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A non-government information center on Turkey
Un centre d'information non-gouvernemental sur la Turquie
 

28th Year / 28e Année
 

INFO-TURK

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Octobre 2004 October

N° 314

 

Un "oui" conditionnel à la Turquie


Toutes les informations du mois
All informations of the month



 

O Droits de l'Homme / Human Rights O

La Turquie condamnée pour enquête insuffisante sur un meurtre
Dix militants présumés du DHKP-C condamnés à la prison à vie
DEHAP and IHD insist that systematic torture remains 
La Turquie condamnée pour torture sur un homme "proche du PKK"
DHKP-C Trial against 64 persons started in Istanbul
ONU: des "poches de résistance" dans l'application des réformes 
The trial of 41 alleged DHKP-C militants started in Ankara
Ankara épinglée pour la condamnation des syndicalistes
Human Rights Organisations criticize Erdogan on systematic torture
Mandat d'arrêt pour une militante des droits de l'Homme
Trois militants de DHKP-C placés en détention
Le président turc a ratifié les articles anti-démocratiques du Code pénal
Enquête de l'Onu en Turquie sur la défense des droits de l'Homme
La Turquie compte peu d'associations, selon un rapport
Prix danois à un médecin turc, Veli Lök, défenseur des droits de l'Homme
Le Premier ministre turc calomnie les organisations des droits de l'Homme!
Turkish Prime Minister slanders international human rights organizations
HRW: EU Human Rights Criteria Not Met on Torture and Displaced People
IRCT: La Turquie doit mettre un terme à la torture
Silent Fight Against Weapons in Turkey
La Turquie va reconnaître la Cour pénale internationale
Le rapport de la CE: Multiples carences en matière de droits de l'homme
La torture toujours répandue en Turquie en dépit des assurances d'Erdogan
TIHV's Recent Human Rights Reports in Brief

O Pression sur les médias / Pressure on the MediaO

La Turquie: la 113e position dans le respect de la liberté de la presse
Turkish Cypriot editor continues to face legal harassment
Publishers still face fines and penalties in Turkey
Journalists Charged for "Illegal Affiliation" 
Imprisonment of journalists confirmed by higher court
Trial of six journalists started in Istanbul
RTÜK decisions to stop broadcasts
Press associations: "Detaining Journalist Karakurt was Illegal!" 
Journalist and Publisher on Trial in Ankara
RSF dresse un bilan contrasté de la liberté de la presse en Turquie
Persecution of journalists and media bans still continue
Un journaliste turc interpellé pour une interview sur les guérillas kurdes
Le domicile d'une poétesse perquisitionné
A Kurdish journalist on trial in Kahta
RTÜK stops TV broadcastings

O Kurdish Question / Question kurdeO

Sabotage d'un oléoduc dans l'est de la Turquie
Leyla Zana et ses amis créent un parti pro-kurde et sont de nouveau jugés 
Deux agents de sécurité tués lors d'affrontements avec des guérillas kurdes
Passports giving birthplace as Kurdistan rejected in Turkey
Detention and Arrest of Kurdish campaigners
Turkish soldier killed in clash with Kurdish guerrillas
Leyla Zana à Bruxelles: "Les réformes restent cosmétiques"
L'ancien maire de Diyarbakir, Mehdi Zana arrêté à son arrivée en Turquie
Le Bureau kurde de Bruxelles critique le rapport de la Commission européenne
Explosion d'une mine: Un soldat tué, trois blessés
Les revendications du Kongra-Gel pour le peuple kurde en Turquie
Un soldat turc tué et 3 blessés dans des combats avec les militants kurdes
La police turque arrête un Kurde soupçonné de préparer des attentats

O Minorités / Minorities O

Recours d'Arméniens de France concernant l'adhésion de Turquie
A study of the legal status of religious communities and clergy in  Turkey
Tayyip Erdogan nie le génocide arménien à Paris
La première convention des Arméniens d'Europe
Another Armenian Reaction against the European Commission's report
La Conférence des églises préoccupée de la situation des minorités chrétiennes
Armenia Hits Out At EU For Green Light To Turkey
Le consul général de Turquie poursuivi pour négation du génocide arménien
Une bombe artisanale vise le Patriarcat orthodoxe d'Istanbul
Une association arménienne dénonce "l'indulgence" de la Commission
IPA calls for free expression on Armenian genocide
L'UE, un fragile espoir d'avenir pour les communautés chrétiennes d'Istanbul

O Politique intérieure/Interior PoliticsO

New Turkist messages by the Chiefs of State and Army
La question du foulard assombrit la réception pour la fête nationale 
Left-wing Parties' View on EU Report on Turkey 
GP leader Uzan sentenced to prison

O Forces armées/Armed ForcesO

Berlin va vérifier si des chars allemands sont utilisés dans une zone kurde
Ankara intéressé par 350 chars Léopard allemands d'occasion
Armements: Berlin envisage un assouplissement des restrictions

O Affaires religieuses / Religious AffairsO

Metin Kaplan refuse de rembourser 170.000 euros d'aide sociale à Cologne
Erdogan: mes filles étudient aux Etats-Unis pour porter le foulard
Expulsé d'Allemagne, l'islamiste Metin Kaplan inculpé et écroué en Turquie
Le pouvoir islamiste à Ankara se sert de l¹Europe contre la laïcité
M. Erdogan: crypto-islamiste, habile opportuniste ou réformiste convaincu?

O Socio-économique / Socio-economic O

Raisons de la résistance des habitants de bidonvilles
Violentes émeutes dans les bidonvilles d'Istanbul
Une économie parallèle tentaculaire menace les progrès de la Turquie
Séisme de 1999: un constructeur véreux turc condamné à 25 ans de prison
Près de 40% des Turques acceptent d'être battues par leur époux
La Turquie va vendre 20% de la compagnie aérienne nationale
Un garçon de douze ans tue son camarade à cause d'une vendetta
Le budget  2005 consacre un tiers des dépenses au remboursement de la dette
Ridiculous wage hikes protested by civil servants 
Mutinerie dans une prison turque: sept blessés, agressés par leurs codétenus
Une fillette allemande assassinée pendant ses vacances en Turquie
Population de la Turquie: 93,5 millions en 2030-2035, avant de décliner
Les homosexuels turcs sortent de l'ombre pour revendiquer leurs droits

O Relations turco-européennes / Turkey-Europe RelationsO

Le Parlement européen hausse le ton sur l'adhésion de la Turquie
L'Armée turque et Erdogan dénoncent le traitement réservé à la Turquie
Pour Chirac et Schroeder, l'entrée de la Turquie dans l'UE reste l'"objectif"
Turkish Airlines a signé à Berlin le contrat d'acquisition de 36 Airbus
L'analyse d'un journaliste belge sur l'adhésion turque: Qui maisŠ 
A Istanbul, les Verts européens ont plaidé pour l'adhésion turque à l'UE
Angela Merkel réaffirme le non de la CDU à une entrée de la Turquie
La Ligue du Nord en campagne pour demander un référendum sur la Turquie
Candidature turque à l'UE: le Parlement français confirme ses réticences
Le Monde: Les argumentaires des partisans et des opposants à l'intégration
Des politiques turcs "surpris" par l'ampleur du "turcoscepticisme" français
Une majorité d'Allemands favorable à un référendum sur la Turquie (sondage)
Trois quarts des Français hostiles à l'entrée de la Turquie dans l'UE (sondage)
Danielle Mitterrand: L'adhésion de la Turquie à l'UE "inenvisageable"
Blair: il faudra "au moins 10 ans" à la Turquie pour adhérer à l'UE
Mini-débat pour rien sur la Turquie entre les ministres européens
L'Arménie juge la Turquie "pas digne" de prétendre à intégrer l'UE
L'opposition allemande évoque une pétition contre une adhésion turque à l'UE
Erdogan demande à l'UE d'alléger les conditions à la candidature turque
Les chrétiens-démocrates slovaques contre l'entrée de la Turquie dans l'UE
La route de la Turquie vers l'UE encore semée d'embûches
La presse européenne: Un "feu orange clignotant" pour la Turquie
Borrell: "Inquiétude" car la Turquie est "très grande et très pauvre"
Raffarin: un débat aura lieu au Parlement français 
Un "oui" conditionnel à la Turquie
Les principaux points de la recommandation de Bruxelles
Président du PE Borrell : "Un débat historique s'ouvre sur la Turquie"
Réactions des groupes politiques du PE au rapport de la Commission
Chirac veut une révision constitutionnelle pour un référendum sur la Turquie
Les dirigeants européens plus favorables à la Turquie que leurs opinions

O Turquie-USA/ Turkey-USA  O

Witch Hunt: The USA condemned for refusing Dr. Gerger's entrance

O Relations régionales / Regional RelationsO

Un camionneur turc tué dans le nord de l'Irak
Barzani "sûr" que Kirkouk sera rattachée au Kurdistan après un référendum
Un groupe islamiste décapite un chauffeur turc (vidéo)
La Turquie évoque la possibilité de troubles interethniques à Kirkouk
Les Kurdes prêts à la guerre pour préserver l'identité de Kirkouk (Barzani)
Barzani à Ankara: " Kirkouk constitue le coeur du Kurdistan"
Un Turc et un Kurde exécutés par un groupe armé en Irak
La situation à Kirkouk peut faire dérailler la paix en Irak, avertit Ankara

O Chypre et la Grèce / Cyprus and GreeceO

Crise politique en Chypre du nord
Violations de l'espace aérien en mer Egée: Athènes ne cèdera pas
La majorité des Grecs ne veulent pas la Turquie dans l'UE (sondage)
Ankara doit reconnaître Chypre avant d'entrer dans l'UE (ministre britannique)
L'armée grecque dénonce des violations turques de l'espace grec en Egée
Turkish Cypriot government resigns
Cyprus lists conditions for Turkey's EU bid
Stéphanopoulos: Ankara doit résoudre les problèmes avec Athènes
Ankara inclut Chypre dans son union douanière avec l'UE
Un nouveau conflit turco-européen relatif à la question chypriote

O Immigration / Migration O

3.000 manifestants contre l'extradition d'une dirigeante du PKK
Arrestation en Ukraine d'un mafieux turc recherché pour meurtre
Cinq migrants de Turquie élus au Parlement de Bâle-Ville
Treize Kurdes autorisés à demander l'asile en Italie après 15 jours en mer 
Une équipe de policiers turcs rapatrie d'Autriche un chef mafieux
Vienne décide d'extrader vers la Turquie un mafieux turc 







 

 
Droits de l'Homme / Human Rights

La Turquie condamnée à Strasbourg pour enquête insuffisante sur un meurtre

La Cour européenne des droits de l'homme a condamné jeudi la Turquie pour avoir insuffisamment enquêté sur le meurtre d'un homme tué en 1998, lors d'un affrontement entre les forces de l'ordre et des membres du PKK.

L'affrontement avait eu lieu le 28 novembre à l'entrée du village de Narlica, situé dans la région de Diyarbakir (sud-est de la Turquie à majorité kurde) où les forces de sécurité avaient dressé une embuscade, indique la Cour dans son arrêt.

L'homme mortellement blessé par balles, Izettin Zengin, avait dans un premier temps été présenté comme un terroriste par les autorités judiciaires avant qu'une enquête préliminaire n'aboutisse à la conclusion qu'il avait "probablement" été tué par des tirs des "terroristes" du PKK.

La Cour européenne, saisie par la veuve d'Izettin Zengin, a relevé que malgré l'ouverture d'une enquête, la justice turque n'avait pas ordonné d'examen balistique ni d'autopsie du corps et qu'elle n'avait pas entendu la requérante, des membres de sa famille ou des villageois.

"L'Etat turc ne peut passer pour avoir mené une enquête pénale effective", souligne la Cour concluant à une violation de l'article 2 (droit à la vie) de la Convention européenne des droits de l'homme "quant aux caractères de l'enquête menée" et de l'article 13 (droit à un recours effectif).

Elle a alloué 12.000 euros pour dommage moral à Mme Zengin, qui affirmait également que son mari avait été tué par les forces de l'ordre. La Cour n'a pas suivi cette affirmation estimant que cette "conclusion (...) relèverait du domaine de l'hypothèse et de la spéculation plutôt que d'indices fiables".  (AFP, 28 octobre 2004)

Dix militants présumés du DHKP-C condamnés à la prison à vie

Un tribunal d'Istanbul a condamné jeudi dix membres supposés d'une organisation d'extrême-gauche clandestine à l'emprisonnement à vie pour le meurtre, 12 ans plus tôt, de six policiers, a rapporté l'agence de presse Anatolie.

Les dix hommes, considérés comme des membres du mouvement illégal de la Gauche Révolutionnaire (Dev-Sol), étaient accusés de participation à trois attaques à main armée contre des policiers, menées à Istanbul entre avril et novembre 1992, au cours desquelles six agents avaient été tués et huit autres blessés.

Dans son verdict, la cour a reconnu les prévenus coupables de "tentative de renversement de l'ordre constitutionnel par la force".

Les juges ont en revanche abandonné les charges pesant contre 20 autres accusés, estimant qu'il y avait prescription, et se sont déclarés incompétents pour juger un prévenu mineur au moment des faits.

Le Dev-Sol, reconnu comme une organisation terroriste par les Etats-Unis et l'Union européenne, s'est rebaptisé Parti/Front Révolutionnaire de libération du Peuple (DHKP/C) au milieu des années 1990.

Il a principalement pris pour cible des militaires d'active ou retraités ainsi que des intérêts américains et de l'Otan sur le sol turc.

Plus tôt dans la journée, un commando de cinq personnes soupçonnées d'appartenir au DHKP/C a attaqué un tribunal d'Istanbul avec des cocktails Molotov et une bombe artisanale, abandonnant sur les lieux une affiche protestant contre les conditions de détention dans les prisons turques. (AFP, 28 octobre 2004)

DEHAP and IHD insist that systematic torture remains

A leading Turkish human rights organization and Turkey's pro-Kurdish Democratic People's Party (DEHAP) have insisted that torture is still systematic in Turkey, despite a European Commission report which found that this was no longer the case in the European Union candidate.

Representatives from DEHAP and the Human Rights Association (IHD) told a session of a European Parliament human rights sub-committee that systematic torture persisted, although they still called for a European Union decision to open accession talks with Turkey.

The EU Commission concluded in its Oct. 6 report that torture was no longer systematic in Turkey, although it said ill-treatment continued to be a problem. The report reflected the findings of an EU official during an investigation in Turkey prior to the release of the report. That investigation was prompted by statements made by some human rights organizations during talks with EU Enlargement Commissioner Guenther Verheugen last month alleging that torture was still systematic in Turkey.

"The IHD bases its description of 'systematic torture' on the criteria put forward in the United Nations' Convention Against Torture," IHD Chairman Husnu Ondul told the Turkish Daily News yesterday.

Referrring to reports handed over to EU officials by the IHD, the Turkish Human Rights Foundation (TIHV) and Mazlum-Der, Ondul said statistics and witnesses demonstrated that three conditions of "systematic torture" cited in the U.N. document -- namely it being "widespread, continuous and deliberate" -- showed that torture in Turkey was still systematic.

He emphasized that the IHD was not accusing the government of deliberately promoting torture. "We are not calling the government a 'torturer'," he said.

IHD Diyarbakir branch Chairman Selahattin Demirtas and DEHAP Chairman Tuncer Bakirhan said in the European Parliament session late on Monday that systematic torture was still being practiced in Turkey, contrary to what the EU Commission said in its recommendation to the European Council.

Bakirhan and Demirtas both emphasized the importance of the starting of the negotiations for the implementation of human rights reforms in Turkey and urged the EU to give a date to Turkey at a Dec. 17 summit.

Ondul praised the government for its policy of "zero tolerance for torture"; however, he said the will to follow up on implementation was more important. "Torture has been forbidden in this country since 1876. If legislation was enough to prevent torture, it would not exist in the world," he said.

A senior representative from DEHAP, the party's deputy chairman, Hamit Geylani, told the TDN that there had been no serious improvement in eliminating torture in Turkey, insisting that systematic torture remained.

He emphasized that torture might not necessarily be physical: "If people are still not able to express themselves with their own identity in a country and if their freedom is limited, it means pressure and denial, which is also a kind of torture."

Both Ondul and Geylani voiced their support for Turkey's EU quest, saying that the December summit should result in a starting date for Turkey's entry talks. Both of them considered the EU process a first step for Turkey for harmonization with the basic principles of international law and the Copenhagen criteria.

The Foreign Relations Committee of the European Parliament was set to discuss a report drafted by Turkey Rapporteur Camiel Eurlings on the human rights situation in Turkey later yesterday.

Armenian participants addressing Monday's discussion on the report at the human rights sub-committee said Turkey should recognize an alleged genocide against Armenians in order to join the EU. (Turkish Daily News, Octobre 27, 2004)

La Turquie condamnée pour torture sur un homme accusé d'être proche du PKK

La Turquie a été condamnée mardi par la Cour européenne des droits de l'Homme pour des tortures infligées en mai 1998 à un homme accusé d'être proche du PKK.

Le 17 mai 1998, Abdurrahman Celik et Kasim Imret avaient été arrêtés par les autorités turques qui les soupçonnaient d'être des messagers du PKK, accusation pour laquelle ils avaient été ensuite relaxés.

Selon leurs déclarations, ils auraient subi pendant leur garde-à-vue des décharges électriques sur diverses parties du corps, notamment les organes sexuels.

Ils auraient également été battus, privés de nourriture et d'eau, mis à l'isolement, menacés de mort et insultés.

La Cour européenne, estimant "peu convaincante" la version d'Ankara qui avait expliqué que M. Celik avait fait une chute, a estimé que les blessures décrites par ce requérant (ecchymose de 3 cm sous l'oeil et lésions à l'aine) "résultaient d'un traitement pour lequel le gouvernement turc est responsable".

Elle a ainsi condamné la Turquie pour violation de l'article 3 (interdiction de la torture et des traitements inhumains) de la Convention européenne des droits de l'Homme.

En revanche, concernant le deuxième requérant, les juges européens ont accordé le bénéfice du doute à la Turquie et considéré qu'il n'y avait pas eu violation de l'article 3, M. Imret n'ayant pas fourni d'indices de nature à étayer son allégation.

La Cour européenne a d'autre part estimé que les autorités turques avaient failli à engager rapidement des poursuites contre les policiers mis en cause et condamné Ankara pour violation de l'article 13 (droit à un recours effectif) pour les deux hommes.

La Turquie devra verser 10.000 euros à M. Celik et 5.000 euros à M. Imret pour dommage moral. (AFP, 26 octobre 2004)

DHKP-C Trial against 64 persons started in Istanbul

On 25 October, Istanbul Heavy Penal Court No 12 started to hear the case against 64 persons, 41 of them under remand, charged with "being member of DHKP-C" after the operations conducted in April.

16 remanded defendants attended the hearing. The demand to be released was rejected by the court.

The lawyers Behiç Asçi and Süleyman Sensoy, editor in chief of the journal "Ekmek ve Adalet" Gülizar Kesici are indicted in this case. (Cumhuriyet-TIHV, October 26, 2004)

ONU: des "poches de résistance" dans l'application des réformes

Une envoyée spéciale de l'Onu s'est félicitée mercredi des réformes engagées par le gouvernement turc dans le domaine des droits de l'Homme mais a fait état de certaines "poches de résistance" de la part des forces de sécurité notamment pour les mettre pleinement en oeuvre.

"Il y a une atmosphère positive en Turquie dans le domaine des droits de l'Homme (...) mais il y a encore des poches de résistance aux changements", a dit Hina Jilani, représentante spéciale du secrétaire général de l'Onu Kofi Annan pour les défenseurs des droits de l'Homme, lors d'une conférence de presse au terme d'une mission de dix jours en Turquie.

Mme Jilani a rencontré des responsables du gouvernement et des représentants de la société civile à Ankara, Istanbul, Izmir (ouest), Diyarbakir (principale ville du sud-est anatolien à majorité kurde) et à Bingol (est).

"Je suis très contente de constater que les réformes législatives sont appréciées par la société civile", a-t-elle dit, tout en estimant que la transformation engagée ne serait pas complète si ces réformes ne sont pas pleinement mises en oeuvre.

Citant notamment le cas des agents de sécurité qui doivent, selon l'émissaire onusienne, être mieux entraînés, Mme Jilani a souligné que la "suspicion" qui prévaut chez les policiers contre les organisations des droits de l'Homme doit être éliminée, et a recommandé davantage de dialogue entre les parties.

"Je recommande vivement plus de consultations entre le gouvernement et les ONG", a-t-elle dit.

Elle a aussi appelé à la fin des tracasseries bureaucratiques visant les associations et de l'usage d'une force disproportionnée pour disperser des rassemblements pacifiques.

L'envoyée de M. Annan doit rédiger un rapport à l'issue de sa mission et celui-ci sera soumis à la Commission des droits de l'Homme de l'Onu lors de sa session de 2005. (AFP, 20 octobre 2004)

The trial of 41 alleged DHKP-C militants started in Ankara

On 15 October, Ankara Heavy Penal Court No. 11 started to hear the case that was launched against 41 persons who were indicted after the operations conducted in February in Ankara.

Defendant Erdem Güdenoglu testified to the effect that he was arrested just because of participating a funeral ceremony and a court case in which he was acquitted.

Mehmet Güvel (58), suffering from Wernicke-Korsakof, stated that he had medical reports given by three different state hospitals and his former sentence was pardoned by the President Ahmet Necdet Sezer due to his reports.

Mustafa Gök, who is also suffering from Wernicke-Korsakof, announced that he would not make a defense on the grounds that he was not led to see his lawyer.

Nursen Toksoy, Nurcan Temel, Mehmet Güvel, Umut Sener, Levent Hergüner, Erdinç Eroglu, Murat Korkut, Erdem Güdenoglu were released at the hearing. The court refused the release demands of Funda Devran Gök, Yurdum Ali Tokgöz, Mustafa Gök, Hakki Gökhan Menet, Abdullah Özgün and Ismail Özmen.

The hearing was adjourned to 8 November.

Meanwhile, the case that was launched against 42 persons, who were arrested in Istanbul in April on the allegation of "being members of DHKP-C", will commence on 25 October at Istanbul Heavy Penal Court No. 12.

The indictment wants the defendants to be sentenced with the charges of "being member of illegal organization, "aiding illegal organization" and "organizing bomb attacks".

Chairman of Human Rights Advisory Board Prof. Ibrahim Kaboglu announced the followings concerning the fact that the defendants have not been taken before the court for seven months: "It is not right either according to the Constitution or according to the criminal procedure. The time for judgment was exceeded. The defendants can appeal to EcoHR for this reason and Turkey can be sentenced. It is a very long time. There should be a very important reason in order to prolong the time. It is a very long time even if the crime is very heavy". (Evrensel-Milliyet-TIHV, October 20, 2004)

Ankara épinglée par la Cour de Strasbourg pour la condamnation des syndicalistes

La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a donné raison mardi à six militants syndicaux kurdes de Turquie, condamnés à de la prison avec sursis en 1995 pour avoir diffusé un communiqué de presse hostile à la politique d'Ankara au Kurdistan.

La condamnation des requérants à dix mois de prison avec sursis, le 16 novembre 1995 par la cour de sûreté de l'Etat de Diyarbakir (sud-est), contrevenait à la liberté d'expression des intéressés, garantie par la Convention européenne des droits de l'Homme, ont estimé les juges européens.

De plus, la Cour a estimé que le procès des militants syndicaux n'avait pas été équitable, du fait de la présence d'un magistrat militaire dans la cour de sûreté de l'Etat.
 Les requérants avaient été condamnés pour avoir vivement critiqué le gouvernement turc de l'époque, à qui ils reprochaient de ne pas respecter les droits fondamentaux des citoyens et de s'être "identifié à une logique exterminatrice".

"Si certains passages, particulièrement acerbes, du communiqué de presse brossent un tableau des plus négatifs de la politique du gouvernement en matière de lutte contre le terrorisme, et donnent ainsi au récit une connotation hostile, ils n'exhortent pas pour autant à l'usage de la violence, à la résistance armée, ni au soulèvement, et il ne s'agit pas d'un discours de haine", a relevé la Cour, qui a condamné la Turquie à verser de 2.000 à 5.000 euros à chacun des requérants. (AFP, 19 octobre 2004)

Human Rights Organisations criticize Erdogan on systematic torture

Yavuz Onen, the head of the Turkish Human Rights Foundation (TIHV) and Husnu Ondul, the head of the Human Rights Association (IHD) published a letter for Prime Minister Recep Tayyip Erdogan and criticized him for recently accusing human rights activists who voice torture allegations.

"It is unfortunate that you continue with the accusing statements and it worries us," said Onen and Ondul. "It is the duty of governments to timely and objectively investigate the allegations of torture."

Human rights defenders should be taken into account

Onen and Ondul, in the letter they published for Erdogan, summarized the spirit of the December 9, 1998 "United Nations Declaration on Human Rights Defenders," and underlined the responsibilities of states and governments within the framework of the declaration:

"One of the important responsibilities of states is to facilitate the work of human rights defenders and organizations, to investigate their allegations, and to refrain from punishing them for their opinions, research, studies and evaluations."

The definition of systematic torture

Onen and Ondul once again talked about the reasons why TIHV and IHD believe there is systematic torture in Turkey:

* The United Nations Committee Against Torture defines systematic torture as torture that is "widespread, continuous, and intentional."

* IHD and TIHV, which are among Turkey's foremost human rights organizations, evaluated torture in Turkey according to these criteria, and came to define it to be "systematic."

* Our evaluation is also based on special data from thousands of torture complaints our organizations receive, and other general data about trial periods, forensic medical reports, and legal framework.

* Both human rights organizations are first of all using their freedom of expression, and then doing their jobs. Human rights organizations cannot be asked to keep silent about violations.

Governments' duty is to investigate and research

"The governments' duty is to timely and objectively investigate and research all allegations of torture," said Onen and Ondul. They criticized the prime minister's attitude saying:

* It is not a democratic or good-willed attitude to make human rights organizations, that bring complaints and allegations to the attention of the people and officials, seem like they have a connection to terrorists, and to refer them to intelligence services, instead of investigating, researching or questioning their torture allegations.

* This attitude, which is obvious in your recent messages and especially your speech at the European Commission, conflicts with the "zero tolerance" toward torture attitude. Making such statements is in a way threatening the human rights defenders.

* Although we believe "zero tolerance toward torture" attitude is relevant and necessary to alleviate torture, we don't think this determination is put to use against those who violate human rights.

* It is unfortunate that you continue with your accusing statements against human rights defenders who voice allegations of torture, and it worries us.

* It is a characteristic of dictators to make human rights defenders seem like they are connected to terrorists just because they voice torture complaints and allegations. ((BIA News Center, October 18, 2004)

Mandat d'arrêt pour une militante des droits de l'Homme critiquant l'armée

Un tribunal d'Istanbul a ordonné jeudi par contumace la mise en détention d'une figure éminente de la lutte pour les droits de l'Homme qui a refusé d'assister à un procès engagé contre elle pour ses propos critiquant l'armée, a rapporté l'agence de presse Anatolie.

Eren Keskin, présidente de la section stambouliote de l'Association turque des droits de l'Homme, est poursuivie pour des déclarations virulentes contre l'armée turque faites lors d'une conférence sur les droits des femmes, en 2002 à Cologne (Allemagne).

"Les problèmes des femmes ne peuvent être résolus tant que le pays n'est pas dirigé par les autorités civiles. Les soldats pratiquent le harcèlement sexuel. Ils pratiquent des tests de virginité même sur des femmes mariées, comme une torture", a-t-elle déclaré selon le compte-rendu dressé à l'époque par le quotidien Hurriyet.

La militante encourt une peine de 6 mois à trois ans d'emprisonnement si la cour qualifie ces propos d'insulte à l'armée et aux institutions.

Selon l'agence Anatolie, Mme Keskin ne s'est pas présentée aux sept premières audiences de son procès en dépit des injonctions du tribunal. Ce dernier a donc demandé son arrestation et son placement en détention préventive.

Juriste de formation, l'activiste a représenté devant les tribunaux une femme kurde affirmant avoir été torturée et victime de plusieurs viols alors qu'elle était entre les mains de la gendarmerie, dans la région de Mardin (sud-est) au début des années 1990.

Elle a obtenu en octobre 2003 l'inculpation de 405 militaires, soit l'ensemble des soldats susceptibles d'avoir commis ces crimes, la plaignante ayant précisé que ses yeux avaient été bandés au moment des faits.

Les autorités turques ont longtemps renâclé à mener des enquêtes sur les violences perpétrées par les forces de sécurité dans le sud-est anatolien, théâtre d'un violent conflit avec les rebelles séparatistes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) de 1984 à 1999. (AFP, 14 octobre 2004)

Trois militants de DHKP-C placés en détention

Un tribunal d'Istanbul a placé en détention samedi trois militants soupçonnés d'appartenir à un groupe d'extrême gauche connu et de planifier des attaques à la bombe "spectaculaires". Le tribunal a ordonné la relaxe de deux autres personnes que la police avait arrêtées au cours d'une opération contre le Front-Parti de libération du peuple révolutionnaire (DHKP-C).

Le tribunal a inculpé deux des suspects, dont une femme, d'"appartenance à une organisation illégale".

Ces deux personnes "préparaient des actes spectaculaires et ont été arrêtés en possession de fausses cartes d'identité", a indiqué un responsable de la police.

Le tribunal a placé le troisième suspect en détention pour "complicité avec une organisation illégale".

Récemment, le groupe a été désigné comme le responsable de l'explosion à bord d'un autobus à Istanbul en juin, avant le sommet de l'OTAN, et qui a fait quatre morts, dont la femme qui portait la bombe. (AFP, 16 octobre 2004)

Le président turc a ratifié les articles anti-démocratiques du Code pénal

Le président turc Ahmet Necdet Sezer a ratifié lundi le nouveau code pénal adopté fin septembre par les députés pour mettre les lois turques au niveau des normes européennes, selon le service de presse présidentiel.

"Le président Sezer a transmis le code au bureau du Premier ministre pour publication" au journal officiel, a annoncé la présidence dans un bref communiqué.

La loi a été votée peu de temps avant la publication, le 6 octobre, d'un rapport de la Commission européenne qui a considéré que la Turquie avait rempli les critères politiques préalables au lancement de pourparlers d'adhésion.

Toutefois, la Commission européenne, comme plusieurs autres dirigeants de l'Union européenne, est trompé une fois de plus, car le nouveau code pénal turc est plein d'articles antidémocratiques et répressifs menaçant la liberté d'expression et de la presse. La plupart de ces articles existent déjà dans l'ancien code pénal, emprunté en 1926 au code pénal de Mussolini (notamment actuels articles 158, 159, 312).

Tous ces articles imposés par les militaires ont été approuvés un par un par la Grande assemblée nationale avec la complicité du CHP, principal parti d'opposition.

L'Association des journalistes de Turquie (TGC) vient d'établir une liste de ces nouveaux articles antidémocratiques.

Si les "crimes" définis dans ces articles sont commis par les médias écrits, audiovisuels et électroniques (journaux, magazines, radios, TV et/ou Internet), la peine sera augmentée d'un demi ou d'un tiers.

Ainsi, même avec ce nouveau code pénal adopté sans mention d'adultère, la Turquie restera toujours un pays où la liberté d'expression et de la presse soumise toujours à la répression de l'Etat.

Voir:  Le nouveau code pénal turc plein d'articles anti-démocratiques(Info-Turk, 11 octobre 2004)

Enquête de l'Onu en Turquie sur la défense des droits de l'Homme

Une envoyée spéciale de l'Onu a commencé lundi à enquêter sur les conditions de travail des défenseurs des droits de l'Homme en Turquie et présentera, au terme de sa mission de 10 jours, des recommandations sur les moyens d'améliorer leur situation.

Hina Jilani, représentant spécial du secrétaire général de l'Onu Kofi Annan auprès des militants des droits de l'Homme, rencontrera des responsables du gouvernement et des représentants de la société civile à Ankara, Istanbul, Izmir (ouest), Diyarbakir et Bingol (est de la Turquie, à prédominance kurde).

"Le but de ma visite est d'être en mesure d'établir et d'évaluer le cadre légal aussi bien que les conditions dans le pays pour pouvoir déterminer comment les défenseurs des droits de l'Homme sont capables de mener leurs activités", a déclaré Mme Jilani lors d'une conférence de presse à Ankara.

Affirmant avoir "quelques inquiétudes" concernant l'environnement dans lequel évoluent les défenseurs des droits de l'Homme en Turquie, l'envoyée spéciale n'a pas voulu pousser plus loin ses commentaires avant la fin de sa mission.

"Je ne peux pas émettre de conclusion avant d'avoir (obtenu) les réponses de l'Etat et je suis en mesure d'enquêter sur mes sources d'inquiétude", a-t-elle déclaré.

Les organisations turques de défense des droits de l'Homme affirment régulièrement être victimes de harcèlement de la part du gouvernement, en particulier lorsqu'elles opèrent dans le sud-est anatolien, qui a longtemps été le théâtre d'une guerre entre rebelles sécessionistes kurdes et forces armées turques.

Le gouvernement turc a cependant multiplié au cours des dernière années les réformes visant à améliorer ses résultats en matière de démocratie et de respect des droits de l'Homme pour s'aligner sur les normes de l'Union européenne.

"La Turquie traverse une phase de réforme et il est très important pour moi d'établir dans quel mesure ces réformes influent sur le travail des défenseurs des droits de l'Homme", a affirmé Mmme Jilani.

L'envoyée de M. Annan a précisé qu'elle rédigerait un rapport à l'issue de sa mission et que celui-ci serait soumis à la Commission des droits de l'Homme de l'Onu lors de sa session de 2005. (AFP, 11 octobre 2004)

La Turquie compte peu d'associations, selon un rapport

La Turquie compte un peu plus de 80.000 associations, un chiffre nettement inférieur à celui des Etats membres de l'Union européenne que le pays souhaite intégrer, selon un rapport publié dimanche de la Chambre de commerce d'Ankara qui souligne les carences dans ce domaine pour rattraper les normes européennes de démocratie.

"Les Turcs ont peur de s'organiser", conclut le rapport qui souligne certains obstacles législatifs qui se dressent toujours devant la liberté d'assocation en Turquie, candidate depuis 1999 à l'adhésion à l'UE.

Une longue procédure légale est nécessaires pour créer une association en Turquie en dépit de récentes améliorations dans ce domaine.

Certains fonctionnaires, dont les policiers et les militaires, ainsi que les personnes condamnées notamment pour "terrorisme" sont toujours privés de s'organiser dans le cadre d'une association.

Il existe en Turquie 80.757 associations et organisations non gouvernementales (ONG) diverses, alors que l'Allemagne en compte plus de deux millions et la France 1,4 million, précise ce rapport.

Selon cette étude, les Turcs sont très peu enclins à s'impliquer dans des projets d'intérêt commun au sein d'une association, sauf s'il s'agit d'une oeuvre de charité, comme la construction d'une mosquée, ou de soutenir un club de sport, essentiellement de football.

Le rapport cite cependant certaines associations insolites: "L'association pour développer la maison close" ou encore "L'association des étudiants qui ont raté le concours d'entrée à l'université". (AFP, 10 octobre 2004)

Prix danois à un médecin turc, Veli Lök, défenseur des droits de l'homme

Un professeur de médecine turc, Veli Lök, défenseur des droits de l'homme, a reçu vendredi à Copenhague le "Prix Inge Genefke", du nom de la pionnière danoise de la lutte internationale contre la torture.

Veli Lök, 72 ans, membre fondateur de la Fondation des droits de l'homme de Turquie (HRTF), a été récompensé pour "son travail depuis 1987 pour déterminer les signes de torture et soigner les personnes qui en sont victimes", selon le Dr. Inge Genefke, qui a créé au début des années 80 le premier centre mondial de réhabilitation des victimes de la torture (RCT) à Copenhague.

"Il a particulièrement oeuvré pour prouver (scientifiquement) la pratique de la torture, et a été avec ses collègues traîné en justice pour des cas absurdes qui n'auraient jamais conduit à des procès dans un Etat membre de l'Union européenne", à laquelle aspire à adhérer la Turquie, selon Mme Genefke.

C'est la première fois que ce prix, de 10.000 dollars, est attribué par la Fondation de soutien aux victimes de la torture (Anti-torture support Foundation) établie par le Dr. Genefke et Bent Soerensen, membre du Conseil international de réhabilitation des victimes de la torture (IRCT).

Il a été remis au lauréat par l'ex-Premier ministre social-démocrate danois, Poul Nyrup Rasmussen, lors d'une cérémonie à l'Hôtel de ville de Copenhague.

"Nous avons soigné plus de 8.000 personnes torturées dans les 5 centres de la Fondation des droits de l'homme de Turquie depuis 1991 (...) et nous sommes capables aujourd'hui par des techniques élaborées à identifier des traces de torture même après 25 ans", a rappelé Le Dr. Loek, dans son discours de remerciement.

Il s'est déclaré "préoccupé par le développement global concernant les droits de l'homme, en dépit du processus relativement positif dans (son) pays".

"Les efforts pour propager et justifier la torture ont gagné du terrain depuis les attentats du 11 septembre (2001 aux Etats-Unis) et la guerre et l'occupation en Afghanistan et en Irak", a-t-il observé.

"Quelques exemples de ce développement troublant peuvent être observés, à l'instar de médecins américains qui ferment les yeux devant la torture et coopèrent même" avec les tortionnaires, a-t-il ajouté. (AFP, 8 octobre 2004)
 

Le Premier ministre turc calomnie les organisations internationales des droits de l'Homme!

Le 6 octobre 2004 à Strasbourg, en réponse aux questions des membres de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, le Premier ministre turc Tayyip Erdogan a dit, "Ceux qui affirment qu'il y a la torture idéologiquement motivée en Turquie sont les gens qui sont liés aux organisations terroristes."

Erdogan a répété la même affirmation lors d'une conférence de presse tenue le même jour dans les locaux du Conseil de l'Europe et diffusée directement par la télévision de l'Etat turc TRT.

Quand un journaliste lui a demandé sa position relative aux accusations de torture portées contre la Turquie, Erdogan a répondu que ces accusations seraient infondées, qu'il n'y aurait pas de tortures systématiques en Turquie, et que cela aurait été souligné par la Commission européenne elle-même. Il a déclaré une fois de plus que les rapports concernant la torture en Turquie sont l'¦uvre des gens "en relations avec des organisations terroristes"!

Ainsi, les ONG suivantes peuvent figurer dans la liste noire du premier ministre turc, car elles insistent que la torture menace toujours les opposants politiques en Turquie:

Amnesty International
Human Rights Watch
Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH)
Reporters Sans frontières
Fondation des Droits de l'Homme en Turquie (TIHV)
Association des Droits de l'Homme de Turquie (IHD)
Mazlum-Der (Organisation des Droits de l'Homme et de solidarité avec les peuples opprimés)
Différents barreaux en Turquie
International PEN
Organisation Mondiale contre la Torture
Centre Europe - Tiers Monde

Réagissant contre cette attaque diffamatoire, la Maison populaire de Genève a immédiatement publié un communiqué de presse relatif au fait de tortures et de violations des droits de l'Homme en Turquie.

"Les derniers chiffres concernant les cas de torture en Turquie sont éloquents: pour les 6 premiers mois de 2004, ce ne sont pas moins de 692 cas qui ont été dénoncés. En 2003, 562 cas avaient été soulevés, hors et dans les centres de détention. Selon les associations de défense des droits de l'Homme, les tortures à l'électricité et les coups ont été les principaux moyens utilisés.

"Peu après la parution, dans les médias, des déclarations de Monsieur Verheugen affirmant qu'"il n'y a pas de torture systématique en Turquie", les principales organisations de défense des droits de l'Homme - TIHV, IHD et Barreau de Diyarbakir - ont écrit au Commissaire à l'élargissement. Ils lui ont fait parvenir, vers le 25 septembre, un dossier contenant des preuves concrètes de torture (certificats médicaux, photos, déclarations, etc.).

"Se posent dès lors plusieurs questions:

- Monsieur Verheugen, 692 cas de torture répertoriés ces derniers mois: ne considérez-vous pas cela comme pouvant être qualifié de systématique?
- Pourquoi les rapports et le travail de dizaines d'organisations de défense des droits de l'homme ne pèsent pas, face aux intérêts politiques et économiques des pays européens?
- Près de 10.000 prisonniers politiques croupissent encore dans les geôles turques: pourquoi ne pas exiger leur libération?
- Entre 3 et 4 millions de Kurdes déplacés, le droit à exprimer librement sa culture toujours nié, des millions de personnes attendent toujours de pouvoir rentrer chez elles: comment pouvez-vous dire que la situation de ce peuple s'améliore?
- Où sont, dans ce cas, les valeurs de l'Union européenne, démocratie et droits de l'homme?

La déclaration du Premier ministre turc est une nouvelle man¦uvre de propagande, visant à assimiler les défenseurs des droits de l'Homme à des gens agissant contre l'intérêt de la Turquie. Une fois de plus, le gouvernement utilise la calomnie à l'encontre des opposants à sa politique. C'est inacceptable. (http://www.assmp.org)

Turkish Prime Minister slanders international human rights organizations

On October 6, 2004 in Strasbourg, answering questions of members of the Parliamentary Assembly of the Council of Europe, Turkish Prime Minister Tayyip Erdogan said, "those who affirm that there is still ideologically motivated torture in Turkey are people who were linked to terrorist organizations."

Erdogan repeated the same claim at a press conference held the same day at the Council of Europe building and broadcasted directly by the Turkish State's televsion TRT.

When a journalist asked him his stand concerning the accusations of torture carried against Turkey, he answered that these charges are unfounded, there were no systematic tortures in Turkey, and that the European Commission itself underlined it. He declared once more that the reports concerning torture are the work of those people who are in relations with terrorist organizations"!

So, the following NGOs can take place in the black list of the Turkish Prime Minister, because they insist that torture still threatens the political opponents in Turkey:

Amnesty International
Human Rights Watch
International federation of Human Rights (FIDH)
Reporters without frontiers
Human Rights Foundation of Turkey (TIHV)
Human Rights Association of Turkey (IHD)
Mazlum-Der (Organization for defending human rights et solidarity with oppressed people)
Various bar associations of Turkey
International PEN
World Organization against Torture
Center Europe - Third World

Reacting against this slanderous attack, the People's House of Geneva immediately published a press release relating to the fact of tortures and violations of human rights in Turkey.

"The latest figures concerning the cases of torture in Turkey are eloquent: For the first six months of 2004, it is not less than 692 cases which were denounced. In 2003, 562 cases had been raised, out and within the centers of detention. According to associations defending humans rights, tortures with electricity and blows were the principal means used.

"Just after the publication, in the media, of Mr. Verheugen's declarations claiming that "there is no more systematic torture in Turkey", the principal organizations of human rights - TIHV, IHD and the Diyarbakir Bar Association- wrote to the European Commissioner for Enlargement. They forwarded to him towards September 25 a file containing concrete proofs of torture (medical certificates, photographs, declarations, etc).

So, many questions arise:

- Mr. Verheugen, don't you consider 692 registered cases of torture as systematic?
- Why the reports and the work of tens of human rights organizations do not weigh vis-à-vis with the political and economic interests of the European countries?
- About 10.000 political prisoners still suffer in the Turkish jails: Why you don't demand their release?
- Between 3 and 4 million Kurds have been displaced; the right to express freely its culture is always denied; millions of human beings always wait to be able to re-enter their homesŠ How can you say that the situation of these people improves?
- Where are, in this case, the values of the European Union, democracy and human rights?

The Turkish Prime Minister's declaration is a new maneuver of propaganda, aiming at assimilating the defenders of the human rights to people acting against the interests of Turkey. Once more, the government uses slandering against the opponents of its policy. It is unacceptable. (http://www.assmp.org)

HRW: EU Human Rights Criteria Not Met on Torture and Displaced People

Today's recommendation by the European Commission that Turkey should begin negotiations for EU membership in 2005 is a positive step forward, but additional reform measures are needed before the European Council can credibly support a positive decision on Turkey's membership, Human Rights Watch said today.

The Commission's decision today recognizes the important steps Turkey has already taken to improve its human rights record and should encourage the government to make further reforms before December.  The Commission's decision is based on the 2004 Regular Report on Turkey's Progress Toward European Union Membership.  Human Rights Watch stressed that, for the EU's membership criteria to be credibly fulfilled, the Turkish government must take a number of additional measures, most importantly to combat torture and to facilitate the return of the hundreds of thousands of villagers who were displaced during the 15-year armed conflict in southeast Turkey.

"The European Union cannot accept mere promises that it will implement safeguards for detainees," said Jonathan Sugden, researcher for Human Rights Watch's Europe and Central Asia division. "Police stations need to be supervised by independent monitors. Otherwise, we may again see an increase in reports of ill-treatment or even deaths in custody."

As for the internally displaced, Sugden stressed that "the Turkish government has so far failed to take any significant action to address the concerns of the displaced or facilitate their return to their former homes.  Now is the time for the government to commit to a credible returns process that includes a specific role for the U.N. and other international agencies."

The EU's Regular Report recognizes Turkey's progress in respect for human and minority rights, but also identifies a number of human rights criteria that the Turkish government has not yet fulfilled. The report notes that Turkey abolished the death penalty for all offences and in all circumstances, including wartime, in January 2004.  It also describes the abolition of some criminal code provisions under which journalists and politicians were prosecuted for their peaceful speech, and notes that judges are increasingly using the European Convention on Human Rights as a basis to acquit writers for statements that would certainly have landed them in prison just a few years ago. However, the Commission also stresses that journalists are still threatened with imprisonment.  Similarly, the Commission acknowledges that the legal protections against ill-treatment and torture in police custody are now among the best in Europe, but emphasizes that these are sometimes neglected in practice. Finally, it recognizes that broadcasting in minority languages, including Kurdish, began in June 2004.  While the Regular Report indicates that this is "only a starting point," it also recognizes that it represents an historic change for Turkey.

Despite these important reforms, however, the Turkish government has failed to take strong and effective measures to implement safeguards against torture and ill-treatment, or to support the return of the hundreds of thousands of Kurds displaced during the conflict with the Kurdish Workers' Party (now known as Kongra Gel) during the 1990s. Human Rights Watch considers the Turkish government's poor response in these areas unacceptable at this late stage in the EU accession process and is particularly concerned that the Regular Report's recommendations are not sufficiently strong on either issue.  The Commission and the Council must insist that these gaps are filled before Turkey's membership process advances to the next stage.

The period from October to December 17, 2004, when the European Commission will determine whether Turkey gets a firm date to begin membership negotiations, provides an important opportunity for the EU to insist on specific steps to address these remaining areas of concern.  Human Rights Watch calls on the European Commission to use this period of maximum leverage to ensure that Turkey commits to a concrete plan of action to guarantee the return of internally displaced Kurds to their homes in dignity and safety, and introduces sound supervision systems for police stations and gendarmeries throughout the country. The best chance for achieving these remaining reforms is through the leverage provided by the EU accession process. The EU should not squander this important opportunity to encourage long-lasting and thorough human rights reform.

Human Rights Watch notes that the European Council is expected to strengthen its mechanisms for monitoring human rights progress in Turkey and other candidate countries as they enter membership negotiations, and welcomes a more thorough and comprehensive human rights monitoring process for all candidate countries to better ensure that progress will be sustained once membership negotiations are underway.

"The Turkish government has made significant progress in many areas of human rights protection, but its reform process will not have credibility until the government opens police stations to independent outside monitors and establishes a partnership with the international community for the return of the displaced," said Sugden. "If, and only if, they can fill these gaps by December then a positive decision by the European Council will be fully justified." (HRW, October 6, 2004)

IRCT: La Turquie doit mettre un terme à la torture

Une organisation non gouvernementale (ONG) internationale, le Conseil de réhabilitation des victimes de la torture (IRCT), a exhorté mercredi la Turquie à "mettre un terme à la torture" si elle espère devenir un jour membre de l'Union européenne.

"L'annonce de la Commission européenne de démarrer des négociations d'adhésion avec la Turquie ne change pas le fait que la torture est répandue et systématique dans ce pays", a estimé Brita Sydhoff, secrétaire générale de l'organisation dont le siège est à Copenhague.

"La Turquie s'est engagée à stopper la torture dans un futur immédiat. Elle doit respecter son engagement", a-t-elle souligné, dans un communiqué.

La Commission de l'UE a salué dans sa recommandation les "efforts importants" de la Turquie en matière de réformes démocratiques, mais souligné que leur "mise en oeuvre... devait être encore consolidée et élargie".

"Ceci s'applique notamment à la politique de tolérance zéro dans la lutte contre la torture et les mauvais traitements", entre autres, selon l'exécutif européen.

IRCT, une organisation internationale indépendante de professionnels de la santé qui soignent les torturés dans le monde, a noté que "la Turquie a réalisé d'importants progrès dans sa législation". "Mais très peu de lois ont été appliquées sur le terrain", a-t-elle ajouté.

"C'est pourquoi il est très important de ne pas ignorer les réalités et les faits", selon Mme Sydhoff, estimant que "la Turquie a encore un long chemin à faire et une très grande tâche à accomplir" (...) avant de parvenir à "la tolérance zéro contre la torture" revendiquée par le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan.

Selon la Fondation des droits de l'Homme de Turquie (IHV), partenaire d'IRCT, 924 personnes, dont 225 femmes et 33 enfants ont été soignés dans ses centres en 2003 contre 965 en 2002. (AFP, 6 octobre 2004)

Silent Fight Against Weapons in Turkey

For those who do not own guns or who do not have anything to do with guns, the September 28 Individual Disarmament Day is just another day.

The fact that 3,000 are shot to death every year in homicides, suicides or accidents; and that 378 million out of a total 638 million licensed guns in the world belong to private individuals, whereas 260 million are under the state's control are facts that "have little effect on our lives."

According to United Nations (UN) statistics, 300,000 people in the world die in areas of war each year, while 200,000 die in peaceful regions because of personal weapons.

In Turkey, about 2 million people own guns with official permissions. Tens of people are killed accidentally as a result of firing guns in the air. Homicides are committed because of "a moment of rage." All these facts remind one why Turkey is called the "little America."

The U.S.'s fame in this field, and the "outcome" of being able to so easily own a gun was demonstrated by Michael Moore's movie, "Bowling for Columbine."

Tanzer Gezer, the coordinator of the Hope Foundations, said instead of encouraging people to own weapons and making this easier, the state should protect people's lives. Peaceful solutions to problems between individuals should be supported and the rule of law should be embraced, he said. Gezer added that thousands of people are killed or are injured with weapons because of the misperception that owning a weapon makes a person "better." People who own and carry weapons are a threat to the lives of people around them, and especially to their families, added Gezer.

"While it is impossible for no one to see a murder in a club with 150 people, evidence has been done away with, and the murderers have escaped," said Bulent Utku, the lawyer for university student Baris Donmez, who was stabbed in his throat and died at a club in Beyoglu. "It is unacceptable that people tolerate violence toward others if they themselves feel safe. It is possible to isolate individual and social violence by seeking solutions against violence."

Hope for personal disarmament...

The Hope Foundation was in Sanliurfa this year for the September 28 Personal Disarmament Day, to draw attention to murders committed in the name of tradition and honor.

The Hope Foundations's name comes from Nazire Dedeman's son, Umut Dedeman, who according to his mother, died in a murder, and according to the verdict, in an accident. The foundation has been organizing various activities on every September 28 to prevent gun ownership, since it was established

Tanzer Gezer from the Umut Foundation opposes encouraging and accepting gun ownership for reasons of security, tradition and hobby.

