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INFO-TURK

A non-government information center on Turkey

Un centre d'information non-gouvernemental sur la Turquie

45th Year / 45e Année
  Mai
2018 May
N° 477
53 rue de Pavie - 1000 Bruxelles
Tél: (32-2) 215 35 76 - Fax: (32-2) 588 69 73
Chief Editor /Rédacteur en chef: 
Dogan Ozgüden

Responsible editor/Editrice responsable:

Inci Tugsavul
Human Rights
Pressures on  media
Kurdish Question
Minorities
Interior politics
Armed Forces
Religious affairs
Socio-economics
Turkey-Europe
Turkey-USA
Regional Relations
Cyprus and Greece
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Titres des évènements du mois
Titles of this month's events


Droits de l'Homme / Human Rights


Expression murale chez les Unités spéciales en Turquie

HRW: Le limogeage d'universitaires crée un "climat de peur"

Peines record demandées pour des meneurs du putsch manqué
Le Tribunal Permanent des Peuples annoncera son verdict le 24 mai
Istanbul bouclée pour le 1er mai: 84 arrestations

Amnesty International: Speak out for people in Turkey


Pression sur les médias / Pressure on the Media

L’Institut Roosevelt remet son prix de la Liberté d’expression à Erol Önderoğlu
210 Years in Prison, 3 Lifetime Imprisonment for 48 Journalists in 3 Months

Kurdish Question / Question kurde

Demirtaş’s election manifesto vows to end the one-man rule
Détenu, le candidat kurde Demirtas déplore une campagne "injuste"

Selahattin Demirtaş: candidat du HDP à la présidentielle
Les FDS disent lancer l'offensive "finale" contre l'EI dans l'est

Minorités / Minorities

Hrant’s Friends are at Justice Watch at 72nd Hearing

La Turquie prête à ouvrir "une nouvelle page" avec l'Arménie
"Recognition of Armenian Genocide: It is Against Our Consciousness"

Le pasteur américain reste en détention, nouvelle audience en juillet

Politique intérieure/Interior Politics

La guerre entre pro et anti-Erdogan fait rage sur Twitter
L'ONU demande la levée de l'état d'urgence avant les élections
Erdogan place sa campagne sous le signe d'une Turquie conquérante

Une partie de l'opposition officialise son alliance électorale
Erdogan officiellement désigné candidat par son parti

Forces armées/Armed Forces

150 nouveaux soldats arrêtés en lien avec le putsch avorté

Erdogan promet de nouvelles opérations militaires transfrontalières


Affaires religieuses / Religious Affairs
 

Les pays musulmans demandent une "force de protection internationale"
Turkey in Syria: Ruling Kurdish Afrin by Sharia Law, Ethnic Cleansing

Erdogan s'emporte contre le "manifeste des 300" sur l'antisémitisme

Socio-économique / Socio-economic

Record à la baisse de la livre après des commentaires d'Erdogan
Erdogan peste contre les taux, la livre chute
S&P abaisse la note de la dette de la Turquie, citant l'inflation

Relations turco-européennes / Turkey-Europe Relations


UE: les arrivées de migrants depuis la Turquie en hausse
Manifestation à Londres contre la visite de Erdogan, reçu par la reine

Turquie-USA-OTAN / Turkey-USA-NATO

Un banquier turc condamné à 32 mois de prison

Ankara craint de "nouveaux conflits" après la décision de Trump

Relations régionales / Regional Relations

Dans les Balkans, la Turquie montre son influence
AKP Rejects Resolution on Cancellation of Agreements With Israel
Des combattants soutenus par Washington progressent en Syrie face à l'EI
Le président turc accuse Israël de "terrorisme d'Etat" et de "génocide"

Meeting électoral d'Erdogan à Sarajevo le 20 mai
Erdogan en Ouzbékistan: accords en série entre Ankara et Tachkent

Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece

Un maire grec agressé par de présumés extrémistes de droite
Nouvel accrochage entre bâtiments grec et turc en Egée
Un tribunal grec condamne un Turc pour entrée illégale


Immigration / Migration

Erdogan a appelé ses partisans immigrés à pénétrer dans les partis politiques européens
Les footballeurs Özil et Gündogan ont rencontré le président allemand
Des dizaines d'imams ont été formés avec les manuels antisémites
Mort d'une fillette kurde après une course poursuite entre la police et des migrants
Özil et Gündogan essuient de vives critiques pour une photo avec Erdogan
Ankara remet une main sur l’Exécutif des musulmans de Belgique
L'exécutif des musulmans sous la présidence d'un religieux turc
"La Belgique comptera une majorité de musulmans d'ici 12 ans"
Appel: "Les représentants d’origine turque condamnent la dictature turque"
Une campagne électorale islamique du CD&V
Un échevin sp.a lié aux Loups Gris? "Ce n'est pas acceptable"

La route migratoire de nouveau grande ouverte à la frontière terrestre gréco-turque



Droits de l'Homme / Human Rights

Expression murale chez les Unités spéciales en Turquie

Publié par Etienne Copeaux sur 13 Mai 2018:

Dans les deux articles précédents, j'ai proposé une analyse de l'idéologie, des stéréotypes et des représentations qui sous-tendent l'action des « forces spéciales » de la gendarmerie (JÖH) et de la police (PÖH) au Kurdistan de Turquie, en 2015-2016, et en Syrie, lors de la conquête d'Afrin en 2018. Je m'étais attaché à la profération de la parole proclamant l'unicité de Dieu, dite tekbir, par ces troupes, puis au contenu du serment qu'on leur fait prêter avant de partir en opération (cf. « Unités spéciales et unicité de Dieu » et « Le serment des Unités spéciales ». Je propose d'examiner maintenant un troisième élément de discours, graphique cette fois.

Après les opérations de l'hiver 2015-2016, qui, s'appuyant sur des mesures de couvre-feu inhumaines, ont abouti à la réduction des « zones libres » tenues par le PKK dans les villes du sud-est du pays, et à la destruction de quartiers entiers, la population kurde a dénoncé le marquage du territoire conquis par le vainqueur. En effet, les murs des immeubles, l'intérieur de nombreuses habitations, commerces, écoles et autres bâtiments publics étaient recouverts d'inscriptions taguées à la bombe de peinture aérosol. De nombreuses vidéos attestent de ce que la bombe aérosol faisait partie de l'équipement de certains membres des commandos. Il n'y a aucun mystère, aucune dissimulation : les membres des commandos de gendarmerie et de police signent leurs inscriptions, ils sont fiers de leurs méfaits, de leurs méthodes, des « valeurs » qui les animent, et tiennent ensuite à les partager sur les réseaux sociaux.

Texte co;plet:
http://www.susam-sokak.fr/2018/05/expression-murale-chez-les-unites-speciales.html

HRW: Le limogeage d'universitaires crée un "climat de peur"

Le limogeage de milliers d'universitaires depuis la tentative de coup d'Etat du 15 juillet 2016 en Turquie crée un "climat de peur" dans le pays, a estimé lundi l'ONG Human Right Watch.

"La répression menée par le gouvernement turc vise des universitaires et porte atteinte aux universités", a déclaré Hugh Williamson, directeur de HRW en Europe et en Asie centrale, dans un communiqué.

Les milieux universitaires sont soumis à de fortes pressions en Turquie, notamment depuis la tentative de coup d'Etat du 15 juillet 2016 qui a été suivie de purges massives n'ayant pas épargné les facultés. De nombreux professeurs ont été arrêtés et des recteurs remplacés.

"Les universitaires et les étudiants devraient être libres de s'exprimer, d'apprendre et de débattre sans risquer d'être renvoyés ou emprisonnés" a ajouté M. Williamson.

Le 23 février 2018, trois universitaires avaient été reconnus coupables de "propagande terroriste" pour avoir signé, en janvier 2016, une pétition, signée par plus de 1000 universitaires, dénonçant le "massacre", selon eux, de civils par les forces de sécurité turques pendant les opérations contre le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) dans le sud-est à majorité kurde du pays.

Les procureurs turcs accusent ces universitaires d'avoir lancé la pétition à la demande du PKK pour rallier les intellectuels à la cause des rebelles kurdes.

Une universitaire, Nuriye Gülmen, et un enseignant, Semih Özakça, sont d'ailleurs devenus un symbole pour de nombreux Turcs se disant injustement visés par les purges massives.

Après des mois de manifestations quotidiennes dans le centre-ville d'Ankara, ils avaient observé une grève de la faim partielle pendant près de 11 mois pour contester leur limogeage.

Ils avaient été incarcérés fin mai 2017 sous l'accusation d'appartenance à un groupuscule d'extrême gauche interdit. Mme Gülmen a été condamnée à plus de six ans de prison mais remis en liberté conditionnelle en décembre alors que les poursuites à l'encontre de M. Özakça ont été abandonnées.

Les mesures visant les universitaires créent un climat de peur et entraînent une auto-censure sur les campus universitaires", a déploré M. Williamson.

D'après HRW, 5800 universitaires ont été limogés par des décrets-lois dans le cadre de l'Etat d'urgence instauré après le putsch manqué.
(AFP, 14 mai 2018)

Peines record demandées pour des meneurs du putsch manqué

Un procureur turc a réclamé mercredi plusieurs centaines de peines de prison à vie contre des meneurs présumés de la tentative de coup d'Etat du 15 juillet 2016, ont rapporté les médias turcs.

Un procureur d'Ankara a réclamé 252 peines de prison à vie chacun contre plusieurs membres du "Conseil pour la paix dans le pays", le nom que s'était donné le groupe de leaders factieux, selon l'agence de presse étatique Anadolu.

Anadolu ne précise pas combien de personnes sont visées par la demande du procureur, mais parmi elles, figurent notamment Akin Oztürk, un ex-chef de l'armée de l'air, Mehmet Disli, le frère d'un poids lourd du parti AKP au pouvoir, et Ali Yazici, un ancien aide de camp militaire du président Recep Tayyip Erdogan.

Au total, 224 personnes sont poursuivies dans le cadre de ce procès qui occupe une place centrale dans les centaines de procédures judiciaires ouvertes après le coup d'Etat avorté.

Selon les autorités turques, la tentative de coup d'Etat, qui a été déjouée en quelques heures, a fait 249 morts et plusieurs centaines de blessés, sans compter les putschistes tués.

Les 252 peines individuelles de prison à vie demandées par le procureur correspondent à chacune des 249 victimes tuées, ainsi qu'aux accusations qui concernent directement la tentative de putsch.

M. Erdogan accuse le prédicateur Fethullah Gülen d'être derrière la tentative de coup d'Etat, mais celui-ci dément toute implication depuis les Etats-Unis où il vit en exil depuis vingt ans.

Le putsch manqué a été suivi de vastes purges qui ont suscité l'inquiétude d'ONG et de pays occidentaux qui dénoncent des atteintes aux droits de l'Homme et accusent le gouvernement de profiter de l'état d'urgence en vigueur pour réprimer ses opposants.

Mais les dirigeants turcs affirment que des mesures d'exception sont nécessaires pour éliminer le "virus" factieux.
(AFP, 9 mai 2018)

Le Tribunal Permanent des Peuples annoncera son verdict le 24 mai

Les 15 et 16 mars, le Tribunal Permanent des Peuples (TPP) a tenu à Paris une session sur la Turquie et les Kurdes. Durant ces deux jours, un collège de juges désignés par le TPP a entendu de nombreux témoignages sur les allégations de crimes commis par la Turquie à l’encontre du peuple kurde, devant une assistance de près de 400 personnes.

Parmi les témoins, Leyla Imret, ancienne maire de Cizre et Faysal Sariyildiz, député du HDP pour la province de Sirnak, ont partagé leur vécu dans les villes soumises au couvre-feu et détruites par les forces de sécurité turques entre 2015 et 2017.

Des membres des familles de 34 civils tués par l’aviation turque, à Roboski, le 28 décembre 2011, ont également été entendus. Les juges ont par ailleurs tendu l’oreille aux témoignages sur la répression massive exercée par l’État turc, en particulier à l’encontre de la presse.

Une partie de la deuxième journée a en outre été consacrée à l’assassinat à Paris, le 9 janvier 2013, de la Cofondatrice du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) Sakine Cansiz et des militantes kurdes Fidan Dogan et Leyla Saylemez. Les différents témoins ont souligné le caractère politique de ce triple assassinat et fourni aux juges des éléments multiples étayant la responsabilité du Service de renseignement turc (MIT) dans cette affaire que la justice française n’a toujours pas jugée.

Le Président du Tribunal, M. Philippe Texier et les autres membres du jury annonceront le verdict du tribunal le 24 mai 2018, dans le cadre d’une conférence au Parlement européen.
(ROJINFO,  4 mai 2018)

Istanbul bouclée pour le 1er mai: 84 arrestations

La police turque a arrêté mardi 84 personnes à Istanbul, plaçant la ville sous un contrôle renforcé alors que l'opposition appelait à manifester pour le 1er mai.

Au total, 84 personnes ont été arrêtées à Istanbul, principalement dans le quartier de Besiktas, a indiqué la police de la ville. Les personnes arrêtées ont été emmenées à bord de bus pour être interrogées.

La fête du 1er mai a été marquée dans le passé par des confrontations entre manifestants et policiers, mais le pouvoir a empêché ces dernières années l'accès aux principaux lieux de manifestation de la métropole turque.

L'accès à la place Taksim, dans le centre-ville, était ainsi entièrement bloqué mardi par des cordons de police. Les autorités ont également bloqué l'accès à l'avenue Istiklal, la principale rue commerçante et piétonnière de la ville, qui fut le théâtre de défilés d'opposants.

Les partisans de l'opposition qui ont tenté de rejoindre la place Taksim ont été arrêtés sans ménagement, certains plaqués au sol par la police, a constaté un photographe de l'AFP.

Selon l'agence Anadolu, 26.000 policiers étaient mobilisés mardi à Istanbul, appuyés par trois hélicoptères, 85 camions avec des canons à eau et par 67 véhicules blindés.

Parallèlement, des milliers de personnes ont pris part à un rassemblement autorisé pour les célébrations du 1er mai dans le quartier périphérique de Maltepe.

"La manifestation d'aujourd'hui est un moyen pour les travailleurs de respirer et de présenter nos revendications", a témoigné un participant à ce rassemblement, Huda.

Des rassemblements autorisés avaient également lieu dans la capitale Ankara, et dans la troisième ville du paix, Izmir.

La tension politique est forte en Turquie à l'approche d'élections parlementaires et présidentielle anticipées, convoquées par le président Recep Tayyip Erdogan pour le 24 juin. M. Erdogan compte y obtenir un deuxième mandat à la tête de l'Etat et une large majorité parlementaire.
(AFP, 1er mai 2018)

Amnesty International: Speak out for people in Turkey

Back in 2016, the Turkish government established a ‘state of emergency’. It was meant to protect the people after a bloody coup attempt - but instead, it gave the government the ability to rule the country with dangerous, unchecked power.

People in Turkey are now living in a climate of fear and intimidation, where the government that should be protecting them is violating their rights.

The government uses their power to silence and jail human rights defenders, journalists, lawyers and academics. In practice, crushing anyone who might stand up to them and defend the public interest against state power. This is a deliberate tactic, designed to intimidate and silence those who question the government’s actions.

But millions of people just like you are speaking out for the people in Turkey and will not be silenced: together our voices are strong, and we can demand an end to the government’s climate of fear.

Hundreds of NGOs have been permanently closed, depriving those that need them of vital support – among them are LGBTI people, women survivors of violence, children and refugees. The legal system is broken. People don’t trust the courts anymore, because they are not free and independent.

People in Turkey must have the freedom to speak out, discuss issues that matter to them, and to defend human rights without fear. They must be able to live in a society that is fair and safe for everyone.

Sign up to support this campaign and we will take it to world leaders, to show them that they cannot keep doing ‘business as usual’ with Turkey. Together we can show the Turkish government that the world is watching, and show human rights defenders in the country that they are not alone.

Add your voice and together, let’s make some noise.

(https://www.amnesty.org/en/get-involved/take-action/speak-out-for-people-in-turkey/)


Pression sur les médias / Pressure on the Media

L’Institut Roosevelt remet son prix de la Liberté d’expression à Erol Önderoğlu

Le 16 mai 2018, l’Institut Roosevelt a décerné le “prix de la liberté d’expression” au représentant de Reporters sans frontières (RSF) en Turquie, Erol Önderoğlu. La cérémonie s’est déroulée à Middelburg en présence du Roi et de la Reine des Pays-Bas.
Lors de la cérémonie du prix Roosevelt des Quatre Libertés, organisée le 16 mai 2018 à Middelburg (Pays-Bas), l’Institut Roosevelt a décerné le “prix de la liberté d’expression” au représentant de Reporters sans frontières (RSF) en Turquie, Erol Önderoğlu. “La remise de ce prix à M. Önderoğlu est motivée par l’infatigable et constant dévouement de ce dernier à défendre la liberté de parole et d’expression”, a fait savoir l’Institut Roosevelt.

Depuis 1982, la liste des lauréats du prix de la liberté d’expression comprend l’organisation de défense des droits humains Amnesty International, le quotidien espagnol El Païs, Ellen Johnson Sirleaf, qui devint présidente du Libéria, le musicien Mstislav Rostropovitch, l’ancien dissident polonais Bronislaw Geremek et plus récemment Mazen Darwish, fondateur du Centre syrien des médias, soutenu par RSF. Cette reconnaissance constitue un soutien bienvenu à la société civile turque et aux journalistes turcs qui résistent face à des pressions sans précédent.

Créé à l’occasion du centenaire de la naissance de Franklin D. Roosevelt, le Prix Roosevelt des Quatre Libertés a pour vocation de promouvoir les libertés humaines fondamentales proclamées par lors de son discours historique au Congrès des Etats-Unis le 6 janvier 1941 : la liberté d’expression, la liberté de religion, la liberté d’être à l’abri du besoin et la liberté d’être à l’abri de la peur. Remis chaque année, le « Prix international » a été attribué en 2018 à l’Accord de Paris sur le climat, en la personne de Christina Figueres, secrétaire exécutive de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques. Vaclav Havel, Nelson Mandela, Angela Merkel, le Dalai Lama et Kofi Annan font partie des anciens lauréats.

"Voir Erol Önderoğlu en compagnie aussi estimable est un honneur et un encouragement pour l’ensemble de l’organisation, déclare Christophe Deloire, secrétaire général de RSF. Nous sommes éminemment fiers de son engagement sans faille pour la défense de la liberté et du pluralisme du journalisme en Turquie. Sa rigueur et sa droiture, reconnues dans le monde entier, en ont fait une personnalité de référence dans le monde du journalisme et de la défense des droits de l’homme. RSF demande aux autorités turques de mettre fin à toutes les poursuites judiciaires illégitimes dont sont victimes les journalistes turcs.”

