war between Recep Tayyip Erdogan and Cem Uzan
  • Un ministre: "La Turquie va adopter des réformes structurelles mais en temps voulu"
  • Corruption : une commission invite d'anciens Premiers ministres à témoigner

    Forces armées/Armed Forces

  • L'Armée conditionne l'adhésion turque à l'Union européenne
  • La Turquie ouvre ses ports et aéroports aux Etats-Unis
  • L'Armée turque réduit ses effectifs pour se moderniser
  • Enquête parlementaire sur la régularité d'un contrat d'achat d'avions Awacs
  • Le chef de l'armée turque accuse l'UE de tolérer les séparatistes kurdes
  • Terrorisme de l'Etat / State Terrorism

  • La police interpelle 51 personnes qui dénoncent l'isolement carcéral
  • La Turquie offre des mesures d'amnistie seulement aux "repentis"
  • La Turquie reste toujours un pays de "tortures"
  • Le CPT dénonce la persistance de la torture dans les commissariats turcs
  • Manifestation contre la torture à Istanbul : 70 personnes interpellées
  • Un chef de police controversé nommé à la tête de la lutte anti-mafia
  • Attentat à la grenade contre un consulat américain en Turquie
  • Nouvelles prisons de haute sécurité encore plus inhumaines
  • Cinq personnes blessées dans un attentat visant des procureurs à Istanbul
  • Défense d'uriner dans la rue... et de le rappeler à un policier indélicat
  • Human rights violations in brief
    Pression sur les médias/Pressure on the Media
     
  • Troisième mandat pour l'arrestation d'Özgüden à la frontière turque
  • Saisie d'un décor de théâtre aux couleurs du drapeau d'un parti kurde
  • Le Marquis de Sade au pilon en Turquie
  • Professor Fikret Baskaya again on Trial
  • PEN campaign urges Turkey: If not now, when?
  • President Sezer refused to receive a delegation of intellectuals
  • La chorégraphe Pina Bausch fait un portrait méprisant de la Turquie
  • Recent  violations of press and expression freedom
  • Kurdish Question / Question kurde

  • Acquittement des Grecs jugés pour le séjour clandestin d'Ocalan en Grèce
  • Quatre ex-dirigeants d'un parti pro-kurde condamnés à des peines de prison
  • Deux combattants kurdes tués dans un accrochage dans le sud-est
  • Un tribunal danois libère un Kurde membre du PKK recherché par la Turquie
  • Refus de mise en liberté aux quatre anciens députés kurdes
  • Ankara condamné à Strasbourg pour mauvais traitements sur un Kurde
  • Procès du passage d'Ocalan: le principal accusé affirme avoir été "utilisé"
  • Deux combattants kurdes tués dans un accrochage dans l'est de la Turquie
  • Marche arrière sur les émissions en langue kurde à la radio-télévisiond'Etat
  • Torture of two Kurdish juveniles in Diyarbakir
  • Une dirigeante kurde kidnappée et torturée à Istanbul
  • Arrestation à Copenhague d'un Turc membre du PKK recherché par Interpol
  • Deux combattants kurdes tués dans un accrochage dans l'est de la Turquie
  • Des centaines d'organisations réclament une amnistie pour les Kurdes (14/6)
  • Manifestation des milliers de Kurdes à Bruxelles pour droits politiques en Turquie
  • DEHAP appelle à une amnistie pour tous les activistes kurdes
  • Décès du porte-drapeau de la cause kurde en Italie
  • Pressure on Kurds in brief
  • Minorités / Minorities

  • La FIDH demande au gouvernement turc la reconnaissance du génocidearménien
  • Enseignants arrêtés pour un question sur le génocide arménien
  • Teacher asking question on Armenian genocide dismissed
  • Affaires religieuses / Religious Affairs

  • Meurtre satanique: trois Turcs condamnés à la prison à vie
  • Le "Calife de Cologne" conteste devant un tribunal son expulsion d'Allemagne
  • Berlin pour une expulsion rapide du "Calife de Cologne"
  • Le "Calife de Cologne" introuvable depuis sa libération
  • Socio-économique / Socio-economic

  • Deux universitaires turcs sur trois ont besoin d'un second métier pour vivre
  • L'inventaire botanique de la Turquie révèle une grande richesse, en danger
  • Les orchidées turques, menacées par la crème glacée et le lait aromatisé
  • L'Unicef presse la Turquie de promouvoir l'éducation des filles
  • Oléoduc saboté: pas d'incidence pour le moment sur les exportations
  • CISL: Rapport annuel des violations des droits syndicaux en Turquie (2003)
  • Secousse de 5,1 au sud de la mer de Marmara, ressentie à Istanbul
  • L'industrie du vin en Turquie croule sous de lourdes taxes
  • Première arrestation après le séisme qui avait fait 176 morts en Turquie
  • Un quartier d'Istanbul mobilisé contre un troisième pont sur le Bosphore
  • Relations avec l'Ouest / Relations with the West

  • La Turquie accueillera le prochain sommet de l'Otan en mai 2004
  • L'ancien président du Parlement européen Piet Dankert mort
  • La fête de la musique turco-européenne à Istanbul
  • La Commission européenne se félicite des mesures adoptées par la Turquie
  • The Joint Parliamentary Committee for demilitarisation in Turkey
  • L'armée turque devrait s'aligner sur les normes européennes (envoyé de l'UE)
  • Droits de l'Homme : Gil-Robles (CE) invite la Turquie à faire "un grand effort"
  • Le Parlement européen déplore le rôle démesuré de l'Armée turque
  • Les amendements concernant les sujets arméniens
  • PecoEurasia: "La Turquie et la question de son intégration à l'UE?"
  • Relations régionales / Regional Relations

  • L'Irak reprend ses exportations de pétrole
  • Le président turc en Crimée pour parler de l'amélioration de vie des Tatars
  • L'Europe ne sera jamais vraiment unie sans la Turquie et l'Ukraine (Koutchma)
  • La Turquie rouvre la frontière avec l'Irak après un conflit avec des Kurdes
  • La Turquie et le Pakistan veulent renforcer leurs liens économiques
  • Eloges réciproques entre Erdogan et Musharraf
  • Les Turcomans réclament d'urgence un recensement dans le nord de l'Irak
  • Bucarest, Sofia et Ankara veulent une "stratégie commune" envers l'UE
  • Rencontre des ministres turc et arménien des Affaires étrangères à Madrid
  • Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece

  • Deux F-16 turcs ont perturbé le vol d'un petit avion civil grec
  • Recommandation du CE contre la colonisation par des colons turcs  à Chypre
  • Ankara et la RTCN dénoncent le rapport sur Chypre du conseil de l'Europe
  • Chypriote grecque spoliée: Ankara s'engage à payer l'indemnité (Conseil Europe)
  • La Grèce dénonce des "tactiques hostiles" de la Turquie à son égard
  • La Cour européenne enquête à Chypre sur la mort d'un journaliste chypriote-turc
  • Entretien Papandréou-Gul sur fond de regain de tension bilatérale
  • Un avion de ligne grec "dangereusement" approché par deux F-16 turcs
  •  La Grèce a abattu trois avions turcs depuis 1974 (opposition grecque)
  • Amnesty international interpelle Athènes sur le cas d'un réfugié turc
  • Chypre veut demander à l'Onu et aux USA de faire pression sur la Turquie
  • Chypre demande à l'Onu d'intervenir contre une violation du cessez-le-feu
  • Initiative commune des diasporas chypriotes grecque et turque
  • L'UE débloque 12 millions d'euros en faveur de la partie turque de Chypre
  • Incident pendant une réunion de la diaspora gréco-chypriote à Athènes
  • Immigration / Migration

  • Le groupe turc Nurhan Özcan & Orfüzz au festival "Klikende Munt"
  • Le HCR demande le réexamen de demandes d'asile de 34 Turcs d'ethnie kurde
  • Un total de 244 clandestins interpellés dans l'est et l'ouest de la Turquie
  • Dix Turcs expulsés de Russie pour activités religieuses illégales
  • Le passeport bulgare, précieux sésame en Turquie, en cas d'adhésion à l'UE
  • 259 clandestins interpellés dans l'est de la Turquie

  • Un dirigeant présumé du PKK en Allemagne renvoyé devant le tribun


Politique intérieure/Interior Policy

Acquittement d'un politicien impliqué dans les affaires mafieuses

L'ancien député du parti de la Juste Voie (DYP), Sedat Bucak, impliqué dans l'affaire de Susurluk [ndlr : accident de voiture dans la ville de Susurluk en 1996 mettant en lumière les collusions entre la mafia, la police et les hommes politiques en Turquie], a, le 26 juin, été acquitté par le Tribunal correctionnel d'Istanbul au cours de la seconde audience de ce procès.

Le procureur Orhan Erbay a non seulement requis l'acquittement contre Sedat Bucak mais n'a pas manqué non plus de saluer la collaboration avec l'Etat de ce chef de tribu en faisant largement l'éloge de ce témoin clé du premier procès des députés du DEP qui eux ont été condamnés à 15 ans de prison sans jamais avoir eu le droit d'interroger S. Bucak.  (CILDEKT, 27 juin 2003)
 

Erdogan et son parti réclament des dommages à Cem Uzan

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan et son parti de la Justice et du Développement (AKP), au pouvoir, ont engagé des actions en justice pour réclamer des réparations à un homme d'affaires et rival politique, a indiqué jeudi à l'AFP un avocat de M. Erdogan.

Les huit demandes de dommages, qui portent sur un total de 900 milliards de livres turques (environ 550.000 euros), visent Cem Uzan, homme d'affaires et président du Parti Jeune (GP, de tendance ultra-nationaliste), qui avait critiqué en termes virulents M. Erdogan lors d'une réunion politique la semaine dernière dans la ville de Bursa (nord-ouest), a précisé Me Gunaydin Caliskan.

Cem Uzan avait accusé le Premier ministre d'être "un lâche" et d'être devenu un "mécréant".

Les chaînes de télévision Star, Kanal 6 et Star Max et le journal tabloïd Star appartenant au groupe Uzan sont également visés par ces actions pour avoir rapporté les propos "diffamatoires" de Cem Uzan, a souligné l'avocat.

Les avocats réclament 200 milliards de livres (121.000 euros) de dommages et intérêts à Cem Uzan et 700 milliards (482.000 euros) à ses télévisions et quotidien.

Les avocats de M. Erdogan ont également lancé, le 18 juin, une autre procédure en justice, cette fois pour diffamation contre M. Uzan.

Le code pénal turc prévoit des peines de prison en cas de diffamation. En cas de condamnation, M. Uzan pourrait être déclaré inéligible.

Le parti Genc de M. Uzan avait remporté plus de 7% des voix aux législatives de novembre, mais n'est pas représenté au parlement faute d'avoir franchi la barre des 10% de suffrages nécessaires.

Selon les derniers sondages, le parti de M. Uzan recueillerait aujourd'hui 17% des intentions de vote.

La diatribe de M. Uzan avait été provoquée par l'annulation le 12 juin, par le ministère de l'Energie, des contrats de deux importantes sociétés de gestion d'électricité contrôlées par le groupe Uzan pour violation des clauses d'accord. (AFP, 26 juin 2003)
 

D'anciens responsables turcs prochainement inculpés pour corruption

Une commission parlementaire turque, chargée d'enquêter sur des affaires de corruption, va prochainement se prononcer en faveur de l'inculpation de plusieurs anciens ministres et hauts fonctionnaires, a-t-on appris mardi de sources parlementaires.

La commission, qui enquête depuis quatre mois sur plusieurs affaires datant des années 90, doit remettre son rapport à l'Assemblée début juillet.

La commission, qui a entendu nombre de témoins à huis-clos, dont des anciens ministres et premiers ministres, envisage de demander au parlement d'engager des poursuites, dans le cadre de cinq affaires différentes, contre plusieurs ex-députés, dont des anciens ministres, qui seraient alors jugés par un tribunal spécial, formé de membres de la Cour constitutionnelle, indique-t-on de sources parlementaires.

La commission pourrait également transmettre à la justice ordinaire les preuves recueillies à l'encontre d'une vingtaine de hauts fonctionnaires.

Selon le journal Vatan, qui affirme avoir eu accès au procès-verbal de la commission, les affaires de corruption touchent plusieurs secteurs, dont des projets énergétiques, la vente de banques, l'attribution de contrats de marchés publics et des privatisations.

Les fraudes ou négligences auraient coûté au pays des milliards de dollars.

"Il y a tellement d'argent qui a été volé que si on avait pu le récupérer, il n'y aurait aujourd'hui en Turquie ni crise économique, ni chômage", a estimé un membre de la commission, Ahmet Guryuz Ketenci, cité par le journal Hurriyet.

La commission a été mise en place par le Parti de la Justice et du Développement (AKP), qui a remporté les élections législatives en novembre, en promettant notamment d'éliminer la corruption chronique qui empoisonne le pays.

"Je sais que la commission a obtenu des preuves et des témoignages importants. Il est question de mettre en examen certaines personnes et même des hommes politiques. J'ai l'impression que cela va se produire", a affirmé le vice-premier ministre Mehmet Ali Sahin.

L'opinion publique turque est habituée aux accusations et enquêtes pour corruption, mais elle relève que fort peu de cas sont jugés et fort peu d'accusés condamnés. L'idée est également répandue que certaines affaires impliquent des personnalités tellement haut placées que ni la police, ni la justice ne sont parvenues à les toucher.

La presse, pour sa part, n'hésite pas à mettre ouvertement en cause certains anciens dirigeants, dont l'ancien Premier ministre Mesut Yilmaz, dont le gouvernement avait été renversé en 1998 en raison d'accusations touchant à la vente d'une banque contrôlée par l'Etat.

M. Yilmaz, qui a conservé un poste de premier ministre-adjoint jusqu'aux élections de novembre, ainsi que plusieurs membres de son parti de la Mère Patrie, seraient également impliqués dans des attributions douteuses de contrats de marchés publics, selon la presse.

La commission s'est également intéressée à la signature d'un contrat portant sur la construction d'un gazoduc reliant la Russie à la Turquie, à l'époque où M. Yilmaz était premier ministre.

Ce dernier, ainsi que tous les autres députés de son parti, ont perdu leurs sièges parlementaires aux élections de novembre.

Selon la presse, la construction du gazoduc, inauguré en grande pompe en décembre, ne relevait pas d'une nécessité économique et la Turquie a accepté de payer un prix prohibitif pour le gaz, acheté moitié moins cher par la Russie au Turkmenistan.

Ankara a suspendu en mars les livraisons à travers le gazoduc et négocie actuellement avec la Russie pour réduire sa facture énergétique. (AFP, 24 juin 2003)
 

Erdogan décidé à achever les changements nécessaires pour adhérer à l'UE

Les changements en Turquie exigés par l'Union européenne "seront achevés cette année", a affirmé le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, dans une interview publiée dimanche dans le quotidien grec To Vima.

"Nous sommes décidés à achever tous les changements législatifs nécessaires cette année et de concentrer nos efforts pour les appliquer", a déclaré M. Erdogan, souhaitant que "la décision du conseil européen en décembre prochain soit positif pour l'ouverture de négociations d'adhésion avec la Turquie".

Ankara "n'attend pas de traitement spécial de l'UE dans la procédure d'adhésion mais ne veut pas d'attitude défavorable contre elle", a-t-il ajouté.

Il a estimé qu'il y avait seulement "une petite minorité" en Turquie qui s'oppose "pour différentes raisons" à l'adhésion.

Il a également estimé que "d'importantes décisions pour les relations de la Turquie avec l'UE avaient été prises pendant la présidence grecque de l'UE" qui s'achève à la fin du mois, et a remercié à ce titre "particulièrement" son homologue grec Costas Simitis et son ministre des Affaires étrangères Georges Papandréou.

"Nous avons noté avec satisfaction que la présidence grecque d'une manière générale avait traité d'une manière équilibrée et constructive nos efforts pour stabiliser davantage nos relations avec l'UE", a-t-il dit.

Il a affirmé que son "objectif était de résoudre les problèmes bilatéraux en suspens y compris ceux relatifs à l'Egée".

""Je suis convaincu que nous pouvons résoudre tous les différents avec le dialogue et la coopération bilatérale", a-t-il ajouté. (AFP, 22 juin 2003)

Erdogan visite la maison natale d'Ataturk à Salonique

 Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a effectué samedi une visite hautement symbolique au consulat turc de Salonique (nord), dans la maison natale de Mustafa Kemal Ataturk, fondateur de la Turquie moderne et laïque, a constaté un journaliste de l'AFP.

Interrogé pour savoir si sa visite était un signal en direction des généraux turcs, M. Erdogan a estimé que si dans le passé l'armée avait "rempli les vides" politiques dans le pays, il y avait maintenant dans le pays "un processus sérieux de démocratisation", laissant ainsi entendre qu'il n'appartenait plus aux militaires d'intervenir dans la politique du pays.

M. Erdogan qui incarne dans son pays le courant islamiste modéré, face à la tendance kemaliste laïque représentée par l'armée, est arrivé au consulat en milieu d'après-midi en provenance de Porto Carras, 150 km au sud de Salonique, où il avait participé au sommet UE-Balkans.

Il a déjeûné avec le consul, puis visité le petit musée d'Ataturk installé dans le consulat et devait rencontrer également des hommes d'affaires locaux ainsi que des représentants de la minorité turque en Grèce, avant de repartir le soir pour son pays.

"Je suis très heureux d'être le premier Premier ministre à visiter la maison d'Ataturk, fondateur de notre république", a-t-il dit lors d'une conférence de presse à la sortie du consulat.
 Il a estimé que cette visite constituait également un signe de l'amélioration des relations entre son pays et la Grèce. Revenant sur un incident où le gouvernement grec avait récemment accusé deux avions de la chasse turque d'avoir mis en danger un avion civil grec qui effectuait le trajet Athènes-Istanbul, M. Erdogan a estimé qu'il "n'était pas acceptable que de avions militaires qu'ils soient grecs ou turcs s'en prennent à des avions civils".

M. Erdogan a par ailleurs indiqué que les dirigeants de l'UE lui avaient dit être "très heureux" des récentes réformes votées par le Parlement turc, mais l'avaient également encouragé à les mettre en application "le plus vite possible".

Cette visite faisait l'objet d'importantes mesures de sécurité alors que la ville se préparait à des manifestations contre le sommet de l'Union européenne en fin d'après-midi.

"Il s'agit d'une visite à portée symbolique, prévue en raison de la signification historique de la résidence", avait indiqué vendredi une source diplomatique turque.

Mustafa Kemal Ataturk, né en 1881 à Salonique, qui faisait alors partie de l'Empire ottoman, et mort à Istanbul en 1938, est le fondateur de la république turque (1923). Il est considéré comme le maître d'oeuvre de la transformation de l'Etat turc en république moderne et laïque. (AFP, 21 juin 2003)
 

Le parlement turc adopte de nouvelles réformes pour séduire le sommet européen

Le parlement turc a adopté jeudi un nouveau train de réformes démocratiques visant à aligner la Turquie sur les normes de l'Union européenne (UE), que le pays souhaite rejoindre.

Le gouvernement souhaitait voir ces réformes adoptées avant le départ vendredi du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan pour le sommet de l'UE à Salonique (Grèce).

Avant l'ouverture du débat, le parti de la Justice et du Développement (AKP), qui dispose d'une majorité absolue au parlement, avait fait approuver une proposition visant à permettre à l'Assemblée de poursuivre ses travaux jusqu'à minuit jeudi.

L'adoption de ces réformes a été l'occasion d'une rare démonstration d'unité entre l'AKP au pouvoir et le Parti républicain du peuple (CHP), formation d'opposition social-démocrate.

Les mesures qui doivent encore recevoir l'aval formel du président turc, élargissent notamment la liberté d'expression et les droits culturels de la minorité kurde du pays - environ 10 millions de personnes - par le biais d'amendements à des lois.

Les chaînes de radio et de télévision privées pourront ainsi diffuser des émissions en langue kurde et les familles donner des noms d'origine kurde à leurs enfants. Toutefois, de précédentes mesures votées par le parlement l'été dernier sont restées lettre morte, comme l'enseignement du kurde dans les écoles privées.

Parmi les mesures votées jeudi figure aussi l'abolition de l'article 8 de la loi anti-terroriste, en vertu duquel nombre d'intellectuels ont été condamnés pour "propagande séparatiste".

Ce train de réformes est le sixième à être adopté ces dernières années dans le but de se conformer aux standards de l'UE. Mais celle-ci a récemment accusé la Turquie de traîner des pieds concernant leur mise en application.

Un autre paquet de réformes devrait suivre d'ici la fin de l'année, a indiqué mercredi le vice-Premier ministre Mehmet Ali Sahin. Selon les médias turcs, il pourrait s'attaquer à l'influence de l'armée dans la vie politique.

La Turquie compte afficher à Salonique sa détermination à accomplir ses "devoirs" en terme de démocratisation, alors qu'un rapport de la Commission européenne est attendu sur le sujet fin septembre.

Les dirigeants de l'UE doivent décider en décembre 2004 si la Turquie a rempli les conditions nécessaires à l'ouverture de négociations sur son adhésion à l'Union. (AFP, 19 juin 2003)
 

A politico-commercial war between Recep Tayyip Erdogan and Cem Uzan

The war between the Prime Minister Recep Tayyip Erdogan and businessman-turned-politician Cem Uzan, both of whom have an impressive record of fraud charges and together represent 42 percent of the Turkish electorate, seems to have spread from corporate boardrooms and courtrooms to public rallies and ungentlemanly language.

Two weeks ago, a repentant Erdogan was probably brooding over his flagship privatization auction. He never guessed Uzan, possibly his chief political rival in local elections early next year and a most controversial multi-billionaire, would skillfully defeat all competing bids for state petrochemicals giant Petkim and leave the government in a thorny situation. Apprently Erdogan did not wait too long to match the move. Last week, he seized Uzan's money machines, two power utilities, on charges of financial irregularity.

An all rage Uzan the politician called Erdogan "a villain," and "an atheist (in quite the pejorative way widely used in Turkish argot)." That, of course, prompted a legal probe against Uzan. But that should be hardly any trouble for a man who lost two power companies and 11 dams overnight.

The Energy Ministry cancelled operational licenses and reclaimed control of Cukurova Elektrik and Kepez Elektrik which Uzan had bought from the government five years earlier. The decision came after the utilities refused to transfer transmission rights to the state electricity transmission company as demanded by an IMF-backed law that regulates the electricity market.

Both companies should have transferred transmission rights covering five eastern Mediterranean cities to the government by February 28 but they delayed the handover, saying it was unconstitutional. Instead, Uzan has been navigating through various courts seeking a warrant against the move. He failed to do so.

Also, financial auditors found grave irregularities in corporate books and behavior -- even before Erdogan came to power. Cukurova and Kepez, both floated on the bourse, they found out, had inflated their investment bills and cheated the small investor. The utilities also broke anti-monopoly rules by refusing to sell electricity to smaller power companies in their region. All the troubles concerning Cukurova and Kepez ended up in scenes reminiscent of thriller movies.

Last Thursday, an army of policemen and Gendarmerie troops physically took over Cukurova and Kepez and seized all documentation. They used force to take out a senior company official. Like in a real ancient war, the Uzan company flag was pulled down and the governmental flag was hoisted.

Uzan says this was a political plot to block his rise to power. He accuses Erdogan for stealing his $6 billion worth of property, and he swears he will take it back. Erdogan's senior cabinet ministers say no one is exempt from jurisdiction. They accuse Uzan for using his political shield to keep on behaving illegally.

Uzan's dealings in Cukurova and Kepez are apparently not perfectly clean. All the same the whole episode, inevitably, smells of politics. Uzan, after all, is the man of whom Erdogan mentions as "his major political rival." Recent opinion polls put Uzan's fiercely nationalist Young Party second after Erdogan's Justice and Development.

Erdogan may have implemented law and order at the power utilities. But would he have done so if the troubled companies had been owned by one of the businessmen who had sponsored his party before the elections? Erdogan's move was also badly timed -- as it just came after Uzan's business empire placed the highest bid for a state petrochemicals giant that controls a substantial part of the Turkish industry.

This is a war between two controversial men. Erdogan has never been able to explain how he made his wealth. Once he caused shy smiles when he said he made his fortune by selling off the jewellery his guests had gifted to his son during the child's circumcision ceremony. Although he has been acquitted most of a dozen or so corruption charges after he became the prime minister, his public image is hardly clean.

Uzan the multi-billionaire, on the other hand, has been facing a slew of court cases accusing him of fraud and racketeering at home and abroad. Two multinational mobile phone manufacturers have sued him in New York and London for defaulting on more than $2.5 billion in vendor finance that they extended to Telsim, Uzan's mobile phone operator in Turkey.

The man owns three television channels, eight radio stations and two newspapers -- all of which daringly violated Turkey's broadcasting laws to promote their boss's political venture before last November's general election.

At his election rallies, Uzan said he would kick out the IMF and teach America and the West a good lesson when he came to power. Fortunately, he did not (ironically, the auction for Petkim was the first of the ambitious sell-off programs backed by the institution Uzan pledged to kick out of Turkey. And, Erdogan did the America part for him). But he was able to win seven percent of the vote only three months after he became a politician. Give me a couple of years, he says, and I shall become Turkey's new leader.

Uzan is no doubt a clever man. Like the Sicilians say, he has already become "the stone in many people's shoes." It will be most interesting to see if anyone will manage to remove the stone.

As for his battles with Erdogan, let's hope there is truth in the proposition that when two eggs clash both will break. (Turkish Daily News, June 17, 2003)
 

Un ministre: "La Turquie va adopter des réformes structurelles mais en temps voulu"

La Turquie va continuer d'oeuvrer dans la voie des réformes structurelles comme la lui demande le Fonds monétaire international (FMI) mais elle le fera suivant son propre mécanisme démocratique, a affirmé lundi le ministre de l'Economie Ali Babacan.

"Nous sommes contre la mentalité de faire passer (au parlement) 15 lois en 15 jours (...) Nous ne voulons pas que ces lois soient adoptées à la hâte", a-t-il dit lors d'une conférence de presse au terme du 5ème examen du programme économique conclu avec le FMI.

Il a souligné que le "processus" des réformes structurelles se poursuivait en Turquie mais que pour prévenir "toute erreur, difficile de réparer" au Parlement, il fallait que les députés prennent leur temps dans l'examen des projets de loi actuellement en commission.

Le FMI a pressé vendredi Ankara d'accélérer ses réformes structurelles pour obtenir le versement d'une tranche de 500 millions de dollars dans le cadre d'un accord stand-by portant sur trois ans avec le Fonds.

La tranche de 500 millions de dollars fait partie d'une ligne de crédit de 16 milliards de dollars alloués par le FMI à la Turquie pour combattre la  récession qui perdure depuis 2002. En échange, le pays s'est engagé à mener des réformes drastiques dans le cadre d'un programme de retour à la croissance sur trois ans.

"Nous ne pouvons faire aucune promesse (au FMI). Le Parlement à son propre processus (...) Mais ces réformes seront finalement adoptées", a déclaré M. Babacan, précisant que l'Assemblée nationale a un agenda particulièrement chargé, notamment sur des réformes à adopter pour s'aligner sur les normes politiques européennes.

Le ministre turc a ajouté que les objectifs de son gouvernement de ramener l'inflation à 20% et d'atteindre un taux de croissance de 5% d'ici fin 2003 étaient maintenus. (AFP, 2 juin 2003)
 

Corruption : une commission invite d'anciens Premiers ministres à témoigner

Une commission parlementaire turque, mise sur pied pour enquêter sur des affaires de corruption, a invité deux ex-Premiers ministres, ainsi que d'autres anciens dirigeants, à témoigner, a annoncé jeudi le président de la commission, Azmi Ates.

La commission a demandé à Bulent Ecevit et à Mesut Yilmaz, qui ont dirigé tour à tour le gouvernement du pays au cours des cinq dernières années, à témoigner dans des affaires de corruption concernant des contrats publics dans les domaines de l'énergie et de la construction, ainsi que des fraudes bancaires.

Les anciens Premiers ministres ne sont pas obligés de témoigner, mais deux ex-ministres de l'économie et un ancien ministre des finances ont déjà annoncé qu'ils répondraient la semaine prochaine aux questions de la commission, a indiqué M. Ates.

La commission, qui comprend des députés du parti de la Justice et du Développement (AKP), au pouvoir, et des députés du parti Républicain du Peuple (CHP), le principal parti d'opposition, a été établie il y a trois mois et doit conclure son enquête à la fin juillet.

M. Ecevit, qui bénéficie d'une réputation d'honnête homme dans un pays connu pour sa corruption, a dirigé le pays pendant trois ans jusqu'en novembre dernier lorsque les élections législatives ont vu la défaite de tous les candidats de son parti, ainsi que de ceux des deux autres formations qui participaient à son gouvernement, dont l'une dirigée par M. Yilmaz.

Ce dernier, à la tête du gouvernement avant M. Ecevit, a plusieurs fois été mis en cause dans la presse, notamment dans des affaires de corruption touchant à la construction d'un gazoduc reliant la Russie à la Turquie.

La commission doit remettre au parlement un rapport sur les moyens de lutter contre la corruption et pourrait, éventuellement, soumettre son dossier à un procureur. (AFP, 5 juin 2003)
 

Forces armées/Armed Forces

Le MGK conditionne l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne

Le Conseil de sécurité nationale (MGK) a déclaré le 26 juin 2003 que la Turquie était déterminée à remplir ses obligations vis-à-vis de l'Union européenne "dans un cadre compatible avec les principes de la république turque."

Dans un communiqué publié après la réunion mensuelle,  le MGK a également pressé l'Union européenne (UE) d'ouvrir "sans délai" des négociations d'adhésion avec la Turquie.

Le MGK a également discuté, selon le communiqué, de mesures contre des "émissions de radio et de télévision risquant de porter préjudice à la sécurité nationale", une allusion probable aux émissions radiodiffusées en langue kurde qui ont été légalement autorisées avec l'adoption des réformes démocratiques la semaine dernière.

Les autorités redoutent que les séparatistes kurdes puissent profiter de ces nouveaux droits de diffusion pour promouvoir la violence et le séparatisme.

Selon la presse turque, lors de la réunion, les généraux ont exprimé leur opposition à toutes les initiatives en vue de  rendre plus "civile" le Conseil de sécurité nationale, notamment au remplacement du secrétaire général militaire du MGK par un fonctrionnaire civile.

Afin d'aligner la Turquie sur les normes de l'UE, le parlement turc avait adopté la semaine dernière des réformes visant à accroître la liberté d'expression et les droits de la minorité kurde, des mesures qui inquiètent les militaires de haut rang.

Le Conseil de sécurité nationale "a souligné que la Turquie était déterminée à remplir ses obligations dans un cadre compatible avec les principes de la république (turque) afin que la Turquie puisse entamer le plus tôt possible des négociations pour devenir membre à part entière de l'UE et participer au processus d'élargissement", selon le communiqué.
 

La Turquie ouvre ses ports et aéroports aux Etats-Unis

La Turquie a mis ses ports et aéroports à la disposition des pays souhaitant envoyer des soldats dans le cadre de missions de paix en Irak, a annoncé mardi le chef de la diplomatie turque Abdullah Gul.

"Si un pays, dans le cadre de la reconstruction de l'Irak, envoie une force de paix en Irak pour assurer la sécurité de ce pays, il pourra utiliser nos ports et aéroports s'il en fait la demande", a-t-il dit aux journalistes.

Le ministre turc a également souligné que les pays souhaitant dépêcher une assistance humanitaire en Irak pouvaient le faire via la Turquie.

"Les Etats qui souhaitent envoyer de l'assistance humanitaire à l'Irak, conformément à la résolution 1483 de l'Onu, peuvent bénéficier de nos ports, aéroports et frontières", a-t-il déclaré.

Le résolution 1483, adoptée en mai par le Conseil de sécurité de l'Onu, lève les sanctions internationales imposées depuis presque treize ans à l'Irak et donne aux forces d'occupation la tutelle économique et politique du pays.

La Turquie, membre de l'Otan, dispose de nombreux bases aériennes et ports et partage une frontière de 330 km avec l'Irak.

De source officielle turque on précise que la décision d'Ankara est intervenue après une demande de certains Etats membres de la coalition contre l'ex-régime de Bagdad dirigée par les Etats-Unis qui s'apprêtent à dépêcher des contingents armés dans ce pays.

La décision turque n'autorise pas un déploiement de troupes ou d'armes mais permet un transit où un stockage d'équipements, a-t-on indiqué de même source.

Aucune décision finale n'a encore été prise au sujet des bases et ports qui seront utilisés mais les autorités turques pensent que la base aérienne d'Incirlik, dans le sud du pays, et le port méditerranéen de Mersin pourront figurer parmi ces installations.

Incirlik avait été utilisée par les avions américains et britanniques pour faire respecter la zone d'exclusion aérienne établie dans le nord de l'Irak jusqu'à ce que l'opération soit officiellement arrêtée au début de l'intervention américano-britannique contre le régime de Saddam Hussein.

Bien que la plupart des avions aient regagné leur bases d'attache, Incirlik est encore utilisée pour des opérations de soutien logistique, notamment pour les appareils américains en route pour l'Afghanistan.

La Turquie est particulièrement encline à participer à la reconstruction de l'Irak après le refus du parlement de fournir une assistance à Washington pendant la guerre contre l'Irak, ce qui avait provoqué une crise dans les relations bilatérales. (AFP, 24 juin 2003)
 

L'armée turque réduit ses effectifs pour se moderniser

Le gouvernement turc a donné lundi son feu vert à un projet de l'armée visant à diminuer ses effectifs en réduisant la durée du service militaire obligatoire, notamment pour moderniser ses unités.

L'Etat-major des armées a annoncé dimanche qu'elle projetait de diminuer de 17% l'ensemble de ses effectifs, estimés à quelque 650.000 troupes --terre, air, mer et gendarmerie-- par une réduction à effet immédiat de la durée du service militaire.

"La proposition a été accueillie favorablement", a indiqué à la presse le porte-parole du gouvernement, Cemil Cicek, au terme d'un conseil des ministres.

L'armée turque, la seconde en nombre au sein de l'Otan, compte un peu plus de 100.000 militaires professionnels composé d'officiers, sous officiers et de soldats contractuels.

La raison invoquée pour cette décision est le recul des "tensions" visant la stabilité du pays à l'étranger et à l'intérieur, en référence aux rebelles kurdes du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK, rebaptisé Kadek) qui ont renoncé à la lutte armée en 1999 après la capture de leur chef Abdullah Ocalan.

Tous les Turcs sont appelés sous les drapeaux à partir de 18 ans. Le service sera ramené de 18 à 15 mois pour les hommes du rang et de 16 à 12 mois pour les officiers de réserve.

Les appelés diplômés d'université pourront choisir entre devenir officier de réserve et servir six mois comme simple soldat.

Selon les médias, l'armée a pris une telle décision, notamment pour contrer un projet gouvernemental autorisant les conscrits fortunés à ne faire qu'un mois de service en échange du versement d'une importante somme d'argent.

L'armée avait été contrainte d'accepter en 2001 ce système qu'elle juge contraire aux principes d'équité en raison d'une grave crise économique.

La décision de l'armée turque a été qualifiée de "surprise" par la presse qui estime qu'il s'agit d'un "geste" envers l'Union européenne (UE), que la Turquie tente de rejoindre. Cette réforme intervient à un moment où les informations circulent sur une prochaine réforme du rôle de l'armée dans la vie politique du pays.

L'armée, qui se considère la gardienne des principes laïques de l'Etat, intervient régulièrement dans la vie politique par le biais du Conseil national de sécurité (MGK) qui se réunit tous les mois.

Elle est d'autant plus vigilante depuis l'arrivée en force au pouvoir du parti de la Justice et du Développement (AKP), une formation issue de la mouvance islamiste, plusieurs fois rappelé à l'ordre depuis par les généraux pour agissements pro-islamistes.

L'armée turque envisage depuis des années une modernisation à grande échelle pour passer à l'armée de métier, mais n'avait pas réussi à avancer dans ce domaine en raison de la lutte contre le PKK et de la situation géo-stratégique du pays, voisin de l'Irak, de la Syrie et de l'Iran.

Ankara a aussi des problèmes bilatéraux notamment sur la délimitation de l'espace aérien en mer Egée avec un autre pays voisin, la Grèce.

"Il s'agit d'une décision tardive mais très positive", a commenté à l'AFP Huseyin Bagci, professeur de relations internationales de l'Université technique du Moyen-orient.

Selon lui, "le fait que l'armée veuille donner l'impression qu'elle se retire graduellement de la vie quotidienne est positive".

Bien que le chef de la diplomatie Abdullah Gul ait récemment exclu que le très autonome état-major soit rattaché au ministère de la Défense, comme dans les pays européens, M. Bagci estime qu'une telle décision serait également nécessaire pour la démocratisation du pays. (AFP, 23 juin 2003)
 

Enquête parlementaire sur la régularité d'un contrat d'achat d'avions Awacs

Une commission parlementaire anti-corruption a demandé à la Direction de l'industrie de défense turque (SSM) un complément d'informations, les premiers renseignements fournis sur une commande d'avions radars américains Awacs étant "insuffisants", rapporte la presse vendredi.

La commission souhaite plus de détails sur les termes de l'accord passé entre l'état-major turc et la firme américaine Boeing, notamment sur une "augmentation de prix", affirme le journal Milliyet.

La commande pour quatre avions Awacs (Airborne warning and control system) -- et deux options d'achat -- avait été approuvée par le gouvernement en avril.

Le montant du contrat portait au départ sur environ 1,1 milliard de dollars, soit le "plus gros contrat d'armement de ces 10 dernières années" en Turquie selon la chaîne d'informations continues NTV. Le contrat se chiffrerait toutefois aujourd'hui à 1,5 milliards de dollars, croit savoir Milliyet.

Selon le journal, les "intérêts de la Turquie n'auraient pas été préservés", la société contractante (Boeing) ne respectant pas les promesses de transfert de technologie, et la commission parlementaire réclame des réponses "portant une signature".

Milliyet affirme également que le Premier ministre du précédent gouvernement, Abdullah Gul (actuellement ministre des Affaires étrangères), avait refusé d'approuver le projet d'achat parce que "trop cher".

Selon le ministre de la Défense Vecdi Gonul, cité par Milliyet, "si l'état-major n'avait pas voulu ces avions, nous ne les aurions pas achetés", et cet achat est "un geste en direction des Américains".

Les AWACS et leur système de communication au sol sont voués essentiellement à un théâtre d'opérations aérien en mer Egée, région qui fait l'objet de disputes territoriales entre la Turquie et la Grèce. (AFP, 20 juin 2003)
 

Le chef de l'armée turque accuse l'UE de tolérer les séparatistes kurdes

Le chef d'état-major de l'armée turque, le général Hilmi Ozkok, a accusé lundi l'Union européenne de tolérer les séparatistes kurdes de Turquie qui ont changé de nom, affirmant que cette attitude les "encourage".

"Nous avions pensé qu'après les attentats du 11 septembre (...) il y aurait une attitude commune contre l'organisation terroriste PKK, alias le Kadek", a dit le général Ozkok lors d'un symposium international à Ankara.

Mais, a-t-il déploré, "malgré toutes les décisions prises pour combattre le terrorisme, je suis consterné de dire que nous n'avons pas obtenu un soutien réaliste au sujet des terroristes du Kadek", a souligné le général.

Le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), qui a mené une lutte armée de 1984 à 1999 dans le sud-est anatolien à population en majorité kurde, a changé de nom en 2002 pour devenir le Kadek (Congrès pour la liberté et la démocratie au Kurdistan) qui affirme lutter pour des droits culturels des Kurdes.

Mais pour les autorités turques, le Kadek est l'héritier légal du PKK et un simple changement de nom ne signifie rien.

Le général Ozkok a déploré que le Kadek ne figure pas sur la liste européenne des organisations terroristes comme le PKK qui "utilise le même logo et a les mêmes responsables et militants armés que le PKK".

"Cette situation revient à soutenir les actes terroristes (du Kadek) et encourage l'organisation terroriste", dont le nombre de rebelles armés --pour la plupart enfuis dans le nord de l'Irak-- est estimé à quelque 5.000, selon le général.

Le PKK s'est transformé en défenseur des droits politiques et culturels des Kurdes après la capture et la condamnation à mort de son chef, Abdullah Ocalan, en 1999. La peine de mort a été abolie l'an dernier en Turquie.

Les combats entre l'armée et les maquisards kurdes qui ont fait plus de 36.000 morts en quinze ans de rébellion, ont quasiment cessé en Anatolie du sud-est et de l'est. (AFP, 2 juin 2003)
 

Terrorisme de l'Etat / State Terrorism

La police interpelle 51 personnes qui dénoncent l'isolement carcéral

Les forces de sécurité turques ont procédé dimanche à 51 interpellations lors de trois manifestations qui ont eu lieu à Istanbul, Samsun (nord-est) et Antakya (sud) pour dénoncer le régime d'isolement carcéral en Turquie, rapporte l'agence Anatolie.

