flashfondationeditorsbulletinspublications

INFO-TURK

A non-government information center on Turkey

Un centre d'information non-gouvernemental sur la Turquie

45th Year / 45e Année
Septembre
 
2019 September
N° 493
53 rue de Pavie - 1000 Bruxelles
Tél: (32-2) 215 35 76 - Fax: (32-2) 588 69 53
Chief Editor /Rédacteur en chef: 
Dogan Ozgüden

Responsible editor/Editrice responsable:

Inci Tugsavul
Human Rights
Pressures on  media
Kurdish Question
Minorities
Interior politics
Armed Forces
Religious affairs
Socio-economics
Turkey-Europe
Turkey-USA
Regional Relations
Cyprus and Greece
Migration

Site searchWeb search

powered by FreeFind



Titres des évènements du mois
Titles of this month's events



Droits de l'Homme / Human Rights

Des familles de disparus en quête de réponses
Judicial Years Opens Amid Protests by Bar Associations
New Report: Mass Prosecution of Lawyers in Turkey

Call to a conference in Berlin for a democratic Turkey

Pression sur les médias / Pressure on the Media

Press freedom in Turkey remains in crisis, mission concludes

Cinq ex-journalistes du quotidien Cumhuriyet remis en liberté
Journalist İnce Sentenced to 11 Months, 20 Days in Prison
Writer Başkaya Faces up to 7,5 Years in Prison
Le parquet relance les poursuites contre le représentant de RSF en Turquie
Reporter Aydın Sentenced to 1 Year, 3 Months in Prison
Acquittal for Three Academics for Peace in Diyarbakır and İstanbul

Premier acquittement d'une universitaire poursuivie pour une pétition

Kurdish Question / Question kurde

Un tribunal ordonne la libération de Selahattin Demirtas

European Socialists Call for Release of Demirtaş

Des maires prokurdes destitués dénoncent une "décision politique"
Erdogan refusera tout "retard" sur la "zone de sécurité"

Début du retrait des forces kurdes de la frontière turque


Minorités / Minorities

The Assyrian genocide of 1915 recognized by the State of California

Une nouvelle vantardise mensongère d'Erdogan relative à la communauté chrétienne

MP Paylan Proposes Parliamentary Inquiry into September 6-7 Pogrom
Appeal for ‘Effective Investigation’ in Hrant Dink Murder Case Rejected
Vakifli le dernier village arménien de Turquie a fêté la Bénédiction du raisin

Politique intérieure/Interior Politics

Un ex-Premier ministre d'Erdogan va créer un mouvement rival
La dirigeante du CHP Kaftancioglu condamnée à près de 10 ans de prison
Le parti d'Erdogan va expulser l'ex-Premier ministre Davutoglu

Le maire d'Istanbul critique la destitution de trois maires prokurdes par Ankara

Forces armées/Armed Forces

Erdogan "n'accepte pas" la pression sur la Turquie pour ne pas avoir l'arme nucléaire
Erdogan menace d'une opération dans les prochaines semaines
Programme des F-35: la Turquie pourrait se tourner vers la Russie

Affaires religieuses / Religious Affairs
 

Des écoles salafistes: les non-musulmans méritent la peine de mort

Alleged Relation of ISIS Leader in Turkey to Intelligence Agency

Socio-économique / Socio-economic

"Je ne peux pas me taire": quand le rap turc vire au politique

Prison avec sursis pour la star du foot Arda Turan


Relations turco-européennes / Turkey-Europe Relations

Relaxe pour un Autrichien accusé de liens avec un groupe "terroriste"
Erdogan menace l'Europe d'un nouvel afflux de migrants
Erdogan, le pouvoir coût que côut

Turquie-USA-OTAN / Turkey-USA-NATO

Ankara juge "cosmétiques" les efforts de Washington pour créer une zone tampon
Première patrouille commune turco-américaine en Syrie
Damas condamne les patrouilles turco-américaines dans le nord-est

Patrouilles conjointes turco-américaines à partir de dimanche
Frappe américaine près d'Idleb, 40 chefs jihadistes tués selon une ONG

Relations régionales / Regional Relations

La CPI ordonne de rouvrir le dossier sur Raid israélien en 2010

L'armée russe annonce un cessez-le-feu à Idleb à partir de samedi
60 combattants tués dans les affrontements entre régime et jihadistes à Idleb
A Moscou, Erdogan et Poutine se disent inquiets pour Idleb


Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece

Athènes et Nicosie condamnent les forages "illégaux" turcs
Athènes rejette "les menaces" d'Ankara sur les migrant

Les migrants de Lesbos désemparés dans leur nouveau camp en Grèce

Immigration / Migration

Exiled Turkish lawyers hold “alternative” judicial ceremony in Berlin
Les forces turques à la frontière repoussent des centaines de manifestants
Belgian Kurd spent 40 days in Turkish prison over Facebook posts

Droits de l'Homme / Human Rights

Des familles de disparus en quête de réponses

Après une centaine de jours en détention pour des accusations d'appartenance à une "organisation terroriste", Mustafa Yilmaz avait repris une vie normale, auprès de sa femme et de sa fille à Ankara. Mais le 19 février, il a disparu en se rendant au travail.

C'était moins de deux mois après sa libération. Sa femme Sümeyye, 27 ans, soupçonne un des services de l'Etat d'être impliqué.

"Tant de questions me viennent à l'esprit... Pourquoi n'a-t-il pas été relâché ? Que veulent-ils lui faire ? Pire, est-il en vie ?", raconte-t-elle à l'AFP, dans le salon de l'appartement qu'ils partageaient depuis leur mariage il y a trois ans.

Sur des images de vidéosurveillance obtenues auprès d'une supérette voisine, elle a vu son mari être frappé par un homme au pied de leur immeuble, puis emporté hors champ par deux personnes, avant de voir passer un utilitaire Transporter noir.

Au début, sa fille âgée maintenant de 2 ans cherchait son père, le réclamait. Plus maintenant. "Elle oublie", dit sa mère, la voix tremblante.

Un député du parti prokurde HDP, Ömer Faruk Gergerlioglu, a dénombré au moins 28 cas de ce qu'il considère être des "disparitions forcées" depuis le putsch manqué de juillet 2016 contre le président Recep Tayyip Erdogan.

Vingt-cinq de ces disparus ont été retrouvés, tous en vie, qui en pleine montagne, qui devant un commissariat, selon le député. Certains, affirme-t-il, ont depuis fui le pays alors que d'autres, recherchés par ailleurs pour des liens présumés avec le putsch manqué, sont en prison.

Selon lui, certains d'entre eux disent avoir été retenus et torturés.

Le gouvernement a lancé de vastes purges après le coup d'Etat manqué, principalement contre les partisans présumés du prédicateur Fethullah Gülen, accusé d'en être le cerveau.

M. Yilmaz, un physiothérapeute de 33 ans accusé d'appartenir au mouvement guléniste, avait été arrêté le 1er octobre 2018. Il a été condamné à 6 ans et 3 mois de prison, mais libéré pendant la procédure d'appel, toujours en cours.

- "Espoir" -

Mustafa Yilmaz et cinq autres hommes ont disparu en février. Les autorités ont indiqué aux familles le 28 juillet avoir retrouvé quatre d'entre eux, aussitôt placés en détention à Ankara, sans donner plus d'informations.

Les ONG Human Rights Watch et Amnesty International parlent aussi de "disparitions forcées" et ont appelé les autorités à se mobiliser pour retrouver M. Yilmaz et Gökhan Türkmen, les deux hommes qui, parmi les six disparus de février, manquent encore à l'appel.

Les quatre hommes en détention ont pu s'entretenir brièvement avec leurs proches, mais à ce jour pas avec leurs avocats, une interdiction dénoncée par l'Association des barreaux d'Ankara.

"Une femme m'a dit n'avoir pas pu reconnaître son mari : il avait perdu du poids, était changé, extrêmement pâle", raconte le député Gergerlioglu.

Aucun des quatre hommes n'a voulu dire où il avait disparu pendant six mois, ajoute-t-il.

En raison de précédents dans l'histoire turque, "évidemment que notre principal suspect, c'est l'Etat", indique Öztürk Türkdogan, président de l'Association turque des droits de l'homme (IHD).

"C'est la même procédure à chaque fois", soupire-t-il, les disparitions de ces dernières années impliquant souvent un Transporter noir, d'après des images de vidéosurveillance ou des témoins. "Existe-t-il en Turquie une organisation criminelle si singulière que l'on ne connaîtrait pas ?"

Disant croire le ministère de l'Intérieur lorsqu'il dément toute implication, M. Türkdogan soupçonne une unité au sein des services du renseignement dont l'objectif serait "d'instiller la peur" dans les milieux gulénistes.

Aucun commentaire n'a pu être obtenu par l'AFP auprès du parquet d'Ankara et de la police. Le ministère de l'Intérieur n'a pas donné suite aux requêtes de l'AFP.

Sümeyye accuse la police de ne pas en avoir fait assez pour retrouver son mari. "Mais il n'est pas trop tard", insiste-t-elle. "Il peut encore être vivant, j'ai encore de l'espoir".

- "Peur" -

Mustafa Tunç, un enseignant à la retraite, est sans nouvelles depuis le 6 août de son fils aîné Yusuf, 35 ans, qui n'est pas rentré du travail ce jour-là.

"Il y avait un mandat d'arrêt contre mon fils, mais les gens qui sont en garde à vue, on les interroge, puis ils sont rapidement présentés à la justice", explique-t-il.

Son fils travaillait à la Présidence des industries de la défense, une organisation publique. Limogé comme des dizaines de milliers d'autres par décret-loi après le putsch manqué, craignant d'être suivi ou arrêté, Yusuf ne contactait pas sa femme par téléphone. Il lui disait donc tous les matins ce qu'il allait faire et à quelle heure il rentrerait.

Ce matin-là, il l'a réveillée pour lui dire de l'attendre à "20h, 20h30".

Ne le voyant pas revenir, l'épouse a signalé sa disparition, avant que ses beaux-parents ne retrouvent, quatre jours plus tard, la voiture de Yusuf garée dans une ruelle, verrouillée.

Appelé sur place, un policier avait simplement estimé que le mari s'était enfui.
 "Admettons même qu'il y ait un problème entre nous, (...) pourquoi ne dirait-il rien à ses parents ?", s'inquiète l'épouse, qui préfère taire son prénom.

A leurs enfants, de 10, 6 et 2 ans, elle dit que leur père a du travail ailleurs et qu'il reviendra.
 Sa voix, jusque-là assurée, se brise: "L'incertitude est la chose la plus douloureuse au monde. Nous avons peur."

Les deux femmes, ainsi que d'autres familles, ont porté plainte auprès de la Cour européenne des droits de l'homme et ont signalé leur cas à l'ONU.

"Quand mon mari a été arrêté le 1er octobre, je pleurais parce qu'il était en garde à vue", raconte Sümeyye. Maintenant, "je prie pour qu'il le soit, même s'il n'a commis aucun crime."
(AFP, 12 septembre 2019)

Judicial Years Opens Amid Protests by Bar Associations

The Judicial Year Opening Ceremony took place at the Beştepe Nation's Cultural Center at the Presidential Complex in the capital Ankara for the third time since 2016.

Forty-three bar associations did not attend the opening ceremony in protest, while President and ruling Justice and Development Party (AKP) leader Recep Tayyip Erdogan, Turkish Bar Association President Metin Feyzioğlu and Supreme Court President İsmail Rüştü Cirit gave speeches at the ceremony.

The Ankara Bar Association, which protested the ceremony, issued a press release in front of the Ankara Courthouse.
Erdoğan: Some bar associations are "provocative"

"Independent functioning of legislative, executive and judiciary powers does not prevent them from liaising with the president's mission in the Constitution as head of state," Erdoğan asserted, saying that Turkey has always been committed to the rule of law.

He accused the bar associations who choose not to attend the ceremony of "being provocative just because of the place where the ceremony is held."

"Although Turkey has experienced lots of adversity from tutelage to coups, it has always abided by the idea of separation of powers which tops the will of people and an understanding of democracy built on that idea," Erdogan said.

Addressing the Judicial Reform Strategy Document, Erdogan said Turkey also showed a commitment to its obligations for the full European Union membership with this document while the EU bodies "are in an obviously discriminatory attitude towards Turkey."

The president also said they will implement a judicial reform in a short time by simplifying judicial processes and developing alternative solutions for disputes.

The government is set to carry through the Judicial Reform Strategy Document, a plan unveiled on May 30.
President Of The Bar Association Of Turkey: Arrest Shouldn't be Punishment

Metin Feyzioğlu, president of the Turkish Bar Association (TBB), gave the first speech at the ceremony. He made demands from the government for judicial reform:

- Personnel interviews should be recorded on camera.

- A greater percentage of the decisions of the courts of appeal should be brought under the supervision of the Supreme Court of Appeals.

- Making decisions in accordance with the principle decisions of the European Court of Human Rights and the Constitutional Court on individual applications should be made the most important criterion for the elevation of judges.

- The catalog of crimes that result in the application of the arrest measure such as punishment in advance should be removed from the law.

Supreme Court of Appeals President: Judicial reform will contribute to justice

Following Feyzioğlu, President of the Supreme Court İsmail Rüştü Cirit spoke:

"There can be no mention of the existence of a state of law unless there is an independent judiciary. With the introduction of the presidential system, the judicial supervision task is strengthened.

"The judicial reform will contribute to justice. We expect the judicial reform to be legalized soon and brought to the country's agenda. In particular, issues relating to the judiciary need to be discussed transparently. If fight and conflict prevent social dialogue, problems remain unsolved."

Ankara Bar Association: Separation of forces principle destroyed

The Ankara Bar Association, which boycotted the ceremony because of it was held at the Presidential Complex, issued a press release in front of the Ankara Courthouse.

The statement said that "the principle of separation of powers that separated modern legal systems from the darkness of previous centuries has been destroyed, while the judiciary has been placed under the domination of the executive."

"The chaotic rule of law seen in the crisis moments of the country's history, unfortunately, has long tended to be normalized by limiting the right of defense by the instrumentalization of statutory decrees and presidential decrees. In Turkey, women, children, LGBTI+ individuals, animals, mountains, forests, in short, everyone who is not among the powerful of the Earth are thirsty for justice without exception, and lawyers are included in this justice."

CHP: Presidential complex is an illegal building

Main opposition Republican People's Party (CHP) Chair Kemal Kılıçdaroğlu tweeted on the opening. "In a country where the judiciary is independent, impartial and really distributes justice, can a Judicial Year Opening Ceremony be held in an office building where the General Assembly of the Administrative Litigation Departments of the Council of state unanimously finds it not legal?" he asked.
(BIA, 2 September 2019)

New Report: Mass Prosecution of Lawyers in Turkey

By The Arrested Lawyers Initiative on 1 September 2019

As 2019 Judicial Year starts on 1st of September tomorrow in Turkey. The Arrested Lawyers Initiative published a new report named Mass Prosecution of Lawyers in Turkey.

According to report, since 2016’s coup attempt, there has been a relentless campaign of arrests which has targeted fellow lawyers across the country. In 77 of Turkey’s 81 provinces, lawyers have been detained, prosecuted and convicted due to alleged terror-linked offenses. As of 1 September 2019, more than 1500 lawyers have been prosecuted and 599 lawyers arrested. So far, 321 lawyers have been sentenced to 2022 years in prison on the grounds of membership of an armed terrorism organization or of spreading terrorist propaganda.

Report also shows, 14 of the persecuted lawyers are presidents (or former presidents) of their respective provincial bar associations, for example; President of the Konya Bar Association, Fevzi Kayacan, President of the Trabzon Bar Association, Orhan Öngöz, President of the Siirt Bar Association, Cemal Acar, President of the Gumushane Bar Association, Ismail Tastan were arrested and unlawfully unseated. Furthermore, the presidents of the Aksaray and Kahramanmaras Bar Associations, Levent Bozkurt and Vahit Bagci, respectively, and the former presidents of the Yozgat Bar Association, Haci Ibis and Fahri Acikgoz, were detained for a certain time before they were released on bail.

Report presents that all of the persecuted lawyers are being charged with terror-linked offenses; the two main accusations imputed to them are membership of an armed terrorist organisation, and forming and leading an armed terrorist organisation.

Lawyers have particularly been targeted due to the identity or affinity of their clients. The United Nations High Commissioner for Human Rights reports that the OHCHR has observed a pattern concerning the persecution of lawyers representing individuals who areaccused of terrorism offences, where they are associated with their clients’ political views (oralleged political views) in the discharge of their professional duties and are consequently prosecuted for the same, or other related offences of which their clients are being accused.

Full text


Call to a conference in Berlin for a democratic Turkey



A group of  journalists, artists, politicians, academics, civil society organizations and representatives of political parties, issued a call for a conference aiming to elaborate a social convention for a democratic Turkey following a press conference held on Sunday in Berlin .

