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INFO-TURK

A non-government information center on Turkey

Un centre d'information non-gouvernemental sur la Turquie

45th Year / 45e Année
  Novembre
2018 November
N° 483
53 rue de Pavie - 1000 Bruxelles
Tél: (32-2) 215 35 76 - Fax: (32-2) 588 69 73
Chief Editor /Rédacteur en chef: 
Dogan Ozgüden

Responsible editor/Editrice responsable:

Inci Tugsavul
Human Rights
Pressures on  media
Kurdish Question
Minorities
Interior politics
Armed Forces
Religious affairs
Socio-economics
Turkey-Europe
Turkey-USA
Regional Relations
Cyprus and Greece
Migration

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OUR PUBLICATIONS ALSO ON ACADEMIA

All periodical or non-periodical publications of Info-Türk are already at La Bibliothèque Royale in Brussels and International Institute of Social History (IISG) in Amsterdam. Our friends can also reach their pdf copies by clicking our link:
http://www.info-turk.be/documents-pdf.htm

With the aim of facilitating research by our readers, we have put them on the web site Academia. You can reach them by clicking "Research" on the following link.
https://doganozguden.academia.edu


Titres des évènements du mois
Titles of this month's events


Droits de l'Homme / Human Rights



Un grand coup à la justice d'Erdogan: Demirtas doit être libéré
ECtHR Asks: What Did You Do to Prevent Civilian Losses?
Operation, Curfew in 73 Villages, Hamlets in Diyarbakır
Indictment of 3rd Airport Workers Accepted

Curfew in 77 Villages, Hamlets in Diyarbakır
Ministry of Interior to Collect Information of Association Members

Pression sur les médias / Pressure on the Media

PEN: ‘Imprisonment of 123 Journalists and Writers Unacceptable'
EFJ-IFJ launch a transitional solidarity fund for journalists in Turkey
Legal Action Against 182 People Due to ‘Social Media’
L'assassinat de Khashoggi a-t-il été commandité par le prince héritier?
Nouvelles arrestations d'universitaires et figures de la société civile

Le Soir sur l'incarcération d'Osman Kavala
‘Social Media Investigation’ Against 142 People

Le corps de Khashoggi démembré pour être dissous
Appel à libérer Osman Kavala, philanthrope écroué depuis un an

Khashoggi étranglé et démembré d'une manière préméditée, selon Ankara

Kurdish Question / Question kurde

La chanteuse Hozan Cane condamnée à six ans de prison

La France remet à l'Allemagne un membre présumé du PKK

Les Kurdes syriens craignent une nouvelle offensive d'Ankara
Washington tente de désamorcer la crise entre Ankara et les Kurdes
Les forces démocratiques annoncent l'arrêt "temporaire" des opérations anti-EI


Minorités / Minorities

ECtHR Condemns Turkey in ‘Minority Report’ Case of Kaboğlu and Oran


Politique intérieure/Interior Politics



Forces armées/Armed Forces

7 soldats tués et 25 blessés dans une explosion "accidentelle"
La Turquie prête pour une nouvelle offensive contre une milice kurde

Affaires religieuses / Religious Affairs
 

Bras de fer entre la Turquie et l'Arabie saoudite sur fond de frères musulmans
Erdogan utilise le meurtre pour apparaître comme le leader du monde musulman

Socio-économique / Socio-economic

Turkey as the Country with Highest Inflation Rate in Europe
Erdogan inaugure à Istanbul le futur "plus grand aéroport du monde"

Relations turco-européennes / Turkey-Europe Relations


 L'aide de l'UE pour les réfugiés en Turquie difficile à suivre
65 personnalités signent la tribune du CCAF contre la présence d’Erdogan
Treize interpellations à Strasbourg en marge d'une manifestation pro-kurde

Turquie-USA-OTAN / Turkey-USA-NATO

Trump: l'extradition de Gülen vers la Turquie pas à l'ordre du jour

Les menaces turques contre les Kurdes en Syrie, un casse-tête pour Washington
Offre américaine de récompenses pour trois responsables du PKK
L'armée américaine patrouille dans les zones kurdes à la frontière turque

Washington et Ankara lèvent des sanctions frappant des ministres des deux pays
Début des patrouilles turco-américaines conjointes à Minbej

Relations régionales / Regional Relations

La conférence sur la Libye: la Turquie quitte la scène

Une force kurdo-arabe annonce reprendre son offensive contre l'EI

Des dizaines de jihadistes de l'EI tués par des raids aériens
12 membres d'une force antijihadistes tués par l'EI

Erdogan accuse les "plus hauts niveaux" du gouvernement saoudien
Call for Europe for 800 ISIS arrestees in Rojava
La Turquie s'enracine et étend son influence dans le nord syrien

Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece

Washington soutient l'exploration de gaz au large de Chypre
Erdogan met en garde contre toute exploration gazière au large de Chypre

Immigration / Migration

Le 18ème Med à Bruxelles du 30 novembre au 7 décembre

73% en un an de personnes vulnérables à la frontière gréco-turque




Droits de l'Homme / Human Rights

Un grand coup à la justice d'Erdogan: Demirtas doit être libéré

L'emprisonnement de l'opposant kurde Selahattin Demirtas, candidat à la présidentielle de juin en Turquie, vise à "étouffer le pluralisme" politique dans ce pays, a jugé jeudi la Cour européenne des droits de l'homme
(CEDH) qui a condamné Ankara.

La CEDH a ainsi demandé à la Turquie de libérer "dans les plus brefs délais" le leader prokurde, un des chefs du Parti démocratique des peuples (HDP), détenu depuis novembre 2016.

Quant au président turc Recep Tayyip Erdogan, il a immediatemment rejeté mardi la décision de la Cour européenne.

"Sa détention provisoire constitue une atteinte injustifiée à la libre expression de l'opinion du peuple et au droit du requérant d'être élu et d'exercer son mandat parlementaire", ont estimé les juges européens, saisis par Demirtas.

"Les prolongations de la privation de liberté de l'intéressé, notamment pendant deux campagnes électorales critiques, à savoir le référendum et l'élection présidentielle, poursuivaient un but inavoué prédominant, celui d'étouffer le pluralisme et de limiter le libre jeu du débat politique, qui se trouve au coeur même de la notion de société démocratique", a encore souligné la CEDH.

Celle-ci a condamné la Turquie à verser 10.000 euros au requérant pour dommage moral, et 15.000 euros pour frais et dépens.

Selahattin Demirtas, écroué depuis novembre 2016 pour des accusations d'activités "terroristes", est poursuivi dans de nombreux dossiers et encourt jusqu'à 142 ans de prison dans le cadre de son principal procès. Cela ne l'a pas empêché de recueillir 8,4% des voix à la présidentielle du 24 juin, remportée par Recep Tayyip Erdogan.

Son incarcération est régulièrement critiquée par les organisations de défense des droits de l'Homme qui accusent Erdogan de chercher à étouffer toute voix d'opposition, en particulier depuis la tentative de coup d'Etat du 15 au 16 juillet 2016.

Après le coup de force, les autorités turques ont lancé des purges d'une ampleur sans précédent qui, au-delà des putschistes et de leurs partisans présumés,


L'arrogance d'Erdogan contre la décision de la cour européenne

"Les décisions de la CEDH ne nous contraignent aucunement. Nous allons contre-attaquer et mettre un point final à cette affaire", a déclaré
Recep Tayyip Erdogan.

Avant Erdogan, le ministre turc de la Justice Abdulhamit Gül avait déclaré qu'il appartiendrait "à la justice turque de rendre la décision finale" dans cette affaire.

Demirtas, qui a été condamné en septembre dernier à 4 ans et 8 mois de prison pour "propagande terroriste", est poursuivi dans de nombreux dossiers et encourt jusqu'à 142 ans de prison dans le cadre de son principal procès. (AFP, 20 nov 2018)

ECtHR Asks: What Did You Do to Prevent Civilian Losses?

The hearing of the court case relating to Orhan Tunç, who was one of the 189 people from Cizre, Şırnak who lost their lives in the operations launched in the region three years ago, was held at the European Court of Human Rights (ECtHR) today (November 13).

Speaking to bianet about the hearing, one of the attorneys of Tunç family, Ramazan Demir has stated that at the hearing held today, the court directed questions to Turkey regarding "the nature of the operations conducted in the region and the measures taken by the government to prevent civilian losses."

Demir has added that the government representatives at the court gave evasive answers and solely referred to the "ditches."

The hearing which was held today was attended by the lawyers Newroz Uysal, Hüseyin Tül, Helen Duffy and Senem Gürol.

"ECtHR is aware of the gravity of the operations"

Attorney Demir has made the following remarks about the hearing:

"The judges at the ECtHR asked the government what measures were taken by the state to protect the right to life. We also had similar questions. In addition to that, the attitude of the judiciary in Turkey regarding the case was also evaluated. In summary, questions regarding the responsibility of the government were asked at the hearing.

"The government mostly did not answer the questions or gave evasive answers. The government representatives frequently referred to the ditches.

"We have seen that the ECtHR is aware of the gravity of the operations as well as the civilian losses."

ECtHR will evaluate the discussions and announce its judgement later on.

35 applications, 2 lawsuits in total

Regarding the judicial process regarding the death of Tunç in the domestic law, Ramazan Demir has said,

"As in the case of all incidents of death, the Prosecutor's Office launched an investigation. However, like all other case files pertaining to Cizre, it was stated that 'the member of a terrorist organization was killed in the conflict' and the file was closed. We have also applied to the Constitutional Court about this verdict. But, we have not received any response yet."

35 applications in total have been submitted to the ECtHR regarding the rights violations during the curfews in Sur and Cizre. The court has decided to evaluate the case files of Orhan Tunç and Ömer Elçi and apply the legal debates in these files to other applications.

What happened in Cizre?

While the curfew declared in the district of Cizre in Turkey's southeastern province of Şırnak on December 14, 2015 was still in effect, Minister of Interior of the time Efkan Ala announced on February 11, 2016 that the operations of blockade were ended.

However, the curfew in Cizre was rearranged in a way to be in force at nights as of March 2, 2016 and entry to/ exit from the district was prohibited until March 2, 2016.

After the curfew was lifted in the neighborhoods of Cudi and Sur in Cizre, 177 dead bodies, 25 of which belonged to children, were found in the wreckages and debris of mainly 3 buildings and the houses in their vicinity.

While the 103 of the deceased could be identified, 74 people were put to rest without being identified. The total number of the dead has been announced as 189.

According to the report of the Peoples' Democratic Party (HDP), almost all of the dead bodies were beyond recognition because they were either burned or decomposed.

The remnants of human bones and military ammunition were found in the basements. Forensic Experts also found remnants of human bones of children in the basements.
. (BIA, 13 November 2018)

Operation, Curfew in 73 Villages, Hamlets in Diyarbakır

The Governorship of Diyarbakır has announced that an operation will be launched in Lice in Turkey's southeastern province of Diyarbakır and a curfew has been declared in 19 villages and 54 hamlets in the district.

Referring to the Law no. 5442 on Provincial Administration in the statement published on its official website yesterday (November 7), the Governorship stated that the indefinite curfew would be in effect as of 6 p.m. on November 7 in the following villages and hamlets:

Villages: Yalımlı, Mahmutlu, Akçabudak, Ulucak, Örtülü, Saydamlı, Kılıçlı, Yorulmaz, Güldiken, Bayırlı, Baharlar, Üçdamlar, Erginköy, Yamaçlı, Yaprakköy, Kıralan, Dernek, Gürbeyli and Yünlüce.

Hamlets: Leyhosor, Tahtakülek, Ballıca, Mahmudan, Hevsel, Yeniyazı, Hij, Gözeli, Dergan, Alıçlıyayla, Buban, Vilu, Arpacık, Karadere, Sivritepe, Kilimli, Kaynaktaşı, Dokuzkat, Aliyan, Abdurrahmanağa, Gelberi, Eskiköy, Hegogozer, Semezi, Bilgin, Koçmarin, Yaka, Karaç, Kumımirza, Mehmedil, Sağlık, Körtan, Körha, Silkito, Hamzabey, Kayadibi, Baverda, Aşağıhodik, Konuklu, Yeşilburç, Sumaklı, Zıraht, Acımeşe, Muradiye, Mengusi, Puneyn, Çalıbükü, Kijikbadem, Kumluca, Perpank, Sıkas, Gucik and Yıldız.

The 192nd curfew in Diyarbakır

The Human Rights Foundation of Turkey (TİHV) Documentation Center has determined that curfew was declared for at least 332 times in 11 provinces and at least 50 districts from August 16, 2015 to October 1, 2018.

According to the report, at least 1 million 809 thousand people have been affected due to these curfews. The report has also shown that 190 curfews have been declared in Diyarbakır before. The last curfew declared yesterday has become the 192nd curfew in that regard.

About Diyarbakır

According to the Turkish Statistical İnstitute, in 2014 Diyarbakır was Turkey’s 12th most populated city, with a population of 1,635,048. The population of the city center is 834,854.

Diyarbakır’s (Amed’s) city center has about 9000 years of recorded history. The Diyarbakır Castle and Gardens was named a Global Heritage site by UNESCO in 2015. Dicle University was opened in 1978.

Diyarbakır Governor: Hüseyin Aksoy

Municipality co-chairs: Gültan Kışanak, Furat Anlı (Democratic Regions Party).

(The elected Municipality Co-Chairs of Diyarbakır were arrested and the former District Governor of Etimesgut, Cumali Atilla, who has been appointed as a trustee to the municipality, took office on November 2, 2016)
(BIA, 7 November 2018)

Indictment of 3rd Airport Workers Accepted

An indictment has been filed against the workers of the 3rd Airport in Istanbul, who protested their bad working conditions and occupational homicides, demanded to work under humane conditions and were taken into custody in an operation launched by the security forces.

The indictment prepared by the Gaziosmanpaşa Chief Public Prosecutor's Office, Terrorism, Smuggling and Organized Crimes Investigation Bureau has been conveyed to the Gaziosmanpaşa Penal Court of First Instance.

In the indictment, the following charges have been pressed against the workers: "Resisting the fulfilment of duty", "violating the freedom to work and labor", "damaging public property" and "attending meetings and marches with weapons or instruments prohibited by the article no. 23."

The indictment has referred to 61 people, among whom are construction workers and unionists, as defendants. The workers will stand trial at the Gaziosmanpaşa 14th Penal Court of First Instance.

What happened?

After the workers of the 3rd Airport in İstanbul staged a protest against their bad working conditions and the occupational homicides that took place at the construction site of the airport in Akpınar, police and gendarmerie forces entered the construction site and intervened in the protests with pepper gas on September 14, 2018.

In raids conducted by the security forces, 537 workers in total were taken into custody and 31 of them were arrested by the courts, to which they had been referred. The Gaziosmanpaşa Chief Public Prosecutor's Office has filed an indictment against 61 of these workers.
(BIA, 7 November 2018)

Curfew in 77 Villages, Hamlets in Diyarbakır

Curfew has been declared in 77 villages and hamlets in the districts of Hazro, Lice and Kocaköy in Turkey's southeastern province of Diyarbakır on the ground that an operation will be conducted in the region.

Referring to the Law no. 5442 on Provincial Administration in the statement on its website, the Governorship has announced that the curfew has been in effect as of 9 p.m. on October 29 in the following villages and hamlets:

* In the district of Lice: Villages of Zümrüt, Gürbeyli, Kıpçak, Damar, Sığınak, Kıyıköy, Çıralı, Dibekköy, Budak, Dallıca, Arıklı, Çağdaş, Yolçatı, Tepe, Kutlu, Kayacık, Serince, Kabakaya, Uçarı, Yalaza, Ortaç, Ziyaret, Bağlan, Oyuklu, Çavundur, Esenler, Dolunay and Türeli; and Hamlets of Ahmetbey, Guçik, Kola, Hasana, Navaladiriş, Dingil, Ayşe, Hacıhüseyin, Kuruca, Dablo, Alataş, Sınır, Pınar, Kolbağı, Bakanlar, Kalkanlı, Beğendik, Hacıcemil, Esenli, Çaylarbaşı, Göçer, Kerpiçören Çanak, Sağlam and Hevselbey;

* In the district of Kocaköy: Villages of Arkbaşı, Tepecik and Boyunlu; and Hamlets of Akdiken, Hacıreşit, Varlık, Işıklar and Gökçe;

* In Hazro: Villages of Çitlibahçe, Sarıerik, Ormankaya, Meşebağları, Kavaklıboğaz, Dadaş, Kırmataş, Terdöken and Gözebaşı; and Hamlets of Şahgeldi, Bayram, Nebiya, Yılgeçti, Teknebaşı, Ajikan and Eldeğemez.

The ending date of the curfew has not been declared.

190 curfews in Diyarbakır

The Human Rights Foundation of Turkey (TİHV) Documentation Center has determined that curfew was declared for at least 332 times in 11 provinces and at least 50 districts from August 16, 2015 to October 1, 2018.

According to the report, at least 1 million 809 thousand people have been affected due to these curfews. The report has also shown that 190 curfews have been declared in Diyarbakır before.
(BIA, 30 October 2018)

Ministry of Interior to Collect Information of Association Members


The Ministry of Interior has contacted 114 thousand 218 associations operating in Turkey and demanded that the associations "immediately" inform the ministry about the personal identifying information of 11,1 million association members, including their names, surnames, identity numbers, occupations, educational backgrounds and dates of membership.

As reported by Sinan Tartanoğlu from Cumhuriyet daily newspaper, the Ministry of Interior introduced an amendment to the Regulation on Associations dated 2005 on October 1, 2018.

As per the new amendment, the associations operating in Turkey have been required to inform the Ministry of Interior about the names, surnames, identity numbers and occupations of their members as well as the dates when their memberships were approved or terminated by the associations.

Changes will be done immediately

The new amendment has stipulated that in case a new membership is approved or terminated by an association, the Ministry of Interior shall be informed about the related change in 30 days instead of in the first four months of the year, as it was previously the case.

If an association has a member, who is a citizen of another country, the association has also been obliged to inform the ministry about his or her foreign identification number provided by the Directorate General of Civil Registration and Citizenship Affairs.

The associations, which are not registered in the information system of the Head of Department of Associations called DERBİS, are also stipulated to inform the ministry about the aforementioned information of their members.

The number of associations operating in Turkey

The number of associations that have been currently operating in Turkey is 114 thousand 218. According to the recent information shared by the DERBİS, 13.74 percent of Turkey's population, namely, 11 million 107 thousand 101 people have been members of an association.

While 8 million 798 thousand 752 of them are men, 2 million 308 thousand 349 of them are women.

Before the amendment

Before the related amendment has come into force, the Regulation on Associations required that the executive board chairs of associations inform the local authorities in the first four months of the year.

Accordingly, the associations informed the authorities only about the number of their permanent and honorary members, indicating how many of their members were women and men.