Un petit groupe de manifestants, pour la plupart des jeunes, qui se sont rassemblés devant le siège provincial du parti de la Justice et du Développement (AKP) au pouvoir à Samsun ont refusé d'obéir aux sommations de la police pour se disperser, précise l'agence.

La police est intervenue et a interpellé 18 manifestants qui scandaient des slogans contre le régime de prisons appelées de "Type F".

A Istanbul, la police a fait usage de gaz lacrymogène et de matraques pour disperser une cinquantaine de personnes rassemblées aux alentours du domicile stambouliote du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan afin de dénoncer le régime carcéral.

Les manifestants ont été empêchés de s'approcher de l'immeuble où se trouve l'appartement de M. Erdogan qui l'utilise lors de ses visites dans la métropole.

Dix manifestants ont été interpellés, précise l'agence.

Enfin à Antakya, 23 personnes, membres d'une association de solidarité avec les proches de prisonniers, ont été interpellées par la police qui les a empêchées de se diriger vers un bureau local de l'AKP, selon Anatolie.

Les manifestants avaient l'intention de déposer devant le bureau un cercueil en bois symbolisant les victimes d'une grève de la faim de détenus et de leur proches.

Le mouvement, lancé en 2000 pour protester contre les prisons de "Type F", a fait 66 morts.

Ces établissements remplacent les vastes dortoirs de plusieurs dizaines de détenus où les mutineries et prises d'otages étaient fréquentes.

Les grévistes affirment que ce régime les désocialise et les expose aux mauvais traitements des gardiens.

Le gouvernement exclut un retour à l'ancien système des dortoirs. Il refuse également d'aménager des activités communes pour sortir les détenus de leur isolement.

L'attitude intransigeante d'Ankara a peu à peu eu raison du soutien populaire à la cause des détenus. Une quinzaine poursuivent encore le jeûne, selon l'association turque des droits de l'Homme. (AFP, 29 juin 2003)

La Turquie offre des mesures d'amnistie seulement aux "repentis"

Le ministre turc de l'Intérieur, Abdulkadir Aksu, a proposé vendredi des mesures d'"amnistie" aux militants kurdes s'ils acceptent de se repentir et de donner des renseignements "utiles" relatifs à leur organisation.

La mesure vise principalement les militants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), rebaptisé KADEK, qui ont mené une guérilla dans le sud-est du pays depuis 1984.

La proposition de loi, qui pourrait être soumise au parlement dès la semaine prochaine, envisage le pardon pour ceux qui se rendent et qui n'ont pas commis de crimes de sang et des réductions de peine pour les autres, à condition qu'ils donnent des informations sur leur organisation.

Les dirigeants sont exclus de toute offre d'amnistie. Les personnes déjà condamnées se verront offrir des réductions de peine de moitié ou des trois-quarts, à condition de coopérer avec les autorités.

L'offre du gouvernement, la huitième du genre, a été dénoncée par Tuncer Bakirhan, le dirigeant du Parti démocratique du peuple (Dehap), le principal parti pro-kurde en Turquie, qui réclame une amnistie générale.

"Malheureusement, il s'agit seulement d'une version longue d'amnisties antérieures. Elles n'ont pas donné grand chose et je ne pense pas que celle-ci donne grand chose non plus", a déclaré Tuncer Bakirhan à l'AFP.

"Si on souhaite vraiment résoudre la question kurde et devenir un pays démocratique qui s'efforce de rejoindre l'Union européenne, alors il faut abandonner les pratiques inutiles du passé et prendre en compte les revendications du peuple", a-t-il ajouté.

"Nous, au Dehap, nous estimons qu'une amnistie générale serait le premier pas vers une solution démocratique de la question kurde", a-t-il affirmé.

Le secrétaire adjoint américain à la défense, Paul Wolfowitz, a affirmé le mois dernier que Washington, qui considère le PKK comme une organisation terroriste, est prêt à expulser les militants kurdes de leurs bases en Irak du nord. (AFP, 27 juin 2003)
 

La Turquie reste toujours un pays de "tortures"

Les Nations unies ont fait du 26 juin une Journée internationale pour le soutien aux victimes de la torture, afin de renforcer le soutien apporté aux victimes et de souligner la nécessité d'une application effective de la Convention contre la torture.

La Turquie figure toujours parmi les 27 pays où la torture est pratiquée. En effet, selon un communiqué de l'Association des Droits de l'Homme en Turquie (IHD), seulement au cours de l'année clôturée, 1362 victimes de torture ont porté plainte au parquet.

Selon Amnesty International, "Dans le monde, la torture est toujours pratiquée, dans des contextes de plus en plus variés et complexes."

C'est pourquoi Amnesty International continue sa campagne pour l'éradication de ce crime du XXIe siècle contre l'humanité. Il fait appel à toute l'humanité: "Agissez dès maintenant contre la torture."

En ce qui concerne la Turquie, AI attire l'attention surtout sur des sévices sexuels infligés aux femmes en détention.

"Chaque jour, à travers toute la Turquie, des femmes sont victimes de violences sexuelles et d'autres violences physiques. Des femmes issues de tous les milieux sociaux et culturels sont agressées, brutalisées, torturées et violées par des membres des forces de sécurité de l'État, des connaissances, de parfaits inconnus ou des membres de leur famille, dont leur conjoint ou compagnon.

"La violence menace toutes les femmes. Mais au vu des pratiques spécifiques de discrimination qui règnent en Turquie, Amnesty International est préoccupée par le fait que certaines sont davantage exposées aux violences lorsqu'elles se trouvent entre les mains des agents de l'État : il s'agit des femmes qui affichent des opinions politiques jugées inacceptables par le gouvernement ou l'armée, ainsi que des femmes kurdes, surtout celles qui vivent dans le sud-est du pays.

"Amnesty International déplore que les représentants de l'État, en se rendant coupables de violences contre des femmes, fassent passer un message cautionnant ces pratiques et favorisent une culture de la discrimination qui place toutes les femmes en situation de danger. Par exemple :

"S.Y. (Amnesty International a préservé l'anonymat de cette femme afin de la protéger) a été détenue dans les locaux du siège de la police d'Istanbul, du 24 au 27 septembre 2002. Elle aurait eu les yeux bandés et aurait été soumise à des actes de torture, notamment des violences sexuelles.

"Eren Keskin, militante qui défend les femmes victimes de violences sexuelles en détention, a fait l'objet de 86 actions en justice liées à ses activités en faveur des droits de la personne. Elle a également reçu des menaces de mort et des insultes.

"Gülderen Baran aurait été torturée en garde à vue. Plus de sept ans après, aucun responsable présumé n'a été déféré à la justice.

"Agissez !

"Veuillez envoyer vos lettres par la poste ou par courrier électronique au Premier ministre turc et au ministre de la Justice de ce pays ; demandez-leur d'entreprendre des réformes de grande ampleur en vue de mettre fin aux violences sexuelles perpétrées contre les femmes. Priez-les notamment :

"d'interdire la pratique qui consiste à bander les yeux des détenus et à les déshabiller pendant les interrogatoires ;
"de faire cesser les fouilles à corps de détenues par des représentants de l'État de sexe masculin ;
"de veiller à ce que les responsables présumés de violations des droits humains, y compris les instigateurs de tels agissements, soient traduits en justice."
 

Le CPT dénonce la persistance de la torture dans les commissariats turcs

Le Comité anti-torture du Conseil de l'Europe (CPT) a dénoncé dans un rapport publié mercredi la persistance de la torture dans les commissariats turcs, notamment dans le sud-est à majorité kurde.

Les experts du CPT indiquent que des cas de chocs électriques, de coups et de privation de sommeil contre des prisonniers en garde à vue leur ont été rapportés.

Lors de deux visites en Turquie, en mars puis en septembre 2002, les experts du CPT ont interrogé "un nombre considérable" de personnes ayant été placées en garde à vue dans la province à majorité kurde de Diyarbakir (sud-est), placée sous état d'urgence jusqu'à fin novembre 2002.

"Environ la moitié des personnes interrogées ont affirmé qu'elles avaient subi des mauvais traitements lors de la garde à vue dans les locaux de la police ou de la gendarmerie", affirme le CPT, dans ce rapport publié avec l'accord des autorités d'Ankara.

Les experts de l'organisation européenne font notamment état de "coups, compression des testicules, aspersion d'eau glacée sur les prisonniers nus qui sont ensuite maintenus au froid, privation de sommeil, position debout prolongée (...), chocs électriques sur les orteils, les parties génitales et/ou les oreilles".

Au vu de ces informations, le CPT demande que soit organisée une enquête, par un organe judiciaire indépendant, sur les méthodes utilisées par le service anti-terroriste de la police de Diyarbakir pour interroger les prisonniers gardés à vue.

Le Comité dénonce par ailleurs la non-confidentialité des examens médicaux subis par les prisonniers. Ainsi, "les personnes qui ont été maltraitées peuvent être facilement dissuadées d'en informer le médecin, et le médecin peut être facilement dissuadé de soulever le problème auprès du détenu (...) De plus, (...) certains médecins qui avaient tenu à faire état des blessures qu'ils avaient observées ont fait l'objet de menaces et/ou ont été mutés à un autre poste", relèvent les experts. (AFP, 25 juin 2003)

Deux militants d'extrême gauche abattus dans le nord de la Turquie

Les forces de sécurité turques ont abattu deux militants d'extrême gauche et en ont blessé un troisième dans le nord du pays, rapporte jeudi l'agence Anatolie.

L'incident s'est produit dans la province de Tokat après que des militants d'une organisation maoïste clandestine, le TIKKO (armée de libération des paysans et ouvriers de Turquie -- illégale), ont refusé de se rendre aux forces de la gendarmerie, selon Anatolie.

Il y a deux semaines, les forces de sécurité avaient tué deux autres militants d'extrême gauche, appartenant cette fois au groupe marxiste DHKP-C (Front-Parti de libération du peuple révolutionnaire), dans la même région.

A la fin mai, les forces de sécurité avaient tué, lors de deux accrochages séparés, cinq membres du TIKKO dans la province de Giresun, dans le nord-est du pays, non loin de la mer Noire. (AFP, 26 juin 2003)
 

Manifestation contre la torture à Istanbul : 70 personnes interpellées

Environ 70 personnes manifestant à Istanbul contre les mauvais traitements qu'une militante politique kurde affirme avoir reçus pendant sa détention ont été interpellés samedi par la police anti-émeutes, d'après la chaîne de télévision turque NTV.

Environ 300 personnes s'étaient rassemblées dans la partie européenne d'Istanbul pour dénoncer les actes de torture de policiers en civils contre Gulbahar Gunduz, une responsable provinciale du Parti démocratique du peuple (Dehap, pro-Kurde), selon la même source.

La police a violemment réprimé la manifestation, faisant quelques blessés.

Le Parti démocratique du peuple (Dehap) est soupçonné par Ankara d'entretenir des liens avec les rebelles séparatistes kurdes de l'ancien Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, rebaptisé Kadek).

Le Dehap est particulièrement impliqué dans le bras de fer engagé avec le gouvernement pour obtenir l'amnistie des anciens combattants kurdes du PKK.

L'est de la Turquie à majorité kurde a été le théâtre durant quinze ans d'une rébellion séparatiste menée par le PKK. Le conflit, qui a causé la mort d'environ 36.500 personnes, est quasiment éteint depuis que le PKK a mis fin à la lutte armée en 1999, à la suite de la capture de son leader Abdullah Ocalan. (AFP, 21 juin 2003)
 

La police turque interpelle 114 personnes manifestant pour une amnistie

La police turque a interpellé lundi 114 personnes dans la ville de Bingol, dans l'est du pays, qui manifestaient pour réclamer une amnistie pour les séparatistes kurdes qui ont mené 15 ans de lutte armée, a rapporté l'agence Anatolie.

Dans un premier temps, 61 personnes dont 60 femmes de la "Plateforme féminine", avaient été interpellées par les forces de sécurité, avait annoncé Anatolie.

Ensuite, un autre groupe de 53 personnes, animées des mêmes motivations, a également été interpellé. Quatre avocats, qui en faisaient partie, ont été relâchés, selon Anatolie.

Les manifestants ont été arrêtés parce qu'ils refusaient de se disperser et tenaient un sit-in à un carrefour de la ville, selon Anatolie.

L'est et le sud-est de la Turquie à majorité kurde ont été le théâtre durant 15 ans d'une rébellion séparatiste menée par le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

Le conflit, qui a causé la mort d'environ 36.500 personnes, est quasiment éteint depuis que le PKK (rebaptisé KADEK) a mis fin à la lutte armée et quitté le territoire turc en 1999, à la suite de la capture de son leader Abdullah Ocalan.

Plus de 300 organisations civiles de la région avaient demandé samedi au gouvernement de prononcer une amnistie générale pour les rebelle kurdes afin d'établir une paix durable.

Le gouvernement prépare actuellement une loi d'amnistie, limitée à d'éventuels repentis, mais qui serait d'application plus large que des précédentes dispositions légales prises à l'égard de militants pro-kurdes. (AFP, 16 juin 2003)
 

Un chef de police controversé nommé à la tête de la lutte anti-mafia

Un haut-gradé de la police turque, suspendu, jugé et écroué pour avoir révélé des secrets d'Etat après avoir été impliqué dans un scandale politico-mafieux, a été nommé à la tête du département de la lutte anti-mafia de la police nationale, rapporte vendredi la presse turque.

Hanefi Avci avait défrayé la chronique en 1997 lorsqu'il avait témoigné devant une commission d'enquête parlementaire sur les liens entre la police et la mafia ultranationaliste.

Chef-adjoint du bureau du renseignement de la police à l'époque, il avait fait des révélations importantes sur ce qu'il a appelé lui-même "l'organisation extrajudiciaire de l'État", chargée d'éliminer physiquement des dissidents politiques.

A la suite de ces révélations, il avait été relevé de ses fonctions et brièvement écroué. Il avait été acquitté en 1998 après que la Cour eut décidé qu'il n'avait pas agi intentionnellement en révélant des numéros de téléphone des services de renseignements turc (MIT).

C'est un accident de la route dans la petite ville de Susurluk (ouest) en 1996 qui avait mis en lumière les liens entre pouvoir, extrême-droite, criminels et la police.

Dans une voiture accidentée, on avait relevé les corps d'un militant d'extrême droite, tueur à gages en cavale, de sa maîtresse, et d'un haut responsable de la police.

Un quatrième occupant de la voiture accidentée, qui avait été blessé, était à l'époque député d'origine kurde du parti de la juste voie (DYP, droite), membre de la coalition gouvernementale de l'époque. (AFP, 13 juin 2003)
 

Attentat à la grenade contre un consulat américain en Turquie

Un Turc a été arrêté mercredi après avoir lancé deux grenades en direction du consulat américain à Adana, dans le sud de la Turquie, l'attentat ne faisant ni blessés ni dégâts, a indiqué le gouverneur d'Adana, Kemal Onal.

L'auteur de l'attentat, Cumali Kocatepe, voulait pénétrer dans le bâtiment, mais à la première barrière de police, il aurait lancé deux grenades, dont une seule a explosé, à l'extérieur du complexe, a affirmé le gouverneur à la chaîne de télévision NTV.

La police a procédé à l'explosion contrôlée de la seconde grenade, a-t-il ajouté.

"La personne interpellée a revendiqué l'attaque et elle est actuellement interrogée", selon le gouverneur.

Le gouverneur à indiqué à l'agence Anatolie que cette personne avait affirmé aux policiers qu'elle n'appartenait à aucune organisation et avait agi seule.

Selon NTV, il aurait perpétré l'attaque pour protester contre la tentative de liquidation mardi à Gaza par l'armée israélienne d'Abdelaziz al-Rantissi, un des chef du Hamas, le principal mouvement islamique radical palestinien.

Il s'agit de la première attaque visant une mission diplomatique américaine en Turquie depuis la guerre en Irak.

La Turquie a fait part à l'ambassadeur américain à Ankara, Robert Pearson, de sa "tristesse" concernant cet incident et s'est déclarée prête à prendre des mesures supplémentaires pour renforcer la sécurité des missions américaines dans le pays, a indiqué à la presse le porte-parole du ministère turc des affaires étrangères Huseyin Dirioz.

Les Turcs musulmans étaient très majoritairement opposés à l'opération américano-britannique qui a chassé le régime de Saddam Hussein du pouvoir à Bagdad.

Les représentations diplomatiques américaines et britanniques, notamment, sont sous stricte surveillance policière depuis la guerre en Irak. (AFP, 11 juin 2003)
 

Nouvelles prisons de haute sécurité encore plus inhumaines

Le ministre de la justice a récemment déclaré que de nouvelles prisons de types F allaient être construites dans tout le pays.
Les nouvelles prisons construites à Beylikdüzü dans la banlieue d'Istanbul, à Diyarbakir, à Denizli et Kandira, portent le label "haute sécurité". Celle de Diyarbakir serait presque achevée. Le personnel de la prison serait même en "formation" depuis déjà trois mois.

D'après les informations qui circulent à propos des nouvelles prisons, les cellules seront obscures voire souterraines. Ce qui démontre que la répression sera encore plus âpre.

Dans son communiqué, l'Association d'entraide avec les familles des prisonniers politiques (TAYAD) a établi que les prisons de type F n'ont pas suffi et que c'est la raison pour laquelle l'on passe maintenant aux cellules souterraines. L'association TAYAD se demande aussi s'ils ne vont pas finir par construire des cellules sous-marines:

"Le gouvernement actuel qui n’est pas parvenu à faire cesser un jeûne de la mort (grève de la faim) qui dure depuis 3 ans, a découvert un nouveau type de prison composé de 'cellules souterraine'.

"Ce gouvernement qui ne trouve pas d'argent pour les ouvriers, les employés ou les retraités trouve soudainement de l'argent pour bâtir des prisons. Quand les prisons cellulaires de type F étaient encore en chantier, nous l'avions prévenu que 'ces tombeaux n'ont pas uniquement été conçus pour les prisonniers: ils menacent toute la population.' Aujourd’hui, les autorités considèrent que les prisons de type F ne sont pas suffisamment sûres. C’est pourquoi, ils aménagent maintenant des CELLULES SOUTERRAINES. Ils regrettent de ne pas avoir dit leur dernier mot face aux grévistes de la faim." (Ekmek ve Adalet, 11 mai 2003).
 

Cinq personnes blessées dans un attentat visant des procureurs à Istanbul

Cinq personnes ont été blessées mardi à Istanbul lorsqu'une bombe télécommandée a explosé au passage d'un autobus transportant des procureurs de la Cour de sûreté (DGM), a-t-on appris de sources officielles.

L'attentat a été revendiqué par le Front-Parti de libération du peuple révolutionnaire (DHKP-C), un groupe clandestin d'extrême gauche particulièrement actif à Istanbul, selon le ministère de l'Intérieur.

L'engin a explosé à une heure de pointe lorsque l'autobus, escorté par deux voitures de police, passait sous un pont piétonnier à Bakirkoy, dans la partie européenne d'Istanbul, a précisé le procureur en chef de la DGM d'Istanbul, Aykut Cengiz Engin, cité par l'agence Anatolie.

Un procureur, deux policiers d'escorte et deux passants ont été légèrement blessés par l'explosion qui a également endommagé plusieurs voitures, selon les médias.

Les Cours de sûreté jugent les militants politiques d'organisations extrémistes et les affaires de terrorisme.

"Nous sommes toujours menacés. Les organisations clandestines ont leurs listes noires. Il s'agit de terrorisme, c'est une façon de faire pression sur nous", a affirmé à l'agence Anatolie Muzaffer Yalcin, un des procureurs qui voyageait à bord de l'autobus.

Plusieurs attentats ont récemment visé des restaurants à Istanbul.

Le 20 mai, une femme, porteuse d'une bombe, avait été tuée et une autre personne blessée dans une explosion dans un petit restaurant d'Ankara.

Selon la police, cette femme appartenait au DHKP-C, particulièrement actif à Istanbul et dans d'autres métropoles dans les années 1990. (AFP, 3 juin 2003)
 

Défense d'uriner dans la rue... et de le rappeler à un policier indélicat !

Un homme qui faisait remarquer à un indélicat urinant contre un mur, en plein jour et au vu des passantes d'Ankara, s'est fait sévèrement rosser par le policier en civil et son collègue, a rapporté la presse dimanche.

Serkan Erkol, 30 ans, s'était permis d'aborder un homme faisant ses besoins en public alors qu'un groupe de femmes s'indignaient de cette conduite, sans savoir qu'il avait à faire à un policier en civil, écrit le quotidien Milliyetiyet.

"De quel droit t'adresses-tu à moi?", lui a répondu le fonctionnaire de police, rapidement rejoint par un collègue qui l'attendait dans une voiture remplie de bouteilles de bière vides, a-t-il raconté au journal.

"Je suis champion de Turquie de karaté", lui a lancé le policier passant de la parole aux actes et jetant l'homme au sol pour continuer à le rouer de coups de pieds, selon Milliyet.

Malade du foie, Serkan a feint l'évanouissement pour arrêter la correction, et a été emmené dans deux commissariats successifs où il a été interrogé "comme un criminel" et "menacé", ce qui l'a incité a porter plainte devant la justice. (AFP, 1 juin 2003)

Human rights violations in brief

IHD executives sentenced in Ankara

On 5 May, Ankara Penal Court No. 1 concluded the case against 46 persons, most of whom were the executives of IHD, in connection with a raid on the headquarters in Ankara on 25 January 2001 during which 33 documents were found, said to banned by orders of confiscation. The Court, without hearing the testimonies of the defendants, sentenced them to 3 months' imprisonment and a fine of TL 35 million each according to Article 526/1 TPC (not following official orders). The imprisonment sentences commuted to fine. Lawyer Levent Kanat stated that during the raid most of the defendants were not present at the headquarters and the inventory of confiscated files, documents and books was not kept. Kanat also added that convicting without hearing testimonies violated Article 6 (the right to a fair trial) of the European Convention of Human Rights. The following is the names of defendants: Hüsnü Öndül, Osman Baydemir, Ismail Boyraz, Nejat Tastan, Lütfi Demirkapi, Kiraz Biçiçi, Keles Öztürk, Saban Dayanan, Fevzi Argun, Cafer Demir, Necla Sengül, Ismail Kartal, Abdurahman Saran, Reyhan Yalçžndag, Figen Ulusoy, Ilhami Yaban, Cihan Aydin, Ibrahim Gümüstas, Metin Sahintürk, Celal Meral, Sengül Yžldžržm, Bayram Çelik, Ali Göçmen, Abdullah Soner, Seref Turgut, Meliha Özcan, Aydin Bolkan, Kenan Çetin, Hanefi Isik, Metin Kilavuz, Ensar Ilyasoglu, Hatice Can, Ayse Batumlu, Engin Segin, Ali Murat Bilgiç, Eren Keskin, Kadir Arikan, Dursun Dalga, Sirin Dogan, Cengiz Kaygisiz, Bayram Akarsu, Ömer Saržyerlioglu, Ayla Akat, Yusuf Alatas, Aysenur Zarakolu (died on 27 January 2002  and Nebahat Altiok (Özgür Gündem-TIHV, June 3, 2003)

Beatings in Ankara

Serkan Erol, who was beaten by the police in Mamak Ege quarter on 8 May, announced that he was threatened by a police officer named Salim Aydin, working at the Hüseyin Gazi Police Station. Serkan Erol stated that despite his report from the Forensic Institute certifying his inability to work for 10 days and the investigation launched by the public prosecutor, Salim Aydin was still on duty. Erol, who has been under treatment for cirrhosis and hospitalized for 5 days due to the incident, said "I met Salim Aydin several times after the incident. He told me that he did not know I was sick and he was drunk at the time of the incident. He also sent me a message by someone from our neighborhood and said "I am an "ülkücü" (idealist), I have many friends in different ranks. If they get me in a trouble it won't do any good for them. I killed two persons before and slipped out easily. (Evrensel-TIHV, June 3, 2003)

350 workers detained in Istanbul

A tension has been reportedly going on after the collective bargaining negotiations were blocked in Istanbul Organized Industrial Region and 350 workers were detained on 2 June for "going to workplace collectively". Workers were released shortly after. Previously, Hasan Sonkaya and Musa Alyücel, executives of Deri-Is (workers' union for the leather sector) Tuzla (Istanbul) branch had been arrested following their detention during a two-hour no-work action on 28 May. (Özgür Gündem-TIHV, June 3, 2003)

Picnic Hindered by Gendarmerie in Malatya

Gendarmerie soldiers hindered a picnic organized by a group of the students of Malatya Inönü University in Sultansuyu region nearby Malatya on 1 June. Gendarmeries reportedly seized students' books and detained a student named Murat Satici. Three students who wanted to stop their friends' detention were wounded after gendarmeries drove a military vehicle over them. (Evrensel-TIHV, June 3, 2003)

Ankara IHD on Trial

On 3 June, Ankara SSC continued to hear the case against Ankara branch of the Human Rights Association (IHD) with the demand of closure and sentences for "supporting illegal organizations". The hearing was adjourned to 10 June awaiting a medical report on the defendant Ali Riza Bektas. For the protests against the F-type prisons the former chairman Lütfi Demirkapi and the board members Ilhami Yaban, Ismail Boyraz, Erol Direkçi, Mesut Çetiner, Zeki Irmak, Riza Resat Çetinbas, as well as members of the prison commission Ali Riza Bektas, Selim Necati Ort, Saniye Simsek, Ekrem Erdin, Gökçe Otlu and Emrah Serhan Soysal are charged under Article 169 TPC. The prosecutor has also asked for closure of the branch according to Article 7/4 of the Law on Fighting Terrorism. (TIHV, June 4, 2003)

Trade Unionists Threatened in Agri

Chair for Agri branch of the trade union for staff in the health sector, SES, Ismail Karatas stated that their members in Patnos district were confronting with police pressure. In his application to SES Headquarters Karatas stated that their members were threatened by the Chief of the Police in Patnos, N. Sinan Yžlmaz and the police officer Hüseyin Harputçu and recorded the following: "For instance Hüseyin Harputçu asked our members Selahattin Sökmez, Birgül Kurtoglu, Edip Tatlž and Aysun Kocaman to quit their memberships in SES arguing that Œthe trade-unions organized under the Confederation of Trade Unions in the Public Sector (KESK) were extensions of illegal organizations, and hence were themselves illegal'. The same police officer had visited Patnos Kerem _ahin Primary School together with executives of another trade union, ŒTürk Kamu-Sen' for facilitating their organization. Vice Director of the School Seyfettin Esin witnessed this event". Karatas further stated that 6 trade-unionists and himself had been detained two days after the press release held on 25 January to protest the war and while in detention they had been threatened and insulted by the Chief of the Police in the district. (Özgür Gündem-TIHV, June 4, 2003)

Physician Exiled from Ankara to Kayseri

Ali Kandemir, the former executive of SES who had been tried together with the alleged PKK executive Cevat Soysal was exiled from Ankara to Kayseri although he had been acquitted in the trial. Inspectors of the Social Insurance Institution (SSK) had concluded a report about Kandemir while the trial was in progress and had advised Kandemir's transfer to a SSK dispensary in which Œterror was at the lowest level and conditions for trade union activities were lacking'. After the trial had ended on 25 June 2002, the SKK General Directorate had allowed Kandemir to return his duty on the condition that his place of duty was changed. (Özgür Gündem-TIHV, June 4, 2003)

Students on Trial in Bursa

On 2 June Bursa Criminal Court No. 2 started to hear the case against 26 students (24 in remand) in connection with the anti-war demonstration held at the Görükle Campus of Bursa Uludag University on 17 April. (BIA-TIHV, June 4, 2003)

Pressure in Mus Prison

Reports from Mus Prison stated that inmates were under serious pressures from the administration. Relatives of prisoners applied to the IHD branch in Mus and stated that the prison administration did not take the health problems of political prisoners seriously, delayed their treatment and that the inmates did not have access to adequate nutrition. The prisoners' relatives later met the public prosecutor Ercan Safak. They also reminded the inmate Ismet Baycan had died on 24 May because of administration's neglect". (Özgür Gündem-TIHV, June 5, 2003)

38 Demonstrators on Trial in Istanbul

The public prosecutor in Istanbul indicted 38 persons who had participated in the anti-war demonstration held on 26 January at Beyazit Square. The indictment want defendants including the Chair of the Confederation of Trade Unions in Public Sector, Sami Evren and actors Mehmet Ali Alabora and Mustafa Alabora be charged under Law No 2911 (holding unauthorized demonstration). (Milliyet-TIHV, June 5, 2003)

Demonstration Prevented in Ankara

Public Prosecutor in Ankara gave the decision of non-prosecution of the members of People's Houses Murat Sakalp, Mahmut Yilmaz Aytekin, Savas Kurtulus Öngel, Ali Gültekin, Serhat Savas and Elif Canli, who had enchained themselves on 31 March to iron pillars of the US Embassy to protest the war on Iraq. The prosecutor ruled that the demonstrators had used their democratic right. (Sabah-TIHV, June 6, 2003)

Arrests for protest in connection with the earthquake

Ramazan Burkankoglu, Cengiz Kaya, Ali Bor, Yunus Kisi, Veysel Polat, Mehmet Kaya, Alaattin Bagat, Nezir Çetkin, Ismail Hakki Göktas, Abdurrahman Polat and Ömer Varol, who had been detained after the protest action in connection with the earthquake in Bingöl, were arrested on 5 June on charges of "staging unauthorized demonstration and damaging public property". The other 13 persons were released to be tried without remand. DEHAP chair for Kars Güngör Alp was arrested for a speech he made on 31 May during a fest. He went on 5 June to Security Directorate in Kars to testify and was arrested on charges of "aiding and abetting an illegal organization". (Özgür Gündem-TIHV, June 6, 2003)

14-year old child beaten by police

On 6 June, H.A. (14) was beaten by the police in Izmir. At about 9pm H.A. was stopped by two police officers in Agora quarter of the city. After saying that they saw him during a demonstration of DEHAP they started to beat him. Since H.A. had a blackout they left him on the street. After recovering he went to the offices of DEHAP in Konak district and was taken to Yesilyurt State Hospital by his friends. (Özgür Gündem-TIHV, June 8, 2003)

Trial on "Return to Life" Operation

On 6 June Eyüp Penal Court No. 3 continued to hear the case of 1,615 defendants, 1,440 of them gendarmerie soldiers, charged in connection with the so-called "Return to Life" operation in December 2000, during which 30 prisoners and 2 soldiers were killed. 15 guardians testified at the hearing. Guardians stated that they had not been on duty; they had been outside the prison during the operation. Sub-plaintiffs wanted the files concerning the guardians, who had not been on duty, to be separated or dropped. They also wanted the court to ask Ankara Gendarmerie Public Order HQ. the names of the persons, who had participated the operation. The adjourned the hearing to 12 December. The hearing was announced by the daily Milliyet with the title "Report of Horror: How could they return to life with a killing operation?".  The news was based on the reports of the Forensic Institute and Milliyet announced that security forces had digged the bullet injuries to make the distance of shot unclear. Milliyet had only published the official announcements concerning the prisons, operations and death fast action during the period of death fast and operations. The defendants are charged with "neglect of duty" and "ill-treatment". The hearing was adjourned to hear the testimony of further defendants. If convicted the defendants have o expect sentences between 1 and 6 years' imprisonment. (Özgür Gündem-Milliyet-TIHV, June 7, 2003)

Eren Keskin acquitted at a trial

On 6 June Istanbul Heavy Penal Court concluded to hear the trial of IHD vice-president Eren Keskin. She was charged with "insulting the army" for an interview he gave to the journal "Yeni Aydinlik" on 1 July 2001. Editor-in-chief of the journal Gültekin Kaya and journalist with the journal Ugur Yildirim were also on trial. The defendants were acquitted at the hearing. (Radikal-TIHV, June 7, 2003)

Göç-Der Executives on Trial

On 9 June, Istanbul SSC continued to hear the case of the Chairwoman of the Migrants' Association for Social Cooperation and Culture (Göç-Der) Sefika Gürbüz and the Sociologist  Mehmet Barut of Mersin University in connection with the report on forced displacement which they published in March 2002. In his summing up the case the prosecutor wanted Gürbüz and Barut to be sentenced according to Article 312 TPC.The hearing was adjourned to a later date for the preparation of defense. (Evrensel-TIHV, June 9, 2003)

Detentions and Arrests in Giresun, Istanbul and Rize

Hüsnü Turan and Aynur Avyüzen, alleged members of TIKKO were detained nearby Bulancak district of Giresun. On 9 June, Mehtap Yurtluk and Ali Ergin, members of Peoples' Houses, were kept in a toilet for an hour after they attempted to protest the Prime Minister Recep Tayyip Erdogan in a conference in Istanbul. Erhan Elaldi, correspondent for Anatolian Agency, who wanted to cover the incident was assaulted by the police. On 8 June, Yalçin Solmaz and Imdat Solmaz, who allegedly written slogans on the grass in Rize were detained by the gendarmeries. Detainees were released thereafter. (Evrensel-Milliyet-TIHV, June 9, 2003)

Street Vendors Tortured in Istanbul

In Istanbul Mustafa Kakiz who works as a fishmonger in Laleli district stated that the police threaned him and forced him to eat raw fish. Kakiz told the following: "On the night of 23 May three police officers in uniforms approached us. One of them was holding a poti in which there were 20 fish; he put the fish into the oil, which I used for frying the fish, then took them out and told me to Œeat all of them'. I said, ŒHow can I eat them? I would be poisoned.' Then he said, if you don't, we will seize your workbench and take it way. Being frightened, I ate 20 raw fish. Upon this they went away. I fainted, I was poisoned." The street vendors Serhat Çakmak, Mehmet Gümüs, Cemal Das and Bayram Kovanaslan also stated that they were confronted with similar pressures. (Özgür Gündem-TIHV, June 11, 2003)

TKEP/L Trial in Istanbul

On 10 June Istanbul SSC continued to hear the case of 24 alleged members of the Turkish Communist Labor Party/Leninist (TKEP/L), aged between 16 and 23, who had been detained in March 1996. The hearing was adjourned to a later date for the announcement of verdict. In this trial the defendants Devrim Öktem, Bülent Gedik, Ismail Altun, Özgür Öktem and Erbil Kizil are charged under Article 146/1 TPC and have to expect life imprisonment. The defendants Zülcihan Sahin, Müstak Erhan Il, Izzet Tokur, Arzu Kemanoglu, Bilgin Ayata, Sinan Kaya, Ebru Karahanci, Ulas Bati (17), Okan Kaplan (17), Sevgi Kaya (16), Mustafa Yazici, Ilyas Koçak, Güven Dagdelen, Ahmet Olgun, Zuhal Sürücü (17), Serpil Koçak, Cemal Bozkurt, Ali Kiliç and Levent Bagdadi have to expect imprisonment. The case against the police officers charged with torturing the juveniles had ended on 5 February, at Istanbul Criminal Court No.6. Mustafa Sara who had tortured Bülent Gedik and Devrim Öktem had been sentenced to 2 years' imprisonment under Article 243 TPC. The case against Ali Çavdar had been dropped because of his death. The case against other defendants Mustafa Taner Paylasan, Ahmet Bereket, Fatih Berkup and Yakup Dogan had been dropped because of lapse of time. (Evrensel-TIHV, June 11, 2003)

Pressures in Bayrampasa Prison

Political prisoners in the Bayrampasa Special Type Prison, stated that a prisoner named Mehmet Yilmaz was insulted and beaten while being taken to Eyüp Court House. They also stated that the prisoners had been tortured by JITEM members and offered to become informer. (Özgür Gündem-TIHV, June 12, 2003)

Beating by police in Istanbul

Necmettin A. (25) was beaten on 8 June in Beyoglu (Istanbul) by police officers, who demanded money from him. He made an official complaint to the public prosecutor in Istanbul. Necmettin A. narrated the incident as follows: "When I was going back home at about 3.50am police officers stopped me on the street of US Embassy. After an ID check they demanded money, but I rejected to pay them. They handcuffed me and started to beat me heavily. They took my money and we went to the police station in Beyoglu. I stayed there about 11 hours and they did not allow me to phone, eat, drink and go to toilet. Before we went to the public prosecutor's office Forensic Institute gave me a report certifying that I was unable to work for seven days." The report certifies that his noise was broken and there were bruises around his eyes and on his arms. He testified to the public prosecutor on allegations of "insulting security forces" and was released afterwards. Necmettin A. also stressed that police officers offered him $ 1000 after the official complaint. (Evrensel-TIHV, June 13, 2003)

Pressures in the Prisons, Beaten Prisoners

IHD branch in Adana prepared a report on the conditions in Ceyhan Special-type Prison and Kürkçüler E-type Prison. Spokesman of IHD Prisons Commission Athem Açikalin said that Director of Kürkçüler Prison Mete Erdem, prosecutor at the prison and public prosecutor in Adana rejected to have an appointment with the representatives of the commission. According to the report the prisoners were counted three times a day, the mouths of the prisoners were also search during the counts, the visits were only 15 minutes, they were not treated, bills of the electricity were paid by the prisoners. The pressures in Kürkçüler Prison were worsened aster Mete Erdem had been appointed. A group of guardians called "A Team" were also ill-treating the prisoners. Açikalin also added that the relatives of the prisoners were threatened to death by Erdem and his co-workers. According to the report ward B-7 of the female prisoners had been attacked and during the attack Sermin Dorak, suffering from troid cancer, had been beaten heavily and injured. The association of prisoners' relatives in Adana held a press conference in front of the prison on 11 June. Chair of the association Esmer Doster announced that 5 female prisoners had been beaten heavily in the last weeks. The lawyer Vedat Özkan added that his clients stressed that pressures had been worsened after the appointment of Erdem. He said that Erdem was threatening the prisoners to death. The prisoners of the ward C-16, who refused to receive visitors last week, were banned from receiving closed visits for 1 month and open visits for 6 months. (Özgür Gündem-TIHV, June 13, 2003)

Unionist on Trial in Istanbul

The retrial of Münir Ceylan, Chair of the union of the workers in the sector of oil Petrol-Is, was started at Istanbul SSC on 12 June after the decision of ECoHR. He had been sentenced to 20 months' imprisonment in 1991 under the Article 312 TPC for the article "Tomorrow Might Be Too Late!" published in the newspaper "Yeni Ülke". After the Court of Cassation had approved the sentence on 1 June 1994 he had started to serve his sentence and released on 29 January 1995. He appealed to ECoHR and the court ruled FF 70,000 as compensation. (Cumhuriyet-TIHV, June 13, 2003)

Demonstration Prevented in Istanbul

On 11 June, police intervened a group of highschool students, who wanted to read a press release in front of the Directorate of National Education in Istanbul. The group was about to disperse after the press conference of "Yeni Demokrat Gençlik", but the police followed the students to intervene and detained many students with beatings. The journalist were also threatened not to use their cameras. The police detained the Greenpeace members, who held an action in the Bosphorus by opening a banner saying "Oil Kills!" when the representatives of the oil companies were on a trip in Bosphorus.  (Cumhuriyet-Özgür Gündem-TIHV, June 13, 2003)

68 persons detained in Inegöl for belonging to a sect

During the night of 12 June, gendarmerie raided Anayurt municipality of Inegöl district in Bursa and detained 68 persons on allegations of being members of Kadiri sect. 58 of the detainees were released on 13 June. Saim Bilgin, Barbaros Dogan, Sirin Demircan, Mustafa Dogan, Mehmet Avci, Ömer Sentürk, Turan Sarikaya, Abdulbaki Döven, Yakup Kayhan and Ibrahim Demir are still in detention.  (Milliyet-Özgür Gündem-TIHV, June 14-16, 2003)

Two DHKP-C militants killed in Tokat

On 14 June two militants DHKP-C were killed during a clash that broke out near Yuvacik village of Rersadiye district in Tunceli. Names of the militants were disclosed as Ipek Yücel and Metin Keskin. Yücel was buried on 16 June in Istanbul. (Cumhuriyet-Evrensel-Özgür Gündem-TIHV, June 15-17, 2003)

49 Refugees Detained in Istanbul

In Istanbul, 49 refugees coming from Pakistan, Bangladesh, India, Palestine, Algeria, Ruanda and Afganistan were caught in a truck. They were reportedly kept under detention for three days and will be deported after their paperwork completed. (Evrensel-TIHV, June 18, 2003)

