Droits
de l'Homme / Human Rights
New threats from the National Security
Council summit
The fourth National Security Council summit of the year, chaired by
President Recep Tayyip Erdogan, following the approximately 2 hour and
45 minute-long summit at the Presidential Complex, issued a nine-point
communique emphasizing "determination in the fight against terrorist
organizations”.
The Council adopted the following nine-point resolution:
Information was provided to the council on domestic and international
operations conducted with determination, decisiveness, and success
against threats and dangers to our national unity and survival,
particularly from terrorist organizations such as PKK/KCK-PYD/YPG,
FETO, and Daesh, as well as recent international developments.
The progress in the fight against FETO, the perpetrator of the July 15
treason, was evaluated, and the unwavering determination to completely
dismantle the terrorist organization, which attempts to cloak itself in
victimhood while engaging in heinous acts under the guidance of
anti-Türkiye elements, was emphasized.
It was highlighted that our increased efforts in combating terrorism,
with the sincere cooperation of regional countries, would provide a
solid foundation for resolving common security issues, thereby making a
lasting contribution to the territorial integrity, sovereignty, and
prosperity of our neighbors Iraq and Syria.
Support for achieving a genuine social consensus among all parties in
Syria was reiterated, and it was emphasized that divisive attempts
targeting the ancient friendship between the two peoples would not be
allowed. The need to cleanse Syrian territories of separatist
terrorism, primarily to secure Syria’s interests and survival, was
underscored.
The international community’s growing reaction to Israel’s ongoing
massacres, which blatantly disregard legal norms and humanitarian
values, was acknowledged, and it was stated that Israel’s actions must
be halted immediately; otherwise, a cycle of violence could spread
first to adjacent areas and then throughout the region.
The Cyprus Peace Operation, conducted by Türkiye under international
treaties and as a guarantor state, has established a peace,
tranquility, and security environment on the island for over half a
century, affirming the operation’s legitimacy and success
unequivocally. It was emphasized that the Cyprus issue, our national
cause, should be resolved based on the sovereign equality and equal
international status of the Turkish Cypriot people, and Türkiye’s firm
stance on the recognition of the Turkish Republic of Northern Cyprus as
an equal member of the international community would be maintained.
It was stated that while prioritizing dialogue and constructive
approaches in issues concerning the Aegean and Mediterranean, no
opportunity would be given to exploit our stance, and uncompromising
actions to defend our rights, interests, and benefits would continue.
Developments related to the war in Ukraine and recent diplomatic
efforts were discussed, noting the need for genuine multilateral
efforts to establish a fair and lasting peace without further
escalation or regional spread of the conflict.
Long-term relationships developed between Türkiye and African
countries, particularly Somalia, Libya, Sudan, and Niger, were
evaluated, and it was noted that Türkiye would continue to fulfill its
responsibilities to contribute to the peace and prosperity of the
brotherly African peoples by ensuring security and stability. (Turkish
media, 25 July 2024)
JO-2024:
la volleyeuse Ebrar Karakurt veut "inspirer" les femmes turques
Cadre de la sélection turque de volley féminin, troisième équipe au
classement mondial, Ebrar Karakurt vise une médaille aux Jeux
olympiques de Paris pour "inspirer" les femmes turques, confie-t-elle
dans un entretien à l'AFP.
"Les Sultanes du filet", le surnom des volleyeuses turques qui ont
remporté en septembre le premier titre jamais décroché par une équipe
nationale de leur pays, sont la cible en Turquie d'une frange
ultraconservatrice, en particulier Ebrar Karakurt, 24 ans, visée en
raison de son homosexualité.
QUESTION: Vous avez remporté le championnat d'Europe en septembre
dernier, après avoir atteint les quarts de finale aux JO de Tokyo.
Quelle est votre objectif à Paris ?
RÉPONSE: "Nous voulons tout d'abord jouer avec passion et rendre notre
pays fier. Ensuite, monter sur le podium et remporter une médaille. Les
Jeux olympiques sont le plus grand rêve et objectif de tous les
athlètes, c'est aussi le cas pour nous."
Q: Le volley est le sport dont le nombre de licenciés femmes a le
plus
augmenté ces dix dernières années en Turquie. Avez-vous le sentiment de
contribuer à l'émancipation des Turques par le sport ?
R: "Les femmes turques aiment incroyablement le sport. Nous avons eu de
nombreuses stars olympiques femmes ces dernières années et, cette
année, nous avons plus d'athlètes féminines que d'athlètes masculins
aux Jeux olympiques. Les Turques font preuve de force dans le sport et
dans tous les aspects de la vie. Nous essayons de les inspirer plus
encore et de les rendre heureuses en remportant des trophées.
Aujourd'hui en Turquie, tout le monde dit +Nous sommes un pays de
volley-ball+. Nous jouons tous les matchs à guichets fermés et nous
battons des records d'audience. Nous sommes liées aux femmes turques
par les liens du coeur."
Q: Vous et vos coéquipières êtes aussi la proie de commentaires
négatifs, sur les réseaux sociaux notamment. Comment faites-vous face à
cela ?
R: "Nous recevons chaque jour des milliers de commentaires
positifs
ou négatifs. Si nous laissons ces commentaires nous changer, alors nous
ne pouvons pas être nous-mêmes. C'est pour cette raison que j'essaie de
rester à l'écart des réseaux sociaux, notamment lors des tournois
importants. Mais je sais aussi que les commentaires négatifs ne
proviennent que d'une toute petite frange de la société. Lorsque je
marche dans la rue, je reçois le soutien de centaines de personnes, et
je reçois des cadeaux et des messages de sympathie de milliers de fans
du monde entier. Je leur suis reconnaissante à toutes et à tous."
Q: Vous avez été désignée MVP (meilleure joueuse) des
championnats
d'Italie et de Russie, où vous évoluez actuellement. Quels sont vos
projets ? Envisagez-vous de revenir en Turquie ?
R: "Un jour, bien sûr, je retournerai dans mon pays, mais avant cela,
je souhaite découvrir la culture du volley-ball dans différents
endroits du monde. Bien sûr, c'est plaisant d'être nommée MVP dans les
pays où je joue. Cela signifie que votre saison en tant qu'athlète est
récompensée, mais je suis plutôt une joueuse d'équipe. Mon objectif est
de soulever des trophées plus que de remporter des récompenses
individuelles."
Chiens errants en Turquie: Brigitte Bardot "alerte" Erdogan
Istanbul, 23 juil 2024 (AFP) - L'ancienne actrice française
Brigitte
Bardot s'est adressée mardi au président turc Recep Tayyip Erodgan pour
"l'alerter sur une menace effroyable qui pèse sur les animaux errants"
en Turquie avec un projet de loi en cours d'examen.
L'ex-star de cinéma, dont la fondation est engagée pour la cause
animale, s'élève dans un courrier dont l'AFP a obtenu copie contre un
projet de loi très controversé allant jusqu'à l'euthanasie des quelque
quatre millions de chiens errants que compte le pays.
"La Turquie a été jusqu'à présent un exemple de compassion pour les
chats et les chiens errants qui peuvent vivre en harmonie avec la
population", écrit "BB".
"Ne laissez pas la Turquie devenir un pays mal aimé et critiqué pour
son indifférence et sa cruauté envers des êtres sensibles qui sont nos
compagnons les plus fidèles", insiste-t-elle.
Le projet de loi, qui suscite de vives protestations et la mobilisation
des défenseurs des animaux, mais aussi de l'opposition parlementaire,
est examiné en commission parlementaire avant d'être présenté
incessamment aux députés.
Le texte prévoit la capture et la stérilisation des chiens errants,
allant jusqu'à l'euthanasie pour ceux qui ne seraient pas adoptés.
"En plus d'être cruelles, tuer ou capturer sont des mesures
contre-productives qui ne font qu'aggraver le surnombre de chiens et
chats errants", assure Brigitte Bardot.
"Nous avons un problème de chiens errants qui n'existe dans aucun pays
développé", avait estimé fin mai le président Erdogan, citant en
particulier l'augmentation des cas de rage - la Turquie est classée "à
haut risque" par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) - et
d'accidents dus ou causés par les canidés, qui ont fait ces cinq
dernières années 55 décès et plus de 5.000 blessés, avait-il insisté.
Une nouvelle manifestation était organisée mardi soir à Istanbul soir
protester contre cette loi. (AFP, 24 juil 2024)
Selahattin Demirtaş sentenced to additional 2.5 years in
prison
Imprisoned Kurdish politician Selahattin Demirtaş has been sentenced to
an additional 2.5 years in prison.
The sentence was handed down in a new trial related to speeches he made
between 2015 and 2016, where he was accused of "publicly insulting the
government of the Republic of Turkey, judicial organs, the military, or
security organizations."
The 13th hearing of the case was held at Mersin's 14th Penal Court of
First Instance. Demirtaş participated via videoconference from the
Edirne F-Type Closed Prison, where he has been incarcerated for nearly
eight years. His lawyers and Ali Bozan, an MP from the Peoples’
Equality and Democracy (DEM) Party, were present in the courtroom,
while his family followed the proceedings via videoconference from the
Diyarbakır Courthouse.
"A copy-paste indictment"
In his defense, Demirtaş criticized the prosecutor’s demand for
punishment, labeling it a "copy-paste" indictment devoid of any legal
foundation. He argued that the trial is politically motivated, stating,
"This case is political. The state is against Selahattin Demirtaş, and
of course, the decision will favor the state. This is why it is
political. There will be a violation of Article 14 in the European
Convention of Human Rights (ECHR). This case has been ongoing for seven
years.
Demirtaş highlighted the racial and political biases he believes he
faces, asserting that if he were a nationalist politician inciting
violence, he would not face prosecution. "If I were an
ultra-nationalist politician who orchestrated killings in the heart of
Ankara and threatened people, no case would be filed against me.
Instead, you would protect me. If I were a fascist politician, the
judiciary would protect me. But because I am a Kurdish politician
exercising my right to criticize, I am prosecuted," he remarked.
Despite two rulings from the European Court of Human Rights (ECtHR)
ordering Demirtaş’s release, the Turkish government has not freed the
former co-chair of the Peoples' Democratic Party (HDP). His continued
imprisonment has drawn significant international attention and
criticism, particularly regarding Turkey's handling of Kurdish
political figures and broader human rights issues.
Before this latest verdict, the most recent sentence imposed on
Demirtaş was in May, when he received a 42-year prison sentence for
organizing the deadly 2014 protests in the country's Kurdish-populated
regions, known as the 'Kobanî protests.'
Imprisonment of Selahattin Demirtaş
Selahattin Demirtaş was detained on November 4, 2016. He was arrested
and sent to Silivri Prison in İstanbul on the same day. He is still
behind bars in Silivri.
All his investigations, except for one, have been combined in a single
file. The lawsuit filed at the Ankara 19th Heavy Penal Court has still
not been concluded. As his request for release as part of this suit was
rejected, his attorneys appealed to the Constitutional Court.
In their application to the Constitutional Court on May 29, 2018, the
attorneys requested that his application be reviewed with priority.
However, the Court has not yet responded to the application. On June
26, 2018, his case was taken to the ECtHR.
Shortly after this appeal to the ECtHR, the court announced its
judgment in his second case. Tried in the case together with former HDP
MP Sırrı Süreyya Önder, Selahattin Demirtaş has been sentenced to 4
years, 8 months in prison on the charge of "propagandizing for a
terrorist organization" by the İstanbul 26th Heavy Penal Court.
One month later, on October 25, 2018, his verdict of conviction reached
the 2nd Penal Chamber of İstanbul Regional Court of Justice, the court
of appeal.
On November 17, 2018, the ECtHR announced that it would announce its
judgment as to his application on November 20. The court of appeal
swiftly reviewed the verdict of conviction of Demirtaş and started
discussing it on November 19.
On November 20, 2018, the ECtHR concluded that Demirtaş was "arrested
with political motivations" and ruled for his release.
The Ankara 19th Heavy Penal Court rejected his request for release on
November 30, 2018, indicating that "his arrest was a moderate measure".
On December 4, 2018, the 2nd Penal Chamber of İstanbul Regional Court
of Justice upheld his verdict of conviction. With this verdict,
Demirtaş became an arrested convict.
The attorneys of Demirtaş appealed again to the ECtHR on February 19,
2019, and requested that the issues not discussed, found inadmissible
and not regarded as violation right be reviewed again.
The government also appealed against the ECtHR verdict on Demirtaş. In
its petition, the government also requested that the ECtHR review its
ruling of right violation again. That being the case, the case of
Demirtaş has been taken to the ECtHR Grand Chamber, which announced
that it would discuss the application on September 18, 2019.
The Ankara 19th Heavy Penal Court on September 2 ruled that Demirtaş
should be released. His imprisonment continued because of a separate
verdict for hs arrest.
On December 22, 2020, the ECtHR Grand Chamber ruled for the immediate
release of Demirtaş.
On September 17, 2021, The Committee of Ministers of the Council of
Europe, which is responsible for overseeing the implementation of the
ECtHR rulings, stated that Demirtaş should be released and gave time to
Turkey until September 30 to announce an action plan about the European
court ruling. (BIA, July 19, 2024)
Rights
group finds nearly 3,900 violations in Kurdish
regions in 6 months
Rights group finds nearly 3,900 violations in Kurdish regions in 6
months
The Human Rights Association (İHD) Diyarbakır Branch has released its
human rights violations report for the Eastern and Southeastern
Anatolia regions, covering the predominantly Kurdish-populated
provinces in the country, for the first half of 2024.
At the İHD Diyarbakır branch office, the report was presented by
the
association’s Regional Representative Mehmet Tahir Saçaklı, with an
evaluation by İHD Vice Chair Rümeysa Deniz Kaya.
The report details the following violations:
Violations of the right to life
- In the region, one citizen was killed, and four were injured by law
enforcement under allegations of “arbitrary killing, use of firearms,
disproportionate force, failure to comply with a stop warning”
resulting in extrajudicial execution.
- In regional prisons, three inmates died from illness, and two were
reported to have committed suicide.
- At least 18 citizens died, and 76 were injured due to official errors
and negligence.
- At least four law enforcement officers died under suspicious
circumstances, allegedly by suicide.
- Attacks resulted in the deaths of two political party members and
injuries to 25 people. At least five journalists were subjected to
verbal and physical assaults while covering news. At least two
healthcare workers, one laborer, and one student were injured in
physical attacks.
- In regional cities and cross-border conflicts, at least 21 law
enforcement officers were killed, and 20 were injured. These conflicts
also resulted in the deaths of at least 44 armed militants.
- Explosives and mines left in rural conflict areas killed two citizens
(including one child) and injured two others (including one child).
- At least 33 citizens (eight children, 19 women, and six men) died
under suspicious circumstances in regional cities.
Violations related to the conflict environment
- Hundreds of areas in five cities and their districts were declared
special security zones 21 times.
- A curfew was imposed once in one city.
- The body of at least one militant was not returned to their family,
while the bodies of three militants were delayed despite various
attempts. One cemetery was attacked.
Violations against women's right to life
- At least 30 women died, and eight were injured due to domestic
violence.
- At least 10 women died, and four were injured due to attacks in
public spaces. At least one woman was sexually assaulted.
Violations against children's right to life
- At least seven children died due to domestic violence.
- At least two children died, and two were injured due to violence in
public spaces.
- At least 15 children were sexually abused in public spaces, and one
child was abducted.
Violations of the prohibition of torture
- At least 11 citizens were subjected to torture and ill-treatment in
custody, 36 citizens outside of detention centers (streets, home
raids), and 48 inmates in prisons.
- At least three citizens were coerced into becoming informants by law
enforcement.
Violations of personal freedom and security
- At least 1,164 citizens, including 88 children, were detained in
regional cities.
- At least 165 citizens, including four children, were arrested. Three
citizens were placed under house arrest.
- At least 527 homes/businesses were raided.
Violations of freedom of thought and expression
- At least four events were banned.
- Investigations were launched against at least 520 citizens in 74
investigation files.
- Cases were opened against 39 citizens in 10 case files.
- Various prison and monetary penalties were imposed on 56 citizens in
13 files involving politicians and journalists.
- Three political party buildings, one newspaper, and one municipal
building were attacked or raided.
Violations of freedom of assembly and demonstration
- Law enforcement intervened in at least 34 meetings and demonstrations.
- At least two meetings and demonstrations were canceled by governors
and district governors.
- Governors issued 56 bans on meetings and demonstrations.
Violations in prisons
- At least 44 inmates were transferred to other prisons without
justification or against their will.
- At least 116 inmates’ right to healthcare and one inmate’s right to
family visits were violated.
- Investigations were launched against 65 inmates, and four were given
disciplinary punishments.
- Seven inmates were subjected to solitary confinement.
- The executions of 22 inmates were postponed for various reasons (not
appearing before the board, disciplinary punishment, not showing
remorse, not attending ceremonies on religious and national holidays).
Violations of economic and social rights
- At least 29 workers died, and 20 workers (including one child) were
injured in workplace accidents due to unsafe working conditions.
- At least one person was dismissed, and at least three were subjected
to administrative investigation and exiled.
Trustee appointments
- A trustee was appointed to one municipality in the region.
Administrative investigations were initiated against four
municipalities.
- The passports of at least nine co-mayors were subjected to “general
security” measures at the request of the General Directorate of
Security. An investigation was launched against one co-mayor for
insulting the president.
Violations of the right to health
- The right to health of at least 416 citizens was violated.
Violations of environmental rights
- At least five forest fires and tree cuttings occurred in the region.
- The right to housing of at least one citizen was violated
(BIA, July 17, 2024)
Nearly 900 workers killed on the job across Turkey in first
half of 2024
Thirty-three of the killed workers were children. İSİG says child
employment under the guise of vocational training results in more
deaths, which has now become more visible in urban areas.
Nearly 900 workers killed on the job across Turkey in first half of
2024 At least 878 workers lost their lives in work-related incidents
during the first six months of 2024, according to the Health and Safety
Labor Watch (İSİG).
The monthly breakdown of occupational homicides as termed by İSİG is as
follows: January saw 161 deaths, February had 149, March recorded 124,
April had 165, May saw 142, and June recorded 137 worker fatalities.
Among the deceased, 33 were women and 845 were men.
The deceased workers were employed in various sectors, including 303 in
industry, 227 in construction, 207 in services, and 141 in agriculture.
Notably, the agricultural sector's fatalities nearly reached 30% of all
occupational deaths in June, coinciding with the seasonal increase in
labor-intensive work during the warmer months.
“Work-related fatalities increase in the second half of each year due
to seasonal work,” noted İSİG.
Child workers The report also highlighted that 33 of the deceased
workers were under 18 years old, and the ages of 42 workers could not
be determined. The age distribution of the deceased is as follows: 13
were 14 years old or younger, 20 were aged 15-17, 175 were aged 18-29,
361 were aged 30-49, 215 were aged 50-64, and 52 were 65 or older.
The report emphasizes the increasing number of child worker fatalities,
especially in the industrial sector. Over half of the child worker
deaths occurred in the agricultural sector, with six fatalities in June
alone.
The İSİG criticized the role of Vocational Education Centers (MESEM),
stating that they are contributing to the exploitation of child labor
under the guise of vocational training. Students enrolled in these
centers spend one day a week at school and four days at a workplace.
This approach integrates education with industry, expanding MESEM
activities to various sectors and placing vocational schools within
industrial zones, according to İSİG.
“Consequently, children are pushed into the labor market as cheap labor
by the state. This situation, particularly evident in the frequent
child worker deaths in seasonal agriculture, is becoming more visible
in urban areas. MESEM students are present in 81 cities and 922
districts, making them a part of every family or someone we know,” said
the group.
Migrant workers Additionally, 33 migrant workers died in the first half
of 2024. These included 19 Syrians, 6 Afghans, 3 Iranians, 2 Russians,
and one worker each from Algeria, Georgia, Iraq, Sudan, Ukraine, and
Turkmenistan.
The report also revealed that only 13 of the deceased workers (1.48%)
were union members, while 865 (98.52%) were not affiliated with any
union. The unionized workers included those from the metal, healthcare,
mining, energy, chemical, textile, and municipal sectors. (BIA, 11 July
2024)
Exhibition on trans movement’s history in Turkey
banned in İstanbul
The exhibition "Dön-Dün Bak: A Look Back at the History of the Trans
Movement in Turkey," which opened on June 26th in İstanbul, has been
banned following an official notice from the Beyoğlu District
Governor’s Office.
The exhibition, organized by the Trans Pride Week Exhibition
Collective, was scheduled to run until July 27th at Depo İstanbul in
Beyoğlu.
The exhibition aimed to shed light on the milestones of the trans
movement in Turkey, tracing its evolution from the 1980s to the present
day through archival records. It was part of the 10th Trans Pride Week
and was intended to provide insight into the historical context and
struggles of the trans community in Turkey.
Depo, the venue hosting the exhibition, released a statement on their
social media account, expressing their intention to challenge the ban
through legal means. "We were forced to close the exhibition, which was
announced to be open to visitors until July 27th, due to this
notification. As the Depo team, we will object to this prohibition
decision by applying to the legal process. We will share the
developments in the judicial process with the public in the coming
days," the statement read. (BIA, 12 July 2024)
474 personnes arrêtées après des émeutes anti-syriennes
Les autorites turques ont arrêté 474 personnes après des émeutes
anti-syriennes dans plusieurs villes déclenchées à la suite de
l'arrestation d'un Syrien soupçonné de harcèlement sur une enfant de
son entourage, a annoncé mardi le ministre de l'Intérieur.
"474 personnes ont été arrêtées après des actes de provocation" menés
contre des Syriens en Turquie, a indiqué sur le réseau social X le
ministre, Ali Yerlikaya.
Depuis l'arrestation d'un Syrien soupçonné de harcèlement sur une
enfant, les tensions se sont accrues en Turquie contre la communauté
syrienne.
Des groupes d'hommes ont pris pour cible dimanche soir des commerces et
des biens appartenant à des Syriens à Kayseri, dans le centre de la
Turquie.
Plusieurs vidéos publiées sur les réseaux sociaux et authentifiées par
l'AFP ont montré des hommes fracasser la vitrine d'une épicerie
prétendument tenue par des commerçants syriens, avant d'y mettre le feu.
"Nous ne voulons plus de Syriens ! Nous ne voulons plus d'étrangers !",
hurle un homme dans l'une des vidéos.
Le gouvernorat de Kayseri a appelé les habitants à la retenue,
précisant dans un communiqué que l'enfant victime de harcèlement, âgée
de cinq ans, possédait aussi la nationalité syrienne.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a condamné lundi cette dernière
vague de violence à l'encontre de l'importante communauté de réfugiés
syriens en Turquie.
"Peu importe qui ils sont, il est inacceptable de mettre le feu aux
rues et aux maisons des gens", a-t-il déclaré tout en avertissant que
les discours de haine ne devaient pas servir des fins politiques.
Mais les violences se sont propagées à d'autres villes du pays lundi
soir, dont Istanbul.
La police a renforcé la sécurité autour du consulat syrien à Istanbul,
a constaté un journaliste de l'AFP.
La Turquie, qui accueille quelque 3,2 millions de réfugiés syriens sur
une population de 85 millions d'habitants, a été plusieurs fois secouée
par des accès de fièvre xénophobe ces dernières années, souvent
déclenchés par des rumeurs se propageant sur les réseaux sociaux et les
applications de messagerie instantanée. (AFP, 2 juil 2024)
Verdict
in 2015 Ankara Massacre: No convictions for crimes
against humanity
Plaintiff lawyers have criticized the decision: "At the end of the
trial process, during which not a single public official was
prosecuted, the court, for the first time in Turkish legal history,
acquitted defendant Erman Ekici of crimes against humanity, despite an
indictment having been prepared against him for this charge."
Verdict reached in 2015 Ankara Massacre case: No convictions for crimes
against humanity
The final hearing for the case regarding the 2015 massacre at Ankara
Train Station, which claimed 103 lives, was held on Monday at the
Ankara 4th Heavy Penal Court.
The double suicide bombing carried out by ISIS near the Ankara Train
Station during a rally of left-wing political organizations was the
deadliest attack in the history of the republic.
The court has sentenced 10 defendants to aggravated life imprisonment.
Erman Ekici received a sentence of 101 counts of aggravated life
imprisonment. However, the defendants were not convicted of "crimes
against humanity."
According to Damla Kırmızıtaş of Evrensel, the hearing was attended by
the relatives of the massacre victims, as well as representatives from
EMEP, DEM Party, CHP, Halkevleri, KESK, İHD, and various democratic
mass organizations. The detained defendants from the main case attended
via the Audio and Visual Information System (SEGBİS), while the
complainants' lawyers were present in the courtroom.
The presiding judge noted that Erman Ekici's lawyer, Heyyam Fidan, had
submitted an excuse for not attending the hearings. The court rejected
this excuse and requested the Ankara Bar Association to appoint a
defense lawyer for Ekici.
Testimonies from participants
The hearing continued with testimonies from the attendees. Mehmet Murat
Akçalı shared his experience: "I had previously attended demonstrations
organized by the union at that location. Each time, the bus was
stopped, and a police car would escort us. That day, no one stopped us.
I have 20 shrapnel pieces in my body. People shielded me with their
bodies as they died, which is why I'm here. The police sprayed us with
tear gas while we were struggling to survive. We went to that rally so
no one would die in this country. No one should get away with what
they've done."
Cemal Aktaş stated, "We are here to see justice served. They say, 'Look
not at the one who did it, but the one who made it happen.' The
evidence presented by the lawyers was not adequately evaluated. This
case will not be over until we say it's over."
"They were killed in plain sight"
Gülistan Özgan, speaking in Kurdish, said, "Security was not provided.
They were killed in plain sight. Instead of helping the wounded, tear
gas was thrown. Davutoğlu said, 'Our votes have increased.' If this
benefits them, then they are responsible. We appeal to consciences. Why
do these courts ignore us?"
İzzettin Çevik said, "Our expectation was to bring the real culprits
here. The mentality that killed my daughter and sister continues. My
wife is still undergoing treatment. My duty was to raise good people.
My fellow citizens in Suruç and my family here were killed."
Ayla Eyüboğlu added, "The then Minister of Interior, the Governor of
Ankara, the Chief of Ankara Police... all of them need to be
prosecuted. In a rally with no police presence, hundreds of police
appeared to throw gas. This shows collaboration."
Lawyers for the fugitive defendants requested the separation of their
cases. When defendant Hacı Ali Durmaz insulted the complainants in his
defense, the courtroom reacted with outrage. Durmaz then declared he
would not continue his defense. Following these developments, the court
announced its verdict. A study conducted this year by Ipsos for the
UNHCR across 52 countries has revealed that Turkey has the highest rate
of anti-refugee sentiment among these nations. The survey shows that
77% of respondents in Turkey support completely closing the country's
doors to refugees, compared to a global average of 44%. Additionally,
70% of the public in Turkey believe that refugees coming to Turkey are
not fleeing war, but seeking a more comfortable life.
