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INFO-TURK

A non-government information center on Turkey

Un centre d'information non-gouvernemental sur la Turquie

45th Year / 45e Année
  Août
2018 August
N° 480
53 rue de Pavie - 1000 Bruxelles
Tél: (32-2) 215 35 76 - Fax: (32-2) 588 69 73
Chief Editor /Rédacteur en chef: 
Dogan Ozgüden

Responsible editor/Editrice responsable:

Inci Tugsavul
Human Rights
Pressures on  media
Kurdish Question
Minorities
Interior politics
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Religious affairs
Socio-economics
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Turkey-USA
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MEDYA HABER TELEVİZYONU’NDA TÜRKİYE’NİN
SİYASAL SÜRGÜNLERİ ÜZERİNE ÖZEL PROGRAM



Medya Haber Televizyonu 4 Ağustos 2018 Cumartesi günü gazeteci Koray Düzgören’in yönetimindeki "Halkların Tarihi" dizisinde Türkiye’nin siyasal sürgünleri üzerine önemli bir belgesel yayınladı. Uzun yıllar yurt dışında sürgün bulunan yazar Engin Erkiner ve gazeteci Doğan Özgüden’in konuşmacı olarak katıldıkları programda sürgün yaşamış aydınların görüşlerine ve sürgünde yitirdiğimiz Nazım Hikmet, Yılmaz Güney ve Ahmet Kaya üzerine belgesellere geniş yer verildi.





Titres des évènements du mois
Titles of this month's events


Droits de l'Homme / Human Rights


Le président d'Amnesty en Turquie libéré
Attentat devant la gare d'Ankara en 2015: prison à vie pour 9 personnes
Curfews in Districts of Lice, Hani in Diyarbakır


Pression sur les médias / Pressure on the Media

Journalistes: Boucs émissaires de la crise financière en Turquie

Investigation into 402 Social Media Accounts
How Turkey silences journalists online, one removal request at a time

Prix d'honneur à Nuri Bilge Ceylan à l'ouverture du Festival du film de Sarajevo
Athènes refuse d'extrader un journaliste turc recherché par Ankara
Share the “World of Tayyips” and tell Turkey that satire is not a crime


Kurdish Question / Question kurde

Former HDP MP Berk, Party Assembly Member Özer Detained

Demirtaş: HDP Should Come Out to Field
Amnesty appelle Ankara à stopper de "graves violations" à Afrine
Un réfugié kurde iranien lauréat de la médaille Fields

Minorités / Minorities

Religious communities' astonishing support to Erdogan's power


Politique intérieure/Interior Politics

Crise turque: Berat Albayrak, le "pacha des Finances" d'Erdogan

L'opposante nationaliste Aksener réélue à la tête de son parti

La Turquie c'est l'"Allemagne des années 30", accuse l'écrivaine Asli Erdogan

Forces armées/Armed Forces

Peut-on fermer la base américaine à Incirlik?
Témoignage d'un militaire turc emprisonné pendant 16 mois

Affaires religieuses / Religious Affairs
 

La Turquie rejette un nouvel appel du pasteur américain Brunson

En Centrafrique, une école du réseau Gülen fait de la résistance
L'Etat islamique (EI) décapite un otage druze de 19 ans

La Turquie maintient l'assignation à résidence d'un pasteur américain

Socio-économique / Socio-economic

Contre la crise turque, que des potions amères pour Erdogan
La Turquie hausse ses tarifs douaniers contre les Etats-Unis

La livre s'effondre, Erdogan dénonce une "guerre économique"
Déplacement d'un hammam historique menacé d'engloutissement

Un scandale monétaire au détriment des consommateurs

Relations turco-européennes / Turkey-Europe Relations


La Turquie continuera de boycotter l'Eurovision, inadapté au jeune public

Turquie-USA-OTAN / Turkey-USA-NATO

Ankara défie encore Washington, la livre ploie
Erdogan jure de braver les "menaces" américaines
Pas de sortie de crise entre les Etats-Unis et la Turquie
Une alliance difficile: cinq points de discorde entre Ankara et Washington

Sanctions américaines aux ministres turcs et rétorsion d'Ankara

Relations régionales / Regional Relations

Une coalition arabo-kurde prête à un échange avec l'EI pour sauver des civils
Irak: réouverture prochaine du consulat turc à Mossoul
Les Kurdes syriens vont poursuivre le dialogue avec le régime

Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece

Retour en Grèce de deux soldats libérés d'une prison turque


Immigration / Migration

Özil "absolument pas" victime de racisme au sein de la Mannschaft, selon Neuer

M. Di Ripo et Mme Onkelinx, en êtes-vous fiers?



Droits de l'Homme / Human Rights

Le président d'Amnesty en Turquie libéré

Un tribunal d'Istanbul a ordonné mercredi la remise en liberté conditionnelle du président d'Amnesty International en Turquie Taner Kiliç, qui a quitté la prison quelques heures plus tard.

"Ok, maintenant, nous pouvons commencer à faire la fête. Taner est vraiment libre", a lancé sur twitter Andrew Gardner, un chercheur spécialiste de la Turquie à Amnesty, basé à Istanbul. Il a publié à l'appui une photo de Taner Kilic en compagnie de sa famille.

Taner Kilic avait été incarcéré en juin 2017. Il était détenu à Izmir, dans l'ouest du pays.

Andrew Gardner avait annoncé un peu auparavant la libération conditionnelle du président d'Amnesty, tout en se montrant prudent.

Un tribunal avait en effet déjà ordonné fin janvier la libération de M. Kiliç, avant qu'une autre cour n'annule cette décision. M. Kiliç était resté derrière les barreaux après cet imbroglio judiciaire.

Cette nouvelle décision du tribunal était inattendue et survient au lendemain d'un développement tout aussi soudain dans une autre affaire judiciaire : un tribunal a libéré mardi soir deux soldats grecs détenus depuis mars.

La libération de ces militaires a fait souffler un vent d'optimisme sur les marchés turcs qui espèrent désormais une amélioration des rapports avec l'Europe, aidant la livre turque, qui s'est effondrée la semaine dernière sur fond de crise entre Ankara et Washington, à reprendre quelques couleurs mercredi.

Ecroué depuis plus d'un an, M. Kiliç, un avocat de formation, est accusé par les autorités turques d'appartenir au mouvement du prédicateur Fethullah Gülen, désigné par Ankara comme le cerveau du putsch manqué de l'été 2016, ce qu'il nie fermement.

Le procès de M. Kiliç a renforcé l'inquiétude des organisations de défense des droits de l'Homme quant à l'érosion des libertés en Turquie depuis la tentative de putsch.

Après la mise en échec du coup de force militaire, le gouvernement turc a lancé des purges massives qui ont conduit à l'incarcération de dizaines de milliers de personnes, dont des journalistes critiques et des acteurs de la société civile.
(AFP, 15 août 2018)

Attentat devant la gare d'Ankara en 2015: prison à vie pour 9 personnes

Un tribunal turc a condamné vendredi à la prison à vie neuf personnes reconnues coupables d'avoir participé à l'attentat le plus meurtrier de l'histoire moderne de la Turquie qui a fait une centaine de morts devant la gare d'Ankara en octobre 2015.

Selon l'agence de presse étatique turque Anadolu, neuf personnes ont été individuellement condamnées à 101 peines de prison à perpétuité en lien avec ce double attentat suicide qui a aussi fait des centaines de blessés lors d'un rassemblement prokurde.

Le gouvernement attribue cette attaque commise le 10 octobre 2015 au groupe Etat islamique (EI), qui ne l'a jamais revendiquée.

Le tribunal a établi à 100 morts le bilan officiel de ce double attentat, le plus meurtrier jamais commis sur le sol turc. Dans les semaines ayant suivi l'attaque, les autorités avaient communiqué un bilan de 102 morts.

D'après Anadolu, les personnes reconnues coupables d'avoir pris part à l'attaque ont été individuellement condamnées à une peine d'emprisonnement à vie pour chaque personne tuée et à une autre peine de prison à perpétuité pour "tentative de renversement de l'ordre constitutionnel".

Par ailleurs, elles ont été condamnées à plus de 10.500 années de prison supplémentaires pour "multiples tentatives d'homicide".

Cette attaque a profondément choqué la Turquie, pays qui a par la suite été secoué par de nombreux attentats commis par les jihadistes de l'EI ou les militants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

Le "massacre de la gare", comme l'attentat du 10 octobre 2015 est appelé en Turquie, a visé une foule qui s'était rassemblée pour manifester pacifiquement en faveur de l'arrêt des combats entre l'armée et la guérilla kurde dans le sud-est du pays.

Des opposants au président Recep Tayyip Erdogan ont plusieurs fois reproché au gouvernement la lenteur de l'enquête et accusent les autorités de n'avoir pas pris suffisamment de mesures pour assurer la sécurité du rassemblement.

Le dernier attentat d'envergure à s'être produit en Turquie remonte à la nuit du Nouvel An 2017. Un membre de l'EI avait attaqué une discothèque à Istanbul avec un fusil d'assaut, faisant 39 morts.
L'auteur présumé de cette attaque a été capturé vivant et son procès est en cours. (AFP, 3 août 2018)

Curfews in Districts of Lice, Hani in Diyarbakır

The Governorship of Diyarbakır has announced that a curfew has been declared in nine villages and hamlets in the districts of Hani and Lice in Turkey's southeastern province of Diyarbakır on the ground that an operation will be launched in the region.

The indefinite curfew was declared at 11.35 p.m. yesterday (August 2).

The justification for the curfew was announced as "ensuring people's property and life safety and protecting civilians from being harmed" as per the Law no. 5442 for Provincial Administration.

According to the written statement published on the official website of the Governorship, the curfew will be in force as of its date of announcement in the following villages and hamlets:

"In the district of Lice, the villages of Duruköy and Darlan and the hamlets of Dahlık, Alikahya, Hacımusabey and Kutlamış. In the district of Hani, the villages of Serenköy and Uzunköy and the hamlet of Gürbulak."

About Diyarbakır

According to the Turkish Statistical İnstitute, in 2014 Diyarbakır was Turkey’s 12th most populated city, with a population of 1,635,048. The population of the city center is 834,854.

Diyarbakır’s (Amed’s) city center has about 9000 years of recorded history. The Diyarbakır Castle and Gardens was named a Global Heritage site by UNESCO in 2015. Dicle University was opened in 1978.

Diyarbakır Governor: Hüseyin Aksoy

Municipality co-chairs: Gültan Kışanak, Furat Anlı (Democratic Regions Party).

(The elected Municipality Co-Chairs of Diyarbakır were arrested and the former District Governor of Etimesgut, Cumali Atilla, who has been appointed as a trustee to the municipality, took office on November 2, 2016)

(BIA, August 3, 2018)

Pression sur les médias / Pressure on the Media

Journalistes: Boucs émissaires de la crise financière en Turquie

Confrontées à une crise financière sans précédent depuis plus de quinze ans, les autorités turques cherchent des coupables. Reporters sans frontières (RSF) craint que les journalistes indépendants soient de nouveau désignés comme des boucs émissaires et appelle à la restauration de l’État de droit.

C’est devenu une habitude : face aux mauvaises nouvelles, les autorités turques tirent sur le messager. Alors que le cours de la livre turque s’effondre, le ministère de l’Intérieur, le parquet d’Istanbul et le gendarme boursier ont ouvert le 13 août des centaines d’enquêtes contre les “manipulations dans les médias et sur les réseaux sociaux”, qui “menacent la sécurité économique” du pays en “créant une perception négative”. Les personnes visées risquent jusqu’à cinq ans de prison. La présidence a quant à elle dénoncé une “campagne de désinformation, partie intégrante de la guerre économique” menée contre la Turquie “par les forces déjà à l’œuvre” derrière le mouvement Occupy Gezi en 2013 et la tentative de putsch de 2016.

“Ces annonces laissent craindre une nouvelle chasse aux sorcières contre les dernières voix critiques du pays, s’alarme le représentant de RSF sur place, Erol Önderoğlu. La Turquie n’en serait pas arrivée là sans la disparition de l’État de droit : le restaurer favoriserait le retour de la confiance bien plus efficacement que de désigner de nouveaux boucs émissaires. Le pays a plus que jamais besoin d’un journalisme indépendant, gage de transparence et d’information fiable.”

Sur fond de tensions entre Ankara et Washington, la crise financière nourrit la rhétorique patriotique officielle. Tandis que le président Erdoğan déclarait la semaine dernière : “s’ils ont le dollar, nous avons notre peuple, notre bon droit et Allah”, le quotidien progouvernemental Sabah se lançait dans de virulentes attaques contre la joint-venture américano-turque FOX TV, désignée comme “le bras médiatique de l’attaque terroriste américaine” contre l’économie nationale. Le 10 août, cette chaîne a mis fin au contrat du chef de son bureau à Ankara, Sedat Bozkurt, invoquant des questions administratives. Mais les collègues de ce journaliste réputé, en poste depuis 2007, voient dans son licenciement une concession de FOX TV au pouvoir.

La livre turque a perdu plus de 40% de sa valeur face au dollar depuis le début de l’année. La débâcle s’est singulièrement accélérée suite aux sanctions économiques imposées par les États-Unis, le 10 août, suite à l’assignation à résidence du pasteur américain Andrew Brunson en Turquie.

La Turquie occupe la 157e place sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse établi en 2018 par RSF. Déjà très préoccupante, la situation des médias est devenue critique suite à la tentative de putsch de juillet 2016 : près de 150 médias ont été fermés, les procès de masse se succèdent et le pays détient le record mondial du nombre de professionnels des médias emprisonnés. (RSF, 18 aoùt 2018)

Investigation into 402 Social Media Accounts

The Ministry of Interior has made a statement concerning the operations launched from August 6-13.

In the statement issued on its official website, it was stated that 402 social media accounts have been investigated and legal action has been taken against 292 people in the last week.

Following charges were pressed against the social media users:

“Propagandizing for a terrorist organization, promoting these organizations, declaring affiliation with terrorist organizations, inciting people to enmity and hatred, insulting state officials, attempting against state’s indivisible integrity, committing hate speech…”

“Exchange rate” investigation into social media

General Directorate of Security has also launched an investigation against 346 social media accounts sharing posts "which aim to create a negative perception by manipulating the exchange rate of dollar."

The Ministry announced on February 26 that 845 people who criticized the Afrin operation on social media and participated in critical activities had been taken into custody.
(BIA, 14 August 2018)

How Turkey silences journalists online, one removal request at a time

On June 19, Abdülhamit Bilici, the last editor-in-chief of the now-shuttered Turkish paper Zaman, tweeted about the decline of press freedom in his home country. If you can see his tweet, you are probably not in Turkey because it is among the over 1.5 million tweets belonging to journalists and media outlets censored there under Twitter's "country withheld content" (CWC) policy.