The full text of the call to this conference to be held on September 
21-22, 2019, in Berlin:

This is our call for those who wish and long for social peace, equality, just, free country and a world.

We are those who, at one stage in our lives were compelled to live in exile, but had not lost our hopes for the society once we lived within and the lands we were born and grew up, but not prepared to stare at our country for afar. 

The mentality that envisages the solution to the Kurdish problem through violence continues to devastate our living environments through wars and threats of war. Every day women are killed in their homes, work places, streets, abuse of children becomes normalised, people are being lynched for their ethnic identity, annihilated for their sexual identities and preferences. Munzur, Kaz Mountains, Lake of Salda, Cerattepe, Hasankeyf, -as if the entire nature and history is under siege in a given country- being plundered, humanity is being deprived of their homelands and homes.

There is no way we can look away to all of these. However, it is possible to start up a country and a world, where our differences is no longer regarded as an offence, none of the individuals and communities being alienated, a society that regards all the different colours of the rainbow a reason for coexistence.

For this purpose we need to get together, debate and shape up the future. We call upon all those willing to contribute to the dream of a different Turkey of the future, those prefer peace against war, women's struggle against power and masculinity, asexuality of the concept of love as opposed to homophobia, transphobia, bi-phobia, nature instead of the plunder of the nature, a society that promotes an education system based on equal opportunities, regards all belief systems with respect and treats them in equal distance despite the fact that a certain echelon of the society clench to the power through abuse of religious beliefs, and as such, all the people of good will acting in unison against all kinds of malice.

Whether in Turkey or abroad, we are being inspired by all of our comrades, who continue their struggle despite all the odds and add our strength into the path they open up!

We may have been uprooted from our roots, our loved ones, our homelands, but we do know one day we shall return and until that day we shall continue looking for ways to create a discourse, a mode of action, the sense of unity through our hopes, cheer, anger and the urge of resistance. 

Our call is for all, who dare to dream the future of Turkey.

Let us unite and build the peace together.

Let us get together to debate as to how we can structure a society inspired by a Constitution based on human rights, recognizes autonomy, built on the standards of a social state, attributes priority to right to live in the natural habitat, whether humans, animals or the entire nature, preserves and protects all diverse identities, rights and needs, truly egalitarian, pro-enlightenment, secular society.

Let us talk about what kind or Turkey we wish to together in the future.

Let us put our words together for the needs of a liberated Turkey.


INVITERS OF THE CONFERENCE:

1.    MUSTAFA ALTIOKLAR (Film Director)
2.    PROF. NEŞE ÖZGEN (Dean, Borders Sociology- THESSALONIKI)
3.    CELAL BAŞLANGIÇ (Journalist)
4.    BARBAROS ŞANSAL (Writer, Columnist-Fashion Designer)
5.    LATİFE AKYÜZ (Scientist – Sociologist -FRANKFURT)
6.    HATİP DİCLE  (Politician)
7.    NAZAN ÜSTÜNDAĞ (Peace Academic)
8.    RAGIP DURAN ( Journalist )
9.    ASLI TELLİ (Peace Academic)   
10.    RAGIP ZARAKOLU (Journalist)
11.    HAYKO BAĞDAT ( Journalist)
12.    FERHAT TUNÇ (Artist-Musician)
13.    DOC.Dr. ENGİN SUSTAM (Peace Academic, Paris 8 University)
14.    PINAR ŞENOĞUZ  (GOETTINGEN UNIVERSITY, Peace Academic)
15.    PROF. SELİM ESKİZMİRLİLER (Descartes University)
16.    AHMET NESİN (Journalist)
17.    MUSTAFA SARISÜLÜK (Activist of Gezi Movement)
18.    ERK ACARER (Journalist)
19.    İSMAİL ÖZEN OTTO (Boxer)
20.    NAZMİ KIRIK (Actor)   
21.    ÖNDER ÇAKIR (Director)
22.    RUHŞEN BUDAK (Trade Unionist)
23.    MUZAFFER KAYA (Peace Academic)
24.    UTKU SAYAN (Peace Academic)
25.    GÖKAY AKBULUT (Member of German Parliament)
26.    SERDAR BENLI (Danimarka Sosyalist Halk partisi Genel Başkan Yardımcısı)
27.    HAKAN TAŞ (Berlin State Parliamentarian )
28.    BERİVAN ASLAN (Former Austrian Member of Parlliament)
29.    MEHMET KILIÇ (Former Member of Parliament fro Greens Party- Federal Germany)
30.    İBRAHİM DOĞUŞ (Mayor of Lambeth- South London)
31.    KEMAL HÜR (German Journalist)
32.    SAFTER CINAR (Trade Unionist)
33.    NURSEL AYDOĞAN (Former HDP Member of Parliament)
34.    MEHMET ALİ CANKAYA (AABK- Confederation of Alewi Associations of Europe)
35.    MUTİ SUMAKOGLU (AAAF- Federation of Arab Alewi Associations of Europe )       
36.    AZMİ BERBEROĞLU (European Democratic Circassian Platform)   
37.    SAYAD TEKİN , ARMENIANS (NOR-ZARTOKLAR)
38.    LATİFE FEGAN (Swedish Women's Peace Movement)
39.    FATOŞ GÖKSUNGUR (Co-chair of European Democratic Kurdistan Society Congress)
40.    YÜKSEL KOÇ (Co-chair of European Democratic Kurdistan Society Congress )
41.    A.MAHİR OFCAN ( ALTERNATİF/ Blackseasiders European Initiative)
42.    AZİZ GERGER (ESU- European Syriac Association)
43.    TUNCAY YILMAZ (SYKP Socialist Anew Liberation Party)
44.    BESİME KONCA TJK-E ( European Women's movement)
45.    AVRUPA HALKEVCİLER (EUROPEAN SUPPORTERS OF HALKEVI)
46.    İRFAN KESKİN (Green Left Party)
47.    METIN AYCICEK, ASM ( European Exiles Assembly)
48.    MEMİLİ GÜNGÖR , Reconstruction of Dersim Congress                    
49.    KEMAL KIRAN (FIDF-Federation of Federal Workers Associations)
50.    SÜLEYMAN GÜLCAN ( ATİK -Confederation of Turkish Workers' Associations in Europe)
51.    SÜLEYMAN SEVER (Kurdische Gemeinde Stutgart e.V)   
52.    AZİZ TUNÇ, Writer and (Co-chair, Federation of Maras Initiative in Europe)   
53.    KULTİST (Cultural Initiative- Istanbul Artists Association)   
54.    SERHAT ÇETİNKAYA (KKP-Kürdistan Communist Party)


Pression sur les médias / Pressure on the Media

Press freedom in Turkey remains in crisis, mission concludes

International press freedom groups reported today that press freedom and the rule of law in Turkey remain in crisis despite grounds for very cautious optimism, such as yesterday’s ruling releasing several former Cumhuriyet journalists.

Over three days this week, the international press freedom delegation held meetings with journalists, civil society, the judiciary and the authorities to assess planned reforms and the continued crackdown facing journalists in Turkey. Convened by the International Press Institute (IPI), the delegation also comprised representatives from Article 19, the European Federation of Journalists (EFJ), the Committee to Protect Journalists (CPJ), PEN International, Norwegian PEN, the European Centre for Press and Media Freedom (ECPMF) and Reporters Without Borders (RSF).

A Judicial Reform Strategy, announced in May 2019 by the Turkish government to address flaws in the justice system, will not be credible unless it guarantees judicial independence in both law and practice and ends the persecution of journalists, the press freedom delegation said today.

The delegation said it welcomed the intention of the authorities to undertake reform. However, the delegation highlighted in meetings with officials how the press freedom environment in the country has not improved since the lifting of the State of Emergency in July 2018, how scores of journalists remain behind bars or under travel bans as a consequence of an extended, politically motivated crackdown against the media, and how a subsequent wide-ranging capture of the judiciary has progressively and severely damaged the rule of law and the public’s right to access information.

As part of any judicial reform strategy, Turkey should urgently revise anti-terror and defamation laws, repeatedly abused to silence critical press. It should take immediate steps to end the arbitrary prosecution of journalists, characterized by baseless indictments, politically driven judgments and severe violations of the right to a fair trial. It should reverse moves that allow  disproportionate political interference into the operations of the judiciary, including the April 2017 amendment to Article 159 of the Constitution, which allows for political control over the nomination procedure to the Council of Judges and Prosecutors, affecting the independence of the entire judicial system.

As proposed changes are discussed and examined, the delegation urged Turkish authorities to closely involve independent civil society, journalists and international experts in the fields of freedom of expression, judicial independence and the rule of law and to enact reforms to bring the independence of the judiciary in line with Turkey´s commitments under international human rights law.

The delegation met with local civil society groups and journalists in Istanbul and then travelled to Ankara, where it met with the Constitutional Court, the Court of Cassation, representatives of the Ministry of Justice, and the EU and other foreign diplomatic missions. The delegation regrets that a long-planned meeting with Justice Minister Abdulhamit Gül was cancelled one day in advance.

In its meeting with the Constitutional Court, the delegation said Turkey’s highest judicial body must give priority to applications regarding detained journalists and administrative measures blocking websites, including Wikipedia, which has been banned in Turkey for two-and-a-half years. The delays in these cases seriously harm the public’s fundamental right to access information. It also expressed concern over recent inconsistent rulings involving journalists.

The delegation strongly welcomed a ruling on Thursday evening by the Court of Cassation to overturn convictions for seven defendants in the Cumhuriyet trial, concerning cases of journalists detained because of their work. The ruling led to their release. While that decision marks belated but significant justice, it cannot reverse the personal damage done to those defendants as a result of their extended imprisonment. In addition, Cumhuriyet’s former accountant, Emre Iper, remains behind bars and journalist and MP Ahmet Sik is set to be retried under a new set of more serious charges. The delegation had been denied permission at the last minute to visit the Cumhuriyet journalists in prison on Wednesday, in a decision illustrative of a systematic denial of prison visits to observers.

In addition, the delegation is profoundly alarmed by the implementation of new rules from Turkey’s audiovisual regulator, the Radio and Television Supreme Council (RTÜK), that extend the agency’s control to online broadcasters, threatening their existence through a costly and opaque licensing regime.

The delegation is concerned about the system of issuing press cards, which has been taken over by the presidential office and is profoundly affecting the capacity of national and international media to operate in the country.
(IPI, September 13, 2019)

Cinq ex-journalistes du quotidien Cumhuriyet remis en liberté

Cinq ex-journalistes du principal quotidien d'opposition turc, Cumhuriyet, condamnés à des peines de prison à l'issue d'un procès décrié par les défenseurs de la liberté d'expression, ont été remis jeudi en liberté, a indiqué leur avocat.

Leur libération avait été ordonnée par une cour d'appel turque.

Les journalistes libérés, dont le célèbre caricaturiste Musa Kart, faisaient partie d'un groupe de 14 employés de Cumhuriyet condamnés à des peines de prison en 2018 et qui avaient ensuite vu leur appels rejetés une première fois par un autre tribunal.

Ils avaient été reconnus coupables de soutenir par leurs écrits trois organisations classifiées comme "terroristes" par la Turquie, dont le parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) et le réseau du prédicateur Fethullah Gülen, à qui Ankara impute la responsabilité du putsch manqué de juillet 2016.

Le procès des collaborateurs de Cumhuriyet est devenu emblématique de l'érosion de la liberté de la presse en Turquie sous le président Recep Tayyip Erdogan.

Ce pays occupe la 157e place sur 180 au classement 2018 de la liberté de la presse établi par Reporters Sans Frontières.

Outre cette épreuve judiciaire, Cumhuriyet a traversé une difficile transition l'an dernier avec un changement brusque de l'équipe dirigeante. En signe de protestation, plusieurs dizaines de journalistes, dont la plupart de ceux qui ont été condamnés lors du procès, ont démissionné.
(AFP, 12 septembre 2019)

Journalist İnce Sentenced to 11 Months, 20 Days in Prison

Journalist and writer Barış İnce has been sentenced to 11 months and 20 days in prison for having insulted the President with his "acrostic defense". The pronouncement of the verdict has been suspended.

Barış İnce, the former Managing Editor of daily BirGün, presented the related acrostic statement of defense as part of an investigation launched against him for the news article "They made a double highway to their pockets" published on BirGün newspaper.

The article subject to the lawsuit featured the summaries of proceedings on the Turkey Youth and Education Service Foundation (TÜRGEV) chaired by Bilal Erdoğan, the son of President and ruling Justice and Development Party (AKP) Chair Recep Tayyip Erdoğan.

The first letters of Barış İnce's statement of defense presented to the court spelled out the expression "Hırsız Tayyip", or "Thief Tayyip" in English.
Supreme Court of Appeals reversed the first judgement

Due to this statement of defense, which was reported in the news as "acrostic defense", another lawsuit was filed against journalist İnce on the same charge of "insulting the President".

In the first lawsuit filed against him due to his article on BirGün, the İstanbul 2nd Penal Court of First Instance ruled that İnce should pay 10,620 TRY damages for "hurting the dignity, honor and reputation of a person" and did not reduce the sentence on the ground that "he did not show repentance."

The İstanbul 2nd Penal Court of First Instance ruled that journalist Barış İnce should be sentenced to 21 months in prison on charge of "insulting the President" with his acrostic statement of defense. After the Supreme Court of Appeals reversed this judgement and the case was heard again, the journalist has now been sentenced to 11 months, 20 days in prison.
(BIA News Desk, 12 September 2019)

Writer Başkaya Faces up to 7,5 Years in Prison

The prosecutor has stated his opinion as to the accusations today (September 10) in the case where writer Fikret Başkaya has been on trial at Ankara 21st Heavy Penal Court for an article he wrote three years ago. At the second hearing of the case where he was tried in the Assize Court, the prosecutor gave his opinion.

The prosecutor requested that Başkaya be penalized for "propagandizing for a terrorist organization" upon Article 7/2 of the Anti-Terror Law.

The relevant article reads as follows: "A person who makes propaganda for an organization in a manner which would legitimize or praise the terror organization's methods including force, violence or threats or in a manner which would incite use of these methods shall be sentenced to a penalty of imprisonment for a term of one to three years. If the said crime is committed through the press or broadcasting the penalty to be given shall be increased by half."
Lawyer expects prison sentence between 1.5 and 7.5 years

Başkaya's lawyer Levent Kanat said in a statement to bianet that with the increase of the sentence, he foresees a prison term of 1.5 to 7.5 years and added:

Prosecutors and judges insist on putting freedom of thought to punishment. They do not appreciate the concept of freedom of thought in law. They only look at whether the person who expresses freedom of thought matches their subjective thoughts. "

Saying that the case was related to the political conjuncture, Kanat remarked, "Both a lawsuit being filed against this article and the request of a sentence surprised me. Therefore, it is also possible that the court will move away from the lower limit in case of a penalty."

The prosecutor also asserted that Başkaya committed the offense of "publicly degrading the Republic of Turkey" and requested the court to file a criminal complaint against Başkaya upon Article 301 of the Turkish Penal Code. He was requested to file a criminal complaint.
(BIA News Desk, 10 September 2019)

Le parquet relance les poursuites contre le représentant de RSF en Turquie

Le soulagement aura été de courte durée : le représentant de RSF en Turquie, Erol Önderoğlu, la défenseure des droits humains Şebnem Korur Fincancı et l’écrivain Ahmet Nesin ont appris ce 10 septembre que le parquet avait fait appel de leur acquittement. Consécutive au verdict rendu le 17 juillet, la décision du parquet est notifiée avec deux mois de retard du fait des vacances judiciaires. La cour d’appel régionale d’Istanbul examinera le dossier à une date pour l’heure inconnue.

“Nous sommes abasourdis par l’acharnement intolérable du parquet à l’égard d’Erol Önderoğlu et de ses collègues, déclare le secrétaire général de RSF, Christophe Deloire. Leur acquittement était une rare preuve de bon sens et une lueur d’espoir pour des journalistes écrasés par la répression. En faisant le choix de relancer les poursuites, les autorités envoient un désastreux signal de crispation à la société civile et à leurs partenaires étrangers.”

Accusés de "propagande terroriste", "d’apologie du crime" et "d’incitation au crime", Erol Önderoğlu, Şebnem Korur Fincancı et Ahmet Nesin sont poursuivis pour avoir pris la direction symbolique du journal Özgür Gündem, un jour chacun, en 2016. Une manière de défendre le pluralisme face à la persécution de ce titre, fermé manu militari en août 2016. Au bout de trois ans de procédure, ils ont été acquittés en première instance le 17 juillet.

Erol Önderoğlu est également visé par un second procès, qui s’ouvrira le 7 novembre. La justice lui reproche cette fois d’avoir manifesté sa solidarité avec des centaines d’universitaires traînés en justice pour une pétition pacifiste. Une action qui lui vaut à nouveau d’être accusé de "propagande terroriste" aux côtés de seize autres activistes.