The study also highlighted how support for refugees is declining in
several countries due to national security concerns. The findings
indicate that support has decreased by 93% in Kenya, 81% in Greece, 75%
in the United Kingdom, 74% in Germany, 70% in the United States, and
57% in Turkey. (BIA, 1 July 2024)
Marche des fiertés éclair à Istanbul, une dizaine
d'arrestations
La police turque a procédé dimanche à une dizaine d'arrestations à
Istanbul à l'issue d'une brève marche des fiertés LGBTQ+ qui avait été
interdite par les autorités, ont annoncé ses organisateurs.
Arborant des drapeaux arc-en-ciel et scandant divers slogans, plusieurs
centaines de manifestants sont parvenus à défiler une dizaine de
minutes sur l'avenue de Bagdad, l'une des artères les plus célèbres de
la mégapole turque, avant de se disperser subitement pour tenter
d'échapper à la police, a constaté un vidéaste de l'AFP.
Onze d'entre eux ont été arrêtés pour avoir bravé l'interdiction
édictée par les autorités, ont indiqué dimanche soir les organisateurs
de la marche sur le réseau social X. Deux journalistes de l'AFP ont été
témoins de plusieurs de ces arrestations.
Les autorités locales avaient interdit l'évènement, comme chaque année
depuis 2015, dénonçant des appels à manifester émanant de "groupes
illégaux".
Sur l'autre rive d'Istanbul, la grande place Taksim, autrefois haut
lieu de la contestation contre le pouvoir islamo-conservateur, avait
été bouclée dès dimanche matin, tandis que des policiers, déployés en
nombre, filtraient les accès à la grande avenue piétonne Istiklal, une
artère attenante, a constaté un autre journaliste de l'AFP.
Plusieurs stations de métro des alentours avaient également été fermées.
"Vos milliers de policiers, vos hélicoptères et vos interdictions ne
nous arrêteront pas. Toutes les rues de cette ville sont à nous", ont
clamé les organisateurs de la marche dans un communiqué.
L'homosexualité n'est pas pénalement réprimée en Turquie, mais
l'homophobie y est largement répandue jusqu'au sommet de l'Etat, le
président Recep Tayyip Erdogan qualifiant régulièrement les LGBTQ+ de
"pervers" et de menaces pour la famille traditionnelle.
Jusqu'en 2014, Istanbul, la plus grande ville turque, voyait défiler
chaque année des dizaines de milliers de LGBTQ+ revendiquant leurs
identités et exprimant leur défiance envers le gouvernement
islamo-conservateur au pouvoir depuis 2002. (AFP, 30 juin 2024)
La lutte continue de trois
générations de Selek…

Doğan Özgüden, Artı Gerçek, 1er juillet 2024
Témoignage
de la lutte
honorable que les avocats Cemal Hakkı Selek et Alp Selek et la
scientifique Pınar Selek ont poursuivi sans concession l’un après
l’autre depuis 1963
Vendredi dernier, alors
que je vivais l’enthousiasme et le bonheur de la fraternité
internationaliste à l’occasion de la traditionnelle fête de départ en
vacances des Ateliers du Soleil à Bruxelles, avec leurs dirigeants,
employés, étudiants et invités venus des quatre coins du monde, mes
yeux étaient constamment rivés vers la page d’information de mon Iphone…
Ce jour-là, une nouvelle page du procès, honteux pour la justice
turque, de la défenseuse des droits humains Pınar Selek, vivant depuis
des années en exil en France, allait s’ouvrir… Nos amis en Turquie
appelaient à une « Veille de la Justice » devant la 15e Cour pénale
d’İstanbul pour soutenir une fois encore l’acquittement de Pınar Selek
dans ce procès symbolique édifiant de notre histoire récente.
Akın Birdal, l’un des pionniers de l’Association des droits humains,
déclarait sur sa page de réseau social : « J’espère que, cette fois,
l’exil de Pınar Selek prendra fin et que nous pourrons dire "bienvenue
Pınar" ».
La nouvelle est apparue à l’écran au moment où nous regardions nos amis
danser avec enthousiasme sur l’une des mélodies communes des peuples
d’Anatolie…
Non, ce ne serait pas de nouveau pas pour cette fois, l’exil de Pınar
Selek ne prendrait pas fin…
Affirmant que l’explosion survenue en 1998 à l’entrée du Bazar aux
Épices avait été provoquée par une bombe et que le PKK en était
responsable, la police d’İstanbul avait arrêté Pınar Selek, alors
qu’elle n’avait aucun rapport avec l’évènement, et l’avait obligée à
passer des années durant derrière les barreaux.
Le tribunal avait acquitté Pınar Selek après que les experts avaient
déclaré par au moins trois rapports que l’explosion n’avait pas été
causée par une bombe. Mais la chambre compétence de la Cour d’appel
avait rejeté la demande d’approbation du procureur en chef en annulant
la décision d’acquittement du tribunal et en demandant que Pınar Selek
soit à nouveau jugée et condamnée à la réclusion à perpétuité aggravée.
Lors de la sixième audience de cette procédure inquisitoire au cours de
laquelle Pınar Selek a été acquittée à quatre reprises et, face à cette
injustice, a dû s’exiler en 2008, le président du tribunal a ajouté au
dossier un nouveau document fabriqué prétextant que « Selek a participé
à une manifestation de l’organisation terroriste PKK en France »,
décidé le maintien du mandat d’arrêt et le report de l’audience au 27
février 2025.
Dans son article intitulé « Confrontation » paru sur le site numérique
t24 à propos de cette affaire, Gökçer Tahincioğlu a révélé plus
clairement l’un des scandales du service de renseignement de l’État
turc qui fait de dizaines de milliers de citoyens la cible d’une «
chasse à l’homme » :
« Sa cour d’appel, son tribunal, sa police, ses renseignements, toutes
affaires cessantes, tente depuis 26 ans, avec d’étranges preuves, de
faire de la sociologue Pınar Selek un dirigeant du PKK…
« Après que la Cour d’appel ait annulé la dernière décision
d’acquittement concernant Selek, le tribunal local s’est conformé à
cette décision, avant d’émettre une notice rouge. Cependant, une notice
n’est pas publiée comme cela vous chante. Vous devez révéler les liens
organisationnels de cette personne, expliquer sa situation concrète et
trouver des preuves convaincantes.
« Selek, qui vit en France depuis des années, est maîtresse de
conférence au département de sociologie de l’Université Côte d’Azur.
Elle co-coordonne l’Observatoire des migrations aux frontières sud
entre la France et l’Italie. Le département de lutte antiterroriste de
la direction générale de la Sûreté, à la recherche de collusions, n’a
pu trouver que la participation de Selek à un panel organisé dans son
université, comme si cela était top secret. Le département Interpol du
ministère de l’Intérieur a mentionné dans sa note relative à Selek :
"Il a été rapporté qu’elle a participé à un évènement organisé par les
membres du PKK/KCK à Nice en France" ».
Swanie Potot, la directrice de l’URMIS, organisatrice de l’évènement,
affilié à l’université, exprime en substance dans sa note envoyée au
tribunal en réaction au document produit à charge de Pınar Selek : « En
avril dernier, une des conférences du festival du Printemps des
Migrations, soutenue par l’Université Côte d’Azur et plusieurs autres
organisations, était consacrée à la migration des femmes kurdes. Nous
avons demandé à notre collègue Pınar Selek de présider cette conférence
dans le cadre des activités professionnelles de l’université, en raison
de ses travaux tant sur les femmes migrantes que sur le problème kurde.
Elle a accepté cette mission et l’a accomplie avec succès. Ce document
est diffamatoire, et non seulement pour la situation de Pınar Selek,
mais aussi pour les activités de l’université dont nous sommes garants
et dont le sérieux et l’intégrité sont remis en question ».
La preuve la plus importante de la qualité d’académicienne et de
chercheuse de Pınar Selek est que la rectrice de l’Université Libre de
Bruxelles Annemie Schaus, la rectrice de l’Université Lyon 2 et
présidente des recteurs du centre de la France Nathalie Dopnier et le
vice-recteur de l’Université de Strasbourg Mathieu Schnieder étaient
venues exprimer leur solidarité en suivant sur place la dernière
audience.
LA COMBATIVITÉ DE PINAR HÉRITÉE DU GRAND-PÈRE ET DU PÈRE
En exil depuis 16 ans, Pınar Selek est non seulement une scientifique
de qualité dont la Turquie peut être fière tant pour sa personnalité
que ses travaux scientifiques, mais aussi la petite-fille et la fille
de deux personnes d’exception que j’ai eu l’honneur de connaître de
près et de lutter ensemble dans les rangs du Parti ouvrier de Turquie
dans les années 60…
Aydin Engin, à qui nous avons fait nos adieux pour l’éternité l’année
passée, déclarait ainsi dans un article publié le 13 avril 2009 sur le
site t24 : « Pınar Selek souffre d’une anomalie génétique incurable.
Une anomalie génétique héritée de son grand-père Cemal Hakkı Selek et
de son père Alp Selek : s’opposer à l’injustice, être aux côtés de la
victime, quelle qu’elle soit ! »
J’avais connu Cemal Hakkı Selek comme l’un des sages de notre parti au
siège central du Parti ouvrier de Turquie sur la colline d’Ankara en
1963, lorsque j’arrivai d’İzmir à İstanbul à la demande du président
Aybar.
Après des études de droit à l’Université de Genève, il travailla
quelque temps au ministère de la Justice et à l’Université d’İstanbul,
avant de fonder la Librairie Universitaire en y publiant des revues et
des ouvrages scientifiques, tout en commençant à travailler comme
avocat indépendant. Il avait rejoint le Parti ouvrier de Turquie après
l’arrivée d’Aybar à la présidence.
C’était une personnalité respectable dont Aybar consultait constamment
l’avis, qui nous aidait, nous les jeunes, dans les activités du parti
jusqu’à des heures tardives lorsque c’était nécessaire, et qui ne
manquait jamais de prodiguer ses avertissements et ses suggestions.
Nous avions travaillé ensemble au sein du centre d’études et de
recherches du Parti ouvrier de Turquie, tout comme nous avions été
ensemble élus au comité exécutif départemental du parti à İstanbul lors
de son premier congrès, puis au comité exécutif central lors du premier
congrès général.
Selek fut élu député du TİP à Izmir lors des élections générales de
1965 et présida le groupe parlementaire du TİP à la Grande Assemblée
nationale de Turquie jusqu’en 1969.
Cemal Hakkı Selek, qui avait également participé en 1975 à la fondation
du 2e TIP après l’interdiction du 1e TIP à la suite du coup d’État du
12 mars, nous a quitté le 28 septembre 1996…
Avec le père de Pınar Selek, l’avocat Alp Selek, nous avons partagé les
rangs du Parti ouvrier de Turquie, aussi bien dans les années 60 que
dans les années 70…
Alp Selek a toujours été en avant plan de la lutte politique de la
classe ouvrière et, en parallèle, de la lutte syndicale comme avocat…
Alp Selek fut également en 1963 l’un des avocats qui assura la défense
des travailleurs arrêtés et poursuivis pour leur résistance légendaire
lancée contre le management oppressif du directeur importé des
États-Unis par l’usine de câbles Kavel détenue par Vehbi Koç… Dans les
années 60, il avait pris part comme avocat de la défense dans presque
tous les procès intentés contre les travailleurs, les syndicalistes et
les leaders de la jeunesse à la suite de leurs actions de résistances
que nous couvrions en détail dans le quotidien Akşam, puis dans notre
revue Ant.
Alp Selek, qui assuma la défense dans tous les procès intentés aux
leaders de la jeunesse et ouvriers à la suite du coup d’État du 12 mars
1971, participera au 2e Parti ouvrier de Turquie fondé en 1975, avant
d’être arrêté en tant que dirigeant du parti après le coup d’État du 12
septembre 1980 et détenu en prison pendant 4 années et demie.
Le calvaire d’Alp Selek ne prendra pas pour autant fin après sa
libération. Condamné par l’article 141 du Code pénal turc interdisant
les organisations communistes, il sera longtemps privé du droit
d’exercer sa profession sous la pression du ministre de la Justice de
l’époque, Oltan Sungurlu, sur le barreau d’Istanbul. Mais grâce à une
décision du Conseil d’État adoptée à trois voix contre deux, il put
reprendre sa profession d’avocat.
Comme le souligne l’article intitulé « Un homme d’entêtement et de
persévérance : Alp Selek » paru dans le numéro de juillet/août 2016 de
la revue des Cahiers du Droit :
« L’un des procès les plus difficiles pour Selek est peut-être celui du
Bazar aux Épices, dans lequel sa fille, la sociologue Pınar Selek, est
poursuivie, et dont il assura la défense avec une équipe comprenant sa
fille avocate, Şeyda Selek. Après avoir défendu les progressistes, les
ouvriers, et même dû assurer sa propre défense, Selek a pris place
devant un juge pour défendre cette fois sa fille. Lorsqu’on contemple
la longue vie de lutte de Selek, on observe que toute sa vie est une
combinaison harmonieuse d’une identité de socialiste et de juriste
pétrie de persévérance et de sourire. Alp Selek continue encore de nous
éclairer sur la voie qu’il a ouverte dans sa lutte juridique avec son
humanité, son grand cœur et sa détermination sans fin ».
CONTINUER À « TRAHIR LA PATRIE » COMME NAZIM HIKMET…
Inci et moi avons quitté l’union joyeuse, fraternelle et pleine
d’espoir des Ateliers du Soleil en enfouissant en nous notre colère
face à la décision honteuse pour la justice turque et le régime
d’Ankara annoncée lors de l’audience du procès Pınar Selek…
Tard, dans la nuit, je m’apprêtais à m’asseoir devant l’ordinateur pour
coucher par écrit ma colère, lorsqu’un post ironique partagé sur
Facebook par notre ami journaliste et metteur en scène de théâtre
Erdinç Utku, avec qui nous avions assisté longtemps à la fête des
Ateliers du Soleil, apparut à l’écran :
« Aujourd’hui, il y avait une fête de fin d’année aux Ateliers du
Soleil. J’ai sauté la promenade de la pause de midi et y suis passé en
ayant l’occasion de voir le légendaire rédacteur en chef Doğan Özgüden,
qui a transformé Aksam, l’un des plus grands journaux des années 1960,
en organe de presse du mouvement ouvrier et démocratique, et sa
compagne de vie et de lutte, İnci Tuğsavul.
Ma révélation de leur trahison (!) dans le journal Cumhuriyet en 2014
n’a servi à rien. 10 ans se sont écoulés et ils continuent toujours à
trahir la patrie. Ils ont laissé une institution qui s’adresse à toutes
les nations à Bruxelles entre de bonnes mains, mais gardent encore un
œil dessus.
Laissez-moi publier une fois de plus l’article dans lequel j’ai dénoncé
leur trahison à la patrie, peut-être que cette fois, ils auront peur… »
Le post d’Erdinç, après avoir partagé in extenso cet article du
Cumhuriyet, se terminait par un rappel :
« N’avions-nous pas qualifié Nazım Hikmet de "traître à la patrie" en
le poussant à écrire le poème "Traître à la patrie" en 1962 ? Et Nazım,
en colère, n’avait-il pas écrit: "Oui, je suis traître à la patrie, si
vous êtes patriotes, si vous êtes les protecteurs de ce pays, moi, je
suis traître à ce pays, je suis traître à cette patrie. Si la patrie,
ce sont vos fermages, si la patrie, c’est ce qui se trouve dans vos
caisses et vos carnets de chèques, si la patrie, c’est crever de faim
au bord des routes, si la patrie, c’est trembler de froid dehors comme
un chien, et en été se tordre de paludisme, si c’est pomper notre sang
versé dans vos usines, la patrie, si la patrie ce sont les griffes de
vos grands propriétaires terriens, si la patrie, ce sont les livres
religieux armés de lances, les matraques des policiers, si ce sont vos
rémunérations et vos traitements, la patrie, si ce sont les bases
américaines, les bombes américaines, les canons de la flotte
américaine, la patrie, si la patrie, ce n’est pas nous délivrer de ces
ténèbres pestilentielles, alors moi je suis traître à la patrie.
Écrivez sur trois colonnes en caractères bien noirs et gras 'Nâzım
Hikmet est traître à la patrie, et il continue'"?
« Doğan Özgüden et İnci Özgüden Tuğsavul continuent encore à Bruxelles
à "trahir à la patrie"
!»
La police, les procureurs, les juges, les missions à l’étranger, les
mosquées contrôlées par la Fondation des Affaires religieuses, les
associations à catéchèse et à silhouette de Loups Gris et les médias
obséquieux de la dictature AKP-MHP continuent à lancer toutes les
calomnies possibles, en ce compris la « trahison à la patrie », contre
tous ceux qui, depuis l’étranger, travaillent à une véritable
démocratisation de la Turquie et au combat pour la construction commune
d’un avenir dans l’égalité et la fraternité entre Turc, Kurde,
Arménien, Assyrien, Grec, Yézidi, et toutes les personnes d’Anatolie et
de Thrace…
Tout comme l’acquittement de Pınar Selek, déjà mérité à maintes
reprises par le passé, a été empêché lors de l’audience tenue il y a
trois jours par un faux rapport diffamatoire…
Quelle honte…
Traduction: Mazyar KHOOJINIAN
European Championships provide stage for Turkish fascists
The European Football Championship in Germany witnessed Turkish fans
displaying ultranationalist symbols and chanting racist slogans,
prompting calls from the Confederation of Kurdish Communities in
Germany (KON-MED) to ban the Grey Wolves, a Turkish ultranationalist
organisation.
In July 2023, a photograph of former German national team footballer
Mesut Özil stirred controversy when he revealed a chest tattoo
featuring three crescent moons and a howling wolf, symbols associated
with the Turkish Nationalist Movement Party (MHP) and its extremist
wing, the Grey Wolves. With 18,500 members, the Grey Wolves
(Bozkurtlar) are considered the largest right-wing extremist movement
in Germany. This incident sparked renewed attention on the group’s
activities and influence within Turkish communities in Europe.
During the European Football Championship, particularly surrounding the
match between Georgia and Turkey, Turkish supporters were observed
making the Grey Wolves’ wolf salute in several German cities.
Additionally, fans reportedly disrupted Georgia’s national anthem with
whistles and chanted racist slogans within the stadium.
Ruken Akça and Kerem Gök, co-chairs of the Confederation of Kurdish
Communities in Germany (KON-MED), emphasised the intersection of
Turkish nationalism and football culture, linking it to broader
political agendas. They demanded a ban on the Grey Wolves in Germany,
citing the organisation’s role in promoting ethnic nationalism and
supporting Turkey’s military actions against Kurdish groups. According
to Akça and Gök, Turkish football clubs often engage in public displays
of support for military operations, which they argue further
politicises the sport.
Highlighting the Grey Wolves’ extensive network in Germany, KON-MED
representatives noted the organisation’s 303 affiliated associations
and expressed concerns over its impact on social cohesion and minority
safety. They described the Grey Wolves’ symbol, derived from ancient
Turkish mythology, as a representation of their purported strength and
aggression, promoting a vision of a greater Turkish empire known as
‘Turan’.
KON-MED underscored the security risks posed by the Grey Wolves,
particularly targeting minorities such as Kurds, Armenians, Jews,
Christians, Greeks and LGBTQ+ individuals. They condemned the presence
of Turkish police forces deployed during the European Championship in
Germany, warning that it could re-traumatise refugees and asylum
seekers who fled Turkey due to political repression.
The statement concluded with a call for the prohibition of the Grey
Wolves in Germany and urged authorities to expose their networks and
sources of funding. Additionally, KON-MED advocated for enhanced
anti-discrimination initiatives in sports and society at large, aimed
at safeguarding vulnerable youth from extremist ideologies and
promoting inclusive democracy. (Medyanews, 26 June 2024)
Pression
sur les médias / Pressure on the Media
Kurdish journalists sentenced to
prison for ‘creating pro-PKK perception’
The Ankara 4th Heavy Penal Court has issued a detailed ruling on the
six-year and three-month prison sentences handed down to several
journalists from the Mezopotamya Agency (MA). The court accused the
journalists of "membership in an armed terrorist organization,"
referring to the Kurdistan Workers' Party (PKK), based on their work
and social media activities.
The journalists affected by the ruling include Selman Güzelyüz, Berivan
Altan, Diren Yurtsever, Hakan Yalçın, Emrullah Acar, Zemo Ağgöz, and
Deniz Nazlım. The court's decision revealed that the sentences were
grounded on allegations that their reporting created a favorable
perception of the PKK and its imprisoned leader, Abdullah Öcalan.
The court argued that the journalists' activities, such as financial
transactions among themselves, reports on solitary confinement, social
media posts, books and magazines seized during police raids, and
reports from the Human Rights Association (İHD) on ill prisoners,
constituted criminal behavior.
According to the court, the journalists aimed to recruit armed members
for the PKK, maintain the motivation of PKK sympathizers, suggest that
Abdullah Öcalan's imprisonment conditions were illegal, imply that the
Turkish state mistreats Kurdish citizens, and create a perception that
the Turkish Armed Forces use chemical weapons.
A witness, Hüseyin Durudeniz, testified that he was unsure if
Mezopotamya Agency had connections with the PKK, but said that if it
did, it should be closed down. The court took this statement as
evidence against the journalists.
The court ignored testimonies from other witnesses and did not apply
the principle of ‘benefit of the doubt’ for the defendants.
While convicting the seven journalists, the court had acquitted three
others due to a lack of sufficient evidence. (BIA, 26 July2024)
Journalists
are on the target and have
no legal security anymore!
Tomorrow is July 24, marked as the Struggle for Press Freedom day in
Turkey. In the tenure of no previous administration in Turkey have the
judiciary and law been so regrettably instrumentalized to block
unfavorable agendas and discussions from reaching the public through
methods such as online censorship, arbitrary lawsuits, and the
detention of journalists.
Relying on ‘disinformation’ lawsuits filed against journalists during
the earthquake and election periods, the government also aimed to
target media organizations and journalists receiving international
funds by including the vaguely defined ‘agents of influence’ regulation
in the 9th Judicial Package. However, this initiative was halted for
now due to the reactions from human rights organizations, opposition
parties, and journalism organizations.
The BİA Media Monitoring Report covering the period from April to June
points to a grim picture: nearly 200 journalists faced relentless
judicial pressure and were brought to court over three months, while
the Radio and Television Supreme Council (RTÜK), acting as the
‘government's stick,’ imposed fines amounting to 29,205,625 liras.
Moreover, in an alarming atmosphere where the judiciary remains a
spectator, the government partner MHP and its circles brazenly
threatened investigative journalists who persistently followed up on
the Sinan Ateş murder.
The chronic problems of pressure on journalists and the minimum level
of legal security in Turkey also reflected in this year's RSF World
Press Freedom Index, which includes 180 countries. Ranked 158th, Turkey
owes its seven-place progress only to the deterioration in some other
countries.
No topic escapes online censorship!
During the period from April to June, due to applications from
government circles, members of the Ministry of Justice, and various
entrepreneurs, the Penal Judgeships of Peace and the Union of Access
Providers imposed access bans on at least 2,970 news articles,
journalistic content, or related social media posts, citing ‘personal
rights.’
This censorship, which prevents the processing of topics such as
tenders, corruption, favoritism, sexual abuse, organized crime, and
violence, occurs opportunistically in an environment where the
Constitutional Court, as of October 10, has suspended the enforcement
of Article 9 of the Internet Law and expects the Grand National
Assembly of Turkey (TBMM) to address this structural issue. The article
titled '550 Million Liras of Credit from Halkbank to the Mafia'
concerning Ayhan Bora Kaplan, an alleged criminal organization leader,
penned by Timur Soykan and published by BirGün newspaper on June 5, was
also subjected to an access ban.
Seven acquittals, six convictions in three months
From April to June, seven journalists—Elif Akgül and Zehra Doğan for
'terrorist propaganda,' Canan Rojin Akın and Sezgin Kartal for 'being a
member of a terrorist organization,' Ferit Aslan for 'spreading
misleading information,' Mizgin Fendik for 'aiding a terrorist
organization,' and Hacı Boğatekin for 'praising a crime'—were acquitted
in their trials. However, six journalists were sentenced to a total of
18 years and 3 months in prison on charges of 'aiding a terrorist
organization' and 'marking counterterrorism officials as a target for
terror groups.'
17 journalists facing ‘insulting the president’ charges, 76 convictions
in 10 years
During the period from April to June, the names of at least 17
journalists and cartoonists (Furkan Karabay, İhsan Çaralan, İnan
Kızılkaya, Sedef Kabaş, Barış Pehlivan, Ozan Alper Yurtoğlu, Julien
Serignac, Gerard BİArd, Laurent Sourisseau, ‘Alice,’ Rüstem Batum,
Ramazan Yurttapan, Haydar Ergül, Ahmet Sever, Deniz Yücel, Hayko
Bağdat, Erk Acarer) appeared in lawsuits based on the allegation of
‘insulting the President.’ In these cases, a total of 74 years and 8
months of imprisonment was sought.
Although no acquittal or conviction was recorded in these trials during
this three-month period, Article 299 of the Turkish Penal Code, which
pertains to 'insulting the President,' has paved the way for over 250
journalists to be prosecuted during President Erdoğan's 10-year tenure,
with at least 76 being sentenced to imprisonment or fines.
RTÜK: A threat to media pluralism – 29 million liras in fines over
three months
The Radio and Television Supreme Council (RTÜK), the distributio of
whose members reflect the parliamentary distribution of parties and
whose chairperson, Ebubekir Şahin, regularly intervenes in broadcast
content via social media, had Açık Radyo's license revoked, citing a
guest's use of the term 'Armenian genocide' on air. According to its
Activity Report, the Council imposed fines totaling 81 million 901
thousand liras last year. In the past three months alone, it fined TV
stations a total of 29 million 205 thousand 625 liras for news and
programs.
'Arrest and release' and ‘judicial control’ for journalists
Turkey, listed alongside Iran by RSF as one of the ‘countries with the
fastest journalist arrest cycles,’ continues its habit of frequently
arresting and then releasing journalists. In the past three months,
Mezopotamya Agency (MA) reporters Mehmet Aslan and Esra Solin Dal,
along with Yeni Özgür Politika reporter Erdoğan Alayumat, were arrested
on charges of 'being a member of a terrorist organization' and released
about a month later. İzmir journalist Süleyman Gençel and PİRHA
reporter Diren Keser, who were arrested in the first three months of
2024, remain imprisoned, while İdris Özyol in Antalya and TRT war
correspondent Elif Akkuş have been released.
