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INFO-TURK

A non-government information center on Turkey

Un centre d'information non-gouvernemental sur la Turquie

43rd Year / 43e Année
Novembre
 
2017 November
N° 471
53 rue de Pavie - 1000 Bruxelles
Tél: (32-2) 215 35 76 - Fax: (32-2) 588 69 53
Chief Editor /Rédacteur en chef: 
Dogan Ozgüden

Responsible editor/Editrice responsable:

Inci Tugsavul
Human Rights
Pressures on  media
Kurdish Question
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Interior politics
Armed Forces
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Socio-economics
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Titres des évènements du mois
Titles of this month's events



Droits de l'Homme / Human Rights

Le régime Erdogan veut tuer Nuriye et Semih en enfermant leurs avocats
Ouverture du procès des suspects de l'attentat de l'aéroport d'Istanbul

586 Detention Proceedings Carried Out in Yüksel Resistance
Progressive Legists’ Association Chair Kozağaçlı Detained
Rights Advocates Detained in Front of Human Rights Monument
Call for Release of Arrested Osman Kavala in Financial Times

Rights Foundation: 268 Curfews Declared in 47 Districts in 11 Provinces
Le philanthrope Osman Kavala écroué
Writers, Academics from Europe ask Kavala’s Release


Pression sur les médias / Pressure on the Media

RSF: Les avocats de la défense expulsés, le droit à un procès équitable piétiné
"Préoccupé", un théâtre allemand annule son déplacement à Istanbul
Les 5 collaborateurs du journal "Cumhuriyet"maintenus en détention

Kurdish Question / Question kurde

Séisme au Kurdistan: plus de 415 morts et 7000 blessés
An extract on the stand of Ant Review and Info-Turk as regards to Kurdish Question
 Un an après l'arrestation de son chef, le parti prokurde résiste

Minorités / Minorities

A la recherche des 3.200 yézidis disparus
Profanation d'une stèle en mémoire du génocide arménien

Un négationniste turc à la présidence du CA du CHU Brugmann

Politique intérieure/Interior Politics

Erdogan critique un "quota gay" dans un comité local

Leaked Offshore Activities Linked to PM Yıldırım's Family
Balıkesir Mayor Resigns: I’ve Been Threatened
Le porte-parole du CHP poursuivi pour "insulte au président"

Forces armées/Armed Forces

Missiles anti-aériens: la Turquie signe une lettre d'intention


Affaires religieuses / Religious Affairs
 

First Mufti Marriage Performed

82 étrangers arrêtés dans un nouveau coup de filet anti-EI
Erdogan signe une loi autorisant les religieux à célébrer les mariages
Une Belge accuse le "très violent" Tariq Ramadan

Religious Vocational High Schools Quadruples Science High Schools

Socio-économique / Socio-economic

Ankara interdit un festival de cinéma allemand LGBTI

Erdogan lance un projet d'opéra à Istanbul
Police attack against Real Market Workers in Turkey


Relations turco-européennes / Turkey-Europe Relations

La Turquie va réduire sa contribution au Conseil de l'Europe


Turquie-USA-OTAN / Turkey-USA-NATO

Spéculations sur le sort de Reza Zarrab détenu aux Etats-Unis

Un ex-conseiller de Trump aurait envisagé de livrer Gülen contre paiement
Washington et Ankara annoncent une reprise "limitée" des visas

Relations régionales / Regional Relations

Sommet Turquie-Russie-Iran sur la Syrie à Sotchi le 22 novembre

En visite au Qatar, Erdogan promet une aide militaire à Doha
Accord sur un couloir de transport reliant l'Afghanistan à la Turquie

Bagdad contrôle la frontière entre Turquie et Kurdistan irakien

Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece


Immigration / Migration

Les Belgo-Turcs avertis par la Belgique
Crise au PS: Özkara compte sur le soutien de Laurette Onkelinx

Six mois pour avoir menacé la Secrétaire d'Etat Zuhal Demir
Bruxelles, depuis toujours, terre d’exil pour réprouvés

Droits de l'Homme / Human Rights

Le régime Erdogan veut tuer Nuriye et Semih en enfermant leurs avocats

Selçuk Kozagaçli, président de l'Association turque des juristes progressistes (Cagdas Hukukçular Dernegi) et avocat de tous les "damnés de la terre" et du dessous de la terre ("gueules noires" ensevelies dans leur mine à Soma, opposants politiques assassinés par les escadrons de la mort, étudiants torturés...) a été arrêté mercredi 8 novembre en compagnie d'Onur Karasu, un autre avocat.

Tous deux ont été emmenés à la direction de la Sûreté à Ankara.

L'arrestation de Selçuk Kozagaçli est la dernière d'une longue série de rafles visant les avocats soutenant l'opposition.
Sont particulièrement visés les avocats qui défendent Nuriye Gülmen et Semih Özakça, deux enseignants qui luttent contre les purges du régime Erdogan depuis et qui sont en grève de la faim depuis 250 jours pour leur réintégration.

Nuriye Gülmen est en détention depuis le 22 mai entre la prison et l'hôpital tandis que Semih Özakça a été libéré et assigné à résidence le 20 octobre dernier.

Depuis le début des purges d'Erdogan, des milliers d'opposants ont été incarcérés dont des activistes d'Amnesty International, des journalistes, des députés, des syndicalistes, des musiciens et des blogueurs.
En arrêtant les 17 avocats de Nuriye et Semih, le régime montre sa claire intention de laisser ces 2 profs sans défense et à terme, de les condamner à la mort.

Selçuk Kozagaçli, appelle tous ces soutiens à se concentrer en priorité sur l'audience de Nuriye et Semih 17 novembre prochain, ultime chance pour Nuriye de sortir en vie de sa captivité.

A Bruxelles, un groupe des avocats belge ont protesté le 16 novembre devant le Consulat turc l'arrestation des avocats en Turquie.

Ouverture du procès des suspects de l'attentat de l'aéroport d'Istanbul

Le procès de plus de quarante suspects, qui encourent plusieurs peines de prison à vie pour leur implication présumée dans l'attentat qui a fait 45 morts à l'aéroport principal d'Istanbul en juin 2016, s'est ouvert lundi.

Quarante-six suspects, dont 42 sont en détention provisoire et 4 toujours recherchés, sont jugés à partir de lundi à Silivri à la lisière d'Istanbul. Seize d'entre eux sont des ressortissants russes, et parmi les autres figurent des Tchétchènes, des Tunisiens, des Egyptiens, des Algériens, des Syriens et des Turcs, a précisé l'agence étatique Anadolu.

Ils risquent jusqu'à 46 peines de prison à perpétuité chacun pour "tentative de renversement de l'ordre constitutionnel" et "assassinat", mais aussi entre 2.132 et 3.342 ans d'emprisonnement notamment pour appartenance à et "instauration et direction" d'une "organisation terroriste", selon Anadolu.

L'attaque, parmi les plus meurtrières que la Turquie ait connues, a eu lieu tard dans la soirée du 28 juin 2016 lorsque trois hommes ont tiré sur la foule dans le hall de l'aéroport Atatürk d'Istanbul avant de déclencher leurs ceintures d'explosifs, tuant 45 personnes, dont 19 étrangers, et faisant 163 blessés.

L'attentat n'a pas été revendiqué, mais Ankara l'a imputé au groupe Etat islamique (EI).

Deux des auteurs de l'attentat ont été identifiés comme étant Vadim Osmanov et Rakhim Bulgarov, tandis que le nom du troisième, jamais diffusé, ne figure pas dans l'acte d'accusation.

Les autorités avaient affirmé à l'époque qu'il s'agissait d'un Russe, d'un Ouzbek et d'un Kirghize entrés en Turquie depuis la ville syrienne de Raqa --fief le plus important de l'EI qui en a été chassé mi-octobre cette année-- un mois avant l'attentat.

La Turquie a été frappée depuis deux ans par de nombreux attentats meurtriers attribués ou revendiqués par l'EI, dont le dernier en date a fait 39 morts, principalement des étrangers, dans une discothèque huppée d'Istanbul la nuit du Nouvel An dernier.

Depuis cette attaque, les autorités procèdent régulièrement à l'arrestation de "terroristes" présumés, tandis que les mesures de sécurité ont été considérablement renforcées.
(AFP, 13 novembre 2017)

586 Detention Proceedings Carried Out in Yüksel Resistance

The Human Rights Association (İHD) declared its report regarding rights violations against demonstrations and protests on Yüksel Street in capital Ankara.

İHD members would have made the report public in front of the Human Rights Monument on Yüksel Street. However, the rights defenders were detained as soon as they reached the monument.

Detained in the afternoon hours, the rights defenders were released last night (November 9). Yesterday was the first anniversary of the arrested Nuriye Gülmen, who has been on hunger strike.

The report stated that legal applications were left unresponded, and then the discharged civil servants have had to seek their rights through democratic and peaceful ways.

In detention on remand, academic Nuriye Gülmen who has been on hunger strike started her protest a year ago with a banner reading "I want my job".

Many protesters including discharged teacher Semih Özakça and Acun Karadağ, and discharged civil servant Veli Saçılık supported Gülmen.

Protesters attempting to issue statements for the press on Yüksel Street have been battered every day. They are attacked with pepper gas and taken into custody.

Gülmen and Özakça are on the 247th day of their hunger strike.

The report also said, “113,000 civil servants have been discharged through statutory decrees issued under the State of Emergency so far despite it openly contravenes law. The European Court of Human Rights hasn’t accepted the applications.

Concerning the police interventions throughout the whole year, the report said, “police intervened in protesters issuing statement for the press every day and carried out 586 detention proceedings as a result of these interventions”.
(BIA, November 10, 2017)

Progressive Legists’ Association Chair Kozağaçlı Detained

Progressive Legists’ Association (ÇHD) Chair and a People’s Law Bureau lawyer Selçuk Kozağaçlı has been detained.

People’s Law Bureau stated that Kozağaçlı was detained at around 10 p.m. last night (October 8) and taken to İstanbul Security Directorate on Vatan Street.

Lawyer Murat Çelik made the following statement in the wake of his meeting with Kozağaçlı at the police station:

“His spirits are high, he sent his regards. He said that he was detained by four-five police officers by being put into a car by force as he was on his way to the meeting he would held with bar presidents. Police told them that there was a detention warrant for him. He was prepared for similar practices.

“He was subjected to violence during custody. He said that he was battered during the search at the police station”.

The association was closed; 18 lawyers are in detention on remand

The ÇHD was among the 375 associations and nine media outlets that were closed through Statutory Decree No. 677 issued under the State of Emergency.

14 lawyers from ÇHD’s İstanbul and Ankara branches and People’s Law Bureau were detained a day before the hearing of Nuriye Gülmen and Semih Özakça whom the lawyers represented.

Lawyers Didem Baydar, Şükriye Erden, Ayşegül Çağatay, Ebru Timtik, Aytaç Ünsal, Zehra Özdemir, Yağmur Ereren, Engin Gökoğlu, Süleyman Gökten, Aycan Çiçek, Naciye Demir, Behiç Aşçı, Barkın Timtik and Özgür Yılmaz have been under arrest since September 21. Lawyer Ahmet Mandacı was arrested 10 days after it. Besides, an intern attorney is under arrest as well.

Lawyers Özlem Gümüştaş and Sezin Uçar from the Law Bureau of the Oppressed were arrested ahead of the Suruç trial on October 25.
(BIA, November 10, 2017)

Rights Advocates Detained in Front of Human Rights Monument

Speaking to bianet from a detention vehicle, Human Rights Association (İHD) Chair Öztürk Türkdoğan has said that they have been detained in front of the Human Rights Monument as they rallied to issue a statement in protest of demonstration ban in front of the monument on Yüksel Street.

Seven people were detained including Seyri Sokak reporter along with Türkdoğan on Yüksel Street in Turkey’s capital Ankara. Nazan Bozkurt and Celil Aslan, who chanted slogans “May Nuriye [Gülmen] and Semih [Özakça] be reinstated to their jobs” in front of the monument in the morning hours, were detained.

“Rights defenders weren’t allowed to issue a statement on human rights”

Türkdoğan said that the police approached them when they rallied in front of the monument and forcibly put them into the detention vehicle and that they haven’t been given any information.

“Ankara Governorship had imposed a demonstration ban. We believe that the police detained us based on this decision. No explanation was made to us during the detention.

“I am in the detention vehicle at the moment. We weren’t told anything but we presume that we will first be taken to a hospital for physical examination and then to the Security Directorate by procedure. We don’t know anything.

“As rights defenders, we are not allowed to exercise the most fundamental rights such as issuing a statement for the press. The rights defenders weren’t allowed to make a statement about human rights. This is the consequence of arbitrary governing. The State of Emergency is practiced in its severest way”.
(BIA, November 9, 2017)

Call for Release of Arrested Osman Kavala in Financial Times

An article calling for the release of Osman Kavala was published in Financial Times today (November 7). Prominent figures including Carl Bildt, Timothy Garton Ash, Ivan Krastev, Kalypso Nicolaidis, Claus Offe, Chris Patten, Javier Solana and Nathalie Tocci signed the declaration.

The article reads:

We write to draw attention to the wholly unjustified detention of Osman Kavala, one of Turkey's most prominent citizens and a committed European. Mr. Kavala has been charged with almost single-handedly destroying Turkey`s constitutional order.

Mr. Kavala is well known across European academia and civil society. For decades, he has used arts, culture and dialogue to facilitate exchanges throughout Turkey, its neighborhood, and across Europe. He is modest, gracious, and decent to a fault. He is the favoured partner of many major European institutions. When the Council of Europe needed a partner in Turkey, they sought Mr Kavala. Turkey, is of course a founding member of the Council of Europe. He  was also one of the first to warn against covert Gulenists networks, who were responsible for last year's coup attempt.

After 14 days in police custody, a  court in Istanbul decided, on November 1, to charge Mr. Kavala with attempting to overthrow the constitutional order and for having ties to terrorist organizations. For a man who has spent his life  advancing democracy and dialogue, and who gave an early warning against the dangers of Gulenist influence, these charges are beyond ridiculous.

Turkey has endured a serious trauma  in the July 2016 attempted coup, and Europe should have  done more to show solidarity with the Turkish people. European states and institutions should assist Turkey in its efforts to investigate and prosecute the perpetrators of the failed coup attempt, but only if the Turkish judiciary drops such farcical and grotesque prosecutions as that of Osman Kavala. As friends of the Turkish people, we ask the Turkish authorities to release Mr Kavala”.