La Turquie occupe la 157e place sur 180 pays au Classement mondial 2019 de la liberté de la presse établi par RSF. Sur fond de démantèlement de l’état de droit, la situation des médias est devenue particulièrement critique depuis la tentative de putsch de juillet 2016. (RSF, 10 septembre 2019)


Reporter Aydın Sentenced to 1 Year, 3 Months in Prison

Journalist Melike Aydın, who is a reporter for the Jinnews website, has been sentenced to 1 year and 3 months in prison on charge of "propagandizing for a terrorist organization". Her social media posts from 13 years ago have been cited as the reason for the prison term.

Aydın was taken into custody in February 2019 when she was on her way back from news follow-up in Aydın. She was detained due to her social media messages from the year 2006.

The final hearing of the lawsuit filed against her was held at the 20th Heavy Penal Court in Bayraklı Courthouse yesterday (September 9).

The hearing was attended by Melike Aydın herself and her lawyer Şükran Öztürk as well as several journalists.

As reported by Mezopotamya Agency (MA), lawyer Şükran Öztürk indicated that no reasonable suspicion in her case file, underlining that the evidence was illegally obtained in terms of procedure.

Announcing its ruling after the last statements of defense were presented, the court board has ruled that journalist Melike Aydın shall be sentenced to 1 year and 3 months in prison on charge of "propagandizing for a terrorist organization". The announcement of the verdict has been deferred.
(BIA News Desk, 10 September 2019)

Acquittal for Three Academics for Peace in Diyarbakır and İstanbul

Trial of academics, who have been charged with "propagandizing for a terrorist organization" for having signed the declaration entitled "We will not be a party to this crime" prepared by the Academics for Peace, continued in Diyarbakır and İstanbul today (September 9).

Having their final hearings at the Diyarbakır 11th Heavy Penal Court, professors Süleyman Kızıl, Murat Biricik and Fikret Uyar from Dicle University have been separately acquitted.

Announcing its verdict, the details of which will be announced in the justified ruling, the court has concluded that "the legal elements of the offense charged against defendants did not arise." Accordingly, it has ruled for the acquittal of all three Academics for Peace.
Prosecutor demanded acquittal

In their last statement before the court, the academics repeated their previous statements of defense and requested their acquittal.

The prosecutor of the hearing announced the same opinion as to the accusations in all three hearings. Referring to the verdict of "violation of right" previously given by the Constitutional Court, the prosecutor indicated that the legal elements of the offense "propagandizing for a terrorist organization" were not met. The prosecutor demanded acquittal for the academics.

The court has ruled that all three academics shall be acquitted.
Five academics acquitted in İstanbul

At the İstanbul 28th Heavy Penal Court, a verdict of acquittal has been given for five Academics for Peace without holding an open hearing.

Among the acquitted academics are Assoc. Prof. Sevilay Çelenk from Ankara University, Prof. Cem Terzi from Dokuz Eylül University and Faculty Member Abdullah Deveci from Eskişehir Anadolu University. That being the case, the lawsuits of nine academics have ended in acquittal so far.
(BIA News Desk, 9 September 2019)

Premier acquittement d'une universitaire poursuivie pour une pétition

Un tribunal turc a acquitté vendredi une universitaire accusée, comme des centaines de confrères, de "propagande terroriste" pour avoir signé une pétition en 2016, première victoire judiciaire des signataires qui intervient après un arrêt favorable de la Cour constitutionnelle.

Ozlem Sendeniz, chercheuse à l'Université d'Igdir, a été acquittée par un tribunal d'Istanbul, a indiqué sur Twitter un collectif de soutien des pétitionnaires, "Les Académiciens pour la paix". "Il s'agit du premier acquittement dans nos procès", a-t-il ajouté.

Mme Sendeniz était poursuivie pour avoir signé, comme environ 2.000 autres intellectuels, une pétition "pour la paix" appelant à la fin des opérations des forces de sécurité dans le sud-est à majorité kurde de la Turquie.

La pétition a été lancée alors que le sud-est de la Turquie était ensanglanté par la reprise du conflit entre Ankara et le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), un groupe qualifié d'organisation terroriste par la Turquie et ses alliés occidentaux.

Le soutien des universitaires à cette pétition avait suscité l'ire du président Recep Tayyip Erdogan qui a qualifié cet acte de "trahison".

Nombre des signataires ont été limogés par décret-loi ces dernières années, comme Mme Sendeniz, et la justice turque a engagé des poursuites contre plusieurs centaines d'entre eux, les accusant d'avoir fait de la "propagande terroriste".

Selon le média indépendant Bianet, plus de 200 universitaires ont été condamnés à ce jour et des centaines d'autres sont encore en procès.

Mais en juillet dernier, la Cour constitutionnelle de Turquie a rendu une décision qualifiant de "violation de leur liberté d'expression" la condamnation de neuf universitaires.

Cet arrêt a ouvert la voie à l'acquittement des pétitionnaires dont le procès est toujours en cours et l'annulation de la condamnation de ceux dont le procès s'est déjà achevé.

Les milieux universitaires sont soumis à de fortes pressions en Turquie, en particulier depuis une tentative de putsch en 2016 qui a été suivie de purges de grande ampleur qui n'ont pas épargné les campus.
(AFP, 6 septembre 2019)

Kurdish Question / Question kurde

European Socialists Call for Release of Demirtaş

The Party of European Socialists (PES) has called for the release of Selahattin Demirtaş, a former co-chair of the Peoples' Democratic Party (HDP), an associate member of the PES, after a court ruled for a release on Monday (September 2).

Demirtaş, who has been behind bars since November 2016, continues to stay in prison as he was convicted in another case in December 2018.

"By keeping him in prison, Turkey is violating Selahattin's rights as well as the political rights of the Turkish people. Like we previously said, these charges are politically motivated and their only purpose is to remove the democratic opposition. We demand that Demirtas be freed immediately," said Sergei Stanishev, president of the PES.

"Selahattin is a fighter for human rights and democratic freedoms, for not only the Kurdish minority but for all Turkish citizens. His only crime has been to work for a democratic, progressive Turkey. He has been kept in prison for almost three years for that. Turkey is in violation of the Human Rights Convention," he added.

The PES said in a press release that it supports its member parties in Turkey (HDP and CHP) will continue to stand by them "when their rights, and the rights of their members, are attacked".
(BIA, 4 September 2019)

Un tribunal ordonne la libération de Selahattin Demirtas

Un tribunal turc a ordonné lundi la remise en liberté provisoire du leader kurde Selahattin Demirtas dans le cadre de son principal procès, mais celui-ci devrait rester en prison car il purge une peine pour une précédente condamnation, a indiqué à l'AFP l'un de ses avocats.

Le tribunal de Sincan, près d'Ankara, a ordonné lors d'une audience à laquelle ni M. Demirtas, ni ses avocats ne participaient, la libération du leader politique kurde, accusé de diriger une "organisation terroriste", de "propagande terroriste" et d'"incitation à commettre des crimes".

Il a été placé en détention provisoire dans le cadre de ce procès en novembre 2016 et risque jusqu'à 142 ans de prison s'il est reconnu coupable.

Il n'était toutefois "pas clair dans l'immédiat" quand M. Demirtas serait libéré de la prison d'Edirne (nord-ouest), a précisé son avocat, Ramazan Demir. En effet, il a déjà été condamné en appel le 4 décembre 2018 à une peine de quatre ans et huit mois pour "propagande terroriste".

En revanche, il est possible pour M. Demirtas, ancien co-président du Parti démocratique des peuples (HDP), dont il reste l'une des figures de proue, de faire une demande de remise en liberté conditionnelle dans le cadre de cette condamnation. "Nous nous entretiendrons avec lui aujourd'hui et agirons en fonction de cela", a précisé Me Demir.

Ses avocats avaient refusé lundi de participer à l'audience, déclarant vouloir attendre celle, le 18 septembre, de la Grande Chambre de la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) portant sur la détention provisoire de leur client dans le cadre de ce procès.

Le 20 novembre dernier, la CEDH avait sommé la Turquie de mettre fin "dans les plus brefs délais" à la détention provisoire de M. Demirtas, sans succès jusqu'à présent.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui accuse régulièrement le HDP d'être la vitrine politique du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), classé "terroriste" par Ankara et ses alliés occidentaux, avait rapidement balayé la décision de la CEDH, assurant qu'elle n'était pas contraignante pour Ankara.

Le procès de M. Demirtas a été renvoyé au 7 janvier.
(AFP, 2 septembre 2019)

Des maires prokurdes destitués dénoncent une "décision politique"

Trois maires prokurdes déchus de leur mandat en Turquie pour des accusations de "terrorisme" ont qualifié jeudi leur destitution de "putsch politique" et affirmé qu'ils allaient saisir la justice pour la contester.

Accusés d'activités "terroristes", les maires HDP (Parti démocratique des peuples) de Diyarbakir, Adnan Selçuk Mizrakli, de Mardin, Ahmet Türk, et de Van, Bedia Özgökçe Ertan, ont été démis de leurs fonctions le 19 août.

La destitution des maires de ces trois importantes villes du sud-est à majorité kurde de la Turquie, quelques mois après leur victoire aux élections municipales du 31 mars, avaient provoqué des manifestations réprimées par la police.

"Nous avons été privés de l'opportunité de servir le peuple par le putsch politique du 19 août", a déclaré M. Türk, maire déchu de Mardin et figure influente de la cause kurde.

"C'est une décision politique qui vise à empêcher la lutte pour la démocratie du peuple kurde, à intimider le peuple et à stopper nos efforts pour amener le changement en Turquie", a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse à Istanbul.

Mme Ertan, qui s'exprimait elle aussi lors de cette conférence de presse, a indiqué que le HDP allait "épuiser toutes les voies légales" pour contester cette décision.

La semaine dernière, le président Recep Tayyip Erdogan a défendu la destitution des trois édiles, les accusant de s'être mis "au service de terroristes au lieu de servir la population".

Le ministère de l'Intérieur affirme avoir reçu des plaintes selon lesquelles les trois maires auraient soutenu financièrement le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), un groupe qualifié par Ankara de "terroriste".

M. Türk a qualifié d'"infondées" ces accusations.

Ankara a nommé des gouverneurs dans les trois villes pour prendre en charge les administrations municipales.

M. Erdogan accuse régulièrement le HDP d'être lié au PKK. Mais le parti affirme être visé en raison de son opposition virulente au gouvernement.

Des dizaines de responsables et élus du HDP ont été arrêtés dans le cadre des purges que mènent les autorités turques depuis une tentative de putsch en 2016.
(AFP, 30 août 2019)

Erdogan refusera tout "retard" sur la "zone de sécurité"

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a averti qu'il n'acceptera pas de retard de la part des Etats-Unis dans la mise en place d'une "zone de sécurité" dans le nord-est syrien, selon des propos rapportés jeudi par la presse.

"Nous n'autoriserons aucun retard (...) Il faut que le processus progresse rapidement", a déclaré M. Erdogan à des journalistes turcs à bord de l'avion le ramenant d'un déplacement mercredi en Russie.

Ankara et Washington ont convenu le 7 août, à l'issue de difficiles discussions, la mise en place d'une zone tampon entre la frontière turque et les zones syriennes contrôlées par la milice kurde appuyée par Washington des Unités de protection du peuple (YPG) à l'est du fleuve Euphrate.

Cet accord, prévoyant la mise en place d'un centre d'opérations conjointes pour coordonner la création de la "zone de sécurité", a permis d'éviter une opération turque contre les YPG qui semblait imminente.

Cette milice est considérée par la Turquie comme une "organisation
terroriste" en raison de ses liens avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qui mène depuis 1984 une insurrection contre les autorités d'Ankara.

Les Etats-unis collaborent étroitement avec les YPG dans la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI).

"Le pacte conclu avec les Etats-Unis, qui vise à nettoyer l'est de l'Euphrate de la présence des YPG et mettre en place une zone de sécurité, est une bonne mesure", a déclaré M. Erdogan.

Il a ajouté que des patrouilles conjointes avec les Etats-Unis débuteraient "bientôt".

Les contours de la "zone de sécurité" sont pour le moment flous -- notamment sur sa profondeur--, et aucun calendrier n'a été avancé pour sa mise en place.

Le chef de la diplomatie turque Mevlüt Cavusoglu a plusieurs fois mis en garde contre toute "manoeuvre dilatoire" de la part des Etats-Unis.

Depuis 2016, la Turquie a lancé deux opérations transfrontalières contre les YPG et a plusieurs fois menacé d'en lancer une nouvelle.
(AFP, 29 août 2019)

Début du retrait des forces kurdes de la frontière turque

Les autorités locales kurdes du nord-est de la Syrie ont annoncé mardi le début du retrait de leurs forces de positions le long de la frontière avec la Turquie, à la suite d'un accord entre Washington et Ankara établissant une "zone de sécurité".

Ces autorités ont indiqué dans un communiqué que les travaux avaient débuté samedi sur "les premiers pas pratiques -dans le secteur de Ras al-Aïn- avec l'élimination de monticules de terre et le retrait de certaines unités des Unités de protection du peuple (YPG) et d'armes lourdes".

Principale milice kurde de Syrie et partenaire clé des Etats-Unis dans la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI), les YPG ont annoncé samedi être prêts à coopérer en vue de la mise en place d'une "zone de sécurité" pour séparer les secteurs kurdes syriens de la Turquie.

Fruit d'un accord conclu entre Washington et Ankara, l'instauration de cette zone tampon est destinée à dissuader la Turquie de lancer une nouvelle offensive contre la milice des YPG, fer de lance des Forces démocratiques syriennes (FDS) mais considérée comme "terroriste" par Ankara.

Le 7 août, Washington et Ankara se sont mis d'accord sur la création d'un "centre d'opérations conjointes", basé en Turquie, pour coordonner la mise en place de cette "zone de sécurité".

Les contours de la zone tampon sont pour le moment flous --notamment sa profondeur--, et aucun calendrier n'a été avancé pour sa mise en place.

Mi-août, le Pentagone avait indiqué que l'accord serait mis en oeuvre "par étape" mais que les premières opérations allaient commencer "rapidement".

Ankara a assuré que des postes d'observation et des patrouilles conjointes étaient prévus.
 Le régime de Damas a dénoncé une initiative au service des "ambitions expansionnistes de la Turquie".

Le "centre d'opérations conjointes" turco-américain sur la Syrie fonctionne désormais à "pleine capacité", a annoncé samedi le ministre turc de la Défense, Hulusi Akar.

Lundi, les forces kurdes ont procédé a des retraits similaires à Tal Abyad, "cela montre le sérieux de notre engagement" en faveur de l'instauration de cette zone tampon, a encore indiqué mardi l'administration semi-autonome kurde syrienne.

"Nous déploierons tous nos efforts pour garantir la réussite de l'accord avec l'Etat turc, et (la réussite) des efforts menés par les Etats-Unis", avait déclaré samedi le haut commandant des FDS Mazloum Abdi.

"Les FDS joueront un rôle positif pour le succès de cette opération", a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse à Hassaké.

Egalement présent à cette conférence de presse, le général Nicholas Pond, représentant la coalition emmenée par Washington pour lutter contre l'EI, a jugé que l'initiative était "la seule voie pour sécuriser la zone frontalière de manière durable".

Le commandement militaire américain au Moyen-Orient (Centcom) a annoncé vendredi sur son compte Twitter que les FDS avaient détruit la veille certaines de leurs "fortifications militaires" à la frontière, photos à l'appui.

"Cela démontre l'engagement des FDS à soutenir l'application du mécanisme de sécurité", a-t-il estimé.
(AFP, 27 août 2019)

Minorités / Minorities

The Assyrian genocide of 1915 recognized by the State of California


The Assyrian genocide of 1915 in the Ottoman Empire and the Simele massacre of 1933 have been recognized by the State of California recently. The decision was made unanimously, with both Democratic and Republican assembly members behind the resolution.

Assyrian Christians — often simply referred to as Assyrians— are an ethnic minority group whose origins lie in the Assyrian Empire, a major power in the ancient Middle East. Most of the world’s 2-4 million Assyrians live around their traditional homeland, which comprises parts of northern Iraq, Syria, Turkey, and Iran.

Assyrians all around the world are working for the remembrance of the genocide committed against Assyrians during the First World War in the Ottoman Empire and the Simele massacre of 1933 in Iraq. 

While the world is aware of the Armenian genocide, many do not know that genocide was also committed against other ethnic groups, namely the Assyrians and Greeks, in the same region. These groups have lived from time immemorial in their ancestral lands, which were within the borders of the Ottoman Empire in 1914. The so-called “Young Turks” who deported and killed Armenians also led massacres against ethnic Assyrians and Greeks.

Hundreds of thousands of innocent Assyrians faced targeted killings, rape, abuse, destruction of homes and villages, and the razing of churches at the hands of the Ottoman Turks and their Kurdish allies.