"Guns, even if they are only going to be kept at home, threaten people's lives. The increase in crime rates, scenes of wars in the media, and witnessing bloody violent incidents, all make people believe they live in an insecure world and want to own guns. But the right reaction to the feeling of insecurity should be to demand safety from the state. We should all defend people's right to live," said Gezer.

Gezer said that guns fired during celebrations especially threaten the lives of women and children. He said women's and children's organizations should take up the issue of personal disarmament.

"The state should protect people's lives"

Gezer also criticized Prime Minsiter Recep Tayyip Erdogan for accepting a gun as a gift from the governor of Rize. He said famous people who own guns tempt people into owning weapons. Gezer made the following proposals for preventing gun ownership:

* Under the weapons law, anyone who is older than 21 and who has no convictions, may own a gun following a psychological examination. The age limit should be increased to 25. It is not realistic to own a gun for personal safety while the police and paramilitary police have the task of providing security. If the feeling of insecurity is the reason why people own guns, they should sue the state for not providing personal safety.

* People, in defending weapons, often argue that sensible people may use guns, and that gun usage is part of tradition. This argument is equal to not recognizing rule of law.

* Guns are designed to hurt someone, rather than to defend oneself. The fact that people mostly commit suicide with their personal weapons, that people grab their guns when they have problems with their neighbors, shortly the deaths that occur through guns, suggest that owning a gun cannot be simply explained as a hobby.

* The job of the police is to prevent crime and violence. But we are seeing that they are inadequate in that.

* The Machinery and Chemicals Institution make 17 trillion Turkish liras (USD 11 million) in sale of guns. The state may not want to prevent people from owning guns when it is making so much money out of it.

* But what scares me the most is that weapon lobbies may seek new markets in Turkey, where owning a gun is related to insecurity and traditions. Weapon companies are using the Internet and television series as means of advertising.

* Although we support anti-war activities, we are not spending efforts for the disarmament of the state and the army. (BIA News Center, Ozge GOZKE, October 6, 2004)

La Turquie va reconnaître la Cour pénale internationale

La Turquie va ratifier prochainement le traité de Rome instaurant la Cour pénale internationale (CPI), le premier tribunal permanent chargé de la répression des crimes de guerre dans le monde, a indiqué mercredi à Strasbourg le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan.

Prenant la parole devant l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, M. Erdogan a expliqué que la Turquie avait procédé à diverses réformes juridiques et notamment inclu les crimes de génocide et crimes contre l'humanité dans son nouveau code pénal.

"Après avoir achevé toutes ces réformes juridiques internes, je peux annoncer aujourd'hui devant cette assemblée que la Turquie va, dans un proche avenir, ratifier le traité de Rome et devenir partie de la Cour pénale internationale", a-t-il ajouté.

Premier tribunal permanent chargé de la répression des crimes de génocide, des crimes contre l'humanité et des crimes de guerre, la Cour pénale internationale (CPI), dont le siège est à La Haye, est devenue une réalité le 1er juillet 2002, après la ratification du traité de Rome par 60 Etats. Elle compte actuellement près d'une centaine d'Etats membres. (AFP, 6 octobre 2004)

Le rapport de la Commission: Multiples carences en matière de droits de l'homme

La Commission européenne devrait saluer le 6 octobre les réformes effectuées par la Turquie pour s'arrimer à l'UE, tout en pointant de multiples carences et l'ampleur du chemin encore à parcourir en matière de droits de l'homme et d'éradication de la torture.

Révélé par le quotidien français Le Monde daté de samedi, le rapport que soumettra à ses collègues le commissaire à l'Elargissement Guenter Verheugen souligne les progrès démocratiques "substantiels" d'Ankara depuis l'arrivée au pouvoir de Recep Tayyip Erdogan en 2002.

"Le processus de réforme a clairement (...) mis en lumière un consensus grandissant en faveur de la démocratie libérale", se félicite le document en cours de finalisation, dont l'AFP a obtenu une copie. Mais "des carences subsistent", ajoute-t-il, évoquant notamment "de nombreux cas de tortures".

Le rapport fait partie d'un tryptique très attendu dans la perspective de la décision finale sur l'ouverture de négociations d'adhésion avec la Turquie, que les dirigeants de l'Union européenne devront prendre lors du sommet du 17 décembre.

Outre ce rapport, M. Verheugen, chaud partisan de la candidature d'Ankara, mettra mercredi sur la table de l'exécutif communautaire une analyse de l'"impact" d'une adhésion turque et une recommandation sur l'entame des pourparlers.

La nature positive du verdict de la Commission ne fait guère de doute. L'"étude d'impact" consultée par l'AFP jeudi énumère les "nombreuses opportunités" et bénéfices politiques ou économiques qu'une intégration de la Turquie à l'UE apporterait aux deux parties.

Le rapport sur les progrès démocratiques d'Ankara dévoilé vendredi dresse toutefois un bilan mi-figue mi-raisin, susceptible de nuancer la recommandation.

"Les réformes politiques ont introduit des changements allant d'une amélioration des libertés publiques et des droits de l'homme à un contrôle civil accru sur l'armée. La société civile s'est renforcée", souligne-t-il.

Une mission d'évaluation conduite le mois dernier en Turquie a permis d'établir que la torture n'y était "plus systématique" et "de confirmer que le gouvernement poursuit sérieusement sa politique de tolérance zéro".

"Toutefois, de nombreux cas de torture et en particulier de mauvais traitements continuent d'exister et des efforts supplémentaires vont être nécessaires pour éradiquer de telles pratiques", reconnaissent les services de M. Verheugen en prônant un contrôle "indépendant" des centres de détention.

Au 1er semestre 2004, l'association turque Droits de l'homme a reçu 692 plaintes pour torture, soit 29% de moins que sur les six premiers mois de 2003. Mais les cas survenus hors des centres de détention officiels ont "augmenté considérablement dans la même période", relève Bruxelles.

Dans une interview au quotidien berlinois Tagesspiegel à paraître samedi, M. Erdogan a reproché aux organisations de défense de droits de l'homme de ne signaler que des cas isolés et d'être "idéologiquement aveugles".

Sur un plan plus général, le rapport des services de M. Verheugen sur le respect des libertés fondamentales souligne chaque fois les efforts du gouvernement turc mais pointe aussi des lacunes persistantes.

La liberté de la presse a été renforcée. "En revanche, la fréquence des poursuites contre les journalistes reste un sujet de préoccupation", note Bruxelles. La liberté religieuse est assurée, mais les communautés non-musulmanes "continuent de faire face à des problèmes de personnalité légale, de droits de propriété".

Bruxelles s'inquiète également du "sérieux problème" des violences contre les femmes, ainsi que des restrictions "importantes" au droit de grève et "considérables" à l'exercice du droit des minorités. La Commission relève enfin la persistance d'une corruption endémique dans la société turque.

Les principaux points du rapport de la Commission sur la Turquie

Voici les principaux points du projet de rapport sur la candidature de la Turquie à l'UE que le commissaire européen à l'Elargissement doit soumettre pour adoption à ses collègues le 6 octobre.

Le document, révélé par le quotidien français Le Monde daté de samedi, recense les progrès enregistrés par Ankara dans ses réformes mais souligne aussi de multiples carences, selon une version provisoire du texte obtenue par l'AFP.
 

DROITS DE L'HOMME ET PROTECTION DES MINORITES

Le rapport constate un "considérable" effort législatif pour adapter la Turquie aux critères des conventions internationales des droits de l'Homme. Mais le document s'inquiète par exemple que 388 personnes aient déposé des plaintes entre janvier et juin derniers pour violations des droits de l'Homme.
 

TORTURE ET MAUVAIS TRAITEMENTS

"La plupart du cadre législatif et administratif nécessaire pour combattre la torture et les mauvais traitements a été mis en place depuis 2002" mais la Turquie "doit encore poursuivre de façon vigoureuse" sa lutte.

 Les autorités turques ont décrété une "tolérance zéro" à l'égard de telles exactions, mais l'Association turque des droits de l'Homme a enregistré 692 plaintes pour tortures les six premiers mois de cette année. "Des efforts supplémentaires seront nécessaires pour éradiquer de telles pratiques".
 

LIBERTE D'EXPRESSION

Il existe encore un "nombre significatif de cas où l'expression pacifique des opinions est poursuivie et sanctionnée".
 

LIBERTE DE LA PRESSE

Des "progrès notables" n'empêchent pas le fait que des "journalistes, écrivains et éditeurs continuent d'être condamnés pour des raisons qui sont en contradiction avec les critères de la Cour européenne des droits de l'Homme".

Les premières diffusions radiophoniques et télévisées dans d'autres langues ou dialectes que le turc ont eu lieu en juin dernier mais elles se heurtent toujours à des restrictions, comme une durée limitée. L'exigence faite aux médias audiovisuels de respecter "le principe de ¨+l'unité indivisible de l'Etat+ reste inchangée".
 

LIBERTE RELIGIEUSE

Elle est garantie par la Constitution mais les communautés non-musulmanes se heurtent à différents obstacles, comme l'interdiction qui leur est faite de former leur propre clergé. "Les chrétiens font parfois l'objet de surveillance policière".
 

EGALITE DES SEXES

Le nouveau Code pénal est "généralement progressiste" en matière de droits des femmes, en traitant les questions des "crimes d'honneur", des violences sexuelles et des "tests de virginité". "Mais des efforts soutenus seront nécessaires pour s'assurer que les femmes bénéficient de l'égalité dans la société". "De nombreuses femmes sont victimes de nombreuses formes de violences physiques et psychologiques au sein de la famille".
 

RELATIONS CIVILS/MILITAIRES

"Le contrôle des militaires par les civils a été renforcé" avec pour objectif de le mettre en conformité avec "les pratiques en vigueur dans les Etats membres de l'UE". Toutefois "les forces armées en Turquie continuent d'avoir une influence par toute une série de canaux informels".
 

CORRUPTION

En dépit de nombreuses mesures législatives dans ce domaine, "la corruption demeure un très sérieux problème dans pratiquement tous les secteurs de l'économie et des affaires publiques (...) Un appui soutenu au plus haut niveau politique pour combattre la corruption serait le bienvenu". (AFP, 1er octobre 2004)

La torture toujours répandue en Turquie en dépit des assurances d'Erdogan

"La torture existe toujours en Turquie et le pays ne remplit absolument pas les critères de Copenhague sur les droits de l'Homme pour prétendre adhérer à l'Union européenne", a affirmé vendredi l'ambassadrice du Conseil international de réhabilitation pour les victimes de la torture (IRCT).

Le Dr. Inge Genefke, figure de proue de la lutte internationale contre la torture, a rejeté les assurances du Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan qui affirme, dans le quotidien berlinois Tagespiegel à paraître samedi, qu'"il n'y a pas de torture systématique dans (son) pays".

"Ce sont de belles paroles, mais la réalité est tout autre. On est bien loin du +tolérance zéro+ contre la torture défendu par Erdogan", a déclaré Mme Genefke à l'AFP.

Elle a souligné qu'on torturait "presque toujours autant en Turquie même si la torture a changé de caractère, ne laissant plus de traces physiques, mais psychiques considérables", car "battre quelqu'un ou le priver de sommeil et de nourriture c'est pareil", estime-t-elle.

Selon la Fondation des droits de l'Homme de Turquie (IHV), 924 personnes, dont 225 femmes et 33 enfants ont été soignés dans ses centres en 2003 contre 965 en 2002.

"Ces chiffres montrent que la torture ne concerne pas des cas isolés comme le dit Erdogan, mais demeure un grave problème en Turquie, et je le dis en tant que médecin, qui peut prouver, comme mes collègues, l'existence de la torture", a-t-elle ajouté.

Le Dr. Genefke, qui a assisté à plus de 20 procès contre les professionnels de la santé comme ceux d'IHV, accuse Ankara de poursuivre les médecins et personnel soignant dans les centres de soins contre la torture.

Pour combattre la torture, "le gouvernement turc doit faire preuve d'ouverture d'esprit, de transparence et d'honnêteté, sinon il ne pourra pas réaliser les changements nécessaires" pour son entrée dans la famille européenne, a-t-elle ajouté. (AFP, 1er octobre 2004)

TIHV's Recent Human Rights Reports in Brief

Fight During the Demonstration in Izmir

The demonstration that was organized by the trade unions TUMTIS and Nakliyet-Is on 27 October in front of SSK Tepecik Hospital to protest the "transfer of the hospitals of Social Security Authority (SSK) and the closure of the General Directorate of Rural Services" passed with incidents. TUMTIS members Tevfik Çelik, Ali Gül and Halil Turunççular were wounded by guns and Cengiz Bildirici, Levent Isbilir, Rüstü Günaydin were wounded by knives during the fight broke out during the demonstration. Correspondent with the Anadolu Agency Kenan Çimen was wounded from his leg by gun while he was taking pictures. Çimen reportedly has knife wounds on his brow and arm. Çimen lost his camera. Wounded persons and eyewitnesses alleged that Tacettin Çolak, lawyer of Nakliyat-Is Izmir branch -, and Tunay Turan opened fire. Many persons including chair for TÜMTIS Izmir branch Cafer Kömürcü were detained. (Cumhuriyet-Milliyet-TIHV, October 28, 2004)

Clash and Attacks in Southeast

HPG announced that the militant who was killed during the clash occurred nearby Çemisgezek district of Tunceli on 25 October was an Iranian Kurd Vahap Mustafalo. It was also alleged in the announcement that 12 soldiers were killed during the clashes took place nearby Yüksekova district of Hakkari and the region between Kulp and Lice districts of Diyarbakir. Private Ahmet Kus was killed in the attack made to a military vehicle bearby Yeniyazi village of Genç district (Bingöl). Privates Serkan Aydogmus, Özkan Karatas and Hakan Kaya were wounded during the same attack. (Özgür Gündem-Türkiye-TIHV, October 28, 2004)

Ill-treatment under detention in Van

Naci Erkol, member of Van municipality assembly, Salih Aral, executive of the prisoners' relatives association TUHAYD-DER, Ramazan Sahin, distributor of the daily Özgür Gündem, Mehmet Cevdet Bozkurt and Cevat Düsün, who were detained during a demonstration in Van to submit the petitions to Diyarbakir governorate for the "release of Abdullah Öcalan", were arrested on 26 October. Lawyer Murat Timur announced that they made an official complaint because his clients were subjected to ill-treatment in detention. (Özgür Gündem-TIHV, October 27, 2004)

Releases after legal changes

More than 200 prisoners who applied to Diyarbakir Heavy Penal Court after the sentences given for the offence of "being member of an illegal organisation" was decreased in the new Turkish Penal Code (TPC) were reportedly released. Yilmaz Aktas, public prosecutor in Diyarbakir announced: "According to the Article 168/2 of former TPC the convicts were sentenced to imprisonment terms between 10 years and 15 years. The sentence of the convicts who had been sentenced to the lowest term had been increased to 1,5 proportion of the sentence under the Article 5 of Anti-Terror Law. Afterwards those sentences had been decreased to 12 years and 6 months' imprisonment. The Article 314/2 of the new TPC wants term of imprisonment between 5 years and 10 years. The sentences are possible to be decreased with the proportion of 1/5. Most of the convicts had been sentenced to the lowest term of imprisonment. And the period they served equals the period they had serve with the law." Aktas also stressed that members of PKK/Kongra-Gel and Hezbollah who had been sentenced to life imprisonment for having involved armed incidents applied, but their applications were rejected on the grounds that the articles under which they had been sentenced were not changed. He added that the sentences of the convicts under the age of 18 years and who had been sentenced to 20 years' imprisonment instead of life imprisonment was decreased to 14 years' imprisonment. (Milliyet-TIHV, October 27, 2004)

Clashes and Attacks in Southeast

According to a press release HPG militant Adnan Batur died during a clash on Gabar mountain nearby Sirnak on 24 October. Batur was allegedly killed he was captured alive. The announcement also alleged that one officer and 9 privates died during the clashes broke out during the operations started on 22 October. Militants of Maoist Communist Party (MKP) Orhan Gül, Elif Aslan and Hasret Kaan Aslan died during a clash that broke out nearby Kizilcik village in Mazgirt district of Tunceli. One HPG militant allegedly died during a clash on 25 October nearby Çemisgezek district of Tunceli. During house raids conducted after the attack on pipe line in Batman on 25 October Selahattin Geyik and Süleyman Cebe were detained in Besiri district. (Cumhuriyet-Özgür Gündem-Star-TIHV, October 27, 2004)

Torture under detention in Istanbul

Tugba Gümüs, member of the Socialist Platform of Oppressed (ESP), was reportedly abducted on 20 October and tortured by the police. ESP Representative Figen Yüksekdag said followings during the press conference on 23 October: "On 20 October, Tugba Gümüs was forcibly taken out of the minibus she was in to go to her working place. She was taken in a car, kept some 2 hours. She was harassed, beaten and put under psychological pressure." Tugba Gümüs had been abducted on 9 June by masked persons. (Özgür Gündem-Cumhuriyet-TIHV, October 26, 2004)

A journalist beaten in Van

Ercan Demirci, correspondent with the news agency Merkez Heber, announced that he was beaten by the police during Ministry of Education Hüseyin Çelik's visit to Van. Demirci said: "When I was getting into the Governorate an officer said to me that I would not get in if he does not permit. Upon this I said I would not. Then 2 officers came and asked me who I do think I am and started to beat me. Other officers intervened and saved me. They accused me with threatening the officers and took me to the police station. I did not sign the testimony they gave to me on the grounds that it was written there that I threatened the officers." (Özgür Gündem-TIHV, October 26, 2004)

Pressures in Prisons

The prisoners incarcerated in Kürkçüler F-type Prison were not allowed to see their relatives or lawyers on the grounds that they didn't take the ID cards prepared by the administration on which "terror" was written. Lawyer Beyhan Günyeli Karadeniz announced that she was not allowed to see her client Mehmet Ali Özdogan on 24 September. Esra Yangin, sister of the prisoner Eser Yangin, added that they had a meeting with the public prosecutor in Adana concerning the practices, but nothing changed. Haci Çiçek announced that they could not see his brother Soner Çiçek for 3 months. The prisoners Ibrahim Yapici and Ali Egilmez were not also allowed to see their relatives. According to the press release by the prisoners due to security reasons the prisoners were not allowed to use common places, the cloths with the colours red, yellow and green were prohibited in the prison, the letters were not distributed on time. (Özgür Gündem-TIHV, October 26, 2004)

RTÜK decisions to ban broadcasts

Ankara Administrative Court No 12 stopped the implementation of the 30 days' ban of broadcasting on the radio station "Anadolu'nun Sesi". In its decision dating 20 October the court stressed that the ban was started on 18 October and the radio was not given enough time to precede legal procedures. The court lifted the ban on the grounds the implementation of may lead to damages that could not be compensated. (BIA-TIHV, October 26, 2004)

Demonstrators detained in Van

The police intervened a group of persons who gathered in front of the DEHAP offices in Van to submit the petitions to Diyarbakir governorate for the "release of Abdullah Öcalan". The police stopped the group when they wanted to march to governorate and detained 9 persons. (Hürriyet-TIHV, October 26, 2004)

A convict beaten in Izmir

Prisoner Mahir Bulut was reportedly beaten by the guards in Buca Closed Prison. Bulut's mother Zeytun Alkan stated the followings during the press conference in IHD Izmir branch on 22 October: "My son and his two friends were sent to Kiriklar F-type Prison on 18 October after the rebel in Buca Closed Prison. However, my son was tortured one day before the transfer. He was beaten and then subjected to falanga. He cannot walk at the moment". Alkan also stressed that the chief guard of Buca Closed Prison Gani Uzun is a relative of the prison administrator Zeki Uzun. Alkan added: "I phoned to chief guard. I asked how could they make such a torture. He replied: 'We did it upon the order of the administration'". (Özgür Gündem-TIHV, October 25, 2004)

Persons Beaten by Police in Caldiran

Seven persons, who quarrelled with the police officers in Çaldiran district of Van in connection with a "parking incident", were reportedly beaten and then arrested on the allegations of "resisting the officers on duty". According to the news gathered, traffic police officers wanted the car that was parked in front of a shop to be taken somewhere else on 18 October. A quarrel broke out and Çaldiran Securtiy Directorate Ali Pulu and other police officers started to beat the owner of the shop Muhlis Bilicitürk. Halis Bilicitürk, Kerem Bilicitürk, Murat Bilicitürk, Ilhami Han, Kasim Han, Celal Çencik were also beaten while they wanted to prevent the police officers. These persons were detained afterwards and arrested on 22 October. One of the owners of the shop Ilhami Bilicitürk told the incident as follows: "Police officers wanted the car to be driven away immediately. My brothers wanted 10 minutes however the security director came to the place of incident and cursed at them. He said: 'I will cause great pains' and they attacked my brothers. They started to beat them before the very eyes of hundreds of people. Afterwards they opened fire into air. When they took us to the Security Directorate they said: 'If you do not complain against us we will not complain. We can resolve the problem amongst us'. Upon this, we did not make an official complaint. However, a case was launched against us later". (Özgür Gündem-TIHV, October 25, 2004)

Torture under detention in Tunceli

The group, who call themselves human shields went from Van to Tunceli with the demand of stopping the military operations by Turkish troops in Southeast and East Anatolia", returned to Van on 24 October. Özgür Emre Polat made an anouncement in the name of the group and said that they were detained after their arrival to Tunceli by the soldiers on duty at Elmali Gendarmerie Station under beatings. Polat said: "We were beaten and insulted in custody. Afterwards we were forcibly put in vehicles and obliged to get back to Van. Meanwhile someone alleging he was the Commander of Mazgirt Gendarmerie Station threatened us to death if we get back. He said he would order village guards kill us." (Özgür Gündem-TIHV, October 25, 2004)

Clashes and Attacks in Southeast

The soldiers Timur Atasever and Emrah Duran died during the attack against the military buildings in Nazmiye district of Tunceli. The privates Ismail Bulat and Mustafa Erdogan died when a military vehicle was attacked on 23 October nearby Dicle district of Diyarbakir. HPG released a press announcement on the recent incidents in Southeast. According to a press release by HPG the militant Sefik Yatkin and 4 soldiers allegedly died during the clash broke out on 21 October nearby Görümlü town of Silopi district in Sirnak. HPG militant Cihan Dündar died during the clash on 22 October nearby Yüksekova district of Hakkari. During a clash broke out on 22 October during the operations conducted on Gabar (Küpeli) montain many soldiers and the village guard Mahmet Inal died, the village guards Besir Tekin, Arafat Alkis, Selim Ötün and Ibrahim Selin were wounded. One of died soldiers was reportedly non-commissioned officer Ibrahim Sari. According to the announcement 3 soldiers allegedly died on Bagok maountain nearby Mardin on 20 October. The announcement also stressed that Turkish troops conducted 119 operations from 1 June to 28 September. HPG made 78 attacks during the same period. During operations and clashes 284 soldiers and 45 HPG militants allegedly died. 4 militants allegedly died during clashes with Iranian soldiers. (Milliyet, Hürriyet, Özgür Gündem-TIHV, October 25, 2004)

Torture under detention in Siirt

Abdurrahman Aydin (61), who lives in Bozkus hamlet of Baggöze village in Eruh district (Siirt), announced that he was tortured. Aydin, who appealed to IHD Siirt branch, told the followings: "The door was knocked the day before yesterday (20 October). When my child opened the door, two village guards asked me in Kurdish. I knew the village guards. They were Faruk Yilmaz, head village guard of Bêdarê village, and Ibrahim, village guard from the same village. They told that they needed me and took me to the mountain, where the Captain Ibrahim was, by a white car that was always used by the soldiers. Civilian dressed captain said: 'You have to say names of the terrorists who came to your house for condolence. He alleged that guerrillas came to my house and I gave them food the day before but I denied. He said that a guerrilla named Ridvan Çetin came to my house on the evening. I said that I did not know a person named Ridvan Çetin and there did not happen such an event. Captain Ibrahim dealt me a blow and ordered the village guard Kemal Koç to kill me when I said that I would complain against them to IHD. Then they forcibly took me to another place, where Kemal Koç and other village guards wanted me to get undressed. They put of my shirt by tearing when I told them I would not get undressed. They also wanted to me put off my underwear. I said, 'I will not put off even if you kill me'. Then they started to beat me by using the butt of their guns and kicks. My tooth was broken, my tongue and mouth bled. I returned to my house on foot. I heard at home that my cousin Resul Aydin was also tortured by the same captain and village guards. I had to stay in bed for 3 days because of the beatings." (Özgür Gündem-TIHV, October 22, 2004)

Trade Unionists on trial in Istanbul

On 21 October, Fatih Penal Court of First Instance concluded two different cases against 6 executives of KESK and chairman of KESK Sami Evren that were launched in connection with the demonstrations staged on 27 March 2003 and 11 December 2003. The court acquitted the defendants in both cases on the grounds that "the trade unions have right to express their views in political and social issues". In both cases, the indictment wanted the executives of KESK to be sentenced according to the Article 236 TPC. (Radikal-TIHV, October 22, 2004)

"Human shields" sentenced in Cizre

The case that was launched against 35 persons who call themselves "human shields" and attempted to go to Gabar Mountain in Sirnak in September was concluded on 21 October. Cizre Penal Court of First Instance sentenced each defendant to 1 year 6 months imprisonment under the Law on Meetings and Demonstrations. (Özgür Gündem-TIHV, October 22, 2004)

Death Fast in Prison, Demonstration Prevented in Istanbul

Police intervened the demonstration staged in connection with the anniversary of the death fasts on 20 October at Sultanahmet Square in Istanbul. Members of Rights and Freedoms Front, who took 117 coffins symbolizing the 117 persons who died due to death fasts, were dispersed by force when they wanted to march to Istanbul Courthouse. Demonstrators responded by throwing stones to the pepper gas and truncheons used by the police. 24 persons were detained and 3 persons were wounded during the incident. (Cumhuriyet-TIHV, October 21, 2004)

Attack by right-wing students in Tokat University

Students, who were not fasting in Gaziosmanpasa University (Tokat), were reportedly attacked by the rightist students. Rightist students blockaded the Tasçiftlik Campus of the university and threatened the students who were not fasting. They attacked four students for the same reason on 18 October in a park on Yesilirmak side and threw Bayram Yag into the river. Bayram Yag was wounded after falling down from 4 meters height to a shallow side of the river. Rector of the university Prof. Zehra Seyfikli announced that an investigation was launched against 10 students and the Secretary of Faculty of Economics who divided the canteen into two for fasting and not-fasting students. (Cumhuriyet-TIHV, October 21, 2004)

Students Dismissed from the Trakya University

The investigation that was launched against the students in connection with the "Spring Festival" organized on 20 May in Trakya University. Disciplinary Council of the university decided to dismiss 35 students for one year, 18 students for one semester, and 11 students for a month. Security forces had intervened the festival on the allegations that Abdullah Öcalan's posters had been put up and detained many students, of whom 20 had been arrested. (Evrensel-TIHV, October 21, 2004)

Clashes and Attacks in the Southeast

According to an announcement by HPG, five soldiers, one of them was a first lieutenant, were allegedly killed and five soldiers were wounded during the clash broke out on 19 October in the region between in Yedisu and Karliova districts of Bingöl. A soldier was allegedly killed during the attack against the Security Directorate in Kulp district of Diyarbakir. It was also added that six soldiers were killed during the clash took place nearby Hozat district of Tunceli. (Özgür Gündem-TIHV, October 21, 2004)

Student Beaten by the Police in Diyarbakir

Hasim Oruç, student at Diyarbakir Dicle University, announced with a press conference at the office of IHD Diyarbakir branch on 18 October that he was beaten by police officers. Oruç said that they gathered with his friends in Ofis quarter of the city for a trip and added that 2 persons verbally harassed one of their female friends from a car. He continued: "Upon this we had a dispute with those persons. They got out of the car. One of them had a stick. They started to beat me. Meanwhile a police vehicle showed up. The officers joined them, they all beat me. Afterwards they took me into the car and took me somewhere on Elazig Avenue. They insulted, threatened me and released some time later. Our teacher, my classmates and I went to police Yenisehir Police Station to make an official complaint. There we learnt that the officer made against me on the allegations of resisting the police officers." (Özgür Gündem-TIHV, October 20, 2004)

Detentions and Arrests in Istanbul

Naciye Barbaros, Zeynel Abidin Sim_ek and Berat E., who were detained in Istanbul on the allegations of "being meber of DHKP-C", were arrested on 16 October. (Milliyet-TIHV, October 20, 2004)

Clashes and Attacks in Southeast

According to a press release by HPG 4 soldiers allegedly died during clashes broke out in the region between Hozat and Ovacik districts of Tunceli on 14 October. (Özgür Gündem-TIHV, October 20, 2004)

Torture under detention in Istanbul

Lawyer Inan Akmese filed an official complaint to the public prosecutor in Fatih district of Istanbul on the allegation that Sezai Karakus, who was detained with the charges of "being member of Kongra-Gel, was tortured in Istanbul Security Directorate. Sezai Karakus, who was detained on 28 September and kept in detention for four days, reportedly testified the followings before public prosecutor and the judgeship: I was not allowed to sleep during the detention period, I was subjected to psychological pressure and physical torture. They squeezed my testicles, hit my head to the wall, beat me, forced me to accept some allegations and forced me to sign a paper saying that I did not want a lawyer before they read it." Sezai Karakus was examined at the forensic institute and given a report certifying that there are traces on his body. Karakus was arrested on 2 October. (Özgür Gündem-TIHV, October 19, 2004)

Torture under detention alleged at the IBDA/C Case

On 18 October, Istanbul Heavy Penal Court No. 14 started to hear the case that was launched against seven persons on the allegations of killing the alleged leader of Ihsan Güven (80) and his wife Sibel Güven (40). The lawyers of the defendants claimed at the hearing that their clients were arrested according to a scenario written by the security forces. The lawyers told that although it was written in the testimonies recorded by the police that there was only one gunshot, later it was revealed by the forensic institute that Ihsan Güven was shot two times. Defendant Abdulselam Tutal, who was working for the journal Nizam, announced that he was tortured in detention. Tutal stated that he was deceived and signed the minutes of testimony although he did not want to. The indictment wants the remanded defendants Tutal, Burak Çileli, Burhanettin Talçin, Selim Aydin and Emin Koçhan to be sentenced to life imprisonment and the other defendants Ali Eksi, Serkan Aydogmus to imprisonment up to 7 years and 6 months' with the charges of "aiding illegal organization". (Zaman-TIHV, October 19, 2004)

Persons Beaten by Police in Diyarbakir

Chairman of IHD Diyarbakir branch Selahattin Demirtas announced that police officers who raided the house of Hüseyin Günes on 18 October on the allegation of "theft", assaulted Hüseyin Günes, fisted his mother Emine Günes (50) when she asked for search permit and broke her two teeth. Selahattin Demirtas also stated that police officers beat Hüsetin Günes' father Sevket Günes and children Yusuf Günes (14) and Remziye Günes (13) by clubs. (Özgür Gündem-TIHV, October 19, 2004)

Students Dismissed from the Blacksea Technical University

Mustafa Eberliköse, student at Blacksea Technical University, was dismissed from the university for two semesters on the grounds that he participated "Democratic University Assembly" in 2003 in Istanbul. The university reportedly had no evidence against Ebeliköse except than the letter written by Istanbul Security Directorate. (Özgür Gündem-TIHV, October 19, 2004)

Clashes and Attacks in the Southeast

A HPG militant was reportedly killed during the clash that was broke out on Amanos Mountains nearby Dörtyol district of Hatay. (Milliyet-TIHV, October 19, 2004)

Torture in Bingöl

Abdullah Kisaoglu and Mustafa Güngör, who were detained after having been abducted by unknown persons on 8 October in Yukari Çir village of Karliova district (Bingöl), announced that they were tortured in detention. They appealed to IHD Bingöl branch and related that an officer ordered to the soldiers to put clothes of HPG militants on them, kill and leave the arms he gave next to them. In his announcement IHD branch chair Ridvan Kizgin stressed that Kisaoglu and Güngör were forced to walk from village to village in the region, beaten, threatened. The villagers Mustafa Satilmis, Mehmet Tiryaki Abdullah Kisaoglu, Mehmet Kisaoglu, Hasan Güngör, Mustafa Güngör and Muhittin Güngör from Yukari Çir and Altiran villages had been detained in connection with the abduction of Selim Kisaoglu. (Özgür Gündem-TIHV, October 16, 2004)

Torture in Manisa

Yasar Akilli, who was detained on 26 September in Salihli district of Manisa, announced that he was beaten by the police. Akilli said that he had a dispute with truck driver for a parking place. Afterwards police officers in civilian dress involved the incident and they pushed on the ground. When he asked the reason of their action he was detained: "In the custody one of the officers said 'let's talk now'. Upon his expression the officers Taner K., Ayhan Y. and the superintendent police officer Ilyas Eryilmaz beat me for 30 minutes. They stopped when they noticed that my arm was broken. They took me to the hospital. In the Salihli State Hospital superintendent police officer Ilyas Eryilmaz was always with me. The physician gave me a report certifying traces of beating on chin, cheek and legs, and the arm was broken from 3 different points. Afterwards we came back to police station, they forced me to sign a testimony alleging that I was beaten by unknown persons. Then they took me home and asked me not make an official complaint." Akilli added that he appealed to Governorate of Manisa and Human Rights Commission for the Province. Manisa Governor Orhan Isin announced that an investigation was started and the superintendent police officer Ilyas Eryilmaz was suspended from duty. (Radikal-TIHV, October 16, 2004)

Akcasehit Mayor Beaten by the Soldiers

Hakki Karaduman, AKP mayor for Akçasehit town in Karaman, and Yasar Gökdemir, member of town assembly, were reportedly beaten by the gendarmerie soldiers on 14 October. Hakki Karaduman announced that he tried to prevent soldiers when they wanted to detain 4 persons for not paying the water bills, but he failed. Upon this Karaduman and Yasar Gökdemir followed the vehicle of the soldiers: "When we arrived Beydilli village soldiers stopped and took us out of our car by using their guns. They took us to the aqueducts nearby the road and started to beat us. My eyebrow started to bleed. There were 3 vehicles following us. When they showed up soldiers fired into the air and forced lay down. Afterwrds they detained all of us. They also pulled out the number plates of the vehicles." Karaduman's nose and one rib of Gökdemir were reportedly broken. According to the announcement made by General Command of Gendarmerie "the soldiers used force within legal limits when Hakki Karaduman and Ya_ar Gökdemir resisted the soldiers on duty". (Cumhuriyet-Milliyet-TIHV, October 16-17, 2004)

Precisions on Incidents at the Buca Prison

On 15 October, Lawyers' Group To Prevent Torture and Prisons' Watch at Izmir Bar Association organised a press conference in connection with the incident on 13 October in Buca Prison. The lawyer Bahattin Özdemir announced that the revolt started to protest in the inhuman practices in the prison. Arif Koçer, Chairman of Mazlum-Der Izmir branch, who saw the prisoners on 16 October, added that the revolt started after the prisoner H. Ecevit from 10th ward was not given injection by the physician and subjected to insults, afterwards beaten by the 2nd Director and Head Guardian of the prison on the way back to the ward. Upon this the prisoners in the 10th ward revolted and took 5 guardians as hostage. The group stressed that the revolt seems to have started in connection with the treatment of a prisoner but there were other reasons like ill-treatment. (Evrensel-Zaman-TIHV, October 16-17, 2004)

Clashes and Attack in Southeast

Refik Arslan Öztürk, Governor of Erzincan, announced that a HPG militant was killed during a clash on 14 October nearby Çaglayan town. The name of militant reportedly was Bekir Aslan. According to a press release by HPG 4 soldiers allegedly died and 4 soldiers were wounded during a clash that broke out on 13 October nearby Yüksekova district of Hakkari. One soldier died and one soldier was wounded during the clash on 17 October nearby Ovacik district of Tunceli. (Milliyet-Özgür  Gündem-TIHV, October 15-16-17-18, 2004)

Incidents in Buca Prison

Some 2 thousand prisoners revolted on the night of 13 October in Izmir Buca Prison to protest in the practices of the prison administration. The revolt started when the prisoners in the 5th ward did not allow the guard to enter. Afterwards it spread to whole prison. The prisoners got the control of the prison and took 5 guardians as hostage. Meanwhile some of the prisoner got on the roof and cried out that they were under pressure and asked for help. Members of the Lawyers' Group To Prevent Torture and Prisons' Watch at Izmir Bar Association Hamdi Yildirim, Bahattin Özdemir, Ali Koç, Aysun Koç, Fahrettin Filiz and Baris Çilingir got into the prison upon demand of the authorities. After 2 hours of negotiations the revolt was ended at midday. The Ali Koç made an announcement after the incident and said: "The prisoners complaint that the physician in the prison does not examine them properly, the medications are not provided on time, the bill for electricity is paid by the prisoners, they are subjected to ill-treatment. They ask these conditions to be put in order and not to be transferred to f-type prisons." The prisoners Mehmet Sahin, Selahattin Güven, Murat Özonur, Bilal Satik, Hamza Eryahsi, Ali Özcan, Mehmet Zobi And Muhammet Kitçil, who were wounded during the incident, were taken to Atatürk Training and Research Hospital. The conditions of 3 of them are reportedly serious. Meanwhile the prisoners allegedly beat and stabbed the convicts who had been sentenced for raping children. (Cumhuriyet-TIHV, October 15, 2004)

Torture Allegation in Mazgirt

Haki Simsek, headman of Dayilar village in Mazgirt district of Tunceli, announced that he was abducted by gendarmerie intelligence service JITEM members and tortured. Simsek said that he was called by a person with the first name "Efe" who alleged that he was a member of intelligence service, on 12 October in Mazgirt: "I went where I was asked to go. They took me in a white van. There were 2 other persons in the van. They took me near the Tunceli garbage dump. They folded my hands and eyes, and then they lied me down and put a blanket on me. They started to beat my testicles and face. They said to me that I had to leave the region until the next Saturday and they would not allow me to continue to be the headman." (Evrensel-TIHV, October 15, 2004)

Closure Case against 7 political parties rejected

The Court of Cassation rejected on 14 October the closure case against 7 political parties launched for not participating 2 successive general elections. In his announcement after the meeting Chairman of the Court of Cassation Mustafa Bumin said that the Article 105 of Law on Political Parties, upon which the cases had been launched, was annulled. He added that the closures case launched by Chief Prosecutor at the Court of Cassation against the political parties Türkiye Sosyalist Isçi Partisi (Socialist Workers Party of Turkey), Adalet Partisi (Justice Party), Türkiye Adalet Partisi (Justice Party of Turkey), Büyük Adalet Partisi (Great Justice Party), Türkiye Özürlüsüyle Mutludur Partisi (Turkey Is Happy With Its Disabled People Party), Devrimci Sosyalist Isçi Partisi (Revolutionary Socialist Workers Party) and Anayol Partisi (Main Path Party) was rejected. (Cumhuriyet-TIHV, October 15, 2004)

RTÜK Decisions to stop broadcasts

Ankara Administrative Court No 8 stopped the implementation of the decision on stopping the broadcasting of Can TV in Diyarbakir for 30 days on the allegations of "inciting the society to violence, terror and ethnic discrimination and arising hatred among the society". After the decision Can TV stopped broadcasting for 18 days and on 13 October the TV restarted broadcasting. (Özgür Gündem-TIHV, October 15, 2004)

Detentions and Arrests in Van

Mehmet Selim Gül, Selim Bak, Yusuf Yetkin, Kader Yanardag, Nurettin Sahin, Murat Güngör, Mikail Emen, Baris Güzelgül, Tekin Çakmak and Mehmet Siraç Alp, who were detained on 9 October during a press conference in Van with the demand of the release of Abdullah Öcalan and arrested on 11 October in Van, were released on objection of their lawyers. On 14 October 4 of 10 persons who were detained recently in Elazig were arrested. Ali Benler and Behzat Erdogan were arrested on charges of "being member of an illegal organisation", Nurgül Çelebi and Erdal Aydin were arrested on charges of "aiding an illegal organisation". (Özgür Gündem-TIHV, October 15, 2004)

Clashes and Attacks in Southeast

2 soldiers were allegedly killed during a clash on 13 October on Gabar Mountain nearby Sirnak. (Özgür Gündem-TIHV, October 15, 2004)

Physicians and Health Workers on Trial

On 13 October, Istanbul Heavy Penal Court no.5 started to hear the case launched against 85 persons who are executives of Turkish Medical Association (TTB), trade union for the workers in health sector, SES, other unions and professional organizations and Patients' Rights Association in connection with the action held by TTB and SES on 5 November 2003 with a demand for "free health services and improvement in their working conditions". The hearing was adjourned to a later date in order to find a bigger hall. (Evrensel-TIHV, October 14, 2004)

TKEP sentences quashed by higher court for heavier term

The 9th Penal Chamber of Supreme Court announced its verdict on Communist Labor Party of Turkey (TKEP) case on 13 October. Ruling that he should be sentenced according to Article 146/1 TPC (attempting to change the constitutional order by using arms) "because he was the leader and founder of illegal organization", the Court quashed the 18 years' 9 months' imprisonment sentence given to Teslim Töre according to Article 168. The Court confirmed the lifetime imprisonment sentence given to Mehmet Ali Ayhan (only remanded defendant of the case and suffering from wernicke korsakoff) and imprisonment sentences given to Yusuf Ergin Adakli, Hüseyin Bakir and Kemal Bilgeç. Another defendant, Recep Üzmez's acquitall was also confirmed. (Radikal-TIHV, October 14, 2004)

Sentences agaist TSIP officials approved

The Supreme Court of Appeals confirmed 3 years' 9 months' imprisonment sentences given to former chair of Socialist Workers' Party of Turkey (TSIP), former executives Necmi Özyurda and Hasan Yavas. They had been sentenced according to Article 169 TPC (aiding and abetting an illegal organization) by Ankara SSC in connection with demonstrations against F Type prisons. Koçak, Özyurda and Yavas had applied to the Supreme Court for retrial following the changes in Article 169 and The Court had accepted their demand. Koçak, Özyurda and Yavas who stayed in the prison for two years had been released in August 2003. Ankara SSC had sentenced them again. (Radikal-TIHV, October 14, 2004)

Student Dismissed from Atatürk University

Fevzi Demir, student at Erzurum Atatürk University was dismissed permanently from the school on the grounds that he participated in 21 March Newroz celebrations. 17 students were dismissed for differing periods. Fevzi Demir stated that demonstrations were held in a remote place from the school and no investigations were launched by the public prosecutor. (Özgür Gündem-TIHV, October 14, 2004)

Detentions and Arrests in Elazig

During operations held in Elazig, Yüksel çelebi was detained on 10 October, his relative Ali Çelebi, his wife Nurgül çelebi, Sengül Çelebi and 5 persons (names not known) were detained on 11 October. Ali Benler, who was detained in _stanbul due to same operation was brought to Elazig. Hasan Atik, chair for Labor Party in Gebze Darica was detained 13 October. (Evrensel-Özgür Gündem-TIHV, October 14, 2004)

Clashes and Attacks in Southeast

Two privates were reportedly wounded when their vehicle hit a landmine nearby Yüksekova district of Hakkari. (Cumhuriyet-TIHV, October 14, 2004)

Clashes and Attacks in the Southeast

Private Ali Aydogan died and the private Ali Tara was wounded when they stepped on a land mine on 12 October in Ovacik district of Tunceli. According to the announcement of HPG, five soldiers were allegedly killed during two different attacks against Nezirhan tourism establishments and gendarmerie stations nearby Girmele town of Nusaybin district of Mardin on 9 October. It was also alleged in the announcement that two soldiers were killed during the attack organized against a military convoy nearby Çat district of Erzurum on 11 October. (Milliyet-Özgür Gündem-TIHV, October 13, 2004)

Villagers attacked by village guards in Mus

The villager Ishak Tekin was attacked by village guards with arms in Axçana village in Varto district of Mus. Tekin was hit with 8 bullets and he reportedly lost his left eye. The attack was allegedly organised by the relatives of village guard Ahmet Kartal, who had been killed on 5 July 2002. In his testimony to the public prosecutor Ishak Tekin reportedly said: "When I was opening the door of my garage they fired. They were 4 or 5 persons. They were children and relatives of the village guard Ahmet Kartal." The village guards Remzi Kartal, Semsettin Kartal and Yunus Kartal were arrested in connection with the incident, Ahmet Kartal's sons Gulaxa Kartal and Nevzat Kartal are wanted. Bedrettin Firat, Saim Firat, Kesit Kayalar and Kadriye Tekin had been arrested and tried in connection with the killing of Ahmet Kartal. Van SSC had acquitted the defendants. (Özgür Gündem-TIHV, October 12, 2004)

GP leader sentenced by a Bursa tribunal

On 11 October, Bursa Penal Court of First Instance No3 concluded to hear the case against the leader of the Young Party (GP) Cem Uzan in connection with his speech in Bursa on 13 June, which contained "insults to Prime Minister Recep Tayyip Erdogan". The court sentenced Cem Uzan to 8 months' imprisonment and a fine of TL 693 million and 569 thousand under the Article 159 TPC. Uzan's lawyer Saylan Çiggin and 7 board members of GP for Bursa, who were in the organizing committee of the meeting, were acquitted. (Cumhuriyet-TIHV, October 12, 2004)

Detentions and Arrests in Van

Mehmet Selim Gül, Selim Bak, Yusuf Yetkin, Kader Yanardag, Nurettin Sahin, Murat Güngör, Mikail Emen, Baris Güzelgül, Tekin Çakmak and Mehmet Siraç Alp, who were detained on 9 October during a press conference in Van with the demand of the release of Abdullah Öcalan, were arrested on 11 October on charges of "staging an unauthorised demonstration". Ruhan Mavruk and Sinan Erdem, members of "Coordination for No to Occupation of Iraq", were detained on 10 October in Istanbul. (Özgür Gündem-TIHV, October 12, 2004)

Award to TIHV

Prof. Dr. Veli Lök, one of the TIHV founders, received the first Inge Genefke "anti-torture award". The award is conferred by the Inge Genefke and Bent Sørensen Anti-Torture Support Foundation, which was established with the generous assistance of Alan and Jette Parker, the OAK Foundation. The award was presented on 8 October by Poul Nyrup Rasmussen, Member of the European Parliament and former Danish Prime Minister, and Inge Genefke, founder of the first rehabilitation centre for torture victims in Copenhagen, The Rehabilitation and Research Centre for Torture Victims (RCT) and current Ambassador of the International Rehabilitation Council for Torture Victims (IRCT). (TIHV, October 11, 2004)

Action of Greenpeace in Iskenderun

Members of Greenpeace staged an action where the ship M/V Ulla sank in Iskenderun. According to the press announcement by Greenpeace, the members of the organisation put up on the buoy marking the place of the ship a placard saying, "M/V Ulla is Here, Where is the Minister? / M/V Ulla Burada, Bakan Nerede?" and "Stop Waste Trade / Atžk Ticaretini Durdurun". 5 Greenpeace members were detained during the action and they were released after a while. (Özgür Gündem-TIHV, October 10, 2004)

Detentions and Arrests of Kurdish campaigners

Nurettin Zengin, Mesut Avci, Mehmet Tunç, Cihat Türkdag and Nihat Canvar, who were participated the campaign for the release of Abdullah Öcalan, were detained on 8 October in Dogubeyazit district of Agri. Mehmet Siraç Alap, Mikail Emel, Baris Güzelgüz, Murat Gügör, Kadir Yanardag, Tekin Çakmak, Aziz Demir and Yilmaz Ada were detained on 9 October in Van for the same reason. The persons, who call themselves human shields and are demanding "the military operations by Turkish troops in Southeast and East Anatolia to be stopped", were detained on 8 October in Pertek district of Tunceli when they were trying to go to Tunceli. The group left Elazig in the morning for going to Pertek with ferry. When they showed up Pertek a group of village guards threw stones to their vehicles. Afterwards 18 persons were detained and were arrested on 9 October according to Artcile 312 TPC. Meanwhile the records of the journalists were erased on order of military authorities. Mustafa Taskale, vice-mayor of Tunceli, and Murat Kaymaz, Chairman of Tunceli Association of Fundamental Rights and Freedoms, were detained on 8 October on the allegations of "aiding HPG militants". After having testified at Anti-Terror Department at Tunceli Security Directorate, Taskale and Kaymaz were released. The villager Selim Kisaoglu, living in Yukari Çir village in Karliova district of Bingöl, was reportedly abducted by unknown persons. He was allegedly abducted for being responsible with the deaths of 2 HPG militants. The villagers Mustafa Satilmis, Mehmet Tiryaki Abdullah Kisaoglu, Mehmet Kisaoglu, Hasan Güngör, Mustafa Güngör and Muhittin Güngör were detained on 9 and 10 October in Yukari Çir and Altiran villages in Karliova district of Bingöl. Hikmet A., Gönül A., and Serpil T. were detained on 10 Ocotber in Istanbul on the allegations of "being militant of HPG". (Evrensel-Özgür Gündem-Star-TIHV, October 9-10-11, 2004)

Clashes and Attacks in Southeast

HPG militant Halit Özen and non-commissioned officer Ismail Tetik reportedly died during a clash that broke out on Cudi Mountain nearby Sirnak on 7 October. The name of the HPG militant, who died during the clash on 2 October in Kurtderesi region nearby Tunceli, was announced as Kadri Kömürcü. Non-commissioned officer Ferhat Sandikli died and 4 privates were wounded when a military vehicle hit a landmine nearby Akyar village in Gercüs district of Batman. But according to the press release of HPG a military vehicle was attacked and 3 soldiers died. (Milliyet-Özgür Gündem-Zaman-TIHV, October 8-9-10, 2004)

Life imprisonment confirmed for bomb attack

The 9th Chamber of the Court of Cassation confirmed the life imprisonment sentence given Lale Açik in connection with the bombed attack against the former Çankžrž Governor Ayhan Çevik (5 March 1999). The case had ended at Ankara SSC on 14 February 2002. The 9th Chamber of the Court of Cassation had confirmed the sentences given to Kemal Ertürk, Mesut Deniz, Küçük Hasan Çoban and Kemal Kaygžsžz under Article 146/1 TPC (attempting to overthrow the Constitutional order by force) However, due to the amendment made in the Article following Law No. 4771 (dated 3 August 2002), the Chamber converted the death penalties to life imprisonment. The Chamber also confirmed the 15 years' imprisonment sentences against Hakan Eren and Nihat Konak; 15 years' and 1 day imprisonment sentence against Sava_ Kör; and the verdict concerning the suspension of cases against _ener Kökten, Erkan Balçžk, Devrim Karacan, Bülent Ertürk, Özgür Deniz Demirdi_, Arap Deniz, Bilal Ekin, Halil Köseo_lu, Cemile Sönmez, Serdal Çitil, Murat Yžlmaz, Sevinç Güden, Selahattin Yurdaer, Murat Demirdi_, Turan Açžk, Ömer Necmi Hatipo_lu, Aziz Batur, Cafer Kaya Bozkurt, Metin Sezgin and Eren Karacan. The case against Muharrem Horuz had been dropped because of his death due to death fast. The Chamber had quashed the 15 years' imprisonment sentence against Lale Açžk. After her retrial she had been sentenced in November 2003 by Ankara SSC. (Evrensel-TIHV, October 8, 2004)

Detentions and Arrests of Kurdish campaigners

Hatice Yaman and her brother Celal Yaman, who were detained on allegations of "being member of Kongra-Gel", were arrested on 7 October. The university student Öner Çelik, who shouted "We want justice" when the Prime Minister Ahmet Necdet Sezer went to Adana for the opening ceremony of education year at the university, was detained. The persons, who call themselves human shields, were not allowed to go Tunceli for a second time. On 7 October, their vehicle was stopped on Seyitli Bridge on Elazig-Tunceli road by village guards and they were attacked with stones and sticks. The windows of the vehicle were broken. _erif Aslan was wounded during the incident. Because of the attack members of the group got back to Elazig. (Özgür Gündem-Zaman-TIHV, October 8, 2004)