Conversely, the practice of 'judicial control' instead of imprisonment
has created a concerning trend that encircles journalism in terms of
freedom of travel and free expression. (BIA, 24 July2024)
'Media plays a role in the spread of hate speech'
July 24… This date, representing the abolition of censorship in the
Ottoman Empire in 1908, was celebrated as Press Day in Turkey from 1948
to 1971. Since 1971, it has been commemorated as the Day of Struggle
for Press Freedom.
July 24 is a critical opportunity to emphasize the importance of press
freedom and support freedom of expression. However, using freedom of
press and expression to produce or spread hate speech is a threat to
social peace.
IPS Communication Foundation/bianet, under the “Early Warning System in
the Fight Against Fake News and Hate Speech” (SAHNE) project by the
Turkey Europe Foundation, prepared a report titled “Hate Speech in the
Turkish Written Press.”
The report, written by Yasemin Korkmaz, exemplifies the importance of
combating hate speech in the media. It analyzes hate speech in national
and local newspapers in Turkey between November 2023 and March 2024.
bianet's approach to articles containing hate speech
Additionally, journalist Semra Kardeşoğlu rewrote five pieces selected
by the project advisory board from the analyzed articles in different
themes to promote good journalism.
This text, edited by Vecih Cuzdan, the Managing Editor of bianet, and
titled “How Would bianet Report It?”, continues the “Hate Speech in the
Turkish Written Press” report. The news articles are written with a
rights-based approach and a peace language perspective, free of sexist
language.
Methodology
During this four-month period, a total of 80 issues from five local
(Mersin Newspaper - Mersin, Olay Newspaper - Bursa, Günebakış -
Trabzon, Yeni Asır - İzmir, Gazete Ekspres –Antep) and five national
(Yeni Şafak, Sabah, Sözcü, Karar, Yeni Yaşam) newspapers were reviewed.
In the newspaper review, keywords were used to identify hate speech
targeting national, ethnic, religious identities, immigrants and
refugees, and LGBTI+s. The keyword list included the most targeted
identities in Turkey, as well as insults and derogatory expressions
associated with these identities:
“Afghan, Alevi, Arab, Atheist, Headscarf, Western, Gypsy, Armenian,
Yazidi, Non-Muslim, Infidel, Reactionary, Immigrant, Crusader, Traitor,
Christian, Islam, Infidel, Kurd, Liberation, Refugee, Jew, Muslim,
Pakistani, Greek, Roma, Genocide, Syrian, Shiite, Turk, Enemy of Turks,
Jew, Yazid, Bigot, Gay, Lesbian, Transvestite, Transsexual, Homosexual,
LGBTI, LGBTI+, Deviant, Pedophile, Pervert, Fag, Woman, girl, lady,
miss, mother, grandmother, harassment, rape, assault, violence against
women, abuse, frenzy, femicide, husband, wife.”
The report identified 66 news articles containing the selected keywords
as subjects of bianet’s research. Among these 66 articles, 21 were
found to produce hate speech.
In these 21 articles, LGBTI+s and refugees were each the subject of
hate speech five times, Jews four times, Greek Cypriots three times,
Greeks, Arabs, and Russians twice, and Armenians once. (BIA, 24
July2024)
Extradition to Germany?
Little hope for Kurdish journalist Serdar Karakoç
The extradition hearing for Kurdish journalist Serdar Karakoç took
place in Amsterdam, with Germany seeking his trial for 'terrorism'
despite his non-violent activities. The court will decide on 7 August.
Karakoç, granted asylum in the Netherlands years ago, could face
extradition and imprisonment in Germany.
Under a lot of public attention, the hearing in the extradition case
against Serdar Karakoç took place in the courthouse in Amsterdam.
Germany had asked for Karakoç’s extradition to put him on trial for
‘terrorism’, even though he was never involved in violence. The lawyers
expressed little hope that extradition can be stopped. The court will
make a decision on 7 August.
Some 70 people showed up in solidarity but there was only space for 23
people in the small court room. At the end of the hearing, the judge
told Karakoç to take a packed bag on 7 August, just in case the
extradition would happen. Asked after the hearing what he is going to
definitely put in his bag, Karakoç told Medya News: “Philosophy books.
I am going to need them.”
Asylum
The judge started the hearing by stating that the content of the case
was not on the table but only the legality of the extradition request.
The defence, put forward by lawyer Dündar Gürses, tried to put forward
that the ground mentioned in the extradition request, terrorism,
couldn’t be applicable because of the non-violent activities in the
investigation, like attending gatherings and fundraising. This
contradiction rendered the request inadmissible, Gürses argued.
He also said that these activities are exactly what Turkey considers
‘terrorism’, and were ground for the Netherlands to grant Karakoç
asylum almost a quarter of a century ago.
If the court doesn’t reject the extradition request, Gürses said, maybe
the public prosecutor could consult with his German colleague about
ways in which Karakoç could be available for German justice without
being in pre-trial detention, for example by voluntarily testifying at
the court and showing up for the court case.
Prison
For the public prosecutor, these reflections weren’t relevant though.
He brought up Karakoç’s status as a recognised refugee in the
Netherlands, stating that Germany had guaranteed Karakoç’s right to
return to the Netherlands, adding that his right to stay in the
Netherlands is guaranteed as well. In other words: if Karakoç is
extradited and if he is convicted, he can serve his prison sentence in
the Netherlands.
In Karakoç’s concluding words, granted to him by the judge, he
reflected on the suppression of the Kurdish people in Turkey and
Kurdistan, and how over the years that he travelled in Europe all kinds
of political developments in the region didn’t turn out well for the
Kurds, to say the least. He reflected on state violence, his identity
as a journalist and nothing else, and what is considered to be
‘terrorism’ in Turkey – including doing journalism.
Crowd
After the hearing, which took an hour, Karakoç’s friends gathered at
the square outside the courthouse. Some consternation occurred when a
Turkish nationalist entered the scene making the fascist Grey Wolves
sign with both hands, but he was soon shoved aside. After Karakoç
thanked the friends for showing up in support, his German lawyer, Yener
Sözer, spoke to the crowd, which were holding up signs saying
‘Journalism is not a crime’. He informed the people that in previous
cases, in which Germany requested the extradition of Kurds within the
European Union, the requests were complied with. The chance that it’s
different for Serdar Karakoç, is negligible. (Medya News, 25 July2024)
Kurdish journalist
Sadık Topaloğlu arrested on charge he already
received sentence for
A new case was filed against Topaloğlu based on the statements of a
confessor who already testified in the original case against him, says
his lawyer.
Kurdish journalist Sadık Topaloğlu arrested on charge he already
received sentence for Sadık Topaloğlu, a former reporter for the
pro-Kurdish Mezopotamya
Agency (MA), was remanded in custody on July 13 for “being a member of
a terrorist organization.”
Following Topaloğlu’s arrest, the state-run Anadolu Agency (AA)
reported that Topaoğlu was caught in a joint operation by the police
and the intelligence. Topaloğlu was involved in the intelligence
network of the Kurdistan Workers’ Party (PKK) and providing financial
resources to the militant group.
However, Topaloğlu's lawyer denies these allegations and notes that
Topaloğlu was already sentenced to 6 years and 3 months in prison on
the same charge in 2022, hence this case breaks the principle that one
person cannot be charged with the same offense twice. The first case is
currently pending at the Court of Cassation, the top appeals court.
Lawyer Ayşe Acinikli explained that the new investigation was initiated
based on testimony already included in the original case. A witness and
a PKK confessor, Özgür Baran, claimed in his testimony that he had seen
Topaloğlu in Qandil, a PKK stronghold in Iraq. The same testimony was
used to reopen the investigation, despite being identical to the
previous case.
The photos published by AA showing Topaloğlu in PKK outfits were from
2014 and 2015, when there was a peace process going on between the
government and the militant group, noted the lawyer.
“Topaloğlu had taken a break from journalism due to health issues. In
the 2019 case, he had been detained for three months and received a
sentence in 2022 based on Baran’s testimony.
“The confessor mentioned an MLP structure belonging to the PKK and
claimed to have seen Topaloğlu in Qandil. The police searched
Topaloğlu’s home, and during interrogation, the prosecution and the
court considered questions related to an interview Topaloğlu had
conducted and notes on a non-banned book as organizational documents.
“Despite the redundancy of the charges, the court ruled for Topaloğlu’s
re-arrest. Acinikli criticized this move as a clear legal violation.
She also condemned the media coverage for reporting the arrest five
days later as breaking news, suggesting an intentional manipulation of
public perception.”
Acinikli revealed they have appealed against the detention and are
awaiting whether the prosecution will proceed with an indictment or
decide there is no basis for prosecution, thus closing the case.
“A second sentence”
The Dicle Fırat Journalists Association (DFG) also condemned the
arrest, highlighting that Topaloğlu had already been tried and
sentenced for the same allegations in 2022. They pointed out that
Topaloğlu was convicted based on testimony from a witness who never
attended court hearings.
The DFG denounced the portrayal of Topaloğlu’s arrest by state and
pro-government media, which depicted it as a significant victory
against the PKK’s alleged intelligence network, thereby vilifying him
without regard for the presumption of innocence. (BIA, July 18, 2024)
Une première mondiale:
Deux écrivains, dont l’un en prison, qui ne se
connaissent pas ont publié un livre:"Duo au purgatoire"

Ragip Duran, TVXS.GR, 15 juillet 2024
‘’La littérature a
sûrement des capacités extraordinaires. Elle peut par exemple aider un
prisonnier à prendre la cavale’’ écrit Mine Sogut, une écrivaine qui
salut la sortie d’un roman écrit à deux mains par MM. Selahattin
Demirtas et Yigit Bener.
Le premier était l’ex
co-président du Parti Démocratique des Peuples (HADEP, kurdes et
gauche, aujourd’hui DEM, troisième parti du Parlement avec 57 députés
sur 593) et il est en prison depuis presque huit ans, c’est-à-dire
depuis novembre 2016. Il est accusé de faire de ‘’la propagande
terroriste, séparatiste’’. Il a été jugé et condamné à 42 ans ( !) de
prison ferme dans deux grands procès et il y a encore, pour le moment
trois autres procès en cours. La Cour Constitutionnelle turque et la
Cour Européenne des Droits de l’Homme ont plusieurs fois pris des
décisions pour la libération immédiate de Demirtas, car elles estiment
que les tribunaux turcs n’avaient pas agi conformément à la loi et au
droit. D’ailleurs, la très grande majorité de l’opinion publique turque
sait très bien que la condamnation de Demirtas n’est que la
manifestation de revanche politique du Président Erdogan. Demirtas
était l’opposant le plus fervent et le plus populaire contre le régime
de l’Homme Unique.
Demirtaş, 51 ans,
avocat kurde, a pu démontrer pendant ses 8 ans de prison qu’il était en
même temps un romancier de grand talent. Il a publié deux romans et
trois recueils de nouvelles, plus le texte intégral de sa défense
politique lue devant les juges : Un pavé de 500 pages qui est un
véritable contre le réquisitoire politique contre les politiques et
actions de l’Etat turc envers les Kurdes et l’opposition. De plus, il
joue au saz, compose des chansons d’amour et de lutte et il est
également un caricaturiste amateur.
Le co-auteur du ‘’Duo
au purgatoire’’, Yigit Bener, 66 ans, écrivain et traducteur turc,
auteur d’une vingtaine de livres, romans, nouvelles, essais, mais aussi
des livres pour enfants a également publié 3 livres en français. Il a
été décoré récemment des insignes de chevalier dans l’ordre des Arts et
des Lettres de la République française.
Demirtas et Bener ne
se connaissaient pas, ils ne s’étaient jamais rencontrés. Demirtas
avait quand même lu et beaucoup apprécié le ‘’Voyage au bout de la
nuit’’ de Céline, traduit en turc par Bener. Et Bener connaissait bien
sûr seulement de nom le leader politique Demirtas. Les deux co-auteurs
ont d’abord commencé respectivement à envoyer leurs livres, puis une
correspondance a vu le jour entre les deux hommes de lettre. Enfin, ils
ont décidé d’écrire un livre en commun par correspondance. Le système
était simple : L’un envoyait un chapitre et l’autre enchaînait… ainsi
de suite. ‘’C’était un peu comme jouer aux échecs’’ a avoué Demirtas.
Les deux écrivains
ont finalement rédigé un polar, plein de tension et aussi plein
d’humour, avec des références à l’actualité politique et à l’histoire
du pays. C’est un récit avec deux narrateurs qui sont aussi les
personnages principaux : un général à la retraite, ancien tortionnaire
à l’époque du coup d’état de 1980, vivant aujourd’hui dans une cabane
isolée surplombant la Méditerranée… Et un avocat de gauche, qui est
aussi aujourd’hui en retraite à Izmir (Smirne). Leurs chemins se
croisent par hasard, à l’occasion d’un accident de voiture où sont
impliqués de mystérieux jeunes gens. Cela provoque une sérieuse
confrontation entre les deux hommes, qui sont l’un comme l’autre pleins
d’amertume et vivent un sentiment de défaite sur leur histoire
personnelle.
Cette confrontation
épique nous fait découvrir l’univers intime de ces deux héros, ou
plutôt anti-héros, en présentant indirectement une sorte de bilan des
40 dernières années de la Turquie, à l’ombre du fascisme et de la
défaite de la gauche turque. Ce court polar (166 pages) se lit d’une
traite, avec également l’intervention de personnages secondaires, dont
une jeune femme kurde et un jeune activiste turc.
Le lancement du livre
fut un événement politico-littéraire. Le 7 juillet dernier, 15
écrivains dont Yigit Bener, se sont rendus à Edirne (Hadrianoupolis)
dans la région frontalière turco-bulgare, où se trouve la prison de
Demirtas. Bener a pu obtenir une autorisation spéciale du Ministère de
la Justice pour rendre visite à son co-écrivain Demirtas et il a pu lui
remettre le livre en question paru le 5 juillet.
Ce groupe littéraire
s’est réuni plus tard dans la cour d’un petit palais historique de la
ville dans laquelle Bener a lu le message de remerciement de Demirtas
et il a également raconté en détail cette rencontre pleine d’émotion. «
Ça a duré à peu près une heure et demie, derrière une vitre, on s’est
vu face à face pour la première fois’’.
Puis les 14 autres
écrivains ont chacun pris la parole pour expliquer le sens et
l’importance de cette rencontre certes littéraire, mais en même temps
politique, car il s’agissait de manifester leur solidarité envers un
collègue, prisonnier politique.
Le récit de la façon
dont ce livre a été écrit a déjà suscité un grand écho dans les médias
du pays. Et maintenant commence à peine le débat sur les dimensions
littéraires et politiques du roman.
Journalist Tolga
Şardan faces 5 years in prison over
‘intelligence report’ article
In the article, Şardan mentioned a report prepared by the country’s
intelligence agency about high judicial bodies and submitted to the
president.
Journalist Tolga Şardan faces 5 years in prison over ‘intelligence
report’ article Journalist Tolga Şardan appeared in court on Tuesday to
face charges of spreading misleading information and degrading state
institutions.
The charges stem from an article published on the T24 news site, where
Şardan mentioned a report prepared by the country’s intelligence agency
about high judicial bodies and submitted to the president.
If convicted, Şardan could face up to five years in prison.
Şardan was detained and subsequently arrested in November following the
publication of his article titled “What is in the ‘judicial report’
presented by MİT to the Presidency?” The piece led to allegations that
he disseminated false information publicly and insulted state
institutions, based on articles 217/A and 301/1 of the Turkish Penal
Code. His arrest occurred several days after the article's publication,
sparking significant public and media interest.
The hearing During the hearing at İstanbul's 2nd Penal Court of First
Instance, Şardan, accompanied by his legal team, rejected the
accusations. He argued that his article did not constitute either
misinformation or defamation. "If there had been any such issue, the
Presidency or the MIT would have intervened first," he stated.
Şardan emphasized that the article was based on legitimate information,
noting that the intelligence report in question was prepared at the
President's request. He insisted that his work was aimed at informing
the public about inter-institutional processes rather than targeting
individuals.
Several prominent figures attended the hearing in support of Şardan,
including representatives from the Turkish Journalists’ Association
(TGC), Journalists' Union of Turkey (TGS), Media and Law Studies
Association (MLSA), Reporters Without Borders (RSF), and the Committee
to Protect Journalists (CPJ).
Şardan's defense team argued that neither the material nor the moral
elements of the alleged crimes were present in his article. They
requested the court to acquit him, emphasizing the public interest
served by his reporting.
Prosecution requests sentence The prosecutor, however, maintained that
Şardan's article included definitive statements about a "judicial
report" prepared by MİT, which misled the public and undermined
confidence in state institutions. The prosecution argued that the
allegations of irregularities and illegal activities within the
judiciary harmed public trust and disrupted public order.
The court granted Şardan and his lawyers additional time to respond to
the prosecution's arguments. The next hearing is scheduled for December
17. (BIA, 10 July 2024)
Justice
Ministry denies sKavala’s
retrial request
Kavala’s lawyers had argued that shift to an executive presidential
system in Turkey had rendered previous charges against him obsolete, as
the office of the prime minister, the supposed victim of the crime, was
abolished in the 2017 referendum.
Kavala, a human rights defender and philanthropist, had sought a
retrial based on what his defense argued were significant procedural
violations and the European Court of Human Rights (ECtHR) rulings,
which highlighted the arbitrary nature of his detention and called for
his immediate release. Turkish courts have so far defied this decision.
Kavala was sentenced to life imprisonment without parole in 2022 on
charges of attempting to overthrow the government during the 2013 Gezi
Park protests. His legal team submitted the request for a retrial,
arguing that the shift to an executive presidential system in Turkey
had rendered previous charges against him obsolete, as the office of
the prime minister, the supposed victim of the crime, was abolished in
the 2017 referendum.
The ministry’s General Directorate of Criminal Affairs dismissed the
retrial request, stating that the decision of the İstanbul court was
appropriate considering the context and evidence of the case. The court
noted that the arguments for retrial had already been presented and
dismissed during previous appeal processes, thus upholding the initial
verdict. (BIA, 5 July 2024)
Kurdish
journalists face six years in Turkish jail on
‘baseless
charges’
Journalists from Kurdish outlets women-led Jin News and Mesopotamya
Agency (MA), have been sentenced to 6 years and 3 months behind bars in
Turkey, charged on “baseless claims of terrorism”, the Committee to
Protect Journalists (CPJ) reported.
“Turkish authorities charged a group of Kurdish journalists with
membership in a terrorist organisation while presenting no solid
evidence to back their accusations and yet somehow found eight of them
guilty,” Özgür Öğret, CPJ’s Turkey representative, said.
The eight were found guilty of membership of the Kurdistan Workers’
Party (PKK), a Kurdish freedom movement outlawed by Turkey. Those
convicted included MA editor Diren Yurtsever, MA reporters Berivan
Altan, Deniz Nazlım, Emrullah Acar, Hakan Yalçın, Selman Güzelyüz, Zemo
Ağgöz and freelance reporter Öznur Değer. Ümmü Habibe Eren, Ceylan
Şahinli and Mehmet Günhan were acquitted.
Dawn raids on a newsroom and the journalists’ homes, by Turkish police
across several cities in October 2022, led to the arrest of the 11
journalists, part of an investigation launched by Ankara chief
prosecutor’s office. The arrests occurred one week after the enactment
of a controversial disinformation law, widely condemned as a
‘censorship bill’.
The arrests also followed mass raids earlier in the year as part of a
clampdown on opposition reporting during the country’s Presidential
elections.
OBC Transeuropa along with 26 other international media freedom and
human rights organisations, have condemned the arrest of Kurdish
journalists in Turkey. The republic scores 158th out of 180 countries
for press freedom rankings by Reporters Without Borders (RSF).
RSF Turkey representative Erol Önderoglu has called for an end to
“politically motivated detentions”, amid international and domestic
backlash at worsening media freedom and freedom of expression in the
country.(medyanews, 4 July 2024)
Écrits
d’exil VII: pour se projeter dans l’avenir
tout en n’oubliant pas le passé…

Korkut Akın, Son Haber, 2 juillet 2024*
Doğan Özgüden, le journaliste qui a vécu la majeure partie de sa vie à
l’étranger, contraint à l’exil en perdant aussi sa nationalité.
Doğan Özgüden – qui a aujourd’hui 87 ans – et sa partenaire de vie et
de lutte İnci Tuğsavul, qui ont poursuivi la lutte pour la paix et à la
démocratie depuis leur exil forcé durant la période du 12 mars, et
malgré leur déchéance de nationalité après le 12 septembre, continuent
à résister aux pressions, aux chantages prétendument accidentels et aux
menaces. Même s’il définit son parcours comme « une lutte de survie de
50 ans en exil », l’axe principal de leur combat est la paix et la
démocratie. Özgüden qui, inlassablement, sans relâche et avec
opiniâtreté, couvre chaque semaine non seulement des sujets
d’actualité, mais aussi -et c’est le plus important- nous sert à tous
de guide à la lumière de la connaissance du passé et des archives.
À but pédagogique…
En journalisme, il est décisif de ne pas s’éloigner du concept ; en
fait, on peut même dire que c’est une règle. Lorsque vous vous éloignez
du sujet et du concept que vous traitez, vous risquez de brouiller
l’attention du lecteur et vous ne pourrez peut-être pas suffisamment
souligner ce que vous voulez raconter. Même si je n’aime pas cela du
tout, certains clichés « collent » tellement bien qu’on ne trouve pas
d’autre expression. Oui, les écrits de Doğan Özgüden devraient être
enseignés dans les facultés de communication. Je n’ai aucun espoir
qu’une telle chose se produise, mais un enseignant qui aime son métier
et souhaite que les étudiants qu’il forme atteignent un certain niveau
peut le recommander… Si un étudiant a délibérément choisi d’étudier le
journalisme et souhaite le faire, ces écrits peuvent servir de guide.
Premièrement, il explique aussi le passé : le quoi, le pourquoi, la
cause et le comment. Dans une actualité aussi changeante et dense, il
est absolument nécessaire que les pièces se mettent en place les pièces
du puzzle, qu’elles prennent corps dans la mémoire et y restent gravées
; bien entendu, cela doit être suffisant et complet… Pour y parvenir,
il conserve les coupures de presse, suit l’actualité, consulte (ou lit)
diverses sources et écrit sans trop tarder en pensant au lecteur
(c’est-à-dire en étant conscient de la valeur du temps du
lecteur).
Deuxièmement, les livres ne sont pas comme les journaux, ils sont
permanents ; consultables à tout moment ; en conséquence, c’est une
source pour un autre travail ou une autre contribution… Lorsque vous
lisez un écrit de Doğan Özgüden, vous êtes vraiment équipés ; même
lorsque vous feuilletez plus tard les pages du livre, vous ne pouvez
pas simplement le parcourir, vous allez forcément le relire. À chaque
fois que vous le lisez, votre mémoire est rafraîchie, vous captez de
nouveaux indices, vous y posez un regard différent…
Le journalisme se vit…
Rares sont ceux qui consacrent toute une vie à un travail ou ne
s’intéressent qu’à ce travail. Doğan Özgüden, parce qu’il pratique
vraiment bien le journalisme, écrit encore à foison et fait lire ses
écrits (l’organisation et la lutte pour le socialisme sont vitales et
indissociables).
Les écrits dans lesquels il a exposé ses prédictions avant les
élections du Parlement européen montrent également, après l’annonce des
résultats, à quel point Özgüden est un observateur méticuleux et doué
d’un très bon sens de l’anticipation, car il ne manque pas le moindre
détail. Bien que la montée des mouvements contre le pouvoir dominant
partout dans le monde ait créé l’attente d’un nouveau ’68, les
élections du Parlement européen l’ont démenti. De toute évidence, le
capitalisme libéral deviendra encore plus oppressif et encore plus
exploiteur.
Les souvenirs et/ou les observations qu’il dissémine dans ses écrits
permettent aussi au lecteur de les relier à sa propre vie. Peut-être
est-ce dû à mon intérêt particulier ; ses écrits, notamment ses
souvenirs dans les domaines de la culture et de l’art, sont très utiles
pour illustrer l’actualité de la Turquie (de l’Europe et du monde). Il
n’a pas de problèmes directs avec les gens ; il se concentre sur le
vécu et les actes. Je dois mentionner un petit détail : tous ses écrits
s’engagent à éclairer le lecteur sur le chemin de la paix et de la
démocratie ; si vous le souhaitez, lisez-le et faites-vous un jugement
par vous-mêmes.
Doğan Özgüden écrit chaque semaine dans « Artı Gerçek (Réalité Plus)» ;
vous pouvez y lire ses écrits passés et constater à quel point son
approche des évènements et du vécu est réaliste.
Je sais à quel point les lecteurs de Son Haber (Dernière Nouvelle) sont
méticuleux et attentifs… On me reprochera de ne pas avoir fait une
recension critique du livre ; permettez-moi d’y objecter d’avance : «
Écrits d’exil VII » est un livre de référence et doit absolument être
gardé à portée de main. Quand vous le lirez, vous verrez ; chaque écrit
peut faire l’objet d’une interprétation différente. Ce n’est pas une
recension des écrits de Doğan Özgüden, c’est une recension de l’œuvre…
* https://sonhaber.ch/surgun-yazilari-vii/
Traduction: Mazyar KHOOJINIAN
Nouveau
renvoi du procès de la sociologue Pinar Selek
Le procès à Istanbul de la sociologue et écrivaine turque
réfugiée en
France Pinar Selek, poursuivie depuis 26 ans en Turquie pour
"terrorisme" malgré quatre acquittements, a été renvoyé au 7
février
2025.
Bahri Bayram Belen, un des avocats de la défense, a affirmé au cours
d'une brève audience vendredi que de "faux" documents avaient été
ajoutés au dossier, jugeant que "certaines institutions
administratives tentent d'influencer le pouvoir judiciaire".
"On ne comprend rien", a réagi Pinar Selek auprès de l'AFP, en
évoquant cette nouvelle accusation.
"Cette attaque aujourd'hui prouve qu'ils ne renoncent à aucune
manoeuvre pour d'intimider et m'inciter à m'abstenir de faire mon
travail", a-t-elle ajouté en marge d'un colloque organisé en son
soutien à Lyon.
Agée de 52 ans, Pinar Selek avait été arrêtée en Turquie en 1998 pour
ses travaux sur la communauté kurde, avant d'être accusée d'être
liée
à une explosion qui venait de faire sept morts au bazar aux
épices
d'Istanbul.
Une expertise a montré que le drame était dû à l'explosion
accidentelle d'une bouteille de gaz mais les poursuites n'ont pas
cessé, malgré quatre acquittements en 2006, 2008, 2011 et 2014.
La sociologue, qui enseigne désormais à l'université à Nice, dans
le
sud-est de la France, a suivi son procès à distance, depuis l'hôtel de
ville de Lyon, invitée par la municipalité dont elle est
citoyenne
d'honneur.
Environ 200 personnes sont venues la soutenir au travers de
prises de parole et de performances artistiques.
