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INFO-TURK

A non-government information center on Turkey

Un centre d'information non-gouvernemental sur la Turquie

45th Year / 45e Année
  Septembre
2018 September
N° 481
53 rue de Pavie - 1000 Bruxelles
Tél: (32-2) 215 35 76 - Fax: (32-2) 588 69 73
Chief Editor /Rédacteur en chef: 
Dogan Ozgüden

Responsible editor/Editrice responsable:

Inci Tugsavul
Human Rights
Pressures on  media
Kurdish Question
Minorities
Interior politics
Armed Forces
Religious affairs
Socio-economics
Turkey-Europe
Turkey-USA
Regional Relations
Cyprus and Greece
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Titres des évènements du mois
Titles of this month's events


Droits de l'Homme / Human Rights


Arrestations lors d'une manifestation de soutien à des ouvriers

Des centaines d'ouvriers du nouvel aéroport d'Istanbul arrêtés
Sept ans de prison pour un Britannique
‘Prison Capacity Exceeded, 3 People Lie in 1 Bed’
Six personnes condamnées à vie pour un attentat à Ankara

Un Allemand d'origine turque recherché par Ankara arrêté en Bulgarie
A Istanbul, les mères de "disparus" refusent d'abandonner

"Les mères du samedi" empêchées de manifester à Istanbul
Déclaration des avocats d'Ayten Öztürk, enlevée par la police


Pression sur les médias / Pressure on the Media

Can Dündar: "Erdogan est empoisonné par son propre pouvoir"
RSF dénonce l'arrestation d'un journaliste autrichien en Turquie
Vague de démissions à Cumhuriyet après un changement de direction
Austrian Government: Release Detained Journalist Immediately
No Release for Journalists Şahin, Gayıp from ETHA

“Propagande terroriste”: une arme de choix pour étouffer le débat en Turquie
Interpol traque pour Ankara les intellectuels turcs réfugiés en Europe
"Rien n'a changé en Turquie", selon une journaliste allemande libérée de prison
Police assault reporters in Istanbul

Investigation into 146 Social Media Users in 1 Week


Kurdish Question / Question kurde

Condamnation du leader kurde Demirtas à 4 ans de prison
The Time Has Come! Free Abdullah Öcalan
18 morts dans des affrontements entre Kurdes et forces du régime en Syrie
L'Iran exécute trois activistes kurdes
Curfew in Diyarbakır’s Districts of Lice, Hani

Minorités / Minorities

La condition d'Erdogan pour rétablir les relations turco-arméniennes

Motion for Parliamentary Investigation into September 6/7 Pogrom

Politique intérieure/Interior Politics

Le Vif/L'Express: " Le régime d'Ankara a besoin d'ennemis "

Forces armées/Armed Forces

La Turquie "a besoin" des S-400 russes, insiste Erdogan


Affaires religieuses / Religious Affairs
 

La justice rejette une demande de prières musulmanes à Sainte-Sophie

L'Eglise russe menace de rompre avec Constantinople s'il reconnaît Kiev
Tentative d'enlèvement en Mongolie : un Turc demande l'aide de l'ONU

Socio-économique / Socio-economic

La banque centrale relève fortement ses taux d'intérêt
Interdiction des transactions immobilières en devises étrangères
Erdogan à la tête du fonds souverain turc

L'inflation accélère en août à 17,9%, au plus haut depuis 2003
Ankara veut se passer du dollar dans ses échanges commerciaux
La livre turque dégringole après la démission d'un vice-gouverneur

Relations turco-européennes / Turkey-Europe Relations


Echange d'ambassadeurs entre la Turquie et les Pays-Bas
Le ministre allemand des Affaires étrangères à Ankara
ECtHR Convicts Turkey of Testimony Without Attorney


Turquie-USA-OTAN / Turkey-USA-NATO

Le représentant américain pour la Syrie en visite à Ankara

Relations régionales / Regional Relations

Constat de divergences entre Iran, Russie et Turquie sur Idleb lors du sommet
Ankara désigne Hayat Tahrir al-Cham comme un groupe "terroriste"
Le chef de la diplomatie iranienne rencontre Erdogan à Ankara

Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece

Des migrants syriens expulsés illégalement en Turquie
La chute de la livre turque fait chanceler Chypre-Nord

Immigration / Migration

Un Erdoganiste se retire de la liste de Clerfayt

Le co-président d’Ecolo accuse Emir Kir
Inculpé, l'échevin de Schaerbeek Sait Köse retire sa candidature

L’échevin de Schaerbeek Sait Köse (DéFi) inculpé
Emir Kir (PS) accusé de menacer des candidats d’autres listes
L'afflux d'Afghans, nouveau casse-tête pour la Turquie

Saint-Josse: que la campagne est turque




Droits de l'Homme / Human Rights

Arrestations lors d'une manifestation de soutien à des ouvriers

La police turque a interpellé samedi soir à Istanbul une vingtaine de personnes qui manifestaient en soutien aux ouvriers du nouvel aéroport, eux-mêmes été visés par des arrestations après avoir dénoncé leurs conditions de travail.

Un photographe de l'AFP, Bülent Kiliç, a également été interpellé, puis relâché deux heures plus tard.

Plusieurs dizaines de personnes ont tenté de se réunir samedi soir en soutien à des ouvriers travaillant sur le chantier du troisième aéroport d'Istanbul, censé ouvrir fin octobre.

Mais les forces de l'ordre sont immédiatement intervenues pour disperser les manifestants, et en ont interpellé au moins une vingtaine, a constaté une journaliste de l'AFP.

Cette manifestation avait été organisée en réaction à l'arrestation de plusieurs centaines d'ouvriers dans la nuit de vendredi à samedi après une manifestation de protestation contre leurs conditions de travail.

"500 ouvriers du troisième aéroport ont été arrêtés", avait tweeté dans la matinée la Confédération des syndicats révolutionnaires de Turquie (Disk).

Ces arrestations faisaient suite à une manifestation des ouvriers vendredi devant le chantier de l'aéroport, l'un des nombreux gigantesques projets lancés sous la houlette du président Recep Tayyip Erdogan.

Les manifestants déplorent des décès et des accidents sur le chantier ainsi que de mauvaises conditions de vie dans leurs logements sur place.

Selon les témoignages recueillis par le quotidien d'opposition Cumhuriyet, certains ouvriers se plaignent notamment de puces et de punaises de lit.

L'entreprise chargée de l'exploitation de l'aéroport, IGA, a publié un communiqué vendredi soir, affirmant que la direction avait rencontré les ouvriers et promis que des mesures seraient prises "au plus vite" pour régler les problèmes soulevés.

Interrogée samedi, une porte-parole s'est refusée à tout commentaire sur les arrestations.

Le mot-dièse en soutien à ces travailleurs, "Nous ne sommes pas des esclaves" (#köledegiliz), était parmi les plus partagés en Turquie samedi.

Sur place, l'entrée de la zone de vie des ouvriers était étroitement surveillée par des dizaines de policiers et de gendarmes et des véhicules blindés étaient déployés à proximité, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Le chantier de cet aéroport, destiné à être le plus grand du monde selon Ankara, mobilise 35.000 personnes, dont 3.000 ingénieurs et membres du personnel administratif.

Au cours d'une visite organisée pour la presse en avril, le ministre des Transports avait déclaré que 27 ouvriers avaient perdu la vie, dont 13 dans des accidents du travail.

Mais quelques ouvriers interrogés samedi par l'AFP ont affirmé, sous couvert de l'anonymat, que ces chiffres étaient bien en-dessous de la réalité et que les accidents étaient très fréquents sur le chantier.

Dans une première phase, cet aéroport aura une capacité de 90 millions de passagers par an, pour atteindre 150 millions de passagers en 2023, a affirmé le chef de l'Etat à l'occasion d'un premier atterrissage, en juin.
(AFP, 15 sept 2018)

Des centaines d'ouvriers du nouvel aéroport d'Istanbul arrêtés

Des centaines d'ouvriers travaillant sur le chantier du troisième aéroport d'Istanbul, censé ouvrir fin octobre, ont été arrêtés dans la nuit de vendredi à samedi, après avoir manifesté contre leurs conditions de travail, selon plusieurs syndicats.

"500 ouvriers du troisième aéroport ont été arrêtés", a tweeté la Confédération des syndicats révolutionnaires de Turquie (Disk).

 Des centaines d'ouvriers ont manifesté vendredi devant le chantier de l'aéroport, l'un des nombreux gigantesques projets lancés sous la houlette du président Recep Tayyip Erdogan, avant d'être dispersés par les forces de l'ordre, selon l'agence privée de presse DHA.

Les manifestants déplorent des décès et des accidents sur le chantier ainsi que de mauvaises conditions de vie dans les logements qu'ils occupent sur place.

Selon les témoignages recueillis par le quotidien d'opposition Cumhuriyet, certains ouvriers se plaignent notamment de la présence de puces et de punaises de lit.

L'entreprise chargée de l'exploitation de l'aéroport a publié un communiqué vendredi soir, affirmant que la direction a rencontré les ouvriers et promis que des mesures seraient prises "au plus vite" pour régler les problèmes soulevés.

Interrogée samedi, une porte-parole s'est refusée à tout commentaire sur les arrestations.

Le mot-dièse en soutien à ces travailleurs, "Nous ne sommes pas des esclaves" (#köledegiliz), était parmi les plus partagés en Turquie samedi.

Sur place, l'entrée de la zone de vie des ouvriers était étroitement surveillée par des dizaines de policiers et de gendarmes et des véhicules blindés étaient déployés à proximité, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Le chantier de cet aéroport, destiné à être le plus grand du monde selon Ankara, mobilise 35.000 personnes, dont 3.000 ingénieurs et membres du personnel administratif.

Au cours d'une visite organisée pour la presse en avril, le ministre des Transports avait déclaré que 27 ouvriers avaient perdu la vie, dont 13 dans des accidents du travail.

Mais quelques ouvriers interrogés samedi par l'AFP ont affirmé, sous couvert de l'anonymat, que ces chiffres étaient bien en-dessous de la réalité et que les incidents étaient très fréquents sur le chantier.

Dans une première phase, cet aéroport aura une capacité de 90 millions de passagers par an, pour atteindre 150 millions de passagers en 2023, a affirmé le chef de l'Etat à l'occasion d'un premier atterrissage effectué en juin.
(AFP, 15 sept 2018)

Sept ans de prison pour un Britannique jugé pour liens avec les milices kurdes

Un tribunal turc a condamné à sept ans et demi de prison un Britannique arrêté en 2017 et accusé de liens avec une milice kurde considérée comme "terroriste" par la Turquie, a rapporté l'agence de presse privée DHA.

Joe Robinson a été condamné à sept ans et demi de prison pour "appartenance à une organisation terroriste" par un tribunal d'Aydin, dans l'ouest de la Turquie, a a précisé vendredi soir DHA.

Le Britannique y avait été arrêté en juillet 2017, alors qu'il y passait des vacances. Il a ensuite été placé en détention provisoire pour avoir publié des photos le montrant en tenue de camouflage avec des combattants des YPG, les milices kurdes de Syrie, considérées comme "terroristes" par Ankara, mais alliées de Washington dans la lutte contre le groupe Etat islamique (EI).

Un tribunal l'avait ensuite placé en liberté sous contrôle judiciaire en novembre lors d'une audience de son procès.

M. Robinson n'a pas assisté à son procès vendredi pour "des raisons de santé", précisait DHA sans plus de détails. Il reste en liberté dans l'attente de son jugement en appel.

Le ministère britannique des Affaires étrangères a déclaré se tenir "prêt à fournir une assistance consulaire" à son citoyen en Turquie.

La fiancée de M. Robinson, de nationalité bulgare, avait été arrêtée en juillet en même temps que lui mais avait été aussitôt remise en liberté sous contrôle judiciaire.

Egalement jugée vendredi, elle a été condamnée à un an, dix mois et quinze jours d'emprisonnement pour "propagande terroriste", mais est actuellement en Angleterre, selon DHA.

Selon la presse britannique, Joe Robinson est un ancien soldat qui avait notamment servi en Afghanistan en 2012 et s'était rendu en Syrie en 2015 pour travailler dans le service médical des YPG.

Il avait été arrêté à son retour en Grande-Bretagne pour des soupçons de liens avec des groupes "terroristes" mais les poursuites avaient été abandonnées.
(AFP, 15 sept 2018)

‘Prison Capacity Exceeded, 3 People Lie in 1 Bed’

Ömer Faruk Gergerlioğlu, the Kocaeli MP of the Peoples' Democratic Party (HDP) and a member of the Grand National Assembly of Turkey (TBMM) Human Rights Investigation Commission, has brought the rights violations committed in Sivas Type E Closed Prison to parliamentary agenda.

Gergerlioğlu has filed a petition to the Human Rights Investigation Commission about the rights violations and submitted a parliamentary inquiry to be responded by Minister of Justice Abdülhamit Gül.

"22 people stay in an 8-person ward"

In their letter to Gergerlioğlu, inmates held in Sivas Type E Closed Prison have stated:

"In the women's ward no. B-9, 22 people stay in an 8-person ward, no new wards are opened despite our requests. Three people share the same bed or sleep on the floor.

"Water runs for only half an hour a day. We are deprived of running water for the rest of the day.

"They cut the water in toilets and bathrooms as well. Since the water is taken from a well, there are insects in it. They do not disinfect it despite our complaints.

"The prison administration also subjects the inmates to psychological pressure."

"Has the ministry launched an investigation?"

In his parliamentary inquiry addressed to Minister of Justice Abdülhamit Gül, Gergerlioğlu has asked whether any investigations have been launched into the complaints of the inmates held in Sivas Type E Closed Prison.

Referring to the Article 3 of the European Convention on Human Rights about torture and maltreatment, Gergerlioğlu has also asked what measures have been taken by the ministry to prevent these offences and how many investigations have been launched against prison personnel over the last five years due to related allegations.
(BIA, 11 September 2018)

Six personnes condamnées à vie pour un attentat à Ankara

Six personnes ont été condamnées à la prison à vie lundi pour un attentat à la voiture piégée qui a fait 29 morts à Ankara en février 2016, revendiqué par un mouvement kurde armé, selon l'agence étatique Anadolu.

Les six accusés ont été condamnés chacun à 29 peines de prison à vie pour homicide volontaire de 29 personnes, et à une peine de perpétuité supplémentaire pour avoir porté atteinte à l'intégrité territoriale et l'unité de l'Etat, précise Anadolu.

Ils ont également été condamnés à 1.185 ans de prison chacun pour transport d'explosifs et tentative d'assassinat de 75 personnes.

Parmi les 68 accusés jugés dans le cadre de ce procès, deux autres ont écopé de neuf ans de prison pour "appartenance à une organisation terroriste" et sept personnes à six ans de prison pour fraude.

Deux personnes ont été acquittées. Cinquante autres accusés doivent être jugés séparément.

Vingt-neuf personnes avaient perdu la vie le 17 février 2016 dans cet attentat à la voiture piégée qui visait un convoi militaire dans le centre de la capitale turque.

L'attaque, perpétrée par un kamikaze, avait été revendiquée par les Faucons de la liberté du Kurdistan (TAK), proche du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), une organisation classée "terroriste" par Ankara et ses alliés occidentaux.

La Turquie a été frappée en 2015 et 2016 par de nombreux attentats sanglants, attribués ou revendiqués par le groupe Etat islamique (EI) et les rebelles kurdes.

Le dernier attentat d'envergure en Turquie remonte à la nuit du Nouvel An 2017. Un membre de l'EI avait alors attaqué une discothèque à Istanbul avec un fusil d'assaut, faisant 39 morts.

Depuis, la Turquie reste sous haute sécurité, et les autorités mènent régulièrement des vagues d'arrestation de membres présumés de l'EI et du PKK.
(AFP, 10 sept 2018)


Un Allemand d'origine turque recherché par Ankara arrêté en Bulgarie

Un Allemand d'origine turque condamné par contumace dans son pays d'origine pour appartenance au PKK a été arrêté dimanche en Bulgarie, a indiqué mercredi le ministère de l'Intérieur à Sofia, confirmant des informations de presse.

Mehmet Yavuz, 44 ans, a été interpellé à son arrivée à l'aéroport de Varna (est) en vertu d'un mandat d'arrêt international émis par la Turquie, alors qu'il comptait passer des vacances sur la côte bulgare avec sa femme.

Réfugié en Allemagne dont il a obtenu la nationalité, il a selon la presse allemande été condamné en 1999 par contumace à 12 ans et demi de prison pour appartenance au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), une organisation classée comme "terroriste" par Ankara et ses alliés.

Jointe par le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung, sa femme, Gülzen Yavuz, a confirmé qu'il avait été politiquement actif dans les années 1990 en Turquie, tout en assurant qu'il n'avait jamais été lié à des activités terroristes.

M. Yavuz a ces dernières années régulièrement voyagé tant au sein de l'UE qu'en dehors avec son passeport allemand, sans jamais être inquiété, a-t-elle souligné.

Le tribunal régional de Varna va "informer la partie qui le recherche pour qu'elle fournisse des documents en vue d'une extradition", a déclaré à l'AFP le porte-parole du tribunal Radoslav Lazarov. A l'issue d'une audience mercredi devant ce tribunal, M. Yavuz a été assigné à résidence dans l'attente de l'examen de la demande d'extradition.
(AFP, 7 sept 2018)

A Istanbul, les mères de "disparus" refusent d'abandonner

Par Fulya OZERKAN

Hanife Yildiz a vu son fils unique Murat pour la dernière fois alors qu'il entrait dans un commissariat où il était convoqué pour avoir tiré des coups de feu en l'air pendant une altercation. C'était en 1995, il avait 19 ans.

La police lui a raconté que Murat s'était évadé pendant son transfert à Istanbul. Mais Mme Yildiz n'en croit pas un mot.