Clashes and Attacks in Southeast

The name of the HPG militant, who was killed on 2 October during a clash in Kurtderesi region of Tunceli, was announced as Kadri Kömürcü. According to a press announcement by HPG, 2 soldiers died and 3 soldiers were wounded during a clash that broke out on 3 October in Dokuzkayalar and Varçit regions in Tunceli. (Özgür Gündem-TIHV, October 8, 2004)

Clashes and Attacks in the Southeast

DHKP-C militants who were killed on 29 September nearby Tokat reportedly tortured before being killed. Lawyer Özgür Yilmaz, acting for the relatives of Songül Koçyigit, one of the militants, stated that one of fingers of her right hand was cut out. Lawyer Taylan Kanay, acting for the relatives of other militants Salih Çinar, Sebahattin Yavuz and Devrim Agirman said the followings: "I saw militants' corpses while they were being washed. Most of them had broken fingers. Sebahattin Yavuz has 10 bullet wounds only on his right foot. He has one bullet on his head and two on heart. Agirman's left index finger, small finger and neck was broken, he also had a depressed fracture in his skull" Kanay also stated that although he called Tokat State Hospital many times and was replied as there were four militants in the morgue each time, afterwards he heard that there were five militants killed. He also added that one of the militants Salih Çinar was detained according to early official statements, later his name was on the list of dead militants. (Birgün-TIHV, October 6, 2004)

Beaten Students in Adana

The police reportedly intervened a fight broke out among students in front of Sakirpasa Lyceum and beat heavily the students named Havzullah Sendur and Ali Cengiz in Seyhan district of Adana on 4 October. Havzullah Sendur stated during a press conference held in IHD Adana branch on 5 October that the police made them laid down on the floor and beat, although they were trying to stop the fight. He also added that they were interrogated from time time at the principal's office in school. (Özgür Gündem-TIHV, October 6, 2004)

Demonstrators on Trial in Bingol

On 5 October, Bingöl Penal Court of First Instance continued to hear the case that was launched against 125 people who were detained in June while they were trying to "found a peace table" with the aim of "achieving social peace". The hearing was adjourned to 6 December for completion of the deficient documents and recording the testimonies. The indictment wants the defendants, including the vice-chair for IHD Eren Keskin and chairman of IHD branch in Bingöl Ridvan Kizgin, to be sentenced on charges of "staging an unauthorized demonstration". (BIA-TIHV, October 6, 2004)

Detentions and Arrests in Siirt

33 of the 40 persons, who call themselves human shields and were detained when they went to Görendoruk village in Eruh distirct of Siirt with the demand of stopping the military operations by Turkish troops in Southeast and East Anatolia", were arrested on 4 October. Nilüfer Sahin was detained in Eskisehir on the charges of "being member of MLKP and putting bomb that was exploded in a plane of Turkish Airlines on 29 July". Tahir Laçin, Figen Çagri and Aydin Aslan were also detained at the same time. (Milliyet-Özgür Gündem-TIHV, October 5, 2004)

Clash and Attacks in the Southeast

According to the announcement of HPG, two police officers were allegedly killed in the attack made to the Security Directorate in Midyat district of Mardin on 1 October. Two soldiers and one militant were reportedly killed during the clash broke out on 2 October in Kutderesi region of Ovacik district (Tunceli). It had been reported in the official announcement that the soldiers Burhan Sen and Serkan Ciddioglu had been killed during this clash. (Özgür Gündem-TIHV, October 5, 2004)

Incident in Diyarbakir

Fahir Yüce fired against a group of persons who were waiting for an activity organised by the relatives of prisoners in the "Mehmet Akif Ersoy" Theatre of Diyarbakir Municipality on 1 October. Ali Özdemir, Ali Önen, Necmettin Ektirici and Celalettin Delibas were wounded during the attack. During the incident persons wanted to stop Fahri Yüce and he was also wounded during the quarrel when his gun fired. Eyewitnesses testified after the incident to the effect that there was another person who fired in the theatre and there were 2 persons with rifles near the place of incident. (Milliyet-TIHV, October 1, 2004)

Surrendered PKK Member on Trial

Public Prosecutor in Van launched a court case against Ali Sapan, one of the PKK members who had surrendered on 4 October 1999 with a letter by Abdullah Öcalan to Turkish government, on charges of "aiding an illegal organisation". He is still serving in Bolu F-type Prison his sentence of 15 years' imprisonment given in another case on charges of "being member of an illegal organisation". The first hearing of the new case was reportedly heard on 30 September and adjourned to 13 October. According to the indictment Ali Sapan continued to be in contact with the organisation, guided the members of the organisation, wrote articles to the newspapers Serxebun and Özgür Politika, sent messages to the activities and celebrations of the organisation as if being a member. (Özgür Gündem-TIHV, October 3, 2004)

Detentions and Arrests of Kurdish campaigners

40 persons, who call themselves human shields and were detained on 30 September when they went to Görendoruk village in Eruh distirct of Siirt with the demand of stopping the military operations by Turkish troops in Southeast and East Anatolia" were released on 1 October. Members of the group were detained on 3 October under beatings. The group spent the night in Üzümlük village of Eruh and went to Eruh on 3 October. They were stopped by the security forces when they were leaving the district to go to Görendoruk village. They made a sit-in action because the road was closed and afterwards they wanted to go Görendoruk village on foot and they were detained. The nose of Onur Bugra Kolcu was broken; Mehmet Basaran, Saniye Turan, Leyla Saraç and Sakir Güngörmüs were slightly wounded. The names of the detainees are: Pakize Uksul, Leyla Saraç, Hamide Cengiz, Galip Tasçi, Saniye Turan, M.Salih Özer, Fahrettin Aksoy, Resit Batur, Eyüphan Aksu, Metin Beydogan, Hanim Adigüzel, Guri Toprak, Necdet Aydin, Muhsine Ete, Harbiye Kiliç, Sedat Aksoy, Berrin Saglam, Sakir Güngörmüs, Selma Aygün, Serpil Alkaya, Ishak Özcankurtu, Özgür Keles, Hasan Balci, Onur Bugra Kolcu, Volkan Isil, Vedat Ülker, Gülistan Basutçu, Tuna Altan, Nevzat Isik, Mehmet Basaran, Murat Aydin, Pinar Demirci, Mesut Keseci, Mesut Daglier, Irfan Güler, Abdulsamet Güler, Mücahit Boga, Mazhar Ertus, Seyma Kantarci and Yakup Kadri Karabacak. Leyla Eleftuz announced that he was threatened in Iskele Police Station where she was taken after being detained for working for the campaign started for the release of Abdullah Öcalan. Leyla Eleftuz appealed to IHD Van branch. (Özgür Gündem-TIHV, October 2-3, 2004)

Clashes and Attacks in Southeast

According to a press release by HPG, during an attack against a military convoy on the road between Lice and Genç districts of Diyarbakir on 2 October 10 soldiers died. It was also mentioned that during the clash that broke out on 30 September in Yedisu region near Erzurum 3 soldiers died and one non-commissioned officer was wounded. The private Burhan Sen and the non-commissioned officer Serkan Ciddioglu died when a clash broke out in Kurtderesi region of Tunceli on 2 October. One HPG militant died and 3 privates were wounded during the same clash. (Radikal-Özgür Gündem-TIHV, October 3-4, 2004)

Pression sur les médias / Pressure on the Media

La Turquie occupe la 113e position dans le respect de la liberté de la presse

Reporters sans frontières, RSF, a publié mardi 26 octobre son troisième classement mondial sur la liberté de la presse. RSF constate que l'Asie orientale avec notamment la Corée du Nord, la Birmanie, la Chine, et, le Moyen-Orient sont "les pires régions au monde" pour la liberté de la presse, alors que les pays d'Europe du Nord constituent des "havres de paix".

Dans ce classement, RSF explique que sur 167 pays, la Turquie occupe la 113ème position. En Turquie, candidate à l'UE, malgré des "progrès remarquables" législatifs, il n'y a pas pas d'"amélioration significative dans la pratique".

La Corée du Nord occupe la dernière position, la Birmanie la 165ème, la Chine la 162ème, le Vietnam la 161ème, le Laos la 153ème. Du côté des Amériques, Cuba occupe la 166ème place; elle est en effet après la Chine, la plus grande prison du monde pour les journalistes avec ses 26 détenus.

Les pays du Moyen-Orient font également partie des derniers du classement. En effet, sur 167 pays, l'Arabie Saoudite est 159ème, l'Iran 158ème, la Syrie 155ème et l'Irak 148ème . La guerre en Irak est la plus meurtrière de ces dernières années pour les journalistes: depuis le début de la guerre, en mars 2003, 44 journalistes ont été tués dans ce pays. Pour le continent africain, RSF n'a constaté aucun progrès en Erythrée ou au Zimbabwe.

En revanche, l'organisation ajoute que "de plus en plus d'Etats africains se glissent dans la première moitié du classement".

Ce sont les pays d'Europe du Nord qui occupent majoritairement la tête du classement: le Danemark est le 1er, suivi de la Finlande, de l'Irlande, de l'Islande, de la Norvège et des Pays-Bas. RSF a qualifié ces pays européens de "véritables havres de paix pour les journalistes". Quant aux autres pays européens, la France occupe la 19ème position, l'Allemagne la 11ème, le Royaume-Uni la 28ème, l'Espagne et l'Italie sont ex aequo à la 39ème place. Sur les vingt pays les mieux classés, seuls trois ne sont pas européens: la Nouvelle-Zélande qui est 9ème, Trinidad et Tobago, 11ème et le Canada, 18ème. (AFP-RSF, 26 octobre 2004)

Turkish Cypriot editor continues to face legal harassment

The International Federation of Journalists and its European organisation, the European Federation of Journalists, today condemned new legal action against Sener Levent, a leading journalist in northern Cyprus, accusing the authorities of continuing a victimisation campaign against him.

"This latest action against Levent, the editor of Afrika, is fresh evidence of a profound press freedom crisis in the north of the island," said Aidan White, IFJ and EFJ General Secretary. "While it continues, the Turkish Cypriot community will remain outside the mainstream of European and international affairs and normal relations will be impossible."

The IFJ and EFJ affiliate in Cyprus, the Union of Cyprus Journalists, says that Levent is accused of "insulting" the military. On 25th and 26th October he appeared in front of a military court for articles published in 1999 in a case that was opened against him five years ago.

The accusations, some 77 in total, alleged that the articles "insulted and humiliated the dignity and the personality of the security forces of the so-called Turkish Republic of North Cyprus". Although they were dropped during the hearings, the prosecuting authorities reserved the right to bring them again before a civilian court.

With some 100 accusations already made against Levent, if these were sustained in a civilian hearing, the Union claims the total jail term he faces could add up to 2,000 years in prison.

European Federation of Journalists leaders meeting in Brussels on Monday this week gave their backing to the Union of Cyprus Journalists over this case and pledged to continue protests over attacks on press freedom by the Turkish Cypriot authorities.

"The journalists' unions of Europe and around the world find this continuing persecution intolerable," said the European Federation of Journalists Chair Arne Konig yesterday. "We are in no doubt that this flows from a complete disregard for the rights of journalists and the need for a free and independent press." (IFJ/IFEX, October 28, 2004)

Publishers still face fines and penalties in Turkey

Reforms in Turkish laws, in line with the country's European Union membership bid, are yet far from leading publishers out of the labyrinth of fines and penalties. A recent example is the case of Haci Bogatekin owner and publisher of local "Gerger Firat" newspaper, based in the southeast district of Gerger, Adiyaman.

Bogatekin was fined for USD 13,000 for the missing date of print and address of the publishing house in one of the past issues of his paper. The local prosecutor upon the publisher's request has revised the decision on the basis of recent amendments in the press laws and converted the fine to USD 333. However, still dissentient, Bogatekin prepares to object to the local prosecutor's decision before the court claiming that omittance of necessary details in the printed paper is not his, but the printing house's fault.

Bogatekin is further charged with "insulting and belittling the Turkish Republic" for his article titled "The Gang State" published in the same issue and faces 6 to 36 months in prison.

On 20 September local Head Prosecutor"s Office in Gerger notified the journalist that he was fined for 19 billion 531 million 500 thousand liras (USD 13,000) for having violated the press law. He was further warned that if the fine was not paid in 10 days he might face trial and if found guilty meet 50 percent increase in the fine.

Published fortnightly the "Gerger Firat" newspaper was founded in 1992, and has 3000 subscribers in a district with 30 thousand population. (BIA News Center, October 28, 2004)

Journalists Charged for "Illegal Affiliation"

Five press workers who were arrested during a police raid on the offices of Dicle News Agency (DIHA), and Özgür Halk (Free People) Journal prior to June Istanbul NATO Summit, are brought before court on Tuesday.

After the raid on June 8, Ugur Balik, the DIHA Board Chair and Baris Güllü, the Responsible Editor for Free People Journal were arrested, and then they were released upon their lawyer's appeal to a higher court. Güllü after his release was rearrested under another charge.

Ugur Balik, and DIHA editor Evin Katurman, reporters Meryem Yilmaz and Beyhan Sekman attended the Tuesday hearing in the Istanbul 13th Criminal Court. Other defendants Kenan Kirkkaya, and Baris Güllü who is jailed in Tekirdag maximum security prison, 200 kilometers to the west of Istanbul, were absent.

All defendants refused the public prosecutor's indictment charging them with affiliations with an illegal organization and said that they were just doing their jobs as journalists.

Kenan Kirikkaya is accused for "assisting and hosting an illegal organization" while others are accused for being affiliated with the organization. (BIA News Center, October 28, 2004)

Imprisonment of journalists confirmed by higher court

8th Chamber of the Court of the Cassation confirmed the verdict against Mehmet Kutlular, owner of the newspaper, and journalist Nurettin Sirin, who had been sentenced under Article 312 TPC. Following his conviction under Article 312 TPC for his comments in October 1999 on the earthquake of 17 August 1999, on 9 May 2000 Ankara SSC sentenced him to 2 years' imprisonment.

The verdict was confirmed by the 8th Chamber of the Court of Cassation on 16 January 2001. He had been imprisoned on 22 May 2001 to serve a sentence of 23 months' imprisonment, but he was released on 21 February 2002 after changes to Article 312 TPC. On 11 April 2002 Ankara SSC had acquitted him.

On 13 June 2002 the 8th Chamber of the Court of Cassation quashed the acquittal of Kutlular ruling that changes in law could not be the reason for a retrial, but only a new evaluation. Upon this the court sentenced Kutluar to the same imprisonment term.

Zeki Aslan, Chairman of 8th Chamber of the Court of the Cassation, voted against the decision with the opinion that the defendant had to be acquitted. In his letter of reasoned decision Aslan defended the followings: "Criticising the practices of the government, such as use of headscarves, is a natural right of the citizens. The strongest criticism would naturally be against the state and government. The developments known as '28 February' are not free from being criticised and those criticisms could not be evaluated as mediums separating people into believers and non-believers, seculars and non-seculars. We have no reason to reach the decision that these criticisms are offences."

Nureddin Sirin, writer with the daily Selam, had been sentenced to 20 months' imprisonment under the Article 312/2 TPC in connection with the article entitled "Satanism and Kemalism" appeared on the paper on 3-9 October 1999. Zeki Aslan also voted against the approval of this sentence relying on the same reasons. (Hürriyet-TIHV, October 27, 2004)

Trial of six journalists started in Istanbul

On 26 October, Istanbul Heavy Penal Court No 13 started to hear the case against the director of Dicle News Agency (DIHA) Ugur Balik, journalists Evin Katurman, Meryem Yilmaz, Beyhan Sekman, Kenan Kirkaya and editor-in-chief of the journal Özgür Halk Baris Güllü.

The court adjourned the hearing to 23 December.

Baris Güllü is still serving his sentence in connection with another case.

The defendants had been detained during raids conducted against press before the NATO Summit in Istanbul in June. The indictment wants the defendant Kenan Kirkaya to be sentenced on charges of "aiding an illegal organisation" and the rest of the defendants on charges of "member of an illegal organisation". (Özgür Gündem-TIHV, October 27, 2004)

RTÜK decisions to stop broadcasts

RTÜK, decided to stop the broadcasts of the radio Özgür Radyo (Ankara) and Hakkari FM for one month. Özgür Radyo was reportedly sentenced on charges of "inciting people to hatred, violence" in the programmes broadcasted in 24-27 September 2003, 21 November 2003 and 1 May 2004 according to Article 4 of RTÜK Law.

Hakkari FM was reportedly sentenced for the same reason in connection with the programme "Gündem" broadcasted on 22 March. RTÜK decided the stop of the programme "Kadinin Sesi" that is broadcasted on Kanal D for one time on the allegations of "harming the physical, mental and moral development of juveniles and children".

Kanal 7 was sentenced to one time programme stop on the allegations of "inciting the use of violence" in the news programmes broadcasted on 2-3 August.

Kanal 2000 broadcasting in Mersin was sentenced to one time programme stop in connection with the news programme broadcasted on 20-21 April on charges of "announcing a person as criminal before the end of the trial". (BIA-TIHV, October 22, 2004)

Journalist and Publisher on Trial in Ankara

On 21 October Ankara Heavy Penal Court No. 11 continued to hear the case against Fikret Bila, Ankara representative of the daily Milliyet, and Ümit Gürtuna, the owner of Ümit Publishing Company that was launched in connection with the book titled "Attempt to Civilian Coup and Iraq Wars in Ankara" that was written by Fikret Bila and published in November 2003.

The letter of the Prime Ministry concerning the documents of the National Intelligence Service taking place in the book was read at the hearing. The court decided that the documents were not "confidential". (Radikal-TIHV, October 22, 2004)

Press associations: "Detaining Journalist Karakurt was Illegal!"

Hurriyet" newspaper reporter Sebati Karakurt was detained for interviewing the Kurdish militants of KONGRA-Gel on the Qandil Mountain, and for writing about their lives. He was later released by the prosecutor's office.

The Press Council and the Turkish Journalists Association (TGC), both condemned Karakurt's detention in separate written statements. The detention is a "grave violation of law," said the Press Council. TGC called on the Interior Ministry and prosecutors to take action.

Karakurt was detained by police officers from the Istanbul Anti-Terrorism Unit, who came to his house in Harbiye early in the morning, on Oct. 15. The reporter was taken to the police headquarters on Vatan Avenue.

Karakurt's house was also searched. According to the Hurriyet newspaper, Karakurt was detained for his interview titled, "Women's consciousness has surpassed Kurdism in Kandil," which was about the changes in the life styles of Kurdish militants, and which was published in the "Hurriyet Pazar," the Sunday special of the newspaper on October 12.

Karakurt had also interviewed Murat Karayilan, one of the leaders of the Kongra-Gel group.

In his story, Karakurt underlined that relations between men and women militants had improved. He pointed out that women militants were watching soap operas and men were watching soccer games on television.

"He was threatened when he did not give the photographs"

According to the Press Council, a group of 10 police officers treated Karakurt like a "terrorist," because of his interview with the militants. The council said that this was a "grave violation of rights," and condemned the detention.

The council said that the police did not find anything that could be regarded as an element of crime in Karakurt's house. "The police told Karakurt to hand over all photographs taken on the Kandil Mountain," said the council. "They told him that they would keep him under detention for 48 hours, which is the legal length of detention, unless he handed over the photographs. This suggests they can arbitrarily use their authority."

According to the council, Karakurt's detention is an example of the government violation of the Press Law No: 5187, put forward as a "sign of its sincerity about democratization." According to the press law, "the owner of the media organization, the person in charge, or the creator of the work (Sebati Karakurt in this case) may not be forced to reveal his/her sources or to serve as a witness."

The Press Council said that the law was being violated by people responsible for implementing law.

TGC: There should be legal action against the police

TGC also condemned Karakurt's detention. The group stated that the police's action "had no legal basis and thus was illegal."

TGC said article 12 of the Press Law, which was prepared in line with the European Declaration on Human Rights, was violated. The group called on the Interior Ministry and the state prosecutors to press legal action against the police officers involved in the incident. (Erol Onderoglu, BIA News Center, October 20, 2004)

RSF dresse un bilan contrasté de la liberté de la presse en Turquie

Reporters Sans Frontières (RSF) a dressé lundi un bilan mitigé de l'état de la liberté de la presse en Turquie, à la veille d'une visite privée, mercredi et jeudi, du Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan à Paris.

Malgré les progrès accomplis sur le plan législatif au cours des deux dernières années dans la perspective de l'adhésion à l'Union européenne, les sujets concernant l'armée et la question kurde restent dans les faits sujets à de fortes pressions, souligne l'organisation de défense de la liberté de la presse, dont le siège est à Paris, dans un communiqué transmis à l'AFP.

Voici le bilan établi par RSF:

"Les progrès indéniables réalisés sur le plan législatif ne doivent pas masquer une réalité encore bien difficile pour les journalistes les plus critiques", a déclaré Reporters sans frontières à la veille de la visite privée à Paris, le 20 octobre 2004, du Premier ministre turc Recep Erdogan.

"La presse est livrée à l'arbitraire des tribunaux qui continuent, dans la pratique, à infliger des peines de prison et des amendes exorbitantes poussant les journalistes à une autocensure généralisée sur les sujets les plus sensibles, comme l'armée ou la question kurde. Les télévisions et radios subissent toujours la censure éhontée du Haut Conseil de l'audiovisuel (RTÜK), tandis que les journalistes prokurdes restent victimes de pressions multiformes", a ajouté l'organisation.

"Malgré des avancées vers les standards européens, l'écart entre la bonne volonté affichée et les faits reste considérable, de sorte que les conditions d'une véritable liberté de la presse sont loin d'être réunies", a conclu Reporters sans frontières.

Les réformes adoptées par les autorités dans la perspective de l'adhésion du pays à l'Union européenne ont été positives, sur le plan législatif, pour les journalistes.

Dans la nouvelle loi sur la presse, adoptée en juin 2004, les peines de prison ont été remplacées par de fortes amendes. Les sanctions les plus répressives, comme la fermeture d'un média ou l'interdiction de distribution et d'impression, ont été supprimées. La protection des sources a même été renforcée.
Certains journalistes poursuivis pour "complicité avec des organisations terroristes" ont été acquittés suite à une réforme de la loi antiterroriste et du code pénal en 2003. Néanmoins, la nouvelle version du code pénal, qui entrera en vigueur le 1er avril 2005, prévoit que la "propagande d'une organisation illégale ou de ses objectifs" est passible d'une peine d'un à trois ans de prison, la sanction étant aggravée si le délit est commis par voie de presse.

L'article 159, à l'origine d'un grand nombre de poursuites contre les journalistes pour "offense à l'égard de l'Etat et des institutions de l'Etat et menaces contre l'unité indivisible de la République turque", a été amendé en 2002 et en 2003. La durée de la peine de prison pour cette accusation a été réduite d'un an à six mois et les critiques ne visant pas intentionnellement à "ridiculiser" ou à "insulter" les institutions de l'Etat ne sont plus passibles de peines de prison. Le nouveau code pénal apporte une amélioration supplémentaire en supprimant le délit de "moquerie et insulte envers le corps ministériel".

Toutefois, contrevenant aux standards européens, le nouveau code pénal stipule que l'insulte est passible de trois mois à trois ans d'incarcération, la peine étant aggravée si le délit est commis par voie de presse (article 127).

Dans la pratique, l'interprétation par les juges de la notion de "critique" reste très subjective et les poursuites abusives continuent.

En 2003, quatre journalistes du quotidien prokurde Yeniden Özgür Gündem, qui avaient critiqué la politique du gouvernement pendant la guerre en Irak, ont été traînés devant les tribunaux et un journaliste en ligne, Erol Öskoray, poursuivi pour "moquerie" et "insulte" envers l'armée, a été interpellé. Le directeur de la radio locale Radyo Dünya à Adana (Sud), Sabri Ejder Öziç, a été condamné à une peine d'un an de prison pour avoir offensé le Parlement.

L'ancien éditorialiste du quotidien Milli Gazete, Hakan Albayrak, a été incarcéré le 20 mai 2004. Il purge actuellement une peine de quinze mois de prison ferme pour "atteinte à la mémoire d'Atatürk", en vertu de la loi relative aux crimes contre Atatürk de 1951. L'article 1 de cette loi sanctionne l'insulte envers la mémoire du fondateur de la République de Turquie par une peine de un à trois ans de prison. L'article 2 prévoit le doublement de la peine si le crime est commis par voie de presse.

Nureddin Sirin, éditorialiste de l'hebdomadaire islamiste Selam, et Memik Horuz, directeur de publication du périodique d'extrême-gauche Isçi Köylü, sont incarcérés depuis plusieurs années pour avoir exprimé leurs opinions dans le cadre de leur activité professionnelle.

Le 15 octobre 2004, Sebati Karakurt, du quotidien Hurriyet, a été détenu pendant douze heures dans les locaux de la police antiterroriste d'Istanbul à cause d'un entretien avec Murat Karayilan, chef militaire de l'ex-Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, rebaptisé Kongra-Gel), publié quelques jours auparavant. Le photo-reportage présentait des femmes rebelles en treillis sous un jour positif, souriantes et l'air décontracté. Une dizaine de policiers ont perquisitionné le domicile du journaliste qui a été relâché après avoir été entendu par la police et par un procureur.

Par ailleurs, si les médias audiovisuels nationaux ont été autorisés à utiliser la langue kurde, le RTÜK continue à prononcer des sanctions totalement disproportionnées contre les médias prokurdes ou très critiques envers le gouvernement, allant de l'avertissement au retrait de licence.

La radio locale Özgür Radyo, à Istanbul, a été condamnée par le RTÜK à un mois de suspension pour "incitation à la violence, à la terreur, à la discrimination sur la base de la race, de la région, de la langue, de la religion ou de la secte ou diffusion d'émissions qui éveillent des sentiments de haine dans la société". La station a cessé d'émettre dans la nuit du 18 août 2004. Le RTÜK aura le pouvoir, en cas de récidive, de retirer la licence de Özgür Radyo.

Günes TV, la télévision locale de Malatya (est du pays), avait également dû cesser d'émettre pendant un mois à partir du 30 mars 2004. Le RTÜK avait accusé la chaîne de "porter atteinte à l'existence et à l'indépendance de l'Etat, à l'unité indivisible du pays avec le peuple et aux principes et réformes d'Atatürk" (article 4 de la loi 3984 du RTÜK). S'appuyant sur le même article, le RTÜK avait suspendu pour une durée d'un mois, le 1er avril 2004, la télévision locale ART à Diyarbakir (Sud-Est) pour avoir diffusé, le 16 août 2003, deux chansons d'amour en kurde.

Les interpellations massives de journalistes prokurdes par la police antiterroriste à la veille du Sommet de l'Otan à Istanbul, les 28 et

29 juin 2004, sont symptomatiques du traitement réservé à cette presse.

Enfin, lors des élections locales du 28 mars, neuf journalistes qui couvraient la répression d'une manifestation dénonçant des fraudes électorales avaient été violemment frappés par la police à Diyarbakir (Sud-Est). Trois d'entre eux avaient dû être hospitalisés. Les responsables de ces exactions n'ont pas encore été sanctionnés. (AFP-RSF, 18 octobre 2004)
 

Persecution of journalists and media bans still continue

Albeit a new and relatively more liberal Turkish Penal Code has been ratified and military control over Radio and Television Higher Board (RTUK) is lifted, journalists are still prosecuted and the RTUK continues imposing bans on radio and television stations says BIA (Network for Monitoring and Covering Media Freedom and Independent Journalism) Media Monitoring report for July, August and September; the third such report of the Desk for 2004.

The 13-page report covers 26 cases and 69 journalists" problems under the headings: "Attacks and Threats", "Detentions and Arrests", "Trials and Attempts", "European Court of Human Rights", "RTUK Procedures", "Regulations and Legal Procedures" and"Reactions Against Censorship".

NSC (National Security Council) untied of the RTUK

President Sezer ratified the law lifting the National Security Council"s powers to "suggest a member" for Radio and Television Higher Board (RTUK). Hence, there are now 8 board members instead of 9.

Another sign of lesser military involvement in controlling freedom of expression was writer Abdurrahman Dilipak"s prosecution at a military court. The court returned the case for charges of "disturbing military hierarchy" with the justification that the case was outside of its jurisdiction and sent the case to a civilian court.

RTUK expects applications for Kurdish broadcasting

Even though broadcast in languages other than Turkish is allowed since 25 January 2004, the local media"s situation in excercising the right remains uncertain.

They are awaiting formal applications from the local media such as Soz TV and Gun TV from Diyarbakir and Cagri FM from Batman.in the Kurdish speaking southeast region, to decide on the matter say RTUK officials.

11 cases against 13 journalists

During the period, there are 2 journalists prosecuted under TCK"s (Turkish Penal Code) article 159; two others prosecuted under TCK article 312/2 and another two prosecuted under 312/. Two journalists are prosecuted under article 169 and one journalist under article 309. There are also two journalists prosecuted under the TMY (Anti-Terror Law).

The case against TV anchor Mehmet Ali Birand for interviewing the lawyers of Abdulah Ocalan on his news program, 32. Gun (The 32nd Day) on CNN Turk, is most emblematic of such prosecutions.

6 journalists detained

During these 3 months, 6 journalists were detained for various periods. During the first half of 2004, 1 journalist was detained; however, during the second half of the year that number went up to 33.

Violations by police continue

Mersin local newspaper reporter Hakki Cat, Istanbul daily Gunluk Evrensel reporter Ugras Vatandas and Istanbul daily Cumhuriyet reporter Gokce Uygun were attacked by the police. There were also 3 other journalists attacked by unknown assailants.

During the 3-month period, 6 threats to journalists were reported and unknown assailants have gunned Yeni Alanya newspaper"s offices.

Local media silenced for broadcasting in Kurdish

RTUK has stopped broadcasts of Gun TV and Can TV for 30 days for "separatism" and "incitement for hatred"; Diyarbakir"s Gun TV for broadcasting live presentations in Kurdish from the "Local Governance Symposium" and Can TV for broadcasting Kurdish music.

RTUK also stopped broadcasts of radio stations Anadolu"nun Sesi (Voice of Anatolia) and Hakkari FM for 30 days.

RTUK stopped 8 TV shows

Kanal D, ATV and Show TV received 8 program bans for "being against the goals of Turkish national education" and "including expressions that surpass personal criticism".

During the first half of 2004 there were 21 program bans; the number went down to 5 in the second half of the year. Unfortunately it seems to be in rise again.

94 warnings

8 warnings were issued for local radios, 11 for local TV stations and 75 warnings for national TV stations during the 3-month period. The number of warnings show a steady increase throughout the year: first half of the year 39, second half 61 and now 94.

Turkey was sentenced at the ECHR in 3 cases

The European Court for Human Rights (ECHR) sentenced Turkey to pay 13,000 euro to Ertugrul Kurkcu and Ragip Zarakolu for "violating freedom of expression". The court also sentenced Turkey to pay 15,000 euro for the killing of newspaper distributor Irfan Aktas. (Erol Onderoglu,BIA News Center, October 15, 2004)

A cartoonist  sued by Prime Minister for a caricature

Hilal Incesu, a caricaturist at the "Ulkede Ozgur Gundem" (Free Agenda in the Country) newspaper, commented on Prime Minister Recep Tayyip Erdogan suing the Daily Evrensel newspaper for a caricature, and the court ruling that the newspaper has to pay 10 billion Turkish liras (USD 6,700) in compensation. "I think it's nonsense," said Incesu. "No one in the international community will understand this trial. They will be very surprised."

Caricaturist Musa Kart drew the the incident in his caricature corner called, "Above the Boot," in the Cumhuriyet (Republic) newspaper.

In Kart's caricature, a stick man, representing the prime minister, speaks into the microphone of a reporter: "Yes, let's join the EU for personal rights and freedoms. However, I will not let my charisma be damaged!"

Incesu: I was sentenced to 50 months in prison, it was suspended

Halil Incesu, the caricaturist of the "General Elektrik" was sued for "insulting the flag" and was acquitted. Incesu thinks it is positive that the media is paying so much attention to the trial about caricaturist Selvi of the Daily Evrensel.

"We are so used to a lack of professional solidarity," said the caricaturist of 25 years. He believes that the media attention stems from the fact that it is the prime minister who sued a newspaper. "For example, if the issue was about making villagers eat faeces, there would not be so much media attention," said Incesu.

"We go to the court alone, we get tried, and we get out," said Incesu, adding that only human rights activist Sanar Yurdatapan supported him by publishing his sued caricature in a book titled, "Freedom of Opinions Booklet."

Incesu said he drew interesting caricatures while he worked for other publications, but added these were never sued. He argued that the state has a specific attitude toward the Agenda newspaper.

"I was sentenced to 50 months in prison but the sentence was later suspended," said Incesu. "I had tens of cases against me. For quite a while, I would go to court first thing in the morning and then go to work."

Musa Kart was "scared" to draw the prime minister

Musa Kart at the Cumhuriyet newspaper had a caricature on the trial about Sefer Selvi's caricature. Kart, in his caricature corner called "Above the Boot," drew a stick man to represent the prime minister. The stick man speaks to the microphone of a reporter: "Yes, let's join the EU for personal rights and freedoms. But I will not let my charisma be damaged!" (Erol Onderoglu,BIA News Center, October 15, 2004)

Un journaliste turc interpellé pour une interview sur les guérillas kurdes, puis libéré

Un journaliste turc du quotidien Hurriyet , Sebati Karakurt, a été interpellé tôt vendredi à Istanbul et amené dans les locaux de la police antiterroriste de la métropole en raison d'une récente interview sur les guérillas kurdes de Turquie. Il a été remis en liberté après avoir été détenu pendant près de douze heures dans les locaux de la police.

Le journaliste avait obtenu un entretien, publié dimanche, avec Murat Karayilan, chef militaire de l'ex-Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK, rebaptisé Kongra-Gel) dans les montagnes du nord de l'Irak.

Dans son photo-reportage qui s'étalait sur deux pages, le journaliste évoquait notamment "la transformation" au sein de l'organisation qualifiée de "terroriste" par la Turquie, les Etats-Unis et l'Union européenne.

Des photos montraient des femmes rebelles en treillis, souriantes, l'air décontracté. L'une d'elles portait une guitare à l'épaule.

Un éditorialiste de Hurriyet avait ouvertement affiché son opposition à la publication du reportage. "C'est comme si l'on présentait un camp de jeunesse", avait-il déploré dans son article.

La rébellion séparatiste de l'ex-PKK dans le sud-est du pays, peuplé majoritairement de Kurdes, a fait 37.000 morts entre 1984 et 1999 notamment lors de combats avec l'armée.

Le Conseil de la presse turque a vivement condamné la descente policière visant l'appartement du journaliste, affirmant qu'elle allait à l'encontre des aspirations européennes de la Turquie. (AFP, 15 octobre 2004)

Le domicile d'une poétesse perquisitionné

Le 11 octobre dernier, le domicile de la poétesse et écrivain Ruhan Mavruk a été perquisitionné par la police. Motif: Son nom serait subitement apparu dans les disquettes saisies durant l'opération soi-disant visant l'organisation révolutionnaire DHKP-C.

A ce propos, l'Association pour les droits et libertés fondamentaux ainsi que la ligne d'intervention rapide de la coordination "Non à l'occupation de l'Irak" ont fait une déclaration exigeant la relaxation immédiate de la poétesse.

D'abord, sa maison a été perquisitionnée par la police en son absence. Ensuite, elle s'est rendue au directoire de la Sûreté d'Istanbul en compagnie de son avocat pour demander des explications. Etre artiste et intellectuel, c'est défendre la cause du peuple de ce pays et ceux du monde entier et dénoncer l'injustice avec sa voix, son coeur et sa plume.

Ruhan Mavruk est l'une de ces précieuses intellectuelles sensibles aux souffrances des opprimés. On la voyait partout, que ce soit dans les actions de protestation contre les prisons de type F qui ont coûté la vie à 117 personnes ou dans les manifestations contre le "procès des 82". C'est pour cela qu'elle était dans la ligne de mire de autorités.

Dans ce pays, défendre la démocratie et les droits de l'homme, signifie automatiquement que vous appartenez à une organisation clandestine. Ruhan Mavruk est en détention parce qu'elle est accusée d'appartenance à organisation illégale. Nous protestons contre cet arbitraire et appelons toutes les forces intellectuelles de ce pays à se solidariser avec Ruhan Mavruk. (Anatolie Liberté, le 11 octobre 2004)

A Kurdish journalist on trial in Kahta

A court case was launched against Haci Bogatekin, editor-in-chief and the owner of the newspaper "Gerger Firat" published in Gerger district of Adiyaman, on charges that he did not pay the fine sentence.

Governor of Kahta district Orhan Balci had reportedly demanded from the public prosecutor in Gerger to open an investigation against Haci Bogatekin in connection with the article "Çete Devlet" (Gang State) that had been published on the 151st edition of the newspaper.

The public prosecutor sentenced Haci Bogatekin in September to a fine of TL 19 billion 531 million 500 thousand on the grounds of "insulting the state" according to the Law on Press.

The case that was launched on the grounds that Haci Bogatekin did not pay the fine in the legal period of 10 days would commence on 26 October. (Medyatava-TIHV, October 13, 2004)

RTÜK stops TV broadcastings

RTÜK (Supreme Board of Radio and Televisions), decided to ban the broadcasting of the radio "Imaj Radyo" for 30 days in connection with the song "Sarkisla" that was broadcasted on 6 September during the programme "Özenle Istek" for "inciting people to hatred and violence" according to Article 4 RTÜK Law.

Earlier, RTÜK banned the broadcasting of the radio Baskent for 30 days for the same pretext.

In addition, RTÜK decided the stop of the programme "Pazar Yildizlari" that is broadcasted on TGRT for two times on the allegations of "harming the physical, mental and moral development of juveniles and children".

Each Kanal 7 and ATV were sentenced to two times broadcast stop on the allegations of "violating the advertisement bans".(Milliyet-BIA-TIHV, October 11-13, 2004)

Kurdish Question / Question kurde

Sabotage d'un oléoduc dans l'est de la Turquie

Des guérillas kurdes ont saboté un oléoduc dans la nuit de samedi à dimanche dans la province de Batman (est), a rapporté l'agence Anatolie.

Des militants du PKK/Kongra-Gel ont fait exploser une bombe à retardement, causant un incendie, qui a pu être maîtrisé, a ajouté Anatolie.

Quelque 6.000 barils de pétrole se sont répandus dans la nature à la suite de cet attentat, ont précisé des responsables de la Société anonyme des pétroles de Turquie (TPAO) cités par l'agence.

Les forces de sécurité mènent des opérations de ratissage pour arrêter les auteurs du sabotage, a ajouté Anatolie.

Par ailleurs deux soldats ont été tués et quatre autres blessés dans la nuit dans le Sud-Est, lors de l'explosion d'une mine télécommandée au passage de leur véhicule, dans la province à majorité kurde de Diyarbakir (sud-est), selon des sources de sécurité de la région. (AFP, 24 octobre 2004)

Leyla Zana et ses amis créent un parti pro-kurde et sont de nouveau jugés

Quatre ex-députés, dont Leyla Zana, qui militent pour les droits des Kurdes en Turquie ont annoncé vendredi leur retour sur la scène politique avec la création d'un nouveau parti, juste avant de comparaître devant un tribunal pour soutien aux rebelles kurdes dans le cadre d'un troisième procès.

"Nous anciens députés (...) voulons servir la démocratie et la paix. Nous lançons pour cette raison le mouvement populaire démocratique", a déclaré Mme Zana lors d'une conférence de presse, en annonçant la création d'un "parti" dont le nom n'a pas encore été fixé.

Les principes fondamentaux du mouvement seront de "soutenir le processus européen de la Turquie" et d'"obtenir une solution pacifique et démocratique" à la question kurde en Turquie, a précisé la lauréate en 1995 du Prix Sakharov du Parlement européen.

Elle a souligné que ni elle ni ses autres anciens collègues députés ne brigueront la présidence de ce nouveau mouvement, qui oeuvrera également pour un amendement constitutionnel prenant en compte les "diversités ethniques et culturelles" en Turquie, notamment les Kurdes, estimés à quelque 15 millions sur une population de plus de 70 millions d'habitants.

"Aucun parti politique (turc) n'a su répondre aux demandes du peuple en faveur d'un changement social", a-t-elle affirmé.

Mme Zana avait à ses côtés Hatip Dicle, Orhan Dogan et Selim Sadak, anciens députés comme elle du parti pro-kurde de la démocratie (DEP, dissous en 1994) qui ont passé dix ans derrière les barreaux après avoir été condamnés à 15 ans de prison pour soutien aux rebelles kurdes.

Juste après avoir rencontré la presse, les quatre anciens parlementaires ont pris le chemin du palais de justice où s'est ouvert leur troisième procès.

Leur avocat Yusuf Alatas avait indiqué à l'AFP en début de semaine que ses clients ne retourneront plus en prison, évoquant un procès de formalité.

Mme Zana et ses collègues avaient été libérés par une cour d'appel en juin en attendant la révision de leur dernier procès.

Le verdict prononcé en 1994 à leur encontre pour soutien aux séparatistes de l'ex-Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, rebaptisé Kongra-Gel) qui a lutté contre Ankara entre 1984 et 1999, avait été vigoureusement contesté par les associations européennes de défense des droits de l'Homme.

La Cour européenne des droits de l'Homme, qui avait jugé inéquitable leur premier procès avait réclamé une nouvelle comparution. Les quatre détenus ont été rejugés en avril, mais le nouveau procès n'a fait que confirmer la précédente condamnation, provoquant des réactions négatives en Europe.

La Cour de cassation a cassé le deuxième jugement pour vice de procédure.

A l'ouverture de ce nouveau procès, qui, contrairement aux précédents n'était suivi que par très peu d'observateurs européens, les accusés et leur avocat ont demandé un report pour préparer leur défense.

Le président de la Cour a accepté cette demande et a fixé la prochaine audience au 17 décembre, date à laquelle les dirigeants européens doivent se prononcer sur l'opportunité d'ouvrir des négociations d'adhésion avec Ankara. (AFP, 23 octobre 2004)

Deux agents de sécurité tués lors d'affrontements avec des guérillas kurdes

Deux membres des forces de sécurité turques ont été tués lors d'affrontements avec des guérillas kurdes dans la nuit de vendredi à samedi dans la province de Tunceli (est), a rapporté l'agence Anatolie.

Selon les informations fournies à l'agence par les services du gouverneur de Tunceli, les deux victimes ont été tuées lors d'une attaque à la roquette menée contre une unité de l'armée par des militants kurdes du PKK-Kongra-Gel.

L'agence a précisé que des opérations de ratissage disposant d'un soutien aérien se poursuivaient pour capturer les guérillas kurdes.  (AFP, 23 octobre 2004)

Passports giving birthplace as Kurdistan rejected in Turkey

The Foreign Office is to protest to Turkey about the detention and expulsion of British citizens because of alleged "discrepancies" in their UK passports.

On at least two occasions this summer, Turkish immigration officials prevented travellers who had recorded their place of birth as "Kurdistan" from entering the country. No compensation was paid for their flights or ruined holidays.

Turkey - which has enacted far-reaching human rights reforms as it attempts to join the EU - is fighting separatist guerrillas who are trying to establish an autonomous Kurdish state in the south-east of the country.

Although Brussels has asked for specific progress in the area of Kurdish human rights, use of the term "Kurdistan" is still often officially disparaged in Turkey.

There are as many as 25 million Kurds, living mainly in Turkey, Iraq, Iran and Syria. They are the largest stateless ethnic group in the Middle East; hundreds of thousands of them have fled to western Europe.

The two incidents being investigated by British diplomats occurred at Istanbul airport. In one, a minor, thought to be travelling alone, was stopped by immigration officials on August 24, detained and then put on a plane back to Britain.

His UK passport gave his place of birth as "Kurdistan". His mother and their MP have raised the case with the Foreign Office.

A Foreign Office spokeswoman said yesterday: "I understand that under Turkish law, [travellers] of any nationality can be deported if their passport has a discrepancy, and the word Kurdistan can be classed as a discrepancy. But it's not satisfactory for people to be turned round and sent back. We are writing to the Turkish foreign affairs ministry to express our concern at these incidents.

"We take it very seriously. We are seeking an explanation. Our consular office in Istanbul has also been in touch with Turkish immigration officials."

The Foreign Office is also considering altering its travel advice for Turkey to warn those who come from the region and have been granted UK citizenship that they may encounter problems if they refer to "Kurdistan" in their passports. The Passport Office has also been alerted.

The second case involves the Ibrahim family from Croydon, south London, who were held at Istanbul airport on August 28 before being put on a flight back to Britain. They are planning to sue the Turkish government.

Suzan Ibrahim, 31, a lawyer, and her husband Honar, 38, a graphic designer, arrived at Istanbul with their one-year-old son and three-year-old daughter. The parents were born in Sulaimaniya in the Kurdish region of northern Iraq. They were planning to travel through Turkey to visit friends and family still living there.

"We hold valid British passports," Mrs Ibrahim said. "When we arrived at the airport the immigration officials saw that [we] had written Kurdistan as our place of birth in our passports. We wanted to recognise that we are from Kurdistan, and the British government obviously didn't have any problem with that.

"But the Turkish officials put us all in a room where the lights were left on all night. The children couldn't sleep. The officials humiliated us, saying racist things about Kurds. We lost our tickets as well, and the airline refused to give us a refund."

The family eventually travelled to Iraq via Syria.

The Turkish embassy in London yesterday said it was unaware of the incidents. (The Guardian, October 21, 2004)

Detention and Arrest of Kurdish campaigners

On 15 October Silvan (Diyarbakir) Penal Court of First Instance started to hear the case against 9 persons launched in connection with the campaign carried out for "the release of Abdullah Öcalan".

Halime Söner, Nedim Erdemir, Musa Çiçek, Emrah Günes, Muzaffer Korkar were released after the hearing. Remziye Sarili, Feleknaz Kaydi, Mavlüde Diker and Evin Sarikaya have been prosecuted without remand.

The indictment wants the defendants to be sentenced according to the Article 312 TPC. Correspondent with DIHA Vedat Kursun and 24 persons, who call "human shields" and went to Kato mountain that is between Uludere and Beytüssebap districts of Sirnak with the demand of stopping the military operations by Turkish troops in Southeast and East Anatolia.

33 persons were detained who went to Silopi for the same reason. The names of the detainees are as follows: Ismail Asi, Kasim Ablak, Abit Öztemel, Halil A.Sametoglu, Mehdi Aslan, Resit Özgen, Salhattin Bayar, Ali Günes, Nusret Basboga, Mehmet Erdem, Salih Ektiren, Mustafa Esen, Halit Çelik, Zeki Kurt, Ridvan Olcasöz, Mustafa Akgül, Ramazan Özmen, Hüriyet Damar, Gülistan Öncü, Besir Dal, Engin Koyuncu, Sakir Aci, Hasan Bozkurt, Mehmet Akgül, Abdullah Akikol, Lokman Polat, Sehmus Turan, Mustafa Sevinç, Abdullah Oruç, Salih Ög, Nusret Okay, Sait Atak, Tahir Özmen. (Özgür Gündem-TIHV, October 20, 2004)

Turkish soldier killed in clash with Kurdish guerrillas

A Turkish soldier was killed and another wounded during fighting with Kurdish guerrillas overnight in Turkey's troubled southeast, a military official said on Monday.

Turkish troops have launched a 3,000-man operation backed by air support against a large group of Kurdistan Workers Party (PKK) rebels in a remote part of Tunceli province, he said.

The clash was the latest in an upsurge in violence since the PKK called off a six-year ceasefire in June, threatening to spark unrest in the mainly Kurdish southeast.

Thirty-four people died in September alone, the independent Human Rights Association (IHD) said last week. (Reuters, Octobre 18, 2004)

Leyla Zana à Bruxelles: "Les réformes restent cosmétiques"

L¹ancienne députée kurde Leyla Zana a été reçue solennellement jeudi 14 octobre par le Parlement européen, près de dix ans après que l'assemblée lui eut attribué en 1995 le prix Sakharov pour la défense des droits de l'Homme.

"Vous n'avez pas attribué ce prix à moi toute seule. Vous l'avez attribué au peuple kurde, vous l'avez attribué au peuple turc frère. Vous l'avez en fait attribué à la Turquie", a déclaré aux eurodéputés Mme Zana, qui effectuait son premier déplacement à l'étranger depuis sa sortie de prison.

Elle a lancé un appel vigoureux pour qu'Ankara développe ses réformes. Celles-ci doivent être réellement appliquées et non pas, comme c'est le cas pour l'instant, que de "façon cosmétique".

"Les critères de Copenhague doivent être appliqués sur le fond et non pas seulement en mots", a ajouté Leyla Zana, sous les applaudissements.

Elle a estimé aussi que les peuples de Turquie devaient coopérer pour que "chacun conserve son identité tout en sauvegardant l'unité de la Turquie", a ajouté cette source.

Leyla Zana s'est toutefois félicitée qu'il n'y ait plus que des "cas isolés, ponctuels" de torture en Turquie et que la "torture systématique" ait disparu.

[Toutefois, ces paroles de Zana ont immédiatemment été contestées par les trois associations des droits de l¹Homme en Turquie, IHD, TIHV et Mazlum-Der -ndlr]

"La violence a fait son temps (...) Les Kurdes veulent une solution pacifique au sein de l'intégrité territoriale de la Turquie (...) Personne ne doit douter d'une manière ou d'une autre du soutien des Kurdes aux mesures en faveur de la démocratisation", a ajouté la militante kurde.

Vêtue de noir, menue, volontiers souriante, Leyla Zana avait confié la veille l'épreuve intérieure de ses dix années de prison. "Vous êtes coupés de toutes les beautés de la vie. C'est un lieu où ce qui fait la spécificité de l'être humain disparaît. On est face à soi-même de façon continue".

Avant de conclure: "il faut aller jusqu'au bout de ses convictions. Je ne suis en colère contre personne".

Les eurodéputés ont salué par une ovation la fin de son discours jeudi. (AFP, 14 octobre 2004)

L'ancien maire de Diyarbakir, Mehdi Zana arrêté à son arrivée en Turquie

Le mari de l'ex-députée kurde Leyla Zana, a été arrêté à son arrivée vendredi en Turquie où il retournait pour la première fois après neuf ans passés en exil.

L'ancien maire de Diyarbakir, Mehdi Zana, 63 ans, a été arrêté au moment où il présentait son passeport au contrôle à l'aéroport d'Istanbul au motif qu'il était sous le coup d'une limitation d'entrée que les autorités avaient décidée contre lui dans le passé.

Toutefois, M. Zana a été relâché samedi après avoir passé une nuit en détention.

Mehdi Zana, lui-même un homme politique kurde de premier plan, a été arrêté vendredi au moment où il présentait son passeport au contrôle à l'aéroport d'Istanbul au motif qu'il était sous le coup d'une limitation d'entrée que les autorités avaient décidée contre lui dans le passé.

Il a été présenté samedi devant un juge qui a estimé que les charges retenues contre lui dans le passé avaient cessé de constituer un délit dans le cadre des réformes démocratiques adoptées par le parlement turc ces dernières années pour favoriser sa candidature à l'Union européenne, a précisé la chaîne.

Son avocat, Selim Okcuoglu, a indiqué que sur quatre chefs d'accusation retenus contre lui, un seul courait toujours, mais s'est dit confiant dans le fait que son client serait acquitté.

"Son inculpation se fonde sur des arguments très faibles. Je ne m'attends pas à ce qu'il soit condamné", a-t-il à l'AFP.

