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A non-government information center on Turkey
Un centre d'information non-gouvernemental sur la Turquie
 

28th Year / 28e Année
 

INFO-TURK

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Mai 2004 May

N° 309
 
 

Amnesty International's 2004 Report:
Violations of rights still exist in Turkey
 

Toutes les informations du mois
All informations of the month

 

 

O Droits de l'Homme / Human Rights O

Mutinerie dans une prison turque: un détenu tué par ses compagnons de cellule
Torture in Turkey: Eliminated, or only less visible?
A 2,148-page document on anti-democratic laws and articles in Turkey
Amnesty International's 2004 Report: Violations of rights still exist in Turkey
Trial on the operation against hunger strikers in Canakkale Prison
La 112e victime de la grève de la faim: la 15ème lors du pouvoir islamiste
CHD: Those who talk of Iraq stay silent on tortures in Turkey"
Manifestation contre des navires de l'OTAN en Turquie: 18 interpellations
Attempts to Obtain Information Fail 
Manifestations en Turquie contre les violences israéliennes à Gaza
IHD: Attacks on Visitors at Prisons Continue
Explosion à proximité du fast food McDonald à Istanbul
Physician-deputies condemn torture
Missing People: Saturday Mothers Demand Justice
Lawyers on Trial at Istanbul Heavy Penal Court
Deux manifestations contre la visite de Tony Blair en Turquie
Des bombes explosent devant des banques britanniques avant la visite de Blair
Protestation contre la visite de Tony Blair à Ankara
IHD Protests Torture Events In Iraq
Students clash with gendarmerie in ODTU
Not only the name, but the system of DGM should be abolished
New Turkish Criminal Code open for public debate
En Turquie, il y a des dizaines d'Abou Ghraib...
Manifestation à Istanbul contre l'occupation US et les sévices en Irak
Projet d'attentat contre l'OTAN: trois suspects relâchés
Sévices: manifestation devant l'ambassade américaine en Turquie
Le Prix de la paix d'Aix-la-Chapelle à l'avocate kurde Eren Keskin
Anti-NATO protest in Istanbul
Arrest and torture of a prominent human rights defender
Une détenue s'est immolée pour protester contre le régime carcéral
"Penal Code Draft legitimizing violations of women's rights should Change"
Anti-torture protest with sacks on Istiklal Avenue
Pas de mariage lors du sommet de l'Otan à Istanbul

Le 1er mai: Plus de 100 interpellations dans le sud-est de la Turquie
Recent human rights violations in brief 

O Pression sur les médias / Pressure on the MediaO

Le 57ème Congrès mondial des journaux (AMJ) réuni à Istanbul
Radio and Television personnel detained
Journalist on Trial in Istanbul
Censored Theatre Plays in Antalya
Deux jugements contraires à la liberté de la presse
Debates on the respect of the freedom of expression in Turkey
Newspaper sentenced to pay Turkish generals for defamation

Cartoonist on Trial in Izmir
Eurovision Musicians Protest NATO Meeting In Istanbul
Ukraine's wild dance wins Eurovision Song Contest
New press law approved by commission
Journalist Convicted for criticizing an anti-Armenian association
The name of independent and alternative journalism: BIANET
Journalist Kara Asks for Support in "Filming" Trial
"Les journaux turcs endorment leurs lecteurs en leur injectant de la morphine"
Journalist on Trial in Marmaris
Journalist Wants his Camera Back
Theatre Play Banned in Derik
Le chef de l'Armée turque: un des 37 prédateurs de la presse dans le monde
BIA2 2004 Three-Month Report on Press Freedom in Turkey
BIA2 Media Report: RTUK Closes, Court Opens
Journalist and Demonstrators on Trial in Van

O Kurdish Question / Question kurde O

Les villages kurdes détruits par l'Armée turque ne sont pas encore dédommagés
Tens of thousands meet in Diyarbakir for festival
La guérilla kurde met fin à la trêve en Turquie à partir du mardi 1er juin 2004
Turkish military vehicle destroyed in Shirnak by Kurdish guerrillas
Kurdish guerrillas to end their five-year ceasefire with Turkey
A Diyarbakir, la télévision en kurde est déjà dans la plupart des foyers
La télévision publique turque va diffuser des émissions en kurde
Un soldat turc abattu, un autre blessé dans l'est de la Turquie
Trois policiers turcs blessés par des militants kurdes dans le sud-est
Turkey's Youngest Woman Mayor: Aysen Atli 
Un soldat turc abattu dans l'est de la Turquie
Quatre Kurdes soupçonnés de vouloir miner des routes recherchés en Turquie
Inquiry Against Kurdish "Thank You"
Two killed, four injured in suspected Kurdish attack on police
Teacher Sent on Exile Because of Kurdish Poem
Leyla Zana Accuses German MP Roth of Making a "Show"
Interdiction de l'utilisation de mots et de lettres en kurde
Violations des droits de l'homme dans les régions kurdes
First Kurdish Film on Gun TV
Court  issues justification for DEP decision
Un véhicule militaire saute sur une mine: deux tués, trois blessés
Une émissaire allemande empêchée de rencontrer la députée kurde Zana
Deux soldats tués par une mine dans la région de Diyarbakir
"Kurdish is Being Treated as Sub-Culture"
Huit militants kurdes tués par les forces de sécurité turques dans le sud-est
Five Kurds killed at armed fights in Turkey
L'examen de l'affaire Ocalan en appel devant la CEDH reporté au 9 juin

O Minorités / MinoritiesO

Taner Akcam's conference on the Armenian Genocide at Harvard University
Zarakolu's conference in Washington on the Repression and Armenian Genocide
Yves Ternon: L'adhésion turque à l'UE et le génocide arménien
La FIDH condamne le négationnisme concernant le Génocide Arménien
Une réponse arménienne à Chirac sur l'adhésion de la Turquie à l'Europe
Un appel des intellectuels turcs contre la dénégation du génocide arménien

O Politique intérieure/Interior PoliticsO

Le président turc s'oppose à la réforme controversée de l'éducation
Le président turc ratifie des réformes demandées par l'Union européenne
30 CHP deputies call for extraordinary congress
Le parlement turc adopte des amendements à la Constitution

O Forces armées/Armed ForcesO

General Staff Blocks US Intelligence in Turkey 
Birant: "If Turkey becomes an EU member, the Turkish Army's role will be more important!" 
The Turkish Army threatens to keep its units in Iraqi Kurdistan
Book on parliamentary control of armed forces launched in Turkey 
Turkish Defense Strategy Prioritizes Local Production 
Turkish Army Set To Produce Injuring Shells
Kozanoglu: "AKP and the General Staff aren't Democratic"
Ankara annule trois importants appels d'offres pour la Défense
L'Armée turque intensifie sa pression sur le gouvernement
Turkish Land Forces Commander praised Denktash in Cyprus

O Affaires religieuses / Religious AffairsO

Metin Kaplan, "le Calife de Cologne", s'est présenté à la police
Attentats d'Istanbul: les juges décident qu'ils ne sont pas compétents
La police allemande cesse de rechercher l'islamiste dit "Calife de Cologn
Le responsable turc d'une mosquée de Paris renvoyé jeudi en Turquie
Pas de titre de séjour pour le "Calife de Cologne"  en Allemagne
Disputes over YOK bill favoring religious schools continue
Malgré une forteopposition, le parlement a adopté la loi favorisant les écoles religieuses
Bruxelles: la loi sur les écoles religieuses est un débat purement turc
Religious Leaders Meet in Mardin for Peace in Mardin
Les lycées religieux au centre d'une nouvelle polémique en Turquie
Academics revolt against education reform bill
L'armée turque s'oppose à la réforme favorisant les écoles religieuses
The AKP Power's Insistance on the Preachers' Schools
Douze inculpés, liés à Al-Qaïda, après un attentat contre une loge maçonnique
Arrestation en Turquie de 25 personnes, soupçonnées de liens avec Al-Qaïda

Projet d'attentat contre l'OTAN: des suspects auraient été entraînés au Pakistan

O Socio-économique / Socio-economicO

Unemployment, poverty haunts Turkey's war-torn southeast
Batman Women's Platform: Women killings have reached alarming levels
En Turquie, les familles pauvres partent aux champs pour une saison
Awful data on social injustice in Turkey
Lack of opportunity for girls could affect Turkey's EU hopes
Des associations d'homosexuels reçues pour la première fois au Parlement turc
La Turquie s'apprête à recevoir un prêt d'1 md USD de la Banque mondiale
Soccer club menager's collaboration with Mafia figure
Gaps in development levels between towns soar
Turkey's Foreign Trade Deficit Up 80.1%
L'opposition attaque le gouvernement turc au sujet du film "Troie"
Turkey Displays Troy Treasures in Time for Film
Turquie: croissance au-dessus de 5%, inflation apparemment contrôlee (OCDE)
Début des travaux d'un tunnel sous le Bosphore
Women Lost as Unregistered Economy Grew
Poverty Pushes Children onto Streets
La Turquie souhaite se doter d'une centrale nucléaire (ministre énergie)
Unions Forgot about Child Laborers on May 1

Déclaré mort à l'âge de 104 ans, un ancien soldat turc se bat pour sa retraite

O Relations turco-européennes / Turkey-Europe RelationsO

Does Turkey have a Plan-B if the European Union says "No!"?
EU to Issue Double Report on Turkey
Giuliani: "L'Elargissement de l'Europe", mais sans la Turquie?
Verheugen: On jugera la Turquie sur les mêmes critères que les autres candidats
Merkel: E.U. Cannot Afford to Include Turkey
UE Commissioner Patten urges debate on Turkey
La campagne des européennes est lancée en France
Reuters poll: Bulgaria seen in EU in 2007, Turkey in 2015

Turkey signs cooperation agreement with Europol
Political and human rights still impede Turkish EU entry
Commission report on Turkey may come one month early
Arlette Laguiller: "Des pays très catholiques sont entrés dans l'UE"
Polémiques sur un éventuel report d'une décision sur la Turquie
53% des Français opposés à l'entrée de la Turquie dans l'UE
La candidature turque place les Européens face à leur déficit d'identité
YOK controversy sour Turkey-EU ties
Nouvelles Ambiguïtés sur l'adhésion de la Turquie à l'UE
UE : Tous les partis autrichiens contre une entrée proche de la Turquie
Chirac favorable à la Turquie dans l'UE, mais...
Blair : l'admission de la Turquie, un "grand défi"
La Turquie "n'a pas sa place en Europe", selon Nicolas Sarkozy
La question de l'adhesion turque à la Convention nationale du PS
La "motion de synthèse" de l'UMP dit non à la Turquie
Raffarin réaffirme que la Turquie ne peut pas entrer dans l'UE aujourd'hui
Laurent Fabius se déclare contre l'adhésion de la Turquie
Onze élus français pour double référendum sur la Constitution et la Turquie
La Turquie jalouse les anciens pays communistes qui ont rallié l'UE
Députés européens UMP mandatés pour dire "non" à Turquie dans l'UE
Après la fête, le fait de Turquie en Union européenne

O Turquie-USA-Irak / Turkey-USA-IraqO

Kurdish leader Talabani insists on own federal region
Le chef kurde de la défense civile à Kirkouk et sa famille tués
Turkish Government complains of "US foot-dragging on Kurdish rebels"
Les Etats-Unis veulent déployer des avions militaires en Turquie
Les Kurdes mécontents du projet de résolution de l'Onu
 Le département d'Etat met en garde contre des manifestations anti-américaines
IISS: Turkey, US not lovers but still good friends
Une foire commerciale transférée de Bagdad en Turquie
Iraq-Turkey pipeline bombed in Kirkuk
Cannes: la Palme d'or pour le brûlot anti-Bush de Michael Moore
U.S. Troops, Iraqi Police Raid Chalabi's Home and HQ
Violences au PO et en Irak: presque du "terrorisme d'Etat", selon Erdogan
Iraqi Turkmen leader killed In Traffic Accident, Not By An Armed Attack
Turkmen Front leader killed near Kurdish city of Kerkuk
Un employé d'une firme turque de construction et son chauffeur tués à Mossoul

Exportations vers l'Irak: 580 mls de dollars en quatre mois (ministre turc)

O Relations régionales / Regional RelationsO

La Turquie a produit des pièces de centrifugeuses pour la Libye
Ankara envisage de rappeler son ambassadeur en Israël
Ankara Discusses with Israel an Undersea Energy 'Corridor'
Premier forum des hommes d'affaires syriens et turcs à Alep
Après la violence contre les Palestiniens Ankara s'interroge sur son alliance avec Israël
La Turquie envisage de prendre la tête de l'Isaf en Afghanistan en 2005
Ankara pour la résolution pacifique des conflits séparatistes en Géorgie
Washington demande à la Turquie d'envoyer des troupes en Afghanistan
La Turquie ne remettra aux Roumains qu'une réplique d'une épée disputée
Turkey To Send Israel Water
Le président arménien Kotcharian absent au sommet de l'Otan en juin

La Turquie préoccupée par le conflit adjar, appelle à la retenue

O Chypre et la Grèce / Cyprus and GreeceO

La Turquie souffle le chaud et le froid au-dessus de la mer Egée
Denktas Reacts To Council Of Europe's Decision on KKTC representation
KKTC Lifts Passport Obligation For E.U. Citizens
Turkish Cypriot candidate runs for EP polls in Cyprus 
The KKTC Goverment in minority lost one more deputy
Bruxelles proposera des relations commerciales directes UE/nord de Chypre
First Tourist Group Passes From Greek Cypriot Side To Turkish Side
La Grèce annule 2 mds EUR de contrats militaires après des coupes turques
KKTC PM Talat Refuses to Negotiate Annan Plan
Rauf Denktas Signals He Won't Run Candidacy For Presidential Elections
Saisie d'explosifs dans la voiture d'un soldat turc à Chypre du Nord
La visite épineuse d'Erdogan auprès de la minorité turco-musulmane de Thrace
Athènes et Ankara soulignent le climat positif de leurs relations
L'attentat contre le principal journal chypriote turc
Erdogan à Athènes pour ouvrir une "nouvelle page" du dialogue gréco-turc
Camions turcs bloqués par la douane grecque à Chypre
Powell pledges US support for Turkish Cypriots
Denktas: It Will Be Good If Turkey Recognize Greek Cypriot State
Reasons Why Papadopoulos Rejected Annan Plan
Erdogan laisse entendre que la Turquie pourrait reconnaître Chypre

O Immigration / MigrationO

Un immigrant tué et un autre blessé sur un champ de mine
Arrestation d'un leader présumé de l'ex-PKK en Allemagne
HRW reacts against the danger of sending Nuriye Kesbir back
Naufrage d'une embarcation d'immigrés au large des côtes turques: 1 mort
La préfecture expulse les Kurdes sans papier manu militari
Campaign against the deportation of Kurdish activist Kesbir
Arrestation d'un leader présumé de l'ex-PKK en Allemagne
Grève de la faim d'une dirigeante du PKK contre son extradition des Pays-Bas
33,7% des ressortissants de Turquie naturalisés en Union européenne
L'appel du KNK contre l'extradition de Nuriye Kesbir

La justice néerlandaise autorise l'extradition d'une dirigeante du PKK
 
 
 
 
 

 

Droits de l'Homme / Human Rights

Mutinerie dans une prison turque: un détenu tué par ses compagnons de cellule

Des prisonniers de droit commun se sont mutinés dimanche matin dans la prison d'Antalya (sud de la Turquie), tuant un de leurs compagnons de cellule qui leur résistait, avant de mettre fin à leur action, sans intervention des gendarmes, ont annoncé des responsables locaux.

Le drame s'est produit dans un dortoir de seize personnes de l'établissement qui accueille au total un millier de détenus, a dit le procureur général de la ville Osman Vuraloglu à l'agence Anatolie.

Un prisonnier âgé de 41 ans a été tué, vraisemblablement avec un rasoir, alors qu'il tentait d'intervenir aux premières heures de dimanche auprès de quinze autres détenus qui se sont mutinés.

Ces derniers se sont barricadés dans leur dortoir après que le médecin de la prison eut refusé de faire immédiatement transporter à l'hôpital un de leurs compagnons souffrant, préférant l'hospitaliser dans la journée.

"Les 15 prisonniers mutins ont été convaincus grâce à des discussions et ont mis fin à leur action" vers 11H00 heure locale (08H00 GMT), a précisé le procureur qui a exclu que l'affaire ait une "dimension politique".

Certains mutins seront transférés dans d'autres établissements, a-t-il ajouté.

De nombreux gendarmes anti-émeutes en tenue avaient pris position autour de la maison carcérale lors des négociations entre les parties. (AFP, 30 mai 2004)

Torture in Turkey: Eliminated, or only less visible?

Bastinado foot torture, electrical shock and Palestinian hanging have not been applied by the Ankara police in 2003. Among 283 people who were subjected to torture and ill-treatment that same year in Istanbul, only one of them claimed to have experienced bastinado foot torture, three of them Palestinian hanging and one of them electrical shock. In Adana, only one person claimed he was was the victim of bastinado, according to a bulletin issued by Turkey's prominent human rights group, the Human Rights Association (IHD). The IHD report says these three types of torture, which used to be common in Turkey's police departments, have almost been eliminated in recent months.

By looking at these figures, it is fair to say that some progress has been made in decreasing the number of torture cases in recent months, surely a result of the "zero tolerance for torture" policy of the government, which is engaged in efforts to further increase Turkey's human rights standards in its quest to join the European Union.

However, this is not the end of torture in Turkey since the issue is becoming more complex. While the methods of torture noted above are decreasing in use, other forms that leave no visible marks on the victim -- and are therefore more difficult to prove -- have begun to be preferred and are increasing in use.

According to a press release issued by the Association of Contemporary Lawyers (CHD), leaving detainees hungry and without sleep for many hours, forcing them to listen to the screams of other torture victims, making them stand in an unchangeable position for long periods of time, and threatening detainees in a way that will cause paranoia are methods of torture that have become increasingly common.

Though these methods of torturing people do not have immediately visible effects on the victims, their long-term effects are as important as those of torture methods that encompass more physical violence, says the statement.

Lack of awareness and unwillingness to delve deeper

"These methods are now preferred since they leave no visible marks on the tortured person's body. However, there are a number of factors -- other than an increase in non-visible methods of torture -- that are obscuring the true number of torture cases and, in fact, the real number of such cases is much higher than it seems," says Elvan Olkun, a member of the CHD and attorney for Feride Kaya, a torture victim whose trial is still under way.

"First comes the attitude of Turks towards torture; their awareness is still not high enough on this issue. They usually don't seek to enforce their rights, and they don't apply to the courts after experiencing torture since they have been threatened or don't want others to hear about their ordeal. They usually think they will be unable to achieve concrete results through the judicial process. And another factor concerns the definition of torture in Turkish eyes. Verbal assaults or a slap in the face are not perceived as torture; rather, only the type of treatment that leaves serious injury is labeled torture," Olkun goes on to say.

Another issue Olkun complains about is the fact that investigative bodies do not make sufficient use of the power accorded them by the law. "For instance, the prosecutor does not become involved unless the tortured person files a complaint with the courts. However, the prosecutor should immediately begin to investigate the matter, without waiting for the tortured person to file a formal complaint, if there is a notice of injury reported by the Council of Forensic Medicine (ATK) following a detention."

"The investigative bodies should take every shred of evidence into account when investigating a torture case; however, they usually consider only the police reports. All these factors conspire to make the number of torture cases appear smaller than it really is," she adds.

What is to be done?

The CHD statement lists a number of measures to be taken to prevent torture and to maintain a well-functioning investigative process.

The statement calls for regulations that will pave the way for the expert supervision of arrest, detention and criminal penalty execution units and for transforming the Council of Forensic Medicine into an independent body. It says a speedy judicial process should be implemented for torture cases, and crimes of torture should not be subject to a statute of limitations since they are crimes of humanity.

"The punishment for torture crimes should be proportional to the physical and psychological damage inflicted on the tortured person. For instance, the punishment in a torture case that results in the death of the victim should be harsher than the punishment prescribed for the deliberate killing of a person," said the CHD in its statement. (SINEM TASSEVEN, Turkish Daily News, May 25, 2004)

A 2,148-page document on anti-democratic laws and articles in Turkey

A new "book", which was compiled by studying laws for over a year and which puts together regulations that limit the freedom of thought, has been published. The book was prepared with the efforts of a group of human rights activists who name themselves as "Initiative against Crimes of Thought."

Husnu Ondul, head of the Human Rights Association (IHD), Yilmaz Ensaroglu, head of the pro-Islamist Association for Human Rights and Solidarity for the Oppressed (MAZLUMDER), Yavuz Onen, head of the Turkish Human Rights Foundation (TIHV), and Sanar Yurdatapan, the spokesman for the "Initiative Against Crimes of Thought," Tuesday sent a copy of the 2,148-page book to politicians and state officials.

Among the receipents were The Presidency, Turkish Grand National Assembly (TBMM), Prime Ministry, the Constitutional Court, Supreme Court of Appeals, Council of State, Justice, Foreign and Interior Ministries, TMBB Human Rights Commission and the Human Rights Department of the Prime Ministry.

"The outcome is painful and horrible"

The study was aimed at compiling every rule that eliminate, prevent or limit the freedom of "thought, conscience and expression in the decisions of the Cabinet of Ministers, and regulations and circulars issued by ministries, their sub-offices or other public institutions." The study was overseen by Prof. Semih Gemalmaz of Istanbul University's Faculty of Law.

The group urges that "a lot more has to be done until we can say thought is no longer a crime in Turkey." The outcome of the study was painful and horrible, they argue.

The group spokesperson said that a "big, hardbound, 2,148-page and 2.5 kilogram baby" was born out of the study and sent a "brief and straight" message to the state:

* The Constitutional amendments in 10 articles and amendments to some 90 laws Turkey made, as part of its bid to join the EU, are generally positive.

* But the bans on thought have spread into the smallest cells of the body of the society like cancer.

* If you want to say, "We have lifted the ban on thought," come on. The volume of your mission is 2,148 pages and 2.5 kilograms! (Erol ONDEROGLU, BIA, May 26, 2004)

Amnesty International's 2004 Report: Violations of rights still exist in Turkey

Amnesty International has issued its Annual Report 2004 on the situation of human rights in all countries of the world. Below is the entry on Turkey from Amnesty International's Annual Report 2004 covering events from January to December 2003:

Important legal reform packages (known as the "harmonization laws") relating to human rights protection and aimed at meeting the criteria for accession to the European Union continued to be introduced by the Justice and Development Party (AKP) government. Implementation of the reforms was uneven and it was too early to gauge significant progress on human rights as a result of the legislation. Reports of torture and ill-treatment in police detention and disproportionate use of force against demonstrators continued to be matters of grave concern, although the use of some torture methods appeared to diminish. Those who attempted to exercise their right to demonstrate peacefully or express dissent on some issues continued to face criminal prosecution.

Background

On 1 March parliament refused to authorize US troop deployment on Turkish soil, signalling that Turkey would not be closely involved with the war in Iraq.

A change in the Constitution brought in by the new AKP government paved the way for AKP Chair Recep Tayyip Erdogan to stand for parliament in a by-election in Siirt province, and on 14 March he replaced Abdullah Gül as Prime Minister.

Four "harmonization" reform packages entered into law on 11 January, 4 February, 19 July and 7 August. Among the notable elements were: provisions aimed at removing certain regulations and practices that had contributed to impunity for torture and ill-treatment; the possibility of retrial for those whom the European Court of Human Rights ruled had suffered a violation of the European Convention on Human Rights as a result of a court ruling in Turkey; abolition of Article 8 of the Anti-Terror Law (the crime of spreading separatist propaganda); lifting of restrictions on non-Turkish language broadcasting on private television and radio stations; the end of incommunicado detention and the right to immediate legal counsel for State Security Court detainees; and changes in the organization and status of the National Security Council.

Changes were also made to other laws, including the Law on Associations, the Press Law, the Law on Political Parties, the Law on Meetings and Demonstrations, and the Law on Foundations. However, the reforms consisted of amendments to articles of these laws rather than the fundamental redrafting of the laws that human rights lawyers and defenders had called for.

There was concern that despite amendments to and repeal of certain articles of the Turkish Penal Code (TPC) and Anti-Terror Law, the lack of an holistic approach meant that similar articles to those altered or repealed were retained in other laws. AI feared that these could be used by prosecutors in place of the earlier articles.

As a result of the new law on retrial, four former Democracy Party (DEP) deputies, Leyla Zana, Hatip Dicle, Orhan Dogan and Selim Sadak, attended the first hearing of their retrial on 28 March. AI believed that the four prisoners of conscience, imprisoned since 1994, were punitively punished for their non-violent political activities relating to the Kurdish question. One-day hearings of the retrial were subsequently held once a month; AI and other international observers voiced serious concerns about the fairness of the trial procedures and the continued imprisonment of the four former deputies.

The pro-Kurdish political party HADEP (People's Democracy Party) was banned by a Constitutional Court ruling on 13 March.

On 23 September Turkey ratified the International Covenant on Civil and Political Rights and the International Covenant on Economic, Social and Cultural Rights.

On 25 September Turkey signed the Ottawa Convention (Law on Prohibition of the Use, Stockpiling, Production and Transfer of Anti-personnel Mines and their Destruction). During the year at least 15 people, several of them minors, were killed by landmines or abandoned explosives in the southeastern and eastern provinces. Many others were injured.

On 15 November the Neve Salom and Beth Israil synagogues in Istanbul were bombed, allegedly by militant Islamists, killing 26 people and injuring hundreds. On 20 November the British Consulate and the HSBC bank headquarters in Istanbul were bombed, killing 31 people and again injuring hundreds.

Torture and ill-treatment

Torture and ill-treatment in police detention remained a grave concern. Although there were far fewer reports of the use of torture methods such as electric shocks, falaka (beatings on the soles of the feet) and suspension by the arms, there were regular reports of detainees being beaten, stripped naked, sexually harassed and denied adequate sleep, food, drink and use of the toilet.

One reason for the persistence of torture and ill-treatment in detention was the failure of law enforcement officials to follow prescribed procedures, including the duty to inform detainees of their rights and to allow access to legal counsel. Lawyers said that in some cases they were told by police officers that a detainee did not wish to see them without providing any evidence of this. Other contributing factors included inadequate documenting of torture and ill-treatment in medical reports, and the acceptance as evidence by courts of statements extracted under torture.

Disproportionate use of force by police during demonstrations was widespread. Television news programs regularly broadcast scenes of demonstrators being beaten, kicked and ill-treated by law enforcement officials. Groups particularly targeted during demonstrations included supporters of the political party DEHAP (Democratic People's Party), leftist parties, trade unionists, students and anti-war activists.

Of particular concern were the many allegations of people being abducted by plainclothes police and then tortured or ill-treated. These incidents of unrecorded detention were almost impossible to investigate and the perpetrators continued to enjoy impunity.

Sixteen-year-old S.T. reported that on 26 November in the town of Siirt, southeast Turkey, he was abducted in the street by plainclothes police, had a sack put over his head and was pushed into a car. He said that his hands and feet were bound and he was beaten over the head and knocked unconscious. He stated that he was beaten severely and threatened with a gun held to his head for information about the whereabouts of his brother. He was later left in a cemetery outside the town.

Gülbahar Gündüz, active in the women's section of the Istanbul branch of DEHAP, reported that on 14 June she was abducted in the street in Istanbul by plainclothes police officers, blindfolded, taken in a car to an unknown building, raped and otherwise tortured. Although a report from the Forensic Institute documenting the evidence of torture was pending, an internal police investigation was dropped.

Impunity for police abuses

The 11 January reform package ended the possibility of prison sentences handed down for torture and ill-treatment by police being suspended or converted to fines. The new law was not applied retrospectively. As a result, trials and sentences in such cases continued to be suspended, sometimes on the basis of previous laws.

On 18 February the trial of Süleyman Ulusoy (known as "the Hose"), a police superintendent, was suspended under the terms of the December 2000 "amnesty law" (Law No. 4616 on Conditional Suspension of Trials and Sentences for Offences Committed up until April 1999). A videotape showing him beating transvestites with a hosepipe in the Beyoglu police headquarters in Istanbul had been broadcast on television in 2000. He remained on duty in Istanbul.

Two police officers convicted of ill-treating Veli Kaya, a student taking part in a demonstration on 6 November 2002, received a six-month suspended prison sentence in June. The rescue of Veli Kaya by members of the public from a depot beneath a branch of the Seker Bank in Ankara where he was beaten by police had been broadcast on television. The case was referred to the Supreme Court.
The 11 January reforms also removed the requirement to secure permission from a senior official to investigate allegations of torture or ill-treatment by police. This reform was sometimes ignored.

Ali Ulvi Uludogan and his brother Ilhan Uludogan were detained on 25 May for driving through a red traffic light in the Kulu district of Konya province. They were reportedly beaten, kicked and subjected to verbal sexual harassment in detention in Kulu police station. In contravention of the 11 January reforms, the Kulu kaymakam (local state official) on 8 August decided not to allow an investigation of the alleged torture and ill-treatment.

The 7 August reform package stipulated that trials relating to cases of torture and ill-treatment should be prioritized. Despite this, the ratio of prosecutions of members of the security forces in relation to the number of reports of torture and ill-treatment remained extremely low.

The trial of the police officers charged with torturing two women – Fatma Deniz Polattas and 16-year-old N.C.S. – in Iskenderun police headquarters in March 1999 was repeatedly delayed because of the Forensic Institute's two-year failure to supply medical reports detailing their torture.
In a few cases, steps were taken to hold to account perpetrators of human rights violations.

In the final stage of the "Manisa Youths" case, the Court of Appeal on 4 April approved the prison sentences ranging from five to 11 years of 10 police officers found guilty of torturing 16 young people in December 1995. The high-profile case almost exceeded the statute of limitations, grounds on which less well-known cases faced collapse.

On 22 September, Adil Serdar Saçan, former head of the Istanbul Organized Crime Branch, was reportedly discharged from the police force by the Interior Ministry for ignoring torture committed under his authority. The prosecutor's indictment also detailed incidents of torture committed by him personally. This was a landmark ruling.

Harassment of human rights defenders

A range of laws and regulations was used to restrict freedom of expression and obstruct the activities of human rights defenders. Peaceful statements and activities were prosecuted on grounds of "insulting" various state institutions (Article 159 of the TPC), "aiding and abetting an illegal organization" (Article 169) or "inciting the people to enmity" (Article 312). Other activities were prohibited or punished under Law No. 2911 on Meetings and Demonstrations, the Law on Associations, press laws and public order legislation. In some cases human rights defenders were imprisoned. However, most of the investigations and trials resulting from such prosecutions ended in acquittals or with sentences being suspended or commuted to fines, highlighting what AI regarded as a pattern of judicial harassment of human rights activists.

Some individuals - including Alp Ayan, a psychiatrist at the Human Rights Foundation of Turkey (TIHV) in Izmir; Ridvan Kizgin, Head of the Bingöl branch of the Human Rights Association (IHD); and Eren Keskin, a lawyer who co-runs a legal aid project for women survivors of sexual assault in custody - appeared to have been particularly targeted. Punitive fines were a heavy burden on branches of associations and their members.

On 12 November, the first hearing of a trial against TIHV took place in Ankara. Seeking the suspension of nine executive board members of the foundation, the prosecutor alleged that in 2001 TIHV had violated the Law on Foundations by "cooperating" with international organizations without securing the permission of the Council of Ministers, and by raising funds via the Internet. The alleged "cooperation" took the form of translating reports and distributing them to the UN Special Rapporteur on extrajudicial, summary or arbitrary executions, the European Parliament Rapporteur for Turkey, and the Council of Europe Commissioner for Human Rights.

Özkan Hoshanli began serving a 15-month prison sentence on 28 October. He had attempted to observe demonstrations in April and May 1999 in his capacity as the then Chair of the human rights group Mazlum Der (Organization of Human Rights and Solidarity for Oppressed People) in Malatya, and was sentenced to prison and fined in May 2003 under Law No. 2911 for "participating in an illegal demonstration and not dispersing after orders and warnings, and having to be dispersed by government forces with force". He was a prisoner of conscience.

According to the IHD, 450 prosecutions had been brought against it since 2000 compared to 300 in the previous 14 years. On 6 May police searched the headquarters and local offices of the IHD in Ankara and confiscated books, reports on human rights violations, files, cassettes and computers. The Ministry of Justice informed AI that the search had been carried out on the orders of Ankara State Security Court under Article 169 of the TPC because the IHD was suspected of "coordinating a campaign to voice support for the terrorist organization PKK/KADEK [Kurdistan Freedom and Democracy Congress]".

Teachers and health workers were often posted away from their home as a disciplinary measure for involvement in human rights or trade union activities, and some student activists were expelled or suspended from university.

Violence against women

Sexual assault and harassment of women in police custody continued to be a grave concern, and in February AI published a report on the subject.

Family violence, including so-called "honour killings", was also a grave concern. AI supported the campaign of women's groups in Turkey to remove gender-discriminatory articles in the revised draft of the TPC, work on which was started by a parliamentary sub-committee in October.

Killings in disputed circumstances

A few dozen civilians were shot dead by the security forces and village guards, most of them in the southeastern and eastern provinces. Many may have been victims of extrajudicial executions or the use of excessive force.

On 8 July, five people in the village of Pul, Bingöl province, were killed by unknown assailants. There were conflicting allegations as to whether the perpetrators belonged to the state security forces or the PKK/KADEK." (Amnesty International, May 26, 2004)

Trial on the operation against hunger strikers in Canakkale Prison

On 26 May Çanakkale Heavy Penal Court No. 1 continued to hear the case that was launched against 563 security officers (3 second lieutenants, 16 sergeants, 496 privates, 1 superintendant, 10 police officers) in connection with the prison operations on 19 December 2000.

One of the lawyers of the convicts Gül Kireçkaya stated the followings during the hearing: "The indictment states that 'the security forces committed crime while they were performing their duty'. However, gendarmerie is not authorized to use gun in the prisons. Then, should the action of the gendarmerie be assessed as 'performing duty' or 'illegal behavior?'."

Lawyer Kireçkaya demanded from the court to make the defendant security forces who testified before testify before the court at the hearing. The court refused the demand and decided to see the videos recorded during the operation, fix the kind of guns used by the security forces, and hear the radio and phone conversations made during the operation.

The hearing was adjourned to 21 June. The court had decided to combine the case with the case launched against the convicts during the hearing held on 5 April. (Radikal-TIHV, May 27, 2004)

La 112e victime de la grève de la faim: la 15ème lors du pouvoir islamiste

La grève de la faim qui dure depuis plus de trois ans pour protester contre le régime d'isolement carcéral dans les prisons turques a fait une nouvelle victime. Le nombre total des victimes s'élève ainsi à 112 depuis le début et à 15 lors du pouvoir islamiste. Un prisonnier gréviste de la faim, Ali Sahin, 26 ans, est mort le 21 mai 2004 dans dans la prison de type F d'Edirne.

Ali Sahin appartenant au Front-Parti de libération du peuple révolutionnaire (DHKP-C) était dans la prison depuis 2000. Lors de l'opération "retour à la vie" contre les prisonniers politiques du 19-22 décembre, il a été blessé par balles et transféré vers la prison de type F de Tekirdag.

Le 1er mai 2002, il a pris part à la 8e équipe de volontaires du jeûne de la mort. Mais au cours de son jeûne, il a fait preuve de faiblesse et abandonna son jeûne de la mort.

Entre-temps, il a été transféré vers la prison de type F à Edirne. Là, sa santé s'est détériorée davantage.

Sa famille a demandé sa libération en se basant sur l'article 399 du Code de prodédure pénale (prévoyant la libération conditionnelle pour des raisons de santé). Mais ce ministre de la justice qui refuse même la mise en liberté à des prisonniers souffrant du syndrome de Wernicke-Korsakoff a refusé cette demande.

Le refus par les autorités de le soigner ou de le libérer est à l'origine de sa mort.

Le 1er mai 2004, une détenue de 26 ans, Selma Kubat, s'était immolée dans la prison de Gebze, au nord-ouest du pays. Avant son incarcération, elle dirigeait la revue "Jeunesse révolutionnaire". Kubat avait été arrêtée en 2001 à Istanbul et incarcérée au centre de détention de Bakirköy (Istanbul). Elle avait ensuite été transférée à la prison de Gebze.

Actuellement quelque 10.000 des 55.000 détenus que compte la Turquie sont des détenus politiques accusés de terrorisme ou d'appartenance à un parti ou une organisation politiques illégaux. (Info-Türk, 26 mai 2004)

Le DHKC accuse le gouvernement et les médias

Après la 112e mort, le Front de libération du peuple révolutionnaire (DHKC) a diffusé le communiqué de presse suivant:

"Les prisons de type F continuent de tuer. Le gouvernement AKP tortionnaire et assassin continue sa répression à travers ces prisons de type F et nos morts le laissent de marbre. En parfaits hypocrites, le pouvoir politique et les médias bourgeois condamnent à l'unisson les atrocités survenues à Abou Ghraïb tandis qu'ils ne soufflent le moindre mot à propos des prisons de type F.

"Comme si les prisons de type F n'existaient pas dans ce pays. Comme si ces 112 personnes ne sont pas mortes dans des prisons de type F.

"Comme si les cercueils ne continuaient pas de se bousculer aux portes des prisons de type F...

"Le gouvernement AKP et de la presse bourgeoise mais aussi tous ceux qui s'indignent devant les tortures infligées dans la prison d'Abou Ghraïb en ignorant les 112 morts des prisons de type F sont infâmes et rien de plus. Quels que soient leurs titres ou leurs fonctions, leur fausse compassion est repoussante.

"C'est précisément contre cette duplicité et contre cette entreprise de récupération que nous résistons.

"L'AKP condamne les tortures infligées à Abou Ghraïb et continue à assassiner dans ses prisons de type F.

"Quand Ali Sahin nous a quitté, il n'avait que 26 ans. Ali est né en 1978. Le ministre de l'AKP l'a sinistrement regardé mourir à petit feu. Car pour le ministre de la justice, ce n'est qu'un 'terroriste' en moins. Il n'est pas étonnant qu'un énergumène du calibre de ministre de la justice Cemil Ciçek fasse des calculs aussi macabres.
 

"Le ministre de la justice de la République de Turquie libère les assassins maffieux du réseau Susurluk comme Haluk Kžrcž ou Alaattin Çakžcž, mais les révolutionnaires, il les assassine!

"Rappelez-vous les efforts consentis par le ministre de la justice pour la remise en liberté du tueur fasciste Haluk Kžrcž: 'L'application de la peine a été mal calculée', avait-il déclaré sans honte. Il s'est investi personnellement pour la libération de Kirci et a pu finalement obtenir sa remise en liberté. Le procureur général de la cour de cassation avait contesté la remise en liberté de Haluk Kžrcž mais avait tôt fait de le libérer avant d'attendre le résultat de cet interjection en appel.

"Au moment où il s'est installé sur son fauteuil de ministre, Cemil Çiçek a directement annoncé la couleur en défendant le réseau Susurluk.

"Il remplit sa mission de complice du réseau avec brio en libérant les fascistes et en assassinant les révolutionnaires.

"Ceux qui se répandent en indignations concernant les atrocités de la prison d'Abou Ghraïb vont-ils continuer à imposer la censure sur les prisons de type F?

"Vous n'allez probablement pas pouvoir lire ni entendre d'informations sur le décès d'Ali Sahin en prison de type F. Comme ce fut le cas pour les 111 morts précédents.

"Chaque fois qu'ils recontrent Tayyip Erdogan, les journalistes le questionnent sur les tortures à Abou Ghraïb. Mais il ne faut pas s'attendre à ce qu'ils posent des questions sur les prisons de type F.

"Ces journalistes qui relatent que l'épouse et la mère de Tayyip Erdogan ont pleuré face aux atrocités d'Abou Ghraïb ne s'intéresseront pas à savoir si elles ont pleuré sur les atrocités en prison de type F.

"Les prisons de type F sont CENSUREES!

"Nous nous adressons à tous les journalistes qui portent en eux la morale et la dignité humaine: mettez un terme à cette censure!

"Cessez de lécher les bottes au gouvernement AKP. Mettez un terme à la torture et à la complicité!

"Ali Sahin n'observait pas le jeûne de la mort. Il ne s'est pas immolé par le feu. Son décès est la démonstration de la mentalité de ceux qui méprisent le genre humain.

"Tant que le régime carcéral de type F continuera, les décès ne pourront s'arrêter.

"Nous avons été témoins de toutes sortes de décès en prison de type F.

"Certains prisonniers se sont suicidés parce qu'ils ont craqué dans les cellules de la mort.

"Certains prisonniers sont morts lentement en se consumant jour après jour.

"Certains prisonniers ont transformé leur captivité en bastion de résistance.

"Certains prisonniers comme Ali Sahin ont perdu la vie en régime d'isolement, faute de soins médicaux...

"Le bilan en prison de type F s'allourdit.

"En l'espace de quatre ans, 112 funérailles ont eu lieu sous les yeux de tous et sous la censure en même temps.

"Tous ceux qui ont contribué à entretenir cette censure ont une responsabilité irréparablement lourde." (DHKC, 26 mai 2004)

CHD: Those who talk of Iraq stay silent on tortures in Turkey"

As Turkish reaction to the systematic torture of Iraqi prisoners by U.S. and British soldiers grows with the release of more pictures in the media, Turkey's human rights circles are drawing attention to the fact that the incidents of abuse perpetrated by the Americans in Iraq should not be perceived as an excuse for continuing torture in Turkey.

A press statement issued by the Association of Contemporary Legal Experts (CHD) called on the Turks to demonstrate the same sensitivity to incidents of torture in Turkey as they do to those in Iraq.

"What is going on in Iraq is totally intolerable and of course we, as people placing value on the protection of the rights of every person, should display the toughest reaction possible against such cases. However, while standing up and protesting what the U.S. and British soldiers have done there, we should not remain silent in the face of instances of torture in Turkey, which are a reality here," said Elvan Olkun, a member of the CHD and attorney for Feride Kaya, a torture victim whose trial is still under way.

Olkun's remarks and the CHD statement come at a time when Human Rights Watch has issued a 57-page report that criticizes the U.S. administration for failing to take any concrete steps against the torture in Iraq, noting that the Iraqi abuse being committed in the name of the fight against terrorism and the U.S. administration's attitude on the issue have begun to be seen as an excuse for othercountries to adopt a similar attitude and are perceived as preparing the groundwork for such activities.

"For instance," says Olkun, "It is still taboo to talk about what has been done in the prisons of Turkey's southeastern provinces, the torture practiced in the years when the outlawed Kurdistan Workers' Party [PKK] terror was at its peak. One must still be very courageous to even mention the issue. Turkey has still not come to terms with the torture committed during this period." (Turkish Daily News, May 25, 2004)

Manifestation contre des navires de l'OTAN en Turquie: 18 interpellations

Dix-huit personnes ont été interpellées samedi par la police turque qui tentait de disperser les participants à une manifestation organisée contre la présence de navires de guerre de l'OTAN dans le sud du pays, a rapporté l'agence Anatolie.

La police anti-émeutes a eu recours à des canons à eau et aux gaz lacrymogènes contre les manifestants d'extrême gauche qui refusaient de se disperser et bloquaient la circulation sur la route menant au port d'Antalya où dix bâtiments d'Italie, Pays-Bas et Bulgarie étaient ancrés.

Les manifestants ont riposté en lançant des oeufs et des pierres sur la police. 18 manifestants ont alors été interpellés. Quatre manifestants ont été légèrement blessés en tombant alors qu'ils étaient poursuivis par la police.

Les navires de l'OTAN visitent régulièrement le port d'Antalya, station touristique populaire de la Méditerranée.

La Turquie se prépare à accueillir le sommet de l'OTAN à Istanbul du 28 au 29 juin. (AFP, 22 mai 2004)
Attempts to Obtain Information Fail

Since the implementation of the Right of Obtaining Information Law, the first responses to the inquiries made at state institutions are being sent out. However, some of the requests for information were rejected with short statements like, 'it requires special investigation and research.'

A Zaman correspondent's inquiry concerning appointment decrees did not receive a reply even though it was within the scope of the law. A committee at the Turkey Economic and Social Studies Association was formed to follow the implementation of the Information Law. Attorney Cem Murat Sofuoglu, one member of the committee, said on Thursday: "Bureaucracy can give simple and insignificant information in response to some applications and prefer to by-pass others. They can use the arrangement in the 7th article as a reason to reject the requests."

In addition to exceptions like state secrets, commercial secrets, intelligence information, communication confidentiality and internal correspondence, there is the following clause in the 7th article of the law: "Institutions can give a negative response to applications that require a separate study, investigation, examination or analysis." Jurists state that the article could hinder the proper practice of the right to information.

Sofuoglu noted that citizens who could not obtain the information they want from the State can apply to the Evaluation Board of Obtaining Information or the administrative judiciary.

Meanwhile, Consumers Union President, Bulent Deniz, noted that they would not let the law become an unpracticed regularity. He said, "If the number of rejected applications increases, then the Law requires revision." (Zaman, May 21, 2004)

Manifestations en Turquie contre les violences israéliennes à Gaza

Plusieurs manifestations ont eu lieu vendredi à Istanbul et Ankara pour protester contre la violence des opérations menées par l'armée israélienne dans la bande de Gaza.

A Istanbul, la principale ville de Turquie, un groupe de près de 800 personnes, selon la police, s'est rassemblé sur le parvis de la mosquée de Fatih après la prière du vendredi après-midi pour scander: "Israël, assassin, quitte la Palestine. Etats-Unis, assassins, quittez l'Irak".

"Les crimes des Etats-Unis et d'Israël ne resteront pas impunis", pouvait-on lire sur une des banderoles.

L'un des organisateurs, Bülent Yildirim, président de la Fondation pour les droits de l'Homme et les libertés (IHH, islamiste), a critiqué la tenue à Istanbul du sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Otan, les 28 et 29 juin.

Les manifestants se sont recueillis lors d'une prière à la mémoire des Palestiniens tués lors des opérations menées depuis mardi par l'armée israélienne à Rafah (sud de la bande de Gaza), qui ont fait plus de 40 morts.

Ils ont brûlé un drapeau israélien avant de se disperser dans le calme.

Dans le quartier stanbouliote de Levent, l'Association des droits de l'Homme (IHD) a organisé un sit-in devant le consulat d'Israël et a déployé une banderole proclamant: "Nous blâmons Israël, criminel de guerre", a rapporté l'agence de presse Anatolie.

Un groupe d'une vingtaine de militants du Parti de la liberté et de l'entraide (ODP) a manifesté pour la "fin du massacre en Palestine" avant d'envoyer un fax à la présidence du Parlement turc depuis un bureau de poste du quartier de Beyoglu, selon Anatolie.

A Ankara, des militants du parti de gauche EMEP ont défilé devant l'ambassade d'Israël au cris de "Sharon, meurtrier, hors de Palestine", a rapporté la même agence. (AFP, 21 mai 2004)

IHD: Attacks on Visitors at Prisons Continue

Istanbul - Prison security teams attacked and beat up Kamber Saygili, who visited his son, who is serving at the Tekirdag maximum security F-type prison.

Other visitors were also attacked and beaten up.

Kamber Saygili applied to the Human Rights Association (IHD) on Wednesday. He spoke at a press conference on Thursday and showed the bruises on his body.

During the press conference, Umit Efe, head of the IHD Istanbul Prisons Commission, said human rights violations at maximum security F and G-type prisons were continuing.

She added that the Tekirdag F-type prison was always on the media with human rights violations.

Efe said the isolation in prisons was guaranteed by law and added that violence was getting worse with time. He said many visitors including Kamber Saygili were beaten up.

Many could not make it to the press conference because of their injuries, Efe added.

According to Efe, many visitors in the past, were subject to sexual harassment as they were being searched.

Kamber Saygili, father of Ali Haydar Saygili, who has been at the Tekirdag F-type prison since 2002, said the following about what happened after his visit:

"They detained my younger son Niyazi Saygili after the visit. But they did not tell us why they had detained him. We later discovered that they had detained him for being a deserter. But because they did not tell us anything, we insisted that they explain why they had detained my son. They took our insistence as an opposition to soldiers and they attacked us with the order of the military captain. We were beaten up with nightsticks. At least 30 people were injured. Two people have doctor's reports from that day. We have not been able to make a complaint yet because we have been busy with our son who was taken to the paramilitary police station and who is being kept there."

Kamber Saygili said he finally had the chance to apply to the IHD Wednesday. He said his son Ali Haydar Saygili at the Tekirdag F-type prison was beaten up and underwent bad treatment last June, together with other prisoners Hasan Ergin and Habip Akkayali.

Saygili said his son had a leg injury resulting from this incident, which could not be treated even through an operation. Saygili believes they were beaten up because they had pursued legal action against the bad treatment at the prison.

Efe said they would pursue legal action against the beating up of visitors at the Tekirdag F-type prison. (BIA, May 21, 2004)

Explosion à proximité d'un fast food McDonald à Istanbul

Une forte explosion, causée par une bombe, s'est produite jeudi à proximité d'un restaurant McDonald's à Istanbul, la plus grande ville de Turquie, mais n'a pas fait de morts ni de blessés, selon des sources officielles.

L'explosion, de forte puissance, s'est produite dans le parking d'un restaurant McDonald's du quartier de Acibadem, sur la rive asiatique d'Istanbul.

Elle a soufflé une partie des vitres du restaurant, a détruit une voiture et en a endommagé plusieurs autres, selon l'agence Anatolie. Des débris ont étés projetés dans la rue.

Le sous-préfet de Kadikoy, Yuksel Peker, cité par Anatolie, a déclaré que, selon la police, l'explosion aurait été causée par une bombe placée sous un véhicule ou dans son coffre.

Un porte-parole de la police a affirmé à l'AFP qu'il n'y avait ni morts ni blessés.

La police n'a pas fait état de revendications, mais selon la chaîne de télévision NTV, une personne non-identifiée a téléphoné à plusieurs médias et leur a déclaré que l'attentat était un acte de protestation contre les violences perpétrées par les Israéliens à l'encontre des Palestiniens.

La Turquie se prépare à accueillir, les 28 et 29 juin, le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Otan, auquel doit participer le président américain George W. Bush.

La police turque est en état d'alerte depuis qu'un groupuscule extrémiste a perpétré quatre attentats suicide en novembre à Istanbul contre deux synagogues, une banque britannique et le consulat de Grande-Bretagne, faisant 62 morts et des centaines de blessés.

Ces attaques ont été attribuées par les autorités turques à des mouvements extrémistes locaux, liés à la mouvance Al-Qaïda.

Début mai, neuf personnes, soupçonnées elles aussi d'avoir des liens avec Al-Qaïda et de projeter un attentat contre le sommet de l'Otan, ont été arrêtées à Bursa (nord-ouest).

En dehors des groupes islamistes, des organisations clandestines kurdes et d'extrême-gauche sont également en activité à Istanbul.

L'explosion à proximité d'un McDonald's d'Istanbul et la découverte de deux engins incendiaires devant un autre restaurant de la chaîne américaine jeudi à Rome sont "des incidents isolés", a indiqué McDonald's dans un communiqué publié dans la soirée.

"Il s'agit de deux incidents locaux et isolés que les autorités des pays concernés sont en train de traiter", a écrit McDonald's Europe.

Le numéro un mondial de la restauration rapide, qui compte quelque 30.000 établissements dans 119 pays, n'a pas établi de lien entre ces actes et le fait qu'il est un des symboles de l'Amérique dans le monde et pourrait donc être la cible d'opposants à la présence de l'armée américaine en Irak.

L'action McDonald's a terminé en baisse de 1,7% à 25,31 dollars jeudi à la Bourse de New York. (AFP, 20 mai 2004)

Physician-deputies condemn torture

The Justice and Development Party (AK Party) and the opposition republican People's Party (CHP) deputies, who are medical doctors by profession, condemned the torture of Iraqi detainees in Iraq by United States troops.

Speaking at a press conference in Parliament on Tuesday, the deputies gave a briefing on the torture suffered by Iraqis. CHP deputy from Giresun Muzaffer Kurtulmusoglu, cited a letter the party received, saying: "The countries that have occupied Iraq in the name of democracy, freedom and human rights, have not kept their promises. If freedom means to do whatever you want, Americans are free in Iraq. Plunder, murder and rape of women in Iraq have reached unprecedented levels."

AK Party deputy Turan Comez said they had no political purpose, but had united as physicians, noting that people of Iraq had begun to seek the stability of the former administration. He said: "These crimes will produce more terrorists. This is very dangerous."

He said the deputies would be going to the region, noting that while they needed U.S. permission to enter the jails, nothing prevented them from visiting the region.

The deputies read the letter by an Iraqi woman named "Nur," which gave a detailed summary of the torture U.S. troops had perpetrated on her. She said they raped innocent people and had photographed them. She also asked while the occupying powers could replace the cities they razed with better and more beautiful ones, what type of auction would they hold to heal the wounded honor of the people. (Turkish Daily News, May 19, 2004)

Missing People: Saturday Mothers Demand Justice

The Saturday mothers/Saturday People, are asking about their beloved who went missing under detention, and calling on the government to take legal action against those responsible.

"If you want to act in line with rule of law, you should explain what happened to the hundreds of people who went missing under detention and try those responsible," said Hurriyet Sener, Istanbul chair of the Human Rights Association (IHD), in his call to the government.

Relatives of those who went missing, including Hanim Tosun, Emine Ocak and Hasan Karakoc, and human rights activists, gathered in front of the Galatasaray High School on Istiklal Street at 1 p.m. on May 17, Day for Struggling against disappearances. The crowd demanded a world without disappearances under detention.

Missing Hasan Ocak was found dead

The Saturday Mothers/People used to sit in front of Galatasaray High School every Saturday at 12 p.m between 1995 and 1999.

They demanded that there are no more missing people, wanted to know what happened to those missing, and asked that those responsible are tried.

During the last seven months of their weekly vigils in 1998 and 1999, security forces intimidated and attacked the protestors. They had to spend at least Saturday nights under detention.

The Saturday protests began when Emine Ocak's son Hasan Ocak was detained on March 21, 1995 and was found dead at a cemetery 55 days later. He was killed as a result of torture.

During those days, Hasan Karakoc's brother Ridvan Karakoc disappeared and was found dead. He had been tortured too.

The longest civilian disobedience

Saturday mothers/people had staged what was the longest civilian disobedience in Turkey and had made the local and international community aware of the problem of going missing under detention.

The Saturday protests won awards and musicians made songs for these protests, which got support from many other countries. According to the date from the IHD, as a result of the Saturday protests, the number of incidents where a detained person when missing decreased. Such incidents eventually ended.

"If we had not staged these protests, more people would probably go missing and get killed," said Hasan Karakoc.

According to the date provided by Sener, these are the numbers of those who went missing under detention:

4 people disappeared under detention in 1991, 8 people in 1992, 36 in 1993, and 229 in 1994. After May 27, 1995, when the Saturday protests began, the number of those who went missing under detention started to decrease.

The impact of "Saturdays"

121 people went missing under detention in 1995, 68 in 1996, 45 in 1997 and 9 in 1998. Only two detainees went missing in 2001 and one in 2002.

Hanim Tosun's husband Fehmi Tosun was pushed into a car and kidnapped in front of his house in Avcilar in October 1995.

"Now is the time for our legal fight," said Hanim Tosun. "Most of us have won our cases at the European Court of Human Rights. But we want the government to find those responsible and hold them accountable in front the court".

Sener reminded the words of "confessor - Jitem" Abdulkadir Aygan, which were published by the daily "Gundem" (Agenda) newspaper.

"Legal circles are still insensitive to the issue," said Sener. (BIA News Center, May 18, 2004)

Lawyers on Trial at Istanbul Heavy Penal Court

A case was launched against Lawyer Murat Altindere, Lawyer Meriç Eyüpoglu and deputy chair for ÖDP Alper Tas in connection with the incident occurred on 3 November 2003 when Istanbul Heavy Penal Court No.1 concluded the case of Ömer Karakus and Ziya Yücetepe, who on 31 August killed Sinan Kayis, member of the Freedom and Solidarity Party (ÖDP).

The indictment wants the defendants to be sentenced with the charges of "provocating demonstrators" according to the Article 34/2 of the Law No. 2911 on Meetings and Demonstrations.

Lawyer Murat Altindere stated that they filed an official complaint against the police officers who interfered the incidents and a case was launched against the police officers following the investigation.

The court had sentenced Yücetepe to 16 years¹ and 3 months¹ imprisonment on the grounds of "killing a person under weak incitement", "wounding a person", "holding unlicensed firearm". Karakus had been sentenced to 11 years¹ and 20 days¹ imprisonment on the grounds of "holding and using firearm to frighten people". A group of ÖDP members, who wanted to march to ÖDP office in Eminönü district after reading a press statement in front of the courthouse, had been beaten and dispersed by the police. Lawyers Bahri Bayram Belen, Oya Meriç Eyüpoglu, Murat Altindere and a police officer had been wounded during the incident. (Birgün-TIHV, May 18, 2004)

Deux manifestations contre la visite de Tony Blair en Turquie

Deux manifestations ont eu lieu lundi à Ankara et Istanbul pour protester contre la venue en Turquie du Premier ministre britannique Tony Blair et contre la participation de son pays à l'occupation de l'Irak.

Blair s'est rendu lundi à Ankara pour une visite de travail qui a été précédée par trois attentats à la bombe contre des bureaux d'une banque britannique en Turquie et a suscité des manifestations contre la présence militaire britannique en Irak.

Quelques heures avant l'arrivée de M. Blair, trois bombes artisanales ont explosé dans la nuit de dimanche à lundi devant des succursales de la banque britannique HSBC à Istanbul et Ankara, ne faisant que des dégâts matériels.

Lundi, des membres d'un important syndicat de fonctionnaires se sont rassemblés dans un parc du centre de la capitale turque pour conspuer le chef du gouvernement britannique aux cris de "Blair au mains ensanglantées, ôte tes pattes de l'Irak" et "les meurtriers, dehors! Ce pays est notre pays".

A Istanbul, la principale ville de Turquie, un groupe de manifestants répondant au nom d'"Union contre l'Otan et Bush" s'est réuni devant le consulat britannique pour marquer son opposition à la première visite d'un Premier ministre britannique en Turquie depuis 14 ans.

"Nous ne voulons pas de Blair, qui est responsable de massacres et de tortures, dans notre pays", pouvait-on lire sur l'une des banderoles.

Les deux manifestations se sont déroulées sans incidents.

Blair a déclaré lundi à Ankara que les troupes britanniques ne procéderaient pas à "un départ rapide de l'Irak", après la mort du président du Conseil de gouvernement provisoire irakien dans un attentat à Bagdad.

"Ce qui s'est passé aujourd'hui (...) souligne ce fait: nous n'allons pas faire ce qu'on appelle une sortie rapide, il n'y aura pas de départ précipité de l'Irak", a affirmé M. Blair lors d'une conférence de presse conjointe avec le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan.

"Nous allons continuer jusqu'à ce que le travail soit fait", a-t-il ajouté.

Ces déclarations interviennent alors que le quotidien britannique The Times cite dans son édition de lundi, sous le couvert de l'anonymat, un responsable britannique de haut rang selon lequel Londres et Washington sont en train d'élaborer une stratégie pour accélérer le retrait des troupes de la coalition.

Le président du Conseil de gouvernement provisoire, Ezzedine Salim, a été tué lundi dans un attentat suicide à la voiture piégée à l'une des entrées de la "zone verte", le périmètre le plus sécurisé de Bagdad, où se trouvent à la fois le quartier général de la coalition dirigée par les Etats-Unis et le siège de l'exécutif provisoire irakien. (AFP, 17 mai 2004)

Des bombes explosent devant des banques britanniques avant la visite de Blair

Des engins ont explosé dans la nuit de dimanche à lundi devant trois succursales de la banque britannique HSBC à Istanbul et Ankara, ne faisant que des dégâts matériels, avant une visite du Premier ministre britannique Tony Blair dans la capitale turque, ont rapporté les médias.

Deux engins artisanaux ont explosé vers 22H30 locales (19H30 GMT) devant des locaux de l'étabissement dans deux quartiers d'Istanbul, première métropole du pays, causant des dégâts mineurs, selon les chaînes d'information NTV et CNN-Turk.

Un autre engin du même type et de faible puissance a explosé vers minuit locales devant une troisième succursale de la même banque dans le centre d'Ankara, a rapporté l'agence Anatolie.

Selon un photographe de l'AFP sur place, la déflagration a soufflé les vitres du bâtiment et provoqué des dégâts mineurs à des voitures garés devant la banque.

La police a renforcé les mesures de sécurité devant d'autres succursales de la HSBC à Ankara, a-t-on constaté.

Le Premier ministre britannique Tony Blair doit discuter de la candidature turque à l'Union européenne et du renforcement de la coopération antiterroriste avec la Turquie après les attentats meurtriers d'Istanbul, lors d'une courte visite de travail lundi à Ankara.

Il s'agira de la première visite de M. Blair depuis que les deux pays ont convenu d'organiser des sommets bilatéraux réguliers à la suite des attentats suicide des 15 et 20 novembre à Istanbul contre deux synagogues, une banque britannique et le consulat de Grande-Bretagne, faisant 62 morts et des centaines de blessés.

Dans ces attaques à la camionnette piégée attribuées à des réseaux turcs liés à Al-Qaïda, le consul général de Grande-Bretagne, Roger Short, avait été tué, provoquant un choc dans le pays musulman, membre de l'Otan, qui n'avait jamais connu d'attentats d'une telle ampleur.

Le procès de 69 accusés doit s'ouvrir prochainement à Istanbul.

M. Blair s'entretiendra avec son homologue Recep Tayyip Erdogan et le président Ahmet Necdet Sezer. Une conférence de presse Blair-Erdogan est prévue, avant un dîner officiel. M. Blair doit quitter la capitale turque dès lundi soir . (AFP, 17 mai 2004)

Protestation contre la visite de Tony Blair à Ankara

Les membres de la Fondation des études scientifique et culturelle turque (ILKAV) ont organisé une manifestation samedi à Ankara pour protester contre la visite prévue du Premier ministre Tony Blair en Turquie le 17 mai.

Un groupe des membres d'ILKAV se sont rassemblés devant le centre commercial de Koprulu sur la rue de Ceyhun Atif Kansu, où se trouve le siège du parti de la Justice et du Développement de Turquie (parti AK, au pouvoir).

Les manifestants ont déployés les bannières écrivant "va t'en Blair", "fin aux relations avec des meurtriers".

Le président d'ILKAV Mehmet Pamak a noté que les Etats-Unis et ses alliés essaient d'utiliser le pouvoir de Turquie contre les peuples au Moyen-Orient.

"Sauver votre dignité en empêchant au moins les visites de MM. Bush et Blair en Turquie, mettant fin à vos rleations avec ces meurtriers et supprimant le sommet de l'OTAN prévu en juin à Istanbul", a-t-il damandé.

La police turque a pris des mesures intenses avant et lors de la protestation. (XINHUANET, 15 mai 2004)

IHD Protests Torture Events In Iraq

A group of members of the Human Rights Association (IHD) have held a demonstration in Ankara to protest torture events in Iraq.

Members of the group gathered in front of the Human Rights Monument on Yuksel Avenue on Saturday.

Speaking on behalf of the group, IHD Provincial Director in Ankara Yuksel Mutlu claimed that the U.S. soldiers had been torturing Iraqi prisoners systematically, and that the U.S. officials were aware of those events.

Defending that the U.S. and British soldiers committed war crimes, Mutlu said, ''occupation, massacres and torture in Iraq and Afghanistan should come to an end immediately.''

He added that they would try to prevent dispatch of NATO force including Turkish soldiers to Iraq to legitimate the occupation in Iraq.

Earlier, leading world newspapers and magazines published pictures of U.S. soldiers abusing Iraqis at Abu Ghraib prison, Iraq's largest prison. The pictures caused outrage in the world. (Anadolu Agency, May 15, 2004)

Students clash with gendarmerie in ODTU

A group of students from Diyarbakir's Dicle University clashed with gendarmerie in Ankara's Middle East Technical University, after gendarmerie prevented the group from entering the university campus.

Students, who arrived in Ankara on three buses, wanted to attend ODTU's traditional spring festival.

But gendarmerie stopped them at the gate of the campus, saying entry of students from other universities was not allowed. A group of METU students later joined the group from Dicle University and students protested the gendarmerie by shouting slogans "Dicle students in, gendarmerie out." They also shouted slogans in Kurdish as well.

Gendarmerie forces sprayed them with water and used gas to disperse the protest. Two students were detained in connection with the protest and some students, who were slightly injured during the clash, were taken to the university's health center. (Turkish Daily News, May 15, 2004)

Not only the name, but the system of DGM should be abolished

"The lifting of State Security Courts (DGM) will have no meaning if new regulations bring about another trial method, which, again, limits the rights of defendants. The parliament, by lifting article 143 of the Constitution, has ended the existence of DGMs."

Specialty courts?

Prof. Dr. Ulku Azrak also talked about the possibility of setting up specialty courts to replace DGMs, as voiced by Justice Minister Cemil Cicek a while ago.

Azrak said there were a number of specialty courts like trade courts within the courthouse.

"For that reason, setting up specialty courts for issues that would normally be handled by DGMs would not be against the system," said Azrak.

"The important thing here is not continuing with the trial system that was implemented at the DGMs. That DGM trial system was not that secure and limited some of the rights of the defendants. If they continue with this same trial system at the specialty courts to be set up, the amendments will have no practical value," he adds.

Prof. Dr. Ulku Azrak said Turkey got the idea of DGMs from France.

However, according to Azrak, although France set up DGMs temporarily during the Algerian crisis, DGMs in Turkey turned out to be permanent.

Azrak added that the new regulations should not have limiting provisions on defendant rights.

"Although, through amendments, military judges stopped serving at DGMs, complaints about these courts continued. The main reason for these complaints was the limiting provisions on defendant rights. This is the most important issue, not whether the judges are military or civilian. If the specialty courts to be set up to replace DGMs have the same trial system as DGMs, the Constitutional amendment will have no meaning."

Prof. Dr. Ulku Azrak said that the fact that DGMs have been lifted should be taken into account in trials that are still continuing at such courts. (BIA News Center, May 14, 2004)

New Turkish Criminal Code open for public debate

For the first time in 78 years, the Turkish Criminal Code (TCK) is in the process of being changed in its entirety. A sub-commission formed by Parliament's Justice Commission has completed its work on the 350-article TCK bill.

The bill will be debated for a month in public, before the Justice Commission starts assessing it. The commission is scheduled to complete its examination before the parliamentary holidays. The bill will be debated in Parliament's General Assembly after the holidays and is expected to become law before New Year's. The law will go into force at the beginning of 2006.

The current TCK was passed in 1926, and more than 50 amendments have been made to it since then. It has never been changed in its entirety. The new TCK bill was prepared by the Justice Ministry and sent to Parliament on May 12, 2003. The sub-commission, comprising members of the ruling Justice and Development Party (AK Party) and the opposition Republican People's Party (CHP), started to examine the bill on July 28, 2003, accompanied by heated exchanges between the two sides. The 500-article proposal sent by the government was reduced to 350 articles by the sub-commission.

Justice Commission Chairman Koksal Toptan from AK Party, speaking at Parliament, said academics and Supreme Court of Appeals judges participated in the meetings of the sub-commission, adding that the new TCK bill would be sent to all bar's associations, faculties of law, all departments of the Supreme Court of Appeals, nongovernmental organizations and every interested person. The new bill can also be seen on the tcktasarisi.org web-page.

Five more laws would become applicable at the same time as the TCK law, said Toptan, noting that this would result in a new system.

The chairman of the sub-commission from the AK Party, Hakki Koylu said the current TCK protected the state and limited people's freedoms, while the new law would put the people first. Koylu said instead of describing all crimes in detail, they had identified what was crime and had handed over the authority to the judges.

Koylu said the new TCK law would comply with the recently passed constitutional amendment bill, reduction in sentences that were identified as "honor killings" was annulled, penalties for crimes involving torture were increased, environmental crimes were included in the TCK for the first time and crimes resulting from faulty construction were increased. (TDN, May 14, 2004)

En Turquie, il y a des dizaines d'Abou Ghraib...

Alors que les politiciens et les médias turcs s'indignent des atrocités commises par les USA en Irak, le Front des droits et des libertés (HOC) vient de publier le communiqué de presse suivant pour rappeler qu'en Turquie il y a des dizaines d'Abou Ghraib.

*

Les photos de tortures en provenance de la prison d'Abou Ghraib pleuvent sur le monde. Tout le monde s'indigne des atrocités commises par l'impérialisme.

Pourtant, on garde le silence sur les tortures qui se passent chez nous et sur les Abou Ghraib qui recouvrent notre pays.

Face aux atrocités qui apparaissent dans les photographies qui défilent à l'écran, toute personne ayant un peu d'humanité ne peut que répandre des insultes sur les impérialistes. Mais, dans ce brouhaha d'émotions, on entend aussi des tortionnaires s'indigner.

Oui, les tortionnaires sont aussi dans la file des stigmatisateurs...

Voilà que des tortionnaires qui ont défendu la torture pendant des années, qui l'ont pratiquée ou qui ont ordonné de la pratiquer se mettent à "condamner" les atrocités d'Abou Ghraib!

Les médias bourgeois qui ont dissimulé les actes de torture dans notre pays, qui ont maintes fois applaudi les tortionnaires et les escadrons de la mort sont également de la partie. Ainsi, eux aussi seraient indignés!

L'hypocrisie est telle que le ministre de l'isolement et du massacre Cemil Ciçek responsable de la mort de 111 détenus, qui vient de décorer des tortionnaires s'est meis lui aussi à condamner ses tortures. Les milices fascistes (Loups Gris) du Parti d'Action Nationaliste (MHP) qui ont torturé et assassiné des milliers de personnes, avec leur costume civil ou avec leur uniforme des Œunités spéciales' se concurrencent pour prononcer leurs "condamnations" à l'égard des horreurs survenues à Abou Ghraib.

Rappelez-vous les massacres de Buca et d'Ümraniye. Rappelez-vous l'état des corps des dix prisonniers assassinés sauvagement dans la prison d'Ulucanlar. Rappelez-vous le massacre de dix prisonniers dans la prison de Diyarbakir, tous assassinés à coups de battes et de poutres sur la tête. Rappelez-vous la massacre du 19-22 décembre. A Bayrampasa, six femmes prisonnières avaient été brûlées vives. Rappelez-vous comment on a gazé et assassiné 28 prisonniers avec des bombes fumigènes sur lequel il était indiqué "ne pas utiliser dans des espaces habités". Rappelez-vous le 19-22 décembre, après la destruction des barricades, des centaines de détenus avaient été déshabillés, menottés, couchés dans la boue et dans le froid pendant des heures.

Remémorez-vous ces carrés d'images.

Essayez de reproduire dans votre esprit l'image de prisonniers en prison de type F, confinés dans des cellules exiguës, brimés et rossés lors de chaque recensement, lors de chaque transfert, lors de chaque visite.

Pourquoi ceux qui condamnent Abou Ghraib n'ouvrent-ils pas la bouche concernant ces tortures et ces humiliations?

Se taire face à tant d'horreurs tout en condamnant Abou Ghraib n'est-ce pas de l'hypocrisie? Quand on pense que notre pays n'est soi-disant pas sous occupation, les sévices dans un pays comme le nôtre sont encore plus cinglantes.

1ers HYPOCRITES: Les tortionnaires qui condamnent les tortures d'Abou Ghraib!

A leur tête, le pouvoir AKP.

Avec quel culot l'AKP condamne ces actes? N'est-ce pas ce parti qui a applaudi les tortures dans les prisons de type F et qui a décoré Ali Suat Ertosun, directeur des maisons d'arrêt et des maisons pénales et architecte du massacre du 19-22 décembre? N'est-ce pas l'AKP qui l'a élevé au rang de membre de la Cour de cassation. Qu'ils ne s'en fassent pas, ceux qui torturant à Abou Ghraib rendent service à leur Etat, les Etats-Unis d'Amérique impérialistes.

Ertosun n'est pas un cas isolé. Tous les gouvernements de l'oligarchie ont recouru à la torture et ont protégé les tortionnaires. Tous les chefs de la police de ce pays ont été nommés d'après leur tableau de chasse. Ils sont présentés en véritables héros, décorés et ovationnés! Tous les partis, du Parti républicain du peuple (CHP) au Parti de la gauche démocratique (DSP), du parti de la juste voie (DYP) au Parti d'action nationaliste (MHP) jusqu'au parti du bonheur (SP) qui ont condamné les tortures à Abou Ghraib sont hypocrites.

Soyez en sûrs, les Etats-Unis vont formellement juger ces nervis pour atténuer la colère des peuples et ensuite, vous verrez ces mêmes énergumènes servir dans des postes plus élevés au sein de la CIA. Comme ce fut le cas en Turquie de Mehmet Agarlar, Necdet Menzir, Kemal Yazicioglu, Ibrahim Dedeoglu, Sadettin Tantan, Veli Küçük, Sefik Kul et Ertosun.

HYPOCRITES n° 2: les médias bourgeois

Le deuxième milieu qui a poussé des râles face aux images atroces des tortures survenues à Abou Ghraib est celui des médias bourgeois. A la lecture de leurs articles sur Abou Ghraib, on pourrait croire qu'ils sont contre la torture. Or, ce sont les mêmes qui ont dissimulé les tortures qui avaient cours chez nous, qui ont applaudi les tortionnaires et les escadrons de la mort avec véhémence. Ils sont les soldats de la guerre psychologique menée par le pouvoir.

HYPOCRITES n°3: les Islamistes qui en même temps soutiennent l'AKP et condamnent Abou Ghraib

Les Islamistes ont une réaction naturelle face à des atrocités commises contre des Musulmans. Elle est également aberrante parce qu'elle est partiale. C'est faire preuve d'indécence que de soutenir l'AKP et de s'opposer aux tortures en même temps. L'AKP poursuit la torture depuis un an et demi dans les prisons de type F. 111 détenus ont perdu la vie dans leur résistance contre la torture. Les Islamistes qui ne voient pas que les tortionnaires sont protégés chez nous, que les tortures se poursuivent dans les commissariats de police et les casernes des gendarmes font preuve de biglerie voient les tortures en "biglant".

Il y a certes des raisons à cette biglerie: LE POUVOIR et les INTERETS. En calculant les avantages dont on pourra bénéficier de l'AKP, on préfère se taire face à aux tortures. Cette attitude de "deux poids deux mesures" face à la torture discrédite les Islamistes dans leur condamnation des atrocités d'Abou Ghraib et révèlent leur malhonnêteté.

HYPOCRITES n° 4 ; le "gauchisme" qui se contente d'effleurer le sujet de la torture dans les limites tracées par l'UE et en veillant à ne pas heurter le pouvoir

Certains intellectuels de gauche qui parlent d'Abou Ghraib évite consciencieusement de parler des tortures en Turquie. Les plus "courageux" parlent de certains cas quand l'UE en parle (comme le cas de Manisa). Alors que la torture deffraie la chronique à travers le monde, certains partis légaux de gauche en parlent à peine. Parce que pour eux, il y a curieusement toujours d'autres sujets de lutte dans leur agenda. Au lieu de dénoncer de manière militante l'assassinat de centaines de personnes dans les prisons de type F, dans les salles de torture, notamment au Kurdistan, ils se contentent de quelques condamnations banales et formelles. Un tel comportement n'est ni révolutionnaire, ni de gauche.

IL Y A LES PREUVES DE LA TORTURE EN TURQUIE!

Actuellement, un grand débat traverse le monde des médias dans notre pays, à savoir "si nous avions de telles images, auraient-elles été publiées?". En réalité, nous avons des images et des photos pareilles. Cependant, elles ont été prises sous le contrôle des hiérarchies militaires. Par conséquent, elles doivent se trouver dans les archives de l'Etat-major et de la direction de la Sûreté.

Les 19-22 décembre 2000, le commandement-général de la gendarmerie avait longuement filmé la scène où six de nos camarades brûlaient vives.

Les images du massacre d'Ulucanlar existent aussi en photos et en images caméra. Plutôt que de faire des polémiques stériles, la presse bourgeoise ferait mieux de demander ces photos. Pour le massacre d'Ulucanlar, nous disposons des photos d'autopsie. Ces photos ont été soumises à la Grande assemblée nationale turque. Les parlementaires avaient déclaré: "nous n'avons pas pu regarder", ou encore: "c'est inhumain". Puis ils ont classé le dossier et oublié. Les médias bourgeois n'ont jamais publié ces photos. Ni les photos prises au Kurdistan, où l'on voit des soldats (turcs) poser avec des têtes coupées de guérilléros. Elles n'ont pas été publiées mais le plus grave c'est que la presse bourgeoise en a parlé en tant que "photomontages", exactement comme les journalistes "lèches-bottes" de Bush et de Blair. La presse bourgeoise a donc directement collaboré à ces crimes.

Si l'on considère les opérations militaires menées à Ulucanlar et Bayrampasa comme conformes à la loi, au droit et aux règles humaines, nous exigeons que ces photos soient publiées dans le monde entier.

Nous verrons alors lesquelles des tortures sont plus inhumaines entre celles d'Abou Ghraib, d'Ulucanlar, ou celles de Bayrampasa.
Nous savons ce que vous verrez parce que nous avons vécu ces scènes. Parce que nous disposons des milliers de pages de témoignages de ces atrocités. Nous avons publié une grande partie de ces preuves. Mais vous n'avez pas vu ces images dans les médias de ce pays. Dans ce pays, il y a des milliers de témoins et de victimes de la torture. Avec lequel ou laquelle d'entre eux la presse a-t-elle fait des interviews? La presse bourgeoise parle vraiment dans le vide. En effet, la question "si nous avions eu de pareilles photos, les aurions-nous publié?" est vraiment mal posée. Parce qu'il y a de telles photos mais elles n'ont jamais été publiées.

DANS CE PAYS, IL Y TOUTES LES SORTES DE TORTURES!

Face aux photos sorties d'Abou Ghraib, certains des personnages hypocritement indignés ont déclaré: "comment peut-on en arriver là?" On a envie de leur répondre que cela n'est rien par rapport à tout ce qu'ils font dans d'autres pays mais aussi DANS NOTRE PAYS. Voici quelques tortures pratiquées dans ce pays:

Dans ce pays, pas une seule personne arrêtée n'échappe au passage à tabac ni au supplice du déshabillage. Pour les "braves" policiers et gendarmes turcs, il s'agit juste de préliminaires. La suite...

Falaka (coups assénés sur la plante des pieds), pendaison palestinienne (suspension par les bras attachés dans le dos) avec lourdes charges suspendues au corps en option, cognerie de tête contre les murs, charges électriques, écrasement des organes génitaux, tabassage à coups de sacs de sable, extinction de cigarettes sur le corps, mutilation avec lames de rasoir, arrachage d'ongles, exposition devant un ventilateur ou en plein courant d'air après aspersion d'eau, arrachage de cheveux ou de moustaches, aspersion d'eau sous pression, asphyxie avec un sac sur la tête, séquestration dans un petit espace appelé "cerceuil", extension du corps entre des blocs de glace, compression dans un pneu de voiture, menace avec arme à feu pointée sur la tempe, cliquètement de la détente, déshabillage d'un membre de sa famille (la s¦ur ou l'épouse en général), torture sur les parents, nourrissage d'immondices, immersion dans un trou rempli d'excréments, largage à partir d'un endroit surélevé ou simulation de défénestration, privation de sommeil, criblage des mains et des pieds avec des cloux, menaces d'enlèvement et simulâcre d'exécutions...

Les exemples de perversités que l'on rencontre à Abou Ghraib sont de type très récurrents dans les salles d'interrogatoire de la police turque, de la gendarmerie et de la MIT (organisation nationale de renseignements).

Les tortures sexuelles ne sont pas une exception pour les tortionnaires turcs mais une règle... Ces tortures commencent une fois que l'on a franchi les portes du commissariat.

Dans ce pays, les attouchements sexuels, les menaces de viol, les viols, parfois à l'aide de matraques, de bouteilles ou d'autres corps durs sont des sévices subies par des dizaines de milliers de personnes, tous sexes et tous âges confondus.

En bref, l'intervention du ministre de la justice Cemil Ciçek en dit long sur la sincérité de ces émotions lorsqu'il déclare "l'Amérique accuse la Turquie de violations des droits de l'homme mais ce qu'elle fait en Irak est barbare". Cemil Ciçek se frotte les mains devant les scènes de torture d'Abou Ghraib parce qu'il espère ne pas être critiqué par ces maîtres. A quoi sert-il donc à un énergumène pareil de condamner les atrocités commises à Abou Ghraib? Observez donc l'état d'esprit de ceux qui parlent des tortures ailleurs en ignorant les tortures qui se déroulent sous leurs yeux.

C'est de la pure hypocrisie de dénoncer les horreurs commises à Abou Ghraib et de ne souffler mot sur ses propres crimes. Ceux qui se comportent en hypocrites ont de quoi se reprocher. Dépistons et dénonçons ceux qui condanment les horreurs d'Abou Ghraib avec duplicité. (HOC, 7 mai 2004)

Manifestation à Istanbul contre l'occupation US et les sévices en Irak

Environ 20.000 personnes ont manifesté dimanche dans le centre d'Istanbul pour dénoncer l'"occupation en Irak et les sévices infligés à des détenus irakiens", a rapporté l'agence Anatolie.

Les manifestants convoqués sur une place de Sisli, dans la partie européenne de la métropole, par une organisation non-gouvernementale pro-islamiste, la Fondation de l'assistance humanitaire et des libertés, ont brûlé une affiche à l'effigie du président américain George W. Bush.

Entourés d'un important dispositif d'ordre, les manifestants ont scandé des slogans tels que "USA assassins", "Voici la civilisation occidentale: occupation et viol" ou "A bas Israël" avant de se disperser sans incident, selon l'agence.

Les sévices infligés à des prisonniers irakiens par les forces américano-britanniques en Irak ont provoqué une onde de choc et d'émoi en Turquie, pays musulman voisin de l'Irak.

Les dirigeants turcs ont condamné les pratiques "inhumaines" et "répugnantes" des militaires américains.

La Turquie est le seul pays musulman de l'Otan et est un alliée des Etats-Unis. (AFP, 9 mai 2004)

Projet d'attentat contre l'OTAN: trois suspects relâchés

Un tribunal de Bursa (nord-ouest) a remis en liberté lundi trois personnes inculpées début mai de "participation à une organisation terroriste illégale" et soupçonnées de projeter un attentat contre le sommet de l'Otan, en juin à Istanbul, a rapporté l'agence Anatolie.

Les trois prévenus ont été relâchés par la 5e cour d'assises de Bursa à la demande de leurs avocats, au motif que la "qualification de leur crime pourrait changer", ajoute Anatolie. Ils pourront donc se présenter en liberté devant leurs juges.

Six autres détenus, arrêtés fin avril à Bursa dans la même rafle contre des membres supposés du groupe extrémiste Ansar al-Islam --une organisation liée, selon Washington, au réseau terroriste Al-Qaïda--, ont en revanche vu leurs demandes de remise en liberté rejetées.

Le groupe préparait, selon des sources policières, un attentat suicide contre le sommet de l'Otan des 28 et 29 juin, qui réunira à Istanbul pour la première fois depuis l'élargissement de l'Alliance atlantique les dirigeants des 26 pays membres, dont George W. Bush.

Interrogés par le procureur, les prévenus avaient avoué, selon la presse, qu'ils comptaient lancer une attaque suicide contre le président américain.

Lors des perquisitions sur les lieux de travail et aux domiciles des prévenus, la police avait trouvé d'importantes quantités d'armes, des matériaux servant à la confection de bombes ainsi que des cassettes vidéos d'Oussama ben Laden, sous-titrées en turc, appelant au jihad contre le "grand satan" américain.