Since 2012, 13 countries have used Twitter's CWC tool to effectively censor content, according to the social media platform's transparency reports. Governments usually cite laws around national security, counter-terrorism, defamation, or hate speech when requesting removals.

Figures from Twitter transparency reports show that legal demands to remove content on the platform went from 432 requests in the first part of 2014 to 6,651 requests in the second part of 2017. Turkey and Russia were responsible for 74 percent of all requests during that period. As legal demands can specify more than one account and/or tweet, over 78,000 accounts were reported by governments during that period. Twitter complied fully or partially with 24 per cent of legal demands from Turkey, compared with about 9 percent for the rest of the world. Facebook's transparency reports for the same period show it made close to 154,000 content restrictions worldwide. In the second part of 2017 in Turkey, more Twitter accounts were withheld and Facebook content restricted than in any other country.

When CPJ reviewed a Buzzfeed News database of over 1,700 accounts withheld in one or more country, along with court orders uploaded by tech companies to Harvard University's Lumen database, tweets, Twitter lists, and news reports, it was able to identify at least 59 Twitter accounts that belong to journalists and media outlets censored using the CWC tool in Turkey. As of late July, those 59 accounts had a combined following of over six million, in a country of about 11 million Twitter users.

Journalists whose accounts have been censored by CWC requests told CPJ that Twitter is inconsistent with its compliance with such requests and complained about the lack of remediation options.

Bilici told CPJ, "It is a shame that Twitter silences a journalist already silenced by an authoritarian government." The journalist is living in exile in the U.S. after Turkey seized and then shuttered his paper for its close ties to the Hizmet movement that Turkey accuses of being a "terrorist organization" and being behind a failed attempted coup in July 2016.

Bilici said, "I challenge both Twitter and the Turkish government to [find in my tweets] anything that can be considered illegal or harmful. My only crime is being a journalist."

Efe Kerem Sözeri, a Turkish researcher based in the Netherlands, said, "Twitter, Facebook, [and] Google...are responsible to their shareholders primarily, I don't consider them as guardians of the free speech. But the imbalance in the tools they offer to users versus governments make them complicit in the authoritarian rulers' crackdown against opposition."

Twitter's co-founder Jack Dorsey has previously tweeted that his platform stands for speaking truth to power, but its policy and data show that Twitter may comply with requests to withhold content if the platform receives "a valid and properly scoped request from an authorized entity."

Colin Crowell, Twitter's head of global public policy, told CPJ, "If [we] don't use CWC, then the alternative is to remove [the content] globally [then] nobody can see it."

Soon after Twitter recorded its first CWC use in Turkey during a two-week ban on the platform in 2014, then-Deputy Prime Minister Beşir Atalay told the press that "Twitter now toes the line." Since then, Turkey has used the tool to withhold 1,482 accounts (82 percent of all accounts ever withheld worldwide), and 9,552 tweets (67 percent of all tweets withheld worldwide), according to Twitter's transparency reports.

Asked whether Twitter is worried that Turkey might be misusing the tool to silence journalists, Crowell told CPJ, "We are obviously concerned about it to the extent we go to court to challenge it."

It is rare, however, for Turkish courts to accept Twitter's legal objections. Between 2014 and 2017, they accepted less than 3 percent, according to Twitter's transparency reports.

Getting a court order to censor journalists is not a hard task in Turkey which, according to CPJ research, is the world's worst jailer of journalists. Human Rights Watch said in 2014 that "Turkish courts have tended to accede to government requests to block websites with apparent minimal, if any, scrutiny."

The country's court system has also been criticized by the Council of Europe Venice Commission. In an opinion on Turkey's peace judgeships, which rule on cases of internet blocking via a "horizontal process" in which appeals are heard by other peace judges rather than higher courts, the commission found courts could be "capable of becoming an instrument of oppression." It found that peace judges, who gained new powers under the state of emergency, were burdened with ruling on traffic offenses, in addition to more pressing cases. The judges "rubberstamp all administrative bans, basically converting them into court orders," Sözeri said.

Court documents viewed by CPJ show how an Ankara court in August 2016 ordered Bilici's Twitter account, which has over 210,000 followers, to be blocked for "promoting terrorism, violence, and threatening national security and public order." The order, made under law 5651 that regulates internet publications, specifies tens of other websites and Twitter accounts, including those of journalist Celil Sağır, who is also in exile, and jailed journalist Hanım Büşra Erdal. Sağır had four of his Twitter accounts blocked in Turkey between 2014 and 2016.

Amendments to law 5651 in 2014 gave authorities power to block sites without a court order. Google transparency reports show that since the amendments came into effect, the majority of removal requests came from judicial rather than executive orders.

Law 5651 is "a very fast-track system [to block content] with almost no checks," Sözeri said.

Erkan Saka, an assistant professor at the School of Communication at Istanbul Bilgi University who met with Twitter during its meetings with members of Turkish civil society and the private sector in 2014, said that "without being blocked, [some Turkish users] stopped tweeting or...went underground, [as they are] frightened to speak out."

Twitter, Facebook, Blogger, and YouTube are not the only social media sites affected by Turkey's crackdown through legal demands. Between July and December 2016, 75 of the 96 government takedown requests reported by Tumblr in its transparency reports came from the Turkish government, affecting 144 blogs. Tumblr complied in 16 percent of cases.

"After Gezi, internet blocking was intensified by legal measures, but also beyond legal measures, there were political trolls, and more technical measures like centralized governance of the internet, centralized filtering system, internet throttling, and most likely deep packet inspection-based surveillance," said Saka, referring to the nationwide Gezi park protests in 2013.

In his U.N. report on regulation of user-generated online content published earlier this year, David Kaye, the U.N. special rapporteur on the promotion and protection of the right to freedom of opinion and expression, recommended that "companies should recognize that the authoritative global standard for ensuring freedom of expression on their platforms is human rights law, not the varying laws of states or their own private interests."

Crowell told CPJ that Twitter already incorporates these considerations.

Bilici said that the international community, including tech companies like Twitter, need to stand with the Turkish people, not the government. "I expect from all my colleagues in the democratic world to...remind themselves that Turkish people are struggling to turn back to democracy, and all the democratic world should support their aspirations."
(CPJ, August 13, 2018)

Prix d'honneur à Nuri Bilge Ceylan à l'ouverture du Festival du film de Sarajevo

Le cinéaste turc Nuri Bilge Ceylan s'est vue remettre vendredi soir un prix d'honneur pour sa "contribution exceptionnelle" au septième art, lors de la cérémonie d'ouverture du 24e Festival de film de Sarajevo.

"Vos films racontent la vie de ceux qui vivent sur ce qu'on appelle les confins de l'Europe. Ils racontent l'histoire de nos proches, de nos familles, de nos voisins, des villes, des banlieues et des villages que nous habitons", a déclaré le directeur du Festival, Mirsad Purivatra, avant de remettre le "Coeur d'honneur de Sarajevo" au cinéaste turc.

"C'est un grand honneur pour moi et je l'accepte de tout coeur. Je suis venu trois fois ici, à ce festival, et c'est un de mes festivals favoris", a déclaré le réalisateur devant plusieurs centaines d'invités, dans le théâtre national de Sarajevo.

Nuri Bilge Ceylan, 59 ans, a notamment reçu la Palme d'or à Cannes en 2014 pour "Winter Sleep". Une rétrospective de son oeuvre est présentée durant les huit jours du Festival de Sarajevo.

Le festival a été ouvert par la projection en plein air, devant 3.000 personnes, de "Cold War" (Prix de la mise en scène au dernier Festival de Cannes), en présence de son réalisateur, le Polonais Pawel Pawlikowski, Oscar du meilleur film en langue étrangère en 2015 avec "Ida".

Le jury du programme de longs métrages régionaux, la compétition principale du Festival de Sarajevo, est présidé par le réalisateur iranien doublement oscarisé Asghar Farhadi. Dix films de l'Europe du sud-est seront présentés dans cette compétition.

La promotion de ce cinéma est la mission principale de cette manifestation crée comme un "acte de résistance" pendant la guerre de Bosnie (1992-95).

Au total, 226 films de 56 pays doivent être projetés cette année.
(AFP, 10 août 2018)

Athènes refuse d'extrader un journaliste turc recherché par Ankara

Le ministère grec de la Justice a refusé d'extrader vers la Turquie le journaliste turc Turgut Kaya, condamné dans son pays pour participation à une organisation "terroriste", a-t-on appris samedi de source judiciaire.

Turgut Kaya avait été arrêté une première fois en Grèce avril 2015. Il avait alors été libéré mais a été de nouveau arrêté en février dernier sur mandat d'arrêt émis par Interpol.

La cour suprême grecque l'a condamné fin mai en donnant son feu vert pour son extradition en Turquie, qui le réclame pour qu'il purge une peine pour participation à une organisation "terroriste", selon la même source.

Il restait depuis lors emprisonné dans l'attente de la décision finale du ministère grec de la Justice, compétent en dernier ressort sur les extraditions.

Turgut Kaya s'est vu récemment octroyer l'asile en Grèce par les services compétents et par conséquent, le refus d'extradition du ministre grec Stavros Kontonis était attendu, selon la même source.

Les relations entre Athènes et Ankara sont particulièrement tendues depuis le coup d'Etat manqué du 15 juillet 2016. La Grèce a octroyé l'asile à huit militaires turcs ayant fui leur pays quelques heures après cet évènement et qu'Ankara accuse d'avoir participé au coup, et elle refuse de les extrader.

La tension est montée d'un cran après l'arrestation par les autorités turques en mars dernier deux militaires grecs près de la frontière greco-turque, accusés "d'avoir pénétré dans une zone interdite".

Athènes a protesté à plusieurs reprises contre leur détention et le retard pris dans leur jugement.

Les deux militaires ont indiqué "qu'ils s'étaient perdus en raison du brouillard lors d'une patrouille frontalière" et qu'ils n'avaient pas l'intention de violer le territoire turc.
(AFP, 4 août 2018)

Share the “World of Tayyips” and tell Turkey that satire is not a crime

Satirical cartoons of political leaders are widely understood as a crucial form of social commentary around the world. In Turkey, however, they're yet another way the government criminalizes social criticism.

This July, punitive investigations have been launched against a group of technical university students, 72 MPs and the leader of the government's primary political opposition, all 'guilty' of sharing “World of Tayyips”, a cartoon that depicts Turkish president Recep Tayyip Erdoğan in the form of various animals.

The Initiative for Freedom of Expression – Turkey is inviting supporters of freedom of expression around the world to reshare the cartoon in solidarity with those under judicial threat. If you wish to take part, share the cartoon by clicking the tweet below or write your own tweet calling for tolerance of satire, using hashtag #WorldofTayyips.

Background Information

On July 6, 2018, during graduation ceremonies at the Middle East Technical University-Ankara, a copy of 'World of Tayyips” was carried by students alongside other humorous posters, a common practice at the university. In response, the Chief Prosecutor's Office launched an investigation and charged the students who carried the banner with "insulting the president." Four students were arrested on July 11 and remain in detention. The 'criminal' poster is depicted below:

"World of Tayyips", the cartoon on the banner, was originally published in Penguen (Penguin) humor magazine in 2005.

Then Prime Minister of Turkey, Erdoğan filed a claim against the cartoonist for a nuisance compensation of 40 thousand TL- approximately $30.000 USD. The case was rejected by the No.1 First Instance Court of Ankara, on the ground that the caricature in question was within the scope of "freedom of expression" and that politicians should tolerate all kinds of critiques.

The cartoonist drew “World of Tayyips” to show their solidarity with cartoonist Musa Kart, who was convicted of insulting the Prime Minister for his depiction of Erdoğan as a cat. The conviction was overturned by a higher court on appeal.

By sending a supportive tweet under #WorldofTayyips, you can take part in this history of good-humored solidarity.
(IFEX, 2 August 2018)

Kurdish Question / Question kurde

Former HDP MP Berk, Party Assembly Member Özer Detained

The former Diyarbakır MP of the Peoples' Democratic Party (HDP) Edip Berk and a reserve member of the HDP Party Assembly Gülşen Özer have been taken into custody in a police raid conducted to their houses.

It has been stated that Berk and Özer, who have been taken to Diyarbakır Security Directorate, have been detained as part of an investigation, which has been launched into the statements that they made during the Newroz celebrations in Turkey's eastern province of Bingöl in 2018.

Berk was elected as HDP Diyarbakır MP on June 7, 2015.
(BIA, 13 August 2018)

Demirtaş: HDP Should Come Out to Field

Peoples’ Democratic Party’s (HDP) imprisoned former co-chair and presidential candidate for June 24 elections Selahattin Demirtaş has penned an article about June 24 presidential elections.

In his article published on ANF, Demirtaş criticized opposition’s attitude it maintained following June 24 elections and criticized HDP as well:

“Restricting all struggle to entirely de-functionalized parliament is exactly what AKP-MHP fascist bloc desires. For this reason, forming much stronger bonds with the grassroots is of vital importance.

“A movement that cannot embrace its own values cannot stand. The HDP should quit this ‘vacation’ mood and come out to field”.
(BIA, August 10, 2018)

Amnesty appelle Ankara à stopper de "graves violations" à Afrine

Amnesty International a exhorté jeudi la Turquie à mettre un terme aux "graves violations des droits de l'homme" à Afrine, ancien bastion d'une milice kurde dans le nord de la Syrie, accusant Ankara de "fermer les yeux" sur les exactions.

Dans un rapport publié dans la nuit de mercredi à jeudi, l'ONG affirme que les résidents d'Afrine "endurent de multiples atteintes aux droits de l'homme, qui sont pour la plupart le fait de groupes armés syriens équipés et armés par la Turquie".

"Ces violations, sur lesquelles les forces armées turques ferment les yeux, englobent des détentions arbitraires, des disparitions forcées, la confiscation de biens et des pillages", énumère l'ONG dans son rapport.

Les forces turques, soutenues par des groupes rebelles syriens équipés et formés par Ankara, ont pris la région d'Afrine en mars après une offensive militaire de deux mois qui a entraîné l'exode de dizaine de milliers de personnes.

Nommée "Rameau d'olivier", cette opération visait à déloger d'Afrine les Unités de protection du peuple (YPG), une milice kurde soutenue par Washington mais considérée comme "terroriste" par Ankara.

Si Ankara a toujours démenti viser les populations, plusieurs dizaines de civils ont été tués dans les bombardements turcs pendant l'offensive, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Les autorités turques avaient assuré en mars qu'elles enquêteraient sur des témoignages faisant état de pillages à grande échelle commis par des groupes armés syriens alliés d'Ankara lors de la prise de la ville d'Afrine en mars.

Selon Amnesty, des militaires turcs et des combattants syriens alliés ont "réquisitionné des écoles" à Afrine, empêchant plusieurs milliers d'enfants de poursuivre leur scolarité.