M. Zana est poursuivi pour appartenance à une organisation hors-la-loi --une référence à l'ex-Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, rebaptisé Kongra-Gel)--, un délit passible de douze années et demie de prison.

Les poursuites dont il fait l'objet ont été ouvertes en 1995 à Diyarbakir, le chef-lieu du sud-est anatolien à majorité kurde, dont il a été maire.

M. Zana, 63 ans, revenait de Bruxelles où sa femme a reçu mercredi le prix Sakharov pour la défense des droits de l'Homme, qui lui avait été attribué en 1995 alors qu'elle venait d'être condamnée à quinze ans de prison pour soutien aux séparatistes de l'ex-PKK.

Mehdi Zana vivait en exil en Suède depuis 1995, date à laquelle il avait été libéré de prison après une dizaine d'années de détention en raison de son soutien à la cause kurde. (AFP, 16 octobre 2004)

Le Bureau kurde de Bruxelles critique le rapport de la Commission européenne

Le bureau kurde de Bruxelles a, dans un communiqué de presse, déclaré que le rapport de la Commission  européenne manque les faits suivants concernant les droits fondamentaux kurdes:

"Les quelques cours privés de langue kurde ne sont suivis que par quelques centaines d'adultes Kurdes, car ils sont payants et ils doivent être ouverts en dehors des horaires scolaires. En ce qui concerne les émissions télévisées en langue kurde, leur durée n'est que d'une demi-heure par semaine et leur contenu est très maigre: quelques nouvelles et quelques chansons.

"Dans la constitution turque il est indiqué que tous les habitants de la Turquie sont Turcs et que l'enseignement officiel ne peut être effectué qu'en langue turque. Cela veut dire que les Kurdes sont toujours considérés officiellement comme des Turcs et que leur langue sera toujours interdite à l'école et à l'université. Ce n'est que lorsque la constitution mentionnera clairement la reconnaissance de l'identité et de la langue kurdes que l'on pourra parler de vrai changement.

"En ce qui concerne certains partis politiques kurdes, ils sont légaux, mais considérés officiellement comme turcs!  Ils sont obligés de porter des noms turcs et de s'adresser en turc à leur public!" (BKB, 14 octobre 2004)

Explosion d'une mine: Un soldat tué, trois blessés

Un sous-officier turc a été tué et trois autres soldats blessés dans l'explosion samedi d'une mine sur une route près de Gercus, dans le sud-est de la Turquie, a-t-on indiqué de source officielle.

Le véhicule qui a sauté su l'engin, posé selon les autorités par des membres de l'ex-Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK, rebaptisé Kongra-Gel), transportait des soldats de retour d'une mission de patrouille, a précisé le gouverneur local Haluk Imga, cité par l'agence Anatolie. (AFP, 9 octobre 2004)

Les revendications du Kongra-Gel pour le peuple kurde en Turquie

Le Comité des relations internationales du Kongra-Gel vient de publier ses revendications suivantes pour le peuple kurde dans le contexte des relations turco-européennes:

La décision de l'Union Européenne concernant les négociations d'adhésion de la Turquie est attendue pour le mois de décembre. Depuis le 6 février 2002, la Turquie a décidé certaines réformes en vue de l'adhésion à l'Union Européenne. Le peuple kurde a aussi apporté son soutien pour cette adhésion, mais certains problèmes restent à résoudre. Il faut cependant préciser qu'adopter des réformes est une chose, mais que le plus important est leur réalisation.

Le rapport du Parlement européen écrit par M. Oostlander le 5 Novembre 2003 explique que la Turquie ne met pas suffisamment en pratique les changements qui sont attendus d'elle. Malheureusement, ces insuffisances n'ont pas été relayées par les médias. La question kurde est présentée comme une question de sécurité par le gouvernement turc, alors que c'est une question concernant les droits politiques, sociaux et culturels. La Turquie a vraiment besoin d'un changement véritable. En effet, il faut reconnaître que les changements à effectuer sont importants. Les barrières principales sur le chemin des réformes en Turquie et, désormais, de son adhésion à l'Union restent le non solutionnaire de la question kurde et les problèmes de démocratisation, ces deux éléments étant directement liés.

Le besoin d'une résolution de la question kurde a bien été exprimé à plusieurs reprises. Au début de l'année 1992, le Parlement Européen a reconnu pour le peuple kurde la nécessité d'avoir ses droits.. La nécessité d'une solution pacifique est formellement  notifiée dans le rapport de l'UE de 1998. Malgré cela, le désengagement reste la norme.

La libération des ex-députés du parti DEP (le Parti de la Démocratie) peut être considérée comme une avancée positive. Cependant, il reste encore des milliers de militants et dirigeants politiques kurdes emprisonnés. Les villages, qui ont été détruits et vidés dans la région, n'ont pas encore été reconstruits et  leurs habitants n'ont pas obtenu l'autorisation d'y retourner. Le Œprotectorat de village' (plus de 58 551 gardiens) n'a toujours pas été aboli. Le chemin du dialogue avec les représentants kurdes reste bloqué. Par ailleurs, l'identité kurde n'est pas reconnue constitutionnellement.

Les dispositions de la constitution européenne, qui consacrent la dignité, la liberté, la démocratie, l'égalité, la suprématie de la loi et le respect pour les Droits de l'Homme, doivent être appliquées en Turquie, au même titre que dans les autres pays membres. Nous n'attendons pas une solution magique pour la question kurde. Toutefois nous demandons un respect mutuel, nous attendons de meilleures intentions, plus de coopération et une garantie constitutionnelle à l'identité kurde.

Cette approche sincère nous permettra d'aboutir à une résolution du problème, viable et de longue durée. Durant ces 5 dernières années, par le cessez le feu unilatéral et l'adoption de stratégies pacifiques et démocratiques, le peuple kurde a montré qu'il était prêt à faire les efforts nécessaires pour aboutir à une solution pacifique. Ce que demande le peuple kurde c'est d'être reconnu officiellement. Il veut tout simplement jouir de ses droits linguistiques, culturels et politiques.

Une large partie des pays membres a eu des problèmes similaires, mais des pays comme l'Espagne, la Belgique et la Grande- Bretagne ont obtenu de très bons résultats par la voie du dialogue. Pourquoi l'approche du problème kurde serait-elle différente? La résolution de la question kurde ne pourrait-elle pas se faire par la voie du dialogue?

Quand on observe le problème, on remarque cette évidence: si l'on veut trouver une solution à la question kurde et permettre la démocratisation de la Turquie,il faut nécessairement que l'identité kurde soit reconnue. Tous les obstacles s'opposant à l'existence des organisations kurdes doivent être supprimés. Pour que ces organisations puissent vivre, elles ont besoin d'une plus grande liberté d'action. La solution passe par le dialogue et non pas par les méthodes militaires.

Nous avons des doutes relativement aux intentions du gouvernement turc quant à  l'acceptation des standards européens à propos des droits kurdes. C'est évident que la Turquie essaie d'imposer son interprétation des critères de Copenhague. Les buts à court et à long termes, déclarés dans le document de partenariat rendu public le 8 Novembre 2000 par le Conseil de l'Europe, restent sujets à des possibles réinterprétations.

Les problèmes fondamentaux des réformes en Turquie

Nous  attirons l'attention de l'Union Européenne sur  les risques encourus si la question kurde et celle de la démocratisation de la Turquie sont minimisées.

* Au niveau judiciaire, la Turquie est armée d'un appareil qui interdit toute opposition dans le pays. Plus de 750 paragraphes existent dans la constitution turque interdisant la liberté de la parole, la création d'associations, l'éducation et la publication du kurde.

* Le Premier Ministre Recep Tayyip Erdogan utilise continuellement le mot Œtolérance zéro' pour expliquer la politique du gouvernement sur les questions des Droits de l'Homme (notamment torture).  Pourtant, plutôt que la Œtolérance zéro', on a affaire à un véritable problème de Œtolérance' des abus judiciaires et des tortures. C'est ce qu'affirment tous les rapports publiés par les fondations et les organisations des Droits de l'Homme.

* La Turquie ne se préoccupe pas d'honorer sa signature des accords internationaux. Par exemple, la Turquie avait déjà signé l'accord des Nations Unies sur les droits sociaux et internationaux (droits économiques, sociaux et culturels) ; malgré cela, elle ignore totalement les droits des minorités et les droits à l'éducation.

1. L'identité kurde est toujours niée en Turquie.
2. La pluralité des cultures est totalement refusée. La liberté culturelle et les droits des groupes ethniques et linguistiques sont interdits.
3. Des mesures répressives continuent d'être appliquées par les tribunaux concernant les « délits d'opinion et la liberté d'association ».
4. La poursuite de la restriction de la langue kurde dans les médias et dans l'éducation a encouragé l'Etat turc à intensifier sa politique d'assimilation des Kurdes. Dans ces conditions, il devient impossible de profiter des avantages de l'assistance proposée par les programmes de soutien de l'UE, en particulier le MEDA.
5. L'Etat turc persiste dans son refus de la décentralisation du pays.
6. La concrétisation des politiques de développement économique ne se fait que dans les seules régions Ouest du pays (à majorité turque). Par ailleurs, il est intéressant de signaler que les régions de l'Ouest prennent aussi les décisions pour les régions de l'Est.
7. Il y a un rejet de la solution pacifique et politique de la question kurde. De même que
le dialogue avec les représentants du peuple kurde n'est même pas envisagé.
8. L'armée continue de garder le contrôle des affaires politiques du pays.
9. La répression des journalistes et des intellectuels continue.
10. La torture psychologique et physique, de pratique courante, reste d'actualité.

Conditions préalables aux demandes kurdes :

Pour recouvrer la stabilité, la liberté et la démocratie de manière permanente, les conditions suivantes doivent être satisfaites. Le respect et l'interprétation de ces critères passent par l'acceptation de ces propositions qui sont essentielles dans la recherche d'une solution au conflit.

* Un comité central doit être créé pour gérer les relations Turquie-Union Européenne (en dialoguant également avec la partie kurde) et permettre de recouvrer la stabilité dans les régions kurdes et l'application réelle  des critères de Copenhague.

* Considérant que les Kurdes sont l'une des composantes premières de l'Etat turc, un plan d'action d'urgence doit être mis en place pour trouver une solution au problème kurde.

* L'Union Européenne doit devenir un arbitre impartial pour la résolution de la question kurde en soutenant un cessez- le- feu bilatéral.

Pour cela :

1. Les opérations militaires dans les régions kurdes doivent prendre fin.

2. Le système militaire en place dans la zone kurde doit être réduit.

3. Tous les éléments de la loi martiale doivent être supprimés et le protectorat de village aboli.

4. La loi de repentance doit être revue et remplacée par une amnistie plus générale qui englobe l'ensemble des prisonniers politiques, dont Abdullah OCALAN.

5. Les résolutions du Parlement Européen et du Conseil de l'Europe concernant le problème kurde doivent être respectées.

6. Toutes les villes et villages détruits par l'armée turque doivent être reconstruits. Les exilés doivent obtenir le droit de retour au village ainsi qu'un dédommagement.

7. Les droits dont profite le peuple turc doivent aussi être appliqués à la population kurde.

8. Une reconnaissance officielle et totale de l'identité, de la culture et de la langue kurde est nécessaire.

9. Des centres de développement de la culture et de l'histoire kurde doivent être fondés.

10. Les villes et régions kurdes doivent être rebaptisées dans leur nom d'origine.

11. Une réforme du système judiciaire doit être adoptée ,qui  permette de retrouver une pluralité culturelle et politique.

12. Un plan économique et social doit être adopté pour le développement de la région kurde.

13. L'administration doit être décentralisée  afin de permettre aux collectivités locales de mieux se gérer.

14. Toutes les interdictions et les obstacles pesant sur les organisations kurdes doivent être supprimés.

La position des Kurdes

Pour résoudre effectivement ce problème, les Kurdes et les Turcs doivent avancer à pas concrets dans la recherche d'une solution pacifique par la voie du dialogue ouvert. Chacune des parties se doit d'accepter le compromis.

Pour rassurer le gouvernement turc concernant l'intégrité du territoire national , les conventions et les principes de l'Union Européenne, du Conseil de l'Europe et des Kurdes, les organisations politiques, sociales et culturelles kurdes déclarent solennellement qu'elles respecteront les principes suivants :

1. L'intégrité du territoire turc.

2. L'arrêt de toute résistance armée ; la reconnaissance de la lutte politique comme seule méthode de recherche de résolution du problème kurde.

3. Le respect des standards européens définis par les principes démocratiques énoncés par l'Union Européenne en matière de justice, d'économie et de Droits de l'Homme. (Comité des relations internationales du Kongra-Gel, 3 octobre 2004)

Un soldat turc tué et 3 blessés dans des combats avec les militants kurdes

Un soldat turc a été tué et trois autres soldats ont été blessés samedi au cours d'affrontements avec des militants kurdes dans l'est de la Turquie, a annoncé l'agence Anatolie.

Les affrontements ont éclaté au cours d'une opération de sécurité, soutenue par l'aviation, à proximité de la région rurale de Kutuderesi dans la province de Tuncelli, précise Anatolie.

L'agence ajoute que les combats se poursuivent contre des membres du Parti des Travailleurs Kurde (PKK) dissous et reconstitué sous le nom de KONGRA-EL, qui mène la lutte contre Ankara depuis vingt ans. (AFP, 2 october 2004)

La police turque arrête un Kurde soupçonné de préparer des attentats

Un Kurde soupçonné de préparer des attentats à la bombe a été arrêté à Istanbul par la police turque, qui a également saisi dans l'est du pays des explosifs qui appartiendraient à des rebelles kurdes, a rapporté samedi l'agence Anatolie.

La police d'Istanbul a indiqué dans un communiqué repris par Anatolie avoir arrêté un Kurde qu'elle soupçonne d'avoir été envoyé dans la capitale économique pour y commettre des "attentats sensationnels" après avoir reçu un entraînement politique et militaire dans des camps appartenant au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, rebaptisé Kongra-Gel).
 Sept autres personnes, dont deux femmes et deux mineurs, ont également été arrêtées par la police qui les soupçonnent d'avoir fourni une assistance logistique au suspect principal.

Dans la province orientale de Van, la police antiterroriste a saisi près de 47 kg d'explosifs C-4, 169 grenades et plus de 3.000 balles pour kalachnikov.

Les armes, qui appartiennent selon la police au Kongra-Gel, ont été découvertes dans un camion qui entrait dans la province de Van et son chauffeur a été arrêté.

Le PKK a mis fin en juin à une trêve unilatérale décrétée en 1999. Les combats qui avaient pratiquement cessé dans le Sud-Est anatolien après 15 ans de lutte armée des rebelles kurdes (1984-1999) pour la création d'un Etat kurde indépendant, ont depuis repris. (AFP, 2 october 2004)

Minorités / Minorities

Recours d'Arméniens de France concernant l'adhésion de Turquie

Des représentants de la communauté arménienne de France vont déposer un recours devant le Conseil d'Etat pour demander au président Jacques Chirac de s'opposer à l'ouverture de négociations d'adhésion de la Turquie à l'Union européenne tant qu'Ankara n'aura pas reconnu le génocide arménien, a-t-on appris auprès de leur avocat.

Les demandeurs, dont l'association Euro-Arménie, basée à Marseille, et le conseil de coordination des organisations arméniennes de France Marseille-Provence, veulent "protester contre la volonté du président Jacques Chirac de ne pas subordonner l'ouverture des négociations à la reconnaissance préalable du génocide arménien", a précisé Me Philippe Krikorian.

Le recours devant le Conseil d'Etat, la plus haute juridiction administrative française, "sera déposé dans les prochains jours".

"A 50 jours" du sommet européen de Bruxelles des 16 et 17 décembre qui doit se prononcer sur l'ouverture des négociations, il s'agit de "dénoncer la violation par le gouvernement français des termes de la résolution du Parlement européen du 18 juin 1987 et de la loi française de janvier 2001 reconnaissant le génocide de 1915", a ajouté Jean-Pierre Berberian, porte-parole d'Euro-Arménie et conseiller municipal de Marseille.

"Non seulement Jacques Chirac agit en violation du droit, il le fait contre la volonté d'une majorité de Français opposés à l'adhésion de la Turquie", a-t-il affirmé.

La communauté arménienne de Marseille compte environ 80.000 personnes, sur un total de quelque 450.000 en France.

M. Chirac a redit cette semaine sa "conviction que l'intérêt de la France et celui de l'Europe est qu'à terme la Turquie puisse rejoindre l'UE si toutes les conditions sont remplies", tout en soulignant que "les résultats ne sont pas acquis d'avance". (AFP, 29 octobre 2004)

A study of the legal status of religious communities and clergy in  Turkey

For years, Turkey has been knocking on the door of the European Union and negotiations will certainly start in the near future.

At the 2002 EU summit in Copenhagen it was decided that the 2004 Regular Report of the European Commission on Turkey's progress towards accession should provide the basis for a vote on the opening of accession negotiations with Turkey. Accession is contingent upon fulfillment of the Copenhagen criteria: democracy, rule of law, human rights, respect for and protection of minorities.

Christian communities are religious minorities in Turkey. While Turkish Muslims of all faiths enjoy religious freedom in the EU, non-Muslim minorities in Turkey complain about their lack of freedom and about the lack of political support in the EU.

Ongoing institutionalization of Islam in Belgium could be a good start for testing Turkey's will to accept the principle of reciprocity in religious matters.

No legal status for Christian communities in Turkey

In Turkey, non-Muslim religious communities do not have a legal status recognized by the state. "In a joint Open Letter of 23 September 2003 On the Religious Needs of Christian and Non-Islamic Minorities in Turkey the main churches called upon the Turkish government to recognize the legal personality of all Christian Patriarchates and churches and remove all legal obstacles to such recognition. While the Turkish Foreign Ministry addressed the relevant demands contained in the memoranda of the Vatican Secretariat of State of 5 July 2002 and 21 September 2002 in a memorandum dated 20 December 2002, finding that the granting of legal status to a "community" or "religious group", for example to the members of the Catholic Church, was irreconcilable with the constitutional principle of the secular state and that moreover Turkey had no treaty obligations to the Catholic Church or any other "community" which would provide for the recognition of a legal status, no government authority has yet reacted to the churches' joint letter of 23 September 2003." (*)

Severe restrictions on the activities of foreign church personnel in Turkey

"Apart from the Roman Catholic Church and the congregations attached to diplomatic missions, churches in Turkey are not allowed to employ any foreign church personnel. Given the dwindling staffs of the churches, it is to be feared that the smaller communities will soon have no more church personnel of Turkish origin. Against this background a glimmer of hope seemed to be offered by Law No. 4817 on Work Permits for Foreigners of 6.3.2003 and the Implementing Regulation for the Law on Work Permits for Foreigners of 29.8.2003 issued by the Turkish Employment Ministry. These regulations do not apply to foreign clergy, however." (*)

Legal situation of Muslim communities and imams in Belgium

Muslims number around 400,000 in Belgium and Turkish Muslims, about 112,000, on a total population of 10 million inhabitants.

Islam has been recognized by the state since 1974. State recognition entails state financing of Islam. Since 1998, the official interlocutor of the Belgian state has been the Executive of the Muslims of Belgium, which is financed by the Ministry of Justice in charge of religious affairs. The selection of the members of the Executive was made by the members of the General Assembly, elected by the Muslim community of Belgium in December 1998. Muslims have created numerous non-profit associations for religious, social and cultural purposes. The first mosque associations were created in 1975. There are now 328 and 88 of them are Turkish. About half of the Turkish mosques are under the authority of the Diyanet (the Turkish Directorate for Religious Affairs of the Turkish State) and the other mosques mainly depend on the Milli Görüs, Süleymanli and the Belgian Federation of the Alevi Associations.

Every month, the imams of the Diyanet mosques meet with the Diyanet representative for religious affairs in Brussels. Diyanet imams number 50. They are trained, recruited and paid by the Turkish State. They are sent to Belgium (and other countries) for a period of three years.

Since 1 January 2002, mosque associations have been under the supervision of three regional parliaments and not any more of the Federal Parliament. In the Flemish Region, 162 mosques have applied for state recognition; in the Walloon Region, 89 and in the Region of Brussels Capital City 77. When recognized by the relevant authorities, the activities of mosques and imams will be financed by the Belgian State. Projects of training centres for imams to be financed by the Belgian State are also seriously examined.

Human Rights Without Frontiers recommendsŠ

to the Turkish authorities

- to grant to non-Muslim religious communities, freedom of association, the right to train their own clergy in Turkey and/or to employ foreign church personnel, when needed;

to the Belgian government, to the governments of the EU member states

- to urge the Turkish government to amend its legislation so that religious ministers of non-Muslim minorities can enjoy the same rights and the same freedoms that have been granted to Turkish imams and Muslims in their country;

to the European Parliament

- to pursue the dialogue with the Turkish state on the basis of the 2001 Accession Partnership between EU and Turkey which maps out the medium-term priority with regard to freedom of worship and religion as follows:

"Guarantee full enjoyment by all individuals without any discrimination and irrespective of their language, race, colour, sex, political opinion, philosophical belief or religion of all human rights and fundamental freedoms. Further develop conditions for the enjoyment of freedom of thought, conscience and religion." (Human Rights Without Frontiers, October 26, 2004)

(*) Source: Human Rights - Turkey on the Road to Europe - Religious Freedom? Ed. Dr. Otmar Oehringer, Missio/ Pontifical Mission Society, Human Rights Office. Email: humanrights@missio-aachen.de <mailto:humanrights@missio-aachen.de>

Tayyip Erdogan nie le génocide arménien à Paris

Lors d'un débat organisé le 20 octobre 2004 par l'Institut français des relations internationales (IFRI) à Paris à l'occasion de son 25ème anniversaire M. Erdogan a contesté la réalité du génocide arménien."Ceux qui prétendent qu'il y a eu un génocide arménien n'ont pas eu l'occasion d'étudier les archives ottomanes", a-t-il dit.

"S'ils le font, ils verront qu'il y a des tableaux très différents", a-t-il affirmé. "Cette question ne peut pas être résolue par une méthode parlementaire mais par une méthode scientifique, par les historiens", a-t-il poursuivi.

"En utilisant une approche idéologique, émotionnelle, raciste, on complique la tâche", a-t-il souligné, répondant à une question posée par Simone Veil, ancienne présidente du Parlement européen et ancienne déportée par les nazis Erdogan a persisté dans ses mensonges lors d'une conférence de presse donné jeudi à l'Ocde.

Interrogé par deux journalistes sur la non-reconnaissance par Ankara du génocide de 1915, qui constitue l'un des obstacles au processus d'adhésion, le Premier ministre turc a prétendu que son pays n'avait "pas de problème au sujet du génocide arménien". Le chef du gouvernement turc a invité les historiens arméniens à venir étudier les archives ottomanes qui "sont ouvertes". "Une fois que cette question sera débattue de façon objective, on verra ce qu'il en retourne", a-t-il ajouté.

Réaction du collectif VAN

Une quinzaine de membres du Collectif VAN (Vigilance Arménienne contre le Négationnisme) ont manifesté leur colère ce midi à la sortie du Point-Presse tenu par le premier Ministre turc Erdogan, dans les locaux de l'OCDE (Paris XVIème).

Le Collectif VAN s'insurge contre les propos révisionnistes de Erdogan, du même type que ceux tenus par Monsieur Bruno Gollnisch à propos des chambres à gaz, et qui lui valent des poursuites pénales. Lors de ce Point-Presse, deux questions (la seconde et la troisième) ont concerné le Génocide ainsi que l'article 305 du Nouveau Code Pénal turc punissant de 10 années de prison l'affirmation d'un Génocide Arménien. Le premier ministre turc, a manifesté son mécontentement, obligeant ainsi les organisateurs à stopper les questions relatives à ce sujet.

Devant les caméras de TF1, les militants du Collectif VAN ont déployé leurs banderoles (" Non à la Turquie de la Haine dans l'Union Européenne "), ainsi que des panneaux où étaient placardées des photos du Génocide Arménien, avec les inscriptions "Génocide Arménien, Génocide Exemplaire", tout en scandant "Génocide Oublié, Europe Bousillée".

Les militants du Collectif VAN se sont accrochés aux grilles du siège de l'OCDE, avant d'être refoulés vers une impasse par les forces de police qui leur ont arraché leurs banderoles.

A l'heure où la Turquie s'apprête à signer et ratifier le traité de Rome instituant la Cour pénale internationale (CPI), chargée de juger les crimes de guerre et contre l'humanité, nous Français d'origine arménienne, considérons comme une provocation les déclarations des autorités turques et réclamons des instances nationales et européennes un sursaut pour ne pas entamer le processus d'adhésion d'un pays qui pratique un négationnisme d'Etat. (Armennews, 22 octobre 2004)

La première convention des Arméniens d'Europe

La première Convention des Arméniens d'Europe, organisée ces 18 et 19 octobre au Parlement européen par la Fédération Euro-Arménienne s'est révélée un franc succès. Plus de deux cent citoyens européens d'origine arménienne, responsables associatifs ou simples particuliers, issus de seize pays, sont venus participer aux débats organisés dans le cadre de trois sessions respectivement consacrées à l'identité et à la culture arménienne en Europe, aux relations entre l'Arménie et l'Union européenne et aux enjeux de l'Elargissement.

Outre de nombreux officiels européens ou arméniens, de hauts dignitaires religieux représentant les deux Catholicos de l'Eglise Apostolique Arménienne et un représentant civil du Patriarche de l'Eglise Catholique Arménienne ont honoré la Convention de leur présence, tout comme M. Ruben Shugarian, le vice-ministre arménien des Affaires Etrangères.

Lors de son allocution d'ouverture, M. Francis Wurtz, Président de la Gauche Unie Européenne (GUE), le groupe invitant, a déclaré que "sur la question arménienne, la GUE avait de tout temps soutenu les revendications arméniennes dans le cadre du droit à la mémoire et à la dignité mais aussi en conformité avec le droits des peuples à disposer d'eux-mêmes".

La Convention fut l'occasion de passer en revue de nombreuses questions, allant de la Politique de Nouveau Voisinage de la Commission européenne, à la question de la préservation et du développement de la langue arménienne en diaspora. Au cours de la seconde session, l'ambassadeur d'Arménie auprès de l'Union européenne, M. Vicken Tchitetchian, a remis à M. Demetrio Volcic, sénateur italien et ancien parlementaire européen, la médaille Mekhitar Gosh, l'une des plus hautes distinctions officielles arméniennes. En marge des sessions, des rencontres avaient été organisées entre des délégations nationales issues de différents pays et leur Représentation Permanente auprès de l'Union, ainsi qu'avec la Présidence du Parlement.

La Convention s'est conclue par l'adoption d'une Charte que Hilda Tchoboian, la Présidente de la Fédération Euro-Arménienne, a présentée à un panel de journalistes lors de la conférence de presse finale. Sur le sujet attendu de la candidature turque à l'Union européenne, Hilda Tchoboian a déclaré que "la Turquie a exprimé par le Génocide des Arméniens - la nation qui portait les valeurs des Lumières dans l'Empire Ottoman - son rejet de la modernité européenne". Elle a mis en garde les responsables de l'Union sur l'intégration d'un Etat qui par sa politique négationniste persiste à exprimer un tel rejet et qui "contribue par son attitude à menacer la stabilité régionale et le droit à la sécurité et la vie du peuple arménien". Précisant que "au regard du Droit International et de sa pratique, la Turquie actuelle reste responsable de ce génocide en tant qu' Etat successeur", elle a conclu qu'on ne peut "amener artificiellement un peuple à la modernité par l'usage de contraintes exogènes".  (FEAJD/CDCA, 20 octobre 2004)

Another Armenian Reaction against the European Commission's report

April 24 Committee of the Federation of Armenian Organizations in The Netherlands issued the following communique on European Commission's Recommendation concerning Turkey:

"The Armenian Federation cannot share the conclusion of the Commission to give conditional green light to Turkey for commencing the negotiations when this is against the background of such a large number of shortcomings in the areas of among others human rights, rights of minorities, freedom of religion and freedom of expression. Moreover, a large section of observed progress has not yet been implemented. In fact, in this respect, almost none of the Copenhagen criteria have been effectively met, whereas according to the agreement with Turkey a date for negotiations would only be set if this would be the case.

"In the opinion of the Federation, the European Council can do nothing more but to postpone the decision in December concerning the question of whether or not to commence the negotiations.

"Specifically concerning the Armenians, the recommendation of the Commission has shortcomings on a number of points.

"- The recommendation bypasses with great deviation the Armenian problems and thereby misses a unique opportunity to bring the solution of these problems a step closer. It takes a distance from the problems of the denial of the Armenian Genocide, which is conducted strongly by the Turkish government (and on the homepage of each government site) up to the present. The solution of this question does not lie in the ignorance of the requirements for a democratic rule of law. In Turkey, however, this issue is a complete taboo and therefore it is pre-eminently suitable as a "litmus test" to find out whether Turkey is ready or not for the negotiations. However, Verheugen has not carried out this litmus test. As such, the impression is given that this matter is again buried, not only for the Armenians inside and outside of Turkey, but also for the Turkish reformists who need European support for opening discussion on this dragging issue.

"- Thereby it is striking that the recommendation of the Commission absolutely does not mention the Armenian element anywhere, nor as a minority, nor concerning religion, nor as a neighboring country etc. This is even more remarkable as other questions are mentioned with appropriate terms. As a result, the Armenian matter is threatened to be swept under the rug.

"- Where a lot of questions are raised clearly for discussion in the recommendation, like matters concerning torture, the fact that Turkey keeps the border with Armenia closed and does not wish to maintain diplomatic relations with Armenia is mentioned nowhere. Leaving the problems with Armenia undefined leads to a cryptic description of the good relation with neighboring countries required by Europe. The Commission then states that "The prospect of accession should lead to improving bilateral relations between Turkey and its neighbours in line with principles of reconciliation on which the European Union is founded². The question is whether such a vague formulation can give sufficient impetus to Turkey to act upon the necessary conditions concerning the border with Armenia.

"- The Commission identifies that the new Penal Code provides only limited progress as regards, for example, freedom of expression. The Federation hereby points out, for example, Article 306 of the new Penal Code, which states that activities against national interests are liable to a fine. According to information of the Federation, the remarks in this Article mention as examples such activities as stating that the Armenian Genocide took place and speaking of withdrawal of the Turkish army from Cyprus. Irregardless, it is obvious that guarantees are necessary for open discussions of loaded subjects in Turkey as regards the changes that the Commission supports, for instance concerning the requested reconciliation with neighboring states. However, these guarantees are entirely lacking. As such, the denial of the Armenian Genocide remains the cornerstone of Turkish policy, in which neither changes nor reconciliation are be to expected. With respect to Cyprus the mentioned remarks are alien to the Turkish promise to seek for a reunited Cyprus.

"With this position, the recommendation does not take into account about a million Europeans of Armenian descent whose presence in Europe is a direct consequence of Turkey's actions in the past. Moreover, it does not render justice to the recognition of the Armenian Genocide by many European Member States and the European Parliament.

"The attitude of Turkey regarding the Armenian Genocide does not fit in the community of norms and values which Europe wants to be and thus it cannot be left to its own devices without the EU considering to reject it.

"The Armenian Federation calls on the European leaders to refuse green light for the negotiations on December 17 without clear promises to end the denial of the Armenian Genocide by Turkey, so that a first step can be taken to the highly necessary reconciliation with Armenia and with it to bring an end to the tensions of the border with Armenia." (april24committee@wanadoo.nl, October 20, 2004)

La Conférence des églises préoccupée de la situation des minorités chrétiennes

La Conférence des Eglises européennes estime que l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne n'est pas une question de différences religieuses, mais soulève la "question très préoccupante de la situation des minorités chrétiennes", selon une déclaration reçue jeudi.

"Pour les Eglises, l'adhésion de la Turquie à l'UE n'est pas une question de différences religieuses", juge cette organisation qui rassemble 126 églises d'Europe appartenant aux confessions anglicanes, orthodoxes, protestantes et vieille catholique.

"A terme, l'entrée de la Turquie dans l'Union pourrait même avoir des répercussions positives sur la bonne évolution des relations entre les diverses religions et cultures en Europe et pourrait constituer la pierre d'angle d'un pont entre les mondes chrétien et musulman", selon le texte.

"Pour nous, l'accession de la Turquie correspond à une certaine vision de l'Europe", explique à l'AFP le président de la Conférence des Eglises européennes, le pasteur Jean-Arnold de Clermont, également président de la Fédération protestante de France (FPF).

"Les églises orthodoxe, protestante, catholique, arménienne ne sont pas respectées, elles n'ont même pas d'existence légale en Turquie", ajoute le pasteur de Clermont. "Toutes ces églises demandent l'accession de la Turquie dans l'UE car si l'Europe ne baisse pas pavillon ce sera avec les critères de Copenhague donc le respect des minorités religieuses".

"On ne peut faire fi de la question du génocide arménien", poursuit-il, "la Turquie a un passé de relations difficiles avec l'Europe, il faut qu'elle accepte que l'on relise notre histoire ensemble". (AFP, 15 octobre 2004)

Armenia Hits Out At EU For Green Light To Turkey

Armenia expressed on Monday its strong opposition to Turkey's membership of the European Union, with Foreign Minister Vartan Oskanian accusing the bloc of turning a blind eye to the decade-long Turkish blockade of his country.

The Turkish entry into the EU appeared to become a matter of time last week when its main executive body, the European Commission, formally recommended the member countries to begin accession talks with Ankara. The decision was criticized by Oskanian in unusually strong terms.

"When a country continues to keep the border [with Armenia] closed, criminalizes the use of the word genocide just a few weeks before that decision ... and the European Union turns a blind eye to that, we can only be seriously concerned," he said. "Is this more of a political expediency than a real process of meeting EU standards?"

"We believe that Turkey did not deserve to get the right to begin accession talks with the European Union at this point," he added.

In one of its three reports justifying the recommendation, the European Commission called on Turkey to establish diplomatic relations and open its border with Armenia. But unlike the European Parliament, the Commission did not list that as a precondition for the Turkish membership.

In a June 2003 resolution, the EU's legislative body also reaffirmed its recognition of the 1915 mass killings of Armenians in the Ottoman Empire as genocide. The Commission report, by contrast, only makes a vague reference to "the human suffering in the region in 1915/1916."

The strong Armenian criticism of the EU comes only two weeks after Oskanian's meeting in New York with Turkish Foreign Abdullah Gul. In an interview with RFE/RL last week, Oskanian sounded very disappointed with the talks, saying that they marked no further progress towards the normalization of Turkish-Armenian ties. He also openly accused the Turks of backtracking on their earlier pledges to open the Armenian border.

Oskanian was speaking on Monday at a joint news conference in Yerevan with Jan Petersen, his visiting Norwegian counterpart. Petersen declined to comment on Turkish membership of the EU, arguing that his country is not a member of the bloc.

Petersen, whose country currently holds the rotating presidency of the Council of Europe, instead discussed with Oskanian and President Robert Kocharian Armenia's membership commitments to the Strasbourg-based organization. He said their fulfillment is essential for Armenia's political and economic development.

"The minister brought up issues regarding our commitments such as constitutional reform, some legislative changes," Oskanian told reporters. "We discussed prospects and time frames for the realization of that process." (Arminfo, 12 octobre 2004)

Le consul général de Turquie poursuivi pour négation du génocide arménien

"Le soi-disant génocide". Cette expression et la négation présumée du massacre du peuple arménien par les Turcs défendue sur le site internet du consulat de Turquie à Paris a valu au consul général, Aydin Sezgin, un procès lundi devant le tribunal de grande instance de Paris.

Le comité de défense de la cause arménienne (CDCA) est à l'origine des poursuites contre Aydin Sezgin, absent lundi, et la société Wanadoo qui héberge le site internet du consulat où sont publié les textes incriminés sous le titre "allégations arméniennes et faits historiques".

Le CDCA réclame un euro symbolique de dommages et intérêts.

"Que la Turquie veuille remanier son histoire, c'est son problème. Mais il y a des règles de dignité que la Turquie doit respecter", a souligné Me Patrick Arapian, l'avocat du CDCA rappelant que près d'un million et demi d'Arméniens ont été massacrés en 1915 par les Turcs.

Me Serge Tativian, le deuxième avocat des demandeurs, a insisté pour sa part sur la volonté d'Ankara de "noyer le génocide arménien dans le contexte historique de la première guerre mondiale". "On oublie volontairement des faits historiques importants pour dire finalement que le génocide n'a pas existé", s'est-il indigné.

Enfin, Me Bernard Johanneau, le troisième avocat du CDCA, a souligné qu'une loi française a reconnu l'existence de ce génocide. Et qu'en Turquie, alors que pourraient s'ouvrir des négociations sur l'adhésion du pays à l'UE, toute personne portant atteinte à l'intérêt de l'Etat en évoquant l'existence du génocide est encore passible de trois à dix ans de prison.

La défense d'Aydin Sezgin a invoqué l'immunité consulaire dont bénéficie son client. Une position soutenue par le procureur de la République Pascal Le Fur qui a conclu à l'incompétence du tribunal au regard du droit international.

Me Dominique Borde, l'avocat du consul, a estimé par ailleurs que la position défendue sur le site internet était celle de la Turquie et non pas celle de son client. Il a soutenu que le tribunal ne pouvait sanctionner le site car cela équivaudrait à la "violation de la souveraineté d'un Etat".

Le jugement a été mis en délibéré au 15 novembre. (AP, 11 octobre 2004)

Une bombe artisanale vise le Patriarcat orthodoxe d'Istanbul

Une bombe artisanale a été lancée dans la nuit de lundi à mardi contre le Patriarcat orthodoxe d'Istanbul, causant des dégâts matériels limités mais ne faisant pas de victime, a rapporté l'agence de presse Anatolie.

La bombe, qui, selon des sources policières citées par Anatolie, a été jetée par-dessus le mur d'enceinte du Patriarcat, a explosé dans le jardin de cette institution, soufflant quelques vitres et endommageant légèrement le toit de la cathédrale attenante.

Le Patriarcat oecuménique d'Istanbul est la plus haute autorité du monde orthodoxe.

 Début septembre, un millier de personnes avaient manifesté à l'appel d'une organisation ultra-nationaliste devant le patriarcat et avaient brûlé une marionnette à l'effigie du patriarche oecuménique Bartholomée Ier, primat d'honneur de l'orthodoxie.

Les manifestants entendaient "dénoncer" les efforts menés par ce dernier en vue de la réouverture d'un séminaire orthodoxe fermé en 1971 et situé sur l'île turque de Heybeliada. (AFP, 7 octobre 2004)

Une association arménienne dénonce "l'indulgence" de la Commission

Une association de défense des Arméniens dénonce jeudi "l'indulgence" de la Commission européenne à l'égard de la Turquie et souhaite qu'il n'y ait "pas de Turquie dans l'Union européenne sans reconnaissance du génocide des Arméniens" de 1915.

Dans un communiqué, le Comité français de défense de la cause arménienne (CDCA), a exprimé sa "profonde déception" à propos du rapport de la Commission recommandant l'ouverture conditionnelle des négociations d'adhésion à l'UE avec la Turquie.

L'association "dénonce l'indulgence avec laquelle la Commission européenne traite un Etat négationniste, responsable d'un crime contre l'humanité", et souhaite que le président de la République Jacques Chirac transmette au Conseil européen du 17 décembre "la position des citoyens français d'origine arménienne: pas de Turquie dans l'Union européenne sans reconnaissance du génocide des Arméniens".

La Commission européenne a officiellement recommandé mercredi aux dirigeants de l'UE l'ouverture de négociations d'adhésion avec la Turquie, mais fixé des conditions très strictes à la conduite de tels pourparlers.

La décision finale sur l'ouverture de ces négociations sera prise par les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne le 17 décembre prochain. (AFP, 6 octobre 2004)

IPA calls for free expression on Armenian genocide

Publishers call out to Romano Prodi and successor José Manuel Barroso to put an end to the criminalization of the expression of the Armenian Genocide

On 4 October 2004, the International Publishers' Association (IPA) sent a letter to the Dutch Presidency of the European Union (EU) and to the President of the EU Commission, Mr. Romano Prodi (as well as incoming President José-Manuel Barroso), seeking their assistance in calling upon the Turkish Authorities to abandon the criminalization of expression of the Armenian Genocide, a measure jeopardizing freedom of expression and freedom to publish.

According to Article 306 of the new Turkish Penal Code adopted on 27 September 2004, a citizen who demands the withdrawal of Turkish soldiers from Cyprus or declares that the Armenian genocide actually took place during the First World War can be pursued by virtue of Article 306. Prison sentences range from "three to ten years".

Says Lars Grahn, President of the IPA Freedom to Publish Committee: "The criminalization of the expression of the Armenian Genocide amounts to an unjustified limitation of 'freedom of expression', a fundamental right which is guaranteed under numerous international instruments to which Turkey is a party".

Says Ana Maria Cabanellas, President of the IPA: "The many reform packages adopted in Turkey thus far are in part designed to improve Turkey's freedom of expression record by amending various provisions of Turkey's major legisl ation. IPA welcomes these changes. However, it is fundamental that these legislative measures are implemented effectively. This effort must now include amending Article 306 of the new Penal Code".(IPA/IFEX, 4 october 2004)

L'UE, un fragile espoir d'avenir pour les communautés chrétiennes d'Istanbul

Andrea est "rum", Tarin arménienne, Giovanni levantin. Des siècles durant, leurs communautés ont fait office de passeurs entre l'Empire ottoman et l'Europe. Tous trois prônent l'adhésion de la Turquie à l'UE, fragile espoir de salut pour leurs cultures aujourd'hui déclinantes.

Andrea Rombopulos dirige et rédige seul Iho, un des deux quotidiens de langue grecque encore publiés en Turquie et lu, à ses dires, par 80% des "Rums" -- les Grecs de nationalité turque, dénommés "Romains" en référence à l'Empire romain d'Orient dont ils sont les descendants -- d'Istanbul, soit environ 1.600 personnes.

Pour lui, l'adhésion turque à l'UE permettrait de mettre fin aux tracasseries subies par les Rums lorsqu'ils tentent de faire valoir les droits de leur communauté.

"Nous disposons d'une soixantaine de fondations qui gérent nos écoles et nos églises. Mais l'Etat, en interdisant depuis 37 ans toute élection pour renouveler leurs dirigeants et en confisquant parfois leurs biens, les empêche de fonctionner", cite, entres autres griefs, le journaliste.

Mais la Turquie dans l'UE, ce serait surtout, selon lui, le meilleur moyen d'assurer un futur à une communauté bien mal en point.

Dans les locaux de son journal, un hôtel particulier bâti au XIXe siècle par la grande famille de banquiers rums Zarifi, qui atteste autant de la grandeur passée des Grecs d'Istanbul que de leur déclin actuel, Andrea est formel: "Nous sommes sur le point de disparaître".

Le salut réside dans l'UE, explique-t-il: "Avec l'UE, les entreprises vont investir en Turquie. Elles auront besoin d'un personnel qui sache commercer avec les Turcs et pour ça, les Grecs sont les mieux placés. Si de nouvelles familles s'implantent à Istanbul, notre culture sera peut-être sauvée".

Tarin Karakasli, du journal arménien Agos, partage les mêmes espoirs pour sa propre communauté.

"L'entrée de la Turquie dans l'UE, cela signifie la normalisation de ses relations avec l'Arménie. Pour nous qui vivons dans l'ombre de nos ancêtres, ce sera comme une source d'eau fraîche pour une gorge désséchée", prédit la journaliste.

La jeune femme plaide avec ferveur pour une adhésion rapide de la Turquie, s'opposant en cela à la diaspora arménienne qui estime qu'Ankara doit au préalable reconnaître le caractère génocidaire des massacres perpétrés en 1915 par l'Empire ottoman.

"A Agos, on pense que seul un pays pleinement démocratique peut questionner son passé", estime la journaliste. Pour elle, seul le processus de démocratisation qui accompagnera les négociations d'adhésion permettra à la société turque de vaincre ses refoulements, et aux quelques 50.000 Arméniens de Turquie de se libérer du fardeau de leur passé.

Petit-fils d'un cuisinier napolitain émigré à Istanbul au milieu du XIXe siècle et lié, par le côté maternel, aux Italiens établis dans les îles grecques, Giovanni Scognamillo, 75 ans, est un Levantin, terme qui désigne les catholiques romains, plus rarement les protestants, nés sur le sol turc.

L'extinction de sa communauté, qu'il évalue aujourd'hui à quelques centaines d'âmes établies à Istanbul et Izmir, paraît inéluctable à ce touche à tout, qui a successivement exercé les professions de libraire, décorateur, employé de banque, assistant réalisateur, journaliste et écrivain.

"Ma génération est la dernière génération de Levantins, estime-t-il sans nostalgie, maintenant les jeunes s'installent à l'étranger".

S'il se déclare favorable à l'entrée de la Turquie dans l'UE, le vieil homme n'entretient pas de grands espoirs pour sa communauté.

"Que cela créera un afflux de Turcs dans l'UE, je n'en doute pas, mais un reflux des Levantins en Turquie, ça m'étonnerait. Au moins, je n'aurai plus à faire la queue tous les cinq ans pour le renouvellement de mon permis de séjour", plaisante-t-il. (AFP, 3 october 2004)

Politique intérieure/Interior Politics

New Turkist messages by the Chiefs of State and Army

Turkish President Ahmet Necdet Sezer and Turkish Army Chief Gen. Hilmi Ozkok, in their the Turkish Republic's 81th anniversary messages on October 29, 2004, contested the recognition of the ethnic diversity of the population of Turkey, and repeated the Ataturkist slogan "How happy is the one who says 'I am a Turk'!".

So, the chiefs of the Turkish State and the Turkish Army manifested their opposition to the European Union's demands of the recognition of ethnic diversity in Turkey, by implying that Kurds, Armenians, Assyrians, Greeks, Circassians and Jews of Turkey should identify themselves as Turks.

President Sezer said that the concept of "Turkish nation", which was one of foundation aspects of the Republic of Turkey and which was cited in the Turkish Constitution, was used to characterize a higher identity.

"Bringing forth ethnic, religious or sectarian identities of societies, which co-exist and intermingle, will harm not only the state but also the national unity," Sezer said.

Sezer went on saying, "Turkish nation rightfully expects the EU to open accession negotiations with our country in the first months of 2005, not to impose additional preconditions, and not to behave discriminatingly towards our country. We hope the EU member states, who will pass a test of sincerity, will assume an objective, consistent and constructive attitude towards Turkey, and not to impose any criteria or methods on Turkey different than those applied to other candidate states."

In his message to mark the 81st anniversary, Gen. Hilmi Ozkok, Chief of General Staff said, "soldiers, who founded the modern Republic of Turkey, will continue to contribute Turkey's efforts to reach the level of contemporary civilizations in the future."

Ozkok, in his message, also pointed to the concept of "higher identity" which eliminates religious and ethnic differences, and added that Anatolia (Turkey) had become a place where ethnic interminglement defeated ethnic conflicts. (Hürriyet-Cumhuriyet-IT, October 30, 2004)

La question du foulard assombrit la réception pour la fête nationale

La vive controverse sur le port du foulard islamique en Turquie, gouvernée par un parti aux origines islamistes, a de nouveau assombri la fête nationale dans ce pays qui aspire à intégrer l'Union européenne.

La plupart des députés du Parti de la Justice et du Développement (AKP, au pouvoir), ont boycotté une réception organisée vendredi pour célébrer la fondation de la République turque, le président Ahmet Necdet Sezer ayant refuser d'inviter leurs épouses qui portent le foulard islamique.

Sur les 368 députés de l'AKP, seule une vingtaine, dont quatre ministres se sont rendus au palais présidentiel pour assister à cette réception organisée à l'occasion du 81ème anniversdaire de la fondation de la République turque.

Le boycott est motivé par un geste très symbolique du chef de l'Etat Ahmet Necdet Sezer, qui a une nouvelle fois refusé d'inviter à une soirée officielle à la présidence les épouses vêtues à l'islamique des députés de l'AKP.

Plusieurs députés de l'AKP avaient indiqué qu'ils avaient renvoyé leurs invitations au président pour protester contre le refus d'admettre à cette soirée officielle leurs épouses qui portent le foulard.

Des députées ne portant pas le voile, appartenant aussi bien à l'AKP qu'au Parti républicain du peuple (CHP, opposition), ainsi que des épouses de députés de l'AKP n'arborant pas non plus le foulard islamique, ont en revanche été invitées.

Nombre d'épouses de députés de l'AKP portent, à l'instar de celle du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, le foulard et ne peuvent se présenter dans cette tenue à des réceptions officielles.

Le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, dont l'épouse porte le foulard islamique, a échappé à un embarras politique: participant à Rome à la cérémonie de signature de la Constitution européenne, son absence à cette soirée protocolaire a été excusée.

Jamais dans l'histoire du pays, autant d'épouses de membres d'un gouvernement n'ont porté le couvre-chef islamique.

Le port du foulard, interdit en Turquie dans tous les établissements publics, y compris à l'université, est considéré par M. Sezer -- farouche défenseur des valeurs républicaines -- et les milieux pro-laïques, dont l'armée, comme un signe ostensible de soutien à l'islam politique.

Depuis l'étonnante victoire de l'AKP aux législatives de 2002, la bataille entre la hiérarchie pro-laïque et l'AKP, qui a le vent en poupe après des réformes démocratiques qui pourraient aboutir sur l'ouverture l'an prochain de négociations d'adhésion à l'UE, a notamment fait rage sur le sujet sensible du voile islamique.

L'AKP souhaite alléger l'interdiction du port du voile et M. Erdogan, un ancien islamiste qui rejette aujourd'hui cette étiquette, a récemment indiqué "souffrir" du fait que ses deux filles soient contraintes d'étudier aux Etats-Unis pour pouvoir porter le foulard.

Autre fait marquant cette année, M. Sezer a également inclus dans sa liste des persona non grata certaines sportives entachées par des scandales, rapporte la presse.

Ainsi, l'athlète Sureyya Ayhan, championne d'Europe en titre du 1500 m, et Nurcan Taylan, l'haltérophile qui a remporté une médaille d'or aux jeux Olympiques d'Athènes, n'ont pas été invitées à la réception.

La première avait été éclaboussée par une affaire de dopage et la deuxième avait pris la défense d'un entraîneur soupçonné de harcèlement sexuel par ses co-équipières, qu'elle avait d'ailleurs qualifiées de "lesbiennes". (AFP, 29 octobre 2004)

Left-wing Parties' View on EU Report on Turkey

Gur from DEHAP, Tuzel from EMEP, Kozanoglu from ODP and Kocali from SDP talked about their views on the EU, and commented on the EU progress report on Turkey. They argued that the report was inadequate in reflecting shortcomings in democratic rights.

The heads of left-wing, socialist parties, who talked about Turkey beginning membership negotiations with the European Union (EU) and its possible accession, expressed views about, "a union for the unity and interests of laborers, instead of the capital," "the negotiations process positively affecting the Kurdish problem," and "the presence of problems that were not reflected in the commission's progress report on Turkey."

"The EU wants the Kurdish problem to be solved and the clashes to end so that the demands of capital are met," said Nazmi Gur, deputy head of the Democratic People's Party (DEHAP). "But there are not concrete requirements in the progress report about this issue."

"The Justice and Development Party (AKP) government will continue to use EU accession as a 'liberation project' and make do with reports for some more time," said Levent Tuzel, head of the Labor's Party (EMEP) in a written statement. "But the peoples of Turkey, who know from their history of struggle that democratization cannot come along through reports, will not remain satisfied with these bits and pieces. They will continue with their struggle for independence and democracy."

According to Tuzel, the conditional negotiations period will be used by both sides as a means of politics and blackmailing.