About the signatories

Carl Bildt: Former Prime Minister of Sweden. He not only criticized the July 15 coup attempt in Turkey but also the coup staged by Abdel Fattah el-Sisi in Egypt and also slammed Europe for not sufficiently raising its voice against both coups.

Javier Solana: Former Minister of Foreign Affairs of Spain. He had brought the EU summit decision reading “Turkey is a candidate country” as the EU Foreign Affairs Specialist by a private jet in person in December 1999. He is now the President of ESADE University.

Chris Patten: President of Oxford University.

Timothy Garton Ash and Kalypso Nicolaidis: The two academics who organized the statement entitled “We take side with Turkish people and Turkish democracy” signed by 50 people following the April 27 military memorandum.

Claus Offe: One of the most important academics from Germany.

Ivan Krastev and Nathalie Tocci: They signed some of the positive reports written for Turkey over the last 15 years in Europe.

What happened?

Anadolu Kültür Executive Board Chair, human rights advocate and businessperson Osman Kavala was taken into custody in the evening hours on October 18 at İstanbul Atatürk Airport upon his return from a meeting of a project planned to be realized in cooperation with Goethe Institute in Antep.

He was targeted by some pro-government newspapers following his detention.

Speaking at the weekly group meeting of his party, President and Justice and Development Party (AKP) Chair Recep Tayyip Erdoğan referred to Kavala as the "Soros of Turkey", mentioning his name and said:

"Some try to deflect the truth by means of praises attributed to him such as 'He was a good citizen, a media member, an NGO representative'. The identity of this figure called 'Soros of Turkey' has been uncovered. That was his name that came up in Consulate General [investigation]. All connections have surfaced. And there is the same person behind the incidents in Taksim. You see those people again behind funds transfer to certain places. Who are you trying to fool?"

His detention also sparked criticism on international level.

US thinker and professor in linguistics, Noam Chomsky, United States Department of State Spokesperson Heather Nauert and European Parliament Rapporteur for Turkey Kati Piri denounced Kavala's detention and demanded that he be released immediately.

On October 31, a group of 35 academics, writers and researchers coming together under the guidance of the European Network on Political Group Analysis Jean-François Bayart, addressed an open letter to President Erdoğan for Kavala's release.

About Osman Kavala

Kavala was born in Paris in 1957. He graduated from Department of Economy at Manchester University.

He has been working as executive at Kavala Group since 1982.

He participated in the foundation of Turkey's one of the most prominent publishing houses, İletişim Publications, with Murat Belge.

He served as member of administrative boards of business institutions and NGOs such as Turkey-Poland Business Council, Turkey-Greece Business Council, and Center For Democracy in Southeast Europe.

Kavala is a member of Turkish Economic and Social Studies Foundation (TESEV) Administrative Board, Open Society Institute Consulting Board, and supporter of Helsinki Citizens' Assembly, History Foundation and Diyarbakır Culture House.
(BIA, November 7, 2017)

Rights Foundation: 268 Curfews Declared in 47 Districts in 11 Provinces

The Human Rights Foundation of Turkey (TİHV) has compiled the curfews declared since August 16, 2015.

According to TİHV’s data, between 16 August 2015 and 1 November 2017, there has been at least 268 officially confirmed round-the-clock [all daylong] and/or open-ended curfews in 11 cities and at least 47 districts of Turkey.

The statement also noted that “the curfews were implemented like this for the first time”.

The relevant cities and districts that curfews implemented are as follow: Diyarbakır (145 times), Mardin (45 times), Hakkari (23 times), Şırnak (13 times), Bitlis (13 times), Muş (7 times), Bingöl(7 times), Tunceli (6 times), Batman (5 times), Elazığ (2 times) and Siirt (2 times).

“At least 1,809,000 residents have been affected”

“It is estimated that, according to the 2014 population census, at least 1 million 809 thousand residents have been affected by these curfews and fundemental rights of these people such as  right to liberty and security of person; right to privacy, family, home or correspondence; freedom of assembly and association; freedom of religion; freedom of receive and impart information; right to reserve of property; right to education and especially right to life; right to health and prohibition of torture are explicitly violated.

“Yet, this data is not possible to be updated since the regions of curfews slid to the villages and flatlands in 2016, by the reason that their population census is whether not taken or not released to the public”.
(BIA, 1 November 2017)


Le philanthrope Osman Kavala écroué

L'homme d'affaires et philanthrope turc Osman Kavala, en garde à vue depuis deux semaines, a été placé en détention préventive mercredi à Istanbul, dans l'attente d'un procès pour liens avec le coup d'Etat manqué de juillet 2016, selon l'agence étatique Anadolu.

Selon Anadolu, M. Kavala a été incarcéré sur la base d'accusations initiales de "tentative de renverser l'ordre constitutionnel" et "tentative de renverser le gouvernement", dans le cadre d'une enquête sur le putsch manqué du 15 juillet 2016 et sur un scandale de corruption qui a éclaté en décembre 2013 et qui impliquait des proches du président Recep Tayyip Erdogan ainsi que des ministres.

M. Erdogan avait qualifié ce scandale de complot fomenté par le prédicateur installé aux Etats-Unis Fethullah Gülen, à qui Ankara a également imputé la tentative de coup d'Etat.

Ces accusations sont susceptibles d'êtres changées dans l'acte d'accusation qui peut mettre des mois à être finalisé.

Les médias turcs avaient rapporté la semaine dernière que l'enquête dans le cadre de laquelle est poursuivi M. Kavala vise également Metin Topuz, un employé du consulat américain à Istanbul dont l'interpellation début octobre a provoqué une nouvelle crise diplomatique entre Ankara et Washington.

Né à Paris, Osman Kavala est le co-fondateur de l'une des plus grandes maisons d'édition turques, Iletisim Yayinlari, et préside l'ONG Kültür Anadolu (Culture Anatolie) qui oeuvre à surmonter les différences au sein de la société turque à travers la culture et les arts.

Cette organisation s'est également efforcée de jeter des ponts entre la Turquie et l'Arménie, dont les relations sont quasi inexistantes en raison du différend qui les oppose sur la question du génocide arménien pendant la Première Guerre mondiale.

La Turquie refuse le terme de "génocide" affirmant qu'il s'agissait d'une guerre civile, doublée d'une famine, dans laquelle 300.000 à 500.000 Arméniens et autant de Turcs ont trouvé la mort.

L'arrestation le 18 octobre de M. Kavala à l'aéroport d'Istanbul a renforcé les inquiétudes quant à la dégradation de la situation des droits de l'Homme en Turquie, où plus de 50.000 personnes ont été arrêtées depuis le putsch manqué. (AFP, 1 nov 2017)

Writers, Academics from Europe ask Kavala’s Release

A group of 35 academics, writers and researchers have come together under the guidance of the European Network on Political Group Analysis Jean-François Bayart, and addressed an open letter to President and Justice and Development Party (AKP) Chair Recep Tayyip Erdoğan. The group demanded Anadolu Kültür Executive Board Chair, businessperson Osman Kavala, who is known for his NGO works, be released immediately.

In the open letter, the signees have expressed their dismay over President Erdoğan's statement regarding Kavala's detention, calling Kavala "the Soros of Turkey" have noted that the accusations about Kavala were products of manipulation and identified Kavala as "a man of culture and peace". We ask you that Osman Kavala be released as soon as possible so that he can continue to serve his country, the dialogue it has with its European or Caucasian neighbors, and the cause of civil peace in which we are all dedicated".

The signees of the open letter are:

Fariba Adelkhah (Paris), Richard Banégas (Paris), Roberto Beneduce (Turin), Filip de Boeck (Louvain), Irene Bono (Turin), Florence Brisset-Foucault (Paris), Armando Cutolo (Sienne), Andreas Eckert (Berlin), Peter Geschiere (Amsterdam), Miroc Goepfert (Constance), Thornike Gordadze (Paris), Gabriella Gribaudi (Naples), Sten Hagberg (Upsalla), Béatrice Hibou (Paris),, Alessandro Jedlowski (Liège), Antoine Kernen (Lausanne), Michal Kozlowski (Varsovie), Denis Lacorne (Paris), Giovanni Levi (Venise), John Lonsdale (Cambridge), Roland Marchal (Paris), Alfio Mastropaolo (Turin), Françoise Mengin (Paris), Eric Morier-Genoud (Belfast), Didier Péclard (Genève), Isabel Raposo (Lisbonne), Jean-Louis Rocca (Paris), Boris Samuel (Rabat & Paris), Ramon Sarro (Oxford), Klaus Schlichte (Brême), Ricardo Soares de Oliveira (Oxford), Simona Taliani (Turin), Bruno Théret (Paris), Mohamed Tozy (Casablanca & Aix).

What happened?

Anadolu Kültür Executive Board Chair, businessperson Osman Kavala, was taken into custody in the evening hours on October 18 at İstanbul Atatürk Airport on his return from a meeting of a project planned to be realized in cooperation with Goethe Institute in Antep.

CLICK - Activist, Businessperson Osman Kavala Detained

He was targeted by some pro-government newspapers following his detention.

Speaking at the weekly group meeting of his party, President Erdoğan had referred to Kavala as "Soros of Turkey", mentioning his name and said:

"Some try to deflect the truth by means of praises attributed to him such as 'He was a good citizen, a media member, an NGO representative. Identity of this figure called 'Soros of Turkey' has been uncovered. That was his name that came up in Consulate General [investigation]. All connections have surfaced. And there is the same person behind the incidents in Taksim. You see those people again behind funds transfer to certain places. Who are you trying to fool?"

Osman Kavala is still in detention.
(BIA, 31 October 2017)

Pression sur les médias / Pressure on the Media

RSF: Les avocats de la défense expulsés, le droit à un procès équitable piétiné

Un revers sans précédent pour le droit à un procès équitable en Turquie : le 13 novembre 2017, le juge en charge du procès des célèbres journalistes Ahmet Altan, Mehmet Altan et Nazlı Ilıcak a expulsé de la salle d’audience les quatre avocats des frères Altan. Les journalistes ont été contraints d’assurer leur défense eux-mêmes par vidéoconférence depuis la prison de Silivri.

ARTICLE 19, PEN International, PEN Norvège et Reporters sans frontières (RSF) condamnent cette violation manifeste du droit à un procès équitable et demandent la libération immédiate des journalistes, ainsi que la levée de toutes les accusations.

Ahmet Altan, Mehmet Altan et Nazlı Ilıcak sont accusés d’avoir “préparé le terrain” de la tentative de putsch de juillet 2016 à travers leurs propos critiques du gouvernement. Leur procès s’inscrit dans une vague d’arrestations et de procès d’intellectuels, d’écrivains et de journalistes visant à museler toute contestation politique suite à la tentative de coup d’Etat.

“C'est la première fois en 40 ans d’exercice que je suis expulsé du tribunal pour avoir tenté de remplir mon devoir d’avocat : défendre mon client”, déclare Ergin Cinmen, qui coordonne la défense des frères Altan. Avant d’être expulsé, il avait fait valoir que la défense avait le droit d’accéder à l’ensemble des éléments à charge contre ses clients avant que le procureur ne présente son réquisitoire. Les trois autres avocats des frères Altan ont ensuite demandé la récusation du juge pour son manque d’impartialité. Mais ce dernier leur a refusé la parole puis, face à leurs protestations, il les a expulsés du tribunal pour le reste de la journée.

En l’absence de leurs avocats, les frères Altan ont demandé leur libération sous caution, ce qui a de nouveau été rejeté. La demande de remise en liberté de Nazlı Ilıcak a elle aussi été rejetée. Au terme de l’audience, le juge a également ajouté le Parlement turc à la liste des plaignants.

Les frères Altan sont poursuivis pour avoir “tenté de renverser le gouvernement, la Constitution et le Parlement par la violence ou par la force”, alors que seuls leurs propos sont mis en cause. Il s’agit d’accusations standard, pour lesquelles les accusés sont maintenus en détention provisoire même s’ils ne présentent aucun risque de fuite. Dans une autre affaire, le 14 juillet 2017, la Cour suprême a pourtant statué en appel que de telles accusations supposaient un recours à la violence et ne pouvaient simplement se fonder sur des déclarations. L’accusation doit en outre pouvoir établir que le prévenu avait connaissance de la préparation d’un crime (ici, la tentative de putsch) et qu’il agissait bien sous les ordres d’une organisation terroriste.

Autre développement inquiétant dans ce procès : le procureur vient d’être remplacé. “Le fait que la composition de la Cour ne cesse de changer constitue une autre violation flagrante du droit”, déclare Burhan Sönmez, membre du conseil d’administration de PEN International.

“Dans sa manière de traiter la défense et les accusés, le juge a constamment fait preuve de parti pris à leur encontre”, dénonce Pierre Haski, président de RSF.

“Les frères Altan et Nazlı Ilıcak ne sont jugés que pour avoir exercé leur droit à la liberté d’expression. Ils doivent être immédiatement libérés”, a déclaré Katie Morris, responsable du Programme Europe et Asie centrale d’ARTICLE 19. “Le déni de leur droit à un procès équitable souligne le prix bien lourd que paient les journalistes et écrivains turcs pour faire leur travail. Il a indéniablement un effet d’intimidation plus large sur la liberté d’expression dans le pays.”

Ahmet et Mehmet Altan ainsi que Nazlı Ilıcak font également l’objet de restrictions exceptionnelles dans l’accès à leurs avocats, qu’ils n’ont le droit de rencontrer qu’une fois par semaine et sous surveillance.

Pour aller plus loin :

ARTICLE19, PEN International, PEN Norvège et RSF sont intervenues conjointement auprès de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) pour appuyer le recours des frères Altan et de Nazlı Ilıcak, soulignant l’impact de cette affaire pour la liberté d’expression en Turquie sous le régime de l'État d’urgence.

ARTICLE19 a également soumis à la justice turque un amicus curiae dans ce dossier, à l’ouverture du procès, en juin 2017.

"Préoccupé", un théâtre allemand annule son déplacement à Istanbul

L'un des plus célèbres théâtres berlinois a annoncé mardi avoir annulé sa participation très attendue au Festival de théâtre d'Istanbul, en raison de sa "préoccupation" après l'arrestation de plusieurs ressortissants allemands en Turquie.

Le Schaubuehne Berlin, qui devait donner mi-novembre deux représentations de la pièce "Richard III" de Shakespeare lors de ce festival, a indiqué à l'AFP être "préoccupé pour (ses) employés" en raison de la situation politique en Turquie.

Après la tentative de putsch du 15 juillet visant à renverser le président Recep Tayyip Erdogan, Ankara a lancé des purges d'une ampleur sans précédent, arrêtant plus de 50.000 personnes, dont des opposants, des journalistes critiques et des militants des droits de l'Homme.