Alors, pour réclamer la vérité, elle a rejoint les "Mères du samedi", un groupe de femmes manifestant chaque semaine depuis plus de vingt ans pour leurs proches disparus aux mains des autorités.

"Si une mère ne cherche pas son enfant, alors cela n'a aucun sens d'être mère", dit-elle.

Chaque semaine depuis le 27 mai 1995, les "Mères du samedi", un groupe de femmes aux cheveux aujourd'hui grisonnants, se rassemblaient devant le lycée francophone Galatasaray, au coeur d'Istanbul, brandissant des photos jaunies de leurs proches disparus.

Mais le mois dernier, le gouvernement a empêché la tenue de leur 700ème manifestation pacifique. Les "Mères du samedi" et leurs soutiens ont été dispersés par la force. Samedi, la police a une nouvelle fois entravé la tenue du rassemblement.

Malgré l'interdiction de manifester qui les vise désormais, Mme Yildiz veut continuer de se battre. "Nous n'abandonnerons notre combat que lorsque les autorités nous montreront la pierre tombale de nos fils", dit-elle à l'AFP.

Le mouvement des "Mères du samedi" s'est inspiré de celui des "Mères de la Place de Mai" en Argentine, où des proches de victimes de "disparitions forcées" pendant la dictature (1976-1983) manifestaient chaque semaine pour demander des informations.

La Turquie a connu une période très troublée dans les décennies 1980 et 1990, les forces de sécurité affrontant la guérilla kurde du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) dans le Sud-Est, et des groupes radicaux d'extrême gauche à travers le pays.

- "Deuil sans fin" -

Des ONG accusent les gouvernements de l'époque d'avoir commis de nombreuses violations lors d'arrestations ou dans le traitement de personnes détenues, avec un recours fréquent à la torture.

Aujourd'hui, les "Mères du samedi" craignent que l'actuel président Recep Tayyip Erdogan ne soit pas pressé d'exhumer ce passé.

Le mois dernier, le ministre de l'Intérieur, Süleyman Soylu, a justifié l'interdiction de ces rassemblements en arguant que le mouvement était, selon lui, récupéré par le PKK.

"Qu'aurions-nous dû faire ? Fermer les yeux alors que les sentiments maternels étaient exploités par des groupes terroristes ?", a-t-il alors déclaré.

Le 25 août, la police a dispersé les "Mères du samedi" à l'aide de canons à eau et de grenades lacrymogènes et des figures du mouvement, comme Emine Ocak, 82 ans, ont été brièvement interpellées, suscitant l'indignation.

"Il y a un deuil sans fin pour les personnes disparues pendant leur détention. Il ne prendra fin que lorsque nous aurons une tombe" devant laquelle se recueillir, confie la fille d'Emine Ocak, Maside.

"Nous ne pouvons pas surmonter le traumatisme", ajoute Maside, dont le frère, Hasan, n'a pas été vu depuis le 21 mars 1995 après, selon sa famille, avoir été interpellé.

- "Continuer à chercher" -

Le ministre de l'Intérieur soutient que Hasan Ocak était membre d'un groupe d'extrême gauche et qu'il a été tué dans le cadre d'un règlement de comptes au sein de l'organisation.

"Même si c'est un meurtre interne au groupe, comme le dit Soylu, nous voulons que (...) les coupables soient punis", déclare Maside Ocak.

"J'ai vu des photos du corps torturé de Hasan dans un rapport d'autopsie. Cette image ne m'a jamais quittée depuis", poursuit-elle.

"Tant que ce crime restera impuni, nous continuerons à chercher. Quand nous nous rappelons nos proches, ce n'est pas un corps mutilé qui devrait nous venir à l'esprit".

En 2011, alors qu'il était Premier ministre, M. Erdogan avait rencontré un groupe de "Mères du samedi" qui réclamait la création d'une commission d'enquête indépendante.

Hanife Yildiz était présente à cette réunion et elle conserve aujourd'hui la même soif de vérité, en dépit de l'interdiction de manifester.

"Nous ne permettrons pas que les corps de nos proches (...) se retournent dans leurs tombes", dit-elle. "Nous continuerons de courir après nos enfants disparus".
(AFP, 4 sept 2018)

"Les mères du samedi" empêchées de manifester à Istanbul

Les autorités turques ont empêché "les mères du samedi", qui manifestent depuis 1995 à la mémoire de proches disparus dans les années 1980 et 1990, de défiler dans le centre d'Istanbul, a constaté un photographe de l'AFP.

La semaine dernière, la police était intervenue pour la première fois depuis plusieurs années pour disperser et interdire leur manifestation hebdomadaire, arguant que l'évènement était "exploité" par des "groupes terroristes".

La police d'Istanbul a érigé ce samedi des barricades à proximité de la place Galatasaray et sur l'avenue de l'Istiklal pour empêcher le rassemblement, selon ce photographe.

Quelque trois cents personnes étaient présentes, parmi lesquelles des responsables du Parti républicain du peuple (CHP), la principale formation de l'opposition et des députés du Parti démocratique des peuples (HDP, pro-kurde).

Une déclaration a été communiquée à la presse pour dénoncer l'"arbitraire" des autorités.

Les autorités d'Istanbul ont justifié l'interdiction du rassemblement par le fait que des appels à y participer avaient été lancés par le biais de réseaux sociaux liés au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), une organisation classée "terroriste" par Ankara, mais aussi par l'Union européenne et les Etats-Unis.

Depuis le 27 mai 1995, les "mères du samedi" se rassemblent chaque semaine dans le centre d'Istanbul en souvenir de proches disparus, à une époque troublée de la Turquie.

Les disparitions en Turquie ont eu lieu au plus fort de l'insurrection du PKK, qui a débuté en 1984 dans le sud-est du pays où vivent une majorité de Kurdes.

Selon les sympathisants des "mères du samedi", l'Etat turc n'a jamais enquêté de façon suffisante pour établir la vérité sur ceux qui ont disparu après leur mise en détention par les autorités turques.
(AFP, 1 sept 2018)

Déclaration des avocats d'Ayten Öztürk, enlevée par la police

Ayten Öztürk, militante turque disparue pendant six mois, a été localisée cette nuit. Ses avocats l'ont rencontré aujourd'hui. Point sur la situation.

Les avocats du Bureau du Halkın Hukuk Bürosu (Bureau de droit pour le peuple - HHB) ont rencontré aujourd'hui Ayten Öztürk qui est détenue par la section politique de la police à Ankara en Turquie après une disparition de six mois. Voici les informations qu'ils ont diffusé sur twitter.

Ayten Öztürk a été arrêtée le 8 mars à l'aéroport de Beyrouth au Liban pour être extradée vers la Turquie le 13 mars. À partir de cette date et jusqu'au 28 août, elle a été détenue dans un endroit inconnu par la contre-guérilla, brigade spéciale des services secrets turcs. Durant toute cette période, et afin d'obtenir des informations, elle a été torturée. Outre des violences sexuelles, les sévices corporels ont été nombreux avec usage notamment des techniques de suspension, de l'électricité ou de l'eau glacée. Afin de l'abattre psychologiquement, il a été également été utilisée la torture psychologique. Il lui a entre autre été dit, et toujours dans l'objectif de la faire collaborer, que personne ne s'inquiétait de sa disparition, ni n'était là pour la défendre. Malgré ces méthodes barbares, Ayten Öztürk s'est tue. Elle a perdu 22 kilos, se trouve dans un état physique déplorable mais elle a gardé le silence.

Le 28 août, après une heure trente de trajet, elle a été abandonnée dans un endroit désert où la police d'Ankara l'a récupéré.

Pour le moment, elle ne fait pas encore l'objet d'un chef d'inculpation officiel et les avocats du HHB diffuseront de façon régulière des informations sur sa situation et son état de santé. (Dogan Presse Agence, August 30, 2018)

Pression sur les médias / Pressure on the Media

Can Dündar: "Erdogan est empoisonné par son propre pouvoir"

Les Occidentaux ont "abandonné la Turquie" qui n'est plus qu'une "vaste prison", un pays où la délation des opposants est "récompensée" par le gouvernement, déclare dans un entretien à l'AFP le célèbre journaliste turc Can Dündar.

Devenu le principal symbole de la lutte pour la liberté de la presse sous la présidence de Recep Tayyip Erdogan, Can Dündar vit depuis deux ans un "exil difficile" en Allemagne, loin de sa famille", du "Bosphore et de la mer apaisante".

Ancien rédacteur en chef du quotidien d'opposition turc Cumhuriyet qui a multiplié les enquêtes embarrassantes pour le pouvoir, Dündar est considéré comme un "traître" par Ankara pour avoir révélé en 2015 que les services secrets turcs avaient fourni des armes à des jihadistes en Syrie. Erdogan, selon lui, "a toujours soutenu les islamistes".

Avec amertume, il déclare que "la Turquie est la pire prison au monde pour les journalistes, 155 sont emprisonnés, les autres sont dans des prisons invisibles car tout ce qu'ils peuvent écrire peut se retourner comme une arme contre eux. Il n'y a plus de place pour des médias libres en Turquie".

La Turquie occupe la 157ème place sur 180 pays du classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières (RSF) en 2018.

- "Simple tweet" -

Un "simple tweet" peut "conduire" à la prison car la "délation extrêmement forte est récompensée par la police". "C'est une sombre comédie" et "l'autocensure s'est installée jusque dans les foyers".

Ankara nie toute atteinte à la liberté de la presse, affirmant que les seuls journalistes arrêtés sont liés à des "organisations terroristes", expression désignant le PKK ou les réseaux proches du prédicateur Fethullah Gülen.

Selon Dündar, qui a rencontré mardi le président français Emmanuel Macron avec une délégation de RSF, les "Occidentaux ferment les yeux sur la Turquie". "Ils acceptent le chantage d'Erdogan qui menace de leur envoyer 3 millions de réfugiés syriens".

"Les Occidentaux, selon lui, devraient être de notre côté car une Turquie démocratique est nécessaire (...) mais ils sont en train de la pousser dans les bras de Téhéran et de Moscou". "Les Européens sacrifient leurs valeurs, c'est une grosse déception car nous défendons la liberté de la presse et la laïcité".

Inculpé avec le chef du bureau de son journal à Ankara pour "révélation de secrets d'Etat", Dündar a été emprisonné en 2015, puis relâché par le plus haut tribunal turc, suscitant la colère d'Erdogan.

M. Dündar, 57 ans, a été condamné en première instance à plus de cinq ans de prison. Peu avant l'annonce du verdict, il avait essuyé des coups de feu devant le tribunal, ne devant son salut qu'à l'intervention de son épouse Dilek qui a maîtrisé le tireur.

"Ma femme n'a pas pu quitter la Turquie, ils ont saisi son passeport à l'aéroport". "Erdogan, dit-il, tente de me stopper dans mes activités en utilisant ma femme, ce sont des méthodes mafieuses".
 Aujourd'hui, il ne peut parler à son épouse "qu'à travers Skype". "En prison, c'était à travers une vitre".

- Erdogan "doit être jugé" -

Selon lui, Erdogan doit "être jugé pour corruption, violations des droits de l'homme et des lois internationales".

Erdogan "est empoisonné par son propre pouvoir (...) quand il s'est débarrassé de l'armée lors de son ascension au pouvoir, il est devenu l'armée".

Dündar dit qu'il ne trouvera vraiment "la paix que quand la démocratie sera rétablie en Turquie".

Le journaliste ajoute "avoir eu plus peur en Turquie qu'en Allemagne, ayant "déjà été confronté à un tueur". "Je n'ai pas peur mais si cela s'est produit une fois, cela peut se reproduire une seconde fois, être emprisonné, ou être tué".

- Douloureux exil allemand -

Vivant sous protection à Berlin où est installée une importante communauté turque, il collabore avec le journal allemand Die Zeit, tentant "de combiner journalisme" et défense des "droits de l'homme".

La Turquie "ce n'était pas le paradis avant Erdogan, mais il y avait une grande opportunité pour les enfants là-bas d'apprendre la démocratie. Elle aurait pu devenir un exemple dans le monde musulman" au lieu de commencer à ressembler "au Qatar".

"Ma femme, ma famille, mes amis et ma bibliothèque me manquent". "Cela fait deux ans maintenant, c'est une expérience amère, c'est mieux que d'être en prison mais même si c'est différent, je ressens les mêmes menaces".

Les "conditions étaient même meilleures en prison, je pouvais voir ma famille, mes collègues... cela accompagnait mes journées".

Pour adoucir sa nostalgie, il organise des soirées Skype avec sa femme et son fils pour regarder avec eux les mêmes séries depuis trois villes différentes.
(AFP, 13 sept 2018)

RSF dénonce l'arrestation d'un journaliste autrichien en Turquie

L'organisation Reporters sans frontières (RSF) a dénoncé l'arrestation mardi à Ankara d'un jeune journaliste autrichien, accusé selon sa rédaction de "terrorisme", et a exigé sa libération "immédiate".

Collaborateur de la revue d'extrême gauche de langue allemande Re:volt magazine, Max Zirngast a été arrêté mardi à l'aube dans la capitale turque, selon cette publication, après avoir notamment publié des articles sur le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), organisation classée comme "terroriste" par Ankara.

"Des divergences d'opinions politiques ne peuvent justifier des arrestations ou des intimidations, ce qui se produit de plus en plus en Turquie", estime RSF-Autriche dans un communiqué, demandant la remise en liberté du jeune homme.

Le ministère des Affaires étrangères à Vienne a confirmé l'arrestation d'un ressortissant autrichien, sans cependant vouloir livrer davantage de détails.

La Turquie est régulièrement épinglée par les ONG pour ses atteintes à la liberté de la presse, qui ont redoublé après la tentative de putsch de juillet 2016. Ce pays occupe la 157e place sur 180 au classement de Reporters sans frontières (RSF).
(AFP, 11 sept 2018)

Vague de démissions à Cumhuriyet après un changement de direction

Le quotidien turc d'opposition Cumhuriyet, critique féroce du président Recep Tayyip Erdogan fragilisé par les ennuis judiciaires, est secoué depuis plusieurs jours par des démissions en cascade après le changement soudain de sa direction.

Le séisme s'est produit vendredi avec l'élection d'un nouveau conseil d'administration à la tête de la fondation propriétaire de Cumhuriyet, lequel a dans la foulée remplacé le rédacteur en chef respecté du journal, Murat Sabuncu.

En réaction, une vingtaine de piliers du journal, comme les chroniqueurs Ahmet Insel, Aydin Engin et Asli Aydintasbas, ou encore le caricaturiste Musa Kart ont démissionné pendant le week-end. Trois collaborateurs de Cumhuriyet ont encore quitté le journal lundi.

Le correspondant à Ankara du journal, Erdem Gül, co-auteur en 2015, avec le rédacteur en chef de l'époque Can Dündar, d'un scoop explosif sur la livraison d'armes par Ankara à des combattants islamistes en Syrie, a indiqué avoir été limogé par fax dimanche.

Fondé en 1924, Cumhuriyet ("République", en turc) traverse l'une des périodes les plus difficiles de sa longue histoire.

En avril, 14 collaborateurs du journal, dont son patron Akin Atalay et le rédacteur en chef M. Sabuncu, ont été condamnés pour avoir "aidé des organisations terroristes" à l'issue d'un procès vivement critiqué par les défenseurs de la liberté de la presse.

Plusieurs journalistes du quotidien, qui ont fait appel du jugement, ont passé plus d'un an en détention préventive avant d'être libérés. C'est le cas de M. Sabuncu qui a passé 25 mois au poste de rédacteur en chef, dont 17 en prison.

"L'heure de m'en aller est venue. L'histoire en dira la raison. Que personne n'attende de moi que je dise du mal de Cumhuriyet", écrit M. Sabuncu dans son dernier éditorial qui a été rapidement retiré du site du journal.

L'élection de la nouvelle direction vendredi, emmenée par Alev Coskun, est intervenue à l'issue d'une longue bataille en interne.

Les observateurs décrivent M. Coskun comme un tenant de la frange nationaliste du kémalisme. Il était un opposant acharné de la précédente direction incarnée notamment par Akin Atalay et avait été convoqué comme témoin par l'accusation lors du procès Cumhuriyet.

La Turquie est régulièrement épinglée par les ONG pour ses atteintes à la liberté de la presse. Ce pays occupe la 157e place sur 180 au classement de Reporters sans frontières (RSF).
(AFP, 10 sept 2018)

Austrian Government: Release Detained Journalist Immediately

Austrian Government Spokesperson Peter Launsky-Tieffenthal has issued a statement about Max Zirngast, who was detained by anti-terror teams yesterday (September 11).

We urge Turkey to explain reasons for the detention or release the journalist immediately”, the spokesperson said and added:

“Austria sides with freedom of press and expression. We are providing support to our detained citizen via Austrian Embassy”.

Working for Germany-based left-wing Re:volt magazine in Austria, Zirngast was taken into custody yesterday.

“He works for freedom and democracy”

Reporters Without Borders (RSF) has also called for release of Zirngast and stressed that Turkey is ranked 157th among 180 countries as of 2018 in World Press Freedom Index.

RSF Austria Branch has stated, “Different political views cannot be justification of detention and raid. We see that such crackdowns are on rise in Turkey”.

“We condemn this arrest in the strongest terms of course and call for his immediate release,” Re:volt said by email to Reuters.

He had written on “Siege of Kobane”

According to a report by Fırat News Agency, Zirngast is among the authors of the book titled “Siege of Kobane” published in Germany in 2015.
(BIA, 12 September 2018)

No Release for Journalists Şahin, Gayıp from ETHA

First trial of four people including Etkin News Agency (ETHA) editor Semiha Şahin and correspondent Pınar Gayıp has been held in İstanbul 23rd Heavy Penal Court in Çağlayan.