"L'offensive et l'occupation par l'armée turque exacerbent la souffrance des habitants d'Afrine, qui ont déjà subi pendant des années un conflit meurtrier", déclare Lynn Maalouf, directrice de recherches sur le Moyen-Orient à Amnesty, citée dans le rapport.

L'ONG exhorte Ankara à "mettre sans délai un terme aux violations", estimant que la Turquie, en tant que "force d'occupation", est responsable de la sécurité des résidents et du maintien de l'ordre à Afrine.

Avant l'opération "Rameau d'Olivier", la Turquie avait lancé une première offensive dans le nord de la Syrie contre les YPG et les jihadistes du groupe Etat islamique (EI).
(AFP, 1 août 2018)

Un réfugié kurde iranien lauréat de la médaille Fields

Le Kurde iranien Caucher Birkar, réfugié au Royaume-Uni, est un des quatre lauréats de la médaille Fields, considérée comme le prix Nobel des mathématiques, décernée mercredi à Rio de Janeiro.

L'Allemand Peter Scholze, âgé de 30 ans seulement, a également été récompensé, ainsi que l'Italien Alessio Figalli et l'Indo-australien Akshay Venkatesh.

Né à Marivan, province kurde à la frontière avec l'Iran, Caucher Birkar, 40 ans, a fait ses études à Téhéran avant de partir pour le Royaume-Uni, où il a obtenu l'asile politique.

Professeur à l'Université de Cambridge, il a été récompensé pour sa contribution aux études géométriques sur le plan de Fano.

"J'espère que cette nouvelle va faire sourire 40 millions de personnes", a réagi sur Twitter le mathématicien, en référence au peuple kurde. Avec tous les conflits qui font rage dans la région, "le Kurdistan n'était pas un endroit où on pourrait imaginer qu'un enfant puisse s'intéresser aux mathématiques", a-t-il ajouté.

Peter Scholze, professeur de l'Université de Bonn, a remporté la médaille Fields grâce à ses travaux sur l'arithmétique et la géométrie algébrique. "Il y a un nombre infini de problèmes. Quand on parvient à en résoudre un, dix de plus font leur apparition", a affirmé le jeune Allemand sur Twitter.

Alessio Figalli (bien Figalli), un Italien 34 ans, a pour sa part été récompensé pour ses contributions à la théorie du transport optimal. Chargé de recherches au CNRS (Centre national de la Recherche scientifique en France) depuis 2007, il est actuellement détaché à l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich (Suisse). Boursier du Conseil européen de la recherche (ERC), il a notamment eu comme mentor le Français Cédric Villani, médaillé Fields en 2010.

Le quatrième lauréat, Akshay Venkatesh, 36 ans, est né à New Delhi et a grandi en Australie. Il a été récompensé pour ses travaux sur la théorie analytique des nombres.

La médaille Fields est attribuée depuis 1936 à au maximum quatre mathématiciens de moins de 40 ans.

Ce prix a été proposé en 1923 par le mathématicien canadien John Charles Fields, décédé en 1932. Il a légué ses biens à la science pour financer cette récompense, souvent qualifiée de "prix Nobel" de mathématiques.

Sur les 55 lauréats au total, on compte notamment 13 Américains et 12 Français, les deux nationalités ayant reçu le plus souvent cette récompense.

Les médailles ont été remises lors du Congrès international des mathématiques, qui a lieu tous les quatre ans depuis la fin du XIXe siècle et était organisé pour la première fois dans l'hémisphère sud.

Lors de la cérémonie d'ouverture, marquée par des présentations culturelles d'Indiens d'Amazonie et de danseurs originaires des favelas de Rio, les organisateurs ont annoncé que la prochaine édition aurait lieu à Saint-Pétersbourg, en Russie, en 2022.
(AFP, 1 août 2018)

Minorités / Minorities

Religious communities' astonishing support to Erdogan's power

Representatives of Turkey’s religious communities have denied claims their groups were facing oppression, stressing that they are practicing their religions freely.

“Statements alleging and suggesting there is oppression toward us are completely unfounded and injudicious,” the communities said in a joint statement, signed by the representatives of 18 religious minority groups, on July 31.

The representatives, including Fener Greek Orthodox Patriarch Dimitri Bartholomew, Armenian Patriarchate of Istanbul Archbishop Aram Ateşyan, and Chief Rabbi of the Turkish Jewish Community Ishak Haleva, said that as minority leaders they “felt the responsibility to inform the public with the truth.”

They said there were different criticisms wrongly portraying Turkey and claiming that there is religious and cultural oppression in the country.

“As religious representatives of ancient communities with different religions and beliefs, which have been in this country for centuries, we hereby declare that we are practicing our religions in accordance with our traditions and are practicing our beliefs freely,” the statement read.

“Many problems and victimizations that happened in the past were resolved over the years. Regarding the subjects that we aim to work on, we are in continuous dialogue with our state’s institutions with mutual goodwill and solution-based conscience,” it added.

Fifteen other representatives of religious communities in Turkey that signed the statement included Patriarchal Vicar of the Syriac Orthodox Church Mor Filiksinos Yusuf Çetin, Apostolic Administrator of the Armenian Archeparchy of Istanbul Archbishop Levon Zekiyan, Chaldean Catholic Community spiritual leader François Yakan and pastor Krikor Ağabaloğlu of the Gedikpaşa Armenian Protestant Church. (Hurriyet, July 31, 2018)


Politique intérieure/Interior Politics

Crise turque: Berat Albayrak, le "pacha des Finances" d'Erdogan

Bombardé ministre des Finances le mois dernier, Berat Albayrak, gendre du président Recep Tayyip Erdogan dont il est souvent présenté comme le dauphin, est en première ligne dans la tempête monétaire qui secoue la Turquie.

L'effondrement de la livre turque, sur fond de crise diplomatique avec les Etats-Unis, est venu percuter comme une comète M. Albayrak, 40 ans, étoile montante de la scène politique turque.

C'est désormais lui qui monte au front pour tenter de rassurer des marchés méfiants envers cet homme sans grande expérience économique. Jeudi, il doit ainsi s'exprimer devant plusieurs centaines d'investisseurs étrangers lors d'une "téléconférence" inédite.

Rarement très loin de M. Erdogan sur les photos prises lors des grands événements, M. Albayrak, qui est marié à la fille aînée du maître de la Turquie, Esra, s'est imposé depuis trois ans comme l'un des hommes les plus puissants du pays.

Après avoir été ministre de l'Energie, fonction qui lui a permis d'être au coeur de dossiers de premier plan, M. Albayrak a été propulsé en juillet à la tête d'un super-ministère du Trésor et des Finances taillé sur mesure après la réélection de M. Erdogan en juin.

Une promotion qui a stupéfié les économistes peu rassurés par son maigre CV et qui respectaient l'expérience de Mehmet Simsek, le précédent patron des Finances que M. Erdogan n'a pas reconduit.

Pour M. Albayrak, le défi est d'autant plus grand que la Turquie traverse une phase économique délicate, marquée par une inflation galopante, un déficit qui se creuse et la débâcle de la livre qui a perdu 40% de sa valeur cette année.

Lors d'un discours censé rassurer les marchés, vendredi, jour où la livre a le plus baissé, M. Albayrak est apparu fébrile, épongeant régulièrement son visage dégoulinant de sueur.

- "Le Gendre" -

Dans un pays où le dernier Premier ministre Binali Yildirim était largement perçu comme un loyal exécutant de M. Erdogan, M. Albayrak, charismatique, bon orateur et parfaitement anglophone, faisait souvent figure de deuxième homme fort du pays.

"Le Gendre", comme il est désigné par les détracteurs de M. Erdogan qui dénoncent une forme de népotisme, accompagne le président lors de ses déplacements les plus importants et assiste aux réunions les plus cruciales.

Il était ainsi le seul responsable turc présent au côté de M. Erdogan lors d'un déjeuner crucial mercredi à Ankara en l'honneur de l'émir du Qatar, Cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, qui a promis 15 milliards de dollars d'investissements à la Turquie.

Signe de la proximité entre les deux hommes, M. Albayrak était en vacances avec M. Erdogan dans le sud-ouest de la Turquie lorsque a éclaté la tentative de coup d'Etat du 15 juillet 2016.

M. Albayrak accompagnait M. Erdogan lorsque celui-ci est rentré à Istanbul dans la nuit du 16, un voyage en avion potentiellement risqué au moment où des appareils putschistes patrouillaient les airs.

L'ex-ministre de l'Energie se tenait également au côté de M. Erdogan lorsque celui-ci, ayant triomphalement atterri à l'aéroport Atatürk, annonçait l'échec du coup de force militaire.

- Influence croissante -

Avant de se lancer en politique, M. Albayrak dirigeait Calik Holding, un puissant conglomérat ayant des intérêts dans le textile, l'énergie et, surtout, les médias, avec l'influent quotidien progouvernemental Sabah et la chaîne d'information A Haber.

D'allure affable et assurée, M. Albayrak a obtenu un master en finance à l'université Pace, à New York. Avant d'entrer au gouvernement en 2015, il écrivait régulièrement des chroniques dans les colonnes de Sabah.

M. Erdogan est réputé très proche de la famille Albayrak, en particulier du père de Berat, Sadik, un ancien journaliste et homme politique islamiste dont il est un proche ami.

En septembre 2016, un groupe de hackers se faisant appeler Redhack a affirmé avoir piraté la boîte mail de M. Albayrak et publié des courriels de pression adressés à un cadre du plus puissant groupe médiatique du pays, Dogan Media, qui a contesté l'authenticité des messages.

L'influence croissante de M. Albayrak au sein du gouvernement fait grincer des dents. Les observateurs lui prêtent notamment une rivalité profonde avec le très populaire ministre de l'Intérieur, Süleyman Soylu.

Berat et Esra Albayrak se sont mariés en 2004 et ont trois enfants.
(AFP, 16 août 2018)

L'opposante nationaliste Aksener réélue à la tête de son parti

L'opposante nationaliste turque Meral Aksener, candidate malheureuse face à Recep Tayyip Erdogan aux élections de juin dernier, a été réélue dimanche à la tête de son parti, moins d'un mois après avoir annoncé son retrait.

En juillet, Mme Aksener, qui était arrivée à la quatrième place (7,3% des voix) à la
présidentielle de juin, avait affirmé qu'elle se retirerait en de la présidence du Bon Parti (Iyi parti, droite nationaliste) mais des dirigeants de la formation avaient exprimé leur volonté de la reconduire à son poste.

Pendant de longs mois, les observateurs l'avaient vue comme une concurrente sérieuse à l'indétrônable président turc, au pouvoir depuis 2003, lors des élections législatives et présidentielle du 24 juin.

Première femme ministre de l'Intérieur dans les années 1990 en Turquie, cette dissidente du Parti d'action nationaliste (MHP), désormais allié à M. Erdogan, avait surpris en créant le Bon Parti (Iyi parti) en octobre dernier.

S'exprimant devant le congrès de son parti, Mme Aksener a évoqué la chute de la devise turque ainsi que les tensions diplomatiques avec les Etats-Unis à la suite notamment de la détention d'un pasteur américain jugé en Turquie pour "terrorisme".

"Des jours difficiles attendent notre pays", a-t-elle dit, faisant le réquisitoire de la politique menée par M. Erdogan.
(AFP, 12 août 2018)

La Turquie c'est l'"Allemagne des années 30", accuse l'écrivaine Asli Erdogan

Pour Asli Erdogan, écrivaine turque risquant la perpétuité dans son pays et exilée en Allemagne, l'heure est grave: dirigée par le président Recep Tayyip Erdogan, la Turquie s'est muée en régime fasciste.

La romancière, qui n'a aucun lien de parenté avec le chef de l'Etat turc, n'y va pas par quatre chemins. "La façon dont avancent les choses en Turquie ressemble à l'Allemagne nazie", explique l'auteure de 51 ans à l'AFP depuis Francfort, sa terre d'exil.

"Je pense que c'est un régime fasciste. Ce n'est pas encore l'Allemagne des années 40 mais celle des années 30", explique la lauréate 2018 du prix Simone de Beauvoir pour la liberté des femmes, en référence à la période où les Nazis ont consolidé leurs pouvoirs en réprimant leurs opposants accusés de comploter.

Mme Erdogan n'a dès lors aucune confiance en la justice, elle qui est poursuivie pour "propagande terroriste" notamment en raison de son travail dans le journal kurde Özgür Gündem, fermé depuis car accusé de liens avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), une organisation classée "terroriste" par Ankara et en Occident.

"Un élément crucial est l'absence de système judiciaire", avance l'auteure, qui décrit un pays aux prisons surpeuplées et aux salles d'audience gérées par des juges d'une vingtaine d'années, inexpérimentés mais fidèles au pouvoir et qui ont remplacé leurs aînés évincés par la répression ayant suivi le putsch manqué de juillet 2016 contre le président Erdogan.

- "Pathétiquement drôle" -

Profondément marquée par ses 136 jours de détention, elle appartient à ces dizaines de milliers de personnes visées par le pouvoir turc.

Ces arrestations visaient les partisans présumés du prédicateur Fethullah Gülen, accusés d'avoir organisé le putsch, mais aussi les médias d'opposition et les personnes soupçonnées de sympathies pour la cause kurde.

Ankara rejette les accusations de violations massives des droits et affirme répondre à une menace existentielle pour l'Etat.

"Erdogan est presque omnipotent", note la romancière, "il décide du prix des médicaments, de l'avenir du ballet classique, les membres de sa famille sont en charge de l'économie... L'opéra, qu'il déteste, est aussi directement lié à lui".

"C'est ce qu'il y a de bien avec le fascisme, c'est aussi pathétiquement drôle parfois", glisse-t-elle.

Elle avertit l'Occident de ne pas se laisser berner en pensant que les choses vont s'arranger, maintenant que le président a consolidé ses pouvoirs avec les élections générales de juin.

"C'est l'état d'urgence permanent", accuse-t-elle, alors qu'une nouvelle loi "antiterroriste" controversée doit voir le jour pour reprendre des mesures de l'état d'urgence qui vient d'être levé après deux ans.

Dès lors, l'ex-physicienne du centre européen de recherche nucléaire de Genève n'a pas d'espoir d'être acquittée à son procès, dont des audiences sont prévues en octobre puis mars. "Ils ne bluffent pas", déclare-t-elle, rappelant les nombreux journalistes condamnés cette année, certains à la perpétuité.

- Ecrire "avec du sang" -

Même si son exil en Allemagne lui confère une certaine sécurité, Asli trouve l'attente du verdict "presque insupportable".

"L'une des plus grandes tortures qu'on puisse faire à un être humain est de garder son destin inconnu".