Erol Önderoğlu avait lui-même été placé en détention provisoire en juin 2016 pendant dix jours par un tribunal d’Istanbul, avec deux confrères. Il est accusé de “propagande terroriste” pour avoir pris part à une campagne de solidarité avec le quotidien kurde Özgür Gündem aux côté d’une cinquantaine d’autres personnalités. Le procès, toujours en cours, a de nouveau été ajourné lors de la dernière audience du 18 avril 2018. La prochaine audience aura lieu le 9 octobre 2018.

La Turquie occupe la 157e place sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse établi en 2018 par RSF.

210 Years in Prison, 3 Lifetime Imprisonment for 48 Journalists in 3 Months

Turkey is entering May 3 World Press Freedom Day as journalists have been imprisoned in groups despite solidarity acts by international rights organizations. We can also underline the mainstream Doğan Group’s transfer to pro-government Demirören group.

It has become very difficult to talk about critical independent media, which doesn’t side with the government but people’s right to information. The gap between “democratic world” is increasing. Election preparations are made under State of Emergency conditions.

Covering January-February-March 2018, BİA Media Monitoring Report 301 journalists, columnists, executives or illustrators have been facing 20 aggravated lifetime imprisonment, one lifetime imprisonment, 3 thousand 158 years 6 months and 8 days in prison, 2 thousand 545 TL administrative fine and 2 million 545 thousand compensation.

According to the report, journalists were sentenced to 3 aggravated lifetime imprisonment, 210 years 5 months and 22 days in prison on charges of “plotting coup”, “propagandizing for an illegal organization”, “being a member of an illegal organization”, “insulting state institutions”, or “insulting the President”.

Sections such as “murdered journalists”, “imprisoned journalists”, “assault, threat and obstructions”, “impunity/rights seeking”, “investigations, filed or ongoing lawsuits”, “insult, personal rights and suits for damages”, “bans, closings, pulling off the shelves”, “Constitutional Court”, “ECtHR” and “Radio and Television Supreme Council” are included in the report.

121 prisoners

121 journalists who have been tried due to their occupational activities and political cases entered prison on April 1. 75 of the arrested journalists were working at media outlets that are affiliated with Gülen Community, and 31 others were from Kurdish media.

During this period, the arrested journalists faced with charges of “plotting coup”, “attempting to abolish constitutional order”, “aiding or cooperating with armed organizations such as FETÖ, PKK, DHKPC, MLKP, DHKP-C, TKEP/L, Resistance Movement”.

36 of the 121 journalists are still being tried; 36 are still under investigation. Only 22 of the imprisoned journalists are convicted, 27 others appealed to the higher court.

In the same period of 2017, 16 of the 118 journalists were convicted and 18 others were being tried. Investigation against 84 journalists was ongoing.

17 of the 23 detentions are related with Kurdish Question.

During January-February-March, 23 journalists, photo-reporters or media workers were detained. 17 of the journalists were detained as part of the operations related with “Kurdish Question” during Turkish Armed Forces’ Afrin operation.

In the same period of last year, 38 journalists 22 of whom as part of “FETÖ” investigation, three from Kurdish media and one from international media were detained.

For whole 2017, 85 journalists 31 of whom were pro-Fethullah Gülen Community media outlets, 20 from Kurdish media and five from international media were detained. This figure was 201 in 2016 when coup attempt occurred and State of Emergency was put into effect.

Two journalists were assaulted, one journalist and two media outlets were threated during January-February-March 2018. An international media representative’s Twitter account was hacked.

In the same period of 2017, at least seven journalists and one publishing house were attacked; two journalists were subjected to verbal threat. Besides, four media organs were threatened by government officials. For the whole 2017, one Syrian woman journalist was killed in İstanbul, 20 journalists, one newspaper and one publishing house were attacked. Furthermore, 12 journalists and five media outlets were threatened, five journalists were subjected to verbal assault.

Discrimination in struggle against impunity

While some cases against the journalists are resolved quickly, the others are left as open-ended investigations. Three former captains, who were imprisoned in the trial related to the raid against Doğan Group at the coup night, were sentenced to aggravated lifetime imprisonment on charge of “violating constitutional order”. Ahmet Berakat, who was tried for allegedly killing Syrian activist Oruoba Barakat and his journalist daughter Halla Barakat, were sentenced to lifetime in prison twice.

Investigations into wiretapping, kidnapping and killing of journalist Haydar Meriç about 143 police continue.

10 journalists being attacked by law enforcers and a group while covering bomb attack launched on Midyat Security Directorate on June 8, 2016 has been unpunished for 22 months.

On the other hand, Nicosia Court in Cyprus convicted six of the defendants who were detained for attacking Afrika newspaper in one month.

TCK and TMK

20 journalists and media representatives were being tried on charge of “participating in coup” and facing 20 times aggravated lifetime imprisonment. In one of these cases, three journalists were sentenced to aggravated lifetime imprisonment.

During the aforementioned three months, 49 journalists faced 276 years in prison in total on charges of “propagandizing for an illegal organization” or “covering statements of an illegal organization”. While six of them were sentenced to 12 years and 9 months in prison, one was acquitted. New lawsuits were brought against four journalists.

During this period, 143 journalists have been facing 2 thousand and 159 years in prison on charges of “managing an illegal organization”, “being a member of an illegal organization”, “committing crime on behalf of an illegal organization as non-member”. While 25 of them were sentenced to 174 years and 6 months in prison, eight others were acquitted. New lawsuits were brought against seven of them.

10 journalists were tried on charge of “insulting Turkish nation and law enforcers” as per Turkish Penal Code (TCK) Article 301, facing 21 years and 6 months in prison in total. Five of them were sentenced to 6 years and 2 months in prison, two others were acquitted.

10 journalists are still facing 32 years in prison in total on charge of “praising crime” and “inciting to commit crime”. While one of them was sentenced to 5 months in prison on charge of “inciting to commit crime”, a lawsuit brought on charge of “praising crime” was recent. Two journalists appeared before judge facing 6 years in prison on charge of “violating confidentiality”. While one of them was acquitted, the other’s case is new. Three journalists faced 13 years and 6 months in prison on charge of “inciting people to enmity and hostility”, the of lawsuits were new. One journalist was acquitted in the trial in which he was being tried for “insulting memory of Atatürk”.

Sum of penalties that 250 journalists faced were 20 aggravated lifetime imprisonment, one lifetime imprisonment and 3 thousand 21 years and 6 months in prison. Trials concerning “insulting” and insulting the President” are not included in this calculation, which is about the number of defendants and penalties.

38 journalists suspected of “insult”

In the period of January-February-March 2018, 30 journalists faced 76 years and 4 months in prison in total as part of criminal cases filed against them on charge of “insult.” While one journalist was acquitted, the court cases against four journalists were filed in this period. Eight journalists also faced pecuniary and non-pecuniary damages of 2 million 545 thousand TRY in total. While the case filed against one journalist was dismissed, the cases against six journalists were filed in this period.

During the same period last year, as part of criminal cases filed on charge of insult, five journalists were sentenced to pay a judicial fine of 43 thousand 840 TRY in total

Throughout 2017, one journalist was sentenced to 1 year, 5 months and 15 days in prison and five journalists were sentenced to pay a judicial fine of 43 thousand 840 TRY in total while one journalist was acquitted.

“Insulting” the President

In the last three months, as per the Article 299 of Turkish Penal Code and on charge of “insulting the President,” eight journalists were sentenced to 16 years, 7 months and 22 days in prison in total (of which, 3 years, 2 months and 22 days were suspended) and to pay a judicial fine of 21 thousand TRY in total. Four journalists were acquitted after their trials.

Moreover, due to their articles, opinions and criticisms, 10 journalists still face 46 years, 6 months and 6 days in prison on the same charges. New criminal cases were filed against three journalists.

There are also investigations launched against the journalist Ahmet Şık, the Editor-in-Chief of Evrensel newspaper Fatih Polat and the reporter of Cumhuriyet newspaper Alican Uludağ. As it is, in the last months alone, 28 journalists were the aggrieved, defendants and suspects of Erdoğan.

In the same period last year, as per the Article No. 299 of Turkish Penal Code, 10 people, two of whom were journalists, were sentenced 8 years, 11 months and 20 days in prison in total, which were suspended, and to pay a judicial fine of 20 thousand 500 TRY in total. While new criminal cases were filed against three journalists as per the Article No. 299 of Turkish Penal Code, three journalists were acquitted and one case against one journalist was abated due to prescription. The criminal cases filed against four journalists were still continuing. The number of journalists, against whom criminal cases or investigations were launched as per the Article No. 299, was 24.

Throughout 2017, 17 journalists and columnists were sentenced to 8 years, 4 months and 10 days in prison in total (of which, 4 years, 10 months and 10 days were suspended) and a judicial fine of 136 thousand 500 TRY in total as per the Article No. 299 of Turkish Penal Code. While four journalists were acquitted, one criminal case was abated due to prescription. At the end of the year, new criminal cases were filed against six journalists.

The Article 299 of Turkish Penal Code, which started to be enforced for criticisms and complaints directed against Erdoğan as of August 2014, when the President of Turkey was elected, paved the way for conviction of at least 42 journalists between August 2014 and April 1, 2018.

Censorship, Inhibition

In the period of January-February-March 2018, censorship was imposed on 9 news websites, 73 Internet news reports, 5 newspapers, 3 newspaper articles, one TV channel, one TV series, one letter and one report. 35 Internet news reports, which commented that “the Parliament protects child abusers” upon the official answer of the Parliamentary Spokesperson İsmail Kahraman about child abuse, were also subjected to censorship.

In the same period last year, there were at least three permanent or temporary publication and broadcast bans, censorship of three websites, ban or blocking of three newspapers, one book and one movie, one accreditation discrimination, cancellation of one press card and one passport and deportation of one international media representative.

Moreover, İsmail Saymaz, who was invited to the province of Bolu to talk about occupational homicides, was not provided with a hall; HaberTürk TV cancelled the program invitation previously made to the Nationalist Movement Party (MHP) MP Yusuf Hacaloğlu, who declared that he would cast a “No” vote at the referendum on April 16, 2017; Hürriyet newspaper did not publish the interview with the writer Orhan Pamuk, where he said that he casted a “No” vote at referendum.

As for the year 2017, it was marked by a series administrative and penal censorships which could not be questioned due to the State of Emergency declared after the coup attempt on July 15, 2016 and statutory decrees issued afterwards. In 2017, there were six temporary or permanent publication and broadcast bans, three accreditation discriminations, cancellation of 47 passports and one press card and closure of three media organs as per statutory decrees. In this period, censorship was imposed on 10 websites, six newspapers, 97 website news reports or articles, eight books, six magazines and journals, three tweets and eight comics as well as nine other censorship incidents.

Constitutional Court

In the period of January-February-March 2018, in response to the applications submitted by three journalists, one newspaper and one attorney, the Constitutional Court ruled for a compensation of 58 thousand 663 TRY in total including court expenses on charge of violation of freedom of expression.

It was only on January 11, 2018 that the Constitutional Court could acknowledge the rights of the journalists who were unlawfully arrested after the coup attempt on July 15, 2016 and whose demands for release were systematically rejected by the local courts and judgeships.

The Constitutional Court ruled that the former columnist of Zaman newspaper Şahin Alpay and Chief Editor of Cumhuriyet newspaper’s book supplement Turhan Günay’s rights had been violated. However, the Heavy Penal Courts resisted the related Constitutional Court rulings, which led to the criticism, “The Constitutional Court is not an effective judicial remedy in terms of individual applications.” Alpay could only be released on March 16, when a second rights violation ruling was made by the Constitutional Court after its first ruling on January 11, 2018 was not implemented.

ECtHR

In the period of January-February-March 2018, in response to five different applications submitted by five journalists (Şahin Alpay, Mehmet Altan, Türkan Aydoğan, Fevzi Saygılı and Ali Karataş) and one entrepreneur, the European Court of Human Rights (ECtHR) sentenced Turkey to pay a compensation of 52 thousand Euro (approximately 245 thousand 300 TRY) for violating the Article No. 10 of the European Convention on Human Rights. The file of Abdurrahman Dilipak was rejected.

After the coup attempt on July 15, 2016, it was only on March 20, 2018 that the ECtHR started to conclude the cases of arrested journalists, whose files were pending for more than a year, in Turkey, where a number of articles of the European Convention on Human Rights, except for the right to life, were suspended.  

Radio and Television Supreme Council

In the period of January-February-March 2018, Radio and Television Supreme Council (RTÜK) stopped the broadcasts of 28 TV channels, imposed 17 fines and one warning punishment on them while it stopped the broadcasts of five radio channels and imposed five fines on them. In total, the Council stopped the broadcasts of 33 channels, imposed administrative fines of 3,408,899 TRY in 22 proceedings and gave one warning punishment.

Disemployment of journalists

In the period of January-February-March 2018, 10 journalists and media employees were dismissed from their jobs; their employment was terminated after the programs that they prepared/ presented were ended or they were forced leave their jobs after the institutions they that they worked for passed into the hands of different groups. 
(BIA News Desk, 3 May 2018)

Kurdish Question / Question kurde


Demirtaş’s election manifesto vows to end the one-man rule

The election manifesto of Selahattin Demirtaş, presidential candidate of the Peoples’ Democratic Party (HDP) for June 24 elections, has been released at a meeting in Ankara.

In the manifesto, Demirtaş said the President will not have ultra authorities and will realize a plan for urgent transition to democracy.

Demirtaş promised a country without polarization that should be dominated by love and tolerance, where people will be able to live their ways of life freely.

The manifesto by Demirtaş also promised the establishment of a system of government empowered with the participation of all circles of the society.

“We are the voice of not monism but pluralism. We say we are here against a regime that declares everyone not on its side criminal and works for its own existence alone. We are at the turning point of ending a 16-year-old destruction at the ballot box! Hand to hand for a new beginning, we will change the monist, repressive, robbing, discriminative and aggressive one-man rule with YOU.

YOU are the producer, and YOU will be the ruler,” said the manifesto.

Demirtaş listed the following promises in order to heal the social wounds;

We will end the State of Emergency in the soonest time.

We will make compensations for the damage caused by the State of Emergency and statutory decrees, ensure the reinstatment of those unlawfully dismissed.

We will put an end to the atrocity suffered in prisons and make the necessary arrangements against unjust treatment they are subjected to, and ensure the immediate release of all sick prisoners. 

We will end the trustee system that bases on usurping the people’s will and right to vote, and ensure that dismissed mayors turn back to duty.

By guaranteeing democracy, we will relieve the ecenomy. From the perspective of an economy based on meeting social needs, we will extend the producers’ supervision on economic relations.

The Palace allocated to one man will be emptied.

We will build our foreign policy on the perspective of resolving the current problems through dialogue and peaceful ways and methods.

We will re-arrange the structure of High Council of Judges and Prosecutors, remove the Minister of Justice from the Council, end the political pressure on judges and prosecutors and maket he Council autonomous. The judiciary will be freed of orders of politics.

We will abolish Council of Higher Education (YÖK) and secure the academic, scientific and administrative autonomy of universities.

We will work for the abolishment of coup product structures and arrangements like National Security Council and Anti-Terror Law.

We will free legistation and judiciary of the pressure of execution.

We will accomplish the program of urgent transition to democracy.

The inclusive parliamentary system we will form will be the assurance of not one single person but OURS. We will return authorities like the right to legistation, inspection and budget that have been granted to the President’s Office to the parliament through Urgent Transition to Democracy Program. We will build a strong and pluralist parliamentary system by overcoming the deadlocks created by one-party majority.

We will give priority to the solution of all social issues.

We will build an administrative system based on the equal participation of women.

We will legalize the legitimatize the co-chairmanship system that will secure the equal representation of women at all levels of political parties.

We will protect the rights of children who make up one third of Turkey’s population. We will ensure a happy, honorable and peaceful life for every single children.

We will solve the Kurdish question with the perspective that a permanent peace is the only way to ensure welfare and tranquility fort he peoples of Turkey. We will end violence and conflict with an honorable peace.

We will end the pressures on all the oppressed and marginalized identities, belief and cultural groups and gender identity.

We will not let the burden of economic crisis be laid on the people.

We will never make concessions on the principles of free, scientific, mother-tongue, secular and libertarian education.

We will remove all the obstacles to the people’s right to information, freedom of thought, expression, press, demonstration and organisation.

We will bring an end to every and any construction that causes ecological destruction and threatens the nature and society. We will protect forests, shores, pastures, agricultural fields, protected areas, cultural and historical heritage.

I will be the president to end the superpresidential regime. Once the process is over, my authorities will also be restricted. The President’s Office will turn into a representative authority for social reconciliation.

WE are the peoples. With our identities, beliefs, languages and cultures, WE are this country.

We are those who believe in the future of this country and stand against the waste of sources, hopes, efforts and diversities to the passions of one-man rule.”
(ANF, 14 May 2018)

Détenu, le candidat kurde Demirtas déplore une campagne "injuste"

Candidat à la présidence, le leader détenu du parti prokurde HDP, Selahattin Demirtas, a dénoncé lundi une campagne électorale "injuste" tout ne se disant déterminé à rallier les électeurs depuis sa cellule de prison.

Le Parti démocratique des peuples (HDP) a désigné M. Demirtas comme candidat à la présidence face au sortant Recep Tayyip Erdogan lors du scrutin anticipé du 24 juin, bien qu'il soit détenu depuis son arrestation en novembre 2016 dans le cadre de vastes purges menées après le putsch avorté de juillet de la même année.

M. Demirtas, orateur charismatique, s'était déjà présenté face à M. Erdogan en 2014, recueillant près de 10% des voix, avant de faire entrer son parti au Parlement pour la première fois lors des élections législatives en 2015.

"Le gouvernement et le président Erdogan vont faire campagne en se servant de tous les moyens sous leur contrôle. Ils vont pouvoir interdire tout rassemblement et tout média en invoquant l'état d'urgence mais je vais essayer de faire campagne depuis une cellule de prison", a affirmé M. Demirtas dans des réponses écrites à des question de l'AFP transmises par le biais de ses avocats.

"Cette donne traduit une injustice absolue", a-t-il ajouté.

M. Demirtas, dont le parti doit dévoiler lundi son programme électoral, a affirmé qu'il prévoyait de s'adresser aux électeurs par des messages qui seraient relayés par le HDP.

M. Demirtas, 45 ans, a été arrêté avec une dizaine d'autres députés du HDP lorsque les purges lancées après le putsch manqué de juillet 2016 s'étendaient aux milieux prokurdes.

Accusé notamment de diriger une "organisation terroriste" et de "propagande terroriste", il risque jusqu'à 142 ans de prison.

Les autorités turques accusent le HDP d'être la vitrine politique du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), une organisation classée "terroriste" par la Turquie, l'Union européenne et les Etats-Unis.

Mais le parti, troisième formation au Parlement, rejette ces allégations, affirmant être visé en raison de sa ferme opposition au président Erdogan.

Le HDP avait élu de nouveaux dirigeants en février. M. Demirtas n'avait pas souhaité briguer sa propre succession depuis sa prison, mais il en demeure la figure de proue.

Le HDP a désigné début mai M. Demirtas comme son candidat à la présidentielle bien que l'intéressé lui-même ait affirmé en janvier qu'il avait abandonné toute ambition politique personnelle, après avoir renoncé à la présidence de sa formation.