The associations were required to give information only about the names-surnames, identity numbers, places of residence, educational backgrounds and occupations of their founders.
(BIA, 29 October 2018)

Pression sur les médias / Pressure on the Media

PEN: ‘Imprisonment of 123 Journalists and Writers Unacceptable'

International PEN Association of Writers' Turkey Center organized a press conference on the occasion of the International Day of the Imprisoned Writers today (November 15).

The press conference was held by PEN Turkey Center's 2nd Chair Halil İbrahim Özcan, Tahir Şilkan from the Writers Union of Turkey and Turkish Publishers Association Chair Kenan Kocatürk.

Journalists from Turkey and international press also followed the press conference, which was organized with the aim of drawing attention to the imprisonment and difficult conditions of writers who are behind bars in Turkey and in the world for having expressed their opinions by writing.

CLICK - November 15 Internations Day of the Imprisoned Writers: 1 Poet, 2 Journalists-Writers from Turkey

As it has also been previously announced by PEN International, this year, the association and its centers have specifically focused on the situation of four imprisoned journalists from Bangladesh, Mexico, Egypt and Ukraine:

Activist writer-photographer Shahidul Alam from Bangladesh faces 7 to 14 years in prison; journalist-writer Dawit Isaak from Sweden-Eritrea has been in prison in Eritrea for 17 years, he is prevented from communicating with the outside world; activist-writer Wael Abbas from Egypt has still been in prison; filmmaker-writer Oleg Sentsov from Ukraine, who protests the occupation of Crimea by Russia, has been sentenced to 20 years in prison in Siberia.

Last year, one of the names specifically focused by the PEN was journalist and painter Zehra Doğan, who has been behind bars since June 12, 2017.

"We will continue writing until our dreams come true"

In his speech at the press conference, PEN Turkey Center's 2nd Chair Halil İbrahim Özcan said,

"What would you think when you saw a title 'November 15 International Day of the Imprisoned Writers no longer exists'? We will continue writing until this title, until our dreams come true.

"We find the situation of 123 journalists and writers, who are currently behind bars in our country due to their opinions and writings as part of anti-democratic practices, unacceptable."

"Freedom of thought is freedom to express thoughts"

Taking the floor after Özcan, Tahir Şilkan from Writers Union of Turkey stressed that freedom of thought means freedom to express thoughts.

Stating that there is no democracy in a country where freedoms do not exist, Şilkan underlined that fascism, racism, discrimination and warmongering cannot be seen within the scope of freedom of thought. Şilkan added,

"We are on the side of journalists and writers who have been behind bars in relation with thought crimes. I hope that we will not see any one of our friends in prison on such charges."

"Our rights are guaranteed by the Universal Declaration of Human Rights"

At the press conference, Turkish Publishers Association Chair Kenan Kocatürk reminded the audience that the year 2018 has marked the 70th anniversary of the Universal Declaration of Human Rights and stressed that Turkey is among the signatory countries of the declaration.
(BIA, 15 November 2018)

EFJ-IFJ launch a transitional solidarity fund for journalists in Turkey

Journalists in Turkey have in recent years faced unprecedented state crackdown. Despite the lifting in July 2018 of a two-year long state of emergency, the press continues to be stifled and journalists to face trials, job insecurity and abuse. Thousands of journalists have been sacked in recently years, particularly in the last two, with catastrophic impact on the victims and their families.

To support journalists in need and their families, the International and European Federations of Journalists (IFJ/EFJ) have established a transitional solidarity fund for journalists in Turkey.

This solidarity fund provides financial relief to prosecuted and sacked journalists. It will offer legal and humanitarian support to targeted journalists or their families and will constitute a rapid response to acute cases and longer-term support for the most in need.

The IFJ/EFJ transitional Solidarity Fund covers the following areas of assistance:

Legal advice or defense of prosecuted or jailed journalists/media staff.

Immediate humanitarian assistance for journalists or families of journalists and media staff whose ‘bread-winner’ has been jailed or prosecuted.

Medical fees for jailed/prosecuted journalists or a family member.

This transitional solidarity fund is a source of aid and comfort and a symbol of international solidarity that encourages journalists to carry on in times of struggle and distress.


The applications for this fund are restricted to journalists based in Turkey.

To apply, go to the application form here (https://www.ifj.org/turkey-solidarity-form.html)


Legal Action Against 182 People Due to ‘Social Media’

The Ministry of Interior has released its weekly written statement about the operations conducted between the dates of November 5 and 12.

According to the statement of the ministry published on its official website, 277 social media accounts have been investigated and legal action has been taken against 182 people in relation with their social media posts in the indicated time period.

The following charges have been brought against the social media users:

"Propagandizing for a terrorist organization, promoting these organizations, declaring affiliation with terrorist organizations, inciting people to enmity and hatred, insulting state officials, attempting against state's indivisible integrity, committing hate speech..."

11 people were arrested in one month

According to the statement on rights violations made by the Republican People's Party (CHP) İstanbul MP Sezgin Tanrıkulu, a legal action was taken against 898 people due to their social media posts in October 2018.

In this one-month period, 11 people were arrested.

"Afrin" and "dollar" investigations

General Directorate of Security announced on August 12, 2018 that an investigation was launched into 346 social media accounts which shared posts about the exchange rate of the US Dollar.

Ankara and İstanbul Chief Public Prosecutor's Offices launched investigation into "news items, printer and visual publication, social media accounts that serve in economic attacks" on the same day.

CLICK - Ministry of Interior: 845 People Detained Due to 'Olive Branch'

The Ministry announced on February 26 that 845 people who criticized the Afrin operation on social media and participated in critical activities had been taken into custody.
. (BIA, 12 November 2018)

L'assassinat de Khashoggi a-t-il été commandité par le prince héritier?

Le président Donald Trump a déclaré samedi que les Etats-Unis détermineraient dans quelques jours qui a tué le Saoudien Jamal Khashoggi, assassiné le 2 octobre au consulat d'Arabie saoudite à Istanbul.

L'annonce de M. Trump intervient alors que deux quotidiens américains affirment, en citant des sources anonymes, que la CIA a conclu que l'assassinat avait été commandité par le puissant prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane.

Parlant à des journalistes à Malibu (Californie) où il a visité samedi des localités ravagées par les incendies, M. Trump a annoncé qu'un "rapport complet" sur le point de savoir "qui l'a fait" serait achevé "dans les deux prochains jours", soit dimanche ou lundi, puis il a mentionné un délai différent, "lundi ou mardi".

Quelques heures plus tôt, Heather Nauert, porte-parole du département d'Etat américain, a déclaré que les Etats-Unis n'avaient, à ce stade, abouti à aucune "conclusion définitive" sur les responsabilités dans l'assassinat de Jamal Khashoggi.

Elle réagissait à des informations du Washington Post et du New York Times, qui citent des sources anonymes selon lesquelles la CIA a conclu que c'était le prince héritier qui avait commandité l'assassinat du journaliste.

- Informations "inexactes" -

Mme Nauert a déclaré qu'au moment où elle parlait il était prématuré de désigner tel ou tel responsable.

"Les récentes informations selon lesquelles le gouvernement américain a abouti à une conclusion définitive sont inexactes", a-t-elle indiqué dans un communiqué. "Nombre de questions sans réponses demeurent".

M. Trump s'est entretenu samedi par téléphone avec la directrice de la CIA Gina Haspel et avec le secrétaire d'Etat Mike Pompeo, a indiqué la porte-parole de la présidence, Sarah Sanders, à bord d'Air Force One pendant le vol vers la Californie.

Interrogé avant son départ de la Maison Blanche, M. Trump est resté évasif sur l'enquête Khashoggi mais a longuement insisté sur l'importance des liens entre les Etats-Unis et l'Arabie saoudite.

"Ils sont un allié véritablement spectaculaire en termes d'emplois et de développement économique", a-t-il déclaré. "Je suis président, je dois prendre beaucoup d'éléments en compte".

Le département d'Etat a rappelé que les Etats-Unis avaient déjà annoncé des sanctions financières ciblées contre 17 responsables saoudiens impliqués dans le meurtre. Il a précisé que des "mesures complémentaires" pourraient être examinées.

Les affirmations du Washington Post, avec lequel collaborait régulièrement Jamal Khashoggi, très critique envers le prince héritier, contredisent de récentes affirmations du royaume saoudien, qui a totalement dédouané Mohammed ben Salmane.

Pour parvenir à ses conclusions, indique le quotidien, la CIA s'est notamment appuyée sur un appel entre le frère du puissant prince héritier, ambassadeur saoudien aux Etats-Unis, et Jamal Khashoggi.

Selon le Washington Post, Khalid ben Salmane a conseillé à M. Khashoggi de se rendre au consulat saoudien à Istanbul, lui assurant qu'il ne lui arriverait rien. Le quotidien ajoute qu'il avait passé ce coup de téléphone à la demande de son frère.

Khalid ben Salmane a très rapidement réfuté avec fermeté les allégations du Washington Post. "C'est une accusation grave qui ne devrait pas être laissée à des sources anonymes", a-t-il écrit sur Twitter, assurant n'avoir jamais discuté d'un voyage en Turquie avec le journaliste.

L'Arabie saoudite a changé à plusieurs reprises sa version officielle sur ce qui est arrivé à Jamal Khashoggi une fois entré au consulat à Istanbul.

Le vice-président américain Mike Pence a déclaré samedi que les Etats-Unis étaient "déterminés à demander des comptes à tous ceux qui sont responsables" du meurtre de Khashoggi.

"Nous allons suivre les faits", a dit M. Pence en marge du sommet de la Coopération économique Asie-Pacifique (Apec) à Port Moresby.

Le vice-président a refusé de commenter des informations classifiées mais a qualifié le meurtre du Saoudien d'"atrocité" et d'"affront à une presse libre et indépendante".

Réfugié aux Etats-Unis après être tombé en disgrâce à Ryad, Khashoggi, critique envers le prince héritier, coopérait régulièrement avec le Washington Post, pour lequel il écrivait des articles d'opinion.

Tout en affirmant la volonté des Etats-Unis que les responsables de l'assassinat soient punis, Mike Pence a souligné que Washington voulait aussi garder un "partenariat fort et historique" avec l'Arabie saoudite, notamment face aux ambitions régionales de l'Iran.
(AFP, 18 nov 2018)

Nouvelles arrestations d'universitaires et figures de la société civile

Les autorités turques ont arrêté vendredi plusieurs universitaires et figures de la société civile à Istanbul, suscitant une vague de critiques en Europe.

La police turque a relâché samedi huit universitaires et figures de la société civile arrêtés la veille dans le cadre d'une vague d'interpellations qui ont suscité la préoccupation de l'Union européenne et des Etats-Unis.

Les procureurs turcs avaient émis 20 mandats d'arrêt et quatorze des personnes visées ont été arrêtées. Huit ont été libérées samedi après avoir été entendues par la police, tandis que six étaient toujours interrogées, a écrit l'agence de presse DHA.


Les personnes arrêtées sont toutes des membres ou liées à l'ONG Culture Anatolie, qui oeuvre à surmonter les différences au sein de la société turque à travers la culture et les arts et dont le président Osman Kavala est détenu sans procès depuis plus d'un an.

Selon l'agence de presse DHA, le doyen de la faculté de droit de l'Université Bilgi, Turgut Tarhanli, et une professeure de mathématiques de la prestigieuse Université du Bosphore, Betül Tanbay, font notamment partie des personnes arrêtées à l'aube.

L'agence étatique Anadolu a précisé que 20 mandats d'arrêt au total avaient été émis et que treize des personnes visées avaient d'ores et déjà été arrêtées.

Parmi celles-ci figurent la productrice et journaliste Cigdem Mater et une figure de la scène culturelle et artistique stambouliote, Asena Günal.

Elles sont soupçonnées, selon Anadolu, de "créer du chaos et du désordre" et de "chercher à renverser le gouvernement en invitant des facilitateurs et des militants professionnels" lors des manifestations antigouvernementales de 2013, connues sous le nom
de "mouvement Gezi".

M. Kavala, homme d'affaires et philanthrope qui dirige Culture Anatolie, est écroué depuis plus d'un an dans le cadre d'une enquête très critiquée pour des liens présumés avec le putsch manqué.

M. Kavala a été placé en détention préventive en novembre 2017 et n'a toujours pas été formellement mis en accusation.

Selon ses avocats, les autorités le soupçonnent d'être lié à la tentative de putsch du 15 juillet 2016 et d'avoir "financé" les manifestations du "mouvement Gezi".

Son incarcération est régulièrement dénoncée par des responsables européens et des défenseurs des droits de l'homme.

- "Arrestations alarmantes" -

D'après Anadolu, le vice-président de Culture Anatolie, Yigit Ekmekçi, et un membre de son conseil d'administration, Ali Hakan Altintay, font partie des personnes visées par les mandats d'arrêt.

L'Union européenne a jugé ces arrestations "alarmantes", estimant dans un communiqué que de telles mesures "vont à l'encontre de l'engagement déclaré du gouvernement turc en matière des droits de l'Homme et des libertés fondamentales".

Qualifiant d'"absurdes" les accusations pesant contre les personnes arrêtées, Amnesty International a estimé que leur interpellation "montre que les autorités sont déterminées à poursuivre leur campagne brutale contre la société civile".

Thorbjorn Jagland, secrétaire général du Conseil de l'Europe dont la Turquie est membre, s'est dit dans un communiqué "très préoccupé" par ces dernières arrestations et a affirmé qu'il allait évoquer "ce développement alarmant avec les autorités turques de façon urgente".

La rapporteure sur la Turquie au Parlement européen, Kati Piri, a dénoncé "une attaque brutale sur la société civile turque" et appelé l'UE à "vigoureusement condamner" ces arrestations.

Après la tentative de putsch du 15 juillet 2016 visant à renverser le président Recep Tayyip Erdogan, les autorités ont lancé une répression implacable : plus de 50.000 personnes ont été arrêtées et plus de 100.000 personnes limogées ou suspendues.

Ankara accuse le prédicateur Fethullah Gülen d'avoir ourdi le coup de force. Mais celui-ci, un ancien allié de M. Erdogan qui réside aujourd'hui aux Etats-Unis, dément toute implication.

Signe que les purges ne faiblissent pas plus de deux ans après le putsch manqué, la justice turque a émis vendredi des mandats d'arrêt contre 188 personnes, dont 100 militaires, soupçonnées d'être liées au prédicateur Gülen, selon Anadolu.
(AFP, 18 nov 2018)

Le Soir sur l'incarcération d'Osman Kavala

Ce soir-là, dans un restaurant d’Istanbul, on célèbre un anniversaire. Il y a des petits fours, du bon vin, une assemblée cosmopolite. Mais le propriétaire des lieux, celui dont on fête les 61 ans, ne viendra pas. Osman Kavala est retenu à 90 kilomètres de là. Non pas dans un embouteillage, mais dans une cellule de prison.

Depuis plus de 30 ans, ce chef d’entreprise fortuné investit son argent et son temps dans des causes qui lui tiennent à cœur : dialogue turco-arménien, question kurde, expression des minorités, protection de l’héritage culturel anatolien… « Osman Kavala, c’est quelqu’un dont les bureaux, pendant très longtemps, n’ont pas eu de verrou. Quelqu’un que n’importe qui peut aborder pour lui raconter ses problèmes ou ses projets, décrit Kerem Mert Ispir, coordinateur des programmes au sein de l’ONG Anadolu Kültür, fondée il y a 16 ans par le mécène turc. Il me paraît absurde que ses activités puissent constituer un crime ou déranger qui que ce soit. »

Plus d’un an après son arrestation à l’aéroport d’Istanbul, Osman Kavala ignore toujours ce qui lui est reproché. Son procès n’a pas commencé, le procureur chargé de l’enquête n’a pas encore écrit son acte d’accusation. A l’issue de sa garde à vue, le parquet avait réclamé son placement en détention préventive au motif qu’Osman Kavala aurait « tenté de renverser l’Etat turc » en « organisant et en dirigeant » les manifestations anti-gouvernementales du parc Gezi d’Istanbul à l’été 2013. Il aurait également, selon le procureur, participé au coup d’Etat manqué de juillet 2016.

« Certains essaient de présenter ce soi-disant membre de la société civile comme un bon citoyen, avait lancé le président turc, Recep Tayyip Erdogan, le 24 octobre 2017. Mais l’identité de ce personnage, surnommé le Soros de Turquie , a été démasquée. Toutes ses connexions sont désormais connues . » Une semaine plus tard, le 1 er novembre, Osman Kavala était incarcéré.

Ces dernières années, les médias pro-gouvernementaux avaient affublé le mécène du surnom de « Soros rouge de Turquie », du nom du milliardaire et philanthrope américain George Soros, accusé par ses détracteurs de chercher à déstabiliser des gouvernements. Pour les amis d’Osman Kavala, ces accusations sont absurdes et sonnent comme un avertissement. « Le but est de mettre en garde et de faire peur à la société civile, explique Murat Çelikkan, militant des droits de l’homme. Beaucoup de gens se sont dits : S’il est arrêté, alors n’importe lequel d’entre nous peut être arrêté. »

Son incarcération a aussi choqué en Europe où Osman Kavala était un contact privilégié pour les politiques et les diplomates. De fait, « Osman est devenu de plus en plus dérangeant avec l’augmentation de ses capacités à mettre en relation les activités de société civile avec des fondations internationales et l’Union européenne, estime le politologue Ahmet Insel, son ami de longue date. A partir du moment où la perspective européenne a été écartée par le pouvoir turc, des éléments ultranationalistes ont commencé à désigner Osman comme un exemple de riche qui perturbe la Turquie au nom des autres. Il est devenu le prototype de l’ennemi intérieur ».

Un an après son incarcération, ses proches se partagent entre un espoir ténu – s’il n’y a toujours pas d’acte d’accusation, il n’y aura peut-être pas de procès, se disent-ils – et un désespoir profond. Devant la lenteur de la justice turque, la Cour européenne des droits de l’homme a décidé d’examiner en urgence la requête du mécène turc. (Le Soir, 9 nov 2018)

‘Social Media Investigation’ Against 142 People

In its weekly statement regarding the operations launched over the last week, the Ministry of Interior has announced that legal action has been taken against 142 people due to their social media posts over the last week.

The statement on the official website of the ministry, has also indicated that "works have been done" about 171 social media accounts.

In the operations that have been conducted from October 29 to November 5, the social media users have faced the charges of:

"Propagandizing for a terrorist organization, promoting these organizations, declaring affiliation with terrorist organizations, inciting people to enmity and hatred, insulting state officials, attempting against state's indivisible integrity, committing hate speech..."

"Afrin" and "dollar" investigations

General Directorate of Security announced on August 12, 2018 that an investigation was launched into 346 social media accounts which shared posts about the exchange rate of the US Dollar.

