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INFO-TURK

A non-government information center on Turkey

Un centre d'information non-gouvernemental sur la Turquie

43rd Year / 43e Année
Décembre
 
2017 December
N° 472
53 rue de Pavie - 1000 Bruxelles
Tél: (32-2) 215 35 76 - Fax: (32-2) 588 69 53
Chief Editor /Rédacteur en chef: 
Dogan Ozgüden

Responsible editor/Editrice responsable:

Inci Tugsavul
Human Rights
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Kurdish Question
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Titres des évènements du mois
Titles of this month's events



Droits de l'Homme / Human Rights

Ouverture du procès de l'attentat du Nouvel An à Istanbul
17 personnes arrêtées en lien avec l'affaire Zarrab
Quelle justice! Liberté conditionnelle pour Gülmen, déjà condamnée à la prison

Pression sur les médias / Pressure on the Media

Le gouvernement fait retirer près de 140.000 livres des bibliothèques

Putsch manqué: prison à vie requise pour des journalistes
CPJ: Turkey Remains World’s Worst Jailer of Journalists

Liste of 212 journalists in Turkey's prisons
Près de 70 journalistes en procès en huit jours !
Des universitaires jugés pour "terrorisme"


Kurdish Question / Question kurde

Chez les Kurdes de Syrie, la peur d'être lâchés par Washington
14ème conférence kurde au Parlement Européen
Le leader de HDP Demirtas maintenu en détention

Minorités / Minorities

Discours négationniste d'Erdogan dans un lieu de génocide de 1915


Politique intérieure/Interior Politics

Enquête sur le chef de l'opposition pour "insulte au président"
Reza Zarrab, le témoin qui fait trembler Ankara

Compte offshore: Erdogan veut faire "payer le prix" au chef de l'opposition
La CEDH rejette un recours pour faire annuler le référendum d'avril


Forces armées/Armed Forces

50 militaires arrêtés en lien avec le putsch manqué


Affaires religieuses / Religious Affairs
 

Impunity in ISIS Trials Brought to Parliamentary Agenda

Un sommet islamique pour sauver la face du despote Erdogan!

Erdogan veut prendre la tête de la contestation musulmane
Erdogan en Thrace appelle au respect des droits de la minorité musulmane de Grèce

Socio-économique / Socio-economic

Istanbul sévit contre... les panneaux de rues
La livre turque sous pression après une légère hausse du taux d'intérêt

Croissance à deux chiffres, l'arbre qui cache la forêt?


Relations turco-européennes / Turkey-Europe Relations

Michel s'interroge sur la pertinence de l'adhésion de la Turquie à l'Europe
Entretien téléphonique Merkel-Erdogan sur les relations bilatérales

Turquie-USA-OTAN / Turkey-USA-NATO

Erdogan accuse Trump d'avoir une "mentalité sioniste"
Erdogan: la décision de Trump met la région "dans un cercle de feu"
Manifestation à Istanbul contre la décision du président Donald Trump

Viol des sanctions américaines contre l'Iran: Zarrab implique Erdogan
Mandat d'arrêt contre un ex-cadre de la CIA

Relations régionales / Regional Relations

Poutine ordonne le retrait d'une "partie significative" des forces russes en Syrie

 Flambée de tension entre la Turquie et Israël
Macron demande à Erdogan de "contribuer à l'apaisement"
Washington maintiendra sa présence militaire en Syrie
CPI : Israël ne sera pas poursuivi pour l'assaut sur la flottille vers Gaza

Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece

Pour Erdogan, les Chypriotes turcs sont "copropriétaires", pas une minorité
Malgré l'insolence d'Erdogan, Athènes et Ankara veulent rester optimistes

Immigration / Migration

Elections communales 2018: Emir Kir conservera-t-il sa majorité?
Deux nouveaux partis belges cherchant les voix des Turcs
La justice allemande classe une enquête d'espionnage visant Ankara

Droits de l'Homme / Human Rights

Ouverture du procès de l'attentat du Nouvel An à Istanbul

Un tribunal turc a commencé à juger lundi l'auteur de l'attentat contre une discothèque d'Istanbul commis dans la nuit du Nouvel An 2017 qui a fait 39 morts, pour la plupart des touristes étrangers.

Abdulkadir Masharipov, un Ouzbek qui a avoué avoir commis cette attaque revendiquée par le groupe Etat islamique (EI), comparaît avec 56 complices présumés lors du procès qui s'est ouvert à Silivri, à la lisière d'Istanbul.

Entouré de gendarmes, il a dans un premier temps refusé de répondre aux questions du juge, invoquant son droit au silence, selon une correspondante de l'AFP sur place.

Mais il a fini par répondre à une question portant sur le sort d'un de ses enfants, Mohamad, que des membres présumés de l'EI sont allés chercher auprès de sa mère à Istanbul pour l'emmener vers un lieu inconnu après la tuerie.

"J'ai dit à Abou Jihad en Syrie de le faire emmener. Je lui ai demandé de ne pas me l'amener car il aurait fait du bruit", a-t-il dit.

D'après l'acte d'accusation, "Abou Jihad" est le nom de guerre d'Islam Atabaiev, un membre éminent de l'EI en Syrie de nationalité russe qui a donné à Masharipov l'ordre de commettre l'attentat.

Le procureur d'Istanbul a requis 40 fois la prison à vie contre Masharipov, âgé de 34 ans au moment de l'attaque. Il est accusé notamment d'"homicides volontaires" et de "tentative de renversement de l'ordre constitutionnel".

- 'Il était discret' -

L'une de ses épouses, Zarina Nurullayeva, figure parmi les 56 autres personnes nommées dans l'acte d'accusation. La plupart sont en détention préventive.

Mme Nurullayeva a affirmé à la cour qu'elle ne savait rien du projet meurtrier de son mari.

"Il était discret et il ne me disait rien. Et quand je posais des questions il me demandait de ne pas me mêler des affaires d'hommes", a-t-elle dit.

Elle a confirmé que son fils avait été emmené par "deux hommes" qui lui avaient assuré qu'il serait remis à son père. "J'ai beaucoup pleuré. Je n'ai pas reçu de nouvelles de lui depuis".

Parmi les prévenus figurent également, selon la presse, une épouse franco-sénégalaise de Masharipov, Tene Traore, et un franco-turc considéré comme l'un des cerveaux de l'attaque, Abdurrauf Sert.

Le procès se tient près d'un an après cette attaque qui a ébranlé un pays qui espérait tourner la page d'une année 2016 traumatisante, marquée par une vague sans précédent d'attentats et une tentative de putsch.

L'attentat du Reina fut le premier revendiqué de façon directe par l'EI, même si Ankara lui a imputé d'autres attaques, notamment celle contre l'aéroport Atatürk d'Istanbul en juin 2016 (46 morts).

- 'Réseaux tentaculaires' -

"À ce jour, l'ensemble des investigations menées par les juges turcs nous ont permis de connaître, en tout cas de lever le voile, sur certaines zones d'ombre mais pas toutes", a déclaré à l'AFP Me Samia Maktouf, qui représente les familles de la Française Senda Naka et de son mari tunisien Mohamad Ali qui ont péri dans l'attentat, laissant derrière eux une fille âgée alors de six mois.

"Les attentes des parents, des familles, des frères et soeurs, c'est très justement de connaître l'ensemble des circonstances, connaître les réseaux tentaculaires (impliqués dans l'attentat) aussi bien ici en Turquie, en France, ou ailleurs dans le monde", a-t-elle ajouté.

Peu après 01H15, dans la nuit du Nouvel An, un homme armé d'un fusil d'assaut faisait irruption devant la plus célèbre discothèque d'Istanbul, le Reina, abattant deux personnes à l'entrée avant de pénétrer à l'intérieur et d'y semer la mort.

L'assaillant a utilisé des chargeurs doubles pour optimiser le temps de rechargement, des grenades aveuglantes pour désorienter ses cibles et visé le haut du corps pour augmenter le taux de mortalité des tirs.

Ses tirs ont fait 39 tués et 79 blessés. La plupart des victimes sont des étrangers qui fêtaient le Nouvel An dans cette boîte de nuit huppée, fréquentée par les touristes et les célébrités.

Entre 700 et 800 personnes se trouvaient dans l'établissement et des dizaines d'entre elles ont plongé dans les eaux glacées du Bosphore pour échapper aux balles de l'assaillant qui avait réussi à prendre la fuite en profitant du chaos.

Masharipov sera arrêté dans la banlieue d'Istanbul 15 jours plus tard.
(AFP, 11 décembre 2017)

17 personnes arrêtées en lien avec l'affaire Zarrab

La police antiterroriste turque a interpellé 17 personnes liées à l'homme d'affaires turco-iranien Reza Zarrab, au coeur d'un procès explosif à New York qui embarrasse Ankara, a rapporté mardi l'agence de presse étatique Anadolu.

Trois des suspects ont été arrêtés à une date non précisée et les 14 autres mardi à la demande du parquet d'Istanbul qui a ouvert la semaine dernière une enquête visant M. Zarrab et son entourage, a indiqué Anadolu.

D'après Anadolu, les enquêteurs soupçonnent les trois personnes interpellées à une date non précisée d'avoir fait parvenir des documents à la justice américaine qui les utilise aujourd'hui dans le cadre du procès à New York.

M. Zarrab est le témoin-clé d'un procès à New York sur le contournement des sanctions économiques américaines contre l'Iran. Le magnat de l'or a notamment impliqué un ex-ministre de l'Economie, qu'il dit avoir corrompu, et le président Recep Tayyip Erdogan.

Ankara rejette en bloc ces accusations, affirmant que le procès qui se déroule à New York est une machination visant à ternir l'image de la Turquie.

"C'est une mise en scène (...) C'est un complot contre la Turquie", a ainsi répété mardi M. Erdogan.

Après avoir tenté d'obtenir sa libération pendant plusieurs mois, les autorités turques ont ouvert la semaine dernière une enquête pour "espionnage" contre M. Zarrab après que celui-ci eut commencé à témoigner à New York. Ses avoirs en Turquie ont été saisis vendredi.

Le chef du principal parti d'opposition, Kemal Kiliçdaroglu, a fustigé mardi le gouvernement, affirmant que M. Erdogan avait été informé par les services de renseignement turc dès avril 2013 des activités de Reza Zarrab et des risques qu'elles faisaient peser sur les relations turco-américaines.

"L'escroquerie faite par ce fraudeur, les pots-de-vin donnés aux ministres, cela t'a été exposé par l'institution la plus sensible de l'Etat. Qu'as-tu fait ? Qu'as-tu fait?", a-t-il répété à l'adresse de M. Erdogan en haussant le ton. "Tu as fermé ce dossier."

M. Kiliçdaroglu, qui s'exprimait lors d'un rassemblement organisé à Ankara par son parti, le CHP (social-démocrate), a également appelé à ce que cette affaire soit jugée en Turquie plutôt qu'aux Etats-Unis.

"Nettoyons nous-mêmes cette tâche", a-t-il dit, interpellant le Premier ministre Binali Yildirim. "Instaurons une commission d'enquête au Parlement".

Le gouvernement turc s'efforce de décrédibiliser le procès qui se tient à New York auprès de l'opinion publique turque en soutenant qu'il est le fruit de l'instrumentalisation de la justice américaine par le réseau du prédicateur Fethullah Gülen, bête noire d'Ankara.

M. Gülen, qui vit aux Etats-Unis, est par ailleurs accusé en Turquie d'avoir orchestré le putsch manqué contre M. Erdogan en juillet 2016, ce que l'intéressé dément.
(AFP, 5 décembre 2017)

Quelle justice! Liberté conditionnelle pour Gülmen, déjà condamnée à la prison

Un tribunal d'Ankara a condamné vendredi une universitaire en grève de la faim depuis mars pour contester son limogeage dans le cadre des purges post-putsch manqué de 2016, mais a ordonné sa remise en liberté conditionnelle dans l'attente de son jugement en appel, a annoncé à l'AFP l'un de ses avocats.

Le tribunal a condamné Nuriye Gülmen à 6 ans et 3 mois d'emprisonnement, a déclaré Me Omer Faruk Eminagaoglu. Elle est accusée d'appartenance au DHKP-C, un groupuscule d'extrême gauche classé "terroriste" par Ankara ainsi que Bruxelles et Washington.

La jeune femme de 35 ans devait sortir dans la soirée de l'hôpital d'Ankara où elle est détenue en soins intensifs depuis septembre.

Le juge a en revanche ordonné l'abandon des charges contre l'enseignant Semih Özakça, jugé dans le cadre de la même affaire mais qui avait lui été libéré au cours d'une précédente audience en octobre.

Les deux enseignants, arrêtés en mai, sont devenus l'un des symboles des plus de 140.000 personnes, dont des professeurs, des magistrats et des militaires, limogées ou suspendues dans le cadre des purges lancées après le putsch avorté du 15 juillet 2016.

Après avoir appris leur limogeage par décret-loi, Mme Gülmen et M. Özakça avaient lancé des manifestations quotidiennes dans le centre-ville d'Ankara avant d'entamer le 9 mars une grève de la faim, refusant toute alimentation en dehors d'eau sucrée et salée, de tisanes et de vitamine B1.

Les proches de Mme Gülmen ont à plusieurs reprises tiré la sonnette d'alarme sur son état de santé.

Plus de 50.000 personnes ont également été arrêtées dans le cadre des purges lancées par le gouvernement qui impute la tentative de coup d'Etat au prédicateur Fethullah Gülen, installé aux Etats-Unis et qui nie toute implication.
(AFP, 1 décembre 2017)

Pression sur les médias / Pressure on the Media

Le gouvernement fait retirer près de 140.000 livres des bibliothèques

Il ne fait pas bon être écrivain, éditeur ou bibliothécaire en Turquie, ces dernières années. Le site actualitté, qui relaye des informations du Deutsche Welle, révèle que des dizaines de milliers de livres ont été retirés des collections depuis juin 2016.

C'est le ministre de la Culture turc en personne qui en a fait l'annonce. Répondant à un député de l'opposition, Numan Kurtulmuş a déclaré que "les publications sur le mouvement Gülen et Fethullah Gülen, ainsi que celles de maisons d'édition fermées par décret du gouvernement, présentes dans les 1142 bibliothèques placées sous notre juridiction, ont été retirées d'urgence".

Depuis le mois de juin 2016, trente maisons d'édition auraient fermés, par décret gouvernemental. En tout, 139.141 titres sont sur la sellette, notamment des ouvrages d'Albert Camus, du philosophe Spinoza ou de Louis Althusser, qui auraient, d'après les censeurs, "appartenu à des organisations terroristes".

La purge prendrait parfois des airs carrément surréalistes. Un fermier aurait été arrêté pour avoir été en possession d'un de ses livres…alors qu'il était illettré. Autre exemple : un manuel de mathématiques aurait subi les foudres du pouvoir car il proposait un problème évoquant "un point F" et "un point G". Les censeurs auraient cru y voir une référence à Fethullah Gülen, un prédicateur exilé aux Etats-Unis et accusé par Ankara d'avoir fomenté la tentative de coup d'État de l'été 2016.
(atlantico.fr, 12 Décembre 2017)

Putsch manqué: prison à vie requise pour des journalistes

Un procureur turc a réclamé lundi des peines de prison à vie pour trois journalistes jugés en lien avec le putsch manqué de juillet 2016, a rapporté l'agence étatique Anadolu.

Les frères Ahmet et Mehmet Altan, ainsi que la chroniqueuse Nazli Ilicak, sont notamment accusés d'avoir "tenté de renverser le gouvernement", "tenté de renverser l'ordre constitutionnel", et d'avoir "commis un crime au nom d'une organisation terroriste sans en être membre", précise Anadolu.

Le procureur a requis trois fois la prison à vie pour chacun d'entre eux lundi au cours d'une audience de leur procès, qui s'est ouvert en juin à Istanbul.

Le tribunal a ordonné en fin de journée le maintien en détention des accusés malgré la demande de libération émise par leurs avocats, et a ajourné le procès au 12 février, selon l'agence privée Dogan.

La tentative de coup d'Etat du 15 juillet 2016 a été imputée par Ankara au prédicateur Fethullah Gülen, installé aux Etats-Unis et qui dément toute implication.

Depuis, le gouvernement a lancé des purges sans précédent, visant au-delà des partisans présumés de M. Gülen, les milieux d'opposition et les médias. Plus de 50.000 personnes ont été arrêtées et plus de 140.000 ont été limogées ou suspendues dans le cadre de ces purges.