"As a partner of the European Anti-Capitalist Left-Wing Parties, we argue that the EU should be established from zero," said Hayri Kozanoglu, head of the Freedom and Solidarity Party (ODP). "We want a Europe where citizens can participate in the decision making processes, where the interests of laborers are protected, instead of those of the capital, and where the laborers' union serves as a main element."

Kozanoglu, who also made a written statement, said they defended "a wider struggle against neo-liberal globalization; one which does not fit in Europe."

"Neo-liberal capital is forcing women to work part time at mostly inhouse jobs without any insurance, and thus is creating a large labor market," said Filiz Kocali, head of the Social Democracy Party (SDP), who evaluated the progress report in terms of women.

Kocali said the report's requirement that women's rights in Turkey should be improved was positive. "But we have to realize that there will be new ways of exploiting women," she added.

DEHAP: The ending of clashes should be a requirement

* It is obvious that the progress report is kind of critical of Turkey. However, the criticisms about the Kurdish issue are far from reflecting a wide viewpoint.

* The solution of the 15-year problem can only be possible by abandoning the policy of denial. It is unacceptable for the government to make the democratic and political rights of Kurds a matter of bargain. The Kurdish people are an establishing factor of the Turkish Republic, and they demand that their rights are overseen by the constitution. They don't demand a minority status.

* Why shouldn't Kurdish become a second language of education in the negotiations process? The private courses and half-hour broadcasts show what the government is not doing about this issue.

* Beginning EU accession negotiations are made to seem like the success of the AKP government. But the government only did what was necessary according to the EU accession document.

* Imposing limitations on movement means there are double standards on the free movement, which is a right of laborers, as much as it is a right of capital.

* The increased investments in the south east, reduced unemployment, and less difference between regions, can be viewed as advantages of the EU process. We are supporting this process and Turkey's full membership. But we are working so that people and laborers have more say on the EU.

EMEP: Consolation from the EU to supporters of EU

* It is obvious that the prime minister's remarks on reforms are nothing more than an empty boast in the face of our country's realities. It can be seen within the lines of the EU commission's report, that even the minimum requirements of EU's much-praised bourgeois democracy doesn't exist.

* The fact that "implementations will be followed," and "that ultimate membership is not guaranteed," shows that both sides will use this accession issue as a political and blackmailing tool.

* The "civilization" the EU is promising to Turkey, is an imperialist platform decorated with, and hidden behind a bourgeois democracy. We have to see that they are trying to turn our country into a dependant place where people earning their living from agriculture no longer exist; a place which can serve as a new market for monopolies and looting, and which can serve as a front in international share clashes.

ODP: We defend the Europe of labor

* We will embrace the developments within the EU process toward democracy, human rights and freedoms, and follow the implementation of legal reforms.

* On the other hand, we want to show to the crowds that a basic EU right, the right of free movement is being limited. We want the people to see that this is an example of bourgeois hypocrisy.

* We will struggle for a "social Europe," so that the social rights, which were gained as a result of a 150-year class struggle, are protected, improved and implemented in Turkey. We will work together with the European laborers, socialists, ecologists, feminists and anti-war activists at the Europe Social Form, of which we are a participant, and Europe Leftist Party, to which we applied to become observers, against the neo-liberal Europe.

* With out internationalist approach, and our view that all the world's laborers and peoples are brothers, we will continue our struggle to "create a new world," against neo-liberal globalization, with a perspective of a "new internationalism."

SDP: Regulations on cultural rights are inadequate

* There are some points in the progress report that don't reflect the realities. On the contrary to what the report says, torture is systematic (human rights organizations conclude torture is systematic by comparing the torture complaints and numbers to the United Nations' definition of systematic torture), and the new Turkish Penal Code (TCK) includes articles that limit the freedom of thought, expression and organization.

* By focusing the TCK on the adultery debate, they approved articles which limit basic rights and the freedom of expression. The new TCK allows punishing the laborers for exercising a basic right such as halting production.

* The Kurdish problem cannot be solved with half-hour long Kurdish broadcasts, with Kurdish language courses, which can be only attended by those who have money, and where participants are recorded by the police, and by releasing Leyla Zana and her friends, who were going to be released in a short time anyway.

* For the Kurdish problem to be solved, the operations should stop, Kurdish language education should be offered at state schools, and it should be realized that the problem may not be solved through the military. It is very difficult for Kurds to return to their villages as long as the village guards are not dispersed. If you have destroyed the means of living of the
people who return to their villages, you have to provide them with that again. Since even Kurdish music was banned until recently, it is normal to see tiny changes in the path toward the EU as huge steps.

* The political criteria seem to be for the advantage of workers and laborers. But there has been a retreat in the socialist state in the EU in the last 10 years, and the laborers are reacting to this. The EU is at the same time an economic project and the capital cannot be expected to forego its rights.

* The capital is becoming international through the establishment of unions such as the EU and becoming a large and organized power against the working class. It is becoming harder for laborers to fight for their rights. For this reason, we are trying to form relationships with the left-wing, socialist political parties and labor organizations within the EU and to pursue a joint struggle. (Ozge GOZKE, BIA News Center, October 19, 2004)

GP leader Uzan sentenced to prison

The Bursa Third Criminal Court has sentenced Young Party (GP) leader Cem Uzan to serve 8 months in prison and pay TL 694 million for insulting Prime Minister Recep Tayyip Erdogan at a campaign rally on June 13, 2003 in Bursa. The organizers of the rally were found not guilty.

In the last court session of the case on Monday, Erdogan's lawyer Numan Guney asked Judge Mustafa Ozturk to find Uzan guilty of insulting Erdogan. Uzan's lawyers claimed that the speech had not included any statements that could be construed as personal insults and asked Ozturk to find their client not guilty.

When asked by the judge, Public Prosecutor Ali Yilmaz repeated his statement that he believed Uzan should be found guilty, while the rally organizers should be found not guilty.

Ozturk, after an intermission of 10 minutes, said that Uzan had insulted the prime minister of the republic in his speech and sentenced him to serve 8 months in prison.

Businessmen Cem Uzan had entered politics and founded his party, GP, before the 2002 national elections. Despite a better than expected showing at the polls, he failed to pass the necessary 10 percent threshold needed to enter Parliament.

For the Uzan Group, their public falling out with Motorola over the group's failure to pay back billions of dollars owed by them, was just the start of their long descend from the heights of power. U.S. courts ordered the Uzan family to pay $ 4 billion to Motorola and Nokia for defrauding them.

The state seized their dams and electricity distribution holdings for failing to adhere to their contractual obligations. And then their pride and joy, Imar Bank, was seized for corrupt practices by the Turkish Savings and Deposit Insurance Fund (TMSF). The TMSF also seized the rest of Uzan Group holdings in order to pay the debt owned by them.

Cem Uzan's brother Hakan and father Kemal, who are fugitives from justice, are yet to be brought to court for their involvement in channeling billions of dollars of investors money into their offshore accounts.

Cem Uzan, who was a political leader at the time, claimed that his family was being unfairly targeted by the government, which feared the threat posed by the GP. Uzan's Bursa rally was just one of a string of rallies held by him around Turkey against the government. Uzan had called Erdogan "treacherous" and "godless" at the Bursa rally.

While Cem Uzan is still the leader of GP, his and his party's influence significantly decreased after the Uzan Group's media holdings were seized by the TMSF.

Cem Uzan's lawyer Saylan Ciggin said that they had filed an appeal against the court decision. (Turkish Daily News, October 12, 2004)

Forces armées/Armed Forces

Berlin va vérifier si des chars allemands sont utilisés dans une zone kurde

Le gouvernement allemand va vérifier des informations d'un ancien militaire est-allemand, selon lequel des chars allemands auraient été déployés dans une région kurde de Turquie, en infraction à un traité de 1994, ont indiqué mercredi à Berlin des porte-parole du gouvernement allemand.

Ces derniers ont cependant souligné, lors d'un point de presse, qu'ils n'avaient jusqu'à présent "aucune connaissance" d'un tel emploi des chars allemands par la gendarmerie turque, comme l'a rapporté mardi la chaîne de télévision publique ZDF, citant un historien militaire et ancien chef de compagnie de chars de l'Armée nationale populaire (NVA) de RDA, Joerg Siegert.

Selon l'émission "Frontal 21", ces blindés de RDA ont été déployés dans la province de Sirnak (est).

M. Siegert affirme avoir reconnu formellement ces engins à leur carrosserie en visionnant un film tourné en secret au cours des derniers jours. ZDF relève que des Kurdes ont été expulsés à nouveau de leurs villages dans la région de Sirnak.

De son côté, le porte-parole du gouvernement Bela Anda a rappelé que "les dispositions du traité excluent" un tel usage, tout en soulignant que "le gouvernement allemand ne dispose d'aucune information selon lesquelles ce serait le cas. Il est clair que l'on prend au sérieux ces reproches et qu'on vérifie ce qui a été rapporté" lors de cette émission télévisée, a-t-il dit.

Le traité de 1994 autorisait la livraison de ces chars destinés à la défense nationale, à condition qu'ils ne soient pas utilisés dans les zones frontalières peuplées de Kurdes.

M. Anda s'est refusé à toute spéculation sur les conséquences que pourrait avoir la confirmation d'une telle utilisation des chars allemands, en violation d'un accord. Il a rappelé qu'"une demande n'a pas été soumise" à l'Allemagne pour la livraison de chars Leopard II, comme l'a rapporté la presse allemande.

La Turquie a exprimé depuis longtemps son intérêt pour la livraison de plusieurs centaines de chars Leopard II, appartenant actuellement à la Bundeswehr, l'armée allemande. (AFP, 20 octobre 2004)

Ankara intéressé par 350 chars Léopard allemands d'occasion

Le gouvernement turc est intéressé par 350 chars Léopard II allemands d'occasion, et les négociations sont déjà très avancées en dépit de l'absence de demande officielle d'Ankara, rapporte l'hebdomadaire Der Spiegel à paraître lundi.

Selon le magazine, une délégation turque a déjà inspecté il y a plusieurs semaines les stocks de l'armée allemande, et les négociations portent actuellement sur le prix de cette livraison.

Le gouvernement turc n'entend déposer une demande officielle qu'une fois qu'il sera assuré d'un feu vert du gouvernement allemand, poursuit le Spiegel.

Un porte-parole du ministère de la Défense a refusé de commenter ces informations, se bornant à répéter qu'il n'y a pas de demande officielle de la Turquie.

Les Verts, membre de la coalition gouvernementale avec les sociaux-démocrates du chancelier Gerhard Schroeder, avaient par le passé opposé leur veto aux livraisons de chars vers la Turquie en raison notamment de "la situation dans le sud-est" anatolien et de celle des droits de l'Homme, rappelle leur chef de file, le ministre des Affaires étrangères Joschka Fischer dans un entretien au même magazine.

"Mais si les choses changent, il faut réévaluer la situation à la lumière des nouvelles réalités", précise-t-il. Et M. Fischer de rappeler qu'il existe "des standards clairs selon lesquels, en règle générale, la coopération dans le domaine de l'armement peut avoir lieu entre partenaires de l'Otan et de l'Union européenne".

Si la livraison de chars à la Turquie avait effectivement lieu, elle marquerait un tournant dans la politique allemande vis-à-vis de ce pays. (AFP, 16 octobre 2004)

Armements: Berlin envisage un assouplissement des restrictions

Le gouvernement allemand étudie la possibilité d'assouplir ses limitations à la livraison d'armements à la Turquie, quand les négociations d'adhésion de ce pays à l'Union européenne auront démarré, a indiqué lundi à Berlin une porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

"La question ne se pose pas actuellement", mais l'ouverture des négociations, sur laquelle doit se prononcer le Conseil européen de décembre, "aurait un rôle décisif" à cet égard, a-t-elle observé.

Elle réagissait à une information du quotidien économique allemand Handelsblatt, selon laquelle le ministre des Affaires étrangères, Joschka Fischer, ne s'oppose plus aux livraisons d'armes, longtemps strictement limitées en raison de la question kurde.

Le gouvernement allemand a refusé à Ankara de lui livrer certains armements comme des chars Leopard II, de peur que l'armée turque les utilise pour réprimer les Kurdes. Les lignes directrices allemandes en matière d'armement prévoient que des armes ne peuvent être livrées à des pays, lorsqu'elles risquent d'aggraver les conflits internes.

Selon le Handelsblatt, citant des sources gouvernementales, le chancelier Gerhard Schroeder attendrait de M. Fischer qu'il adopte les mesures nécessaires au conseil de sécurité fédéral --chargé de trancher sur les autorisations d'exportations d'armements--, en argumentant que le refus de livrer des armes n'est plus compatible avec la recommandation de la Commission européenne.

L'attitude du parti des Verts de M. Fischer, longtemps opposé à tout assouplissement, a évolué. Une de ses dirigeantes, Angelika Beer, avait prédit la semaine dernière qu'avec l'ouverture de négociations d'adhésion, les limitations "seraient levées".

La Turquie devrait alors être consciente qu'elle ne pourrait devenir membre de l'UE si elle menait une offensive militaire contre sa population kurde, avait-elle estimé. (AFP, 11 octobre 2004)

Affaires religieuses/Religious Affairs

Metin Kaplan refuse de rembourser 170.000 euros d'aide sociale à Cologne

L'islamiste turc Metin Kaplan, expulsé d'Allemagne début octobre, a porté plainte contre la ville de Cologne (ouest) qui lui réclame 170.000 euros d'aide sociale, a déclaré un porte-parole d'un tribunal de la ville lundi.

Un tribunal de Cologne doit examiner la plainte de Kaplan, dit "le Calife de Cologne", le 2 novembre prochain, selon la même source.

La municipalité estime que ce père de trois enfants, âgé de 51 ans, domicilié à Cologne entre 1983 et octobre 2004, a dissimulé des revenus, un million d'euros en liquide ayant été trouvé à son domicile lors d'une perquisition.

A la tête d'une organisation islamiste oeuvrant au renversement du régime d'Ankara --Hilafet Devleti ("L'Etat du califat" en turc), interdite depuis 2001--, et en détention de 1999 à 2003, Kaplan était connu en Allemagne pour son habileté à user de tous les leviers juridiques existants pour échapper à l'expulsion.

L'islamiste a été écroué à Istanbul pour tentative de "renversement de l'ordre constitutionnel" en Turquie, où il est soupçonné d'avoir planifié un attentat contre le mausolée de Mustafa Kemal Ataturk, fondateur de la Turquie moderne, à Ankara en 1998, lors des festivités marquant le 75e anniversaire de la république. (AFP, 25 octobre 2004)

Erdogan: mes filles étudient aux Etats-Unis pour porter le foulard

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a indiqué mercredi sur la chaîne privée télévisée française LCI que ses filles étudiaient aux Etats-Unis pour pouvoir porter le foulard islamique.

"Je suis un père qui souffre, mes deux filles à l'heure actuelle font leurs études universitaires à l'étranger tout simplement parce qu'elles ne peuvent pas le faire en Turquie en respectant leurs propres croyances" a déclaré M. Erdogan à l'occasion d'une visite privée à Paris.

"Elles étudient aux Etats-Unis avec leur foulard, une de mes filles fait son doctorat et l'autre est en licence, aux Etats-Unis c'est (NDLR, le foulard) autorisé" a-t-il ajouté.

Le foulard islamique est interdit en Turquie dans tous les établissements publics, y compris à l'université.

M. Erdogan a cependant écarté une modification de cette loi en déclarant que "ce n'est pas notre ordre du jour actuellement". "Notre conception dans notre pays, c'est d'obtenir une conciliation sociale et d'éviter les tensions" a-t-il dit. "Pour le moment je ne suis pas quelqu'un qui pense qu'il serait correct d'aller dans ce senst", a-t-il poursuivi.

Interrogé sur la loi interdisant le foulard à l'école publique en France, il a observé que cette règle n'est pas appliquée dans la plupart des pays occidentaux. "Aux Etats-Unis vous n'avez pas ce genre de pratique, en Allemagne, en Grande-Bretagne non plus, dans les autres pays membres de l'Union Européenne" non plus, a-t-il dit.

Interrogé sur les droits des homosexuels, le dirigeant turc a estimé que "les homosexuels ont aussi des droits qui leur appartiennent".

Le Premier ministre turc effectue une visite privée à Paris jusqu'à jeudi au cours de laquelle il doit rencontrer le ministre français de l'économie Nicolas Sarkozy, le secrétaire général de l'OCDE Donald Johnstone, ainsi que des milieux d'affaires et le député UMP (parti présidentiel) Pierre Lellouche, membre de la commission des Affaires étrangères à l'Assemblée nationale et membre du groupe d'amitié France-Turquie. (AFP, 20 octobre 2004)

Expulsé d'Allemagne, l'islamiste Metin Kaplan inculpé et écroué en Turquie

Le militant islamiste turc Metin Kaplan, expulsé d'Allemagne mardi soir, a comparu mercredi devant une cour d'Istanbul qui l'a écroué après l'avoir inculpé de tentative de "renversement de l'ordre constitutionnel" en Turquie, a constaté l'AFP.

Kaplan, 51 ans, connu sous le nom de "Calife de Cologne", a été amené menotté et entouré d'une importante escorte de la police anti-terroriste à la Cour d'assises du district de Besiktas, dans la partie européenne de la métropole, où il a comparu devant les juges.

Ces derniers l'ont inculpé de tentative de "renversement de l'ordre constitutionnel" en Turquie, pays musulman au régime strictement laïque, et ont décidé de l'écrouer dans une prison de la ville dans l'attente de son procès, qui doit s'ouvrir le 20 décembre.

Arrivé à Istanbul à bord d'un jet privé loué par les autorités régionales allemandes de Rhénanie du Nord-Westphalie, Kaplan, expulsé au terme d'une longue bataille juridique, a subi un examen médical à la direction de la médecine légale.

Sommé de se lever au moment d'entendre les chefs d'accusation qui pèsent contre lui, le militant islamiste a refusé de s'exécuter, provoquant le courroux du président de la Cour.

Ce dernier a signifié au prévenu que son refus d'obtempérer pourrait être compris comme un déni de l'autorité du tribunal et qu'il pourrait être exclu des prochaines sessions de son propre procès.

Metin Kaplan n'a pas relevé le défi et a préféré justifier son attitude en expliquant qu'il était "malade et fatigué" et qu'il avait faim après plus de dix heures de détention dans les locaux de la police à l'aéroport.

Il a également choisi de ne pas se défendre immédiatement, voulant d'abord organiser sa défense avec son avocat.

Les autorités turques ont ouvert plusieurs procès contre Kaplan, le soupçonnent notamment de tentative d'attentat avec un avion bourré d'explosifs contre le mausolée de Mustafa Kemal Ataturk, fondateur de la Turquie moderne, à Ankara en 1998, lors des festivités marquant le 75e anniversaire de la république.

Husnu Tuna, l'avocat de Metin Kaplan, a affirmé aux journalistes au sortir de l'audience qu'il considérait cette accusation en particulier comme une "mise en scène".

"J'ai suivi (l'ouverture de) ce procès. (...) Le procureur lui-même ne croyait pas qu'une attaque kamikaze avec un avion était prévue", a-t-il déclaré.

Me Tuna a cependant précisé qu'il n'avait pas encore déterminé l'orientation de sa plaidoirie, estimant qu'il incombait à son client de choisir son système de défense.

Dans la ligne de mire des autorités allemandes depuis des années, Kaplan, père de trois enfants, avait jusqu'ici réussi à échapper à l'expulsion ou à l'extradition, usant de tous les leviers juridiques possibles.

Installé en Allemagne depuis 1983, il avait pris la tête d'une organisation islamiste oeuvrant au renversement du régime d'Ankara --Hilafet Devleti ("L'Etat du califat" en turc), interdite depuis 2001-- et a purgé de 1999 à 2003 une peine de prison pour avoir lancé un appel au meurtre contre un rival.

Après la mort en 1995 de son père Cemalettin, un ancien prédicateur aux convictions ultra-radicales appelé "la voix noire" par la Turquie, en raison de ses vives diatribes visant le régime laïque et en particulier Ataturk, il avait pris la tête de l'organisation après une lutte de succession.

Après la première rencontre de Metin Kaplan avec ses juges, le ministre turc de la Justice Cemil Cicek a assuré que ce procès obéirait en tous points aux règles du droit.

"Personne ne devrait être inquiet. Ce procès sera équitable. Il se conformera à l'Etat de droit", a-t-il déclaré à des journalistes à Istanbul, selon l'agence de presse Anatolie. (AFP, 13 octobre 2004)

Le pouvoir islamiste à Ankara se sert de l¹Europe contre la laïcité

C¹est maintenant de Turquie même que parviennent des propos inquiétants. Il n¹y a pas en effet de meilleur porte-parole du pouvoir  sauf Erdogan, bien sûr - que son ministre des Affaires étrangères. Non seulement parce que Abdullah Gül est un islamiste appartenant au même parti que le chef du gouvernement, mais aussi parce qu¹il est, par sa fonction, en relation avec tous les chefs d¹État et Premiers ministres européens. Or, Gül estime que l¹interdiction du voile islamique dans les écoles et édifices publics, telle qu¹elle est en vigueur en Turquie depuis les années 1930, est incompatible avec la vision européenne des droits de l¹homme.

Le ministre, qui s¹exprimait vendredi soir lors d¹une émission télévisée, a même prédit que la Turquie lèverait cette interdiction dans le cadre des négociations d¹adhésion à l¹Union européenne : "De telles interdictions seront absolument levées en Turquie. Elles ne sont pas compatibles avec la liberté et la démocratie selon les standards de l¹Union européenne", a-t-il ajouté. On le voit : comme tous les islamistes en Europe, Gül manipule et utilise les textes européens pour faire avancer l¹islamisation de la société.

Le port du hidjab dans les écoles et services publics est interdit en Turquie depuis les réformes modernistes et pro-occidentales mises en oeuvre par le père de la nation turque Mustafa Kemal Atatürk. Depuis les années 80, l¹armée turque, garante de la laïcité de l¹Etat dans le cadre de la constitution, les fait respecter sévèrement.

Abdullah Gül est membre du parti islamiste du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, le Parti de la Justice et du développement, qui espère voir le pluralisme européen contraindre les militaires à alléger ces restrictions. Il est problématique de constater que Gül  qui ne peut s¹exprimer qu¹en traduisant aussi la pensée d¹Erdogan  tient pour négligeables les commentaires et positions de certains dirigeants de l¹Union pour lesquels cette question du voile est un des symptômes de la différence culturelle entre la Turquie et le reste de l¹Europe.

"L¹idée est de respecter les préférences des individus, qu¹il s¹agisse d¹une préférence religieuse ou d¹une préférence culturelle", a ajouté Abdullah Gül. Tant Erdogan que Gul assistent parfois seuls à certaines cérémonies, car la présence de leurs épouses, toutes deux portant le voile, pourrait offenser les laïcs turcs. Au Sommet de l¹Otan en juin dernier, le président de la République turque lui-même n¹a pas invité son premier ministre à l¹une des manifestations officielles à cause du hidjab de sa femme. ( www.fairelejour.org, d¹après Associated Press, 12 octobre 2004 )

M. Erdogan: crypto-islamiste, habile opportuniste ou réformiste convaincu?

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan est-il un crypto-islamiste, un europhile convaincu ou plus simplement un politicien pragmatique ? Un an et demi après son entrée en fonction, les observateurs tentent encore de percer le mystère.

Il y a un mois, le charismatique Premier ministre, âgé de 50 ans, était encore l'homme qui avait engagé la Turquie sur la voie de réformes d'une telle ampleur que la majorité des analystes étaient prêts à croire en la métamorphose de cet ancien islamiste en un dirigeant démocrate.

C'est alors que M. Erdogan a sorti de nulle part le projet de criminaliser l'adultère, un geste que ses détracteurs se sont empressés d'interpréter comme une résurgence de ses inclinations passées pour la loi islamique.

M. Erdogan a réagi aux critiques avec virulence, suggérant à l'Union européenne de se mêler de ses propres affaires et laissant en suspens un projet de réforme du code pénal crucial pour la candidature turque à l'UE.

Une semaine plus tard, pourtant, on retrouve M. Erdogan à Bruxelles serrant la main du commissaire européen chargé de l'élargissement Guenter Verheugen. La candidature turque est de nouveau sur les rails et la loi sur l'adultère remisée dans un tiroir.

La question reste cependant posée: M. Erdogan a-t-il vraiment changé ou a-t-il fait sien le principe du "takiye", inscrit dans la loi islamique, qui autorise le croyant à cacher sa foi quand il est en danger?

"Il peut encore être considéré comme un réformiste sur certaines questions, mais il a prouvé qu'il était au moins très conservateur sur les questions sociales concernant la famille et la femme", tente de répondre un diplomate européen.

Pour d'autres observateurs, le Premier ministre a tout simplement trop de casseroles sur le feu.

Il n'est certes plus le maire d'Istanbul qui, dans les années 90, a banni l'alcool des cafés tenus par la municipalité, mais il doit toujours, estiment-ils, satisfaire les islamistes radicaux qui constituent le socle de sa formation, le Parti de la justice et du développement (AKP).

Et jusqu'à présent, M. Erdogan n'a pas eu grand chose à leur offrir: l'interdiction du foulard dans les universités est toujours en vigueur et les étudiants des lycées religieux sont toujours empêchés d'accéder à l'enseignement supérieur hors les facultés de théologie.

A chaque fois qu'il a tenté d'intervenir sur ces questions, l'establishment laïque, soutenu par l'armée, a indiqué au Premier ministre les limites à ne pas franchir.

Sur ce point au moins, les intérêts de l'UE et de M. Erdogan coïncident: l'armée doit être tenue hors du jeu politique et les libertés religieuses respectées.

"Les islamistes en Turquie en sont arrivés à voir dans l'UE une planche de salut face aux pressions auxquelles ils étaient soumis", estime Fehmi Calmuk, auteur d'une biographie de M. Erdogan.

Ces pressions ont atteint leur paroxysme en 1997, quand l'armée a chassé de son poste le premier chef de gouvernement islamiste dans l'histoire de la République turque, Necmettin Erbakan, ancien mentor de M. Erdogan.

Ce dernier a lui-même passé quatre mois en prison pour tentative de sédition après avoir récité un poème aux connotations islamistes.

Depuis, le rôle prédominant de l'armée dans le processus de décision politique a été aboli par l'AKP, au nom de la candidature turque à l'UE.

"Ils (l'AKP) sont parvenus à limiter l'influence de l'armée sur la politique au quotidien, mais seulement pour autant qu'ils agissent au sein des limites fixées par le système", estime toutefois le diplomate européen.

Un pas de côté et "les militaires reviendront très vite sur la scène", poursuit-il.

Pour cet observateur, les négociations d'adhésion -- dont le lancement sera décidé ou non le 17 décembre par les dirigeants européens -- feront figure de test pour M. Erdogan et son parti, un mélange de libéraux, de conservateurs dévôts et de radicaux islamistes. (AFP, Sibel UTKU BILA, 3 october 2004)

Socio-économique / Socio-economic

Raisons de la résistance des habitants de bidonvilles

Depuis son arrivée au pouvoir, le gouvernement AKP a entamé un véritable plan de destruction des habitations des familles pauvres au profit des promoteurs immobiliers et des grosses fortunes. Le 15 août dernier, le premier ministre Recep Tayyip Erdogan avait ordonné aux maires des différents arrondissements d'Istanbul de "détruire sans pitié" les habitations de fortune sous prétexte qu'elles ont été construites sans permis de bâtir mais aussi et surtout, parce qu'elles "gâchent l'esthétique d'Istanbul".

L'opération cosmétique de l'administration Erdogan destinée à séduire l'Union européenne va décidemment bien au-delà de quelques remaniements du Code pénal. C'est une véritable obsession qui anime aujourd'hui Erdogan à vouloir tant dissimuler la torture, les injustices et la misère du peuple.

Le 27 octobre dernier, le quartier stanbouliote d'Ertugrul Gazi (rebaptisé 'Aydos') de la banlieue de Pendik située sur la rive asiatique a été le théâtre d'une véritable révolte populaire. Motif: la défense des maisons menacées de destruction par la police.

Les habitants du quartier retranchés derrière des barricades ont ainsi résisté plusieurs heures aux assauts successifs de la police "Robocop" armée jusqu'aux dents et blottie couardement derrière ses panzers. Finalement, ni les bombes lacrymogènes, ni les charges policières, ni les jets d'eau des auto-pompes, ni les matraques n'ont eu raison de la combativité de la population d'Aydos décidée à défendre jusqu'au bout son foyer et sa dignité.

C'est que toute la population du quartier s'était liguée pour résister aux forces de l'Etat: femmes et hommes, mères de famille et enfants, vieillards et adolescents. Même les habitants des quartiers voisins étaient venus en renfort. Les policiers complètement débordés par la colère populaire ont dû battre en retraite. On n'avait plus ri ainsi depuis bien longtemps de la bêtise des policiers suffoquant sous leurs casques dans la fumée de leurs propres bombes au poivre qui leurs étaient ré-expédiées illico par les manifestants. Ces policiers aussi armés qu'ils étaient, n'ont rien pu faire face à un peuple organisé. La même nuit, les 14 habitations détruites quelques heures plus tôt ont été hardimment reconstruites par la population d'Aydos avec l'aide des habitants venus des quartiers voisins.

3000 personnes marchent sur la mairie

Le 28 octobre, vers 10h., quelque 3000 personnes ont marché sur la mairie avec une banderole sur laquelle était écrit "nous ne les laisserons pas détruire Aydos". Effrayé par la tournure des événements, le maire d'Aydos, Erol Kaya, a accepté une délégation d'une vingtaine de personnes pour négocier tandis que les manifestants étaient bloqués à hauteur de la rue Dolayoba par les unités spéciales d'intervention munis de boucliers, de masques à gaz et de panzers. Après quelques confrontations avec la police, deux personnes du nom de Serkan Dag et Özgür Özer ont été arrêtées. Après quelques minutes d'affrontements, le cortège a pu poursuivre son chemin. Entre-temps, à la mairie, la délégation des habitants d'Aydos a reçu la garantie qu'aucune habitation ne serait détruite et que les familles sinistrées recevraient de nouvelles habitations.

Le plan de destruction du quartier d'Aydos n'est pas nouveau. Il y a cinq mois, les autorités municipales avaient déjà mené une première tentative. Puis, ils avaient promis de ne plus recommencer. Tout comme aujourd'hui. C'est pourquoi, la population d'Aydos ne fait plus confiance aux autorités. (anatoliberte@post.com, 30 octobre 2004)

Violentes émeutes dans les bidonvilles d'Istanbul

De violentes émeutes qui ont opposé ces deux derniers jours les forces de sécurité à des résidents d'un bidonville d'Istanbul menacé de destruction ont relancé le débat récurrent sur la situation du logement en Turquie, que le gouvernement turc a promis d'améliorer.

Le début de la semaine, les équipes municipales avaient démoli 14 maisons construites illégalement sur des terrains du Trésor dans ce district, suscitant la colère des habitants.

Ces derniers avaient érigé des barricades avec des pneus enflammés et des poubelles et s'en étaient pris aux forces de police chargées de la protection des travailleurs municipaux, lançant des bâtons, des pierres et des cocktails Molotov contre les blindés de la police tentant de forcer les barrages.

Après deux jours de tensions et parfois de heurts, le calme semble être revenu jeudi dans un bidonville d'Istanbul où une expropriation a mis le feu au poudre entre les habitants et la police, dans un contexte d'urbanisation sauvage que les autorités sont incapables d'éradiquer.

Les autorités municipales et les habitants d'Ertugrulgazi, sur la rive asiatique de la métropole, qui craignaient la démolition de leur quartier, sont parvenus à un accord, ont constaté les journalistes sur place.

Le quartier d'Ertugrulgazi, sur la rive asiatique d'Istanbul, première métropole du pays avec quelque 12 millions d'habitants, a été en proie mercredi à de violents incidents opposant les forces de l'ordre aux habitants du quartier menacés d'expropriation.

Un accord a finalement pu être trouvé jeudi entre les autorités municipales et les résidents en colère.

Des altercations opposent régulièrement les policiers aux personnes sommées d'évacuer leurs "gecekondu" (littéralement "posé dans la nuit"), mais les émeutes comme celles de mercredi a Ertugrulgazi sont plus rares.

Le gouvernement turc mène un combat contre les "gecekondu" qui se multiplient depuis plus de 40 ans au rythme de l'exode rural en provenance de l'Est pauvre vers les grandes villes de l'Ouest industrialisé, ensevelissant progressivement leurs abords sous des bâtiments de fortunes, sans aucun respect des normes d'hygiène et de sécurité.

Un véritable marché souterrain du logement s'est développé autour d'entrepreneurs du bâtiment qui ont profité d'une demande croissante pour construire dans la hâte -- afin d'imposer aux autorités le fait accompli de l'occupation d'un terrain -- des centaines de milliers de ces habitations.

Ces agrégats de maisons et d'immeubles de fortune disposent généralement de l'électricité et de l'eau courante, parvenant même parfois à se constituer en véritables quartiers avec leurs propres commerces, écoles et différents services.

Cette urbanisation sauvage a été tolérée par les gouvernements successifs qui, à chaque fois, ont amnistié à des fins politiques les habitants des bidonvilles à l'approche d'élections, s'épargnant par la même la peine de construire des logements sociaux.

Dans la pénombre d'une petite boutique cachée entre deux maisons de fortune, le petit épicier d'un bidonville d'Altindag, à Ankara, demeure laconique sur les conditions de vie des gens du quartier.

"Nos enfants vont à l'école, nous avons tous l'eau courante et l'électricité, de manière légale ou en fraudant, certes, mais tout va bien (...) Ici ce n'est pas vraiment un gecekondu, nous sommes là depuis des générations, c'est un quartier ancien, c'est tout", dit cet homme d'une cinquantaine d'années.

A la fois par préoccupation électorale et pour satisfaire aux exigences européennes en matière de logement, le gouvernement du premier ministre Recep Tayyip Erdogan s'est attaqué récemment au problème de ces logements insalubres, votant une loi prévoyant des peines allant jusqu'à 5 ans de prison pour les responsables des chantiers.

Selon une enquête, 38% des habitations en Turquie ont été construites sans autorisation.

"L'AKP a promis la construction de logements sociaux, il n'ont rien fait pour le moment, mais ils ont promis", souligne l'épicier des ruelles terreuses d'Altindag. Ses propos révèlent l'ampleur du travail qui reste à accomplir dans un pays qui compte quelque 10 millions de personnes (sur 70 millions) vivant en dessous du seuil de pauvreté.

Le gouvernement a annoncé la construction dans les prochaines années à travers le pays d'une centaine de milliers de logements sociaux qui seront réservés aux familles les plus démunies, avec des crédits à long terme.

Parallèlement, le gouvernement s'oppose à la construction de nouveaux "gecekondu": à la veille des élections municipales de mars 2004, M. Erdogan s'était montré particulièrement intransigeant, affirmant qu'aucune amnistie ne serait accordée à l'avenir à ce genre d'habitations. (AFP, Burak AKINCI , 28 octobre 2004)

Une économie parallèle tentaculaire menace les progrès de la Turquie

Pour mettre un terme à plusieurs décennies d'instabilité financière, la Turquie devra entreprendre un long et douloureux combat contre une économie parallèle tentaculaire, nourrie par des impôts élevés et un chômage persistant, ont affirmé des experts mercredi.

L'Union européenne -- à laquelle la Turquie espère adhérer -- et l'OCDE dressent le même constat: l'ampleur de l'économie parallèle menace le rétablissement par ailleurs remarquable de ce pays après la grave crise qu'il a traversée en 2001.

Selon une enquête publiée par l'OCDE la semaine dernière, l'économie parallèle emploie plus de la moitié de la main-d'oeuvre nationale et a de sérieuses répercussions sur les rentrées fiscales d'un pays manquant de liquidités, qualifiant la situation de "source majeure d'inquiétude".

Différentes estimations évaluent la taille de ce secteur à 32%, voire 65% du revenu national brut, d'un montant de 197,2 milliards de dollars en 2003.

Les critiques ne manquent pas d'épingler le gouvernement pour son incapacité à endiguer ce phénomène en prenant des mesures efficaces visant à encourager les entreprises "fantômes" à se faire enregistrer et à veiller à ce que les employés payent leurs impôts.

Pour les analystes, les charges sociales et les impôts élevés -- supérieurs aux taux pratiqués dans les pays de l'OCDE les plus riches --, additionnés aux lourdeurs bureaucratiques, à la corruption, un faible contrôle étatique et un fort chômage encourageant la main-d'oeuvre à travailler "au noir", ont poussé des milliers de firmes vers le secteur informel.

Un récent rapport de la Chambre de commerce d'Ankara a qualifié la Turquie d'"enfer fiscal", où les investisseurs sont effrayés par le prix de denrées aussi vitales que l'essence ou l'électricité.

Le taux de l'impôt sur les entreprises est en Turquie de 33%, auquel s'ajoutent d'autres taxes prélevées indépendamment des résultats affichés par les compagnies.

Les employeurs payent en outre l'essentiel des charges sociales. Un employé rémunéré au salaire mensuel minimum en vigueur, soit 318 millions de livres (214 dollars ou 168 euros), coûte 540 millions de livres (363 dollars ou 285 euros) à son employeur.

Selon les avis les plus critiques, les gouvernements successifs ces 15 dernières années se sont contentés, pour assurer les rentrées fiscales, de doubler le taux de taxation des entreprises au lieu d'essayer d'élargir le nombre des contribuables.

"Le système d'imposition n'est pas juste. L'Etat ne taxe que ceux qu'il peut attraper", estime Sadik Kirbas, président de l'Université Okan d'Istanbul, spécialiste de l'économie parallèle.

"Réduire les taux d'imposition n'est pas facile non plus parce que le gouvernement ne peut pas se permettre de diminuer ses revenus alors qu'il est soumis à la pression du FMI pour atteindre des objectifs budgétaires serrés", concède-t-il.

Pour leur part les sociétés dûment enregistrées ont parfois recours à la fraude fiscale.

"Pour autant que je sache, personne ne déclare ses revenus réels", affirme un consultant financier basé à Ankara, spécialisé dans le conseil aux PME, avant de poursuivre: "Nous fermons les yeux parce que c'est devenu la règle. Le système est bloqué".

Pour M. Kirbas, le remède serait de lancer une vaste réforme structurelle des PME, qui constituent 90% des entreprises du pays et sont, selon lui, "extrêmement difficiles" à contrôler.

Bulent Pirler, secrétaire général de la principale centrale syndicale patronale de Turquie, le TISK, rétorque que ce processus devrait être graduel et prendre en compte les facteurs sociaux.

"Beaucoup de gens ont abandonné leur sécurité sociale pour aller travailler dans l'économie parallèle parce qu'ils étaient ruinés" après la crise de 2001, affirme-t-il. (AFP, Sibel UTKU BILA , 27 octobre 2004)

Séisme de 1999: un constructeur véreux turc condamné à 25 ans de prison

Un entrepreneur turc a été condamné jeudi à 25 ans de prison pour sa responsabilité dans la mort de 195 personnes dans l'effondrement d'un complexe d'habitations qu'il avait construit, lors du violent séisme qui a frappé le nord-ouest de la Turquie en 1999, a rapporté l'agence Anatolie.

La Cour d'assises de Konya (centre) a décidé que Veli Gocer, qui était le directeur d'une entreprise prospère de construction, a causé "la mort de plus d'une personne par négligence et inadvertance", précise l'agence.

Les immeubles construits sans respecter les normes légales par la firme de M. Gocer à Yalova, l'une des villes les plus touchées par le séisme d'août 1999 qui avait fait près de 18.000 morts, s'étaient écroulés comme un château de cartes.

La presse avait largement dénoncé ses pratiques et les locaux de son entreprise avaient été saccagés par des sinistrés et leurs proches en colère.

La Turquie a renforcé ses normes de construction parasismique depuis ce tremblement de terre, suivi en novembre de la même année par un autre séisme violent dans la région qui avait fait plus d'un millier de morts.

Mais ces mesures restent toutefois insuffisantes et la qualité des constructions reste en deçà des normes légales, estiment les experts.

L'Union des chambres d'architectes et d'ingénieurs avait tiré au début de l'année la sonnette d'alarme en affirmant que près de 60% de toutes les constructions en Turquie ne respectaient pas les normes de sécurité.

Les tremblements de terre sont fréquents en Turquie, traversée par plusieurs failles sismiques actives. (AFP, 21 octobre 2004)

Près de 40% des Turques acceptent d'être battues par leur époux

Près de 40% des femmes turques pensent qu'il "est du droit" de leur époux de les battre pour des raisons les plus diverses comme négliger ses enfants ou tout simplement tenir tête à son mari, selon une étude, cité jeudi par l'agence de presse Anatolie.

L'enquête sur la violence conjugale préparée par l'Université Hacettepe d'Ankara et financée par le gouvernement turc et des fonds européens fait ressortir que 39% des plus de 8.000 femmes mariées interrogées estiment que leur mari a, dans certains cas, le "droit" de les agresser.

Parmi les raisons citées figurent le "refus d'avoir des rapports sexuels, négliger ses enfants, être trop dépensière, tenir tête à son mari et faire brûler le repas".

Le pourcentage des femmes qui admettent d'être battues pour au moins l'une de ces raisons est beaucoup plus élevé dans l'est pauvre (49%) du pays alors qu'il est de 33% dans l'ouest industrialisé.

Lorsqu'une femme obtient un diplôme, elle refuse d'être frappée par son époux, selon l'enquête, qui souligne l'importance de l'éducation pour éradiquer la violence conjugale.

La Turquie, pays à écrasante majorité musulmane mais au régime laïque, aspire à intégrer à l'Union européenne et est tenue d'assurer une pleine égalité homme-femme. (AFP, 21 octobre 2004)

La Turquie va vendre 20% de la compagnie aérienne nationale

La Turquie va vendre 20% du capital de Turkish Airlines (THY) cette année, afin d'accélérer la privatisation de la compagnie nationale, a annoncé un responsable mardi.

"Notre but est d'achever ce processus durant la première quinzaine de décembre", a déclaré mardi Metin Kilci, chef du conseil de privatisation turc, cité par l'agence Anatolie.

"L'un de nos principaux objectifs sera de nous assurer que les actions atteignent les petits investisseurs", a-t-il ajouté.

Les 20% prévus pourront être réévalués en fonction de la demande des investisseurs, a précisé M. Kilci.

Une offre de privatisation de 51% de la compagnie avait échoué en 2001, aucun investisseur ne se proposant alors, dans un contexte de crise économique qui nécessita l'aide du FMI.

Turkish Airlines faisait partie du programme de privatisation de 1990 mais la vente a été retardée à cause de l'instabilité et de l'indécision politiques.

Seulement 1,8% du capital a été proposé au public jusqu'à présent.

La compagnie dessert 103 destinations avec une flotte de 69 avions et emploie environ 10.000 personnes. Elle a transporté 10,4 millions de passagers en 2003, enregistrant un bénéfice d'environ 147 millions USD.

En juillet, elle a annoncé l'achat de 36 avions Airbus et 15 Boeing.

La privatisation est un élément clef du programme de réforme engagé en 2002, qui conditionne un crédit de plusieurs milliards de dollars du FMI. (AFP, 19 octobre 2004)

Un garçon de douze ans tue son camarade à cause d'une vendetta

Un garçon de douze ans a été tué lundi à Adana, dans le sud de la Turquie, par un camarade d'école du même âge en raison d'une vendetta opposant depuis des années leurs familles, rapporte mardi la presse.

L'assassin présumé s'est présenté à l'école avec un pistolet et a grièvement blessé à la tête la victime dans la cour de leur établissement à la suite d'une querelle.

L'enfant a succombé à ses blessures à l'hôpital.

Le meurtrier présumé a été interpellé par la brigade des enfants de la police de la ville.

Plusieurs membres des deux familles ont été assassinés par le passé dans le cadre de vengeances entre elles, selon le journal Sabah.

La vendetta, "la cause du sang" en turc, fait partie de la tradition turque, surtout dans l'est et le sud-est anatoliens défavorisés. En dépit des campagnes de sensibilisation et des efforts de réconciliation dans le pays qui souhaite adhérer à l'Union européenne, le phénomène est difficile à éradiquer. (AFP, 19 octobre 2004)

Le budget turc 2005 consacre un tiers des dépenses au remboursement de la dette

Le gouvernement turc a présenté un projet de loi de budget déficitaire pour 2005, dont plus du tiers des dépenses seront consacrées au remboursement de la dette publique, a déclaré lundi le ministre des Finances, Kemal Unakitan.

Les budgets 2004 et 2003 avaient respectivement consacré 41% et près de 50% des revenus au remboursement de la dette.

Pour l'année 2005, cette part diminue à environ 35%, a-t-il dit lors d'une conférence de presse.

Ce projet de loi budgétaire est le dernier à être chiffré à plusieurs centaines de quatrillions de livres turques (TL), car le pays s'est engagé à supprimer six zéros à sa monnaie nationale à partir du 1er janvier prochain, a dit le ministre.

Le projet, soumis dimanche au parlement qui doit commencer à en débattre dans les jours prochains, prévoit des revenus de l'ordre de 84,9 milliards de dollars (68,2 milliards d'euros) et un déficit d'environ 19,5 milliards de dollars (15,7 milliards d'euros).

Environ 37,9 milliards de dollars (30,4 milliards d'euros) seront consacrés au remboursement de la dette publique, qui se chiffrait à 178 milliards de dollars en juin, selon le Trésor. (AFP, 18 octobre 2004)

Ridiculous wage hikes protested by civil servants

The government yesterday set an average 10.7 percent pay increase for civil servants for 2005, a figure that does not strain the budget but which has led to a disappointment among some 2.5 million civil servants.

Although the government increased wages higher than the inflation target, the hike was found to be very low by labor unions representing civil servants.

The government has agreed to a minimum salary of TL 525 million ($350) per month for the lowest-ranking civil servants in the first half and TL 557 for the second half, compared to a labor union demand of TL 840 million. The labor confederations said the IMF-backed tight fiscal policy has hurt working people.

The salaries of civil servants at the highest level will be increased by 8.1 percent, while the salaries of civil servants at the lowest level will be increased by 12.1 percent.

The lowest civil servant wage amounts to TL 496 million at present. The poverty line, which includes the cost of shelter, education, health and transportation along with basic food expenditures, stood at TL 1.41 billion for a four-person family in September.

Civil servants in Istanbul protested the government's wage offer, saying that it was impossible to live in a city like Istanbul with a monthly income of TL 500 million.

Turkey's 2.5 million civil servants are not allowed to go on strike under the Constitution.

Labor union Kamu-Sen collective bargaining talks secretary Nazmi Gurel reacted negatively to the government decision, saying that they would take the issue to the European Court of Human Rights and the International Labor Organization (ILO) to defend their rights.

Labor union Memur-Sen Chairman Ahmet Aksu said they were sad about the government decision, finding the hike to be very low.

Aksu said the offer from the conciliatory board, set up to provide an agreement between the government and civil servant unions, remained unchanged.

The conciliatory board had suggested a 12 percent wage increase for civil servants at the lowest level. The board also recommended that the lowest civil servant salary be equal to the lowest worker's wage. Accordingly, the lowest salary should amount to TL 543 million.

Collective bargaining talks over the last two years had resulted in disagreements with the then Cabinet deciding on the amount of the increase in civil servants' wages.  (Turkish Daily News, October 15, 2004)

Mutinerie dans une prison turque: sept blessés, agressés par leurs codétenus

Des prisonniers de droit commun d'une maison d'arrêt proche d'Izmir (ouest de la Turquie) ont déclenché jeudi une mutinerie et torturé sept de leurs codétenus soupçonnés d'avoir violé des détenus mineurs, avant de se rendre aux négociateurs, selon la chaîne de télévision CNN-Turk.

Des avocats locaux ont obtenu par la négociation la fin de l'émeute, qui a duré une douzaine d'heures, évitant une intervention des forces de sécurité déployées autour de la prison de Buca, dans la banlieue du port égéen d'Izmir, la troisième ville de Turquie.

"Le mouvement est terminé, les gardiens pris en otages ont été relâchés", a déclaré Hamdi Yildirim, du barreau d'Izmir, l'un des négociateurs ayant rencontré les mutins, a rapporté l'agence de presse Anatolie.

Selon CNN-Turk, les prisonniers ont pris trois gardiens en otages et torturé sept de leurs compagnons de détention, soupçonnés d'avoir violé des détenus mineurs, dans la cour réservée aux mineurs à coups de couteau et de piques à brochettes.

CNN-Turk a diffusé des images d'hommes en sang évacués de la prison par les forces de sécurité.

La direction de l'établissement pénitencier de Buca devait procéder à un décompte des prisonniers.

Les détenus de plusieurs pavillons du complexe, qui, selon l'agence Anatolie, se sont également mutinés pour revendiquer un meilleur traitement de la part des gardiens, de meilleures conditions de vie dans la prison et des contrôles de santé, ont mis le feu à leurs draps et leurs sommiers.

Les pompiers ont éteint les flammes qui s'étaient propagées à plusieurs secteurs de la prison, alors que des renforts de la gendarmerie, corps d'armée chargé d'assurer la sécurité des prisons, étaient dépêchés sur place.

Des proches des détenus se sont également rendus devant la prison pour suivre la situation.

Devant la prison de Buca, le maire de la ville Cemil Seboy a mis en cause la surpopulation de l'établissement et demandé au gouvernement d'accélérer le transfert des détenus vers un centre de détention plus moderne, actuellement en construction dans la ville voisine de Foca.

"Ici, dans un dortoir, on compte 75 personnes. Comment pouvez-vous assurer la sécurité des personnes, comment pouvez-vous garder le contrôle ?", a déclaré M. Seboy, qui a rappelé qu'un protocole d'accord avait été signé en 1996 pour la fermeture de la prison de Buca et le transfert des détenus à Foca.

Les mutineries, prises d'otages et grèves de la faim étaient courantes dans les prisons turques surpeuplées jusqu'à ce que le pays adopte en 2000 un nouveau système carcéral de haute sécurité, notamment pour les détenus emprisonnés pour "terrorisme".  (AFP, 14 octobre 2004)

Une fillette allemande assassinée pendant ses vacances en Turquie

Une jeune allemande de 11 ans, portée disparue depuis plus de 24 heures près d'une station balnéaire turque, a été retrouvée morte dans un maquis lundi près d'Alanya (sud, sur la Méditerranée), rapporte mardi  12 octobre la presse turque.

Lisa Eder portait des marques de strangulation.

Elle était venue en Turquie en vacances avec sa mère Petra Eder, 41 ans, précise le journal Hurriyet.

Sa mère avait informé les autorités de sa disparition dimanche après qu'elle eut quitté son hôtel pour aller visiter un magasin de souvenirs proche, selon le journal Sabah.

Selon les premiers élements de l'enquête, elle ne porte pas de traces de viol, ajoute ce quotidien.

Alanya et ses environs sont les zones balnéaires prisées des touristes allemands.

Le journal à gros tirage Sabah a demandé vendredi, à la Une et en Allemand, "pardon" au nom des Turcs après le meurtre d'une fillette allemande qui passait ses vacances sur le littoral méditerranéen, un crime qui a particulièrement ému l'opinion publique turque.

"Verzeih uns, Lisa" (pardonne nous Lisa), titrait sur cinq colonnes le quotidien populaire en publiant une photo de Lisa Eder, 11 ans, assassiné lundi par un Turc qui voulait la violer alors qu'elle était en vacances à la station balnéaire d'Alanya avec sa mère Petra.  (AFP, 15 octobre 2004)

Population de la Turquie: 93,5 millions en 2030-2035, avant de décliner

La population turque atteindra 93,5 millions d'habitants en 2030-2035 avant de décliner, a affirmé lundi Attila Hancioglu, co-auteur d'un récent rapport sur la démographie turque, alors que les opposants à l'entrée de la Turquie dans l'UE évoquent une possible "invasion" de migrants de ce pays.