Ankara and İstanbul Chief Public Prosecutor's Offices launched investigation into "news items, printer and visual publication, social media accounts that serve in economic attacks" on the same day.

CLICK - Ministry of Interior: 845 People Detained Due to 'Olive Branch'

The Ministry announced on February 26 that 845 people who criticized the Afrin operation on social media and participated in critical activities had been taken into custody.
(BIA, 7 November 2018)

Le corps de Khashoggi démembré pour être dissous

Le corps du journaliste Jamal Khashoggi, tué le 2 octobre dans le consulat de son pays à Istanbul, a été démembré pour pouvoir être "dissous" plus facilement, a affirmé un conseiller du président turc cité vendredi par le quotidien Hürriyet.

"Nous voyons à ce stade qu'ils ne se sont pas contentés de le démembrer, ils s'en sont débarrassés en le dissolvant", a déclaré au quotidien Hürriyet Yasin Aktay, conseiller du président Recep Tayyip Erdogan au sein de l'AKP, le parti au pouvoir.

"Selon les dernières informations dont nous disposons, la raison pour laquelle ils ont découpé le corps, c'est pour le dissoudre plus facilement", a-t-il ajouté.

L'éditorialiste Jamal Khashoggi, collaborateur du Washington Post, a été tué le 2 octobre dans le consulat saoudien d'Istanbul où il s'était rendu pour des démarches administratives en vue de son mariage avec une Turque.

Après avoir d'abord affirmé que Khashoggi avait quitté le consulat peu après s'y être rendu, puis soutenu
qu'il était mort dans une rixe, Ryad a fini par évoquer une "opération non autorisée" par le pouvoir.

Dans un communiqué publié mercredi, le parquet d'Istanbul a affirmé que "la victime a été démembrée" et que l'"on s'en est débarrassée", sans pourtant préciser comment.

Après les déclarations du parquet, un responsable turc a déclaré au Washington Post que les autorités examinent une piste selon laquelle son corps aurait été dissout dans de l'acide au consulat ou dans la résidence du consul toute proche.

"Ils voulaient s'assurer de ne laisser aucune trace du corps", a ajouté M. Aktay, un ami du journaliste décédé. "Tous les endroits où nous menaient les caméras de surveillance ont été examinés, le corps n'a pas été trouvé".

"Tuer une personne innocente est un crime, ce qui a été fait au corps en est un autre et une honte", a-t-il poursuivi.
(AFP, 2 nov 2018)

Appel à libérer Osman Kavala, philanthrope écroué depuis un an

Les avocats de l'homme d'affaires et philanthrope turc Osman Kavala ont appelé mercredi à sa libération, un an jour pour jour après son placement en détention dans le cadre de la répression qui a suivi le putsch manqué de 2016 en Turquie.

"Un an après son placement en détention provisoire, il n'y a toujours pas d'acte d'accusation", a déclaré Me Ilkan Koyuncu lors d'une conférence de presse à Istanbul. "Nous continuons de demander la remise en liberté d'Osman Kavala".

M. Kavala, un mécène respecté dans les cercles intellectuels en Turquie et à l'étranger, notamment en France, a été interpellé le 18 octobre 2017 puis placé en détention provisoire le 1er novembre suivant.

Incarcéré à la prison de Silivri, près d'Istanbul, il est soupçonné d'avoir tenté de "modifier l'ordre constitutionnel" et de "renverser le gouvernement" par "la force ou la violence".

Selon ses avocats, les autorités le soupçonnent d'être lié à la tentative de putsch du 15 juillet 2016 et d'avoir "financé" les manifestations anti-gouvernementales de 2013 lors du "mouvement Gezi".

"Je veux retrouver ma liberté, ma famille et mes amis le plus vite possible", a déclaré M. Kavala dans un message écrit depuis la prison et lu au début de la conférence de presse, ajoutant qu'il n'avait "rien à voir" avec ces accusations.

Ses avocats ont dénoncé mercredi la lenteur du processus et le fait de n'avoir pas accès au dossier d'instruction.

"Nous sommes comme Don Quichotte affrontant des moulins à vent. Nous ne savons pas ce que nous avons en face de nous", a dénoncé mercredi Köksal Bayraktar, un juriste qui conseille M. Kavala.

"Mais derrière tout cela, il y a une réalité concrète : celle d'un homme, d'un intellectuel enfermé depuis un an entre quatre murs", a-t-il ajouté.

Né à Paris en 1957, M. Kavala est le co-fondateur de l'une des plus grandes maisons d'édition turques, Iletisim Yayinlari, et préside une ONG qui oeuvre à surmonter les différences au sein de la société turque à travers la culture et les arts.

M. Kavala, qui milite pour la reconnaissance du génocide arménien, est régulièrement qualifié de "Soros Rouge" par la presse progouvernementale turque, en référence au milliardaire américain d'origine hongroise George Soros.

Il fait partie des plus de 55.000 personnes arrêtées dans le cadre des purges lancées après la tentative de coup d'Etat du 15 au 16 juillet 2016.
(AFP, 31 oct 2018)

Khashoggi étranglé et démembré d'une manière préméditée, selon Ankara

Le journaliste saoudien Jamal Khashoggi a été tué par "strangulation" et son corps "démembré" au consulat de son pays à Istanbul d'une manière préméditée, a affirmé le parquet turc mercredi, Ankara regrettant un manque de coopération de Ryad dans l'enquête.

Parallèlement, le parti au pouvoir en Turquie, l'AKP,
a estimé que le meurtre n'aurait pu être mené sans instructions de "haut niveau" de Ryad, qui a cherché à se dédouaner en affirmant que Khashoggi avait été tué lors d'une opération "non autorisée".

Le parquet d'Istanbul a révélé des détails sur le meurtre, perpétré le 2 octobre, dans un communiqué publié quelques heures après le départ du procureur saoudien Saoud ben Abdallah Al-Muajab à l'issue d'une visite entamée dimanche en Turquie et qui n'a permis aucune avancée sur deux points clés de l'enquête: identifier les commanditaires du meurtre et ce qu'il est advenu du corps.

En annonçant que Khashoggi a été tué par strangulation et son corps démembré, le procureur d'Istanbul a confirmé pour la première fois des informations publiées depuis plusieurs semaines dans la presse turque sur les détails macabres du meurtre.

"Conformément à un plan prémédité, la victime Jamal Khashoggi a été étranglée à mort dès son entrée au consulat", a affirmé le procureur.

"Le corps de la victime a été démembré et on s'en est débarrassé suite à sa mort par strangulation, là encore conformément à un plan préparé d'avance", a-t-il ajouté.

- "Instructions de haut niveau" -

En insistant sur le caractère prémédité du meurtre et de la façon dont les tueurs se sont débarrassés du corps, le procureur démonte la version initiale des autorités saoudiennes selon laquelle Khashoggi a été tué lors d'un interrogatoire qui a mal tourné. Ryad a fini par admettre du bout des lèvres que le meurtre était prémédité mais seulement en se basant sur les éléments d'enquête fournis par les Turcs.

Avant la publication du communiqué du procureur, un haut responsable turc parlant sous couvert d'anonymat avait affirmé à l'AFP que les responsables saoudiens ne coopéraient pas "sincèrement" dans l'enquête.

Jamal Khashoggi, un éditorialiste saoudien collaborant notamment avec le Washington Post, a été tué par un commando saoudien dans le consulat de son pays à Istanbul après s'y être rendu pour des démarches administratives.

Son corps n'a pas été retrouvé depuis.

Le parquet s'est dit dans son communiqué "obligé" de révéler des éléments de l'enquête après avoir fait le constat que la visite à Istanbul du procureur général saoudien "n'a pas donné de résultat concret".

Sous la pression internationale, Ryad avait reconnu, après plusieurs jours de dénégations, le meurtre du journaliste dans son consulat lors d'une opération "non autorisée", mais a avancé plusieurs versions contradictoires qui ont suscité le scepticisme.

Plusieurs responsables et médias turcs ont directement incriminé le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, dit MBS, dans ce meurtre alors que Ryad s'efforce de le dédouaner en insistant sur le caractère "non autorisé" de l'opération.

"Qui a donné l'ordre? Il ne s'agit pas là d'une action qui aurait pu être menée sans des instructions de haut niveau", a martelé mercredi Omer Celik porte-parole de l'AKP, le parti au pouvoir en Turquie lors d'une conférence de presse à Ankara.

"Nous n'accusons personne mais nous ne tolérerons aucune opération de dissimulation et cela doit être clair", a-t-il ajouté.

- "Sauver MBS" -

M. Celik en outre mis en doute les déclarations de Ryad affirmant ignorer où se trouve le corps du journaliste.

"Il est hors de question qu'ils n'en aient pas été informés", a-t-il dit, estimant que le consul saoudien à Istanbul, qui a regagné Ryad quelques jours après le meurtre, avait sans doute partagé cette information avec les autorités saoudiennes.

Des observateurs ont jugé les explications saoudiennes peu crédibles notamment en raison de la présence au sein du commando saoudien envoyé à Istanbul de plusieurs membres de services de sécurité directement rattachés au prince ben Salmane.

L'éditorialiste turc proche du pouvoir Abdülkadir Selvi a accusé mercredi dans le quotidien Hürriyet le procureur saoudien de travailler "pour sauver le prince héritier (saoudien) en manipulant cette enquête au lieu de faire la lumière sur ce meurtre".

Commentant le déroulement de l'enquête, le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian a estimé mercredi que "le compte n'y est pas".

"Aujourd'hui, même si les autorités saoudiennes ont reconnu qu'il y avait un meurtre, le compte n'y est pas. La vérité n'est pas au rendez-vous", a-t-il déclaré sur la radio RTL.
(AFP, 31 oct 2018)

Kurdish Question / Question kurde

La chanteuse Hozan Cane condamnée à six ans de prison

Une Allemande arrêtée en juin en Turquie a été condamnée mercredi à six ans et trois mois de prison pour appartenance à une organisation terroriste, a déclaré à l'AFP son avocat Mustafa Peköz.

Hozan Cane, une chanteuse kurde de Cologne, de son vrai nom Saide Inaç, a été arrêtée le 23 juin en Turquie tandis qu'elle accompagnait le parti prokurde HDP pendant la campagne pour les élections présidentielle et législatives du 24 juin.

Me Peköz a dit qu'il ferait appel de la condamnation prononcée mercredi par un tribunal d'Edirne (nord-ouest de la Turquie) contre sa cliente.

Selon sa famille, l'accusation s'est appuyée sur des photographies la montrant avec des combattants des YPG, une milice kurde syrienne qu'Ankara considère comme une extension en Syrie du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), classé "terroriste" par la Turquie mais aussi les Etats-Unis et l'Union européenne.

Mais selon les proches de Mme Inaç, ces photos sont tirées d'un documentaire qu'elle a réalisé sur la persécution des Yézidis par le groupe Etat islamique en Irak.

La condamnation de la chanteuse survient en plein processus de réchauffement des relations entre la Turquie et l'Allemagne entamé au début de l'année après plusieurs mois de vives tensions.
(AFP, 14 nov 2018)

La France remet à l'Allemagne un membre présumé du PKK

La France a extradé en Allemagne un membre présumé du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), soupçonné d'être impliqué dans l'enlèvement d'un ancien membre de cette organisation, a annoncé mardi le parquet fédéral allemand.

Özkan T., un Turc de 31 ans, a été remis lundi en application d'une demande d'extradition de l'Allemagne, a précisé le parquet basé à Karlsruhe dans un communiqué. Il était visé par un mandat d'arrêt européen depuis juin et avait été arrêté en France le 18 juillet.

Son interpellation était liée à l'arrestation les 20 et 21 juin de quatre autres membres présumés du PKK, une organisation classée "terroriste" par Ankara et ses alliés occidentaux.

Ils sont soupçonnés d'avoir enlevé, séquestré et blessé un ancien membre de ce groupe pour le "forcer à continuer à travailler pour l'association sous peine de le tuer" et s'assurer qu'il n'avait pas coopéré avec la police, selon le parquet.
 Après avoir été séquestré dans un endroit isolé près de Stuttgart (Bade-Wurtemberg), tabassé, menacé de mort et détroussé, la victime avait finalement été abandonnée près de la ville d'Esslingen.

Le PKK livre depuis 1984 une sanglante guérilla contre Ankara, notamment dans le sud-est à majorité kurde du pays, qui a fait plusieurs dizaines de milliers de morts.
(AFP, 13 nov 2018)

Les Kurdes syriens craignent une nouvelle offensive d'Ankara

Dans le nord syrien, un projectile est tombé sur la maison de Chimo Osmane et, depuis, ses enfants ne vont plus à l'école. A quelques mètres seulement de la frontière turque, les villages de la communauté kurde redoutent une nouvelle offensive d'Ankara.

Ces derniers jours, l'armée turque a mené des frappes d'artillerie contre des positions militaires tenues par la principale milice kurde de Syrie, les Unités de protection du Peuple (YPG), tandis que le président turc Recep Tayyip Erdogan brandit la menace d'un nouvel assaut.

Ankara refuse catégoriquement l'autonomie de facto instaurée par la minorité kurde sur les territoires à sa frontière, dans le nord et le nord-est syrien, craignant que cela n'exacerbe les velléités séparatistes des Kurdes vivant sur son propre territoire.

Niché au milieu des champs d'oliviers dans la région de Kobané, le village d'Achma surplombe les drapeaux turcs de la ligne de démarcation, les grillages en fer et les barils remplis de gravats qui séparent les deux pays.

Ici, comme dans les autres localités du secteur, les rues sont désertes.

"On ne peut plus aller sur le toit, on ne sort plus de la maison, les enfants ont peur", lâche Chimo Osmane, qui se tient sur le perron de sa villa avec ses cinq enfants.

Le père de 38 ans, au teint halé, assure que les forces turques postées de l'autre côté de la frontière peuvent à tout moment "ouvrir le feu" sur Achma.

Le deuxième étage de sa maison a d'ailleurs été visé par un tir: depuis, l'un des murs arbore un trou béant. Dans le village, les façades des maisons sont toutes criblées d'impacts de balles.

- "Anéantir notre présence" -

A certains endroits de la frontière, un imposant mur en béton surmonté de fil barbelé s'étend sur des kilomètres, au milieu du paysage vallonné.

Les bombardements à l'artillerie de l'armée turque ont visé ces derniers jours des positions des YPG dans les régions de Kobané et Tal Abyad, tuant cinq combattants kurdes, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Alliés de Washington, les YPG sont l'épine dorsale des Forces démocratiques syriennes (FDS), une coalition kurdo-arabe engagée dans l'est syrien dans une offensive contre le groupe Etat islamique (EI).

Après les bombardements turcs, les FDS ont annoncé fin octobre la suspension temporaire de leurs opérations contre l'EI, qui leur a infligé de meurtrières contre-attaques. Depuis septembre, d'intenses combats ont déjà tué plus de 330 combattants kurdes.

Mardi, dans le cimetière de Kobané, des centaines de personnes participaient aux funérailles d'un combattant des YPG, mort durant l'offensive que menaient les Kurdes dans l'est.

Penchées sur le cercueil décoré d'un bouquet de fleur, des femmes aux visages ridés pleuraient le défunt, tandis que des hauts-parleurs entonnaient des chants kurdes à la gloire des combattants.

En hommage à la victime, une parade militaire a été organisée, devant un imposant monument aux morts. Sur une tribune, des responsables kurdes dénonçaient les frappes turques.

"L'Etat turc est hostile au peuple kurde et nous avons le droit de riposter à toute attaque", s'est insurgé auprès de l'AFP un responsable local de Kobané, en charge des questions militaires, Esmat Cheikh Hassan.

"Ils ne font pas la différence entre militaires et civils, ils frappent les villages avec des habitants", a-t-il martelé.

Ankara assure ne pas viser les civils et prendre uniquement pour cible les positions militaires des YPG.

Hamo Masibkeradi, venu assister aux funérailles, montre du doigt les rangées de tombes en marbre blanc: ce sont celles de combattants kurdes tués dans la lutte contre l'EI.

"Ces martyrs sont tombés pour l'Humanité. La communauté internationale doit coopérer avec nous", martèle le sexagénaire. "Erdogan veut anéantir notre présence", affirme-t-il. "Les Etats-Unis ne doivent pas accepter cette injustice".
(AFP, 8 nov 2018)

Washington tente de désamorcer la crise entre Ankara et les Kurdes

La Turquie et les Etats-Unis ont entamé jeudi des patrouilles conjointes aux abords de Minbej, dans le nord de la Syrie, au moment où Washington veut désamorcer l'escalade entre Ankara et une milice kurde syrienne alliée clé des Américains dans la lutte antijihadistes.

Les présidents turc Recep Tayyip Erdogan et américain Donald Trump se sont entretenus jeudi au téléphone sur la Syrie, a indiqué la présidence turque, peu après l'annonce de patrouilles communes à Minbej.

Ces derniers jours, la Turquie a haussé le ton contre la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), bombardant certaines de ses positions situées en Syrie près de sa frontière et brandissant la menace d'une nouvelle offensive d'ampleur.

Un regain de tension qui met les Etats-Unis dans l'embarras.

La milice des YPG, qui agit au sein d'une alliance kurdo-arabe baptisée Forces démocratiques syriennes (FDS) est en effet un partenaire clé de Washington en Syrie dans la lutte contre le groupe Etat islamique (EI). Mais la Turquie est aussi un allié stratégique des Etats-Unis au sein de l'OTAN.

En réaction au pilonnage d'Ankara, les FDS ont annoncé la suspension temporaire d'une offensive menée contre l'EI dans l'est syrien.

Dans ce qui apparaît comme un signe de Washington pour apaiser la Turquie, des patrouilles conjointes avec Ankara ont débuté jeudi aux abords de la ville syrienne de Minbej, où des troupes américaines et françaises sont déployées.

Même si les YPG ont assuré avoir quitté cette ville arrachée en 2016 à l'EI, la Turquie s'est récemment plainte de la présence continue de membres de la milice, menaçant à plusieurs reprises d'y lancer une offensive.

"La patrouille conjointe entre les forces armées turques et américaines à Minbej a commencé ce jour à 15H53 (12H53 GMT)" a déclaré le ministre turc de la Défense Hulusi Akar, cité par l'agence étatique turque Anadolu.

La patrouille évolue autour de la rivière Sajour, située entre Minbej et Jarablous, une ville contrôlée par les rebelles syriens soutenus par Ankara, selon Anadolu.

- "Désescalade" -

Depuis plusieurs mois, la Turquie et les Etats-Unis menaient des patrouilles séparées mais "coordonnées" à Minbej, dans le cadre d'une feuille de route trouvée en juin entre les deux alliés pour désamorcer les tensions.