Mme Ilicak, journaliste-écrivain de 73 ans qui a travaillé jusqu'en 2013 pour le grand quotidien pro-gouvernemental Sabah, avait été la première personnalité des médias de premier plan arrêtée après le coup d'État manqué. Elle est en détention depuis fin juillet 2016.

"Je considère FETO (l'acronyme utilisé par Ankara pour désigner l'organisation guléniste) comme une organisation terroriste. Je ne le savais pas avant le 15 juillet", a affirmé Mme Ilicak à la cour lundi, selon des propos rapportés par Dogan. "Je ne suis pas membre de FETO", a-t-elle ajouté.

Ahmet Altan, 67 ans, est un romancier et journaliste qui a travaillé pour les grands quotidiens Hürriyet et Milliyet, et a fondé le journal d'opposition Taraf. Son frère, Mehmet Altan, 64 ans, est un écrivain qui a rédigé plusieurs ouvrages sur la politique. Tous deux ont été arrêtés en septembre 2016.

Les trois journalistes sont notamment accusés d'avoir fait l'apologie de la tentative de coup d'Etat à venir lors d'une émission diffusée la veille du coup de force sur une chaîne de télévision locale pro-Gülen, Can Erzincan.

Dans la même affaire, les procureurs ont également demandé des peines d'emprisonnement à perpétuité pour l'ancien directeur du marketing du quotidien Zaman, Yakup Simsek, l'instructeur de l'académie de police Sükrü Tugrul Özsengül et le graphiste de Zaman Fevzi Yazici.

La Turquie occupe la 155e place sur 180 au classement de la liberté de la presse établi par Reporters Sans Frontières (RSF).
(AFP, 11 décembre 2017)

CPJ: Turkey Remains World’s Worst Jailer of Journalists

In its annual prison census, CPJ found 262 journalists behind bars around the world; a new record after a historical high of 259 last year. The worst three jailers Turkey, China, and Egypt, are responsible for jailing 51% of the total.
 

In its annual prison census, Committee to Protect Journalists (CPJ) found 262 journalists behind bars around the world in relation to their work which is a new record after a historical high of 259 last year.

According to the report, the worst three jailers Turkey, China, and Egypt, are responsible for jailing 51% of the total. Turkey remained the world's worst jailer for the second consecutive year although there were some releases and there are 73 journalists behind bars this year, compared last year's figures (81).

According to bianet's Media Monitoring Reports, as of October, 122 journalists are behind bars in Turkey.

Some headlines from CPJ's report are as follows:

* Most common charge against journalists is anti-state.

"In Egypt and China, like Turkey, by far the most common type of charge against journalists is anti-state.

"Globally, 194 journalists, or 74 percent, are imprisoned on anti-state charges. Worldwide, CPJ has found that governments use broad and vaguely worded terror laws to intimidate critical journalists into silence. Legal provisions often conflate coverage of terrorist activity with condoning it.

* Crackdown on press increased following the coup attempt on July 15, 2016

"The crackdown on the Turkish press that began in early 2016 and accelerated after a failed coup attempt [...]. Authorities accused some journalists of terrorist activity based solely on their alleged use of a messaging app, Bylock, or bank accounts at allegedly Gülenist institutions".

* Trump's attitude reinforces framework of accusations also in other countries

"Far from isolating repressive countries for their authoritarian behavior, the United States, in particular, has cozied up to strongmen such as Turkish President Recep Tayyip Erdoğan and Chinese President Xi Jinping.

"At the same time, President Donald Trump's nationalistic rhetoric, fixation on Islamic extremism, and insistence on labeling critical media "fake news" serves to reinforce the framework of accusations and legal charges that allow such leaders to preside over the jailing of journalists".

* Number of jailed journalists increased in China, decreased in Egypt

"Globally, nearly three-quarters of journalists are jailed on anti-state charges, many under broad and vague terror laws, while the number imprisoned on a charge of "false news," though modest, rose to a record 21.

"In China, the number of journalists behind bars rose to 41 from 38 a year earlier".

In Egypt, the number of journalists in jail fell to 20 from 25 last year. "Of the 20 journalists in Egyptian jails, 12 have not been convicted or sentenced for any crime".
(CPJ, 11 décembre 2017)

Liste of 212 journalists in Turkey's prisons

The Platform for Solidarity with Imprisoned Journalists (TGDP) announced that actually there are 212 journalists in the prisons of Turkey. 23 of them are either publishers or chief editors.

http://tutuklugazeteciler.blogspot.be/2017/10/tutuklu-ve-hukumlu-gazetecilerin.html

Près de 70 journalistes en procès en huit jours !

Près de 70 journalistes sont appelés à comparaître cette semaine en Turquie. Les deux tiers d’entre eux sont en détention provisoire. Reporters sans frontières (RSF), qui assiste aux audiences, dénonce des accusations sans fondement et appelle à la libération immédiate des journalistes emprisonnés.

C’est un nouveau record indicatif de la pression qui pèse sur les médias turcs : pas moins de 68 journalistes et collaborateurs des médias sont appelés à comparaître dans quatre procès distincts, entre le 4 et le 11 décembre 2017. Tous sont accusés d’appartenance ou de soutien à une organisation terroriste et, pour la plupart, de “tentative de renverser le gouvernement et l’ordre constitutionnel”. Quarante-quatre d’entre eux sont en détention provisoire depuis près d’un an et demi. Le représentant de RSF en Turquie Erol Önderoğlu assistera à toutes les audiences, qui se tiennent à Istanbul et dans sa banlieue.

“Ces quatre procès illustrent l’ampleur de la criminalisation du journalisme en Turquie : on y retrouve les mêmes accusations gravissimes, le même abus de la détention provisoire, le même mépris pour le droit à un procès équitable, observe Johann Bihr, responsable du bureau Europe de l’est et Asie centrale de RSF. La justice n’est qu’un vernis dissimulant la liquidation des voix critiques. Nous demandons à nouveau la libération immédiate des journalistes emprisonnés et l’abandon des poursuites politiques.”

Le marathon a commencé le 4 décembre avec la reprise du procès de 29 journalistes accusés de former le “bras médiatique” du mouvement Gülen, désigné par les autorités comme responsable de la tentative de putsch de juillet 2016. Si Murat Aksoy et Atilla Taş comparaissaient libres pour la première fois, 20 de leurs collègues, à l’image d’Abdullah Kılıç, Habip Güler et Yakup Çetin, sont encore derrière les barreaux. L’audience s’est conclue par la décision de prolonger leur détention provisoire jusqu’à la reprise du procès, le 6 février. Ils risquent entre dix ans de prison et la perpétuité incompressible.

Le procès de six journalistes, mis en cause pour avoir couvert des révélations sur le ministre de l’Énergie et gendre du président Erdoğan, a repris le 6 décembre. Après près d’un an de détention provisoire, le journaliste d’investigation Tunca Öğreten et l’employé du quotidien BirGün Mahir Kanaat ont enfin été remis en liberté sous contrôle judiciaire. Les six prévenus comparaîtront donc libres à la prochaine audience, le 3 avril. Accusés d’avoir collaboré avec un groupe de hackers et divulgué des secrets d’État pour “créer une perception négative des autorités” au profit de diverses organisations terroristes, ils risquent toujours jusqu’à 15 ans de prison.

Le procès de 30 anciens journalistes et collaborateurs du quotidien Zaman reprendra le 8 décembre. 21 d’entre eux, dont Şahin Alpay, Ahmet Turan Alkan et Ali Bulaç, sont en détention provisoire. Les accusations portées contre eux reposent essentiellement sur leur collaboration avec Zaman, réputé favorable à la confrérie Gülen et liquidé par décret en juillet 2016. Ces journalistes risquent chacun trois peines de prison à vie.

Les célèbres journalistes Ahmet Altan, Mehmet Altan et Nazlı Ilıcak, dont le procès reprendra le 11 décembre, font face à des accusations similaires et sont eux aussi en détention provisoire. Leurs propos critiques du gouvernement sont accusés d’avoir “préparé le terrain” à la tentative de putsch, qu’Ahmet Altan aurait par ailleurs soutenu à travers des “messages subliminaux”. La dernière audience a été marquée par l’expulsion du tribunal des quatre avocats des frères Altan. Le procureur devrait cette fois-ci rendre son réquisitoire.

Déjà très préoccupante, la situation des médias en Turquie est devenue critique sousl’état d’urgence proclamé à la suite de la tentative de putsch du 15 juillet 2016 : près de 150 médias ont été fermés, les procès de masse se succèdent et le pays détient le record mondial du nombre de journalistes emprisonnés. La Turquie est classée 155e sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse établi en 2017 par RSF. (RSF, 7 déc 2017)


Des universitaires jugés pour "terrorisme"

Un tribunal turc a commencé à juger mardi des universitaires accusés de "propagande terroriste" pour avoir signé une pétition critiquant des opérations militaires dans la région kurde, un procès qui suscite l'inquiétude de la communauté internationale.

Dix universitaires ont comparu séparément devant un tribunal d'Istanbul mardi, première vague d'environ 150 procès de ce type qui se dérouleront jusqu'au printemps 2018. Les prévenus risquent chacun jusqu'à sept ans et demi de prison.

Ils sont accusés de "propagande terroriste" pour avoir signé, en janvier 2016, une pétition dénonçant le "massacre", selon eux, de civils par les forces de sécurité turques pendant des opérations contre les rebelles du PKK dans le sud-est à majorité kurde du pays.

Comme les procureurs ont choisi de poursuivre les signataires individuellement, les 10 universitaires ont défilé séparément au tribunal lors d'audiences éclair d'une dizaine de minutes chacune. Des observateurs étrangers, dont l'ambassadeur de France, y ont assisté.

Au terme de cette journée, les procès des 10 universitaires ont été renvoyés au 12 avril. Le deuxième épisode se déroulera jeudi avec les procès d'une trentaine d'autres signataires de la pétition.

"En Turquie, il y a un prix à payer pour le simple fait d'user de sa liberté d'expression", a dit à l'AFP l'un des signataires, Ahmet Bek, au tribunal. "Nous allons voir quel est ce prix".

Ces procès surviennent dans le contexte des purges ayant suivi la tentative de putsch de juillet 2016, avec l'arrestation d'intellectuels, de journalistes et d'opposants politiques qui ont terni l'image d'Ankara dans les capitales occidentales.

- 'Accusation absurde' -

Mardi, plusieurs dizaines de professeurs et d'enseignants se sont rassemblés devant le palais de justice de Caglayan, à Istanbul, en soutien aux universitaires poursuivis.

"Pas touche à mon prof !", ont-ils scandé, brandissant des pancartes proclamant: "L'Université ne se soumettra pas au gouvernement".

Plus de 1.100 intellectuels turcs et étrangers avaient dans un premier temps signé la pétition incriminée, suscitant la fureur du président Recep Tayyip Erdogan qui avait qualifié leur acte de "trahison". Au moins 1.000 autres ont depuis paraphé le texte.

Dans la foulée, plusieurs centaines d'universitaires ont été limogés et des procédures judiciaires déclenchées dans toute la Turquie, ravivant dans ce pays comme à l'étranger les critiques sur les atteintes à la liberté d'expression.

Le ministère français des Affaires étrangères a ainsi fait part mardi de sa "préoccupation" et exhorté Ankara à respecter ses engagements internationaux "en matière de droits de l'Homme et de libertés fondamentales".

Paris suit l'affaire de très près en raison de la présence parmi les prévenus de 25 enseignants de l'université de Galatasaray, créée par un accord franco-turc en 1992.

"Rien, dans cette pétition, ne justifie une accusation aussi absurde" que celle de "propagande terroriste", estime Hugh Williamson, directeur de la division Europe et Asie centrale à Human Rights Watch.

- Universités sous pression -

Les universitaires poursuivis ont aussi reçu le soutien de plusieurs intellectuels étrangers: le linguiste américain Noam Chomsky a dénoncé "une attaque contre les droits fondamentaux et la liberté d'expression qui doivent être énergiquement défendus".

Les procureurs accusent les universitaires d'avoir lancé la pétition à la demande du PKK pour rallier les intellectuels à la cause des rebelles kurdes.

Après la rupture d'un cessez-le-feu à l'été 2015, des combats entre forces de sécurité turques et rebelles kurdes ont embrasé plusieurs villes du sud-est de la Turquie. Selon des ONG, les affrontements urbains ont fait plusieurs victimes civiles.

Les défenseurs des droits de l'Homme accusent régulièrement les autorités turques de limiter la liberté d'expression en tirant parti de la définition jugée large de la notion de "propagande terroriste" dans la législation.

La célèbre romancière turque Asli Erdogan en a fait les frais : elle est poursuivie sous ce chef d'accusation pour avoir participé à une campagne de solidarité avec un journal prokurde.

Les procès se sont ouverts dans un contexte de fortes pressions contre les milieux universitaires depuis la tentative de coup d'Etat du 15 juillet 2016.

Les purges lancées après le putsch avorté ont en effet frappé aussi l'éducation avec, notamment, le remplacement de plusieurs recteurs d'universités.
(AFP, 5 décembre 2017)

Kurdish Question / Question kurde

Chez les Kurdes de Syrie, la peur d'être lâchés par Washington

La guerre en Syrie leur a offert une semi-autonomie et la lutte contre les jihadistes les a transformés en enfant chéri des autorités américaines. Mais aujourd'hui, les Kurdes syriens sentent le vent tourner.

Washington a annoncé un futur "ajustement" du soutien aux forces kurdes après l'effondrement du groupe jihadiste Etat islamique (EI) et le rapatriement de 400 Marines déployés en Syrie.

Avec un risque de désengagement, une offensive de la Turquie voisine est à craindre selon des analystes et des habitants kurdes, la montée en puissance des Kurdes pendant le conflit ayant provoqué l'ire d'Ankara.

"Nous avons peur que les Etats-Unis nous lâchent après la fin des combats contre l'EI", confie à l'AFP Nada Abbas, professeure d'anglais de 30 ans dans la ville de Qamichli, grande ville à majorité kurde du nord-est syrien.

"Ce sera un cadeau pour la Turquie car elle n'accepte pas que les Kurdes aient leur propre force; elle nous attaquera", craint-elle.

Estimés à 15% de la population syrienne, opprimés pendant des décennies sous le régime du clan Assad, les Kurdes ont profité de la guerre déclenchée en 2011 pour établir une autonomie de facto dans les territoires qu'ils contrôlent, dans le nord et le nord-est du pays.

En 2016, ils ont proclamé une "région fédérale" et organisent désormais des élections locales. Ils ont introduit la langue kurde longtemps bannie dans les écoles et ont créé leurs propres forces de sécurité et surtout leur propre milice, les Unités de protection du peuple kurde (YPG).

- 'Utilisés comme une carte' -

Considérées comme un groupe "terroriste" par Ankara, les YPG ont pourtant été la colonne vertébrale de la lutte contre l'EI et pensaient avoir en Washington un partenaire indéfectible, alors que les Etats-Unis ont mis sur pied une coalition internationale antijihadistes.

"La menace de l'EI est toujours présente, l'EI n'est pas fini", martèle Nesrine Abdullah, porte-parole des Unités de protection de la Femme (YPJ), force kurde exclusivement féminine, se référant aux cellules dormantes et attaques sporadiques des jihadistes.

"La Turquie est aussi une menace pour le peuple kurde", poursuit-elle.

"Les forces de la coalition doivent rester pour garantir la sécurité et la stabilité", plaide la responsable.

Mais, à présent, les jihadistes en déroute ne contrôlent plus que quelques portions du territoire syrien et la donne pourrait changer.

"Nous avons peur des Etats-Unis", affirme Rafee Ismaïl, vendeur ambulant d'accessoires à Qamichli. "Depuis longtemps, ils nous utilisent comme carte entre leurs mains. Quand nous ne leur serons plus utiles, ils nous oublieront", estime cet homme âgé de 37 ans.

Pour lui, "après ce qui s'est passé en Irak, nous nous sommes rendus compte que nous (les Kurdes) étions encore faibles".

Washington a dénoncé le référendum sur l'indépendance organisé le 25 septembre dans la région autonome du Kurdistan irakien. La consultation a été rejetée par le pouvoir central à Bagdad, dont les troupes se sont ensuite emparées des territoires disputés.

