A non-government information center on Turkey
Un centre d'information non-gouvernemental sur la Turquie

28th Year / 28e Année
INFO-TURK

53 rue de Pavie - 1000 Bruxelles
Tél: (32-2) 215 35 76 - Fax: (32-2) 215 58 60
editor@info-turk.be
Chief Editor /Rédacteur en chef: Dogan Özgüden - Responsible editor/Editrice responsable: Inci Tugsavul
 

A son 28e anniversaire, le collectif
Info-Türk s'est transformé en une fondation
*
At its 28th anniversary, the working group
Info-Türk transforms into a foundation


 

Novembre 2003 November
 

Attentats à la voiture piégée à Istanbul


Toutes les informations du mois
All informations of the month

 

Turquie-USA-Irak / Turkey-USA-Iraq

Attentats: pas de liens apparents avec des groupes étrangers
La Syrie a livré à la Turquie 22 suspects liés aux attentats d'Istanbul
Les talibans libèrent un ingénieur turc kidnappé début novembre
Inculpation du suspect n°1 dans l'attaque suicide contre une synagogue
L'IBDA-C, qui revendique les attentats d'Istanbul, actif en Europe (presse allemande)
Une conférence sur Jean Paul II prévue à Istanbul annulée par l'Italie
Le bilan des attentats d'Istanbul s'alourdit à 61 morts, dont 4 kamikazes
Attentats islamiques: Bekir Coskun: "Notre tâche est difficile"
Une nouvelle tension turco-européenne concernant les mesures contre la terreur
Le Premier ministre rejette l'épithète "islamiste" attribué aux attentats
Trois matches prévus en Turquie sont reportés à cause des attentats
Les racines de la récente violence islamique sont en Turquie
The recent islamic violence's roots are in Turkey
Attentat suicide de Kirkouk: arrestation de trois Turcs (UPK)
Bingol, ville de kamikazes turcs, dans le collimateur de la police
Le Premier ministre s'interroge sur le rôle d'Al-Qaïda
Le gouvernement et la police rejettent la responsabilité sur les médias
Manifestations  pour dénoncer les attentats d'Istanbul
Le MGK veut étendre les mesures répressives contre l'opposition kurde
Attentats contre des intérêts britanniques à Istanbul, 27morts
Le Conseil de sécurité de l'ONU condamne les attentats d'Istanbul
Les responsables européens condamnent les attentats d'Istanbul
La Belgique et les Pays-Bas conseillent d'éviter les endroits touristiques en Turquie
HSBC, deuxième banque mondiale, présente dans 79 pays
Ankara essaie d'exploiter le drame afin de justifier ses pratiques répressives
Attentats à la voiture piégée contre deux sinagogues à Istanbul
Réactions et condamnations à l'échelle internationale
La communauté juive en Turquie
Les relations problématiques turco-israéliennes
Réunion Turquie-USA-HCR sur le retour des Kurdes de Turquie réfugiés en Irak
Foreign Minister too threatens Kurd in Iraq
Accrochages controversés près de la frontière turque  en Irak
Malgré l'annulation de l'envoi de troupes,l'Armée continue à menacer les Kurdes d'Irak
Foreign Minister Gul says Turkish soldiers will remain in Northern Iraq
Ankara reproche aux Etats-Unis de favoriser les Kurdes en Irak
Ankara renonce à l'idée d'intervenir en Irak
Barzani calls for a Kurdistan Federation in northern Iraq
Massoud Barzani accuse Ankara de ne pas saisir leur "sincérité"
Is Turkey ready to accept a federal Iraq?
Prochaine réouverture de l'oléoduc Irak-Turquie

Forces armées/Armed Forces

Exercice de simulation en Turquie pour la Force de réaction rapide de l'OTAN
Defense Industry Undersecretary ready to bid for International contracts

Politique intérieure/Intrior Policy

Over 80 percent of Turks say democracy is not fully functioning
Corruption: le parti au pouvoir veut des enquêtes sur quatre ex-ministres
Cour des droits de l'Homme: la Turquie condamnée pour avoir dissous un parti
Turkey's central administration is shrinking
A former DYP deputy's acquittal quached by Courft of Cassation

Droits de l'Homme / Human Rights

La Turquie condamnée pour six procès "inéquitables" par la Cour européenne
IHD and TIHV: "Death Penalty should be outlawed also for wartimes"
La Turquie condamnée pour des tortures imposées à des avocats
Trial of TIHV Board Members started in Ankara
Earthquake Victims Detained in Ankara
Conseil de l'Europe: la Turquie ratifie l'abolition de la peine de mort
Child prisoners ill-treated in prison
Left-wing students attacked by rightists at university
Pressures in prison "to benefit from the Repentance Law"
Dev-Sol verdict quashed by higher court
Violentes  manifestations contre la tutelle sur l'université
AK Party scrutinizes leftist convicts pardoned by Sezer
WILPF Report on the situation of political prisoners in Turkey
Recent human rights violations in brief

Pression sur les médias / Pressure on the Media

Zarakolu's trial for an anti-junta book on December 3
A recent list of the banned books in Turkey
Besikci's "International Colony Kurdistan" translated into English
Une équipe de cinéma interpellée pour port d'armes sur un plateau de tournage
Acquittement des auteurs d'un livre sur l'histoire des Kurdes
WAN and WEF are concerned at journalists' prosecution in Cyprus
Chypre nord : 3 nouveaux journalistes inculpés pour outrage à l'armée turque
RTUK broadcasting penalties decrease 87 percent in 2003
Un journaliste chypriote risque 10 ans de prison pour "outrage à l'armée turque"
Recent  violations of press and expression freedom

Kurdish Question / Question kurde

Nouvel obstacle pour le lancement du premier cours de kurde
Neuf militants kurdes tués en deux jours d'affrontements avec l'armée turque
Les Kurdes de Turquie craignent les retombées des attentats d'Istanbul
Three Kurdish militants killed in clash with army
La mise en liberté de quatre députés kurdes rejetée pour la 9e fois
14 militants kurdes tués au cours d'affrontements avec l'armée turque
Des juges brièvement pris en otages à Istanbul par des militants kurdes
New regulation on broadcasting in Kurdish
La nouvelle organisation kurde KONGRA-GEL appelle la Turquie au dialogue
Deporting Kurdish Boat People Arouses Protests
Affrontements entre manifestants pro-kurdes et policiers à Istanbul
Auto-dissolution du KADEK
U.S. rejects claims of clash between its forces and KADEK
AtaturkÕs phrase for peace considered illegal when in Kurdish
L'enseignement du kurde n'est toujours pas une réalité en Turquie
DEHAP Executives sentenced in Erzurum and Kars
La police arrête 10 militants présumés du PKK/KADEK
"Le plus gros obstacle pour l'adhésion est le problème kurde et non Chypre"
Le procès pour viol de 405 soldats turcs continue sans ses accusés
Mine Danger will increase as Kurdish villagers return
Nombreux inscrits aux cours de kurde, mais la Turquie retarde son feu vert
Quatre militants kurdes tués dans des accrochages en Turquie
Les marchandages d'Ankara sur les députés kurdes en prison
Tortures par les forces spéciales de la gendarmérie in Hakkari
Le drame d'une jeune femme kurde torturée en garde-à-vue avec son fils
Prisoners beaten by soldiers before their trial in Van
Detained children ill-treated at police station in Istanbul
New Kurdish language centre in Van receives great interest

Minorités / Minorities

Le séminaire grec orthodoxe de Halki attend sa réouverture
Education Minister: Heybeliada Seminary Should No More Be Closed

Affaires religieuses / Religious Affairs

La plus haute juridiction turque critique le gouvernement pour voile islamique
AKP officials raise voice on turban issue
Defendant taken out of the courtroom for wearing headscarf

Socio-économique / Socio-economic

Tourisme vers la Turquie: Des annulations en masse
Dix mineurs auraient été tués dans un coup de grisou dans le sud de Turquie
15-year-old K.D. killed by her brother in the name of family honour
Sezer Applies To Constitutional Court For Cancellation Of Two Articles
Possible nouvelle tentative de privatisation de Tekel d'ici fin 2003
Trois accidents en 72 heures dans les détroits turcs
Scandale bancaire: un procureur demande des milliers d'années de prison
Turkey cancels planned privatisation of Tekel
Le gouvernement turc souhaite privatiser 51% de Turk Telekom
World Bank Approves US$4, 5 Billion Credit For Turkey
La police turque a saisi 507 kg d'héroïne, sa plus grosse prise historique
Women should be rescued from TCK's 'centimeter justice'
Les médecins en grève pour des revendications salariales
500,000 Children in Turkey in Need of Protection

Relations turco-européennes / Turkey-Europe Relations

Erdogan: Ankara doit obtenir une date pour les négociations d'entrée dans l'UE
AK Party Gathers Europe's Conservative Democrats in Turkey
Joschka Fischer appelle Ankara à accélérer les réformes après les attentats
Ankara veut rassurer sur ses réformes démocratiques malgré les attentats
Stockholm estime que la Turquie traîne toujours sur les droits de l'Homme
Un Germano-Turc millionnaire candidat SPD aux élections européennes
Turkey and EU Passed Ball to Each Other In Rome
La pression européenne sur la Turquie monte dans le dossier chypriote
The role of the Turkish military should be decreased: Verheugen 
L'absence de règlement sur Chypre hypothèque la candidature d'Ankara
Ankara admet les critiques, mais rejette tout lien avec Chypre
Chypre accueille favorablement le rapport de l'UE sur la Turquie
Smitis: "Ankara a fait des pas importants vers l'UE mais non suffisants"
Washington juge positif le rapport de la Commission de l'UE sur la Turquie
L'ancien PM français Balladur réticent sur l'adhésion de la Turquie
Un adolescent arrêté après l'attaque contre l'ambassade turque à La Haye
Le départ de Renault et de Ford vers la Turquie n'inquiète pas Verhofstad
Verhofstadt: "La Turquie doit encore relever des défis "

Relations régionales / Regional Relations

Des responsables talibans affirment avoir libéré un ingénieur turc kidnappé
Accord sur le prix du gaz russe vendu à la Turquie, après des mois de crise
La Berd approuve l'aide financière au projet d'oléoduc depuis la Caspienne
Ankara décline une offre d'escale de Sharon à Ankara
Urgent call for Kurdish refugees from Iran in Turkey
Un ingénieur turc enlevé sur la route Kaboul-Kandahar

Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece

Loizidou: le Conseil de l'Europe reporte l'examen du paiement de l'indemnité
Nicosie veut aider les Chypriotes-turcs à voter lors des élections de l'UE
Des problèmes "pratiques" retardent le déminage à la frontière gréco-turque
Les garde-côtes turcs arraisonnent un bateau de clandestins en Mer Egée
Pas de volonté politique d'Ankara pour une solution à Chypre (Papadopoulos)
Erdogan a confirmé son soutien au régime militariste de Denktas à Chypre
La déclaration menaçante d'un haut commandant turc sur Chypre
L'échec de la réunification de Chypre ne serait pas un "désastre", selon Denktash
Nouvelle injonction du Conseil de l'Europe à la Turquie
Schroeder appelle Ankara à la "raison" pour une solution à Chypre
Ulsever (TDN): Ignorant Cyprus policies of the status quo
New menaces from Turkish Army's Chief on Iraq and Cyprus
Les élections à Chypre nord deviennent  la clé de l'adhésion turque à l'Union européenne
Réorganisation des forces armées grecques: accent mis sur la "menace turque"
La minorité musulmane de Thrace veut pouvoir se redire "turque"
L'échec de l'accord Grèce-Turquie sur les couloirs aériens
Denktas insists on Cyprus' division into two states

Immigration / Migration

Polémiques autour de la rupture du jeûne avec l'extrême-droite turque
Le communiqué du Conseil de Coordination Belgo-Turc (BTTK)
Un journaliste attaqué lors de la rupture du jeûne par une activiste du BTTK
Commentaires de la rédaction de RésistanceS
La Libre Belgique: Fréquentations turques contestées
Rupture du jeûne: Des élus des partis politiques belges avec l'extrême-droite turque
Un centre d'accueil pour 400 clandestins créé à la frontière gréco-turque
Rassemblement de TAYAD devant le Parlement européen

 


 

Turquie-USA-Irak / Turkey-USA-Iraq

Attentats: pas de liens apparents avec des groupes étrangers

Avec l'inculpation d'un témoin clef samedi et l'identification dimanche du quatrième kamikaze des attentats d'Istanbul, la police turque commence à reconstituer le réseau terroriste turc, mais n'établit pas de liens apparents avec des groupes radicaux étrangers.

Dimanche, le gouverneur d'Istanbul Muammer Guler a annoncé que le kamikaze de l'attentat contre la banque britannique HSBC, le 20 novembre, a été identifié par l'analyse de sa carte ADN, a rapporté l'agence Anatolie.

L'homme, présenté comme Ilyas Kuncak, serait originaire d'Ankara, né en 1956, à indiqué le gouverneur, contredisant une précédente identification.

Jusqu'à présent, a indiqué le gouverneur Guler, 21 personnes sont en état d'arrestation après inculpation, 16 personnes sont toujours interrogées par la police anti-terroriste, sur un total de 133 personnes interpellées.

Quatre kamikazes avaient lancé leurs camions bourrés d'explosifs contre les synagogues Neve Shalom et Beth Israël, le 15 novembre, et contre le Consulat général britannique et la banque HSBC, le 20 novembre. Trois d'entre eux avaient déjà été identifiés.

Les deux doubles attentats, contre deux synagogues le 15 novembre (20 morts) et cinq jours après contre des intérêts britanniques (27 morts), ont été revendiqués à la fois par le Front islamique des combattants du Grand Orient (IBDA-C, turc) et par l'organisation Al-Qaïda du Saoudien Oussama ben-Laden.

Malgré la discrétion des enquêteurs, il s'avère que le profil des terroristes turcs confirme leur appartenance à des mouvements islamistes radicaux connus, plus ou moins démantelés, ou de formation récente.

Si l'IBDA-C a revendiqué les quatre attaques d'Isatnabul par un appel téléphonique non authentifié, les soupçons ne semblent guère se porter vers ce groupuscule décapité par l'arrestation fin 1998 de son chef, emprisonné à vie désormais.

"Les trois noms qui reviennent dans cette enquête sont le Hizbullah, le Beyyat al-Islam et le Djihad islamique", indiquait dimanche la chaîne d'informations continues CNN-Turk.

Si la plupart des kamikazes identifiés ou des personnes recherchées dans le cadre de cette enquête sont effectivement connus pour leur proximité ou leurs liens avec le Hizbullah, et originaires de régions où ce mouvement est le mieux implanté, aucun lien actuellement n'est avéré avec le moindre groupe étranger.

Le Hizbullah, qui connut son heure de "gloire" au début des années 90 en participant à la lutte contre le mouvement kurde, est passablement affaibli depuis l'élimination de son leader il y a moins de 3 ans et une série d'opérations de police menant à des centaines d'arrestations.

Plusieurs dizaines de ses membres sont actuellement jugés à Diyarbakir pour leur implication présumée dans l'assassinat du Directeur de la Sûreté de cette ville, Gaffar Okkan, en janvier 2001.

Certaines des personnes recherchées, comme Habib Aktas, ont vu leur nom cité dans ces procès jugeant des membres du Hizbullah, écrit le journal Hurriyet.

Le nom du Beyyat al-Imam apparaissait vendredi dans Hurriyet où les services de renseignements turcs étaient présentés comme connaissant les liens entre le jordanien Abou Moussab al-Zarkaoui, réputé proche d'Oussama ben-Laden et soupçonné d'avoir commandité les attentats, et les militants du Hizbullah et de Beyyat al-Imam, en français "Union des Imams".

Le journal rappelait que trois militants de ce groupe, non turcs, avaient été interceptés à la frontière turco-iranienne, en février 2002, alors qu'ils tentaient de rejoindre Israël pour y commettre des attentats suicide.

Dimanche, le journal Zaman évoquait parmi les suspects ayant pu jouer un "rôle important" dans les attentats d'Istanbul le nom d'Ali Uzum, "représentant" en Turquie de Beyyat al-Islam, interpellé récemment.

Mais les indices de l'implication d'un mouvement étranger restent à l'état d'hypothèses, Cumhuriyet affirmant dimanche que l'organisation responsable des attaques des 15 et 20 novembre est "la cellule turque d'Al-Qaïda", de tendance "wahabbiste-salafiste", sans nom connu.

Selon Milliyet, citant des indiscrétions policières, le suspect inculpé samedi de "tentative de renverser l'ordre constitutionnel par la violence", Yusuf Polat, aurait revendiqué "être d'Al-Qaïda".

Le journal cite un "haut responsable de la police", affirmant que les hommes de cette cellule de 10 à 15 personnes ont "à un moment" travaillé pour le Hizbullah et "seraient la version directe d'Al-Qaïda en Turquie".

Mais jusque là, seuls les séjours de certains des suspects ou des kamikazes en Afghanistan, au Pakistan, en Tchétchénie ou en Bosnie semblent aller dans le sens d'une implication étrangère dans les plus graves attentats terroristes qu'ait connus la Turquie. (AFP, 30 novembre 2003)
 

La Syrie a livré à la Turquie 22 suspects liés aux attentats d'Istanbul

La Syrie a livré à la Turquie 22 suspects recherchés dans le cadre de l'enquête sur les attentats d'Istanbul les 15 et 20 novembre, a annoncé dimanche soir le commandement de la gendarmerie turque cité par l'agence Anatolie.

Ces suspects seraient liés à une personne, du nom d'Azat Ekinci, qui a "joué un rôle important dans la fourniture de deux véhicules et dans la direction des attentats", selon le communiqué de la gendarmerie.

Cette coopération s'est réalisée "dans le cadre d'un accord de lutte anti-terroriste signé entre les deux pays", dit encore le texte.

La gendarmerie turque indique avoir informé Damas que des personnes mêlées aux attentats d'Istanbul avaient trouvé refuge en Syrie, et ce pays a réagi en les arrêtant et les remettant à la Turquie.

L'information a été confirmée par le gouverneur de la province de Hatay (Antioche), Abdulkadir Sari, qui s'exprimait sur la chaîne d'informations continues NTV.

"C'est vrai. 22 personnes se trouvent actuellement au commandement régional de la gendarmerie", a dit M. Sari, précisant que deux des suspects sont un proche d'Azat Ekinci et son épouse et les autres "des étudiants dans une école religieuse de Syrie".

La Syrie a longtemps hébergé le chef du PKK (séparatistes kurdes de Turquie) Abdullah Ocalan, jusqu'à ce que celui-ci soit expulsé fin 1998 puis arrêté par la Turquie au Kenya le 15 février 1999. (AFP, 30 novembre 2003)
 

Les talibans libèrent un ingénieur turc kidnappé début novembre

Un ingénieur turc kidnappé début novembre par les talibans sur le chantier de la route Kaboul-Kandahar a été libéré sain et sauf dimanche matin par ses ravisseurs dans le sud-est de l'Afghanistan.

L'ingénieur turc Hasan Onal a été libéré vers 9H30 (5H00 GMT) sur la route Kaboul-Kandahar, près de la localité de Moqur (230 km au sud-ouest de Kaboul, province de Ghazni), selon l'entreprise américaine de travaux publics Louis Berger, en charge de la reconstruction de cette route.

M. Onal a été retrouvé sain et sauf par l'une des équipes de sécurité de Louis Berger. Il est en bonne santé, et a été ramené à Kaboul dimanche après-midi.

Hasan Onal, ingénieur travaillant pour la société turque Guslan Cukurova et son chauffeur afghan avaient été enlevés début novembre par des inconnus alors qu'ils circulaient sur la route Kaboul-Kandahar, dans la province de Zaboul (environ 300 km au sud de Kaboul).

Les deux hommes avaient été emmenés dans les montagnes, vers la frontière pakistanaise. Le chauffeur avait été libéré le lendemain de l'incident, avec une lettre des ravisseurs demandant la remise en liberté de plusieurs responsables talibans emprisonnés.

"Nous le rendons à sa famille et à son pays", s'est félicité le ministre afghan de l'Intérieur, Ali Ahmad Jalali, au cours d'une conférence de presse organisée dimanche après-midi aux côtés de l'ingénieur turc.

Les traits tirés, le visage mangé par une barbe de plusieurs semaines, M. Onal était vêtu à l'afghane et s'est simplement dit "heureux" d'être libre. Il était entouré de deux de ses collègues turcs de Gulsan Cukurova, visiblement émus de retrouver leur ami, ainsi que de l'ambassadeur de Turquie à Kaboul, Mufit Ozdes.

"Cette libération a été obtenue grâce à d'intenses négociations, impliquant le gouverneur de Ghazni, Asadullah Khaled, une délégation du ministère, ainsi que des leaders tribaux", a expliqué le ministre.

"Les talibans se sont rendus compte que le garder ne servirait à rien. Ils l'ont libéré sans condition", a-t-il encore affirmé.

"Il n'y a pas eu d'échanges de prisonniers. Nous avons envoyé des anciens, des responsables religieux pour négocier avec les talibans", a renchéri le gouverneur de Ghazni, assurant que les ravisseurs de l'ingénieur avait également accepté de le libérer "parce qu'il est musulman".

"Les talibans demandaient la libération de huit des leurs, actuellement emprisonnés par le gouvernement. Aucun d'entre eux n'a été remis en liberté", a-t-il encore affirmé.

"Le commandant taliban avec lequel nous avons négocié se nomme Rozi Khan", a précisé M. Asadullah Khaled.

Selon Rozi Khan, cité samedi par l'agence Afghan islamic presse (AIP, basée au Pakistan), l'ordre de remettre en liberté M. Onal est venu du mollah Obaidullah, ancien ministre de la Défense sous le régime des talibans et adjoint du mollah Omar, leader du mouvement islamiste aujourd'hui en fuite et recherché par les troupes américaines.
 Les négociations ont été menées du côté taliban par mollah Abdul Rahouf, commandant taliban pour la zone sud-est, et mollah Abdul Salam Roketi, selon un autre responsable taliban pour le sud-est.

Interrogé au téléphone satellitaire par l'AFP, cette source a affirmé que neufs talibans avaient été remis en liberté, dont "deux qui ont bénéficié d'une amnistie pour l'Aïd (fin du ramadan)".

Sayed Khel, l'ancien vice-ministre de l'Education sous les talibans, emprisonné par l'actuel gouvernement et dont les combattants islamistes réclamaient depuis plusieurs semaines la libération, figure parmi ces prisonniers libérés, toujours selon la même source.
 Le gouverneur de Ghazni a démenti cette dernière information.

Mais "quelques autres talibans sans envergure ont été effectivement remis en liberté dans le cadre d'une amnistie ordonnée par le président Hamid Karzaï pour la fin du ramadan", a-t-il cependant reconnu, sans autres précisions. (AFP,30 novembre 2003)
 

Inculpation du suspect n°1 dans l'attaque suicide contre une synagogue

L'homme présenté par la police turque comme ayant donné le feu vert à l'attaque suicide contre une des synagogues d'Istanbul visées par des attentats le 15 novembre, a été inculpé samedi soir par une Cour de Sûreté de l'Etat et écroué, a rapporté l'agence Anatolie.

Entendu par un procureur puis par un juge, il a été inculpé pour "tentative de renverser l'ordre constitutionnel par la violence", ont indiqué des sources judiciaires à un correspondant de l'AFP sur place.

Il est le premier suspect à être poursuivi sous un chef d'inculpation aussi lourd, les 18 autres inculpés l'ayant jusque-là été pour "appartenance ou assistance à une organisation illégale".

Son crime est passible d'une peine de prison à perpétuité, ayant remplacé pour les crimes contre l'état la condamnation à la peine de mort, après son abolition en août 2002.

Ce suspect avait été amené samedi matin sur les lieux de l'attentat contre la synagogue Beth Israël, dans le quartier de Sisli (rive européenne d'Istanbul), pour une brève reconstitution sur place, deux semaines après le double attentat qui a visé simultanément la synagogue Neve Shalom.

"L'enquête a montré que cette homme avait donné l'ordre de lancer l'opération (suicide) en se rendant sur les lieux peu avant, avec plusieurs des auteurs de l'attaque", avait expliqué dans la matinée la Direction de la Sûreté d'Istanbul.

L'homme, présenté comme Yusuf Polat par les media, avait été intercepté le 25 novembre au poste frontière d'Agri, alors qu'il tentait de fuir vers l'Iran, avec des faux papiers, selon la même source.

Les cinq autres suspects déférés samedi devant la même cour ont été remis en liberté.

Jusque là, neuf personnes ont été écrouées pour leur participation aux attentats contre les synagogues, le 15 novembre, et contre des intérêts britanniques, le 20 novembre, qui ont fait un total de 61 morts et près de 700 blessés. (AFP, 29 novembre 2003)
 

L'IBDA-C, qui revendique les attentats d'Istanbul, actif en Europe (presse allemande)

Le groupe islamiste extrémiste turc IBDA-C qui revendique, avec Al-Qaïda, les deux séries d'attentats perpétrés à Istanbul, est également actif en Europe occidentale depuis 1995, où il compte quarante membres, rapportent plusieurs médias allemands samedi.

L'IBDA-C est notamment présente en Allemagne, en France, aux Pays-Bas, en Suisse et en Suède, selon la chaîne publique de télévision allemande ARD et le journal dominical Welt am Sonntag, qui citent un "rapport interne de la police criminelle allemande (BKA) datant d'avril 2003", dont ils affirment détenir une copie.

La porte-parole de la police criminelle a qualifié les chiffres présentés par les médias de "spéculations". "Nous estimons que le groupe terroriste compte un nombre réduit de membres en Allemagne", a-t-elle ajouté, refusant de commenter davantage un rapport interne.

Les médias allemands affirment qu'IBDA-C compte plusieurs centaines de sympathisants en Allemagne et que les membres du groupe seraient déjà passés à l'action: le 22 novembre 1996, ils auraient incendié un centre culturel turc à Hanovre (nord), et en avril 2001, ils auraient lancé une grenade à main contre le consulat général turc de Duesseldorf (ouest).

D'après l'émission Report diffusée par ARD, le groupe dispose de cellules dans huit villes allemandes.

Dans son rapport d'avril 2003, le BKA juge l'IBDA-C comme "très disposé à recourir à une violence extrême", y compris en Allemagne, et note que "ses actions de propagande et de terrorisme se concentrent sur Istanbul".

L'IBDA-C n'exclut par de recourir à la violence contre l'Allemagne si celle-ci venait à s'engager militairement en Irak par exemple, a en outre mis en garde un membre du groupe, Zafer Yilmaz, lors d'une interview à la chaîne de télévision allemande privée Spiegel TV.

"Istanbul était un détail, le vrai massacre est encore à venir", a déclaré Yilmaz, qui a assuré compter environ 500 sympathisants en Allemagne.

Selon le quotidien turc Aksam, les services de renseignement turcs ont recoupé les informations sur les quatre kamikazes, établissant entre eux de nombreuses similitudes comme leur passage en Tchétchénie et en Bosnie, et leur appartenance aux organisations IBDA-C et Hizbullah. (AFP, 29 novembre 2003)
 

Une conférence sur Jean Paul II prévue à Istanbul annulée par l'Italie

Le ministère des Affaires étrangères italien a annulé samedi, à la suite de risques signalés par les autorités turques, une rencontre culturelle prévue à Istanbul pour fêter les 25 ans de pontificat de Jean Paul II, a-t-on appris samedi à Rome.

Le cardinal français, Mgr Roger Etchegaray, devait participer à cette rencontre programmée de longue date pour le 2 décembre.

Le ministère italien, la Farnesina, a organisé une série d'initiatives, notamment des conférences avec des vaticanistes de renom et des cardinaux, dans les instituts culturels du monde entier afin de fêter les 25 ans de pontificat de Jean Paul II. La rencontre d'Istanbul s'inscrivait dans ce programme.

La grande métropole turque a été le théâtre en novembre d'une vague d'attentats qui ont visé, le 15 novembre, deux synagogues, faisant 20 morts et plus de 200 blessés, puis des intérêts britanniques, coûtant la vie à 27 personnes et causant plus de 450 blessés.

Après ces attentats, le souverain pontife avait condamné le terrorisme comme "une atteinte à la dignité humaine" et comme "un crime contre l'humanité". (AFP, 29 novembre 2003)
 

Le bilan des attentats d'Istanbul s'alourdit à 61 morts, dont 4 kamikazes

Soixante-et-une personnes ont été tuées, y compris quatre kamikazes, dans les attentats suicide des 15 et 20 novembre à Istanbul, a-t-on appris vendredi auprès de la police d'Istanbul.

Deux attentats à la voiture piégée, le 15 novembre, devant deux synagogues du centre ville ont fait 29 morts, dont deux kamikazes, et deux attentats similaires, le 20 novembre, devant une banque et devant le consulat britannique ont fait 32 morts, dont deux kamikazes, a déclaré un porte-parole de la police interrogé par l'AFP.

La police a recensé un total de 677 blessés dans les deux attentats, a-t-il ajouté.

D'autre part, quatre "mercenaires" étrangers, un Allemand et trois Turcs, ont été tués par les forces russes, a annoncé vendredi un porte-parole de ces forces, et deux Tchétchènes sont morts dans un règlement de comptes avec un groupe de rebelles, selon une source du ministère russe de l'Intérieur.

Les corps des quatre mercenaires ont été trouvés parmi ceux de 22 rebelles tués lors d'une attaque des forces russes il y a quelques jours près de Serjen-Iourt (sud-est), a expliqué le porte-parole des forces russes dans la république, le colonel Ilya Chabalkine, cité par l'agence Itar-Tass.

"En ce qui concerne l'élimination de citoyens turcs, ce pays membre de l'Otan fait des discours sur l'antiterrorisme mais ne fait pas d'effort pour empêcher l'enrôlement massif de mercenaires à destination de la Tchétchénie", a-t-il ajouté.

Par ailleurs, un groupe de sept rebelles est entré au domicile d'un représentant local du parti russe Edinaïa Rossia, Idriss Kadyrov, et l'a abattu sur place, jeudi soir dans le village de Dichne-Vedeno (sud-est), selon le ministère russe de l'Intérieur.

Un rebelle, Islam Biziev, se trouvant dans un maison voisine est intervenu après avoir entendu les coups de feu et a été abattu à son tour, selon cette source.

Selon un responsable local du parti Edinaïa Rossia, Khalid Iamadaïev, cité par Interfax, M. Kadyrov se trouvait dans cette région de la Tchétchénie pour convaincre des rebelles indépendantistes de rendre les armes. (AFP, 28 novembre 2003)
 

Attentats islamiques: Bekir Coskun: "Notre tâche est difficile"

"Même si la comparaison avec les attentats du 11 septembre aux Etats-unis serait excessive, notre travail s'avère plus difficile que celui des Américains quant aux attentats qui viennent d'être perpétrés.

"Nos terroristes ne viennent pas d'ailleurs. Ce sont bien les nôtres. Ils n'ont pas besoin pour perpétrer des attentats d'aller dans un autre pays, de changer d'identité, d'apprendre une autre langue, ou de s'afficher déguisés sous une autre religion. Ils n'ont qu'à sortir de la maison le matin, aller dans le magasin spécialiste en engrais le plus proche, et de commettre l'attentat à la bombe dans lāaprès-midi.

"En plus, celui qui s'est chargé de leur instruction c'est ce même pays. Avec beaucoup d'habilité, les protégeant avec beaucoup d'énergie.

"D'abord dès la naissance, les pères et mères ont égorgé un ovin et leur ont appliqué le sang avec leur doigt sur leur front.

"Au lieu des écoles de la République, leur éducation débute dans les cours propres aux sectes. On leur apprend que tous ceux qui ne sont pas comme eux sont des "mécréants".

"Depuis 1950, ils ont le soutien des différents gouvernements, les présidents et les gouvernements. En laissant ces établissements dispenser leur enseignement, mais aussi en les finançant sur les fonds secrets. Et puis en prenant officiellement la défense de ceux qui ont brûlé les mécréants, intellectuels, musiciens et écrivains (ndlr: en 1993 les islamistes ont incendié un hôtel à Sivas qui accueillait des intellectuels alévis dont le célèbre humoriste Aziz Nesin. La police turque a empêché le travail des secours). D'autres pour sauver ces terroristes religieux ont décrété des lois d'amnistie comme il y a quelques semaines.

"Les islamistes ont beau chercher les coupables à l'étranger, ces derniers sont parmi nous, sont des nôtres." (Bekir Coskun, Hürriyet, 21 novembre 2003)
 

Une nouvelle tension turco-européenne concernant les mesures contre la terreur

Le ministère britannique des Affaires étrangères a averti mardi soir ses ressortissants de la possibilité de nouvelles attaques après celles qui ont frappé les 15 et 20 novembre Istanbul, faisant 55 morts et près de 750 blessés, selon un dernier bilan.

"Nous avons des informations suggérant que d'autres attaques pourraient être imminentes à Istanbul et Ankara", avait notamment affirmé le Foreign Office dans un communiqué.

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a critiqué Londres pour sa mise en garde contre de possibles attaques terroristes "imminentes" en Turquie tandis que la justice inculpait mercredi trois nouveaux suspects des attentats d'Istanbul.

"Si nous allons mettre en place une plate-forme commune pour la lutte contre le terrorisme international (...) alors de tels renseignements ne devraient pas être transmis par les médias mais devraient être communiqués directement au pays concerné", a déclaré M. Erdogan à la presse.

Un diplomate britannique a affirmé que Londres partageait toutes les informations dont il dispose avec les autorités turques.

"Tout ce que nous avons, les Turcs l'ont aussi", a-t-il déclaré.

La Fédération turque de football (TFF) a par ailleurs présenté un recours à l'Union européenne de football (UEFA) pour qu'elle revienne sur sa décision de faire jouer à l'étranger trois matches de Coupe d'Europe, prévus en Turquie, en raison des inquiétudes liées aux attentats.

Le vice-président de la TFF Ata Aksu a annoncé avoir donné 48 heures à l'UEFA pour qu'elle revienne sur sa décision, critiquant le fait qu'elle ait été annoncée par voie de presse et qu'elle ne prenne pas en compte les garanties données par l'état turc.

"Faute d'une réponse positive, nous porterons l'affaire devant la Cour d'arbitrage des sports (CAS) et demanderons la suspension de la mise en application" de la décision.

Dans la journée, la police a multiplié les contrôles et les interpellations. A Istanbul, sur plus d'une quarantaine d'interpellations, 18 personnes ont été présentées au procureur d'une cour de sûreté de l'Etat qui a relâché 14 d'entre elles et demandé l'arrestation de quatre autres, entendues par un juge en fin de journée.

Parmi elles, deux hommes et deux femmes, et, parmi les personnes relâchées figurait un ressortissant suédois d'origine irakienne.

Trois des quatre suspects interrogés mercredi soir ont été placés en état d'arrestation, le quatrième a été remis en liberté.

A Ankara, "un ou deux" suspects étaient toujours entendus par la police antiterroriste.

Les suspects, dont nombre de parents ou amis des kamikazes tués dans les attentats, peuvent être maintenus en détention pendant quatre jours avant de comparaître devant un tribunal pour se voir notifier leur inculpation ou une prolongation de leur garde à vue.

 Selon la presse, la police a procédé ces derniers jours à de nombreuses interpellations, mais aurait déjà relâché la majorité des personnes interrogées.

La presse donnait très peu de détails sur ces arrestations en raison d'une décision de justice lui interdisant de publier des informations sur l'enquête.

Mercredi matin, l'AFP avait comptabilisé 15 personnes comme ayant déjà été inculpées devant des Cours de la sécurité d'Etat "d'appartenance et de soutien à une organisation clandestine", de "tentative visant à renverser l'ordre constitutionnel" ou de "soutien à une organisation illégale".

D'autres suspects pourraient être inculpés d'ici la fin de la semaine, selon la police qui a renforcé les mesures de sécurité dans les grandes villes du pays.

A Istanbul, on signalait ainsi une multiplication des barrages routiers, notamment sur les ponts reliant la côte asiatique à la côte européenne et la mise en place de blocs de béton devant des grands hôtels. A Ankara, les contrôles ont été renforcés dans les grands magasins et leurs parkings, ainsi qu'à l'aéroport. (AFP, 26 novembre 2003)
 

Le Premier ministre rejette l'épithète "islamiste" attribué aux attentats

La Turquie va revoir sa stratégie de lutte contre le terrorisme après une vague d'attentats meurtriers à Istanbul, a affirmé mardi le chef de la diplomatie turque Abdullah Gul.

"Il y aura des efforts pour définir une nouvelle stratégie de lutte contre le terrorisme", a-t-il déclaré, selon l'agence Anatolie.

M. Gul a mis l'accent sur le côté "nouveau" pour les Turcs des attentats suicide à la voiture piégée des 15 et 20 novembre à Istanbul, qui ont fait 53 morts et des centaines de blessés.

Les attentats, "pas très sophistiqués", auraient été commis avec des explosifs à base de nitrates, utilisés dans la fabrication d'engrais chimiques.

Le ministre a également mis l'accent sur le besoin de renforcer les activités et la coordination des divers services de renseignements, ainsi que les capacités de la police.

D'autre part, le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan a vivement critiqué mardi l'épithète "islamiste" associé aux attentats suicide, attribués à des musulmans extrémistes, qui ont meurtri la ville d'Istanbul.

"L'Islam veut dire la paix et l'amour. Personne n'a le droit de faire de notre religion un épithète pour désigner la terreur (...) Il ne nous est pas possible, à nous enfants musulmans de cette nation, d'accepter cela", a affirmé le Premier ministre dans un discours aux membres de son parti de la Justice et du Développement (AKP) à Istanbul.

"N'y a-t-il pas de terroristes parmi les musulmans? Bien sûr que si. Il y a des terroristes dans tous les segments de la societé. On peut les trouver parmi les juifs, parmi les chrétiens. Doit-on alors commencer à juger ces religions et les soupçonner?"

"Le terrorisme n'a pas de religion, de race ou de nationalité", a-t-il affirmé.

L'AKP est issu de partis islamistes qui ont été interdits, mais M. Erdogan affirme avoir tourné la page et défend aujourd'hui l'Etat laïque et prône l'adhésion du pays à l'Union européenne. (AFP, 25 novembre 2003)
 

Trois matches prévus en Turquie sont reportés à cause des attentats

Le comité d'urgence de l'UEFA, réuni mardi à Bruxelles, a décidé que trois rencontres de C1 et de C3, prévues au cours des deux prochaines semaines, se joueront dans un ou plusieurs autres pays européens qui n'ont pas encore été déterminés, tout comme les dates où elles se disputeront.

La rencontre entre Galatasaray (1re div. turque), club stambouliote, et la Juventus Turin (1re div. italienne), comptant pour la 5e journée de la 1re phase (groupe D) de la Ligue des champions, initialement prévue ce mardi soir à Istanbul, avait dans un premier temps été reportée au 2 décembre.

La rencontre de la 6e journée de la 1re phase de la Ligue des champions entre Besiktas (1re div. turque), autre club stambouliote, et Chelsea (1re div. anglaise) devait se dérouler le 9 décembre.

L'UEFA avait également décidé de reporter le match du 2e tour retour de la Coupe de l'UEFA entre le club israélien du Maccabi Haïfa et la formation espagnole de Valence, qui devait se dérouler jeudi à Izmir. Cette rencontre devait se disputer en Turquie car, depuis octobre 2001, l'UEFA interdit à Israël de recevoir sur son sol des clubs ou des équipes nationales, en raison des problèmes de sécurité.

Le ministre turc des Sports a vivement critiqué une décision de l'Union européenne de soccer (UEFA) de faire jouer sur terrain neutre trois matches de Coupe d'Europe, qui devaient initialement se dérouler en Turquie, en raison des attentats meurtriers d'Istanbul.

"C'est une décision très malencontreuse, c'est une erreur", a déclaré Mehmet Ali Sahin, également vice-Premier ministre, sur la chaîne d'information CNN-Turk.

Selon M. Sahin, l'UEFA a "malheureusement cédé" devant le terrorisme. "Cette décision ne fait que servir les objectifs des terroristes: isoler la Turquie", a encore précisé le ministre.

Mete Duren, un porte-parole de Besiktas, cité par l'agence Anatolie, a critiqué la décision de l'UEFA, soulignant que son club souhaitait jouer à domicile sa rencontre "très importante" contre les Anglais de Chelsea.

Le comité directeur de Galatasaray doit se réunir mercredi pour évaluer la décision de l'UEFA, ajoute Anatolie. (AFP, 25 novembre 2003)
 

Les racines de la récente violence islamique sont en Turquie

Les enquêtes récentes ont montré que tous les kamikazes sont turcs et les racines de cette violence islamique ne se trouvent pas dans Al-Qaïda, en Afghanistan, en Irak ou au Pakistan, mais juste en Turquie elle-même.

En fait, la violence islamique avait commencé en Turquie dans les années 60 et culminé dans les années 90 avec l'appui des forces armées turques et des gouvernements.

Ce sont les islamistes turcs qui ont attaqué et massacré les progressistes turcs le "dimanche sanglant" de 1969 lors que ces derniers se réunissaient à Istanbul dans une manifestation pour protester contre l'arrivée de la sixième flotte américaine. A cette époque-là, les islamistes, comme les Loups Gris fascistes, étaient les supporters les plus fidèles des Etat-Unis.

C'étaient les Islamistes turcs proches du parti du bien-être (RP), l'ancien parti politique du Premier ministre Tayyip Erdogan, qui avaient assassiné en brûlant 37 intellectuels en 1993 à Sivas simplement pour leur solidarité avec la communauté alévite.

Dans les années suivantes, c'était le Hezbollah, armé par l'Armée turque, qui a assassiné des centaines d'intellectuels et activistes politiques turcs et kurdes simplement pour leur solidarité avec les revendications du peuple kurde pour les droits égaux.

C'étaient les avions militaires qui jetaient des tracts dans le Kurdistan turc pour appeler la population à la jihad (guerre sainte) contre les "Kurdes non-fidèles" à côté de la "dernière armée puissante de l'Islam".

Nous rediffusons ci-après de grands extraits de l'analyse d'un journaliste turc distingué, Ertugrul Kürkçü, sur l'hypocrisie du gouvernement turc. (Info-Türk, 23 novembre 2003)

Gouvernement, État, Violence Islamique!

Les "espoirs" et les prières étaient en vain. Le gouvernement turc espérait que les kamikazes, qui ont effectué des attaques à deux synagogues d'Istanbul, seraient des Arabes ou des Afghans, ou au moins des Pakistanais. Mais la réalité est claire: Les attaquants de suicide étaient les citoyens turcs.

Les racines des attaques sont extrêmement profondes et étendues et au loin et ces attaques ne peuvent pas être simplement reliées aux courants externes en disant qu'elles sont "des attaques barbares commises par Al-Qaïda. Bien qu'Al-Qaïda "ait réclamé la responsabilité," selon les dépêches, les racines des attaquants se trouvent ici, dans la province du sud-est de Bingol.

Bingol, le pays de Hezbollah

Bingol est l'un des lieux de naissance de Hezbollah. On se souviendra d'Hezbollah avec une série d'opérations en 2000 au cours des quelles son chef Huseyin Velioglu a été tué et les "maisons tombeau," ont été découvertes. Hezbollah visait à installer un état islamique en Turquie. Après avoir été scindé en deux sous les noms  Ilim (Science) et Menzil (Etape), les "scientifiques" ont commencé à éliminer ceux qui appartenaient à Menzil en une série de massacres. Ils empaquetaient leurs victimes dans un "noeud de porc" et les enterraient enterrés dans ces maisons de tombeau.

On va se rappelle encore d'une autre chose: Hezbollah, organisée notamment chez les islamistes kurdes, attaquait avec poignards aux rebelles Kurdes de PKK dans les provinces de Bingol, Diyarbakir, Van et Batman. Là, ils ont commis plus de 500 meurtres.

Le chroniqueur Hasan Cemal du journal de Milliyet avait cité les paroles du général Hasan Kundakci qui y était un commandant à l'époque des conflits sanglants.

"Pendant que nous suivions le PKK avec toutes nos forces, ils sont laissés intacts. C'est le premier principe principal de la stratégie. Nous connaissions Hezbollah. Ils ont d'abord tenté de récupérer les mosquées qui étaient sous l'influence du PKK. Après cette récupération, ils sont devenus actifs autour des mosquées. Mais ils ont évité de nous confronter."

Ressource humaine de la violence islamique

Alors, qu'est-ce qu'il est arrivé à la ressource humaine de Hezbollah? Qu'est arrivé au potentiel dévastateur de cette ressource humaine?

Voici une "recherche policière" qui a été publiée dans les journaux:

"Une recherche conduite par des fonctionnaires de sécurité sur base des informations récoltées sur 2.000 membres de Hezbollah prouve que cette organisation terroriste se composait majoritairement des jeunes entre les âges de 15-24. Deux pour cent des effectifs de l'organisation se composait des personnes entre les âges 35-65. Deux et demi pour cent se composait des enfants entre les âges de
10-14."

"40,5 pour cent des membres de Hezbollah sont des diplômés de lycée; 1,5 pour cent des terroristes étaient illettrés, 19 pour cent étaient des diplômés d'école primaire, 14 pour cent diplômés de collège, et 22 pour cent sont des diplômés d'université."

"Hezbollah effectuait 97,5 pour cent de ses activités aux centres de ville. 27 pour cent des militants étaient des étudiants, 28,5 pour cent indépendants, 14 pour cent ouvriers, et 1,1 pour cent fermiers. Des fonctionnaires composaient un pour cent des militants, et des femmes 2,5 pour cent."

Tolérance vis-à-vis de la violence islamique

Les kamikazes présumés de synagogues, est-ce qu'ils sont différents de ce profil?

Tous sont des diplômés de lycée. Ils ne pourraient pas continuer leur éducation, et ils sont entre les âges de 20-25. Tous se sont tournés vers des cultes et des organismes en raison de leur désespoir. Tous ont pris une mission religieuse et participé à des activités en dehors de la Turquie sous la protection ou la direction de l'Etat.

Ils sont des modèles: ceux qui se sont joints des groupes terroristes en Chechnya ou en Bosnie, ceux qui ont perdu leurs vies là, ceux qui ont kidnappé des bateaux, occupé des hôtels, et en même temps, ceux qui ont été traités comme des héros par les dirigeants de l'Etat, embrassés sur leurs fronts, et libérés ou permis "d'évader.

Trois pays dans un pays

Les commentateurs turcs considèrent les kamikazes en Palestine, au Moyen-Orient ou ailleurs, comme des "types différents" n'ayant pas des semblants en Turquie. "Un kamikaze" ne peut être qu'Arabe ou quelqu'un du Moyen-Orient.

On oublie facilement... On oublie facilement que la Turquie n'est pas une société homogène, que les gens en Turquie s'éloignent sous la pression de la globalisation, que plusieurs pays caractérisés par des "inquiétudes, douleurs et fiertés" différentes sont créés au sein de ce pays.

Nous oublions que la Turquie n'a jamais été un pays de tolérance entre les cultures dont nos politiciens peuvent être fiers. Nous oublions que les non-musulmans ont dû payer l'"argent de protection et les taxes de tête" pendant des siècles, ont été forcés à émigrer, obligés de payer des "impôts fonciers", envoyés "aux camps de travail forcé," et ont vécu le pillage des 6-7 septembre [1955].

Nous avons oublié le "dimanche sanglant," et "Sivas," "Maras," et les massacres de "Corum". Nous avons oublié l'abattage de Madimak [Sivas]. Nous avons oublié "la guerre kurde," qui a tué 30.000 personnes... Et nous crions tous ensemble, "ceux-ci ne peuvent pas être des musulmans, ceux-ci ne peuvent pas être les citoyens de la République turque, les nôtres n'attaqueraient pas des synagogues."

Il serait bien si l'on n'oublie pas où vivons-nous. Nous sommes des citoyens d'un Etat qui déploie les Islamistes dans des opérations secrètes contre les gens de gauche, contre les Kurdes et Alevites. Nous ne devrions pas oublier que nous vivons dans une terre où un mouvement islamique, qui considère la "jihad" (guerre sainte) légitime pour saisir le pouvoir, est en train de se développer. Nous ne devrions pas oublier que nous sommes des individus d'une société intolérante. Si nous ne les oublions pas, nous ne serons jamais surpris.

Notre Premier ministre ne sera pas surpris non plus. Un militant islamiste qui hier criait, "les minarets sont nos baïonnettes, les dômes de [mosquée] sont nos casques, les mosquées sont nos casernes," peut paraître aujourd'hui sensible la couronne qu'il porte. Mais il ne devrait pas oublier qu'il est parmi ceux qui ont poussé ces jeunes à choisir la "jihad", les jeunes dont le seul et l'unique espoir est de devenir des martyres par faire exploser le monde.

Chaque islamiste n'est pas identique. Si l'Islam "modéré" pro-globalisation de Tayyip Erdogan ne reflète pas la fureur des pauvres, est-ce qu'ils sont les pauvres qui sont à blâmer, ou est-ce qu'ils sont l'inégalité, l'injustice, la pauvreté, l'intolérance et la cruauté poursuivies également sous le gouvernement de Tayyip Erdogan sont à blâmer?

C'est partiellement pourquoi le gouvernement considère les attaques contre les synagogues comme des attaques contre lui-même. Puisqu'il voit qu'il n'a plus d'autorité sur ceux qu'il avait encouragé pour la "jihad" hier. Et parce qu'il se rend compte de ceci: Il était de même manière l'anti-juif Erbakan a dû coopérer avec Israël; de même manière l'anti-kurde Bahceli a dû suspendre la peine capitale d'Ocalan; et de même manière l'anti-européen Ecevit a dû digérer le fait que la Turquie devient candidate à l'Union européenne. Maintenant le système oblige Tayyip Erdogan, qui est partisan de la loi islamique, d'accomplir la tâche de nettoyer l'Islam!

Soit il s'y conformera, soit il abandonnera.(Ertugrul KURKCU, BIA News Center, 22 Novembre 2003)
 
 

*

The recent islamic violence's roots are in Turkey

The recent inquiries have proven that all of the suicide bombers are Turkish and the roots of the this Islamic violence are not in al-Qaida, Afghanistan, Iraq or Pakistan, but just in Turkey. In fact, the Islamic violence had started in Turkey in the years 60 and culminated in the years 90 with the support of the Turkish Armed Forces and the governments.

It was on Bloody Sunday of 1969 that the Turkish Islamists attacked and massacred les progressive people demonstrating against the arrival of the US Sixth Fleeth to Istanbul. At that time,  Turkish Islamists, ast the fascist Grey Wolves, were among the most loyal supporters of the United-States in Turkey.

It was the Turkish Islamists near to the Prime Minister Erdogan's former political party, Welfare Party (RP), that assassinated by burning 37 Turkish and Kurdish intellectuals for their solidarity with the Alevite community in 1993 in Sivas.

In the following years, it was the Hezbollah, armed by the Turkish Army, that assassinated hundreds of Turkish and Kurdish intellectuals and political activists simply for their solidarity with the Kurdish people's claims for équal rights.

It was the Turkish military  aircrafts that were throwing in the Turkish Kurdistan the tracts calling the people to join the Jihad (holy war) against "non-fidel Kurds"by the side of the "last powerful army of Islam".

To deepen this point of view, we are reprinting large extracts of the analysis of a distinguished Turkish journalist, Ertugrul Kürkçü on the Turkish Government's hypocrisy. (Info-Türk, November 23, 2003)

Government, State, Islamic Violence!

"Hopes" and prayers were in vain. The Turkish government had hoped that the suicide bombers, who carried out attacks to two Istanbul synagogues Saturday, were Arabs, or Afghans, or if not, at least Pakistanis. But the reality is clear: The suicide attackers were Turkish citizens.

The roots of the attacks run too deep and wide to be connected to external currents by saying they are "barbaric attacks by al-Qaida. Although al-Qaida has reportedly "claimed responsibility," the roots of the attackers are here, in the southeastern province of Bingol.

Bingol, Hezbollah's country

Bingol is one of the birthplaces of Hezbollah. You will recall Hezbollah from a series of operations in 2000, in which its leader Huseyin Velioglu was killed and the "tomb houses," were discovered. Hezbollah aims to set up an Islamic tate in Turkey. After splitting into two under the names "Science," and "Range," the "scientists" started wiping out those belonging to the "Range," in the form of serial killings, tied them in a "pig ties," style and buried them in these tomb houses.

You will remember one more thing: Hezbollah, that essentially organizes the Islamist Kurds, attacked with chopper knives to the Kurdish rebels of PKK in the provinces of Bingol, Diyarbakir, Van and Batman and committed over 500 homicides.

Writer Hasan Cemal of the Milliyet newspaper had quoted Liutenant General Hasan Kundakci, who was a commander at the time of the bloody clashes.

"As we went after PKK with full force, they saved their power. This is the main principle of the strategy. We were aware of Hezbollah. They first tried to seize the mosques that were in the hands of PKK. After seizing them, they became active around the mosques. But they did not try to confront us."

Human resource of Islamic violence

So what happened to Hezbollah's human resource? What happened to this human resource's devastating potential?

The following is a "police investigation" which had been published in newspapers:

"An investigation conducted by security officials on the filed information on 2,000 Hezbollah members shows that the terrorist organization is mostly made up of youngsters between the ages of 15-24. Two percent of the organization is made up of people between the ages 35-65. Two and a half percent of the organization is made up of children between the ages of 10-14."

"40.5 percent of the Hezbollah members are high-school graduates; 1.5 percent of the terrorists are illiterate, 19 percent are elementary school graduates, 14 percent are middle school graduates, and 22 percent are university graduates."

"Hezbollah conducts 97.5 percent of its activity in the city centers. 27 percent of the militants are students, 28.5 percent are self-employed, 14 percent are workers, and 1.1 percent are farmers. Civil servants make up one percent of the militants, and women make up 2.5 percent."

Tolerating Islamic violence

Are the suspects of the synagogue bombings any different from this profile?

All are high-school graduates. They could not continue with their education, and they are between the ages of 20-25. All of them have turned to cults and organizations as a result of their hopelessness. All of them took up a religious mission and joined activities outside of Turkey under state protection or direction.

The models created by those who joined the terrorist groups in Chechnya or Bosnia, those who lost their lives there, those who kidnapped ships, occupied hotels, and at the same time, those who were treated like heroes by the state officials, kissed on their foreheads, and released or allowed to "run away."

Three countries in one country

Turkish commentators, looked at suicide bombers in Palestine, the Middle East, or elsewhere, as a "different type of people" who did not have alikes in Turkey.

"A suicide bomber" could only be an Arab or someone from the Middle East.

We forget easily...We forget easily that Turkey is not a homogenous society, that people in Turkey are drifting away from each other also with the pressure of globalization, that many countries with separate "worries, sorrows and prides," are being created within this country.

We forget that Turkey has never been the country of tolerance between cultures that our politicians take pride in. We forget that non-Muslims had to pay "protection money and head taxes" for centuries, forced to "emigrate," required to pay "property taxes," sent to "working camps," and lived through the September 6-7, [1955] looting.

We forgot the "Bloody Sunday," and the "Sivas," "Maras," and "Corum" massacres. We forgot the Madimak [Sivas] slaughter. We forgot the "Kurdish War," that killed 30,000 people...And we shout all together, "These cannot be Muslims, these cannot be Turkish Republic's citizens, ours would not attack synagogues."

It would be good if we did not forget where we live. We are citizens of a state that deploys Islamists in secret operations against leftists, Kurds and Alevites. We should not forget that we live in a land where an Islamic movement, that sees "jihad" as legitimate to seize power, is growing. We should not forget that we are individuals of an intolerant society. If we don't forget these, we will not be surprised.

Our prime minister will not be surprised either. The Islamist militant who yesterday was shouting, "minarets are our bayonets, domes are our helmets, mosques are our barracks," may have become a sensible today with the crown he is wearing. But he should not forget that he is among those who pushed these young people, whose one and only hope was to be martyrs by blowing the world up, to chose "jihad."

But not every Islamist is the same. If Tayyip Erdogan's pro-globalization "moderate Islam" does not reflect the rage of the poor, are the poor to blame, or is the inequality, injustice, poverty, intolerance and cruelty also going on in Tayyip Erdogan's government to blame.

This is partly why the government saw the synagogue attacks as attacks against itself. Because it can see that it no longer has authority over those whom it encouraged for "jihad" yesterday. And because it understood that: The same way anti-Jewish Erbakan had to be the one to cooperate with Israel, the same way anti-Kurd Bahceli had to be the one to lift Ocalan's death sentence, and the same way anti-Europe Ecevit had to be the one seeing Turkey become an EU candidate, the system is now leaving it up to Tayyip Erdogan, who is pro- Islamic law, to clean up Islam!