Selon ses défenseurs, la nouvelle pièce ajoutée récemment au
dossier
"prétend qu'un événement scientifique auquel Pinar a participé en
France aurait été organisé par +l'organisation terroriste PKK+".
"C'est non seulement faux, mais diffamatoire envers les
institutions
d'enseignement supérieur et de recherche françaises", s'insurge
la
coordination des collectifs de solidarité, en dénonçant une
"manipulation aussi grossière que scandaleuse".
Libérée fin 2000, Mme Selek est un temps restée se battre en Turquie,
avant que des menaces ayant suivi la publication d'un ouvrage ne
la
poussent à l'exil.
"C'est un procès kafkaïen. Je suis face à l'irrationalité, et après 26,
je refuse de m'y habituer", avait déclaré cette semaine à l'AFP
Mme
Selek, visée par un mandat d'arrêt international qui limite ses
possibilités de déplacements.
Comme lors des deux précédentes audiences l'an dernier, une
délégation
internationale d'une cinquantaine de personnes, pour la plupart des
avocats, a assisté aux brefs débats vendredi. (AFP, 28 juin 2024)
Kurdish
Question / Question kurde
Nine Kurdish youths sent to prison over terror charges
for dancing to Kurdish song
Nine Kurdish youths in Mersin, southern Turkey, were formally arrested
on charges of “making terrorist organisation propaganda”. The youths
were initially detained on Monday after being targeted in a racist
campaign for sharing a video on social media showing them dancing to a
Kurdish song and chanting slogans on Mersin beach on 16 June. The
arrests, coming more than a month later, have been criticised as part
of a forced and racist campaign against what many consider a fabricated
crime.
Following their detention and processing by the police, the youths were
brought before the Mersin 1st Criminal Court of Peace. After their
court appearance, Elmascan Ferhat Kayğın, Halil Öztürk, Ramazan Öztürk,
Uğur Öztürk, Mahmut Gümüş, Serdar Amaç, Talha Yılmaz, Mehmet Salih Amaç
and Muhammet Emin Amaç were arrested and sent to prison.
Ali Bozan, MP for Mersin from the pro-Kurdish Peoples’ Equality and
Democracy (DEM) Party, at a press conference condemned the detention of
Kurdish youths, revealing they were forced to listen to the
ultra-nationalist song “Ölürüm Türkiyem” (Die for you Turkey) in a
police vehicle, with the footage shared online. He criticised the
Interior Minister for using old footage to publicise the detentions,
suggesting political motives.
Bozan stated that chanting “Biji Serok Apo” (Long Live Apo, referring
to Kurdistan Workers’ Party’s imprisoned leader Abdullah Öcalan) is not
illegal. The Association of Lawyers for Freedom plans to file a
complaint against the police for inciting hatred. (Medya News, 25
July2024)
PKK Leader Abdullah Öcalan given new 3-month family visit ban
Abdullah Öcalan, the imprisoned leader of the Kurdistan Workers' Party
(PKK), has been issued a new three-month family visit ban. Öcalan, who
has been held in the İmralı island prison in the Sea of Marmara since
1999, has not been allowed to meet with his family or lawyers for the
past 40 months. His last contact with the outside world was a disrupted
phone call with his brother in 2021.
According to a report from the Mezopotamya Agency (MA), the Bursa
Judgeship of Penal Enforcement responded to a request from Öcalan's
lawyers for family visitation. The court indicated that a new
"disciplinary penalty" had been imposed on July 4 by the Disciplinary
Board Presidency. This penalty also affects three other prisoners at
the island prison: Hamili Yıldırım, Ömer Hayri Konar, and Veysi Aktaş.
The court did not provide any details regarding the reasons for the
disciplinary measure. Additionally, requests from Öcalan's lawyers for
information and documentation related to the case were denied. The
lawyers plan to appeal the disciplinary decision at the Bursa Heavy
Penal Court.
The European Committee for the Prevention of Torture (CPT) announced in
a statement on October 3 that İmralı High Security F-Type Closed Prison
was among the institutions visited during their September 20-29 trip to
Turkey.
The last contact with Öcalan
Since a 4.5-minute interrupted phone call with his brother Mehmet
Öcalan on March 25, 2021, there has been no contact with Abdullah
Öcalan. This call marked only the second time Öcalan had limited use of
his legal right to a phone call in his 25 years of imprisonment.
During the call, Öcalan criticized the authorities, saying, "What you
are doing is very wrong. Both the state and you are acting incorrectly.
This is neither legal nor right. It is completely unacceptable and very
dangerous. Do you understand what you are doing? I want my lawyers to
come here and meet with me. This is a legal matter. I have been here
for 22 years. How will this issue be resolved in the future? It can
only be resolved through legal means. Why aren't they coming here? If
there is to be a meeting, it should be with my lawyers because this
situation is both political and legal."
The last meeting between Öcalan and his lawyers from the Asrın Law
Office took place on August 7, 2019. Between 2011 and 2020, Öcalan's
family submitted 385 visitation requests, of which only 29 were
granted. (BIA, 22 July2024)
Erdogan estime avoir atteint son but et annonce la fin
imminente de l'opération "griffe-verrou"
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a annoncé samedi la fin
imminente de l'opération "griffe-verrou" des forces armées turques dans
le nord de l'Irak et de la Syrie, estimant avoir "enfermé" les Kurdes
du PKK.
Ces déclarations interviennent après un regain des opérations
militaires turques au Kurdistan autonome, dénoncées cette semaine par
Bagdad malgré un rapprochement récent des deux capitales.
"Nous compléterons très bientôt le verrouillage de la zone d'opération
dans le nord de l'Irak", a déclaré le chef de l'Etat, affirmant devant
les jeunes diplômés de l'Académie militaire à Istanbul que "des coups
sérieux ont été portés à l'organisation terroriste" du Parti des
Travailleurs du Kurdistan (PKK).
"Nous compléterons les points manquants de la ceinture de sécurité le
long de notre frontière sud en Syrie", a également annoncé le
président, se disant "déterminé à éliminer toute structure susceptible
de constituer une menace pour notre pays le long des frontières avec
l'Irak et la Syrie".
La Turquie a lancé l'opération "griffe-verrou" en avril 2022 pour
sécuriser sa frontière avec le nord de l'Irak, d'où elle accusait le
PKK de lancer des attaques contre le territoire turc.
"L'organisation séparatiste est devenue incapable d'agir à l'intérieur
de nos frontières. En Irak et en Syrie, elle est complètement piégée",
a assuré M. Erdogan : "Nous sommes partout sur leur dos, avec nos
soldats, nos policiers, nos gendarmes et nos agents de renseignement".
- "Corridor de sécurité" -
Dans une interview au média Politico, le ministre de la Défense
turc
Yasar Guler avait réitéré cette semaine "la détermination" de son pays
à créer un "corridor de sécurité le long des frontières avec l'Irak et
la Syrie pour débarrasser la région des terroristes".
En lutte armée contre les autorités turques depuis 1984, le PKK est
classé "terroriste" par Ankara et ses alliés occidentaux, dont les
Etats-Unis et l'Union européenne.
Le ministère turc de la Défense a d'ailleurs annoncé vendredi qu'un
soldat a été tué et un autre blessé dans "l'explosion d'un engin
artisanal" dans le nord de l'Irak, accusant le PKK.
De son côté, l'Irak a dénoncé cette semaine de nouvelles incursions de
l'armée turque sur son territoire au Kurdistan autonome, dans le nord
du pays, attestant d'un regain d'opérations militaires d'Ankara contre
les combattants du PKK depuis plusieurs semaines.
Bagdad et Ankara se sont rapprochés ce printemps après que les
autorités irakiennes ont discrètement proclamé le PKK "organisation
interdite". Le président Erdogan s'était rendu en avril à Bagdad, tout
en réclamant davantage d'implication de son voisin dans la lutte contre
ses ennemis.
Les combattants kurdes disposent de bases arrières au Kurdistan
autonome, qui accueille aussi depuis 25 ans des bases militaires
turques.
Concernant sa frontière avec la Syrie, Ankara avait déclenché en
novembre 2022 l'opération Griffe-Épée par une série de frappes
aériennes: elles visaient des positions du PKK, des Forces
démocratiques syriennes (FDS) et de l'armée syrienne dans le nord du
territoire syrien.
Ces frappes avaient été menées en représailles après un attentat au
coeur d'Istanbul qui avait fait six morts, et dont le gouvernement
avait accusé le PKK, ce que ce dernier a démenti.
La Turquie dispose de bases militaires dans le nord de la Syrie, pour
"protéger sa frontière" et empêcher l'instauration d'un "corridor de la
terreur", selon les termes de M. Erdogan en 2019.
Ce dernier a cependant exprimé une volonté de rapprochement avec le
président syrien Bachar el-Assad auquel il a multiplié les appels du
pied, assurant même le 7 juillet qu'il pouvait inviter ce dernier "à
tout moment", un geste de réconciliation après la rupture entre Ankara
et Damas depuis le début de la guerre en Syrie en 2011. (AFP, 13 juil
2024)
Police
officers suspected in Tahir Elçi killing acquitted
due to ‘insufficient evidence’
The court has released its detailed ruling in the case of the 2015
killing of Diyarbakır Bar Association President Tahir Elçi.
Police officers suspected in Tahir Elçi killing acquitted due to
‘insufficient evidence’ The Diyarbakır 10th Heavy Penal Court has
released its reasoning behind the acquittal of three police officers
charged with "causing death through conscious negligence" in the 2015
killing of Diyarbakır Bar Association President Tahir Elçi.
Elçi was fatally shot while speaking to reporters in front of the
historical Four-Legged Minaret in Diyarbakır's Sur district. The
incident occurred during a clash between police officers and
pro-Kurdish militia.
Despite independent forensic reports suggesting that three police
officers were the most likely suspects in the killing, they were
acquitted due to ‘insufficient evidence.’
The verdict is still pending for the fugitive defendant Uğur Yakışır,
who is on trial for “killing two police officers and disrupting the
unity and integrity of the state”.
The court's 27-page reasoned decision stated that officers F. T., M.
S., and S. T. were acquitted due to ‘insufficient evidence.’ The
decision highlighted that the officers had fired their weapons in the
direction of fleeing militants and towards where Elçi was located,
believing they would not harm any other individuals.
The court noted that it could not determine which gun fired the fatal
shot, concluding, "It was not possible to establish beyond reasonable
doubt that the defendants committed the alleged crime."
'Conflict hindered the investigation' Due to the ongoing urban
conflict, the scene of Elçi's death could not be examined immediately.
An inspection in March 2016 found the site significantly damaged due to
the ongoing urban conflict at the time, which hindered the
investigation, the court argued.
The ruling stated that the bullet causing Elçi's death could not be
traced back to a specific weapon or angle. "The exact source, angle,
and manner of the shot that killed Elçi remain medically and physically
indeterminable.”
Requests from Elçi's family lawyers for a new on-site inspection were
denied, as the court believed it would not add any new information to
the case.
The court also pointed out a 12-second gap in the video footage at the
crime scene, with no footage capturing the exact moment Elçi was shot.
The Scientific and Technological Research Council of Turkey (TÜBİTAK)
confirmed that there had been no tampering with the footage.
Former PM’s testimony denied The court decided against calling
then-Prime Minister Ahmet Davutoğlu as a witness, stating his testimony
would not contribute new information to the case. Davutoğlu had
previously referred to Elçi's murder as a ‘political assassination.’
The report from the Forensic Architecture Goldsmiths Institute at the
University of London, which was included in the case file, suggested
strong suspicions against two of the officers but could not
conclusively identify which one was responsible for Elçi's death.
The court referenced rulings by the General Penal Board of the Court of
Cassation, invoking the principle of "benefit of the doubt to the
defendant," and reaffirmed that the inability to determine which
officer fired the fatal shot led to the acquittal of the accused. (BIA,
11 July 2024)
Turkey-Syria
rapprochement sparks concerns over
Kurdish future
In a significant policy shift, Turkey’s President Recep Tayyip Erdoğan
signalled an openness to restoring relations with Syria, stating “there
is no reason not to establish relations with Syria”. This statement
marks a departure from Turkey’s previously confrontational stance since
the start of the Syrian civil war in 2011.
After cutting ties with Syria during the civil war, Turkey supported
various opposition groups against President Bashar al-Assad and
conducted several cross-border military operations. These operations
led to the occupation of areas previously populated by Kurds,
displacing the local population and resettling the areas with Arabs in
order to create a ‘safe zone’ under Turkish control.
Erdoğan’s recent statements reflect a new willingness to engage
diplomatically with Assad, provided that Syria cooperates with Turkey’s
campaign against Kurdish forces, particularly the Syrian Democratic
Forces (SDF), which have established a degree of autonomy in northern
Syria following their successful fight against ISIS.
Kurdish communities in northern Syria are alarmed by the potential
rapprochement. Turkish military operations have already displaced many
Kurds, and any Turkish-Syrian cooperation against the SDF could further
undermine Kurdish autonomy. Dr Samira al-Moubayed, a Syrian politician,
criticised the rapprochement as a move to stifle Syrian aspirations for
political change and maintain dependence on Turkish-backed opposition
groups.
“The Turkish government’s efforts to meet with Bashar al-Assad’s regime
or invite it to Ankara with the Russian president are aimed at stifling
the Syrian revolution and preventing political change in Syria,” she
said. Al-Moubayed further stressed that this approach could lead to the
stagnation of the country’s development, to the detriment of all
Syrians, adding, “Bashar al-Assad may be willing to trade Syrian
sovereignty for power, but the Syrian people’s refusal to give up their
rights and lands prevents this alignment.”
Ibrahim Hamidi, a commentator on Middle Eastern affairs, highlighted
the complexity of Turkish-Syrian relations, noting Turkey’s significant
military presence in northern Syria and its hosting of millions of
Syrian refugees:
“In recent years, Russian President Vladimir Putin has said he wants to
help bring his ally, Syrian President Bashar al-Assad, in from the
cold. Diplomatically, this means facilitating normalisation between
al-Assad and the Arab world, and between al-Assad and Turkish President
Recep Tayyip Erdoğan.” He pointed out that any progress is complicated
by Turkey’s military control over parts of Syria, stressing that “the
Turks will only withdraw when everything is in place”.
Hamidi noted that the mediation efforts of Iraqi Prime Minister
Mohammed Shia’ Al Sudani and Russian envoy Alexander Lavrentiev appear
to have produced a compromise. The Syrians are dropping their
precondition of a Turkish withdrawal, while Ankara is dropping its
demand for a political solution as a precondition for withdrawal. This
development represents a major diplomatic breakthrough. “Now a
breakthrough seems to have been achieved, which would mark a
significant shift,” he remarked.
Hamidi addresses the importance of the fear of Abdullah Öcalan, the
leader of the Kurdistan Workers’ Party (PKK), in narrowing the gap
between Turkey and Syria amid concerns over a permanent Kurdish
presence in northern Syria. “Today, both Ankara and Damascus are
convinced that the Kurdish institutional presence—particularly the
Autonomous Administration in North and East Syria—poses an existential
threat to their unity and territorial integrity,” Hamidi concludes.
(medyanews, 11 July 2024)
At least 162 villages evacuated in Iraqi Kurdistan due to
Turkish military operations
The Community Peacemaker Teams (CPT) has released a report detailing
Turkey's ongoing military operations in Iraq's north.
Report: At least 162 villages evacuated in Iraqi Kurdistan due to
Turkish military operations The Community Peacemaker Teams (CPT), a
US-based human rights organization and conflict observer, has expressed
concern over Turkey’s ongoing military operations in Iraq’s Kurdistan
region.
Some 162 families have been evauctaed so far and a possible escalation
of conflicts could displace many more, the group warned in a new
report. Turkey has been seeking to expand its military operations in
the region targeting the Kurdistan Workers’ Party (PKK).
According to the CPT, the Turkish Armed Forces (TSK) initiated a new
operation in the Berwari Bala region of Duhok on June 15, conducting
military maneuvers in six villages. On June 25, Turkey established a
checkpoint between the villages of Kani Bilavê and Babirê. The
following day, construction began on new military bases in the villages
of Şiva, Kani Tuya, Zirezê, Demka, Bilecan, Korka, and Girê Biya. The
Turkish army already has several military bases in northern Iraq, in
regions neighboring Turkey’s southeast, which are inhabited by Kurds
The report indicates that at least 162 villages have been evacuated due
to these operations, primarily within the borders of the Duhok
Governorate, where 238 bombardments have taken place. As a result of
the TSK bombardments, more than 20,000 dunams of agricultural land have
been burned, particularly in the villages of Guharze, Balave, Barçê,
Sergelê, Kanê, and Aşkê Dere in the Amedi region. Furthermore, at least
602 villages are at risk of evacuation.
Villagers from Dergalê Mûsa Begê reported being forced to leave their
homes by the TSK on June 27. Residents of Sergelê village expressed
fears of displacement on July 4, as approximately 45 armored vehicles
of the TSK were stationed near their village amid intensifying clashes
between the TSK and the PKK.
The CPT's report also highlights that Turkey has conducted 1,076
attacks in the KRG territories from January to July 2024. These attacks
were distributed across the governorates, with 526 in Duhok, 405 in
Erbil, 135 in Süleymaniye, and 10 in Ninova. Notably, 93% of these
attacks were carried out by warplanes. The operations have resulted in
eight civilian deaths and damage to civilian infrastructure, further
escalating concerns about the operations. (BIA, 10 July 2024)
DEM members marching from İstanbul to Hakkari to
protest removal of
mayor
Members of the pro-Kurdish Peoples' Equality and Democracy (DEM) Party
members are carrying out a protest march from İstanbul to Hakkari in
protest against the removal of the Hakkari mayor from office.
The Interior Ministry dismissed Mehmet Sıddık Akış, the elected
co-mayor, on June 3, about two months after the local elections, citing
a ‘terror-related’ investigation into him. He was replaced with a
‘trustee.’
In protest of this action, DEM members initiated the March on June 30
from İstanbul and reached Van on July 3. Among the nearly 350
participants are DEM deputies, co-mayors, and representatives of civil
society organizations.
During a public statement in Van, Saliha Aydeniz, a DEM deputy, said,
"We walk for the will of the people of Hakkari."
Aydeniz criticized the ruling bloc, accusing them of disregarding the
will of the people and describing the appointment of trustees as a
practice that must be reversed. "We will continue to fight until they
retract these decisions," she remarked. "The appointment of trustees is
a coup. The Kurdish people and their allies are marching against this
coup. If this continues, the country will turn into an open prison.”
The protest also aims to bring attention to the confinement of Abdullah
Öcalan, the leader of the Kurdistan Workers’ Party (PKK), who hasn’t
been allowed family and lawyer visits for years. “Our struggle will
continue until these policies end. The opposition should know that the
path to democracy goes through Hakkari, the freedom of the Kurdish
people, and the freedom of Mr. Öcalan,” said Aydeniz.
Background
Since 2016, the government has been systematically removing mayors from
pro-Kurdish parties in Kurdish-populated areas, often citing
'terrorism' investigations against them. After the 2019 local
elections, where the Peoples’ Democratic Party (HDP) secured more than
60 city, district, and town municipalities, the government took control
of almost all of them. In the latest local elections, the DEM Party,
HDP’s successor, regained most of these municipalities.
However, the government has largely refrained from widespread
implementation of 'trustee policies' this time, with only the mayor of
Hakkari being replaced. According to Turkish law, the Interior Ministry
has the authority to remove elected local administrators if there are
criminal investigations against them. Pro-Kurdish politicians are
frequently accused of having ties to the PKK, as was the case for the
Hakkari co-mayor. The ministry cited an unresolved 2014 case and a new
investigation as reasons for his dismissal. (BIA, 5 July 2024)
Milan names park after 3-year old Kurdish refugee
Alan Kurdi
A park in Milan, Italy, has been named after 3-year-old Alan Kurdî, who
drowned along with his mother, and older brother, while attempting to
cross from Bodrum, Turkey, to Greece on September 2, 2015.
The opening of Alan Kurdî Park drew a large and diverse crowd. Among
the attendees were Nurgül Çokgezici, who is a Professor of Linguistic
Mediation in Milan, as well as several city officials, including Mayor
Santo Minniti, Councilor for Welfare Francesca Gisotti, and Councilor
for Green Areas Elena Grandi.
The event also saw the participation of neighborhood priest Don
Ambrogio Basilico, alongside many other community members coming
together to honor the memory of Alan Kurdî.
Nurgül Çokgezici is a Kurdish refugee and a human rights activist, who
moved to Italy from the Pazarcık district of Maraş in Southeast Turkey
as a child. Çokgezici spoke at the opening ceremony, highlighting the
significance of naming the park after Alan Kurdî as a way to
commemorate him and keep his memory alive.
During her speech, Çokgezici highlighted the challenges and traumas
associated with migration, expressing hope that prejudices can be
overcome and people can live together in harmony. She quoted Turkish
socialist poet and playwright Nazım Hikmet, saying, “Living brotherly,
like a single and free tree, like a forest, is our nostalgia.”
Mayor of Milan Santo Minniti underscored the importance of
acknowledging the struggles and hopes of refugees. He praised the
resilience of families like Alan’s and reiterated Milan’s commitment to
being a city of refuge and solidarity. Councilor Francesca Gisotti
emphasized the need for ongoing efforts to support and integrate
refugees, and ensure they have access to essential services and
opportunities.
Councilor Elena Grandi discussed the symbolic significance of
dedicating a park to Alan Kurdî, noting how green spaces represent
growth, renewal, and a safe haven for families.
Alan and his family fled their home in Kobane in 2011 due to ISIS
attacks. They planned to travel to Europe before seeking refuge in
Canada. The image of Alan’s lifeless body washed ashore in Turkey
became a heartbreaking symbol of the refugee crisis. The story of Alan
Kurdî touched hearts worldwide and sparked a global outcry for better
treatment and support for refugees. Naming a park after him in Milan is
a step towards ensuring his story is not forgotten and that the plight
of refugees continues to be recognized. (medyanews, 4 July 2024)
Kurdish
workers attacked in Muğla
A family from Mardin, who worked in a greenhouse in the neighborhood of
Kumluova in the Seydikemer district of Muğla, was attacked by a group
of 20 people.
Abdulhalim Yavuz said an argument took place on the road around 6 p.m.
on June 28, while his nephew Resul Yavuz was leaving work. Yavuz said:
"During the argument, one person threatened my nephew, accusing him of
not giving him way, and called someone on the phone. Another group of
around fifteen people, including the head of the Kumluova district,
came."
Yavuz said: "When my brother and I got there, my nephew was sitting
covered in blood. A crowd was waiting with machetes, knives and sticks.
When we asked them why they did this, they started attacking us. They
want to kick us out of here because we are Kurds. During the argument,
they constantly said they didn’t want us there, swore and insulted us."
(ANF, 1 July 2024)
Irak: la police dit avoir arrêté trois membres
présumés du PKK pour des
incendies
La police irakienne a annoncé lundi avoir arrêté trois membres présumés
du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), dont deux font partie des
forces de sécurité du Kurdistan autonome, accusés d'avoir allumé des
incendies dans trois villes du nord.
Dans un communiqué, le bras politique du PKK a démenti toute
implication et "rejeté des allégations sans fondement", appelant
"l'Etat irakien et le ministère de l'Intérieur" à "identifier les
véritables auteurs" de ces incendies et à "agir de manière responsable"
face à ce qu'ils ont considéré comme des "directives venant des
renseignements turcs".
L'annonce des autorités irakiennes intervient dans un contexte de
tensions accrues au Kurdistan autonome, où l'armée turque poursuit ses
opérations visant les combattants kurdes turcs du PKK, classé groupe
"terroriste" par Ankara et plusieurs pays occidentaux.
Les incendies, en 2023 et 2024, ont touché des centres commerciaux ou
des marchés, dans les villes de Kirkouk, Erbil et Dohouk, a indiqué
lundi en conférence de presse le porte-parole du ministère de
l'Intérieur de l'Irak fédéral, qui fait état "d'aveux".
Un premier accusé a été interpellé fin mai et des "produits chimiques"
--utilisés pour déclencher les incendies-- ont été retrouvés dans son
véhicule, selon ce porte-parole, le général Moqdad Miri.
"L'organisation du PKK, une organisation interdite", a allumé ces
incendies, a-t-il précisé.
"L'objectif: porter atteinte aux intérêts commerciaux d'un pays avec
lequel ils sont directement en opposition" mais aussi "impacter la
situation sécuritaire et économique" du Kurdistan autonome irakien,
a-t-il dit.
Lors de cette conférence conjointe, un haut responsable du ministère de
l'Intérieur du Kurdistan, Hemin Mirany, a donné l'identité de deux
suspects, assurant que l'un appartenait aux Peshmergas, forces armées
de la région autonome, et l'autre était "officier des services
antiterroristes de Souleimaniyeh".
Il a dit que ces deux hommes ont été "embrigadés" par le PKK et ont
"été entraînés par des combattants venant de Turquie et de Syrie"
notamment.
Les trois suspects ont été montrés à la conférence, vêtus de l'uniforme
jaune des détenus, agenouillés, les yeux bandés et menottés de dos.
Tant la Turquie que des responsables à Erbil, capitale du Kurdistan,
ont accusé le PKK de bénéficier d'appuis auprès de l'Union patriotique
du Kurdistan (UPK), parti historique qui tient le pouvoir et les
services de sécurité à Souleimaniyeh.
Interrogé par l'AFP, un porte-parole de l'UPK, Saadi Ahmed Pire, a
assuré que l'officier des services antiterroristes avait été
"immédiatement radié" quand "il y a huit mois" les autorités fédérales
avaient averti Souleimaniyeh qu'il était "accusé dans cette affaire".
Il a toutefois déploré les visées électoralistes d'une telle annonce en
grande pompe, qui intervient avant des élections régionales au
Kurdistan.
En mars, à l'issue d'une visite en Irak de hauts responsables turcs,
Bagdad avait discrètement considéré le PKK comme "organisation
interdite" --même si Ankara réclame du gouvernement irakien une
implication toujours plus grande dans la lutte contre ce mouvement.
Le bloc parlementaire de l'UPK a récemment condamné dans un communiqué
"une reprise des opérations de l'armée turque" au Kurdistan autonome,
évoquant des "dommages" infligés aux terrains agricoles et propriétés,
regrettant "le silence" de Bagdad et d'Erbil face à cette présence
militaire étrangère. (AFP, 1 juil 2024)
Turkish authorities impose travel bans on Kurdish
co-mayors
The Turkish authorities have restricted the passports of nine co-mayors
from Kurdish-majority municipalities on Monday, including prominent
figures such as Diyarbakır (Amed) Metropolitan Municipality’s Serra
Bucak and Silvan Municipality’s Sevim Biçici, without a court order.
This move, criticised by the Kurdish opposition, has raised further
concerns over democratic rights and political freedoms in Turkey.