"Les gens se jouent encore de nous. En Irak, il y a une constitution qui respecte les droits des Kurdes; en Syrie, nous n'avons rien de ces droits donc nous sommes doublement vulnérables", ajoute Rafee Ismaïl.

- Protection russe? -

En 2016, la Turquie a lancé une offensive en Syrie contre l'EI mais aussi les YPG.

"La principale menace pour les Kurdes en Syrie, c'est la Turquie", confirme Nicholas Heras, expert du Center for a New American Security à Washington.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan "a été très clair à ce sujet, dès que les Américains ne seront plus là, il prévoit d'écraser les Kurdes de Syrie", avance-t-il.

Une perspective qui pourrait jeter les Kurdes dans les bras de la Russie, grand rival des Américains dans la guerre complexe qui ensanglante la Syrie.

Moscou, un allié du régime syrien de Bachar al-Assad, a montré des signes de soutien à cette minorité, affirmant notamment que son aviation avait effectué des dizaines de missions de soutien aux milices kurdes dans la lutte anti-EI, notamment das l'est.

"Les rapports entre les YPG et l'armée russe deviennent très spéciaux, souligne M. Heras. La Russie, c'est une assurance pour les Kurdes de Syrie si les Etats-Unis venaient à les abandonner."

Dans la région kurde syrienne d'Afrine (nord), frontalière de la Turquie et où l'EI n'a aucune présence, les Kurdes ont bénéficié de formations militaires russes.

"Pour une protection face à toute offensive ou occupation turque, Afrine peut compter uniquement sur les Russes, pas sur les Américains", conclut M. Heras.
(AFP, 14 décembre 2017)

14ème conférence kurde au Parlement Européen

La conférence kurde, qui se déroule tous les ans depuis 2004 au Parlement européen, a eu lieu pour la 14ème fois les 6-7 décembre 2017 avec la contribution des parties sociaux-démocrates, verts et de gauches, de la commission des citoyens turcs de l’Union européenne (EUTCC) et du Parlement européen. Des intervenants venus du Canada, des États Unis, de l’Afrique du Sud, de la Turquie et des 4 parties du Kurdistan ont participé à la conférence.

Celle-ci s’est concentrée cette année concernant la solution kurde (le confédéralisme démocratique) à la crise du Moyen Orient et la contribution de la femme kurde.

Les participants ont suite au discours d’ouverture été invités à une minute de silence en l’honneur d’Essa Moosa et de tous ceux qui ont perdu la vie en résistant pour la liberté. Puis Westrheim a salué les co-présidents du HDP emprisonnés « Demirtas est retenu injustement en prison. Nous leurs envoyons tout notre soutien et notre solidarité, nous exigeons leur liberté le plus tôt possible. »

« L’Allemagne suit le chemin d’Erdogan »

Membre du parti allemand Die Linke, Gabi Zimmer a déclaré que la conférence était une occasion importante pour le respect les droits du peuple kurde et son droit à l’autodétermination. Zimmer a notamment porté l’attention sur l’attitude de l’Allemagne envers les kurdes « L’Allemagne suit le chemin d’Erdogan. Un tel comportement est inacceptable envers un mouvement qui se bat contre l’État Islamique. Les états européens et ses parlementaires doivent s’opposer à l’isolation de M.Öcalan. »

Nous soutenons l’autonomie

Affirmant qu’une solution pacifique de la question kurde est une condition nécessaire au Moyen-Orient, Zimmer a déclaré : « Les Kurdes voudront, bien sûr, une administration autonome. Et ils doivent eux-mêmes déterminer comment cela va se passer. Le système confédéral démocratique vient du bas vers le haut ».

Les demandes des conférenciers

Westrheim a souligné que le but de la conférence est de trouver de nouvelles idées, solutions, et les chemins qui mènent au vivre-ensemble. Elle a ensuite énuméré les demandes des conférenciers :

*Reconnaissance de la Syrie du Nord par les États-Unis
*Mettre fin à l’isolation de M.Öcalan et à l’interdiction du PKK
*Que le Comité européen pour la prévention de la torture visite la prison d’Imrali
« J’admire le courage de ces personnes »

Vice-président de l’Union socialiste-démocrate du Parlement européen, député du Parti social-démocrate autrichien, Joseph Weidenholzer, a pris la parole concernant les coprésidents du HDP : « J’admire le courage de ces personnes. J’admire ceux qui luttent tout en faisant de tels sacrifices ».Puis a ajouté: « La protection des minorités, des institutions démocratiques et la liberté de pensée doivent être respectées. Beaucoup de personnes sont très reconnaissantes envers les guerriers kurdes. Je l’ai vu personnellement à Kobanê et à Şengal, et je leur suis reconnaissant aussi. Chacun d’entre nous est responsable de la guerre là-bas, il ne faut pas la mettre seulement au dos des kurdes. »

« Pourquoi les kurdes ne sont-ils pas à Genève ? »

Bodil Valero, membre du Parlement suédois et représentant du parti vert du Parlement européen, a lui aussi ajouté : « Nous sommes en faveur de l’autodétermination des Kurdes ». Le fait que les Kurdes ne soient pas impliqués dans les pourparlers de Genève est une grande contradiction. Comment pouvez-vous apporter une solution en Syrie sans vous adressez aux Kurdes ? Nous devrions en parler et faire de la diplomatie avec les Kurdes » (http://rojinfo.com)

Le leader de HDP Demirtas maintenu en détention

Un tribunal turc a décidé jeudi de maintenir en détention le leader prokurde Selahattin Demirtas, farouche opposant du président Recep Tayyip Erdogan, au premier jour de son procès pour activités "terroristes", qui inquiète les défenseurs des droits de l'homme.

M. Demirtas, 44 ans, a été arrêté avec une dizaine d'autres députés du Parti démocratique des peuples (HDP) le 4 novembre 2016, alors que les purges lancées après le putsch manqué de juillet 2016 s'étendaient aux milieux pro-kurdes.

Ce co-président du HDP, accusé notamment de diriger une "organisation terroriste", de "propagande terroriste" et d'"incitation à commettre des crimes", risque jusqu'à 142 ans de prison.

La première audience du procès s'est tenue dans le complexe pénitentiaire de Sincan, près d'Ankara. M. Demirtas n'y était pas présent : la cour avait ordonné qu'il comparaisse par visioconférence depuis sa prison d'Edirne (nord-ouest), mais il a refusé de se plier à cette mesure, selon le juge.

Les avocats de M. Demirtas ont contesté devant le tribunal les charges retenues contre leur client, affirmant qu'il ne s'était livré qu'à des activités politiques légales, selon une correspondante de l'AFP dans la salle d'audience.

Ils ont ainsi réclamé l'abandon des poursuites et la remise en liberté de M. Demirtas, mais le tribunal a rejeté cette demande et ordonné son maintien en détention.

La prochaine audience a été fixée au 14 février.

"J'ai été incarcéré sous prétexte que je me dérobais à la justice, mais depuis 13 mois c'est elle qui me fuit", a réagi après l'audience M. Demirtas, dans un message posté sur son compte Twitter par des proches.

Au fronton "des palais de justice, le mot justice a été complètement effacé. Il ne reste que le Palais", a-t-il poursuivi, faisant allusion au Palais présidentiel.

- Raisons politiques -

Les autorités turques accusent le HDP d'être la vitrine politique du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), une organisation classée "terroriste" par Ankara et ses alliés occidentaux.

Mais le parti a toujours rejeté ces allégations et affirme être visé pour des raisons politiques, du fait de son opposition énergique au président Erdogan.

Plusieurs centaines de personnes s'étaient rassemblées devant le tribunal pour manifester leur soutien à M. Demirtas. "Le seul crime de Demirtas, c'est d'avoir été l'opposant d'Erdogan", a témoigné une manifestante.

Outre les avocats, une centaine de personnes assistaient à l'audience à laquelle des représentants de missions étrangères n'ont pas été autorisés à accéder, selon une source diplomatique.

Neuf députés du HDP sont actuellement en prison, selon les chiffres du parti. Cinq de ses 59 députés élus en novembre 2015 ont également été déchus de leur mandat, dont sa co-présidente Figen Yüksekdag, également incarcérée.

L'arrestation des députés du HDP a été rendue possible par la levée en mai 2016 de l'immunité parlementaire des députés faisant l'objet de poursuites judiciaires, une mesure largement décriée par le HDP qui y voyait une manoeuvre du gouvernement pour l'évincer.

- 'Saboter l'opposition' -

A la lumière de ces éléments, il est "difficile de ne pas conclure que le procès contre (Demirtas) n'est rien d'autre qu'une initiative politiquement motivée du gouvernement turc pour saboter l'opposition parlementaire", estime Hugh Williamson, de Human Rights Watch.

Le procès qui s'est ouvert jeudi recouvre 31 dossiers fusionnés par les autorités judiciaires. C'est dans le cadre de ce procès que M. Demirtas a été placé en détention préventive il y a maintenant près de 400 jours.

Depuis son arrestation, M. Demirtas, contre lequel une centaine de procédures judiciaires ont été engagées, n'a encore jamais pu comparaître devant un tribunal.
 Le HDP a dénoncé en novembre une lettre qui aurait été envoyée par le ministère de la Justice à tous les tribunaux qui poursuivent actuellement M. Demirtas, les appelant à ne pas lui permettre de se présenter physiquement devant eux.

Avec M. Demirtas en prison, le HDP perd son principal atout au moment où le pays se prépare à d'importantes élections municipales, législatives et présidentielle en 2019: cet avocat de formation, parfois surnommé l'"Obama kurde", a transformé le parti en une formation de gauche moderne et progressiste, séduisant bien au-delà du seul électorat kurde.

Le HDP avait créé la surprise aux législatives de juin 2015, raflant 80 sièges et privant ainsi le Parti de la justice et du développement (AKP, au pouvoir) de la majorité absolue. Mais lors de nouvelles élections convoquées en novembre de la même année, le HDP avait perdu 21 députés.
(AFP, 7 décembre 2017)

Deuxième phase des élections locales pour les Kurdes au nord de la Syrie

Les habitants des régions kurdes du nord de la Syrie votaient vendredi pour élire leurs conseils municipaux, un scrutin qui vient renforcer leur semi-autonomie acquise à la faveur du conflit qui ravage le pays.

Estimés à 15% de la population syrienne, longtemps opprimés sous le régime de Damas, les Kurdes ont profité de la guerre déclenchée en 2011 pour établir une autonomie de facto dans les territoires qu'ils contrôlent, dans le nord et nord-est syrien.

Mais le dossier kurde reste une question ultra-sensible pour le régime de Bachar al-Assad, qui refuse toute aspiration séparatiste. Damas s'est toutefois dit prêt à discuter d'"autonomie" avec cette importante minorité ethnique.

Dans la ville de Qamichli, des hommes et des femmes faisaient la queue pour entrer dans un bureau de vote qui doit fermer à 20H00 heure locale (18H00 GMT), a constaté un correspondant de l'AFP.

"Je suis heureux, on a la liberté de choisir celui qui va nous servir" se réjouit Mohamed Saleh Moustapha, 54 ans. "A l'époque du régime syrien (...) on avait peur des services de sécurité", lâche-t-il.

Le conflit qui ravage la Syrie a été déclenché par la répression gouvernementale en 2011 de manifestations pro-démocratie, dans la foulée des mobilisations du Printemps arabe.

Le scrutin devrait toutefois être dominé par le Parti de l'Union démocratique kurde (PYD), principale formation kurde en Syrie, et ses alliés, qui contrôlent déjà "l'administration autonome" en charge de la gestion des territoires kurdes.

Les élections avaient été qualifiées de "blague" par le régime d'Assad.

Pour les Kurdes, elles renforcent le système fédéral qu'ils ont adopté. Ils avaient annoncé en mars 2016 la création d'une "région fédérale" composée de trois cantons: Afrine, dans la province d'Alep (nord), Fourat, entre Alep et la province de Raqa (nord) et Jaziré, qui correspond à la province de Hassaké (nord-est).

Le 19 janvier, les habitants éliront des conseils législatifs pour chaque canton, ainsi qu'une assemblée législative pour l'ensemble de la région.

En septembre, des élections dites "communales" avaient eu lieu, le niveau le plus local du maillage électoral.

Les Kurdes se défendent de toute velléité de partition et assurent que les élections n'excluent pas les minorités de leurs régions, notamment arabes.

La Turquie voisine voit d'un mauvais oeil cette autonomie de facto grignotée par les Kurdes, partenaires des Etats-Unis dans la lutte contre les jihadistes du groupe l'Etat islamique (EI).
(AFP, 1 décembre 2017)

Minorités / Minorities

Discours négationniste d'Erdogan dans un lieu de génocide de 1915



"Dans l'histoire de cette terre, il n'y a jamais de génocide. Il n'y a pas de nettoyage ethnique, de massacre dans l'histoire de cette nation, il n'y a pas d'occupation dans l'histoire de cet état."


Politique intérieure/Interior Politics


Enquête sur le chef de l'opposition pour "insulte au président"

Une enquête pour "insulte au président" a été ouverte mercredi par le parquet d'Ankara sur le chef du principal parti d'opposition turc, Kemal Kiliçdaroglu, sur plainte du chef de l'Etat Recep Tayyip Erdogan, a rapporté l'agence étatique Anadolu.

Cette plainte fait suite à des propos tenus mardi par M. Kiliçdaroglu qui a accusé le président Erdogan d'avoir étouffé en 2013 une affaire de corruption et de trafic illégal d'or actuellement au centre d'un procès à New York pour contournement de l'embargo américain contre l'Iran, avec pour témoin-clé l'homme d'affaires turco-iranien Reza Zarrab.

Le dépôt de la plainte a été annoncé par un avocat de M. Erdogan, Hüseyin Aydin, sur Twitter.

Les propos visés ont été prononcés par M. Kiliçdaroglu lors d'un rassemblement organisé par son parti, le Parti républicain du peuple (CHP), à Ankara.

"Si vous cherchez des traîtres à la nation, celui qui est à leur tête est assis au Palais (présidentiel)", a notamment déclaré M. Kiliçdaroglu, ajoutant que M. Erdogan "rendra des comptes" pour ses actions.

Me Aydin a cité cet extrait parmi plusieurs passages du discours qu'il considère comme des insultes au président.

Lors de son témoignage à New York, M. Zarrab a notamment impliqué un ex-ministre de l'Economie, qu'il dit avoir corrompu, et le président Erdogan, dans un trafic d'or illégal avec l'Iran.

Ankara rejette en bloc ces accusations, affirmant que le procès est une machination visant à ternir l'image de la Turquie.

M. Kiliçdaroglu fait déjà l'objet d'une enquête pour diffamation pour avoir récemment accusé des proches de M. Erdogan d'avoir procédé à des transactions offshore.

En janvier 2016, le chef du CHP avait été poursuivi pour avoir traité M. Erdogan de "dictateur de pacotille".

Des milliers de Turcs ont été poursuivis, ces dernières années, pour des insultes présumées ayant visé le président Erdogan, mais la plupart des plaintes ont été classées sans suite. En Turquie, insulter le chef de l'Etat constitue un crime passible d'un à quatre ans de prison.

L'opposition dénonce une dérive autoritaire de M. Erdogan depuis la tentative de coup d'Etat de juillet 2016, suivie de vastes purges qui ont visé, au-delà des putschistes présumés, les milieux d'opposition et les médias.
(AFP, 6 décembre 2017)

Reza Zarrab, le témoin qui fait trembler Ankara

Il fait trembler le gouvernement turc: Reza Zarrab, témoin vedette d'un procès new-yorkais sur le contournement des sanctions économiques contre l'Iran, a impliqué cette semaine un ex-ministre et le président Recep Tayyip Erdogan, un cauchemar pour Ankara.

M. Zarrab, un homme d'affaires turco-iranien de 34 ans, arrêté en mars 2016 lors d'un voyage familial à Miami, a d'abord révélé au tribunal fédéral de Manhattan avoir versé, entre mars 2012 et mars 2013, plus de 50 millions d'euros de pots-de-vin à l'ex-ministre turc de l'Economie, Zafer Caglayan.

Cela lui a permis de s'imposer comme l'intermédiaire-clé d'un complexe mais juteux trafic régional qui permettait à l'Iran, via la banque publique turque Halkbank, d'injecter dans le circuit bancaire international des milliards d'euros de recettes d'hydrocarbures, malgré les sanctions américaines interdisant de commercer avec Téhéran.

Reza Zarrab, qui a récemment plaidé coupable à sept chefs d'accusation et est désormais détenu dans un lieu secret protégé par le FBI, a ensuite impliqué M. Erdogan.