Plusieurs ressortissants allemands ou binationaux germano-turcs ont été arrêtés : c'est le cas notamment d'un journaliste du quotidien Die Welt, Deniz Yücel, écroué depuis février, et d'un militant des droits de l'Homme, Peter Steudtner, remis en liberté provisoire fin octobre après plusieurs mois d'incarcération. Il a depuis quitté le pays.

"Comme il nous était impossible dans la situation actuelle de garantir la sécurité de ceux qui devaient y participer, nous avons été contraints de ne pas nous rendre en Turquie", a indiqué le Schaubuehne dans un communiqué.

Le théâtre, qui a régulièrement participé au festival d'Istanbul ces dernières années, s'est dit "profondément désolé de décevoir" le public, ajoutant espérer revenir en Turquie en "des temps plus paisibles".

Le Schaubuehne a joué dans le monde entier sa version de "Richard III", l'une des plus célèbres pièces shakespeariennes qui raconte l'ascension et la chute du monarque britannique de sinistre réputation ayant vécu au 15ème siècle.

Le Festival du théâtre d'Istanbul doit commencer le 13 novembre et accueillera plusieurs artistes étrangers, dont le chorégraphe français Angelin Preljocaj.
(AFP, 7 novembre 2017)

Les 5 collaborateurs du journal "Cumhuriyet"maintenus en détention

Le procès pour "activités terroristes" de collaborateurs du journal d'opposition Cumhuriyet, emblématique de l'érosion de la liberté de la presse en Turquie, a repris mardi à Istanbul, ainsi que celui de la romancière Asli Erdogan accusée de "propagande".

Au total, 17 dirigeants, journalistes et autres employés actuels ou passés de Cumhuriyet, dont quatre sont en détention préventive depuis plusieurs mois, sont accusés d'avoir aidé trois "organisations terroristes armées". Ils risquent jusqu'à 43 ans de prison.

Le tribunal a ordonné le maintien en détention préventive des quatre accusés emprisonnés. La prochaine audience a été fixée au 25 décembre.

Peu avant le début de l'audience, plusieurs dizaines de personnes soutenant Cumhuriyet, un journal farouchement critique du président Recep Tayyip Erdogan, s'étaient rassemblées devant le tribunal de Caglayan pour réclamer "justice", selon une journaliste de l'AFP.

"Stop à la chasse aux opposants, à l'arrestation de journalistes", ont-ils scandé.

Cette nouvelle audience du procès, symbolique des atteintes à la liberté de la presse depuis la tentative de coup d'Etat du 15 juillet 2016, se déroule un an jour pour jour après une première vague d'arrestations visant des collaborateurs de Cumhuriyet.

Parmi les quatre accusés maintenus en détention pour encore au moins deux mois figurent de grands noms de la presse turque.

Arrêté le 31 octobre 2016, le rédacteur en chef du journal, Murat Sabuncu, est détenu depuis 366 jours, ainsi que le patron du quotidien, Akin Atalay. Le journaliste d'investigation Ahmet Sik se trouve derrière les barreaux depuis 305 jours tandis qu'un comptable, Yusuf Emre Iper, est détenu depuis 208 jours.

M. Sabuncu a juré lors de l'audience que Cumhuriyet "ne s'est pas soumis aux pressions et ne le fera jamais".

Affirmant croire que "le pouvoir judiciaire n'est pas indépendant" en Turquie, M. Atalay a lui estimé que leurs détentions "ne sont pas basées sur des motifs légaux mais politiques".

Les 17 collaborateurs du journal sont accusés d'avoir soutenu trois groupes considérés comme "terroristes" par Ankara, le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK, mouvement séparatiste kurde armé), l'organisation d'extrême gauche Parti-Front révolutionnaire de libération du peuple (DHKP-C), ainsi que le mouvement du prédicateur Fethullah Gulen.

Le putsch avorté a été suivi d'arrestations massives de partisans présumés du prédicateur Fethullah Gülen, désigné par Ankara comme le cerveau du coup de force, malgré ses dénégations. Mais ces purges ont aussi visé des médias critiques et les milieux prokurdes.

Ainsi, la romancière Asli Erdogan, poursuivie pour "propagande terroriste" en faveur de la rébellion kurde du PKK, est elle aussi appelée à se rendre au tribunal mardi. Dans ce procès, elle risque la prison à vie.

La romancière, qui n'a aucun lien de parenté avec le président Erdogan et qui n'était pas présente à l'audience mardi, est poursuivie pour avoir collaboré au journal kurde Özgür Gündem. Son arrestation et sa détention pendant 132 jours avaient provoqué une vague d'indignation en Turquie et en Occident.

Le tribunal a ordonné mardi la remise en liberté conditionnelle du rédacteur en chef d'Özgür Gündem, Inan Kizilkaya, et du directeur de la publication Kemal Sancili, également poursuivis dans ce procès, selon un avocat de la défense. Tous deux font néanmoins l'objet d'une interdiction de quitter le territoire.

La Turquie occupe la 155e place sur 180 au classement 2017 de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières.
(AFP, 31 octobre 2017)

Kurdish Question / Question kurde

Séisme au Kurdistan: plus de 415 morts et 7000 blessés

«J’ai senti une violente secousse et, d’un coup, l’électricité a été coupée. Aussitôt, avec ma famille, nous sommes sortis de la maison.» Au milieu des décombres, revenu constater les dégâts à Darbandikhan, localité montagneuse du Kurdistan irakien, Louqman Hussein témoigne de la frayeur ressentie dimanche soir. Malheureusement, plus de 400 personnes n’ont pas eu sa chance, victimes du puissant séisme de magnitude de 7,3 sur l’échelle de Richter. Si l’épicentre a été localisé à 32 km au sud-ouest de la ville kurde d’Halabja, en territoire irakien, c’est en Iran que se concentre l’essentiel des victimes, toutes recensées dans la province occidentale de Kermanshah. Le bilan, provisoire, faisait également état, lundi soir, de 7000 blessés.

Le bilan ne cessait d’évoluer lundi, et l’on craignait de dénombrer de nouvelles victimes une fois la région atteinte par les secours, celle-ci étant montagneuse et difficile d’accès: «Côté iranien, il s’agit de la région la plus pauvre du pays, observe Jordi Tejel, enseignant à l’Institut d’histoire de l’Université de Neuchâtel et spécialiste de la question kurde. Les gens construisent les maisons de façon sommaire et traditionnelle, avec de la terre et des pierres. Donc à la moindre secousse, tout s’effondre. De plus, la région manque d’investissements et est quelque peu délaissée par le pouvoir central. D’une part parce qu’elle est située à la périphérie, d’autre part parce que c’est une région kurde, elle apparaît donc quelque peu déloyale aux yeux de Téhéran. Les infrastructures étant peu développées, l’accès par route est très compliqué.» Une situation confirmée sur place par Pir Hossein Koolivand, chef du service national d’urgence: «En raison de glissements de terrain, il est difficile d’envoyer des équipes de secours dans les villages car les routes ont été coupées.» Dans la ville iranienne de Sarpol-e-Zahab, la plus touchée, avec plus de 300 morts, les blessés n’ont pas tous pu être soignés, l’hôpital s’étant effondré. Les plus chanceux ont été transportés par hélicoptère.

Sur place, les survivants s’apprêtaient à passer, lundi soir, une seconde nuit dehors. Et ils voient l’aide humanitaire arriver au compte-gouttes. Une trentaine d’équipes de secouristes du Croissant-Rouge iranien s’activaient. «Vingt-deux mille tentes, 52 000 couvertures ainsi que près de 17 tonnes de riz et 100 000 conserves ont été envoyées dans la région, et plus de 200 000 bouteilles d’eau ont été distribuées», s’est défendu le gouvernement iranien, faisant face au défi d’abriter et de nourrir des dizaines de milliers de sans-abri. Malgré les dégâts, les autorités n’ont, pour l’instant, pas émis d’appel à l’aide internationale.

Il faut dire qu’elles sont habituées à ce genre de catastrophe. En effet, les tremblements de terre sont fréquents en Iran. En décembre 2003, un séisme avait anéanti la ville historique de Bam, dans le sud-est, faisant au moins 31 000 morts. En avril 2013, l’Iran avait subi, à quelques jours d’intervalle, deux séismes de magnitude 6,4 et 7,7, la plus forte secousse depuis 1957 dans ce pays. Ils avaient fait une quarantaine de morts en Iran et autant au Pakistan voisin. En juin 1990, un tremblement de terre d’une magnitude de 7,4 près de la mer Caspienne (nord) avait fait 40 000 morts, plus de 300 000 blessés et 500 000 sans-abri. (TDG, November 13, 2017)

militantAn extract
on the stand
of
Ant Review
and
Info-Turk
as regards to
Kurdish
Question


Published by Praeger in California, 2011

Un an après l'arrestation de son chef, le parti prokurde résiste

Un an après l'arrestation de son charismatique chef de file Selahattin Demirtas, le principal parti prokurde de Turquie refuse de jeter l'éponge, mais aura fort à faire pour rester une force majeure d'opposition au président Recep Tayyip Erdogan.

M. Demirtas a été arrêté avec une dizaine d'autres députés du Parti démocratique des peuples (HDP) le 4 novembre 2016, alors que les purges lancées après le coup d'Etat manqué du 15 juillet 2016 s'étendaient aux milieux critiques et prokurdes.

Accusé d'être membre et de faire de la propagande pour le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), organisation classée "terroriste" par Ankara et ses alliés occidentaux, M. Demirtas, 44 ans, risque jusqu'à 142 ans d'emprisonnement.

Le gouvernement "essaie de mettre fin au parti. Mais il n'y arrivera pas", a déclaré à l'AFP Serpil Kemalbay, nommée en mai co-présidente du parti pour succéder à Figen Yüksekdag, qui co-dirigeait le HDP avec M. Demirtas et a été arrêtée avec lui.

Le HDP, troisième formation au Parlement turc, a toujours nié tout lien avec la rébellion armée kurde, affirmant être ciblé par les autorités pour son opposition farouche au président Erdogan.

Actuellement, neuf députés du HDP sont en prison, selon les chiffres du parti. Cinq de ses 59 députés élus en novembre 2015 ont également été déchus de leur mandat, dont Mme Yüksekdag, et 55 d'entre eux font l'objet d'une ou plusieurs enquêtes.

En outre, depuis la rupture à l'été 2015 d'un cessez-le-feu avec le PKK qui visait à mettre fin à un conflit qui a fait plus de 40.000 morts depuis 1984, plus de 4.500 membres et sympathisants du HDP ont été incarcérés à travers le pays, selon le parti.

Pour Filiz Kerestecioglu, co-cheffe du groupe parlementaire HDP, cette formation est "le seul vrai parti d'opposition". Les autorités, dit-elle, s'efforcent de le "criminaliser" par tous les moyens et de le priver d'espace médiatique.

- Rival d'Erdogan -

Le HDP avait créé la surprise lors des élections législatives de juin 2015, raflant 80 sièges et privant ainsi le Parti de la justice et du développement (AKP, au pouvoir) de la majorité absolue. Mais lors de nouvelles élections convoquées pour novembre de la même année, le HDP a perdu 21 députés.

La percée initiale du HDP tient en grande partie à la personnalité de M. Demirtas, qui a transformé le parti en une formation de gauche moderne et progressiste, séduisant bien au-delà du seul électorat kurde.

Avocat de formation, moderne et charismatique, M. Demirtas s'est révélé sur la scène nationale lors de l'élection présidentielle de 2014, où il a frôlé les 10% et s'est imposé comme le principal rival de M. Erdogan.

Mais les arrestations au sein du HDP mettent le parti dans une situation délicate en vue des élections municipales, législatives et présidentielle prévues en 2019.
 Le parti croit toutefois pouvoir surmonter ces obstacles, même si certains sondages indiquent qu'il pourrait ne pas atteindre le seuil des 10% nécessaire aux législatives pour entrer au Parlement.

"Demirtas est en prison, mais il ne se tait pas. Il est en prison, mais il écrit", souligne ainsi Mme Kerestecioglu. "Demirtas est en prison, mais ses propos continuent de toucher les gens."

L'universitaire Burak Bilgehan Özpek, auteur de "The Peace Process between Turkey and the Kurds: Anatomy of a Failure" (Routledge, à paraître) explique que "Demirtas attirait principalement un électorat non-kurde et libéral", qui a voté pour le HDP "par stratégie pour affaiblir l'AKP".

"Sans Demirtas, on peut s'attendre à ce que le HDP adopte un programme ethnique et radical", ajoute-t-il.

Mais pour Aykan Erdemir, analyste à la Fondation pour la Défense de la démocratie basé à Washington, "Demirtas pourrait se révéler être un porte-parole encore plus puissant pour la cause kurde depuis sa cellule de prison".

Depuis son incarcération dans la prison d'Edirne (nord-ouest), M. Demirtas a publié un poème --interdit car considéré comme de la "propagande terroriste"-- et un recueil de nouvelles, "Seher" ("Aurore") paru mi-septembre et dont un premier tirage à 20.000 exemplaires s'est épuisé en trois jours, selon sa maison d'édition Dipnot, qui l'a réédité depuis.

En résumé, sourit Mme Kerestecioglu, "il n'est pas facile de faire taire Demirtas".
(AFP, 3 novembre 2017)

Minorités / Minorities

A la recherche des 3.200 yézidis disparus

En libérant Mossoul, l’armée irakienne espérait retrouver des femmes et enfants yézidis qui avaient été enlevés par l’Etat islamique (EI) lors de son offensive de 2014. A la surprise de beaucoup, il n’y en a pas eu un seul. En fait, seulement une poignée de yézidis ont été délivrés lors des opérations militaires : “Quasiment tous l’ont été via des passeurs de contrebande”, relève Jameel Ghanim, dans son bureau de Dohuk, où il cogère Yazda, l’une des rares organisations de défense de cette petite minorité opprimée d’Irak.

Autant de disparus que de rescapés

Dès lors se pose une question lancinante : où sont passés les quelque 3200 hommes, femmes et enfants yézidis dont on n’a plus de nouvelles depuis le début de la guerre? Selon les décomptes de la communauté yézidie, 1113 femmes, 872 filles 816 garçons et 335 hommes sont portés disparus. A peu près le même nombre a été sauvé, mais où sont ceux qui restent?