Libérée de prison fin décembre 2016, Asli Erdogan a pu récupérer son passeport en septembre 2017 et s'est immédiatement exilée, comme d'autres artistes et intellectuels.

Depuis, elle vit à Francfort, bénéficiant d'un appartement et d'une allocation dans le cadre du projet international "Cities of Refuge". Ce programme vise à fournir aux écrivains persécutés un lieu sûr où vivre et travailler.

Mais l'auteure n'a pas encore été en mesure de reprendre la plume. Traumatisée, prise d'insomnies, victime d'épisodes de dépression et de problèmes de santé, elle se concentre sur des participations à des événements littéraires et des conférences.

Elle a pour but aussi de défendre ceux qui sont encore derrière les barreaux en Turquie. "J'ai été poussée dans un rôle politique, que j'essaie de porter avec grâce".

Et quand elle se sentira enfin prête, elle couchera son expérience carcérale sur papier, "une confrontation très lourde" car en "littérature, il faut être honnête à plus de 200%. Tu écris avec du sang".
(AFP, 5 août 2018)

Forces armées/Armed Forces

Peut-on fermer la base américaine à Incirlik?


Une fermeture aux appareils américains d'Incirlik, principale base aérienne de l'Otan en Turquie et important soutien des opérations de la coalition antijihadistes en Syrie, pourrait s'avérer coûteuse pour Ankara, selon plusieurs analystes.

Alors que les relations entre les Etats-Unis et la Turquie, alliés au sein de l'Alliance atlantique, ont atteint leur plus bas depuis des décennies ces dernières semaines, le président turc Recep Tayyip Erdogan a prévenu Washington qu'il pourrait être poussé à trouver "de nouveaux amis et de nouveaux alliés".

M. Erdogan a notamment eu une conversation téléphonique avec le président russe Vladimir Poutine, avec lequel il a discuté de questions économiques et commerciales ainsi que de la crise en Syrie.

Et selon des documents publiés la semaine dernière par des médias américains, un groupe d'avocats proches du gouvernement turc a déposé une motion devant le tribunal d'Adana, ville la plus proche de la base d'Incirlik, pour demander l'arrestation d'officiers américains accusés d'avoir participé au coup d'Etat manqué de juillet 2016 contre M. Erdogan.

Les avocats citent notamment le général Joseph Votel, commandant des forces américaines au Moyen-Orient, parmi les responsables américains dont ils veulent l'arrestation.

"Nous n'avons constaté aucun changement dans nos relations avec nos alliés turcs", a pourtant assuré mardi le général britannique Felix Gedney, commandant adjoint des forces de la coalition en Syrie et Irak.

Mais pour l'ancien commandant des forces de l'Otan James Stavridis, la situation est inquiétante. "Perdre la Turquie serait une erreur géopolitique monumentale", a-t-il estimé lundi sur la chaîne MSNBC. "On devrait pouvoir l'empêcher, mais c'est à la Turquie de faire le premier pas à ce stade".

Un avis partagé par Joshua Landis, directeur du Center for Middle East Studies, pour qui "c'est la Turquie qui souffrira le plus" des tensions avec Washington.

"Je soupçonne fort qu'Incirlik va rester", précise-t-il à l'AFP. "Pour la Turquie, chasser les Etats-Unis serait un revers majeur et je ne pense pas qu'Erdogan le veuille".

- Têtes nucléaires -

La base d'Incirlik, dans le sud de la Turquie, a été construite par les Etats-Unis en 1951, au plus fort de la Guerre froide. Elle a servi de base arrière pour les opérations américaines dans toute la région et elle abrite 50 têtes nucléaires de la force de dissuasion de l'Otan, qui assurent depuis des décennies la sécurité de la Turquie.

Depuis le 11-Septembre, elle fournit le plus gros de l'assistance logistique aux opérations de l'Otan en Afghanistan et elle est largement utilisée depuis 2015 pour les opérations de la coalition internationale en Irak et en Syrie.

Mais aujourd'hui, avec une Turquie qui apparaît de plus en plus instable, certains experts suggèrent de réduire la dépendance de l'US Air Force à la base d'Incirlik.

"Je ne veux pas dire que nous devrions rompre nos relations avec la Turquie, mais (...) la chose que les Turcs ont tendance à brandir le plus facilement --l'accès à la base d'Incirlik-- devient de moins en moins importante", déclarait récemment Steven Cook, du Council on Foreign Relations.

Et le centre de recherche Bipartisan Policy Center, qui encourage les compromis entre républicains et démocrates, a publié sur son site une carte de la région avec toutes les alternatives possibles à Incirlik pour les opérations américaines au Proche-Orient, notamment des bases aériennes en Jordanie ou au Koweït.

De plus, les tensions avec les Etats-Unis risquent de coûter cher à la Turquie en termes de programmes militaires.

Le Congrès américain a interdit au Pentagone de livrer à la Turquie le moindre avion de combat F-35 tant qu'Ankara ne se serait pas engagée à ne pas finaliser ses négociations avec la Russie pour l'achat de systèmes de défense antiaérienne russes S-400, auxquels cet avion furtif est censé pouvoir échapper.

Et Ankara, partenaire depuis 2002 du consortium international ayant financé le F-35, risque de perdre un juteux contrat de 1,5 milliard de dollars avec le Pakistan pour la vente de 30 hélicoptères d'attaque de fabrication turque T-129 ATAK.

Selon la publication spécialisée Defense News, qui cite des responsables militaires turcs, l'appareil comporte des pièces fabriquées aux Etats-Unis. Washington pourrait décider d'en bloquer l'exportation si les relations s'envenimaient encore.

Signe que malgré l'escalade verbale, les dirigeants turcs semblent soucieux de ne pas aggraver la situation, la Maison Blanche a annoncé lundi que l'ambassadeur de Turquie à Washington, Serdar Kilic, avait rencontré le conseiller à la sécurité nationale de la présidence, John Bolton.
(AFP, 15 août 2018)

Témoignage d'un militaire turc emprisonné pendant 16 mois

Le 15 juillet 2016, les militaires turcs se sont emparés des rues, des ponts, d'infrastructures de toutes sortes. Le président Erdogan s'est adressé à la population au moyen d'un téléphone. Et au bout d'une nuit de confusion, le coup d'Etat est jugulé.

La responsabilité du coup est attribuée à Fethullah Gülen, l'ancien allié du président Erdogan qui vit en exil aux Etats-Unis. Il nie mais des purges de grande ampleur ont été menées dans le pays.

Cafer Topkaya est militaire. A l'époque, il travaille à l'OTAN, à Bruxelles. Il est rappelé à Ankara et rapidement jeté en prison. "Les conditions étaient inhumaines et nous étions maltraités. Il y avait de grandes lampes au plafond. Elles étaient laissées allumées pendant la nuit afin qu'on ne puisse pas dormir. Les policiers criaient, juraient et nous humiliaient", explique-t-il

Après plusieurs jours d'attente, il finit par apprendre qu'on lui reproche la possession d'un compte Twitter et l'appartenance au mouvement de Fethullah Gülen. Il nie en bloc.

Dans le même temps, toute la société turque est épurée des membres réels ou présumés de l'organisation. 77.000 personnes sont emprisonnées, 150.000 perdent leurs emplois. Selon Cafer, elles ont un profil commun.

"Ils ont étudié et ont été éduqués dans le style occidental. Ce sont des laïcs, ils ne sont pas membres de groupes religieux. Ils ne sont pas religieux. Ils ont été élevés dans les idéaux d'Atatürk, le fondateur de la république. Nous pensons que la Turquie devrait avoir une place en Occident. Dans le bloc de l'Ouest. Etre membre de l'union européenne et continuer à faire partie de l'OTAN."
(RTBF, 3 août 2018)

Cafer espère que son pays se réveillera un jour du cauchemar. "J'espère et je veux croire que le peuple turc, mes concitoyens, se réveilleront un jour et comprendront qu'ils ne soutiennent pas la bonne personne."

Libéré au bout de 16 mois, Cafer espère retourner dans son pays, reprendre la vie qui, nous dit-il, lui a été volée un certain 15 juillet 2016.


Affaires religieuses / Religious Affairs

La Turquie rejette un nouvel appel du pasteur américain Brunson

Un tribunal turc a rejeté vendredi une nouvelle demande de levée de l'assignation à résidence du pasteur américain Andrew Brunson, au coeur d'une crise diplomatique entre Ankara et Washington, a indiqué à l'AFP son avocat.

L'avocat du pasteur Brunson, Cem Halavurt, a déclaré qu'il ferait à nouveau appel dans deux semaines.

La détention pendant un an et demi puis le placement en résidence surveillée en Turquie de M. Brunson a provoqué une grave crise diplomatique entre la Turquie et les Etats-Unis.

Washington a imposé une série de sanctions contre la Turquie -- qui a répliqué avec des mesures similaires -- du fait de cette affaire.

Mais le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, a prévenu jeudi que l'administration américaine était prête à imposer de nouvelles sanctions.

"Nous prévoyons de faire davantage s'ils ne le libèrent pas rapidement", a-t-il affirmé.

Me Halavurt avait déposé un nouveau recours mardi contre l'assignation à résidence de son client, après une première tentative infructueuse début août.

Un premier tribunal turc avait rejeté sa demande mercredi, mais celle-ci devait être examinée par une autre cour de plus haute instance. Celle-ci s'est donc prononcée vendredi.

M. Brunson risque jusqu'à 35 ans de prison pour espionnage et activités "terroristes", des accusations qu'il rejette en bloc.
(AFP, 17 août 2018)

En Centrafrique, une école du réseau Gülen fait de la résistance

En Afrique, de nombreuses écoles proches du réseau Hizmet, dirigé par l'opposant turc Fethullah Gülen, ont fermé leurs portes sous la pression d'Ankara, mais celle de Bangui, l'école Galaxy, résiste encore.

Emre (prénom modifié) n'est pas un directeur d'école ordinaire. Malgré son statut d'enseignant, son air affable et l'excellente réputation de l'école Galaxy, il vit comme un fugitif, exilé de son pays, la Turquie.
 Son crime? Diriger une école proche du réseau Hizmet de Fethullah Gülen, qualifié de "terroriste" par le président turc Recip Tayyip Erdogan qui l'accuse d'avoir fomenté le putsch manqué de juillet 2016.

Depuis cette tentative de coup d'Etat, le régime d'Erdogan tente de fermer toutes les écoles proches d'Hizmet dans le monde.

En Afrique, au moins 18 pays (Cameroun, Niger, Mali, Sénégal, Mauritanie, Guinée, Tchad, Soudan, Maroc, Guinée-Équatoriale, Angola, Rwanda, Madagascar, Somalie, Angola, République du Congo, Gabon, Gambie) ont déjà cédé aux demandes d'Ankara.

Les établissements du réseau Hizmet ont été nationalisés ou récupérés par la fondation Maarif, proche du pouvoir turc, et leurs professeurs embarqués dans des avions vers la Turquie et écroués.

- "Dignité" -

"Les Centrafricains ont protégé leur dignité", se réjouit un membre du personnel enseignant de l'école Galaxy, reconnaissant envers la Centrafrique, l'un des seuls pays en Afrique centrale à n'avoir pas cédé aux pressions turques.

Etrange paradoxe pour un pays sous la coupe de groupes armés depuis des années où l'Etat est faible et où tout, ou presque, peut s'acheter.

"On nous accuse d'être un groupe terroriste alors qu'on fait de l'éducation et de l'humanitaire" affirme le directeur, en traversant son établissement qui n'a rien a envier aux lycées européens: tableau numérique, vidéo projecteur, salle informatique, cantine, terrains de sports, etc.

"Ils m'ont cité personnellement, le 15 juillet 2016, comme appartenant au mouvement Gülen" " se rappelle Emre qui, pourtant, "n'a rien a voir avec ce qui s'est passé à Ankara il y a deux ans", selon un connaisseur du mouvement Gülen.

Emre ne peut plus rentrer chez lui, comme neuf autres ressortissants turcs de Centrafrique, sous peine d'être emprisonné. Ils possèdent un statut de réfugiés, et sont suivis par le Haut commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR).

"Les Turcs bénéficient de la protection juridique de l'Etat centrafricain, le HCR est là en tant qu'observateur" explique une source dans cette organisation, qui avoue à demi mot son impuissance si Bangui devait accéder aux demandes d'Ankara.

"Au Gabon, le HCR avait protesté, saisi les autorités, mais ça n'a rien changé", se souvient une source humanitaire qui a assisté à la fermeture de l'école La Lumière de Libreville et à la déportation en avril vers la Turquie du directeur, de son adjoint et d'un enseignant, ainsi que de leurs familles.

- "Cadeaux" -

"Le Gabon a privilégié le rapport inter-Etats, je suis sûr qu'ils (les dirigeants Gabonais) ont eu beaucoup à gagner", affirme Jean Serge Bokassa, qui dit avoir reçu "des propositions" d'Ankara lorsqu'il était ministre centrafricain de la Sécurité et de l'administration territoriale.

En mars 2017, des diplomates turcs sont venus le voir, se rappelle-t-il. "Ils ont procédé par intimidation verbale et promesse de cadeaux", proposant "la nationalisation des infrastructures scolaires et une assistance dans plusieurs domaines", selon M. Bokassa.

Il assure avoir refusé ces propositions, tout comme un autre ministre de l'époque, qui préfère rester anonyme.

"Je leur ai dit +si vous voulez nous aider, construisez un établissement au lieu d'en fermer un+", explique ce ministre qui s'est vu proposer à plusieurs reprises une invitation en Turquie et "des cadeaux". "Ils m'ont dit que si j'acceptais, je n'aurai pas à le regretter".

Si l'école a réussi à résister, c'est "d'abord parce qu'il n'y a pas d'ambassade turque dans le pays, et peu de liens économiques et diplomatiques", affirme un connaisseur du dossier. "Ensuite, la direction de l'école a de très bonnes relations avec le gouvernement - la directrice-adjointe de l'école Galaxy pour filles est la femme du Premier ministre - et bénéficie d'un très bon niveau scolaire".

Galaxy enregistre d'excellents résultats avec 83% de réussite au bac contre 12% au niveau national.

Selon Jean-Serge Bokassa "des lobbies proches du pouvoir centrafricain cherchent à organiser un rapprochement avec la Turquie". Bien qu'opposant au président Faustin-Archange Touadéra, il se félicite de la fermeté de l'exécutif : "Pour l'instant, Je me réjouis du fait que le président n'ait pas cédé".
(AFP, 10 août 2018)

L'Etat islamique (EI) décapite un otage druze de 19 ans

Le groupe jihadiste Etat islamique (EI) a exécuté un jeune homme qui faisait partie des dizaines d'otages druzes qu'il a enlevés le mois dernier dans la province méridionale syrienne de Soueida, ont indiqué dimanche un média syrien en ligne et une ONG.