Devant des dizaines de journalistes turcs captivés, ce prisonnier élégant, veston noir sur chemise blanche, s'exprimant en turc via un interprète, a affirmé que M. Erdogan, alors Premier ministre, avait donné des "instructions" pour que deux autres banques publiques participent au trafic.

Il impliquait ainsi que M. Erdogan savait tout du contournement des sanctions, même si le président turc assure n'avoir rien à se reprocher.

D'où ce jeune homme d'affaires - il a 28 ans lorsqu'il monte ce trafic début 2012 - tenait-il son entregent?

Au fil de trois jours de déposition, conversations téléphoniques et courriers électroniques à l'appui, Reza Zarrab, surnommé "Mr. Riza", s'est présenté comme la clé d'un vaste réseau de sociétés iraniennes, turques et émiraties, monté grâce à ses contacts dans les gouvernements turc et iranien et son sens du commerce.

- Doué pour le commerce -

Né en Iran, arrivé enfant en Turquie, M. Zarrab a témoigné avoir commencé dès 16 ans dans le commerce du thé, avant de travailler deux ans avec son père dans une société de changes que ce dernier tenait à Dubaï.

Il se met ensuite à son compte, lançant des sociétés dans la construction, le transport maritime et les changes.

L'idée d'aider Téhéran à contourner les sanctions américaines viendra d'un bijoutier turc, qui avait commencé à convertir l'argent iranien en or et le revendait ensuite contre devises, permettant ainsi de dissimuler l'origine iranienne des fonds.

Pour s'imposer dans ce commerce, Reza Zarrab, déjà connu en Turquie pour son luxueux train de vie et son mariage avec une célèbre chanteuse turque, fait jouer ses relations.

Il écrit une lettre au président iranien d'alors, Mahmoud Ahmadinejad. Il affirme vouloir aider sa "patrie bien-aimée" dans son "jihad économique" pour desserrer l'étau des sanctions qui étranglent alors Téhéran, invoquant "un demi-siècle d'expérience de la famille Zarrab dans les changes".

Son commerce de contournement des sanctions décolle vraiment en 2012, lorsqu'il fait affaire avec les banques iranienne Sarmayeh et turque Halkbank, aidé par le ministre Caglayan moyennant pots-de-vin.

Via le transport de valises remplies d'or à Dubaï puis - lorsque les sanctions américaines ciblent spécifiquement les ventes d'or mi-2013- via un commerce fictif de nourriture et de médicaments, ses affaires prospèrent.

- 'Meilleur exportateur' de Turquie -

Mais l'édifice s'effondre en décembre 2013, lorsque la police turque découvre le trafic. Quatre ministres dont Zafer Caglayan démissionnent, Reza Zarrab passe deux mois en prison.

Après une purge de juges et de policiers menée par M. Erdogan, ils sont libérés puis blanchis début 2015. Reza Zarrab reçoit cette année-là le titre de "meilleur exportateur" de Turquie, en présence de responsables du gouvernement turc.

Mais c'était compter sans l'enquête menée parallèlement par la justice américaine. Elle arrête Zarrab en Floride en 2016, et inculpe ensuite huit autres responsables présumés, dont Caglayan.

Longtemps, Reza Zarrab espère sa libération, engageant des avocats de haut vol dont l'ex-maire de New York Rudy Giuliani.

M. Erdogan, dénonçant un "complot politique" ourdi par son ennemi Fethullah Gülen installé aux Etats-Unis, multiplie les pressions sur Washington pour le faire relâcher.

Sa libération aurait même été évoquée lors de sombres négociations entre Ankara et l'ex-conseiller à la sécurité nationale américaine Michael Flynn, inculpé vendredi dans l'enquête sur l'ingérence de Moscou dans la présidentielle américaine 2016.

Après 20 mois d'incarcération, pendant lesquels il a reconnu avoir soudoyé ses gardiens pour obtenir alcool et autres faveurs, ce père d'une fille de six ans a finalement décidé de coopérer, espérant une peine plus clémente que les 95 ans de prison qu'il risquait en cas de condamnation par un jury.

La justice turque a annoncé la saisie de ses avoirs en Turquie. Sa déposition doit se poursuivre lundi.
(AFP, 5 décembre 2017)

Compte offshore: Erdogan veut faire "payer le prix" au chef de l'opposition

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré jeudi que le chef de l'opposition allait "payer le prix" pour avoir accusé certains de ses proches d'avoir transféré des millions de dollars sur le compte d'une société offshore.

"Il va payer le prix de cette initiative", a déclaré M. Erdogan dans des propos rapportés par les médias turcs.

Mardi, Kemal Kiliçdaroglu, le chef du Parti républicain du peuple (CHP), avait affirmé être en possession de relevés bancaires prouvant que des proches de M. Erdogan, dont l'un de ses fils, avaient transféré des millions de dollars sur le compte d'une société à l'Ile de Man.

M. Erdogan avait rejeté en bloc ces accusations mercredi et annoncé qu'il porterait plainte contre M. Kiliçdaroglu.

Signe de son irritation, M. Erdogan a qualifié jeudi le CHP de "principal parti de la trahison".

L'entourage de M. Erdogan a affirmé que les documents mentionnés par M. Kiliçdaroglu étaient des faux, mais le chef du CHP a rétorqué qu'il s'agissait de relevés authentiques qui lui avaient était remis par "des bureaucrates qui aiment leur pays".

Le procureur général d'Ankara a ouvert une enquête préliminaire après les déclarations de M. Kiliçdaroglu et demandé au CHP de lui envoyer les documents en question, a rapporté l'agence de presse Dogan.

M. Kiliçdaroglu, un quasi-septuagénaire sans grand charisme, s'est imposé en tant qu'opposant numéro 1 de M. Erdogan, organisant notamment une grande "marche pour la justice" au printemps qui s'est achevée par un meeting ayant réuni des centaines de milliers de personnes.
(AFP, 30 nov 2017)

La CEDH rejette un recours pour faire annuler le référendum d'avril

La Cour européenne des droits de l'homme a rejeté, jeudi, un recours introduit par un parti de l'opposition turque pour faire annuler le résultat du référendum qui a renforcé en avril les pouvoirs du président Recip Teyep Erdogan.

Le Cumhuriyet Halk Partisi avait saisi la CEDH le 4 juillet. Dans sa requête, le parti dénonçait la prise en compte par la commission électorale turque de bulletins de vote non tamponnés, une décision "de nature à peser sur le résultat du référendum", "l'impossibilité d'introduire un recours" contre cette décision et "des conditions défavorables et antidémocratiques pendant la campagne".

La consultation, arguait le Cumhuriyet Halk Partisi, "n'a pas assuré la libre expression de l'opinion du peuple sur le choix du corps législatif, la séparation des pouvoirs, l'indépendance de la magistrature et la primauté du droit" et a, en conséquence, violé le droit à des élections libres protégé par l'article 3 du protocole 1 de la Convention européenne des droits de l'homme.

Les sept juges ont déclaré "à la majorité" la requête "irrecevable" et leur décision "est définitive", a précisé la CEDH.

Ils ont considéré qu'un référendum n'est pas une élection et que le Cumhuriyet Halk Partisi leur demandait d'adopter "une approche téléologique", fondée sur la finalité de la réforme soumise aux électeurs.

Ils ont jugé que si le référendum contesté "a porté sur des modifications nombreuses et importantes de la Constitution, le peuple turc n'était clairement pas appelé à choisir une ou des personne(s) particulière(s) pour une ou des charge(s) parlementaire(s)".

Le référendum, approuvé par 54% des votants, étend les pouvoirs du président Erdogan. Il lui est désormais permis de dissoudre le Parlement, de nommer et de révoquer les vice-présidents et les ministres ainsi que d'autres hauts fonctionnaires, y compris les juges de la Cour constitutionnelle.
(AFP, 30 nov 2017)

Forces armées/Armed Forces

50 militaires arrêtés en lien avec le putsch manqué

Les autorités turques ont arrêté jeudi 50 militaires de l'armée de l'air soupçonnés de liens avec le prédicateur Fethullah Gülen, désigné par Ankara comme le cerveau du putsch manqué l'an dernier, a rapporté l'agence de presse étatique Anadolu.

Parmi les personnes interpellées figurent des militaires d'active et des pilotes de chasse, a indiqué Anadolu.

Les autorités étaient à la recherche de 16 autres membres de l'armée de l'air dans le cadre de cette enquête pilotée par le parquet d'Eskisehir (centre-ouest) et conduite dans 11 provinces du pays, selon l'agence.

Ils sont soupçonnés de faire partie du réseau du prédicateur Gülen, auto-exilé aux Etats-Unis et à qui Ankara a imputé le coup d'Etat manqué du 15 juillet 2016. L'intéressé nie toute implication dans le coup de force.

Après le putsch manqué, les autorités ont lancé des purges d'une ampleur sans précédent contre les partisans présumés de M. Gülen, multipliant les arrestations dans les rangs de l'armée et de la police, mais aussi dans la justice et l'éducation.

Depuis le putsch manqué, environ 50.000 personnes ont été arrêtées, dont près de 7.500 militaires, selon les chiffres communiqués par le ministère de la Justice le mois dernier. Plus de 7.500 soldats ont en outre été limogés.

L'armée de l'air a été particulièrement touchée par ces purges, les autorités estimant que plusieurs des meneurs du putsch manqué étaient issus de ses rangs. A tel point que l'aviation militaire manque de pilotes.

Signe que les purges ne faiblissent pas, le parquet d'Istanbul a émis mercredi des mandats d'arrêt contre 333 militaires soupçonnés de liens avec les putschistes.

Les autorités affirment que de telles mesures sont nécessaires pour éliminer la menace séditieuse, mais nombre de défenseurs des droits de l'Homme accusent le gouvernement d'étendre ses rets aux milieux critiques, en ciblant des opposants kurdes et des médias.
(AFP, 30 nov 2017)

Affaires religieuses / Religious Affairs

Impunity in ISIS Trials Brought to Parliamentary Agenda

Peoples' Democratic Party Antep MP Prof. Dr. Mahmut Toğrul has submitted a parliamentary inquiry about the impunity in the trials regarding the İslamic State of Iraq and Syria (ISIS) in Turkey.

Citing the releases and the lack of effective investigations in ISIS trials that were mentioned in a previous bianet article entitled "Why does an ISIS member want to stand trial in Turkey?", Prof. Dr. Toğrul has reminded that suspect Neil Christopher Prakash did not want to be extradited when he was captured in Kilis in southeastern Turkey, and wanted to be tried in Turkey.

Headlines from the above mentioned article cited in the parliamentary inquiry address the issues that ISIS suspects have in common and the reasons why these suspects specifically want to stand trial in Turkey.

Common characteristic of ISIS trials: Suspects being released

* Suspects Mohammed Khaled Hawaslı, Ahmad Darviş, Ali Alibrahem, Ehab Haidar, Omran Alibrahem, Zafer Alshal, Zekeriya Derviş, Erkan Çapkın, Burhan Gök, Ahmet Güneş, Ökkeş Durmaz and Mustafa Delibaşlar are being tried in Turkey in separate cases for being an ISIS-member or an executive.

* Some of them have stood trial on charges of being an ISIS-member or an executive, some others on charges of carrying out bomb attacks and faced life imprisonment. Yet these suspects were released on different dates.

* The ISIS suspect facing six life sentences in the trial regarding the bomb attack on İstiklal Street (downtown Beyoğlu, İstanbul) on March 19, 2016, was released in the last trial as well.

* Burhan Gök, one of the suspects of the trial regarding the bomb attack on HDP rally in Diyarbakır on June 5, 2015 killing five people, has been released as well.

* Neil Christopher Prakash, a suspect top on the list of wanted criminals in Australia, who was an ISIS member and stated to have escaped from ISIS, had said that he did not want to be extradited when he was captured in Kilis province in southeastern Turkey.

* In an interview of AFP with the Syria Center for Fight Against Extremist Ideology, the 26 year-old Abdülkadir Derviş from Iraq had stated that he wanted to return to Turkey since he was afraid of being arrested if he returned to his country.

Why do the suspects want to be tried in Turkey?

Prof. Dr. Toğrul submitted the following questions to be responded by the Minister of Justice Abdülhamit Gül:

* Since the bomb attack on Diyarbakır İstasyon Square in 2015 (bomb attack on HDP rally), how many ISIS-members have been detained in Turkey, how many of these have been arrested? How many of those who were arrested, were released later by court?

* According to the reports of the intelligence agency, how many suspects who were detained in Turkey, stood trial and were released, have joined ISIS again after being released?

* Why does ISIS-member Prakash want to be tried in Turkey?

* What was the rationale behind the fact that Turkey has become a country where ISIS-members who commit crimes against humanity, want to stand trial?

* What kind of a relationship built with ISIS leads to the desire of these people to be tried in Turkey although they are not Turkish citizens?

* Could the judiciary choosing rather to try the suspects without keeping them in pre-trial detention when it comes to ISIS trials, be the reason that these people want to be tried in Turkey?

*What is the rationale behind the other characteristic of the ISIS trials, meaning the insistent rejections of the requests by the acquaintances of those who were injured or lost their lives in the bomb attacks and their attorneys to deepen the investigations, to uncover the forces behind these attacks and to investigate the links between these people and public officials?

* What is the reason that many suspects standing trial as ISIS-members or executives, were released at the very beginning of their trial before any sound and effective investigation was carried out at all?

* There is claim that there is report by the National Intelligence Agency (MİT) supporting the releases of the [now-released] ISIS suspects, namely Ahmet Güneş, Ökkeş Durmaz and Mustafa Delibaşlar. MİT has not denied the claims. What is the opinion of your Ministry on the issue?
(BIA, December 15, 2017)

Un sommet islamique pour sauver la face du despote Erdogan!

Des leaders musulmans ont appelé mercredi le monde à reconnaître Jérusalem-Est comme capitale d'un Etat palestinien en réponse à la décision américaine de considérer la ville sainte comme capitale d'Israël, à l'issue d'un sommet à Istanbul lors duquel ils ont usé d'un langage ferme sans annoncer de mesure concrète.

"Nous proclamons Jérusalem-Est capitale de l'Etat de Palestine et appelons les autres pays à reconnaître l'Etat de Palestine et Jérusalem-Est comme sa capitale occupée", ont déclaré les leaders dans un communiqué publié à l'issue d'un sommet extraordinaire de l'Organisation de la Coopération islamique (OCI) à Istanbul.

La plupart des pays arabo-musulmans reconnaissent déjà Jérusalem-Est comme la capitale de l'Etat que les Palestiniens appellent de leurs voeux.

"Nous rejetons et condamnons fermement la décision irresponsable, illégale et unilatérale du président des Etats-Unis reconnaissant Jérusalem comme la prétendue capitale d'Israël. Nous considérons cette décision comme nulle et non avenue", ont-ils ajouté.

Ils ont en outre estimé que la décision du président américain Donald Trump, annoncée le 6 décembre, nourrissait "l'extrémisme et le terrorisme".

C'est "un sabotage délibéré de tous les efforts visant à parvenir à la paix, nourrit l'extrémisme et le terrorisme et menace la paix et la sécurité mondiales", selon le communiqué.

Ils ont aussi affirmé que Washington, en décidant cette mesure qui va à l'encontre des résolutions internationales, "signe son retrait de son rôle de médiateur dans la quête d'un règlement de paix".

L'administration américaine "encourage ainsi Israël, la force occupante, à poursuivre la colonisation, l'apartheid et le nettoyage ethnique dans les territoires palestiniens occupés en 1967", poursuit le communiqué.

Président en exercice de l'OCI, le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé M. Trump d'avoir une "mentalité sioniste" lors de son discours de clôture du sommet.

"Le destin de Jérusalem ne peut pas être laissé aux mains d'un pays qui s'abreuve de sang, élargit ses frontières en tuant sauvagement des enfants, des civils et des femmes", a-t-il ajouté.

- Fermeté oratoire -

Accusant M. Trump d'avoir "offert Jérusalem comme cadeau" au "mouvement sioniste", le leader palestinien Mahmoud Abbas avait pour sa part averti dans un discours d'une rare véhémence à l'encontre d'Israël et de l'administration américaine qu'il n'y aurait "ni paix, ni stabilité" sans que la partie arabe occupée de la ville sainte ne soit reconnue comme capitale palestinienne.