Pour l'expert sur la Syrie Nicholas Heras, ces patrouilles doivent aider Washington à neutraliser toute initiative du président turc contre les territoires kurdes du nord et nord-est syrien tenus par les FDS.

"L'entourage de Trump espère que le succès des patrouilles à Minbej va empêcher Erdogan de s'agiter dans les secteurs contrôlés par les FDS", estime le chercheur au Centre for a New American Security.

En effet, la minorité kurde, opprimée des décennies durant par le pouvoir de Damas, a profité du conflit qui ravage la Syrie depuis 2011 pour grignoter une autonomie de facto dans ces zones.

Or, Ankara redoute que l'établissement d'une entité kurde à sa frontière ne galvanise les velléités séparatistes sur son sol.

"Nous sommes en communication avec la Turquie et les FDS pour une désescalade de la situation", a indiqué jeudi sur Twitter le colonel Sean Ryan, porte-parole de la coalition antijihadistes en Syrie.

De son côté, le porte-parole des FDS, Kino Gabriel, a expliqué jeudi à l'AFP que malgré la suspension de l'offensive contre l'EI menée dans l'est syrien en coordination avec la coalition internationale, "les forces sont toujours stationnées à leurs positions" dans le secteur.

- "Vengeance" -

Pour le deuxième jour consécutif, des rassemblements dénonçant les bombardements turcs dans le nord de la Syrie ont par ailleurs eu lieu jeudi, a constaté un correspondant de l'AFP.

"On veut faire parvenir notre voix au monde pour stopper les attaques turques contre le peuple kurde", a indiqué le quinquagénaire Ali Saoudi dans la localité d'Al-Qahtaniyé (nord-est).

"C'est leur vengeance contre les acquis réalisés par les Kurdes" en Syrie, déplore-t-il.

Depuis 2016, la Turquie a mené deux opérations contre les forces kurdes en Syrie, la dernière contre l'enclave frontalière d'Afrine (nord-ouest), conquise en mars et aujourd'hui contrôlée par des rebelles syriens pro-Ankara.

Ankara considère la milice syrienne des YPG comme une extension du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), un groupe qui livre une sanglante guérilla sur le sol turc depuis 1984.

Mais si le PKK est classé comme "terroriste" par les alliés occidentaux de la Turquie, ce n'est pas le cas des YPG.

L'antagonisme entre la Turquie et les Kurdes syriens illustre la complexité de la guerre qui ravage la Syrie depuis 2011 et a fait plus de 360.000 morts.

Déclenché avec la répression par le régime de Bachar al-Assad de manifestations pro-démocratie, le conflit s'est élargi avec l'apparition de groupes rebelles armés, d'organisations jihadistes, mais aussi l'implication de puissances étrangères.
(AFP, 31 oct 2018)

Les forces démocratiques annoncent l'arrêt "temporaire" des opérations anti-EI

Les Forces démocratiques syriennes, dominées par une milice kurde et soutenues par la coalition anti-EI dirigée par Washington, ont annoncé mercredi la suspension de leur offensive contre les jihadistes dans l'Est, après les bombardements turcs de positions militaires kurdes.

Washington a dit sa "préoccupation" après les frappes de l'armée turque ayant visé ces derniers jours des positions dans le nord de la Syrie des Unités de protection du peuple (YPG) près de la frontière.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a même brandi la menace d'une nouvelle offensive contre la principale milice kurde de Syrie, Ankara voyant d'un mauvais oeil l'influence acquise par les YPG dans le nord-est syrien.

Les YPG sont classés groupe "terroriste" par la Turquie, même s'ils luttent contre les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) avec le soutien de Washington, un allié d'Ankara.

La milice kurde est en effet l'épine dorsale des Forces démocratiques syriennes (FDS), constituées également de combattants arabes et qui a lancé le 10 septembre une offensive contre l'ultime réduit de l'EI dans l'est syrien.

Mais sur ce front, les combattants des FDS ont dû récemment essuyer des contre-attaques meurtrières lancées par les jihadistes.

Dénonçant une "synchronisation" entre les bombardements turcs et les contre-attaques jihadistes, les FDS ont averti mercredi que l'arrêt des opérations anti-EI dans l'Est pourrait s'inscrire dans la durée si Ankara poursuivait ses attaques.

- "Soutien à l'EI" -

"Cette coordination directe entre les attaques de l'armée turque et celles de l'EI contre nos forces nous a amenés à un arrêt temporaire de la bataille" contre "le dernier bastion de l'organisation terroriste", affirment les FDS dans un communiqué. "La poursuite de ces attaques entraînera un arrêt prolongé de notre opération militaire".

Évoquant les combats menés par les FDS dans l'Est syrien, l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) assure qu'"au sol, tout est à l'arrêt".

Depuis dimanche, quatre combattants kurdes ont été tués dans le pilonnage de l'armée turque visant la région de Kobané et celle de Tal Abyad, directement à la frontière turque dans le nord syrien, selon l'OSDH.

Mercredi, l'armée turque a d'ailleurs visé des positions militaires kurdes dans le secteur de Kobané (Aïn al-Arab, en arabe), selon l'agence de presse étatique turque Anadolu.

Dans la ville syrienne de Qamichli dominée par les Kurdes (nord-est), des centaines de personnes ont manifesté contre les bombardements turcs, brandissant des portraits d'Abdullah Öcalan, le chef de la rébellion kurde du PKK, détenu depuis 1999 en Turquie.

"Ces attaques sont un soutien aux mercenaires de l'EI", s'est indigné Rizan Hamo, enseignant de 44 ans. "La communauté internationale et le monde entier doivent stopper l'Etat turc".

- "Préoccupation" à Washington -

Le président Erdogan était monté à la charge mardi, assurant que les "préparatifs" en vue d'une nouvelle offensive étaient terminés. "Bientôt, il y aura des opérations plus efficaces et de plus grande ampleur", a-t-il mis en garde. "Nous allons détruire la structure terroriste à l'est de l'Euphrate".

Ankara considère la milice syrienne des YPG comme une extension du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), un groupe qui livre une sanglante guérilla sur le sol turc depuis 1984.

Mais si le PKK est classé comme "terroriste" par les alliés occidentaux de la Turquie, ce n'est pas le cas des YPG.

Dans les faits, la Turquie redoute que l'établissement d'une entité kurde à sa frontière ne galvanise les velléités séparatistes sur son sol.

Depuis 2016, la Turquie a mené deux opérations contre les forces kurdes, la dernière contre l'enclave frontalière d'Afrine, conquise en mars et aujourd'hui contrôlée par des rebelles syriens pro-Ankara.

Le Département d'Etat à Washington affirme être en contact avec la Turquie et les YPG en vue d'une "désescalade".

"Des frappes militaires unilatérales dans le nord-ouest de la Syrie, d'où qu'elles viennent, surtout alors que du personnel américain pourrait être présent (sur place) ou dans les alentours, nous préoccupent grandement", a déclaré mercredi son porte-parole Robert Palladino.

"La coordination et la consultation entre les Etats-Unis et la Turquie sur des questions de sécurité est une meilleure approche", a-t-il ajouté.

Les antagonismes qui opposent la Turquie aux Kurdes syriens vient illustrer la complexité de la guerre qui ravage la Syrie depuis 2011 et qui a fait plus de 360.000 morts.

Déclenché avec la répression par le régime de Bachar al-Assad de manifestations pro-démocratie, le conflit s'est rapidement transformé avec l'apparition de groupes rebelles armés, d'organisations jihadistes, mais aussi l'implication de puissances étrangères.
(AFP, 31 oct 2018)


Minorités / Minorities

ECtHR Condemns Turkey in ‘Minority Report’ Case of Kaboğlu and Oran

The European Court of Human Rights (ECtHR) has pronounced its judgement in the case of Prof. Dr. İbrahim Kaboğlu and Prof. Dr. Baskın Oran, who previously applied to the court after the verbal attacks and threats that they were subjected to due to the Minority Report, which they jointly prepared in 2004, were not penalized by the courts in Turkey.

The ECtHR has ruled that Turkey has violated the Article no. 8 of the European Convention on Human Rights on "Right to respect for private and family life". Turkey has been sentenced to pay a total of 7 thousand Euro (approx. 42 thousand TRY) in pecuniary and non-pecuniary damages.

"News reports contain threats and hate speech"

Prof. Dr. İbrahim Kaboğlu, who was the Chair of the Prime Ministry Advisory Board on Human Rights at the time and is currently the İstanbul MP of the Republican People's Party (CHP), and Prof. Dr. Baskın Oran, who was the Chair of the Minority Rights and Cultural Rights Working Group, were tried due to their "Minority Report" dated 2004 and were acquitted by the court.

Following the release of their report on minority rights, a number of articles condemning it and attacking the professors were published in the press.

Taking the view that those articles contained insults, threats and hate speech against them, Kaboğlu and Oran filed four claims for damages against the authors and the proprietors of the daily newspapers in question.

In its judgement dated October 30, the ECtHR has stated, "The applicants lost their cases before the domestic courts, which took the view that the offending articles fell within legislation protecting freedom of expression."

"Threats attempted to create fear and anxiety"

In the judgement of the ECtHR, it has been emphasized that "the verbal attacks and threats of physical harm" made against Kaboğlu and Oran "sought to undermine their intellectual personality, causing them feelings of fear, anxiety and vulnerability".

It has also been indicated that the threats and hate speech in question aimed "to humiliate them and break their will to defend their ideas".

In its judgement, the ECtHR has ruled that "the domestic courts had not struck a fair balance between the applicants' right to respect for their private life and freedom of the press".

Based on this judgement, the ECtHR has sentenced Turkey to pay Kaboğlu and Oran one thousand 500 Euro each in respect of non-pecuniary damage and 4 thousand Euro jointly for costs and damages.
(BIA, 30 October 2018)

Politique intérieure/Interior Politics



Forces armées/Armed Forces

7 soldats tués et 25 blessés dans une explosion "accidentelle"

Sept soldats ont été tués et 25 blessés lors  d'une explosion "accidentelle" survenue vendredi sur une base de l'armée dans  le sud-est de la Turquie, a déclaré samedi le président Recep Tayyip Erdogan.

"D'après les derniers résultats qui nous sont parvenus, nous avons eu 7  martyrs dans l'explosion d'un dépôt de munitions à Hakkari, et par ailleurs  nous avons 25 blessés", a déclaré le chef de l'Etat lors d'une conférence de  presse à Ankara.

 Lors d'un discours télévisé un peu plus tôt, il avait fait état de quatre  morts et une vingtaine de blessés.

Parmi les blessés, quatre le sont grièvement et ont été évacués à Ankara, a  poursuivi M. Erdogan.

Le ministère turc de la Défense avait annoncé vendredi soir que 25  militaires avaient été blessés à la suite d'un "accident" qui s'est produit  après le tir "d'une munition d'arme lourde" sur la base militaire de Süngü  Tepe, dans la province de Hakkari, près des frontières avec l'Irak et l'Iran.

Le ministère avait ajouté que les autorités cherchaient à localiser sept  soldats portés disparus. Le président Erdogan n'a pas fait mention de disparus  et n'a pas précisé si les personnes portées disparues la veille étaient celles  dont il a annoncé le décès samedi.

Interrogé sur les circonstances exactes de l'explosion, le chef de l'Etat a  affirmé qu'une équipe technique était sur place pour éclaircir cela.

Signe de la gravité de l'incident, le ministre de la Défense Hulusi Akar et  le chef d'état-major des armées Yasar Güler se sont rendus vendredi à Hakkari,  la préfecture de la province du même nom.

La base où s'est produite l'explosion est située dans une zone montagneuse  reculée et difficile d'accès, théâtre d'escarmouches régulières entre les  forces armées turques et des membres du Parti des travailleurs du Kurdistan  (PKK).
(AFP, 10 nov 2018)

La Turquie prête pour une nouvelle offensive contre une milice kurde

La Turquie a terminé ses "préparatifs" en vue d'une nouvelle offensive dans le nord de la Syrie pour "détruire" une milice kurde soutenue par Washington, mais qu'Ankara considère comme "terroriste", a déclaré mardi le président Recep Tayyip Erdogan.

"Nous allons détruire la structure terroriste à l'est de l'Euphrate. Nous avons terminé nos préparatifs, nos plans et nos programmes à ce sujet", a déclaré le chef de l'Etat turc dans une intervention devant les députés de son parti au Parlement.

"Nous avons commencé il y a quelques jours notre intervention contre cette organisation terroriste", a-t-il ajouté. "Bientôt, il y aura des opérations plus efficaces et de plus grande ampleur".

L'armée turque a en effet pilonné dimanche des positions des Unités de protection du peuple (YPG) situées sur la rive est de l'Euphrate dans le nord de la Syrie, à l'ouest de Kobané (Aïn al-Arab, en arabe), selon l'agence de presse étatique turque Anadolu.

Les YPG sont l'épine dorsale des Forces démocratiques syriennes (FDS), une coalition arabo-kurde soutenue par les Etats-Unis pour combattre le groupe Etat islamique (EI).

Mais Ankara les considère comme une extension en Syrie du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), un groupe qui livre une sanglante guérilla sur le sol turc depuis 1984.

Si le PKK est classé comme "terroriste" par les alliés occidentaux de la Turquie, ce n'est pas le cas des YPG.

"Chaque fois que la Turquie voit que la situation en Syrie évolue vers une stabilité et une solution politique, elle menace l'est de l'Euphrate et les régions du nord de la Syrie (...)", a regretté mardi soir auprès de l'AFP le porte-parole des YPG, Nouri Mahmoud.

"Les Unités de protection du peuple réagiront à toute menace ou attaque", a-t-il prévenu, qualifiant de "légitime défense" toute éventuelle riposte des YPG à une offensive turque.

M. Erdogan a plusieurs fois menacé ces derniers jours de lancer une offensive à l'est de l'Euphrate, après deux précédentes opérations menées depuis 2016 à l'ouest du fleuve, pour en repousser à la fois l'EI et les YPG.

La Turquie redoute en effet que l'établissement d'une entité kurde à sa frontière ne galvanise les velléités séparatistes sur son sol.

D'après Anadolu, les bombardements turcs ont visé dimanche des abris et des tranchées des YPG sur une colline dans le village de Zur Maghar, situé sur la rive orientale de l'Euphrate en face de la ville de Jarablous.

Le ministère français des Affaires étrangères a fait part dimanche de sa "préoccupation" au sujet de ces frappes, appelant "toutes les parties impliquées à la plus grande retenue".

Le ministre turc de la Défense, Hulusi Akar, cité par Anadolu, a quant à lui affirmé que l'est de l'Euphrate serait la prochaine étape après Minbej, située à l'ouest du fleuve et où les YPG sont une force dominante.

Au cours des derniers mois, la Turquie a plusieurs fois menacé d'attaquer Minbej, où des militaires américains sont également déployés.

Afin d'éviter une confrontation entre les deux pays alliés au sein de l'Otan, Ankara et Washington sont parvenus à une "feuille de route" prévoyant notamment le retrait des YPG de Minbej. Mais la Turquie s'est plainte récemment de la présence continue de membres de la milice kurde.

La Turquie et les Etats-Unis mènent depuis plusieurs mois des patrouilles séparées mais "coordonnées" à Minbej. Selon M. Akar, des patrouilles "conjointes" prévues par la feuille de route doivent commencer "aujourd'hui (mardi) ou demain".
(AFP, 30 oct 2018)

Affaires religieuses / Religious Affairs

Bras de fer entre la Turquie et l'Arabie saoudite sur fond de frères musulmans

L’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi a mis une nouvelle fois en valeur les désaccords profonds entre Ankara et Riyad sur la confrérie des Frères musulmans, un mouvement panislamique sunnite né en Égypte en 1928.

Selon le Washington Post, le jeune prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane (MBS) accuse le journaliste d’avoir été membre des Frères musulmans, bref d’être un "dangereux islamiste". Le prince l’aurait dit dans une conversation téléphonique avec le beau-fils du président Trump, Jared Kushner, et son conseiller à la sécurité nationale, John Bolton, avant même que l’Arabie saoudite ne reconnaisse l’assassinat.

La famille de Jamal Khashoggi dément fermement son appartenance à la confrérie et souligne que l’éditorialiste du Washington Post lui-même "avait démenti ces accusations de façon répétitive ces dernières années".

Bien que Riyad ait financé les Frères musulmans pendant des décennies et que ceux-ci aient joué un rôle dans la fondation en 1962 de la Ligue islamique mondiale, d’obédience saoudienne, le tournant a été le Printemps arabe. L’élection du frèriste Mohamed Morsi à la présidence de l’Égypte en 2012, la première victoire d’un islamiste à la tête d’un pays arabe, a sonné l’alarme dans les monarchies pétrolières, craignant pour leur survie. De son côté, le président turc Recep Tayyip Erdogan a toujours vu dans la confrérie de Hassan al-Banna l’occasion de rebattre les cartes au Moyen-Orient et de démocratiser, sur fond religieux, des régimes autoritaires.

Deux camps se démarquent

Depuis le coup d’État égyptien de l’ancien maréchal Abdel Fattah al-Sissi, les camps se démarquent.

Ankara soutient étroitement le richissime Qatar, où vit en exil l’influent prédicateur frériste al-Qaradaoui, un critique régulier du salafisme.

Les liens sont si étroits que l’armée turque a déployé une base militaire permanente dans ce pays, avec pour objectif notamment de former l’armée qatarie. L’émir du Qatar, le cheikh Tamim ben Hamad al-Thani, est aussi venu au secours de l’économie turque, en août dernier, en promettant d’investir quinze milliards de dollars en Turquie. "Les relations entre les deux pays sont excellentes dans tous les domaines", a souligné vendredi le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlüt Cavusoglu, en visite à Doha.

De l’autre côté, on retrouve, autour de l’Arabie saoudite, l’Égypte et les Émirats arabes unis. "Ces trois pays arabes s’opposent à la politique d’Erdogan favorable aux Frères musulmans", note Soner Cagaptay, du Washington Institute of Near East Policy, cité par l’AFP. Avec la Russie, la Syrie et le Bahrein, ces pays rangent les Frères dans la catégorie des "groupes terroristes". Le gouvernement conservateur israélien soutient ce camp-là non seulement parce qu’il voit dans l’Arabie saoudite un pays capable de freiner l’influence grandissante de l’Iran dans la région mais aussi de stopper celle des Frères musulmans, dont le soutien au Hamas dans la bande de Gaza était officiel au moins jusqu’en 2016.

Erdogan et ses "munitions"

Le président turc - dont l’entourage distille jour après jour des éléments accablants du dossier Khashoggi (le dernier en date étant que le corps a probablement été dissous dans l’acide)- "est conscient qu’il a des munitions susceptibles d’affaiblir MBS sur la scène internationale et il est en train de voir comment il peut maximiser ses gains après cette énorme bourde saoudienne", note Karim Bitar, de l’Institut des relations internationales et stratégiques (Iris).