Les autorités turques sont sur les dents depuis qu'un groupuscule extrémiste, lié lui aussi à Al-Qaïda, a perpétré quatre attentats suicide en novembre à Istanbul contre deux synagogues, une banque britannique et le consulat de Grande-Bretagne, faisant 62 morts et des centaines de blessés.

Ces attaques ont été attribuées par les autorités turques à des mouvements extrémistes locaux. (AFP, 10 mai 2004)

Sévices: manifestation devant l'ambassade américaine en Turquie

Près d'une centaine de personnes ont manifesté samedi devant l'ambassade des Etats-Unis à Ankara pour dénoncer les sévices infligés à des détenus irakiens par des soldats américains, a rapporté l'agence Anatolie.

La manifestation a eu lieu à l'appel de plusieurs ONG turques, dont l'une regroupant des anciens combattants.

"Les Etats-Unis ont amené la terreur en Irak où ils avaient la prétention d'instaurer la démocratie et la liberté", a déclaré un porte-parole du groupe à la presse, demandant que les auteurs des "humiliations" soient punis.

Une couronne noire a été déposée devant les grilles de la représentation américaine en signe de protestation contre des sévices dégradants infligés aux prisonniers irakiens, ajoute l'agence.

Les dirigeants turcs ont condamné les pratiques "inhumaines" et "répugnantes" des militaires américains. (AFP, 8 mai 2004)

Le Prix de la paix d'Aix-la-Chapelle à l'avocate kurde Eren Keskin

L'avocate kurde Eren Keskin et l'association des mères de soldats de Saint-Pétersbourg (nord-ouest de la Russie) ont reçu le Prix de la paix d'Aix-la-Chapelle, ont annoncé vendredi les organisateurs.

Les deux lauréates ont été couronnées pour leurs efforts en faveur des droits de l'Homme, de la paix et de la réconciliation, a souligné l'association du Prix de la paix.

La remise de ce prix doté de 2.000 euros, accordé chaque année à des hommes et des femmes qui contribuent dans la vie quotidienne au rapprochement des personnes et des peuples, aura lieu le 1er septembre.

"Si nous pouvons contribuer à travers notre prix à protéger des personnes menacées en permanence, on sera déjà arrivé à quelque chose", a déclaré le président de l'association, Alfred Steinbicker.

Eren Keskin, 45 ans, a été récompensée pour son engagement en faveur des droits de l'Homme. L'avocate oeuvre depuis 18 ans dans la plus grande association turque de défense des droits de l'Homme.

Eren Keskin est également la co-fondatrice d'une aide juridique en faveur des femmes victimes d'abus sexuels commis par des personnels de sécurité, créée en 1997, selon l'association du Prix de la paix.

De son côté, l'association des mères de soldats de Saint-Pétersbourg, une importante organisation non gouvernementale (ONG) en Russie, a été récompensée pour son engagement en faveur des objecteurs de conscience et des déserteurs. (AFP, 7 mai 2004)

Anti-NATO protest in Istanbul

Members of various organizations that are against a NATO conference to be held in Istanbul this June held a protest yesterday at Dolmabahce. Protestors unfurled a banner that read, "6th fleet yesterday, NATO today; we won't be US soldiers," and shouted slogans like "Istanbul will be a grave for NATO," "Leave NATO, close bases" and "Damn imperialism."

Making a speech on behalf of the group, Confederation of Public Workers' Unions (KESK) Istanbul branch spokesman Ekber Isik said: "Together with a number of nongovernmental organizations, parties and associations, we have formed a union against NATO and Bush. We don't want to see NATO, its commanders and merchants of war in our country."

Protestors carrying photos of Iraqis being tortured burned Bush in effigy and then dispersed. (Turkish Daily News, May 7, 2004)

Arrest and torture of a prominent human rights defender

Turkish authorities have arrested and tortured a prominent human rights defender following his work to highlight the social and environmental impacts of the controversial Baku-Ceyhan pipeline.

Human rights and environmental groups are calling on the international community to intervene urgently to guarantee the safety of the campaigner, who commenced a hunger strike during his detention on Wednesday.

Ferhat Kaya is a prominent human rights defender and chairman of the legal pro-Kurdish political party DEHAP in Ardahan's central district in northeast Turkey. He has been at the forefront of pressing for proper compensation for those affected by the Baku-Ceyhan (BTC) pipeline, and has assisted thirty-eight villagers in bringing cases to the European Court of Human Rights this year.

Kaya was arrested on Wednesday following his attendance at meetings with those affected by the pipeline and later with trade unionists in Ardahan.

Witnesses today observed blood on his clothes and deep cuts on his arms following one day in detention. A medical report appears to confirm the torture by stating that he requires three days' rest. He was derided as a "terrorist" by the court prosecutor and his family has so far been denied access to him.

Witnesses, human rights and environmental groups believe this is Kaya's second arrest in connection with his work to highlight concerns over the pipeline. Kurdish Human Rights Project and other concerned NGOs have previously written to the UK Secretary for International Development and the Minister for Trade and Investment calling for their action over his  first arrest, where he was sentenced for referring to jailed Kurdish leader Abdullah Ocalan as "Mr"; considered by Turkish authorities to be a crime for allegedly implying a degree of respect.

There is strong and direct evidence of a link between his intimidation, arrest and torture and his work to highlight the social and environmental impacts of the BTC pipeline.

Kerim Yildiz, Executive Director of KHRP, says, "In spite of all reassurances, this affirms that the practice of torture is continuing, and that a climate of intimidation exists which prevents effective  consultation about the Baku-Ceyhan pipeline.

We are gravely concerned for his welfare. We urge the international community to intervene to pressure Turkish authorities into guaranteeing his safety and securing his release."

Nicholas Hildyard of The Cornerhouse, stated, "We fear that the arrest and torture of Mr. Kaya is intended to intimidate those who would speak out on the project. Such intimidation is unacceptable. The financial institutions backing the pipeline must intervene to ensure freedom of expression." (KHRP, May 6, 2004)

Une détenue s'est immolée pour protester contre le régime carcéral

En Turquie, une détenue de 26 ans s'est immolée le 1er mai à la prison de Gebze, au nord-ouest du pays. La jeune femme voulait protester contre ses conditions de détention. Avant son incarcération, elle dirigeait la revue "Jeunesse révolutionnaire".

Selma Kubat avait été arrêtée en 2001 à Istanbul et incarcérée au centre de détention de Bakirköy (Istanbul). Elle avait ensuite été transférée à la prison de Gebze.

Selon l'Association turque des droits de l'Homme, elle avait été condamnée à la prison pour aide ou appartenance à une organisation clandestine. Selma Kubat était membre d'un groupe de grévistes de la faim qui militent depuis 2000 contre le régime de prisons appelées de "Type F".

Ces établissements remplacent les vastes dortoirs de plusieurs dizaines de détenus où les mutineries et prises d'otages étaient fréquentes par des cellules individuelles ou pour trois personnes.
Ces nouvelles conditions renforcent l'isolement des détenus et les rendent plus vulnérables à d'éventuels mauvais traitements des gardes, affirment leurs détracteurs.

Soixante-six personnes, prisonniers ou parents de prisonniers, sont décédés après avoir fait la grève de la faim pour protester contre la réforme.

Le 19 décembre 2000, des forces de sécurité sont intervenues simultanément dans 20 prisons où se déroulaient des grèves de la faim. Au cours de cette opération, qui s'est achevée le 22 décembre 2000, il y a eu 32 morts et un grand nombre de blessés.  (SwissInfo, 6 mai 2004)

"Penal Code Draft legitimizing violations of women's rights should Change"

As debates on the proposed constitutional amendments are continuing, the lower commission of the Turkish Penal Code (TCK) is finalizing its study on the draft TCK law. Women's groups argue that the draft TCK law legitimizes violations of women's human rights, and limits the citizens' rights and freedoms.

Women's Human Rights New Solutions Foundation made a statement on behalf of the TCK Women's Platform. The foundation said that the articles in the draft law on "honor crimes," "virginity tests," "obscenity," and "shameless behavior" still included regulations that would lead to violations of women's human rights.

The women said that the draft law, in its current form, was against the principle of equality in the Constitution and the European Union (EU) reforms. They said urgent regulations were needed on four articles.

Women's demands

TCK Women's Platform demanded the following regulations on articles expected to be discussed at the TCK lower commission this week:

* Honor Crimes:

The commission does not accept the sanctions to prevent honor crimes. To prevent legitimization of honor crimes through law, the expression of "with the motivation of honor," should be included among conditions that make penalties heavier, listed under article, "murdering qualified persons."

The expression, "perpetrators of honor crimes cannot benefit from wrongful act" should be included in the grounds of article "wrongful provocation."

* Virginity tests:

The draft law does not include regulations that would prevent virginity tests. Whether or not a woman, who has been raped, is a virgin, does not change the characteristic of the crime. So the expression of "virginity tests," which is only used to put pressure on women and young girls, should be excluded from the draft law.

The draft law should also clearly state that "genital and gynecological exams," could only be conducted with only the decision of the judge or the prosecutor in urgent cases; and that all others who have virginity tests conducted on women and girls would be punished.

* Shameless behavior

The draft law states that everyone, who "for whatever reason, publicly behaves in a shameless way or acts in a way that hurts feelings of good manners," will be sentenced to six months to a year in prison.

The article does not state with which criteria the "shameless behavior" is identified or what acts it consists of. This article makes it possible to sentence a woman who wears short sleeves or a couple who walk hank in hand. This article should be regulated so that only exhibitionists face a sentence.

* Obscenity:

The article in the draft law about obscenity envisages a prison sentence from three to ten years for all publications or broadcasts including scientific research, piece of art or media news, if they include "text, sound or image of sexual behavior which includes violence, or with animals, dead bodies, or unnatural ways."

Since the article does not make a distinction between the characteristic of the publication or broadcast, a news article on rape, a scientific article about incest or poetry with the theme of homosexuality, could be found obscene under this article.

This article in its current form also contradicts the 30.07.2003 dated law no: 4963, which was named "seventh harmonization package," under EU reforms and which went into effect after being published in the Official Gazette no: 25192.

Expressions that limit freedom of expression should be excluded from the Obscenity article. The article should further be regulated to allow the punishment of just child pornography. (BIA News Center, May 5, 2004)

Anti-torture protest with sacks on Istiklal Avenue

Torture against Iraqi war prisoners were protested yesterday in Istanbul. Members of the Human Rights Association, Solidarity for Oppressed People Association (Mazlumder) and Free Thought and Education Rights Association (OzgurDer) organized a protest on Istiklal Avenue with sacks on their heads. The protestors carried the photos of Iraqi prisoners being tortured and banners with messages "Don't remain silent against this torture," "U.S.-type democracy," "No to NATO meeting, we don't want to see torturer killers in our country," received great interest from the people. The protest march started in Taksim Square and ended in front of Galatasaray High School.

Harshly criticizing the torture, Mazlumder Istanbul Branch Chairman Mustafa Ercan said the following: "We are right in our conjecture that those who have occupied Iraq for democracy and human rights, were not sincere and that they use democracy and human rights for their own political benefits. Iraqi people are treated very badly and that, they cannot explain it. We want the occupational forces to leave Iraq as soon as possible."

Journalist-writer Ali Bulac stated that the TV footage of the torture were just the visible part of the iceberg and said, "There are worse and more terrible treatments in Iraq."

OzgurDer Chairperson Hulya Sekerci said, "The U.S. and its compradors have made the world a blood bath. We don't want the NATO meeting to take place in Turkey or U.S. President Bush to come to Turkey."

After speeches the protestors shouted slogans like "Damn U.S. imperialism," "Iraqi public is not alone." (Turkish Daily News, May 6, 2004)

Pas de mariage lors du sommet de l'Otan à Istanbul

Plusieurs municipalités d'Istanbul refusent de célébrer des mariages pour des raisons de sécurité lors du sommet de l'Otan qui se déroulera les 28 et 29 juin à Istanbul, rapporte mercredi le journal Zaman.

Les municipalités de Besiktas, Beyoglu et de Sisli, qui se trouvent dans le quartier de la partie européenne de la métropole qui sera bouclé par des milliers de policiers lors du sommet, ont décidé d'opposer une fin de non recevoir à des demandes de mariage civil pendant le sommet, souligne le journal.

Les autorités de ces trois municipalités ont également annulé les rendez-vous déjà pris pour des mariages à cette date.

De très importantes mesures de sécurité seront prises à l'occasion du sommet auquel assistera notamment le président américain George W. Bush.  (AFP, 5 mai 2004)

Le 1er mai: Plus de 100 interpellations dans le sud-est de la Turquie

Quelque 110 personnes ont été  interpellées samedi à Diyarbakir par la police anti-émeutes alors qu'elles  tentaient de passer outre une interdiction de manifester dans cette ville du  sud-est de la Turquie, habitée en majorité par des Kurdes.

Lors d'un court affrontement au moins un manifestant a été blessé, a  constaté un journaliste de l'AFP.

Une centaine de membres de syndicats, de partis politiques et  d'associations tentaient d'organiser une manifestations sur la place Dagkapi  en bravant une interdiction des autorités locales, qui n'avaient autorisé  qu'un rassemblement à une dizaine de kilomètres hors la ville. Ils ont été  interpellés par la police, ne voulant pas quitter les lieux.

Par ailleurs un deuxième groupe, d'une dizaine de persones, a également été  interpellé alors qu'il tentait de rallier la même place.

La police avait renforcé les mesures de sécurité dans les principales  villes du pays à l'occasion du 1er mai, afin de prévenir des incidents  violents.

Les manifestations du 1er mai en Turquie ont donné lieu dans le passé à  plusieurs reprises à des affrontements sanglants entre manifestants et forces  de sécurité.

Le dimanche, la police turque avait arrêté 41 personnes  liées à une organisation kurde et soupçonnées de préparer des  attentats contre des bâtiments gouvernementaux. (AFP, 1-2 mai 2004)

Recent human rights violations in brief

Allegation of Exe-Judicial Execution

The person who was allegedly "captured wounded during a clash broke out between him and police" on 28 May in Seyhan district of Adana, died on 31 May at Adana State Hospital. Executive for HRA Adana branch Sabri Kahraman stated during the press conference organized by HRA on 31 May that an eyewitness told the incident to him. Kahraman put that the eyewitness who appealed to HRA told him the followings: "Two persons on a red motorbike were going on D-400 highway through Mersin direction. The door of a dull gray Wolkswagen, that was following the motorbike, was suddenly opened and hit the motorbike. The persons on the motorbike fell down. One of them started to run while the other one was lying on the ground. A tall and thin man with a gray t-shirt and a black jean, who was a police officer as I learned later, stepped on the person lying down and shot to his waist twice. He collected the empty bullets and put them in his pocket. The persons who seized the running person put him in car and went away rapidly. After having been waited for 20 minutes the wounded person was taken by an ambulance." According to the official announcement "the wounded person was allegedly a militant of Kongra-Gel with the code name Siar". (Cumhuriyet-Özgür Gündem-TIHV, June 1, 2004)

Bomb Attacks in Istanbul

On 31 May Istanbul SSC started to hear the case against 69 defendants, 50 of whom were under arrest, that was launched in connection with the bomb attacks organized on 15-20 November 2003 in Istanbul. Arrested defendants Fevzi Yitiz, Adnan Ersöz, Yusuf Polat, Harun Ilhan, Osman Eken, Süleyman Ugurlu, Metin Ekinci, Seyit Erkul, Baki Yigit, Ali Yaman, Burhan Perk and Mehmet Kus attended the hearing. Lawyer Osman Karahan stated at the hearing that Article 143 of the Constitution was annulled so the court is unauthorized and not responsible with the case. He put that his clients would not defend themselves due to this reason. SSC prosecutor stated that SSCs were lifted with the amendments made in Constitution and new legal regulations have to be waited. The court announced that SSC would not make any decision until a new law come into force. Meanwhile, Spokesman of the Government and Minister of Justice Cemil Çiçek announced on 31 May after the meeting of the Council of Ministers that "Heavy Penal Courts for Organized Crimes" would be established in the place of SSCs. Çiçek mentioned that the related draft law would be sent to GNAT today. (Radikal-TIHV, June 1, 2004)

Massacre in Prison

On 31 May Diyarbakir Penal Court No. 3 continued to hear the case against 1 doctor, 6 prison guards, 36 police officers and 29 soldiers charged in connection with the killing of 10 and injuries of 23 prisoners in Diyarbakir E-Type Prison on 24 September 1996. The defendants have to expect sentences according to Articles 230 TPC (misconduct of duty) and 452/1 TPC (killing without intent). (Özgür Gündem-TIHV, June 1, 2004)

Dev-Yol Case

On 28 May 11th Penal Chamber of the Court of Cassation continued to hear the appeal case of the case against the members of the organization "Revolutionary Path" (Dev-Yol) that had started at Ankara Military Court on 18 October 1982. The lawyers stressed at the hearing that there were missing documents in the case file and many of the existing documents had been changed. Lawyer Senal Sarihan who made the common defence stated that 275 folders were missing and Ankara Heavy Penal Court No. 6 had sentenced his clients to death penalty with missing information and files. Afterwards, Head of the 11th Chamber Ersan Ülker put that the decision was quashed due to the annulment of death penalty. The Chamber did not regard the missing documents as a reason of quashing. (Evrensel-Milliyet-TIHV, June 1, 2004)

Refugee Died

A TIR that was carrying 110 refugees who entered Turkey illegally was overthrown on 31 May near Kozluk district of Batman. A refugee died and 52 refugees were wounded during the accident. 57 of the refugees reportedly escaped before arrival of the gendarmerie soldiers. The refugees were reportedly from Pakistan and Iran. (Sabah-TIHV, June 1, 2004)

Incident in Adana, Torture in Detention

An armed clash broke out between 2 persons and the police in Seyhan district of Adana on 28 May. The persons with the first name Mustafa was wounded during the incident. An announcement was reportedly made in the police radio that a clash with 2 thieves was started. But according to the official announcement by Adana security Directorate the clash broke out between the police and Kongre-Gel militants. M. Nuri Basçi, Mehmet Kahvecioglu and Murat Durmus were detained after the incident. The lawyer Hüseyin Kiliç, who visited the detainees, announced that M. Nuri Basci was suspended on a hanger, hosed pressurised water and was not allowed to sleep. Kilic stressed that Basçi was taken out of the city, fired close to his head and threatened to death to become gendarmerie intelligence service JITEM's informer. (Özgür Gündem-TIHV, May 31, 2004)

Incident in Prison

During the revolt in Antalya E-type prison on 30 May one prisoner died. Public Prosecutor in Antalya Osman Vuraloglu made an announcement after the revolt on 30 May and said the followings: "The prisoner Ahmet Savas wanted to be transferred to the hospital last night on allegations that he was ill. After examining him Prison's physician gave some pills and said that he would be transferred in the morning. Upon this the prisoners revolted. They started the revolt by putting the bunks and wardrobes behind the door. The prisoner in the ward Ahmet Çatki (41) reportedly objected the revolt and wanted to stop his friends. The revolting prisoners killed him. They possibly killed him with razor blades. But we have to wait for the report of Forensic Institute." Vuraloglu also added that the revolt started at 03.30am on 30 May in the ward B-8 and finished at about 11.00am without using force. The prisoners reportedly set some belongings to fire in the garden of the prison. (Zaman-TIHV, May 29-30, 2004)

Death in Prison

The ordinary prisoner Mehmet Akdemir committed suicide by hanging himself on 28 May in Kiriklar F-type Prison. Akdemir had been reportedly arrested for having killed the guardian Ilhan Köse on duty in Buca Prison. (Radikal-TIHV, May 29, 2004)

Beaten Students

The students, who were detained and arrested during Spring Festival activities at Trakya University on 21 May, and their lawyers organised a press conference in the offices of HRA Istanbul branch. The lawyer Alp Tekin Ocak announced that 20 students out of 87 were arrested extra-legally. Ocak reported that the students were taken to Edirne Closed Prison, forced to strip naked, searched in a degrading manner, put in single-cells and their hairs were forcibly cut. Ocak stressed that police officers intervened the students without the permission of Edirne Governorate, but on order of Edirne Security Director Ugur Gür and added that they would make an official complaint against Gür. The lawyer Mehmet Ümit Erdem remembered that Mehmet Mak, student at Bolu Izzet Baysal University, had been killed on 3 May 1998 when Ugur Gür had been the Security Director in Bolu. The student Demet Akisik, who was beaten by the police during the incident, said: "We were beaten very heavily, we are still surprised of not being killed. I fainted for a while. We were harassed. They were insulting continuously. I think they were hitting to kill us. They continued to beat us and harass in the police vehicles." (Cumhuriyet-Özgür Gündem-TIHV, May 30, 2004)
 

Teacher Arrested

Ömer Sahin, Religions and Morality teacher on duty in Bahçelievler Lyceum, was arrested on allegations of "insulting Atatürk during the class". Some of the students reportedly made an official complaint against Ömer Sahin alleging that he said "Who lifts sharia is infidel. The one who lifted sharia in Turkey and made the civil code of Switzerland valid is the leading infidel". Public Prosecutor in Bakirköy started an investigation according to the Law on Offences Committed Against Atatürk (Law No. 5816). The court decided not to be responsible to hear this case and sent the file to Istanbul SSC on the grounds that he had to be prosecuted according to the Article 312 TPC. (Vatan-TIHV, May 29, 2004)

Students on Trial

Public Prosecutor in Istanbul launched a court case against 159 students who came from 15 different provinces and staged an action of not to leave the Central Campus of Istanbul University for 24 hours on 7 May to protest in the draft Law on Council for High Education (YÖK). The indictment wants the students to be sentenced for "occupying the building of the university, preventing the education and damaging the public property". The files of 9 defendants were reportedly sent to Children's Court. (Özgür Gündem-TIHV, May 29, 2004)

Prevented Demonstrations

The police intervened the demonstrations staged in Taksim Square on 29 May to protest NATO summit in Istanbul and detained 15 persons. The police intervened the demonstration organised on 29 May to protest the extraditing of the leading member of PKK Nuriye Kebir from Netherlands to Turkey and detained many DEHAP members. (Cumhuriyet-Özgür Gündem-TIHV, May 30, 2004)

Mine Explosions

On 30 May, one Moldavian citizen died and another one was wounded when they got into the minefield on Turkey-Greece border. Fatih Topkaya (13), Bayram Etik (13), Velat Mengi (12), Ali Arak (13), Sedat Topkaya (15) and Hayrullah Çiçek (16) were wounded when the explosive they found on 30 May in Hani district of Diyarbakir exploded. (Milliyet-Türkiye-TIHV, May 31, 2004)

Detentions and Arrests

On 30 May, Hayyam Çoban was arrested by Istanbul SSC on allegations of "being a member of TIKKO and having put a bomb in McDonalds's parking lot in Acibadem quarter of Istanbul on 20 May". Another person, whose name was not disclosed, was arrested on 29 May. 6 persons were released by Prosecutor at Istanbul SSC. (Türkiye-TIHV, May 31, 2004)

TTB Executives on Trial

On 27 May Ankara Penal Court of First Instance No. 2 continued to hear the case that was launched against Füsun Sayek, chair for Turkish Medical Association (TTB), and Metin Bakkalci, vice-chair for TTB, in connection with the announcements they made regarding the Minister of Health Recep Akdag. According to the indictment Füsun Sayek allegedly said "Minister has a perception problem" and Bakkalci said "Not seeing the greatness of the action is a kind of pathological case" after the Minister criticized the stop-working action of the physicians. The defendants were charged under the Article 159 TPC (insult). The case was adjourned to 30 June. (Evrensel-TIHV, May 28, 2004)

Closure Case against Association

On 24 May, Izmir Judicial Court of First Instance No 7 started to hear the closure case against Association of Human Rights Agenda. The court adjourned the hearing to 29 June for completion of the deficient document. The case was launched on the grounds that the association did not make the changes in the statue. The association had submitted a declaration concerning to foundation to Izmir Security Directorate in December 2003. Chairman of the association, lawyer Orhan Kemal Cengiz stated that they received a letter on 6 January from Association Desk in the Directorate saying that they had to make some changes in the statue and complete the deficient documents. (BIA-TIHV, May 28, 2004)

Pressures in Prisons

Relatives of the prisoners Zeki Dogan, Tekin Dönmez and Serdar Turan incarcerated in Tekirdag F-type Prisons announced that the prisoners were reportedly beaten by the soldiers on the way from Tekirdag State Hospital to the prison. (Evrensel-TIHV, May 28, 2004)

Member of Music Group on Trial

On 27 May, Diyarbakir SSC continued to hear the case against the members of KESK Music Group Bendivelat Eminoglu, Sertaç Demirel, Zahide Petekbasi, Sedat Balibey, Ramazan Demir, Cengiz D. and Neset G., who were charged with having sung in Kurdish during a festival organised by teachers' union Egitim-Sen in Diyarbakir in 2002. The court adjourned the hearing to examine the expert's report. The court had acquitted the defendants in the first trial on 19 December 2002. But the Court of Cassation quashed the verdict on the grounds that two reports prepared by the experts were contradictory. (Evrensel-TIHV, May 28, 2004)

Students on Trial

On 27 May, Samsun Heavy Penal Court No 2 continued to hear the case against the students Burak Aksoy and Ender Ünal. The case was launched for having hanged the poster of the theatre play "Vagina Monologues" on the Atatürk statue in Samsun Central Vocational High School in Samsun. The court adjourned the case for decision. The indictment wants the students to be sentenced according to the Law on Offences Committed Against Atatürk. (Birgün-TIHV, May 28, 2004)

Al-Qaeda Trial

Istanbul SSC started on 27 May to hear the case against Ahmet Dikiciasik launched on allegations that there was a connection between Dikiciasik and Al-Qaeda. Dikiciasik testified at the hearing to the effect that he had no connection with Al-Qaeda, never been in Afghanistan and he had been four times in Pakistan between the years 2000 and 2003 to import sports equipment. Dikiciasik was detained in connection with the bomb attacks in Istanbul organized on 15 and 20 November 2003 and arrested on 17 March by Istanbul SSC. He was reportedly detained in Atatürk Airport while he was attempting to go Pakistan. (Hürriyet-TIHV, May 28, 2004)

Trial on Death in Detention

The Court of Cassation confirmed imprisonment sentences given to 3 non-commissioned officers in connection with the death in detention of Salih Karaaslan who had been detained in Doruklu (Hazayi) village of Silopi (Sirnak) in March 1999. The case, launched against seven soldiers, had been concluded on 24 June 2003. Sirnak Heavy Penal Court had sentenced non-commissioned officers Ahmet Candan Yildiz, Ali Metin and Kayhan Yasar to 5 years' 4 months' each and acquitted privates Sami Türker, Süleyman Yildir, Hamit Peri and Yusuf Köksal. (Radikal-TIHV, May 26, 2004)

Security Officer On Trial

On 25 May, Kadiköy Heavy Penal Court No.1 concluded the case against security officer Engin Bozkurt who had killed Suat Durmus and Mustafa Muratoglu. Durmus and Muratoglu had attempted to rob a bank office in Kazasker, Kadiköy (Istanbul) on 6 March 2002. The Court acquitted Bozkurt from charges brought under Article 16/e Law on Police Duties and Powers (authority to make ineffective by using weapons in case of serious crimes), article "giving authority to use weapons to special security officers" of Law on Special Security Officers and Article 49/1 TPC (legitimate defense). (Hürriyet-TIHV, May 26, 2004)

Detentions and Arrests

Kongra-Gel members Ugras Budakbeyli, Halil Demircan and "Cemal-Eruh" (code name), who entered Turkey from Habur Border Gate reportedly surrendered to security forces. DEHAP members Sehbaz Günes, Sekman Ider, Tahsin Atak, Abdullah Gündogdu and Mustafa Adiyaman were reportedly detained during house and workplace raids conducted in Pervari district of Siirt. Ekrem Çelik, who had been detained previously, was arrested. 20 alleged members of Al Quaida, 3 alleged members of DHKP-C and 2 alleged members of Kongra-Gel were detained within the frame of operations conducted due to NATO Summit in Istanbul. (Milliyet-Özgür Gündem-TIHV, May 26, 2004)

Clashes and Attacks in Southeast

Private named Nesime Akyüz was killed during clash broke out in Alibogazi region nearby Ovacik district of Tunceli on 25 May. (IHA-TIHV, May 26, 2004)

Newspaper Distributor Beaten

Akif Inan, distributor of the newspaper Özgür Günden in Diyarbakir, announced that he was beaten by the police. He stated the followings: "Police officers took me out of the cafe in which I was selling newspaper on Istasyon Avanue on 23 May. Some readers called me while I was leaving that place. While I was selling newspapers to those readers the police officers came again and seized 35 newspapers on the grounds that there was a decision of confiscation. Meanwhile, a civilian-dressed police team put me in a car and took me to the guard cabin of the TRT building. They stripped me naked and beaten me there. They said: 'Why do you sell these newspaper? We would rape and kill you if you sell it again. Be a thief but don't sell this newspaper". (Özgür Gündem-TIHV, May 25, 2004)

Trade-Unionists Attacked

A group of pro-MHP people attacked the workers, who were fired from their jobs at Standart Cargo Company in Izmir, during the action they held in front of the company on 24 May. During the fight that broke out upon the attack, the executives of the trade union TUMTIS in Izmir Akif Sahin was wounded with a gun and Ilhan Kömürcü was wounded with a knife. (Birgün-TIHV, May 25, 2004)

Incident at the University

20 of the 88 students, who were detained on 21 May during Spring Festival activities at Trakya University (Edirne), were arrested. 42 of the students were released to be tried without remand on 24 May. 20 of the students had been released before. (Radikal-TIHV, May 25, 2004)

Villager Beaten by the Soldiers

The soldiers reportedly beat the resident of a house during a raid conducted in Damlarca village of Güçlükonak district in Sirnak. According to the news appeared on the daily Özgür Gündem, the soldiers raided the house of Erbey family on 18 May. Despite not having search warrant the soldiers broke the door of the house and beat Sidika Erbey (71) and Suphiye Erbey. Having been hit with the butt of riffle one of the tooth of Sidika Erbay was broken. The baby Sükran Erbey (1,5) was reportedly thrown on the ground by the soldiers. According to the news Sidika Erbey, Suphiye Erbey and Mehmet Erbey ve his son Bedrettin Erbey, who were in the arable field during the incident were detained and taken to Güçlükonak Gendarmerie HQ. In spite of the traces of beatings on their bodies the detainees were not given reports. Mehmet Erbey was arrested afterwards on allegations of "being member of an illegal organisation". The others were released. On 21 May Sidika and Suphiye Erbey made official complaint against the soldiers and they were given reports by Cizre State Hospital. For not having been registered Sükran Erbey was not given a report. The lawyer Servet Yanar announced that Mehmet Erbey had been prosecuted and acquitted in 2001 with the same offence. He also added that Sidika and Suphiye Erbey testified to the effect that the soldiers put a gun in the cradle of Sükriye Erbey. (Özgür Gündem-TIHV, May 24, 2004)

Torture Case

On 21 May, Bursa Criminal Court No. 2 concluded to hear the case of 10 police officers, charged with having tortured businessman Erol Evcil at Bursa Police HQ and 2 physicians, charged with giving fake report. The court acquitted Sirri Tug, who at the time had been leading the department for intelligence, and the officers Candemir Özdemir, Hakan Ünsal Yalçin, Metin Soner Sentürk, Ragip Dogandemir, Harun Özkay, Kemal Nair, Mehmet Kaçmaz, Yasar Usta and Mustafa Ak on the grounds of "lack of evidence". The court sentenced each of the physicians Ferudun Abdullah Karadag and Gündüz Sümeyye Döl to 6 months' imprisonment and a fine of TL 60 millions. These sentences were commuted to fine of TL 350 millions for each and suspended. In connection with the killing of Nesim Malki in Bursa on 28 November 1995 Erol Evcil, who allegedly ordered the killing, and the assassins Burhanettin Türkes and Sükrü Elverdi were sentenced to life imprisonment. The case against Evcil, Türkes and Elverdi had been launched in Istanbul SSC and then the case had been combined with the torture case launched in Bursa. (Hürriyet-TIHV, May 22, 2004)

Incident in University, Dismissed Students

Some 60 leftist and rightist students at Sivas Cumhuriyet University were temporarily dismissed from the school for periods changing between one week and 6 months. The decision was given in connection with the attack of rightist students to 4 leftist students on 1 March and the protest demonstration of the leftists. 20 out of 88 students who were detained on 21 May during Spring Festival activities at Trakya University on the allegations that Abdullah Öcalan's poster was carried, were released on 22 May by the public prosecutor. (Özgür Gündem-TIHV, May 22-23, 2004)

DEHAP Executive on Trial

On 21 May, Erzurum SSC concluded to hear the case against Bedri Firat, DEHAP Chair for Erzurum. The case had been launched on the grounds that Firat used in his speech the expression "Sayin (corresponding to 'esteemed' or 'dear')" when referring to Abdullah Öcalan. The court sentenced Firat to 10 months' imprisonment and to a fine of TL 416 millions 666 thousand. The sentences were suspended. (Hürriyet-TIHV, May 24, 2004)

Prevented Theatre Play

The theatre group of Antalya Muratpasa Lyceum was not allowed to join the "Lyceums Theatre Festival" organised by Antalya Municipality. The school wanted to join the festival with the play "Azizname 95" compiled from the book "Azizname" by Aziz Nesin. The Work Examination Council of Antalya National Education Directorate did not allow the school play the piece on the grounds that the play includes slang and obscene parts. (Hürriyet-TIHV, May 23, 2004)

Prevented demonstrations

The police intervened the demonstration, which was organised to protest in the battleships from Italy, Netherlands and Bulgaria of NATO Permanent Corps HQ which came and anchored in Antalya Harbour on 22 May. The police dispersed the persons, who were conducting a sit-in action, by using tear gas and truncheons. 18 persons including EMEP Chair for Antalya Cemal Budak and Chairman of Youth Association Serife Dogan were detained. Some 10 persons were wounded by the police. The police forcibly dispersed the crowd who gathered to protest the extraditing of the leading member of PKK Nuriye Kebir to Turkey in front of Galatasaray Lyceum on 23 May. The police detained Enver Tekin, Ulas Gültiken, Yakup Akyüz, Vedat Mersin, Aslan Altay, Sedat Yildirim, Seyit Battal Yayasüt, Seref Basaran, Resul Pare, Fevzi Abuk, Mehmet Zana Kibar, Ergin Koç, Ethem Öte, Nurset Izci, Abdulkadir Akdag and the persosn with the first names Cemal and Ejder. (Evrensel-TIHV, May 23-24, 2004)

Detentions and Arrests

Sevda K., Aygün K., Ferdi T. and Kemal D. were detained in Istanbul on allegations of "being member of DHKP/C". (Türkiye-TIHV, May 22, 2004)

Refugees Died

The gendarmerie soldiers found the corpses of 2 persons near Yigit Mountain in Bilgiç village of Baskale district in Van. Died persons reportedly were Afghans who wanted to pass illegally from Iran to Turkey. (Özgür Gündem-TIHV, May 23, 2004)

Incident in Prison

E.K. (15), who was tried to be suffocated by 4 children during a fight that broke out in the children's ward of Afyon Closed Prison some tine ago, reportedly died in Ahmet Necdet Sezer Practice and Research Hospital. E.K. had been reportedly arrested on 1 May. (Türkiye-TIHV, May 23, 2004)

Clash in South East

The private Nazmi Yildizli died during an armed clash that broke out on 21 May in Yenibas region between Hozat and Ovacik districts of Tunceli. The police officers Ilhan Özsepet, Tuncer Ece and Ali Aksu were wounded during an armed attack on 23 May to a police point in Yüksekova distirct of Hakkari. (Hürriyet-Milliyet-TIHV, May 22-24, 2004)

Bomb Explosion

F.Y. (13) died, S.K. (17) was wounded when the bomb they found in a dump place in Olur district of Erzurum exploded. (Radikal-TIHV, May 23, 2004)

Torture in Detention

The investigation launched upon the official complaint filed by Semdin Erol and Cebrail Savucu, who were detained in Osmaniye and then sent to Elazig on the allegations of burglary on 17 March, resulted in decision not to prosecute due to lack of evidence. Savucu and Erol had stated in their complaint that they had been tortured while in detention at Elazig Provincial Command of Gendarmerie by soldiers Arif Danaci, Fatih Türkmenoglu, Abdulkadir Özbek, Gökhan Arslan, Sedat Sariz, Murat Yücedaglar and Abdulkadir Miklar. Semdin Erol's brother Recep Erol stated the followings: "When I visited them at the Prison they told me that they were tortured at Elazig Provincial Command of Gendarmerie. They both had traces of strokes on their head. Their teeth were broken. Soldiers sticked spits on their hands and put salt in them in order to make them accept the crime. Despite all those tortures the doctor who examined them after detention did not give report certifying torture. After that we demanded many times re-examination however our demands were rejected. My brother is at Kayseri Closed Prison right now and he has psychological problems due to torture. However he is not receiving any treatment. Since the doctors did not give reports public prosecutor resulted the investigation with a decision not to prosecute." Erol also stated that he was going to file official complaint against doctors for "misperforming their duty". (DIHA-TIHV, May 21, 2004)

Trial on Death in Custody

On 20 May Ankara Heavy Penal Court No.2 continued to hear the case against the police officers Naip Kiliç and Ahmet Bastan in connection with the death in custody of student Birtan Altinbas on 16 January 1991. During the hearing it was announced that State Retirement Office had not responded to the court's letter, asking the address of Ahmet Bastan, who is a retired police officer. Altinbas's lawyers upon this demanded that an official complaint should be filed against State Retirement Office. The Court decided to ask to the Office why they did not respond and if seen necessary an official complaint should be made against the Office. On 18 July 2001 Ankara Penal Court of First Instance No. 2 had sentenced the police officers Ibrahim Dedeoglu, Sadi Çayli, Hasan Cavit Orhan and Süleyman Sinkil to 4 years 5 months 10 days' imprisonment each. Tansel Kayhan, Talip Tastan, Mehmet Kirpici and Muammer Ekin had been acquitted due to "lack of evidence". On the other hand, the cases of Ahmet Bastan and Naip Kiliç had been separated.  The case against 8 police officers was concluded on 26 March at the same court.  Tansel Kayhan, Talip Tastan, Mehmet Kirici and Muammer Eti were acquitted while Ibrahim Dedeoglu, Sadi Çayli, Süleyman Sinkil and Hasan Cavit Orhan were sentenced 4 years 5 months and 10 days' imprisonment each. (Birgün-TIHV, May 21, 2004)

Pressures in Prisons

Relatives of prisoners in Tekirdag F-type Prison stated that they were beaten and insulted by gendarmerie soldiers while visiting their relatives. Kamber Saygili stated that he visited his son on 17 May and upon orders by their captain, soldiers beat a group of 30 visitors. Meanwhile HRA Prisons' Commission member Ümit Efe stated that incidents of sexual harassment during body searches increased. He also stated that tuberculosis incidents increased among prisoners. (Birgün-TIHV, May 21, 2004)

Convicted Lawyers

On 20 May, the case launched against lawyers Bilgütay Hakki Durna and Murat Celik, the sub-plaintiffs of Hüseyin Duman, member of the Socialist Power Party (SIP) who was murdered by Ihsan Bal, chairman of the Idealists' Union in Küçükbakkalköy (Istanbul) on 17 April 1999 concluded at Kadikoy Heavy Penal Court No.1. The court first sentenced Durna and Çelik, who were charged with "insulting the court board", to six months' imprisonment according to Article 268 TPC and commuted the sentences to fine. The fines were suspended. (Cumhuriyet-TIHV, May 21, 2004)

DEHAP Executive on Trial

Three different cases launched against DEHAP chair Tuncer Bakirhan in connection with his speeches made during election campaign concluded with acquittals. In one of the cases launched according to Article 7/2 Anti-Terror Law, Van SSC acquitted Bakirhan on the grounds that "no dissemination of propaganda of a terrorist organization was made when the speech considered as a whole." Van SSC also acquitted Bakirhan for the case launched in connection with his statements regarding Abdullah Öcalan and Kurdish question during one of his speeches made in Yüksekova district of Hakkari. Another case was launched in connection with his speech in Patnos district of Agri on 8 October 2003. Erzurum SSC acquitted Bakirhan from charges brought under Article 312 TPC and 7/2 Anti Terror Law. (Birgün-TIHV, May 21, 2004)

AKP Executives on Trial

Public prosecutor in Ulukisla (Nigde) indicted AKP executives for Ulukisla in connection with posters saying, "End to 84-year darkness together with government". The indictment wants defendants Ali Ugurlu, Kamil Ünal, Mustafa Burna, Ali Tekin and Yunus Ugurlu be charged according to Article 159 TPC for "insulting GNAT". (Cumhuriyet-TIHV, May 21, 2004)

Detentions and Arrests

On 20 May police and gendarmerie soldiers intervened Spring Festival activities at Trakya University on the allegations that Abdullah Öcalan's poster was carried. Using pepper gas and tear gas, police detained some 50 students. During house raids conducted in Cizre district of Sirnak on 20 May, DEHAP executive for Cizre Hüseyin Avsar and DEHAP Youth Wings members Nesip Gökhan, Mesut Budak, Serdar Baglan, Veysi Turgut, Lokman Gökhan were detained. (Cumhuriyet, Özgür Gündem-TIHV, May 21, 2004)

Armed Clashes and Attacks in Southeast

According to news appeared on the web site of the newspaper Özgür Politika, published in Germany, 5 police officers were killed and one of them was wounded during armed attack organized by HPG militants on the evening of 18 May in Pervari district of Siirt. The attack was reportedly conducted as retaliation for killing of 6 HPG militants during clash broke out in the vicinity of Misare in Eruh district of Siirt. (Özgür Politika-TIHV, May 21, 2004)

Death Fast

Gültekin Tekin, who had been temporarily released due to Wernicke-Korsakoff illness, was arrested again upon the report given by Forensic Institute alleging that "he was recovered". Tekin was detained while he was returning from the picnic organized by the prisoners' relatives' organization TAYAD and after having been arrested he was sent to Gebze Prison. (Özgür Gündem-TIHV, May 20, 2004)

Demonstrators Detained

A demonstration was staged in Bosphorus University on 18 May to protest Ata Holding company which will construct a dam on Munzur river. Police intervened the demonstration and detained 29 students. On 19 May, the detainees were released after having been testified before the public prosecutor. (Birgün-TIHV, May 20, 2004)

Distribution Office Raided

A raid was conducted to the office of Firat Distribution Company in Diyarbakir on 18 May on the allegation that "there were illegal publications in the office". The manager of the office Ramazan Pekgöz was detained during the raid. (Özgür Gündem-TIHV, May 19, 2004)

Detentions, Arrests

Students of Çukurova University Süleyman Gülmez, Deniz and Mehmet (surnames not known), were detained when they went to Incirlik town of adana to participate the press conference organized by DEHAP Youth Wings in Adana to protest the Incirlik Base.  (Özgür Gündem-TIHV, May 20, 2004)

Fight in the University

3 students were reportedly wounded during the fight broke out between two leftist groups in Middle East Technical University. The clash reportedly broke out when a group denied the distribution of leaflets by other group. One of the wounded students Ihsan Seddar Kaynar was given a medical report certifying inability to work for 5 days (Cumhuriyet-TIHV, May 19, 2004)

Students Dismissed from the University

Ankara University Rectorate reportedly dismissed 9 students temporarily (ranging from 1 weeks to 3 weeks) on the grounds that they participated the protest actions against YÖK in March. (Evrensel-TIHV, May 20, 2004)

Clash and Attacks in the Southeast

An armed attack was reportedly made to a police control point on the night of 18 May in Pervari district of Siirt.  According to the news gathered, police officer Cumali Hakan and guard working in Pervari Closed Prison Cihan Aydogdu were killed. Police officer Hüseyin Lokoglu was wounded during the incident. (Özgür Gündem-TIHV, May 20, 2004)

Juvenile Beaten by Police

Özcan Köse (20), was reportedly beaten by the police in Zincirlikuyu quarter of Istanbul. According to the news gathered, Köse was taken to the Zincirlikuyu Graveyard and beaten by clubs by the police officers when he asked the reason of the ID check. Afterwards, Köse was taken to Sisli Security Directorate and an official complaint was filed against him on the allegation of "resisting security forces and damaging state's property". Köse was released after he testified before the public prosecutor and he was given a report certifying 7 days inability to work by Forensic Institute. (Birgün-TIHV, May 19, 2004)

Detentions, Arrests

9 persons were detained in Sirnak during the house raids conducted on the night of 16 May. The names of the detainees reportedly were:  Maas Kuluman, Becet Kuluman, Zubeyir Kuluman, Ismet Kuluman, Yahya Idin, Mahmut Katar, Ridvan Katar, Nezir Katar and Mesut Caner. Yahya Idin, Ismet Kuluman and Mahmut Katar are still being interrogated while the other 6 detainees were released on the same day. (Özgür Gündem-TIHV, May 19, 2004)

Pressures in Prisons

Turan Bayol, incarcarated in Çivril Prison, reportedly initiated death fast. Reportedly, he had started hunger strike in December 2003 to protest the conditions of the prison and then changed his action to death fast on the grounds that he was not taken to hearings of his case on the allegation that there was no fund appropriated for it. (Birgün-TIHV, May 19, 2004)

Convicts on Trial

A court case was launched against 9 prisoners in Tekirdag F-type Prison in connection with an official complaint they made.  The prisoners reportedly made the official complaint against the gendarmerie commander Osman Aksu and lieutenant Ilker Akin on the allegation that they put pressure on the prisoner Veli Özdemir for being a confessor. The indictment wants the prisoners to be sentenced according to the Article 159 TPC. The case was commenced on 2 April and the next hearing was adjourned to a later date for the completion of the deficient documents. The official complaint made by the Ercan Kanar, lawyer of Veli Özdemir, was resulted in a decision of not to prosecute on 7 March. (BIA-TIHV, May 19, 2004)

Clash and Attacks in Southeast

2 HPG militants were reportedly died when the mine they were laying on the road near Koçyurdu village of Güçlükonak district, exploded. (Milliyet-TIHV, May 19, 2004)

Torture in Detention

Ismet Toka, Ramazan Simsek and Metin Ayyildiz, who were detained on the night of 10 May on the grounds of being drunk, were reportedly tortured. Ismet Toka, who was kept one night at Security Directorate, stated the following: "A short, white-haired police officer, swearing, started to beat me. They handcuffed me and laid me down on the floor. They beat me with kicks, truncheons and fists. They hit my back with cable as well. They dragged me on the floor putting a hose around my neck." According to the health report issued by Igdir State Hospital Ismet Toka has "ecchymosis on his left breast, 2 wounds on the left side and ecchymosis on both left and right lumbal." Toka was sent to Erzurum Forensic Institution. Toka, who identified police officers Yusuf Bakirci, Ali Öztürk, Mustafa Demir and Yücel Akin reportedly filed official complaint against them. Chief superintendent in charge at Igdir Security Directorate, Kuvvet Yasar, police officers Ugur Demir, Hikmet Sesli, Ahmet Toksoy and Bülent Küçükatay had been indicted for torturing two students. Superintendent Turgut Tutar, police officers Hüseyin Egin and Hasan Korkmaz, in charge at the same directorate had also been indicted for "ill-treatment" of DEHAP Youth Wings member Mehmet Alp, Levent Tastan, Mehmet Cirkan, Resul Gür, Erkan Ipek and Salahattin Filizkiran on 15 February 2003. (Özgür Gündem-TIHV, May 16, 2004)

Pressures in Prisons

M. Sah Yilmaz, who were being transferred form Mus prison to Siirt E Type Closed Prison was reportedly beaten on the way. Applying to HRA Batman branch, Yilmaz mother Vafiya Yilmaz stated that gendarmerie soldier wanted to strip naked his son and beat him when he disobeyed. Vafiya Yilmaz stated that she was going to file official complaint. (Özgür Gündem-TIHV, May 16, 2004)

Pressures in Prisons

PRD prisoners at Adana Kürkçüler Prison reportedly banned from receiving one month closed visits and six months open visits in connection with 5-day hunger strike in order to protest "Draft Law on Execution of Sentences." (Özgür Gündem-TIHV, May 16, 2004)

Closed Association

Court of Cassation confirmed decision of Mus Penal Court of First Instance to close Mus Relatives of Prisoners Solidarity Association (TUHAD-DER) on 14 March on the grounds of "not submitting their regulations to Governorate" in accordance with law on Associations. (Özgür Gündem-TIHV, May 17, 2004)

TTB Executives on Trial

On 14 May Ankara Penal Court of First Instance No. 2 started to hear the case that was launched against Füsun Sayek, chair for Turkish Medical Association (TTB), and Metin Bakkalci, vice-chair for TTB, in connection with the announcements they made regarding the Minister of Health Recep Akdag. Matin Bakkalci stated during the hearing that the announcements on which the case was grounded were the answers to the announcements of Recep Tayyip Erdogan about the physicians. The lawyer of Sayek and Bakkalci Mustafa Gürsel demanded the acquittal of his clients. According to the indictment Füsun Sayek allegedly said "Minister has a problem of understanding" and Bakkalci said "Not seeing the greatness of the action is a kind of pathological case" after the Minister criticized the stop-working action of the physicians. The defendants were charged under the Article 159 TPC (insult). The case was adjourned to 27 May. Evrensel-TIHV, May 15, 2004)

DEHAP Members Arrested

3 of the 9 DEHAP members, who were detained during May Day celebrations in Izmir, were arrested. Mehmet Naci Avci, member of DEHAP Youth Wings, and Orhan Aras, member of DEHAP, were reportedly arrested on the allegations of  "resisting to security forces and making propaganda of illegal organization". Erhan Ekinci, Nurullah Ipek, Ahmet Gültekin, Muharrem Kurt, Ibrahim Tikan and Bulut Kisin were released. (Özgür Politika-TIHV, May 16, 2004)

(05/064) Demonstration Prevented

A group of Dicle University students, who came from Diyarbakir to participate the "Spring Festival" organized in METU, were prevented by the gendarmerie when they wanted to enter in the METU campus on 14 May.   2 students were detained and 10 students were wounded during the incidents. In addition, correspondent of the daily Oya Tezel was detained during the incident. Tezel was released after a while.  (Evrensel-TIHV, May 15, 2004)

YÖK Protest

A group of students, who wanted to protest the Law on Higher Education council (YÖK) that was passed by GNAT on 13 May, occupied AKP office in Besiktas district of Istanbul on 14 May. It was alleged that a member of AKP threatened the students with his gun. The students were assaulted while taking out of the office. (Cumhuriyet-TIHV, May 15, 2004)

Students Dismissed from the University

16 students of Çanakkale 18 Match University, who left the red cloves on the desks in the classes on the anniversary of so called "Return to Life Operation" organized on 19 December 2000 in the prisons, were temporarily dismissed from the university. 4 of the students were dismissed for one semester and 12 students were dismissed for a month. The students reportedly appealed to Bursa Administrative Court for the cancellation of the execution. (Özgür Gündem-TIHV, May 17, 2004)

Detentions, Arrests

4 of the 11 students, who were detained on 11 May in Malatya, were arrested on the allegation of "being members of KONGRA-GEL", whereas the 7 students were released.  3 persons were detained during the operation that was allegedly conducted against DHKP/C in Istanbul. The name of the detainees reportedly were: Gülten Tekin, Tigin Öztürk and Yilmaz Küçük. (Özgür Politika-Cumhuriyet-TIHV, May 15-17, 2004)

Clash and Attacks in the Southeast

6 soldiers, one of whom were a lieutenant were reportedly killed and 3 soldiers were reportedly wounded during the clash broke out between the soldiers and the HPG militants near Eris village of Çukurca district (Hakkari) on 12 May. According to the news appeared on the web site of the newspaper Özgür Politika, which is published in Germany, 1 military vehicle was allegedly destroyed during the clash occurred on the same day near Gülka town. (Özgür Politika-TIHV, May 15, 2004)

Clergyman on Trial

On 13 May, Diyarbakir Penal Court of First Instance No 3 acquitted the clergyman Ahmet Güvener at the first hearing of the case. The case was launched for "having opened a church without permission". In his summing up the case the public prosecutor asked the acquittal of the defendant by referring to the article of European Convention of Human Rights concerning freedom of thought, conscience and religion. The case had been launched after the official complaint of the Governorate of Diyarbakir according to Article 261 TPC (opening school extra-legally). (Hürriyet-TIHV, May 14, 2004)

DEHAP Executive on Trial

Public prosecutor in Nusaybin (Mardin) launched a case against DEHAP Chair Tuncer Bakirhan for saying in Kurdish "Xatirê we (Good Bye)" during a meeting on 26 March organized before the local elections. The indictment wants Bakirhan to be sentenced according to the Article 81/c of the Law on Political Parties. (Özgür Gündem-TIHV, May 14, 2004)

Civil Servants on Trial

On 13 May, Izmir Penal Court of First Instance No 9 continued to hear the case against 69 executives of the unions connected with KESK who staged a demonstration in Izmir to protest the draft Law on Public Reform. (Cumhuriyet-TIHV, May 14, 2004)

Students on Trial

A court case was launched against 45 persons who staged a demonstration on 24 April at Taksim Square to protest the draft law on YÖK. The žndictment alleged that "the students staged an unauthorised demonstration and resisted security forces". The case would commence at Beyoglu Penal Court of First Instance. (Hürriyet-TIHV, May 14, 2004)

Death in the Prison

G. U. (17), who was serving her sentence in Bakirköy Women and Children's Prison in Istanbul, was suffocated on 12 May because of the LPG tube in the ward. It was not determined whether she committed suicide or died accidentally. (Türkiye-TIHV, May 14, 2004)

Clashes and Attacks in South East

2 soldiers reportedly died and 2 soldiers were wounded when their military vehicle hit a land mine on 13 May on the road between Çukurca and Semdinli districts of Hakkari. (Özgür Gündem-TIHV, May 14, 2004)

Torture Case

On 11 May Konya Heavy Penal Court No.1 continued to hear the case against the police chiefs H.A.A. and I.A. and the police officers Z.Y. and H.Y., who were on duty at Özalkent Police Station, according to the article 243 TPC on charges of "torturing" the children I.A. (10) and B.K. (9), who were detained on 17 September 2003 on the allegation of "theft". B.K. reported the incident as follows at the hearing: "They accused us for stealing money. We said that we didn't. They took us to the police station. They made us put off our trousers and pants. They squeezed our testicles. They touched red-hot truncheons to our genital organs. They hit our feet with sticks for 7 or 8 times. We cried, begged but they did not listened to us. They were always saying: 'you stole the money'. At the end we said that we stole the money and hide it in the constructions near our house. We went to the construction by a police car. I tried to make my voice heard by my parents, but they did not hear. They held our feet and made us upside down. Then they threw us to down from the first floor. They told that we fell while we were running away to our mothers." Lawyer Hakki Unalmis stated that the children, who were kept in detention for 9 hours, were released when the person whose money was stolen gave up his complaint. But they did not sent to the public prosecution office. He added the followings: "The children had to testify to the juvenile police who was on duty for three years in Konya, but they were interrogated by the ordinary police officers. The wounds of the children could recover one month after the incident. I.A. and B.K. screams when they see police officers. The police wanted to throw me out of the court house as I struggle against the torturer police officers". I.A's mother M.A. stated that her son has psychological problems. (Sabah-TIHV, May 13, 2004)

Ill-Treatment in Detention

15 years old juvenile H.T.T. was reportedly kept in detention for three days, not let to see her lawyer and released without appearing before the public prosecutor. Her mother Sakine T. stated that two persons, who were wounded during an armed clash broke out in Fiçici Abdi quarter on 7 May, wanted help from her and her daughter took them to Çapa Medical Faculty Hospital by taxi. She put the followings: "My daughter was interrogated by the police at the hospital and then taken to Beyoglu Security Directorate. She was not let to see the lawyer there and sent to Beyoglu Juvenile Office on 8 May. She had to spend the night in custody on a wooden table with a 17 years old boy. My daughter cut her hand in the cell on 9 May and then she was taken to the hospital. After having been taken to the police station she was released without testifying to the public prosecutor". (Özgür Gündem-TIHV, May 13, 2004)

Attacks and Clash in the Southeast

Lieutenant Süleyman Sahin and the private Ertugrul Alçiçek died, when their military vehicle hit a land mine on 12 May near Çayirli village of Çukurca district (Hakkari). Three soldiers were wounded during the same incident. (Sabah-TIHV, May 13, 2004)

Persons Beaten by the Police

Three juveniles, who threw cigarette ends on the ground while passing by Ankara Anafartalar Police Station were beaten by the police. Police officers reportedly opened fire when people around tried to prevent them. The incident reportedly evolved as following: "Juveniles, Kemal Yaratilmis (20) and Emre Camci (20) threw cigarette ends on the ground while passing by Ankara Anafartalar Police Station in Ulus on 9 May. One of the police officers on duty, swearing, told them to take cigarettes back. Kemal Yaratilmis told to the officer "he would not take it back because of swear". Upon this other police officers came out of the Station and started to beat them. Kemal Yaratilmis and Emre Camci, escaped to their houses at Köprübasi quarter. Following the juveniles, police officers conducted raid against Kemal Yaratilmis's house without any search permit, while searching him in workplaces around as well. Meanwhile they found Kemal Yaratilmis's brother H. Yaratilmis (16) in a store and beat him. Later they found Kemal Yaratilmis and beat him heavily. They prevented other persons around from intervening by opening fire into the ground. People reportedly started to throw stones against police officers and those officers escaped to the Station. Meanwhile two police officers slightly wounded. Kemal Yaratilmis, being hospitalized, has reportedly a broken arm, had to have his head stitched and have traces of strokes on his body. His brother H. Yaratilmis' right elbow was reportedly fractured. Kemal Yaratilmis received a report certifying inability to work for 15 days' and H. Yaratilmis for 10 days'. It was also reported that police officers tore up the complaint petition of juveniles' father Namik Yaratilmis, who later went to the Station and detained Kemal Yaratilmis, Emre Camci and H. Yaratilmis. Juveniles, who were indicted for "attacking the Station", were released by public prosecutor on 10 May. Namik Yaratilmis reportedly filed an official complaint against the police officers. (Evrensel-TIHV, May 12, 2004)

Soldiers on Trial

10 soldiers were indicted in connection with the killing of Zahir Yilmaz (14) nearby Üçgözler village of Çaldiran district (Van) on 30 September 2003. The indictment prepared by public prosecutor in Ercis, wants non-commissioned officer on charge at Güldere Gendarmerie Station, Bekir Üzülmez, privates Refik Irdem, Salih Özbiçen, Mehmet Bas, Abbas Uce, Hakan Kaya, Özgür Tok, Hasan Akçiçek, Fatih Koca and Osman Girek to be charged according to Article 448 TPC (killing intentionally), Article 463 TPC (reducing sentences when the actual guilty person cannot be determined) and Article 50 TPC (reducing sentences given to those exceeding the limits of laws, authorities and necessities while on duty). The trial will commence at Ercis Heavy Penal Court on 31 May. Seyfettin Kaya, who was together with Zahir Yilmaz during the incident had stated that although they had surrendered soldiers opened fire against them and Zahir Yilmaz had died at the station where he had been taken after being wounded. (Özgür Gündem-TIHV, May 12, 2004)

Detentions and Arrests

A person named Saadet Duman was detained on 11 May in Iskenderun district of Hatay. Duman's elder brother Ismail Duman had been arrested on 29 December 2003. Four students at Adana Çukurova University were detained on 12 May. Students were reportedly detained during tension occurred when special security officers at school did not permit entrance of sound devices to be used for "Alternative Students' Festival". Students were released a short while later. Following persons were detained in connection with May Day demonstrations: Kader Uzun, Ali Madenkuyu and Mehmet Betek (in Malatya), Nurullah Ipek and Ibrahim (last name not known) (in Izmir), students Mustafa Gül, Metin Özçelik, Mahmut Ercan and DEHAP Youth Wings chair in Antalya, Erkan Tatkan and DEHAP member Medya Igin (in Antalya). (Özgür Gündem-TIHV, May 12, 2004)

Medical Treatment Neglected

Former editor-in-chief of the journal Odak Erol Zavar, incarcerated in Tekirdag F-type Prison, was reportedly not treated. Zavar is suffering from urinary bladder cancer. Erol Zavar's wife Elif Zavar announced she appealed to the Presidency for pardon when the cancer was diffused all over his body but she was not replied. Upon this, she said, she appealed to ECHR and her application was accepted. ECHR reportedly wrote an official paper to the public prosecutor in Tekirdag for his treatment. Then Zavar was reportedly taken to Tekirdag State Hospital but given there a report saying that "he could stay in prison".  Zavar had been sentenced to life imprisonment according to Article 146 TCP by Ankara SSC.  (Cumhuriyet-TIHV, May 11, 2004)

May Day Celebrations

Istanbul Security Directorate filed an official complaint against 76 organizing committee members including chairman of DISK Süleyman Çelebi and chairman of KESK Sami Evren on the allegation that "the march started from Saraçhane and ended at Yenikapi held on 1 May was unauthorized".  It was said in the complaint that the people were warned to disperse on the grounds they were staging illegal demonstration. It was alleged that a group of DEHAP members carried the pictures of Abdullah Öcalan, and the demonstrators were led by Süleyman Çelebi, Sami Evren, Chair for ÖDP Hayri Kozanoglu, Deputy Chair for SHP Ercan Karakas and some executives of the trade unions. (Cumhuriyet-TIHV, May 11, 2004)

Detentions, Arrests

6 teachers and 13 students were detained during a raid conducted to a house on the allegation that "unauthorized Koran course was organized" in Kargapinari town of Erdemli district (Mersin). The students were released after a short time. The teachers were reportedly released to be tried without remand by the public prosecutor. A.G., who distributed leaflets condemning torture incidents in Iraq, was detained in Yalova.  Recep Esemen, Veysel Ergüder and Ömer Akkus, who were arrested in Bursa on the allegation of "being members of radical Islamist organization 'Ansar Al-Islam' and preparing for an attack to the NATO summit on 28-29 June in Istanbul", were released upon the denial of their lawyers. However, Bursa Heavy Penal Court No. 5 didn't release Alpaslan Toprak, Bayram Ersoy, Sinan Gidenayak, Ahmet Sönmez, Serkan Ilter and Yilmaz Bulut. (Cumhuriyet-Zaman-TIHV, May 11, 2004)

Villager Killed

The villagers, who were smuggling oil from Iran to Turkey, were reportedly fired by Iranian soldiers near Azikli village of Baskale district in Van on 9 May. Deniz Parlak was killed during the incident. (10 May, Özgür Gündem-TIHV, May 10, 2004)

Detained Students, Students on Trial

Students who came from 15 different provinces staged an action of not to leave the Central Campus of Istanbul University for 24 hours on 7 May to protest in the draft Law on Council for High Education (YÖK). After the students got in to the Law Faculty to rest at about 3.30am on 8 May an operation was conducted against them by the police. The police throw tear gas and detained 157 students under beatings. 3 students were wounded during the incident. According to the press release on 8 May, the students took shelter in the lecture room in the second floor; the police used overmuch tear gas and throw some of the students from the window. Those students were wounded because their wrists were broken. Most of the detained students were released on 9 May. 2 students were kept in detention because they were wanted. 5 students were reportedly sent to Recruiting Office on the grounds that they were deserters. A court case was launched against 95 students who attended the protest demonstration against YÖK on 13 March. The indictment wants the students to be sentenced for "staging an unauthorised demonstration". (Birgün/Hürriyet-TIHV, May 8-9, 2004)

Workers and Civil Servants on Trial

On 6 May, Tunceli Penal Court of First Instance started to hear the case against 109 municipality workers who attended the protest demonstration against the draft Law on Public Reform on 10-11 December 2003 in Tunceli. It was noticed at the hearing that there were other cases against some of the defendants with the same alleged offence and 3 defendants did not attend the demonstration, they were named in the indictment because of name similarity. The court adjourned the hearing to 28 May. The indictment wants the defendants to be sentenced according to the Article 236 TPC "collective stop-working". (Özgür Gündem-TIHV, May 8, 2004)

Clashes and Attacks in South East

2 soldiers were killed during an attack conducted in Kiralan region near Dernek village of Lice district in Diyarbakir. The attack was reportedly conducted with a remote controlled bomb. The HPG militant Ali Akman was killed during an armed clash on 8 May in the region between the villages Kuruköy and Kuskaya in Nusaybin district of Mardin. An armed clash reportedly broke out between HPG militants and soldiers in the region in the middle of the villages Armutlu, Kaniya Mezin, Dêrhabe and Nebiya of Gercüs district in Batman. (TIHV, May 10, 2004)

Torture in Prison

Political prisoner Leyla Sincar, incarcerated in Kürkçüler F-type Prison, was reportedly tortured. Her mother Havle Sincar stated that her daughter was beaten four times a day and kept in a wet-grounded cell for a week on the grounds that she denied to be counted in the attention position. Havle Sincar mentioned that her daughter was taken to Ceyhan E-type Prison afterwards. She said the followings: "When I visited her, my daughter stated that she was taken to Kürkçüler F-type Prison about 10 days ago for an examination, and she was asked to be counted in a military discipline four times a day.  She said that she was not a soldier; and then she denied to be counted in such a position. Upon this, some 30 persons attacked my daughter. This was repeated four times a day. My daughter said that the prisoner Songül Yurtseven was also subjected the same treatments and she was under pressure". (Özgür Gündem-TIHV, May 7, 2004)

Mazlum-Der Executive on Trial

On 6 May, Bakirköy Penal Court of First Instance No.5 started to hear the case that was launched against the former chairman of Mazlum-Der Istanbul branch in connection with a speech he made in 2002. The hearing was adjourned to 26 May. The indictment wants him to be sentenced imprisonment according to Article 82 of the Law on Associations on the grounds that he violated Article 44 of the law. (TIHV, May 7, 2004)

Convict on Trial

Malatya SSC prosecutor launched a case against Nurettin Demirtas for the second time with the charges of being a "member of an illegal organization". Demirtas had been sentenced to 18 years 9 months' imprisonment on the grounds of "being an executive member of PKK" in 1997. According to the information given by the Lawyer Aygül Demirtas, it was alleged in the indictment that Nurettin Demirtas organized the protest actions held on 20-21-23 November 2001 in the prison. The letter sent to the President Ahmet Necdet Sezer as well as the petition he sent to the Ministry of Justice in order to be sent to Imrali Island where Abdullah Öcalan is incarcerated, were shown as evidences. Lawyer Aygül Demirtas stated: "My client had been sentenced with the charges of being an executive of an illegal organization. It is not possible for a person who is under the responsibility of prison administration to be sentenced with the charges of being member of illegal organization again. If it is accepted that my clients have continued to be a member of illegal organization then the Ministry of Justice and the prison administration would be guilty. They should be charged for mis-conducting their duties". Nurettin Demirtas had reportedly been arrested in 1993 in Izmir and sentenced to 18 years 9 months' imprisonment by Izmir SSC. (Özgür Gündem-TIHV, May 7, 2004)

Torture Case

Public prosecutor in Ercis (Van) launched a case against three soldiers on the allegation that "they tortured Fettah Ülgen who lives in Sariçimen village of Çaldiran district Van". Following information was given by Lawyer Murat Timur: Public prosecutor in Çaldiran launched an investigation and lieutenant Mehmet Hilmi Inci, the soldiers Ahmet Bozdag and Mehmet Çelik were arrested on 11 October 2003 in connection with the incident occurred on 30 September 2003. The arrested persons were released on 23 October 2003 when the public prosecutor decided in non-prosecution and sent the file to military prosecutor. Military prosecutor also decided not to prosecute and returned the file. Public prosecutor in Çaldiran sent the file to the heavy penal court in Ercis district. Public prosecutor in Ercis launched a case against the three soldiers according to Article 243 TPC on 5 April. The case will commence at Ercis Heavy Penal Court on 27 May. (Özgür Gündem-TIHV, May 6, 2004)

Torture Trial

On 4 May Diyarbakir Heavy Penal Court No. 2 started to hear the case that was launched against the police officers Mustafa Kiliç, Murat Erdogan and Fatih Zengin on the allegation that they tortured Remzi Karaduman, Ugur Usar and his brother Resat Usar, who were detained in June 2002 with the charges of "being members of Hezbollah"  (Özgür Gündem-TIHV, May 6, 2004)

Incident in Prison

The prisoners, who wanted the lift of the discipline sentences given to 8 prisoners in the first, second, third and the fourth departments of the prison, initiated a rebellion in Denizli Closed Prison at the evening times on 5 May.  The rebellion lasted three hours and stopped by the intervention of the public prosecutor. (Zaman-TIHV, May 6, 2004)

Prisoners on Trial

Midyat Penal Court of First Instance decided not to prosecute the 113 political prisoners in two different cases launched in connection with the petitions they sent to General Staff. According to the information given by the chairman of HRA Mardin branch Lawyer Hüseyin Cangir, the court decided that the defendants had to be prosecuted according to Law on Fight to Terrorism and sent the files to Diyarbakir SSC. 50 political prisoners are prosecuted in one case and 63 prisoners in the other case. (TIHV, May 6, 2004)

Incident in Istanbul

SSC prosecutor in Istanbul launched a cases against 12 persons of whom 9 were arrested in connection with the bomb attack organized against "Free and Accepted Masons Association" in Yakacik Çarsi quarter of Kartal district (Istanbul) on 9 March. The indictment wants the arrested defendants Adem Çetinkaya, Hasan Dag, Hamza Ali Temiz, Hakan Çaliskan and Engin Vural, who wounded during the incident, to be sentenced to life imprisonment according to Article 146/1 with the charges of "attempting to change constitutional order". The indictment wants imprisonment sentences for two defendants with the charges of "being member of illegal organization" and five defendants with the charges of "aiding illegal organization". It was asserted in the indictment that "the defendants were members of a cell unit in Turkey of El-Kaide" and organized the armed attack on 21 August 2003 when dentist Yasef Yahya was killed. (Milliyet-TIHV, May 6, 2004)

Armed Clashes

The village guard Mehmet Basidinç was killed and the village guards Ziya Durgun, Saim Buketçi, Bedri Nasirbel and Kazim Nasirbel were wounded during the clash broke out on 4 May in Sekamerk plateau of Güzeldere village of Genç district (Bingöl). (Milliye-TIHV, May 6, 2004)

Incident in Adiyaman

Medine Özdogan, Bese Kiliç, Melek Kiliç, Hanim Hatay, Selver Eysen, Ibrahim Varol, Mustafa Besir Özdogan, Ethem Eysan, Ibrahim Göreli, Ibrahim Bacanak, Bektas Bacanak, Mustafa Kiliç, Hüseyin Kiliç, Hasan Hatay, Ali Ekinci, Hüseyin Ekinci, Ibrahim Çetin, Mehmet Özdogan, Ibrahim Yildirim and Yunus Yildirim, who were detained in connection with the armed attack conducted against a military vehicle in Haydarli village of Gölbasi district of Adiyaman on 29 April, were released on 4 May. (Özgür Gündem-TIHV, May 6, 2004)

Persons Beaten by the Police

Four police officers, Recep O., Erkan A., Ali Osman G. and Mustafa S., who appeared on TV recently while beating two persons in Edirne were released and going to be tried without remand. Police officers, charged for "ill-treatment", testified before the public prosecutor on 4 May. A group of 50 police officers gathered in front of the Court House, applauded and celebrated their colleagues' release while hindering journalists who wanted to cover the incident. (BIA-TIHV, May 5, 2004)

Hindered Activity

Malatya Administrative Court annulled the decision of Bingöl governorate to ban painting, story writing and poem contest organized by HRA Bingöl branch in commemoration of Gazal Berü, who was killed by dogs belong to Yigitler Village (Karliova district) Gendarmerie Station on 19 February 2001. Govenorate had grounded its decision to ban as "the Association organized the contest in order to form public opinion disfavoring state and security officials" and "Although the name of the child who lost her life was Gazal Berü, the fact that they wrote her name as "Xezal" is an indicator of the Association's real intentions which are not good." Upon this decision HRA had applied to Malatya Administrative Court. Court's decision, dated 31 March, was notified to HRA recently. Referring to the decision by the 10th Chamber of the Supreme Court of Appeals stating that "it was the administrative authority's duty to prevent commitment of a crime during any activity and if any crime occurs necessary legal measure could be taken", the Court ruled that "it was against law to ban an activity depending on a supposition that there was a possibility to commit a crime which has not yet been committed." (Özgür Gündem-TIHV, May 5, 2004)

Incident in Adiyaman

Medine Özdogan, Bese Kiliç, Melek Kiliç, Hanim Hatay, Selver Eysen and Ibrahim Varol, were reportedly detained on 3 May in connection with an armed attack organized against a military vehicle on 29 April in Haydarli village of Gölbasi district (Adiyaman). 14 persons had been detained previously. (Özgür Gündem-TIHV, May 5, 2004)

Detained DEHAP Executive

Alican Önlü, DEHAP chair for Tunceli, was reportedly detained for participating in a funeral of HPG militant named Hasan Ertugrul, who was killed on 23 November 2003 during a clash broke out in Gölköy district of Ordu. (Özgür Gündem-TIHV, May 5, 2004)

Armed Clash in Siirt

It was reported that a HPG militant was killed and village guards named Abdullah Aydogan and Murat Dogan were wounded during a clash broke out in Sarigül quarter of Eruh district (Siirt) on the night of 3 May. (Özgür Gündem-TIHV, May 5, 2004)

Confessor Killed

PKK/KADEK confessor Mehmet Bedri Tekin was killed during an armed attack on 1 May in Bismil district of Diyarbakir. Tekin had reportedly been sentenced to term of imprisonment twice on charges of "being member of PKK/KADEK" but released according to the Repentance Law. (Milliyet-TIHV, May 4, 2004)

(05/009) HRA Executive on Trial

SSC prosecutor in Van launched a case against chairman of HRA Diyarbakir branch Selahattin Demirtas on the allegations of "making propaganda of an illegal organization". The indictment alleged that Demirtas stated during the congress of HRA Mus branch on 11 October 2003 that "PKK/KADEK was not a terrorist organization but it was working for democratisation". The indictment wants Demirtas to be sentenced according to the Article 7/2 of the Law on Fight to Terrorism. (Özgür Gündem-TIHV, May 4, 2004)

(05/011) Party Executive Arrested

Kemal Dogan, chairman of Free Society Party in Nurhak district (Maras), was arrested on 3 May. Dogan was reportedly arrested on the allegations that he "resisted security forces" when they stopped a group of people who were going to Newroz celebrations in Elbistan district of Maras. (Özgür Gündem-TIHV, May 4, 2004)

(05/012) May Day Celebrations

Six persons, who went to Beyoglu Security Directorate to ask the children, who were detained during the May Day celebration in Taksim Square in Istanbul, were reportedly detained. The names of the detainees reportedly are: Ayse Rojda Sendur, Burçin Nesanir, Volkan Gülsen, Nuray Hardelioglu, Filinta Sendur and Hidir Özdemir.. (Özgür Gündem-TIHV, May 4, 2004)

(05/013) Detentions, Arrests

25 persons were detained during the operations conducted in Istanbul and Bursa on the allegations that they were the members of radical Islamist organisation "Ansar Al-Islam" and preparing for an attack to the NATO summit on 28-29 June in Istanbul. Alpaslan Toprak, Ömer Akkus, Veysel Ergüder, Recep Eseman, Bayram Ersoy, Sinan Gidenayak, Ahmet Sönmez, Serkan Ilter and Yilmaz Bulut, who were detained in Bursa, were arrested while seven persons were released. Mehmet Ambarliogllu, Cengiz Demir, Ilhan Yücel, Remzi Çiftçi, Halil Ibrahim Kara, Bayram Sahin, Muhittin Kovar, Ömer Bal and Kahraman Yalçin, who were detained in Istanbul, were released by SSC prosecutor. (Cumhuriyet-TIHV, May 4, 2004)

Person Beaten by the Police

The police heavily beat two persons in Edirne on 1 May alleging that they were drunk and disturbing the people. The recordings of the incident were broadcasted in various TV channels. One of the beaten persons was reportedly V.E. Fahri Yücel, Governor of Edirne, made the following announcement concerning the beating of V.E. by the police: "An undesirable incident occurred between the police and the youngster. But the intervention of the police was not against a democratic right but against a previously convicted, drunk, armed person. The youngster had a knife and was attacking the persons around. There was a police brutality against him. Administrative investigation would be started against the officers, but they would not be suspended from duty for now." (Sabah-Vatan-TIHV, May 2, 2004)

Bomb Explosion

Harun Çelik (12), Murat Tunç and Cemil Kirmizi were wounded when the bomb they found in the military zone nearby in Menemen district of Izmir exploded on 1 May. (Radikal-TIHV, May 3, 2004)

Incident in Adiyaman

14 villagers were reportedly detained in Haydarli village in Gölbasi district of Adiyaman after an armed attack against a military vehicle on 29 April. The soldiers allegedly beat the villager Tacim Özdogan (80). The names of the detainees are as follows: Mustafa Besir Özdogan, Ethem Eysan, Ibrahim Göreli, Ibrahim Bacanak, Bektas Bacanak, Mustafa Kiliç, Hüseyin Kiliç, Hasan Hatay, Ali Ekinci, Hüseyin Ekinci, Ibrahim Çetin, Mehmet Özdogan, Ibrahim Yildirim and Yunus Yildirim. (Özgür Gündem-TIHV, May 3, 2004)

Detentions and Arrests

Hasan Gün, Ahmet Aykaç, Çetin Bayan, Cemal Baran, Celalettin Baran, Bahattin Çoban and Cemal Olgun were detained during house raids conducted on 1 and 2 May in Kasrik town of Sirnak. (Özgür Gündem-TIHV, May 3, 2004)

Pression sur les médias / Pressure on the Media

Le 57ème Congrès mondial des journaux (AMJ) réuni à Istanbul

Le Premier ministre turc Recep Tayip Erdogan a plaidé avec vigueur pour l'entrée de son pays dans l'Union européenne et la liberté d'expression, lors de l'ouverture lundi à Istanbul du 57ème Congrès mondial des journaux. "Nous ne considérons pas l'Union européenne comme une union économique, un club chrétien, mais comme une opportunité de développer un ensemble de valeurs de civilisations" orientées vers la paix, a-t-il affirmé devant quelque 1.300 participants venus de 88 pays à ce congrès organisé par l'Association mondiale des Journaux (AMJ) réuni jusqu'à mercredi.

S'adressant au Premier ministre turc, le président de l'AMJ, le coréen Seok Hyun Hong a déclaré: "Il ne m'appartient pas de juger à la place du peuple turc si les promesses ont été tenues, mais je dois néanmoins reconnaître les avancées majeures accomplies dans le domaine de la liberté d'expression".

M. Hong a estimé que la liberté de la presse dans le monde s'est détériorée en 2003 pour la deuxième année, rappelant les 53 professionnels des médias tués et les 25 au premier trimestre 2004. 29 journalistes ont été tués lors du conflit irakien.

La Plume d'or de la liberté n'a pu être remise au journaliste ouzebk Ruslan Sharipov, assigné à résidence et qui n'a pu recevoir l'autorisation de se déplacer à Istanbul, malgré les appels de l'AMJ.

La presse s'est un peu rassurée en 2003

Ce n'est pas encore Byzance mais la situation se redresse progressivement pour la presse quotidienne mondiale. Car si la diffusion des journaux a fait du surplace en 2003, le secteur a pu enfin enregistrer un redressement de ses rentrées publicitaires. Tel est, en quelques mots, le message du nouveau "Rapport sur les tendances de la presse" dévoilé lundi à Istanbul en ouverture du 57e congrès de l'Association mondiale des journaux (AMJ) et du 11e Forum des rédacteurs en chef, dont les travaux se poursuivront jusqu'à mercredi. Fondée sur des données de 208 pays (contre à peine 74 dans le rapport précédent), l'édition 2004 du panorama de la presse mondiale devrait mettre un peu de baume au coeur d'éditeurs toujours aussi malmenés par les médias concurrents. Mais pas d'euphorie. En 2003, la diffusion totale des quotidiens s'est très légèrement dégradée (-0,12 pc). "Contrairement aux années précédentes, la croissance sur les marchés en développement n'a pas pu compenser le déclin continu des ventes sur les marchés à maturité ", a indiqué Timothy Balding, directeur général de l'AMJ, en présence d'un bon millier de patrons de presse. Et M. Balding de préciser que sur les cinq dernières années (1999-2003), l'évolution de la diffusion des quotidiens reste malgré tout positive, avec une croissance de 4,75 pc. En 2003, près de 392 millions de personnes se sont procuré un journal quotidiennement, pour 374 millions cinq ans plus tôt. "Cela signifie que plus d'un milliard de personnes lisent actuellement un journal."

Cette vision globale cache de fortes disparités entre les régions du globe. Ainsi, la diffusion n'a pas progressé aux Etats-Unis et s'est légèrement détériorée au Japon. L'Europe des 15, par contre, fait pâle figure, avec un recul de 2,2 pc (-5,5 pc sur cinq ans). Cela signifie que, depuis 1999, le marché européen a perdu 4,5 millions d'acheteurs de quotidiens... Maigre consolation pour la Belgique: l'an dernier, la diffusion de la presse quotidienne a gagné 0,2 pc. Avec l'Espagne, c'est le seul pays de l'Union à être dans le vert. Il faut se tourner vers l'Inde (+9 pc) et la Chine (+4 pc), les deux plus gros marchés de presse au monde, pour trouver les locomotives du secteur en ce début de 21e siècle.

La bonne nouvelle de l'année écoulée provient essentiellement du marché publicitaire, selon l'AMJ. Globalement, les revenus publicitaires des journaux ont augmenté de 2 pc en 2003, un "rebond" qui fait suite à deux années consécutives de baisse. L'Europe, sur ce point, ne se distingue pas de la tendance de fond puisque la publicité dans les quotidiens y a augmenté de 2 pc. Les quotidiens belges, en revanche, auraient connu un boom de leurs recettes (+16,7 pc en 2003, + 22,6 pc depuis 1999).

Parmi les autres faits marquants mentionnés dans le rapport de l'AMJ, on notera la poursuite de la vague des journaux disposant d'un site Internet (leur nombre a doublé en cinq ans) et des recettes publicitaires qu'ils en tirent (+5,9 pc en Europe l'an dernier, mais +33,3 pc en Belgique). Même poussée en avant pour les quotidiens gratuits, dont le nombre a augmenté l'an dernier de 16 pc. Enfin, le rapport de l'AMJ met en avant les efforts déployés par les éditeurs pour remonter la pente. A cet égard, Timothy Balding met en évidence les nombreux changements de format (avec le recours au tabloïd par plusieurs quotidiens de référence). Un thème qui sera abordé en profondeur, ce mardi, dans une des sessions du congrès de l'AMJ. (AFP et PIERRE-FRANÇOIS LOVENS, La Libre Belgique, 31 mai 2004)

Radio and Television personnel detained

In Istanbul, eight employees of Turkish Radio Television (TRT), which founds in the quarter, where the NATO summit will be held were detained.

Correspondents Köksal Gökçe and Mehmet Demir, hairdresser Ismail Uzun, security guard Hüseyin Yilmaz, engineer Mustafa Yildiz, technicians Ihsan Bulut and Ismail Hakki Uzun, and cooker Ilhan Sencan were released after having been interrogated at Harbiye Police Statition.

General Directorate for the TRT announced that the journalists who would observe the summit would be accredited at the TRT Radio in Harbiye so that was a "normal" application. In the announcement it was also put that it was fortuitous that some individual cases like name similarity, the delay of military service duty revealed during the accreditation process.