M. Erdogan, un ardent défenseur de la cause palestinienne, avait donné le ton dans son discours d'ouverture en qualifiant Israël d'"Etat d'occupation" et d'"Etat terroriste".

"Toutes ces déclarations ne nous impressionnent pas", a réagi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, dans un discours prononcé après l'appel lancé par les pays de l'OCI. "Les Palestiniens feraient mieux de reconnaître la réalité et d'agir en faveur de la paix, et non de l'extrémisme", a ajouté M. Netanyahu.

En dépit de la fermeté oratoire des participants, aucune mesure concrète n'a été annoncée par le principal groupement musulman dont les principaux membres sont par ailleurs de proches alliés des Etat-Unis.

Le monde musulman est profondément divisé et plusieurs pays, comme l'Arabie saoudite, tentent de cultiver de bons rapports avec l'administration Trump sur fond d'hostilité commune envers l'Iran.

La Ligue arabe s'était déjà contentée, lors d'une réunion le week-end dernier, d'émettre une condamnation verbale, appelant les Etats-Unis à "annuler leur décision sur Jérusalem".

- Faible participation saoudienne -

Appelant à ce que les pays présents "unissent (leurs) forces", le président iranien Hassan Rohani a déploré que "certains pays de notre région coopèrent avec les Etats-Unis et le régime sioniste".

L'Iran ne reconnaît pas Israël et entretient des relations tendues avec l'Arabie saoudite.

Parmi la vingtaine de chefs d'Etat ayant répondu à l'appel de M. Erdogan, figurent le président iranien Hassan Rohani, le roi de Jordanie Abdallah II, l'émir du Qatar cheikh Tamim ben Hamad al-Thani ou encore le Libanais Michel Aoun.

Le président du Soudan Omar el-Béchir, poursuivi pour génocide au Darfour, était également présent au sommet, ainsi que le président du Venezuela Nicolas Maduro, critique acerbe des Etats-Unis mais dont le pays ne fait pas partie de l'OCI.

En froid avec la Turquie, mais ne pouvant esquiver un sommet consacré à Jérusalem, l'Egypte a envoyé à Istanbul son ministre des Affaires étrangères, Sameh Choukry.

L'Arabie saoudite était elle représentée par son ministre d'Etat en charge des Affaires étrangères, Nizar Madani.
(AFP, 13 décembre 2017)

Erdogan veut prendre la tête de la contestation musulmane



Le président turc Recep Tayyip Erdogan tente de s'imposer comme le héraut de la cause palestinienne après la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël par les Etats-Unis, profitant de la relative atonie des dirigeants arabes.

Pour "coordonner" l'action des pays musulmans après l'annonce faite mercredi par le président américain Donald Trump, M. Erdogan a invité leurs dirigeants à un sommet de l'Organisation de coopération islamique (OCI) à Istanbul la semaine prochaine.

Si les observateurs sont sceptiques quant à l'impact que pourrait avoir cette réunion extraordinaire de la principale organisation panislamique, elle permettra néanmoins à M. Erdogan de soigner sa popularité dans la région.

L'indignation suscitée dans le monde musulman par la mesure américaine a donné l'occasion au président turc de revêtir l'habit qu'il affectionne de défenseur en chef des Palestiniens. M. Erdogan a multiplié cette semaine les critiques contre l'hôte de la Maison Blanche.

"Ô Trump, que fais-tu ? Quelle est cette approche ? Les responsables politiques doivent oeuvrer pour la réconciliation et non pas pour le chaos !", a-t-il ainsi lancé jeudi.

Jérusalem est "une ligne rouge pour les musulmans", avait mis en garde M. Erdogan avant l'annonce officielle par M. Trump, estimant que la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël pourrait provoquer la "rupture des relations" entre Ankara et l'Etat hébreu.

Après plusieurs années de crise, la Turquie et Israël ont normalisé l'an dernier leurs relations diplomatiques. Mais M. Erdogan continue de critiquer régulièrement les autorités israéliennes pour leur politique dans les territoires palestiniens.

- 'Porte-étendard' -

M. Erdogan, qui se présente souvent comme un intermédiaire clé dans la région, a multiplié cette semaine les entretiens téléphoniques consacrés à Jérusalem avec les principaux dirigeants du Proche-Orient, mais aussi avec le pape et le président russe Vladimir Poutine.

"Il s'efforce d'amorcer une réponse internationale", souligne Ziya Meral, du centre d'analyse historique et de recherche sur les conflits de l'armée britannique (CHACR). "Reste à voir ce que peut faire concrètement la Turquie", ajoute-t-il.

Cette "diplomatie du téléphone" précède le sommet de l'OCI qui doit réunir mercredi un aréopage de dirigeants de pays musulmans à Istanbul. Cette organisation a été créée en 1969 et compte 57 membres.

Mais M. Erdogan parviendra-t-il à unifier la position de ces pays, alors que les divisions régionales, notamment entre l'Arabie saoudite et l'Iran, sont vives ?

Depuis plus d'une décennie, "la Turquie s'efforce d'être le porte-étendard des alliances musulmanes, mais avec un succès très limité", indique M. Meral. De plus, souligne l'expert, "l'OCI est une entité fragile avec (...) un faible niveau d'engagement pour les causes communes".

Pour Soner Cagaptay, chercheur au Washington Institute of Near East Policy, la réaction du président turc est avant tout épidermique.

Recep Tayyip Erdogan "s'élève contre les puissances occidentales lorsque celles-ci prennent des initiatives au Proche-Orient sans d'abord le consulter. C'est le cas avec la décision américaine à Jérusalem", estime-t-il.

S'il est peu probable que M. Erdogan fasse changer d'avis M. Trump, "il est clair que la question de Jérusalem va exacerber le malaise" entre Ankara et Washington, note Bülent Aliriza, du Center for Strategic and International Studies.

- Galvaniser son électorat -

En attendant d'éventuelles retombées diplomatiques, l'activisme de M. Erdogan lui permet de flatter sa base électorale, attachée à la cause palestinienne et animée par un fort sentiment anti-américain.

"Vu les sensibilités de son électorat pieux et nationaliste, la réaction vigoureuse du président Erdogan n'est pas étonnante", indique M. Meral.

La décision américaine a suscité en Turquie de nombreuses réactions, notamment sur les réseaux sociaux où le mot-dièse #LaTurquieDeboutPourJérusalem est l'un des plus partagés ces derniers jours.

"On oublie souvent qu'il y a une affinité entre l'AKP (le parti de M. Erdogan) et le Hamas", le mouvement islamiste qui contrôle la bande de Gaza, souligne M. Cagaptay.

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté vendredi à Istanbul à l'appel d'une ONG proche du pouvoir, brandissant des drapeaux palestiniens et scandant des slogans hostiles aux Etats-Unis et à Israël.

"La Palestine et la mosquée al-Aqsa sont notre coeur et notre sang", a dit à l'AFP l'un des manifestants, Sadik Cakmak. "La Turquie fait ce qui est nécessaire et nous avons entièrement confiance en ceux qui nous dirigent."

Erdogan en Thrace appelle au respect des droits de la minorité musulmane de Grèce

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a appelé au respect des droits de la minorité musulmane de souche turque en Thrace, région du nord-est de la Grèce, où il s'est rendu vendredi, au lendemain d'une visite historique à Athènes.

"Nous continuons à travailler dur pour améliorer la qualité de vie de nos citoyens d'origine grecque (...), c'est notre droit d'attendre la même approche de la Grèce", a indiqué M. Erdogan lors d'un discours à Komotini, ville où habitent la majeure partie de cette minorité.

Presque un millier de membres de ce groupe, qui compte au total entre 120.000 et 150.000 personnes, sont venus accueillir avec enthousiasme le président turc, dans le cadre de cette visite privée en Thrace, région frontalière de la Turquie, a constaté un journaliste de l'AFP.

A Athènes jeudi, où il était le premier président turc à s'être rendu depuis 65 ans en visite officielle, M. Erdogan avait déjà déploré "la discrimination" de l'Etat grec vis-à-vis de la minorité musulmane, lors d'entretiens avec le Premier ministre grec Alexis Tsipras.

Il a notamment rappelé que les termes du traité de Lausanne de 1923 "ne sont pas respectés" en ce qui concerne les droits de cette minorité.

Le traité, qui définit les frontières du nouvel Etat turc à la fin de l'Empire ottoman, comprend un chapitre gréco-turc consacré aux droits des minorités.

Athènes continue de nommer des muftis, dirigeants religieux de la minorité musulmane, et "ne reconnait pas ceux élus par la minorité, comme le prévoit le traité", a déploré M. Erdogan jeudi.

Sa visite devait être l'occasion de réchauffer les relations entre les deux voisins plus ou moins frères ennemis, malgré une amélioration ces dernières années.

Leur dernière tension concerne le refus de la justice grecque d'extrader des officiers turcs qui se sont réfugiés en Grèce après le coup d'Etat manqué de juillet 2016 en Turquie.

Et dans une interview diffusée mercredi soir par une chaîne grecque, à la veille de sa visite, M. Erdogan a réclamé une nouvelle fois la révision du traité de Lausanne, suscitant un tollé en Grèce.

Le Premier ministre grec Alexis Tsipras, et le président de la République Prokopis Pavlopoulos, lui ont fermement indiqué qu'une telle révision n'arriverait pas.

M. Tsipras a plutôt invité M. Erdogan "à ouvrir un nouveau chapitre dans les relations gréco-turques, non basé sur des provocations, mais sur la construction d'un pont entre les deux pays".

M. Erdogan a finalement assuré qu'il n'avait "aucune revendication territoriale" vis-à-vis de la Grèce. Il a redit vendredi que sa "priorité est toujours de développer les relations avec la Grèce", où il était venu en tant que Premier ministre en 2004 et 2010.
(AFP, 8 décembre 2017)

Socio-économique / Socio-economic

Istanbul sévit contre... les panneaux de rues

La municipalité d'Istanbul a décidé jeudi de modifier les noms de près de 200 rues pour les purger de toute mention rappelant le patronyme du cerveau présumé du putsch manqué du 15 juillet 2016, a rapporté l'agence étatique Anadolu.

Seront ainsi rebaptisées 192 rues, comprenant notamment les mots "Gülen", un nom de famille courant qui est aussi celui de Fethullah Gülen, le prédicateur installé aux Etats-Unis accusé par Ankara d'avoir fomenté le putsch manqué de juillet 2016, et "Parallèle", qui évoque l'"Etat parallèle" que le gouvernement turc l'accuse d'avoir mis en place pour tenter de le renverser.

Ces rues ont été rebaptisées des noms de certaines victimes de la tentative de coup d'Etat, considérées comme des martyrs par les autorités turques.

Environ 250 personnes ont perdu la vie dans la nuit du 15 au 16 juillet 2016.

Le gouvernement turc mène depuis le putsch manqué de larges purges au cours desquelles plus de 55.000 personnes ont été arrêtées et plus de 140.000 limogées ou suspendues.

Fethullah Gülen nie toute implication dans le putsch manqué.

Au-delà des noms qui pourraient faire référence à M. Gülen et ses partisans, la municipalité a également décidé de renommer la rue Kandil (lampe à huile) puisque c'est également le nom des montagnes où le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), classé "organisation terroriste", dispose de bases arrières en Irak.

D'autres rues seront rebaptisées car leurs noms sont jugés "immoraux", du fait de double-sens à caractère sexuel ou injurieux, poursuit Anadolu.

A Istanbul donc, plus de rue du Harem, du nom du lieu où les Sultans ottomans gardaient leurs épouses, ni de rue "Fak" (piège), du fait de son homophonie avec l'injure commune en langue anglaise.
(AFP, 14 décembre 2017)

La livre turque sous pression après une légère hausse du taux d'intérêt

La livre turque a brutalement chuté jeudi après que la Banque centrale a très légèrement relevé l'un de ses taux d'intérêt, décevant les marchés qui s'attendaient à une hausse significative.

La livre turque, qui a perdu plus de 30% de sa valeur contre le dollar au cours des deux dernières années, a perdu 1,36% jeudi, s'échangeant à 3,87 livres pour un dollar à 13H00 GMT.

Les marchés tablaient sur une augmentation de 100 points de base des taux d'intérêt de la Banque centrale afin de combattre une inflation qui a atteint près de 13% en novembre, son taux le plus élevé depuis 2003.

Mais le comité de politique monétaire de la Banque centrale a laissé inchangé son taux de refinancement à une semaine à 8%, ne relevant que son taux de prêt des liquidités tardives de 12,25% à 12,75%.

Dans son communiqué publié après la réunion de jeudi, la Banque centrale a laissé entendre qu'une hausse des taux d'intérêt serait envisageable à l'avenir, affirmant que sa "politique monétaire restrictive" serait maintenue jusqu'à ce que les perspectives d'inflation montrent une amélioration "significative".

"Les prévisions pour l'inflation (...) seront suivies de près et de nouvelles mesures de resserrement monétaires seront prises, si nécessaire", a ajouté la Banque centrale.

La marge de manoeuvre de la Banque centrale semble limitée, alors que le président turc Recep Tayyip Erdogan peste régulièrement contre la logique selon laquelle il faudrait augmenter les taux d'intérêt pour contrer l'inflation.

M. Erdogan presse la Banque centrale de baisser ses taux afin d'encourager les emprunts dans l'espoir de soutenir la croissance par la consommation et les investissements, alors que le pays est déjà plongé dans une atmosphère électorale à deux ans d'élections importantes.

"Etant donnée la force de l'inflation et les attentes du marché, il est difficile d'expliquer (cette décision) autrement que par les commentaires récents du président Erdogan", estime William Jackson, de Capital Economics, dans une note envoyée à ses clients.

Les économistes pensaient pourtant que la croissance de 11% au troisième trimestre, annoncée lundi, laisserait une plus grande marge de manoeuvre à la Banque centrale.
(AFP, 14 décembre 2017)

Croissance à deux chiffres, l'arbre qui cache la forêt?

Pour le président turc Recep Tayyip Erdogan, la croissance à 11,1% du troisième trimestre 2017 fait de la Turquie l'économie qui croît le plus vite au monde et cloue le bec de ses détracteurs.

Mais les économistes s'inquiètent que cette croissance -- la plus élevée en six ans pour la Turquie qui se retrouve devant l'Inde et la Chine sur la même période -- ne cache des risques potentiels.

L'inflation a en effet atteint le mois dernier 12,98% et la livre turque a perdu environ 11% de sa valeur depuis septembre tandis que le déficit du compte courant se creuse.

Avec l'explosion du secteur de la construction à la faveur de crédits à taux bas et des fortes dépenses publiques, l'économie présente des risques de surchauffe.

"L'économie croît bien au-delà de son potentiel de long-terme. C'est la définition même de la surchauffe, dont l'inflation à 13% est un autre signe", explique Selva Demiralp, professeure associée d'Economie à l'Université Koç d'Istanbul.

Les chiffres actuels de l'inflation sont très loin de l'objectif de 5% de la banque centrale.

- Economie 'résistante' -

M. Erdogan a annoncé cette semaine que la Turquie connaîtrait une croissance annuelle de 7,5% en 2017, une estimation qui correspond peu ou prou à celles de nombreux économistes.

La popularité du président depuis l'arrivée au pouvoir de son parti en 2002 est largement fondée sur l'efficacité de ses politiques économiques qui ont permis de redresser l'économie après la crise de 1999-2000.

Avec l'augmentation du déficit du compte courant qui risque de se maintenir à plus de 5% du PIB sur le moyen-terme, "les incertitudes autour de l'économie vont se maintenir", selon Deniz Ciçek, économiste à la QNB Finansbank.

Mais une conseillère économique du président Erdogan, Hatice Karahan, a décrit mardi l'économie turque comme étant "très résistante". Elle a en effet surmonté de nombreuses épreuves en 2016, dont un putsch manqué, avec une croissance principalement portée par la demande intérieure.

Mme Karahan a néanmoins admis, au cours d'un entretien avec des journalistes étrangers à Istanbul, que la croissance doit se faire d'une manière faisant aussi face "au problème du chômage", qui a atteint 10,6% en août, et que l'inflation est "clairement supérieure aux objectifs".

- Volatilité -

Autre source d'inquiétude pour Ankara, le procès, actuellement en cours à New York, visant un banquier turc accusé d'avoir violé les sanctions américaines contre l'Iran.