La piste des camps de réfugiés

Jameel Ghanim, qui revient de Mossoul, croit que des femmes captives se trouvent désormais dans des camps de réfugiés, prises en charge par des familles proches des combattants de Daech. “Une survivante est venue nous voir, dit-il. La plupart des djihadistes étrangers venaient d’Arabie saoudite. Certaines des femmes ont subi un vrai lavage de cerveau. N’ayant eu accès ni à la télévision ni à Internet, elles croyaient à leur libération qu’il n’y avait plus de yézidis et de chrétiens en Irak. Elles pensaient que Daech avait pris le contrôle du pays.”

De nombreuses femmes ont réussi à rejoindre les lignes kurdes grâce à des familles sunnites, qui utilisaient contre paiement le service de contrebandiers. Mais d’autres sont restées jusqu’à la dernière minute otages de l’EI.

“Le problème est que de nombreuses femmes ont eu un enfant, parfois deux, en captivité, avec un combattant de l’EI, poursuit il. Or, selon la charia, si vous mariez un musulman, votre enfant est aussi musulman. Dans l’islam aussi, un frère ou une soeur est obligée de prendre soin des enfants d’un djihadiste tué. Nous pensons que des familles proches des combattants de l’EI ont adopté ces mères et enfants et se trouvent aujourd’hui dans les camps.”

Yazda a créé un réseau dans ces camps pour tenter de les retrouver, mais bute sur un problème légal : dans la loi irakienne, rien n’oblige une famille musulmane à rendre l’enfant et sa mère. Durant leur captivité, le sort de yézidis a basculé en mai 2015 à Tal Afar, une ville au nord-ouest de Mossoul, lorsque les dirigeants de l’EI ont décidé de séparer les familles et de mettre les femmes en esclavage.

“Jusque-là, les yézidis étaient forcés de réciter la Shahada (la déclaration de foi en islam, NdlR). Mais Daech ne prenait pas systématiquement les filles comme esclaves”, assure le responsable de Yazda, qui a récolté de très nombreux témoignages. Séparés de leur mère, les adolescents de plus de 14 ans ont été enrôlés par Daech pour devenir des “lionceaux du Califat” et suivre un entraînement idéologique et militaire. (Texte complet: La Libre Belgique, 4 novembre 2017)

Profanation d'une stèle en mémoire du génocide arménien

Une stèle érigée à Vienne, dans le centre-est de la France, en mémoire des victimes du génocide arménien, a été recouverte sur ces deux faces de tags injurieux, a-t-on appris samedi de sources concordantes.

Le Conseil de coordination des organisations arméniennes de France (CCAF) a dénoncé "avec la plus grande fermeté la profanation" de cette stèle et estimé que "les tags insultants" recouvrant ce monument "constituent une nouvelle atteinte à la dignité humaine et à la mémoire des victimes".

"Cette nouvelle agression s'inscrit dans un climat de violence négationniste importée sur le territoire par les autorités turques. Elle se situe dans le prolongement des attaques ignobles et des incitations à la haine propagées par un certain nombre d'individus à leur solde", a jugé dans un communiqué le CCAF, qui "appelle les autorités à la plus grande vigilance contre ces agissements".

Ankara et Erevan se déchirent au sujet du massacre de centaines de milliers d'Arméniens en 1915-17, sous l'Empire ottoman, que la France a reconnu comme un génocide en 2001.

La Turquie récuse le terme de génocide, affirmant que les victimes, dans le cadre d'une guerre civile, étaient aussi bien turques qu'arméniennes.
(AFP, 3 novembre 2017)

Un négationniste turc à la présidence du CA du CHU Brugmann

Le Collectif belge pour la prévention des crimes de génocide et contre les négationnismes vient d'apprendre que la Ville de Bruxelles présentait Sevket Temiz comme candidat à la présidence du conseil d’administration du CHU Brugmann.

Un candidat qui nie le génocide des Arméniens, comme il l'a écrit au bourgmestre Philippe Close. Le CCLJ fait partie des signataires et soutient donc sa démarche.

Lettre au Bourgmestre

Bruxelles, le 30 octobre 2017

A Monsieur le Bourgmestre Philippe Close, Ville de Bruxelles

Monsieur le Bourgmestre,

Concerne : Requête du Collectif belge pour la prévention des crimes de génocide et contre les négationnismes

Notre Collectif a appris avec stupeur que M. Sevket Temiz était le candidat présenté par la Ville de Bruxelles à la présidence du conseil d’administration du CHU Brugmann.

Notre Collectif a été institué par divers organisations juives, rwandaises, assyriennes, araméennes et arméniennes de Belgique. Sa mission est de tout mettre en œuvre pour prévenir la commission de crimes de génocide et pour lutter contre le révisionnisme et le négationnisme.

M. Temiz a nié le génocide des Arméniens de 1915 commis par l’Empire ottoman et a refusé en 2015 de voter la résolution du Parlement bruxellois reconnaissant ce génocide. Sa candidature et encore plus son éventuelle élection à la présidence du conseil d’administration du CHU Brugmann portent gravement atteinte aux valeurs humanistes. Ce n’est pas l’origine turque de M. Temiz qui heurte, bien sûr, mais son négationnisme.

Par conséquent, si M. Temiz ne reconnaît pas publiquement et inconditionnellement l’existence du génocide des Arméniens, des Assyriens et des Araméens de 1915 et s’il ne condamne pas publiquement et inconditionnellement ses propos négationnistes, le Collectif vous demande, avec l’émotion de la perspective d’une indignité et d’une injustice, d’immédiatement retirer la candidature de M. Temiz.

Serait-il concevable que la ville de Berlin nomme un président du conseil d’administration d’un hôpital public berlinois qui aurait refusé de reconnaitre la Shoah au seul motif que le parti politique auquel il appartiendrait aurait reconnu la Shoah ?

Nous voulons croire que la Ville de Bruxelles, fière de sa tradition d’ouverture et d’humanisme, ne commette pas l’irréparable.

Nous vous prions de croire, Monsieur le Bourgmestre, à l’assurance de notre considération distinguée.

Pour le Collectif,

Signataires :

Collectif belge pour la prévention des crimes de génocide et contre les négationnismes
Association des Arméniens démocrates de Belgique
Centre Communautaire Laïc Juif David Susskind
Centre pour la prévention des crimes contre l’Humanité
Comité des Arméniens de Belgique
Fédération Assyrienne de Belgique
Fédération des Araméens de Belgique
Fédération des Jeunes Assyriens de Belgique
Ibuka Mémoire & Justice
Institut Syriaque de Belgique
Izuba
La Nuit rwandaise
Muyira Art & Mémoire
Seyfo Center Belgique
Signataire hors Collectif :
Comité de Coordination des Organisations Juives de Belgique (CCOJB)


Politique intérieure/Interior Politics

Erdogan critique un "quota gay" dans un comité local

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a critiqué jeudi la mise en place d'un quota pour les homosexuels dans des comités de quartier, estimant qu'une telle mesure était contraire aux valeurs de la nation turque.

Sans préciser le nom de la ville dans laquelle se trouvait le quartier en question, M. Erdogan a imputé la mise en place d'un tel quota au Parti républicain du peuple (CHP), principale formation de l'opposition en Turquie.

"Leurs liens avec les valeurs de notre nation ont été coupés au point que dans un district dirigé par le CHP dans une grande ville, un quota d'un cinquième pour les homosexuels a été mis en place pour les élections des comités de quartier", a déclaré M. Erdogan.

"Quand un parti se départit de toute modération, personne ne sait où cela peut le mener. Qu'ils continuent ainsi", a-t-il ajouté lors d'un discours à Ankara.

Selon la presse turque, M. Erdogan fait référence aux élections, prévues courant novembre, des comités de quartier dans le district de Nilüfer, dans la ville de Bursa (nord-ouest). La municipalité de Nilüfer est dirigée par un maire CHP.

Sur son site, le comité municipal de Nilüfer indique vouloir atteindre une proportion d'un tiers de femmes, d'un tiers de jeunes, d'un cinquième de personnes en situation de handicap et d'un cinquième de membres issus des communautés LGBTI dans ses comités de quartier.

M. Erdogan est régulièrement accusé par ses opposants d'oeuvrer à l'islamisation de la société. Ses commentaires conservateurs sur les femmes et la famille enflamment régulièrement la critique, mais il se garde généralement d'évoquer publiquement les questions liées à l'homosexualité.

En 2010, toutefois, la ministre de la Famille et de la Femme d'alors, Aliye Selma Kavaf, avait suscité la colère des défenseurs des droits des homosexuels en qualifiant l'homosexualité de "désordre biologique" et de "maladie" devant être soignée.

L'homosexualité est légale en Turquie, mais l'homophobie y reste largement répandue.
(AFP, 9 novembre 2017)

Leaked Offshore Activities Linked to PM Yıldırım's Family

Documents of The Paradise Papers, a special investigation by the Guardian daily and 95 media partners worldwide into a leak of 13,400,000 files from two offshore service providers and 19 tax havens' company registries, are being published. Prime Minister Binali Yıldırım's son and relatives are also mentioned in the documents.

The papers reveal offshore interests and activities of more than 120 politicians and world leaders, including Queen Elizabeth II, U.S. President Donald Trump's commerce secretary, Wilbur Ross doing business with President of Russia Vladimir Putin's son-in-law through a shipping venture in Russia as well as the chief fundraiser and senior adviser to the Canada's Prime Minister, Justin Trudeau, getting involved in the movement of millions of dollars to offshore havens.

According to the Paradise Papers, the documents include "details from 19 corporate registries maintained by governments in secrecy jurisdictions".

These are: Antigua and Barbuda, Aruba, the Bahamas, Barbados, Bermuda, the Cayman Islands, the Cook Islands, Dominica, Grenada, Labuan, Lebanon, Malta, the Marshall Islands, St Kitts and Nevis, St Lucia, St Vincent, Samoa, Trinidad and Tobago, and Vanuatu.The papers cover the period from 1950 to 2016.

Concerning Turkey, the documents also reveal that Prime Minister Yıldırım's sons have 5, his maternal uncle has two offshore companies and that his nephew is the manager of 4 offshore companies.

Only cooperator from Turkey is Cumhuriyet daily

According to the Paradise Papers, the material, that has come from "two offshore service providers and the company registries of 19 tax havens, was obtained by the German newspaper Süddeutsche Zeitung", like the Panama Papers in 2016, and "shared by the International Consortium of Investigative Journalists (ICIJ) with partners including the Guardian, the BBC and the New York Times.
More than 382 journalists have from 96 media outlets from all over the world have on these 13,400,000 documents for the publication of the investigation.

Cumhuriyet daily is the only cooperator from Turkey who participated in this team work.

The reports are being published in 67 countries simultaneously.

According to the report, there are eight corporations that are linked with Prime Minister Yıldırım's son, maternal uncle and nephew. The eight corporations have been revealed corporations which wanted to evade taxes in Turkey.

The names of these companies are:

Hawke Bay Marine Co Ltd., Black Eagle Marine Co Ltd., South Seas Shipping N.V., Dertel Shipping Limited, Nova Warrior Limited, Nova Ponza Limited, Rory Malta Limited ve Tulip Maritime Limited.

Salih Zeki Çakır is a partner of two of the above-mentioned companies. Known for having won tenders of the Ministry of Transportation, Çakır's name has became a topic of conversation with regards to the ship-sales to President Recep Tayyip Erdoğan's son Burak Erdoğan.

Çakır was also the business partner of Binali Yıldırım before he took office as the Minister of Transport, Maritime Affairs and Communication

As the ship sales were on public agenda, Çakır had stated that he was a close friend of the then Minister of Transport, Maritime Affairs and Communication Yıldırım, that he got Yıldırım's support for the elections of the Chamber of Shipping but denied that he was the owner the ships that were the subject of the sales.

Çakır also has business connections with PM Binali Yıldırım's son Erkam Yıldırım and his maternal uncle Yılmaz Serence.

Companies of Yıldırım brothers

According to Paradise Papers, the Yildirim brothers are the "sole shareholders of two companies registered in Malta".

* "The first, Hawke Bay Marine Co. Ltd, was set up in April 2004. Public records suggest that the company owns or manages shipping vessels.

* "The second, Black Eagle Marine Co. Ltd, was incorporated in January 2007.

Records show that Erkam Yıldırım, who was the majority shareholder of the companies, is also the director of both. The companies were listed as active in the Malta Registry of Companies in October 2017.

Nova Warrior - Oras Denizcilik connection

International Maritime Organization (IMO) registries, the address of Nova Warrior Limited, of which Erkam Yıldırım is a shareholder, is registered as the İstanbul-based Oras Denizcilik ve Ticaret Ltd Şti.

According to the Turkish Trade Registry Gazette, Salih Zeki Çakır and Ahmet Said Atasoy were registered as Oras Maritime's shareholders until July 2006 and its current shareholders are Çağrı Cihan Çakır and Nihan Nur Çakır.

According to the official records, there is no connection between Oras Denizcilik and Erkam and Bülent Yıldırım. But the Maltese records point to a cooperation between Oras Denizcilik and the Yıldırım brothers.

The IMO registries also show a ship registered under the still-active Nova Warrior Limited whose director is PM Yıldırım's nephew Süleyman Varol.
(BIA, November 6, 2017)

Le porte-parole du CHP poursuivi pour "insulte au président"

Le parquet d'Ankara a ouvert une enquête mardi contre le porte-parole du principal parti d'opposition, Bülent Tezcan, pour avoir qualifié le président Recep Tayyip Erdogan de "dictateur fasciste", ont rapporté les médias locaux.

Cette procédure contre Bülent Tezcan fait suite à un dépôt de plainte annoncé tôt mardi par l'avocat de M. Erdogan, Hüseyin Aydin.

"Nous avons déposé plainte contre Bülent Tezcan auprès du parquet d'Ankara pour insulte au président", a déclaré M. Aydin sur Twitter.

Il est reproché à M. Tezcan, député et porte-parole du Parti républicain du peuple (CHP, social démocrate), d'avoir qualifié le président de "dictateur fasciste" lors d'un discours prononcé lundi à Tekirdag (nord-ouest).

Il s'exprimait en soutien à un élu local lui-même poursuivi pour insulte au président, ce qui constitue en Turquie un crime passible d'un à quatre ans de prison.

Ses propos ont suscité l'ire de l'entourage du président turc, son porte-parole, Ibrahim Kalin, tweetant notamment lundi soir que "le discours de haine de Bülent Tezcan est une honte pour l'opposition".
 "Un porte-parole du parti (CHP) a tenu hier des propos impertinents concernant notre président", a pour sa part déclaré le Premier ministre Binali Yildirim mardi. "En écoutant cela, je n'ai pas compris s'il était porte-parole ou porte-insulte du parti".