The journalists demanded their acquittal. The prosecutor claimed that missing elements of the file weren’t completed and demanded continuation of all defendants’ arrest.

The court ruled for continuation of arrest of all four defendants. The next hearing is on December 5, 2018.

Gayıp and Şahin were detained from their homes at around 2 a.m. on April 13. On April 19, Şahin and Gayıp were arrested by the prosecutor’s office they were referred to along with SGDF member Ferhat Pehlivan and Gülsen İmre, who was detained in Gazi Neighborhood.

Şahin is charged with “being a member of an illegal organization and propagandizing for it”; Gayıp with “being a member of an illegal organization”; Pehlivan and İmre with “propagandizing for an illegal organization”.

According to bia Media Monitoring Report April-May-June 2018 report, of 127 imprisoned journalists, 33 are defendants; 40 are suspects; 30 are inmates and 24 are convicted.
(BIA, 10 September 2018)

“Propagande terroriste”: une arme de choix pour étouffer le débat en Turquie

En Turquie, la rentrée marque aussi la reprise des procès de journalistes. Une cinquantaine d’entre eux sont poursuivis pour “propagande terroriste”. Une accusation fourre-tout utilisée pour faire taire les critiques et étouffer le débat, notamment sur la question kurde.

“Propagande d’une organisation terroriste” : cela fait plus de 25 ans que la justice turque brandit cette accusation mal définie pour réduire au silence les critiques. Une tendance exacerbée ces dernières années par la dérive autocratique du président Erdoğan et son durcissement sur la question kurde. Au 1er juillet, 57 journalistes et collaborateurs des médias étaient poursuivis pour “propagande d’une organisation terroriste” ou “reprise de ses communiqués”.
 
"Question kurde : la liberté de l'information fait partie de la solution" (2015)

Parmi eux, Sibel Hürtaş et Hayri Demir, dont le procès s’est ouvert ce 6 septembre à Ankara en présence du représentant de RSF en Turquie, Erol Önderoğlu. La correspondante de la chaîne en exil Artı TV et le reporter de l’agence pro-kurde Mezopotamya risquent jusqu’à 18 ans de prison pour “propagande du Parti des Travailleurs du Kurdistan” (PKK, en lutte armée avec Ankara) et “incitation à la haine”. Des accusations qui se fondent sur leur couverture de l’opération militaire turque dans la région syrienne d’Afrine et leurs posts à ce sujet sur les réseaux sociaux. Des extraits d’interviews d’hommes politiques au micro de Sibel Hürtaş sont cités comme éléments à charge.
 
Critiquer l’intervention turque à Afrine ? “Propagande terroriste”.
 
Les deux journalistes, qui comparaissent avec dix autres personnes, avaient été placés en garde à vue pendant trois jours en janvier, peu après le début de l’intervention à Afrine. Les opérations militaires se sont accompagnées de centaines de mandats d’arrêt contre des internautes suspectés de “propagande terroriste”. Des tweets critiquant l’intervention ont valu deux jours de garde à vue à l’éditorialiste du site d’information T24, Nurcan Baysal.
 
Arrêté fin janvier, İshak Karakaş, rédacteur en chef du journal Halkın Nabzı et éditorialiste du site d’information en exil Artı Gerçek, n’a été libéré que début mai, à l’ouverture de son procès pour “propagande du PKK”. RSF assistait à l’audience, au cours de laquelle le journaliste a rejeté les accusations et déclaré être au service de la paix : “les contenus que j’ai partagés sur Internet sont des articles et commentaires qui ne représentent aucun parti politique et ne relèvent pas de la propagande terroriste”, a-t-il déclaré. Son procès reprend le 18 septembre. İshak Karakaş risque toujours la prison s’il est jugé coupable.
 
“La justice se trompe d’ennemi en persécutant le journalisme indépendant, déclare Erol Önderoğlu. Une réforme en profondeur de la loi antiterroriste et le retour à l’Etat de droit aideraient bien mieux à lutter contre les véritables menaces auxquelles est confronté le pays. Nous demandons l’abandon des poursuites contre tous les journalistes et blogueurs mis en cause pour n’avoir fait que leur travail.”
 
Une chaîne accusée de défendre “Daesh et le PKK”

Dans un pays où les autorités se montrent intolérantes à toute idée déviant de la ligne officielle, les accusations de “propagande terroriste” ont tôt fait d’atteindre des sommets d’absurdité. Le procès de trois anciens dirigeants de la chaîne de gauche Hayatın Sesi TV, qui reprend le 19 septembre, en offre un nouvel exemple. Le rédacteur en chef de la chaîne fermée manu militari en octobre 2016, Gökhan Çetin, et ses deux propriétaires, Mustafa Kara et İsmail Gökhan Bayram, sont accusés d’avoir “fait la propagande continuelle de trois organisations terroristes” pourtant difficilement compatibles : le PKK, le groupuscule radical kurde TAK et le groupe Etat islamique.

Chacun des trois accusés risque 13 ans de prison. L’accusation se fonde sur cinq émissions diffusées en 2015 et 2016, couvrant trois attentats commis en Turquie, des opérations militaires dans le sud-est anatolien, et l’enlèvement d’expatriés turcs en Irak. La défense souligne que “les propriétaires de la chaîne ne sauraient être tenus responsables du contenu éditorial” et conteste leur présence sur le banc des accusés.

La loi antiterroriste, un redoutable arsenal répressif
 
La loi antiterroriste (TMK) a été adoptée en avril 1991, dans une Turquie en guerre contre le PKK et partiellement sous état d’urgence. Son article 7.2, qui introduit la notion de “propagande terroriste”, est resté une arme de choix dans l’arsenal répressif de tous les gouvernements successifs, contribuant à verrouiller le débat sur la question kurde. Malgré quelques réformes, comme l’introduction d’une référence à la violence en 2013, la notion de “propagande terroriste” est restée un cadre fourre-tout permettant à une justice politisée de punir des délits d’opinion.
 
Après une relative accalmie, le nombre de procès a de nouveau explosé avec la fin du processus de paix entre Ankara et le PKK, en 2015, et le retour à la criminalisation de la classe politique kurde. Le représentant de RSF en Turquie, Erol Önderoğlu, est lui-même accusé de “propagande terroriste” avec 40 autres personnalités pour avoir pris part à une campagne de solidarité avec le journal Özgür Gündem.
 
La Turquie est classée 157e sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse établi en 2018 par RSF. Déjà très préoccupante, la situation des médias est devenue critique sous l’état d’urgence proclamé à la suite de la tentative de putsch du 15 juillet 2016 : près de 150 médias ont été fermés, les procès de masse se succèdent et le pays détient le record mondial du nombre de journalistes professionnels emprisonnés. (RSF, 7 sept 2018)

Interpol traque pour Ankara les intellectuels turcs réfugiés en Europe

Le Collectif VAN [Vigilance Arménienne contre le Négationnisme] - qui avait oeuvré sans relâche en 2011/2012 en faveur de la libération de l'éditeur et défenseur des droits humains turc Ragip Zarakolu - relaye ici un appel urgent émanant de cet intellectuel réfugié en Suède, pays où il a obtenu l'asile politique.

En effet, la Turquie poursuit le harcèlement à l'encontre de Ragip Zarakolu et a lancé un mandat d'arrêt Interpol, une notice rouge en vue de son arrestation, afin de le faire comparaître de force devant la 3e Cour criminelle d'Istanbul le 28 septembre 2018.

L'Europe et la France dite des droits de l'homme ne peuvent continuer à être complices de la "dictaturque" : l'instrumentalisation d'Interpol par l'État répressif turc est indécente. Tout comme l'est la docilité d'Interpol à l'égard d'Erdogan. Ce mécanisme policier ne peut pas, ne doit pas servir à la traque des intellectuels turcs réfugiés en Europe. Agissez maintenant ! Le #CollectifVAN a traduit ci-dessous l'appel poignant de Ragip Zarakolu. (
Collectif VAN, 5 sept 2018)

Appel de Ragip Zarakolu à faire cesser le harcèlement

Le harcèlement continue. Six ans plus tard, rien n'a changé et je suis dans la même situation. J'avais été arrêté injustement et illégalement en octobre 2011. En avril 2012, j'avais été relâché suite à une mobilisation nationale et internationale, et exclu des audiences.

Suite à une prétendue réforme juridique, la 14e Cour criminelle spéciale a été dissoute.

Les juges et les procureurs du tribunal ont été arrêtés en 2016 pour avoir soutenu le coup d'Etat. Dans un tel contexte, mon procès aurait dû être abandonné, mais ils ont envoyé tous les dossiers me concernant à la 3e Cour criminelle pour que la procédure se poursuive.
Six ans plus tard donc, la 3e Cour criminelle d'Istanbul a adressé au ministère de la Justice un mandat d'arrêt pour Interpol, une notice rouge en vue de mon arrestation, afin de me faire comparaître de force devant le tribunal. Et ceci constitue seulement de l'irrespect et du harcèlement.

Je vous suis reconnaissant pour votre solidarité durant la période de mon arrestation et de ma détention en 2011-2012.

Je dois malheureusement vous informer que nous sommes revenus au point de départ. C'est même pire aujourd'hui, nous sommes passés d'une arrestation illégale au harcèlement international.
On dirait que mes efforts continus en faveur des droits humains, des droits des minorités, de la liberté d'expression, de la paix, l'expression de mes pensées et mes écrits les dérangent toujours.
Quoi qu'il en coûte, quel que soit le temps que cela prendra, je continuerai.

La date de ma prochaine convocation devant le tribunal est le 28 septembre 2018. Une campagne pour obtenir l'annulation de cette décision avant l'audience est indispensable.
Merci d'avance pour votre sensibilité à ma cause.

Le 1er septembre 2018
Ragip Zarakolu
Journaliste/auteur, éditeur, défenseur des droits de l'homme, lauréat du prix de L'Association Internationale des Spécialistes des Génocides (IAGS 2007 Sarajevo), etc.

(Traduction en français: Le Collectif VAN)

"Rien n'a changé en Turquie", selon une journaliste allemande libérée de prison

La journaliste et traductrice allemande Mesale Tolu, qui est poursuivie en Turquie pour activités "terroristes", est revenue dimanche en Allemagne en avertissant que "rien n'avait changé" à propos des droits de l'Homme en Turquie, même si elle a été autorisée à quitter ce pays.

Mme Tolu, d'origine turque et âgée de 34 ans, avait l'interdiction de quitter la Turquie depuis sa mise en liberté provisoire en décembre à l'issue de huit mois en détention préventive depuis avril 2017. Son fils âgé aujourd'hui de trois ans est resté avec elle en prison pendant la plus grande partie de sa détention.

L'incarcération de la journaliste, accusée de propagande et d'appartenance au Parti communiste marxiste-léniniste (MLKP), une formation interdite en Turquie car considérée comme "terroriste", avait créé des tensions entre Ankara et Berlin.

Mme Tolu, qui travaillait avant son arrestation pour une petite agence de presse turque de gauche, Etkin Haber Ajansi (ETHA), risque jusqu'à 15 ans de prison lors de son procès, qui est maintenu. La prochaine audience doit se tenir le 16 octobre.

L'accusation contre Mme Tolu repose principalement sur sa présence à des manifestations et des funérailles de militants du MLKP. Les soutiens de la journaliste, qui rejette toutes les accusations, dénoncent un procès politique.

"Je ne peux pas vraiment être heureuse d'être capable de quitter (le pays), parce que je sais que rien n'a changé dans le pays depuis que j'ai été enfermée," a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse après son arrivéee à Stuttgart.

"Je ne pense pas que quelque chose ait changé dans le pays dans le sens de la démocratisation".

Des dizaines de milliers "de collègues, de personnalités de l'opposition, de juristes et d'étudiants" sont toujours emprisonnés, a-t-elle poursuivi, à propos des arrestations de masse effectuées après une entative avortée de coup d'Etat en 2016 contre le president Recep Tayyip Erdogan.

Mmme Tolu se déclare innocente. Son mari, Suat Corlu, est poursuivi pour des raisons similaires, mais ne peut quitter la Turquie.

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, s'était déclaré le 20 août "soulagé" par la "bonne nouvelle" de la libération de Mme Tolu : "Il s'agit (...) d'un pas vers l'amélioration de nos relations avec la Turquie".

Il a cependant ajouté qu'Ankara devait poursuivre ces efforts et que l'Allemagne allait continuer à "adopter une attitude critique à l'égard de nombreux aspects de l'État de droit en Turquie".

Avant l'affaire Tolu, l'incarcération d'un autre journaliste, le Germano-Turc Deniz Yücel, avait aussi créé des tensions avec l'Allemagne. M. Yücel a été remis en liberté provisoire en février après plus d'un an d'incarcération.

La décision en faveur de Mme Tolu est intervenue avant la visite d'Etat prévue les 28 et 29 septembre du président turc Recep Tayyip Erdogan à Berlin, alors que la Turquie et l'Allemagne s'efforcent depuis plusieurs mois d'améliorer leurs relations.

Par ailleurs, la Turquie a multiplié ces derniers jours les signes d'apaisement en direction de l'Europe, sur fond de graves tensions entre Ankara et Washington.
(AFP, 28 août 2018)

Police assault reporters in Istanbul

Turkish police violently attacked several reporters trying to cover a weekly silent protest, known as the Saturday Mothers, in Istanbul's Galatasaray Square on August 25, the New York Times reported. The reporters, alongside activists participating in the protest, were attacked by the police during the 700th vigil for those who were forcibly disappeared by the state, after being informed by the police that the gathering was banned.

Özgür Deniz Kaya, a reporter for the pro-government Demirören News Agency (DHA), was hit by gas pellets fired from a police gun, online newspaper Diken reported on August 25. Kaya told Diken that he was interviewing a parliamentary deputy when he heard several shots, and two gas pellets hit him in the leg. DHA General Director Salih Zeki Sarıdanişmet told Diken: "We are curious of the motivation behind the police aiming at our reporter friend [and] firing shot after shot when he was doing his job for the public, asking a parliamentary deputy questions with a microphone with DHA logo on it in hand."

The police also roughed up other reporters, according to citizen journalism network Dokuz8 Haber. Reporter Canan Coşkun from the opposition daily Cumhuriyet, independent journalist Elif Akgül, and Dokuz8 editor Eda Narin were manhandled and prevented from doing their jobs.

Turkish Interior Minister Süleyman Soylu claimed that the activists were being "exploited by terrorist organizations," English-language Turkish daily Hürriyet Daily News reported on August 27. The minister did not address the matter of reporters being manhandled and shot at. (CPJ, August 28, 2018)

Investigation into 146 Social Media Users in 1 Week

The Ministry of Interior has announced that 281 social media accounts have been examined and investigation has been launched into 146 people who were determined to use these accounts between August 20-27, 2018.

According to a statement issued by the ministry on its official website today (August 27), social media accounts were examined for the following offenses: “Propagandizing for a terrorist organization, promoting these organizations, inciting people to enmity and hatred, insulting state officials, attempting against state’s indivisible integrity and people’s life safety, hate speech”.

Social media operations

Security General Directorate announced on August 12 that investigation was launched into 346 social media accounts that posted about exchange rate of dollar.

Ankara and İstanbul Chief Public Prosecutor’s Offices launched investigation into “news items, printer and visual publication, social media accounts that serve in economic attacks” on the same day.

The Ministry announced on February 26 that 845 people who criticized the Afrin operation on social media and participated in critical activities had been taken into custody.
(BIA, August 27, 2018)

Kurdish Question / Question kurde

Condamnation du leader kurde Demirtas à 4 ans de prison

Le leader prokurde Selahattin Demirtas, détenu depuis novembre 2016 et candidat malheureux à la présidentielle du 24 juin, a été condamné vendredi à 4 ans et 8 mois de prison pour "propagande terroriste", a annoncé son parti.

"Parce qu'ils ont défendu la paix, Demirtas a été condamné à 4 ans et 8 mois, et Önder à 3 ans et 6 mois", a annoncé sur Twitter le Parti démocratique des peuples (HDP), dénonçant la "politique guerrière" du gouvernement.

Sirri Süreyya Önder est un ancien député du HDP, jugé avec M. Demirtas dans le procès qui se déroule à Silivri près d'Istanbul. Ils sont poursuivis pour des propos tenus lors des célébrations du Nouvel An kurde en mars 2013.

M. Demirtas, écroué depuis novembre 2016 pour des accusations d'activités "terroristes", est poursuivi dans de nombreux dossiers et risque jusqu'à 142 ans de prison dans le cadre de son principal procès.

Le président Recep Tayyip Erdogan a plusieurs fois accusé le HDP d'être la vitrine politique du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), un groupe classé terroriste par Ankara et ses alliés occidentaux.

Le HDP, troisième force au parlement, a ainsi été fortement touché par les purges menées après le putsch manqué de juillet 2016. De nombreux responsables du parti sont incarcérés ou font l'objet de poursuites judiciaires.

Le HDP dénonce des procès "politiques" visant à réduire au silence un parti farouchement opposé à M. Erdogan.

"Nous ne reculerons pas, nous continuerons à défendre la paix", a déclaré M. Demirtas, qui s'exprimait par vidéoconférence depuis la prison d'Edirne (nord-ouest) où il est détenu, selon des propos rapportés par le HDP.

M. Demirtas s'est présenté face à M. Erdogan lors de la présidentielle du 24 juin, et a obtenu 8,4% des voix. 
(AFP, 7 sept 2018)

The Time Has Come! Free Abdullah Öcalan

The Time Has Come! – Freedom for Öcalan World Campaign – held a press conference in Brussels today at the Press Club Brussels Europe.

For more than seven years now Abdullah Öcalan has had no contact to a lawyer.

Among the participants was Eleonora de Majo, Naples city councillor for the list DemA.

De Majo delivered her speech at the press conference also on behalf of the city mayor, Luigi De Magistris.