It was resolved by the Assembly of the State of California that the Assyrian genocide of 1915, also known as the Seyfo Genocide, and the Simele massacre are recognized by the Assembly of the State of California as crimes against humanity.

The director of the Assyrian Genocide and Research Center, Sabri Atman is humbled over the decision that has been made in California’s State Capitol. He stated that 49 states in the United States have recognized the Armenian genocide and “we will make a lot of effort so that all of them will include the Assyrian genocide as well.” The Assyrian Genocide and Research Center also focuses on advocating for the State of California and other states to include in their history curriculum information about the Assyrian genocide.

The Assyrian and Genocide Research Center

https://www.atour.com/government/usa/20190911a.html

Une nouvelle vantardise mensongère d'Erdogan relative à la communauté chrétienne



Le président turc Tayyip Erdogan a posé le 3 août 2019 à Istanbul la première pierre d'une église dans le quartier périphérique de Yesilköy, destinée à la communauté chrétienne syriaque, qui fait partie de la Chrétienté d’Orient.

En affirmant qu'elle sera le premier édifice de culte chrétien construit dans l'histoire de la République turque, Erdogan a dit: "N'oubliez pas, ce pays appartient à tout le monde. Tous ceux qui sont attachés, contribuent et sont loyaux à la Turquie sont des citoyens à part entière. Il n'y a aucune barrière en politique, dans le commerce ou tout autre secteur."

Tout d’abord, il s'agit d'une nouvelle vantardise mensongère du despote d’Ankara. L'église dont la première pierre a été posée à Istanbul n'est pas "le premier édifice de culte chrétien construit dans l'histoire de la République turque”.

La première église qui a été construite dans l'histoire de la République turque se trouve à Midyat: L'église Mor (Saint) Sharbel... Elle a été construite en 1957.

D'ailleurs, le même Erdogan reste toujours le négationniste N°1 du génocide du 1915 dont la communauté chrétienne syriaque est une des victimes.

Dans un discours du 24 avril 2019 en réponse à la reconnaissance de ce génocide par la France, il disait: "Le transfert des bandes arméniennes et de leurs partisans, tueurs de musulmans, y compris des femmes et des enfants vers l’Est de l’Anatolie était la décision la plus raisonnable à prendre à l’époque".

(Photo de L'église Mor (Saint) Sharbel: Nahro Beth-Kinne)

MP Paylan Proposes Parliamentary Inquiry into September 6-7 Pogrom

In his petition, Peoples' Democratic Party (HDP) MP Paylan called for the discovery of public officials and civil perpetrators who planned and organized the pogrom, for the identification of the losses of life and property, for the compensation of the material and moral losses of the victims and institutions.

Paylan briefly said the following his petition:

* "The pogrom of September 6-7, 1955, is one of the gravest events in the history of the Republic of Turkey that has not yet been confronted. According to official data, only 73 churches in İstanbul, 8 ayazmas, 2 monasteries, 5,538 houses 3,584 of which belonged to Greeks, and businesses were burned down and looted.

* Also according to official records, 60 women were raped and many were killed. Following the impunity of the pogrom, tens of thousands of Greek, Armenian, Jewish and Syriac citizens were forced to leave the country against oppression and the threat of life security.

* The perpetrators of this pogrom did not receive punishment like many negative events in the history of the Republic, on the contrary, the people involved or caused the events were promoted.

"Public officials promoted"

* For example, Sabri Yirmibeşoğlu, who was in charge of the Mobilization Audit Committee during the Pogrom, said, "September 6-7 is a Special Warfare Task. It was a magnificent organization and it achieved its purpose," though he has risen gradually in the bureaucracy over the years, reaching as far as the General Secretariat of the National Security Council between 1988-1990. In fact, Oktay Engin, the perpetrator of the bomb that ignited the wick of the pogrom and dropped on Atatürk's home in Thessaloniki, continued his career in 1992-1993 as the governor of Nevşehir.

* It is useful to look at the above-mentioned words of Sabri Yirmibeşoğlu in order to understand why the pogrom, like other crimes in the history of Turkey, remains a crime that has not been confronted and its perpetrators punished. In this context, it can be seen how the state is involved in certain crimes and how it surrounds the perpetrators with an armor of impunity.

"Parliament has not taken steps so far"

* Although 64 years have passed since this great crime in our country, the parliament has not taken any steps to uncover the perpetrators of the pogrom.

* The discovery of the perpetrators of the pogrom, the determination of the losses of life and property, the compensation of the financial and moral losses of the victims and institutions, and the finding of justice, albeit late, will be an important step that the Parliament will take in the name of confronting the past. Therefore, we demand that a parliamentary inquiry be opened.
(BIA, 6 September 2019)

Appeal for ‘Effective Investigation’ in Hrant Dink Murder Case Rejected

The Constitutional Court has rejected the appeal for effective investigation raised by the family of Hrant Dink, the Editor-in-Chief of Agos newspaper murdered in 2007. The application of the family has been rejected on the ground that legal remedies have not been exhausted.

In 2016, the family of the deceased journalist appealed to the Constitutional Court against the verdict of non-prosecution given for 24 people including defendants of the Ergenekon case retired Brigadier Veli Küçük, Kemal Kerinçsiz, former Vice Governor of İstanbul Ergun Güngör and retired National Intelligence Organization (MİT) official Özel Yılmaz.

In the three-year period since family's appeal, the Ministry of Justice presented its opinion in June 2019. In its opinion, the Ministry indicated that the trial was still continuing and provided information about the file.

Announcing its decision on the application of the family, the Constitutional Court has stated that the trial process has not yet been finalized.

'Data need to be examined as a whole'

In the related decision of the court, it has been indicated that "before the judicial authorities clarify the reasons and conditions of the incident of death, namely its conditions of occurrence, it is not possible for the Constitutional Court to examine the allegations of the applicants and whether an effective investigation has been conducted into the incident as a whole."

Accordingly, the court has concluded that the issues in question "need to be examined by handling the data acquired in the process of trial as a whole."

'Legal remedies have not been exhausted'

"With the justifications explained above, without examining it in terms of other criteria of admissibility, it shall be ruled that the application is inadmissible on the ground that legal remedies have not been exhausted", the Constitutional Court has indicated and added:

"It has been concluded that the allegation of violation of right to life is inadmissible considering that legal remedies have not been exhausted." 
(BIA, 29 August 2019)

Vakifli le dernier village arménien de Turquie a fêté la Bénédiction du raisin

A Vakifli le dernier village arménien de Turquie, sur la Méditerranée -en ex-Cilicie- les Arméniens ont fêté la bénédiction du raisin dimanche 18 août en compagnie des Alévis. Ils ont prié ensemble lors de la messe arménienne devant des récipients remplis de harissa -le plat traditionnel arménien-préparé avec les Alévis. Selon Cem Tchapar, le responsable de la communauté arménienne de Vakifi, l’une des 5 principales fêtes de l’Eglise arménienne, la fête de la Sainte-Vierge Marie tombait en même temps qu’une fête Alévie. Les deux communautés ont alors décidé de réaliser une messe en commun.

L’un des responsables de la messe, le père Avedis Tabachian a affirmé que les prières étaient dirigées pour la protection de « l’amour fraternel » en Turquie. L’évêque Sahag Machalian venu d’Istanbul participait également à la cérémonie. « Oui, nous désirons défendre nos traditions. Nous voulons dans ce dernier village arménien de Vakifi, faire vivre la culture arménienne d’Anatolie. Je souhaite que nos appels à l’amour lors de la messe puissent se répandre dans tout le pays et dans le monde » dit Sahag Machalian.
Sources : Hytert.am. 
(armenews, 26 août 2019)

Politique intérieure/Interior Politics

Un ex-Premier ministre d'Erdogan va créer un mouvement rival

Un ex-Premier ministre du président turc Recep Tayyip Erdogan et l'un des piliers du parti au pouvoir, Ahmet Davutoglu, a annoncé vendredi la prochaine création d'une formation politique rivale.

Lors d'une conférence de presse à Ankara, M. Davutoglu, 60 ans, a également annoncé sa démission du parti islamo-conservateur de M. Erdogan, l'AKP, devançant ainsi une décision attendue de ses instances dirigeantes de l'en expulser.

"Cela relève de notre responsabilité historique et notre devoir envers la nation (..) de créer un nouveau parti politique", a déclaré M. Davutoglu, qui fut Premier ministre de M. Erdogan entre 2014 et 2016 avant d'être évincé.

Lorsqu'il avait quitté son poste, M. Davutoglu avait juré de ne jamais critiquer M. Erdogan en public, mais il a rompu son silence en juillet en accordant une interview-fleuve dans laquelle il a notamment accusé l'AKP d'avoir dévié de ses objectifs et déploré sa décision d'exiger un nouveau scrutin à Istanbul après l'avoir perdu de justesse en mars au profit de l'opposition. Lors d'une nouvelle élection en juin, le candidat de M. Erdogan avait subi une lourde défaite.

"Je démissionne du parti au sein duquel j'ai servi avec honneur et auquel j'ai consacré beaucoup d'efforts pendant des années", a-t-il ajouté.

Le comité exécutif de l'AKP avait décidé à l'unanimité début septembre de renvoyer M. Davutoglu devant une commission disciplinaire en vue de son expulsion.

En annonçant sa démission, M. Davutoglu a qualifié la décision des instances dirigeantes de l'AKP de "très grave" et "pas en phase" avec les principes fondateurs du parti.

L'annonce de M. Davutoglu survient alors que d'autres personnalités de premier plan comme l'ancien président Abdullah Gül et l'ex-vice Premier ministre Ali Babacan, tous deux membres fondateurs de l'AKP, ont eux aussi pris leurs distances avec M. Erdogan.

M. Babacan, figure très respectée des milieux économiques, crédité des succès économiques de l'AKP pendant sa première décennie au pouvoir, a démissionné du parti le 8 juillet, lui reprochant d'avoir sacrifié ses "valeurs" et évoquant le besoin d'"une vision neuve" pour le pays.

Dans une interview au quotidien Karar cette semaine, il a annoncé qu'il créerait son parti d'ici la fin de l'année et que M. Gül soutenait ses efforts.

Il a toutefois affirmé qu'il ne se joindrait pas à M. Davutoglu, parce que leurs "priorités politiques, méthodes et ton sont différents".

Ces "luttes internes" qui éclatent au grand jour "continueront d'affaiblir l'AKP", estime Berk Esen, de l'université Bilkent à Ankara.
 
l existe désormais d'après lui une sorte de course entre les deux groupes "pour créer leur parti en premier de sorte à consolider le vote AKP dissident".
(AFP, 13 septembre 2019)

La dirigeante du CHP Kaftancioglu condamnée à près de 10 ans de prison

Une opposante du président turc Recep Tayyip Erdogan a été condamnée vendredi à près de 10 ans de prison pour plusieurs chefs d'accusation, dont "propagande terroriste" et "insulte au chef de l'Etat", en raison notamment de propos tenus sur Twitter.

Canan Kaftancioglu, responsable du parti d'opposition CHP (social-démocrate) pour la province d'Istanbul, "a été condamnée à un total de neuf ans et huit mois de prison", a annoncé une responsable de cette formation politique.

Mme Kaftancioglu a été condamnée pour cinq chefs d'accusation différents, basés principalement sur des tweets postés il y a plusieurs années : "propagande terroriste", "insulte au chef de l'Etat", "insulte à un fonctionnaire de l'Etat", "insulte à la République turque" et "incitation à la haine".

La responsable, dont le procès était très suivi en Turquie et à l'étranger, a rejeté ces accusations, dénonçant un "procès politique" visant, selon elle, à la punir pour avoir oeuvré à la défaite du parti de M. Erdogan aux élections municipales à Istanbul.

Mme Kaftancioglu est souvent présentée comme l'architecte des campagnes victorieuses du nouveau maire d'Istanbul Ekrem Imamoglu, qui a battu le candidat de M. Erdogan en mars, puis en juin après l'annulation du premier scrutin dans des conditions controversées.

Comme chaque peine de prison, prise individuellement, est inférieure à cinq ans, Mme Kaftancioglu ne sera pas emprisonnée dans l'attente de son procès en appel qui devrait intervenir d'ici six mois, selon la responsable du CHP.

Après l'audience, Mme Kaftancioglu a été accueillie devant le tribunal par plusieurs centaines de partisans venues la soutenir, selon un photographe de l'AFP.

"Droits, lois, justice !", a scandé la foule, en brandissant des écharpes à l'effigie de Mme Kaftancioglu et des pancartes sur lesquelles on pouvait lire "Tu ne seras jamais seule" ou "C'est parce qu'on a gagné !"

- "Ne jamais renoncer" -

Dans une allocution devant le palais de justice, Mme Kaftancioglu a critiqué la peine prononcée contre elle et pointé un doigt accusateur en direction du gouvernement : "Ils croient pouvoir nous effrayer, mais nous continuerons de parler", a-t-elle lancé.

"Les décisions ne sont pas prises dans les tribunaux, mais au palais (présidentiel). Ce procès visait à punir Istanbul et ceux qui ont fait gagner le peuple d'Istanbul", a-t-elle ajouté.

"C'est un procès complètement politique. (Le parti de M. Erdogan) cherche à prendre sa revanche après sa défaite aux élections", a abondé Sadi Simsek, venu soutenir Mme Kaftancioglu.

Celle-ci était poursuivie principalement sur la base de tweets publiés entre 2012 et 2017, en lien notamment avec de grandes manifestations antigouvernementales en 2013, une tentative de putsch en 2016 ou encore l'assassinat d'un journaliste d'origine arménienne.

M. Imamoglu, le maire d'Istanbul, a assisté à une partie de l'audience vendredi pour soutenir Mme Kaftancioglu.

La responsable du CHP à Istanbul, qui risquait jusqu'à 17 ans de prison dans le cadre de ce procès, n'a eu de cesse de rejeter les accusations tout au long de l'affaire.

Le tribunal d'Istanbul a d'ailleurs reproché vendredi à Mme Kaftancioglu son "absence de remords" pour justifier la lourde condamnation.

- Opposition sous pression -

Cette médecin légiste de formation s'est imposée comme un élément clé de la stratégie d'ouverture du CHP vers la gauche et le parti prokurde HDP, dont le soutien a été capital dans la victoire à Istanbul de M. Imamoglu.

La condamnation de Mme Kaftancioglu survient alors que le gouvernement turc semble avoir accru la pression sur les milieux d'opposition.

La semaine dernière, trois maires d'importantes villes du sud-est à majorité prokurde ont été démis de leurs fonctions et remplacés par des responsables nommés par le ministère de l'Intérieur.

Le président Erdogan est régulièrement accusé de dérive autoritaire, en particulier depuis la tentative de coup d'Etat de juillet 2016 qui a été suivie de purges de grandes ampleur.
(AFP, 6 septembre 2019)

Le parti d'Erdogan va expulser l'ex-Premier ministre Davutoglu

Le comité exécutif du parti du président turc Recep Tayyip Erdogan (AKP, au pouvoir) a décidé lundi à l'unanimité de renvoyer l'ancien Premier ministre Ahmet Davutoglu devant une commission disciplinaire en vue de son expulsion, ont rapporté plusieurs médias.

Cette décision a été prise à l'issue d'une réunion de cinq heures du comité exécutif central du Parti de la Justice et du Développement (AKP), présidée par M. Erdogan, a notamment indiqué le quotidien progouvernemental Hürriyet sur son site internet.

Figure importante du parti islamo-conservateur, Ahmet Davutoglu, qui avait aussi été ministre des Affaires étrangères, avait quitté son poste de Premier ministre en 2016 au bout de deux ans. Il avait juré de ne jamais critiquer M. Erdogan en public, mais il a récemment montré qu'il n'entendait plus passer sous silence ce qu'il considère comme des dysfonctionnements au sein du parti.

Il a notamment accusé l'AKP d'avoir dévié de ses objectifs, critiquant son parti pour avoir exigé un nouveau scrutin à Istanbul après avoir perdu de justesse la ville en mars au profit de l'opposition. Lors d'une nouvelle élection en juin, le candidat de M. Erdogan avait subi une lourde défaite.

Il a aussi dénoncé la destitution le 19 août de trois maires de villes de l'est de la Turquie - Diyarbakir, Mardin et Van, tous trois membres du parti prokurde HDP (Parti démocratique des peuples) et accusés d'entretenir des liens avec des militants kurdes.

Cette décision intervient alors que des personnalités de premier plan comme l'ancien président Abdullah Gül et l'ex-vice Premier ministre Ali Babacan, tous deux membres fondateurs de l'AKP, ont pris leurs distances avec M. Erdogan.

Ancien vice-Premier ministre chargé de superviser l'économie turque, Ali Babacan a annoncé le 8 juillet sa démission du parti évoquant de "profondes divergences" et le besoin d'une "nouvelle vision".