Erdogan will either go along with this, or give up. (Ertugrul KURKCU, BIA News Center, November 22, 2003)
 

Attentat suicide de Kirkouk: arrestation de trois Turcs (UPK)

Trois Turcs soupçonnés d'implication dans l'attentat suicide jeudi contre les bureaux de partis kurdes à Kirkouk (nord) ont été arrêtés, a indiqué dimanche un responsable de l'Union Patriotique du Kurdistan (UPK).

"Nos milices (peshmergas), en collaboration avec le bureau irakien des enquêtes (KBI), ont arrêté trois Turcs soupçonnés d'implication dans l'attentat", a déclaré à l'AFP Ramadane Rachid Mohieddine.

Les suspects ont été capturés le jour même de l'attentat près des bureaux visés, a-t-il précisé.

"Les Turcs avaient des passeports turcs et des téléphones satellitaires au moment de leur arrestation", a ajouté le numéro deux à Kirkouk de l'UPK.

Cinq Irakiens, dont trois enfants, ont été tués et plus d'une trentaine de personnes blessées par l'explosion d'une voiture piégée qui a foncé sur un barrage proche des bureaux de l'UPK et du Parti démocratique du Kurdistan (PDK).

Le KBI a été mis en place par la coalition américaine et ses bureaux sont situés au siège de la police de la province de Kirkouk.(AFP, 24 novembre 2003)
 

Bingol, ville de kamikazes turcs, dans le collimateur de la police

La police turque et Scotland Yard, dans le cadre de l'enquête sur les attentats contre des intérêts britanniques à Istanbul jeudi, s'intéressent à la ville turque de Bingol (sud est) d'où venaient les kamikazes qui ont frappé deux synagogues le 15 novembre, affirme le Times lundi.

"Bingol est au coeur des enquêtes sur quatre attaques perpétrées à Istanbul, y compris les attaques à la bombe contre deux synagogues, et au camion piégé contre le consulat général de Grande-Bretagne et la banque britannique HSBC", écrit le Times sans citer de source.

Selon le quotidien britannique, "deux kamikazes et un troisième suspect dans le double attentat contre les synagogues" le 15 novembre, étaient "originaires de la ville de (Bingol)", située environ à 960 km au sud-est d'Istanbul.

De ce fait, les agents de Scotland Yard dépêchés en Turquie, dans le cadre de l'enquête sur le double attentat du 20 novembre contre des intérêts britanniques, "ont l'intention de se rendre dans cette ville" de Bingol, croit savoir le Times, "à la recherche du cerveau" de ces opérations suicides.

Les enquêteurs de la branche antiterroriste de Scotland Yard, "espèrent s'y rendre le plus tôt possible mais l'autorisation leur a pour l'instant été refusée", précise le Times.

Les attentats du 15 et du 10 novembre ont été revendiqués au nom de la nébuleuse d'Al-Qaïda et d'un groupe islamiste turc clandestin, IBDA-C. Ces revendications n'ont pas été authentifiées.

Dix-huit personnes soupçonnées d'implication dans les attentats contre le consulat général britannique et la HSBC ont été appréhendées par la police anti-terroriste turc, selon la presse turque.

Aussi, afin de "découvrir si le groupe militant islamiste planifie d'autres attaques contre des cibles britanniques" à Istanbul, écrit le Times, les policiers britanniques "souhaitent également interroger les 18 personnes détenues par les autorités turques, dont certains sont des membres des familles" des kamikazes. (AFP, 23 novembre 2003)
 

Le Premier ministre s'interroge sur le rôle d'Al-Qaïda

Le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan a déclaré ne "pas être sûr à cent pour cent" de l'implication d'Al-Qaïda dans les attentats d'Istanbul, où la communauté britannique a rendu hommage dimanche à ses victimes.

"Ces attentats sont-ils le fait du conglomérat Al-Qaïda, de cette holding, ou est-ce le fait d'une autre organisation terroriste, nous n'en sommes pas encore certains à cent pour cent (...) Mais ce qui est certain, c'est que ces attentats ont un motif religieux", a-t-il affirmé à la BBC.

Deux vagues d'attentats suicide, les 15 et 20 novembre, ont frappé Istanbul, faisant au moins 53 morts et des centaines de blessés, la première contre deux synagogues et la seconde contre le consulat général de Grande-Bretagne et la banque britannique HSBC.

Ils ont été revendiqués au nom de la nébuleuse d'Al-Qaïda et d'un groupe islamiste turc clandestin, IBDA-C. Ces revendications n'ont pas été authentifiées.

Selon le vice-Premier ministre Abdullatif Sener, les attentats sont liés à la guerre menée par les Etats-Unis en Irak et le conflit israélo-palestinien.

"Nous devons prendre en compte le fait que la nouvelle situation qui a émergé en Irak ces derniers mois et les conflits qui perdurent (dans la région) ont une influence", a-t-il dit, cité par l'agence Anatolie.

La petite communauté britannique d'Istanbul a rendu hommage aux victimes des attentats, dont son consul, au cours d'une cérémonie religieuse.

Sa veuve Victoria Short participait à la cérémonie à l'église anglicane, à quelques centaines de mètres du consulat où son mari Roger, 59 ans, et neuf autres employés ont été tués jeudi dans l'explosion d'une voiture piégée.

Un important cordon de sécurité avait été déployé autour de l'église située dans une rue étroite de la vieille ville.

Les Turcs se préparaient à entrer dans une semaine de vacances à l'occasion de l'Aïd el-Fitr, la fin du Ramadan, baptisé "fête du sucre" en Turquie, et se pressaient dans les marchés pour faire leurs emplettes.

Les autorités turques, qui ont annulé les permissions des policiers à Istanbul, observaient une vigilance accrue dans tout le pays.

Londres et Washington ont en effet évoqué la possibilité de nouveaux attentats en Turquie.

Alors que peu de détails filtraient sur l'enquête, plusieurs quotidiens évoquaient un manque de coordination entre les différents services de renseignement du pays.

Le quotidien Radikal, citant des sources officielles, affirmait que les services secrets du MIT, ceux de la gendarmerie et ceux de la police disposaient "de suffisamment d'information pour prévenir les attaques ou tout du moins pour en atténuer la portée".

"Mais les mesures nécessaires n'ont pas été prises parce que les différents éléments d'information dont disposaient les différents départements n'ont pas été réunis", selon ce journal.

M. Erdogan avait évoqué dès jeudi de possibles "déficiences" dans le travail des services de renseignement.

Selon des informations de presse, 18 personnes ont été arrêtées par la police depuis jeudi dans le cadre de l'enquête sur les attentats.

Le chef de la diplomatie allemande Joschka Fischer est attendu à Ankara pour une visite de quelques heures lundi pour y rencontrer son homologue turc, Abdullah Gul, et exprimer sa "solidarité envers le peuple turc" après les attentats, selon son ministère.

La presse turque vilipendait par ailleurs le chef de la police d'Istanbul, Celalettin Cerrah, qui l'avait accusée la veille d'être responsable de la deuxième vague d'attentats pour avoir publié de "façon irresponsable" des informations sur l'enquête, alors que les autorités étaient "à une heure" d'arrêter les coupables.

"M. le directeur (de la sûreté) ferait mieux de faire son travail que de blâmer la presse pour sa propre négligence", affirmait ainsi Radikal.(AFP, 23 novembre 2003)
 

Le gouvernement et la police rejettent la responsabilité sur les médias

Pour faire oublier sa propre responsabilité dans la récente violence islamiste, le gouvernement et ses chefs policiers ont lancé une campagne d'accusations contre les médias.

Le chef de la police d'Istanbul Calalettin Cerrah a accusé samedi la presse d'être responsable de la deuxième vague d'attentats à la voiture piégée, en publiant de "façon irresponsable" des informations sur l'enquête alors que les autorités étaient "à une heure" d'arrêter les coupables.

"La publication irresponsable d'informations au nom de la liberté de la presse est malheureusement responsable de la mort de 27 citoyens", a affirmé Cerrah, cité par l'agence Anatolie.

S'exprimant lui aussi lors des funérailles pour les deux policiers tués jeudi, M. Erdogan a souligné que malgré l'interdiction du tribunal "les médias continuent à diffuser des images horribles et à donner des noms".

"Au nom de Dieu, comment allons-nous combattre le terrorisme quand cela a lieu? (...) J'en appelle en ce jour à la presse pour qu'elle agisse de façon responsable", a-t-il ajouté.

Le responsable de la commission d'Etat pour l'audiovision, Fatih Karaca, a admis samedi que les médias avaient commis "des erreurs", ajoutant qu'il avait appelé les radios et télévisions "à observer des règles éthiques et à faire preuve de sang-froid".

"Les diffusions radio-télévisées doivent se faire avec tact et sang-froid et les médias sont d'accord avec cela", a-t-il affirmé lors d'une conférence de presse.

Dans son discours prononcé à l'occasion des funérailles officielles de deux policiers tués jeudi devant l'entrée du consulat britannique par l'explosion d'une de deux voitures piégées, M. Cerrah a affirmé que la presse turque avait publié les noms des responsables des attaques immédiatement après la première vague d'attentats suicide du 15 novembre contre deux synagogues.

"Nous avions très rapidement identifié les coupables après la première attaque et avions remonté la filière de leurs associés, mais malheureusement la presse, qui a agi de façon irresponsable, a identifié les coupables et leurs collaborateurs", a affirmé M. Cerrah.

Au lendemain des attentats à la voiture piégée contre les deux synagogues, qui ont fait 25 morts et près de 300 blessés, les journaux turcs avaient publié les noms et les photos des deux kamikazes présumés, Mesut Cabuk and Gohkan Elaltuntas, ainsi que ceux de deux complices présumés, Azad Ekinci et Feridun Ugurlu, originaires de Bingol, dans l'est du pays.

Le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan avait immédiatement critiqué la presse et, à la demande des autorités, un tribunal avait interdit aux médias de donner de nouvelles informations sur le déroulement de l'enquête.

Les jours suivants, plusieurs journaux ont toutefois laissé filtrer quelques détails, évoquant notamment de nouvelles arrestations.

Il a toutefois également mis en cause les autorités, estimant que le manque d'informations officielles après les attentats avaient encouragé la propagation de rumeurs, voire de fausses informations. (AFP, 22 novembre 2003)
 

Manifestations  pour dénoncer les attentats d'Istanbul

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté samedi sous haute sécurité dans les principales grandes villes de Turquie pour condamner les attentats meurtriers d'Istanbul, mais aussi pour dénoncer les Etats-Unis.

A Istanbul, théâtre le 15 novembre et jeudi dernier de quatre attentats suicide qui ont fait au moins 52 morts et près de 750 blessés, environ 3.000 personnes se sont rassemblées sur la place centrale de Taksim à l'appel de plusieurs syndicats et organisations non gouvernementales turques de gauche sous le thème de "la paix contre la violence et le terrorisme".

De nombreux manifestants portaient le drapeau turc et scandaient "Non à la guerre, oui à la paix", mais aussi "A bas l'impérialisme américain" et "Non aux Yankees".

Une minute de silence a été observée à la mémoire des victimes.

Quelque 200 policiers anti-émeutes se sont tenus à l'écart des manifestants, prêts à intervenir contre tout débordement.

Les manifestants ont remonté le long de la rue piétonne d'Istiklal jusqu'aux barrières de la police barrant l'accès au consulat général de Grande Bretagne, visé par un des deux attentats suicide de jeudi, à la voiture piégée.

Les attentats du 15 novembre contre deux synagogues ont causé la mort de 25 personnes et celles de jeudi, contre une banque britannique et contre le consulat, ont fait au moins 27 morts.

Des manifestations similaires ont eu lieu à Ankara et dans la ville d'Izmir, sur la côte égéenne du pays, selon l'agence Anatolie. Ces manifestations ont pris fin sans incidents.

"Il faut absolument rester unis après ces attaques, sinon les terroristes auront gagné", a affirmé à l'AFP Kiymet, une institutrice d'une quarantaine d'années.

Selon cette militante de gauche, les attentats sont "liés" aux Américains et provoqués par la politique pro-occidentale du gouvernement de Turquie, alliée des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne au sein de l'Otan.

"Nous connaissons les tueurs" proclamait notamment une pancarte de militants du parti communiste (TKP) sur laquelle on pouvait voir des photos du président américain George W. Bush, le Premier ministre britannique Tony Blair et son homologue turc Recep Tayyip Erdogan.

L'institutrice a regretté toutefois la manifestation ait attiré "si peu de gens, malgré l'ampleur des attaques" dans cette métropole économique du pays qui compte près de 15 millions d'habitants.

M. Erdogan, qui a assisté à une cérémonie dans un théâtre d'Istanbul à la mémoire d'un comédien turc tué dans une des attaques, a affirmé pour sa part  que "les bombes ne nous empêcheront pas de vivre librement".

"Il ne faut pas céder" aux bombes, a-t-il lancé.

Un vent de patriotisme soufflait à Istanbul où de nombreux commerces avaient déployé le drapeau rouge frappé du croissant blanc turc.

"C'est pour affirmer l'unité nationale", explique Adnan Demirtas le directeur d'un magasin de vêtements de la rue Istiklal qui a déployé un drapeau géant sur la façade de son bâtiment.

"C'est aussi pour dire que la vie continue, qu'il ne faut pas céder à ces massacres et pour prouver que nous sommes toujours debout", a-t-il ajouté.

Mais il reconnaît qu'une de ses employées n'a plus remis les pieds au magasin depuis jeudi, craignant de nouveaux attentats.

Dans une petite synagogue du quartier d'Ortakoy à Istanbul, il n'y a eu aucune prière publique samedi matin et deux voitures de police montaient la garde à l'heure où, il y a une semaine, la première bombe avait explosé.

Un porte-parole de la communauté juive a expliqué que les 18 synagogues d'Istanbul étaient toutes restées fermées. (AFP, 22 novembre 2003)
 

Le MGK veut étendre les mesures répressives contre l'opposition kurde

Le Conseil national de sécurité (MGK) en Turquie a appelé vendredi à plus de coopération au niveau international pour lutter contre le terrorisme, au lendemain d'une seconde série d'attentats à Istanbul.

Au terme d'une réunion de plus de cinq heures, le MGK, qui regroupe les principaux dirigeants civils et militaires du pays, a affirmé sa détermination "à ne pas laisser le terrorisme international atteindre son but dans notre pays", selon les termes du communiqué.

Les récents attentats à la bombe à Istanbul "montrent la nécessité d'une plus grande coopération au niveau régional et international afin de lutter plus efficacement contre le terrorisme sur le front international", selon le communiqué.

Bien qu'il ne soit pas inclus dans le communique, les médias reportent qu'à cette réunion on a également étudié les renforcement des mesures répressives pour l'écrasement des groupes armés liés au KADEK dans le Kurdistan sud et nord.

En effet, comme nous l'avons annoncé le 17 novembre après les attentats contre les sinagogues, les dirigeants militaires et politiques du pays essaient d'exploiter ces évènements au profit de leurs pratiques répressives incompatibles avec les conventions des droits de l'Homme.

Cette initiative est soutenue tout de suite par les deux alliés principaux de la Turquie, les Etats-Unis et Israël.

Le département d'Etat américain avait déclaré samedi que les Etats-Unis "se tiennent fermement aux côtés de son proche allié turc dans la guerre contre le terrorisme."

Les dirigeants israéliens, quant à eux,   avaient appelé à une "lutte internationale contre le terrorisme", exprimant un appui sans réserve aux autorités de la Turquie.

La chaîne de télévision CNN-Turk. a annoncé qu'un rapport officiel sur la situation de plus d'un millier de Turcs qui ont combattu aux côtés des islamistes en Afghanistan, en Tchétchénie ou en Bosnie a été examiné à la réunion du MGK, Les personnes citées dans le rapport ont soit combattu, soit reçu un entraînement de type militaire dans les pays concernés.

Le rapport évoque en outre trois "pays arabes", sans les citer, où des ressortissants turcs ont été "impliqués dans des organisations dépendant d'Al-Qaïda", selon CNN-Turk.

Nombre de personnes citées dans la liste sont actuellement en Turquie, ajoute la chaîne.

La police a interpellé 18 personnes après les attentats contre des intérêts britanniques qui ont fait 27 morts à Istanbul jeudi, alors que les Etats-Unis mettaient leurs ressortissants en garde partout dans le monde face à la menace de nouvelles attaques liées à Al-Qaïda.

Dix-huit personnes soupçonnées d'implication dans les attentats ont été appréhendées par la police anti-terroriste lors de descentes "successives" dans trois quartiers de la rive asiatique de la métropole, selon le quotidien à gros tirage Hurriyet paru samedi.

Le ministre turc des Affaires étrangères Abdullah Gul avait annoncé vendredi plusieurs arrestations en liaison avec les attentats, sans plus de précisions.

Dans la soirée, son collègue à la Justice Cemil Cicek affirmait que la police disposait d'"indices très importants" sur les attentats et que "l'enquête avance bien".

Les deux séries d'attentats ont été revendiquées par le réseau Al-Qaïda d'Oussama ben Laden ainsi que par un groupe islamiste extrémiste turc, le Front islamique des combattants du Grand Orient (IBDA-C).

Le département d'Etat américain a publié vendredi un communiqué mettant en garde les citoyens américains dans le monde contre de possibles attentats, reprenant un précédent avis d'alerte du 26 septembre pour y ajouter les inquiétudes liées aux récents attentats en Arabie Saoudite et en Turquie.

Cet avis vise à "souligner à nouveau que les citoyens américains peuvent être la cible d'actes terroristes", selon ce texte, qui "note les récentes attaques terroristes de Ryad et Istanbul", qu'il attribue à l'organisation d'Oussama ben Laden ou à des "organisations associées".

"Nous voyons des indications croissantes qu'Al-Qaïda se prépare à frapper les intérêts américains à l'étranger", ajoute le communiqué. (AFP, 22 novembre 2003)
 

Attentats contre des intérêts britanniques à Istanbul, 27morts

Deux attentats suicide à la voiture piégée contre les intérêts britanniques ont fait 27 morts et plus de 450 blessés à Istanbul jeudi, coïncidant avec la visite d'Etat en Grande-Bretagne du président américain George Bush. Le consul-général britannique Roger Short et une autre diplomate, Lisa Hallworth, ont été tués dans les deux attentats.

Ces attentats, contre le consulat général britannique et la banque HSBC ont été revendiqués par un interlocuteur affirmant parler au nom d'Al-Qaïda et d'un groupe islamiste extrémiste turc, IBDA-C. Ces deux groupes avaient également revendiqué les deux attentats du même type contre des synagogues perpétrées cinq jours auparavant à Istanbul (25 morts et plus de 300 blessés).

Les autorités turques ont demandé l'interdiction de la diffusion par les médias d'images des lieux des attentats d'Istanbul, ainsi que des interviews de survivants et sauveteurs et de toute information sur l'enquête, a rapporté la télévision CNN-Turk. Un représentant du parquet de la sécurité d'Etat a demandé l'application de ces mesures à partir de 11H45 GMT, selon la télévision.

D'après le gouverneur d'Istanbul Muammer Güler, quatre Britanniques figurent parmi les victimes de l'attentat contre le consulat, et 12 Turcs. D'après le Foreign Office, l'attentat a tué "jusqu'à 14 employés" britanniques ou turcs du consulat, dont le consul général Roger Short, un spécialiste de la Turquie, et une autre diplomate britannique, Lisa Hallworth.

Dans la soirée, 43 personnes se trouvaient encore hospitalisées, dont 5 en soins intensifs, selon Anatolie.

Le secrétaire au Foreign Office Jack Straw s'est rendu dans la soirée à Istanbul, précisant qu'il avait été chargé par le Premier ministre britannique Tony Blair et le président américain George Bush de présenter au peuple turc "les condoléances et la colère du président et du Premier ministre face à cette atrocité".

L'attentat a été perpétré le jour même d'un tête-à-tête entre MM. Bush et Blair, alliés contre le terrorisme depuis les attaques du 11 septembre ainsi que dans la guerre contre l'Irak qui a mis fin au régime de Saddam Hussein, et son occupation.

Le ministre turc des Affaires étrangères Abdullah Gul a prévenu que "la Turquie ne s'inclinera pas devant le terrorisme".

Le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, le président de la Commission européenne, Romano Prodi, et de nombreux gouvernements ont condamné les attentats et réaffirmé leur détermination à lutter contre le terrorisme

Le consulat britannique, dans le quartier historique de Beyoglu, et les bureaux de la HSBC, dans le quartier des affaires de Levent --sur la rive européenne du Bosphore-- ont été en partie détruits par deux très fortes explosions en fin de matinée, à une poignée de minutes d'intervalle, dues à des attentats suicide à la voiture piégée.

Les attentats ont plongé la ville dans le chaos et provoqué des scènes d'apocalypse, ambulances toutes sirènes hurlantes et voitures de police affluant sur les lieux, rues jonchées de débris, maculées de sang, riverains affolés.

"C'était comme un tremblement de terre", a raconté un commerçant, à deux coins de rue du consulat. "Mon magasin s'est immédiatement rempli de fumée et de poussière. Toutes les bouteilles ont été renversées. Le bloc réfrigérant, en verre, a explosé".

Un journaliste de l'AFP arrivé devant le consulat peu après l'attentat a découvert une scène de dévastation. Les fenêtres ont été soufflées dans toute la rue, qui était encombrée de débris de vitres brisées et de carcasses de voitures calcinées.

Juste à côté du portail du consulat, une camionnette calcinée était couchée sur le côté et deux annexes de la représentation diplomatique, de part et d'autre du portail, ont été réduites à l'état de gravats où s'activaient des sauveteurs.

Un cratère de deux mètres de profondeur et trois mètres de large était visible dans l'enceinte du consulat, près du portail d'entrée, a déclaré à l'AFP un témoin.

La façade de l'immeuble de la HSBC, d'une dizaine d'étages, était aussi très endommagée, avec de nombreuses vitres brisées. Le hall d'entrée de l'immeuble a été entièrement détruit.

Un correspondant anonyme a revendiqué les attaques auprès de l'agence de presse turque Anatolie au nom d'Al-Qaïda et du Front islamique des combattants du Grand-Orient (IBDA-C), un groupuscule qui veut instaurer un état islamique par la violence et dont ferait partie l'un des organisateurs des attentats contre les deux synagogues.

Le ministre turc de la Justice, Cemil Cicek, a annoncé qu'il s'agissait d'attaques suicide à la voiture piégée, tout comme celles contre les synagogues.

Selon des sources policières citées par Anatolie, les enquêteurs pensent que les bombes qui ont explosé jeudi sont du même type que celles qui ont détruit les deux synagogues. Une voiture rouge, en stationnement, aurait été utilisée pour l'attentat contre HSBC, puis une voiture verte aurait été précipitée, cinq minutes plus tard, contre le consulat britannique.

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a reconnu que ces attentats pourraient avoir été facilités par "des déficiences" dans le travail des services de renseignement.

Pays musulman mais à l'Etat laïque, la Turquie est alliée de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis au sein de l'Otan.(AFP et autres agences de presse, 20 novembre 2003)
 

Le Conseil de sécurité de l'ONU condamne les attentats d'Istanbul

Le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté jeudi à l'unanimité une résolution condamnant les récents attentats à la bombe à Istanbul (Turquie), notamment les deux attaques qui ont fait jeudi 27 morts.

La résolution 1516, qui avait été proposée par le Chili, "condamne dans les termes les plus forts les attentats à la bombe du 15 et du 20 novembre à Istanbul (Turquie) qui ont coûté la vie à de nombreuses personnes" ainsi que "tous les autres actes terroristes commis dans différents pays".

La résolution demande également à tous les Etats "de coopérer dans leurs efforts pour identifier et présenter à la justice les auteurs, les organisateurs et ceux qui ont soutenu ces attaques terroristes".

Le Conseil de sécurité exprime enfin "sa détermination renforcée à combattre toutes les formes de terrorisme dans le cadre des  responsabilités qui sont les siennes au titre de la Charte des Nations Unies".

Un double attentat à la bombe contre des intérêts britanniques à Istanbul a fait 27 morts et plus de 450 blessés.

Un précédent double attentat samedi dernier contre deux synagogues de la plus grande ville turque avait déjà fait 25 morts et plus de 300 blessés.

Le secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, avait auparavant "vivement condamné (...) les dernières attaques terroristes à Istanbul".

"Les auteurs de ces attaques n'ont aucun respect pour la vie humaine et nous devons vivement condamner leur action", avait dit M. Annan s'adressant aux journalistes au siège de l'ONU.

"Je condamne vivement les dernières attaques terroristes à Istanbul et présente mes condoléances et ma sympathie les plus profondes aux gouvernements et aux peuples de Turquie et de Grande Bretagne", a-t-il ajouté. (AFP, 20 novembre 2003)
 

Les responsables européens condamnent les attentats d'Istanbul

Les responsables européens ont condamné jeudi le double attentat à la voiture piégée contre des intérêts britanniques à Istanbul où 27 personnes ont trouvé la mort dont le consul général de Grande-Bretagne.

"En ce triste jour, la Commission européenne réaffirme son rejet de toute forme de terrorisme et espère que les auteurs de ce massacre seront traduits en justice", a affirmé son président Romano Prodi dans un message de condoléances adressé au Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan.

Se disant "profondément choqué" par les attentats, qu'il "condamne absolument", Romano Prodi souligne que "la communauté internationale se doit de faire tout ce qui est en son pouvoir pour combattre le fléau du terrorisme, dans toutes ses manifestations", selon un communiqué.

De son côté, le Haut représentant de l'UE pour la politique étrangère Javier Solana s'est dit "scandalisé" par cette nouvelle attaque, qui intervient quelques jours après un double attentat à la voiture piégée contre deux synagogues qui a fait 25 morts samedi dernier également à Istanbul.

"Je condamne avec la plus grande vigueur ces nouveaux attentats terroristes à Istanbul qui ont frappé un pays qui nous est proche et, à l'intérieur de ce pays, la représentation diplomatique d'un pays membre de l'Union", a-t-il affirmé dans un communiqué.

"Ces attaques ne font que souligner la nécessité qu'il y a à continuer de coopérer au niveau international pour combattre le terrorisme", a ajouté Javier Solana.

Les députés européens, réunis en session plénière à Strasbourg, et les ministres de l'UE chargés des Télécommunications, qui siégeaient en conseil à Bruxelles, ont observé jeudi midi une minute de silence pour les victimes des attentats d'Istanbul.

"Nous souhaitons exprimer notre sympathie et nos condoléances à l'égard des victimes, notre solidarité avec les autorités turques et les habitants d'Istambul, une ville qui a toujours permis une cohabitation pacifique", a déclaré à Strasbourg le président du Parlement européen Pat Cox.

"Après nos amis italiens, nos amis britanniques qui, dans les horribles attentats d'Istanbul, se trouvent frappés. La lutte contre le terrorisme doit tous nous mobiliser", a réagi à Bruxelles la ministre française déléguée à l'Industrie Nicole Fontaine. (AFP, 20 novembre 2003)
 

La Belgique et les Pays-Bas conseillent d'éviter les endroits touristiques en Turquie

La Belgique a recommandé jeudi à ses ressortissants d'éviter les déplacements "non essentiels" à Istanbul, où des attentats ont provoqué dans la matinée au moins 25 morts et 390 blessés, et d'exercer une "vigilance accrue" dans le reste de la Turquie.

"Nous conseillons aux gens de ne plus se rendre à Istanbul, sauf si c'est absolument nécessaire et, s'ils le font, nous leur recommandons d'en informer le consulat", a déclaré à l'AFP le porte-parole du ministère belge des Affaires étrangères.

"Pour le reste du pays, nous appelons à une vigilance accrue, surtout dans les endroits publics très fréquentés qui peuvent constituer une cible pour les attentats", a ajouté ce porte-parole, Rudy Huygelen.

Un avis de voyage reprenant ces recommandations devait être publié dans l'après-midi par le ministère, a précisé M. Huygelen.

Le ministère des Affaires étrangères néerlandais a conseillé à ses ressortissants d'éviter les endroits touristiques en Turquie. Le ministère des Affaires étrangères néerlandais conseillait déjà à ses ressortissants, avant les attentats de jeudi, d'être prudents lors de leurs voyages en Turquie en raison de l'augmentation du nombre d'attaques terroristes dans le monde.

L'Espagne, la Grande-Bretagne et plusieurs pays ont également déconseillé à leurs ressortissants de voyager à Istanbul suite aux attentats. (AFP, 20 novembre 2003)
 

HSBC, deuxième banque mondiale, présente dans 79 pays

La banque britannique HSBC, dont le principal bureau à Istanbul a été visé jeudi matin par un attentat, est le deuxième groupe bancaire mondial, avec un large réseau implanté sur tous les continents.

HSBC qui se veut "la banque locale présente dans le monde entier", a des activités dans 79 pays, avec 9.500 agences bancaires et bureaux et des effectifs de 218.000 salariés, selon les données disponibles sur son site internet.

HSBC revendiquait en août 2003 100 millions de clients dans le monde pour des actifs de 983 milliards de dollars. C'est la deuxième banque mondiale en termes de capitalisation boursière, derrière l'américaine Citigroup.

Ses activités vont de la banque de dépôts pour les particuliers et les entreprises à la banque en ligne (First Direct), en passant par le crédit à la consommation aux Etats-Unis, notamment depuis le rachat du géant américain Household en 2003.

Le groupe qui a dégagé en 2002 un bénéfice avant impôts et exceptionnels de 10,513 milliards de dollars, en progression de 19,4% par rapport à 2001, est également présent dans la banque privée et dans la banque d'affaires.

HSBC qui est le numéro un de la banque la Grande-Bretagne, est également très présent sur les marchés émergents et dans les économies en voie de développement.

Le groupe est implanté en Turquie depuis 1990 où il offre de services financiers et de conseils en investissement à une clientèle d'entreprises et de particuliers.

En décembre 2001, ses actifs en Turquie s'élevaient à 1,7 millions de dollars, selon les données disponibles sur le site de la banque. L'activité banque de dépôts repose sur un réseau de 41 agences réparties sur l'ensemble du territoire turc.

Au total, HSBC dispose en Turquie de 157 sites, dont trois à Istambul, selon une porte-parole d'HSBC à Londres qui n'a pas indiqué le nombre d'employés en Turquie.

La banque HSBC a été créée en 1865 dans l'ancienne colonie britannique de Hong-Kong, sous le nom de Hong-Kong Shanghaï Banking Corporation. Elle s'est d'abord développée en Asie et au Moyen-Orient avant d'acquérir en 1992 la banque britannique Midland Bank.

Le siège du groupe, longtemps situé à Hong-Kong, n'a été transféré à Londres qu'en 1993. HSBC est coté sur les bourses de Londres et Hong-Kong.

Depuis 1999, HSBC s'est montré très actif en matière d'acquisitions achetant notamment les groupes français Crédit Commercial de France et Banque Hervé, le géant mexicain des services financiers Bital et l'américain Household. (AFP, 20 novembre 2003)
 

Ankara essaie d'exploiter le drame afin de justifier ses pratiques répressives

Dans une tentative d'exploiter les deux attentats d'Istanbul au profit de ses pratiques répressives et incompatibles avec les conventions des droits de l'Homme, le Premier ministre Erdogan a lancé samedi une campagne afin de créer "une plate-forme internationale de lutte commune contre le terrorisme"

Cette initiative est soutenue tout de suite par les deux alliés principaux de la Turquie, les Etats-Unis et Israël.

Le département d'Etat américain avait déclaré samedi que les Etats-Unis "se tiennent fermement aux côtés de son proche allié turc dans la guerre contre le terrorisme."

Les dirigeants israéliens, quant à eux,   avaient appelé à une "lutte internationale contre le terrorisme", exprimant un appui sans réserve aux autorités de la Turquie.

Avec cet appui, Ankara a affirmé lundi sa "détermination à combattre le terrorisme", tout en fustigeant les "larmes de crocodiles" versés par certains pays après les attentats perpétrés samedi contre deux synagogues à Istanbul.

"Ceux qui ont fait cela ne sont pas humains, ce ne sont pas des musulmans (...). La Turquie continuera à lutter avec détermination contre le terrorisme", a affirmé le ministre de la Justice et porte-parole du gouvernement, Cemil Cicek, au sortir d'un conseil des ministres.

Le ministre turc s'en est vivement pris à certains pays, qu'il a refusé de nommer, mais qui, selon lui, "soutiennent depuis longtemps les terroristes" qui s'attaquent à la Turquie.

"La Turquie appelle depuis longtemps à la coopération et à un front commun contre le terrorisme (...) Malheureusement, la Turquie est restée seule dans son combat anti-terroriste", a affirmé M. Cicek.

Selon les observateurs, le ministre avait à l'esprit la lutte contre les combattants du PKK. Nombre de pays européens refusent d'extrader des Kurdes recherchés pour "terrorisme" et certains pays voisins de la Turquie, dont la Syrie et la Grèce, ont accordé refuge par le passé aux militants kurdes selon les autorités turques.

"Nombre de pays ont soutenu les assassins qui versent le sang en Turquie, les ont entraînés, leur ont donné un soutien logistique et les ont protégés", a affirmé le ministre.
 

Attentats à la voiture piégée contre deux sinagogues à Istanbul

Deux attentats à la voiture piégée, presque simultanés, ont frappé samedi matin la communauté juive de Turquie, faisant 23 morts et environ 300 blessés près de deux synagogues d'Istanbul, la plus grande ville du pays. Quelque 70 personnes étaient toujours hospitalisées dimanche matin.

Six juifs ont péri dans les attentats qui ont visé samedi deux synagogues à Istanbul, a indiqué dimanche à la radio publique israélienne un responsable de la communauté juive locale.

Malgré plusieurs hypothèses évoquées relatives aux auteurs des attentats, il paraît qu'il est très tôt de parle de réels
auteurs  et  commanditaires de ce crime; un crime qui a déjà été condamné par tout le monde.

L'un des attentats a visé la synagogue de Neve Shalom à Beyoglu, l'autre la synagogue Beth Israël à Sisli, distante de deux kilomètres.

samedi deux synagogues à Istanbul ont affirmé dimanche que les mesures de sécurité autour des bâtiments n'étaient pas suffisantes, selon une journaliste de l'AFP sur place.

"Il est indiscutable que les autorités ont fait preuve de négligence pour assurer la sécurité autour des synagogues", a déclaré Ender Yildirim, un homme de 44 ans, à la sortie de l'Hôpital américain où est hospitalisé son cousin sérieusement blessé.

Ce dernier, Oktay Gemici, également 44 ans, était l'un des vigiles postés devant la synagogue Neve Shalom, visée par l'une des attaques à la voiture bourrée d'explosif. Il a perdu un oeil et souffre de fractures à la mâchoire et à la clavicule.

"La rue aurait dû être fermée à la circulation", a estimé M. Yildirim.

"Nous nous attendions à une attaque de ce type et avions exprimé nos craintes aux autorités. Elles nous ont assuré que le site était sûr. Malheureusement, elles se sont gravement trompées", a regretté Nisso Beraha, un homme d'affaires juif de 55 ans.

Le plus haut responsable religieux juif de Turquie, le rabbin Yitzhak Haleva, dont le fils de 29 ans a aussi été blessé, a rappelé qu'il avait aussi prôné un renfort de la sécurité. "J'avais demandé à la police d'interdire le trafic dans le voisinage parce que nous ne pouvons pas contrôler tous les véhicules", a-t-il dit à la radio publique israélienne.

Murat Ozsoy, un ouvrier de 30 ans, dont l'oncle a été grièvement blessé, a lui déclaré: "Mon oncle était un policier depuis quinze ans, qui aimait son métier. Maintenant, il risque de mourir à cause d'un laxisme dans la sécurité".

Le ministre turc de la Justice a reconnu dimanche que les attentats meurtriers qui ont visé samedi deux synagogues à Istanbul pourraient conduire le gouvernement à revoir sa politique de renseignement.

"Si nous avons des faiblesses dans notre système de renseignement, il nous faut le repenser. Si notre personnel a des carences et des besoins, alors il faut revoir cela", a déclaré à la télévision NTV Cemil Cicek, qui est également porte-parole du gouvernement.

Le Grand rabbin de Turquie Yitzhak Khaliva avait mis en garde la police turque contre le risque que faisait planer le trafic automobile près des deux synagogues d'Istanbul visées samedi matin par des attentats, a-t-il déclaré à la radio publique israélienne.

"Il est interdit de stationner près des synagogues Névé Shalom et Beit Israël, et j'avais demandé à la police d'interdire aussi la circulation à leurs abords, car on ne peut pas contrôler toutes les voitures", a précisé le grand rabbin, plus haute autorité religieuse juive en Turquie.

"Nous étions en train de prier, quand il y a eu une explosion. Nous avons organisé l'aide, et je suis rentré chez moi (...). Mon fils a été blessé. La police et les forces de sécurité nous ont porté assistance. Nous vivons des heures pénibles", a encore dit le grand rabbin.

La synagogue Neve Shalom, la plus grande d'Istanbul, avait déjà été la cible d'un attentat en 1986 qui avait fait 22 morts, outre les deux kamikazes. Les attentats antisémites sont pourtant rares en Turquie, un Etat laïc majoritairement musulman.

Selon un porte-parole du grand rabbinat d'Istanbul, Silvio Ovadia, quelque 300 personnes étaient rassemblées dans ces lieux de culte, pour la prière du samedi, au moment des attentats.

La façade de la synagogue Neve Shalom s'est effondrée sous la violence de l'explosion, et la rue présentait samedi l'aspect d'une scène de guerre, un cratère creusant la chaussée.

"C'était comme un tremblement de terre", "quelque chose d'inhumain", racontait un commerçant de 40 ans.
 

Réactions et condamnations à l'échelle internationale

La Turquie, Israël, de nombreux pays européens, les Etats-Unis, l'Egypte, le Pakistan et le pape ont été unanimes à condamner les attentats commis samedi contre deux synagogues à Istanbul, qui ont fait 20 morts et plus de 250 blessés.

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, en visite à Nicosie pour le 20e anniversaire de la République turque de Chypre du nord (KKTC, reconnue uniquement par Ankara), a estimé que les attentats à la voiture piégée visaient "la stabilité et la paix de la Turquie".

"Etant donné le point où en est arrivé le terrorisme dans le monde, j'estime qu'il faut (créer) une plateforme internationale de lutte commune contre le terrorisme", a déclaré M. Recep Tayyip Erdogan à son retour à l'aéroport d'Istanbul, lors d'une conférence de presse retransmise en direct par les télévisions.

Le ministre turc des Affaires étrangères Abdullah Gul y a vu "un acte terroriste aux ramifications internationales", tandis que le Congrès du peuple du Kurdistan, ex-PKK, condamnait lui aussi les attentats.

Les messages de condoléances ont afflué vers la Turquie.

Le secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan s'est dit "atterré par les pertes humaines" provoquées par ces "actes haineux".

Les Etats-Unis condamnent "avec fermeté" les "horribles attentats terroristes" d'Istanbul et "se tiennent fermement aux côtés de son proche allié turc dans la guerre contre le terrorisme", a indiqué le département d'Etat.

Le président américain George W. Bush a téléphoné à M. Erdogan pour lui présenter ses condoléances après "cette attaque terroriste".

Le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi, président en exercice de l'Union européenne, s'est rendu à la grande synagogue de Rome pour présenter ses condoléances aux responsables de la communauté juive.

Le président de la Commission européenne, Romano Prodi, s'est rendu de son côté à la synagogue de Milan (nord de l'Italie) pour présenter les condoléances de "toute l'Union européenne" à la communauté juive.

De nombreux pays européens, dont la France, l'Allemagne, la Grande-Bretagne, la Suisse et la Russie, ainsi que le Pakistan et l'Egypte, ont été unanimes dans leur condamnation des attentats.

Au Caire, le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, les a aussi condamnés, mais en a attribué la responsabilité à Israël. "La responsabilité de tout cela incombe à la politique israélienne", a affirmé M. Moussa.

Pour sa part, le chef de la diplomatie égyptienne, Ahmed Maher, a dénoncé des "attentats terroristes".

"L'Egypte refuse et condamne ces attentats (...) tant qu'ils visent des civils", a déclaré à la presse au Caire M. Maher, ajoutant que "la tension et les actes de violence dans la région créent une atmosphère (favorable à) ces attentats terroristes".

La Syrie a condamné "ces actes criminels" et exprimé sa solidarité avec le gouvernement turc.

L'Iran a condamné dimanche les attentats contre deux synagogues à Istanbul qui ont fait au moins 20 morts et 300 blessés et les a qualifiés d'"inacceptables", selon l'agence officielle iranienne Irna.

"Le recours à des actes de violences contre des civils est inacceptable, illogique et est voué à l'échec", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Hamid-Reza Assefi, exprimant la solidarité de l'Iran avec le gouvernement et le peuple turcs.

Le Pakistan a "fermement condamné" les attentats, présentant ses condoléances "au gouvernement et au peuple turc, ainsi qu'aux familles des victimes".

Le président de l'Autorité palestinienne Yasser Arafat a condamné dimanche le double attentat meurtrier contre deux synagogues perpétré samedi à Istanbul, le qualifiant de "crime odieux" et a adressé ses condoléances aux familles des victimes juives et musulmanes.

"Le président Arafat a adressé ses condoléances au président turc (Ahmet Necdet Sezer) et à son Premier ministre (Recep Tayyip Erdogan)", indique un communiqué publié par l'agence officielle palestinienne Wafa.

D'autre part et à la veille d'une visite en Italie du Premier ministre israélien Ariel Sharon, le pape Jean Paul II a condamné le terrorisme mais aussi critiqué la construction par Israël d'un "mur" sur le territoire palestinien.

Le Proche-Orient "n'a pas besoin de murs mais de ponts", a déclaré le souverain pontife dans sa prière de l'Angelus.

C'est la première fois que Jean Paul II, dont le pontificat est marqué par un effort constant de dialogue avec le judaïsme, critique, sans citer directement Israël, l'édification en territoire palestinien d'une ligne de sécurité censée protéger l'Etat hébreu des attaques palestiniennes.
 

La communauté juive en Turquie

Près de 35.000 juifs de nationalité turque, appelés "musevi" par leur compatriotes, vivent en Turquie. La communauté juive d'Istanbul compte quelque 27.000 personnes.

A Istanbul, ils habitent dans les quartiers les plus luxueux comme Macka, Sisli et Nisantasi.

Dans un pays de près de 70 millions d'habitants, dont 99% de la population est musulmane, la communauté juive est la seconde plus importante minorité, après celle des Arméniens qui compte quelque 45.000 personnes.

Les attentats anti-sémites sont rares en Turquie même si 21 personnes avaient été tuées en 1986, lorsqu'une bombe avait explosé devant une des synagogues qui a de nouveau été visée samedi.

Cet événement traumatisa la communauté juive qui n'avait jamais connu de problème au cours de ses 500 ans d'histoire dans l'Empire ottoman.

La plupart des juifs de Turquie sont arrivés d'Espagne il y a plus de 500 ans, fuyant l'Inquisition.

Ils font partie de la branche "sépharade". Depuis l'époque de l'empire ottoman, tolérant envers les juifs, cette communauté a connu une vie aisée, s'occupant principalement d'affaires et de commerce.

Après la prise de pouvoir par les Nazis en Allemagne et pendant toute la deuxième guerre mondiale, la Turquie qui respectait une neutralité totale, était devenue une terre d'asile très appréciée pour les juifs d'Europe.

De nombreux professeurs juifs allemands fuyant le régime d'Adolf Hitler sont venus s'installer en Turquie et ont enseigné dans diverses universités, à Istanbul et Ankara notamment.

Toutefois, lorse de la Deuxième Guerre mondiale, la communautué juive de Turquie, comme les autres minorités chrétiennes, ont subi des pratiques répressives et discriminatoires.

Aprèes la fondation de l'Etat d'Israël, une partie importante de cette communauté ont quitté la Turquie pour s'y installer.

Actuellement, quelques uns des hommes d'affaires les plus influents de Turquie, font partie de la communauté juive de Turquie qui est cependant peu représentée dans la vie politique.
 

Les relations problématiques turco-israéliennes

Israël a mis en garde à plusieurs reprises Ankara contre le risque d'attaques du réseau terroriste Al-Qaïda en Turquie, selon un journal turc publié dimanche, au lendemain de deux sanglants attentats contre des synagogues d'Istanbul.

Le service secret israélien Mossad a prévenu le gouvernement turc en avril et en septembre des risques d'attaques visant des intérêts juifs en Turquie, y compris la synagogue Neve Shalom, cible d'un attentat à la voiture piégée samedi, selon le quotidien Radikal.

Les ambassades d'Israël, des Etats-Unis ou de Grande-Bretagne ont été citées par le Mossad comme cibles potentielles. Les autorités turques ont alors renforcé la sécurité autour de ces sites, d'après le journal.

D'autres mises en garde sont provenues de missions diplomatiques des Etats-Unis et de Turquie à Bagdad, Téhéran et Munich, selon cette même source.

Les dirigeants israéliens ont appelé dimanche à une lutte internationale contre le terrorisme, exprimant un appui sans réserve aux autorités de la Turquie, pays avec lequel Israël entretient des relations privilégiées, après le sanglant attentat contre deux synagogues d'Istanbul.

M. Sharon s'est déclaré "convaincu" que les autorités turques arrêteront les auteurs des attentats d'Istanbul de samedi où 23 personnes ont trouvé la mort. Six des victimes étaient juives.

"Le terrorisme ne connaît pas de frontières et ne fait pas de distinction entre ses victimes, selon leur religion, car il vise à instaurer la peur parmi les innocents", a affirmé M. Sharon en séance hebdomadaire de son cabinet.

A la suite des attentats, le chef de la diplomatie israélienne Sylvan Shalom a effectué une brève visite à Istanbul. Le président du Parlement, Reouven Rivlin, s'y rendra mardi pour assister aux funérailles des victimes.

L'Etat hébreu a déjà proposé son aide aux autorités turques, ainsi qu'à la communauté juive locale, et une équipe de 7 sauveteurs est arrivée samedi soir à Istanbul pour fouiller les lieux des deux attentats, a précisé Anatolie.

La Turquie, un pays à majorité musulman, est le seul allié régional d'Israël depuis 1996, date de la signature d'un accord de coopération militaire qui a soulevé la colère de la plupart des pays arabes.

Ces relations très proches se sont notamment traduites par une série de manoeuvres aéronavales communes à la Turquie, Israël et aux Etats-Unis, dont les dernières ont eu lieu en août.

Les plus importants dirigeants israéliens se sont rendus en Turquie y compris le Premier ministre Ariel Sharon (en 2001), l'actuel ministre de la Défense Shaoul Mofaz qui avait également effectué une visite en 2001 alors qu'il était chef d'état-major, le chef de la diplomatie Sylvan Shalom et le président Moshé Katzav en juillet dernier.

Les F-16 israéliens ont régulièrement utilisé l'espace aérien turc, notamment les vastes plaines d'Anatolie centrale, pour des exercices qu'ils ne peuvent faire dans leur espace national restreint.

L'arrivée au pouvoir à Ankara l'an dernier du parti de la Justice et du Développement (AKP), aux origines islamistes, a inquiété dans un premier temps les responsables israéliens, qui ont toutefois affirmé par la suite que ce changement politique n'avait pas affecté les relations entre les deux pays, alliés des Etats-Unis dans la région.

Les deux pays entretiennent aussi d'importantes relations commerciales dans le domaine de l'industrie d'armement notamment. La Turquie a ainsi confié deux importants projets de modernisation de chars et d'hélicoptères à Israël pour un montant de quelque 800 millions de dollars.

L'Etat turc souhaite en outre renforcer son rôle géopolitique dans la région en vendant de l'eau de son fleuve Manavgat (sud) à Israël.

Ces derniers temps, toutefois, la Turquie s'est montrée critique vis-à-vis de la politique de M. Sharon en l'encontrer des Palestiniens, surtout de son attitude envers le président de l'Autorité palestinienne Yasser Arafat, confiné dans son quarter général de Ramallah depuis prés de deux ans par l'armée israélienne.

Ce rafraîchissement des relations s'est manifesté au début du mois lorsque les autorités turques ont décliné la proposition de M. Sharon de faire escale à Ankara, à son retour d'une visite en Russie, en raison de l'emploi du temps "chargé" du chef de gouvernement turc Recep Tayyip Erdogan.

L'antisémitisme ne constitue pas un phénomène répandu en Turquie, même si la politique répressive des autorités israéliennes à l'encontre les Palestiniens a accru les critiques contre Israël au cours des derniers mois.
 

Réunion Turquie-USA-HCR sur le retour des Kurdes de Turquie réfugiés en Irak

Des discussions sont prévues la semaine prochaine à Ankara entre des responsables turcs, américains et du Haut commissariat de l'Onu pour les réfugiés au sujet du retour graduel en Turquie des milliers de Turcs réfugiés en Irak, a-t-on appris vendredi de sources concordantes à Ankara.

Une mission du HCR doit s'entretenir mercredi avec des responsables du ministère des Affaires étrangères pour évoquer la question du "rapatriement volontaire" de ces Turcs, presque tous d'origine kurde, réfugiés en Irak depuis le début des années 1990 pour échapper aux violences de la rébellion kurde en Turquie, a souligné à l'AFP le porte-parole du HCR en Turquie, Metin Corabatir.

Le secrétaire d'Etat américain adjoint à la population, aux réfugiés et aux migration, Arthur Dewey, qui sera à Ankara à cette date pour participer à un colloque universitaire, devrait également prendre part aux discussions, a-t-on souligné de source gouvernementale turque.

Les Turcs constituent la troisième plus importante communauté de réfugiés en Irak, administré par les Etats-Unis, avec quelque 12.700 personnes, après les Iraniens (18.700) et les Palestiniens (80.000), selon M. Corabatir.

Le sujet sensible du camp de réfugiés de Makhmour, en Irak du nord, au sud de Mossoul, contrôlé par le HCR, figure aussi à l'agenda, a-t-il précisé.

Ce camp abrite depuis 1997 plus de 9.000 Kurdes de Turquie. Ankara souhaite depuis des années son démantèlement, affirmant que les activistes du Parti des Travailleurs du Kurdistan (ex-rébellion kurde) y retiennent en "otages" les familles kurdes qui souhaitent rentrer dans leurs villages en Turquie.

Pendant la rébellion du PKK (1984-1999), l'armée turque a évacué de force des villages entiers du sud-est anatolien, à majorité kurde, pour isoler les rebelles.

D'autres familles, proches du PKK, ont elles aussi pris le chemin du Kurdistan irakien.

Outre celui de Makhmour, plusieurs autres camps à Dohouk et Erbil abritent 3.700 réfugiés kurdes de Turquie.

Grâce au concours du HCR, plus de 2.200 réfugiés ont été rapatriés en Turquie depuis 1997.

Juste avant les discussions sur le retour des Kurdes, les Etats-Unis ont déclaré vendredi qu'ils considéraient que toute organisation issue du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK, séparatistes kurdes de Turquie) était considérée comme terroriste.

Le département d'Etat a ainsi fait savoir qu'il ne changerait pas de ligne vis-à-vis de cette organisation, malgré l'annonce mardi de la dissolution de l'héritier du PKK, le Congrès pour la Démocratie et la liberté au Kurdistan (KADEK).

Le porte-parole adjoint du ministère américain des Affaires étrangères, Adam Ereli, a indiqué que cela ne changeait rien à l'attitude de Washington, qui a placé le PKK-KADEK sur sa liste des organisations terroristes internationales, et continuera de le faire pour tout successeur de ce mouvement.

"Au travers de ses récentes actions, le PKK-KADEK apparaît comme faisant un effort pour échapper à ses responsabilités en changeant de nom", a-t-il déclaré.

"Le PKK-KADEK, sous quelque nom que ce soit, est une organisation terroriste, et aucun changement de dénomination ou communiqué de presse ne va changer cela", a ajouté M. Ereli.

Les Etats-Unis, depuis leur intervention en Irak, se sont engagés envers la Turquie à neutraliser les membres du PKK-KADEK présents dans les régions kurdes du nord irakien. (AFP, 14 novembre 2003)
 

Foreign Minister too threatens Kurd in Iraq

Turkey has warned it might intervene to disarm and evict Kurdish guerillas from their mountain strongholds in northern Iraq if the United States fails to do so.

"The US has promised to remove the terrorists," said the Turkish Foreign Minister, Abdullah Gul. "We are still waiting for America to fulfil its promise. We believe that it will.

"But Turkey has the right to take pre-emptive action to defend its own security interests, just as Israel and the US do. The US Government must take this issue seriously."

The US has pledged to move against the PKK, which is on the State Department's list of terrorist organisations, even though the deal for sending Turkish forces to Iraq has fallen through.

"The United States is committed to eliminating all terrorist threats in Iraq, including from the PKK," a US embassy spokesman in Turkey said.

But sources say Pentagon officials and the US administrator in Iraq, Paul Bremer, are blocking action against the PKK on the grounds that it would require thousands of troops that the US can ill afford to spare while attacks on US forces are escalating.

A senior Turkish official, speaking on condition of anonymity, said even Iraqi Kurdish groups that until recently had fought the Turkish Kurd rebels in northern Iraq "are now protecting them".

Mr Gul warned: "The Kurds are behaving irresponsibly in their relations with Turkey, and the United States would be committing a historic error if it sides with these marginal groups."

Massoud Barzani and Jalal Talabani, leaders of the two Iraqi Kurdish factions that ran northern Iraq as an autonomous area after the 1991 Gulf War, accuse Turkey of seeking to undermine gains made by their regional administration, even though the Turkish forces would not have been deployed in Iraq's north. (Los Angeles Times, Associated Press, November 10, 2003)
 

Accrochages controversés près de la frontière turque  en Irak

Un Kurde irakien membre des gardes-frontières a été tué et 13 autres personnes ont été blessées samedi lors d'accrochages avec des hommes armés près de la frontière turque, a déclaré lundi une porte-parole de l'armée américaine.

Le ministre des Affaires étrangères turc Abdullah Gul avait affirmé un pau plus tôt que ces hommes armés étaient des rebelles kurdes de Turquie du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK-Kadek), mais l'armée américaine a affirmé ne pas avoir d'informations sur l'identité des personnes impliquées dans ces accrochages.

"Une patrouille irakienne des gardes-frontières dans le nord de l'Irak a été prise sous le feu de combattants inconnus le 8 novembre (samedi) près de Dohouk", a indiqué la porte-parole américaine, parlant de Mossoul (360 km au nord-est de Bagdad)

"Un garde-frontière irakien a été tué et 13 autres ont été blessés", a-t-elle ajouté.

Les troupes américaines ont demandé l'intervention d'hélicoptères de combat Apache, qui ont tiré sur les hommes armés. Ces derniers ont pris la fuite, a ajouté la porte-parole.

Le garde-frontière tué a été identifié comme étant un membre du Parti démocratique du Kurdistan (PDK), l'un des deux principaux mouvements kurdes, qui contrôlent le nord de l'Irak.

M. Gul a affirmé que des combattants kurdes, alliés des Américains, ont été impliqués dans les affrontements, les premiers du genre, avec les rebelles du PKK. La indiqué que ces affrontements avaient eu lieu dimanche. La porte-parole américaine a indiqué qu'elle parlait bien des mêmes affrontements, mais que ceux-ci avaient eu lieu samedi.

Le ministre turc s'est refusé à dire si ces accrochages étaient intervenus dans le cadre du "plan d'action" sur lequel Turcs et Américains se sont entendus, début octobre à Ankara, pour lutter contre les rebelles du PKK réfugiés dans le Kurdistan irakien.

Les autorités turques ont appelé plusieurs fois les Etats-Unis à agir contre le PKK, considéré comme une organisation terroriste par Ankara et Washington.

La Turquie a annoncé vendredi qu'elle renonçait à l'idée d'envoyer des soldats en Irak en raison de la vive hostilité des dirigeants irakiens au projet. L'armée turque souhaitait profiter d'un déploiement en Irak pour éliminer les derniers rebelles du PKK, réfugiés selon elle dans les montagnes du Kurdistan irakien et dont le nombre est estimé à quelque 5.000 combattants.

La Turquie dispose de quelque 1.500 soldats déployés dans le nord de l'Irakien pour y surveiller les rebelles kurdes et le ministre de la Défense, Vecdi Gonul, a récemment affirmé que leur nombre pourrait être renforcé.

Par ailleurs, le président du Conseil de gouvernement irakien, le chef kurde Jalal Talabani, s'est déclaré en faveur de l'arrêt de la lutte armée et d'un éventuel retour chez eux de "milices non-irakiennes en territoire irakien".

"Nous ne permettrons pas que le territoire irakien soit utilisé (pour lancer des attaques) contre un pays voisin", a-t-il affirmé dans un entretien au journal turc Milliyet, publié lundi. (AFP, 10 novembre 2003)
 

Malgré l'annulation de l'envoi de troupes, l'Armée continue à menacer les Kurdes d'Irak

La décision d'annuler l'envoi de troupes en Irak implique que la Turquie n'a plus son mot à dire sur le processus de reconstruction de son voisin, estime le chef de l'état-major de l'armée turque dans un entretien publié dimanche par le quotidien libéral Radikal.