De Majo underlined the importance of the conference and reminded journalists that Naples City Council had conferred the honorary citizenship to Kurdish People’s Leader Abdullah Öcalan, giving the key of the city to his niece, Dilek.

De Majo added that “Naples council never fail to express the violations of human rights both in Bakur and Rojava and unanimously passed many motions denouncing these violations”.

Concrete actions, De Majo said “which are not solely the belief of Naples but of many other Italian councils (like Palermo, Reggio Emilia) and they are proof of how important is the experiment of the Democratic Confederalism and in general the feminist, ecologist, democratic doctrine of President Öcalan for contemporary Europe, because they represent a civil model of civil co-existence between people of different religions and cultures. Even more importantly - De Majo added - in a worrying moment where there is an ever-growing neofascist groups and xenophobic parties”.

Thus, De Majo added: “as an administration close to the Kurdish people, we are extremely worried about the inhumane detention of President Abdullah Öcalan. Moreover we are certain that only with his immediate release there can be a significant step towards an effective and long-lasting peace process in the Middle East which has for so long been torn apart by decades of war, genocide and terrible human rights violations”.

De Majo then pointed out that “it is in our interest to work until we realise the road map, outlined by Öcalan and supported by the Kurdish people at the negation tables which were unilaterally interrupted by Turkey in 2015”.

Recalling that Öcalan has been in detention for almost 20 years, the Naples councillor said: “We ask that the international community mobilises until President Öcalan is able to receive visits, above all else to have him checked by a physicians and to be able to meet with his lawyers and relatives”.

Also, said De Majo, “as friends of the Kurdish people and mainly as strong defenders of the extraordinary experiment of municipality government which is being practised in Rojava, in spite of the pressures of the Syrian war and the Turkish repression, we invite the international community to open its eyes in respect to the peace process which is now opening in Syria, a process in which Syrians and Kurds must be involved”.

De Majo also recalled that “Turkey is a privileged interlocutor of the European Union on the theme migration, as there are 3 million Syrian refugees within their borders, who otherwise would have gone to Europe”.

If Europe wants to regain credibility, said De Majo ending her speech, “they must demonstrate true independence and break the connections with Erdogan which are the indirect reason for the perpetuation of the violence in the Turkish-Syrian scene.

From our part - said De Majo - we must be the first to work concretely to build a network of territories which represent point of reference for democracy and civilisation and which demonstrate the existence of a confederate of municipalities able to break the silence of national states and Europe on the Kurdish question”. (ANF, Sept 5, 2018)


18 morts dans des affrontements entre Kurdes et forces du régime en Syrie

Au moins dix-huit membres des forces du régime syrien et de la police kurde ont péri samedi dans des affrontements entre les deux camps dans la ville de Qamichli (nord-est), selon une ONG et les forces kurdes.

L'échange de tirs a fait onze morts et deux blessés parmi les forces du régime de Bachar al-Assad, et sept morts parmi les policiers kurdes, ont assuré la police kurde (Assayech) ainsi que l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Dans un communiqué, la police des Assayech a indiqué que ses membres ont tiré sur une patrouille militaire du régime. La police kurde a affirmé avoir agi en représailles "à une attaque des combattants de la patrouille (du régime) à l'aide d'armes légères et moyennes".

L'incident a fait "onze morts parmi les combattants du régime et deux blessés", tandis que "sept de nos camarades sont tombés en martyrs", a ajouté la police kurde.

De son côté, le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane a indiqué à l'AFP qu'"un véhicule militaire appartenant aux forces du régime syrien a été arrêté à un barrage tenu par les Assayech". Ces derniers ont alors demandé aux combattants du régime, qui ont refusé, de "descendre" de leur véhicule.

Les Assayech "ont, par conséquent, tiré en direction du véhicule, provoquant des affrontements intenses entre les deux camps, après l'envoi de renforts", a ajouté M. Abdel Rahmane.

Au moins trois véhicules vides et mitraillés appartenant au régime se trouvaient à l'endroit de l'incident, a constaté un correspondant de l'AFP.

Les derniers affrontements entre les Kurdes et forces du régime remontent à avril 2016, lors d'un incident à un barrage militaire dans la ville. Ils avaient fait des dizaines de morts et de blessés, dont plusieurs civils.

Les Kurdes contrôlent la majorité de la ville de Qamichli, tandis que les forces du régime dominent l'aéroport et la plupart des quartiers arabes.

Tout au long du conflit qui déchire la Syrie depuis 2011, les Kurdes ont adopté une position "neutre" envers le pouvoir et la rébellion.

A la mi-2012, les forces gouvernementales ont toutefois quitté de nombreuses positions dans le nord et l'est du pays, récupérées par les milices kurdes qui y ont instauré une autonomie de facto. La zone contrôlée par les Kurdes s'étend sur près de 30% du territoire syrien, selon l'OSDH.
(AFP, 8 sept 2018)

L'Iran exécute trois activistes kurdes

L'Iran a exécuté samedi trois qctivistes kurdes présumés, d'après les médias locaux, malgré les critiques de l'ONU sur les tortures subies en prison par au moins l'un d'entre eux.

Ramin Hossein Panahi, Zaniar et Loghman Moradi ont tous les trois été exécutés samedi d'après l'agence de presse iranienne Fars, proche des conservateurs.

Selon Fars, M. Panahi avait projeté de faire exploser une bombe lors d'un rassemblement dans la province kurde d'Iran en juin dernier.

Zaniar et Loghman Moradi étaient accusés d'appartenir à un "groupe terroriste séparatiste" qui n'a pas été identifié, et d'avoir tué quatre personnes, dont le fils de l'imam de la prière du vendredi dans la ville kurde de Mariwan.

M. Panahi était accusé d'appartenir au groupe nationaliste kurde Komala qui mène une insurrection de longue date dans le Kurdistan iranien depuis des bases situées de l'autre côté de la frontière en Irak.

Il avait été condamné à mort en avril.

Des experts de l'ONU sur les droits de l'Homme avaient appelé le 19 avril l'Iran à annuler cette peine de mort jugeant que l'exécution de Ramin Hossein Panahi "serait inadmissible".

"Nous sommes profondément inquiets par les informations selon lesquelles M. Panahi a été la victime de violations des droits humains avant et pendant son procès, notamment l'isolement, la torture, les mauvais traitements, l'impossibilité d'avoir accès à un avocat et à des soins médicaux", avaient-ils souligné dans une déclaration conjointe.

Les experts avaient mis en avant des rapports selon lesquels M. Panahi, qui aurait été arrêté en juin 2017, s'était vu refuser des soins médicaux pour des blessures subies en détention. Il aurait notamment été frappé avec des câbles.

Il aurait également commencé une grève de la faim au début de l'année, selon ces experts, qui s'inquiétaient de son état de santé et demandaient "expressément au gouvernement d'Iran d'annuler cette sentence".
(AFP, 8 sept 2018)
Curfew in Diyarbakır’s Districts of Lice, Hani

A curfew has been declared by Diyarbakır Governorship in 18 hamlets and villages in Lice and 19 in Hani due to an operation to be launched.

According to the governorship’s statement, the indefinite ban that started at 6 p.m. yesterday (September 3) included the following regions:

Hani: Hamlets of, Kaledibi, Akçayurt, Topçular, Y. Turalı, Kalaba, Uzunlar, Serenköy köyleri ile Başaklı, Güzelce, Taşburun, Karapilyari, Mezartarlası, Sıraevler, Horsel, Çay, Damlatepe, Uysal, A. Turalı, Gürbulak.

Lice: Hamlets of Şenlik, Birlik, Abalı, Erginköy, Tuzlaköy, Çeper, Daralan, Duruköy köyleri ile Elmadere, Ağılçık, Akçapınar, Ayaz, Şakan, Boyluca, Dahlık, Alikahya, Hacımusabey, Kutlamış.

Curfew has been lifted in Lice and Hazro


The curfew declared in Diyarbakır’s six villages in districts of Lice and Hazro has been lifted, Diyarbakır Governorship announced.

About Diyarbakır

According to the Turkish Statistical İnstitute, in 2014 Diyarbakır was Turkey’s 12th most populated city, with a population of 1,635,048. The population of the city center is 834,854.

Diyarbakır’s (Amed’s) city center has about 9000 years of recorded history. The Diyarbakır Castle and Gardens was named a Global Heritage site by UNESCO in 2015. Dicle University was opened in 1978.

Diyarbakır Governor: Hüseyin Aksoy

Municipality co-chairs: Gültan Kışanak, Furat Anlı (Democratic Regions Party).

(The elected Municipality Co-Chairs of Diyarbakır were arrested and the former District Governor of Etimesgut, Cumali Atilla, who has been appointed as a trustee to the municipality, took office on November 2, 2016)
(BIA, Sept 4, 2018)

Minorités / Minorities

La condition d'Erdogan pour rétablir les relations turco-arméniennes

Le règlement de la question du Nagorny-Karabakh est la condition "sine qua non" pour rétablir les relations entre la Turquie et l'Arménie, a déclaré samedi le président turc Recep Tayyip Erdogan, en déplacement en Azerbaïdjan.

"Bien sûr, nous souhaitons l'établissement et le maintien de bonnes relations avec tous nos voisins, mais le règlement de la question du (Nagorny-Karabakh) est la condition sine qua non pour rétablir nos relations avec l'Arménie", a déclaré le chef de l'Etat turc, dans un discours télévisé à Bakou.

"Dans cette affaire, c'est avant tout aux occupants de faire un pas", a-t-il ajouté.

Le Nagorny-Karabakh est une enclave en majorité peuplée d'Arméniens, rattachée en 1921 à l'Azerbaïdjan par les autorités soviétiques, mais qui a unilatéralement proclamé son indépendance en 1991, avec le soutien de l'Arménie.

La Turquie a fermé en 1993 sa frontière avec l'Arménie par solidarité avec l'Azerbaïdjan et par mesure de rétorsion au soutien apporté par Erevan aux séparatistes arméniens.

La communauté internationale considère toujours cette région comme faisant partie de l'Azerbaïdjan.

La guerre entre Azéris et Arméniens du Karabakh a éclaté en 1988. En dépit d'un cessez-le-feu signé en 1994, les accrochages armés y restent fréquents.

La Turquie s'est dite prête en mai à envisager "une nouvelle" page avec l'Arménie à la suite de déclarations du nouveau Premier ministre arménien Nikol Pachinian évoquant le possible établissement de relations diplomatiques entre les deux pays.

Avant l'élection de M. Pachinian, Erevan avait désavoué début mars les accords de normalisation avec la Turquie, accusant Ankara de ne pas pouvoir "se débarrasser de ses stéréotypes". 
(AFP, 15 sept 2018)

Motion Parliamentary Investigation into September 6/7 Pogrom

Garo Paylan, the Diyarbakır MP of the Peoples' Democratic Party (HDP), has submitted a motion to the parliament, requesting that a parliamentary investigation be opened into the pogrom of September 6/7 in its 63rd year.

In the motion that he has submitted, Paylan has stated,

"The Pogrom of September 6/7, 1955 is one of the gravest incidents that took place in the Republic of Turkey and has still not been confronted.

"According to the official figures, in Istanbul only, 73 churches, 8 sacred springs, 2 monasteries, 5 thousand and 538 houses and shops, 3 thousand and 584 of which belonged to the Greeks from Turkey, were destroyed, vandalized and plundered.

"The official records have also shown that 60 women were raped and several people were killed during the incidents.

"It will be an important step for the Republic of Turkey to confront its past by finding the perpetrators of the Pogrom on September 6/7, 1955, identifying the losses of life and property and compensating the material and non-material losses of the victims and/or their families.

"For this reason, we demand that a parliamentary investigation be opened."

In his statement to the press, HDP's Assyrian MP Tuma Çelik has also requested that an investigation be launched into the pogrom.

September 6/7 Pogrom

The Istanbul pogrom, also known as the Istanbul riots or September events were organized mob attacks directed primarily at Istanbul's Greek minority on 6–7 September 1955. The riots were orchestrated by the Tactical Mobilisation Group, the seat of Operation Gladio's Turkish branch; the Counter-Guerrilla, and National Security Service, the precursor of today's National Intelligence Organisation.

The events were triggered by the false news that the Turkish consulate in Thessaloniki, in northern Greece—the house where Mustafa Kemal Atatürk had been born in 1881—had been bombed the day before. A bomb planted by a Turkish usher at the consulate, who was later arrested and confessed, incited the events. The Turkish press, conveying the news in Turkey, was silent about the arrest and instead insinuated that Greeks had set off the bomb.

A Turkish mob, most of which had been trucked into the city in advance, assaulted Istanbul's Greek community for nine hours. Although the mob did not explicitly call for Greeks to be killed, over a dozen people died during or after the attacks as a result of beatings and arson. The police remained mostly ineffective, and the violence continued until the government declared martial law in İstanbul and called in the army to put down the riots.

The pogrom greatly accelerated emigration of ethnic Greeks from Turkey, and the Istanbul region in particular. The Greek population of Turkey declined from 119,822 persons in 1927, to about 7,000 in 1978. In Istanbul alone, the Greek population decreased from 65,108 to 49,081 between 1955 and 1960.

The 2008 figures released by the Turkish Foreign Ministry placed the number of Turkish citizens of Greek descent at 3,000–4,000;while according to the Human Rights Watch (2006) their number was estimated to be 2,500. (BIA, Sept 7, 2018)


Politique intérieure/Interior Politics

Le Vif/L'Express: " Le régime d'Ankara a besoin d'ennemis "

Mal en point depuis deux ans, les relations entre la Turquie et les Etats-Unis, deux alliés au sein de l'Otan, sont au plus bas. Donald Trump exige la libération du " formidable chrétien " Andrew Brunson, un pasteur américain établi à Izmir et accusé de terrorisme depuis le coup d'Etat manqué de 2016. Le président américain, qui a déjà relevé les taxes sur l'acier et l'aluminium turcs, menace d'aggraver les sanctions économiques contre Ankara, ce qui a précipité la chute de la livre turque. Entretien avec Hamit Bozarslan, directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (Ehess), à Paris.

Andrew Brunson a-t-il été en relation avec Fethullah Gülen, accusé d'avoir fomenté la tentative de coup d'Etat de 2016, et réfugié aux Etats-Unis ?

Mais tout le monde a été en relation avec Gülen ! A commencer par Erdogan lui-même. Le cas Brunson n'est jamais qu'un dossier, et les Etats-Unis n'extraderont pas Gülen. Un autre dossier concerne la banque publique Halkbank, accusée par Washington d'avoir contourné l'embargo avec l'Iran et dont le représentant a été condamné aux Etats-Unis. La Turquie souhaite que ce monsieur puisse retourner en Turquie et qu'Halkbank échappe aux sanctions financières. Enfin, le dossier kurdo-syrien : Ankara exige des Américains qu'ils retirent leur soutien aux Kurdes.

Quel est le dossier prioritaire pour Ankara ?

Difficile à savoir. Au lieu de libérer discrètement le pasteur avant que la crise n'éclate, et de négocier le reste, les dirigeants turcs ont pensé tout obtenir en même temps. Selon la presse, la priorité serait à présent que la banque ne soit pas condamnée. Une décision doit tomber en octobre.

Le cas Brunson réveillerait-il une hostilité antichrétienne du côté turc, ravivée par la pression exercée sur Trump par les chrétiens évangéliques ?

Peut-être, mais le plus important est ceci : la politique étrangère de la Turquie est basée sur la crise. C'est comme si le régime avait constamment besoin d'ennemis. Après 2009, Israël est devenu pendant un temps l'ennemi total. Ensuite, c'est devenu conflictuel avec la Russie. Et puis, ce fut le tour de l'Iran, de l'Allemagne, des Pays-Bas... Aujourd'hui, ce sont les Etats-Unis. La lecture qu'Erdogan fait de l'histoire de la Turquie, c'est celle de l'inimitié du monde entier à son égard.

D'où cela vient-il ?

Rien ne le justifie. Cela prouve son manque total de connaissances historiques. Pour lui, la Première Guerre mondiale a visé la destruction de l'Empire ottoman, et cela se prolonge aujourd'hui avec la volonté de l'Occident de détruire la Turquie. Ce thème est omniprésent. Croit-il à ce qu'il dit ? En partie, oui. Pour lui, la Turquie a le potentiel de devenir une puissance mondiale, mais cette mission serait entravée par les ennemis de l'intérieur et ceux de l'extérieur, et qui collaborent.

Le conflit avec les Etats-Unis pourrait-il rapprocher la Turquie de l'Europe ?

Sans doute, oui. Mais le moment pragmatique en Turquie ne dure jamais longtemps. Il peut y avoir un réajustement, et quelques mois plus tard un nouveau conflit. Si la situation économique empirait encore, on pourrait voir émerger une politique antieuropéenne. Le rapprochement avec la Russie est soumis à la même règle.

Dans la Syrie voisine, quelle pourrait être la réaction de la Turquie si le régime vide la poche rebelle d'Idlib, occupée par des islamistes qu'elle a elle-même soutenus ?

La Turquie n'a plus aucune marge de manoeuvre en Syrie. Elle a fermé les yeux sur les massacres commis par le régime à Alep et dans la Ghouta, près de Damas. Si Idlib est attaquée, la présence turque dans la région serait très fragilisée, car il y aura plusieurs millions de déplacés. Et, surtout, 50 000 djihadistes. Où vont-ils aller ? C'est pourquoi la Turquie supplie Moscou d'éviter toute opération militaire contre Idlib. En échange, elle demande qu'on lui confie la pacification de cette province. Peu probable que Bachar al-Assad ou Vladimir Poutine acceptent.

La Turquie pourrait-elle tenter un rapprochement avec Bachar al-Assad ?