Un ancien allié du gouvernement devenu le témoin-clé de ce procès, le magnat de l'or turco-iranien Reza Zarrab, plaide coupable dans cette affaire dans laquelle il a également impliqué M. Erdogan.

Selon M. Ciçek, "un résultat défavorable dans ce procès pourrait tendre davantage les relations diplomatiques avec les Etats-Unis, ce qui accroîtrait davantage la volatilité des marchés financiers".

Le vice-Premier ministre Mehmet Simsek a assuré aux marchés qu'Ankara soutiendrait les banques turques pour empêcher toute menace sur le secteur financier.

"Il va probablement y avoir des amendes (contre des banques turques), mais à moins qu'il y ait une enquête menée en Turquie, ce qui n'arrivera pas, ce sera probablement juste une autre tempête qu'Erdogan et le (parti au pouvoir) balaieront d'un revers de la main", estime Nigel Rendell, analyste chez Medley Global Advisors.

- Crise généralisée ? -

Une crise généralisée est toutefois loin d'être inévitable et la banque centrale aura jeudi l'occasion de restaurer la confiance en la livre turque avec une décision très attendue sur les taux d'intérêt.

Une augmentation de 100 points de base est attendue, mais les analystes estiment que seule une augmentation de 400 points de base serait suffisante pour convaincre les marchés qu'Ankara souhaite sérieusement lutter contre l'inflation et soutenir la livre turque.

"Si les taux ne sont augmentés que de 100 points de base (...) nous pouvons être certains d'une faiblesse accrue de la devise, même s'il n'y a pas de crise généralisée dans l'année à venir", estime M. Rendell.

Les économistes affirment que la marge de manoeuvre de la banque centrale est limitée, M. Erdogan pestant régulièrement contre la logique selon laquelle il faudrait augmenter les taux d'intérêt pour contrer l'inflation, alors que lui-même appelle à les baisser.

La QNB Finansbank ne s'attend pas à une crise en 2018, même si l'économie turque présente "un risque de ralentissement", selon M. Ciçek
(AFP, 13 décembre 2017)

Relations turco-européennes / Turkey-Europe Relations

Michel s'interroge sur la pertinence de l'adhésion de la Turquie à l'Europe

Le Premier ministre Charles Michel s'est interrogé samedi sur le bien-fondé de la poursuite des négociations d'adhésion de la Turquie à l'Union européenne, en soulignant que le gouvernement turc avait effectué un "demi-tour brutal" par rapport au rapprochement entamé dans le passé avec les valeurs de l'UE.

"Je mesure bien que pour des raisons parfaitement fondées, il y a un certain nombre d'années, la décision a été prise d'ouvrir le cadre de la relation avec la Turquie dans la perspective de l'adhésion à l'Union européenne. Et je comprends parfaitement pourquoi cette décision, qui était légitime, qui était extrêmement bien intentionnée, a été prise à l'époque avec une réalité géo-politique qui était parfaitement fondée", a affirmé le chef du gouvernement fédéral en ouvrant un colloque sur le thème "Constituer l'Union européenne" organisé au Palais d'Egmont à Bruxelles par le centre Jean Gol, le centre d'études du Mouvement réformateur.

"Mais la vérité c'est que depuis un certain nombre d'années, je m'interroge sur la question de savoir si le cadre de l'adhésion est le cadre pertinent pour cette relation avec la Turquie", a-t-il ajouté.

Besoin d'une relation stratégique

Les négociations d'adhésion de la Turquie sont menées depuis 2005, mais sont depuis des mois au point mort en raison de l'évolution politique du pays, dont le président Recep Tayyip Erdogan est accusé de dérive autoritaire.

M. Michel s'est toutefois dit convaincu que l'Europe avait "besoin d'une relation stratégique avec la Turquie, très forte, très solide dans le domaine économique, commercial, (pour) la coopération contre le terrorisme ou des flux migratoires".

"Fondamentalement, le processus d'adhésion repose sur la conviction qu'il y a une capacité que la Turquie puisse joindre la communauté de valeurs (propres) à l'Union" (mais) "l'évolution du gouvernement turc nous amène à constater, sans être offensants, que c'est plutôt un demi-tour brutal face à un mouvement de rapprochement qui était en cours autrefois vers les valeurs de l'Union européenne", a-t-il poursuivi.

M. Michel a évoqué la possibilité de remplacer la perspective d'adhésion d'Ankara à l'UE par "une approche davantage transactionnelle" basée sur des "intérêts communs" pour favoriser une stratégie gagnant-gagnant. (Belga, 9 décembre 2017)

Entretien téléphonique Merkel-Erdogan sur les relations bilatérales

La chancelière allemande Angela Merkel et le président turc Recep Tayyip Erdogan ont discuté jeudi des délicates relations bilatérales, lors de leur premier entretien téléphonique depuis une flambée de tension estivale, ont rapporté les médias turcs.

Selon l'agence de presse étatique turque Anadolu, M. Erdogan et Mme Merkel ont convenu de "donner une nouvelle impulsion aux contacts bilatéraux à haut niveau" entre leurs deux pays, une fois qu'un gouvernement allemand aura été formé.

Cet entretien téléphonique survient alors que les relations déjà tendues entre ces deux alliés au sein de l'Otan se sont fortement dégradées l'été dernier, en raison notamment des critiques allemandes sur la situation des droits de l'Homme en Turquie.

Berlin a dénoncé avec force l'arrestation de plusieurs de ses ressortissants dans le cadre des purges tous azimuts lancées par Ankara dans la foulée de la tentative du coup d'Etat du 15 juillet 2016.

Toutefois, le gouvernement turc a envoyé ces dernières semaines plusieurs signaux d'apaisement, avec notamment la remise en liberté conditionnelle de deux ressortissants allemands écroués en Turquie.

Signe d'une relative accalmie, les ministres des Affaires étrangères des deux pays avaient posé en tenue décontractée lors d'une rencontre informelle en Turquie début novembre.

La conversation de jeudi survient au lendemain d'un entretien téléphonique entre M. Erdogan et son homologue allemand Frank-Walter Steinmeier, selon Anadolu.

Lors de leur entretien jeudi, Mme Merkel et M. Erdogan ont également discuté du pacte conclu l'an dernier entre Ankara et l'Union européenne qui a permis de réduire le nombre de passages de migrants et réfugiés vers l'Europe, selon Anadolu.

Ankara accuse l'UE de ne pas accorder assez vite l'aide financière promise dans le cadre de cet accord.

Le président turc a enfin briefé la chancelière sur un sommet Turquie-Iran-Russie consacré à la Syrie qui s'est tenu la semaine dernière dans la station balnéaire russe de Sotchi, a rapporté Anadolu.
(AFP, 30 nov 2017)

Turquie-USA-OTAN / Turkey-USA-NATO


Erdogan accuse Trump d'avoir une "mentalité sioniste"

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé mercredi son homologue américain Donald Trump d'avoir une "mentalité sioniste", après sa reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël.

"Le vrai propriétaire de ces terres est la Palestine. M. Trump veut que tout cela soit Israël. C'est le produit de l'évangélisme et d'une mentalité sioniste", a fustigé M. Erdogan, s'exprimant à l'issue d'un sommet de l'Organisation de la Coopération islamique (OCI) à Istanbul.

"Le destin de Jérusalem ne peut pas être laissé aux mains d'un pays qui s'abreuve de sang, élargit ses frontières en tuant sauvagement des enfants, des civils et des femmes", a-t-il ajouté.

Pour lui, il n'est "plus question" que les Etats-Unis soient des médiateurs dans le processus de paix israélo-palestinien.

L'OCI a appelé à l'issue de ce sommet l'ensemble du monde à reconnaître Jérusalem-Est comme capitale de la Palestine.

"Nous proclamons Jérusalem-Est capitale de l'Etat de Palestine et appelons les autres pays à reconnaître l'Etat de Palestine et Jérusalem-Est comme sa capitale occupée", ont déclaré les membres de l'OCI dans leur communiqué final.

La plupart des pays arabo-musulmans reconnaissent déjà Jérusalem-Est comme la capitale de l'Etat que les Palestiniens appellent de leurs voeux.

La mesure américaine annoncée le 6 décembre a provoqué des manifestations dans plusieurs pays du Proche-Orient et des violences dans les Territoires palestiniens et à Jérusalem. Quatre Palestiniens ont été tués et des centaines blessés depuis jeudi.

Mais en dépit de la fermeté oratoire des participants, aucune mesure concrète n'a été annoncée par le principal groupement musulman dont les principaux membres sont par ailleurs de proches alliés des Etat-Unis.

Le monde musulman est profondément divisé et plusieurs pays, comme l'Arabie saoudite, tentent de cultiver de bons rapports avec l'administration Trump sur fond d'hostilité commune envers l'Iran.
(AFP, 13 décembre 2017)

Erdogan: la décision de Trump met la région "dans un cercle de feu"

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a dénoncé jeudi la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël par son homologue américain Donald Trump, estimant que cette décision plongeait la région "dans un cercle de feu".

"Prendre une telle décision met le monde, et spécialement la région, dans un cercle de feu", a déclaré M. Erdogan à la presse à Ankara avant de s'envoler pour la Grèce où il doit effectuer une visite officielle.

"Ô Trump, que fais-tu ? Quelle est cette approche ? Les responsables politiques doivent oeuvrer pour la réconciliation et non pas pour le chaos", a-t-il ajouté.

Dans une rupture spectaculaire avec ses prédécesseurs, M. Trump a reconnu mercredi Jérusalem comme capitale d'Israël, suscitant la colère des Palestiniens et des réactions de réprobation bien au-delà du Proche-Orient.

M. Erdogan avait averti mercredi que la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël par Washington "ferait le jeu des groupes terroristes".

Il a aussi invité les dirigeants des 57 pays membres de l'Organisation de la coopération islamique (OCI) pour un sommet à Istanbul le 13 décembre axé sur la question de Jérusalem.

Mercredi soir, des centaines de personnes ont manifesté bruyamment devant le consulat américain à Istanbul contre la décision de M. Trump.

Environ 1.500 personnes se sont rassemblées près du Bosphore, à l'extérieur de l'enceinte diplomatique américaine très protégée. La police a bouclé la zone à l'aide de barricades.

Le slogan "Palestine libre" a été peint au mur du consulat et des manifestants ont jeté des bouteilles en plastique vers le bâtiment. Un bout de papier avec une représentation du drapeau d'Israël a également été brûlé.

La Turquie et Israël ont normalisé leurs relations l'année dernière, après une crise diplomatique déclenchée en 2010 par un raid israélien contre un navire d'une ONG en direction de la bande de Gaza, qui a fait dix morts parmi les activistes turcs.

Les deux parties ont intensifié leur coopération, notamment dans le domaine de l'énergie, mais M. Erdogan, défenseur de la cause palestinienne, continue à critiquer régulièrement la politique israélienne.
(AFP, 7 décembre 2017)

Manifestation à Istanbul contre la décision du président Donald Trump

Des centaines de personnes ont manifesté mercredi bruyamment mais pacifiquement devant le consulat américain à Istanbul contre la décision du président Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël.

Environ 1.500 personnes se sont rassemblées près du Bosphore, à l'extérieur de l'enceinte diplomatique américaine très protégée. La police a bouclé la zone à l'aide de barricades, a indiqué un correspondant de l'AFP.

Le slogan "Palestine libre" a été peint au mur du consulat et des manifestants ont jeté des bouteilles en plastique vers le bâtiment. Un bout de papier avec une représentation du drapeau d'Israël a également été brûlé.

Agitant des drapeaux palestiniens et allumant des fusées éclairantes, les manifestants ont scandé "Américains assassins, partez du Moyen-Orient", "à bas l'Amérique!" et ont exhorté le groupe palestinien Hamas à "frapper Israël".

Un regroupement similaire a eu lieu devant l'ambassade des Etats-Unis à Ankara, la capitale turque, où les manifestants ont brandi des photos du président turc Recep Tayyip Erdogan.

A la veille de la déclaration de Donald Trump, M. Erdogan avait averti mercredi que la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël par Washington "ferait le jeu des groupes terroristes".

La présidence turque avait annoncé plus tôt que M. Erdogan avait invité les dirigeants des 57 pays membres de l'Organisation de la coopération islamique (OCI) pour un sommet à Istanbul le 13 décembre axé sur la question de Jérusalem.

La Turquie et Israël ont normalisé leurs relations l'année dernière, après une crise diplomatique déclenchée en 2010 par un raid israélien contre un navire d'une ONG en direction de la bande de Gaza, qui a fait dix morts parmi les activistes turcs.

Les deux parties ont intensifié leur coopération, notamment dans le domaine de l'énergie, mais M. Erdogan, défenseur de la cause palestinienne, continue à critiquer régulièrement la politique israélienne.
(AFP, 6 décembre 2017)

Viol des sanctions américaines contre l'Iran: Zarrab implique Erdogan

L'homme d'affaires turco-iranien Reza Zarrab, témoin-clé dans un procès à New York, a mis en cause jeudi Recep Tayyip Erdogan dans l'affaire explosive du contournement des sanctions américaines contre l'Iran, même si le président turc a assuré n'avoir rien à se reprocher.

Zarrab, 34 ans, arrêté en mars 2016 à Miami et qui coopère désormais avec la justice américaine, a laissé entendre que M. Erdogan savait tout du trafic qu'il opérait avec la banque publique turque Halkbank pour aider Téhéran à contourner les sanctions américaines, via un montage complexe de blanchiment des revenus des ventes de pétrole et de gaz iraniens.

Au deuxième jour de sa déposition devant un tribunal fédéral new-yorkais, Zarrab a indiqué qu'en octobre 2012 M. Erdogan, alors Premier ministre, avait donné des "instructions" pour que deux autres banques turques, Vakif et Zirrat, puissent elles aussi participer au stratagème dont Halkbank était la plaque tournante.

Le ministre turc de l'Economie d'alors, Zaref Caglayan, "m'a dit que le Premier ministre avait donné son accord pour que Zirrat et Vakif fassent aussi ce travail", a déclaré M. Zarrab, s'exprimant en turc via un interprète.

Il a ensuite précisé: "le Premier ministre de l'époque, Recep Tayyip Erdogan, et l'(ex-) ministre du Trésor, (Ali) Babacan, avaient donné des instructions pour qu'elles puissent commencer à faire ce commerce. (...) J'ai appris cela par Zafer Caglayan".

En riposte, le parquet turc a ordonné vendredi la saisie des avoirs de l'homme d'affaires turco-iranien Reza Zarrab, qui a impliqué le président Recep Tayyip Erdogan dans le contournement de l'embargo américain contre l'Iran lors d'un procès à New York, a indiqué l'agence Anadolu.

Le procureur d'Istanbul a déclaré que les avoirs de Reza Zarrab et de sa famille seraient confisqués dans le cadre d'une enquête sur le magnat, a rapporté l'agence de presse étatique.


- Or noir -

M. Zarrab avait expliqué mercredi avoir joué un rôle-clé dans la mise en place de ce trafic de plusieurs milliards d'euros, mis en place début 2012 et qui devait croître progressivement jusqu'à ce que le scandale éclate en Turquie fin 2013.

Il a témoigné jeudi qu'après avoir initialement blanchi uniquement les revenus d'hydrocrabures iraniens vendus à la Turquie, le schéma complexe établi par Halkbank avait été étendu aux hydrocarbures iraniens vendus à d'autres pays, à commencer par l'Inde. Il aussi cité l'Italie, sans donner de détail.

Zarrab a aussi indiqué avoir essayé de reproduire ce système en Chine, mais que les banques chinoises auprès desquelles il avait domicilié les sociétés-écran nécessaires pour dissimuler l'origine iranienne des fonds avaient "tout arrêté quand elles se sont rendues compte que l'Iran était impliqué".

La veille, Zarrab avait affirmé que l'ex-ministre Caglayan l'avait aidé à monter le stratagème avec Halkbank, moyennant plus de 50 millions d'euros de pots-de-vin versés entre mars 2012 et mars 2013.

L'homme d'affaires, connu jusque là en Turquie pour son goût du luxe et sa célèbre femme chanteuse, avait détaillé comment il aidait à convertir les revenus d'hydrocarbures iraniens placés chez Halkbank en or sonnant et trébuchant.

L'or était ensuite transporté par valises entières à Dubaï et revendu contre des devises intraçables au gouvernement iranien. Ces dernières servaient à payer les factures internationales de Téhéran malgré les sanctions américaines et internationales empêchant en principe de commercer avec l'Iran.