In Adana, SSC prosecutor launched a case against Yeter Cemile Gündogdu, news announcer of the radio Radyo Dünya (Adana), on the allegation of "making separatist propaganda".

Gündogdu was detained on 25 May and she was released after testifying before Adana SSC prosecutor.

Yeter Cemile Gündogdu was reportedly interrogated on the grounds that "she read the Abdullah Öcalan's announcement that appeared on the daily Özgür Gündem on 3 May". (BIA-Cumhuriyet-TIHV, May 27, 2004)

Journalist on Trial in Istanbul

8th Penal Chamber of the Court of Cassation confirmed the imprisonment sentence given to Selahattin Aydar, columnist with the newspaper Milli Gazete. Aydar had been tried in connection with his article titled "Let's Claim our Children" appeared on the newspaper on 11 September 2001 according to Article 312 TPC.

Zeki Aslan, chair for the Chamber and Nuri Yilmaz, member of the chamber, opposed to the decision on the grounds that "in order for a crime occurs the article or action in question should be a call for violence."

They also reminded the changes made to the Article in a way that there should be a "concrete danger." (Radikal-TIHV, May 26, 2004)

Censored Theatre Plays in Antalya

Antalya National Education Directorate reportedly censored three plays performed within the frame of High Schools Theatre Festival organized by Antalya Municipality.

Theatre groups of Atatürk Lyceum, Gazipasa Lyceum and Antalya Foreign Trade Lyceum had to change their screenplays and able to performed their plays after that.

Antalya Muratpasa Lyceum theatre group had withdrew from the festival when National Education Directorate demanded a change in the screenplay based on Aziz Nesin's book titled "Azizname". (Milliyet-TIHV, May 26, 2004)

Deux jugements contraires à la liberté de la presse

L'ancien éditorialiste du quotidien Milli Gazete, Hakan Albayrak, a été incarcéré le 20 mai 2004. Il doit purger une peine de quinze mois de prison ferme pour "atteinte à la mémoire d'Atatürk". Le même jour, le quotidien Vakit a été condamné à payer l'équivalent de 500 000 euros de dommages et intérêts pour diffamation à l'encontre de 312 généraux.

Reporters sans frontières est choquée par cette incarcération contraire aux recommandations des Nations unies et de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) selon lesquelles les délits de presse ne doivent pas être sanctionnés par des peines de prison.

"Il est indigne d'une démocratie d'enfermer un journaliste pour avoir écrit un article, quel qu'il soit. Nous exigeons sa libération immédiate", a écrit l'organisation au ministre de la Justice, Cemil Cicek. Reporters sans frontières a également dénoncé la somme exorbitante demandée à Vakit, qui signe l'arrêt de mort du journal.

Le 20 mai 2004, Hakan Albayrak a été incarcéré à la prison de Kalecik (Ankara). Le journaliste a été reconnu coupable d'"atteinte à la mémoire d'Atatürk" en vertu de la loi relative aux crimes contre Atatürk de 1951. L'article 1 de cette loi sanctionne l'insulte envers la mémoire du fondateur de la République de Turquie par une peine de un à trois ans de prison. L'article 2 prévoit le doublement de la peine si le crime est commis par voie de presse.

L'éditorial incriminé, publié en 2000, critiquait le fait que des prières aient été récitées lors de l'enterrement de l'écrivain athée Mina Urgan, et établissait un parallèle avec les funérailles d'Atatürk. Le texte se terminait ainsi : "Le pacha Mustapha Kemal n'avait-il pas été enterré sans prières? Ni l'Etat ni la société ne s'étaient alors sentis gênés."

Le même jour, le propriétaire du quotidien Vakit, Nuri Aykon, son rédacteur en chef, Harum Aksoy, et Mehmet Dogan, auteur d'un article publié le 25 août 2003, ont été condamnés en première instance à payer environ 500 000 euros à 312 généraux de l'armée turque.

Dans l'article intitulé "Le pays où un soldat qui ne mérite pas d'être sergent devient général", publié sous un pseudonyme, l'auteur dénonçait l'incompétence des hauts gradés sans toutefois en nommer aucun. Tous les généraux ayant porté plainte se sont vu accorder les dommages et intérêts réclamés.

Le journal entend faire appel de ce jugement. Selon l'avocat du quotidien, Haci Ali Ozhan, cette sentence est dangereuse dans la mesure où elle pourrait faire jurisprudence.

Dans son Rapport annuel 2004, Reporters sans frontières indique que les réformes législatives adoptées par les autorités dans la perspective de l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne n'ont pas entraîné, dans la pratique, d'amélioration significative de la liberté de la presse.

Les journalistes osant critiquer les institutions de l'Etat ou aborder des sujets tabous, comme le problème kurde ou le rôle de l'armée dans la vie politique du pays, sont censurés, abusivement poursuivis et soumis à de lourdes peines. Quatre d'entre eux sont actuellement incarcérés pour avoir exercé leur métier.(rsf, 25 mai 2004)

Debates on the respect of the freedom of expression in Turkey

Istanbul - During the "Human Rights General Assembly," on the 50th anniversary of Turkey's ratification of the European Convention on Human Rights, jurists spoke about freedom of expression (article 10) and Turkey's implementation of this article.

Judge Rait Maruste of the European Court of Human Rights (ECHR) said freedom of expression should be applied in its widest form to statements against governments and state institutions.

Associate Prof. Dr. Oktay Uygun said it was wrong that in Turkey cases about freedom of expression were only considered in terms of the content of the expression.

The Turkish Bars Union, Council of Europe, Marmara University, Istanbul Bar and 10th Year National Committee of Human Rights Education altogether organized the General Assembly.

During the assembly, Maruste underlined the importance of the article on freedom of expression both in terms of freedom of press and the citizens' right to access information.

Maruste said governments and state institutions should tolerate criticisms and accusations because they have the ability to use the right to respond in the widest possible way.

* When the government is the target, the extent of criticism is broader than when the target is a person. As the media and citizens have the right to follow the operations of the government, this right also gives the government the responsibility to tolerate the harshest criticisms.

* When freedom of expression is limited in order to protect the public or national security, these limitations should not be unconditional. They should not prevent freedom of expression but instead be persuasive.

Associate Prof. Dr. Uygun from the Law Faculty of Istanbul University said there was a difference in the method of implementation of the freedom of expression article of the European Convention on Human Rights in the Turkish law.

* The ECHR handles freedom of expression taking into account four issues; whether the expression incites violence, armed rebellion and enmity within the community, the capacity of the person to influence the public, and the place of expression and how it was made.

Cases about article 10 in Turkey are only handled depending on the content of the expression. In most of the cases where the ECHR decision is different from the decision in Turkey, the ECHR takes into account the capacity of the person who has made the expression to influence the public.

* Under the European Convention on Human Rights, the area to which the widest freedom of expression is applied, is criticizing public authorities, politicians, high-ranking bureaucrats, and the government. The people being criticized in this case have a big opportunity to respond. In the Turkish law however, the situation is the exact opposite.

Prof. Dr. Andras Sajo from the European University, who evaluated the comments of Maruste and Uygun, said the government officials and judges emphasized the rights of people in terms of freedom of expression and prevented criticisms directed to the government in order to strengthen the status quo.

Fikret Ilkiz, a lawyer from the Istanbul Bar, said article 10, which regulates the freedom of expression, is the backbone of the European Convention on Human Rights.

He said the amendment of article 159 of the Turkish Penal Code were inadequate. Ilkiz added that the changes to the Radio and Television Higher Board (RTUK) and the Press Law did not provide for improvements of freedom of expression.

Turkey had ratified the European Convention on Human Rights in May 18, 1954. The convention was opened for signatures on November 4, 1950 and went into effect in September 1953.

Article 10: Freedom of Expression

1. Everyone has the right to freedom of expression. This right shall include freedom to hold opinions and to receive and impart information an ideas without interference by public authority and regardless of frontiers. This article shall not prevent States from requiring the licensing of broadcasting, television or cinema enterprises.

2. The exercise of these freedoms, since it carries with it duties and responsibilities, may be subject to such formalities, conditions, restrictions or penalties as are prescribed by law and are necessary in a democratic society, in the interests of national security, territorial integrity or public safety, for the prevention of disorder or crime, for the protection of health or morals, for the protection of the reputation or the rights of others, for preventing the disclosure of information received in confidence, or for maintaining the authority and impartiality of the judiciary. (BIA, May 21, 2004)

Newspaper sentenced to pay Turkish generals for defamation

ANKARA - A Turkish court on Thursday sentenced an Islamist newspaper to pay more than 400,000 dollars in compensation to more than 300 generals in two separate trials for slandering the army and its top brass, the Anatolia news agency reported.

The court in Ankara ordered the owner of Vakit newspaper, Nuri Aykon, its editor Harun Aksoy and columnist Mehmet Dogan to pay 624 billion Turkish liras (405,000 dollars, 339,000 euros) to 312 generals for an article Dogan penned under the pseudonym Asim Yenihaber.

In the August 25 article, Yenihaber wrote: "There is nothing to show that they are generals apart from the stars on their shoulders."

He also said: "There is no place for them neither in the army, nor in this country... They will be powerless in the face of a real enemy, they will be swept away."

The court also sentenced the three defendants to pay a further four billion Turkish liras to General Sener Eruygur, the head of the paramilitary forces, for defaming him in a separate column also penned by Asim Yenihaber.

Turkey's powerful army, the self-appointed guardians of the mainly Muslim nation's secular system, have been at war with Islamist circles for years.

The military sees political Islam as a major threat to the country's stability and western-oriented path and has relentlessly cracked down on Islamist movements, forcing the resignation in 1997 of Turkey's first Islamist prime minister. (AFP, May 20, 2004)

Cartoonist on Trial in Izmir

An investigation was launched against Lawyer Cem Koç, Izmir Representative of the Cartoonists¹ Association, in connection with his two cartoons published in the journal of Izmir Lawyers¹ Bar "Karton" under Article 159 TPC. Koç testified before the public prosecutor. (Özgür Gündem-TIHV, May 20, 2004)

Eurovision Musicians Protest NATO Meeting In Istanbul

A group of musicians held a demonstration on Saturday in front of Istanbul's Abdi Ipekci Sports Hall where the 49th Eurovision Song Contest will be held tonight.

Speaking on behalf of the 40-member group, Muzaffer Sevim from Vardiya Band, said that they did not want NATO and its representatives to convene in Turkey.

Referring to musicians who will represent NATO allied countries in the 49th Eurovision Song Contest, Sevim defended, "those who are composing folk songs of a nation, are more powerful than those who make laws. Musicians should not be silent against laws. They should be sensitive and self-respecting against all kinds of acts of violence. Also, they should protest the United States, such a dirty war, massacre and NATO."

After distributing a text entitled "Crime Report of NATO" to reporters and singing songs, the group members dispersed.(Anadolu Agency, May 15, 2004)

Ukraine's wild dance wins Eurovision Song Contest

The Eurovision Song Contest was won by Ruslana of Ukraine with the song "Wild Dances" in a colorful performance inspired by mountain folk music.

Ruslana beat out Zeljko Joksimovic and the Ad Hoc Orchestra of Serbia and Montenegro, the first entry in 12 years from the country formerly known as Yugoslavia.

Ruslana's performance -- inspired by the folk music and dances of highlanders in the Carpathian Mountains -- included traditional instruments, a fast dance routine mixed with acrobatic moves, flamboyant costumes of fur and leather, and a background that included shooting flames.

Greece's Sakis Rouvas, the favorite in Europe's most publicized song contest, took third. Turkish singer Athena followed him in 4th place.

Bookmakers had largely pointed to Rouvas, whose performance of "Shake it!" combines Greek rhythms and provocative dancing, as the favorite in the contest. But Ruslana had been considered another top contender.

The win means that Ukraine will host the contest next year.

More than 100 million viewers were expected to tune in to watch contestants from 24 countries participating in the finals.

Sertab Erener, a classically trained soprano who shook her belly to win the Eurovision contest for Turkey last year, opened Saturday's show with a medley of her songs and dances that also included a performance by Turkey's traditional whirling dervishes.

Security was tight following suicide attacks in Istanbul last November blamed on al-Qaeda that killed 62 people. Scores of police were on guard outside the venue and atop the ancient city walls across the street. The street in front of the downtown Abdi Ipekci arena, where the contest was held Saturday night, was closed to traffic. (AP, May 15, 2004)

New press law approved by commission

The new press law, submitted by government after a long preparation process, was approved by Parliament's Justice Commission on Thursday. The bill includes an article that says that the press cannot be censored, raises some financial penalties to up to TL 50 billion, while lowering jail sentences.

The bill includes the following articles.

* The press is free. This freedom includes gathering and distributing information, criticism, commentary and right to compile works.
* Press freedom can be curbed in order to protect the rights and reputation of people, social health, national and public security, national sovereignty, state secrets, judicial independence or to prevent crimes.
* All printed works should include information on where and when the work was printed, its publishers and work addresses. In periodic publications, the owner, the headquarters and the description of the work has to be outlined.
* It is sufficient to launch an application at the local prosecutors' office in order to publish a periodical.
* Printing houses have to submit two copies of all publications to the local chief prosecutor's office the day distribution starts.
* Owners are responsible for crimes committed through periodicals and other publications. If the owner of the publication is overseas or cannot be determined, the responsible manager is held to account for the crimes.
* Responsible managers and owners of periodicals cannot be forced to divulge their sources, including documentations and information, or testify on that matter.
* Owners or responsible managers are responsible for financial and emotional damages incurred due to act perpetrated through the publication.
* The right to respond in periodicals can be utilized within two months by the victim. The responsible manager has to publish the reply within three days after he or she receives it without any change. (TDN, May 14, 2004)

Journalist Convicted for criticizing an anti-Armenian association

Aziz Aykaç, the owner and the editor-in-chief of the local newspaper in Van Sehrivan, was sentenced to a fine of TL 58 billion on the grounds that he didn't publish the letter of denial sent upon a court decision.

Aykaç stated during the press conference he organized on 9 May that the article titled "Nereden Çikti Ermeni Karsiti Dernek" (Why the Association did Appear against Armenians) written by Muhittin Çelebi had been published in the newspaper in 2003 and upon this Association of the Victims of Armenian Genocide in the First World War sent him a letter of denial via the Peace Penal Court.

He stated that he didn't publish the letter on the grounds that it had no relevance with his article.  (Birgün-TIHV, May 11, 2004)

The name of independent and alternative journalism: BIANET

The Independent Communication Network (BIA) project is one of the civil and private projects receiving funds from the Euro-Mediterranean Partnership Initiative (MEDA). MEDA, which supports the BIA project, was formed in 1995 when Turkey's European Union (EU) membership was still not a matter of discussion. BIANET brings more than 130 local newspapers, radio television stations and nongovernmental organizaitons (NGOs) together. The network aims at promoting productive cooperation among the local media and at establishing a new channel for honest journalism.

At the "Founding Conference" that took place on Jan. 13, 2001 in Izmir, the decision was taken to found BIANET "so that the local media would create an alternative by using its own products vis-a-vis the existing news and publishing monopoly, local publication would be restructured on the basis of international news and publication norms and the result would be a concept of journalism that would be for public benefit and whose basis would be freedom of information for the people." The executive board of the project was formed by 12 people, and since then BIANET has been available on the Internet.

BIA is a "network of communication and cooperation on a productive basis" in which local media, local radios, local television channels and local newspapers are involved and has a clear and transparent structure through which producers of news and information meet with readers. As a real network of communication, it aims to be enlarged by new participants. It also considers that all participants should have equal rights. Today local media organizations, vocational organizations, NGOs, communication educators and journalists financially and morally contribute to BIA.

BIANET daily publishes at least 20 news items and three commentaries and is made up of three editors, a reporter and a webmaster, headed by Ertugurl Kurkcu and Nadire Mater. Most visitors to the website are connected in their workplace. Nearly one-third of visitors include Turks living abroad.

Alternative journalism

The BIANET website, known for its sensitivity to alternative comments and issues not addressed by other media organs, is a rich source for those who want to become acquainted with real agendas.

Journalist-writer Ipek Calislar states that in BIANET she can find news not published in the major media, and says that foreign news is of high-quality. Calislar says the following about the leading factor that makes BIANET different from other news sites:

"They attach importance to things neglected by other media organs. Beyond online journalism, their cooperation with local media and efforts to educate new journalists create their difference."

BIA News Center daily provides news and information related to the conditions and realities of ordinary people who are generally neglected by the Turkish mainstream. It aims at giving a voice to the lives and realities of the voiceless and unheard. From the initiation of BIA's website BIANET on Dec. 7, 2000 to Feb. 28, 2003, the news/articles of 1,109 journalists/reporters have been published. Kurkcu, one of the initiators of BIA, says: "More than occupational earnings, BIA is important for the poorest sections of local media because of the feeling of support and solidarity created by togetherness." The goals of BIA in online journalism are the following:

* To remove the handicaps for local media so that it can achieve the rights and opportunities recognized for national radio, TV and newspapers,
* To create an alternative to the existing news and publication monopoly by using its own products; to fight against the handicaps for the freedom of information,
* To restructure local media on the basis of international news and press norms,
* To enable everyone to get information about shared education and technology,
* To bring all institutions, which publish in accordance with the European Convention on Human Rights, the principles of the European Press Union and United Nations' Universal Declaration of Human Rights, which were signed by Turkey and all journalists and nongovernmental organizations that share these principles, together, and to strengthen occupational cooperation,
* To realize a concept of journalism whose basis is the common good and the people's freedom of information.

Some services provided by BIA

BIA Editorial Desk pools news and information dispatched by affiliated local radio stations, TV channels and newspapers. Reporting and coverage by the BIA News Center in Istanbul and in other related BIA departments are also collected in this news pool.

BIA Legal Assistance Desk: Routinely interviewed by the desk, the local media editors and representatives are queried about their recent problems and difficulties. The desk monitors and records its findings. The records are collected and published in six-monthly and annual reports of "Violations Against Local Media." The desk provides BIA affiliates and the public information updates, particularly on Turkish Communication Law, Copyright Law, the Radio and Television Higher Council (RTUK) and other issues. The desks services are free of charge.

BIA Program Production Center produces radio programs for the local media, who may not have the necessary facilities and know-how for quality programs. The output is reprocessed as text for the local newspapers. The center was established as a response to local radios' shortcomings, which were widely discussed during local meetings with the local media in 1996-97. Already three radio programs are on air: The weekly women's program "The Women's Window," the weekly child program "Children's Radio" and a daily program "Today in History."

Local Media Education Program: Through the education of workers at local newspapers, radio and TV, which are members of the network, the program makes an effort to strengthen the local media in promoting the concept of journalism/publishing that respects the professional principles of international journalism.

To see what everyone does not see

Online publication is just one step in the BIA initiative. There is also the step of "education" that receives a much greater share of the financing. The first level of local media-oriented education was realized in January 2001 at nine points all over Turkey. Seminars were organized on the first day, workshops were organized on the second day. During the seminars issues such as writing and interpretating news, and technology use were taken up and ethics and occupational approaches discussed. Kurkcu says that at the second level of education they will focus on application.

BIANET set out to fill an important gap in Turkey and it continues to be a source of alternative news and commentary on the Internet as a vein that nourishes the local media. It monthly publishes nearly 300 news items and has its own structure, independent journalists and member institutions. Ertugrul Kurkcu, the news coordinator for BIANET, which objectively publishes a wide range of news from ethnic identities in Turkey to human rights, from prisons to environmental problems, says, "The perspective through which you see events is important. For example, if you see the current events in the world from the perspective of peace, you don't see the moment of war but the preparations of war, and start to see what everyone does not see."

During the days when BIA went on line, journalist-writer Ragip Duran noted that the BIA had done a very good thing in this country by putting an "Independent Media Islet" that was frequently mentioned in theory, into effect. He added following: "It is a special success for Kurkcu and Mater to produce news on very important but neglected areas like human rights, women, children, and freedom of thought, expression and press. It doesn't make any sense to be only the opposition or a democrat. It is more important to do your job properly. Therefore if BIA lives for long years, it can be a model for every person, group and institution which wants to work as a journalist outside the sovereign media. Unfortunately, the fact that the main financial source of BIA is EU funds for a limited period may prevent it from realizing long-term projects. Still, the existence of BIA is a big advantage for Turkish media."

Today laying aside all negative factors, BIANET proceeds on its own way in alternative journalism in order to exist in the online news sector. (Turkish Daily News, May 7, 2004)

Journalist Kara Asks for Support in "Filming" Trial

Sinan Kara, the former owner of the "Datca Haber" (Datca News) newspaper will stand trial on May 11 for filming Datca's local administrator as he was swimming during working hours.

Journalist Kara called on his journalist friends to attend the hearing at the Datca court at 09:55 a.m.

Kara is charged for "disturbing a person and filming parts of his/her body that are obscene or ugly," based on article 547 of the Turkish Penal Code (TCK). "This trial, which is the most critical in my opinion, will probably be decided next week," said Kara. He is faced with 15 days in prison or a fine.

Kara congratulated the Press Freedom day of all journalists. "The allegation that I do not have the capacity to work as a journalist is a product of the imagination," said Kara. "I have not violated articles 5 and 13 of the Press Law as they claim."

Journalist Kara has served in prison twice "for not sending to copies of the newspaper to the local administrator," and "for threatening the security guards of Mert Ciller."

Kara applied to the European Court of Human Rights first claiming he "did not stand a fair trial" and second, because of the denouncement by the Press Council. He has not received any response yet. (Erol ONDEROGLU, BIA News Center, May 7, 2004)

"Les journaux turcs endorment leurs lecteurs en leur injectant de la morphine"

PARIS - Les médecins décrivent les symptômes de la dépendance d'une drogue de la manière suivante : "Au début, les toxicomanes se croient très haut, sur un nuage. Alors qu'ils ont pas mal de raisons d'être dépressifs, ils se détendent totalement. Mais la descente est brutale, le monde s'écroule autour d'eux et ils se sentent encore plus malheureux qu'avant. Avec le temps, la fréquence de ces crises augmente et les toxicomanes deviennent des "morts vivants".

Nous pensons qu'à l'image de ces toxicomanes, les journaux turcs-en mettant hors de cause une certaine minorité alors qu'elle ne représente pas la minorité justement- endorment leurs lecteurs en leur injectant de la morphine.

Ces journaux auront bien entendu comme prétexte "redonner le moral au pays qui a perdu de sa gaieté" tout comme les toxicomanes qui disent "essayer de retrouver un peu de bonheur grâce à la drogue!" alors qu'ils ont toutes les raisons de plonger dans une dépression.

Mais alors dans ce cas quelle est la différence entre des revendeurs de drogues qui gagnent d'énormes quantités d'argent en vendant du "bonheur à l'eau de rose" à des gens de plus en plus accrocs à ces substances et qui à cause des descentes de plus en plus vertigineuses en redemandent, et les journalistes que nous sommes qui vendons ce genre de fausses informations?

Après tant d'informations écrites noir sur blanc concernant les propos - non tenues mais que les journaux souhaiteraient tellement qu'elles le fussent ? de Bush, de Verheugen, d'Alïev, de Chirac et les exemples sont nombreux hélas, nous sommes tous anesthésiés comme des toxicomanes et de ce fait devenons agressifs.

Ces informations erronées ? pour ne pas dire mensongères ? créent dans l'opinion publique une atmosphère d'espoir illusoire. Et quand au final la vérité, qui est à l'opposé de cette espérance, voit le jour les Alïev, Verheugen et Chirac sont décrits dans la presse comme étant des "menteurs!" ou des "gens à qui on ne peut faire confiance", ce qui engendre une certaine hostilité de l'opinion publique envers ces hommes politiques.

La constance de ce type d'informations installe petit à petit dans l'inconscient collectif une croyance selon la quelle "la Turquie est un pays à qui l'on ment et que l'on trompe tout le temps et elle n'est jamais prise au sérieux!".

Les sociétés et les personnes qui se croient honnies, méprisées vont soit se tuer par détresse, soit verser dans l'agressivité, soit, s'ils sont dotés d'une certaine profondeur intellectuelle, entreprendre une démarche analytique non passionnelle pour mieux maîtriser le sujet qui les préoccupe.

La solution idéale est bien la dernière mais il faut le reconnaître elle est loin d'être la plus répandue à travers le monde car plus difficile à appliquer.

La première option dans laquelle tout semble anéanti avec plus une seule cause à défendre, est aussi un cas que l'on rencontre rarement.

Mais c'est sans hésitation la deuxième voie qui est suivie par la plupart des sociétés. Dans ce cas précis, personne n'ose dire : "Mais il n'y a jamais eu de déclaration dans ce sens, personne n'a jamais tenu de tels propos! Ce sont les mensonges des journalistes qui nous les vendent sous couvert d'informations ". Personne ne le fait car tout le monde a un certain intérêt pécuniaire dans l'histoire.

Mais il faut tout de même qu'une personne ose lever la voix!

Nous avons suivi attentivement les articles parus dans les journaux turcs ; ils ont tous repris, en se copiant les uns les autres, l'information suivante : "Chirac a déclaré que la reconnaissance du génocide arménien ne constitue pas une condition préalable à l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne (!!!)".

Si demain le même Chirac devait prononcer un discours diamétralement opposé les journaux titreront très probablement: "Monsieur, avez-vous oublié ce que vous aviez déclaré auparavant ?", "Chirac, le mensonge français!" etcŠ comme si Chirac niait ces propres paroles et que de ce fait les journalistes réagissaient en toute légitimité. Profession oblige, nous étions au palais de l'Elyssée au moment de la conférence. Nous avons donc en notre possession non seulement le discours du président mais la retranscription exacte des questions-réponses fournie par la présidence.

Voici donc la question posée par un journaliste qui n'était pas d'origine arménien ou turque mais juive : "Monsieur le Président, l'Allemagne et la France ont fait leur devoir de mémoire en ce qui concerne la Shoah. Vous-même, vous avez reconnu la responsabilité de la France dans la déportation des juifs. Est-ce que la reconnaissance du génocide arménien par la Turquie ne doit pas être l'une des conditions préalables à son éventuelle entrée dans l'Union ?"

Et voici la réponse de Chirac recopiée mot à mot : "C'est un problème qui concerne les relations entre la Turquie et l'Arménie. J'observe avec satisfaction qu'il y a, dans ce domaine, une évolution positive et je m'en réjouis. On ne peut pas non plus, sur le plan bilatéral, juger de tout l'avenir en fonction exclusivement du passé."

Penser que "Chirac a voulu dire par ces paroles que la reconnaissance du génocide n'est pas indispensable" et le publier dans les journaux en faisant croire aux lecteurs que c'est la réalité participent de la dégénérescence de la société dans laquelle nous vivons ainsi que nos enfants et nos petits-enfants. (Raffi A. Hermonn , journaliste acrédité à Paris, BIA, 5 mai 2004)

Journalist on Trial in Marmaris

Public prosecutor in Marmaris indicted Mehmet Yürek, editor-in-chief of the local newspaper Degisim published in Marmaris, for "insulting former state president Kenan Evren" in his article titled "Decentralization, Governance and Ten Suggestions for Marmaris' New Mayor" appeared on the newspaper on 16 April.

The trial launched under Article 482 TPC will commence at Marmaris Penal Court of First Instance on 6 July. Mehmet Yürek had reportedly been sentenced to 1 year and 3 months' imprisonment in connection with an article titled "4 Mustafa or 4 Worship" on 6 March. His sentence had been suspended. (BIA-TIHV, May 5, 2004)

Journalist Wants his Camera Back

Van - A Turkish court continued to try Ubeydullah Hakan, a reporter for the Dicle News Agency (DIHA). Hakan's camera was seized as he was covering a protest by the relatives and friends of Cetin Karaman, allegedly killed by soldiers. Hakan was later charged for being a "runaway activist."

An expert report from the paramilitary police was presented to the court during the haring Friday. The report made clear that the reporter was taking photographs at the protest, but he had no camera with him as he was being pushed into a police car.

Lawyer Murat Timur, who is representing Hakan, told bianet that the images, recorded by local television channels and studied by experts, disprove police statements that "Hakan had no camera with him."

The court, which is awaiting a ballistic report from the paramilitary police commandership Van criminal laboratory about a weapon, postponed the trial to May 28.

"We will go to ECHR if we do not get a positive outcome here," lawyer Timur said.

He added that Hakan was expecting that his camera be returned and that there is legal action against the police officers that roughed him up. (BIA Center, May 4, 2004)

Theatre Play Banned in Derik

National Education Directorate in Derik district of Mardin did not give permission to Samsun Art Theatre for the staging of the play "Biz Adam Olmayiz" compiled from the stories of Aziz Nesin.

According to the news gathered, the theatre invited by Egitim-Sen appealed to Governorate of Derik and the Governorate made District National Education Directorate investigate the plays. It was stated in the official paper sent to Egitim-Sen by the National Education Director Mehmet Nejat Yilmaz that "there were some slang and obscene words in the play and its content and exposition were inconvenient".

Art Director of the theatre Yasar Gündem stated that they were subjected different attitudes in many districts and cities of Southeastern region. (Özgür Gündem-TIHV, May 4, 2004)

Le chef de l'Armée turque: un des 37 prédateurs de la presse dans le monde

A l'occasion de la 14e Journée internationale de la liberté de la presse, Reporters Sans Frontières (RSF)a publié sonr rapport annuel 2004 sur la situation de la liberté de la presse.

Plus de 130 journalistes sont actuellement emprisonnés dans le monde pour avoir voulu faire leur métier. 42 ont été tués en 2003 dans l'exercice de leur profession ou pour leurs opinions.

Le rapport annuel de Reporters sans frontières fait le point sur les atteintes à la liberté de la presse constatées en 2003.

En 2003, 42 journalistes ont été tués, principalement en Asie et au Moyen-Orient (guerre en Irak). Ce nombre n'avait pas été aussi élevé depuis 1995. 766 journalistes ont été interpellés, plus de 1 460 agressés ou menacés et 501 médias censurés.

Lors d'une conférence de presse à Paris, RSF a également annoncé les noms et photos de 37 prédateurs de la liberté de la presse. "Derrière les violations de la liberté de la presse se cachent des responsables et des commanditaires. Qu'ils soient président, ministre, chef d'état-major, chef religieux ou leader d'un groupe armé, ces prédateurs de la liberté de la presse ont le pouvoir de censurer, emprisonner, enlever, torturer et, dans les pires des cas, assassiner des journalistes. Pour mieux les dénoncer, Reporters sans frontières dresse leurs portraits," a déclaré RSF.

Dans cette liste des prédateurs figure également le chef d'état major de l'Armée turque le general Hilmi Ozkök.

Voici le chapitre de rapport annuel 2004 sur la Turquie:

Les réformes législatives adoptées par les autorités dans la perspective de l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne n'ont pas entraîné, dans la pratique, d'amélioration significative de la liberté de la presse. Bien que plusieurs journalistes accusés de complicité avec des organisations terroristes aient été acquittés, ceux qui critiquent le gouvernement ou l'armée sont toujours poursuivis. Les journalistes défendant la cause kurde restent victimes d'un véritable harcèlement juridique.

Les précisions apportées aux articles liés à la lutte contre le terrorisme ont été généralement positives pour les journalistes. L'article 8 de la loi antiterroriste sanctionnant la "propagande contre l'unité indivisible de l'Etat" ayant été abrogé le 30 juillet 2003, les journalistes poursuivis pour ce chef d'accusation ont été acquittés. L'article 7 de la loi antiterroriste, amendé le même jour, précise que seuls les journalistes incitant à la violence et encourageant les "méthodes terroristes" peuvent être poursuivis pour "propagande d'une organisation terroriste". Le champ d'application de l'article 169 du code pénal sur la "complicité avec des organisations terroristes" a été réduit et précisé. Grâce à la suppression du passage interdisant les "actions facilitant de quelque manière que ce soit le fonctionnement d'organisations terroristes", deux journalistes ont été libérés de prison. D'autres journalistes incarcérés pour cette accusation ont obtenu le droit de demander un réexamen de leur dossier.

L'article 159 du code pénal, à l'origine d'un grand nombre de poursuites abusives contre les journalistes pour "offense à l'égard de l'Etat et des institutions de l'Etat et menaces contre l'unité indivisible de la République turque", a également été amendé. La durée de la peine de prison pour cette accusation a été réduite d'un an à six mois et la réforme de 2002 dépénalisant les critiques ne visant pas intentionnellement à ridiculiser" ou à "insulter" les institutions de l'Etat a été confirmée. Néanmoins, l'évaluation par les juges de la notion de "critique" reste éminemment subjective, ce qui laisse craindre de nouveaux abus. De plus, non seulement de nombreux procès contre des journalistes ayant critiqué le gouvernement ou l'armée sont toujours en cours, mais plusieurs journalistes ont été de nouveau poursuivis en 2003 sur la base de cet article. Ainsi, quatre journalistes d'un quotidien prokurde ayant critiqué la politique du gouvernement pendant la crise irakienne ont été traînés devant les tribunaux et un journaliste poursuivi pour "moquerie" et "insulte" envers l'armée a été interpellé. En fin d'année, un journaliste a été condamné en province à une peine d'un an de prison pour avoir offensé le Parlement.

Par ailleurs, un nouveau projet de loi sur la presse est à l'étude. Le texte prévoit de supprimer les peines de prison pour les propriétaires et les rédacteurs en chef et leur confère une meilleure protection contre l'obligation de révéler leurs sources. En revanche, le projet fixe des amendes extrêmement lourdes. Le 23 octobre, le président de la République, Ahmet Necdet Sezer, a signé la loi qui garantit l'accès à l'information publique. Cependant, de nombreuses exceptions sont prévues, notamment pour les informations relevant du secret d'Etat, relatives à la police et à l'armée ou susceptibles d'attenter à "l'honneur" d'une personne privée.

Enfin, l'utilisation de la langue kurde a été autorisée, le 19 juin, pour les médias audiovisuels privés nationaux. Les propositions formulées par le Haut Conseil de l'audiovisuel (RTÜK) pour définir les modalités des émissions en langue kurde (durée limitée, obligation de sous-titrage en turc) ont été rejetées, le 18 décembre, par le ministère des Affaires étrangères, qui les a jugées non conformes aux normes européennes.

Nouveaux éléments sur un journaliste tué avant 2003

Le 9 mai 2003, la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) condamne la Turquie pour ne pas avoir mené une "enquête adéquate" sur la mort, en 1993, de Ferhat Tepe, correspondant à Bitlis (Sud-Est) du quotidien Ozgür Gündem. La cour estime que l'enquête n'avait pas été approfondie et que les autorités policières et judiciaires n'avaient pas pris de mesures pour identifier de possibles témoins. Dans son arrêt, elle indique : "Les circonstances du décès de Ferhat Tepe et le fait qu'il ait travaillé pour un journal prokurde militent en faveur des allégations de son père." Selon son père, Isak Tepe, le journaliste a été torturé et tué après avoir été enlevé par des membres des services secrets de l'Etat ou par des personnes agissant sur leurs instructions. La CEDH ne peut toutefois "conclure au-delà de tout doute raisonnable" que le journaliste a été la victime d'un agent de l'Etat ou d'une personne agissant en son nom. La cour conclut à une violation de la Convention européenne des droits de l'homme "du fait que les autorités nationales ont failli à mener une enquête adéquate et effective sur les circonstances du décès du fils du requérant". Elle alloue au père du journaliste 14 500 euros pour préjudice moral et 14 500 euros pour les frais et dépens. Le corps de Ferhat Tepe avait été retrouvé le 4 août 1993 au lac Hazar (Sud-Est) et immédiatement enterré, alors que le journaliste était activement recherché par la police. Une semaine auparavant, son père avait reçu un appel anonyme d'un homme se réclamant des "forces de répression turque et ottomane" (TIT), qui lui aurait déclaré avoir, à titre de représailles contre le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), "kidnappé le fils du président du Parti démocrate (DEP) de la province de Bitlis", qui n'était autre que Ferhat Tepe. Isak Tepe, qui avait reçu plusieurs appels anonymes par la suite, avait affirmé avoir identifié la voix de son interlocuteur comme étant celle d'un officier de l'armée. Pour les autorités, Ferhat Tepe n'était pas un correspondant officiel de Ozgür Gündem mais un membre du PKK, et sa mort était le résultat d'un règlement de comptes au sein de cette organisation.

Huit journalistes incarcérés

La plupart des journalistes incarcérés en Turquie sont accusés d'"appartenance à une organisation illégale" ou d'actes divers commis comme membres d'une organisation illégale. Les journalistes défendus par Reporters sans frontières ont été également condamnés pour leur responsabilité dans la diffusion d'informations et de publications considérées par les autorités comme des menaces pour l'ordre public ou l'unité de l'Etat, mais relevant pleinement de la liberté et du pluralisme de l'information selon les standards démocratiques.

Le 16 janvier 1995, Kemal Evcimen, propriétaire et rédacteur en chef du périodique Özgür Karadeniz, a été interpellé à Trabzon (nord-est du pays) et incarcéré à la prison d'Erzurum. Le 27 novembre 1998, la Cour de sûreté de l'Etat d'Erzurum l'a condamné à douze ans et six mois de prison pour "appartenance au Parti et front révolutionnaire pour la libération du peuple turc (DHKPC)". Le journaliste se trouve actuellement dans la prison de type F de Sincan, à Ankara. Sa libération est prévue pour le 29 mai 2004.

Arrêté le 6 février 1997, Nureddin Sirin, éditorialiste de l'hebdomadaire islamiste Selam, a été condamné en septembre 1997 à dix-sept ans et demi de prison pour "appartenance au Hezbollah". Par ailleurs, le journaliste a été condamné dans plusieurs affaires de presse. Le 13 octobre 1998, il a été condamné par la cour d'assises N°2 d'Istanbul pour un article intitulé "Il faut être du côté de l'opprimé, même s'il est athée", publié le 15 juin 1997. Cette condamnation a été annulée en vertu de la loi d'amnistie de décembre 2000. Nureddin Sirin a également été condamné à une peine de dix mois de prison par la cour d'assises N°2 d'Istanbul pour un article intitulé "La Turquie est-elle une colonie des Etats-Unis et d'Israël ? ", paru le 20 mai 1997. Cette condamnation a également été annulée en vertu de la loi d'amnistie de décembre 2000. Le journaliste a enfin été condamné à une peine de trois ans de prison pour "incitation à la haine religieuse" en mai 2000 par la Cour de sûreté d'Etat N°2 d'Istanbul, suite à un article intitulé "Satanisme ou kémalisme", paru le 3 octobre 1999. Nureddin Sirin, condamné en appel le 7 octobre 2002, s'est pourvu en cassation. En août 2003, il a fait appel auprès des autorités judiciaires afin de bénéficier de la loi d'"insertion dans la société" pour les militants d'organisations armées, adoptée en juillet. Il se trouve actuellement dans la prison de Kandira (nord-ouest du pays).

Le 18 juin 2001, Memik Horuz, directeur de publication du périodique d'extrême gauche Isçi Köylü (Ouvrier Villageois), a été interpellé et poursuivi par la Cour de sûreté de l'Etat N°2 d'Ankara pour "aide à une organisation illégale". Le 13 juin 2002, il a été condamné à une peine de quinze ans de prison pour avoir "réalisé des entretiens avec des militants de l'organisation TKP/ML TIKKO (aile armée du Parti communiste turc marxiste léniniste)", publiés dans l'ancien périodique Özgür Gelecek. La sentence a été confirmée, le 24 janvier 2003, par la Cour de cassation.

Le 27 octobre 2003, Sinan Kara, ancien propriétaire du bimensuel d'information générale Datça Haber et ancien correspondant de l'agence Dogan dans la région de Datça, est incarcéré à la prison d'Urla à Izmir (Ouest). La 4e chambre de la Cour de cassation avait confirmé en juin une peine d'un an de prison contre lui pour avoir menacé Mert Ciller, fils de l'ex-Premier ministre Tansu Ciller. Le journaliste doit passer au moins 144 jours en prison. Les faits se sont produits en juin 2000, alors que Sinan Kara prenait des clichés de Mert Ciller, en vacances à Datça. Selon le journaliste, un garde du corps de Mert Ciller l'avait agressé, le blessant et endommageant son appareil photo. Sinan Kara s'était plaint auprès de la police de l'agression dont il dit avoir été victime. Mais des témoins, présentés par le garde du corps de Mert Ciller, avaient affirmé, pour leur part, que le journaliste était lui-même l'agresseur et qu'il avait proféré des menaces. Sinan Kara, connu pour ses articles critiques à l'égard des dirigeants politiques locaux, avait déjà été incarcéré du 26 décembre 2002 au 7 février 2003 pour ne pas avoir remis deux exemplaires de son journal au sous-préfet, comme l'exige la loi sur la presse.

Quatre journalistes ont été libérés en 2003.

Le 17 janvier 2003, Mustafa Benli, propriétaire et rédacteur en chef du mensuel Hedef, et journaliste pour les périodiques Liseli Arkadas et Alevi Halk Gerçegi, est placé en liberté provisoire en raison de son état de santé, qui s'est fortement dégradé suite à de nombreuses grèves de la faim. Emprisonné en février 1998, il avait été condamné en novembre 1999 à douze ans et six mois de prison pour "appartenance à une organisation illégale" (article 168 alinéa 2 du code pénal). Le 24 octobre 2000, Hasan Erdogan, son avocat, avait saisi la Cour européenne des droits de l'homme, qui n'a toujours pas statué sur ce cas.

Le 21 avril, Hasan Özgün, correspondant du quotidien prokurde Özgür Gündem à Diyarbakir (sud-est de la Turquie), est libéré après plus de neuf ans de détention. Mais le journaliste risque une nouvelle condamnation à douze ans de prison pour insulte envers les institutions de l'Etat (article 159 du code pénal) suite aux pétitions qu'il a fait parvenir aux autorités judiciaires, en 1998, leur réclamant un nouveau jugement. Il y dénonçait les exactions des forces de l'ordre dans le Sud-Est anatolien soumis à l'état d'urgence et l'assassinat de confrères travaillant pour des journaux prokurdes. Arrêté en décembre 1993, Hasan Özgün avait été condamné le 17 janvier 1996 à douze ans et six mois de prison pour "appartenance au Parti des Travailleurs du Kurdistan" (PKK). Durant leur garde à vue en 1993, des confrères de Hasan Özgün auraient été contraints, sous la torture, de faire des déclarations accusant le journaliste.

Le 13 mai, Mehmet Ali Varis, rédacteur en chef du mensuel Uzun Yürüyüs, est libéré après avoir passé vingt-cinq jours en prison pour "propagande séparatiste" (art. 8 de la loi antiterroriste), suite à un article intitulé " Nous devons gagner", publié dans le numéro 49 du mensuel. La Cour de sûreté d'Etat d'Istanbul avait condamné le journaliste à une peine de six mois de prison, convertie en une amende d'environ 616 euros. Le journaliste, qui n'avait pas payé cette amende, a été incarcéré le 17 avril à Tekirdag (Thrace orientale). La Cour avait également décidé de suspendre le journal pour une durée d'un mois. Début avril, Mehmet Ali Varis avait déjà dû payer une amende infligée suite à la parution d'un article intitulé "A propos de la question nationale et du mouvement", publié dans le numéro 51 du journal. La publication de ce mensuel de tendance marxiste-léniniste est légale, mais la justice considère qu'il se fait le porte-parole de groupes en liaison avec le TKPML, Parti communiste turc marxiste léniniste, illégal.

Le 20 août, Yasar Camyar, propriétaire et rédacteur en chef de l'hebdomadaire Alinterimiz, est libéré suite à la réforme de l'article 169 du code pénal sanctionnant l'aide à une organisation terroriste. Le journaliste avait été incarcéré le 25 août 2002 dans le cadre de plusieurs affaires de presse. La Cour de sûreté d'Etat N°3 d'Istanbul l'avait condamné le 20 avril 2001 à une peine de trois ans et neuf mois de prison pour "aide par voie de la presse à une organisation terroriste" suite à un article "faisant l'éloge des actions du TIKB [Union turque des communistes révolutionnaires]", publié en septembre 2000. Un autre article du même numéro, intitulé "Liberté au peuple Kurde" lui avait valu une condamnation à une peine de plus d'un an de prison et une forte amende pour "propagande séparatiste" (article 8 de la loi antiterroriste). Yasar Camyar est toujours poursuivi par la justice, notamment pour incitation à la haine par voie de discrimination et pour moquerie et insulte envers les institutions de l'Etat.

Quatorze journalistes interpellés

Le 3 janvier 2003, Yusuf Abay, responsable de la rédaction du quotidien prokurde Yeniden Ozgür Gündem à Agri (Est), est interpellé et retenu pendant cinq heures, sans être entendu par la police. Sur ordre du procureur de la ville, la police perquisitionne les locaux du journal pour "publications illégales", saisit des exemplaires du quotidien, des livres et des revues.

Le 12 février, Mahmut Akil, de l'hebdomadaire en kurde Azadiya Welat, et Gönül Mörkoç, de l'agence de presse prokurde DIHA, sont interpellés alors qu'ils couvrent une manifestation contre le refus de droit de visite aux avocats et aux proches de Abdullah Öcalan, président du Parti des travailleurs du Kurdistan (actuel KADEK). Les journalistes sont libérés dans la journée.

Le 1er mars, six journalistes des agences de presse Reuters, CHA et IHA, de la chaîne d'information continue NTV et du quotidien Zaman, sont interpellés par des militaires alors qu'ils veulent couvrir l'arrivée d'un convoi transportant des lanceurs de missiles Patriot sur la base aérienne de Batman. Les journalistes sont retenus pendant une heure.

Le 29 mars, Alfredo Leite, directeur adjoint du quotidien Jornal de Noticias et José Manuel Rosendo, de la radio publique RDP, sont interpellés par des agents en civil, dans le sud-est de la Turquie. Il est reproché aux deux journalistes portugais d'avoir pénétré dans une zone militaire interdite, à majorité kurde, près de la frontière syrienne. Alfredo Leite a déclaré : "Nous avons fait un reportage dans un village kurde. A l'entrée du village, un soldat nous a laissé passer. Il n'y avait aucun panneau indiquant que nous étions dans une zone militaire interdite." Les deux hommes sont détenus quelques heures dans une prison militaire à Cizre, puis relâchés. Mais leurs accréditations leur sont confisquées.

Le 7 octobre, Yiannis Kanelakis, de la chaîne de télévision privée grecque Mega, ainsi que son technicien, Anestis Moutafis, sont interpellés par l'armée à Caykara, près de Trabzon (nord de la Turquie). Le journaliste réalisait un reportage sur les Pontiaques, population grecque vivant dans la région du Pontos, en Turquie. Il était accompagné par Stefanos Taximanidis, président de la Fédération des Pontiaques de Grèce, et de son assistant, Stathis Taxidis. Dans la soirée du 7 octobre, les quatre hommes sont interpellés par l'armée et placés en garde à vue. Stefanos Taximanidis et Stathis Taxidis sont relâchés, tandis que les journalistes sont maintenus en détention jusqu'au lendemain vers 18 heures. Selon le consulat de Grèce en Turquie, les autorités entendaient examiner les trois cassettes de reportage afin de vérifier qu'elles ne contenaient aucun élément "insultant" pour la Turquie. Les cassettes et les documents des journalistes leur sont confisqués. Ces derniers regagnent la Grèce. Dénoncée par un habitant pour "propagande en faveur des Pontiaques", l'équipe avait été arrêtée une première fois le 5 octobre par la police.

Le 22 décembre, vers 15 heures, Erol Ozkoray, ancien rédacteur en chef de la revue Idea Politika, est interpellé à l'aéroport Atatürk d'Istanbul, alors qu'il arrive de Paris. Le journaliste, poursuivi par la justice dans le cadre de plusieurs affaires de presse, est relâché le lendemain vers midi. Un mandat d'arrêt avait été lancé le 14 novembre 2003 contre le journaliste, accusé d'avoir critiqué l'armée dans un article intitulé "A quoi sert l'armée ? ", publié en automne 2001. Ce numéro de Idea Politika avait été saisi et interdit de publication par le ministère de la Justice, à la demande du chef d'état-major des armées de l'époque. La revue Idea Politika ne paraît plus depuis le mois de juin 2002. Le journaliste est acquitté le 29 décembre par la cour d'assises N°2 d'Istanbul.

Dix-huit journalistes agressés

Le 4 janvier 2003, Ferit Hayva, propriétaire du quotidien régional Prestij, à Van (Est), son rédacteur en chef, Umut Tarhan, ainsi que les journalistes Fahrettin Gök et Suat Delen, sont agressés dans les locaux du journal par plus d'une quinzaine d'individus. Blessés à la tête, Ferit Hayva et Fahrettin Gok sont hospitalisés et portent plainte contre leurs agresseurs. Selon Umut Tarhan, qui affirme avoir reçu des menaces, cette attaque est liée à la publication d'articles dénonçant les clubs de jeux vidéo. Le 6 janvier, la police arrête six suspects.

Le 6 février, Latif Aydemir, directeur du quotidien local Dogru Haber, à Zonguldak (Nord), est agressé en pleine rue par des inconnus. Le journaliste affirme avoir reçu des menaces, la veille de l'agression, suite à la parution d'un article sur les gérants de discothèques dans la région. Il pense que Ilhan Ozkara, gérant d'une discothèque, et huit autres personnes sont responsables de l'agression. La police a interpellé plusieurs suspects.

Le 6 juillet, Burhan Ekinci, de l'agence de presse DIHA, est agressé par un militant d'extrême droite alors qu'il couvre une manifestation de militants du Parti du mouvement nationaliste (MHP) à Istanbul contre l'interpellation par les forces américaines d'une dizaine de militaires turcs à Souleymaniye, en Irak. L'agence DIHA porte plainte suite à l'hospitalisation du journaliste, qui a reçu un coup de poing au visage.

Le 10 juillet, Güray Ervin, cameraman de la chaîne de télévision Kanal D, est attaqué à l'arme blanche par un commerçant alors qu'il couvre l'arrivée de la police dans un centre commercial à Istanbul pour une enquête sur la vente illicite de CD. Le journaliste est blessé à la tête, mais ses jours ne sont pas en danger.

Dans la nuit du 13 août, Rujhat Avsar, correspondant à Bolu (nord-ouest du pays) du quotidien Cumhuriyet et propriétaire du quotidien local Bolu Detay, Caner Güngör, chef de la rédaction à Bolu de l'agence de presse IHA (Ihlas Haber Ajansi), son cameraman et Eyüp Karakas, du journal Bolu Detay, sont agressés par les dirigeants et les ouvriers de la société Cola Cola et de la compagnie de gaz, Aygaz. Les journalistes s'étaient rendus sur les lieux d'un incendie dans les entrepôts de ces deux entreprises, dans le village de Küçükberk, près de Bolu. Les journalistes, frappés à coups de pied, de poing et de barres de fer, sont hospitalisés. Leur matériel a été endommagé.

Dans la nuit du 30 août, sept journalistes sont agressés par le personnel de l'hôpital public de Kartal (rive asiatique d'Istanbul), alors qu'ils attendent à l'entrée du service des urgences pour filmer une femme, poignardée par des voleurs. Parmi eux se trouvent Ismail Polat, du quotidien Milliyet, Ercan Yildiz, de l'agence de presse Cihan, Ayhan Simsek et Yalçin Bel, du quotidien Sabah, Aziz Özen, du quotidien Vatan, Sevgi Özdemir du quotidien Aksam, et Cem Kerpiççiler, du quotidien Hürriyet. La plupart des journalistes, violemment frappés à coups de pied et de poing par les gardes de sécurité et les infirmiers, doivent être admis dans un autre hôpital. Les journalistes portent plainte et quatre membres du personnel de l'hôpital sont interpellés par la police le 1er octobre.

Le 21 novembre, Orhan Yildirim, correspondant du quotidien islamiste Zaman, est frappé par le président du Club de football d'Erzurum (Est), Abdulmenef Karagöz. Le journaliste voulait le filmer au moment où il était interpellé par la police, à la sortie d'un hôpital, pour fraude fiscale. Le journaliste, qui a été hospitalisé, a porté plainte.

Pressions et entraves

Le 5 janvier 2003, Ata Gunduz Kursun, cameraman de l'Agence de presse IHA, est malmené par Cemal Enginyurt, ancien député du Parti du mouvement nationaliste (MHP, coalition sortante) à Ordu (Nord), alors qu'il filme un affrontement entre des membres du parti à Afyon (Ouest), qui exigent qu'il leur remette sa cassette. La caméra de Ata Gunduz Kursun est endommagée.

Le 15 janvier, le Haut Conseil de l'audiovisuel (RTÜK) décide de suspendre pendant un mois cinq radios locales. Aktüel Radyo, à Diyarbakir (Sud-Est), est suspendue pour avoir diffusé des émissions "portant atteinte à l'indépendance de la République turque, à l'unité indivisible de l'Etat, aux réformes et principes d'Atatürk". Kanal 43 (Kütahya, Ouest), Radyo Söz (Bursa, Ouest), Sevgi FM (Bursa), Yunus FM (Kahramanmaras, Sud-Est) le sont pour avoir "incité la société à la violence, à la terreur et à la discrimination ethnique ; incité le peuple à la haine et à la discrimination sociale, raciale, linguistique, religieuse et régionale".

Le même jour, le RTÜK donne des "avertissements" à seize médias. La chaîne nationale Star TV est sanctionnée notamment pour ne pas avoir respecté "les valeurs nationales et morales de la société et la formation de la famille turque", les chaînes locales Söz TV et TV21 à Diyarbakir pour avoir porté préjudice à la "primauté du droit et à l'esprit du service public", les médias locaux ETV (Edirne, Nord-Ouest), Radyo Ekin (Ankara) et Radyo Kent FM (Içel, Sud) pour avoir "attaqué la personnalité spirituelle des individus en dépassant les limites de la critique", la chaîne locale Kent TV à Mugla (Sud-Ouest) pour violation de la loi interdisant "toute dénonciation ou humiliation de la personne en raison de sa langue, sa race, sa couleur, son sexe, son opinion politique, sa conviction philosophique, son appartenance religieuse ou des raisons semblables", la radio locale Izmir FM (Izmir, Ouest) pour "violation du secret de la vie privée", Radyo Ekin (Ankara) pour la diffusion d'émissions qui "incitent à l'usage de la violence et provoquent des sentiments racistes ou haineux", Sanliurfa TV (Sanliurfa, Sud-Est), Zigana TV (Trabzon, Nord-Est), Mersin TV (Mersin, Sud), Deha TV (Denizli, Sud-Ouest), ÖRT, Gökkusagi Radyo et Hilal Yildiz Radyo (Izmir) pour "violation des principes relatifs à la publicité".

Le même jour, s'ouvrent des procès du RTÜK contre neuf autres médias locaux. Davet TV (Gaziantep, Sud-Est), Baskent TV et Radyo Anadolu (Ankara), Anadolu FM (Kayseri, Centre), Radyo Ceylan (Adana, Sud), Can Radyo et Deniz FM (Kayseri), Melodi FM (Istanbul), pour ne pas avoir gardé pendant un an les enregistrements de leurs émissions. Les dirigeants de ces médias sont passibles de six mois à un an de prison et de 625 à 6 250 euros d'amende. Un procès est également intenté contre Özgür Radyo (Istanbul) pour violation des modalités de licence. Les dirigeants de cette radio encourent une peine allant de six mois à deux ans de prison et de 62 à 6 250 euros d'amende.

Le 29 janvier, le tribunal de grande instance de Paris déclare la nullité de l'assignation déposée par l'ancien chef d'état-major de l'armée turque contre Reporters sans frontières. Hüseyin Kivrikoglu est également condamné à verser 2 000 euros de dommages et intérêts à l'organisation et à payer les frais de procédure. Le tribunal a estimé que Hüseyin Kivrikoglu, accusé par Reporters sans frontières de porter atteinte à la liberté d'expression en Turquie, n'était pas "fondé à se prévaloir de la violation de son droit à l'image alors que l'utilisation qui est faite de celle-ci est indissociable de l'imputation de diffamation qu'induit l'affichage de sa photographie sur la carte de l'exposition." Les poursuites avaient été engagées contre Reporters sans frontières suite à l'utilisation d'une photo de l'ancien chef d'état-major des armées turques dans la campagne de l'organisation contre les "prédateurs de la liberté de la presse".

Le 13 février, Cemal Dogan, responsable des programmes de Gün FM et Gün TV, est condamné par le procureur de la Cour de sûreté de Diyarbakir (sud-est anatolien, proche de la frontière irakienne) à une amende d'environ 20 000 euros pour avoir diffusé les chansons de quatre chanteurs kurdes : Ferhat Tunç, Ahmet Kaya, Sivan Perwer et Diyar.

Le 16 mars, plusieurs journalistes des chaînes nationales Star et TV8, de l'agence de presse Reuters et de médias locaux de Diyarbakir, Olay et Can TV, accompagnent les membres du Parti démocratique du peuple (DEHAP) qui se rendent en bus à Silopi (Est) pour protester contre la guerre en Irak et commémorer l'anniversaire du massacre de Halepçe (région au nord de l'Irak où plusieurs milliers de personnes, en majorité des Kurdes, ont été tuées suite à une attaque aux armes chimiques, le 16 mars 1988). A l'entrée de Silopi, un contrôle militaire laisse passer la presse nationale et internationale, mais oblige les journalistes locaux à rentrer par leurs propres moyens à Diyarbakir.

Le 17 mars, le gouverneur de Diyarbakir annonce que les journalistes turcs et étrangers ne pourront pas travailler dans six villes de la région sans être accrédités. Les journalistes turcs et étrangers devant travailler dans les villes de Diyarbakir, Mardin, Batman, Sirnak, Hakkari et Van ou voulant atteindre l'Irak par la frontière turque doivent désormais faire une demande d'accréditation auprès du centre de presse à Diyarbakir. Ce centre a été mis en place par le bureau de presse, qui dépend du Premier ministre. Officiellement instaurées en raison de l'affluence des journalistes dans cette région proche de la frontière irakienne, les accréditations sont valables deux mois.

Le 25 mars, Muharrem Cengiz, propriétaire du mensuel culturel et artistique Kültur, Sanat Yasaminda Tavir, et sa rédactrice en chef, Ahu Zeynep Görgün, comparaissent devant la Cour de sûreté d'Istanbul pour avoir publié un poème du poète chilien Pablo Neruda, intitulé "Chanson aux mères qui ont perdu leurs fils" et pour cinq autre articles parus en septembre 2002. Muharrem Cengiz est acquittée, tandis que Ahu Zeynep Görgün est condamnée à une peine de trois ans et neuf mois de prison, commuée en une amende de plus de 5 500 euros pour "aide à une organisation illégale", suite à deux articles rendant hommage aux prisonniers politiques décédés suite à leurs grèves de la faim. La revue est suspendue pendant une journée.

Le 26 mars, Ali Celik Kasimogullari, propriétaire du quotidien Yeniden Özgür Gündem, et Mehmet Colak, son rédacteur en chef, sont condamnés à une amende totale d'environ 2 500 euros pour avoir publié des déclarations de Osman Öcalan, membre du Congrès pour la liberté et la démocratie au Kurdistan (KADEK, interdit en Turquie). Le journal est suspendu pendant deux jours.

Le 31 mars, les autorités turques demandent à une équipe de la télévision britannique BBC de quitter la province de Sirnak (sud-est du pays), proche de la frontière avec l'Irak. Cette décision fait suite à la diffusion sur la BBC d'images d'installations et de convois militaires dans cette zone.

Le 1er avril, Güler Yildiz, ancienne rédactrice en chef de l'hebdomadaire local Cinar à Mersin (Sud), est condamnée à une peine de dix mois de prison commuée en amende d'environ 340 euros pour "moquerie et insulte envers les forces armées". Elle avait chroniqué le livre de l'ancienne correspondante de Reporters sans frontières, Nadire Mater, intitulé "Le Livre de Mehmet", un recueil de témoignages de soldats ayant fait leur service militaire dans le sud-est anatolien et participé au conflit qui opposait l'armée turque aux militants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). La journaliste avait été condamnée en 2001 et en 2002 pour la même affaire. La cour n'a pas pris en compte les réformes de 2002 sur l'article 159 du code pénal qui dépénalisaient les "critiques".

Le 14 avril, deux procès sont ouverts contre Fikret Baskaya, ancien éditorialiste du quotidien prokurde Özgür Gündem, pour deux recueils d'articles publiés pour la première fois plus de dix ans auparavant. Le premier procès, intenté pour "propagande séparatiste" suite à la parution de la troisième édition d'un livre intitulé "Echec du paradigme, Introduction à la critique de l'idéologie officielle", se conclut le 26 août par un acquittement. Lors de sa première publication en avril 1991, Fikret Baskaya avait été condamné à vingt mois de prison et à une amende. Estimant que la condamnation était contraire à la liberté d'expression, la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) avait par la suite condamné la Turquie. Dans son acte d'accusation du 14 avril 2003, le procureur de la république de la Cour de sûreté d'Etat d'Ankara demande une condamnation en vertu de la loi antiterroriste pour des passages mettant en cause la politique de l'Etat vis-à-vis de la question kurde. Le deuxième procès, qui se poursuit, porte sur la publication, en janvier 2003, de la troisième édition d'un livre, intitulé "Des Ecrits à contre-courant", regroupant plusieurs articles, écrits et publiés en 1993 dans les quotidiens Özgür Gündem et Evrensel. Fikret Baskaya est jugé pour "moquerie et insulte envers la République et les forces armées turques" (art. 159 du code pénal) suite à deux articles intitulés "Sur le laïcisme, atatürkisme et conservatisme religieux" et "Rien de neuf sur le front de l'inflation". Dans le cadre de ces deux procès, le journaliste est passible de six ans de prison et de 1 870 euros d'amende.

Le 3 mai, Murat Gezer, de l'agence de presse Cihan, Abdurrahman Akin, de l'agence Reuters et Seyhmus Cakan, de l'agence Dogan, sont blessés à la tête et aux mains lors d'une manifestation à Bingöl (Est), où un tremblement de terre a entraîné la mort de plus de 150 personnes le 1er mai. Les journalistes sont pris pour cibles par les forces de l'ordre et atteints par des pierres lancées par des manifestants venus protester devant le gouverneur de la ville contre l'insuffisance des moyens débloqués face au sinistre.

Le 21 mai, le tribunal correctionnel d'Ankara décide de suspendre définitivement le site Ekmekveadalet.com, version en ligne de l'hebdomadaire d'extrême gauche Ekmek ve Adalet. Dans son jugement, la cour ordonne la suspension du site en raison "d'expressions insultantes et moqueuses envers les forces armées", violant ainsi l'article 159 du code pénal. L'hebdomadaire, très critique envers le gouvernement et l'armée, est régulièrement accusé par la justice de servir de porte-parole à l'organisation armée du Front de libération révolutionnaire du peuple turc (DHKPC), interdit en Turquie.

Le 28 mai, le procès ouvert en 2002 contre Erol Ozkoray, ancien rédacteur en chef de la revue Idea Politika, et Robert Ménard, journaliste et secrétaire général de l'organisation Reporters sans frontières, se poursuit auprès du tribunal de grande instance d'Istanbul pour "insulte à l'armée" et "insulte à la République" (art. 159 du code pénal). Dans une interview, publiée dans le numéro de décembre 2001-février 2002, Robert Ménard avait qualifié les autorités turques de "schizophrènes". Les deux journalistes risquent six ans de prison chacun. Erol Ozkoray est par ailleurs toujours poursuivi dans le cadre de trois autres affaires de presse pour "insulte envers l'armée et la République" (art.159 du code pénal). La prochaine audience aura lieu le 11 juin 2004. En 2001, Erol Ozkoray avait publié, dans la revue Idea Politika et sur le site Internet du même nom, des articles évoquant le problème kurde et le rôle de l'armée dans la vie politique du pays. La revue Idea Politika ne paraît plus depuis le mois de juin 2002. En 2003, il a déposé huit plaintes pour diffamation et une pour faux témoignage après avoir été accusé de trahison et de corruption dans la presse suite à son témoignage en faveur de Reporters sans frontières dans un procès ayant opposé l'organisation à Hüseyin Kivrikoglu, ancien chef d'état-major de l'armée turque.

Le 3 juin, un troisième mandat d'arrêt est lancé contre Dogan Özgüden, rédacteur en chef du site d'information Info-Türk, résidant en Belgique. Un procès avait été ouvert en 2002 contre lui, contre Emin Karaca, journaliste free-lance, et Mehmet Emin Sert, l'éditeur responsable du mensuel Türkiye'de ve Avrupa'da Yazin. Une peine maximale de six ans est requise contre Dogan Özgüden et Emin Karaca, pour des articles parus dans le numéro d'avril 2002 de la revue, à l'occasion du trentième anniversaire de l'exécution de trois leaders de la jeunesse progressiste. Mehmet Emin Sert risque une lourde amende pour avoir publié ces articles.

Le 25 juin, le RTÜK décide que la chaîne nationale Flash TV doit fournir des explications suite à la diffusion, les 15 et 26 mai, d'une émission intitulée "Véritable Morceau", jugée "malsaine pour l'évolution physique, psychologique et morale des enfants et des adolescents, en dehors des horaires recommandés". La chaîne nationale du groupe Dogan, Kanal D, reçoit un "avertissement" du RTÜK en raison des bulletins d'informations diffusés les 29 mars, 1er avril et 10 mai, au cours desquels "les limites de la critique ont été franchies et des personnes ont été offensées". La chaîne nationale TGRT reçoit également un "avertissement" pour avoir violé le principe de présomption d'innocence lors d'un bulletin d'information du 10 mai. Le RTÜK décide par ailleurs d'annuler les licences des chaînes History Channel et Number One, pour ne pas avoir respecté les obligations administratives des diffusions sur le câble.

Le 30 juin, la chaîne locale Gün TV à Diyarbakir (Sud-Est) est suspendue pendant un mois par le RTÜK, suite à la diffusion d'émissions sur les conditions de détention d'Abdullah Öcalan, président du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), incarcéré depuis 1999 sur l'île-prison d'Imrali. Le RTÜK considère également que les bulletins d'informations du 5 janvier au 23 février 2003 sont identiques à ceux diffusés par la chaîne kurde Medya TV, basée en Europe. Cette chaîne, interdite en Turquie, est considérée par les autorités comme le porte-parole du KADEK (Congrès pour la liberté et la démocratie au Kurdistan, successeur du PKK).

Le 3 juillet, le RTÜK décide d'interdire pendant un mois la diffusion de cinq chaînes de télévision appartenant à la famille de Cem Uzan, homme politique et magnat de la presse, pour avoir défendu sur leurs antennes les intérêts privés de la famille Uzan. Le RTÜK reproche aux chaînes Star TV, Kanal 6, Star Max, Star 6 Heyecan TV et Footgol Star 8 TV d'avoir diffusé, les 13 et 14 juin 2003, les critiques virulentes de Cem Uzan, qui contrôle ces médias, envers le Premier ministre, Recep Tayyip Erdogan. Dans un discours prononcé à Bursa (nord-ouest du pays), Cem Uzan avait critiqué l'annulation par le ministère de l'Energie et des Ressources naturelles d'un contrat avec les sociétés de gestion d'électricité Cukurova et Kepez, appartenant à la famille Uzan, et attaqué Recep Tayyip Erdogan, ainsi que son Parti de la justice et du développement (AKP), islamiste modéré. Cem Uzan dirige un nouveau parti politique, "Jeune", susceptible, selon certains sondages, de représenter une menace à l'avenir pour le parti au pouvoir. Le Premier ministre a engagé, le 25 juin, une procédure judiciaire pour diffamation à l'encontre de Cem Uzan, réclamant plus de 540 000 euros de dommages et intérêts. Le RTÜK, pour sa part, accuse les chaînes de télévision du groupe Uzan d'avoir "publié des émissions défendant l'intérêt injuste de leur patron, de leurs actionnaires et des membres de la famille". Le RTÜK demande également des explications aux chaînes Flash TV, Star 4, Star 5, Star 7 et New TV, du groupe Uzan, et à la chaîne privée Habertürk, qu'il accuse du même délit, mais aussi d'offense et d'incitation à la concurrence déloyale.

Le 10 juillet, le journal local Özgür Siirt à Siirt (Sud-Est) est condamné à une amende de 32 250 euros pour avoir refusé de publier un démenti suite à un article, intitulé "L'aide humanitaire pour Bingöl a été bloquée", paru le 17 mai 2003. Cet article accusait les autorités locales d'avoir bloqué l'aide humanitaire après le tremblement de terre du 1er mai à Bingöl (Est). Le gouverneur de la ville avait exigé un démenti et intenté un procès contre le propriétaire et rédacteur en chef du journal, Mehmet Nas.

Le 17 septembre, Mehmet Colak, rédacteur en chef du quotidien prokurde Yeniden Özgür Gündem, ainsi que les éditorialistes Hakan Duman, Celal Besiktepe, Kemal Aktan et Mustafa Kahya, accusés du délit de "moquerie et insulte envers la République" passible d'une peine de trois ans de prison en vertu de l'article 159 du code pénal, comparaissent devant la 2e chambre du tribunal correctionnel de Beyoglu (Istanbul). Celal Besiktepe et son rédacteur en chef, Mehmet Colak, sont poursuivis pour un éditorial intitulé "Les dieux de la guerre", publié le 13 mars. L'article dénonçait la position de la Turquie vis-à-vis de l'Irak, en affirmant notamment : "Pour sauver l'économie, ils cherchent du "sang frais". (Š) Du sang des Turcs, des Kurdes, des Arabes, des Palestiniens ou des Irakiens pour sauver l'économie turque en faillite...". Mustafa Kahya est poursuivi pour un éditorial intitulé "Position de la Turquie dans la guerre", paru le 28 mars, dans lequel il écrivait : "La Turquie a toujours choisi le camp de l'agresseur contre celui de l'agressé". Mehmet Colak et Hakan Duman sont poursuivis pour un autre éditorial sur la situation en Irak, intitulé "Droit légitime de défense", publié le 28 février. Les journalistes affirmaient : "Ce n'est pas la guérilla du Mouvement de libération kurde qui se bat pour de l'argent au profit des intérêts américains au Moyen-Orient, mais les soldats turcs." Kemal Aktan est poursuivi puis acquitté pour un éditorial du même jour, intitulé "Lettre de Beyrouth", qui déclarait : "Il est évident que ce gouvernement a pris le train de la guerre qui va droit vers un massacre du peuple Kurde." La prochaine audience de ces procès est prévue le 19 février 2004. Depuis sa parution en septembre 2002, 82 procès ont été ouverts contre Yeniden Özgür Gündem.

Le 24 octobre, le tribunal de grande instance d'Ankara, reporte la date du procès ouvert par le Premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, contre le propriétaire du quotidien islamiste Milli Gazete, Hazžm Oktay Baser, et son rédacteur en chef, Selami Caliskan, pour "offense". Recep Tayyip Erdogan réclame environ 18 200 euros de dommages et intérêts suite à la publication, le 18 août, d'un article intitulé "Pas démocrate, opportuniste", qui citait des critiques de Suat Pamukçu, secrétaire général du Parti islamiste du Bonheur (Saadet Partisi), à l'égard du Premier ministre, également président du Parti de la justice et du développement (AKP, parti islamiste modéré).

Le 31 octobre, 312 généraux de l'armée turque intentent un procès pour diffamation contre le quotidien islamiste Vakit et contre l'éditorialiste Asim Yenihaber. Les plaignants réclament environ 367 000 euros de dommages et intérêts. Parmi les plaignants figurent le commandant de l'armée de terre, Aytaç Yalman, le commandant de l'armée de l'air, Ibrahim Firtina, le commandant de la marine, Ozden Ornek et le commandant de la gendarmerie nationale, Sener Eruygur. Dans leur requête, déposée au tribunal de grande instance d'Ankara, les plaignants estiment que le contenu de l'article de Asim Yenihaber, intitulé "Le pays où un soldat qui ne mérite pas d'être sergent devient général" et publié le 25 août, était de nature à susciter "des sentiments de haine et de mépris envers les officiers généraux et à dégrader les forces armées turques aux yeux de la société". Ils ont ajouté que l'opinion du journaliste était le reflet de son "trouble mental et psychologique" et que "nul n'a le droit d'offenser et d'humilier les officiers généraux". Dans son article, Asim Yenihaber dénonçait l'incompétence des hauts gradés. Il affirmait : "Rien ne montre que ce sont des généraux à part les étoiles sur leurs épaules. (Š) Il n'y a pas de place pour eux, ni dans l'armée, ni dans ce pays (...)". La survie économique de Vakit, qui critique souvent avec virulence l'armée et les militaires, serait, selon ses dirigeants, directement menacée par le montant de l'amende.

Le 18 novembre, la Cour de sûreté d'Etat N°1 d'Istanbul décide d'interdire la publication de toute information de nature à menacer le bon déroulement de l'enquête préliminaire sur les deux attentats suicide qui se sont produits devant deux synagogues d'Istanbul le 15 novembre et ont causé la mort d'environ 25 personnes.

Le 20 novembre, la même Cour décide d'étendre cette interdiction aux deux attentats contre les intérêts britanniques à Istanbul, qui ont fait 27 morts et environ 500 blessés. La cour estime que la couverture des médias est de nature à empêcher la recherche des preuves sur les lieux des attentats et de mettre en péril l'enquête préliminaire. Seule la reprise des déclarations officielles est autorisée, tandis que les déclarations des témoins oculaires et les témoignages des blessés ne sont pas autorisés. Le président du RTÜK, Fatih Karaca, met en garde les médias sur leur couverture des attentats et leur demande de ne pas diffuser des images de violence et de sang. Il affirme : "Il est de la responsabilité des médias de ne pas faire le jeu des terroristes en effrayant et en terrorisant le peuple."

Le 22 novembre, à l'occasion des funérailles de deux policiers victimes de l'attentat devant le consulat britannique, le chef de la police d'Istanbul, Celalettin Cerrah, déclare que la presse est responsable de la mort des 27 personnes tuées lors de la seconde série d'attentats, perpétrés le 20 novembre. Il affirme que les médias ont divulgué des informations sensibles sur les kamikazes auteurs des premiers attentats du 15 novembre. Il déclare : "Si nous assistons aujourd'hui aux funérailles de 27 personnes, c'est à cause de l'irresponsabilité des médias. Nous étions sur le point de capturer les responsables des attentats." A cette même occasion, le Premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, appelle également la presse à faire preuve de plus de responsabilité. A l'appel du conseil de la presse, les directeurs de treize journaux décident de fixer eux-mêmes des règles et des principes à appliquer en période de lutte contre le terrorisme. Le 24 novembre, Celalettin Cerrah indique que les accusations qu'il a portées contre la presse ont été dictées par son "sentiment de tristesse".

Le 21 novembre, le quotidien prokurde Yeniden Özgür Gündem est condamné à 12 jours de suspension et deux de ses journalistes à une amende totale de plus de 9 000 euros pour avoir repris des propos des dirigeants du KADEK (Congrès pour la liberté et la démocratie au Kurdistan, successeur du PKK), en vertu de l'article 6 de la loi antiterroriste sanctionnant tout emprunt de "déclarations d'organisations armées terroristes". La Cour de sûreté d'Etat N°5 d'Istanbul condamne Ali Celik Kasimogullari, propriétaire du journal, et Mehmet Colak, rédacteur en chef, à une amende d'environ 1 000 euros chacun pour des articles parus le 19 mai qui reprenaient les déclarations de Murat Karayilan, membre du conseil présidentiel du KADEK. Les journalistes sont également condamnés par la Cour de sûreté de l'Etat N°2 à une amende totale d'environ 2 960 euros pour avoir cité dans l'édition du 25 mai les propos d'Osman Öcalan, membre du conseil présidentiel du KADEK et pour un article sur la mort en Italie d'un militant italien Dino Frisullo, incarcéré et jugé en Turquie pour soutien au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) lors d'une manifestation à Diyarbakir (sud-est du pays). La cour, qui estime que le journal "porte atteinte à la sécurité nationale", décide également de le suspendre pendant six jours. Elle condamne également les journalistes à une amende totale d'environ 2 150 euros et le journal à une suspension de trois jours pour des articles, intitulés "Déclaration de la guérilla de propagande du peuple, sur les mines de charbon" et "Öcalan : l'AKP est responsable", parus le 6 août. Enfin, Mehmet Colak et Ali Celik Kasimogullari sont condamnés à environ 1 950 euros d'amende et le journal à trois jours de suspension en raison de la parution d'un article intitulé "Les demandes du KADEK".

Le 11 décembre, Ruhat Mengi, du quotidien Vatan, accusée d'avoir "offensé" deux juristes qui contribuent à la rédaction du projet de réforme du code pénal, comparaît devant le tribunal de grande instance d'Istanbul. Dans ses éditoriaux des 15 et 16 mai, la journaliste critiquait les articles du code pénal prévoyant des remises de peine pour les viols et les crimes d'honneur. Les juristes réclament environ 68 000 euros de dommages et intérêts.

Le 30 décembre, Sabri Ejder Öziç, ancien directeur de la station locale Radyo Dünya à Adana (Sud), est condamné à une peine d'un an de prison pour "insulte et moquerie envers le Parlement". Le tribunal correctionnel d'Adana condamne Sabri Ejder Öziç pour les propos qu'il a tenus le 24 février 2003 lors de son émission intitulée "Journal de bord du capitaine". Le journaliste, par ailleurs militant du parti prokurde Ozgur Toplum, avait critiqué la décision du gouvernement d'autoriser la présence de troupes étrangères sur le sol turc et d'envoyer des soldats en Irak, soumise, le jour de l'émission, à l'approbation du Parlement. Le tribunal retient notamment les propos suivants : "Notre Conseil des ministres autorise les soldats américains à utiliser notre sol ; nos soldats vont pouvoir entrer sur le territoire irakien (Š). Une guerre s'est ouverte dans le monde contre le terrorisme, mais c'est une guerre illégitime. Si les guerres illégitimes sont des actions terroristes, alors ceci aussi est un acte terroriste. Si l'autorisation d'envoyer des troupes pour des actions terroristes était approuvée par le Parlement, et bien ce Parlement aussi serait terroriste." Le procureur Erten Tamoglu estime que le fait d'avoir qualifié le Parlement de "terroriste" ne constitue pas une critique mais une insulte envers une institution de l'Etat, délit passible, en vertu de l'article 159 du code pénal, d'une peine minimale de six mois de prison. Le journaliste, qui n'est pas incarcéré, a fait appel de cette sentence. (RSF, 3 mai 2004)
 

BIA2 2004 Three-Month Report on Press Freedom in Turkey

"Media Freedom and Independent Journalism Monitoring and News Network" (BIA2) project, has published its Media Observation report on May 3, which is the day of the UNESCO declaration in 1991 in Namibia's capital Windhoek and the World Press Freedom Day.

In the 13-page report, which covers the period January-February-March 2004, the rights violations are tackled with under the titles of: "attacks and threats," "trials and attempts," "European Court of Human Rights," "RTUK implementations," "regulations and "seeking judgment," and "censorship and monopolization."

Attacks and threats

Hakim Cetiner, the cameraman of "SKY Turk" and "Show TV," "Show TV" reporter Saban Boz, reporters Besir Ariz, Faysal Karadeniz, Ahmet Bulut, and Bayram Bulut of the local "Soz" (Word) newspaper and "Soz TV" (You TV) cameraman Mehmet Sirin Hatman and reporter Bahire Karatas of the Dicle news agency (DIHA), and reporter Firat Duzgun of the local "Gun TV" (Day TV) were attacked by people who were allegedly civilian police.

Hatman, Boz and Karatas, who had broken arms were treated in the hospital. Diyarbakir police chief Orhan Okur visited the reporters in the hospital and said the incident had become a matter of honor for them and promised to find those responsible.

A group of five to ten people from the "Federation to Fight against Baseless Allegations of the Armenian Genocide," gathered in front of the Armenian "Agos" newspaper on March 8.

The group chanted Turkey's national anthem and left a black wreath in front of the building. Police called the newspaper before this demonstration by the nationalists and gave assurance.

On February 26, a group of 30-40 people from the Ulku Ocaklari (a radical nationalist group), gathered in front of the weekly "Agos" newspaper, which publishes in both Armenian and Turkish. The group chanted slogans that were threats to the newspaper and its head Hirant Dink.

"I will not pursue legal action," said Dink. "Everything happened in front of the eyes of the state. The state knows very well what is a crime and what is not."

Ahmet Cakar, ex-referee and a football commentator on "Star TV," was shot and wounded as he was getting into his car in front of the health center in Mecidiyekoy in Istanbul, on February 25. "I am not suspicious of anyone," said Cakar. "Some people or someone may have done this because they were angry at my comments. I condemn them all."

Detention and arrests

Journalist Sinan Kara served 146 days in prison for threatening, through the media, the security guards of Mert Ciller, the son of former Prime Minister Tansu Ciller.

Kara was released from the Urla prison on March 21. According to Macit Sefiloglu, head of the Aegean branch of the Contemporary Journalists' Association (CGD), five more cases were brought against Kara while he was in prison. "Cases against Kara are proof that media in Turkey is under threat," said Sefiloglu. "Especially the local media is under tremendous pressure."

Nureddin Sirin, a writer for the weekly "Selam" newspaper is serving at the Kandira F-type prison. His application to take advantage of the amnesty law no: 4959, was handled by the Ankara State Security Court (DGM) on March 19.

The court is awaiting a report from the Interior Ministry. Sirin has been sentenced to 17 years and six months in prison for being a member of the Hezbollah group. Media cases against Sirin are ongoing. Sirin had applied to the European Court of Human Rights (ECHR).

Dogan Dogan, head of the "Korfezin Sesi" (Voice of the Gulf) Internet site published in Edremit, was detained on January 6 because of an article published in a column, and with the demand of the Republic prosecutor. On the complaint by Edremit local administrator Ekrem Buyukata, journalist Dogan answered questions by the prosecutor about writer Salih Gunardi, who wrote the article titled, "We told the chief and the worker."

The journalist was released after six hours. The article criticized pressuring people through the use of influence and attempting to take the coal the state distributed to poor people. It also said that there were people who helped illegal migrants to escape. The journalist's complaint about being detained was abated and so, he took his case to a Bergama court.

DIHA reporter Ubeydullah Hakan's camera was seized as he was recording the protest against the killing of Cetin Karaman by soldiers.

After he made a complaint, he was sued for being a "runaway activist." A court continued to try him on March 10. The police do not accept that Hakan was detained.

But the images in expert files show that Hakan was taken into a police car. The court, which is awaiting an expert report about the weapon, postponed the trial till April 30.

Lawyer Murat Timur said they were expecting Hakan's camera to be returned. Timur also said legal action should begin against police officers who roughed him up. If there were no positive outcome, they would go to the ECHR, said Timur.

Muharrem Cengiz, the owner of the monthly "Kultur Sanat Yasaminda Tavir" (Attitude in the World of Culture and Art) magazine was arrested on March 5. He was told there were allegations against him. His objection to the arrest was rejected. He is currently at the Tekirdag F-type prison and is waiting to be brought to the Istanbul DGM.

On March 4, "NTV" reporter Hilmi Hacaloglu was detained as he was recording a person being roughed up by police as he was watching the press statements by the members of the Revolutionary Workers' Unions' Confederation (DISK) in the Taksim Square. Police said "Hacaloglu was not destined but was received as a guest."

Police officers from the Beyoglu police headquarters beat Hacaloglu up. According to a report by the Forensic Medical Institution, there was "lesion on Hacaloglu's hand, his left heel was bruised, and his right elbow was crushed." Interrogation about the police officers is still continuing.