Même si elle le souhaitait, cela ne résoudrait pas le problème. Pour la reconstruction, Damas a déjà fait savoir qu'elle était hors jeu. Ensuite, Bachar et sa communauté alaouite ont besoin d'alliés, et ce ne peut être que les Kurdes, qu'Ankara réprime. La Syrie va-t-elle accepter que la Turquie lui arrache Idlib ? Difficile à concevoir, tant l'amputation du sandjak d'Alexandrette en 1939 (NDLR : qui comprenait Antioche) au profit de la Turquie reste encore présent dans le discours officiel syrien. Je ne suis pas certain que Damas accepte de perdre une deuxième province.

Si la situation économique continue d'empirer en Turquie, le pouvoir turc risque-t-il de voir la population se soulever ?

Un soulèvement ? Je n'y crois pas du tout, car le discours nationaliste est efficace. La moitié de l'électorat le soutient et le camp conservateur représente jusqu'à 65 % de la population. En plus, il y a le discours qui pointe l'ennemi " jaloux de notre troisième aéroport ", " qui veut bloquer la construction du canal Istanbul " (NDLR : un nouveau projet pharaonique d'Erdogan)... Cela dit, le marasme économique dure depuis une dizaine d'années et la livre turque perd de sa valeur depuis 2017. Affaire Brunson ou pas, tous les ingrédients étaient présents pour la crise.

La Turquie n'était-elle pas présentée comme un modèle d'ouverture économique, avec une croissance exemplaire ?

Oui, mais c'est une économie entièrement basée sur la rente et la spéculation. L'économie turque a en effet connu une croissance remarquable mais assez malsaine dans la mesure où elle dépendait des prêts internationaux. Elle repose notamment sur des grands travaux qu'il faut financer alors que la Turquie n'a pas de ressources. Le pays est très endetté et doit débourser 250 milliards de dollars d'ici à douze mois. Une grande partie de cette dette est privée. Le pays le plus exposé serait l'Espagne, suivi par la France et l'Italie.

Ankara vient de lever l'état d'urgence consécutif au putsch. Une lumière dans les ténèbres ?

C'est une fumisterie. Officiellement, il est levé mais les milliers de journalistes et de professeurs sont toujours en prison ou poursuivis. Des prérogatives de l'état d'urgence ont été transférées aux gouverneurs. En fait, la Turquie est une antidémocratie, où la nation, le leader et la mission historique se confondent et où il n'y a plus de séparation des pouvoirs. La Russie aussi est une antidémocratie. La différence, c'est que la Russie produit de la rationalité, alors qu'en Turquie on assiste à la destruction de la rationalité.
(Le Vif/L'Express, 30 août 2018)

Forces armées/Armed Forces

La Turquie "a besoin" des S-400 russes, insiste Erdogan

La Turquie "a besoin" des systèmes de défense anti-aériens russes S-400 et en prendra bientôt possession, a déclaré vendredi le président Recep Tayyip Erdogan, sur fond de tensions avec Washington qui menace de bloquer la livraison d'avions de combat à Ankara.

"La Turquie a besoin des S-400. L'accord à ce sujet est terminé et, si Dieu le veut, nous les obtiendrons dans les plus brefs délais", a déclaré M. Erdogan lors d'une cérémonie de remise des diplômes à des élèves sous-officiers à Balikesir (ouest).

Ces déclarations surviennent alors que les relations entre la Turquie et les Etats-Unis se sont fortement tendues ces dernières semaines et que Washington a dit sa préoccupation de voir Ankara, membre de l'Otan, s'équiper en armements russes.

La Turquie et la Russie affirment qu'un accord a déjà été conclu et Ankara soutient que la livraison des S-400, un système antimissiles et de défense antiaérienne concurrent des Patriot américains, pourrait intervenir dès l'an prochain.

Pour les Etats-Unis, l'acquisition de S-400 par la Turquie poserait un problème double : celui de la compatibilité avec les systèmes de l'Otan et celui de la protection des secrets technologiques de l'avion de combat américain F-35, qu'Ankara souhaite acheter et qui est censé pouvoir échapper aux S-400.

La Turquie "a aussi besoin des F-35", a déclaré M. Erdogan vendredi. Les Etats-Unis "les fourniront ou ne les fourniront pas. Je ne sais pas. S'ils les fournissent, ils montreront qu'ils tiennent leurs engagements", a poursuivi le président turc.

Les relations entre la Turquie et les Etats-Unis se sont fortement tendues ces dernières semaines en raison de l'incarcération puis du placement en résidence surveillée à Izmir (ouest) d'un pasteur américain accusé par Ankara d'"espionnage" et d'activités "terroristes".

Ces tensions ont notamment précipité l'effondrement de la livre turque qui a perdu quelque 40% de sa valeur depuis le début de l'année.

"Les efforts visant à provoquer l'écroulement des secteurs économique et militaire de la Turquie en raison d'un procès en cours à Izmir (...) sont absolument inexplicables", a déclaré M. Erdogan devant les sous-officiers fraîchement diplômés.
(AFP, 31 août 2018)

Affaires religieuses / Religious Affairs

La justice rejette une demande de prières musulmanes à Sainte-Sophie

Le plus haut tribunal de Turquie a rejeté jeudi la requête d'une association demandant le droit d'organiser des prières musulmanes à l'intérieur de la basilique Sainte-Sophie, l'un des plus imposants monuments d'Istanbul qui a servi d'église et de mosquée au fil des siècles.

La Cour constitutionnelle turque a rejeté la demande de l'association, arguant qu'elle n'était pas compétente pour se prononcer sur ce sujet, selon l'agence de presse étatique Anadolu.

Dans sa requête, l'association estimait que l'interdiction de prier à Sainte-Sophie constituait une violation des libertés de conscience et d'exercer sa religion.

OEuvre architecturale majeure construite au 6ème siècle à l'entrée du détroit du Bosphore et de la Corne d'or, la basilique Sainte-Sophie fait régulièrement l'objet de polémiques entre chrétiens et musulmans qui se disputent son utilisation.

Cette église, où étaient couronnés les empereurs byzantins, a été convertie en mosquée au 15ème siècle après la prise de Constantinople par les Ottomans en 1453.

Sous le régime laïque de Mustafa Kemal Atatürk, elle a été désaffectée et transformée en musée afin, dit la loi, de "l'offrir à l'humanité".

Sa majestueuse coupole perchée à 55 m de haut et ses quatre minarets sont aujourd'hui classés au patrimoine mondial de l'Unesco et visités par des millions de touristes chaque année.

Son statut continue toutefois d'irriter les musulmans de Turquie les plus militants, spécialement depuis l'arrivée en 2002 aux commandes du pays d'un gouvernement islamo-conservateur, souvent accusé de vouloir "islamiser" la société turque.

Depuis l'arrivée du président Recep Tayyip Erdogan au pouvoir, les activités liées à l'islam se sont multipliées à l'intérieur de Sainte-Sophie, avec notamment des séances de lecture de versets du Coran ou des prières collectives sur le parvis du monument.

La Grèce voisine, qui surveille de près le devenir du patrimoine byzantin en Turquie, a plusieurs fois exprimé sa préoccupation quant aux initiatives visant à remettre en question le statut de Sainte-Sophie.
(AFP, 13 sept 2018)

L'Eglise russe menace de rompre avec Constantinople s'il reconnaît Kiev

L'Eglise orthodoxe russe a menacé samedi de rompre ses liens avec le patriarche de Constantinople, Bartholomée, si ce dernier reconnaît le patriarcat de Kiev et permet à l'Ukraine de s'affranchir de la tutelle religieuse de son voisin.

Le patriarcat de Moscou et celui de Constantinople sont engagés dans des négociations devant décider de l'avenir religieux des orthodoxes en Ukraine, où il existe une Eglise rattachée à Moscou et une autre fidèle au patriarcat de Kiev, autoproclamé après l'indépendance du pays en 1992 et qui n'est reconnu aujourd'hui par aucune Eglise orthodoxe dans le monde.

C'est au patriarche Bartholomée de Constantinople, basé à Istanbul en Turquie et "premier parmi ses égaux" par rapport aux autres patriarches des Eglises orthodoxes, de statuer sur l'avenir religieux de l'Ukraine, après une demande officielle du patriarcat de Kiev, soutenue par les députés ukrainiens, d'être reconnu comme une Eglise à part entière dans le monde orthodoxe.

Une reconnaissance du patriarcat de Kiev semble proche, symbolisée notamment par l'envoi par Bartholomée de représentants en Ukraine sans en avoir informé au préalable le patriarcat de Moscou, avec qui il entretient des relations difficiles.

"Lorsque l'on s'ingère de manière éhontée et cynique dans les affaires d'une Eglise orthodoxe locale, l'on récolte non seulement une situation sans issue, mais l'on menace d'un schisme le monde orthodoxe global", a dénoncé samedi le métropolite Illarion, chef de la diplomatie du patriarcat de Moscou, cité par les agences russes.

Si le patriarcat de Kiev était reconnu, "il ne nous restera pas d'autre choix que de rompre les relations avec Constantinople", a-t-il ajouté, accusant le patriarche Bartholomée d'agir de manière "ignoble et perfide".

La Russie et l'Ukraine sont à couteaux tirés depuis l'arrivée au pouvoir à l'hiver 2014 de pro-occidentaux à Kiev, suivie par l'annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée par la Russie et un conflit avec des séparatistes prorusses dans l'est du pays, qui a fait plus de 10.000 morts.

Pour le patriarcat de Moscou, la perte de son influence en Ukraine porterait un coup sérieux à son statut dans le monde orthodoxe.
(AFP, 8 sept 2018)

Tentative d'enlèvement en Mongolie : un Turc demande l'aide de l'ONU

Un directeur d'école turc travaillant en Mongolie, qui a été victime le mois dernier d'une tentative d'enlèvement dont la Turquie est soupçonnée, puis qui s'est vu interdire sans explications de quitter le territoire mongol, a demandé l'aide de l'ONU, a annoncé son avocat.

La Mongolie avait empêché fin juillet le décollage d'un avion soupçonné d'appartenir à l'armée de l'air turque, après que des témoins eurent dénoncé une tentative d'enlèvement de Veysel Akcay.

Ce directeur d'école de 50 ans est considéré comme lié au mouvement de Fethullah Gülen, un prédicateur musulman turc vivant en exil aux Etats-Unis et accusé par Ankara d'avoir fomenté le putsch manqué de juillet 2016 contre l'actuel président turc Recep Tayyip Erdogan.

Dans un courrier rédigé par son avocat et consulté mardi par l'AFP, Veysel Akcay sollicite l'aide du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), afin de pouvoir quitter la Mongolie et ainsi demander l'asile dans un autre pays.

"Les mesures encourageantes prises dans un premier temps par le gouvernement mongol ont été suivies par des actions qui à l'évidence exposent monsieur Akcay au risque imminent d'un transfert illégal en Turquie", explique l'avocat.

Selon lui, le directeur d'école a été empêché deux fois en une semaine de quitter la Mongolie.

Les autorités mongoles ont déclaré vendredi que Veysel Akcay n'était effectivement pas autorisé à quitter le territoire. Elles n'ont cependant donné aucune explication.

"Nous ne sommes pas en mesure de commenter cette affaire à l'heure actuelle", a dit le bureau du procureur d'Oulan-Bator à l'origine de l'interdiction de voyager.

L'école dirigée par M. Akcay est soupçonnée par la Turquie d'être liée à Fethullah Gülen. Des enseignants de l'établissement, interrogés par l'AFP, ont cependant nié toute connexion entre les deux hommes.

Cet incident rappelle la vaste traque engagée par Ankara à l'échelle du globe.

Depuis le putsch avorté de 2016, les autorités turques recherchent sans relâche ceux qu'elles soupçonnent d'être des partisans de Fethullah Gülen, autrefois un allié de Recep Tayyip Erdogan et qui nie toute implication dans le coup d'Etat.

Le mouvement dont M. Gülen a été l'initiateur avait obtenu une influence significative en Turquie et à l'étranger, notamment via un vaste réseau dans le secteur éducatif.

Selon l'agence de presse étatique turque Anadolu, plus de 1.600 personnes ont été condamnées à la prison à vie en lien avec le putsch. Et quelque 77.000 suspects ont été incarcérés.

Ankara a nié le mois dernier toute tentative d'enlèvement de Veysel Akcay.
(AFP, 28 août 2018)

Socio-économique / Socio-economic

La banque centrale relève fortement ses taux d'intérêt

La banque centrale de Turquie a fortement relevé jeudi son principal taux d'intérêt pour endiguer la hausse rapide de l'inflation et stopper la chute de la livre turque, en dépit de l'opposition affichée du président Recep Tayyip Erdogan.

La banque centrale a annoncé dans un communiqué qu'elle relevait son principal taux directeur de 625 points de base, le portant à 24% .

Cette mesure a été accueillie positivement par les marchés : la livre turque a ainsi bondi de jusqu'à 5% face au dollar. A 14H30 GMT, elle s'échangeait à environ 6,17 contre un billet vert.

L'économie turque a été secouée ces derniers mois par l'effondrement de la monnaie nationale, sur fond de défiance des marchés à l'égard des politiques économiques d'Ankara et de tensions diplomatiques avec Washington.

La livre turque a perdu près de 40% de sa valeur face au dollar depuis le début de l'année, l'inflation en rythme annuel frôlait en août les 18% et certains experts mettent d'ores et déjà en garde contre un risque de récession.

Afin de remédier à la situation, de nombreux économistes appelaient depuis des mois à une hausse significative des taux d'intérêt de la banque centrale.

Mais celle-ci est sous forte pression du président Erdogan, qui prône le maintien de taux d'intérêt bas pour soutenir la croissance à tout prix.

"Mes réserves au sujet des taux d'intérêt demeurent, elles n'ont pas changé. (Mais) la banque centrale est indépendante et prend ses propres décisions", a-t-il encore déclaré jeudi matin à quelques heures de l'annonce.

- "Distance" -

Pour Anthony Skinner, du cabinet de consultants en risques Verisk Maplecroft, la décision sur les taux d'intérêt avait déjà été prise lorsque le chef de l'Etat a fait ces déclarations: "le discours de M. Erdogan ce matin visait à mettre de la distance entre lui et la décision de la" banque centrale.

Face à la chute de la monnaie turque et dans un contexte de campagne électorale pour la réélection de M. Erdogan, elle avait décidé des hausses de ses taux en mai et juin, mais à des niveaux jugés insuffisants par les marchés.

Son refus de réitérer cette mesure lors de la réunion de son comité de politique monétaire en juillet avait été très mal perçu et renforcé les inquiétudes quant à son indépendance.

Avec sa décision jeudi, "la banque centrale vise à envoyer un signal clair d'indépendance et de crédibilité aux marchés financiers internationaux", affirme Agathe Demarais, de l'Economist Intelligence Unit.

Cela indique, selon elle, que "la normalisation des conditions de la politique monétaire" prévaut sur les mesures visant à redresser la croissance économique, qui a déjà ralenti en début d'année, tout en se maintenant à 5,2% au deuxième trimestre.

- "Pas sortis du bois" -

Pour Gökçe Celik, économiste à la QNB Finansbank, cette décision "indique que la banque centrale a été significativement inquiétée par l'impact inflationniste de la forte dépréciation de la livre turque".

La hausse de 625 points de base suffira-t-elle toutefois à rassurer les marchés?

Pas entièrement, estime Lukman Otunuga, analyste chez FXTM interrogé par l'AFP. "Les investisseurs ont besoin de voir d'autres signes de l'indépendance de la banque centrale" avec le temps, dit-il.

Pour "renverser la spirale négative dans laquelle se trouve l'économie", la Turquie a besoin de "réformes structurelles", explique à l'AFP Nora Neuteboom, d'ABN Amro.

"Cela ne se fait pas avec une hausse ponctuelle des taux d'intérêt, mais avec une politique économique prudente", poursuit-elle.

Pour M. Skinner, cette décision n'empêchera pas "la crise économique qui a déjà commencé".

"Mais les autorités turques peuvent atténuer la sévérité de la crise", explique-t-il à l'AFP, notamment en autorisant la banque à relever les taux lorsque cela est nécessaire et en réduisant les tensions avec Washington.

"Pour le moment, les marchés ont repris un peu de confiance", ajoute M. Skinner. "Mais nous ne sommes pas encore sortis du bois".
(AFP, 13 sept 2018)

Interdiction des transactions immobilières en devises étrangères

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a interdit jeudi les ventes et locations de biens mobiliers et immobiliers en devises étrangères, une mesure visant à soutenir la livre qui s'est écroulée cette année.

L'achat, la location et la vente de biens mobiliers et immobiliers doivent dès jeudi se faire uniquement en livres turques, d'après un décret présidentiel publié jeudi au Journal officiel.

Ces transactions ne peuvent pas non plus être indexées sur des devises étrangères, précise le texte, qui évoque toutefois la possibilité d'exceptions décidées par le ministère des Finances.

Les vendeurs et propriétaires ont 30 jours pour convertir les sommes concernées en livres turques et régulariser leur situation.

Cette mesure vise à soutenir la livre turque qui a perdu plus de 40% de sa valeur face au dollar depuis le début de l'année, sur fond de crise diplomatique avec les Etats-Unis et de défiance des marchés vis-à-vis des politiques économiques de M. Erdogan.

Un dollar s'échangeait mercredi à 6,37 livres turques, après s'être échangé jusqu'à 7 livres en août au coeur de la crise entre Ankara et Washington, marquée par des sanctions réciproques.

Mais les marchés avaient les yeux rivés jeudi sur une décision de la banque centrale qui doit décider d'une éventuelle hausse de ses taux d'intérêt.
(AFP, 13 sept 2018)

Erdogan à la tête du fonds souverain turc

Le président turc Recep Tayyip Erdogan dirigera le fonds souverain dont son pays s'est doté en 2016 et qui gère des dizaines de milliards de dollars, selon un décret présidentiel publié mercredi.