Mais M. Erdogan prend aussi soin de garder les canaux ouverts avec l’Arabie saoudite et son allié américain. Pari gagné en ce qui concerne les États-Unis, son allié dans l’Otan : la Turquie figure selon Ankara parmi les huit pays qui ont obtenu une dérogation pour l’importation du pétrole iranien, les sanctions américaines étant rétablies ce lundi après la dénonciation par le président Trump de l’accord sur le nucléaire. (La Libre Belgique, 3 novembre 2018)

Erdogan utilise le meurtre pour apparaître comme le leader du monde musulman

Le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi au consulat saoudien à Istanbul risque de rebattre les cartes au Proche-Orient en y renforçant l'influence de la Turquie aux dépens de l'Arabie saoudite au moment où les deux pays se disputent le leadership du monde musulman, estiment des analystes.

C'est en tout cas l'objectif que semble rechercher le président turc Recep Tayyip Erdogan, principal soutien dans le monde arabe des Frères musulmans, bêtes noires de l'Arabie saoudite et ses alliés notamment les Emirats arabes unis et l'Egypte.

Si la réputation de Ryad a déjà été ternie avec le meurtre de Khashoggi par un commando saoudien le 2 octobre, c'est l'éventuelle implication du prince héritier Mohammed ben Salmane, dit MBS, qui pourrait durablement plomber l'influence du royaume.

Car une telle implication, estiment des analystes, donnerait à M. Erdogan un levier de pression sur un MBS affaibli et pourrait même conduire à l'éviction du prince héritier par la famille royale, même si ce scenario paraît peu probable.

"Le meurtre de Khashoggi a offert à Erdogan une occasion en or pour mettre la pression sur l'Arabie saoudite et faire apparaître la Turquie comme le nouveau leader du monde musulman", estime Lina Khatib, responsable du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord à Chatham House.

"La crise Khashoggi comporte un important enjeu géopolitique pour la Turquie, qui semble mener l'affaire d'une main de maître. Mais la Turquie seule ne peut pas pousser pour le départ de MBS. Sur ce point la balle est dans le camp américain", ajoute-t-elle.

- "Occasion" pour Erdogan -

Pour M. Erdogan, remettre à flot les Frères musulmans que le camp saoudien cherche à marginaliser dans le monde arabe -- notamment en Egypte où ils ont été évincés du pouvoir et réprimés dans le sang en 2013 par l'actuel président Abdel Fattah al-Sissi -- figure au coeur de cet enjeu "géopolitique".

Le dirigeant turc devrait aussi tenter d'arracher des concessions à l'Arabie sur le Qatar, richissime émirat qui entretient des relations privilégiées avec la Turquie mais auquel Ryad et ses alliés imposent un blocus depuis juin 2017.

"Je pense qu'Erdogan voit une occasion de braver la triple entente au Proche-Orient composée de l'Arabie de MBS, des Emirats de MBZ (Mohammed ben Zayed) et de l'Egypte de Sissi", résume Soner Cagaptay, du Washington Institute of Near East Policy. "Ces trois pays arabes s'opposent à la politique d'Erdogan favorable aux Frères musulmans".

Sinan Ulgen, président du Center for Economics and Foreign Policy (Edam) à Istanbul, juge qu'un "affaiblissement de MBS constitue une victoire pour Erdogan, vu le positionnement de la Turquie sur le Qatar et les Frères musulmans".

"Mais il faut voir si Ankara va pouvoir transformer la conjoncture actuelle en un avantage pérenne qui renforcerait son influence régionale au détriment de l'Arabie saoudite", ajoute-t-il.

Nicolas Heras du Center for New American Security, voit l'affaire Khashoggi comme "le dernier chapitre en date dans la concurrence que se livrent la Turquie et l'Arabie pour assumer le leadership du monde musulman".

- "Remettre MBS à sa place" -

"Erdogan de toute évidence pense qu'il peut se servir de l'affaire Khashoggi pour remettre Mohammed ben Salmane, et avec lui l'Arabie saoudite, à leur place", ajoute-il.

En se gardant de l'incriminer directement, M. Erdogan cherche à maintenir le prince héritier saoudien sous pression, selon Karim Bitar, de l'Institut des relations internationales et stratégiques (Iris).

"Erdogan est conscient qu'il a des munitions susceptibles d'affaiblir MBS sur la scène internationale et il est en train de voir comment il peut maximiser ses gains après cette énorme bourde saoudienne", note-il.

Si les Frères musulmans sont un enjeu pour M. Erdogan, les Occidentaux, notamment Washington, s'en méfient et devraient orienter d'éventuelles pressions sur MBS vers l'arrêt de la guerre au Yémen et la levée du blocus du Qatar, selon les experts.

"Je m'attends à ce que le blocus du Qatar prenne fin dans un avenir proche et que les Saoudiens trouvent moyen de soutenir les efforts de l'ONU concernant le Yémen", estime Steven Cook, du thinktank américain Council on Foreign relations.

M. Bitar note aussi que l'administration américaine compte sur le soutien de MBS à son plan de paix attendu sur le conflit israélo-palestinien et pour endiguer l'Iran.

Washington pourrait ainsi, selon lui, pousser MBS "vers un rapprochement avec Israël et à maintenir une ligne dure envers l'Iran".
(AFP, 2 nov 2018)

Socio-économique / Socio-economic

Turkey as the Country with Highest Inflation Rate in Europe

The Turkish Statistical Institute (TurkStat) has announced the annual consumer inflation rate in October 2018 as 25.24 percent. In addition to the significant depreciation of the Turkish Lira vis-a-vis other currencies, Turkey has also had the highest inflation rate of the last 15 years.

Turkey is one of the 10 countries of the world with the highest inflation rate. As for its ranking among the countries in Europe, Turkey ranks the first in terms of inflation rates with 25.24 percent.

Turkey has been followed by Ukraine with 8.90 percent and Romania with 5 percent. Romania is also the country with the highest inflation rate among the European Union (EU) countries.

The inflation rate in Estonia has been measured as 4.40 percent and in Hungary as 3.80 percent, which render them the countries with the second and third highest inflation rates in the EU.

As for the United Kingdom, which is classified as a developed country and one of the biggest economies of the world, but whose economy as well as consumer prices have been negatively affected by the Brexit, it is the country with the seventeenth highest inflation rate in Europe.

The European countries with the lowest rates of inflation are Denmark and Ireland. In both countries, inflation rates are under the level of zero. While this figure is 0.60 percent in Denmark, it is 0.90 percent in Ireland. The inflation rates in Liechtenstein and Portugal are also both 1 percent.

What is inflation, why does it increase?

Inflation can be defined as a sustained or continuous increase in the price levels of goods and services in the economy of a country over a period of time. An increasing rate of inflation implies that the purchasing power of money has also been on the decrease.

The most common reason of an increasing inflation is a disturbed equilibrium of supply and demand. In Turkey, the reason of the increasing inflation is being stated as bad economic policies and resulting absence of domestic production and extreme fluctuation in the foreign exchange rates.

The level of inflation is determined based on the result of the consumer and producer prices indexes.
(BIA, 9 November 2018)

Erdogan inaugure à Istanbul le futur "plus grand aéroport du monde"

Le président Recep Tayyip Erdogan a inauguré en grande pompe lundi à Istanbul un nouvel aéroport destiné à devenir "le plus grand du monde" et une vitrine des méga-projets d'infrastructures qui ont transformé la Turquie depuis son arrivée au pouvoir.

"Ce nouvel aéroport fera la fierté de notre pays et sera un modèle pour le monde", a déclaré M. Erdogan lors d'une cérémonie officielle, avant de révéler le nom du nouvel édifice: "Istanbul".

"Istanbul n'est pas seulement la plus grande ville de notre pays, c'est aussi sa plus grande marque(...). C'est pour cette raison que nous avons donné le nom d'Istanbul à ce grand ouvrage", a indiqué M. Erdogan.

Des dirigeants des pays des Balkans et d'Asie centrale, ainsi que l'émir de Qatar Cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani ou encore le controversé président du Soudan Omar el-Béchir, recherché pour génocide par la Cour pénale internationale, étaient présents à la cérémonie.

M. Erdogan a suivi de près la construction de cet aéroport sur la rive européenne d'Istanbul, près de la mer Noire, qui a été marquée par des retards et par une grève d'ouvriers demandant l'amélioration de leurs conditions de travail.

Ce projet s'inscrit dans la volonté du président turc de faire de l'ex-capitale de l'Empire ottoman un carrefour mondial entre trois continents, l'Europe, l'Asie et l'Afrique.

Mais l'inauguration lundi de cette infrastructure qui doit remplacer l'aéroport international Atatürk est avant tout symbolique et coïncide avec le 95e anniversaire de la République turque.

La construction, qui s'est faite à marche forcée, a en effet pris du retard et ce nouvel aéroport ne tournera à plein régime qu'à partir du 29 décembre. Jusqu'à cette date, seulement cinq vols quotidiens y seront assurés, les autres seront desservis par l'aéroport Atatürk.

- Polémiques -

Avec une capacité initiale de 90 millions de passagers par an, le nouvel aéroport intégrera le top 5 au niveau mondial.

Mais son opérateur, l'IGA, ne compte pas s'arrêter là et vise, d'ici 2028, à atteindre une capacité de 200 millions de passagers par an, soit près du double de l'aéroport américain d'Atlanta, qui occupe actuellement la première place.

"Plus de 80 Tours Eiffel pourraient être bâties avec les 640.000 tonnes d'acier utilisées pour sa construction", s'est rengorgé le président Erdogan, qui a précisé qu'une partie de l'aéroport Atatürk resterait en service, sous son nom actuel, notamment pour des meetings aériens, et que le reste serait transformé en parc national.

Lorsque les quatre phases de construction et d'expansion seront terminées, le nouvel aéroport "Istanbul' comptera six pistes et deux terminaux répartis sur un gigantesque site de 76 kilomètres carrés, selon l'IGA.

L'édifice, d'une valeur de 10,5 milliards d'euros, présente un visage futuriste avec de nombreuses ouvertures vitrées, des lignes courbes et des équipements dernier cri.

Un défi de taille sera le transfert des équipements de l'aéroport Atatürk au nouveau site lors d'une opération délicate fin décembre qui durera 45 heures.

Turkish Airlines, fleuron de l'économie turque, qui assurera mercredi le premier vol commercial du nouvel aéroport à destination d'Ankara, compte tirer parti des dimensions du nouvel aéroport pour élargir son offre.

"L'an prochain, nous allons ajouter 40 appareils à notre flotte. D'ici 2023, nous transporterons 120 millions de passagers par an", explique un cadre de la compagnie ayant requis l'anonymat.

Cet aéroport fait partie, avec le troisième pont sur le Bosphore et le tunnel sous ce même détroit inaugurés en 2016, des grands projets d'infrastructures ardemment défendus par M. Erdogan, qui veut transformer la Turquie à temps pour le centenaire de la République, en 2023.

"Cet ouvrage va marquer l'histoire", a assuré M. Erdogan dans son discours lundi.

Mais à quel prix ? La construction de l'aéroport a en effet été accompagnée de polémiques, concernant notamment son impact sur l'environnement.

Le mois dernier, c'est la situation des quelque 34.000 ouvriers travaillant d'arrache-pied pour tenir les délais qui a suscité des critiques.

Plusieurs centaines d'entre eux ont été arrêtés après avoir manifesté pour demander l'amélioration de leurs conditions et dénoncer des retards dans le versement des salaires. La plupart ont été relâchés, mais une vingtaine sont encore écroués.

D'après l'IGA, 30 ouvriers sont morts sur le chantier depuis le début des travaux. Un chiffre largement sous-estimé selon des syndicats.
(AFP, 29 oct 2018)

Relations turco-européennes / Turkey-Europe Relations

L'aide de l'UE pour les réfugiés en Turquie difficile à suivre

Les fonds européens ont permis d'aider les réfugiés en Turquie mais le refus d'Ankara de communiquer la liste des bénéficiaires crée un doute sur la bonne utilisation de cette aide, estime la Cour des comptes européenne dans un rapport publié mardi.

La Cour s'est intéressée à une aide initiale d'1,1 milliard d'euros destinée à près de 4 millions de réfugiés en Turquie, essentiellement des Syriens, au terme d'un accord de 2016 qui avait pour objectif de réduire les arrivées dans l'UE.

"Nous pouvons constater que l'argent va aux réfugiés mais nous ne pouvons pas être complètement certains que tout l'argent leur arrive bien. Il y a un doute", a déclaré à la presse à Bruxelles un membre de la Cour, Bettina Jacobsen.

La Cour a regretté de n'avoir pas pu suivre les bénéficiaires de l'aide entre leur enregistrement et le paiement effectif, Ankara refusant de donner les noms des bénéficiaires et le type d'aide reçue au nom de la protection des données.

Selon la responsable qui travaille depuis plus de trois ans pour la Cour c'est la première fois que l'institution se heurte à un tel refus.

Elle a toutefois précisé que les agences de l'ONU et d'autres organismes impliqués dans les projets liés à cette aide avaient pu "atténuer ce risque" en mettant en place des contrôles internes.

Dans ses recommandations, la Cour a demandé à la Commission européenne, l'exécutif des 28, de faire pression sur Ankara pour que les données des bénéficiaires soient disponibles pour la prochaine tranche d'aide (trois milliards d'euros sur fin 2018 et 2019).

"Dans un contexte difficile, les projets humanitaires ont aidé les réfugiés à subvenir à leur besoins fondamentaux, mais l'utilisation des ressources n'a pas toujours été optimale", écrit la Cour dans son rapport.

Elle fait également état de divergences entre la Commission et les autorités turques sur la conduite de projets d'aide concernant l'alimentation en eau et la gestion des eaux usées et des déchets. La plus grande partie de ces réfugiés ont quitté les camps pour vivre en ville.

La Cour estime que "l'efficience" de projets humanitaires peut être améliorée, critiquant notamment le fait que lors de l'examen de ces derniers, "la Commission n'a pas vérifié de façon cohérente et exhaustive si les coûts inscrits au budget étaient raisonnables".
(AFP, 12 nov 2018)

65 personnalités signent la tribune du CCAF contre la présence d’Erdogan

Le Journal Le Monde a publié dans son édition de jeudi une tribune lancée par le CCAF et intitulée : Erdogan à la commémoration du 11 novembre : ce qu’il faut avoir le courage de lui dire.

Ce texte signé par 65 personnalités, dénonce la présence du président de la Turquie à cette commémoration, dont elles estiment qu’elle risque de dénaturer le sens. Elles fustigent en particulier « l’odieux négationnisme d’Etat de la Turquie à l’égard du génocide arménien ». «  Ce chef d’Etat n’a semble-t-il tiré de ce génocide qu’un seul enseignement : le fait que le crime peut s’avérer payant  », indique la pétition qui demande «  à Emmanuel Macron de faire montre de la clarté clarté nécessaire envers son « invité  », afin que sa présence ne puisse en aucun cas être interprétée comme une caution apportée à ses méthodes, à sa gouvernance, à son régime, et à ses manifestations de violence qui n’ont pas leur place dans le message que se doit de porter le centième anniversaire de l’Armistice  ».

Avec Par ordre Alphabétique :

 Benjamin Abtan, président de l’Egam (European Grassroots antiraciste Movement), Nicolas Aznavour, Cengiz Aktar professeur à l’Université d’Athènes, Stephane Audouin-Rouzeau, historien, Daniel Auguste, président du comité de soutien aux Chrétiens d’Irak, Claude Barouch, président de l’Union des patrons et professionnels juifs de France, Anette Becker, historienne, Marine Brenier, députée, Vedat Bingol, coprésident du CDK-F (Conseil démocratique du Kurdistan en France), Jean-Claude Bouchet, députés, Valérie Boyer, député, Hamit Bozarslan, historien, Pascal Bruckner, philosophe, Luc Carvounas, député, Gérard Chaliand, statégiste, Youri Djorkaeff, footballeur, Fevziyé Erdemirci, coprésident du CDK-F (Conseil démocratique du Kurdistan en France), Michel Forissier, sénateur, Costa Gavras, cinéaste, Sacha Ghozlan, Président de l’UEJF, Bruno Gilles sénateur des bouches du Rhône, Robert Guédiguian, cinéaste, Stéphane Hasbanian, avocat, Ahmet Insel, économiste, éditeur et politologue, Laurent Joly, historien, Jacques Julliard, écrivain, Patrick Karam, président de la Chrédo (Chrétiens d’orient en danger), Arno Klarsfeld, Conseiller d’Etat, Beate Klarsfeld, présidente de la Beate Klasfeld foundation, Serge Klarsfeld, président de l’Association des Fils et filles de déportés juifs de France, Georges Képénékian, ex-maire de Lyon, Raymond Kévorkian, historien, Mohamed Laqhila, député, Daniel Leconte producteur cinéma, Mathieu Madenian, humoriste, André Manoukian, musicien, Alain Milon, sénateur, Jacky Mamou, président d’Urgence Darfour, Evagoras Mavrommatis, président de la communauté chypriote de France, Claire Mouradian, historienne, Renaud Muselier, député européen et président de la région PACA, Kendal Nezan, président de l’institut kurde de France, Richard Odier, président du Centre Simon Wiesenthal, Nicolas Offenstadt, historien, Erol Ozkoray écrivain, Mourad Papazian, coprésident du CCAF, Seta Papazian (présidence du Collectif Van), Michaël Prazan, cinéaste, Audrey Pulvar, présidente de la Fondation pour la nature et l’homme, François Pupponi, député, Rudy Reichstadt, Directeur de l’Observatoire du conspirationnisme, Pierre Rigoulot, historien, Simone Rodan, politoloque, Henry Rousso, historien, Bernard Schalsha, rédacteur à la Règle du jeu, Dominique Sopo président de SOS racisme, Mario Stasi, Président de la Licra, Guy Tessier, député, Séta Théodoridis, présidente de la communauté hellénique de France, Yves Ternon, historien, Ara Toranian, coprésident du CCAF, Valérie Toranian, directrice de la Revue des 2 Mondes, Charles Villeneuve, journaliste, Martine Vassal, présidente de la métropole Aix-Marseille Provence et du conseil départemental des Bouches-du-Rhone, Joyce de Wangen-Blau, professeur émérite des Universités. (
Le Monde, 8 nov 2018)

Treize interpellations à Strasbourg en marge d'une manifestation pro-kurde

Treize personnes ont été interpellées et sept gendarmes légèrement blessés mardi à Strasbourg, en marge d'une manifestation pro-kurde lors d'échauffourées entre militants et forces de l'ordre près des institutions européennes, a-t-on appris de sources concordantes.