Journalist Mustafa Benli , who was released a year ago because of health reasons, was sent back to the Corum Prison on February 18 after the Forensic Medical Institution wrote in a report that he had "recovered."

Benli, former editor-in-chief of the "Hedef" (Target) magazine, who had been sent to prison on February 1998, was diagnosed with the "Wernicke-Korsakoff Syndrome" after he had been on a death fast. Press cases against Benli had been suspended after a December 2000 Conditional Amnesty Law. Lawyer Hasan Erdogan applied to the ECHR on October 24, 2000.

Prime Minister Recep Tayyip Erdogan walked up to Nuri Sefa Erdem, reporter for the daily "Vatan," who asked him a question on New Year's Eve. "Don't be shameless!" Erdogan told reporter Erdem. Contemporary Journalists' Association, Turkish Journalists' Association (TGC) and the Media Council protested the Prime Minister's behavior.

Trials and attempts

Three distributors of the closed-down "Yeniden Ozgur Gundem" (Free Agenda Again) newspaper, and three DIHA reporters were detained at the Basmane office of the newspaper. The distributors and reporters are standing trial based on the anti-terrorism law (TMY).

The trial began on March 31. Lawyers Mustafa Rollas and Hayat Ozveren said the defendants had a copy of a banned publication at their houses and the telephone numbers for the Medya TV (Media TV) at the office. The trial is being held at the Izmir State Security Court (DGM).

312 generals brought a damages case against the "Vakit" (Time) newspaper. An Ankara court continued with the trial on March 31. Lawyers of the defendants aid the article titled, "The country, where those who do not have the capacity to become even a noncommissioned officer, become generals," was written by the former editor-in-chief Mehmet Ozmen.

Lawyer Atilla Metin attended the hearing on allegations that RTUK member Mehmet Dogan wrote the article. Metin said Dogan could not be tried in this case. Plaintiff lawyer Yazicioglu said telecommunications records proved that the article was written by Dogan. The trial was postponed so that the lawyers could document a fax message in which Ozmen sent the article.

An Ankara court voted to stop the effect of the decision to put "Ozgur Radyo" (Free Radio) off the air for 30 days because of the news about "An attack like a massacre," published in the "Gunluk Evrensel" (Daily Universal) newspaper. RTUK had given until March 30 for its decision to be implemented. The court decided this period was not enough for it to make a decision. The court said that this would lead to irreparable damage.

Four cases brought against "Gun FM" (Day FM) and "Gun TV" (Day TV) in Diyarbakir for playing "banned songs," were dropped. On March 11, a Diyarbakir court cited amendments to the Cinema, Video and Music Law no:3257 through the 6th and 7th harmonization laws.

The court added that the provision which states: "It is necessary that the decision of a 'ban' by the chief civilian administrator, is sent to the judge or prosecutor of the police penal court for approval within 24 hours," had been included in the law through the amendments. The songs that were allegedly banned were "Vay Beni Vaylar Beni," and "Bir Kanardag Turkusu," (A Kanardag Song) by Ferhat Tunc, and "Cav Bella" (Ciao Bella) by Sevinc Eratalay.

Caricatures by Seyit Saatci and Askin Ayrancioglu were confiscated three years ago at an exhibition at the Boyabat Public Library. The caricaturists, who were kept under detention for one night, were released on March 11.

The caricaturists were sued for "insulting the police forces." The expert said: "The defendants, with the caricatures they drew, attempted to criticize 'fascism,' and the 'fascist implementations,' they believe are taking place in our country.

All implementations of police are open to criticism by the public. (...) If we attempted to fit every evaluation into the provision of article 159 of TCK, we would be limiting our people's most basic right of 'freedom of expression,' despite the very clear provision on the Constitution and the European Human Rights Convention."

Muharrem Nas, the owner and editor-in-chief of the "Ozgur Siirt" (Free Siirt) newspaper was fined 15 billion 906 million Turkish lira (USD 11,600) for "not publishing in time a correction by the governor's office."

At the hearing on March 4, the fine was raised to 23 billion 850 million Turkish lira (USD 17,500). A penal court suspended the fine, ruling "he would not commit the crime in the future." Nas argues that the court did not take into account the edition in which the correction was published and said he would appeal the case.

A court decision to sentence Sabri Ejder Ozic to a year in prison could not be delivered to the journalist because the court had no money for stamps. This incident also appears in the Human Rights Report by the U.S. State Department. Lawyer Meric Tumer appealed the case after two months.

Ozic was convicted for "insulting the intangible individuality of the parliament," because on February 24, 2003, on "Radyo Dunya" (Radio World) of Adana, he said: "If this parliament is going to decide to send troops to a terrorist action and to let in foreign troops, then this parliament is terrorist."

"Yeniden Ozgur Gundem" newspaper, which was first published on September 2002, was closed down on February 28. During the 545 days the newspaper was published, it was closed down for four days; its editor-in-chief Mehmet Colak was sentenced to 25 months in prison; and Colak and an official, Ali Celik Kasimogullari, were fined 478 billion Turkish lira (USD 350,000). A total of 315 cases were brought against the newspaper.

On February 28, an Ankara court stopped the implementation of a warning handed to "ATV" after a news story about Omer Ipek, who sings Kurdish songs, and who is known as "Tarkan from Mardin." Foreign Minister Abdullah Gul sent a letter to RTUK on February 25 saying that this warning put Turkey in a difficult position. He also asked the radio and television watchdog for an explanation of the process.

Ruhat Mengi, a writer for the daily "Vatan" (Homeland), on February 25, had criticized that the draft Turkish Penal Code (TCK) reduced the sentences for rapes and honor crimes.

Mengi was fined 40 billion Turkish lira (USD 30,000) in damages to Distinguished Professor Sulhi Donmezer for her articles called, "Not a draft, a scandal," and "Crimes against honor traditions." After the court decision, Mengi said: "This case is not a money gaining or losing case. This case is a case to serve the society and the future of my country. That's why I don't see it as a lost case. It will be obvious who has won and who has lost when the TCK is changed to fit a modern country."

Associate Professor Doctor Haluk Gerger was not granted the permission to enter the United States of America although he had a visa. In the case Gerger brought against the U.S., the court on February 24, listened to his wife Rennan Gerger as a witness. The court is currently awaiting a response from the U.S. Embassy and the completion of other insufficiencies.

Gerger, who got a visa from the U.S. Embassy in Ankara, went to New York on October 1, 2002 with his wife, but was not allowed into the country, because "his visa had been cancelled by the Foreign Ministry." After his fingerprints and photographs were taken, Gerger was sent back to Turkey. The journalist is demanding 2 billion 739 million 805 thousand Turkish lira (USD 2,000) in financial compensation and USD 1 cent in damages.

On February 24, Mehmet Sucu, a top editor at the "Cumhuriyet" (Republic) newspaper, was acquitted. Sucu was standing trial for publishing circulars by the Foreign Minister to establish contact with the "Milli Gorus" (National Idea) and Fethullah Gulen congregations. Lawyer Akin Atalay said the circular was published by other newspapers too and it did not amount to a state secret.

On February 24, an Izmir court continued to try Kemal Mutlu and Ali Ekber Coskun, heads of the monthly "Dersim" magazine for "publishing content against the declaration handed to the property owner."

The journalist, who were being tried because they objected to paying a fine of 20 billion Turkish lira (USD 14,600) each, are currently handed a fine of 30 billion Turkish lira (USD 22,000). The journalists were being tried for violating the Press Law by publishing Kurdish articles in the June 2002 edition of the magazine.

Mutlu and Coskun will now wait for the outcome of President Ahmet Necdet Sezer's May 21, 2002 application to the Constitutional Court regarding the Press Law. "The fines will prevent the free distribution of news, opinions and views, and will hamper the continued existence of media organizations," Sezer had said in his application.

On February 18, an Istanbul court continued trying head Dogan Ozguden of the "Turkiye ve Avrupa'da Yazin" (Literature in Turkey and Europe) magazine, journalist-writer Emin Karaca and editor-in-chief Mehmet Emin Sert. The journalists, who accused the Turkish army to be involved in murders since the 1960s, are being charged with "insulting the state's military forces."

The court warned the police once again that Gunozguden, who lives in Belgium, is detained at the border to be questioned. In an October 2002 letter to former Justice Minister Aysel Celikel, the Journalists Without Borders (RSF), said: "Convicting journalists for 'insulting the army' is a violation of Turkey's promises to the European Union."

On February 17, a Turkish court continued trying journalist Fikret Baskaya because of a book called, "Articles Against the Flow," whose last edition was published in January 2003, and which includes articles from the 1993 issues of the closed-down "Ozgur Gundem" (Free Agenda) newspaper.

Ismet Erdogan, the head of the Maki Media Publishing company, which published the book, and Ozden Bayram, who prepared the book for publication, are also standing trial. The court is currently awaiting the appointment of an expert. Baskaya, Erdogan and Bayram, who are being tried at an Ankara Penal Court are facing up to three years in prison under article 159 of TCK.

Savas Ay, a program presenter at the national "ATV" channel, and Mehmet Akif Koskun, head of the news program, is standing trial for "insulting the intangible individuality of the courthouse." Savas is standing trial because of what he said during his "A Takimi" (A Team) program about a videocassette recording of a past relationship of singer Gulben Ergen.

According to the February 11 Radikal newspaper, the indictment by the Sisli prosecutor's office says that Ay, during the program on September 14, 2003, said the following about the cassette: "I am repeating to the prosecutors, police officers and paramilitary police of this country. Take the man who allegedly recorded this film and interrogate him. Is this country forlorn?" Ay faces up to nine years in prison for "insulting the intangible individuality of the courthouse."

Berna Aktas, the owner and editor-in-chief of the weekly "Mus Haber" (Mus News) and head Faruk Aktas were sentenced to a year each in prison for publishing a news story about corruption allegations in a project for the disabled, under the title of "Robbery in the province, looting in the district."

The prison sentence was commuted to a fine and was suspended. The newspaper is faced with billions of Turkish lira of fines because of about 10 cases against it. In July 2003, a damages case was opened because of the same news story. Five disabled people, who had given a declaration, are also standing trial. On the application of deputy governor Ibrahim Kucuk,a case based on article 268/2-3 and article 80 of TCK has been opened because of the same news story.

Mustafa Dokuler, editor-in-chief of the "Yeni Asya" (New Asia) newspaper, and Faruk Cakir who wrote an article titled, "Look at the Turkish Media," who were being tried based on article 312/2 of the TCK, were released on February 9. The case brought against writer Sukru Bulut for writing an article titled, "Earthquakes Equal Disasters," was postponed. Bulut was charged with "inciting hatred and enmity among the people based on religious and sect differences." The Istanbul DGM was handling the case.

The representatives of the printing office of the "Kuzeydogu" (Northeast), and "Yesil Gole" (Green Gole) newspapers and the "23 Subat" (February 23) newspaper, were fined five billion Turkish lira (USD 3,600) for including in their news, the allegations that the Gole local official Alper Faruk Gungor kicked villagers out of his office "because they smelled of turd."

On January 23, an Ardahan court decided that Halis Kilic, the owner of the "Yesil Gole," newspaper, his daughter, editor-in chief Ulviye Kilic, Yavuz Mingan from the printing office of the "23 Subat" newspaper, and Fakir Yilmaz, owner of the "Kuzeydogu Anandolu" (Northeast Anatolia) newspaper should be punished. The journalists said they would appeal the decision. Gungor had sued the journalists for "attacking his personal rights."

On January 21, Seyfullah Karakurt, former head of the "Anadolu'nun Sesi" (Anadolu's Voice) radio in Istanbul, said DGM republic prosecutor Hadi Salihoglu had appealed a court decision for his acquittal. Karakurt had stood trial for his programs about the prison operations in Turkey.

In his application, the prosecutor said the acquittal decision was against the procedure and law. With the decision to appeal the case, Karakurt's file will be handled by the Supreme Court of Appeals.

At the October 16 hearing, the Istanbul DGM had acquitted Karakurt despite the prosecutor's objection. Karakurt was facing up to three years in prison for "inciting hatred and enmity within the society where people could become a threat to each other."

The Supreme Court of Appeals overturned the 12 years and six months prison sentence handed to Asiye Zeybek Guzel, a former employee of the "Atilim" (Advance) newspaper. In its decision, which was delivered to Zeybek on January 14, the court decided to wait for the outcome of the trial opened with the allegation that Zeybek was tortured under detention. In that trial, the court listens to Zeybek as a witness. Lawyer Ercan Kanar said the decision to overturn the prison sentence could affect the fundamentals of the trial.

In January 2004, a court decided to abate the complaint by Faruk Aktas, head of the "Mus Haber" (Mus News) newspaper, that he was attacked. According to Aktas, a group working under deputy governor Ibrahim Kucuk carried out the attack. The journalist is standing trial for his news stories on corruption.

European Court of Human Rights

On March 25, the ECHR published a response to the application of "Ozgur Radyo" (Free Radio) in Istanbul. The radio was ordered off the air for 30 days for a news story titled, "Attack like a massacre." In its response, the ECHR said it would wait for the completion of the Turkish court's procedure.

Journalist Haluk Gerger had applied to ECHR saying there was no "freedom of expression" and "fair trial." On March 9, the case was settled. The court decided that Turkey should pay 7,000 euros to Gerger in damages. Gerger and the editor-in-chief of the "Evrensel" (Universal) newspaper were convicted on July 3, 1995 because of an article titled, "OHAL and Cekic Guc," (Military rule and Hammer Force) published on June 30, 1995. The two were convicted of "inciting hatred and enmity based on regional and racial differences." Gerger was convicted based on articles 312/2-3 of the TCK.

On January 25, the ECHR rejected a request that there is a precautionary measure on the arrest of journalist Sinan Kara. The court asked for the evidence. Lawyer Erdal Dogan had objected that Kara was sentenced to prison after the court only listened to two witnesses and did not take into account the fact that their statements had later been changed. Dogan applied to the ECHR on January 21 and based its application on articles regulating a "fair trial," "effective right to application," and "discrimination ban." Kara, when he was a reporter for the "Sabah" newspaper, had been sentenced to a year in prison, with the statements of two witnesses, for threatening the security guards of Mert Ciller. The sentence was based on article 192 of TCK.

Regulations and seeking judgment

"Gun FM" (Day FM) and "Gun TV" (Day TV) in Diyarbakir, on March 24, applied to the Council of State and demanded the cancellation of the "Regulation on Broadcasts in Languages and Dialects other than Turkish." This media organization, on the same day, also applied to the RTUK's Permission and Allotment Office, asking to broadcast under the current regulation. It asked for permission to broadcast Kurdish programs on two days a week for 45 minutes each.

On March 8, human rights activists pursued legal action about a group from the ultra nationalist Grey Wolves. The group had threatened the employees of the "Agos" newspaper.

Sanar Yurdatapan, head of the Initiative Against Crimes of Thought, Hasan Mollaoglu, board member for the Turkish Voluntary Formations Foundation, Hurriyet Sener, director of the Human Rights Association (IHD), and Zubehir Perihan, director of the Mezopotamia Culture Center (MKM) went to the Sisli prosecutor's office and handed a petition of complaint. Yurdatapan also complained to the Sisli Human Rights District Board.

The Prime Ministry had asked "Gunes TV" (Sun TV) to change its partnership structure in order to be able to get a Prime Ministry Security Document. An Ankara court ruled that the Prime Ministry's September 17, 2003 procedure was "against the law." The court decision, which was delivered at the beginning of March, said "the intelligence information are not obstacles to granting a Security Document." It also added that there were no other allegations about the issue. "Gunes TV" had applied to the Prime Ministry on October 30, 2002 for a Security Document. On February 28, 2003 the Prime Ministry rejected its request.

On January 28, the Diyarbakir Bar applied to the Council of State for the cancellation of the "Regulation on Broadcasts in Languages and Dialects other than Turkish," which "for now" allows local and regional radio and television companies to broadcast programs in languages other than Turkish.

The Bar asked that some of the articles of the regulation are "cancelled" and asked that the regulation is first of all, taken out of effect. "Radyo Dunya" (Radio World) in Adana, "Radyo Imaj" (Radio Image) in Ankara, "Radyo NET" (Radio NET) in Sanliurfa and "Radyo Ses" (Radio Voice) in Mersin joined the Diyarbakir Bar in its application.

Although it is not in the "Law on the Right of Access to Information," the Prime Ministry, with a circular it published on January 21, said the people had the right of access to information only if this information was about that person or that person's area of activities. Lawyer Mehmet Ucum said the Prime Ministry's circular was against the law.

"It is impossible that a right granted to people by law is limited through a circular," said Ucum. He said everyone living in Turkey and who would like to take advantage of the right of access to information, could apply to the Council of State within 60 days and demand the cancellation of the circular. The "Law on the Right of Access to Information," was passed as part of the European Union reforms and will go into effect on April 24.

Reactions against censorship and monopolization

The Press Council announced their "Report on Imprisoned Journalists," on March 19. The council said that "it would be good if seven out of 30 journalists imprisoned as of January 1, were retried."

It said these people were, Burhan Gardas, Erdal Dogan, Erkan Koncuk, Kemal Evcimen, Memik Horuz, Nurettin Sirin ve Sadik Celik, and added they were in prison for "being members if an illegal organization."

The Directors' Board, composed of board members and branch heads of the Turkish Journalists' Union (TGS) gathered in Ankara on March 17, 2004. The TGS Directors' Board drew attention to monopolization in the media sector.

"It has become an urgent need that the ownership structure and administrative mentality of the Turkish media is completely changed," said the board. It also argued that the commercial activities of media owners should be ended at once. "Though legal regulations, the relationship between commerce, financial sector and state tenders should end," said the board.

On March 17, the CGD condemned State Minister Kursat Tuzmen, who tore up the Gaziantep "Soz Halkin" (People's Turn to Speak) newspaper at the groundbreaking ceremony of the Kilis-Gaziantep road, saying it had published a false news story. CGD said it would be normal for Tuzmen to be disturbed by the headline of the newspaper, but added he could have pursued legal action against it.

"This member of the government, put himself in the place of jurisdiction, like those honor murderers we have been seeing often recently, and implemented the punishment it saw fit for the newspaper," said the CGD. TGC also said it reproached Tuzmen's behavior. Minister Tuzmen, in a statement said: "I saw that a false story was in the newspaper with large fonts. I was deeply saddened. I behaved in a wrong way, which is not at all my style. I am sorry."

The Committee to Protect Journalists (CPJ) based in the United States, in its annual report on March 15, said despite legal reforms in Turkey, there were many obstacles in implementation. The committee, in its report, talked about the arrest of journalist Sinan Kara, the trial of Dogan Ozguden and the closing-down of the Internet sites of the "Ekmek ve Adalet" (Bread and Justice) magazine, and "Ozgur Politika" (Free Politics) newspaper.

The committee said that journalists were still being treated as criminals because of what they were doing. It said that at least five journalists were in prison in 2003.

According to the report, despite EU reforms since 2002, legal action is still being brought against journalists who criticize the military or the jurisdiction, who write about the problems of the Kurdish minority who demand broader cultural rights, and who publish criticisms against political issues such as political Islam.

The Press Council, on February 26, condemned Prime Minister Recep Tayyip Erdogan for asking for "censorship" on news about Cyprus during a meeting with media representatives. "The Cyprus problem is among the most important national issues that requires transparency," said co-president of the Press Council, Dogan Heper.

On February 4, the Solidarity Platform for Imprisoned Journalists, called on intellectuals, artists, journalists, writers and workers to embrace the issue of imprisoned journalists in Turkey. "Let's look after the issue of journalists who, for the freedom of the country and for a better life for the people, are fighting with their pens, knowledge and opinions, who are paying the price, are being arrested and tried," said the platform.

It said these journalists were: Memik Horuz, "Isci Koylu Gazetesi" (Worker Villager Newspaper), Nurettin Sirin, "Selam Gazetesi (Selam Newspaper), Sinan Kara "Datca Haber Gazetesi" (Datca News Newspaper), Erol Zavar "Odak Dergisi" (Focus Magazine), Erdal Tan "Odak Dergisi", Bulent Genc "Emegin Bayragi Gazetesi" (Flag of Labor Newspaper), Mehmet Emin Tastan "Ozgur Halk" (Free Public), Ozgen Is "Mucadele Birligi Gazetesi" (Joint Struggle Newspaper), Hatice Duman "Ozgurluk ve Sosyalizm Yolunda Atilim Gazetesi" (Advance for Freedom and Socializm Newspaper) and Kemal Evcimen "Ozgur Karadeniz Gazetesi" (Free Blacksea Newspaper).

RTUK penalties by organization and law

1- For violating paragraph (z) of article 4 of Law No: 3984 which has been amended through Law No: 4756, which states: "No programs, which could hurt the physical, mental and moral development of the youth and children may be broadcasted" during the hours when that age group may be watching the television;

Warnings
TGRT, "Kadinin Sesi" (Women's Voice) program; October 1, 4, 8, 2003 (During the January 7, 2004 meeting)
Kanal D (Channel D) Sansa Dansa, January 6, 2004 (January 14, 2004)
Olay TV (Event TV) "Cekirge Magazin" (Grasshopper Magazine) January 7, 2004 (January 27, 28, 2004)
Show TV, Kurtlar Vadisi (Valley of Wolves), January 29 - February 5, 2004 (February 11)
Kanal D, Kadinin Sesi, January 15, 2004 (February 19-24, 2004)
Olay TV Commercials, February 9, 2004 (February 19-20, 2004)
ATV main news program, February 15 ( March 4-10-16, 2004)
ATV A Takimi (A Team), February 14, 2004 (March 24, 2004)

Ordering programs off the air
Flash TV, Gercek Kesit (Real Section), May 15, 2003 (January 27, 28, 2004)
CNBC-e, "Buffy The Vampire Slayer"
TGRT, "Telekritik" (Telecritic), June 20, 2003
Show TV, "Biz Evleniyoruz" (We are getting married), December 13, 15, 2003 (March 4, 10, 16, 2004)
Kanal D, Sansa Dansa, February 16, 2004 (March 24, 2004)

Asking for a defense statement
Kanal D, Sansa Dansa, February 16, 2004 (February 19, 24, 2004)
Show TV, "Kurtlar Vadisi", February 12, 2004 (February 19, 24, 2004)
Show TV, "Biz Evleniyoruz," January 19, 20, 2004 (February 19, 24, 2004)
ATV, "Esra Ceyhan'la A'dan Z'ye" (A to Z program with Esra Ceyhan), January 19, 20, 2004 (February 19, 24, 2004)
Kanal D, main news program, February 28, 2004 (March 4, 10, 16, 2004)
Kanal D, "Bu Sabah" (This morning), February 13, 2004 (March 4, 10, 16, 2004)
Kanal D, "Sabah Sabah Seda Sayan" (Seda Sayan in the morning), January 12, 2004 and February 18, 2004 (March 24, 2004)

2- For violating paragraph (i) of article 4 of Law No: 3984 which has been amended through Law No: 4756, which states: "There can be no attacks against the intangible individuality of people beyond the limits of criticism; response and correction rights should be respected.";

Warning
Yesilcam TV (Green pine TV),
Nev TV,
Sineklasik (Cineclassic),
Dizi TV (Serial TV),
Kral FM (King FM) ,
Super FM (Super FM),
Metro FM and
Joy FM'in, Programs, January 13, 2003 (January 27, 28, 2004)

Asking for a defense statement
TGRT "Morning News," November 4, 2003 (January 7, 2004)
Star TV, News, December 31, 2003 and January 19-26, 2004 (February 19, 24, 2004)
Star TV, "5 p.m. News Program," February 5, 2004 (March 4, 10 and 16, 2004)

Ordering programs off the air
Flash TV- Main news program, June 13, 2003 (January 7, 2004)
Haber Turk, News program, June 13, 2003
TGRT, "Morning News," November 4, 2003 (February 19,24, 2004)
Kanal D, main news program, September 23, 26, 2003 and October 13-24, 2003; (March 4, 10 and 16, 2004)
Star TV, commercial programs, October 6-22, 2003; November 4, 5, 26, 2003; December 2-10, 2003;

3- For violating paragraph (e) of article 4 of Law No: 3984 which has been amended through Law No: 4756, which states: "Broadcasts should not be against the national and moral values of the society and the Turkish family structure";

Warnings
Kanal D, "Sansa Dansa" program, January 6, 2004 (January 14, 2004)
Flash TV, Evlat Acisi (Pain of Losing a Child), January 5 and 12, 2004, (February 19, 24, 2004)
Olay TV, Cekirge Magazin, January 7, 2004 (January 27,28, 2004)
Kanal D, Kadinin Sesi program, January 15, 2004 (February 19, 24, 2004)

Asking for a defense statement
TGRT, Kadinin Sesi program, September 29, 2003 (January 7, 2004)Kanal D, Sansa Dansa, February 16, 2004 (February 19, 24, 2004)

Ordering programs off the air
Kanal 6 (Channel 6) (Anatolia), "Orada Neler Oluyor" (What is happening there) program, June 21, 2003, (January 27,28, 2004) (The program was ordered off the air three times)
TGRT, Kadinin Sesi program, September 16, 2003, (January 27, 28, 2004) (The program was ordered off the air three times)
Kanal D, Sansa Dansa program, February 16, 2004 (March 24, 2004)

4- For violating paragraph (b) of article 4 of Law No: 3984 which has been amended through Law No: 4756, which states: "No broadcasts may incite violence, terrorism, ethnic discrimination within the society, or incite hatred and enmity based on class, race, language, religion, sect and regional differences";

Ordering television and radio stations off the air for 30 days
Serhat TV, (Kars), "Isildak" (Searchlight) program, July 2, 2003 (February 19, 24, 2004)
Ozgur Radyo (Istanbul), Konusan Sayfalar (Talking Pages), August 27, 2003 (February 19, 24, 2004)
Gunes TV (Sun TV) (Malatya), main news program, May 22, 2003 (March 4, 10, 16, 2004)

5- For violating paragraph (a) of article 4 of Law No: 3984 which has been amended through Law No: 4756, which states: "No broadcasts may be against the presence and independence of the Turkish Republic State, the indivisible unity of the State with its country and its people, and the Ataturk principles and revolutions";

Ordering television and radio stations off the air for 30 days
ART TV (Diyarbakir), programs, August 16, 2003 (March 24, 2004)

6- For violating paragraph (1) of article 4 of Law No: 3984 which has been amended through Law No: 4756, which states: "News programs should be objective, based on realities, and true; they would not prevent people from freely forming their own opinions.";

Asking for a Defense Statement
Haber Turk (News Turk), News program, December 18-22, 2003 (January 27 and 28, 2004)
Star TV, News program, December 31, 2003 and January 19-26, 2004 (February 19, 24,2004)

Ordering programs off the air
Gun TV (Diyarbakir), News program, June 6, 2003 (January 27, 28, 2004)
Expo Channel, Main news program, December 18 and 22, 2003 (March 24, 2004)

7- For violating paragraph (k) of article 4 of Law No: 3984 which has been amended through Law No: 4756, which states: "Nobody can be called a criminal before a court decision.";

Warning
Kanal D (Channel D), Main news program, January 4, 2004 (January 27, 28, 2004)
Flash TV, Aykut Oray'la Umut (Hope program with Aykut Oray), October 30, 2003 (January 27, 28, 2004)

Asking for a defense statement
TGRT, morning news program, November 4, 2003 (January 7, 2004)

Ordering programs off the air
TGRT, morning news program, November 4, 2003 (February 19, 24, 2004)
Star TV, Desifre (Decipher) program, March 25, 2003 (March 4, 10, 16, 2004)

8- For violating paragraph (j) of article 4 of Law No: 3984 which has been amended through Law No: 4756, which states: "Broadcasts may not be used as a vehicle for an unfair aim or interest; there may be no unfair competition.";

Warning
Yesilcam TV,
Nev TV,
Sineklasik,
Dizi TV,
Kral FM,
Super FM,
Metro FM,
Joy FM, programs, June 13, 2003 (January 27, 28, 2004)
ATV, "Esra Ceyhan'la A'dan Z'ye," January 8 and 30, 2004 (January 19, 24,
2004)

Asking for a defense statement
Star TV, news program, December 31, 2003 and January 19-26, 2004 (February 19, 24, 2004)
ATV, Main news program, January 19, 2004 (January 19, 24, 2004)

Ordering programs off the air
Star TV, broadcasts during a football game, September 16-17, 2003 (January 27, 28, 2004) ) (Ordering program off the air for three times)

9- For violating paragraph (p) of article 4 of Law No: 3984 which has been amended through Law No: 4756, which states: " No competition programs may be organized through telephone calls or similar methods; the audience may not be granted awards as a result of such competitions, or be a means to the granting of awards.";

Warnings
Kanal D, Sansa Dansa program, January 6, 2004 (January 14, 2004)
Show TV, "Ikinci Laguna Kazanma Firsati" (Second Opportunity to Win a Laguna) competition program, January 5, 2004 (March 24, 2004)

Asking for a defense statement
Show TV, announcements for the "Ikinci Laguna Kazanma Firsati" competition program (January 27, 28, 2004)
Kanal D, Sansa Dansa program, February 16, 2004 (February 19, 24, 2004)

Ordering programs off the air
Kanal D, Sansa Dansa, February 16, 2004 (March 24, 2004)

10- For violating paragraph (v) of article 4 of Law No: 3984 which has been amended through Law No: 4756, which states: "Broadcasts may not be make appealing the use of violence or incite hatred based on racism.";

Warnings
Show TV, Kurtlar Vadisi serial, January 29, 2004 and February 5, 2004 (February 11, 2004)
Akra FM, Hadisler Deryasi (Sea of Traditions) program, October 7, 2003 (February 19, 24, 2004)

11- For violating the first paragraph of article 4 of Law No: 3984 which has been amended through Law No: 4756, which states: "Radio and television broadcasts should be in line with the superiority of law, general principles of the Constitution, basic rights and freedoms, national security, and general morals, and with the attitude of a public service.";

Warning
Star TV, "Renkli Hayatlar" (Colorful Lives), January 9; "Super Magazin" (Super Magazine), January10, 2004; "Paparazzi", January 11, 2004 (January 27, 28, 2004)
Show TV, "Pazar Surprizi" (Sunday Surprise), "Pazar Keyfi" (Sunday Joy), January 4, 2004; "Televole", January 5, 2004 (January 27, 28)
ATV, "Elifname", January 3-10, 2004; "Harika Pazar" (Wonderful Sunday), January 4-11, 2004; "Ozel Hat" (Special Line), January 6-13, 2004; Main news program, January 10, 2004. (January 27, 28, 2004)
Flash TV, "Renkli Dunyalar" (Colorful Worlds), January 1, 2004 (January 27, 28, 2004)

Ordering programs off the air
TV 21 (Diyarbakir), August 24, 2003 (February 19, 24, 2004)
Gun FM (Diyarbakir), May 21, 2003 (February 19, 24, 2004) (BIA News Center, May 2, 2004)

BIA2 Media Report: RTUK Closes, Court Opens

"Network for monitoring and covering for media freedom and independent journalism " (BIA2) project, has published its Media monitoring report on May 3, the World Press Freedom Day. Since 1991 May 3 is adapted as the World Press Freedom Day after UNESCO's declaration in Namibia's capital Windhoek.

BIA2's report comes at a time when the "Regulation on Broadcasts in Languages and Dialects Other than Turkish," is approved, the Press Law is being debated, the "Regulation on Right of Access to Information," is expected and when the members of the Radio and Television Higher Board (RTUK) are still under the military's influence.

In the 10-page report, the rights violations are tackled with under the titles of: "attacks and threats," "trials and attempts," "European Court of Human Rights," "RTUK implementations," "regulations and seeking judgment," and "censorship and monopolization."

In January, February and March on 2004, RTUK ordered "Gunes TV" (Sun TV) in Malatya, "Ozgur Radyo" (Free Radio) in Istanbul, "Serhat TV" in Kars and "ART TV" in Diyarbakir off the air for a total of 120 days for "violating the principle of indivisible unity" and "inciting hatred in the society."

During the three-month period, RTUK ordered a total of 21 programs off the air, handed out 39 warnings and asked for defense statements for 19 programs. Most of the television channels involved were national.

RTUK based its decisions to order programs off the air on national television and radio stations on regulations in the RTUK law on: "development of children and the youth," "the intangible individuality of persons," "national moral values of the society and the Turkish family structure," "objectivity and truthfulness," "indirect evidence of innocence," "unjust aim," "organizing competition programs through the telephone," and "national security."

"Gun FM" and "Gun TV" from the province of Diyarbakir, "Radyo Dunya" (Radio World) from Adana, "Radyo Imaj" (Radio Image) from Ankara, "Radyo NET" (Radio NET) from Sanliurfa and "Radyo Ses" (Radio Voice) from Mersin, as well as the Diyarbakir Bar applied to the Council of State for the cancellation of the "Regulation on Broadcasts in Languages and Dialects other than Turkish."

The interrogations about nine reporters, including five local reporters, attacked by security forces in Diyarbakir; NTV reporter Hilmi Hacaloglu, who was beaten up under detention in Istanbul; television football commentator Ahmet Cakar, who was shot and wounded; and threats and protests against the Armenian "Agos" newspaper in Istanbul, ended with no outcome.

"Ozgur Radio" applied to the European Court of Human Rights after RTUK ordered it off the air. As a result of the ECHR decision, Turkey will pay Haluk Gerger 7,000 euros. Sinan Kara's application to the ECHR has been rejected.

RTUK's warning to the national television channel "ATV" because of a news story on Omer Ipek, who sings Kurdish songs, and the penalty to "Ozgur Radio" to stop broadcasts for 30 days, have been overturned.

Four cases against Diyarbakir's "Gun FM," and "Gun TV" for playing "banned songs" were dropped. The Supreme Court of Appeals overturned the court decision to hand Asiye Zeybek Guzel, a former employee at the "Atilim" (Advance) newspaper, a prison sentence of 12 years and six months.

The Supreme Court of Appeals is still handling the one-year prison sentence handed to Sabri Ejder Ozic from "Radyo Dunya." The responsible managing editor of the "Yeniden Ozgur Gundem" (Free Agenda Again), was sentenced to 25 months in prison and was handed a fine of 478 billion Turkish lira (USD 350,000). A total of 315 cases were brought against "Yeniden Ozgur Gundem" which remained open for 545 days.

Ruhat Mengi, a writer for the daily "Vatan" will have to pay Professor Sulhi Donmezer 40 billion Turkish lira (USD 30,000) in compensation, because she criticized the Turkish Penal Code. Three newspapers in Ardahan had to pay 5 billion Turkish lira (USD 3,700) for publishing a story. The fine of 23 billion 850 million Turkish lira (USD 17,500) handed to Muharrem Nas of the "Ozgur Siirt" (Free Siirt) newspaper, was postponed.

Berna Aktas of "Mus Haber" (Mus News) and managing director Faruk Aktas were sentenced to a year in prison each for publishing stories that included allegations of irregularity. The prison sentences were later commuted to fines and then postponed. Muharrem Cengiz, the owner of the "Kultur Sanat Yasaminda Tavir" (Attitude in the World of Culture and Art) magazine, was arrested.

Caricaturists Seyit Saatci and Askin Ayrancioglu, who have been standing trial for three years, and Seyfullah Karakurt from the "Anadolu'nun Sesi" (Anadolu's Voice) were acquitted.

The heads of the monthly "Dersim" magazine," three reporters of the Dicle News Agency (DIHA), Dogan Ozguden, Emin Karaca and Mehmet Emin Sert from the "Yazin" (Literature) magazine, and Fikret Baskaya are still being tried.

Savas Ay from "ATV," and news program director Mehmet Akif Koskun were sued for "openly insulting the intangible individuality of the courthouse." The two face prison sentences of up to nine years. (BIA News Center, May 2, 2004)

Journalist and Demonstrators on Trial in Van

On 30 April, Van Penal Court of First Instance No 1 continued to hear the case against Ubeydullah Hakan, reporter for Dicle News Agency, who was detained on 27 April 2003 during the funeral ceremony of Çetin Kahraman, on the allegation of "resisting security forces and damaging public property".

The report of the specialist prepared by Criminal Laboratory Van branch of Gendarmerie HQ was read at the hearing. Despite the allegations of the Security Directorate that Hakan had not been detained, the report proved that he had been was put in a police vehicle depending on the video recordings. The hearing was adjourned to 28 April.

The indictment wants the other nine defendants to be sentenced on charges of "staging an unauthorized demonstration". (BIA-TIHV, April 30, 2004)

Kurdish Question / Question kurde

Les villages kurdes détruits par l'Armée turque ne sont pas encore dédommagés

Le village de Saklat, vidé de ses habitants par l'armée turque aux pires jours de la guerre contre les indépendantistes kurdes, reprend doucement vie, mais quasiment personne n'a reçu compensation pour la destruction systématique par les militaires de toutes les habitations.

"Il n'y a qu'une vingtaine de foyers qui ont reçu 50 sacs de ciment et une vingtaine d'arbustes chacun", explique un habitant récemment rentré au village et qui préfère taire son nom.

Le manque d'argent explique pourquoi les quelques nouvelles maisons, en béton ou en briques, ne comptent qu'un seul étage, alors que les anciennes demeures en pierre, dont les ruines parsèment les lieux, en comptaient deux et abritaient des petites cours intérieures aujourd'hui disparues.

Saklat, situé à quelque 80 kilomètres de Diyarbakir, principale ville du sud-est anatolien à majorité kurde, fait partie des plus de 3.600 villages évacués de force dans les années 1980 et 1990 lorsque l'armée cherchait à empêcher les habitants de ravitailler ou d'abriter les rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), rebaptisé Kongra-Gel.

Ces rebelles, dont la plupart se sont repliés en Irak du nord après l'arrestation de leur dirigeant Abdullah Ocalan en 1999, ont annoncé ce weekend la fin d'une trêve unilatérale et la reprise prochaine des combats.

A l'époque, "ceux de la montagne (les rebelles) sont descendus au village. Nous n'avions rien à faire avec eux, mais les autorités ont dit qu'il fallait que nous partions. Nous avons tous été chassés", raconte Mevlut Yalcin, 55 ans, un des derniers à partir en 1993 et un des premiers à revenir en 2001.

"Les soldats nous ont tiré dessus. Ils ont mis le feu à une étable. Finalement, ils nous ont dit que seuls les morts resteraient sur place," raconte-t-il.

Selon les villageois, les militaires ont systématiquement détruit toutes les habitations et tiré à la roquette sur la mosquée, aujourd'hui en voie de rénovation.

Avant cela, nombre de villageois ont été torturés par les militaires qui cherchaient des renseignements sur les rebelles, selon les habitants.

Chacun est alors parti -- pour Diyabarkir, Mersin, Adana ou plus loin -- et toute la contrée est devenue zone interdite. Les champs, situés sur les premiers contreforts montagneux en quittant la plaine de Diyarbakir, ont été laissés en friche.

Les habitants, qui ont récemment cherché à assigner les autorités en justice pour obtenir des compensations, souhaitent mener l'affaire devant la Cour européenne des droits de l'Homme, à Strasbourg.

"Bien sûr que nous en voulons au gouvernement" pour notre expulsion affirme M. Yalcin. Le village compte aujourd'hui environ 1.000 personnes, soit un quart de la population d'antan.

"Beaucoup d'autres voudraient également rentrer, mais ils n'ont pas d'argent pour reconstruire et il n'y a pas de travail au village", affirme un habitant.

Selon le gouverneur de la province, Nusret Miroglu, tous les villageois qui le souhaitent peuvent désormais regagner leurs anciennes demeures.

Mais, affirme Selahattin Demirtas, responsable de l'Association des droits de l'Homme à Diyarbakir, "certains hameaux et villages ont été complétement détruits et rayés de la carte. Lorsque les habitants demandent à rentrer, la gendarmerie répond qu'il n'existe aucun endroit de ce nom".

"Quelque 35 familles cherchent depuis trois ans à rentrer dans leur village à Bogazkoy, à une centaine de kilomètres de Diyarbakir, raconte-t-il. L'été, ils campent sur place pour cultiver les champs. Mais l'hiver, ils doivent regagner la ville."

Le gouvernement a récemment promis l'adoption d'une loi pour dédommager les victimes de la guerre, espérant ainsi, accusent certains, éviter que ces affaires ne finissent devant la Cour européenne de justice. (AFP, 31 mai 2004)

Tens of thousands meet in Diyarbakir for festival

People of Diyarbakir gathered again in the opening concert of 4th Diyarbakir Culture and Art Festival. Touched by the warm atmosphere, the famous Turkish singer Nilufer said, "I am reeally sorry for the long delay. I wish I was here before. I am very happy to be with you".

Brader participated in the concert with songs in Kurdish, Marcel Khalife with his songs in Arabic and Nilufer with songs in Turkish. Another guest of the concert was Metropolitan Municipality Children Chorus. Matropolitan Mayor Osman Baydemir, Yenisehir Mayor Firat Anli and Kayapinar Mayor Zulkuf Karatekin delivered brief speeches in the opening ceremony.

Tens of thousands of citizens who attended the opening concerts opened posters of the Kurdish People's Leader Abdullah Ocalan and placards reading, "Thirst of Kurdish people cannot be quenched by only a language course", "We will create free, democratic and equal citizenship", "Freedom for Ocalan, Peace for Turkey" were opened and slogans were chanted. The Kurdish singer who had been on exile since many years greeted people saying, "Hello, the folk of the capital" and received much applause.

Complaining that "Would the world have tumbled down if we had been free years ago", Brader called all Kurds to use Kurdish language while communicating with their children and began his concert with the march, "Hernepêsh". Marcel Khalife on the other hand emphasized brotherhood of folks with his songs in Arabic.

Turkish singer Nilufer took the platform last and got very touched by the atmosphere. Pitying not having met the people of Diyarbakir until then she said,

"I am really sorry for the long delay. I am very happy to be with you". To the demand of the audience for a song in Kurdish Nilufer replied, "I can't speak Kurdish. You teach me it and I promise I will sing one in my next concert in Diyarbakir".

Diyarbakir Metropolitan Mayor Children Chorus accompanied Nilufer with some songs. Peace Mothers gave flowers and a plate to Nilufer and thanked her for participating the festival. (DicleHaber.com, May 31, 2004)

La guérilla kurde met fin à la trêve en Turquie à partir du mardi 1er juin 2004

Le Congrès du peuple du Kurdistan (Kongra-Gel), successeur du parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), a décidé de reprendre les armes après une trêve unilatérale de six ans et menacé de s'en prendre au tourisme dans un pays qui s'apprête à accueillir dans un mois un sommet de l'Otan sous haute sécurité.

"Le processus de cessez-le-feu (...) décrété en 1998 a perdu sa signification politique et militaire en raison des opérations d'anéantissement (des rebelles) lancées ces trois derniers mois par l'Etat turc", précise un communiqué du Kongra-Gel.

"Notre engagement pour une trêve cessera d'exister à compter du 1er juin", indique le document, diffusé samedi sur le site internet de l'agence pro-kurde Mésopotamie, basée en Allemagne, et qui appelle les touristes et les investisseurs étrangers à éviter la Turquie à partir de cette date.

Ces menaces kurdes interviennent alors que la première métropole du pays, Istanbul, accueillera les 28 et 29 juin le sommet de l'Alliance atlantique auquel doit assister le président américain George W. Bush.

D'ailleurs, l'industrie de tourisme a peur des conséquences de la réprise éventuelle des conflits armés. Le tourisme est l'une des principales sources de revenus de la Turquie. En 2003, 14 millions d'étrangers se sont rendus en Turquie. Au total, le tourisme a généré quelque 13,2 milliards de dollars de revenus.

Les autorités turques n'avaient pas réagi samedi en fin de matinée à la décision du PKK de reprendre les armes.

Le PKK s'est rebaptisé Kadek (Congrès pour la Démocratie et la liberté au Kurdistan) en 2001, avant d'adopter l'appellation Kongra-Gel. Ses membres affirmaient avoir renoncé au séparatisme pour lutter en faveur des droits culturels des kurdes.

La trêve actuelle avait été lancé en 1998 après la capture du chef du PKK Abdullah Ocalan par un commando au Kenya. Il avait été ramené en Turquie où il a été jugé et condamné à la peine capitale l'année suivante. Sa peine a été commuée à la prison à vie après l'abolition de la peine de mort.

Il est maintenu en isolement sur l'île-prison d'Imrali (nord-ouest) et affirme souffrir de problèmes de santé en raison de ses conditions de détention.

Les autorités turques n'ont jamais reconnu la trêve du PKK et les généraux turcs avaient juré de venir à bout des rebelles. Les affrontements entre 1984 et 1999 ont fait près de 37.000 morts.

Quelque 5.000 rebelles du PKK s'étaient retranchés en 1999 dans les montagnes du nord de l'Irak où il étaient également poursuivis par l'armée turque avant l'occupation de l'Irak par les forces américano-britanniques en 2003.

Selon le Kongra-Gel, environ 500 "guérilleros" de l'organisation ont été tués par les forces turques ces six dernières années.

L'organisation demande au gouvernement turc de mettre fin à l'isolement d'Ocalan "qui est le seul interlocuteur" pour les Kurdes, de retirer une partie des troupes du sud-est anatolien et d'arrêter les opérations contre les maquisards kurdes.

La Turquie a ces dernières années adopté toute une série de réformes démocratiques pour se rapprocher des normes de l'Union européenne qu'elle souhaite intégrer, notamment en autorisant l'enseignement du kurde et des émissions dans cette langue sur les ondes de la télévision d'Etat. Ces dernières n'ont cependant pas encore commencé.

Selahattin Demirtas, responsable de l'Association des droits de l'Homme à Diyarbakir, estime que les rebelles pourraient être tentés de repasser à l'action parce que le gouvernement leur refuse une réelle amnistie, qui leur permettrait de quitter les montagnes du nord irakien où ils ont trouvé refuge pour rentrer chez eux.

"Les Etats-Unis veulent forcer les membres du Kongra-Gel à quitter l'Irak et c'est pourquoi ils commencent à repasser en Turquie. S'ils n'obtiennent pas une amnistie, les combats vont reprendre de plus belle", selon M. Demirtas.

"Il faut permettre aux membres des organisations armées de déposer les armes sans avoir à accepter une loi du type de celle +du repentir+", estime pour sa part Osman Baydemir, maire de Diyarbakir et membre du parti pro-kurde Dehap.

Le gouvernement turc avait récemment proposé des réductions de peine pour les rebelles qui se rendraient et coopèreraient avec les autorités, mais avait exclu les dirigeants rebelles du cadre de cette loi.

"Cette loi n'était pas réaliste et nous avons bien vu, à ses résultats, qu'elle s'est avérée être un fiasco", note M. Baydemir.

Seule une poignée de rebelles de l'ex-PKK se sont rendus aux autorités. Et 90% de ceux qui ont demandé à bénéficier de réductions de peine étaient déjà en prison. (AFP, 29 mai 2004)

Turkish military vehicle destroyed in Shirnak by Kurdish guerrillas

SIRNAK - A Turkish army vehicle on military operation in Mount Cudi region was attacked by HPG (People's Defence Forces) guerillas while driving near Dagkonak location.

Military operations against HPG forces in the rural areas of Sirnak near Cudi, Gabar, Besta and Cirav mountains go on with a gradual increase. A military truck on operation was reported attacked by HPG guerillas near Dagkonak (Nerex) location. Local sources reported that the vehicle was destroyed while a number of soldiers died in the attack. On the other hand, the Turkish army forces reported they seized the body of a guerilla killed in an armed clash near Uckiraz village in the Mount Cudi region.

Because of the increasing operations, people going to work at the coal mines near Cevizduzu (Cefane), Dagkonak (Nerex) and Uckiraz (Nêvava) villages were turned back by military forces and told not to go to work for the next three days and the ones insisting on going would be punished by the Turkish military. (DIHA, May 30, 2004

Kurdish guerrillas to end their five-year ceasefire with Turkey

Kurdish guerrillas have declared an end to their five-year ceasefire with Turkey, a news agency close to the rebels says.  The declaration by the Kurdistan Workers Party (PKK) on Friday comes after a spate of recent violence in which at least 20 people have died.

"The ceasefire will end on 1 June," said a statement from the PKK leadership, based in northern Iraq.

"The ceasefire's political and military meaning has been lost with the Turkish state's destructive operations over the last three months," said the statement, carried by the Europe-based Mezopotamya agency, a mouthpiece for the rebels.

"(The PKK) is warning foreign investors and tourists that with the end of the ceasefire, Turkey has become a risky country for economic investment and tourism," the statement said.

The PKK took up arms against Turkey in 1984 in a bloody campaign to carve out an ethnic homeland in the country's mainly Kurdish southeast.

More than 30,000 people, mainly Kurds, died in the conflict, but the violence fell off sharply with the 1999 capture and imprisonment of PKK commander Abdullah Ocalan.

A resurgence in violence could inflame tensions with neighbouring Iraq, where most PKK fighters are based.

Washington has urged Turkey not to intervene next door as US forces struggle to stabilise the Arab country.

It could also complicate relations with the European Union, which Turkey wants to join. EU members were critical of Turkey's treatment of Kurds in the 1980s and 1990s, accusing Turkish authorities of torture and other abuses.

The PKK threatened to end its unilateral ceasefire, announced in 1998, as recently as last September, then extended its truce.

Turkey has always refused to negotiate with the guerrillas, rejecting the ceasefire as a ruse.

This month has been the southeast's bloodiest in years, with at least 12 PKK fighters and eight security personnel killed.

A PKK fighter was killed on Friday in the remote mountains of Sirnak province, which borders Iraq, after a gun battle with security forces, a security official said.

In the southern city of Adana, which has been spared much of the violence seen in the southeast, police exchanged fire on Friday with three suspected PKK members, wounding two of them, Cihan news agency said.

Ankara has accused its close NATO ally the United States of not doing enough to stamp out the PKK's strongholds in northern Iraq.

Turkey keeps thousands of soldiers along the northern Iraqi border to pursue some 5000 combattants in mountain camps there. (Reuters, May 29, 2004)

A Diyarbakir, la télévision en kurde est déjà dans la plupart des foyers

L'annonce par la compagnie nationale turque de radio et télévision (TRT) du prochain lancement d'émissions en langue kurde a eu peu d'effets à Diyarbakir, principale ville majoritairement kurde de Turquie, où la population suit depuis longtemps des programmes en kurde diffusés à partir de l'étranger.

Les antennes paraboliques foisonnent sur les balcons des grands ensembles où, tradition rurale oblige, les habitants, pour bon nombre originaires de villages environnants, battent également leurs tapis.

Près de 70% des quelque 1,3 million de personnes vivant dans cette ville du sud-est anatolien disposent d'un réception télévisée satellitaire, et 90% de ces dernières regardent quatre chaînes kurdes basées à l'étranger, assure un vendeur de télévisions qui préfère taire son nom.

Il s'agit notamment de deux chaînes contrôlées par des faction rivales kurdes irakiennes, diffusées depuis le nord irakien, et de deux autres chaînes -- M-TV et Rosh-Tv -- de la diaspora kurde, dont certaines émissions sont produites en Europe de l'ouest.

M-TV (Mesopotamia TV), autrefois baptisée Medya-TV, est réputée être proche des rebelles indépendantistes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), rebaptisé Kongra-Gel, dont nombre des 5.000 hommes armés ont trouvé refuge depuis 1999 dans les montagnes du nord irakien.

L'annonce mercredi par le directeur général de la TRT Senol Demiroz de la prochaine diffusion d'émissions en kurde intervient près de deux ans après que le parlement eut donné son feu vert à cette réforme et témoigne des difficultés du pays à se mettre aux normes européennes plutôt que d'une grande victoire des réformateurs.

Dans le cadre de réformes législatives visant à rapprocher la Turquie de l'Union européenne qu'elle veut à terme rejoindre, le parlement turc avait voté en août 2002 en faveur de la diffusion, à raison de deux heures par semaine, d'émissions en kurde sur les chaînes de la télévision d'Etat.

Mais ces émissions n'ont pas commencé, notamment en raison de difficultés bureaucratiques et de l'opposition larvée des militaires qui, au sortir de 15 années de guerre contre les indépendantistes kurdes, se veulent les garants de l'intégrité territoriale du pays.

Le gouvernement du parti de la Justice et du Développement (AKP) souhaite se débarrasser des derniers obstacles entravant la candidature du pays à l'UE avant le sommet européen de décembre où il espère une approbation de l'amorce des négociations d'adhésion.

Lundi, le chef de la diplomatie turque Abdullah Gul avait appelé les autorités audiovisuelles à entamer dans les plus brefs délais la diffusion d'émissions en kurde, indiquant que le pays était arrivé à un "seuil critique" en ce qui concerne les discussions sur l'adhésion au club européen.

L'usage du kurde, en, particulier dans les réunions publiques, a longtemps été interdit, le gouvernement craignant d'encourager le sécessionnisme dans un pays qui compte de 10 à 15 millions de Kurdes, dont certains, notamment des femmes, ne parlent que cette langue.

"La réforme est une comédie dont l'urgence actuelle n'a rien à voir avec les droits des Kurdes et tout à voir avec la décision que prendront les dirigeants de l'UE en décembre", estime Orhan Kaya, 35 ans, qui regarde régulièrement les chaînes satellitaires kurdes.

La décision de la TRT de diffuser deux heures de télévision en langue kurde par semaine (ainsi que des émissions radiophoniques) ne va pas révolutionner le pays, ajoute M. Kaya. (AFP, 28 mai 2004)

La télévision publique turque va diffuser des émissions en kurde

La compagnie nationale turque de radio et de télévision (TRT) va entamer des préparatifs pour commencer à diffuser des émissions en langue kurde, une première en Turquie, pays candidat à l'intégration européenne, a annoncé mercredi son PDG Senol Demiroz.

"Le conseil d'administration de la TRT a décidé à l'unanimité de constituer l'infrastructure nécessaire pour la diffusion d'émissions en langues et dialectes reflétant notre culture" en l'occurrence le kurde, a-t-il dit au cours d'une conférence de presse.

Celle-ci a eu lieu au terme d'une réunion des instances dirigeantes de son organisme qui regroupe six chaînes de télévision et plusieurs stations de radio.

M. Demiroz qui a parlé de "tolérance" et de "renforcer la démocratie" en Turquie par ces émissions a tenu a rappeler que la langue officielle du pays était le turc.

Il n'a pas précisé quand les émissions débuteraient.

Dans le cadre de réformes législatives visant à rapprocher la Turquie des normes de l'Union européenne (UE) qu'elle souhaite rejoindre, le parlement turc avait donné son feu vert en 2002 à la diffusion, quelques heures par semaine, d'émissions en kurde sur les ondes des chaînes d'Etat, mais ces émissions n'ont toujours pas commencé, notamment en raison de difficultés bureaucratiques.

Le gouvernement turc du parti de la Justice et du Développement (AKP) souhaite se débarrasser des derniers obstacles entravant sa candidature à l'UE avant le sommet européen de décembre où il attend un feu vert pour l'amorce des négociations en vue de l'adhésion à l'UE.

Lundi, le chef de la diplomatie turque Abdullah Gul avait appelé les autorités à commencer dans les plus brefs délais les émissions en langue kurde, indiquant que le pays était arrivé à un "seuil critique" pour entamer des discussions d'adhésion au club européen.

Le parlement turc avait aussi décidé d'autoriser l'enseignement privé du kurde et plusieurs établissements ont récemment ouvert leur portes dans le sud-est du pays à majorité kurde (AFP, 26 mai 2004)

Un soldat turc abattu, un autre blessé dans l'est de la Turquie

Un soldat turc a été tué et un autre blessé mercredi dans une attaque attribuée aux combattants kurdes du PKK (rebaptisé Kongra-Gel) dans la région montagneuse de Cemisgezek, dans l'est de la Turquie, a rapporté l'agence Anatolie.

Des hélicoptères ratissent la zone pour appréhender les "terroristes", dénomination officielle utilisée pour désigner les militants du PKK, selon l'agence.

Ces deux dernières semaines, cinq soldats ont été tués et trois policiers blessés dans des attaques attribuées par les autorités au PKK dans l'est et le sud-est anatoliens. (AFP, 26 mai 2004)

Trois policiers turcs blessés par des militants kurdes dans le sud-est

Trois policiers turcs ont été blessés lorsque des rebelles kurdes ont attaqué dimanche soir leur commissariat à Yuksekova, dans le sud-est de la Turquie, près de la frontière iranienne, a rapporté l'agence Anatolie.

L'attaque a été perpétrée par des "terroristes", dénomination officielle désignant les rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, rebaptisé Kongra-Gel), selon les autorités locales, citées par l'agence.

Les policiers en faction ont riposté aux tirs des rebelles. Des recherches sont en cours pour appréhender les assaillants, ajoute Anatolie. (AFP, 24 mai 2004)

Turkey's Youngest Woman Mayor: Aysen Atli

Mardin - Twenty-six year old Aysen Atli, who ran in local elections from the Social Democrat People's Party (SHP) under Democratic Alliance, became Turkey's youngest woman mayor.

People of the Mazidagi district, who voted for a woman candidate for the first time on the March 28 local elections, said they had faith in their new mayor.

"I am proud to be the mayor of my district," said Atli, a graduate of the French department at Cukurova University.

"Being a first is also meaningful. My first mission is to use this opportunity given to me by my people to serve my people. My second mission is to deal with the youth and their problems."

Atli won the elections with a big majority of votes. She said the people's faith and expectations increased her responsibilities.

Atli has long-term projects.

"I want the youth to participate in social activities. There is not even a library in this district of 11,000 people. We have begun efforts to set up a library. You will encounter a very different Mazidagi by the end of the season," said Atli. (BIA, May 21, 2004)

Un soldat turc abattu dans l'est de la Turquie

Un soldat turc a été abattu dans une zone rurale de l'est de la Turquie, ont annoncé vendredi des sources locales au sein des services de sécurité, qui soupçonnent des séparatistes kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

Le soldat a été tué jeudi soir dans la province montagneuse de Tunceli, où le PKK est actif depuis plusieurs décennies.

D'autres meurtres attribués au PKK ont eu lieu ces derniers jours.

Mardi, un policier et un garde ont été tués lorsque des membres présumés du PKK ont ouvert le feu sur un poste de police à Pervari, dans le sud-est de la Turquie.

La semaine dernière, quatre soldats ont été tués dans la même région lorsque leurs véhicules ont sauté sur des mines qui, selon les autorités, auraient été posées par le PKK. (AFP, 21 mai 2004)

Quatre Kurdes soupçonnés de vouloir miner des routes recherchés en Turquie

Les forces de sécurité du sud-est de la Turquie recherchent quatre Kurdes soupçonnés de s'être infiltrés dans le pays pour miner des routes et effectuer d'autres actions armées, a indiqué jeudi le gouverneur de la province d'Hakkari, Erdogan Gurbuz.

L'enquête a débuté lorsque qu'un Kurde s'est rendu aux autorités mardi, après avoir illégalement franchi la frontière en provenance d'Irak, où se cacheraient des rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (rebaptisé Kongra-Gel, séparatistes kurdes de Turquie), selon le gouverneur de cette province frontalière de l'Irak, interrogé au téléphone par l'AFP.

"Il a dit dans sa déposition à la police qu'il avait passé la frontière en fraude avec quatre autre personnes qui planifient de poser des mines sur des routes, entre autres choses", a précisé le gouverneur, démentant que les quatre hommes soient des kamikazes, comme des médias turcs l'affirment.

Quatre soldats turcs ont été tués dans la région la semaine dernière lors de deux incidents séparés : leurs véhicules ont sauté sur des mines, les autorités accusent le PKK de les avoir posées.

Les forces de l'ordre ont annoncé avoir découvert quatre charges explosives de forte puissance reliées à un système de mise à feu à distance, sur une route de l'est de la Turquie. Cette zone était un important théâtre de combats entre le PKK et l'armée turque dans les années 1990. (AFP, 20 mai 2004)

Inquiry Against Kurdish "Thank You"

Ankara - Tuncer Bakirhan, president of the pro-Kurdish Democratic People's Party (DEHAP), testified for saying "Xatirê we," (Goodbye in Kurdish) and Sipas dikim (Thank you in Kurdish) after a speech he delivered in Nusaybin during an elections rally.

It is not yet clear whether he will stand trial.

The Nusaybin prosecutor's office said Bakirhan had violated article 81/C of Law No: 2820 on Political Parties by speaking in Kurdish in a speech on March 26 and asked for a defense.

The prosecutor's office, on April 9, had sent a letter to the Ankara republic prosecutor's office saying Bakirhan had acted against the provision which states "no other language than Turkish may be used."

Bakirhan, who spoke in Turkish in his election rally, had thanked the Kurds who attended the rally and said goodbye to them in Kurdish. (BIA News Center, May 19, 2004)

Two killed, four injured in suspected Kurdish attack on police

Two people have been killed and four injured when unidentified assailants, thought to be Kurdish rebels, opened fire on a police station in southeast Turkey, local security officials said Wednesday.

The victims included a policeman and a prison guard who had come to see friends at the police station at the entrance of the town of Pervari, in the province of Siirt.

The four wounded in the attack, which took place late Tuesday, were all police officers.

The attack was thought to be carried out by militants from the outlawed Kurdistan Workers' Party (PKK), which has waged a bloody 15-year campaign for self-rule in mainly Kurdish southeast Turkey.

Security forces in the area have launched an operation to hunt down the assailants, the sources said.  (AFP, May 19, 2004)

Teacher Sent on Exile Because of Kurdish Poem

Oktay Eriman, an elementary school teacher in the Batman Zubeyde Hanim School, was exiled to a village school when he had his students learn a Kurdish poem for the "reading day."

The parents of some students realized their children were trying to memorize a Kurdish poem and complained to the school. Teacher Eriman was then temporarily sent to the elementary school in the Yemisli village.

Some parents gathered in front of the school to protest against Eriman's exile and called on the school to bring the teacher back. Another teacher was brought to the Zubeyde Hanim Elementary School in Batman to replace Eriman.

"I had listened to this song in a CD. I liked it," said Eriman.

"There constantly are Kurdish songs on the television. I thought it would add color to the reading day if children read this poem. Then I decided not to. I am just upset that I was assigned to another school before being able to give report cards to my students."

The Kurdish poem, which caused the teacher to be sent on exile, is about the children of the world calling for peace and freedom. (BIA, May 17, 2004)

Leyla Zana Accuses German MP Roth of Making a "Show"

Former deputy of the banned Democracy Party (DEP), Leyla Zana, criticized Director of the German-Turkish Friendship Group Claudia Roth on Friday for her remark 'Free Zana, buy weapons'.

Zana expressed her sadness about Roth's comment that linked freeing Zana with the purchase of weapons. Zana also pointed out that she regarded Roth's attempt to visit her without permission as nothing more than a 'show'.

Zana sent a letter to Roth in which she made her concerns clear. In her letter, Zana wrote: "Approaching the news in the media with caution, I expected that you might make a correction. Unfortunately, [your statements] were not retracted. I want to express with sympathy that this opinion suits neither you nor the mission you represent."

A columnist of the daily Radikal, Hakki Devrim wrote on May 13, 2004, the following about Roth's visite to Gül:

"Claudia Roth is well known in Turkey. She is Germany¹s Commissioner for Human Rights Policy and Humanitarian Aid and is also chair of the German-Turkish Parliamentary Friendship Group. During her recent visit to Turkey, Roth met with Parliament Speaker Bulent Arinc and Foreign Minister Abdullah Gul. She expressed her pleasure with recent developments in Turkey in its bid for European Union membership.

"One German parliamentarian in the visiting group headed by Roth told Prime Minister Recep Tayyip Erdogan that Germany could restart selling guns to Turkey, thus ending a ban imposed due to Turkey¹s human rights violations. Erdogan replied by saying that he is against armaments, that the reason for terrorism is poverty, and that peace is more important. This was a good reply."

Roth evaluated Zana's letter during a press meeting today in the Istanbul Consulate General. Roth pointed out that she had not yet read the letter but was aware of its contents. "Leyla Zana's letter came as a surprise to me," said Roth. "First, it is necessary to reveal by whom the letter was written. The claims that demonstrations were carried out in front of the prison are nonsense. The flower has a symbolic meaning. Prime Minister Recep Tayyip Erdogan said that Turkey needed to invest in education and areas other than weapons. In this context, we did not show the purchase of weapons as a goal. I hope that I will meet with Zana as soon as possible. This meeting will not be in prison, of course."

Roth said that reform laws which were adopted recently in Turkey should not remain on paper and Turkey should put them into practice.

Noting that Turkey should be given a negotiation date in the end of this year and Turkey needed this, Roth said that however Turkey should not make any concessions from its reform process. She added that Turkey's membership to the European Union (EU) was necessary not only for itself, but also for the interests of the EU and Germany. She said that full membership of Turkey in the EU as a democratic country would strengthen the Union. She added that a democratic Turkey in EU community of values, which was respectful to human rights and protecting minority rights, would be an important model for Middle East and Near East. (Anadolu Agency, May 15, 2004)

Interdiction de l'utilisation de mots et de lettres en kurde

Le parquet de la ville de Nusaybin a, le 13 mai, ouvert une instruction à l'encontre de Tuncer Bakirhan, président du parti de la démocratie du peuple (DEHAP-prokurde). Les autorités turques lui reprochent d'avoir dit "au revoir" et "merci" [spas] en kurde à la fin d'une réunion politique à Nusaybin le 26 mars et le poursuivent sur la base de l'article 81/C de la loi N°2820 relative aux partis politiques interdisant toute autre langue que le turc dans le débat politique. M. Bakirhan se voit obligé de plaider qu'il n'a pas enfreint ladite loi puisqu'il n'a parlé qu'en turc au cours de son discours mais a remercié et dit au revoir en kurde, ce qui ne devrait pas rentrer dans le cadre du débat politique.

Tuncer Bakirhan est d'ores et déjà poursuivi dans le cadre de 29 autres instructions ouvertes à son encontre dans le cadre de ses engagements politiques.

Par ailleurs, le Tribunal de grande instance N°2 de Beyoglu, a, le 10 mai, rejeté les demandes de deux responsables de l'Association turque des droits de l'homme (IHD), Mmes Eren Keskin et Kiraz Biçici, qui demandaient au tribunal le droit de porter des prénoms kurdes, Xezal (gazelle), Xecê (diminutif de Khadidja, une des épouses de Mahomet). Le tribunal a suivi les conclusions du procureur qui demandaient aux requérantes d'utiliser la lettre "H", puisque la lettre "X" n'existe pas en turc. (cildekt, 14 mai 2004)

Violations des droits de l'homme dans les régions kurdes

La branche de Diyarbakir de l'Association turque des droits de l'homme (IHD) a, le 13 mai, rendu public son bilan des violations des droits de l'homme pour le mois d'avril 2004 dans les régions kurdes. Voici le bilan publié par l'IHD :

- Nombre de personnes tuées lors des affrontements : 5
- Nombre de meurtres non élucidés et d'exécutions extrajudiciaires : 3 morts et 7 blessés
- Nombre de victimes des mines antipersonnelles : 2 morts et 7 blessés
- Nombre de placements en garde-à-vue : 57
- Nombre de plaintes de tortures et de sévices : 32
- Nombre d'arrestations : 15
- Nombre de manifestations culturelles interdites : 3 (cildekt, 14 mai 2004)

First Kurdish Film on Gun TV

"Gun TV" (Day TV) in Diyarbakir broadcasted documentary in the Kurmanchi dialect of Kurdish for the first time. The documentary named, "Cek Cek," (handcart) had Turkish subtitles throughout. The documentary made as part of Diyarbakir 3rd Culture and Art Festival. It is about the life of a man.

"Cekcek is an interesting view of Diyarbakir," said the television's head Cemal Dogan. "People carry load in carts. You can see this especially in the Sur District of Diyarbakir. The documentary was filmed with a single digital camera and made in Diyarbakir."

Dogan said the documentary was broadcasted in line with the Regulation on Broadcasts in Languages and Dialects other than Turkish, which went into effect on January 25.

Dogan said they acted in line with article 7, which states that media institutions which broadcast Turkish programs may broadcast individual songs or movies when their daily, monthly and yearly plans are taken into account.

Dogan said the Kurdish documentary was being broadcasted in Turkey for the first time. He said they would continue broadcasting Kurdish programs.

No national media institution applied to RTUK after the Regulation on Broadcasts in Languages and Dialects other than Turkish was put into effect. "Gun TV" applied to RTUK on March 23 and asked for permission to broadcast a cultural program called, "Dergûsa Candî" (Culture Cradle) twice a week. RTUK has not replied to this request yet. (BIA News Center, May 14, 2004)

Court issues justification for DEP decision

An Ankara State Security Court (DGM) issued yesterday the justification report on its decision that four former deputies of the banned Democracy Party (DEP), convicted for ties to the outlawed PKK must stay in jail to serve the remainder of their 15-year imprisonment.

The report underlined that the elements in the DEP case that were reasons for the European Court of Human Rights to sentence Turkey were all eliminated during the re-trial process.

The four former DEP deputies had a retrial, ordered in 2001 by the European Court of Human Rights, due to irregularities in the original trial.

Among the four convicts was Leyla Zana who won the European Union's prestigious Sakharov human rights prize.

It was stated in the report that the former deputies were not political convicts as claimed but "members of the terrorist organization PKK's political branch."

"The convicts acted as if they were leaders of the Kurdish state the PKK wanted to establish. They went to PKK Chieftain Abdullah Ocalan's camp at Beqaa Valley to get orders from him, then they conveyed these orders to PKK members operating in Turkey," said the report.

The report also claimed that DEP deputies used Parliament lodges, owned by the state, to shelter group's members and to make more people become PKK members, gathering these people at these houses and imposing pressure and threatening them.

"The activities of the former deputies are also against the international agreements on the issue," said the report, defending its decision.

The report also replied to criticism on state security courts saying: "State security courts (DGMs) are independent courts. They make decisions on behalf of the Turkish nation, their judges are impartial and appointed by the Supreme Board of Prosecutors and Judges. Its decisions can only be reviewed by the Supreme Court of Appeals. No one and no institution can give orders to DGMs."

The Parliament recently adopted a package of reforms abolishing the state security courts.

Turkey, which passed a series of democratic reforms in recent months in a bid to meet required criteria to join the EU, strongly expects to get the go-ahead in an EU summit this December to start accession talks with the Union.

The decision by the DGM court last month on former DEP deputies sparked a wave of criticisms and warnings on Turkey's membership prospects by European officials who are telling Ankara that implementation of the reforms is as important as the legislation.

The attorneys of the four former DEP deputies are expected to appeal to the Supreme Court of Appeals in the coming days. (Turkish Daily News, May 13, 2004)

Un véhicule militaire saute sur une mine: deux tués, trois blessés

Deux soldats turcs ont été tués et trois autres blessés quand le véhicule dans lequel ils circulaient a heurté mercredi une mine à Cukurca, à l'extrême sud-est de la Turquie, ont indiqué jeudi des sources locales à Diyarbakir (chef-lieu du sud-est à majorité kurde).

L'explosion s'est produite alors que les soldats effectuaient une patrouille. La mine a vraisemblablement été déposée par des rebelles du Kongra-Gel, nouveau nom de l'ex-Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), selon les mêmes sources.

Par ailleurs les autorités ont saisi à Tunceli (est) quatre puissantes bombes placées sur une route.

Ces engins qui pouvaient être activés à distance sont les plus puissantes découvertes jusqu'à présent dans cette zone, qui était un important théâtre de combats entre le PKK et l'armée dans les années 90. (AFP, 13 mai 2004)

Une émissaire allemande empêchée de rencontrer la députée kurde Zana

Les autorités turques ont empêché lundi une émissaire du gouvernement allemand, Claudia Roth, de rendre visite à une militante kurde pour les droits de l'Homme, Leyla Zana, et trois anciens parlementaires kurdes détenus dans une prison d'Ankara, selon un porte-parole de Mme Roth.

L'émissaire allemande pour les droits de l'Homme, en visite en Turquie avec des députés allemands, avait sollicité le droit de rencontrer les quatre détenus avant de venir en Turquie, mais sa requête a été rejetée au motif que seuls les proches et les avocats des prisonniers peuvent leur rendre visite, a ajouté le porte-parole.

"Elle s'est cependant rendue à la prison pour apporter des fleurs à Leyla Zana, mais on ne l'a pas laissée entrer. Alors elle a laissé les fleurs à l'extérieur de la prison", a-t-il expliqué.

Leyla Zana, lauréate en 1995 du prix Sakharov décerné par le Parlement européen, ainsi que Hatip Dicle, Orhan Dogan et Selim Sadak ont été condamnés en 1994 à 15 ans de prison pour appartenance à un groupe armé rebelle kurde.

A l'issue de leur jugement en appel, le mois dernier, la peine a été confirmée par la justice turque, provoquant l'indignation de la communauté internationale. (AFP, 10 mai 2004)

Deux soldats tués par une mine dans la région de Diyarbakir

Deux soldats turcs ont été tués quand le véhicule dans lequel ils circulaient a heurté une mine dans la région de Diyarbakir, sud-est de la Turquie à majorité kurde, ont indiqué lundi des sources locales. L'explosion, qui s'est produite près de la localité de Lice a eu lieu dimanche alors que les soldats effectuaient une patrouille. (AFP, 10 mai 2004)

"Kurdish is Being Treated as Sub-Culture"

Istanbu - Riza Okcu, the manager of the "Kardes Turkuler" music group and an employee of Music Company "Kalan Muzik" said they had sent the video clip of the Kurdish folkloric song "Mirkut" to more than 10 national television channels. Okcu said the clip was not broadcasted by any of them. "Mirkut" means "knob" in English.

Kalan Muzik sent the video clip, which was prepared with Turkish subtitles in line with the regulations of the Radio and Television Higher Board (RTUK), to more than 10 national stations last week.

The company placed announcements on eight national newspapers Friday, with the title, "We are looking for a television channel that would broadcast this video clip." The announcements include information about the video clip.

"Although we did not get any formal rejections, we can see that there is an inclination toward not broadcasting Kurdish video clips," Okcu told Bianet.

Okcu said that although Turkey passed new laws as basis for democratization, these laws were not applied to the daily life. "It is obvious that cultures like the Kurdish culture, are being treated as sub-cultures," he added.

Okcu said Kardes Turkuler was a popular music group and argued that it was being prevented from reaching its audience.

"Millions of people, whose mother tongue is Kurdish, do not have access to cultural elements in their own language," said Okcu. "We want the cultural diversity and wealth in Turkey to be embraced."

The album is out in the Netherlands

The video clip of the song "Mirkut," which is in the last album, "Hamevaz" of the group Kardes Turkuler, is being broadcasted on www.kalan.com website for the first time. The song tells about people working in rural areas. In the video clip, dancers act as villagers working in the fields.

The European edition of "Hamevaz" was released by the "Connecting Cultures" music company in the Netherlands.

The album was elected the album of the month by the German music magazine Stereoplay in its April 2004 issue. Kardes Turkuler group is also preparing to release the first music DVD in Turkey.

The DVD, which will be published by Kalan Music company, will include images from the group's concerts in Istanbul in the years 2000 and 2001 and sections from their video clips. Neset Ertas and Grup Yorum are also planning to prepare DVDs. (Erol ONDEROGLU, BIA News Center, May 7, 2004)

Huit militants kurdes tués par les forces de sécurité turques dans le sud-est

Huit combattants kurdes, membres présumés de l'ancien Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, rebaptisé Kongra-Gel), ont été tués au cours des deux derniers jours dans le sud-est de la Turquie, a-t-on appris jeudi de sources sécuritaires dans la région.

Six militants ont été tués jeudi près du Mont Caci, non loin d'Eruh, dans la province de Siirt, là où un autre militant avait été abattu mercredi, selon des responsables locaux.

Par ailleurs, un autre combattant a été tué jeudi lors d'affrontements dans le district rural de Gercus, dans la province voisine de Batman.

Un supplétif de l'armée turque avait été tué et quatre blessés mercredi lors d'affrontements avec des rebelles dans la province proche de Bingol. (AFP, 6 mai 2004)

Five Kurds killed at armed fights in Turkey

Four Kurdish militants and a Turkish village guard were killed in a wave of violence in southeast Turkey amid reports of guerrillas entering the region from northern Iraq, security officials said on Wednesday.

Three militants from the Kurdistan Workers Party (PKK) died when an anti-tank mine which they were laying on Tuesday night exploded on a bridge near a village in Sirnak province, near the Iraqi border, an official said.

Another group of militants launched a rocket attack on a group of government-sponsored village guards overnight in a rural part of eastern Bingol province, killing one guard and wounding three others who were flown by helicopter to a hospital in the region.

Turkish soldiers, backed by air power, launched an operation against the militants in the early hours of Wednesday. One member of the security forces was injured in a subsequent clash.

Another official said groups of militants had been crossing from northern Iraq into Turkey in recent days and heading towards the provinces of Diyarbakir, Bingol and Tunceli.

The PKK is believed to have several thousand fighters in the mountains of northern Iraq. The U.S.-led occupation authority in Iraq has said it would hunt the rebels down.

State-run Anatolian news agency said another militant was killed in a clash in Siirt province on Tuesday night. One village guard was injured in the fighting. (Reuters, May 5, 2004)

L'examen de l'affaire Ocalan en appel devant la CEDH reporté au 9 juin

L'examen en appel de la requête contre la Turquie du chef rebelle kurde Abdullah Ocalan, qui avait obtenu partiellement gain de cause en mars devant la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH), a été repoussé du 5 mai au 9 juin, a-t-on appris lundi auprès du greffe de la Cour.

L'audience a été repoussée pour des raisons "indépendantes du dossier", a-t-on précisé de même source.

Le 12 mars 2003, une chambre de la Cour européenne avait notamment condamné la Turquie pour "traitements inhumains" et "procès inéquitable" suite à la condamnation à mort d'Abdullah Ocalan pour "trahison et séparatisme". Les deux parties avaient fait appel.

Abdullah Ocalan avait saisi la Cour européenne pour accuser le gouvernement turc d'une longue série de griefs concernant sa capture par un commando à Nairobi en février 1999, son enlèvement vers la Turquie, sa détention en isolement, assimilée à des mauvais traitements, l'équité de son procès (avec la participation d'un juge militaire, pendant la première phase) et sa condamnation à mort.

Les recours du chef rebelle kurde concernant ses conditions de détention sur l'île-prison d'Imrali et les conditions de son transfert du Kenya vers la Turquie en 1999 avaient été rejetés.

Ocalan a été condamné à mort -- peine ensuite commuée à la prison à vie à la suite de l'abolition de la peine capitale -- pour "séparatisme" en juin 1999, pour avoir dirigé pendant quinze ans une lutte armée visant à créer un Etat indépendant dans le sud-est du pays.  (AFP, 3 mai 2004)

Minorités / Minorities

Taner Akcam's conference on the Armenian Genocide at Harvard University

CAMBRIDGE, Mass. - On May 20, an overflow, standing room only, audience of 250 filled Harvard University"s Kennedy School of Government"s Starr Auditorium for a highly anticipated address by Turkish scholar Taner Akçam. The event, co-sponsored by the Zoryan Institute, the National Association for Armenian Studies and Research (NAASR), the Mashtots Chair of Armenian Studies at Harvard University and the Harvard Armenian Society drew members of the Armenian community, academics and a sprinkling of Turkish students.

Akçam, who is well known for his acknowledgment of the Armenian Genocide, is a rarity amongst Turkish scholars, being willing to speak publicly about the Armenian version of the events that took place in what is now modern Turkey from 1915-1923. He was been praised by Armenian scholars of the Genocide such as Vahakn Dadrian who has said, "[Akçam] is one of the first Turkish academics to acknowledge and discuss openly the genocide of the Armenians by the Ottoman Turkish government in 1915."

Akçam's thesis is that the gap between Turks and Armenians concerning the subject of the Genocide must be bridged through discussion. And he made significant point in his presentation, commenting that neither side ever looks at the other"s point of view. Armenians focus only on the Genocide, asking, in effect, "Why did this happen to us?"

Said Akçam, "The studies carried out by most Genocide scholars are done from the victim"s perspective. I approach the events from the point of view of the perpetrator. For the Armenians, the Genocide is seen as an exceptional event, an isolated accident of history, whereas the perpetrator sees it as an explainable product of a cultural process."

Historians who take the Turkish view analyze the period in question as a period of "partition and decline of the Empire. They make no reference to the massacres or to the Genocide, or to the mistakes of the war.

And they feel that the Great Powers intervened too much. These historians are in a love relationship with Turkey " they are Turkophiles," said Akçam.

The other side, the historians who take the Armenian point of view, the victim groups, "emphasize the Genocide but you cannot find the story of the partition in their accounts. This side feels that the Great Powers did not intervene enough."

The problem said Akçam is that these are two sides of the same coin, they deal with the very same events of history. "A balanced perspective must incorporate both views."

Drawing from his new book, From Empire to Republic: Turkish Nationalism and the Armenian Genocide, Akcam argued that Turkey"s transition from empire to nation state produced violence against Armenians and others, as Turks perceived that the Empire was in decline.

"Turks experienced social and political rage, a feeling of political collapse and a shaking of confidence in their society. The Empire"s members doubted the values that had been held until that point. This led to social disruptions, a feeling of defeat and decline, a massive internal trauma," said Akçam. He continued, "Delusions of greatness gave way to feelings of helplessness, because Turkey could not realize its fantasy of greatness or devise a realistic solution to its problem. The resort to violence was inescapable." In societies, said Akçam, "Individual instincts must be put under social control. There must be a reward for suppressing violence, and a feeling of pride in national identity is the reward."

Akçam also insisted that the Genocide is not a problem in Turkey"s past but in its present. "It is a current problem, because if a country cannot face the fact of wrongdoing in the past, it cannot have a democratic future," he said. Akçam argues that Turkey is facing the same problems it faced at the beginning of the 20th century. It wishes to be accepted as a great power, but still fears for its existence. The decline of the USSR has once again awaked Turkey"s fear of partition.

Turning to the question of available documents, Akçam conceded that any study of the Ottoman archives easily demonstrates the genocidal intent of the Ottoman authorities. Furthermore, said Akçam, "The views of Turkish society do not equal the views of the Turkish state. There is a large gap between what the Turkish state and Turkish society regarding the denial of the Armenian Genocide. These subgroups in Turkish society have their own collective memory," he said.

The perpetration of the official Turkish state"s position of denial is perpetrated by the "continuity of the Turkish ruling elite. It is the same elite who founded the modern Turkish republic, and it is not easy for these people to call the founders "murderers and thieves,"" said Akçam. "The Genocide remains taboo because of this ruling elite, but Turkey wishes to be democratic, it wants to join the European Union, and knows that there must be a change in the ruling elite. Only a democratic country can discuss the past truthfully. And only if Turkey discusses the past can it become democratic."

This was Akçam"s first appearance in Boston. He has not resided in Turkey for a number of years and is currently a visiting professor of history at the University of Minnesota. Prior to his most recent academic appointment, Akçam lived in Germany where he received a PhD from Hanover University. He was born in northeastern Turkey, became active in politics at an early age and eventually fled to Germany as a political refugee.

While Akçam did not fully address the issue of how private opinion sympathetic to the Armenian view can become part of public dialogue if that dialogue is constantly suppressed by the state, he is clearly committed to dialogue. The questions that followed his presentation, some from the Armenian community, and at least one, respectfully raised by a Turkish student, are evidence that the dialogue has begun. (ADL, May 27, 2004)

Zarakolu's conference in Washington on the Repression and Armenian Genocide

WASHINGTON, DC - On April 29, 2004 a rare event took place at St. Mary Armenian Apostolic Church here. Ragip Zarakolu, a remarkable Turkish intellectual, spoke to a capacity crowd on a range of subjects, including the Armenian Genocide, censorship in Turkey and problems surrounding the publishing of books, as well as the current human rights situation.