"C'était pas mon plan mais je ne pouvais pas rester sourd aux attentes exprimées par mon parti et mon peuple", a-t-il dit dans ses réponses écrites à l'AFP pour expliquer sa candidature.
(AFP, 14 mai 2018)

Selahattin Demirtaş: candidat du HDP à la présidentielle
    

Les chefs de partis ont tenu des manifestations simultanées à Istanbul et dans la province de Diyarbakır, dans le sud-est du pays, pour désigner Demirtaş comme candidat.

Par ailleurs, le principal parti d’opposition républicain (CHP) de la Turquie a désigné le député de Yalova Muharrem İnce de 54 ans comme candidat à la présidentielle.

Les autres candidats qui affronteront le candidat du Parti de la Justice et du Développement (AKP) et du Parti d’action nationaliste (MHP), le président Recep Tayyip Erdoğan, sont Meral Akşener, la présidente du Parti d’extrême droite; Temel Karamollaoğlu, le leader du Parti de la Félicité (SP) et Doğu Perinçek, une figure néo-nationaliste qui veut se présenter aux élections en recueillant 100 000 signatures.

Demirtaş est né en 1973, dans la province orientale d’Elazığ, en Turquie. Il a été élu pour la première fois député du Parti de la société démocratique (DTP) en 2007.

Lorsque le parti a été fermé en 2009, il a été transféré au Parti pour la paix et la démocratie (BDP). En 2014, il est devenu le co-président du Parti démocratique des peuples (HDP) de gauche qui a été formé avec l’inclusion de plusieurs mouvements politiques dont le BDP et connu pour son lien avec l’organisation terroriste du PKK.

Demirtaş a occupé le poste du co-président jusqu’en 2018. Il est devenu le candidat présidentiel du parti en 2014 et est arrivé en troisième position. En 2016, il a été emprisonné pour avoir insulté « la République de Turquie, la nation turque, l’Etat turc et les institutions de l’Etat ».
(Red'Action, 5 mai 2018)

Les FDS disent lancer l'offensive "finale" contre l'EI dans l'est

Les Forces démocratiques syriennes (FDS), une coalition de combattants dominée par les Kurdes et soutenue par Washington, ont annoncé mardi le lancement de la phase "finale" de leur offensive contre le groupe Etat islamique (EI) dans l'est du pays.

Le département d'Etat américain a confirmé en début de soirée le lancement de cette nouvelle opération.

Après avoir pris le contrôle d'une grande partie de la province de Deir Ezzor en 2014, le groupe jihadiste a commencé à perdre du terrain dans cette vaste zone désertique proche de l'Irak à partir de 2017, sous le coup d'une offensive des FDS d'un côté et des forces du régime et de ses alliés de l'autre.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), l'EI contrôle cependant encore des dizaines de localités dans l'est du pays.

"Nos forces avec celles de la coalition internationale ont débuté la dernière phase" de la campagne anti-EI, a indiqué le Conseil militaire des FDS à Deir Ezzor dans un communiqué.

"Nos forces vont libérer ces zones (où l'EI est présent) et sécuriser la frontière avec l'Irak une fois pour toute", a déclaré la porte-parole des FDS Lilwa Abdallah, lisant le communiqué dans le champ pétrolier al-Tanak, au sud-est de la ville de Deir Ezzor.

Dans un communiqué, le département d'Etat américain a confirmé le début imminent des opérations, indiquant que la coalition anti-EI et les FDS vont désormais "libérer les derniers bastions de l'EI en Syrie".

"Les combats seront difficiles, mais nous et nos partenaires l'emporterons (...). Les jours de l'EI sont désormais comptés", ajoute le département d'Etat.

Plus tôt dans la journée, le chef du Conseil militaire des FDS Ahmed Abou Khawla a indiqué à l'AFP que la coalition internationale, dont des forces françaises, avait augmenté ses effectifs et soutiendrait les FDS dans cette "phase finale" de l'opération.

Le ministre américain de la Défense Jim Mattis avait indiqué jeudi que des soldats des forces spéciales françaises avaient été envoyés en renfort en Syrie ces deux dernières semaines.

Les FDS, composées de combattants kurdes et arabes, sont positionnées à l'est du fleuve Euphrate qui coupe en deux la province de Deir Ezzor, alors que les forces pro-régime sont postées à l'ouest. La ville elle-même est aux mains du régime qui l'a reprise à l'EI en novembre.

Des combats meurtriers ont éclaté dimanche entre les ces deux camps, une confrontation rare malgré quelques incidents ces derniers mois.

Neuf combattants prorégime et six des FDS ont été tués dans ces affrontements, selon l'OSDH.

A la faveur du conflit qui ravage la Syrie depuis 2011 et qui a fait plus de 350.000 morts, les Kurdes ont imposé une autonomie de facto sur les territoires sous leur contrôle dans le nord du pays d'où ils avaient chassé l'EI de plusieurs villes, dont Raqa.

Grâce à l'appui militaire de Moscou, le régime a lui repris de vastes territoires aux jihadistes ou rebelles, et contrôle plus de la moitié du pays.
(AFP, 1er mai 2018)

Minorités / Minorities

Hrant’s Friends are at Justice Watch at 72nd Hearing

Trial concerning killing of Agos Newspaper Editor-in-Chief Hrant Dink continued at İstanbul 14th Heavy Penal Court in Çağlayan Courthouse in İstanbul today (May 14).

Coming together in front of courthouse at 10 a.m. ahead of the hearing, Hrant’s Friends chanted slogans “For Hrant for justice” and “This trial won’t be over until we say so”.

The statement for the press read out by Bülent Aydın in the name of Hrant’s Friends is as follows:

“We are at justice watch once again to look after our case. 21st trial week, which is heard again, of Hrant Dink murder is starting. 72nd hearing will be held at 14th Heavy Penal Court.

"Launched on May 10, 2017, the investigation of the group mostly consisting of gendarmerie continues. Lawyers of Hrant Dink family will pose their questions to the then İstanbul gendarmerie intelligence officials. This trial had started with 20 defendants on April 20, 2007. 11 years have passed. It still continues with 85 defendants nine of whom are pending trial in jail and 10 are fugitives.

“We will continue to follow this case until true killers of Hrant Dink receive the penalty they deserve and all partners of this murder are called to account. This trial won’t be over until we say so. For Hrant, for justice”.
(BIA, 14 May 2018)

La Turquie prête à ouvrir "une nouvelle page" avec l'Arménie

La Turquie s'est dite prête vendredi à envisager "une nouvelle" page avec l'Arménie à la suite de déclarations du nouveau Premier ministre arménien Nikol Pachinian évoquant le possible établissement de relations diplomatiques entre les deux pays.

"Si l'Arménie renonce à la politique hostile qu'elle mène depuis plusieurs années contre la Turquie, si elle change son approche négative au sujet des frontières et de l'intégrité territoriale de la Turquie et qu'elle veut ouvrir une nouvelle page, nous y répondrons en examinant les détails", a déclaré le Premier ministre turc Binali Yildirim.

"Nous voulons avoir plus d'amis et moins d'ennemis", a-t-il ajouté.

Nikol Pachinian a été élu mardi Premier ministre de l'Arménie après avoir mené pendant trois semaines un mouvement de contestation d'ampleur.

Dans des déclarations au lendemain de sa prise de fonctions, il a affirmé que l'Arménie était "prête à nouer des relations (avec la Turquie) sans conditions préalables".

L'Arménie avait annoncé début mars désavouer les accords de normalisation avec la Turquie, accusant Ankara de ne pas pouvoir "se débarrasser de ses stéréotypes", alors que leurs relations restent hantées par le souvenir des massacres d'Arméniens pendant la Première guerre mondiale.

Le président arménien Serge Sarkissian avait alors fait publier un décret ordonnant d'"annuler la procédure de signature des accords", qui a eu lieu le 10 octobre 2009 à Zurich, en Suisse.

Ces accords visaient à établir des relations diplomatiques entre l'Arménie et la Turquie et rouvrir leurs frontières, mais n'ont jamais été ratifié par les parlements des deux pays.

Les deux pays s'opposent notamment sur la question des massacres d'Arméniens commis par les Turcs ottomans en 1915-1917. L'Arménie qualifie de "génocide" ces massacres, qui ont fait selon Erevan quelque 1,5 million de morts, alors que la Turquie rejette ce terme avec véhémence.

La Turquie a fermé en 1993 sa frontière avec l'Arménie par solidarité avec l'Azerbaïdjan et par mesure de rétorsion envers le soutien apporté par Erevan aux séparatistes arméniens du Nagorny Karabakh, enclave en territoire azerbaïdjanais contrôlée par les Arméniens depuis une guerre dans les années 1990.

L'Arménie, pour sa part, refusait jusqu'ici tout lien entre la question du Nagorny Karabakh et le processus de réconciliation turco-arménien.
(AFP, 11 mai 2018)

"Recognition of Armenian Genocide: It is Against Our Consciousness"

A law draft submitted by Peoples' Democratic Party (HDP) İstanbul MP Garo Paylan to the Grand National Assembly of Turkey for the ""Recognition of Armenian Genocide", "Removal of the Names of Genocide Perpetrators from Public Places" and "Amendment to Turkish Citizenship Law" has been rejected by the Parliament Speaker's Office.

"Law draft is rude and hurtful"

In the rejection letter signed by Parliament Speaker İsmail Kahraman, the law draft submitted by Garo Paylan has been described as "rude and hurtful" and the statements of Paylan have been referred to as "insult to your own country" and "against our national consciousness and history."

In the letter, it has been stated, "The statements in the law draft have been considered to be hurtful as per the Article No. 67 of the Internal Regulation on the grounds that they accuse the Republic of Turkey as well as the history and shared past of the Turkish Nation and they charge the Turkish Nation with committing a crime of genocide."

What happened?

On April 20, 2018, (HDP Chair Garo Paylan submitted a law draft to the Grand National Assembly of Turkey, requesting the recognition of Armenian Genocide, removal of the names of genocide perpetrators from public places and an amendment to the Turkish Citizenship Law.
(BIA, Mai 11, 2018)

Le pasteur américain reste en détention, nouvelle audience en juillet

Un pasteur américain jugé en Turquie pour des liens présumés avec des groupes "terroristes" a été maintenu en détention lundi à l'issue d'une nouvelle audience de son
procès, une décision qui risque d'exacerber les tensions entre Ankara et Washington.

Le tribunal d'Aliaga, dans la province d'Izmir (ouest) a justifié le maintien en détention du pasteur Andrew Brunson, arrêté en octobre 2016, par les "risques de fuite", selon une correspondante de l'AFP sur place.

Le procès a été ajourné au 18 juillet.

"Que puis-je dire de plus? Je voudrais rentrer chez moi", a déclaré le pasteur au tribunal avant que le juge n'accède à la demande du procureur de le maintenir en détention.

Le pasteur s'était efforcé pourtant tout au long de la journée de démentir avoir aidé des groupes "terroristes", face à des témoins à charge.

Andrew Brunson, qui dirigeait alors une petite église protestante à Izmir, risque jusqu'à 35 ans de prison. Son procès s'était ouvert le 16 avril.

Les autorités turques l'accusent d'avoir agi pour le compte du réseau du prédicateur Fethullah Gülen à qui Ankara impute le putsch manqué de juillet 2016, mais aussi pour le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Ces deux organisations sont considérées comme terroristes par la Turquie.

L'audience a commencé avec la déposition par visioconférence d'un témoin anonyme dont le visage a été flouté. Il a notamment affirmé que la propagande du PKK était véhiculée pendant les offices religieux célébrés par l'accusé, selon une correspondante de l'AFP sur place.

Il a aussi accusé le pasteur d'avoir élaboré un plan "pour créer un Etat kurde chrétien en Irak et en Syrie".

"Il dit avoir vu des drapeaux du PKK. Je n'ai jamais vu de telles photos prises dans notre église", s'est défendu le pasteur. "Je n'ai jamais soutenu le discours le PKK."

"Je rejette toutes les accusation au sujet du PKK. Je ne les ai jamais soutenus", a-t-il ajouté.

Installé en Turquie depuis une vingtaine d'années, Brunson est aussi accusé d'espionnage à des fins politiques ou militaires.

- Le gouvernement américain "scandalisé" -

Un autre témoin, Eyup Cakir, a affirmé que l'église dans laquelle officiait le pasteur ressemblait à un "camp kurde" et que des prières pour les combattants kurdes en Syrie, liés au PKK,
y étaient régulièrement récitées.

"Je vais le dire clairement, le PKK est une organisation terroriste. Si nous étions des sympathisants du PKK, les Turcs ne viendraient pas dans notre église", a rétorqué le pasteur.

Signe que l'affaire est suivie de près par Washington, le chargé d'affaires Philip Kosnett et la vice-présidente de la Commission américaine sur la liberté religieuse internationale Sandra Jolley étaient présents lundi au tribunal.

"Les gens au plus haut niveau du gouvernement américain (..) sont scandalisés par cette affaire", a déclaré Mme Jolley à la presse après l'annonce de la décision. "Nous partons d'ici avec des graves inquiétudes pour l'avenir d'un homme innocent". "Ou sont les preuves, l'enquête, la documentation?", s'est-elle interrogée.

L'avocat de Brunson, Cem Halavurt, a également jugé qu'il était "inacceptable de le maintenir en prison sur la base des dépositions de témoins secrets".

A l'ouverture de son procès, le mois dernier, le pasteur américain avait déjà rejeté toutes les accusations portées contre lui, avant de fondre en larmes. "Je n'ai rien fait contre la Turquie. Au contraire, j'aime la Turquie, je prie pour elle depuis 25 ans", a-t-il dit.

Cette affaire a ravivé les tensions entre la Turquie et les Etats-Unis, deux alliés au sein de l'Otan dont les relations traversent des turbulences depuis deux ans en raison notamment de désaccords sur la Syrie.

Après la mise en détention du pasteur, Donald Trump s'était fendu d'un tweet dans lequel il avait déclaré qu'il n'y avait "aucune raison" que le pasteur soit poursuivi en justice.

Le ministre turc des Affaires étrangères turc Mevlüt Cavusoglu a toutefois défendu dimanche la légitimité du procès affirmant que le sort du pasteur était "une décision qui appartient à la justice".

En septembre, le président turc Recep Tayyip Erdogan avait évoqué l'idée d'échanger le pasteur Brunson contre le prédicateur Gülen, qui s'est exilé aux Etats-Unis. Une hypothèse balayée par Washington.
(AFP, 7 mai 2018)

Politique intérieure/Interior Politics

La guerre entre pro et anti-Erdogan fait rage sur Twitter

Les internautes turcs se livraient mercredi une lutte impitoyable à coups de mots-clés sur Twitter pour exprimer leur soutien ou leur ras-le-bol du président Recep Tayyip Erdogan, en pleine campagne pour sa réélection en juin.

Signe de l'ampleur prise par cette bataille numérique, où les opposants de M. Erdogan ont pour l'instant l'avantage, le porte-parole du gouvernement turc Bekir Bozdag a affirmé mercredi que le gagnant des élections anticipées du 24 juin sortirait "des urnes, pas de Twitter".

Depuis mardi, des anti-Erdogan se fédèrent sous la bannière du mot "tamam" ("ça suffit" ou "assez", en turc), tweeté plus d'un million de fois mardi et qui continuait mercredi de dominer les tendances Twitter en Turquie.

Cette fronde numérique est partie du détournement d'un discours de M. Erdogan mardi dans lequel il affirmait qu'il se retirerait si la nation lui disait "tamam".

Mais les partisans du président turc, qui dirige le pays depuis 15 ans et pourrait rester au pouvoir encore 10 ans aux termes d'une révision constitutionnelle passée l'an dernier, ont sonné la contre-attaque en se fédérant autour du mot "devam" ("encore", "continue", en turc).

Irrités par la multiplication des tweets "tamam", les dirigeants et médias pro-gouvernementaux crient à l'artifice et au complot.

"Les tentatives de manipulations sur les réseaux sociaux ne mèneront nulle part, ce sont de vains efforts", a commenté mercredi le porte-parole de la présidence, Ibrahim Kalin. "Nous verrons quelle décision prendra la nation le 24 juin. Nous prévoyons que ce sera +devam+".

Plusieurs journaux gouvernementaux s'efforçaient de leur côté d'établir un lien entre les tweets "tamam" et le réseau du prédicateur Fethullah Gülen, désigné par Ankara comme le cerveau de la tentative de putsch du 15 juillet 2016, ce que nie l'intéressé.

La Turquie tient le 24 juin des élections présidentielle et législatives anticipées, initialement prévues en novembre 2019. Ce double scrutin marquera l'entrée de la plupart des mesures renforçant les pouvoirs du chef de l'Etat validées part référendum l'an dernier.

Lors de la campagne pour ce référendum, qui s'est tenu en avril 2017, les opposants de M. Erdogan s'étaient déjà mobilisés sur les réseaux sociaux autour du mot "hayir" ("non").

Twitter et Facebook sont des terrains de campagne exploités à fond par l'opposition en Turquie, en raison notamment du peu de couverture que leur consacrent les médias grand public par rapport à M. Erdogan donc chaque discours est intégralement retransmis.
(AFP, 9 mai 2018)

L'ONU demande la levée de l'état d'urgence avant les élections

Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme a demandé mercredi à la Turquie de lever "immédiatement" l'état d'urgence afin de garantir la crédibilité des élections présidentielle et législatives anticipées du 24 juin.

"Il est difficile d'imaginer comment des élections crédibles peuvent être organisées dans un environnement où les opinions dissidentes et les contestations du parti au pouvoir sont si sévèrement pénalisées", a déclaré Zeid Ra'ad Al Hussein, cité dans un communiqué.

L'état d'urgence a été instauré en juillet 2016, quelques jours après une tentative de putsch menée par des militaires factieux, et a été sans cesse renouvelé depuis.

Le haut représentant onusien a dénoncé les restrictions prolongées des droits de l'Homme à la liberté d'expression, de réunion et d'association.

Aussi, il a appelé "le gouvernement turc à lever immédiatement l'état d'urgence pour permettre à tous ses citoyens de participer pleinement et sur un pied d'égalité à la conduite des affaires publiques et d'exercer leur droit de vote et d'éligibilité sans restrictions injustifiées".

Dans le cadre de l'état d'urgence en Turquie, des purges sans précédent ont été menées, au cours desquelles plus de 50.000 personnes ont été arrêtées, et plus de 140.000 limogées ou suspendues. Outre les putschistes présumés, ces purges ont été étendues aux milieux pro-kurdes et d'opposition, visant des juges, des enseignants ou des journalistes.