"Actuellement nous ne savons pas quelle forme l'Irak prendra... Nous n'avons rien à dire parce que nous ne sommes pas là", dit le général Hilmi Ozkok, qui accorde généralement peu d'interviews.

Vendredi la Turquie est revenue sur sa décision de déployer des troupes en Irak, qui avait été approuvée par le parlement au début du mois d'octobre, en raison notamment de l'opposition du Conseil de gouvernement intérimaire irakien, particulièrement de ses membres kurdes, et des hésitations de Washington.

Le général Ozkok souligne que la Turquie continuera à suivre avec attention les développements en Irak, car l'instabilité irakienne pourrait avoir des conséquences directes sur le territoire turc.

"Les activités terroristes sont en augmentation. Si l'Irak devient une source de terrorisme, cela nous intéressera de près. Si l'Irak se divise avec une formation dans le Nord, cela nous affectera beaucoup", déclare-t-il.

La Turquie craint que les groupes kurdes du nord de l'Irak ne profitent de la situation pour déclarer l'indépendance de leur région, et ne donnent ainsi des idées aux kurdes de Turquie.

En aidant les Etats-Unis en Irak, Ankara entendait gagner un droit de regard sur le futur système irakien et empêcher les kurdes de déclarer leur indépendance.

Ankara espérait aussi motiver une action des Etats-Unis contre les kurdes turcs cachés dans le nord de l'Irak, qu'Ankara et Washington considèrent comme des "terroristes".  (AFP, 9 novembre 2003)
 

Foreign Minister Gul says Turkish soldiers will remain in Northern Iraq

Minister of Foreign Affairs Abdullah Gul repeated that should a threat against Turkey appear from within Iraq there would be no second thoughts as to what must be done.

Gul also pointed out that the US had not made any demands about a Turkish troop withdrawal from Northern Iraq.

"As long as there is a terrorist organization our soldiers will be there. If any threat against Turkey emerges, whoever it is, we will not hesitate. We will do everything required," said Gul.

Gul discussed the latest developments with television news station NTV and said that the government had shelved plans for a troop deployment in Iraq because it would lead to more problems than benefits.

However, Gul did state that should the US come forward with a possible demand in the future, this would be separately taken into consideration.

Gul felt that a leading role should be given to Turkey in the reconstruction of Iraq and pointed out that the most pressing issue was what the US would do to fight against the PKK in Northern Iraq.

As for the Turco-European relations, Gul asserted that the European Union (EU) has made a mistake on the Cyprus matter with the Strategy Document included in the European Commission's progress report on Turkey.

Gul reminded that a strong anti-Turkey lobby existed inside the EU and pointed such issues as the demand for the inclusion of the letters q, w, and x in the Turkish alphabet. This was but a source of conflict, Gul said, and he added, "If they demand 'q, w, x' then I demand, 'ü, s, and ç'." (Zaman, November 9, 2003)
 

Ankara reproche aux Etats-Unis de favoriser les Kurdes en Irak

Le ministre turc des Affaires étrangères Abdullah Gul a demandé samedi aux Etats Unis de ne pas faire preuve de favoritisme envers les kurdes irakiens, sous peine de mettre en danger l'équilibre ethnique de l'Irak.

Les propos du ministre interviennent au lendemain de la décision du gouvernement d'Ankara de ne pas envoyer de troupes en Irak, face à l'hostilité du Conseil de gouvernement transitoire irakien, notamment des factions kurdes, et aux hésitations des Américains.

Dans un entretien avec la télévision NTV, M. Gul a affirmé que le revirement turc n'avait rien à voir avec l'opposition des Kurdes, tout en reconnaissant qu'Ankara avait "la nette impression" que les Américains prenaient en général le parti des Kurdes.

"Nous espérons que ceci ne mènera pas à des dangers en Irak dans l'avenir", a déclaré M. Gul.

"Les Kurdes sont une réalité en Irak, mais il y a plusieurs autres groupes ethniques. (...) Si l'on veut préserver l'intégrité de l'Irak, on doit éviter des actes qui pourraient rompre l'équilibre" dans ce pays", a-t-il dit.

Un revers pour les efforts des Etats-Unis afin d'attirer de nouveaux contingents étrangers

Le recul d'Ankara apparaît comme un revers pour les efforts des Etats-Unis afin d'attirer de nouveaux contingents étrangers en Irak, où l'armée américaine s'apprête à réduire ses effectifs l'an prochain sans que la situation ne s'améliore en matière de sécurité.

Washington espérait que l'arrivée de milliers de soldats de Turquie -pays à la fois musulman et membre de l'Otan- aurait un effet d'entraînement pour d'autres "amis et alliés" réticents à s'engager militairement.

La perspective de nouvelles troupes étrangères est souvent mise en avant pour rassurer une opinion américaine inquiète du maintien de forces américaines nombreuses et très exposées aux attaques.

A un an de l'élection présidentielle, l'administration du président George W. Bush est également très attaquée par l'opposition démocrate pour le faible soutien international à l'opération en Irak, qui laisse aux Etats-Unis l'essentiel de la charge financière et militaire.

Un haut responsable du département d'Etat reconnaissait implicitement, après la décision turque, que les candidats ne se bousculent pas au portillon, malgré le vote le 16 octobre de la résolution 1511, censée encourager de telles participations.

"Quand la résolution 1511 est passée, nous avions en vue un certain nombre de pays: la Turquie, le Pakistan, la Corée du sud, le Bangladesh. Désormais la Turquie n'est plus dans la course, mais la Corée du Sud le reste en lice de manière assez visible. Quand au Pakistan et au Bengladesh, nous restons en contact", indique-t-il.

Ce responsable, parlant sous couvert de l'anonymat, a également cherché à minimiser la déception américaine, en rappelant que bien avant la décision turque, "nous avons fait savoir que nous ne nous attendions pas à un afflux massif de troupes" nouvelles.

La venue de soldats turcs avait notamment provoqué une levée de boucliers chez les responsables et la communauté kurdes d'Irak, mais aussi dans d'autres secteurs de la population irakienne, plaçant Washington dans une inconfortable position d'arbitre.

L'entrée des forces turques dans un tel climat de suspicion "aurait provoqué davantage de difficultés et de divisions à l'intérieur de l'Irak, est il est sans doute meilleur que cela ne se fasse pas", reconnaît avec pragmatisme un haut diplomate américain. (AFP, 8 novembre 2003)
 

Ankara renonce à l'idée d'intervenir en Irak

Le gouvernement turc a finalement abandonné son projet de déployer des soldats en Irak pour épauler les forces de la coalition après avoir été confronté à la vive opposition des Irakiens et aux hésitations des Américains.

Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Huseyin Dirioz a déclaré vendredi aux journalistes que le gouvernement turc avait décidé de ne plus utiliser l'autorisation, votée jour pour jour il y a un mois par le parlement turc, d'envoyer des soldats dans le pays voisin.

"Cela doit être compris dans le sens que la Turquie a abandonné son projet de se déployer en Irak", a précisé à l'AFP une source gouvernementale sous couvert de l'anonymat.

"Nous avions toujours dit que nous n'insisterons pas pour envoyer des soldats", a affirmé le chef de la diplomatie turque Abdullah Gul devant les journalistes.

"Nous avions dit que nous enverrons des troupes uniquement si cela peut contribuer à (améliorer) la situation. Nous avons constaté qu'une telle éventualité ne se présente pas pour le moment", a-t-il dit.

Le projet d'Ankara avait rencontré l'hostilité du Conseil de gouvernement transitoire irakien, particulièrement de ses membres kurdes.

Le secrétaire d'Etat américain Colin Powell a appelé jeudi soir M. Gul pour évoquer l'Irak, a en outre annoncé M. Dirioz.

"M. Powell a remercié le peuple et le parlement turcs pour leur solidarité et leur amitié", a-t-il expliqué.

Le projet de dépêcher en Irak une dizaine de milliers de soldats était au point mort en raison de l'opposition des autorités provisoires irakiennes depuis le feu vert des députés turcs.

M. Gul avait récemment évoqué la "maladresse" et les "hésitations" des Etats-Unis, incapables, selon lui, de convaincre leurs alliés irakiens, notamment les Kurdes du nord du pays, du bien-fondé d'une participation turque à la force internationale de stabilisation.

Washington avait affirmé fin octobre que le projet était toujours à l'étude, contrairement aux déclarations du président turc, Ahmet Necdet Sezer, qui a affirmé que la question était "close".

L'actuel président du Conseil de gouvernement irakien, le Kurde Jalal Talabani, a confirmé mercredi que la question des soldats turcs est "close".

Un académicien turc s'est félicité de la décision, rappelant l'opposition de l'opinion publique turque et l'opposition au parlement à l'envoi de soldats dans la situation de grande insécurité qui règne en Irak.

"C'est une décision très juste", a déclaré à la chaîne NTV le professeur Huseyin Bagci, de l'Université du Moyen-Orient à Ankara.

Il a estimé qu'en décidant de proposer de venir en aide aux Américains, Ankara avait réussi à réparer les dégâts dans les relations bilatérales avec Washington, provoqués en mars par le vote du parlement, qui a refusé d'appuyer les efforts de guerre américains et notamment le transit par la Turquie de soldats américains se rendant dans le nord de l'Irak.

"Après plusieurs erreurs sur l'Irak, le gouvernement a finalement retrouvé la bonne voie", a commenté pour sa part Onur Oymen, vice-président de la principale force d'opposition au parlement, le Parti républicain du peuple (CHP).

Lors de son entretien téléphonique avec M. Gul, Colin Powell a "réaffirmé son engagement à éliminer toute menace terroriste qui pourrait provenir de l'organisation terroriste PKK-Kadek (Parti des travailleurs du Kurdistan)", a également précisé M. Dirioz.

Quelque 5.000 rebelles kurdes du PKK seraient actuellement dans les montagnes du nord-est irakien et les généraux turcs espèrent à terme, avec le concours des forces américaines, pouvoir les éliminer.

Ankara a déployé depuis 1997 plusieurs milliers de soldats dans cette zone et les factions kurdes craignaient que les Turcs ne s'éternisent en Irak s'ils y envoyaient des soldats supplémentaires. (AFP, 7 novembre 2003)
 

Barzani calls for a Kurdistan Federation in northern Iraq

Iraqi Kurdish groups have reached agreement on forming a Kurdish federation in the north of the country, according to Massoud Barzani, leader of the Kurdistan Democratic Party (KDP).

Quoted in the KDP's newspaper, Habat, Barzani said that there should be an end to the policy of "arabisation" and that greater autonomy should be given to the Iraqi Kurds.

"We have rights over Iraq and now it is time we should carry important works in order to have a federation," he said. "Let there be a government in central Iraq and a Kurdistan federation in the north."

The KDP leader justified his call for a Kurdistan federation by saying that they represent the Kurdish political will. The Kurds were a minority that had suffered themselves and as such could not oppress other minorities such as Turkomens, Kaldenies and Assyrians in the region, he said. (NTVMSNBC, November 7, 2003)
 

Massoud Barzani accuse Ankara de ne pas saisir leur "sincérité"

Massoud Barzani, le chef du Parti démocratique du Kurdistan (PDK), l'une des factions kurdes d'Irak, a accusé, dans une interview, les autorités turques de ne pas comprendre la "sincérité" et les "bonnes intentions" des Kurdes d'Irak.

"Nous avons sacrifié 3.000 peshmerga (combattants kurdes) dans les combats contre le PKK" (Parti des travailleurs du Kurdistan, rebelles kurdes de Turquie), a dit M. Barzani dans un entretien au journal d'expression anglaise Turkish daily news, publié mercredi.

"Si la Turquie pense encore que nous sommes des ennemis, alors la situation est catastrophique", a ajouté M. Barzani, qui est membre du Conseil de gouvernement transitoire irakien.

Le PDK de M. Barzani était l'allié de l'armée turque dans la lutte contre le PKK au Kurdistan irakien, région du nord du pays qui échappait au contrôle de Bagdad avant l'intervention américaine du mois de mars.

La Turquie a déployé depuis 1997 des milliers de soldats dans cette région et le ministre turc de la Défense, Vecdi Gonul, a affirmé mardi que, si nécessaire, des renforts pouvaient être envoyés.

Les membres du Conseil de gouvernement transitoire irakien, en particulier les Kurdes, ont exprimé leur vive hostilité au projet d'Ankara de déployer des soldats turcs en Irak, auquel le parlement turc a donné son feu vert il y a près d'un mois. Le projet est aujourd'hui au point mort.

Les Kurdes, alliés des Etats-Unis, craignent que les Turcs ne s'installent durablement en Irak. De leur côté, les Turcs ont peur que les Kurdes d'Irak ne fassent le choix de l'indépendance et servent d'exemple aux Kurdes de Turquie.

"Nous voulons devenir des alliés de la Turquie et coopérer dans tous les domaines (...) Mais nous ne nous lancerons pas dans des efforts pour convaincre les Turcs que nous ne voulons pas d'Etat indépendant", a expliqué le dirigeant kurde.

Il s'est une nouvelle fois opposé à l'arrivée de forces de pays voisins en Irak.

Le nouveau président du Conseil de gouvernement irakien, Jalal Talabani, autre chef kurde et ancien rival de M. Barzani, a de son côté annoncé mercredi qu'il se rendrait le 19 novembre à Ankara pour "assainir l'atmosphère", après la crise sur l'envoi de troupes turques en Irak.

Talabani va à Ankara pour "assainir l'atmosphère"

L'actuel président du Conseil de gouvernement transitoire irakien, le Kurde Jalal Talabani, a annoncé mercredi qu'il allait se rendre le 19 novembre à Ankara pour "assainir l'atmosphère" après la crise sur l'envoi de troupes turques en Irak.

"La question de l'envoi de soldats turcs est close, comme l'a dit le président turc" Ahmet Necdet Sezer, a déclaré M. Talabani lors d'une conférence de presse à Bagdad.

"Je vais me rendre en Turquie (...) pour assainir l'atmosphère car nous voulons établir de meilleures relations avec la Turquie", a-t-il ajouté, précisant que "la visite aura lieu le 19 novembre".

Ce sera la première visite de M. Talabani en Turquie depuis la chute du régime de Saddam Hussein le 9 avril.

Les membres du Conseil de gouvernement transitoire irakien, en particulier les Kurdes traumatisés par la domination ottomane mais aussi des Arabes chiites et sunnites, ont exprimé leur vive hostilité au déploiement de soldats turcs en Irak.

Le Parlement turc avait donné son feu vert il y a près d'un mois à un déploiement turc en Irak, mais le projet est au point mort en raison de l'opposition irakienne.

Washington avait affirmé la semaine dernière que le projet était toujours à l'étude, contrairement aux déclarations du président turc, Ahmet Necdet Sezer, affirmant que le sujet était "clos".

Le département d'Etat américain a à nouveau estimé mardi que "des troupes turques peuvent jouer un rôle constructif pour améliorer la sécurité en Irak".(AFP, 5 novembre 2003)
 

Is Turkey ready to accept a federal Iraq?

It's now clearer than ever that Iraq doesn't want the deployment of our soldiers on its soil, at least under the present circumstances. Washington and Ankara have at last managed to grasp this fact. The Iraqi opposition has gained a victory over the American plans.

Now Ankara must find other formulas to boost its status in the region. In other words, we must ask ourselves whether or not Ankara has a plan B on the Iraq issue.

First of all, we must clarify what kind of a regime we want to see in Iraq. Then we should develop policies and strategies towards this end. Turkey is directly influenced by the region's developments, which is why our politicians so often make the argument that Ankara can't remain indifferent to the issue. Setting up a stable democratic regime would not only bring about positive developments for the Iraqi people, but also help our country to mitigate the adverse effects of the current chaos.

Considering how the Iraqi opposition to Turkish troop deployment feared the arrival of our soldiers would exacerbate instability in the country, it becomes clearer how grievously mistaken was our Parliament's decision authorizing the deployment in the first place. As a matter of fact, it was a dangerous decision with respect to our national interests.

Luckily, there are other ways we can contribute to peace and stability in the region. First, we need to establish solid, constructive relations with the Iraqi administration. That administration wants the foreign occupation to end as soon as possible. It wants peace, stability and democracy. Ankara's mission should be to lend its full support to Iraq's leaders to help them achieve these goals, which would benefit the entire region.

Ankara should understand that its interlocutor in the region is the Iraqi Governing Council, which is the most representative administrative body that the country has ever seen, no matter how it was formed. Ankara has adopted a hands-off attitude towards the council due to its powerful Kurdish elements.

However, as a matter of fact, we should now be ready for the establishment of a federal Iraq. Under the circumstances we face now, the alternative to a federal state would be yet another dictatorship. If we continue to pursue our past Iraq policy, we'll lose out. (Erdal Güven, Radikal, November 1st, 2003)
 

Prochaine réouverture de l'oléoduc Irak-Turquie

L'oléoduc reliant Kirkouk, dans le nord de l'Irak, à la Turquie doit être rouvert à la mi-novembre après la fin des travaux pour réparer les dommages causés par des actes de sabotage, a indiqué samedi un responsable irakien du secteur pétrolier.

"Les travaux d'entretien se poursuivent sur tout l'oléoduc et seront achevés au cours de la semaine", a déclaré à l'AFP le directeur général de la compagnie pétrolière du nord, Adel al-Kazzaz.

"Nous nous attendons à la reprise du pompage à la mi-novembre", a-t-il ajouté.

Le 18 octobre, un responsable turc au ministère de l'Energie avait annoncé la réouverture de l'oléoduc. Mais un problème technique avait mené à sa fermeture deux heures plus tard.

L'oléoduc reliant Kirkouk à Ceyhan, port du sud de la Turquie, est la principale voie d'exportation du pétrole du nord de l'Irak. Il a été l'objet de nombreuses attaques, empêchant à chaque fois provisoirement la production des champs pétrolifères du nord de s'écouler sur le marché international. (AFP, 1er novembre 2003)
 

Forces armées/Armed Forces

Exercice de simulation en Turquie pour la Force de réaction rapide de l'OTAN

L'OTAN va soumettre sa Force de réaction rapide à l'épreuve du feu jeudi lors d'un exercice de simulation organisé le long de la côte est de la Turquie.

Des manoeuvres aériennes terrestres et maritimes marqueront les débuts de cette force composée de troupes d'élite des pays de l'Alliance et destinée à résoudre des crises régionales et à répondre aux menaces représentées par des terroristes ou des Etats voyous.

Des parachutistes français, des marines espagnols, des forces spéciales turques et des avions d'attaque allemands seront mobilisés jeudi pour répondre à une menace virtuelle contre des employés des Nations unies et des civils au sud d'Izmir, un port sur la Mer Egée.

Un millier de soldats devraient au total participer à ses manoeuvres qui mettront également en scène des véhicules amphibies, des raids d'hélicoptères et l'intervention de troupes tchèques spécialisées dans la défense contre les attaques chimiques, biologiques ou nucléaires.

L'exercice a pour but de faire étalage du potentiel de la Force de réaction rapide, qui devrait être opérationnelle en 2006 et devrait compter 20.000 hommes. Il ne s'agira pas d'une unité fixe, mais d'un réservoir de soldats d'élite entraînés pour travailler ensemble et prêts à répondre immédiatement à un ordre de mobilisation des forces alliées.

Elle comprend à l'heure actuelle 9.000 soldats, marins et pilotes placés sous le commandement de l'OTAN aux Pays-Bas. L'Espagne est le pays le plus représenté, avec 2.200 hommes, suivie par la France (1.700) et l'Allemagne (1.100). Les Etats-Unis apporteront une contribution de 300 soldats. (AP, November 20, 2003)
 

Defense Industry Undersecretary ready to bid for International contracts

The Defense Industry Undersecretary (SSM) has launched a campaign to bid for world defense industry exports to obtain a share of the $850 billion in trade exports.

"Turkish Defense Industry Products Catalogue', which will include companies operating in the defense industry, other companies willing to engage in the defense industry, will promote Turkish companies in the international market.

The catalogue will contain foreign and domestic defense industry producers that are on the list of SSM, and other companies operating in raw materials. Besides promotion of companies in the catalogue, communication between exporters and clients will be established. The catalogue will be delivered to embassies, military attaches, agencies representing foreign companies and the relevant public and military institutions.

Turkish Defense Industry Products Catalogue 2003-2004 will be published in Turkish, English, French, German and Arabic along with a CD.

The Catalogue will consist of two sections. The first section will present 565 products of 244 private, military and public companies. Brief, general and technical specifications will be stated on the products. In the second section, detailed information on the products will be given.

The SSM companies have already started engaging in international tenders and actualizing exports with the relevant foreign companies. In this framework, 136 Armored Vehicles, produced by a Turkish company, were exported to United Arab Emirates based FNSS firms.

Some 211 Turkish-made Armored Vehicles will be delivered to the Malaysian Armed Forces by the end of 2004 in line with an agreement between a FNSS firm and Malaysian government. This project will be the first technology transfer from Turkey to Malaysia.

The export of 300 Land-Rover vehicles to Tunisia was completed in accordance with a joint venture between Tunisia and the Otokar company within the scope of the Defense Industry Cooperation between Turkey and Tunisia.

The Machine and Chemistry Industry Institution, transferred to the Turkish Armed Forces, realized $4 million in exports on Sept. 30, 2003. Exports are expected to reach $8.5 million by the end of 2003. (Cihan News Agency-TDN, November 11, 2003)
 
 
 


Dossiers récents sur le militarisme en Turquie
Latest files on the militarism in Turkey

La Turquie doit absolument se débarrasser du diktat de l'Armée
Info-Türk 
Turkey must absolutely get rid of the Army's diktat
Info-Türk
L'ingérence de l'armée turque freine la démocratisation du pays
Dogan Özgüden
La république des pachas: Ce pouvoir si pesant des militaires turcs
Eric Rouleau
The Turkish Army's business empire: OYAK
The Turkish Daily News
L'ombre de l'Armée turque sur la campagne électorale en Belgique
 Info-Türk

 


 

Politique intérieure/Interior Policy

Over 80 percent of Turks say democracy is not fully functioning

More than 80 percent of Turks do not believe that democracy is properly functioning in the country and the majority of society welcomes efforts to reduce the military influence in politics, revealed a recent opinion poll.

Some 83.3 percent of Turkish people think democracy, with its institutions and rules, is not fully functioning in Turkey, the survey carried out by Ankara-based Pollmark among 2,183 people in 12 provinces showed.

Only 10.2 percent has full confidence in Turkish democracy, according to Pollmark.

Turkey has passed a sway of reforms to bring its standards into line with those of the EU on the way to eventual membership. The EU praised Turkish reforms but warned there was still a long way to go in the field of implementation.

This summer, Turkish Parliament enacted reforms limiting military influence in politics by overhauling the structure of the military-dominated National Security Council (MGK). Changes pave the way for appointment of a civilian as the secretary-general of the powerful body and increase the number of civilian members.

Some 53.5 percent of those surveyed said they welcomed as a positive development the efforts to limit military influence in politics, while 31.6 percent said it was a negative development. Some 14.9 percent declined to state any position.

According to the survey, a significant portion of even those who do not want EU membership believes the military role in politics should be limited: Some 42 percent of those who rejected Turkey's accession to the EU said military influence should still be reduced.

EU officials have hailed reforms to limit the military role but said little has changed on the ground. Public statements by generals on government plans to overhaul the higher education system have drawn criticisms from the union.

The majority of Turkish people agree with EU officials that army officials should not make public statements on issues of civilian concern. Some 55 percent of those surveyed said the military should not speak on domestic policy matters that are not related to their national defense duty, 30 percent welcomed the statements and 15 percent declined to comment.

According to the survey, Turkish aspirations for EU membership still run high, as 77.5 percent of Turks said they would vote for membership if a referendum to that effect was held today and 18.2 percent said they would vote against membership.

The survey also revealed that public support for the ruling Justice and Development (AK) Party remained the only party which has growing public support.

AK Party, viewed with deep suspicion by Turkey's staunchly secular establishment, would recieve 35 percent of the votes if a general election was held today.

Some 44.2 percent of those surveyed said university rectors should not have marched to protest government's plans to overhaul the Higher Education Board (YOK). Some 33.5 percent said the rectors did the right thing and 22.3 percent declined to comment.

The poll also revealed that 55 percent of Turks think the government performance in October was successful, while 31 percent disagreed.

Opposition Republican People's Party (CHP) follows AK Party with 11.5 percent and the True Path Party (DYP) with 5.1 percent.

The poll also showed that the Young Party (GP) of controversial, businessman-turned-politician Cem Uzan is decreasing. With 4-percent support, the party is ranked behind the pro-Kurdish Democratic People's Party (DEHAP), which has 4.5 percent of votes, and the Nationalist Movement Party (MHP), which has 4.1 percent. (Turkish Daily News, November 15, 2003)
 

Corruption: le parti au pouvoir veut des enquêtes sur quatre ex-ministres

Le parti de la Justice et du Développement (AKP), au pouvoir en Turquie, a demandé jeudi l'ouverture d'enquêtes parlementaires contre quatre anciens ministres dans le cadre d'affaires de corruption, a-t-on appris de source parlementaire.

Les accusations visent l'ex-Vice Premier ministre Husamettin Ozkan et son ministre de l'Economie Recep Onal, notamment pour des crédits frauduleux contractés auprès de la banque publique Halkbank, et les anciens ministres de l'Energie Cumhur Ersumer et Zeki Cakan, pour des irrégularités dans des projets énérgétiques, a-t-on précisé.

Ces quatre hommes étaient membres de coalitions gouvernementales dirigées par l'ancien Premier ministre Bulent Ecevit, qui a essuyé une cuisante défaite aux élections il y a un an.

Les demandes d'ouverture d'enquêtes par l'AKP interviennent une semaine après que les députés aient débattu d'un important rapport sur la corruption, touchant 25 ministres, dont deux anciens Premiers ministres: M. Ecevit et Mesut Yilmaz.

L'AKP pourrait décider de déposer de nouvelles demandes d'enquêtes à sur d'autres anciens ministres cités dans ce rapport, a indiqué aux journalistes un porte-parole de l'AKP, Haluk Ipek.

Les députés devront approuver la mise en place des commissions d'enquête.

Ce long processus pourrait éventuellement mener les accusés à comparaître devant un tribunal spécial.

Ces investigations ont valeur de test pour l'AKP, un parti aux origines islamistes qui est arrivé au pouvoir en promettant d'éradiquer la corruption. (AFP, 13 novembre 2003)
 

Cour des droits de l'Homme: la Turquie condamnée pour avoir dissous un parti

La Cour européenne des droits de l'Homme a condamné mercredi la Turquie pour la dissolution en 1993 du Parti socialiste de Turquie (PST), un an après sa fondation, au motif que son programme était de nature à porter atteinte à l'unité de la nation.

Dans son arrêt, la Cour a estimé à l'unanimité que la Turquie avait violé l'article 11 (liberté d'association) de la Convention européenne des droits de l'Homme, rappelant que le PST, fondé le 6 novembre 1992, avait été dissous sur la seule base de son programme avant même d'avoir pu entamer ses activités.

Selon la Cour constitutionnelle turque, le PST, dont la dissolution fut ordonnée le 30 novembre 1993, réclamait un droit à l'autodétermination pour les Kurdes et soutenait le droit de mener une "guerre d'indépendance".

Pour les autorités turques, il s'agissait d'une attitude "comparable à celle des groupes terroristes et constituait en soi une provocation illicite à la violence".

De son côté, la Cour européenne n'a en revanche "rien décelé dans le programme du STP qui aurait pu passer pour un appel à la violence, au soulèvement ou à toute forme de rejet des principes démocratiques".

La Cour a rappelé "qu'une formation politique ne peut être inquiétée du seul fait de vouloir débattre publiquement du sort d'une partie de la population d'un Etat et se mêler à la vie politique de celui-ci afin de trouver, dans le respect des règles démocratiques, des solutions pouvant satisfaire tous les acteurs concernés". (AFP, 12 novembre 2003)
 

Turkey's central administration is shrinking

The Public Administration Reform motion is ready. The Prime Ministry Undersecretary said that bureaucracy became obese and with this reform, Ankara would shrink by 50%. The Public Administration Reform Motion, on which the government had been working for months and which will entirely change the structure of the state, was completed and publicized by Deputy Prime Minister Mehmet Ali Sahin and Prime Ministry Undersecretary Omer Dincer on Monday.

Dincer, who is the architect of the reform, said that with the delegation of powers, Ankara would shrink by about 50%. The motion, which was forwarded to Parliament, transfers a big part of the rights of the central administration together with their resources to local administrations. It renovates the audit structure of the central administration and local organizations altogether.

Dincer said, "The Turkish public bureaucracy have become obese. It continues to live and breathe but it cannot produce anything." Regarding the criticisms that the reform would adversely affect the unitary structure, Dincer said that the motion included nothing pertaining to the unitary structure of the state. Dincer said, "We do not trust each other. You do not trust me, Justice and Development Party (AKP), or Parliament. The army does not trust civilians and vice versa. There is a serious need to re-establish confidence in this society."

The Public Administration Reform foresees to transfer many services directed from Ankara to local administrations. Only 5 out of 15 executive ministries will be allowed to organize in provinces. The provincial organizations of the remaining 10 ministries will be transferred to local administrations.

Judiciary, Defense, security, intelligence, foreign affairs, foreign policy, finance, treasury, foreign trade, customs, market-related arrangements, and other duties such as ensuring unity of education will not be transferred to local administrations. All these duties will be accomplished by governors or district governors as they used to be.

The central administration will establish general principles, policies, objectives, targets, and standards regarding public services. It will audit the services provided and ensure coordination.

The title of Deputy Head of Office will be removed, which will lead to elimination of 4 thousand 569 posts and provide 500 trillion TL saving.

The number of state ministries will be limited with 8 and the Cabinet will be composed of 23 ministries.

The local organizations of the Foreign, Education, Public Works, Health, Transport, Agriculture, Industry and Commerce, Energy, Culture and Tourism and Environment and Forest ministries will be eliminated in one year.

Institutions tied to the Presidency, Parliament, Defense Ministry, Turkish Armed Forces, National Security Board (MGK), MIT, and Foreign Ministry will not be affected by the clauses of the reform arranging hierarchical ranks and titles. The hierarchical ranks and titles in these institutions will continue to be determined by the founding laws.

The Public Administration Reform foresees to select a "public auditor" (a kind of Ombudsman) in every province so as to audit the activities of the local administrations and institutions and firms tied to them in terms of conformity with law and to assist in solving the problems among these institutions.  (Hurriyet, November 4, 2003)
 

A former DYP deputy's acquittal quached by Courft of Cassation

Chief Public Prosecutor at the Court of Cassation wanted the Court of Cassation to quash the acquittal decision against former DYP MP for Urfa.

The case had been launched against Sedat Bucak, who had not been prosecuted in Susurluk case because of his immunity, after he couldn't be a MP after the elections on 3 October 2002. Istanbul Heavy Penal Court No. 2 acquitted Bucak from the offence of forming a gang and suspended the sentences for "hiding Abdullah Çatli" and "keeping dangerous weapons".

The public prosecutor in Istanbul appealed to Istanbul Criminal Court No.2 in August regarding the suspension of the cases and acquittal of Bucak.

8th Chamber of the Court of Cassation wanted the decision to be quashed on the grounds that his crime was obvious when the persons with him the accident, and the guns in his own car were taken into account. (Radikal-TIHV, Novembre 1, 2003)

A signature campaign for peace banned in Sirnak

The signature campaign that was planned to be organized as a part of the "Democratic Resolution Campaign for Peace" carried out by DEHAP was banned by Sirnak Governorate. (Özgür Gündem-TIHV, Novembre 2, 2003)
 

Droits de l'Homme / Human Rights

La Turquie condamnée pour six procès "inéquitables" par la Cour européenne

La Cour européenne des droits de l'Homme a condamné jeudi la Turquie pour "violation du droit à un procès équitable" dans six affaires différentes de personnes condamnées pour leur appartenance à des organisations armées illégales.

La Cour a estimé à l'unanimité que la Turquie avait violé l'article 6 alinéa 1 de la Convention européenne des droits de l'homme, car la présence, à la cour de sûreté de l'Etat, d'un magistrat militaire pour juger des civils "constitue pour eux un motif légitime de redouter un manque d'indépendance et d'impartialité de cette juridiction".

Les six affaires concernaient 11 personnes condamnées à des peines allant de deux ans et demi à 22 ans et six mois de prison en raison de leur appartenance ou de l'aide apportée à diverses organisations armées illégales, dont le PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan).

La peine maximum avait été infligée à Metin Tuncel, alors qu'il était déjà détenu à la prison d'Aydin, en raison de son appartenance du PKK.

La Cour a déclaré recevables les requêtes de 9 des 11 personnes condamnées et décidé de leur allouer entre 1.500 et 2.000 euros à chacune pour frais et dépens.(AFP, 27 novembre 2003)
 

IHD and TIHV: "Death Penalty should be outlawed also for wartimes"

Yavuz Onen, the head of Turkey's Human Rights Foundation (TIHV) and Husnu Ondul, the head of the Human Rights Association (IHD, said Turkey's formal ratification of the Council of Europe's 6th additional protocol, which outlaws peacetime executions, was a positive development. However, it is an inadequate development, the said.

Onen and Ondul said the European Commission ratified the 6th additional protocol in 1983. Two years ago the commission ratified protocol 13, which outlaws both peacetime and wartime executions. They said Turkey should also ratify protocol 13.

Onen and Ondul said Turkey was one of the five countries that had not signed protocol 13, which outlaws executions at wartime and near wartime periods. They added that this would have a negative effect on Turkey's bid to join the European Union:

"The EU had asked Turkey to ratify protocol 6 which outlaws peacetime executions. But the EU has taken a step forwards. Soon, they will ask Turkey to ratify protocol 13 too."

Turkey is one of the five countries

* Turkey on January 15, 2003, ratified Council of Europe's 6th additional protocol that outlaws peacetime executions. The Turkish Grand National Assembly (TBMM) approved this with a law. Turkey on Wednesday, delivered the approval to the Council of Europe's Secretary General through a representative. Thus, Turkey formally ratified the 6th additional protocol.

* Protocol 6 outlaws peacetime executions. However, the European Commission has prepared another regulation, which goes beyond protocol 6, and ratified protocol 13. This protocol outlaws both peacetime and wartime executions. Death penalty is outlawed in every case.

* 36 out of 41 European countries ratified protocol 13. Turkey has yet to do so.

* Human rights advocates demand that Turkey signs protocol 13 and outlaws death penalties altogether. (BIA, November 15, 2003)
 

La Turquie condamnée pour des tortures imposées à des avocats

La Cour européenne des droits de l'homme a condamné la Turquie jeudi à Strasbourg pour avoir soumis des avocats à des tortures ou à des traitements "inhumains ou dégradants".

Quatre des seize avocats turcs à avoir intenté un recours devant la Cour européenne des droits de l'Homme ont subi des tortures et cinq autres ont été soumis à des "traitements inhumains ou dégradants" après leur arrestation en novembre et décembre 1993, ont tranché par six voix contre une les juges des droits de l'Homme.

Les avocats avaient été arrêtés sur la dénonciation d'un membre du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qui les accusait de porter assistance au parti indépendantiste kurde.

Durant leur garde à vue, d'une durée de 7 à 25 jours, les avocats ont été menacés de mort et insultés, dans le but de leur faire signer des aveux.

Certains ont été déshabillés puis aspergés d'eau glacée ou encore humiliés et brutalisés au point de signer tout document leur étant soumis.

Les avocats ont par ailleurs rapporté qu'ils avaient été détenus dans des cellules ou couloirs humides et froids, dormant à même le sol, en ayant parfois les yeux bandés. Ils ont encore raconté que durant leur détention, ils ne furent autorisés à aller aux toilettes que deux fois par jour et ne reçurent pour unique nourriture qu'un demi-pain par jour.

La Cour a également conclu à la violation du droit des seize avocats à la "liberté et la sûreté", garanti par l'article 5 de la Convention européenne des droits de l'Homme, et à la violation pour cinq des requérants de leur droit "au respect de la vie privée et familiale" (article 8 de la Convention).

Les juges des droits de l'Homme ont condamné la Turquie à payer aux seize requérants des montants allant de 1.210 euros à 1.750 EUR pour dommage matériel, et de 2.100 EUR à 36.000 EUR pour dommage moral. (AFP, 13 novembre 2003)
 

Trial of TIHV Board Members started in Ankara

The trial opened against the Executive Board Members of the Human Rights Foundation of Turkey (TIHV) with the aim of suspending the board members from duty started to be heard at the Ankara Civil Court of First Instance No. 15 on 12 November 2003.

One of the defendants, Executive Board Member Lawyer Sedat Aslantas, pointed out that "the foundation's alleged attempted to collect contributions via the internet" remained an abstract accusation. In regard to the claim that the foundation was involved in cooperation with international organizations without permission", Aslantas stated that, in accordance with the statute of the TIHV, the foundation meets with organizations and presents its reports via its website for everyone's usage.

Aslantas also mentioned, "during the membership process to the European Union, such an activity should not be regarded as illegal. The mentality that regards it as illegal should be questioned. The report prepared by the inspectors of the Directorate for Foundations is not objective".

The hearing was adjourned to 20 January 2004 at 10:30 am for the plaintiff to comment on the petition of the defendants; for evidence to be submitted in regard to the claim of "having collected contributions without getting permission"; for the submission of evidence and documents, if there are any, in regard to the meetings other than the ones stated in the indictment; for the examination of the investigation file No. 2003/65494, again started with the claim of "collecting contributions without permission", and for the verdicts of the Supreme Court of Appeal to be submitted in regard to the case mentioned in the indictment which was heard at Beyoglu Civil Court of First Instance No. 3 (the case concerning the suspension of the executive board members of TOHAV).

According to the indictment: A) The foundation attempted to collect contributions via internetÉ (referring to the activities of those who wanted to contribute to our studies on the treatment of hunger strikers released from prisons); B) Prepared by the Documentation Center of the foundation, "The Special Report on the Prison Problem in Turkey" was translated into English and disseminated at the international sphere; a meeting was held with Asma Jahangir, UN Special Rapporteur for Extra-judicial, Summary And Arbitrary Executions, she was provided with special files on missing cases and extra-judicial killings; a meeting was held with Johannes Swoboda, Rapporteur for Turkey of the European Parliament and he was provided with a file on the F-Type Prisons and the prison operations dated 19 December 2000; a meeting was held with the Council of Europe Commissioner for Human Rights, and the commissioner was provided with information on the 9-months evaluation of the human rights situation in Turkey and with notes on enforced displacementÉ

And accordingly, it was alleged that the foundation violates its obligation to be complied with The Law on Collecting Contributions (No. 2860, dated 23 June 1983) and its related Regulation, the Regulation on Foundations that are established in accordance with the Turkish Civil Code.

The board members also testified the same day to the public prosecutor in connection with the report of the inspectors of the Directorate for Foundations in 2001 alleging collecting contributions without permission. (TIHV, November 13, 2003)
 

Earthquake Victims Detained in Ankara

People who lived through the November 12, 1999 Duzce earthquake in rented houses, spent the anniversary of that earthquake in Ankara under detention.

They were detained on Tuesday at the Abdi Ipekci Park, questioned at the Ankara courthouse on Wednesday and then released. The 45 earthquake victims now face up to five years in prison for violating Turkey's assembly and demonstration laws.

The earthquake victims went to the Prime Ministry on Tuesday to deliver a petition. They then invited the prime minister and the president over for iftar that evening. However, as they were waiting for the prime minister and the president, they were faced with special police teams.

According to Erbay Yucak from the Earthquake Victims Association, the victims had invited Prime Minister Recep Tayyip Erdogan to their tent at the Abdi Ipekci Park. Erdogan had earlier said, "spend iftar (dinner for ending the fast during muslim ramadan) with the poor," and the victims took that seriously. However, the prime minister did not come but instead sent the police.

What do the earthquake victims want?

Four hundred earthquake victim families from Izmir and 3,100 from Duzce, who lost their rented houses during the earthquakes, founded the "Homeless Earthquake Victims Solidarity and Housing Construction Cooperative," in an attempt to find a solution to their problems.

These families could not benefit from the houses built for earthquake victims by the state because those houses were given to the landlords, not the tenants. They still live in prefabricated houses, damaged buildings or
tents.

The homeless earthquake victims applied to the Prime Ministry on September 2.

The victims made an application and demanded that the reserved plots with infrastructure in Duzce are allotted to the cooperative. They also asked for a ten-year mortgage.

Some 1,500 earthquake victims came from Duzce to Ankara on September 2 to get a response to their application. After waiting in front of the Prime Ministry for four days, they were promised "a solution in 10-15 days" and told they would "soon receive a response." So they returned to Duzce.

They did not get any response and came back to Ankara many times after September 2. Lastly, they came back to Ankara on the 72nd day of their application.

On rumors that the reserved plots would be granted to contractors, this time they were determined to wait for a response in Ankara.

The tents they had set up during their former visits were ripped off, so they slept on cardboards at the Abdi Ipekci Park. Soon, they were banned from staying at the part and they were detained on November 11.

Solution for those with no property

"Although Ankara does not permit this, the earthquake victims live in tents in Duzce," said Erbay Yucak. "They gather in tents every evening during iftar and talk about ways to solve their problems."

"People, who do not have any property, live in prefabricated homes or evacuated damaged buildings. They found a legal solution for their problems and tried to share this with the government but they hit a wall of intolerance," he added.

Yucak is sure they will overcome this wall of intolerance because the "Earthquake Victims Associations," and the "Cooperative" are widely supported and because the people have developed a practical and legal solution to the problem. "Those with no property will succeed in solving their own problems," said Yucak. (BIA, November 13, 2003)
 

Conseil de l'Europe: la Turquie ratifie l'abolition de la peine de mort

La Turquie ratifiera mercredi à Strasbourg le protocole n°6 de la Convention européenne des droits de l'Homme concernant l'abolition de la peine de mort en temps de paix, a annoncé lundi le Conseil de l'Europe dans un communiqué.

Le secrétaire général du Conseil de l'Europe Walter Schwimmer avait salué lors de la signature du protocole par Ankara le 15 janvier "ce nouveau pas fait par la Turquie", estimant qu'il s'agissait d'un "signe de la détermination du gouvernement à poursuivre dans la voie des importantes réformes démocratiques qui ont été entreprises".

Les députés turcs avaient voté le 2 août 2002 en faveur de l'abolition de la peine de mort, sauf en temps de guerre, avec pour objectif de rapprocher leur pays des normes de l'Union européenne (UE). La Turquie respecte un moratoire sur l'application de la peine de mort depuis 1984.

Les 45 Etats membres du Conseil de l'Europe ont signé le protocole numéro 6 et seules la Serbie-Monténégro, membre du Conseil depuis avril, et la Russie qui applique un moratoire depuis 1996, ne l'ont pas encore ratifié.

Le protocole numéro 13 portant sur l'abolition de la peine de mort "en toutes circonstances", même pour des "actes commis en temps de guerre ou de danger imminent de guerre", en vigueur depuis le 1er juillet, n'a en revanche été ni signé ni ratifié par la Turquie, la Russie, l'Arménie et l'Azerbaïdjan.

Le Conseil de l'Europe mène également des actions pour l'abolition de la peine de mort au Japon et aux Etats-Unis, seuls pays observateurs auprès du Conseil de l'Europe à maintenir la peine capitale. (AFP, 10 novembre 2003)
 

Child prisoners ill-treated in prison

An investigation was launched in connection with the incidents occurred in Buca Prison on 5 November. Lawyer Nalan Erkem, member of Izmir Bar Association Lawyer Group for Prevention Torture, announced that she was informed by the sub-plaintiff lawyers that the 38 children, who were not sent to the hospital, were kept in the cells in Buca Prison.

Erkem was called to the office of the public prosecutor for testifying in connection with her announcement on the developments in Buca Prison, but Erkem didn't testify on the grounds that public prosecutor didn't get permission from the Ministry of Justice to interrogate her.

Erkem stated: "The testimonies of the lawyers can only be recorded through the permission of the Ministry of Justice. Public prosecutors know this rule but they want me to testify as soon as possible. I will not testify unless the Ministry of Justice gives permission and I will follow the developments in Buca Prison as my duty requires."

Ilhan Mesutoglu, the chief prosecutor in Izmir, asserted that the child prisoners were not tortured in Buca Prison. He alleged that a group of 8 or 9 children started the revolt and forced other children to join them. He stated the followings: "The gendarmerie soldiers didn't intervene the incident. The firemen pressurized water in order to extinguish the fire thus the children in the ward got wet. They were given blankets after they were taken to the garden. They were made to wear dry clothes in a short period of time. They were not kept waiting in wet clothes as alleged."

Mehmet Elkatmis, Chairman of Parliamentary Human Rights Commission, commission members Ahmet Ersin (CHP MP) and Faruk Ünsal (AKP MP) went to Izmir on 9 November to investigate the allegations.

After leaving the prison, Elkatmis stated that they interviewed with 29 prisoners and the prisoners claimed that they were tortured. He put that they also met with the chief public prosecutor in Izmir, prosecutor in Buca Prison and the director of Buca Prison. He added that they would continue the investigation today.

In Istanbul, the children, who were detained during the demonstration staged to protest the U.S attack on Iraq in Yenibosna quarter on 30 October, announced that they were tortured.

During the press conference held on 8 November in IHD Istanbul branch S.K. stated that they were not given food and water and they were threatened. M.K. said that the police officers swore at them. M.D told that they were beaten and forced to drink water from the taps in toilet. (Cumhuriyet-Radikal-Özgür Gündem-TIHV, November 8-9-10, 2003)
 

Left-wing students attacked by rightists at university

Left-wing students at Usak Education Faculty of Kocatepe University were attacked by rightist students on 7 November. Adnan Gül was wounded during the attack.

According to news gathered the incident occurred as follows: The students were attacked after they left the faculty on the evening of the day. The police dispersed the fight that broke out in front of the faculty. The same evening at about 9 pm one of the leftist students Adnan Gül, who also involved the fight, and two friends of him were attacked with arms when they were leaving their house. Gül was shot at his arm.

Some students gathered in front of Gül's house and were attacked once again by the rightist students.

The police intervened the incident and detained 11 left-wing and 5 rightist students. The detainees were released some time later. (Evrensel-TIHV, November 9-10, 2003)
 

Pressures in prison "to benefit from the Repentance Law"

It was announced by the prisoners in Bayrampasa Special Type Prison that they were subjected to pressures to benefit from the "Repentance Law". The followings were stated in the announcement:

"Our problems have increased with the Repentance Law. The prisoners who do not want to benefit from the so-called law are forced to benefit. The pressures start with the detention and continue in the prisons by the soldiers, guards and the prison administrators in such way that doesn't suit to the human honor.

"Our friends Mustafa Orhan, Sami Dündar and Orhan Kaya were put in Bayrampasa Special Type prison after they were arrested with the charges of participating a demonstration in Esenler district of Istanbul. Before they were put in the prison, our friends were body-searched and forced to make physical exercises after they were stripped naked by the soldiers. The soldiers harassed them with truncheons, insulted and beat them.

It was also put that the new prisoners were threatened for not going to the ward of political prisoners. The prisoners told the followings concerning the pressures to benefit the Repentance Law:

"The prisoners who do not benefit from the Repentance Law were isolated. Their needs were not met, they were not allowed to go the toilet and they were forced to drink water from the taps in toilets. They were given food only once a day. They were not let to go out. They were taken out from quarantina after the sixth day and put into the ward B/3 where the ordinary criminals are kept".

Chairwoman of IHD Bursa branch Ayse Batumlu stated that they were informed that the guards in Bursa Prison beat the prisoners on the grounds that they speak Kurdish with their relatives during the visits.

Batumlu stated the followings: "It was reported that the convicts and prisoners were subjected to the attacks by guards and soldiers when they were being transferred for visits and to the hospital. The families and the relatives of the prisoners announced that they were prevented by force for not speaking Kurdish, in the recent weeks. They stated that the officials alleged that there was a circular banning to speak Kurdish. The families also told that they were threatened by the prison officials who said that they would not allow visits if they continued to speak in Kurdish."

Ayse Batumlu added that they filed an official complaint against administrators and the officials in Bursa Prison to the public prosecutor in Bursa. (Özgür Gündem-TIHV, November 7, 2003)
 

Dev-Sol verdict quashed by higher court

11th Penal Chamber of Court of Cassation quashed the verdict against 1243 defendants who had been prosecuted with the charges of being members of Dev-Sol. It was stated in the decision that some 100 folders, which had to be sent to the Üsküdar Heavy Penal Court, had been lost.

It was stated: "The bag No.19 was lost among the total 31 bags in the case file. The original of the indictment, the 2205th and 2460th pages of the detailed verdict, preliminary investigations against some defendants and the minutes of the investigations were lost. The missing documents were not completed although the chief prosecutor at the Court of Cassation officially demanded for the completion of them. As it has not been possible to review the case in terms of the accusations, it has been decided unanimously that the local court's decision be quashed."

The original trial, which had started at Istanbul Court Martial Military Court No.2 in 1981, had concluded in 1991 and defendants had been given sentences varying between 2 years 9 months in prison to death sentence. Subsequently the case file had been referred to Üsküdar Heavy Penal Court No. 1. Upon the appeal of the defense,

The Prosecution Office of the Court of Cassation reviewed the case file and found out that some 100 folders among the 400 folders in the case file had gone missing. (Cumhuriyet-TIHV, November 7, 2003)
 

Violentes  manifestations contre la tutelle sur l'université

De violentes échauffourées ont éclaté jeudi à Ankara et Istanbul lors de manifestations organisées dans plusieurs villes contre le Conseil de l'enseignement supérieur (YOK), institution controversée turque qui soumet les universités à un contrôle strict, a constaté l'AFP.

Ces manifestations ont été organisées à l'occasion du jour anniversaire de la création du Conseil en 1981, l'une des retombées du coup d'Etat militaire de 1980.

A Ankara, théâtre de la plus violente manifestation, plus d'un millier de jeunes manifestants, rassemblés sur la place centrale de Kizilay, ont lancé des pierres contre la police anti-émeutes, qui avait déployé un impressionnant dispositif de sécurité.

Les policiers ont chargé les manifestants, faisant usage de matraques et de gaz lacrymogène.

Une cinquantaine de manifestants, une dizaine de policiers ainsi qu'un journaliste ont été blessés, a indiqué l'agence de presse Anatolie.

Dix manifestants ont été interpellés, selon la même source, et n'avaient toujours pas été relâchés dans la soirée, dit Anatolie.

Un groupe de leurs camarades s'est rassemblé en fin d'après-midi devant le mouument des Droits de l'Homme, dans le centre de la capitale pour réclamer leur libération avant de se disperser sans incident.

Des policiers en fonction devant un poste de police non loin de la place ont d'autre part tiré en l'air pour disperser des manifestants qui s'en prenaient violemment à leurs véhicules, ajoute l'agence.

A Istanbul, quelque 500 personnes ont affronté la police sur la place de Beyazit, dans la partie européenne de la métropole.

La police a lancé de grenades lacrymogène et est intervenue violemment contre des manifestants, militants du parti du Peuple démocratique (Dehap), principale force pro-kurde du pays, qui scandaient des slogans en faveur du leader kurde Abdullah Ocalan, condamné à la prison à vie en Turquie.

L'agence Anatolie signale également que deux étudiants ont été brièvement retenus en garde à vue lors d'une manifestation dans la ville d'Eskisehir (ouest).

Anatolie signale d'autres rassemblements dans les villes d'Antalya (sud), Izmir (ouest), Canakkale (ouest), et Agri (est).

Avant le YOK, les universités avaient un statut autonome. Elles furent souvent le théâtre d'affrontements sanglants entre étudiants de gauche et de droite, l'une des raisons invoquées par l'armée pour justifier son putsch.

Cette institution est actuellement sous le feu du parti de la Justice et du Développement (AKP, aux origines islamistes), au pouvoir, qui veut réduire les prérogatives du YOK et l'encadrement académique, qui redoute une attaque contre le système laïque. (AFP, 6 novembre 2003)
 

AK Party scrutinizes leftist convicts pardoned by Sezer

The Justice and Development Party (AK Party) have reportedly began scrutinizing the ex-convicts pardoned by President Ahmet Necdet Sezer.

AK Party Parliamentary Group Deputy Chairman and Bursa MP, Faruk Celik said nearly all of the 117 convicts pardoned by Sezer were members of illegal leftist terrorist organizations; however, there were no so-called "destiny convicts" among the pardoned, according to records from the Justice Ministry. Celik said they have started to investigate this matter concering the president in retaliation for the Republic Day receptions and read out the names of these leftist organizations.

Speaking at an iftar meal celebrating AK Party's first year in office, Celik criticized Sezer. Celik indicated that Sezer discriminated in his pardoning of convicts and did not pardon any of the so-called "destiny convicts". Celik said as MPs they had two duties before them -- legislation and inspection. He added, "Recently, the president's actions have been contradictory and discriminatory. Therefore, we have decided to exert our authority of inspection."

Celik said that the pardoned convicts were members of the Revolutionary People's Liberation Party/Front (DHKP/C), the Turkish Workers and Peasants Liberation Army (TIKKO), the Revolutionary Left (Dev-Sol) and the Turkish Communist Party/Marxist-Leninist (TKP/ML) and other leftist terrorist organizations whose names he has never heard of before. He added, "There are many rightist terrorists organizations but not a single member of any of these organizations has been pardoned. We will continue to examine why the pardon list was so biased, where the list was prepared and the manner it was presented to the president."

Celik also said that the goal of AK Party in the next general elections was to attain 50 percent of the votes and added, "With 50 percent of the votes, we will not be deterred by those who want to intentionally create problems in Turkey." (Turkish Daily News, November 5, 2003)
 

WILPF Report on the situation of political prisoners in Turkey

A delegation of WILPF (Women International League for Peace and Freedom) was on a visit to Istanbul from the 18th -21st October 2003, on the invitation by the TAYAD Association (the Association of Prisonersā Families in Turkey).

The following is their first report on the situation of political prisoners in Turkey:

A delegation of representatives from the Regional Council (Dr. Giovanni Barbagli from the Partito Rifondazione Comunista), from the Provincial Council (Dr. Targetti Sandro P.R.C and Renato Romei P.D.S) together with Dr. Antonella Sapio (University of Florence) and Dr. Paola Cecchi, a representative of WILPF Italy, met with Temel Haklar Ozgurlukler Dernegi (THOD) (Association for Fundamental Human Rights and Freedoms), with the TAYAD of Istanbul, with HALKIN HUKUK BUROSU (HHB) (People Public Lawyer), with the journalists of Ekmek Ve Adalet (Bread and Justice), IHD of Istanbul (Human Rights Association of Turkey) and with a representative of the Group YORUM, a group of musicians who have suffered brutal repression.

For many years thousands of political prisoners have been imprisoned in Turkey. This continues today. In 1984 left wing political prisoners carried out a Death Fast to protest against the uniform (which was then abolished) and for their fundamental rights. Four prisoners died. In 1996 there was another protest against the isolation cells where they risked being transferred. Twelve prisoners died in the Death Fast and others suffered permanent psychological and physical damage. The authorities did not open isolation cells. On the 20th of October 2000 the political prisoners and their relatives and sympathisers started a Death Fast against their imminent transferral to the "special" isolation prisons, (know as F-type prisons). It is necessary to underline that the F-type prisons were built with the financial support of the European Union. The Death Fast is still going on and the delegation was in Istanbul on the 20th of October for the third anniversary of the beginning of t he Death Fast. A new team of eight men and women confined to the F-type jails have started a new Death Fast group. One hundred and seven persons have died during the past thirty six months. From the 19th to the 22nd December 2000, twenty prisons were assaulted. The police beat, used gas, and in some cases burnt the prisoners. Twenty eight died in terrible ways, almost one thousand were injured and some of them in very serious ways. The Turkish authorities called this operation "Return to Life"! and the prisoners were moved to the F-type isolation cells.

Another serious problem is that there are five hundred prisoners who have undergone forced feeding and as a result have contracted Wernike-Korsakoff, an illness which causes the loss of memory, and attacks the nervous system leaving some prisoners in a wheelchair. A representative of the associations of Istanbul told us that the exact number of cases of Wernike-Korsakoff is unknown, because they do not know how many people with this illness are still in prison and those five hundred people with the illness who are currently outside prison hold a limited permit of leave and risk returning to prison shortly. On the evening of the 20th October the delegation had another meeting with Talad (an ex prisoner) who has been on a hunger strike for 400 days, after which he was forced fed and now suffers from Wernike- Korsakoff . A long talk on the question of Wernike-Korsakoff was held with the President of the association TAYAD, Mr. Tekin Tangun, (an ex political prisoner) an d Dr. Antonella Sapio. For many months the Tuscan Region has tried to bring some patients for check ups and treatment in Italian hospitals, but until now we have always come up against problems with the visas. Last year we also had the same visa problems with some women who have been left with terrible burns (including on their faces), following the December massacre and we hope that in future it will be possible for them to receive treatment in our hospitals.