"Nous savons que les mots que nous avons employés ne sont pas un crime", a réagi M. Tezcan, contacté par l'AFP. "Aucune institution judiciaire sérieuse ne peut considérer ce genre de critiques à caractère politique comme un crime".

"Le temps où la Turquie s'enorgueillissait de ses juges en Turquie nous manque. Nous allons poursuivre notre combat", a-t-il ajouté.

Des milliers de Turcs ont été poursuivis, ces dernières années, pour insulte présumée contre le président Erdogan mais la plupart des plaintes ont été classées.

L'opposition dénonce une dérive autoritaire du président Erdogan depuis la tentative de coup d'Etat de juillet 2016, suivie de vastes purges qui ont visé, au-delà des putschistes présumés, les milieux d'opposition et les médias.
(AFP, 31 octobre 2017)

Balıkesir Mayor Resigns: I’ve Been Threatened

Balıkesir Mayor Edip Uğur has resigned from both of his post and party, the Justice and Development Party (AKP).

Uğur was among the mayors who were asked to resign by President and AKP Chair Recep Tayyip Erdoğan.

“My family and I have received threats”

There is no corruption, no irregularities, no failures, no FETÖ (Fethullahist Terror Organization) but there are sorts of pressures and threats reaching to your family, to your house. This has gone beyond the point of endurance. Thus, it has become impossible to do politics in the AK Party”.

“I am sad, disappointed but at peace because I’ve taken this decision with a clear conscience. I was always in an effort to my beloved city and fellow townspeople. I thank you all, good bye”.

Mayors who were asked to resign

A large number of people from AKP's provincial and district organizations have been asked to resign upon demand of President Erdoğan.

İstanbul Mayor Kadir Topbaş, Ankara Mayor Melih Gökçek, Bursa Mayor Recep Altepe and resigned upon Erdoğan's call.

Topbaş resigned on September 22, Keleş on October 2, Akdoğan on October 18, Altepe on October 23 and Gökçek on October 28.

Balıkesir Mayor Ahmet Edip Uğur had said that he would announce his decision at 5 p.m. on October 30, Monday.
(BIA, 31 October 2017)

Forces armées/Armed Forces

Missiles anti-aériens: la Turquie signe une lettre d'intention

Le ministre turc de la Défense Nurettin Canikli a signé mercredi une lettre d'intention avec ses homologues française et italienne, Florence Parly et Roberta Pinotti, qui ouvre la voie à l'achat de missiles sol-air à un consortium franco-italien.

Cette lettre permet aux trois pays de "manifester leur intérêt pour une coopération dans le domaine de la défense anti-aérienne et des missiles sol-air", a expliqué une source française à l'AFP.

Ces armements sont fabriqués par le consortium franco-italien Eurosam, auquel participent notamment le groupe français Thalès et le fabricant de missiles européen MBDA.

La lettre doit permettre au consortium, qui collabore avec deux sociétés turques, "d'analyser et définir les besoins" de l'armée turque, a-t-on précisé de même source.

Ces systèmes de défense anti-aérienne sont déjà utilisés par les armées française et italienne. L'Italie en a même déployé certains en Turquie pendant un temps, pour l'aider à intercepter d'éventuels missiles tirés depuis la Syrie en guerre voisine.

Cette signature ne constitue pas à ce stade un engagement juridique. La prochaine étape consisterait en la conclusion d'un "contrat de définition".

Elle a eu lieu en marge d'une réunion des ministres de la Défense de l'Alliance atlantique à Bruxelles. Cette signature a été saluée par le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg.

"Il est très important d'avoir de l'interopérabilité (qui permet aux armées alliées de coopérer sur le plan technique) et lorsque trois nations (de l'Alliance) travaillent ensemble, c'en est un exemple", s'est-il félicité devant la presse.

Les pays de l'Otan n'avaient pas caché leur inquiétude lorsque le président turc Recep Tayyip Erdogan avait annoncé en septembre qu'il avait signé avec la Russie un contrat portant sur l'achat de systèmes de défense anti-aérienne S-400.

Ces systèmes de missiles de technologie russe ne sont pas compatibles avec ceux de l'Alliance atlantique et l'annonce avait été perçue comme une manifestation de mauvaise humeur de la part du président turc, sur fond de graves tensions avec des dirigeants européens et les Etats-Unis.
(AFP, 8 novembre 2017)

Affaires religieuses / Religious Affairs

First Mufti Marriage Performed

After the act authorizing muftis to perform marriage entered into effect, the first marriage performed by a mufti was realized.

Doğan News Agency (DHA) reported that Turgay Gülenç, who was appointed as trustee to the municipality, registrar Rıfat Akan, and Bismil District Mufti Ahmet Durmuş were present in the mass marriage ceremony organized by Diyarbakır Bismil Municipality.

Following the trustee performing the first marriage, mufti Durmuş performed the marriage of a couple. The marriage of other couples was performed by the registrar.

Giving the official marriage certificate to the married couples, Durmuş stated that he has eight children and advised the couples to have at least five children.

30 couples got married in the mass ceremony in total.

What happened?

As many as 100 women's and LGBTI organizations had launched a campaign in the previous days called "These Laws Cannot Pass as They Are".

As part of the campaign, the women went in front of the parliament and issued a statement for the press with the MPs from the Republican People's Party (CHP) and Peoples' Democratic Party (HDP).

Simultaneous women's demonstrations continued in various cities for days.

Upon objections raised by the woman MPs of opposition parties, it was sent to the sub-commission on October 3, for approval.
The sub-commission approved the draft as it was and sent it back to the Committee on Internal Affairs.

As to the law amendment draft that stirred criticism, President and Justice and Development Party (AKP) Chair Recep Tayyip Erdoğan said: "The Parliament will pass this law whether you like it or not." The draft passed the parliament on October 19.
(BIA, November 16, 2017)

82 étrangers arrêtés dans un nouveau coup de filet anti-EI

Les autorités turques ont annoncé vendredi avoir arrêté 82 étrangers soupçonnés de liens avec le groupe Etat islamique (EI) qui projetaient de se rendre en Syrie, lors d'un nouveau coup de filet illustrant un renforcement de la traque aux milieux jihadistes dans le pays.

Les 82 suspects ont combattu par le passé dans les rangs de l'EI et envisageaient de se rendre en Syrie "dans les prochains jours", a rapporté l'agence étatique Anadolu. Les arrestations ont été opérées lors de raids policiers visant 14 adresses à Istanbul vendredi, a expliqué l'agence.

Les nationalités des étrangers arrêtés n'ont pas été précisées.

Les dernières interpellations portent à plus de 300 le nombre de personnes arrêtées pour des liens présumés avec l'EI depuis jeudi en Turquie où les annonces de coups de filets visant des cellules jihadistes se sont multipliées ces dernières semaines.

Selon l'agence privée Dogan, les services de sécurité sont passés à l'action sur la base d'informations faisant état de menaces d'attentats lors des commémorations, célébrées vendredi, de la mort il y a 79 ans du fondateur de la Turquie moderne, Mustafa Kemal Atatürk.

L'agence a affirmé vendredi que près de 800 "terroristes" de l'EI avaient réussi à entrer en Turquie, sans préciser sur quelle période.

Les raids policiers d'Istanbul sont survenus au lendemain d'une vaste opération des services de sécurité à Ankara au cours de laquelle plus de 200 personnes ont été arrêtées jeudi, selon les médias turcs. Dogan a affirmé qu'il s'agit principalement de Syriens.

Onze Syriens membres présumés de l'EI ont par ailleurs été arrêtés vendredi à Adana, dans le sud du pays, selon Anadolu, et 16 autres, dont la nationalité n'a pas été précisée à Izmir (ouest), et à Trabzon (nord).

La Turquie a été frappée depuis deux ans par de nombreux attentats meurtriers attribués ou revendiqués par l'EI, dont le dernier en date a fait 39 morts, principalement des étrangers, dans une discothèque huppée d'Istanbul la nuit du Nouvel An dernier.

Depuis cette attaque, les autorités procèdent régulièrement à l'arrestation de "terroristes" présumés, tandis que les mesures de sécurité ont été considérablement renforcées.

Selon une compilation de chiffres publiés par le ministère de l'Intérieur, environ 450 personnes soupçonnées de liens avec l'EI ont été arrêtées à travers la Turquie au cours du seul mois d'octobre.

- Revers -

La Turquie a longtemps été le principal point de passage vers la Syrie des étrangers, notamment occidentaux, souhaitant rejoindre des groupes jihadistes, dont l'EI.

Longtemps accusée de ne pas faire assez pour lutter contre la montée en puissance de l'EI et de fermer les yeux sur ces passages, la Turquie, à la suite des attaques sur son sol, a fermé sa frontière avec la Syrie et a multiplié les arrestations et expulsions de jihadistes étrangers présumés.

L'EI a subi ces derniers mois une série de défaites, reculant sous le coup d'offensives multiples soutenues par l'aviation russe ou par la coalition internationale emmenée par les Etats-Unis. Le groupe ultraradical ne contrôle plus que quelques poches de territoires, principalement des deux côtés de la frontière poreuse entre la Syrie et l'Irak.

La Turquie avait mené une offensive transfrontalière en Syrie entre août 2016 et mars 2017, visant à repousser l'EI et des milices kurdes qu'Ankara considère comme terroristes.
 Cette première offensive, baptisée "Bouclier de l'Euphrate", avait notamment permis aux rebelles syriens appuyés par la Turquie de reprendre à l'EI plusieurs villes dont Jarabulus, Al-Rai, Dabiq et enfin Al-Bab.

La Turquie a ensuite déployé en octobre des troupes et des blindés dans la province syrienne d'Idleb, contrôlée en grande partie par des jihadistes de l'ex-branche d'Al-Qaïda en Syrie, afin d'y instaurer une "zone de désescalade" dans le cadre d'un accord avec la Russie et l'Iran.

Les revers territoriaux de l'EI ne signifient ni sa défaite définitive ni son éradication, préviennent les experts. Ces revers font notamment craindre une multiplication des attentats menés par l'EI à l'étranger, comme celui qui a causé la mort de 8 personnes à New York fin octobre.
(AFP, 10 novembre 2017)

Erdogan signe une loi autorisant les religieux à célébrer les mariages

Une loi controversée autorisant les religieux à célébrer les mariages civils en Turquie est entrée en vigueur vendredi après publication au Journal officiel, l'opposition dénonçant une mesure qui menace les fondations laïques de l'Etat.

Aux termes de ce texte promulgué par le président Recep Tayyip Erdogan jeudi soir, les muftis, des religieux employés par le Département des affaires religieuses (Diyanet), sont désormais autorisés à unir officiellement les couples.

Jusque-là, cette mission était réservée aux officiers d'état-civil, les religieux étant uniquement autorisés à unir les couples devant Dieu lors d'une cérémonie qui n'avait aucune validité aux yeux de la loi.

Pour le gouvernement, cette nouvelle mesure vise à offrir plus d'options et réduire les délais d'union matrimoniale. En outre, soulignent les autorités, les mariages célébrés par les officiers d'état-civil gardent toute leur validité.

Cependant, l'opposition laïque, emmenée par le Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), voit dans ce texte la dernière initiative en date du président Erdogan et de son parti, l'AKP, pour islamiser la Turquie.

"L'AKP a pris une mesure, une de plus, qui sape les fondations laïques de l'Etat", a déclaré à l'AFP Sezgin Tanrikulu, un député CHP, redoutant que le choix d'une personne d'être mariée ou non par un mufti pourrait être un facteur retenu par un employeur.

"Il va y avoir une pression religieuse sur nos concitoyens", dénonce M. Tanrikulu, qui estime en outre que cette mesure pourrait faciliter les mariages infantiles, un phénomène tenace dans certaines parties du pays.

Homme fort de Turquie depuis 2003, M. Erdogan est régulièrement accusé de vouloir islamiser la société turque, au grand dam des tenants de la République laïque fondée en 1923 par Mustafa Kemal Atatürk.

Son gouvernement a progressivement annulé l'interdiction du port du voile dans les institutions, autorisant les femmes à être voilées dans les universités, au Parlement ou encore dans la fonction publique.

Les autorités turques rejettent toutefois les accusations d'islamisation de la société et soutiennent que ces interdictions du port du voile islamique fermaient de nombreuses portes aux femmes qui voulaient le porter.
(AFP, 3 novembre 2017)

Une Belge accuse le "très violent" Tariq Ramadan

L’affaire Tariq Ramadan rebondit en Belgique. Alors que le très médiatique islamologue suisse est visé par au moins deux plaintes pour viol, la RTBF a dévoilé ce mardi un témoignage d’une Belge, portant le nom d’emprunt de Sarah, qui accuse Tariq Ramadan d’agressions sexuelles.

A la RTBF, et sans donner de dates, la Belge explique avoir été contactée par le Suisse via Facebook. "C’est une relation qui débute en confiance, doucement, et au fur et à mesure [il fait] des demandes perverses, qu’il peut même imposer comme conditions à la suite de la relation. Il peut être très, très violent, vous agripper très violemment, attendre de vous n’importe quelle pratique sexuelle, et il le demande assez agressivement. Et puis ça redescend, mais ces moments-là sont très difficiles à vivre." Lorsque Sarah a souhaité rompre, elle explique que Tariq Ramadan "promet de vous détruire, de faire de votre vie un cauchemar, il est très menaçant, et à ce moment-là on prend peur. Moi, j’ai eu peur pour ma vie."

La Belge réfléchit désormais à porter plainte, mais explique pour l’instant n’avoir pas été entendue par son entourage musulman.

Deux plaintes pour viol, violences et menaces

Si Tariq Ramadan bénéficie de la présomption d’innocence, les témoignages à son encontre se font de plus en plus insistants.

La première accusation qui l’a mis sur la sellette est due à Henda Ayari, une ancienne salafiste devenue militante féministe et laïque. Cette dame de 40 ans a publié ses accusations sur sa page Facebook le 20 octobre. Elle a été entendue depuis lors par les enquêteurs sur ces faits qui remonteraient à 2012 à Paris.

Le deuxième témoignage, qui raconte des agressions sexuelles d’une grande violence et qui est appuyé par des certificats médicaux a été publié par "Le Monde" et "Le Parisien" la semaine dernière. Ce témoignage relate des faits qui se seraient déroulés dans un grand hôtel de Lyon en octobre 2009.