L'étudiant de 19 ans a été décapité jeudi après avoir été enlevé avec plus de 30 personnes, des femmes et des enfants pour la plupart, d'un village de Soueida lors d'un assaut sanglant mené le 25 juillet par l'EI, a affirmé à l'AFP le journaliste Nour Radwan qui dirige Soueida24. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), il s'agit du premier otage exécuté depuis les enlèvements.

Soueida24 et l'OSDH avaient fait état de l'enlèvement d'une trentaine de femmes et d'enfants, ainsi que de 17 hommes "portés disparus", après les attaques de l'EI le 25 juillet, dont des attentats suicide, dans plusieurs localités de la province qui ont fait plus de 250 morts, l'un des bilans les plus lourds depuis le début de la guerre en 2011.

Selon l'OSDH, les jihadistes réclament la libération par le régime de combattants de l'EI capturés dans la province voisine de Deraa. L'EI n'a pas revendiqué les enlèvements mais des sources locales affirment que les familles des détenus ont reçu des photos et vidéos envoyées par les jihadistes sur leurs téléphones. (AFP, 6 aout 2018)

La Turquie maintient l'assignation à résidence d'un pasteur américain

Un tribunal turc a refusé mardi de lever l'assignation à résidence d'un pasteur américain accusé de "terrorisme" et d'"espionnage" dans une affaire qui a fortement tendu les relations entre Ankara et Washington, selon l'agence de presse étatique Anadolu.

L'avocat du pasteur Andrew Brunson avait demandé lundi à ce que celui-ci soit libéré et que son interdiction de quitter le territoire soit également levée. Mais un tribunal d'Izmir (ouest) a rejeté ces requêtes mardi, selon Anadolu.

Le pasteur américain a été placé en résidence surveillée mercredi dernier après avoir passé plus d'un an et demi en détention préventive.

Andrew Brunson a été arrêté en octobre 2016 dans le cadre des purges lancées par Ankara dans la foulée du putsch manqué de juillet de la même année.

Il est accusé par les autorités turques d'avoir agi pour le compte du réseau du prédicateur Fethullah Gülen auquel Ankara impute, malgré les dénégations de ce dernier, le putsch manqué, mais aussi pour celui du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, rebelles kurdes).
 Ces deux organisations sont considérées comme "terroristes" par les autorités turques.

Le pasteur Brunson, qui réside en Turquie depuis une vingtaine d'années et dirigeait avant son arrestation une petite église protestante à Izmir, nie en bloc les accusations.

Cette affaire a contribué à tendre les relations entre Ankara et Washington, le président américain Donald Trump ayant appelé plusieurs fois à sa libération.

La tension est montée d'un cran la semaine dernière lorsque M. Trump et son vice-président Mike Pence ont mis en garde la Turquie contre de "lourdes sanctions" si le pasteur n'était pas remis en liberté.

Mais son homologue turc Recep Tayyip Erdogan a répliqué en affirmant qu'il ne pourrait pas "obliger la Turquie à reculer avec des sanctions".

Les menaces américaines sont "absolument inacceptables", a déclaré mardi le porte-parole de la présidence turque, Ibrahim Kalin, ajoutant que si les Etats-Unis mettaient à exécution leurs menaces de sanctions, Ankara "prendrait des mesures de représailles".

M. Kalin, qui n'a pas élaboré sur ce point, a toutefois souligné que les tensions actuelles entre les deux pays ne devraient pas affecter les patrouilles menées en parallèle par des militaires turcs et américains dans la ville de Minbej, dans le nord de la Syrie.

La Turquie et les Etats-Unis connaissent de nombreux sujets de dissension, Ankara reprochant notamment à Washington son soutien à une milice kurde syrienne et le refus de la justice américaine d'extrader Fethullah Gülen, qui réside en Pennsylvanie.

Par ailleurs, l'incarcération par la Turquie de deux employés locaux des missions américaines et le placement en résidence surveillée d'un troisième ont contribué à tendre les rapports bilatéraux.
(AFP, 31 juillet 2018)

Socio-économique / Socio-economic

Contre la crise turque, que des potions amères pour Erdogan

La Turquie a basculé la semaine dernière dans une crise monétaire. Après des années d'érosion, la livre turque s'est effondrée sur fond de tensions avec les Etats-Unis et de défiance envers la gestion économique de Recep Tayyip Erdogan.

La devise turque a perdu environ 40% de sa valeur face au dollar depuis le début de l'année et connu une spectaculaire débâcle ces derniers jours. Après une accalmie, elle a replongé vendredi, alors que la crise avec Washington s'envenime.

Pour les économistes, Ankara doit prendre des mesures urgentes pour redresser sa monnaie dont l'agonie inquiète l'Europe. Mais la plupart des remèdes qu'ils préconisent vont à l'encontre de la politique menée jusqu'ici par M. Erdogan.

- Relever les taux -

Les économistes répètent depuis plusieurs mois qu'une hausse significative des taux d'intérêt de la banque centrale est nécessaire pour soutenir la livre et enrayer l'inflation galopante.

Mais M. Erdogan s'oppose fermement à une telle mesure. Les marchés ont été sidérés le mois dernier par le refus de la banque centrale de suivre cette voie en dépit de la gravité de la situation.

La banque centrale a néanmoins eu discrètement recours ces derniers jours à un mécanisme lui permettant de hausser de facto son taux au jour le jour.

Ce moyen détourné "a renforcé les inquiétudes selon lesquelles (la banque centrale) craint de subir les foudres" du gouvernement, souligne William Jackson, de Capital Economics.

- Regagner la confiance -

Les économistes s'interrogent sur la capacité de M. Erdogan à affronter la crise actuelle, d'autant plus qu'il a nommé en juillet son gendre relativement novice, Berat Albayrak, aux Finances.

Les positions "peu orthodoxes" de M. Erdogan, convaincu par exemple que baisser les taux fait baisser l'inflation, ont créé une "crise de confiance", souligne Timothy Ash, économiste spécialisé dans les marchés émergents.

Vendredi, les agences de notation Standard and Poor's et Moody's ont abaissé la note de la dette de la Turquie, la première déplorant l'absence de plan "crédible" d'Ankara face aux turbulences actuelles.

Après des années de forte croissance, grâce notamment aux largesses du gouvernement, les économistes appellent à ralentir la machine.

M. Albayrak a assuré jeudi qu'il combattrait l'inflation et imposerait la rigueur budgétaire. Mais les marchés attendent des actions.

- Apaiser les tensions -

Si elle n'est pas la seule cause de l'effondrement de la livre, la crise avec les Etats-Unis, liée notamment au sort d'un pasteur américain en Turquie, y a largement contribué.

Pendant que les tensions avec Washington se renforcent, Ankara multiplie les contacts avec la Russie et l'Europe, qui a vivement critiqué les atteintes aux droits de l'Homme en Turquie depuis deux ans.

La crise avec les Etats-Unis va pousser M. Erdogan à être "considérablement plus prudent dans son approche avec l'UE", souligne le cabinet Eurasia Group.

Les libérations cette semaine de deux soldats grecs et du président d'Amnesty International en Turquie ne sont "pas une coïncidence", souligne une source diplomatique européenne.

- Demander de l'aide ? -

La Turquie va-t-elle avoir recours au Fonds monétaire international (FMI) ? La question se pose aujourd'hui dans les cercles économiques.

Mais faire appel au FMI supposerait que M. Erdogan, qui s'enorgueillit d'avoir "réglé les dettes" de son pays, ravale sa fierté et que Washington, tout-puissant dans cette institution, donne son accord. Deux obstacles de taille.

M. Albayrak a indiqué que la Turquie n'avait "aucun contact avec le FMI", ajoutant qu'Ankara oeuvrerait plutôt à attirer de nouveaux investissements.

M. Erdogan a déjà obtenu jeudi un chèque de 15 milliards de dollars de l'émir du Qatar.

Mais la 17e puissance économique mondiale est "bien trop importante pour rester longtemps à flots avec des petites doses d'argent étranger", nuance Holger Schmieding, économiste Berenberg.

- Pour l'instant, "demi-mesures" -

Les autorités turques tentent pour le moment de stopper la débâcle de la livre sans toucher aux taux de la banque centrale.

Celle-ci a promis de fournir aux banques les liquidités nécessaires et Ankara a dressé de nouvelles barrières contre la spéculation sur la livre turque.

Pour l'instant, le gouvernement turc "n'a fait que le strict minimum", juge Capital Economics.

M. Erdogan "va vraisemblablement essayer de tenir avec des demi-mesures dans les semaines à venir", anticipe M. Schmieding, de Berenberg. "Il est peu probable que cela arrange les choses de manière décisive".
(AFP, 18 août 2018)

La Turquie hausse ses tarifs douaniers contre les Etats-Unis

La Turquie a fortement augmenté mercredi les tarifs douaniers de plusieurs produits américains emblématiques, alimentant une crise diplomatique avec les Etats-Unis qui a fortement malmené la livre turque.

Parmi les produits visés par cette forte hausse figurent les véhicules de tourisme, dont les tarifs douaniers s'élèvent désormais à 120%, certaines boissons alcoolisées (140%), le tabac (60%) ou encore le riz et des produits cosmétiques.

D'après la ministre turque du Commerce Ruhsar Pekcan, le montant des nouveaux tarifs douaniers annoncés mercredi s'élève à 533 millions de dollars.

Cette décision, annoncée dans un décret signé par le président Recep Tayyip Erdogan, survient alors que Washington et Ankara traversent une crise diplomatique ayant conduit ces deux alliés au sein de l'Otan à s'imposer des sanctions réciproques en août.

Le vice-président turc Fuat Oktay a précisé mercredi que la hausse des tarifs douaniers était un acte de "représailles" contre les "attaques délibérées de l'administration américaine sur (l')économie" turque.

Le président américain Donald Trump avait notamment annoncé la semaine dernière le doublement des tarifs douaniers sur l'acier et l'aluminium turcs.

Mercredi, la Maison Blanche a jugé que "les tarifs douaniers de la Turquie sont certainement regrettables et un pas dans la mauvaise direction."

"Les tarifs douaniers imposés par les Etats-Unis contre la Turquie relevaient d'intérêts de sécurité nationale. Les leurs sont des représailles", a déclaré la porte-parole de la Maison Blanche Sarah Sanders.

Les tension américano-turques ont précipité l'effondrement de la livre qui a perdu plus de 40% de sa valeur face au billet vert et à l'euro depuis le début de l'année.

Cependant, la Turquie a reçu un soutien de poids mercredi avec une promesse de 15 milliards de dollars d'investissements du Qatar formulée lors d'une rencontre à Ankara entre M. Erdogan et le dirigeant du richissime émirat gazier, Cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani.

Cette annonce, faite par la présidence turque qui a rendu hommage à l'"amitié et la solidarité" du Qatar, a accéléré la remontée de la livre qui regagnait quelque 5% en valeur face au billet vert en fin de journée.

La devise turque semblait en voie de relative stabilisation cette semaine sous l'effet de mesures de la banque centrale et de nouvelles restrictions aux échanges financiers ("swap") annoncées mercredi par l'autorité des banques (BDDK) afin de contrer les spéculations.

- Pasteur toujours retenu -

La hausse des tarifs mercredi survient au lendemain d'un spectaculaire appel de M. Erdogan, qui dénonce une "guerre économique", à boycotter les appareils électroniques manufacturés par les Etats-Unis.

Les turbulences entre la Turquie et les Etats-Unis se sont renforcées au cours des derniers mois avant de virer à l'orage en juillet à cause de la détention en Turquie du pasteur Andrew Brunson.

Il est accusé par Ankara d'espionnage et d'activités "terroristes", ce qu'il nie en bloc. Après plus d'un an et demi d'incarcération, il a été placé en juillet en résidence surveillée.

Un tribunal truc a rejeté mercredi une nouvelle demande de levée de son assignation à résidence.

Mercredi la Maison Blanche a à nouveau réclamé sa libération. La veille, elle avait fait savoir que M. Trump ressentait "beaucoup de frustration du fait que le pasteur ne soit pas libéré".

En parallèle de sa fermeté envers les Etats-Unis, la Turquie semble cependant soucieuse de ménager ses autres partenaires et alliés.

- Spectre d'une récession -

Signe que la crise avec Washington pourrait pousser Ankara à renouer avec l'Europe, M. Erdogan s'est entretenu au téléphone mercredi avec la chancelière allemande Angela Merkel, qu'il doit rencontrer fin septembre à Berlin.

D'après un responsable turc, les deux dirigeants ont convenu d'une rencontre "dans les prochains jours" entre le patron de l'économie turque Berat Albayrak, gendre de M. Erdogan, et les ministres allemands de l'Economie et celui des Finances.

Par ailleurs, la justice turque a ordonné mardi la libération de deux soldats grecs et mercredi du président d'Amnesty International en Turquie, des développements inattendus dans deux affaires qui ont contribué à tendre les rapports entre Ankara et l'Europe.

Outre les tensions avec Washington, les marchés s'inquiètent aussi de la mainmise de M. Erdogan sur l'économie, notamment depuis sa réélection en juin.

Les économistes critiquent le refus de la banque centrale de redresser ses taux malgré une forte inflation (près de 16% en juillet). M. Erdogan s'oppose fermement à une telle mesure, malgré les appels répétés des marchés en ce sens.

"Le plongeon de la livre turque va vraisemblablement faire grimper l'inflation à plus de 20% et faire basculer l'économie dans une récession dans les mois à venir", s'alarme Capital Economics.
(AFP, 15 août 2018)

La livre s'effondre, Erdogan dénonce une "guerre économique"

La livre turque a connu vendredi une chute brutale alimentée par l'intensification de la crise entre Ankara et Washington, mais le président Recep Tayyip Erdogan a affirmé qu'il sortirait vainqueur de cette "guerre économique" qui inquiète dans le monde.

Le président américain a annoncé sur Twitter la hausse des taxes à l'importation sur l'acier et l'aluminium turcs, désormais de 50% et 20% respectivement, notant que les relations entre les Etats-Unis et la Turquie, alliés au sein de l'Otan, n'étaient "pas bonnes en ce moment".

La devise turque, qui a perdu près de la moitié de sa valeur face au billet vert depuis le début de l'année, a enregistré une baisse vertigineuse jusqu'à des plus bas historiques. Elle s'échangeait à 6,43 livres pour un dollar à la clôture de Wall Street, soit une baisse de 13,7% après avoir perdu jusqu'à 24% au cours de la journée.

Face à cette déroute, M. Erdogan, qui fait face à l'un de ses plus difficiles défis économiques depuis son arrivée au pouvoir en 2003, a appelé ses concitoyens à la "lutte nationale" en échangeant leurs devises étrangères pour soutenir leur monnaie.