It is important to highlight that a lawyer, Behic Asci of (HHB) informed us that on the 17th of December 2000, the group that negotiated with the government and the prisoners informed the journalists through a press conference that the government had agreed to not open F-type cells but to allow three or five people per cell. From one day to the next the plans failed and on the 19th of December the terrible massacre started. On the 21st of December democratic institutions such as the TAYAD and the IHD were raided.

The meeting on the morning of the 19th October with T.H.O.D. started late because there was a demonstration in Istanbul against the war in Iraq. The police attacked the demonstrators and some people arrived wounded and with red skin because the police attacked with an irritant substance.

The Italian delegation visited the editorial office of the weekly magazine Ekmek ve Adalet (Bread and Justice), a magazine which fights for a democratic and free Turkey, distributed in thousands of copies and also sold in the main streets of Istanbul. The journalists have suffered persecution numerous times and have been imprisoned in F-type cells. During the meeting Dr. Giovanni Barbagli proposed a monthly exchange of information to be published in the Tuscan regional magazine, distributed in the whole of Italy (80,000 copies).

In the evening of the 19th October, after three years of Death Fast many members of the TAYAD association of Istanbul took a special bus to take part in a national demonstration in front of the Ministry of Justice in Ankara.

Before we left, International TAYAD sent us some names of prisoners locked up in F-type cells in the Edirne, Tekirdag and Kandira prisons. Two people on Death Fast had been transferred to a hospital in Tekirdag because of their serious medical condition and we came to know that one of these (Erkan Bulbul) was force fed while we were in Turkey. Some days before our departure, the Tuscan Region had made a request to visit the prisoners, but the Italian Embassy had said that it was the responsibility of the Italian Ministry of Foreign Affairs.

Mrs. Umit Efe (IHD), has visited Ercan Kartal and Ali Osman Kose in the prison of Tekirdag in F-type cells She told us that Eran used to be a strong man, but now he is very thin and has lost his hair and has serious eye problems, and he is not on Death Fast. Ali Osman Kose is in isolation and despite the fact that around him all the cells are empty and there is a permanent noise of mechanical instruments night and day. We were also informed that some prisoners have been raped. The delegation met Mrs. Gulten of the TAYAD Istanbul, who spent nine years in prison, two and a half of which in isolation. She told us that very early every morning fifteen prison guards would come and provoke her asking her questions like "How many people are there in your cell?" and would then kick her.

Dr. Paola Cecchi was hosted in Kucuk Armutlu, a district inhabited by many left wing people as well as relatives and sympathisers who died during Death Fast. In the Autumn of 2001 Kucuk Armutlu was under constant police supervision and on the 5th of November 2001 a massacre took place in which twelve people lost their lives and some of them were in serious conditions due to the Death Fast. The authorities of Istanbul have now changed the name of Kukuk Armutlu and the new name of the district is Sahil Hassan Uzun Sk. Dr. Paola Cecchi was hosted in the house named the "House of Life" for people with Wernike-Korsakoff or wounded in the massacre like Oktay Karatas who has a fractured skull and a shoulder. He is forty years old but due to this trauma he has become completely deaf.

A special thank you goes to the young Eylul Iscan, a member of the young left wing university movement who together with other young people was arrested four days before our arrival in their office. She was beaten and tortured and was released but all her possessions were confiscated. She helped us with the translations from Turkish into English. We know that the day after we left, Eylul and dozens of other young people were arrested while they were walking from Istanbul to Ankara. We fear they are still imprisoned. We were welcomed warmly by a lot of relatives of prisoners or people who have lost relatives in the Death Fast. One woman was particularly close to us. She is the sister of Gulsuman Donmez who died on the 9th of April 2001 and whose husband and son are in prison.

TAYAD and the International Platform against Isolation are organising an International Symposium - with the support of the Region of Tuscany, the Province and Municipality of Florence together with the help of other left wing organisations who have been supporting the cause- in Florence Italy on the 19th -20th-21st December 2003, in memory of the massacre in Turkey. These days have become International Days Against Isolation. Last year a Symposium against Isolation was held near Rotterdam in the Netherlands and this year on the same days a second Symposium will take place to discuss the fact that isolation practices cannot be accepted on humane, medical, legal and political grounds, that isolation is torture and we are against torture. It will also discuss isolation prisons, F-type prisons in Turkey, Control Units in the USA, FIES in Spain, and QHS in France, etc.. On the 21st of December on the last day of the Symposium, there will be a concert in Casa del Popolo d i Grassina near Florence, with some Italian musicians and the GROUP YORUM from Turkey. They sing in Turkish, Kurdish, Arabic, Georgian and Greek. From 1984 they have played for a society without exploitation, free and equal. The group members were arrested, tortured and censored dozens of times, three female members of the group have died. One was murdered by the police and two died during a Death Fast in prison. The group has become very famous including in Europe and has released 17 albums. (e-mail : ristori@tin.it )
 

Recent human rights violations in brief

Detentions and Arrests in Ten Days

Gökçe Tan, who was detained on the allegations of being a member of DHKP-C, was arrested by Ankara SSC on 22 November. Seyit Akyüz, Erkan Kurt and Mehmet Budak, who were detained on 20 November in connection with a demonstration on 19 November, were arrested by Izmir SSC on 22 November. Cezmi Altintas, Duran Yahsi, Sedat Bayram and Serdar Karakulak, who attended the occupation of Istanbul Courthouse on 18 November, were arrested by Istanbul Children Court on 21 November for being younger than 18 years. Ekrem Can, Mahmut Cengiz, Enver Önalan, Esat Geçer, Mehmet Sahin, Ahmet Isik, Abdulkerim Dogan, Güven Öztürk, Kerim Tastan, Ebubekir Perk, Muhlis Dogan, Yavuz Ogur, Osman Tasdemir, Özgür Tan, Senol Akyüz, Servet Akdeniz and Hikmet Avraz, who were detained for the same reason, were arrested by Istanbul SSC on 22 November. Members of DEHAP youth wing Selim Bilici, Süleyman Akdogan, Esref Boz and Mirza Yarcan, who were detained on 20 November in Van, were arrested on 23 November. During house raids on 23 November in Derik district of Mardin Mehmet Basaran Lütfi Basaran, Bülent Özel, Zeki Tanrisever, Mustafa Esen and Ferman Aktan were detained. DEHAP youth wings chair Cengiz Dogan, Lokman Dogan, Murat Solmaz, Kamuran Irmak and Abdulkerim Demir, who were detained during house raids in Nusaybin district of Mardin on 22 November, were arrested on 25 November. Irfan Akan and Selim Akõn were released. (Milliyet-Özgür Gündem-TIHV, December 1, 2003)

Soldiers on Trial for Raping

On 20 November, Mardin Criminal Court No. 2 continued to hear the case against 405 soldiers (64 ranked soldiers and 341 privates) for raping Sükran Esen, who had been detained in 1993 and 1994. The lawyer Reyhan Yalçindag stressed at the hearing that 56 ranked soldiers were still on duty despite the case against them and wanted them to be arrested. The court rejected the demand. Yalçindag also added that there was another case in Mardin Criminal Court No 1 against 40 soldiers on charges of raping Sükran Esen. She said that the case was launched in March, the court started to hear the case in April, and they were not informed about the case. The court ruled to write a letter to Mardin Criminal Court No 1 to combine the cases and adjourned the hearing to 24 February 2004. (Özgür Gündem-TIHV, November 21, 2003)

Trade Unionists on Trial in Ankara

On 19 November, Ankara Penal Court of First Instance No.9 started to hear the case that was launched against the six trade unionists in connection with the meeting organized by KESK on 23 August. Police officer Mustafa Makar, who made a complaint on the grounds that he was beaten by the civil servants, was heard at the hearing. He stated that he was on duty on Izmir Avenue during incident and he didn't remember whether he was subjected to physical intervention or not, he had a medical report certifying inability to work for 3 days and he complained. The hearing was adjourned to a later date for hearing of the defense of the defendants. The indictment wants Savas Kurtulus Öngel, the executives of Yapi-Yol-Sen Ahmet Say, Nihat Bayram, members of Haber-Sen Galip Durgun, Alaattin Tandogan and Cemalettin Canli to be sentenced to 15 years' and 6 months' imprisonment each at least and 62 years' at most. (Cumhuriyet-TIHV, November 20, 2003)

Political activist sentenced to life-imprisonment

Lale Açik, who was prosecuted in connection with the bombed attack against the former Çankõrõ Governor Ayhan Çevik (5 March 1999), was sentenced to life imprisonment. On 14 February 2002, Ankara SSC had sentenced Kemal Ertürk, Mesut Deniz, Küçük Hasan Çoban and Kemal Kaygisiz to life imprisonment, Lale Açik, Hakan Eren and Nihat Koçak to 15 years' and Savas Kör to 15 years' 1 day' imprisonment. Sentences of Sener Kökten, Erkan Balçik, Devrim Karacan, Bülent Ertürk, Özgür Deniz Demirdis, Arap Deniz, Bilal Ekin, Halil Köseoglu, Cemile Sönmez, Serdal Çitil, Murat Yilmaz, Sevinç Güden, Selahattin Yurdaer, Murat Demirdis, Turan Açik, Ömer Necmi Hatipoglu, Aziz Batur, Cafer Kaya Bozkurt, Metin Sezgin and Eren Karacan had been suspended. The case of Muharrem Horuz had been lifted on the grounds that he had died during death fast. Court of Cassation had confirmed the sentences against all the defendants except Lale Açik. (Milliyet-TIHV, November 19, 2003)

Revelations of a mother of political prisoner

Sakine Tekelioglu, mother of the political prisoner Kerem Özdikmenli, announced that his son didn't give up death fast. It was announced in October that Özdikmenli ended his action after he met with the AKP MPs Mehmet Elkatmis (chair for the Ruman Rights Commission in GNAT) and Cavit Torun. Sakine Tekelioglu asserted that his son, who started death fast in order to be taken out from the cell, was taken to the hospital under beatings. She said that her son told her that they hit particularly to his chest and his heart was aching. As she announced, his son said the followings: "My conscious is open. Although I told them that I did not want to go the hospital, they took me under beatings. I denied to be treated. I was so bad that I couldn't stand in the following day. They again took me to the court house under beatings for the hearing." Sakine Tekelioglu added that she was banned from visits by the prison administration after she interviewed with them about his son. (Evrensel-TIHV, Novembre 18, 2003)

Detentions, Arrests in Corum and Izmir

Ismail Culuk and Mitat Öngül, who were detained in Çorum and Izmir on allegations of "being members of DHKP-C", were arrested in Çorum on 18 November. Bülent Bagci, Nazan Mete, Melek Serin, Erdal Dalgiç, Hüseyin Teke and Muharrem Karatas, who were also detained for the same reason, were arrested before. (Hürriyet-TIHV, November 19, 2003)

Party Executives on Trial in Bursa

On 17 November, Bursa Penal Court of First Instance No. 3 continued to hear the case launched against the leader of the Young Party (GP), Cem Uzan in connection with a speech in Bursa on 13 June, which contained "insults to Prime Minister Recep Tayyip Erdogan". The hearing was adjourned to a later date for the completion of the deficient documents. Bursa Heavy Penal Court No.1 held the first hearing of the case, which was launched in accordance with the Article 159 TCP. After the amendment made in the Article 159 TCP, it was decided to send the case to Bursa Penal Court of First Instance. Seven executives of Genç Party in Bursa, who were in the organization committee for the meeting, are also being prosecuted together with Cem Uzan. (Hürriyet-TIHV, Novembre 18, 2003)

New case against a DHKP-C militant

SSC prosecutor in Istanbul launched a case against Irfan (Inan) Gök according to the Article 146 TCP on the grounds of "being a member of DHKP-C and attacking the transportation vehicles of the judges and prosecutor on duty at SSC". Nadir Akgül is also prosecuted in the same case for aiding Gök. (Cumhuriyet-Özgür Gündem-TIHV, Novembre 18, 2003)

Prisoners' Relatives Association Closed

On 12 November, Mersin Penal Court of First Instance No 3 concluded to hear the case against prisoners' relatives association TUHAD-DER in Mersin with the demand of closure. The court ruled the closure of the association on the grounds that the association was in action in contradiction with the aims of establishment. (Özgür Gündem-TIHV, Novembre 14, 2003)

TKEP Trial ongoing for eleven years

Istanbul SSC continued to hear the case against 19 defendants including the Secretary General of Turkish Communist Labor Party (TKEP) Teslim Töre on 12 November. The defendant Mehmet Ali Ayhan was still under remand. The case was ongoing for 11 years and the court adjourned the hearing for final decision. (Evrensel-TIHV, November 13, 2003)

Persons Killed by the police in Rize

Mustafa Yagci, on duty in Traffic Department of Security Directorate in Pazar district of Rize, killed the persons Suat Ofluoglu and Harun Hacisalihoglu. Mustafa Yagci was reportedly under psychological treatment for some time and on 11 November he fired to Suat Ofluoglu and Harun Hacisalihoglu, who were working in the tee factory next to the place where Yagci was on duty, on the grounds that "they laughed at him". According to the news gathered Yagci was given medical report for two times certifying that he was healthy. On 10 May 2002 Rize State Hospital and on 5 November 2002 Ankara Numune Hospital gave those reports. Despite those reports Yagci was not on active duty on the demand of his chiefs. (Sabah-TIHV, November 12, 2003)

Victims of Earthquake Detained in Ankara

The police intervened the victims of earthquake in Düzce, who pitched tents in Abdi Ipekçi Public Garden in Ankara for some 70 days. On 11 November 47 persons were detained, who wanted to hand over the petitions to Prime Ministry for demanding land and loan with low interest to earthquake victims. The police also forced the activists to pull out the tents. (Cumhuriyet-TIHV, November 12, 2003)

Beaten Students, Protests against YÖK

The students who were beaten by the police during the demonstration held on 8 November in Izmir in order to protest Higher Board of Education (YÖK), organized a press conference on 10 November at HRA offices in Izmir. One of the students Alpay Karatepe stated that "many students seriously wounded as a result of the row. Those detained students afterwards were also subjected to beatings and psychological and physical torture." Özkan Özkan, student at Balikesir University, whose nose was broken, was also present during the conference. (Özgür Gündem-TIHV, November 11, 2003)

Police intervene demonstrations to protest YÖK

The police intervened the demonstration which was organized by university students to protest YÖK in Izmir on 8 November. During the press conference in front of AKP office in Izmir a group of demonstrators throw molotov cocktails to a public bus. The police dispersed the crowd under beatings and by firing into air. Some 30 demonstrators were detained. During the demonstration organized by Kayseri Youth Association on 9 November some 20 students, EMEP chair for Kayseri Mehmet Kilinç and EMEP executive Hasan were detained. (Cumhuriyet-Özgür Gündem-TIHV, November 9-10, 2003)

Persons Beaten by Police in Izmir

The police beat three anonymous persons in Alsancak district of Izmir. The incident that took place on the night of 4 November at 02.00 pm was recorded by a camera and the scenes were broadcasted on some TV channels on 6 and 7 September. A car stopped and the three persons in it were heavily beaten by the plainclothes police officers at the 1469th Street in Alsancak. Police officers released the persons after the incident. (Milliyet-TIHV, November 7, 2003)

Village Guard Detained in Van

Village guard Hasan Fidan, who was on charge in Yankitepe village of Ercis district (Van) was detained on 5 November with charges of "raping the woman F.E (28) who is mentally handicapped". F.E. reportedly testified that Hasan Fidan had raped her for 2 months. (Özgür Gündem-TIHV, November 7, 2003)

Incident in Buca Prison

Izmir Bar filed an official complaint against the prison administration in connection with the incident that took place in Buca Prison on 5 November. Izmir Bar will reportedly appeal to the Ministry of Justice and Human Rights Commission in GNAT for the same reason. Lawyer Özlem Mungan, member of Izmir Bar, stated that the prison administration put some restrictions for them when they went to the prison after the incident. She put that Izmir Bar had commissioned them but the authorities had tried to get rid of them when they went to the prison. She announced that the 40 children told the lawyers about the violation that they had been subjected for a long time and wanted a resolution for them. The lawyers of the children asserted that the violations in Buca Prison were more than the torture and pressures in Aydin Prison. The lawyers reported that the prisoners were subjected to isolation, beating, making eat with hand, refusal of the petitions for medical treatment by the prison administration. (Cumhuriyet)

Incident at the Gazi University

Some rightist students attacked the students Neslihan Çam, Bilgi Alver, Alev Özgüler and Ebru Çetin in Gölbasi campus of Ankara Gazi University on 3 November on the grounds that they were not on fast. The students appealed to HRA Ankara branch and announced they were not permitted to eat in the canteen and the smoking students were assaulted and threatened. They said: "When we wanted help from the administration they said: 'You are provocateurs. Investigation will be launched against you'". Meanwhile, Ismail Özbek (17), who sought a quarrel with 4 students on 6 November in Inegöl Commerce High School on the grounds that they were not on fast, was reportedly wounded with a knife. (Cumhuriyet-TIHV, November 7, 2003)

Clashes in Bingöl and Tokat

One of the militants who were killed during the armed clash that broke out on 5 November near Almus district of Tokat was identified to be Ramazan A. The soldier who was killed during the armed clash that took place near Adakli district of Bingöl on 5 November was reportedly Hanifi Ates. (Yeni Safak-TIHV, November 7, 2003)

Worker Attacked for poster

Worker of an organization company Mustafa Aktürk was heavily beaten by the unknown assailants on the grounds that he put up posters of a theater play on the posters of the book named "Kur'an Mucizeleri" (Miracles of Koran). Mustafa Aktürk announced in his testimony that 4 people attacked to him on the allegation that he covered the posters having religious content. He told that the attackers hit his head with stones and shouted as: 'We are on fast. Are you looking for trouble in Ramadan'. (Cumhuriyet-TIHV, November 6, 2003)

Incident in Buca Prison

On 5 November, children in Izmir Buca Prison revolted for an unknown reason. The children reportedly set up a barricade behind the door of the ward and set the goods in the ward to fire. Chief public prosecutor in Izmir Ilhan Mesutoglu announced that the revolt started at about 3.30am and ended after negotiations without resistance. He alleged that the revolt was started by a group of "adventurous" children. (Cumhuriyet-TIHV, November 6, 2003)

Civil Servants on Trial in Adana

On 5 November, Adana Penal Court of First Instance concluded to hear the case against the members of teachers' union Egitim-Sen. The teachers had organized a demonstration to protest the exiles of the members of Egitim-Sen in Mersin. The court acquitted the 19 defendants, executives and members of Egitim-Sen Mersin branch. (Evrensel-TIHV, November 6, 2003)

Unionists on Trial in Ankara

Public prosecutor in Ankara launched a court case against 14 trade unionists in connection with the demonstration organized by trade union for civil servants KESK on 23 August in Ankara. The indictment wants the defendants Sami Evren, Chair of KESK, and executives of the union to be sentenced for "staging unauthorized demonstration" and "resisting security forces". (Radikal)

Bomb Explosion in Hatay

In Payas town of Dörtyol district (Hatay), the worker Hüseyin Öksüz died and the workers Ali Sönmez and Hazni Inan were wounded after a bomb explosion in garbage dumb, where the military junk brought from Iraq was kept. The bomb, which exploded, was reportedly a mortar. (Radikal-TIHV, November 5, 2003)

Beaten Person in Adana

Aydin Turan stated that he was stopped by the police on his way to bus terminal in Ova quarter and beaten on 2 November in Adana. Turan narrated the incident as follows: "Anti-riot police officers, who were chasing children, stopped me and wanted me to show my hands. They told me "there are traces of soot in your hands, you lighted a fire then" and started to hit my head with truncheons. I fell down. I was trying to show them my papers regarding military service and to explain them I was about to serve my military service so I had nothing to do with demonstrations. They did not listen to me and continued to hit my back with truncheons. I fainted for a while." Turan said that he was not examined at Adana Military Hospital where he applied for a report on the evening of the same day. He was sent to Military Recruiting Office and then sent to Adana State Hospital. "I was not examined there either. I was sent to Sakirpasa Police Station and kept under custody until 01.00 am at night." (Özgür Gündem-TIHV, November 4, 2003)

A Family Threatened

The police raided the residence of Avras family and reportedly threatened them on the night of 2 November. Müzeyyen Avras stated that her husband's brother Nuri Avras had been killed during an armed clash in 1997 in Bingöl. In her application to IHD Istanbul branch, Avras stated that police officers alleged that "they were hiding Nuri Avras's gun at home", and told "we will bring him after killing" when they were detaining her husband Ihsan Avras, who suffers from a lung illness. (Özgür Gündem-TIHV, November 4, 2003)

Attack by MHP Membersin Ankara

EMEP members who were putting up posters in Besevler quarter of Ankara on the evening of 2 October were attacked by a group of alleged MHP members. The attackers escaped after beating the EMEP members with clubs and chains. Erdal Imrek, executive for the youth wing of EMEP, was wounded during the incident. (Evrensel-TIHV, November 4, 2003)

The killers of Sinan Kayis sentenced

On 3 November, Istanbul Heavy Penal Court No.1 concluded the case of Ömer Karakus and Ziya Yücetepe, who on 31 August killed Sinan Kayis, member of the Freedom and Solidarity Party (ÖDP) and injured Yalçin Köse (owner of the coffee shop where the incident took place). The court sentenced Yücetepe to 16 years' and 3 months' imprisonment on the grounds of "killing a person under weak incitement", "wounding a person", "holding unlicensed firearm". Karakus was sentenced to 11 years' and 20 days' imprisonment on the grounds of "holding and using firearm to frighten people". A group of ÖDP members, who wanted to march to ÖDP office in Eminönü district after reading a press statement in front of the courthouse, were beaten and dispersed by the police. Lawyers Bahri Bayram Belen, Oya Meriç Eyüpoglu, Murat Altindere and a police officer were wounded during the incident. Altindere reportedly lost his conscious because of the truncheon hits. (Cumhuriyet-TIHV, November 4, 2003)

Detentions, Arrests in Istanbul and Ankara

Recep Dönük, Mustafa Duygun, Ferit Kubat and Felit Filitoglu, alleged executives and members of Hezbollah, were detained in Istanbul. Dönük was allegedly participated the armed attack to Diyarbakir Security Directorate on 24 January 2001. Duygun and Filitoglu were arrested by Diyarbakir SSC on 31 October after they had been sent to Diyarbakir. Sefik Ari, Mehmet Emin Aras, Meryem Özdemir and Esra Miyaz, who were among the 15 detainee students, were arrested by Ankara SSC on 1 November with the charges of "being members of Kurdistan Free Youth Movement". Celal Yayla, Ramazan Yetkin and Zeki Eken were detained in Istanbul on the allegation of "being members of DHKP-C". (Hürriyet-Milliyet-Özgür Gündem-TIHV, November 4, 2003)

(For earlier cases go to Info-Türk, N° 302)
 

Pression sur les médias/Pressure on the Media

Zarakolu's trial for an anti-junta book on December 3

The director of the Belge Publishing House, Ragip Zarakolu, will be tried again on December 3 on the charge of "incitement to hatred on the basis of class, religion or race" (Article 312 of the Turkish Penal Code) for having published a book about the 1980-1983 Military regime entitled: "The 12 September regime under trial" (12 Eylul Yargõlanõyor). The book was confiscated in May 2003.

Alexis Krikorian, Secretary to the International Publishers Association (IPA) Freedom to Publish Committee, will attend the trial of publisher Ragip Zarakolu at Istanbul State Security Court # 3. The IPA is calling upon the immediate lifting of all charges against publisher Ragip Zarakolu.

Says Lars Grahn, the Swedish Publisher chairing the IPA's Freedom to Publish Committee: "The charges against Ragip Zarakolu are in direct breach of the right to freedom of opinion and expression."

The "12 September regime under trial" is a book prepared for research purposes based on findings and concrete documents and scientifically analyzing a historical period (the 12th September period). The contents of the book are the often-discussed in public human rights violations which came about in Turkey in the period of the 12th September military junta, and of which the public opinion and society in a democratic society need to be informed.

IPA will attend the trial itself and will hold talks with Turkish publisher associations in order to determine how best to support publisher freedoms.

In the past IPA called on the Turkish authorities to drop all charges against Ragip Zarakolu and to acquit him. However, these demands have remained unanswered. Therefore, the IPA informed the European Union Turkey Bureau of this case. Within the Enlargement DG, this Bureau is in charge of monitoring Turkey's compliance with the acquis communautaire in general, and fundamental human rights in particular. The European Commission has been following this case closely.

Says Jens Bammel, Secretary General of the International Publishers Association: "If Turkey is ever to join the EU, its freedom to publish record needs serious improvement".

Joining forces with the International PEN, IPA calls for immediate and unconditional relief of Ragip Zarakolu from any charges, and the discontinuation of further legal processes against him.

The International Publisher Association was founded in 1896 and represents the publishing industry worldwide through 78 national, regional and specialised publishers associations in 66 countries. IPA was founded to promote the lifeblood of publishing: Copyright protection and freedom to publish, internationally. IPA is an accredited Non-Governmental Organisation enjoying a consultative status to the United Nations.
 

A recent list of the banned books in Turkey

Freedom to publish is guaranteed under Article 19 of the Universal Declaration of Human Rights and Article 19 of the International Covenant on Civil and Political Rights (ICCPR), to which Turkey is a party, as well as Article 10 of the European Convention for the Protection of Human Rights and Fundamental Rights, which Turkey ratified.

Beyond Mr. Zarakolu's case, there are currently many cases pending against writers and publishers in Turkey, infringing their right to free expression.

Below is the list of the banned books in Turkey issued by the turkish Publishers' Association on September 1st, 2003:

PUBLISHER ; AUTHOR; TITLE OF THE BOOK

 
Besikci's "International Colony Kurdistan" translated into English

The Kurdish Question remains one of the most intractable issues facing the Middle East today. The Kurdish nation of 25 million people remain mostly divided between Turkey , Iraq, Iran, and Syria, with significant communities in the republics of Armenia and Azerbaijan. Ismail Besikci argues in International Colony Kurdistan that this division of Kurdistan is not incidental. There is a longstanding understanding between regional states to deny Kurds the right to self-determination and statehood.

Ismail Besikci, an ethnic Turk, is particularly critical of his own Turkish government for its conduct towards the Kurds of Turkey. For years, Turkish officials, intellectuals and journalists have championed the rights of other Turks, such as in Cyprus and Bulgaria, yet connived against Kurds in their own country. Besikci points out how the Turkish establishment stood quiet when Saddam Hussein used chemical weapons against Iraqi Kurds, while the Turkish army held back Kurdish refugees fleeing to Turkey. At the same time the same individuals championed the rights of Bulgarian Turks and welcomed them into Turkey in their thousands.

Ismail BesikciÕs book, which was originally published in Turkish in 1991, led to the imprisonment of the author. International Colony Kurdistan is the first of BesikciÕs books to be translated into English. It makes essential reading for our understanding of the Kurdish issue today.

BIBLIOGRAPHIC DETAILS: Ismail Besikci, International Colony Kurdistan, (Parvana, London: 2004), 154 pp, map, paperback, GB£12.00 / US$18.00. Distributed by info@garodbooks.com  (KurdishMedia, November 25, 2003)
 

Une équipe de cinéma interpellée pour port d'armes sur un plateau de tournage

Une équipe de cinéma, qui tournait un film dans le centre de la Turquie, a été interrogée pendant six heures par la police en raison de la présence de deux fusils d'assaut utilisés pour les besoins du tournage, a rapporté lundi le quotidien Hurriyet.

Le film raconte l'histoire d'une femme qui se rend dans les montagnes de Sivas pour venger sa fille victime d'un viol, et, pour faire "plus vrai", met en scène des miliciens armés de kalachnikovs.

Mais avant même que ces armes ne soient utilisées pour une prise de vue, la police a interpellé le réalisateur, les acteurs et les techniciens du tournage, en dépit des autorisations qu'ils ont présentées aux autorités, précise Hurriyet.

Six heures durant, toute l'équipe a été interrogée "sans ménagement", selon le journal. La police, qui a visionné les rushes du tournage, voulait également connaître l'origine des costumes utilisés, dont des uniformes de police et des treillis militaires. (AFP, 10 novembre 2003)
 

Acquittement des auteurs d'un livre sur l'histoire des Kurdes

Une Cour de sûreté turque a acquitté lundi trois hommes accusés d'avoir favorisé la "propagande séparatiste" en contribuant à la parution d'un livre sur l'histoire des Kurdes écrit par le leader kurde irakien Massoud Barzani, a rapporté l'agence Anatolie.

L'éditeur, l'imprimeur et le traducteur poursuivis ont pu être acquittés grâce aux réformes démocratiques récemment adoptées par la Turquie dans la perspective d'une adhésion à l'Union européenne. Celles-ci ont supprimé d'une loi anti-terroriste un alinéa sur la diffusion de propagande séparatiste, souvent utilisé pour emprisonner des auteurs dissidents et des intellectuels.

Des peines allant jusqu'à sept ans de prison avaient été requises contre Ahmet Zeki Okcuoglu, propriétaire de la maison d'édition qui a publié le livre de Massoud Barzani en janvier, l'imprimeur Bedir Vatansever et Vahdettin Ince, qui a traduit le livre depuis l'arabe.

L'accusation soulignait que l'ouvrage, intitulé "Barzani et le Mouvement kurde national pour la liberté", parle du sud-est de la Turquie à majorité kurde comme du "Kurdistan turc" et critique le fondateur de la Turquie moderne, Mustafa Kemal Ataturk.

Pour les autorités turques, le terme de "Kurdistan" traduit les aspirations kurdes à un Etat indépendant.

La Turquie combat la rébellion séparatiste kurde depuis 1984. Le conflit a fait quelque 36.500 morts.

Ankara craint que Massoud Barzani et l'autre leader kurde du nord de l'Irak, Jalal Talabani, manoeuvrent pour obtenir l'autogestion de cette région irakienne, créant ainsi un exemple dont les Kurdes de Turquie pourraient vouloir s'inspirer. (AFP, 10 novembre 2003)
 

WAN and WEF are concerned at journalists' prosecution in Cyprus

The World Association of Newspapers (WAN) and the World Editors Forum (WEF), which represent 18,000 publications in 100 countries, have expressed their serious concern at the prosecution of five journalists for "insulting the army".

In their common letter to Rauf Denktash, they said:

"We respectfully remind you that the prosecution of journalists for carrying out their profession constitutes a clear breach of their right to freedom of expression, which is guaranteed by numerous international conventions, including Article 19 of the Universal Declaration of Human Rights. Furthermore, the United Nations Commission on Human Rights considers that 'detention, as punishment for the peaceful expression of an opinion, is one of the most reprehensible ways to enjoin silence and, as a consequence, a grave violation of human rights'.

We respectfully call on you to do everything possible to ensure that Mr Duzgun, Mr Hasturer, Mr Erguclu, Mr Kahvecioglu and Mr Davulcu are immediately released from prison. We urge you to take all necessary steps to ensure that in future in northern Cyprus the right to freedom of expression is fully respected.

We look forward to hearing from you at your earliest convenience." (IFEX, November 7, 2003)
 

Chypre nord : 3 nouveaux journalistes inculpés pour outrage à l'armée turque

La justice chypriote turque a requis de lourdes peines de prison à l'encontre de trois nouveaux journalistes qui avaient critiqué les troupes turques stationnées dans la partie nord de l'île de Chypre, ont indiqué ces journalistes à l'AFP mercredi.

Mardi soir, le rédacteur en chef du plus important quotidien de la République turque de Chypre nord (KKTC, autoproclamée) Kibris, Suleyman Erguclu, et deux autres journalistes du journal d'opposition Ortam ont été inculpés pour avoir évoqué en mars la dispersion brutale par la police d'une manifestation dans un village chypriote turc. Les manifestants voulaient organiser un référendum symbolique pour la réunification de Chypre.

Ce "référendum" s'inscrivait dans un mouvement de protestation contre le dirigeant de la KKTC, Rauf Denktash, et la Turquie, après l'échec d'un plan de l'Onu pour réunifier Chypre.

Le ministère public a requis 21 ans de prison contre M. Erguclu pour avoir autorisé la publication d'articles dénonçant les brutalités policières durant la manifestation de mars.

Le rédacteur en chef d'Ortam, Mehmet Davulcu, et l'éditorialiste Hasan Kahvecioglu ont été accusés de diffamation à l'encontre des forces de sécurité et risquent pour cela 10 ans de prison chacun.

Deux éditorialistes de Kibris avaient déjà été inculpés cette semaine pour avoir critiqué l'armée turque en mars dans des éditoriaux.
 Basaran Duzgun, chef de la rédaction de Kibris et correspondant de l'Agence France-Presse dans le nord de l'île, avait été inculpé pour outrage à l'armée par un parquet militaire de KKTC, délit passible de 10 ans de prison, tandis que le journaliste Hasan Hasturer risque pour sa part 11 ans d'emprisonnement.

L'éditorial de M. Duzgun critiquait à mots couverts la Turquie après la répression de la manifestation de mars et l'inculpation de six personnes pour des motifs politiques, selon lui.

"Tout ceux qui vivent dans le pays et dans le monde savent de qui la police de la KKTC prend ses ordres. Si cette mauvaise attitude perdure, les Chypriotes turcs vont commencer à demander +quel garant êtes-vous ?+", ajoutait M. Duzgun.

Le terme "garant" renvoie à 1960, lorsque la Grèce, la Turquie et la Grande-Bretagne avaient été déclarées "garantes" de l'indépendance de Chypre.

"Nous considérons cette vague d'inculpations comme une campagne à l'encontre des partisans de la réunification et de l'adhésion à l'UE. Celle-ci est clairement dirigée contre les médias dont les publications reflètent la volonté du peuple, favorable à une solution (à la partition) et à l'entrée dans l'UE", a déclaré à l'AFP M. Erguclu, qui est aussi président de l'Association de la presse chypriote turque.

Cette vague d'inculpations intervient alors que M. Denktash doit affronter des élections législatives le 14 décembre, lors desquelles il est menacé de perdre sa majorité.

RSF "scandalisée" après l'inculpation de cinq journalistes chypriotes-turcs

L'organisation de défense des journalistes, Reporters sans frontières (RSF) s'est dite "scandalisée" après l'inculpation de cinq journalistes chypriotes-turcs pour "outrage à l'armée", motif pour lequel ils encourent un minimum de 10 ans de prison.

"Nous sommes profondément scandalisés à l'idée que des journalistes puissent être condamnés à tant d'années de prison simplement pour avoir exercé leur métier", a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de RSF, dans un courrier adressé au dirigeant chypriote-turc, Rauf Denktash, et au ministre turc des Affaires étrangères, Abdullah Gul, cité par un communiqué de RSF transmis à l'AFP à Nicosie.

"De telles poursuites constituent des violations extrêmement graves de la liberté de la presse. Elles sont contraires aux standards européens et à ceux des Nations unies, selon lesquels aucun délit de presse ne doit être passible de peines de prison", ajoute RSF dans son communiqué.

"Si les charges retenues contre les journalistes n'étaient pas purement et simplement abandonnées, la KKTC (République turque de Chypre nord, autoproclamée, ndlr) franchirait une étape supplémentaire, et lourde de conséquences, dans la répression contre la presse indépendante", indique l'organisation. (AFP, 5 novembre 2003)
 

RTUK broadcasting penalties decrease 87 percent in 2003

Penalties mandated by the Supreme Board of Radio and Television (RTUK) against television and radio stations decreased by 87 percent over the last three years, the Anatolia news agency said on Tuesday.

RTUK ordered a total of 78 television suspensions in 2002 and only nine in the first 10 months of 2003. As for radio, the board ordered 48 suspensions in 2002 and only eight in the first 10 months of 2003. However, there was an increase in the nubmer of warnings from RTUK to television broadcasters, issuing 76 in 2002, while in 2003 it issued a total of 100 warnings.

The board issued 42 warnings to radio stations in 2002, while in 2003 it gave only 30 warnings. RTUK has filed complaints against five television and 18 radio stations in the last three years and revoked the license of one television broadcaster and two radio stations.

Pursuant to an amendment to Law No. 3984 on radio and TV broadcasting, RTUK is listening the defense presented by parties accused of violating articles of the law, after which the board imposes a range of sanctions such as warnings, suspensions or fines.

Authorities said they were attempting to prevent the emergence of any developments that could harm Turkey in its bid to become a member of the European Union. .(Turkish Daily News, November 5, 2003)
 

Un journaliste chypriote risque 10 ans de prison pour "outrage à l'armée turque"

Un journaliste chypriote-turc du quotidien Kibris et correspondant de l'AFP a été inculpé d'outrage à l'armée par un parquet militaire de la République turque de Chypre nord (KKTC, autoproclamée), délit passible de 10 ans de prison, a-t-il annoncé mardi.

Basaran Duzgun, chef de la rédaction et éditorialiste du plus important journal de Chypre nord, Kibris, et correspondant de l'Agence France-Presse dans le nord de l'île, a indiqué qu'il avait été inculpé pour avoir évoqué en mars 2003 dans un éditorial la dispersion brutale par la police d'une manifestation visant à organiser un référendum factice pour la réunification de Chypre.

Ce "référendum" s'inscrivait dans un mouvement de protestation contre le dirigeant de la KKTC, Rauf Denktash, et la Turquie, après l'échec d'un plan de l'Onu pour réunifier Chypre.

L'Onu avait fait peser sur M. Denktash la responsabilité de l'échec de ce plan, alors considéré comme la dernière opportunité pour réunifier Chypre avant l'entrée de l'île dans l'Union européenne en mai 2004.

En l'absence de solution, seule la partie sud (grecque) de l'île rejoindra l'UE.

L'éditorial critiquait à mots couverts la Turquie après la répression de la manifestation et l'inculpation de six personnes, aux motifs politiques selon lui.

"Tout ceux qui vivent dans le pays et dans le monde savent de qui la police de la RTCN prend ses ordres. Si cette mauvaise attitude perdure, les Chypriotes turcs vont commencer à demander +quel garant êtes-vous?+", ajoutait M. Duzgun.

Le terme "garant" renvoie à 1960, lorsque la Grèce, la Turquie et la Grande-Bretagne avaient été déclarées "garantes" de l'indépendance de Chypre.

Un procureur militaire a inculpé lundi soir M. Duzgun, 39 ans, au motifs que l'éditorial portait insulte aux forces armées chypriotes-turques, commandées par un Turc. S'il est reconnu coupable, il est passible de 10 ans de prison.

Aucune date n'a été fixée pour le début du procès, mais il devrait se tenir devant un tribunal militaire avant la fin du mois de novembre.

M. Duzgun a indiqué à l'AFP qu'il s'attendait à être arrêté, car la loi de la KKTC prévoit que toute personne jugée par un tribunal militaire doit être incarcérée pendant le procès.

"Je considère que cette inculpation fait partie d'une campagne de pressions pour intimider les partisans d'un accord de paix (entre Chypriotes grecs et Chypriotes turcs) et de l'entrée dans l'UE (...). Je ne suis pas optimiste quant au résultat probable du procès. Je pense qu'ils vont me jeter en prison", a ajouté le journaliste.

Un deuxième journaliste de Kibris, Hasan Hasturer, a été inculpé pour un autre éditorial consacré au référendum factice. Il sera jugé par un tribunal ordinaire et risque 11 ans de prison.

Ces inculpations interviennent alors que M. Denktash doit affronter des élections législatives en décembre, lors desquelles il est menacé de perdre sa majorité.

Chypre est divisée en deux parties, grecque au sud, turque au nord, depuis l'intervention, en 1974, de l'armée turque dans le nord de l'île, en réponse à un coup d'Etat d'ultranationalistes chypriotes grecs qui voulaient rattacher l'île à la Grèce.

Quelque 30.000 soldats turcs stationnent en KKTC, proclamée en 1983 mais reconnue uniquement par la Turquie. (AFP, 4 novembre 2003)
 

Recent Violations of press and expression freedom

The Culture Ministry banned two films

The Ministry of Culture banned the film titled "Geregi Düsünüldü (Per Curiam)" concerned with the incidents happened in 1995 in Gaziosmanpasa (Istanbul). According to the statement made by Idil Cultural Center the 26-minute film, directed by lawyer Remzi Kazmaz, was banned according to Article 9 of Regulation Regarding the Audition of Cinema, Video and Music Productions. The statement also put that Ankara Administrative Court concluded the case that was launched upon the ban of the film titled "Pardon" (Pardon) by the Ministry of Culture and decided to stop the execution. (BIA-TIHV, November 19, 2003)

Concert Banned in Diyarbakir

The concert of "Koma Gulen Xerzan", which was organized by the trade union for teachers Egitim-Sen on 15 November in Diyarbakir, was not allowed on the grounds that the name of the group was including the letter "x". Chair for Egitim-Sen Diyarbakir branch Abdullah Demirbas announced that their first application was declined on 11 November because the petition did not contain the names of the members of the group. After they added the names the application was declined on the grounds that the name of the group was including the "non-Turkish" letter "x". (Özgür Gündem-TIHV, November 12, 2003)

Journalist Detained in Istanbul

Baris Güllü, the owner of the journal Özgür Halk, was detained at the Anti-Terror branch of Istanbul Security Directorate where he went on 6 November for some transactions. Güllü was reportedly detained in connection with the cases brought against him in Adiyaman and Urfa. (Özgür Gündem-TIHV, November 7, 2003)

Writer and Publisher on Trial in Ankara

On 6 November, Ankara Penal Court of First Instance No. 15 continued to hear the case of the publishing managers of Maki Publishing House Özden Bayram and Ismet Erdogan and Fikret Baskaya in connection with a book of Baskaya titled "Articles Against the Flow". The court decided to employ experts in order to find out if there was any violation of the law in the book or not. The hearing was adjourned to 17 February 2004. Since the book includes sentences like "Sivas massacre is a massacre organized by the state as others in the past" and "This is a torture republic", the indictment wants the defendants to be sentenced under Article 159 TPC. (TIHV, November 7, 2003)

Distributor Threatened in Siirt

Remzi Aygün, distributor of Özgür Gündem in Siirt, announced that he was threatened by the police. He made an official complaint with the public prosecutor in Siirt and appealed to HRA Siirt branch. He said: "Police officers in civilian clothes were threatening me since I started distributing papers. On 1 November I was called by persons, who introduced themselves as police officers, from my mobile phone. They threatened me to death if I continue to distribute papers. They are also following me with vehicles." Aygün was detained on 4 November after making this press statement. (Özgür Gündem-TIHV, November 6, 2003)

Demonstrations for Öcalan in Sirnak

On 5 November, the police intervened and dispersed a demonstration organized by the women who were members of DEHAP in Dicle district of Sirnak to protest the condition of KADEK leader Abdullah Öcalan. Sidika Asikar, one of the women beaten by the police, was wounded. The police prevented a sit-in action in front of AKP offices in Izmir. DEHAP members Hamit Turgut, Süleyman Simsek, Diren Yalçin, Rojhat Ölmez and Emrah Güreyli, who were detained during visiting the graves of PKK/KADEK militants on 4 November in Mersin Cemetery, were arrested on allegations of "resisting the security forces". (Özgür Gündem-TIHV, November 6, 2003)

(For earlier cases go to Info-Türk, N° 302)
 

Kurdish Question/Question kurde

Nouvel obstacle pour le lancement du premier cours de kurde

Le premier cours privé de langue kurde de Turquie n'a toujours pas obtenu l'autorisation officielle de commencer ses activités, les autorités multipliant les obstacles bureaucratiques, a accusé lundi son propriétaire.

Le dernier prétexte en date est l'absence d'escalier de secours conforme, a précisé à l'AFP Aydin Unesi, interrogé par téléphone depuis Batman, dans le sud-est à majorité kurde.

En fait, l'escalier existe bien, mais il n'a pas été mentionné dans le dossier de demande d'agréement, selon M. Unesi.

Le cours avait auparavant vu son autorisation refusée parce que les portes étaient trop étroites de cinq centimètres par rapport aux normes en vigueur. Elles ont été élargies.

"Je suis de plus en plus convaincu que les cours sont délibérément bloqués parce que les autorités demandent de petites choses", a souligné M. Unesi, qui s'est dit déterminé à poursuivre ses démarches jusqu'à ce que le cours démarre "parce que c'est un droit donné par la loi".

La Turquie, dont l'intégration à l'Union européenne est notamment suspendue à ses progrès en matière de libertés individuelles, a adopté l'an dernier une loi permettant à la population kurde d'étudier officiellement sa langue, mais son application ne s'est toujours pas concrétisée, provoquant les critiques de l'UE. (AFP, 24 novembre 2003)
 

Neuf militants kurdes tués en deux jours d'affrontements avec l'armée turque

Neuf militants kurdes de Turquie ont été tués en deux jours d'affrontements avec l'armée turque dans la province d'Ordu (nord) bordant la mer Noire, a affirmé lundi l'armée turque.

Dans un communiqué cité par l'agence Anatolie, l'armée précise que trois rebelle ont été capturés et que les opérations dans la région se poursuivent.

La semaine dernière, 14 rebelles avaient été tués dans la provice de Bingol (est) lors d'affrontements avec l'armée, toujours selon les autorités. (AFP, 24 novembre 2003)
 

Les Kurdes de Turquie craignent les retombées des attentats d'Istanbul

Les Kurdes de Turquie craignent un raidissement sécuritaire qui compromettrait la fragile amélioration de leurs droits après les attentats sanglants d'Istanbul.

"Notre destin est-il d'être associés au terrorisme? Est-ce qu'on retourne en arrière vers le conflit?" se demande dimanche avec anxiété ce vendeur de légumes de Diyarbakir, capitale du sud-est à majorité kurde.

Personne en Turquie n'a blâmé les Kurdes en tant que communauté pour la série d'attentats suicide d'Istanbul qui a fait au moins 53 morts depuis le 15 novembre, même si ses quatre auteurs étaient de jeunes islamistes kurdes de Bingol.

Les Turcs ont associé le terme de "terroriste" à la violence armée kurde et même aux actions pacifiques pour la reconnaissance de leurs droits depuis que le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) a pris les armes pour réclamer un Etat kurde dans le sud-est anatolien à majorité kurde en 1984.

Le conflit, qui a fait quelque 36.500 morts, en majorité des Kurdes, a cessé avec l'arrestation du chef du PKK Abdullah Ocalan en 1999.

Pour intégrer l'Union européenne, la Turquie a accordé ces derniers mois à sa minorité kurde (au moins 12 millions sur une population de 70 millions) une certaine dose de liberté culturelle.

Quant aux affrontements entre l'armée et les rebelles, ils sont devenus rares.

"Nous étions heureux que la situation s'améliore mais maintenant, nous sommes de nouveau inquiets", souligne le vendeur, Kenan Yilmaz.

Les hommes politiques kurdes redoutent que la fragile normalisation dans le sud-est ne soit remise en cause par une offensive du gouvernement contre les groupes clandestins et un renforcement des mesures de sécurité.

"Le danger, c'est de prendre prétexte (des attentats) pour des actions anti-démocratiques. Mais nous espérons que cela n'arrivera pas car cela compromettrait la candidature turque à l'UE", souligne Osman Ozcelik, vice-président du principal parti pro-kurde, le Parti de la démocratie du peuple (DEHAP).

"Le gouvernement traîne déjà des pieds pour mettre en oeuvre les réformes (concernant les droits culturels des Kurdes)... Si ces réformes sont encore bloquées, cela pourrait créer de sérieux problèmes, dit-il.

Pour Ahmet Turan Demir, président du Parti pour une société libre (pro-kurde), "les attentats seront lourds de conséquences sur la scène politique intérieure. Je crois possible une restriction supplémentaire de droits et libertés déjà limités".

Husnu Ondul, président de l'Association turque des droits de l'Homme (IHD), craint lui aussi "une restriction des droits et libertés fondamentaux à cause des mesures de sécurité". Mais "à long terme, je pense que le gouvernement va poursuivre le processus de démocratisation pour intégrer l'Union européenne", relève-t-il.

Un avis partagé par l'écrivain kurde Seyhmus Diken, figure respectée de la communauté, selon qui Ankara ne peut pas compromettre ses progrès dans la démocratisation, acquis souvent au prix de vives tensions.

"La Turquie s'est embarquée sur le chemin de l'adhésion à l'UE... Un changement de politique à long terme est improbable, même si les autorités peuvent tenter de limiter les libertés à court terme", estime-t-il.(AFP, 23 novembre 2003)
 

Three Kurdish militants killed in clash with army

Three Kurdish militants were killed Sunday in northern Turkey in a clash with Turkish security forces, local officials told Anatolia news agency.

The governor of the Black Sea province of Ordu, Kemal Yazicioglu, confirmed that three "terrorists" were killed, without specifying to which organization the alleged militants belonged.

Security operations in the region were continuing, he said.

The clash broke out in a rural area of Ordu when three alleged militants from the outlawed Kurdistan WorkersÕ Party (PKK) responded with fire after being surrounded by security forces and ordered to surrender, according to Anatolia.

The NTV television channel said a group of militants took hostage 20 villagers who were in the area to collect wood, prompting the security forces to intervene. The channel also reported that three militants were killed.

The PKK has been active mainly in TurkeyÕs predominantly Kurdish southeast and east but the organization is reportedly also making efforts to expand its activities to other regions of the country.

Fourteen PKK rebels were killed Thursday in clashes with government troops in the eastern province of Bingol. (AFP, November 23, 2003)
 

La mise en liberté de quatre députés kurdes rejetée pour la 9e fois

La Cour de Sûreté de l'Etat d'Istanbul a rejeté ce le 21 novembre pour la 9-ème fois une demande de libération de quatre anciens députés kurdes, Leyla Zana, Hatip Dicle, Orhan Dogan et Selim Sadak, emprisonnés en 1994.

En 2001, la Cour européenne avait estimé que leur procès s'était déroulé de façon inéquitable et les 4 députés avaient vu leur demande de nouveau procès acceptée, dans le cadre du processus de démocratisation mis en oeuvre par la Turquie pour intégrer l'Union européenne.

Sur le refus de leur libération, les quatre députés ont déposé plainte auprès de la Cour européenne des droits de l'Homme pour leur maintien en détention lors de leur nouveau procès devant la justice turque.

Les 4 ex-députés réclament 100.000 euros de compensation pour leur détention prolongée alors qu'une cour de sûreté de l'Etat examine leur condamnations à 15 ans de prison pour soutien à la rébellion séparatiste kurde, a précisé à l'AFP Yusuf Alatas.

"Nous finissons par croire que la cour ne fera rien pour assurer un procès équitable", a déploré M. Alatas.

Les accusés se plaignent que la cour favorise l'accusation et néglige les témoignages en leur faveur.

Mme Zana a reçu en 1995 le prix Sakharov pour la liberté de pensée décerné par le Parlement européen.

Les quatre ex-députés doivent en principe sortir de prison en juin 2005, par le jeu des réductions de peine prévues par la loi turque.

Le 10 novembre, les anciens députés kurdes du parti de la démocratie (DEP) avait rendu public un communiqué de presse envoyé à de nombreux responsables internationaux comme le président actuel de l'Union européenne, Silvio Berlusconi, le président du Parlement européen, Pat Cox, le président de la Commission européenne Romano Prodi, le responsable de l'élargissement auprès de l'UE, Gunter Verheugen, le Haut représentant de l'Union européenne pour la PESC, Javier Solana et de nombreux autres organisations internationales pour faire le point sur les évolutions politiques régionales et nationales et appeler à une solution pacifique à la question kurde.

Voici de larges extraits de ce communiqué:

"Cela fait une dizaine d'années que nous sommes emprisonnés. Et le monde comme la Turquie n'est plus tel que nous l'avions laissé. A côté des développements suscitant nos espoirs il existe des évolutions dont nous nous méfions. Sans nul doute, nous ne sommes pas en mesure d'influencer et d'orienter les évolutions mondiales et nationales. Cependant nous ne pouvons pas en toute bonne conscience nous résigner à rester comme des simples spectateurs. C'est la raison pour laquelle et eu égard aux responsabilités qui s'imposent de par l'histoire à nous, nous pensons que c'est notre devoir que de faire savoir notre opinion sur les développements dans notre pays.

"Les vents de changement secouent le monde entier et cette période où se redessine le monde en général et le Moyen-Orient en particulier influence naturellement et profondément la Turquie (É)

"La Turquie se trouve confrontée à son propre changement mais la mission de piloter ces mutations au Moyen-Orient lui incombe également. Reste que pour accomplir cette mission historique d'instigateur et constituer, dans le monde islamique, un Etat moderne, démocratique et laïc, il faudrait que la Turquie règle ses propres problèmes intérieurs (É)

"C'est pour ces raisons et pour le compte de la géographie dans laquelle nous vivons  que nous pensons avoir mené depuis des années une lutte pour la démocratie et la paix et dans ce processus critique où la solution démocratique à la question kurde se trouve être la priorité vitale de notre pays, nous appelons à tout simplement plus de réceptivité.

"À vrai dire la question kurde qui transcende la seule spécifité turque et sa solution complexe mais pacifique est une question simple pour nous. Sa complexité trouve origine dans de nombreuses raisons mais la première d'entre elles est le fait que les Kurdes vivent principalement et en nombre en Turquie, en Irak, en Iran et en SyrieÉ Ces Etats qui ne font pas preuve des mêmes attitudes dans tous les domaines se servent tout de même de modèle aussi bien dans l'impasse que dans la réussite.

"La seconde raison est due à la géographie d'ensemble du Kurdistan et donc à ses richesses du sol et du sous-sol, à sa situation stratégique comme sa particularité géographique propice aux interventions extérieures et au fait qu'il soit au centre des intérêts et des attractions de la dynamique extérieure. En d'autres termes, la solution n'est pas seulement à l'initiative de la dynamique intérieure. La solution pacifique de la question est accessible car les Kurdes à aucun moment de l'histoire n'ont choisi délibérément la violence. L'entrave des voies démocratiques, l'impossibilité d'expression dans le domaine juridico-légal, l'attitude prohibitive, oppressive, négationniste et destructrice des Etats leur interdisent l'ensemble des droits et libertés fondamentaux et par conséquent c'est sur la base de la légitime défense que la violence a pu être choisie sans possibilité à d'autres recours.

"La troisième raison : Les Kurdes n'ont jamais combattu les peuples avec qui ils ont vécu en toute fraternité, et n'ont pas été alimenté de contentieux intercommunautaire générant la rancune, la haine et l'indignation. Ces points favorisent la recherche d'une solution pacifique de la question. (É)

"Dans ces conditions critiques, notre plus grande attente de la part des organisations et de la communauté internationales est de les voir soutenir et renforcer les dynamiques en faveur de la paix et de la mutation en Turquie (É)" (AFP-CILDEKT, 21 novembre 2003)
 

14 militants kurdes tués au cours d'affrontements avec l'armée turque

Quatorze militants kurdes de Turquie ont été tués jeudi au cours d'affrontements avec l'armée turque à Bingol dans le sud-est du pays, a annoncé le gouverneur de Bingol Huseyin Cos.

Cet affrontement entre des militants du Congrès pour la Démocratie et la liberté au Kurdistan (KADEK, ex-PKK) et les forces gouvernementales a duré huit heures environ, selon l'agence turque Anatolie.

M. Cos a assuré que tout le groupe de rebelles kurdes avait été liquidé.

Selon lui, 4 kg d'explosifs, 11 fusils d'assaut kalachnikov, 60 grenades à main et d'autres armes ont été découverts sur les dépouilles des rebelles tués. (AFP, 20 novembre 2003)
 

Des juges brièvement pris en otages à Istanbul par des militants kurdes

Plusieurs juges ont été brièvement pris en otages mardi par 21 militants kurdes dans un tribunal à Istanbul, avant d'être libérés par la police anti-émeute turque, a rapporté la chaîne d'information en continu NTV.

La police anti-émeute turque a fait usage de gaz lacrymogènes contre les manifestants qui avaient tenté de se barricader à l'aide d'armoires métalliques dans un couloir du tribunal et d'empêcher des juges et avocats de quitter les salles d'audience.

Tous les preneurs d'otages ont été interpellés, a ajouté la télévision.

L'incident, qui a duré une demi-heure, a débuté lorsque des militants pro-kurdes ont envahi le bâtiment, dans le centre-ville, et accroché une pancarte au troisième étage exprimant leur soutien au leader emprisonné du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), Abdullah Ocalan.

La télévision a montré les images de policiers casqués trainant des militants vers l'extérieur du bâtiment.

L'agence Anatolie a mentionné la manifestation, mais n'a pas parlé de prise d'otages.