Mehmet Rüştü Tiryaki, Deputy Co-chair of the pro-Kurdish Peoples’
Equality and Democracy (DEM) Party, denounced the decision, alleging
that it aims to hinder the co-mayors’ ability to seek resources and
build international relationships, crucial, especially in a hostile
domestic environment under continuous government pressure. Tiryaki
emphasised the arbitrary nature of the bans, stating, “The Interior
Ministry has imposed travel bans on numerous co-mayors without any
legal basis.”
The imposition of travel bans comes amid ongoing controversy
surrounding the appointment of trustees to Kurdish-led municipalities
by the Turkish government. Tiryaki highlighted the broader context,
alleging systematic efforts to undermine Kurdish political
representation since the 2016 emergency decrees, which kick-started the
practice of deposing elected officials and replacing them with
state-appointed trustees. He accused the ruling Justice and Development
Party (AKP) of perpetuating a policy of repression, noting, “‘The AKP
has resumed its policy of seizing elected co-mayors and stifling local
democracy.'”
The Turkish government, through the Interior Ministry, has defended its
actions, citing reasons of national security and public order, although
no specific court rulings have justified the bans. The affected
co-mayors have yet to comment on the travel restrictions imposed upon
them. (Medyanews, 24 June 2024)
Minorités
/ Minorities
Une cave
après l'autre, à la recherche d'une antique cité souterraine en Turquie
Véritable ville ou simple réseau de caves? Sous les maisons en pierre
blonde de Midyat, dans le sud-est de la Turquie, la municipalité met au
jour ce qu'elle pense être la plus vaste cité souterraine du pays.
Déjà plus d'une cinquantaine de salles ont été dégagées, desservies par
un tunnel de 120 mètres de long, dont certaines aux parois ornées
d'esquisses énigmatiques: un cheval stylisé, des étoiles à huit
branches, des arbres, une main d'adulte. Tous haut perchés.
"Nous avons fouillé plus de 8.200 m2 sur un total estimé à 900.000 m2,
ce qui en ferait la plus grande ville souterraine d'Anatolie. Peut-être
même du monde", s'enflamme Mervan Yavuz, 38 ans, responsable de la
conservation de Midyat qui supervise les travaux.
Les fouilles ont commencé en juin 2020, "presque par hasard",
relate-t-il, quand la municipalité qui nettoyait les caves des
habitations est tombée derrière une porte en bois bleue sur un tunnel
étroit, de moins de 1,70 m de hauteur.
"Pour se protéger du climat, des ennemis, des prédateurs et des
maladies, les gens ont cherché refuge dans ces caves dont ils ont fait
une véritable ville", avance M. Yavuz.
L'entrée initiale, détaille-t-il, était composée d'une ouverture ronde
sous laquelle il fallait se plier en deux pour passer.
"En fait, on en soupçonnait l'existence: le sol s'était effondré et un
engin de chantier était tombé dans les années soixante-dix. Mais à
l'époque on n'a pas cherché à en savoir plus, on a étayé et refermé".
Frontalière de la Syrie, aux portes de la Mésopotamie, la région a été
convoitée et occupée des siècles durant par tous les grands empires.
- "Tous ces croyants" -
"Païens, juifs, chrétiens, musulmans, tous ces croyants ont
contribué
à la cité souterraine de Matiate", reprend M. Yavuz, usant du nom
antique de Midyat, déjà consigné au premier millénaire avant JC sur une
stèle relatant sa conquête par les Assyriens.
Longeant le tunnel, Mervan Yavuz débouche sur une salle au sol creusé
dans la masse de la roche calcaire, au milieu de laquelle trône une
dalle qui a pu servir à des célébrations ou sacrifices.
Sur les parois, la trace des instruments témoigne des coups frappés
pour ouvrir le passage dans la pierre.
"Le lieu ayant été occupé sans discontinuer, il est difficile d'en
attribuer l'origine", estime-t-il, suggérant que juifs et chrétiens ont
trouvé ici la possibilité de pratiquer leur culte interdit.
"Avant l'arrivée des Arabes, ces terres ont été âprement disputées par
les Assyriens, les Perses, les Romains, puis les Byzantins", confirme
le Dr Ekrem Akman, historien de l'université de Mardin, la capitale
provinciale à 80 km à l'ouest.
"Les chrétiens de la région ont commencé à construire dès le Ve, VIe
siècle de très nombreux monastères fortifiés", relégués dans les
montagnes loin des convoitises, ajoute-t-il.
Puis les caves ont gardé leur utilité bien après les invasions, assure
Gani Tarkan, ancien directeur du Musée de Mardin qui a récupéré
quantité d'objets usuels, pièces de bronze et poteries exhumés des
caves.
"Même après que les attaques ont cessé, quand le christianisme est
devenu religion officielle (de l'empire byzantin), les gens ont
continué d'utiliser ce lieu comme espace de vie", assure-t-il.
"Certaines salles ont servi de catacombes, d'autres de greniers".
Des ossements ont été retrouvés, mais aussi la trace des animaux et des
produits agricoles qui y étaient stockés sous les Ottomans.
Sous la surface écrasée de soleil, dans l'obscurité fraiche des caves,
Mervan Yavuz désigne de grands trous ronds creusés pour recevoir les
amphores de vin, produit sur les coteaux environnants et qui reste à ce
jour la spécialité des chrétiens syriaques de Mardin.
A la différence des villes souterraines verticales de Cappadoce,
construites par étages dans la profondeur de la pierre, celle de Midyat
s'étale horizontalement, relève Gani Tarkan.
La municipalité de Midyat qui les finance intégralement compte
poursuivre les travaux d'exploration des lieux, sur lesquels elle fonde
de grands espoirs pour attirer les touristes, dans cette cité de
120.000 habitants. (AFP, 26 juil 2024)
Génocide
arménien: une radio turque voit sa licence révoquée
Une radio indépendante turque condamnée pour avoir laissé un invité
évoquer sur son antenne le "génocide arménien" de 1915 a vu sa licence
révoquée par le Haut conseil turc de l'audiovisuel (RTÜK), a-t-on
appris mercredi.
"Le RTÜK a annulé la licence d'Açik Radyo. La raison en est que sa
direction n'a pas respecté la suspension de cinq jours (de l'un de ses
programmes) pour +incitation à la haine et à l'hostilité+", a annoncé
sur le réseau social X Ilhan Tasci, un membre du RTÜK, désigné par
l'opposition.
Didem Gençtürk, coordinatrice des programmes de cette radio
indépendante basée à Istanbul, a confirmé cette décision à l'AFP.
Açik Radyo, qui émet depuis près de trente ans et se proclame "ouverte
à tous les voix et à toutes les couleurs", avait été condamnée fin mai
à une amende et à cinq jours d'interdiction de diffusion de son
émission dans laquelle, le 24 avril, un invité était revenu sur les
massacres d'Arméniens perpétrés en 1915 par les troupes ottomanes, les
qualifiant de "génocide", à l'instar de nombreux historiens.
Le Haut conseil turc de l'audiovisuel avait, dans sa décision, reproché
à la station de ne pas avoir "tenté de corriger les déclarations faites
par l'invité".
Le génocide arménien est reconnu en tant que tel par les gouvernements
ou les parlements de nombreux pays, dont les États-Unis, la France et
l'Allemagne. Le nombre des Arméniens ayant trouvé la mort est évalué à
entre 600.000 et 1,5 million.
La Turquie, issue du démantèlement de l'Empire ottoman en 1920,
continue de récuser ce terme et évoque des "massacres" doublés d'une
famine, dans laquelle 300.000 à 500.000 Arméniens et autant de Turcs
ont péri.
Dans un communiqué publié après sa condamnation, la radio avait rappelé
qu'elle "a toujours défendu la liberté de pensée et d'expression et la
liberté de la presse".
"Aucune expression dans le programme sanctionné n'a dépassé (ces)
limites" avait-elle affirmé.
"La décision (...) du Haut conseil de l'audiovisuel concernant
@acikradyo est clairement contraire à l'article 26 de la Constitution,
qui réglemente la liberté de pensée et d'expression", a réagi sur X le
syndicat turc de journalistes TGS. (AFP, 3 juil 2024)
Des commerces syriens attaqués après un fait divers,
67
personnes arrêtées
La Turquie a annoncé lundi avoir placé en détention 67 personnes, au
lendemain de l'attaque par une foule de commerces syriens dans le
centre du pays, après l'arrestation d'un Syrien soupçonné de
harcèlement sur une enfant.
Des groupes d'hommes ont pris pour cible dimanche soir des commerces et
des biens appartenant à des Syriens, à Kayseri. Plusieurs vidéos
publiées sur les réseaux sociaux et authentifiées par l'AFP montrent
des hommes fracasser la vitrine d'une épicerie avant d'y mettre le feu.
Le président Recep Tayyip Erdogan a condamné la dernière vague de
violence à l'encontre de l'importante communauté de réfugiés syriens en
Turquie.
"Peu importe qui ils sont, il est inacceptable de mettre le feu aux
rues et aux maisons des gens", a-t-il déclaré tout en avertissant que
les discours de haine ne devaient pas servir des fins politiques.
Le ministre de l'Intérieur Ali Yerlikaya, a indiqué que le
ressortissant syrien, identifié uniquement par ses initiales, I.A,
avait été arrêté par des citoyens et livré à la police.
M.Yerlikaya a ajouté sur X que l'homme syrien était soupçonné d'avoir
harcelé une mineure syrienne, membre de son entourage. Il a souligné
que les Turcs qui s'étaient rassemblés dans le secteur, avaient agi "de
manière illégale", ce "qui ne correspond pas à nos valeurs humaines",
après avoir endommagé des maisons, des magasins et des voitures
appartenant à des Syriens.
Soixante-sept personnes ont été arrêtées. "La Turquie est un Etat de
droit. Nos forces de sécurité poursuivent leur lutte contre tous les
crimes et les criminels aujourd'hui, comme elles l'ont fait hier", a
conclu le ministre.
Dans l'une des vidéos, on entend un homme turc crier : "Nous ne voulons
plus de Syriens ! Nous ne voulons plus d'étrangers".
Les autorités locales ont appelé au calme et révélé que la victime -
ressortissante syrienne - était âgée de cinq ans.
La Turquie, qui accueille quelque 3,2 millions de réfugiés syriens sur
une population de 85 millions d'habitants, a été secouée à plusieurs
reprises par des accès de fièvre xénophobe ces dernières années,
souvent déclenchés par des rumeurs se propageant sur les réseaux
sociaux et les applications de messagerie instantanée.
En août 2021, des groupes d'hommes avaient ainsi visé des commerces et
des logements occupés par des Syriens à Ankara, après une rixe qui
avait coûté la vie à un jeune Turc.
Le sort des réfugiés syriens revient régulièrement dans le débat
politique turc, des opposants au président Recep Tayyip Erdogan
promettant de les renvoyer en Syrie. (AFP, 1 juil 2024)
Un incendie ravage des ruines antiques
Les pompiers luttaient mercredi contre un gigantesque incendie
sur la
côte égéenne de la Turquie qui a ravagé les ruines de l'ancienne
ville
portuaire d'Assos, près du détroit des Dardanelles, a déclaré un
responsable local.
"Quatre-vingt-dix pour cent du site historique d'Assos a brûlé", a
déclaré Mesut Bayram, maire du district d'Ayvacik, à la chaîne de
télévision pro-opposition Halk TV.
Assos était une ancienne ville portuaire fondée au VIIIe siècle avant
notre ère, située au sud de la province turque de Canakkale, qui
borde
le détroit des Dardanelles.
Aucun blessé n'a été signalé dans l'immédiat, mais M. Bayram a déclaré
que "six hélicoptères, deux avions et 30 à 40 camions de
pompiers"
étaient impliqués dans la lutte contre l'incendie.
Il a ajouté que les pompiers avaient "complètement encerclé" la
ville
voisine de Behram, dont une partie de la population a été évacuée par
la police, tandis que des avions et des hélicoptères bombardiers
d'eau
tentaient d'éteindre l'incendie qui faisait rage dans la brousse
voisine.
L'incendie a probablement été causé par un mégot de cigarette
incandescent ou une bouteille en verre jetée sur le bord de la
route,
a-t-il déclaré à Halk.
Assos, qui se trouve à environ 85 kilomètres au sud de la ville
de
Canakkale, une destination touristique populaire, attirait les
philosophes et les érudits, dont Aristote, selon le site internet
du
ministère turc de la Culture et du Tourisme.
L'un de ses sites les plus spectaculaires est le temple d'Athéna, l'un
des plus anciens temples doriques d'Anatolie. Les Romains y ont
ensuite construit un magnifique théâtre pouvant accueillir 4.000
spectateurs. (AFP, 27 juin 2024)
Politique
intérieure/Interior Politics
La chaleur extrême n’empêche pas l’extravagance et la
faiblesse du palais
Ragip Duran, TVXS.GR, 21 juillet 2024
Il fait chaud, très chaud en Turquie. Parfois plus de 42 degrés à
l’ombre. Les forêts commencent à brûler. C’est probablement pourquoi le
Palais du Président Erdogan a décidé la semaine passée de changer dans
4 départements le statut de forêt de plus de 492 milles m2 de
terrain
qui seront ouvert à la construction.
Déjà, au début de l’année, plus de 6 millions m2 de forêt dans 13
départements avaient perdu son statut toujours par un décret
présidentiel.
La chaleur rend inactifs les gens qui sont d’ailleurs en vacances
depuis au moins un mois. Malgré cela, il y a eu plusieurs
manifestations de protestation dans plusieurs villes d’Égée et de la
Méditerranée contre un projet de loi du Palais qui prévoit ‘’la
neutralisation des animaux de rue’’.
L'Assemblée nationale poursuit ses travaux à Ankara. Mme Gurcan
Kacmaz
Sayyigit, députée de Van (Est) de DEM (Parti de l’Egalité et de la
Démocratie des Peuples, kurdes et gauches, troisième formation avec 57
sièges sur 593) a pris la parole lors du débat sur ‘’la loi sur
l’épargne publique’’.
L’économie turque est encore et toujours en pleine crise, le taux de
l’inflation et les prix ne cessent d’augmenter mais le Palais
présidentiel poursuit librement à dépenser ‘’follement’’ selon
Mme
Sayyigit.
Le Président Erdogan est parti à Washington pour le sommet de l’OTAN le
10 juillet dernier. 5 avions ont transporté la délégation, les
policiers et la voiture blindée du Président.
Le Palais serait, selon la députée, le principal obstacle devant
l’épargne. ’’En avril 2024, en un mois, le total des dépenses du Palais
s’élève à 1.603.986.000 livres turques (environ 46 millions d’Euros).
Le Palais dépense en 1 minute un plus que deux SMIC ou bien quatre
salaires mensuels d’un retraité.
Le régime est très avare quand il s’agit des salaires des travailleurs
du secteur publique et des retraités mais il est très généreux
vis-à-vis du Palais. ‘’On ne fait pas d’épargne du prestige’’
avait
déclaré Erdogan contre ses opposants.
Par ailleurs, Ankara désire ces jours-ci renouér ses relations
diplomatiques et politiques avec Damas. Mais le Président syrien M.Asad
impose des conditions pour améliorer ces relations :
- L’armée turque doit se retirer des régions qu’elle occupe en Syrie du
Nord.
- Ankara doit cesser de soutenir les terroristes islamistes en Syrie.
L’administration américaine de son côté a déclaré qu’elle ne soutenait
pas le rapprochement entre MM. Erdogan et Asad.
L’hypothèse d’un retrait turc, peu probable à court terme selon les
spécialistes, peut quand même soulager les responsables de la
trésorerie d’Ankara, car la Turquie dépense des millions d’Euros pour
perpétuer sa présence militaire et politique en Syrie. La Turquie
essaie ‘’d’empêcher la création d’un Etat terroriste dans la région
frontalière turco-syrienne’’, formule diplomatique qui désigne la lutte
contre les Kurdes.
Selon ses opposants, le Président Erdogan n’a pas pu briller jusqu’à
maintenant dans ses pas à moyen ou à court terme, mais il prend des
mesures pour son propre futur. M. Metin Kiratli, Président du
Département des Affaires Administratives du Palais a été nommé, par
Erdogan, à la Cour Constitutionnelle. Ce tribunal suprême à part ses
prérogatives importantes peut également juger les responsables
politiques du pouvoir.
Enfin, un dernier signe de la faiblesse de l’Homme Unique a été dévoilé
par un sondage d’opinion publique. Etudes Yoneylem a interrogé 2400
citoyens entre 26 et 30 juin dernier pour savoir ‘’le meilleur homme
politique du pays’’.
M. Yavas, maire d’Ankara, M. Imamoglu maire d’Istanbul et M. Ozel
président du CHP, tous des membres du parti de l’opposition occupent
les trois premiers rangs. Alors que le Président Erdogan avec 39 pc.
des votes est la quatrième personnalité de la liste.
Un procès d'assassinat révèle l'infiltration de
l'extrême-droite dans l'appareil d'état turc
Céline Pierre-Magnani, La Libre Belgique, 19 juillet 2024
"Il y a une énorme pression (politique) sur ce procès", assène la veuve
au voile ajusté et aux traits tirés. Ayse Ates se bat depuis près d'un
an et demi pour que lumière soit faite sur les circonstances du meurtre
de son mari, Sinan Ates, ancien chef de l'organisation des "Foyers
idéalistes" (Ülkücü ocaklari, NdlR), plus célèbre sous le nom de "Loups
Gris" (organisation d'extrême droite proche du parti de l'Action
nationaliste (MHP) connu pour ses actions violentes, notamment contre
les minorités, NdlR).
Épuisée par la première audience qui s'est déroulée du 1er au 5 juillet
dans l'enceinte 32 de la Cour pénale d'Ankara, elle tire un bilan
mitigé de cette première semaine. Installée dans un vaste fauteuil du
bureau de son avocat, Ali Yücel, accompagnée en permanence de trois
gardes du corps, Ayse Ates revient sur les étapes qui ont précédé
l'assassinat. Les détails de son récit n'ont rien à envier aux
scénarios de séries policières les plus macabres : l'engrenage d'une
querelle de succession qui aboutit à un règlement de compte fratricide.
"Mon mari sortait toujours avec deux armes sur lui", raconte-t-elle,
précisant qu'il avait toujours refusé l'idée d'une protection
policière. "Ils ont décidé de me tuer", a écrit Sinan Ates à l'un de
ses amis, en mars 2022.
L'universitaire de 38 ans, a été tué par balles le 30 décembre 2022 en
plein jour à la sortie de la prière du vendredi, dans le quartier de
Çukurambar, au coeur d'Ankara, à quelques centaines de mètres de la
très sécurisée ambassade des États-Unis. Originaire de Bursa, l'homme
avait été placé à la tête des "Foyers idéalistes" le 9 avril 2019, puis
brutalement remercié un an plus tard sur fond de tensions autour de la
succession du chef actuel du MHP (parti de l'Action nationaliste),
Devlet Bahçeli, âgé de 76 ans. Quatre personnes actuellement sur les
bancs des accusés dans le dossier occupent des fonctions au MHP et au
sein des "Foyers idéalistes", et auraient été aidées par un ancien
membre des renseignements (Milli Istibarat Teskilati) ainsi qu'un
commissaire de police d'Ankara.
Les éléments portés à la connaissance de la cour par la partie
plaignante nourrissent l'hypothèse d'une dimension planifiée et
politique du meurtre. Mais l'absence de certains documents clés dans
l'acte d'accusation publié fin avril a provoqué l'ire de la famille de
la victime et des partis d'opposition venus la soutenir. "Nous
assistons à un procès dont le chef d'accusation est lacunaire, et
incomplet. […] l'acte d'accusation ne mentionne même pas les noms
d'anciens députés, de cadres actuels du parti ni ceux avec lesquels il
y a eu des contacts téléphoniques avant et après l'assassinat" a
dénoncé Özgür Özel, chef du Parti républicain du peuple dui CHP, sous
un soleil écrasant, devant l'établissement pénitentiaire lors d'une
suspension d'audience le lundi 1er juillet.
Le manque d'indépendance de la justice turque fait, une fois de plus,
l'objet de polémiques. L'ensemble des réformes menées sous le pouvoir
de l'AKP [Parti de la Justice et du Développement. NdlR] au cours des
années 2010 a contribué à inféoder progressivement les instances
judiciaires à l'exécutif. Par ailleurs, depuis 2015, la constitution
d'une coalition pro gouvernementale AKP- MHP et les purges post-coup
d'État (15 juillet 2016, NdlR) avaient ouvert les portes des
institutions étatiques aux cadres du petit parti d'extrême-droite (5 %
aux dernières élections municipales du 31 mars 2024). Les changements
de procureurs en charge de l'instruction du dossier de Sinan Ates
depuis fin 2020 ont ainsi fait craindre des manipulations politiques en
interne.
Le cours du procès sera un révélateur de l'influence effective du MHP
dans l'appareil de justice. Le chef du parti, Devlet Bahçeli ne s'en
est d'ailleurs pas caché : "nous ne laisserons personne juger les trois
croissants de lune (emblème du parti de l'Action nationaliste
d'extrême-droite du MHP, allié de parti de Recep Tayyip Erdogan, NdlR)"
avait-il lancé, à la tribune lors d'une réunion de son groupe
parlementaire, le 3 janvier 2023.
Signe de la rupture consommée entre Sinan Ates et le parti, la
hiérarchie du parti du MHP n'avait pas transmis de condoléances
officielles à la famille au lendemain du meurtre. Mais contrairement à
son petit allié, le président Recep Tayyip Erdogan a reçu Ayse Ates au
palais présidentiel au cours du mois de juin. Une visite largement
interprétée par la presse d'opposition comme une fissure au sein de la
coalition présidentielle qui pourrait modifier les équilibres
politiques dans les prochains mois.
Survey: Erdoğan, Bahçeli most ‘disapproved’
politicians in Turkey
President Recep Tayyip Erdoğan and his nationalist ally Devlet Bahçeli
are currently the two most disapproved politicians in Turkey, according
to a survey conducted by the Yöneylem company in late June.
Bahçeli’s disapproval rate stands significantly ahead of others at
61.5%, followed by President Recep Tayyip Erdoğan at 46.6%.
These results come in the backdrop of a severe cost of living crisis in
the country, which is also considered the primary reason for the losses
of Erdoğan's AKP in the local elections in March.
Bahçeli, the leader of the Nationalist Movement Party (MHP) since 1997,
has been a key figure in Turkey’s politics despite not holding an
official position except for his tenure as deputy prime minister
between 1999 and 2002. Initially, he was a fierce opponent of Erdoğan's
until around 2015, when he gradually began to align with the ruling
party.
In 2017, Bahçeli played a pivotal role in proposing the transition to a
presidential system. The constitutional amendments required for this
shift were drafted by members of both the AKP and MHP. Since then, the
MHP has consistently supported Erdoğan in presidential elections.
Consequently, Erdoğan's government policies have become more
nationalistic and security-focused during this period.
CHP members 'favored'
İstanbul Mayor Ekrem İmamoğlu, a member of the main opposition party
CHP, comes in third with a disapproval rate close to Erdoğan’s, at
41.2%. This finding is notable given that İmamoğlu secured re-election
in March and is widely seen as a future presidential candidate.
The survey, which involved 2,400 participants between June 26 and 30,
shows Ankara Mayor Mansur Yavaş, also a member of the CHP, has the
highest approval rating at 52.2%, and İmamoğlu comes second with a 46%
rate. CHP leader Özgür Özel was third.
The survey indicated a lack of recognition for certain political
figures, with 20.6% of respondents unfamiliar with Interior Minister
Ali Yerlikaya and 14.6% unable to recognize Foreign Minister Hakan
Fidan. (BIA, July 17, 2024)
F comme football et F comme fascisme!
Ragip Duran, TVXS.GR, 6 juillet 2024
Un malheur n’arrive jamais tout seul. Voici une liste non-exhaustive
des malheurs survenus la semaine passée en Turquie. Journées
cauchemardesques…
- Le 2 juillet était le 31e anniversaire du massacre de Sivas (Anatolie
de l’Est) où 35 intellectuels, artistes et activistes de gauche et
alévis étaient lynchés et tués dans un hôtel mis à feu par une foule
islamiste. Les forces de l’ordre n’avaient pas intervenu.
- Un jeune travailleur syrien Ahmet Handan El-Naif (17) est empoignardé
et mort, à Serik, district d’Antalya(sud). Trois assaillants turcs
accusés de meurtre raciste ont été arrêtés.
- Des dizaines de djihadistes armés (organisés, formés et financés par
Ankara contre les résidents kurdes) ont attaqué les postes de
police,
les banques et autres bâtiments militaires dans les régions sous
l’occupation de l’armée turque en Syrie du Nord. Les drapeaux turcs ont
été brûlés, les camions et autres véhicules avec des plaques
d’immatriculation turques ont été les cibles des balles. Plusieurs
islamistes et soldats turcs ont été tués par balle selon des sources
locales.
- Tout de suite après les attaques des islamistes syriens, des foules
nationalistes turcs, ennemis jurés des Syriens, ont attaqués les
boutiques et les maisons des réfugiés syriens dans plus de 5
départements de Turquie, revanche des attaques des islamistes syriens.
- Les spécialistes et observateurs politiques estiment qu’un sentiment
anti-turc se renforce chez les djihadistes syriens actifs dans les
régions sous occupation turque, à la suite des initiatives d’Ankara qui
désire s’entendre avec le régime de Damas. Par ailleurs, on cite
également des conflits internes entre d’un côté Ankara et de ses
mercenaires islamistes et de l’autre côté les contradictions entre
diverses cliques islamistes.
- 8 journalistes kurdes accusés de faire de la propagande pour une
organisation terroriste, arrêtés en 2022, libérés l’année dernière, ont
été condamnés chacun à 6 ans et 3 mois de prison ferme.
- Acik Radyo (La Radio Ouverte) coopérative des intellectuels,
universitaires et journalistes de la gauche libérale est interdite par
la Haute Autorité Audiovisuelle (RTUK) pour avoir parlé du ‘’Génocide
arménien’’, alors qu’un tribunal avait récemment décidé que ce terme
‘’ne constituait ni un délit ni un crime’’.
- Le Président Erdogan a participé à la réunion de l’Organisation de
Coopération de Shanghai (la Chine, la Russie, le Kazakhstan, le
Kirghizistan et le Tadjikistan), alors que le Ministre des Affaires
Étrangères M. Fidan a poursuivi ses contacts auprès du BRICS (le
Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud). Signes de
l’éloignement d’Ankara du bloc occidental et du rapprochement vers le
bloc des pays autoritaires.
- La victoire de l’équipe de football turque contre l’Autriche (2 à 1)
lors de l’Euro 2024 en cours en Allemagne était à la une de l’ensemble
des médias du pays, mais surtout le salut des Loups Gris
(extrême-droite, interdite dans plusieurs pays d’Europe, auteurs de
plusieurs dizaines d’assassinats en Turquie depuis les années 1970, ses
militants ont été jugés et condamnés à des peines de prisons lourdes)
par un des joueurs turcs, Melih Demiral, qui avait marqué les deux buts
toujours le 2 juillet dernier à Leipzig.