TIHV Staff Convicted for protest concerning hunger strikes

On 19 June Izmir Criminal Court No. 4 passed its second verdict on Dr. Alp Ayan, staff member of the Izmir representation office of the Human Rights Foundation of Turkey (TIHV), Mehmet Barindik, official of the trade union Limter-Is, and Abdülbari Yusufoglu (died on 20 September 2001 as a result of the death fast action). All three had been charged in connection with a press statement on 13 January 2001 that focused on the action against prisons operations of 19 December 2000. Dr. Ayan and Mehmet Barindik were convicted of insulting the Justice Minister. Ayan was sentenced to one year and one day's imprisonment, Barindik to one year's imprisonment. This trial had been initiated on 16 May 2001, after the first charges of conducting an illegal demonstration had resulted in acquittal by Izmir Penal Court No. 4 on 26 April 2001. First trial had been concluded on 10 June 2002, Ayan and Barindik had been sentenced to same terms of imprisonment. The case against Abdülbari Yusufoglu had been dropped. Court of Cassation had quashed the verdict on the ground that Article 159 TPC had been changed. (TIHV, June 20, 2003)

A hunger striker forcibly transferred to another prison

According to a press release by Office for People's Law Nurten Hasçelik started death fast for being forcibly transferred to Tekirdag E-type Prison. She was under arrest on charges of "being a member of DHKP-C". On 6 June Hasçelik was transferred from Manisa E-Type Prison to Tekirdag E-type Prison on orders of the Ministry of Justice. She was put in a ward with ordinary prisoners and started death fast to protest against the isolation. (Evrensel-TIHV, June 23, 2003)

TIHV Staff on Trial in Izmir

On 20 June Aliaga Penal Court continued to hear the case of 68 people, including Günseli Kaya and Alp Ayan, staff members of the Human Right Foundation of Turkey (TIHV) in Izmir. They are charged with staging an illegal demonstration, when they attended the funeral of Nevzat Çiftçi, who had died during the operation in Ankara Closed Prison on 26 September 1999. The hearing was adjourned to 18 July for the prosecutor to prepare the summing up of the case and the completion of deficient documents. (TIHV, June 23, 2003)

An Association Raided in Istanbul

The police raided the offices of the Culture Center "Tohum" in Istanbul on 20 June. The center was sealed because a room was decorated like a showroom without an official permission. (Özgür Gündem-TIHV, June 23, 2003)

Torture under Detention in Istanbul

In Istanbul a man named Deniz Eren (31) stated that he had been abducted by the police in Davutpasa quarter on the evening of 20 June and had been tortured. Eren reported that at about 00.30 am he was forced into car on his way to home and continued as follows: "Two police officers sat at my either sides. They forced me to bend my head, and then started to hit my head and face with fists and walkie-talkies. My forehead and face were wounded. While cursing me ceaselessly they asked whereabouts of my brother Erenler Eren and several persons whom I did not know. I told them that my brother had been detained four years ago and that he was living in Europe currently. They asked Œwhy I did not behave myself' and threatened me". Eren stated that he was released some half an hour later. Eren later applied to the Human Rights Association (IHD) branch in Istanbul and filed an official complaint with the police officers. (Özgür Gündem-TIHV, June 24, 2003)

IHD Executives Convicted in Ankara

Ankara Criminal Court No.22 refused the objection made for the annulment of fines given to the members and executives of IHD by Ankara Penal Court of Peace No.1. Ankara Penal Court of Peace No.1 had concluded the case without hearing the defenses, and had sentenced each of the 46 defendants to 3 months' imprisonment and a fine of TL 35,5 million under Article 526/1 TPC (disobeying the official orders). The imprisonment sentences were later commuted to fine. Since the Court had concluded the case merely by investigating the files, the lawyers of IHD appealed to a higher court. In their objection, the lawyers noted that  "many defendants who had been convicted in the case had not been among the executives or members of the Association, and that even some defendants including Ay_e Nur Zarakolu and Nebahat Altžok had been dead at the time the crime had allegedly been committed". In its investigation into the case, Ankara Criminal Court No. 22. decided to refuse the objection arguing that it had been unfounded with regards to the content of the file and the reasons for the concerned verdict. The Court did not mention in its verdict anything as for how the defendants that had died before the date the crime took place could have been convicted. (Cumhuriyet-TIHV, June 24, 2003)

TIKKO members detained in Sivas

In Sivas the police detained an alleged member of the "Workers' Peasants' Liberation Army of Turkey (TIKKO)" who is also charged with "having participated in the bombed attack against the former Çankiri Governor Ayhan Çevik" in 1999. Another person named Kenan Özyürek, who was charged with having participated in the same attack, could reportedly manage to escape from the police. (Hürriyet-TIHV, June 24, 2003)

Torture allegations at a trial

The second round of trials in the case against Çayan Bilgin on charges of "having founded the illegal organization People's Revolutionary Justice and organized several bombed attacks" commenced at Istanbul SSC on 25 June.  Çayan Bilgin had been arrested in Istanbul in February 2001. At the end of the first round of trials, Istanbul SSC had sentenced Bilgin to life imprisonment, however this sentence was later quashed by the Court of Cassation. During yesterday's hearing Bilgin's mother, Pžnar Bilgin was heard as witness. Pinar Bilgin maintained that her son and herself had been tortured. Pžnar Bilgin also stated that they had been threatened by the police while being taken before the prosecutor at Istanbul SSC. On the other hand Çayan Bilgin stated that his mother was in a miserable condition when the police took her near him in the detention place and continued, "My mother said to me that the police would rape her, in case I did not sign the testimony they prepared. I signed them so that they did not give harm to my mother". (Özgür Gündem-TIHV, June 26, 2003)

Heavy sentences confirmed

The 9th Chamber of the Court of Cassation confirmed the sentences given to Kemal Ertürk, Mesut Deniz, Küçük Hasan Çoban and Kemal Kaygžsžz under Article 146/1 TPC (attempting to overthrow the Constitutional order by force) in connection with the bombed attack against the former Çankžrž Governor Ayhan Çevik (5 March 1999). However,  due to the amendment made in the Article following Law No. 4771 (dated 3 August 2002), the Chamber converted the death penalties to life imprisonment. The Chamber also confirmed the 15 years' imprisonment sentences against Hakan Eren and Nihat Konak; 15 years' and 1 day imprisonment sentence against Savas Kör; and the verdict concerning the suspension of cases against Sener Kökten, Erkan Balçžk, Devrim Karacan, Bülent Ertürk, Özgür Deniz Demirdis, Arap Deniz, Bilal Ekin, Halil Köseoglu, Cemile Sönmez, Serdal Çitil, Murat Yžlmaz, Sevinç Güden, Selahattin Yurdaer, Murat Demirdis, Turan Açžk, Ömer Necmi Hatipoglu, Aziz Batur, Cafer Kaya Bozkurt, Metin Sezgin and Eren Karacan. The Chamber quashed, on the other hand, the 15 years' imprisonment sentence against Lale Açžk. The case had ended at Ankara SSC on 14 February 2002 (Zaman-TIHV, June 26, 2003)

Press conference on the death under hunger strike prevented

The police intervened a press conference, which was held in Taksim (Istanbul) on the anniversary of the death of Aysun Bozdogan, who had died due to death fast. The police forcibly dispersed the crowd and detained 18 persons under beatings. (Özgür Gündem-TIHV, June 27, 2003)

Two TIKKO militants killed at a clash in Tokat

During clashes near Kizildag village in Tunceli two TIKKO militants were allegedly killed and one militant was captured. (Cumhuriyet-TIHV, June 27, 2003)

THYD-DER members beaten in Ankara

Association for Solidarity with Prisoners' Families (THYD-DER) executive Ümit Göksu, Vedat Yavuz, Siwan Ahmet Bozkurt and Aydžn Çelik announced that they were beaten by police officers on 26 June in Altindag (Ankara). On 27 June Ümit Göksu, Aydin Çelik and Siwan Ahmet Bozkurt were transferred to Forensic Institute. They were given reports certifying that they were beaten. Ankara Numune Hospital gave a report to Vedat Yavuz certifying inability to work for one day. The detainees were taken to the Security Directorate after examinations and threatened and insulted there. They made an official complaint against the police officers. They were allegedly detained for "provoking people of the quarter". Göksu also stressed that the superintendant Murat Sandar and some 25 police officers were strolling in their quarter at night and also firing into the air. (Özgür Gündem-TIHV, June 30, 2003)

Police Officers sentenced for ill-treatment

On 27 June, Ankara Penal Court of First Instance No.10 concluded the case of two police officers, Sefa Sevim and Ergün Ates, in connection with the beating of Veli Kaya during demonstrations held on 6 November 2002 on the occasion of the anniversary of the foundation of the Council of Higher Education. The court sentenced the police officers to 6 months' imprisonment under the Article 245 TPC (ill-treatment). The sentences were suspended for 5 years. (Radikal-TIHV, June 28, 2003)

A political prisoner started a hunger strike in Tekirdag

Remzi Aydin, who is incarcerated in Tekirdag F-type Prison, started death fast action to protest in the F-type Prisons and isolation conditions. He has reportedly been under arrest for being "a member of Turkish Communist Labor Party/Leninist (TKEP/L)". (Evrensel-TIHV, June 29, 2003)

Trial on Demonstrations Against War

On 30 June, Istanbul SSC started to hear the case of 22 persons who were arrested after the demonstration held on 15 February in Kadiköy Square in Istanbul. All the defendants were released at the hearing. (Radikal-TIHV, july 1, 2003)
 

Pression sur les médias/Pressure on the Media

Troisième mandat pour l'arrestation d'Özgüden à la frontière turque

Le procès contre Dogan Özgüden, rédacteur en chef d'Info-Türk, et ses deux confrères pour "insultes à l'Armée turque" s'est poursuivi le 4 juin 2003 au tribunal pénal de première instance N°1 d'Istanbul. En absence d'Özgüden, pour la troisième fois, le tribunal a décidé de délivrer à tous les postes-frontières un mandat d'arrestation pour qu'il soit arrêté et déféré immédiatement à la justice dès qu'il rentrera dans le pays.

Lors du procès, le juge a déclaré que le tribunal a finalement reçu les registres de l'état civil d'Özgüden. Toutefois, le prénom complet de l'inculpé étant "Dogangün" selon l'acte de naissance, le juge a demandé au procureur de la République d'établir un nouvel acte d'accusation sur le nom de "Dogangün Özgüden"  et de faire venir également le casier judiciaire établi sur ce nom.  Il a décidé également d'établir le troisième mandat d'arrestation destiné aux postes-frontières sur le nom "Dogangün Özgüden".

Le procès a été reporté au 15 octobre 2003.

A ce procès, le procureur de la République réclame une peine de prison jusqu'à six ans contre Dogan Özgüden et Emin Karaca, pour les articles qu'ils avaient écrits à la revue Türkiye'de ve Avrupa'da Yazin (Littérature en Turquie et en Europe) à l'occasion du 30e anniversaire de l'exécution de trois leaders de la jeunesse progressiste par la junte militaire. Quant à l'éditeur responsable de la revue, Mehmet Emin Sert, il risque une lourde amende pour avoir publié ces articles.

Le procès a été ouvert en vertu de l'article 159 du Code pénal turc. Cet article est applicable à tout critique à l'encontre de l'Armée, du gouvernement et des forces de sécurité si elle est considérée "insulte" par le procureur. Malgré la promesse du gouvernement turc de modifier la législation pénale conformément aux critères de Copenhague, l'article 159 du CPT ne figure pas encore parmi les articles à supprimer.

L'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe avait, lors de sa séance plénière du 28 janvier 2003, adopté une recommandation sur la liberté d'expression dans les médias en Europe. Après avoir constaté qu'"il continue d'y avoir des poursuites pénales à l'encontre de journalistes en Turquie", l'instance parlementaire européenne donnait comme exemple le procès intenté contre Özgüden et ses deux collègues en Turquie.

D'autre part, Reporters sans frontières (RSF) avaient immédiatement protesté contre l'inculpation de trois journalistes. "Si ces journalistes sont condamnés pour insulte à l'armée, la Turquie trahira les engagements qu'elle a pris envers l'Union européenne", avait déclaré Robert Ménard, secrétaire général de RSF, dans une lettre adressée au ministre turc de la Justice.

Réagissant contre l'inculpation d'Özgüden en Turquie, la Secrétaire nationale de l'Association Générale des journalistes professionnels de Belgique (AGJPB), Mme Martine Simonis, avait envoyé un message de protestation au ministre turc de la Justice et à M. Louis Michel, ministre belge des affaires étrangères.

M. Louis Michel avait répondu à la lettre de Mme Simonis le 23 janvier 2003 en ces termes: "Je partage entièrement votre inquiétude et je regrette de constater que la Turquie mène encore des procès contre la liberté d'expression. Selon les informations recueillies par mes services, le risque d'incarcération est limité pour l'intéressé, étant donné qu'il n'y a pas eu de mandat d'arrêt international lancé contre lui dans l'affaire pendante. Mais le risque subsiste sans doute pour des affaires antérieures. J'ai demandé à notre ambassadeur à Ankara de suivre de près le cas spécifique de Monsieur Özgüden."

Dans un communiqué du 11 avril 2003, le Centre Bruxellois d'Action Interculturelle (CBAI) a manifesté "son inquiétude et son mécontentement de voir l'un de ses membres fondateurs, Dogan Özgüden, poursuivi par la justice turque en raison de ses articles."

"La direction et le conseil d'administration du CBAI entendent rappeler que celui qui est aussi rédacteur en chef de la revue Info-Türk a largement contribué à ce qu'est aujourd'hui le CBAI, apportant un éclairage précis et compétent sur les réalités vécues par la communauté turque de Belgique mais aussi celles vécues en Turquie et jouant efficacement son rôle de passeur de cultures entre la société belge et la population turque vivant dans notre pays. A ce titre, le CBAI a demandé à M. Louis Michel, Ministre belge des Affaires étrangères, de faire ce qui est en son pouvoir auprès de son homologue turc afin que ce militant de longue date, partisan acharné du dialogue, puisse exercer librement et dans la sérénité ses missions." disait le CBAI.

La nouvelle ordonnance d'arrestation datée du 4 juin 2003 contre Özgüden démontre que la justice turque ne tient pas compte de réactions internationales.

D'ailleurs, au cours des mois d'avril, mai et juin 2003, plusieurs journaux ont été confisqués, des journalistes et des artistes poursuivis, des émissions de TV ou de radio interdites ou suspendues par la justice turque. (Voir: http://www.info-turk.be et http://www.info-turk.be/bulletins.htm )

Özgüden a commencé ses activités professionnelles le 9 septembre 1952 à Izmir. Après avoir travaillé dans les journaux Ege Günesi, Sabah Postasi, Milliyet, Öncü, Gece Postasi, Sosyal Adalet à Istanbul, il a été le rédacteur en chef et l'éditorialiste du plus grand quotidien de gauche de la Turquie, Aksam (1964-66) et de la revue socialiste Ant (1967-71).

Özgüden et son épouse, Inci Tugsavul, ont été inculpés dans plus de 50 procès d'opinion pour les articles qu'ils ont écrits ou publiés dans la revue Ant. Menacés d'un total de 300 ans de prison, ils ont dû quitter la Turquie après le coup d'état militaire de 1971.

Depuis 1974, ils dirigent à Bruxelles l'agence de presse Info-Türk qui informe l'opinion publique de la situation des droits de l'homme en Turquie.

Özgüden et Tugsavul, comme plus de 200 autres opposants du régime en exil, ont été privés de nationalité turque en 1982 en raison de leurs critiques vis-à-vis de la junte militaire. Bien que cette décision ait été annulée dix ans plus tard, le ministère des affaires étrangères n'a jamais répondu à la demande qu'on leur délivre une garantie écrite qu'en cas de retour ils ne seraient pas inculpés et emprisonnés pour les accusations portées contre eux par le même ministère devant la Commission européenne des droits de l'homme.

Un des anciens dirigeants de l'Association des Journalistes, du Syndicat des Journalistes et du Conseil de l'étique de la presse en Turquie, Özgüden est actuellement membre de l'Association des Journalistes de Turquie (TGC) et l'Association des journalistes professionnels de Belgique (AGJPB).

Il est l'auteur de plusieurs livres, notamment Sur le fascisme (1965, Istanbul), Sur le capitalisme (1966, Istanbul), Le dossier sur la Turquie (1972, France), Le fascisme et la résistance en Turquie (1973, Pays-Bas), Les médias et les immigrés turcs (Belgique, 1983), Le portrait de l'immigration turque (Belgique, 1984), Le livre noir sur la "démocratie" militariste en Turquie (Belgique, 1986), L'extrême-droite en Turquie (Belgique, 1988).
 

Saisie d'un décor de théâtre aux couleurs du drapeau d'un parti kurde

La police turque est intervenue mardi dans un théâtre du sud-est du pays pour saisir un décor qui comportait à leur goût trop de rouge, vert et jaune, les couleurs du drapeau d'un parti séparatiste kurde, rapporte jeudi la presse.

L'intervention a eu lieu à Hakkari après qu'un professeur, qui avait assisté à une répétition de la pièce, eut téléphoné aux autorités pour dénoncer un soit-disant complot, rapporte le quotidien libéral Radikal.

Les trois couleurs sont celles du drapeau du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK, renommé KADEK) qui a mené pendant 15 ans une rébellion armée pour obtenir l'autonomie de la région à majorité kurde du sud-est anatolien.

La représentation des trois couleurs donne souvent lieu à des accusations de propagande et de soutien aux rebelles.

Les acteurs, qui ont été interpellés pour témoigner devant le procureur, ont annulé les représentations, selon le quotidien Milliyet.

L'un deux, Mahir Gunsiray, a démenti que la pièce, intitulée Gavara, ait quoi que ce soit à voir avec le problème kurde, et dit sa "surprise" face à la saisie du décor.

"Cet incident représente vraiment un mauvais coup à un moment où le parlement travaille à l'adoption de réformes pour permettre au pays de rejoindre l'Union européenne", a-t-il ajouté. (AFP, 19 juin 2003)
 

Le Marquis de Sade au pilon en Turquie

Un tribunal turc vient d'ordonner la mise au pilon pour "pornographie" de trois livres, dont "la philosophie du boudoir" du Marquis de Sade, rapporte mercredi la presse.

Un tribunal d'Istanbul a ordonné la saisie et destruction de la traduction du livre de l'auteur français du XVIIIème siècle.

Il a également mis à l'index deux nouvelles écrites par un auteur contemporain turc, Erje Ayden. L'auteur, qui habite les Etats-Unis et qui écrit en anglais, a publié ces deux livres sous les titres anglais de: "The crazy green of second avenue" et "From Hauptbahnhof I took a train".

Le ministre turc de la culture, Erkank Mumcu, interrogé par la presse, a affirmé que la saisie et destruction de ces livres relevaient d'une législation ancienne que le parlement entendait prochainement réformer.

"Notre objectif est la mise en oeuvre de toutes les normes européennes", a-t-il affirmé à la télévision. (AFP, 18 juin 2003)

Professor Fikret Baskaya again on Trial

On 3 June Ankara SSC started to hear the case against Prof. Fikret Baskaya and editor-in-chief of the Maki Publications Ismet Erdogan in connection with Baskayačs book, "Paradigmanin Iflasi-Resmi Ideolojinin Elestirisine Giris (Collapse of the Paradigm: An Introduction to the Criticism of Official Ideology".

The hearing was attended by many observers including the members of Parliamentary Investigation Commission on Human Rights and representatives from Amnesty International.

In his defense Fikret Baskaya reminded the Court that he had been tried for his book before and served an imprisonment sentence, and continued: "It is a mistake that I am being tried for my book. It is impossible to treat a book as a criminal tool and the author as a terrorist".

The Court adjourned the hearing to 10 June. Baskaya had been tried together with Selim Okçuoglu, then the editor of Doz Publications, in connection with the book, "Collapse of the Paradigm".

The case, pursued by Istanbul SSC, had ended on 16 August 1993. The Court had sentenced Fikret Baskaya to 20 months' imprisonment and a fine of TL 42 million, and Selim Okçuoglu to 5 months' imprisonment and a fine of TL 41 million.

After the Court of Cassation had confirmed the verdict on 22 December 1993, Fikret Baskaya had stayed in prison between 18 March 1994 and 14 June 1995.

The case pursued at ECHR in connection with Baskayačs trial had ended in 1999. The ECHR had found Turkish State guilty and ruled for compensation. (Yeni Safak-TIHV, June 4, 2003)

PEN campaign urges Turkey: If not now, when?

Turkey may finally be on its way to joining the European Union (EU), but freedom of expression in the country is a long way from being respected, says the Writers in Prison Committee of International PEN (WiPC). While the government adopted several measures to improve its human rights record in 2002, a pre-condition for entering the EU, "writers, editors, journalists and publishers continue to face protracted prosecutions, fines and possible imprisonment if they wish to explore certain topics which remain 'taboo,'" WiPC says.

This month, WiPC is launching a special campaign urging the Turkish government to take its democratisation process "one step further" by dropping the legal charges facing the country's writers, journalists and publishers and releasing jailed Kurdish parliamentarian Leyla Zana. Zana is serving a 15-year prison sentence for allegedly belonging to a banned party and another two-year term for an article written while in jail. Her case has been taken up by Amnesty International, which has adopted her as a Prisoner of Conscience.

In Turkey, there are more than 80 cases of writers and publishers being prosecuted for their works, WiPC says. They include Ömer Asan, whose book "The Culture of the Pontus" describes Turkey's ethnic Pontian minority. He faces imprisonment on charges of spreading "separatist propaganda." Authorities also frequently ban books to quash dissent. In 2002, 77 books were banned, WiPC says. In many instances, they were banned for criticising or describing the Turkish government's policies towards ethnic minorities or for espousing views considered "Communist."

The full text of the WIPC background document on Turkey:

Summary: Turkey underwent profound political changes in 2002 and adopted several measures to improve its human rights record. As a result, the country is now on course to join the European Union - an outcome it has long desired. In the 1980s and 1990s, the then government's repression of human rights and freedom of expression was extremely severe and seemed almost intractable. PEN recorded dozens of writers in prison at any one time, some serving sentences of over a hundred years, such as PEN Honorary Member Ismail Besikci. However, the quest for EU membership resulted in a set of democratisation measures being recently implemented and today there is only one writer - the Kurdish politician and journalist Leyla Zana - to PEN's certain knowledge who is in prison for exercising the right to freedom of expression.

Despite the decreased use of imprisonment to silence dissent, a country free from censorship is still far from being realised. Writers, editors, journalists and publishers continue to face protracted prosecutions, fines and possible imprisonment if they wish explore certain topics which remain 'taboo'. The country's ethnic minorities, its relations with its neighbours, Marxism, and human sexuality are among subjects that, if broached, routinely result in court proceedings and book bannings. PEN is mounting a campaign to urge Turkey to take its democratisation process one important stage further, and to allow the free discussion of these and other hitherto censored subjects. It argues that democracies thrive when unfettered debate is encouraged, not proscribed, and that societies without censorship gain much from hearing the multifaceted views of all its members. In particular, it is urging that the many legal charges still facing writers, journalists and publishers be dropped and that Leyla Zana in particular be freed.

Political Backdrop: Since the collapse of the Ottoman Empire in the 1920s, Turkey has struggled to emerge as a modern nation-state. It has experienced military coups, fractured leadership, and fraught relations between the different ethnicities that exist within its borders. The last coup was in 1980, after which there was heavy censorship and severe repression of all left-leaning activists. Many writers were also unjustly imprisoned. As the civil war between the authorities and the local Kurdish population in the southeast intensified, discussion of Kurdish matters was especially proscribed.

Today, with a population of some 70 million, Turkey is ruled from Ankara by the Justice and Development Party (AKP), led by President Ahmet Necdet Sezer and his Prime Minister, Abdullah Gul. His government came to power after elections in November 2002, in which the AKP won 363 seats in the 550-strong Turkish Grand National Assembly. The AKP was thus able to form a single-party government, after more than a decade of multi-party coalitions. The AKP is the more moderate of two parties that emerged after the Virtue Party, of Islamic persuasion, was banned. The runner-up in the elections, winning an important number of seats, was the centre-left Republican People's Party (CHP).

The November elections were called after the previous coalition government fractured. Leading components had wished to back democratisation measures to ensure European Union (EU) membership, but thereby lost the support of the Nationalist Action Party (MHP), a conservative-leaning party that strongly opposed the measures. The MHP and other important elements within Turkey's political establishment remain adamantly against democratic changes. They argue that they may have a 'destabilising' effect on the country, while the more progressive parties wish to see Turkey emerge as a modern democracy and a fully-fledged member of the EU.

Another factor of recent concern to human rights groups was the Turkish government's repression of peaceful anti-war protestors. The AKP joined with the USA and UK in asking for United Nations authorisation of military action in Iraq against Saddam Hussein and then, in March 2003, supported the invasion of Iraq. Thousands of citizens took part in demonstrations and protests against the war and, as in other countries around the world, some were arbitrarily arrested. In the post-war period, it is unclear how the military situation just beyond Turkey's border will be played out, especially given Turkey's own complex relationship with the Kurds within its borders. Given recent events, a full picture of how far the AKP - as the country's relatively new ruling party - will advance democracy in Turkey, is yet to emerge. Some fear that increased tensions in the region will strengthen the hand of the MHP and other conservative elements, and that the government may be tempted to backtrack on some of its measures promoting democracy.

Turkey is thus 'Janus-faced'. Its two faces look forward and back, one towards democratic change and inclusion within Europe and the other towards a more ossified situation where repression continues in the name of national security. How writers and freedom of expression fare at this juncture may prove pivotal; whether they prevail or not may radically influence the country's future path.

PEN is therefore launching a campaign to support freedom of expression and defend writers and publishers who have come under attack. By throwing its weight behind them at this crucial time, it hopes to strengthen those within Turkey who support its path to democracy.

Freedom of Expression in Turkey Today

PEN notes that changes in legislation regarding freedom of expression have resulted in some of the pressure on writers and publishers being eased. However, its case list on Turkey records several continuing violations of the right to freedom of expression.

Leyla Zana, the well-known Kurdish parliamentarian who has also worked in the past as a journalist, is now serving a long prison term for alleged membership of a banned party. WiPC recently learned that part of her prison term includes a two-year jail sentence for an article she wrote, and on these grounds it has taken up her case. It now joins Amnesty International and other human rights groups in calling for her release.

WiPC is also investigating more than a dozen cases of journalists who are currently in prison, most of whom are charged with membership of an illegal organisation. WiPC is still in the process of determining whether or not they ever advocated violence, or the extent to which their imprisonment is connected to their journalistic work.

The current case list also records more than 80 cases of writers and publishers who are being prosecuted merely for what they have written or published, not including a large group of writers who are facing charges for their participation in the Freedom of Expression (FoX) campaign led by Sanar Yurdatapan (see below for more details). In all, WiPC estimates that at any one time about a hundred writers, publishers and journalists are before the courts. One case that is particularly highlighting is that of Ömer Asan, whose book The Culture of the Pontus describes Turkey's small Pontian minority, a people with a distinct language and ethnicity with Hellenic roots. He is facing imprisonment on charges of spreading 'separatist propaganda' with this book and could face between 14 months and 4 years in prison if convicted.

WiPC also notes that hundreds of books are banned in Turkey. While their publishers and writers are rarely imprisoned nowadays, fines are extremely common. Court cases often result in acquittals, but those being tried find their work adversely affected by the emotional and financial toll that comes from having to defend themselves.

The bannings are typically against books and journals that explore four main topics: the Kurds, where any sympathy or support for them is seen as separatist propaganda and hence prohibited; other ethnic minorities (such as the Armenians and the Greeks), discussion of which can result in similar accusations; left-wing ideology, especially when the views espoused are seen as Marxist; and sex, where frank discussion can lead to accusations of obscenity.

PEN believes that while the legal apparatus is in place that allows such trials and book bannings to take place, freedom of expression cannot truly said to be enjoyed in Turkey. The following legal overview summarises the laws that are most commonly employed to prosecute writers.

Laws affecting Freedom of Expression

On 6 February 2002, Law No. 4744 - the 'Mini-Democracy Package' - was adopted by the Turkish government.

his changed some of the laws that had previously seriously curtailed freedom of expression, but the changes were not always positive. Many of the laws are still being modified.

The Human Rights Association of Turkey, evaluating the first three months of 2003, recently concluded that these amendments were 'partial' and their piecemeal nature still rendered the 'constitutional and legal system of Turkey' not fully democratic. It called for 'radical democratic change and transformation'.

The association in particular reported that certain radio and TV stations had been subjected to 180-day suspension orders, that journals had been temporarily closed down, and that fresh cases against individuals for having 'expressed their thoughts' numbered 50. It cited the Anti-Terror legislation along with Articles 312 and 159 of the Turkish Penal Code as continuing to give rise to many unjust prosecutions.

(Interestingly, on 6 May, just before this report was released, the Association's national office in Ankara was itself raided; police officers searched the offices thoroughly and confiscated files, computers, books, cassettes, and cited Article 169 of the Turkish Penal code - 'aiding and abetting an illegal organisation' - as the grounds on which the search warrant had been issued).

The culprit laws cited by the Turkish Human Rights Association outlaw the following activities, in vague, over-broad language:

* Producing 'separatist propaganda': Turkey's Anti-Terror legislation, specifically Article 8, remains a major stumbling block for any writers wishing to explore the issue of Turkey's ethnic minorities. Support for the Kurds, particularly using words such as 'Kurdistan', can result in imprisonment for 'separatist propaganda'.

* 'Incitement to hatred on the basis of class, religion or race' if such incitement endangers the 'public order', or 'insulting a segment of the population or people's honour': Article 312.2 of the Turkish Penal Code has again been used against those writing about Turkey's ethnic minorities.

* 'Insulting the Turkish nation': Article 159 of the Turkish Penal Code prohibits statements deemed insulting to the State or its organs - whether the military, the judiciary, or government offices. Those criticising alleged human rights abuses committed by the army, or critiquing the legal system, can find themselves on the wrong side of this law.

The Freedom of Expression (FoX) Campaign

Since 1996, an extraordinary campaign has gathered momentum in Turkey, mounted by a group of writers, artists and intellectuals, and headed by musician and composer Sanar Yurdatapan. The campaign is designed to test to the limits Turkey's laws proscribing freedom of expression and to demonstrate thereby that these laws are both unjust in themselves and unwieldy. The group repeatedly produces booklets that deliberately flout the laws by exploring the issues the laws are designed to censor; sometimes over a thousand activists sign their name to the list as joint publishers, rendering it necessary for the Turkish judiciary to initiate a trial process against each one, for each booklet. The trials are lengthy processes. In most cases, individuals are eventually acquitted or face fines for their involvement in the booklets, although occasionally some have served brief prison terms, most notably Sanar Yurdatapan himself.

For example, two pamphlets produced in 2000 (FoX: 2000 and FoX: For All) gave rise to a series of prosecutions against its authors under, among other laws, Articles 159 and 312 of the Turkish Penal Code, as well as the Anti-Terror legislation. Some of these cases have resulted in acquittals, while others are ongoing. The cases against Fox: For All are proving especially unwieldy. This pamphlet has been signed by several writers, 65 MPs, and other leading intellectuals in Turkey - at the last count 77,663 people had signed on, declaring themselves as 'co-publishers' and thereby technically indictable. The trial is continuing. Three PEN Centres - San Miguel PEN Centre, English PEN and Perth PEN - have adopted and endorsed the FoX campaign as 'an area of special interest'.

Conclusion

Turkey is at a crossroads, and the signs as to which path it will choose for the future are confused. Attempts to modify its hitherto very repressive legislation have been made and there are clearly bona fide efforts among some elements of Turkey's governing bodies to strengthen the democratic processes in the country. However, there are also many instances of serious censorship and backward-looking oppression. Writers, if rarely imprisoned, are still severely harassed.(WiPC/IFEX, June 3, 2003)
 

President Sezer refused to receive a delegation of intellectuals

Signatories of the "Petition of Intellectuals", Kazžm Genç, chairman of Pir Sultan Abdal Culture Association (PSAKD), Metin Bakkalci deputy chairman of the Medical Association of Turkey (TTB), Hüsnü Öndül, chairman of IHD, musician Sanar Yurdatapan, writer Abdurahman Dilipak, writer Fikret Baskaya, Hasan Mollaoglu, chairman of the Foundation of Turkeyčs Voluntary Organizations, and Yüce Yilmazoglu, submitted the petition on 2 June to the office of the State President.

Despite their demand, President Ahmet Necdet Sezer refused to receive the delegation on pretext that he had no time.

Yurdatapan made a statement and emphasized that Turkey could not become a democratic country after all those years and legislative, judicial and executive organs of the state should share responsibility for this.

The petition was also submitted to the Constitutional Court and GNAT. The petition demands a new democratic and contemporary Constitution.

The first Petition of Intellectuals had been signed by 1.300 persons and submitted to the office of the State President and GNAT on 5 March 1984.

General Kenan Evren,who was the State President at the time, had labelled these intellectuals as "traitors". 59 of the signatories had been tried and acquitted from charges of "violating the Martial Law". (TIHV-Info-Türk, June 3, 2003)
 

La chorégraphe Pina Bausch fait un portrait méprisant de la Turquie

La célèbre chorégraphe allemande Pina Bausch et son Wuppertal Tanztheater dressent, dans un spectacle préparé actuellement en Turquie, un portrait méprisant du peuple turc, a jugé dimanche le journal Milliyet.

"Quel Istanbul que celui de Pina!", s'exclame le journal turc qui a suivi des séances de préparation de ce qui s'appelle pour l'instant "projet Istanbul", après trois semaines de "repérages" dans la métropole turque.

Le spectacle montre des femmes soumises à leur époux au point qu'elles doivent leur demander l'autorisation d'aller aux toilettes seules, dénonce le journal, illustrant son reportage de la photo d'une scène où une femme est à quatre pattes devant son mari.

Ces femmes passent le plus clair de leur temps à enfanter: un des rares moments où des mots en langue turque sont prononcés, constate Milliyet, "de 1 jusqu'à 10"!

Les hommes turcs sont également dépeints négativement par Pina Bausch dans "projet Istanbul", estime Milliyet: "machos, en costume, mais sans cravate et débraillés".

"Ce que l'on retient d'Istanbul, c'est des gens qui font leur toilette au hamam, une circulation anarchique, des relations hommes-femmes en forme de maître à esclave, des épouses vouées à la conception, des époux machos, et, tout de même, une belle vue sur le détroit du Bosphore", est-il écrit.

Les danseurs et la chorégraphie sont "magnifiques", le problème, c'est que ce spectacle va représenter Istanbul "dans beaucoup de pays du monde entier", déplore le quotidien.

Milliyet rappelle que l'artiste allemande avait failli renoncer à ce projet pour des raisons touchant à "la situation dans le monde qui l'avait démoralisée". (AFP, 1 juin 2003)
 

Recent Violations of press and expression freedom

Journalist Arrested in Izmir

Ismail Sari, a reporter with daily Yeni Asir published in Izmir, was detained and then arrested on 27 May on the allegation that "he was a member of the PKK and his finger prints were determined on the molotov cocktail bottle which had been thrown into the garden of Kadifekale Primary School on 21 February 1999". On 28 May Saričs lawyers presented to the court the photos he had taken at the school on the day of the incident as evidences to his innocence. Thereupon Sari was released pending trail. (Radikal-TIHV, May 30, 2003)

Writer and Publisher on Trial in Istanbul

On 29 May Istanbul SSC continued to hear the case against writer Salihe Kevirbirê and editor-in-chief of the Sî Publications, Onur Öztürk in connection with Kevirbiri's book, "Bir Çigligin Yüzyili Karapetê Xaço (The Century of A Scream: Karapete Xaço)". The Court adjourned the hearing for a preparetion of defense. The prosecutor wants Kevirbiri and Öztürk be charged under Article 312 TPC (inciting people to hatred and enmity). (Evrensel-TIHV, May 30, 2003)

Marquis de Sade's Book Convicted

On 4 June, Istanbul Penal Court of First Instance No.2 concluded to hear the case of Ömer Faruk, administrator for Ayrinti publishing house and translator Kerim Sadi in connection with Marquis de Sadečs book titled łYatak Odasžnda FelsefeČ (Philosophy in the Bedroom). The case had been launched according to Article 426 TPC (insulting the moral feelings of the people). The court ordered its confiscation and the copies will be destroyed. Since the translator Kerim Sadi had not been found Ömer Faruk was sentenced to a fine of TL 4 billion 285 million 744 thousand as the only defendant. (BIA-TIHV, June 6, 2003)

Freedom of Thought ? 2000

On 5 June Istanbul SSC No. 5 continued to hear the retrial of 15 people, who had signed the booklet łFreedom of Thought ? 2000Č as publishers. The hearing was adjourned for the defense to prepare the final statements.  On 13 February 2001 Istanbul SSC had acquitted the defendants Vahdettin Karabay, Salim Uslu (chairman of Hak-Is), Siyami Erdem, Hüsnü Öndül, Yavuz Önen, Cengiz Bektas (chairman of the union of Turkish writers), Atilla Maras, Yilmaz Ensaroglu, Zuhal Olcay, Lale Mansur, Sanar Yurdatapan, Ali Nesin, Erdal Öz, Ömer Madra, Etyen Mahçupyan and Sadik Tasdogan for a lack of evidence. In June that year the Court of Cassation had quashed the verdict for all defendants, except for Sadik Tasdogan. In the reasoning the Court of Cassation had stated that the articles in this booklet had violated several provisions of the Turkish Penal Code (TPC) and the Law to Fight Terrorism. As publishers the defendants had carried responsibility for these articles and, therefore, the acquittals had had to be quashed. (TIHV, June 6, 2003)

Journal Confiscated in Istanbul

On 5 June, Istanbul SSC confiscated the 34th edition of the journal łIktidar Için Mücadele BirligiČ on the allegation that the articles łDungeons will be destroyed, we will win a victory!Č, łDeath fast is still ongoingČ, łPeople want revolution, not amnestyČ and łRevolutionary Front for  Revolutionary PowerČ contained disseminating separatist propaganda. (Evrensel-TIHV, June 8, 2003)

Journalist on Trial in Istanbul

The public prosecutor at Istanbul SSC indicted Suat Özalp, owner and editor-in-chief of the newspaper Azadiya Welat, for łsupporting an illegal organizationČ. The indictment stated that the expression łSerok (President) ApoČ was written under the photograph of Abdullah Öcalan appeared on the newspaper on 17 May and some news contained łpropaganda of an illegal organizationČ. The indictment wants Suat Özalp be charged under Article 169 TPC and Article 5 Anti-Terror Law.  The prosecutor also demands the closure of the newspaper.  Suat Özalp stated that the written expression under that photograph was not łSerok ApoČ but łSerokê Gi_tî yê KADEKčê Abdullah ÖcalanČ (KADEK President Abdullah Öcalan). (Özgür Gündem-TIHV, June 10, 2003)

Publication Banned

Beyoglu Penal Court of First Instance No.2 ordered the closure of the journal łArkeoloji ve SančatČ (Archeology and Art) on the grounds that the office of the Governor was not informed about the address change within five days. (Hürriyet-TIHV, June 10, 2003)

Journal Confiscated

Istanbul SSC ordered the confiscation of the 50th issue of bi-monthly journal Partizan on the grounds that some articles contained łpropaganda of an illegal organizationČ. (Evrensel-TIHV, June 10, 2003)

Publisher Convicted in Istanbul

On 11 June, Istanbul Penal Court of First Instance convicted Bedri Baykam, owner of the Piramit Publishing House in connection with two books by Erje Ayden, titled "Ikinci Caddenin Ǟlgžn Yesili" (Mad Green of the Second Street) and "Hauptbahnhofčtan Bir Trene Bindim" (I got on a train at the Hauptbahnhof). Baykam was sentenced to a fine of TL 8 billion 571 million according to Article 426 (insulting the moral feelings of the people). The court also ordered the confiscation and demolition of the books. (Cumhuriyet-TIHV, June 12, 2003)

Distributors on Trial in Diyarbakir

Diyarbakir SSC concluded the case against Abdülmecit Beyan and Mehmet Demir, distributors of the journal łÖzgür HalkČ in Hilvan district of Urfa, on 13 June. The court sentenced the defendants to 3 years and 9 monthsč imprisonment for łaiding and abetting an illegal organizationČ. The court also ruled the destruction of 20 copies of the journal. Lawyer Ayla Akad stressed that decision of confiscation had been issued by Istanbul SSC on 21 December 2002 and the distributors had not known the decision on 23 December 2002, when they had been detained. In his summing-up the case public prosecutor in Diyarbakir SSC argued that the journal was apparently making the propaganda of PKK-KADEK and the defendants had no need to know the decision of confiscation to know the aim of the journal. The lawyer of the journal Özcan Kiliç announced that the case against the journal was still ongoing. (Özgür Gündem-TIHV, June 14, 2003)