Des militants pro-kurdes ont récemment redoublé leurs manifestations à travers le pays appelant à la libération d'Ocalan, condamné à la prison à vie et emprisonné seul dans une île-prison au large d'Istanbul.

Lundi, la police avait annoncé l'arrestation à Istanbul de cinq personnes soupçonnées de préparer un attentat-suicide contre un commissariat de police.

Ces arrestations, qui ne semblaient pas être liées aux attentats à la bombe de samedi contre deux synagogues de la ville, visaient des militants séparatistes kurdes du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK-Kadek), selon la brigade anti-terroriste.

Le président du Kongra-Gel  soutient l'occupation d'un tribunal à Istanbul

Le pésident  du Congrès du peuple du Kurdistan (KONGRA-GEL) a apporté mardi son soutien aux militants qui avaient occupé les locaux du principal tribunal d'Istanbul, bloquant des juges dans leurs salles d'audience.

"Je salue cette opération qui s'inscrit dans notre campagne de pression sur le gouvernement turc pour obtenir la libération d'Abdullah Ocalan qui est enfermé dans une prison sur une île isolée", a déclaré à l'AFP le chef de la nouvelle formation, Zubeyir Aydar, qui vit dans les montagnes à la frontière entre l'Irak et l'Iran.

"Depuis deux mois, nous sommes sans nouvelles de lui et même ses avocats n'ont pu le rencontrer. Nous ne savons rien de son état de santé", a souligné M. Aydar, joint par téléphone à partir de Bagdad.

"Nous demandons qu'il sorte de cette prison et que ses médecins puissent le voir. Il s'agit d'un dirigeant qui lutte pour son peuple comme Yasser Arafat le fait pour le peuple palestinien", a-t-il ajouté.

Interrogé sur les raisons pour lesquelles les manifestants s'en étaient pris à des magistrats, Zubeyir Aydar a affirmé que "ce sont les juges qui ont inculpé" Ocalan "et l'ont condamné. C'était un acte symbolique".

Des militants prokurdes ont intensifié leurs manifestations à travers la Turquie appelant à la libération d'Abdullah Ocalan, condamné à la prison à vie en 1999 pour son rôle dans la rébellion kurde. (AFP, 18 novembre 2003)
 

New regulation on broadcasting in Kurdish

The regulation on broadcasting languages on radio and TV stations, which was prepared for adjustment to European Union, will come into force on 19 November. "Regulation on broadcasting in traditionally used languages and dialects on radio and TV stations" had been published in Official Gazette in September 2002.

Supreme Court of Administration (Danistay) stopped the implementation of the regulation on demand of TRT on the grounds that TRT could not be imposed to broadcast in Kurdish without necessary legal changes.

A new regulation was prepared and the new one envisages: "National TV and radio stations except for TRT will only broadcast in languages and dialects other than Turkish during news, music programmes and informative programmes on traditional cultures."

Former regulation had been allowing the stations broadcasting in more than one language, but now a station will be able to broadcast in one language other than Turkish. Broadcasting on radios will be restricted to 45 minutes a day and four hour a week, on TVs 30 minutes a day and three hours a week at most.

TVs had been restricted to two hours a week in the former regulation. Programmes on teaching languages and dialect were not allowed. Speakers are not allowed to wear traditional clothes.

RTÜK will decide on which station will broadcast in which language. (Radikal-TIHV, Novembre 16, 2003)
 

La nouvelle organisation kurde KONGRA-GEL appelle la Turquie au dialogue

L'organisation des Kurdes de Turquie (KADEK), qui a annoncé mardi son auto-dissolution, a affirmé samedi qu'il s'appelera désormais le Congrès du peuple du Kurdistan (KONGRA-GEL).
La nouvelle organisation a également annoncé qu'elle renonçait au séparatisme et appelé les autorités turques au dialogue.

"Le Congrès du peuple du Kurdistan ne se fixe pas pour but la division ou la séparation. Au contraire, il vise une union moderne et démocratique qui respecte l'unité de l'Etat", selon un communiqué de la nouvelle organisation.

"Il pense que cette approche répond aux besoins vitaux des Kurdes et des pays voisins", ajoute le texte distribué à la presse dans un camp de formation situé dans une zone montagneuse à la frontière irako-iranienne.

"Nous allons garder les armes tant qu'il n'y a pas de solution à la question kurde (...) dans un but d'auto-défense", a déclaré à l'AFP le président de la nouvelle formation, Zubeyir Aybar, 42 ans, député de DEP en exile.

Il a exprimé l'espoir que les Etats-Unis serviront de médiateur pour ouvrir des négociations entre son groupe kurde et Ankara.

"Nous ne sommes pas en état de guerre avec la Turquie mais en état d'auto-défense. La fin de la guerre doit être décrétée par les deux parties", a-t-il ajouté.

"Le KONGRA-GEL cherche à empêcher l'utilisation réciproque de la violence, provoquée par les sentiments nationalistes, et à présenter une solution non-violente qui permettra de transformer l'existence kurde au Moyen-Orient d'une cause de crise en une source d'énergie", assure le communiqué.

"Les peuples kurdes et turc ont toujours favorisé la démocratie. KONGRA-GEL respecte ce désir et invite le gouvernement de Turquie à montrer le même respect", dit le document distribué.

"Le développement dans la région et le désir (de la Turquie) d'adhérer à l'Union européenne facilitent une solution de ce type. Pour cette raison, nous appelons les autorités turques à abandonner leur politique qui a échoué et à amorcer un dialogue avec le KONGRA-GEL", selon le texte.

La nouvelle formation est le successeur direct du KADEK, lui-même héritier du PKK, qui a mené une guerre sanglante contre Ankara jusqu'en 1999.

La décision de changer de nom et de stratégie a été prise lors d'un congrès réunissant 360 délégués du monde entier qui s'est tenu du 27 octobre au 6 novembre dans la localité de Qandil, dans le nord de l'Irak.

Mardi, le KADEK avait annoncé sa dissolution afin de créer une organisation plus démocratique, qui a pris le nom de KONGRA-GEL.

Les Etats-Unis avaient déclaré vendredi qu'ils considéraient que toute organisation issue du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK, séparatistes kurdes de Turquie) était considérée comme terroriste.

Le département d'Etat a ainsi fait savoir qu'il ne changerait pas de ligne vis-à-vis de cette organisation, malgré l'annonce mardi de la dissolution de l'héritier du PKK, le KADEK. (AFP, 15 novembre 2003)
 

Deporting Kurdish Boat People Arouses Protests

Refugee support groups are calling the Australian government's success in towing Refugee support groups are calling the Australian government's success in towing a fishing boat carrying 14 Kurdish men from Turkey back to Indonesia - even though they landed on Australian soil - a flagrant violation of international treaty obligations.

The Indonesian National Police are now detaining the men in the port town of Saumlaki on Yamdena Island, approximately 500 kilometres north of the Australian mainland. Representatives of the United Nations High Commissioner on Refugees and the International Organisation of Migration are scheduled to be in contact with the men in the next few days.

''The problem with our refugee policy is that we don't face reality.Nine out of ten boat people in the last three years have proven refugee claims and yet they are treated worse than criminals,'' said Howard Glenn, national director of A Just Australia, the national umbrella group for refugee advocacy groups.

On Sunday afternoon, Minister for Foreign Affairs Alexander Downer gloated at the success of the Australian government's military operation. ''We've demonstrated a very clear point - that if you are strong in standing up to the people smugglers, people smugglers won't be able to make money out of Australia and out of our goodwill,'' he said.

Downer claimed that even though the men had probably paid a people smuggler to transport them to Australia on a potentially hazardous ocean voyage on a small boat, they had not requested asylum. ''They didn't apply for asylum when they were in contact with Australian authorities, or with the Australians themselves on Melville Island,'' Downer said.

Nor would Downer concede that the men may have been fleeing persecution and could be legally entitled to apply for asylum. ''They came from Turkey. They didn't come from some battle zone. But they - of course there is conflict between the Turkish government and Kurdish minority. But why they came, I don't know,'' he said.

Refugee activists dispute the claim. ''Everywhere in the world recognises the persecution the Kurds face,'' Glenn said.

In 2002, Amnesty International reported that ''many prisoners of conscience continued to face trial or imprisonment, particularly for expressing opinions on the Kurdish question or the high-security 'F-type' prisons, or for expressing Islamist views''.

''Torture in police custody remained widespread and was practiced systematically in the anti-terror branches of police stations in the south-east à dozens of killings by security officers were reported; some may have been extrajudicial executions,'' it added.

On Sunday, Downer sidestepped questions on whether the men had been denied legal assistance or informed of their rights. ''I've been advised that they haven't made an application à Whatever the media knew or didn't know, I'm telling you what I know,'' he said.

However, last week the Australian government took extraordinary steps to prevent media and legal support to the asylum seekers.

After the boat's occupants were reported to have landed on Melville Island last Tuesday, the government initially imposed a 10-kilometre exclusion zone around their boat while they were awaiting the arrival of government officials.

Hours later, the government proclaimed a new regulation retrospectively excising approximately 4,000 islands around Australia's coast from the provisions of the Migration Act. In the middle of Wednesday night an Australian navy ship, HMAS Geelong, began to tow the 12-metre long Indonesian fishing boat back to international waters.

The president of the Refugee Council of Australia, David Bitel, said the excision of the islands to prevent the men from applying for asylum is ''a breach of our obligations under the 1951 Refugee Convention''.

Under the Vienna Convention on the Law of Treaties, Australia and other signatory nations ''may not invoke the provisions of its internal law as justification for its failure to perform a treaty''.

Late Friday evening, the Supreme Court of the Northern Territory rejected an urgent application by a group of lawyers seeking to prevent the government from removing the 14 men from Australia. The court has yet to publish the reasons for its decision.

Earlier in the day, Australian Greens Sen Bob Brown sought to overturn the regulation exempting the islands from Australia's Migration Act. ''This is (an) à opportunity for us to put things right in this place and for us to insist that à the Senate is the backstop when the government loses decency (and) when the government divides this country,'' he told the Senate.

The move was defeated when the Labor Opposition - which has pledged to back the repeal of the regulations - joined with the government in arguing that dealing with them immediately was a matter of urgency.

''The harsh reality for à (the) 14 people currently affected by this government regulation is that disallowance on any date - today or in the future - will not affect their individual claims,'' Faulkner told the Senate.

Despite the setback, Glenn is confident the regulations will be overturned at the next Senate sitting later this month. He also senses widespread public disbelief of the government claims. ''All the talkback is completely different à people just do not believe the government,'' Glenn said.

''The figures that came out last week from the Department of Immigration that nine out of ten of all the boat people have proven refugee claims just makes it clear to people how the government has tried to con us,'' he said. (IPS-BIA, November 13, 2003)
 

Affrontements entre manifestants pro-kurdes et policiers à Istanbul

Des manifestants pro-kurdes se sont heurtés mercredi à Istanbul à la police qui les empêchait de se rendre à une manifestation de soutien au leader du PKK, Abdullah Ocalan, à une centaine de kilomètres de la métropole, selon des images diffusées à la télévision.

Les policiers ont tiré en l'air et utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser 400 personnes réunies à Dolapdere, dans la partie européenne de la ville, à l'appel de la principale force pro-kurde de Turquie, le Parti démocratique du peuple (Dehap), selon la chaîne d'information NTV.

Les manifestants ont lancé des pavés et des pierres contre la police avant de se disperser dans les ruelles.

Lundi, les autorités avaient interdit une manifestation de proches de détenus, soutenus par le Dehap, prévue mercredi à Gemlik (nord-ouest) en face des côtes de l'île-prison d'Imrali où est incarcéré Ocalan depuis 1999 pour purger une peine à vie. Les manifestants voulaient dénoncer l'isolement carcéral d'Ocalan.

La police a interdit l'accès à Gemlik et refoulé de nombreux autocars remplis de manifestants, a indiqué à l'AFP Gani Alkan, l'un des organisateurs du rassemblement, qui se trouvait dans l'un de ces véhicules.

"Environ 80 ou 90 autocars ont été arrêtés près de Gemlik", a-t-il dit, critiquant l'attitude des autorités locales.

Selon ses avocats, le leader du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), qui a été rebaptisé Kadek en 2001 et a annoncé mardi son autodissolution, souffre de sérieux problèmes de santé, notamment respiratoires et cardiaques.

La fin de son isolement à Imrali est une des revendications principales des défenseurs des droits de l'Homme et des sympathisants pro-kurdes en Turquie qui réclament également une amnistie générale pour les dirigeants de la rébellion.

Ainsi, quatre ex-députés pro-kurdes de Turquie, emprisonnés depuis neuf ans à Ankara pour aide au PKK, ont indiqué avoir envoyé des lettres à plusieurs dirigeants européens pour exprimer leurs préoccupation au sujet de l'isolement d'Ocalan, dans un communiqué reçu mercredi à l'AFP.

"Malheureusement, les politiques visant Ocalan (...) brisent notre espoir quand à une solution pacifique du problème kurde", souligne le texte signé notamment par Leyla Zana, lauréate du prix Sakharov du parlement européen. (AFP, 12 novembre 2003)
 

Auto-dissolution du KADEK

Le Congrès pour la Démocratie et la liberté au Kurdistan (KADEK), héritier du parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), a annoncé son auto-dissolution mardi dans un communiqué à Bagdad.

"Le KADEK est dissout pour laisser place à une nouvelle structure organisationnelle plus démocratique qui permettra une plus grande participation, représentative des intérêts du peuple kurde", indique le texte signé du conseil général exécutif (General executive board) et remis à l'AFP à Bagdad.

Une conférence du KADEK devrait se tenir dans les prochains jours dans le nord de l'Irak, a simplement indiqué un représentant de l'organisation.

Il n'a pas pour autant annoncé la dissolution de ses groupes armés et a affirmé, dans un communiqué obtenu par l'AFP, être toujours prêt à se battre s'il était attaqué.

La dissolution du Kadek a été décidée, à l'unanimité, lors d'un congrès extraordinaire, le 26 octobre, en Irak du nord, selon le communiqué signé par le conseil général exécutif de l'organisation.

Le PKK, organisation armée des Kurdes turcs, avait été dissout en avril 2002 et remplacé par le KADEK "pour poursuivre la lutte pour la libération des Kurdes".

Selon le texte, cité également par l'agence pro-kurde Mésopotamie, basée en Allemagne, le KADEK, qui devait donner une image plus politique au mouvement, n'a pas réussi à créer "les conditions de la lutte politique pour une vie civile, démocratique et pluraliste".

"Des nostalgiques du modèle de parti léniniste et des éléments liés à la pensée dogmatique traditionnelle du Moyen-Orient ont empêché l'entrée de nouveaux groupes sociaux et de démocrates" au sein de la formation, explique le communiqué.

Le KADEK reconnaît avoir donné l'image "d'être la simple continuation du PKK".

Un haut responsable du Kadek, Cemil Bayik, expliquant les raisons de la dissolution que son organisation, a reconnu dans un communiqué que celle-ci était restée "trop semblable" au PKK. La nouvelle organisation renoncera à son passé "marxiste-léniniste" et à sa structure "qui a gardé des traces de la culture dogmatique du Moyen-Orient", a-t-il ajouté.

"Il est devenu urgent de se transformer en organisation démocratique", selon M. Bayik qui a reconnu que l'intervention américaine en Irak introduisait une nouvelle donne dans la région.

La nouvelle structure devra répondre "aux critères internationaux et s'engager dans la poursuite d'un schéma démocratique afin de négocier un règlement pacifique avec les pays dominants", conclut le texte.

Le PKK, considéré comme une organisation terroriste par la Turquie et nombre de pays occidentaux, dont les Etats-Unis, avait été dissoute en avril 2002 et remplacée par le KADEK "pour poursuivre la lutte pour la libération des Kurdes". Son leader Abdullah Ocalan, détenu dans l'île-prison turque d'Imrali, a été désigné président du KADEK.

La PKK a mené 15 ans de lutte armée contre l'Etat turc. L'arrêt de ses activités sous son ancien nom s'inscrivait dans une stratégie de transformation en organisation politique légale, le PKK ayant annoncé la suspension de la lutte armée en 1999 à la suite de la capture, à Nairobi, de  Abdullah Ocalan.

Le KADEK préconisait la "résolution de la question kurde dans le cadre des frontières actuelles" des Etats où vivent des populations kurdes. L'abandon de la lutte armée étant confirmée, le KADEK prônait à la place des "soulèvements politiques pacifiques".

Les militants armés du PKK continuaient de constituer une force "d'autodéfense", appartenant au KADEK et devaient rejoindre le mouvement civil "au moment opportun", notamment quand l'Etat turc aurait aboli la peine de mort et reconnu les droits culturels des Kurdes, selon l'organisation.

Un haut responsable turc, interrogé par l'AFP, a toutefois affirmé mardi que "ce n'est pas en changeant de nom de temps en temps" que le Kadek "pourra éviter d'avoir à rendre des comptes" pour son passé.

"C'est une manoeuvre tactique de bas étage, visant à se défaire de son image terroriste, que nous ne pouvons prendre au sérieux," a-t-il ajouté. (AFP, 11 novembre 2003)
 

U.S. rejects claims of clash between its forces and KADEK

According to Voice of America, U.S. officials have said that they canÕt verify Turkish claims that American troops and southern Kurdish forces had clashed with guerrillas from the Kurdistan Freedom and Democracy Congress (KADEK), formerly known as the Kurdistan WorkerÕs Party (PKK).

According to a news report in the Turkish section of Voice of America website, U.S. officials had verified that there had indeed been an attack on border security personnel and that a southern Kurd had been killed in the event.

However, VOA noted that U.S. officials could not verify claims by Turkish media that it was KADEK forces that had been behind the attack.

News agencies quoted the Turkish Foreign Minister Abdullah Gul yesterday saying that American troops and southern Kurdish forces had clashed at the weekend with KADEK forces in south Kurdistan.

"It is true that clashes took place yesterday. Not only US forces but also Kurdish "peshmerga" fighters were involved in engaging the KADEK. Some US helicopters were also deployed (against the PKK)," Gul was quoted as saying.

The Turkish right-wing daily Hurriyet for example reported today that KADEK forces had ambushed patrolling U.S. and Kurdistan Democratic Party (KDP) pehmergas in south Kurdistan. The newspaper wrote that the ambush took place on the 8th of November and resulted in the death of a peshmerga and that KADEK captured 13 wounded others, adding that KADEK later exchanged these with its own forces in captivity. (KurdishMedia.com, November 11, 2003)
 

AtaturkÕs phrase for peace considered illegal when in Kurdish

London (KurdishMedia.com) 11 November 2003: The Kurdish daily Ozgurpolitika reported today that an official investigation has been launched against the Agri branch of the pro-Kurdish Free Party in north Kurdistan for having had Mustafa Kemal AtaturkÕs famous phrase "Peace in the country, peace in the world" in Kurdish on a placard during a party congress.

According to the daily, an official investigation has been launched against the party for having had a placard in Kurdish saying "Welatê da asiti, Cihanê da asiti" (Peace in the country, peace in the world) during the partyÕs first congress in Agri on the 6th of September.

The Free Party officials are being charged with violating the Law on Political Parties which states that political parties in Turkey cannot use any other language than Turkish. (KurdishMedia.com, November 11, 2003)
 

L'enseignement du kurde n'est toujours pas une réalité en Turquie

Tout est prêt dans l'école d'Aydin Unesi. Six salles de classe organisées, livres commandés, 200 élèves inscrits... Mais, sept mois après s'être inscrit pour ouvrir son école, il n'a toujours pas de feu vert d'Ankara: candidate à l'entrée dans l'Union européenne, la Turquie, qui a dû autoriser l'enseignement du kurde l'année dernière, fait traîner les choses.

Selon les organisations de défense des droits de l'homme, aucune école n'a décroché pour l'instant l'autorisation d'enseigner en kurde. Ankara traîne les pieds, signe de la mauvaise volonté à mettre en oeuvre des réformes pourtant approuvées sur le papier.

Certes, l'UE vient de reconnaître que la Turquie avait fait des "changements importants dans son système politique et légal". Reste à leur donner une réalité concrète avant décembre 2004, date à laquelle les dirigeants de l'Union décideront s'ils entament avec Ankara les négociations en vue de l'adhésion. Arrivé au pouvoir l'année dernière avec comme priorité cette candidature turque, le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan s'y est engagé.

L'année dernière, condition sine qua non à l'adhésion, le Parlement a donc élargi les droits de la minorité kurde (plus de 12 millions de personnes, soit un cinquième de la population), notamment en autorisant les médias radiodiffusés et l'enseignement en langue kurde. Mais "pour l'instant, les réformes en ce domaine n'ont produit que peu d'effets pratiques", constate le rapport de l'UE.

Commentant ces critiques, le chef de la diplomatie turque Abdullah Gul a reconnu qu'il y avait des problèmes. "C'est vrai, il y a des failles dans la mise en application mais elles seront surmontées dans les mois à venir. Nous voulons que les Turcs atteignent le niveau de vie de l'Allemagne, de l'Angleterre, de la France".

Reste que M. Unesi, pourtant fin prêt, piétine. Il a déposé une demande officielle le 17 avril pour ouvrir un école en langue kurde dans la province de Batman (Sud-Est) mais rien ne s'est passé depuis. "Les autorités locales de Batman ont accepté notre demande mais nous attendons toujours la réponse d'Ankara", soupire-t-il.

Sont dans le même cas huit autres établissements putatifs dans ce Sud-Est anatolien à majorité kurde, explique Husnu Ondul, président de l'Association des droits de l'homme de Turquie. M. Unesi a décroché une autorisation temporaire pour une session d'enseignement de deux semaines, dans le cadre d'une fête locale, mais rien depuis. Du coup, il a tout de même commencé les préinscriptions, espérant ainsi accélérer le mouvement: "Les officiels, en voyant la participation, devraient comprendre que les gens sont vraiment intéressés", note-t-il. Il a déjà 200 inscrits, la plupart des étudiants ou diplômés de l'université.

Mais Ankara craint une division ethnique du pays, tout comme elle s'inquiète de l'influence croissante des Kurdes d'Irak depuis la chute de Saddam Hussein.

Le conflit pour l'autonomie du Kurdistan turc a duré 15 ans, et fait 37.000 morts. Malgré le cessez-le-feu unilatéral décrété par la rébellion en 1999, après la capture de son chef Abdullah Ocalan, on assiste à une recrudescence récente des escarmouches.

Tout comme les écoles, les programmes télé et radio en kurde sont également en suspens. Pour l'instant, ces chaînes sont limitées à la musique et aux clips musicaux...

Enfin, autre signe de la mauvaise volonté évidente de la bureaucratie turque, si les familles kurdes ont désormais le droit de donner des prénoms kurdes à leurs enfants, le ministère de l'intérieur interdit l'usage de lettres absentes de l'alphabet turc, comme "x", "w", "q"... pourtant communes en kurde...

Mais Aydin Unesi ne perd pas espoir. "Pendant sept mois, les autorités ont affirmé que les cours commenceraient ce mois-ci. Nous espérons qu'ils commenceront vraiment", dit-il. (AP, 10 Novembre 2003)
 

DEHAP Executives sentenced in Erzurum and Kars

The case that was launched against DEHAP chair for Kars Güngör Alp in connection with the speech he made on 31 May during a fest organized by DEHAP was concluded on 7 November.

Erzurum SSC sentenced Alp to 10 months' imprisonment under the Article 312 TCP and suspended the sentence. The case had been launched in accordance with the Article 8/1 of Anti-Terror Law.

In addition, the case of former chairman of DEHAP in Kars Mahmut Boçnak, which was launched in connection with a press conference, was concluded too.

He was sentenced to 6 months' imprisonment under the Artcile 312/1. The case had been launched according to the Article 169 TCP. (Özgür Gündem-TIHV, November 8, 2003)
 

La police arrête 10 militants présumés du PKK/KADEK

La police d'Istanbul a appréhendé 10 militants présumés du PKK/KADEK qui s'apprêtaient à commettre des attentats à la bombe contre les forces de sécurité et des installations touristiques, a rapporté lundi l'agence Anatolie.

Des explosifs et un pistolet ont été saisis par la police lors de perquisitions aux domiciles des personnes interpellées, dont l'une est encore mineure, selon l'agence.

Elle sont accusées d'avoir voulu attaquer des complexes touristiques, policiers et militaires.

La rébellion du PKK, qui a fait plus de 36.000 morts en 15 ans, est en sommeil depuis l'arrestation en 1999 d'Abdullah Ocalan, son chef, condamné à la prion à vie en Turquie.

L'organisation a toutefois annoncé début septembre qu'elle mettait fin à sa trêve unilatérale. (AFP, 10 novembre 2003)
 

"Le plus gros obstacle pour l'adhésion est le problème kurde et non Chypre"

Le problème kurde, plutôt que la question de Chypre, constitue le plus important obstacle à l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne (UE), a affirmé vendredi la principale force pro-kurde de Turquie.

"La question de Chypre est mise en avant dans le rapport de la Commission (européenne) mais les plus importantes questions qui pourraient entraver le processus d'intégration de la Turquie à l'UE sont la question kurde et la démocratisation", affirme le parti du Peuple démocratique (Dehap) dans un communiqué.

Le rapport de la Commission européenne rendu public mercredi a mis en garde Ankara face au problème de Chypre, estimant que l'absence d'un règlement au problème de la division de l'île "pourrait devenir un obstacle sérieux" à la candidature d'Ankara à l'UE.

Le Dehap, menacé d'interdiction par la justice turque pour liens présumés avec les rebelles kurdes de Turquie, affirme que malgré l'engagement du gouvernement à éradiquer la torture, cette pratique reste en vigueur, notamment contre ses militants.

Le parti regrette en outre des obstacles bureaucratiques qui ne permettent toujours pas la diffusion d'émissions en kurde à la radio-télévision et l'enseignement, dans des écoles privées, de cette langue, alors que le parlement a voté ces réformes.

Ankara a longtemps ignoré les appels à plus de liberté culturelle pour les kurdes, par crainte qu'elle ne joue en faveur des séparatistes du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK-Kadek) qui ont mené une rébellion sanglante pendant 15 ans pour obtenir l'autonomie, voire l'indépendance de la région dans le sud-est du pays.

Le Dehap dénonce par ailleurs l'isolement carcéral du chef du PKK, Abdullah Ocalan, qui purge depuis 1999 une peine de prison à vie à Imrali (nord-ouest).

Les dirigeants de l'UE décideront en décembre 2004 s'il convient d'ouvrir des négociations d'adhésion avec la Turquie, en fonction des progrès qu'elle aura réalisés, notamment en matière de démocratisation. (AFP, 7 novembre 2003)
 

Le procès pour viol de 405 soldats turcs continue sans ses accusés

Le procès de 405 soldats turcs accusés du viol collectif d'une paysanne kurde entre 1993 et 1994 s'est poursuivi jeudi à Mardin (sud-est) sans aucun des accusés et en présence des seuls avocats de la défense, selon l'un des défenseurs

"Aucun accusé ne s'est présenté et il est probable qu'ils ne le feront jamais, espérant s'en tirer avec la prescription", a dit à l'AFP au téléphone Me Reyhan Yalçindag, vice-présidente de l'association turques des Droits de l'Homme (IHD).

La plaignante, connue par les initiales S.E., 31 ans, résidant actuellement en Allemagne où elle est réfugiée depuis plusieurs années, n'était pas non plus présente à cette deuxième audience du procès qui s'est ouvert le mois dernier.

La défense a réclamé à la cour criminelle de Mardin que les accusés, qui risquent jusqu'à 37 ans de prison, soient arrêtés, mais leur demande a été refusée, a encore expliqué Me Yalcindag.

La cour a en revanche accepté que soit cité comme témoin le médecin qui avait examiné la victime et rédigé le rapport avérant "de manière très nette la réalité du viol", selon l'avocate.

Le procès a été ajourné au 20 novembre.

S.E. affirme avoir été arrêtée trois fois entre novembre 1993 et août 1994 --sa dernière détention durant 15 jours et se soldant par neuf jours de coma -- et violée à plusieurs reprises, les yeux bandés.

La justice a décidé d'inculper l'ensemble des soldats qui se trouvaient en mission dans la province à l'époque, faute d'avoir pu identifier les violeurs.

Cette procédure est une première en Turquie, où les autorités ont jusqu'à présent refusé de faire la lumière sur les allégations de violences et assassinats extra-judiciaires dans une région ravagée 15 ans durant (1984-1999) par une rébellion séparatiste kurde. (AFP, 6 novembre 2003)
 

Mine Danger will increase as Kurdish villagers return

Lawyer Can Aydin, head of the Diyarbakir branch of Human Rights Association (IHD) and Sezgin Tanrikulu, the head of the Diyarbakir Bar, drew attention to the danger caused by the explosives and land mines planted in the area.

Four children died and seven were injured when they accidentally set off a leftover explosive in the Uludere district of the southeastern province of Sirnak. There are many leftover explosives in the area that cause deaths and injuries.

Sezgin and Tanrikulu criticized newspaper reports that said the explosion was caused by "a land mine placed by Kurdish PKK/KADEK rebels". The two men emphasized it was impossible for the media to reach such information right after the explosion.

Aydin and Tanrikulu said occasional clashes took place in the region during 1988-1998 and that there were explosive devices left by the Turkish security forces and PKK/KADEK militants not only along the borders but also inside the borders.

Tanrikulu said a group, affiliated to the Diyarbakir bar, and fighting against land mines and explosives left over from the clashes in the region was investigating the situation. Lawyers from the group will conduct a research in the Andac village on Wednesday.

He added that the danger posed by the landmines and explosives in the region would increase as villagers return to their homes. Tanrikulu called on the people to be responsive.

Turkey signed the Ottawa Agreement

Aydin criticized the fact that Turkey does not have a landmine map. He said fertile land in the region could not be cultivated because of the mines and other explosives and underlined this was damaging Turkey's economy.

Aydin and Tanrikulu said Turkey, in September, signed the Ottawa Agreement about cleaning the landmines and called on the government and the people to act sensibly. Below are the statements by lawyers Tanrikulu and Aydin:

Tanrikulu: Children should be made aware

* Andac village is very close to the border. Occasional clashes that took place for ten years in the region and there are explosive devices and land mines along and inside the borders.

* People are aware of the landmines along the border but no one know about the landmines and other explosives inside the borders. Thus, they are not acting cautiously. The victims are, most of the time, the children.

* The people, and especially the children, should be made aware of the situation.

Aydin: Mortar danger

* Similar explosions are frequent in the region. Information on who left, dropped or placed the explosive is generally not found.

* Most of the time, landmines placed by state security forces around headquarters, police stations or rubbish dumps, cause the explosions.

* National newspapers said the latest explosion was caused by landmines. But local media said a mortar caused the explosion. Sometimes, the bullets do not explode. The security forces have to collect and destroy the unexploded bullets. But this is usually not done. Children find those bullets and pick them up to sell them to the junk dealers. The bullets explode and kill the children. (Burcin Belge, BIA News Center , November 6, 2003)
 

Nombreux inscrits aux cours de kurde, mais la Turquie retarde son feu vert

Plus de 200 Kurdes du sud-est de la Turquie se sont inscrits pour apprendre le kurde dans un centre d'apprentissage des langues, le premier du genre, mais le gouvernement n'a toujours pas donné son feu vert à l'ouverture de l'école, a déclaré jeudi le créateur du centre, Aydin Unesi.

Aydin Unesi, originaire de Batman, fait partie des nombreux hommes d'affaires aux prises depuis des mois avec une bureaucratie tentaculaire pour obtenir l'ouverture de cours de langue kurde. La mesure s'inscrit dans un ensemble de réformes engagées par le gouvernement turc dans le but de se conformer à l'esprit des exigences européennes vis-à-vis des candidats à l'Union.

Dans un rapport sur les progrès accomplis par la Turquie dans ce sens, l'UE a loué les mesures de démocratisation envisagées par le gouvernement mais reproché à Ankara de ne pas les avoir appliquées.

"Jusqu'à maintenant, nous avons fait preuve de patience mais dorénavant nous allons voir de mauvaises intentions derrière chaque obstacle," a déclaré à l'AFP par téléphone M. Unesi qui attend l'autorisation d'ouvrir le centre depuis avril dernier.

Le mois dernier, des inspecteurs la lui ont refusée au prétexte que les portes étaient de cinq centimètres plus étroites que ne l'exigeaient les normes.

M. Unesi a refait depuis les portes mais alors qu'il attendait l'accord d'Ankara, on lui a fait savoir qu'il devait encore présenter de nombreux autres documents.

En attendant le propriétaire du centre a ouvert les inscriptions.

"Il y a des gens de tous âges et de toutes conditions et il y a même des Turcs qui souhaitent apprendre le kurde" souligne-t-il.

Les émissions de radio en langue kurde sont confrontées à des difficultés analogues. Elle n'ont pas commencé alors qu'elles ont été légalisées depuis plusieurs mois.

A la suite de la publication du rapport de l'UE mercredi, le ministre turc des Affaires étrangères Abdullah Gul a reconnu que certains reproches étaient justifiés mais affirmé qu'Ankara, actuellement à la traîne parmi les treize candidats à l'accession à l'UE, montrerait bientôt "au monde entier" sa détermination à satisfaire aux normes démocratiques de l'Union. (AFP, 6 novembre 2003)
 

Quatre militants kurdes tués dans des accrochages en Turquie

Quatre militants du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK-Kadek) ont été tués mercredi lors d'accrochages avec l'armée dans le centre et l'est de la Turquie, a rapporté l'agence Anatolie.

A Almus (centre) des militants armés ont ouvert le feu en direction des gendarmes, corps d'armée en Turquie, qui les avaient repérés près d'un village. Deux maquisards ont été tués, précise l'agence.

A Bingol, dans l'est du pays, deux autres militants ont été tués, ajoute l'agence. (AFP, 5 novembre 2003)
 

Les marchandages d'Ankara sur les députés kurdes en prison

Un article publié sur toute la Une du quotidien turc Hurriyet du 22 octobre sous la plume de Zeynel Lule, correspondant du journal à Bruxelles, annonce que la Turquie mène des négociations avec l'Union européenne pour que la nouvelle appellation du PKK, le KADEK, soit intégrée dans la liste des organisations terroristes de l'UE.

L'article en question indique qu'en échange, les Turcs proposent de faire évoluer favorablement le cours du procès du DEP, affichant ainsi ouvertement que le procès des députés kurdes n'est nullement juridique mais reste avant tout politique, et que ces derniers restent les otages de la Turquie dans le processus de leur négociation avec les instances européennes.

Dans un communiqué de presse daté du 23 octobre et signé pour la première fois par Leyla Zana, Orhan Dogan, Hatip Dicle et Selim Sadak, les députés dénoncent leur procès et l'attitude du gouvernement turc.

Voici de larges extraits de ce texte :

"Nous sommes incarcérés depuis presque dix ans. Bien sûr, la Turquie ne se trouve plus dans la situation où nous l'avons laissée. Nous observons avec beaucoup d'émotion les développements suscitant de l'espoir, mais nous ressentons également de l'inquiétude et des craintes face à dā'utres évolutions. Durant ces dix dernières années, nous avons adopté comme un principe général le fait de ne pas entrer dans des polémiques et de rester silencieux face aux informations et commentaires formulés dans les media à notre endroit. Cependant nos responsabilités imposées par l'Histoire, nous contraignent à rompre ce silence face à certaines informations. Ainsi, le quotidien Hurriyet daté du 22 octobre 2003 qui énonce en Une "Zana contre KADEK", nous impose à briser ce silence.

"Après un jugement inique, nous avons été condamnés à 15 ans de prison et finalement conformément à la condamnation de la Cour européenne des droits de l'homme, une nouvelle période de procès a débuté pour nous. Durant ces audiences étalées sur 9 mois, contrairement aux décisions de la Cour européenne exigeant un jugement impartial, nous vivons, en violation du droit, une nouvelle période qui ne laisse rien à envier aux audiences de 1994.

"Nous avons, à chaque fois que nous avons eu l'occasion, dénoncé les cours de sûreté de l'Etat (DGM) devant laquelle nous sommes rejugés aujourd'hui. Ainsi, nous avons indiqué que de part leur origine, leur objectif, leur raison et les lois régissant d'une part et le fait qu'elles soient les produits d'une tradition politique allant jusqu'aux tribunaux de l'état de siège et de l'indépendance [ndlr : qui dans les années 1920 envoyèrent à la potence plusieurs dizaines de patriotes kurdes], elles ne sont pas et ne pouvaient être une juridiction impartiale et indépendante. Mais qu'elles étaient un instrument au service des gouvernants et étaient de temps en temps utilisées dans le cadre de la politique intérieur et aussi extérieure du pays.

"Dans l'information publiée par le quotidien Hurriyet, nous pouvons donc une nouvelle fois comprendre que les DGM ne sont pas des institutions juridiques mais des instruments politiques. Ce sont les premières forteresses protégeant le statu quo. Et malgré nos efforts pour amener le procès du DEP sur le terrain juridique, cela reste une affaire politique et nullement juridique. Le point le plus grave dans cette relation entre le pouvoir juridique, les DGM et la politique mise en lumière dans le procès du DEP mais aussi dans l'article en question, c'est le fait que le ministre de la justice, Cemil Çiçek, reconnaisse dans une émission de télévision qu'il a le droit de parole et de décision sur le pouvoir judiciaire et qu'au besoin qu'il pouvait y intervenir. Nous rappelons à M. Çiçek quāil nous semble qu'il a oublié qu'il était un homme de loi avant tout (...)

"Nous appelons le gouvernement à renoncer à une attitude qui ne peut se concilier avec l'éthique politique, à faire des pas pour la démocratisation et la paix intérieure, qui reste la véritable actualité de la Turquie. Nous soulignons que l'impasse et le blocage ne peuvent être surmontés qu'avec une proposition de paix juste, continue, honorable avec les Kurdes et que la paix intérieure est une garantie pour l'unité territoriale de la Turquie mais aussi la fraternité de nos populations(...)" (CILDEKT, 3 novembre 2003)
 

Tortures par les forces spéciales de la gendarmérie in Hakkari

La section de Hakkari de lāAssociation turque des droits de lāhomme (IHD) a été saisie le 20 octobre par des habitants du district de Çukurca, province de Hakkari, accusant de pratique de torture des membres des forces spéciales du commandement de la gendarmerie. Selon les témoignages recueillis par l'IHD, les forces spéciales ont lancé le 18 octobre vers 4 heures du matin une perquisition chez un protecteur de village dénommé Halil Çetin.

Empêchés de se vêtir, H. Çetin et son père ont ensuite été traînés dans un tas d'excréments. L'Association a également noté que Fatma Çetin, âgée de 60 ans, s'est évanouie après un coup de crosse reçu sur l'épaule et transportée au dispensaire, a refusé par peur de prendre un rapport médical. Une autre victime, Sabri Ozer, a quant à lui été transporté au service orthopédique de l'hôpital d'Etat de Hakkari qui lui a délivré un arrêt de travail de cinq jours. Après enquête, les responsables de l'IHD ont remis leur rapport au procureur de la République, qui n'est autre que celui qui a autorisé la perquisition des forces spéciales.

La Turquie, qui a été condamnée par la Cour européenne des droits de l'homme dans une affaire précédente lorsque des villageois ont été obligés d'avaler des excréments dans le village de Yesilyurt (Cizre) en 1989, ne semble pas être dissuadée. Tout se passe comme si les forces turques poursuivaient leur propre logique de répression et d'humiliation, au mépris du droit, laissant aux autorités civiles la besogne de justifier leur action et de verser éventuellement des dédommagements dérisoires à quelques victimes téméraires osant saisir la Cour européenne des droits de l'homme. Il y a quelques mois des enfants du village de Hani placés en garde à vue ont également accusé des forces de sécurité d'avoir couvert leur visages d'excréments.

Plus de 70 000 personnes ont été enrôlées comme protecteurs de village en Turquie. Nombreux sont ceux qui le sont devenus à force des menaces proférées par les forces de sécurité turques. (CILDEKT, 3 novembre 2003)
 

Le drame d'une jeune femme kurde torturée en garde-à-vue avec son fils

Me Eren Keskin, vice-présidente de l'Association des droits de l'homme de Turquie (IHD) et fondatrice du "Projet d'aide juridique contre les sévices sexuels et tortures en garde-à-vue", a dénoncé la situation de Mme Fatma Toprak, une jeune femme kurde accusée sur la base de l'article 125 du code pénal de "lien avec le PKK", placée en détention depuis décembre 1996 et qui doit faire face à la position du juge turc qui ne veut pas l'appeler aux audiences sous prétexte qu'elle "parle en kurde".

Dans un courrier adressé le 6 octobre à E. Keskin, Fatma Toprak indique que le juge lui a déclaré: "A partir de maintenant je ne te convoquerai plus à la cour... Tu protestes contre nous depuis sept ans en ne parlant pas le turc, on va à notre tour protester contre toi en ne t'appelant plus au procès".

Me Keskin a précisé que Fatma Toprak est accompagnée d'interprète depuis le début de son procès et qu'il est étonnant de voir une telle position aujourd'hui, alors même que la Turquie prétend avoir aboli les obstacles opposés à la langue kurde pour son entrée à l'Union européenne.

Selon les rapports établis par l'Union des médecins turcs, l'Ordre des médecins d'Istanbul et la Fondation des droits de l'homme de Turquie, Fatma Toprak a été arrêtée en 1996 pour "activités politiques et appartenance au PKK de son époux" et a été placée en garde-à-vue avec son fils âgée alors de 2,5 ans par la section anti-terreur de la Direction de sûreté d'Istanbul. Elle y a été sévèrement torturée; suspendue après avoir été déshabillée par la police qui lui a infligé des sévices sexuels comme l'intrusion de matraque à l'anus et au vagin.

La police a également émis, devant ses yeux, des charges électriques sur les doigts de son fils qui a été brûlé par des cigarettes sur son dos et ses mains et a été forcé à avoir des contacts sexuels avec sa mère. Selon le témoignage de Mme Toprak, après 14 jours de détention, la police a emmené l'enfant en disant à la mère qu'il allait être exécuter.

Fatma Toprak a ensuite été transférée à la prison de Gebze et malgré toutes les démarches entreprises auprès du parquet par Me Eren Keskin, aucune information n'a pu être obtenu au sujet du petit Azat [ndlr : libre en kurde] pendant 2,5 ans. Azat, qui a été finalement retrouvé à la DASS de Bahçelievler, a ensuite été remis à sa mère emprisonnée. Me Keskin a saisi le procureur de la République de Fatih qui n'a pas voulu donner de suite à l'affaire, puis a fait appel auprès de la Cour d'Assises de Beyoglu qui s'est conformée à la décision du parquet. La Cour européenne des droits de l'homme a été saisie pour violation de l'article 3 de la Convention européenne relatif à la torture.

Par ailleurs, depuis plus de 6 mois, le centre pénitentiaire refuse la visite d'Azat à sa mère en avançant qu'il manque des documents d'identité établissant la filiation et cela malgré toutes les démarches entreprises auprès des services d'état civil par la famille de Fatma Toprak. (CILDEKT, 3 novembre 2003)
 

Prisoners beaten by soldiers before their trial in Van

The prisoners Yüksel Yazici and Ramazan Özlü from Mus E-type Prison were reportedly beaten by the soldiers on 27 October when they were being taken to Van SSC.

Relatives of the prisoners stressed that a non-commissioned officer asked the prisoners why they did not benefit from the repentance law. After the prisoners replied that they would not ever benefit, Ramazan Özlü was beaten in the custodial prison, Yüksel Yazici in the toilets in the Court House. Hatip Yazici, brother of Yüksel Yazici, announced that he visited his brother on 30 October and there were bruises on his face and wounds on his back. He added that his brother said that there were bruises on the body of Ramazan Özlü, too.

Hanifi Kaçar, Nevzat Alban and Kadri Çelebi, who were arrested on 27 October on allegations of having participated an armed attack on a military vehicle on 15 October, were reportedly beaten by gendarmerie soldiers in Adana Kürkçüler E-type Prison.

The lawyer Vedat Özkan announced the followings in connection with the condition of the prisoners: "The eyes and foot wrist of Hanifi Kaçar were swollen. His neck was injured and there were bruises on his body. There were bruises and traces of beating on the face and body of Çelebi. There were wounds on the face and neck of Alban. They were also forced to drudgery, kept standing, beaten by the guards, forcibly shaved. Their needs were not covered; they were also not allowed to receive visits during the period of both detention and arrest." (Özgür Gündem-TIHV, Novembre 2-3, 2003)
 

Detained children ill-treated at police station in Istanbul

16 of 35 children, who participated the demonstration staged to protest the U.S attack on Iraq in Yenibosna quarter of Istanbul on 30 October, were detained. 11 children who were under the age of 11 years were surrendered to their families.

The children J.B. (11), H.Y. (11), S.K. (13), M.Z.K. (13) and M.D. (14) were sent to the public prosecutor at Children Court on 31 October by Kocasinan Police Station. These children were surrendered to their families after they testified to the public prosecutor.

The children H.B. (7), H.D. (7), V.Ç. (8), R.G. (10) and R.B. (10) stated to the journalists in the office of DEHAP in Bahçelievler that they cried, got cold and were frightened in the police station.

On the other hand, seven persons, who joined the meeting organized by the youth wings of DEHAP in Adana on 2 November, were reportedly beaten by police.

Kasim Gergin (16) stated the followings: "Police officers started to insult me without a reason while I was going to home. They started to beat me with truncheons as I subjected their insults. They kicked my head, face and back when I felt down". Gergin added that he took a medical report from Adana State Hospital. (Milliyet-Özgür Gündem-TIHV, Novembre 1-3, 2003)
 

New Kurdish language centre in Van receives great interest

The newly opened Van Private Kurdish Language Learning Centre in north Kurdistan has received a warm welcome and massive interest by the people of the city, according to the DIHA news agency.

Speaking to a journalist from the Dicle News Agency, the director of the center Hasan Guven said that in one day they had recieved thousand applications from people wanting to learn Kurdish. Guven also said that they were not allowed to put the sign of the center outside in Kurdish so they did it in Turkish instead.

Guven told the DIHA reporter that they had started to accept applications to the courses on Wednesday and that they had received many representatives from different institutions, adding, "There has been a lot of interest. All the representatives of NGOs in Van, people we had not seen or knew came and visited us. There has been a wave of happiness. People have been yearning for their language. There were thousand applications yesterday. We are not satisfied with thousand though. Our aim is at least five thousand people. There are six classes in our course, but we are also considering opening up centres in other locations in the city."

Regarding a question on why the sign of the centre was in Turkish, Guven replied, "Because we are connected to the National Education Ministry, it is prohibited for us to hang a sign in Kurdish outside, but we can put up a sign in Kurdish indoors."

The DIHA report also quoted Nezir Ocek, an applicant to the Kurdish language course, saying, "I pre-applied to the course to learn Kurdish on an academic level. After getting the diploma, my aim is to open up courses not only in Van but in other towns and villages to educate our people on this matter. We want to make the world accept our language which has been denied for years. (KurdishMedia.com, Novembre 2, 2003)

Recent pressures on the Kurdish people

Armed Attack and Clash in Siirt

The police officers Isa Çetin and Mehmet Ali Gündogan were wounded during an armed attack against a police spot on the road between Aydinlar and Eruh districts of Siirt. During house raids after the attack, DEHAP executive for Siirt Agit Kaçar, Free Party executive for Central district Tahir Oguz, Municipality Assembly member Musa Sen, Abdulselam Inan, Masallah Uçar and Veysel Adigüzel were detained. On 23 November, 3 KHK militants were killed during an armed clash that broke out in Gölköy district of Ordu. After 3 workers out of 21, who had been kidnapped by the militants, escaped and informed the soldiers on the incident. The militants were reportedly killed by those soldiers. The names of the killed militants are Baris Senol, Hasan Ertugrul and Ömer Çiftçi. The name of one of two KHK (KADEK) militants, who were killed during a clash in Dörtyol district of Hatay on 20 November, was announced as Mehmet Kaçar. Governor of Hatay Abdülkadir Sari announced that Necmettin Ayhan, Ayhan Bozkaya, Ömer Demir and Yahya Ayhan were detained. On 30 November, the police officer Ozan Demirkollu was killed during an armed attack to a police station in Dargeçit district of Mardin. (Milliyet-Özgür Gündem-TIHV, December 1, 2003)

Armed Clash and Extra-judicial Execution Allegation

The names of the militants, who were killed on 20 November during an armed clash in Karacehennem region between Karliova and Adakli districts of Bingöl, were identified: Hamza Sen, Hasan Ali, Berzan Hamza, Ahmet Seylan, Ayhan Altin, Nurettin Dogru, Akif Uruk, Erol Bul, Yasar Aykal, Hüseyin Sefavi, Mustafa Gök, Erkan Barçatulmusan, Menan Hüso, Ali Sabuncu and Halil Avökmen. M. Çelim Bilek, headman of Aynik village, Niyazi Demir and Mehmet Bozkurt, who were detained after the clash, were arrested on 26 November. According to a press release by People's Congress of Kurdistan (KHK), as a reprisal of this clash two attacks were conducted on 20 and 25 November. On 20 November, a military vehicle was destroyed near Hozat distirct of Tunceli. On 25 November, two soldiers were killed during the attack against a military unit in Ovacik district. According to the news published on the internet site of Özgür Politika, even Gendarmerie HQ announced after the clash on 22 November that 12 militants were killed, they released an other press statement and gave the number of the killed militants as 14. According to the news two militants, who were captured alive, were killed in Karliova Gendarmerie HQ. The paper announced on 27 November that the killed militants were buried in the land of Yasar Karabulak. Meanwhile the names of the wounded village guards were given as Kazõm Köylü and Fethullah Köylü. (Milliyet-Özgür Gündem-TIHV, December 1, 2003)

Armed Clashes and Attacks in South East

According to an official announcement 14 KADEK militants were killed on 20 November during an armed clash that broke our in Karacehennem region between Karliova and Adakli districts of Bingöl. The governor of Bingöl Hüseyin Avni Cos announced that two non-commissioned officers and two village guards were wounded. The daily Özgür Gündem announced relying on local sources that two of the killed militants were taken to Karliova district from Kaleci Gendarmerie Station by dragging behind the military vehicles. The paper also alleged that the corpses of four killed soldiers were taken to the district centre. Meanwhile two KADEK militants were reportedly killed in Dörtyol district of Hatay. Two persons, who were allegedly aiding KADEK militants, were reportedly also detained in the same region. (Milliyet-Özgür Gündem-TIHV, November 21, 2003)

DEHAP Members Detained, Arrested

Chairman of the Youth Wings of DEHAP in Agri Murat Sabuncu, who was detained on 16 November, was arrested by Agri Penal Court of First Instance. Lawyer Mahmut Kaçan told the followings concerning the arrest of Sabuncu: "Judge Cemile Sudaysider said: 'You made frequently press statements, which set examples of crime' and she arrested my client. When I asked the matter according to which she arrested my client, she replied: 'This is relevant to all crimes. He makes press statements concerning to Öcalan, he sets an bad example for the other people. Therefore, he commits crime'". Chairman of DEHAP in Van Hasan Özgünes, who went to public prosecutor's office in Van on 18 November, was detained in the court house. Takyettin Özkahramanlar, chairman of DEHAP in Malazgirt district of Mus, was detained on the same day by the police in the offices of DEHAP. (Özgür Gündem-TIHV, November 19, 2003)

DEHAP Members on trial in Van

Public prosecutor in Van launched a court case against 30 persons, including the members of DEHAP Party Council, Nezahat Ergünes, chairman of DEHAP in Van Hasan Özgünes, chairman of Free Society Party Ibrahim Ete, chairman of Göç-Der Van branch Ümit Keser, secretary for Göç-Der in Van branch Giyasettin Gültepe, executive member of Van Cultural Center Tuncer Saginç, the director of Kurdish Language Learning Course Hasan Güven, chairman of TUHAY-DER in Van branch Mesut Atabay, in connection with the press conference made on 23 September in Van. Van Penal Court of First Instance started to hear the case on 17 November. Lawyer Murat Timur stated during the hearing that Nezahat Ergunes had been in Kars, Sabriye Kanat had been in Batman and Adem Basdinc had been in Ankara when the press conference was made. The hearing was adjourned to 15 January 2004. Chairman of DEHAP in Bostaniçi town of Van Emir Sahin and executive for DEHAP in Bostainiçi Nasir Sonkur were detained during the house raids conducted on 16 November. Inan Bingöl, who is the son of the member Municipality Council of Bulanik district, was detained during the house raid conducted on 16 November. Bingöl was released on 17 November without testifying to the public prosecutor. (Özgür Gündem-TIHV, Novembre 18, 2003)

Demonstrators Beaten in Diyarbakir

Police beat some of the demonstrators, who shouted slogans in favor of Abdullah Öcalan during the demonstration staged on 17 November in Diyarbakir. Police intervened the group who started to march through the city center and detained many persons. Some persons were wounded during the clash occurred when the demonstrators threw stones to the police. (Evrensel-TIHV, Novembre 18, 2003)
 

Detentions and Arrests of DEHAP officials

Former chair for DEHAP in Hozat district of Tunceli Inan Özel and Bülent Duru, who were detained in Hozat with the charges of "aiding illegal organization" were arrested on 13 November. On the other hand, Abbas Saroglu was released. Chairman of DEHAP in Hozat district Vural Yildirim was detained on 13 November. Kureyis B. (26), Seyfettin O. (26), Halil B. (44), Ismail K. (37) and Saban E. (34), who were alleged to be the members of PKK/KADEK, were detained in Izmir. Ergin Güven and Sait Yildirim, the distributors of the newspaper Yeniden Özgür Gündem in Bursa, were detained on 15 November. Güven and Yildirim were arrested on 16 November. Murat Sabuncu, chairman of the Youth Wings of DEHAP in Agri, was detained after the press conference organized on 16 November. Irfan Atas, Hamide Akdag, Rusen Bayar and Dilaver Görür, who were detained with the charges of "being members of KADEK", were arrested on 17 November by Istanbul SSC. Mehmet Ali Incesu, who was detained with them, was released. (Cumhuriyet-Özgür Gündem-TIHV, Novembre 18, 2003)

A Meeting Banned in Tatvan

Governorate of Tatvan (Bitlis) did not allow the meeting which would be organised by DEHAP on 16 November under the title "Democracy and Peace Meeting". According to the letter by the Governorate to DEHAP, since on 11 November slogans in favour of an illegal organisation were shouted during the setting out of the people to join the press conference in Gemlik district of Bursa, the meeting of DEHAP was regarded to become an illegal demonstration and disturb the public order. The decision was based on the Article 80 of Law on Political Parties. (Özgür Gündem-TIHV, Novembre 15, 2003)

Police intervention to demonstrations for Öcalan

The police intervened on 11 October the persons from Van, who wanted to join the press conference in Gemlik district of Bursa on 12 October to protest the conditions of KADEK leader Abdullah Öcalan. According to the news gathered the police dispersed the persons, who wanted to see the attendants of the press conference off from Van, by using force. Because of the intervention a quarrel broke out between the police and the civilians with sticks and stones. Some persons were wounded during the incident and the police detained some 25 persons. The police also intervened the persons who gathered for the same reason in Tatvan district of Bitlis. Few persons were reportedly wounded during the incident. The busses of the persons from Diyarbakir, who wanted to go to press conference in Gemlik, were also stopped when they were leaving Diyarbakir. Some of the persons were reportedly detained. (Özgür Gündem-Yeni Safak-TIHV, November 12, 2003)

10 KADEK militants detained in Istanbul

10 alleged members of KADEK were detained in Istanbul. Four of them were namely Semsettin Kurt, M. Ali Esen, Resul Kurhan and Medeni Yigit. Six of the detainees were reportedly arrested on 10 November. (Cumhuriyet-TIHV, November 11, 2003)
 

Demonstrators on Trial in Bingöl

On 7 November, Bingöl Penal Court of First Instance started to hear the case that was launched against 125 people who were detained in June while they were trying to "found a peace table" with the aim of "achieving social peace". The hearing was adjourned to a later date for completion of the deficient documents and recording the testimonies. The indictment wants the defendants, including the vice-chair for HRA Eren Keskin and chairman of HRA branch in Bingöl Ridvan Kizgin, to be sentenced on charges of "staging an unauthorized demonstration". (Yeni Safak-TIHV, November 8, 2003)

Demonstrations for Öcalan, Beaten Women

The police intervened a demonstration, which was organized on 7 November in Bakirköy (Istanbul) to protest the condition of Abdullah Öcalan. 25 women were detained during the demonstration. A demonstration organized by women in Adana was prevented by the police by using force. On 7 November, DEHAP women's wing in Kiziltepe (Mardin) organized a painting activity. Within the activity the children painted a bridge on the main road between Kiziltepe and Mardin in accordance with the theme "peace". After the activity executive of women's wing Emine Damar and executive of prisoners' relatives association TUHAY-DER Ramazan Pulat were detained. The police intervened a demonstration organized in Diyarbakir on 9 November. Abdurahman Çiçek, Bedriye Çiftçi, Veysi Unat, Mehmet Akin, Mustafa Deniz, Ismail Dindar, Cevdet Karayil and a person with the first name Sehmus were beaten by the police during the incident and wounded. Özgür Teke and Sabri Keklik were detained. On 9 November 19 women, who chained themselves to Besiktas wharf in Kadiköy, were detained. Four persons were detained during a demonstration in Hacibekir quarter of Van. Özlem Güven, chair for DEHAP women's wing in Cizre, Sariya Ölmez and Sidika Asikar, who were beaten on 5 November by the police during a demonstration in Cizre (Sirnak), made an official complaint on 8 November against the police officers. Sidika Asikar said: "The police attacked us during the press conference. They beat especially young and old women, who were not able to protect themselves. Even we dispersed they followed us and continued beating us. One of them caught me from my hair and started to drag me on the ground. Afterwards they hit me on the ground. They also throw stones to us. They took two old women in an armoured police vehicle and threatened us. Even we were wounded they did not allow us to go to hospital for a while. They also cursed and insulted us." (Özgür Gündem-TIHV, November 8-9-10, 2003)

Clash and Attacks in Southeast

The name of the KADEK militant who was killed during the armed clash that broke out near Adakli district of Bingöl on 5 November was given Vedat Mert. He was buried on 8 November in Karliova district of Bingöl. (Özgür Gündem-TIHV, November 9, 2003)

Medical Treatment Neglected in Umraniye Prison

It has been reported that prisoner Sedat Adalmis, who had set himself on fire in Ümraniye E Type Closed Prison in protest of the conditions of KADEK leader Öcalan on 4 September, did not provide with medical treatment. Müslüm Özçelik and Mahmut Yamalak made an announcement in the name of thee other prisoners and stated the followings: "The prisoners saved the life of Sedat Adalmis after he set himself on fire in the room, and he was taken to the infirmary. However, he was not given proper medical treatment there and sent back. The prison administration prevented the treatment our friend. He was banned to receive visitors for a month on the allegation that he aided organization and was a mal-model for the other prisoners. He was also deprived of medicine." (Özgür Gündem-TIHV, November 7, 2003)

Demonstrations for Öcalan in Kocaeli

In Kocaeli, a group of people who staged a demonstration to protest the conditions of the KADEK leader Abdullah Öcalan, threw molotov cocktail to the building of AKP Kocaeli Province Organization. Ismail Önal, Ishak Onal, Zahide Öztan and Elif Bastimur were detained during the house raids conducted after the demonstration held in Yüksekova district of Hakkari on 5 November. (Özgür Gündem-TIHV, November 7, 2003)

Soldiers killed one person in Mus

Gendarmerie soldiers reportedly killed one person and wounded two persons, when they fired to break the fight between the villagers of Yeralan and Karabey villages in Mus. According to the news gathered, on 5 November some 25 villagers from Yeralan wanted to go the forest for firewood, but the villagers of Karabey did not allow them. The fight started between the villagers and gendarmerie soldiers from Yaygin Gendarmerie Station intervened the incident. Since the soldiers fired to the group to break the fight Ramazan Yasli (18) died, Ayhan Yasli and Ferit Simsek were wounded. Soldiers reportedly detained some 25 persons. (Özgür Gündem-TIHV, November 6, 2003)

Clashes in Bingöl and Tokat

During an armed clash, that broke out on 5 November near Adakli district of Bingöl, reportedly two KADEK militants and one soldiers died, two soldiers were wounded. During an armed clash that broke out near Almus district of Tokat, two militants of an illegal organization were killed. (Cumhuriyet-TIHV, November 6, 2003)

Pressures on DEHAP

Alaattin Bilgiç, DEHAP chair for Tarsus, announced that they were threatened by Security Director Fatih Necdet Öztürk. Bilgiç announced that Öztürk called him, vice-chair Selim Gün and executive Abdurrahman Ölmez to the Security Directorate on 3 November. Bilgiç said: "After we got into his office Öztürk started to insult us. He asked about the dinner we organized for Ramadan fast. Afterwards he threatened us not to make a press release on 5 November. He said that they would beat us, cut our heads if we do. He also alleged that we were acting on orders of KADEK militants." On 4 November, some 25 persons including DEHAP chair for Silopi (Sirnak) Haci Özen, DEHAP executive for Silopi Aziz Çoban, Free Party executive for Silopi Abdulmuttalip Sekman were detained. They were allegedly detained for "mass march" when they were going altogether to a house for condolence. DEHAP executives for Agri Murat Sabuncu, Mehmet Emin Yildiz and university student Ömer Orhan were detained in Agri. DEHAP member Hüseyin Ceyhan, who was detained during a DEHAP meeting in Kurtalan district of Siirt, was arrested on 4 November on allegations of "resisting the security forces". Hüseyin Firagah and Hasan Kansu were released. The police intervened the DEHAP members, who visited the graves of PKK/KADEK militants on 4 November in Mersin Cemetery. Because DEHAP chair for Mersin Ali Tanriverdi used the word "guerilla" in his speech, the police wanted to disperse the crowd by using force. Since DEHAP members resisted by throwing stones a quarrel broke out and many persons were wounded and detained. During the row with sticks and stones outside the cemetery police vehicles were damaged. 10 children between the ages 8 and 12, the women Türkan Gündüz and Handan Babayigit were detained during the activity of DEHAP women's wing in Nusaybin (Mardin) under the title of "Paintings of Children for Peace". The demand of the lawyers to see their clients was reportedly rejected in Nusaybin Security Directorate. (Özgür Gündem-TIHV, November 5, 2003)

Attacks to DEHAP, Juvenile Beaten by the Police

Incidents happened during the demonstration organized by DEHAP in Kurtalan district of Siirt on 3 November. The police seized Abdurrahman Sevinç's (executive for DEHAP in Siirt) ID card. He was waving a yellow-green and red colored handkerchief while entering in Kurtalan together with DEHAP convoy. The police then opened fire into the air in order to prevent those who protested. Haydar Tekin, DEHAP chair for Batman, Nedim Ivdil, DEHAP executive for Batman, Nesibe Çelik and an unnamed person were detained after the demonstration. Haydar Tekin was released upon sit-in protest of 300 persons. The same day DEHAP executives for Cizre district of Sirnak, Bahattin Yagarcik, Hüseyin Avsar, Süleyman Tosun, Sadik Fidan, and an unnamed person were detained during house raids. Meanwhile Nadir Yildirim, deputy chair for DEHAP Youth Wings, held a press conference on 3 November in Adana. The conference was related to the demonstration organized in Samsun on 2 November. K.Y. (16), one of the demonstrators told how they were beaten by police officers in civilian clothes after the demonstration:  "We were returning home. Police officers in civilian clothes started to curse us. One of them beat me under Atilla Altikat Bridge. Then anti-riot police officers came and beat us" he said. Three unnamed persons who came to DEHAP offices in Avcilar (Istanbul) on 3 November beat Ekrem Çaglayan. Assailants escaped after tearing down placards and papers on the walls.(Özgür Gündem-TIHV, November 4, 2003)

Four juvenils died at a bomb explosion in Sirnak

Nehir Ölmez (14), Selin Ölmez (10), Songül Ölmez (8) and Vedat Ölmez (7) died, Newroz Ölmez, Zübeyde Ölmez, Ferdi Ölmez, Sehriban Ölmez, Emine Ölmez, Gülsin Ölmez and Çilek Ölmez were wounded in Uludere (Sirnak), when the bomb they had found near Andaç village exploded. (Milliyet-TIHV, Novembre 3, 2003)

Detentions at the demonstration for Öcalan in Antep

Osman Turan, M. Sirin Yildirim and Aziz Akan, who allegedly participated the demonstration in favor of the KADEK leader Abdullah Öcalan in Sahinbey district of Antep, were arrested on 31 October. On the other hand, L.Ö. (16), Z.G. (16) and Saime Yasodun were released. Sehmus Güzel and Behiye Güzel were detained during the house raid conducted on the night of 30 October in Iskenderun. (Özgür Gündem-TIHV, Novembre 1, 2003)

(For earlier cases go to Info-Türk, N° 302)
 

Minorités / Minorities

Le séminaire grec orthodoxe de Halki attend sa réouverture

Dans les chambres vides du séminaire grec orthodoxe de l'île de Heybeli (Halki en grec), les serviettes de bain propres attendent au bout de lits soigneusement bordés des pensionnaires absents depuis que le gouvernement turc a fermé l'établissement il y a 32 ans.