"La population de la Turquie n'atteindra jamais 100 millions d'habitants, elle se stabilisera entre 93 et 94 millions durant la première moitié du XXIe siècle puis commencera à décliner", a déclaré le démographe lors d'une conférence à Istanbul sur la population et les migrations en Turquie et dans l'UE.

Rendant publics les résultats d'une étude menée par l'Institut d'études sur la population de l'université de Hacettepe, le chercheur a estimé que la Turquie traversait depuis le début des années 1980 une période de "transformation démographique majeure".

Le taux d'accroissement annuel de la population turque est ainsi passé de 2,28% en 1980 à 1,49% en 2000-2005 (0,4% dans l'UE), le taux de fécondité déclinant pour sa part de 4,1 à 2,2 enfants par femme (1,5 dans l'UE), selon cette étude qui prévoit que la population turque atteindra son apogée à 93,5 millions d'habitants en 2030-2035.

"Le nombre d'enfants par adulte va passer de deux à un seul aux alentours de 2030", pronostique en outre M. Hancioglu, qui estime que l'évolution de la pyramide des âges, dont la base va en rétrécissant, va conduire à une "importante croissance de la population productive turque".

Pour Baran Tuncer, président de la Fondation turque pour la santé et le planning familial, c'est cette masse de travail qui, si la Turquie intègre l'Union européenne, assurera la pérennité des retraites et la richesse de l'Europe.

En Europe, "le taux de natalité décroit, l'espérance de vie augmente (...) La conséquence, c'est que la population active va diminuer, ce qui signifie une baisse du PIB (...) et que le fardeau pesant sur les actifs pour satisfaire les besoins de la population âgée va croître", a-t-il déclaré.

Selon M. Tuncer, en dépit des craintes qui se font entendre en Europe au sujet de l'immigration, "la question n'est plus de savoir si celle-ci est nécessaire, mais de savoir dans quelles conditions elle va s'organiser". (AFP, 11 octobre 2004)

Les homosexuels turcs sortent de l'ombre pour revendiquer leurs droits

Opprimés pendant des décennies par une société foncièrement conservatrice, les homosexuels turcs sortent timidement de l'ombre pour revendiquer leurs droits tandis que la Turquie, candidate à l'entrée dans l'UE, se met à l'heure des droits de l'Homme à l'européenne.

Ali Erol se souvient de ce jour de 1994 où un groupe de militants homosexuels s'est rendu au siège de l'Association turque des droits de l'Homme pour chercher du soutien auprès la fondation de leur organisation, Kaos GL.

"Ils nous ont montré la porte en disant: 'Vos goûts et vos plaisirs ne nous intéressent pas'", se souvient-il, avant d'ajouter: "Aujourd'hui, nous travaillons côte à côte."

Le mouvement homosexuel en est encore à ses premiers pas en Turquie, mais les gays et lesbiennes sortent de plus en plus du silence: ils étendent leurs réseaux, organisent des conférences et des festivals de films et prennent part aux marches du 1er mai.

Umut Guner, de Kaos GL, est convaincu que les efforts menés par la Turquie pour améliorer le respect des droits de l'Homme et s'aligner sur les normes européennes obligent les autorités à dépasser, petit à petit, leurs a priori à l'encontre des homosexuels.

Il y a quelques temps, rappelle-t-il fièrement, des institutions gouvernementales ont invité Kaos GL et d'autres organisations de la société civile à former des commissions pour travailler sur la prévention du Sida.

En mai, des militants gays et lesbiennes ont été reçus pour la première fois au Parlement, où leurs propositions en matière de lutte contre la discrimination sexuelle ont été entendues par un député.

Leur principale demande -- inscrire dans la loi la discrimination "sur la base de l'orientation sexuelle" comme un délit passible d'une peine d'emprisonnement -- a dans un premier temps été inclue dans un vaste projet de réforme du code pénal, réclamée par l'UE.

Cet amendement aurait constitué la première victoire majeure du mouvement homosexuel et fait de la Turquie le premier pays musulman à garantir légalement la protection des gays et des lesbiennes.

Mais le Parti de la justice et du développement (AKP, au pouvoir), une formation issue de la mouvance islamiste, a retiré cette disposition du projet de loi, estimant que satisfaire les demandes des homosexuels au moment où celles de son électorat religieux sont laissées en suspens serait trop demander.

"Faire porter le blame sur le seul AKP serait trompeur. Il ne peut y avoir de réel progrès tant que la société ne se confronte pas ouvertement à la question de l'homosexualité", estime toutefois Ali Erol.

Pour Kursad Kahramanoglu, codirigeant de l'Association lesbienne et gay internationale (ILGA), la Turquie est bien en avance, en matière de tolérance accordée aux homosexuels, sur les autres pays du monde musulman.

Alors que la plupart de ces pays punissent l'homosexualité, parfois par la mort, certains homosexuels ont fait en Turquie une brillante carrière dans la chanson, à la télévision ou dans la mode.

Les préjugés restent cependant forts dans la vie quotidienne.

La plupart des militants affirment risquer leur emploi si leur identité sexuelle est révélée.

L'armée turque, se plaignent-ils, est la seule au sein de l'Otan qui persiste à considérer l'homosexualité comme un désordre psychologique, et les brutalités policières à l'égard des transsexuels et des travestis sont de notoriété publique.

Selon M. Kahramanoglu, la candidature de la Turquie à l'entrée dans l'UE est une opportunité à saisir par les homosexuels pour faire intégrer leur cause dans la défense générale des droits de l'Homme.

"Le processus de l'UE encourage les gens à parler ouvertement et il influe sur l'attitude officielle. Il est regrettable cependant que tant de choses changent en Turquie non sous la pression des gens mais parce qu'elles entrent dans les critères de l'UE", dit-il. (AFP, Sibel UTKU BILA, 5 octobre 2004)

Relations turco-européennes / Turkey-Europe Relations

Le Parlement européen hausse le ton sur l'adhésion de la Turquie

Les députés européens se montrent bien plus critiques que la commission Prodi sur la candidature de la Turquie à l'Union européenne. La commission affaires étrangères du Parlement discutera aujourd'hui, à Strasbourg, du rapport rédigé par le député néerlandais Camiel Eurlings. Une fois adopté, ce texte sera transmis sous forme de "recommandation" aux chefs d'Etat et de gouvernement avant le sommet du 17 décembre.

D'après le rapporteur, l'ouverture des négociations avec la Turquie doit être "le point de départ d'un long processus qui, par nature, doit rester ouvert, c'est-à-dire ne pas conduire a priori et automatiquement sur l'adhésion".

Ce point de vue frileux ne reflète pas celui de la commission, qui considère l'adhésion comme le seul objectif valable des négociations. Le Parlement exige également que les opinions publiques européennes soient "consultées" sur l'entrée de la Turquie, ce qui n'avait pas été le cas pour le dernier élargissement. Pour le reste, il s'aligne sur la recommandation de la commission qui estime impossible, pour des raisons budgétaires, de faire entrer la Turquie dans l'Union avant 2014. Le Parlement approuve aussi le processus "d'arrêt d'urgence des négociations", en cas de violations graves et persistantes des principes de liberté et l'Etat de droit. Estimant que la Turquie ne remplit pas encore suffisamment les critères de Copenhague, les députés veulent durcir encore le processus de négociations, en y ajoutant une étape inédite.

"Le Conseil ne doit recommander l'ouverture des négociations que si ces dernières se concentrent d'abord sur le respect des critères politiques de Copenhague, note le document, avec un accent sur le respect des droits de l'homme et des libertés, en théorie et en pratique, et, ensuite seulement, commencer l'examen chapitre par chapitre." Le rapporteur estime qu'Ankara doit se montrer plus intraitable encore dans sa politique de lutte contre la torture, la corruption et les violences conjugales. Il demande à la Turquie de se mettre "sans délai" en conformité avec les décisions de la Cour européenne des droits de l'homme et lui suggère même de rédiger une "nouvelle Constitution", entérinant la Turquie moderne et européenne. Il appelle la Turquie et l'Arménie à commencer un processus de réconciliation afin de dépasser "les expériences tragiques du passé", et demande à Ankara d'avoir une attitude "plus constructive" pour le règlement de la question chypriote.

Autant de questions qui montrent que là où la commission voyait le verre à moitié plein, le Parlement voit le verre à moitié vide, invitant les Vingt-Cinq à se montrer bien plus vigilants le 17 décembre prochain. [Le Figaro, 26 octobre 2004]

L'Armée turque et Erdogan dénoncent le traitement réservé à la Turquie

Quarante-sept ans après la signature à Rome du traité fondateur de la construction européenne, les chefs d'Etat et de gouvernement des 25 pays européens ont signé vendredi la première Constitution de l'Europe dans la capitale italienne. Le traité doit maintenant être ratifié par les Etats-membres dans les mois à venir.

Les dirigeants européens étaient réunis au Palais des conservateurs dit Campidoglio, sur la place du Capitole, dans la salle des Horaces et des Curiaces où fut signé le traité de 1957. La Roumanie, la Bulgarie, la Turquie et la Croatie, candidates à l'entrée dans l'UE, étaient représentées.

Le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi et son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan, ont eu un entretien vendredi à Rome en marge de la cérémonie de signature de la Constitution européenne, a indiqué la présidence du Conseil.

L'entretien a duré environ une heure et M. Erdogan n'a fait aucune déclaration à sa sortie de la présidence du conseil, selon les journalistes présents sur place.

Dans une interview à La Repubblica, le Premier ministre turc avait dénoncé vendredi en termes très durs les pays qui cherchent à "mettre des bâtons dans les roues" à la Turquie pour son adhésion à l'Union européenne.

Mercredi, le Conseil de la sûreté nationale (MGK), composé de chefs de l'armée et de certains ministres, avait annoncé que l'Union européenne doit traiter la Turquie exactement de la même façon que n'importe quel autre pays candidat.

Après une réunion de cinq heures, le MGK indiquait dans une déclaration: "On l'a souligné que des critères et méthodes qui n'ont pas été prévus pour d'autres pays candidats ne devraient pas être appliqués en Turquie."

"Les efforts de notre gouvernement afin de mettre nos politiques et notre législation en conformité avec celle de l'Europe continuent de façon implacable", affirme le Premier ministre turc.

"Et malgré tout on cherche à nous traiter de manière diverse par rapport à d'autres pays candidats. Mais ils n'y arriveront pas", ajoute M. Erdogan, dénonçant "ceux qui saisissent chaque occasion pour nous mettre des bâtons dans les roues".

"Aucun référendum n'a jamais été organisé pour les pays de l'Union européenne, pour aucun des pays qui y ont eu accès. Aussi, je ne vois aucune raison pour laquelle il devrait y avoir un vote précisément pour nous", poursuit-il.

"Les gouvernements européens nous ont toujours dit, pendant le parcours accompli jusqu'ici, qu'Ankara serait traité de la même façon que les autres pays", souligne-t-il, ajoutant : "C'est à l'Union européenne de tenir ses promesses".

En Italie, l'idée d'un referendum est avancée par le parti de la Ligue du Nord (populiste, xénophobe), dirigé par Umberto Bossi, ce qui crée quelques tensions au sein de la majorité gouvernementale de Silvio Berlusconi.

"J'espère seulement que ces groupuscules n'obtiendront aucun soutien politique et populaire significatif", conclut-il.

La Commission européenne a émis, le 6 octobre, une recommandation favorable au lancement de négociations d'adhésion avec Ankara. Les dirigeants des pays membres de l'UE doivent prendre une décision cruciale le 17 décembre sur l'ouverture ou non de ces pourparlers. (AFP, 29 octobre 2004)

Pour Chirac et Schroeder, l'entrée de la Turquie dans l'UE reste l'"objectif"

Jacques Chirac et Gerhard Schroeder ont affirmé mardi à Berlin que l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne restait leur "objectif", malgré une opinion publique extrêmement défavorable en France et partagée en Allemagne.

Au cours d'un point de presse conjoint, à l'issue du 4ème Conseil des ministres franco-allemand, le président français et le chancelier allemand se sont tous deux déclarés favorables à l'ouverture de négociations avec Ankara, avant de s'entretenir pendant une heure avec le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan.

La décision doit être prise par les 25 chefs d'Etat et de gouvernement, réunis en Conseil européen les 16 et 17 décembre, sur la base des conclusions de la Commission européenne, qui s'est prononcée pour l'ouverture de négociations.

Le chancelier a été très clair: le "but" de ces négociations doit être l'adhésion de la Turquie et "aucun autre but", a-t-il dit. Fixant "l'objectif clair de l'adhésion", il a réclamé "détermination et clarté".

Pour Jacques Chirac, l'affaire est plus délicate. Le président français doit en effet faire face à une opinion publique très hostile à l'entrée de la Turquie dans le grand ensemble européen, et son propre parti, l'UMP, y est défavorable.

En présence du chancelier, il a affirmé que son "voeu le plus cher" était que les négociations aboutissent à l'entrée de la Turquie dans l'UE, car il y va "de l'intérêt de l'Europe, de la Turquie, de la paix et de la démocratie dans le monde et dans la région".

Mais, en réponse aux inquiétudes des Français, il a souligné que rien n'était joué d'avance car "adapter l'ensemble des règlements et des habitudes de la Turquie à celles de l'Union européenne demandera des efforts très importants", surtout de la part d'Ankara.

En tout état de cause, l'adhésion de la Turquie n'est "pas un problème d'actualité", a-t-il insisté, et prétendre le contraire, c'est chercher "une polémique qui n'a pas de sens et ne peut être de bonne foi".

Le président français a aussi fait valoir que la Turquie pouvait, au cours des négociations, "ne pas souhaiter aller au terme des efforts nécessaires" pour satisfaire aux exigences de l'UE. Il faudra alors "en tirer les conséquences", a-t-il ajouté: "soit par le renoncement pur et simple de la Turquie à entrer dans l'Union, soit en trouvant un modus vivendi" pour que le lien entre la Turquie et l'Europe "reste fort et important".

Les négociations d'adhésion s'ouvriront "en 2005 ou autour de 2005", elles dureront "10 ou 15 ans" et, à l'issue de cette longue procédure, "les Français auront leur mot à dire" par la voie du référendum, a expliqué Jacques Chirac. "Je suis persuadé qu'à l'époque, le problème se posera avec beaucoup moins de passion", a-t-il ajouté.

A Paris, le président de l'UDF, le centriste François Bayrou, a regretté que Jacques Chirac ait décidé de "passer en force". "Comment peut-on à ce point ignorer le sentiment des Français et réduire à néant le débat sur l'avenir de l'Europe ?", s'est-il interrogé.

En fin d'après-midi, Jacques Chirac, son Premier ministre Jean-Pierre Raffarin et Gerhard Schroeder se sont entretenus à huis clos avec le Premier ministre turc, venu à Berlin pour la signature d'un contrat d'achat de 36 Airbus par la Turkish Airlines.

Cité par un de ses conseillers, M. Erdogan a exprimé sa méfiance à l'égard des référendums en affirmant, avant la rencontre à trois, que "les règles du jeu sont connues et établies" pour les négociations d'adhésion. "Il ne peut y avoir de nouveaux critères une fois que le match aura commencé", a-t-il dit. (AFP, 26 octobre 2004)

Turkish Airlines a signé à Berlin le contrat d'acquisition de 36 Airbus

Le constructeur aéronautique européen Airbus a signé mardi à Berlin une commande ferme de la compagnie Turkish Airlines pour 36 appareils monocouloirs et gros porteurs (19 A320, 12 A321 et 5 A330-200).

Elle a été signée en présence du Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, du président Jacques Chirac et du chancelier Gerhard Schroeder. Les ministres turcs des Affaires étrangères et des Finances, Abdullah Gul et Kemal Unakitan, étaient aussi présents, de même que le PDG de l'avionneur, Noël Forgeard, et un dirigeant de Turkish Airlines, Candan Karlitekin.

Le contrat s'élève à 2,8 milliards de dollars (2,22 milliards d'euros), avait précisé plus tôt le porte-parole du gouvernement allemand, Bela Anda, lors d'un point presse régulier.

La compagnie turque, "qui effectue des vols domestiques et internationaux au départ d'Istanbul, prévoit d'exploiter ses appareils, qui seront livrables dès octobre 2005 et jusqu'en 2008, aussi bien sur ses lignes intérieures que sur ses lignes internationales moyen-courriers et long-courriers", selon un communiqué d'Airbus.

Les A320 et A321 seront équipés de réacteurs V2527-A5 d'IAE et les A330 de réacteurs CF6-80E1 A3 de General Electric, a précisé l'avionneur européen.

Cette commande intervient moins d'un mois après la finalisation par la compagnie turque d'un accord prévoyant l'achat de 15 Boeing 737-800, au prix catalogue de 982,5 millions de dollars.

Turkish Airlines dispose actuellement d'une flotte vieillissante de 65 avions et doit être privatisée, selon les ambitions affichées en janvier 2003 par le gouvernement. Une tentative de privatisation avait dû être abandonnée en 2001 faute de repreneurs. La compagnie a transporté 10,4 millions de passagers vers 103 destinations en 2003 avec un bénéfice de 147 millions de dollars. (AFP, 26 octobre 2004)

L'analyse d'un journaliste belge sur l'adhésion turque: Qui maisŠ

La Turquie veut joindre l'Union européenne. Le 6 octobre, la Commission européenne a plus ou moins donné son feu vert pour entamer des négociations sur l'adhésion, plus ou moins, parce qu'il reste quelques obstacles de taille: les droits de l'homme, les droits des Kurdes et  l'état de droit font encore défaut. Ce n'est pourtant pas la Commission, mais le sommet européen des chefs d'Etat le 17 décembre à Amsterdam qui décidera si, quand et comment, la Turquie pourra commencer des négociations d'adhésion à l'Union européenne. Membre ou pas membre? Et sous quelles conditions?

Le débat fait déjà rage. La droite européenne, en sa grande majorité blanche et chrétienne, s'insurge. "Trop grand, trop musulman, trop asiatique, trop près du Moyen-Orient", rétorque-t-elle. La droite est contre la Turquie pour des raisons qui ne sont pas les nôtres. L'argument sur les origines "judéo-chrétiennes" de l'Europe ne tient pas le coup. Les quelques millions de musulmans qui vivent déjà en Europe, sont-ils des faux européens? L'argument sur les frontières européennes, qui s'arrêtent à Istanbul ne tient pas debout non plus. La Turquie fait partie du Conseil de l'Europe depuis les années 50 et de l'OTAN depuis le début de la guerre froide, pour aider l'occident à "endiguer le communisme". Pour cela, la Turquie était belle et bien européenne ou occidentale. Bref, la droite a du mal à cacher ses arguments racistes. De temps en temps! elle utilise "les violations des droits de l'homme en Turquie" pour ne pas devoir dire qu'elle a peur des musulmans. Ou quand le parlement turc veut passer une loi criminalisant l'adultère, les démocrates-chrétiens allemands deviennent soudain des ardents défenseurs de l'adultère. Pas très crédible tout ça.

De l'autre côté de l'échiquier politique, on trouve des partisans de l'adhésion immédiate et sans trop de conditions de la Turquie à l'Union européenne chez une partie des socialistes, surtout britanniques, ou chez des hommes d'affaires et aussi chez l'inévitable Georges W. Bush. Ce dernier intervient dans les affaires intérieures européennes en insistant sur la nécessité d'inclure la Turquie le plus vite possible et sans conditions pour empêcher qu'elle glisse dans le camp des "anti-occidentaux", des "terroristes". "Droits de l'homme? Je ne connais que la géostratégie", répond-il. Des hommes d'affaires, impatients de faire du business et du profit rapide, jugent que la Turquie a déjà fait des progrès énormes concernant les droits de l'homme, suffisamment pour l'accepter assez vite comme membre entier de l'Union européenne.

Alors faut-il accepter la Turquie dans l'Union européenne sans plus attendre? Certains disent que la gauche révolutionnaire n'a pas à poser des conditions si "le peuple d'un pays" veut adhérer. "Ce n'est pas à nous de poser des conditions", entend-on. Quoi faire alors avec Israël, un Etat à caractère ouvertement raciste, dont le ministre des affaires étrangères Netanyahou a déjà demandé l'adhésion à l'Union européenne tandis qu'il est en train de commettre un sociocide contre le peuple palestinien?

Il faut donc, selon nous, pouvoir dire oui à un pays qui veut devenir membre de l'Union européenne à condition que ce pays respecte les critères politiques de Copenhague. Ces critères stipulent une série de droits de l'homme et de droits des minorités. Il ne s'agit pas ici d'une lutte pour le socialisme, mais de la défense des acquis démocratiques élémentaires pour lesquels notre mouvement ouvrier et social s'est durement battu. C'est en plus un outil de pression précieuse vis-à-vis de la Turquie, un outil qui met en phase nos forces démocratiques en Europe avec celles en Turquie et avec le mouvement de libération kurde. Ne pas poser des conditions démocratiques pour l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne avec l'argument que "de toute façon l'Union européenne est une entité impérialiste" ouvrirait les portes à une Turquie militaire, nationaliste de droite et répressive.

Avec les Kurdes et les Turcs progressistes, nous exigeons donc que la Turquie prenne les mesures suivantes, avant juillet 2005, donc avant le début des négociations sur l'adhésion:

Liberté d'opinion, liberté d'être enseigné en sa langue maternelle, liberté des médias

Deux écoles privées en langue kurde viennent d'ouvrir leurs portes, mais ils ne font pas partie de l'enseignement officiel, les professeurs et les élèves sont étroitement surveillés, les cours se déroulent après les heures d'école, sous le drapeau turc et le regard sévère d'Atatürk. Eren Keskin, une des responsables de l'association des droits de l'homme en Turquie, vient d'être accusée pour "insulte à l'armée turque", parce qu'elle a accusé des soldats turcs pour avoir abusé sexuellement des femmes kurdes.

Si c'est vrai qu'une agence de presse du "tigre" DIHA (on ne peut pas l'appeler kurde, parce que ça serait puni pour "incitation à la haine raciale") peut mieux fonctionner au Kurdistan de Turquie, suite à la fin de l'état d'exception dans les provinces kurdes, c'est vrai aussi que la télévision locale kurde GUN TV à Diyarbakir vient d'être interdite pour un mois parce que deux politiciens appelaient en kurde pour la reconnaissance de la langue et l'identité kurde lors d'une émission en directe. Si c'est vrai que la télévision publique TRT émet une demi-heure par semaine en langue kurde (très académique, quasiment incompréhensible pour les Kurdes), c'est vrai aussi que la télé kurde par satellite ROJ TV (l'ancien MED TV) qui émet de Denderleeuw en Belgique reste toujours interdite en Turquie accusée d'être "une télé terroriste".

Droit au retour aux villages, abolition du système des "gardiens de village"

Les villageois des 4000 villages et hameaux détruits dans les années 90 n'ont toujours pas le droit au retour. De plus en plus essaient de retourner, mais ils doivent signer une lettre en déclarant que c'est le PKK qui avait détruit le village et pas l'armée turque. Il faut enlever tous les entraves au retour et indemniser tous ces réfugiés. En outre, il faut abolir le système de "gardiens de village", des villageois kurdes, payés et armés par l'Etat pour collaborer contre les rebelles du PKK (aujourd'hui KONGRA GEL).

Les militaires dans les casernes

Depuis le coup d'état de 1981, c'est le conseil de sécurité nationale, composé de militaires, qui prend les décisions politiques. Ainsi, lors des réunions de l'OTAN, le ministre de défense turc, avant de pouvoir décider ni quoi que ce soit, doit demander la permission de son général. Dans une démocratie bourgeoise, ça devrait être le contraire. Le remplacement du président de ce conseil (un militaire) par un civil, n'est qu'un changement cosmétique. Les militaires doivent se retirer de la politique et laisser gouverner le parlement et le gouvernement élu. Le seuil des 10% aux élections (qui a comme but d'empêcher que les 20 millions de Kurdes, un quart de la population en Turquie, soient représenté au parlement turc) doit être aboli.

Et pour finir, il faut libérer tous les prisonniers politiques, donc aussi Abdullah Öcalan, entamer une dialogue avec la résistance kurde et établir une tolérance zéro pour la torture. (Chris Den Hond, 22 octobre 2004, cdenhond@yahoo.fr)
 

Note: Chris Den Hond est journaliste/cameraman à la télévision kurde par satellite ROJ TV et membre fondateur de la Coordination belge: "Stop la guerre contre le peuple kurde", associant 150 organisations et individus.
A Istanbul, les Verts européens ont plaidé pour l'adhésion turque à l'UE

Les députés européens du groupe des Verts ont mis fin jeudi à Istanbul à trois jours de conférences visant à affirmer le soutien de leur mouvement à l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne deux mois avant une décision cruciale des dirigeants de l'UE sur la candidature turque.

"Nous soutenons à la lettre la recommandation de la Commission européenne", a déclaré en conclusion au forum le président de la commission parlementaire conjointe UE-Turquie, Joost Lagendijk, se référant à une recommandation favorable à l'ouverture des pourparlers d'adhésion avec Ankara rendue publique le 6 octobre par l'exécutif européen.

L'eurodéputé néerlandais a toutefois précisé que "beaucoup restait à faire", notamment dans le domaine des droits de l'homme et des droits des minorités.

"Si quelque chose se passe mal dans le domaine des droits de l'homme, ça fera la Une (des médias européens). Il ne tient qu'à la Turquie de passer de 80% à 100%" de respect des normes communautaires, a-t-il estimé.

Monica Frassoni, co-présidente du groupe Verts-Alliance Libre Européenne (ALE) a repris le même antienne, expliquant qu'"il ne faut pas se concentrer uniquement sur l'ouverture des négociations d'adhésion en oubliant les problèmes réels qui continuent d'exister".

La parlementaire a insisté sur le respect des droits des femmes, véritable "test qui permet de savoir où se situe un pays et s'il peut entrer dans l'UE".

Alors que les dirigeants des pays membres de l'UE doivent décider le 17 décembre à Bruxelles d'ouvrir ou non les négociations d'adhésion, les orateurs Verts se sont définis comme des "amis critiques" de la Turquie, adversaires des arguments identitaires prônés par les "turcosceptiques", mais pointilleux sur la question des libertés individuelles. (AFP, 21 octobre 2004)

Angela Merkel réaffirme le non de la CDU à une entrée de la Turquie

La présidente de l'Union chrétienne-démocrate (CDU), Angela Merkel, a réaffirmé mardi au ministre des Affaires étrangères turc, Abdullah Gul, l'opposition du principal parti d'opposition allemand à une adhésion à part entière de la Turquie à l'Union européenne, a-t-on appris auprès de son groupe parlelentaire.
 Durant l'entretien, Mme Merkel a expliqué au chef de la diplomatie turque qu'elle comptait plaider à nouveau pour un partenariat privilégié lors d'une rencontre des dirigeants conservateurs et chrétiens-démocrates début novembre à Bruxelles.

Cette réunion se tiendra à six semaines du prochain Conseil européen au cours duquel les 25 chefs d'Etat et de gouvernement doivent donner leur aval à l'ouverture de négociations d'adhésion.

Au début de l'année, Mme Merkel était allée à Ankara pour expliquer directement au Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, qu'elle préconisait un partenariat privilégié.

L'attitude à adopter face à une adhésion de la Turquie divise les partis ouest-allemands, y compris la CDU, dont une partie, minoritaire, est favorable à l'ouverture de négociations avec Ankara. Le gouvernement du chancelier Gerhard Schroeder s'est prononcé fermement pour de telles négociations.

Dans un discours mardi matin après son entretien avec Mme Merkel, M. Gul a souligné qu'"il n'y avait pas d'autres objectifs à débattre" que celui d'une adhésion à part entière de la Turquie et il a rejeté l'idée d'un partenariat privilégié.

Il se trouve depuis lundi à Berlin, où il a aussi rencontré le ministre des Affaires étrangères Joschka Fischer.

Le 26 octobre, également dans la capitale allemande, M. Erdogan viendra  s'entretenir avec le chancelier et le président français Jacques Chirac, en marge d'un conseil des ministres franco-allemand. La question turque divise tout autant la classe politique française. (AFP, 19 octobre 2004)

La Ligue du Nord en campagne pour demander un référendum sur la Turquie

La Ligue du Nord, le parti de droite populiste allié du gouvernement italien de Silvio Berlusconi, est entrée en campagne pour demander la tenue d'un référendum sur l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne.

"C'est un thème absolument historique et qui peut influencer le développement à venir de l'Europe pour des siècles", a déclaré le garde des Sceaux, Roberto Castelli, en expliquant au cours du week-end pourquoi à ses yeux la décision définitive doit revenir aux électeurs et ne peut "pas dépendre uniquement d'une décision du gouvernement".

Le journal du parti, La Padania, a ouvert ses colonnes lundi à un historien catholique invité à parler de l'identité chrétienne de l'Union européenne et du projet qualifié d'"hyper-controversé" d'adhésion de la Turquie dans l'Union.

La position de la Ligue a suscité des réactions négatives dans le reste de la majorité, qui juge qu'un référendum est "inutile et nuisible", selon les termes choisis par le ministre adjoint au commerce extérieur Adolfo Urso.

La droite italienne, mise à part la Ligue, estime que l'entrée de la Turquie dans l'Union serait le meilleur rempart contre le fondamentalisme islamique.

La Ligue juge au contraire que la Turquie n'est géographiquement pas en Europe et que sa culture islamique est incompatible avec les racines chrétiennes de l'Europe.

En l'absence de sondages récents, la position de la Ligue pourrait embarrasser le chef du gouvernement Silvio Berlusconi, qui se targue d'être le meilleur avocat de l'adhésion turque. Il a redit mercredi qu'il souhaitait que l'ouverture des négociations avec Ankara puisse avoir lieu en 2005. (AFP, 18 octobre 2004)

Candidature turque à l'UE: le Parlement français confirme ses réticences

Le parlement français a confirmé jeudi, à l'occasion d'un débat sans vote concédé aux députés français, ses réticences vis-à-vis de la candidature turque à l'Union européenne (UE), en contradiction avec la position du président Jacques Chirac, favorable à l'adhésion d'Ankara.

La majorité des orateurs, y compris le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin qui a ouvert les débats, ont souligné que la Turquie n'était pas prête à entrer dans l'Union.

"Je ne crois pas que l'Europe soit prête pour l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne. L'Europe vient de s'élargir, elle doit accueillir ses nouveaux membres, réussir leur intégration avant de penser à un autre élargissement", a déclaré M. Raffarin devant l'Assemblée nationale, chambre basse du Parlement français.

"Ni l'Europe, ni la Turquie ne sont prêtes aujourd'hui pour l'adhésion", a-t-il martelé.

Mais à la différence de quelques uns des orateurs suivants, M. Raffarin a invité les Français à ne pas répondre "non" prématurément et "sans discussion" à la demande d'Ankara de rejoindre l'UE.

"L'avenir n'est pas écrit", entre une adhésion de la Turquie, un partenariat renforcé ou le statu quo actuel, a-t-il relevé, en demandant aux Français de s'accorder le temps du débat.

"L'Histoire tranchera", mais, a-t-il souligné, "la volonté de la nation sera respectée puisque le peuple de France aura, par référendum, le dernier mot" sur une éventuelle adhésion de la Turquie.

Sous la pression de son propre camp, le président français a finalement promis que les Français seraient appelés à ratifier par référendum une éventuelle adhésion de la Turquie à l'UE.

A ce propos, M. Raffarin a souligné que le processus d'adhésion, s'il est entériné par les chefs d'Etat et de gouvernement le 17 décembre prochain, serait long et que celle-ci ne pourra intervenir avant 2015.

Jacques Chirac s'est plusieurs fois prononcé en faveur d'une adhésion d'Ankara à l'UE, se plaçant ainsi en porte-à-faux avec son propre camp et une majorité des Français.

L'UMP, parti du président Chirac, et l'UDF, parti du centre qui soutient le gouvernement, sont opposés à l'entrée de la Turquie dans l'Union. De ce point de vue, ils sont en phase avec les Français qui sont à 75,3 %, selon un sondage, opposés à l'adhésion d'Ankara à l'Union européenne.

Réputée plus favorable à cette perspective, l'opposition socialiste a pourtant rejoint M. Raffarin en défendant elle-aussi l'idée d'une négociation avec la Turquie devant déboucher soit sur une adhésion, soit sur un partenarait privilégié.

François Bayrou, qui dirige l'UDF n'a pas dit autre chose en invitant les députés à voter une résolution en ce sens, tout en ne cachant pas son hostilité à une adhésion. Celle-ci signifierait la fin du projet européen d'intégration et d'unité politique, a-t-il expliqué. "Le choix est entre une Europe unitaire et une Europe dispersée", a-t-il lancé.

L'ancien Premier ministre Edouard Balladur (UMP), et président de la commission des Affaires étrangères, a rappelé de son côté, comme la majorité des intervenants, "sa préférence" pour un statut de "partenaire privilégié" de l'UE pour la Turquie, "afin de ne froisser aucune susceptibilité et de ménager la dignité d'un grand peuple".

Plusieurs députés, dont François Bayrou, ont regretté l'absence de vote à l'issue de ce débat convoqué par le gouvernement, et nombre d'entre eux avaient boudé les travées de l'Assemblée. (AFP, 14 ctobre 2004)

Le Monde: Les argumentaires des partisans et des opposants à l'intégration

Voici une liste non exhaustive des arguments des partisans comme des adversaires de négociations avec la Turquie.

Géographie. Pour : la Turquie a un pied sur le continent européen. Contre : 95 % de son territoire se trouve en Asie.

Histoire. Pour : l'ancêtre de la Turquie moderne était une puissance européenne qui s'est étendue jusqu'à Vienne (Autriche). Contre : des Européens se sont battus jusqu'au début du XXe siècle pour se libérer du joug ottoman.

Démographie. Pour : la Turquie apportera à l'Europe le dynamisme de sa population, déjà présente dans de nombreux pays européens. Contre : avec 100 millions d'habitants, elle sera, en 2020, le pays le plus peuplé de l'Union.

Religion. Pour : l'adhésion d'un pays à majorité musulmane montrera la capacité de l'Union à intégrer les communautés musulmanes qui s'y trouvent déjà. Contre : sans être un "club chrétien", l'UE fonde son identité sur les valeurs judéo-chrétiennes ; en outre, des menaces pèsent sur le caractère laïque de l'Etat turc.

Economie. Pour : la Turquie a déjà une union douanière avec l'Europe des vingt-cinq. Contre : le PIB par habitant représente 10 % du niveau moyen de l'Union à vingt-cinq.

Social. Pour : la Turquie est une société jeune qui compensera le vieillissement des membres actuels de l'Union. Contre : le déséquilibre entre la partie occidentale du pays, au niveau de vie européen, et la partie orientale, sous-développée, est une source de troubles potentiels.

Valeurs éthiques. Pour : la perspective de l'adhésion incitera les Turcs à assumer leur histoire, y compris la reconnaissance du génocide des Arméniens en 1915. Contre : le refus persistant de reconnaître ce fait historique disqualifie la Turquie comme membre de l'Union.

Droits de l'homme. Pour : les réformes déjà engagées par Ankara pour mettre sa législation aux normes européennes doivent être reconnues. Contre : sans nier les efforts accomplis ces dernières années, beaucoup reste à faire pour les droits des minorités et pour l'égalité hommes-femmes.

Régime politique. Pour : la suprématie du pouvoir civil sur les militaires a été assurée par les récentes réformes. Contre : ces réformes ne sont pas complètes et de toute façon, les militaires étaient les garants du caractère séculier de la Turquie contre les menaces islamistes.

Stratégie. Pour : par sa situation géographique et son poids politique, la Turquie, qui a une des armées les plus fortes de l'OTAN, sera un atout pour une politique étrangère et de sécurité commune. Contre : en s'élargissant à la Turquie, l'Union aura des frontières communes avec l'Irak, la Syrie, l'Iran, etc., multipliant ainsi les risques d'instabilité dans son voisinage.

Conflit régional. Pour : grâce à l'UE, Ankara a amélioré ses relations avec Athènes et assoupli sa position sur la réunification de Chypre. Contre : l'Union ne peut ouvrir des négociations d'adhésion avec un pays dont les troupes occupent toujours une partie du territoire européen (le nord de Chypre).

Institutions. Pour : la vocation européenne de la Turquie a été affirmée par les Européens dès 1963 et le statut de candidat lui a été accordé en 1999. Contre : ces engagements n'ont jamais fait l'objet d'un accord en bonne et due forme et il est temps de refuser l'engrenage.

Argument tactique. Pour : l'ouverture de négociations n'est pas synonyme d'adhésion et il sera toujours possible d'interrompre le processus à tout moment, en proposant une autre forme de coopération, par exemple un partenariat privilégié. Contre : l'histoire de l'Europe montre que toutes les négociations d'adhésion se sont soldées par une entrée des candidats dans l'Union.

Europe. Pour : l'UE sortira renforcée d'un élargissement à un grand pays comme la Turquie. Contre : l'Union se diluera dans des élargissements sans fin, mettant ainsi un terme, comme le veulent les eurosceptiques et les Américains, à toute possibilité de jouer un jour un rôle dans les affaires internationales. (Le Monde, 13 octobre 2004)

Des politiques turcs "surpris" par l'ampleur du "turcoscepticisme" français

Des parlementaires turcs en visite cette semaine en France pour plaider en faveur de l'adhésion de leur pays à l'Union européenne (UE) ont exprimé leur "surprise" devant l'ampleur du "turcoscepticisme" des Français.

"Nous sommes surpris de suivre ce débat en France. On croirait que c'est maintenant que l'on doit discuter de l'adhésion de la Turquie à l'UE, alors que cette question a été résolue il y a plus de 40 ans en 1963 avec l'accord d'association puis en 1999 quand la Turquie a obtenu le statut de candidate", a déclaré Onur Oymen, député du Parti républicain du peuple (CHP, centre-gauche) à des journalistes.

"Certains hommes politiques français se demandent maintenant si nos civilisations sont compatibles, si la Turquie est sur le continent européen, or nous n'avons pas changé de religion, de taille ou de situation géographique", a ajouté ce député.

"Aujourd'hui la Turquie est plus prête que plusieurs autres pays qui ont été récemment admis, notamment sur le plan économique, bancaire, financier", a plaidé Ibrahim Ozal, député du parti au pouvoir, le Parti de la justice et du développement (AKP), citant la Slovaquie et la Pologne.

"La Bulgarie a commencé sa vie démocratique il y a huit ans, nous avons commencé il y a vingt ans", a-t-il ajouté, en référence à l'adhésion de Sofia qui doit être effective au 1er janvier 2007.

Les parlementaires turcs mettent la méfiance des Français envers leur pays  sur le compte d'une "méconnaissance de la Turquie". Ils estiment que les Français "ne sont pas contre la Turquie", mais qu'ils "s'interrogent sur l'avenir de l'Europe".

"Il y a les eurosceptiques, les turcosceptiques, nous seront les antisceptiques", a lancé M. Oymen.

"Les Français doivent penser à leur intérêt et à ceux de l'Europe, nous avons beaucoup de choses à apporter" a-t-il plaidé. Il a mis en avant l'apport d'une population jeune et formée, "indispensable face au vieillissement de l'Europe", le "grand potentiel en matière de défense et de sécurité" de la Turquie, l'apport de "valeurs humaines de solidarité, de liens familiaux, de sacrifices que la France a perdues".

Evoquant la crainte des Français devant une emprise de l'islam sur la sphère du politique, l'ambassadeur de Turquie en France, Uluç Özülker, souligne que la Turquie "rejoint un système de valeurs". "C'est la législation européenne qui va être appliquée avec des standards qui vont être les mêmes, donc le fait que l'AKP soit d'inspiration islamique n'est pas un problème", argue-t-il.

Les hommes politiques turcs ont jugé la proposition du président Jacques Chirac de référendum en France sur l'adhésion de la Turquie à l'UE de "discriminatoire" et de "peu équitable" car cela n'a pas été "le cas pour les autres récents adhérents".

Enfin, "soulignant les efforts faits par la Turquie" ils ont mis en garde sur le risque pour la France en cas de rejet de la Turquie de "perdre une chose précieuse, l'amitié du peuple turc". "Trop de caprices peut dégoûter un soupirant", a lancé Haluk Koc, député de l'opposition turque.

Le gouvernement français a décidé d'organiser jeudi à l'Assemblée nationale, la chambre basse du parlement, un débat sans vote sur la candidature de la Turquie à l'Union européenne.

Selon les sondages d'opinion effectués récemment en France, une nette majorité des Français sont hostiles à l'adhésion de la Turquie à l'Europe, tandis que la classe politique toutes tendances politiques confondues est fortement divisée sur cette question.

Jacques Chirac est favorable à la candidature turque à l'UE contrairement à son propre parti, l'Union pour un mouvement populaire (UMP, droite), et à la plupart de ses ministres. (AFP, 13 octobre 2004)

Une majorité d'Allemands favorable à un référendum sur la Turquie (sondage)

Une majorité d'Allemands (59%) est favorable à la tenue d'un référendum sur l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne, selon un sondage de l'Institut Forsa pour le compte du magazine Stern publié mercredi.

39% des personnes interrogées se prononcent contre une telle consultation, 2% n'ayant pas d'avis sur la question, selon ce sondage effectué du 7 au 8 octobre sur un échantillon représentatif de la population allemande.

Le 1er octobre, le président français Jacques Chirac avait annoncé son intention de faire modifier la Constitution française pour garantir un référendum sur l'adhésion de la Turquie à l'UE, lors d'une conférence de presse à l'issue d'un sommet franco-allemand à Strasbourg.

Le chancelier allemand Gerhard Schroeder, fervent partisan d'une intégration de la Turquie, avait rappelé de son côté que la Loi Fondamentale allemande (Constitution) empêchait un référendum sur cette question.

Une modification constitutionnelle nécessiterait une majorité des deux tiers dans les deux chambres du parlement allemand.

Le débat sur une adhésion possible de la Turquie à l'UE prend de l'ampleur en Allemagne. Plus de la moitié des Allemands (57%) sont opposés à son entrée, selon un sondage réalisé pour la chaîne de télévision allemande N24 et publié le 1er octobre. (AFP, 13 octobre 2004)

Trois quarts des Français hostiles à l'entrée de la Turquie dans l'UE (sondage)

Trois quarts des Français se déclarent hostiles à l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne, selon les résultats d'un sondage publié mardi dans le quotidien parisien Libération.

75,3 % des Français voteraient dans un référendum contre l'adhésion de la Turquie, selon ce sondage réalisé le 8 octobre par l'institut Louis-Harris.

La Commission de Bruxelles a donné le 6 octobre son feu vert à l'ouverture de négociations d'adhésion avec Ankara.

Parmi les personnes interrogées, ce sont les sympathisants du principal parti de droite (l'Union pour un mouvement populaire, au pouvoir) qui se montrent les plus hostiles (75 %) à l'entrée de la Turquie. Les sympathisants du premier parti d'opposition (le Parti socialiste) le sont un peu moins (64 %), alors que les écologistes sont les plus favorables à une telle adhésion (47,1 %).

Les retraités représentent la catégorie socioprofessionnelle la plus turcophobe (83,7 %). Seuls les 18-24 ans sont en majorité pour l'adhésion (65,1 %), mais ce pourcentage baisse nettement chez les 25-34 ans (22,4 %).

Un autre sondage, effectué du 4 au 6 octobre et dont les résultats avaient été publiés lundi dans l'hebdomadaire L'Express, avait indiqué que 61% des personnes interrogées étaient opposées à l'entrée de la Turquie dans l'UE.

Commentant les résultats du premier sondage, Libération (gauche) souligne mardi: "C'est une autre exception française: le 'turcoscepticisme' a le vent en poupe. Dans aucun autre pays de l'Union européenne, l'hostilité à une future adhésion de la Turquie n'est aussi massive et aussi largement distribuée, à droite comme à gauche".

Sous la pression des députés, le gouvernement a décidé d'organiser jeudi à l'Assemblée nationale, chambre basse du parlement français, un débat sans vote sur la candidature de la Turquie à l'Union européenne. (AFP, 12 octobre 2004)

Danielle Mitterrand: L'adhésion de la Turquie à l'UE"inenvisageable"

La présidente de l'association France-Libertés Danielle Mitterrand estime dans un entretien publié mercredi dans "Le Parisien/Aujourd'hui en France" que l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne est "inenvisageable" parce que la démocratie n'est pas installée dans le pays.

"S'il faut dire non à la Turquie, c'est pour une question de principe. Les Turcs se sont très mal conduits avec les Arméniens, avec les Kurdes, avec leur propre peuple", affirme Danielle Mitterrand.

"Je suis choquée, révulsée même qu'on puisse assimiler le régime turc à une démocratie. C'est un régime militaire dont nous n'avons pas cessé de dénoncer les abus".

Pour la veuve de François Mitterrand, les progrès observés en Turquie ces dernières années "sont plus des alibis et des trompe-l'oeil qu'autre chose". "A ce stade, l'adhésion de la Turquie à l'Europe me paraît inenvisageable", tranche-t-elle. (AP, 12 Octobre 2004)

Blair: il faudra "au moins 10 ans" à la Turquie pour adhérer à l'UE

Le Premier ministre britannique, Tony Blair, estime que la Turquie aura besoin d'"au moins dix ans" pour remplir les critères d'adhésion à l'Union européenne, dans une interview au quotidien allemand Bild de jeudi.

Le temps dont la Turquie aura besoin pour rejoindre l'UE dépend d'elle même, "mais pour être réaliste, elle aura besoin d'au moins dix ans pour remplir les critères exigés", a affirmé Tony Blair.

Il a ajouté que la Grande-Bretagne se prononcerait pour l'ouverture de négociations de la Turquie avec l'UE lors du sommet européen du 17 décembre à Bruxelles.

La Commission européenne avait recommandé le 6 octobre aux dirigeants des pays membres de l'UE l'ouverture des négociations d'adhésion avec la Turquie, officiellement candidate à l'intégration depuis 1999.

"La Turquie qui entrera dans l'UE ne sera plus la Turquie d'aujourd'hui", a poursuivi Tony Blair. Ce pays deviendra "plus prospère", a-t-il estimé.

"Avec la Turquie, l'Union européenne sera plus grande, variée et dynamique. Elle sera mieux armée pour la concurrence mondiale et la lutte contre le terrorisme", a ajouté M. Blair.

"Une Turquie stable et démocratique dans l'UE est extraordinairement important pour la stabilité régionale et la sécurité et serait un grand gain pour l'Europe", a encore souligné le chef du gouvernement britannique.

Le ministre des Affaires étrangères britannique, Jack Straw, avait déclaré récemment à des responsables turcs à Ankara que son pays souhaitait voir l'UE entamer les négociations d'adhésion avec la Turquie dès le début de l'année prochaine. (AFP, 14 octobre 2004)

Mini-débat pour rien sur la Turquie entre les ministres européens

La présentation par la Commission européenne de sa recommandation en faveur de l'ouverture de négociations d'adhésion de la Turquie à l'UE a débouché sur un mini-débat stérile entre les chefs de la diplomatie des 25 réunis lundi à Luxembourg, selon des sources concordantes.

"La présidence néerlandaise (de l'Union) avait décidé de prendre le ballon et de taper très fort dedans pour l'envoyer en touche jusqu'au sommet du 17 décembre", a ironisé un diplomate européen présent dans la salle.

"On a entendu quasi uniquement les opposants habituels. C'était un peu déséquilibré", a commenté un autre participant à la réunion.

Sans surprise, les plus virulents ont été le ministre chypriote des Affaires étrangères George Iacovou et l'ambassadeur d'Autriche, qui représentait son pays en l'absence de ministre.

Le ministre chypriote a émis des doutes sur le fait que le maintien par la Turquie de 36.000 soldats dans la République turque de Chypre-nord (RTCN, non reconnue par la communauté internationale) soit en accord avec les "critères de Copenhague" requis pour l'adhésion, ont indiqué des diplomates.

Le chef de la diplomatie de Nicosie a également protesté contre le fait que les bateaux battant pavillon de la République de Chypre (la partie grecque de l'île, seule à être entrée dans l'UE le 1er mai) continuent de se voir barrer l'accès aux ports turcs, a-t-on précisé de mêmes sources.

L'ambassadeur autrichien a réitéré quant à lui les appels de son pays à peser consciencieusement toutes les conséquences potentielles d'une adhésion de la Turquie d'ici à la décision finale sur l'ouverture des pourparlers, que les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE prendront le 17 décembre.

Aucun des poids lourds de l'Union n'a pris la parole pendant le débat ministériel. La Suédoise Laila Freivalds a été la seule à exprimer devant ses collègues la voix des partisans des aspirations d'Ankara.

La "vaste majorité" des pays membres de l'UE sont favorables à l'ouverture des négociations d'adhésion au cours du premier semestre de l'année prochaine, a assuré pour sa part le ministre britannique aux Affaires européennes, Denis McShane, devant des journalistes.

Il s'est déclaré convaincu qu'une décision en ce sens serait prise par les dirigeants de l'UE au sommet de décembre à Bruxelles. La Grande-Bretagne est l'un des pays de l'Union les plus favorables à une adhésion de la Turquie.

"La Grande-Bretagne veut une date pour le début des négociations dès que possible... Je pense qu'il s'agit là de l'opinion de la vaste majorité" des Etats membres de l'Union, a déclaré M. McShane.

Interrogé sur les inquiétudes exprimées par plusieurs représentants de la classe politique en France, Denis McShane a souligné que le président Jacques Chirac avait promis à l'avenir la tenue d'un référendum sur une adhésion éventuelle de la Turquie à l'UE.

"Les Français, a-t-il dit, ont obtenu la garantie qu'ils voteront à la fin du processus (de négociations d'adhésion). Je pensais que cela constituait une garantie suffisante pour tout citoyen français".

Les négociations d'adhésion avec la Turquie, à supposer qu'elles débutent l'année prochaine, ne devraient pas s'achever avant 2015, de l'avis de toutes les parties concernées. (AFP, 11 octobre 2004)

L'Arménie juge la Turquie "pas digne" de prétendre à intégrer l'UE

La Turquie n'est "pas digne" de prétendre à intégrer l'Union européenne (UE), a déclaré lundi le ministre arménien des Affaires étrangères, Vardan Oskanian, alors que les relations entre Ankara et Erevan sont empoisonnées par la non-reconnaissance turque du génocide arménien.

"A l'heure actuelle, la Turquie n'est pas digne d'être autorisée à conduire des négociations pour entrer dans l'Union européenne", a déclaré M. Oskanian lors d'une conférence de presse à Erevan.

"L'Arménie n'est pas membre de l'UE et ne peut donc pas jouer un rôle décisif, mais notre pays est très inquiet à ce sujet", a-t-il ajouté, disant craindre une décision favorable à Ankara qui serait "politique".

Le chef de la diplomatie arménienne a notamment évoqué la non-reconnaissance par Ankara du génocide arménien, alors que les massacres et déportations d'Arméniens sous l'Empire ottoman de 1915 à 1917 ont fait 1,5 million de morts, selon l'Arménie, et entre 250.000 et 500.000, selon la Turquie.

Il s'est également dit inquiet que l'UE, en acceptant l'adhésion de la Turquie, ferme les yeux sur le maintien de la fermeture par Ankara de sa frontière avec l'Arménie depuis 1993, par solidarité avec l'Azerbaïdjan (dont la province du Karabakh, à majorité arménienne, est passée sous contrôle arménien).

La Turquie a reconnu l'Arménie à son indépendance en 1991, mais sans établir de relations diplomatiques.