Newspaper Attacked in Izmir

 On 14 June unidentified assailants carried out a bomb attack on the offices of daily łStarČ in Izmir. Some 10 minutes later a person called the newspaper and alleged that the attack was made because of the news entitled łKer-KürtČ (Donkey Kurd). (Zaman-TIHV, June 15, 2003)

Ban for Radio Station

The High Council for Radio and TV (RTÜK) imposed ban on broadcasting for radio station łRadyo DünyaČ broadcasting in Adana for the program łKurdish Language and LiteratureČ. The radio will have to close down for one month starting from 10 July. łRadyo DünyaČ had been closed down in 2002 for the same reason, but Ankara Administrative Court No. 5 had canceled the ban. (Evrensel-TIHV, June 15, 2003)

Attack against the office of Star Newspaper

Reports from Izmir stated that two persons named Sami Ö. (Özbil-25) and Ibrahim A. (23) were detained as alleged perpetrators of the attack against the office of daily Star in Izmir on 14 June. The detainees were alleged to be the members of the illegal łMarksist Leninist Communist Party (MLKP)Č. On the other hand the daily Zaman alleged that Sami Ö. had been sentenced to death as an alleged member of the łCommunist Labor Party of Turkey-Leninist (TKEP-L)Č and that he had been released temporally for poor health due to his death fast action. The daily Zaman had covered several news in the last few weeks all of which alleged that łthe death fasting prisoners who had been released for reasons of poor health had in fact not been illČ and that łthey had involved in terrorist actionsČ. In those news the State President Ahmet Necdet Sezer, who have pardoned the prisoners suffering from unrecoverable heath problems, had also been criticized. (Zaman-Özgür Gündem-TIHV, June 17, 2003)

Distributor Beaten, Press Release Hindered

On 16 June the police in Diyarbakir intervened in the press release the members of the civilian initiative łMothers For PeaceČ attempted to hold and dispersed the women under beatings. In the incident distributor for daily Özgür Gündem, Mikail Çagrici was severely beaten. (Özgür Gündem-TIHV, June 17, 2003)

Distributor Threatened in Malatya

Süleyman Özmen, distributor of the Kurdish journal Azadiya Welat in Malatya, announced that he was kidnapped and threatened by the police. On the evening of 18 June, Özmen was beaten and kidnapped by the police, when he was distributing papers in Pasaköskü quarter. He was taken to somewhere near Bagtepe, 20 km far from Malatya. He was threatened to death, police officers shot twice to his temple with an empty pistol and then twice into the air with a loaded one. Afterwards he was left near a village. Özmen had been kidnapped and threatened twice recently. (Özgür Gündem-TIHV, June 20, 2003)

Writer and Poet on Trial

The public prosecutor in Bornova district (Izmir) launched a case against the students Ay_en Keysan and Seyhan Erkek, poet Ahmet Telli and writer Abdullah Varlž in connection with an activity held at the campus of Ege University before the general elections of 3 November 2002. The defendants are charged with łmaking propaganda in a public building during the election periodČ. (Özgür Gündem-TIHV, June 24, 2003)

Journalist on trial in Istanbul

The prosecutor at Istanbul SSC launched a case against the owner and editor-in-chief of the Kurdish weekly Azadiya Welat, Suat Özalp under Article 169 TPC in connection with a news titled "Solution Declaration by KADEK" and a photograph, both of which were published on 26 April in the 376th edition of the weekly. The indictment demanded Article 5 of the Anti-Terror Law which foresees heavier punishment be also applied. (Özgür Gündem-TIHV, June 26, 2003)

Distributor Beaten in Antep

Özgür Gündem distributor Mustafa Agarslan announced that he was beaten by police officers on 26 June in Sehitkamil district of Antep. Agarslan related the incident as follows: "When I was distributing papers in Fistikçilar quarter, three persons called me. Since they wanted to search my body, I wanted to see their ID cards. They started to insult and then beat me. My bicycle was also broken by them and they took my bag and 60 copies of the paper." (Özgür Gündem-TIHV, June 27, 2003)

Journalist Arrested, Office Raided in Antep

Masallah Uçar, working for the daily Özgür Gündem, was arrested on 13 June on allegations of throwing molotov cocktail to a house in Sahinbey district (Antep) on 11 June. He was arrested depending on the news published on the daily "Türkiye". Relatives of Uçar said that "Türkiye" alleged that Uçar and Orhan Çelik attacked the house. His mother Safiye Uçar stressed that his son was at home on 11 June. Owner of the attacked house Sait Kömürce testified to the police that one of the attackers was Masallah, but the name was registered to the testimony as Masallah Uçar even the neighbors of Kömürcü testified to the effect that Masallah Uçar was not within the attackers. Orhan Çelik was also abroad in the last seven years. Ofices of the journal "Özgür Kadin" in Mersin was raided on 26 June. Representative of journal Züleyha Turhan said that the raid was without any legal permission, police insulted the persons, and 104 copies of the journal were seized. She added that police had raided several times and even they had made official complaint, no measures had been taken. (Özgür Gündem-TIHV, June 27, 2003)

Distributors Threatened in Antep

Metin Acet, Ali Oruç, Mustafa Agaslan, Mehmet Türkmen and Hüseyin Isik, distributors of daily Özgür Gündem in Antep filed an official complaint on 27 June on the grounds that "police officers had threatened and detained them without any reason and seized their newspapers and money" (Özgür Gündem-TIHV, June 29, 2003)

TV Stations Closed Down in Diyarbakir

The Supreme Board of Radio and Televisions (RTÜK) closed down Gün TV broadcasting in Diyarbakir for 30 days on the grounds that "the news broadcasted between 5 January-23 February were the same as the ones on Medya TV". Gün TV had started to broadcast again on 27 May. Çinar TV, broadcasting in Van, was closed down for 30 days in connection with a statement by Abdülmelik Firat, chair for the Rights and Freedoms Party (HAK-PAR) that appeared on TV. The decision was reportedly taken on the allegations that "the program incited people to enmity". (Özgür Gündem-TIHV, july 1, 2003)

Cartoonists on Trial in Boyabat

On 26 June, Boyabat Penal Court of First Instance continued to hear the case of Askžn Ayrancžoglu and Seyit Saatçi in connection with the exhibition they had organized in Boyabat district of Sinop in June 2001. The hearing was adjourned to 17 July awaiting an expertise report.(TIHV, july 1, 2003)

(For earlier cases go to Info-Türk, N° 297)
 

Kurdish Question/Question kurde

Acquittement des Grecs jugés pour le séjour clandestin d'Ocalan en Grèce

Dix  Grecs dont un amiral à la retraite, jugés dans l'affaire du séjour clandestin du leader kurde Abdullah Ocalan en Grèce en 1999, ont été acquittés vendredi par un tribunal d'Athènes, a rapporté la télévision officielle grecque.

M. Ocalan, qui purge en Turquie une peine de détention à vie, a lui aussi été acquitté par le tribunal grec, de même que deux autres Kurdes qui l'accompagnaient en 1999, selon la télévision.

Les dix Grecs étaient accusés d'avoir "mis en danger la paix du pays" en favorisant "l'entrée illégale" sur le territoire hellénique de M. Ocalan, alors leader du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

Le PKK menait à l'époque une rébellion armée contre les autorités turques pour obtenir la création d'un Etat kurde indépendant dans le sud-est de la Turquie.

M. Ocalan avait séjourné clandestinement à Athènes les 28 et 29 janvier 1999. Il avait ensuite été évacué avec l'aide des services de renseignement grecs vers l'ambassade de Grèce à Nairobi, au Kenya, à la sortie de laquelle il avait été capturé par des agents turcs et transféré en Turquie.

L'affaire avait soulevé un tollé en Grèce et entraîné le limogeage des ministres des Affaires étrangères, de l'Ordre public et de l'Intérieur, Theodoros Pangalos, Philippos Petsalnikos et Alecos Papadopoulos. Tous trois ont déposé devant le tribunal en tant que témoins.

L'amiral à la retraite Antonis Naxakis, connu pour ses vues ultra-nationalistes, était le principal accusé grec du procès. Il a affirmé devant le tribunal qu'il avait été "utilisé" par le gouvernement socialiste alors au pouvoir en Grèce pour livrer M. Ocalan aux autorités turques.

M. Pangalos a déclaré au tribunal que l'amiral Naxakis avait été "abusé" et pensait qu'"il serait simple de faire obtenir l'asile politique" à M. Ocalan, une mesure en faveur de laquelle 100 parlementaires grecs avaient lancé un appel.

L'amiral Naxakis n'a joué qu'un rôle "technique" dans l'affaire et "ceux qui ont amené Ocalan en Grèce ne sont pas au banc des accusés", a déclaré l'ancien ministre des affaires étrangères. (AFP, 27 juin 2003)
 

Quatre ex-dirigeants d'un parti pro-kurde condamnés à des peines de prison

L'ex-président du parti démocratique du peuple (Dehap, pro-kurde), Mahmut Abbasoglu, et trois anciens dirigeants du parti ont été condamnés jeudi à près de deux ans de prison chacun pour "falsification dans les documents officiels", rapporte l'agence Anatolie.

Les quatre personnes étaient accusées d'avoir falsifié des documents ayant trait à l'ouverture de représentations dans le pays afin de pouvoir présenter des candidats aux élections législatives de novembre 2002.

Ils peuvent encore faire appel de la sentence.

Vingt-deux autres ex-responsables du parti ont été acquittés dans cette affaire.

M. Abbasoglu ne s'était pas présenté pour un nouvel mandat lors d'un congrès de son parti le 8 juin. Il a été remplacé à la tête du parti par Tuncer Bakirhan.

Le Dehap est menacé de fermeture par la justice turque pour liens présumés avec l'ancienne rébellion kurde du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK, rebaptisé Kadek).

Le Dehap, qui nie tout lien avec le PKK, n'a obtenu aucun siège au parlement au scrutin de novembre.

Le parti a été fondé en 1999 par des sympathisants du parti démocratique du peuple (Hadep), formation qui a été interdite le 13 mars par la Cour constitutionnelle pour association avec les rebelles sécessionnistes kurdes. (AFP, 26 juin 2003)
 

Deux combattants kurdes tués dans un accrochage dans le sud-est

Deux combattants kurdes membres de l'ancien Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK rebaptisé Kadek - illégal) ont été tués mardi lors d'un accrochage avec l'armée turque dans le sud-est de la Turquie, a-t-on appris mercredi auprès d'un responsable de la sécurité à Diyarbakir (sud-est de la Turquie).

L'incident a eu lieu mardi près du village de Meselidere (province de Siirt).

Quatre autres combattants kurdes ont été tués en juin par les soldats dans la province voisine de Bingol (est). (AFP, 25 juin 2003)
 

Un tribunal danois libère un Kurde membre du PKK recherché par la Turquie

La Cour d'appel de Copenhague a décidé mardi de libérer un Kurde de Turquie, membre du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan), arrêté la semaine dernière à Copenhague à la demande des autorités turques, a indiqué son avocat, Claus Bergsoe.

L'homme, âgé de 32 ans, dont l'idendité n'a pas été révélée, avait été placé en détention préventive pour 27 jours sur décision d'un juge de la capitale danoise en attendant une demande formelle d'extradition d'Ankara.

Les magistrats de la Cour d'appel ont estimé qu'il n'existait pas de raisons suffisantes pour l'extrader, en rappelant que le ressortissant turc avait obtenu l'asile politique en Allemagne pour avoir fui des persécutions en Turquie.

Il avait été interpellé à Copenhague mardi dernier car il correspondait au signalement d'un des faux policiers en civil qui circulent dans la capitale danoise pour escroquer les touristes en leur demandant de vérifier le contenu de leurs portefeuilles.

Un contrôle de son identité avait permis de découvrir qu'il résidait en Allemagne, et qu'il faisait l'objet d'un mandat de recherche par Interpol.

Il était recherché pour ne pas avoir purgé une peine de 8 ans et 4 mois de prison suite à une condamnation en 1991. Mais il a expliqué aux juges que cette sentence avait été prononcée à la suite d'aveux extorqués sous la torture par la police. (AFP, 24 juin 2003)

Refus de mise en liberté aux quatre anciens députés kurdes

Au cours de la quatrième audience du procès des députés kurdes du parti de la Démocratie (DEP), les avocats de la défense ont, le 23 juin, dénoncé la partialité de la Cour de sûreté de l'Etat et ainsi la violation de l'article 6 de la Convention européenne des droits de l'homme relative au principe de l'impartialité d'un procès.

"Le second procès se déroule comme la suite du premier, violant les réformes apportées à la Constitution et les arrêts de la Cour européenne des droits de l'homme" a déclaré Me Sezgin Tanrikulu pour la défense. "La Cour a toujours accepté les demandes du parquet tout en refusant toutes demandes formulées par la défense. Le principe de base aurait dû imposer un traitement égal entre les avocats de la défense et le parquet et de mettre fin à toutes les violations constatées jusqu'aujourd'hui. Mais depuis le début nous assistons ici à un faux et superficiel procèsŠ Le président de la cour n'a pas fait preuve de distance égale entre la défense et le parquet. Il a pris toutes ses décisions au regard des allégations du ministère publicŠ À chaque fois qu'il a été procédé à l'audition des témoins, le parquet a fait tout son possible pour y mettre fin et a exigé que l'on pose des questions collectivement. Finalement, nous n'avons pas pu interroger des témoins qui étaient cités de toute façon à chargeŠ" a souligné Me Tanrikulu.

À la demande de Me Yusuf Alatas, avocat de la défense, la Cour a décidé à la majorité et malgré l'objection du parquet, de procéder à l'audition de quatre témoins. "La Cour écoute des témoins pour des faits vieux de plus de 10 ans mais lorsqu'il s'agit des témoins de la défense, elle refuse en soutenant que les témoins ne peuvent pas apporter d'éléments fiables vu le délai écoulé depuis les faits", ajouté Me Alatas.

 "Je suis de la tribu Dorken qui a refusé de faire partie des protecteurs de village. Le fils des chefs des protecteurs de village Abdullah Dursun, a décidé de gagner le maquis. Il était le seul à avoir fait des études. Dans cette affaire, la tribu Dursun a tenu pour responsable la mienne. Etant le seul à avoir étudié, ils m'ont alors kidnappé et séquestré. Leyla Zana a servi de médiatrice pour trouver une solution à cette affaire", a déclaré l'un des témoins, en ajoutant "selon nos traditions, lorsqu'une femme sert de médiatrice, on ne peut qu'accepter la solutionŠ Mais ces faits n'ont rien d'acte politiqueČ.

L'ancien député Hatip Dicle a souligné que c'est avec les encouragements du président de l'époque Turgut Ozal qu'ils ont pris l'initiative de servir d'intermédiaire pour en finir avec les souffrances, les larmes et l'effusion de sang. Selim Sadak a ajouté pour sa part que "Turgut Ozal devrait figurer parmi les martyres de la démocratie. Il voulait trouver une solution à la question kurde. Et son cŠur ne s'est pas arrêté de battre seul, mais a été arrêté".

Orhan Dogan a indiqué que "N'oubliez pas les RosenbergŠ C'est 53 ans après que le témoin de l'affaire Rosenberg a surgiŠ Nous nous sommes affichés courageusement comme une alternative à de mauvaises politiques. Ils nous ont proposé des ministères, des présidences de commissions ou encore des marchés publics, mais nous avons refusé".

Leyla Zana n'a pas pu prendre la parole par manque de temps. La cour a une nouvelle fois refusé la libération provisoire des députés et a ajourné au 18 juillet la prochaine audience pour interroger quatre autres témoins. (CILDEKT, 27 juin 2003)
 

Ankara condamné à Strasbourg pour mauvais traitements sur un Kurde

La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a condamné jeudi la Turquie pour des mauvais traitements infligés pendant sa garde à vue à un Kurde condamné pour séparatisme, dont elle a par ailleurs estimé le procès inéquitable.

La Cour a estimé que Hulki Gunes, un Kurde de 40 ans arrêté en 1992 près de Diyarbakir (sud-est) car il était soupçonné d'avoir participé à une fusillade où un soldat avait trouvé la mort, avait subi un "traitement inhumain ou dégradant" lors de sa garde à vue.

M. Gunes s'était notamment plaint d'avoir subi des électrochocs et des coups sur différentes parties du corps.

La Cour a d'autre part estimé que le procès du requérant, condamné le 11 mars 1994 à la réclusion à perpétuité pour "séparatisme et atteinte à la sûreté de l'Etat", avait été inéquitable, car la Cour de sûreté de l'Etat qui l'avait condamné comportait un juge militaire.

La CEDH a enfin condamné Ankara pour n'avoir pas laissé au requérant la possibilité de faire interroger par la Cour de sûreté les gendarmes qui l'accusaient, et dont le témoignage était le seul à charge.

"La Cour ne méconnaît pas les indéniables difficultés de la lutte contre le terrorisme (...), mais elle estime que ces facteurs ne peuvent conduire à limiter à tel point les droits de la défense d'un accusé, quel qu'il soit", estiment les juges.

Le requérant, actuellement détenu à Diyarbakir, s'est vu allouer 25.000 euros de dommages et intérêts, ainsi que 3.500 euros pour les dépens. (AFP, 19 juin 2003)
 

Procès du passage d'Ocalan: le principal accusé affirme avoir été "utilisé"

L'ex-amiral Antonis Naxakis, principal accusé grec, dans l'affaire du passage clandestin d'Abdullah Ocalan à Athènes en janvier 1999, a affirmé jeudi qu'il avait été "utilisé" par le gouvernement grec pour livrer le dirigeant kurde aux autorités turques, a-t-on appris de source judiciaire.

Après un séjour clandestin à Athènes les 28 et 29 janvier 1999, le chef rebelle kurde avait été évacué avec l'aide des services de renseignements grecs vers l'ambassade de Grèce à Nairobi (Kenya), à la sortie de laquelle il avait été enlevé, le 15 février, par un commando turc.

Condamné en juin 1999 par une cour spéciale turque, Abdullah Ocalan purge une peine de prison à vie en Turquie.

"J'ai été utilisé comme appât pour leur projet honteux", a déclaré M. Naxakis lors de sa déposition devant la Cour d'assises jugeant l'affaire. Il a accusé le gouvernement socialiste de l'époque "d'avoir organisé" la livraison d'Ocalan aux autorités turques. "J'ai servi contre mon gré à trahir Ocalan", a-t-il ajouté.

M. Naxakis est accusé d'avoir "mis en danger la paix du pays", un crime passible de 5 à 10 années de prison. Outre M. Naxakis, neuf autres Grecs, Abdullah Ocalan et ses deux accompagnateurs kurdes sont aussi poursuivis pour avoir "mis en danger de la paix du pays", et aidé à l'"entrée illégale" du dirigeant kurde en Grèce.

Le passage d'Ocalan à Athènes avait soulevé un tollé en Grèce et entraîné le limogeage de trois ministres, des Affaires étrangères, Théodore Pangalos, de l'Ordre public, Philippos Petsalnikos, et de l'Intérieur, Alecos Papadopoulos qui ont déjà déposé comme témoins au procès.
 M. Naxakis a par ailleurs soutenu qu'en 1991 "il y a eu un accord avec M. Pangalos pour la création d'un groupe clandestin de soutien aux Kurdes" dans lequel participaient outre lui-même, des députés du PASOK (socialiste, au pouvoir) et du parti conservateur de la Nouvelle-Démocratie.

La Cour d'assises doit se prononcer d'ici la fin de la semaine prochaine, selon une source judiciaire. (AFP, 19 juin 2003)
 

Deux combattants kurdes tués dans un accrochage dans l'est de la Turquie

Deux combattants appartenant à l'ancien Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, illégal) ont été tués lors d'un accrochage avec l'armée turque dans l'est de la Turquie, ont annoncé jeudi des responsables locaux cités par l'agence Anatolie.

Cet accrochage a eu lieu dans la région de Bingol où deux autres rebelles avaient été tués le 15 juin.

L'est et le sud-est de la Turquie à majorité kurde ont été le théâtre durant 15 ans d'une rébellion séparatiste menée par le PKK, durement réprimée par Ankara.

Le conflit, qui a causé la mort d'environ 36.500 personnes, est quasiment éteint depuis que le PKK -- renommé Kadek -- a mis fin à la lutte armée et quitté le territoire turc en 1999, à la suite de la capture de son leader Abdullah Ocalan.

Mais la puissante armée turque a rejeté tout appel de paix du PKK et exige la reddition de ses membres et dirigeants.

Les responsables militaires du pays estiment que quelque 5.000 membres du PKK ont trouvé refuge dans les montagnes du nord de l'Irak.

Depuis plusieurs semaines, des organisations civiles de la région sud-est organisent des manifestations dans le pays pour réclamer une amnistie générale pour les rebelle kurdes afin d'établir une paix durable.

Le gouvernement prépare actuellement une loi d'amnistie, limitée à d'éventuels repentis, mais qui serait d'application plus large que des précédentes dispositions légales prises à l'égard de militants pro-kurdes. (AFP, 19 juin 2003)
 

Marche arrière sur les émissions en langue kurde à la radio-télévision d'Etat

Le gouvernement turc envisagerait de faire machine arrière sur la question de la diffusion d'émissions en langue kurde sur les ondes de la radio-télévision d'Etat (TRT), a laissé entendre lundi le ministre des Affaires étrangères Abdullah Gul.

"Il y a peut être de gros problèmes à la diffusion en kurde par la TRT", a confié le ministre dans une interview publiée par le quotidien Vatan, faisant référence aux nombreuses objections à cette réforme.

Le parlement avait autorisé de telles émissions en août dernier, dans le cadre de réformes visant à favoriser l'adhésion du pays à l'Union européenne, mais rien n'a été fait depuis lors.

Face à cette situation, le gouvernement vient de soumettre au parlement de nouveaux projets de réformes, dont l'autorisation pour les chaînes de radio et télévision privées à diffuser en kurde.

La diffusion en kurde par la TRT pourrait encourager d'autres minorités à réclamer des émissions dans leur propre langue, a expliqué M. Gul pour qui des émissions en kurde posent également "la menace que cette langue puisse être considérée comme une seconde langue officielle".

"Nous estimons qu'il est approprié pour des stations privées de le faire (diffuser des émissions en kurde)," a-t-il affirmé.

"Si on met en place certaines règles et qu'on surveille ces émissions, il n'y aura pas de problème," a-t-il ajouté.

Les militaires, qui ont eu à combattre pendant près de 10 ans une rébellion armée kurde dans le sud-est du pays, sont particulièrement réticents à toute concession culturelle, suceptible à leurs yeux de raviver le séparatisme.

En décembre 2002, la TRT a fait appel auprès du Conseil d'Etat de la décision les contraignant à diffuser quelques heures par semaine en kurde, estimant qu'une telle obligation était contraire à ses statuts, rapporte lundi le quotidien Radikal.

Le Conseil d'Etat n'a toujours pas rendu un avis sur la question, selon le journal.

L'Union européenne a fait de l'extension des droits culturels de la minorité kurde une des aunes de la libéralisation du pays, condition nécessaire à l'ouverture de négociations d'adhésion avec la Turquie à l'horizon 2005. (AFP, 16 juin 2003)
 

Torture of two Kurdish juveniles in Diyarbakir

Two Kurdish juveniles, B. Dokuz (15) and M. Okçu (14), who were detained on April 23 in Hani district of Diyarbakir, were reportedly tortured. They were detained by police officers Hasan Sezgin and Ergün Sahin on allegations of sexually harassing teacher G.K..

The children were allegedly beaten in the cellar of the police station, smeared faeces to their faces, displayed in the city center. Student B.Dokuz announced: łWe were put in the cellar of the station. We waited for hours and at the end the police officers Hasan Sezgin and Ergün Sahin to interrogate us. They asked whether we had harassed the teacher and we rejected. Then they started to beat us. My friend M.O. had a blackout because of fear. The next day they continued to beat us and wanted us to smear faeces to our faces. Since we rejected they did themselves. They made us also walk through the city. Then we were released.Č

However, the public prosecutor launched a legal proceeding  against two juveniles at the Hani Penal Court of Peace on 4 June.

During the hearing, the lawyer of the juveniles, Zülfü Dündar reported that he could not make a contact with his clients prior to the hearing. He also stated that the juveniles were ill-treated during their detention, were taken to a dark basement and that their faces were smeared with feaces.  Teacher G.K stated during the hearing that she had withdrawn her complaint against the juveniles.

As for the proceeding against the two policemen accused of torturing the juveniles, after the incident had been reported in the press, the public prosecutor gave a decision of discontinuing the proceedings for łlack of evidenceČ.

Against the prosecutorčs decision, Lawyer Zülfü Dündar stated the following: łThe preparatory investigation was concluded within two days time. This is not a usual situation. We hold that the investigation was confronted with a fait accompli. At least they should have sought our opinions as lawyers. According to us, the investigation was not pursued properly. I dončt find it legalČ.

Thereupon, the father of B. Dokuz, under pressure of the legal authorities, appealed to the public prosecutor in Hani on 5 June and wanted the lawyer Zülfü Dündar to be dismissed. Dokuz alleged that the lawyer is in pursuit of his personnal advertisement."

Prosecutorčs Office sent the application to Bar Association in Diyarbakir but the latter rejected the demand. Bar wrote the following answer: łOur fellow was acting within the frame of national and international laws and made an official complaint concerning torture and ill-treatment, crimes against humanity. Appointed lawyer did not act in a wrong manner when he was doing his job. Also the plaintiff of his family has no right to change the lawyer. Lawyer M. Zülfü Dündar will continue to deal with the case.Č

On June 11, Selahattin Demirtas, chair for the Human Rights Association (IHD) Diyarbakir Branch, announced their report on the torturing of the two Kurdish juveniles. He stated that witnesses to the incident had been under pressure and the police officer named Turan (Erden) threatened them. Demirtas added that they talked to 20 persons and all of them confirmed that łjuveniles were displayed with feaces smeared on their facesČ. The report, emphasizing that łthe police officers involved in the incident were still on their dutyČ, demanded the witnesses be heard by the prosecutor and juveniles, their relatives and witnesses be protected.

On June 17, the Children Rights Committee of the Bar Association in Diyarbakir issued another detailed report confirming that juveniles were displayed with feaces smeared on their faces". The committee asked the public authorities to deepen the investigation on the case and to dismiss the police officers involved in the incident.

On 25 June the case against two juveniles ended in acquittal at Hani Penal Court of Peace. Lawyer of the juveniles Zülfü Dündar stated that the investigation against the police officers charged with covering the juveniles' faces with feaces had not been concluded yet.
 

Arrestation à Copenhague d'un Kurde membre du PKK recherché par Interpol

Un Kurde de 32 ans, membre du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan), recherché par Interpol, a été arrêté mardi à Copenhague à la demande des autorités turques, a indiqué mercredi la police.

L'homme, dont l'idendité n'a pas été révélée, a été placé en détention préventive pour 27 jours en attendant une demande formelle d'extradition d'Ankara.

Il a été interpellé à Copenhague mardi soir car il correspondait au signalement d'un des faux policiers en uniforme qui circulent actuellement dans la capitale danoise pour escroquer les touristes en leur demandant de vérifier le contenu de leurs portefeuilles.

Un contrôle de son identité a permis de découvrir qu'il ne résidait pas au Danemark et qu'il faisait l'objet d'un mandat de recherche par Interpol.

"Nous ne savons pas ce qu'il a fait, mais il est recherché apparemment pour ne pas avoir purgé une peine de 8 ans et 4 mois de prison suite à une condamnation en 1991", a souligné l'inspecteur de la police criminelle Ove Dahl.

L'homme déféré mercredi devant un juge a demandé et obtenu, avec son avocat, Claus Bergsoe, que l'audience soit à huis clos en raison des déclarations confidentielles qu'il devait faire au tribunal pour justifier son opposition à son extradition vers la Turquie. (AFP, 18 juin 2003)
 

Une dirigeante kurde kidnappée et torturée à Istanbul

Le 14 juin 2003 à Istanbul, Madame Gülbahar Gündüz, membre de la commission des femmes du DEHAP (Parti de la Démocratie du Peuple), cčest faite kidnapper devant les yeux de plusieurs personnes par des policiers en civil, elle a ensuite été victime de tortures, dčimportunités sexuelles et de viol. Alors que le dossier dčaccord avec les critères de Copenhague est actuellement débattu par le gouvernement Turc, cette situation est dénoncée avec courage à lčopinion publique par Madame Gündüz, cela doit faire réfléchir tout le monde.

Les menaces des policiers et leur interrogatoire avaient pour but de passer leur mesage, à savoir «Pourquoi les femmes travaillent-elles pour une amnistie générale?», «Pourquoi la femme est-elle au devant?», «Soit un exemple pour ces femmes, qučelles te prennent en exemple et qučelles abandonnent ce qučelles font!».

Nous pouvons constater que les démarches du nouveau Gouvernement pour rentrer dans lčUnion Européenne, démontrant soi-disant qučil n'y aura plus de cas de torture, qučun milieu démocratique va se développer, que ces promesses sont en fait de fausses paroles. Par ailleurs cette pratique inhumaine infligée à la femme est une démarche pour imprégner tout dčabord la femme et ensuite toutes les forces démocratiques.

Dans toutes les sociétés où la pression et la violence sont présentes cčest tout dčabord la femme qui est visée, dčabord elle se fait taire, elle est contrainte à des importunités puis violée, elle est battue, lapidée, enfermée à la maison. La société de cette façon se fait imprégner de la loi du silence. Car la femme est «lčhonneur» de la société masculine. Car la femme est lčobjet de lčhomme. Car, quoi qučil lui arrive, la femme est coupable. Elle doit simplement rester entre quatre murs, elle nča pas sa place dans la rue, dans les situations sociales, dans la politique. Lorsqučelle élève sa voix, elle est rendue en étant «salie» et «cassée» à son propriétaire, pour que celui-ci prenne une leçon et qučil soit responsable envers son objet. Cčest comme cela que depuis 5000 ans le système de la domination masculine mène son bateau.

Mais nous, les femmes ne nous taisons plus maintenant, les Gülbahars ont augmentés et nous dénonçons ce que nous avons vécu maintenant, en manifestant dans les rues, nous disons que ce qui est mauvais doit changer, et pour la conciliation de la société, pour lčharmonie et la Paix et que ce qui est juste c'est une amnistie générale  sans distinction. Toutes ces raisons sont celles qui ont amené le viol, la torture et les importunités subies par Gülbahar Gündüz!

Toutes ces voix sont pour vous les femmes!

Nos voix sont pour vous, pour toute lčhumanité attentive!

Sortez de plus en plus dans les rues pour revendiquer la démocratisation! Pour une vie plus humaine participez aujourdčhui, beaucoup plus qučhier, à la lutte! Montrez du doigt tous ceux qui pratiquent les importunités, les viols, la torture et la violence, criez et dîtes qučil nčont pas leur place au sein de lčhumanité, que tout le Monde l'entende!

A travers le DEHAP, cette attaque est menée contre toutes les femmes. Cčest pour cela que toute lčopinion publique, les associations de femmes et les établissements démocratiques doivent prendre place et se tenir responsable dans la lutte légale, politique, et juridique des droits sociaux.

Nous, le Bureau des femmes kurdes pour la Paix, appelons toutes les femmes à renforcer leurs activités pour participer à lutte pour la démocratisation et lčharmonie de la société. Nous blâmons cette situation avec haine et nous appelons lčopinion publique à être attentive. (Cenî, 16 juin 2003)

Deux combattants kurdes tués dans un accrochage dans l'est de la Turquie

Deux rebelles appartenant à l'ancien Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK, illégal) ont été tués lors d'un accrochage avec l'armée turque dans l'est de la Turquie, a annoncé lundi un responsable local cité par l'agence Anatolie.

Cette opération militaire, qui s'est déroulée dimanche dans la province de Bingol, avait été déclenchée après qu'un maire de village de cette province eut été assassiné par des membres du PKK la semaine dernière, a indiqué à Anatolie le gouverneur de Bingol Huseyin Avni Cos.

Les militaires ont découvert lors de cette opération des armes, des munitions et plusieurs caches du PKK, selon le gouverneur. (AFP, 16 juin 2003)
 

Des centaines d'organisations réclament une amnistie pour les Kurdes

Plus de 300 organisations du sud-est de la Turquie, peuplé en majorité de Kurdes, ont appelé samedi le gouvernement à prononcer une amnistie générale pour les rebelles kurdes, dans le but de stabiliser la paix dans cette région.

"Une amnistie sans conditions et sans limites est le seul moyen de venir à bout des tensions", affirme un texte signé par 340 organisations non gouvernementales, défenseurs des droits de l'homme, partis politiques pro-kurdes et syndicats.

Le gouvernement turc prépare actuellement une loi d'amnistie afin d'encourager les ex-rebelles séparatistes du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) à déposer les armes définitivement.

Le PKK, rebaptisé Kadek en 2002, avait mis fin en 1999 à 15 ans de lutte armée contre les forces turques dans le sud-est du pays, et s'était dit prêt à défendre pacifiquement les droits des Kurdes.

Selon le gouvernement, la nouvelle loi serait plus large que d'autres adoptées par le passé, qui demandaient aux anciens rebelles de se repentir et de livrer des informations sur le PKK. Ces textes excluaient les chefs de la rébellion.

"Réclamer le repentir ne résoudra pas les problèmes, mais créera les conditions pour qu'ils prolifèrent", affirme le texte lu samedi lors d'une conférence de presse à Diyarbakir, principale ville du sud-est anatolien.

Selon Ankara, environ 5.000 rebelles armés ont trouvé depuis 1999 refuge dans les montagnes du nord de l'Irak. Après la guerre en Irak, les responsables américains, qui considèrent le PKK comme une organisation terroriste, ont affirmé qu'ils ne tolèreraient pas la présence de ces miliciens sur le sol irakien.
 La Turquie a commencé récemment à reconnaître à sa minorité kurde (environ dix millions de personnes) des droits culturels, dans le cadre de ses efforts pour s'aligner sur les normes européennes.

Le gouvernement souhaite faire voter par le parlement de nouvelles réformes concernant les droits des Kurdes avant le sommet européen de Salonique (Grèce) des 20 et 21 juin. (AFP, 14 juin 2003)
 

Manifestation des milliers de Kurdes à Bruxelles pour droits politiques en Turquie

Le mercredi 11 juin, le Congrès National du Kurdistan (KNK)  a organise une manifestation à Bruxelles afin de réclamer, pour le peuple kurde, des droits  politiques qui permettraient de résoudre démocratiquement la question kurde.

Des milliers de Kurdes de toute lčEurope se sont réunis  à la Porte d'Anderlecht. Toutefois, plusieurs manifestants kurdes partant d'Allemagne dans douze cars pour arriver en Belgique sur les Pays-Bas ont été refoulés ver le même pays par la police hollandaise.

Lors de  manifestation, des délégations kurdes ont remis des dossiers de leurs revendications aux cabinets de Pat COX, Président du Parlement Européen, Romano PRODI, Président de la Commission Européenne, et Javier SOLANA, représentant du Conseil de l'Union Européenne, ainsi qučaux groupes politiques du Parlement Européen.

Dans un communiqué de presse, le KNK a déclaré: "Lčétat turc, qui ne fait aucun effort pour trouver une solution à la question kurde, veut maintenant  imposer au peuple kurde 'la loi du repenti' tout en continuant sa politique répressive et  négationniste. Pour une véritable démocratisation, la Turquie doit proclamer une amnistie général pour tous les prisonniers et inculpés politiques." (Info-Türk, 11 juin 2003)
 

DEHAP appelle à une amnistie pour tous les activistes kurdes

Le parti démocratique du peuple (Dehap, pro-kurde) a appelé dimanche les autorités turques à proclamer une amnistie générale pour les rebelles kurdes considérés comme "terroristes" par l'Etat turc, rapporte l'agence Anatolie.

"Des arrangements légaux doivent être mis en place pour permettre l'abandon par les membres du Kadek (ancien PKK) de leur armes et assurer leur retour" en Turquie, a estimé le chef du parti, Mehmet Abbasoglu, lors d'un congrès du Dehap.

Il a souligné que pour ce faire une "amnistie générale" était nécessaire.

M. Abbasoglu, qui ne s'est pas présenté pour un nouveau mandat, a affirmé que les projets du gouvernement turc de proclamer une loi en faveur de maquisards "repentis" qui n'avaient pas participé à des combats avec l'armée ne seraient pas "suffisants".

Le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), qui a mené une lutte armée de 1984 à 1999 pour la création d'un Etat kurde indépendant dans le sud-est anatolien à majorité kurde, a changé de nom en 2002 pour devenir le KADEK (Congrès pour la liberté et la démocratie au Kurdistan) qui affirme lutter pour des droits culturels des kurdes.

Mais pour Ankara le Kadek, dont quelque 5.000 sont réfugiés pour la plupart dans le nord de l'Irak, est l'héritier légal du PKK et un simple changement de nom ne signifie rien.

Le Dehap est de son côté menacé de fermeture par la justice turque pour liens présumés avec le PKK-Kadek

Le Dehap, qui nie toute relation avec le PKK, n'a obtenu aucun siège au parlement au scrutin de novembre.

Le parti a été fondé en 1999 par des sympathisants du parti démocratique du peuple (Hadep) qui a été interdit le 13 mars par la Cour constitutionnelle pour association avec les rebelles sécessionnistes kurdes. (AFP, 8 juin 2003)
 

Décès du porte-drapeau de la cause kurde en Italie

Le militant pro-kurde italien, Damiano Frisullo, dont l'activité avait été source de frictions diplomatiques entre Rome et Ankara, est décédé vendredi à Pérouse (centre) des suites d'une longue maladie, a-t-on appris dans son entourage.

Agé de 51 ans, "Dino" était connu en Italie pour s'être fait arrêter lors d'une manifestation pro-kurde en 1998 à Diyarbakir en Turquie lors des fêtes du Nouvel an kurde. Il avait été brièvement emprisonné et l'affaire avait empoisonné un temps les relations entre les deux capitales.