Selon la presse turque, M. Babacan, également ancien ministre de l'Economie et chef de la diplomatie, puis vice-Premier ministre jusqu'en 2015, se prépare à constituer à l'automne son propre parti avec Abdullah Gül.
(AFP, 2 septembre 2019)

Le maire d'Istanbul critique la destitution de trois maires prokurdes par Ankara

Le maire d'Istanbul s'en est pris samedi au gouvernement turc qui a démis de leurs fonctions trois maires prokurdes accusés de "terrorisme", lors d'une visite à Diyarbakir (est).

Les maires des trois villes de l'est de la Turquie, Diyarbakir, Mardin et Van, tous trois membres du parti prokurde HDP (Parti démocratique des peuples) et élus le 31 mars, ont été démis de leurs fonctions le 19 août et accusés d'entretenir des liens avec des militants kurdes.

Ekrem Imamoglu, issu du principal parti d'opposition CHP et élu à la mairie d'Istanbul en juin, a qualifié l'action d'Ankara "d'imprudence".

"Il ne peut y avoir de démocratie ni d'Etat de droit quand des responsables élus
quittent leur poste sans qu'ils aient été désavoués par les urnes", a déclaré M. Imamoglu aux journalistes à Diyarbakir.

Il a rencontré le maire de Mardin Ahmet Turk, une figure importante du mouvement kurde, et Adnan Selcuk Mizrakli, qui a été remplacé à la tête de Diyarbakir par un gouverneur nommé par Ankara. M. Mizrakli a estimé que la visite du maire d'Istanbul était "une lueur d'espoir" pour les maires déchus et "leur redonnait courage".

Cette visite dans la région à majorité kurde a une signification forte pour le CHP (Parti républicain du peuple), qui n'a pas toujours eu de bons rapports avec le HDP.

Mais la victoire d'Ekrem Imamoglu, notamment rendue possible par le vote kurde car le HDP n'avait pas présenté de candidat à Istanbul, a contribué à l'amélioration des relations entre les deux partis.

M.Imamoglu a aussi rendu hommage à Tahir Elci, bâtonnier de Diyarbakir et militant kurde, en se rendant sur sa tombe. M. Elci a été tué par balle dans une altercation entre des militants kurdes et des policiers en 2015.

En mai dernier, le candidat du CHP à la présidence Muharrem Ince avait rendu visite à l'ancien chef du HDP Selahattin Demirtas en prison, avant l'élection présidentielle de juin 2018.
(AFP, 31 août 2019)

Forces armées/Armed Forces

Erdogan "n'accepte pas" la pression sur la Turquie pour ne pas avoir l'arme nucléaire

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a critiqué mercredi le fait que certains pays, dont le sien, soient sous pression pour ne pas acquérir l'arme nucléaire.

"Certains (pays) possèdent des missiles avec des têtes nucléaires mais je ne devrais pas en avoir. Je n'accepte pas cela", a-t-il déclaré dans un discours dans la ville de Sivas (est).

La Turquie ne possède pas l'arme nucléaire et adhère au traité de non prolifération nucléaire depuis 1980.

M. Erdogan a fait ces déclarations alors qu'il ressert les liens en matière de défense avec la Russie tout en s'éloignant des Etats-UNis, allié historique d'Ankara au sein de l'Otan.

Les Etats-Unis ont réagi à la décision de la Turquie d'acheter le système russe de défense antiaérienne S-400 en l'éjectant de son programme d'avion furtif F-35.

Washington estime que la Russie pourrait rassembler des informations techniques stratégiques sur le nouveau F-35 si celui-ci était utilisé aux côtés d'un système S-400.

Vendredi, M. Erdogan avait suggéré que la Turquie pourrait se tourner vers la Russie pour trouver une solution alternative après son exclusion du programme F-35.
(AFP, 4 septembre 2019)

Erdogan menace d'une opération dans les prochaines semaines

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a menacé samedi de lancer une opération dans le nord-est de la Syrie si la Turquie n'obtenait pas le contrôle de la "zone de sécurité" dont la mise en place a fait l'objet d'un accord entre Ankara et Washington.

Un accord conclu le 7 août entre la Turquie et les Etats-Unis prévoit la mise en place d'une zone tampon entre la frontière turque et les zones syriennes contrôlées par la milice kurde appuyée par Washington des Unités de protection du peuple (YPG) à l'est du fleuve Euphrate.

"Nous n'avons pas beaucoup de temps ou de patience concernant la zone de sécurité. D'ici quelques semaines, si nos soldats ne commencent pas à vraiment contrôler cette zone, il ne restera d'autre choix que de mettre en oeuvre nos propres plans opérationnels", a-t-il affirmé lors d'un discours à Istanbul.

Le président turc a auparavant affirmé que le président américain Donald Trump avait promis que la "zone de sécurité" serait large de 32 kilomètres (20 miles).

Un centre d'opérations conjointes, prévu par cet accord pour coordonner la création de la "zone de sécurité" a récemment été mis en place et des patrouilles communes devraient démarrer bientôt.

L'accord avait permis d'éviter une opération turque contre les YPG qui semblait imminente.

Cette milice est considérée par la Turquie comme une "organisation
terroriste" en raison de ses liens avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui mène depuis 1984 une insurrection contre les autorités d'Ankara.

Les Etats-unis collaborent étroitement avec les YPG dans la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI).

Les contours de la "zone de sécurité" restent flous et aucun calendrier n'a été avancé pour sa mise en place.

Le chef de la diplomatie turque Mevlüt Cavusoglu a plusieurs fois mis en garde contre toute "manoeuvre dilatoire" de la part des Etats-Unis.

Depuis 2016, la Turquie a lancé deux opérations transfrontalières contre les YPG et a plusieurs fois menacé d'en lancer une nouvelle.
(AFP, 31 août 2019)

Programme des F-35: la Turquie pourrait se tourner vers la Russie

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a laissé entendre vendredi qu'Ankara pourrait se tourner vers la Russie après la décision en juillet des Etats-Unis d'exclure la Turquie du programme de développement de l'avion furtif américain F-35.

"Si les Etats-Unis s'obstinent dans leur attitude concernant les F-35, nous nous occuperons de nous-mêmes. S'agira-t-il des Su-35?, des F-35? ou des Su-57?", a lancé le président Erdogan devant la presse à Ankara, en faisant référence aux avions de combat russes Soukhoï.

Il a précisé que le gouvernement turc n'en était qu'au premier stade d'étude de ces différentes options. Il a souligné qu'une production conjointe et les plans de financement étaient les critères qui détermineraient son choix.

"Au-delà de l'examen (du choix entre) les Su-35, F-35 ou Su-57, nous étudions les mesures que nous pouvons prendre pour notre industrie de défense, notre défense", a ajouté M. Erdogan.

En juillet, les Etats-Unis ont écarté la Turquie, membre de l'Otan, du programme de développement de l'avion de combat furtif américain F-35 après l'acquisition par Ankara du système de défense anti-aérien russe S-400. Washington juge que l'achat de ces systèmes de défense russes par Ankara met en danger les secrets technologiques du F-35.

La Turquie a souvent rappelé qu'elle voulait devenir un producteur de matériel militaire et non un simple acheteur auprès de pays comme les Etats-Unis et la Russie.

M. Erdogan a rencontré le président russe Vladimir Poutine mardi dans la banlieue de Moscou, en marge du salon aéronautique international MAKS, vitrine de l'industrie aérospatiale russe militaire et civile.

La Turquie a commandé plus de 100 avions F-35 et son industrie de défense a investi des sommes importantes dans son programme de développement.

Le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu a indiqué vendredi au cours d'une visite à Oslo que la Turquie avait déjà dépensé 1,4 milliard de dollars pour le programme de développement du F-35.

"Le président Donald Trump avait assuré à Erdogan à Osaka au cours (du sommet en juin) du G20 que dans le pire des scénarios cette somme serait remboursée à la Turquie. Mais nous espérons que nous n'en arriverons pas là", a ajouté M. Cavusoglu.
(AFP, 30 août 2019)

Affaires religieuses / Religious Affairs

Des écoles salafistes: les non-musulmans méritent la peine de mort


Aux Pays-Bas, les écoles des mosquées salafistes suscitent l'inquiétude. Les enfants y apprendraient à refuser de faire partie de la société néerlandaise, ressort-il d'une enquête menée par le quotidien NRC et les équipes de l'émission "Nieuwsuur". En Belgique, les différents services en charge de la sécurité ont à l'oeil les adeptes du salafisme depuis des années, assure mercredi l'Organe de coordination pour l'analyse de la menace (OCAM). Selon l'enquête, les enfants fréquentant ces milieux islamistes radicaux y apprendraient que les non-musulmans méritent la peine de mort.

En Belgique, l'OCAM assure que le salafisme est gardé à l'oeil depuis des années par plusieurs entités relevant de la Sûreté de l'Etat, et de l'OCAM lui-même. "Le salafisme est l'une des formes de l'extrémisme, nous en sommes conscients", assure-t-on. La situation est moins inquiétante en Belgique qu'aux Pays-Bas où il existe bel et bien des mosquées se revendiquant clairement du salafisme, avance encore l'OCAM.

Des chiffres de la Sûreté de l'Etat datant d'avril montrent que notre pays abrite une centaine d'organisations salafistes (mosquées, centres religieux, écoles). Il n'existe pas de données pour savoir à quel point le phénomène prend de l'ampleur mais leur nombre semble aller en augmentant.
(BELGA/ANP, 11 septembre 2019)

Alleged Relation of ISIS Leader in Turkey to Intelligence Agency

Main opposition Republican People's Party (CHP) MP Ali Şeker and Peoples' Democratic Party (HDP) MP Mahmut Toğrul have brought the claims that the National Intelligence Agency (MİT) provided Balı with accommodation in the Anadolu Hotel in the capital Ankara into the parliamentary agenda.

Şeker asked in his parliamentary question to the Ministry of Interior if the claims that Balı stayed in a hotel from between March 27 and 29, 2016, he spoke with high-level officials from the MİT.

He also asked why the necessary measures were not taken before the ISIS bombings in Ankara and Urfa.

HDP's Toğrul submitted a parliamentary question to Vice-President Fuat Oktay, asking if the claims are true and if the presidency made an inquiry into claims to this day.
Who is İlhami Balı?

Balı is known to be the person who gave the order for the bombings at the HDP events. Attacks were conducted in Diyarbakır on June 5, 2015, in Suruç, Urfa on July 22 and in Ankara on October 10, 2015.

Balı is on the "red list" of the Ministry of Interior which has a 4 million liras (~700 thousand US dollars) bounty on himself.

Having previously served three years in prison, Balı is claimed to be alive and in Mayadin region in Syria.
(BIA, 6 September 2019)

Socio-économique / Socio-economic

"Je ne peux pas me taire": quand le rap turc vire au politique

Dans une Turquie où les voix dissidentes peinent de plus en plus à se faire entendre, un clip de rap de 15 minutes au ton militant fait sensation sur les réseaux sociaux.

Une semaine après sa sortie, le clip de la chanson "Susamam" (Je ne peux pas me taire) a été visionné à plus de 20 millions reprises sur YouTube, une audience rare pour ce genre de musique en Turquie.

Dans ce clip, une vingtaine de chanteurs et musiciens abordent à tour de rôle avec des paroles critiques des sujets allant de la pollution aux inégalités dans l'éducation, en passant par les violences conjugales ou encore la cruauté envers les animaux.

Mais le passage qui a le plus marqué les esprits est celui qui évoque la liberté d'expression et l'Etat de droit. Le rappeur Saniser, de son vrai nom Sarp Palaur, y assène: "j'ai trop peur d'envoyer un tweet, j'en suis à avoir peur de la police de mon propre pays".

Un refrain qui s'est avéré prémonitoire. Quelques heures seulement après la sortie du clip, Canan Kaftancioglu, une cheffe de l'opposition à Istanbul, a été condamnée à près de dix ans de prison notamment pour des tweets jugés insultants envers le président Recep Tayyip Erdogan.

Mme Kaftancioglu, en liberté provisoire, a partagé la chanson sur son compte Twitter avec ce message: "Je ne peux pas me taire moi non plus".

- "Une étincelle" -

Le clip s'ouvre avec une voix-off indiquant que la musique divertit, mais peut aussi "apporter du changement".

"Il est évidemment pas possible de faire changer toute la société avec une seule chanson mais je pense que plus nous pouvons rallier des gens à notre cause, le mieux ce sera", confie à l'AFP l'un des rappeurs, Samet Gonullu, connu sous le nom de scène Sokrat St.

"Nous voyons une étincelle s'allumer. Le temps dira si elle perdurera", ajoute-il.

Pour Dogan Gurpinar, historien à la Istanbul Technical University, la chanson traduit un nouvel espoir chez les opposants libéraux au président Erdogan, qui se sont sentis impuissants ces dernières années face à un pouvoir accusé de dérive autoritaire.

L'opposition semble avoir repris du poil de la bête après que l'une de ses stars montantes, Ekrem Imamoglu, eut remporté les municipales à Istanbul en battant le candidat de M. Erdogan en mars, puis en juin après l'annulation du premier scrutin dans des conditions controversées.

"Le climat politique (depuis les municipales) a offert une lueur d'espoir et aiguisé les appétits de ceux qui veulent agir", estime M. Gurpinar. Pour lui, Susamam "n'est pas une révolte mais un signe d'optimisme".

- "Très bizarre" -

Le succès du clip semble irriter le parti au pouvoir, l'AKP. "L'art ne doit pas servir d'instrument de provocation et de manipulation politique", a tancé l'un de ses vice-présidents, Hamza Dag.

Le journal pro-gouvernemental Yeni Safak a même affirmé que le clip était "une co-production" de "terroristes" kurdes et de membres de l'organisation accusée d'avoir fomenté le putsch manqué contre M. Erdogan en juillet 2016.

"Une blague", rétorque Sokrat St, qui affirme que les rappeurs n'ont pas peur d'éventuelles représailles.

"C'est très bizarre de nous mettre dans la même catégorie avec des groupes terroristes et de nous accuser de faire partie d'un complot".

L'unique rappeuse dans le clip Deniz Tekin, y aborde la violence conjugale alors que déferlent en arrière-plan des images d'Emine Bulut, tuée en août par son ex-mari qui l'a poignardée au cou après une dispute dans un café sous les yeux de leurs enfants.

"Je ne crois pas en avoir assez dit dans le clip car ce n'est pas un sujet qui peut être abordé en 30 secondes", dit-elle à l'AFP.

A la veille de la sortie de Susamam, l'un des rappeurs les plus connus de Turquie, Ezhel, y était allé de son propre clip, visionné plus d'un million de fois, avec une compilation d'images fortes de manifestations anti-gouvernementales, violences policières, scène de guerre et réfugiés.

Si ces chansons ont peu de chance de bouleverser le paysage politique en Turquie du jour au lendemain, elles n'en constituent pas moins d'après M. Gurpinar "des messages forts qui laisseront une marque".
(AFP, 13 septembre 2019)

Prison avec sursis pour la star du foot Arda Turan

Le footballeur international turc Arda Turan a été condamné à deux ans et huit mois de prison avec sursis pour avoir agressé un célèbre chanteur turc en 2018, ont rapporté les médias locaux jeudi.

Le joueur a été condamné par un tribunal d'Istanbul mercredi
après avoir été reconnu coupable d'avoir fait feu pour semer la panique, détention illégale d'arme et coups et blessures volontaires, selon la presse locale.

Turan, prêté par Barcelone au club stambouliote de Basaksehir, s'était battu en octobre 2018 à la sortie d'une boîte de nuit avec le chanteur populaire Berkay Sahin, dont l'épouse disait avoir été harcelée par le joueur, selon les médias.

Lors de la bagarre, Turan aurait cassé le nez du chanteur. Il se serait ensuite rendu, armé d'un pistolet, à l'hôpital où le chanteur était soigné, suppliant pour qu'on lui tire dessus et qu'on lui pardonne.

Dans un message postés sur les réseau sociaux, Turan a affirmé que cette affaire lui avait servi de leçon et s'est engagé à "faire (s)on métier du mieux que je pourrai et de remplir de joie ma femme bien-aimée, mon club et mes amis".

Le milieu de terrain offensif est l'un des footballeurs turcs les plus connus et est également célèbre pour être un soutien du président Recep Tayyip Erdogan. Mais il est aussi réputé pour son mauvais comportement sur le terrain comme en dehors.

En mai 2018, il a été suspendu 16 matches par les autorités du football turc après avoir bousculé et insulté un arbitre lors d'un match de Basaksehir.

Le joueur de 32 ans a rejoint en prêt Basaksehir en janvier 2018, après une expérience infructueuse à Barcelone, où il n'a pas réussi à s'imposer, après de belles années à l'Atlético Madrid.
(AFP, 12 septembre 2019)

Relations turco-européennes / Turkey-Europe Relations

Relaxe pour un Autrichien accusé de liens avec un groupe "terroriste"

Un tribunal d'Ankara a relaxé mercredi un étudiant et journaliste autrichien accusé d'appartenir à un groupe "terroriste" d'extrême gauche, a déclaré son avocat à l'AFP.