Visé à la suite de ces témoignages par deux plaintes pour "viol, agression sexuelle, violences et menaces de mort", le théologien de 55 ans a réagi samedi dernier en publiant, sur sa page Facebook, un message dénonçant une "campagne de calomnie" de la part de ses "ennemies de toujours". "Il est triste de voir nos adversaires réduits à soutenir l’imposture et la tromperie érigées en vertu."

Selon les désirs de Tariq Ramadan, son avocat a annoncé avoir porté plainte pour "dénonciation calomnieuse". (La Libre Belgique, 2 novembre 2017)


Religious Vocational High Schools Quadruples Science High Schools

The answers provided by Minister of National Education İsmet Yılmaz responding to a parliamentary inquiry submitted by Republican People’s Party (CHP) İzmir MP Atila Sertel revealed that the number of Religious Vocational High Schools has quadrupled the number of Science High Schools.

According to the recent data, there are 6,998 high schools in Turkey. 302 of these are Science High Schools whereas 1,452 are Religious Vocational High Schools.

As the number of Religious Vocational High Schools climbed to 1,452 from 450 in 2002, it has quadrupled the Science High Schools.

Sertel: They will be opened in every neighborhood

Stressing that the Ministry of National Education has paved the way for more Religious Vocational High Schools through a regulation in June, CHP’s Sertel said that a Religious Vocational High School will be opened in every neighborhood.

Sertel added that this practice takes away equality of opportunity in education and forces students graduating from secondary school to Religious Vocational High Schools.
(BIA, 1 November 2017)

Socio-économique / Socio-economic

Ankara interdit un festival de cinéma allemand LGBTI

Les autorités turques ont interdit un festival de cinéma LGBTI lors duquel des films allemands devaient être projetés à partir de jeudi à Ankara, estimant que cette manifestation était susceptible d'"inciter à la haine".

Les organisateurs du festival Pink Life Queerfest, le premier festival de cinéma gay de Turquie, avaient prévu de diffuser quatre films allemands sur deux jours dans la capitale turque, un événement sponsorisé par l'ambassade d'Allemagne.

Le gouvernorat d'Ankara a toutefois estimé que le contenu des films "pourrait inciter à la haine et à l'hostilité envers un (...) segment de la société", dans un communiqué publié mercredi.

Estimant en outre que "cette projection cinématographique (...) pourrait être provocatrice et, qu'en raison de sensibilités sociales, certains pans de la société pourraient réagir", le gouvernorat de la capitale a annoncé son interdiction.

Dans le même communiqué, les autorités turques évoquent par ailleurs la situation sécuritaire du pays qui a été frappé ces dernières années par plusieurs attentats perpétrés notamment par le groupe Etat islamique (EI).

Les organisateurs du Pink Life QueerFest ont dénoncé l'interdiction du festival qui, ont-ils estimé, les "prive de (leurs) droits constitutionnels".

"Au lieu d'interdire ce type d'événements, le gouvernorat devrait faire en sorte qu'ils puissent se tenir en toute sécurité", ont-ils ajouté.

L'interdiction de ce festival survient alors que les relations entre la Turquie et l'Allemagne, deux pays alliés au sein de l'Otan, se sont fortement tendues au cours des derniers mois.

Berlin a notamment dénoncé avec force l'arrestation de plusieurs de ses ressortissants dans le cadre des purges tous azimuts lancées par Ankara dans la foulée de la tentative de coup d'Etat le 15 juillet 2016.

En outre, les membres de la communauté LGBTI (lesbienne, gay, bisexuel, transgenre et intersexe) s'inquiètent de l'érosion de leur liberté d'expression sous le gouvernement islamo-conservateur de Recep Tayyip Erdogan.

Si l'homosexualité n'est pas réprimée sur le plan pénal en Turquie, l'homophobie y est répandue.

La semaine dernière, M. Erdogan s'était indigné de l'existence d'un "quota gay" pour des élections de comités de quartier dans une ville de l'ouest de la Turquie.
(AFP, 16 novembre 2017)

Erdogan lance un projet d'opéra à Istanbul

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a lancé lundi un projet d'opéra sur l'emblématique place Taksim d'Istanbul, assurant que cette salle de spectacle deviendra un "symbole" de la Turquie.

"Une fois terminé et ouvert au public au premier trimestre 2019, (cet opéra) sera un honneur et un symbole pour Istanbul et notre pays", a déclaré M. Erdogan lors d'un discours de lancement au cours duquel ont été dévoilées des images des maquettes du futur opéra.

Cette salle de spectacle, qui devrait accueillir jusqu'à 2.500 personnes, remplacera le Centre Culturel Atatürk (AKM), nommé en l'honneur du fondateur de la Turquie moderne, inauguré en 1969 et laissé à l'abandon depuis 2008.

La destruction de ce mastodonte à la façade en verre fait polémique en Turquie, où tout ce qui touche à l'héritage de Mustafa Kemal Atatürk déchaîne les passions: pour certains, l'AKM est le symbole de la République moderne fondée par Atatürk -- qui était féru d'opéra -- et doit être rénové au lieu d'être démoli.

Mais M. Erdogan a balayé lundi les critiques, affirmant que "le nouvel AKM bénéficiera le plus à ceux qui ont saboté ce projet depuis des années".

Murat Tabanlioglu, l'architecte en charge du projet, est le fils de l'architecte qui a construit le bâtiment originel. Signe, selon M. Erdogan, que ce projet "ne tourne pas le dos à l'histoire".

"Depuis ses débuts (...), l'AKM a vécu, mais il a vieilli et n'est plus en état d'être utilisé", a déclaré M. Tabanlioglu lundi, affirmant que le nouvel opéra serait ouvert 365 jours par an, et qu'il s'agirait de "l'un des plus grands du monde".

Pour Sami Yilmaztürk, responsable de la branche stambouliote de l'Ordre des architectes turcs, "l'AKM est un héritage culturel qui doit être protégé", au même titre que l'ex-basilique Sainte-Sophie ou la Mosquée Bleue, joyaux du patrimoine culturel et architectural de Turquie.

"Démolir l'AKM (...) est une attaque contre la Turquie contemporaine", estime-t-il, puisque selon lui le bâtiment lui-même représente les valeurs de la République moderne.

La place Taksim, que l'opéra dominera, est souvent l'épicentre des manifestations politiques, comme ce fut le cas lors des protestations dites de Gezi en 2013 contre M. Erdogan, alors Premier ministre, ou les rassemblements de ses partisans en 2016 après un putsch manqué.

Le président turc a annoncé lundi que la place serait à l'avenir rendue entièrement piétonne, la circulation des voitures se faisant par des voies souterraines.
(AFP, 6 novembre 2017)

Police attack against Real Market Workers in Turkey

The struggle of Real Market Workers against the fraudulent bankruptcy, extortion of their rights and yellow unionism continues decisively and enthusiastically at Metro stores and Media Markt, a different businness carried out by Metro AG.

Today, the dismissed Real Market workers gathered at Media Markt in Levent/Istanbul, which is at the same time the head office and one of the biggest stores that belong to the company. The executive members and the lawyers of the union accompanied the workers.

Having been informed about the protest to be organized by the workers under the leadership of Nakliyat-İş Union, the company surrounded the entrance of the store with iron barriers in order to prevent the protestors from getting in the store. The shutters were taken down and the security guards were highly alarmed.

Gathering in front of the barriers, the workers issued a press release here. On behalf of the dismissed Real Market Workers, Ahmet Fazıl Şahin pointed out the current situation. Then, some other workers including the dismissed women took the floor and pointed out their determination until the victory of the struggle.

After the speeches of the workers, the president of Nakliyat-İş Union Ali Rıza Küçükosmanoğlu made a short explanation and expressed the reason why they organized such a protest at the head office of Media Markt. He stated that the workers have been dismissed as a result of a fraudulent bankruptcy without getting any compansation and their rights. He also criticized the yellow union Tez-Koop-İş. He stated that the call for international solidarity made by this yellow union was nothing but a real hypocrisy. At the end of his statement, Küçükosmanoğlu enounced that the workers were going to get in the store and protest the injustice they face.

On this call, Real Market Workers and the union leaders forced the barriers and tried to get in the store. Seeing that the workers and union leaders removed the barriers, the police forces attacked the workers and union leaders using tear gas. After a while, the protestors gathered again and protested the police attack shouting their slogans.

As Nakliyat-İş Union, we condemn and protest the police aggression towards Real Market Workers and our union leaders continuing their legitimate struggle non-violently.

In spite of all kinds of prohibition, pressure, barriers, tear gas, high security precautions and State of Emergency conditions, the struggle of Real Market Workers will continue until they regain their rights!

We are workers, we are righteous and we will win! (wftucentral.org, Nov 4, 2017)


Relations turco-européennes / Turkey-Europe Relations

La Turquie va réduire sa contribution au Conseil de l'Europe

La Turquie a décidé de réduire sa contribution au budget du Conseil de l'Europe, a annoncé mercredi le secrétaire général de l'organisation, Thorbjørn Jagland, au cours d'une conférence de presse avec Kemal Kiliçdaroglu, président du Parti républicain du peuple (CHP), le principal parti d'opposition turc.

"J'ai reçu une lettre de M. (Mevlut) Cavusoglu (le ministre des Affaires étrangères), m'informant que la Turquie voulait cesser d'être un grand payeur. Il va y avoir un dialogue à ce sujet", a déclaré M. Jagland.

"La Turquie veut redevenir un contributeur ordinaire et elle doit encore nous préciser quand cette décision entrera en application", a-t-il ajouté.

M. Jagland a précisé ne pas avoir d'indications sur les motivations d'Ankara.

La Turquie suit ainsi la Russie, qui a cessé de contribuer au budget du Conseil de l'Europe en juin pour protester contre les critiques de l'institution paneuropéenne chargée de veiller à la protection des droits de l'Homme dans les 47 Etats membres.

La Turquie et la Russie sont deux des six "grands payeurs" du Conseil de l'Europe avec la France, le Royaume-Uni, l'Allemagne et l'Italie.

Avec ce statut, un Etat s'engage à participer à hauteur de 10% au budget (environ 33 millions d'euros), en échange d'un quota accru de fonctionnaires au sein de l'organisation.

Moscou avait versé 10 millions d'euros de sa contribution avant d'annoncer sa décision. Le trou laissé par l'arrêt des contributions de ces deux pays devra être compensé par les autres Etats membres, ce qui va créer des tensions au sein de l'organisation.
(AFP, 8 novembre 2017)

Turquie-USA-OTAN / Turkey-USA-NATO

Spéculations sur le sort de Reza Zarrab détenu aux Etats-Unis

Où est Reza Zarrab, l'homme d'affaires turco-iranien inculpé aux Etats-Unis pour avoir enfreint les sanctions contre l'Iran, au coeur d'une affaire potentiellement explosive pour le pouvoir turc, dont le procès doit s'ouvrir lundi à New York?

La dernière audience de préparation du procès qui s'est tenue jeudi devant le juge fédéral new-yorkais Richard Berman a alimenté les spéculations des médias américains sur un retournement de Reza Zarrab, qu'ils soupçonnent d'avoir accepté de plaider coupable et de coopérer avec la justice américaine.

Un porte-parole du procureur, James Margolin, a ainsi confirmé que M. Zarrab n'était pas présent à cette audience, comme il aurait dû. Il a ajouté que Reza Zarrab était toujours "aux
mains de la justice américaine", mais sans préciser où.

Lors de l'audience jeudi, l'avocat d'un co-accusé, Mehmet Akan Attila, a aussi interrogé le juge sur la présence de M. Zarrab au procès. Richard Berman a répondu de façon sibylline, lui conseillant de "surveiller les nouvelles pièces versées au dossier", a rapporté James Margolin.

Sollicité, l'avocat de Reza Zarrab, le célèbre Ben Brafman, a décliné tout commentaire.

Le ministère turc des Affaires étrangères a aussi indiqué mercredi que son ambassade à Washington avait fait "une demande officielle auprès des autorités américaines pour obtenir des informations au sujet de Reza Zarrab".
 "Nous attendons toujours une réponse", a ajouté le ministère.

Le retournement de Reza Zarrab constituerait un nouveau rebondissement dans cette affaire complexe, au coeur des tensions turco-américaines actuelles.

En décembre 2013, M. Zarrab avait été arrêté et détenu pendant plus de deux mois en Turquie, avec des dizaines d'autres proches du pouvoir, pour s'être livré à un trafic illicite d'or avec l'Iran, facilité par des ministres du gouvernement islamo-conservateur d'Ankara. Quatre d'entre eux avaient alors démissionné ou été remerciés.

Son arrestation lors d'une visite aux Etats-Unis en 2016, ainsi que celle, en mars, du banquier Mehmet Akan Atilla, avaient suscité l'ire du président Erdogan et exacerbé les tensions entre Ankara-Washington.

Depuis Reza Zarrab a été cité en connexion avec une des grandes sources de tensions américano-turques: l'extradition du prédicateur Fethullah Gülen, qui vit en Pennsylvanie et est accusé par Ankara d'avoir fomenté le putsch manqué contre Erdogan de juillet 2016.

De sombres négociations sur la remise éventuelle de Fethullah Gülen à Ankara se seraient déroulées juste après l'élection de Donald Trump en novembre 2016 entre l'ex-conseiller américain à la sécurité nationale Michael Flynn et le gouvernement turc, lors desquelles la libération de Reza Zarrab aurait été évoquée.

La Turquie comme les avocats de M. Flynn - un personnage-clé dans l'enquête du procureur spécial Robert Mueller sur une éventuelle collusion entre la campagne Trump et la Russie - ont démenti l'existence de telles négociations.
(AFP, 16 novembre 2017)

Un ex-conseiller de Trump aurait envisagé de livrer Gülen contre paiement

L'ancien conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, Michael Flynn, est soupçonné d'avoir envisagé de livrer à la Turquie l'opposant au régime Fethullah Gülen en échange de plusieurs millions de dollars, ont indiqué vendredi des médias américains.

 Selon la télévision NBC et le quotidien Wall Street Journal, le procureur spécial Robert Mueller s'intéresse à une réunion entre M. Flynn, son fils Michael Flynn Jr et des hauts responsables du gouvernement turc tenue entre la victoire de Donald Trump à la présidentielle le 8 novembre 2016 et son entrée en fonctions le 20 janvier suivant.

Les deux médias citent plusieurs sources proches de la vaste enquête menée par M. Mueller sur notamment une éventuelle collusion entre l'équipe de campagne de Donald Trump et la Russie pour influencer le scrutin présidentiel.