"Tout est prêt à redémarrer", affirme le patriarche oecuménique Bartholomée 1er, qui, à la suite d'entretiens avec le ministre de l'Education, espère voir la réouverture du seul séminaire chrétien de Turquie "dans les 12 prochains mois".

Depuis 1971, seuls résonnent dans les longs couloirs aux hauts plafonds les pas des trois moines qui, eux, continuent à faire vivre le petit monastère de la Sainte Trinité, vieux de onze siècles et demi.

Le prestigieux bâtiment, noyé dans une forêt de pins, cèdres et cyprès au sommet de cette petite île au large d'Istanbul, porte la plaque du ministère turc de l'Education, mais refuse d'être intégré à une université turque.

"Nous reconnaissons la supervision de l'Etat turc", mais il serait "contraire à la vocation du monastère que d'accueillir des femmes et des non orthodoxes", explique le patriarche, qui a passé 11 ans de sa vie à Halki.

L'existence du séminaire est un droit constitutionnel garanti par le traité de Lausanne (1923) qui protège les minorités non-musulmanes, explique le patriarche qui compte sur la pression de l'Union européenne pour obtenir gain de cause.

Il évoque "avec émotion" le souvenir de ses journées de séminariste, à la discipline stricte, avec une sortie mensuelle, dans cet endroit "entre terre et paradis".

Débutées en prières, elles se poursuivaient avec une matinée de cours, un repas pris autour d'une table de 150 places en écoutant la lecture de prières, puis des cours suivis des prières vespérales, et enfin le tour obligatoire de l'île à pied, avant d'observer un silence absolu jusqu'au coucher.

Aujourd'hui, comme les dortoirs, le réfectoire, les salles de cours avec chacune neuf grands pupitres en bois, demeurent vides et silencieuses.

Seule la prestigieuse bibliothèque, avec plus de 60.000 ouvrages dans plusieurs langues, continue d'attirer quelques chercheurs: trois étrangers et trois Turcs y sont venus préparer des diplômes l'an dernier.

"Plus de 1.000 étudiants sont passés par Halki", selon le père Dorothéos, l'un des moines du lieu. Et "12 d'entre eux sont devenus patriarche" et à ce titre Archevêque de Constantinople.

La disparition de cadres du clergé, dans une communauté grecque orthodoxe qui ne compte plus que quelque milliers d'âmes, commence toutefois à poser problème pour "faire vivre les diocèses" et "renouveler les membres du Saint synode", dont certains ont plus de 80 ans.

"D'une certaine manière, le séminaire du Patriarcat orthodoxe a été victime de la situation à Chypre" au début des années 1970, estime Bartholomée 1er.

Il pourrait aujourd'hui bénéficier du réchauffement gréco-turc, et du règlement de la question chypriote, dans la perspective de l'adhésion de Chypre et de la Turquie à l'Union européenne.

Outre le feu vert d'Ankara pour reprendre son activité pédagogique, le séminaire espère également obtenir des fonds de l'UE pour percevoir une subvention qui permettrait d'informatiser sa bibliothèque.

Et dans la chapelle richement décorée de la Sainte Trinité, une icône argentée d'une Vierge à l'enfant attend aussi l'autorisation d'Ankara pour être montrée au Metropolitan museum de New-York, en mars prochain. (AFP, 13 novembre 2003)
 

Education Minister: Heybeliada Seminary Should No More Be Closed

National Education Minister Huseyin Celik said on Monday that they believed that Heybeliada Seminary should no more be kept closed.

Celik, who is paying a visit to Athens to attend the 21st Conference of Council of Europe (COE) Education Ministers, met with Greek Minister of National Education and Religions Petros Efthymiou.

Following the meeting, Celik told reporters that they believed that Heybeliada Seminary should no more be kept closed but, Greece should show its good will regarding problems of Western Thrace Turkish Minority.

Celik said that they took up education problems and problems of minorities in their meeting.

Opening of Heybeliada Seminary came onto agenda in their meeting regarding the education of minorities, Celik noted.

Celik said, "we believe that Heybeliada Seminary, which has been closed for 32 years, should no more be kept closed. But, steps to be taken in this field should be based on the principle of reciprocity under the Lausanne Treaty which made arrangements regarding Western Thrace Turkish and Istanbul Greek minorities. It can't be the Turkish side which continuously takes steps. There should be reciprocal positive approaches."

National Education Minister Celik said that Efthymiou approached opening of seminary as an issue that should be taken up within the scope of European Union (EU) acquis.

The meeting he was attending in Athens had the theme "cultural diversity and management of diversities," Celik said.

Celik stated that he told Efthymiou that everybody should take positive steps in his/her own country. (Anadolu Agency, November 10, 2003)
 

Affaires religieuses/Religious Affairs

La plus haute juridiction turque critique le gouvernement pour voile islamique

La plus haute juridiction turque a critiqué mardi le gouvernement pour interférence dans les affaires judiciaires à propos de l'expulsion d'une femme voilée d'une salle d'audience.

Un juge de la Cour d'Appel avait ordonné la semaine dernière à une femme de sortir de la salle d'audience quand elle avait refusé de retirer son voile islamique durant une audience sur une affaire de corruption.

Le gouvernement, issu d'un parti aux origines islamistes, a qualifié l'incident de violation des droits de la défense et de discrimination contre les femmes voilées.

La Cour d'appel a répliqué en disant que ces commentaires équivalaient à une "interférence dans les affaires judiciaires, ce qui ne peut jamais être accepté".

"Chacun peut, un jour, avoir besoin d'une justice indépendante. Il faut l'accepter avant d'en avoir besoin", ont indiqué un groupe de juges de la Cour dans un communiqué.

Les femmes voilées ont normalement le droit de participer à des audiences en Turquie.

La Cour d'Appel a défendu le bien-fondé de sa décision controversée en disant qu'il appartenait au juge de décider quels vêtements constituent ou non un outrage à magistrat.

L'armée turque, qui se proclame gardienne de la laïcité, et la hiérarchie pro-laïque considèrent le port du foulard - strictement interdit dans la fonction publique et les universités - comme un signe ostensible de soutien à l'islam politique.

Depuis la nette victoire électorale du parti de la Justice et du Développement (AKP) aux législatives de l'an dernier, la bataille entre la hiérarchie pro-laïque et l'AKP a surtout fait rage sur le sujet sensible du voile islamique.

La quasi-totalité des députés de l'AKP, à l'exception des ministres, ont boycotté fin octobre une réception organisée par la présidence pour la fête nationale, en raison d'une vive controverse sur le fait que les épouses, pour la plupart voilées, n'aient pas été invitées. (AFP, 11 novembre 2003)
 

AKP officials raise voice on turban issue

"It is against logic," said Abdullah Gul, the foreign minister of Turkey, referring to a recent event that fueled tension on the headscarf issue when a female suspect wearing a turban was dismissed from a court room.

"How such a thing happens in this atmosphere while we are progressing with freedoms. I do not know if these are being done on purpose. I have suspicions. Will this ban spread to include hospitals and buses," said Gul in an interview with daily Posta newspaper.

Ruling Justice and Development (AK) Party having Islamist roots is having difficult times as it fails to take steps in an effort to lift the headscarf ban in line with the demand of its grassroots.

Before now, AK Party officials were careful in making strong comments on the issue but following in the footsteps of Gul, Prime Minister Recep Tayyip Erdogan told reporters that the latest event is not legal.

According to the dress code in Turkey, the turban is not allowed in universities or state offices, causing serious conflict in society since the 1980s.

But the event that sparked when a Judge ordered a female suspect wearing a turban out of the court room was the first of its kind.

Although AK Party has 368 deputies in the 550-seat Parliament allowing it to make amendments in the Turkish Constitution, it cannot beat the resistance against the lifting of the turban ban.

This conflict surfaced more clearly in universities. Due to the resolution of the Higher Education Board, or YOK, universities still do not allow female students wearing headscarves in the universities.

From being a personal problem to a state crisis

Some wear it as a part of their religious belief and some as the continuation of a cultural habit. But some female citizens of the country are wearing headscarves.

According to the present dress code in Turkey, women wearing headscarves are not allowed in state offices and universities. There were a number of female university students who were not allowed into universities and this problem has been the cause of several protests nationwide.

The headscarf issue has been viewed as the symbol of religious freedom, but it is also viewed as the emblem of political Islam. The increase in the number of head-scarved women is a signal of the rise of fundamentalism.

Since Merve Kavakci, the headscarf problem cannot be viewed as a personal problem.

The battle of the headscarf issue reached a peak and ascended to state level when after the 1999 elections the (now-defunct) Virtue Party (FP) deputy Kavakci appeared in Parliament wearing her headscarf during the oath-taking ceremony. Kavakci was accused of challenging the state by Prime Minister Bulent Ecevit.

Because of the protests she was unable to take the oath, which is a sine qua non of becoming a deputy. She was successful in drawing attention to the issue once more.

In 1999 alone there were some 30,000 female students who were not allowed into their schools because they were wearing headscarves.

"When a woman wants to cover her hair, you block her right to receive an education and her right to work. Moreover, it is gender discrimination. Male believers don't have such problems. So, many violations are combined in this issue," Association of Human Rights and Solidarity for Oppressed Peoples (MAZLUM-DER) Chairman Yilmaz Ensaroglu commented.  (Turkish Daily News, November 10, 2003)
 

Defendant taken out of the courtroom for wearing headscarf

The 4th Penal Board of the Court of Cassation continued to review the case that was launched against 63 people, including Ankara Metropolitan Mayor Melih Gökçek with the charges of "corruption". One of the defendants, Hatice Hasdemir was taken out of the courtroom for wearing headscarf.

The presiding judge Fadil Inan stated that people can only enter to the courtroom after taking their headscarves off, and wanted Hasdemir to get out of the courtroom. When Hatice Hasdemir objected him as she was there as a defendant, Inan said:"It doesn't make any difference, please leave the courtroom".

Thereupon Hasdemir got out of the courtroom. Inan stated the followings concerning his decision:

"People come to the courtrooms without wearing headscarves. The courtroom is the primary public space. The men are made to put off their caps at the entrance of the courtroom. It is not possible to enter a mosque without a headscarf, and similarly it is not possible to enter a courtroom with a headscarf. The ID check can only be performed if the person does not wear a headscarf. We permitted her to put off her headscarf and but she didn't put off it. So we took her out. I don't think there is violation of right." (Milliyet-TIHV, November 7, 2003)
 

Socio-économique/Socio-economic

Tourisme vers la Turquie: Des annulations en masse

Les tour-opérateurs (TO) européens font face aux premières annulations après les attentats meurtriers d'Istanbul. Certains évoquaient déjà un "désastre" pour le tourisme en Turquie.

Chez Pacha Tours, numéro deux en France sur cette destination avec 90.000 clients annuels, Didier Huet, directeur commercial, a reconnu "l'annulation de six dossiers portant sur 26 personnes". En effet, quelque 500.000 Français se rendent chaque année en vacances en Turquie.

Par ailleurs, suite à ces attentats sanglants, nombreux sont les pays qui ont déconseillé les déplacements non essentiels en Turquie, notamment la Grande-Bretagne, la Belgique et l'Espagne.

La France n'a pas encore pris de décision, tandis que les Etats-Unis ont prodigué des conseils de "prudence".

Même son de cloche chez le tour-opérateur italien Turban Italia, spécialisé dans les séjours en Turquie (20.000 clients annuels). Selon ce professionnel, les attentats de jeudi dernier sont un "désastre" pour le tourisme et les annulations de séjour dans ce pays se multiplient.

En Suisse, l'agence Taurus de Zurich, spécialisée dans les vacances en bord de mer en Turquie, a aussi noté "de nombreuses annulations". Elle annule ou modifie sans frais les réservations pour Istanbul, mais pas pour la ville balnéaire d'Antalya, distante de 1.200 km.

Quant à l'agence Sultan, numéro un en Suisse du tourisme vers la Turquie (20.000 touristes par an), elle a enregistré jeudi dernier un arrêt des nouvelles réservations, mais pas encore d'annulations.

Pour leur part, les grands opérateurs touristiques allemands relativisaient les conséquences sur leur activité, alors que 2,48 millions d'Allemands se sont rendus en Turquie en 2003. Le leader mondial TUI déclarait "ne pas craindre de conséquences durables", ajoutant que moins de 1% de ses voyageurs passent par Istanbul. (Economiste, 25 novembre 2003)
 

Dix mineurs auraient été tués dans un coup de grisou dans le sud de Turquie

Dix mineurs auraient été tués dans la nuit de samedi à dimanche dans une explosion provoquée par un coup de grisou dans une exploitation de charbon à Ermenek (sud), rapporte l'agence Anatolie.

Les corps de trois d'entre eux ont été récupérés, mais sept autres étaient portés disparus dans une des galeries de la mine et les travaux de sauvetage ont été arrêtés, ces hommes ne donnant pas signe de vie, selon les autorités locales, citées par l'agence.

Les accidents de ce type ne sont pas rares en Turquie dans les exploitations gérées par le secteur privé, où les normes de sécurité ne sont pas toujours respectées.(AFP, 23 novembre 2003)
 

15-year-old K.D. killed by her brother in the name of family honour

She could not be salvaged. She was buried today after a ceremony organized by the Women's Platform. She was only 15. Her brother A.D., who had "punished" her five days ago with a chopper knife, was only 16.

K.D. died on Monday. She was only 15. She had become pregnant out of a deadlock and her family decided she had to die. She survived an attack with chopping knives five days ago and was hospitalized. She was in critical condition, and she died.

Her 16-year-old brother A.D. had attacked her with stones and a chopping knife. On November 13, 2003, she was taken at a university hospital in Dicle. Her brother was detained.

As the Diyarbakir Women's Platform, on Monday November 16, we visited K.D. at the hospital.

The scene was the same. She was lying down where Semse Allak had been lying down some time ago. Just like Semse, she was clinging to life with various equipments. She was breathing through those equipments. The scene was the same. Her head had been shaven too. The only difference was their faces.

And the fact that one was from Diyarbakir, and the other was from Mardin. According to the nurses, another difference was the fact that people from her family had attended to and taken care of K.D.

We all thought Semse was the last victim, we hoped she would be. But, it seems that those dark mentalities are slapping the reality on our faces; the reality that she would not be the last. (BIA, November 18, 2003)
 

Sezer Applies To Constitutional Court For Cancellation Of Two Articles

President Ahmet Necdet Sezer applied on Tuesday to Constitutional Court requesting the cancellation of its two articles and stopping their enforcement.

The law which amended the Forest Law was published in the Official Gazette the same day and entered into force.

President Sezer who sent on Monday the law, which was reconsidered and adopted as it was by the parliament, to the Prime Ministry for promulgation, announced that he would apply to the Court for cancellation of its two articles.

President Sezer asked the Court to cancel and stop the enforcement of Article 1 on not considering chestnut trees and other kind of trees as forest lands and Article 13 which brought a special regime to benefit from those areas. (Anadolu Agency, November 18, 2003)
 

Possible nouvelle tentative de privatisation de Tekel d'ici fin 2003

Le gouvernement turc espère organiser d'ici la fin de l'année de nouvelles enchères pour la privatisation de la branche tabac du conglomérat public Tekel à la suite de l'annulation d'un premier appel d'offre, faute d'une offre satisfaisante, a affirmé vendredi le ministres des Finances.

"Mon souhait est d'organiser de nouvelles enchères pour Tekel dans le courant de 2003", a déclaré Kemal Unakitan aux journalistes.

Il a cependant souligné que des retards pourraient intervenir dans ce calendrier en raison de certaines "difficultés" bureaucratiques.

Les autorités turques, insatisfaites de l'offre la plus élevée --1,15 milliards de dollars-- faite par Japan Tobacco, numéro trois mondial du secteur, ont annulé mardi un premier appel d'offre.

La vente de Tekel s'inscrit dans le cadre du programme de privatisation du gouvernement qui cherche à lever plusieurs millards de dollars pour permettre au pays de répondre à ses engagements contractés auprès du Fonds monétaire international en échange de quelque 16 milliards de dollars de prêts depuis 2001.

Tekel est le cinquième producteur mondial de cigarettes et contrôle 50% du marché local. (AFP, 14 novembre 2003)
 

Trois accidents en 72 heures dans les détroits turcs

Avec trois accidents en 72 heures, les détroits turcs ont à nouveau connu, à la faveur d'une météorologie défavorable, une sérieuse alerte qui s'est terminée sans perte humaine mais avec une pollution à l'hydrocarbure au nord d'Istanbul.

Un cargo chypriote transportant du sucre s'était tout d'abord échoué dans le détroit des Dardanelles dimanche, mais avait pu être remorqué pour reprendre sa mer, a rappelé vendredi le Directeur de la surveillance côtière et du sauvetage maritime (KEGKI), Baris Tozar, lors d'une conférence de presse à Istanbul.

Lundi soir, c'est un cargo géorgien de 171 mètres et de plus de 16.000 tonnes, en panne de moteur, qui a été poussé sur la côte rocheuse à l'embouchure nord du Bosphore sur la mer Noire, avant de se briser en deux mardi.

Ses 24 membres d'équipage ont d'abord été débarqués à terre grâce à un système de téléphérique, puis le capitaine, qui était resté à bord jusqu'au dernier moment, a été hélitreuillé par l'armée.

Mardi également, c'est un cargo battant pavillon cambodgien avec 14 marins à bord qui s'est échoué sur la côte de la mer Noire près de l'embouchure du Bosphore, et qui a été dégagé vendredi par le KEGKI, a indiqué M. Tozar.

Le responsable s'est félicité de ces sauvetages sans perte humaine, déplorant toutefois une pollution de la côte de la Mer Noire par quelque 480 tonnes d'hydrocarbures.

Et il a rappelé qu'il y a un "danger permanent dans les détroits turcs" et que le risque "va en s'accroissant" faute d'autre route maritime commerciale dans la région.

Un coûteux système de surveillance des détroits VTS (Vessel Trafic System), mis progressivement en place depuis l'été dernier, "ne peut empêcher ce genre d'accident", a estimé le directeur adjoint du KEGKI, Hasan Naiboglu.

Le Bosphore, quatrième détroit le plus fréquenté au monde, traverse une métropole de 13 millions d'habitants.

Plus de 45.000 navires transitent chaque année par le détroit et plusieurs centaines de bateaux transbordent chaque jour deux millions de personnes entre sa rive européenne et sa rive asiatique.

Ce sont les pétroliers qui posent un des risques les plus importants dans le Bosphore. Leur nombre est passé de 2.871 en 1995 à 6.516 en 2001 et va s'accroissant.

Deux graves accidents impliquant les pétroliers Independentza et Nassia avaient respectivement fait 41 et 28 morts, en 1979 et 1994. (AFP, 14 novembre 2003)
 

Scandale bancaire: un procureur demande des milliers d'années de prison

Un procureur a demandé des milliers d'années de prison pour 17 personnes, dont deux membres de la richissime famille Uzan, dans le cadre d'un des plus grands scandales bancaires que la Turquie ait connu.

Dans un rapport, le procureur a demandé au total entre 38.681 ans et 96.676 ans de prison pour ces 17 personnes, dont le chef de la famille, Kemal Uzan, et son frère Yavuz, pour fraude, détournement de fonds et association de malfaiteurs.

Le magistrat agissait dans le cadre de l'enquête sur les graves irrégularités découvertes à la banque Imar, qui appartenait à la famille Uzan et a été placée le 3 juillet sous la tutelle de l'Etat turc.

La banque Imar est accusée d'avoir dissimulé l'état réel de ses avoirs en mettant en place un système de double comptabilité et d'avoir vendu à ses clients des bons du Trésor inexistants. Le déficit de la banque a été estimé à 6 milliards de dollars.

Le rapport remis par le procureur sera la base d'un acte d'accusation qui doit être rédigé dans les prochains jours.

Le code pénal turc prévoit que la peine maximale d'emprisonnement est de 36 ans, mais le procureur est parvenu aux peines astronomiques qu'il préconise en portant des accusations séparées pour la vente de chacun des 19.000 bons du Trésor inexistants que la banque a vendus.

Des peines de 15 ans de prison ont été demandées pour sept autres personnes, dont un fils et un frère de Kemal Uzan, Hakan et Bahattin.

Outre la banque Imar, les autorités turques ont saisi deux centrales électriques que contrôlait la famille Uzan, ont limogé et remplacé la direction de leur deuxième banque, et ont annulé une privatisation que les Uzan avaient remportée.

Accusés depuis longtemps de corruption aussi bien en Turquie qu'à l'étranger, les Uzan déclarent que l'offensive du gouvernement contre eux est une campagne à motivation politique liée à l'ascension du parti mené par Cem Uzan, fils aîné de Kemal Uzan.

Le Genc Parti (Parti Jeune) a obtenu un score honorable de 7,7% lors des élections législatives de novembre 2002.

Kemal et Hakan Uzan sont actuellement en fuite.

Le même jour, Hakan Uzan, en tant que propriétaire du quotidien Star, a été condamné à verser 14.650 euros (16.500 dollars) de dédommagement au Premier ministre Recep Tayyip Erdogan pour diffamation.

Le journal avait publié en juin des extraits d'un discours politique du frère de Hakan, Cem Uzan, chef d'un parti de tendance ultra-nationaliste, qui avait accusé M. Erdogan d'être "un lâche" et d'être devenu un "mécréant".

M. Erdogan a également porté plainte contre Cem Uzan. (AFP, 13 novembre 2003)
 

Turkey cancels planned privatisation of Tekel

On Tuesday, the Turkish government's privatisation administration said: "Final bids were evaluated by the Tenders Commission which decided to cancel the tender." No further explanation was given.

Government officials recently signalled that Turkey would prefer to delay the sale of Tekel rather than sell at the prices offered.

The highest bid, made by Japan Tobacco, was $1.1bn - about a third of the price the government expected. Investment bankers expected the company, which has more than 50 per cent of the Turkish market, to fetch between $1.5bn and $3bn. British American Tobacco was the other bidder.

Representatives of Japan Tobacco on Tuesday met Turkish finance minister Kemal Unakitan in Ankara for a final round of negotiations. People close to the talks said the Japanese raised their bid price by about $60m. But Turkish officials rejected their request for concessions on trademarks.

Investment bankers said the low bids were a result of Turkey's political and economic instability and an unfriendly investment environment.

Some analysts argued that the lack of financial information was a critical factor. "There were no hard figures out in the market in terms of the profitability of the business, so people were left to go only on the back of the volumes of cigarettes," said one.

The sale was complicated by conditions such as the obligation for the buyer to sign forward contracts commiting it to buy the tobacco in Tekel's warehouses for a number of years.

Some bankers suggested the privatisation would have been more successful had the company's brands been split up. Philip Morris, the second biggest force in the Turkish market, did not bid for Tekel because it would have been challenged by the Turkish Competition Board.

Industry insiders expect the Turkish government to relaunch the auction. "We expect they will have another go next year, but they will have to work out why there was such a gap between their expectations and what bidders expected to pay," said one. (Financial Times, November 12, 2003)
 

Le gouvernement turc souhaite privatiser 51% de Turk Telekom

Le gouvernement turc a approuvé un projet visant à privatiser au moins 51% de l'opérateur publique Turk Telekom après plusieurs tentatives infructueuses, a annoncé mardi le ministre turc des Communications Binali Yildirim.

"Un appel d'offre public sera prochainement lancé pour recevoir des offres d'ici au 31 mai 2004", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.

Le gouvernement vise à privatiser dans un premier temps "51% ou davantage", de l'opérateur de téléphonie fixe et "en cas de succès de cette privatisation" vendre le restant des actions de Telekom.

Cinq pourcent des actions seront réservées aux employés de la compagnie qui emploie à ce jour plus de 61.000 personnes, a indiqué le ministre.

Le processus de privatisation de Turk Telekom avait commencé en 1995 mais plusieurs tentatives, notamment en 2000, s'étaient soldées par des échecs pour des raisons politiques et juridiques.

L'Etat turc se réservera une un pourcent des actions pour des raisons "stratégiques", a dit le ministre.

Le gouvernement turc proposera en outre un amendement législatif visant à lever la limite de 45% à la part qu'une compagnie étrangère peut détenir dans un consortium répondant à une offre de l'Etat.

M. Yildirim n'a donné aucun chiffre concernant la valeur de la compagnie.

Certains analystes ont par le passé évoqué un chiffre de 10 milliards de dollars, mais on peut s'attendre aujourd'hui à une valeur largement inférieure malgré l'absence de dettes dans le bilan de l'opérateur. (AFP, 11 novembre 2003)
 

World Bank Approves US$4, 5 Billion Credit For Turkey

The World Bank is to provide US$4,5 billion in project credit within the scope of the Country Assistance Strategy (CAS) program.

According to the statement made yesterday by the Treasury Undersecretariat, the World Bank Managing Directors approved the CAS report on November 6th.

The report looked at developments in the Turkish economy and financial needs in relation to financial and technical support that the World Bank provides.

Accordingly, project needs in terms of credit, donation, and technical support for the next 3 years have been determined.

As the reform program proceeds according to plan, Turkey will be provided with US$4,5 billion credit for various programs and projects.

The CAS credit envisages reform in the public and financial sectors. The education and healthcare sectors will be also supported by project credits.

Additionally, special financial needs for small and medium size firms will be met and projects in the energy, transportation, agriculture, and municipal services sectors will be financed. (AA, November 8, 2003)
 

La police turque a saisi 507 kg d'héroïne, sa plus grosse prise historique

La police turque a saisi 507 kg d'héroïne mercredi à Istanbul et dans le nord-est du pays, ce qui représente la plus grosse prise jamais effectuée en Turquie, a annoncé samedi le gouverneur d'Istanbul.

Les policiers surveillaient depuis plusieurs mois un réseau de trafiquants qui produisaient de l'héroïne dans un laboratoire artisanal de la province de Rize (nord-est), a expliqué Muammer Guler, cité par l'agence Anatolie.

Informés que les trafiquants avaient transporté une grosse quantité de drogue jusqu'à Istanbul dans le but de la faire passer à l'étranger par bateau, les policiers ont arrêté un camion dans la partie asiatique de la ville, a-t-il poursuivi.

Une fouille a permis de découvrir 505 kg d'héroïne dissimulés dans le véhicule, ainsi que 2 kg d'héroïne, 139 kg de morphine et 165 kg d'opium --substances qui servent à fabriquer l'héroïne-- dans le laboratoire de Rize, a détaillé le gouverneur.

Selon Anatolie qui cite des sources policières ayant requis l'anonymat, 13 personnes ont été interpellées au cours de ces opérations. Parmi eux se trouve un trafiquant turc très connu, Urfi Cetinkaya, qui avait déjà été arrêté en 2000 dans le cadre d'une importante opération anti-drogue et libéré en août dernier pour raisons de santé, dans l'attente de son procès.

La Turquie est le principal point de passage de la drogue en provenance d'Asie destinée à l'Europe. (AFP, 8 novembre 2003)
 

Women should be rescued from TCK's 'centimeter justice'

In a process within which the European Union and integration into it is state politics, Turkey's national problems cannot be abstracted from international process and standards. As a result, a Turkish Penal Code (TCK) bill currently under consideration in Parliament should be handled within this context. The next weeks are critical to preparing a bill that will be appropriate for contemporary legal norms and global human rights conventions signed by Turkey. The TCK Women's Working Group, which since 2002 has been examining legal norms that result in sexual inequality, on Monday held a panel discussion titled "Women's Human Rights Infringements in the Turkish Penal Code" at the Istanbul Lion Hotel.

Women for Women's Rights -- New Ways Foundation TCK Women's Platform founding member Pinar Ilkkaracan, referring to parliamentary subcommission discussions on the bill, which was submitted on Oct. 20 to Parliament by the Justice and Development Party (AKP) government, said, "There is a stipulation in the bill that will result in the continuation of offenses that disregard women's rights to life and their sexual and bodily wholeness." Stating that the bill had a perspective that discriminated against women, Ilkkaracan said: "The TCK bill, which legitimizes rape in marriage, honor killings, abduction and discrimination against women in private and public places, maintains the approach that sexuality and the body of a woman belong not to her but to her man, family and society. If the bill becomes legitimized in this way, customs and traditions will continue to be superior to the law, and the principle of equality contained in the Constitution of the Turkish Republic will continue to be violated."

Ilkkaracan said that they expected the government and Parliament to immediately eliminate non-contemporary provisions in the TCK bill that legitimize infringements against women's human rights.

'Centimeter justice'

During the panel discussion Istanbul University Faculty of Law member and TCK Bill Justice Sub-Commission scientific adviser Assistant Professor Adem Sozuer pointed out that the term of imprisonment was determined according to how many centimeters the man's penis had penetrated the vagina of a woman, saying that "centimeter justice" victimized women.

Noting that the main problem was not the bill's approach towards women, men or children but rather what kind of human model was taken as a basis, Sozuer said, "From this perspective, we see that the bill was prepared to protect and strengthen not individuals but bureaucratic institutions." Sozuer added that sexual offenses had been designated in the bill as offenses against "customs and good manners."

Stating that the bill had been prepared in the sub-commission according to the principles of justice and equality, Sozuer said: "Both the government and the opposition parties supported the bill as suitable for a country of law and human rights. All sections of society should continue to make efforts for the continuation of these steps and for the preparation of a contemporary penal code that will mark the next century."

Isn't woman the victim of sexual violence?

Prime Ministry Human Rights Advisory Board deputy chair and TCK Women's Platform founding member Senal Sarihan made a speech at the panel discussion. Sarihan pointed out that the law and the bill saw women as not the victims of sexual violence but as active actors, thus protecting the perpetrator. Sarihan gave the following example:

"Semsi Kaynak was killed under a tractor on Feb. 15, 1998 in Bakislar village for getting pregnant before getting married. Rabia Oguz was crushed under a tractor in Kisas village for similar reasons. Ozlem, Umut and Safiye were killed in Germany, Holland and Austria respectively due to similar reasons. Many women an young girls were forced to commit suicide because of similar reasons. Babies born out of wedlock were killed [to protect] honor by their mothers or relatives. Some of them were killed just for asking a radio station to play a song because of an innocent relationship or for their loved ones. Our laws acted as a protector for all these events. They encouraged murder. Girls who were exposed to sexual attack married the men who raped them and continued to be victims of violence. A Turkish father who raped his three daughters in Germany said to the mother, 'I don't go out; I take care of my needs at home.' The mother protected the father for years. Aren't the rights of human beings subject to becoming deeply wounded in such situations?"

Sarihan said: "Today, those who want our working group's proposal to come round to the facts should come round to the facts. What Parliament should do is to impose social sexual equality in all political areas for the establishment of a law based on human rights. The TCK bill is an opportunity in this sense. All discriminatory arrangements in our penal code should be eliminated and new arrangements should be made from the perspective of equality."

Political will should be revealed

U.N. Human Rights Commission, Violence Against Women special reporter Professor Yakin Erturk said: "Common sense, which won out in the Turkish Civil Code reform, is a source of hope for TCK reform. It is necessary that discriminatory sexual expressions and articles should be removed. A law that will meet the demands of all Turkish women and all defenders of human rights should be approved by Parliament and put into force. This is also necessary for the international respectability of Turkey."

Erturk pointed in particular to the concept of honor in Turkey. "...the basis of understanding that defines the honor of man with the behavior of women is the concept that encourages violence and marginalizes women. Therefore ... no form of violence against women can be legitimized according to cultural factors."

Stating that the definition of women's bodily wholeness had caused women to be categorized as a virgin, married or divorced and had forced them to live under the threat of violence and exploitation by the state, Erturk said, "A country of law is obliged to guarantee the equality of women and men, which is a constitutional principle." Erturk added, "Now it is necessary to reveal this political will." (Turkish Daily News, November 6, 2003)
 

Les médecins en grève pour des revendications salariales

Les médecins du secteur public ont entamé mercredi matin une grève d'un jour à travers le pays pour des revendications salariales et des meilleures conditions de travail, rapporte l'agence de presse Anatolie.

Le mouvement lancé à l'appel de l'Union des médecins turcs (TTB) vise à obtenir une hausse des salaires pour les plus de 20.000 médecins travaillant dans le secteur public.

La grève affecte la plupart des hôpitaux publics d'Ankara et d'Istanbul, plus importante métropole du pays, selon les médias. Seuls les cas urgents sont traités.

Le ministre de la Santé Recep Akdag a menacé mardi les participants au mouvement de mesures disciplinaires, rappelant que les médecins du service public, des fonctionnaires, n'ont pas le droit de faire grève. (AFP, 5 novembre 2003)
 

500,000 Children in Turkey in Need of Protection

According to statistics announced yesterday by the State Institute of Statistic (DIE) in Ankara, the number of children who live in the streets and are in need of protection in Turkey exceeds 500,000.

The number of children committing crimes is about 90,000 according to Ministry of Justice data.

The most important problems facing children in Turkey are education, health, economic, and social needs.  The Children and Youth Centre in Ulus, Ankara tries to save some children from the streets and addiction. The economic crisis, a low level of education, indifferent parents, and bad environmental conditions have led to a regular increase in the number of children living on the streets.

While the number of children between the ages of 6 and 18 ages is 6 million, 30 percent of them do not go to school and addiction is common among children who are between the ages of 12 and 15.

Nurgul Kara, the manager of the Ulus Children and Youth Centre, stated: "Children begin to work and live in the streets because of economic and social problems they experience within the family.  "Children living in the streets become addicted after a while and they are considered criminals.  Whereas there is no criminal child, there is the child who is forced to commit a crime. We need to save these kids and make them useful individuals in society."

Kara said that they provide services to nearly 400 children and added that, "Our first goal is to contact their families and save them from the streets and drugs by getting the families' support." (Zaman, November 4, 2003)
 

Relations turco-européennes / Turkey-Europe Relations

Erdogan: Ankara doit obtenir une date pour les négociations d'entrée dans l'UE

Après les attentats d'Istanbul, il est "encore plus important" que la Turquie obtienne en décembre 2004 une date pour le début des négociations d'adhésion à l'Union européenne, a estimé le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan.

Dans une interview publiée mercredi par le quotidien italien Corriere della Sera, M. Erdogan souligne d'autre part que si les attentats d'Istanbul "ont été commis par des ressortissants turcs", "leur planification et leur organisation a été faite à l'étranger".

Le chef du gouvernement turc ne donne toutefois aucune précision à ce sujet, faisant valoir que "le travail d'enquête continue et que ce n'est pas le moment de faire des annonces officielles".

Interrogé sur l'entrée dans l'UE de la Turquie, M. Erdogan a déclaré: "il serait juste et approprié que la Turquie obtienne en décembre 2004 une date pour le début des négociations".

"C'est devenu encore plus important. Le fait que notre pays regarde vers l'Europe et estime avoir sa place au sein de l'UE démontre la compatibilité entre l'Islam et la démocratie", a-t-il ajouté.

L'Union européenne doit décider fin 2004 d'un éventuel calendrier de négociations pour une adhésion de la Turquie en fonction des progrès réalisés par Ankara, notamment sur la question des droits de l'homme et des libertés individuelles.

M. Erdogan a enfin affirmé que l'on ne pouvait pas davantage parler de "terrorisme islamique" que de "terrorisme chrétien ou juif".

"Le fait que des terroristes impliqués dans ces horribles attentats aient été des musulmans ne veut absolument pas dire que l'Islam soit compromis avec le terrorisme. Il y a eu des terroristes chrétiens, des terroristes juifs, mais les valeurs des trois grandes religions monothéistes ne peuvent en aucune façon être confondues avec les actions de quelques personnes. C'est pourquoi je n'utilise jamais l'expression +terrorisme islamique+. Je parle de terrorisme, c'est tout", a-t-il dit. (AFP, 26 novembre 2003)
 

AK Party Gathers Europe's Conservative Democrats in Turkey

Prime Minister Tayyip Erdogan, who determined the AK Party's ideologic line as "conservative democracy", is gathering like-minded politicians and intellectuals in Turkey. One of the surprises on the guest list for ErdoganÕs international symposium, is BritainÕs "Iron Lady" Margaret Thatcher, former prime minister for 11 years.

The AK PartyÕs international symposium entitled Ōconservative democracyÕ will be held in Istanbul on 10-11 January 2004. Leading proponents of conservative democracy, will be invited, led by TurkeyÕs General Deputy President Dengir Mir Mehmet Firat.

The symposium, which is also supported by the Liberal Thinking Society, will address the following basic topics:

"Conservatism, intelligence and contemporariness", "Conservatism, democracy and secularism", "Conservatism in Turkish Politics, Past and Present", and in the forum section, "Conservatism in Turkey, democracy and the AK Party". The AK Party will present its own model. Etyen Mahcupyan, Ali Bayramoglu, Omer Laciner, Omer Celik and Rusen Cakir are expected the join the forum as panelists.
 

Scientists, prominent European politicians and American and British academics have also been invited to participate. The sessions will be chaired by Prof. Dr. Ali Yasar Saribay, Dr. Ihsan Dagi, Prof. Dr. Atilla Yayla, Prof. Dr. Mehmet Aydin, Prof. Dr. Niyazi Öktem and Prof. Dr. Mustafa Erdogan. The foreign academic contingent includes:

Prof. Dr. Norman Barry (Buckingham University, England), Prof. Dr. Charles Butterworth (Maryland University, USA) Prof. Dr. Charles Rowley (George Mason University, USA), Prof. Dr. Anthony Bradney (Leicester University, England), Prof. Dr. Tony Sullivan (Michigan University, USA), Assis.Prof. Hakan Yavuz (Utah University, USA) and Becky Norton Dunlop (USA Heritage Fund Deputy President). (Zaman, November 26, 2003)
 

Joschka Fischer appelle Ankara à accélérer les réformes après les attentats

Le chef de la diplomatie allemande Joschka Fischer a exprimé lundi son soutien au processus de réformes lancé par la Turquie pour intégrer l'UE et a appelé les autorités à accélérer leur mise en oeuvre, lors d'une visite de solidarité à Ankara après les attentats meurtriers d'Istanbul.

"La mise en oeuvre des réformes (en vue d'intégrer l'Union européenne) devrait être accélérée," a déclaré M. Fischer dans un entretien à la chaîne de télévision NTV. Le ministre s'est dit "favorable à aller de l'avant" sur la question de l'adhésion de la Turquie à l'UE.

"Le gouvernement allemand fera tout ce qu'il peut pour soutenir la Turquie" sur cette voie, a-t-il insisté lors d'une conférence de presse commune avec son homologue turc Abdullah Gul.

Les progrès de la Turquie en matière de démocratie sur la voie de l'UE "représenteront une contribution non négligeable à la stabilité", a souligné M. Fischer.

"Le terrorisme ne nous détournera pas du chemin des progrès vers la démocratie et des réformes," a pour sa part assuré M. Gul.

Il a précisé avoir évoqué avec M. Fischer leur "détermination à lutter ensemble contre le terrorisme", après la série d'attentats suicide qui a fait au moins 53 morts et des centaines de blessés à Istanbul les 15 et 20 novembre.

M. Fischer a exprimé son "horreur" et sa "colère" après ces attentats et présenté ses condoléances aux familles des victimes et au peuple turc.

Les deux ministres ont ensuite échangé devant les journalistes des bonbons, marquant ainsi la fin du mois de jeûne musulman du Ramadan.

M. Fischer devait ensuite regagner Berlin après sa visite de quelques heures en Turquie, au cours de laquelle il a également rencontré le personnel diplomatique allemand pour évoquer les mesures de sécurité suite aux attentats.

Les dirigeants de l'UE doivent se retrouver dans 13 mois pour décider s'il y a lieu d'ouvrir des négociations d'adhésion avec la Turquie au vu des progrès accomplis en matière de démocratisation. La Turquie est candidate à l'UE depuis 1999.

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan avait lui aussi affirmé dès dimanche que la Turquie ne se détournerait pas des réformes, soucieux de rassurer l'UE.

"Il n'est pas question que la Turquie change de direction en raison des attentats", a-t-il dit dans un entretien à la BBC.

M. Fischer doit revenir en Turquie début janvier, juste avant la visite dans le pays du chancelier allemand Gerhard Schroeder. (AFP, 24 novembre 2003)
 

Ankara veut rassurer sur ses réformes démocratiques malgré les attentats

La Turquie cherche à rassurer l'Union Européennee sur la poursuite de son processus de réformes démocratiques visant à son intégration au bloc européen, après la série d'attentats qui a fait au moins 53 morts à Istanbul.

"Il est certain que ces attentats ont un motif religieux", a déclaré dimanche le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan dans une interview à la BBC, s'interrogeant sur la responsabilité de l'organisation Al-Qaïda.

Plusieurs observateurs estimaient que les attaques visaient l'identité laïque et pro-européenne de ce pays musulman.

"La cible de l'Islam fanatique n'est-elle pas le gouvernement +européen musulman+ de la Turquie?", demandait ainsi l'éditorialiste Mehmet Altan, dans le quotidien Sabah.

M. Erdogan a en tous cas choisi d'adresser un message de fermeté et de stabilité dans l'orientation pro-européenne d'Ankara, accélérée depuis l'arrivée au pouvoir de son parti de la Justice et du Développement (AKP).

"Il n'est pas question que la Turquie change de direction en raison des attentats", a-t-il dit, selon des extraits de son intervention à la BBC cités par le quotidien Milliyet.

"La Turquie est un Etat de droit, démocratique, laïque et social", a encore affirmé M. Erdogan, promettant de "poursuivre ce combat avec sérieux et dicipline".

Selon lui, ces événements "renforcent la nécessité pour la Turquie d'intégrer l'UE", et les attentats ne seront pas un prétexte pour ralentir les réformes.

Evoquant les restrictions aux libertés individuelles imposées aux Etats-Unis après le 11 septembre, M. Erdogan a promis de "ne faire aucune concession sur les Droits de l'Homme".

"Nous prendrons des précautions en matière de sécurité et de renseignement. Nous ne ferons aucune concession sur la démocratie et les Droits de l'Homme", a-t-il affirmé, cité par le quotidien Zaman.

Selon lui, "le choix de la Turquie (comme cible des attentats) est significatif", la Turquie étant "le seul exemple (de pays) où Islam et démocratie cohabitent".

Pour Mehmet Altan, "une réussite de l'AKP à faire entrer la Turquie dans l'Europe barrera la route à ceux qui font de la religion le bréviaire de leur politique et démontrera qu'être musulman n'empêche pas d'adhérer aux valeurs de démocratie et de modernité".

"Nous ne considérons pas l'Union Européenne comme le siège d'un conflit des civilisations, ni comme un club chrétien, mais comme un l'endroit où les civilisations se réconcilient", a encore dit M. Erdogan à la BBC.

Plusieurs dirigeants européens ont manifesté leur soutien à la Turquie après les attentats, le chef de la diplomatie britannique appelant même vendredi à accélerer l'adhésion de la Turquie à l'Union.

"Nous voulons voir la Turquie entrer dans l'Union Européenne comme membre à part entière aussi tôt que possible", avait déclaré Jack Straw au lendemain de l'attentat contre le consulat de Grande-Bretagne, promettant de faire "tout le possible" pour l'y aider.

Le ministre allemand des Affaires étrangères Joschka Fisher s'est ainsi rendu lundi pour quelques heures à Ankara pour marquer la solidarité européenne.

Le candidature de la Turquie sera examinée en décembre 2004 par les Quinze qui devraient alors décider d'une date de début des négociations d'adhésion, qu'Ankara espère en 2005. (AFP, 24 novembre 2003)
 

Stockholm estime que la Turquie traîne toujours sur les droits de l'Homme

La ministre suédoise des Affaires étrangères Laila Freivalds a estimé mercredi que la Turquie devait faire davantage de progrès sur la question des droits de l'Homme, au coeur du débat sur sa future adhésion à l'Union européenne (UE).

"Mon sentiment, c'est que (les autorités turques) ont agi avec détermination dans l'amélioration des lois (relatives aux) droits de l'Homme mais d'un autre côté cela prend plus de temps pour appliquer (les lois) à tous les niveaux de la société", a déclaré Mme Freivalds lors dune conférence de presse conjointe avec son homologue turc Abdullah Gul, mercredi à Stockholm.

Un rapport de la Commission européenne a récemment salué les efforts de démocratisation dans le pays tout en regrettant la lenteur de la mise ne pratique des mesures annoncées.

La Turquie est le seul pays candidat à l'Union qui n'ait pas encore amorcé des négociations d'adhésion.

Les dirigeants de l'UE décideront en décembre 2004 s'il convient d'ouvrir des négociations d'adhésion avec la Turquie, en fonction des progrès qu'elle aura réalisés, notamment en matière de démocratisation.

Ces négociations seront lancées si Ankara satisfait aux critères de Copenhague, a rappelé Mme Freivalds.

M. Gul a pour sa part réaffirmé qu'une adhésion profiterait à l'Europe et au monde entier.

"Nous avons (...) discuté du fait qu'il est important pour la Turquie d'adhérer à l'UE, permettant de rendre l'Europe plus forte et de contribuer à la paix dans le monde", a-t-il dit.

M. Gul a par ailleurs annoncé que le Premier ministre suédois Goeran Persson avait accepté l'invitation d'Ankara à se rendre en Turquie. (AFP, 19 novembre 2003)
 

Un Germano-Turc millionnaire candidat SPD aux élections européennes

Le Parti social-démocrate allemand, qui a achevé mercredi son congrès annuel à Bochum, dans l'ouest de l'Allemagne, a porté sur sa liste aux élections européennes de 2004 le Germano-Turc millionnaire Vural Oeger, fervent défenseur de l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne.

Sa richesse provient de sa compagnie de charters Oeger Tours, qu'il a fondée en 1969 avec des vols directs entre sa ville d'adoption, Hambourg, dans le nord de l'Allemagne, et la Turquie, où il est né il y a 61 ans.

Ingénieur des mines de formation, celui qui a commencé sa carrière comme modèle et interprète est l'un des meilleurs exemples de réussite de la communauté turque d'Allemagne, forte de 2,5 millions de personnes.

Surnommé le "Turc prussien" ou "l'Allemand avec un coeur turc", le co-fondateur de la Fondation germano-turque a été repéré dans les années 1990 par le Parti social-démocrate, qu'il a rejoint en 2002, en plein débat sur l'immigration.

Vural Oeger est membre de la commission gouvernementale sur ce thème et accuse la droite de faire barrage à la première loi allemande censée canaliser le flux d'immigrés et définir une politique d'intégration.

Toutefois, de nombreux conservateurs le considèrent comme l'un des leurs. Pour le maire de Hambourg, le chrétien-démocrate Ole van Beust, Oeger est "plutôt un conservateur qu'un social-démocrate. Ca m'étonne qu'il soit au SPD", a-t-il dit.

Vural Oeger avait aussi été approché par l'ancien ministre turc des Affaires étrangères Ismaïl Cem, qui lui avait proposé un poste gouvernemental en cas de victoire de son parti pro-occidental "Nouvelle Turquie".

L'homme d'affaires hambourgeois défend corps et âme l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne, dont l'opportunité sera décidée par Bruxelles fin 2004.

Une absence d'adhésion "aurait des conséquences imprévisibles pour le processus de démocratisation et les relations entre Ankara et l'Ouest", a-t-il affirmé. (AFP, 19 novembre 2003)
 

Turkey and EU Passed Ball to Each Other In Rome

"Foreign Minister Abdullah Gul opened the meeting with EU Troika, which took place in Rome on Tuesday, by saying, "We could have reacted sharply when the EU Commission publicized its report. However we controlled ourselves. We thought that if we displayed a sharp reaction, various circles could abuse this. After this controlled reaction before the public opinion, now I can explain our criticisms regarding the report to you more openly."
 

"The first important criticism of Gul concerned the statement that, unsettlement in Cyprus might hinder Turkey's membership to EU. Gul said, "While rendering the solution process more difficult by including Greek Cypriots, whose legal status is questionable, in the membership process, you criticize Mr. Denktas. Compromise is made between two parties. If a solution is desired, not only the Turkish side, but also the Greek side should be warned."

"While Gul made the participants feel that Turkey would take a new initiative for the solution process in the upcoming days, Verheugen felt the need to respond to the criticism of Gul as to the Progress Report. EU Commissioner Gunther Verheugen admitted that Cyprus was not among the political criteria but said; Even though it is not a political criterion, it is a political reality. We could not have ignored this reality. We for the first time wrote it on paperÉ Verheugen implied that they tried to make the report have a "eye opening" function.