Proche des altermondialistes et personnalité attachante, selon ses amis, Damiano Frisullo était de tous les combats contre le racisme et pour la cause des droits de l'homme. (AFP, 6 juin 2003)

Pressure on Kurds in brief

Incident provoked by military in Tunceli

On 1 June after the dispute between two soldiers and a civilian the soldiers fired into air in Tunceli. According to the news gathered, at about 3pm one of the soldiers, who were on duty in Tunceli Gendarmerie HQ., started to insult the inhabitants of Tunceli and fire into the air during the dispute. The other one also came and followed his colleague. After the incident both escaped to the HQ. They continued to fire on the way to HQ. and the bullets hit some of the buildings and vehicles around. Some 300 persons came together to protest the incident in Cumhuriyet Square and the number of the protesters reached 3000 within one hour. The crowd started to shout slogans against the soldiers and throw stones to the military vehicles. Security forces did not intervene the protesters. A military vehicle, which was going through the crowd, hit and wounded a person named Kemal Ak. The crowd dispersed at about 5pm after negotiations with the governor of Tunceli Ali Cafer Akyüz and officials. Gendarmerie Commander of the Region Major General Sakir Altunbas announced that the soldiers were arrested. (Radikal-TIHV, June 2, 2003)

Arrest For Newroz Celebrations

Hakkari Penal Court of First Instance issued arrest warrants against 13 persons who allegedly shouted slogans in favor of KADEK during Newroz celebrations in Hakkari. Those persons were the ones whose mouths had been open in the photos taken by the police and an investigation had been started against them. Despite the demand of the public prosecutor Naci Arslan, Bisenk Gümüslü, Leyla Duman, Selahattin Engin, Nihat Yakar, Fahri Incin, Özgür Kayacan, Mehmet Er, Hasan Kaçar, Dogan Akmaz, Mehdi Engin and two other persons had been released by Peace Penal Court on the ground that the photos could not have been evidence. On objection of the public prosecutor Hakkari Penal Court of First Instance issued the arrest warrants on 30 May. (Radikal-TIHV, June 1, 2003)

Demonstration Prevented in Istanbul

The police intervened a group of DEHAP members who wanted to stage a demonstration on 1 June on Istiklal Avenue to protest draft repentance law and to demand general amnesty. The police used tear gas to disperse the crowd and also detained 5 persons. Afterwards press conference was held in front of the Istanbul offices of DEHAP. (Özgür Gündem-TIHV, June 2, 2003)

Detentions and Arrests in Bingöl

After the armed clashed near Yayladere district of Bingöl some 30 persons were summoned to the Yayladere Gendarmerie Station from the villages of district and 8 of them were detained. The names of the detainees were as follows: Aziz Ördek, Mustafa Avcioglu, Mustafa Sagdiç from Zeynelli village, Mehmet Ali Çimen (headman), Katibi Göksal and Hikmet Süer from Günlük (Anzerik) village, Alisan Göksal (headman) and Mikail Elibol from Korlu village. (Özgür Gündem-TIHV, June 2, 2003)

Armed Clash in Siirt

On 1 June, a KADEK militant was killed and three soldiers were wounded in an armed clash broke out in Dereguri region nearby Türekpinar village of Eruh (Siirt). (Radikal-TIHV, June 3, 2003)

A Kurd Threatened by the Police

In Istanbul a person named Mehmet Meric was reportedly threatened by the police who raided his house in Küçükçekmece district on 22 May. Meriç had reportedly stayed in prison for sometime for having signed a petition for education in Kurdish. He stated that the police came his house at about 2am, and reported the incident as follows: "They stated that they were police officers and would search my home. I asked whether they had a court permission to do that. I said ŒI will not allow you to search my home if you don't have a permission.' They replied, ŒLook at the terrorist. Shall we get a permission to search terrorists like you?' Then they pushed me and entered inside. Once again I told them that they did not have the right to search my home. They said, ŒDo not shout! If not, we will beat you. You may suffer other things as well.' They awakened my sons at the ages of 4 and 7, and my wife, and they cursed us. Then they asked me whereabouts of my brothers Hasan and Ahmet, my sister-in-law Fevziye and my cousin. I replied that I didn't know. They shouted at me saying, ŒDon't lie us. You the wicked terrorist' and threatened me again. They scattered everywhere and then went away. While leaving my home, they said, ŒWe will visit you once in every 3-4 months. Watch your steps. We know how to treat you in another way'". Mehmet Meriç's lawyer Ilhami Sayan filed an official complaint with the police officers. (Özgür Gündem-TIHV, June 5, 2003)

DEHAP Executive on Trial in Tarsus

The case against chair for Democratic People's Party (DEHAP) in Tarsus district, Alaattin Bilgiç, in connection with the speech he had made during the party congress started on 4 June at Adana SSC. The Court released Bilgic and adjourned the hearing to a later date. Bilgic had been arrested on 28 March. (Özgür Gündem-TIHV, June 5, 2003)

Investigation on the killing of a Kurdish villager in Sirnak

Cavit Torun and Faruk Ünsal, members of Human Rights Commission in the Grand National Assembly of Turkey completed the investigation of the killing of the villager Haci Ölmez (37), who was killed by soldiers near Andac village of Uludere district (Sirnak) on 7 April. According to the report the members had interviews with the Governor of Sirnak, Gendarmerie commander for the region, Sub-governor of Uludere, Public Prosecutor, Bedran Ölmez, son of Haci Ölmez, Mevlüt Ölmez, brother of Haci Ölmez, who was with him on the day of incident, and soldiers. The soldiers testified to the effect that they had seen two persons passing the border and warned them to stop. Since they had not followed the warning the soldiers had fired. Soldier added that they had seen that one of them died after arriving. Since those persons had been unarmed and coming to the soldiers the members of the commission asked the soldiers why they had not waited instead of firing. The soldiers replied that due to the conditions of war they had been under pressure and that the organization had been sending unarmed militants at first and then armed ones. The report also stresses that the soldiers had used unproportioned force. (Özgür Gündem-TIHV, June 8, 2003)

DEHAP Members Convicted by Ankara DGM

On 29 May, the trial against Tuncay Yogurtçu, chair for DEHAP Mamak district (Ankara), Mehmet Çetin, Sule Aslan, executives of the DEHAP Mamak district organization and Esref Özviran chair for DEHAP Altindag district (Ankara) in connection with demonstrations held in February, concluded at Ankara SSC. The defendants were sentenced to 3 years' 9 months' imprisonment each. The defendants were released at the hearing. On 2 June, Ankara DGM sentenced Muhammet Bayramli, Aziz Mahmut Çinar and Dicle Çinar to 11 years' 40 days' imprisonment each for "participating in demonstrations held for KADEK leader Abdullah Öcalan in Mamak and being members of an illegal organization" (Özgür Gündem-TIHV, June 9, 2003)

Pressures on DEHAP in Van and Mersin

The public prosecutor in Van indicted Semira Varli, chairwoman of the women's wing organization of DEHAP in Van, for "supporting an illegal organization", in connection with a speech she held at the congress of provincial organization of DEHAP in Van. On 11 June, Adana SSC continued to hear the case of DEHAP members, Mehmet Tunç, Fesih Yaman, Salim Selçuk, Mehmet Sait Kayaalp, Mazlum Aydin and Cemal Turhan, who were arrested in March in Tarsus, on the allegations of "supporting an illegal organization". The defendants were released at the hearing. (Özgür Gündem-TIHV, June 12, 2003)

DEHAP Executives on Trial in Ankara

on 12 June, Ankara Heavy Penal Court continued to hear the case against the former chairperson of Democratic People's Party (DEHAP) Mehmet Abbasoglu and 26 board members on charges of forgery in official documents. In his summing-up the case the public prosecutor demanded sentence for Mehmet Abbasoglu and three other defendants and asked for acquittal of the rest of the defendants. The main prosecutor at the Court of Cassation had appealed to High Council for Election (YSK) not to allow DEHAP run for the 3 November election on the allegation that DEHAP only had organized in 22 and not the necessary minimum of 41 provinces. But YSK had rejected the demand. After the decision the prosecutor started an investigation and had made an official complaint. In this trial the board members are charged with "forgery in official documents" under the article 342/1 TPC. If the case concludes in conviction the results of 3 November elections will be in question. (Evrensel-TIHV, June 13, 2003)

Kurdish music album banned

Selling, distributing and playing of the album "Bihusta Min" of Koma Azad and "Mehmet Seyit Aga" of Hüseynê Ömer were banned by the governor of Van. The decision was based on that the albums were against the national customs and general morality and the songs included propaganda for an illegal organization. Police confiscated the albums after the decision. (Özgür Gündem-TIHV, June 13, 2003)

Interdiction of Kurdish Names

Supreme Court of Appeal rejected the case of Turabi Sen, who wanted to name his child "Laser Rodi". Elazig Registration Office had rejected to register that name and he had launched a court case at Elazig Administrative Court. Since the court had rejected the case depending on the Law on Population he had appealed to Supreme Court of Appeal. (Yeni Safak-TIHV, June 14, 2003)

68 Kurdish women detained in Istanbul

68 members of the women's wing of DEHAP in Istanbul were detained, when they were distributing red carnations with demand of general amnesty. On 15 June, 11 members of the women's wing of DEHAP in Cizre district of Sirnak were detained during a press conference for the same reason. They were released some time later. (Milliyet-Özgür Gündem-TIHV, June 14-16, 2003)

Human Rights Defenders Detained and Tortured in Bingöl

On 16 June the police in Bingöl detained 114 women who went to the province from the different parts of Turkey in order to "to found peace table" The group including the Vice President of the Human Rights Association, Eren Keskin, the Chairman of Bursa Branch Ayse Batumlu and sociologist Pinar Selek were stopped in the morning on their way to the city. Meanwhile, Genç Avenue where the "peace table" was to be founded was blockaded by the police, who also dispersed women that gathered to welcome the women coming from outside the city. Three women were detained there. Later the group of women coming from Istanbul, Elazig, Urfa and Adana were allowed to proceed for a while. Then they were stopped for a second time on Genç Avenue and were detained. On the other hand the women from Batman, Van and Diyarbakir were not allowed to enter the city at all. Sociologist Pinar Selek reported before being detained that the police said them the following: "You can not make a press release here. This is not Istanbul, this is Bingöl. What peace are you talking about? This is not the kind of place that you know". Selek stated that the women were treated like animals, and were beaten while in detention. (Özgür Gündem-TIHV, June 17, 2003)

DEHAP Member Attacked in Hazro

Yusuf Dündar, DEHAP executive in Hazro district (Diyarbakir) was attacked by rightists on 15 June. Dündar stated that among the perpetrators who stabbed him at his ribs and back was Mehmet Mehmetoglu, executive for the Nationalist Action Party (MHP) in the district. Dündar further stated that before being taken to hospital, he had been kept at police HQs for an hour although he had been injured. Dündar reported that Mehmetoglu had attacked several DEHAP members and himself before. Chair for DEHAP in Hazro district Hamit Ergin also made a statement alleging that for two years they had been receiving letters signed by "Turkish Revenge Brigade (TIT)", and that the perpetrators had been young men of the Mehmetoglu family. (Özgür Gündem-TIHV, June 17, 2003)

Detained for participation in Newroz celebrations

Mahir Duman, one of the five persons for whom an arrest warrant in absentia had been issued in Hakkari on the allegation of having shouted slogans in favor of KADEK during the Newroz 2003 celebrations, was detained on 15 June after the university entrance exam had ended. (Evrensel-TIHV, June 17, 2003)

Two KADEK militants killed in Bingöl

Reports from Bingöl stated that two KADEK militants died during an armed clash that occurred near Genç district. (Cumhuriyet-TIHV, June 17, 2003)

A Kurdish Villager Killed

A person named Mehmet Kalabay (55) from Bayirdizi village of Hazro district (Diyarbakir) was killed on the evening of 17 June. Kalabay was allegedly taken from his house at 21:00 p.m. by three persons who "were wearing army uniforms and carrying walkie-talkies" on the grounds that he was going to show them the way to Salat village. Kalabay who was killed nearby a water depot outside the village was buried on 18 June. (Özgür Gündem-TIHV, June 19, 2003)

IHD Executives on Trial in Diyarbakir

Selahattin Demirtas, Muharrem Erbey, Ayla Akat, Abdulkadir Aydin, Nesip Gültekin, Metin Aslan and Pirozhan Dogrul, Executive Board members of the IHD Diyarbakir Branch were indicted on the grounds that "they did not submit a copy of Human Rights Report to the public prosecutor before announcing it". The trial, launched according to Article 82 the Law of Associations No. 2908, will commence on 10 September at Diyarbakir Penal Court of First Instance No.3. Selahattin Demirtas, chair for the IHD Diyarbakir Branch stated that they prepared more than a hundred reports so far and no case has been launched in connection with them. (Özgür Gündem-TIHV, June 19, 2003)

DEHAP Members Attacked in Diyarbakir

DEHAP offices in Hazro district of Diyarbakir were attacked twice on 19 June. During the first attack early in the morning DEHAP executive for the district Tahsin Kaçan was wounded by the attackers with sticks and stones. Chair for the district Hamit Engin narrated the incident as follows: "We were sitting in the offices and Secretary for the district Haci Uçer and accountant Tahsin Kaçar were on the way to our offices. Mehmet Kopara, who was a supporter of MHP, and his son came and threatened us. They asked 'why the door of this party is still open'. When we replied they started to beat us with sticks. Then a group of some 50 persons also came within a few seconds. They wanted to kill us. Mesut Mehmetoglu, who had been a confessor, was also among them. The police came and intervened the attack. Tahsin Kaçar was wounded and the doors, windows were broken during the attack. Some of the attackers were detained by the police." During the second attack in the evening of the same day DEHAP executive for the district Selahattin Dilsiz was wounded with a knife. Mesut Mehmetoglu allegedly participated the second attack. On 15 June DEHAP executive for the district Yusuf Dündar had been attacked and wounded with a knife by a group of attackers including MHP executive for the district Mehmet Mehmetoglu. (Özgür Gündem-TIHV, June 20, 2003)

Demonstration Prevented, DEHAP Members Detained in Diyarbakir

The police intervened on 19 June a demonstration by women's wing of DEHAP in front of the AKP offices in Diyarbakir with demand of general amnesty and detained some 60 members of DEHAP under beatings. 15 members in Batman and 18 in Sirnak were detained during press conferences held for the same demand. (Özgür Gündem-TIHV, June 20, 2003)

Detained for the words "Esteemed Öcalan"

Mehmet Sami Hülagü, who called Abdullah Öcalan "Sayin Öcalan" ("Sayin" is a word in Turkish that corresponds to Œesteemed' or Œdear' in English.) during a press conference which was held in front of the AKP offices in Izmir on 8 June, was detained on 19 June by Izmir SSC. Mehmet Sah, who had been detained in Bafra district of Samsun on allegations of being a member of Hezbollah, was detained on 19 June. Düzgün Mentes was detained in Bursa on allegations of being a member of TIKKO. Malatya SSC had issued an arrest warrant against him. (Cumhuriyet-Radikal-TIHV, June 20, 2003)

Armed Clash in Bingöl

According to a press release by the Governor of Bingöl two KADEK militants were killed during an armed clash on 19 June near Isa village of Karliova district. The names of the militants were given as Engin Çinkir and Çetin Kaçar. (Cumhuriyet-TIHV, June 20, 2003)

A Kurdish villager killed in Mardin

Recep Vural was killed on 19 June near Ulutas village in Mazidag distirict (Mardin), where the soldiers were conducting an operation against smugglers. Relatives of Vural alleged that village guards killed him. His father said that the hands of his son were on the back of his neck when they saw his corpse. He added that two soldiers of Kurdish origin alleged that a fat and a thin village guard knew the incident. Recep Vural was also tortured and bruises were on his body. According to the press release of the chair of IHD Mardin branch Hüseyin Cangir public prosecutor in Mazidag alleged during their first visit that Recep Vural committed suicide. But after the contradiction between autopsy reports and testimonies of the relatives of Vural the prosecutor said verbally that it was a murder. Cangir continued as follows: "After IHD started to investigate the incident the attitude of the gendarmerie changed. The first day they alleged that it was an ordinary suicide. After the members of the family narrated what they saw, gendarmerie also accepted that it could be a murder and added that an investigation would be started." Kemal Vural, father of Recep Vural, narrated his meeting with commander of the gendarmerie as follows: "I was asked why we went to DEHAP and IHD in connection with the incident. Then he added that they would have killed my son at least with 15 bullets if the soldiers had killed. He also stressed that they kill persons at a distance of 300 meters because of the security. Since we told that we wouldn't accept the autopsy report and want to send the corpse to Istanbul Forensic Institute he started to talk in a threatening manner." (Özgür Gündem-TIHV, June 21-22, 2003)

DEHAP Demonstration Prevented in istanbul

Women's wing of DEHAP organized a press conference on 21 June in front of the Saraçhane public garden in Fatih (Istanbul) to protest rape and torture of Gülbahar Gündüz by persons alleged to be police officers. The police intervened the conference, used tear gas and dispersed some 300 women under beatings. DEHAP announced after the incident that 84 persons were detained and some persons who were taken to the hospital were detained there. During the intervention a police dog bite Beyaz Bilgin, she narrated the incident as follows: "Police warned that they wouldn't allow the press conference. Executives of DEHAP announced to disperse. When women started to make a big fuss, police intervened and used tear gas. A police officer set a dog free and the dog bite my legs, arms, back and chest several times. Police officers were also insulting me. A superintendent police officers was ordering police officers to beat people." DEHAP chair for Eminönü district Abdulkadir Akdag, who fell down and broke his arm, said that a police officer made him fall and continued to beat on the ground. He went to Haseki Hospital without any help. 77 detainees were released the same they to be tried without remand. (21-22 June, Özgür Gündem-TIHV, June 21-22, 2003)

DEHAP Members Attacked in Diyarbakir

DEHAP chair for Hazro (Diyarbakir) Hamit Ergin, secretary for the district Haci Uçer and the suspects of the attack Mehmet Koparan, Emin Dönen, Lütfü Mehmetoglu and Mehmet Mehmetoglu, who were detained after the attack on DEHAP offices in Hazro on 19 June, were released 20 June. Ergin announced that the attackers apologized and DEHAP executives and members of Mehmetoglu family negotiated to lower the tension. (Özgür Gündem-TIHV, June 21, 2003)

Five soldiers killed at armed clashes with KADEK militants

According a press release by KADEK five soldiers were killed during armed in the armed clashes that broke out in Bingöl between 1 and 15 June. (Özgür Gündem-TIHV, June 22, 2003)

DEHAP's Complaint Against the Police in Istanbul

The members of DEHAP Women's Wing in Istanbul who had been severely beaten by the police during a press release held on 21 June in Fatih district filed an official complaint with the police officers. In the press release held in front of Istanbul Courtroom, chair for DEHAP Women's Wing in Istanbul Sabahat Tuncer stated that they demanded the police officers be charged of "threatening, sexual abuse and harassment". Meanwhile, the women who had been detained in Bingöl province while Œtrying to found a peace table' on 16 June, also made an official complaint against the police officers. In the petition submitted to the public prosecutor in Bingol by the chair for IHD branch Rždvan Kžzgžn, branch executive Sevket Turan, and DEHAP members Emine Kaya, Suna Kaya and Mine Kaya, the police was accused of "maltreating the detainees". (Özgür Gündem-TIHV, June 24, 2003)

Demonstrations and Detentions in Kurdish cities

On 21 June demonstrations were held in Mus, Adana, Agrž, Van, Sžrnak, Siirt, Urfa, Batman, Diyarbakžr and Adžyaman provinces in demand for a "general amnesty". In Silopi district the police did not allow the women who wanted to march towards AKP district office to proceed, and dispersed them under beatings. In the incident DEHAP executives Emine Inan and Sabriye Buruntekin were detained. In Tunceli the police intervened in the demonstration held on 20 June to protest the daily Tercüman for stigmatizing the Human  Rights Statue as a "symbol of treachery" and detained the provincial chair for the Party of Labor (EMEP), Hüseyin Tunç, chair for the provincial branch of the workers' trade union "Genel-Is", Hasan Çiçek and three more persons. The police reportedly raided the offices of several trade-unions, associations and political parties in the province and detained more than 10 persons. The detainees were released a while later. (Özgür Gündem-TIHV, June 24, 2003)

Six KADEK militants killed during armed clashes

An announcement made by KADEK reported that six KADEK militants named "Serdar, Zerdest, Munzur, Harun, Xemdin and Zagros" had died during the armed clashes that occurred on 13 June near Baskale (Van) and Nusaybin (Mardin) districts, and on 15 and 17 June within the provincial borders of Bingöl. The announcement also alleged that the corpses of "Munzur" and "Harun" who had been killed on 15 June near Ful village of Bingöl were tied at the back of military vehicles and dragged on the ground to be displayed in surrounding villages. (Özgür Gündem-TIHV, June 24, 2003)

Pressures on DEHAP in Midyat

On 24 June, village guards intervened M. Emin Akay, chairman for DEHAP district organization in Midyat (Mardin), Ilyas Akbulut, executive for DEHAP in Midyat and Resit Aslan, Ferit Aslan, Ahmet Akay, who were campaigning for general amnesty. DEHAP members were detained after the incident and released the same day. (Özgür Gündem-TIHV, June 25, 2003)

Juveniles Tortured in Van

The prosecutor at Van SSC indicted one of the four juveniles, A.A. (14), who had been detained in Hakkari in February on the allegation of having written slogans on snow in favor of the KADEK leader Abdullah Öcalan. The indictment wants A.A. be charged under Article 269 TPC (aiding and abetting an illegal organization). The case was reportedly based on the report by the Gendarmerie Criminal Laboratory certifying that 'the shoe traces determined in the snow belonged to A.A.'. A.A.'s lawyer Mikail Demiroglu stated the following: "My client admitted in his testimony that the shoes belonged to him, but he said, 'After I had been detained to police took me to the spot once more and forced me to step on the snow. I did not step on there on my own will". The four juveniles had been detained on 11 February. After they had been released on 12 February, they had complained of torture at Hakkari Police HQs. (Özgür Gündem-TIHV, June 26, 2003)

Armed Clash in Siirt

Siirt Governorate announced that two KADEK militants had been killed during the armed clash that occurred on 25 June near Meselik. (Özgür Gündem-TIHV, June 26, 2003)

Torture allegation in Hakkari

Faik Xalid (Syrian origin), who was detained on 17 June in Kepenek region of Semdinli (Hakkari), was tortured. He was interrogated 6 days in Hakkari Gendarmerie HQ. and arrested on 23 June. He was put in Semdinli Prison. Since he had health problems on 25 June due to torture, he was transferred to Yüksekova State Hospital. (Özgür Gündem-TIHV, June 27, 2003)

DEHAP Members sentenced in Erzurum

On 26 June, Erzurum SSC concluded the trial of Tuncer Bakirhan, Chairman of the DEHAP, and Bedri Firat, DEHAP Chair for Erzurum. The case had been launched for the speeches they made on 28 October 2002 in Tekman district of Erzurum. The court sentenced Bakirhan and Firat to 10 months' imprisonment according to the Article 312 TPC. The sentences were suspended. The case against 27 members of the Central Executive Committee of Democratic People's Party (DEHAP), including the Chairman Mehmet Abbasoglu, on charges of "fraud" was concluded on 15 April at Ankara Heavy Penal Court No. 2 on 26 June. The court sentenced Abbasoglu, former Genral Secretary of DEHAP Nurettin Sönmez, former Chairman of DEHAP Veysi Aydin and former Genral Secretary of DEHAP Ayhan Demir to 1 year, 112 months and 11 days' imprisonment according to the Article 342 TPC. Other defendants were acquitted. (Özgür Gündem-TIHV, June 27, 2003)

Kurdish Names prevented in Batman

In Batman Mehmet Eminoglu was prevented to give his child the name "Lorin Dila". Mehmet Eminoglu, executive for Batman branch of teachers' union Egitim-Sen, appealed to the Governor of Batman on the decision of Registry Office. (Özgür Gündem-TIHV, June 27, 2003)

Demonstrations and detentions for Öcalan

On 26 June, Van SSC continued to hear the case against Zennur Kizilkaya, Ismail Askan, Servet Aslan, Fesih Yilmaz, Abuzeyit Demirhan and Kadri Sari, who had been detained during a demonstration in Van to protest in the condition of Abdullah Öcalan. The defendants were released at the hearing. (Özgür Gündem-TIHV, June 27, 2003)

Detentions and Arrests in Adana

On 26 June, police reportedly detained many persons including Yildiz Kaptan, Mustafa Bektas Akyigit, Özlem Çomak, Çigdem Miçogullari, Metin Sevgili, Irmak Ugurlu and Birgül Barak during house raids in Adana. In Tatvan district (Bitlis) DEHAP chair for the district Sabahattin Özel and members Nevzat Yildirim and Hekim Çapkan, in Van Fatma Elasan and Hugir Elasan were detained for opening a stand for the signatures campaign for "general amnesty" on 27 June. Fatma Elasan and Hugir Elasan were released, Özel, Yildirim and Çapkan were arrested on 28 June. DEHAP chair for Mersin Ali Tanriverdi, Ali Güngör, Fatma Bozaner and Sultan Aktepe were detained for the same reason on 28 June. DEHAP chair for Çaldiran district (Van) Medeni Yasak was detained on 28 June. (Evrensel-Özgür Gündem-TIHV, June 29, 2003)

Funeral of KADEK militants killed in Hakkari

KADEK militants Ergin Çinar (Engin Çinkir) and Çetin Koç (Çetin Kaçar), who had been killed during an armed clash near Isa village of Karliova district in Hakkari on 19 June, were buried on 27 June. Fatih Çinar, brother of Engin Çinar, announced that the shepherd A.A. (13) had witnessed the incident and related the incident as follows: "The shepherd and two guerillas had been eating together. After having heard something guerillas had sent the boy to check. But village guards had captured him. Since he had not come back, his sister had started to search him. Meanwhile village guards had opened fire on the guerillas and Çetin Koç had been shot to death. My brother had been injured. When two village guards had been dragging my brother another one had shot him. They had continued dragging him some 200 meters and then called soldiers. Guerillas had been buried in Karliova Cemetery handcuffed and without fulfilling the religious requirements." A.A. had been arrested after the incident, but released on 27 June on objection of his lawyer. The names of the TIKKO militants, who were killed during an armed clashe near Kizildag village in Tokat, were given as Murat Poyraz and Dursun Önder. The name of injured one was announced as Kamil Turanoglu. A KADEK militant was allegedly killed during an armed clash in Venk brook region near Geyiksuyu village in Tunceli. (28-29 June, Evrensel-Özgür Gündem-TIHV, June 28-29, 2003)
 

Minorités / Minorities

La FIDH demande au gouvernement turc la reconnaissance du génocide arménien

La Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH) a appelé mercredi le gouvernement turc à reconnaître le génocide arménien des années 1915-1916.

Dans une lettre ouverte adressée au Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, la FIDH, une organisation non-gouvernementale dont le siège est à Paris, s'est inquiétée de récentes circulaires du ministère turc de l'Education appelant les écoles primaires et secondaires "à prendre part à une campagne négationniste à propos de l'oppression des minorités au cours de l'histoire de la Turquie, en particulier à l'égard de la communauté arménienne".

Les massacres et déportations d'Arméniens sous l'Empire ottoman de 1915 à 1917 ont fait 1,5 million de morts, selon l'Arménie, entre 250.000 et 500.000, selon la Turquie qui rejette catégoriquement la thèse d'un génocide.

En 2001, la reconnaissance du génocide arménien par le parlement français avait entraîné une crise dans les relations entre Paris et Ankara. (AFP, 25 juin 2003)
 

Enseignants arrêtés pour un question sur le génocide arménien

Le journal turc « Radikal » annonce que le 30 mai dernier des actes de répression ont été commis à lčencontre dčenseignants qui ont essayé de sčinformer sur les procédures que le gouvernement turc mettrait en place pour lutter "contre les allégations de génocide des Arméniens".

En effet, ce jour là le sous-préfet du département dčElbeyli (province de Kilis) organisait un séminaire pour tous les fonctionnaires de son département dans le cadre de la récente campagne organisée par le Ministère de lčEducation et officiellement intitulée "lutte contre les allégations de génocide".

Parmi les nombreux personnes contraintes dčassister à ce séminaire, une enseignante, Mme Hülya Akpinar, a posé des questions qui ont profondément irrité le conférencier M. Mehmet Kabadjic. A la suite de sa réaction violente, plusieurs enseignants ont quitté la salle en signe de protestation. Immédiatement, des poursuites judiciaires ont été engagées contre six professeurs pour "provocation". Le jour même Mme Hülya Akpinar a été arrêtée et jugée aussitôt; elle a été condamnée à payer 1,5 milliards de livres turques (environ 1000 €) à lčEtat .

Le président du syndicat de lčEducation Nationale a protesté contre lčarbitraire de cette arrestation et des poursuites engagées.

Parallèlement aux dispositions prises par le Ministre turc de lčEducation Nationale, incitant les élèves et les enseignants au négationnisme du génocide arménien, cette nouvelles répression par le gouvernement turc intervient en pleine période dčexamen, et semble-t-il au mépris, du rapport du Parlement européen sur la demande dčadhésion de la Turquie (rapport Oostlander).

Cette grave atteinte à la liberté dčexpression confirme le fait que depuis quelques mois, le gouvernement turc a franchi une étape dans sa politique de négation, en passant dčune stratégie de censure à une stratégie dčoppression.

En conséquence, nous appelons avec insistance le Parlement européen à rappeler son attachement à la liberté dčexpression et sa condamnation du négationnisme en demandant avec plus de fermeté et de clarté au gouvernement de la Turquie de reconnaître le génocide des Arméniens. (cdca.europe, 5 juin 2003)
 

Teacher asking question on Armenian genocide dismissed

Hülya Akpinar, who was indicted for asking a question during a conference held by Elbeyli District Gorvernorate under the title "Unfounded Allegation of Armenian Genocide" on 30 May, was reportedly dismissed from duty according to the Law No.657 on Civil Servants. Akpinar had asked to the speaker Ass. Prof Mehmet Kabacik whether Turkey had formulated a coherent policy to pursue in case Armenian lobbies managed to persuade the world to acknowledge the Armenian Genocide. (Radikal-TIHV, June 9, 2003)
 

Affaires religieuses/Religious Affairs

Meurtre satanique: trois Turcs condamnés à la prison à vie

Un tribunal turc a condamné mardi deux hommes et une femme à la prison à vie pour avoir tué une jeune fille lors d'un rituel satanique supposé empêcher les tremblements de terre dévastateurs, a rapporté l'agence Anatolie.

Les trois accusés avaient été condamnés à 25 ans de prison en 2001, mais la Cour suprême a cassé ce jugement, estimant qu'ils s'étaient rendus coupables non pas d'un simple meurtre, mais d'un assassinat "commis avec des intentions atroces", qui méritait donc des sentences plus lourdes.

Les accusés, aujourd'hui âgés entre 22 et 27 ans, ont avoué avoir tué en l'étouffant, selon un rituel satanique, une femme de 21 ans, Sehriban Coskunfirat, dans un cimetière d'Istanbul en septembre 1999, et ont exprimé des regrets.

Ils ont dit croire que les répliques du séisme meurtrier qui avait tué 20.000 personnes dans le nord-est de la Turquie en août 1999 étaient un message de Satan réclamant un sacrifice humain.

Ce meurtre, le premier acte de violence satanique connu en Turquie, avait provoqué une vague de réprobation dans le pays et fait pendant des semaines les gros titres de la presse. (AFP, 17 juin 2003)
 

Le "Calife de Cologne" conteste devant un tribunal son expulsion d'Allemagne

Le ressortissant turc Metin Kaplan, chef de l'organisation islamiste Hilafet Devleti, surnommé le "Calife de Cologne", a déposé deux recours en justice contre les autorités de la ville de Cologne (ouest) qui souhaitent l'expulser vers la Turquie, a-t-on appris lundi.

Metin Kaplan conteste aussi bien la procédure d'expulsion engagée contre lui par la ville, que l'interdiction qui lui a été signifiée de quitter le territoire de la commune, a précisé un porte-parole du tribunal administratif.

Le 27 mai, la justice allemande a ordonné la libération de Metin Kaplan, qui était sous écrou extraditionnel, tout en rejetant son extradition vers la Turquie --où il est accusé d'être responsable d'un attentat en 1998-- au motif qu'il pourrait y faire l'objet de traitements "contraires aux principes du droit international".

Kaplan, qui bénéficie en Allemagne du statut de demandeur d'asile, a purgé une peine de prison de quatre ans. Interpellé en 1999, il avait été condamné en novembre 2000 en Allemagne pour avoir lancé en septembre 1996 une fatwa mortelle contre un rival retrouvé assassiné quelques mois plus tard.

Le ministre allemand de l'Intérieur, Otto Schily, est favorable à une expulsion "rapide" de Metin Kaplan.

La Turquie l'accuse d'avoir dirigé une organisation terroriste à l'origine d'un attentat à l'explosif contre le Mausolée de Mustafa Kemal Ataturk (en mémoire du fondateur de la République turque), à Ankara le 29 octobre 1998, et d'avoir ordonné l'occupation le même jour d'une mosquée d'Istanbul.

L'organisation "Califat", interdite le 12 décembre 2001 en Allemagne, existait depuis 1984. Elle était implantée dans l'ouest du pays, avec des directions régionales dans les grandes villes, confiées à des "émirs". (AFP, 16 juin 2003)
 

Berlin pour une expulsion rapide du "Calife de Cologne"

Le ministre allemand de l'Intérieur s'est prononcé mardi pour une expulsion "rapide" du Turc Metin Kaplan, chef de l'organisation islamiste Hilafet Devleti, surnommé le "Calife de Cologne".

Metin Kaplan, qui fait l'objet d'une procédure d'expulsion, ne peut quitter Cologne (ouest), où il se trouve toujours actuellement, selon l'administration de la ville.

"Cet homme n'a rien à voir dans notre pays", selon le ministre Otto Schily. "La Turquie nous a assuré qu'il n'est menacé ni par la peine de mort ni par la torture", a-t-il fait valoir, lors d'une interview télévisée.

Le 27 mai, la Justice allemande a ordonné la libération de Metin Kaplan, tout en rejetant son extradition vers la Turquie -- où il est accusé d'être responsable d'un attentat en 1998 -- au motif qu'il pourrait y faire l'objet de traitements "contraires aux principes du droit international".

M. Kaplan, qui bénéficie en Allemagne du statut de demandeur d'asile, a purgé une peine de prison de quatre ans. Interpellé en 1999, il avait été condamné en novembre 2000 en Allemagne pour avoir lancé en septembre 1996 une fatwa (décret religieux) mortelle contre un rival retrouvé assassiné quelques mois plus tard.

La procédure d'expulsion pourrait à son tour être bloquée par un juge pour les mêmes raisons qui ont déjà conduit la Justice à rejeter son extradition. La décision finale de l'expulser pourrait ne pas être prise avant des "semaines, des mois, ou même des années", a indiqué un porte-parole de la municipalité de Cologne.

La Turquie accuse Metin Kaplan, âgé de 50 ans, d'avoir dirigé une organisation terroriste à l'origine d'un attentat à l'explosif contre le Mausolée de Mustafa Kemal Ataturk (en mémoire du fondateur de la République turque), à Ankara le 29 octobre 1998, et d'avoir ordonné l'occupation le même jour d'une mosquée d'Istanbul.

L'organisation Hilafet Devleti, interdite le 12 décembre 2001 en Allemagne, existait depuis 1984. Elle était implantée dans l'ouest du pays, avec des directions régionales dans les grandes villes, confiées à des "émirs". (AFP, 3 juin 2003)
 

Le "Calife de Cologne" introuvable depuis sa libération

Le Turc Metin Kaplan, chef de l'organisation islamiste Hilafet Devleti, surnommé "le Calife de Cologne", demeure introuvable depuis sa libération de prison le 27 mai, a annoncé dimanche un porte-parole de la police locale à Cologne (ouest).

Depuis vendredi, la ville de Cologne tente en vain de lui faire part d'une interdiction de quitter la ville décidée à son encontre. Ne parvenant pas à le contacter, les responsables municipaux ont été contraints vendredi de se contenter d'informer son avocate.

Mais il a théoriquement encore jusqu'à la fin de la semaine prochaine pour indiquer son lieu de résidence aux autorités allemandes. Après quoi il sera sensé se présenter une fois par semaine au bureau de police dont dépend son domicile.

Le 27 mai, la cour d'appel de Duesseldorf, capitale de l'Etat régional de Rhénanie-du-Nord-Westphalie où est située Cologne, a ordonné la libération de Metin Kaplan en rejetant son extradition vers la Turquie, où il est accusé d'être responsable d'un attentat en 1998. Une décision vivement critiquée par la Turquie, qui l'a qualifiée d'"incompatible avec les engagements de l'Allemagne à combattre le terrorisme international".

La Cour, dans ses attendus, avait estimé qu'il existait "de sérieuses raisons de penser que, s'il était extradé, Kaplan ferait l'objet (de traitements) contraires aux principes du droit international, qui interdit que des déclarations à la police soient obtenues par extorsion et que des poursuites reposent sur des motifs politiques".

Le gouvernement allemand, embarrassé par la décision de la Cour d'appel, considère que les conditions sont remplies pour son expulsion. Mais il se pourrait que la procédure d'expulsion soit à son tour bloquée par un juge pour les mêmes raisons qui ont conduit la Cour d'appel de Duesseldorf à rejeter son extradition.

Metin Kaplan, qui bénéficie en Allemagne du statut de demandeur d'asile, a purgé en mars une peine de prison de quatre ans. Interpellé en 1999, il avait été condamné en novembre 2000 en Allemagne pour avoir lancé en septembre 1996 une fatwa mortelle contre un rival retrouvé assassiné quelques mois plus tard.

L'organisation "Califat", interdite le 12 décembre 2001 en Allemagne, existait depuis 1984. Elle était implantée dans l'ouest du pays, avec des directions régionales dans les grandes villes, confiées à des "émirs". (AFP, 1 juin 2003)

Socio-économique/Socio-economic

Deux universitaires turcs sur trois ont besoin d'un second métier pour vivre

En Turquie, deux enseignants supérieurs sur trois (68%) ont besoin d'un travail parallèle à leur activité dans la fonction publique pour vivre correctement, d'après une enquête réalisée par l'Université Gazi d'Ankara.

Le sondage, mené auprès de 1.915 fonctionnaires dans l'enseignement supérieur -- facultés, hautes écoles, instituts et rectorat -- met l'accent sur l'insuffisance des salaires du corps enseignant, a expliqué le professeur Cagatay Özdemir, de l'Université Gazi d'Ankara, à l'AFP.

Quelque 32% des sondés disent percevoir un salaire mensuel de 500 millions à un milliard de Livres turques (357 à 714 dollars), 41% gagnent de un à deux milliards de livres et 27% gagnent plus de deux milliards (1.428 dollars) par mois.

Une loi interdit que d'éventuelles rémunérations complèmentaires dépassent leur salaire de fonctionnaire, mais cette restriction est enfreinte chaque fois que c'est possible, concède une assistante en sciences politiques, sous couvert d'anonymat.

"Je gagne 400 dollars dans une université d'Istanbul, mais je travaille également dans un cours privé pour 200 dollars, et je donne des leçons à domicile pour 400 dollars de plus", raconte-t-elle.

L'ensemble de la fonction publique reste sous-payée en Turquie, car "l'embauche dans ce secteur demeure depuis les années 50 un instrument de lutte contre le chomâge", selon Ahmet Kuyas, professeur d'histoire à l'Université  Galatasaray.

La situation des professeurs dans l'enseignement supérieur turc est cependant loin d'être la pire dans un pays ou le PNB par habitant n'est que de 3.100 dollars, ce qui équivaut à un revenu mensuel d'à peine 208 dollars.

La part du budget national attribuée à l'éducation (2,2%) est en outre deux fois moindre en Turquie que dans les pays européens (environ 4,5 % en Allemagne, Espagne, Grande-Bretagne et Italie, 5,8% en Fance). (AFP, 19 juin 2003)
 

L'inventaire botanique de la Turquie révèle une grande richesse, en danger

La récente publication par le Fonds mondial pour la nature (WWF) d'une taxinomie extensive de l'écologie de la Turquie révèle une extraordinaire biodiversité, dont l'habitat est toutefois menacé, selon les défenseurs de l'environnement.

"Le nombre total d'espèces végétales en Europe est de 12.OOO, et la Turquie en possède 10.765 espèces, sous-espèces et variétés. Elle est donc de loin la plus riche zone (...) de la zone tempérée", selon Sema Atay, co-rédactrice de cette recherche.

Et "plus d'un tiers de ces plantes est unique à la Turquie", ajoute-t-elle, précisant que l'inventaire n'est pas terminé puisque "une nouvelle espèce est découverte tous les cinq jours et demi en Turquie".

Le WWF-Turquie, affilié à l'organisation internationale de défense de la nature, a établi une liste de 122 "zones végétales importantes" (Important plant area, IPA), couvrant près d'un huitième du territoire du pays avec une surface de près de 110.000 kilomètres carrés.

Le concept de "zone végétale importante" est né en 1995, lors de la conférence européenne "Planta" regroupant des organisations et agences de tout le continent européen pour protéger les espèces menacées et leur habitat.

Selon l'organisation, 94% de ces zones végétales importantes sont sous le coup d'au moins une menace, et 75% d'entre elles connaissent plusieurs dangers.

Classées selon leur état "critique", "urgent" ou "modéré, ces zones sont pour la plupart situées sur les bandes côtières, mais aussi dans les grands centres urbains.

Le site de Tahtalidag, près d'Anatalya (centre du tourisme, au sud du pays), dénombre ainsi 98 espèces menacées, dont 97 ne se trouvent qu'en Turquie.

La métropole stanbuliote, où le WWF dénombre pas moins de six zone végétales importantes, est également particulièrement en danger en raison de la densité de sa population.

La Turquie est connue depuis des siècles pour ses plantes à bulbes, depuis la tulipe mise à l'honneur par le sultan Soliman le magnifique (1520-1566) et introduite en Europe pour être cultivée en Hollande par un botaniste français qui y crée la bulbiculture.

Ces espèces sont pour la plupart protégées et leur exportation est sévèrement contrôlée, parfois interdite comme pour les orchidées.

"Nous avons prouvé avec le programme de culture du perce-neige géant dans le Taurus qu'il est possible de protéger les espèces tout en faisant la prospérité des habitants", raconte Sema Atay.

Mais les espèces les plus exposées sont les plantes dites médicinales, dont la Turquie est le troisième exportateur au monde après la Chine et l'Inde, en tirant des revenus qui dépassent les 50 millions de dollars.

C'est pourquoi le WWF appelle à la mise en place de programme de culture, plutôt que le ramassage sauvage, et attire l'attention sur le respect des conventions internationales par la Turquie. (AFP, 18 juin 2003)
 

Les orchidées turques, menacées par la crème glacée et le lait aromatisé

Plusieurs dizaines d'espèces d'orchidées sauvages sont menacées de disparition en raison de leur utilisation dans les crèmes glacées et le lait chaud aromatisé, très populaires en Turquie.

"Trente-six espèces appartenant à 10 genres d'orchidées sont ramassées en Turquie pour un commerce qui échappe à tout contrôle, et qui les menace d'extinction", selon Neriman Ozhatay, chef du département de botanique à la faculté de pharmacie de l'Université d'Istanbul.