Ces vastes purges ont suscité l'inquiétude d'ONG et de pays occidentaux qui dénoncent des atteintes aux droits de l'Homme et accusent le gouvernement de profiter de l'état d'urgence en vigueur pour réprimer ses opposants. Mais les dirigeants turcs affirment que des mesures d'exception sont nécessaires pour éliminer le "virus" factieux.
(AFP, 9 mai 2018)

Erdogan place sa campagne sous le signe d'une Turquie conquérante

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a promis dimanche de lancer de nouvelles opérations militaires et d'élever la Turquie au rang de "puissance globale", en dévoilant sa profession de foi pour les élections présidentielle et législatives anticipées du 24 juin.

De la lutte antiterroriste à l'économie, en passant par les relations avec l'Europe, M. Erdogan a exposé pendant une heure et quart ses ambitions devant plusieurs milliers de partisans réunis à Istanbul, terre de ses premières conquêtes électorales.

Ces élections anticipées sont cruciales, car elles marqueront l'entrée en vigueur de la plupart des mesures renforçant les pouvoirs du chef de l'Etat adoptées dans le cadre d'une révision constitutionnelle l'an dernier.

Pour mettre toutes les chances de son côté, M. Erdogan a avancé au 24 juin ce double scrutin initialement prévu en novembre 2019, notamment, estiment les analystes, pour capitaliser sur le sentiment nationaliste alimenté par l'offensive d'Ankara contre une milice kurde en Syrie.

"Pour nettoyer ses frontières des groupes terroristes, la Turquie lancera de nouvelles opérations sur le modèle de Bouclier de l'Euphrate et de Rameau d'olivier", a lancé dimanche M. Erdogan, en référence à deux campagnes militaires turques en Syrie.

La Turquie mène depuis janvier dans le nord-ouest de la Syrie une offensive baptisée "Rameau d'olivier" contre la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), considérée par Ankara comme une organisation terroriste, mais soutenue par Washington contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI).

Avant cette opération, la Turquie avait mené, d'août 2016 à mars 2017, une première offensive dans le nord de la Syrie contre l'EI et les YPG, baptisée "Bouclier de l'Euphrate".

- UE, économie -

Le choix fait par le président turc de tenir son premier grand meeting de campagne dans l'ex-capitale impériale Istanbul et non à Ankara, le centre politique et administratif du pays, est symbolique pour ce nostalgique du glorieux passé de l'Empire ottoman.

"Je fais le serment que (...) la Turquie prendra sa place sur la scène internationale en tant que puissance globale", a lancé sous les acclamations du public M. Erdogan, qui a commencé son discours par une référence aux sultans.

Istanbul a aussi été le terrain des premiers succès électoraux de M. Erdogan, qui a été élu maire de la plus grande ville de Turquie en 1994, une fonction qui lui a servi de tremplin pour ensuite s'imposer sur la scène politique nationale.

La capitale économique est en outre devenue la vitrine des grands projets d'infrastructures mis en oeuvre par l'AKP depuis son arrivée au pouvoir, en 2002. Ces projets ont profondément transformé la Turquie et été au coeur des succès électoraux de M. Erdogan.

Mais l'économie turque montre aujourd'hui des signes de surchauffe, avec une inflation à deux chiffres et une monnaie qui s'érode. M. Erdogan s'est voulu rassurant dimanche en promettant de faire baisser les taux d'intérêt et l'inflation, et de réduire le déficit des comptes courants qui ne cesse de se creuser.

Le chef de l'Etat turc, qui critique régulièrement avec violence l'Occident, a cette fois retenu ses coups et même affirmé qu'Ankara n'avait "jamais abandonné" son objectif de devenir membre de l'Union européenne (UE), bien que le processus d'adhésion soit gelé.

- "Embargo médiatique" -

Dans les faits, la campagne de M. Erdogan a commencé depuis plusieurs semaines, le chef de l'Etat et ses proches multipliant les discours, souvent plusieurs par jour, retransmis en direct dans leur intégralité par les chaînes de télévision.

En face, l'opposition tente de s'organiser pour faire barrage au président turc, mais dénonce des conditions de campagne inéquitables.

Ainsi, le candidat du principal parti d'opposition CHP, Muharrem Ince, a dénoncé dimanche la faible couverture médiatique de son premier meeting de campagne, samedi, qui n'a été retransmis par aucune des principales chaînes de télévision.

"Si l'embargo médiatique contre l'opposition que le palais (présidentiel) a imposé se poursuit, alors nous ferons nos meetings devant les (sièges des) chaînes de télévision", a prévenu M. Ince dimanche sur Twitter.
(AFP, 7 mai 2018)

Une partie de l'opposition officialise son alliance électorale

Quatre partis d'opposition turcs ont officiellement annoncé samedi la formation d'une alliance électorale pour tenter de faire obstacle au président Recep Tayyip Erdogan lors des élections anticipées du 24 juin.

D'après le protocole d'alliance remis samedi aux autorités électorales, dont l'AFP a obtenu une copie, cette coalition regroupe la principale formation de l'opposition, le Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), le jeune Bon parti (droite), le parti conservateur Saadet et le Parti démocrate (centre-droit).

Avec cette coalition, baptisée "Alliance de la nation", l'opposition cherche à se donner les moyens de barrer la route à M. Erdogan qui a annoncé le mois dernier que des élections présidentielle et législatives prévues en novembre 2019 se tiendraient le 24 juin.

L'alliance de ces quatre partis d'opposition ne concerne que les élections législatives, trois de ces formations ayant décidé de présenter leur propre candidat pour le scrutin présidentiel.

Le grand absent de cette alliance d'opposition est le parti prokurde HDP, qui a lancé sa campagne vendredi en annonçant officiellement la candidature à la présidence de son chef de file Selahattin Demirtas, incarcéré depuis un an et demi.

De son côté, le Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur) de M. Erdogan, qui domine le Parlement depuis 16 ans, a aussi formé une alliance avec les ultranationalistes du Parti d'action nationaliste (MHP) en vue du double scrutin anticipé.

Ces élections sont particulièrement importantes, car elles marqueront le passage d'un système parlementaire à un système présidentiel ayant pour clé de voûte un chef de l'Etat aux pouvoirs élargis, aux termes d'une révision constitutionnelle approuvée par référendum l'an dernier.

La campagne s'annonce musclée, l'opposition ayant choisi des orateurs pugnaces pour affronter M. Erdogan.

Vendredi, le CHP a désigné l'un de ses députés les plus combatifs, Muharrem Ince, pour être candidat à l'élection présidentielle. Celui-ci a tenu son premier meeting de campagne samedi à Yalova (nord-ouest).

Mais alors que les discours de campagne de M. Erdogan sont retransmis en direct dans leur intégralité, aucune des principales chaînes d'information n'a diffusé l'allocution de M. Ince.
(AFP, 5 mai 2018)

Erdogan officiellement désigné candidat par son parti

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a été officiellement désigné jeudi par son parti pour être candidat à sa succession à l'élection présidentielle anticipée de juin.

Les 316 députés du Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur), cofondé et dirigé par M. Erdogan, se sont prononcés pour la candidature du chef de l'Etat turc au cours d'une réunion jeudi, a déclaré le Premier ministre Binali Yildirim.

"Nous désignons candidat Recep Tayyip Erdogan, le protecteur des opprimés", a lancé M. Yildirim dans un discours à Ankara.

La candidature de M. Erdogan sera officiellement déposée auprès des autorités électorales vendredi, selon les médias turcs.

Au pouvoir depuis 2003, d'abord en tant que Premier ministre, puis, depuis 2014, que chef de l'Etat, M. Erdogan briguera le 24 juin un nouveau mandat de président, aux pouvoirs renforcés, aux termes d'une révision constitutionnelle adoptée l'an dernier par référendum.

M. Erdogan affrontera notamment la candidate d'une jeune formation de droite, Iyi parti (le Bon parti), Meral Aksener, ainsi que le chef de file du parti prokurde HDP, Selahattin Demirtas, qui est écroué depuis novembre 2016.
 Le principal parti d'opposition, le CHP (social-démocrate), n'a pas encore désigné son candidat.

Le président turc, âgé de 64 ans, a annoncé le mois dernier que les élections présidentielle et législatives initialement prévues pour le 3 novembre se dérouleraient en juin prochain.

Pour nombre d'observateurs, cette décision s'explique par la volonté de M. Erdogan de surfer sur la vague nationaliste en pleine offensive turque en Syrie, ainsi que par des craintes liées à l'économie qui montre des signes de surchauffe.

En vertu d'une alliance électorale conclue entre l'AKP et le parti ultranationaliste MHP, M. Erdogan sera le candidat unique de ces deux formations à la présidentielle.

Le président turc doit donner le coup d'envoi de sa campagne à l'occasion d'un meeting à Istanbul dimanche, même si celle-ci a déjà commencé dans les faits il y a plusieurs semaines.
(AFP, 3 mai 2018)

Forces armées/Armed Forces

150 nouveaux soldats arrêtés en lien avec le putsch avorté

La police turque a arrêté vendredi 150 soldats soupçonnés d'être liés aux réseaux du prédicateur Fethullah Gülen auquel Ankara impute le putsch avorté de juillet 2016, a annoncé l'agence étatique Anadolu.

Le parquet d'Istanbul a émis au total des mandats d'arrêt contre 300 militaires, dont 211 soldats d'active, dans le cadre d'une enquête sur les structures gulénistes au sen de l'armée, selon Anadolu.

Cent cinquante des soldats concernés par ces mandats d'arrêté ont été arrêtés vendredi par la police d'Istanbul, a précisé l'agence.

Depuis le putsch avorté, plus de 50.000 personnes ont été arrêtées et plus de 140.000 limogées ou suspendues à travers le pays.

Parmi les personnes arrêtées figurent près de 7.500 militaires, selon des chiffres du ministère de la Justice. Plus de 7.500 soldats ont en outre été limogés.

L'armée de l'air a été particulièrement touchée par ces purges, les autorités estimant que plusieurs des meneurs du putsch manqué étaient issus de ses rangs.

Outre les partisans présumés du prédicateur Fethullah Gülen, ces purges ont également touché des opposants politiques du président Recep Tayyip Erdogan, des médias critiques et des militants des droits de l'homme.

Installé aux Etats-Unis, le prédicateur Gülen, un ancien allié de M. Erdogan, dément toute implication dans la tentative de putsch.
(AFP, 11 mai 2018)

Erdogan promet de nouvelles opérations militaires transfrontalières

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé dimanche que la Turquie lancerait de "nouvelles opérations" militaires sur le modèle d'offensives menées dans le nord de la Syrie contre les jihadistes et une milice kurde.

"Pour nettoyer ses frontières des groupes terroristes, la Turquie lancera de nouvelles opérations sur le modèle de Bouclier de l'Euphrate et de Rameau d'olivier", a déclaré M. Erdogan en dévoilant à Istanbul les grandes lignes de son programme en vue des élections anticipées du 24 juin.

La Turquie mène depuis janvier dans le nord-ouest de la Syrie une offensive baptisée "Rameau d'olivier" contre la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), considérée par Ankara comme une organisation terroriste, mais soutenue par Washington contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI).

Avant cette opération, la Turquie avait mené, d'août 2016 à mars 2017, une première offensive dans le nord de la Syrie contre l'EI et les YPG, baptisée "Bouclier de l'Euphrate".

M. Erdogan a plusieurs fois menacé d'étendre l'opération "Rameau d'olivier" vers l'est, en direction de la frontière irakienne, au risque d'entrer en collision avec les Etats-Unis et la France qui ont déployé des militaires dans la zone de Minbej.

Le président turc a aussi exhorté à plusieurs reprises le gouvernement de Bagdad à agir contre les bases arrières du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) dans le nord de l'Irak, menaçant dans le cas contraire d'intervenir.

L'offensive turque contre les YPG en Syrie a tendu les relations entre Ankara et Washington, contribuant en parallèle à renforcer la coopération entre la Turquie et la Russie sur le dossier syrien.

Cette opération militaire a aussi alimenté le sentiment nationaliste en Turquie, que M. Erdogan compte bien exploiter en vue des élections législatives et présidentielle initialement prévues en novembre 2019 qu'il a avancées au 24 juin prochain.

"Notre objectif est d'anéantir toutes les organisations terroristes qui s'en prennent à nous, de les expédier dans les poubelles de l'histoire", a déclaré M. Erdogan lors de la présentation de son programme dimanche.
(AFP, 6 mai 2018)

Affaires religieuses / Religious Affairs

Les pays musulmans demandent une "force de protection internationale"

Les pays musulmans ont appelé vendredi à l'envoi d'"une force de protection internationale" dans les Territoires palestiniens après le bain de sang de Gaza, lors d'un sommet à Istanbul convoqué par le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui a accusé Israël d'user de méthodes dignes des nazis.

Les représentants des 57 pays regroupés au sein de l'Organisation de la coopération islamique (OCI), ont appelé à "une protection internationale pour le peuple palestinien, y compris par l'envoi d'une force de protection internationale", selon le communiqué final du sommet.

L'OCI a en outre condamné "en les termes les plus forts les actions criminelles dans forces israéliennes dans les Territoires palestiniens occupés, notamment dans la bande de Gaza", où près de 60 Palestiniens sont morts lundi sous les balles israéliennes en manifestant contre le transfert de l'ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem.

Le texte accuse l'administration américaine "de soutenir les crimes d'Israël, y compris en le protégeant au Conseil de sécurité de l'ONU".

Il épingle aussi Washington pour le transfert de son ambassade à Jérusalem, y voyant un "acte de provocation et d'hostilité contre la nation islamique".

Il appelle l'ONU à mettre sur pied "une commission d'enquête internationale" pour faire la lumière sur le bain de sang de Gaza.

A l'ouverture du sommet, M. Erdogan, qui tire à boulets rouges sur Israël depuis lundi, a comparé le traitement réservé par l'Etat hébreu aux Palestiniens de Gaza à la persécution des Juifs sous les nazis.

- Appel à l'unité -

"Il n'y a pas de différence entre les atrocités subies par le peuple juif en Europe il y a 75 ans et la brutalité dont souffrent nos frères à Gaza", a lancé le président turc.

Il a accusé les dirigeants "d'un peuple qui a subi toutes sortes de tortures dans les camps de concentration durant la Seconde guerre mondiale" d'attaquer les Palestiniens "en usant de méthodes similaires à celles des nazis".

Avant d'ouvrir le sommet, M. Erdogan avait reconnu en haranguant des milliers de manifestants rassemblés dans le centre d'Istanbul pour apporter leur soutien aux Palestiniens, que le monde musulman avait "échoué dans le test de Jérusalem", n'ayant pas réussi à empêcher le transfert de l'ambassade américaine vers la ville sainte depuis Tel-Aviv.

"Les violations commises (par Israël) à Jérusalem et en Palestine s'expliquent par les divisions et les différends entre les musulmans eux-mêmes", a-t-il ajouté.

"Nous devons nous sacrifier pour défendre nos lieux saints. Si nous devions nous unir, Israël ne pourrait pas poursuivre ses violations", a-t-il encore dit.

Lors de la manifestation, le Premier ministre turc Binali Yildirim a pour sa part accusé Israël "d''imiter Hitler et Mussolini".
 Le Premier ministre palestinien Rami Hamdallah, présent à Istanbul pour participer au sommet de l'OCI, s'est aussi adressé à la foule. Il a accusé l'administration américaine de chercher à "provoquer un conflit religieux dans la région" en transférant son ambassade en Israël à Jérusalem.

- "Silence" -

Issu de la mouvance islamo-conservatrice, M. Erdogan se pose en ardent supporteur de la cause palestinienne et ne cache pas son soutien au mouvement islamiste palestinien Hamas à Gaza, bête noire des autorités israéliennes. Ce discours trouve un écho chez l'électorat traditionnel du président turc candidat à sa propre succession lors des élections anticipées prévues le 24 juin, et lui a permis de bâtir une certaine popularité dans le monde arabe.

La réunion d'Istanbul s'est tenu au moment où le monde arabo-musulman est miné par des divisions et des rivalités qui rendent peu probables des mesures concrètes à l'égard d'Israël.

L'Arabie saoudite, dont le ministre des Affaires étrangères Adel al-Jubeir était présent à Istanbul, et ses alliés du Golfe ainsi que l'Égypte, voient d'un mauvais oeil le soutien de la Turquie d'Erdogan à des mouvements comme les Frères musulmans et le Hamas, ainsi qu'au Qatar, qu'ils cherchent à isoler.

Ryad et ses alliés, qui semblent avoir assoupli leurs positions vis-à-vis d'Israël, seraient en outre réticents à d'éventuelles actions susceptibles de heurter Washington, dont ils espèrent le soutien pour endiguer l'Iran chiite, qu'ils voient comme la principale menace dans la région.

Parmi les chefs d'État qui ont assisté au sommet figurent le roi Abdallah de Jordanie, le président iranien Hassan Rohani, son homologue soudanais Omar el-Béchir, ainsi que les émirs du Qatar et du Koweït.

Dans une apparente pique à l'adresse de Ryad, M. Rohani a ainsi critiqué dans son discours "le silence de certains pays", sans lequel "les sionistes n'auraient pas osé une telle brutalité".

La Turquie et Israël s'écharpent à coups d'invectives et de sanctions diplomatiques depuis la répression sanglante des manifestations de Gaza.

Ankara a renvoyé provisoirement l'ambassadeur d'Israël en Turquie Eitan Naeh et le consul général d'Israël à Istanbul. Israël a pris une mesure similaire à l'encontre du consul général turc à Jérusalem.
(AFP, 18 mai 2018)

Turkey in Syria: Ruling Kurdish Afrin by Sharia Law, Ethnic Cleansing

At the onset of the Turkish offensive, Turkish President Recep Tayyip Erdogan and his government declared it a “jihad” against Syrian Kurds. Turkish preachers gave sermons justifying the assault as a “holy war.”

Turkey and jihadist groups are now forcing non-Muslim minorities in Afrin to convert to Islam. Yazidi temples, for example, have been destroyed by militants. Yazidi residents have been forcibly taken to mosques to convert to Islam.
Kurdish groups have accused the government of Turkey’s President Recep Tayyip Erdogan of carrying out a campaign to create a demographic change aiming at dislodging native Kurdish civilians from their lands and replacing them with Sunni Arabs from Turkish-based refugees camps.

http://www.kurdishinstitute.be/turkey-in-syria-ruling-kurdish-afrin-by-sharia-law-ethnic-cleansing/

Erdogan s'emporte contre le "manifeste des 300" sur l'antisémitisme

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a étrillé mardi les quelque 300 personnalités françaises qui ont signé le mois dernier un retentissant manifeste "contre le nouvel antisémitisme" appelant notamment à rendre caducs des passages du Coran.

"Nous voyons cela comme l'expression de leur ignorance", a lâché le président turc lors d'un discours à Ankara. "Il n'y a aucune différence entre vous et Daech (acronyme arabe du groupe Etat islamique)", a-t-il ajouté.

Dans le manifeste publié le 22 avril dans le journal Le Parisien, 300 signataires, dont l'ex-président Nicolas Sarkozy et trois anciens chefs de gouvernement, dénoncent un "nouvel antisémitisme" en France marqué selon eux par la "radicalisation islamiste".