M. Erdogan a été désigné comme président de ce fonds et son gendre, le ministre du Trésor et des Finances Berat Albayarak, a été nommé vice-président, selon le décret publié dans le Journal officiel.

Ces nominations surviennent au moment où la Turquie traverse une grave crise économique marquée par une forte inflation et la dégringolade de la monnaie locale.

Les économistes s'interrogent sur la capacité de M. Erdogan à affronter la crise actuelle, d'autant plus qu'il a nommé M. Albayrak en juillet au poste clé des Finances en dépit de sa relative inexpérience.

M. Erdogan est en effet hostile à une hausse des taux d'intérêt préconisée par les experts pour endiguer l'inflation, une position qui semble réduire la marge de manoeuvre de la Banque centrale.

Le gouvernement turc avait décidé en février 2017 de placer des dizaines de milliards de dollars d'avoirs publics dans ce fonds souverain dans le cadre d'une vaste réorganisation visant à financer d'ambitieux projets d'infrastructure.

Les avoirs transférés allaient de la banque publique Ziraat Bankasi aux parts minoritaires de l'Etat dans le compagnie Turkish Airlines.

Les parts gouvernementales dans des compagnies privatisées telle que Turkish Airlines, dont l'Etat détient 49,12%, et dans la banque Halkbank, contrôlée par l'Etat à hauteur de 51,11% devraient aussi être transférées à ce fonds. Il gérera aussi les 7% de parts détenues par l'Etat dans la compagnie Türk Telekom.

Ce fonds, censé financer les grands projets d'infrastructures, avait été créé en août 2016, mais les avoirs d'entreprises importantes n'ont été transférés sous son autorité qu'en 2017.
(AFP, 12 sept 2018)

L'inflation accélère en août à 17,9%, au plus haut depuis 2003

Le taux d'inflation en Turquie a atteint près de 18% en août sur un an, un record depuis 2003, selon les chiffres officiels publiés lundi au moment où l'économie turque est fragilisée par l'effondrement de sa devise.

Les prix à la consommation ont augmenté de 2,3% en août par rapport à juillet et de 17,9% en rythme annuel, d'après les données publiées par l'Office national des statistiques (Tüik).

Les secteurs les plus affectés par la hausse des prix sur un an sont les transports, avec +27,13%, l'alimentation (+19,75%) et le logement (+16,30%).

La livre turque, déjà fortement affaiblie ces derniers mois, a réagi en perdant près de 2% de sa valeur face au dollar lundi par rapport à vendredi soir.

Un billet vert s'échangeait ainsi contre 6,60 livres turques lundi vers 07H30 GMT.

La devise turque a perdu plus de 40% de sa valeur depuis le début de l'année, une chute qui s'est accélérée en août sur fond de tensions entre Ankara et Washington et l'annonce de sanctions réciproques.

La banque centrale de Turquie (CBRT) a immédiatement réagi en assurant qu'elle prendrait "les mesures nécessaires pour soutenir la stabilité des prix".

"L'orientation monétaire sera ajustée lors de la réunion du comité de politique monétaire de septembre", affirme la CBRT dans un communiqué.

Les marchés appellent à une hausse des taux d'intérêt de la CBRT, dont la prochaine annonce à ce sujet est prévue le 13 septembre, afin de lutter contre l'inflation et une potentielle surchauffe de l'économie.

Mais le président Recep Tayyip Erdogan, partisan de la croissance à tout prix, s'y oppose fermement.
(AFP, 3 sept 2018)

Ankara veut se passer du dollar dans ses échanges commerciaux

La Turquie compte se passer du dollar pour ses échanges commerciaux avec la Russie, a affirmé dimanche le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui a accusé les Etats-Unis de se comporter comme un "loup sauvage".

"L'Amérique se comporte comme un loup sauvage. Ne la croyez pas", a lancé M. Erdogan devant des hommes d'affaires à l'occasion d'un déplacement au Kirghizstan.

Le président turc a indiqué qu'Ankara était en négociations avec la Russie pour que les deux pays s'affranchissent du dollar dans leurs échanges commerciaux, en réaction aux sanctions économiques imposées par Washington.

"Utiliser le dollar ne fait que nous nuire. Nous n'abandonnerons pas, nous serons victorieux", a-t-il déclaré, selon ses propos traduits en kirghize.

Ankara envisage notamment d'acheter le système de défense anti-aérien russe S400. Ce projet mené par un pays membre de l'Otan ulcère Washington qui menace de bloquer en représailles la livraison des avions de combat furtifs F-35 vendus à la Turquie.

Les relations américano-turques sont en pleine crise à la suite du refus d'Ankara de libérer un pasteur américain assigné à résidence en Turquie. Les deux pays se sont mutuellement imposé un gel des avoirs de ministres et augmenté leurs tarifs douaniers sur certains produits.

Cette crise, qui inquiète les marchés, a entraîné une chute du cours de la livre turque, qui a perdu 40% de sa valeur face au dollar depuis le début de l'année.

Le rouble russe a de son côté atteint son plus bas niveau en deux ans après l'imposition de nouvelles sanctions par Washington après l'empoisonnement au Royaume-Uni de l'ex-agent russe Sergueï Skripal. Moscou a formellement démenti toute implication dans cette affaire.
(AFP, 2 sept 2018)

La livre turque dégringole après la démission d'un vice-gouverneur

La livre turque poursuivait jeudi sa dégringolade, perdant près de 5% de sa valeur face au dollar, au moment où la télévision d'Etat rapportait la démission d'un vice-gouverneur de la banque centrale de Turquie (CBRT).

Erkan Kilimci, nommé vice-gouverneur de la CBRT en mai 2016, a démissionné jeudi pour prendre un poste à la Banque du développement de Turquie, selon la télévision d'Etat TRT.

Alors que des rumeurs sur sa démission circulaient dès le matin, la devise turque perdait en fin de journée et par rapport à mercredi soir environ 5% de sa valeur face au dollar, qui s'échangeait vers 16H00 GMT à 6,74 livres.

La livre a ainsi perdu plus de 10% de sa valeur face au billet vert depuis lundi, et environ 44% depuis le début de l'année.
 La démission de M. Kilimci survient alors que la CBRT est sous forte pression, d'une part des marchés pour hausser ses taux d'intérêt afin de lutter contre une inflation galopante, et d'autre part du gouvernement pour au contraire maintenir des taux bas et soutenir la croissance.

Les économistes mettent en garde depuis des mois contre un risque de surchauffe de l'économie turque, marquée par une croissance élevée, une inflation à deux chiffres et un déficit croissant de ses comptes courants.

Mais le président turc Recep Tayyip Erdogan s'oppose fermement à toute hausse des taux d'intérêt, les qualifiant même de "père et mère de tous les maux".

La prochaine réunion du comité de politique monétaire de la CBRT, au cours de laquelle une décision sera prise sur les taux d'intérêt, aura lieu le 13 septembre.

"Avec (la démission de Kilimci) qui alimente les inquiétudes concernant le système financier fragile de la Turquie, la livre pourrait étendre ses pertes", estime Lukman Otunuga, analyste chez FXTM, répondant aux questions de l'AFP.

"Les inquiétudes concernant la fragilité du système financier turc, l'accélération de l'inflation et l'instabilité économique risquent de dégrader l'appétit pour la livre", ajoute-t-il.

A cette défiance générale, s'est ajoutée ce mois-ci une crise diplomatique avec les Etats-Unis et l'annonce de sanctions américaines -auxquelles a immédiatement répliqué Ankara -, qui ont précipité l'effondrement de la devise turque.

Mardi soir, l'agence de notation Moody's a abaissé la note de 18 banques et de deux institutions financières en Turquie, pointant des fragilités dues à leur dépendance aux financements en devises étrangères.

Une série d'indicateurs importants est attendue dans les prochaines semaines : la Turquie publie lundi les chiffres de l'inflation pour août, après qu'elle a frôlé les 16% en juillet. Et le 10 septembre, seront publiés les résultats de la croissance au deuxième trimestre, alors que les économistes mettent en garde contre un risque de récession.
(AFP, 31 août 2018)

Relations turco-européennes / Turkey-Europe Relations

Echange d'ambassadeurs entre la Turquie et les Pays-Bas

La Turquie et les Pays-Bas ont annoncé vendredi avoir procédé à un échange d'ambassadeurs, scellant de la sorte le réchauffement de leurs relations après plus d'un an de tensions diplomatiques.

"Les ambassadeurs respectifs de la Turquie et des Pays-Bas ont été nommés (vendredi), conformément à l'accord visant à normaliser les relations" bilatérales, a déclaré dans un communiqué le ministère turc des Affaires étrangères.

La Turquie a nommé comme ambassadeur à La Haye Saban Diçli, membre fondateur du Parti de la Justice et du Développement (AKP), au pouvoir.

Le ministère néerlandais des Affaires étrangères a annoncé pour sa part dans un communiqué la nomination à Ankara de Marjanne de Kwaasteniet, auparavant représentante permanente pour l'OTAN à Bruxelles.

Les relations entre les deux pays s'étaient envenimées en mars 2017 lorsque La Haye avait interdit au ministre turc des
Affaires étrangères, Mevlüt Cavusoglu, d'atterrir aux Pays-Bas pour participer à un rassemblement à Rotterdam et expulsé du pays la ministre de la Famille Fatma Betul Sayan Kaya.

Les ministres avaient prévu de participer à des meetings avec la diaspora turque pour promouvoir le "oui" au référendum sur le renforcement des pouvoirs présidentiels qui se tenait en Turquie le mois suivant.

Ankara avait interdit pour sa part à l'ambassadeur néerlandais à Ankara, alors en déplacement, de revenir en Turquie. Il avait ensuite été officiellement retiré par La Haye en février.

"La visite prévue du ministre néerlandais des Affaires étrangères en Turquie, la première semaine d'octobre, constituera la prochaine étape de la normalisation des affaires", selon le communiqué turc.

"Nous saluons ces développements et espérons voir leur effet positif sur nos relations avec les Pays-Bas (...) ainsi que sur notre processus d'adhésion à l'Union européenne", poursuit le texte.

Ce processus est au point mort depuis plusieurs années.
(AFP, 7 sept 2018)

Le ministre allemand des Affaires étrangères à Ankara

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, a été reçu mercredi à Ankara par son homologue turc Mevlüt Cavusoglu, au moment où les deux pays tentent d'améliorer leurs relations, tendues depuis le putsch manqué de juillet 2016.

"Nos relations humaines avec la Turquie sont si profondes que nous devons continuer à travailler étroitement pour les améliorer", a déclaré M. Maas sur Twitter à son arrivée en Turquie.

Il a d'abord été reçu par son homologue et le chef du Parlement Binali Yildirim et devait s'entretenir ensuite avec le président turc Recep Tayyip Erdogan.

MM. Maas et Cavusoglu doivent s'exprimer lors d'une conférence de presse prévue à 16H00 GMT.

Au menu de leurs discussions figurent les relations bilatérales, le processus d'adhésion de la Turquie à l'Union européenne et des questions internationales, selon le ministère turc des Affaires étrangères.

La visite de M. Maas survient alors que la communauté internationale s'inquiète d'une offensive qui paraît imminente du régime syrien et ses alliés contre la province d'Idleb, dernier grand bastion rebelle de Syrie, malgré les mises en garde de la Turquie, des Etats-Unis et de l'Europe.

M. Maas a affirmé sur Twitter qu'il aborderait également lors de sa visite la question des droits de l'homme en Turquie.

Les relations entre Ankara et Berlin se sont nettement détériorées après la tentative de putsch de juillet 2016 et la détention en Turquie de plusieurs citoyens allemands ou binationaux. Selon Berlin, sept Allemands ou binationaux sont actuellement détenus en Turquie pour des raisons "politiques".

Mais depuis le début de l'année, les deux alliés au sein de l'Otan semblent vouloir normaliser leurs relations.

La Turquie traverse actuellement une grave crise diplomatique avec les Etats-Unis, qui a eu un lourd impact sur son économie, et semble vouloir resserrer ses liens avec ses alliés européens.

Ainsi, des tribunaux turcs ont libéré en août deux soldats grecs et le président d'Amnesty International en Turquie, dont la détention avait alimenté les tensions avec l'Europe. M. Erdogan doit se rendre à Berlin fin septembre.

Une journaliste et traductrice allemande, Mesale Tolu, jugée en Turquie pour activités "terroristes", a également été autorisée à rentrer en Allemagne.

Jeudi, M. Maas doit se rendre à Istanbul pour assister à la cérémonie d'ouverture d'un lycée allemand.
(AFP, 5 sept 2018)

ECtHR Convicts Turkey of Testimony Without Attorney

The European Court of Human Rights (ECtHR) has ruled that the right to a fair trial of Ömer Güner, who made his testimony at the Security Directorate without a lawyer being present, has been violated.

As per the court verdict, Güner shall be paid a court expense of 31 Euro.

He was charged with "aiding and abetting"

Ömer Güner, the manager of a hotel at the time, was arrested in July 2002 by the counter-terrorism police officers as part of an operation against the Bolşevik Parti-Kuzey Kürdistan/Türkiye (Bolshevik Party-North Kurdistan/Turkey).

The police seized various left-wing materials found in his room. Speaking to the police without an attorney being present, Güner said that he had let two men linked to the Bolshevik Party stay at the hotel and use his car.

Güner was charged with aiding and abetting an illegal organization in 2002.

"I was convicted based on testimony made in the absence of an attorney"

Öner Güner was sentenced to 10 months in prison on the pressed charge. In the wake of Güner's objection being rejected, he applied to the ECtHR.

In his application, Güner stated that he had been denied legal assistance in the preliminary investigation stage, that his statements had been made under duress and that he had been convicted on the basis of testimony made in the absence of an attorney.

In its verdict announced today (September 4), the ECtHR acknowledged Güner to be right and sentenced Turkey to pay compensation.
(BIA, Sept 4, 2018)

Allemagne: Une "statue" d'Erdogan démontée suite à une polémique

La ville de Wiesbaden en Allemagne a fait retirer dans la nuit de mardi à mercredi une statue dorée du chef de l'Etat turc installée en centre-ville dans le cadre d'un festival artistique, en raison de la polémique qu'elle suscitait.

"En accord avec la police, la municipalité a décidé de faire démonter la statue car la sécurité autour ne pouvait plus être garantie", a indiqué la mairie dans un message sur son compte twitter. Elle a été déplacée par une grue.

Cette statue de quatre mètres de hauteur d'un président Recep Tayyip Erdogan peint de couleur doré et levant le doigt d'un air décidé avait été installée en début de semaine dans la ville par les organisateurs d'un festival d'art, la Biennale de Wiesbaden.

Ce festival, qui avait obtenu l'autorisation des autorités locales, s'est donné cette année comme mot d'ordre "bad news" (mauvaises nouvelles) et entendait avec cette statue provoquer le public et inciter à la discussion.

Leurs espoirs ont été atteints sans doute au-delà de leurs espérances: les esprits se sont échauffés de plus en plus depuis lundi entre partisans et adversaires de ce projet et d'Erdogan.

Peu après avoir été installée, divers commentaires insultants, parmi lesquels "Hitler turc", ont été inscrits sur la statue. Le ton est particulièrement monté mardi soir devant l'installation lorsque les deux camps se sont fait face "dans une atmosphère un peu agressive", selon un porte-parole de la police.

Un responsable local de la sécurité, Oliver Franz, a même fait état auprès du quotidien Wiesbadener Kurier d'échauffourées entre les deux parties. "Des couteaux ont été observés", a-t-il ajouté.

Cette situation a finalement poussé la mairie à ordonner le retrait de la construction artistique.

Le directeur du théâtre de Wiesbaden à l'origine de l'action, Uwe Eric Laufenberg, a lui défendu l'initiative au nom de la liberté d'expression. "Nous avons monté la statue pour discuter d'Erdogan", a-t-il dit, selon l'agence DPA. "Dans une démocratie il faut pouvoir supporter toutes les opinions", a-t-il ajouté.
(AFP, 28 août 2018)

Macron est "loin de comprendre" la Turquie, selon Ankara

Ankara a accusé mardi Emmanuel Macron d'être "loin de comprendre" la Turquie, après que le président français a reproché à son homologue turc Recep Tayyip Erdogan un "projet panislamique" et appelé à renoncer à une adhésion de ce pays à l'UE.

"Les déclarations de Macron à propos de notre pays (...) montrent une nouvelle fois qu'il est loin de comprendre les réalités de la Turquie", a déclaré dans un communiqué Hami Aksoy, le porte-parole du ministère turc des Affaires étrangères.

"Dire que nous sommes +antieuropéens+ ne recouvre pas la réalité", a-t-il poursuivi.

S'exprimant au cours de la conférence des ambassadeurs lundi à Paris, M. Macron a appelé à "sortir de l'hypocrisie" à propos de l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne, proposant plutôt, comme il l'avait déjà fait par le passé, un "partenariat stratégique".

"Le projet chaque jour réaffirmé du président turc (...) est un projet panislamique régulièrement présenté comme antieuropéen, dont les mesures régulières vont plutôt à l'encontre de nos principes", a-t-il déclaré.

La candidature de la Turquie à l'UE, qui a donné lieu à l'ouverture de négociations en 2005, est au point mort depuis plusieurs années.

Les relations entre l'UE et ce pays se sont notamment très fortement tendues depuis la tentative manquée de putsch de juillet 2016 et les purges massives, très critiquées par les Européens, qui ont suivi.

Mais Ankara a répété à plusieurs reprise que l'adhésion à l'UE restait un "objectif stratégique" de la Turquie.

"La Turquie est déterminée à avancer sur la voie d'une adhésion complète", insistait à cet égard mardi M. Aksoy.