Ces orchidées, "salep" en turc, parfument une célèbre glace épaisse et une boisson hivernale portant le même nom, dont le succès ancien tient en partie à leurs prétendues vertus aphrodisiaques.

"On ne peut pas en vouloir aux populations de la région qui sont si pauvres, ils ramassent tout ce qu'ils trouvent sous la main pour subvenir à leurs besoins", explique Mme Ozhatay.

Selon elle, la raréfaction des plantes a fait monter les prix et les villageois en recueillent d'autant plus que la plante est facilement repérable, haute sur pied et très colorée.

"Au cours de la décennie passée, nous avons enregistré la disparition de pas moins de 42 espèces," selon elle.

Les orchidées destinées à l'alimentation se vendent au prix de gros entre 30 et 40 millions de Livres turques (20 à 25 Euros) le kilo, et les villageois de Dumlugoze, sans trop l'avouer, concèdent qu'ils peuvent amasser plus d'une dizaine de kilos dans la saison.

Voilà pourquoi "il est urgent d'abord de passer en revue précisément la situation actuelle des orchidées turques, et ensuite de pousser les industriels à mettre en place un système de culture", pour éviter le ramassage sauvage, selon Mme Ozhatay.

Seda Vefa, directeur de la société du même nom, a reconnu que son entreprise utilise des orchidées dans la confection de lait arômatisé en poudre, mais en raison du coût, la firme a aussi recours à des adjuvants, a-t-il ajouté sans fournir de précisions sur les proportions.

Un litre de lait aromatisé ou de glace utilise en moyenne trois tubercules d'orchidée.

Selon des chiffres "tout à fait partiels", ce sont quelque 20 millions de tubercules qui sont arrachés chaque année pour les besoins de l'industrie, selon Mme Ozhatay.

"L'exportation est interdite depuis 1991 - même si elle a continué jusqu'en 1997 car échappant à la régulation sur la sortie des plantes vivantes - mais le marché intérieur échappe à tout contrôle", même si ce genre d'orchidée fait partie des 10 plantes les plus menacées de Turquie, regrette-t-elle.

Pour un pays qui veut adhérer à l'Union Européenne, "la Turquie se doit de mettre la protection de son environnement au premier plan, et doit décider de l'arrêt du ramassage sauvage".

D'ailleurs, les industriels "verront combien la culture est plus facile et plus rentable, c'est à leur avantage", pense-t-elle, craignant que la pression des grandes marques ne parvienne à obtenir des licences d'exportation par des biais divers.

Selon un rapport publié en mars 2003 par le Fonds mondial pour la vie sauvage (WWWF), la Turquie recense 10.765 espèces végétales (dont plus du tiers d'espèces endémiques), soit sept fois plus que le reste du continent européen. (AFP, 18 juin 2003)
 

L'Unicef presse la Turquie de promouvoir l'éducation des filles

Le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef) a exhorté dimanche la Turquie à amplifier les efforts pour favoriser l'éducation des filles, dans le cadre d'une campagne régionale destinée à promouvoir les droits des enfants.

"Une fille sur huit en Turquie ne va pas à l'école. C'est très triste. (...) En tant que pays qui se prépare à adhérer à l'Union européenne, un des domaines sur lequel la Turquie devrait se concentrer est la suppression les inégalités entre les garçons et les filles", a déclaré Carol Bellamy, directrice exécutive de l'Unicef, citée par l'agence Anatolie.

Mme Bellamy est arrivée dimanche à Istanbul pour le lancement d'une campagne internationale destinée à promouvoir les droits des enfants dans six pays d'Europe de l'Est dans lesquels la pauvreté, la discrimination et le manque de soins ont entravé la mise en oeuvre totale de la convention des Nations unies sur les droits des enfants de 1989.

Le projet, soutenu par l'Union européenne et des organisations non gouvernementales (ONG), est prévu de durer deux ans et s'appliquera à l'Albanie, la Georgie, le Kazakhstan, la Macédoine, l'Ukraine et la Turquie.

La campagne, intitulée "N'oubliez pas l'enfant", sera lancée à Istanbul lundi avec la participation d'organisations de vingt sept pays, a indiqué le porte-parole de l'Unicef, Mme Sema Hosta.

L'opération se concentrera dans dix provinces turques, dans l'est et le sud-est du pays, essentiellement kurdes et sous-développées.

La scolarité dans le primaire, qui s'étale sur huit ans, est obligatoire et gratuite en Turquie mais de nombreuses familles refusent d'envoyer leurs filles à l'école pour des raisons économiques et les traditions patriarcales.

Sur les 7,5 millions de personnes illettrées dans le pays, six millions sont des femmes. (AFP, 15 juin 2003)
 

Oléoduc saboté: pas d'incidence pour le moment sur les exportations

Le sabotage d'un oléoduc irako-turc n'aura pas d'incidence immédiate sur les exportations de pétrole irakien par le terminal turc de Ceyhan (sud), le pompage étant de toute façon interrompu depuis avril et les stocks déjà au port demeurant importants, a-t-on indiqué vendredi auprès de la compagnie pétrolière turque Botas.

Les exportations, qui reprendront prochainement, se feront sur les stocks de près de 8 millions de barils déjà entreposés au terminal de Ceyhan.

Aucun pétrolier n'est encore arrivé au terminal turc depuis la guerre en Irak, mais un premier navire est attendu le 17 juin, a-t-on précisé de même source.

"Les 12 cuves pouvant contenir jusqu'à 135.000 tonnes de pétrole chacune sont pleines", a précisé cette source à l'AFP, sans être en mesure de dire quand l'oléoduc Kirkouk-Yumurtalik reliant les champs pétrolifères du nord de l'Irak à l'Irak serait de nouveau opérationnel.

Tupras, la compagnie turque des raffineries de pétrole, figure parmi les six firmes -- Total (France), Cepsa et Repsol (Espagne), Eni (Italie) et ChevronTexaco (Etats-Unis)-- qui ont remporté les premiers contrats de l'après-guerre en Irak pour la vente du pétrole stocké à Ceyhan et celui stocké à Mina al-Bakr (dans le Golfe).

Mais un incident est venu entacher ce retour de l'Irak sur le marché après plus de trois mois d'absence, un oléoduc ayant été saboté jeudi soir, selon des témoins, à 15 km de l'importante raffinerie de Baiji (225 km au nord de Bagdad).

Pour le ministre turc des Affaires étrangères Abdullah Gul, il s'agit bien d'un "sabotage".

"Une enquête est en cours et nous devrions avoir un rapport complet ce soir sur les dimensions de l'affaire", a-t-il déclaré à la presse.

Une reprise normale des exportations irakiennes de pétrole pourrait prendre entre un et trois mois, estimait pour sa part l'Agence internationale de l'énergie (AIE) dans un rapport publié vendredi. (AFP, 13 juin 2003)
 

CISL: Rapport annuel des violations des droits syndicaux en Turquie (2003)

Malgré les récents changements constitutionnels et législatifs introduits afin de qualifier le pays pour son accession à lčUnion européenne, la législation reste globalement inadéquate pour assurer la pleine protection des droits syndicaux des travailleurs, tant dans le secteur privé que dans le secteur public. Les grèves sont interdites dans de nombreux secteurs qui ne sont pas considérés comme essentiels aux termes des normes de lčOIT et, lorsqučelles sont autorisées, elles font lčobjet de nombreuses restrictions. Il y a eu tout au long de lčannée de nombreux rapports de pratiques antisyndicales et de nombreux syndicalistes ont été arrêtés et incarcérés par les autorités.

LA LÉGISLATION

Nombreuses restrictions aux droits syndicaux

Bien que la législation reconnaisse la liberté syndicale, elle impose de nombreuses restrictions. Ainsi, les candidats à des fonctions syndicales doivent avoir travaillé pendant au moins dix ans dans le secteur représenté par le syndicat. Les syndicats doivent aussi obtenir une autorisation officielle pour organiser des réunions ou des manifestations, tout en laissant la police y assister et enregistrer leurs débats. Les syndicats peuvent être contraints de suspendre leurs activités ou dčentrer en liquidation sur ordre du tribunal du travail au cas où ils seraient jugés coupables de violation sérieuse dčune loi qui les concerne.

La loi sur les syndicats et employés du secteur public, adoptée par le parlement en juin 2001, limite le droit à la négociation collective et le droit de grève de tous les syndicats des employés de la fonction publique (plus de deux millions dčemployés). Cette loi impose également des restrictions au droit dčorganisation à plus de 400.000 employés de la fonction publique.

Le personnel de sécurité dans le secteur privé est exclu du droit de former des syndicats. Les personnes de nationalité étrangère peuvent sčaffilier à un syndicat mais il faut être de nationalité turque pour pouvoir faire partie de lčexécutif dčun syndicat. En outre, les travailleurs doivent avoir au moins dix ans dčexpérience professionnelle. Les travailleurs sont protégés par la loi contre des actes de discrimination antisyndicale. Toutefois, le montant des amendes qui peuvent être imposées aux employeurs qui ne respectent pas les droits syndicaux, nčest pas dissuasif. Les dirigeants syndicaux ne sont pas correctement protégés contre les transferts ou les licenciements et la loi ne prévoit aucune obligation de réintégrer les syndicalistes licenciés, hormis les délégués syndicaux.

Limitations au droit de grève

Les grèves de solidarité, les grèves générales et les grèves perlées sont interdites. Plusieurs sanctions sont prévues en cas de participation à des grèves illégales, et notamment une peine dčemprisonnement.

Les grèves sont interdites dans de nombreux secteurs qui nčentrent pas dans la catégorie des services essentiels définis par lčOIT. Le droit de grève est interdit dans les pompes funèbres, lčadministration des cimetières, les industries du gaz, du pétrole, de lčeau et de lčélectricité, les services des pompiers, le transport maritime, les chemins de fer et le transport public urbain, le secteur des banques et de la finance, les services de santé et les services publics. La loi impose lčarbitrage obligatoire dans ces services.

Dans les cas où les grèves sont autorisées, il faut respecter un délai excessif (près de trois mois) à partir du début des négociations, avant de pouvoir mener cette action de grève. Il faut tout dčabord qučil y ait eu une négociation collective. Si une décision a été prise pour mener effectivement une action de grève, lčemployeur doit recevoir au moins un préavis dčune semaine. En outre, la législation permet au gouvernement de suspendre une grève pendant un délai maximum de 60 jours pour des raisons de sécurité nationale, de santé ou de sécurité publique. Les syndicats peuvent présenter une requête devant le conseil dčEtat pour obtenir la levée de la suspension mais sčils sont déboutés, lčarbitrage peut être imposé à la fin de la période.

Il existe dčautres limitations au droit de grève: il est interdit dčempêcher lčentrée de matières premières dans une usine ou la sortie de produits finis tout comme dčempêcher le travail de ceux qui ne sont pas membres du syndicat. Seuls quatre ou cinq grévistes peuvent rester en face dčune usine pour surveiller la grève; il leur est interdit de planter une tente ou un abri pouvant protéger leur nourriture, et de pendre des bannières où serait écrit autre chose que «il y a une grève sur ce lieu de travail».

Dans les zones franches dčexportation, la clause relative à lčinterdiction pendant 10 ans de mener une action de grève, de lock-out et de médiation a été abrogée dans le cadre des réformes législatives dčaoût 2002.

La loi sur la sécurité dčemploi a été adoptée en août. Aux termes de cette loi, les employeurs ne peuvent licencier sans raison valable des travailleurs qui sont employés sur des lieux de travail comptant plus de dix travailleurs et qui ont des contrats à durée indéterminée et travaillent depuis six mois dans lčentreprise. La loi spécifie que les cas suivants ne peuvent être considérés comme des motifs valables pour licencier un employé:

- être affilié à un syndicat ou participer à des activités syndicales, soit en dehors des heures de travail ou, avec lčaccord de lčemployeur, durant le temps de travail;

- être un représentant des travailleurs ou briguer un poste en tant que représentant des travailleurs;

- inciter ou participer à des procédures judiciaires contre un employeur pour infraction aux droits;

- motifs fondés sur la race, la religion, le sexe, lčétat civil, les obligations familiales, la grossesse, lčopinion politique, lčorigine ethnique ou sociale;

- une absence temporaire du travail en raison dčun handicap ou dčune maladie.

Selon le syndicat Birlesik Metal-Is, la lacune la plus importante de cette loi est qučelle ne couvre pas les lieux de travail où il nčy a que dix employés ou moins, ce qui donne aux employeurs la possibilité dčéchapper aux dispositions légales en employant moins de dix travailleurs dans lčentreprise ? souvent en transférant la production à des sous-traitants ou en employant des travailleurs sous contrats à durée déterminée.

Le pourcentage de lieux de travail en Turquie comptant moins de dix employés, équivalait en 2000 à 25 pour cent de lčemploi total. Lčemploi dans le secteur non structuré représente 30 à 40 pour cent de lčemploi total et les infractions majeures aux droits des travailleurs se produisent précisément dans ce secteur et dans les petites entreprises du secteur structuré. En outre, les gens de mer sont exclus de la portée de la loi.

La loi sur le travail de 1936 a été amendée en août, pour ajuster les dispositions en matière de sécurité dčemploi aux conventions de lčOIT. La loi amendée inscrit également les entreprises agricoles comptant moins de 50 travailleurs dans le cadre de la législation nationale du travail qui devait entrer en vigueur au 15 mars 2003.

Restrictions à la négociation collective

Le droit à la négociation collective est fortement restreint en Turquie. Pour être reconnu comme agent de négociation, un syndicat doit représenter plus de la moitié des salariés dčune entreprise et 10 pour cent de lčensemble des salariés du secteur. Un seul syndicat par entreprise est autorisé à négocier collectivement. La procédure est à ce point longue et bureaucratique que, dans bien des cas, il est très difficile dčuser librement de ce droit.

LES DROITS DANS LA PRATIQUE

Piètre situation en matière de droits humains

La Turquie présente une très piètre image générale en matière de droits humains. Elle aimerait entrer dans lčUnion européenne, mais son gouvernement demeure responsable de nombreuses violations des droits humains, dont les droits syndicaux. Dans le cadre dčune tentative pour se rapprocher des normes de lčUnion européenne, des changements constitutionnels ont été adoptés en octobre, le principal changement étant lčabolition de la peine de mort pour les délits criminels communs. Le rapport annuel de 2002 de la Commission européenne sur les progrès faits par la Turquie vers son accession à lčUnion européenne note néanmoins que les citoyens turcs font encore fréquemment lčobjet dčactes de torture et de mauvais traitements lorsqučils sont en garde à vue. Malgré quelques modifications dans le domaine de la liberté syndicale, lčexercice de ce droit reste très limité. Le nombre minimum de fédérations nécessaires pour former une confédération est passé de trois à cinq. Les associations ne peuvent toujours pas utiliser dčautres langues que le turc pour leurs activités officielles. En outre, les autorités conservent dčimportants pouvoirs discrétionnaires pour lčautorisation de réunions et manifestations.

Les restrictions sont particulièrement dures dans les quatre provinces du sud-est du pays où lčétat dčurgence persiste et autorise les autorités à détenir des suspects pendant de longues périodes sans chef dčinculpation. De nombreux syndicalistes sont détenus aux termes dčune application draconienne de lčarticle 312 du code pénal qui prévoit une peine dčemprisonnement pour «incitation à la haine».

Entraves à la négociation

En ce qui concerne les droits de négociation collective, les syndicats indiquent que le gouvernement manipule les chiffres des effectifs afin de leur nier ce droit. Si un syndicat souhaite intenter une action en justice contre un employeur en ce qui concerne ses droits à la négociation, lčaffaire peut prendre un à deux ans.

FAITS MARQUANTS DE 2002

Contexte

Le chômage est passé de 6,6 pour cent en 2000 à 8,5 pour cent en 2001. Un plan dčallocations de chômage a été mis sur pied et les premières allocations de chômage ont été payées en avril 2002.

En août, Yasar Okuyan a démissionné de son poste de ministre du Travail et de la Sécurité sociale, peu après lčadoption de la loi sur la sécurité dčemploi.

En novembre, le Parti de la justice et du développement (AKP) a remporté les élections parlementaires (remportant 363 des 550 sièges), et Abdullah Gul, un économiste et ancien disciple de Necmetin Erbakan ? le fondateur du mouvement politique islamiste ? a pris ses fonctions de Premier ministre.

Des dirigeants syndicaux devant les tribunaux

Le 14 février, 16 principaux responsables de Tüm Yargi Sen (TYS), un syndicat qui représente le personnel du ministère de la Justice, dont les gardiens de prison, et membre de la Confédération des syndicats des employés de la fonction publique, affiliée à la CISL (KESK), ont comparu devant la cour dčappel à Ankara. En 2001, ils avaient été condamnés par la cour de sécurité de lčEtat à trois ans et neuf mois de prison, après la publication par le syndicat dčun rapport critique sur les nouvelles prisons de haute sécurité de «type F». Ils ont été accusés à tort de sčêtre opposés au transfert de détenus dčextrême gauche et dčautres prétendus détenus terroristes dans des prisons de type F.

Lčaffaire instruite contre le président du TYS, Tekin Yildiz, contre dix autres responsables nationaux et contre des dirigeants sectoriels dčAnkara ainsi que dčun ancien membre du comité directeur du TYS, a été lancée par les autorités en octobre 2000, peu après que les prisonniers eurent entamé une grève de la faim pour protester contre des plans visant à les transférer dans les nouvelles prisons de type F. Au moins 30 prisonniers, ainsi que plusieurs membres du personnel de sécurité ont été tués, quand les autorités ont transféré de force les détenus en décembre 2000.

Bien qučils aient interjeté appel de leur condamnation, un grand nombre des dirigeants du TYS ont été bannis de la fonction publique, et on leur a interdit dčoccuper un poste syndical, de voyager à lčétranger ou ils ont été transférés dans des emplois dans dčautres villes.

Le 13 mars, la Cour dčappel dčAnkara a prononcé un verdict dčacquittement. Ces camarades ont tous réintégré leurs postes dans la fonction publique et le syndicat a introduit une demande de compensation devant la Cour pour qučon leur verse leur salaire pour la période durant laquelle ils nčavaient pas pu occuper leur poste. Cette affaire est en cours.

En septembre 2002, le nombre de grévistes de la faim morts des suites de leur action était de 57 depuis le début de la grève de la faim, en octobre 2000.

Incursions policières au siège dčun syndicat et arrestation de syndicalistes

Une grève au chantier naval de Yonca à Tuzla/Istanbul a mal tourné en mai lorsque lčentreprise de construction navale et lčEtat turc ont semble-t-il joint leurs forces pour essayer de briser la grève en intimidant les travailleurs et leur syndicat, Limter-Is. Le 16 mai, la force centrale de sécurité de lčEtat turc et la gendarmerie ont investi le siège de Limter-Is, arrêté son président, Kazim Bakis et perquisitionné à son domicile. Plus tard, le même jour, le vice-président du syndicat, Hakki Demiral, le secrétaire général Haci Yapici et cinq des grévistes ont été arrêtés à leur domicile.

Arrestations dčautres syndicalistes

Pour condamner cette répression de lčaction de grève, la Confédération syndicale DISK et plusieurs de ses affiliés ont organisé une manifestation le 18 mai, ce qui a entraîné le jour suivant lčarrestation dčun autre responsable syndical de Limter-Is et de quatre autres grévistes. Toutes ces personnes ont été ensuite libérées. Limter-Is a décidé dčentreprendre une action de grève fin avril, à la suite du refus de Yonca depuis deux ans et demi de reconnaître les droits dčorganisation et de négociation du syndicat au chantier naval, alors même que les tribunaux avaient statué en faveur du syndicat. Au cours dčun autre incident dramatique au chantier naval, deux travailleurs ont perdu la vie parce qučun employeur nča pas veillé à ce que toutes les mesures de sécurité nécessaires soient prises.

Pratiques antisyndicales

Quatre cents travailleurs de Ditas, une entreprise qui produit des pièces détachées pour des automobiles, située à Nigde, en Anatolie centrale, ont entamé une grève de plusieurs mois en juillet. Les travailleurs, tous membres du syndicat Birlesik Metal-Is, affilié à la FIOM, ont mené une action syndicale pour protester contre le refus de lčemployeur de respecter les droits syndicaux sur le lieu de travail et de négocier avec le syndicat. Après le début de la grève, lčentreprise a essayé de détruire le syndicat dans lčusine en offrant des augmentations salariales aux grévistes à la condition qučils quittent le syndicat. Le syndicat a également été le premier en Turquie à organiser les travailleurs chez un sous-traitant.

Un employeur engage des poursuites judiciaires pour détruire le syndicat

En juillet, lčOrganisation des employeurs turcs de lčindustrie verrière (Sisecam Group) a recouru à un tribunal du travail dans le but de détruire le syndicat Kristal-Is en invoquant la règle du seuil de 10 pour cent. Toutes les activités syndicales dans lčindustrie verrière turque ont ainsi été stoppées. La situation sčest encore aggravée en janvier 2003, lorsque la convention collective a expiré laissant les travailleurs sans convention collective tout au long de la procédure judiciaire.

Syndicalistes harcelés

Tout au long de lčannée, des membres de Egitim-Sen, une affiliée de lčInternationale de lčEducation (IE), ont été constamment harcelés, ont fait lčobjet dčenquêtes et ont été poursuivis pour avoir utilisé légitimement leur liberté de parole et leur liberté dčassociation. Les membres dčEgitim-Sen et des responsables exécutifs du syndicat ont été arbitrairement soumis à des transferts, ont été déplacés de leur poste ou expulsés. A Tunceli, quatre membres dčEgitim-Sen ont été maintenus en garde à vue et des policiers en civil leur ont demandé de ne pas recruter de nouveaux membres. Plusieurs membres syndicaux ont été mutés en raison de leurs activités syndicales : lčun a été transféré parce qučil parlait kurde à lčécole alors que dčautres lčont été pour avoir participé à des célébrations de Newroz (lčan nouveau kurde). Certains membres ont été traduits en justice pour avoir défendu le droit de recevoir un enseignement dans leur langue maternelle.

Des dirigeants syndicaux condamnés à des peines dčemprisonnement

En décembre, 35 manifestants, dont des dirigeants syndicaux, ont été condamnés à une peine dčemprisonnement de 15 mois pour avoir participé à un rassemblement non autorisé et avoir enfreint lčordre de dispersion. Ils avaient manifesté en juin 2001, lorsque le projet de code du travail était en discussion au parlement. (CISL, 12 juin 2003)
 

Secousse de 5,1 au sud de la mer de Marmara, ressentie à Istanbul

Une secousse d'une intensité 5,1 sur l'échelle de Richter, ressentie jusqu'à la métropole stanbuliote, a frappé lundi soir le sud de la mer de Marmara (ouest de la Turquie), sans faire apparemment de blessé ou de dégât, rapporte l'agence Anatolie.

La secousse était centrée sur la ville de Bandirma, au sud-est d'Istanbul (entre 10 et 15 millions d'habitants), mais ne semble pas avoir fait de victime ni de dégât, selon les autorités locales citées par Anatolie.

"D'après les informations recueillies dans les cantons avoisinants, il n'y a aucune perte humaine ni matérielle", a indiqué à Anatolie le commandant de gendarmerie Ali Aydin, responsable de la région de Balikesir (sud de Marmara), à Anatolie.

Une secousse d'intensité 5,4 sur l'échelle de Richter avait frappé le nord-ouest de la Grèce, près de la ville de Pieira, à la mi-journée, ce lundi en fin de matinée (heure locale), sans faire de victime selon un premier bilan.

Le 1er mai, 176 personnes avaient été tuées lors d'un tremblement de terre d'intensité 6,4 dans la région de Bingol (est de la Turquie), faisant plus de 500 blessés. (AFP, 9 juin 2003)
 

L'industrie du vin en Turquie croule sous de lourdes taxes

L'industrie du vin en Turquie, malgré l'engouement de nouveaux consommateurs, souffre d'une lourde imposition qui limite son essort et nuie aux efforts visant à améliorer une production de qualité souvent fort moyenne.

Toutes les boissons alcoolisées en Turquie, pays musulman, que ce soit le raki, l'eau-de-vie traditionnelle des Turcs parfumée à l'anis, la bière ou le vin sont classées sous la même appellation "boisson alcoolisée", expliquent les spécialistes.

L'Etat impose une taxe spéciale sur la production de vin (OTV) de 63% à laquelle s'ajoute 18% de TVA, souligne Hasan Turasan, le propriétaire d'une firme spécialisée dans la production de vin.

Les producteurs se plaignent également du manque de soutien de l'Etat, qui produit du vin de table au travers d'une société d'Etat, TEKEL.

L'entreprise de M. Turasan, fondée en 1943, tente depuis 1987 de se spécialiser dans des bon crus de cépages locaux à rendement moyen comme Öküzgözü ou Bogazkere (rouges).

La taxe imposée sur les vins à méthode champenoise est encore plus lourde et est de 275%, forçant certains producteurs à renoncer à la production de cette boisson, souligne M. Turasan.

Par son encépagement de plus de 700.000 hectares, la Turquie est au 5e rang mondial. Mais elle produit surtout du raisin de table et des raisins secs (95%).

La consommation de vin est un peu moins d'un litre par habitant en Turquie.

L'absence d'oenologues certifiés et le manque quasi-total de normes et d'appellation contrôlée indignent également les producteurs.

"L'Etat turc et les gouvernements n'ont pas de politique de vin", regrette M. Turasan qui tente d'expliquer cette situation par des "facteurs religieux", la religion musulmane interdisant la consommation d'alcool.

Il explique que dans plusieurs régions de Turquie, qui compte sept zones de production, les vignes sont laissés en friche par les agriculteurs qui préfèrent planter des pommes de terres "plus rentables".

"Si l'Etat décidait de donner un petit coup de pouce à l'industrie du vin, nous pourrions produire des vins de qualité et les exporter à l'étranger mais autrement nous serons réduits à produire des vins de table", affirme Cetin Temur, propriétaire des vins Kapadokya, une firme familiale qui produit des vins en Cappadoce, haut lieu touristique d'Anatolie centrale. (AFP, 6 juin 2003)
 

Première arrestation après le séisme qui avait fait 176 morts en Turquie

Un ingénieur chargé du contrôle de bâtiments effondrés lors du tremblement de terre de Bingol (sud-est), qui avait fait 176 morts le 1er mai, a été mis sous les verrous et sept autres sont recherchés, rapporte la presse dimanche.

L'ingénieur était responsable de l'inspection d'une maison où un sous-officier avait perdu la vie lors du séisme d'intensité 6,4 sur l'échelle ouverte de Richter, écrit Hurriyet.

Selon un rapport d'experts présenté au procureur de Bingol après l'ouverture de son enquête le 5 mai, l'effondrement des 11 constructions et du pensionnat où avaient péri 84 enfants et leur enseignant sont dû à un manque de matériaux et a des erreurs de conception, dit le journal.

Le séisme avait relancé une polémique sur le non-respect des normes de construction et la corruption qui touche notamment ce secteur, les bâtiments publics étant souvent les premiers à s'effondrer lors de séismes.

Un séisme d'intensité 7,2 selon Richter ayant fait quelque 20.000 morts le 17 août 1999 avait déjà désigné comme principaux responsables des bilans élevés en vies humaines les entrepreneurs turcs dont l'un d'entre eux, constructeur d'habitations où avaient péri près de 190 personnes, est toujours en jugement, mais libre. (AFP, 1 juin 2003)
 

Un quartier d'Istanbul mobilisé contre un troisième pont sur le Bosphore

Les habitants d'un quartier d'Istanbul riverain du détroit du Bosphore ont organisé une kermesse socio-culturelle pour tenter d'empêcher la construction d'un troisième pont entre les deux rives de la ville, à cheval sur les continents européen et asiatique.

"L'initiative de quartier d'Arnavutköy", du nom de ce lieu-dit pittoresque, a organisé des concerts en plein air et martelé son opposition à un troisième lien routier au-dessus de Bosphore, ont expliqué ses organisateurs à l'AFP.

Les manifestants, au nombre de plusieurs centaines, ont réclamé le rétablissement du bateau de passagers omnibus abandonné, et estimé que "la seule solution est un tunnel sous-marin", selon les reportages télévisés.

Selon les défenseurs du quartier d'Arnavutköy, ce projet de pont suspendu met en péril un héritage culturel de 1.500 ans et ne règlerait pas les problèmes de circulation chroniques dont la ville d'Istanbul (entre 10 et 15 millions d'habitants) souffre.

"La mise en service d'un nouveau pont ne fait qu'augmenter le trafic", estime le professeur Adnan Keskin, ancien spécialiste des transports à la mairie d'Istanbul, cité par le journal Radikal.

Un projet de lien sous-marin rail-route doit voir le jour incessamment, au sud du Bosphore, mais, fruit de divergences entre la mairie d'Istanbul et le ministère des Transports, l'idée d'un pont entre Arnavutköy et Vaniköy demeure d'actualité.

"Sous le pont, nous ne pourrons pas dormir", clament les habitants de ce quartier apprécié pour son calme, sa verdure et ses maisons en bois de style et d'époque. (AFP, 1 juin 2003)
 

Relations avec l'Ouest/Relations with the West
 

La Turquie accueillera le prochain sommet de l'Otan en mai 2004

La Turquie sera l'hôte du prochain sommet de l'Otan en mai 2004 où sept pays d'Europe de l'Est deviendront formellement membres de l'Alliance atlantique, a annoncé mercredi le ministre turc des Affaires étrangères Abdullah Gul.

"Nous accueillerons les chefs d'Etat et de gouvernement des 19 pays membres de l'Otan. Ce sera le premier sommet de l'Otan en Turquie depuis 1957", a déclaré M. Gul devant des journalistes à Ankara, en soulignant que la date exacte et le lieu restaient encore à fixer.

A Bruxelles, les services de l'Otan ont cependant confirmé que la réunion se déroulerait à Istanbul.

Lors du sommet, sept pays ex-communistes d'Europe orientale et centrale (la Lettonie, la Lituanie, l'Estonie, la Bulgarie, la Roumanie, la Slovénie et la Slovaquie) adhéreront officiellement à l'Otan, qui regroupe actuellement 19 pays.

Ils avaient été invités à rejoindre l'Alliance lors du dernier sommet de l'organisation, à Prague en novembre dernier.

Selon M. Gul, les dirigeants de 46 pays, y compris de la Russie, de l'Ukraine et de pays d'Asie centrale seront présents au Conseil du Partenariat euro-atlantique (CPEA), qui se tient traditionnellement en marge du sommet de l'Alliance atlantique.

Le Conseil du Partenariat euro-atlantique rassemble les ambassadeurs des 19 pays de l'Otan et des 27 pays d'Europe et d'Asie centrale signataires du Partenariat pour la Paix, un des programmes de coopération de l'Otan.

La Turquie est devenue membre de l'Otan en 1952 en même temps que la Grèce. (AFP, 25 juin 2003)
 

L'ancien président du Parlement européen Piet Dankert mort

Le Président du groupe PSE au Parlement européen, Enrique Baron, et le chef de la Délégation Socialiste des Pays Bas, Max Van Den Berg, ont rendu hommage à l'ancien Président du Parlement européen, Piet DANKERT, mort le 21 juin à l'âge de 69 ans.

Ils ont dit:  "Piet DANKERT était un véritable Européen.  Social démocrate convaincu, il a joué un rôle central dans la construction de l'Europe.  Tant comme député que comme Président, il s'est battu avec beaucoup d'énergie dans le but d'accroître les pouvoirs du Parlement.  Sa mort nous prive d'un ami et d'un grand Européen.

Dans un télégramme à sa famille, Monsieur Baron et Monsieur Van Den Berg ont déclaré:  "Veuillez accepter nos sincères condoléances de la part du groupe PSE et en notre nom.  Durant de longues années, nous avons eu d'excellentes relations de travail avec Piet et nous avons apprécié ses qualités humaines extraordinaires.  Les socialistes et la Famille social-démocrate ont perdu un homme politique de premier ordre qui a eu une influence profonde sur la construction de l'Europe."

Il était membre du Parlement Européen (1977-1999) avec un intervalle de cinq ans. Il a présidé le Parlement Européen de 1982 jusqu'en 1984. Il a été le secrétaire d'État néerlandais pour les affaires étrangères chargées de la coopération européenne (1989-1994).

Après être élu au Parlement néerlandais en 1968, il a également fait partie des assemblées parlementaires du Conseil de l'Europe, de l'UEO et de l'OTAN.

Il a été un ardent défenseur des droits de l'Homme dans le monde et plus particulièrement en Turquie.
 

La fête de la musique turco-européenne à Istanbul

La fête de la musique a conquis la Turquie samedi soir, avec une parade musicale et une série de concerts par des fanfares européennes dans le centre d'Istanbul, 21 ans après son invention en France par le ministre de la Culture, Jack Lang.

Huit fanfares hétéroclites, hollandaise, italienne, grecque, allemande, française, britannique, autrichienne et turque, ont surpris et emballé une foule nombreuse, pour cette première dans le centre culturel de la mégalopole.

"C'est génial, il faut absolument perpétuer cela!" s'exclame Ismail, 45 ans, dont la compagne regrette de ne pouvoir suivre le défilé jusqu'à la fin.

Après leur parade respective traversant Istanbul dans la chaleur de l'après-midi, les différents groupes se sont réunis pour un concert commun en plein air.

Créée il y a trois mois pour "renforcer les liens entre pays européens et Turquie", l'Association européenne de la culture (Avrupa Kultur Dernegi), qui a coordonné l'événement, prévoit déjà d'autres manifestations, dit Isil Yenersoy.

"La fête de la musique est devenue internationale et s'accorde harmonieusement avec l'âme d'Istanbul", explique Alain Bourdon, directeur du centre culturel français d'Istanbul, à l'origine du projet, lequel "a été très bien reçu par la municipalité d'Istanbul qui a prêté sa fanfare".

"Tout se passe très bien, les gens participent, ça fait plaisir!" confie l'"Ancien", du groupe La Pena Varenquas de Montpellier (sud de la France).

"Pour la première fois, les liens entre Turquie et Europe ne se résument pas à la politique, l'économie ou les critères d'adhésion à l'Union Européenne", se félicitait samedi la presse locale annonçant l'événement. (AFP, 21 juin 2003)
 

La Commission européenne se félicite des mesures adoptées par la Turquie

La Commission européenne s'est félicitée vendredi de l'adoption la veille par le parlement turc d'une série de réformes démocratiques, qui démontrent selon elle "la détermination de la Turquie à aller de l'avant".

"La Commission européenne se réjouit de l'adoption de ce train de réformes. C'est un signe manifeste de la détermination de la Turquie d'aller de l'avant avec des réformes qui sont nécessaires", a déclaré un porte-parole lors du point de presse quotidien de la Commission.

Le parlement turc a adopté jeudi un nouveau train de réformes démocratiques visant à aligner la Turquie sur les normes de l'UE, réformes que le gouvernement souhaitait faire voter avant le sommet européen à Salonique, en Grèce, qui s'est ouvert jeudi soir.

Selon Bruxelles, "la mise en oeuvre concrète de ces mesures revêt la plus grande importance" et "sera une partie fondamentale de notre évaluation du respect par la Turquie des critères" qui permettront le cas échéant d'ouvrir des négociations d'adhésion à l'UE.

"Nous encourageons vivement les autorités turques à continuer dans cette voie", a ajouté le porte-parole Jean-Christophe Filori.

Les mesures adoptées jeudi -qui doivent encore recevoir l'aval formel du président turc- élargissent notamment la liberté d'expression et les droits culturels de la minorité kurde du pays (environ 10 millions de personnes) par le biais d'amendements à des lois.

Parmi les mesures adoptées jeudi figure aussi l'abolition de l'article 8 de la loi antiterroriste, en vertu duquel nombre d'intellectuels ont été condamnés pour "propagande séparatiste".

Les dirigeants de l'UE doivent décider en décembre 2004 si la Turquie a rempli les conditions nécessaires à l'ouverture de négociations sur son adhésion à l'Union. (AFP, 20 juin 2003)
 

The Joint Parliamentary Committee for demilitarisation in Turkey

Turkey-European Union (EU) Joint Parliamentary Commission Co-President Joost Lagendijk said after the Committee's two-day meeting in Ankara that they wanted to see changes in functions of the Turkish Armed Forces (TSK) and in civil authorities.

Turkey-EU Joint Parliamentary Commission Co-President Lagendijk and Aydin Dumanoglu held a press conference following the meeting.

Speaking at the press conference, Lagendijk said that they had held a very beneficial meeting prior to important decisions to be taken at the end of next year.

Noting that civil and military relations were high on agenda of the meeting, Lagendijk said that they wanted to see implementation of reforms made by Turkey under its EU full membership process.

When asked, "the TSK had some objections to the sixth EU adjustment package. The seventh package will be brought onto agenda in the coming days. The package will envisage making the National Security Council (NSC) civilian. Did you make any recommendations to Turkish parliaments on this issue?" Lagendijk quoted Turkish parliamentarians as saying, "despite reservations of the TSK on the sixth adjustment package, the package was submitted to the parliament in line with the government's views. The TSK put forward is opinion clearly. However, it did not affect preparation of the package."

Noting that the TSK should not put forward such sound opinions in the future, Lagendijk said that the NSC was a consultative institution.

Pointing out that despite difference of opinion between the government and the TSK, the sixth EU adjustment package was submitted to the parliament in way the government wanted, Lagendijk said that it was an important step.

Lagendijk refrained from responding questions about the seventh EU adjustment package saying that he had not seen the text yet.

Lagendjik said if they were to talk on behalf of the parliament, they would like to see some changes. He said they wanted to see changes in functions of the Turkish Army and in their civilian authorities. For example, he said, they wanted the Turkish army to be in the same situation with the army in the Netherlands, and that they wanted the Turkish army to be in the level of armies in European countries within 1.5 years.

Lagendjik said withdrawal of judge in State Security Court (DGM) in the 6th package was such a step, stating that similar steps would be taken in the coming 1.5 years. He said they expected concrete steps from Turkey, and noted that function of the Turkish Army would be like the assignment and function of the armies in other member countries of the EU in the next 1.5 years.

Lagendjik said the change should clearly be put forward, and noted that they wanted to see civilian authorities to be above the armed forces. He said there were changes in the 6th package and that they wondered the 7th package."

When asked whether or not he saw possible for Turkey to get a date to start full membership negotiations by the end of 2004, Lagendijk said, "yes, possible."

Lagendijk said a very small group in the European Parliament said "Turkey will not be able to abide by the criteria" and again a very small group said, "Turkey will absolutely abide by the criteria". He said a big group considered the issue in a criticizing manner, and said in case the Turkish government continues current process, it may abide by criteria.

He said if the Turkish government continued this, it would be able to get a positive response from the EU by the end of next year.

Turkey-EU Joint Parliamentary Commission co-Chairman Aydin Dumanoglu said the 50th meeting took place in brotherhood, friendship, unity and integrity, and that both sides had good will.

Dumanoglu said the meeting was very beneficial for the sides and that it was extremely fruitful for preparation of Turkey's future.

Responding to a question whether or not financial aid of the EU to Turkey was discussed, Dumanoglu said European Commission exhibited good will approach to Turkey's EU membership.

The declaration of the Joint Parliamentary Committee

The declaration released after two-day Turkey-European Union (EU) Joint Parliamentary Committee meetings said, "we welcomed the steps taken by Turkey so far on the way of the political, economic and institutional reform process towards meeting Copenhagen criteria. We encourage the Turkish government to pursue resolutely implementation of these reforms."

Issues such as Turkey-EU relations in the context of the enlargement process, implementation of the pre-accession strategy for Turkey, security and defense policy issues and convention of the future of Europe were included in the declaration of the meeting presided by Turkey-European Union (EU) Joint Parliamentary Committee co-chairmen Joost Lagendijk and Aydin Dumanoglu.

The declaration said, "we reaffirmed the historical importance of the decision to grant Turkey candidate country status taken at the European Council meeting in Helsinki in December of 1999 with the prospect of becoming a full member of the EU."

"We welcomed the steps taken by Turkey so far on the way of the political, economic and institutional reform process towards meeting Copenhagen criteria. We encourage the Turkish government to pursue resolutely implementation of these reforms," it said.

The declaration noted, "the revised Accession Partnership which was adopted on April 14, 2003, sets out the priorities to be accomplished by Turkey particularly towards meeting the Copenhagen political criteria until the European Council in December of 2004. The work of the eight sub-committees of Turkey-EU Association Committee formed in April 2000 has facilitated a comprehensive evaluation of the level of harmonization of the Turkish legislation with the acquis communautaire."

"One of the key objectives of the pre-accession strategy should be to improve knowledge between the EU and the Turkish civil society. We call on the European Commission, the European Parliament, the member states and the Turkish authorities to explore possible ways and means of launching an effective public information campaign in order to help prepare public opinion in Turkey and in the EU," it said.