"Une décision selon laquelle Max Zirngast n'avait pris part à aucune activité illégale ou activité constituant un crime a été rendue", a déclaré l'avocat Murat Yilmaz.

Cette décision survient un an jour pour jour après son arrestation le 11 septembre 2018. Max Zirngast, installé en Turquie depuis 2015, avait finalement été libéré en décembre.

Cet Autrichien de 30 ans était alors étudiant en master de Sciences politiques à l'Université technique du Moyen-Orient (ÖDTÜ) d'Ankara et contribuait à plusieurs médias en Turquie et à l'étranger, notamment à la revue d'extrême gauche de langue allemande Re:volt.

Dans une tribune publiée peu après son arrestation dans le quotidien américain Washington Post, M. Zirngast avait écrit avoir été principalement interrogé sur un article paru dans la revue américaine de gauche Jacobin, dans lequel il a selon les enquêteurs "insulté" le président Recep Tayyip Erdogan, un délit en Turquie.

Il était jugé avec deux amis turcs, Hatice Göz, une psychologue, et Mithatcan Turekten, un étudiant, arrêtés en même temps que lui et eux aussi libérés en décembre. Tous deux ont aussi été acquittés mercredi.

Les autorités autrichiennes qui avaient dénoncé les poursuites visant le trentenaire se sont félicitées de la relaxe. Le ministre des Affaires étrangères Alexander Schallenberg a salué "une décision juste" tout comme le chef de l'Etat Alexander Van der Bellen.

"Nous ne devons pas oublier qu'il y a encore beaucoup de journalistes emprisonnés en Turquie", a relevé M. Van der Bellen sur Twitter.
(AFP, 11 septembre 2019)

Erdogan menace l'Europe d'un nouvel afflux de migrants

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, dont le pays accueille plus de quatre millions de réfugiés, a menacé jeudi d'en laisser affluer une nouvelle vague vers l'Union européenne s'il n'obtient pas davantage d'aide internationale.

Plus de 3,5 millions de ces réfugiés sont des Syriens et Ankara souhaite la création en Syrie d'une "zone de sécurité" où ils pourraient retourner.

"Si cela n'arrive pas, nous serons obligés d'ouvrir les portes. Soit vous nous aidez, soit, si vous ne le faites pas, désolé, mais il y des limites à ce que l'on peut supporter", a-t-il déclaré lors d'un discours télévisé à Ankara.

"Nous disons, établissons une zone de sécurité (...) si nous faisons une telle chose, cela soulagera la Turquie", a-t-il poursuivi.

Il a également évoqué la situation à Idleb - province syrienne frontalière de la Turquie où résident environ 3 millions de personnes et qui est soumise à des bombardements du régime- ainsi qu'un afflux croissant de réfugiés afghans vers la Turquie.

"Nous n'avons pas eu de soutien suffisant, et nous serons obligés de faire cela pour l'obtenir", a-t-il ajouté, affirmant que la Turquie avait dépensé 40 milliards de dollars et n'avait obtenu que trois milliards d'euros de l'Union européenne pour l'accueil des réfugiés syriens.

La Turquie et l'UE ont conclu en 2016 un accord qui prévoyait le retour en Turquie de migrants entrés illégalement en Grèce en échange notamment d'une aide financière de 6 milliards d'euros de l'UE à Ankara.

"A ce jour l'Union européenne a alloué 5,6 des 6 milliards d'euros approuvés", a cependant répliqué une porte-parole de la Commission européenne, Natasha Bertaud, assurant que le reste sera versé "prochainement".

Mettant également la pression sur les Etats-Unis, avec lesquels la Turquie négocie la création d'une "zone de sécurité" dans le nord-est de la Syrie, M. Erdogan s'est dit "déterminé" à ce qu'elle soit créée "d'ici la dernière semaine de septembre".

Affirmant que 350.000 Syriens étaient déjà retournés dans les zones contrôlées par la Turquie dans le nord de la Syrie, il a souligné que l'objectif était d'en installer un million "dans une zone de sécurité de 450 kilomètres le long de la frontière".
(AFP, 5 septembre 2019)

European Socialists Call for Release of Demirtaş

The Party of European Socialists (PES) has called for the release of Selahattin Demirtaş, a former co-chair of the Peoples' Democratic Party (HDP), an associate member of the PES, after a court ruled for a release on Monday (September 2).

Demirtaş, who has been behind bars since November 2016, continues to stay in prison as he was convicted in another case in December 2018.

"By keeping him in prison, Turkey is violating Selahattin's rights as well as the political rights of the Turkish people. Like we previously said, these charges are politically motivated and their only purpose is to remove the democratic opposition. We demand that Demirtas be freed immediately," said Sergei Stanishev, president of the PES.

"Selahattin is a fighter for human rights and democratic freedoms, for not only the Kurdish minority but for all Turkish citizens. His only crime has been to work for a democratic, progressive Turkey. He has been kept in prison for almost three years for that. Turkey is in violation of the Human Rights Convention," he added.

The PES said in a press release that it supports its member parties in Turkey (HDP and CHP) will continue to stand by them "when their rights, and the rights of their members, are attacked".
(BIA, 4 September 2019)

Erdogan, le pouvoir coût que côut

Anne Andlauer, Le Soir, 4 septembre 2019

Après ses revers aux municipales du printemps, Recep Tayyip Erdogan n’accorde aucun répit à ses opposants. En août, les autorités ont démis de leurs fonctions trois maires du parti prokurde. L’opposition, longtemps divisée, cherche son salut dans l’union.

A plus de 77 ans, Ahmet Türk en a vu d’autres. Figure de la cause kurde, c’est vers lui que se tournent les oreilles en quête d’un avis, d’un conseil ou d’une prédiction. Mais Ahmet Türk est doyen, pas devin. Derrière sa moustache blanche, il le rappelle aux journalistes conviés tout récemment à une conférence de presse à Istanbul : « Quand vous êtes face à un pouvoir guidé par la colère, un pouvoir qui se crée des ennemis pour se maintenir en place, vous ne pouvez pas savoir jusqu’où il peut aller. »

Concentration des pouvoirs

Le 19 août, Ahmet Türk, Selçuk Mizrakli et Bedia Özgökçe Ertan, membres du Parti démocratique des peuples (HDP), ont dû quitter le fauteuil de maire qu’ils occupaient depuis avril. Le ministère de l’Intérieur, invoquant des enquêtes en lien avec le terrorisme, a installé des fonctionnaires à la tête des mairies de Mardin, Diyarbakir et Van, trois grandes villes du sud-est à majorité kurde.

Depuis l’entrée en vigueur, en juillet 2018, d’un régime présidentiel fort taillé sur mesure par et pour l’actuel dirigeant, aucune institution, aucun niveau de pouvoir n’échappe plus au contrôle de Recep Tayyip Erdogan. Contraint par son alliance avec le parti ultranationaliste (MHP), le chef d’Etat ne semble pas près de lâcher du lest ou d’assouplir sa rhétorique malgré ses déboires récents aux élections locales. « Ces derniers jours, il a même menacé de lever l’immunité des parlementaires », observe Ahmet Türk.

Destituer, voire incarcérer des députés et des maires prokurdes : la pratique n’est pas nouvelle. Depuis le coup d’Etat manqué de juillet 2016, neuf parlementaires du HDP ont été jetés en prison, dont l’ancien dirigeant du parti, Selahattin Demirtas. Sous la précédente mandature, 94 des 99 maires HDP avaient perdu leur poste. A l’époque, les autres partis d’opposition s’étaient très peu manifestés, soucieux de ne pas s’afficher aux côtés des élus prokurdes.

Alliance d’intérêts

« Cette fois-ci, on sent que la voix de l’opposition est en train de monter », salue Ahmet Türk, qui avait déjà dû quitter la mairie de Mardin en novembre 2016, peu avant d’être emprisonné. « Nous traversons une période sensible et très importante pendant laquelle l’opposition doit se rassembler pour faire avancer la cause de la démocratie. Si nous ne sommes pas capables de développer des réflexes communs, nous ne pourrons pas faire grand-chose pour empêcher ce qui est en train de se passer. »

Signe qu’une telle équation est possible : le CHP (Parti républicain du peuple) social-démocrate, premier parti d’opposition, a dénoncé sans équivoque le renvoi des trois maires. « Quand ceux qui arrivent par une élection ne partent pas par une élection, c’est qu’il n’y a pas de démocratie et pas d’Etat de droit », a lancé le nouvel édile d’Istanbul, Ekrem Imamoglu, issu du CHP, lors d’une visite à Diyarbakir le week-end dernier. C’est notamment grâce aux électeurs du parti prokurde, qui n’avait pas présenté de candidat, qu’Ekrem Imamoglu a pu ravir la mairie de la plus grande ville turque au Parti de la justice et du développement (AKP) de Recep Tayyip Erdogan.

« Notre victoire à Istanbul le 23 juin, après l’annulation d’une première victoire en mars, a apporté un changement majeur », confirme Ibrahim Kaboglu, professeur de droit respecté, devenu député l’an dernier sous les couleurs du CHP. « Elle a montré que l’alternance politique restait possible malgré le pessimisme qui existait à ce sujet. Toute notre lutte se concentre désormais sur l’union de ceux qui croient en la démocratie et l’Etat de droit pour créer ce que j’appelle un front démocratique. »

Cercle vicieux

Cette alliance d’intérêts des anti-Erdogan, inédite mais fragile, est l’un des deux tourments de l’actuel président. L’autre est de nature interne : pour la première fois, Recep Tayyip Erdogan risque une scission de sa formation, fondée en 2002. Son ancien ministre de l’Economie, Ali Babacan, a quitté le navire en juillet pour fonder son propre parti d’ici la fin de l’année. Sans doute pour s’épargner l’affront d’une nouvelle démission, l’AKP a engagé cette semaine une procédure d’exclusion contre l’ancien Premier ministre Davutoglu et trois anciens députés qui multipliaient les critiques contre le parti et son chef.

« Plus Erdogan exclut ses anciens compagnons de route, plus il se retrouve avec une équipe politique insuffisante et plus il se rapproche du MHP (ultranationaliste, NDLR) par instinct de défense », analyse le chroniqueur Murat Yetkin sur son blog. « Et plus Erdogan se rapproche du MHP, plus certains s’éloignent de lui. Il s’enferme dans un cercle vicieux. »


Turquie-USA-OTAN / Turkey-USA-NATO

Ankara juge "cosmétiques" les efforts de Washington pour créer une zone tampon

Les efforts des Etats-Unis pour créer une zone tampon dans le nord-est de la Syrie sont "uniquement cosmétiques", a jugé mardi le ministre turc des Affaires étrangères, accusant Washington de traîner des pieds.

Un accord conclu le mois dernier entre la Turquie et les Etats-Unis prévoit la mise en place d'une zone tampon entre la frontière turque et les zones syriennes contrôlées par la milice kurde, appuyée par Washington, des Unités de protection du peuple (YPG), le fer de lance des Forces démocratiques syriennes (FDS), à l'est du fleuve Euphrate.

"Il y a eu des patrouilles communes, c'est vrai, mais les efforts pour aller plus loin (...) se sont révélés uniquement cosmétiques", a déclaré à la presse à Ankara le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu.

Militaires turcs et américains ont effectué dimanche matin leur première patrouille commune dans le nord-est de la Syrie, composée de six véhicules blindés turcs et d'autant de véhicules américains, pendant un peu plus de trois heures, avant le retour en Turquie des soldats turcs.

Il s'agissait notamment pour les soldats d'observer le retrait progressif des forces kurdes de la frontière turque.

Mevlut Cavusoglu a mis les Etats-Unis en garde contre tout retard dans l'application de ce retrait. La Turquie a plusieurs fois menacé d'une action militaire unilatérale contre les forces kurdes.

Les contours exacts de la future zone tampon restent flous. Une rencontre entre de hauts responsables militaires américains et turcs est prévue mardi, a indiqué le ministère turc de la Défense sur Twitter.

Le soutien américain aux YPG, en pointe dans la lutte contre les jihadistes du groupe Etat islamique (EI), a été un point de friction majeur entre les deux pays, pourtant alliés au sein de l'Otan, Ankara considérant cette milice comme une organisation "terroriste".

L'un des objectifs de la "zone de sécurité" pour Ankara est de pouvoir y renvoyer certains des plus de 3,6 millions de réfugiés syriens installés en Turquie. Un projet pressant au moment où les combats à Idleb (nord-ouest de la Syrie), où vivent environ trois millions de personnes, font craindre un nouvel afflux de migrants.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan doit rencontrer son homologue américain Donald Trump et évoquer cette question, en marge de l'Assemblée générale des Nations unies fin septembre.
(AFP, 13 s0ptembre 2019)

Première patrouille commune turco-américaine en Syrie

Turcs et Américains ont effectué dimanche matin leur première patrouille commune dans le nord-est de la Syrie, dans un secteur censé se transformer à terme en une "zone de sécurité", en vertu d'un accord conclu entre la Turquie et les Etats-Unis.

Six véhicules blindés turcs ont traversé la frontière pour rejoindre en Syrie autant de véhicules américains pour une première patrouille de ce type dans cette zone, a constaté un journaliste de l'AFP sur place, une mesure prévue par un accord conclu le 7 août.

La patrouille a duré un peu plus de trois heures, prenant fin à la mi-journée, avec le retour en Turquie des soldats turcs.

L'accord conclu le mois dernier entre la Turquie et les Etats-Unis prévoit la mise en place d'une zone tampon entre la frontière turque et les zones syriennes contrôlées par la milice kurde, appuyée par Washington, des Unités de protection du peuple (YPG), le fer de lance des Forces démocratiques syriennes (FDS), à l'est du fleuve Euphrate.

Le soutien américain aux YPG a été un point de friction majeur entre les deux pays, pourtant alliés au sein de l'Otan, Ankara considérant cette milice comme une organisation "terroriste".

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a ainsi déclaré dimanche "voir à chaque pas que nous prenons que ce que nous voulons est différent de ce que (les États-Unis) ont en tête".

"Notre allié cherche à créer une zone de sécurité non pas pour nous, mais pour les terroristes", a-t-il ajouté, s'exprimant dans un discours télévisé.

Les forces kurdes ont commencé fin août à se retirer de la frontière turque, avec notamment l'élimination de monticules de terre et le retrait de certaines unités des YPG.

La patrouille a permis aux forces turques d'observer "par elles-mêmes les progrès en termes de destruction des fortifications des YPG et les zones abandonnées volontairement par les YPG", a déclaré dans un communiqué le colonel Myles Caggins, le porte-parole de la coalition dirigée par les Etats-Unis en Syrie.

Il a ajouté que la patrouille prouvait "l'engagement continu de la coalition à répondre aux préoccupations légitimes de la Turquie en matière de sécurité, tout en permettant à la coalition et à ses partenaires des FDS de rester concentrés sur la réalisation de la défaite durable" du groupe État islamique (EI).

- "Agression" -

Damas a condamné "avec la plus grande fermeté" la patrouille de dimanche. Il s'agit d'une "agression" visant "à compliquer et à prolonger la crise en Syrie", a affirmé une source au ministère syrien des Affaires étrangères, citée par l'agence officielle de presse Sana.

Les contours de la "zone de sécurité" restent flous. M. Erdogan a affirmé que son homologue américain Donald Trump avait promis que la "zone de sécurité" serait large de 32 kilomètres (20 miles).

Le haut-commandant des FDS, Mazloum Abdi, avait quant à lui évoqué une zone de cinq kilomètres de profondeur, voire jusqu'à neuf et 14 kilomètres à certains endroits entre Ras al-Aïn et Tal Abyad.

M. Erdogan a également menacé de lancer une opération dans le nord-est de la Syrie si la Turquie n'obtient pas le contrôle de cette "zone de sécurité".

Si aucun calendrier n'a été avancé pour la mise en place de cette zone, M. Erdogan a répété dimanche vouloir qu'elle soit entièrement établie "d'ici à la fin du mois".

L'un des objectifs de la "zone de sécurité" pour Ankara est de pouvoir y renvoyer certains des plus de 3,6 millions de réfugiés syriens installés en Turquie. Un projet pressant au moment où les combats à Idleb (nord-ouest de la Syrie), où vivent environ trois millions de personnes, font craindre un nouvel afflux de migrants.

Dans un communiqué, le ministère turc de la Défense a déclaré que "les patrouilles communes terrestres et aériennes" se poursuivraient "dans les prochains jours" afin de superviser la mise en place de la "zone de sécurité".