Ankara, dont les relations avec Washington traversent actuellement une grave crise, a semblé ces dernières semaines faire des gestes en direction de l'Europe.
(AFP, 28 août 2018)


Turquie-USA-OTAN / Turkey-USA-NATO

Le représentant américain pour la Syrie en visite à Ankara

Le représentant spécial des Etats-Unis pour la Syrie, James Jeffrey, effectuait mardi une visite à Ankara pour des entretiens axés sur la Syrie, alors qu'une offensive sur l'enclave rebelle d'Idleb semble imminente.

M. Jeffrey s'est notamment entretenu avec le ministre turc de la Défense, Hulusi Akar, qui a évoqué sa "gêne" vis-à-vis de la présence en Syrie de milices kurdes considérées comme "terroristes" par la Turquie.

La Turquie considère en effet les Unités de protection du peuple (YPG) comme une extension en Syrie du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), classé "terroriste" par Ankara, mais aussi Washington.
 Or, les Etats-Unis coopèrent étroitement avec les YPG dans la lutte contre le groupe Etat islamique (EI), ce qui provoque la fureur d'Ankara.

M. Akar a souligné "la nécessité que l'organisation terroriste séparatiste quitte entièrement la région", selon un communiqué du ministère.

M. Jeffrey achevait mardi une tournée au Moyen-Orient, avec l'envoyé spécial américain pour la Syrie Joel Rayburn, comptant notamment des étapes en Israël et en Jordanie.

Au programme de ces visites figure entre autres le sort de la province syrienne d'Idleb.

Dernière région syrienne échappant au contrôle des forces gouvernementales, Idleb est dominée à 60% par Hayat Tahrir al-Cham (HTS, formé de membres de l'ex-branche d'Al-Qaïda) et compte également une multitude de groupes rebelles.

Le Kremlin, fervent soutien de Damas, a annoncé mardi que l'armée syrienne "s'apprête à régler" le problème du "terrorisme" dans cette province frontalière de la Turquie.

Selon un communiqué publié par le département d'Etat vendredi, MM. Jeffrey et Rayburn "réitèreront (en Turquie et en Jordanie) la position américaine sur le fait qu'une offensive militaire à Idleb provoquerait une escalade de la crise en Syrie et dans la région".

S'exprimant lundi, le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlüt Cavusoglu, a assuré que la Turquie aborderait, outre la question d'Idleb et d'une solution politique au conflit syrien, "le soutien américain au PKK/YPG et leurs armes".

La Turquie, soutien des rebelles syriens, s'oppose elle aussi à une offensive contre Idleb, M. Cavusoglu évoquant même le risque d'une "catastrophe".

Le président turc Recep Tayyip Erdogan et ses homologues russe, Vladimir Poutine, et iranien, Hassan Rohani, dont le pays sont les garants du processus d'Astana, doivent s'entretenir vendredi de la situation en Syrie lors d'un sommet en Iran.
(AFP, 4 sept 2018)

Relations régionales / Regional Relations

Constat de divergences entre Iran, Russie et Turquie sur Idleb lors du sommet

Dernier grand bastion insurgé en Syrie, la province d'Idleb --trois millions d'habitants et plusieurs dizaines de milliers de combattants, jihadistes en majorité--, attend son sort au lendemain de l'échec d'un sommet à Téhéran, faisant craindre une nouvelle catastrophe humanitaire.

Iran, Russie et Turquie ont échoué vendredi à surmonter leurs divergences, tout en convenant de continuer à "coopérer" en vue d'une solution pour éviter les pertes civiles dans cette région du nord-ouest de la Syrie, autour de laquelle le pouvoir de Bachar al-Assad amasse des troupes en vue d'un assaut qui semble imminent.

Des frappes aériennes russes ont visé vendredi des positions de Hayat Tahrir al-Cham, l'organisation jihadiste créée par l'ex-branche syrienne d'Al-Qaïda qui domine Idleb, ou encore celle d'Ahrar al-Cham, un puissant groupe rebelle islamiste, faisant cinq morts, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Dès jeudi, des centaines de civils ont commencé à fuir la zone en prévision d'un assaut des troupes gouvernementales.

Conquis en 2015 par les insurgés, Idleb est leur dernier grand bastion. C'est là qu'ont été envoyés des dizaines de milliers de rebelles et de civils évacués d'autres places fortes de l'opposition repris par les forces loyalistes à travers le pays.

Les frappes russes ont eu lieu alors que se tenait à Téhéran le sommet entre le président iranien Hassan Rohani et ses homologues russe Vladimir Poutine et turc Recep Tayyip Erdogan, et quelques heures avant une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU convoquée par Washington sur la situation à Idleb.

- Erdogan contre un "massacre" -

Un sommet marqué par une joute verbale entre les présidents turc Recep Tayyip Erdogan et russe Vladimir Poutine, le premier plaidant à cor et à cri pour un accord de "cessez-le-feu" et mettant en garde contre un "massacre" en cas d'assaut des troupes loyalistes, soutenues par Téhéran et Moscou.

M. Poutine a rejeté la proposition arguant "qu'il n'y (avait) pas de représentants des groupes armés autour de cette table" habilités à négocier un cessez-le-feu.

Globalement, les trois pays ont semblé camper sur leurs positions, Téhéran et Moscou insistant sur la nécessité de combattre "le terrorisme", et le droit de Damas de récupérer l'intégralité de son territoire, et la Turquie, qui soutient les rebelles et accueille des réfugiés syriens en masse sur son territoire, mettant en garde contre un "massacre" à venir.

"Combattre le terrorisme à Idleb est une partie inévitable de la mission consistant à ramener la paix et la stabilité en Syrie, mais ce combat ne doit pas faire souffrir les civils ou entraîner une politique de la terre brûlée", a déclaré le président iranien Hassan Rohani en accueillant ses hôtes.

"Le gouvernement syrien a le droit de prendre sous son contrôle la totalité de son territoire national, et doit le faire", a fait valoir M. Poutine.

- Poutine pour l'assaut -

Huit ONG internationales actives en Syrie ont appelé les "dirigeants mondiaux" réunis à Téhéran et New York à "travailler ensemble pour éviter" que survienne "la pire catastrophe humanitaire en sept ans de guerre en Syrie", qui a déjà fait plus de 350.000 morts et des millions de réfugiés.

Téhéran, Moscou, et Ankara pilotent le processus d'Astana, série de discussions de paix lancée après l'intervention militaire russe de 2015, qui a totalement changé la donne dans cette guerre en remettant en selle le président Bachar Al-Assad. Le processus d'Astana a éclipsé les négociations de Genève dirigées par l'ONU.

Avant le sommet, certains médias avaient évoqué la possibilité d'un accord entre les trois dirigeants sur Idleb. Mais le communiqué final de la rencontre se borne à dire que les trois présidents "ont décidé de régler" la question d'Idleb "dans l'esprit de coopération qui caractérise le [processus] d'Astana".

- "Routes d'évacuation" -

"Nous avons discuté de mesures concrètes pour une stabilisation par étapes dans la zone de désescalade d'Idleb, qui prévoient notamment la possibilité pour ceux qui sont prêts au dialogue de passer un accord", a néanmoins déclaré M. Poutine à l'issue du sommet en faisant référence aux combattants insurgés qui seraient prêts à abandonner les armes.

Si MM. Erdogan et Rohani ont plaidé pour la nécessité de protéger les civils, l'émissaire de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, a plaidé pour des mesures concrètes vendredi devant le Conseil de sécurité réuni à New York pour discuter d'Idleb.

"Il faut des routes d'évacuation dans toutes les directions, est, nord, sud", a-t-il déclaré.

Déterminé à reprendre l'ensemble du territoire, le pouvoir de Damas a massé des renforts aux abords de la province, frontalière de la Turquie et dominée par les jihadistes de Hayat Tahrir al-Cham (HTS), mais qui accueille aussi d'importantes factions rebelles.

Près de la moitié des quelque trois millions d'habitants de la province d'Idleb et des quelques poches insurgées des provinces voisines de Hama, Alep ou Lattaquié sont des déplacés, selon l'ONU.
(AFP, 8 sept 2018)

Ankara désigne Hayat Tahrir al-Cham comme un groupe "terroriste"

La Turquie a officiellement désigné vendredi le groupe jihadiste Hayat Tahrir al-Cham (HTS), qui contrôle en partie la province syrienne d'Idleb, comme une organisation "terroriste", au moment où Damas semble déterminé à lancer une offensive sur cette région du nord-ouest.

Selon un document publié au Journal officiel vendredi, le gouvernement turc a ajouté HTS à sa liste des "autres appellations utilisées" par le Front al-Nosra, ex-branche d'al-Qaïda en Syrie et organisation elle-même classée comme "terroriste" par Ankara.

Le Front al-Nosra a changé de nom en 2016 pour devenir le Front Fatah al-Cham, groupe qui a été dissous l'an dernier et dont les membres, ainsi que ceux d'autres organisations, ont formé le Hayat Tahrir al-Cham.

Cette organisation jihadiste contrôle aujourd'hui à 60% la province d'Idleb, dernière région à échapper entièrement au contrôle des forces gouvernementales, qui semblent désormais déterminées à y lancer une offensive.

Depuis des semaines, le régime amasse des renforts aux abords d'Idleb, région frontalière de la Turquie, avant une probable offensive qui s'annonce comme l'ultime bataille d'envergure dans le conflit qui déchire le pays depuis 2011.

D'intenses tractations sont actuellement en cours, notamment entre Ankara, qui soutient certains des groupes rebelles présents à Idleb, et Moscou, qui soutient le président syrien Bachar al-Assad.

Il n'était pas clair dans l'immédiat si la décision de la Turquie de désigner le HTS comme un groupe terroriste était un signal de soutien à une offensive même circonscrite sur Idleb.

Deux hauts responsables turcs contactés par l'AFP se sont refusés à tout commentaire.

La Turquie a mis en garde contre la "catastrophe" que serait une "solution militaire" à Idleb, mais serait prête, selon certains experts à accepter une offensive limitée.

Le sort de la province d'Idleb a également suscité ces derniers jours l'inquiétude des Occidentaux, qui ont mis en garde mardi contre les "conséquences catastrophiques" d'une offensive militaire, à l'occasion d'une réunion consacrée à la situation humanitaire en Syrie à l'ONU.

Entretemps, la Turquie a renforcé ses 12 postes d'observation dans la province d'Idleb, alors que la Russie a consolidé sa présence militaire au large de la Syrie, disposant désormais du plus gros contingent naval depuis le début du conflit.
(AFP, 31 août 2018)

Le chef de la diplomatie iranienne rencontre Erdogan à Ankara

Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif a rencontré mercredi le président turc Recep Tayyip Erdogan pour évoquer notamment le sort de la Syrie et les Etats-Unis, lors d'un déplacement surprise à Ankara, a rapporté la présidence turque.

M. Zarif et M. Erdogan se sont entretenus pendant une heure au siège de la formation au pouvoir en Turquie, le Parti de la justice et du développement (AKP) de M. Erdogan, sur fond de tensions en Syrie où le régime, soutenu par Téhéran et Moscou, veut lancer une offensive sur Idleb (nord-ouest), ultime grand bastion des rebelles appuyés par Ankara.

Les "relations bilatérales ... (et) la Syrie" étaient à l'ordre du jour, a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu, également présent lors de l'entretien, cité par l'agence de presse étatique Anadolu.

Les discussions ont été "fructueuses", a écrit sur Twitter M. Zarif.

La rencontre a notamment porté sur "les relations bilatérales et la coopération régionale face au comportement malveillant des Etats-Unis", a t-il précisé.

L'Iran a vivement soutenu la Turquie frappée ces dernières semaines par des sanctions américaines ayant précipité l'effondrement de la livre turque.

Le sort de la province d'Idleb a quant à lui suscité ces derniers jours l'inquiétude des Occidentaux, qui ont mis en garde mardi contre les "conséquences catastrophiques" d'une offensive militaire, à l'occasion d'une réunion consacrée à la situation humanitaire en Syrie à l'ONU.

La Turquie a elle aussi tiré la sonnette d'alarme, M. Cavusoglu mettant en garde la semaine dernière contre une "solution militaire" à Idleb qui, selon lui, causerait "une catastrophe".

Ankara redoute notamment un afflux de réfugiés en cas d'offensive de grande ampleur sur cette province dont la population a explosé ces dernières années au fil des "évacuations" d'autres poches rebelles reprises par les forces du président syrien Bachar al-Assad.

Le régime de Damas ambitionne de reconquérir cette région frontalière de la Turquie et dominée à 60% par Hayat Tahrir al-Cham (HTS, formé de membres de l'ex-branche d'Al-Qaïda). Elle compte également une multitude de groupes rebelles.

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a déclaré mercredi espérer que les pays occidentaux n'allaient pas "entraver l'opération antiterroriste" à Idleb.

Cette région fait aussi partie des "zones de désescalade" mises en place en Syrie à l'issue des négociations de paix d'Astana, parrainées par la Russie, la Turquie et l'Iran, trois acteurs incontournables dans ce dossier.

La Turquie, qui a déployé des troupes dans le nord de la Syrie, a notamment érigé 12 "postes d'observation" dans la province d'Idleb dans le cadre de ces "zones de désescalade".
(AFP, 31 août 2018)

Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece

Des migrants syriens expulsés illégalement en Turquie

Les autorités grecques ont illégalement expulsé fin juillet vers la Turquie un groupe de réfugiés syriens après avoir brûlé leurs chaussures, documents et autres effets personnels, selon des témoignages recueillis par le quotidien grec Efimerida ton Syntakton.

Au total, 14 réfugiés et migrants venus de Syrie, du Yemen et d'Algérie, dont de jeunes enfants, ont été expulsés vers la Turquie le 28 juillet, a déclaré au journal Amir Mahmood, un Syrien de 24 ans.

Le groupe a été incercepté par la police grecque peu après avoir franchi le fleuve Evros qui marque la frontière entre la Grèce et la Turquie, selon ce témoignage publié samedi par le journal.

Les réfugiés et migrants ont été enfermés jusqu'à la tombée de la nuit avec 22 autres personnes, puis ramenés vers le fleuve et remis à des hommes armés en tenues militaires, selon Amir Mahmood.

Avant qu'ils ne soient expulsés vers la Turquie, on les a obligés à enlever leurs chaussures, qui ont été empilées et brûlées. Auparavant, la police avait confisqué leur argent et brûlé leurs vêtements de rechange, leurs documents et autres effets personnels, a indiqué le réfugié.

"J'ai marché pendant trois heures sans chaussures", a affirmé M. Mahmood. Certaines personnes en compagnie desquelles il a été enfermé ont déjà été expulsées six fois, perdant à chaque fois leurs affaires, a-t-il ajouté.

Une source policière, interrogée, s'est refusée à tout commentaire. "Nous ne commentons pas les articles de presse", a déclaré cette source.

Cette semaine, le gouvernement grec a indiqué que plus de 8.400 réfugiés et migrants avaient franchi la frontière entre la Grèce et la Turquie au cours des six premiers mois de l'année 2018, contre 1.600 une année auparavant.

En outre, 14.500 personnes ont franchi la mer Egée au cours du premier semestre, contre 9.500 durant le même période en 2017.

Au cours du premier semestre, Athènes a légalement remis à la Turquie plus de 7.000 personnes, selon le gouvernement.

Le Conseil grec pour les réfugiés, l'une des principales ONG de défense des droits de l'homme en Grèce, avait indiqué en février avoir eu connaissance d'expulsions "systématiques" d'immigrants à la frontière avec la Turquie.

Selon cette ONG, étaient expulsés sans discrimination des familles, des femmes enceintes, des victimes de tortures et des enfants.

Le gouvernement grec a en janvier formellement démenti pratiquer des expulsions.
(AFP, 8 sept 2018)

La chute de la livre turque fait chanceler Chypre-Nord

"Tous mes frais ont augmenté de 50%", soupire Mehmet. Touchée par la chute de la livre turque, Chypre-Nord se débat face à une crise qui échappe totalement au contrôle de cette entité autoproclamée dont la survie économique dépend d'Ankara.

La livre turque a perdu cette année près de la moitié de sa valeur face au dollar, du fait des craintes des marchés envers l'économie turque et de la crise diplomatique avec les Etats-Unis.

Entité uniquement reconnue par Ankara, la République turque de Chypre-Nord (RTCN) et ses quelque 300.000 habitants font figure de victime collatérale.

Sans le moindre contrôle sur les fluctuations de la monnaie ou sur les taux d'intérêt, "il est extrêmement difficile pour une économie comme la nôtre de faire face à cette soudaine dévaluation", déclare à l'AFP le ministre de l'économie de la RTCN, Ozdil Nami.

Le tiers nord de l'île méditerranéenne est largement isolé depuis 1974, année de son invasion par l'armée turque en réaction à un coup d'Etat de Chypriotes-grecs voulant rattacher l'île à la Grèce, qui inquiétait la minorité chypriote-turque.

La zone tampon ("ligne verte"), qui divise l'île et qui est surveillée par l'ONU, n'a été ouverte à la circulation en certains points qu'à partir de 2003. La République de Chypre, à majorité chypriote-grecque, a fait son entrée dans l'Union européenne (UE) l'année suivante, avant d'adopter l'euro en 2008.

- "Plus les moyens" -

Avec la plongée de la livre turque, les Chypriotes-grecs sont aujourd'hui nombreux à franchir la zone-tampon pour faire le plein d'essence, provoquant de longues files d'attente aux points de passage de Nicosie, ultime capitale divisée au monde.

Cet afflux représente une maigre consolation pour Mehmet, propriétaire d'un café dans le nord de la ville. "Tous mes coûts ont augmenté de 50%, tandis que mes économies ont perdu la moitié de leur valeur", se plaint-il.