Ils réclament notamment que "les versets du Coran appelant au meurtre et au châtiment des juifs, des chrétiens et des incroyants soient frappés de caducité par les autorités théologiques (...)".

Ce manifeste, qui a aussi été signé par des intellectuels, des personnalités religieuses et des artistes comme Charles Aznavour ou Gérard Depardieu, a suscité une vive polémique en France et l'indignation de nombreux musulmans à travers le monde.

"Qui êtes-vous pour utiliser pareil langage ?", a tonné M. Erdogan, qualifiant le manifeste d'"ignoble".

Ce texte était passé relativement inaperçu en Turquie depuis sa publication il y a plus de deux semaines, jusqu'à ce que les dirigeants turcs, qui font campagne pour des élections anticipées le 24 juin, ne l'exhument au cours du week-end.

En se posant en champion du combat contre l'"islamophobie", un rôle qu'il affectionne, M. Erdogan entraîne la bataille électorale sur un terrain sur lequel il est plus à l'aise que l'opposition laïque du Parti républicain du peuple (CHP).

Celui-ci a toutefois suivi le mouvement mardi par l'intermédiaire de son secrétaire général, Kemal Kiliçdaroglu. "Ce n'est pas le Saint Coran, mais vous qui êtes arriérés", a-t-il lancé aux signataires du manifeste.

- "Leçon à Sarkozy" -

Le président turc s'emporte régulièrement contre ce qu'il qualifie d'"islamophobie rampante" en Europe, affirmant que son gouvernement faisait tout pour protéger la liberté et les lieux de culte en Turquie.

"Notre attitude devrait servir de leçon (...) aux politiciens islamophobes en Europe, en particulier à Sarkozy", a lancé M. Erdogan, qui entretenait des rapports notoirement exécrables avec l'ex-chef d'Etat français (2007-2012).

"Je me pose la question : les signataires de ce manifeste ont-ils lu leurs propres textes (sacrés) ?", a lancé M. Erdogan. "Si c'était le cas, ils voudraient sans doute interdire le Nouveau Testament", a-t-il ajouté, sous-entendant qu'il comportait des passages antisémites.

"S'ils souhaitent attirer l'attention sur le génocide des juifs, alors il leur suffit de se retourner et d'observer leur propre histoire", a de son côté commenté le Premier ministre Binali Yildirim. "Je condamne ces personnes méprisables qui attaquent le Coran", a-t-il ajouté.

Cette attaque verbale en règle survient sur fond de tensions entre Ankara et l'Occident, en particulier depuis la tentative de coup d'Etat du 15 juillet 2016 en Turquie suivi d'une dégradation de la situation des droits de l'Homme.
(AFP, 8 mai 2018)

Socio-économique / Socio-economic

Record à la baisse de la livre après des commentaires d'Erdogan

La livre turque a battu mercredi un nouveau record à la baisse face au dollar et à l'euro après des déclarations du président Recep Tayyip Erdogan sur sa volonté de peser davantage sur la politique monétaire s'il était réélu en juin.

Fragilisée par des risques de surchauffe économique, un déficit courant élevé et une inflation galopante, la livre turque a perdu 9% de sa valeur en un mois.

Elle s'échangeait mercredi à 4,49 pour un dollar, en baisse de 1,1% par rapport à son taux de clôture la veille, et à 5,3 contre l'euro.

Dans une interview à Bloomberg TV lundi lors d'une visite à Londres, M. Erdogan a renforcé la volatilité du marché de changes en affirmant qu'il entendait peser davantage sur la politique monétaire turque s'il était reconduit dans ses fonctions lors des élections anticipées qu'il a convoquées pour le 24 juin.

M. Erdogan avait déjà provoqué une chute de la livre vendredi en pestant contre les taux d'intérêt bancaires, les qualifiant de source de "tous les maux".

M. Erdogan est un habitué de sorties contre toute hausse des taux d'intérêt, préconisée pourtant par les économistes pour faire baisser l'inflation.

La Banque centrale a certes relevé fin avril un de ses principaux taux, mais les investisseurs pointent un manque de marge de manoeuvre à long terme, alors que le président Erdogan fait régulièrement pression pour abaisser les taux.

Devant la multiplication des signaux économiques inquiétants, l'agence de notation Standard and Poor's a abaissé la note de la dette de la Turquie de de "BB/B" à "BB-/B", en évoquant l'inflation et une aggravation des déficits.

Pour nombre d'observateurs, le président turc a avancé les élections, initialement prévues un an et demi plus tard, par crainte notamment d'une dégradation de la situation économique susceptible de lui faire perdre des voix.
(AFP, 16 mai 2018)

Erdogan peste contre les taux, la livre chute

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a de nouveau pesté vendredi contre les taux d'intérêt bancaires, les qualifiant de source de "tous les maux", une remarque qui a immédiatement provoqué une nouvelle chute de la livre turque.

M. Erdogan, en campagne pour les élections générales anticipées du 24 juin, est un habitué de sorties contre toute hausse des taux d'intérêt, préconisée pourtant par les économistes pour faire baisser une inflation galopante.

Et il a remis une couche vendredi, au moment où la livre turque bat des records à la baisse contre le dollar et l'euro.

"Les taux d'intérêt sont le père et la mère de tout les maux. Les taux d'intérêt sont la cause de l'inflation", a-t-il dit lors d'un discours télévisé à Ankara.

La Banque centrale a relevé fin avril l'un de ses principaux taux, mais les investisseurs pointent un manque de marge de manoeuvre à long terme, alors que le président Erdogan fait régulièrement pression pour abaisser les taux.

"Nous devons baisser les taux d'intérêt", a-t-il répété vendredi, notant que les taux sont à un niveau bas aux Etats-Unis, dans la zone euro et au Japon.

"Je sortirai vainqueur face à ce fléau que sont les taux d'intérêt", a-t-il ajouté, se référant au scrutin du 24 juin lors duquel il briguera un nouveau mandat aux pouvoirs considérablement renforcés.

Ses remarquas ont été mal accueillies sur le marché de change, la livre turque piquant de nouveau du nez, perdant 1,8% de sa valeur pour s'échanger à 4,3 TRY face au dollar.

Malgré un taux de croissance solide, la Turquie connaît une forte inflation alors que les marchés s'inquiètent de plus en plus de la surchauffe de l'économie du pays et déplorent l'incapacité de la Banque centrale turque à prendre des mesures fortes pour enrayer la hausse des prix.

Devant la multiplication des signaux économiques inquiétants, l'agence de notation Standard and Poor's a abaissé la note de la dette de la Turquie de de "BB/B" à "BB-/B", citant l'inflation et une aggravation des déficits.

Pour nombre d'observateurs, le président turc a avancé ces élections, initialement prévues un an et demi plus tard, par crainte notamment d'une dégradation de la situation économique susceptible de lui faire perdre des voix.
(AFP, 11 mai 2018)

S&P abaisse la note de la dette de la Turquie, citant l'inflation

L'agence de notation Standard and Poor's a abaissé mardi la note de la dette de la Turquie, citant une détérioration des déficits et de l'inflation.

La note recule à "BB-/B" au lieu de "BB/B", avec perspective stable. La Turquie se retrouve donc ainsi reléguée encore davantage dans la catégorie des investissements considérés comme "spéculatifs".

Cet abaissement reflète "notre inquiétude sur la détérioration des perspectives d'inflation et sur la dépréciation et la volatilité du taux de change", indique S&P Global Ratings.

L'agence relève aussi l'aggravation du déficit des comptes courants (6,1% du PIB) qui pèse sur les financements extérieurs du secteur privé.

Le déficit budgétaire a également été révisé en hausse alors que le gouvernement turc va continuer à stimuler une économie "déjà en surchauffe".

"La sur-stimulation de l'économie provoque un éventail d'effets secondaires négatifs, notamment l'aggravation du déficit des comptes courants et la persistance d'une inflation à deux chiffres" estimée à 10,3% en 2018 par S&P.

Le Produit intérieur brut, qui a cru de 7,4% en 2017, devrait encore progresser de 4,4% cette année.

"En outre, la livre turque suit une tendance à la baisse depuis le début de l'année, qui s'est accélérée ces dernières semaines", dit l'agence. La livre a perdu 8% par rapport au dollar depuis début 2018.

L'agence de notation met en outre à l'index "le caractère de plus en plus centralisé du processus de décision" de l'Etat turc, un des facteurs qui "exacerbent les risques d'avoir besoin d'importantes ressources financières extérieures".

La grande part de la dette détenue en devises "met en lumière la vulnérabilité de la Turquie aux changements subis dans les taux de change", prévient encore l'agence.

L'affaiblissement de la monnaie turque est aussi un handicap pour la qualité des actifs des banques du pays.

Point positif: les exportations se portent bien, ayant grimpé de 10% sur un an en février. La saison touristique s'annonce bonne mais elle est "vulnérable à la situation de la sécurité en Turquie et dans les pays voisins".

"L'escalade des tensions en Syrie et l'incursion de la Turquie dans les zones syriennes contrôlées par les Kurdes n'est pas un bon présage pour la situation géopolitique de la région", conclut S&P.
(AFP, 1er mai 2018)

Relations turco-européennes / Turkey-Europe Relations

UE: les arrivées de migrants depuis la Turquie en hausse

Les arrivées de migrants depuis la Turquie ont fortement augmenté au premier trimestre, même si elles restent largement inférieures à la période de crise, selon les chiffres de la Commission européenne qui prévient que la situation reste "fragile".

Au cours des trois premiers mois de 2018, les arrivée depuis la Turquie ont augmenté à la fois par les îles grecques (9.349) et par la frontière terrestre (6.108). Dans le second cas, c'est neuf fois plus qu'à la même période un an plus tôt.

"Nous avons constaté une légère reprise des arrivées mais la situation est sous contrôle et les chiffres sont tout à fait gérables", a toutefois assuré le commissaire européen à la migration Dimitris Avramopoulos, lors d'une conférence de presse à Bruxelles.

Il a ajouté que l'accord UE-Turquie, qui a permis de faire drastiquement baisser les arrivées de migrants en Grèce depuis la Turquie, continuait de fonctionner.

En outre, la Commission observe que "si la situation s'est stabilisée sur la route des Balkans occidentaux, une augmentation des déplacements a été rapportée en Albanie, au Monténégro et en Bosnie-Herzégovine au cours des derniers mois".

"La situation reste fragile et notre travail n'est pas terminé", a souligné M. Avromopoulos.

Le commissaire grec a demandé deux choses aux Etats membres: envoyer des garde-frontières et de l'équipement pour le corps européen et se conformer à leur engagement de s'accorder sur la réforme de l'asile de l'UE d'ici juin.

Les arrivées sont aussi en hausse sur la route de la Méditerranée occidentale, avec 6.623 arrivées en Espagne depuis le début de l'année, soit 22% de plus que début 2017.

Seule la route de la Méditerranée centrale enregistre une baisse des arrivées, inférieures de 77% de ce qu'elles étaient à la même période en 2017.
(AFP, 16 mai 2018)

Manifestation à Londres contre la visite de Erdogan, reçu par la reine

Des défenseurs de la liberté de la presse et des militants kurdes ont manifesté mardi à Londres avant un entretien entre la Première ministre Theresa May et le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui a également été reçu par Elizabeth II.

M. Erdogan a entamé dimanche une visite officielle de trois jours au Royaume-Uni qui l'accueille avec tous les honneurs, dans la perspective de l'après Brexit et des nouveaux partenariats commerciaux que le pays espère nouer.

Mardi à la mi-journée, le président turc et son épouse, Emine Erdogan, ont été reçus par la reine pour une audience privée dans la "salle de 1844" du palais de Buckingham, où la souveraine accueille régulièrement des invités de marque.

M. Erdogan s'est également entretenu avec Theresa May. Lors d'une conférence de presse, la Première ministre britannique a assuré avoir, lors de cette conversation, souligné la nécessité pour la Turquie de respecter "les valeurs démocratiques et les obligations en matière de droits de l'homme".

M. Erdogan a appelé de son côté Londres à extrader toute personne liée au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), organisation classée "terroriste" par Ankara, prévenant que "ce qui me fait mal aujourd'hui fera mal au Royaume-Uni demain".

Mme May lui a répondu que le Royaume-Uni agissait "quand nous avons des preuves d'une activité terroriste".

La visite du dirigeant a suscité des critiques au Royaume-Uni et des dizaines de manifestants se sont rassemblés dans la matinée près de Downing Street à l'appel notamment de l'organisation Reporters sans frontières (RSF).

Ils ont été rejoints par des manifestants pro-kurdes, qui ont brandi des pancartes avec le visage du président turc barré du mot "Terroriste" (en anglais), ainsi qu'un drapeau représentant le chef de l'opposition kurde Abdullah Öcalan.

De légers heurts ont éclaté quand des partisans d'Erdogan brandissant des drapeaux turcs ont défilé devant les manifestants pro-kurdes, entraînant l'intervention de la police.

Selon RSF, plus de 100 journalistes ont été arrêtés, 140 médias ont été fermés et au moins 889 cartes de presse ont été annulées depuis le début de l'état d'urgence instauré après la tentative de coup d'Etat en juillet 2016.

"Nous devons faire comprendre à notre gouvernement que nous nous préoccupons des libertés fondamentales - ces valeurs auxquelles notre pays est arrimé", a déclaré Rebecca Vincent, responsable de Reporters sans frontières au Royaume-Uni, aux manifestants.

"Il y a une élection à venir", a-t-elle rappelé, en référence aux élections législatives et présidentielle anticipées convoquées le 24 juin par le président Erdogan, des scrutins qui marqueront l'entrée en vigueur de la plupart des mesures renforçant les pouvoirs du chef de l'Etat adoptées dans le cadre d'une révision constitutionnelle l'an dernier.

"Dans le cadre de l'état d'urgence, les gens n'ont pas accès à une information indépendante, donc nous avons un électorat qui se rendra aux urnes après une assez courte campagne sans avoir toutes les informations", a-t-elle ajouté.

Elle a jugé "honteux" que le président Erdogan "soit accueilli, ici, au Royaume-Uni et qu'on lui déroule le tapis rouge".
 Lors de la conférence de presse avec Mme May, M. Erdogan a rejeté les accusations dont il fait l'objet sur les emprisonnements de journalistes.

"Sommes-nous censés les appeler journalistes simplement parce qu'ils (en) ont le titre?", a-t-il dit, ajoutant: "Vous devez faire une distinction entre les terroristes et les journalistes".
(AFP, 15 mai 2018)

Turquie-USA-OTAN / Turkey-USA-NATO

Un banquier turc condamné à 32 mois de prison

Le banquier turc Mehmet Atilla, reconnu coupable en janvier d'avoir aidé à contourner les sanctions américaines contre l'Iran, a été condamné mercredi à 32 mois de prison, une peine relativement clémente pour celui que le gouvernement américain avait présenté comme le "cerveau" d'un juteux trafic, provoquant la colère du gouvernement turc.

M. Atilla, 47 ans, ex-directeur général adjoint de la banque publique turque Halkbank jugé coupable de fraude bancaire et de conspiration pour violer les sanctions, a été condamné par le juge fédéral Richard Berman à 32 mois de prison.
 Le banquier étant incarcéré à New York depuis son arrestation en mars 2017, la peine restant à purger devrait se limiter à 18 mois, alors que l'accusation réclamait jusqu'à 20 ans d'incarcération.

Selon la transcription de l'audience de mercredi, le juge Berman a donné en partie raison à la défense en estimant qu'Atilla n'avait joué qu'un "rôle mineur" dans ce trafic.

Il a aussi souligné qu'Atilla apparaissait "moins coupable" que Reza Zarrab, qui fut le témoin-clé de l'accusation pendant les cinq semaines de procès du banquier, très suivi en Turquie.

Zarrab, un homme d'affaires turco-iranien célèbre en Turquie, qui avait pris Ankara par surprise à l'automne dernier en acceptant de plaider coupable dans cette affaire et de coopérer avec la justice américaine, avait décrit en détail à la barre l'instauration, à partir de 2012, d'un complexe schéma impliquant trafic d'or et livraisons fictives de nourriture entre l'Iran, la Turquie et Dubaï.

Ce trafic a permis à Téhéran, alors étouffé par les sanctions internationales, de percevoir malgré tout des milliards en devises en échange de ses hydrocarbures.

Zarrab a notamment raconté comment le ministre turc de l'Economie d'alors, Zafer Caglayan, et le directeur général de la banque Halkbank, Suleyman Aslan, l'avaient aidé à monter ce trafic, avec la bénédiction de Recep Tayyip Erdogan, alors Premier ministre.

Les avocats de la défense avaient présenté Atilla --seul sur le banc des accusés alors que le ministre Caglayan et sept autres personnes ont été inculpées dans cette affaire-- comme le bouc-émissaire de la justice américaine: il n'aurait été, selon eux, que l'exécutant honnête des consignes de ses supérieurs.

Ils avaient aussi souligné qu'Atilla n'avait pas personnellement bénéficié de ce trafic, plaidant pour une peine la plus limitée possible.

Aussi clémente que soit la sentence, le ministère turc des Affaires étrangères a réagi mercredi en réaffirmant qu'Atilla était "innocent". Il a dénoncé un "simulacre de procès", organisé sur la base de "preuves trafiquées et de fausses déclarations fabriquées par l'organisation terroriste de Fethullah Gülen", ennemi juré d'Erdogan réfugié aux Etats-Unis.

Le président Erdogan a plusieurs fois qualifié les poursuites contre Atilla de "complot" contre la Turquie, et l'affaire a contribué à tendre les relations turco-américaines.

"Si Atilla devait être déclaré criminel, cela reviendrait presque à déclarer que la République turque est criminelle", affirmait-t-il encore lundi.

Quant à Zarrab, sous la protection du FBI depuis qu'il a plaidé coupable, il attend encore de connaître sa peine.
(AFP, 16 mai 2018)

Ankara craint de "nouveaux conflits" après la décision de Trump

La décision prise par Donald Trump de retirer "unilatéralement" les Etats-Unis de l'accord sur le nucléaire iranien risque d'ouvrir la voie à de "nouveaux conflits", a mis en garde mardi la Turquie, acteur clé du Proche-Orient.

"Le retrait unilatéral des Etats-Unis de l'accord sur le nucléaire est une décision qui va causer de l'instabilité et de nouveaux conflits", a déclaré sur Twitter le porte-parole de la présidence turque Ibrahim Kalin.

"La Turquie va continuer de s'opposer avec détermination à tous types d'armes nucléaires", a ajouté le porte-parole de Recep Tayyip Erdogan.

En dépit des appels de nombre de ses alliés, notamment européens, M. Trump a annoncé mardi que les Etats-Unis allaient se retirer de cet accord arraché de haute lutte en 2015.

Le président américain a également annoncé le rétablissement des sanctions contre la République islamique qui avaient été levées en contrepartie de l'engagement pris par l'Iran de ne pas se doter de l'arme nucléaire.

Acteur clé du Proche-Orient, la Turquie entretient des relations ambiguës avec l'Iran : en dépit d'une méfiance réciproque héritée de leur rivalité pluriséculaire, ces deux puissances régionales s'efforcent d'avoir des rapports pragmatiques.