La ministre allemande de l’Intérieur a réagi vivement en déclarant que
‘’les stades de l’Allemagne ne sont pas des terrains pour faire de la
propagande de l’extrême-droite’’. Elle a également demandé à l’UEFA
l’ouverture d’une enquête. L’UEFA a ouvert une enquête disciplinaire
contre Demiral, pour avoir violé les règles de l’UEFA qui combat le
racisme. Demiral, qui avait publiquement défendu son geste, a reçu 2
matchs de suspension, selon le quotidien sportif français, l’Équipe.
L’ambassadeur de l’Allemagne à Ankara a été invité au ministère turc
des affaires étrangères. Plus tard, l’ambassadeur turc à Berlin était
aussi invité au ministère allemand.
Les portes paroles d’Erdogan ont tous soutenu ce ‘’Salut des Loups
Gris’’ qui est selon des historiens turcs et étrangers l’équivalent du
salut Nazi. Par contre, Ankara, la grande majorité des médias turcs et
une grande partie des citoyens croient que le salut en question ‘’n’est
qu’un simple symbole de la turquité’’.
Le Président Erdogan a décidé de partir pour Berlin pour assister au
match le samedi entre la Turquie et les Pays-Bas.
Le Président de l’Académie Militaire, le Professeur Erhan Afyoncu,
historien de formation a osé écrire sur son compte X: ‘’341 ans après,
nous avons reconquis Vienne. Que l’âme de Moustapha Pacha (Grand Vizir
et commandant en chef du siège de Vienne en 1683) et celle de tous les
martyrs reposent en paix ‘’. Il a même écrit que le siège de Vienne
faisait partie de l’utopie de ‘La Pomme Rouge’, idéologie qui prône la
domination par les Turcs du monde entier ! La référence tout à fait
anachronique, précisent les historiens non-officiels.
Abdulkerim Bardakci, un autre joueur de l’équipe internationale, s’est
exprimé toujours dans le même sens : ‘’Avant les matchs, j’écoute la
Marche des Janissaires. Alors je suis motivé. Et je me crois comme
aller au champ de bataille, à la guerre’’.
Pas mal de gens en Turquie croient que l’Allemagne et l’UEFA sont les
‘’ennemis’’ de la Turquie et que l’Occident n’arrive pas à digérer les
victoires des Turcs.
Une minorité d’intellectuels et de spécialistes, en particulier des
activistes kurdes, arrivent quand même à déchiffrer sur la toile la
manifestation de ce complexe d’infériorité et de ces réflexes
nationalistes voire racistes assez répandus au sein de la population.
Le silence complet de la principale formation de l’opposition (Le CHP,
Kémaliste) n’a pas étonné les observateurs, car Ozgur Ozel, Président
de ce parti, avait récemment déclaré qu’’au niveau de la politique
étrangère l’opposition soutient toujours le pouvoir, c’est-à-dire
l’Etat turc’’.
Alors que le sport devrait être théoriquement un moyen de paix et de
joie, le pouvoir turc, soutenu par les masses populaires et
l’opposition officielle, a plus ou moins réussi à faire du football un
symbole de la réaction nationaliste et raciste et de plus un sujet de
conflit diplomatique.
La Turquie
éliminée par les Pays-Bas à Berlin
La Turquie a été éliminé à Berlin par les Pays-Bas dans un match qui a
été envenimé par la suspension du défenseur Merih Demiral pour avoir
fait un geste à connotation politique contre l'Autriche au tour
précédent.
Auteur du doublé décisif (2-1), il avait célébré ses buts en faisant,
de la main, le signe des "Loups gris", une organisation d'extrême
droite turque.
L'UEFA lui a infligé deux matches de suspension, mais l'affaire a pris
un tour politique et diplomatique amenant Ankara et Berlin à convoquer
à tour de rôle leurs ambassadeurs respectifs cette semaine.
Avant le match, auquel le président turc Recep Tayyip Erdogan a
assisté, dans un Olympiastadion largement acquis à la cause des rouges
et blancs, le président fédéral du syndicat de la police allemande
(GdP), Jochen Kopelke, avait appelé, dans un communiqué, les supporters
turcs à ne pas reproduire le geste dans les tribunes.
"La politique n'a pas sa place sur le terrain", d'autant moins "lorsque
des symboles méprisants sont exprimés", a-t-il affirmé dans un
communiqué.
Peine perdue, puisque plus de deux heures avant le match, la police de
Berlin a annoncé avoir mis fin à la "Fan Walk" des supporters turcs se
rendant au stade.
Dans le cortège, "le salut des 'Loups gris' a été massivement fait.
Les forces de l'ordre ont par conséquent stoppé la marche et exhorté
les fans à cesser de faire ce signe", a-t-elle écrit sur X.
"Une marche des fans n'est pas une plateforme pour des messages
politiques", a-t-elle ajouté.
Avant le match, on a pu voir, sur les écrans géants, des supporters
turcs faire le geste des "Loups gris" -- en joignant le pouce au majeur
et à l'annulaire, alors que l'index et l'auriculaire sont dressés pour
faire les oreilles d'une tête de loup -- pendant l'hymne turc.
Sur le terrain, les Turcs ont été galvanisés par le soutien populaire
et ont ouvert le score, comme un symbole, par Samet Akaydin, le
remplaçant de Demiral, à la 35e minute (1-0).
Mais les Oranje ont pris l'ascendant en seconde période et ont fini par
l'emporter grâce à Stefan de Vrij (70e) et Cody Gakpo (76e).
Ils retrouvent ainsi le dernier carré d'un Euro pour la première fois
depuis 2004, plus d'un an et demi après avoir atteint les quarts de
finale du Mondial-2022.
Loups gris: Les soldats d'Erdogan en Europe

Doğan Özgüden,
Info-Türk, 4 juillet 2024
Merih Demiral, qui a
propulsé la Turquie en quart de finale de l’Euro, a suscité une grande
controverse en Turquie et dans les médias du monde entier en célébrant
son but avec le signe de Loup Gris. Les principaux journaux turcs l'ont
félicité comme un héros... Un vaste débat s'est ouvert dans les médias
européens sur la signification de Loup gris, symbole du mouvement
extrême-droite et raciste en Turquie.
Il est nécessaire de rappeler le passé sombre des Loups Gris, qui sont
aujourd’hui un partenaire du gouvernement despotique en Turquie et qui
sont tolérés dans des pays européens malgré tous les crimes qu’ils ont
commis et dont j’ai été témoin pendant mon exil de plus de 50 ans.
Le MHP est une organisation qui a commencé le terrorisme armé dans les
années 1960 et a été responsable de nombreux massacres depuis lors:
Dimanche sanglant à Istanbul (1969), Ankara (1976), Kahramanmaraş
(1978), Çorum (1980) et Sivas (1993).
Dans la première moitié des années 70, en raison des dictatures
fascistes en Espagne, au Portugal et en Grèce ainsi qu’en Turquie, les
exilés politiques de gauche ont joué un rôle actif dans les
organisations de migrants en Belgique, et les syndicats auxquels
appartenaient les travailleurs migrants ne permettaient pas l’existence
d’organisations fascistes au sein de la masse des migrants.
Après 1975, lorsque le MHP a participé aux gouvernements du Front
nationaliste dirigés par Demirel et que Türkeş est devenu vice-premier
ministre, le MHP a commencé à s’organiser rapidement parmi les
travailleurs immigrés à l’étranger en provoquant des sentiments
nationalistes.
Nous avions annoncé ces développements en Belgique dans le bulletin
mensuel d’Info-Turk daté d’avril 1978 sous le titre “Les commandos
fascistes s’organisent en Belgique” :
Alors que les provocations sanglantes des commandos fascistes en
Turquie ont conduit à l’assassinat d’un procureur puis d’un militant du
TİP accrochant une affiche “Non à l’OTAN”, à la fusillade et à la
paralysie du professeur d’université Server Tanilli et à la provocation
des masses inconscientes pour créer une atmosphère de guerre civile,
les activités de l’organisation fasciste à l’étranger se sont étendues
à la Belgique après l’Allemagne et les Pays-Bas.
D’autant plus que les enseignants religieux et autres fonctionnaires
nommés en Belgique sous le gouvernement MC étaient généralement des
sympathisants du MSP ou des membres de l’AP, aucun travail
d’organisation des membres de la MHP n’a pu être constaté.
En 1978, les sympathisants du MHP en Belgique ont été réunis pour la
première fois dans un cinéma et ont été informés de la nécessité de
s’organiser. Immédiatement après, une association appelée Brussels
Turkish Culture Association Ülkü Ocağı a été créée à Bruxelles, Rue
Verte, n°30 à Schaerbeek.
La première annonce d’Ülkü Ocağı, publiée le 19 avril 1978 et adressée
aux travailleurs turcs de Belgique, commençait par ce message “Chers
travailleurs turcs musulmans” et disait ensuite “Comme vous le savez,
notre pays est confronté au danger du communisme” et appelait “Votre
devoir est de ne pas lire les journaux des communistes léninistes et
maoïstes de Bruxelles, de ne pas adopter leurs idées et de ne pas
converser avec eux si possible”.
Immédiatement après la distribution du tract, dont le titre comportait
un croissant et une étoile et un loup gris avec un croissant de part et
d’autre du croissant et de l’étoile, ils se sont rendus dans les cafés
turcs du quartier de Schaerbeek, où étaient concentrés les travailleurs
turcs, armés de fusils, de bâtons et de barres de fer, et ont commencé
à créer une atmosphère de terreur.
Le samedi 22 avril 1978, des membres d’un groupe de gauche qui
voulaient distribuer leur tract se sont affrontés verbalement, puis à
coups de bâtons, et l’un d’entre eux a été sévèrement battu au point
d’être hospitalisé.
Cette organisation, qui a vu le jour en 1978, s’est généralisée sous
l’égide de la Fédération turque après une courte période de pause après
le 12 septembre, et s’est transformée en une menace non seulement pour
les organisations et les personnes progressistes de Turquie, mais aussi
pour la structure politique et sociale pluraliste de la Belgique.
Lorsqu’un groupe de Kurdes participant à une marche pour la liberté en
provenance d’Allemagne est arrivé à Bruxelles le dernier jour de 1993,
des jeunes Turcs, incités par des membres du MHP, ont attaqué les
marcheurs kurdes, révélant ainsi l’ampleur dangereuse du nationalisme
extrême alimenté dans la société turque. Des centaines de jeunes ont
fait le signe de loup gris, ont crié “Saint-Josse est un quartier
turc”, “Il n’y a pas de place pour les Kurdes ici”, “A bas le PKK” et
ont attaqué des restaurants et des commerces kurdes.
Dans la nuit du 7 novembre 1998, alors qu’Abdullah Öcalan se trouvait
en Italie, des Loups gris portant des drapeaux à trois croissants à la
main, sur la poitrine et dans le dos ont attaqué l’Institut kurde de
Bruxelles dans le quartier de Saint-Josse, l’Association culturelle du
Kurdistan, membre de la Fédération des associations kurdes européennes,
et un lieu de travail assyrien. Ils ont mis le feu à deux locaux
associatifs sous les yeux de la police belge.
Ces attaques sauvages contre des quartiers et des lieux de travail
kurdes se sont poursuivies au cours des années suivantes. Le 17
novembre 2016, des dizaines de voitures décorées de drapeaux turcs et
scandant des slogans fascistes sont arrivées à Saint-Josse et ont à
nouveau attaqué l’Institut kurde de Bruxelles avec une bombe
incendiaire.
Le 2 février 2020, les dirigeants des foyers de loups gris d’Allemagne,
de France, des Pays-Bas, d’Autriche, de Suisse, du Royaume-Uni, de
Scandinavie et de Belgique se sont réunis au siège de la MHP à Ankara.
Le président de la MHP, Devlet Bahçeli, a prononcé un long discours
lors de la réunion et a déclaré : “En tant que représentants de la
grande nation turque en Europe occidentale, vous avez également
d’importantes responsabilités. Ne vous sentez pas seuls dans cette
tâche. Sachez que nous vous soutiendrons dans tous vos efforts. En même
temps, je crois sincèrement que vous ne donnerez pas l’occasion aux
ennemis de la nation turque et de l’État turc de s’exprimer”.
Il n’y a pas si longtemps, il y a deux ans, à Bruxelles, capitale de
l’Europe, le monument de la place Henri Michaux, où s’est tenue la
cérémonie de commémoration du génocide arménien de 1915, a été attaqué
par des loups gris. Les assaillants, qui ont peint en rouge les trois
croissants du drapeau du parti raciste fasciste MHP, ont également visé
Garo Paylan, le député arménien du HDP, en écrivant le juron “Fuck
Paylan”.
Les Loups gris sont les soldats non seulement de Bahçeli, le chef du
MHP, mais aussi de Recep Tayyip Erdoğan en Europe, comme le montre son
dernier message à la Belgique.
Il suffit que les dirigeants de la Belgique et d'autres pays européens
jettent un bref coup d'œil aux informations recueillies par leurs
propres services de renseignement sur ce que sont les Loups gris et qui
ils servent.
Si
cela ne suffit pas, ils peuvent trouver suffisamment d'informations sur
le vrai visage des Loups gris dans l'article intitulé "Les soldats d'Erdoğan en Europe" de
notre collègue français Guillaume Perrier, expert de la Turquie, publié
par Le Point du 24 juin 2021, et dans le dossier intitulé "Loups gris et politique belge",
publié dans Suffrage Universel sous la direction de Pierre Yves Lambert
en Belgique.
Forces
armées/Armed Forces
Une importante délégation turque au Niger pour
renforcer la coopération militaire
Une importante délégation turque était en visite mercredi au Niger pour
renforcer la coopération militaire avec le régime arrivé au pouvoir par
un putsch il y a près d'un an, un nouveau partenaire important pour
Niamey qui a tourné le dos aux puissances occidentales.
Cette délégation était menée par Hakan Fidan, ministre des Affaires
étrangères, accompagné des ministres de la Défense, de l'Energie et du
chef des renseignements.
Ils ont été reçus par le général Abdourahamane Tiani, arrivé au pouvoir
par un putsch il y a près d'un an.
"Nous avons discuté avec le Niger de ce qui peut être fait pour
améliorer l'industrie de défense et le renseignement dans le cadre de
la lutte contre le terrorisme (...) principale source d'instabilité au
Sahel", a déclaré M. Fidan à la presse à Niamey.
"La paix, la sécurité et la stabilité en Afrique font partie de nos
priorités", a poursuivi le ministre.
La Turquie fait partie des partenaires vers lesquels s'est tourné le
régime militaire de Niamey depuis le un coup d'Etat, avec la Russie ou
l'Iran.
Niamey a remis à plat ses partenariats internationaux et notamment
chassé de son sol les soldats français déployés pour la lutte
antijihadiste fin 2023 et américains d'ici septembre.
L'Allemagne a quant à elle annoncé mettre fin à sa coopération
militaire fin août, faute de "fiabilité" dans les relations avec Niamey.
Le Premier ministre nigérien Ali Mahaman Lamine Zeine s'est de son côté
félicité mercredi "du dynamisme de la coopération avec la Turquie en
particulier dans le domaine de la défense".
"Le défi (sécuritaire) qui nous est imposé exige que nous ayons
tous
les moyens nécessaires pour assurer notre défense et nous savons que
vous êtes en mesure de nous l'assurer", a-t-il ajouté à la télévision
publique.
La Turquie est réputée pour ses drones de combat Bayraktar devenus des
pièces maîtresses des armées du Mali et du Burkina Faso, deux pays
alliés de Niamey, eux aussi gouvernés par des juntes militaires et
confrontés aux violences jihadistes. (AFP, 17 juil 2024)
L'Irak condamne de nouvelles incursions de l'armée turque
dans le nord
L'Irak a dénoncé mercredi de nouvelles incursions de l'armée turque sur
son territoire au Kurdistan autonome dans le nord du pays, après un
regain des opérations militaires d'Ankara contre les combattants kurdes
turcs du PKK ces dernières semaines.
En lutte armée contre les autorités turques depuis 1984, le Parti des
Travailleurs du Kurdistan (PKK) est classé groupe "terroriste" par
Ankara et ses alliés occidentaux.
L'armée turque confirme épisodiquement ses bombardements en territoire
irakien voisin, où elle mène régulièrement des opérations terrestres et
aériennes contre des positions du PKK. Les combattants kurdes turcs
disposent de bases arrières au Kurdistan autonome, qui accueille aussi
depuis 25 ans des bases militaires turques.
Le Premier ministre irakien Mohamed Chia al-Soudani a présidé mercredi
un conseil de "sécurité nationale" pour discuter des derniers
développements en la matière, selon un communiqué du général Yehia
Rasool, porte-parole militaire du chef du gouvernement.
A cette occasion les participants ont évoqué "les interventions et les
violations des forces turques dans la zone frontalière commune", selon
le communiqué, qui "refuse l'incursion militaire turque et toute
atteinte au territoire irakien" et appelle Ankara à opter pour "la
diplomatie" et "la coordination" avec le gouvernement irakien pour
toute question sécuritaire.
Une délégation de hauts responsables sécuritaires sera dépêchée au
Kurdistan pour "évaluer la situation" et parvenir avec les autorités
locales à "une position unifiée" sur cette question, selon le
communiqué.
En mars, à l'issue d'une visite en Irak de responsables turcs, Bagdad
avait discrètement considéré le PKK comme "organisation interdite"
--même si Ankara réclame du gouvernement irakien une implication
toujours plus grande dans la lutte contre ce mouvement.
Début juillet, le bloc parlementaire de l'Union patriotique du
Kurdistan, un des deux grands partis kurdes irakiens, a condamné "une
reprise des opérations de l'armée turque" au Kurdistan, évoquant des
"dommages" infligés aux terrains agricoles et propriétés.
Community Peacemakers Teams (CPT), ONG enregistrée aux Etats-Unis mais
implantée au Kurdistan d'Irak, a récemment accusé l'armée turque
d'avoir, depuis la frontière, "avancé de 15 kilomètres en territoire du
Kurdistan irakien", évoquant des "bombardements" ayant entraîné des
incendies sur les terrains agricoles.
Dans une récente interview au média Politico, le ministre de la Défense
turc Yasar Guler a réitéré "la détermination" de son pays à créer un
"corridor de sécurité le long des frontières avec l'Irak et la Syrie
pour débarrasser la région des terroristes", en allusion au PKK. (AFP,
10 juil 2024)
Turkish
military escalates attacks in Iraqi Kurdistan,
destroys
Assyrian church
Turkish military forces have escalated their attacks in Kurdistan
Region of Iraq (KRI), bombing an Assyrian village and destroying a
church, sparking outrage and calls for intervention.
On Sunday, the Turkish military intensified air and ground attacks on
the KRI, particularly in the Dohuk Governorate. The Amedi (Amêdî)
district in Dohuk was subjected to seven consecutive bombardments,
causing property destruction and widespread fires.
The Turkish military targeted the Assyrian village of Miska, reducing
its church to rubble and damaging several civilian homes. A video
obtained by RojNews revealed the extent of the destruction, with debris
piling up around the church and homes severely damaged by the shelling.
The hashtag “#Turkey_Occupies_Dohuk” trended on social media platforms,
drawing attention to the increasing Turkish military presence and the
displacement of local residents. Iraqi activists and citizens expressed
anger and discontent over the ongoing Turkish actions.
Since February 2021, Turkish forces, allegedly in collaboration with
the Kurdistan Democratic Party (KDP), have launched large-scale attacks
on the Medya Defence area and other regions in Iraqi Kurdistan. The
Turkish army has been accused of using internationally prohibited
weapons, including chemical gases, 426 times since the beginning of
this year.
Local residents have called for urgent intervention to halt the attacks
and protect civilians and religious sites. However, both the Iraqi
government and the Kurdistan Regional Government have been criticised
for ignoring the suffering of residents and the military escalation by
Turkey in the region. (medyanews, 1 July 2024)
Turkish army deployment continues for full-scale invasion of
Iraqi Kurdistan
Community Peace Teams (CPT) in Iraq has shared footage of Turkish
soldiers walking through the Kesta village on the southern Kurdistan
Region of Iraq (KRI) border, stating that up to 300 Turkish tanks
crossed the border into the KRI over the last few days. The CPT also
stated that Turkish troops have been seen walking in the nearby
villages of Aradna, Chalke, Babire, Ura and Sararo in the Kanî Masî
district of Amedi.
Earlier videos published on the telegram channel Senger show the
movement of Turkish troops, including armoured vehicles and heavy
weapons, in different districts in the Amedi region. According to local
reports, villagers are deserting their villages over of fear of
imminent military clashes.
The RojNews agency reported that over the course of the last weeks
close to 15,000 Turkish soldiers have been deployed to the KRI and that
these troops have started to build up military bases with the financial
and military support of the local Kurdistan Democratic Party (KDP).
RojNews adds that KDP’s support for the Turkish military should also be
seen as attempt by the party to postpone the upcoming elections in
Iraqi Kurdistan.
The elections should have taken place on 1 October 2022, but have since
been postponed five times and have now been announced for 20 October
2024, more than two years after the original date. The KDP is afraid of
losing political power, if the elections were to be held.
In response to the increased deployment of Turkish military in the
Kurdistan Region, the Kurdistan Communities Union (KCK) issued a
statement calling on the people of the KRI and Iraq to “protest against
the Turkish occupation”. (Medyanews, 26 June 2024)
Affaires
religieuses / Religious Affairs
Report documents hate crime against belief groups in
Turkey
The Freedom of Belief Initiative has found 47 incidents of hate crime
targeting various belief groups, mostly Christians and Jews.
Report documents hate crime against belief groups in Turkey Church of
St. Anthony of Padua in Beyoğlu, İstanbul The Freedom of Belief
Initiative has released its 2023 report titled "Hate Crimes in Turkey
Based on Religion, Belief, or Non-Belief."
According to the report, the initiative identified 47 hate crimes or
incidents in 2023. The targeted groups were primarily Christians,
followed by Jews, Alevis, Muslims, Ezidis, and atheists. The study is
based on data from media monitoring and notifications from religious or
belief communities.
The report highlights an increase in hate crimes against Protestants
and Jews. It notes that, as in previous years, there has been a lack of
effective legal processes to address the hate crime dimension of these
incidents, resulting in frequent impunity.
Author Funda Tekin points out that hate crimes targeting individuals,
communities, or institutions based on religion, belief, or non-belief
remain a significant human rights issue in Turkey. Such crimes send a
message that the victims and their associated groups do not have equal
rights, posing a substantial barrier to social peace.
Breakdown of hate crimes in 2023
The monitoring study categorizes hate crimes by targeted groups,
revealing the following data for 2023:
- Christians: 22 incidents
- Jews: 14 incidents
- Alevis: 7 incidents
- Muslims: 4 incidents
- Yazidis: 2 incidents
- Atheists: 1 incident
The report documents various types of incidents, including 26 threats
or threatening behavior, 11 violent assaults, 9 attacks on places of
worship or cemeteries, 7 instances of property damage, 3 cases of
insult, and 1 harassment incident.
A review of data from past years indicates that attacks on cemeteries,
places of worship, homes, or schools related to religious or belief
communities are among the most frequent incidents. Since 2020, the most
targeted groups have been Christians (52 incidents), Alevis (42
incidents), and Jews (23 incidents). These figures suggest persistent
prejudices and hostile attitudes toward these groups.
Reporting challenges
The report notes that hate crimes are generally underreported and
underrecorded, reflecting only a fraction of actual incidents. The main
barriers to reporting hate crimes include:
- Victims becoming accustomed to bias-motivated actions and having high
thresholds for reporting.
- Fear of social exclusion leading individuals to avoid reporting.
- Concerns that their claims will not be taken seriously or that
reporting could result in further victimization, even by law
enforcement.
Certain locations associated with religious or belief communities face
repeated targeting, indicating systematic threats or pressure on
specific individuals or groups. The report highlights that hate crimes
against Protestants, Assyrians, and Yazidis have become systematic,
with these groups experiencing recurring harassment.
Hate crimes against Protestants and Jews The report suggests that the
rise in hate crimes against Protestants may be partly due to media bias
and hateful rhetoric against them. Additionally, since 2019, around 250
Protestants have been deported or had their visa applications rejected
for "security" reasons. This official stance parallels frequent
portrayals of Protestants as a "threat" to Turkish society due to
"missionary activities." Local newspapers sometimes provide church
addresses, targeting places of worship.
The report also notes an increase in hate crimes against Jews following
Israel's large-scale military operations in Gaza starting on October 7,
2023. Incidents in schools where Nazi symbols were used underscore the
need for an inclusive, pluralistic, and anti-discrimination educational
system and curriculum to ensure a safe school environment.
Legal needs The report emphasizes that Turkey's legal framework and
enforcement are ineffective against these crimes and not aligned with
international human rights law. It calls for urgent and multi-faceted
improvements in combating these crimes, including:
- Effective investigation of hate crimes.
- Systematic monitoring and reporting of hate crimes based on religion
or belief by public institutions.
- Effective compensation for harm.
- A holistic approach to supporting victims.
- Advocacy and monitoring by civil society.
- Multi-stakeholder efforts to combat hate crimes.
The Freedom of Belief Initiative, part of the Norwegian Helsinki
Committee, has been working since 2011 to protect freedom of thought,
conscience, and religion for all in Turkey. The project's activities
include monitoring, documenting, reporting, developing solutions, and
advocacy. Funda Tekin serves as the project and communications officer
for the initiative. (BIA, 11 July 2024)
Socio-économique
/ Socio-economic
Batteries électriques: la Turquie veut devenir
leader régional
La Turquie veut devenir leader régional dans la production de batteries
pour véhicules électriques grâce à un ambitieux programme de
subventions publiques d'un montant total de 15 milliards de dollars, a
annoncé vendredi le président Recep Tayyip Erdogan.
"Nous offrons aux investisseurs un programme de subventions de
4,5
milliards de dollars" pour la production des batteries, a annoncé le
chef de l'État turc lors d'un événement dédié aux hautes technologies à
Istanbul.
"Nous avons fait de la production de batteries un domaine prioritaire
pour notre industrie automobile afin de maintenir sa compétitivité", a
développé M. Erdogan, qui veut faire de son pays "une base de
production régionale d'une capacité de 80 gigawattheures d'ici 2030".
M. Erdogan a par ailleurs annoncé un autre programme de subvention de 5
milliards de dollars pour hisser la production de voitures électriques
en Turquie à "au moins un million d'unités par an".
"Notre objectif est d'attirer dans notre pays des investissements dans
les véhicules de nouvelle génération, avec des activités de recherche
et de développement et d'ingénierie", a-t-il ajouté, insistant sur leur
potentiel à l'exportation.