Zarakolu runs the Istanbul-based Belge International Publishing House, which he founded in 1977 along with his late wife, Ayse Nur Zarakolu. He has been a consistent and principled critic of successive Turkish governments, especially with regard to the dismal human rights situation in Turkey. The Zarakolus' dedication to freedom of expression led them to found the Turkish Human Rights Association. It has also landed them in jail several times, and the hardships of prison directly contributed to the untimely passing of Ayse Nur.

Zarakolu, a prominent figure in Turkish intellectual circles, began his lecture by providing some autobiographical information, detailing his human rights work and resulting imprisonment in the early 1970s. It was at this time that he realized that if the Turkish government were capable of such brutality in the 1970s, the Ottoman Empire was certainly capable of much worse during World War I.

He noted that the current system in Turkey, just as in the past, could not survive without an enemy, whether minority, leftist or Muslim, and that for the sake of democracy in his homeland, this state mentality must change.

His anguish over the situation in Turkey led him and his wife to start an international publishing house in 1977, which published in 1991 the first book on the Kurdish Question, entitled International Colony Kurdistan by Ismail Besikci. The government responded by imprisoning the author and preventing the  distribution of the book by the publishers. But this response was mild in relation to the reign of terror that was then sweeping Turkish Kurdistan.

Zarakolu estimated that nearly four thousand Kurdish villages were burned own and approximately three million Kurds "relocated," accompanied by the assassination and kidnapping of many Kurdish intellectuals.

This war of attrition and extermination reminded Zarakolu of the Armenian Genocide. The comparison between the Armenian Genocide and the ethnic cleansing of the Kurds prompted the Zarakolu to translate and publish Yves Ternon's book on the Armenian Genocide, under the appropriate title Ermeni Tabusu (The Armenian Taboo). This book, too, was confiscated and banned. Ayse Nur Zarakolu, in an absurd turn of events, was put on trial as the author of the book and sentenced to two years in jail.

Ragip Zarakolu noted the irony that, at the same time as Ayse Nur was being prosecuted in Turkey for discussing the Armenian Genocide, the distinguished scholar of the Middle East, Bernard Lewis, was being sued in a Paris court for denying what Lewis himself had previously termed the Armenian Holocaust and subsequently was found guilty.

The Zarakolus were determined to challenge the authorities in the name of freedom of expression by translating and publishing in book form Vahakn Dadrian's lengthy article on the Genocide, which appeared in the prestigious Yale Journal of International Law. This book, too, was confiscated and the publishers arrested. This time, however, they were acquitted by a Turkish court, which was fearful that drawing attention to a work published in such a prominent journal would undermine the government's denialist position.

Emboldened by this success, the Zarakolu translated and published Franz Werfel's famous novel, The Forty Days of Musa Dagh. The Turkish government allowed its publication, partly because it was a novel and partly because it did not want to draw more attention to the issue of the Armenian Genocide. Such successes came with a heavy price, but as Zarakolu emphasized: No doors will open without a struggle. And struggles there were.

In 1994, the publishing house was burned down and the inventory largely destroyed, forcing him andhis wife, along with their supporters, to go underground in order to continue the struggle.

Currently, the Turkish government tries to prevent distribution of his books through the use of economic pressure, such as taxation and frequent auditing. But Zarakolu remains optimistic and cited as an example the fact that he has just published a collection of Professor Dadrian's most important articles on the Armenian Genocide.

He strongly believes that he has a responsibility to Turkish society, which has been grossly misinformed, especially the younger generation.

Zarakolu also feels a responsibility to the Armenian community of Turkey, which also does not have a good grasp of its own history. Due to a pervasive fear that it is not safe to pass on information from one generation to the next, the Armenian community of Turkey has been denied its past. It is through books such as those published by Belge that Turkish Armenians have begun to rediscover their identity.

He stated that he is in constant touch with leading members of the community in Istanbul and is alarmed by the threats that they have received from Turkish fascist organizations.

According to Zarakolu, there are possibly up to one million people in Turkey who either are of Armenian descent or are Armenian converts to Islam. He argued that they have a right to learn their history and should have the honor and privilege of knowing their heritage.

Zarakolu also feels that he is no longer alone in this struggle. He noted that a decade ago, he was essentially alone, but that now the ranks of those Turkish intellectuals who want to reconcile with the past are growing. Turkish intellectuals are offended by the propaganda of their own government and are no longer satisfied with the state dictating what they are to believe.

He ended his formal presentation with a moving poem in Turkish, entitled Gul Kirimi, or the Rose Massacre.

During a lengthy and enthusiastic question-and-answer period, Zarakolu elaborated on some of the points in his presentation and also fielded inquiries on a wide range of subjects.

The first question was related to the motivations of people like Ragip and Ayse Nur Zarakolu, to which he provided an answer by stating that there are two essential factors in his own development. The first is the fact that he was born in Buyukada (Medz Gughzee) and other multicultural neighborhoods of Istanbul, in which Armenians were neighbors and not viewed as enemies.

The second factor is related to the experiences of Zarakolu's generation, which came of age in an era of state terror, which made it easier for them to sympathize with the plight of the Armenians and the minorities in general.

It is difficult to overestimate the courage and moral fortitude of Ragip Zarakolu and his late wife and steadfast partner, Ayse Nur Zarakolu. Ayse gave her life to the cause of freedom and Ragip has suffered tremendously for his beliefs. Armenians, Turks and all those dedicated to the defense of truth and human rights owe a debt of gratitud to Ragip, Ayse Nur and their colleagues.

We can only hope that the day will come when people like Ragip will not be persecuted for daring to question.

Rev. Fr. Vertanes Kalayjian, during the course of his introduction of the guest speaker, asked for a moment of silence in honor of the late Ayse Nur Zarakolu  for her courage and dedication to the cause of human rights. (BELGE ULUSLARARASI YAYINCILIK, May 22, 2004)

Yves Ternon: L'adhésion turque à l'UE et le génocide arménien

L'extrait du débat avec Yves Ternon, historien, spécialiste des crimes contre l'humanité, réalisé par LEMONDE.FR le vendredi 7 mai 2004:

Thomas : La reconnaissance du génocide arménien est-elle une condition pour l'adhésion à l'UE, pour la Turquie ou toute autre nation, selon vous ?

Yves Ternon : Je pense que la reconnaissance du génocide arménien est une condition nécessaire et inévitable à l'adhésion de la Turquie à l'Europe. Elle a été précisée dès le 18 juin 1987, dans une recommandation en 18 points du Parlement européen. Malheureusement, elle ne figure plus régulièrement dans les recommandations. C'est pourtant une nécessité éthique impérative que de reconnaître ce génocide, et l'Union européenne se déjugerait si elle n'en faisait pas une condition nécessaire.

Lachoue : Comment les démocrates turcs amènent-ils cette question dans leur pays, qui se borne à nier ce crime ?

Yves Ternon : Qui sont les démocrates turcs ? La plupart sont à l'étranger. En Turquie, une poignée d'intellectuels reconnaissent le génocide arménien, mais ils sont menacés dans leur liberté d'expression, et même dans leur liberté physique, pour atteinte à l'unité de la nation. Certains ont fait de la prison, la censure est vigilante. La reconnaissance du génocide arménien sera le meilleur test de la démocratie en Turquie.

Sebcynt : Si vous niez l'existence de la démocratie en Turquie, comment croire qu'elle puisse adhérer un jour à l'UE ?

Yves Ternon : A partir du moment où l'on ne prépare pas, dans les écoles primaires et secondaires, les enfants à la démocratie, le chemin pour y accéder sera long. Néanmoins, dans un cas récent, un espoir s'est levé : le ministère de l'éducation nationale turc avait demandé aux enseignants de faire travailler leurs élèves sur "le prétendu génocide" et les "allégations arméniennes". Cinq cents enseignants ont protesté contre cette atteinte à leur liberté. Certains ont été sanctionnés. La démocratie est souvent lente à se lever, mais elle se lèvera, car il n'y a pas d'alternative.

Mehmet : Quelle est la position des autres Etats proches traditionnellement de la Turquie (en particulier l'Azerbaïdjan) quant à la reconnaissance du génocide ?

Yves Ternon : L'Azerbaïdjan est en guerre avec le Karabakh et est un allié direct de la Turquie. Bien entendu, il s'aligne sur elle.

Jemigir : N'est-il pas choquant que le gouvernement allemand prenne parti pour la candidature de la Turquie dans l'UE, sans avoir reconnu le génocide arménien, et sans avoir réclamé à la Turquie qu'elle fasse la lumière sur son passé ?

Yves Ternon : En Allemagne, la situation est aujourd'hui complexe. Le gouvernement allemand s'est engagé auprès de ses électeurs turcs à soutenir la candidature de la Turquie. Mais la droite allemande y est opposée et, en voix, elle est majoritaire. C'est pourquoi le gouvernement allemand est favorable à l'entrée de la Turquie pour l'instant.

Polk : Etes-vous déjà allé en Turquie ?

Yves Ternon : Non.

Cyril : Pourquoi, selon vous, le génocide arménien est-il délaissé par les médias français ? Personne n'a évoqué la reconnaissance du génocide arménien par le Canada ?

Yves Ternon : C'est exact. Les reconnaissances à l'étranger du génocide ne sont pas évoquées par la presse française, le plus souvent par ignorance ou parce qu'elle ne les considère pas comme médiatiques. Par exemple, la reconnaissance par le Parlement national suisse ou, les semaines passées, par la Chambre des représentants de l'Etat du Montana, n'a pas été signalée dans la presse française. Pour savoir ce qui se passe, il faut consulter la presse française arménienne.

Raf : Ne pensez-vous pas que la clé de la reconnaissance du génocide arménien par la Turquie se trouve finalement à Washington ?

Yves Ternon : J'en suis persuadé, parce que chaque année, le 24 avril, le Congrès reçoit une demande de reconnaissance déposée par des sénateurs ou des membres de la Chambre des représentants. Et chaque année, le département d'Etat contraint le Congrès à ne pas poser la question, et le président y souscrit. Cependant, le candidat démocrate John Kerry s'est engagé formellement en faveur de la reconnaissance, et il a précisé que s'il était élu, ce ne serait pas comme les autres fois et qu'il donnerait suite à sa promesse.

Aren : Dans quelles conditions pensez-vous que la Turquie reconnaîtra le génocide arménien ? Par obligation ? Sur des preuves appuyées par des historiens dans un débat ?...

Yves Ternon : Il est difficile de faire de l'histoire-fiction. Actuellement, avec l'échéance européenne, par contrainte, la Turquie pourrait changer sa position et prouver qu'elle est réellement une démocratie. Si elle n'est pas acceptée en décembre comme candidate, il est probable qu'elle s'enfermera dans sa négation. Si elle est acceptée comme candidate sans reconnaître le génocide, elle n'aura plus aucune obligation de le faire. La seule solution serait donc de remettre à une date ultérieure la question de l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne pour lui permettre de changer lentement.

Lachoue : Comment les médias turcs réagissent-ils à cette question ?

Yves Ternon : En Turquie, le négationnisme est un négationnisme d'Etat, la censure veille et les médias obéissent au gouvernement, ou bien ont une marge de man¦uvre limitée. D'après les traductions que l'on peut lire de la presse turque dans des journaux comme Courrier international, l'ensemble de la presse est favorable à l'adhésion et escamote la question du génocide puisqu'il n'y a pas officiellement de génocide.

Micha : Que pensez-vous de la récente déclaration de Jacques Chirac concernant la reconnaissance du génocide par la Turquie ? Le chef de l'Etat a affirmé qu'il s'agit d'une question bilatérale entre la Turquie et l'Arménie.

Yves Ternon : Actuellement, il y a une dissociation entre l'UMP et Jacques Chirac sur l'entrée de la Turquie dans l'UE. Le président de la République souhaite éluder la question du génocide arménien, qui le dérange puisqu'il a signé la loi de reconnaissance. Par contre, c'est lui et lui seul qui se prononcera en décembre au nom de la France. Donc il sème le doute.

Lachoue : Pourquoi Israël refuse-t-il de reconnaître la réalité de ce génocide ?

Yves Ternon : Parce qu'Israël est en guerre et que le seul allié qu'il possède dans les pays musulmans est la Turquie. Il est donc, pour des nécessités évidentes, amené à adopter une position négationniste au niveau du gouvernement, car les historiens israéliens ont en très grande majorité reconnu le génocide et dénoncent même le comportement de leur gouvernement sur cette question.

Mehmet : Pourquoi liez-vous toujours la question du génocide à celle de l'entrée dans l'UE ?

Yves Ternon : Parce que la plupart des hommes politiques ne la lient pas. Parce que c'est une question éthique, et que si l'on ne comprend pas ce qu'est un génocide pour des générations d'Arméniens et plus largement pour des générations de victimes d'autres génocides, on ne comprend pas les règles de la démocratie.

Sebcynt : Etes-vous pour ou contre l'adhésion de la Turquie à l'UE ?

Yves Ternon : La question portait sur la reconnaissance du génocide arménien. J'y ai répondu. En tant que citoyen, et non en tant qu'historien, pour d'autres raisons que je n'ai pas le temps de détailler, je pense que la Turquie n'est pas prête à entrer dans l'UE et que l'UE n'a pas intérêt à intégrer la Turquie, en dépit d'une promesse faite à Ankara en 1963.

AFM : Si le génocide a été reconnu par certaines institutions (ONU, Parlement européen...) ou certains Etats (la France notamment), pourquoi les négationnistes de ce génocide, qu'ils soient turcs ou autres, ne sont ils pas poursuivis ? Y a-t-il une justice à deux vitesses, une pour le génocide juif et l'impunité pour les autres ?

Yves Ternon : La question doit se poser d'abord à l'échelon national : y a-t-il dans le droit interne d'un pays la possibilité de condamner les actes de génocide ? Un exemple : la Suisse a ce moyen, et elle lance des accusations contre le négationnisme d'Etat de la Turquie. En France, il y a de nombreux projets de loi, mais la seule loi pénale en vigueur est la loi Gayssot, qui est, dans le temps, limitée à la période de la seconde guerre mondiale. Donc, il faut que les pays incluent dans leur droit interne la condamnation des actes de négationnisme dans la mesure où le négationnisme est défini comme la négation d'un génocide avéré.

Léa : Qu'en est-il de la revendication de la communauté arménienne d'aujourd'hui, la diaspora en Europe ou en Arménie, concernant la restitution des biens arméniens ?

Yves Ternon : C'est une question qui est présentée différemment selon les partis. La Fédération révolutionnaire arménienne (parti Dachnak) envisage de conduire des actions en justice dans ce sens. Mais les problèmes juridiques sont pour l'instant pratiquement insolubles et, surtout, coûteux et à long terme, puisqu'il faudrait passer d'abord par la justice turque et, devant son refus, par une cour internationale. Il faudrait enfin disposer d'une documentation permettant d'affirmer la validité des droits et la qualité des héritiers. C'est un problème entièrement différent de celui de la reconnaissance du génocide arménien.

Raf : Quelles seraient les conséquences directes pour la Turquie d'une reconnaissance du génocide des Arméniens à votre avis ?

Yves Ternon : Elles seraient positives. Il n'y aurait aucune conséquence territoriale, le gouvernement arménien ayant précisé qu'il n'en a pas. C'est d'ailleurs la condition d'entrée dans le Conseil de l'Europe que de ne pas demander de modification de frontières. Sur le plan moral, la Turquie ferait la preuve de sa volonté démocratique. Sur le plan économique, il est difficile de prévoir les conséquences, mais il est probable qu'elles seraient mineures. Je peux dire qu'une majorité d'Arméniens se satisferaient de la reconnaissance, dans la mesure où elle serait associée à une demande de pardon envers le peuple arménien.

Mehmet : Seriez-vous satisfait par une reconnaissance du génocide par la justice turque ou, selon vous, seule une reconnaissance politique est-elle valable ?

Yves Ternon : Seule une reconnaissance politique est valable car la justice n'a rien à faire là, puisqu'il n'y a plus de justiciables quatre-vingt-neuf ans après. (LEMONDE.FR - CDCA, 9 mai 2004)

La FIDH condamne le négationnisme concernant le Génocide Arménien

A l'occasion du Conseil d'association UE/Turquie du 18 mai 2004, la FIDH a souhaité manifester son inquiétude quant à la situation des droits de l'Homme en Turquie et attirer l'attention sur plusieurs sujets particulièrement la politique de négation menée par les autorités turques concernant le génocide arménien.

Certes, le gouvernement turc met indéniablement en place une politique intense de réformes législatives en vue la reprise de l'acquis communautaire, préalable à l'adhésion à l'Union européenne. Outre sept "paquets" de réformes politiques et une activité législative intense durant ces derniers mois, le Parlement turc a ratifié plusieurs traités internationaux et européens, tels que le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels ou encore le Protocole n° 6 à la CEDH. Si la FIDH accueille avec soulagement ces avancées, elle s'interroge cependant sur les conditions de la mise en oeuvre de ces engagements, et demeure vivement préoccupée par la situation de nombreux droits fondamentaux qui continuent d'être systématiquement violés en Turquie.

Les défenseurs des droits de l'Homme continuent de souffrir de nombreuses formes de répression en Turquie, au mépris de la Déclaration de l'Assemblée générale des Nations unies de 1998 sur les défenseurs des droits de l'Homme: obstacles à l'enregistrement et fermetures d'associations, perquisitions illégales et saisines de documents, campagnes de diffamation, menaces et intimidations... Surtout, on assiste à un accroissement dramatique du recours à la justice aux fins de sanctionner les défenseurs. Ceux qui osent dénoncer les violations perpétrées à l'encontre des Kurdes demeurent particulièrement visés.

La FIDH dénonce les pratiques de torture et de traitements inhumains et dégradants commis en Turquie par la police et les gendarmes. Malgré l'engagement de l'État à mener une politique de "tolérance zéro" à l'égard de la torture, la pratique de la torture n'est pas en diminution, loin de là. Elle prend des formes plus "sophistiquées" et difficilement décelable, surtout dans les lieux de détention et sur la personne des opposants politiques. L'impunité des auteurs d'actes de torture persiste.

Plusieurs changements législatifs ont contribué à renforcer l'efficacité du système judiciaire turc, mais certaines de ses caractéristiques demeurent très préoccupantes. Le maintien des Cours de sûreté de l'État, le non-respect du droit à un procès juste et équitable, l'inexistence de tribunaux d'appel ou encore l'inapplication des décisions de la CEDH sont autant d'éléments qui détournent la Turquie de l'État de droit.

De trop nombreux cas de violations des droits des détenus persistent en Turquie. Malgré les récentes réformes, l'accès à un avocat n'est toujours pas garanti pour les personnes en détention préventive et des cas d'intimidation des détenus et de leurs avocats sont signalés. Dans les provinces du Sud-Est du pays, et particulièrement dans les prisons de type E et F, les violations se multiplient.

La Turquie a fait quelques avancées en matière de traitement des minorités nationales ou religieuses. Ces avancées restent cependant limitées (la Turquie évite en outre tout engagement international concernant les minorités) et illusoires, puisqu'en pratique la situation des minorités, en particulier des Kurdes, reste dramatique. Les minorités se voient déniés leurs droits fondamentaux, et notamment les droits culturels.

La FIDH condamne également la politique de négation menée par les autorités turques concernant le génocide arménien, et appelle la Turquie à se conformer à la résolution du Parlement européen du 18 juin 1987 sur la question arménienne.

Les libertés d'association, d'expression et de réunion, en dépit de certains assouplissements, demeurent particulièrement contrôlées en Turquie et participent au musellement de la société civile. Leurs restrictions sont utilisées pour faire taire, en particulier, les défenseurs des droits de l'Homme, les minorités, ainsi que les opposants politiques. De plus la législation turque, même lorsqu'elle est révisée, n'empêche souvent pas des pratiques peu compatibles avec les dispositions du Pacte international relatif aux droits civils et politiques et de la CEDH. (FIDH - CDCA, 18 mai 2004)

Une réponse arménienne à Chirac sur l'adhésion de la Turquie à l'Europe

Durant sa conférence de presse du 29 Avril 2004 M. Jacques Chirac, Président de la république, a affirmé: "Ma conviction est que la Turquie a une vocation européenne, mais que son entrée dans l'Union n'est possible que dans des conditions qui ne sont pas aujourd'hui réunies. "

J'ai beaucoup de respect pour notre Président de la République, pour son courage, son intelligence et sa logique. C'est pour cela que je suis sûr qu'il me pardonnera de montrer mon désaccord sur le fond du sujet.

Ce désaccord n'est pas dû à une intelligence supérieure, mais à l'expérience séculaire, de l'islam et de la Turquie, acquise par mes ancêtres, durant les siècles de relations avec les califes arabes, les sultans de l'Empire ottoman, leurs armées et leurs administrations. Cette connaissance est une connaissance pratique et non théorique, comme celle de nos savants arabisants et islamisants.

Je dois ajouter que je ne voue que respect et admiration pour la Turquie et l'islam, tout en reconnaissant que leur religion, leur culture et leur civilisation sont différentes et parfois contradictoires avec la culture, la civilisation et le laïcisme occidentaux.

La Turquie n'a donc pas vocation européenne. Elle n'a jamais été en Europe, sauf quand elle a conquis par la force des armes des pays européens. Toute sa partie européenne (une étroite bande de terre) et une grande partie de son territoire d'Asie Mineure ont été conquis sur d'autres peuples qui ont été éliminés par la suite (les Grecs, les Arméniens, les Assyriens les Chaldéens). Il ne reste en Turquie que les Kurdes complices de l'empire ottoman dans le génocide des Arméniens. Tous les peuples chrétiens, de l'empire ottoman, ont subi ce qu'on appelle, suivant un jargon moderne, un "nettoyage ethnique". Seuls les Kurdes sont restés, parce que musulmans. Mais, jusqu'à maintenant, ils sont citoyens de seconde zone.

Elle n'a pas vocation européenne, car si "le destin de la Turquie a toujours été profondément lié à celui de l'Europe", il l'a été par les guerres et les tentatives turques de conquêtes parfois réussies. Le destin des populations conquises était d'être opprimées et poussées à changer de religion. C'est ce qui a fait que les pays comme la Grèce, Chypre, la Bulgarie, la Roumanie, la Serbie, l'Albanie ont actuellement de nombreuses populations musulmanes et que la Serbie a perdu le Kosovo, sa terre originelle remplie des vestiges de plus de mille églises brûlées ou saccagées. On voit aussi, par images satellites, les restes de milliers d'églises arméniennes détruites à l'Est de la Turquie, ancien territoire arménien conquis par l'empire ottoman.

Il ne s'agit pas d'empêcher l'adhésion de la Turquie, pour raisons ethniques, mais elles ont leur importance, surtout quand ses frontières orientales se trouvent en Asie mineure et contiguës à d'autres pays turcophones d'Asie centrale et du Caucase. Accepter la Turquie équivaut à les accepter tous dans l'Union. Une fois la Turquie européenne, toutes les populations turques de ces pays le seront, de même que les Kurdes de Syrie, d'Irak et d'Iran. D'ailleurs, qu'est-ce qui empêcherait la Turquie d'accueillir en grands nombres leurs immigrés qui deviendront alors européens. Quelle raison aurions-nous de ne pas accepter le Liban dont la population parle français, a depuis les croisades des origines françaises et dont une princesse phénicienne a donné son nom à l'Europe. Le Liban fait partie de l'Asie Mineure comme la Turquie. C'est pour cela que les frontières géographiques de l'Europe historique ont leur importance.

Revenons à la Turquie et à l'islam. Il ne s'agit pas de repousser la Turquie pour des raisons religieuses. Mais l'islam est une religion politique qui a des lois auxquelles tout Etat musulman et tout croyant musulman doit obéir. Ces lois sont parfois contradictoires avec les règles européennes de démocratie. Il n'y a ici aucun jugement de valeurs. Les musulmans croient que les lois édictées par le Coran sont obligatoires et meilleures que toute loi humaine, fut-elle européenne et démocratique.

Elles sont obligatoires quand les musulmans sont majoritaires ou ont les moyens de les faire appliquer.1 L'entrée de la Turquie en Europe, pays musulman énorme avec un taux de natalité de 30 pour mille (et des dettes de 260 milliards de dollars2) pourrait déséquilibrer démographiquement certains Etats européens et y donner à la population musulmane le nombre et la force qui engendrent le devoir de réclamer la charia.

La charia est peut-être meilleure que la constitution des pays européens. Mais est-ce que les Européens l'accepteront ? Le plus probable est que cet afflux d'immigrants musulmans va renforcer les courants xénophobes européens et les partis d'extrême droite, créant ainsi les causes de nouvelles incivilités, voire de guerres civiles et religieuses. C'est ce qui a fait des Balkans une zone de crises. Ce fut aussi la cause principale des guerres du Liban. Les Libanais se trouvent sur un territoire minuscule. Ils ont une langue, une histoire, une culture et une civilisation communes. Pourtant leurs religions différentes ont forcé, durant le mandat, le législateur français "laïc" et même anti-clérical à laisser le code civil sous l'égide des religieux des différentes communautés, à cause justement des lois de l'islam. Car, il ne voulait pas créer des causes de révoltes.

Pourtant, on dit que la Turquie a une constitution laïque. La constitution laïque turque est l'¦uvre de Mustapha Kemal Ataturk, vainqueur des alliés à Gallipoli. Il avait poursuivi des études militaires en Allemagne et avait pensé que la Turquie ne pouvait devenir moderne que si elle renonçait à la charia. Au lieu de se proclamer Commandeur des Croyants et de rouvrir la porte à une interprétation moderne du Coran, il décida de faire appliquer le laïcisme à la pointe des baïonnettes. L'armée turque le fait encore de nos jours au Conseil National de Sécurité où les généraux ont cinq postes sur huit.3 Elle l'a fait au siècle dernier par plusieurs coups d'états dont le dernier a remplacé le gouvernement Erbakan par une coalition laïque.

C'est ce qui fait que le gouvernement Erdogan se qualifie (et est qualifié par nos médias) par le contresens "d'islamique modéré". Cela n'existe pas. Même un musulman modéré doit obéir à la charia, sinon il ne serait plus musulman.

Pourquoi alors ces proclamations du gouvernement Erdogan ?

Pour Erdogan, les négociations d'adhésion à l'Europe vont lui permettre de réclamer l'affaiblissement du pouvoir de l'armée, garante de la laïcité de l'Etat turc. Une fois l'armée renvoyée dans ses casernes, le gouvernement islamiste pourra appliquer une démocratie totale lui garantissant une majorité assurée au parlement. La Turquie pourra alors entrer en Europe.

Une fois ayant franchi la porte de l'Europe, on pourra alors commencer à appliquer la charia en Turquie. En cela, Erdogan n'aura fait qu'appliquer le verset coranique qui dit: "Dieu ruse aussi. Dieu est le plus fort de ceux qui rusent" (3/54, 13/42, 16/26).4

L'Europe, en encourageant contre nature les Turcs, aura fait échouer une expérience unique dans le monde musulman. Mais ce n'est pas tout.

Que deviendra l'Europe ? Les Turcs pourront y immigrer légalement ou illégalement beaucoup plus facilement. Dans les pays européens, libérés du joug de l'armée turque les prêcheurs wahhabites, intégristes, salafistes se donneront à c¦ur joie pour monter les nouveaux immigrants pauvres, contre une civilisation où les infidèles sont les plus riches. On imagine le reste. L'Union européenne, en acceptant de discuter l'adhésion de la Turquie est en train de saper les fondements sur lesquels l'Europe et la Turquie sont bâties.

Déjà les Turcs, en refusant de reconnaître le génocide qu'ils ont perpétré sur les Arméniens (et ce n'est pas le seul, comme dit plus haut) montrent bien qu'ils ne sont pas prêts à reconnaître leurs torts. Ce qui est le b a ba de la démocratie.

Le gouvernement islamiste turc pourra se prévaloir alors, d'avoir réussi là où les armées ottomanes ont échoué.5

En fait, c'est peut-être pour cela que notre Président a dit qu'à court et moyen terme, on ne peut pas accepter la Turquie.

Mais c'est très vague. Qu'est-ce que le court, le moyen ou le long terme, dans la vie des nations ? Cent ans sont-ils court ou long terme ?

Ce qui est plus important que l'application des critères de Copenhague, c'est qu'il faut attendre le jour où l'islam, ayant reconnu que son interprétation du Coran date de plus d'un millénaire, fasse en sorte de rouvrir la porte à une relecture de ce livre saint. Si cette relecture décidait officiellement de renoncer à la charia, alors on pourrait accepter la Turquie en Europe.6

Entre-temps, tant que la charia n'a pas été déclarée officiellement caduque, il est nuisible aux Européens et aux Turcs de continuer de promettre à la Turquie une adhésion impossible à court, moyen et long termes.

Il faudrait en discuter. Seulement la discussion ne doit pas se limiter aux chefs d'Etats, de gouvernement et à la commission européenne, mais elle doit vraiment être une discussion ouverte dans les médias. C'est un sujet trop important pour être limité. Toutes les voix doivent être entendues et pas seulement celles favorables à l'ouverture des négociations avec la Turquie. C'est un sujet trop important, pour chaque individu européen, pour qu'il soit décidé sans referendums populaires dans tous les pays concernés. Pourquoi ne pas faire un referendum européen ? Ce serait un pas de plus vers l'unité des peuples.

Il a été dit qu'une fois acceptée l'ouverture des négociations, elles seront très longues. L'ouverture des négociations, mêmes longues, sera un pas de plus vers l'acceptation. Si aujourd'hui, on se sent obliger de tenir les promesses précédentes, comment est-ce qu'on pourra refuser l'entrée de la Turquie après quinze ans de négociations ?7 C'est pour cela qu'en Décembre, les règles démocratiques exigent que les populations européennes soient consultées par referendum, avant d'accepter d'engager les négociations.

L'Europe devrait appliquer à elle-même la démocratie qu'elle exige des autres.

Il ne doit pas y avoir non plus de sujet tabou.

La question de la religion est la plus importante. Car la religion musulmane des Turcs influe sur la culture, la civilisation, les lois, la vie même des Etats et des individus.

Pourquoi un continent comme l'Europe doit-il prendre les risques d'une expérience d'Union avec un Etat musulman important, alors que cette expérience est déjà vécue par un pays minuscule, le Liban. C'est là que cette expérience doit être poursuivie et protégée. C'est là où les musulmans sont les plus modérés et les plus proches des Occidentaux et de leurs valeurs. Ils y sont maintenant majoritaires. Assurons aux Libanais la capacité de poursuivre leur expérience sans interférences extérieures. Ils pourraient alors trouver des solutions, non seulement à la Turquie, mais à tous les pays multiconfessionnels, dont les pays européens et Israël.

C'est pour cela que le Pape a dit que le Liban est plus important qu'un pays, il est un message au monde. (Roger AKL, La Lettre de l'ADL, 5 mai 2004)

1 Roger AKL, Islam et démocratie:l'exemple du Liban, Revue Défense Nationale, Février 2002, pages 125 à 138.

2 Qui va payer ces dettes ? Sur l'économie turque lire l'article de M. Erol Ozkoray, L'armée turque au c¦ur du pouvoir, Politique Internationale, N° 101, automne 2003, pages 277 à 288.

3 Pour plus de détails sur l'influence de l'armée turque, lire Erol Ozkoray, op. cit..

4 "Le prêtre et le Prophète", Joseph Azzi, éditions Maisonneuve et Larose, P. 161. Le Coran interprété, Dar Ebn Kathir, 1993, Beyrouth et Damas, P. 57, 254, 269.

5 Pour plus de détails, lire Alexandre Del Valle, La Turquie dans l'Europe,un cheval de Troie islamiste ? Editions des Syrtes, Paris, 2004.

6 Encore une fois, l'auteur ne fait aucun jugement de valeur sur la charia qui est sacrée pour les musulmans et c'est digne de tout respect. C'est le simple fait qu'on ne peut pas avoir des lois différentes dans un même pays.

7 Voir la réponse de madame Kirikkanat, journaliste turque, à la question d'Arlette Chabot: "Si on décidait de ne pas accepter la Turquie, qu'arriverait-il ?" La journaliste répondit par ce que M. Bayrou a appelé un chantage (Emission "Mots croisés" du 26/4/2004).

Un appel des intellectuels turcs contre la dénégation du génocide arménien

Au nom de l'Association des Adversaires du Génocide  à Francfort, un groupe de défenseurs des droits de l'Homme originaires de Turquie, ont publié l'appel suivant à l'occasion du 89e anniversaire du génocide de 1915.

Arrêtons la dénégation des faits historiques, les mensonges, les calomnies et la haine. Reconnaissance immédiate du génocide !

La vérité ne peut être continuellement voilée !

Chers amis,

Malgré le 89-ème anniversaire du génocide de 1915, on tente d'en cacher, comme d'habitude, les faits historiques à la société turque. On tente délibérément d'empêcher la discussion dans cette société à propos sa propre histoire. La pression idéologique et politique de l'Etat est le plus grand obstacle à ce processus historique existentiel pour le futur.

D'après les résultats des recherches scientifiques faites par des spécialistes et historiens internationaux du génocide, 2,1 millions d'Arméniens, 750 000 Grecs de nationalité ottomane et 600 000Araméens/Syriens ont perdu la vie lors des massacres et des déportations organisés entre 1912 et 1922.

En d'autres termes : environs 5 millions de chrétiens de nationalité ottomane habitaient avant le début de la 1ère guerre mondiale dans cette région, qui depuis 1923 constitue la République turque. Le pourcentage de la population chrétienne s'élevait à 35 % de la population totale. Aujourd'hui, la part de la population chrétienne dans cette région n'est plus que de 0,15 %. Ce recul tragique ne s'explique pas par la fuite et l'émigration.

Nous posons toujours la question : Anatolie, où sont tes enfants chrétiens ?

La dénégation des faits historiques et la dénégation de l'existence de peuples non-turcs sous leur domination sont des caractéristiques de la formation de l'Etat turc et de la République turque. En conséquence, le génocide des peuples chrétiens et la vision mono-ethnique de l'Etat qui en résulte restent les tabous les plus intouchables de l'attitude intellectuelle dominante.

Les thèses officielles turques telles que " collaboration avec l'ennemi ", " disparition due à la famine et à la maladie ", " mesures contre une rébellion ", " massacres réciproques " ou encore " en vérité, les Turcs furent victimes d"un génocide ", tous ces arguments ont été désavoués par l'opinion publique internationale.

Les dernières 89 années démontrent malheureusement que rien n'a changé dans la mentalité majoritaire de la société. L'historiographie, instituée depuis la fondation de la République par l'élite dirigeante, s'est complètement éloignée de la vérité scientifique et éthique. Les dernières initiatives de l'Etat, en particulier en vue de falsifier en profondeur l'histoire, ont pris une mesure inquiétante. Ces circonstances ont permis d'aboutir pour la première fois à la formation d'un groupe, composé en majorité d'intellectuels résidant en Turquie (journalistes, écrivains, artistes, juristes, scientifiques, spécialistes des droits de l'homme, travailleurs, femmes au foyer), représentant tout l'éventail de la société, à propos du génocide et contre la falsification historique.

Sans aucun doute, cette évolution nous donne une raison d'espérer et de nous griser, et elle prouve que l'Etat ne peut plus empêcher qu'un tabou ne se brise et que les faits réels ne soient portés à la connaissance de tous. Cette évolution soutient également l'opposition à la propagande mensongère de l'Etat que mènent les intellectuels engagés ainsi que les institutions civiles qu'ils dirigent, pour la vérité et les droits de l'homme en Turquie.

La dénégation du génocide, n'est pas seulement une violence contre la dignité des victimes et de leurs descendants ; elle est en même temps une violence contre la dignité de toute l'humanité. La reconnaissance du génocide est une condition à la restauration de notre dignité humaine.

Le génocide de 1915 est une souillure sur le front de notre société. Il se distingue des autres tristes chapitres de notre histoire par le fait qu'il s'agit là du délit de génocide. Il est impossible de faire disparaître cette souillure de la conscience de notre société sans une condamnation ferme du génocide. Et cela par le simple fait qu'aucun crime n'empoisonne les relations entre le peuple turc et les peuples victimes du génocide autant que la dénégation.

L'exigence de justice conformément au droit des peuples exterminés en seulement sept à huit ans dans un pays qu'ils habitaient depuis plus de trois mille ans, est considérée comme une diffamation de la Nation turque. La possibilité de rentrer sur leur terre natale a été refusée à ceux qui, en sauvant leur existence et en abandonnant tous leurs biens, se sont disséminés dans le monde entier. C'est la triste raison pour laquelle ils transmettent les chaînes de l'exil à tous leurs descendants. Quant à ceux qui ont dû rester, malgré toutes les humiliations et les répressions, dans leur pays en tant qu' " étranger-suspect ", il leur est même interdit de d'honorer leurs morts. Existe-t-il une douleur plus grande pour ces peuples, et trouvera-t-elle une fin ? Existe-t-il une plus grande honte pour nous et trouvera-t-elle une fin ?

Cet Etat, qui exige des chaires universitaires turques qu'elles présentent la nation turque comme victime d'un génocide, refuse en même temps l'accès des archives historiques aux chercheurs indépendants. Les provocations sont également sans fin. Un pseudo-monument sera inauguré à la frontière arménienne. Toutes ces mesures vont de pair avec l'intention de renforcer la glorification du pouvoir autoritaire qui de toute façon est omniprésent dans la société turque. Au lieu de résoudre les problèmes urgents de la société grâce à des solutions justes et intelligentes, l'Etat étouffe la société sous une multitude d'autres problèmes. En conséquence, le pouvoir organisé de l'Etat est dirigé contre la société elle-même. La peur et la pression toujours entretenues rendent la vie insupportable aux peuples non turcs ainsi qu'à la majorité de la population.

Les répressions quotidiennes sur le plan national et confessionnel, l'utilisation devenue quotidienne de la torture, les attaques contre la dignité humaine telles que l'intimidation et le viol, l'enlèvement et la disparition des opposants au régime ainsi que l'attitude arbitraire envers l'Etat de droit, ont miné la confiance en l'avenir de la Société. Cet Etat, pour qui tout moyen est bon pour museler l'opposition, n'a pas la force d'empêcher la décomposition morale due à une corruption de plus en plus profonde, de s'attaquer au chômage et à la pauvreté qui pèsent sur la population. Il ne peut non plus régler le problème de la Santé Publique ni de l'Education, comme si tous ces domaines ne faisaient pas partie de sa compétence.

Nous pensons qu'il y a une corrélation directe entre ces crises chroniques dues à l'Etat et le passé des génocides. La dénégation du génocide empêche la continuité de ce système sans que des massacres et des tensions ne se perpétuent. Jusqu'à nos jours, la répression impitoyable des Kurdes qui se défendent contre l'abominable répression et la torture, les pogromes anti- alévites, anti-juifs et antichrétiens qui secouent périodiquement notre société, forment une continuité.

Aucune union politique ne pourra jamais surmonter l'état actuel des choses sans une reconnaissance du génocide en tant que fait historique, sans qu'il soit condamné par l'opinion publique, sans que nous assumions notre responsabilité historique afin de guérir les plaies du génocide, sans qu'un combat long et important ne commence pour briser l'influence de la pensée génocidaire.

A une société qui n'est pas en mesure d'éprouver honte et tristesse envers les peuples opprimés, malgré son passé génocidaire, il ne lui sera jamais possible de contribuer au bien-être de l'humanité. Car, les préjugés racistes et religieux qui influencent la société ne concernent pas seulement les classes rétrogrades qui en tirent profit, mais elles empoisonnent aussi mentalement les couches plus larges de la classe ouvrière. C'est la raison pour laquelle notre dignité continue à être piétinée.

Quel que soit l'effort, nous devons assumer notre devoir d'honneur historique.

Tout comme il est impossible de cacher les génocides perpétués contre l'humanité, i l est impossible que ces crimes soient prescrits. Les mêmes autorités qui tentent de nier et de justifier ces crimes, malgré leur propre culpabilité, portent en elles le potentiel permanent de perpétrer de nouveaux crimes contre l'humanité. Ceci est aussi valable pour la République turque qui nie le génocide depuis 89 ans.

La République turque dédaigne les accords internationaux qu'elle a signés à propos de la protection des minorités non-turques depuis sa constitution. La Convention de Lausanne fait partie des accords qui ne sont pas, d'une façon arbitraire, respectés ; de ce fait, aucun des peuples reconnus comme minoritaires n'a pu jusqu'à présent faire respecter ses droits.

Ainsi, les répressions contre les juifs avaient tellement augmenté pendant les années où se contitua la République turque, que les représentants juifs durent, par une déclaration écrite, stipuler qu'ils renonçaient aux droits qui leur étaient adjugés par la Convention de Lausanne.

L'Union panturque " Union et Progrès ", qui prit la direction de l'Etat, a massacré volontairement les peuples chrétiens de l'Empire dans le but déclaré de constituer un Etat mono-ethnique. Les mêmes mesures ont été appliquées pendant les années de fondation de la République. Après la 1ère Guerre Mondiale, le peuple ponto-grec vivant hors des zones de combats a été anéanti par les massacres et les expulsions durant les années 1919 à 1922. Cette horreur eut lieu aussi bien en Kocgiri qu'en Arménie. Une partie du pays arménien fut annexée par la Turquie. Durant ces années, le retour des survivants chrétiens fut empêché sous prétexte qu'ils étaient des ennemis.

En ce qui concerne le génocide, la République Turque n'arrive pas à prendre ses distances par rapport au mouvement " Union et Progrès ". Bien au contraire : ses gouvernements successifs ont considéré jusqu'à nos jours qu'il était de leur devoir de continuer leur projet d'un Etat mono-ethnique. Ce projet vise à éliminer les peuples qui s'opposent à la politique de turquisation. La situation actuelle des Kurdes démontre pleinement cette vérité. L'Etat qui, d'un côté, poussé par la pression de l'opinion publique et de l'autre par des pression légitimes des grandes puissances, a accompli quelques interventions esthétiques afin de sauver les apparences, déclare, en même temps, que tout changement du statu quo en faveur des Kurdes en Irak serait une cause de guerre. Les généraux ont menacé sans ambages que, dans ce cas, il y aurait un bain de sang. Nous pensons que ceci peut susciter à tout moment un nouveau génocide. La mise à exécution de cette menace ne dépend que d'une occasion propice.

Tous ces faits nous obligent à apprécier à sa juste valeur le 24 avril 1915. Le 24 avril est en effet le jour du génocide perpétré contre les Arméniens. Cette date est également considérée par les Araméens comme le Jour de Frappe Mortelle (Seyfo), jour du génocide. Pour ces deux peuples, le 24 avril est le jour à partir duquel ils ont tout perdu (leur biens, leur patrie, leur histoire millénaire et leur civilisation), où les 2/3 de la population ont été sacrifiés ou disséminés de par le monde et où ils ont dû assumer une vie d'exil interminable. A partir de ce 24 avril, les femmes et les enfants de ces peuples ont été livrés par milliers à leurs bourreaux et vendus sur des marchés d'esclaves. Le 24 avril est l'expression historique de la douleur et des blessures qui font désormais partie à jamais de leur personnalité.

A bien y regarder, on se rend compte que ce n'est pas par le pur hasard que l'Etat turc a déclaré jour férié le 23 avril et le 19 mai. La veille du début du massacre de nos voisins arméniens et syro-araméens se superpose à la " Fête de la Souveraineté Nationale " du 23 avril, tandis que le 19 mai, " Fête de la Jeunesse et des Sports " correspond au début de l'extermination de nos voisins ponto-grecs.

Quel peut être le but d'une intention qui déclare jour férié la veille et l'anniversaire de crimes contre l'humanité, sinon d'éterniser la haine et l'hostilité contre ces peuples sacrifiés ? Le fossé profond entre les peuples voisins appartenant à la même famille, les uns instituant une fête au nom du chauvinisme, les autres commémorant dans leur âme le triste passé, ce fossé est inacceptable.

Les institutions démocratiques et les intellectuels progressistes turcs qui respectent les Droits de l'Homme ne doivent pas accepter cette situation. Nous devons mener une action contre la dénégation du génocide afin que la haine cesse contre les peuples victimes. Il est de notre devoir humanitaire de partager le 24 avril et le 19 mai la douleur des peuples victimes et de déposer aux monuments représentant leurs charniers une couronne afin d'exprimer notre tristesse et notre honte. Ce geste ne doit pas seulement servir à apaiser notre conscience, mais doit être un signal adressé à l'humanité tout entière afin que de tels génocides ne se reproduisent plus jamais.

Nos pensées vont, avec respect, aux pertes douloureuses des peuples et à leur combat pour des valeurs positives. Nous croyons que les forces progressistes et révolutionnaires de notre pays devraient donner au 24 avril la même importance qu'ils donnent au 30 mars, au 6 et 18 mai ou aux 15/16 juin. Nous pensons qu'ils devraient donner une toute autre valeur à des jours comme le 19 mai, Fête de la Jeunesse et des Sports, qui n'est rien d'autre que la légitimation du génocide et de l'épuration ethnique.

C'est pour cette raison que nous appelons ce 24 avril à une veillée du souvenir d'un jour à l'occasion du 89ème anniversaire du génocide. Pour le 90ème anniversaire du génocide des Arméniens et des Assyriens, le 24 avril 2005, nous invitons à déposer ensemble une couronne devant le monument du génocide dans la capitale arménienne Erevan, ainsi que devant la stèle commémorative des victimes assyriennes dans le village d'Asni (République arménienne) afin de commémorer les victimes et de partager la douleur des peuples arméniens et syro-araméens (assyriens).

Nous aimerions, en tant que membres du comité contre les génocides, partager notre expérience quinquennale avec vous. Nous considérons comme un devoir humain honorable de nous impliquer à ces fins avec tous nos moyens.

A propos des détails d'organisation de la veille au souvenir, notre organisation se mettra en rapport avec vous dans les prochains jours.

Au nom de l'Association contre les Génocides
Ali Ertem I. Bülent Gül
Cet appel est soutenu par les personnalités suivantes :
Yelda Özcan (écrivain, journaliste)
Hülya Engin (spécialiste des Droits de l'Homme)
Dogan Akhanli (écrivain, traducteur)
Association des Adversaires du Génocide e.VV. Frankfort s/Main
Contact : Ali Ertem tel et fax 0049 695970813
E.mail : genozidgegner@hotmail.com
(Pour la traduction française : Yevrobatsi.org)

Politique intérieure/Interior Politics

Le président turc s'oppose à la réforme controversée de l'éducation

En opposant vendredi son veto à quatre articles d'une loi sur la réforme de l'éducation, le président turc Ahmet Necdet Sezer entend faire respecter le principe constitutionnel de laïcité à un gouvernement soupçonné par ses détracteurs de n'avoir pas renoncé à son idéologie islamiste.

La loi, votée le 13 mai par les députés du Parti de la justice et du développement (AKP), issu de la mouvance islamiste, facilite l'accès des élèves des lycées religieux, jusque là cantonnés aux études théologiques, à toutes les filières universitaires.

Pour les défenseurs de la laïcité, elle permet surtout à de potentiels militants islamistes de postuler, diplômes universitaires en main, à tous les emplois de la fonction publique et d'"infiltrer" leur idéologie au sein de l'administration.

M. Sezer, qui s'est déjà opposé à plusieurs reprises au gouvernement sur des questions religieuses, a détaillé dans un document de 19 pages les motifs de sa décision, affirmant notamment que les articles contestés avaient pour but d'encourager les jeunes à s'inscrire dans les écoles religieuses.

"De fait, le nombre d'étudiants inscrits dans ces écoles est déjà excessif aujourd'hui", a-t-il déclaré.

Selon le président, "autoriser les diplômés des lycées religieux à bénéficier des mêmes droits que les diplômés de l'enseignement général est contraire (...) au principe de laïcité". En outre, "une loi qui (...) va à l'encontre des objectifs et de la raison d'être de l'Etat (...) a des impacts négatifs sur la conscience de la société".

La décision de M. Sezer a été saluée par Deniz Baykal, président du Parti républicain du peuple (CHP, centre-gauche), l'unique formation d'opposition représentée au Parlement turc.

"Que le président renvoie (devant le Parlement) une loi inconstitutionnelle, qui crée des tensions au sein de la société, exacerbe les polarisations et accroît les problèmes est tout naturel", a déclaré M. Baykal, cité par l'agence Anatolie.

Le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan s'est refusé à tout commentaire.

L'actuel système empêche de facto, par un savant jeu de coefficients, l'entrée des élèves issus des lycées religieux, placés dans la catégorie des établissements professionnels, dans des facultés autres que celles de théologie.

Il confine ainsi leur avenir professionnel à l'exercice de fonctions cultuelles.

Les lycées religieux sont considérés par les défenseurs de la laïcité --notamment l'armée-- comme des "pépinières" de militants islamistes.

Début mai, l'état-major a exprimé son opposition à la réforme du statut des lycées religieux en estimant qu'elle pourrait créer de "sérieux problèmes".

De nombreux cadres des universités ont vilipendé le projet et les recteurs ont menacé de démissionner collectivement.

M. Erdogan, qui affirme avoir renoncé à son engagement islamiste et se présente comme un "musulman-démocrate", a défendu sa réforme au nom du droit des diplômés des lycées religieux à l'égalité des chances.

Si le Parlement adopte une nouvelle fois les articles incriminés sans y apporter de modifications, M. Sezer sera contraint de les ratifier, mais aura la possibilité de déposer un recours devant la Cour constitutionnelle.

S'ils sont modifiés, le président recouvrera son droit de veto.

La première hypothèse semble cependant la plus vraisemblable. "L'Assemblée a déjà exprimé sa volonté. Je suppose qu'elle maintiendra cette volonté", a déclaré Haluk Ipek, vice-président du groupe AKP au Parlement. (AFP, 28 mai 2004)

Le président turc ratifie des réformes demandées par l'Union européenne

Le président turc Ahmet Necdet Sezer a ratifié vendredi une série d'amendements constitutionnels destinés à rapprocher le droit turc des standards européens, a annoncé la présidence.

L'un des principaux changements dans cette série de dix modifications supprime les tribunaux spéciaux qui jugent les personnes accusées de terrorisme, une suppression demandée par l'Union européenne et les organisations de défense des droits de l'homme.

Ces réformes donnent aussi la préférence aux traités internationaux lorsque ceux-ci sont en contradiction avec la loi turque, suppriment toute référence dans la Constitution à la peine de mort, déjà abolie, et limitent le rôle de l'armée dans la vie civile et politique.

Ces amendements, votés au début du mois par le parlement, ont été accueillis favorablement par l'Union européenne, qui doit évaluer en décembre prochain le processus de démocratisation du pays, pour d'éventuelles négociations d'entrée dans l'UE. (AFP, 21 mai 2004)

30 CHP deputies call for extraordinary congress

Thirty parliamentary deputies from the chief opposition Republican People's Party (CHP) on Tuesday called for the convening of an extraordinary party congress. The deputies criticized the party leadership and called for amendments in party regulations to make membership more inclusive. They said, "No matter what happens, we will continue to make our voices heard in accordance with party unity."

The 30 deputies, speaking at a press conference in Parliament, gave a briefing about their movement called "Progression Towards Government." The youngest deputy in the group, Mehmet Kirklareli from Kesimoglu, read a three-page declaration.

The deputies who signed the declaration were Atilla Basoglu (Adana), Ziya Yergok (Adana), Mustafa Sayar (Amasya), Ismail Degerli (Ankara), Yakup Kepenek (Ankara), Muzaffer Kurtulmusoglu (Ankara), Mehmet Tomanbay (Ankara), Feridun Ayvazoglu (Corum), Mustafa Gazalci (Denizli), Nejat Gencan (Edirne), Zuheyr Amber (Hatay), Hasan Aydyn (Istanbul), Ahmet Guryuz Ketenci (Istanbul), Kemal Kylycdaroglu (Istanbul), Berhan Simsek (Istanbul), Hakky Akalin (Izmir), Muharrem Toprak (Izmir), Hakky Ulku (Izmir), Mehmet Kesimoglu (Kirklareli), Ferit Mevlut Aslanoglu (Malatya), Muharrem Kilic (Malatya), Ersoy Bulut (Mersin), Huseyin Ozcan (Mersin), Nurettin Sozen (Sivas), Mehmet Vedat Melik (Urfa), Turan Tuysuz (Urfa), Erdogan Kaplan (Tekirdag), Mehmet Nuri Saygun (Tekirdag), Hasan Guyuldar (Tunceli) and Muharrem Ince (Yalova).

The deputies said they were to begin collecting the signatures of 651 party delegates, which were necessary for the convening of the emergency party congress, adding that they would be handing over the signatures to the party leadership within 15 days.

In reply to a question, the deputies said they had no links with the CHP deputy Kemal Dervis. They said education, science and technology, social protection, strategic sectors and communications infrastructure should be based on equal opportunities, adding that expansion of freedoms and privatization would be done in a way that would benefit economic development, and in line with Turkey's membership process to the European Union.

They said they wanted universal values supported by social-democrat parties to dominate the country so as to lessen the damage associated with globalization, adding that they also wanted to increase production opportunities.

The declaration also said that the CHP was not ruled properly or efficiently due to the structure and the attitude of the leadership. (Turkish Daily News, May 19, 2004)

Le parlement turc adopte des amendements à la Constitution

Le parlement turc a adopté vendredi une série d'amendements à la Constitution devant permettre à la Turquie de se conformer aux normes démocratiques européennes et d'augmenter ses chances d'obtenir un feu vert à l'ouverture de négociations d'adhésion à l'Union européenne.

Sur les 471 députés présents, 457 ont voté en faveur des amendements, a indiqué le vice-président du parlement Nevzat Pakdil. Huit ont voté contre, un s'est abstenu et cinq ont voté blanc.

L'un des dix amendements adoptés porte sur la suppression des cours de sécurité d'Etat, des tribunaux spécialisés qui jugeaient notamment les personnes accusées de terrorisme et qui ont été critiqués par l'UE et les défenseurs des droits de l'homme.

Un autre amendement efface toute référence à la peine de mort dans la loi fondamentale tandis qu'un autre proclame que "les hommes et les femmes ont des droits égaux". Le parlement turc avait déjà aboli la peine de mort.

La Constitution amendée donne également aux traités internationaux la prééminence sur la loi nationale, une modification qui a été critiquée par les eurosceptiques selon lesquels la Turquie risque de perdre ainsi une partie de sa souveraineté au profit de l'UE en cas d'adhésion.

Cette série d'amendement a été soutenue à la fois par le parti de la Justice et du Développement (AKP), au pouvoir, et par l'opposition social-démocrate du parti Républicain du peuple (CHP).

Il s'agit de la neuvième modification de la Constitution turque, datant de 1982 et rédigée sous l'emprise des militaires qui avaient renversé le gouvernement deux ans auparavant.

Le ministre turc de la Justice Cemil Cicek a souligné que d'autres amendements seront nécessaires pour moderniser la Constitution.

"Nous devrons amender la Loi fondamentale une dixième fois", a-t-il plaidé devant les députés après le vote. "Depuis 1982, le monde a changé, la Turquie a changé, les circonstances ont changé et les priorités aussi", a-t-il dit.

La Turquie, candidate depuis 1999 à l'adhésion à l'UE, réclame l'ouverture de négociations dès le début de l'année prochaine, affirmant avoir rempli la plupart des critères de conformité aux normes démocratiques européennes.

Les dirigeants de l'UE doivent décider en décembre prochain de l'opportunité d'ouvrir ou non des négociations d'adhésion avec Ankara en fonction de ses avancées démocratiques.

Bruxelles salue le vote du parlement turc et encourage Ankara à continuer

La Commission européenne a "salué" vendredi le vote par le Parlement turc d'une série d'amendements à la Constitution devant permettre au pays de se conformer aux normes démocratiques européennes, et encouragé Ankara à poursuivre dans la voie des réformes.

Ce vote "montre une fois de plus l'engagement fort de la Turquie à des réformes politiques et marque une nouvelle étape sur la voie du respect des critères politiques de Copenhague", a estimé Jean-Christophe Filori, porte-parole du commissaire européen à l'Elargissement Guenter Verheugen.

"Certains changements sont particulièrement importants", a-t-il souligné, citant notamment la suppression des cours de sécurité d'Etat, des tribunaux spécialisés qui jugeaient notamment les personnes accusées de terrorisme et qui ont été critiqués par les Européens et les défenseurs des droits de l'Homme.

"Pour la période à venir, la Commission appelle la Turquie à s'atteler à toutes les questions en suspens au regard des critères politiques de Copenhague et à assurer une mise en oeuvre complète et efficace des réformes", a ajouté M. Filori.

Il a indiqué que la Commission ferait le point avec les dirigeants turcs lors de la prochaine réunion du Conseil d'association UE-Turquie le 18 mai prochain, en marge du Conseil des ministres européens des Affaires étrangères.

L'ouverture de négociations d'adhésion de la Turquie d'Ankara à l'UE est l'un des principaux dossiers chauds européens des mois à venir. Les dirigeants de l'Union doivent décider en décembre prochain de fixer ou non une date pour l'ouverture de ces pourparlers réclamés avec insistance par Ankara.

Les chefs d'Etat et de gouvernement doivent se prononcer sur la foi d'un rapport de la Commission européenne attendu en octobre prochain. (AFP, 7 mai 2004)
 

Forces armées/Armed Forces

General Staff Blocks US Intelligence in Turkey

Turkey is taking action against intelligence operations being carried out by American soldiers from the Air Force Office of Special Inquiry (AFOSI) in various regions of Turkey.

In a written statement to the Interior Ministry, the General Staff indicated that early this year, "An AFOSI employee charged into Adana Incirlik base and made a call in Giresun without any official permission and this does not coordinate with his charged status."

It was determined that American AFOSI soldiers have charged into military institutions in Ankara, Istanbul, Izmir and Adana.

Moreover, it was determined that similar events in other regions have caused a severe reaction at the General Staff Presidency.

At the demands of the General Staff, the Interior Ministry Undersecretary Deputy, Sebati Buyuran, on Sunday took action to prevent such events from happening in the future by sending a written statement to 81 city governorships. (Zaman, May 24, 2004)

Birant: "If Turkey becomes an EU member, the Turkish Army's role will be more important!"

By December 2004 the European Union (EU) is expected to reach a decision on whether to extend a firm date to Turkey on which to start the full-membership talks. Relationg to the discussion on the pros and cons of Turkey's membership, journalist Mehmet Ali Birand published in the daily Hürriyet a list of reasons "why Turkey's membership makes sense not only for Turkey but for the EU as well."

Birant claims that, if Turkey becomes an EU member, the Turkish Armed Forces will play a very important role both through NATO and the United States and as a part of the European Security and Defense Initiative (i.e. The European Army). TAF will become an important component of the European Army.

Among others, Birant adds:

-- Turkish Armed Forces will play a very important role both through NATO and the United States and as a part of the European Security and Defense Initiative (i.e. The European Army). TAF will become an important component of the European Army.

-- Since she will participate in the EU decision making organs, Turkey will play a role in the formation of European policies. Such a Turkey will have more weight in the Middle East, Central Asia and South East Asia. She will have a very privileged place within the Islamic world.

-- In the years ahead, most of world's conflicts will take place in the Iraq, Middle East and the Caucasus regions. For the EU which wants to increase her strategic weight in these regions and become a more decisive player, there cannot be an ally more important and effective than Turkey. An EU-full-member Turkey, with her armed forces and geographic location, will contribute immensely to EU's role in such conflicts.

-- EU will enjoy new guarantees on her energy sources. The Caspian Sea basin is home to one the world's largest proven oil and natural gas reserves. After the completion of the Baku (Azerbaijan)-Ceyhan (Turkey) oil pipeline, Turkey will guarantee the EU meet her energy needs in a more consistent way.

-- Within 25 years, Turkey is expected to reach a population of 85 million and an income per capita of $10,000. Such a large, dynamic, purchasing-power-on-the-rise and young Turkey will become a very important market for the EU.

-- The population of the EU is progressively getting old. Within the next 20-25 years, EU will have an even older demographics. In contrast, Turkey's young population will meet EU's manual labor demand. In addition to this, when Turkey become a full-member, the majority of the first and second generation (aging) Turks who are now living in Europe will return to Turkey (since they can enjoy the same EU rights and privileges back at home) and will leave their place to a younger population.

-- EU is running out of land to establish new large factories and integrated industrial sites to boost the EU economy. Especially in Central Europe, such congestion and land scarcity is reaching crucial dimensions. Turkey, however, still has plenty of large open spaces that will be available for the use of both the EU industry and the EU armed forces (for training and joint exercises). (turkishpress.com, May  23, 2004)

The Turkish Army threatens to keep its units in Iraqi Kurdistan

The Turkish Army has once more raised its voice on political affairs at a symposium in Istanbul on Thursday on "Regions of Crisis from the Perspective of Turkey, NATO and European Union (EU) and Their Impacts on Turkey's Security" organized by  General Staff Department of Military History and Strategical Studiesin Istanbul on Thursday, and announced that Turkish units will stay in the Kurdish part of Iraq "as long as presence of the terrorist organization in northern Iraq continues".

Speaking at this symposium, General Staff Deputy Chief General Ilker Basbug has said, "the whole world has realized that terrorism is the most serious threat against peace and security in our age.Separatist terrorism has still been posing threat both in Turkey and abroad. Therefore, TSK has been maintaining its presence in northern part of Iraq. In line with Turkey's security requirements, TSK units will stay in the region as long as presence of the terrorist organization in northern Iraq continues. It has been observed that the United States could not stage an active and apparent activity against such terrorist elements so far."

General Basbug added, "I hope that NATO Summit to be held in Istanbul in June will play a historic role to this end. Turkey fulfils its responsibilities to find solutions to those problems in co-operation in line with Great Leader Mustafa Kemal Ataturk's principle 'peace at home, peace in the world'. We should remember that global peace and security will be provided either in the whole world or nowhere."

Asked whether use of the Incirlik airbase by the United States was in question within content of several military requests of the United States from Turkey, Basbug said, "there is a DECA between Turkey and the United States. So use of Incirlik can be in question only under the DECA which is currently in effect."

"We received several requests from the United States for several issues. We have been working on them. Among these requests, we mutually discuss the matters under DECA and there is not any problem about the matters that this agreement includes if the other side desires use of airbase under DECA. Planes to be at Incirlik under DECA are used only on training purpose. There is NATO umbrella," he said.

Asked whether Incirlik airbase would be used for Iraq, Basbug said, "Iraq is a separate issue which is totally outside DECA. Discussions on requests have been continuing and we can't say they have reached final stage. However, if they want to implement requests under DECA, those requests are met under it. Requests outside DECA constitute a completely different issue. They are matters that need decision and approval of even political will and parliament. DECA is an issue that covers training activities that the United States accepts under NATO."

When a reporter said, "it is mentioned that the United States has demands related to the Black Sea outside DECA, Basbug said, "it would be wrong to comment on it at the time being. Talks are actually about to finish. We will convey our formal opinion to authorities."

Basbug added that there was no need to get parliament's approval regarding DECA.

Sending a message to the symposium, Turkish General Staff Chief General Hilmi Ozkok has said, "when we examine regions of crisis in which stability could not be provided, we see that Turkey is located in close proximity to those regions. Turkey has a quite significant position. Turkey's position and proximity to those regions constitute a significant chance for the international society."

"A common approach and co-operation between the United States and Europe are required to find long-term, valid and lasting solutions to Israeli-Palestinian dispute, Iraq and Afghanistan under efforts to maintain international fight against terrorism in an effective way," he said.  (Anadolu Agency, May 27, 2004)

Book on parliamentary control of armed forces launched in Turkey

A Turkish version of the "Parliamentary Oversight of the Security Sector" was launched in Ankara. The book, prepared by the Geneva-based Center for the Democratic Control of the Armed Forces (DCAF) and the Inter-Parliamentary Union (IPB), was translated into Turkish by the Turkish Foundation for Economic and Social Studies (TESEV).

The English version of the book was first launched in 2003 in Chile and the book has been translated into 20 other languages since then. It is aimed at providing a guide that would offer a comprehensive set of practices and mechanisms which might shape parliaments' contribution to oversee the highly-technical security sector.

The Swiss Embassy in Ankara, in cooperation with the DCAF, held the launching ceremony of the Turkish version of the book called "Guvenlik Sektorunun Parlamenter Gozetimi," on Thursday night.

Defense Minister Vecdi Gonul, as well as the ambassadors of Britain, Denmark, Bosnia-Herzegovina, the Netherlands, Portugal, Austria, Lithuania, Serbia-Montenegro and Croatia attended the ceremony.

On Friday, TESEV hosted a conference promoting the book in Ankara's Sheraton Hotel. Parliament's Foreign Relations Committee Chairman Mehmet Dulger and former Defense Minister of the Netherlands Williem F. van Eekelen were among those who addressed the conference. (Turkish Daily News, May 21, 2004)

Turkish Defense Strategy Prioritizes Local Production

After canceling a US$10 billion defense bid, new steps to be taken on this issue are becoming clear. According to the new strategy, the Defense Industry Undersecretary will focus on domestic design and production. With preference for inland products for strategic fields, Defense Industry Undersecretary, Murad Bayar, said as an example, "We can design and produce un-manned aircraft on our own."

In response to potential criticism for the canceling of modern tank and helicopter bids, Bayar said the decision would not be referred to as a 'u turn' by the defense industry.

Bayar said they left new model tank production to time, "We plan Turkey's new tank for the years after 2010's." Bayar stressed that they would invite formerly eliminated companies for the new helicopter bids. He noted that tanks could be produced either or with cooperation of other countries.

Bayar said joint production on tanks could be conducted with countries that are equal to Turkey in the defense industry like Pakistan and South Korea.

He said they would first develop a prototype for the tank and then open bids for the order and production phase. Bayar said they would place importance on integration like shooting control systems and arms systems rather than on the tank body. Bayar said that some local firms will be dealing with design while others will work on production.

If the Turkish Armed Forces (TSK) needs tanks before the new tanks are produced, it can purchase used tanks from Eastern Block countries. Bayar said the TSK will decide on that.

"Turkey will not produce war helicopters, we will purchase them from abroad," Bayar said. "The important systems on helicopters and planes are electronic flight and arms systems. Their platforms can stand for 30-40 years and nothing happens. However, the technology of electronic systems changes every five or six years. If you do not integrate the flight and arms systems with computer coordination, then you do not have the key and will thus be bound to those who sold it and they impose some restrictions. In the new bids, we will say, "OK I will purchase the helicopter, but I will integrate the critical systems on it." (Zaman, May 21, 2004)

Turkish Army Set To Produce Injuring Shells

The Chairman of Mechanical and Chemical Industry Foundation (MKEK), Mehmet Baspžnar announced that they produced not fatal but wounding shells and handed them to the Turkish Armed Forces by virtue of the concept change of NATO.

"In the past, there were 7.62 mm deadly infantry rifles. It was a controversial issue. Later on NATO countries started to use 5.56 mm infantry rifles. These are not fatal. MKEK has produced 5.56 for 4 years and given to the Gendarme and Ground Forces", said Baspžnar.

Baspžnar said, "When a general staff commander of a country comes to a visit to our commander, first he presents his defense industry, then markets the tanks and helicopters which they produced. This approach also occurs in our command positions." (Hürriyet, May 18, 2004)

Kozanoglu: "AKP and the General Staff aren't Democratic"

Associate Professor Doctor Hayri Kozanoglu from the Marmara University said the Higher Education Board (YOK) should be completely abolished. Kozanoglu is also the head of the left-wing Freedom and Solidarity Party (ODP).

"We are generally against YOK and regulations concerning YOK," said Kozanoglu. "YOK harbors the pressure and cruelty of the September 12 period and we want it to be abolished. The university system should be completely restructured."

"Universities should be independent of religion, state or capital," said Kozanoglu, who talked about the discussions about the new YOK law. "Universities should be formed of academics, students and employees."

Kozanoglu said YOK should be abolished and the university system should be planned by a higher board comprising university components." The higher board should determine how many students from which vocational schools to which departments the university would admit. There should be such a link between higher education and the higher board," he said.

"Religious high schools should accept students according to the need for imams and preachers," said Kozanoglu.

Kozanoglu objected to the idea of granting privilege to graduates of religious and vocational high schools. Nevertheless, Kozanoglu said students who are successful in university exams should be able to study in a field other than their own.

"Everyone has the right to change the path of their lives at any point," said Kozanoglu. "If a students, who studied at a religious high school with his or her family's force, should not be prevented if he or she would like to study medicine."

Kozanoglu criticized the governing Justice and Development Party (AKP) and the General Staff for not being democratic. He said the Education Staffers Association "missed the basics of the issue." Kozanoglu said:

* AKP's attempt to amend the education system without any regulation on YOK's presence is a political move. The fact that university components did not discuss the issue and the parliament passed it with a 35 percent majority is not democratic.

* Criticizing AKP for not stepping back after the statement by the General Staff is also against our understanding of democracy.

* I don't like the fact that the education bill led to a debate on secularism. (Burcin Belge, BIA News Center, May 14, 2004)

Ankara annule trois importants appels d'offres pour la Défense

La Turquie a annoncé vendredi l'annulation de trois appels d'offres d'un montant de plusieurs milliards de dollars pour des chars, des hélicoptères et des avions sans pilote destinés à la Défense, ces armements devant être produits par l'industrie nationale turque.

Cette décision a été annoncée après une réunion du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, du ministre de la Défense Vecdi Gonul, du chef de l'armée turque, le général Hilmi Ozkok, et de responsables de l'industrie nationale des armements.

"Il a été décidé de répondre aux besoins des forces armées turques par de nouveaux modèles basés sur la production intérieure et des projets originaux, en recourant un maximum aux ressources nationales", dit un communiqué officiel diffusé par l'agence de presse Anatolie, sans autre explication de l'annulation des appels d'offres.

Le communiqué a précisé que les sociétés turques, ainsi que les partenariats entre ces sociétés et des sociétés étrangères, seraient encouragés à prendre part à ces projets.

Le communiqué ne fournit pas de précisions supplémentaires mais, selon Anatolie, les appels d'offres atteignaient un total de 11 milliards de dollars.

L'un des appels d'offre, d'une valeur de 5 milliards de dollars concernait la production de 1000 chars d'assaut et quatre pays - l'Allemagne, la France, les USA et l'Ukraine - y avaient soumissionné.

Le deuxième appel d'offre concernait l'achat de 145 hélicoptères d'attaque, également pour 5 milliards de dollars.

En juillet 2000, la Turquie avait présélectionné pour cet appel d'offre la compagnie américaine Bell Helicopter Textron et un consortium formé de la société russe Kamov et de la société israélienne Israeli Aircraft Industries (IAI).

Le troisième appel d'offre, d'une valeur de 1 milliard de dollars, concernait la production en Turquie de neuf avions sans pilote. (AFP, 14 mai 2004)

L'Armée turque intensifie sa pression sur le gouvernement

Un haut responsable de l'armée turque a appelé le gouvernement issu de la mouvance islamiste à prendre en compte l'opposition de l'armée à une réforme très controversé qui favorise les écoles religieuses et qui a provoqué une crise politique en Turquie, pays musulman au régime laïque.

"Je pense que les évaluations (de l'armée) doivent être prises en compte. J'espère que le gouvernement en fera ainsi", a déclaré mardi soir à Istanbul le commandant de la 1ère armée (nord-ouest), le général Yasar Buyukanit, cité par l'agence Anatolie.

"Il y a de très sérieuses observations dans le communiqué de l'Etat-major. Il faut les lire très attentivement", a dit le général à la presse qui assistait à une exposition d'oeuvres d'art.

Malgré cette pression, le parlement turc a commencé mercredi à débattre d'un projet de loi très controversé soumis par le gouvernement, issu de la mouvance islamiste, favorisant les écoles religieuses mais qui est dénoncé par les  pro-laïcs, dont l'armée, qui y voient une menace pour le système laïque.

Le projet du gouvernement du parti de la Justice et du Développement (AKP) vise notamment à permettre aux diplômés des lycées professionnels de s'orienter vers n'importe quel établissement universitaire.

Il permettrait ainsi aux étudiants issus des lycées religieux (imam hatip) d'avoir accès aux universités de leur choix en jouant sur des coefficients aux examens d'entrée aux universités.

L'actuel système d'entrée dans les universités bannit l'accès des élèves de ces écoles à l'enseignement supérieur, en dehors des facultés de théologie.

Les lycées religieux sont considérés comme des "pépinières" pour les militants de l'islamisme en Turquie, unique membre musulman de l'Otan et candidate à l'intégration à l'Union européenne.

Pour le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, lui-même un ancien élève d'une imam hatip, ce projet qu'il défend fait partie des promesses électorales faites par son parti AKP avant les législatives de 2002 qui l'ont hissé au pouvoir avec une majorité absolue au parlement.

Pour l'ensemble des cadres universitaires le projet porte atteinte aux principes laïcs de la République. Plusieurs recteurs ont menacé de démissionner s'il était adopté.

L'opposition social-démocrate du parlement (CHP) est également très critique envers la disposition projet qui doit être adoptée sans problème.

Mais le président de la République Ahmet Necdet Sezer devrait le rejeter.

L'AKP pourrait alors le faire voter de nouveau et le renvoyer au président qui cette fois n'aura pas le droit de s'y opposer selon la constitution. M. Sezer pourra encore saisir la Cour constitutionnelle pour demander son annulation. (AFP, 12 mai 2004)

Turkish Land Forces Commander praised Denktash in Cyprus

Turkish Land Forces commander Gen. Aytac Yalman said the twin referenda on Cyprus had revealed that it was not the Turkish side who was responsible for the lack of a solution on the island.

Yalman was speaking after his arrival at Ercan Airport in the Turkish Republic of Northen Cyprus (KKTC), where he was to visit the Turkish forces based on the island.

"The Turkish Armed Forces will continue as before to stand alongside the Turkish Cypriot people and especially KKTC President Rauf Denktas, who is an eminent and leading statesman," said Yalman.

Yalman said that after the strong Greek Cypriot rejection of a U.N. reunification plan, the prospects of finding a settlement in the Cyprus dispute on the basis of this plan had been totally eliminated.

"Turkey and the Turkish Cypriots recently showed their good will towards a settlement on the island. Now it's the Greek side that has to exert efforts and demonstrate its will for a solution," said Yalman.

The general also called on the international community to act in line with things they had said prior to the referenda and to take measures that would ease the situation of the Turkish Cypriots, eliminating the embargoes on the KKTC, which had displayed a constructive attitude vis-a-vis a solution of the problem.

"The latest situation on the island shows us once again that a solution to the Cyprus question depends on the KKTC's status being equalized with that of the Greek side," Yalman added.

A U.N.-brokered reunification plan was defeated in late April due to a strong rejection from the Greek Cypriots, although the Turkish side voted overwhelmingly in favor of the plan.

Yalman also noted that from now on Cyprus could not be referred to by EU officials as an obstacle standing in the way of Turkey's European Union membership bid after Turkey had expended such effort and good will to find a solution.

Yalman, who was received by Denktas after his address at Ercan Airport, praised the KKTC president, saying, "I want to express my feelings of esteem for Denktas for his historic figure and for the contributions he has made, especially over the past year, to this national cause."

He said Turkey being a guarantor for the KKTC was meaningful for both Turkey and the Turkish Cypriots, adding that Turkey would do its best with the latest situation on the island to protect the security and peace of the Turkish Cypriots as well as the interests and rights of Turkey.

"We love you," he said to Denktas.

Denktas in return said that they felt secure thanks to the Turkish soldiers on the island, adding, "We pray that this trust does not disappear."

He also said the fact that 65 percent of Turkish Cypriots voted in favor of reunification did not mean that they don't support their own state. "Among this 65 percent, the majority voted 'yes' for the plan because they were told that if they did, Turkish Cyprus would be recognized."

Denktas had waged a strong "no-to-the-U.N. plan" campaign both in Turkey and in Turkish Cyprus and called on the public not to vote in favor of the plan. (Turkish Daily News, May 12, 2004)

Affaires religieuses / Religious Affairs

Metin Kaplan, "le Calife de Cologne", s'est présenté à la police

L'islamiste turc Metin Kaplan, dit le "Calife de Cologne", qui fait l'objet d'une procédure d'expulsion vers la Turquie, s'est présenté lundi à la police qui le recherchait depuis mercredi, a déclaré un porte-parole de la police.

L'homme de 51 ans est arrivé vers 01H00 du matin dans un commissariat de police du quartier de Chorweiler à Cologne, selon cette source, qui a ajouté que Kaplan devait se rendre mardi à l'office des étrangers à Cologne.

Metin Kaplan, accusé d'avoir voulu commettre un attentat en Turquie en 1998, avait disparu depuis mercredi, jour où la justice avait autorisé son expulsion vers Ankara tant attendue par le gouvernement allemand.

La police de Cologne avait annoncé l'interruption des recherches après la levée jeudi soir du mandat d'arrêt : le tribunal administratif de Cologne, saisi par l'avocate de M. Kaplan, avait jugé en référé que l'islamiste ne pouvait être expulsé avant deux mois. C'est-à-dire en attendant que l'arrêt de la Cour administrative d'appel de Muenster (ouest) qui a autorisé mercredi son expulsion soit exécutoire.

Le lendemain, l'avocate affirmait que son client se trouvait toujours à Cologne (ouest de l'Allemagne).

Kaplan est accusé en Turquie d'avoir voulu commettre un attentat à l'explosif contre le mausolée de Mustafa Kemal Ataturk, le fondateur de la Turquie moderne et laïque, à Ankara le 29 octobre 1998. Son organisation, Hilafet Devleti, interdite depuis la fin 2001 en Allemagne, avait pour objectif de renverser l'Etat laïc turc.

Kaplan a purgé en Allemagne de 1999 à 2003 une peine de quatre ans de prison pour avoir lancé un appel au meurtre d'un rival.

Le 19 mai, il s'est vu retirer son titre de séjour et doit depuis se présenter régulièrement à la police. (AFP, 31 mai 2004)

Attentats d'Istanbul: les juges décident qu'ils ne sont pas compétents

Les juges d'une Cour de sûreté de l'Etat turque ont estimé lundi qu'ils n'étaient pas compétents pour instruire le procès de 69 personnes inculpées dans le cadre d'attentats meurtriers à Istanbul en raison d'une récentes réforme législative supprimant ce type de tribunal.

Les magistrats ont accédé aux demandes des avocats de la défense, qui ont refusé de plaider devant un tribunal aboli depuis le vote d'une réforme constitutionnelle début mai.

Le procureur, Mustafa Erol, a lui-même recommandé à la Cour de suspendre le procès.

"Il ne faut pas procéder à la lecture de l'acte d'accusation et à l'audition des accusés avant qu'une loi établisse vers quel tribunal seront transférées les affaires relevant des anciennes Cours de sûreté de l'Etat", a-t-il affirmé.

Les juges poursuivront néanmoins le suivi administratif du procès en vérifiant notamment l'identité des accusés avant de geler la procédure vendredi, a indiqué à l'AFP Hasip Kaplan, avocat de la partie civile.

L'institution des Cours de sûreté de l'Etat (DGM), chargée d'instruire les procès relatifs aux actes de terrorisme, a été supprimée de la Constitution début mai pour répondre aux critères d'adhésion à l'Union européenne, mais les lois d'application de cette réforme n'ont pas encore été votées par le Parlement, plaçant les magistrats dans l'embarras.

Les instigateurs et complices présumés des attentats des 15 et 20 novembre, qui avaient visé deux synagogues, le Consulat de Grande-Bretagne et le siège turc de la banque britannique HSBC, faisant au total 63 morts et des centaines de blessés, devront donc attendre la désignation d'un tribunal compétent pour être jugés, un processus qui pourrait prendre plusieurs semaines.

D'ici là, les 50 accusés placés en détention provisoire resteront incarcérés, selon l'avocat de la défense Ilhami Sayan.

Les quatre auteurs des attentats sont morts dans l'explosion de leurs camionnettes piégées.

Lors de l'audience, les juges ont évoqué des rapports d'enquête qui attribuent les attentats à une cellule turque du réseau terroriste Al-Qaïda.

Seuls 12 des 69 inculpés ont comparu lundi devant la DGM, la Cour ayant, en raison de leur nombre, décidé d'entendre les accusés par petits groupes. Cette décision a été contestée par les avocats au nom du respect des droits de la défense.

"Selon la loi, tous les accusés doivent être entendus en même temps (...), faute de quoi, les 60 accusés en attente ne pourrons pas écouter ce que disent les 10 présentés au juge", a déclaré Osman Karahan, avocat de neuf prévenus.

Les avocats de la partie civile ont pour leur part déploré les conditions dans lesquelles se déroulait le procès.

"Nous parlons d'attentats qui ont fait des dizaines de morts, des centaines de blessés, et le procès a lieu aujourd'hui dans une salle de 100 mètres carrés", s'est insurgé Hasip Kaplan, qui a demandé une requalification de l'affaire en crime contre l'humanité et a suggéré qu'elle soit déférée devant le Tribunal pénal international.

Les 12 accusés présents lundi -parmi lesquels figuraient Yusuf Polat, Fevzi Yitik, Osman Eken, Adnan Ersoz et Harun Ilhan, soupçonnés d'avoir organisé les attentats et passibles d'une peine d'emprisonnement à perpétuité- se sont abstenus de tout commentaire et ont assisté dans le calme à cette première audience.

Selon l'acte d'accusation, les responsables de la cellule Al-Qaïda en Turquie, qui avaient prévu au départ d'attaquer la base aérienne d'Incirlik (sud) où étaient déployés des avions américains et britanniques, avaient du renoncer à leur projet en raison des importantes mesures de sécurité autour de la base.

Neuf suspects, dont Habib Aktas, le chef présumé de la cellule turque, ont pris la fuite après les attentats. (AFP, 31 mai 2004)

La police allemande cesse de rechercher l'islamiste dit "Calife de Cologne"

La police allemande a indiqué jeudi avoir cessé de rechercher l'islamiste turc Metin Kaplan, dit le "Calife de Cologne", après que la justice allemande eut décidé qu'il ne pouvait pas être expulsé vers la Turquie dans les deux prochains mois.

Le tribunal administratif de Cologne (ouest de l'Allemagne), saisi par une avocate de M. Kaplan, a jugé jeudi en référé que l'islamiste réclamé par Ankara ne pouvait pas être expulsé dans les deux prochains mois. Mercredi, la Cour administrative d'appel de Muenster (ouest) avait autorisé le principe de son expulsion.

Avec cette décision, le tribunal de Cologne veut empêcher que l'expulsion puisse avoir lieu avant que le Tribunal administratif fédéral se prononce éventuellement sur le cas si il est saisi.

"En conséquence nos opérations de recherche cessent", a indiqué un porte-parole de la police de Cologne, qui avait étendu son enquête à l'Europe.

Kaplan a été vu pour la dernière fois à son domicile de Cologne lundi, a précisé jeudi Klaus Steffenhagen, préfet de police de Cologne. Selon une radio allemande, l'homme se trouverait aux Pays-Bas, où il a de nombreux partisans.

Mais M. Steffenhagen n'a pas exclu que l'islamiste se trouve dans l'un des 206 appartements de son immeuble, dont il est impossible juridiquement de perquisitionner la totalité.

Réfugié en Allemagne depuis 1983, Kaplan, âgé de 51 ans, est accusé en Turquie d'avoir voulu commettre un attentat à l'explosif contre le mausolée de Mustafa Kemal Ataturk, le fondateur de la Turquie moderne et laïque, à Ankara le 29 octobre 1998. Son organisation, Hilafet Devleti, interdite depuis la fin 2001 en Allemagne, avait pour objectif de renverser l'Etat laïc turc.

Kaplan a purgé en Allemagne de 1999 à 2003 une peine de quatre ans de prison pour avoir lancé un appel au meurtre d'un rival.