Les deux pays frontaliers multiplient ainsi les efforts pour développer leurs échanges commerciaux et touristiques, et coopèrent sur le dossier syrien où ils soutiennent pourtant des camps opposés.

Dans le même temps, Ankara, membre de l'Otan, entretient des rapports compliqués avec Washington en raison notamment de différends sur la Syrie.
(AFP, 8 mai 2018)

Relations régionales / Regional Relations

Dans les Balkans, la Turquie montre son influence

Dans les cafés de Novi Pazar, ville majoritairement bosniaque du sud de la Serbie, on vibre souvent plus pour les clubs turcs de Fenerbahçe ou Galatasaray que pour l'Etoile Rouge ou le Partizan Belgrade.

Capitale du Sandzak, cette cité vient de faire citoyen d'honneur le président Recep Tayyip Erdogan qui tiendra dimanche à Sarajevo un meeting électoral pour la diaspora turque en Europe.

"Depuis la fin du monde bipolaire, la Turquie a eu une politique très active dans les Balkans", relève Jean Marcou chercheur associé à l'Institut français d'études anatoliennes. En contribuant "à la stabilisation des conflits" et "aux efforts de reconstruction", puis en menant une politique étrangère teintée de "néo-ottomanisme".

La Sublime Porte a exercé entre les XIV et XIXèmes siècles sa tutelle sur les Balkans où elle a puisé cadres et dirigeants.

Certes, selon Jean Marcou, "les postures nationalistes" de Recep Tayyip Erdogan ont pu entamer l'aura turque. Et pour les pays des Balkans "qui comptent entrer dans l'UE, la Turquie ne peut actuellement pas servir de modèle", estime Enver Robelli, analyste kosovar installé en Suisse, spécialiste des Balkans.

Mais l'influence est économique, religieuse, culturelle comme l'illustre le feuilleton "Elif", programme le plus populaire de Bosnie.

Elle se fait parfois politique: fin mars, six Turcs sont expulsés du Kosovo vers leur pays, présentés comme des partisans du prédicateur Fethullah Gülen, accusé par Ankara d'avoir fomenté le coup d'Etat de juillet 2016.

- 'Politique de vassal' -

L'opération est menée par les deux services de renseignement hors de toute procédure judiciaire. Dénonçant une opération "contraire (aux) valeurs" du Kosovo, son Premier ministre Ramush Haradinaj limoge ministre de l'Intérieur et chef des renseignements.

"Qui t'a donné l'ordre de prendre une telle mesure ?", l'apostrophe alors le président Erdogan. "Erdogan dirige le Kosovo", s'offusque le site d'information GazetaExpress.

L'indignation fut similaire en Bosnie en février quand Sarajevo avait renoncé à faire citoyen d'honneur l'écrivain Orhan Pamuk. Décelant une "peur de vexer Erdogan", l'opposition municipale avait dénoncé "une politique de vassal".

A l'instar du président kosovar Hashim Thaçi, le Premier ministre albanais Edi Rama et le chef politique des Bosniaques Bakir Izetbegovic, conviés au mariage de la fille de Recep Teyyip Erdogan en mai 2016, affichent leur proximité avec le président turc, même si Ankara n'a pas obtenu d'eux la fermeture d'écoles du réseau guleniste.

Le poids de l'histoire rend instinctivement plus méfiants les Serbes, chrétiens orthodoxes. Dans les meetings politiques des Serbes de Bosnie, on scande volontiers que "La Republika Srpska n'est pas la Turquie". Selon Jean Marcou, la mort en novembre 2014 d'un supporteur de basket serbe à Istanbul dans des bagarres avait eu des "effets dévastateurs".

Mais, selon le chercheur, "le partenariat Turquie-Serbie a finalement été sauvegardé, revigoré notamment par le rapprochement russo-turc, à partir de 2016" et pour Belgrade, il "est une aubaine, notamment sur le plan économique".

Le ministre serbe du Commerce Rasim Ljajic, a récemment dit qu'il "ne se passait pas une semaine sans qu'un investisseur turc n'arrivât en Serbie". Son pays accueille déjà 400 entreprises turques et le président Aleksandar Vucic a fait le 6 mai une halte en Turquie sur son chemin pour Moscou.

Des compagnies turques contrôlent l'aéroport de Pristina, construiront celui de Vlora dans le sud de l'Albanie, détiennent la compagnie kosovare d'électricité KEDS/KESCO, bâtissent des autoroutes au Kosovo, et sont favorites pour le marché de celle entre Belgrade et Sarajevo.

- Mosquée de Tirana -

Selon Jean Marcou, les Turcs ne sont pas là seulement "seulement pour faire de l'aide au développement économique, mais aussi pour réhabiliter le patrimoine ottoman et établir des coopérations culturelles".

Dans les écoles de Bosnie, le turc est enseigné à 10.000 élèves dans 150 établissements, troisième langue étrangère derrière l'anglais et l'allemand.

La mosquée de Mitrovica, la plus grande du Kosovo, a été financée à hauteur de 2 millions d'euros par les Turcs qui ont aussi dépensé 30 millions d'euros pour celle de Tirana, destinée à devenir le plus important lieu de culte musulman des Balkans.

Aux yeux d'Enver Robelli, l'expulsion des six Turcs illustre "la réelle influence" d'Ankara: "Le Kosovo, la Bosnie, l'Albanie et la Macédoine sont considérés comme d'anciens territoires de l'Empire ottman" et "traités comme une part du monde néo-ottoman". Et "il ne faut pas de faire d'illusion", dit Enver Robelli: "Le Kosovo n'est pas armé comme l'Allemagne pour résister à la pression turque."
(AFP, 18 mai 2018)

AKP Rejects Resolution on Cancellation of Agreements With Israel

After 60 civilians lost their lives in Israel's attack against Gaza, a resolution which called for the cancellation of the agreements between Turkey and Israel was submitted to the Grand National Assembly of Turkey yesterday (May 15). After a vote held in Parliament yesterday evening, the resolution was rejected with the votes of Justice and Development Party (AKP) MPs.

The main opposition party Republican People's Party (CHP) İstanbul MP Ali Şeker made a statement on his official Twitter account yesterday and announced that the resolution which was submitted to the General Assembly of the Parliament for the cancellation of the agreements with Israel was rejected with the votes of the AKP.

CLICK - Israel Stops Import, Summons Ambassador's Deputy to Turkey

Some of the AKP MPs gave Nazi salute

When the resolution was voted at the General Assembly, some of the MPs of the AKP were seen to be giving Nazi salute.

On May 15, the Peoples' Democratic Party (HDP) announced on its official Twitter account that the general debate request submitted by the HDP to the General Assembly of the Parliament for the cancellation of the agreements between Turkey and Israel and imposition of economic sanctions on Israel was also rejected by the AKP and Nationalist Movement Party (MHP).

"You took dozens of decisions smoothing the way for Israel"

Chair and Presidential candidate of the Felicity Party (SP) Temel Karamollaoğlu also made a statement about the recent developments in Gaza during his meeting with the MP candidates of his party in the capital city of Ankara.

Reminding his audience of the energy cooperation agreement signed by the Ministers of Energy of Turkey and Israel two days ago, Karamollaoğlu said,

"You have taken dozens of decisions which smooth the way for Israel up until today. Which of these agreements will you cancel? You will go and hold a demonstration, it is enough to make a cat laugh!" 
(BIA, 16 May 2018)

Des combattants soutenus par Washington progressent en Syrie face à l'EI

Une coalition de combattants kurdes et arabes soutenue par Washington progresse dans l'est de la Syrie face aux jihadistes du groupe Etat islamique (EI), retranchés dans leur dernier réduit, a-t-on appris lundi de sources concordantes.

Les Forces démocratiques syriennes (FDS), alliance appuyée par les raids aériens de la coalition internationale anti-EI, avaient annoncé début mai le lancement de la phase "finale" de leur offensive contre les jihadistes.

Elles ont conquis dans la nuit le village de Baghuz, près du fleuve de l'Euphrate, non loin de la frontière avec l'Irak, a indiqué à l'AFP le porte-parole des FDS Kino Gabriel.

Il s'agit de la première prise des FDS depuis le début de leur opération contre l'ultime poche jihadiste dans l'est syrien.

"Des opérations de déminage ont lieu actuellement, nous recherchons d'éventuels membres de l'EI qui seraient cachés dans des tunnels ou ailleurs", a indiqué M. Gabriel, précisant que l'opération est coordonnée avec les forces de sécurité irakiennes et la coalition internationale.

Sur les réseaux sociaux, la coalition a d'ailleurs publié des photos d'une rencontre entre le commandant des forces américaines au Moyen-Orient, le général Joseph Votel, et des responsables des FDS.

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a confirmé la capture de Baghuz, précisant que 18 combattants de l'EI avaient été tués dans des frappes aériennes de la coalition et des combats dans le village d'Al-Bahra, plus au nord.

Trois grands villages restent encore sous contrôle de l'EI: Hajine, Soussa et Al-Chaafa, selon l'OSDH.

Déclenché en 2011 par la répression de manifestations pacifiques par le régime de Bachar al-Assad, le conflit en Syrie s'est complexifié au fil des ans avec l'implication de pays étrangers et de groupes jihadistes, sur un territoire de plus en plus morcelé.

Il a fait plus de 350.000 morts et des millions de déplacés et réfugiés.
(AFP, 14 mai 2018)

Le président turc accuse Israël de "terrorisme d'Etat" et de "génocide"

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé lundi Israël de "terrorisme d'Etat" et de "génocide", après la mort d'une cinquantaine de Palestiniens tués par l'armée israélienne à Gaza, qui a entraîné le rappel pour consultations par la Turquie de ses ambassadeurs en Israël et aux Etats-Unis.

"Israël sème le terrorisme d'Etat. Israël est un Etat terroriste", a déclaré M. Erdogan à des étudiants turcs à Londres, dans un discours retransmis à la télévision.

"Ce qu'Israël a fait est un génocide. Je condamne ce drame humanitaire, ce génocide, d'où qu'il vienne, d'Israël ou d'Amérique", a poursuivi le chef de l'Etat qui a décrété trois jours de deuil national et annoncé pour vendredi un vaste rassemblement de protestation.

La Turquie a dans le même temps rappelé pour consultations ses ambassadeurs à Tel Aviv et à Washington, a quant à lui déclaré devant des journalistes à Ankara le vice-Premier ministre turc Bekir Bozdag.

Il a ajouté que son pays appelait à une réunion d'urgence vendredi de l'Organisation de la coopération islamique (OCI), formée de 57 membres et ayant son siège en Arabie saoudite.

Il n'a pas fourni d'autres précisions.

Bekir Bozdag avait auparavant affirmé sur Twitter que le gouvernement américain était "autant responsable qu'Israël de ce massacre".

"En transférant son ambassade à Jérusalem, l'administration américaine a sapé les chances d'un règlement pacifique et provoqué un incendie qui causera davantage de pertes humaines, des destructions et des catastrophes dans la région", avait-il ajouté.

"Malheureusement, les Etats-Unis se sont placés du côté du gouvernement israélien dans ce massacre de civils et sont devenus complices dans ce crime contre l'humanité", avait pour sa part commenté le Premier ministre Binali Yildirim devant la presse dans la capitale turque. "Nous condamnons vigoureusement ce vil massacre", avait-il encore dit.

Le porte-parole du gouvernement turc Bekir Bozdag avait lui aussi estimé sur le même réseau social que le gouvernement américain était "autant responsable qu'Israël de ce massacre".

"En transférant son ambassade à Jérusalem, l'administration américaine a sapé les chances d'un règlement pacifique et provoqué un incendie qui causera davantage de pertes humaines, des destructions et des catastrophes dans la région", avait-il ajouté.

"Je maudis Israël et ses forces de sécurité", a de son côté déclaré le chef de la diplomatie turque, Mevlut Cavusoglu, fustigeant également le "terrorisme d'Etat".

Parallèlement, des milliers de personnes ont défilé dans le centre d'Istanbul pour dénoncer les violences de lundi contre les manifestants palestiniens et protester contre le transfert de l'ambassade des Etats-Unis à Jérusalem, selon des journalistes de l'AFP sur place.
(AFP, 14 mai 2018)

Meeting électoral d'Erdogan à Sarajevo le 20 mai

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, en campagne en vue des élections de juin, tiendra le 20 mai un meeting électoral à Sarajevo pour la diaspora turque en Europe, où plusieurs pays ont interdit de tels rassemblements, a annoncé mercredi son porte-parole.

Le meeting "aura lieu le 20 mai à Sarajevo en Bosnie-Herzégovine", a déclaré le porte-parole de la présidence, Ibrahim Kalin, lors d'une conférence de presse à Ankara.

Lors de ce rassemblement, M. Erdogan livrera "ses messages à nos citoyens en Europe", a ajouté M. Kalin.

Des élections présidentielle et législatives anticipées sont prévues le 24 juin en Turquie. Ce scrutin marquera l'entrée en vigueur de la plupart des mesures renforçant les pouvoirs du chef de l'Etat, aux termes d'une révision constitutionnelle approuvée par référendum en avril 2016.

L'interdiction par plusieurs pays européens, notamment l'Allemagne et les Pays-Bas, de rassemblements pro-Erdogan pendant la campagne pour ce référendum avait suscité de vives tensions avec Ankara.

Certains pays européens, comme l'Autriche et les Pays-Bas, ont d'ores et déjà fait savoir qu'ils ne souhaitaient pas que des meetings électoraux turcs se tiennent sur leur sol en vue du scrutin du 24 juin.

Le représentant bosniaque de la présidence collégiale de Bosnie, Bakir Izetbegovic, est proche de Recep Tayyip Erdogan qui l'avait convié au mariage de sa fille en mai 2016.

En février, la ville de Sarajevo avait renoncé à faire citoyen d'honneur l'écrivain turc Orhan Pamuk, prix Nobel de littérature en 2006, l'opposition critiquant une décision de "vassal" commandée par la peur de s'aliéner M. Erdogan.

Par le biais de l'agence turque de coopération et de développement (TIKA), la Turquie a estimé en 2017 avoir investi depuis la fin de la guerre quelque 240 millions d'euros dans quelque 800 projets en Bosnie, reconstruction de mosquées ou de monuments de l'époque ottomane, écoles, agriculture... Quelque 10.000 élèves bosniaques apprennent le turc. Ankara finance une partie de ces cours.

Sarajevo a été pendant plus de quatre siècles, jusqu'en 1878, un territoire de l'empire ottoman.
(AFP, 9 mai 2018)

Erdogan en Ouzbékistan: accords en série entre Ankara et Tachkent

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, en visite à Tachkent, et son homologue ouzbek Chavkat Mirzioïev ont signé une série d'accords commerciaux pour quelque 3 milliards de dollars, confirmant l'embellie des relations entre les deux pays.

En déplacement pour trois jours dans l'ex-république soviétique d'Asie centrale, Recep Tayyip Erdogan a souligné "les valeurs communes" partagées par Ankara et Tachkent, lors d'une conférence de presse.

"Les hommes d'affaires turcs ont l'intention d'investir en Ouzbékistan, où il y a de grosses opportunités pour leurs entreprises", a assuré M. Erdogan, annonçant une hausse de 30% du commerce entre les deux pays en 2017, à 1,5 milliard de dollars.

Le président Chavkat Mirzioïev, cité dans un communiqué de la présidence ouzbèke, a annoncé la signature de "vingt-quatre documents sur la coopération dans les secteurs du commerce, du transport, de l'industrie, de la logistique, de l'énergie, des sciences, de l'éducation et du tourisme".

D'autres "accords doivent être signés dans le cadre de plus de 50 projets d'investissements pour un total de trois milliards de dollars", soit 2,5 milliards d'euros, lors d'un forum économique turco-ouzbek à Tachkent, d'après la même source.

L'Ouzbékistan va rejoindre le Conseil de coopération des pays turcophones, ont indiqué les deux présidents.

La dernière visite de M. Erdogan en Ouzbékistan remontait à novembre 2016, peu après la mort du président Islam Karimov le 2 septembre 2016, qui avait dirigé le pays d'une main de fer depuis plus d'un quart de siècle.

Sous le régime de M. Karimov, les relations entre Ankara et Tachkent demeuraient tendues, le gouvernement ouzbek reprochant régulièrement à la Turquie d'accueillir des opposants exilés.
(AFP, 30 avril 2018)

Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece

Un maire grec agressé par de présumés extrémistes de droite

Le maire de Thessalonique, la deuxième ville de Grèce, était à l'hôpital dimanche après avoir été agressé par de présumés extrémistes de droite lors d'un rassemblement, ont déclaré des responsables.

Yiannis Boutaris, 75 ans, a dû être évacué sous escorte d'un rassemblement samedi à la mémoire du massacre de Grecs de la mer Noire en Turquie pendant et après la Première Guerre mondiale, qui a dégénéré.

"Ils me frappaient partout, à coups de pieds, de poings, la totale", a-t-il expliqué dimanche à l'agence de presse nationale ANA.

Le maire, une figure controversée de la politique grecque, a déclaré avoir été victime d'une "agression méprisable" mais il a dit aller "bien".

La police a annoncé avoir arrêté deux personnes en lien avec cette agression.

Des images montrent M. Boutaris d'abord interpellé par des participants au rassemblement. Puis, alors qu'il commençait à partir, des gens lui ont lancé des objets et on le voit un moment tomber à terre. A la fin de l'agression, une poignée de gens essaient de briser les vitres de sa voiture alors qu'il quitte les lieux.

Les services du Premier ministre Alexis Tsipras ont attribué l'incident à des "voyous d'extrême droite'".

A l'inverse, la fille du dirigeant du parti d'extrême droite Aube dorée, Ourania Michaloliakou, a accusé M. Boutaris d'être "anti-grec" et a félicité ses agresseurs. "Bravo à tous ceux qui ont fait leur devoir à Thessalonique aujourd'hui. Respect et mille bravos", a-t-elle tweeté.

M. Boutaris s'est souvent attiré les critiques d'extrémistes pour ses déclarations sur des questions sensibles comme la Macédoine, la Turquie et Israël. Il a ainsi qualifié Mustafa Kemal Ataturk, père de la Turquie moderne détesté par certains Grecs, de "grand dirigeant".

Rapportant l'incident, le quotidien turc Hurriyet a relevé que M. Boutaris appelait les Turcs "frères" et avait proposé de rebaptiser au nom d'Ataturk une rue du centre de Thessalonique, où est né en 1881 le dirigeant turc, et qui faisait alors partie de l'Empire Ottoman.
(AFP, 20 mai 2018)

Nouvel accrochage entre bâtiments grec et turc en Egée

La Marine grecque a annoncé vendredi que l'un de ses bâtiments de guerre avait été heurté par un navire marchand turc en mer Egée, dernier en date d'une série d'incidents entre les deux pays voisins et membres de l'Otan.

Le bâtiment turc "s'est approché et a touché" le navire grec, qui participait à des exercices de l'Otan, en violation des règles de circulation maritime, a indiqué un communiqué de l'état-major de la marine grecque.