L'enquête du procureur spécial, qui dispose d'une large indépendance et de pouvoirs renforcés, se concentre sur les contacts entre Michael Flynn et des intermédiaires russes pendant la campagne, notamment l'ambassadeur de Russie à l'époque à Washington, Sergueï Kisliak, mais elle s'intéresse aussi à ses activités non-déclarées de lobbyiste, notamment pour la Turquie.

Selon NBC, la rencontre aurait eu lieu en décembre 2016 dans un club huppé de New York. Les Turcs auraient offert à M. Flynn "15 millions de dollars au maximum pour livrer Fethullah Gülen au gouvernement turc" en utilisant un avion privé pour le transporter jusqu'à l'île-prison d'Imrali, dans la mer de Marmara, où est notamment détenu le chef historique du PKK, Abdullah Öcalan.

Fethullah Gülen, un prédicateur installé en Pennsylvanie (est des Etats-Unis), est accusé par le président turc Recep Tayyip Erdogan d'avoir orchestré un putsch manqué en juillet 2016. Les appels répétés d'Ankara pour son extradition sont restés à ce jour sans réponse.

Il aurait aussi été question d'aider à la libération de l'homme d'affaires turco-iranien Reza Zarrab, inculpé avec neuf autres personnes aux Etats-Unis pour avoir enfreint l'embargo financier contre l'Iran.
 Le WSJ dit ignorer si les responsables turcs ont donné suite, précisant qu'il n'existait aucune trace de paiement.

Les avocats de M. Flynn ont assuré que les informations de presse étaient "fausses". Ces accusations, "qui vont de l'enlèvement à la corruption", sont "injurieuses" et "préjudiciables" à leur client, qui nie tout acte répréhensible, ont-ils déclaré dans un communiqué.

Le général Flynn, ancien chef du renseignement militaire américain, a démissionné 22 jours seulement après avoir été nommé conseiller à la sécurité nationale. Il avait caché au vice-président Mike Pence et à d'autres responsables de la Maison Blanche ses contacts répétés avec des personnalités russes avant la victoire de Donald Trump.
(AFP, 10 novembre 2017)

Washington et Ankara annoncent une reprise "limitée" des visas

Les Etats-Unis et la Turquie ont annoncé lundi une reprise "limitée" de leurs services respectifs de délivrance de visas, interrompus depuis un mois après l'arrestation d'un employé local du consulat américain à Istanbul.

La suspension sans précédent des services des visas avait exacerbé les tensions déjà vives entre ces deux alliés au sein de l'Otan depuis le putsch manqué de juillet 2016 en Turquie.

"La mission américaine en Turquie a repris le traitement de visas non-immigrant sur une base limitée", a indiqué l'ambassade américaine à Ankara sur son site.

Peu après, l'ambassade turque à Washington a publié une annonce similaire sur son compte Twitter, reprenant quasiment mot pour mot l'annonce américaine.

Ces annonces surviennent avant une visite de quatre jours que doit entamer mardi aux Etats-Unis le Premier ministre turc Binali Yildirim, au cours de laquelle il doit notamment rencontrer le vice-président Mike Pence.

Déjà tendues depuis plusieurs mois, les relations entre la Turquie et les Etats-Unis s'étaient encore dégradées après l'inculpation pour "espionnage", début octobre, d'un employé turc du consulat américain à Istanbul.

Metin Topuz, l'employé arrêté, est accusé par la justice turque d'être lié au prédicateur en exil aux Etats-Unis Fethullah Gülen, accusé par Ankara d'avoir été le cerveau de la tentative de coup d'Etat du 15 juillet 2016.

En réaction à son arrestation, l'ambassade des Etats-Unis a annoncé le 8 octobre la suspension des services de délivrance des visas américains en Turquie, hors visas d'immigration. Ankara a répliqué en prenant des dispositions similaires.

- 'Assurances' -

L'ambassade américaine a expliqué que la décision de reprendre partiellement le service de visas avait été prise après qu'elle avait "reçu des assurances de haut niveau du gouvernement turc qu'aucun employé supplémentaire de notre mission en Turquie ne faisait l'objet d'enquête".

"Nous avons également reçu des assurances du gouvernement turc que nos personnels locaux ne seraient pas arrêtés ou détenus en lien avec leur travail et que les autorités turques informeraient préalablement le gouvernement américain lorsqu'elles envisagent d'arrêter des membres de notre personnel local" pour toute autre raison, a ajouté l'ambassade.

La mission diplomatique américaine a également redit "sa sérieuse préoccupation" en ce qui concerne les poursuites en cours contre ses employés locaux détenus et contre les ressortissants américains arrêtés en Turquie depuis l'instauration de l'état d'urgence au lendemain du putsch manqué.

Quelques jours après l'arrestation de Metin Topuz, le procureur général d'Istanbul avait annoncé avoir convoqué un autre employé du consulat américain.

En mars, un employé turc du consulat américain à Adana (sud) avait été arrêté et accusé d'avoir soutenu le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, séparatistes kurdes). Il est toujours en détention.

- 'Etat de droit' -

Qualifiant le rétablissement des services de visas de "développement positif", l'ambassade turque aux Etats-Unis a toutefois nié avoir donné des "assurances" à Washington.

"La Turquie est un Etat de droit, et le gouvernement ne peut pas donner des assurances sur des dossiers judiciaires en cours", a déclaré la mission turque dans un communiqué, ajoutant que l'employé en question n'est pas poursuivi en raison de sa mission officielle, mais "de très graves accusations" portées contre lui.

L'ambassade a également exprimé sa "très grande inquiétude" vis-à-vis des procédures judiciaires en cours contre des citoyens turcs aux Etats-Unis.

L'arrestation du banquier turc Mehmet Hakan Atilla, en mars, et de l'homme d'affaires turco-iranien Reza Zarrab l'an dernier, tous deux accusés par la justice américaine d'avoir violé l'embargo sur l'Iran, a suscité l'ire du président turc Recep Tayyip Erdogan.

Ankara avait également vivement réagi à l'inculpation par la justice américaine de 19 suspects, dont 15 agents de sécurité turcs et gardes du corps de M. Erdogan, soupçonnés d'avoir agressé le 16 mai dernier des manifestants kurdes pacifiques à Washington. Sur les 19 inculpés, deux ont été arrêtés.

Les restrictions sur les visas avaient été imposées à un moment où les deux pays s'opposent sur de nombreux dossiers, à commencer par la Syrie, où la Turquie reproche aux Etats-Unis d'appuyer des milices kurdes qu'elle qualifie de "terroristes".

Autre sujet de discorde, l'extradition du prédicateur Gülen, réclamée sans succès par Ankara depuis le coup d'Etat avorté. Le président Erdogan a récemment suggéré qu'il était prêt à l'"échanger" contre un pasteur américain détenu en Turquie.
(AFP, 6 novembre 2017)

Relations régionales / Regional Relations

Sommet Turquie-Russie-Iran sur la Syrie à Sotchi le 22 novembre

Les présidents turc, russe et iranien se réuniront le 22 novembre dans la station balnéaire russe de Sotchi pour un sommet axé sur la Syrie, où leurs pays jouent un rôle important, ont annoncé jeudi Ankara et Moscou.

Recep Tayyip Erdogan, Vladimir Poutine et Hassan Rohani "échangeront sur les avancées concernant la réduction de la violence en Syrie permise par les réunions d'Astana, ainsi que sur les activités au sein des +zones de désescalade+", a déclaré le porte-parole de la présidence turque, Ibrahim Kalin, à l'agence de presse étatique Anadolu.

Moscou a confirmé l'organisation d'un sommet tripartite à Sotchi le 22 novembre. "Il réunira les pays garants du processus de règlement syrien. Le sujet sera la Syrie", a dit le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

La Russie, la Turquie et l'Iran parrainent un accord visant à réduire l'intensité des combats pour préparer le terrain à un accord politique en vue de mettre un terme au conflit syrien qui a fait plus de 330.000 morts et provoqué le déplacement de millions de personnes depuis mars 2011.

Cet accord d'Astana, du nom de la capitale kazakhe où les négociations se déroulent, a permis d'instaurer des "zones de désescalade" prévoyant l'arrêt des combats. Dans ce cadre, la Turquie a notamment déployé des troupes dans la province rebelle d'Idleb (nord-ouest).

Avant le sommet, les ministre des Affaires étrangères des trois pays parrains de l'accord d'Astana se réuniront "en fin de semaine à Antalya (sud de la Turquie)", a annoncé le chef de la diplomatie turque Mevlüt Cavusoglu au cours d'une conférence de presse.

- Rapprochement russo-turc -

La Russie et l'Iran soutiennent le président syrien Bachar al-Assad, alors que la Turquie appuie les rebelles qui cherchent à le renverser, même si Ankara a mis en sourdine ces derniers mois ses critiques les plus dures à l'endroit du régime de Damas.

Malgré leurs positions contradictoires, la Turquie et la Russie, qui ont traversé une grave crise diplomatique après que l'aviation turque eut détruit en novembre 2015 un avion russe au-dessus de la frontière syrienne, ont mis ces derniers mois leurs différends de côté pour coopérer sur le dossier syrien.

Signe de ce réchauffement dans les relations entre ces deux pays, MM. Poutine et Erdogan se sont rencontrés à cinq reprises cette année et ont eu 13 entretiens téléphoniques depuis janvier, selon Anadolu.

Par ailleurs, depuis un an, la Turquie semble plus soucieuse d'enrayer l'expansion des milices kurdes YPG dans le nord de la Syrie que d'encourager à la chute du régime syrien.

Ankara considère les YPG comme l'extension en Syrie du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), une organisation classée "terroriste" par la Turquie et ses alliés occidentaux qui mène depuis trois décennies une sanglante guérilla contre les forces de sécurité turques.

Cette question est à l'origine d'une dégradation des relations entre la Turquie et les Etats-Unis, Ankara reprochant à Washington de soutenir les YPG pour combattre les jihadistes du groupe Etat islamique (EI).
(AFP, 16 novembre 2017)

En visite au Qatar, Erdogan promet une aide militaire à Doha

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a promis mercredi lors d'une visite au Qatar qu'Ankara continuerait à apporter une aide militaire à ce pays, alors qu'une crise diplomatique sans précédent dans le Golfe oppose Doha à Ryad depuis juin.

Il a aussi indiqué que le secteur privé turc était prêt à aider Doha dans les projets en construction dans le cadre des préparatifs pour la Coupe du monde 2022 qu'organise le Qatar, selon l'agence de presse officielle QNA.

Lors de sa visite, le président turc a eu un entretien avec l'émir du Qatar, Cheikh Tamim ben Hamad al-Thani, selon l'agence.

Il a annoncé que les deux pays avaient signé plusieurs accords dans les secteurs financier, touristique et de la recherche.

"Erdogan a souligné le soutien continu de la Turquie à l'Etat du Qatar dans différents domaines, tout spécialement industriel et militaire", selon QNA.

La Turquie a établi une base militaire au Qatar, où elle dit disposer d'installations pour quelque 3.000 hommes.

Avant de conclure sa visite au Qatar, M. Erdogan s'est rendu sur la base accompagné de hauts responsables qataris, dont le ministre de la Défense, Khaled Al-Attiyah.

Il s'agit de la deuxième visite de M. Erdogan au Qatar depuis que les tensions entre Ryad et Doha ont éclaté au grand jour il y a cinq mois.

Le 5 juin 2017, l'Arabie saoudite et plusieurs de ses alliés ont rompu leurs relations diplomatiques avec le Qatar, l'accusant de soutenir des groupes "terroristes" --ce que dément Doha-- et lui reprochant de se rapprocher de l'Iran.

Le royaume a notamment interrompu les liaisons aériennes et maritimes avec le Qatar et a fermé la seule frontière terrestre de l'émirat.

M. Erdogan visitait Doha après s'être rendu au Koweït, qui avait tenté une médiation dans cette crise.

Les relations entre le Qatar et la Turquie sont très étroites.

Cheikh Tamim avait été le premier leader étranger à téléphoner à M. Erdogan lors du coup d'Etat manqué en Turquie en juillet 2016, selon des médias publiques turcs.

Après le début de la crise avec les pays du Golfe, l'émirat gazier s'est tourné vers la Turquie et l'Iran, notamment pour importer des produits alimentaires.
(AFP, 15 novembre 2017)

Accord sur un couloir de transport reliant l'Afghanistan à la Turquie

Un accord sur la mise en place d'un couloir routier et ferroviaire reliant l'Afghanistan à la Turquie puis à l'Europe a été signé mercredi par des responsables des cinq pays participant au projet lors d'une cérémonie à Achkhabad, capitale du Turkménistan.

Baptisé Lapis Lazuli, ce corridor est le fruit de cinq ans de négociations entre l'Afghanistan, la Turquie et trois ex-républiques soviétiques -- l'Azerbaïdjan, la Géorgie et le Turkménistan.

L'accord vise à harmoniser les procédures de douane et lever les barrières logistiques affectant le commerce entre ces cinq pays.

Lapis Lazuli, baptisé ainsi en l'honneur d'une pierre bleue semi-précieuse qu'on trouve essentiellement en Afghanistan, commence à la station afghane d'Aqina, non loin de la frontière avec le Turkménistan, et finit aux portes de l'Europe à Istanbul, en Turquie.

Après avoir traversé le Turkménistan, le fret passera également par la mer Caspienne avant de rejoindre la route existante et les infrastructures ferroviaires en Azerbaïdjan.

"Ce couloir de transport et de transit permet de relier l'Asie à l'Europe", s'est félicité un vice-ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Yildiz, lors d'une conférence sur l'intégration régionale à Achkhabad, soulignant que la Turquie "saluait" l'accord.

Pour sa part, le ministre du Commerce turkmène Dovran Orazmouradov a indiqué mardi que les échanges commerciaux entre le Turkménistan et l'Afghanistan avaient augmenté de 20% l'année dernière pour atteindre 513 millions de dollars par an.

Une ligne ferroviaire reliant les deux pays, opérationnelle depuis un an et qui fait partie du couloir Lapis Lazuli, est censée relancer les échanges commerciaux afghano-turkmènes.

Mais les doutes sur le financement et les craintes pour la sécurité en Afghanistan ont ralenti l'expansion de ce réseau ferroviaire vers le Tadjikistan, une autre ex-république soviétique d'Asie centrale.

La Chine aimerait de son côté inclure l'Afghanistan dans son projet "La Ceinture et la Route" qui vise à dynamiser le commerce eurasiatique via notamment l'investissement de milliards de dollars dans les infrastructures.