Les heurts ont débuté vers 13H15 "lorsque des manifestants ont tenté de forcer un barrage de gendarmes mobiles pour se diriger vers la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH)", a indiqué à l'AFP la préfecture du Bas-Rhin.

Un peu plus tôt, douze militants avaient réussi à pénétrer par effraction dans la CEDH, située à quelques centaines de mètres du Conseil de l'Europe, avant d'être interpellés, a précisé à l'AFP une source policière.

Rassemblée devant le Conseil de l'Europe pour protester contre les conditions de détention du chef du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), Abdullah Öcalan, une foule d'un millier de militants pro-kurdes s'est dirigée vers la CEDH.

Bloqués en chemin par un barrage de gendarmes mobiles, les manifestants, venus de France, d'Allemagne, de Suisse et des Pays-Bas, "ont commencé à prendre à partie les forces de l'ordre", donnant des coups et jetant des projectiles, selon la source policière.

"Les gendarmes ont répliqué à l'aide de gaz lacrymogène pour repousser les manifestants hostiles", a-t-on ajouté de même source.

Les treize personnes interpellées ont été placées en garde à vue pour "attroupement armé", "dégradation de biens publics en réunion" et "rébellion en réunion".

Des manifestations pro-kurdes ont lieu régulièrement à Strasbourg, ville du Conseil de l'Europe et de la Cour européenne des droits de l'Homme, depuis l'arrestation en 1999 d'Abdullah Öcalan. Le chef de la rébellion kurde du PKK est détenu sur l'île-prison d'Imrali, située au large d'Istanbul.

En février, 11.000 personnes avaient défilé dans le calme dans les rues de Strasbourg pour réclamer sa libération.
(AFP, 6 nov 2018)

Turquie-USA-OTAN / Turkey-USA-NATO

Trump: l'extradition de Gülen vers la Turquie pas à l'ordre du jour

Le président américain Donald Trump a assuré samedi que l'extradition du prédicateur turc Fethullah Gülen, accusé par Ankara d'avoir orchestré le putsch manqué de 2016, n'était pas à l'ordre du jour.

La chaîne NBC a affirmé cette semaine que la Maison Blanche étudiait les possibilités juridiques de faire partir M. Gülen, dans la cadre des efforts diplomatiques en cours pour que le président turc Recep Tayyip Erdogan relâche la pression sur l'Arabie saoudite après le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi.

"Non, ce n'est pas à l'étude", a répondu M. Trump, interrogé avant son départ pour la Californie sur une éventuelle extradition du prédicateur turc, installé de longue date aux Etats-Unis.
 "Nous essayons toujours de voir ce que nous pouvons faire pour la Turquie", a-t-il par ailleurs affirmé, assurant que les relations avec ce pays étaient désormais "très bonnes".

"Je m'entends très bien avec le président (Erdogan). C'est un ami. C'est un homme fort, un homme dur, un homme intelligent", a-t-il ajouté.

Les relations entre les Etats-Unis et la Turquie, longtemps tendues, se sont un peu réchauffées depuis que la justice turque a libéré, en octobre, le pasteur américain Andrew Brunson, dont Washington réclamait avec insistance le retour.

Le sort de Fethullah Gülen, qui nie toute implication dans la tentative de coup d'Etat et que Washington n'a jusqu'ici pas accepté d'extrader, reste l'un des principaux points de discorde entre ces deux pays alliés.
(AFP, 17 nov 2018)

Les menaces turques contre les Kurdes en Syrie, un casse-tête pour Washington

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a menacé les Kurdes en Syrie d'une nouvelle offensive, cette fois-ci contre des secteurs du nord du pays en guerre où des forces américaines sont présentes.

La Turquie ne veut pas de la présence à sa frontière des forces kurdes syriennes. Ces derniers jours ses mises en garde se sont accompagnées du pilonnage de positions de la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), l'épine dorsale des Forces démocratiques syriennes (FDS) dans les régions de Kobané et de Tal Abyad.

Les Etats-Unis cherchent à calmer le jeu. A la tête d'une coalition internationale, Ils aident les YPG et FDS dans la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI), mais Washington est aussi un partenaire stratégique de la Turquie au sein de l'OTAN.

- Menaces sérieuses? -

Depuis 2016, la Turquie a mené deux offensives en Syrie contre les forces kurdes, la dernière contre l'enclave frontalière d'Afrine, conquise en mars et contrôlée depuis par des rebelles syriens pro-turcs.

M. Erdogan a maintes fois menacé ensuite de repartir à l'offensive, dans l'hinterland des territoires kurdes.

Mais aujourd'hui, ses mises en garde sont à prendre au sérieux après le pilonnage de Kobané et Tal Abyad, alors que son pays a le vent en poupe sur la scène internationale, estiment les experts.

Sur le dossier syrien, la Turquie a conclu en septembre un accord avec la Russie, alliée du régime de Bachar al-Assad, qui a empêché un assaut de l'armée contre Idleb (nord-ouest), le dernier grand bastion insurgé et jihadiste du pays, et évité un nouveau drame humanitaire.

Sur la scène internationale, Ankara pourrait selon des observateurs mettre à profit le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi au consulat de son pays à Istanbul pour arracher des concessions aux Etats-Unis sur la question des forces kurdes syriennes, en se gardant à ce stade d'incriminer directement dans cette affaire le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, un allié clé de Washington.

En outre, les rapports d'Ankara avec Washington s'améliorent après la libération en octobre du pasteur américain Andrew Brunsen détenu en Turquie.

En pilonnant Kobané et Tal Abyad, M. Erdogan cherche à tester le niveau de tolérance des Etats-Unis. "Il tente de voir jusqu'où il peut aller en cas d'opération militaire", soutient Nicolas Heras, chercheur au Center for a New American Security.

- Les Etats-Unis "coincés"? -

La Turquie qualifie les YPG de groupe "terroriste", alors que Washington y voit un allié stratégique dans la lutte anti-EI.

La poussée de fièvre met dans l'embarras les Etats-Unis, d'autant que les FDS doivent encore terminer une offensive contre l'une des dernières poches de l'EI dans l'est syrien.

Mais l'assaut a dû être suspendu après les bombardements turcs.

"Les Etats-Unis sont coincés, ils veulent mener à terme l'offensive anti-EI", explique Aaron Lund, analyste au think-tank The Century Foundation.

Le fait que les Américains doivent compter sur les forces kurdes dans la lutte antijihadistes donne aux FDS "un rare levier d'influence sur la superpuissance" américaine, ajoute-t-il.

Quelques jours après l'annonce de la suspension des opérations par les FDS, des soldats américains ont patrouillé pour la première fois dans les secteurs frontaliers kurdes bombardés par l'armée turque.

Mais les troupes américaines et turques ont aussi lancé des patrouilles conjointes aux abords de la ville de Minbej (nord), en application d'une "feuille de route" élaborée par les deux alliés pour désamorcer les tensions.

- Lutte anti-EI entravée? -

"Si les Etats-Unis cèdent face à la Turquie, ils ne pourront plus compter sur les Kurdes", résume l'expert sur la Syrie Fabrice Balanche.

Pour Mutlu Civiroglu, expert en affaires kurdes, la pause dans les combats constitue un "message clair" envoyé par les FDS à la coalition internationale.

Ils leur disent, souligne l'expert: "on lutte ensemble, nous sommes partenaires, quand je suis confronté à des
menaces, vous devez les stopper".

Avant l'arrêt des opérations, les FDS avaient massé d'importants renforts venus de secteurs frontaliers du nord syrien, selon M. Civiroglu. Dans ces régions, dit-il "leurs maisons, leurs familles sont attaquées", et dans ces conditions, "il est difficile de se concentrer sur le combat, déjà très dur".

Après avoir progressé, les FDS ont subi fin octobre un revers en raison de contraintes climatiques et de contre-attaques meurtrières jihadistes.

Mais si les tensions offrent un sursis à l'EI, le groupe jihadiste perdra en fin de compte le combat, soutient Aaron Stein, expert de l'Atlantic Council. "L'EI est vaincu militairement, même s'il continue de résister. Les Etats-Unis finiront le travail au final".
(AFP, 7 nov 2018)

Offre américaine de récompenses pour trois responsables du PKK

Les Etats-Unis ont décidé d'offrir plusieurs millions de dollars pour obtenir des informations sur les allées et venues de trois dirigeants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), a annoncé un haut responsable américain mardi, à l'issue d'une visite à Ankara.

Ces récompenses, pouvant aller jusqu'à 5 millions de dollars (4,4 millions d'euros) pourraient réjouir Ankara, qui demande depuis longtemps à ses alliés occidentaux d'adopter une ligne plus dure contre le PKK, interdit en tant que groupe terroriste par la Turquie mais aussi par les USA et l'UE.

Matthew Palmer, sous-secrétaire d'Etat adjoint américain, a indiqué que ces récompenses avaient été autorisées pour "informations conduisant à l'identification ou la localisation" de Murat Karayilan, Cemil Bayik et Duran Kalkan.

Les informations concernant Karayilan pourraient rapporter jusqu'à 5 millions de dollars, celles pour Bayik 4 millions de dollars, et sur Kalkan 3 millions de dollars, a-t-il ajouté.

Les USA qualifient le PKK de groupe terroriste depuis 1997, mais la Turquie s'est montrée très mécontente de leur coopération récemment en Syrie avec les Unités de protection du peuple (YPG), qu'Ankara considère comme une branche du PKK.

Les relations bilatérales ont aussi grandement souffert de la détention pendant plus de deux ans en Turquie du pasteur américain Andrew Brunson. Mais celui-ci a été libéré en octobre et les deux parties semblent désireuses d'améliorer les relations entre ces deux pays alliés dans l'Otan.

"Les Etats-Unis apprécient leur coopération antiterroriste avec notre allié de l'Otan, la Turquie", a dit M. Palmer. Il a précisé que les récompenses en question avaient été décidées dans le cadre du programme "Récompenses pour la justice" du Département d'Etat.

Ce Programme a diffusé sur son compte Twitter officiel des photos des trois hommes, sous la rubrique "Récompense pour information". "Paiement possible. Confidentialité garantie à 100%", est-il précisé.

Le porte-parole du président turc Recep Tayyip Erdogan, Ibrahim Kalin, a déclaré que son pays accueillait ces annonces "avec prudence", et qualifié cette décision de "tardive".

"Ils ne peuvent pas nous tromper en disant que les YPG sont différents du PKK", a-t-il déclaré à la télévision HaberTurk.

Après deux opérations militaires couronnées de succès en Syrie, la Turquie a maintenant des visées sur la région de Manbij, près de l'Euphrate. Celle-ci est contrôlée par les YPG, et des soldats américains y sont présents.

Karayilan et Bayik sont considérés comme les leaders de fait du PKK sur le terrain, après la capture par la Turquie en 1999 du fondateur du mouvement, Abdullah Ocalan. Celui-ci purge une peine de prison à vie dans une île proche d'Istanbul.

Selon des spécialistes, Karayilan et Bayik pourraient se trouver aujourd'hui dans des montagnes du nord de l'Irak, où le PKK dispose de bases arrière. D'autres pensent possible qu'ils passent parfois aussi en Iran.
(AFP, 6 nov 2018)

L'armée américaine patrouille dans les zones kurdes à la frontière turque

Des soldats de l'armée américaine ont patrouillé dimanche dans un secteur du nord de la Syrie, frontalier de la Turquie et récemment bombardé par l'armée d'Ankara, ont indiqué la coalition antijadistes et un correspondant de l'AFP.

La Turquie a haussé le ton es derniers temps contre la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), bombardant certaines de ses positions dans ce secteur et brandissant la menace d'une nouvelle offensive d'ampleur.

Les YPG, épine dorsale des Forces démocratiques syriennes (FDS), sont un partenaire clé de Washington dans la lutte contre le groupe Etat islamique (EI). Mais la Turquie est aussi un allié stratégique des Etats-Unis au sein de l'OTAN.

Un correspondant de l'AFP a constaté l'arrivée en fin de matinée d'un premier convoi de trois véhicules blindés aux abords de la localité de Derbassiyé. A bord de chaque véhicule se trouvaient quatre soldats en treillis militaire arborant le drapeau américain, a-t-il précisé.

Le colonel Sean Ryan, porte-parole de la coalition anti-EI, a confirmé les "patrouilles américaines" dans la région indiquant qu'elles ne seraient "pas régulières" et que leur fréquence dépendrait des "conditions" sur le terrain.

Des patrouilles similaires avaient circulé "pour la première fois, le 2 novembre", a-t-il précisé.

Les véhicules devront patrouiller dimanche le long de la frontière jusqu'à Ras al-Aïn (à 50 km à l'ouest de Derbassiyé), selon le porte-parole des FDS Mustefa Bali. Il a précisé que des membres des FDS escortaient les patrouilles américaines.

M. Bali s'est félicité d'une initiative visant à "mettre fin aux agressions turques", soulignant à l'AFP que "les patrouilles étaient directement liées à ces menaces".
 Par ailleurs, la Turquie et les Etats-Unis ont entamé jeudi des patrouilles conjointes aux abords de la ville de Minbej, toujours dans le nord syrien.

Ankara, qui a déjà lancé deux opérations d'envergure contre les forces kurdes dans le nord syrien depuis 2016, redoute que l'établissement d'une entité kurde à sa frontière ne galvanise les velléités séparatistes sur son sol.

La Turquie considère les YPG comme une extension du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), un groupe qui livre une guérilla sur le sol turc depuis 1984.

Mais si le PKK est classé comme "terroriste" par les alliés occidentaux de la Turquie, ce n'est pas le cas des YPG.

En réaction aux pilonnages turcs, les FDS ont annoncé mercredi la suspension temporaire d'une offensive menée contre l'EI dans l'est syrien.

Déclenché en 2011, le conflit en Syrie a fait plus de 360.000 morts et déplacé plus de la moitié de la population.
(AFP, 4 nov 2018)

Washington et Ankara lèvent des sanctions frappant des ministres des deux pays

La Turquie et les Etats-Unis ont levé vendredi des sanctions prises réciproquement en août contre des ministres des deux pays en pleine crise diplomatique, a annoncé le ministère turc des Affaires étrangères.

Selon ce ministère, Washington a levé les sanctions à l'encontre des ministres turcs de la Justice, Abdülhamit Gül, et de l'Intérieur, Süleyman Soylu, et Ankara a "parallèlement" pris une mesure similaire concernant celles qui avaient été imposées aux ministres américains de la Sécurité intérieure, Kirstjen Nielsen, et de la Justice, Jeff Sessions.

Le Trésor américain a simplement annoncé sur son site le retrait des ministres turcs de la liste des personnes faisant l'objet de sanctions en vertu de la loi dite Magnitsky.

Ces annonces surviennent au lendemain d'un entretien téléphonique entre les présidents américain, Donald Trump, et turc, Recep Tayyip Erdogan, au cours duquel ils ont dit leur détermination d'améliorer les relations entre leurs deux pays.

Les sanctions réciproques consistaient en la saisie dans chaque pays des biens et avoirs des ministres de l'autre pays, et à l'interdiction pour tout ressortissant américain de faire affaire avec ces responsables turcs et inversement pour les ressortissants turcs.

Les sanctions américaines avaient été prises par Washington en signe de mécontentement face au maintien en détention en Turquie à l'époque du pasteur Andrew Brunson. Ankara avait riposté par des mesures similaires.

M. Brunson, qui dirigeait une petite église protestante dans l'ouest de la Turquie, a été libéré le 12 octobre et autorisé à rentrer aux Etats-Unis.

La crise diplomatique alimentée par cette affaire entre ces deux alliés au sein de l'Otan avait provoqué un effondrement en août de la livre turque et mis en lumière les fragilités de l'économie turque.

La devise turque s'est toutefois redressée depuis la libération du pasteur et elle a encore gagné vendredi un peu plus d'1,3% de sa valeur face au dollar, qui s'échangeait contre 5,43 livres vers 14H10 GMT .
(AFP, 2 nov 2018)

Début des patrouilles turco-américaines conjointes à Minbej

Les forces armées turques et américaines ont commencé jeudi des patrouilles conjointes à Minbej, une ville du nord de la Syrie dominée par une milice kurde considérée comme "terroriste" par la Turquie, mais alliée des Etats-Unis, selon l'agence étatique turque Anadolu.

"La patrouille conjointe entre les forces armées turques et américaines à Minbej a commencé ce jour à 15H53 (12H53 GMT)", a déclaré le ministre turc de la Défense Hulusi Akar, cité par Anadolu.

La patrouille évolue autour de la rivière Sajour, située entre Minbej et Jarablous, une ville contrôlée par les rebelles soutenus par Ankara, selon Anadolu.

Minbej est dominée par les Unités de protection du peuple (YPG), milice kurde considérée comme "terroriste" par Ankara mais alliée de Washington dans la lutte contre le groupe Etat islamique (EI).

Le soutien américain aux YPG étant devenu un important point de friction entre les deux pays alliés au sein de l'Otan, Ankara et Washington s'étaient accordés en juin sur une "feuille de route" prévoyant notamment le retrait des YPG de Minbej et l'instauration de ces patrouilles conjointes.

La Turquie et les Etats-Unis menaient déjà depuis plusieurs mois des patrouilles séparées mais "coordonnées" à Minbej.

Mais Ankara s'est plaint récemment de la présence continue de membres de la milice kurde, malgré l'accord prévoyant leur départ.

A Minbej, "l'organisation terroriste doit savoir qu'elle sera enterrée dans les tranchées qu'elle a elle-même creusées", avait déclaré un peu plus tôt jeudi M. Akar.
(AFP, 31 oct 2018)

Relations régionales / Regional Relations

La conférence sur la Libye: la Turquie quitte la scène

La conférence de Palerme sur la Libye a subi un nouveau coup dur avec le départ précipité mardi de la Turquie, outrée d'avoir été exclue d'une réunion dans la matinée.

Le vice-président turc Fuat Oktay a préféré claquer la porte de cette conférence, convoquée par le gouvernement italien en Sicile, après avoir été tenu à l'écart d'une réunion informelle des principaux acteurs de la crise libyenne, qui s'est tenue en marge de la conférence.

"Toute réunion qui exclut la Turquie ne peut être que contre-productive pour la solution du problème", a indiqué un communiqué de M. Oktay, dont le pays joue pourtant un rôle clé dans la crise libyenne.

Cet accès de colère de la Turquie, qui s'est dit "profondément déçue", s'ajoute au mauvais départ de cette conférence qui s'est ouverte lundi soir, boycottée par le maréchal Khalifa Haftar, l'homme fort de l'est de la Libye.

Ce dernier s'est bien rendu en Sicile, mais en précisant qu'il était hors de question qu'il participe à cette conférence. Il a toutefois accepté de rencontrer plusieurs acteurs nationaux et internationaux en Libye, lors d'une réunion informelle mardi matin.