Après le feu vert conditionnel donné par la Commission européenne à l'ouverture de négociations d'adhésion entre l'UE et Ankara, les chefs d'Etat et de gouvernement des pays de l'UE doivent prendre une décision finale lors de leur sommet du 17 décembre. (AFP, 11 octobre 2004)

L'opposition allemande évoque une pétition contre une adhésion turque à l'UE

L'opposition conservatrice allemande envisage d'organiser une pétition contre une ouverture de négociations d'adhésion de la Turquie à l'Union européenne, ont annoncé plusieurs responsables démocrates-chrétiens lundi.

"Je peux très bien m'imaginer que l'opposition organise une pétition contre une adhésion de la Turquie à l'UE, afin de donner aux gens une occasion de faire part de leurs inquiétudes au gouvernement fédéral", a déclaré le chef du groupe CSU du parlement régional de Bavière, Michael Glos, dans une interview à l'hebdomadaire allemand SuperIllu.

"C'est vraiment une idée raisonnable", a réagi le dirigeant de l'Union chrétienne-sociale (CSU, parti frère de l'Union chrétienne-démocrate CDU) Edmund Stoiber, lundi à Munich, capitale de la Bavière qu'il gouverne.

"Je crois que l'on peut tout à fait réfléchir à faire une pétition pour un partenariat privilégié avec la Turquie et contre son entrée" dans l'UE, a pour sa part souligné la dirigeante de la CDU Angela Merkel.

Plusieurs conservateurs ont néanmoins exprimé des doutes sur cette idée. Ainsi le vice-président du groupe CDU/CSU au parlement fédéral, Wolfgang Bosbach, a mis en garde contre "les malentendus" que pourrait générer une telle action, que rejette aussi l'expert des Affaires extérieures de la CDU Friedbert Pflueger.

Scepticisme aussi au sein du parti libéral FDP, où certains soupçonnent "une arme de lutte partisane".

Un porte-parole du gouvernement fédéral sociaux-démocrates/Verts a pour sa part affirmé ne pas croire au succès d'une telle entreprise.

Le président de la communauté turque d'Allemagne Hakki Keskin a sévèrement dénoncé le plan, qu'il a comparé à "une sorte de déclaration de guerre contre la Turquie et les Turcs vivant en Allemagne".

L'ambassadeur de Turquie en Allemagne Mehmet Ali Irtemcelik avait auparavant appelé ses compatriotes résidant en Allemagne à "agir en étant conscients qu'ils contribuent à forger une image de la Turquie pour les citoyens allemands".

De plus de plus de voix s'expriment en Allemagne pour une révision de la Constitution qui leur permettrait d'être consultés par référendums pour des questions d'intérêt national comme l'adhésion de la Turquie. 62% des Allemands seraient pour la tenue d'une telle consultation selon un récent sondage. (AFP, 11 octobre 2004)

Erdogan demande à l'UE d'alléger les conditions à la candidature turque

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a demandé lundi aux dirigeants européens de traiter la Turquie équitablement et d'alléger les conditions qui ont été posées à son adhésion à l'Union européenne quand ils se réuniront en sommet le 17 décembre, a rapporté l'agence Anatolie.

"Nous espérons et escomptons que les pays membres (de l'UE) parviendront à une décision non assortie de conditions et qui n'autorisera aucune discrimination au regard de l'issue du processus de négociation", a affirmé M. Erdogan lors d'une réunion à Ankara.

"Nous voulons croire que la Turquie ne sera pas privée (...) du traitement réservé aux autres candidats", a-t-il poursuivi, faisant référence à un rapport rendu public le 6 octobre par la Commission européenne, qui préconise l'ouverture des négociations d'adhésion avec la Turquie mais l'assortit de conditions.

Le gouvernement turc s'est plaint à plusieurs reprises du fait que ces conclusions proposent l'application, pour la Turquie, d'une procédure plus stricte que celle observée pour les précédents pays candidats.

"Nous voulons que ces questions soient rectifiées dans la décision de décembre", a déclaré M. Erdogan.

Lors du sommet européen de Bruxelles, le 17 décembre, les dirigeants des 25 pays membres de l'UE décideront s'ils souhaitent inviter ou non la Turquie à la table des négociations d'adhésion.

Alors que les opinions publiques de nombreux pays de l'UE se déclarent hostiles à l'entrée de la Turquie -- un pays relativement pauvre et peuplé de 70 millions de musulmans -- dans le club européen, M. Erdogan a estimé que la Turquie au sein de l'UE constituera un pont entre les civilisations.

"L'appartenance de la Turquie à l'UE va réfuter la thèse d'un 'conflit des civilisations' et prouver que des cultures différentes peuvent coexister en harmonie sur la base de principes universels tels que le pluralisme démocratique, le respect des droits de l'Homme et l'état de droit", a déclaré M. Erdogan. (AFP, 11 octobre 2004)

Les chrétiens-démocrates slovaques contre l'entrée de la Turquie dans l'UE

Le Mouvement chrétien-démocrate (KDH), l'un des quatre partis de la coalition gouvernementale de centre-droit au pouvoir à Bratislava, refuse catégoriquement l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne, a déclaré dimanche le chef du KDH, Pavol Hrusovsky.

"Le Mouvement chrétien-démocrate refuse l'appartenance de la Turquie à l'Union européenne", a dit devant la presse M. Hrusovsky, qui est également le président du parlement slovaque.

Selon lui, la Turquie pourrait bénéficier d'un statut d'un partenariat privilégié qui lui garantirait des relations particulières dans le domaine de la coopération économique avec l'UE.

L'idée d'un tel partenariat privilégié entre la Turquie et l'UE, en lieu et place de l'entrée du pays dans l'Union, a été lancée par les chrétiens-démocrates allemands.

La Slovaquie est devenue membre de l'UE le 1er mai dernier.

Le KDH est un parti conservateur qui repose sur de fortes traditions catholiques, milite en faveur de l'interdiction de l'interruption volontaire de grossesse en Slovaquie et reste assez réticent, voire hostile envers les homosexuels.

Après le feu vert conditionnel donné par la Commission européenne à l'ouverture de négociations d'adhésion entre l'UE et Ankara, les chefs d'Etat et de gouvernement des pays de l'UE doivent prendre la décision finale lors de leur sommet du 17 décembre. (AFP, 10 octobre 2004)

La route de la Turquie vers l'UE encore semée d'embûches

Le "oui conditionnel" de Bruxelles à des négociations avec la Turquie marque une étape symbolique forte dans le chemin d'Ankara pour s'arrimer à l'Europe, mais la route de l'adhésion est encore semée d'embûches pour les Turcs comme pour les Européens.

Le prochain écueil à franchir dans les deux mois à venir est la confirmation par les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne de la recommandation favorable au lancement des pourparlers délivrée mercredi par la Commission européenne, et surtout la fixation de leur date d'ouverture.

A l'exception de l'Autriche et de Chypre, la grande majorité des 25 Etats membres de l'UE soutiennent les aspirations de la Turquie. Personne à Bruxelles n'envisage sérieusement que le sommet de Bruxelles du 17 décembre n'avalise pas le feu vert mesuré de l'exécutif communautaire.

Déterminer à quel moment engager les négociations est une autre affaire, soulignent en revanche diplomates et experts.

Le sommet de Copenhague avait conclu en décembre 2002 que les discussions avec Ankara devraient s'engager "sans délai", sitôt leur principe accepté. Aujourd'hui, certains Etats verraient d'un meilleur oeil un démarrage repoussé après les référendums de ratification de la Constitution européenne.

En France notamment, l'hostilité de l'opinion et les divisions sur l'adhésion turque entre le président Jacques Chirac et sa majorité de droite, comme celles au sein de l'opposition socialiste, menacent de peser lourdement sur le scrutin constitutionnel prévu au deuxième semestre 2005.

"A tout le moins, les Français voudront repousser le démarrage à la seconde partie de l'année prochaine pour qu'il ait lieu après leur référendum. Mais il peut y avoir des arguments pour le repousser au-delà de 2005", analyse Kirstie Hughes, expert en affaires européennes à la London School of Economics.

"Les Français ne sont pas forcément les seuls à avoir quelques doutes sur la date. Quand on regarde les chiffres des sondages (sur la Turquie), ils sont négatifs quasiment partout", relève un diplomate européen.

"Cela peut interférer avec n'importe quel référendum", estime-t-il, en relevant de surcroît que le Luxembourg, qui prévoit de ratifier la Constitution par un tel biais et assurera la présidence de l'UE au 1er semestre 2005 "n'est pas non plus un fanatique de la Turquie".

Doyen des dirigeants européens en exercice, le Premier ministre grand-ducal Jean-Claude Juncker a récusé jeudi "l'idée que l'adhésion de la Turquie puisse se faire au galop" et a réclamé une préparation "minutieuse" afin que ni l'UE, ni Ankara "ne souffrent des conséquences d'une adhésion mal préparée".

"Nous savons tous très bien que ce qui est important pour la Turquie, c'est la perspective d'ouverture des négociations avec une date. Après, il n'est pas sûr que la proximité soit le problème le plus important", fait valoir un autre diplomate bruxellois.

"S'il y a une décision en décembre avec une date même lointaine, il faudrait pour la remettre en cause une véritable évolution négative", affirme-t-il.

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a émis l'espoir d'un début des pourparlers d'adhésion à l'UE au premier semestre 2005. Tout en assurant ne pas vouloir "se mêler" de l'affaire, le commissaire européen sortant à l'Elargissement Guenter Verheugen a abondé dans le même sens.

"Ce n'est pas à la Commission d'approuver l'opportunité d'ouvrir une négociation en plein milieu des consultations référendaires", estime le même diplomate bruxellois.

"Je ne sais pas si on peut jouer encore longtemps avec le +sans délai+", s'interroge une source européenne. "De toute façon, si on se met à la place du citoyen, on a l'impression qu'on a déjà dit 25 fois oui à la Turquie, donc la date n'est peut-être pas si importante", tempère-t-elle toutefois. (AFP, Bertrand PINON, 7 octobre 2004) -

La presse européenne: Un "feu orange clignotant" pour la Turquie

Pour la presse européenne de jeudi, le "oui" de Bruxelles à des négociations d'adhésion de la Turquie à l'Union européenne ressemble plus à un "orange clignotant" qu'à un feu vert, tant les conditions posées sont draconiennes, traduisant les réticences d'une partie des opinions publiques et des dirigeants.

En France, Sud-Ouest constate que "les conditions, les clauses de sauvegarde et de suspension, les précautions et (...) les obstacles plantés sur le parcours imposé aux Turcs sont tels" que le quotidien régional se demande "si certains ne parient pas sur un forfait de la Turquie ou plutôt sur son abandon en cours de route".

L'Est républicain écrit qu'"à Bruxelles, la Turquie passe à l'orange clignotant. Autant dire que la décision (...) ne satisfait ni les opposants à l'entrée de la Turquie, ni les partisans de son adhésion sans condition".

En Grèce, la presse souligne également la rigueur des conditions posées. Pour To Vima (socialiste), la Turquie se retrouve dans "un statut d'otage", soumise à des conditions "exceptionnellement sévères". Le journal relève qu'"il sera désormais exceptionnellement difficile pour le pays voisin de menacer les droits souverains de la Grèce", qui pourra "à tout moment demander la rupture des négociations d'adhésion".

Kathimérini (libéral) estime "difficilement concevable une conclusion des négociations d'adhésion sans un retrait préalable des troupes turques de Chypre".

En Espagne, les quotidiens relèvent les conditions particulières imposées à Ankara ainsi que les changements que son adhésion apporterait au projet européen.

"Les sauvegardes que la Commission impose à la Turquie n'ont été exigées d'aucun autre pays", souligne El Pais (gauche). "La possibilité d'interrompre les négociations en cas de retour en arrière dans le processus de démocratisation et dans le domaine des libertés est sans doute raisonnable (...) Ce qui n'est pas raisonnable, c'est de prévoir dès maintenant, comme le fait la Commission, des discriminations permanentes, par exemple, en matière de libre circulation des personnes".

Pour le quotidien ABC (conservateur), "la Turquie doit comprendre que sa taille, sa situation économique, et son contexte socio-culturel ne permettent pas qu'on lui applique les même règles qu'aux autres candidats, et que ceci ne détourne pas de l'objectif du processus qui est de l'intégrer dans l'Union européenne".

En Allemagne, la presse se montre critique et dubitative sur le feu vert conditionnel à des négociations d'adhésion, estimant qu'il est désormais trop tard pour dire non.

"Le oui est venu parce qu'on ne pouvait plus dire non et c'est de cette manière indécise que cela va continuer", juge Der Tagesspiegel (centre-gauche).

"La Commission européenne essaye de donner l'impression qu'elle a fixé la barre haute pour la Turquie", juge Die Welt (conservateur) sous le titre "signal d'alarme", qui estime que "la Turquie n'est pas mûre pour une adhésion".

Berliner Zeitung (centre-gauche) estime en revanche qu'"Ankara a mis un pied dans l'UE et ne le retirera plus jamais".

Pour le Frankfurter Allgemeine Zeitung, la "décision fatidique pour ne pas dire dangereuse" signifie "probablement que la Turquie est devenue membre". Il n'en va pas de "l'élargissement" de l'UE, mais de sa "transformation". "L'adhésion de la Turquie détruirait la maison Europe telle que nous la connaissons", conclut le journal conservateur.

En Italie, La Stampa (groupe Fiat), se distingue par un éditorial acerbe contre le traitement de "troisième classe" réservé à la Turquie.

Le Corriere della Sera, premier tirage italien, parle d'un "premier oui avec freins d'urgence", estimant que "le risque existe que la Turquie soit un trop gros morceau (pour l'UE), qui pourrait entamer son identité et ses ambitions".

Aux Pays-Bas, les journaux constatent que la Turquie est jugée "mûre" pour l'ouverture de négociations et accordent une large attention aux réticences qui existent sur cette question dans le pays.

Au Danemark, pour Ekstra Bladet (populaire), "l'Europe s'est créée elle-même un problème dramatique qui peut à long terme briser l'union en deux". "Le plus grand problème pour les Turcs est qu'il y en a beaucoup, et qu'ils seront de plus en plus nombreux (...). C'est un véritable poison pour les référendums à venir sur le nouveau traité" de l'UE.

Politiken (centre-gauche) se félicite de "cet heureux signal (...) qui souligne que l'UE n'est pas un club chrétien où la religion dicte (sa loi) dans le cercle de ses membres".

En Pologne, Gazeta Wyborcza estime que l'entrée de la Turquie dans l'UE "élargira la zone de stabilité et de démocratie. (...) Cela augmente les chances d'adhésion (future) de l'Ukraine et peut-être aussi du Bélarus ce qui reste dans l'intérêt fondamental de la Pologne".

En Suisse, La Tribune de Genève publie un dessin de son caricaturiste Hermann qui fait dire à un petit vieux tout helvétique: "Je me demande si on n'aurait pas dû adhérer à l'UE pour pouvoir refuser la Turquie". (AFP, 7 octobre 2004)

Borrell: "Inquiétude" car la Turquie est "très grande et très pauvre"

Le président du Parlement européen Josep Borrell a exprimé jeudi son "inquiétude" vis-à-vis d'une éventuelle adhésion de la Turquie à l'Union européenne, la motivant par le fait que ce pays est "très grand et très pauvre", et non en raison de "problèmes culturels et religieux".

"Il y a une inquiétude en raison de ce que la Turquie représente. Certains sont très clairement pour, d'autres contre", a déclaré M. Borrell sur la radio privée Europe 1, précisant que les clivages atteignaient "tant la gauche que la droite".

"C'est un grand choix, et on parle surtout des problèmes culturels et religieux. Mais pour moi, ce n'est pas cela, c'est que la Turquie est un pays très grand et très pauvre", a souligné le socialiste espagnol.

Il a affirmé que la question de l'appartenance de la Turquie à l'Europe était toutefois "très discutable pour la géographie, discutable sur les valeurs". "Mais la Turquie dont on parle, ce n'est pas celle d'aujourd'hui. On parle de négociations pour une hypothétique adhésion dans dix ou 15 ans, et alors la Turquie ne sera plus celle-là", a-t-il ajouté.

M. Borrell a confirmé que le Parlement européen serait appelé à voter, pour un avis consultatif sur la question des négoctaions avec la Turquie début décembre. "Je vais proposer que l'on se mouille, qu'on s'engage, qu'on dise oui ou non, de façon que je puisse aller au Conseil européenne en disant: +Voilà ce que les représentants du peuple européen, ce que le peuple européen pensent+", a-t-il dit. (AFP, 7 octobre 2004)

Raffarin: un débat aura lieu au Parlement français

Le Premier ministre français Jean-Pierre Raffarin a annoncé jeudi qu'un "débat aurait lieu au Parlement" sur l'éventuelle entrée de la Turquie dans l'Union européenne.

"Le débat aura lieu, il aura lieu au Parlement, il aura lieu dans le pays, il faut qu'il ait lieu", a-t-il déclaré au cours d'un débat organisé à la Maison de l'Europe par l'organisation non-gouvernementale pro-européenne EuropaNova.

Dans la soirée, l'entourage du Premier ministre a déclaré que ce débat ne pourrait pas avoir lieu "avant le Conseil européen du 17 décembre".

M. Raffarin n'a pas précisé s'il serait suivi d'un vote de la représentation nationale, comme le demandent certains députés de la majorité et de l'opposition.

"Je ne souhaite pas qu'on ouvre le débat par une fermeture", a-t-il toutefois souligné, laissant ainsi entendre qu'il était réticent à l'égard d'un vote au Parlement, qui pourrait se solder par un non à l'entrée dans l'UE d'Ankara.

Selon lui, ce débat sur l'éventuelle adhésion de la Turquie est "un débat de civilisation" qui "mérite qu'on aille au fond des choses".

En France, de nombreuses voix se sont élevées cette semaine dans la classe politique, y compris au sein du parti de centre droit du président Jacques Chirac UMP, pour réclamer l'organisation d'un débat, suivi d'un vote, sur la Turquie avant le 17 décembre, date à laquelle les chefs d'Etat et de gouvernement européens doivent se prononcer sur l'ouverture de négociations en vue de l'adhésion d'Ankara.

M. Chirac s'est prononcé à plusieurs reprises en faveur de l'entrée de la Turquie dans l'UE, "une fois remplies les conditions requises", alors que l'UMP y est résolument opposée.

Le président français a proposé la semaine dernière une révision de la Constitution française de manière à pouvoir organiser un référendum national sur l'adhésion de la Turquie à l'UE.

La Commission européenne a donné mercredi le feu vert conditionnel à l'amorce de négociations d'adhésion avec la Turquie. (AFP, 7 octobre 2004) -
 

Un "oui" conditionnel à la Turquie

La Commission européenne a dit "oui" mercredi à des négociations d'adhésion de la Turquie à l'UE, mais pris en compte les réticences des opinions et refusé tout "chèque en blanc" à Ankara qui devra attendra au moins 2014 (bien 2014) avant une entrée qui n'est pas garantie.

L'exécutif européen a assorti sa recommandation de multiples garde-fous inédits, comme la possibilité de "suspendre" les pourparlers en cas de dérapage turc et celle, en cas d'adhésion, d'imposer des clauses de "sauvegarde permanente" limitant la libre circulation des travailleurs turcs dans l'UE.

Une autre particularité de la recommandation est que les négociations avec Ankara constitueront un "processus ouvert dont le résultat ne peut être garanti à l'avance". Autrement dit, l'adhésion n'est pas inéluctable.

Selon des sources dans l'exécutif européen, le "oui conditionnel" de Bruxelles, comme l'a qualifié le président de la Commission Romano Prodi, est le résultat d'un processus d'arbitrage délicat entre différentes contraintes, qui s'est poursuivi au sein du collège jusqu'au moment même de la décision.

La Commission a dû prendre en compte tout à la fois l'impatience de la Turquie, alimentée par les promesses répétées des dirigeants de l'UE, la nature de ce pays, pauvre, peuplé, musulman, et enfin "le moment, celui de la ratification du Traité constitutionnel", explique une source interne.

Le chef de la diplomatie turque Abdullah Gul a minimisé mercredi les conditions strictes posées par Bruxelles et salué "un pas historique pour l'UE et la Turquie".

Le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan a réclamé "les mêmes critères" que pour les précédents candidats, mais jugé l'évaluation de Bruxelles "assez équilibrée". Il a émis l'espoir d'un début des pourparlers au premier semestre 2005 et de leur achèvement "dans un délai raisonnable".

Le président de la Commission Romano Prodi a estimé qu'"une Europe sûre d'elle-même... n'avait rien à craindre de l'intégration de la Turquie".

"Nous devons garder à l'esprit le message des pères fondateurs de notre Europe et le projet d'étendre à tout notre continent les valeurs de paix, de sécurité, de démocratie et de coopération entre nos peuples et nos nations", a-t-il déclaré, en présentant aux eurodéputés la recommandation de Bruxelles.

M. Prodi a présenté celle-ci comme un "message de confiance" adressé "à la Turquie, à son peuple et à son gouvernement" et la "reconnaissance" de plus de 40 ans d'aspirations européennes d'Ankara.

"La réponse de la Commission est un oui. Il s'agit cependant d'un oui conditionnel", a-t-il ajouté.

Il a fallu plus de quatre heures de débat à l'exécutif communautaire pour conclure comme prévu que "la Turquie remplit suffisamment les critères politiques" pour rejoindre l'UE et recommander "que des négociations d'adhésion soient ouvertes", sans s'avancer sur une date.

"La Commission a été bien avisée de rester en dehors de cela et nous ne nous mêlerons pas de ce dossier", a affirmé le commissaire à l'Elargissement Guenter Verheugen, tout de même partisan d'un démarrage début 2005 conformément à la formule "sans délai" retenue il y a deux ans au sommet de Copenhague.

La décision reviendra en décembre aux dirigeants de l'UE. Certains pays comme la France aimeraient éviter un téléscopage entre l'ouverture des pourparlers avec Ankara et les référendums de ratification de la Constitution européenne.

Le président français Jacques Chirac, confronté à des résistances dans son propre camp politique, a souligné que "si le Conseil européen en décembre décide de l'ouverture de ces négociations, chacun est conscient du fait qu'au minimum elles dureront dix ou quinze ans".

Plus réservé, le Premier ministre danois Anders Fogh Rasmussen a "pris acte" du rapport de la Commission, tout en affirmant qu'il ne s'agissait pas d'un "chèque en blanc" donné à Ankara. "Je suis d'accord sur la nécessité d'y placer des garde-fous nous permettant de suspendre les pourparlers si le développement de ce pays allait dans le mauvais sens", a-t-il ajouté.

Les principaux points de la recommandation de Bruxelles

Voici les principaux points de la recommandation sur la Turquie adoptée mercredi par la Commission européenne.

REFORMES ENTREPRISES

"La Turquie a accompli des progrès substantiels dans le processus des réformes politiques (...) ces dernières années, conformément aux priorités établies dans le partenariat d'accession.

"Cependant, leur mise en oeuvre doit être encore consolidée et élargie. Ceci s'applique notamment à la politique de tolérance zéro dans la lutte contre la torture et les mauvais traitements et la mise en oeuvre des dispositions relatives à la liberté d'expression, la liberté religieuse, la question kurde, les droits des femmes, des syndicats et des minorités".

ADHESION

- "Au vu des progrès globaux enregistrés dans les réformes (...), la Commission considère que la Turquie remplit suffisamment les critères politiques de Copenhague et recommande que des négociations d'adhésion soient ouvertes.

 "L'irréversibilité du processus de réformes, sa mise en oeuvre en particulier sur ce qui touche aux droits fondamentaux, devront être confirmés sur une longue période".

- Sur la poursuite des réformes politiques, "la Commission présentera un premier rapport au Conseil européen de décembre 2005".

NEGOCIATIONS

- Les négociations sont "de par leur nature même, un processus ouvert dont le résultat ne peut être garanti à l'avance".

- "La Commission recommandera la suspension des négociations dans le cas d'une infraction sérieuse et permanente aux principes de liberté, de démocratie, de respect des droits de l'homme, des libertés fondamentales et d'Etat de droit sur lesquels l'Union est fondée. Le Conseil européen trancherait sur une telle recommandation à la majorité qualifiée".

- "Les négociations seront complexes. Le Conseil européen doit fixer des critères, incluant (...) une mise en oeuvre satisfaisante de l'acquis communautaire" pour pouvoir fermer un chapître de négociations.

- "De longues périodes de transition pourraient être requises. En outre, dans certains secteurs, comme les politiques structurelles et l'agriculture, des arrangements spécifiques peuvent être nécessaires et, pour la libre circulation des travailleurs, un clause de sauvegarde permanente peut être envisagée".

- "L'impact financier et institutionnel de la Turquie sera important. L'UE devra définir ses perspectives financières pour la période suivant 2014 avant la fin des négociations, en prenant pleinement en compte les objectifs du Traité en ce qui concerne les politiques communes et la solidarité". (AFP, 6 octobre 2004)

Président du PE Borrell : "Un débat historique s'ouvre sur la Turquie"

A l'issue de la Conférence des Présidents des groupes politiques ouverte le 6 octobre à tous les députés, le Président du Parlement, Josep BORRELL, a déclaré:

"Aujourd'hui, au Parlement européen, s'est tenu un débat public sur l'enjeu historique que représente la question de l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne. Je suis heureux que ce débat se soit déroulé au Parlement, grâce à la présentation par le Président PRODI et le Commissaire VERHEUGEN de l'avis de la Commission adopté le jour même.

Sur ce sujet majeur pour l'avenir de l'Union et de ses citoyens, il est essentiel pour le débat démocratique que les parlementaires européens soient les premiers à confronter leurs idées entre eux et avec la Commission européenne.

Lors de sa session des 1 et 2 de décembre, le Parlement européen prendra position. Il s'exprimera politiquement et nous attendons que cet avis soit très sérieusement pris en compte par les Chefs d'Etat et de Gouvernement. N'oublions pas qu'à la fin de ce long parcours, c'est le Parlement européen qui tient la clé de l'adhésion au niveau de l'UE. Il lui appartiendra de dire oui ou non à l'adhésion de la Turquie, comme à celle des autres candidats.

Le débat très animé et controversé que nous avons tenu démontre en tout cas à quel point la réflexion entamée doit non seulement être menée entre les institutions européennes, entre celles-ci et les Etat membres, mais également entre les responsables politiques et les citoyens européens.

Toutes les questions qui y ont été débattues, le seront encore dans les semaines à venir afin de préparer le débat qui aura lieu le 26 octobre prochain et qui nous donnera l'occasion d'entendre à nouveau la Commission, mais aussi le Conseil. Pour sa part, la commission des affaires étrangères est appelée à préparer un rapport qui constituera, une fois adopté en plénière, la position du PE que je présenterai au Conseil européen du mois de décembre."

Sans vouloir préjuger de l'avenir de nos délibérations, il me semble, suite à ce débat animé, pouvoir tirer à chaud les enseignements suivants:

Il semblerait émerger un consensus sur cinq points:

- l'impérieuse nécessité qu'il y a à impliquer les opinions publiques dans ce débat historique.
- la Turquie doit appliquer à 100% les réformes engagées et veiller tout particulièrement à leur exécution sur le terrain, notamment en poursuivant les auteurs d'actes de torture;
- l'ouverture des négociations ne doit pas signifier l'adhésion automatique;
- le système de monitoring proposé par la Commission, auquel les parlementaires veulent être étroitement associés, est positif;
- la clause relative à l'éventuelle suspension des négociations, s'il s'avérait que la situation relative à la protection des libertés fondamentales se détériorait, est utile;

Mais plusieurs points de divergence très importants doivent également être soulignés:

- sur le fait de savoir si oui ou non la Turquie doit devenir Membre de l'UE ou si l'on doit négocier avec elle un statut de partenaire privilégié;
- sur la nature même de l'UE qui résulterait d'un oui ou d'un non à l'adhésion de la Turquie;
- sur les domaines et la longueur des périodes de transition et des clauses de sauvegarde qui y sont attachées, et plus particulièrement sur celles relatives à la libre circulation à la PAC et aux fonds structurels."

Une étape a été franchie aujourd'hui. Nul ne sait quand et comment le processus se conclura. Le PE sera présent à toutes les étapes.

Réactions des groupes politiques du PE au rapport de la Commission

PE: la gauche approuve la recommandation de Bruxelles, la droite critique

Les eurodéputés socialistes, libéraux, écologistes, et communistes se sont félicités mercredi de la recommandation de la Commission européenne sur l'ouverture de négociations d'adhésion entre la Turquie et l'UE, critiqué par les conservateurs du PPE.

"C'est une décision fondamentale. Nous sommes en faveur du démarrage des négociations d'accession avec la Turquie", a affirmé le président du groupe socialiste, l'Allemand Martin Schulz, tout en affirmant que "le Parlement européen devra contrôler le processus de négociations".

"La Turquie attendait ce moment depuis 40 ans", s'est félicité le chef des libéraux-démocrates, le Britannique Graham Watson.

"L'ouverture de négociations va renforcer la position des gouvernments réformateurs comme celui de Recep Tayyip Erdogan, dont le gouvernement a fait plus en deux ans que les précédents en 40 ans", a-t-il ajouté.

Le co-président du groupe écologiste Daniel Cohn-Bendit, a estimé "qu'après la réconciliation franco-allemande, après la fin du rideau de fer, le moment est venu d'avoir le miracle du Bosphore".

La gauche radicale s'est également dite "favorable au principe de l'entrée de la Turquie dans l'UE".

"Nous voyons l'avenir de l'Europe dans l'épanouissement d'une laïcité tolérante, le dialogue des cultures, l'ouverture sur l'autre. En outre, l'établissement d'un pont entre l'Europe et le Moyen-Orient peut nous aider à favoriser la coopération et la paix dans une région stratégique", a commenté le communiste français Francis Wurtz.

Le président du groupe conservateur au Parlement européen, l'Allemand Hans-Gert Poettering, a en revanche réitéré ses critiques vis-à-vis de la recommandation de Bruxelles.

"Pour nous, une issue ouverte signifie que ces négociations peuvent conduire à l'adhésion mais aussi à la non-adhésion", a-t-il déclaré.

"Dire qu'il n'y a pas de torture systématique en Turquie, c'est un cynisme pour confirmer qu'il y a de la torture en Turquie", a-t-il ajouté.

Pour les Français de l'UMP, l'UE "n'est pas prête à ce nouvel élargissement".

"Dans ce contexte, un feu vert à des négociations d'adhésion ne ferait qu'aggraver le malentendu entre l'Union et la Turquie, et creuser, en Europe même, le fossé entre les peuples et leurs dirigeants", a déclaré l'eurodéputé Alain Lamassoure.

Le Parlement européen n'a pas formellement à se prononcer sur l'ouverture des négociations d'adhésion avec la Turquie, cette décision restant une prérogative exclusive des Etats membres de l'UE.

En revanche, à la fin des négociations, le Parlement européen aura à se prononcer pour ou contre un éventuel traité d'adhésion de la Turquie à l'Union.

Voici le résumé des interventions des groupes politiques sur le rapport:

M. Hans-Gert POETTERING (PPE-DE, DE) a annoncé d'emblée que ce qu'il allait dire avait l'aval d'une grande majorité du groupe PPE-DE. Il a mis l'accent sur le fait que le visage de l'Europe serait radicalement différent après l'adhésion de la Turquie, avec son importante population, ses frontières loin à l'intérieur de l'Asie, ses différences sur les plans de la culture et du niveau de vie. Il a accusé M. Verheugen de faire preuve de "cynisme" lorsqu'il répétait ces dernières semaines que la torture systématique n'avait plus cours en Turquie. M. Poettering a pris acte des réformes engagées en Turquie, non sans ajouter que beaucoup de ce qui avait été couché sur papier n'avait pas encore été mis en pratique. Il a accusé M. Verheugen de manquer d'objectivité.

Lors des deux prochains sommets du PPE, a indiqué M. Poettering, il invitera les chefs de gouvernement à veiller à ce que l'issue des négociations d'adhésion reste ouverte. Il devrait être possible de refuser l'adhésion à l'UE et, dans ce cas, d'offrir une autre forme de coopération, en l'occurrence un partenariat privilégié.

S'exprimant au nom du groupe socialiste, M. Martin SCHULZ (DE) a convenu qu'il s'agissait en l'espèce d'une décision capitale qui serait déterminante pour l'avenir de l'UE. Son groupe est d'avis que les chances de poursuivre la mission d'unité et de paix que s'est assignée l'Europe seraient plus grande avec la Turquie que sans elle, a-t-il expliqué. Il faut rejeter les opinions de ceux qui prétendent que l'Islam et les valeurs occidentales ne peuvent coexister. Néanmoins, il convient, a-t-il poursuivi, de considérer que cet élargissement est particulier. Quatre éléments-clés doivent être pris en compte : il faut un suivi régulier et une information mise à jour du Parlement quant aux progrès ou à l'absence de progrès des négociations; l'ouverture des négociations ne doit pas être considérée comme une garantie d'adhésion car les réformes devront être mises en ¦uvre comme promis; le processus doit être suspendu au cas où les progrès de la Turquie en direction des valeurs occidentales seraient mis en péril; des périodes de transition doivent être ménagées pour ce qui concerne la mobilité des travailleurs, l'agriculture et le soutien structurel. Globalement, le PSE est partisan de l'ouverture des négociations, mais il ne peut être question d'adhésion automatique.

Président du groupe ADLE, M. Graham WATSON (UK) a déclaré que l'opinion majoritaire, mais non unanime, au sein de son groupe était que les négociations doivent être entamées. L'issue et le déroulement des négociations en diront aussi long, selon lui, sur l'UE que sur la Turquie. L'UE sera invitée à se prononcer non pas sur la Turquie d'aujourd'hui, mais sur celle qui dans au moins dix ans aura assisté à une mutation profonde de sa société. Il a violemment dénoncé ceux qui maintiennent qu'un État majoritairement musulman ne pourra jamais faire partie d'une Europe chrétienne. "Quel est alors le message à l'adresse des 20 millions de musulmans européens ?", a-t-il lancé. "Que reste-t-il de nos belles paroles sur l'universalité de nos valeurs ?" Selon lui, trois éléments sont à garder à l'esprit durant ces négociations : leur ouverture n'est pas une garantie de succès; les progrès sur les questions touchant aux droits de l'homme doivent être suivis de près; le processus doit conduire à une plus grande concorde entre les religions chrétienne, musulmane et juive. Il a souligné que trois quarts des Turcs souhaitent adhérer mais que deux tiers d'entre eux pensent que l'UE n'accueillera pas leur pays. Pour lui, la Turquie mérite mieux que d'être jugée sur la base de critères subjectifs.

Au nom du groupe des Verts/ALE, M. Daniel COHN-BENDIT (DE) a indiqué qu'une majorité de son groupe accueillait favorablement la recommandation de la Commission. A M. Poettering, il a dit qu'il était temps d'avoir confiance en une Europe qui a été construite sur la base des droits de l'homme et de réaliser qu'elle ne changerait pas dramatiquement. Selon lui, il y aura beaucoup de développements positifs dans l'Union et en Turquie avant 2014. "Comme l'UE a réconcilié la France et l'Allemagne - le miracle du Rhin -, l'Allemagne et la Pologne - le miracle de l'Oder-, il pourrait maintenant y avoir le miracle du Bosphore, réconciliant l'Europe et la Turquie." Selon lui, des négociations ouvertes, qui laissent la place à un échec, ne constituent pas une réponse. La Turquie a fait acte de candidature pour devenir membre. Les deux parties devraient aborder ces négociations la tête droite. Et même si l'issue des négociations n'est pas certaine, "j'espère que nos enfants verront la Turquie comme membre de l'Union", a-t-il déclaré.

M. Francis WURTZ (GUE/NGL, FR), au nom de son groupe, s'est dit favorable à la recommandation de la Commission. Selon lui, ce processus permettra d'aborder un débat toujours repoussé sur le but fondamental de l'Union: "Que voulons-nous faire ensemble?" Il est temps, pour lui, de reconnaître que l'Europe n'est plus seulement constituée de chrétiens de race blanche. Certes, il ne devrait pas y avoir d'adhésion automatique de la Turquie car il y a beaucoup de questions à régler, notamment la question chypriote et celle du génocide des Arméniens. Et, dans le domaine des droits de l'homme, les engagements pris sur le papier devront se traduire sur le terrain.

M. Jens-Peter BONDE (IND/DEM, DK) a interrogé la Commission: "La Commission dit que la Turquie est prête pour l'Union, mais l'Union est-elle prête pour la Turquie?" Selon lui, l'adoption du projet de Constitution et l'adhésion de la Turquie seraient incompatibles. Cette Constitution, selon lui, favorise déjà les grands pays et risque d'exclure les petits pays des processus de décision, phénomène qui s'accroîtrait encore avec l'adhésion de la Turquie qui deviendrait le pays le plus peuplé de l'UE. Pour M. Bonde, des efforts généreux devront être faits pour améliorer le niveau de vie dans les régions pauvres, notamment le sud-est de la Turquie, qu'il compare à l'Afrique. M. Bonde a encore stigmatisé la situation des droits de l'homme en Turquie et accusé le Premier ministre Erdogan de banaliser la torture bien qu'elle soit encore largement répandue.

M. Brian CROWLEY (UEN, IE) a rappelé quant à lui que les progrès réalisés en Turquie étaient inimaginables il y a encore dix ans. Selon lui, la Turquie a fait sa part de travail jusqu'à présent et l'Union devrait entamer les négociations, même si des vues divergentes s'expriment au sein de son groupe sur le résultat que devraient atteindre ces négociations. Il s'est cependant élevé en faux contre ceux qui suggèrent que des points de vue conservateurs ou traditionnels en Europe sont nécessairement intolérants et devraient être ignorés. Il a rappelé que l'UE a démontré qu'en respectant "la dignité de la différence", les Européens pouvaient vivre ensemble sans perdre leurs identités distinctives.

M. Philip CLAEYS (BE), au non des non-inscrits, s'est dit quant à lui hostile à l'ouverture des négociations, déplorant que "l'impensable est en train de se réaliser". Il a fait part de ses préoccupations pour Chypre, pour la non-reconnaissance par la Turquie du génocide arménien et du non-respect des minorités ethniques en Turquie. Il a dit qu'en cas d'adhésion de la Turquie, il en coûterait 28 milliards d'euros par an à partir de 2025. "Comment cela sera-t-il financé? C'est autant que ce que les dix nouveaux Etats membres ont représenté. On nous demande de signer un chèque en blanc!"

S'exprimant ensuite en sa qualité de président de la commission des Affaires étrangères, M. Elmar BROK (PPE-DE, DE) a rappelé que le rapport Oostlander, adopté par le Parlement, recommandait le respect complet des critères. M. Brok a reconnu, comme M. Verheugen, que ce n'était pas possible à 100% au moment d'ouvrir les négociations, mais a souligné que la torture restait inacceptable. M. Brok s'est aussi inquiété des interférences possibles entre le débat sur la future Constitution et celui sur la Turquie: "Il faut faire en sorte que cette négociation d'adhésion ne bloque pas notre projet de Constitution."

En tant que président de la Délégation du PE pour la Turquie, M. Joost LAGENDIJK (Verts/ALE, NL) a reproché à la Commission d'aller trop loin en envisageant des clauses de sauvegarde permanentes concernant la libre circulation des travailleurs. "La Commission se fonde sur des peurs, a-t-il déclaré. Il ne faut pas jouer sur les peurs mais, au contraire, les prévenir." (AFP et cont-press@europarl.eu.int, 6 octobre 2004)

Chirac veut une révision constitutionnelle pour un référendum sur la Turquie

Le président français Jacques Chirac s'est prononcé vendredi pour une révision constitutionnelle garantissant une consultation des Français par référendum sur l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne, comme le réclamait la classe politique.

"J'ai demandé au gouvernement d'examiner les conditions d'insertion dans la révision constitutionnelle" préalable à la ratification du traité constitutionnel européen, d'"une disposition permettant de garantir qu'à partir d'une certaine date, avant l'entrée éventuelle de la Turquie", les Français soient interrogés "obligatoirement par le biais du référendum" sur les futurs élargissements de l'UE, a dit le président français.

Cette déclaration, faite lors d'un point de presse conjoint avec le chancelier allemand Gerhard Schroeder, risque d'avoir des répercussions importantes en France, dans la perspective du référendum prévu en 2005 sur le sur le traité constitutionnel, comme en Europe et en Turquie.

En prenant cette initiative, M. Chirac espère éviter tout amalgame entre la question turque, sujet de vives polémiques en France, et la ratification de la Constitution pour l'Europe élargie.

Pour conforter leurs positions, certains partisans du non au référendum sur la Constitution européenne brandissent en effet la crainte d'une adhésion d'un grand pays musulman ayant une frontière avec l'Irak et l'Iran.

En outre, la question divise l'UMP, le parti du président, hostile à l'entrée de la Turquie alors que Jacques Chirac y est favorable une fois que ce pays remplira les critères imposés par l'UE sur la démocratie et l'économie de marché.

A Strasbourg, M. Chirac a redit que, comme M. Schroeder, il jugeait que l'adhésion de la Turquie serait bonne pour l'UE, au nom de "l'enracinement de la démocratie et de la paix". Il a salué les efforts faits par Ankara, mais a estimé qu'il fallait "encore progresser".

M. Chirac a insisté sur le fait que les négociations d'adhésion, dont l'ouverture pourrait être décidée par les 25 en décembre, allaient durer "10 à 15 ans" et qu'alors les Français auront "leur mot à dire".
 Un délai qu'à l'Elysée on juge suffisamment long pour permettre l'évolution des esprits en France: soit la Turquie poursuit son évolution vers les valeurs européennes et l'adhésion cessera d'être un problème, soit elle s'oriente vers l'islamisme et alors l'adhésion ne sera pas envisageable.

A Strasbourg, Jacques Chirac a pris soin de préciser que le référendum ne s'appliquerait pas pour l'entrée de la Roumanie, la Bulgarie et la Croatie, les négociations d'adhésion de ces trois pays qui ambitionnent de rejoindre l'UE en 2007 étant "pratiquement achevées".

La réforme constitutionnelle annoncée sera menée à bien en même temps que la révision préalable à la ratification du traité constitutionnel. Lorsque les 25 auront signé le traité, le 29 octobre à Rome, le chef de l'Etat saisira le Conseil constitutionnel pour savoir sur quels points il y a lieu de réviser la Constitution française afin de la mettre en conformité avec le traité. Un projet de loi constitutionnel sera alors soumis à l'Assemblée nationale et au Sénat en vue de son adoption par le Parlement réuni en Congrès à Versailles, à la majorité qualifiée des trois cinquièmes.

A droite comme à gauche, on réclamait depuis quelques jours un référendum avant tout nouvel élargissement.

Mais l'ancien Premier ministre socialiste Laurent Fabius, partisan du "non" à la Constitution européenne, n'a pas été convaincu. Il a jugé que ce "référendum dans quinze ans" n'était "pas sérieux". (AFP, 1er octobre 2004)

Les dirigeants européens plus favorables à la Turquie que leurs opinions

Les dirigeants européens, qui auront le dernier mot le 17 décembre sur l'ouverture de négociations d'adhésion de la Turquie à l'UE, sont majoritairement favorables à la cause d'Ankara mais doivent souvent composer avec des opinions réticentes voire hostiles et des partis divisés.

Le Royaume Uni est le principal partisan de la cause turque. Londres estime qu'un non à Ankara isolerait la Turquie et ne serait dans l'intérêt de personne.

A l'inverse, l'opposition est quasi générale en Autriche, même si le chancelier conservateur Wolfgang Schuessel, dont 76% des concitoyens rejettent l'adhésion turque selon un sondage, a semblé infléchir son discours en disant le week-end dernier "oui à des négociations, mais avec une issue ouverte".

C'est en Allemagne et en France que la question de l'adhésion de la Turquie divise le plus.

Dans un pays qui héberge la plus importante communauté turque de l'UE (2 millions), le gouvernement du chancelier social-démocrate Gerhard Schroeder et ses alliés verts soutiennent la candidature d'Ankara.

Mais l'opposition chrétienne-démocrate est vent debout contre le projet. Sa chef de file Angela Merkel a écrit à tous les chefs d'Etat et de gouvernement des 25 et est venue mercredi à Paris défendre l'alternative d'un "partenariat privilégié" avec la Turquie auprès de Jacques Chirac.

Le président français fait face à une situation particulièrement compliquée. M. Chirac juge "irréversible" le processus menant à l'adhésion de la Turquie et le soutient sans ambiguïté, mais son parti, l'UMP (Union pour un mouvement populaire), y est opposé, ainsi qu'une grande partie de l'opinion.

Au sein du gouvernement, le ministre des Affaires étrangères Michel Barnier a pris fait et cause pour Ankara. "Les avantages pour nous et pour la Turquie l'emportent sur les difficultés", a-t-il estimé mardi.

Mais le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin s'est interrogé sur l'opportunité de voir "le fleuve de l'islam (rejoindre) le lit de la laïcité" et le ministre des Finances et probable futur patron de l'UMP Nicolas Sarkozy, très réservé, a réclamé un référendum le moment venu sur l'adhésion turque.

Dans l'opposition de gauche, le Parti socialiste, officiellement favorable à Ankara mais à condition notamment que le génocide arménien soit reconnu, marche aussi sur des oeufs. Son numéro deux, Laurent Fabius, juge qu'une adhésion de la Turquie ne serait "pas raisonnable".

En Espagne, gouvernement, majorité socialiste et opposition de droite sont clairement favorables à l'adhésion. Le Portugal est favorable à l'ouverture de négociations.

En Italie, le chef du gouvernement Silvio Berlusconi est un ardent défenseur de l'adhésion de la Turquie. Mais la Ligue du nord (populiste et xénophobe), membre de la coalition gouvernementale, y est opposée.

La Belgique est favorable à l'ouverture de négociations dans le strict respect des critères requis. Les Pays-Bas, qui président actuellement l'UE, restent sur la réserve mais sont plutôt favorables. La Grèce loue les réformes turques et souhaite l'intégration, mais réserve sa décision.

Chez les nouveaux Etats membres, la Pologne affiche un "ferme soutien" à l'adhésion d'Ankara, tout comme les trois pays baltes (Lituanie, Lettonie, Estonie). République tchèque, Slovaquie, Hongrie, Slovénie sont dans l'ensemble favorables à des négociations si la Turquie remplit les critères.

Au nord de l'Europe, le Danemark, où l'extrême-droite est hostile et la gauche social-démocrate sceptique, se montre très sourcilleux sur ce respect des critères, alors que ses deux voisins nordiques, Suède et Finlande, sont favorables à l'adhésion. (AFP, 1er octobre 2004)

Turquie-USA/ Turkey-USA

Witch Hunt: The USA condemned for refusing Dr. Gerger's entrance

On September 30, 2004, the 22nd room of the Ankara Civil Court condemned the government of the United States to 1 US dollar for having expelled Dr. Haluk Gerger and his wife from the country.

Mr. and Mrs. Gerger, having a 10-year visa, delivered on April 4, 2000, went by plane to New York on October 1,2002. Without justifying their decision, the US authorities prohibited their entrance into the American sole.

They were expelled from the USA after being kept under police custody for two hours.

Mr. Gerger, writer and human rights defender, started two lawsuits against the US government: the first for asking one-dollar symbolic indemnity for moral harassing, and the other for taking back a compensation of 1,800 US dollars voyage expenses.

The court with the reason that the conditions had not been met rejected this last request.

It should be stressed that, in response to a request of the Ankara court, the Turkish Foreign Affairs Ministry refused any solidarity with its citizen by declaring that this affair related to the internal procedure of the United States.

Since the adoption of "Patriot Act" by the American administration, following the attacks of September 11, 2001, the authorities of this country multiply arbitrary practices with regard to the foreigners who remain (temporarily or durably) in the US territory.

The condemnation of the US government by a foreign court constitutes an important signal to the authorities of this country.

Anti-terror hysteria now takes as target not only "Islamist terror" suspects, but also secular human rights defenders who can never be labeled as "terrorist" or "Islamist". This is the case for famous political scientist Dr. Haluk Gerger of Turkey.

 A former assistant professor at the University of Ankara, Dr. Gerger is a well-known intellectual and a respected writer on nuclear weapons and strategy. He was educated at the Paul Nitze School of Advanced International Studies (SAIS) of John Hopkins University in Washington, DC, Stockholm University in Sweden, and Herford College in Oxford, England.

Following the 1980 military coup, Dr. Gerger was one of the authors of the "Intellectuals' Petition" criticizing the military's actions, which was addressed to the head of the military junta. A military court acquitted Dr. Gerger of any charges related to the petition; however, he was among hundreds of professors fired when the university system was restructured in 1982.

A founding member of the Human Rights Association of Turkey (IHD), Dr. Gerger is an ardent defender of Kurdish rights. He has written extensively on the issue and has criticized governmental policies. He has likened the Turkish government's treatment of the Kurds to Serbia's ethnic cleansing of Muslims in Bosnia. He has been imprisoned and heavily fined by Turkish courts for writing letters and articles expressing his political opinions.

Upon his release from prison, the American Association for the Advancement of Science (AAAS) honored Dr. Gerger during its 1996 Annual Meeting in recognition of the contribution he has made, through both action and example, to the promotion and protection of human rights in Turkey.

At this meeting, Dr. Gerger spoke passionately about the violence and human rights violations occurring in the southeast of Turkey. He urged scientists to "exert pressure on both the government of the United States and Turkey on behalf of peace, freedom, and respect for human rights," and added that, "these are all values very much relevant to, or rather, preconditions for scientific endeavor."

Same year, Dr. Gerger was also one of the recipients of the Hellman/Hammett grants awarded by Human Rights Watch to writers around the world whose books have been banned or who have been exiled, imprisoned, tortured, or harassed because of their work. (AA, Info-Türk, The Popular House of Geneva, October 4, 2004)

Relations régionales / Regional Relations

Un camionneur turc et un autre de l'ex-Yougoslavie tués dans le nord de l'Irak

Un chauffeur de camion turc et un autre de l'ex-Yougoslavie ont été tués dans une embuscade samedi dans le nord de l'Irak par des hommes armés après avoir livré des biscuits à une base américaine, a indiqué la police et l'un des survivants.

L'attaque a également fait deux blessés parmi les chauffeurs turcs d'un convoi de cinq camions de retour en Turquie après avoir livré leur cargaison dans une base américaine de la région de Bagdad, a affirmé un survivant qui a refusé de se faire identifier.

L'embuscade tendue, selon lui, par six à sept hommes à bord de deux voitures a eu lieu vers 12H30 locales (09H30 GMT) au niveau de la localité de Baladiyat à la sortie nord de Mossoul.

La cabine de l'un des camions attaqués était en feu lorsque le correspondant de l'AFP est arrivé sur les lieux où il a vu le corps de l'un des deux tués.

Le chauffeur turc tué a été identifié comme Hassan Moustapha par le lieutenant de police Massoud Abdel Rahman. L'autre, qui a été évacué, n'a pas été identifié.

Le nord de l'Irak est le théâtre de fréquentes attaques parfois meurtrières et d'enlèvement de camionneurs. (AFP, 23 octobre 2004)

Barzani "sûr" que Kirkouk sera rattachée au Kurdistan après un référendum

Le chef du Parti démocratique du Kurdistan (PDK), l'un des deux principaux mouvements kurdes irakiens, Massoud Barzani, a affirmé lundi être "sûr" que la ville pétrolière de Kirkouk (nord de l'Irak) sera rattachée administrativement au Kurdistan irakien après un référendum.