Peu avant les déclarations compromettantes de Zarrab, M. Erdogan avait assuré que la Turquie n'avait rien à se reprocher dans cette affaire.

"Quel que soit le résultat (du procès), nous avons fait ce qui était juste. Nous n'avons pas violé l'embargo", a affirmé le président turc. De toute façon, "nous n'avons pas pris un tel engagement auprès des Etats-Unis", a-t-il ajouté.

Ce procès new-yorkais embarrasse profondément Ankara, et fait planer sur la Turquie le risque de lourdes sanctions contre le secteur bancaire, alors que l'économie reste fragile.

Le gouvernement turc espérait tout ce scandale définitivement étouffé.

Quatre ministres dont M. Caglayan avaient dû démissionner fin 2013, mais les poursuites avaient ensuite été abandonnées et les ministres blanchis après une vaste purge dans la police et la justice. Un temps incarcéré en Turquie, M. Zarrab avait lui aussi été libéré.

Depuis plusieurs semaines, Ankara s'efforce de décrédibiliser ce procès, où seul le directeur général adjoint de Halkbank, Mehmet Hakan Atilla, figure au banc des accusés. Les huit autres personnes inculpées aux Etats-Unis, dont M. Caglayan et le directeur général de la banque, sont en fuite.

Le porte-parole du gouvernement turc Bekir Bozdag a encore qualifié jeudi le procès de "mise en scène", affirmant que les déclarations de M. Zarrab étaient des "diffamations" prononcées "sous la pression".

Zarrab a quitté la prison fédérale de Manhattan début novembre, et a témoigné être désormais détenu dans un lieu secret, sous protection du FBI. Il a affirmé jeudi avoir reçu "des menaces en prison", sans autre précision.
(AFP, 1 décembre 2017)

Mandat d'arrêt contre un ex-cadre de la CIA

Le parquet d'Istanbul a émis vendredi un mandat d'arrêt contre un ancien responsable de la CIA que les autorités turques soupçonnent d'être impliqué dans la tentative de putsch de juillet 2016, a rapporté l'agence de presse étatique Anadolu.

Graham Fuller, ancien vice-président du National Intelligence Council de la CIA, est notamment accusé d'avoir violé la constitution turque, d'avoir tenté de renverser le gouvernement et d'espionnage, selon Anadolu.

Il est poursuivi dans la même enquête visant le philanthrope Osman Kavala, un employé turc du consulat américain d'Istanbul, Metin Topuz, et un ancien député d'opposition désormais analyste à la Fondation pour la Défense de la démocratie, Aykan Erdemir, ajoute l'agence.

Ankara impute la tentative de coup d'Etat du 15 juillet 2016 au prédicateur Fethullah Gülen, ancien allié du président Recep Tayyip Erdogan dont il est devenu la bête noire.
 M. Gülen, qui dément toute implication, est installé depuis la fin des années 1990 aux Etats-Unis et Washington n'a à ce jour pas donné suite aux demandes répétées d'extradition formulées par Ankara.

M. Fuller est surtout connu en Turquie pour avoir soutenu la demande de carte verte (résidence aux Etats-Unis) du prédicateur Gülen en estimant qu'il ne représentait pas une menace à la sécurité nationale américaine.

Les relations entre Ankara et Washington, deux alliés au sein de l'Otan, se sont fortement tendues depuis le putsch manqué et les tensions sont montées d'un cran ces dernières semaines du fait d'un procès à New York portant sur le contournement des sanctions américaines contre l'Iran.

Reza Zarrab, un homme d'affaires turco-iranien qui plaide coupable dans cette affaire, a accusé cette semaine devant le tribunal des responsables turcs, dont le président Erdogan --Premier ministre à l'époque des faits--, d'être impliqués.

Il a notamment affirmé avoir versé plus de 50 millions d'euros de pots-de-vin à un ex-ministre turc pour faciliter un trafic illicite d'or avec l'Iran et laissé entendre que M. Erdogan savait tout de ces trafics.

Les responsables turcs font leur possible pour décrédibiliser ce procès, le qualifiant de "complot" et dénonçant des "pressions" exercées sur Zarrab pour l'obliger à "diffamer" la Turquie.
(AFP, 1 décembre 2017)

Relations régionales / Regional Relations

Poutine ordonne le retrait d'une "partie significative" des forces russes en Syrie

Le président russe Vladimir Poutine s'est entretenu lundi avec son homologue turc Recep Tayyip Erdogan à Ankara, dernière étape d'un marathon régional au cours duquel il a annoncé depuis la Syrie le retrait d'une "partie significative" des forces russes dans ce pays.

M. Poutine a rencontré M. Erdogan après s'être rendu dans la matinée sur la base aérienne russe de Hmeimim en Syrie avant de faire étape au Caire.

Il a notamment discuté avec son homologue turc des efforts destinés à trouver un règlement mettant fin au conflit en Syrie, ayant annoncé lors de sa visite surprise dans ce pays une réduction significative des forces russes dont l'intervention a largement contribué au maintien du régime du président Bachar al-Assad au pouvoir.

"En près de deux ans, les forces armées russes, en collaboration avec l'armée syrienne, ont détruit en grande partie les terroristes internationaux. Par conséquent, j'ai pris la décision de faire rentrer en Russie une partie significative du contingent militaire russe se trouvant en Syrie", a déclaré M. Poutine, selon des propos retransmis par la télévision russe.

Il a précisé que la base aérienne russe de Hmeimim, depuis laquelle il parlait et où sont concentrés les effectifs militaires russes, ainsi que la base navale de Tartous resteraient opérationnelles en dépit du retrait annoncé.

M. Poutine, qui a été accueilli à Hmeimim par M. Assad, n'a pas révélé combien de soldats russes demeureraient sur place.

Interrogé par des journalistes sur le temps que prendrait ce retrait, le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou, a déclaré, cité par les agences russes: "Ils ont déjà commencé à rentrer, nous verrons comment cela se passe".

Le chef des forces russes en Syrie, le général Sergueï Sourovikine, a pour sa part indiqué que 23 avions et deux hélicoptères russes devraient quitter la Syrie, suivis par des unités de la police militaire, des démineurs et des médecins de l'hôpital de campagne. Il a estimé que les forces russes avaient éliminé plus de 32.000 combattants ennemis en Syrie.

- 'Participation efficace' -

Le commandant Adrian Rankine-Galloway, un porte-parole du ministère américain de la Défense, a réagi avec scepticisme à cette annonce, estimant que ces déclarations "ne correspondent souvent pas à de réelles réductions des effectifs militaires et n'affectent pas les priorités des Etats-Unis en Syrie".

M. Assad a de son côté remercié le président russe, évoquant "la participation efficace (des Russes) dans la guerre contre le terrorisme". "Ce qu'ont fait les militaires russes, les Syriens ne l'oublieront jamais", a-t-il déclaré.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), les frappes aériennes russes du 30 septembre 2015 au 11 novembre 2017 ont fait 6.328 morts parmi les civils, dont 1.537 enfants. Elles ont également tué 4.732 jihadistes du groupe Etat islamique (EI), 4.098 rebelles et autres jihadistes, selon la même source.

Le conflit syrien a fait plus de 340.000 morts et des millions de réfugiés depuis 2011.

- 'Coordination renforcée' -

La rencontre à Ankara entre MM. Poutine et Erdogan est la huitième depuis le début de l'année, illustrant une étroite coordination entre les deux dirigeants sur le dossier syrien malgré une grave crise diplomatique entre Ankara et Moscou en 2015.

Lors d'une conférence de presse conjointe, M. Erdogan a affirmé que la prochaine étape pour résoudre le conflit syrien serait un nouveau sommet à Sotchi "le plus tôt possible", sans donner plus de détails.

Fin novembre, les dirigeants de Russie, de Turquie et d'Iran, qui parrainent un accord visant à réduire l'intensité des combats pour préparer le terrain à un accord politique en Syrie, s'étaient retrouvés dans la station balnéaire russe pour discuter de la Syrie.

Avant Ankara, M. Poutine s'était rendu au Caire où il a indiqué s'être mis d'accord avec le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi "pour renforcer la coordination, afin de travailler ensemble en faveur d'un règlement politique du conflit syrien sur le long terme".

Un 8e cycle de pourparlers inter-syriens sous l'égide de l'ONU se poursuit à Genève jusqu'au 14 décembre.
 De nouvelles négociations sont également prévues à partir du 21 décembre à Astana, au Kazakhstan.

Déclenchée le 30 septembre 2015, l'intervention militaire russe en Syrie a changé la donne en permettant notamment aux forces gouvernementales de ravir à l'EI la cité antique de Palmyre et de chasser les rebelles de leur bastion d'Alep.

De 4.000 à 5.000 militaires russes ont été déployés en Syrie pendant ces deux années. Officiellement, une quarantaine d'entre eux ont péri depuis le début de cette intervention.
(AFP, 11 décembre 2017)

Flambée de tension entre la Turquie et Israël

Les dirigeants turc Recep Tayyip Erdogan et israélien Benjamin Netanyahu ont échangé dimanche des accusations de "terrorisme" lors d'une brusque escalade verbale entre leurs pays, sur fond de tensions autour du statut de Jérusalem.

Le président turc, qui s'oppose fermement à la décision des Etats-Unis de reconnaître la Ville sainte comme capitale de l'Etat hébreu et accuse les autorités israéliennes de recourir à la force de façon "disproportionnée", a ouvert les hostilités dimanche.

"La Palestine est une victime innocente (...) Quant à Israël, c'est un Etat terroriste, oui, terroriste !", a lancé M. Erdogan lors d'un discours enflammé. "Nous n'abandonnerons pas Jérusalem à la merci d'un Etat qui tue des enfants".

Lors d'un déplacement à Paris, M. Netanyahu lui a sèchement répondu, affirmant n'avoir "pas de leçons de moralité à recevoir d'un dirigeant qui bombarde des villages kurdes en Turquie, qui emprisonne des journalistes, aide l'Iran à contourner les sanctions internationales et aide des terroristes, notamment à Gaza".

Cette flambée de tension survient alors que les relations entre la Turquie et Israël restent fragiles, en dépit d'une normalisation l'an dernier après six années de froid dues à un grave incident maritime.

Signe que l'escalade pourrait se poursuivre, Ankara a vertement réagi aux déclarations de M. Netanyahu. "Nous condamnons avec la plus grande fermeté les déclarations du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu", a déclaré le porte-parole de M. Erdogan, Ibrahim Kalin.

"Au lieu de s'en prendre à notre pays et à notre dirigeant, les autorités israéliennes feraient mieux de mettre fin à leur occupation des territoires palestiniens", a-t-il ajouté.

Ces tensions surviennent quelques jours après la reconnaissance par le président américain Donald Trump de Jérusalem comme capitale d'Israël, une annonce qui a été fermement condamnée par Ankara.

Signe du caractère explosif de cette question, M. Erdogan avait déclaré, avant l'annonce de M. Trump, que reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël pourrait provoquer une nouvelle "rupture" des relations diplomatiques entre la Turquie et l'Etat hébreu.

Le président turc, qui a plusieurs fois qualifié Jérusalem de "ligne rouge pour les musulmans", a souligné que la décision américaine était "nulle et non avenue" pour Ankara.

"Ô, Trump ! Ô, Netanyahu ! Nous ne tomberons pas aussi bas que vous !", a lancé M. Erdogan dimanche.

"Nous allons lutter jusqu'au bout par tous les moyens" contre cette décision, a-t-il poursuivi, rappelant qu'un sommet de l'Organisation de la coopération islamique (OCI) devait se tenir mercredi à Istanbul.

Lors de son discours, M. Erdogan a fait projeter derrière lui une photo montrant un adolescent présenté comme un Palestinien habitant à Hébron, en Cisjordanie occupée, emmené, les yeux bandés, par des individus en uniforme présentés comme des soldats israéliens.

"Voyez comment ces terroristes traînent cet enfant de 14 ans", a fulminé le président turc en désignant cette photo dont l'authenticité n'a pu être vérifiée dans l'immédiat.

Par ailleurs, plusieurs milliers de personnes ont participé dimanche à un rassemblement propalestinien à Istanbul.

Les relations entre la Turquie et Israël avaient été quasiment rompues en 2010 après un raid israélien contre un navire d'une ONG se dirigeant vers la bande de Gaza, qui avait fait dix morts parmi les militants turcs.

Depuis leur réconciliation, à l'été 2016, les deux pays ont depuis intensifié leur coopération, notamment dans le domaine de l'énergie.
(AFP, 10 décembre 2017)

Macron demande à Erdogan de "contribuer à l'apaisement"

Emmanuel Macron a demandé samedi, lors d'un entretien téléphonique, au président turc Recep Tayyip Erdogan de "contribuer à l'apaisement" entre Israël et les Palestiniens et "d'éviter les répercussion négatives dans l'ensemble de la région", a indiqué l'Elysée dimanche.

Le chef de l'Etat a "souligné la nécessité d'éviter les répercussions négatives dans l'ensemble de la région et de contribuer à l'apaisement, pour redonner des perspectives à la paix", selon la présidence française.

Dimanche, lors d'un discours enflammé à Sivas (centre), M. Erdogan a qualifié Israël d'"Etat terroriste" et "tueurs d'enfants", quelques jours après la reconnaissance par les Etats-Unis de Jérusalem comme capitale de l'Etat hébreu.

Lors de cet entretien, le président français a rappelé à son homologue "que la France désapprouvait la décision des Etats-Unis de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël et de transférer l'ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem".

"La France a réaffirmé son attachement au droit international et au respect des résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU. Jérusalem a vocation à devenir la capitale de deux Etats, Israël et la Palestine, selon des modalités qu'il appartiendra aux Palestiniens et aux Israéliens de définir par la négociation", selon l'Elysée.

Emmanuel Macron recevait dimanche à Paris le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Ces déclarations de M. Erdogan surviennent quelques jours après la reconnaissance par le président américain Donald Trump de Jérusalem comme capitale d'Israël, une annonce fermement condamnée par Ankara.

La Turquie et Israël ont normalisé leurs relations l'année dernière, après une crise diplomatique déclenchée en 2010 par un raid israélien contre un navire d'une ONG en direction de la bande de Gaza, qui a fait dix morts parmi les activistes turcs.
(AFP, 10 décembre 2017)

Washington maintiendra sa présence militaire en Syrie

Les Etats-Unis ont annoncé mardi qu'ils maintiendraient une présence militaire en Syrie "aussi longtemps que nécessaire" pour prévenir tout retour du groupe Etat islamique (EI), une annonce qui risque de provoquer la colère de la Russie et l'Iran, alliés du président syrien Bachar al-Assad.

"Nous allons maintenir notre engagement sur le terrain aussi longtemps que nécessaire, pour soutenir nos partenaires et empêcher le retour de groupes terroristes" dans ce pays, a déclaré à l'AFP un porte-parole du Pentagone, Eric Pahon.

Les Etats-Unis ont actuellement quelque 2.000 soldats, notamment des forces spéciales, déployés en Syrie en soutien à leurs alliés des Forces démocratiques syriennes, une coalition de combattants kurdes et arabes.

"Nous allons rester en Syrie pendant un bon moment", a-t-il ajouté. "Je ne veux pas dire que ce sera 10 ans, mais en même temps je ne veux pas dire que ce ne sera pas le cas".

Un retrait militaire des Etats-Unis "dépendra de la situation" sur le terrain, a-t-il ajouté.

En liant l'ampleur du déploiement militaire à la situation sur le terrain, le Pentagone apparaît vouloir prendre le contre-pied de la stratégie pour l'Afghanistan du président précédent Barack Obama, qui avait insisté sur un retrait graduel, dont le calendrier avait été annoncé à l'avance.

Ces annonces avaient provoqué la colère des militaires qui y avaient vu un signal donné aux talibans pour la reprise de leurs opérations.

"Pour que la défaite de l'EI soit durable, la coalition doit s'assurer qu'il ne peut pas se régénérer, reprendre du terrain perdu ou préparer des attentats à l'étranger", a poursuivi le porte-parole du ministère américain de la Défense.

Au moment où la coalition antijihadiste conduite par les Etats-Unis estime qu'il reste moins de 3.000 membres du groupe Etat islamique (EI) en Irak et en Syrie, Washington ne veut pas laisser le terrain libre à la Russie et l'Iran.