Avec un autre programme de subvention de 5 milliards de dollars pour la
production des puces, le montant total des subventions pour le secteur
de véhicules électriques s'élève à 15 milliards de dollars.
Le président turc a en outre promis la prise en charge de la moitié des
coûts salariaux pour les investissements en Turquie des entreprises
classées parmi les mille plus grandes dans le monde dans le domaine de
recherche et développement.
Il a aussi annoncé des subventions pour développer les technologies en
matière d'énergie solaire et éolienne d'un montant total de 4,2
milliards de dollars.
La Turquie mise en particulier sur sa position géographique et sur son
entente douanière avec l'Union européenne pour attirer les
investissements chinois, comme elle l'a montré début juillet en signant
avec le constructeur de voitures électriques BYD.
L'accord passé avec le champion mondial des véhicules électriques porte
sur un milliard de dollars d'investissements et 5.000 créations
d'emplois.
Après BYD, au moins cinq autres constructeurs automobiles chinois
réfléchiraient à l'ouverture d'usines en Turquie, selon l'agence
officielle turque Anadolu.
Un partenariat a aussi été signé entre le constructeur turc de voitures
électriques TOGG et le chinois Farasis pour la production de batteries.
(AFP, 26 juil 2024)
Noyé sous la contrefaçon, le Grand Bazar d'Istanbul
craint de perdre son âme
Ses portes monumentales ont traversé les siècles, figées à l'ère des
sultans, mais passé le seuil, un constat s'impose: sous les voûtes
peintes du Grand Bazar d'Istanbul, l'artisanat ancestral se meurt,
asphyxié par la contrefaçon.
Au coin d'une allée, un adolescent propose de faux parfums Dior à...
dix euros face à des doudounes Moncler contrefaites. Plus loin, un
commerçant reçoit 40 dollars d'une touriste pour un faux sac Michael
Kors.
"Toute l'Europe vient ici! J'ai même des femmes de footballeurs",
sourit Kemal, 36 ans dont vingt passés au Grand Bazar, l'un des plus
grands marchés couverts au monde où se pressent chaque année des
millions de touristes.
Ses faux sacs à main en veau Celine et ceux en cuir matelassé Saint
Laurent "sont de la même qualité que les originaux, mais cinq à dix
fois moins cher", affirme le vendeur, réticent à décliner son
patronyme, de peur des contrôles.
Il vivait déjà des imitations "made in Turkey" il y a quinze ans, avant
que les copies de luxe ne grignote une à une les vitrines du bazar,
vieux de près de six siècles. "Désormais, tous les modèles de sacs sont
ici: s'ils sont sur les Champs-Elysées, alors ils sont ici",
assure-t-il.
- "En train de tout bouffer" -
Les vétérans du bazar, qui gardent le souvenir des petits métiers
qui
peuplaient ses allées, se désespèrent de le voir envahi par le faux.
L'élégante boutique de tapis d'Hasim Güreli, vice-président de
l'association des commerçants du bazar et membre de son conseil
d'administration, en est désormais cernée.
"Autrefois, les imitations étaient rares. Quand certains se sont mis à
vendre des faux sacs, ils se cachaient. Ils avaient peur de l'Etat",
raconte le quinquagénaire.
"Le bazar a perdu son caractère unique: il n'y a que des produits
importés ou contrefaits et ça empire chaque année", peste Gazi Uludag,
qui vend des services à thé deux allées plus loin.
Dans sa boutique de tapis artisanaux, Florence Heilbronn-Ögutgen
déplore qu'un ami maroquinier, "qui faisait de vrais sacs en très beau
cuir", ait dû baisser le rideau, faute de pouvoir en vivre.
"Désormais, les plus belles boutiques, c'est les imitations ! Il n'y a
qu'eux pour payer les loyers de 10 à 15.000 dollars par mois sur
l'allée principale. Ils sont en train de tout bouffer", se désole la
commerçante, au bazar depuis 1998.
"Ceux qui font de l'artisanal ne peuvent pas suivre. Le bazar perd son
âme", assène-t-elle, inquiète qu'"une certaine clientèle haut de gamme
ne vienne plus parce qu'elle ne veut pas voir que des contrefaçons".
- "Bénéfices énormes" -
Omniprésent en Turquie -- un des principaux pays de production et
de
transit de la contrefaçon derrière la Chine et Hong Kong --, le faux
représente une manne dont une partie termine dans les poches de l'Etat,
sous forme de taxes notamment.
Le reste nourrit toute une économie, des petits revendeurs jusqu'aux
grossistes qui exportent aussi vers l'Union européenne.
"Les bénéfices sont énormes. Des sacs à main sont vendus des milliers
de dollars au Grand Bazar", note Dilara Bural, maître de conférences en
criminologie à l'Université de Bath (Angleterre).
Des groupes criminels peuvent être à la manoeuvre, "mais nous ne
pouvons pas dire que toute la contrefaçon en Turquie est liée au crime
organisé. Ce n'est pas vrai", souligne-t-elle.
Ce commerce est facilité par une "importante tolérance culturelle" qui,
"dans certains cas, s'étend à ceux censés faire appliquer les lois, les
policiers et les juges", ajoute-t-elle.
- "Pas le choix" -
Des cabinets d'avocats turcs mandatés par les mastodontes du luxe
tentent malgré tout d'enrayer ce juteux business. Mais le Grand Bazar
relève du casse-tête.
"Le problème, c'est qu'il faut des mandats de perquisition pour chaque
adresse. Et il y a des milliers de boutiques dans le bazar, donc il
faut des milliers de mandats", explique Sena Yasaroglu, avocat au
cabinet stambouliote Moroglu Arseven, où vingt personnes travaillent
sur les dossiers de propriété intellectuelle.
Un porte-parole du conseil d'administration du Grand Bazar affirme
toutefois que "la police d'Istanbul (y) effectue des inspections
fréquentes".
Devant sa boutique microscopique de 2,5 m2 qu'il loue 1.000 dollars le
mois, Murat dit penser "chaque jour" aux contrôles.
En 2018, lui et son frère ont vu la police débouler. Et l'addition fut
salée: 800 faux sacs saisis et 40.000 euros d'amende et de frais
d'avocats.
Le commerçant de 27 ans, originaire de la province agricole de
Sanliurfa (sud-est), a pourtant repris son business aussitôt.
"Je n'ai pas le choix", clame-t-il. "Sinon, je vais faire quoi ?
Retourner faire berger au village ? Je ne veux pas faire ça." (AFP, 17
juil 2024)
Entre la
Turquie et l'Allmagne, la bataille du döner kebab
Des producteurs turcs ont déposé à Bruxelles une demande pour faire du
döner kebab une marque protégée. En dehors de l’immense enjeu
commercial, la démarche est considérée, en Allemagne, comme une attaque
contre la culture gastronomique nationale.
Les Allemands veulent sauver leur plat national : le döner kebab. Ils
en dévorent plus de 2,5 millions par jour ! Aucun snack n’est plus
vendu en Allemagne que ce sandwich né à Berlin dans les années 70. Le
döner kebab (1), dont on a fêté les 50 ans en 2022, se mange plus que
le Sauerkraut (choucroute), le Eisbein (jarret de porc) ou le
Kartoffelsalat (salade de pommes de terre).
La demande déposée le 24 avril dernier par les kébabiers d’Istanbul
auprès de la Commission européenne a donc été considérée comme une
attaque contre l’identité culturelle gastronomique allemande. « Le
döner kebab n’est pas turc », insiste Eberhard Seidel, l’auteur d’une
biographie de référence (2) sur l’histoire sociale de ce sandwich
inventé par les Gastarbeiter, les travailleurs immigrés d’après-guerre.
Pour la Fédération internationale de producteurs de kebab (Udofed), qui
a fait une demande de labélisation, c’est bien un plat originaire de
Turquie soumis à des règles strictes de fabrication. La « recette
traditionnelle » est une « viande de bœuf, de mouton ou de poulet (pas
de veau, d’agneau, ni végétarien, NDLR) coupée en tranches fines,
horizontales et fixées sur une broche. Elle est cuite en tournant
verticalement, autour d’un axe », insiste l’Udofed qui veut définir
l’épaisseur des tranches de 0,2 à 0,5 centimètre, le nombre de grammes
pour les oignons, le sel, le poivre et le thym. Sans oublier la
longueur du couteau de découpe : 55 centimètres en « acier spécial ».
Pour les Allemands, qui n’ont pas imposé de règles définies à part la
quantité de viande hachée maximum (60 %), cette tentative de «
réappropriation culturelle » est une imposture. « Le döner kebab
existait avant 1923, date de la création de la Turquie », insiste
Eberhard Seidel.
Les premières traces de ce « plat » remontent au XVI e siècle lorsque
les Turcs étaient encore une minorité dans la région. « C’est un
produit de l’Empire ottoman, où les Turcs, les Grecs, les Albanais, les
Juifs, les Arméniens, les Kurdes et les Arabes apprenaient les uns des
autres pour leur cuisine. Le kebab, le gyros et le shawarma sont issus
de cette culture », explique Eberhard Seidel.
« Le kebab d’aujourd’hui est une création culinaire », insiste Eberhard
Seidel qui dénonce le « manque de respect » des Istanbuliotes pour
leurs homologues d’Allemagne. « C’est une génération de travailleurs
turcs qui est à l’origine de ces processus de fabrication très
complexes », déplore Eberhard Seidel.
La Fédération des fabricants d’Europe (ATDiD), dont le siège est à
Berlin, attribue à Kadir Nurman la paternité du sandwich. C’est lui qui
aurait vendu en 1972 le premier döner kebab à Berlin.
Une histoire de sous
En réclamant le dépôt d’une marque, la fédération d’Istanbul vise
évidemment à gagner de l’argent à travers des franchises. L’enjeu
économique de cette bataille est immense. En Allemagne, le sandwich
représente plus de 7 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 80.000
emplois.
Le german kebab est servi dans le monde entier, jusqu’en Chine. A New
York, il est célébré comme une « spécialité berlinoise ». Pour la
chaîne britannique German döner kebab, qui a développé des filiales
dans le monde entier, il est inimaginable de changer de nom ou
d’appliquer la stricte recette exigée par les kébabiers d’Istanbul. Si
le Kebab devenait une marque turque, les Allemands devront trouver
d’autres noms : « sandwich à la viande grillée » ou « chausson de
viande à la broche », etc.
« Les Berlinois ne se laisseront pas dicter les procédures de
fabrication par la Commission européenne », peste Seidel avant
d’ajouter : « Le döner kebab est allemand et il le restera.»(Le Soir ,
17 juillet 2024)
De l'huile,
du cuir et du coeur: la lutte ancestrale des
"pehlivans" turcs
Le torse lustré, sanglés dans une culotte de peau, les "pehlivans"
(lutteurs) entrent dans l'arène sous un soleil de plomb et les vivats
des gradins en se frappant les cuisses à l'énoncé de leur nom.
Tous les débuts juillet, le "Kirkpinar" (tournoi) d'Edirne, dans le
nord-ouest de la Turquie, perpétue la lutte ancestrale des pehlivans
dans le pur respect des traditions ottomanes qui imposent un corps
puissant, massif et agile à la fois. Et frotté à l'huile d'olive malgré
son prix prohibitif.
Capitale de l'empire ottoman jusqu'à la conquête de Constantinople,
Edirne organise depuis 1357 ce prestigieux tournoi, classé au
patrimoine culturel de l'Unesco.
"C'est nos Jeux olympiques, le terrain de nos ancêtres", remarque Murat
Kalender, qui s'apprête à 27 ans à rejoindre le terrain pour la sixième
année consécutive.
Le corps affûté, abdos et biceps ciselés, le lutteur s'échauffe à
l'ombre de son van. "Nos aînés ont combattu ici, perpétuer leur
héritage ne se fait pas sans sacrifice".
L'épreuve commence avec le passage du pantalon des pehlivans, 10 kilos
de peau de buffle, surpiqué et clouté, déjà huilé, noué par une corde
mais dépourvu de braguette: il faut s'y glisser nu, au prix de
contorsions épuisantes sous le soleil déjà brûlant.
"Une ceinture offrirait une prise à l'adversaire", justifie Melih
Öztürk, 18 ans, visage d'ange et taille enrobée, qui noue soigneusement
des bandelettes autour de ses genoux avant de les enserrer dans les
plis de son pantalon relevé.
- Pas d'accroche -
Ajusté, lisse et luisant: le but est de terrasser son adversaire en
jouant de sa force, de son poids et en lui offrant le moins d'accroche
possible. Front contre front, la main sur la tête de son vis-à-vis pour
le repousser, puis sur son cou pour l'obliger à ployer jusqu'à le jeter
sur le dos et l'y maintenir, plaqué dans l'herbe.
Chaque couple est surveillé par un arbitre en sarouel bleu et or, une
série de petits linges blancs glissés à la ceinture qu'il tend aux
concurrents, à la demande.
De même chaque concurrent peut réclamer un supplément d'huile, élément
essentiel et rituel de l'affrontement.
La lutte est éreintante, l'huile poisse les yeux, la peau rougit sous
les empoignades.
"Un beau combat, c'est deux adversaires qui se donnent jusqu'au bout.
C'est émouvant", commente Hakan Orhan, l'un des 120 arbitres appelés
pour le tournoi, ancien lutteur reconverti "pour ne pas rompre avec ce
sport" auquel il entraîne désormais son fils.
Selon lui, "j'interviens en cas de position irrégulière, ou quand les
lutteurs deviennent incontrôlables et violents, parce qu'ils sont
bloqués" - et désespérés d'en finir. Cas rares, convient l'arbitre, car
le "respect mutuel" prime.
Le vainqueur prend d'ailleurs la peine de féliciter son adversaire, lui
baisant la main s'il est plus âgé, par respect.
Dans la catégorie supérieure (il y en a 14), les "baspehlivan",
athlètes de pointe, vivent de leur art et s'entraînent dur toute
l'année pour combattre à Edirne.
"Tout le monde veut être champion ici, c'est le point de convergence de
tous les lutteurs", confirme Hamza Özkaradeniz, baspehlivan de 32 ans -
dont 20 de combat.
- Ceinture d'or -
"Pour moi c'est la première fois ici. Mais nous rêvons tous de la
ceinture d'or", la récompense suprême du Kirkpinar (1,5 kilo de métal
jaune) qui s'accompagne d'une prime de 550.000 livres turques, soit
15.500 euros, plus de 30 fois le salaire minimum.
Le vainqueur, Yusuf Can Zeybek, l'a emporté en 52 minutes, pour la
deuxième année consécutive.
Encore une et il accèdera à l'éternité: celui qui remporte le Kirkpinar
trois fois d'affilée gagne le droit de conserver la ceinture d'or à
vie. Le dernier à y être parvenu remonte à 1997.
"C'est beaucoup d'efforts, très intenses, très longs pour arriver ici",
reprend Hamza Özkaradeniz, en regrettant cette année l'introduction de
qualifications pour limiter le nombre de concurrents : "Je vais
disputer mon sixième combat en deux jours, au moins trois de plus que
mes adversaires".
"C'est comme ça", enchaîne-t-il bravement. Un pehlivan ne se plaint pas.
Les vaincus quittent toutefois l'herbe du tournoi les larmes aux yeux,
dents serrées pour courir à leur tente. De l'une d'elles percent des
cris de rage entrecoupés de sanglots. Une peine inconsolable qui laisse
l'entourage pantois et impuissant, les yeux rougis. (AFP, 11 juil 2024)
Dans le grenier à blé de Turquie, la sécheresse avale
les sols
Fatih Sik sait que la mort est tapie sous ses pieds depuis que deux
immenses trous se sont formés dans son champ de maïs. Mais
l'agriculteur a appris à vivre avec la peur, car partir n'est pas une
option.
"Lorsque je suis sur mon tracteur, je ne peux m'empêcher de penser que
(le sol) peut s'effondrer et je sais que la mort m'attendra au fond",
confie ce fermier de 45 ans à l'AFP à Karapinar, dans la province de
Konya (centre), le grenier à blé de la Turquie.
"Mais je dois continuer à travailler, sinon ma famille mourra de faim",
se résigne-t-il.
Les dolines existent depuis des siècles dans cette région, mais leur
nombre a cru ces dernières années sous l'effet de la sécheresse et de
la surexploitation des nappes phréatiques, selon les experts.
Invisibles de loin, ces cavités, qui se forment là où l'eau souterraine
dissout le substrat rocheux, peuvent être profondes de 50 mètres.
"Une des causes majeures des dolines est le changement climatique",
explique Arif Delikan, professeur à l'Université technique de Konya,
qui a dénombré 640 dolines dans la province de Konya, dont 600 dans le
district de Karapinar.
De concert avec les autorités, il a identifié 2.700 zones à risque.
"Environ 20 trous se sont formés en un an à Karapinar", ajoute le
spécialiste, marteau à la main pour sonder le sol au bord du gouffre
d'une doline.
- "Effrayant" -
L'an dernier, Adem Ekmekci se trouvait dans un de ses champs lorsque la
terre a manqué de l'avaler.
"Mon pied a soudainement glissé. J'ai regardé le sol et j'ai vu des
fissures", raconte cet agriculteur de 57 ans, dont les 10 hectares de
terre ont vu se créer deux dolines en trois ans, large chacune
d'environ 50 mètres.
"Quand je suis revenu, le sol s'était effondré et plusieurs arbres
avaient été emportés. C'était vraiment effrayant."
Une autre doline s'était formée à 10 mètres de sa maison en 2020.
Le sol s'est "affaissé de 20 mètres", explique-t-il, disant avoir eu
trop peur pour pouvoir dormir chez lui cette nuit-là.
Mais sans nulle part où aller, lui aussi a appris à vivre avec la peur,
qui s'est installée chez les habitants de la région, bien qu'aucun
n'ait encore été tué ou blessé.
- Puits illégaux -
La crainte est d'autant plus forte que les précipitations ont été 40%
inférieures à la moyenne cet hiver dans la province de Konya, la
première en Turquie pour la production de blé, de maïs et de betteraves
à sucre.
"Des jours difficiles nous attendent", affirme Yigit Aksel, un
agriculteur qui sait que l'irrigation, précieuse pour ces cultures
gourmandes en eau, est en partie responsable du problème.
Face au manque de précipitations, certains fermiers ont foré des puits
illégaux, fragilisant plus encore le substrat rocheux.
Selon Arif Delikan, la sécheresse qui s'est accrue depuis deux
décennies dans la région a accentué la pression sur les eaux
souterraines.
"L'eau qui était à la surface il y a 30 ans se trouve aujourd'hui 40
mètres sous terre", explique-t-il.
En une décennie, le lac Meke, un lac de cratère de Karapinar, s'est lui
asséché et couvert de sel.
- Tourisme -
Des entrepreneurs essaient toutefois de transformer ce sol aux airs de
gruyère en opportunité.
Fin juin, l'un d'eux, Cem Kinay, a ouvert un hôtel de luxe de 13
chambres dans un caravansérail seldjoukide vieux de 800 ans, situé au
bord du gouffre le plus ancien et célèbre de Turquie.
À demi rempli d'eau, la doline ressemble à un lac. "C'est la première
fois que je vois ça, c'est impressionnant", s'exclame, fasciné, Seongmo
Kim, un touriste sud-coréen.
Mais dans cette doline aussi l'eau se raréfie.
Le grand-père de Gumus Uzun, une villageoise, lui racontait que le
gouffre servait il y a soixante ans à abreuver les moutons et laver les
vêtements.
À l'époque, le niveau de l'eau était beaucoup plus élevé,
dit-elle. "Aujourd'hui, il ne cesse de baisser". (AFP, 2 juil 2024)
5 morts et
plus de 50 blessés dans une explosion due au gaz
Cinq personnes ont été tuées et plus de 50 autres blessées dimanche
dans une explosion due au gaz dans un restaurant de l'ouest de la
Turquie, ont annoncé les autorités.
"Le nombre de nos concitoyens décédés est passé à cinq", a indiqué le
ministre de l'Intérieur Ali Yerlikaya, revoyant à la hausse un
précédent bilan de 4 morts.
"57 de nos concitoyens ont été blessés", a ajouté M. Yerlikaya
sur le réseau social X, précisant que selon de premières constations
l'accident aurait été causé par une bonbonne de gaz.
L'explosion, qui s'est produite dans un restaurant de la ville de
Torbali, au sud de la grande ville d'Izmir, a été entendue à plusieurs
kilomètres à la ronde, selon l'agence de presse officielle Anadolu.
Des images diffusées en boucle dimanche par les chaînes de télévision
turques montrent les façades de plusieurs immeubles en partie soufflées
par l'explosion, ainsi que des voitures aux vitres brisées. (AFP, 30
juin 2024)
La banque centrale conserve son taux inchangé à 50%
La banque centrale turque a, sans surprise, maintenu jeudi son
taux
directeur inchangé à 50% pour le troisième mois consécutif,
affirmant
toutefois "surveiller de près" l'évolution de l'inflation.
"Les indicateurs récents confirment que la demande intérieure
ralentit, même si elle reste à un niveau inflationniste", écrit
la
banque, qui se dit "prudente face aux risques haussiers sur
l'inflation", qui a atteint 75,45% sur un an en mai.
"L'orientation monétaire restrictive sera maintenue jusqu'à ce qu'un
déclin significatif et durable de la tendance de l'inflation
mensuelle
soit observé", ajoute l'institution dans un communiqué.
La banque centrale a relevé son taux directeur de 8,5 à 50% entre juin
2023 et mars, sans parvenir jusqu'ici à endiguer l'inflation,
alimentée par la dévaluation quasi continue de la livre turque.
Le gouvernement turc affirme que l'inflation commencera à ralentir à
partir de juin.
Cette flambée des prix est vue par les analystes comme la raison
majeure de la débâcle du Parti de la justice et du développement
(AKP, islamo-conservateur) du président Recep Tayyip Erdogan aux
élections locales organisées fin mars.
Le chef de l'Etat turc s'est toujours montré hostile aux taux
d'intérêt élevés, qu'il juge contraires à l'islam, mais l'envolée
des
prix l'a contraint à accepter depuis sa réélection en mai 2023 un
retour à une politique monétaire plus orthodoxe. (AFP, 27 juin 2024)
Relations
turco-européennes / Turkey-Europe Relations
German, French embassies close schools to Turkish
citizens, refusing Turkish oversight
Turkey has sought greater control over the schools operating under the
auspices of the two countries’ embassies. Refusing this request, the
schools have halted enrolling Turkish citizens, including those holding
dual nationality.
The Ministry of National Education's recent demands for greater control
over private foreign schools have led to diplomatic tensions, resulting
in the German and French embassies closing their schools to Turkish
citizens.
The controversy started with the Ministry of National Education's push
to regulate the curriculum and staff of foreign schools operating under
the auspices of the German and French embassies. This change does not
affect foreign schools that already operate under the ministry's
curriculum, such as several French, American, and Austrian high schools
in the country.
The embassies have resisted these changes, citing international
agreements that guarantee their autonomy. Rather, the French Embassy's
schools in Ankara and İstanbul announced they would no longer enroll
Turkish citizens. This move has disrupted the education of many
students. Following suit, the German Embassy's Ernst Reuter School also
ceased accepting Turkish students, including those with dual
nationality, until further notice.
“France behaves like a colonial power”
In a speech earlier this month, Education Minister Yusuf Tekin
reiterated that they have no problem with the 12 foreign schools that
adhere to the ministry curriculum.
However, he said, “Strangely, France has behaved like a colonial power
and opened two more schools in Turkey. Despite claiming they would only
admit French students, currently, 90% of their students are Turkish
citizens.”
“We send inspectors to the schools, but they do not allow them in to
check for Turkish students. Now they say, 'You cannot inspect us’," he
explained.
Additionally, since 2020, Ankara has been in discussions to establish
official "Turkish Schools" in Germany, similar to the German Embassy
schools in Turkey. This request from Ankara was widely reported in the
German media and generally received negatively by the German public.
The opposition in Germany and France is fundamentally driven by the
perception that Turkey's increasingly religion-centered approach to
governance and education challenges the cherished secular education
systems in these countries. (BIA, 26 July2024)
Les élèves
turcs menacés d'être interdits d'écoles
françaises
Les jeunes Turcs risquent dès la rentrée d'être privés de scolarité
dans les établissements français d'Istanbul et Ankara, dont ils
constituent l'écrasante majorité des élèves, suite à une série de
désaccords avec les autorités turques, a appris vendredi l'AFP.
Dans un courrier de l'Ambassade de France adressé aux parents d'élèves,
dont l'AFP a pu prendre connaissance, la représentation française à
Ankara les informe du risque de voir, dès "l'année scolaire 2024-2025",
les élèves turcs scolarisés dans ses établissements, qui accueillent
près de 2000 élèves, transférés vers des écoles turques.
Selon ce courrier, la menace est apparue de façon diffuse en fin
d'année dernière et des démarches ont été aussitôt entreprises auprès
du ministère turc de l'Education, auquel la partie française "a proposé
un accord administratif" tenant compte "des principes généraux de deux
systèmes éducatifs très différents".
"Ayant enclenché une dynamique de négociation de bonne foi, nous avions
espoir d'aboutir à un premier accord concret, consensuel", écrit le
service de coopération culturelle.
Mais la situation s'est soudainement durcie le 2 juillet sous la forme
d'une "note verbale des autorités turques" prévenant que, faute
d'accord avec Ankara, "les écoles (françaises) ne pourront pas admettre
d'élèves de nationalité turque" dès la rentrée prochaine.
Au coeur du désaccord, une exigence rémanente de "réciprocité" de la
part d'Ankara qui demande à pouvoir ouvrir en France des écoles
turques, reconnues par l'Etat français, a rapporté une source proche du
dossier.
Par ailleurs, selon cette source, le gouvernement turc demande que les
programmes scolaires suivis par les établissements français en Turquie
"se rapprochent" de ceux suivis dans les écoles turques "pour au moins
quelques matières".
Il n'est cependant pas question d'inclure des cours de religion, tels
que veut les imposer dans les programmes scolaires turcs le président
Recep Tayyip Erdogan, a précisé cet interlocuteur.
"La France était prête à mettre en vigueur ce qu'on appelle les
parcours intégrés, déjà appliqués par les écoles françaises d'autres
pays" consistant, a expliqué cette source, pour les élèves autochtones
à suivre quelques matières spécifiquement adaptées, comme la
géographie, dans la langue du pays, en l'occurrence en turc.
"Mais les autorités turques ont récemment et soudainement "haussé le
ton et mis la pression", a ajouté cet interlocuteur.
Les négociations sont cependant toujours en cours, souligne l'ambassade
dans son courrier aux parents d'élèves, précisant néanmoins qu'elle
juge "de son devoir" d'avertir ces derniers du risque qui pèse sur la
rentrée.