"Nous sommes sûrs qu'après la normalisation de la situation à Kirkouk, l'organisation d'un référendum (montrera) que l'immense majorité des habitants (de cette ville) sont kurdes. Nous sommes sûrs par conséquent que Kirkouk retournera au Kurdistan" irakien, a déclaré M. Barzani lors d'une conférence de presse à l'issue d'une visite de trois jours à Damas.

Le 2 octobre, des centaines de Kurdes avaient manifesté à Kirkouk pour demander l'organisation d'un référendum sur l'avenir du Kurdistan et y rattacher la ville pétrolière.

Le PDK et l'autre grand parti kurde, l'Union patriotique du Kurdistan (UPK), ont ouvert des bureaux dans la ville après la chute de Saddam Hussein en avril 2003 et ne cachent pas leurs projets de la rattacher aux trois provinces autonomes du Kurdistan.

L'UPK et le PDK, qui se partagent le contrôle des trois provinces kurdes de Souleimaniyeh, Dohouk et Erbil, n'appellent toutefois pas à l'indépendance et sont favorables à une large autonomie du Kurdistan dans le cadre d'un Irak fédéral.

Selon M. Barzani, le conflit à Kirkouk entre les différentes ethnies, kurde, arabe et turcomane, "n'est pas du tout motivé par le pétrole, qui appartient à tous les Irakiens".

Les revendications des Kurdes, a-t-il dit, ont pour but d'"annuler les traces de l'arabisation effectuée par le régime déchu (de Saddam Hussein) et l'injustice qui a frappé les Kurdes et les Turcomans aussi" dans cette ville.

"Les Syriens ont affirmé qu'ils ne voulaient pas intervenir dans les affaires intérieures irakiennes", a par ailleurs dit M. Barzani, qui a rencontré le président syrien Bachar al-Assad.

"J'ai obtenu un soutien total du président Assad", a-t-il affirmé. "Un rôle positif de la Syrie aidera les Irakiens à traverser beaucoup d'obstacles à l'approche des élections" prévues en janvier en Irak, a poursuivi le chef kurde.

Damas est farouchement opposée à la création d'un Etat kurde indépendant dans le nord de l'Irak. Elle se prononce régulièrement en faveur de l'intégrité territoriale de ce pays.

La population kurde de Syrie, estimée à 1,5 million de personnes, représente environ 9% de la population du pays. Outre la reconnaissance de leur langue et de leur culture, les Kurdes syriens affirment revendiquer des droits politiques et administratifs "dans le cadre de l'intégrité territoriale du pays".

Du 12 au 17 mars derniers, des affrontements ont opposé des Kurdes aux forces de l'ordre ou à des tribus arabes dans des régions du nord de la Syrie, faisant 40 morts, selon des sources kurdes, 25 morts selon un bilan officiel syrien.

M. Barzani avait entamé vendredi une visite de trois jours en Syrie. Auparavant, il s'était rendu en Turquie et en Jordanie. Selon lui, sa tournée régionale, axée sur les "problèmes irakiens et la situation au Kurdistan", a réalisé ses objectifs. (AFP, 18 octobre 2004)

Un groupe islamiste décapite un chauffeur turc (vidéo)

Le groupe Ansar Al-Sunna, proche d'Al-Qaïda, a diffusé jeudi sur son site internet une vidéo montrant la décapitation d'un Turc, présenté comme "un chauffeur de camion qui approvisionne en vivres les forces américaines" en Irak.

"Les lions héroïques de l'Armée d'Ansar Al-Sunna ont pu capturer un chauffeur de camion turc qui approvisionnait en vivres les forces américaines croisées", affirme le groupe sur son site, avec à l'appui une vidéo.

Sur la vidéo, l'un des quatre hommes armés et cagoulés tranche la tête de l'otage et la place ensuite sur le corps, dans un rituel devenu habituel dans les documents filmés mis en ligne par des groupes extrémistes en Irak.

Avant la décapitation, le bourreau a lu un texte dans lequel le groupe affirme être "aux trousses des infidèles parmi les soldats américains sionistes, de leurs agents, des espions et des traîtres de la police et de la garde nationale" irakiennes.

"Nous avertissons quiconque a aidé l'occupant de revenir à sa religion, autrement la mort l'attendra", a-t-il ajouté.

Ce même groupe avait annoncé la décapitation d'un Irakien de confession chiite qu'il accusait d'"espionnage" au profit des forces américaines en Irak, dans un communiqué et une vidéo diffusés mardi sur son site internet.

Lundi, le même groupe avait indiqué avoir décapité un entrepreneur turc et un interprète kurde irakien qui avaient "avoué" travailler avec les forces américaines en Irak.

Se présentant comme une alliance de plusieurs groupuscules islamistes "jihadistes", Ansar Al-Sunna ("Les partisans des préceptes du Prophète") a revendiqué plusieurs attentats en Irak.

Ce groupe est le même qui avait assassiné 12 employés népalais fin août après les avoir enlevés en Irak. (AFP, 14 octobre 2004)

La Turquie évoque la possibilité de troubles interethniques à Kirkouk

La Turquie a estimé mercredi que les pays riverains de l'Irak doivent avoir leur mot à dire quant au futur de la ville pétrolière et multi-ethnique de Kirkouk car celle-ci constitue une menace potentielle pour la sécurité de la région.

"Kirkouk est l'endroit le plus probable en Irak pour le déclenchement d'affrontements interethniques -- c'est pourquoi Kirkouk ne relève pas des affaires intérieures de l'Irak", a affirmé Osman Koruturk, représentant spécial de la Turquie en Irak, évoquant la possibilité de "sérieux effets sur les pays voisins".

"Nous sommes déterminés à assurer que ce qui se passe en Irak n'a pas de conséquences négatives pour nous (...) La question de Kirkouk est porteuse de ce type de danger", a-t-il poursuivi au cours d'un entretien sur la chaîne de télévision turque NTV.

Le message d'Ankara était implicitement adressé aux Kurdes d'Irak, qui veulent incorporer la ville dans la région autonome sous leur contrôle, dans le nord du pays.

La déclaration du diplomate turc intervient au lendemain d'une visite du dirigeant kurde irakien Massoud Barzani à Ankara, au cours de laquelle celui-ci a affirmé que Kirkouk avait une "identité" kurde et s'est dit prêt à combattre toute force qui tenterait d'opprimer son peuple.

La population de Kirkouk comprend, outre les Kurdes, une importante communauté turcomane, un groupe ethnique turcophone bénéficiant du soutien d'Ankara.

Les Kurdes d'Irak affirment que la ville était peuplée pour l'essentiel de Kurdes jusqu'aux années 1950 et aux campagnes d'arabisation menées par Bagdad, lors desquelles des milliers d'Arabes ont été encouragés à s'installer à Kirkouk.

Les Kurdes s'efforcent à présent de chasser les Arabes et certains d'entres eux voient en Kirkouk la capitale potentielle d'un futur Etat kurde indépendant dans le nord de l'Irak.

Ankara craint qu'une mainmise kurde sur les richesses pétrolières de la ville ne rende viable ce projet et n'encourage sa mise en oeuvre, ravivant le séparatisme au sein de la minorité kurde du sud-est de la Turquie.

Deux autres voisins de l'Irak, l'Iran et la Syrie, hébergent également une minorité kurde.

Le porte-parole du ministère turc des Affaires étrangères a tenté mercredi de dissuader les Kurdes irakiens d'opérer un remodelage démographique de Kirkouk.

"La Turquie ne peut pas assister passivement au changement du statut (de Kirkouk) par des faits accomplis", a-t-il déclaré à des journalistes.

Depuis le début de 2004, au moins 77.000 Kurdes se sont installés dans la province de Tamin, dont dépend Kirkouk, selon des statistiques américaines.

Certains ont fait valoir leurs titres de propriété et ont chassé les occupants arabes vers des camps de réfugiés.

Le statut de la ville doit être entériné après la ratification de la Constitution irakienne, fin 2005, et l'organisation d'un recensement. (AFP, 13 octobre 2004)

Les Kurdes prêts à la guerre pour préserver l'identité de Kirkouk (Barzani)

Le chef du Parti démocratique du Kurdistan (PDK), Massoud Barzani, a déclaré mardi que la ville pétrolière de Kirkouk (nord de l'Irak) avait une "identité kurde", affirmant que les Kurdes d'Irak étaient prêts à faire la guerre contre toute force qui opprimerait son peuple.

"Si quelqu'un, un régime ou un système, souhaite poursuivre l'arabisation (de Kirkouk) ou opprimer le peuple kurde (...) nous défendrons leurs droits (les droits des Kurdes, ndlr) et nous sommes prêts à combattre pour eux", a-t-il dit à l'AFP, avant de quitter la Turquie au terme d'entretiens lundi à Ankara avec des responsables turcs.

M. Barzani a expliqué que les Kurdes irakiens ne défendraient pas seulement la population kurde de Kirkouk, mais "toutes les autres minorités" de la ville.

Kirkouk est le théâtre d'affrontements endémiques entre Kurdes, Arabes et Turcomans depuis la fin du régime de Saddam Hussein en avril 2003. Les Kurdes revendiquent son contrôle, soulignant que la ville était majoritairement kurde dans les années 1950, avant que le régime de Bagdad n'entame une arabisation forcée du nord du pays.

La Turquie voisine de l'Irak craint qu'un contrôle de cette région riche en pétrole ne renforce les Kurdes irakiens, qu'elle soupçonne de visées séparatistes, et que ces idées ne se propagent ensuite auprès des Kurdes turcs, majoritaires dans le Sud-Est.

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan et son ministre des Affaires étrangères Abdullah Gul ont réaffirmé au dirigeant kurde les préoccupations de leur pays au sujet de Kirkouk, en particulier à propos des Turcomans, des turcophones, a-t-on indiqué de source diplomatique turque.

Pour tenter de dissiper ces inquiétudes, le chef kurde a promis que les Kurdes d'Irak oeuvreraient en faveur d'une coexistence pacifique des différents groupes ethniques de la ville.

"Notre position est que l'identité de Kirkouk fait partie du Kurdistan. Mais c'est une ville irakienne", a ajouté M. Barzani.

La Turquie s'est à plusieurs reprises dit irritée des efforts kurdes pour modifier la composition démographique de la ville en leur faveur.

"Kirkouk est une ville où tous les éléments ethniques peuvent s'installer. Ce n'est pas un endroit où un certain groupe peut prendre le contrôle", a, à cet égard, indiqué M. Erdogan au quotidien turc Aksam, dans un entretien publié mardi.

Le chef du gouvernement turc s'est exprimé en faveur de l'intégrité territoriale de l'Irak en ajoutant : "nous nous opposons à ce qu'un groupe établisse une suprématie sur un autre".  (AFP, 12 octobre 2004)

Barzani à Ankara: " Kirkouk constitue le coeur du Kurdistan"

Le dirigeant kurde irakien Massoud Barzani a tenu des pourparlers lundi en Turquie sur la situation en Irak et l'avenir de Kirkouk, ville irakienne riche en pétrole à la situation éthnique tendue.

"Nous nous sommes rendu compte que Barzani avait une approche positive sur les questions que nous avons discutées", a déclaré un diplomate turc à l'issue de conversations entre Barzani avec le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan et le ministre de Affaires étrangères Abdullah Gul.

Les Turcs ont averti à nouveau sur les risques représentés par des tentatives pour modifier le délicat équilibre démographique de Kirkouk. Les Kurdes irakiens déclarent que la ville était à forte majorité kurde dans les années 50 avant que Bagdad ne lance une politique "d'arabisation".

"Nous avons à des multiples reprises transmis nos préoccupations sur Kirkouk. Tout ce que nous avions besoin de dire a été répété", a ajouté le diplomate turc.

"Je pense toujours que Kirkouk constitue le coeur du Kurdistan, mais je suis ouvert au dialogue ici", avait déclaré Barzani à son arrivée dimanche selon l'agence Anatolie.

Ankara craint une prise de contrôle de la ville par les Kurdes. Un contrôle des ressources pétrolières de la région irakienne pourrait renforcer les Kurdes irakiens. La Turquie les soupçonne de vouloir se séparer du reste de l'Irak. Une telle situation encouragerait les Kurdes turcs au séparatisme.

Les tensions ethniques ont commencé à s'exacerber à Kirkouk entre Kurdes, Arabes et Turcomans (d'origine turque) à l'approche des élections de janvier 2005.

Les Kurdes évoquent la politique d'arabisation menée par le régime de Saddam Hussein dans Kirkouk et sa province, qui avait culminé par l'opération dite "Anfal" consistant à déplacer les habitants d'un millier de villages kurdes de la région vers le sud de l'Irak.

Pour les Turcomans et les Arabes, la question se pose autrement et les représentants des deux communautés s'inquiètent de l'implantation de nombreux Kurdes dans la ville et sa province de Taamim qui ne sont pas comprises dans la région autonome kurde des provinces du nord. (AFP, 11 octobre 2004)

Un Turc et un Kurde exécutés par un groupe armé en Irak

Le groupe Ansar al-Sunna lié à Al-Qaïda a indiqué lundi avoir décapité un entrepreneur turc et un interprète kurde irakien qui ont "avoué" travailler avec les forces américaines en Irak, selon des communiqués publiés sur un site islamiste et une vidéo montrant les exécutions.

"Maher Kemal, un Turc capturé sur l'autoroute entre Mossoul et Bagdad le 8 octobre 2004 (...) a été exécuté après avoir avoué être un entrepreneur sous contrat avec les forces américaines pour l'exécution de projets à la base aérienne Al-Bakr au nord de Bagdad", indique un communiqué signé Ansar al-Sunna et posté sur un site islamiste "www.ansarnet.ws/vb".

Un second communiqué diffusé par le groupe sur le même site annonce la décapitation de l'interprète kurde irakien Lukman Hussein, qui est selon le texte, originaire de Dohuk et membre du Parti démocratique du Kurdistan de Massoud Barzani.

Selon le texte, "l'apostat" Hussein, qui a travaillé avec les forces américaines dans le bastion rebelle sunnite de Ramadi, a avoué "avoir pris part aux raids et arrestations nocturnes menés par les troupes croisées contre nos femmes, enfants et vieillards à Ramadi".

Cette ville est située à une centaine de kilomètres à l'ouest de Bagdad et est le théâtre de fréquents accrochages entre rebelles et soldats américains.

Une vidéo téléchargeable sur le site montre l'exécution des deux hommes aux cris d'Allah Akbar (Dieu est le plus grand) par des membres du groupe armé, après que les deux otages se sont identifiés, l'interprète donnant son nom et le Turc montrant sa carte d'identité.

Le 2 octobre, le groupe extrémiste Ansar Al-Sunna a diffusé sur un site internet une vidéo montrant la décapitation d'un ingénieur irakien après qu'il eut "avoué" travailler avec les troupes américaines.

Ansar Al-Sunna (Les partisans des préceptes du Prophète) avait alors menacé de réserver le même sort à "quiconque ose servir les forces croisées et travailler avec elles".

Ce groupe, qui se présente comme une alliance de plusieurs groupuscules islamistes jihadistes, est le même qui avait assassiné 12 employés népalais fin août après les avoir enlevés en Irak. (AFP, 11 octobre 2004)

La situation à Kirkouk peut faire dérailler la paix en Irak, avertit Ankara

Le chef de la diplomatie turque Abdullah Gul s'est élevé jeudi contre les visées des Kurdes irakiens sur la ville pétrolière de Kirkouk (nord de l'Irak), tandis que son homologue britannique Jack Straw a préconisé un règlement de la crise par la voie des négociations.

"Kirkouk est une ville qui appartient à tous les Irakiens et toutes les ressources naturelles de l'Irak sont également la propriété (de l'ensemble) des Irakiens", a dit M. Gul aux journalistes au terme d'un entretien avec M. Straw.

"Si ces principes sont bafoués, alors la paix en Irak en pâtira", a-t-il mis en garde.

Sous le régime de Saddam Hussein, des milliers d'Arabes ont été encouragés à s'installer dans la ville pétrolière, revendiquée par les Kurdes, qui militent aujourd'hui pour leur départ. Cette question est source de tensions permanentes dans la ville.

Ankara, qui soutient la minorité turkmène, turcophone, installée essentiellement à Kirkouk et dans ses environs, craint qu'une éventuelle mainmise kurde sur les ressources pétrolières de la région n'attise des velléités d'indépendance chez les Kurdes d'Irak.

La Turquie a, à plusieurs reprises, exprimé sa profonde irritation face aux tentatives des Kurdes visant à modifier la composition ethnique de la ville.

M. Straw, arrivé tard mercredi à Ankara en provenance du nord de l'Irak, où il s'est entretenu avec les principaux dirigeants kurdes, a admis que la situation était complexe tout en invitant les protagonistes à résoudre leur différend par des négociations.

"Nous comprenons que le problème sur Kirkouk est très difficile, mais il devra être réglé par la voie de négociations, a-t-il dit.

Il a souligné que ce genre de différend ne pouvaient être surmonté du jour au lendemain.

Ankara redoute également un phénomène de contagion qui relancerait les visées séparatistes au sein de la minorité kurde du sud-est de la Turquie, près de la frontière irakienne.

Dans un effort pour dissiper les préoccupations des Turcs, M. Straw a assuré que l'Irak resterait uni.

"La décision de la communauté internationale (...) est que les frontières internationales de l'Irak, dont évidemment celles avec la Turquie, sont inviolables et ne peuvent être modifiées", a-t-il ajouté. (AFP, 7 octobre 2004)

Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece

Crise politique en Chypre du nord

Deux jours après la démission du gouvernement de la République Turque de Chypre du Nord (KKTC), le Conseil de sécurité de l'Organisation des Nations Unies (ONU) a ratifié le 22 octobre une résolution réduisant de près d'un tiers le nombre de casques bleus déployés dans l'île.

Déjà fragilisé par le départ en avril de trois députés des partis de la coalition au pouvoir, le gouvernement minoritaire de Mehmet Ali Talat n'a pas résisté à l'échec des discussions pour la formation d'une nouvelle coalition. Le dirigeant chypriote-turc Rauf Denktash, 80 ans, a accepté la démission du gouvernement. Néanmoins, le Premier ministre restera aux affaires jusqu'à la formation d'un nouveau cabinet. Cette tâche devrait échoir à Dervish Eroglu, chef de la principale formation d'opposition à l'Assemblée nationale, le Parti de l'Union nationale (UBP, droite). En cas d'échec, des élections législatives anticipées devraient se tenir en janvier prochain ou au moment du scrutin présidentiel d'avril 2005.

Une île toujours divisée

Chypre est divisée de part et d'autre d'une ligne de cessez-le-feu, la ligne verte, depuis l'intervention en 1974 de l'armée turque dans le Nord de l'île. Les Turcs désiraient empêcher un coup d'Etat de nationalistes chypriotes grecs, mené avec l'appui de la junte des colonels alors au pouvoir en Grèce, dans le but de rattacher l'île à la Grèce.

Au cours du référendum du 24 avril dernier, les Chypriotes turcs au nord de l'île et les Chypriotes grecs au sud étaient amenés à se prononcer sur le plan de réunification de Chypre soutenu à bout de bras pendant quatre années par Kofi Annan, le secrétaire général des Nations unies. Si les Chypriotes turcs ont approuvé ce plan à une grande majorité, son application a été rendue impossible par le rejet des Chypriotes grecs. De ce fait, seule la partie sud de l'île, la République de Chypre, unique entité reconnue comme légitime par la communauté internationale, est entrée dans l'Union européenne (UE) le 1er mai 2004.

Déboires de la KKTC

Autoproclamée en 1983, la KKTC reste donc isolée et uniquement reconnue par la Turquie. Toutefois, son approbation à une grande majorité du plan de réunification de l'île lors du référendum lui a attiré les sympathies des Etats-Unis et de l'Union européenne. Les aides, notamment financières, promises aux Chypriotes turcs par l'UE suite au référendum restent pour l'instant à l'état de promesses. Les Chypriotes turcs en auraient pourtant bien besoin: leur économie est très en retard alors que la République de Chypre fait partie des pays développés. Et ce n'est pas l'augmentation récente de la fréquentation touristique au nord de l'île, après des années d'isolement dues à l'embargo international, qui va suffire à résoudre le problème.

De plus, la Turquie, fidèle alliée de la KKTC, va devoir reconnaître la République de Chypre si elle veut adhérer à l'UE. Le secrétaire d'Etat britannique aux Affaires européennes, Denis MacShane, en visite pour trois jours à Chypre, a mis en garde vendredi dernier Ankara: "La Turquie ne peut pas rejoindre l'Union européenne alors qu'elle ne reconnaît pas l'un de ses membres, c'est une impossibilité juridique". Le président chypriote Tassos Papadopoulos a déclaré ne pas s'opposer à l'entrée dans l'UE de la Turquie si celle-ci reconnaissait la République de Chypre.

Sécurité

La diminution des effectifs de la Force des Nations Unies chargée du maintien de la paix à Chypre (UNFICYP) prend en compte les conclusions d'un rapport commandé par Kofi Annan après l'échec du référendum: une remise en cause du cessez-le-feu entre le Nord et le Sud est très peu probable. Aucune des parties de l'île n'a procédé à de grandes man¦uvres militaires depuis trois ans. En outre, le mandat de cette force a été prolongé de six mois,  jusqu'en juin 2005. Dans un communiqué de presse, l'ONU rappelle que "depuis sa création en juin 1964, la Force avait un mandat inchangé, à savoir faire tout ce qui était en son pouvoir pour prévenir toute reprise des combats et contribuer [Š] au retour à une situation normale". Force est de constater qu'après l'échec de son plan, l'ONU ne s'engage plus dans la recherche active d'un règlement au problème de la division de Chypre. Comme l'affirme Denis MacShane, la résolution du problème chypriote incombe désormais aux Chypriotes eux-mêmes. (www.stopinfos.com, 27 octobre 2004)

Violations de l'espace aérien en mer Egée: Athènes ne cèdera pas

Le gouvernement grec n'a pas l'intention de "céder un seul centimètre" de ses droits souverains, a indiqué mercredi son porte-parole adjoint Evangélos Antonaros en réaction à une série de violations de son espace aérien et maritime par la Turquie en mer Egée ces derniers jours.

"La Turquie a ses propres positions et nous soutenons les nôtres. Nous n'allons pas céder un centimètre de nos droits souverains", a déclaré M. Antonaros lors d'un point de presse.

Le chef d'état-major grec a fait état mercredi de nouvelles violations en mer Egée. "Treize violations de l'espace aérien grec ont eu lieu mercredi tandis que trois accrochages (entre avions grecs et turcs) ont eu lieu près des îles grecques Chios, Lesbos et Limnos", a indiqué à l'AFP le porte-parole Constantin Loukopoulos.

Depuis la semaine dernière, Athènes dénonce presque quotidiennement des violations de son espace aérien en mer Egée et avait accusé un patrouilleur turc d'avoir violé les eaux grecques près de l'îlot d'Imia, au sud-est de l'Egée, à l'origine d'une crise entre les deux pays en 1996.

Répondant samedi à ces accusations, le ministère turc des Affaires étrangères avait estimé qu'il s'agissait "des activités ordinaires conformes au droit international" et qu'il était erroné de parler de "tensions en Egée".

"Il y a eu une augmentation du nombre de violations ces derniers jours mais le nombre total de violations en 2004 est nettement inférieur par rapport à celui des années 2002 et 2003", a toutefois indiqué mercredi à la radio Flash le porte-parole du ministère grec des Affaires étrangères, Georges Koumoutsakos.

Pour sa part, le chef de l'Etat grec, Costis Stéphanopoulos, a estimé que "malgré l'orientation sincère de la Turquie vers l'Europe, les tensions nationalistes, incompatibles avec les principes européens, continuent de faire leur apparition en Egée, à Chypre ou contre le Patriarcat (orthodoxe)".

"Il faut que la Turquie prouve qu'elle a vraiment l'intention de procéder à des réformes tant à l'intérieur du pays que dans sa politique étrangère à l'égard de notre pays et Chypre".

La Grèce et la Turquie se disputent sur la délimitation de l'espace aérien et maritime en mer Egée qui sépare les deux pays, un sujet qui se trouve au centre de discussions bilatérales entamées en 2002 et toujours en cours. (AFP, 27 octobre 2004)

La majorité des Grecs ne veulent pas la Turquie dans l'UE (sondage)

La majorité des Grecs (54,3%) estiment qu'il ne faut pas que la Turquie adhère à l'Union européenne en raison notamment du non-règlement des différends bilatéraux, selon un sondage publié dimanche par l'hebdomadaire To Paron.

Interrogés pour savoir s'il faut que la Turquie adhère à l'UE, 54,3% des Grecs ont répondu "non", contre 42,6% disantt "oui" tandis que 3,1% n'ont pas répondu, selon le sondage de la société grecque Rass, effectué les 20 et 21 octobre auprès de 1.021 personnes à travers le pays.

Plus de sept Grecs sur dix (76,3%) estiment que si Ankara n'arrête pas d'ici décembre les violations de l'espace aérien et maritime grec en mer Egée, Athènes ne doit pas soutenir l'ouverture de négociations d'adhésion entre la Turquie et l'UE qui sera discutée lors du sommet européen du 17 décembre prochain.
 Seuls 18% des personnes interrogées se sont déclarées favorables à un soutien d'Athènes à Ankara et 5,7% n'ont pas répondu à cette question.

58,7% ont estimé par ailleurs qu'"une éventuelle adhésion de la Turquie à l'UE n'est pas utile pour l'UE" contre 30,3%. Pour 56,7%, une telle adhésion est "contre les intérêts" de la Grèce, avis rejeté par 36,1%. (AFP, 24 octobre 2004)

Ankara doit reconnaître Chypre avant d'entrer dans l'UE (ministre britannique)

Le secrétaire d'Etat britannique aux Affaires européennes Denis MacShane, en visite à Nicosie, a affirmé vendredi que la Turquie devait reconnaître la République de Chypre, membre de l'Union européenne, dans la perspective d'une adhésion à l'UE.

"La Turquie ne peut pas rejoindre l'Union européenne alors qu'elle ne reconnaît pas l'un de ses Etats membres, c'est une impossibilité juridique", a déclaré M. MacShane, tout en assurant qu'"aucune condition préalable" ne devait être imposée à Ankara.

Lors de sa visite de trois jours à Chypre, M. MacShane a rencontré des responsables chypriotes-grecs et chypriotes-turcs des deux côtés de la ligne verte qui divise l'île depuis 30 ans.

"J'ai exprimé la vision claire de la Grande-Bretagne, qui est que la Turquie doit recevoir l'assurance en décembre que les 25 gouvernements de l'UE acceptent le rapport de la Commission européenne sur la candidature de la Turquie (...) les négociations devraient commencer sans retard", a-t-il dit à la presse.

Le président chypriote Tassos Papadopoulos a déclaré que Nicosie ne s'opposerait pas à l'entrée de la Turquie dans l'UE, à condition qu'Ankara reconnaisse la République de Chypre comme elle le fait pour les autres 24 Etats membres.

Chypre est divisée depuis 1974, lorsque l'armée turque a envahi le nord de l'île en réaction à un coup d'Etat d'ultra-nationalistes chypriotes-grecs qui voulaient rattacher l'île à la Grèce avec le soutien de la junte des colonels à Athènes.

La Turquie n'entretient aucune relation avec la République de Chypre, seule entité légale sur l'île aux yeux de la communauté internationale. Une République turque de Chypre nord (RTCN) a été proclamée en 1983 dans le nord de l'île et n'est reconnue que par Ankara.

En avril dernier, les électeurs chypriotes-grecs ont rejeté par référendum un plan de réunification de l'île présenté par l'Onu, tandis que les Chypriotes turcs ont voté en sa faveur. L'île est donc entrée divisée dans l'UE le 1er mai et les Chypriotes turcs sont restés aux portes de l'Union.

M. MacShane a affirmé qu'il était désormais du ressort des Chypriotes eux-mêmes de trouver une solution, "et non de (celui de) Bruxelles, Washington ou Londres". (AFP, 22 octobre 2004)

L'armée grecque dénonce des violations turques de l'espace grec en Egée

L'état-major grec a dénoncé vendredi des violations de l'espace aérien grec par la chasse turque, notamment près de l'île d'Andros, à l'est d'Athènes, et des eaux grecques par un patrouilleur des garde-côtes turcs près de l'îlot d'Imia, au sud-est de l'Egée, à l'origine d'une crise entre les deux pays en 1996.

"Ce genre d'attitude, dans un environnement de coopération et de promotion de très bonnes relations, ne va pas dans la bonne direction, et est aussi inacceptable au vu des efforts déployés pour une adhésion turque à l'UE", a commenté le ministre de la Défense, Spilios Spiliotopoulos.

Selon l'état-major, six F-16 turcs ont dans la matinée violé l'espace aérien grec à sept reprises, deux d'entre eux ayant survolé un champ de tir en mer près d'Andros, où manoeuvraient deux bâtiments de guerre grecs.

Les avions turcs sont descendus à quelque 70 mètres d'altitude, à environ 200 mètres des bateaux, selon l'état-major.

Pour la troisième journée consécutive, un patrouilleur côtier turc est par ailleurs entré dans les eaux grecques près d'Imia, a ajouté l'état-major.

Réagissant au premier incident, mercredi, le ministère des Affaires étrangères avait indiqué avoir procédé à une démarche auprès des autorités turques, et informé ses partenaires et alliés. L'état-major avait pour sa part mis en cause la "tactique turque" de contestation de la souveraineté grecque sur Imia.

La contestation par Ankara de la souveraineté grecque sur cet îlot inhabité avait déclenché une grave crise en janvier 1996, finalement jugulée sur intervention du président américain de l'époque, Bill Clinton.

Les deux pays ont depuis entamé, en 1999, une politique de rapprochement, et la Grèce soutient actuellement la "perspective européenne" de son grand voisin, sans toutefois que les différends sur la souveraineté en mer Egée aient été réglés sur le fond.

Le ministre grec des Affaires étrangères, Petros Molyviatis, avait estimé improbable dimanche que ces dossiers soient réglés d'ici au sommet européen de décembre qui doit se prononcer sur l'ouverture de négociations d'adhésion avec la Turquie. Il avait plaidé pour une poursuite "autant de temps qu'il le faudra" des discussions gréco-turques. (AFP, 22 octobre 2004)

Turkish Cypriot government resigns

The shaky coalition governing Turkish-controlled northern Cyprus resigned Wednesday after months of internal confusion following a failed referendum to reunite the divided island.

Mehmet Ali Talat, who serves as prime minister in the breakaway Turkish Cypriot state, submitted his resignation to Turkish Cypriot leader Rauf Denktash, local officials said. Talat, who is extremely popular for his efforts to reunite the island, is expected to remain as premier until a new government can be formed.

Denktash will meet with party leaders in the coming days to discuss the possibility of forming a new government. If a government cannot be formed, early elections will be called.

In May, several lawmakers resigned from the two parties in the coalition following a failed referendum on a United Nations plan to reunite the divided island, reducing it to a minority government.

Talat supported the plan, but his coalition partner, Serdar Denktash, did not. Turkish Cypriots in the north of the island overwhelmingly voted in favor of the plan, but it was defeated when Greek Cypriots in the south rejected it.

That outcome has meant that Turkish Cypriots in a breakaway state in the north have been excluded from the benefits of the European Union, which Cyprus joined on May 1.

Cyprus has been split into Greek Cypriot south and a Turkish-occupied north since Turkey invaded in 1974 after a coup by supporters of union with Greece. In 1983 the Turkish Cypriots declared their own state, but it is only recognized by Turkey. (AP, October 20, 2004)

Cyprus lists conditions for Turkey's EU bid

Cyprus will back the opening of European Union accession talks with Turkey if Ankara makes several gestures to the Greek Cypriot government which it does not recognize, Cypriot Foreign Minister George Iacovou said in a newspaper interview published here on Sunday.

Iacovou said his government would not block Turkey's bid when EU leaders take up the issue in December if Ankara agrees to allow Greek Cypriot ships and planes to use Turkish sea ports and air corridors and acknowledges Cyprus as an equal EU member.

"The Cyprus republic does not wish to use its veto right," the minister told the popular Turkish daily Sabah.

"But in order to escape such an unpleasant situation, Turkey should fulfill the responsibilities I mentioned or at least make a binding statement that it will do so by the time accession talks start, if it fails to fulfill them by December," he said.

The leaders of the 25 EU nations will decide on December 17 whether to start membership talks with Turkey, an official candidate since 1999.

The European Commission, the EU executive arm, said earlier this month that the Muslim nation had fulfilled the required democracy norms and recommended the inauguration of talks.

The hostilities between Ankara and Nicosia stem from the three-decade division of Cyprus between its Turkish and Greek communities.

Turkey has maintained thousands of troops in the breakaway Turkish Cypriot north of the island since 1974 when it invaded the enclave with the stated aim of protecting its kinsmen against a Greek Cypriot coup aimed at uniting the island with Greece.

An international initiative to end the conflict failed in April when the Greek Cypriots voted down a UN reunification plan, while the Turkish Cypriots, long seen as an obstacle to any settlement, overwhelmingly endorsed it.

The outcome ensured that the internationally-recognized Greek Cypriot south joined the EU on May 1, leaving the breakaway Turkish Cypriot north out in the cold.

Ankara has rebuffed calls to recognize the Greek Cypriot government, arguing that it bears the responsibility for the failure of the UN peace plan. (AFP, October 17, 2004)

Stéphanopoulos: Ankara doit résoudre les problèmes avec Athènes

La Turquie doit résoudre les différends avec la Grèce et notamment contribuer à la solution du problème de l'île de Chypre avant son entrée dans l'Union européenne (UE), a rappelé dimanche le président grec Costis Stéphanopoulos.

"Evidemment, la Grèce doit aider la Turquie de devenir un pays européen, ce qui est dans l'intérêt de l'UE et de la Grèce (...) mais il faut aussi lui rappeler ses obligations vis-à-vis de la Grèce et de Chypre", a dit M. Stéphanopoulos à l'occcasion de la commémoration annuelle de la bataille historique de Naupacte (centre), dite de Lépante (1571).

"C'est le moment de rappeler que la Turquie ne peut pas entrer dans l'UE si elle ne normalise pas ses relations avec la Grèce, si elle ne reconnaît pas la République chypriote et ne contribue pas à la solution du problème chypriote", a-t-il poursuivi.

 Selon M. Stéphanopoulos, la Turquie "doit reconnaître le Patriarcat orthodoxe (à Istanbul) et permettre la réouverture du séminaire (orthodoxe) de Halki", situé près d'Istanbul et fermé depuis 1971.

Le gouvernement grec s'est affirmé mercredi satisfait du feu vert de la Commission européenne à l'amorce de négociations d'adhésion avec la Turquie.

"Nous soulignons que parmi les dossiers sur lesquels" la Turquie doit faire "des progrès plus rapides et plus substantiels, figurent des questions intéressant particulièrement la Grèce", avait alors indiqué le porte-parole, Théodore Roussopoulos en référence notamment au dossier chypriote et aux différends de souveraineté en mer Egée qui sépare les deux pays.

En 1999, Athènes avait entamé une politique de rapprochement avec Ankara qui n'a conduit qu'à la signature d'une série d'accords de coopération économique sans que les disputes bilatérales soient réglées jusque là. (AFP, 10 octobre 2004)

Ankara inclut Chypre dans son union douanière avec l'UE

La Turquie a annoncé samedi avoir inclus Chypre dans une union douanière entre Ankara et l'Union européenne en dépit de l'absence de relations diplomatiques avec Nicosie.

"Le gouvernement turc a décidé d'inclure tous les nouveaux Etats membres de l'UE dans le champ" de l'union douanière, a annoncé le ministère turc des Affaires étrangères dans un communiqué.

La Turquie, qui souhaite l'ouverture rapide de négociations pour devenir membre de l'UE, a conclu un accord d'union douanière avec l'entité européenne en 1995.

L'île divisée de Chypre, représentée par sa partie grecque, la seule qui soit reconnue internationalement, est entrée dans l'UE le 1er mai mais restait jusqu'ici exclue de l'union douanière avec la Turquie du fait qu'elle n'avait pas de relations diplomatiques avec Ankara.

Le communiqué turc insiste sur le fait que la décision d'inclure Chypre dans l'Union douanière ne signifie pas une reconnaissance politique.

"L'amendement de notre législation interne n'implique en aucune façon la reconnaissance de l'administration chypriote grecque par la Turquie", précise le communiqué.

L'île est divisée en deux depuis 1974 lorsque la Turquie a occupé le nord du pays en réaction à un coup d'Etat chypriote grec à Nicosie visant à unir Chypre à la Grèce.

Une tentative de la dernière chance pour réunifier les communautés grecque et turque de Chypre à la veille de l'entrée de Chypre dans l'UE a échoué en avril à la suite du rejet par les Chypriotes grecs du plan de paix de l'ONU que les Chypriotes turcs avaient accepté. (AFP, 2 october 2004)

Un nouveau conflit turco-européen relatif à la question chypriote

La Turquie a décidé vendredi d'annuler des discussions prévues à Istanbul la semaine prochaine entre l'Union européenne et l'Organisation de la conférence islamique (OCI), à cause d'un désaccord avec les capitales européennes sur la participation des Chypriotes turcs.

Des responsables du gouvernement turc se sont empressés de préciser que cet incident n'aurait pas de conséquences négatives sur la décision que doivent prendre les dirigeants européens, le 17 décembre, concernant le lancement ou non de négociations d'adhésion avec la Turquie.

"L'annulation de cette rencontre n'affecte pas la décision qui doit être prise concernant la Turquie. Il n'y a de lien d'aucune sorte entre les deux questions", a affirmé un important responsable du gouvernement sous le couvert de l'anonymat.

Ce désaccord fait suite à une crise sérieuse entre l'UE et la Turquie -- occasionnée par la volonté du gouvernement turc de faire voter une disposition criminalisant l'adultère -- qui aurait pu affecter les conclusions du rapport sur les progrès de ce pays en matière de démocratisation, que la Commission européenne doit publier mercredi.

Le gouvernement turc a cependant désamorcé les tensions en retirant son projet.

L'annulation de la rencontre UE-OCI, qui devait se tenir lundi et mardi, intervient après que la présidence néerlandaise de l'UE a annoncé son intention de la boycotter du fait de la persistance des autorités turques à désigner la République turque de Chypre Nord (RTCN), autoproclamée et reconnue par la seule Turquie, comme un "Etat" lors de ce forum.

Ankara avait assuré aux pays membres de l'UE que leur participation à la rencontre aux côtés des Chypriotes turcs ne serait pas considéré come une reconnaissance de la RTCN.

"Ils ont invité un +Etat chypriote turc+. A cause de cela, nous ne voulons pas y aller", a cependant affirmé jeudi une source proche de la présidence néerlandaise, précisant que celle-ci avait demandé aux autres Etats-membres de l'Union de ne pas se rendre à Istanbul.

Au coeur de la polémique figure la décision de l'OCI, en juin, de désigner la RTCN, qui dispose d'un statut d'observateur au sein de l'organisation, par le terme d'"Etat chypriote turc".

Cette mesure a été interprétée comme un geste envers les Chypriotes turcs après leur soutien massif, exprimé lors d'un référendum en avril, au plan de paix proposé par le secrétaire général de l'Onu Kofi Annan pour mettre un terme aux 30 ans de partition de l'île.

La mise en oeuvre de ce plan, qui prévoyait la création d'une fédération, n'a cependant jamais vu le jour en raison du vote négatif des Chypriotes grecs, la seule entité reconnue internationalement, lors du référendum.

A la suite de cette consultation, seuls les Chypriotes grecs ont intégré l'UE le 1er mai.

Interrogé par l'AFP, un diplomate d'un pays membre de l'UE s'est déclaré "surpris que la Turquie soit en train de risquer une nouvelle polémique avec l'Europe au beau milieu d'une phase cruciale pour sa candidature à l'UE".

Le diplomate a estimé que ce développement était "un exemple remarquable de dilettantisme sur la voie de la décision historique du 17 décembre".

Un diplomate turc a pour sa part considéré que la rencontre UE-OCI "a été sabotée à l'instigation des Chypriotes grecs".

Dans un communiqué, le ministère turc des Affaires étrangères a déploré vendredi l'annulation de ce forum.

"Nous regrettons le fait qu'une initiative importante, visant à contribuer au développement de la paix mondiale par la promotion du dialogue entre les civilisations et les cultures, ait été empêchée pour des raisons non essentielles", affirme le document.

La rencontre UE-OCI, qui devait faire suite à un premier forum organisé en 2002, avait pour but de resserrer les liens et d'améliorer la compréhension entre l'Europe et le monde musulman. (AFP, 1er octobre 2004)

Immigration / Migration

3.000 manifestants contre l'extradition d'une dirigeante du PKK

Près de 3.000 personnes ont manifesté samedi à La Haye contre l'extradition vers la Turquie d'une dirigeante du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), Nusriye Kesbir, selon des chiffres donnés par la police.

En septembre, après un feu vert de la Cour suprême des Pays-Bas, le ministre néerlandais de la Justice Piet Hein Donner a autorisé l'extradition de Mme Kesbir qu'Ankara accuse d'être responsable d'au moins 25 attaques contre des objectifs militaires dans l'est de la Turquie entre 1993 et 1995.

La dirigeante du PKK avait déclaré craindre un procès biaisé et des tortures en cas d'extradition vers la Turquie.

Les manifestants ont défilé à La Haye en brandissant des portraits de Mme Kesbir et de l'ancien chef du PKK Abdullah Ocalan.

Mme Kesbir exerçait des fonctions importantes au sein de la direction du PKK aux côtés notamment d'Osman Ocalan, frère d'Abdullah Ocalan. Mais elle a toujours nié avoir été impliquée dans des attentats et affirmé ne s'être occupée que de questions relatives aux femmes.

Nusriye Kesbir avait été arrêtée à l'aéroport d'Amsterdam-Schiphol en septembre 2001. Elle avait demandé l'asile politique aux Pays-Bas, ce qui lui a été refusé. (AFP, 30 octobre 2004)

Arrestation en Ukraine d'un mafieux turc recherché pour meurtre

La police ukrainienne a arrêté samedi à Mykolaïev (450 km au sud de Kiev) un ressortissant turc lié au milieux d'extrême droite et de la mafia, Haluk Kirci, qui faisait l'objet d'un mandat d'arrêt international pour meurtre, a rapporté dimanche la presse turque.

Soupçonné du meurtre de sept jeunes membres du Parti des Travailleurs de Turquie (TIP, gauche) à Ankara en 1978, Kirci avait été arrêté en 1980 et condamné à mort pour ce crime, une peine commuée en une trentaine d'années d'emprisonnement en tenant compte des réductions de peine.

Il a été libéré par erreur en 1991 avant d'être interpellé à nouveau en 1996 à Istanbul.

Kirci ne passera que quelques heures entre les mains de la police, parvenant à s'évader des locaux de la Direction de la Sûreté dans des circonstances mystérieuses le jour même de son arrestation.

La police retrouve sa trace en 1999. Arrêté à Istanbul, il est jugé pour participation à une organisation de malfaiteurs dans le cadre de l'affaire de Susurluk -- qui avait mis en évidence des liens entre l'extrême droite, la mafia et les forces de sécurité turques -- et condamné à quatre ans d'emprisonnement supplémentaires en 2001.

Il est une nouvelle fois relaxé en mars 2004. Cette décision est cassée par la cour d'appel, mais entre-temps, Kirci a pris la fuite.

La Turquie a lancé les procédures légales requises pour l'extradition de Haluk Kirce, a affirmé mercredi le ministre turc de la Justice, Cemil Cicek. "Le processus a commencé. Nous allons envoyé son dossier (en Ukraine) lundi", a déclaré M. Cicek, cité par l'agence de presse Anatolie, ajoutant: "Nous voulons qu'il soit extradé immédiatement". (AFP, 24-27 octobre 2004)

Cinq migrants de Turquie élus au Parlement de Bâle-Ville

Cinq migrants de Turquie ont été élus au Parlement de Bâle-Ville. Dans la cité rhénane, on attend beaucoup de ces députés qui sont des exemples d'intégration dans une ville qui compte 30 % de migrants.

"Nous assumons désormais aussi des responsabilités politiques", a déclaré Mustafa Atici. Naturalisé suisse, il a été élu sur une liste socialiste avec deux autres Turcs et une Turque. Une autre migrante turque a été élue sur une liste des Verts.

Beat Jans, président du Parti socialiste de Bâle-Ville, se réjouit tout particulièrement du succès des migrants. De nombreuses personnes d'origine turque sont très actives dans des associations de quartier.

Mustafa Atici vit depuis 13 ans à Bâle. Il a étudié dans la cité rhénane et dirige sa propre entreprise. Il estime être intégré depuis qu'il parle bien l'allemand, a-t-il indiqué à l'ats. Son élection est pour lui une étape vers l'égalité des chances.

S'engager politiquement facilite l'intégration, souligne Mustafa Atici, un commerçant apprécié par beaucoup de Suisses de son quartier. Son élection et celles des quatre autres migrants a provoqué une grande émotion dans la communauté turque de Bâle.

Thomas Kessler, délégué du gouvernement pour la migration et l'intégration, n'est pas surpris par l'entrée de migrants au Parlement. Bâle possède une longue tradition en matière de participation des migrants qui a débuté avec les Italiens.

Lors des élections de 2008 ou 2012, on verra peut-être des migrants originaires des Balkans faire leur entrée au Parlement. Ces migrants se présenteraient plus volontiers sur des listes bourgeoises ou d'extrême droite, selon Thomas Keller. (swissinfo, 25 octobre 2004)

Treize Kurdes autorisés à demander l'asile en Italie après 15 jours en mer

Treize demandeurs d'asile kurdes, ballottés entre l'Italie et Malte, ont été autorisés samedi à débarquer en Sicile après une odyssée de plus de quinze jours en Méditerranée, reclus à bord d'un cargo allemand.

"Passablement éprouvés mais très émus", ils devaient débarquer vers 16h30 GMT dans le port d'Augusta en Sicile, a précisé à l'AFP la porte-parole pour l'Italie du Haut Commissariat de l'ONU aux Réfugiés Laura Boldrini, venue sur le bateau samedi matin avec deux autres fonctionnaires de son organisation.

"Ils sont partis le 3 octobre, ils ont d'abord passé une semaine enfermés dans un conteneur en fer et ont ensuite été dans une cabine de 7 mètres carrés où il manquait l'air et l'eau", a-t-elle ajouté.

La police italienne, qui les avait découverts cachés dans un conteneur du navire le 9 octobre, lors d'un contrôle au port calabrais de Goia Tauro (sud), les avait en effet refoulés dans un premier temps et avait obligé le bateau où ils se trouvaient à reprendre la mer.

Chassés par l'Italie, les treize clandestins, onze adultes et deux adolescents originaires de Turquie, s'étaient ensuite heurtés à un refus des autorités maltaises de laisser accoster le cargo.

Il a fallu que le Haut Commissariat aux Réfugiés et l'armateur lancent un appel à l'aide vendredi pour que la situation, devenue "extrêmement tendue", l'un des clandestins ayant tenté de mettre fin à ses jours, se débloque.

"Notre représentant a saisi verbalement les autorités italiennes à Genève et à Malte", a précisé Mme Boldrini.
"Le propriétaire allemand du bateau Matthias Dabelstein a de son côté pris la responsabilité de ne pas rentrer en Turquie et de rester dans les eaux internationales", a-t-elle ajouté.

"Tout le monde a fait un effort, le HCR, l'armateur, Malte et l'Italie", a-t-elle ajouté, coupant court à toute polémique sur le premier refus des autorités italiennes.
"L'objectif a été atteint, permettre à ces gens de demander l'asile. L'Italie se plie à ses obligations internationales qui prévoient que le bateau une fois entré dans les eaux territoriales d'un Etat membre de l'Union européenne, ce dernier prend la responsabilité de ses occupants", a-t-elle poursuivi.

Le ministère italien de l'Intérieur a expliqué son revirement en précisant que les 13 citoyens turcs avaient "entre temps exprimé leur volonté de déposer une demande d'asile politique en Italie" et qu'en conséquence, il entendait se conformer aux conventions internationales sur le droit des réfugiés.

Le ministère n'a toutefois pas récusé la décision prise au départ par la police aux frontières de renvoyer le bateau, qu'il a qualifiée de "procédure correcte".

Le 9 octobre, lors de leur interception à Goia Tauro, les treize hommes avaient reçu des vivres et des vêtements fournis par la police italienne aux frontières.

Mais le capitaine du navire avait été obligé de les reprendre à son bord et de repartir sous peine d'être arrêté, a raconté le représentant légal de l'armateur à Malte, Dr Ann Fenech.

Bloqués depuis le 15 octobre au large de Malte, la situation à bord était devenue critique sinon désespérée en raison de l'exiguïté des lieux.

L'Italie, confrontée à l'arrivée de nombreux clandestins par la mer, est tentée d'utiliser la manière forte pour dissuader certains immigrants d'embarquer clandestinement.

Elle a ainsi procédé début octobre à une série d'expulsions instantanés par charter vers la Libye et c'est de très mauvaise grâce qu'elle avait accepté le débarquement en juillet de 37 boat people africains, récupérés en mer par l'asociation humanitaire allemande Cap Anamur et passés d'abord par Malte.

Ces derniers ont presque tous été ensuite renvoyés par avion au Ghana et au Nigeria. (AFP, 23 octobre 2004)

Une équipe de policiers turcs rapatrie d'Autriche un chef mafieux recherché

Le chef mafieux turc Alaatin Cakici, accusé de plusieurs meurtres dans son pays et arrêté en juillet en Autriche, a été rapatrié en Turquie jeudi par une équipe de policiers turcs, selon les médias.

Agé de 51 ans, Cakici, qui était recherché par la Turquie et Interpol depuis 2002, a été arrêté en possession d'un faux passeport au cours d'un contrôle routier près de la ville autrichienne de Graz (sud), en juillet.

Un tribunal de Vienne a donné son feu vert la semaine dernière à l'extradition vers la Turquie de ce "parrain" qui affirme avoir des liens avec les services secrets de son pays et la protection de plusieurs politiciens mais n'en est pas moins l'un des hommes les plus recherchés par la police turque.

Son extradition a été rendue possible par la décision prise par la Turquie en 2002 d'abolir la peine de mort et de purger ses lois de toute référence à cette peine. (AFP, 14 octobre 2004)

Vienne décide d'extrader vers la Turquie un mafieux turc accusé de meurtres

Une cour de Vienne a donné son feu vert lundi à l'extradition vers la Turquie d'un mafieux turc, Alaattin Cakici, accusé de plusieurs meurtres dans son pays et arrêté en juillet en Autriche en possession d'un faux passeport, a-t-on appris de source judiciaire.

L'extradition par l'Autriche vers la Turquie d'un ressortissant turc est possible depuis qu'Ankara a aboli en 2002 la peine de mort et purgé ses lois de toute référence à cette peine qui avait dans la passé empêché l'extradition de plusieurs criminels vers la Turquie.

Alaattin Cakici, 51 ans, est l'un des "parrains" les plus recherchés par la police turque. Il a été arrêté en Autriche en juillet au cours d'un contrôle routier près de Graz (sud) et n'en est pas à sa première tentative d'échapper à la justice de son pays.

En 1999, après une cavale d'une dizaine d'années, Cakici avait été extradé par la France vers la Turquie, à la condition expresse que la peine de mort ne soit pas requise à son encontre par la justice turque.

Remis en liberté provisoire au début de l'année, il avait fui la Turquie en mai.

Les autorités turques lui reprochent de diriger une organisation criminelle à laquelle elles attribuent plusieurs meurtres dont celui de son ex-femme et des tentatives d'assassinat.

Lors de son interrogatoire en France, Cakici avait déclaré avoir des liens avec les services de renseignement turcs et être protégé par des dirigeants politiques de son pays. (AFP, 4 october 2004)

 
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