Le ministère des Affaires étrangères a averti que "le seul résultat de telles sanctions (...) est d'affecter nos relations d'alliés", dans un communiqué.

"Comme toutes les mesures prises contre la Turquie, elles trouveront leur réponse", a ajouté le ministère, précisant que la décision "ignorait" les règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

Cet effondrement qui pousse la Turquie vers une crise monétaire survient sur fond de fortes tensions diplomatiques entre Ankara et Washington et de défiance croissante des marchés envers l'équipe économique de M. Erdogan.

La crise turque a envoyé une onde de choc planétaire, faisant baisser les actions de plusieurs banques européennes tandis que Wall Street ouvrait en baisse, ce qui illustre la crainte d'une contagion à l'économie mondiale.

La chute de la livre vendredi "montre que les investisseurs sont de plus en plus inquiets de l'imminence d'une crise monétaire totale", souligne dans une note David Cheetham, analyste chez XTB.

- Hémorragie -

La devise turque connaît une érosion inexorable depuis plusieurs années, mais l'hémorragie s'est aggravée ces derniers jours en raison de la grave crise diplomatique avec les Etats-Unis liée à la détention en Turquie d'un pasteur américain.

Ces deux alliés au sein de l'Otan ont imposé des sanctions réciproques à des responsables gouvernementaux. Si ces mesures sont avant tout symboliques, elles ont inquiété les investisseurs étrangers desquels l'économie turque est dépendante.

Comme un symbole, la présidence turque a annoncé peu après l'annonce de Donald Trump que M. Erdogan avait eu un entretien téléphonique avec son homologue russe Vladimir Poutine, ajoutant que les deux dirigeants avaient notamment parlé Syrie et échanges commerciaux.

En l'absence d'annonce de mesures fortes, le gouvernement turc n'a pu enrayer la chute de la livre tout au long de la journée.

"Si vous avez des dollars, des euros ou de l'or sous votre oreiller, allez dans les banques pour les échanger contre des livres turques. C'est une lutte nationale", a exhorté M. Erdogan dans un discours à Bayburt (nord-est).

"Nous ne perdrons pas cette guerre économique", avait auparavant lancé le président turc qui a pointé un doigt accusateur en direction d'un mystérieux "lobby des taux d'intérêt".

- Déception -

Ces déclarations n'ont fait qu'accélérer la chute de la monnaie turque, signalant la déception des marchés qui attendent des mesures fortes.

Les marchés s'inquiètent des orientations de la politique économique de M. Erdogan, la banque centrale turque rechignant à relever ses taux pour soutenir la livre et réguler une inflation qui a pourtant atteint près de 16% en juillet en rythme annuel.

Nombre d'économistes estiment qu'une hausse massive des taux est incontournable, mais M. Erdogan, qui a un jour qualifié les taux d'intérêt de "père et mère de tous les maux", y est fortement hostile.

Visiblement soucieux d'envoyer des signaux positifs aux marchés, le nouveau ministre des Finances Berat Albayrak, qui est également le gendre du chef de l'Etat turc, a insisté sur l'"importance" selon lui de l'"indépendance de la banque centrale" turque.

Depuis sa nomination à ce poste après la réélection de M. Erdogan en juin, M. Albayrak s'est efforcé sans succès d'apaiser les investisseurs.

L'agonie de la livre turque cette semaine n'a quasiment pas été évoquée par les principales chaînes de télévision et les journaux à grand tirage, pour la plupart contrôlés par le pouvoir.
(AFP, 10 août 2018)

Déplacement d'un hammam historique menacé d'engloutissement

Les autorités turques ont déplacé lundi au cours d'une opération spectaculaire et millimétrée un hammam historique de 1.500 tonnes pour éviter qu'il ne soit submergé par les eaux dans le cadre d'un projet de barrage controversé.

Le déménagement du hammam d'Artuklu, construit il y a plus de 650 ans dans la localité de Hasankeyf (sud-est), sur les rives du Tigre, a mobilisé des moyens extraordinaires, selon des correspondants de l'AFP.

Chargé sur une plateforme roulante faite sur mesure, le mastodonte de pierre a été transporté sur une large route construite spécialement pour l'occasion. Le convoi a mis plusieurs heures pour parcourir les deux kilomètres le séparant de sa destination.

Cette opération s'inscrit dans un effort de préservation du patrimoine face au projet de barrage d'Ilisu, qui est situé en aval et provoquera à terme l'engloutissement de Hasankeyf.

Ce barrage fait partie du Projet d'Anatolie du Sud-Est, un vaste plan d'aménagement du territoire qui vise à améliorer l'approvisionnement en énergie de cette région.

Pour préserver certains ouvrages de Hasankeyf, ville qui abrite de nombreux vestiges des époques romaine, byzantine, pré-ottomane et ottomane, les autorités ont créé un "parc culturel" à proximité de la ville.

C'est là qu'a été entreposé le hammam lundi. L'an dernier, un tombeau datant du 15ème siècle et pesant plus de 1.100 tonnes y avait déjà été déplacé.

"Six autres ouvrages (les rejoindront). Hasankeyf va véritablement préserver son identité historique, et le nouveau Hasankeyf sera une perle touristique", a déclaré le gouverneur de la province de Batman, Ahmet Deniz, cité par l'agence de presse étatique Anadolu.

Mais des activistes locaux craignent que le caractère unique du lieu ne soit perdu à jamais avec la montée des eaux.

Sujet sensible en Turquie, la construction du barrage est également source de tension avec l'Irak voisin, alimentée en aval par le Tigre dans une région où le contrôle de la ressource hydraulique est crucial.

En juin, l'ambassadeur turc en Irak Fatih Yildiz avait annoncé que la Turquie suspendait pour un peu moins d'un mois le processus de retenue d'eau après des plaintes de la part de l'Irak.
(AFP, 6 août 2018)

Un scandale monétaire au détriment des consommateurs

IL Y A 28 SIECLES: les premières pièces de monnaie auraient été frappées dans le royaume de Lydie et plusieurs cités indépendantes d'Asie Mineure.

IL Y A 186 ANS: par la loi monétaire du 5 juin 1832, la Belgique se dota d'une unité monétaire semblable à celle de la France : «Cinq grammes d'argent au titre de neuf dixième de fin constituent l'unité monétaire au nom de franc». Le franc était donc défini en poids d'argent.

IL Y A 19 ANS: l'euro a remplacé le franc belge, le 1er janvier 1999 (entrée dans la zone euro) au taux de conversion de 1 euro = 40,3399 francs.

IL Y A 2 ANS: Le gouvernement fédéral a décidé d'externaliser la frappe des pièces. Le 22 janvier 2018, la frappe des pièces belges est confiée à la Monnaie royale des Pays-Bas, qui a elle-même été rachetée par le groupe belge Heylen, basé à Herentals.

2018: plusieurs super marchés arrondissent vers haut les centimes d'Euros au détriment de petits consommateurs en raison du manque des centimes fournis par les institutions responsables.


Relations turco-européennes / Turkey-Europe Relations

La Turquie continuera de boycotter l'Eurovision, inadapté au jeune public

La Turquie, qui boycotte depuis l'Eurovision depuis 2012, ne participera pas à la prochaine édition de ce concours international de chansons Eurovision, jugeant la compétition inadaptée au jeune public, selon le président de la télévision publique turque TRT, Ibrahim Eren.

"Nous n'envisageons pas de participer à la compétition", a déclaré M. Eren, selon des propos rapportés par le quotidien Hürriyet.

"En tant que chaîne publique, nous ne pouvons diffuser en direct à 21h00, une heure où les enfants regardent la télévision, un Autrichien qui porte à la fois une barbe et une jupe, (...) et qui se dit à la fois homme et femme", a-t-il justifié

Il faisait là clairement référence à la drag queen autrichienne Conchita Wurst, gagnante de l'Eurovision en 2014.

"Nous l'avons dit à l'Union européenne de radio-télévision (UER), +vous avez dévié de vos valeurs+", a poursui M. Eren. "Quand cela sera corrigé, nous reviendrons à l'Eurovision".

L'édition 2019 de l'Eurovision doit se tenir en Israël, dont la représentante, Netta Barzilai, l'a emporté en mai dernier.

La télévision publique turque avait claqué la porte du concours de l'Eurovision en 2012, citant un audimat faible et sa désapprobation pour les règles de vote en vigueur qui, à ses yeux, n'accordaient pas une part suffisante au choix du public.

Entre autres reproches, la Turquie déplorait officiellement un système qui, depuis 2009, accordait systématiquement aux cinq principaux contributeurs financiers à l'événement (Allemagne, Espagne, France, Grande-Bretagne, Italie) une place en finale, quelle que soit la qualité de la prestation artistique de leurs représentants.

Mais, plus qu'un problème d'organisation, de nombreux observateurs ont expliqué la décision turque par ce que les autorités islamo-conservatrices considèrent comme un déclin "moral" de la compétition.

Le retrait de la Turquie est intervenu après que la Suède, le pays hôte en 2013, eut retransmis les images de deux danseurs suédois s'embrassant pendant les répétitions.

La Turquie avait remporté le concours en 2003, à Riga (Lettonie), grâce à sa star Sertab Erener.
(AFP, 4 août 2018)

Turquie-USA-OTAN / Turkey-USA-NATO

Ankara défie encore Washington, la livre ploie


La Turquie a maintenu vendredi l'assignation à résidence d'un pasteur américain, en dépit de nouvelles menaces de sanctions des Etats-Unis, qui ont mis à mal la livre turque et auxquelles Ankara a promis de répliquer.

Un tribunal d'Izmir (ouest) a rejeté vendredi un nouveau recours du pasteur Andrew Brunson, dont le sort est au coeur de l'une des plus graves crises diplomatiques entre Ankara et Washington, deux alliés au sein de l'Otan, depuis près d'un demi-siècle.

Cette décision survient au lendemain de nouvelles pressions américaines : le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin a prévenu jeudi que Washington prendrait des sanctions supplémentaires si Ankara ne libérait pas le pasteur Brunson.

Ces menaces ont été balayées par Ankara vendredi. "Nous avons répliqué (aux sanctions américaines) en accord avec les règles de l'OMC et nous continuerons de le faire", a déclaré la ministre turque du Commerce, Ruhsar Pekcan, citée par l'agence étatique Anadolu.

Gel des avoirs de ministres de part et d'autre, augmentation réciproque des tarifs douaniers sur certains produits... : les sanctions déjà prononcées par Washington et les mesures similaires prises par Ankara ont créé un vent de panique sur les marchés

Et alors que la crise diplomatique ne montre aucun signe d'apaisement, la livre turque, qui a pourtant repris des couleurs cette semaine après une spectaculaire débâcle, piquait à nouveau du nez vendredi.

En fin de journée, la devise turque avait perdu près de 4% face au dollar, comparé à jeudi soir, repassant au-dessus de la barre des 6 livres pour un billet vert.

- Vers l'Europe -

Dans la tourmente financière, la Turquie a néanmoins reçu un soutien de poids mercredi: le Qatar a promis d'investir 15 milliards de dollars dans le pays.

Et le président Recep Tayyip Erdogan s'est entretenu cette semaine avec la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Emmanuel Macron, signe qu'Ankara veut se rapprocher de l'Europe après deux années de tensions liées à la situation des droits de l'homme en Turquie.

Dans la foulée de ces entretiens, le ministre turc des Finances Berat Albayrak s'est entretenu vendredi avec son homologue français, Bruno Le Maire.

Au cours de cet entretien, ils se sont accordés à "renforcer leur coopération et agir ensemble face aux sanctions américaines", selon un tweet de M. Albayrak. Et des équipes des deux ministères se retrouveront à Paris le 27 août, selon Anadolu.

- "Modérément convaincant" -

M. Albayrak, qui est le gendre du président Erdogan, s'est efforcé de se montrer rassurant au cours d'une téléconférence inédite jeudi avec plusieurs milliers d'investisseurs.

Il a affirmé que son pays "émergerait encore plus fort" de la crise de la livre, dont la valeur a fondu d'environ 40% par rapport au dollar cette année.

Il a également rejeté les éventualités d'un plan d'aide du Fonds monétaire international (FMI) ou d'un recours au contrôle des capitaux.

Mais son allocution n'a pas suffi à rasséréner les marchés, le cabinet de conseil Capital Economics jugeant ainsi sa performance "modérément convaincante".

Outre les tensions avec les Etats-Unis, les économistes restent également préoccupés par la mainmise de M. Erdogan sur l'économie.

Les marchés ont sévèrement sanctionné le refus de la banque centrale de relever ses taux d'intérêts le mois dernier, en dépit de la chute de la monnaie nationale et d'une inflation galopante. M. Erdogan, partisan de la croissance à tout prix, s'y oppose fermement.

Pour l'agence de notation Fitch, les mesures annoncées sont ainsi "incomplètes" et "il est peu probable qu'elles permettent seules de stabiliser durablement la devise et l'économie".

Pour cela, il faudrait "une hausse de la crédibilité des politiques et de l'indépendance de la banque centrale, la tolérance d'une croissance plus faible et une réduction des déséquilibres macroéconomiques et financiers", estime l'agence.

Et dans la soirée de vendredi les agences de notation Standard and Poor's et Moody's ont abaissé la note de la dette de la Turquie, SP projetant même une récession en 2019.

La note de SP est abaissée à "B+", s'enfonçant dans la catégorie des investissements considérés comme très spéculatifs.

Celle de Moody's passe à "Ba3" avec une perspective négative, indiquant qu'elle pourrait encore l'abaisser dans quelques mois.

L'agence signale un "affaiblissement continu des institutions publiques turques" et "les préoccupations grandissantes relatives à l'indépendance de la banque centrale".

Preuve peut-être du rapprochement souhaité avec l'Europe, la justice turque a ordonné cette semaine la libération de deux soldats grecs et du président d'Amnesty International en Turquie, des décisions inattendues dans deux affaires très critiquées en Europe.
(AFP, 17 août 2018)

Erdogan jure de braver les "menaces" américaines

Le président turc Recep Tayyip Erdogan s'est juré samedi de répondre aux "menaces" des Etats-Unis visant à faire libérer un pasteur américain, ne montrant aucune volonté d'apaisement dans son bras de fer avec Washington, qui a accentué la chute de la devise nationale.

Déclarations chocs, sanctions, menaces de représailles, puis doublement des tarifs douaniers américains sur l'acier et l'aluminium turc : le ping-pong Ankara-Washington est allé crescendo ces derniers jours, emportant avec lui la livre turque qui a dévissé vendredi de 16% face au billet vert.

Au coeur de cette bataille : le sort du pasteur américain Andrew Brunson,
actuellement jugé en Turquie pour "terrorisme" et "espionnage", placé fin juillet en résidence surveillée après un an et demi de détention.