Placée sous la présidence du chef du gouvernement italien Giuseppe Conte, elle a rassemblé, outre M. Haftar, le président égyptien Abdel Fattah al Sissi, le chef du gouvernement d'union nationale (GNA) internationalement reconnu, Fayez al-Sarraj, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, le Premier ministre russe Dimitri Medvedev, le président tunisien Beji Caïd Essebsi, le Premier ministre algérien Ahmed Ouyahia, l'émissaire des Nations unies pour la Libye Ghassan Salamé et le président du Conseil européen Donald Tusk.

Le maréchal Haftar, qui a volé la vedette à tous les autres participants à ce rendez-vous, a quitté la Sicile sitôt terminée cette réunion informelle sans attendre la session plénière de la conférence, prévue juste après.

M. Haftar, accueilli lundi soir par M. Conte à la Villa Igiea, avait déjà refusé de participer au dîner.

Dans son entourage on explique que ce militaire qui a fait de l'extrémisme islamiste sa bête noire a refusé de s'asseoir avec certains des participants à la conférence qu'il juge proche de cette mouvance.

Une dizaine de chefs d'Etat et de gouvernement ont participé à cette conférence, à laquelle ont été conviés une trentaine de pays dont l'Algérie, la Tunisie, l'Egypte, le Qatar, l'Arabie saoudite, la Turquie, le Maroc, la France, l'Allemagne, la Grèce, ou l'Espagne. L'Union européenne est représentée par Donald Tusk et la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini.

Côté libyen, outre MM. al-Sarraj et Haftar, étaient également présents le président du Parlement, Aguila Salah, celui du Conseil d'Etat, équivalent d'une chambre haute à Tripoli, Khaled al-Mechri, ainsi que des représentants de certaines milices.

- Resserrer les rangs -

Le gouvernement italien entendait faire de ce rendez-vous de Palerme, qui fait suite à la conférence de Paris sur la Libye en mai dernier, l'occasion pour la communauté internationale de resserrer les rangs derrières les Nations unies dont la feuille de route a été présentée jeudi à New York par l'émissaire de l'Onu pour la Libye, Ghassan Salamé.

Mais, cette conférence, minée par les tensions entre factions libyennes, a une nouvelle fois prouvé qu'elle l'est aussi par les divisions entre les différents pays qui s'intéressent de près à la Libye. "Malheureusement, la communauté internationale n'a pas été capable de s'unir ce matin", a ainsi regretté la Turquie. Cette dernière a également déploré que certains pays, qu'elle n'a pas nommés, "continuent à prendre en otage le processus (politique en Libye) au nom de leurs propres intérêts".

La Turquie entretient des rapports difficiles avec l'Egypte, présent à la réunion informelle mardi à Palerme, et l'un des principaux soutiens du maréchal Haftar.

Le départ fracassant de la Turquie a en tout permis d'éclipser les frictions passées entre la France et l'Italie sur le dossier libyen. En mai, Paris avait fortement plaidé pour la tenue d'élections en décembre, rencontrant très vite le scepticisme côté italien, mais aussi côté américain.

Des doutes partagés par M. Salamé qui a indiqué jeudi devant le Conseil de sécurité de l'Onu qu'une conférence nationale devrait se tenir début 2019, enterrant de facto la perspective d'élections avant la fin de l'année.
(AFP, 13 nov 2018)

Une force kurdo-arabe annonce reprendre son offensive contre l'EI

La force kurdo-arabe soutenue par la coalition internationale antijihadistes a annoncé dimanche reprendre son offensive contre le groupe Etat islamique (EI) dans l'est syrien, dix jours après l'avoir subitement suspendue en raison des tensions avec la Turquie dans le nord du pays.

Evoquant des "contacts intensifs" avec la coalition emmenée par les Etats-Unis et un engagement diplomatique pour "désamorcer la crise" avec Ankara, les Forces démocratiques syriennes (FDS) ont indiqué dans un communiqué avoir décidé de "reprendre les opérations militaires" contre l'EI afin d'"oeuvrer à sa défaite définitive".

"Tout en réitérant notre détermination à pourchasser le terrorisme, nous soulignons tout autant notre volonté de protéger les frontières du nord syrien", a mis en garde l'alliance kurdo-arabe.

Cette annonce des FDS intervient après une poussée de fièvre entre les Kurdes de Syrie et la Turquie, le président Recep Tayyip Erdogan allant jusqu'à menacer, le 30 octobre, de lancer une nouvelle offensive contre les combattants de cette communauté.

L'armée d'Ankara pilonnait alors, dans le nord syrien, des positions militaires de la principale milice kurde de Syrie, les Unités de protection du peuple (YPG).

Ces combattants sont la colonne vertébrale des FDS, qui avaient en réaction annoncé le 31 octobre la suspension de leur offensive contre l'ultime réduit de l'EI dans l'est syrien.

Ces vives tensions ont mis dans l'embarras les Etats-Unis: les FDS sont un partenaire-clé de Washington dans la lutte antijihadistes, tandis que la Turquie est un allié stratégique au sein de l'Otan.

- "Désescalade" -

Après l'arrêt de l'offensive anti-EI, la coalition internationale avait ainsi annoncé être en contact avec la Turquie et les FDS pour une "désescalade".

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), des représentants de la coalition ont assuré aux forces kurdes que l'armée d'Ankara ne mènerait plus de bombardements dans ses territoires du nord de la Syrie.

Depuis vendredi, ce secteur n'a de fait enregistré aucun pilonnage, d'après l'Observatoire.

Depuis la fin octobre, l'ONG s'appuyant sur un vaste réseau de sources dans le pays en guerre rapportait des bombardements quasi-quotidiens dans les régions de Kobané et Tal Abyad, qui ont tué cinq combattants kurdes selon elle.

Pour désamorcer les tensions, les forces américaines ont notamment lancé le 4 novembre des patrouilles dans les territoires kurdes bombardés par Ankara.

La Turquie continue toutefois de refuser catégoriquement l'autonomie de facto instaurée par la minorité kurde sur les territoires à sa frontière, dans le nord et nord-est syrien. Elle craint que cela n'exacerbe les velléités séparatistes des Kurdes sur son propre territoire.

La minorité kurde en Syrie, opprimée des décennies durant par le pouvoir de Damas, a profité du conflit qui ravage le pays depuis 2011 pour instaurer dans ses zones une administration semi-autonome qui dispose de ses propres forces de sécurité et de ses propres institutions locales.

- "Contre-attaques" de l'EI -

Depuis 2016, Ankara a déjà mené deux opérations contre les forces kurdes en Syrie, la dernière contre l'enclave frontalière d'Afrine (nord-ouest), conquise en mars et aujourd'hui contrôlée par des rebelles syriens pro-Ankara.

Dans l'est syrien, où se trouve le dernier réduit de l'EI, non loin de la frontière irakienne, l'OSDH a affirmé que les manoeuvres offensives des FDS n'avaient pas encore repris, mais l'ONG a rapporté le déploiement de nouveaux renforts.

Ces derniers jours, malgré l'arrêt des combats au sol, la coalition internationale continuait de mener des raids aériens sur ce réduit, tuant des dizaines de jihadistes mais aussi faisant des victimes collatérales parmi les civils, selon l'OSDH.

Les combattants des FDS avaient lancé en septembre cette offensive contre la poche de l'EI qui englobe notamment les localités de Hajine, Soussa et Al-Chaafa.

Juste avant d'interrompre leur offensive, ils avaient essuyé de durs revers face à des contre-attaques des jihadistes, qui avaient pris avantage de mauvaises conditions climatiques.

L'antagonisme entre la Turquie et les Kurdes syriens illustre la complexité de la guerre qui ravage la Syrie depuis 2011 et a fait plus de 360.000 morts.

Déclenché avec la répression par le régime de Bachar al-Assad de manifestations pro-démocratie, le conflit s'est élargi avec l'apparition de groupes rebelles armés, d'organisations jihadistes, mais aussi l'implication de puissances étrangères.
(AFP, 11 nov 2018)

Des dizaines de jihadistes de l'EI tués par des raids aériens

Au moins 65 jihadistes du groupe Etat islamique (EI) en Syrie ont été tués depuis lundi dans l'est de la Syrie, principalement dans des raids aériens de la coalition internationale menée par Washington, a rapporté mercredi une ONG.

Ces frappes interviennent alors que les Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance arabo-kurde partenaire clé de la coalition au sol, ont annoncé fin octobre la suspension de leurs opérations anti-EI, après des bombardements turcs visant des positions militaires kurdes dans le nord syrien.

Mercredi soir, au moins 20 jihadistes ont été tués dans la province de Deir Ezzor par des raids aériens de la coalition, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Les combattants de l'EI ont été visés lors d'un assaut qu'ils ont lancé contre le champ pétrolier d'Al-Tanak, en état d'activité mais aussi utilisé comme position militaire par les FDS, a précisé l'Observatoire.

Ce champ pétrolier est situé à quelques km au nord de Hajine, un village qui constitue avec ses alentours le dernier réduit des jihadistes en Syrie.

Ces nouvelles frappes interviennent après la mort de 28 jihadistes de l'EI, lundi et mardi, dans des raids similaires, a précisé à l'AFP le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Sollicité par l'AFP, un porte-parole de la coalition n'a pas réagi dans l'immédiat.

L'OSDH, qui dispose d'un vaste réseau de sources en Syrie, détermine les auteurs des raids à partir du type d'avion utilisé, du lieu de la frappe, des plans de vol et des munitions utilisées.

- "Opérations de défense" -

Ces pertes s'ajoutent à celles essuyées lundi par le groupe jihadiste, lorsque 17 de ses membres ont été tués dans des affrontements avec les FDS, d'après l'OSDH.

L'alliance kurdo-arabe a été contrainte de répliquer à une attaque jihadiste en dépit de l'arrêt de ses opérations dans le secteur, a précisé l'ONG.

Un porte-parole des FDS, Kino Gabriel, avait récemment expliqué à l'AFP que malgré la suspension de l'offensive contre l'EI, les "opérations de défense" n'étaient pas interrompues.

Dimanche, l'EI avait tué 12 membres des FDS dans une attaque à la voiture piégée contre une position de l'alliance kurdo-arabe, selon l'OSDH.

En septembre, celle-ci avait lancé avec le concours de la coalition internationale une offensive contre les localités de Hajine, Soussa et Al-Chaafa, non loin de la frontière avec l'Irak.

Après avoir progressé, les FDS ont subi fin octobre un dur revers en raison de contraintes climatiques et de contre-attaques meurtrières jihadistes.

La coalition kurdo-arabe a annoncé le 31 octobre interrompre son offensive quand la Turquie a bombardé à l'artillerie des positions militaires kurdes, notamment dans les régions de Kobané et de Tal Abyad (nord).

Déclenché en 2011 avec la répression de manifestations pacifiques par le régime de Bachar al-Assad, le conflit en Syrie s'est complexifié au fil des ans avec l'implication de pays étrangers et de groupes jihadistes.

Il a fait plus de 360.000 morts et des millions de déplacés et réfugiés.
(AFP, 7 nov 2018)

12 membres d'une force antijihadistes tués par l'EI

Douze membres d'une force arabo-kurde soutenue par la coalition antijihadistes dirigée par Washington ont été tués dimanche dans une attaque du groupe Etat islamique (EI) dans l'est de la Syrie, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Un porte-parole des Forces démocratiques syriennes (FDS), Mustefa Bali, a confirmé à l'AFP qu'il y avait eu une attaque de l'EI contre les FDS mais démenti des pertes dans leurs rangs.

"Un jihadiste de l'EI à bord d'une voiture piégée s'est fait exploser près d'une position des FDS" dans la province de Deir Ezzor (est), a indiqué le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane, en référence à une région proche de la frontière avec l'Irak où se trouve le dernier réduit jihadiste en Syrie.

Il a fait état de "12 morts et 20 blessés" parmi les FDS dans l'explosion et des accrochages ayant eu lieu "entre les villages de Hajine et Al-Bahra", le premier étant tenu par les jihadistes et le second par les FDS.

"L'EI a profité des mauvaises conditions météorologiques", a ajouté M. Abdel Rahmane, évoquant de la pluie et du brouillard "ayant empêché la coalition anti-EI de mener à bien ses frappes aériennes" en soutien aux FDS.

Selon l'OSDH, les jihadistes ont avancé en direction d'Al-Bahra, où se trouve une petite base regroupant "des cadres des FDS et des conseillers de la coalition internationale".

Les FDS, qui avaient lancé le 10 septembre une offensive anti-EI dans la région de Hajine, en ont annoncé mercredi la suspension après des attaques menées dans le nord du pays par l'armée turque contre des positions de la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), épine dorsale des FDS.

Quelques jours avant l'annonce de cette suspension, les FDS avaient envoyé des centaines de combattants en renfort dans cette région à la suite de contre-attaques meurtrières de l'EI.

Samedi, au moins quatorze civils ont été tués dans des frappes aériennes de la coalition sur Hajine et deux autres localités proches, a indiqué l'Observatoire. Neuf jihadistes sont également morts dans les frappes.

Interrogé par l'AFP sur ces allégations, le colonel Sean Ryan, le porte-parole de la coalition anti-EI, s'est contenté de dire que "les frappes ont tué des terroristes de l'EI et détruit trois installations" militaires du groupe jihadiste.

Depuis le 10 septembre, au moins 327 combattants de la force kurdo-arabe ont péri, contre 523 jihadistes, selon l'OSDH.

Le groupe ultra-radical avait conquis en 2014 de larges pans du territoire syrien avant d'en être chassé et de se retirer dans quelques poches dans l'est sous le coup d'offensives distinctes menées par le régime syrien et son allié russe d'un côté, et les FDS de l'autre.

Déclenché en 2011, le conflit en Syrie a fait plus de 360.000 morts et déplacé plus de la moitié de la population.
(AFP, 4 nov 2018)

Erdogan accuse les "plus hauts niveaux" du gouvernement saoudien

La Turquie a accusé vendredi les "plus hauts niveaux du gouvernement saoudien", mais pas le roi Salmane, d'avoir commandité le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi, tué il y a un mois au consulat d'Arabie saoudite à Istanbul, et dont le corps démembré aurait été dissous.

"Nous savons que les auteurs" de l'assassinat "sont parmi les 18 suspects détenus par l'Arabie saoudite", a écrit le président turc Recep Tayyip Erdogan dans une tribune publiée dans le Washington Post, quotidien auquel collaborait le journaliste saoudien critique du régime de Ryad.

"Nous savons aussi que ces individus sont venus pour exécuter leurs ordres: tuer Khashoggi et partir. Enfin, nous savons que l'ordre de tuer Khashoggi est venu des plus hauts niveaux du gouvernement saoudien", a-t-il ajouté.

Pour autant, le président Erdogan a assuré ne pas croire "une seule seconde que le roi Salmane, le gardien des saintes mosquées, ait ordonné le coup". Il ne mentionne pas en revanche le prince héritier Mohammed ben Salmane, ou MBS, l'homme fort du royaume dont l'image a été considérablement ternie par cet assassinat condamné par la communauté internationale.

L'éditorialiste Jamal Khashoggi a été tué le 2 octobre dans le consulat où il s'était rendu pour des démarches administratives en vue de son mariage avec Hatice Cengiz.

La fiancée turque du journaliste a appelé vendredi la communauté internationale, dans une tribune publiée dans plusieurs médias, à "prendre des mesures réelles, sérieuses et concrètes pour mettre au jour la vérité et traduire les responsables en justice".

- Israël défend la "stabilité" saoudienne -

Une demande qu'elle a ensuite plus particulièrement adressée au président américain Donald Trump lors d'une cérémonie à la mémoire de son fiancé à Washington.

"Cela fait exactement un mois que nous avons perdu Jamal", a-t-elle dit dans un message préenregistré. "Rien n'a pu me soulager de la douleur qui a suivi l'atrocité de ce que j'ai traversé. Et la principale raison pour cela, c'est que son corps n'a toujours pas été retrouvé", a-t-elle ajouté.

La diplomatie américaine avait estimé jeudi que "les restes de M. Khashoggi" devaient "être localisés et restitués à sa famille pour un enterrement approprié le plus tôt possible".

Mais selon un conseiller du président turc, les tueurs "ne se sont pas contentés de le démembrer, ils s'en sont débarrassé en le dissolvant". "Selon les dernières informations dont nous disposons, la raison pour laquelle ils ont découpé le corps, c'est pour le dissoudre plus facilement", a expliqué Yasin Aktay au quotidien Hürriyet.

Le parquet d'Istanbul a affirmé cette semaine que Jamal Khashoggi avait été "démembré" et que les tueurs s'étaient "débarrassé" de son corps, sans préciser comment. Un responsable turc anonyme avait ensuite dit au Washington Post que les autorités examinaient une piste d'une dissolution dans de l'acide au consulat ou dans la résidence du consul toute proche.

Après avoir d'abord affirmé que M. Khashoggi avait rapidement quitté le consulat, puis soutenu qu'il était mort dans une rixe, Ryad a fini par évoquer une "opération non autorisée" par le pouvoir.

Si plusieurs responsables et médias turcs ont directement incriminé le prince héritier, le royaume saoudien s'efforce de le dédouaner.

Washington met en effet la pression sur Ryad pour que cette affaire soit élucidée, mais semble accorder le bénéfice du doute à MBS, un puissant allié de Washington au Moyen-Orient.

Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo a ainsi insisté jeudi sur le caractère "inacceptable" du meurtre du journaliste, tout en soulignant que les Etats-Unis avaient "l'intention" de préserver les relations. Et il s'est dit satisfait de la coopération des autorités saoudiennes pour faire la lumière sur ce crime.

Vendredi, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, dont le pays partage avec l'Arabie saoudite son implacable hostilité à l'Iran chiite, a souligné l'importance de la "stabilité" du royaume saoudien, tout en qualifiant d'"horrible" le meurtre de Jamal Khashoggi.

Amnesty International a appelé vendredi les Etats membres de l'ONU "à mettre un terme à leur silence assourdissant face à l'Arabie saoudite", les exhortant à surveiller la "cruauté" du royaume après cet assassinat.

"L'épouvantable mort de Jamal Khashoggi a montré jusqu'où peuvent aller les autorités saoudiennes dans leur répression de toute opposition pacifique, une répression qui n'a fait que s'intensifier depuis que Mohammed ben Salmane est devenu prince héritier", a ajouté dans un communiqué la directrice des campagnes d'Amnesty International au Moyen-Orient, Samah Hadid.
(AFP, 2 nov 2018)

Call for Europe for 800 ISIS arrestees in Rojava

A press conference was held in Brussels, Belgium for the ISIS arrestees and their families in Northern and Eastern Syria. The conference was organized by Cizire Canton Foreign Relations Council Co-chair Dr. Abdulkerim Omer and the Brussels Kurdish Institute in the European Press Club.