The declaration said, "we welcomed the signature by Turkey of Protocol 6 of the European Convention on Human Rights concerning the abolition of the death penalty. We look forward to the completion of the ratification process which is in its final stage."

"We support all the efforts of the Turkish authorities to combat terrorism while respecting the standards governing the rule of law in a democratic society. We invite the EU member states to cooperate effectively with Turkey in this regard," it said.

The declaration said, "we insist on the need to promote economic and social development in the most disadvantaged regions including the east and south-east of the country in order to existing disparities and ensure greater social cohesion."

Referring to the Cyprus question, the declaration said, "although a mutually acceptable solution to the Cyprus problem has not yet been reached, we welcomed the recent rapprochement between the Turkish and Greek Cypriot authorities and societies following the opening of the borders between the northern and southern parts of the island."

"We recognize the financial and economic problems that Turkey has faced as the direct result of the situation in Iraq for more than a decade and also in connection with the operation in Iraq. We ask Turkey and the EU to join their respective efforts in the reconstruction process and strengthen cooperation and consultation on Iraq in the widest possible fashion," the declaration added. (Anadolu Agency, june 17, 2003)
 

L'armée turque devrait s'aligner sur les normes européennes (envoyé de l'UE)

Les réformes démocratiques que l'Union européenne souhaite voir mener en Turquie seraient incomplètes si le pays échoue à réduire l'influence de sa puissante armée sur la vie politique, a déclaré samedi l'envoyé spécial de l'UE en Turquie, cité par l'agence Anatolie.

"Si les relations entre la population civile et les militaires en Turquie ne revêtent pas la forme qu'elles ont dans les pays de l'UE, cela met en exergue une faiblesse et un manque en matière de démocratie", a dit l'ambassadeur Hansjorg Kretschmer devant des journalistes à l'occasion d'une visite à Antalya, dans le sud du pays, a rapporté Anatolie.

L'armée turque, garante de la laïcité du pays, pèse de tout son poids sur les décisions politiques par le biais de généraux siégant au Conseil de Sécurité nationale (MGK), l'organe supérieur de gouvernance politique.

"Le statut des militaires, le MGK (...) la latitude dont jouissent les forces armées sur leur budget, la manière dont elles expriment leurs opinions et observations sont des choses dont nous n'avons pas l'habitude dans l'Union européenne", a ajouté M. Kretschmer.

Il a mis l'accent sur le fait que le gouvernement du Parti de la justice et du développement (AKP) dispose d'une forte majorité parlementaire et pourrait facilement voter les réformes suggérées.

L'UE fera le point en décembre 2004 des progrès faits par la Turquie sur la voie de la démocratisation avant de décider d'entamer des discussions pour une adhésion de ce pays musulman, le seul parmi treize nouveaux candidats à une intégration au club européen.

Le gouvernement turc a soumis jeudi au Parlement un nouveau train de réformes dans le but de s'aligner sur les normes européennes de démocratie et de droits de l'homme. Il souhaite les faire voter avant le sommet européen de Salonique, en Grèce, les 20 et 21 juin, pour conforter sa position de candidat à l'Union européenne.

Ces propositions prévoient des amendements à diverses lois en vigueur et visent à élargir la liberté d'expression et les droits culturels de la communauté kurde du pays, estimée à quelque 10 millions de personnes.

Les autorités du pays sont restés muettes face à des demandes pressantes de la presse qui attend que le gouvernement donne le feu vert à des amendements qui alignerait l'armée sur les normes européennes. (AFP, 14 juin 2003)
 

Droits de l'Homme : Gil-Robles (CE) invite la Turquie à faire "un grand effort"

La Turquie doit faire un "grand effort" pour respecter les droits de l'Homme dans la pratique, a déclaré jeudi le Commissaire aux droits de l'Homme du Conseil de l'Europe, Alvaro Gil-Robles, reconnaissant cependant de récentes améliorations dans ce domaine.

Pour lui, il reste encore beaucoup à faire en Turquie pour appliquer les  réformes démocratiques récemment adoptées.
 "Il est important de changer la mentalité de nombreux fonctionnaires qui est encore au stade d'avant les réformes", a-t-il dit lors d'un conférence de presse conjointe avec le président de la commission des droits de l'Homme du parlement turc, Mehmet Elkatmis.

M. Gil-Robles a notamment souligné l'importance de la lutte contre la torture et les mauvais traitements, mettant un accent particulier sur les droits des prévenus.

L'élargissement de la liberté d'expression et de presse ainsi que la "reconnaissance à toutes les religions des mêmes droits" restent des engagements qui doivent être pleinement respectés, a-t-il ajouté.

M. Elkatmis a pour part affirmé que les cas de tortures étaient isolés. "Nous ne disons pas qu'il n'y pas de torture en Turquie mais les cas sont individuels (...) les auteurs ne restent pas impunis", a-t-il dit.

Le commissaire Gil-Robles effectue depuis mardi une visite de trois jours en Turquie avant la publication, dans les mois prochains, d'un rapport sur la situation des droits de l'Homme en Turquie, souvent épinglée pour son bilan négatif dans ce domaine. Il avait rencontré mercredi des représentants d'ONG à Diyarbakir, principale ville du sud-est anatolien à majorité kurde.

La Turquie a adopté depuis l'année dernière une série de réformes afin de favoriser son adhésion à l'Union européenne, mais les autorités se sont vues reprocher - à l'intérieur du pays et à l'étranger- de ne pas faire appliquer les lois qu'elles font adopter. (AFP, 12 juin 2003)
 

Le Parlement européen déplore le rôle démesuré de l'Armée turque

Le Parlement européen a réclamé jeudi à la Turquie "une feuille de route et un calendrier précis pour la mise en oeuvre" des réformes indispensables pour sa candidature à l'Union européenne (UE), et "exigé" l'adoption d'une nouvelle Constitution.

Les eurodéputés ont "déploré" le "rôle démesuré" des militaires qui "freine l'évolution de la Turquie vers un système démocratique pluraliste" et ont demandé qu'une nouvelle Constitution réduise le poids politique de l'armée, dans une résolution adoptée en séance plénière à Strasbourg (France).

Ils ont salué les projets du Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan "visant à élaborer une nouvelle Constitution" plus démocratique et les réformes déjà adoptées depuis l'an passé (abolition de la peine de mort, etc).

La "mise en oeuvre" de ces changements "n'est pas encore perceptible" et "les réformes démocratiques ne seront considérées comme réelles que lorsqu'elles seront perçues par la population", avertit néanmoins la résolution adoptée.

Recensant les progrès pratiques encore attendus d'Ankara, notamment en matière d'abandon de la torture dans les prisons ou de protection des libertés, le PE a aussi "invité" les autorités turques à "respecter et mettre en valeur les patrimoines arménien et syriaque, composante de l'identité nationale" du pays.

Il a souligné son "inquiétude" à l'égard de récentes circulaires du ministère turc de l'Education "intimant aux écoles primaires et secondaires du pays de prendre part à une campagne négationniste à propos de l'oppression des minorités au cours de l'histoire de la Turquie, en particulier à l'égard de la communauté arménienne".

Les eurodéputés ont toutefois rejeté un amendement faisant explicitement référence au "génocide arménien" de 1915.

Le PE a par ailleurs estimé qu'"aucune objection de principe" à une adhésion de la Turquie à l'Union européenne ne pouvait s'appuyer sur le fait qu'il s'agisse d'"un pays dont la majorité de la population est islamique".

Le commissaire européen à l'Elargissement Guenter Verheugen avait lui-même estimé mercredi que l'UE pourrait tirer profit "d'avoir un pays musulman à ses côtés". (AFP, 5 juin 2003)
 

Information fourniée par le service de presse du PE

Le Parlement s'est félicité des progrès notables réalisés par la Turquie pour satisfaire aux critères politiques liés à l'adhésion à l'UE, tout en précisant que, bien que les conditions ne sont pas encore remplies pour ouvrir les négociations d'adhésion, il se déclare convaincu qu'elles le seront si le gouvernement turc poursuit les indispensables réformes en cours. Les députés, qui ont adopté le rapport de M. Arie OOSTLANDER (PPE-DE, NL), par 216 voix pour, 75 voix contre et 38 abstentions, ont souligné la nécessité d'une réforme complète de l'Etat et ont invité le gouvernement turc à mettre en place un nouveau système politique et constitutionnel garant des principes d'un régime laïc et d'un contrôle du pouvoir militaire par le pouvoir civil.

Les députés ont exprimé leurs préoccupations face au "rôle excessif" détenu en Turquie par l'armée, rôle qu'ils considèrent comme un frein à son "évolution vers un régime démocratique et pluraliste". Les députés sont d'avis qu'à terme, il faudra abolir le Conseil national de sécurité dans son rôle et sa position actuels tandis que les représentants de l'armée devront quitter des organes civils tels que le Haut Conseil de l'éducation et celui de l'audiovisuel. Le Parlement turc doit avoir la haute main sur le budget de l'armée.

Le Parlement ne fait pas de la culture judéo-chrétienne et humaniste un pré-requis à l'adhésion à l'UE, mais insiste sur le respect des valeurs universelles de la démocratie, de l'Etat de droit, des droits fondamentaux et de l'homme ainsi que des libertés de religion et d'opinion. Le rapport recommande également une attitude sereine vis-à-vis de l'Islam et de la religion en général.

Pour le Parlement, la nouvelle Constitution turque devra être assise sur les fondations démocratiques qui stipulent le plein respect des droits de l'homme et des droits des individus et des minorités. C'est donc avec satisfaction qu'il a pris acte de l'intention du Premier ministre turc, M. Erdogan, d'élaborer une nouvelle Constitution. Les députés ont également estimé que le système électoral devrait garantir une représentativité totale du Parlement. La Turquie doit respecter les langues et les religions minoritaires et, en particulier, créer une relation sereine et constructive avec ses citoyens de souche kurde.

Allant plus dans le détail, le Parlement a plaidé pour que soient rejugés et immédiatement relaxés les anciens parlementaires du DEP, y compris Mme Leyla Zana, lauréate du prix Sakharov, pour que soit révisée la décision prise par le Tribunal constitutionnel turc d'interdire le HADEP, pour que soit étendu à tous les détenus l'accès à une assistance juridique et pour que soient prises des mesures énergiques pour abolir la torture et faire appliquer les normes carcérales internationales. Pour tous les citoyens, quelle que soit leur origine, un véritable accès à la radiodiffusion et à la télédiffusion et à l'éducation en langue kurde et dans les autres langues non turcophones doit être garanti. De même, les autorités turques doivent faciliter le travail des organisations non gouvernementales telles que Caritas en leur octroyant un statut légal. Les députés expriment leurs vives inquiétudes au sujet des rapports faisant état de viols fréquents par les agents de la Sécurité de l'Etat de détenues, et plus particulièrement de femmes d'origine kurde et de dissidentes politiques. Les députés s'inquiètent également de la campagne négationniste menée dans les écoles primaires et secondaires à propos de l'oppression des minorités au cours de l'histoire de la Turquie, en particulier à l'égard de la communauté arménienne.

Sur le plan des relations extérieures, les députés ont invité la Turquie à retirer ses troupes de la partie Nord de Chypre pour ouvrir la voie à la réunification de l'île mais aussi à favoriser un bon voisinage avec l'Arménie. La Turquie devra coopérer avec les Etats voisins, l'Iran, la Syrie et l'Irak, pour assurer la sécurité de ses frontières tout en permettant aux citoyens d'origine kurde de ces différents pays de développer leurs échanges humains, culturels et économiques. (AFP-Service de presse du PE, 5 juin 2003)
 

EPP-ED Group's precisions on the EP Resolution

The debate and vote this week in the European parliament on Turkey is a vote on the current situation in Turkey and does not in any way pre-judge an eventual decision on opening negotiations on Turkey's application to join the European Union.

The report before Parliament, presented by Arie Oostlander, EPP-ED Group Spokesperson on Foreign Affairs, is a comprehensive report on the current situation in Turkey and has the support of the EPP-ED Group.  Arie Oostlander's report welcomes recent reforms in Turkey but also points to the unacceptable role of the army in society, serious deficiencies in respect for human rights and clearly states that the conditions for opening negotiations on EU Membership are not in place.

Commenting on the issue Hans-Gert Poettering, Chairman of the EPP-ED Group in the European Parliament said, "It is clear that Turkey has a long way to go to reach international standards in respect of human rights, the role of the army and the protection of minorities and it is also clear the time is not yet ripe to give Turkey a specific date to begin negotiations on its EU application. Of course, the European Union must do everything possible to help Turkey to progress socially, economically and politically and we in the EPP-ED Group have always supported this".

Any decision concerning Turkey's application to join the EU or to open negotiations on the application will be taken by all those responsible at that time. For the moment it is clear that we are not considering opening the usual negotiating chapters for Turkey because absolute priority should be given to structural changes in the Turkish state, its judicial system and its parliamentary democracy.

Speaking following the vote in Parliament Poettering said, "my Group supported the report on Turkey because it is a way of bringing Turkey closer to our standards but we do attach importance to the principle that our vote today involves no automatic mechanism leading to Turkish accession to the European Union.  Voting for the Oostlander report is entirely without prejudice to what might happen in the future". (EPP-ED Group Press Office, 5 juin 2003)
 

Les amendements concernant les sujets arméniens

La Fédération Euro-Arménienne pour la Justice et la Démocratie informe que les débats du mercredi 4 juin et le vote du jeudi 5 juin portaient sur le rapport préparé par M. Arie Oostlander, Parti Populaire Européen (Chrétien Démocrate - Pays-Bas) et sur les 21 amendements déposés à l'occasion de cette session plénière.

Parmi ces amendements, cinq concernaient à divers titres les sujets arméniens, que ce soit à propos du génocide (Yasmine Boudjenah, Parti Communiste - France; Luigi Vinci, Rifondazione comunista - Italie, et Alexandros Alavanos, groupe politique de la Coalition des forces de gauche et de progrès - Grèce/GUE), du blocus de l'Arménie (Francis Wurtz, Parti communiste - France/GUE), de la récente campagne négationniste du Ministère turc de l'Education (3 amendements: 2 de Francis Wurtz - GUE, 1 de Marie-Arlette Carlotti, Parti socialiste - France/PSE).

Tous les amendements de la Gauche Unie Européenne (GUE) ont été rejetés. En particulier, l’amendement 19 de M. Wurtz qui fait référence à la campagne négationniste récemment mis en place par le Ministère turc de l'Education Nationale et qui mentionne explicitement le mot de génocide a été repoussé par moins de 10 voix d'écart. En revanche, l'amendement socialiste portant sur le même sujet mais exempt du mot génocide a été adopté.

Après ces ultimes amendements, la résolution finale du Parlement:

- Dénonce la récente campagne négationniste du système scolaire turc,

- Rappelle que l'usage de la langue arménienne fait partie des droits démocratiques des citoyens,

- Invite la Turquie à respecter et à mettre en valeur le patrimoine culturel arménien et syriaque,

- Demande que les menaces de saisie pesant sur le séminaire arménien de Sainte Croix à Istanbul soient définitivement levées,

- Dénonce le blocus à travers "la mesure d'embargo" appliquée par la Turquie envers l'Arménie, et suggère "le rétablissement de relations diplomatiques en tant qu’élément des critères politiques à remplir" [pour l'adhésion],

- Fait implicitement référence au génocide en évoquant "les expériences tragiques du passé" et en mentionnant précisément les paragraphes concernés des résolutions Morillon (2000) et Gahrton (2002), qui demandait à la Turquie de reconnaître le génocide. (FEAJD, 5 juin 2003)

PecoEurasia: "La Turquie et la question de son intégration à l'UE?"

Financial Times du 6 juin 2003 consacre une page entière à la Turquie dans sa rubrique de łComment & AnalysisČ. Il en ressort entre autres ce qui suit. Le parti de conviction islamique AKP au pouvoir poursuit inlassablement sa quête en vue de pouvoir faire adhérer le pays à lčUE. Par rapport à cela, il a obtenu le soutien de lčunique parti dčopposition social-démocrate, CHP. Lčadhésion constitue pour le parti la garantie contre lčarmée turque qui pourrait être tentée de vouloir lčéliminer.

Dčoù ses efforts inlassables visant à rendre compatible sa législation avec les exigences de lčUE. Dčoù aussi son refus de laisser passer lčarmée américaine vers lčIrak au début de 2003, malgré une offre dčaide financière substantielle des EUA. Dčoù enfin lčacceptation du risque kurde en arguant que la meilleure manière de combattre le łséparatismeČ cčest dčinstituer la démocratie.

Selon toujours la même source dčinformation, lčarmée craint de perdre le soutien traditionnel des EUA. Ces derniers ont été toujours de ses côtés même dans ses łsales boulotsČ contre les Kurdes et les forces démocratiques en fomentant dčune série de coups dčétats depuis 1960. Jčajouterais que lčarmée turque peut aussi appréhender que ses intérêts économiques importants et fort confidentiels soient entamés. Cependant, certains officiers supérieurs verraient avec sympathie lčidée de lčadhésion comme la réalisation du rêve kémaliste dčune Turquie moderne et prospère. Lčarmée veut avant tout que lčUE lui garantisse qučelle puisse mener à bien sa lutte contre le łfondamentalismeČ et le łséparatismeČ. Elle craint enfin de ne plus pouvoir protéger la population turque au Chypre.

Le parlement européen a pris acte dčun rapport qui enregistre les progrès accomplis par la Turquie, mais considère que la constitution de 1982 mise en place par les militaires putschistes doit être entièrement révisée et que les pratiques de tortures et dčautres manquement aux droits de lčhomme rendent encore irréalisable lčadhésion du pays à lčUE.

łL'ombre de l'Armée turque plane sur la campagne électorale en BelgiqueČ
 

Info-Turk du 16 mai 2003 annonce néanmoins que łL'ombre de l'Armée turque plane sur la campagne électorale en BelgiqueČ. Le secrétaire général du Conseil national de sécurité, le général Tuncer Kilinç a réuni toutes les associations turques pro-gouvernementales à l'Ambassade turque à Bruxelles pour leur imposer les lignes directrices sécuritaires établies par l'Armée. Il les a également incitées à adopter une position sceptique, même hostile à l'égard de l'Union européenne, en l'accusant de soutenir les thèses arméniennes.

Le rédacteur en chef de Hurriyet, Ertugrul Özkök, a divulgué dans ses colonnes une phrase du crypto officiel de l'Ambassade turque à Bruxelles envoyé à Ankara: "Le général Kilinç a eu des propos contre l'Union européenne adressés aux responsables des associations turques rencontrées sur place". Özkök poursuit: "Nous connaissons les positions du général Kilinç sur l'UE. Au cours d'un de ses précédents discours à l'Académie de guerre, il avait déclaré que la Turquie devait abandonner l'idée d'adhésion à l'UE et chercher une union toute autre avec la Russie et l'Iran. Les propos du Pacha sont-ils un message pour les représentants turcs demandant à ce qu'ils travaillent pour que la Turquie n'adhère pas à l'UE? Alors dans ce cas-là, pendant que le parlement turc se lance dans des réformes pour se conformer à l'UE, le secrétaire général de l'organisation où l'on discute de la sécurité de l'Etat fait une campagne contre l'UE."

Le quotidien Zaman du 25 mai 2003 a révélé que son correspondant se trouvait dans la salle de réunion en tant que membre d'une association. Ce journaliste rapporte d'autres propos du général habitué à codifier sur tout, jusqu'au style vestimentaire: "Je n'ai rencontré nulle part ailleurs dans le monde ce que j'ai pu constater dans le quartier de Schaerbeek. C'est le seul endroit au monde où l'on trouve des femmes portant des pantalons sous des jupes. Cette façon de s'habiller ne se retrouve même pas en Anatolie". Le journaliste rapporte qu'un auditeur réplique: "Monsieur, vous pensez vous trouver dans une caserne et vous nous considérez comme des soldats". L'atmosphère devenant très tendue, le général Kilinç décide alors de sortir de la salle mais dissuadé au dernier moment revient terminer son sermon.

Mesures de politique économique en Turquie

Groupe privé turc le plus important, la famille Koç a acheté le réseau de téléphone public BTC en Bulgarie et continue son expansion de chaînes commerciales en Russie. Ces dernières années, elle a procédé à une série dčacquisitions en Allemagne, en Autriche, au Royaume-Uni et en Roumanie. De cette façon, elle se prépare à lčintégration de la Turquie à lčUE, selon le président du groupe.

Les privatisations se poursuivent. La famille Uzan a acquis 60% de Petkim, la compagnie pétrochimique de lčEtat. Celui-ci a aussi lčintention de vendre la majorité du capital de Tupras, quasi monopolistique usine de raffinage pétrolière. Quant à lčacheteur éventuel de cette dernière, on évoque parfois le nom des compagnies russes Lukoil ou Yukos, ce qui géoéconomiquement parlant pourrait sčavérer une option audacieuse.

Amnesty International accuse la compagnie pétrolière BP dčexiger des autorités turque, géorgienne et azer des droits extraterritoriaux sur la tracée des conduites pétrolières de Baku-Tbilisi-Supsa vers la mer Noire et de Baku-Tbilisi-Ceyhan vers la mer Méditerranée. Ces droits impliqueraient des indemnisations inéquitables des terres expropriées autant que le développement massif de la traite blanche en vue de la prostitution pendant les travaux de construction ou la surveillance militaire permanente des conduites. (Nicolas Bárdos-Féltoronyi, PecoEurasia, Info5, Début de juin 2003)
 

Relations régionales / Regional Relations

L'Irak reprend ses exportations de pétrole

L'Irak a de nouveau exporté du pétrole, dimanche, pour la première fois depuis l'intervention militaire américano-britannique, deux pétroliers ayant été chargés dans le terminal turc de Ceyhan, sur la Méditerranée, a annoncé l'agence de presse turque Anatolie.

Un million de barils de pétrole brut, achetés par le raffineur turc TUPRAS, ont été chargés sur l'Ottoman Dignity, battant pavillon turc, au cours d'une cérémonie à laquelle participaient des dirigeants irakiens, américains et turcs.

Le pétrolier espagnol Sandra Tapias a également embarqué une cargaison d'un million de barils.

Les dernières exportations irakiennes remontaient au 17 mars, trois jours avant le début des bombardements sur l'Irak.

L'administrateur en chef américain en Irak, Paul Bremer, a indiqué que les exportations de pétrole allaient générer 5,5 milliards de dollars d'ici à la fin de l'année 2003.

Le pétrole est acheminé au terminal de Ceyhan par un double oléoduc de 600 kilomètres venant des champs pétrolifères de la région de Kirkouk, dans le nord de l'Irak. L'oléoduc a été endommagé par un attentat le 12 juin et sa remise en service, initialement prévue pour dimanche, devrait intervenir dans le courant de la semaine, selon les experts irakiens.

"Nous sommes prêts à pomper mais les réparations de l'oléoduc vont encore prendre trois ou quatre jours", a confié à l'AFP le directeur général de la Northern Oil Compagny, Adel al-Qazzaz.

Cité par Anatolie, le patron de la société pétrolifère publique turque BOTAS, Mehmet Bilgic, estime que les livraisons de pétrole irakien à Ceyhan reprendront mi-juillet.

Huit millions de barils de pétrole ont été stockés avant l'incident dans le port de Ceyhan et 2,5 millions ont déjà été achetés par TUPRAS.

D'autres réserves de pétrole stockées près de Bassorah, dans le sud de l'Irak, devraient commencer à être exportées via le terminal de Mina al-Bakr, sur le Golfe, vers le 28 juin.

"Les revenus (du pétrole) seront utilisés pour le bien du peuple irakien", a assuré au cours de la cérémonie un conseiller américain chargé de la remise en service du secteur pétrolier, James Caroll.

L'Irak produit actuellement quelque 500.000 barils par jour (bj) venant des champs pétroliers autour de Kirkouk, dans le nord du pays. Sur cette production, 200.000 bj sont utilisés pour la consommation intérieure et 300.000 bj sont réinjectés dans les vieux puits de pétrole pour les maintenir en condition.

L'Irak dispose des deuxièmes réserves mondiales prouvées en or noir, avec 112 milliards de barils, derrière l'Arabie saoudite. (AFP, 22 juin 2003)

Le président turc en Crimée pour parler de l'amélioration de vie des Tatars

Le président turc Ahmet Necdet Sezer a visité vendredi la capitale de la république autonome ukrainienne de Crimée (sud), où il devrait notamment parler de l'amélioration des conditions de vie des quelque 240.000 Tatars qui y sont revenus après la chute de l'URSS en 1991.

"Nous soutenons la politique de l'Ukraine à l'égard de nos confrères, les Tatars de Crimée, qui reviennent sur les terres de leurs ancêtres (...) Nous allons continuer à les aider", a déclaré à la presse le chef d'Etat turc.

En visite en Ukraine depuis mercredi, M. Sezer s'est arrêté en Crimée pour y rencontrer notamment le président du parlement et le chef du gouvernement de la péninsule, ainsi que le chef de la Communauté tatare. Il devait regagner Istanbul vendredi soir.

La péninsule ukrainienne de Crimée compte une importante minorité de Tatars musulmans parlant une langue dérivée du turc. Selon différentes estimations, de 3 à 6 millions de Tatars habitent actuellement la Turquie.

En 1993, le gouvernement turc s'était engagé à construire 1.000 logements pour des milliers des Tatars de Crimée, qui habitaient à la campagne ou dans les banlieues, souffrant souvent de l'absence d'infrastructures de base telles que l'eau, l'électricité ou le gaz.

Dans le cadre de cet engagement, la Turquie avait déjà versé 4 millions de dollars, depuis 1998, pour notamment la construction de l'infrastructure dans des villages où habitent des rapatriés.

La Crimée des Tatars a été sous domination ottomane à partir du 15e siècle jusqu'à son annexion par la Russie de Catherine II en 1783. Cette péninsule a été rattachée en 1954 à la république soviétique d'Ukraine, dix ans après la déportation des Tatars de Crimée vers l'Asie centrale sur ordre de Staline.

La péninsule ukrainienne de Crimée, peuplée essentiellement de Russes, jouit d'un statut d'autonomie au sein de la République ukrainienne et possède son propre parlement et gouvernement. (AFP, 20 juin 2003)
 

La Turquie rouvre la frontière avec l'Irak après un conflit avec des Kurdes

La Turquie a rouvert jeudi son unique poste frontalier avec l'Irak, fermé la veille en raison d'un conflit avec des Kurdes irakiens qui contrôlent le passage de la frontière de l'autre côté, a annoncé l'agence turque Anatolie en citant un responsable local.

Resul Celik, le gouverneur adjoint de la province frontalière de Sirnak, a déclaré à Anatolie que les passages à la frontière étaient revenus à une situation "normale".

"Il y a des files de véhicules immobilisés en raison de la fermeture (de la frontière) pendant deux jours, mais nous allons écluser ce retard aussi vite que possible", a assuré M. Celik.

La Turquie a fermé le poste-frontière de Habur tôt mercredi, après que le Parti démocratique du Kurdistan (PDK), une des formations kurdes qui contrôlent le nord de l'Irak, eut empêché mardi 40 hommes d'affaires irakiens de se rendre en Turquie du fait qu'ils n'avaient pas de documents de voyage. Le PDK leur a finalement permis de passer la frontière.

Des responsables du PDK ont indiqué que les hommes d'affaires venaient de Kirkouk, une ville du nord de l'Irak, où vit une importante population turkmène, sans pour autant affirmer qu'ils étaient Turkmènes.

Les Kurdes irakiens ont des relations tendues avec les Turkmènes, une communauté irakienne d'origine turque, et avec Ankara.

La Turquie accuse les Kurdes de vouloir créer leur propre Etat indépendant de Bagdad, un projet dont Ankara redoute l'effet d'entraînement sur les Kurdes vivant sur le territoire turque, dont le nombre est estimé entre 13 et 19 millions. (AFP, 19 juin 2003)
 

L'Europe ne sera jamais vraiment unie sans la Turquie et l'Ukraine (Koutchma)

L'Europe ne sera jamais vraiment unie sans l'Ukraine et la Turquie, a estimé jeudi le président ukrainien Léonid Koutchma à l'issue d'un entretien à Kiev avec son homologue turc Ahmet Necdet Sezer, avec lequel il s'est entendu pour une coopération accrue dans ce domaine.

"Nous sommes tombés d'accord pour renforcer notre coopération sur les questions de l'intégration européenne. Sans l'Ukraine ni la Turquie, l'Europe ne peut pas être vraiment unie", a déclaré à la presse M. Koutchma.

La Turquie est le seul des pays candidats à l'Union européenne à n'avoir pas encore reçu un feu vert du club européen pour l'ouverture de négociations d'adhésion. Quant à l'Ukraine, une ancienne république soviétique, elle s'est donné pour objectif d'adhérer vers 2010 à l'UE.

Abordant le dossier irakien, le président ukrainien a souligné que son pays et la Turquie soutenaient une "participation active de l'ONU dans la reconstruction" de l'Irak ainsi que "l'intégrité territoriale" de ce pays, en référence aux velléités d'indépendance du Kurdistan irakien.

Quatre documents bilatéraux, portant notamment sur les échanges maritimes et scientifiques, ont par ailleurs été signés jeudi par Kiev et Ankara.

Les deux chefs d'Etat sont enfin convenus de coopérer activement pour améliorer les conditions de vie des quelque 240.000 Tatars qui sont revenus vivre en Crimée (sud de l'Ukraine) après la chute de l'URSS en 1991.

Sur le chemin du retour vendredi, M. Sezer doit d'ailleurs s'arrêter à Simferopol, la capitale de la république autonome ukrainienne de Crimée (sud).

La Crimée des Tatars a été sous domination ottomane à partir du XVe siècle jusqu'à son annexion par la Russie de Catherine II en 1783. Cette péninsule a été rattachée en 1954 à la république soviétique d'Ukraine, dix ans après la déportation des Tatars de Crimée vers l'Asie centrale sur ordre de Staline. (AFP, 19 juin 2003)

Eloges réciproques entre Erdogan et Musharraf

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan en visite à Islamabad a rencontré lundi le président pakistanais Pervez Musharraf, après avoir fait l'éloge de la lutte du Pakistan contre le fondamentalisme et le terrorisme.

C'est la première visite d'un dirigeant turc au Pakistan depuis 1997. M. Erdogan est accompagné de quatre de ses ministres, de plusieurs membres du parlement turc et d'une centaine d'hommes d'affaires.

M. Musharraf a reçu à déjeuner M. Erdogan, en présence notamment du Premier ministre pakistanais Zafarullah Jamali, des gouverneurs de provinces et des ministres, selon les médias officiels.

"La visite du Premier ministre turc au Pakistan est le coup d'envoi de relations économiques très intenses", a déclaré le ministre turc du Trésor Ali Babacan devant des journalistes à l'issue d'un entretien avec le ministre pakistanais des Finances Shaukat Aziz.

Ils ont évoqué la création d'une banque d'investissement commune. "J'ai proposé à M. Aziz de réfléchir à la possibilité de créer une banque d'investissement commune avec l'Iran", a déclaré M. Babacan, ajoutant qu'une telle banque se concentrerait sur des projets en Iran, en Afghanistan et dans les républiques d'Asie centrale.

"Cela créera un véritable pont entre nos deux pays et poussera la coopération économique à un niveau élevé", a estimé de son côté M. Aziz.

Les échanges commerciaux entre les deux pays s'élèvent sur les cinq dernières années à 160 ou 170 millions de dollars.

Dimanche soir, lors d'un banquet en son honneur au premier jour de sa visite de trois jours, M. Erdogan avait loué les efforts du Pakistan dans sa lutte contre le terrorisme et le fondamentalisme.

"La détermination et l'apport décisif du Pakistan à la lutte contre le terrorisme et les mouvements fondamentalistes extrémistes sont très appréciés de la communauté internationale", a-t-il dit.

"Nous soutenons fermement vos politiques réformatrices de modernisation et de progrès. La Turquie sera toujours à vos côtés dans ces efforts", a-t-il ajouté.

Le président Musharraf, qui a vécu enfant en Turquie où son père était diplomate, a dans le passé fait l'éloge de la Turquie en tant qu'Etat musulman moderne.

Il a récemment relancé sa campagne contre le fondamentalisme, déclarant que le Pakistan devait adopter une forme d'islam "moderne, dynamique, progressiste".

Le président pakistanais se heurte à une alliance de partis musulmans qui ont imposé la charia, la loi islamique, dans la province du nord-ouest et lancé un programme d'islamisation. (AFP, 16 juin 2003)
 

La Turquie et le Pakistan veulent renforcer leurs liens économiques

Le Pakistan et la Turquie ont décidé dimanche de renforcer leurs relations économiques et commerciales et d'augmenter le nombre de leurs liaisons aériennes, à l'occasion de la première visite officielle du Premier ministre turc au Pakistan.

"Nous voulons un bond rapide du volume de nos échanges et les deux parties sont d'accord à ce sujet", a dit Recep Tayyip Erdogan lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue pakistanais Zafarullah Jamali.

M. Erdogan, qui est au pouvoir depuis mars dernier, est en visite pour trois jours au Pakistan, où il a rencontré le ministre de la Défense, Rao Sikandar Iqbal, avant de s'entretenir avec le Premier ministre. Lundi, il rencontrera le président Pervez Musharraf.

Plus d'une centaine d'hommes d'affaires, ainsi que plusieurs ministres et députés accompagnent M. Erdogan, qui a déclaré avoir discuté des relations bilatérales et de questions régionales et internationales avec son homologue.

"Nous avons longuement exploré toutes les voies qui concernent la coopération commerciale et économique", a confirmé M. Jamali, ajoutant que les deux pays ont la même opinion sur l'Irak, l'Afghanistan, le Cachemire, Chypre et la question palestinienne.

Il a suggéré des consultations régulières dans les domaines de l'agriculture, des communications, de la science et de la technologie, de la défense et de l'éducation.

M. Erdogan a expliqué que M.Jamali avait accepté sa proposition d'augmenter les liaisons aériennes entre les deux pays et "immédiatement donné des instructions aux autorités pour faire débuter des lignes de Islamabad et Lahore". Actuellement Turkish airlines ne dessert que Karachi.

M. Erdogan a également apporté son soutien aux efforts de paix entre le Pakistan et son rival indien, espérant qu'ils auront des "résultats positifs", notamment au sujet du Cachemire.

Les deux pays ont signé trois accords pour renforcer leur coopération dans la lutte contre le trafic de drogue, faciliter le transport des marchandises par voie terrestre et protéger l'environnement. (AFP, 15 juin 2003)
 

Les Turcomans réclament d'urgence un recensement dans le nord de l'Irak

Les Turcomans, une minorité turcophone d'Irak, réclament l'organisation "dans les plus brefs délais" d'un recensement dans le nord du pays pour empêcher les Kurdes de modifier la composition démographique de la zone, a-t-on indiqué mercredi de source turcomane à Ankara.

"Nous voulons l'organisation d'un recensement juste", a précisé un haut responsable turcoman sous couvert d'anonymat.

Il a souligné que cet inventaire démographique devrait se faire dans les principales villes du nord de l'Irak --Kirkouk, Mossoul, Erbil-- sous contrôle international.

"Chaque jour 500 kurdes arrivent à Kirkouk", a-t-il affirmé, accusant les factions kurdes de la région de vouloir changer la structure ethnique de ces villes en leur faveur.

L'ancien régime de Saddam Hussein a contraint des milliers de Kurdes et de Turcomans à fuir Kirkouk au cours des 20 dernières années, leurs propriétés étant souvent confisquées et confiées à des Arabes que le gouvernement voulait encourager à s'établir dans une région, stratégiquement importante en raison de ses riches gisements de pétrole.

Aujourd'hui les Kurdes majoritaires, au niveau de la région qu'ils administrent depuis 1991, voudraient faire de Kirkouk leur capitale.

Les Turcomans sont soutenus par Ankara qui s'inquiéte de la volonté des groupes kurdes d'augmenter leur influence politique après l'opération militaire des Américains et des Britanniques dont ils étaient les principaux alliés.

Les autorités turques craignent que les Kurdes d'Irak oeuvrent en faveur d'une indépendance, ce qui pourrait créer des émules parmi leurs cousins kurdes de Turquie. (AFP, 11 juin 2003)
 

Bucarest, Sofia et Ankara veulent une "stratégie commune" envers l'UE

La Roumanie, la Bulgarie et la Turquie se sont déclarées mercredi en faveur d'une "stratégie commune" envers l'Union européenne, dont elles sont candidates à l'adhésion, au cours d'une réunion trilatérale à Neptun (est de la Roumanie).

Les présidents roumain Ion Iliescu, bulgare Gueorgui Parvanov, et turc Ahmet Necdet Sezer ont notamment exprimé l'espoir que le prochain sommet de l'UE, prévu le 20 juin à Salonique (Grèce), "confirmera l'adhésion de Bucarest et de Sofia en 2007", ainsi que la "perspective d'intégration" d'Ankara.

Lors de son précédent sommet, à Copenhague en décembre dernier, l'Union se donnait "pour objectif d'accueillir la Bulgarie et la Roumanie en 2007", comme le souhaitent les deux pays.

La Commission européenne devrait pour sa part présenter à la fin de 2004 un rapport où elle recommandera aux membres de l'UE d'ouvrir ou non des négociations d'adhésion avec Ankara, en fonction des progrès réalisés alors par la Turquie dans ses préparatifs.

Dans une déclaration conjointe adoptée à l'issue de leur réunion de deux jours, les trois chefs d'Etat présents à Neptun ont, par ailleurs, souligné leur "souhait de jouer un rôle accru dans la stabilité et la sécurité des Balkans".

Ils se sont en outre engagés à lutter contre le "terrorisme dans toutes ses formes", contre le crime organisé et le trafic de drogue, et promis de "renforcer les liens entre les douanes et les polices des frontières" des trois pays.

Les trois présidents ont enfin évoqué leur souhait de mettre en oeuvre plusieurs projets de coopération économique, notamment dans les secteurs énergétique et des infrastructures.

La prochaine réunion trilatérale sera accueillie par la Bulgarie, à la mi-2004. (AFP, 4 juin 2003)
 

Rencontre des ministres turc et arménien des Affaires étrangères à Madrid

Les ministres turc et arménien des Affaires étrangères, Abdullah Gul et Vardan Oskanian, ont discuté mardi de relations bilatérales et du conflit du Nagorny-Karabakh opposant l'Arménie à l'Azerbaïdjan, lors d'un tête-à-tête en marge d'une réunion de l'Otan à Madrid, a-t-on appris de source diplomatique turque.

La rencontre, événement rare entre des ministres de pays voisins qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques, a donné lieu à un "échange de vues cordial", a-t-on souligné de même source.

Elle s'est tenue en marge de la réunion de l'Otan qui réunissait dans la capitale espagnole les ministres des Affaires étrangères des 19 pays de l'Alliance atlantique.

"Le conflit du Karabakh était l'un des sujets majeurs" de l'entretien, a précisé à l'AFP un diplomate turc présent à la rencontre qui a toutefois refusé de dire si elle pourrait déboucher sur une ouverture dans les relations entre les deux pays.

L'Azerbaïdjan et l'Arménie sont entrés en guerre au début des années 1990, après que le Nagorny Karabakh, une enclave montagneuse peuplée majoritairement d'Arméniens, eût pris la décision de se séparer de l'Azerbaïdjan.

Après la signature d'un cessez-le-feu en 1994, le Karabakh et plusieurs autres régions sont passées de facto sous contrôle arménien. Le conflit a fait plus de 20.000 morts et près d'un million de réfugiés des deux côtés.

La Turquie soutient l'Azerbaïdjan turcophone dans ce conflit.

Ankara et Erevan sont, en outre, en profond désaccord sur la question du génocide arménien.

Les massacres et déportations d'Arméniens sous l'Empire ottoman de 1915 à 1917 ont fait 1,5 million de morts, selon l'Arménie, entre 250.000 et 500.000, selon la Turquie qui rejette catégoriquement la thèse d'un génocide et fait valoir qu'il s'agissait d'une répression dans un contexte de guerre civile, dans un empire en déclin. (AFP, 3 juin 2003)
 

Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece

Deux F-16 turcs ont perturbé le vol d'un petit avion civil grec

Deux chasseurs turcs F-16 ont perturbé lundi matin le vol d'un petit avion civil grec, en s'en approchant à moins de 5 miles, avant d'être repoussés par des F-16 grecs, au sud-est de l'Egée, a annoncé l'Etat-major de l'armée grecque.

L'incident s'est produit au sud de l'île de Rhodes, dans l'espace aérien grec, à moins de 10 km des côtes du pays, a ajouté l'Etat-major.