Les Etats-Unis demandent sa libération immédiate, alors que la Turquie plaide pour l'extradition de Fethullah Gülen, prédicateur turc établi depuis près de 20 ans sur le sol américain et soupçonné par Ankara d'être l'architecte du putsch manqué de juillet 2016.

"Il est mauvais d'oser mettre la Turquie à genoux avec des menaces concernant un pasteur", a lancé samedi M. Erdogan, lors d'un rassemblement à Unye, sur les rives de la Mer noire. "Honte à vous, honte à vous. Vous échangez votre partenaire stratégique de l'Otan pour un prêtre".

La Turquie et les Etats-Unis sont partenaires dans le cadre de l'Otan et les Etats-Unis disposent d'une importante base à Incirlik, dans le sud du pays, actuellement utilisée comme centre des opérations contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI).

"Notre partenariat pourrait être en danger", a averti samedi le président turc dans les colonnes du New York Times, agitant la menace de "chercher de nouveaux amis et de nouveaux alliés" au lendemain de la chute brusque de la devise nationale causée par la décision du président Trump, annoncée dans un tweet, de doublement des tarifs douaniers sur l'acier et l'aluminium turcs.

- Dollar versus Allah -

"S'ils ont le dollar, nous avons Allah", a dit M. Erdogan, appelant les Turcs à ne pas s'affoler et surtout à convertir leurs réserves cachées en or ou en devises étrangères en livres turques afin de soutenir la monnaie nationale.

Lors d'un discours à Rize, sur la Mer noire, il s'en est aussi pris aux taux d'intérêt, "un instrument d'exploitation qui rend les pauvres plus pauvres et les riches plus riches". La banque centrale turque a résisté ces dernières semaines aux pressions en faveur d'une hausse des taux d'intérêt pour faire face à une forte inflation et à la baisse de la monnaie nationale.

Le président turc a assuré qu'il se conformerait à la loi au sujet du pasteur Brunson : "Nous n'avons pas fait jusqu'ici de concessions en matière de justice et nous n'en ferons jamais".

Dans son tweet annonçant l'augmentation des tarifs douaniers sur l'acier et l'aluminium turcs, Donald Trump avait d'ailleurs reconnu : "Nos relations avec la Turquie ne sont pas bonnes en ce moment".

L'Iran, qui a aussi connu cette année une chute vertigineuse de sa monnaie, en raison du rétablissement de sanctions des Etats-Unis qui se sont retirés de l'accord sur le nucléaire iranien, a pris samedi fait et cause samedi pour Ankara face à Washington.

"La jubilation éprouvée (par le président Donald Trump) en imposant des difficultés économiques à la Turquie, son allié de l'OTAN, est honteuse", a écrit le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, sur Twitter.

"Les Etats-Unis doivent apprendre à maîtriser leur addiction aux sanctions et à l'intimidation ou le monde entier se réunira et, au-delà des condamnations verbales, les y forcera", a souligné M. Zarif, en disant vouloir "soutenir" son voisin turc.
(AFP, 11 août 2018)

Pas de sortie de crise entre les Etats-Unis et la Turquie

Le chef de la diplomatie américaine a réaffirmé vendredi à son homologue turc sa "détermination" à obtenir la libération d'un pasteur américain, mais Ankara continue de rejeter les "menaces" de Washington tout en prônant le dialogue.

Mike Pompeo et Mevlüt Cavusoglu se sont entretenus à l'abri des caméras en marge d'un forum de pays d'Asie du Sud-Est à Singapour, alors que les relations turco-américaines, déjà très tendues, se sont encore envenimées autour du sort du pasteur Andrew Brunson, en résidence surveillée en Turquie où il est jugé pour "espionnage" et "terrorisme".

Washington a en effet annoncé cette semaine des sanctions contre les ministres turcs de la Justice et de l'Intérieur, Abdulhamit Gül et Süleyman Soylu, pour leur rôle présumé dans cette affaire. Le coup de froid entre les deux pays, pourtant alliés au sein de l'Otan, s'est alors mué en l'une des plus graves crises américano-turques depuis des décennies.

"Les Turcs avaient été prévenus qu'il était temps qu'ils nous rendent le pasteur Brunson, et j'espère qu'ils vont voir" ces sanctions "pour ce qu'elles sont, la preuve de notre grande détermination", a déclaré avant la rencontre Mike Pompeo à des journalistes qui l'accompagnent en Asie, dont celui de l'AFP.

"Le pasteur Brunson est un pasteur innocent et ils doivent le laisser rentrer aux Etats-Unis", a-t-il insisté.

A l'issue de l'entretien, sa porte-parole, Heather Nauert, a déclaré que les deux pays allaient "continuer à essayer de résoudre leurs problèmes".

- Rencontre "constructive" -

De son côté, le chef de la diplomatie turque a une nouvelle fois rejeté la stratégie américaine. "Nous disons depuis le début que le langage menaçant et les sanctions n'auront aucun résultat. Nous l'avons répété aujourd'hui", a dit M. Cavusoglu à Singapour.

Il a néanmoins estimé que la rencontre avait été "constructive au plus haut point" et plaidé pour "la diplomatie et le dialogue, une compréhension mutuelle et des accords".

Si le gouvernement turc avait dès mercredi affirmé qu'il prendrait "sans délai" des mesures en représailles aux sanctions américaines, Ankara n'avait annoncé aucune sanction vendredi en début de soirée.

Connu pour ses diatribes contre l'Occident, le président Recep Tayyip Erdogan n'a toujours pas réagi aux sanctions américaines, malgré un discours de près de deux heures vendredi lors duquel il n'a pas directement fait référence à la crise avec les Etats-Unis.

Tout juste a-t-il lâché qu'il ne s'attendait pas à ce que la coopération entre les militaires turcs et américains dans la ville syrienne de Minbej (nord) soit "affectée par les autres problèmes que nous avons".

Même si Ankara continue de s'élever contre les sanctions jugées "inacceptables", l'heure semble plutôt être à la prudence et à l'appel au dialogue.

"Même les couples mariés depuis 40 ans peuvent avoir des désaccords", a ainsi relativisé vendredi le puissant ministre des Finances et gendre de M. Erdogan, Berat Albayrak. "Ils se disputent, puis se réconcilient", a-t-il ajouté à la chaîne NTV.

- Marchés inquiets -

De nombreux analystes estiment que la Turquie est soucieuse de ne pas envenimer davantage la situation alors que l'annonce des sanctions américaines a fait souffler un vent de panique sur les marchés. La livre turque a atteint un plus bas historique, s'échangeant à plus de cinq pour un dollar.

Washington a fait de la libération d'Andrew Brunson une priorité et a haussé le ton la semaine dernière après le placement en résidence surveillée du pasteur qui a passé un an et demi en détention et encourt jusqu'à 35 ans de prison.

Au lieu d'apaiser les tensions, cette décision de la justice turque a envenimé la crise entre les deux pays dont les relations se sont détériorées ces derniers mois notamment au sujet du conflit en Syrie.

Andrew Brunson est accusé de terrorisme et d'espionnage pour le compte de deux organisations classées "terroristes" en Turquie, le réseau du prédicateur Fethullah Gülen, qui vit aux Etats-Unis, et le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Mais il se dit innocent, avec le soutien de l'administration américaine.

La Turquie réclame de son côté l'extradition de Fethullah Gülen, désigné par Ankara comme le cerveau du putsch avorté de juillet 2016 en Turquie.
(AFP, 3 août 2018)

Une alliance difficile: cinq points de discorde entre Ankara et Washington

Les tensions entre Washington et Ankara ont franchi un nouveau palier avec la décision américaine d'imposer mercredi des sanctions contre deux ministres turcs en lien avec la détention d'un pasteur américain.

La Turquie a juré de répliquer. Cet épisode apparaît comme le point d'orgue de deux années de relations tendues entre ces deux alliés au sein de l'Otan.

Voici les principaux sujets qui les divisent:

- Fethullah Gülen -

La présence aux Etats-Unis depuis 1999 du prédicateur turc Fethullah Gülen est probablement le principal objet de la colère d'Ankara.

La Turquie accuse en effet cet ancien allié du président Recep Tayyip Erdogan d'avoir fomenté le putsch manqué du 15 juillet 2016, et traque depuis sans relâche ses partisans.
 
a Turquie a demandé à plusieurs reprises l'extradition de M. Gülen, qui dément toute implication dans le coup d'Etat raté.

Mais à ce jour, ces demandes sont restées lettre morte. "La question est +y a-t-il des preuves suffisamment claires de l'implication personnelle de Fethullah Gülen?+",a affirmé fin juillet un haut responsable américain.

- Américains détenus en Turquie -

La détention pendant un an et demi puis le placement en résidence surveillée d'un pasteur américain, Andrew Brunson, la semaine dernière, a été l'affaire qui a fait éclater la crise actuelle entre Ankara et Washington.

M. Brunson, qui dirigeait une église protestante à Izmir, est accusé d'espionnage et d'avoir agi pour le compte du réseau de Fethullah Gülen, mais aussi pour le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Ces deux organisations sont considérées comme terroristes par la Turquie.

C'est en appelant à sa libération immédiate que Washington a menacé la Turquie de sanctions, avant de mettre cette menace à exécution dès mercredi soir.

Outre M. Brunson, deux employés locaux des missions américaines en Turquie sont en détention et un autre en résidence surveillée.

- Le procès Halkbank -

En mai, Mehmet Hakan Atilla, ex-directeur général adjoint de la banque publique turque Halkbank, a été condamné par un tribunal américain à 32 mois d'emprisonnement pour fraude bancaire et conspiration dans une affaire impliquant des milliards de dollars.

Il a fait appel et Ankara a vivement protesté après sa condamnation.

Cette affaire fait planer la menace d'une amende colossale contre Halkbank, une perspective qui inquiète le pouvoir turc.

Un homme d'affaires turco-iranien, Reza Zarrab, est au coeur de cette affaire explosive. Lors du procès, il a impliqué le président Erdogan et des ministres du gouvernement turc.

Ankara a qualifié ce procès de "complot" manigancé par Fethullah Gülen.

- Les milices kurdes en Syrie -

La Turquie ne cesse de reprocher aux Etats-Unis le soutien apporté en Syrie aux Unités de protection du peuple kurde (YPG) pour lutter contre le groupe Etat islamique (EI).

Ankara considère en effet cette milice comme une émanation du PKK, classé "terroriste" par la Turquie mais aussi les Etats-Unis.

Après une première offensive en 2016 visant les combattants kurdes et les jihadistes, la Turquie a lancé cette année une opération pour déloger les YPG de l'enclave syrienne d'Afrine.

Elle a menacé d'étendre cette offensive vers Minbej où sont stationnés des soldats américains. Mais Ankara et Washington se sont accordés sur une "feuille de route" prévoyant le retrait des YPG de Minbej et l'instauration de patrouilles conjointes.

La Turquie a assuré en début de semaine que cet accord ne serait pas affecté par les tensions actuelles. "Je ne vois pas comment (cette feuille de route) pourrait fonctionner avec les sanctions imposées à la Turquie", estime toutefois Asli Aydintasbas, chercheuse au European Council on Foreign Relations.

- Le rapprochement entre Ankara et Moscou -

Ankara et Moscou coopèrent étroitement sur le dossier syrien, mais le principal sujet d'inquiétude pour Washington est l'accord conclu pour l'achat par la Turquie de systèmes de défense antiaérienne russe S-400, incompatibles avec les systèmes de défense de l'Otan.

Le Congrès américain a approuvé mercredi un budget interdisant au Pentagone de remettre à la Turquie le moindre avion de combat F-35 tant qu'Ankara ne se sera pas engagé à ne pas finaliser ses négociations pour l'achat de S-400.

Mais M. Kalin a affirmé cette semaine qu'Ankara disposait de moyens de recours légaux pour s'opposer à ce blocage.
(AFP, 2 août 2018)

Sanctions américaines aux ministres turcs et rétorsion d'Ankara

La Turquie a menacé mercredi les Etats-Unis de mesures de rétorsion suite aux sanctions imposées par Washington aux ministres turcs de l'Intérieur et de la Justice en réponse à l'arrestation et la détention du pasteur américain Andrew Brunson.

Ces sanctions consistent en la saisie des biens et avoirs de Süleyman Soylu et Abdulhamit Gül, a indiqué le département américain au Trésor. L'administration Trump a également interdit à tout ressortissant américain de faire affaire avec ces responsables turcs.

"Il ne fait aucun doute que cela va grandement endommager les efforts constructifs déployés en vue de régler les problèmes entre les deux pays", a réagi le ministère turc des Affaires étrangères dans un communiqué.

"Il y aura sans délai une réponse à cette attitude agressive qui ne mènera à rien", a-t-il ajouté, alors que la livre turque avait atteint mercredi son plus bas niveau historique face au billet vert (5 livres turques pour 1 dollar).

Accusé par les autorités turques d'activités "terroristes" et d'espionnage, le pasteur Andrew Brunson a été placé il y a tout juste une semaine en résidence surveillée après un an et demi de détention.

"Nous croyons qu'il a été victime d'un traitement injuste et injustifié de la part du gouvernement turc", a commenté Sarah Sanders, la porte-parole de la Maison Blanche, en annonçant les sanctions contre ces responsables turcs.

"La détention injuste du pasteur Brunson et sa poursuite par les autorités turques sont tout simplement inacceptables", a réagi de son côté le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin.

Süleyman Soylu et Abdulhamit Gül ont dirigé des organisations gouvernementales turques responsables de violation des droits de l'homme, estime le Trésor pour justifier ces mesures.

Parallèlement à l'annonce de ces sanctions, le département d'Etat américain a indiqué que le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo avait parlé au téléphone avec son homologue turc Mevlüt Cavusoglu et allait le rencontrer cette semaine à Singapour pour demander la libération du pasteur américain.

Andrew Brunson "doit être libéré de sa résidence surveillée et ramené à la maison", a déclaré à la presse la porte-parole de la diplomatie américaine Heather Nauert.

Mike Pompeo, en route pour Singapour où il participera vendredi et samedi à des réunions régionales, a de son côté rapporté que le président Donald Trump avait estimé que les sanctions annoncées contre des ministres turcs étaient "la mesure appropriée" face au "refus" de libérer ce pasteur.

La tension est montée d'un cran la semaine dernière entre Washington et Ankara, du fait de la détention en Turquie de ce pasteur.

Son placement en résidence surveillée mercredi dernier, après un an et demi de détention, a décuplé les tensions. Donald Trump et son vice-président Mike Pence avaient alors menacé la Turquie de "lourdes sanctions" si Andrew Brunson n'était pas remis en liberté.

- "Evangéliste et sioniste" -

Ankara ne cesse depuis de dénoncer un langage "inacceptable" de la part de son allié au sein de l'Otan.

Par ailleurs, Mike Pence, chrétien évangélique comme M. Brunson, a désigné le pasteur comme une "victime de persécution religieuse" dans une Turquie à majorité musulmane.