Des dirigeants politiques allemands ont critiqué jeudi la disparition de l'islamiste, à un moment où les principales formations politiques du pays préparent ensemble un important projet de loi sur l'immigration, prévoyant justement de faciliter les expulsions d'étrangers présumés dangereux.

Le tribunal administratif de Cologne avait estimé en première instance en août 2003 que Metin Kaplan ne pouvait être expulsé vers la Turquie au motif qu'il risquait dans ce pays une procédure judiciaire non conforme aux principes de l'Etat de droit.

Mais, en deuxième instance, la Cour de Muenster a souligné mercredi qu'il n'y avait pas d'obstacles majeurs à l'expulsion de l'islamiste vers la Turquie, où il ne risque pas, "selon toute vraisemblance, la torture ou un traitement dégradant".

L'avocate de Kaplan, Ingeborg Naumann, a indiqué que son client envisageait de déposer un recours contre cette décision devant la Cour fédérale administrative, la plus haute juridiction administrative.

Elle a ajouté que l'islamiste ne s'était pas présenté à l'audience parce qu'il était soigné pour un cancer de la prostate, affirmant, certificats médicaux à l'appui, qu'il n'était pas en état de voyager. (AFP, 27 mai 2004)

Le responsable turc d'une mosquée de Paris renvoyé jeudi en Turquie

Le responsable turc d'une mosquée parisienne, Mihdat Guler, qui faisait l'objet d'un arrêté d'expulsion du ministre français de l'Intérieur du 30 mars 2004, a été renvoyé par vol régulier jeudi à destination de la Turquie, a annoncé le ministère de l'Intérieur dans un communiqué.

"Cette expulsion est motivée par la menace que représente l'intéressé pour l'ordre public. M. Guler est en effet responsable pour la France d'un mouvement extrémiste islamiste turc prônant le recours à la violence et au terrorisme connu sous le nom de Kaplan", ajoute le ministère.

Mihdat Guler a été interpellé le 1er mai et placé en rétention administrative par le préfet de Seine-et-Marne (région parisienne), dans l'attente de son expulsion. Cette mesure a été convertie en assignation à résidence par le tribunal de grande instance de Meaux (région parisienne). M. Guler avait demandé au tribunal administratif de Melun (région parisienne) de suspendre l'arrêté ministériel d'expulsion pris à son encontre, mais le tribunal a rejeté son recours le 19 mai.

M. Guler avait également demandé l'asile politique, mais sa demande avait été rejetée le 3 mai, selon le communiqué.

Le ministre de l'Intérieur Dominique de Villepin a récemment indiqué qu'il entendait poursuivre les expulsions d'imams intégristes. (AFP, 20 mai 2004)

Pas de titre de séjour pour le "Calife de Cologne"  en Allemagne

Un tribunal administratif de Cologne (ouest) a confirmé mercredi la décision de l'Etat régional de Rhénanie du nord-Westphalie de retirer son titre de séjour en Allemagne à l'islamiste turc Metin Kaplan, dit le "Calife de Cologne".

Cette décision intervient une semaine avant la décision du tribunal administratif régional qui jugera si Kaplan peut être expulsé vers la Turquie, où il est accusé d'avoir voulu commettre un attentat à l'explosif contre le Mausolée de Mustafa Kemal Ataturk, le fondateur de la Turquie moderne et laïque, à Ankara le 29 octobre 1998.

"Avec les récents développements en Turquie, il y a de bonnes chances que Kaplan puisse être expulsé dans un avenir proche", a commenté le ministre régional de l'Intérieur, Fritz Behrens.

En août 2003, la justice allemande avait retiré le statut de réfugié politique au "Calife de Cologne" -qui a purgé en Allemagne une peine de quatre ans de prison pour avoir lancé un appel au meurtre-, mais avait refusé son expulsion demandée par le gouvernement allemand.

Selon le tribunal, il existait des risques d'une procédure judiciaire dans ce pays non conforme aux principes de l'Etat de droit.

Les autorités allemandes soupçonnent l'organisation du "Calife", Hilafet Devleti, interdite fin 2001 en Allemagne, de continuer ses activités clandestinement depuis la Basse-Saxe (nord) et d'avoir planifié des attentats en Allemagne. (AFP, 19 mai 2004)

Disputes over YOK bill favoring religious schools continue

Parliament Speaker Bulent Arinc said on Friday that the Turkish Parliament had done its legislative duty and added that he hoped future developments would be in accordance with democratic principles.

Speaking on his return from Jordan, Arinc said he respected Higher Education Board (YOK) Chairman Erdogan Tezic, noting that he could not be a party to disputes between YOK and the government on the issue of the YOK bill.

In response to an earlier statement made by Tezic, Arinc said Parliament was the supreme legislative body, noting that while the Constitutional Court could decide that a law violated the Constitution, it could not amend it.

He said YOK was an important part of the education system, adding that there was no need to increase tension because Turkey respected the rule of law and that the control mechanisms in place would be taking care of everything.

The Turkish Parliament sent the controversial YOK bill to the presidential office on Thursday evening. President Ahmet Necdet Sezer has 15 days to assess the bill.

Meanwhile, YOK met on Friday, chaired by Tezic, who said they were going to discuss the technical aspects of university placement. He said the legal process of the YOK law was continuing, adding that they would be making announcements as developments began to unfold. He said he did not want to further confuse students who would be taking the university examination in June.

He said when the bill became law, it would be applicable to everyone. The bill removes all current members of the board and decreases the number of members from 22 to 16. Tezic also said their attitude would reflect the general attitude of the public.

In reaction to Arinc's statement, Tezic said the current Parliament had been formed as a result of the unfair election system and did not represent the people's will. He said Justice Minister Cemil Cicek's statement, "If there is a mistake, the judiciary will correct it," reflected his own attitude.

Meanwhile, many university rectors said they were very disappointed to see that the need for educational reform was limited to imam-hatip high schools by the government. Numerous student and academic associations staged rallies against the YOK bill.

Rectors and academics from eight universities in the Aegean region staged a silent protest on Friday, in reaction to the Higher Education Board (YOK) law passed by Parliament.

Aegean University Rector Professor Ulku Bayindir, speaking for all rectors and academics, said that the law violated the unity in education, and said they would not permit this to happen.

Opposition Republican People's Party (CHP) deputy from Denizli Mustafa Gazalci said on Friday that if the government overcame the president's veto by sending the bill back to him a second time without any change, a war would be waged in the Constitutional Court and other independent courts.

In a written statement, Gazalci said the bill passed by the Justice and Development Party (AK Party) -- by defying the Constitution, the education system and higher education -- would be a breaking point for the party.

He said Turkey would not allow some to abolish secular education or permit religious interference in universities. (Turkish Daily News, May 15, 2004)

Malgré une forte opposition, le parlement a adopté la loi favorisant les écoles religieuses

Le gouvernement turc issu de la mouvance islamiste a pris le risque de s'engager dans un bras de fer avec le président Ahmet Necdet Sezer en faisant voter au parlement un projet de loi controversé favorisant les écoles religieuses, vivement dénoncé par les milieux pro-laïques et l'armée.

L'opposition social-démocrate (CHP) au parlement a boycotté le vote qui s'est déroulé jeudi à l'issue de 18 heures de débats houleux, faisant passer une nuit blanche aux députés.

Le projet du gouvernement du parti de la Justice et du Développement (AKP) vise notamment à permettre aux diplômés des lycées professionnels de s'orienter vers n'importe quel établissement universitaire.

Il permettrait ainsi aux étudiants issus des lycées religieux (imam hatip) d'avoir accès aux universités de leur choix en jouant sur des coefficients aux examens d'entrée aux universités.

L'actuel système bannit l'accès des élèves de ces écoles à l'enseignement supérieur, en dehors des facultés de théologie. Il empêche surtout les étudiants formés dans ces écoles, suspectés d'islamisme, d'accéder aux postes de la fonction publique exigeant des diplômes universitaires.

La réforme vise également à réduire l'influence du Conseil de l'enseignement supérieur (YOK), institution qui soumet les universités à un contrôle strict.

Les lycées religieux sont considérés comme des pépinières pour les militants de l'islamisme en Turquie, unique membre musulman de l'Otan et candidate à l'intégration à l'Union européenne.

L'armée, qui se considère la garante de la laïcité, a réagi contre le projet, estimant qu'il porterait atteinte aux principes laïques du régime. Dans un communiqué rendu public le 6 mai, l'état-major des armées s'était opposé au projet estimant qu'il pourrait provoquer de "sérieux problèmes".

Pour le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, lui-même un ancien élève d'une imam hatip, ce projet qu'il défend fait partie des promesses électorales faites par son parti AKP avant les législatives de 2002 qui l'ont hissé victorieusement au pouvoir avec une majorité absolue au parlement.

L'ensemble des cadres universitaires ont vilipendé le projet et les recteurs ont menacé d'une démission collective.

Le CHP (parti républicain du peuple) qui s'est servi de tous les moyens dilatoires au parlement lors des débats a accusé le gouvernement de vouloir "rapprocher le système d'enseignement (turc) de ceux de l'Iran ou des pays arabes" par cette réforme.

"C'est une tentative pour exploiter la religion. Ce projet va porter atteinte à la paix sociale et à la stabilité" du pays, a insisté le chef du CHP, Deniz Baykal, au parlement.

De l'avis général, le président de la République, Ahmet Necdet Sezer, un fervent pro-laïc, devrait rejeter cette loi.

L'AKP pourrait alors le faire voter de nouveau et le renvoyer au président qui cette fois n'aura pas le droit de s'y opposer selon la constitution. M. Sezer pourra encore saisir la Cour constitutionnelle pour demander son annulation.

L'AKP pourrait aussi décider d'enterrer son projet au vu des critiques en décidant de ne pas le renvoyer au chef de l'Etat, a-t-on affirmé de source parlementaire.

M. Erdogan affirme avoir renoncé à son engagement islamiste passé et se présente aujourd'hui comme un "musulman-démocrate". Mais ses opposants le soupçonnent de poursuivre secrètement une politique d'islamisation de la Turquie, créée par Mustafa Kemal Ataturk sur les ruines de l'empire ottoman.

La presse libérale turque critiquait jeudi l'insistance du gouvernement d'aller de l'avant avec son projet. "L'image de la Turquie (à l'étranger) se dégrade", titrait ainsi à la Une le journal à gros tirage Hurriyet. (AFP, 13 mai 2004)

Bruxelles: la loi sur les écoles religieuses est un débat purement turc

La Commission européenne a refusé de prendre position sur l'adoption jeudi par le Parlement turc d'une loi controversée favorisant les écoles religieuses contre l'avis des milieux laïcs et de l'armée, en estimant qu'il s'agissait d'un débat purement interne à la Turquie.

"C'est un débat à mener en Turquie... Ce n'est pas à la Commission de prendre position là-dessus", a déclaré Jean-Christophe Filori, porte-parole du commissaire européen à l'Elargissement Guenter Verheugen.

A la question de savoir si la Commission prendrait cette loi en compte dans le rapport qu'elle doit rendre en octobre sur le respect par Ankara des critères politiques d'adhésion à l'Union européenne, il a récusé tout lien entre les deux affaires.

"Je ne vois vraiment pas pour quelle raison nous devrions prendre position sur une loi qui organise l'éducation en Turquie, les modalités d'accès à l'université à partir d'un certain nombre d'écoles", a estimé le porte-parole.

"De la même façon que je n'ai aucun commentaire à faire sur le droit pour les élèves d'écoles privées catholiques en France d'accéder à l'université, de la même manière je n'ai absolument aucun commentaire à faire sur la décision prise par l'assemblée turque", a-t-il ajouté.

"En France, il y a eu un débat assez chaud sur le port de certains vêtements dans les écoles. La Commission n'a pas pris position, ce n'est pas à elle de prendre position là-dessus", a conclu M. Filori, dans une allusion au débat sur le foulard islamique et la loi française interdisant le port de signes religieux "ostentatoires" à l'école. (AFP, 13 mai 2004)

Religious Leaders Meet in Mardin for Peace in Mardin

The second International Symposium of Religions and Peace in the Light of the Common Ancestor (Abraham) (Harran Meetings), organized by Intercultural Dialogue Platform of Journalists and Authors Foundation (JAF), begins in Mardin today.

The conference, which is supported by the Ministry of Culture and Tourism, Istanbul Metropolitan Municipality, Governorship of Mardin and Mardin Education Foundation (MAREV), will be held in the Qasimiye (Qasimiyya) Madrasa. Topics such as "Peace in Abraham's Message", "Peace in the Abrahamic Tradition", "Heroes of Peace in the Three Heavenly Religions", "The Place of the Abrahamic Message in the Future World" will be discussed over four sessions. 28 academics and 11 religious leaders from Germany, the US, Sweden, England, Italy, France and Turkey will participate in the symposium.

After an opening ceremony at 09:30 by the Intercultural Dialogue Platform, the Kirklar Church, Mardin Ulu Mosque, Hatuniya Madrasah -in which the footprint of the Prophet Muhammad exists- and the Tombs of Sitti Radviye and her son Qutbettin Ilgazi will be visited as part of the symposium.

The Deyrulzaferan Monastery, and the monasteries of Mor Gabriel in the Midyat district and Mor Yaqub in the Nusaybin district as well as Hasankeyf will also be visited. The program in Mardin will conclude with a visit to the tomb and Mosque of Zeynel Abidin. The participants will then come to Istanbul to complete the symposium.

Vice-Director of Religious Affairs Muhammet Sevki Aydin, Istanbul Mufti Dr. Mustafa Cagrici, Istanbul Greek Orthodox Patriarch Bartholomeos, Turkey Armenians Patriarch Mesrob II, Turkey Jewish Chief Rabbi Rav. Ishak Haleva, Roman Catholic Apostolic Vicar in Istanbul Monsignor Georges Marovitch, Latin Catholic Congregation Spiritual Leader Monsignor Louis Pelatre, Assyrian Orthodox Community Metropolit Filksinos Yusuf Cetin and Assyrian Catholic Community Patriarchal Vicar Chorbishop Yusuf Sag are expected to participate in the symposium whose Project Scientific Coordinator is Dr. Bekir Karliga.

The first of the International Symposia of Religions and Peace in the Light of the Common Ancestor Abraham (Harran Meetings) were held in the Harran district of Sanliurfa - the place of birth of the Prophet Abraham- between April 13 and 16, 2000. 44 theologians, academics and journalists had joined the Abraham Symposium. (BIA, May 13, 2004)

Les lycées religieux au centre d'une nouvelle polémique en Turquie

Un projet de loi controversé du gouvernement turc issu de la mouvance islamiste favorisant les écoles religieuses a provoqué une levée de boucliers des milieux pro-laïques et de l'armée qui dénoncent une atteinte aux principes fondateurs de la Turquie musulmane au régime laïque.

Le gouvernement du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, lui-même ancien élève d'une imam hatip (lycée religieux) d'Istanbul, a déposé la semaine dernière au Parlement un projet de loi visant à augmenter les chances de réussite des étudiants issus des lycées religieux aux examens d'entrée aux universités.

Les écoles religieuses en Turquie sont considérées par les tenants de la laïcité comme des "pépinières" pour les militants de l'islamisme.

L'actuel système d'entrée dans les universités bannit l'accès des élèves des lycées religieux à l'enseignement supérieur, en dehors des facultés de théologie.

Il empêche surtout les étudiants formés dans ces écoles, suspectés d'islamisme, d'accéder aux postes de la fonction publique exigeant des diplômes universitaires.

Le porte-parole du gouvernement, Cemil Cicek, a annoncé lundi soir au terme d'un conseil de ministres de près de six heures que le cabinet ne retirerait pas son projet sur les écoles à vocation religieuse, qui devrait être débattu cette semaine en séance plénière.

"Tout le monde doit respecter la décision du parlement" a insisté M. Cicek.

Le projet, si adopté tel quel au parlement, devrait être rejeté par le président Ahmet Necdet Sezer, farouche défenseur de la laïcité.

L'armée, qui se considère la garante de la laïcité dans ce pays officiellement à 99% musulman, a réagi contre le projet, mettant sévèrement en garde le gouvernement contre ses conséquences sur le système scolaire laïque.

"Les lois concernées établissent que les imams hatip sont des établissements scolaires chargés de fournir une éducation à des éléments exclusivement destinés à assumer une fonction religieuse", annonçait l'armée dans un communiqué le 6 mai.

Pour l'armée, "on ne peut pas dire que le projet de loi visant à modifier ces dispositions soit approprié, ni dans sa forme, ni dans sa substance".

A l'issue d'un bras de fer entre l'armée, qui visait à restreindre l'influence de ces écoles pour lutter contre le fondamentalisme, et le Premier ministre islamiste Necmettin Erbakan en 1997, le nombre des imams hatip était passé de 600 à 450, et celui des élèves avait chuté de 600.000 à 50.000.

Leur nombre était tombé à 23.000 l'an dernier.

M. Erdogan n'a pas oublié ses promesses électorales qui lui avaient assuré une nette victoire aux législatives de 2002 et la majorité absolue à l'Assemblée pour son parti de la Justice et du Développement (AKP).

"Nous allons régler l'affaire des imams hatip" avait déclaré M. Erdogan, recueillant des dizaines de milliers de suffrages dans des circonscriptions traditionalistes et réputées pro-islamistes.

Mardi M. Erdogan a défendu le projet. "Nous l'avons promis à notre peuple", a-t-il dit lors d'un discours ovationné par les députés et militants de l'AKP.

Les écoles religieuses sont fréquentées en grande majorité par des filles qui ne peuvent paradoxalement pas devenir imams ou prédicateurs, selon les préceptes de l'islam.

Pour l'ensemble des cadres universitaires le projet va à "contre-sens des principes fondateurs de la République" créée par Mustafa Kemal Ataturk en 1923 sur les ruines de l'empire ottoman et qui souhaite intégrer aujourd'hui l'Union européenne.

Malgré les déclarations conciliantes de M. Erdogan, un ancien islamiste qui affirme avoir tourné la page et défend aujourd'hui l'Etat laïque, une grande méfiance à son égard et envers son parti continue de prévaloir dans l'élite pro-laïque.

La presse turque évoquait mardi une "crise" et nombre d'éditorialistes critiquaient la réforme du gouvernement qui a provoqué une "tension" dans la société. (Burak Akinci, AFP, 11 mai 2004)

Academics revolt against education reform bill

Academics from universities across Turkey on Monday protested a government-drafted bill to reform higher education and allow graduates of religious imam-hatip high schools to enter university on equal terms with graduates of other high schools.

Executives of seven academics' associations issued a statement calling for abolishment of imam-hatip high schools, later meeting with representatives of the ruling and opposition parties in Parliament to convey their opposition.

The statement said the YOK bill's aim was to boost the status of imam-hatip schools. "Imam-hatip high schools, which are becoming an increasingly bigger source of social problems, should be closed right away. A new system should be introduced to train clerics," the statement said.

The bill, which has come to be publicly known as the Higher Education Board (YOK) bill because of its provisions for overhauling the board's structure, has been a matter of contention between the government and universities. The Turkish General Staff, a staunch defender of Turkish secularism, has also issued a statement bitterly criticizing the reform plans.

On Monday, the academics' delegation first met with Haluk Koc of the Republican People's Party (CHP). Koc said his party was also against the bill and added that the CHP was happy to see academics supporting its position.

In their meeting with ruling Justice and Development (AK) Party's parliamentary group deputy chairman Faruk Celik, the academics said the bill must be withdrawn. In a warning of negative consequences, Ural Akbulut, rector of the Middle East Technical University (ODTU) said decisions that the AK Party has so far made on universities has created serious unrest and added: "There could be explosions that are bigger than I can imagine."

Professor Mustafa Altintas, who was also in the delegation, said academics felt cheated. According to him, the government aims at both seizing control of YOK and fulfilling promises it made to imam-hatip school graduates by overhauling the university system.

Professor Cagatay Keskinok described the bill as contrary to the basic principles of the Turkish Republic and said university academics would have the right to "move against it" if it is enacted by Parliament.

AK Party hits back

AK Party's Celik said in response that the issue would be discussed at a meeting of the Cabinet and the Central Executive Board of the AK Party, both of which were due to occur on Monday. He blamed universities for the current controversy and said they should have put forward a draft on how to reform the higher education.

He went on to say that universities have failed to produce a draft on university reform despite requests from Prime Minister Recep Tayyip Erdogan to that effect. He said the process of consultation between YOK and the government had been terminated after Professor Erdogan Tezic was appointed YOK president.

"You are saying that imam-hatip schools must be closed. Let's assume that we agree. But then, how is the constitutional authority to provide religious education going to be used? Society demands religious education, and our purpose is to meet that demand in ways that comply with the law," Celik said.  (Turkish Daily News, May 11, 2004)

L'armée turque s'oppose à la réforme favorisant les écoles religieuses

L'armée turque s'oppose à une réforme de l'éducation proposée par le gouvernement issu de la mouvance islamiste, qui prévoit de faciliter l'accès des étudiants formés dans les lycées religieux aux universités, a fait savoir jeudi l'Etat-major turc dans un communiqué.

"Les lois concernées établissent que les imam hatip (lycées religieux) sont des établissements scolaires chargés de fournir une éducation à des éléments exclusivement destinés à assumer une fonction religieuse", rappelle le communiqué du Secrétariat général de l'Etat-major.

Pour l'armée, qui entend assurer le respect du principe de laïcité inscrit dans la Constitution, "on ne peut pas dire que le projet de loi visant à modifier ces dispositions soit approprié, ni dans sa forme, ni dans sa substance".

Le gouvernement du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, lui-même ancien élève d'une imam hatip d'Istanbul, a déposé mercredi au Parlement un projet de loi visant à augmenter les chances de réussite des étudiants issus des lycées religieux aux examens d'entrée aux universités.

Les écoles religieuses en Turquie sont considérées par les tenants de la laïcité comme des terreaux fertiles pour les militants de l'islamisme.

L'actuel système d'entrée dans les universités rend quasimment impossible l'accès des élèves des imam hatip à l'enseignement supérieur, en dehors des facultés de théologie.

Il empêche surtout les étudiants formés dans ces écoles, suspectés d'islamisme, d'accéder aux postes de la fonction publique exigeant des diplômes universitaires.

Le Premier ministre affirme avoir tiré un trait sur son engagement islamiste passé et se présente désormais comme un "musulman-démocrate", mais ses opposants le soupçonnent de poursuivre secrètement une politique d'islamisation de la société turque. (AFP, 6 mai 2004)

The AKP Power's Insistance on the Preachers' Schools

PM Erdogan and his friends are doing all they can, to receive a negotiation date from EU. Their direction is a right one because Turkey's long-range interests necessitates being in the Western civilization.

However, Erdogan is also launching practices in Turkey which conflict the target of attaining contemporary civilizations.

For instance, the Preachers' Schools (IHL). The Prime Minister refuses to admit the fact that, such schools as IHLs which are predominantly religious schools, have no place in the education system of contemporary countries. IN democratic countries which have contemporary, laic education, there are no schools similar to IHLs.

The fixation of AKP is to promote and improve the IHLs, especially after a 8- year primary education system was launched in Turkey. This is a "Holy" mission of them.

To understand the motive of Erdogan and his friends, let us recall that; The IHLs were first launched in 1950s (when the first right-wing party DP came to power) and their numbers grew after 1960s. To grab the votes of the conservatives, every government that came to power opened new IHLs. The number of these schools and their students reached a peak between 1996-1997. The number of schools reached up to 601 and students to 511 thousand 502.

When the 8-year primary education system was launched in 1997-98, interest in IHLs fell and the number of their students decreased to 396 thousand. This fall continued in the following years until 64 thousand in 2002-2003. If AKP would not come to power, compulsory education in Turkey was to be increased up to 12 years and IHLs would be totally closed.

The AKP government became a life belt for IHLs. The government pushed aside the project for 12-year education and also declared that it will open the way for the graduates of IHLs at university. Upon this announcement the number of enrollment to these schools increased by 20 thousand this year. And the government kept its promise and its cabinet passed the relevant motion. The number of enrollments to IHLs next year is expected to boom and its number of students is expected to exceed 500 thousand. ..The intention of AKP is to put religious-based education against the regular education as an alternative and train the generations of "Moderate Islam."

Have not America and Europe given us this mission too? (Tufan Türenç, Hurriyet, May 5, 2004)

E.C.H.R. Requests Defense Of Turkey For Kavakci's Case

Ministry of Foreign Affairs Spokesman Namik Tan has said that the European Court of Human Rights (ECHR) requested defense of Turkey in case of Merve Kavakci, the former deputy of the Felicity Party (FP).

Speaking at the weekly press conference at the Ministry, Tan said on Wednesday, "the ECHR conveyed its request on Monday. We will assess the request."

Upon a question, Tan said that Turkey had a period of three months to complete its defense, adding that they had the right to ask for additional time.

Kavakci caused a serious row at the parliament by attending the oath-taking ceremony on May 3, 1999 wearing an Islamic-style headscarf. Then Prime Minister Bulent Ecevit accused her of violating the basic principles of the secular Republic of Turkey. Later, her taking up U.S. citizenship without giving information to Turkey caused another row. She was stripped off her deputyship, and denaturalized. (Anadolu Agency, May 5, 2004)

Douze inculpés, liés à Al-Qaïda, après un attentat contre une loge maçonnique

Douze personnes soupçonnées de liens avec le réseau terroriste Al-Qaïda ont été inculpées dans le cadre de l'enquête sur un attentat suicide contre une loge maçonnique à Istanbul en mars, rapporte mercredi l'agence Anatolie.

L'acte d'accusation de 26 pages établi par les procureurs de la Cour de sûreté de l'Etat d'Istanbul fait pour la première fois état d'un lien entre le groupuscule d'islamistes turcs responsables de l'attentat du 9 mars et le réseau d'Oussama ben Laden.

Deux personnes avaient été tuées dans l'attentat perpétré contre une loge maçonnique de la rive orientale d'Istanbul, dont un des deux kamikazes. Le second avait été grièvement blessé.

L'emprisonnement à vie a été requis pour le kamikaze survivant, Engin Vural, ainsi que pour quatre autres des prévenus, inculpés de "tentative visant à renverser l'ordre constitutionnel par la force, selon Anatolie.

L'un d'eux, Adem Cetinkaya, s'apprêtait, selon l'acte d'accusation, à lancer une attaque suicide contre l'immeuble d'une chaîne de télévision privée à Istanbul lorsqu'il a été arrêté.

M. Cetinkaya a également avoué avoir assassiné un dentiste juif d'Istanbul, en août, à cause de sa religion, selon la presse.

Des peines de 22 ans et demi et de 15 ans de prison ont été requises contre deux prévenus pour "appartenance à une organisation illégale".

Les cinq derniers suspects encourent des peines allant de quatre ans et demi à sept ans et demi d'emprisonnement pour "aide à une organisation illégale".

La date de leur procès n'était pas immédiatement connue.

Les autorités affirment avoir démantelé ce groupe extrémiste islamiste qui projetait de mener d'autres attentats suicide.

Il avait visé la loge maçonnique, estimant que ses membres étaient des "sionistes".

L'attaque contre la loge est intervenue près de quatre mois après quatre attentats suicide à la voiture piégée contre deux synagogues, une banque et  contre le consulat britannique à Istanbul.

Plus de 60 personnes avaient été tuées dans ces attaques et 69 ont depuis lors été inculpées dans le cadre de cette affaire qui, selon les autorités, serait le fait d'un autre groupe radical turc, également proche du réseau Al-Qaïda.

Les autorités ont renforcé la sécurité à Istanbul à la suite de ces attentats et en prévision du sommet de l'OTAN qui doit s'y dérouler le mois prochain en présence de nombreux chefs d'Etat et de gouvernement, dont le président américain George W. Bush.

Lundi, un tribunal de Bursa, à 150 kilomètres d'Istanbul, a inculpé neuf hommes de complot armé visant à attaquer le sommet de l'OTAN des 28 et 29 juin. (AFP, 5 mai 2004)

Arrestation en Turquie de 25 personnes, soupçonnées de liens avec Al-Qaïda

La police turque a arrêté 25 personnes soupçonnées de liens avec le réseau terroriste Al-Qaïda et de préparer des attentats contre le sommet de l'Otan en juin à Istanbul. Le même jour, un tribunal de Bursa a inculpé neuf de ces personnes.

Les unités anti-terroristes de la Sûreté de Bursa (nord-ouest) ont arrêté, à une date non précisée mais qui, pour la chaîne de télévision NTV, serait celle du 29 avril, 16 personnes soupçonnées d'appartenir au groupe extrémiste Ansar al-Islam, une organisation liée, selon Washington, à Al-Qaïda.

Les suspects, tous de nationalité turque, ont été déférés devant un tribunal de Bursa.

Neuf autres personnes, soupçonnées d'être liées au même groupe, ont été appréhendées à Istanbul avant d'être relâchées lundi par le procureur de la Cour de sûreté de l'Etat d'Istanbul.

Le sommet d'Istanbul doit réunir, les 28 et 29 juin, pour la première fois au niveau des chefs d'Etat ou de gouvernment, les 26 pays membres de l'Otan, dont le président américain George W. Bush.

"Les autorités turques sont responsables de la sécurité et nous leur faisons confiance", a déclaré une porte-parole de l'Alliance lundi à Bruxelles, en ajoutant qu'"il n'était pas envisagé" de tenir le sommet ailleurs.

Selon la direction de la Sûreté de Bursa, citée par Anatolie, les 16  membres présumés du groupe de Bursa se préparaient à dévaliser une banque de la ville afin de financer de prochains attentats contre une synagogue du district de Osmangazi (Bursa) et contre le sommet de l'Otan.

Les terroristes présumés, qui ont été arrêtés au terme d'une traque de près d'un an, comptaient prendre la fuite en Irak et y combattre les troupes américaines après avoir réalisé une action d'éclat en Turquie, a précisé Oguz Kagan Koksal, le préfet de Bursa, lors d'une conférence de presse.

Des armes, des matériaux servant à la confection d'explosifs, des manuels de fabrication de bombes et des CD d'Oussama ben Laden ont été saisis durant l'opération, a-t-il ajouté.

Les autorités turques sont sur les dents depuis qu'un groupuscule extrémiste, lié lui aussi à Al-Qaïda, a perpétré quatre attentats suicide en novembre dernier à Istanbul contre deux synagogues, une banque britannique et le consulat de Grande-Bretagne, faisant 62 morts et des centaines de blessés.

Ces attaques ont été attribuées par les autorités turques à des mouvements extrémistes locaux. Soixante-neuf personnes ont été inculpées dans le cadre de cette affaire. Leur procès doit débuter début juin.

Le groupe Ansar al-Islam est présenté par le département d'Etat comme étant lié à Al-Qaïda et composé de militants kurdes et arabes, souvent entraînés en Afghanistan.

Ansar al-Islam ("Les Partisans de l'islam"), fondé en décembre 2001 par le Kurde irakien Ahmad Faraj, dit Mollah Krekar, contrôlait une petite enclave dans le nord-est de l'Irak avant d'être écrasé par les forces américaines fin mars 2003. Le groupe comptait alors environ 700 à 900 membres.

Fin avril, 20 membres d'Ansar al-Islam qui planifiaient des attentats avaient été arrêtés dans le nord de l'Irak, selon des responsables kurdes irakiens.

Le quotidien Hurriyet rapportait pour sa part lundi que 60 agents des services secrets américains, chargés de la protection des quelque 1.100 membres de la délégation américaine au sommet de l'Otan, étaient déjà à pied d'oeuvre à Istanbul et que 270 autres devaient prochainement arriver sur place. (AFP, 3 mai 2004)

Projet d'attentat contre l'OTAN: des suspects auraient été entraînés au Pakistan

Plusieurs personnes détenues en Turquie dans le cadre de l'enquête sur un projet d'attentat contre le prochain sommet de l'Otan à Istanbul ont été entraînées au Pakistan et étaient en possession d'armes, d'explosifs et de cassettes d'Oussama ben Laden appelant au Jihad contre les Etats-Unis, a affirmé mardi la presse turque.

Arrêtés lors d'une opération conjointe des services secrets turcs (MIT) et des unités anti-terroristes de la police de Bursa (nord-ouest) à une date non précisée, neuf suspects ont été déférés lundi devant un tribunal de Bursa et inculpés de "participation à une organisation terroriste illégale".

16 autres personnes, arrêtées lors de la même opération à Bursa et à Istanbul, avaient été relâchées le même jour.

Les neuf prévenus, soupçonnés d'appartenir au groupe extrémiste Ansar al-Islam -- une organisation liée, selon Washington, au réseau terroriste Al-Qaïda --, préparaient d'après des sources policières un attentat suicide contre le sommet de l'Otan des 28 et 29 juin, qui réunira à Istanbul pour la première fois au niveau des chefs d'Etat ou de gouvernment les 26 pays membres de l'Alliance atlantique, dont le président américain George W. Bush.

Interrogés par le procureur, les prévenus ont avoué, selon le journal Hurriyet, qu'ils comptaient lancer une attaque suicide contre le président américain.

Plusieurs membres du réseau ont subi au Pakistan un entraînement physique et un conditionnement psychologique pour les préparer à une opération suicide, affirment les quotidiens Hurriyet et Vatan. Les journaux ajoutent qu'au moins l'un d'entre eux a été formé au pilotage de planeurs.

Lors des perquisitions sur les lieux de travail et aux domiciles des prévenus, la police a trouvé d'importantes quantités d'armes, des matériaux servant à la confection de bombes -- commandes de mise à feu à distance, détonateurs, produits chimiques -- ainsi que des manuels d'instruction sur la confection d'explosifs.

La police a également saisi des cassettes vidéos d'Oussama ben Laden, sous-titrées en turc, appelant au Jihad (guerre sainte) contre le "grand satan" américain.

Elle a par ailleurs affirmé avoir trouvé des plans d'action pour l'attaque d'une banque et pour un attentat contre une synagogue de Bursa.

Selon le préfet de la province de Bursa, Oguz Kagan Koksal, les terroristes présumés, qui ont été arrêtés au terme d'une traque de près d'un an, comptaient prendre la fuite vers l'Irak et y combattre les troupes américaines après avoir réalisé leur "action d'éclat" en Turquie.

Interrogé sur la possibilité que le sommet de l'Otan soit organisé dans un autre pays, un porte-parole de l'Alliance a déclaré lundi à Bruxelles qu'"il n'était pas envisagé" de tenir le sommet ailleurs.

"Les autorités turques sont responsables de la sécurité et nous leur faisons confiance", a-t-il ajouté.

Les autorités turques sont sur les dents depuis qu'un groupuscule extrémiste, lié lui aussi à Al-Qaïda, a perpétré quatre attentats suicide en novembre à Istanbul contre deux synagogues, une banque britannique et le consulat de Grande-Bretagne, faisant 62 morts et des centaines de blessés.

Ces attaques ont été attribuées par les autorités turques à des mouvements extrémistes locaux.

Le groupe Ansar al-Islam est présenté par le département d'Etat américain comme étant lié à Al-Qaïda et composé de militants kurdes et arabes, souvent entraînés en Afghanistan.

Ansar al-Islam ("Les Partisans de l'islam") contrôlait une petite enclave dans le nord-est de l'Irak avant d'être écrasé par les forces américaines fin mars 2003. (AFP, 4 mai 2004)
 

Socio-économique / Socio-economic

Unemployment, poverty haunts Turkey's war-torn southeast

For Esref Uyan, the only hope of earning money to take care of his family lies not in his hometown in Turkey's mainly Kurdish southeast but in agricultural land miles away in the west of the country.

The unemployed 34-year-old from the regional capital Diyarbakir is just one of hundreds of people who, with no hope of steady jobs at home, travel outside the region each year for a few months of hard manual labour in fields across the rest of the country as seasonal workers.

"We work from four in the morning until sunset for seven days a week with few breaks," said Uyan as he waited for the train that will bear him and his family on a 24-hour journey to lettuce and spinach fields near the capital Ankara.

Uyan and his wife have been working the fields in summer for the past eight years but their labour does not earn them the money to get them and their three children through the rest of the year.

A hard day's work brings in only about seven million Turkish liras a day per adult (about 4.6 dollars) and three or four million for children after the middle man takes his cut for arranging the trip. What is left is used to buy provisions as the family camps out in a tent near the fields.

"We live with our stomachs half full, half empty," said Ayse Yildirak, 37, as she sat at the train station with her baggage -- a tent, foodstuff and mattresses in a bid to make their time away less miserable.

This year, she will be picking onions with her husband and 17-year-old eldest daughter, while her 11-year-old daughter, Gulisan, cooks for the family and takes care of her two younger siblings during the day.

"Life in the tent is difficult. There is no water. There are mosquitoes everywhere. The children fall sick with fever," Yildirak added.

Their stories bear testimony to the economic stagnation that has plagued the underdeveloped southeastern regions for years amid a 15-year bloody Kurdish insurgency for self-rule in the region.

The deadly conflict stalled investments and left hundreds of villagers with no means of support as they were forcibly evacuated from their homes in a bid by the army to cut off possible supply lines to militants hiding in rugged mountains.

The displaced ran into the cities, setting up shanty towns and swelling the army of jobless already there.

According to the state statistics institute, the unemployment rate in 2003 was 21.6 percent in the southeastern provinces, much higher than the average of 10.5 percent for the entire country.

In Diyarbakir alone, 70 percent of the some one million people in the city are unemployed, acording to mayor Osman Baydemir.

"If you ask me, the biggest human rights violation in this city is poverty," he said, adding that it was also the root cause of another problem: street children.

Baydemir estimates that there are some 28,000 street kids, 2,000 of whom are victims of substance abuse. "The most realistic and shortest way of resolving the issue of street children is to find employment for the parents, but we do not have the means, there are no factories in our region," Baydemir said.

Successive Turkish governments have announced a series of incentives to industrialists willing to invest in the region, but they have so far not been enough to persuade companies to move into a conflict zone.

Local officials, however, feel that the tide will soon turn especially now that once-heavy clashes have scaled down considerably since 1999 when Kurdish rebels declared a unilateral ceasefire.

"Money and capital are easily scared away. If they do not feel safe in a place, they will flow away. But things are now changing, but we cannot expect things to improve overnight," Diyarbakir governor Nusret Miroglu said.

Back at the train station, the mood is less optimpistic.

"Let us talk about more serious things. How do I sneak into France? Can I get asylum if I manage to get through the border?," asks a sun-beaten seasonal worker minutes before the train's departure. (AFP, May 28, 2004)

Batman Women's Platform: Women killings have reached alarming levels

Batman Women's Platform condemned the honor killing of 14 year old Nuran Halitogullari, Women's Platform Spokeswomen Beyhan Akisin stated that the "violence and killing against women have reached alarming levels."

Batman Women's Platform consists of IHD (Human Rights Association), Education-Union, Bahar Cultural Centre, Tum Bel-Union, TUHAY-DER (Families in Soldiraty and Support with Prisoners and Detainees), DEHAP (People's Democracy Party), Ozgur (Free) Party, made a statement in IHD Batman Office. (Š)

Aksin reminded that in Istanbul a 14 year girl named Nuran Halitogullari was abducted and raped and then strangled and killed with a cable, stating that, "The killers of the incident in Istanbul, N.I who was mentally ill and forced into prostitution and Meryem Yildiz who was also abducted and killed have not yet been found. The clouds on the murder cases have not been lifted."

ŒLet's find a joint solution to this bleeding wound'

Aksin called on all the public to be sensitive on the issue of violence against women, stated that, "We as Batman Women's Platform condemn this incident and the life that is enforced by the system. We call on our people to be sensitive, the state officials to do their duty and for the public to find a joint solution to this bleeding wound."

'The murders have become legitimized'

IHD Batman Office President Saadet Becerkli who responded the questions of the press expressed that the state officials not trying to prevent prostitution and honor killings is thought provoking, stating the following: "There needs to urgent precautions taken on honor killings that have increased lately and the legitimization of this by the public."(Human Rights Express - Switzerland, May 26, 2004)

En Turquie, les familles pauvres partent aux champs pour une saison

A la gare de Diyarbakir, principale ville du sud-est de la Turquie, Esref Uyan et sa famille, accroupis autour de leurs ballots, attendent le train qui les emmènera travailler aux champs pour les quatre prochains mois.

Esref Uyan est au chômage et ne travaille que quelques mois par an, essentiellement au moment des récoltes lorsqu'il quitte sa ville natale aux côtés d'autres saisonniers pour l'ouest du pays.

Emportant leur tente, des bonbonnes de gaz et quelques provisions, l'homme qui paraît bien plus vieux que ses 33 ans, son épouse, et leurs trois enfants -- deux filles âgées de 11 et 3 ans et un garçon de cinq ans -- vont ramasser des salades dans la région d'Ankara, à 24 heures de train de Diyarbakir, ville à majorité kurde où, selon le maire, 70% de la population est au chômage.

"Il nous est très difficile de gagner notre vie", raconte M. Uyan qui sera payé 10 millions de livres turques (environ 5,5 euros) par jour pour un travail qui débute au lever du soleil pour s'achever 10 heures plus tard, sept jours sur sept.

Sur son salaire seront retenus 10% de commissions pour les intermédiaires qui s'occupent de lui trouver une place et le remboursement des billets de train.

Lui et son épouse auront droit à 10 minutes de pause toutes les deux heures et à une demi heure à midi pour un repas pris aux champs.

"Si on s'assoie un moment pour se reposer, on est mis à la porte", affirme M. Uyan. Et, bien sûr, il est interdit d'emporter la moindre salade.

Il assure que sa fille aînée ne travaillera pas, mais d'autres familles reconnaissent que leurs enfants travailleront aussi aux champs et seront payés la moitié d'un salaire plein.

Les enfants ne regagneront pas l'école avant octobre.

"Et les gens de là bas nous regardent de haut parce que nous sommes des Kurdes", ajoute M. Uyan.

Memduh Caker, 38 ans, part pour la région d'Urfa où, avec ses trois fils, dont l'aîné a 15 ans, ils travaillera à la fabrication de charbon de bois.

Le plus jeune, Mehmet, âgé de 7 ans, dit préférer l'école.

Ayse Yildirak, 37 ans, va ramasser des oignons aux côtés de son mari et de ses cinq enfants. Ce sera sa vingtième saison.

"Ce n'est pas facile d'habiter sous la tente. Ce n'est pas propre. Il fait chaud. Il y a des moustiques. Parfois il n'y a pas assez d'eau. La fois dernière on a même dû se battre pour deux bouteilles d'eau", raconte-t-elle.

Et les enfants ne sont pas contents de partir, ajoute-t-elle.

Leur fillette de 9 ans devra s'occuper de son petit frère âgé de 18 mois et de sa petite soeur âgée de quatre ans pendant que le restant de la famille sera aux champs.

Selon le gouvernement turc, environ 1,6 million d'enfants âgés de 6 à 17 ans travaillent comme salariés, pour la plupart dans les zones rurales.

La loi prévoit que les enfants doivent être scolarisés jusqu'à l'âge de 14 ans, mais les écoles accordent facilement l'autorisation de s'absenter pendant la saison des récoltes. (AFP, 26 mai 2004)

Awful data on social injustice in Turkey

Turkey's profile is similar to that of Latin American countries. 20 % of the population is getting 50 % of the income. This is the share of the privileged rich. Meanwhile the 20 % of the population at the bottom is getting only 5.3 % of the income. And this is the share of the oppressed ones!

The trade confederations TURKIS and DISK are carrying out a joint work with employers' syndicates TISK and TUSIAD and the State Planning Organization (DPT) and State Statistics Institute (DIE), on the distribution of income. The study displays the economic situation of the people.

The unhealthy distribution of income in Turkey was furthered damaged after the 2001 economic crisis.  Here is the situation:

- The first 20 % gets 5.3 % of the income

- The second 20 % gets 9.8 % of the income

- The third 20 % gets 14 % of the income

- The fourth 20 % gets 20.8 % of the income

- The last 20 % gets 50.1 % of the income.

All governments keep on promising to collect fair taxes and correct the distribution of income. Look around! Have you seen any improvement ever?  (Yalcin Dogan, Hürriyet, May 25, 2004)

Lack of opportunity for girls could affect Turkey's EU hopes

Whenever Turkey claimsa great leap forward in its efforts to join the European Union, whether on constitutional reform or its stand on Cyprus, girls such as Eylem Yel raise their hands in schoolrooms across much of the country and ask: "What about me?"

Eylem, aged 12, attends a primary school in Gevas, an outlying area of the eastern city of Van, about 100km from Turkey's border with Iran. She is, by agreement of her classmates, the brightest girl in the class, perhaps in the school. Yet in two years' time, Eylem's education will more than likely end, at the insistence of her father.

On the surface, it appears that the decision to keep her at home is being taken because her family cannot afford to send her to high school. But religious and social prejudices against the education of girls run deep in this poor, isolated, mountainous, predominantly Kurdish region. "I would like to be a teacher," said Eylem, "but I think my father doesn't want to send me to high school. It will be terrible for me if I cannot go, but if I don't I will stay at home and help my mother."

Eylem and the thousands of girls in her situation are an uncomfortable reminder to secular Turks of the cultural divide that separates them from much of rural Turkey. As the country modernises in its push for EU entry, the plight of uneducated girls is becoming more visible. Cultural discrimination against girls is unlikely to cost Turkey EU membership, but it is the sort of fundamental social issue that could loom large in talks if the EU agrees in De-cember to begin entry talks.

Unicef, the UN Children's Fund, says more than half of all girls aged seven to 13 do not attend school in some Turkish provinces. In some rural areas more than 60 per cent of girls aged 11 to 15 have not been enrolled.

This is despite the facts that an eight-year basic education programme is compulsory and free and that equal rights are protected by the constitution. One reason for keeping girls at home is that fathers do not want their daughters travelling in the same buses as boys. Muhyettin Mantas, imam of Atalan, a village near Gevas, says: "Often the schools are very far away, so we prefer to keep the girls at home. They can't go to school by themselves."

Turkey's education system fails many of its pupils. Some experts say there is a vast inequality between the sums spent on educating an elite group of students who become multilingual and often work abroad, and on educating the rest, a large majority of the 20m Turkish youngsters in the school system, from primary upwards, who endure run-down schools, poor facilities and a rigid curriculum acquired through rote learning.

Mostly, however, it fails girls such as Eylem. Securing a full education for girls "is the most important issue facing our education system", said Salih Celik, deputy undersecretary at the education ministry. "When we can get one more girl educated [over fatherly objections] it's a success for us."

Much is being done to address the system's shortcomings. A campaign aimed at the education of girls was launched by Unicef and the Turkish government in June last year. About 1,000 new schools were opened in 2003 in the most problematic regions, which include not just the rural east and south but also Istanbul and Ankara.

The World Bank is spending some $600m (€500m, £336m) on schools and facilities, including buses to bring children to school. These efforts are starting to pay off. The number of girls enrolling and staying on in school is slowly rising, although nobody is yet claiming victory in the war on ignorance.

Refika Kiye, a 17-year-old girl at the Fevzi Geyik school in Van with aspirations to become a doctor, is one of the lucky ones. She says the men in her family and society are "too protective" of ambitious girls such as her. Her mother strongly supports her continuing education but her brothers are against it. "If I didn't have my mother to back me up, my older brothers would not have allowed me to go to school," she said. (Vincent Boland, The Financial Times, May 25, 2004)

Des associations d'homosexuels reçues pour la première fois au Parlement turc

Le Parlement turc a accueilli pour la première fois lundi des représentants d'associations d'homosexuels afin d'entendre leurs propositions en matière de lutte contre la discrimination sexuelle.

Dix-huit membres des associations Lambda et Kaos, qui militent pour la reconnaissance de l'homosexualité et la défense des droits des gays et lesbiennes en Turquie, ont été reçus par le député du Parti démocratique du peuple (CHP, opposition) Orhan Eraslan, membre de la sous-commission de réforme du code pénal, dans les locaux de son groupe parlementaire.

Les militants ont notamment demandé au député l'inclusion de l'orientation sexuelle dans la liste des motifs de discrimination punis par la loi.

"Nous souhaitons aussi que la loi empêche les juges d'accorder des circonstances atténuantes aux criminels qui affirment avoir agi en réaction à des propositions homosexuelles", a expliqué à l'AFP Oner Ceylan, militant de Lambda.

Les représentants des associations ont demandé une modification des articles réprimant les "outrages à la morale publique". "Les dispositions légales sont vagues et laissent la porte ouverte aux interprétations fallacieuses", a estimé M. Ceylan, "elles sont souvent utilisées pour punir des transexuels ou travestis dont le seul crime est de s'être promené dans la rue."

"Le fait qu'un député écoute nos propositions et promette de les discuter en commission parlementaire est un pas très important pour la reconnaissance des droits des homosexuels", a déclaré M. Ceylan.

Aucune loi ne protège pour l'heure en Turquie, pays musulman mais doté d'une Constitution laïque, le droit de déterminer librement ses orientations sexuelles. (AFP, 24 mai 2004)
 

La Turquie s'apprête à recevoir un prêt d'1 md USD de la Banque mondiale

La Turquie et la Banque mondiale (BM) ont achevé les discussions concernant un prêt d'un milliard de dollars, dont la moitié doit être versée le mois prochain, ont déclaré vendredi des responsables des deux parties.

L'emprunt servira à financer des réformes du secteur bancaire turc, en difficulté, ainsi que du secteur public, afin de préparer le pays à adhérer à l'Union européenne, a indiqué la Banque mondiale dans un communiqué.

"La première tranche de 500 M USD de ce prêt d'un milliard de dollars sera versée courant juin", a déclaré à la presse le ministre turc de l'Economie Ali Babacan.

"Toutes les formalités concernant (ce prêt) sont terminées, toutes les conditions requises ont été remplies (...). Nous attendons maintenant que le conseil de la Banque mondiale se réunisse et l'approuve", a-t-il ajouté.

Le restant du prêt serait versé à l'automne, à condition qu'Ankara progresse dans les réformes, a précisé le ministre.

Ce milliard de dollars fait partie d'un programme de prêts d'un montant total de 4,5 mds USD que la BM a décidé l'an dernier d'allouer à la Turquie, pour soutenir des réformes sur la période 2004-2006.

Confrontée à de graves problèmes financiers depuis 1999, la Turquie a connu en 2001 sa plus importante récession. Depuis, le pays a réalisé des progrès économiques considérables grâce à un accord stand-by du Fonds monétaire international (FMI) de 16 mds USD en vigueur depuis 2001. (AFP, 21 mai 2004)

Soccer club menager's collaboration with Mafia figure

According to the records of police, the manager of Besiktas (BJK) Soccer Club, Sinan Engin talked to Mafia figure and fugitive Alaattin Cakžcž, his brother Gencay and his nephew Adem Cakžcž for 62 times in the last two months.

Cakici fled Turkey comfortably just 7 hours before being arrested on May 3. Learning that he had to serve 8 more months in prison on grounds of leading a criminal organization, Cakici fled Turkey from Antalya, on board a yacht named Brutus, to Rhodes island. How Cakici got two passports prepared for two other men, is still unclear.

Engin told Gencay Cakžcž, "Sports shoes and uniforms are insufficient (Referring to the documents). They should be met.  Then, Ibrahžm Arž (The name which Cakžcž used in his passport) can go abroad to seek for a soccer player."

Engin told Alaattin Cakžcž, "I was distressed. These matters are not as easy as it was before. This is the last; I can not do such a thing any more." Cakžcž responded as "You will overcome this." Engin also said that these kinds of matters caused trouble for the club.

Alaattin Cakžcž got angry with Engin on the phone that the championship celebrations of Besžktas last year were not held in the place which Cakžcž's employee owned. Cakžcž told Engin, "You know my superiority in the club. Do I not have a contribution over the championship?"

On April 29, Sinan Engin gave good news to Alaattin Cakžcž who had the visa by means of stationery with BJK letterhead with these words: "Take the materials, every thing is OK." (Hürriyeti, May 21, 2004)

Gaps in development levels between towns soar

There are significant differences in development levels between the most developed (tier-one) and the least developed municipalities (tier-six).

The urbanization rate in tier one municipalities reached 79.8 percent, while the urbanization rate in level six averages around 32.6 percent.

According to State Planning Organization (DPT) figures, there are 15 municipalities at tier-one level. The Ankara, Istanbul and Izmir municipalities are excluded from the list but those included are Bursa Greater Municipality, Adana Greater Municipality, Kocaeli Gulf, Kocaeli Gebze, Izmir Aliaga, Antalya Center, Eskisehir Center, Gaziantep center, Denizli Center, Konya Greater Municipality, Kocaeli Center, Istanbul Buyukcesme, Mersin Merkez, Kayseri Buyuksehir and Tekirdag Corlu.

There are a total of 119 municipalities in the tier-six level. A total of 51 are from eastern Anatolia, 42 from southeastern Anatolia, seven from central Anatolia and five are from the Mediterranean region.

Population growth in tier-one municipalities reached 3.3 percent with the help of urban migration. In tier-six municipalities population growth is around 0.71 percent per annum.

When Ankara, Istanbul and Izmir are excluded, population growth in Turkey is around 1.57 percent.

In Turkey, the average household is 4.76 persons, with a figure of 4.2 for developed municipalities and 7.5 for the least developed ones. In developed municipalities, 62.3 percent of those employed earn wages, while the figure drops to 15.7 percent in the least developed municipalities.

The portion of industrial workers in tier-one municipalities is 24.8, while it is 1.2 percent in tier-six municipalities.

Those involved in trade is 14.2 percent in tier-one, and 1.7 percent in tier-six regions.

The literacy rate in tier-one municipalities is 90.1 percent, while it is 67.6 percent in tier-six municipalities.

12.8 percent of national income tax receipts are paid by tier-one municipalities. Tier-six municipalities pay only 0.3 percent of all national income tax. Tier-one municipalities form 13 percent of Turkey's population, while tier-six municipalities form only 6 percent. (Turkish Daily News, May 20, 2004)

Turkey's Foreign Trade Deficit Up 80.1%

The State Institute of Statistics (DIE) released its preliminary foreign trade figures for the first quarter of 2004.

During the January-March 2004 period Turkey realized exports of US$13.21 billion and imports of US$20.42 billion. Therefore, relative to the same period last year, exports increased 25.5 percent, while imports increased 40.7 percent. This translates into a US$7.21 billion trade deficit, up 80.1 percent relative to the first quarter of 2003.

During the January-March 2003 period, exports reached US$10.36 billion, while imports were realized at US$14.36 billion. The foreign trade deficit during that period amounted to US$4 billion.

The rate of exports offsetting imports decreased to 64.3 percent this year, whereas it was 72.1 percent during the first quarter of 2003. (Zaman, May 18, 2004)

L'opposition attaque le gouvernement turc au sujet du film "Troie"

Le gouvernement turc a fait face mardi aux critiques de parlementaires qui lui reprochent de ne pas avoir su tirer parti de la super-production hollywoodienne "Troie" pour promouvoir la Turquie, berceau de la civilisation troyenne.

Deux députés d'opposition ont interrogé le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan et son ministre de la Culture sur les raisons pour lesquelles le film n'avait pas été tourné en Turquie, et sur les mesures prises par le gouvernement pour obtenir la restitution des trésors troyens pillés un siècle plus tôt, rapporte l'Agence Anatolie.

Un des parlementaires a également demandé si le gouvernement allait tenter de récupérer le Cheval de Troie, les costumes et les armes utilisés lors du film pour les exposer à proximité des ruines de la cité antique, sur la rive asiatique du détroit des Dardanelles (nord-ouest de la Turquie).

Plusieurs semaines avant l'arrivée de "Troie" sur les écrans, les résidents de Canakkale, la ville la plus proche du site antique, ont lancé sans succès une campagne pour obtenir la diffusion du film en avant-première mondiale.

Ils espèrent à présent que la superproduction au budget de 200 millions de dollars attirera les touristes dans leur région.

Le film, inspiré de "L'Iliade" d'Homère, raconte le siège et la prise de Troie par les Achéens après l'enlèvement d'Hélène. Brad Pitt y incarne le guerrier Achille.

Un archéologue amateur allemand a mené les premières fouilles sur le site de Troie dans les années 1870, mais s'est approprié le fruit de ses découvertes, qu'il a fait sortir clandestinement de l'Empire ottoman.

Les vestiges ont d'abord été transportés en Grèce, avant d'être transférés dans un musée berlinois. La plupart d'entre eux ont disparu en 1945 lors de la prise de la ville par l'Armée rouge.

Moscou n'a admis qu'en 1993 que des vestiges troyens avaient été rapatriés en URSS. La Russie, la Turquie, l'Allemagne et la Grèce continuent de s'en disputer la propriété. (AFP, 18 mai 2004)

Turkey Displays Troy Treasures in Time for Film

The Istanbul Archaeology Museum threw open the doors Friday to its ancient Troy exhibition, shut for years due to lack of funds, just in time for the world premiere of the mega-budget film "Troy" starring Brad Pitt.

Ancient Troy is located in the northwest of modern-day Turkey, not far south of Istanbul.

The museum hall, which contains ancient Greek relics including a statue of the head of Zeus and Trojan jewelry, was closed in 1995 because there were not enough guards, director Halil Ozek told Reuters.

But heightened interest from foreign tourists and Turkish visitors ahead of the release of "Troy" prompted the Culture Ministry to hastily re-open the Troy section, Ozek said.

"There has been intense interest of late. Undoubtedly, this film has helped increase the interest quite a bit," he said.

The $200 million "Troy," which opens worldwide Friday, is adapted from Homer's "The Iliad" and chronicles the legendary conflict between Greeks and Trojans over the abduction of Helen. Pitt plays the Greek hero Achilles.

Despite Turkey's wealth of archaeological and historical sites, its museums suffer from a lack of personnel and funding.

One of the country's finest, the Istanbul Archaeology Museum was founded in the late 19th century and houses Greek, Roman, Byzantine and other ancient artifacts.

Experts say many Trojan treasures are housed in European museums after archaeologists in the 19th-century excavated and removed artifacts from Turkey. (Reuters, May 14, 2004)

Turquie: croissance au-dessus de 5%, inflation apparemment contrôlee (OCDE)

La croissance du Produit intérieur brut (PIB) de la Turquie devrait rester supérieure à 5% en 2004 et 2005, et l'inflation devrait rester sous contrôle, a estimé mardi l'OCDE, en se félicitant de "l'effort réussi de stabilisation macroéconomique" du pays.

La croissance devrait atteindre 5,2% en 2004 et 2005, contre 5,8% en 2003, "induite par les exportations et par une amélioration de la confiance des consommateurs et des entreprises découlant de l'effort réussi de stabilisation macroéconomique, qui a permis de réduire les taux d'intérêt réels", dit l'OCDE.

Dans ses "perspectives économiques" de printemps publiées mardi, l'Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE) conseille aux autorités turques de "soutenir la reprise en s'en tenant à des politiques budgétaire et monétaire rigoureuses de façon à assurer la stabilité macroéconomique".

D'un point de vue budgétaire, l'OCDE note que les autorités ont dû prendre des mesures d'urgence pour 2004 afin de réaliser l'objectif d'un excédent du budget primaire (c'est à dire hors service de la dette) de plus de 6% du Produit intérieur brut (PIB).

Les taxes sur les alcools, le tabac et les carburants, ont été augmentées et "les dépenses discrétionnaires pour 2004, y compris les investissements d'infrastructures, ont été réduites de 13%", a indiqué l'OCDE.

L'OCDE se montre néanmoins préoccupée pour l'emploi. Elle note que l'emploi a diminué en 2003, sous l'effet de restructurations dans le secteur public et dans le secteur privé, et souligne que le taux de chômage des jeunes diplômés a dépassé 30% fin 2003. (AFP, 11 mai 2004)

Début des travaux d'un tunnel sous le Bosphore

Les autorités turques ont lancé dimanche les travaux de construction d'un tunnel ferroviaire sous le Bosphore, à l'embouchure de la mer de Marmara, en plein centre d'Istanbul, malgré les risques de tremblement de terre.

Le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan et plusieurs ministres ont assisté à la cérémonie des premières opérations de creusement du tunnel qui devraient s'achever en 2007-2008 et qui seront dirigées par un consortium turco-japonais.

Le coût du projet s'élèverait à environ 2,5 milliards de dollars et sera soutenu par la Banque japonaise de coopération internationale, la JBIC.

Le passage sous-marin des trains entre l'Europe et l'Asie, à 60 mètres sous le niveau de la mer, sera long de 1.600 mètres.

Pris dans une épaisseur de deux mètres de roche, le tunnel pourra résister à un séisme d'une magnitude de 9 degrés sur l'échelle ouverte de Richter, a affirmé le ministre des Transports, Binali Yildirim.

Les sismologues mettent en garde depuis des années sur l'éventualité dans les prochaines décennies d'un séisme important à Istanbul, première métropole du pays avec plus de dix millions d'habitants.

La péninsule anatolienne est traversée par plusieurs failles sismiques très actives, dont la faille du nord de l'Anatolie, qui a déjà fait des dizaines de milliers de morts au cours du siècle dernier.

En 1999, cette faille a secoué à deux reprises l'est de la mer de Marmara, proche d'Istanbul, faisant plus de 20.000 morts.

Deux ponts suspendus enjambent actuellement le détroit du Bosphore, mais ils ne suffisent pas à absorber la circulation de la ville. Un projet de troisième pont est en suspens depuis plusieurs années. (AFP, 9 mai 2004)

Women Lost as Unregistered Economy Grew

Professor Doctor Yildiz Ecevit and Doctor Sibel Kalaycioglu from the Sociology Department of Middle Eastern Technical University (ODTU) said the number of women within the labor force is decreasing in Turkey while informal sector is growing. They said women were mostly working in the unregistered sector.

Ecevit talked about the data from a survey by the State Statistics Institute released in 2004. The data are from the fourth quarter of 2003. According to Ecevit, the following are the important problems concerning both women and men:

* The proportion of participating in the labor force is decreasing compared to past quarters. This is true both for rural and urban areas.

* The proportion of participating in the labor force is 69.5 percent for men, and 25.1 percent for women. The proportions have never been this low in Turkey's history.

* The proportion of women workers has dropped 11.3 percent compared to the same period last year. That means, 721 less women are currently in the labor force compared to the same period last year.

* Women's proportion in the total labor force in urban areas is 19.9 percent. 19.9 of every 100 people who work are women.

Women are getting poorer

"Besides structural, economic and cultural factors, globalization adds to the difficulties women have in the labor force," said Kalaycioglu. She added that women were working with no job security, no unions and were paid little in jobs that require no knowledge or skills, and thus were becoming poorer and poorer.

Kalaycioglu said unions were not effective in defending the rights of women. "Instead of paying attention to women's labor and workers of marginal sectors, unions are more interested in men laborers who have permanent jobs and can pay fees," said Kalaycioglu.

International Relations Expert Gaye Yilmaz from the Anti-MAI work group, underlined the fact that a ban, preventing women from working at night, which is also in effect in the European Union (EU) countries, was lifted through a November law.

Ecevit: Women who work at homes are made invisible

"Both men and women are being harmed by the growth of the informal sector," said Prof. Ecevit. She drew attention to the differences in working conditions of those who work at houses and those who work at workplaces, instead of the differences in working conditions of men and women.

However, those who work at houses are mostly women.

"In the informal sector, women and men usually work under same conditions at workplaces under the will of the employer," said Ecevit. She went on to talk about women who work at homes:

"Those who work at homes are an important part of this sector. These are mostly women who work as cleaners, babysitters, or work under an organization or factory and do complementary work.They are made completely invisible. Their income is not compared to the income of women who do the same job. They cannot bargain for their income."

Women work in insecure jobs seen "fit for women"

Ecevit said these women, who use their houses as ateliers, have ambiguous working hours, work besides looking after children and doing housework, and they are deprived of permanent jobs and a regular salary.

The decrease in the overall labor force has a negative effect on women. Because there are so many unemployed women, women accept to work with the minimum wage even in the formal sector.

"These women are working as the most insecure workers," said Ecevit. "Because they are insecure, they cannot bargain for better pay or conditions and they cannot defend their social and economic rights."

Ecevit added:

"The conditions of women working in the formal sector are a little bit better that those of the women working in the unregistered sector. But they still work for very little money and are pushed to do work that does not require any skills. The fact that they concentrate on jobs that are seen 'fit for women' is another important problem."

Kalaycioglu: It is impossible for women working in the informal sector to earn a living for her family

Kalaycioglu underlined the widespread approach that "men earn the money for his family." She said it is impossible for women working in the informal sector to earn enough for the family, but added that their income is still an important contribution to the family.

"Women's labor is important in improving the wealth level of the family. Women working as day laborers earn 40 percent of the total income of the family. This is an important amount," said Kalaycioglu.

Kalaycioglu said there was family and social protection mechanisms in Turkey instead of unions. She proposes that a unifying social security system to be established.

"Social security is a guarantee for both retirement and health. Although women face serious health problems, they do not have access to health services," said Kalaycioglu.

"Professional courses to improve the knowledge and skills of women should become more widespread," she added

Yilmaz: Strong but unimplemented judicial systems
"In Turkey, women and men doing the same job, do not get equal pay and do not have equal career opportunities," said Yilmaz. She said the state was only making it seem like it is doing something about this problem.

"States are forming strong judicial systems. But the conditions under which we live point to a world where the judicial systems are not implemented," added Yilmaz.

She said lifting of a ban to prevent women from working at night was an example of eliminating collective rights.

"This means that women, who do not have enough time to finish the housework during the day, will take up the work at night. This is a tremendous load, a 24-hour work. This means going backwards." (BIA News Center, May 5, 2004)

Poverty Pushes Children onto Streets

Van - A survey, conducted in the eastern province of Van by the Human Rights Provincial Council, showed that migration and poverty push children into the streets. Interviews conducted with 376 children, who live and work on the streets, showed most had migrated to Van from surrounding villages and provinces. The financial situation of their parents is not good and most of them have health problems.

"There is a huge gap between incomes of different sections of the society in Van. And this affects children," said Armagan Bayraktar from the Association to Support Modern Life (CYDD), who was in the team that conducted the survey.

Bayraktar said most of the children they interviewed both continued to go to school and worked. "Being on the streets has become a way of life for these children," he said.

He added that they would try to contact the families of the children they interviewed. They are also planning to organize activities for those children.

Bayraktar said the Van governor's office and the Social Services were preparing aid packages for poor families. "But the situation requires much more complex and comprehensive measures," he said.

"Although there is no concrete evidence, I believe these children are also being molested on the streets," said Bayraktar. He said that this survey showed the situation of only the children that they could reach and added that the reality was much worse.

This survey was conducted with the contributions of Social Services Directorate, National Education Directorate, CYDD, Children's Branch of the Police Headquarters and the Foundation of Education Volunteers. The survey team interviewed children for a month on the streets and made the results into a report:

* The survey was conducted among 374 boys and two girls. Eighteen of the children were aged 6 - 8 years; 97 were aged 9 - 11 years; 235 were aged 12 - 15 years and 26 were aged 16 - 18 years.
* 138 of the children working on the streets sell tissues, 107 dye shoes, 19 rent weighing machines, and one is a beggar. While six children gather garbage, 105 do other things as work.
* 34 of the children working on the streets migrated to Van from Catak, 12 from Bahcesaray, six from Gevas, 25 from Baskale, 32 from Ozalp, 12 from Caldiran, five from Ercis, 75 from Hakkari, two from Yuksekova, 74 from Gurpinar and 60 from other provinces.
* The fathers of 228 children, who participated in the survey, are unemployed. The fathers of 60 children earn less than 100 million Turkish lira (USD 70) a month. None of the children's mothers are employed. Twenty-three percent of the children surveyed have at least 10 people in their household.
* Thirteen of the 376 children working on the streets have never gone to school. 328 of them go to elementary school. Others dropped out of school after elementary education.
* 257 children work because their families need the money, 87 work to earn money for their own expenses, and 32 work because their family forces them to. 211 children said they did not like working.
* More than half of the children earn less than 2 million Turkish lira (USD 1.4) a day. Some 12.5 percent of the children working on the streets have serious health problems. 2.7 percent of them smoke. (Erhan USTUNDAG, BIA News Center, May 7, 2004)

La Turquie souhaite se doter d'une centrale nucléaire (ministre énergie)

La Turquie relance son projet de construction d'une centrale nucléaire, a annoncé vendredi le ministre turc de l'Energie et des Ressources naturelles, Hilmi Guler, cité par l'agence Anatolie.

"Nous sommes désormais en mesure d'établir le cahier des charges de la centrale", a déclaré le ministre lors d'une allocution à Golbasi, près d'Ankara.

M. Güler, qui a confirmé que l'accès de la Turquie à l'énergie nucléaire "faisait partie de la politique du gouvernement", a précisé qu'Ankara "commencerait prochainement ses pourparlers avec les pays constructeurs de centrales".

Un porte-parole du ministère de l'énergie a toutefois affirmé à l'AFP sous condition d'anonymat que les plans de construction de la centrale commençaient à peine et que la publication du cahier des charges n'était pas imminent.

"Aucune décision n'a pour l'heure été prise quant à la localisation possible de la centrale", a déclaré le porte-parole, qui a précisé que le site d'Akkuyu, sur la côte méditerranéenne, faisait partie des choix possibles.

La Turquie tente depuis 30 ans de se doter d'une centrale nucléaire, mais plusieurs projets consécutifs ont été abandonnés, faute de financements.

 Le dernier en date, qui prévoyait dèjà la construction d'une centrale près de la baie d'Akkuyu, a échoué en juillet 2000 alors que trois compagnies --l'Américaine Westinghouse, la Canadienne AECL et la Française NPI-- avaient répondu à l'appel d'offre.

Le projet avait suscité de vives réactions de la part des pays voisins, Chypre et la Grèce, et des associations de défense de l'environnement. Ses détracteurs s'insurgeaient notamment de la proximité du site retenu avec une faille sismique, distante d'à peine 25 km. (AFP, 7 mai 2004)

Unions Forgot about Child Laborers on May 1

The labor unions in sectors in which, according to formal figures 350 child laborers work, made a list of demands on Labor Day on May 1. There is nothing about child laborers among their demands.

The Confederation of Revolutionary Workers' Unions (DISK) called for fight against privatization, public sector's structure, tax system, social rights, Iraqi invasion, NATO summit, International Monetary Fund (IMF) policies, unemployment and poverty in its May 1 declaration.

Turkish Labor Unions Confederation (Turk-Is), in its declaration, talked about unemployment, distribution of income, privatization, strike rights, social security structure, problems of temporary laborers, municipality workers, and agriculture and forestry workers. That declaration did not have anything on child laborers either.

The Rights Labor Unions Confederation (Hak-Is) demanded organization rights, fair distribution of income, employment, public sector's structure and economic stability. It criticized the policies of IMF and the World Bank. It did not mention child laborers.

A 1999 survey by the State Statistics Institute (DIE), showed that there are about 6.5 million children working in Turkey. About 700,000 of them work in sectors with labors unions and under very bad conditions.

Below are some data from the DIE survey:

* About 6.5 million children out of 16 million aged 6-17 work. About 1 million 700 thousand work in the agriculture, industry and services sector. Four million 800 thousand children do housework.

* At the time of the survey, the population of Turkey was about 63 million 400 thousand. There were some 12 million children aged 6-14. About 88 percent of these children go to school.

* About 1 million 400 thousand of the children in this age group do not go to school. More than 3 million of the 10 million 600 thousand children who do go to school, work in the agriculture or industry sector of do housework.

* The main reason why these children work is "to contribute to the family's income," and because "the family wants" them to.

* Only about 50 percent of the 4 million children aged 15-17 go to school.
Cheap labor

* About 350 thousand children work in the industry sector while about 1 million work in the agriculture sector.

* Some 60 percent of the child laborers work for their family for free. Only 24 percent work in paid jobs. 72 percent of girls who work do not get paid. The majority of the children who especially work in the agriculture sector work for the family for free. (907 thousand children).

* Two thirds of the children who are paid, work for less than the minimum wage. Child laborers are used as cheap labor. The monthly wage of a child laborer is around USD 110.

* Most child laborers work more than 40 hours a week. About 200 thousand children work more than 64 hours a week. While children working in the agriculture sector work less hours, work hours are more in the industry sector.

* Child laborers are faced with health problems like infections, broken limbs, poisoning, or hearing loss. Only about two thirds of children with health problems arising from working conditions undergo treatment. Only about 30 percent have their treatment expenses paid by the employer.

Professor Doctor Gurhan Fisek from the Fisek Foundation said these figures were not completely correct. He added these figures had to be used because there were no other figures available.

The DIE survey also accepts the possibility that families may have not given correct information.

For example, it looks like the number of child laborers, which was 900 thousand in a 1994 survey, dropped to 350 thousand in 1999. (Erhan USTUNDAG, BIA News Center, May 5, 2004)

Déclaré mort à l'âge de 104 ans, un ancien soldat turc se bat pour sa retraite

Un ancien combattant turc de la guerre de Libération (1919-1922), âgé de 104 ans mais récemment déclaré décédé, veut prouver qu'il est bien vivant pour continuer à toucher sa pension, rapporte mercredi le journal Vatan.

Omer Kuyuk, qui vit dans le village d'Iskilip (nord), a eu la mauvaise surprise quand il s'est récemment présenté à la banque de constater qu'on le considérait comme décédé et qu'en conséquence sa pension d'ancien combattant (323 euros pour trois mois) lui avait été retirée.

M. Kuyuk a entamé une ultime bataille cette fois juridique pour établir qu'il est encore en vie.

La guerre, dite de Libération, a été conduite par Mustafa Kemal Ataturk, le fondateur de la Turquie moderne, contre les puissances d'occupation européennes --Grande-Bretagne, Italie, Grèce et France-- à l'issue de la Première guerre mondiale. (AFP, 5 mai 2004)

Relations turco-européennes / Turkey-Europe Relations

Does Turkey have a Plan-B if the European Union says "No!"?

Will "Turkey with its great potentials have no problem at all in finding a new channel to flow through" as claimed by Prime Minister Erdogan. There, unfortunately, exists no other regional integration alternative that is attractive for Turkey.

Majorities of both Turkey's elites and population support the march towards [European Union] EU membership, despite the fact that on the way there are many conditions to be fulfilled, many obstacles to be overcome, nothing is guaranteed in the end, and Europe isn't trusted.

Why? Because there is an awareness of the fact that the country will benefit immensely from the reforms accomplished whether in the end it joins the EU or not. In short, although not ready to admit it explicitly, we are really more interested in the benefits the membership process provides for our democracy and economy than the EU membership itself. EU leaders are surely aware of this.

For the reasons I discussed in my previous column, it is reasonable to expect that the European Council, having left behind the elections for the European Parliament to be held in June, having adopted the EU Constitution by then, will at the end of this year decide to start membership negotiations with Turkey in 2005, on the recommendation of the European Commission report stating that Turkey has made "sufficient progress" in fulfilling the Copenhagen Political Criteria.

Let's assume that what seems unreasonable happens, and the EU decides not to start membership negotiations with Turkey. Many people pose the question, what will Turkey do then? Does Turkey have a "B - Plan"? It is not possible to tell what plans other players have in mind, but the ruling Justice and Development Party (AKP) has declared its "B - Plan". Prime Minister [Recep Tayyip] Erdogan has stated this plan on various occasions.

He has said: "Let's assume that we are not given a date to start negotiations. Are we going to lose because we made those reforms? We want full democracy, basic rights and freedoms, and the rule of law for this nation. Turkey will fulfill all the standards of a democratic regime either inside or outside the EU. We will continue with Ankara Political Criteria instead of the Copenhagen Political Criteria."

A negative decision from the EU should certainly not in any way be allowed to deter or reverse the reform process, and Ankara should continue to develop its foreign political and economic relations in a multi - dimensional manner without "putting all its eggs in one basket" whether membership negotiations begin next year or not, and whether Turkey in the end becomes a member of the EU or not.

And the next question: Will "Turkey with its great potentials have no problem at all in finding a new channel to flow through" as claimed by Prime Minister Erdogan.

There, unfortunately, exists no other regional integration alternative that is attractive for Turkey either from a political or economic point of view other than the EU, the fortress of peace and democracy in Europe. In the recent past, there were some people who advocated an Islamic Union, an Islamic Common Market, an Islamic NATO and an Islamic monetary union led by Turkey as an alternative to integration with the EU.

The people who raised such ideas were soon to realize themselves better than anyone else what a big illusion this was. Again, in the recent past, there were some who suggested that the "Turkic world, stretching from the Adriatic to the Great Wall" should be unified under Turkey's leadership.

By time, it became clear to all that cooperation with the Turkic states, who won their independence at the end of the Cold War, could not go much beyond projects for the transfer of Caspian oil and natural gas to Western markets.

There were also some who argued "To hell with the EU... Alliance with the U.S. and Israel is all we need." (It, of course, cannot be claimed that Turkey's exclusion from the EU won't be a boon to U.S. and Israel).

It seems unlikely, however, that there remain people who still subscribe to that argument after the events over the past year in Iraq and Palestine. And the idea put forward by Mr Erdogan in December 2002, when he was not yet the prime minister, suggesting that Turkey could join NAFTA (the North American Free Trade Agreement) in case it was rejected by the EU looks like nothing more than a fantasy. (Sahin ALPAY, Zaman-BIA, May 31, 2004)

EU to Issue Double Report on Turkey

Brussels - The European Union (EU) announced on Thursday plans to release a double progress report on Turkey in October. In addition to the expected progress report, for the first time, the Union will issue a second report examining the effects of possible membership of a candidate country. The second report, referred to as the Effect Report, will be released simultaneously with the Progress report.

The European Commission's (EC) Enlargement Commissioner, Günther Verheugen, made a statement yesterday in which he disclosed that the second report is being prepared. Verheugen said that the second report will examine possible political, economic and cultural effects of Turkey's membership in the E.U. The Commissioner added it would not be realistic for member countries to decide on Turkey's membership without putting forward the effects of its membership.

Meanwhile, Ankara thinks the said report will be affirmative, that it will be a technical report rather than a political one, and that it will reflect objective realities. It was also discovered that Brussels assured Ankara that the figures in the report are estimates and apply to current conditions and that this will be stated in the report. To include this statement in the report is important because after E.U. reforms, the quantities of harmonization and structural funds -- in particular agricultural -- given to member countries will be revised.

Despite Ankara's positive outlook, the group that opposes Turkey's membership is observed to support the project. Opposition advocates say the 'big cost' of Turkish membership to the Union will emerge in the report and that it would be more logical to suggest a privileged partnership for Turkey. It is crucially important that the effect report is neutral in order not to give any trump card to those who oppose Turkey's membership. (Selcuk Gultasli, Zaman, May 28, 2004)

Giuliani: "L'Elargissement de l'Europe", mais sans la Turquie?

L'Union européenne peut offrir à la Turquie un partenariat privilégié mais difficilement accepter qu'elle intègre ses institutions politiques, écrit Jean-Dominique Giuliani dans un livre "L'Elargissement de l'Europe".

Dans cette plaquette de la collection "Que sais-je?", le président de la Fondation Robert Schuman fait un exposé didactique mais enthousiaste de l'élargissement réussi de l'Union européenne qui est passée le 1er mai de 15 à 25 membres. Il expose les étapes de l'élargissement, dresse un tableau de l'Europe à 25 et pose enfin la question des limites de l'élargissement, en mettant en doute l'opportunité de l'adhésion de la Turquie.

M. Giuliani souligne les efforts d'adaption des nouveaux adhérents, "tâches immenses, conduites avec une détermination exceptionnelle et une compréhension de la population que nous ne pourrions pas espérer dans nos pays".

Il rappelle le faible coût de l'élargissement: 32,1 milliards d'euros de 1990 à 2006, contre les 97 milliards de dollars d'aujourd'hui que les Etats-Unis ont consacré à la reconstruction de l'Europe de l'Ouest de 1948 à 1951.

Il met aussi en valeur les succès des entreprises françaises qui ont su bénéficier de l'intégration économique des nouveaux membres.

La France s'est taillé 6% de part de marché dans les pays d'Europe centrale et orientale, derrière l'Allemagne (plus de 25%) et l'Italie (9%). La France compte aussi pour 10% des stocks d'investissements dans ces pays derrière l'Allemagne (30%) et les Etats-Unis (25%).

Se tournant vers l'expansion à venir de l'Union, M. Giuliani note qu'alors que "les élargissements précédents n'avaient pas réellement fait l'objet de débats", la candidature turque pose pour la première fois "la question de l'opportunité d'élargir l'Union en dehors de ses frontières géographiques".

"La politique européenne envers la Turquie a, jusqu'à présent, +fait comme si+ l'adhésion était certaine, personne n'y croyant vraiment", écrit-il.

Giuliani: "Pour lui, l'UE pourrait offrir à la Turquie un partenariat privilégié, qui "en ferait l'allié géographique le plus proche de l'Union" mais elle "pourra difficilement accepter qu'elle intègre l'Union politique et ses institutions".

(L'élargissement de l'Europe - par Jean-Dominique Giuliani - Editions Presse Universitaires de France - 7,50 euros). (AFP, 27 mai 2004)

Verheugen: On jugera la Turquie sur les mêmes critères que les autres candidats

Le commissaire européen à l'Elargissement Guenter Verheugen a assuré jeudi que Bruxelles appliquerait à la Turquie les mêmes critères d'évaluation que ceux employés pour les pays qui ont rejoint l'UE, avant de recommander ou pas d'ouvrir des négociations d'adhésion avec Ankara.

"Nous utiliserons exactement la même méthodologie, les mêmes critères et points de références utilisés lorsque nous avons évalué le respect des critères politiques" des dix pays qui sont entrés dans l'UE le 1er mai, a déclaré M. Verheugen lors d'une conférence à Bruxelles.

"Nous ne pouvons pas utiliser de doubles critères", a-t-il ajouté. Il a précisé que la Commission comptait rendre son rapport d'évaluation sur la Turquie dans les "premiers jours d'octobre".

Dans ce rapport, la Commission doit recommander ou pas aux Etats membres de l'Union d'ouvrir des négociations d'adhésion avec Ankara. La décision sera prise par les Etats membres à la fin de l'année.

"Nous ne pouvons réclamer dans le cas de la Turquie une mise en oeuvre à 100%" des critères politiques réclamés par l'Union pour ouvrir des négociations d'adhésion, a poursuivi Guenter Verheugen. "Nous ne le faisons pas dans nos propres Etats membres", a-t-il relevé.

En 1997 et 1999, les deux années où s'ouvrirent les négociations d'adhésion avec les pays qui viennent d'intégrer l'Union le 1er mai, "il y avait matière à amélioration dans les domaines de la démocratie et de l'Etat de droit... Et c'est toujours le cas", a fait valoir Guenter Verheugen.

"Nous ne devons pas utiliser des critères plus élevés avec la Turquie qu'avec les autres pays" mais cela ne signifie pas pour autant qu'ils doivent être "moins élevés". Ces critères d'évaluation doivent "tout simplement être les mêmes", a-t-il expliqué. (AFP, 27 mai 2004)

Merkel: E.U. Cannot Afford to Include Turkey

German Christian Democrat Union Party (CDU) Leader, Angela Merkel, has said that the European Union (EU) cannot afford to include such a big country as Turkey. Merkel has said earlier today at her Party's meeting in Berlin the following:

"We are the friends of Turks who live in Germany. They have been living here for three or four generations. We want them to learn German and feel at home. However, on the other hand, we want to tell the truth. E.U. cannot afford to include Turkey. That is beyond us."