Free University of Brussels Clinical Psychology Professor Gerrit Loots and V-Europe (an NGO that defends victims of terrorism in Belgium) Chairperson Philippe Vansteenkiste attended the conference alongside Omer. Loots and Vansteenkiste had recently visited Rojava and made in situ observations.

The conference on the foreign gang members under arrest in Rojava and Northern and Eastern Syria and their family members pointed to the role of Europe in particular.

The speakers said European governments are responsible for the safety and future of the children of ISIS members in Northern Syria, and added that European citizen ISIS members should be tried and sentenced in their own countries. The conference was followed by a wide array of media institutions.

“TURKISH ATTACKS ARE A FLAGRANT SUPPORT FOR ISIS”

Omer said the Turkish army unjustifiably targeted the region of Kobanê on October 27 against the last pockets of ISIS in the countryside of Deir ez-Zor, and added that this “constitutes a flagrant support for ISIS.”

Omer said the Turkish state attacked Kobanê and Gire Spî in the days after, and added that Kobanê is under attack again “at the time of this conference now”.

Omer also pointed out that the attack came one day after the quadruple summit in Istanbul.

“We condemn these attacks, and demand that the international community, the international coalition in particular, speak up,” said Omer and went on to talk about the gang members under arrest in Northern and Eastern Syria and their families.

LANDS LIBERATED IN SDF OPERATIONS

Omer pointed to the SDF operations and said: “The military campaign, launched by the Syrian Democratic Forces (SDF) in coordination with the international coalition, managed to liberate large swathes of lands in Northern and Eastern Syria. It is estimated that about 30% of the total area of Syria has been liberated from the terrorism of the Islamic State.”

Omer added that the fight against ISIS terrorism continues and pointed out that ISIS still poses a threat to the free world and the common human values.

“The sacrifices our forces made to defeat terrorism on behalf of all humanity were heavy,” said Omer and continued: “8.000 of our men and women fell while combating terrorism, and nearly 5.000 were permanently physically disabled. ISIS destroyed entire towns and villages, and displaced thousands of their residents, who are now living in camps that lack basic services.”

Omer stressed that only a new and democratic Syria can stop gangs like ISIS.

790 ISIS MEMBERS FROM 46 COUNTRIES UNDER ARREST

Omer said ISIS members from 46 different countries have been captured in the ongoing war and gave information on the number of gang members and their families.

Omer said 790 ISIS members, 584 women and 1.248 children have been captured to date and added that the women and children stay in the Al-Hawl, Roj and Ayn Isa refugee camps.

“The number of terrorists and their families are still on the rise due to the ongoing campaign in Deir ez-Zor,” said Omer and added that up to 5.000 ISIS fighters are estimated to still be in the area around Hajin and its outskirts, the last stronghold of IS.

ARRESTEES POSE A THREAT DUE TO TURKISH ATTACKS

Omer said the arrested gang members pose a big issue and a threat for them, and added that if they get a chance to flee due to Turkish state attacks, they may pose a threat for Europe too.

Omer said the international community needs to take responsibility for the families and children of ISIS members and added that this issue is a huge burden on them. Omer stressed that the captured gang members should also be tried and sentenced in their own countries.

NO EUROPEAN COUNTRY HAS APPEALED

Omer added that they are in dialogue with the international coalition but they haven’t received any support in the matter. Omer also asked European media to take the matter on and pressure governments.

Omer pointed out that there are citizens from all European countries among the ISIS arrestees: “But not one European country has appealed. Similarly, none of the coalition countries that we are in an alliance with have started any initiatives.” Omer added that some ISIS members were turned over to Russia and Belgium had also sent an e-mail for information on the children.

Omer stated that the number of ISIS members from each country can’t be made public for security reasons. 
(ANF, 31 Oct 2018)

La Turquie s'enracine et étend son influence dans le nord syrien

"La fraternité n'a pas de limites". La phrase est soigneusement peinte en arabe et en turc sur un mur de la ville d'Azaz, située au coeur du protectorat de facto de la Turquie dans le nord de la Syrie.

Enseignement du turc dans les écoles, implantation de l'opérateur mobile Turk Telekom... Le rôle d'Ankara dans cette région sous contrôle rebelle ne cesse de s'étendre.

"Tout ici vient de chez nos frères turcs", explique Mohammad Hamdan Keno, président du conseil local d'Azaz, à la frontière avec la Turquie.

Dans son bureau, le drapeau de la révolte syrienne avec ses trois étoiles côtoie celui de la Turquie, frappé d'une étoile et d'un croissant blancs.

Ankara a commencé à fournir un soutien humanitaire, politique et militaire à l'opposition syrienne peu après le début des manifestations anti-régime en 2011.

Mais son influence s'est amplifiée à partir de 2016 à la faveur d'une opération militaire conjointe menée par ses troupes et leurs supplétifs syriens contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI) d'une part, et les combattants kurdes, d'autre part.

Ensemble, ils ont délogé les jihadistes des villes de Jarablos et d'Al-Rai, avant de conquérir cette année l'enclave kurde adjacente d'Afrine.

- "Garantie pour nos enfants" -

La Turquie a maintenu des soldats et membres des services de renseignement dans la région, et continue de soutenir la police locale.

Des institutions étatiques et sociétés privées turques s'y sont également installées.

A Jarablos, le principal hôpital, désormais géré par une direction turque, arbore des portraits du président Recep Tayyip Erdogan. Et la ville est éclairée par un réseau électrique installé par Ankara.

Un projet similaire, encore embryonnaire, est en cours d'exécution à Azaz par AK Energy, une société privée turque. D'un coût de trois millions de dollars, il a déjà permis de raccorder au réseau plusieurs quartiers de la ville, affirme M. Keno.

Selon lui, la Turquie a par ailleurs aidé le conseil de la ville à paver des routes, rénover des mosquées et réhabiliter des salles d'écoles endommagées par les combats.

"Ils ont fourni des bureaux, des livres, des cartables, des ordinateurs et des imprimantes", énumère le responsable local.

En guise de reconnaissance, le conseil de la ville a introduit l'enseignement de la langue turque dans le cursus scolaire destiné aux 18.000 élèves d'Azaz et de ses environs.

"Nous avions auparavant deux langues étrangères dans notre programme: l'anglais et le français", mais il a récemment été décidé de "remplacer le français par le turc", indique M. Keno.

Il s'agit d'une "garantie pour l'avenir de nos enfants", d'autant que "la Turquie est désormais l'Etat parrain".

Illustrant le phénomène, la plupart des panneaux dans les rues sont bilingues, et les résidents ont de plus en plus recours à des puces téléphoniques turques.

"La demande est soutenue", se félicite le représentant de Turk Telekom, Ahmad Hadbeh. "Nous avons érigé des tours (de télécommunications) à Al-Bab, Azaz et Jarablos".

- "Sorte de mandat" -

Pour Ahmet Yayla, professeur à l'université DeSales aux Etats-Unis, la Turquie table sur le long terme.

"Toutes les administrations de ces villes sont dirigées par la Turquie. C'est une sorte de mandat", dit-il à l'AFP. "Ces zones ne feront pas officiellement partie de la Turquie", mais Ankara y "règnera de facto".

Sur le plan commercial, cette tutelle se traduit par des échanges accrus avec la Turquie.

Le principal centre commercial à Azaz regorge de produits turcs: sucreries, riz, vêtements et produits ménagers.

Salim Horani y vend du tissu, des chaussures et des équipements industriels importés de l'autre côté de la frontière.

"Les produits en Turquie sont beaucoup plus abordables" que ceux venant de l'intérieur de la Syrie, assure-t-il.

Certains Syriens de la région se font même livrer leurs vêtements et autres produits par le biais du service postal national turc (PTT), qui a récemment ouvert une succursale à Azaz.
(AFP, 30 oct 2018)


Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece

Washington soutient l'exploration de gaz au large de Chypre

Un responsable américain a exprimé vendredi le soutien de Washington aux opérations d'exploration de gaz au large de Chypre, alors que ExxonMobil et Qatar Petroleum ont lancé des travaux de forage en dépit de l'opposition de la Turquie.

Ankara a mis en garde à plusieurs reprises les compagnies pétrolières contre toute exploration énergétique au large de l'île méditerranéenne divisée.

La République de Chypre, n'exerçant son autorité que sur les deux tiers sud de l'île, a, toutefois, signé ces dernières années des contrats d'exploration avec des géants des hydrocarbures.

Washington "reconnaît le droit de Chypre à développer ses ressources naturelles", a affirmé le sous-secrétaire d'Etat Francis Fannon.

"Nous considérons l'énergie comme un catalyseur de la coopération et du développement économique, qui peut bénéficier à tout le monde dans la région", a-t-il indiqué aux journalistes à Nicosie, soulignant "le rôle significatif de Chypre dans ce sens".

M. Fannon, sous-secrétaire d'État pour le Bureau des ressources énergétiques, s'exprimait à l'issue d'une rencontre avec le ministre chypriote de l'Énergie, George Lakkotrypis.

ExxonMobil et Qatar Petroleum ont lancé vendredi les opérations de forage dans le bloc 10 de la zone économique exclusive (ZEE) au large de l'île, selon le ministre chypriote de l'Énergie.

Ankara, dont les troupes ont envahi en 1974 le tiers nord de l'île en réaction à un coup d'Etat visant à rattacher l'île à la Grèce, réclame la suspension de toute exploration par les Chypriotes-grecs tant qu'une solution à la division de Chypre n'est pas trouvée.

Selon M. Fannon, qui devait se rendre également en Egypte et en Israël, les États-Unis estiment que "les richesses issues des ressources naturelles doivent être partagées avec toutes les communautés de l'île de manière équitable dans le cadre d'un règlement global" visant à réunifier Chypre.

Début novembre, le président turc Recep Tayyip Erdogan a qualifié ceux qui défient Ankara de "forbans" qui méritent le même traitement que ses ennemis en Syrie.

En février, un navire affrété par la compagnie pétrolière italienne Eni pour effectuer des forages d'exploration au large de Chypre a dû y renoncer après avoir été bloqué par des navires de guerre turcs.

Ce qui n'a pas empêché Chypre d'inviter début octobre Total, Eni et ExxonMobil à répondre à un appel d'offres pour explorer un nouveau bloc de gaz offshore, le bloc 7.

Depuis plusieurs années, la Méditerranée orientale est devenue une zone d'exploitation gazière active, notamment après la découverte de gisements au large d'Israël, de Chypre et de l'Egypte, donnant lieu parfois à des tensions entre divers pays de la région sur les droits et les frontières maritimes.
(AFP, 16 nov 2018)

Erdogan met en garde contre toute exploration gazière au large de Chypre

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a mis en garde dimanche les majors pétrolières étrangères contre toute exploration gazière au large de Chypre, décrivant ceux qui défient Ankara comme des "forbans" qui méritent le même traitement que ses ennemis en Syrie.

Dans un discours prononcé lors de la réception d'un nouveau navire de guerre, le président turc a prévenu qu'exploiter les ressources de la Méditerranée orientale en excluant Ankara était "inacceptable".

La République de Chypre, membre de l'Union européenne et n'exerçant son autorité que sur les deux tiers sud de l'île, a signé ces dernières années des contrats d'exploration avec des géants des hydrocarbures comme l'Italien Eni, le Français Total ou l'Américain ExxonMobil.

Mais Ankara, dont les troupes ont envahi en 1974 le tiers nord de l'île en réaction à un coup d'Etat visant à rattacher l'île à la Grèce, réclame la suspension de toute exploration par les Chypriotes-grecs, tant qu'une solution à la division de Chypre n'est pas trouvée.

"De la même manière que nous avons fait payer les terroristes en Syrie, nous n'abandonnerons pas le terrain aux forbans", a déclaré Erdogan lors de la mise en service du TCG Burgazada, le troisième navire de combat de type corvette construit par la Turquie dans le cadre de son vaste programme d'équipement militaire (Milgem).

"Il est absolument inacceptable d'usurper les ressources naturelles de la Méditerranée orientale en excluant la Turquie et la RTCN" ("République turque de Chypre du Nord"), a-t-il ajouté.

Au cours des deux dernières années, la Turquie a mené avec succès des campagnes militaires en Syrie contre la milice kurde et les jihadistes du groupe État islamique, qui ont abouti au contrôle de fait d'une partie du nord du pays par des forces pro-Ankara.

Navires de guerre, menaces, contrats de plusieurs milliards de dollars: la découverte de gaz en Méditerranée orientale fait naître de grands espoirs, mais génère aussi des tensions dans une région déjà explosive.

En février, un navire affrété par ENI pour effectuer des forages d'exploration au large de Chypre a dû y renoncer après avoir été bloqué par des navires de guerre turcs.

Ce qui n'a pas empêché Chypre, début octobre, d'inviter Total, Eni et ExxonMobil à répondre à un appel d'offres pour explorer un nouveau bloc de gaz offshore, le bloc 7, situé dans la "Zone économique exclusive" de l'île. Le bloc 10 a quant à lui déjà été concédé à ExxonMobil et à Qatar Petroleum.

La compagnie texane Noble Energy a été la première en 2011 à découvrir des gisements de gaz au large de Chypre, dans le champ Aphrodite (bloc 12), dont les réserves sont estimées à 127,4 milliards de mètres cubes de gaz. En 2015, la découverte de l'énorme réservoir offshore de Zohr, en Égypte, a nourri l'espoir que de nouvelles richesses puissent être extraites au large de Chypre.
(AFP, 4 nov 2018)

Immigration / Migration

Le 18ème Med à Bruxelles du 30 novembre au 7 décembre

Au Botanique, à Bozar, au Cinéma Aventure et au Palace !

Au programme : une compétition internationale, un panorama comprenant inédits et films déjà sortis à Bruxelles, des documentaires et débats, des courts métrages, des invités, des séances scolaires, associatives, senior et famille. Mais aussi des concerts, des soirées et un marché des saveurs méditerranéennes.

Une véritable plongée en Méditerranée !

Voici les films en lien avec la Turquie:

SIBEL

De Çağla Zencirci & Guillaume Giovanetti

En compétition au festival

Un village isolé au coeur des montagnes de la mer noire en Turquie. Elle est muette mais communique grâce à la langue sifflée ancestrale de la région. Rejetée par les autres habitants, elle traque sans relâche un loup qui rôde dans la forêt voisine, objet de fantasmes et de craintes des femmes du village. C’est là que sa route croise celle d’un fugitif.

Une histoire contemporaine et universelle, tout comme le message qui accompagne les majestueuses images de la nature environnant le village.

Présenté au Festival de Locarno.

QUI A TUÉ LADY WINSLEY ?

De Hiner Saleem

En avant-première au festival

Lady Winsley, une romancière américaine, est assassinée dans la petite ville balnéaire de Yeniköy, en Turquie. L’inspecteur Fergün arrive d’Istanbul pour mener l’enquête. Avec l’aide de la tenancière de l’auberge, la belle Azra, il doit alors faire face à des secrets bien gardés dans ce petit coin de pays où les tabous sont nombreux, les liens familiaux étroits, les traditions ancestrales et la diversité ethnique plus large que les esprits.

L’enquête n’est ici qu’un prétexte à la comédie caustique.

GARDIENS

De Berivan Binevsa (projection en présence de la réalisatrice)

Midas, sa soeur Rodin et leur ami Siyabend, trois enfants yézidis, passent leur quotidien dans un camp de réfugiés du Kurdistan en Turquie. Chaque jour, Midas s’adonne à la même mission : s’échapper du camp pour aller surveiller la frontière en attendant le retour de ses parents. Un jour, Midas casse ses jumelles…

NEVER LEAVE ME

De Aida Begić

On estime que la moitié des 5 millions de réfugiés syriens sont des enfants et que 600 000 d’entre eux sont orphelins en raison de la guerre. Un orphelinat turc accueille des enfants réfugiés syriens. Ils se débattent dans leurs histoires passées pour survivre dans un quotidien diffi cile et violent.

Découvrez le programme complet à partir du 7 novembre sur le site : http://www.cinemamed.be

73% en un an de personnes vulnérables à la frontière gréco-turque

Les autorités grecques et le Haut commissariat des réfugiés (HCR) ont exprimé vendredi "leur inquiétude" face à la hausse du flux migratoire à la frontière terrestre gréco-turque, marquée par l'arrivée de nombreuses personnes vulnérables, familles et mineurs non accompagnés.

"Notre principale inquiétude est la hausse importante des personnes vulnérables et du nombre des mineurs non accompagnés cette année", a déploré auprès de l'AFP Margaritis Petritzikis, responsable du HCR au camp de rétention de Fylakion, à proximité du fleuve Evros, qui marque la frontière gréco-turque à l'extrême nord-est de la Grèce.

Un tiers de la population de ce camp sont des mineurs non accompagnés, soit "93 personnes sur un total de 265 dans le camp", précise Irini Logotheti, directrice de celui-ci.

Entre janvier et fin octobre de cette année, 11.003 personnes au total ont franchi cette frontière à destination de l'Europe, "une augmentation de 140%" par rapport à la même période 2017, selon elle.

Le nombre des personnes vulnérables, dont la majorité sont Irakiens, Afghans, Syriens, Pakistanais mais aussi Turcs, a augmenté de 73% en un an, a-t-elle ajouté.

Les ressortissants turcs fuient leur pays après la purge effectuée depuis l'été 2016 par le régime du président turc Recep Tayyip Erdogan contre ses opposants.

En raison des réglementations restrictives européennes mises en place en mars 2016 sur les îles grecques de la mer Egée les plus proches de la Turquie, pour limiter le flux migratoire par mer depuis celle-ci, la frontière terrestre est actuellement le plus emprunté par les personnes fuyant guerre et pauvreté.

"Le camp de Fylakio est un des premiers camps de rétention en Grèce, qui a commencé à être opérationnel en 2014", rappelle Irini Logotheti.

Mais après quatre ans, des défaillances importantes dans l'infrastructure ont réduit sa capacité, initialement de 260 personnes.

Actuellement, il n'y a que "180 places alors que 265 personnes y résident", ajoute Irini Logotheti.

Le HCR va installer 13 conteneurs en décembre, ce qui va porter la capacité à au moins 400 places.

Après leur identification et enregistrement, qui peut prendre quatre jours, les migrants et réfugiés sont transférés à d'autres camps situés à Thessalonique, capitale du nord, ou à Athènes.

Chaque jour, un minimum de 60 personnes sont ainsi transférées, tandis que le même nombre arrivent, selon Mme Logotheti.

Zania, un Irakien kurde âgé de 20 ans, juge la vie "très mauvaise" dans le camp. Le jeune homme, qui espère arriver au Royaume-Uni, a entrepris la traversée par bateau, mais l'a terminée à la nage. Entretemps, le bateau s'est renversé, et une femme et deux enfants se sont noyés.
(AFP, 2 nov 2018)


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