"La Turquie n'a aucun problème avec les minorités religieuses", s'est défendu mercredi Recep Tayyip Erdogan.

"Il nous est impossible d'accepter cette mentalité évangéliste et sioniste et ce ton menaçant venant des Etats-Unis", a également déclaré le président turc, répondant aux questions de journalistes à Ankara.

"Personne ne gagnera quoi que ce soit à cette approche pleine de propos menaçants", a-t-il ajouté.

Le pasteur Brunson, qui rejette toutes les accusations portées contre lui, risque jusqu'à 35 ans d'emprisonnement.

Les relations entre la Turquie et les Etats-Unis, qui ont les deux plus grandes armées de l'Otan, sont compliquées par des désaccords sur le dossier syrien et le sort du prédicateur et opposant turc Fethullah Gülen, exilé en Amérique, dont Ankara réclame avec insistance l'extradition pour son implication présumée dans le putsch avorté de juillet 2016.

Cette demande est restée pour l'heure lettre morte.

Le soutien apporté par Washington à la milice syrienne kurde des YPG a en outre fortement tendu les rapports, Ankara voyant dans ce groupe armé une organisation "terroriste" qui menace ses frontières.

Par ailleurs, deux employés locaux des missions américaines en Turquie sont actuellement en détention, et un autre est assigné à résidence.
(AFP, 1 août 2018)

Relations régionales / Regional Relations

Une coalition arabo-kurde prête à un échange avec l'EI pour sauver des civils


Les Forces démocratiques syriennes (FDS), une coalition arabo-kurde soutenue par les Etats-Unis, ont annoncé dimanche leur disposition à échanger des prisonniers du groupe Etat islamique (EI), après la décapitation par les jihadistes de l'un des civils enlevés à Soueida, dans le sud de la Syrie.

"Nous assurons à notre peuple dans la ville de Soueida ainsi qu'aux parents des otages notre totale disposition à tout échange avec Daech afin de les libérer", a déclaré à l'AFP Redur Khalil, porte-parole des FDS, utilisant l'acronyme en arabe de l'EI.

Cette annonce intervient alors les négociations menées par la Russie pour libérer une trentaine de femmes et d'enfants druzes dans la province méridionale de Soueida enlevés par l'organisation ultraradicale, se sont soldées par un échec.

"Cette initiative ne remplace pas la médiation russe. Il s'agit d'une proposition de notre part pour sauver les civils", a ajouté M. Khalil.

Les FDS ont été le fer de lance des combats menés contre l'EI en Syrie, chassant les jihadistes de pans entiers du territoire et capturant des milliers de combattants au fil de la débâcle de l'EI.

Parmi ces derniers figurent des jihadistes étrangers ayant rejoint l'EI en Syrie ainsi que de hauts responsables du groupe extrémiste.

Le 25 juillet, l'EI a lancé des attaques coordonnées dans la province de Soueida ayant fait plus de 250 morts, et enlevé une trentaine de femmes et d'enfants alors que 17 hommes sont portés disparus selon le média en ligne Soueida24 et l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

La décapitation, annoncée dimanche par les mêmes sources, d'un étudiant de 19 ans enlevé du village de Chabké avec sa mère, est la première exécution par l'EI d'un otage civil en Syrie depuis près d'un an.

L'EI n'a pas revendiqué cette exécution ni les enlèvements et n'a pas non plus publié les vidéos sur ses chaînes de propagande traditionnelles.

Les FDS ont entamé fin juillet des négociations inédites avec le régime de Damas sur l'avenir des zones semi-autonomes kurdes dans le nord de la Syrie.

Déclenché en 2011 par la répression brutale de manifestations pacifiques pro-démocratie, le conflit en Syrie s'est complexifié au fil des ans. Il a fait plus de 350.000 morts et des millions de déplacés et réfugiés.
(AFP, 5 août 2018)

Irak: réouverture prochaine du consulat turc à Mossoul

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a annoncé vendredi que son pays allait rouvrir "dans les 100 jours" un consulat à Mossoul (nord de l'Irak), quatre ans après la prise en otage de ses diplomates dans cette ville par le groupe Etat islamique (EI).

"Le consulat général de Mossoul et celui de Bassora (sud de l'Irak) reprendront leurs activités dans les 100 jours", a déclaré M. Erdogan lors de la présentation à Ankara des projets de son gouvernement après sa réélection en juin dernier.

Dans une volonté d'afficher ses ambitions dans le nord de l'Irak, la Turquie avait ouvert un consulat avec des effectifs importants à Mossoul, avant la montée en puissance de l'EI dans la région et en Syrie voisine.

En juin 2014, les jihadistes ont pris d'assaut la représentation turque et retenu en otage les 46 membres du consulat, y compris des diplomates et des enfants, avant de les libérer en septembre après trois mois de captivité.

Si les autorités turques avaient déjà indiqué qu'Ankara souhaitait la réouverture du consulat de Mossoul, c'est la première fois qu'une échéance est fixée.

Par mesure de sécurité, le consulat de Bassora avait été évacué une semaine après la prise de contrôle de celui de Mossoul par l'EI.

En avril 2016, la coalition anti-EI emmenée par les Etats-Unis a détruit, en coordination avec Ankara, le bâtiment consulaire occupé par les jihadistes.

Les circonstances de la libération des otages restent obscures, des articles de presse évoquant à l'époque un échange contre des membres de l'EI détenus par la Turquie.

M. Erdogan, alors Premier ministre, avait affirmé qu'aucune rançon n'avait été versée, évoquant des "négociations diplomatiques et politiques".

L'ancien consul général de Mossoul, Ozturk Yilmaz, s'est lancé dans une carrière politique après sa libération et est devenu vice-président du principal parti d'opposition, le Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate).
(AFP, 3 août 2018)

Les Kurdes syriens vont poursuivre le dialogue avec le régime

Une coalition arabo-kurde engagée dans des négociations inédites avec le pouvoir à Damas a annoncé samedi la création de "comités" chargés de poursuivre les discussions, en vue d'une solution politique prévoyant une "décentralisation".

Longtemps opprimés par le régime, les Kurdes de Syrie ont profité du conflit qui ravage le pays depuis 2011 pour instaurer une autonomie de facto dans les régions sous leur contrôle dans le nord et le nord-est syrien, soit près de 30% du territoire selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Une délégation du Conseil démocratique syrien, bras politique des Forces démocratiques syriennes (FDS) soutenues par Washington, a eu des discussions jeudi à Damas, à l'invitation du gouvernement syrien, les premières du genre.

"Il a été décidé de former des comités pour aller de l'avant dans les négociations afin de régler tous les problèmes en suspens", a indiqué le Conseil démocratique syrien dans un communiqué.

Ces comités se pencheront sur des problématiques d'ordre "économique, militaire, juridique et politique", a précisé Sihanouk Dibo, un conseiller du Parti de l'union démocratique(PYD), une formation représentée au sein du Conseil.

Leur objectif sera "de mettre en place une feuille de route menant à la décentralisation de la Syrie", a-t-il déclaré à l'AFP.

"Il est encore trop tôt pour parler d'un accord mais nous y oeuvrons", a poursuivi le responsable, avant de préciser que les négociations seraient "longues et difficiles car le pouvoir de Damas est très centralisé".

Le régime a Damas n'a pas commenté ces négociations.

Fin 2017, le chef de la diplomatie syrienne Walid Mouallem avait reconnu que les Kurdes syriens souhaitaient "une forme d'autonomie", estimant que cette question était "négociable".

En menant ces négociations à Damas, les Kurdes auraient cherché à préserver au maximum leurs acquis et éviter un conflit avec le régime qui est en position de force après avoir réussi à reconquérir plus de 60% du pays avec l'aide de l'allié russe.

Le président Bachar al-Assad, qui critique le soutien américain aux FDS, avait d'ailleurs menacé en mai de recourir à la force pour reconquérir les territoires kurdes.

La minorité kurde (15% de la population) contrôle de vastes pans de territoires à cheval sur les provinces de Raqa et Alep (nord), mais aussi de Deir Ezzor et Hassaké, où se trouvent d'importants champs pétroliers.

En 2016, la communauté a proclamé une "région fédérale" qui gère ces territoires. Cette administration organise des élections à un niveau local et collecte des impôts. Elle a ses propres forces de police et écoles.

Avec l'appui de la coalition internationale, les FDS, fer de lance de la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI), luttent toujours contre une poche de l'EI à Deir Ezzor.
(AFP, 31 juillet 2018)

Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece

Retour en Grèce de deux soldats libérés d'une prison turque

Les deux soldats grecs libérés d'une prison turque après plus de cinq mois de détention ont atterri dans la nuit de mardi à mercredi à l'aéroport de Thessalonique, ville du nord de la Grèce, a rapporté un journaliste de l'AFP.

Dans la foulée de l'annonce mardi après-midi de la décision de leur libération par un tribunal à Edirne, ville turque où ils étaient détenus depuis mars dernier, le ministre adjoint des Affaires étrangères Georges Katrougalos et le chef adjoint de l'état-major Konstantinos Floros s'y sont rendus à bord d'un avion officiel pour les transférer en Grèce.

Les deux soldats sont sortis de l'appareil en tenue militaire et ont été accueillis vers 03h30 heure locale (00h30 GMT) à l'aéroport de Thessalonique par le ministre grec de la Défense, Panos Kammenos, le chef de l'état-major Alkiviadis Stephanis, une garde d'honneur et leurs parents, selon la même source et des images diffusées en direct par la télévision publique grecque ERT.

"J'espère que leur libération marquera un nouveau chapitre pour les relations gréco-turques", a déclaré le ministre Panos Kammenos aux médias.

"Nous pouvons vivre ensemble dans l'intérêt de nos deux peuples et en respectant le droit international", a-t-il ajouté.

Souriant, les deux soldats ont embrassé leurs parents, qui ont remercié les médias de leur soutien.

"C'était une aventure inédite. Merci pour le soutien des gens", a dit le père d'un des deux militaires.

A l'annonce de la décision du tribunal turc mardi, le Premier ministre grec Alexis Tsipras s'est félicité de la libération des deux soldats, "un acte de justice", qui "va contribuer au renforcement de l'amitié, du bon voisinage et de la stabilité dans la région".

Athènes avait à plusieurs reprises protesté auprès d'Ankara contre leur détention. La question avait été abordée avec le président turc Recep Tayyip Erdogan par les présidents de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et du Conseil européen Donald Tusk au cours d'un sommet récent en Bulgarie.

Dans un tweet publié mardi soir, M. Juncker s'est dit "ravi" de cette libération.

"La Turquie n'a rien à craindre de ses voisins européens. L'Union européenne va poursuivre sa relation stratégique avec la Turquie" tout en espérant voir "un Etat démocratique, stable et prospère", a-t-il écrit, à un moment où les relations sont difficiles entre la Turquie et l'Occident.

Les autorités turques avaient arrêté les deux militaires grecs début mars près de la frontière gréco-turque, en les accusant d'avoir pénétré "dans une zone interdite".

Mais les soldats ont soutenu s'être perdus par erreur en raison "du brouillard lors d'une patrouille frontalière".

Au cours d'une audience mardi dans le cadre de leur procès, le tribunal d'Edirne a décidé de lever leur maintien en détention, à la demande de leurs avocats.

L'arrestation de ces deux militaires grecs a détérioré les relations déjà tendues entre les deux pays voisins ces dernières années.

A l'origine de cette tension, le refus d'Athènes d'extrader vers Ankara huit officiers turcs ayant fui en Grèce et ayant bénéficié de l'asile après le coup d'Etat manqué en Turquie en juillet 2016.
(AFP, 15 août 2018)

Immigration / Migration

Özil "absolument pas" victime de racisme au sein de la Mannschaft, selon Neuer

Le capitaine de l'Allemagne Manuel Neuer a estimé que Mesut Özil, qui a claqué la porte de la Mannschaft en se disant victime de racisme, n'avait "absolument pas" été discriminé au sein de la sélection.

"On a beaucoup parlé (des propos d'Özil) et on a beaucoup écrit dessus. C'est évidemment un sujet qui a été très pénible pour ceux qui ont tout lu", a déclaré le portier du Bayern jeudi soir en marge d'un camp d'entraînement du Bayern Munich, selon des propos rapportés vendredi par la presse allemande.

Mesut Özil, milieu de terrain d'origine turque, n'a "absolument pas" été victime de racisme au sein de la Mannschaft. "Nous avons toujours cherché à intégrer tous les joueurs et avons tout fait pour (qu'ils) aillent jouer avec un bon esprit", a estimé le capitaine de la sélection.

Quitter la Mannschaft, "c'est la décision individuelle de chaque joueur. Il faut que chacun cherche ses propres raisons, et (Mesut Özil) les a trouvées (...). Nous acceptons naturellement cette décision", a-t-il ajouté, appelant désormais l'équipe allemande à "un nouveau départ".

"Nous devons de nouveau avoir des joueurs qui sont vraiment fiers de jouer pour l'équipe nationale et donnent tout pour jouer pour leur pays afin de retrouver la voie du succès", a ajouté Neuer.

"Il n'est pas question de racisme dans l'équipe nationale", a renchéri vendredi l'attaquant de la Mannschaft Thomas Müller, admettant cependant que cet épisode avait été préjudiciable pour l'équipe, éliminée piteusement dès le premier tour du Mondial russe.

"Le débat a été lancé de l'extérieur mais les protagonistes n'ont certainement pas non plus joué un rôle heureux - que ce soit du côté de la Fédération ou des joueurs eux-mêmes", a déclaré Müller en marge du même camp d'entraînement.

Cette affaire est "une discussion hypocrite entretenue par les médias", a-t-il accusé, trouvant alarmant qu'un "tel sujet soit répandu avec délectation". "Et après nous nous étonnons que la société soit divisée", a-t-il lancé.

Mesut Özil, longtemps un modèle d'intégration par le sport, a essuyé des critiques très véhémentes et parfois douteuses avant et après l'élimination humiliante de l'Allemagne du Mondial en Russie.

Il lui a été reproché de manquer de patriotisme en raison d'une photo prise lors d'une rencontre à Londres avec le président turc Recep Tayyip Erdogan en mai.

Excédé, Özil a fini par quitter la Mannschaft fin juillet en accusant le patron de la Fédération, Reinhart Grindel, de le considérer comme Allemand uniquement "quand nous gagnons" mais comme "un immigré quand nous perdons".

L'intéressé a rejeté ces accusations mais admis ne pas avoir suffisamment défendu le joueur.

L'affaire Özil est d'autant plus sensible que l'Allemagne connaît un essor sans précédent de l'extrême droite depuis 1945.
(AFP, 3 août 2018)

M. Di Ripo et Mme Onkelinx, en êtes-vous fiers?

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