Les Etats-Unis sont intervenus en Syrie non à la demande du président syrien Bachar al-Assad mais officiellement en vertu de l'article 51 de la charte des Nations unies qui autorise la défense d'un pays ou d'un groupe d'alliés, en réponse aux attentats de l'EI dans les pays européens alliés de Washington au sein de l'Otan.

- Contre la Russie et l'Iran -

Pour déloger l'EI de Raqa, dont le mouvement jihadiste avait fait la capitale de facto de son "califat" autoproclamé, la coalition s'est alliée aux FDS, dominées par les Unités de protection du peuple kurde (YPG).

Or les FDS ont annoncé dimanche la fin de leurs opérations anti-EI dans l'Est du pays, assurant avoir chassé le groupe de leur zone d'opérations. Dans leur communiqué, les FDS ont remercié pour leur aide la coalition internationale mais aussi la Russie.

Signe apparent que Washington ne veut pas perdre cet allié dans le pays, Eric Pahon a insisté sur le travail de stabilisation politique restant à effectuer et a critiqué l'action de Moscou en Syrie.

"Il ne faut pas croire que dès le dernier combattant de l'EI tué, nous allons abandonner nos alliés des FDS", a-t-il noté. Les Etats-Unis "poursuivront les efforts nécessaires en termes de lutte anti-terroriste et de stabilisation" sur le terrain.

Par stabilisation, Washington entend "la restauration de services publics essentiels, les opérations de déminage et la distribution de l'aide humanitaire", a-t-il expliqué. Les Etats-Unis veulent aussi aider les FDS à devenir des "forces de sécurité locales durables, auto-suffisantes et ethniquement diverses".

De son côté, Moscou "n'a mené qu'une fraction des opérations anti-terroristes" en Syrie, a ajouté Eric Pahon, notant que la lutte contre l'Etat islamique n'avait "pas été la priorité" de la Russie en Syrie.

La Russie "n'a apparemment aucun plan" pour mettre un terme à la guerre civile en Syrie, ni pour "régler les problèmes fondamentaux qui ont mené à l'émergence de l'EI", a-t-il noté. La Russie "ne cherche pas sérieusement non plus à obtenir le retrait des combattants pro-iraniens" de Syrie, notamment le Hezbollah libanais considéré comme une organisation terroriste par Washington.
(AFP, 6 décembre 2017)

CPI : Israël ne sera pas poursuivi pour l'assaut sur la flottille vers Gaza

La Cour pénale internationale (CPI) ne poursuivra pas Israël pour le raid meurtrier contre une flottille humanitaire à destination de Gaza en mai 2010, a annoncé la procureure jeudi, confirmant une précédente décision de clore l'enquête préliminaire.

"Au terme d'un examen approfondi et consciencieux de tous les éléments pertinents, j'ai finalement décidé de confirmer ma précédente décision en ce qui concerne la situation relative aux navires battant pavillons comorien, grec et cambodgien et de clore cet examen préliminaire", étape préalable à une enquête, a déclaré Fatou Bensouda dans un communiqué.

En 2010, la flottille affrétée par l'ONG turque IHH, considérée comme proche de l'actuel gouvernement islamo-conservateur au pouvoir à Ankara, avait été arraisonnée dans les eaux internationales par un commando israélien tandis qu'elle tentait de rallier Gaza, sous blocus israélien.

Neuf Turcs à bord du Mavi Marmara avaient été tués dans l'assaut, ce qui avait provoqué une dégradation des relations diplomatiques entre la Turquie et Israël.

Un dixième était mort plus tard de ses blessures. Cette flottille était composée de huit navires, avec à leur bord 70 passagers originaires d'une quarantaine de pays. Son objectif déclaré était d'apporter de l'aide à Gaza et d'attirer l'attention de la communauté internationale sur les conséquences du blocus.

Mme Bensouda avait été saisie de l'affaire par le gouvernement des Comores, Etat partie au Statut de Rome, le traité fondateur de la CPI, mais aussi celui auprès duquel était enregistré le Mavi Marmara, le navire amiral de la flottille internationale humanitaire.

En 2014, la procureure de la CPI avait déjà décidé de ne pas poursuivre Israël pour le raid tout en estimant "raisonnable de penser" que des crimes de guerre avaient été commis.

Dénonçant un message "politique", les avocats des Comores avaient fait appel en janvier 2015, avant que la CPI n'ordonne en juillet à sa procureure de revoir sa position.

Après avoir "réexaminé plus de 5.000 pages de documents" versés au dossier, "y compris les témoignages de plus de 300 passagers qui se trouvaient à bord du Mavi Marmara", la procureure est "de nouveau parvenue à la conclusion que les affaires éventuelles qui pourraient découler d'une enquête sur cet événement ne seraient pas +suffisamment graves+ pour que la Cour y donne suite". (AFP, 30 nov 2017)


Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece

Pour Erdogan, les Chypriotes turcs sont "copropriétaires", pas une minorité

Les Chypriotes turcs sont des "copropriétaires" de Chypre et non une minorité sur cette île méditerranéenne divisée, a déclaré le président turc Recep Tayyip Erdogan dans un entretien publié dimanche par l'hebdomadaire grec To Vima.

"Les Chypriotes turcs ne seront jamais réduits au statut de minorité, comme le souhaitent les Chypriotes grecs, sur une île dont ils sont les copropriétaires", a dit M. Erdogan, qui a effectué cette semaine une visite officielle en Grèce, la première d'un président turc en 65 ans.

Chypre, qui compte un million d'habitants, est coupée en deux depuis l'invasion en 1974 de la partie nord de l'île par l'armée turque en réaction à un putsch visant à rattacher le pays à la Grèce. L'île est partagée entre la République de Chypre, membre de l'Union européenne depuis 2004 et dont l'autorité ne s'exerce que sur la partie sud de l'île peuplée de chypriotes grecs, et sur 38% du territoire la République turque de Chypre du Nord (RTCN) et ses quelque 300.000 habitants reconnue uniquement par Ankara.

La Turquie y stationne quelque 35.000 soldats dont Nicosie, soutenue par Athènes, réclame le retrait total.

De nouvelles négociations pour tenter de réunifier l'île ont échoué en juillet, achoppant notamment sur ce retrait ainsi que sur le maintien d'un droit d'intervention unilatéral que conservent les trois pays "garants" (Grèce, Turquie et Royaume-Uni, l'ex-puissance coloniale) et que les Chypriotes grecs soutenus par Athènes veulent abolir.

Des décennies de pourparlers ont montré que "les Chypriotes grecs ont un sérieux problème à propos du partage du pouvoir", a estimé M. Erdogan, "ils voient toujours Chypre comme une île grecque".

"Les négociations sont condamnées à rester inefficaces s'il n'y a aucun changement pour comprendre que les Chypriotes turcs sont égaux politiquement", a-t-il ajouté.

En 2004, un double référendum avait abouti au rejet par les Chypriotes grecs à plus de 75% d'un plan de réunification piloté par l'ONU alors que les Chypriotes turcs l'approuvaient à près de 65%.
(AFP, 10 décembre 2017)

Malgré l'insolence d'Erdogan, Athènes et Ankara veulent rester optimistes

Recep Tayyip Erdogan - premier président turc à se rendre en Grèce en 65 ans - et le Premier ministre grec Alexis Tsipras ont affiché jeudi la volonté d'arrondir leurs différends historiques et de poursuivre leur coopération en matière de réfugiés et d'économie.

"Je vous invite à ouvrir ensemble un nouveau chapitre dans les relations gréco-turques, qui ne sera pas basé sur des provocations (...) mais sur la construction d'un pont entre les deux pays", a déclaré M. Tsipras lors d'une conférence de presse à l'issue d'entretiens de près de deux heures avec le président turc.

Une fin de non-recevoir de cette proposition aurait des répercussions "non seulement sur les relations franco-turques mais aussi sur les relations entre la Turquie et l'Europe", a assuré M. Tsipras.

Ankara et Athènes coopèrent étroitement depuis le pacte conclu en mars 2016 avec l'UE, qui a considérablement limité le nombre d'arrivées de réfugiés en Grèce depuis les côtes turques.

Toutefois, le président turc s'est de nouveau plaint jeudi que "les promesses de l'Union européenne ne soient pas encore réalisées en matière (d'aide) économique (...) alors que nous respectons nos engagements" en ce qui concerne le pacte.

- 'Mise à jour' -

Dès mercredi soir les sourcils s'étaient froncés à Athènes à la diffusion d'une interview de M. Erdogan à la télé grecque Skai, dans laquelle il demandait "la révision du traité de Lausanne de 1923" qui régit les frontières en Europe et au Moyen Orient.

"Il faut une mise à jour, dans ce traité il y a des questions en suspens et des choses incompréhensibles, il a été signé il y a 94 ans", a répété M. Erdogan dès son arrivée lors d'un entretien avec le président de la République grecque Prokopis Pavlopoulos.

"Le traité n'est pas négociable, il n'a besoin ni de révision ni de mise à jour", a rétorqué fermement M. Pavlopoulos.

Signé de 11 pays, appartenant à l'Europe d'alors, aux Balkans, ainsi que le Japon, le traité de Lausanne définit les frontières non seulement entre la Grèce et la Turquie, mais aussi à Chypre, en Syrie, Jordanie et d'autres pays au Moyen Orient, une région instable où la Turquie a des intérêts cruciaux.

M. Erdogan avait profité de l'interview à Skai pour demander aussi une "amélioration" des mesures des espaces aériens et maritimes turcs et grecs en mer Egée, autre point de discorde.

Finalement, tout le monde a affiché une volonté d'avancer. Lors de la conférence de presse avec M. Tsipras, M. Erdogan a expliqué que la Turquie "ne convoite l'intégrité territoriale d'aucun pays", et a annoncé que les deux pays allaient "relancer le dialogue sur la construction des mesures de confiance en Egée".

M. Tsipras a relevé pour sa part que "la visite du président turc intervient à un moment où nous faisons face à des défis dans notre région, la crise en Syrie (...), la tension entre la Turquie et l'UE, et il faut construire un dialogue".

- Décisions de justice -


"Il faut voir le verre à moitié plein", a finalement convenu M. Erdogan en soulignant aussi la nécessité de poursuivre le dialogue pour trouver des solutions aux problèmes les plus épineux : Chypre et la délimitation du plateau continental en mer Egée.

Le président turc a toutefois déploré que les droits de la minorité musulmane de la Thrace, dans le nord-ouest de la Grèce, forte de 120.000 personnes, "ne soient pas respectés en vertu du traité de Lausanne". Athènes continue de nommer les muftis, dirigeants religieux de cette minorité, et "ne laisse pas la minorité le faire", a-t-il regretté.

M. Erdogan, qui était déjà venu en Grèce lorsqu'il était Premier ministre, en 2004 et 2010, ira en Thrace vendredi.

Après plusieurs décennies de rapports houleux qui ont même failli dégénérer en affrontements en 1996, le dégel entra la Grèce et la Turquie a commencé en 1999 quand la première a aidé la deuxième après un séisme qui avait dévasté Istanbul.

Mais leurs relations ont connu une nouvelle tension l'année dernière quand la justice grecque a refusé d'extrader huit militaires qui avaient trouvé refuge en Grèce au lendemain du coup d'Etat manqué contre M. Erdogan.

"Comme dans tout pays européen, il faut respecter les décisions de la justice", a fait remarquer M. Tsipras à son interlocuteur.
(AFP, 7 décembre 2017)

Immigration / Migration


Elections communales 2018: Emir Kir conservera-t-il sa majorité?

Avec son unique petit km², elle est l’entité la plus étriquée de la Région bruxelloise. Il faut à peine un quart d’heure pour la traverser à pied. Ce qui ne l’empêche pas d’accueillir plus de 27.000 Tennoodois de 150 nationalités différentes : elle est aussi la plus dense, et particulièrement métissée.

Sa singularité ne s’arrête pas là, hélas. Parce qu’à Saint-Josse vivent les citoyens les plus pauvres du pays (si l’on regarde le revenu moyen par habitant). Ils perçoivent en moyenne annuellement 8690 euros, c’est-à-dire qu’ils vivent avec deux fois moins d’argent que la moyenne belge.

Saint-Josse pauvre… et riche à la fois
Mais ça n’empêche pas la commune d’avoir des ressources : les taxes sur les bureaux (tours Belgacom et Rogier) lui rapportent et lui permettent même de faire partie du club restreint des communes bruxelloises à ne pas être tenues par un plan d’assainissement régional. Enfin, en plus d’être petite, dense, pauvre et riche à la fois, St Josse est aussi LA plus jeune commune de Belgique (l’âge moyen y est de 33 ans).

65 ans de pouvoir socialiste
A la tête de cette commune de tous les superlatifs, le socialiste belgo-turc Emir Kir. Alors Secrétaire d’Etat bruxellois, il a ravi l’écharpe maïorale de Jean Demannez aux élections d’octobre 2012, au terme d’une négociation houleuse et au prix de sa place dans l’exécutif régional. Son parti, le PS, dispose d’une majorité absolue au conseil communal (élargie au CDH). En octobre 2018, il fêtera, à quelques jours près, à la fois ses 50 ans et sa réélection comme Bourgmestre... à moins que ses coriaces adversaires politiques parviennent, ensemble, à mettre un terme à 65 ans de pouvoir socialiste.

Amateurisme
Ils en ont marre, les écolos, les libéraux et les autres dans les rangs de l’opposition. Pour eux, c’est évident : la commune est mal gérée. A les entendre, Emir Kir et son équipe sont les maîtres de l’amateurisme : les champions du dossier incomplet, de l’erreur d’estimation, les super-héros de la mauvaise utilisation de subsides. Et le tout sur fond de mégalomanie : ils seraient aussi les rois du projet démesuré (nouvelle Maison communale). (RTBF, 15 déc 2017)

Deux nouveaux partis belges cherchant les voix des Turcs

Deux nouveaux partis politiques se lancent à l'approche de la campagne électorale d'octobre l'année prochaine. Ils comptent sur les voix des immigrés, notamment des Turcs...

Le premier parti est fondé par une ancienne sénatrice d'origine turque, Meryem Kaçar, et un activiste musulman d'origine libanaise, Dyab Abou Jahjah.

Le deuxième est fondé par Murat Köylü, un sympathisant de l'AKP d'Erdogan, et six autres immigrés. Pour logo du parti, ils ont choisi le signe Rabia des Frères musulmans qui est utilisé souvent également par Recep Tayyip Erdogan. (HLN, 7 décembre 2017)

La justice allemande classe une enquête d'espionnage visant Ankara

La justice allemande a indiqué mercredi avoir classé son enquête visant 19 personnes soupçonnées d'avoir espionné pour le compte de la Turquie des partisans du prédicateur Fethullah Gülen, un dossier qui avait envenimé les relations germano-turques.

Les investigations visaient principalement des religieux travaillant pour le Ditib, principale organisation de la communauté turque musulmane en Allemagne, a précisé le Parquet fédéral dans un communiqué.

Après avoir récolté des informations sur des partisans du mouvement Gülen, ils étaient soupçonnés d'en "rendre compte au consulat général turc à Cologne", selon le Parquet.

Parmi les 19 personnes concernées par l'enquête, la justice a abandonné ses recherches contre sept d'entre elles en raison "d'obstacles procéduraux" dans la mesure où les intéressés ont quitté l'Allemagne.

Pour sept autres personnes, l'enquête a été classée "faute de preuves suffisantes". Cinq autres ont été lavées de tout soupçon.

En février, la justice allemande avait mené des perquisitions dans les appartements de quatre imams soupçonnés d'avoir rassemblé des informations sur des partisans du prédicateur Gülen, accusé par le gouvernement turc d'être à l'origine du coup d'Etat avorté en juillet 2016.

Ankara avait rejeté ces accusations d'espionnage et annoncé le rappel de six imams du Ditib, qui gère 806 mosquées en Allemagne et est accusé de soutenir très activement le président turc, Recep Tayyip Erdogan.

Une autre enquête pour espionnage est encore en cours en Allemagne, visant cette fois-ci les services de renseignement turcs (MIT) qui auraient espionné des personnes et organisations jugées proches du mouvement Gülen en Allemagne.

Depuis le putsch manqué de 2016, les relations entre Ankara et Berlin se sont particulièrement tendues.

Neuf Allemands, dont au moins quatre ont la double nationalité germano-turque, sont actuellement détenus en Turquie. Ils sont le plus souvent soupçonnés par les autorités turques de liens avec le PKK ou le mouvement de M. Gülen.
(AFP, 6 décembre 2017)


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