She said she conveyed the reality to Turkish Prime Minister, Recep Tayyip Erdogan during her visit to Ankara. "We didn't close the door to Turkey. We have important relations with Turkey and for this reason we offer them a privileged partnership. We cannot give free transition right now and cannot open the free market to Turkey. It is wrong for German Chancellor, Gerhard Schröder, to give Turkey hope." (Zaman-AA, May 25, 2004)

UE Commissioner Patten urges debate on Turkey

The European Union must hold an honest debate about whether Turkey can start membership talks, Chris Patten urged yesterday.

The EU's external relations commissioner said the time had come to give a straight answer to the question that has troubled Europe for more than 30 years.

The European commission is to recommend in the autumn whether the secular Muslim state can start negotiations. The 25 member states will make up their minds at the December summit.

"We cannot help but be conscious of the symbolism, at this time, of reaching out a hand to a country whose population is overwhelmingly Muslim," Mr Patten said.

But he made clear he did not think it should be able to join at any price.

Turkey first applied to join the then EEC in 1963, but only in 1999 was it recognised as a candidate.

It has made great progress on democracy and human rights in recent years but felt sidelined after the 10 new countries joined the EU earlier this month.

Britain is a keen advocate of Turkish membership while the US wants its loyal Nato ally in for wider strategic reasons.

The UK argues that accepting Turkey would signal to the Islamic world that the EU is not a "Christian club".

But there is strong opposition, especially in France and Germany. If Turkey, with 70 million people, did join, it would be the EU's second largest member state after Germany.

Mr Patten used a speech in Oxford last night to argue that the decision on Turkey would "say a great deal about how we see ourselves and want to be seen, in terms both of culture and of geopolitics".

It was not just about religion, he argued: "Turkey is not Islam, or an Arab state.

"We need to open the debate, recognising that the beginning of negotiations with Turkey would lead to a very different Turkey and very different relations between Europe and the Islamic world."

Mr Patten was scathing about the US intervention in Iraq and the "downward spiral of death and destruction" between Israelis and Palestinians.

But he agreed with Mr Blair it was not honourable for the US and Britain to leave Iraq now.

"We cannot salve our consciences by thinking we have dealt a blow for multilateralism by dumping Iraq in the lap of the UN before we bolt for home."

But modernisation in the Arab world had to be carried out by Arab countries themselves, Mr Patten said.

"If democratic modernisation looks like a western tactic for securing our own interests, we risk discrediting the ideas in which we believe and turning our Arab friends who share the same ideas into seeming stooges.

"You cannot impose a free society through military might, spreading democracy through the region in the tracks, as it were, of Jeffersonian tanks." (The Guardian, May 24, 2004)

La campagne des européennes est lancée en France

A trois semaines des élections européennes, les responsables politiques sont tous entrés dans une campagne active, et Jean-Pierre Raffarin effectue un déplacement symbolique en se rendant lundi en Irlande, le pays qui assure actuellement la présidence de l'Union.

Dès lundi, le PS et l'UMP vont diffuser leurs programmes pour les élections du 13 juin.

L'UMP va distribuer dans toute la France un "journal de campagne" à 25 millions d'exemplaires pour exposer sa "vision de l'Europe".
Il rappellera les principales prises de position de l'UMP, en faveur de la Constitution et de son adoption par référendum, contre l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne, pour une "Europe de la croissance au service de l'emploi" et une "Union politique et militaire" de l'UE.

Le Parti socialiste va éditer son manifeste à neuf millions d'exemplaires, en mettant l'accent sur la nécessité d'une Europe sociale.

Ce document énoncera "les cinq engagements" des socialistes pour le prochain mandat du parlement européen (2004-2009): "un traité social de l'Union européenne, un pacte de croissance et d'emploi au lieu du pacte de stabilité actuel, mieux faire face au défi de la mondialisation, pour un espace de citoyenneté, de sécurité et de justice, pour un renforcement démocratique de l'Europe".

Quant au président de l'UDF François Bayrou, il s'est rendu Outre-mer pendant le pont de l'Ascension, aux Antilles, où il a assuré qu'il voulait "arracher des victoires".

Lundi, le Premier ministre se rendra en visite officielle en Irlande, la première d'un chef de gouvernement français dans ce pays qui assure la présidence de l'UE jusqu'à fin juin. Ce voyage lui permettra de faire le point sur les questions européennes, à un mois du Conseil européen des 17 et 18 juin à Bruxelles, ainsi que sur les relations bilatérales.

Mais l'attention se focalisera en début de semaine sur le Front national, où certains décèlent les prémisses d'une crise, avec la quasi-rébellion de plusieurs personnalités, comme le maire d'Orange Jacques Bompard et Marie-France Stirbois, qui a dénoncé une "coterie" animée notamment par Marine Le Pen et qui influencerait Jean-Marie Le Pen.

Mme Stirbois a participé à Orange aux journées de l'"Esprit Public", le club de M. Bompard, principal opposant interne au président du FN.

M. Le Pen et sa fille ont vivement répliqué à Mme Stirbois qui n'a pas eu la place escomptée sur une liste pour les européennes. M. Le Pen a déclaré que le FN n'était ni "l'ANPE" ni "une caisse de retraite".

Pour les européennes, les derniers sondages font état d'un recul de l'extrême droite. Le FN est à 12% (- 1) et le MNR ne dépasse toujours pas 1%, selon la SOFRES.

Par ailleurs, selon cet institut, une majorité de Français (62%) veut "manifester son mécontentement" lors de ce scrutin.

Le PS recueille 30% des intentions de vote, les Verts 8%, tandis que les listes PCF et LO/LCR sont à 5%.

A droite, les listes UMP s'inscrivent à 18%, l'UDF à 11%. Les souverainistes recueillent 4,5% pour le MPF de Philippe de Villiers et 2% pour celles du RPF de Charles Pasqua. (AFP, 23 mai 2004)

Reuters poll: Bulgaria seen in EU in 2007, Turkey in 2015

LONDON - Bulgaria and Romania are on course to join the European Union in 2007, but Turkey will remain outside the bloc until 2015, economists forecast in a Reuters poll.

The main findings of the survey, based on mid-range forecasts, are as follows:

* Bulgaria has a 70 percent chance of joining the EU in 2007
* Romania has a 60 percent chance of joining the EU in 2007
* Turkey will join the EU in 2015
* Croatia will join the EU in 2009
* Serbia and Montenegro will join the EU in 2012

The poll of 38 economists, taken May 17 to 19, showed expectations were largely unchanged from the last survey in February.
However, analysts said Bulgaria has been making more rapid progress than Romania towards qualifying to join the wealthy bloc.
"So far, the pace of reforms (in Bulgaria) has been impressive and faster than expected," said Khatija Paruk at Deutsche Bank in London.

"There is still much to be done to satisfy both the political and economic criteria (for Romania) ... However, if sufficient action is taken to address the key issues by the end of the summer, then the probability of accession in 2007 will increase."
Bulgaria was refused a place in this May's enlargement of the EU bloc to 25 nations, but following wide-scale reforms the Balkan country should conclude the negotiating process to join by the end of June.

Romania, on the other hand, has been slower to implement key reforms. In February the EU warned it risked failing to conclude negotiations by the year-end because of serious problems with corruption, economic reform and the rule of law.
However, EU Enlargement Commissioner Guenter Verheugen has since said Romania is back on track to join the bloc in 2007 after the sacking of its justice minister.

As for Turkey, EU leaders are to decide at the end of the year whether the nation of 70 million people has made sufficient progress on political reforms and human rights to begin negotiations.
The mid-range forecast in the poll showed a 40 percent chance that the EU will agree to open accession talks then, up from 30 percent in the last poll.

"In terms of EU-related reforms and implementation, the road ahead (for Turkey) seems to be long and steep. Moreover, meeting the economic criteria is likely to take many years of hard work," said Paruk.

There is strong opposition to Turkish accession in some EU countries such as France, but Verheugen has said Turkey may halt its reform programme and fall into political disarray if its bid to start talks is unfairly rejected.

"It would be feasible for the EU to open entry talks at the end of the year," said Dagmar Alpen at Oppenheim Research in Cologne.
"Support from the EU Commission is clearly there...but we don't think the EU would do so against the explicit wish of France. So it's basically a question whether the French government will change their mind until December. So far we've seen little indication of this."

The former Yugoslav republic of Croatia, which applied to join the EU in February last year, is economically ahead of most of its Balkan neighbours.

The main obstacle to its accession is its failure to hand over General Ante Gotovina, wanted for war crimes during the break up of Yugoslavia in the 1990s, to the United Nations war crimes tribunal.
Still, analysts expect Croatia's bid for membership will go ahead. "We expect Croatia to be given a starting date for negotiations at the EU summit this summer. Negotiations should then proceed smoothly," said Alpen.

As for Serbia and Montenegro, economists expect negotiations for entry to begin in 2007, according to the mid-range forecast.
"Serbia will have to wait for some time and it is likely that it would enter with Turkey," said Michal Czaplicki at the Institute of Public Affairs in Poland. (Reuters, May 20, 2004)

Turkey signs cooperation agreement with Europol

The Turkish Police Directorate has signed an agreement of cooperation with the European Law Enforcement Organization (Europol), the Anatolia news agency said.

Speaking at the signing ceremony held in Ankara on Tuesday, Gokhan Aydiner, head of the Turkish Police Directorate, said that security forces should adapt themselves to changing threats. Criminal groups were getting more and more accustomed to high technology, and their activities were now exceeding national boundaries. Stating that a single country's fight against terrorism and organized crime was insufficient today, Aydiner said that international cooperation was obligatory.

Europol Director Juergen Storbeck, also addressing the ceremony, said that cooperation in countering terrorism was vital for the European Union and other world countries because terrorism was now a global threat. Storbeck said countries should also cooperate against illicit drug, human and arms trafficking, together with mutual investigation of the forgery of valuable documents and credit card fraud.

Touching on new Europol projects, Storbeck said he hoped the Turkish Police Directorate would be included in the new Europol projects designed to tackle illegal immigration and human trafficking in the east Mediterranean area. He praised the Turkish police, saying they were demonstrating professionalism in their fight against organized crime. The agreement would provide an opportunity for both the Turkish police and Europol to liase efficiently and compare common experiences, he said.

Turkey is located at a key point linking Europe to the Middle East and the Caucasus. Each year, thousands of illegal immigrants from Asian countries pass through Turkey as they are smuggled by organized gangs into wealthy European countries. Turkey also constitutes a major route in the smuggling of illicit drugs to Europe. (Turkish Daily News, May 20, 2004)

Political and human rights still impede Turkish EU entry

With only months to go before the Commission is due to give its opinion on Turkish EU membership, the EU says there are still concerns over Turkish human rights standards.

A joint report - agreed on by the EU - is deeply critical of some aspects of Turkey's human rights laws and express concerns about implementation in other areas.

The report is due to be presented to the Turkish foreign minister Abdullah Gül today (18 May) when he visits Brussels for regular talks with the EU.

Turkey has been an EU candidate for decades, but still has a long way to go before living up to the criteria set for members of the EU club, the position paper points out.

"In spite of the reforms, there are still a great number of provisions which could be interpreted so as to unduly restrict the exercise of fundamental freedoms", says the document.

The report is also critical of the role of the Turkish military and presses for civil control, aligned with the practise in EU member states.

It also says the Turkish parliament must exert full control of defence expenditure.

While welcoming the adoption of a further constitutional reform package by the Turkish parliament on 7 May as "another significant step forward", the report calls for effective implementation of the reforms.

With its sprawling geographical size and weak administration, Turkey has long had difficulties implementing decisions taken in Ankara in the whole of the country.

Since revisions were made on the status of languages other than Turkish, only three schools have started Kurdish language courses and there is still no broadcasting in languages other than Turkish.

As regards freedom of religion the Turkish non-Muslim communities still suffer problems as regards property rights, the report says.

The European Union also notices that "internally displaced persons" suffer economic and social problems in the Southeast, a predominantly Kurdish area.

On the list of positive developments is the banning in all circumstances of the death penalty. But on the negative side the European Union says that it "understands that there are persisting cases of ill-treatment and torture in custody".

The also EU expresses deep disappointment with the decision taken on 21 April by the Ankara State Security Court in the retrial of Leyla Zana.

The Kurdish woman was elected to serve her Kurdish constituency in the Turkish parliament in 1991. She openly identified herself as a Kurd and was arrested in 1994 and sentenced to 15 years in jail.

The European Parliament awarded her its Sakharov Prize in 1995.

But while the criticism on human rights is still grave, Turkey is scoring well in the economic spheres.

"Productivity-led output growth has remained significantly stronger than expected (5.8% in 2003 after the 7.8% increase in 2002). Inflation continues to decline, notes the report.

Such economic development is something many EU finance ministers can only dream of seeing in their own countries.

Turkey must however ensure effective implementation of anti-corruption measures and establish an anti-corruption unit within the prime ministry, the EU also points out.

Today¹s report is an early indication of what might be the content of the report that will be written by the European Commission in autumn.

On the basis of this report the European Council of heads of state and governments will decide in December 2004, whether accession negotiations with Turkey can start.

This will come 40 years after the first agreement between the EU and Turkey - the so-called Ankara Agreement - came into force on 1 December 1964. (EUOBSERVER, May 18, 2004)

Commission report on Turkey may come one month early

The European Commission is set to release its crucial assessment report on Turkey one month earlier than expected, Dutch newspaper NRC Handelsblad said on Saturday (15 May) according to sources directly concerned.

On the basis of the Commission report, EU member states will decide whether or not to start formal accession negotiations with Ankara.

The release of the report was originally planned for the end of October, but it is possible the Commission will now unveil its findings one month earlier. This would enable the present Commissioners, who are responsible for preparing the report, to better explain and give an account of their work.

The mandate of the current Commission will end just shortly after the publication of the report was initially planned - on November 1. Thereafter, a new college of Commissioners will be installed.

The Commission, however, denies that a date of release has been already decided upon. The spokesman for Enlargement Commissioner Günter Verheugen said: "No decision has been taken on a date of release. There are currently several considerations and dates being discussed. There must also be sufficient time for Turkey to present its record to us."

Also, the content of the report will be less political than envisaged earlier, says NRC Handelsblad.

The Commission will refrain from making its own political judgement on Turkey's bid for EU membership, and instead restrict itself to factual statements.

However, any factual statement will also have political implications, as the report will assess the extent to which Ankara meets the EU's political and human rights criteria.

These criteria will play a crucial role in the decision of EU heads of state and government at their summit in December, as to whether or not to open membership talks with Turkey. (www.euobserver.com, May 17, 2004)

Arlette Laguiller: "Des pays très catholiques sont entrés dans l'UE"

La porte-parole de Lutte ouvrière Arlette Laguiller souhaite vendredi que les élections européennes du 13 juin soient l'occasion pour les électeurs de "donner une gifle au gouvernement", tout en refusant d'"amnistier" le Parti socialiste.

"Nous pensons qu'il est plus important de donner une gifle au gouvernement en votant pour les listes LO-LCR qu'en votant pour le PS, qui pendant cinq ans a mené une politique catastrophique pour les travailleurs", estime-t-elle dans "France-Soir". "On s'adresse à cet électorat qui veut voter contre la droite, mais n'est pas prêt à amnistier le PS".

Interrogée sur l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne, la tête de liste LO-LCR pour l'Ile-de-France observe que les "craintes ne sont pas fondées". "On nous oppose la religion. Je ne suis pas d'accord. Des pays très catholiques sont entrés dans l'UE. Dans certains de ces Etats, les droits des femmes ne sont pas respectés. L'IVG est encore interdite au Portugal ou en Irlande et Malte refuse le divorce", argue-t-elle.

Pour Arlette Laguiller, "la Turquie a effectivement des progrès à faire sur les droits de l'Homme. Mais la religion n'est pas un argument". (AP, 14 mai 2004)

Polémiques sur un éventuel report d'une décision sur la Turquie

Le commissaire européen à l'Elargissement, Guenter Verheugen, a mis en garde jeudi contre tout éventuel report de la décision par les Etats membres de l'UE, attendue à la fin de l'année, d'ouvrir ou pas des négociations d'adhésion avec la Turquie.

"Je mets fermement en garde contre l'idée (que le Conseil européen) pourrait reporter" sa décision, a souligné le commissaire lors d'une conférence consacrée à l'élargissement.

Les Turcs "ne veulent pas être trompés", a ajouté M. Verheugen en rappelant que les Etats membres de l'UE avaient décidé fin 2002, au sommet de Copenhague, de se prononcer sur une éventuelle ouverture des négociations d'adhésion avec la Turquie avant la fin de cette année.

"Vous ne pouvez pas dire aux Turcs pendant quarante ans: 'vous avez une vocation européenne mais malheureusement, vous n'êtes pas une démocratie'... Et maintenant qu'ils la réalisent, leur dire: 'nous sommes navrés. Nous ne pensions pas que vous pourriez le faire et, par conséquent, nous devons changer notre politique'", a expliqué le commissaire.

La Commission européenne doit rendre en octobre prochain un rapport d'évaluation sur la Turquie, très attendu car il doit servir de base à la décision des chefs d'Etat et de gouvernement deux mois plus tard sur les aspirations d'Ankara.

Ankara a signé un accord d'association avec la Communauté européenne dès 1963.

Guenter Verheugen a estimé jeudi que la modernisation et la démocratisation engagées par la Turquie étaient intimement liées à ses perspectives européennes.

"Si vous ôtez les perspectives européennes à la Turquie, vous mettez un terme au processus de démocratisation de ce pays. Et vous serez responsable sur le long terme de l'instabilité et de l'imprévisibilité de ce pays si important sur le plan stratégique", a affirmé le commissaire.

La Turquie est également amenée à jouer un rôle clé à l'avenir dans les relations entre le monde occidental et le monde musulman, a estimé M. Verheugen.

La Turquie, un pays musulman capable de démontrer qu'il peut établir une démocratie complète respectueuse des droits de l'Homme et des minorités, "constituerait un exemple de la plus haute importance pour l'ensemble du monde musulman", a-t-il affirmé.

"Et si l'Europe acceptait un tel pays comme Etat membre (de l'Union), cela montrerait au monde musulman que nous, l'Europe chrétienne, nous ne les considérons pas comme des citoyens de deuxième classe mais comme des partenaires égaux", a déclaré le responsable européen.

Guenter Verheugen a précisé que la Commission européenne avait entamé une "étude d'impact" sur une éventuelle adhésion de la Turquie à l'UE, avant même que la décision soit prise sur une éventuelle ouverture des négociations d'adhésion.

"Nous avons besoin de savoir ce que l'adhésion de la Turquie pourrait signifier pour l'économie, pour les politiques (européennes), pour le budget", a-t-il dit. (AFP, 13 mai 2004)

53% des Français opposés à l'entrée de la Turquie dans l'UE

Plus d'un Français sur deux (53%) se dit opposé à l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne, à laquelle 39% se déclarent favorables, 8% ne se prononçant pas, selon un sondage Louis Harris réalisé auprès de plus 1000 personnes pour la radio franco-arménienne AYP-FM, rendu public mercredi.

Appelés à hiérarchiser un certain nombre de "choses reprochées à la Turquie", 90% des personnes interrogées jugent "très grave" le fait que "les droits de l'Homme ne sont pas respectés dans les prisons".

87% considèrent comme "très grave" le fait que "les minorités (par exemple les Kurdes) ne bénéficient pas d'un statut qui protège leurs droits".

81% jugent "très grave" le fait que le gouvernement turc refuse de reconnaître le génocide des Arméniens". Enfin, 74% estiment "très grave" le fait que "l'armée intervient dans la vie politique".

Pour 49% des Français, la reconnaissance par la Turquie du "génocide à l'encontre des Arméniens", ne les rendrait pas plus favorables à l'entrée de ce pays dans l'Union européenne. 45% disent au contraire que cela les conduirait à être plus favorables à cette entrée.

En revanche, ils sont beaucoup plus nombreux à se dire plus favorables à l'entrée de la Turquie si elle "prenait des mesures pour respecter les droits de l'Homme" (72%) et si elle "accordait davantage de droits aux minorités" (71%). (AFP, 12 mai 2004)

La candidature turque place les Européens face à leur déficit d'identité

Par-delà le débat pour ou contre, l'hypothèse d'une entrée de la Turquie dans l'UE renvoie les Européens à leur propre déficit d'identité: l'Europe est-elle un "club chrétien" ou laïc? Quelles sont ses frontières? Ses institutions peuvent-elles absorber un tel élargissement démographique?

QUELLES FRONTIERES?

- A cheval entre l'Europe et l'Asie mineure, où elle a la majeure partie de son territoire, la Turquie est au carrefour de plusieurs civilisations. A environ quatre heures d'avion de Paris, c'est la porte de l'Orient. Si elle était intégrée, l'UE aurait une frontière commune avec l'Irak, l'Iran et la Syrie. Membre du Conseil de l'Europe, elle fait aussi partie de l'OTAN.

- En novembre 2002, Valéry Giscard d'Estaing, alors président de la Convention sur l'avenir de l'Europe, avait lancé la polémique en affirmant que la Turquie n"'est pas un pays européen". "Sa capitale n'est pas en Europe, elle a 95% de sa population hors d'Europe", avait-il fait valoir.

LE CHOC DEMOGRAPHIQUE

- Avec ses quelque 67 millions d'habitants, la Turquie serait le deuxième pays européen le plus peuplé derrière l'Allemagne. Elle deviendrait par conséquent l'un des groupes nationaux les plus importants au Parlement européen. A elle seule, elle représente presque autant d'habitants que les dix nouveaux pays entrés dans l'UE au 1er mai, qui rassemblent 75 millions de personnes.

- Certains mettent en doute la capacité de l'UE à absorber un tel élargissement, alors que l'arrivée des Dix soulève déjà d'épineuses questions institutionnelles sur la façon de prendre des décisions dans une Europe à 25.

L'EUROPE, "CLUB CHRETIEN"?

- Depuis le début des travaux de la Convention en 2002, le débat fait rage: faut-il mentionner dans la future Constitution européenne les racines chrétiennes de l'Union? Farouchement hostile à toute allusion religieuse, la France défend le principe de laïcité.

- Le 1er mai, le Premier ministre irlandais Berthie Ahern, dont le pays exerce la présidence tournante de l'UE, a laissé entendre que le préambule de la future Loi fondamentale européenne pourrait inclure une référence aux "traditions et valeurs chrétiennes". Cette précision risquerait fort d'être perçue par Ankara comme une façon détournée de lui claquer la porte au nez.

- Bien que la Turquie soit une République laïque depuis l'abolition du califat par Mustafa Kemal dit Ataturk en 1924, 95% de sa population est musulmane, d'obédience sunnite. La victoire du Parti de la Justice et du Développement (AKP), réputé islamiste modéré, aux législatives de novembre 2002 avait à l'époque réveillé les craintes que la Turquie ne devienne un cheval de Troie de l'Islam en Europe.

LE CHOC DES CIVILISATIONS

- Certains partisans de l'intégration turque, dont le Premier ministre britannique Tony Blair, mettent en avant la nécessité de "jete(r) un pont avec le monde islamique dans un contexte où le besoin s'en fait plus que jamais sentir". Dans le même esprit, Jacques Chirac soulignait récemment qu'une mise à l'écart de la Turquie "ne manquerait pas de faire le jeu de tous ceux qui aujourd'hui prônent le choc des civilisations". (AP, 12 mai 2004)

YOK controversy sour Turkey-EU ties

A bitter controversy on the government's plans to reform higher education appeared to be souring Turkey-European Union ties on Wednesday as the Turkish Foreign Ministry criticized the EU Commission office in Ankara for its comments beating the military for its involvement in the debate.

Hansjoerg Kretschmer, the EU Commission representative in Ankara, criticized the Turkish military in Wednesday's remarks, saying its involvement in the education reform controversy was a step back in the view of Turkey's bid to join the EU.

Political matters such as education in higher education were not where the military should voice its opinion, Kretschmer said, emphasizing that military-civilian relations were deemed very important by the EU.

"There are certain codes of conduct that representatives of foreign countries and organizations should respect in their country of operation. We expect respect for these codes," Foreign Ministry Spokesman Namik Tan said at a press briefing when asked to comment on Kretschmer remarks.

There was no immediate comment from the EU Commission.

The education reform controversy has put the government and opponents from universities, opposition party and the powerful military against each other in what some commentators have described has the biggest political crisis Turkey has faced in the recent past.

Government defends reform in the higher education system but critics say it is an attempt to undermine the secular order of the state by allowing graduates of religious imam-hatip high schools to enter university on equal terms with students from other high schools.

Last week, the General Staff issued a stern statement, declaring the reform bill contradicted the principle of secularism and that the military was one of the "sides" in the dispute.

Defying criticisms, the government sent the reform bill to Parliament and said everybody else should respect the lawmakers' decision.

EU aspirant Turkey has been told by the union to remove military interference in politics and several reforms have been carried out so far to trim the military's influence.

The conservative True Path Party (DYP) also attacked Kretschmer for his remarks against the military involvement. Deputy Chairman Nuzhet Kandemir said in a statement that Kretschmer's remarks were tantamount to interference in Turkey's internal affairs and disrespect for codes of international diplomacy.

Kandemir called on the Foreign Ministry to warn Kretschmer and notify to him that he would be declared "persona non grata" unless he was recalled by the EU Commission. (Turkish Daily News, May 12, 2004)

Nouvelles Ambiguïtés sur l'adhésion de la Turquie à l'UE

Le "non" autrichien à l'éventualité d'une adhésion turque à l'Union européenne rassemble tous les partis politiques de l'extrême droite aux socialistes, jusqu'aux Verts. En France, la question vient d'être relancée par l'UMP - le parti de Jacques Chirac - qui s'est, lui-aussi déclaré résolument hostile à l'ouverture des négociations d'adhésion par l'Union européenne avec la Turquie d'ici la fin de l'année.

Le président de la République a, lui-même, estimé, ce dimanche, que - bien que souhaitable - cette intégration serait longue et difficile. Même son de cloche au Parti socialiste français qui insiste sur les carences en matière de démocratie et de droits de l'homme.

Les autorités turques viennent d'empêcher un émissaire du gouvernement allemand de rendre visite à Leyla Zana - militante kurde pour les droits de l'homme - dont la condamnation à quinze ans de prison vient d'être confirmée.

Il reviendra à l'actuelle Commission européenne de rendre - d'ici la fin de son mandat, le 31 octobre prochain - son rapport évaluant si la Turquie répond ou non aux critères politiques de Copenhague.

Et au-delà de ces critères sensible, la Commission mène, d'ores et déjà, une étude d'impact de l'adhésion de la Turquie sur le fonctionnement de l'Union européenne.

Cette adhésion aurait en effet des conséquences importantes: entre 2010 et 2015, la Turquie deviendrait le pays le plus peuplé de l'Union et occuperait ainsi une place prédominante dans le système de vote à double majorité, tout en restant le pays le plus pauvre.

Le coût net de son adhésion s'élèverait à environ quinze milliards d'euros par an.

Fortement encouragée par Washington, cette adhésion de la Turquie conforterait définitivement l'Otan comme la structure de défense et de sécurité européenne, au détriment des efforts actuellement menés pour faire progresser une Union européenne de la défense.
Et le partenariat stratégique d'Ankara avec Tel-Aviv impliquerait l'Union - non plus comme médiateur - mais comme protagoniste du conflit israélo-palestinien.

Toujours sur un plan extérieur, outre l'occupation par l'armée turque du nord de Chypre qui perdure et l'héritage de la question arménienne, une adhésion de la Turquie entraînerait aussi l'Union européenne dans la gestion du problème kurde et par conséquent dans les tribulations irakiennes dont on sait qu'elles n'ont pas encore révélé toute leur morbidité...

Enfin, sur le front de la laïcité, comment peut-on légiférer sur l'interdiction des signes religieux à l'école alors que, de son côté, le gouvernement turc actuel encourage la confessionnalisation de l'enseignement.

Ankara vient d'annoncer qu'il maintient son projet de réforme de l'éducation en dépit de l'opposition de l'état-major et d'une partie de la société civile.

Les militaires et les organisations féminines craignent que l'allègement des conditions d'entrée à l'université pour les étudiants provenant des écoles religieuses... que cette réforme ne renforce encore l'influence de l'islam dans l'éducation.

Par l'école notamment, le gouvernement turc poursuit résolument son projet d'islamisation de la société, un projet communautariste prônant l'inégalité des sexes, sinon une ségrégation sexuelle qui s'avère, d'ores et déjà, difficilement euro compatible. (Richard Labévière, RFI, 11 mai 2004)

UE : Tous les partis autrichiens contre une entrée proche de la Turquie

Tous les partis politiques autrichiens - droite, extrême droite, socialistes, Verts - ont exprimé dimanche et lundi leur refus d'une entrée prochaine de la Turquie dans l'Union européenne (UE).

"La Turquie n'est pas à l'heure actuelle mûre pour l'UE et l'UE n'est pas mûre pour la Turquie", a déclaré le chef de l'opposition sociale-démocrate (SPOe), Alfred Gusenbauer, au journal Kurier.

M. Gusenbauer - qui se démarque du chancelier social-démocrate allemand Gerhard Schroeder, chaud partisan de principe d'une adhésion - a affirmé que son refus tenait à la situation des Kurdes, à des raisons économiques, à la nécessité de réussir l'élargissement récent à 25 et non pas à des raisons religieuses.

La tête de liste du parti au pouvoir OeVP (conservateur) pour les élections européennes du 13 juin, Ursula Stenzel, s'est également prononcée contre: "Je suis favorable à de meilleures relations avec la Turquie, mais je ne peux me représenter une adhésion complète", a-t-elle déclaré lundi à la presse.

Le chancelier Wolfgang Schuessel, chef de l'OeVP, s'était montré critique le mois dernier, parlant d'"une décision très difficile", et estimant qu'il fallait "d'abord digérer l'énorme élargissement de l'UE".

La tête de liste du parti d'extrême droite FPOe Hans Kronberger avait réclamé dimanche un arrêt des négociations de l'UE sur la candidature de la Turquie: son entrée serait, comme le Titanic, "une marche vers un iceberg", a-t-il dit. L'homme fort du FPOe, qui fait partie de la coalition gouvernementale, est Joerg Haider.

Enfin, au nom des Verts, Johannes Voggenhuber, a estimé que les Européens devaient d'abord se préparer à accueillir les pays des Balkans.

Dans un récent sondage, 73% des Autrichiens se sont dits hostiles à une telle adhésion, en invoquant le conflit entre Turcs et Kurdes, les "us et coutumes" et le caractère musulman de la Turquie.

La majorité des quelque 300.000 musulmans en Autriche sont d'origine turque.

Cette question avait été relancée en avril en France, quand l'UMP, le parti du président Jacques Chirac, s'était déclaré opposé à l'ouverture de négociations par l'UE à la fin de l'année avec la Turquie, laquelle a obtenu le statut de candidat en 1999.

 M. Chirac a lui même estimé dimanche que l'intégration de la Turquie serait difficile, mais "se ferait" et elle est "souhaitable".

La constitution européenne et la Turquie: le parti chiraquien prend le contre-pied du président

Le parti du président Jacques Chirac a pris le contre-pied du chef de l'Etat ce week-end défendant l'idée d'un référendum sur la Constitution européenne, alors que M. Chirac refuse encore de se déclarer.

L'Union pour la majorité présidentielle (UMP), réunie en Conseil national près de Paris, a également pris ses distances sur l'admission de la Turquie dans l'Union, votant massivement contre cette idée alors que M. Chirac l'envisage, sous conditions.

"Europe: l'UMP contre...Chirac", va jusqu'à titrer lundi le quotidien populaire Le Parisien, qui estime que le parti présidentiel, ultra-majoritaire au Parlement, "défie l'Elysée", une première depuis la réélection de M. Chirac en mai 2002. Pour le quotidien de droite  Le Figaro, M. Chirac est "isolé".

Dimanche, les deux "frères ennemis" du mouvement, son président Alain Juppé, qui a annoncé sa démission, et doit être jugé en appel pour corruption, et le bouillant ministre de l'Economie Nicolas Sarkozy ont exhorté le président à opter pour un scrutin populaire.

Un référendum est considéré par M. Chirac comme plus risqué qu'une consultation parlementaire dans la mesure où tout recours aux urnes devient en France un vote sur le bilan de l'équipe gouvernementale et de son chef, le président de la République.

Le général de Gaulle avait ainsi quitté le pouvoir en 1969 pour avoir perdu un référendum sur la régionalisation.

"Je ne vois pas comment il serait possible de dire aux Français que la Constitution européenne est un acte majeur et d'en tirer la conséquence qu'elle doit être adoptée entre parlementaires, sans que l'on prenne la peine de solliciter directement l'avis des Français", a affirmé M. Sarkozy.

Quelques minutes après, M. Juppé, fidèle parmi les fidèles de M. Chirac, -alors que M. Sarkozy avait défendu en 1995 la candidature d'Edouard Balladur contre l'actuel président-, a abondé dans le sens de son possible successeur.

"Si la Constitution est conforme à ce que nous en connaissons aujourd'hui,  si elle est conforme au projet élaboré par la Convention sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing (...) si c'est bien le cas, alors je ferai campagne pour le +oui+ et je souhaite que l'UMP se mobilise dans ce sens", a-t-il lancé.

Mais l'Elysée a immédiatement réagi, en rappelant les prérogatives présidentielles. "De par notre Constitution, les deux voies de ratification sont possibles", a souligné la porte-parole Catherine Colonna. "Le président de la République prendra sa décision le moment venu. Ce moment n'est pas encore venu", a-t-elle dit, soulignant que le projet de traité constitutionnel n'était pas encore conclu.

 Le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, qui peine à juguler M. Sarkozy, "électron libre" du gouvernement, a lui aussi voulu calmer le jeu. "Je souhaite que le débat s'ouvre, ce n'est pas au Premier ministre de fermer le débat", a-t-il dit. "Nous choisirons le moment venu, mais tout ceci, vous savez, c'est pour l'année 2005", a-t-il ajouté.

Concernant la Turquie, M. Chirac a réaffirmé dimanche qu'il était favorable à terme et dans certaines conditions à l'intégration de la Turquie dans l'Union. Là aussi, "son" parti a pris le contre-pied de sa position.

Presque au même moment, le Conseil national de l'UMP adoptait à près de 72% une motion demandant, outre un référendum sur la Constitution européenne, le rejet de l'entrée de la Turquie dans l'Union. A l'instar de M. Juppé, à qui il a rendu hommage sur cette prise de position, M. Sarkozy s'est prononcé contre l'entrée de la Turquie, reprenant le dicton populaire: "Qui trop embrasse mal étreint". (AFP, 10 mai 2004)

Chirac favorable à la Turquie dans l'UE, mais...

PARIS  - Jacques Chirac a réaffirmé dimanche qu'il était "souhaitable" que la Turquie intègre l'Union européenne lorsqu'elle remplirait les conditions posées par l'UE.

Ce pays "a fait incontestablement des efforts très importants pour s'adapter au mode de vie démocratique reconnu par les pays européens (mais) elle a encore un effort à faire", a souligné le président français qui recevait le Premier ministre britannique Tony Blair à l'Elysée.

"Si la Turquie remplit les conditions, les négociations peuvent commencer. Elles seront longues et difficiles, il ne faut pas se faire d'illusion, ce n'est pas une affaire pour demain matin", a-t-il répété. "Sinon, "on continuera à négocier et à parler avec la Turquie pour que, le plus vite possible, les négociations d'adhésion puissent être engagées."  (AP, 9 mai 2004)

Blair : l'admission de la Turquie, un "grand défi"

Le premier ministre britannique Tony Blair a souligné dimanche à Paris que l'admission de la Turquie dans l'Union Européenne était un grand défi et qu'il ne fallait pas écarter les problèmes que cela posait mais les gérer.

"La décision de principe d'accepter la Turquie dans l'Union européenne est prise mais il faut que les mêmes règles s'appliquent à la Turquie comme aux autres pays", a-t-il indiqué en référence à une série de conditions que les pays candidats à l'accession doivent respecter.

"Il y aura beaucoup de difficultés (...) c'est un grand défi, l'élargissement de cette manière", a ajouté M. Blair sur la chaine de télévision française LCI. "Il y aura un grand débat (...) mais je ne veux pas écarter les problèmes et la nécessité de les gérer".

Le premier ministre français Jean-Pierre Raffarin, qui intervenait à ses côtés, a rappelé la position de la France qui considère que "l'admission à court terme n'est pas souhaitable", mais qu'il n'était pas question de "fermer la porte éternellement" à la Turquie.

Il a souhaité que la Turquie réussisse sa "transformation" pour respecter les critères d'adhésion. (AFP, 9 mai 2004)

La Turquie "n'a pas sa place en Europe", selon Nicolas Sarkozy

AUBERVILLIERS - "La Turquie n'est européenne ni par sa géographie, ni par sa culture, ni par son histoire. Elle n'a donc pas sa place en Europe", a affirmé dimanche le ministre de l'Economie Nicolas Sarkozy lors du Conseil national de l'UMP.
"L'Europe aurait un grand intérêt à penser davantage à son organisation et à son mode de fonctionnement plutôt qu'à toute nouvelle adhésion", a-t-il estimé.

La Turquie, qui "chemine courageusement sur le chemin de la démocratie", doit "être confortée, soutenue, aidée, au besoin par des accords privilégiés avec l'Europe" et "il ne s'agit nullement de la rejeter", a assuré M. Sarkozy. Mais "si nous intégrions la Turquie en Europe, quels arguments aurions-nous pour refuser l'Algérie?". (AP, 9 mai 2004)

La question de l'adhesion turque à la Convention nationale du PS

PARIS - Montrant du doigt le refus de l'UMP et des souverainistes de voir la Turquie adhérer à l'Union européenne, François Hollande a dénoncé dimanche "ceux qui utilisent aujourd'hui" ce pays "pour faire peur et pour pointer et stigmatiser des populations", les accusant d'en faire un "épouvantail" à un mois des élections européennes.

"Je mets en cause ceux qui utilisent aujourd'hui la Turquie, non pas pour faire progresser l'Europe, mais pour faire peur et pour pointer et stigmatiser des populations", a-t-il dénoncé lors de la convention nationale du PS à la Mutualité. "Le pire aujourd'hui serait d'en faire dans cette campagne un épouvantail".

François Hollande a rappelé que "la Turquie a été considérée depuis longtemps, et plus récemment en 1999, comme un possible candidat. Il n'y a rien d'anormal, sauf à invoquer des critères religieux ou démographiques, à la regarder encore comme telle aujourd'hui", a-t-il fait valoir. "Respectons à la fois nos engagements et nos règles, tout simplement".

Pour autant, il a reconnu qu'Ankara "ne respecte pas en matière de démocratie et de droits de l'Homme les conditions de son adhésion pour le moment". Refusant de baisser les bras, il a préconisé de travailler avec la Turquie "dans une association renforcée, le temps qu'il faudra, pour rendre possible un jour l'adhésion".

Tête de liste socialiste aux européennes en Ile-de-France, Harlem Désir a également critiqué à la tribune "l'hypocrisie qui se cache derrière ce débat". "On joue bassement avec les peurs et les préjugés", a-t-il regretté. Mais il reste à la Turquie "beaucoup à faire pour devenir véritablement une démocratie européenne", a-t-il ajouté, l'exhortant notamment à "reconnaître le génocide arménien" de 1915.

A l'extérieur de la Mutualité, une poignée de militants a manifesté en début de matinée pour s'opposer à l'adhésion d'Ankara, distribuant des tracts sur lesquels on pouvait lire: "non à la Turquie de la haine dans l'Union européenne". (AP, 9 mai 2004)

La "motion de synthèse" de l'UMP dit non à la Turquie

Alain Juppé et la direction de l'UMP vont soumettre au vote du conseil national un texte qu'ils qualifient de "synthèse", bien que les signataires de trois autres motions aient refusé de s'y rallier. Le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan, la pasquaïenne Isabelle Caullery et Jacques Godfrain, député de l'Aveyron, estiment en effet qu'il revient aux cadres du parti de se prononcer sur les options qu'ils leur proposent.

La motion de "synthèse" a pourtant pris en compte l'opposition de l'écrasante majorité de l'UMP à l'entrée de la Turquie dans l'Europe. Sur ce point, ses auteurs se distinguent nettement de la position de Jacques Chirac.

"Le 1er mai 2004, écrivent-ils, l'Union comptera vingt-cinq membres, puis vingt-sept en 2007, avec la Bulgarie et la Roumanie, en attendant, le jour venu, l'entrée des Etats balkaniques. Au-delà de ces frontières, l'Europe ne serait plus l'Europe mais une simple addition d'intérêts disparates, un ensemble déséquilibré sur le plan démographique, un espace économique sans volonté commune et réduit à l'impuissance sur la scène internationale. La Turquie, notamment, n'a donc pas vocation à entrer dans l'Union européenne. Il va de soi, en revanche, qu'un partenariat privilégié s'impose avec ce grand pays, dont le poids et le rôle sont essentiels au Proche-Orient et en Asie centrale." (Le Figaro, 8 mai 2004)

Raffarin réaffirme que la Turquie ne peut pas entrer dans l'UE aujourd'hui

Le Premier ministre français Jean-Pierre Raffarin a souhaité jeudi qu'une décision sur la Constitution européenne soit prise "dans tous les pays" de l'Union Européenne au cours de "la même semaine".

Il a réaffirmé par ailleurs que la Turquie "ne pouvait pas entrer dans l'Union européenne aujourd'hui, dans un entretien sur la télévision publique France 2.

Interrogé sur une organisation de référendum en France, question jusqu'ici repoussée à plus tard par le président Jacques Chirac, il a déclaré qu'"il y a une autre idée, à côté de celle du référendum: c'est l'idée d'avoir une décision européenne, tous les pays, la même semaine", pour "qu'on ait un vrai geste européen".

"Nous aurons à choisir la méthode britannique, qui est celle du référendum, la méthode allemande, qui est celle du Parlement. Le moment venu, le président de la République fera son choix", a-t-il ajouté.

Concernant la Turquie, M. Raffarin a affirmé, à l'instar de M. Chirac, que ce payx "aujourd'hui ne peut pas entrer dans l'Union Européenne" et que cette adhésion est une "perspective lointaine" avec des efforts qui seront faits "par les uns et les autres". Il a souligné que la perspective d'une Europe continentale est une "perspective ouverte", en se référant aux déclarations du président Chirac. (AFP, 6 mai 2004)

Laurent Fabius se déclare contre l'adhésion de la Turquie

Le numéro 2 du PS, Laurent Fabius, estime qu'il faut aujourd'hui donner la "priorité à l'approfondissement" de l'Union européenne, dans une tribune à paraître vendredi dans le quotidien Libération.

Préconisant de "réformer le financement" des politiques de l'UE, M. Fabius prône, à l'instar du PS, "un impôt européen sur les sociétés, cohérent avec la lutte contre la concurrence fiscale".

"Les Etats, précise-t-il, conserveraient la liberté de fixation du taux, sous réserve d'un taux minimum qui devra être exigé notamment pour adhérer à l'euro. Faute de quoi l'action publique européenne régressera, et le dumping fiscalo-social augmentera. En contrepartie, certaines ressources actuelles de l'Union pourraient être supprimées".

L'ancien Premier ministre précise que le traité social européen que les socialistes appellent de leurs voeux devrait notamment comporter "des règles de bonne conduite pour limiter les délocalisations entre Etats-membres, un statut européen du service public (...)".

Affirmant que les objectifs pour l'Europe "ne peuvent pas être atteints rapidement à 25", le dirigeant du PS "souhaite que de prochaines négociations soient ouvertes sur un nouvel approfondissement : défense, politique de croissance, traité social, harmonisation fiscale" au sein de l'Union.

M. Fabius, qui a déjà exprimé ses réserves sur l'entrée de la Turquie dans l'Europe, écrit enfin qu'"une position sage serait de ne pas ouvrir à ce stade les négociations d'adhésion, mais de formaliser dès à présent +le troisième cercle+, dont la Turquie fera partie. Avec la possibilité, lorsque l'Union aura les idées claires sur son avenir et son organisation, de rejoindre le deuxième cercle, celui de l'Europe élargie". Le premier cercle étant constitué des Etats partisans d'"une intégration poussée". (AFP, 6 mai 2004)

Onze élus français pour double référendum sur la Constitution et la Turquie

Onze parlementaires de la majorité chiraquienne demandent un double référendum, sur la Constitution européenne et sur l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne, a indiqué mercredi à la presse Nicolas Dupont-Aignan, initiateur de cette demande.

"Debout la République", association que préside M. Dupont-Aignan, juge l'intégration de la Turquie "dangereuse" - "écart de niveau de vie, pression migratoire, refus de reconnaître le génocide arménien" - et "propose un partenariat sur des bases solides, comme avec des pays tels que la Russie, l'Ukraine et ceux du Maghreb".

Quant à la Constitution, "présentée comme une simple formalité", elle "est en réalité un texte qui crée un super Etat européen, doté de très larges compétences dont les décisions s'imposeraient aux Etats membres", selon M. Dupont-Aignan.

Celui-ci a lancé une pétition pour dire non à cette Constitution. Il espère recueillir "un million de signatures" et rappelle dans sa pétition que "le président de la République s'était engagé par écrit dans son programme de 2002 à consulter les Français par référendum sur le projet de Constitution".

Cette pétition sera proposée au travers des 400 clubs de Debout la République et d'un autre mouvement "Nation et République".

M. Dupont-Aignan a toutefois indiqué qu'il ne rejoindrait pas les listes de "souverainistes" Charles Pasqua ou de Philippe de Villiers pour les élections européennes "même si ces listes sont plus sur notre ligne".

"Nous sommes à l'intérieur de l'UMP (parti chiraquien) et notre but est de rallier le plus de membres possible (du parti) à notre ligne européenne", a-t-il précisé. "Nous attendons les décisions qui seront prises le 9 mai lors du Conseil national de l'UMP (ndlr: dont le thème est l'Europe) pour voir ce que nous ferons en terme de soutien", a-t-il ajouté. (AFP, 5 mai 2004)

L'entrée de la Turquie serait "à terme la fin de l'Europe" (Alain Juppé)

L'entrée de la Turquie dans l'Union européenne signerait "à terme la fin de l'Europe", a déclaré mercredi le président de l'UMP (Union pour un mouvement populaire, au pouvoir), le parti du président français Jacques Chirac.

La solution pour la Turquie est donc celle d'"un voisinage rapproché", a ajouté l'ancien Premier ministre lors d'une rencontre à Paris avec la presse.

"Quand j'étais ministre des Affaires étrangères, j'étais beaucoup plus favorable aux arguments qui militent pour" une entrée de la Turquie, a reconnu M. Juppé, affirmant avoir "évolué" également parce qu'il faut "tenir compte de l'état de l'opinion" publique française qui "n'est pas favorable".

Le président Jacques Chirac avait déclaré jeudi que l'entrée de la Turquie dans l'UE était "souhaitable à long terme", même si les conditions n'étaient pas "aujourd'hui réunies" pour son adhésion.

"C'est un point de désaccord", a admis mercredi M. Juppé devant la presse, tout en estimant qu'"il n'est pas scandaleux qu'il y ait des divergences d'appréciation" entre le chef de l'Etat et le chef de son parti.

M. Juppé avait annoncé le 7 avril que l'UMP était opposée à l'ouverture par l'Union européenne de négociations d'adhésion avec la Turquie à la fin de l'année. (AFP, 5 mai 2004)

La Turquie jalouse les anciens pays communistes qui ont rallié l'UE

La Turquie se félicitait lundi du bout des lèvres de l'élargissement de l'Union européenne, mais le fait de voir d'anciens pays communistes la devancer au sein du club européen l'irrite particulièrement.

"Cette année, la Turquie a célébré un 1er mai un peu amer", relevait ainsi ce week-end le quotidien Milliyet.

"Voir d'anciens pays du rideau de fer rejoindre l'UE, aux côtés de Malte et de Chypre, ne nous amuse guère. La Turquie est déçue de n'avoir pas encore reçu de date pour l'ouverture de négociations (d'adhésion) -- alors qu'elle a fait acte de candidature la première fois en 1963", souligne le journal pour qui les Européens n'ont toujours pas décidé si "la Turquie fait partie de la géographie politique de l'Europe".

"L'UE compte désormais 25 membres, dont des pays ex-communistes qu'on ne peut pas qualifier de pleinement démocratiques ou ayant pleinement mis en oeuvre les critères de Copenhague", relevait pour sa part le quotidien Radikal.

Selon ce journal, certains de ces pays "ont 50 ans de retard sur la Turquie".

"Nous sommes toujours à attendre devant la porte", titrait lundi le quotidien Aksam.

La Turquie était également irritée du fait que la République de Chypre, qu'elle ne reconnaît pas, fait partie des 10 nouveaux adhérents.

Lors d'une cérémonie organisée dimanche dans un parc d'Ankara par la mairie pour marquer l'élargissement, seuls les drapeaux des huit pays ayant des ambassadeurs en poste dans la capitale ont été hissés, ce qui a permis d'occulter Chypre, aux côtés de Malte et de la Lettonie.

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a toutefois implicitement admis samedi que son pays serait amené, tôt ou tard, à reconnaître la République de Chypre, une nécessité puisque ce pays aura son mot à dire, en décembre, sur la question de l'ouverture de négociations d'adhésion entre la Turquie et l'UE.

"Nous espérons sincèrement que l'UE prendra la bonne décision et montrera sa volonté d'entamer des pourparlers (d'adhésion) avec la Turquie dans le plus court délai possible", a ajouté le Premier ministre turc.

"Dans le cas contraire, la Turquie devra absolument trouver une autre route", a poursuivi M. Erdogan.

Selon lui, toutefois, "l'UE n'a pas d'autre option pour prouver sa maturité en tant que système de valeurs que de récompenser les efforts de la Turquie". (AFP, 3 mai 2004)

Députés européens UMP mandatés pour dire "non" à Turquie dans l'UE

Les députés européens de l'UMP élus le 13 juin "seront mandatés pour dire non à l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne" et "s'il y a contradiction" avec ce qu'a dit Jacques Chirac, "elle n'est que d'apparence", a affirmé lundi François Baroin, secrétaire général délégué de l'UMP.

"Nos députés européens qui seront élus le 13 juin seront mandatés pour voter non à l'entrée de la Turquie lorsque le Parlement européen sera saisi", a affirmé M. Baroin au cours de la conférence de presse hebdomadaire de son parti.

"S'il y a une contradiction" avec la position du président Chirac telle qu'il l'a exprimée lors de sa conférence de presse sur l'Europe le 29 avril, "elle n'est que d'apparence car aux Français qui s'interrogent sur le fait de savoir si la Turquie va entrer dans l'UE, la réponse est non. Non pour le président de la République, non pour l'UMP", a-t-il ajouté.

"Nous allons un peu plus loin (que M. Chirac) car nous considérons que la Turquie n'a pas vocation à entrer dans l'UE. Nous assumons pleinement cette position", a également affirmé M. Baroin.

Le président Chirac avait déclaré jeudi dernier que l'entrée de la Turquie dans l'UE était "souhaitable à long terme" mais que "les conditions n'étaient pas aujourd'hui réunies" pour son adhésion, lors d'une conférence de presse à l'Elysée.

Sur cette question, François Baroin a par ailleurs affirmé "que personne de sérieux ne peut dire qu'elle est la position du Parti socialiste", entre "ceux qui s'interrogent, ceux qui tournent comme des satellites sur eux-mêmes, comme M. (Pierre) Moscovici qui trimbale son statut portatif d'ancien ministre des Affaires européennes et qui nous expliquent de manière alambiquée" sa position.

La Turquie a le statut officiel de pays candidat à l'UE depuis le sommet européen d'Helsinki de 1999. La Commission européenne doit rendre un rapport à l'automne pour savoir si elle répond aux critères d'adhésion. (AFP, 3 mai 2004)

Après la fête, le fait de Turquie en Union européenne

L'Union européenne s'est élargie lors d'un week-end qui marquera l'histoire du Vieux Continent, mais les lampions de la fête à peine éteints, les 25 pays sont désormais au pied du mur pour faire la preuve de leur capacité à oeuvrer efficacement en commun.

"Nous appartenons à la génération européenne la plus bénie", a déclaré la présidente irlandaise Mary McAleese, en présence des chefs d'Etat ou de gouvernement de l'UE qui ont célébré samedi à Dublin l'entrée des 10 nouveaux membres de l'Union. L'Irlande, qui assure la présidence tournante de l'UE, a dignement fêté un élargissement qui a surtout été célébré chez les nouveaux entrants, et peu chez les Quinze plus anciens membres.

Les 25 drapeaux des Etats membres et celui de l'Europe se sont élevés samedi dans le ciel de Dublin au son de "L'Hymne à la Joie" de Beethoven, hymne officiel de l'UE. Les manifestants qui avaient menacé de mettre la ville en état de siège n'ont pas réussi à perturber la fête.

"Le rêve de ma vie est accompli", a déclaré Lech Walesa, l'ancien président polonais et un des artisans de l'écroulement du communisme en Europe de l'Est. Le pape Jean-Paul II a lui aussi salué l'événement, en avertissant toutefois que l'unité européenne ne saurait "être seulement économique et politique". "L'Europe doit conserver et redécouvrir ses racines chrétiennes pour être à la hauteur des grands défis du 3e millénaire", a-t-il déclaré lors de la prière de l'Angélus place Saint-Pierre.

Avec l'entrée des 10 nouveaux membres, l'UE gagne 75 millions d'habitants pour atteindre plus de 450 millions de citoyens. Elle devient potentiellement le bloc économique le plus puissant de la planète, un géant multinational novateur observé avec intérêt dans le monde entier.

Au-delà du lyrisme et de l'émotion, les dirigeants européens ont clairement montré leur conscience des défis qui les attendent pour que l'Union soit autre chose qu'un joli symbole. Le Premier ministre irlandais Bertie Ahern a averti samedi des "énormes difficultés" qui l'attendent si elle ne parvient pas à se doter au plus vite de la Constitution sur laquelle les Vingt-Cinq ont peiné jusqu'ici à s'entendre.

Ce nouveau traité fondamental doit permettre à l'UE de prendre des décisions et fonctionner efficacement à 25 Etats membres et plus. Après un échec calamiteux en décembre dernier, les dirigeants de l'Union se sont fixé une nouvelle date butoir pour trouver un accord: leur sommet des 17 et 18 juin à Bruxelles. D'autres rendez-vous cruciaux vont également tester dans les mois à venir la cohésion de l'UE élargie.

L'un des plus délicats s'annonce pour l'automne. La Commission européenne en octobre, puis les chefs d'Etat et de gouvernement en décembre devront dire si oui ou non la Turquie, officiellement candidate à l'UE depuis 1999, peut entamer ses négociations d'adhésion.

Après des années passées à temporiser, les Vingt-Cinq sont au pied du mur pour trancher la question de la vocation européenne de la Turquie, sur fond d'hostilité assez large des opinions publiques européennes.

Auparavant, les dirigeants de l'UE élargie devront aussi se mettre d'accord sur la composition de la future Commission, qui prendra ses fonctions pour cinq ans le 1er novembre. Son futur président doit être choisi au sommet de juin, juste après les élections pour le renouvellement du Parlement européen, qui fourniront un aperçu de l'état des forces politiques dans l'Union.

Dès le nouvel exécutif installé, un autre débat ultra-sensible s'engagera, pour fixer le budget de l'UE pour les années 2007 à 2013. (AFP, 2 mai 2004)

Turquie-USA-Irak / Turkey-USA-Iraq

Kurdish leader Talabani insists on own federal region

Jalal Talabani, the veteran Iraq Kurdish leader, has said the Kurds will not support a new UN resolution unless it endorses a federal Kurdish region within Iraq.

Mr Talabani said he still hoped the resolution, which is being discussed at the UN, would uphold the principles of "democracy, human rights, federations and equal citizenship" that were in the Transitional Administrative Law (Tal), agreed by Iraq¹s US-appointed Governing Council in March.

In an interview with the Financial Times, Mr Talabani, who leads the Patriotic Union of Kurdistan (PUK), expressed the growing assertiveness of Iraq¹s former opposition - which dominates the Governing Council - in the run-up to the transfer of sovereignty on June 30 and elections in January.

Mr Talabani said the Kurds - who make up 20-25 per cent of Iraq¹s 25m population - were disappointed that neither the new president nor prime minister would be a Kurd.

But he praised Iyad Allawi, the nominee for prime minister, as "an old friend of ours, one of the leaders of the Iraqi opposition for a long time".

Mr Talabani defended another longstanding opposition leader, Ahmed Chalabi, condemning the recent police raid on his Baghdad house as "a violation of human rights" and dismissing the allegation that Mr Chalabi was an Iranian agent. Mr Talabani called Mr Chalabi an "Iraqi patriot" who had worked for "human rights, democracy, and Kurdish federation".

Mr Talabani said the year¹s delay in forming an Iraqi government had led to slow political progress in Baghdad.

He endorsed the new US approach to security in both Falluja and Najaf, which has involved council members as mediators.

Mr Talabani said he would welcome Moqtada al-Sadr, the radical Shia cleric, into the political process but stressed that any arrest warrant would still need to be served after June 30.

"If he [Mr Sadr] had worked as a political party he could have gained support," he said. "But when he started military activity, gradually he lost support. People in Najaf and Kerbala have asked him to move his forces out."

Mr Talabani acknowledged that mistrust between Arabs and Kurds had grown in the past year. He said this was due partly to Arab satellite television¹s "propaganda against Kurdish people" and denied reports that Kurdish forces fought alongside the US in clashes in Falluja.

He said mistrust between Kurds and Arabs also reflected diverging views about the US presence.

"The Kurds call it liberation," he said. "In reality, we were liberated from the worst kind of dictatorship, from the Iraqi army and the moukhabarat [security police]. We were liberated from ethnic cleansing and discrimination."

Mr Talabani said the Kurds, who placed their 30,000 peshmerga forces under US command in last year¹s war to remove Saddam, remained close allies of Washington.

"Being friends doesn¹t mean being ¹yes men¹," he said. "Sometimes you have different views, but these remain within the framework of friendship."  (Financial Times, Gareth Smyth, May 31, 2004)

Le chef kurde de la défense civile à Kirkouk et sa famille tués

Le chef kurde de la Défense civile dans la ville pétrolière de Kirkouk (nord) et sa famille ont été tués samedi dans une attaque à l'arme à feu, a indiqué la police.

"Les assaillants, qui circulaient à bord d'uune voiture, ont ouvert le feu sur son véhicule à 08H50 (04H50 GMT) dans le centre de la ville. Le général Saber Mohammed Saber été tué sur le coup", a affirmé le chef de la police de la ville, Shirku Shaker Hakim.

Sa femme, sa soeur et son fils ont été conduits à l'hôpital où ils sont décédés, a ajouté le policier. Leur chauffeur a été grièvement blessé.

Turcomans, Kurdes et Arabes vivent à Kirkouk, située à 26 km au nord-est de Bagdad, où de nombreux accrochages se sont produits entre les trois communautés depuis la chute du régime de Saddam Hussein en avril 2003.

Le 11 mai, quatre personnes ont été tuées et 25 blessées dans une explosion dans la région de Kirkouk. (AFP, 29 mai 2004)
 

Turkish Government complains of "US foot-dragging on Kurdish rebels"

Turkey complained Thursday that the United States had failed to make good on its promises to take action against Turkish Kurd rebels hiding in northern Iraq and on a deal for the repatriation of some 13,000 Turkish Kurds living as refugees in the country.

"Unfortunately, there has been no positive development yet," Foreign Minister Abdullah Gul told NTV television when asked whether the US had made any move against rebels from the separatist Kurdistan Workers' Party (PKK), which both Ankara and Washington consider as terrorists.

"We continue to repeat our demands... and they reiterate their determination to get rid of the terrorist organization... But no progress has been made," Gul said.

About 5,000 Kurdish militants are said to have found refuge in the mountains of northern Iraq since 1999 when the PKK said it would lay down its arms in favor of a peaceful resolution of the Kurdish question in Turkey.

Last October, Turkey and the United States agreed on an "action plan," including military measures, against the group.

Gul complained that a January agreement between Turkey, the United States and the UN refugee agency UNHCR to repatriate some 13,000 Turkish Kurds refugees from Iraq had failed to take off.

"An agreement was hammered out on that but there is no positive development... Issues that have been agreed on should be implemented," he said.

Since the early 1990s, scores of Kurds from Turkey's southeast have fled across the border into Iraq to escape a bloody conflict between the Turkish army and the PKK, which has claimed some 37,000 lives.

Families who sympathised with the PKK also crossed into Iraq.

Most of them -- 9,200 people -- have been living in the Mahmour refugee camp, near the northern Iraqi city of Mosul.

Ankara has long demanded the closure of the UN-controlled camp, arguing that it is controlled by PKK rebels. (AFP, May 27, 2004)

Les Etats-Unis veulent déployer des avions militaires en Turquie

Les Etats-Unis ont demandé l'autorisation à la Turquie de pouvoir déployer plusieurs dizaines d'avions de combats sur une base turque, utilisée dans le passé pour patrouiller le ciel irakien, rapporte jeudi la presse turque.

Washington mène actuellement des discussions avec Ankara afin de stationner jusqu'à 48 avions sur la base d'Incirlik (sud) où étaient basées des avions américains et britanniques qui survolaient le nord de l'Irak dans le cadre de l'opération Northern Watch qui a pris fin en avril 2003 avant le début de l'offensive américano-britannique contre le régime de Bagdad, selon le journal Milliyet et la chaîne d'information NTV.

L'opération avait été mise sur pied après la guerre du Golfe de 1991 pour empêcher les forces irakiennes d'écraser les kurdes irakiens dans le nord du pays.

Un haut responsable de l'armée turque a confirmé jeudi que Washington avait fait part à Ankara de "certaines demandes" et que des négociations à ce sujet étaient engagées entre les deux alliés de l'Otan.

Le général Ilker Basbug, numero deux à l'état-major des armées, interrogé par les journalistes à Istanbul, a indiqué que les demandes qui s'inscrivent dans le cadre d'un accord bilatéral, qui permet un déploiement pour strictement des buts d'entraînement, ne poseraient pas problème mais affirmé que ces appareils ne pourraient être utilisés en Irak, pays voisin de la Turquie, sans l'aval du parlement turc.

"La question de l'Irak est totalement différente", a-t-il dit.

Après la fin de Northern Watch, les appareils américains et britanniques qui n'ont pas été autorisés à participer aux frappes contre l'Irak par les autorités turques ont un à un quitté la base.

Seul un petit contingent de soldats américains est toujours déployé à Incirlik, utilisée pour la rotation des troupes américaines en Irak en vertu d'un accord turco-américain.

Cet accord témoignait du réchauffement des relations entre les deux alliés, qui avaient souffert du refus d'Ankara de laisser les forces américaines engagées en Irak passer par son territoire l'an dernier. (AFP, 27 mai 2004)

Les Kurdes mécontents du projet de résolution de l'Onu

Les Kurdes sont inquiets du projet de résolution de l'Onu car ce dernier ne mentionne pas les droits de leur communauté, a indiqué jeudi un membre kurde du Conseil de gouvernement irakien, Mahmoud Osmane.

"Les Kurdes critiquent la résolution de l'Onu car elle ne mentionne pas la Constitution provisoire de l'Irak, qui est pour eux une garantie de leurs droits", a déclaré M. Osmane à l'AFP.

La Constitution provisoire de l'Irak, signée le 8 mars, garantit le statut d'autonomie du Kurdistan et donne aux trois provinces kurdes un droit de veto sur l'adoption de la future Constitution permanente.

"Ne pas mentionner la Constitution provisoire dans le projet américano-britannique présenté au Conseil de sécurité constitue une menace directe pour la démocratie et le fédéralisme en Irak", a estimé M. Osmane.

Cela "aura des répercussions néfastes sur l'avenir politique des Kurdes", a-t-il ajouté. (AFP, 27 mai 2004)

Le département d'Etat met en garde contre des manifestations anti-américaines

Le département d'Etat a mis en garde jeudi les citoyens américains contre de possibles manifestations anti-américaines en Turquie à l'occasion du sommet des dirigeants de l'Otan qui se tiendra les 28 et 29 juin, à Istanbul.

Le sommet réunira dans cette ville, pour la première fois au niveau des chefs d'Etat ou de gouvernement, les 26 pays membres de l'Alliance atlantique, dont le président américain George W. Bush.

"Les Américains voyageant à Istanbul devraient éviter les zones où se tiendra le sommet ainsi que les endroits très visités de la ville où d'éventuelles importantes manifestations anti-américaines peuvent avoir lieu. Les mesures de sécurité seront très sévères ce qui gênera les déplacements des personnes et perturbera la circulation dans toute la ville", indique le département d'Etat.

"Les Américains, poursuit-il, devraient également éviter les manifestations et se rappeler que dans le passé de telles manifestations ont dégénéré".

"Plusieurs groupes ont fait part de leur intention de perturber le sommet de l'Otan par des manifestations anti-américaines dans différents endroits de la ville", ajoute le Département d'Etat.

Plusieurs personnes sont détenues en Turquie dans le cadre d'une enquête sur un projet d'attentat contre le prochain sommet de l'Otan.

Elles sont soupçonnés d'appartenir au groupe extrémiste Ansar al-Islam -- une organisation liée, selon Washington, au réseau terroriste al-Qaïda -- et de d'avoir préparé d'après des sources policières un attentat suicide.

Les autorités turques sont sur les dents depuis qu'un groupuscule extrémiste, lié lui aussi à al-Qaïda, a perpétré quatre attentats suicide en novembre à Istanbul contre deux synagogues, une banque britannique et le consulat de Grande-Bretagne, faisant 62 morts et des centaines de blessés.

Ces attaques ont été attribuées par les autorités turques à des mouvements extrémistes locaux. (AFP, 28 mai 2004)

IISS: Turkey, US not lovers but still good friends

A report by the International Institute of Strategic Studies (IISS) said U.S.-Turkish relations which passed though sour times due to disagreements prior to the Iraqi war, has improved relatively in the recent period, noting that the two countries were no more lovers but still good friends.

The IISS Strategic Survey 2003/4 released on Tuesday said in its 17-page Turkey part, that Turkey's getting the go-ahead to start membership talks in December and a settlement on Cyprus were necessary for Turkey to continue walking on its EU road, according to Anatolia news agency.

The report emphasized that the U.S. lent strong support for Turkey's EU membership aspirations since it believed Turkey with its secular democracy could be an example for the Muslim world.

"However," the report added, "If Turkey's hopes to join the EU diminishes and its ties become cooler due to Kurdish nationalism in Iraq, Turkey may turn to its Muslim neighbors."

While praising the Justice and Development Party (AKP) government's performance and improvement of the Turkish economy, the report said AKP's relations with Washington were mainly due to economic, political and military necessities, claiming, "The AKP administration displays a suspicious attitude in its relations with Washington and endorses anti-American behavior."

The report also warned that the rising tension in Iraq would make the region in which Turkey is located become an unstable place.

The IISS report mentioned relations between the government and military in Turkey.

"Though the Turkish Armed Forces (TSK) does not fully trust the EU, it displays a huge desire for Turkey to start accession talks with the Union," said the report. It also added that the TSK perceived Turkey's becoming an EU member as a means to increase Turkey's prosperity and to decrease Turkish people's interest towards the pro-Islamic political parties. (Turkish Daily News, May 26, 2004)

Une foire commerciale transférée de Bagdad en Turquie

Une foire commerciale, visant à favoriser la participation d'entreprises étrangères à la reconstruction en Irak, doit s'ouvrir mardi à Diyarbakir, dans le sud-est de la Turquie, plutôt qu'à Bagdad, comme prévu à l'origine, en raison de la situation sécuritaire, selon les promoteurs de la foire.

Quelque 150 entreprises de 20 pays doivent participer pendant trois jours à la foire, organisée par la Chambre américano-irakienne du commerce et de l'industrie, selon un porte-parole de la chambre Eric Nigh.

"Le but de la foire est de permettre aux sociétés irakiennes de rencontrer des sociétés étrangères. Nous espérons que la foire leur permettra d'établir des partenariats pour se porter candidats à des projets de reconstruction en Irak", a affirmé M. Nigh.

Les premiers contrats de reconstruction ont été attribués pour la plupart à des compagnies américaines et à d'autres membres de la coalition, mais à partir de juillet des sociétés d'autres pays pourront se porter candidates à des contrats en Irak.

Selon M. Nigh, nombre de sociétés étrangères hésitent à faire des affaires en Irak parce qu'elles n'y ont pas les contacts nécessaires.

"Nous voulons encourager les sociétés privées à venir d'elles-même. Elles ont peur de venir parce qu'elles ne connaissent personne", dit M. Nigh.

La foire devait se tenir à l'origine en avril à Bagdad, mais a été déplacée en Turquie après consultations sur la situation sécuritaire avec des responsables de la coalition.

Les Etats-Unis ont notamment prévenu qu'ils ne pourraient garantir la sécurité d'hommes d'affaires américains participant à la foire, la première depuis la fin de la guerre l'an dernier.

Le responsable américain en Irak Paul Bremer et plusieurs ministres irakiens qui devaient participer à la foire ont annulé leur participation après son transfert en Turquie, mais des représentants de ministères irakiens doivent s'y rendre, selon M. Nigh.

La Chambre américano-irakienne du commerce et de l'industrie envisage de tenir une seconde foire, cette fois à Bagdad, en novembre ou décembre si la situation sécuritaire s'améliore. (AFP, 24 mai 2004)

Iraq-Turkey pipeline bombed in Kirkuk

Saboteurs overnight bombed and damaged a pipeline that takes crude from the northern Kirkuk oilfields to Turkey, a security official of Iraq's Northern Oil Company said.

"At 7pm local time (1am AEST Tuesday), an explosive device detonated on a pipeline," Jumaa Ahmed said.

He said the attack was carried out on a pipeline linking the Kirkuk oilfields to the Dibis pumping installations, 50 km further north.

"Pumping had to be stopped in order to battle the fire," he said.

Issam Mohammed, another security official for Northern Oil, said the fire was later put out but the damage would take 12 days to repair.

Northern Iraq's pipeline, which leads to Turkish's Mediterranean terminal of Ceyhan, has not been in regular use ever since August because of a series of sabotage operations blamed on anti-US guerrillas.

Pumping through Iraq's Basra terminal in the Gulf returned last Wednesday to the 1.7 million barrels a day level of before a May 9 sabotage. (AFP, May 25, 2004)

Cannes: la Palme d'or pour le brûlot anti-Bush de Michael Moore

CANNES - Pour la première fois depuis 1956, année où "Le monde du silence" de Jacques Cousteau et Louis Malle avait triomphé, un documentaire a remporté samedi la palme d'or au festival de Cannes, tandis que la Corée, après le Japon et la Chine, obtient la reconnaissance internationale en glanant le Grand Prix.

Que "Fahrenheit 9/11", le brûlot anti-Bush du documentariste américain Michael Moore, ait gagné la récompense suprême n'a rien de bien surprenant. Il figurait parmi les favoris et avait été salué par une longue "standing ovation" lundi dernier, lors de sa projection dans le Grand Théâtre Lumière du Palais des festivals.

Michael Moore, dans Fahrenheit 9/11, dresse un véritable réquisitoire contre le président des Etats-Unis George W. Bush. Il traque le fils Bush dès l'élection de 2000 et continue en stigmatisant son comportement lors des attentats du 11 septembre 2001 pour finir par une condamnation sans appel de la guerre en Irak.

"Les gens ont toujours aimé les films qui ne sont pas de la fiction", a dit Moore, qui avait gagné le Prix du 55e anniversaire du festival de Cannes deux ans auparavant, avec "Bowling for Columbine".

"Le public de toute façon adore avant tout une bonne histoire. Dans mon esprit, je ne voulais pas faire un documentaire mais un bon film. La non fiction est en train de sortir du ghetto", a-t-il ajouté, lors de la conférence de presse suivant la remise des prix.

Interrogé sur les réactions que susciterait son film palmé aux USA, Moore a répondu: "Je m'attends à ce que les médias d'extrême-droite présentent cette palme d'or comme un prix strictement français".

Mais Moore a rappelé que quatre membres du jury sur neuf étaient américains. "J'espère que les journalistes américains qui se trouvent ici présenteront les choses telles qu'elles se sont déroulées".

Quant aux éventuelles réactions anti-françaises qui pourraient encore éclore outre-Atlantique à l'issue de cette palme, Moore a précisé: "Les Français sont nos amis. Sans eux, les Etats-Unis n'auraient peut-être jamais vu le jour. Les Français l'an dernier ont tout simplement essayé de se comporter comme de simples amis. C'est ce qu'ils ont fait lorsqu'ils nous ont dit: 'Vous n'êtes pas sur la bonne voie'".

Moore a ajouté qu'il était "dégoûté" de cette propagande anti-française et estimé qu'il serait juste que des "excuses" soient présentées à la France. "Cette palme d'or n'est pas un prix français, c'est le prix du premier festival international du film au monde", a-t-il lancé.

Quant à la distribution de son documentaire aux Etats-Unis, Moore s'est montré optimiste. "Tout ce que je peux dire c'est que Bob et Harvey (Weinstein, les patrons du distributeur Miramax) négocient avec Disney pour soutenir le film. Il semble que les négociations avancent très bien", a-t-il dit, évoquant une forte probabilité d'aboutir dans la semaine, voire demain.

Tout en espérant que "Fahrenheit 9/11" provoque des réactions de civisme, Moore a souligné que "le cinéma, l'Art, nous imposent de traiter un film en lui donnant la priorité sur la politique. Si je voulais faire un discours politique, je me présenterais à des élections". (Reuters, 22 mai 2004)

U.S. Troops, Iraqi Police Raid Chalabi's Home and HQ

U.S. troops and Iraqi police raided the home and party offices of Governing Council member Ahmad Chalabi on Thursday, taking computers and private files from the man once considered Washington's top Iraq ally.

An Iraqi judge, Hassan Muathin, said the raid was carried out under an arrest warrant for several men wanted for stealing state-owned vehicles, but Chalabi accused U.S.-led authorities running Iraq of a "targeted attack" against him.

Squads of soldiers and police sealed off the neighborhood around the headquarters of the Iraqi National Congress (INC) and a nearby house used by Chalabi, removing computers, files, a copy of the Koran and other personal items, Chalabi said.

"I was asleep, I opened the door and police came into my home carrying pistols," a clearly furious Chalabi told reporters. "They went through the rooms and I told them to get out, but they said they were slaves under orders."

No one was arrested in the raid, which occurred only two days after U.S. officials said the Pentagon had cut off about $340,000 a month in funding to the INC -- payments that were made in part for intelligence gathered by the party.

Chalabi, a former exile who returned to Iraq after Saddam Hussein's overthrow and was viewed by some in Washington as a possible leader, said he believed the raid had been carried out because of his deepening standoff with U.S. authorities.

He has been at odds with Washington over a number of issues, including exactly how much power would be handed to Iraqis when the country regains sovereignty on July 1.

"Let my people go. Let my people be free. It is time for the Iraqi people to run their affairs," said Chalabi.

He accused Iraq's interior minister, a former member of the U.S-appointed Governing Council, of being behind the "spurious warrant."

U.S. Deputy Defense Secretary Paul Wolfowitz said the Pentagon's decision to cut off funding was made in the light of the planned handover of power to Iraqis.

"We felt it was no longer appropriate for us to continue funding in that fashion," Wolfowitz told a U.S. Senate hearing.

U.S. officials have said they had doubts about the intelligence the INC provided and about whether Chalabi was motivated chiefly by a desire for power.

In the past few months, Chalabi has repeatedly crossed swords with U.S. authorities in Washington and Baghdad. On trips to the United States he has criticized U.S. policy in Iraq, seemingly in an effort to shore up support at home.

He has also drawn criticism from U.S.-led authorities in Iraq who have expressed concern he is trying to exercise too much influence over the political process in the build up to the handover of sovereignty.

Chalabi, who lived abroad in exile for more than four decades, was convicted in absentia of bank fraud in 1992 by a military court in Jordan, where he had founded a bank that failed. He says the charges were politically motivated.

The Pentagon flew him into Iraq with a group of followers after the U.S.-led invasion last year, giving him an opportunity to establish a political base.

But he has struggled to drum up support and surveys in Iraq have ranked him as one of the least liked politicians.

Chalabi has many critics in the U.S. government, notably at the CIA, which suspected his group may have been penetrated by Saddam's agents before the war and which questioned the intelligence information it provided.(Reuters, May 20, 2004)

Violences au PO et en Irak: presque du "terrorisme d'Etat", selon Erdogan

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a condamné jeudi les opérations menées contre des civils en Irak et en Palestine, estimant qu'elles avaient "presque" atteint le niveau du "terrorisme d'Etat", et a appelé à une réaction internationale commune.

"J'invite tous ceux qui ont des postes à responsabilité - Premiers ministres, chefs d'Etat - à adopter une position commune contre ces évolutions qui ont presque atteint le niveau du terrorisme d'Etat", a-t-il dit à des journalistes avant de partir pour la Roumanie.

Depuis dimanche, une cinquantaine de Palestiniens ont été tués par l'armée israélienne à Rafah dans la bande de Gaza, dont dix au cours d'une manifestation mercredi.
 Des télévisions arabes ont rapporté que 40 personnes qui assistaient à un mariage en Irak avaient été tuées mercredi dans un raid américain.

"Les récents développements au Proche-Orient, à la fois à Rafah et en Irak, montrent à quel point la tendance est devenue désastreuse pour les droits de l'Homme et l'humanité", a ajouté M. Erdogan.

Le ministre turc des Affaires étrangères Abdullah Gul a pour sa part prévenu Israël que sa politique envers les Palestiniens pourrait remettre en cause ses liens avec la Turquie, son principal allié dans la région depuis des années.

"Ce qu'Israël a fait ces derniers mois et ces derniers jours est extrêmement inquiétant", a déclaré M. Gul à l'agence Anatolie pendant une visite à Moscou.

"Ce qui s'est passé hier à Gaza est vraiment hors de proportion. Ce sont des développements que la Turquie condamne vivement, désapprouve et considère comme très dangereux", a-t-il dit.

Interrogé sur l'influence de ces opérations sur les liens entre la Turquie et Israël, le chef de la diplomatie turc a répondu "sans aucun doute", cela aura un impact. "De tels comportements influencent la région dans son ensemble", a-t-il ajouté.

M. Gul se trouve à Moscou avec une délégation de l'Organisation de la Conférence Islamique (OCI) pour discuter du conflit au Proche-Orient avec des autorités russes.

Israël et la Turquie, pays musulman strictement laïc, sont liés par une alliance régionale depuis la signature en 1996 d'un accord de coopération militaire, au grand dam des pays arabes de la région et de l'Iran. (AFP, 20 mai 2004)

Iraqi National Turkmen leader killed In Traffic Accident, Not By An Armed Attack

WASHINGTON - Death reason of Iraqi National Turkmen Party Honorary Chairman Mustafa Kemal Yaycili was stated as traffic accident in Kirkuk on Friday.

Earlier in the day, officials of Iraqi Turkmen Front said that Yaycili died in an armed attack on a check point at Kirkuk-Tuz Khurmato highway.

An official from U.S. State Department told A.A correspondent on Friday that the news claiming that Yalcili died when U.S. soldiers opened fire were completely wrong.

Noting that the officials in the region were still continuing the investigation, U.S. official said that Yalcili died in a traffic accident and added that nobody opened fire.

U.S. official said that according to the information they received, the driver of Yaycili's car was driving very fast and they collided with another car coming from opposite direction.

Meanwhile, Turkish Foreign Minister and Deputy Prime Minister Abdullah Gul offered on Friday his condolences to the wife of Yaycili. (Anadolu Agency, May 15, 2004)

Turkmen Front leader killed near Kurdish city of Kerkuk

Mustafa Kemal Yaycili, an high official of the Ankara-backed Iraqi Turkmen Front (ITC) was killed near the Kurdish city of Kerkuk on Friday at 11:00 as he was being driven from Tuz Khurmatu. Yaycili¹s driver Fazil Namik was also killed, and Necmettin Kasap, who was also in the car, was injured. The popular Turkish newspapers Hurriyet and Milliyet have reported that American soldiers fired the fatal shots at the vehicle.

Yaycili was born in the village of Yayci in Kerkuk in 1955. Like many Iraqi Turkmens, Yaycili went to the Republic of Turkey for his university education. He was formally involved in Turkmen activism since the mid-1980¹s, and was active in coordination with other groups in the Iraqi opposition to the now deposed regime of Saddam Hussein.

In the past he had both attacked KDP leader Messud Barzani and his party for allegedly persecuting Iraqi Turkmens and accused Kurds of expelling Turkmens from their homes following the liberation of Kerkuk this past April. He boldy claimed that "Kerkuk throughout history has always been a Turkmen city," and also stated previous to the recent war that it would be harmful for the Republic of Turkey to make claims to Kerkuk. Yaycili spoke Turkish, Arabic, and English, and had two children. (KurdishMedia.com, 14 May 2004)

Un employé d'une firme turque de construction et son chauffeur tués à Mossoul

Un employé d'une entreprise turque de construction et son chauffeur ont été tués mercredi dans une attaque à Mossoul, dans le nord de l'Irak, a annoncé jeudi un responsable politique irakien.

Suayip Kaplani, un Turkmène d'Irak, qui avait obtenu la nationalité turque, travaillait pour la firme turque Yuksel Insaat, a déclaré à l'AFP Ahmet Muratli, représentant en Turquie du Front turkmène irakien, dans les rangs desquels la victime avait combattu dans le passé.

Ce responsable n'était pas en mesure de préciser si le chauffeur était de nationalité turque ou un membre de la communauté turkmène d'Irak, une minorité d'origine turque.

Des employés de cette entreprise turque "avaient apparemment reçu des menaces de la part d'un groupe qui disait faire partie de la résistance contre les forces américaines" en Irak mais qui n'était pas identifié, a-t-il expliqué.

La firme Yuksel Insaat qui participe à la construction d'un aéroport à Mossoul, n'était pas joignable dans l'immédiat. Le ministère turc des Affaires étrangères n'a pas non plus pu confirmer la mort des deux hommes.

De nombreuses entreprises turques sont engagées dans des projets de reconstruction dans l'Irak voisin. (AFP, 13 mai 2004)

Exportations vers l'Irak: 580 mls de dollars en quatre mois (ministre turc)

Les exportations de la Turquie vers l'Irak se sont chiffrées à 580 millions de dollars pour les quatre premiers mois de 2004, a annoncé mardi le ministre turc du commerce extérieur, Kursad Tuzmen.

"Si nous travaillons bien, à la fin de l'année nous atteindrons facilement un volume d'exportations de 1,8 milliard de dollars", a-t-il dit, cité par l'agence Anatolie.

Selon le ministre qui s'exprimait devant les journalistes en recevant le président de l'Association des hommes d'affaires irakiens, Thamer Al Sheikhly, l'objectif du gouvernement turc pour l'année 2004 est d'environ 2 milliards de dollars d'exportations vers le voisin irakien.

La Turquie exporte notamment du ciment, des produits alimentaires, des appareils électro-ménagers et des pièces de rechange vers l'Irak.

Interrompus par le conflit en Irak, les échanges économiques entre les deux pays ont repris dès l'été 2003, avec des exportations turques évaluées à 220 millions de dollars pour les mois de juin et juillet 2003 par le ministère du commerce extérieur, soit un retour à leur niveau d'avant-guerre.

La relance du commerce transfrontalier a donné un coup de fouet à l'économie du sud-est de la Turquie, qui a beaucoup souffert des sanctions imposées par l'Onu à l'Irak après l'invasion du Koweït par l'armée irakienne en août 1990.

La ville turque de Diyarbakir (sud-est) devrait ainsi accueillir du 25 au 27 mai le premier grand salon commercial de l'Irak post-Saddam Hussein. Le salon devait se tenir à Bagdad mais a été déplacé en Turquie pour des raisons de sécurité, selon l'agence Anatolie.