"É On the other hand, Italian Foreign Minister Franco Frattini voiced the desire to see Leyla Zana (Who is one of the former DEP deputies re-tried in the State Security Court and who won the Sokhorov Award of the European Parliament) released. Gul said, "We cannot intervene in the courts in any way." (Sedat Ergin, Hürriyet, November 14, 2003)
 

La pression européenne sur la Turquie monte dans le dossier chypriote

La pression européenne sur la Turquie dans le dossier chypriote monte et une persistance de la division de l'île après l'adhésion de la République de Chypre, en mai, pourrait hypothéquer les perspectives d'Ankara vers l'Union.

Pour l'UE, une solution à la division de Chypre passe nécessairement par la Turquie, seul pays à reconnaître la République turque de Chypre nord (KKTC) qui célèbre samedi son vingtième anniversaire. Les soldats turcs stationnent dans le nord de l'île depuis 1974.

La Commission européenne a été très claire en rendant son évaluation, le 5 novembre, sur l'état d'avancement des préparatifs de la Turquie vers l'Union européenne.

L'absence de règlement au problème de Chypre, a-t-elle dit, "pourrait devenir un obstacle sérieux" à la candidature de la Turquie à l'UE si une solution n'est pas trouvée d'ici mai 2004.

"C'est la première fois que la question de Chypre est posée aussi brutalement", relève un diplomate européen.

L'Union européenne reconnaît, avec le reste de la communauté internationale, uniquement la République de Chypre (sud, grecque) et estime qu'il s'agit de la seule entité légitime sur toute l'île.

Pour les Quinze, la division ne doit donc pas empêcher l'adhésion de la République de Chypre à l'UE le 1er mai 2004.

Une autre position aurait conduit à donner aux Turcs "un veto indéfini" sur l'adhésion de la République de Chypre, souligne Christian Franck, de l'Université Catholique de Louvain (UCL).

"On espère que cette perspective (de l'adhésion de Chypre au 1er mai 2004) va permettre de faire avancer les choses", commente pour sa part une source diplomatique à Bruxelles.

Le porte-parole du commissaire européen à l'Elargissement, Guenter Verheugen, assure que la question de Chypre ne constitue pas pour la Turquie une nouvelle condition d'adhésion.

Mais il ajoute que la persistance de la division de l'île après mai 2004 "pourrait devenir un problème pour les aspirations européennes de la Turquie".

Une autre source européenne est plus directe: en cas d'échec sur la réunification de Chypre après le 1er mai 2004, l'UE sera confrontée à un pays candidat, la Turquie, "qui occupe militairement une partie de l'un de nos Etats membres. C'est invendable".

Fin 2004, la Commission européenne doit proposer aux Etats membres d'ouvrir ou pas des négociations d'adhésion avec Ankara. La Turquie attend l'ouverture de celles-ci depuis qu'elle s'est vu reconnaître le statut de candidat à l'Union, en 1999.

"Le gouvernement turc est conscient que s'il persuade Rauf Denktash (le dirigeant de la KKTC) d'accepter un accord, cela améliorera" sa position pour l'ouverture éventuelle de négociations d'adhésion, relève un autre diplomate.

M. Denktash avait opposé son refus en mars dernier au plan de réunification de Chypre présenté par le secrétaire général de l'Onu, Kofi Annan.

"Incontestablement, la pression monte... Il y a du côté de la Commission européenne une espèce de volonté de faire comprendre que les résistances du gouvernement de la KKTCde M. Denktash doivent être allégées ou surmontées", relève Christian Franck.

Mais pour l'universitaire, il est douteux qu'une solution à la division de l'île soit trouvée avant mai prochain. Il envisage plutôt des mesures pour améliorer les relations entre les deux zones.

"Les Turcs ne veulent pas perdre la dernière carte qui leur reste... Ils ne veulent pas s'engager dans une solution définitive sur Chypre tant qu'ils ne sont pas sûrs d'avoir la perspective de leur adhésion", estime Christian Franck. (AFP, 13 novembre 2003)
 

The role of the Turkish military should be decreased: Verheugen

The EUÕs commissioner for expansion said that the solution of the Cyprus question was not a condition for TurkeyÕs membership.

The role of the Turkish armed forces in the daily life of the country and politics should be reduced, according to the European UnionÕs commissioner responsible for the blocÕs expansion process.

Speaking to the Italian newspaper La Repubblica, EU Commissioner Gunter Verheugen said that the role of the army should be decreased even more than mandated in recent reforms.

"The army should withdraw from power," he told the paper.
However, he said that it was positive that the role of the armed forces had already been partly decreased.

In the interview he called for the army to be kept out of such areas as the media and education. He added that the army should also withdraw from institutions such as the National Security Council (MGK).

"We respect the view of the Turkish public but problems such as the undisclosed budget allocation to the army should be solved," he said.

Verheugen claimed that a large part of this budget was going to officers and that the parliament had no monitoring power over this expenditure, which was a limit on democracy itself. (NTVMSNBC, November 12, 2003)
 

L'absence de règlement sur Chypre hypothèque la candidature d'Ankara

L'absence de règlement du problème de la division de l'île de Chypre "pourrait devenir un obstacle sérieux" à la candidature de la Turquie à l'UE si la question n'est pas réglée d'ici au 1er mai 2004, a annoncé mercredi la Commission européenne.

"L'absence de règlement (à Chypre) pourrait devenir un obstacle sérieux aux aspirations de la Turquie" à adhérer à l'Union si l'impasse persiste au moment de l'adhésion des dix pays adhérents à l'Union, le 1er mai 2004, a averti la Commission dans son "document de stratégie" consacré aux trois pays candidats à l'Union.

Parmi ces dix, figure la république de Chypre (sud, chypriote grecque), qui est la seule reconnue par la communauté internationale. La république turque de Chypre nord (RTCN, autoproclamée) est uniquement reconnue par Ankara.

"La Commission estime que les conditions sont favorables à un accord général entre les deux communautés" chypriote grecque et chypriote turque sur la réunification de l'île, avant l'adhésion des dix pays adhérents, poursuit le "document de stratégie".

"L'UE devrait réitérer son appel lancé à l'ensemble des parties concernées, notamment la Turquie et les dirigeants chypriotes turcs, pour qu'elles reprennent les pourparlers" sur la base du plan de règlement proposé par le secrétaire général de l'Onu, Kofi Annan, souligne le texte.

Le plan avait été rejeté au début de l'année par le dirigeant de la RTCN Rauf Denktash.

L'exécutif communautaire relève que si la Turquie a adopté d'importantes réformes ces derniers temps pour se préparer à l'UE, il lui reste néanmoins "beaucoup à faire dans bon nombre de domaines".

"En général, la mise en oeuvre sur le terrain est inégale et les résultats concrets des réformes restent à être constatés", écrit la Commission qui recense les avancées réalisées par Ankara dans ses préparatifs à l'UE.

Le document cite en particulier "le renforcement de l'indépendance de la justice et l'amélioration de son fonctionnement", ainsi que le respect des libertés fondamentales (libertés d'association, d'expression et de religion).

Mais la Commission réclame aussi "l'alignement des relations entre le civil et le militaire sur les pratiques européennes".

"La Turquie devra veiller à la mise en oeuvre complète et effective des réformes pour garantir à ses citoyens le respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales, conformémemnt aux normes européennes", poursuit la Commission.

"Il faudra du temps pour que l'esprit des réformes se traduise pleinement dans les attitudes des organes exécutifs et judiciaires, à tous les niveaux et dans l'ensemble du pays, prouvant ainsi leur mise en oeuvre effective", selon le "document de stratégie".

Le fonctionnement des tribunaux de sécurité d'Etat n'est pas conforme aux critères européens, "en particulier en ce qui concerne les droits de la défense et le principe d'avoir droit à un procès équitable", poursuit le document.

"Dans certains cas, écrit le rapport, les organismes exécutifs et judicaires chargés de mettre en oeuvre les réformes politiques sur les libertés fondamentales adoptées par le Parlement ont réduit la portée de ces réformes en introduisant des conditions restrictives".

De même, le phénomène de la torture s'est "réduit" mais "certains cas spécifiques" suscitent l'inquiétude de l'exécutif européen, qui se dit également préoccupé par un "usage disproportionné de la force" lors de manifestations ou rassemblements.

La Turquie se doit de poursuivre ses efforts pour renforcer l'indépendance et le bon fonctionnement du système judiciaire, mais assurer aussi la mise en oeuvre des libertés fondamentales: liberté d'association et d'expression, liberté de confession, selon l'exécutif européen.

Les relations entre le pouvoir civil et le pouvoir militaire doivent se rapprocher encore des critères habituels européens et les réformes doivent bénéficier d'une "mise en oeuvre entière et efficace" de façon à ce que tous les citoyens turcs puissent en bénéficier.

Ankara doit aussi fournir un effort "déterminé" pour trouver une solution au problème de la division de l'île de Chypre.

Dans le domaine économique, le constat de la Commission est également sévère.

La Turquie n'a, écrit le rapport, que "partiellement" mis en oeuvre les dispositions communautaires dans le Partenariat d'adhésion qui la lie à l'Union dans des domaines comme l'énergie, la politique industrielle, la protection des consommateurs ou la politique sociale et de l'emploi.

La Commission européenne proposera fin 2004 aux pays membres de l'Union d'ouvrir ou non des négociations d'adhésion avec la Turquie.

Ankara a le statut de candidat à l'Union depuis 1999. (AFP, 5 novembre 2003)
 

Ankara admet les critiques, mais rejette tout lien avec Chypre

La Turquie a admis mercredi les critiques évoquées dans un rapport consacré à la Turquie par la Commission européenne, mais a rejeté les mises en garde européennes selon lesquelles l'absence d'un règlement à Chypre se répercuterait sur sa candidature à l'Union européenne (UE).

"Je peux dire que le rapport est objectif", a déclaré le ministre des Affaires étrangères Abdullah Gul, admettant publiquement des carences évoquées dans le rapport sur l'élargissement concernant l'application des réformes adoptées ces dernières années par la Turquie pour s'aligner sur les normes démocratiques et les droits de l'homme.

"Nous sommes conscients des problèmes et du retard pris au niveau de la mise en oeuvre des réformes", notamment pour accorder davantage de droits culturels aux Kurdes, a ainsi reconnu le ministre qui a cependant souligné que ces problèmes seraient résolus dans les "prochains mois".

Le gouvernement turc a d'autre part salué dans un communiqué les conclusions du rapport, indiquant qu'elles soulignaient la "détermination" d'Ankara d'aller de l'avant dans la voie des réformes.

Les autorités turques ont déployé des efforts diplomatiques de dernière minute pour qu'une référence sur Chypre soit exclue du rapport, mais la Commission a adopté le projet de rapport tel quel.

Un règlement de la question de Chypre ne fait pas partie des "critères de Copenhague", les normes que la Turquie doit adopter pour adhérer à l'UE.

Selon le texte, l'absence de règlement à la division de Chypre "pourrait devenir un obstacle sérieux" à la candidature d'Ankara à l'UE si la question n'est pas réglée d'ici au 1er mai 2004.

M. Gul a indiqué que la question de l'île méditerranéenne de Chypre, divisée en secteurs turc (nord) et grec (sud) depuis 1974, n'était pas un critère d'adhésion à l'UE.

"Il est évident que Chypre n'est pas un des critères politiques d'intégration à l'UE", a indiqué M. Gul, appelant les dirigeants européens à traiter son pays sur un pied d'égalité.

"Nous allons déployer beaucoup d'efforts pour trouver une solution à Chypre d'ici à 2004", a-t-il assuré.

Le communiqué du gouvernement indique de son côté s'attendre à ce que la Turquie soit traitée avec équité "sur les mêmes critères que les autres pays candidats".

Les discussions sur un plan de règlement avancé par le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, s'étaient soldées par un échec en mars dernier, l'ONU l'imputant à l'instransigeance du dirigeant chypriote-turc Rauf Denktash. (AFP, 5 novembre 2003)
 

Chypre accueille favorablement le rapport de l'UE sur la Turquie

Chypre a accueilli favorablement mercredi un rapport de la Commission européenne mettant en garde Ankara contre l'absence d'un règlement du problème de la division de l'île qui "pourrait devenir un obstacle sérieux" à la candidature de la Turquie à l'Union européenne (UE).

"La Commission a clairement affirmé que l'UE voudrait l'adhésion d'une île réunifiée et appelé la Turquie à oeuvrer dans ce sens pour que Chypre ne pose pas de problèmes aux aspirations européennes d'Ankara", a déclaré à la presse le porte-parole du gouvernement Kypros Chrysostomidès.

"Les politiciens turcs ont réalisé qu'une future adhésion de la Turquie à l'UE passait par (le règlement du problème de) Chypre", a-t-il ajouté.

"Le rapport soulève quelques problèmes et nous devons nous dépenser pour y remédier afin que Chypre soit un membre de l'UE qui remplisse toutes ses obligations", a affirmé à la presse le coordinateur de Chypre pour l'UE Takis Hadjidémétriou.

La Commission a recommandé à Chypre de faire de sérieux efforts dans deux secteurs, l'agriculture et les transports, avant son entrée dans l'UE. (AFP, 5 novembre 2003)
 

Smitis: "Ankara a fait des pas importants vers l'UE mais non suffisants"

La Turquie a fait "des pas importants" pour appliquer l'acquis communautaire mais ils "ne suffisent pas", et il faut qu'elle se range aux décisions européennes sur Chypre et ses rapports avec la Grèce en Egée, a affirmé mercredi le Premier ministre grec Costas Simitis.

"Nous insisterons auprès de l'Union européenne pour dire que la Turquie a fait des pas importants dans l'application de l'acquis communautaire, les réformes législatives ne suffisent cependant pas, il faut aussi les appliquer", a déclaré M. Simitis.

Le Premier ministre grec était interrogé sur la marche européenne de la Turquie à l'occasion de la publication du rapport de la Commission sur l'élargissement à l'issue d'un entretien avec le président bulgare Gueorgui Parvanov, en visite en Grèce.

M. Simitis a également souligné "l'existence de questions plus générales exprimées dans les accords d'Helsinki, sur Chypre et les rapports de la Turquie avec la Grèce dans la région".

La Grèce avait donné son feu vert au sommet européen d'Helsinki en décembre 1999 pour reconnaître à la Turquie le statut de pays candidat à l'UE, à condition que l'adhésion de Chypre soit indépendante des négociations sur la réunification de l'île, et qu'Ankara règle ses problèmes avec la Grèce en mer Egée. (AFP, 5 novembre 2003)
 

Washington juge positif le rapport de la Commission de l'UE sur la Turquie

Les Etats-Unis ont jugé que le rapport de le Commission européenne sur les efforts de la Turquie en vue d'une entrée dans  l'Union européenne était "positif et objectif"

"Nous pensons que ce rapport constitue une évaluation positive et objective des progrès de la Turquie", a déclaré le porte-parole adjoint du département d'Etat, Adam Ereli.

"Nous félicitons la Turquie et l'encourageons à continuer de mettre en oeuvre les réformes nécessaires pour remplir les critères" en vue d'une adhésion à l'UE, a-t-il ajouté.

Bien que non-membres de l'UE, les Etats-Unis soutiennent activement la volonté de la Turquie d'adhérer au plus vite à l'Union européenne, estimant que cela renforcera l'ancrage d'Ankara dans l'orbite euro-atlantique.

M. Ereli est en revanche resté vague sur la question précise de la mise en garde de la Commission, qui a estimé que l'absence d'un règlement à Chypre se répercuterait sur la candidature turque à l'UE.

"Nous sommes d'accord sur le langage dans le rapport de la Commission disant qu'un règlement de la question chypriote sur la base du plan de paix du secrétaire général de l'ONU Kofi Annan devrait être trouvé d'ici au 1er mai de l'année prochaine", a-t-il déclaré.

Il a toutefois ajouté qu'une récente visite dans l'île de l'émissaire américain chargé de ce dossier, Thomas Weston, s'était bien passée, et que le responsable en était revenu "optimiste sur les perspectives de mouvement vers un règlement après les élections" dans la partie turque de l'île prévues en décembre.

M. Weston doit retourner dans la région "dans les prochaines semaines", a ajouté M. Ereli. (AFP, 5 novembre 2003)
 

L'ancien PM français Balladur réticent sur l'adhésion de la Turquie

L'ancien Premier ministre française Edouard Balladur a exprimé mercredi ses réticences à l'égard d'une candidature de la Turquie à l'Union européenne, lors d'un débat sur l'Europe.

M. Balladur a plaidé pour la mise en oeuvre d'un statut spécial, d'une relation de voisinage privilégiée entre la Turquie et l'UE avant une éventuelle adhésion. Ce statut pourrait être lancé sitôt que la candidature turque à l'UE sera officiellement acceptée, a-t-il expliqué, en rappelant l'échéance de décembre 2004 fixé sur ce point par les Quinze.

Mais, si la Turquie devait se satisfaire de ce statut et renoncer à une adhésion pleine et entière, "qui s'en plaindra", a ajouté M. Balladur, président de la Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale.

Ce débat, en commission, organisé à l'initiative de M. Balladur a confirmé les réticences d'une partie des parlementaires français à l'égard de l'adhésion de la Turquie à l'UE.

Pour Pierre Lequiller, président de la délégation pour l'UE de l'Assemblée nationale, la Turquie est encore loin de remplir les critères fixés par l'UE. "Ce qui est important ce n'est pas qu'elle (la Turquie) adapte sa législation, elle va le faire, ce qui est important c'est la réalité de ce qui se passe dans le pays, or on en est loin", a-t-il déclaré en prenant pour exemple les droits des femmes ou le respect de la démocratie par l'armée.

Le député socialiste Guy Lengagne (opposition) a de son côté plaidé pour une adhésion d'Ankara en soulignant qu'il convenait de réfléchir aux conséquences "désastreuses" d'un "non" européen à la Turquie.

Le président de la Convention pour l'avenir de l'Europe, l'ancien président français Valéry Giscard d'Estaing, avait semé le trouble en se prononçant avec force en novembre 2002 contre l'intégration de la Turquie dans l'UE. (AFP, 5 novembre 2003)
 

Un adolescent arrêté après l'attaque contre l'ambassade turque à La Haye

La police néerlandaise a arrêté un adolescent de 16 ans soupçonné d'avoir attaqué mardi l'ambassade de Turquie à La Haye au moyen d'un "sac contenant une substance inflammable", selon un représentant du Parquet.

Les autorités néerlandaises ont démenti les premières informations faisant état de l'explosion d'une bombe dans l'enceinte de l'ambassade.

Lors d'une conférence de presse, M. Han Moraal, représentant du Parquet, a indiqué qu'il ne s'agissait ni d'un acte terroriste ni d'une action motivée par des raisons politiques.

L'attaque pourrait être due à des raisons personnelles. Le jeune homme arrêté avait en effet été partie prenante mardi d'une dispute survenue dans l'ambassade. Ni sa nationalité ni son identité n'ont été divulguées.

Cinq personnes ont été légèrement blessées dans l'attaque : l'auteur de l'agression, trois employés de l'ambassade et un visiteur qui a sauté par la fenêtre. Un petit incendie s'est déclaré. Il a été rapidement maîtrisé.

Evoquant des déclarations de l'ambassadeur de Turquie à La Haye sur l'insuffisance des mesures de protection devant sa représentation, Willem Deetman, le maire de la ville, a indiqué que la police n'avait reçu aucune information sur d'éventuelles menaces contre l'ambassade de Turquie.

"Il n'y avait aucune raison qui puisse justifier des mesures supplémentaires" de sécurité, a dit le maire.

Dans la matinée, l'ambassadeur turc à La Haye, Tacan Ildem, avait indiqué à la chaîne privée turque NTV qu'un individu avait activé un engin explosif devant la chancellerie.

La Turquie a accusé les Pays-Bas d'avoir ignoré les demandes de renforcement de protection de son ambassade à La Haye. "Prenant en compte la possibilité d'attaques terroristes contre nos missions à l'étranger dans les circonstances actuelles, nous avions demandé à plusieurs reprises aux autorités néerlandaises de prendre les mesures de sécurité nécessaires", a affirmé le ministère turc des Affaires étrangères. (AFP, 4 novembre 2003)
 

Le départ de Renault et de Ford vers la Turquie n'inquiète pas Verhofstad

Septante millions de consommateurs dans un pays qui doit tôt ou tard rejoindre l'Union européenne: voilà un marché qui n'est pas à négliger.

La Belgique l'a compris. Pour preuve, le Premier ministre Guy Verhofstadt était accompagné lundi et mardi d'une quinzaine d'hommes d'affaires belges représentant des sociétés déjà présentes en Turquie.

«De plus en plus d'entreprises belges investissent en Turquie», se félicite-t-il. Mardi midi, il rencontrait à Istanbul, capitale économique du pays, les membres de la Chambre de commerce belgo-turque.

Et la tendance devrait se renforcer encore dans les années à venir: Guy Verhofstadt a en effet annoncé qu'une mission économique dirigée par le prince Philippe se rendra en Turquie en mai prochain.

C'est dire si la Belgique mise sur la Turquie. «Nos relations bilatérales sont bonnes. Mais nous voulons encore les améliorer», souligne le Premier ministre.

Sur le plan politique, Guy Verhofstadt est le premier Premier ministre belge à avoir effectué une visite officielle depuis des décennies. Ses rencontres avec son homologue turc sont fréquentes: trois fois en un an. Et la Belgique est considérée comme un allié dans sa volonté de rejoindre l'Union européenne.

Sur le plan économique, la Turquie est le 20e partenaire de la Belgique. Et notre balance commerciale est largement positive (plus de 630 millions d'euros en 2002). Et Guy Verhofsdadt estime que les entreprises belges doivent mettre le cap sur la Turquie, comme elles l'ont fait en Pologne, en Hongrie ou en Tchéquie, afin d'anticiper leur future adhésion à l'Union européenne.

La Turquie, pourtant, peut être vue comme une concurrente directe, comme une menace pour nos emplois: la délocalisation de la construction des véhicules Transit à Genk s'est faite... vers une autre entreprise Ford... en Turquie. «En Belgique, certaines personnes craignent que lorsque la Turquie rejoindra l'Union européenne, le business va se délocaliser, entraînant une perte d'emplois», a d'ailleurs souligné Guy Verhofstadt dans son discours devant la chambre de commerce.

Mais l'expérience montre, souligne Guy Verhofstadt, que les quinze entreprises l'accompagnant ayant investi dans ce pays ont créé des emplois en Turquie, et ce, sans en supprimer en Belgique. «Quand IBA vend un cyclotron de 16 millions de dollars, il est fabriqué à Louvain-la-Neuve. De même, l'engineering de Tractebel, qui a investi un demi-million d'euros, reste en Belgique», note-t-il.

Mais tout est loin d'être parfait. L'économie n'est pas encore assez ouverte. Les investisseurs souhaiteraient aussi une plus grande stabilité tant fiscale que juridique. Et la Turquie se débat encore aujourd'hui avec une inflation de quelque 60%.

Reste que le marché turc s'annonce prometteur pour les entreprises belges, estime le Premier ministre belge. (La Dernière Heure, 4 novembre 2003)
 

Verhofstadt: "La Turquie doit encore relever des défis pour obtenir l'ouverture de négociations"

Le Premier ministre belge Guy Verhofstadt a salué lundi les "réformes constitutionnelles, politiques et économiques" entreprises par Ankara, tout en estimant que la Turquie doit encore relever des "défis" pour obtenir l'ouverture de négociations d'adhésion avec l'Union européenne.

Evoquant un rapport annuel de la Commission européenne sur la Turquie, qui doit être publié mercredi, M. Verhofstadt a souligné que ce rapport ferait "sans doute le constat d'un progrès réel, d'une part, et le besoin de faire des pas supplémentaires, d'autre part."

"Selon moi, la Turquie devrait voir les remarques et les suggestions de la part de la commission comme des défis, comme une description du chemin à parcourir les douze prochains mois", a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse.

Les dirigeants de l'UE décideront en décembre 2004 s'il convient d'ouvrir des négociations d'adhésion avec la Turquie, en fonction des progrès qu'elle aura réalisés, notamment en matière de démocratisation.

M. Verhofstadt a appelé à une solution pour Chypre, affirmant que bien qu'un règlement politique sur l'île, divisée entre Chypriotes turcs et Chypriotes grecs, "ne constitue pas une condition à l'ouverture de négociations d'adhésion avec la Turquie, il est clair qu'une telle solution faciliterait le processus".

"Nous avons devant nous une opportunité de six mois, jusqu'au 1er mai 2004, date à laquelle Chypre rentrera dans l'Union européenne et toutes les parties devraient, selon moi, oeuvrer pour trouver une solution avant cette date", a-t-il ajouté.

Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, avec lequel M. Verhofstadt s'était préalablement entretenu, a estimé que son pays avait "accompli, pour l'essentiel, les réformes nécessaires" pour obtenir une date pour l'ouverture de négociations d'adhésion.

Il a souligné que son gouvernement était déterminé à mettre en oeuvre ces réformes "de façon complète et efficace".

Concernant Chypre, où Ankara soutient l'entité autonome turque établie dans le nord de l'île, M. Erdogan a affirmé vouloir une "solution équitable et durable" pour les deux communautés, turque et grecque.

La République de Chypre, internationalement reconnue, mais qui ne contrôle que le sud de l'île, rejoindra l'UE le 1er mai prochain. Chypre nord restera en dehors de l'UE, à moins de conclure d'ici là un accord de réunification. (AFP, 3 novembre 2003)
 

Relations régionales / Regional Relations

Des responsables talibans affirment avoir libéré un ingénieur turc kidnappé

Un ingénieur turc kidnappé début novembre par les talibans sur le chantier de la route Kaboul-Kandahar a été libéré sain et sauf samedi dans le sud-est de l'Afghanistan, ont affirmé dimanche des responsables talibans.

"Nous avons libéré l'ingénieur turc Hasan Onal sur instruction des plus hauts responsables du mouvement taliban", a affirmé le commandant taliban Rozi Khan, cité samedi par l'agence Afghan islamic presse (AIP, basée au Pakistan).

L'otage a été remis à des leaders tribaux de la localité de Naubahar, dans la province de Zabul (sud-est), qui devaient le remettre ensuite aux autorités gouvernementales, a-t-il précisé.

Interrogé dimanche au téléphone satellitaire par l'AFP, un autre responsable taliban dans le sud-est a également affirmé "qu'instruction avait été donnée pour libérer l'ingénieur turc". Il a été remis à des leaders tribaux entre les provinces de Ghazni et Zaboul, selon cette source, qui a requis l'anonymat.

Hasan Onal, ingénieur travaillant pour la société turque Guslan Cukurova et son chauffeur afghan avaient été enlevés début novembre par des inconnus alors qu'ils circulaient sur la route Kaboul-Kandahar, dans la province de Zaboul (environ 300 km au sud de Kaboul).

Les deux hommes avaient été emmenés dans les montagnes, vers la frontière pakistanaise. Le chauffeur avait été libéré le lendemain de l'incident, avec une lettre des ravisseurs demandant la remise en liberté de plusieurs responsables talibans emprisonnés notamment à Ghazni en échange de la libération de l'ingénieur turc.

L'information n'a pas encore été confirmée de source officielle afghane ou diplomatique turque. "Nous avons reçu effectivement la même information, nous ne pouvons pas encore la confirmer pour le moment", a déclaré un responsable de l'entreprise Guslan Cukurova. (AFP, 29 novembre 2003)
 

Accord sur le prix du gaz russe vendu à la Turquie, après des mois de crise

Le ministre turc de l'Energie Hilmi Guler a annoncé mercredi que son pays était parvenu à un accord avec la société gazière russe Gazprom sur le prix du gaz livré à la Turquie par le gazoduc Blue Stream, a rapporté l'agence Anatolie.

Cet accord, qui met fin à 11 mois de tractations pied à pied ayant conduit la Turquie à suspendre ses importations en mars dernier, ramène le prix du gaz russe à un niveau compétitif par rapport aux conditions de l'Union européenne, a indiqué M. Guler, cité par Anatolie.

Le ministre a déclaré que les quatre niveaux de facturation avaient été ramenés à un seul et unique prix, et que la question du montant minimum de livraison avait elle aussi été réglée, selon l'agence.

Les détails de l'accord n'ont pas été divulgués.

La Turquie avait commencé fin décembre à importer du gaz naturel au travers de ce gazoduc, qui passe sous la mer Noire.

Long de 1.213 kilomètres, le Blue Stream relie le terminal russe d'Izobilnoy au port turc de Samsun (nord-est) et a une capacité de livraison de 8 milliards de mètres cubes de gaz naturel par an.

Mais la Turquie, frappée en 2001 par une crise économique, avait été contrainte à demander à Moscou une réduction de prix et du volume des livraisons, et n'a importé que deux millions de mètres cubes de gaz en 2003.

Le projet a été vivement critiqué en Turquie car il accroît la dépendance du pays vis-à-vis de la Russie en matière énergétique, alors que l'achat de gaz naturel turkmène serait plus avantageux. (AFP, 19 novembre 2003)
 

La Berd approuve l'aide financière au projet d'oléoduc depuis la Caspienne

La Berd a approuvé mardi une aide financière au projet très controversé d'oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan (BTC) et de champ pétrolier off-shore dans la mer Caspienne, a-t-elle annoncé dans un communiqué.

La Berd (Banque européenne pour la Reconstruction et le Développement) a approuvé des investissements pour un montant de 125 millions de dollars dans ce projet, et s'est engagée à rassembler des prêts syndiqués de banques commerciales pour 125 millions de dollars supplémentaires.

En outre, la Berd a décidé d'investir 30 millions de dollars dans le projet pétrolier off-shore ACG (Azeri-Chirag-Deepwater Gunashli), en mer Caspienne, dont le montant total est évalué à 3,2 milliards de dollars.

La banque, mise sur pied en 1991 pour favoriser le passage à l'économie de marché des pays de l'Est, rassemblera en outre des prêts commerciaux d'un montant équivalent pour ce projet.

Cet accord de la Berd, très attendu par les partenaires du projet et notamment le gouvernement azéri, intervient une semaine après celui de l'autre partenaire public de ces deux projets: la Société financière internationale (SFI), branche financière de la Banque Mondiale.

La SFI s'est engagée pour des montants identiques.

L'oléoduc BTC qui reliera sur 1.760 km un nouveau champ off-shore au terminal de Ceyhan sur la côte méditerranéenne de la Turquie en passant par l'Azerbaïdjan et la Géorgie, est estimé à environ 3,6 milliards de dollars.

Avec une capacité d'un million de barils par jour, il acheminera le pétrole du champ ACG vers Ceyhan, d'où il sera exporté vers les marchés européens.

La Berd et le groupe pétrolier BP, premier partenaire privé des deux projets, ont convenu de lancer une "Initiative de développement régional" pour "créer des emplois à long terme et un développement économique durable lorsque la construction de l'oléoduc sera achevée", précise le communiqué de la Berd.

Le projet a été fortement critiqué, notamment par des organisations écologistes et des organisations non gouvernementales soucieuses du sort des populations locales et de l'environnement.

La Berd et BP se sont engagés à verser 25 millions de dollars chacun en dons et prêts à des micro-entreprises, des infrastructures et des programmes de formation.

Les autres partenaires du consortium BTC devraient se joindre à cette initiative, avec une participation gobale de 100 millions de dollars. Les premiers investissements pourraient intervenir dès 2005, a précisé la Berd.

Dirigé par le britannique BP, le consortium BTC réunit également le norvégien Statoil, la société pétrolière publique azérie SOCAR, les américains ConocoPhillips, Unocal et Amerada Hess, les japonais Itochu et Inpex, le français TotalFinaElf, le turc TPAO et l'italien Eni.

L'Azerbaïdjan espère pouvoir tirer entre 31 et 42 milliards de dollars de revenus pétroliers sur 20 ans de ces deux projets, selon la Berd.

La Georgie n'a pas de ressources pétrolières mais le passage de l'oléoduc sur son territoire devrait lui rapporter 508 millions de dollars sur 20 ans, soit 15% de son PIB actuel.

Le financement de la Berd sera utilisé sur des portions azéries et géorgiennes de l'oléoduc, la Turquie ne faisant pas partie des pays d'opération de la Berd, souligne le communiqué. (AFP, 11 novembre 2003)
 

Ankara décline une offre d'escale de Sharon à Ankara

Les autorités turques ont décliné la proposition du Premier ministre israélien Ariel Sharon de faire escale à Ankara, au retour d'une visite en Russie, en raison de l'emploi du temps chargé du chef de gouvernement turc Recep Tayyip Erdogan, a indiqué mercredi l'ambassade d'Israël.

"M. Sharon pensait faire une escale lundi en Turquie afin de rencontrer son homologue", a souligné une diplomate, indiquant "comprendre" les raisons pour lesquelles cette demande n'a pas été acceptée par la partie turque.

"Nous recherchons un meilleur timing pour une prochaine visite", a-t-elle dit.

La Turquie, pays musulman à l'Etat laïque, est le seul allié régional d'Israël depuis 1996, date de la signature d'un accord de coopération militaire qui a soulevé la colère de la plupart des pays arabes et de l'Iran.

Ankara entretient également de bonnes relations avec les Palestiniens et soutient leur cause pour un Etat indépendant.

La Turquie a été particulièrement critique ces derniers temps de la politique de M. Sharon contre les Palestiniens, surtout de son traitement du chef de l'Autorité palestinienne Yasser Arafat qui jouit d'une considérable popularité chez les Turcs. (AFP, 5 novembre 2003)
 

Urgent call for Kurdish refugees from Iran in Turkey

More than 50 refugees in Van, Turkey, have been arrested by Police and the security forces on Saturday 1st of November. Among them are 8 women. After 3 days kept in detention, the arrestees were sent to court at 7:30 p.m. on Monday 3rd of November. Their relations who were waiting outside the court to see them, said: "They had been quite weak, their faces had become whitish, to extent that recognition of some of them was difficult. It was apparent that they had been beaten and ill treated hard. Police hadnāt fed them during the time of detention."

On Monday, after their trial by court, Police told their relatives and friends that they will be released only by the permission of the Interior Minister. But, today, Tuesday 4th of November, Police told them that the arrestees will be taken to the court once again on 12th of November and at least until then they will be kept in detention.

Today, Police attacked the refugees who had been waiting in a park near the Police Office in Van and arrested 9 of them. They were released in the afternoon after having been beaten severely. They told us they those refugees arrested on Saturday 1st of November were in very bad condition inside the detention center and had asked them to take their voice for help to the outside of the Police Office. The arrestees are strongly worried about being deported to Iran. They had told this group of 9 refugees that Police has plans of deportation for them.

UNHCR authorities in Van have ignored the arrestees; Erdogan Kalkan, deputy chief and the executive officer of UNHCR in Van told the refugees that this office would not do anything about the arrestees because "they had tried to do vandalistic actions against the Turkish Government." Refugees say they have merely protested for their rights.

The life of these people is in great danger. All of them face deportation to Iran. At the moment, they are being tortured and ill treated by the Police Force in Van, Turkey. They need urgent practical help. They don't have any contact with outside of the detention center.

Phone number of UNHCR in Van: 90 432 214 3630; Fax: 90 432 214 8404;  E-mail of the deputy chief and executive officer of UNHCR in Van (Erdogan Kalkan): kalkan@unhcr.ch
 

Un ingénieur turc enlevé sur la route Kaboul-Kandahar

Un ingénieur turc travaillant pour une entreprise privée en charge de la reconstruction de la route Kaboul-Kandahar a été enlevé jeudi sur cette route, a-t-on appris samedi de sources concordantes.

L'ingénieur, travaillant pour la société turque Guslan Cukurova, et son chauffeur afghan ont été enlevés jeudi par des inconnus alors qu'ils circulaient sur la route Kaboul-Kandahar, dans la province de Zaboul, a indiqué à l'AFP un responsable de cette entreprise, qui a requis l'anonymat.

L'incident s'est déroulé dans les environs de la localité de Tazi, à environ 300 km au sud de Kaboul, dans une zone où les talibans sont très actifs, a précisé un responsable militaire de Zaboul, le commandant Habibullah, interrogé au téléphone depuis Kaboul.

Les deux hommes, dont les identités n'ont pas été communiquées, ont été forcés d'abandonner leur véhicule et ont été emmenés vers les montagnes par leurs ravisseurs. Le chauffeur afghan a été libéré vendredi, selon le commandant Habibullah.

"On est depuis lors sans nouvelle de l'ingénieur expatrié", a-t-il ajouté, en accusant "les talibans et al-Qaïda" d'être responsables de l'enlèvement.

Le chauffeur s'est vu remettre par ses ravisseurs une lettre réclamant la libération de six talibans emprisonnés par les autorités afghanes dans la province voisine de Ghazni, a-t-on appris de source proche de l'entreprise Guslan Cukurova.

"Des négociations sont en cours pour obtenir la libération de l'ingénieur kidnappé", a confirmé à l'AFP Mike Staples, le porte-parole de l'entreprise américaine Louis Berger qui supervise les travaux sur toute la route Kaboul-Kandahar.
 Le porte-parole de Louis Berger s'est refusé à tout autre commentaire sur l'incident.

Symbole de la reconstruction et de l'engagement de la communauté internationale en Afghanistan, le chantier de la route Kaboul-Kandahar, sur lequel travaillent un millier d'ouvriers, est la cible régulière d'attaques de talibans présumés.

Le géant américain de travaux publics Louis Berger (LBG) s'est vu confier par les Etats-Unis la reconstruction de 389 des 482 km de cette route qui relie Kaboul à la deuxième ville du pays, ancien fief des talibans.

LBG a divisé la route en cinq portions d'environ 85 km chacune et confié la réalisation des travaux sur ces tronçons à cinq sociétés différentes: trois turques, une indienne et une afghano-américaine.

La première phase des travaux -la pose d'une première couche d'asphalte-, doit être achevée fin décembre sur toute la route, selon les prévisions de LBG.

Le 13 octobre, un ingénieur américain de LBG avait été légèrement blessé lors du mitraillage de son véhicule dans les environs de la ville de Qalat (350 km au sud de Kaboul), dans la province de Zaboul. (AFP, 1er novembre 2003)
 

Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece

Loizidou: le Conseil de l'Europe reporte l'examen du paiement de l'indemnité

Les délégués des ministres du Conseil de l'Europe ont "suspendu" jeudi l'examen de l'affaire Titina Loizidou, une Chypriote grecque spoliée de ses biens, "jusqu'à la semaine prochaine", quinze jours après avoir adressé une "injonction" à la Turquie la sommant de l'indemniser, a-t-on appris auprès de l'organisation.

"Les délégués n'ont abouti à aucune conclusion et ont suspendu l'examen de ce point jusqu'à la semaine prochaine", a indiqué une porte-parole du Conseil de l'Europe.

Le 12 novembre, le Comité des ministres avait adressé, pour la quatrième fois, une injonction à la Turquie, dans une résolution intérimaire, la sommant d'indemniser Mme Loizidou avant le 19 novembre, date à laquelle l'examen de cette question avait été reporté d'une semaine.

Dans sa résolution, l'exécutif de l'organisation européenne avait invité la Turquie à "payer sans conditions d'aucune sorte" la somme de plus de 640.000 dollars allouée en 1998 par la Cour européenne des droits de l'Homme à Mme Loizidou, une Chypriote grecque forcée de quitter Kyrenia (nord de Chypre) pour se réfugier dans la partie sud de l'île, lors de l'intervention turque de 1974.

Le Comité s'était déclaré "résolu à prendre toute les mesures adéquates" si Ankara "manque une fois encore à son obligation" de dédommager Mme Loizidou, sans toutefois préciser la nature des sanctions.

Après avoir pendant plusieurs années refusé de s'acquitter de cette dette, considérant que la République turque de Chypre du Nord (RTCN, reconnue uniquement par la Turquie) est un Etat indépendant, seul responsable des exactions dénoncées par la Cour, Ankara s'était engagé en juin dernier à indemniser Mme Loizidou début octobre. (AFP, 27 novembre 2003)
 

Nicosie veut aider les Chypriotes-turcs à voter lors des élections de l'UE

Le président de la République de Chypre, Tassos Papadopoulos, a annoncé jeudi que son gouvernement prévoyait d'accorder "des droits égaux" aux Chypriotes-turcs pour leur permettre de voter, s'ils le souhaitent, lors des élections de l'Union européenne en juin 2004.

"Notre gouvernement veut accorder des droits égaux aux Chypriotes-turcs (comme ceux des Chypriotes-grecs) pour qu'ils puissent exercer leur droit de vote aux élections européennes en juin 2004, s'ils le veulent", a annoncé M. Papadopoulos, au dernier jour d'une visite officielle à Athènes.

Seule la partie sud de l'île (chypriote-grecque) devrait adhérer à l'UE le 1er mai prochain en vertu du traité d'élargissement à 10 pays, après l'échec des négociations entre M. Papadopoulos et le dirigeant chypriote-turc du nord, Rauf Denktash, en mars dernier, sur un plan de l'ONU pour la réunification de l'île.

Le projet de loi du gouvernement chypriote sur les élections européennes, prévoit que "les Chypriotes-turcs pourront voter en disposant seulement de leur carte d'identité sans qu'il soit nécessaire de disposer d'une carte électorale comme les Chypriotes-grecs", a indiqué M. Papadopoulos dans une conférence de presse.

"Des lieux particuliers seront prévus pour les électeurs chypriotes-turcs", a ajouté le président chypriote. Il a toutefois rappelé que l'application de cette mesure dépend du vote du projet de la loi par le parlement chypriote.

Tassos Papadopoulos, a indiqué jeudi qu'il demanderait à l'ONU de reprendre les négociations pour le règlement de la division de l'île à l'issue des élections législatives de décembre dans la zone nord de l'île, occupée par la Turquie.

"Nous allons prier de nouveau le secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, de reprendre son initiative pour entamer un nouveau round de négociations intercommunautaires indépendamment du résultat du vote" a indiqué M. Papadopoulos, au dernier jour de sa visite officielle à Athènes.

Des élections sont prévues le 14 décembre en République turque de Chypre du nord (RTCN, autoproclamée). Les opposants au dirigeant de la RTCN Rauf Denktash espèrent lui ravir la majorité pour l'évincer des pourparlers de paix avec les Chypriotes-grecs, au point mort après l'échec en mars de négociations sur un plan présenté par M. Annan.

M. Papadopoulos a toutefois estimé que la reprise des négociations avec M. Denktash était "impossible" sur la base du plan Annan. Mais en cas de victoire de l'opposition, il y a un "espoir", car celle ci "accepte de discuter", même si ses "positions ne sont pas claires", a-t-il dit.

S'exprimant lors d'une conférence de presse, M. Papadopoulos a réitéré que "les chypriotes-grecs sont prêts et disposés à mener des discussions sur la base du plan Annan (...)".  (AFP, 27 novembre 2003)
 

Des problèmes "pratiques" retardent le déminage à la frontière gréco-turque

Des problèmes "pratiques" empêchent le début du déminage à la frontière gréco-turque dans le nord-est du pays en application de la convention d'Ottawa sur les mines anti-personnel, a indiqué jeudi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Panos Béglitis.

"Actuellement la procédure du déminage n'a pas commencé en raison de problèmes pratiques, mais dès que ces problèmes techniques seront levés, le déminage commencera", a affirmé M. Béglitis sans toutefois donner de prévision sur une possible date.

Fin septembre, Athènes et Ankara s'étaient engagés à déminer leur frontière terrestre commune, plus de deux ans après avoir décidé le principe de cette mesure de confiance.

Les deux ministres des Affaires étrangères, le grec Georges Papandréou et le turc Abdullah Gul, avaient ratifié ensemble lors d'une cérémonie au siège de l'ONU la convention d'Ottawa sur l'interdiction des mines anti-personnel.

Près d'une cinquantaine d'immigrants venant notamment d'Asie ont peri depuis 1996 à la frontière gréco-turque.

Le déminage de fait, qui devrait prendre de huit à neuf mois selon l'Etat-major grec, devrait être lancé lors d'une cérémonie commune à la frontière en présence des deux chefs de la diplomatie.

La date de cette cérémonie devait être discutée lors de la visite de M. Gul à Athènes le 21 octobre, avec son homologue grec, mais finalement ce sujet était retirée de l'agenda des discussions des deux ministres. (AFP, 27 novembre 2003)
 

Les garde-côtes turcs arraisonnent un bateau de clandestins en Mer Egée

Les garde-côtes turcs ont "pris le contrôle" mardi d'un navire en difficulté avec des dizaines d'immigrés clandestins dans les eaux territoriales turques pour le remorquer vers le port de Kusadasi (ouest), a-t-on indiqué de source officielle turque.

Selon le sous-préfet de Soke (ouest), Ibrahim Cay, cité par l'agence Anatolie, le bateau de pêche, avec 75 clandestins à bord, a été arraisonné en mer par les garde-côtes.

Le navire devait arriver à Kusadasi dans la journée, a indiqué M. Cay, sans autre précision.

Selon un porte-parole du ministère grec de la Marine marchande, le navire a été repéré par les autorités grecques dans les eaux territoriales turques près de la petite île grecque de Farmakonissi, à l'est de la mer Egée.

"Le bateau, en bois, prend l'eau mais ne risque pas pour le moment de sombrer", a-t-il déclaré à l'AFP .

On ignore d'où avait appareillé le navire, et quelle était sa destination. (AFP, 25 novembre 2003)
 

Pas de volonté politique d'Ankara pour une solution à Chypre (Papadopoulos)

Le président chypriote Tassos Papadopoulos a estimé qu'il n'y avait pas de volonté politique de la part d'Ankara de résoudre le problème de la division de l'île de Chypre, dans une interview publiée dimanche par le journal grec Kathimerini.

"Le temps (pour une solution) existe, s'il y a la volonté politique de la part d'Ankara. Mais, personnelement, je ne vois pas (qu'une telle volonté) existe", a déclaré M. Papadopoulos.

"Je ne crois pas que la Turquie soit prête à faire une quelconque cession en vue de son adhésion à l'Union européenne (UE)", a-t-il estimé.

La réunification de l'île est vivement souhaitée par l'UE, à laquelle seule la partie sud de l'île, pour le moment, doit adhérer le 1er mai 2004. Début novembre, un rapport de la Commission européenne a averti Ankara que l'absence d'un règlement "pourrait devenir un obstacle sérieux" à sa candidature à l'UE.

Selon le président chypriote, "le point critique pour Ankara n'est pas l'adhésion mais le moment où la Turquie demandera une date pour ouvrir des négociations en vue de son adhésion".

Un plan de paix de l'Onu pour réunifier Chypre, divisée depuis 1974, a échoué en mars 2002 et les efforts diplomatiques déployés depuis pour relancer le processus de négociations entre Chypriotes grecs et Chypriotes turcs sont dans l'impasse.

Chypre est divisée depuis l'intervention en 1974 de l'armée turque en réponse à un coup d'Etat d'ultranationalistes chypriotes grecs qui voulaient rattacher l'île à la Grèce.

M. Papadopoulos est attendu le 25 novembre à Athènes pour des entretiens avec les dirigeants grecs.(AFP, 23 novembre 2003)
 

Erdogan a confirmé son soutien au régime militariste de Denktas à Chypre

Les partisans du régime de Denktash ont fêté en grande pompe samedi les vingt ans de leur république autoproclamée, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan leur apportant le soutien de la "mère-patrie".

MM. Erdogan et Denktash ont assisté, en compagnie de responsables civils et militaires turcs, notamment du commandant de l'aviation turque, le général Ibrahim Firtina, à un traditionnel défilé militaire d'unités des quelque 30.000 soldats turcs déployés dans le nord de Chypre.

La visite toute symbolique de M. Erdogan n'a donné lieu à aucune nouvelle initiative pour un règlement de la division, entre secteurs turc (nord) et grec (sud), de l'île depuis l'intervention de l'armée turque en 1974.

Mais M. Erdogan a profité de l'occasion pour prévenir que son pays ne voulait pas de solution "à n'importe quel prix" sur le dossier de Chypre qui est une "cause nationale" pour les Turcs.

"Ce qui est important, c'est de parvenir à un règlement durable qui n'engendre pas de nouveaux incidents, de nouvelles tensions sur l'île", a-t-il dit.

Pour Ankara, une solution passe par la reconnaissance du statut d'égalité politique des Chypriotes turcs, selon M. Erdogan, dont le gouvernement du parti de la Justice et du développement (AKP), arrivé au pouvoir l'an dernier, s'est démarqué de la rhétorique traditionnelle en se disant prêt à oeuvrer pour une solution.

Dans un clair avertissement à Ankara, qui stationne quelque 30.000 hommes dans le nord de l'île, l'Union européenne avait indiqué la semaine dernière que l'échec d'une réunification aurait des conséquences sur la candidature de la Turquie elle-même.

Les commémorations de la fondation de la République turque de Chypre du nord (KKTC) interviennent à un mois d'élections législatives cruciales, le 14 décembre, qui auront caractère de test pour son dirigeant nationaliste, le vétéran Rauf Denktash, 79 ans, confronté à une montée en puissance de la contestation à son attitude intransigeante pour une réunification.

Ces élections auront également caractère de référendum sur la question de la réunification de l'île, un an après que le secrétaire général de l'Onu, Kofi Annan, a soumis aux parties un plan de paix.

Des négociations intercommunautaires ont échoué en mars, l'Onu accusant M. Denktash d'intransigeance.

En cas de victoire électorale, l'opposition a promis de destituer M. Denktash de son poste de négociateur et de reprendre les discussions sur la base du plan onusien pour signer un accord de réunification avant le 1er mai, date à laquelle la République de Chypre, internationalement reconnue, rejoindra l'UE, sans l'entité turque.

M. Denktash, qui avait récemment estimé que le fait de ne pas trouver de solution à la division de l'île avant que la partie chypriote-grecque ne rejoigne l'UE ne serait pas un "désastre", a affirmé samedi qu'il espérait que le peuple chypriote-turc fêterait un jour le "centenaire" de son Etat.

Un récent sondage a montré que le gouvernement pro-Denktash et l'opposition proeuropéenne étaient au coude à coude.

La Turquie et la KKTC devraient annoncer de nouvelles propositions dans les semaines à venir, éventuellement après le scrutin dans le nord, pour tenter de débloquer la situation, avaient indiqué les deux parties, sans donner de précisions.

M. Erdogan, qui devait au départ se rendre dans la soirée à Ankara au terme d'entretiens avec des représentants de l'opposition chypriote-turque, a changé de plan et devait rejoindre Istanbul, théâtre d'un double attentat contre deux synagogues. (AFP, 15 novembre 2003)
 

La déclaration menaçante d'un haut commandant turc sur Chypre

Un haut responsable de l'armée turque a affirmé vendredi, à son arrivée à Nicosie, que la Turquie ne pouvait sacrifier ses intérêts sécuritaires ou ceux des Chypriotes-turcs pour une solution rapide de la division de Chypre.

"Nous ne pouvons accepter l'approche +il faut laisser tomber+ pour le prix d'une solution immédiate", a déclaré le commandant de l'armée de l'air Ibrahim Firtina, cité par l'agence chypriote-turque TAK, à son arrivée dans la partie nord de l'île, occupée par la Turquie.

Un règlement doit tenir compte de "la sécurité des Chypriotes-turcs et de celle de la Turquie en Méditerranée orientale", a-t-il ajouté, promettant que l'armée turque, qui déploie quelque 30.000 soldats dans le nord de l'île, continuerait à veiller à ses propres intérêts et à ceux des Chypriotes-turcs.

"Chacun doit savoir que les forces armées turques restent déterminées à protéger leur droits et intérêts et à remplir leurs obligations à l'égard des Chypriotes-turcs", a-t-il encore dit.

Le responsable militaire s'exprimait à la veille des célébrations marquant la proclamation unilatérale il y a 20 ans de la République Turque de Chypre du Nord (KKTC) dans le nord occupée de l'île.

Une traditionnelle parade militaire d'unités des quelque 30.000 troupes déployées dans le nord de Chypre depuis 1974, date de l'intervention turque en réaction à une tentative des Chypriotes grecs visant à rattacher l'île à la Grèce, est notamment prévue à Nicosie-nord.

Un vol d'acrobatie aérienne des "étoiles turques", sept avions supersoniques de l'aviation turque, est également prévue à cette occasion outre des compétitions sportives et des concerts populaires.

Ces commémorations interviennent à presque un mois, jour pour jour, des élections législatives, le 14 décembre, qui auront caractère de test pour le président nationaliste de la KKTC, le vétéran Rauf Denktash, 79 ans.

Ces élections, pour le renouvellement d'une assemblée parlementaire de 50 députés, auront également caractère d'un référendum sur la question de la réunification de l'île, un an après que le secrétaire général de l'Onu, Kofi Annan, eut soumis aux parties un plan de paix.

Des négociations intercommunautaires ont échoué en mars, l'Onu accusant M. Denktash d'intransigeance.

Pour ne pas donner l'impression de s'ingérer dans les affaires intérieures de la KKTC, dont la Turquie a toujours défendu l'"indépendance", même si elle est la seule à la reconnaître au monde, M. Erdogan rencontrera outre M. Denktash et son homologue Dervis Eroglu, les représentants de l'opposition.

Les trois principaux partis d'opposition au gouvernement pro-Denktash ont affirmé qu'en cas de victoire, ils reprendraient les négociations sur la base du plan onusien pour signer un accord de réunification avant le 1er mai, date à laquelle la République de Chypre, internationalement reconnue, rejoindra l'Union européenne, sans l'entité turque.

M. Erdogan ne devrait annoncer aucune nouvelle initiative lors de sa visite d'un jour.

Le chef du principal parti d'opposition Républicain du Peuple (CHP) au parlement turc, Deniz Baykal, doit également faire le déplacement. (AFP, 14 novembre 2003)
 

L'échec de la réunification de Chypre ne serait pas un "désastre", selon Denktash

Le leader chypriote turc Rauf Denktash a déclaré jeudi qu'un échec de la réunification de l'île de Chypre avant son intégration à l'Union Européenne en mai 2004 ne serait pas un "désastre".

M. Denktash s'est également dit confiant en sa victoire aux prochaines élections contre l'opposition pro-européenne dans la République turque de Chypre du Nord (KKTC, reconnue uniquement par la Turquie), malgré la montée en puissance de la contestation de son attitude intransigeante.

"Ce ne sera pas un désastre si les Chypriotes grecs rejoignent l'Union européenne et pas nous... la vie continuera", a déclaré Rauf Denktash sur la chaîne d'informations en continue NTV.

L'Union européenne (UE) fait pression pour un règlement d'ici à mai 2004, date à laquelle elle doit intégrer la République de Chypre, seule internationalement reconnue.

L'UE avertit que les Chypriotes turcs ne seront pas associés à la réunification s'il n'y a pas de solution à la division.

Dans un clair avertissement à Ankara, qui stationne quelque 30.000 hommes dans ce territoire nord de l'île, l'UE a indiqué la semaine dernière que l'échec de cette réunification aurait des conséquences sur la candidature de la Turquie elle-même.

Bruxelles espère que l'opposition pro-européenne au pouvoir de M. Denktash, partisane de la réunification avec les Chypriotes grecs, fera un bon résultat aux élections législatives du 14 décembre.

L'opposition a promis de chasser de son poste de négociateur M. Denktash, dont la politique nationaliste est considérée comme responsable de l'échec des pourparlers de paix des Nations Unies l'an dernier.

"Il ne leur est pas possible de gagner. Je connais mon peuple... je suis tranquille sur ce point", a dit Denktash sur NTV.

Un récent sondage a montré que le gouvernement et l'opposition étaient au coude à coude.

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, qui a plusieurs fois critiqué l'immobilisme de la politique de M. Denktash, doit effectuer une visite en KKTC samedi, pour le 20ème anniversaire de la création de cette république en 1983.

Chypre a été divisée en 1974, près d'une décennie avant la création de la KKTC, quand la Turquie est intervenue militairement pour occuper le nord de l'île en réponse à un coup d'Etat ultranationaliste visant à unifier l'île à la Grèce. (AFP, 13 novembre 2003)

Affaire Loizidou: La Turquie peu inquiète de l'injonction européenne

La Turquie semblait peu inquiète jeudi d'une nouvelle injonction, que lui a adressée la veille le Conseil de l'Europe, la sommant d'indemniser d'ici mercredi une Chypriote grecque, spoliée de ses biens.

"Ankara n'est pas inquiète de cette décision. Nous allons continuer de travailler pour éliminer cette affaire de l'ordre du jour" a dit à l'AFP une source gouvernementale qui affirme ne pas s'attendre à des sanctions "immédiates" contre son pays en cas de non-dédommagement de Titina Loizidou.

Dans une résolution intérimaire, le Comité des ministres, l'exécutif de l'organisation européenne, a invité la Turquie à "payer sans conditions d'aucune sorte" la somme de plus de 640.000 dollars allouée par la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) à Mme Loizidou, forcée de quitter Kyrenia (nord de Chypre) pour se réfugier dans le sud de l'île lors de l'intervention armée turque de 1974.