"Personne n'a été blessé et il n'y a pas eu de dégâts sérieux", a-t-on indiqué de même source en précisant que le bâtiment turc avait regagné les eaux territoriales de son pays.

"Le plus probable est qu'il s'agisse d'un accident naval classique, sans intention de provoquer de la part du bateau turc", a ultérieurement estimé l'état-major.

L'état-major a aussi précisé avoir décidé après l'accident d'accélérer le remplacement du commandant du bateau grec, de toute manière prévu.

L'annonce de la collision avait plus tôt agité les médias grecs, au vu des tensions marquant actuellement les relations entre les deux pays.

La Turquie a contesté pendant des décennies la souveraineté de la Grèce sur les eaux de la mer Egée et l'espace aérien proches des côtes turques, se référant à des traités d'après la Seconde guerre mondiale.

Les deux pays ont frôlé la guerre en 1996, au sujet d'ilôts inhabités et des exercices d'intimidation entre chasseurs grecs et turcs sont habituels.

Un pilote de chasse grec a péri le mois dernier lorsque son appareil a sombré dans la mer Egée, de retour d'une mission pour intercepter des chasseurs turcs.

Quelques jours auparavant, des soldats grecs avaient effectué des tirs d'avertissement contre un hélicoptère turc qui s'approchait de l'île grecque de Ro, dans le sud-est de la mer Egée.

Le refus d'Athènes d'extrader huit soldats turcs réfugiés en Grèce après la tentative de coup d'Etat en Turquie en 2016 contribue également à l'acrimonie entre les deux pays.

La Cour suprême grecque a écarté une telle extradition, estimant que les militaires turcs ne pourraient bénéficier d'un procès équitable en Turquie.

Ankara refuse de son côté de libérer deux soldats grecs interpellés en mars à la frontière et qui se seraient égarés en raison du brouillard.
(AFP, 4 mai 2018)

Un tribunal grec condamne un Turc pour entrée illégale

Un tribunal grec a condamné jeudi à cinq mois de prison avec sursis un Turc qui avait franchi illégalement la frontière à bord d'un tracteur, ont annoncé les autorités.

L'homme de 38 ans est ressorti libre du tribunal d'Orestiada (nord), près de la frontière gréco-turque.

Le Turc, qui devrait faire appel, a déclaré pour sa défense qu'il était en train de creuser un fossé afin de poser un tuyau d'eau pour la municipalité d'Edirne, ville turque proche de la frontière.

L'incident est survenu dans la même région où deux soldats grecs avaient été arrêtés pour "entrée illégale" en Turquie début mars par l'armée turque.

Ils sont placés depuis en détention provisoire dans l'attente de leur procès. Selon Athènes, ils sont entrés en Turquie "par erreur" après avoir perdu leur chemin en raison du brouillard.

L'incident a aggravé les relations déjà houleuses entre Athènes et Ankara.

Le 21 avril, le président turc Recep Tayyip Erdogan a proposé de lier le sort des deux soldats grecs à l'extradition de huit militaires turcs ayant fui en Grèce après la tentative de coup d'Etat de juillet 2016, une suggestion rejetée par Athènes.

Plus tôt cette semaine, des hackers turcs ont piraté le site web de l'agence nationale grecque ANA ainsi que le portail grec du constructeur automobile japonais Suzuki pour y poster des messages accusant la Grèce d'accueillir des terroristes.
(AFP, 3 mai 2018)

Immigration / Migration

Erdogan a appelé ses partisans immigrés à pénétrer dans les partis politiques européens

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a appelé dimanche la diaspora turque à s'engager dans la politique de leur pays, lors d'un meeting électoral à Sarajevo, après que d'autres Etats européens lui ont refusé de faire campagne dans leurs pays.

"J'ai une demande à vous faire, prenez un rôle actif dans les partis politiques dans les pays où vous vivez", a-t-il dit à la foule, pendant un discours de près d'une heure pour mobiliser les plus de 3 millions d'électeurs turcs de la diaspora, dont 1,4 million en Allemagne, avant le scrutin présidentiel et parlementaire du 24 juin. "Vous devriez prendre place dans ces parlements".

"Allah Akbar!" et "Sultan Erdogan!", a clamé la foulé lorsque le président turc est arrivé avec Bakir Izetbegovic, le membre bosniaque musulman de la présidence tripartite bosnienne.

M. Izetbegovic, qui ce pays multicommunautaire avec un Serbe et un Croate, a appelé le public à voter pour M. Erdogan "un homme que Dieu vous a envoyé".

Plusieurs milliers de Turcs, venus de toute l'Europe, notamment d'Allemagne, d'Autriche, de France ou du Danemark, se pressaient dans la salle Zetra, patinoire des jeux Olympiques d'Hiver de 1984 sous d'immenses portraits de Recep Tayyip Erdogan et d'Atatürk, le premier président turc.

Muhamed Yanik, un étudiant de 20 ans, avait voyagé 28 heures en bus de Dortmund (Allemagne) pour assister à ce meeting.

"S'il nous disait de mourir pour lui, nous mourrions pour lui", assurait-il.

Les mesures de sécurité étaient importantes pour le seul meeting électoral prévu par le président turc hors de son pays.

En avril, les autorités néerlandaises ont prévenu qu'elles ne voyaient pas d'un bon oeil la tenue d'une telle réunion politique. Le gouvernement autrichien les a interdites.

Plusieurs pays de l'Union européenne, notamment l'Allemagne, avaient déjà empêché la tenue de meetings pro-Erdogan avant le référendum d'avril 2017 sur le renforcement de ses pouvoirs.

A Sarajevo, il n'y avait aucun risque de s'exposer à un tel rejet, étant donné les liens que le président turc entretient avec Bakir Izetbegovic, qu'il a invité au mariage de sa fille en 2016.
 Sa formation politique, le SDA, affiche sa proximité avec le parti de la Justice et du développement (AKP) islamo-conservateur de M. Erdogan. Selon les médias bosniens, l'AKP compte d'ailleurs ouvrir prochainement une antenne en Bosnie.

Pourtant, dans ce pays des Balkans ravagé dans les années 90 par une guerre entre Serbes orthodoxes et Bosniaques musulmans, cette visite ne faisait pas l'unanimité.

Beaucoup y voient l'expression d'un "néo-ottomanisme". Les Balkans, et notamment la Bosnie, ont été sous tutelle ottomane pendant plus de quatre siècles, jusqu'en 1878.

Le metteur en scène de Sarajevo Dino Mustafic a ironisé sur son compte Twitter, sur ce "rassemblement émouvant et romantique des temps coloniaux", où "le pauvre sujet local applaudira avec ferveur son sultan".

"Pourquoi fait-il ce meeting en Bosnie et pas en Turquie", s'offusquait Spomenka Beus, une retraitée de 74 ans.

Le chef des Serbes de Bosnie Milorad Dodik a accusé M. Erdogan "d'ingérence" dans les affaires bosniennes.

La moitié des 3,5 millions de Bosniens sont des Bosniaques musulmans, un tiers sont serbes orthodoxes, les Croates catholiques comptant pour environ 15% de la population.

La Turquie a joué un rôle important dans la reconstruction de la Bosnie après la guerre et y mène une politique d'investissement dynamique comme dans tous les Balkans.

Le vote des Turcs émigrés dans les pays européens, généralement en provenance de la campagne, est favorable à l'AKP qui cherche à les mobiliser pour qu'ils participent fortement aux élections.
(AFP, 20 mai 2018)

Les footballeurs Özil et Gündogan ont rencontré le président allemand

Les internationaux allemands d'origine turque Mesut Özil et Ilkay Gündogan ont rencontré samedi le chef de l'Etat allemand après leur photo controversée avec le président turc Tayyip Erdogan, réaffirmant leur attachement à l'Allemagne et à la Mannschaft.

Les deux joueurs de football "ont exprimé le souhait de me rencontrer. Il était important pour eux deux d'évacuer les malentendus créés" par leur photo avec M. Erdogan, a indiqué le président allemand Frank-Walter Steinmeier dans un post publié sur sa page Facebook après la rencontre.

Lors d'une rencontre dimanche à Londres avec le chef de l'Etat turc, les deux joueurs lui ont remis des maillots dédicacés de leurs équipes respectives, Arsenal pour Özil et Manchester City pour Gündogan. Les photos de la rencontre ont été utilisées sur les réseaux sociaux dans le cadre de la campagne électorale pour les législatives turques, convoquées pour le 24 juin par M. Erdogan.

Les clichés ont suscité une vaste controverse, contraignant les deux joueurs à se justifier.

Mardi, le sélectionneur allemand Joachim Löw, qui les a retenus dans sa pré-liste pour le Mondial 2018 en Russie, a assuré qu'ils "regrettent fortement" ces clichés.

"J'ai grandi ici et je suis fidèle à mon pays", a insisté Özil après la rencontre avec le président allemand, selon des propos postés sur la page Facebook de ce dernier.

"Ma famille vient de (la ville turque de) Dursunbey. Je suis né à Gelsenkirchen. De la même façon que la patrie de mes parents est comme une partie de la mienne, l'Allemagne est aujourd'hui clairement mon pays et mon équipe", a renchéri Gündogan.

"La patrie, c'est aussi au pluriel", a déclaré de son côté M. Steinmeier. Des milliers de personnes l'ont prouvé en Allemagne "et ça nous a enrichi", a-t-il ajouté.

L'incident avait immédiatement été commenté négativement par certains responsables politiques: "Pourquoi Gündogan joue-t-il pour l'équipe nationale allemande, s'il reconnaît Erdogan pour son président?", a notamment tweeté la députée du parti d'extrême-droite allemand AfD Beatrix von Storch.

Le président Erdogan a convoqué pour le 24 juin des élections législatives et présidentielle anticipées. Ces scrutins sont cruciaux, car ils marqueront l'entrée en vigueur de la plupart des mesures renforçant les pouvoirs du chef de l'Etat adoptées dans le cadre d'une révision constitutionnelle l'an dernier.
(AFP, 19 mai 2018)

Des dizaines d'imams ont été formés avec les manuels antisémites
La Diyanet turque est le deuxième budget du gouvernement Erdogan et les prêches des imams belgo-turcs insistent lourdement sur la loyauté à la mère patrie.
Mercredi, une semaine après les révélations sur les manuels antisémites et homophobes utilisés dans la formation d’imams au sein de la Grande Mosquée de Bruxelles, l’heure était aux explications à la commission de suivi des attentats à la Chambre.

Les députés ont entendu pendant deux heures, et à huis clos, Paul Van Tigchelt, le patron de l’Organe pour la coordination et l’analyse de la menace (Ocam), auteur du rapport qui a étudié ces manuels.

Il en ressort que ceux-ci sont utilisés depuis une quinzaine d’années à l’Institut islamique européen, fondé en 1984 sous un autre nom, la Faculté de la Charia.

Cette école pour imams belges a été et reste le seul campus théologique officiel dans le pays, dans l’attente du programme de formation des imams qui doit être mis en œuvre par l’Exécutif des musulmans. Cet institut dépend du Centre islamique et culturel de Belgique (CICB). Il a formé plusieurs générations d’imams qui prêchent en Belgique.

Premier chapitre, le djihad armé

Un manuel fort utilisé est "La Voie du Musulman". Ce manuel est employé en première année du programme en arabe de 4 ans. Commercialisé en Arabie saoudite, il est très populaire dans le monde arabe. L’Ocam souligne dans son rapport que le chapitre relatif à "l’interaction sociale et sociétale" commence d’emblée sur le thème du djihad armé (avant le crime, le châtiment, le mariage, etc.) et que des extraits du Coran sur le djihad armé sont cités sans mise en contexte historique et "comme s’il s’agissait d’un texte indépendant, absolu et isolé et d’une obligation littérale de passer à l’action".

Ces éléments ont servi à expliquer aux autorités saoudiennes pourquoi la Belgique demandait la rupture de la concession accordée à l’Arabie saoudite. Selon la Régie des bâtiments, contactée par "La Libre", la résiliation a bien eu lieu et la période de transition d’un an court jusqu’au 31 mars 2019.

Encore loin d’un islam belge

C’est l’Exécutif des musulmans qui doit assurer au bout de ce délai la gestion de la Grande Mosquée. Les experts de l’Ocam expriment cependant des réserves sur le fonctionnement actuel de cet Exécutif, dont les membres dépendent soit des autorités marocaines, soit de la Diyanet turque.

Ainsi l’ancien président Salah Echallaoui doit, en tant que membre du Conseil des oulémas maghrébins, se rendre deux fois par an au Maroc pour suivre un cours organisé par le ministère des Affaires religieuses. Côté turc, la Diyanet est le deuxième budget du gouvernement Erdogan et les prêches des imams belgo-turcs insistent lourdement sur la loyauté à la mère patrie.

Plusieurs députés ont demandé que le rapport de l’Ocam soit rendu public ou confié aux Communautés (qui ont en charge la reconnaissance des mosquées). Le rapport a été distribué en "diffusion restreinte", dont aux autorités judiciaires. Le MR insiste pour que des poursuites soient engagées, mais on s’interroge : devant quel tribunal ? Correctionnel ou les Assises pour "délit de presse" ?
(La Libre Belgique, CH. LY., 17 mai 2018)

Mort d'une fillette kurde après une course poursuite entre la police et des migrants

Une fillette kurde de deux ans, dont la famille est hébergée à Grande-Synthe, dans le Nord de la France, est morte jeudi en Belgique dans une camionnette transportant des migrants interceptée par des policiers, ce qui a provoqué des troubles à Grande-Synthe, a-t-on appris de sources concordantes.

Les policiers ont ouvert le feu sur la camionnette pour l'arrêter, mais "la fillette n'est pas décédée des suites des coups de feu des policiers", a assuré Frédéric Bariseau, le premier substitut du parquet de Mons.

L'enfant, qui se trouvait à bord de la camionnette, est morte dans l'ambulance qui l'emmenait à l'hôpital. Cette course poursuite a eu lieu entre Namur et Maisières, un faubourg de Mons.

"Une autopsie de la fillette est en cours", a ajouté M. Bariseau. Le magistrat a évoqué trois causes possibles de son décès : une maladie, un accident lié au comportement du chauffeur de la camionnette -la tête de l'enfant aurait pu par exemple heurter une paroi du véhicule- ou un coup porté à l'enfant.

Trente personnes dont 26 adultes, tous d'origine kurde, voyageaient dans la camionnette. "Ces personnes sont actuellement auditionnées, ce qui devrait prendre du temps, en raison d'une nécessaire traduction", a précisé M. Bariseau.
 "Nous ne savons pas si le chauffeur de la camionnette se trouve parmi les 26 adultes arrêtés. Peut-être a-t-il pris la fuite", a-t-il encore dit.

Ce décès a provoqué des remous à Grande-Synthe, près de Dunkerque dans le département français du Nord, la fillette étant membre d'"une famille de migrants actuellement hébergée dans un gymnase de Grande-Synthe", a-t-on appris auprès de la préfecture du Nord.

En fin de matinée, l'autoroute A16 a ainsi été envahie "à hauteur de la commune de Grande-Synthe, dans les deux sens de circulation, par une soixantaine de migrants, dont des femmes et des enfants, en provenance du gymnase du Moulin qui les héberge actuellement", a ajouté la préfecture. Cela "semble consécutif" à la mort de la fillette.
 Les forces de police ont évacué les migrants afin de rétablir la circulation tandis qu'une vingtaine de personnes ont été interpellées. Six d'entre elles étaient en garde à vue jeudi soir, pour "entrave à la circulation", selon le parquet de Dunkerque.

Les autres migrants sont revenus au gymnase du Moulin peu avant 14h00 (12h00 GMT) où une opération de contrôle a pu être effectuée dans le calme, selon la même source.
(AFP, 17 mai 2018)

Özil et Gündogan essuient de vives critiques pour une photo avec Erdogan

Les internationaux allemands d'origine turque Mesut Özil et Ilkay Gündogan ont essuyé lundi de vives critiques, accusés de s'être laissé "manipuler" par le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui a posé pour des photos avec eux dans le cadre de sa campagne électorale.

"La DFB (fédération allemande de football) respecte évidemment la situation particulière de nos joueurs issus de l'immigration", a lancé le président de la DFB Reinhard Grindel sur son compte Twitter et sur le site de la Fédération, "mais le football et la DFB défendent des valeurs qui ne sont pas complètement prises en compte par M. Erdogan".

"C'est pourquoi il n'est pas bon que nos joueurs internationaux se laissent manipuler pour sa campagne électorale (...) En faisant cela, nos joueurs n'ont certainement pas aidé le travail d'intégration de la DFB".

Face à l'ampleur des réactions négatives suscitées par cette photo, en particulier sur les réseaux sociaux, Gündogan a assuré que les deux joueurs n'avaient "pas eu l'intention de livrer un message politique avec cette photo,
encore moins de faire une campagne électorale".

"En tant que joueurs internationaux allemands, nous adhérons aux valeurs de la DFB et sommes conscients de notre responsabilité", a insisté le joueur, selon une déclaration publiée sur le site du quotidien Bild.

Lors d'une rencontre dimanche avec le chef de l'Etat turc, les deux joueurs lui ont remis des maillots dédicacés de leurs équipes respectives, Arsenal pour Özil et Manchester City pour Gündogan. Les photos de la rencontre ont été utilisées sur les réseaux sociaux dans le cadre de la campagne électorale.

Le président Erdogan a convoqué pour le 24 juin des élections législatives et présidentielle anticipées. Ces scrutins sont cruciaux, car ils marqueront l'entrée en vigueur de la plupart des mesures renforçant les pouvoirs du chef de l'Etat adoptées dans le cadre d'une révision constitutionnelle l'an dernier.

Erdogan a cherché ces dernières années à attirer les voix des plus d'un million de Turcs vivants en Allemagne et appelés à voter pour les scrutins turcs, un électorat qui lui a toujours été très favorable.

La polémique a fait les choux gras du parti d'extrême droite allemand AfD: "Pourquoi Gündogan joue-t-il pour l'équipe nationale allemande, s'il reconnaît Erdogan pour son président?", a tweeté la députée Beatrix von Storch.

Son collègue Cem Özdemir, ancien dirigeant des Verts allemands, lui-même d'origine turque, n'a guère été plus indulgent: "Le président d'un footballeur international allemand s'appelle Frank-Walter Steinmeier, sa chancelière Angela Merkel et son parlement le Bundestag, dont le siège est à Berlin et non à Ankara", a-t-il réagi, sollicité par l'agence sportive SID, filiale allemande de l'AFP.

Plutôt que ce "soutien électoral mal venu", a poursuivi M. Özdemir, "j'attends des joueurs qu'ils se concentrent sur le football et qu'ils se rappellent des expressions Etat de droit et démocratie".

Les deux joueurs sont nés dans l'ancien bassin minier de la Ruhr, une région qui compte de nombreux Turcs ou personnes d'origine turque arrivés à partir des années 60 en Allemagne.