La détérioration de la situation dans le domaine de la sécurité en Afghanistan, qui a suivi le retrait massif des troupes de la coalition internationale menée par les Etats-Unis, a cependant provoqué le ralentissement d'un grand nombre de projets.
(AFP, 15 novembre 2017)

Bagdad contrôle la frontière entre Turquie et Kurdistan irakien

Des soldats irakiens ont pris mardi le contrôle de l'unique point de passage entre la Turquie et le Kurdistan irakien, cinq semaines après un référendum d'indépendance dans cette région rejeté par Bagdad et Ankara, a indiqué le Premier ministre turc.

"Le poste-frontière a été remis aux autorités gouvernementales irakiennes", a déclaré Binali Yildirim lors d'un discours télévisé à Ankara.

"Désormais, les contrôles seront effectués par la Turquie et l'Irak. Côté turc, à Habur, par nos autorités. Côté irakien, où le point de passage est appelé Ibrahim al-Khalil, par des responsables irakiens envoyés depuis Bagdad", a ajouté le chef du gouvernement turc.

Les forces irakiennes, accompagnées de soldats turcs, sont arrivées au point de passage Ibrahim al-Khalil depuis le territoire turc où elles avaient participé ces dernières semaines à des exercices militaires conjoints avec l'armée turque, selon les agences de presse Anadolu et Dogan.

Le point de passage, appelé Habur du côté turc, était jusqu'à présent contrôlé en territoire irakien par les autorités du Kurdistan irakien (KRG).

Ankara a menacé à plusieurs reprises de fermer ce point de passage pour sanctionner le KRG après le référendum du 25 septembre mais n'a jamais mis cette menace à exécution.

Selon Dogan, une cérémonie marquant le passage du poste-frontière sous contrôle de l'armée irakienne a eu lieu sur place mardi matin en présence de haut gradés de Bagdad et d'Ankara.

Le drapeau du KRG qui flottait sur le bâtiment de la partie irakienne du point de passage devait être remplacé par le drapeau irakien, selon les médias turcs.

Dimanche, une source gouvernementale irakienne avait affirmé que les commandants militaires irakiens et kurdes étaient parvenus à un accord prévoyant le déploiement de forces de Bagdad à un autre poste-frontière, celui de Fichkhabour aux confins des territoires turc, syrien et irakien.

Bagdad cherche à sécuriser l'accès de son oléoduc vers le port turc de Ceyhan en prenant ce poste-frontière.
 Depuis le référendum, la crise n'a cessé de s'envenimer entre Erbil et Bagdad. Le 16 octobre, les forces gouvernementales et paramilitaires irakiennes sont entrées en action pour reprendre l'ensemble des zones disputées, c'est-à-dire revendiquées à la fois par le KRG et Bagdad.

En deux semaines, Bagdad a repris le contrôle de leur quasi-totalité et était engagé dans de violents combats contre les peshmergas dans le nord.
(AFP, 31 octobre 2017)

Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece


Immigration / Migration


belgo

Crise au PS: Özkara compte sur le soutien de Laurette Onkelinx


Le président de la section de Schaerbeek, Georgy Manalis, a décidé de jeter l'éponge et de rendre son mandat. Celui-ci a écrit une lettre à la présidente de la Fédération bruxelloise Laurette Onkelinx. Une missive envoyée ce mercredi, à la veille du vote devant désigner la tête de liste en vue des élections communales d'octobre 2018.

Trois candidats se présentaient au suffrage des membres lors d'une assemblée générale programmée en soirée: le président de la section Georgy Manalis, Emin Ozkara député bruxellois et conseiller communal, Matthieu Degrez conseiller CPAS. Tout était prêt depuis plusieurs jours... jusqu'au coup de théâtre, entraînant le report du vote.

Un des trois candidats pour la tête de la liste PS de la Commune de Schaerbeek, Emin Özkara compte sur le soutien de Laurette Onkelinx.

Selon un journal turc en ligne, Özkara a déjà fait l'éloge public suivant à Onkelinx au Conseil communal de Schaerbeek le 25 octobre 2017.

«Monsieur le Bourgmestre,
Mesdames, Messieurs les échevins,
Madame la Cheffe de groupe,
Chère Laurette,Chère Laurette,

Tu as été et tu resteras une femme politique d’exception qui a marqué plusieurs générations.

Ta détermination, ton enthousiasme, ta vigueur ont incontestablement participé au rayonnement du socialisme. Ton engagement sans faille à tous les niveaux de pouvoir, a forcé et force aujourd’hui encore, jusqu’au respect de tes adversaires politiques. Tu ne comptes pas les heures lorsqu’il s’agit de défendre la Justice sociale, la Solidarité et le Progrès, valeurs qui, je le sais, te sont très chères.

Laurette, de par ta vision, tu as contribué à la cohésion et l’émancipation du parti, mais aussi à celles de notre section. Tu as aussi contribué tant à la vision politique de certaines personnes ici présentes qu’à la bonne gestion quotidienne de la cité et de notre si belle commune. Je te remercie pour la lumière et l’attention que tu as su apporter à tous sans distinction et dans la diversité des opinions.

Laurette, tout comme toi, je suis convaincu de deux choses:

le socialisme ne meurt jamais! Il grandit, il diminue parfois, mais il ne meurt JAMAIS!!! et que c’est à force d’écoute, de bonne volonté et de travail que l’on parvient à gagner le cœur des gens et à trouver des solutions qui permettent à la cité et aux citoyens d’aller de l’avant vers et pour un avenir meilleur.

Laurette comme tout le monde le sait, j’ai un frère jumeau, mais toi tu n’as pas de sœur jumelle, tu es unique! Tel que je te connais, je suis persuadé que tu ne te reposeras pas et que tu continueras, à ta manière, à lutter pour une société Plus solidaire, Plus Fraternelle et Plus Juste!

Laurette, encore une fois, je te remercie et t’offre en mon nom et au nom de mon groupe douze roses rouges. Chaque rose rouge symbolise une année de ta forte implication au sein de notre section et de notre commune.

Merci Laurette,

Schaerbeek, Conseil Communal du 25 octobre 2017. »

Six mois pour avoir menacé la Secrétaire d'Etat Zuhal Demir

Le tribunal correctionnel de Tongres a condamné, mercredi, un Liégeois de 25 ans à six mois de prison et à une amende de 400 euros pour avoir adressé dans le courant de l’année des menaces à la secrétaire d’Etat à l’Egalité des chances et à la Lutte contre la pauvreté, Zuhal Demir (NVA). L’ordinateur qui a servi à l’envoi du mail a été confisqué.

Un courriel haineux

Le 19 mars, le jeune homme s’était rendu sur le site Internet d’un journal turc, qui écrivait que Zuhal Demir était membre de l’organisation terroriste kurde PKK. D’après lui, un lien se trouvait au bas de l’article par lequel un courriel pouvait être envoyé à l’organisation.

Dans son mail, l’homme écrivait que “ce genre de personne devrait être lynchée et pendue pour trahison et terrorisme et devrait recevoir la peine capitale”. “Ce sont des chiens”, ajoutait il.

Devant le juge, il a expliqué qu’il en avait après les gens qui perpétraient des attentats suicides dans les supermarchés et les salles de concert et non après la secrétaire d’Etat elle-même.

Il a prétendu qu’il n’avait pas remarqué que le mail était envoyé à l’adresse personnelle de Mme Demir. Un raisonnement qui n’a pas convaincu le juge puisque dans son message, l’homme s’est adressé à Mme Demir plutôt qu’au PKK.

Menace d’attentat

Le Liégeois avait également effectué des recherches à partir du mot-clef “zuhaldemir” et était tombé directement sur la page de la secrétaire d’Etat. Zuhal Demir avait averti la police après avoir reçu le courriel, qui contenait également une menace d’attentat prévu pour le 16 avril.

Une arme, pour laquelle aucun permis n’a été délivré, a par ailleurs été retrouvée à la suite d’une perquisition au domicile du jeune homme.

Celui-ci a été condamné à verser la somme de 400 euros à la secrétaire d’Etat en guise de dédommagement. Le ministère public avait requis huit mois de prison avec sursis et une amende de 800 euros.

Le conseil de Mme Demir avait réclamé qu’un signal fort soit donné par le tribunal.

Pas une première

La secrétaire d’Etat avait déjà fait l’objet d’une menace similaire auparavant. Le parquet du Limbourg avait interpellé un suspect de 34 ans, originaire de Genk, qui avait menacé la secrétaire d’Etat NVA à la suite de la diffusion d’une émission de la télévision turque “A Haber”, dans laquelle Zuhal Demir était présentée comme une partisane du PKK.

La chaîne de télévision avait utilisé des images de l’émission “De Afspraak” (VRT) où la députée d’origine kurde expliquait pourtant qu’elle n’avait aucune sympathie pour ce parti. (La Libre Belgique – Belga, 9 nov 2017)


Bruxelles, depuis toujours, terre d’exil pour réprouvés

Il l’a affirmé mardi : Carles Puigdemont ne compte pas, à ce stade, demander le statut de réfugié politique en Belgique. Le président indépendantiste catalan destitué par Madrid n’entend pas pour autant rentrer tout de suite dans son pays, où la justice espagnole a entamé à son encontre des poursuites pour sédition et rébellion, chefs d’accusation passibles respectivement de 15 et 30 ans de prison. En attendant que la situation se décante, l’homme a posé ses valises à l’hôtel, du côté de la Porte de Namur.

Avec la demande d’extradition de Puigdemont, les hostilités judiciaires sont ouvertes
La présence à Bruxelles de « dissidents politiques » célèbres est une histoire aussi ancienne que l’indépendance belge. Au XIXe siècle, les deux plus célèbres exilés furent assurément Karl Marx, chassé d’Allemagne puis de France, qui séjournera chez nous de 1845 à 1848 ; et Victor Hugo, lequel, fuyant le régime de Louis-Napoléon Bonaparte – qu’il surnomma « Napoléon le Petit » dans un pamphlet publié dans la foulée du coup d’État du 2 décembre 1851… – s’établit Grand-Place durant sept mois, en 1851-1852, avant de poser ses malles à Jersey.

À l’époque, le mandat d’arrêt européen n’existait évidemment pas – il n’a été institué qu’en 2002 – et il faudra attendre la fin du XIXe siècle et le début du XXe pour assister à une accélération des conventions bilatérales d’extradition – celles-ci devenant un enjeu universel de régulation des relations internationales. Libres de leurs mouvements aussi longtemps qu’ils n’avaient point enfreint les lois locales, ces « parias » étaient souvent source de tensions diplomatiques…

Désireuse de conserver des relations de bon voisinage avec la France, grande pourvoyeuse d’exilés et de proscrits, la jeune Belgique adopta ainsi, le 22 septembre 1845, une législation donnant au gouvernement le pouvoir d’obliger les étrangers à « habiter dans un lieu déterminé » et même, dans les cas les plus problématiques, de les faire « sortir du royaume ». Une disposition liberticide très critiquée à l’époque dans les milieux « progressistes », car en contradiction avec les principes d’hospitalité politique défendus dans la constitution de 1830.

Quelques années après Hugo, un autre Français célèbre, militaire celui-là, choisit Bruxelles comme terre d’exil… mais aussi comme dernière demeure.

Le 30 septembre 1891, Georges Boulanger, général en disgrâce, se tirait une balle dans la tête au cimetière d’Ixelles, devant la tombe de Marguerite Bronzet, vicomtesse de Bonnemains, sa maîtresse et compagne d’exil, qui avait succombé à la tuberculose deux mois et demi plus tôt. Il est enterré à ses côtés, à l’endroit de son trépas.

Boulanger a en commun avec Puigdemont d’avoir suscité d’énormes espoirs de changements politiques parmi ses nombreux et disparates supporters, au point d’effrayer le pouvoir en place, qui finira par l’accuser de complot contre l’Etat. Comme le président catalan, l’officier français prit la poudre d’escampette. La fin de l’histoire catalane est naturellement encore à écrire…

Georges Boulanger avait été nommé ministre de la Guerre en 1886. C’était l’époque où la IIIe République se cherchait encore. À deux reprises, elle dut repousser des tentatives de restauration de la monarchie. Mais le général donna des gages aux républicains en défendant la loi d’exil frappant les princes, dont le duc d’Aumale, son protecteur. Il gagna par ailleurs l’estime des ouvriers en refusant d’utiliser la force contre les mineurs grévistes de Decazeville et en ordonnant aux soldats de partager avec eux leurs rations. Il entreprit aussi d’améliorer les conditions de vie dans les casernes.

Sa popularité devint très importante. D’autant que l’homme portait beau et parlait clair. Les vaincus de 1870 recommencèrent à croire à la gloire. Grâce au « Général la Revanche », ils pouvaient caresser l’espoir de ramener l’Alsace et la Lorraine dans le giron national.

Mais de leur côté, les républicains regardaient avec de plus en plus de méfiance cet officier un peu trop sûr de lui, qui rassemblait sur son nom une coalition hétéroclite d’opposants : revanchards, bonapartistes, monarchistes, tous attachés à la guerre contre l’Allemagne de Bismarck et à la ruine de la République.

Boulanger sera écarté du gouvernement suivant. On l’éloignera même de Paris, en lui confiant le commandement d’une garnison de province : le 3e  corps d’armée de Clermont-Ferrand. Lors de son départ pour l’Auvergne, des milliers d’hommes et de femmes se pressèrent gare de Lyon, pour acclamer leur héros.

Mais alors que le pouvoir semblait à portée de main, le vaillant soldat se montra piètre politicien. Il complota simultanément avec Clemenceau, le comte de Paris et le prince Napoléon. Cette coalition improbable lui permit d’entrer à la Chambre. Mais, au soir de son élection, le nouveau député de Paris planta là ceux qui voulaient le conduire à l’Elysée à la tête de 100.000 partisans pour rejoindre sa maîtresse et pour prendre sa dose quotidienne de morphine !

Le destin avait tourné. La suite fut assez pathétique. Le nouveau ministre de l’Intérieur, Ernest Constans, monta un dossier à charge dans lequel se mêlaient fausses et vraies rumeurs. L’une d’elles affirmait que le général allait être traduit en Haute Cour pour complot contre l’Etat…

Le 3 avril 1889, pris de panique, et sans mettre ses partisans dans la confidence, Georges Boulanger gagna la gare du Nord et sauta dans le train de Bruxelles en compagnie de Marguerite, sa maîtresse. Cette fuite eut un effet désastreux sur l’opinion. Et lorsque le 14, la Haute Cour le reconnut coupable de « complot et d’attentat pour changer la forme du gouvernement » et le condamna par contumace à la déportation, il n’y eut aucune émotion populaire. Le « boulangisme » appartenait déjà au passé. (Le Soir, 3 novembre 2017)




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