Les frais en livre turque de la scolarité de son fils en Grande-Bretagne ont quasi doublé. "Je peux encore gérer, mais au fil du temps, les gens n'auront plus les moyens", dit Mehmet, qui préfère s'exprimer sous un nom d'emprunt.

Les autorités chypriotes-turques ont mis en place une série de mesures, souligne le ministre Ozdil Nami.

Elles prévoient des mesures d'austérité compensées par d'importantes subventions sur le pétrole et les cigarettes, des réductions significatives sur les taxes à la consommation et à la propriété, ainsi que des incitations pour les investisseurs étrangers dans l'immobilier.

Les membres du gouvernement de l'entité et les parlementaires ont consenti à baisser de 20% leurs salaires, pour six mois, argue encore M. Nami, tandis que les syndicats de la fonction publique ont accepté une réduction de 15% du coût des heures supplémentaires.

Mais les prix continuent d'augmenter et les objets de valeur comme les biens immobiliers, les voitures ou les produits électroniques -tous vendus en devises étrangères- sont à présent inabordables pour la majorité.

- "Impossible de lutter" -

"Il nous est impossible de lutter contre cette crise", déplore Erdal Guryay, professeur d'économie à l'Université privée de Chypre-Nord et ex-dirigeant de la Banque centrale de la RTCN.

"Nous ne possédons aucun instrument (de régulation de la crise, ndlr) et nous n'avons personne vers qui nous tourner, puisque nous sommes un Etat non reconnu". En conséquence, les effets de la crise sont même "plus importants qu'en Turquie", juge-t-il.

Les seuls vols directs ont pour destination la Turquie. Les principaux ports de la RTCN souffrent des mêmes restrictions.

Mehmet Benli, propriétaire d'une chaîne de supermarchés, affirme que les budgets plus serrés des Chypriotes-turcs ont engendré une baisse de 30% de ses ventes.

Les nouvelles mesures du gouvernement "ne sont qu'un pansement sur une plaie ouverte", dit-il.

L'économiste Erdal Guryay confirme l'afflux de Chypriotes-grecs, pour profiter des biens subventionnés.

"J'ai plus de clients chypriotes-grecs que chypriotes-turcs! Certains viennent pour la première fois" en RTCN, relève Mustafa Demdelen, qui tient une station d'essence à Nicosie-Nord.

Le propriétaire de supermarchés, Mehmet Benli, assure que 80% de ses profits les week-ends proviennent de son magasin le plus proche des points de passage.

C'est un "aspect positif, note M. Guryay. Mais si la crise se poursuit, les prix continueront d'augmenter et les Chypriotes-grecs cesseront de venir."
(AFP, 5 sept 2018)

Immigration / Migration

Un Erdoganiste se retire de la liste de Clerfayt

A Schaerbeek, le candidat turcophone Halis Kökten (35e) sur la Liste du bourgmestre Bernard Clerfayt (DéFI), également partisan du président turc Erdogan, a décidé de se retirer de la liste, trois jours après que l'échevin turcophone Sait Köse ait décidé de faire un pas de côté suite à son inculpation dans une affaire privée.

Pour rappel, Halis Kökten a un parcours pour le moins sinueux en politique. Il démarré à Saint-Josse, en 2000, sur la liste FDF (ex-DéFi). Il déménage ensuite à Schaerbeek et passe au cdH. Suite à des différends avec la présidente Joëlle Milquet, il rejoint le PS et est à nouveau élu conseiller communal lors des élections de 2012. Non repris sur la liste de 2018, il est récupéré par Bernard Clerfayt et la Liste du bourgmestre. Mais l'aventure n'aura duré que quelques mois.

Selon RTBF, ce mercredi matin, une réunion entre le bourgmestre et le candidat Kökten n'a pas permis de satisfaire l'intéressé.

Un turcophone pour remplacer un turcophone!

Raison du courroux? Avec le départ de Sait Köse, la troisième place sur la liste devenait vacante. Revendiquée par plusieurs candidats dont Halis Kökten, 35e, elle a finalement été attribuée à l'échevin Michel De Herde (DéfI).

Incompréhensible pour Halis Kökten! Lors d'une réunion de section lundi soir, celui-ci a fait valoir ses 1700 voix de préférence lors des élections de 2012 contre 1200 pour Michel De Herde. Autre argument: seul un turcophone peut remplacer un turcophone à la troisième place.

Mais les membres de la section n'ont pas souhaité abonder en ce sens et ont préféré faire passer Michel De Herde de la septième à la troisième position. Halis Kökten a alors claqué la porte de la réunion et menacé de quitter la liste.

"Oui, il y avait un accord mais..."

Mercredi matin, la menace a été mise à exécution, après une réunion avec le mayeur. "J'ai décidé de ne pas participer aux élections parce que j'estime qu'au regard de mon implication, de mon parcours, de ma représentativité au sein de la communauté turque de Schaerbeek, qui représente 30% de l'électorat, il était normal que je revendique une place plus haut sur la liste", réagit Halis Kökten auprès de la RTBF. "Oui, il y avait un accord avec Bernard Clerfayt autour de ma 35e place. Mais après le départ de Sait Köse, il devenait naturel que la communauté turque soit mieux représentée sur la liste. Ce n'est pas le cas et j'ai le sentiment qu'il y a une volonté, chez DéFi, de ne pas mettre en valeur ses candidats de la communauté turque qui réalisent d'importants scores électoraux."

Halis Kökten affirme également ne jamais avoir revendiqué d'échevinat en cas de victoire de la Liste du Bourgmestre lors des élections communales.

Une perte de deux sièges

Dans l'entourage de Bernard Clerfayt, on précise qu'il n'y avait pas de marge de négociations étant donné qu'un accord avait été conclu pour la 35e place d'Halis Kokten. La Liste du Bourgmestre estime par ailleurs qu'elle ne perdra pas plus de deux sièges avec les départs conjugués de Köse et Kökten.

Le co-président d’Ecolo accuse Emir Kir

Invité sur RTL-TVI, puis sur Bel RTL, le co-président d’Ecolo, Patrick Dupriez, a accusé Emir Kir (PS) de faire pression sur les candidats, et d’employer des méthodes pour le moins douteuses. «  Ce qu’il se passe dans la commune de Saint-Joss est scandaleux  », a-t-il déclaré. « Il y a des pressions sur les candidats, des candidats Ecolo convoqués chez le bourgmestre pour les dissuader, on a téléphoné à leurs parents à leur famille, on a dit à une candidate, qu’elle allait faire perdre son emploi à son mari  »

"Arrêtez de raconter des histoires": Emir Kir réagit, en direct sur Bel RTL, aux accusations du coprésident d'EcoloRTL Vidéos - Les news en vidéo
Dans le studio de Bel RTL, Patrick Dupriez a affirmé envisager la plainte. «  A un moment donné, il faut pouvoir porter plainte à partir des faits concrets, et nous l’envisageons sérieusement. » «  Mais avant cela, la première chose qu’on envisage, c’est de demander au PS de recadrer Emir Kir pour que ça cesse  ».

Le bourgmestre PS de Saint-Joss Emir Kir a réagi en direct par téléphone, sur Bel RTL. «  Arrêtez de raconter des histoires (…) arrêtez de vous poser en victime. Je l’invite à déposer plainte, parce que la personne dont il est question (la candidate Ecolo NDLR), on raconte que je l’ai interrogée pendant 4h30… Il faut arrêter ces simagrées. Je l’ai rencontré en présence d’une personne tierce pendant un peu plus d’une heure. Point. » a déclaré Emir Kir. (Le Soir, 9 sept 2018)

Inculpé, l'échevin de Schaerbeek Sait Köse retire sa candidature

L'échevin schaerbeekois de la Petite enfance et des Sports Sait Köse a annoncé dimanche matin le retrait de sa candidature sur la liste du bourgmestre Bernard Clerfayt en vue du scrutin communal d'octobre prochain.

Selon le quotidien La Capitale, M. Köse est inculpé, depuis mai dernier, pour faux et usage de faux, non-aveux de faillite, détournement d'actifs et non-collaboration avec curateur.

A Schaerbeek, on précise qu'il ne s'agit pas de faits liés à son mandat politique. "Les faits reprochés sont des faits personnels", a confirmé l'échevin, dans un bref communiqué, adressé dimanche matin à l'agence Belga, quelques minutes avant le début du congrès de rentrée de DéFI.

"Afin de pouvoir assurer en toute liberté avec la quiétude indispensable et la plus grande assurance ma défense, afin aussi de ne pas mettre en difficulté la Liste du Bourgmestre pendant cette période électorale ni le bourgmestre Bernard Clerfayt, j'ai décidé de me retirer de la Liste du Bourgmestre", a affirmé l'échevin.

"La violation du secret de l'instruction et le timing de la diffusion de l'information me font penser à beaucoup de choses et après discussion avec mon avocat je ferais les démarches nécessaires mais je pense qu'aujourd'hui, je dois faire ce geste car je compte bien prouver mon innocence", a ajouté M. Köse. Celui-ci a également tenu à rappeler que "toute personne est innocente s'il n'y a pas condamnation".

"Je fais ce geste uniquement pour que mes amis de la Liste du Bourgmestre puissent mener une campagne sereine et continuer à travailler pour améliorer Schaerbeek", a-t-il conclu.
(BIA, 9 September 2018)

L’échevin de Schaerbeek Sait Köse (DéFi) inculpé

L’échevin schaerbeekois en charge de l’enfance, de la jeunesse et des sports pourrait voir sa candidature aux futures élections communales disparaitre. Sait Köse (DéFi) a été inculpé au terme d’une instruction judiciaire ouverte à son encontre en novembre 2015, rapporte le quotidien La Capitale.

Sait Köse avait déjà été épinglé en février 2017 pour 8000 euros de jetons de présence perçus pour sa présidence de la piscine de la commune. Mais depuis 2015, une instruction judiciaire avait été ouverte à son encontre. Aujourd’hui, il est inculpé en mai pour quatre raisons : faux et usage de faux, non-aveux de faillite, détournement d’actifs et non collaboration avec curateur.

Ces événements ne l’ont pas dissuadé de se présenter aux élections communales de 2018. Sur La Liste du Bourgmestre, mené par Bernard Clerfayt (DéFi), il figure à la troisième place. Son président de parti Olivier Maigain avait déjà annoncé à plusieurs reprises que les mandataires politiques inculpés n’avaient pas leur place au sein du mouvement. Le politicien a d’ailleurs demander son retrait de la Liste du Bourmestre: ” Bernard Clerfayt doit prendre ses dispositions en conséquence si (cette inculpation) est confirmée. Il est clair que chez nous c’est exclu qu’on puisse rester dans nos rangs quand on a une telle inculpation. Notre règle est stricte“.

En réaction à cette inculpation, le bourgmestre de Schaerbeek Bernard Clerfayt a déclaré que cela relevait de l’ordre de sa vie privée.  Sait Köse, toujours présumé innocent pour l’instant, est du même avis et “ne trouve pas normal que cela sorte juste maintenant, à quelques mois des élections alors que ça fait quand même des années que ça dure“, peut-on lire dans La Capitale.

Emir Kir (PS) accusé de menacer des candidats d’autres listes

Première polémique à Saint-Josse depuis le début de la campagne électorale. Des candidats Ecolo-Groen, MR et DéFI auraient subi des pressions du bourgmestre Emir Kir ou de membres de sa liste (PS) afin qu’ils ne se présentent pas, écrit La Capitale.

Certains témoignages évoquent des pressions exercées par la liste du bourgmestre et Emir Kir lui-même sur certains candidats, notamment d’origine turque, souhaitant se présenter sur d’autres listes, écrit le quotidien.

Zoé Genot (Ecolo-Groen) confirme. « Un de nos candidats a été convoqué pendant quatre heures trente par Emir Kir. Et encore, c’était la méthode douce », indique la tête de liste.  Un candidat MR aurait également été menacé, tout comme la tête de liste de DéFI.

Emir Kir n’a pas souhaité réagir, se contentant de déclarer que les autres partis faisaient preuve de « bassesse ». (
bx1.be, 4 sept 2018)

L'afflux d'Afghans, nouveau casse-tête pour la Turquie

Des centaines de réfugiés s'entassent sur des tapis ou des cartons dans un parc d'Ankara. Ils ne viennent pas de Syrie, mais d'Afghanistan, et leur afflux représente aujourd'hui un casse-tête pour les autorités turques.

Plus de trois millions de Syriens et plusieurs centaines de milliers d'Irakiens ont trouvé refuge en Turquie ces dernières années. Mais au cours des derniers mois, le pays a connu une arrivée en masse d'Afghans, à la recherche de l'asile ou d'une vie meilleure.

Certains fuient le conflit entre les talibans et le gouvernement central à Kaboul.

Mais beaucoup viennent en réalité d'Iran, où vivent environ trois millions d'Afghans dans des conditions rendues plus précaires par les difficultés économiques de la République islamique.

Entre janvier et mi-août 2018, près de 62.000 migrants afghans sont arrivés en Turquie, contre un peu plus de 45.000 sur l'ensemble de 2017, selon le ministère turc de l'Intérieur.

- "En danger" -

Incapables de s'enregistrer auprès des autorités fin août en raison d'une semaine fériée à l'occasion l'occasion de la fête musulmane du sacrifice, les Afghans ont été contraints de camper dans deux parcs d'Ankara.

Dans la chaleur pesante, femmes, hommes et enfants y ont eu un accès restreint à l'eau potable pendant plusieurs jours, s'abritant à l'aide de cartons et de couvertures.

Mohammad Hussein, originaire de Kunduz (nord de l'Afghanistan), raconte que ses six enfants, âgés de 2 à 15 ans, ont dormi dans le parc pendant une semaine dans des conditions "inconfortables".

Quelque 1.500 personnes, principalement des Afghans, sont arrivées dans ce parc ankariote, situé devant le siège de l'Association de solidarité avec les demandeurs d'asile et les migrants (Asam).

L'Asam travaille avec l'ONU et la direction provinciale turque en charge des migrations pour enregistrer les réfugiés.

M. Hussein, 35 ans, dit avoir dû fuir l'Afghanistan avec sa femme et ses enfants parce qu'il aidait la mission de combat de l'Otan (Isaf) à trouver les caches d'armes des talibans.

Mais il se considère "en danger" ici et souhaite se rendre ailleurs, au Canada ou en Suisse, par exemple.

En 2017, les Afghans représentaient, selon le Haut-commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR), la deuxième plus importante population réfugiée au monde, avec 2,6 millions de personnes, contre 6,3 millions de Syriens.

D'après le HCR, trois millions d'Afghans vivent en Iran, mais seulement un tiers d'entre eux sont officiellement enregistrés comme réfugiés.

Or, l'économie iranienne a été fortement affectée par le rétablissement de sanctions américaines contre Téhéran.

Levent Ulusoy, vice-coordinateur général pour l'Asam, explique que les Afghans viennent d'Iran "pour trouver un travail ou fuir la guerre" qui fait rage dans leur pays.

"Tellement de familles sont contraintes de partir", soupire-t-il.

Javad Saadatnejad a passé 34 ans en Iran avant d'arriver en Turquie le mois dernier. "L'Iran n'a rien fait pour moi", dit-il.

Mais un "difficile processus" attend les Afghans qui souhaitent obtenir un permis de travail en Turquie, et nombre d'entre eux se retrouvent dans le secteur informel, indique Metin Corabatir, président du Centre de recherches sur l'asile et la migration (Igam).

- "Aucun soutien" -

L'ampleur de l'afflux est devenue visible lorsque près de 30.000 Afghans sont arrivés en Turquie au cours des premiers mois de 2018.

Les autorités ont réagi en renvoyant des milliers de personnes en Afghanistan, en coordination avec Kaboul.

Amnesty International affirmait en avril que 7.100 migrants avaient ainsi été expulsés, mais ce chiffre est probablement bien plus élevé aujourd'hui.

"Lorsqu'ils arrivent, le gouvernement place la majorité d'entre eux dans des centres de départ, et de là, les renvoie en Afghanistan", explique M. Corabatir.

Zakira Hekmat, qui a fondé l'Association d'aide et de solidarité avec les réfugiés afghans (Afghan-Der) en 2014, explique que les expulsions se poursuivent, y compris pour ceux qui vont à Ankara se faire enregistrer.

Il n'y a "aucun soutien" pour les réfugiés Afghans, affirme Mme Hekmat, ajoutant que de plus en plus de réfugiés dormaient dans des parcs.

Selon elle, l'attitude à l'égard des Afghans a changé en Turquie, avec des "préjugés croissants" et de nombreux Turcs pensant que la guerre en Afghanistan est terminée.

"Mais la guerre se poursuit de manière invisible", affirme-t-elle.
(AFP, 5 sept 2018)

Saint-Josse: que la campagne est turque

A l'occasion de la fête du sacrifice, et à sept semaines du scrutin, le maïeur belgo-turc est allé rendre une petite visite aux pensionnaires du home du CPAS de sa commune en compagnie... de la consule de Turquie, histoire de bien rappeler le lien avec la mère patrie.

Sur la liste du bourgmestre, on retrouve en 19e position un fan d'Erdogan, à savoir Safa Akyol qui, en 2015, avait appelé à retirer les monuments commémorant le "soi-disant génocide arménien". Ecolo-Groen n'est pas en reste: sur la liste tirée par Zoé Genot, la 9e place est occupée par Kenan Aydogan. Or celui-ci a été repéré sur une photo où il fait le signe du parti nationaliste turc MHP (extrême-droite), connu sous le nom de Loups gris.

"Je l'ai fait pour me moquer de mes amis pro-MHP", s'est-il justifié, rejetant tout lien avec le mouvement. Dernier épisode de campagne: un candidat d'origine turque, et gardien de la paix dans la commune, aurait été sèchement recadré par Emir Kir. Motif : il se présente sous la bannière du MR...
(Le Vif/L'Express, 30 août 2018)


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