Il s'agit de la quatrième injonction faite à Ankara dans cette affaire.

La Turquie a refusé pendant plusieurs années de s'acquitter de cette somme, considérant que la République turque de Chypre du Nord (KKTC, reconnue uniquement par la Turquie) est un Etat indépendant et seul responsable des exactions dénoncées par la Cour.

Ankara s'était toutefois engagé en juin à indemniser Mme Loizidou début octobre, à condition que la Cour européenne adresse à l'avenir d'autres demandes de compensation aux tribunaux de Chypre nord.

Quelque 450 autres demandes de compensation sont actuellement pendantes devant la Cour.

"Je pense que les discussions se poursuivront pour trouver une solution", a ajouté la source turque.

Y compris les intérêts depuis 1998, la Turquie doit maintenant verser quelque 900.000 dollars à la Chypriote grecque. (AFP, 13 novembre 2003)
 

Nouvelle injonction du Conseil de l'Europe à la Turquie

Le Conseil de l'Europe a adressé une nouvelle injonction à la Turquie, la sommant d'indemniser d'ici au 19 novembre une Chypriote grecque, Titina Loizidou, conformément à un arrêt de la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH), selon un communiqué publié mercredi à Strasbourg.

Dans une résolution intérimaire adoptée mercredi, le Comité des ministres, l'exécutif de l'organisation européenne, a invité la Turquie à "payer sans conditions d'aucune sorte" la somme de plus de 640.000 dollars allouée par la CEDH à Mme Loizidou, une Chypriote grecque forcée de quitter Kyrenia (nord de Chypre) pour se réfugier dans la partie sud de l'île lors de l'intervention armée turque de 1974.

Le comité s'est également déclaré "résolu à prendre toute les mesures adéquates" si Ankara "manque une fois encore à son obligation" de dédommager Mme Loizidou, sans toutefois préciser la nature des sanctions. Il s'agit de la quatrième injonction faite à la Turquie dans cette affaire par le Comité des ministres.

La CEDH avait jugé en 1998 que la Turquie était responsable de la violation des droits de Mme Loizidou et condamné Ankara à lui verser plus de 640.000 dollars pour la dédommager de la spoliation de ses biens.

Après avoir pendant plusieurs années refusé de s'acquitter de cette dette, considérant que la République turque de Chypre du Nord (RTCN, reconnue uniquement par la Turquie) est un Etat indépendant, seul responsable des exactions dénoncées par la Cour, Ankara s'était engagé en juin dernier à indemniser Mme Loizidou début octobre.

Mais la position turque s'était à nouveau durcie ces dernières semaines, Ankara exigeant des garanties visant à éviter une multiplication des affaires du type de celle de Mme Loizidou, dont 450 sont actuellement déjà pendantes devant la Cour.

De source diplomatique, on précise que la position turque se serait également raidie face à une nouvelle exigence de Mme Loizidou, transmise au Comité des ministres le mois dernier par son avocat, ne concernant plus seulement le paiement de son indemnité, mais la récupération de son ancienne propriété, conformément à un autre arrêt de la CEDH remontant à 1996. (AFP, 12 novembre 2003)
 

Schroeder appelle Ankara à la "raison" pour une solution à Chypre

Le chancelier allemand Gerhard Schroeder a appelé Ankara à contribuer à une solution à Chypre d'ici à l'intégration de l'île divisée à l'Union européenne en mai 2004, mettant en garde contre le risque d'échec de la candidature de la Turquie à l'UE, dans un entretien au journal Hurriyet publié mardi.

"L'adhésion de Chypre, dans sa situation actuelle, à l'Union européenne ne servira les intérêts de personne", a-t-il dit.

Il s'est dit persuadé que la Turquie avait un plan de règlement au sujet de la division, depuis 1974, de l'île. "Pour des raison évidentes, elle (la Turquie) ne met pas toutes ses cartes sur la table de négociations jusqu'à la dernière minute", a estimé le chancelier.

Cependant il a mis en garde qu'"il faut faire attention aux atouts dans un jeu de poker, car ils peuvent se retourner contre vous si vous ne les utilisez pas au bon moment".

M. Schroeder a appelé la Turquie à être "raisonnable" pour trouver une solution sur le dossier. "Il faut être logique, il faut trouver une solution", a-t-il souligné.

La République de Chypre, seule reconnue par la communauté internationale, doit rejoindre l'UE en mai 2004. Bruxelles a prévenu que la République turque de Chypre Nord (RTCN, autoproclamée dans le nord de l'île et uniquement reconnue par Ankara) ne serait pas admise à moins d'un accord d'ici là sur la réunification.

La Commission européenne a averti la semaine dernière que l'absence de règlement du problème de la division de l'île de Chypre "pourrait devenir un obstacle sérieux" à la candidature de la Turquie à l'UE si la question n'est pas réglée d'ici au 1er mai 2004.

M. Schroeder, qui effectuera une visite en Turquie en février prochain, a réaffirmé son soutien à "donner une date en 2004" pour l'ouverture des discussions d'adhésion à l'UE, "sans pouvoir dire combien de temps elles dureraient une fois ouvertes".

"La possibilité pour les opposants à la candidature de la Turquie de dire non à son intégration diminue", a estimé M. Schroeder, jugeant les réformes adoptées par le gouvernement de Recep Tayyip Erdogan "étonnantes". (AFP, 11 novembre 2003)
 

Ulsever (TDN): Ignorant Cyprus policies of the status quo

When the EU's "Progress Report on Turkey" was released, many people in Turkey said that they were astonished to hear that "solving the Cyprus problem" has become a preliminary condition for Turkey to receive a date from the EU to start membership nogotiations.

Many in Turkey said that Cyprus is not a part of the Copenhagen Critaria.

Thus, the group of status quo protectors in Turkey has felt once more that the EU has proven to us that they do not want Turkey anyway and thus are always creating excuses and new conditions for Turkey.

***

It may well be well argued that there are strong forces in Europe who do not want Turkey in the EU.

Many people in Europe have already started asking the question "does Turkey belong in Europe?" regardless of the issue whether Turkey will fulfill the Copenhagen Criteria or not.

***

I myself belive that EU countries need Turkey in the EU for their own sake. But I also believe that the decision procedure will not be easy.

Turkey has a lot more to do without really knowing the final outcome.

***

But what annoys me in the EU discussion are people who suspect the EU's "real intentions".

As they have the right to suspect the EU's real intentions, I also have the same right to suspect their "real intentions".

Do they, in fact want to keep the status quo that openly serves their benefits?

In reality do they want to stop Turkey's progress?

Do they want to deny modernization?

***

I have some questions to ask them:

1- Those who are shocked by the demand to solve "the Cyprus condition" in the Progress Report; do they not know that Turkey has promised to solve both the Cyprus and Aegean problems by the end of this year or else have accepted the matters to be brought to the international Lahey Justice Council in the agreement she signed with the EU in 1999 in Helsinki?

***

2- They also say that "the Annan Plan" is a mutual plot of the U.S. and the EU. Why do they have to become allies on the Cyprus issue? But is it not also affecting Russia, China, all Islamic countries, all Caucasian countries that say that "Turkey's policies are wrong in Cyprus?".

It is perphaps only on the solution to the "Cyprus issue" that the whole countries agree upon in the world.

***

3- Rauf Denktas says that the EU ignores the rights of Turkish Cypriots given to them by the 1960 Constitution. It is difficult to understand what he means by that as both the Annan Plan and the 1960 Constitution talk about two lower-states and one unique upper-state. Moreover, has not Mr.Denktas turned down all previous agreements when he declared his own republic one-sided in 1983?

***

4- Talking about the inescapable reality that the Turkish Army will fall into a position of invading the EU soil after May 2004 when the Republic of Cyprus enters the EU, the Chief of Staff said that the EU will not send her soldiers to Northern Cyprus to fight against the Turkish Army but may apply an economic embargo. He added that if Turkey will own a strong economy then there will be no problem for Turkey at all.

It seems like all soldiers who ail when they talk about economics, Mr. Hilmi Ozkok seems to be unaware of the fact that 65 percent of Turkish exports are to EU countries but imports from EU countries to Turkey is only 1-2 percent.

Thus, the EU economic embargo on Turkey means disaster for Turkey.

***

The last castle of the Turkish status quo is Cyprus. They know that if Turkey fails there as well, it will be the final end. Therefore, they will protect Cyprus with their full capacity. (Cuneyt Ulsever, Turkish Daily News, November 11, 2003)
 

New menaces from Turkish Army's Chief on Iraq and Cyprus

Chief of General Staff General Hilmi Ozkok has warned that if another Suleymaniye-like incident were to occur, Turkey's response would be different. The incident in question refers to the capture and detainment of 11 Turkish soldiers by American forces in the northern Iraqi town of Suleymaniye in July.

Ozkok was answering Radikal newspaper columnist Mehmet Ali Kislali's questions yesterday, and he said that the way the incident unfolded was regrettable. He stated that during the incident the Turkish side was cooperative and he added that if violence had broken out, the Turkish side would have been blamed for everything.

Ozkok also said that the U.S. had expressed its sincere regret for the incident as well, but added, "If a similar incident were to take place, our reaction will not be the same."

Regarding Cyprus, Ozkok claimed that if an enemy force deployed in Cyprus their air force would reach Turkey and underlined that this would be a significant threat.

He continued: "A political situation that we do not want could exist. There are the issues of territorial waters, the continental shelf, and economic zones. Cyprus will not be an area acting freely towards Turkey. We already have a difficulty in the west. If another one comes from south, Turkey would be confined."

A comment was made that if Cyprus were to join the European Union (EU) Turkey would effectively be occupying E.U. soil. Ozkok reacted strongly to the comment.

"I do not expect the Europeans to say, 'This is E.U. soil, get out of here in a few days.' And I do not think that they would want to fight and die in Cyprus. I do not expect any E.U. initiative. They might use economic sanctions, but if you have political strength and a strong economy, that could be met. You show resistance. But, I have to say this one more time: we have never wanted dissolution in Cyprus."

Ozkok also commented on the violence stemming from the Israeli-Arab conflict in the Middle East, "The Middle East cannot take two crises. The situation to the south of us is a matter that disturbs me a lot."

On the U.S. occupation in Iraq, and increasing terrorist activities, Ozkok clearly voiced how Turkey was disturbed by U.S. policy in Iraq.

He said the U.S. administration was supporting Kurdish groups in Northern Iraq a little more, and stressed that since the Turkish Armed Forces were not in the region, it could not influence developments.

In case of disintegration, Shiite dominance would increase the appetite of other parties in the region said Ozkok.

The General said that they are trying to understand U.S. policy concerning Iraq's reconstruction and concluded, "We would like to see an independent Iraq where all its natural resources belong to all the Iraqi people." (Zaman, November 10, 2003)
 

Les élections à Chypre nord deviennent  la clé de l'adhésion turque à l'Union européenne

Un règlement de la question chypriote n'assurera pas à la Turquie une place au sein de l'Union européenne, mais l'absence de solution pourrait bien bloquer cette adhésion, estimaient jeudi nombre d'analystes.

"Un règlement à Chypre ne constitue pas un passeport d'entrée pour la Turquie à l'UE, mais pourrait agir comme un feu rouge", écrit le journal libéral Milliyet.

"S'il n'y a pas de solution, la Turquie continuera d'attendre au feu rouge (...) Nous devons faire en sorte de passer au feu vert pour progresser, c'est-à-dire régler le dossier chypriote", ajoute le journal au lendemain d'un avertissement de la Commission européenne.

"L'absence de règlement (à Chypre) pourrait devenir un obstacle sérieux aux aspirations de la Turquie" à adhérer à l'Union au moment où 10 nouveaux pays, dont la République de Chypre, s'apprête au 1er mai prochain à rejoindre le club européen, selon le rapport de la Commission.

Pour le gouvernement turc, la fin de la division, depuis 1974, de l'île entre secteur turc au nord et secteur grec au sud ne fait pas partie des "critères de Copenhague", les normes sur lesquelles le pays doit s'aligner pour adhérer à l'UE.

Mais pour la presse, il ne fait pas de doute que les choses sont liées.

"Ne nous leurrons pas, en continuant à dire que Chypre ne constitue pas un des critères de Copenhague, le rapport le dit clairement: "je ne peux pas t'accepter tant que le problème perdurera", relève le quotidien Vatan.

"La Commission (européenne) veut dire à la partie turque qu'elle doit se confronter aux réalités (...) Il n'y pas de raison de marchander sur cette question", note un diplomate européen en poste à Ankara.

Pour un expert du dossier chypriote, Ankara doit maintenant faire tout son possible pour convaincre le très nationaliste dirigeant chypriote-turc Rauf Denktash de reprendre les négociations avec les Chypriotes grecs pour réunifier le pays.

"Je pense que le gouvernement turc est sincèree et veut régler la question chypriote, mais il doit persuader Denktash et cela prendra beaucoup de temps", estime Mensur Akgun (Fondation des études économiques et sociales).

La Turquie est tenue pour largement responsable de la situation à Chypre car c'est son armée qui est intervenue dans le nord de l'île en 1974 pour apporter son soutien à la minorité turque et établir une zone unifiée sous contrôle turque.

Depuis lors, la Turquie est le seul pays à avoir officiellement reconnu le gouvernement autoproclamé de la République turque de Chypre nord que dirige M. Denktash.

Des négociations sur un plan de rèunification proposé par le secrétaire général de l'Onu, Kofi Annan, s'étaient soldées par un échec en mars. M. Denktash avait été tenu responsable de cet échec.

En l'absence d'un règlement d'ici à mai prochain, seule la partie grecque de l'île adhérera à l'UE.

Une telle éventualité placera la Turquie, qui maintient quelque 35.000 soldats dans le nord, en position de force occupante d'un territoire de l'UE.

Et la Turquie pourrait alors être confronté à un possible veto chypriote-grec quand les dirigeants européens se retrouveront en décembre 2004 pour décider d'ouvrir des négociations d'adhésion avec la Turquie, candidate depuis 1999.

Pour le Premier ministre truc Recep Tayyip Erdogan, la situation à Chypre pourrait évoluer si l'opposition pro-européenne remporte les élections législatives du 14 décembre face à un gouvernement qui soutient les positions de M. Denktash.

"S'il n'y a pas de changement politique à Chypre-nord après le scrutin, souligne le diplomate européen, il sera très difficile de se pencher de nouveau sur le plan onusien".

Résultats serrés aux élections en décembre, selon un sondage

Les partis de la coalition au pouvoir et ceux de l'opposition en République turque de Chypre nord (RTCN, autoproclamée) sont au coude à coude dans les intentions de vote pour les élections législatives du 14 décembre, selon un sondage publié jeudi par le quotidien turc Radikal.

Selon ce sondage de l'institut Verso, mené à la mi-octobre auprès de 2.060 habitants de Chypre nord, le Parti de l'unité nationale (PUN) de l'actuel "Premier ministre" de la RTCN, Dervis Eroglu, est crédité de 26,2% des intentions de vote, soit la moitié des suffrages réunis lors des précédentes élections en 1998.

Mais 16,7% des personnes interrogées ont indiqué qu'elles voteraient pour l'actuel partenaire du PUN au sein de la coalition au pouvoir, le Parti démocratique de Serdar Denktash, fils du dirigeant de la RTCN, Rauf Denktash.

Le principal mouvement d'opposition, le Parti turc républicain, pourrait doubler son audience avec 24,1% des intentions de vote, selon le sondage, tandis que 11% des personnes interrogées ont indiqué qu'elles voteraient pour un des deux autres partis d'opposition et que 11% d'entre elles se sont dites indécises.

Les résultats du vote du 14 décembre seront surveillés de près par l'Union européenne (UE), qui espère qu'une éventuelle victoire de l'opposition à M. Denktash facilite une reprise des pourparlers de réunification entre Chypriotes turcs et Chypriotes grecs.

Les partis d'opposition ont promis de coopérer avant et après les élections, afin de forcer M. Denktash à quitter son rôle d'interlocuteur dans les négociations avec les Chypriotes grecs, s'ils remportent la majorité.

Mais selon le sondage publié par Radikal, 58,3% des Chypriotes turcs interrogés se sont prononcés contre l'éviction de M. Denktash, tandis que 39% étaient d'avis contraire.  (AFP, 6 novembre 2003)
 

Réorganisation des forces armées grecques: accent mis sur la "menace turque"

Le gouvernement grec a décidé une vaste réorganisation de la défense du pays mettant l'accent sur la frontière gréco-turque où "la menace persiste", tandis que "la menace venant du Nord (Albanie, Macédoine, Bulgarie) a disparu".

"Nous réorganisons les forces armées du pays vers l'Evros (nord-est) et l'Egée où se trouve la menace principale", a déclaré jeudi le ministre de la Défense Yannos Papantoniou, à l'issue d'un conseil de défense et des affaires étrangères (KYSEA).

M. Papantoniou a expliqué ces choix en considérant que "malgré l'amélioration du climat (dans les relations gréco-turques), la menace de l'Est persiste".

"Nos problèmes fondamentaux avec la Turquie sont Chypre et l'Egée qui restent non résolus en raison des revendications turques à l'encontre de la Grèce et la persistance de la tragédie chypriote", a-t-il ajouté.

Il a affirmé qu'il n'y avait "aucun changement de la position intransigeante d'Ankara depuis de nombreuses années".

M. Papantoniou estime que "le danger venant du nord a disparu, ce qui signifie que la Grèce n'a plus maintenant à faire face à un danger d'attaque de ses voisins du nord".

L'armée de terre doit faire face aux nouveaux types de menace et concentrera ses forces d'attaques en Thrace et en Egée, a dit le ministre précisant que "des unités flexibles, mobiles et fortes seront formées".

Le KYSEA a aussi décidé d'entériner officiellement la réduction des forces armées de 178.500 à 142.000 hommes, qui était déjà de fait en vigueur, et de retirer graduellement ses systèmes d'armement anciens.

L'objectif est de parvenir en 2005 à une armée composée de professionnels à 50%, a-t-il précisé.

M. Papantoniou a aussi souligné que le but du gouvernement était de réduire la part des dépenses militaires "pour financer les politiques économique et sociale".

L'objectif du ministère est de réduire les dépenses d'armement pour atteindre 3% du PIB en 2008 contre quelque 3,5% actuellement et 5% en 2000. Ces économies équivalent à 2,5 milliards d'euros par an, a indiqué le ministre.

Le KYSEA a ainsi décidé de supprimer la première armée, le 3ème corps d'armée, huit divisions, neuf brigades et quatre régiments de forces spéciales, et de retirer graduellement ses systèmes d'armement anciens.

Entre 2002 à 2005, le gouvernement prévoit de retirer de la circulation 325 chars de l'armée de terre, 14 navires de guerre et 104 avions de l'armée de l'air.

M. Papantoniou a souligné que le pays devait répondre "aux très importants changements" intervenus ces dix dernières années dans le domaine de la sécurité.

Il a notamment cité la nécessité pour la Grèce de répondre au traité de défense qui l'unit à Chypre pour que les forces armées grecques couvrent la sécurité de l'île, l'apparition des "menaces assymétriques" liées à l'instabilité des pays au nord de la Grèce, et de la participation du pays aux différentes forces de paix internationales.

Le KYSEA a par ailleurs décidé de maintenir en fonction jusqu'à la fin de 2004 le chef d'état major des forces armées, le général Georges Antonakopoulos. (AFP, 6 novembre 2003)
 

La minorité musulmane de Thrace veut pouvoir se redire "turque"

La minorité musulmane de Thrace, au nord-est de la Grèce, attend une prochaine décision de justice pour savoir si ses associations retrouveront le droit de s'appeler "turques", après des années d'interdiction visant à contrer toute influence du grand voisin dans la région.

A l'issue d'un long feuilleton juridique, la cour de cassation grecque doit se prononcer en dernière instance, en principe d'ici fin novembre sur le sort de l'Union turque de Xanthi, dont la justice avait décidé la fermeture en 1984, sur une demande du préfet de l'époque.

Alors que les relations gréco-turques étaient au plus mal, le motif retenu par les juges, qui avaient également interdit dans la foulée les deux autres associations "turques" locales, était que l'usage de ce qualificatif portait atteinte à l'ordre public et à la sécurité nationale.

Fondée en 1927, l'Union, à objectif culturel, et qui compte actuellement 2.400 membres n'avait pourtant jusque-là "ni créé, ni connu aucun problème", ayant même gardé son nom sous la dictature des Colonels (1967-74), a souligné à l'AFP son président, Cetin Mandaci.

Selon la presse, le rapporteur de la cour de cassation s'est prononcé en faveur du droit de l'Union à retrouver son nom, suscitant déjà une levée de boucliers des ultranationalistes grecs.

"La minorité est musulmane, les romantiques qui rêvent d'amitié gréco-turque doivent réaliser que les vues du pays voisin restent hostiles", a ainsi tonné l'évêque orthodoxe local, Mgr Anthimos. Les deux pays ont entamé un rapprochement depuis 1999.

Toute la minorité, forte de quelque 100.000 personnes, "attend la décision de la cour", a pour sa part affirmé à l'AFP le député de souche turque Galip Galip, membre de la majorité socialiste. En cas de fin de non-recevoir, l'affaire sera portée devant la cour européenne des droits de l'homme, a-t-il ajouté.

L'enjeu pour lui est que "la vérité soit rétablie" sur l'identité de la minorité, qu'il souhaiterait voir désignée comme "turque" ou "turco-musulmane", alors que la Grèce ne la reconnait que sous le nom de "musulmane", conformément aux dipositions du Traité de Lausanne (1923), qui a fixé son statut.

"Des journalistes et hommes politiques en sont même allés jusqu'à nous qualifier d'islamophones. Cela n'a aucun sens", a rappelé pour sa part auprès de l'AFP Shukran Raif, une militante des droits de la minorité.

Côté gouvernement, on exclut tout réexamen de cette position, invoquant désormais, non plus la "menace turque", mais la nécessaire protection des minoritaires d'autre souches, dont le "droit à la différence" est cultivé d'en haut depuis plusieurs années, sans grand succès jusqu'à présent.

Forte de quelque 100.000 membres, la minorité compte environ 30.000 Pomaques, de souche slave et quelque 5.000 Tziganes, selon le ministère des Affaires Etrangères. (AFP, 5 novembre 2003)
 

L'échec de l'accord Grèce-Turquie sur les couloirs aériens

Le porte-parole du gouvernement, Christos Protopapas, a confirmé lundi l'information concernant l'échec de l'accord entre la Grèce et la Turquie dans le cadre de l'Initiative de l'OACI (l'Organisation de l'aviation civile internationale). "Les entretiens bilatéraux n'ont pas abouti à un accord et le cadre des discussions confirme que la Grèce a protégé ses intérêts nationaux", a-t-il affirmé ajoutant "nous espérons un développement plus heureux". Voir aussi:

· Le gouvernement minimise la divergence d'appréciation du rapprochement greco-turque entre les ministres des Affaires Etrangères et de la Défense

· La Grèce et la Turquie annulent leurs manĻuvres militaires

De son côté, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Panagiotis Beglitis, a déclaré lundi que les concertations entre la Grèce et la Turquie sur la "Letter of agreement" élaborée à Paris dans le cadre de l'OACI ont abouti à un échec et ceci malgré les efforts déployés par la partie grecque.

Après cet échec, les couloirs aériens qui existaient jusqu'a présent restent en vigueur en Egée. La partie grecque espère qu'une nouvelle rencontre sera bientôt fixée pour reprendre les concertations.

Selon M. Beglitis, les désaccords concernent certaines régulations d'ordre technique qui concernent la coopération des deux pays et qui devraient être incluses dans la Letter of Agreement.

M. Protopapas avait annoncé le 17 septembre dernier la conclusion d'un "accord historique" entre la Grèce et la Turquie, commentant un communique de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) "sur l'amélioration du réseau de routes ATS (services de la circulation aérienne) de la mer Egée". "Cette décision de l'OACI acceptée par les deux parties offre des avantages opérationnels pour le FIR d'Athènes, qui devient plus commode, plus facile, avec des conditions d'accroissement du volume du trafic, et donc des perspectives d'apporter d'autres avantages économiques, alors que les îles grecques seront mieux desservies", avait-il précisé alors.

M. Protopapas avait encore souligné que le FIR d'Athènes disposerait de nouveaux couloirs internationaux et que cette décision d'OACI et IATA n'aurait pas d'impact au plan militaire, confirmant que les normes spécifiques nationales restent en vigueur.

L'oppositions et plusieurs experts s'étaient à l'époque élevés pour dénoncer les dangers que les concessions grecques faisaient peser sur la défense nationale, qui pourraient notamment légaliserÉ les violations incessantes de l'espace aérien grec par l'aviation militaire turque! (ANA, 4 novembre 2003)
 

Denktas insists on Cyprus' division into two states

Turkish Republic of Northern Cyprus (TRNC) President Rauf Denktas said on Monday that two separate states were formed in Cyprus with the division of two old partners and a formula could not be found to unite them, adding that constituting a single Cyprus formed by two states was the only valid formula.

Denktas noted that it would be a kind of confederation. He said that formulas which would be found by violating international agreements and with an illegal approach would not bring peace and consensus. He added, ''it can please some people temporarily, but it will bring disaster again in a very short time as it happened in Israeli-Palestinian issue. Thus, it is necessary to approach this issue in cold-blood and by considering realities.''

Denktas emphasized that Annan Plan swept away whatever Turkish side and Turkey had gained with international agreements and thus, its philosophy was wrong and it could not be acceptable.

Underlining that the application of Greek Cypriots to the European Union (EU) was against international laws and was illegal, Denktas said, ''if EU is really a society that complies with supremacy of law, it should accept the necessity of ending illegal attitudes that have been carried out in Cyprus for 40 years and should act by having a new point of view towards Cyprus and understanding what Cyprus issue is. If they do this, they will also see that the demand of Turkish side is valid and it is the only way for peace and consensus.''

Noting that EU accepted illegal attitude and acted together with Greeks and Greek Cypriots, Denktas said, ''we are against act of possessing partnership republic by destroying it which was formed with international agreements. EU has accepted and supported this illegal attitude and violation of international agreement and thus, it acts together with Greece and Greek Cypriots which try to seize the rights of two sides that were among five signatories that had signed 1960 agreements.''

Noting that they did not expect this from EU and the United States and Britain which put pressure on Greek Cypriot side, Denktas said that the way to change international agreements was to amend them with new signatures. He added that Greek Cypriot side had tried to destroy inner balances of Guarantee Agreement, but could not succeed due to resistance of Turkish Cypriots for 11 years and a formation depending on two bases was created with the agreements they had signed.

Denktas also touched on the decision which was taken in the meeting of mayors of Mediterranean countries.

Denktas said that the mayor who had attended the meeting from Lefkosa had signed an unbelievable decision together with Greek Cypriots and according to this decision, Cyprus issue would be solved in accordance with EU norms and resolution of Security Council and Denktas himself was marked as the man who prevented peace in Cyprus.

Noting that they were astonished with this attitude of a Turkish Cypriot representative within the direction of wishes of Greek Cypriots, Denktas said that the decision was later changed and eliminated from harmful items by Republican People's Party (CHP) leader Deniz Baykal and his staff during Socialist International and a reasonable decision was taken.

Denktas wanted people to know to where EU norms would carry the country and said that according to this, borders and separation would be lifted and solving the issue would be brought onto agenda on the basis of a single people like in Annan Plan. (AA, November 3, 2003)

Immigration/Migration

Polémiques autour de la rupture du jeûne avec l'extrême-droite turque

Diffusées par http://fr.groups.yahoo.com/group/suffrage-universel:

Radio Bruxelles Capitale - mardi 18/11/2003 7h30 (journal régional)

3ème titre: "Polémique autour de la participation de responsables politiques belges à une cérémonie de rupture du jeûne du ramadan. Y participait également un responsable turc d'extrême-droite."

Introduction: "Le 10 novembre dernier plusieurs élus et responsables politiques belges ont assisté à une cérémonie de rupture du jeûne dans un restaurant turc de la chaussée de Haecht. Ils répondaient ainsi à l'invitation du Conseil de Coordination belgo-Turc, une asbl où siègent notamment des représentants du MHP, un parti d'extrême-droite bien connu en Turquie sous le nom de "Loups Gris", Philippe Carlot."

Philippe Carlot: "Le site internet de RésistanceS fait grand cas de cette affaire sous le titre "Le cordon sanitaire a été brisé". Le 10 novembre, des représentants de la plupart des partis francophones et flamands, à l'exception d'Ecolo, ont assisté à une cérémonie de rupture du jeûne dans le cadre du ramadan. La cérémonie était suivie d'une conférence donnée par un ministre d'Etat du MHP, le parti turc d'extrême-droite des Loups Gris. De là à parler de rupture du cordon sanitaire, c'est évidemment plus complexe. On veut bien croire que certains des élus présents ignoraient le curriculum vitae de l'orateur. Ils n'ont du reste pas assisté à la conférence, se contentant de participer à la rupture du jeûne à laquelle ils étaient conviés. La conférence elle-même ne figurait d'ailleurs pas sur l'invitation. Mais les mandataires belges d'origine turque ignoraient-ils où ils mettaient les pieds, c'est plus douteux malgré leurs dénégations. Pour les responsables politiques présents, l'invitation émanait du Conseil de Coordination belgo-turc, une asbl ayant pignon sur rue... Pignon sur rue sans doute, mais les Loups Gris en sont membres et ce Conseil de Coordination n'hésite pas sur son site internet à remettre en doute la réalité du génocide du peuple arménien par la Turquie au début du siècle dernier. De quoi se poser des questions sur la nature exacte d'une association a priori anodine..." (Philippe Carlot - pca@rtbf.be)

*

Brussel Deze Week (hebdomadaire gratuit en néerlandais) 20-27/11/2003, n°911 (traduction P.Y. Lambert)

(1ère page)
Smet et Grouwels en visite chez les Loups Gris?

Bruxelles - Le secrétaire d'Etat Pascal Smet, la parlementaire CD&V Brigitte Grouwels et la présidente du CDH Joëlle Milquet étaient présent le lundi de la semaine dernière dans un restaurant turc à Schaerbeek à un repas à l'occasion de la rupture du jeûne du ramadan. L'organisation était entre les mains d'une association nationaliste turque qui a des liens étroits avec les Loups Gris. C'est ce qu'on peut lire sur le site web de la revue RésistanceS.
Abdulkadir Cay a été l'un des orateurs plus tard dans la soirée. Il est ministre d'Etat et siégeait dans le gouvernement Ecevit. Il était alors membre du MHP, l'émanation politique des Loups Gris. Le MHP était autrefois d'une seule pièce d'extrême-droite, mais après la mort de son ancien président le colonel Alparslan Türkes il a pris un autre cap et maintenant c'est un parti nationaliste de droite de tendance religieuse.

L'organisation du repas était entre les mains du Belçika Türk Koordinasyon Kurulu (BTKK), une association qui a le soutien de l'ambassade de Turquie en Belgique et qui se met sur son site web, Turkish Lobby, au service de l'Etat turc et de ses compatriotes jour et nuit, sept jours sur sept, et "proteste contre tout qui donne une image fausse de la Turquie". Elle englobe des associations turques islamiques et socio-culturelles. La Belçika Türk Federasyonu (BTF), la section belge des Loups Gris, en est également membre.
Nebahat Açar, collaboratrice de Brigitte Grouwels et elle-même d'origine turque, était également présente à cette réunion. Elle ne trouve pas qu'il y avait quelque chose de mal là-dedans. "Nous nous étions juste réunis à cette fête religieuse pour plaider la tolérance. Tout le monde y était le bienvenu, quel que soit son parti. Il y a beaucoup de malentendus au sujet des Loups Gris. On peut les comparer avec le Lion des Flandres (Vlaamse Leeuw) chez nous. Le MHP ressemble plus à l'ex-Volksunie qu'au Vlaams Blok. Il n'y avait rien de mal à ça."

Le secrétaire d'Etat Pascal Smet (SP.A) parle de tempête dans un verre d'eau. "Tout ça était très officiel, avec le consul turc et plein d'autres politiciens", dit sa porte-parole Irene Rossi. "Il se peut naturellement que des Loups Gris étaient présents, mais ça on ne peut jamais l'éviter." (Steven Van Garsse - bdw@stadskrant.be)

(p.4 - édito)
Zèle profilatoire
(...)

Et tant qu'on parle des élections du 13 juin: la campagne fait rage dans toute sa violence. Le citoyen est submergé de toutes les annonces possibles et imaginables de réalisations du ministre X ici, du ministre Y là et du secrétaire d'Etat Z qui est là-bas, avec des questions, des plans, des opinions et des critiquesdes (candidats-)parlementaires de toutes sortes. Les piles d'invitations à des conférences de presse et de communiqués du même acabit atteignent à la rédaction des hauteurs inquiétantes, et avec toutes les photo opportunities mises bout-à-bout on pourrait décorer toute la rue de la Loi. Un certain nombre de politiciens ont même été signalés la semaine dernière comme invités d'une petite fête de ramadan où étaient égaleemnt présents des Loups Gris, nationalistes extrémistes turcs d'un aloi fort inquiétant. Le zèle à se profiler dans des temps préélectoraux, c'est bien. Mais pourrait-il être un peu plus sélectif pendant les mois qui nous séparent encore des élections ?
(Dirk Volckaerts, rédacteur en chef - bdw@stadskrant.be)

*

"Commentaires shaïtanesques" par Pierre-Yves Lambert

Nebahat Açar a au moins le mérite de l'honnêteté, elle ne nie aucunement qu'il s'agissait bel et bien d'un happening "loup gris", mais ne voit pas où est le problème. Le MHP serait, selon elle, une sorte de Volksunie turque, pas du tout un parti d'extrême-droite ! On croit rêver: certes le MHP a voulu améliorer son image depuis quelques années, de la même façon que l'Alleanza Nazionale de Gianfranco Fini en Italie, il y a d'ailleurs eu nombre de débats sur la sincérité de cette volonté de respectabilisation. Certains y ont cru, d'autres pas, soulignant par exemple la présence parmi les parlementaires MHP (pendant la législature précédente, puisqu'il a été éliminé de l'hémicycle cette fois-ci) de terroristes, d'assassins et de trafiquants de drogue. Certains auraient en effet tendance à l'oublier, les Loups Gris sont bien l'organisation à la fois fasciste et mafieuse, très présente dans l'appareil d'état et l'armée en Turquie, qui a torturé et/ou assassiné ces trente dernières années des milliers de militants de gauche, d'Alévis (minorité musulmane hétérodoxe) suspectés de "communisme", de Kurdes suspectés de "séparatisme", de journalistes suspectés d'une trop grande indulgence envers les catégories précitées. Ceci sans même évoquer le fameux Ali Agça, le Loup gris le plus célèbre hors de Turquie puisqu'il avait tenté d'assassiner Karol Wojtyla, chef d'Etat de la Cité du Vatican et dirigeant à vie de l'Eglise catholique romaine.

Au lendemain des élections de 1999 en Turquie, une journaliste de L'Humanité écrivait ceci (1):

"Bahceli a entrepris de rendre le MHP "présentable" en limant les crocs de ses "Loups". Les cadres les plus "marqués" sont exclus. Il y a quelques jours, sentant le vent de la victoire, Bahceli a demandé aux siens de "raser leurs moustaches", d'être "polis" et "bien habillés" et leur a interdit le port du blue-jean ! Mais sous ces habits neufs, les idées restent les mêmes. Hérité du pan-touranisme, c'est le rêve d'une "Grande Turquie", leader d'un univers turcophone allant de l'Adriatique aux frontières de la Chine. Sur le plan intérieur, son obsession est "la rébellion kurde", qu'il a promis "d'éradiquer", jurant que le chef du PKK, Abdullah Öcalan, se balancerait bientôt au bout d'une corde."

(1) Françoise Germain-Robin, "Devlet Bahceli : le retour du loup gris", L'Humanité, 23/04/1999
http://www.humanite.presse.fr/journal/1999-04-23/1999-04-23-288259

En ce qui concerne le BTKK, quelques précisions:

a) malgré mes recherches, je n'ai trouvé aucune trace d'un "Conseil de coordination belgo-turc" sur le site du Moniteur Belge, il n'est donc aucunement "reconnu par les autorités belges" et s'il a "pignon sur rue" c'est uniquement parce qu'il a un local chaussée de Haecht, doté d'une grande vitrine où étaient collées les affiches de ses candidates préférées pour les législatives 2003: Bahtisen Yarol (CDH, sénat) et... Nebahat Açar (CD&V, chambre). Ma recherche via le nom de son président Ahmet Fener (résidant à Couillet, près de Charleroi, professeur de religion, administrateur de la Fédération des Associations des Ouvriers turcs de Belgique) et de son vice-président Kenan Daggün (président de la Belçika Ülkücü Türk Federasyonu dans les années 90) ne m'a pas non plus permis de retrouver cette soi-disant "asbl".

b) Le BTKK compterait "93 associations et 5 fédérations" selon sa "déclaration de presse", mais en fait il précise sur sa page en français "Le Conseil de Coordination Belgo-Turc fut créé en 1996 par les fédérations suivantes: Fédération des Associations des Ouvriers de Belgique, Fondation Islamique Belgo-Turc, Fédération Turque de la Belgique, Fédération des Associations Sportives de Belgique, Fédération des associations Ouvrières, Culturelles et Islamique". Personne ne nie que la "Fédération Turque de la Belgique" n'est autre que la Belçika Ülkücü Türk Federasyonu (BÜTF), les "idéalistes" ainsi que se désignent eux-mêmes les Loups Gris, dont la première association belge a été fondée en 1977 à Eisden (povince du Limbourg). La "Fédération des associations Ouvrières, Culturelles et Islamique", en néerlandais (sur le site "Turkish Lobby") "Islamistische Cultuur Federatie van Turkse Arbeiders van België" (siège à Maasmechelen) n'est autre que la Belçika Türk-Islam Kültür Dernekleri Birligi (BTIB), branche belge de l'Avrupa Türk Islam Kültür Dernekleri Birligi (ATIB). Le BTIB et l'ATIB ont été fondés par un ancien dirigeant des Loups Gris, Musa Serdar Celebi, elles sont la branche extérieure du parti fascisto-islamiste BBP (combinaison d'"idéalisme" et d'islamisme nationaliste), alors que la BÜTF est celle du parti fasciste MHP. Les "93 associations", reprises sur le site "Turkish Lobby", ne sont en fait que les organisations membres des 5 fédérations fondatrices. Les trois autres fédérations dépendent étroitement de l'Etat turc via le personnel diplomatique qui les encadre, voire les dirige (le président de la "Fondation Islamique Belgo-Turc", Belçika Türk Islam Diyanet Vakfi, en abrégé "Diyanet", est l'attaché social de l'ambassade). L'idéologie nationaliste, la défense des intérêts de l'Etat turc, de la République turque de Chypre-Nord (dont le drapeau est présent lors de rencontres sportives), la lutte contre le "séparatisme" et contre ceux qui défendent l'existence du "prétendu" génocide arménien, voilà les credos communs de toutes ces fédérations. Rien à voir avec le social ou la culture, il s'agit bien de propagande pure et dure.

c) Quant à savoir si les élus belges d'origine turque savaient où ils mettaient les pieds, aucun doute sur ce plan-là, cela ne leur pose d'ailleurs probablement aucun problème déontologique, la Belgique c'est la Belgique, la Turquie c'est la Turquie et pas question de se couper en Belgique de la partie de l'"électorat ethnique turc" qui partage les positions de l'extrême-droite nationaliste turque. L'un de ces élus ne parlait-il pas en mai dernier dans une interview du "prétendu génocide arménien" (2), et un candidat du même parti (PS, passé au PRL peu après) déclarait en 1999 dans une émission en turc sur radio Panik sa grande sympathie pour le MHP, qui venait de remporter une victoire électorale en Turquie et d'entrer dans un gouvernement présidé par un "social-démocrate", Bülent Ecevit.

(2) Mehmet Koksal et Pierre-Yves Lambert, "Vous reprendrez bien un candidat ? Oui oui, un peu de tout... -
Carnets de campagne des élections législatives belges du 18 mai 2003", 30/05/2003 (publié en ligne)
http://users.skynet.be/suffrage-universel/be/beel03livre.htm

d) Il ne faut également avoir aucune pitié pour les politiciens "autochtones" qui ont accepté cette invitation émanant d'une infâme organisation d'extrême-droite, pas plus que pour le ministre flamand Johan Sauwens quand il avait assisté à une "soirée amicale" (avec chants SS en karaoké) d'anciens combattants du "Front de l'Est". Un responsable politique a le devoir de prendre ses renseignements avant d'accepter une invitation d'une association qu'il ne connaît pas, et la ligne de défense "le consul turc et plein d'autres politiciens" étaient présents est aberrante, voire infantile, à ce train-là si le consul du Nuevo-Rico oriental est invité par l'Eglise de Scientologie ou la Secte Aoum tous les élus belges pourront lui emboîter le pas sans complexe, après s'être assurés que leurs collègues figiurent également sur la liste des invités, l'important ce seront les voix que ça peut leur rapporter! Le cas du CDH est particulier, puisque la direction et plusieurs élus de ce parti avaient été avertis (par moi) de longue date, avant même les élections du 18 mai, des liens d'une de leurs candidates avec les Loups Gris. Pourtant c'est bien elle, et son oncle Zeki Yarol, trésorier national desdits Loups Gris, qui figurent sur la photo publiée par RésistanceS aux côtés de Joëlle Milquet...

Pierre-Yves Lambert
http://www.suffrage-universel.be
http://fr.groups.yahoo.com/group/suffrage-universel/
 

Le communiqué du Conseil de Coordination Belgo-Turc (BTTK)

A la suité de la diffusion du communiqué de Suffrage-Universel le 13 novembre 2003, nous avons reçu le communiqué suivants envoyé "pour le président":

"Comme chaque année nous avons organisé le repas de rupture du jeûne. Et, ont toujours été présents des représentants politiques de tous partis.

"Nous déplorons donc les propos tenus dans l'article paru ce 13 novembre 2003 sur le site "suffrage-universel" et souhaitons donc démentir les propos tenus pour le respect des personnes qui ont participé à ce repas dans la convivialité et le respect mutuel.

"Le Conseil de Coordination Belgo-Turc, créé en 1996, regroupe 93 associations et 5 fédérations reconnues par les autorités Belges et par la Turquie. Toutes ces associations, clairement établies et avec des statuts et règles qui sont soumises aux lois en vigueur.

"Toutes ces associations n'ont jamais été poursuivies pour des activités illégales. Les propos dans cet article sont donc sans fondement et diffamatoires. Le Conseil de Coordination n'a aucune tendance politique. Les activités de celles-ci sont dans le domaine social, culturel, sportif, éducatif en vue d'une aide et soutien quant à une meilleure intégration de la population turque dans le pays d'accueil.

"Nous défendons les intérêts de la Turquie et développons également un soutien pour son adhésion dans l'Union Européenne.

"Pour rappel, depuis les 5.000 années de l'histoire du peuple turcs et des Etats Turcs, les termes comme nazisme et fascisme, n'ont jamais été accepté et encore moins utilisé par ceux-ci. Ces termes ont pour origine l'Europe. Ni Hitler, ni Mussolini, ni Franco n'étaient de nationalité turque !!!" (Pour le président du BTTK)
 

Un journaliste attaqué lors de la rupture du jeûne par une activiste du BTTK

Invité le mardi soir (18/11) en tant que journaliste à Cheratte (Ville de Visé, en province de Liège) dans le cadre d'un repas multiculturel interconfessionel par l'asbl multiculturelle & mosquée Mimar Sinan, le journaliste Mehmet Koksal, envoyé spécial de la liste Suffrage Universel, a été verbalement attaqué par Madame Esma Caner, Présidente de l'asbl Aimée ("Aider une Maman à l'Education de son Enfant"...), candidate à la candidature sur la liste PS de Charleroi aux prochaines élections régionales.

Madame Esma Caner (à ne pas confondre avec sa soeur Birgül Caner, présidente de la section belge du parti social-démocrate CHP et clairement engagée, elle, dans la lutte contre l'extrême-droite tant belge que turque), est très active au sein du Belçika Türk Koordinasyon Kurulu (BTTK), le Conseil de coordination belgo-turc, une organisation d'extrême-droite "ayant pignon sur rue" et qui "regroupe toutes les tendances" (dixit le CDH) dont le vice-président et cofondateur, Kenan Daggün, a été de 1992 à 2000 président de la Belçika Ülkücü Türk Federasyonu, Fédération idéaliste turque de Belgique (Loups Gris = branche belge du parti fasciste "grand-turc" MHP).

Mais, comme le précise un communiqué reçu de cette organisation, non signé (voir plus haut), "Ni Hitler, ni Mussolini, ni Franco nāétaient de nationalité turque", il n'y aurait donc pas de fascistes turcs... ni d'ailleurs de négationnistes du génocide arménien ?

Suite à un entretien, Madame Caner a méchamment menacé notre journaliste et carrément arraché le tiers de la page numéro 6 de son carnet de notes (voir image). Mehmet est pour le moment en train de préparer un compte-rendu de la soirée. Heureusement, il avait pris dix pages de notes. De telles méthodes sont typiques d'un certain état d'esprit, il y a à peine quelques semaines des militants des Loups Gris ont encore physiquement agressé un journaliste turc progressiste à Chypre et lui ont volé les cassettes de sa caméra vidéo.

Pour que les abonnés de Suffrage-Universel puissent bénéficier d'une information la plus complète possible, nous demandons incessamment que Madame Esma Caner nous fasse parvenir immédiatement la partie manquante de l'entretien. Nous condamnons fermement cette agression. (http://fr.groups.yahoo.com/group/suffrage-universel)
 

Commentaires de la rédaction de RésistanceS

La rédaction de RésistanceS vous propose, ci-contre, une dépêche émise le 13 novembre 2003, par le site belge Suffrage universel (www.suffrage-universel.be), et reprise ensuite par Info-Turk, une association et un journal dÕinformation dirigés par des progressistes démocrates turcs en exil en Belgique. Cette dépêche informe des liens unissant aujourdÕhui nos partis démocratiques à la mouvance dÕextrême droite présente dans lÕimmigration turque installée en Belgique. De ce fait-là, nos démocrates violent clairement le principe du cordon sanitaire : pas dÕalliance avec les antidémocrates! Mais quand il sÕagit de fascistes pouvant parfois rapporter gros au niveau électoral dans certaines communes, la donne semble changerÉ Deux poids deux mesures?

Par ailleurs, cet article de Suffrage universel est un bon éclairage sur la situation des organisations dÕextrême droite, racistes et nationalistes turques présentes et fortement actives sur le territoire belge. Avec la complice des autorités diplomatiques de lÕEtat turc en Belgique. (Alexandre VICK, http://www.resistances.be)
 

La Libre Belgique: Fréquentations turques contestées

L'ENFER EST-IL PAVE DE BONNES INTENTIONS? Dans son souci - louable - de jeter et entretenir des ponts entre autochtones et allochtones, on ne peut exclure que la classe politique se fourvoie parfois dans la qualité de ses fréquentations. Ainsi, s'agissant de la nébuleuse turque de Belgique.

Lundi dernier, dans un restaurant de Schaerbeek. des politiciens belges de formations démocratiques ont assisté ou sont passés à la rupture de jeûne organisée par le "Conseil de coordination belgo-turc" (BTKK, en turc). On y trouvait des mandataires locaux (PS, PRL, FDF), des parlementaires (CD&V, SP.A, CDH), un secrétaire d'Etat (à la Région bruxelloise, le SP.A Pascal Smet) et une présidente de parti (Joëlle Milquet. CDH). Problème? Parmi [les 93 organisations que dit fédérer le BTKK. on trouve 2 fédérations des "Loups gris" que l'on classe sans conteste parmi l'exirème droite (les experts parlent à leur égard de mouvance "nationale-islamiste" par analogie explicite avec le national-socialisme nazi). L'ensemble du BTKK s'en trouve-t-il suspect?

Ce Conseil de coordination "a pignon sur rue"; il regroupe "toutes les tendances", se défendait-on hier, en toute sérénité, au CDH. A l'Inverse, un connaisseur passionné (mais parfois contesté) du registre, Pierre-Yves Lambert, qui en fait grand cas, qualifie tout le BTKK d'extrême droite. Au réseau spécialise "Résistances", on serait tenté de penser comme lui. Enfin, de la source - turque - qui nous paraît la mieux informée, mais qui requièrt l'anonymat, on nuance: "Toutes les organisations qui se trouvent dans le BTKK ne sont pas d'extrême droite, mais la droite avec des dominantes extrémistes y a son poids." (La Libre Belgique, le 18 novembre 2003)
 

Rupture du jeûne: Des élus des partis politiques belges avec l'extrême-droite turque

La rédaction de Suffrage Universel souhaiterait connaître, aux fins de les diffuser largement, entre autres auprès des dirigeants des partis signataires il y a dix ans de la "charte de la démocratie", les noms des politiciens belges (d'origine turque ou non, on n'est pas racistes) qui ont assisté ce lundi soir dans le restaurant Bergama (chaussée de Haecht à Schaerbeek) à la rupture de jeûne organisée par l'organisation d'extrême-droite "Conseil de Coordination Belgo-Turc" (Koordinasyon Kurulu), suivie d'une conférence donnée par le Dr. Abdulkadir Cay, ministre d'Etat MHP (parti fasciste des Loups Gris) sous le gouvernement Ecevit.

Il semble qu'une des co-organisatrices soit Nezahat Namli, échevine MR (PRL) à Saint-Josse, c'est en tout cas ce qui ressort de l'affiche annonçant l'événement, placardée dans tous les cafés et snacks du Türkbeekistan (Chinatown turc bruxellois).

Le Conseil de Coordination Belgo-Turc (BTKK, Belçika Türk Koordinasyon Kurulu), créé en mars 1996, regrouperait 93 associations dont les fédérations suivantes : Fédération turque de Belgique (Loups Gris), Fondation islamique turque de Belgique (Diyanet, dépendant de l'ambassade), Fédération des travailleurs turcs de Belgique (annexe de la Diyanet), Fédération culturelle islamique des travailleurs turcs de Belgique (Synthèse turco-islamique, Loups gris islamistes), Fédération sportive des Turcs de Belgique (dépendant de l'ambassade).

Le BTKK annonce fièrement sur sa page en néerlandais qu'il est "au service de l'Etat turc et des compatriotes turcs toute l'année, 24h sur 24, 7 jours sur 7". Le site du BTKK, "Turkish Lobby", www.turkish-lobby.com, dont le nom ne prête pas à confusion, se profile dans le même registre que son homologue français www.tetedeturc.com, bataillant et pétitionnant contre les nombreux et polymorphes "ennemis de la Turquie"...

C'est le BTKK qui a organisé avec le BADD (Association pour la pensée d'Atatürk en Belgique) la manif devant le monument ixellois au génocide arménien il y a quelques mois, afin d'exiger son démantèlement.
( http://fr.groups.yahoo.com/group/suffrage-universel/message/1799   le 11 novembre 2003)
....
Voici les noms des politiciens, dont une présidente de parti (Joëlle Milquet) et un secrétaire d'état régional (Pascal Smet, évidemment) qui ont participé au repas de rupture du jeûne organisé par l'échevine MR (PRL) Nezahat Namli et son époux sous la houlette de l'organisation d'extrême-droite "Conseil de coordination belgo-turc".

La présence de dirigeants, élus et membres des partis démocrate-chrétien et démocrate-humaniste (ex-démocrates-chrétiens francophones) interpellera peut-être les Arméniens et Assyriens qui militent dans ces partis...

Le consul général de Turquie à Bruxelles et le consul à Anvers étaient également de la fête.

A part Ecolo, Spirit et le N-VA, tous les partis démocratiques belges comptant au moins un parlementaire étaient représentés.

Centre démocrate Humaniste
Joëlle Milquet (présidente, députée fédérale)
Clotilde Nyssens (sénatrice)

Christen-Democraat en Vlaams (CD&V)
Brigitte Grouwels (ancienne ministre communautaire, députée régionale)
Ergün Top (ancien candidat en 1999 et 2000)
Nebahat Acar (candidate en 1999, 2000 et 2003)

Parti socialiste
Emir Kir (échevin à Saint-Josse)

Socialistische Partij Anders (SP.A)
Pascal Smet (secrétaire d'état régional bruxelllois)
Cemal Cavdarli (député fédéral)

Mouvement Réformateur (MR)
Nezahat Namli (échevine PRL à Saint-Josse)
Sait Köse (échevin FDF à Schaerbeek)
Belma Tek (candidate PRL en 2003, conseillère au cabinet du Ministre des Affaires étrangères)
Hatice Ciftci (candidate PRL en 2003)

Agalev
Hüseyin Dönmez (candidat à la Chambre en 1999)

Sans étiquette politique fixe
Halis Kökten (conseiller communal à Saint-Josse)

Rappelons que le débat politique en Flandre ces jours-ci tourne autour des déclarations du président du CD&V (démocrates-chrétiens) et du chef de groupe de ce parti à la Chambre en faveur de la rupture du "cordon sanitaire" qui isole depuis plus de dix ans le Vlaams Blok, un parti d'extrême-droite puisant ses racines idéologiques et historiques dans le mouvement nationaliste collabo des nazis, et frère d'armes du Front National de Le Pen.

Au même moment, côté francophone, le président du MR (droite libérale) a appelé ses homologues à souscrire à une nouvelle "charte démocratique"
(  http://fr.groups.yahoo.com/group/suffrage-universel/message/1801  le 13 novembre 2003).
 

Un centre d'accueil pour 400 clandestins créé à la frontière gréco-turque

Le gouvernement a annoncé mercredi la création d'un centre d'accueil d'immigrés de 400 places près de la frontière gréco-turque (nord-est), lieu passage régulier des clandestins venant d'Asie à destination de l'Europe, a rapporté l'Agence de presse d'Athènes (ANA, semi-officielle).

Ce centre d'un coût de 500.000 euros doit permettre de palier aux insuffisances de trois centres d'accueil provisoires créés en 2002 dont les mauvaises conditions ont été dénoncées à plusieurs reprises par les organisations de défense des droits de l'Homme.

Ces trois centres avaient été créés pour répondre à une vague de clandestins qui avaient traversé le fleuve frontalier Evros en 2002.

"Il y avait un grand besoin de créer un centre moderne dans cette région", a indiqué à l'AFP la responsable de la section grecque des Médecins du Monde (MDM), Elefthéria Parthénopoulou, présente dans la région avec 30 membres.

Le secrétaire d'Etat à l'Ordre public, Dimitris Efstadiadis, a en outre annoncé que 1,1 million d'euros, provenant d'un budget total de 2,9 millions d'euros consacrés à l'immigration clandestine, doit servir pour l'amélioration des trois centres existants, a rapporté l'ANA.

La Grèce, en raison des ces vastes frontières terrestres et maritimes, est l'un des pays de l'Union européenne le plus touchés par l'immigration clandestine. (AFP, 5 novembre 2003)
 

Rassemblement de TAYAD devant le Parlement européen

Quelques 200 membres de l'association turque d'entraide avec les familles des prisonniers politiques (TAYAD) sont rassemblés devant le parlement européen à Bruxelles pour rappeler que les prisonniers politiques continuent de subir des brutalités et des tortures tant physiques que psychologiques dans les prisons de type F.

Ces prisons de type F, entièrement composées de cellules d'isolement, avaient été inaugurées le 19 décembre 2000 suite à une opération militaire visant plusieurs centaines de prisonniers politiques qui observaient une grève de la faim depuis 61 jours dans une vingtaine de prisons à grandes chambrées.

Leur grève de la faim baptisée "jeûne de la mort" était précisément destinée à protester contre l'ouverture imminente de ces nouvelles prisons cellulaires.

Durant cette opération militaire qui avait été cyniquement baptisée "opération de retour à la vie" par les autorités turques, 28 prisonniers politiques de gauche avaient été sauvagement assassinés.

Aujourd'hui, cette grève de la faim, la plus longue de l'histoire, se poursuit inexorablement, dans l'indifférence totale de l'opinion publique européenne, elle-même victime du silence des pouvoirs et des médias.

Les manifestants regroupés actuellement devant le parlement européen entendent également protester contre la complicité de l'UE dans l'élaboration du nouveau régime carcéral en Turquie et rendre hommage aux 107 personnes qui ont perdu la vie dans cette résistance de longue haleine.

Le 20 octobre dernier, c'est-à-dire au troisième anniversaire de cette résistance, un nouveau détachement de 8 volontaires, tous membres de l'organisation de gauche DHKP-C (Parti-Front révolutionnaire de libération du peuple), avait rejoint le mouvement de jeûne.

Les membres de Tayad craignent que si les autorités turques ne daignent pas mettre fin au régime d'isolement dans les prisons de type F, ces grévistes de la faim risquent à leur tour de perdre la vie. (TAYAD, 4 November, 2003)
 
 

For all the news since February 1998
Pour toutes les informations depuis février 1998