Ankara et Washington étaient déjà arrivés à un accord similaire dans le secteur de Minbej (nord de la Syrie), où des patrouilles communes avaient été mises en place en novembre dernier.
(AFP, 8 septembre 2019)

Damas condamne les patrouilles turco-américaines dans le nord-est

Le gouvernement syrien a condamné dimanche le début des patrouilles turco-américaine dans le nord-est du pays, dans un secteur censé devenir à terme une "zone de sécurité" en vertu d'un accord entre Ankara et Washington déjà rejeté par Damas.

Dimanche matin, la Turquie et les Etats-Unis ont lancé leur première patrouille conjointe en application d'un accord conclu le 7 août entre les deux pays.

Celui-ci prévoit la mise en place d'une zone tampon entre la frontière turque et les zones syriennes contrôlées par la milice kurde appuyée par Washington des Unités de protection du peuple (YPG), qu'Ankara qualifie de "terroriste".

"La Syrie condamne avec la plus grande fermeté les patrouilles conjointes menées par les Etats-Unis et le régime turc", a affirmé l'agence officielle Sana, citant une source au ministère des Affaires étrangères.

Cette initiative représente "une agression" et "vise à compliquer et à prolonger la crise en Syrie", a ajouté Sana.

Le régime syrien avait déjà rejeté le mois dernier l'accord "des occupants américain et turc sur la création de ce qui est appelé +zone de sécurité+".

Pour le pouvoir de Bachar al-Assad, qui a réussi à reprendre le contrôle de plus de 60% du territoire syrien depuis 2015 avec l'aide cruciale de l'allié russe, l'accord américano-turc constitue "une agression flagrante" contre sa souveraineté.

Damas a pour objectif de se redéployer dans les zones contrôlées par les Kurdes et a entamé avec ces derniers des négociations, jusqu'ici sans progrès car le pouvoir refuse d'octroyer toute autonomie à cette minorité ethnique.

Au lendemain de l'accord turco-américain, Damas a été jusqu'à accuser les Kurdes d'être un "outil" dans ce "projet hostile" en raison de leur alliance avec Washington, les appelant "à retourner dans le giron national".

Les Kurdes, une minorité ethnique longtemps marginalisée en Syrie, ont créé une zone autonome dans le Nord à la faveur du conflit syrien.

Cette guerre, déclenchée en 2011 par la répression de manifestations prodémocratie, s'est complexifiée au fil des ans avec l'implication de multiples acteurs régionaux et internationaux.

En plus de huit ans, le conflit en Syrie a fait plus de 370.000 morts et déplacé des millions de personnes.
(AFP, 8 septembre 2019)

Patrouilles conjointes turco-américaines à partir de dimanche

Le ministre turc de la Défense Hulusi Akar a affirmé vendredi que des patrouilles conjointes turco-américaines commenceraient à partir de dimanche dans le nord-est de la Syrie dans un secteur censé se transformer à terme en une "zone de sécurité".

"Nous avons prévu de commencer les patrouilles conjointes le 8 septembre", a déclaré M. Akar à la presse.

Un accord conclu le 7 août entre la Turquie et les Etats-Unis prévoit la mise en place d'une zone tampon entre la frontière turque et les zones syriennes contrôlées par la milice kurde appuyée par Washington des Unités de protection du peuple (YPG) à l'est du fleuve Euphrate. Cette milice est considérée comme "terroriste" par Ankara.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan avait menacé samedi de lancer une opération dans le nord-est de la Syrie si la Turquie n'obtenait pas le contrôle de cette "zone de sécurité".

M. Erdogan a affirmé que le président américain Donald Trump avait promis que la "zone de sécurité" serait large de 32 kilomètres (20 miles).

Un centre d'opérations conjointes, prévu par cet accord pour coordonner la création de la "zone de sécurité" a récemment été mis en place.

L'accord turco-américain avait permis d'éviter une opération turque contre les YPG qui semblait imminente.

Les contours de la "zone de sécurité" restent flous et aucun calendrier n'a été avancé pour sa mise en place.

Ankara a plusieurs fois mis en garde contre toute "manoeuvre dilatoire" et prévenu qu'aucun "retard" ne serait toléré.

Ces derniers jours, des militaires turcs et américains ont survolé en hélicoptère le nord-est de la Syrie à trois reprises, a indiqué M. Akar vendredi.

Depuis 2016, la Turquie a lancé deux opérations transfrontalières contre les YPG et a plusieurs fois menacé d'en lancer une nouvelle.
(AFP, 6 septembre 2019)

Frappe américaine près d'Idleb, 40 chefs jihadistes tués selon une ONG

Les Etats-Unis ont mené samedi une frappe en Syrie contre des chefs jihadistes près de la ville d'Idleb, dans le nord-ouest du pays en guerre, tuant au moins 40 d'entre eux, selon une ONG.

La province d'Idleb faisait l'objet d'une trêve concernant uniquement l'armée syrienne et entrée en vigueur en matinée, mais celle-ci n'a pas duré puisqu'un civil a été tué lors de tirs du régime, d'après l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Parallèlement, le Pentagone a indiqué dans un bref communiqué qu'une frappe américaine avait visé au nord d'Idleb "des leaders d'AQ-S responsables d'attaques menaçant des citoyens américains, nos partenaires, ainsi que des civils innocents", sans donner de précisions sur la façon dont l'opération avait été menée.

L'OSDH, qui s'appuie sur un vaste réseau de sources en Syrie, a précisé que des tirs de missiles avaient visé une réunion rassemblant des chefs des groupes jihadistes Hourras al-Din et Ansar al-Tawhid ainsi que des chefs d'autres groupes extrémistes qui leur sont alliés dans un camp d'entraînement.

"Au moins 40 d'entre eux" ont été tués, a déclaré à l'AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH.

Ce bilan est l'un des plus meurtriers infligés aux jihadistes dans une seule attaque en Syrie.

Les groupes visés sont des alliés de Hayat Tahrir al-Cham (HTS), l'ex-branche syrienne d'Al-Qaïda, qui domine la province d'Idleb. Toutes ces factions ont déjà été la cible de raids aériens du régime syrien, de son allié russe, mais aussi de la coalition internationale antijihadiste dirigée par les Etats-Unis, et des Etats-Unis eux-mêmes.

Au nord d'Idleb, des explosions successives ont été entendues, suivies de colonnes de fumée, a indiqué un correspondant de l'AFP présent non loin du lieu de l'attaque. Des ambulances se sont rendues sur place alors que les journalistes n'y ont pas eu accès.

Le 30 juin, les Etats-Unis avaient mené une frappe "contre la direction d'Al-Qaïda en Syrie dans une structure d'entraînement" dans la province d'Alep, voisine de celle d'Idleb. L'OSDH a alors affirmé que la frappe avait fait huit morts, dont six commandants du groupe Hourras al-Din.

En 2014, Washington a mis sur pied une coalition internationale pour lutter contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI), dont le dernier réduit a été repris en mars dernier en Syrie avec l'aide de forces kurdes. Mais des soldats américains sont toujours en Syrie.

Les frappes américaines contre les jihadistes avaient considérablement diminué depuis 2017.

- Violation de la trêve -

Ailleurs dans la province d'Idleb, un civil a été tué samedi lors de tirs du régime syrien, première "violation" d'une trêve unilatérale de l'armée syrienne, selon l'OSDH.

Les tirs ont eu lieu sur la ville de Kafranbel, au sud de la ville d'Idleb, a précisé à l'AFP Rami Abdel Rahmane, le directeur de l'ONG.

L'OSDH a aussi rapporté que deux membres des forces du régime ont été tués près de la frontière entre la province d'Idleb et celle de Hama, lorsque des combattants rebelles et jihadistes ont pris pour cible leur voiture.

Et un drone russe a été abattu par les jihadistes de HTS, a ajouté l'OSDH.

La trêve avait débuté samedi matin après avoir été annoncée vendredi après quatre mois de bombardements dévastateurs par la Russie, alliée du président syrien Bachar al-Assad.

Elle était "temporaire", a affirmé samedi Bouthaina Chaabane, conseillère du président syrien lors d'un entretien avec la télévision Al-Mayadeen basée à Beyrouth.

"La trêve sert la grande stratégie de libération de chaque centimètre du territoire syrien", a-t-elle ajouté.

Une précédente trêve décrétée début août dans cette même région avait volé en éclats au bout de quelques jours.

Fin avril, le régime Assad aidé de Moscou a lancé des raids aériens contre la province d'Idleb et les secteurs limitrophes dans les provinces voisines de Hama, Lattaquié et Alep, dominés par HTS. Le 8 août, il a débuté une offensive au sol reprenant de nombreux secteurs, y compris la totalité des zones qui lui échappaient dans la province de Hama.

L'offensive a fait plus de 950 morts parmi les civils depuis fin avril.

Le régime Assad a reconquis environ 60% du territoire avec l'aide de Moscou, de l'Iran et du Hezbollah libanais. Outre la région d'Idleb, les vastes régions aux mains des forces kurdes lui échappent.
(AFP, 31 août 2019)

Relations régionales / Regional Relations

La CPI ordonne de rouvrir le dossier sur Raid israélien en 2010

La Cour pénale internationale (CPI) a ordonné lundi pour la deuxième fois à sa procureure de réexaminer la nécessité ou non de poursuivre Israël pour le raid meurtrier mené contre une flottille humanitaire à destination de Gaza en mai 2010.

La procureure Fatou Bensouda avait décidé en 2014 de ne pas poursuivre Israël, considérant que les faits n'étaient "pas assez graves" même si elle estimait "raisonnable de penser" que des crimes de guerre avaient été commis.

Fatou Bensouda avait confirmé sa décision en 2017 après que la CPI lui avait ordonné de réexaminer sa position.

Mais les juges ont décidé lundi en appel qu'elle devait à nouveau examiner la nécessité ou non de poursuivre Israël devant le tribunal établi à La Haye.

"La procureure est sommée de reconsidérer sa décision avant le 2 décembre 2019", a déclaré le président de la cour d'appel Solomy Balungi Bossa à la cour, ajoutant qu'une majorité de juges avait appuyé la motion, avec deux qui s'y étaient opposés.

En 2010, la flottille affrétée par l'ONG turque IHH, considérée comme proche de l'actuel gouvernement islamo-conservateur au pouvoir à Ankara, avait été arraisonnée dans les eaux internationales par un commando israélien tandis qu'elle tentait de rallier Gaza, sous blocus israélien.

Neuf Turcs qui se trouvaient à bord du Mavi Marmara avaient été tués dans l'assaut.
 Un dixième était mort plus tard de ses blessures.

Cette flottille était composée de huit navires, avec à leur bord 70 passagers originaires d'une quarantaine de pays. Son objectif déclaré était d'apporter de l'aide à Gaza et d'attirer l'attention de la communauté internationale sur les conséquences du blocus.

La procureure Bensouda avait été saisie de l'affaire par le gouvernement des Comores, Etat partie au Statut de Rome, le traité fondateur de la CPI, mais aussi celui auprès duquel était enregistré le Mavi Marmara, le navire amiral de la flottille internationale humanitaire.

Les relations entre la Turquie et Israël, alliés stratégiques dans les années 1990, s'étaient dégradées après le raid. Des discussions tenues secrètes avaient permis ensuite de les rétablir. Israël avait présenté ses excuses, accordé à la Turquie la permission d'accéder à Gaza par les ports israéliens, et versé 20 millions de dollars (18 millions EUR) d'indemnités aux familles des victimes.
(AFP, 2 septembre 2019)

L'armée russe annonce un cessez-le-feu à Idleb à partir de samedi

L'armée russe a annoncé vendredi qu'un cessez-le-feu unilatéral, ne concernant que l'armée syrienne, entrerait en vigueur samedi matin dans la région d'Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, que le pouvoir cherche à reprendre au prix de combats meurtriers.

Un accord a été conclu pour "un cessez-le-feu unilatéral des forces gouvernementales syriennes à partir de 06H00 le 31 août", a déclaré dans un communiqué le Centre russe pour la réconciliation en Syrie.

"Le centre russe pour la réconciliation appelle les commandants des groupes armés à renoncer aux provocations et à se joindre au processus de règlement pacifique dans les zones qu'ils contrôlent", a-t-il poursuivi.

Après plusieurs mois d'intenses bombardements par les aviations russe et syrienne, les forces de Bachar al-Assad ont entamé le 8 août une offensive au sol contre cette province, dominée par les jihadistes de Hayat Tahrir al-Cham (HTS), l'ex-branche syrienne d'Al-Qaïda.

Jeudi, les forces gouvernementales avaient encore conquis de nouveaux secteurs de cette zone après avoir déjà repris la ville stratégique de Khan Cheikhoun, au sud d'Idleb.

L'ensemble de ce secteur est censé être protégé par un accord sur une "zone démilitarisée", dévoilé en septembre 2018 par la Turquie et la Russie pour séparer les zones gouvernementales des territoires aux mains des jihadistes et des insurgés, mais cet accord n'a pas empêché l'offensive du régime.

"Les attaques contre des Syriens innocents à Idleb doivent immédiatement cesser pour que la crise humanitaire puisse prendre fin et le processus politique progresser", a déclaré vendredi sur Twitter le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo à l'issue d'une rencontre à Washington avec l'émissaire de l'ONU pour la Syrie Geir Pedersen.
(AFP, 30 août 2019)

60 combattants tués dans les affrontements entre régime et jihadistes à Idleb

Au moins 60 combattants ont péri mardi dans les affrontements entre les forces du régime d'un côté et les jihadistes et les rebelles de l'autre dans la province d'Idleb en Syrie, que le pouvoir cherche à reprendre, selon une ONG syrienne.

La majeure partie de la province d'Idleb (nord-ouest) ainsi que des secteurs adjacents des provinces d'Alep et Lattaquié restent dominés par les jihadistes de Hayat Tahrir al-Cham (HTS, ex-branche syrienne d'Al-Qaïda). Des groupes rebelles proturcs y sont aussi présents.

Soutenues par l'aviation russe, les prorégime ont repris ces derniers jours plusieurs localités du sud de la province d'Idleb, poursuivant leur offensive au sol lancée le 8 août, après plus de trois mois de bombardements aériens et à l'artillerie quasi quotidiens.

Ils ont en outre repris la grande majorité de la province de Hama, également voisine de celle d'Idleb, à l'exception de quelques villages dans le Nord. A Hama, ils encerclent surtout un poste d'observation de l'armée turque qui dispose depuis près de deux ans de douze installations de ce genre à Idleb et Hama.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui s'appuie sur un vaste réseau de sources dans la Syrie en guerre, 60 combattants - 29 prorégime et 31 rebelles et jihadistes, ont péri dans les combats sur plusieurs fronts de la province d'Idleb, frontalière de la Turquie.

En outre, 10 civils ont été tués dans les raids aériens du régime dans la même province, a indiqué l'OSDH.

Après la reprise de la ville clé de Khan Cheikhoun dans le sud de la province d'Idleb, le régime vise la région de Maaret al-Noomane, plus au nord, selon l'ONG. Ces deux villes sont situées sur une autoroute reliant la capitale Damas à la grande ville du Nord, Alep, toutes deux tenues par le pouvoir de Bachar al-Assad.

Depuis fin avril, les bombardements du régime syrien et de son allié russe ont tué environ 900 civils dans la région d'Idleb, selon l'OSDH. Et plus de 400.000 personnes ont été déplacées, d'après l'ONU.

Déclenchée en 2011 par la répression par le pouvoir de manifestations prodémocratie, la guerre en Syrie a fait plus de 370.000 morts.
(AFP, 27 août 2019)

A Moscou, Erdogan et Poutine se disent inquiets pour Idleb

Le président russe Vladimir Poutine et son homologue turc Recep Tayyip Erdogan ont dit mardi partager "de graves inquiétudes" concernant la région syrienne d'Idleb (nord-ouest), où les combats font rage, M. Erdogan prévenant qu'Ankara réagira si ses soldats y sont mis en danger.

Réunis à Moscou, les deux dirigeants ont dit vouloir travailler ensemble pour apaiser la situation dans cette région frontalière de la Turquie, une des dernières à ne pas être controlée par le régime de Damas.

Après plusieurs mois d'intenses bombardements par les aviations russe et syrienne, les soldats du président syrien Bachar al-Assad y ont lancé début août une offensive au sol, reprenant plusieurs localités d'importance.

Ces combats pourraient augmenter les tensions entre Téhéran et Moscou d'un côté, qui soutiennent Bachar al-Assad, et Ankara de l'autre, qui appuie les rebelles.

"La situation dans la zone de désescalade d'Idleb soulève de graves inquiétudes et chez nous, et chez nos partenaires turcs", a déclaré M. Poutine au cours d'une conférence de presse avec M. Erdogan diffusée sur la télévision publique russe.

Disant "comprendre" les inquiétudes d'Ankara pour la sécurité à sa frontière, M. Poutine a ajouté avoir évoqué avec M. Erdogan "des mesures communes supplémentaires" pour "normaliser" la situation, sans donner plus de détails.