L'appareil grec, qui effectuait la liaison Athènes-Larnaca (Chypre) pour le compte de la petite société privée Veravia, n'a pas été mis en danger, mais les chasseurs turcs ont violé les règles de la circulation aérienne en s'en approchant ainsi, a-t-on indiqué à l'Etat-major.

Les relations gréco-turques, en voie de normalisation depuis 1999, sont entrées dans une phase de tension ces dernières semaines sur le dossier de leurs espaces aériens respectifs en mer Egée.

La Grèce, qui a saisi l'UE et l'Otan, dénonce un harcèlement croissant de la chasse turque, chiffrant les infractions et violations à 6.000 pour 2002, soit une hausse de 300% par rapport à 2001.

Athènes avait accusé le 9 juin deux F-16 turcs de s'être "dangereusement" approchés d'un avion de ligne grec, ce que l'armée turque a démenti.

La Grèce revendique un espace aérien distant de 15 km de ses côtes, mais la Turquie ne lui reconnaît que 10 km, ce qui correspond à la limite de ses eaux territoriales. (AFP, 30 juin 2003)
 

Recommandation du CE contre la colonisation par des colons turcs  à Chypre

L'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe a adopté, le 24 juin 2003, la recommandation suivante sur la "colonisation par des colons turcs de la partie occupée de Chypre".

1. L'Assemblée parlementaire se déclare profondément déçue de l'échec des négociations menées sous l'égide des Nations Unies en vue de trouver une solution pratique et viable au problème chypriote. Elle espère, néanmoins, que de nouveaux efforts seront déployés jusqu'à ce que l'on parvienne à un règlement durable de la question.

2. Il est avéré que la structure démographique de l'île change constamment depuis la partition de facto de l'île en 1974 du fait des politiques délibérément mises en Šuvre par l'administration chypriote turque et la Turquie. Malgré l'absence de consensus sur les chiffres exacts, toutes les parties concernées reconnaissent que des ressortissants turcs colonisent systématiquement la partie nord de l'île. Selon des estimations fiables, leur nombre s'élève actuellement à 115 000.

3. Les colons viennent essentiellement d'Anatolie, l'une des régions les moins développées de Turquie. Leurs coutumes et traditions diffèrent notablement de celles de Chypre. Ces différences sont la principale cause de tensions et du mécontentement de la population chypriote turque autochtone qui a tendance à les considérer comme des éléments étrangers.

4. L'Assemblée s'inquiète, en particulier, du flux d'émigration continu de la population chypriote turque autochtone de la partie septentrionale. Leur nombre est tombé de 118 000 en 1974 à 87 600 en 2001, selon les estimations. En conséquence, les colons sont plus nombreux que les Chypriotes turcs autochtones dans la partie septentrionale de l'île.

5. Au vu des informations disponibles, l'Assemblée ne peut pas admettre l'argument selon lequel la majorité des ressortissants turcs arrivant sur le territoire sont des travailleurs saisonniers ou d'anciens habitants ayant quitté l'île avant 1974. Par conséquent, elle condamne la politique de «naturalisation» conçue pour encourager de nouvelles arrivées et instaurée par l'administration chypriote turque avec le soutien sans réserve du Gouvernement turc.

6. L'Assemblée est convaincue que la présence des colons constitue un processus de colonisation déguisée et un nouvel obstacle important à la recherche d'une solution pacifique négociée du problème chypriote.

7. L'Assemblée recommande, par conséquent, au Comité des Ministres:
 

i. de charger le Comité européen sur la population (CAHP) d'effectuer un recensement de la population dans toute l'île, en coopération avec les autorités compétentes, afin de remplacer les estimations par des données fiables;

ii. de promouvoir, avec le concours de la communauté internationale, l'idée de créer un fonds qui financerait les éventuels retours volontaires des colons turcs en Turquie;

iii. d'encourager la participation de la Banque de développement du Conseil de l'Europe et d'inviter les Gouvernements turc et chypriote à soumettre des projets de retour concrets à financer;

iv. de demander à la Turquie, ainsi qu'à l'administration locale subordonnée chypriote turque du nord de Chypre, de mettre fin au processus de colonisation par les colons turcs, et d'inviter plus particulièrement l'administration chypriote turque à réexaminer sa "législation et ses politiques relatives aux migrations", notamment la "loi sur la naturalisation", en vue de les réviser et, en conséquence, de les rendre conformes aux normes internationales;

v. de demander à la Turquie de se conformer aux décisions de la Cour européenne des Droits de l'Homme concernant le droit de propriété des réfugiés dans la partie occupée de Chypre;

vi. de promouvoir des contacts et le dialogue entre les membres des sociétés civiles chypriote grecque et chypriote turque.

Dans une résolution adopté également le 24 juin 2003, l'Assemblée parlementaire demande instamment à l'administration chypriote turque qui contrôle la partie nord de Chypre, ainsi qu'à la Turquie:

a. mettre fin à tout acte d'humiliation à l'encontre des communautés grecque et maronite et au climat d'intimidation;

b. mettre un terme aux dépossessions qui affectent les membres de ces communautés, en leur restituant la jouissance des biens dont ils ont été arbitrairement dépossédés, à titre individuel ou collectif, ou en leur versant une indemnité équitable;

c. assurer la liberté d'enseignement et de culte pour les chrétiens orthodoxes et maronites;

d. mettre fin aux restrictions de mouvement à travers la ligne de démarcation, et accorder immédiatement aux Chypriotes Grecs vivant dans la partie nord de Chypre au moins les mêmes droits qui sont déjà reconnus aux Maronites;

e. assurer un droit de recours effectif à tous les habitants;

f. assurer l'égalité d'accès aux soins;

g. permettre aux communautés de choisir elles-mêmes, librement, leurs propres représentants.

L'Assemblée invite instamment tous les représentants de l'ensemble de la société civile chypriote, indépendamment de la communauté à laquelle ils appartiennent, à tout mettre en Šuvre pour favoriser la création d'un climat de compréhension réciproque, de dialogue et de tolérance entre les différentes composantes sociales, politiques, religieuses, culturelles et linguistiques présentes sur l'île, dont l'histoire démontre qu'elles sont parfaitement capables de vivre ensemble en paix et en harmonie.
 

Ankara et la RTCN dénoncent le rapport sur Chypre du conseil de l'Europe

La Turquie et la République turque de Chypre du nord (RTCN, reconnue seulement par Ankara) ont dénoncé mercredi un rapport adopté la veille à l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (ACPE) et qui accuse la Turquie de "coloniser" la partie turque de Chypre.

"Ce n'est pas vrai. Ces allégations sont dénuées de fondement", a déclaré à la presse le chef de la diplomatie turque Abdullah Gul.

Le rapport accuse la Turquie de procéder à une "colonisation déguisée" dans le nord de Chypre depuis l'intervention militaire turque de 1974 qui a divisé l'île en secteurs turc et grec (sud).

Sur les quelque 200.000 habitants de la RTCN, 115.000 sont des colons venus essentiellement d'Anatolie, selon le document.

Des milliers de Chypriotes-turcs ont quitté leur pays pour la Grande-Bretagne et d'autres pays du Commonwealth.

L'ACPE a adopté mardi soir par 68 voix contre 15 et 2 abstentions une recommandation demandant "à la Turquie, ainsi qu'à l'administration locale subordonnée chypriote turque du nord de Chypre, de mettre fin au processus de colonisation par les colons turcs".

"La Turquie n'est pas une force d'occupation et n'a jamais eu de telle intention", a souligné M. Gul. La Turquie a usé de ses droits de puissance garante de l'indépendance de Chypre (1960) en intervenant militairement en 1974 à l'issue du coup d'Etat du nationaliste grec Nicos Sampson visant à rattacher l'île à la Grèce, selon lui.

"Ce rapport inéquitable et partial ne reflète pas les réalités à Chypre", a déclaré pour sa part le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Huseyin Dirioz lors d'un point de presse.

Le président de la RTCN Rauf Denktash a qualifié le rapport de contre-productif dans la recherche d'une solution à la division de l'île.

"Si ce rapport vise à apporter la paix et un consensus sur l'île, il ne sert sans doute pas cet objectif", selon M. Denktash cité par l'agence chypriote-turque TAK.

Le rapport qui n'a pas de caractère contraignant recommande au conseil des ministres du Conseil de l'Europe de charger le Comité européen sur le population (CAHP) d'effectuer un recensement à Chypre et de promouvoir "l'idée de créer un fonds qui financerait les éventuels retours volontaires des colons turcs en Turquie".

Des efforts sont en cours pour relancer le dialogue entre les dirigeants chypriotes grecs et turcs sur la base d'un plan de réunification de l'île mis en avant par le secrétaire général de l'Onu, Kofi Annan, et sur lequel les négociations avaient échoué en mars.

Des mesures de confiance ont été mises en place depuis, notamment l'ouverture par les autorités chypriotes-turques de la ligne de démarcation séparant les deux secteurs.

La République de Chypre a signé le 16 avril un traité d'adhésion à l'Union européenne, laissant pour l'instant la RTCN au ban de l'Europe. (AFP, 25 juin 2003)
 

Chypriote grecque spoliée: Ankara s'engage à payer l'indemnité (Conseil Europe)

La Turquie s'est engagée à indemniser d'ici début octobre une Chypriote grecque, spoliée de ses biens en 1974, conformément à un arrêt de la Cour européenne des droits de l'Homme de 1998 qu'elle refusait jusqu'ici d'exécuter, a-t-on appris mercredi au Conseil de l'Europe.

"La Turquie nous a indiqué qu'elle allait verser l'indemnité avant octobre. Nous attendons qu'elle le fasse", a indiqué à l'AFP Johannes Landman, ambassadeur néerlandais auprès du Conseil de l'Europe et président de la commission chargée de l'exécution des arrêts de la Cour au Comité des ministres.

Cet engagement a été formulé par la Turquie lors de la réunion du Comité des ministres du 19 juin, a-t-on précisé de source diplomatique.

Ankara refusait depuis près de cinq ans de s'acquitter de l'indemnité de plus de 640.000 dollars qui avait été allouée par la Cour à Mme Titina Loizidou, considérant que la République turque de Chypre du Nord est un Etat indépendant, seul responsable des exactions dénoncées par la Cour. Cette somme atteint aujourd'hui 900.000 dollars, avec les intérêts de retard.

L'annonce d'un possible règlement de cette affaire intervient alors que la ligne de démarcation, séparant depuis 1974 les communautés grecques et turques de l'île, a été ouverte le 23 avril à la faveur d'une décision du dirigeant chypriote turc Rauf Denktash.

Mme Loizidou est une Chypriote grecque qui avait été forcée de quitter Kyrenia (Nord de Chypre) pour se réfugier dans la partie sud de l'île lors de l'intervention armée turque de 1974.
 La Cour européenne avait jugé le 28 octobre 1998 que la Turquie était responsable de la violation des droits de Mme Loizidou et condamné Ankara à dédommager Mme Loizidou de la spoliation de ses biens.

Quelque 450 requêtes semblables à celle de Mme Loizidou sont actuellement pendantes devant la Cour européenne des droits de l'Homme. (AFP, 25 juin 2003)
 

La Grèce dénonce des "tactiques hostiles" de la Turquie à son égard

Le ministre grec de la Défense Yannos Papantoniou, en visite à Moscou, a dénoncé des "tactiques hostiles" de la Turquie, qu'Athènes accuse de violer régulièrement son espace aérien.

"Après une période de deux ou trois ans pendant laquelle les tensions s'étaient refroidies, la Turquie est revenue à des tactiques hostiles", a déclaré le ministre, cité par l'agence d'informations militaires Interfax-AVN.

M. Papantoniou est en visite en Russie depuis lundi et devrait signer avec son homologue russe Sergueï Ivanov deux accords de coopération militaire.

M. Papantoniou a accusé Ankara de "provoquer" la Grèce en violant l'espace aérien grec au-dessus de la mer Egée.

"Cela peut conduire à des incidents malencontreux et déstabiliser la situation dans toute la région", a déclaré le ministre, en précisant que son pays avait "informé l'Otan, l'Union européenne et la Russie à ce sujet".

La Grèce dénonce un harcèlement croissant de la chasse turque, chiffrant les infractions et violations à 6.000 pour 2002, soit une hausse de 300% par rapport à 2001.

Alliés dans l'Otan, la Grèce et la Turquie s'affrontent depuis longtemps sur les limites de leur espace aérien en Egée. (AFP, 24 juin 2003)
 

La Cour européenne enquête à Chypre sur la mort d'un journaliste chypriote-turc

Quatre juges de la Cour européenne des droits de l'Homme sont en visite lundi et mardi à Chypre pour enquêter sur la mort du journaliste chypriote-turc Kutlu Adali, tué par balles à Nicosie le 6 juillet 1996.

Les quatre juges procèderont à l'audition de témoins à Nicosie, a précisé la Cour dans un communiqué.

M. Adali, 61 ans, chroniqueur du quotidien Yeni Duzen, l'organe du Parti républicain turc (CTP, gauche), avait aussi assumé au début des années 1980 le poste de chef du cabinet du dirigeant chypriote-turc Rauf Denktash.

L'assassinat de Kutlu Adali avait été revendiqué par un groupe d'extrême droite, la "brigade de vengeance turque" (TIT).

Son épouse Ilkay Adali, qui a déposé devant la Cour européenne une requête contre la Turquie déclarée recevable en janvier 2002, assure que des agents de la Turquie et/ou de la République turque de Chypre du nord (RTCN) ont participé au meurtre de son mari, en raison de ses écrits contestant la politique et les pratiques du gouvernement turc et des autorités de la RTCN.

Le gouvernement turc rejette de son côté ces allégations et affirme que les autorités de la RTCN ont effectué une "enquête appronfondie" mais que les auteurs de ce meurtre n'ont pas pu être identifiés.

Chypre est divisée en deux secteurs, turc au nord et grec au sud, depuis l'intervention militaire d'Ankara en juillet 1974 à l'issue du coup d'Etat du nationaliste grec Nicos Sampson visant à rattacher l'île à la Grèce.

La RTCN, non reconnue internationalement sauf par Ankara, s'est autoproclamée en novembre 1983 dans le nord de l'île sous contrôle chypriote-turc. (AFP, 23 juin 2003)
 

Entretien Papandréou-Gul sur fond de regain de tension bilatérale

Le ministre grec des Affaires Etrangères Georges Papandréou s'est entretenu au téléphone avec son homologue turc Abdullah Gul, notamment des violations aériennes en mer Egée, qui alimentent un regain de tension entre les deux pays, a annoncé samedi son ministère.

L'entretien, vendredi soir, a porté sur "les violations et infractions en Egée, l'évolution du programme de réformes turques (en vue du rapprochement avec l'UE) ainsi que sur les évolutions au Proche-Orient et le prochain sommet européen de Salonique", selon un communiqué.

Les relations bilatérales, en voie de normalisation depuis 1999, sont entrées dans une phase de tension ces dernières semaines sur le dossier de leurs espaces aériens respectifs en mer Egée.

M. Gul avait plaidé vendredi pour une "retenue" de toutes les parties face au risque "d'escalade". L'UE a appelé la Turquie, candidate à l'adhésion, à régler ses problèmes de voisinage d'ici à décembre 2004.

La Grèce, qui a saisi l'UE et l'Otan, dénonce un harcèlement croissant de la chasse turque, chiffrant les infractions et violations à 6.000 pour 2002, soit une hausse de 300% par rapport à 2001. Athènes a aussi accusé lundi deux F-16 de s'être "dangereusement" approchés d'un avion de ligne grec, ce que l'armée turque a démenti.
 Le gouvernement impute cette détérioration du climat à une lutte d'influence entre armée et gouvernement civil turcs.
 Alliés dans l'Otan, la Grèce et la Turquie s'affrontent depuis longtemps sur les limites de leur espace aérien en Egée.

La Grèce revendique un espace aérien distant de 15 km de ses côtes, mais la Turquie ne lui reconnaît que 10 km, ce qui correspond à la limite de ses eaux territoriales. (AFP, 14 juin 2003)
 

Un avion de ligne grec "dangereusement" approché par deux F-16 turcs

Deux avions de chasse turcs F-16 se sont "dangereusement" approchés lundi matin d'un avion de ligne grec effectuant la liaison Athènes-Istanbul, selon un porte-parole de l'armée de l'air grecque, et l'incident a suscité une vive réaction d'Athènes.

"Les systèmes anti-collision de l'avion ont été activés", a déclaré à l'AFP Constantine Prionas, porte-parole de l'armée de l'air grecque, qui a précisé que l'avion de la compagnie Olympic Airways, qui se trouvait dans un corridor réservé aux appareils civils, avait continué sa route pour atterrir normalement à Istanbul, après cet incident survenu un peu avant 09H00 locales (06h00 GMT).

Les deux chasseurs turcs, qui participaient apparemment à un exercice militaire, se sont retrouvés en trajectoire de collision avec l'avion grec, à quelque 30 km des îlots de Psara, dans le nord de la Mer Egée.

"Il est clair que certains veulent créer des tensions dans les relations gréco-turques mais nous ne suivrons pas leur jeu", a déclaré le chef de la diplomatie Georges Papandréou, en marge d'une réunion internationale. Il a assuré que la Grèce "sait et peut sauvegarder ses intérêts quand ils sont menacés".

"Le comportement des militaires turcs est en totale contradiction avec l'objectif du gouvernement turc d'une entrée au sein de l'Union européenne" a estimé de son côté le porte-parole du ministère grec des Affaires étrangères Panos Béglitis lors d'une conférence de presse.

"Il y a un bras de fer constant (entre civils et militaires) en Turquie (...) et une partie de la hiérarchie militaire turque veut imposer ses objectifs", a ajouté M. Béglitis.

La Turquie est candidate à l'adhésion à l'UE, mais aucune date n'a encore été déterminée, l'UE estimant qu'Ankara doit faire des progrès en matière des droits de l'Homme et faire aboutir certains réformes.

Le porte-parole du gouvernement grec Christos Protopapas a pour sa part estimé que la Turquie "se livre à des provocations délibérées" parce qu'elle est isolée sur le plan international en raison de l'échec des négociations sur la réunification de Chypre.

Par ailleurs, le ministre de la Défense, Yannos Papantoniou, a souligné "les dangers provenant de l'augmentation de l'agressivité turque en ce qui concerne les violations de l'espace aérien national".

M. Papantoniou a indiqué que la Grèce avait informé l'Otan, l'Union européenne et les organismes internationaux "sur le changement d'attitude de la Turquie ces derniers mois"
 La Grèce et la Turquie, toutes deux membres de l'Otan, s'affrontent depuis longtemps sur les limites de leur espace aérien au-dessus de la mer Egée et s'accusent mutuellement de le violer.

La Grèce revendique un espace aérien distant de 15 km de ses côtes, mais la Turquie ne lui reconnaît qu'à peine 10 km, ce qui correspond à la limite de ses eaux territoriales. (AFP, 9 juin 2003)
 

La Grèce a abattu trois avions turcs depuis 1974 (opposition grecque)

Trois avions militaires turcs ont été abattus par des avions de combats grecs au dessus de la mer Egée depuis 1974, a affirmé un porte-parole du principal parti d'opposition grec dans une interview à l'hebdomadaire To Vima publiée dimanche.

"Durant l'été 1974 (...) deux avions turcs ont été abattus au dessus du nord de la mer Egée par des F-5A grecs", a dit le porte-parole pour la défense du Nouveau Parti Démocrate, Spilios Spiliotopoulos.

Cet ancien pilote militaire, qui prétend avoir affronté des avions turcs pendant plus de 3.000 heures de vols, a ajouté avoir été le témoin direct de l'incident.

"Il y a aussi eu un incident malheureux en 1994, quand un avion de combat grec a abattu un F-4E turc à cause d'une erreur de pilotage", a-t-il poursuivi sans révéler ses sources.

L'armée de l'air grecque a démenti les affirmations de Spilios Spiliotopoulos. "Cela ne s'est pas produit. Il n'y a aucun rapport confirmant ces allégations", a déclaré à l'AFP le porte-parole de l'armée de l'air, Constantine Prionas.

En mai, le quotidien turc Milliyet avait rapporté des propos d'un ancien chef de l'armée de l'air turque, le général Ahmet Corekci, selon lesquels des avions grecs avaient abattu un avion de combat turc en 1996, ce qu'Athènes a également démenti.

Les deux pays, tous deux membres de l'OTAN, s'affrontent depuis longtemps sur les limites de leur espace aérien au dessus de la mer Egée qui les sépare.

La Grèce revendique un espace aérien distant de 15 km de ses côtes, mais la Turquie ne lui reconnaît qu'à peine 10 km, ce qui correspond à la limite de ses eaux territoriales.

En 1996, un différend sur un îlot aride de la mer Egée avait failli les mener à la guerre. La tension était alors retombée après une intervention des Etats-Unis.

La Grèce et la Turquie s'affrontent également au sujet de Chypre, divisée depuis l'invasion turque de 1974, qui faisait suite à un coup d'Etat d'ultranationalistes chypriotes grecs désireux de rattacher l'île à la Grèce. (AFP, 8 juin 2003)
 

Amnesty international interpelle Athènes sur le cas d'un réfugié turc

La section grecque d'Amnesty international a interpellé le gouvernement sur le cas d'un réfugié turc menacé d'expulsion en grève de la faim depuis 27 jours, a indiqué vendredi l'organisation de défense des droits de l'Homme dans un communiqué.

"Amnesty international a exprimé son inquiétude sur le sort de Baris Gurgoz, un réfugié turc qui risque l'expulsion, dans un courrier adressé au ministre de l'Ordre public, Michalis Chryssohoidis", a indiqué le texte.

L'affaire de M. Gurgoz "constitue le cas classique d'un réfugié qui a subi des poursuites, des détentions et des tortures par le régime turc selon les éléments abondants de son dossier", affirme la section grecque d'Amnesty.

Sa demande d'asile politique a été rejetée en deuxième instance en décembre dernier, selon l'organisation. Il a ensuite obtenu un délai de trois mois pour quitter le territoire et est désormais susceptible d'être expulé à tout moment.

Cette situation a conduit M. Gurgoz à entamer une grève de la faim il y a 27 jours, "mettant sa vie en danger", poursuit le communiqué.

En 2002, seuls 36 réfugiés ont obtenu l'asile tandis que 9.342 dossiers ont été rejetés. En ce qui concerne les réfugiés venant de Turquie, seuls trois cas ont été acceptés et 886 cas concernant des citoyens turcs ont été rejetés, indique l'organisation.

"L'expulsion de M. Gurgoz en Turquie qui mettra sa vie en danger signifierait une violation du principe du non-retour contenu dans les conventions internationales ratifiées par la Grèce", relève Amnesty demandant que son cas soit réexaminé et que lui soit accordé l'asile politique. (AFP, 6 juin 2003)
 

Chypre veut demander à l'Onu et aux USA de faire pression sur la Turquie

Le ministre des Affaires étrangères chypriote George Iacovou a quitté Chypre dimanche pour les Etats-Unis, où il doit demander aux responsables américains et onusiens de faire pression sur la Turquie sur la question chypriote.

"Nous voulons insister sur le fait que les tentatives de résolution de la question chypriote ont échoué à cause de l'intransigeance notoire de la Turquie", a déclaré M. Iacovou à la presse à l'aéroport de Larnaca (sud) avant son départ.

M. Iacovou doit rencontrer à New York, le secrétaire général de l'Onu, Kofi Annan, son représentant personnel pour Chypre, Alvaro de Soto ainsi que d'autres responsables onusiens.

A Washington, le ministre de la République de Chypre doit rencontrer le vice-président américain Dick Cheney, le secrétaire d'Etat, Colin Powell et la conseillère présidentielle pour la sécurité nationale, Condoleezza Rice, selon des responsables chypriotes.

Les Etats-Unis ont "témoigné un intérêt évident à la résolution de la question chypriote et j'espère qu'après ma visite" ils montreront "un intérêt encore plus grand", a ajouté M. Iacovou.

Cette visite de M. Iacovou intervient à l'approche du vote du Conseil de sécurité sur la reconduction pour 6 mois du mandat des casques bleus à Chypre (15 juin - 15 décembre).

La République de Chypre, internationalement reconnue comme la seule autorité légitime sur toute l'île, mais dont l'autorité ne s'étend de fait que sur la partie sud souhaite que cette résolution critique sévèrement les "provocations" en tout genre dont elle accuse l'armée turque.

Chypre est divisée depuis l'invasion turque de 1974, qui a suivi un coup d'Etat d'ultranationalistes chypriotes grecs désireux de rattacher l'île à la Grèce. (AFP, 8 juin 2003)
 

Chypre demande à l'Onu d'intervenir contre une violation du cessez-le-feu

Le gouvernement chypriote exhorte l'Onu à intervenir pour faire cesser une violation de la ligne de cessez-le-feu commise par les troupes turques présentes dans le nord de l'île et qui dure depuis trois ans, a indiqué jeudi le ministre des Affaires étrangères de la République de Chypre.

En juin 2000, l'armée turque a violé la ligne de cessez-le-feu de 1974 et a gagné du terrain sur une profondeur de 300 mètres pour installer un point de passage au lieu-dit de Strovilia (est), bande de terrain à peine plus grande qu'un terrain de football, prise en étau entre la base militaire britannique de Dekhelia et la zone nord.

Selon le ministre chypriote, George Iacovou, huit Chypriotes grecs vivant dans ce hameau, autrefois sous protection de l'Onu, sont désormais entourés par les soldats turcs qui, dit-il les harcèlent quotidiennement.

Pour obtenir satisfaction auprès des Nations unies, M. Iacovou a rencontré jeudi le chef de la mission de l'Onu à Chypre, Zbigniew Wlosowicz, l'ambassadeur des Etats-Unis, Michael Klosson, et son homologue de Grande-Bretagne, Lyn Parker.

"Comme la Grande-Bretagne et les Etats-Unis nous assurent qu'ils partagent notre point de vue sur la question, ils devraient prendre des initiatives de manière que les résolutions du Conseil de sécurité de l'Onu reflètent la réalité", a dit M. Iacovou à l'issue de la rencontre.

Ce travail de pression auprès des Nations unies intervient à l'approche du vote du Conseil de sécurité sur la reconduction pour 6 mois du mandat des casques bleus à Chypre (15 juin - 15 décembre).

La République de Chypre, internationalement reconnue comme la seule autorité légitime sur toute l'île, mais dont l'autorité ne s'étend de fait que sur la partie sud souhaite que cette résolution critique sévèrement les "provocations" en tout genre dont elle accuse l'armée turque.

Ironie du sort, Strovilia est l'un des points permettant de relier nord et sud de l'île depuis que le passage entre les deux zones a été autorisé, fin mars.

Chypre est divisée depuis l'invasion turque de 1974, qui faisait suite à un coup d'Etat d'ultranationalistes chypriotes grecs désireux de rattacher l'île à la Grèce. (AFP, 5 juin 2003)
 

Initiative commune des diasporas chypriotes grecque et turque

Les associations chypriote-grecque et chypriote-turque représentant les diasporas des deux communautés en Grèce et en Turquie ont décidé de lancer "une initiative inter-communautaire" pour le rapprochement et la paix à Chypre, selon un communiqué commun.

Les deux associations Okoe (chypriote-grecque) et Kibes (chypriote-turque) appellent les représentants des deux communautés "à revenir à la table des négociations pour aboutir à une solution globale sur la base du plan Annan, les résolutions du Conseil de Sécurité et de l'acquis européen".

"Nous exprimons notre volonté et notre détermination à travailler pour une solution de paix viable, fonctionnelle, juste du problème pour qu'enfin la paix revienne à Chypre pour tous les Chypriotes: Chypriotes-grecs, Chypriotes-turcs, Latins, Arméniens et Maronites", selon le communiqué que l'AFP s'est procuré mercredi.

Les principes des résolutions de l'Onu sur Chypre, le droit international, les accords au sommet de 1987 et de 1979 ainsi que l'acquis communautaire européen "sont la base d'une telle solution".

L'Okoe et le Kibes ont décidé de former "une initiative inter-communautaire pour une solution pacifique du problème et le rapprochement".

Cette initiative comprendra des contacts "fréquents", une information mutuelle, l'utilisation d'une page internet commune, l'information des opinions publiques en Grèce, Turquie et Chypre, et des actions culturelles.

Les deux parties expriment leur "satisfaction" pour l'adhésion à l'Union européenne, et soulignent "la nécessité d'un règlement rapide de l'affaire chypriote afin qu'une Chypre unie puisse participer à l'UE". (AFP, 4 juin 2003)
 

L'UE débloque 12 millions d'euros en faveur de la partie turque de Chypre

La Commission européenne a annoncé avoir approuvé mardi une aide financière de 12 millions d'euros pour contribuer au développement économique du nord de Chypre, sous domination turque.

La Commission propose également une série de mesures qui favoriseraient les échanges commerciaux à partir du nord de Chypre, en permettant à ses produits d'être exportés sans droits de douane sur le marché européen.

L'enveloppe financière de 12 millions d'euros comprend neuf millions d'euros pour des projets d'infrastructures et trois millions pour aider l'entité chypriote-turque à se mettre en conformité avec les règles de l'Union européenne (UE).

La Commission rappelle que son objectif est d'encourager la fin de la division de Chypre, dans l'espoir de voir une île unifiée intégrer l'UE en mai 2004.

Pour favoriser les échanges commerciaux entre le nord de Chypre et l'UE, notamment dans le domaine agricole, la chambre de commerce du nord de l'île devrait être habilitée à octroyer toutes les autorisations et certifications nécessaires à ces échanges, propose la Commission.

A la suite d'une décision de la justice européenne datant de 1994, la République turque de Chypre du Nord (RTCN, reconnue par la seule Turquie) ne peut profiter des avantages commerciaux accordés à la partie grecque de l'île en vertu des accords d'association signés entre l'UE et Chypre.

Les modalités de ces mesures, élaborées avec l'accord des autorités chypriotes grecques, doivent encore être précisées à l'occasion du prochain conseil d'association UE-Chypre prévu la troisième semaine de juin, précise la Commission. (AFP, 3 juin 2003)
 

Incident pendant une réunion de la diaspora gréco-chypriote à Athènes

Des gaz lacrymogènes ont été lancés dimanche par des inconnus dans la salle d'un hôtel du centre d'Athènes quelques minutes avant l'ouverture d'une réunion prévue de la diaspora gréco-chypriote, a annoncé l'Agence de presse d'Athènes (ANA, semi-officielle).

Un homme a perdu connaissance au cours de cet incident. Après une inspection des lieux par les pompiers et la police, la réunion s'est déroulée normalement, selon l'ANA.

Avec la participation des représentants de la diaspora turco-chypriote, cette réunion a pour objectif de publier dans la soirée une déclaration commune qui confirmera la volonté de la diaspora chypriote, grecque et turque, pour une solution pacifique du problème de la division de l'île de Chypre ainsi que pour le rapprochement des deux communautés.

Le secrétaire d'Etat au ministère grec des Affaires étrangères, Yannis Makriotis, présent à la réunion, a critiqué l'incident indiquant qu'il ne voulait pas croire que "certains souhaitent miner" ce rapprochement.

La signature en avril du Traité de l'adhésion de Chypre à l'Union européenne (UE) suivie une semaine après par l'ouverture de la "ligne verte" qui sépare depuis 1974 les communautés grecque et turque de Chypre, ont créé un climat favorable sur l'île.

Toutefois, une relance du dialogue entre les deux communautés n'est pas pour le moment prévue après l'achoppement en mars dernier des efforts menés par les Nations unies pour obtenir la réunification de l'île. (AFP, 1 juin 2003)
 

Immigration/Migration

Le groupe turc Nurhan Özcan & Orfüzz au festival "Klikende Munt"

Du 2 au 11 juillet, le Beursschouwburg présente son festival d'été annuel, le "Klinkende Munt", avec une série de concert de musique non occidentale, jazz, world, sonorités expérimentales et curiosités. Tous ces concerts sont gratuits et ont lieu Place de la Monnaie (en plein air), au BSBbis (notre espace culturel) et au Petit Château.

Cette année le Beursschouwburg accueille un groupe turc: Nurhan Özcan & Orfüzz. Le concert se produira le mercredi 2 juillet, à 22u30 au BSBbis (rue de la Caserne 37, 1000 Bruxelles).

Dans ses bagages, Zéki Aya Çolas ?chanteur et joueur de saz- apporte un répertoire quasi inépuisable, constitué entre la Mer Noire et la Mer Egée en passant par l'Anatolie Centrale.

Sa collaboration avec le guitariste et arrangeur Nurhan Özcan nous vaut un voyage en musique turque ou, mieux encore, à travers tous les Balkans.

Nurhan est né en Bulgarie mais a émigré en Turquie à un âge précoce. Il a débuté sa carrière en accompagnant les artistes de la variété turque (par ex. Burhan Öçal, Nédim Nalbantoglu ou encore Roberto de Brassov)

Line-up:

Nurhan Özcan (guitar, vocals), Zéki Ayad Çolas (saz, vocals), Sylvain Dupuis (drums, davul), Gérard Poumaroux (bass), Mohamed Béni (derbouka, percussion), Krassen Lutzkanov (kaval), Georges Eduoard Nouel (piano)

Pour de plus amples informations: Annik Altruy - 02/513.82.90
 

Le HCR demande le réexamen de demandes d'asile de 34 Turcs d'ethnie kurde

Le Haut commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR) a demandé mercredi à Rome aux autorités italiennes de réexaminer les demandes d'asile de 34 citoyens turcs d'ethnie kurde, qu'elles ont rejetées, a indiqué une porte-parole.

Ces 34 Kurdes mènent une grève de la faim depuis le 12 juin sur la Piazza Venezia, en plein centre de Rome, et sont déjà dans un état de déshydratation préoccupant, a précisé à l'AFP la porte-parole Laura Boldrini.

Le HCR estime que certains éléments en sa possession permettent d'envisager que le statut de réfugié soit accordé à certains d'entre eux. Il demande que tous les cas soient réexaminés individuellement.

Le représentant du HCR siège au sein de la commission italienne d'attribution du statut de réfugié, mais n'a qu'un rôle consultatif. Sur plusieurs de ces 34 cas, il s'est trouvé en désaccord avec la commission.

Dans l'espoir d'un réexamen, le HCR demande aux grévistes de la faim de cesser leur mouvement de protestation. (AFP, 25 juin 2003)

Un total de 244 clandestins interpellés dans l'est et l'ouest de la Turquie

Les forces de sécurité turques ont interpellé lundi dans l'est et l'ouest du pays 244 clandestins, en majorité des Afghans, entrés illégalement en Turquie pour tenter de gagner l'Europe, rapporte l'agence Anatolie.

Dans la province de Van (est), les gendarmes ont interpellé 185 Afghans qui seraient entrés à pied en Turquie depuis l'Iran.

Dans le cadre d'une seconde opération à Edirne (ouest), à la frontière avec la Grèce, les forces de sécurité ont intercepté 59 clandestins --des Pakistanais, Afhgans, Iraniens et Palestiniens-- et deux passeurs turcs.

Les clandestins devaient être rapidement expulsés.

La Turquie est un important point de passage pour les clandestins qui tentent de gagner l'Europe de l'ouest.

Les interpellations de clandestins ont augmenté avec l'arrivée de l'été qui favorise leur déplacement. (AFP, 23 juin 2003)
 

Le passeport bulgare, précieux sésame en Turquie, en cas d'adhésion à l'UE

Plus de 300.000 Turcs ayant fui la Bulgarie à la fin des années 1980 ont depuis renouvelé leur passeport bulgare, considéré comme un précieux sésame dans l'éventualité où Sofia entre dans l'Union européenne (UE) en 2007, selon l'Association pour la solidarité avec les immigrés des Balkans.

"Environ la moitié des 700.000 (membres de la minorité turque de Bulgarie) qui ont été forcés à émigrer en Turquie à partir de 1989 ont renouvelé leur passeport bulgare", a déclaré samedi à l'agence Anatolie Emin Balkan, à la tête de l'association.

La minorité turque bulgare, victime des répressions du régime communiste, avait massivement émigré vers la Turquie en 1989, après une campagne de "bulgarisation" qui obligeait notamment les Turcs à adopter des patronymes bulgares, une disposition supprimée à la chute du régime.

La crise économique traversée par la Turquie depuis 2001 et la perspective d'une entrée de la Bulgarie dans l'Union européenne à l'horizon 2007, avec dès lors la possibilité pour ces Turcs de travailler en Europe ou d'y envoyer ses enfants pour leurs études, expliquent cet afflux de renouvellement de passeports, selon M. Balkan.

La Bulgarie souhaite achever les négociations d'adhésion avant mai 2004. Quant à la Turquie, ce n'est qu'en décembre 2004 que les dirigeants de l'UE doivent décider si elle a rempli les conditions nécessaires à l'ouverture de négociations sur son adhésion. (AFP, 21 juin 2003)
 

Dix Turcs expulsés de Russie pour activités religieuses illégales

Le Bachkortostan, une république russe de l'Oural dont la moitié de la population - des Bachkirs et des Tatars - est de confession musulmane, a expulsé dix citoyens turcs pour "activités religieuses et nationalistes illégales", a annoncé l'antenne locale des services spéciaux FSB, citée samedi par Itar-Tass.

Une société privée turque, Serhat, avait fondé en 1992 une chaîne de pensions turco-bachkires pour garçons talentueux dans plusieurs villes industrielles de la république. Son initiative avait été soutenue à l'époque par le ministère bachkir de l'Education et le nombre des élèves a atteint un millier. Le bachkir fait partie de la famille des langues turques.

Toujours selon le FSB cité par Itar-Tass, pendant une décennie, des "missionnaires turcs" ont éduqué des jeunes dans un esprit de nationalisme turc, faisant l'éloge de la Turquie, présentée comme un pays leader mondial, au détriment de la Russie.

D'après les services spéciaux russes, les Turcs expulsés étaient membres du mouvement nationaliste religieux Nurcular, qui a des liens avec l'organisation extrémiste turque des Loups Gris. Ils ne s'occupaient pas seulement de l'enseignement, mais étaient actifs aussi dans les affaires.

Le ministère bachkir de l'Education a dénoncé l'accord de coopération avec la société Serhat et ses écoles seront maintenant réorganisées sans participation turque, ajoute Itar-Tass.

Le Bachkortostan, une république de 4 millions d'habitants, compte plus de 900 organisations religieuses sur son territoire, dont 622 sont enregistrées officiellement auprès du ministère de la Justice. (AFP, 21 juin 2003)
 

259 clandestins interpellés dans l'est de la Turquie

Les forces de sécurité turques ont interpellés 259 clandestins, en majorité des Pakistanais, qui s'étaient introduits en fraude dans le pays pour tenter de gagner l'Europe, rapporte l'agence Anatolie.

Les autorités ont interpellé mercredi un camion transportant 67 Pakistanais et huit Afghans dans la province de Van, dans l'est du pays, et ont arrêté 134 autres Pakistanais, 27 Bangladais et 23 Afghans dans les villes d'Ozalp et de Gevas, dans cette même province.

Les clandestins devaient être rapidement expulsés.

La Turquie est un important point de passage pour les clandestins qui tentent de gagner l'Europe de l'ouest. (AFP, 5 juin 2003)
 

Un dirigeant présumé du PKK en Allemagne renvoyé devant le tribunal

Un dirigeant présumé du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, interdit en Allemagne) a été renvoyé devant un tribunal en Allemagne pour appartenance à une organisation criminelle, prise d'otage et trouble à l'ordre public, a annoncé mardi le Parquet fédéral.

Agé de 48 ans, Ali Z., un Turc d'origine kurde, a dirigé entre janvier 1998 et mai 1999 la branche "Nord-ouest" du PKK en Allemagne, qui inclut les villes de Hambourg, Brême, Kiel et Oldenbourg, selon le Parquet fédéral basé à Karlsruhe (ouest). L'accusé est en détention provisoire depuis le 6 décembre 2002.

Ali Z. est accusé de trouble à l'ordre public et de participation à une prise d'otage dans le cadre de l'occupation avec violence du centre régional du Parti social-démocrate (SPD) à Hambourg le 17 février 1999.

Sous ses ordres, 20 Kurdes forcèrent l'entrée du bâtiment, ravagèrent les bureaux du troisième étage et s'y barricadèrent, menaçant de mettre le feu au président local du SPD en cas d'intervention de la police.

En outre, certains occupants penchèrent dangereusement des otages par la fenêtre pour impressionner la police, selon le parquet.

Le PKK est interdit depuis 1993 en Allemagne à la suite d'une vague d'attentats terroristes contre des intérêts turcs et allemands dans le pays. Les arrestations de "dirigeants présumés" de ce mouvement se sont multipliées en Allemagne après la condamnation à mort du chef du PKK Abdullah Ocalan par la Turquie en juin 1999. (AFP, 3 juin 2003)
 
 

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