Selon Ankara, les sanctions internationales contre l'Irak, levées par l'Onu en mai 2003, lui ont coûté près de 40 milliards de dollars en manque à gagner. (AFP, 4 mai 2004)

Relations régionales / Regional Relations

La Turquie a produit des pièces de centrifugeuses pour la Libye

Des pièces de centrifugeuses utilisables pour enrichir de l'uranium en vue d'un usage militaire, qui ont été retrouvées en Libye, ont été produites en Turquie, d'après des diplomates proches de l'AIEA interrogés par l'AFP samedi à Vienne.

La Libye avait accepté en décembre 2003 de démanteler ses programmes d'armes de destruction massive. Mais un chargement de composants de centrifugeuses sophistiquées L-2 se trouvait dans un conteneur arrivé en Libye par navire en mars dernier, a révélé vendredi l'Agence internationale à l'énergie atomique (AIEA) dans un rapport distribué à des diplomates à Vienne.

Ce même conteneur avait "échappé à l'attention" des équipes d'inspecteurs dirigés par les Etats-Unis, qui avaient saisi en octobre cinq conteneurs contenant des pièces de centrifugeuses, indique l'AIEA dans ce rapport dont l'AFP a obtenu une copie.

Un diplomate de haut rang, proche de l'AIEA, a déclaré samedi à l'AFP que les inspecteurs enquêtaient sur des pièces produites en Turquie et qui pourraient faire partie du chargement arrivé en mars.

Plusieurs diplomates à Vienne ont affirmé que la Turquie était à la fois un centre de production et d'assemblage de composants de centrifugeuses. Il s'agit d'une initiative privée n'impliquant pas les autorités turques, a déclaré à l'AFP l'un des diplomates sous couvert de l'anonymat.

Chargée de vérifier l'application des accords de non-prolifération, l'AIEA supervise depuis décembre l'inspection et le démantèlement du programme nucléaire libyen, l'évacuation d'équipements et substances sensibles vers les Etats-Unis.

Les inspecteurs de l'AIEA n'ont trouvé aucune "installation spécifique" en Libye consacrée au développement d'armes nucléaires, mais l'enquête doit se poursuivre alors que de nombreuses questions restent en suspens, selon le rapport transmis vendredi.

Un diplomate a confirmé une information du Washington Post de samedi, selon laquelle une quantité importante d'équipements nucléaires achetés par la Libye aurait disparu. L'AIEA "continue de chercher et sait qu'elle devrait avoir plus d'équipements" entre ses mains d'après les déclarations faites par la Libye, a déclaré ce diplomate.

La Libye, de même que l'Iran et la Corée du Nord, a profité de technologies et d'équipements nucléaires, dont des pièces de centrifugeuses, fournis par un réseau clandestin de trafic international dirigé par le scientifique pakistanais Abdul Qadeer Khan, considéré comme le père de la bombe atomique pakistanaise.

Le réseau de Khan disposait d'une entreprise de production en Malaysie et d'un centre logistique aux Emirats arabes unis.

L'enquête libyenne fournit autant de révélations sur le programme nucléaire libyen que sur celui des autres pays, ont indiqué à l'AFP plusieurs diplomates et experts à Vienne.

Les inspecteurs de l'AIEA ont par ailleurs trouvé des traces d'uranium hautement enrichi ainsi que des traces d'uranium faiblement enrichi sur des équipements de centrifugeuses en Libye, selon le rapport de l'agence onusienne.

Les inspecteurs doivent également déterminer l'origine de près de deux tonnes d'uranium, pouvant être enrichi pour un usage militaire, acquis en 2000 et 2001 par la Libye.

L'AIEA a salué dans son rapport la coopération de la Libye, estimant que ce pays avait fourni "un accès rapide à tous les sites demandés".

Le rapport doit être discuté le 14 juin à Vienne lors d'une réunion du Conseil des gouverneurs de l'AIEA, l'organe exécutif de cette agence, qui comprend des représentants de 35 pays. (AFP, 29 mai 2004)

Ankara envisage de rappeler son ambassadeur en Israël

La Turquie pourrait rappeler dans les jours prochains son ambassadeur en Israël pour des consultations à la suite de ses critiques contre son allié israélien provoquées par l'augmentation des violences dans la région, a indiqué mercredi le chef de la diplomatie turque Abdullah Gul.

"A moment où toutes ces actions se produisent (...) notre ambassadeur peut venir (à Ankara) dans les prochains jours", a-t-il dit lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue bulgare, Solomon Passy, en visite en Turquie.

M. Gul a encore dit qu'après une série de consultations, l'ambassadeur turc à Tel Aviv retournerait à son poste.

Interrogé par des journalistes, M. Gul a en outre confirmé des informations de presse selon lesquelles le gouvernement turc projetait d'élever au rang d'ambassadeur son consul général en poste à Jérusalem, chargé également des affaires palestiniennes.

"C'est possible, des pays de l'Union européenne l'ont déjà fait", a-t-il notamment dit.

Un diplomate turc a indiqué sous couvert d'anonymat que ce geste en faveur des palestiniens ne devrait changer en rien le statut de la représentation turque à Jérusalem.

Le consul turc dans cette ville dont le mandat s'achève en été devrait être remplacé par un diplomate au rang d'ambassadeur mais qui continuerat de servir comme consul général.

Le gouvernement turc a été particulièrement critique ces derniers temps vis-à-vis de l'Etat hébreu et des actions meurtrières contre la communauté palestinienne.

La semaine dernière, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan avait qualifié de "terreur d'Etat" les tirs israéliens contre des civils palestiniens à Rafah (bande de Gaza). M. Gul avait averti que les relations turco-israéliennes pâtiraient de la politique d'Israël.

Le chef de la diplomatie turque a annoncé mardi au parlement que son pays avait l'intention d'augmenter sa coopération économique, sociale et culturelle avec les Palestiniens. Un représentant spécial, Vehbi Dincerler, un ex-ministre, a été nommé pour superviser ces efforts.

Les liens de la Turquie avec l'Etat hébreu ont atteint leur apogée en 1996, quand les deux pays ont signé, au grand dam du monde arabe et de l'Iran, un accord de coopération militaire.

D'importantes relations militaires et commerciales sont engagés entre les deux pays alliées des Etats-Unis. Mardi, au moment où les députés turcs critiquaient son pays, le ministre israélien des Infrastructures Joseph Paritzky tentait à Ankara de démontrer que les relations bilatérales, à tout le moins dans le domaine économique, se poursuivaient.

M. Paritzky et le ministre turc de l'Energie Hilmi Guler ont assisté à la signature d'un accord de plusieurs milliards de dollars entre Zorlu Holding (Turquie) et Dorad Energies (Israël) pour la construction d'une centrale à énergie solaire en Israël.

La Turquie et Israël avaient conclu en 2002 un important accord pour la modernisation de près de quelque 170 chars turcs, de fabrication américaine, par Israël pour un montant de 700 millions de dollars. (AFP, 26 mai 2004)

Ankara Discusses with Israel an Undersea Energy 'Corridor'

Turkey and Israel, already working on a plan to ship water to the Jewish state, are looking at building an undersea corridor to pipe in oil, gas and power, ministers of the two countries said on Tuesday.

Israeli National Infrastructure Minister Joseph Paritzky said the strategic allies would start a pre-feasibility study to consider channeling electricity, natural gas, crude oil and refined oil products under the Mediterranean from Turkey.

"Israel is an island of energy," Paritzky told a small group of journalists in Ankara, noting that the country was connected to no international oil or gas pipelines or power grids.

"The reason for having a corridor is that the cost of building each and every element decreases tremendously," he added.

Turkey is a net oil importer, producing only small quantities, but it is a key crossroads for the transport of oil and gas from Russia, the Caspian region and the Middle East.

Turkey, a secular Muslim state, has close ties with Israel although relations have become strained recently over Israel's assassination of radical Palestinian leaders and a massive raid on a Palestinian refugee camp in the Gaza Strip.

The two countries agreed in March to Israel's purchase of 50 million cubic meters of water each year for 20 years, making it the first country to buy water from Turkey.

Paritzky, in Ankara for the signing of a separate power plant deal with a Turkish company, said the initial study should be completed within two months. If that was favorable, a further feasibility study would look at details such as the location, depth and capacity of the corridor.

"If we come to the conclusion it is feasible and economically worthwhile we will progress it further," he said. "We will try to do it from the private market -- a BOT (build-operate-transfer) project or something else. The company that will build it will charge transportation."

He said it was too early to say how much it might cost.  "It's a very, very expensive project, a very big one," he said, adding that he did not rule out extending it to third countries.

Turkish Energy Minister Hilmi Guler said the two countries would act in line with the feasibility studies.

"This work will be an instrument for stability and peace in the region," he told reporters earlier on Tuesday.

Guler, who gave no further details of the project, was speaking at the signing of a $400 million deal under which Turkish power company Zorlu Enerji will build three power stations in Israel.

Paritzky said the studies would also consider the possibility of piping water through the energy corridor, but this was unlikely to make economic sense.

Critics have said even shipping water from Turkey is too expensive and that some of Israel's water needs will be met with the opening of desalination plants within the next two years.

But Israeli officials have said spending more on water from Turkey is worthwhile to strengthen ties with its Muslim ally. (Reuters, May 25, 2004)

Premier forum des hommes d'affaires syriens et turcs à Alep

Le premier forum rassemblant des hommes d'affaires syriens et turcs aura lieu samedi et dimanche à Alep (nord), dans le but de promouvoir les relations économiques entre les deux pays voisins, a rapporté lundi l'agence officielle Sana.

Plus de 700 entrepreneurs économiques syriens et turcs participeront au forum qui sera parrainé par le Premier ministre syrien Mohammad Naji Otri, précise Sana.

L'agence syrienne signale que le forum "acquiert une importance particulière" car il intervient à la suite de la visite historique qu'a effectuée début janvier le président syrien Bachar al-Assad en Turquie, la première d'un chef d'Etat syrien dans le pays.

M. Assad s'était entretenu à Istanbul avec une délégation d'hommes d'affaires turcs auxquels il avait promis de faciliter les formalités pour investir et commercer dans son pays.

Sur le plan économique, deux accords portant sur la promotion des investissements et sur l'imposition avaient été alors signés par les deux parties, en prévision d'un accord de libre-échange.

La Syrie et la Turquie veulent notamment augmenter le volume de leurs échanges commerciaux qui ont atteint un milliard de dollars en 2003.

Depuis la visite de M. Assad, les entretiens consacrés au développement des relations économiques se sont accélérés entre responsables syriens et turcs.

M. Assad avait reçu le 7 mars à Damas le ministre turc du Commerce extérieur Kursat Tuzmen, accompagné d'une importante délégation d'hommes d'affaires.

M. Tuzmen avait également examiné avec le ministre des Finances Mohammad al-Hussein des "questions liées à la création d'une bourse en Syrie et à la coopération dans le domaine bancaire".

Il avait eu des discussions avec son homologue syrien Ghassan Rifaï, portant "sur la prochaine création d'une zone de libre-échange syro-turque et de centres commerciaux à la frontière syro-turque".

Puis le ministre turc des Finances Kemal Unakitan s'était rendu le 25 mars à Damas où il s'était entretenu avec M. Hussein.

Le 15 mai, M. Hussein a affirmé qu'une bourse des valeurs serait prochainement créée en Syrie avec la coopération de la Turquie, à la suite d'un entretien à Damas avec le président de la Bourse turque Osman Birsen.

La Syrie a commencé à libéraliser son secteur bancaire, en autorisant début 2004 l'installation de banques privées. (AFP, 24 mai 2004)
 

Après la violence contre les Palestiniens Ankara s'interroge sur son alliance avec Israël

La violence des opérations menées par l'armée israélienne contre les Palestiniens a obscurci les relations d'Israël avec la Turquie, principal allié de l'Etat hébreu dans le monde musulman, au point que les commentateur se demandent si leur "partenariat stratégique" est toujours d'actualité.

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a qualifié jeudi de "terreur d'Etat" les tirs israéliens contre des civils palestiniens à Rafah. Le ministre des Affaires étrangères Abdullah Gul a déclaré que les relations turco-israéliennes pâtiraient de la politique de Jérusalem.

Plus de 40 Palestiniens ont été tués depuis le déclenchement des opérations israéliennes à Rafah.

"Le massacre de civils à Rafah et la réaction brutale d'Erdogan ouvrent la voie aux plus hautes tensions que les relations bilatérales aient connu ces dernières années", écrit le quotidien Milliyet.

L'avertissement adressé par Ankara à Israël ne fait que confirmer plusieurs signes de tension.

En avril, une visite du vice-Premier ministre israélien Ehud Olmert a été annulée sans explication. En novembre, M. Erdogan a décliné une invitation de son homologue Ariel Sharon.

Après l'assassinat du Cheikh Ahmed Yacine, en mars, M. Erdogan a accusé Israël d'avoir perpétré un "acte de terrorisme" et a admis que la tentative turque de médiation entre le monde arabe et Israël avait "capoté".

Selon la presse, Ankara envisage d'écarter les entreprises israéliennes d'importants appels d'offres militaires, mais ces affirmations ont été démenties.

Les liens de la Turquie avec l'Etat hébreu ont atteint leur apogée en 1996, quand les deux pays ont signé, au grand dam du monde arabe et de l'Iran, un accord de coopération militaire.

Cette coopération, souvent qualifiée de "partenariat stratégique, permettait à Israël de se trouver un allié dans le monde musulman tandis que la Turquie obtenait un moyen de pression sur son voisin syrien, considéré par Ankara comme une base arrière de la rébellion kurde.

La Turquie a depuis réglé ses différends avec la Syrie et a commencé à se rapprocher des pays arabes.

"Il est impossible pour la Turquie de rester silencieuse face aux agissements actuels d'Israël (...) Les dirigeants turcs estiment que la résolution du conflit israélo-arabe est une condition préalable pour combattre le terrorisme et installer la démocratie dans la région", déclaré à l'AFP Mensur Akgun, professeur de relations internationales.

Le gouvernement du Parti de la Justice et du développement (AKP), issu du mouvement islamiste, est par ailleurs soumis aux pressions de son électorat, largement acquis à la cause palestinienne.

Des centaines de manifestations regroupant aussi bien des militants d'extrême gauche que des islamistes ont eu lieu vendredi pour dénoncer les violences commises à Rafah.

Plus de 800 personnes se sont regroupées à Istanbul pour scander "Israël, assassin, quitte la Palestine".

Des manifestations ont été organisées devant les représentations diplomatiques israéliennes à Istanbul et Ankara.

M. Erdogan a toutefois souligné vendredi que les réactions de son gouvernement n'étaient pas dictées par des impératifs religieux, mais par des considérations humanitaires. "L'administration Sharon prend des décisions pour tuer des gens. Et ils déclarent qu'ils vont continuer. A moins qu'on ne change tout ça, nous ne pourrons jamais ramener la paix au Proche-Orient", a-t-il dit au Wall Street Journal.

"Bien sur, nous n'allons pas changer nos relation avec le peuple d'Israël à cause de notre point de vue sur l'administration Sharon", a-t-il ajouté. (AFP, 21 mai 2004)

La Turquie envisage de prendre la tête de l'Isaf en Afghanistan en 2005

La Turquie envisage de prendre le commandement de la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf) en Afghanistan entre févier et août 2005, a annoncé vendredi le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan dans une interview au Wall Street Journal Europe.

"Nous envisageons de prendre le commandement de l'Isaf entre février et août 2005 et également d'envoyer des troupes pour la recontruction d'infrastructures", déclare M. Erdogan, confirmant l'envoi de trois hélicoptères en Afghanistan.

L'Isaf, une force d'environ 6.500 hommes appartenant à 29 pays et commandée par l'Otan, est placée sous mandat de l'ONU et est chargée d'assurer la sécurité à Kaboul et dans ses environs en liaison avec les autorités afghanes.

La Turquie a déjà dirigé l'Isaf entre juillet 2002 et février 2003. Elle a ensuite maintenu sur place une petite unité de 155 soldats.

Sur l'Irak, M. Erdogan indique que "ce n'est pas dans notre agenda d'envoyer des troupes" mais qu'il "évaluera" une éventuelle demande de l'Otan, qui doit aborder le sujet lors de son prochain sommet fin juin à Istanbul.

"De nombreuses erreurs ont été commises dans la période de l'après-guerre en Irak" ajoute M. Erdogan, citant en exemple le fait que "Conseil de gouvernement transitoire ne représente pas le peuple irakien".

Le gouvernement Bush "aurait dû impliquer les pays voisins dans les forces de la coalition", estime-t-il encore, car "ceux-ci n'auraient pas permis l'entrée d'organisations terroristes en Irak". (AFP, 21 mai 2004)

Ankara pour la résolution pacifique des conflits séparatistes en Géorgie

La Turquie a recommandé jeudi à la Géorgie voisine de résoudre pacifiquement les conflits qui l'opposent à ses républiques rebelles, alors que le président géorgien Mikhaïl Saakachvili effectue une visite de trois jours en Turquie.

"Il est important que la Géorgie résolve par des moyens pacifiques, dans le respect de l'intégrité territoriale du pays, les problèmes auxquels elle est confrontée avec l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud", a déclaré le président de la République turque Ahmet Necdet Sezer au terme de discussions avec M. Saakachvili.

"Nous pensons que la résolution de ces problèmes contribuera à la stabilité et à la prospérité de la Géorgie et de l'ensemble du Caucase", a-t-il souligné.

Après être parvenu à reprendre, sans effusion de sang, le contrôle de l'Adjarie sécessionniste, le gouvernement géorgien a affirmé en avril qu'il avait à présent pour objectif de ramener l'Abkhazie, une région montagneuse qui a déclaré son indépendance en 1992, dans le droit chemin.

Le cas de l'Ossétie du Sud, qui s'est défaite de la tutelle de Tbilissi en menant une guerre d'indépendance au début des années 1990, figure aussi dans l'agenda du gouvernement géorgien.

A son arrivée à Ankara, M. Saakachvili a été accueilli par une lettre ouverte publiée dans la presse locale lui enjoignant de reconnaître l'indépendance de l'Abkhazie.

"L'Abkhazie est une nation indépendante depuis le 30 septembre 1993, date à laquelle la guerre a pris fin (...) Toute la diaspora des peuples du nord du Caucase, et particulièrement celle de Turquie, se range aux côtés de l'Abkhazie", affirme la lettre, signée par plusieurs dizaines d'associations représentant la diaspora caucasienne en Turquie.

"Une possible nouvelle agression de l'Abkhazie par la Géorgie pourrait dégénérer en une crise qui ne se limiterait pas à la Géorgie, mais affecterait toute la région", écrivent les signataires de la lettre.

Cet appel contraste avec la position officielle de la Turquie, qui défend le principe d'intégrité territoriale de la Géorgie et a soutenu Tbilissi dans sa gestion de la crise adjare.

Les deux voisins ont établi des liens politiques, militaires et économiques étroits depuis l'indépendance de la Géorgie, en 1991, après l'effondrement de l'URSS.

Ils sont impliqués avec l'Azerbaïdjan dans la construction de l'oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan, un projet soutenu par les Etats-Unis qui doit permettre d'acheminer le pétrole de la mer Caspienne jusqu'au port turc de Ceyhan, au bord de la mer Méditerranée.

M. Sezer et M. Saakachvili ont déclaré s'être mis d'accord pour développer la coopération économique enre les deux pays.

Le président géorgien a demandé à la Turquie de soutenir la candidature de son pays à l'Otan.

M. Saakachvili devait s'entretenir vendredi avec le ministre des affaires étrangères turc, Abdullah Gul, avant de se rendre à Istanbul pour y rencontrer des hommes d'affaires turcs. (AFP, 20 mai 2004)

Washington demande à la Turquie d'envoyer des troupes en Afghanistan

Le Premier ministre turc Rcep Tayyip Erdogan a déclaré jeudi à Ankara que les Etats-Unis avaient demandé à la Turquie d'envoyer des troupes en Afghanistan.

Le chef du gouvernement turc a fait cette déclaration lors d'une conférence de presse tenue à l'aéroport Esenboga d'Ankara, avant son départ pour une visite officielle en Roumanie.

A propos de sa rencontre avec l'ambassadeur américain Eric Edelman, M. Erdogan a dit : "La rencontre portait sur les préparations pour la visite prévue du président américain George W. Bush en Turquie, à la veille du sommet de l'OTAN à Istanbul, fin juin.

"Les récents développements de la situation qui prévaut au Moyen-Orient et en Irak révèlent que l'évolution des incidents était extrêment dangereuse pour les droits de l'Homme et les êtres humains.  (XINHUANET, May 20, 2004)

La Turquie ne remettra aux Roumains qu'une réplique d'une épée disputée

Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, ne remettra à son homologue roumain, lors de sa visite à Bucarest jeudi, qu'une réplique de l'épée de Stéphane le Grand, prince de Moldavie, alors que les Roumains espéraient récupérer l'original, a annoncé mercredi la chaîne de télévision NTV.

La Roumanie réclame depuis des années la restitution de cette épée qui fait partie des trésors du musée de Topkapi à Istanbul.

Le Premier ministre roumain Adrian Nastase a reçu l'année dernière lors d'une visite à Ankara la promesse d'obtenir une réplique de l'épée.

Le gouvernement turc a fait faire la réplique par un artisan d'Istanbul pour la somme de quatre milliards de lires turques (2.580 dollars, 2.150 euros), a précisé NTV.

La Roumanie célèbre cette année le 500e anniversaire de la mort de Stéphane le Grand (1457 - 1504) qui a combattu l'empire ottoman. Ce prince a battu les troupes ottomanes à Vaslui (nord-est) en 1475, mais les hostilités se sont poursuivies après sa mort.

Selon la légende, les Ottomans croyaient qu'en gardant son épée - qu'ils ont saisie comme butin de guerre au 16e siècle - ils se garantissaient de nouvelles défaites dans les Balkans.

Bucarest soutient que l'ancien Premier ministre turc, Suleyman Demirel, avait promis en 1992 de restituer l'épée à la Roumanie. (AFP, 19 mai 2004)

Turkey To Send Israel Water

Israel has faced a severe water crisis with a drought for the past rainfall seasons and Turkey may help alleviate the problem.

Water has been the precursor to war in the region and may be the cause again in the future. Jordan presently receives water from Israel and is the very basis of the peace agreement between these two nations and neighbors. It is critical for Israel to develop new sources of water to maintain the peace.

The Jewish National Fund, or in Hebrew Keren Kayemet L'Yisrael, an environmental private organization is doing everything conceivable to build reclamation facilities and water reservoirs to harvest the annual rainfall. Fortunately, last season had an abundance of rainfall for the first time in several years. JNF/KKL's network of reservoirs helped capture the rainfall, which is used for agriculture as well as daily needs such as drinking water, showers, and gardening. There is still there is a shortfall of water to meet daily consumer consumption. Most of the rainfall ends up in the sea.

The Israeli government is supplementing the work of the JNF/KKL by other means and has signed an agreement for Turkey to ship Israel water. It is costly and logistically a problem but a necessary evil.

Israel's Consul-General in Istanbul reported he expected Turkey to begin shipping drinking water to Israel later this year in a deal seen as enhancing relations between the Middle Eastern allies.

Turkey, a predominantly Muslim nation, has enjoyed diplomatic relations with Israel, and the two nations also have joint military operations together annually.

Turkey and Israel agreed in March to the purchase by Israel of 50 million cubic meters of water each year for 20 years. That would account for about three percent of Israel's annual fresh water consumption of 1.5 billion cubic meters.

The deal makes Israel the first country to buy water from Turkey, Israeli Consul-General Amira Arnon told Reuters.

Turkey uses giant balloons to ship water from its southern Manavgat river to nearby Turkish-held northern Cyprus, but Arnon said this method would be untenable for the 300-km distance between Turkey and Israel.

Arnon said discussions were continuing, but specially built converted oil tankers would likely be used.

Price and cost issues would be handled after Turkey privatizes its Manavgat water business, she said.

Turkey plans to privatize the management of Manavgat water within a year through the transfer of operational rights or through rent support.

Critics have said shipping water from Turkey is too expensive and that some of Israel's water needs will be met with the opening of desalination plants within the next two years.

But Israeli officials have said spending more on water from Turkey is worth it to strengthen ties with the Muslim country, which enjoys close military and commercial ties with Israel.

Currently the JNF/KKL has 40 water projects in the works including run off/fresh water reservoirs, recycled water reservoirs, river rehabilitation, and landscaping around springs.

Both private and public organizations in Israel work closely together to resolve the water crisis and the Jewish National Fund/Keren Kayemet L'Yisrael is at the forefront as leader in the war for water.

In the Middle East, every drop of water counts, especially to promote peace and prevent war. (truthnews.net, May 14, 2004)

Le président arménien Kotcharian absent au sommet de l'Otan en juin

Le président arménien Robert Kotcharian ne se rendra pas au sommet de l'Otan prévu à Istanbul les 28 et 29 juin à cause du manque de progrès dans les relations entre l'Arménie et la Turquie, et malgré le bon niveau de coopération d'Erevan avec l'Alliance atlantique, a annoncé lundi à l'AFP la présidence arménienne.

L'Arménie, qui coopère avec l'Otan au sein du programme de Partenariat pour la paix, sera représentée à ce sommet par son ministre des Affaires étrangères Vardan Oskanian, a précisé le porte-parole de la présidence arménienne Ashot Kotcharian.

L'absence prévue de M. Kotcharian à Istanbul "reflète l'état des relations arméno-turques", a-t-il dit, en soulignant que "la rencontre l'an dernier des chefs de la diplomatie arménienne et turque n'a enregistré aucun développement positif dans cette relation".

L'entretien entre M. Oksanian et son homologue turc Abdullah Gul, en juin lors d'un tête-à-tête en marge d'une réunion de l'Otan à Madrid, avait donné lieu à un "échange de vues cordial".

M. Kotcharian s'était rendu une fois en Turquie en tant que président, à l'occasion du sommet de l'OSCE en 1999 à Istanbul.

La Turquie a reconnu l'Arménie à son indépendance en 1991, mais sans établir de relations diplomatiques avec elles. Ankara a fermé sa frontière avec son voisin en 1993, par solidarité avec l'Azerbaïdjan dont la province du Karabakh, à majorité arménienne, est passée sous contrôle de Erevan.

Les relations entre les deux pays sont empoisonnées par la question du génocide arménien.

Les massacres et déportations d'Arméniens sous l'Empire ottoman de 1915 à 1917 ont fait 1,5 million de morts, selon l'Arménie, entre 250.000 et 500.000, selon la Turquie. Cette dernière rejette catégoriquement la thèse d'un génocide et fait valoir qu'il s'agissait d'une répression dans un contexte de guerre civile, dans un empire en déclin. (AFP, 10 mai 2004)

La Turquie préoccupée par le conflit adjar, appelle à la retenue

Le ministère turc des Affaires étrangères s'est déclaré "préoccupé" par le conflit qui oppose la Géorgie voisine à sa république rebelle d'Adjarie, appelant les deux parties au "sang-froid" et à la "retenue".

"La Turquie est persuadée que les parties en question agiront avec sang-froid et retenue pour que les développements actuels n'entrent pas dans un phase non souhaitée", selon un communiqué.

Le ministère souligne également la détermination de la Turquie de poursuivre ses relations sur la base de l'amitié et du bon voisinage avec la Géorgie.

Le président géorgien Mikhaïl Saakachvili, qui a juré depuis son élection en janvier de mettre fin à la quasi-indépendance de l'Adjarie, a lancé dimanche un ultimatum aux autorités adjares pour qu'elles se soumettent et désarment les milices paramilitaires dans les 10 jours, n'excluant pas une intervention armée dans le cas contraire.

La Turquie et la Géorgie ont noué des relations étroites, avant même que cet Etat caucasien ne proclame son indépendance de l'URSS en 1991.

Les deux pays sont impliqués, aux côtés de l'Azerbaïdjan, dans la construction parrainée par les Etats-Unis d'un oléoduc destiné à transporter le pétrole de la mer Caspienne de Bakou via la Géorgie jusqu'au port turc méditerranéen de Ceyhan. (AFP, 4 mai 2004)
 

Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece

La Turquie souffle le chaud et le froid au-dessus de la mer Egée

Pendant que le ministre turc des Affaires étrangères, Abdullah Gul, annonçait vendredi la prochaine réouverture de la Faculté de Théologie de Chalkis, le général de l'armée turque, Ilker Basbug, n° 2 de l'état-major, déclarait de son côté qu'il n'est pas question que la Turquie "fasse marche arrière en ce qui concerne ses intérêts légaux et vitaux en Egée", et histoire de brouiller un peu plus les intentions des "aimables" voisins, des avions de l'armée turque se sont promenés le même jour sur le ciel de l'Egée comme s'ils étaient chez-eux, mettant en danger un avion civil de l'aviation chypriote.

Dans une interview télévisée, M. Gül a informé que des discussions ont lieu à l'heure actuelle entre le Patriarcat, le Conseil Supérieur de l'Enseignement et le ministère de l'Education nationale. A se demander de quoi on puisse discuter dans un pays qui se veut démocratique, pluraliste et candidat à l'Union Européenne, pour autoriser une école théologique - école phare d'une religion officielle - à fonctionner. Peut-on imaginer qu'il peut y avoir des conditions pour la levée d'une interdiction somme toute autoritaire? Quel genre de bakchich faudrait-il verser pour que "les discussions" qui durent depuis des années aboutissent un jour ?

Toujours est-il qu'au moment où M. Gül faisait cette annonce très attendue des Grecs et de toute l'Orthodoxie, le général turc Ilker Basbug dans un discours prononcé au cours d'un congrès à Istanbul déclarait "qu'il n'est pas possible d'obtenir des progrès précis pour le règlement des problèmes entre la Grèce et la Turquie", ajoutant encore que "nous ne pouvons faire de concessions en ce qui concerne nos intérêts vitaux et légaux en Egée au sujet de l'utilisation des eaux internationales et de l'espace aérien, ce qui est nécessaire à la sécurité, aux transports et aux ressources naturelles". Surtout ce "ressources naturelles" donne bien une idée de l'appétit turc quant au gisements pétroliers de l'Egée.

Heureusement pour le général, même si "ces questions doivent être réglées avant la finalisation des concertations d'adhésion [à l'Union Européenne]", "Selon l'Agenda 2000 et les décisions de Helsinki, ce règlement des problèmes ne constitue pas un préalable pour l'ouverture des concertations d'adhésion à l'UE", a estimé l'officier turc.

"Les déclarations du No 2 de l'état-major général des forces armées turques, le général Ilker Basbug, minent les concertations qui ont eu lieu (entre la Grèce et la Turquie) et ne contribuent pas au règlement des problèmes", a réagit aussi-tôt le porte-parole du gouvernement grec, Theodoros Roussopoulos.

Il n'empêche que le même jour, deux RF4 et deux F-16 de l'aviation militaire turque ont pénétré l'espace aérien de l'Egée à 20 miles au sud de l'île de Rhodes sans déposer leurs plans de vol harcelant un avion civil de Cyprus Airlines. Le pilote a dû désamorcer le système automatique d'évitement des collisions, tandis que les avions de l'armée grecque devaient venir intercepter les contrevenants.

Un peu plus au Nord, au-dessus de l'île de Lesvos, neuf formations impliquant une vingtaine de navires de la flotte aérienne turque ont transgressé les règles de circulation du FIR d'Athènes et dans un cas, il y a eu violation de l'espace aérien national grec. Là aussi les pilotes grecs ont dû intervenir pour repousser leurs "aimables" collègues et voisins, candidats "européens". (info-grece.com, 30 mai 2004)

Denktas Reacts To Council Of Europe's Decision on KKTC representation

Turkish Republic of Northern Cyprus (KKTC) President Rauf Denktas has reacted to Council of Europe's (COE) decision on granting Turkish Cypriots the right to represent themselves in the COE Local and Regional Administrations General Assembly under the umbrella of "Cyprus Republic".

"It is an acceptable decision and political gaffe. I suppose there is not any KKTC municipality that would give in to it," he said.

The Congress of Local and Regional Authorities of Council of Europe (COE) decided on Tuesday to give one of the representation rights of Greek Cypriots to Turkish Cypriots. However, the KKTC representatives  did not welcome the decision because KKTC local authority representative would participate in activities of COE only within Greek Cypriot delegation.

Earlier, a decision, which envisages the participation of KKTC parliamentarians in general assembly meetings of COEPA and making them deliver speeches, was prevented with the initiative of Greek Cypriots.

Speaking at a meeting on Wednesday, Denktas said: "I suppose they did not know about the Cyprus issue. They held a wrong voting. They should have cast votes against it. If this mistake is not corrected, the Turkish Cypriot state would be donated to Greek Cypriots in slices. Due to the mistakes which are made knowingly or unintentionally, existence of the TRNC would be handed over to Greek Cypriots by degenerating the status of the Turkish Cypriots towards an undesired direction. It is impossible to accept it." (Anadolu Agency, May 26, 2004)

KKTC Lifts Passport Obligation For E.U. Citizens

LEFKOSA - Turkish Republic of Northern Cyprus (KKTC) lifted on Saturday passport obligation for citizens of European Union (EU) member countries, including the Greek Cypriots who want to cross from the Greek Cypriot side to KKTC.

In accordance with the decision of KKTC Council of Ministers, KKTC border police will not ask for visa from EU citizens, including the Greek Cypriots, if they show their identity or passport when they cross from the Greek Cypriot side to KKTC.

KKTC does not limit transitions of tours from the Greek Cypriot side to its territory while limits personal transitions between 6 p.m. and 12 p.m.

Travel agencies will give KKTC Tourism Ministry the list of tourists to cross to KKTC before the date of their visit. These lists will include detailed information about names-surnames, birth and place of birth, nationality, identity number, and period of stay in KKTC of the tourists. In addition, the travel agencies will sign a contract in which they undertakes the responsibility of the tour.

Approval of this list will be considered visa in crossings from the Greek Cypriot side to KKTC.

Passengers crossing from the Greek Cypriot side to KKTC will use Ledra Palace border gate in Lefkosa and those who want to go to KKTC by vehicles will use Metehan border gate in Lefkosa, Beyarmudu and Akyar border gates near Gazimagusa.

KKTC will continue to ask passports of non-EU citizens.

KKTC Council of Ministers had freed crossings between TRNC and the Greek Cypriot side under certain rules on April 23, 2003. (Anadolu Agency, May 23, 2004)

Turkish Cypriot candidate runs for EP polls in Cyprus

A Turkish Cypriot is a candidate for the coming elections of the European Parliament (EP) in Cyprus.

Mehmet Hasan, a professor from Istanbul University, will run in the polls which will only operate in the Greek Cypriot south on June 13.

The European Parliament polls are the island's first ever Euro election since the Greek Cypriots' accession to the European Union on May 1.

"I hope my candidacy will contribute to building a bridge of peace between the Turkish and Greek Cypriot communities and between Turkey and Greece," said Hasan among a total of 59 candidates running in the polls. The other candidates are all Greek Cypriots.

Greek Cypriot administration's spokesman Kipros Chrisostomis said they were pleased with Hasan's candidacy and it was a sign that the European Parliament elections were "for everyone."

Meanwhile, an application from another Turkish Cypriot, journalist Sener Levent, was rejected by the Greek Cypriot authorities. Officials said the rejection was due to Levent's missing the April 2 deadline for registering as a voter.

While the Greek Cypriot Interior Minister Andreas Christu said they were not responsible for the rejection of Levent's application, Levent protested the rejection, saying it was discrimination against Turkish Cypriots and he will apply to the European Court of Human Rights.

Critics say that if the Greek Cypriot administration wanted to encourage Turkish Cypriot participation it should have amended the election law to allow them to vote by simply showing their Cyprus ID card.

Hasan said the internationally recognized Greek Cypriot government should have extended the registration deadline because everyone was focused on last month's referendum on a U.N. peace plan.

Only 503 Turkish Cypriots have registered to vote in the Euro elections.

The candidates will compete for six seats in the European Parliament reserved for Cypriots.

The independent Turkish Cypriot candidate is said to have little chance of winnig a seat in parliament due to the lack of support and absence of a major party backing him.

A U.N. plan to reunify the island was defeated due to a strong Greek Cypriot rejection at the end of last month, although the Turkish Cypriots voted overwhelmingly in favor of the plan. With the rejection of the plan, the Greek Cypriots entered the EU, leaving Turkish Cypriots outside.

If the plan had been approved by the Greek side, too, Turkish Cypriots would directly have had two seats -- out of six -- reserved for them at the European Parliament. (Turkish Daily News, May 21, 2004)

The KKTC Goverment in minority lost one more deputy

The Republican Turkish Party (CTP) Famagusta deputy from the Turkish Republic of Northern Cyprus (KKTC) Nuri Cevikel resigned on Monday.
With the resignation of the two deputies from the Democrat Party (DP), the majority of the CTP-DP coalition fell from 26 to 24 and became a minority in Parliament. The number of deputies in the coalition became 23 with the resignation of Cevikel.

Entering parliament as a candidate from the United Forces (BG), formed by CTP and some civil society organizations for the December 14, 2003 elections in Turkish Cyprus, Cevikel said in a press briefing that he withdrew his support from CTP and would continue his post.

With the resignation of Cevikel, CTP deputies fell to 18 in the 50 member parliament.

The deputy of the largest partner of the KKTC coaliton government said that he had not requested any individual gains and was not able to fulfill the responsibilities promised, adding that his ties with CTP gradually deteriorated.

Indicating the results from last year's elections and disappointment in CTP due to CTP not being the sole party to lead the country.

He noted that there has been a trust problem among the Turkish origin KKTC citizens and the CTP, adding that this trust problem tried to be eliminated through a protocol between the CTP and KKTC Immigrants Association signed on September 29, 2003. He said CTP had unfortunately not adapted the protocol after the elections saying that circumstances had changed.

Indicating there was no party democracy within the CTP as he had not been accepted into meetings of the party due to the "lack of" chairs in the meetings. He added that even though party members had asked him to be a CTP member, he did not become a member and had always rejected these proposals.

Cevikel also voiced concerns with the current political situation in KKTC and claimed that the BG was taken aside and instead used as a vehicle for winning the elections. (Turkish Daily News, May 18, 2004)

Bruxelles proposera des relations commerciales directes UE/nord de Chypre

La Commission européenne va proposer fin juin l'établissement de relations commerciales directes entre le nord de Chypre et l'UE, dans le cadre de mesures destinées à mettre fin à l'isolement économique de cette partie de l'île, a-t-on appris mardi à Bruxelles.

"L'idée est de trouver une solution qui facilite non seulement les relations commerciales entre le nord (de l'île) et la République de Chypre (au sud) mais qui permettra aussi des relations commerciales directes entre le nord de Chypre et l'UE", a expliqué le commissaire européen à l'Elargissement, Guenter Verheugen, à l'issue du Conseil d'association UE-Turquie.

Les propositions de la Commission, qui devront recevoir l'aval des Etats membres de l'Union, seront présentées fin juin, a-t-on précisé de source communautaire.

La question des vols directs entre l'UE et le nord de l'île dépend par contre des Etats membres de l'UE, a-t-on ajouté de même source.

Les relations commerciales directes entre le nord de Chypre et l'UE n'existent pas à l'heure actuelle car l'Union ne reconnaît pas la République turque de Chypre nord (KKTC).

La Commission européenne avait annoncé juste après l'échec des référendums sur la réunification de Chypre le 24 avril qu'elle entendait faire en sorte d'éviter l'isolement des Chypriotes turcs qui s'étaient prononcés en faveur du plan de réunification qu'on leur proposait, à la différence des Chypriotes grecs qui l'ont refusé.

Guenter Verheugen a d'autre part écarté la possibilité de rendre public avant octobre le rapport très attendu de la Commission européenne sur la possibilité, ou non, d'ouvrir des négociations d'adhésion avec la Turquie.

"Il serait très injuste de terminer le travail (d'évaluation sur la préparation d'Ankara à de telles négociations) trop tôt, a-t-il dit. Je veux prendre en compte tout ce qui se passe en Turquie jusqu'au dernier moment".

Le travail de la Commission "sera purement basé sur des faits. Il sera objectif, neutre et équitable", a ajouté Guenter Verheugen.

Devant le Conseil d'association, le commissaire a salué les efforts déployés par Ankara pour s'adapter aux critères politiques européens, mais a pointé du doigt les "difficultés considérables" enregistrées dans la mise en oeuvre de certaines réformes, selon le texte de son intervention distribué à la presse.

Il a ainsi relevé qu'il n'existait pas encore de stations de radio ou de télévision diffusant dans une autre langue que le turc, et que des cas de tortures et de mauvais traitements étaient toujours signalés.

La façon dont l'affaire Leyla Zana (une ex-députée kurde dont la justice turque vient de confirmer la peine de 15 ans de prison) a été traitée "a jeté une ombre sur l'esprit des réformes", a souligné enfin Guenter Verheugen. (AFP, 18 mai 2004)

First Tourist Group Passes From Greek Cypriot Side To Turkish Side

LEFKOSA - First tourist group passed from Greek Cypriot side to Turkish Republic of Northern Cyprus (TRNC) on Tuesday under the Green Line Regulations which allows tourists who come to Cyprus to spend their holidays to visit the two sides.

TRNC Economy and Tourism Ministry Undersecretary Yalcin Vehit said that 88 person tourist group who came to Greek Cypriot side for holiday passed from Metehan border gate to TRNC by buses.

The group including tourists from Britain, Germany, Belgium and Sweden will visit historical and touristic places in Girne and they will return to Greek Cypriot side in the evening.

Yalcin said that they expected such tours to continue and stated that tourists visiting Greek Cypriot side would also want to see TRNC, as there were many places worth visiting in TRNC. (Anadolu Agency, May 18, 2004)

La Grèce annule 2 mds EUR de contrats militaires après des coupes turques

La Grèce a décidé d'annuler l'achat d'une corvette et de 300 véhicules blindés d'un montant global de 2 mds EUR, après l'annonce par la Turquie d'importantes coupes de ses dépenses militaires, indiqué lundi à l'AFP une source informée proche du dossier.

"Nous voulons remplacer ces anciens choix opérationnels par des moyens plus économiques", a ajouté la même source sous couvert d'anonymat.

La décision grecque suit l'annonce par la Turquie vendredi dernier de l'annulation de trois appels d'offres d'un montant de plusieurs milliards de dollars pour des chars, des hélicoptères et des avions sans pilote.

Ankara a décidé "de répondre aux besoins des forces armées turques par de nouveaux modèles basés sur la production intérieure et des projets originaux, en recourant un maximum aux ressources nationales", avait indiqué un communiqué officiel turc.

Le ministre turc de la Défense Vecdi Goçnul a officiellement informé son homologue grec Spilios Spiliotopoulos, en marge d'une réunion européenne lundi à Bruxelles, de la décision du gouvernement turc "de réviser les programmes d'armement de la Turquie en en réduisant certains", a indiqué un communiqué du ministère grec de la Défense.

M. Spiliotopoulos, "a souligné auprès de son homologue turc que la Grèce souhaite procéder à des coupes de ses dépenses militaires autant que le permet la sécurité dans la région", a ajouté le texte.

Le chef de la diplomatie turque, Abdullah Gul, avait salué en janvier dernier une proposition grecque de réduire les dépenses militaires qui alourdit les finances des deux pays. De 5% du PIB en 2000, ces dépenses ont été réduites en Grèce à près de 3,5% du PIB.

Les difficiles relations entre la Grèce et la Turquie, tous deux membres de l'Otan, se sont fortement améliorées depuis 1999. Au cours d'une visite il y a dix jours à Athènes du Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, les deux pays ont réaffirmé leur intention de poursuivre cette détente. (AFP, 17 mai 2004)

KKTC PM Talat Refuses to Negotiate Annan Plan

Mehmet Ali Talat, Prime Minister of the Turkish Republic of Northern Cyprus (KKTC), said Sunday that he will not negotiate the Annan plan for unification of the island because the plan has already been talked about for two years and he does not have two or three more years to renegotiate.

In a statement to the Greek-Cypriot newspaper, Politis, Talat stressed that the priority of the KKTC government is to ensure that the Turkish people on the island are freed from isolation and said he will not renegotiate the Plan. Talat said unilateral implementation of the Plan and giving up the Maras region to the Greeks are out of the question.

Talat criticized the attitude of the Progressive Party of Working People (AKEL) during the April 24 referendum and said that Greek-Cypriot leader, Tassos Papadopoulos, refused to meet with Turkish-Cypriots in Switzerland. Talat also emphasized that the Greek administration does not represent the Turkish-Cypriot people. (Zaman, May 17, 2004)

Rauf Denktas Signals He Won't Run Candidacy For Presidential Elections

Turkish Republic of Northern Cyprus (KKTC) President Rauf Denktas signaled on Friday that he would not run his candidacy for the TRNC presidential elections to be held in the following year.

Denktas, who spoke to Turkish Agency-Cyprus (TAK), pointed out that KKTC Prime Minister Mehmet Ali Talat and Foreign Minister and Deputy Prime Minister Serdar Denktas might be candidate presidents in the elections to be held in 2005.

KKTC President Denktas added, "I have done my best during my term in office. It won't be beneficial if I continue to be in the office. I also thought the same in the previous elections, but I sincerely decided to continue to be in the office. Also, Turkey's pressure was effective on my decision. I will be 82 next year. It is my right to live the rest of my life on my own if I have some more days to live. Therefore, my family and I don't think of my candidacy. There are people who have been raised in KKTC like Talat and Serdar. They raise my people's hopes."

Talat and Serdar Denktas formed a coalition government after the parliamentary elections held in KKTC in December 2003. (Anadolu Agency, May 14, 2004)

Saisie d'explosifs dans la voiture d'un soldat turc à Chypre du Nord

La police chypriote-turque a saisi des explosifs dans le véhicule d'un soldat turc basé dans le nord de Chypre qui pourrait avoir un lien avec des attentats en République turque de Chypre nord (KKTC, seulement reconnue par Ankara), a-t-on appris de source officielle mercredi.

La voiture, qui avait une plaque d'immatriculation civile, a été interceptée par la police mardi soir dans la localité de Gönyeli, à la sortie de Nicosie, a indiqué à des journalistes le ministre de l'Intérieur de la KKTC, Ozkan Murat.

"De nombreuses bombes et une quantité importante d'explosifs divers ont été retrouvés dans la voiture (...). Le véhicule appartenait à un officier servant dans l'armée turque. C'est un expert en explosifs", a affirmé le ministre, cité par l'agence chypriote-turque TAK.

Le ministre a suggéré que les explosifs pourraient être liés à de récents attentats à l'engin explosif artisanal, dont les auteurs n'ont toujours pas été identifiés.

"Nous ne savons pas s'il s'agit d'une coïncidence ou non mais les explosifs retrouvés dans la voiture ressemblent aux explosifs utilisés récemment", a dit M. Murat, sans donner plus de précisions.

Trois bombes de fabrication artisanale ont explosé il y a près d'une semaine devant les locaux de Kibris, le principal journal chypriote-turc dans le nord de la capitale divisée, sans faire ni victime ni dégât, avait indiqué à l'AFP un responsable du journal.

 Le 19 février, une bombe artisanale a également explosé devant le domicile du Premier ministre chypriote-turc, Mehmet Ali Talat, faisant des dégâts mais pas de victime.

Quelque 30.000 soldats turcs sont stationnés en KKTC depuis depuis l'invasion par la Turquie du tiers nord de l'île en 1974, en réponse à un coup d'Etat d'ultra-nationalistes qui voulaient rattacher l'île à la Grèce. (AFP, 12 mai 2004)

Un convoi civil turc attaqué en Irak: 4 chauffeurs blessés

Quatre chauffeurs ont été blessés dans l'attaque d'un convoi de vingt camions appartenant à une compagnie turque, dans l'ouest de l'Irak, a indiqué mercredi la coalition.

L'attaque, dans laquelle sept véhicules ont été détruits et huit autres volés, s'est produite le 9 mai alors que le convoi, parti de Syrie, se dirigeait vers Bagdad, a indiqué le général américain Mark Kimmitt.

Le convoi, qui transportait des logements préfabriqués, a été attaqué par des assaillants tirant à l'arme légère, près de Routba (360 km à l'ouest de Bagdad) a-t-il précisé.

Trois camions ont alors été abandonnés par les chauffeurs, mais le convoi a de nouveau été attaqué 70 km plus loin.

Les vingt chauffeurs, parmi lesquels quatre ont été blessés dans l'attaque, et cinq camions, sont arrivés à destination, a-t-il ajouté. (AFP, 12 mai 2004)

La visite épineuse d'Erdogan auprès de la minorité turco-musulmane de Thrace

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a quitté la Grèce samedi soir après une visite privée historique auprès de la minorité musulmane de souche turque de Thrace (nord-est), dernière étape d'un séjour de trois jours visant à souligner le bon climat des relations bilatérales malgré le blocage à Chypre.

Erdogan est seulement resté sept heures dans la ville de Komotini (nord-est) où il a notamment rencontré des responsables gouvernementaux et locaux, en particulier au cours d'un déjeuner offert par le ministre de Macédoine et Thrace, Nikolaos Tsiartsionis.

Il s'est aussi entretenu avec des représentants de la minorité au consulat turc de la ville et a pris un bain de foule dans le centre-ville pour rencontrer les quelques centaines de membres de la minorité qui étaient venus le saluer.

"Ce que nous souhaitons retenir de cette visite c'est la confiance mutuelle que nos deux gouvernements ont l'un pour l'autre", a affirmé samedi Yannis Valinakis, ministre adjoint des Affaires étrangères.

"Les deux gouvernements veulent montrer à tout le monde qu'ils veulent se tourner vers l'avenir et non pas se retourner sur les problèmes du passé", a ajouté M. Valinakis dans un entretien accordé à la chaîne de télévision turque NTV dont le script a été publié par le ministère.

La presse grecque s'était fait l'écho de craintes sur cette visite dénonçant des rendez-vous "provocateurs" avec des "extrémistes", notamment les animateurs d'associations "turques" qui n'ont pour le moment pas le droit d'utiliser cette appellation, dans l'attente d'une décision de la cour suprême grecque.

Mais, selon des témoins sur place, M. Erdogan s'est borné à accepter des fleurs de la part de membres d'un association "turque" pendant son bain de foule.

L'utilisation du terme "turque" pour désigner la minorité, forte d'environ 100.000 personnes, est en effet épineuse, car la Grèce ne la reconnaissant que comme "musulmane", aux termes du traité de Lausanne, et insistant sur la présence en son sein de sous-groupes d'origines bulgare et tzigane. (AFP, 8 mai 2004)

Athènes et Ankara soulignent le climat positif de leurs relations

Les Premiers ministres grec, Costas Caramanlis et turc, Recep Tayyip Erdogan, ont souligné vendredi le climat positif de leurs relations bilatérales, malgré le blocage à Chypre et leurs différends en mer Egée.

M. Erdogan, qui effectue la première visite officielle d'un Premier ministre turc à Athènes depuis 16 ans, s'est déclaré "très satisfait" du rapprochement gréco-turc entamé depuis cinq ans et qui a abouti jusqu'ici à la signature de 25 accords bilatéraux dans les domaines économique et culturel.

"Il y a la volonté politique (...) pour faire évoluer les relations bilatérales (...) et les approfondir", a souligné M. Erdogan à l'issue d'un entretien de deux heures avec M. Caramanlis.

Affirmant pour sa part "la dynamique positive" entre Athènes et Ankara, M. Caramanlis a estimé que le rapprochement des deux pays entre "dans une trajectoire nouvelle" après "le progrès important" de ces dernières années.

Les deux responsables ont insisté sur l'importance du développement des relations économiques bilatérales, notamment dans le secteur du tourisme, la marine marchande et les banques, et souligné qu'ils pouvaient devenir un pôle économique dans les Balkans et la Mer Noire.

La venue de M. Erdogan, qui est accompagné d'une forte délégation d'hommes d'affaires turcs, sur une invitation de M. Caramanlis, intervient pourtant après le rejet par les Chypriotes grecs en avril du plan Annan pour la réunification de l'île de Chypre, qui a écarté les Chypriotes turcs de l'adhésion de l'île à l'Union européenne le 1er mai.

Mais malgré cet échec, les dirigeants grecs avaient eu à coeur de réaffirmer l'importance que revêt, à leurs yeux, l'approfondissement de la relation Athènes-Ankara.

"Au delà des référendums, l'objectif reste la réunification de Chypre", afin que les deux communautés chypriote grecque et chypriote turque profitent de l'adhésion de l'île à l'Union européenne", a souligné M. Caramanlis.

Il a aussi apporté son soutien aux efforts de la Turquie pour obtenir une date en décembre prochain fixant le début des négociations en vue de l'adhésion d'Ankara à l'Union européenne, tout en soulignant "les réformes nécessaires" que la Turquie devra adopter pour s'adapter au droit européen.

Pendant la visite, les deux dirigeants se sont efforcés de montrer la chaleur de leurs relations personnelles, notamment avec le dîner privé de jeudi soir en compagnie de leurs épouses dans la villa de M. Caramanlis.

Signe aussi des efforts des deux pays de se rapprocher, M. Caramanlis a accepté la demande de M. Erdogan de visiter samedi en Thrace (nord-est), à titre privé, la minorité musulmane de souche turque. Il s'agit de la première visite d'un dirigeant turc de ce niveau depuis plus d'un demi-siècle dans la région.

Au cours d'un entretien de plus d'une heure et demie, les deux hommes ont aussi abordé l'évolution des "contacts exploratoires" bilatéraux, entamés depuis trois ans, portant sur les principaux problèmes qui opposent les deux pays en mer Egée sur des questions de souveraineté et de délimitation des espaces aérien et maritime.

"Ces contacts n'ont pas pour le moment abouti (...), je ne crois pas qu'ils aboutiront dans l'avenir très proche, mais la volonté politique existe" pour régler les problèmes, a souligné M. Caramanlis.

Pour sa part, M. Erdogan a indiqué que les experts des deux pays tentaient de trouver "la solution la plus positive" pour résoudre ces problèmes. (AFP, 7 mai 2004)

L'attentat contre le principal journal chypriote turc

Dans la nuit du 6 au 7 mai 2004, trois bombes ont explosé devant les locaux du quotidien "Kibris", dans la partie nord de Nicosie, en République turque de Chypre du Nord (reconnue par la seule Turquie), sans faire de victime.

RSF a demandé au leader de la communauté chypriote turque, Rauf Denktash, de tout mettre en oeuvre afin de retrouver et sanctionner de manière exemplaire les responsables de cet acte d'intimidation inacceptable, et de prendre les mesures nécessaires pour garantir la sécurité des journalistes.

Trois bombes de fabrication artisanale et de faible puissance, placées à différents endroits devant les locaux de "Kibris", ont explosé vers 23h30 (heure locale), sans faire ni victime ni dégât matériel. L'attentat n'a pas été revendiqué et une enquête a été ouverte.

Selon le directeur du quotidien, Basaran Duzgun, des groupes paramilitaires et ultranationalistes pourraient être à l'origine de cet attentat contre le journal, qui a soutenu le plan de paix proposé par les Nations unies pour réunifier l'île, divisée depuis 1974 suite à l'intervention de l'armée turque en réponse à un coup d'Etat d'ultranationalistes chypriotes grecs voulant rattacher Chypre à la Grèce.

Duzgun a indiqué que les journalistes de "Kibris", ainsi que leurs familles, avaient reçu de nombreuses menaces de mort dans les mois précédant le référendum du 24 avril sur la réunification de l'île. A l'époque, le journal avait préféré ne pas rendre publiques ces menaces et avait demandé la protection de la police. Le propriétaire de "Kibris", Asil Nadir, a déclaré que ces menaces n'empêcheraient pas le quotidien de "continuer à soutenir une solution pacifique pour l'île".

RAPPEL DES FAITS : Lors du référendum, les Chypriotes grecs ont massivement rejeté le plan des Nations unies, alors que les Chypriotes turcs l'ont largement approuvé. Seule la partie sud de Chypre a donc intégré l'Union européenne (UE) le 1er mai. Après le référendum, "Kibris" a réclamé la démission de Denktash, qui s'était fermement opposé au plan de paix.

Dans son Rapport annuel 2004, RSF a dénoncé la multiplication des atteintes à la liberté de la presse dans la partie nord de Chypre. "La répression contre les journalistes qui critiquent la politique de Rauf Denktash, qui entretiennent des relations avec leurs confrères chypriotes grecs ou avec des représentants de l'Union européenne, ou qui prennent parti pour la réunification de l'île et pour son adhésion à l'UE, s'est considérablement aggravée", a souligné l'organisation. (RSF/IFEX, 7 mai 2004)

Erdogan à Athènes pour ouvrir une "nouvelle page" du dialogue gréco-turc

Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan est arrivé jeudi soir à Athènes pour une visite de trois jours en Grèce, visant à donner un nouvel élan au rapprochement bilatéral, en dépit du blocage du dossier chypriote.

Accueilli par le chef de la diplomatie grecque, Petros Molyviatis, M. Erdogan a quitté l'aéroport pour se rendre directement à la villa de son homologue, Costas Caramanlis, à Rafina, une station balnéaire du nord-est d'Athènes.

En signe des bonnes relations personnelles cultivées par les deux dirigeants, il doit y participer à un "diner privé", en compagnie de son épouse et de Mme Caramanlis.

Les entretiens officiels auront lieu vendredi matin. Le Premier ministre turc, qui est accompagné d'une importante délégation d'hommes d'affaires, sera aussi reçu par le chef de l'Etat, Costis Stéphanopoulos.

Cette visite doit "ouvrir une nouvelle page" dans les relations bilatérales, en vue de l'établissement de "relations permanentes d'amitié, de coopération et de bon voisinage", a affirmé M. Caramanlis jeudi à l'agence semi-officielle turque Anatolie.

Cette volonté d'approfondir les relations bilatérales est soulignée par Athènes en dépit du rejet par les Chypriotes grecs, le 24 avril, du plan de l'Onu pour la réunification de l'île, qui a exclu les Chypriotes turcs de l'entrée dans l'UE au 1er mai.

A l'issue de sa visite officielle à Athènes, M. Erdogan doit effectuer samedi une visite "privée" mais historique auprès de la minorité musulmane de souche turque de Thrace, au nord est du pays. Ce sera la première fois depuis 1953 qu'un haut-dirigeant turc se rendra dans la région pour des contacts avec la communauté, longtemps pomme de discorde entre les deux pays.  (AFP, 6 mai 2004)

Camions turcs bloqués par la douane grecque après l'entrée de Chypre dans l'UE

Plus de 1.500 poids-lourds turcs ont été bloqués pendant plusieurs jours à la frontière grecque à la suite d'un différend diplomatique lié à l'entrée dans l'UE, le 1er mai, de la République de Chypre, non-reconnue par Ankara, rapporte jeudi la presse.

Le ministère grec de l'Economie a interdit, au lendemain de l'élargissement de l'UE, l'entrée en territoire héllène aux camionneurs qui détiennent des certificats d'assurance ne mentionnant pas la République de Chypre.

La décision a affecté exclusivement les transporteurs turcs, Ankara ne reconnaissant pas cet Etat.

Les tensions ont été désamorcées avec la régularisation par les compagnies d'assurance turques de leurs certificats.

Le porte-parole du ministère turc des affaires étrangères, Namik Tan, a cependant tenu à préciser mercredi que cette mesure "ne pouvait en aucun cas être lié à la question de la reconnaissance (de Chypre)".

Rappelant que l'institution en charge des polices d'assurance, le Bureau des transporteurs routiers de Turquie, n'était pas une administration d'Etat, M. Tan a estimé qu'il s'agissait d'un "problème technique" qui ne "relèvait pas des affaires d'Etat".

La circulation des poids-lourds turcs vers la Grèce a repris mercredi, selon le service des douanes d'Ipsala interrogé par l'AFP. (AFP, 6 mai 2004)

Powell pledges US support for Turkish Cypriots

The United States held its highest-level talks with a Turkish Cypriot leader since 1991 and promised to look for ways to ease the isolation of northern Cyprus after its "yes" vote on unifying the island.

U.S. Secretary of State Colin Powell met Turkish Republic of Northern Cyprus (KKTC) Prime Minister Mehmet Ali Talat late on Tuesday at U.N. headquarters in New York. The meeting was the first between a U.S. secretary of state and a Turkish Cypriot leader since 1991, when former Secretary of State James Baker briefly met with Turkish Cypriot President Rauf Denktas.

Powell told Talat the Bush administration soon would announce a U.S. assistance package that would be designed to ease the Turkish Cypriot state's isolation in the international community, according to U.S. officials.

Washington has said it will not leave the Turkish Cypriots "out in the cold" following their April 24 vote in favor of a U.N.-backed plan to unify the island.

The Greek Cypriots in the southern part of the island rejected the plan, leaving the island divided.

"Secretary Powell congratulated the Turkish Cypriot leader. He told him that we will look for ways to limit the isolation," said a U.S. official.

US flights, access to World Bank

Talat made a special pitch for U.S. commercial flights to land at the airport the Turkish Cypriots are preparing to open and expressed a desire to work with the World Bank.

Powell did not make any specific promises, the official said. But Talat told reporters Powell had said he would try to ease the isolation of northern Cyprus. (Turkish Daily News, May 6, 2004)

Denktas: It Will Be Good If Turkey Recognize Greek Cypriot State

GAZIANTEP - President Rauf Denktas of Turkish Republic of Northern Cyprus (TRNC) was presented with honorary doctorate by Gaziantep University on Wednesday.

Delivering a speech in the ceremony, Denktas said that Greek Cypriots of Cyprus became the member of the European Union (EU), not Cyprus and added that north of the island was not and would not be affected by this membership.

He underlined that although Cyprus issue was an issue which could be solved easily, Greek Cypriots did not want the issue to be solved.

Stressing that Cyprus issue should be explained in a better way to the world, Denktas said, "Greek Cypriots of Cyprus became the member of the EU, not Cyprus. North of the island is not and will not be affected by this membership. We should explain it to the world. Greek Cypriot administration, which does not have a legitimate government according to international agreements, applied for membership of the Union to get rid of rights of Turkey."

"Whole Cyprus cannot go anywhere without Turkey. I think that if Turkey extends effort and resists, this issue can be solved. I think there is no other way," he noted.

Denktas stressed that they would continue to resist.

Recalling the statement of Turkish Prime Minister Recep Tayyip Erdogan who said that "whole world recognized Cyprus and what they could do by saying they did not recognize it," Denktas said that some circles criticized Erdogan's statement. He noted that the decision of Turkey which recognized and would continue to recognize TRNC till the very end belonged to itself.

"I think it will be good if Turkey which recognized TRNC also recognize 'Greek Cypriot state' beyond those borders. Will Greek Cypriots accept such a recognition or not? I think that if Turkey says that it recognizes both TRNC and 'Greek Cypriot state', it will be an important step in solution of this issue. It will be the best answer to Greek Cypriots' invitation for its recognition as if it is the government of whole Cyprus. It will mean that I recognize you where you are, and you cannot pass to other side," he added. (Anadolu Agency, May 5, 2004)

Reasons Why Papadopoulos Rejected Annan Plan

According to a news article in Greek Politis, a secret memorandum was prepared for the purpose of briefing foreign governments about the reasons why Cypriot Greek leader Tassos Papadopoulos rejected the Annan Plan in the April 24 referendum.

The Paper announced the news with the headline, "11th Article by Tassos. A Secret Memorandum about Annan Plan." The news story summarized Papadopoulos' reasons for rejecting the Plan as follows:

- Turkish military existence remains on the Island indefinitely,
- Turkish guarantorship continues with the right of unilateral intervention,
- Difficulties in applying the Plan in life and in particular subjects requires cooperation with Turkey,
- Tens of thousands of 'settlers' would remain on the Island,
- 'Settlers' were given the right of participation in the referendum,
- Turkish citizens continue to immigrate to Cyprus,
- The state model referred to by the plan is dysfunctional,
- Basic human rights are violated in the long run,
- The return of immigrants is not secure,
- In the essence, the Greeks pay for the occupation,
- Cyprus being denied participation in the Europe Security and Defense Policy. (Zaman, May 5, 2004)

Erdogan laisse entendre que la Turquie pourrait reconnaître Chypre

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a  implicitement admis samedi que son pays pourrait être amené à reconnaître, à  contre-coeur, la République de Chypre, devenue membre de l'Union européenne.

"Le monde a reconnu Chypre grec. Que peut-on obtenir en disant 'Je ne le  reconnais pas'?", a déclaré M. Erdogan à des journalistes avant de prendre  l'avion pour Dublin où il devait assister aux cérémonies d'élargissement de  l'Union européenne.

"Nous n'envisageons pas de nous mettre en travers des réalités du monde", a ajouté le chef du gouvernement turc.

Le chef de la diplomatie turque, Abdullah Gul, a déclaré de son côté  qu'Ankara n'avait pas encore pris de décision concernant une reconnaissance  des Chypriotes grecs.

"Nous devrons leur parler, traiter avec eux en tant qu'interlocuteurs et  leur serrer la main. C'est inévitable", a déclaré M. Gul, dont les propos ont  été rapportés par l'agence de presse turque Anatolie.

"Mais c'est une autre chose qu'ils ouvrent une ambassade ici (à Ankara) ou  que nous les reconnaissions en tant qu'Etat séparé (...) Il est prématuré de  parler de cela. Nous n'avons pris aucune décision à ce sujet", a déclaré le  ministre turc des Affaires étrangères.

La Turquie a occupé militairement le nord de Chypre en 1974 en réponse à  une tentative de coup d'Etat d'ultranationalistes chypriotes grecs qui  voulaient rattacher l'île à la Grèce.

Elle est le seul pays à reconnaître la "République turque de Chypre du  Nord" (RTCN), proclamée en 1983, mais ne reconnaît pas la République de  Chypre, reconnue internationalement comme représentant l'ensemble de l'île,  mais dont l'autorité ne s'étend que sur la partie sud, grecque.

Il y a une semaine, un plan de l'ONU pour la réunification de Chypre a été  accepté par le Nord mais rejeté par le Sud lors de deux référendums simultanés  organisés à l'approche de l'entrée dans l'UE le 1er mai de la République de  Chypre.

Selon des diplomates, la Turquie, qui réclame avec insistance l'ouverture  de pourparlers d'adhésion à l'UE, ne pourra pas négocier avec l'Union si elle  refuse de reconnaître un de ses Etats membres. (AFP, 1er mai 2004
 

Immigration / Migration

Un immigrant tué et un autre blessé sur un champ de mines

Un immigrant moldave a été tué dimanche et un autre a été blessé en traversant un champ de mines à Ferres (nord-est) près de la frontière gréco-turque, a annoncé un communiqué de presse de l'état-major grec.

Après avoir franchi clandestinement le fleuve frontalier d'Evros qui sépare la Turquie de la Grèce, un itinéraire emprunté par des milliers de clandestins venant d'Asie, les immigrés ont pénétré dans un champ de mines, protegé de barbelés et ayant des signalisations spéciales.

L'un des immigrants a été tué sur le coup tandis que l'autre a été blessé et transféré à l'hôpital d'Alexandroupolis, une ville proche (950 km d'Athènes). Son état de santé "n'inspire pas d'inquiétude", a indiqué l'état-major.

Selon les statistiques officielles, les mines posées du côté grec de la frontière avec la Turquie ont fait 40 morts et une trentaine de blessés depuis 1996, pour la plupart des immigrés.

Les champs de mines le long de cette frontière d'environ 200 km ont pour l'essentiel été installés après l'invasion turque à Chypre, en 1974, qui a ouvert une longue période de tensions entre les deux pays.

La Grèce va entamer en septembre le déminage de sa frontière avec la Turquie, en application de la convention d'Ottawa sur les mines antipersonnel, ratifiée en commun avec Ankara en septembre 2003, mais l'opération pourrait prendre jusqu'à 10 ans, selon les responsables.

Selon la section grecque de Médecins du Monde, la Grèce est le seul pays de l'UE à avoir encore des mines actives.  (AFP, 30 mai 2004)

Arrestation d'un leader présumé de l'ex-PKK en Allemagne

Un leader présumé du PKK, rebaptisé Kongra-Gel, interdit en Allemagne, a été arrêté mardi à Unna (sud-ouest de l'Allemagne), a annoncé vendredi le Parquet fédéral allemand.

L'homme, âgé de 35 ans et de nationalité turque, est accusé "d'appartenance à une organisation criminelle et d'avoir occasionné des blessures graves."

Il serait depuis le début de l'année le dirigeant régional de l'ex-PKK à Brême (nord) et aurait ordonné en février une expédition punitive violente à l'encontre d'un ancien membre de l'organisation qui a été blessé grièvement, selon le Parquet.

L'homme a été présenté devant un tribunal d'Unna dès son arrestation, a précisé le Parquet. (AFP, 28 mai 2004)

HRW reacts against the danger of sending Nuriye Kesbir back

The Acting Executive Director of HRW's Europe and Central Asia Division, Mrs Rachel Denber has recently addressed a letter to Dutch Minister of Justice demanding to annul the decision to send Kurdish activist Nuriye Kesbir back to Turkey.

In her letter, Mrs Denber says:

"Human Rights Watch writes as a matter of urgency regarding the case of Nuriye Kesbir and the real risk of torture and ill-treatment she will face upon return to Turkey if extradited by the government of the Netherlands. We are also deeply concerned about the Dutch authorities' growing reliance upon diplomatic assurances to extradite people to countries where they are at risk of torture or ill-treatment.  In the case of Nuriye Kesbir, any assurances given by the Turkish authorities that Ms. Kesbir would not be tortured or ill-treated, and that she would have a fair trial upon return, would not be reliable, particularly in light of Turkey's failure to adequately monitor those responsible for complying with legal safeguards against torture and the authorities' past record in cases where such guarantees have been at issue.

"Human Rights Watch has consistently called for the investigation and prosecution of those responsible for the massive human rights abuses committed by the PKK, particularly in the late 1980s and early 1990s. We thus welcome efforts to bring to justice anyone thought to be involved at a high level within the PKK, and possibly implicated in the pattern of killings of civilians and prisoners. However, we would oppose any process that itself would risk leading to human rights violations. In the case of Ms. Kesbir, Human Rights Watch believes that the current plans for her return to Turkey risk exposing her to torture and ill-treatment, and to an unfair trial."

"Human Rights Watch respectfully submits that extraditing Ms. Kesbir to Turkey would put her at real risk of torture or ill-treatment. Diplomatic assurances provided by the Turkish government against torture and that guarantee a fair trial upon return cannot be considered reliable and thus do not constitute an adequate safeguard against The Netherlands' absolute obligation not to send a person back to risk of torture." (HRW, May 25, 2004)

Naufrage d'une embarcation d'immigrés au large des côtes turques: 1 mort

Un Afghan, candidat à l'immigration clandestine, est mort noyé lorsque le bateau gonflable dans lequel il se trouvait avec trois autre compatriotes a coulé au large d'Ayvalik (nord-ouest de la Turquie), rapporte mardi l'agence Anatolie.

Les quatre Afghans ont pris la mer depuis le village turc de Sarimsakli pour rejoindre l'île grecque de Lesvos mais en raison d'un fort vent leur embarcation a sombré, provoquant la mort de l'un de ses passagers, selon l'agence qui ne précise pas la date du drame.

Les trois autres immigrants ont été repêchés des eaux de l'Egée par les garde-côtes turques, a ajouté Anatolie.

La Turquie est une plaque tournante de l'immigration clandestine à destination de l'Europe occidentale. Des immigrants clandestins sont appréhendés quasiment tous les jours. Ils tentent de gagner la Grèce et l'Italie, par voie terrestre ou à bord d'embarcations en très mauvais état. (AFP, 25 mai 2004)

La préfecture expulse les Kurdes sans papier manu militari

À Toulouse, à Bayonne et à Pau, des rassemblements devaient se tenir, hier après-midi, en soutien aux Kurdes sans papiers menacés d'expulsion. Pour protester vigoureusement aussi contre les méthodes utilisées au début du mois de mai par la préfecture des Pyrénées-Atlantiques pour expulser manu militari et via un avion privé deux Kurdes de Turquie.

L'un d'eux, Irfan Karakas, débouté du droit d'asile, avait entamé une grève de la faim au mois de mai 2003 à Toulouse. Interpellé le dimanche 25 avril dernier à Pau puis transféré au centre de rétention de Hendaye, sous le coup d'un arrêté préfectoral de reconduite à la frontière promulgué par le préfet des Pyrénées-Atlantiques, il a été expulsé le 7 mai dans des conditions insupportables. Pieds et mains liés, il a été embarqué de force sur un vol privé, une pratique permettant de passer outre l'éventuel refus du commandant de bord d'une ligne régulière. Deux personnes, dont Daniel Romestant, militant communiste, assistent à la scène et tentent de s'interposer en dénonçant les violations du droit français. Laurence Hardouin, avocate qui travaille régulièrement avec la Cimade, n'est même pas autorisée à voir son client quelques instants. Une vingtaine de gendarmes empêche les deux témoins de s'approcher de l'avion privé. Me Hardouin qualifie de " voie de fait " les agissements des autorités préfectorales. Pour l'organisation communiste des Pyrénées-Atlantiques, il s'agit d'un véritable enlèvement. " Un enlèvement illégal pour soustraire à l'appréciation de la justice deux citoyens kurdes ", écrit-elle dans un communiqué, avant de rappeler que ces expulsions sont effectuées au moment où le gouvernement turc vient de jeter en prison plusieurs députés pour avoir parlé kurde à l'Assemblée. La veille de l'expulsion d'Irfan, le tribunal avait donné raison au droit, contre le préfet des Pyrénées-Atlantiques, et à un jeune Kurde qui avait refusé d'embarquer à bord d'un avion. Le 7 mai, les autorités préfectorales souhaitaient-elles éviter une décision de justice du même type ?

Dans les Pyrénées-Atlantiques comme à Toulouse, de nombreuses organisations (Médecins du monde, Pastorale des migrants, MRAP, Le CIMADE, Motivé-e-s, PS, PCF, les Verts, LCR, LO, FSU, G10 solidaires, Ras l'Front, LDH, Syndicat de la magistrature, Amnesty International) condamnent avec la plus grande fermeté cette reconduite forcée qui porte atteinte à la dignité de cette personne et met en danger son intégrité physique. " À ce jour, écrivent-elles, nous restons sans nouvelle de Irfan, il a fui la Turquie après avoir été emprisonné et torturé, et les autorités turques n'ignorent pas son engagement dans un mouvement de grève de la faim dénonçant la condition des Kurdes de Turquie. " (L'Humanité, 19 mai 2004)

Campaign against the deportation of Kurdish activist Kesbir

We are dismayed by reports that a leading Kurdish activist is threatened with extradition to Turkey, where she will face and possible death if sent back to Turkey.

The highest court in the Hague on 7 May upheld an extradition request against the prominent Kurdish women's activist and vice chairman of KONGRAL-GEL (People's Congress of Kurdistan), Nuriye Kesbir.

The Netherlands government's decision came in the wake of the recent ban on KONGRAL-GEL, followed by the alleged European Union's allegation that this is a terrorist organisation. Such actions which amount to the criminalisation to be of the Kurdish community in Europe are wholly unjustified and can only prevent the search for a political solution to the Kurdish question.
 

In taking its decision, the court ignored Nuriye Kesbirs fears of torture and of the fair trial in Turkey. Her fears are well grounded given Turkey's sad human rights record. Her deportation would mean flouting international human rights law.

Her fate is now in the hands of the Dutch Minister of Justice who will decide whether she should be sent back to Turkey. We want to draw the attention of to the Minister to the fact that the legal reforms adopted by Turkey within the framework of the European Union accession package have not yet made any substantial material difference to the treatment of Kurdish activists.

Women in particular continue to be vulnerable to torture and inhuman treatment in Turkish prisons as is well documented by human rights observers inside the country. Indeed, hardly a day goes by without news of another case of human rights abuses coming to light.

We appeal to the Dutch Minister of Justice of the Netherlands to block the deportation, Nuriye Kesbir to Turkey and be permitted to stay in the Netherlands where she has resided since September 2001. We hope that she will granted political asylum. (Kurdish Centre for Human Rights/Switzerland, May 19, 2004)

Arrestation d'un leader présumé de l'ex-PKK en Allemagne

Un leader présumé du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) rebaptisé Kongra-Gel, interdit en Allemagne, a été arrêté lundi à Duesseldorf (ouest), a annoncé lundi le Parquet fédéral allemand.

L'arrestation fait suite à un mandat d'arrêt délivré contre lui le 2 mai par la Cour de cassation allemande, à la demande du Parquet fédéral, basé à Karlsruhe (sud-ouest).

Cet homme de 33 ans est soupçonné d'appartenance aux plus hautes sphères du PKK, et notamment à la direction de plusieurs de ses antennes régionales, depuis juin 2001.

L'ex-PKK est interdit depuis 1993 en Allemagne.

Les arrestations de "dirigeants présumés" de ce mouvement se sont multipliées en Allemagne après la condamnation à mort du chef du PKK Abdullah Ocalan par la Turquie en juin 1999. (AFP, 10 mai 2004)

Grève de la faim d'une dirigeante du PKK contre son extradition des Pays-Bas

Une dirigeante du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), Nuriye Kesbir, a entamé une grève de la faim pour protester contre une décision de la Cour suprême des Pays-Bas autorisant son extradition vers la Turquie, a annoncé lundi son avocat à l'agence de presse néerlandaise ANP.

La Cour suprême a autorisé vendredi l'extradition de Mme Kesbir, mais il reviendra au ministère de la Justice de prendre la décision finale.

Mme Kesbir  a toujours nié avoir été impliquée dans des attentats et affirmé ne s'être occupée que de questions relatives aux femmes. La dirigeante kurde craint un procès inéquitable et la torture en Turquie.

Mme Kesbir avait été arrêtée à l'aéroport d'Amsterdam Schiphol en septembre 2001. Elle avait demandé l'asile politique aux Pays-Bas, ce qui lui avait été refusé. (AFP, 10 mai 2004)

33,7% des ressortissants de Turquie naturalisés en Union européenne

Selon les données récoltées par la Fondation du centre des recherches de Turquie (TAM), 1,3 des 3,8 millions de ressortissants de Turquie vivant dans des pays membres de l'Union européenne seraient des "citoyens de l'Union européenne".

Dans le tableau ci-dessous (Radikal, 8 décembre 2003)sont reportés, pour chaque pays, en 2002, le nombre de "ressortissants de Turquie", le nombre d'entre eux qui ont acquis la "citoyenneté européenne", et le pourcentage que ce dernier chiffre représente par rapport au nombre total de ressortissants de Turquie.

Répartition des ressortissants de Turquie naturalisés en Union européenne

Allemagne: 730.000 sur 2.600.000 (27,6%)
France : 174.000 sur 370.000 (47,0%)
Pays-Bas: 174.000 sur 270.000 (64,4%)
Autriche: 80.000 sur 200.000 (40,0%)
Belgique: 43.000 sur 110.000 (39,1%)
Gr Bretagne: 33.000 sur 70.000 (47,1%)
Danemark: 14.000 sur 53.000 (26,4%)
Suède: 23.000 sur 37.000 (62,2%)
Autres pays UE: 1.000 sur 20.000 (5,0%)

Total UE : 1.272.000 sur 3.772.000  (33,7%)

En Suède et en Hollande, plus de 60% des ressortissants de Turquie ont acquis la nationalité du pays. Le pourcentage n'est en revanche que de 27,6% en Allemagne. Par ailleurs, l'enquête évalue à environ 2100 Euros le revenu mensuel brut moyen des foyers des ressortissants de Turquie.

Une partie non-négligeable du revenu (700 Euros, soit 1/3 du revenu) serait mise de côté. (Observatoire Urbain d'Istanbul-PYL, 30 avril 2004)

L'appel du KNK contre l'extradition de Nuriye Kesbir

Le bureau du Congrès National du Kurdistan (KNK) en France vient de publier le communiqué suivant concernant la décision d'extradition d'une politicienne kurde des Pays Bas.

La Cour de Cassation des Pays Bas vient de décider l'extradition de la politicienne kurde Nuriye Kesbir vers la Turquie. Nuriye Kesbir avait effectué une demande d'asile politique auprès des autorités néerlandaise en 2001. Ayant reconnu son militantisme actif pour la cause Kurde, elle a été jugée et emprisonnée pendant un an.

Cette décision des autorités hollandaises concernant l'extradition de Nuriye Kesbir vers la Turquie est totalement et fut prise en relation avec les autorités turques. Un telle attitude ne peut qu'attirer la colère des kurdes et la gratification du gouvernement turc.

Nous les kurdes demandons à l'état hollandais de faire le nécessaire afin de résoudre  la question kurde au lieu de la rendre plus difficile.

L'aboutissement de cette procédure par une telle décision est significative de la politique de l'Union Européenne concernant le KONGRA-GEL, qui a été le 3 avril 2004 inclus sur la liste des "organisations terroristes" de l'UE.

Ainsi, nous mettons en garde le gouvernement néerlandais contre cette décision, qui, si elle s'applique causera le renforcement de la répression de l'état turc contre la population kurde. Dans ce cas, l'Etat Néerlandais et l'Union Européenne seront responsables.

Les kurdes vivant en France demande à l'Union Européenne et aux autres Institutions d'intervenir auprès des Pays Bas pour l'annulation de l'extradition de Nuriye Kesbir, dont la vie est en danger.

Nous faisons appel aux organisations de défense des Droits de l'Homme et à tous les milieux démocratiques pour faire le nécessaire afin que le ministère de la justice néerlandaise annule la décision d'extradition de Nuriye Kesbir qui est en grève la faim pour protester contre la décision du gouvernement hollandais depuis le 7 mai.

Nous demandons aux organisations démocratiques et humanitaires d'écrire au ministère de la justice hollandaise en lui demandant la révision de la décision en question. (KNK, 9 mai 2004)

La justice néerlandaise autorise l'extradition d'une dirigeante du PKK

La Cour suprême néerlandaise, la plus haute instance judiciaire des Pays-Bas, a autorisé vendredi l'extradition d'une dirigeante du PKK, Nuriye Kesbir vers la Turquie.

"La décision finale (sur une extradition) revient au ministre de la Justice, qui se prononcera d'ici quelques semaines", a déclaré à l'AFP un porte-parole du ministère, Ivo Hommes.

Selon les autorités turques, Mme Kesbir est responsable d'au moins 25 attaques contre des objectifs militaires dans l'est de la Turquie entre 1993 et 1995.

Mme Kesbir était membre du Conseil présidentiel du PKK (rebaptisé Kongra-Gel), et exerçait des fonctions importantes au sein de cette organisation aux côtés notamment d'Osman Ocalan, frère du chef rebelle kurde Abdullah Ocalan.

Elle a cependant toujours nié avoir été impliquée dans des attentats et affirmé ne s'être occupée que de questions relatives aux femmes.

Par sa décision, la Cour suprême casse une décision de la cour d'appel d'Amsterdam, qui avait estimé en décembre 2002 que la Turquie n'avait pas précisé suffisamment quel aurait été le rôle de Nuriye Kesbir dans les attentats.

Le dirigeante kurde, qui craint un procès inéquitable et la torture en Turquie, a immédiatement annoncé qu'elle entamerait une grève de la faim pour protester contre la décision de la Cour suprême.

Son avocat Victor Koppe s'est dit déterminé à utiliser tous les recours possibles pour empêcher l'extradition, y compris en faisant appel à la Cour européenne des droits de l'Homme à Strasbourg.

Mme Kesbir avait été arrêtée à l'aéroport d'Amsterdam Schiphol en septembre 2001. Elle avait demandé l'asile politique aux Pays-Bas.  (AFP, 7 mai 2004)

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