La région d'Idleb est censée être protégée par un accord sur une "zone démilitarisée", dévoilé en septembre 2018 par la Turquie et la Russie pour séparer les zones gouvernementales des territoires aux mains des jihadistes et des insurgés, mais cet accord n'a pas empêché l'offensive syrienne.

La Turquie a établi 12 postes d'observation dans la zone mais l'un d'entre eux a même été encerclé la semaine dernière par les troupes syriennes. Quelques jours plus tôt, des avions du régime avaient bombardé l'avant-garde d'un important convoi militaire dépêché par Ankara à Idleb.

- "Nos militaires sont en danger" -

"La situation s'est tellement compliquée qu'à l'heure actuelle, nos militaires se trouvent en danger. Nous ne voulons pas que cela continue. Nous allons prendre toutes les mesures nécessaires", a prévenu Recep Tayyip Erdogan, selon des propos traduits en russe, ajoutant en avoir "discuté" avec Vladimir Poutine.

La rencontre entre les deux dirigeants intervient à deux semaines du sommet d'Ankara, prévu le 16 septembre, qui réunira les acteurs internationaux les plus engagés dans le conflit syrien: M. Erdogan, M. Poutine et le président iranien, Hassan Rohani.

Selon M. Erdogan, ce sommet doit "contribuer à la paix dans la région".

Si les deux leaders ont assuré vouloir préserver l'intégrité territoriale de la Syrie, Vladimir Poutine a toutefois déclaré qu'il était "nécessaire" de combattre les jihadistes présents dans la région d'Idleb, dominée par les jihadistes d'Hayat al-Cham (HTS, l'ex-branche syrienne d'Al-Qaïda).

"Les terroristes continuent de bombarder les positions des troupes gouvernementales, essaient d'attaquer des cibles militaires russes", a ajouté le président russe.

Les combats dans la région ont encore fait mardi au moins 51 morts dans les deux camps, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Se rencontrant en marge du salon aéronautique MAKS en banlieue de Moscou, un des plus grands du genre dans le monde, Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan ont aussi évoqué leur coopération militaire.

Ankara, membre de l'Otan, a notamment commencé à recevoir en juillet le système de défense antiaérienne russe S-400 malgré les pressions de Washington. Mardi, le ministre turc de la Défense a indiqué que la Turquie avait reçu un deuxième lot de S-400.

Vladimir Poutine a assuré avoir discuté avec son homologue des chasseurs russes Su-35, alors que Washington a exclu Ankara d'un programme d'achat d'avions de combat F-35 après l'acquisition des S-400.

"Nous avons présenté de nouveaux systèmes d'armement (...). A mon avis, nos collègues turcs ont manifesté beaucoup d'intérêt", a déclaré le président russe.
(AFP, 27 août 2019)

Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece

Athènes et Nicosie condamnent les forages "illégaux" turcs

Les dirigeants grec et chypriote ont condamné mardi à Athènes les forages "illégaux" turcs dans l'est de la Méditerranée et appelé de nouveau à des pourparlers pour résoudre le problème chronique de division de l'île de Chypre.

"Les deux dirigeants ont exprimé leur forte inquiétude concernant les activités illégales de la Turquie dans les eaux territoriales chypriotes (...)", a indiqué un communiqué des services du Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis publié à l'issue des entretiens avec le président chypriote Nicos Anastasiades.

Ils ont aussi exprimé "leur désir sans réserve de relancer les négociations
importantes pour une solution viable du problème chypriote", selon ce texte.

La Turquie défie constamment les avertissements de l'Union européenne (UE) et des Etats-Unis réclamant l'arrêt des forages dans les eaux territoriales de Chypre, membre de l'UE.

La découverte ces dernières années de gigantesques gisements gaziers en Méditerranée orientale a aiguisé l'appétit d'Ankara et de Nicosie, déclenchant un conflit entre ces deux pays.

Ankara, qui a déjà envoyé plusieurs navires de forage protégés selon elle par l'armée, estime que les ressources devraient être équitablement divisées entre les deux pays.
 Chypre rejette catégoriquement cette hypothèse, la jugeant "inacceptable".

L'île de Chypre est divisée en deux depuis l'invasion du tiers nord de l'île par l'armée turque en 1974 après un coup d'Etat fomenté par la junte des colonels alors en Grèce et
visant à rattacher l'île à la Grèce.

Début août, Nicos Anastasiades et le dirigeant greco-chypriote Mustafa Akinci se sont rencontrés dans le complexe de l'ONU situé à Nicosie dans la zone tampon pour tenter de relancer les négociations sur la réunification de l'île, qui sont au point mort depuis 2017.
(AFP, 10 septembre 2019)

Athènes rejette "les menaces" d'Ankara sur les migrants

Le Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, a rejeté les récentes "menaces" du président turc Recep Tayyip Erdogan sur une nouvelle vague de migrants vers l'UE si Ankara n'obtient pas davantage d'aide internationale, et a invité son voisin à recourir à une "langue de bon voisinage".

Le président turc "ne peut pas menacer l'Europe et la Grèce sur la question des réfugiés pour tenter d'obtenir plus d'argent (...) L'Europe avait déjà donné six milliards d'euros" pour faire face au problème, a dit le Premier ministre grec au cours d'une conférence de presse à Thessalonique (nord) à l'occasion de la Foire internationale annuelle.

Il a souligné que les discussions avec la Turquie "ne devaient pas avoir lieu (en recourant) aux menaces mais en discutant "de bonne foi" et en utilisant "une langue de bon voisinage".

Le président turc avait demandé jeudi une nouvelle aide internationale pour son pays qui accueille plus de quatre millions de réfugiés, dont plus de 3,5 millions Syriens.
 Ankara souhaite la création en Syrie d'une "zone de sécurité" où ils pourraient retourner.

Le président turc avait menacé "d'ouvrir les portes" aux migrants, s'il n'obtient pas satisfaction. "Il y des limites à ce que l'on peut supporter", avait-il martelé.

Au plus fort de la crise migratoire, l'UE et la Turquie avaient signé en 2016 une déclaration qui a entraîné une réduction importante du flux des migrants et réfugiés en Europe via les îles grecques, proches de la Turquie.

Le nouveau gouvernement de droite de Kyriakos Mitsotakis, qui a succédé en juillet à celui d'Alexis Tsipras (gauche), a promis d'accélérer la procédure d'examen des demandes d'asile, face à l'importante augmentation du flux migratoire dans le pays en 2019 depuis les côtes turques.

Athènes a notamment annoncé la suppression de la deuxième instance d'examen des demandes d'asile, qui ont été rejetées en première instance. Cela va augmenter le nombre des renvois vers la Turquie de migrants déboutés en Grèce du droit d'asile.

De nombreux experts et ONG de défense des réfugiés ont critiqué cette mesure, considérant que la Turquie "n'est pas un pays sûr" pour le renvoi des migrants.

Le Premier ministre a assuré dimanche que la procédure d'examen accéléré des demandes respecterait "les droits de l'Homme". Evoquant la siuation des mineurs isolés, il a annoncé qu'il demanderait à ses partenaires européens de faire preuve de "solidarité", pour leur prise en charge commune.

Le nombre des mineurs non accompagnés en Grèce s'élevait à plus de 3.000 au début de 2019, dont des centaines vivent dans la rue ou dans des camps de transit sur les îles de mer Egée, selon des ONG et médias.

La Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) a condamné en juin la Grèce pour les conditions d'hébergement indignes de cinq mineurs afghans non accompagnés.
(AFP, 8 septembre 2019)


Les migrants de Lesbos désemparés dans leur nouveau camp en Grèce

"Nous avons quitté Moria en espérant quelque chose de mieux et finalement, c'est pire": Sazan, un Afghan de 20 ans, vient d'être transféré, avec mille compatriotes, de l'île grecque de Lesbos saturée, dans le camp de Nea Kavala, dans le nord de la Grèce.

Après six mois dans "l'enfer" de Moria sur l'île de Lesbos, Sazan se sent désemparé à son arrivée à Nea Kavala, où il constate "la difficulté d'accès à l'eau courante et à l'électricité".

A côté de lui, Mohamed Nour, 28 ans, entouré de ses trois enfants, creuse la terre devant sa tente de fortune pour fabriquer une rigole "pour protéger la famille en cas de pluie".

Mille réfugiés et migrants sont installés dans 200 tentes, les autres seront transférés "dans d'autres camps dans le nord du pays", a indiqué une source du ministère de la Protection du citoyen, sans plus de détails.

L'arrivée massive de centaines de migrants et réfugiés la semaine dernière à Lesbos, principale porte d'entrée migratoire en Europe, a pris de court les autorités grecques, qui ont décidé leur transfert sur des camps du continent.

Car le camp de Moria, le principal de Lesbos, l'un des plus importants et insalubres d'Europe, a dépassé de quatre fois sa capacité ces derniers mois.

En juillet seulement, plus de 5.520 personnes ont débarqué à Lesbos - un record depuis le début de l'année - auxquelles se sont ajoutés 3.250 migrants au cours de quinze premiers jours d'août, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

- Tensions à Moria -

Quelque 300 mineurs non accompagnés ont protesté mercredi contre leurs conditions de vie dans le camp de Moria et demandé leur transfert immédiat à Athènes. De jeunes réfugiés ont mis le feu à des poubelles et la police a dispersé la foule avec des gaz lacrymogènes, a rapporté l'agence de presse grecque ANA.

"Nous pensions que Moria était la pire chose qui pourrait nous arriver", explique Mohamed, qui s'efforce d'installer sa famille sous une tente de Nea Kavala.

"On nous a dit que notre séjour serait temporaire mais nous y sommes déjà depuis deux jours et les conditions ne sont pas bonnes, j'espère partir d'ici très vite", assène-t-il.

Des équipes du camp oeuvrent depuis lundi à installer des tentes supplémentaires, mais les toilettes et les infrastructures d'hygiène ne suffisent pas.

Le ministère a promis qu'avant la fin du mois, les migrants seraient transférés dans d'autres camps.

Mais Tamim, 15 ans, séjourne à Nea Kavala depuis trois mois: "On nous a dit la même chose (que nous serions transférés) quand nous sommes arrivés (...). A Moria, c'était mieux, au moins on avait des cours d'anglais, ici on ne fait rien", confie-t-il à l'AFP.

Pour Angelos, 35 ans, employé du camp, "il faut plus de médecins et des infrastructures pour répondre aux besoins de centaines d'enfants".

- "Garder espoir" -

Plus de 70.000 migrants et réfugiés sont actuellement bloqués en Grèce depuis la fermeture des frontières en Europe après la déclaration UE-Turquie de mars 2016 destinée à freiner la route migratoire vers les îles grecques.

Le Premier ministre de droite Kyriakos Mitsotakis, élu début juillet, a supprimé le ministère de la Politique migratoire, créé lors de la crise migratoire de 2015, et ce dossier est désormais confié au ministère de la Protection du citoyen.

Face à la recrudescence des arrivées en Grèce via les frontières terrestre et maritime gréco-turques depuis janvier 2019, le gouvernement a annoncé samedi un train de mesures allant du renforcement du contrôle des frontières et des sans-papiers à la suppression du droit d'appel pour les demandes d'asile rejetées en première instance.

Des ONG de défense des réfugiés ont critiqué ces mesures, dénonçant "le durcissement" de la politique migratoire.

La majorité des migrants arrivés en Grèce espère, comme destination "finale", un pays d'Europe centrale ou occidentale.

"Je suis avec ma famille ici, nous souhaitons aller vivre en Autriche", confirme Korban, 19 ans, arrivé mardi à Nea Kavala.

"A Moria, les rixes et la bousculade étaient quotidiennes, c'était l'enfer. La seule chose qui nous reste maintenant, c'est d'être patients et de garder espoir", confie-t-il.
(AFP, 4 septembre 2019)

Immigration / Migration

Exiled Turkish lawyers hold “alternative” judicial ceremony in Berlin

A group of Turkish lawyers who fled an ongoing purge in Turkey, has come together in Berlin, Germany, to mark the opening of the new judicial year, the Kronos news portal reported.

According to the report, the event was held in support of some 50 bar associations in Turkey that boycotted the opening ceremony of the new judicial year at the President Erdogan’s presidential palace in Ankara, citing the independence of judiciary from executive power.

The independence of the Turkish judiciary came further into question when the new judicial year opening ceremony held at President Recep Tayyip Erdoğan’s palace in September 2016 turned into a display of judicial support for Erdoğan.

During the ceremony prosecutors and judges stood up and applauded Erdoğan when he entered the hall and when he finished his address.

Erdoğan’s government is accused of taking the judiciary under its absolute control and punishing dissenting judicial members either by expelling or arresting them.
(TurkeyPurge,  Sep 5, 2019)

Les forces turques à la frontière repoussent des centaines de manifestants

Les forces turques à la frontière avec la Syrie ont tiré vendredi des gaz lacrymogènes pour disperser des personnes qui manifestaient côté syrien contre une offensive du régime de Damas et tentaient de franchir un poste-frontière, selon un correspondant de l'AFP.

Les centaines de manifestants dans la province syrienne d'Idleb se sont rassemblés devant le poste-frontière de Bab al-Hawa, peu avant l'annonce par Moscou d'un "cessez-le-feu unilatéral", concernant uniquement l'armée syrienne, à partir de samedi matin dans cette région du nord-ouest syrien.

Moscou soutient le régime de Bachar al-Assad, qui a amorcé le 8 août une progression au sol contre Idleb, après des mois de bombardements meurtriers visant des secteurs dominés par des jihadistes.

Considérée comme le parrain de groupes rebelles aujourd'hui affaiblis, la Turquie réclame un arrêt des hostilités, craignant une crise humanitaire qui provoquerait un nouvel afflux de réfugiés vers sa frontière.

Vendredi, les manifestants ont scandé "Sauvez Idleb, sauvez Idleb" ou encore "le peuple réclame une protection internationale", a rapporté le correspondant de l'AFP sur place.

Mohammed al-Ammouri, 53 ans, s'est rendu près du poste-frontière pour réclamer une implication plus forte d'Ankara dans le conflit syrien. "C'est un avertissement à la Turquie. Si elle ne fait rien, nous viendrons en Turquie et en Europe", a-t-il martelé.

"Les civils ne peuvent pas supporter plus que ce qu'ils ont déjà supporté", a-t-il plaidé.

Les manifestants ont ensuite tenté de franchir le poste de Bab al-Hawa avant de reculer lorsque les gardes-frontière ont tiré en l'air et lancé des gaz lacrymogènes, selon le correspondant de l'AFP.

Ankara dispose de troupes dans plusieurs postes d'observation installés à travers le nord-ouest de la Syrie.

Depuis fin avril, les bombardements du régime et de son allié russe ont tué plus de 950 civils dans la région d'Idleb, d'après l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Et plus de 400.000 personnes ont été déplacées, selon l'ONU.

Accueillant environ trois millions d'habitants, Idleb et des secteurs des provinces adjacentes sont dominés par les jihadistes de Hayat Tahrir al-Cham (HTS, ex-branche syrienne d'Al-Qaïda).

Moscou a appelé vendredi "les commandants des groupes armés à renoncer aux provocations et à se joindre au processus de règlement pacifique dans les zones qu'ils contrôlent".

Déclenchée en 2011 par la répression par le pouvoir de manifestations prodémocratie, la guerre en Syrie a fait plus de 370.000 morts.
(AFP, 30 août 2019)

Belgian Kurd spent 40 days in Turkish prison over Facebook posts

Belgian Kurdish student Gulsum Cetinkaya (27), spent 40 days in prison in Turkey for posting on Facebook about Kurds in that country four years ago, local Belgian media reported.

The post-graduate student’s family told the Belgian news website Nieuwsblad that they feared she would not be released if Belgian authorities failed to interfere.

Cetinkaya was born in Antwerp and for the first time visited Turkey in September last year. For 2019, the law student went on vacation with her parents in July, but was immediately arrested at the border with Bulgaria.

Her uncle, Bülent Özturk, is a famous Kurdish movie director. He told Nieuwsblad that Cetinkaya was arrested for criticizing Turkish policy towards the Kurds four or five years ago.

“My cousin shared some articles at that time from alternative media channels,” he said.

A few days ago, Cetinkaya was released from prison and is staying with her parents in the village of Halfeti. She was jailed in Edirne.

“It’s unbelievable,” Bülent lamented. “Turks have kept posts made by my niece. Even posts she didn’t write herself or remembers.”

Cetinkaya and her family are now reportedly “afraid to talk to the media,” fearing revenge from the Turkish authorities.

“My sister begged me to do something,” said Bülent. “But I am powerless. We hope the Belgian authorities will take care of my niece’s fate. But in Turkey, she is one of the few thousands who are being prosecuted. Who will be concerned there for the dreams of a young woman?”
(Kurdistan 24, August 27, 2019)


 informations du mois passé click Informations of the past month
Toutes les informations depuis 1976 click All informations since 1976

flashfondationeditorsbulletinspublications