Alors que le sélectionneur allemand Joachim Löw doit annoncer mardi sa liste provisoire des sélectionnés pour le Mondial en Russie, dont les deux hommes devraient sauf surprise faire partie, le manager de l'équipe nationale Oliver Bierhoff a condamné leur geste tout en essayant de le minimiser: "Je n'ai aucun doute sur la volonté de Mesut et Ilkay de vouloir jouer pour l'équipe d'Allemagne et de s'identifier à nos valeurs", a-t-il écrit sur le site de la DFB: "Ni l'un ni l'autre n'était conscient de la valeur symbolique de cette photo, mais évidemment nous estimons que ce n'est pas bien et nous en parlerons avec les joueurs".

Une autre photo, montrant cette fois-ci Mesut Özil avec la chancelière Angela Merkel à l'issue d'un match de l'équipe d'Allemagne, avait à l'inverse suscité des réactions positives, symbolisant l'intégration des Turcs en Allemagne.

Mais le joueur avait aussi essuyé certaines critiques car il ne chante pas l'hymne national allemand avant les rencontres de la Mannschaft. Il avait répondu préférer se concentrer sur le match à venir.
(AFP, 14 mai 2018)

Ankara remet une main sur l’Exécutif des musulmans de Belgique

Comme convenu, c’est un représentant de la communauté turque qui reprend la présidence de l’institution.
L’Exécutif des musulmans de Belgique (l’EMB), qui est l’organe représentatif de l’islam auprès de l’Etat, a un nouveau président.

Depuis vendredi soir et son élection lors d’une assemblée extraordinaire, c’est le président turc de la mosquée Sultan Ahmed de Heusden-Zolder, Mehmet Üstün, qui a repris les rênes de l’institution.

Il s’agit en réalité d’une demi-surprise. Lorsque Salah Echallaoui, le président sortant d’origine marocaine, avait été choisi en 2016, un accord avait été trouvé entre les communautés turques et marocaines pour qu’il laisse sa place, à mi-mandat, à un représentant de la communauté turque.

Un remarquable travail

C’est donc chose faite, même si beaucoup espéraient que cet accord puisse être outrepassé. A la tête d’une institution littéralement minée par les dissensions internes depuis des années, Salah Echallaoui avait réalisé un travail qualifié par beaucoup de remarquable.

C’est lui qui avait stabilisé l’Exécutif, qui avait modernisé sa communication, qui lui avait trouvé de nouveaux locaux, qui avait collaboré avec le ministre de la Justice Koen Geens (CD&V) pour reprendre en main, dès 2019, la Grande Mosquée du Cinquantenaire et organiser dans la foulée une formation obligatoire pour les imams. C’est lui enfin qui avait été un des interlocuteurs principaux du ministre de l’Enseignement supérieur Jean-Claude Marcourt (PS) pour lancer, du côté francophone, l’Institut de promotion des formations sur l’islam.

En deux ans, les chantiers ouverts avaient été audacieux et nombreux, même si certains demandent encore à être concrétisés, à l’exemple de la refonte pas encore aboutie du Conseil des théologiens, qui est rattaché à l’Exécutif.

Le "modéré" ou "réformateur", c’est selon, Salah Echallaoui, comme il le confiait en mars dernier à "La Libre", avait dû faire face à beaucoup de pressions. "Des mosquées et des groupes font de la résistance. Mais nous voulons occuper le terrain, renouveler le discours et non plus nous contenter de réagir aux extrémismes. Les coups seront durs, je suis harcelé, mais je ne baisse pas les bras. Sinon, je ne serais pas ici."

Lui-même et nombre de politiques souhaitaient qu’il reste président pour mener à bien ces chantiers. Il en ira donc autrement.

Vendredi cependant , conscients qu’ils ne pouvaient se passer de l’expérience de Salah Echallaoui, les représentants de la communauté turque sont arrivés avec un compromis, comme le précisait, samedi, "Le Soir". A Mehmet Üstün la présidence, à Salah Echallaoui la gestion des grands dossiers jusqu’en 2020.

Le défi des différentes appartenances

Le compromis a été accepté et Mehmet Üstün élu par dix voix pour et quatre voix contre. Trois membres, proches de la mouvance salafiste, ont claqué la porte de la réunion avant le vote. Ces derniers, opposés à la politique de Salah Echallaoui, espéraient une alliance avec les Turcs, mais ils ne l’ont pas obtenue.

Pour la communauté turque, il s’agit d’une victoire symbolique, pour montrer qu’ils sont présents, commente en substance l’islamologue liégeois Radouane Attiya. Si Mehmet Üstün est peu connu au-delà de sa communauté, il reste, en tant que président d’une mosquée turque, rattaché au pouvoir à Ankara. Il est également proche de l’organisation internationale Milli Gorus qui promeut un islam "à la tur c". que". "Mon élection n’a rien à voir avec Erdogan, a-t-il cependant réagi auprès de nos confrères de la "DH". Je serais devenu président parce que pro ou anti Erdogan ? C‘est ridicule !"

Il va donc devoir à la fois représenter l’ensemble des communautés musulmanes, œuvrer de concert avec l’Etat belge à l’émergence d’un islam de Belgique, et inévitablement répondre à des souhaits venus d’Ankara et de l’AKP, le parti au pouvoir en Turquie, qui entend garder la main, notamment à travers la religion, sur les communautés belgo-turques.

"L’avenir dira comment il pourra gérer tout cela", analyse encore l’islamologue Radouane Attiya , qui ne croit cependant pas que cette élection puisse bousculer la politique d’ouverture engagée par l’Exécutif. "Ce qui est rassurant, conclut-il, c’est que les membres de l’Exécutif ont fait preuve d’une certaine sagesse en proposant cet arrangement permettant à Salah Echallaoui de rester en poste pour certains dossiers."

Entendez : il y a quelques années encore, la concurrence entre différentes communautés aurait pu mener à une crise bien plus profonde.
(La Libre Belgique, BOSCO D’OTREPPE, 13 mai 2018)

L'exécutif des musulmans sous la présidence d'un religieux turc

L’Exécutif des musulmans de Belgique (EMB) a élu un nouveau président ce vendredi soir : Mehmet Ustun, responsable de la mosquée Sultan Ahmed à Heusden-Zolder. La soirée s’annonçait à hauts risques. Pour rappel, en 2014 l’Exécutif a été renouvelé pour trois ans par l’Assemblée générale. Or, en 2016, lorsque Noureddine Smaili, président désigné en 2014, a fait un pas de côté, Salah Echallaoui a accepté un mandat de « minimum deux ans », ce qui rebattait les cartes du règlement. Le 2 avril dernier, ces deux années sont arrivées à échéance. La frange turque réclamait donc son « droit » à prendre ses responsabilités à la tête de l’institution.

Or, l’actuel président ne souhaitait pas quitter ses fonctions. Salah Echallaoui, porteur d’un islam modéré, est devenu un partenaire apprécié au cabinet du ministre de la Justice, Koen Geens, mais aussi au cabinet Marcourt, en Fédération Wallonie-Bruxelles. Diplomate discret mais non moins déterminé, il a entamé depuis deux ans une série de réformes au sein de son institution. Il manœuvre notamment en coulisses pour une refonte du conseil des théologiens, souhaite créer une fonction de prédicatrice, ainsi qu’un institut pour former les imams en Belgique. Il est également partie prenante de l’Institut de promotion des formations sur l’islam, aussi appelé « Institut Marcourt », mis en place au début de l’année académique côté francophone. Preuve de la confiance qui lui est accordée, les autorités souhaitent que l’EMB reprenne la gestion de la Grande Mosquée, dont la Convention avec l’Arabie saoudite vient d’être rompue par l’État fédéral. « Le ministre trouve que Salah Echallaoui est un excellent président, qui a réussi à stabiliser l’EMB, admet le cabinet de Koen Geens. Mais c’est à l’Exécutif qu’il revient d’organiser ce vote et l’État n’a rien à dire. Nous faisons confiance à l’institution. »

La branche turque est arrivée à la réunion de ce vendredi avec une proposition de compromis : la présidence revenait à leur candidat, Mehmet Ustun, mais Salah Echallaoui gardait les gros dossiers qu’il avait initiés et restait interlocuteur des autorités pour ceux-ci. Une option guère surprenante. Comme le faisait remarquer avant la réunion de ce vendredi Radouane Attiya, islamologue, fin connaisseur du milieu, les Turcs pouvaient difficilement se passer de Salah Echallaoui : « Tous savent pertinemment qu’il est le seul à connaître parfaitement les dossiers. »

Salah Echallaoui espérait rester en place pour assurer la continuité des dossiers, mais a accepté la solution proposée, rassuré par la promesse de continuer ses travaux jusqu’en 2020, quand prendra fin le mandat du nouveau chef de l’EMB.

Mehmet Ustun a été élu par 10 voix pour et quatre voix contre. Trois membres, proches de la mouvance salafiste et opposés au réformisme d’Echallaoui, ont quitté la réunion avant le vote. L’EMB est représenté par dix-sept membres : neuf sont issus de la branche marocaine, six sont Turcs et deux membres représentent les minorités.

Un président proche de
Recep Tayyip Erdogan

Selon LeVif du 11 mai 2018, le nouveau président Mehmet Ustun, dirigeant de la mosquée Sultan Ahmed à Heusden-Zolder, est membre de la Fédération islamique de Belgique, autrefois Milli Görus, le mouvement des Frères musulmans turcs, soutien de l'actuel président Recep Tayyip Erdogan (AKP), qui contrôle aussi la Diyanet, l'administration religieuse à la tête de nombreuses mosquées en dehors de la Turquie. En Belgique comme en France, les organisations turques auraient reçu d'Ankara l'ordre de prendre le pouvoir dans les instances de représentation de l'islam. Dans le contexte belge, elles sont appuyées par des salafistes marocains proches de la Grande mosquée et de la mosquée Khalil de Molenbeek, d'obédience Frères musulmans.

http://www.levif.be/actualite/belgique/l-islam-modere-en-danger/article-normal-838147.html

"La Belgique comptera une majorité de musulmans d'ici 12 ans"

Le parti Islam souhaite se présenter à Gand et à Anvers lors des élections communales d'octobre prochain, a indiqué mardi son cofondateur Redouane Ahrouch lors de l'émission "De Afspraak" sur Canvas (VRT). Durant un débat, il a par ailleurs refusé de regarder la secrétaire d'Etat à l'Egalité des chances Zuhal Demir (N-VA).

Redouane Ahrouch, conseiller communal à Anderlecht, a récemment été licencié par la Stib pour ses propos "en contradiction avec les valeurs de l'entreprise". Son parti prône l'établissement d'un État islamique en Belgique, l'instauration de la charia (loi islamique) et est notamment favorable à la séparation des hommes et des femmes dans les transports en commun.

Il a confirmé ces positions lors de l'émission "De Afspraak" et a annoncé que son parti a l'intention de se présenter à Gand et à Anvers lors des élections communales. Islam se présentera également dans 28 communes en Wallonie et à Bruxelles. "La Belgique comptera une majorité de musulmans d'ici 12 ans", a-t-il ajouté. "Vous avez deux options: des extrémistes ou des démocrates comme nous au pouvoir." (
Belga, 8 mai 2018)

Appel: "Les représentants d’origine turque condamnent la dictature turque"

Dans le Limbourg, la campagne électorale communale échauffe les esprits. Un échevin socialiste d’Heusden-Zolder, Engin Özdemir, est dans le collimateur de la secrétaire d’Etat à l’Egalité des chances, Zuhal Demir (NVA), parce qu’il a participé à un défilé de "Loups turcs".

Mme Demir a condamné sa présence parce qu’on y a aussi vu des enfants en tenues militaires. L’échevin SP.A s’est défendu en précisant que le collège communal avait autorisé l’événement début avril. Engin Özdemir est allé à la manifestation comme échevin des Fêtes comme il le fait pour d’autres associations.

"Certainement pas pour soutenir éventuellement le MHP, formation extrémiste turque proche des Loups gris. Je suis l’échevin de tous les habitants de Heusden-Zolder mais je n’irais pas à un activité hypernationaliste car ce n’est pas mon idéologie", a-t-il précisé.

Gare aux liens avec "la dictature turque"

S’il s’y est rendu à l’instar de militants CD&V et Groen, c’est aussi parce que les "Loups turcs" ont dans leurs statuts "la lutte contre le racisme et la discriminations, la promotion de l’intégration et de l’émancipation de tous et enfin des visées pacifiques et démocratiques… Qui plus est, des Belges étaient de la partie et ont même entonné ‘La Brabançonne’…"

Zuhal Demir (N-VA) n’en démord pas ! Elle a lancé un appel au SP.A et au CD&V afin que leurs représentants d’origine turque condamnent la "dictature turque". Theo Francken veut quant à lui leur retirer la double nationalité.
(La Libre Belgique, 8 mai 2018)

Une campagne électorale islamique du CD&V

A l'approche des élections communales en Belgique, à part de la participation des partis islamistes issus des communautés turques et marocaines, certains partis traditionnels belges n'hésitent pas d'utiliser la propagande islamique dans leur campagne électorale.

Selon l'agence de presse officielle AA de l'Etat turc, le CD&V distribue à Anvers un calendrier islamique pour le mois de Ramadan avec un message: " On vous souhaite un bon Ramadan et une joyeuse fête du sucre".

Dans le calendrier en néerlandais, le CD&V indique comme l'année en cours 1439 du calendrier islamique, non 2018 du calendrier officiel de l'Union européenne et de la Belgique.


Un échevin sp.a lié aux Loups Gris? "Ce n'est pas acceptable"

L'échevin d'Heusden-Zolder Engin Özdemir (sp.a) est sous le feu des critiques pour avoir pris part récemment à une marche associant des membres de l'organisation armée ultranationaliste turque des "Loups Gris", indiquent lundi De Standaard et Het Belang van Limburg.

"Si cet événement était lié aux Loups Gris, ce n'est pas acceptable", a commenté le président du sp.a Limbourg, Peter Vanvelthoven.

Lors de cette marche, des drapeaux avec des loups, mais aussi d'autres arborant le logo du parti MHP - une formation turque d'extrême droite, dont les "Loups Gris" sont la branche paramilitaire - étaient brandis par certains participants.

Des enfants en uniforme militaire étaient également présents, tandis que l'organisateur de la marche se dit lui même lié à l'organisation ultranationaliste turque.

Selon l'échevin Özdemir, l'événement n'avait rien à voir avec les "Loups Gris". "L'organisation de la marche existe depuis un an et entendait donner un cachet ottoman à l'événement. Le collège des échevins dans son entièreté l'avait validé", souligne-t-il.
(Belga, 7 mai 2018)

La route migratoire de nouveau grande ouverte à la frontière terrestre gréco-turque

Couverts de boue, une dizaine de réfugiés syriens dépassent un tracteur sans que le fermier ne leur accorde plus qu'un coup d'oeil. A la frontière terrestre gréco-turque, les passages ont repris à plein depuis cet hiver.

"Un nouveau groupe vient d'arriver, il y a des enfants": attablé au café de Pythio, un petit village proche du fleuve frontalier Evros, Yiannis Kiourtidis partage les dernières nouvelles, qu'il vient de recevoir par téléphone.

Avec l'aide d'un ami, cet ouvrier à la retraite, un temps émigré en Allemagne, remplit sa voiture de bouteilles d'eau et de biscuits, en route pour aider.

La scène rappelle celles qui se sont jouées en 2015 sur les îles grecques de l'est égéen, alors portes d'entrée en Europe de centaines de milliers d'exilés fuyant conflits et misère.

Mais de havres elles sont devenues des sortes de prisons depuis le pacte conclu entre la Turquie et l'UE en mars 2016 pour couper cette route migratoire. Les arrivants y sont confinés dans des camps surpeuplés dans l'attente, qui peut prendre des mois, de l'examen de leur demande d'asile et, en cas de rejet, de leur renvoi en Turquie.

Entretemps, les passages par la frontière terrestre, où l'accord UE-Ankara ne s'applique pas, ont repris comme par le passé, avant la ruée sur les îles.

Selon Elias Akidis, qui dirige le syndicat des officiers de police d'Orestiada, les exilés savent très bien ce qui les attend s'ils passent par la mer. "En plus, franchir l'Evros à cette époque, quand le fleuve est en décrue, est facile", relève-t-il.

- 'Vont-ils nous renvoyer?' -

Cet hiver, "au moins huit personnes", dont des enfants, se sont noyées en tentant de gagner la rive grecque, a recensé le Haut-Commissariat aux Réfugiés de l'ONU (HCR).

Pour l'Agence européenne des frontières Frontex, dont 26 officiers sont déployés dans la région, il est toutefois prématuré de tirer des conclusions.

"Nous avons besoin de plus de temps pour savoir si les flux sont réellement en train de se déplacer", relève une porte-parole, Izabella Cooper.

Nombre des arrivants sont des Kurdes d'Afrine, l'enclave dont les forces turques se sont emparés dans le nord-ouest de la Syrie en mars après des mois de combat.

De la route, M. Kiourtidis et son ami viennent de repérer dans un champ les réfugiés signalés, six adultes et cinq enfants. "Syrie, Syrie", crie le meneur du groupe.

Les Grecs tendent bouteilles d'eau et biscuits aux enfants. Le meneur tente de se faire comprendre, le groupe veut rallier Thessalonique, la grande métropole du nord de la Grèce.

Mais, surgis d'une camionnette banalisée, deux policiers en civil débarquent, armés.

"Vont-ils nous renvoyer?", s'inquiète Ayla, 25 ans, qui a fui Boukamal, dans l'est de la Syrie, avec son mari et leur fille de cinq ans.

Le policier les rassure, ils vont être pris en charge. A plusieurs reprises ces derniers mois, des défenseurs des droits de l'homme ont dénoncé des refoulements à cette frontière, une pratique illégale en regard du droit international, à laquelle le gouvernement a démenti recourir.

- Situation d'urgence selon le HCR -

"Qu'Allah soit loué!", s'exclame Ayla. "Vous devez comprendre, nous avons perdu nos maisons, nos parents, tout". Ils ont payé 1.000 USD (830 euros) chacun aux passeurs, affirme-t-elle.

Les arrivants doivent en principe être enregistrés dans le centre dédié près de la frontière, avant d'être répartis dans des camps dans le nord du pays. Ceux qui en ont les moyens tentent de se débrouiller seuls pour gagner Thessalonique ou Athènes.

Mais déjà, les places manquent. Le HCR a appelé la semaine dernière la Grèce à "améliorer d'urgence les conditions de réception et à renforcer les capacités d'accueil" dans la région.

Dans l'attente, "des centaines de personnes sont actuellement retenues dans des postes de police", dans des conditions notamment sanitaires inadaptées, s'est ému le HCR.

Pour certains pourtant, cet accueil est un pis aller. Le cas du Somalien Ahmet, 27 ans, croisé avec son épouse et deux proches. "Nous cherchons la police, cela fait deux jours que nous sommes sur la route", dit-il.
(AFP, 1er mai 2018)






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