Un parent d'élève joint par l'AFP, sous couvert d'anonymat, a expliqué
que "les parents turcs qui optent pour ces écoles veulent justement que
leurs enfants puissent suivre un enseignement laïc et scientifique".
Alors que les programmes turcs sont de plus en plus axés sur les
valeurs traditionnelles, la morale et la famille, au détriment
notamment des langues étrangères et des cours de science. (AFP, 12 juil
2024)
Erdogan
juge la suspension de Demiral par l'UEFA
"politique"
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré dimanche que la
suspension par l'UEFA du défenseur turc Merih Demiral pour deux matches
de l'Euro-2024, en raison d'une célébration controversée, était
"politique" et ternissait l'image de la compétition.
Merih Demiral, qui a marqué deux fois mardi contre l'Autriche, a été
sanctionné après avoir effectué le geste de ralliement des Loups gris
--trois doigts joints avec l'index et l'auriculaire dressés en l'air,
pour dessiner un profil de loup-- en voulant célébrer l'un de ses deux
buts face à l'équipe adverse en 8e de finale (2-1).
Les Loups gris sont un groupe de l'extrême droite turque, qui se sont
développés à partir des années 1960 dans l'orbite du Parti d'action
nationaliste (MHP), membre de la coalition dirigée par le Parti de la
justice et du développement (AKP) du président Erdogan. Cette faction
ultranationaliste a été associée dans le passé à de nombreux
assassinats politiques visant des militants kurdes ou de gauche.
Le geste de Demiral a provoqué des tensions diplomatiques entre la
Turquie et l'Allemagne. La Turquie a convoqué mercredi l'ambassadeur
d'Allemagne à Ankara pour protester contre les propos de la ministre
allemande de l'Intérieur, Nancy Faeser, qui avait qualifié la
célébration du joueur d'"inacceptable".
L'Allemagne a répliqué le lendemain en convoquant l'ambassadeur de
Turquie à Berlin.
"Pour parler franchement, la suspension de deux matches infligée par
l'UEFA à Merih a sérieusement terni l'image de la compétition", a
déclaré M. Erdogan aux journalistes dans l'avion qui le ramenait de
Berlin, selon l'agence de presse officielle Anadolu.
"Cela ne peut pas être expliqué, c'est une décision purement
politique", a-t-il ajouté.
M. Erdogan, qui a annulé sa visite en Azerbaïdjan et s'est rendu à
Berlin samedi pour assister au quart de finale à l'Olympiastadion, a
toutefois déclaré que cette décision n'affectait pas la motivation de
l'équipe. "Malgré tous les points négatifs (...), nous avons assisté à
un match passionnant".
Malgré l'ouverture du score par les Turcs, les Pays-Bas ont su
renverser la vapeur et l'emporter 2-1, se qualifiant pour les
demi-finales où ils affronteront l'Angleterre mercredi. (AFP, 7 juil
2024)
Borrell: Orban représente uniquement la Hongrie au
sommet des Etats turciques
Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a rappelé samedi à
Viktor Orban, présent au sommet de l'Organisation des Etats turciques,
qu'il représentait la Hongrie et pas l'Union européenne, dont son pays
assure la présidence tournante.
"La participation du Premier ministre Viktor Orban au sommet informel
de l'Organisation des États turciques à Choucha les 5 et 6 juillet a eu
lieu exclusivement dans le cadre des relations bilatérales entre la
Hongrie et cette organisation", a déclaré M. Borrell dans un communiqué.
Cette mise en garde intervient après une visite à Moscou de Viktor
Orban - dont le pays assure la présidence tournante de l'UE depuis le 1
juillet - qui a provoqué un tollé à Bruxelles.
"Sommes-nous autorisés à dîner ou avons-nous également besoin d'un
mandat du Conseil européen pour cela ?", a aussitôt ironisé le
directeur politique de M. Orban sur X.
L'Organisation des États turciques est une organisation internationale
regroupant les États de langues turciques, fondée en tant que Conseil
turcique en 2009 par l'Azerbaïdjan, le Kazakhstan, le Kirghizistan et
la Turquie. La Hongrie en est devenue un État observateur en 2018.
Selon M. Orban, cette organisation proche d'Erdogan est "un pilier
essentiel de la coopération Est-Ouest", a déclaré un de ses
collaborateurs sur X.
L'UE a rejeté en 2022 des déclarations de la Turquie sur l'adhésion de
l'autoproclamée République turque de Chypre-Nord comme membre
observateur de l'organisation.
"L'Union européenne rejette les tentatives de l'Organisation des États
turciques de légitimer l'entité sécessionniste chypriote turque, la
soi-disant +République turque de Chypre-Nord+, non reconnue au niveau
international, en tant qu'observateur" au sein de l'organisation, a
réitéré M. Borrell samedi. (AFP, 6 juil 2024)
German intelligence’s role in supporting the Grey
Wolves uncovered by
historian
After symbols associated with the Turkish right-wing ‘Grey Wolves’
organisation were displayed at the European cup, public voices are
demanding a ban on the organisation in Germany.
In an interview with
German television channel ZDF, German historian
and journalist Nikolaus Brauns describes the history of the ‘Grey
Wolves’ movement in Germany, anlysing the role played by the German
intelligence service in the founding of the ‘Grey Wolves’ in Germany.
Brauns explains that
in the 1970s “a lot of migrant workers were
organized in leftist organizations in Germany” and that Kurdish and
Turkish migrants were playing a vanguard role in organizing worker’s
strikes.
Brauns continues by
mentioning the meetings that took place between
German politician Franz Josef Strauß and Former Deputy Prime Minister
of Turkey Alparslan Türkeş during that time. He recounts that a meeting
between the German and Turkish state officials took place in 1978,
where they agreed on a common fight “against communism in Turkey and in
Germany”.
Braun continues,
illustrating the role that German officials played in
the establishment of the Grey Wolves in Germany.
“Franz Josef Strauß
then told Alparslan Türkeş that he would do
everything in his power will always have a safe back country in
Germany”, Brauns claims.
He highlights that
“it was indeed the case that a CDU city councillor
who was also the Turkey expert of the Federal Intelligence Service, […]
then rented a hall for the founding event of the Turkish Federation in
Germany.” The Turkish Federation is considered as one of the first
legal organizations of the Grey Wolves in Germany. (medyanews, 5 July
2024)
Un Allemand libéré après six ans de prison pour
"terrorisme"
Un Allemand emprisonné en Turquie depuis 2018 pour appartenance à
un
groupe armé kurde syrien classé "terroriste" par Ankara a été
libéré
de prison au terme de sa peine, a affirmé mardi à l'AFP une
association défendant ses droits.
"[Patrick Kraicker] a été libéré et se trouve actuellement au centre
de rapatriement d'Ankara. Il retournera en Allemagne demain", a
déclaré à l'AFP Emine Özhasar, une avocate de l'association
turque de
défense des droits humains MLSA.
Le ministère allemand des Affaires étrangères a indiqué à l'AFP que
son dossier était "connu" de ses services.
"La personne concernée reçoit une assistance consulaire de la part de
nos collègues à l'ambassade d'Ankara", a ajouté le ministère.
Arrêté sur le sol turc à proximité de la frontière syrienne en mars
2018, Patrick Kraicker, alors âgé de 29 ans, avait été condamné
la
même année à six ans et trois mois d'emprisonnement pour
appartenance
aux Unités de protection du peuple (YPG) par un tribunal de
Sirnak
(sud-est).
Ses avocats ont nié son appartenance au groupe armé kurde, qui s'est
battu au côté des Etats-Unis et de la coalition occidentale
contre les
jihadistes du groupe Etat islamique (EI).
Sa mère, Claudia Schmuck, affirme que les aveux de son fils en garde à
vue ont été obtenus sous pression et en l'absence d'interprète.
Les YPG sont considérées par Ankara comme une extension en Syrie du
Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui mène une guérilla
contre l'Etat turc depuis 1984. Le PKK est considéré comme
terroriste
par Ankara, l'Union européenne et les Etats-Unis.
Entre 2016 et 2019, l'armée turque a lancé trois opérations
d'envergure dans le nord de la Syrie contre les combattants
kurdes.
(AFP, 26 juin 2024)
Turquie-USA-OTAN
/
Turkey-USA-NATO
Erdogan:
"La perspective d'un conflit direct entre
l'Otan et la Russie est préoccupante"
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a mis en garde jeudi contre un
"conflit direct" entre l'Otan et la Russie, déclarant lors d'un sommet
de l'alliance visant à soutenir l'Ukraine que la diplomatie devait
également être une option sur la table.
"J'ai dit franchement que l'Otan ne devrait jamais être autorisée à
participer à la guerre en Ukraine", a déclaré M. Erdogan lors d'une
conférence de presse organisée à l'issue du sommet du 75e anniversaire
de l'OTAN.
M. Erdogan a déclaré que la Turquie, rare membre de l'OTAN à ne pas
s'associer aux sanctions contre la Russie, soutenait "l'intégrité
territoriale et la souveraineté de l'Ukraine".
Mais il a "également souligné que la diplomatie ne devait pas être
exclue et que les négociations ne signifiaient pas nécessairement une
capitulation".
Les membres de l'Otan, qui étaient réunis jusqu'à jeudi soir dans la
capitale américaine en présence du président ukrainien Volodymyr
Zelensky, ont décidé de renforcer son aide à Kiev par l'envoi d'avions
de chasse et de batteries de défense anti-aérienne.
- Ankara à équidistance -
Le Kremlin a estimé en réponse que l'Otan était "pleinement impliquée"
dans le conflit en Ukraine, ajoutant prévoir des "mesures" pour
"contrer" cette "menace sérieuse".
M. Erdogan avait jugé jeudi la perspective d'un "conflit direct entre
l'Otan et la Russie préoccupante", selon des propos rapportés par
l'agence officielle turque Anadolu.
Ankara, qui dispose de l'une des principales armées de l'Otan, située
sur son front oriental, s'est tenu jusqu'à présent à équidistance de
Moscou et de Kiev depuis le début de l'invasion russe en février 2022.
M. Erdogan avait cependant estimé l'an dernier que l'Ukraine "mérite
pleinement" d'intégrer l'Otan dont il a souligné jeudi l'importance en
tant qu'organisation internationale.
"Nous ne pensons pas que l'Organisation de coopération de Shanghai soit
une alternative à l'Otan" a-t-il indiqué. "De même, nous ne considérons
pas les Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) comme une
alternative à toute autre structure", a-t-il également prévenu.
Le président turc avait annoncé en 2022 son intention de rallier
l'Organisation de coopération de Shanghaï (OCS) qui réunit plusieurs
pays aux relations tendues avec l'Occident, dont la Russie, la Chine et
l'Iran.
Il a participé la semaine dernière à son sommet à Astana, au
Kazakhstan, en tant que "partenaire de dialogue" et y a rencontré le
président russe Vladimir Poutine.
Concernant la guerre en cours menée par Israël sur le territoire
palestinien de Gaza, M. Erdogan a mis en garde contre une extension du
conflit: "Les menaces et les tentatives d'Israël d'étendre le conflit
doivent cesser. Sinon, notre région sera confrontée au risque de
conflits plus profonds, voire de guerre", a-t-il affirmé. (AFP, 11 juil
2024)
Erdogan a annoncé l’éventuelle adhésion de la Turquie à l’OCS
Le président turc Recep Tayyip Erdogan, à bord de l'avion dans lequel
il revenait du sommet de l'OCS à Astana, a déclaré à la presse qu'il
étudiait la possibilité que son pays adhère à l'Organisation de
coopération de Shanghai.
Selon Erdogan, Ankara juge opportun de développer davantage les
relations avec la Russie et la Chine au sein de l’OCS. Dans le même
temps, selon le dirigeant turc, il est nécessaire de passer du statut
de partenaire de dialogue au statut de membre à part entière de cette
association. Comme exemple de réussite pour la Turquie, Erdogan a cité
des pays islamiques comme l’Iran et le Pakistan qui ont rejoint l’OCS.
Erdogan considère que l’adhésion à l’OCS est extrêmement bénéfique pour
la Turquie, dont les autorités sont désillusionnées par l’idée d’une
intégration européenne.
Au retour d'un voyage au sommet de l'OCS, Erdogan a noté que la Turquie
espère une résolution rapide de la crise ukrainienne, empêchant le
conflit armé de dégénérer en un conflit mondial, mais que les approches
d'un certain nombre de pays occidentaux provoquent le déclenchement
d'un conflit armé. troisième guerre mondiale.
Il convient de noter qu'actuellement, la Turquie, tant géographiquement
que politiquement, joue le rôle d'une sorte de lien entre les pays du
Sud et l'Occident et, poursuivant ses intérêts, cherche par tous les
moyens à tirer le meilleur parti de sa position géopolitique. .
L’adhésion à l’OTAN et le désir à long terme d’adhérer à l’Union
européenne n’empêchent en rien le partenariat d’Ankara avec l’OCS ni
même le désir de devenir membre des BRICS. (Médias différents, 5
juillet 2024)
Relations
régionales / Regional Relations
Une voiture piégée à Moscou, un suspect arrêté en
Turquie
La Turquie a annoncé mercredi l'arrestation d'une personne suspectée de
l'explosion d'une voiture piégée à Moscou qui a fait deux blessés, une
affaire classée "particulièrement importante" par les autorités russes
qui n'ont cependant pas communiqué le nom des victimes ni le mobile du
crime.
"Le terroriste auteur d'une attaque à la bombe en Russie a été arrêté à
Bodrum", a indiqué sur X le ministre turc de l'Intérieur, Ali
Yerlikaya, qui a également diffusé une vidéo de l'arrestation d'un
homme à bord d'une voiture blanche par des agents en civils armés.
Selon lui, les autorités russes avaient dans la matinée informé la
Turquie qu'"un individu nommé Evguéni Serebriakov, de nationalité
russe, auteur d'un attentat terroriste à la voiture piégée à Moscou"
était arrivée dans cette ville du sud-ouest de la Turquie.
Un peu plus tôt, le chef des services de sécurité russes (FSB),
Alexandre Bortnikov, avait indiqué à un média russe qu'un suspect avait
fui la Russie pour la Turquie et que Moscou travaillait avec Ankara.
Dans la matinée, l'explosion d'un 4x4 piégé sur un parking d'une cour
d'immeuble de Moscou avait blessé deux personnes.
Les médias russes, citant des sources policières, ont indiqué que l'une
des victimes était un officier russe, mais divergeaient sur son
identité et ses fonctions.
Les enquêteurs n'ont jamais communiqué l'identité des deux blessés.
Signe d'une affaire sensible, "le dossier pénal a été confié pour
investigation au premier département d'enquête sur les affaires
particulièrement importantes" du Comité d'enquête de Moscou, a indiqué
cet organe sur Telegram sans aucune autre précision sur l'incident.
Plus tôt, Irina Volk, une porte-parole du ministère de l'Intérieur,
avait indiqué que, dans la matinée, "un engin non-identifié a explosé
dans une voiture sur un parking dans le nord de la capitale".
"Deux personnes ont été blessées et les victimes ont été conduites à
l'hôpital", a-t-elle ajouté.
L'agence TASS avait, elle, indiqué que les victimes seraient Andreï
Torgachov, "un participant à l'opération militaire spéciale" en Ukraine
et sa femme.
Mais l'intéressé a indiqué à l'agence Ria Novosti et à la chaîne de
télévision RT que lui et son épouse n'étaient pas les victimes.
"C'est un fake total. Cette explosion n'a rien à voir avec moi", a-t-il
dit, selon Ria Novosti.
D'autres médias russes, notamment le quotidien Kommersant, ont affirmé
ensuite que la victime serait un homonyme de cette personne, qui
travaillerait pour le renseignement militaire russe (GRU).
Des images diffusées à la télévision russe montrent un véhicule
tout-terrain dont l'avant, les portières et les vitres ont été détruits
par le souffle.
Des images de vidéo-surveillance montrent aussi un homme semblant
déposer de nuit quelque chose sous le véhicule, qui par la suite a
explosé dans la matinée.
Plusieurs assassinats ou tentatives d'assassinats en Russie de
partisans de l'assaut contre l'Ukraine ont été imputés aux services
secrets ukrainiens depuis 2022.
D'ordinaire, Moscou est prompt à accuser Kiev de ce type d'attentat,
mais elle n'a pas pointé du doigt l'Ukraine s'agissant de l'explosion
de mercredi. (AFP, 24 juil 2024)
Turkish,
Syrian forces clash amid ‘normalization’ talk
Turkish and Syrian forces have engaged in direct clashes in Idlib,
northwestern Syria, despite the recent talk of possible rapproachment
between the two countries.
According to the Syrian Observatory for Human Rights (SOHR), a
London-based war monitor, a Syrian soldier was injured late Monday
following heavy artillery shelling by Turkish forces targeting the
villages of Harbal, Kharbashah, and Al-Shaalah. These areas are within
the deployment zones of Kurdish and Syrian forces in the northern
countryside of Aleppo.
SOHR also reported that Syrian forces used kamikaze drones to attack a
Turkish military outpost in the town of Nayrab in Idlib, causing fuel
tanks to catch fire.
These reports come as the Syrian army and its allies have been
intensely bombing the Idlib region since early July. Turkey has
responded to these strikes for the first time.
Areas where the Syrian army and its allies have intensified
bombardment. (Liveuamap)
‘Normalization’ being tested on the ground
These clashes occur against the backdrop of potential 'normalization,'
with President Recep Tayyip Erdoğan repeatedly expressing a willingness
to mend ties with his Syrian counterpart Bashar al-Assad.
However, Assad has stipulated that any normalization must be predicated
on Turkey's full withdrawal from Syrian territory and cessation of
support for armed groups fighting Damascus. This has been the Syrian
government’s posiiton for years.
Turkey maintains more than 70 military outposts and thousands of troops
in Idlib, the last jihadist stronghold in Syria. The region is
primarily controlled by Hayat Tahrir al-Sham (HTS), a jihadist group
that evolved from al-Qaeda’s Syrian branch, al-Nusra Front. HTS
established the ‘Syrian Salvation Government’ to administer Idlib since
January 2017.
The Syrian government aims to secure key regions, such as the M4
highway, which connects the port city of Latakia with Aleppo, Syria's
commercial capital.
Since July 6, the Syrian army and its allies have intensified ground
and air bombardments in the region to push jihadist groups out of
southern Idlib's Jabal al-Zawiya area. The Syrian's objective includes
opening the M4 highway fully to facilitate trade and military
logistics.
On July 22, heavy artillery exchanges occurred between the Syrian army
and jihadist groups around several villages and towns in the strategic
Ghab Plain. The Syrian army also launched kamikaze drone strikes on HTS
targets in Sarmin and Nayrab.
Several of the Syrian’s targeted areas are notably close to Turkish
military bases, highlighting the risks to Turkish troops in the region.
(BIA, 23 July2024)
La Turquie annonce une mission d'exploration d'hydrocarbures
au large de la Somalie
La Turquie va mener des missions d'exploration de gaz naturel et de
pétrole dans les eaux de la Somalie, en déployant "fin septembre ou
début octobre" son navire de recherche Oruç Reis, a annoncé jeudi soir
le ministre turc de l'Energie.
"Nous envoyons notre navire Oruç Reis dans cette région autour de fin
septembre ou début octobre", a affirmé le ministre Alparslan Bayraktar.
Un accord "d'exploration et de production d'hydrocarbures" a été été
signé entre les deux pays, prévoyant des forages dans trois zones de
5000 km2 chacune.
"La Turquie aura une licence exclusive pour explorer et produire du
pétrole ici, lorsque, inchallah, nous le trouverons", a ajouté le
ministre.
A l'été 2020, la Turquie avait voulu explorer des gisements
d'hydrocarbures en Méditérannée orientale, suscitant des tensions avec
la Grèce et l'Union européenne.
En août 2020, la France avait dépêché deux chasseurs Rafale et deux
bâtiments de la Marine nationale en Méditerranée orientale, au côté de
la Grèce, après le déploiement du navire Oruç Reis dans une zone
disputée entre Ankara et Athènes. (AFP, 18 juil 2024)
La Syrie affirme que toute normalisation avec Ankara passe
par un retrait des forces turques
La Syrie a conditionné samedi toute normalisation avec Ankara à un
retrait des forces turques de son sol, en réponse à une main tendue
dimanche du président turc, Recep Tayyip Erdogan, après la rupture des
relations entre les deux pays en 2011.
Le ministère syrien des Affaires étrangères a réaffirmé cette position
de son pays en réponse à des propos tenus il y a quelques jours par M.
Erdogan.
Le président turc a ensuite annoncé, samedi, la fin imminente de
l'opération des forces armées turques contre les séparatistes kurdes du
PKK dans le nord de l'Irak et de la Syrie.
Toute normalisation des relations bilatérales, rompues depuis le début
de la guerre civile syrienne, "doit reposer sur des bases claires", au
"premier rang" desquelles "le retrait des forces présentes illégalement
en territoire syrien et la lutte contre les groupes terroristes qui
menacent non seulement la sécurité de la Syrie mais aussi celle de la
Turquie", a ajouté Damas.
M. Erdogan avait affirmé dimanche qu'il pouvait inviter "à tout moment"
son homologue syrien Bachar al-Assad en Turquie. Il avait indiqué
que
certains dirigeants étrangers, dont le président russe Vladimir
Poutine, allié de Damas, avaient suggéré une rencontre avec M. Assad en
Turquie.
La Turquie a lancé depuis 2016 trois offensives sur le sol syrien
contre les forces kurdes, qui lui ont permis de contrôler une bande
frontalière.
Le communiqué du ministère souligne que la Syrie "est toujours
fermement convaincue que les intérêts des pays reposent sur des
relations bilatérales saines". "Sur cette base, la Syrie est désireuse
de traiter positivement les différentes initiatives visant à améliorer
ses relations", poursuit Damas.
Selon plusieurs analystes, Moscou pousse au rapprochement entre les
deux pays voisins qui ont un ennemi commun en la personne des
combattants kurdes.
"Nous en sommes arrivés à un point tel que, dès que Bachar al-Assad
fera un pas vers de meilleures relations avec la Turquie, nous lui
montrerons la même approche", avait assuré M. Erdogan.
La Turquie avait au départ l'intention de renverser le régime de
Bachar al-Assad, lorsque le conflit syrien a éclaté avec la répression
violente de manifestants pacifiques.
Mais après avoir soutenu différents groupes d'insurgés, Ankara a mis en
avant la nécessité d'empêcher qu'un "corridor de la terreur" - selon
les mots de M. Erdogan - ne s'ouvre dans le nord de la Syrie, où les
Kurdes ont mis en place une administration autonome, refusée par Ankara
comme par Damas.
En août 2022, Ankara avait pour la première fois dit vouloir
réconcilier l'opposition et le régime en Syrie, provoquant la colère
des opposants et rebelles syriens. (AFP, 13 juil 2024)
Erdogan dit
qu'il peut inviter Assad en Turquie "à tout
moment"
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé dimanche qu'il pouvait
inviter "à tout moment" son homologue syrien Bachar al-Assad en
Turquie, un geste de réconciliation après la rupture entre Ankara et
Damas entraînée par le début de la guerre en Syrie en 2011.
Les déclarations de M. Erdogan surviennent alors que les tensions se
sont accrues depuis une semaine contre les réfugiés syriens en Turquie,
une foule ayant attaqué des propriétés et des véhicules appartenant à
des Syriens, dans la ville de Kayseri, en Anatolie.
"Nous pouvons envoyer une invitation (à Assad) à tout moment", a
déclaré M. Erdogan aux journalistes de l'agence de presse officielle
Anadolu à bord d'un avion en provenance de Berlin, où il a assisté au
dernier match de son équipe nationale à l'Euro-2024 de football.
La Turquie avait au départ l'intention de renverser le régime de Bachar
al-Assad, lorsque le conflit syrien a éclaté avec la répression
violente de manifestants pacifiques en 2011.
Toutefois, après avoir soutenu différents groupes d'insurgés, Ankara
s'est montrée récemment plus disposée à empêcher qu'un "corridor de la
terreur", selon les mots de M. Erdogan en 2019, ne s'ouvre dans le nord
de la Syrie.
M. Erdogan a fait savoir depuis longtemps qu'il pourrait reconsidérer
ses relations avec M. Assad.
Face aux journalistes, le président turc a indiqué que certains
dirigeants, dont le président russe Vladimir Poutine, avaient suggéré
une rencontre avec M. Assad en Turquie.
"Nous en sommes arrivés à un point tel que, dès que Bachar al-Assad
fera un pas vers de meilleures relations avec la Turquie, nous lui
montrerons la même approche", a assuré M. Erdogan.
- Violence -
Cette semaine, les autorités turques ont arrêté plus de 470 personnes à
la suite d'émeutes anti-syriennes dans plusieurs villes, déclenchées
par des accusations selon lesquelles un homme syrien est soupçonné
d'avoir harcelé une mineure syrienne, membre de son entourage.
Lundi, des centaines de Syriens ont manifesté dans toute la zone
contrôlée par Ankara, certains manifestants armés attaquant des camions
et des postes militaires turcs, et décrochant des drapeaux turcs.
M. Erdogan a accusé l'opposition d'attiser les tensions et a condamné
les violences anti-syriennes en les qualifiant d'"inacceptables". Il a
en outre promis de révéler "quelles mains sales" ont déclenché les
affrontements dans le nord de la Syrie.
Les émeutes à Kayseri se sont étendues à plusieurs autres villes, dont
Istanbul cette semaine, tandis que des affrontements entre des
manifestants armés et des gardes des positions turques dans le nord de
la Syrie, ont fait sept morts.
Le sort des réfugiés syriens revient régulièrement dans le débat
politique turc, des opposants au président Erdogan promettant de les
renvoyer en Syrie.
La Turquie, qui accueille quelque 3,2 millions de réfugiés syriens
selon l'ONU sur une population de 85 millions d'habitants, a été
secouée à plusieurs reprises par des accès de fièvre xénophobe ces
dernières années, souvent déclenchés par des rumeurs se propageant sur
les réseaux sociaux et les applications de messagerie instantanée.
(AFP, 7 juil 2024)
Face aux taxes européennes, la Turquie joue ses atouts
avec la Chine
La Turquie mise sur sa position géographique et son entente douanière
avec l'UE pour attirer les investissements chinois comme elle l'a fait
avec le constructeur automobile BYD, quitte à s'assoir sur la
protection de la minorité ouighoure.
Le champion mondial des véhicules électriques accueilli lundi en
grandes pompes s'est vu offrir un terrain dans l'ouest du pays, aux
termes d'un accord qui promet un milliard de dollars d'investissement
et 5.000 créations d'emplois.
"Nous poursuivons nos pourparlers avec d'autres compagnies chinoises",
a affirmé cette semaine le ministre turc de l'Industrie et de la
Technologie, Mehmet Fatih Kacir. "Nous voulons transformer la Turquie
en un centre de production de véhicules de nouvelle génération", a-t-il
expliqué sur la chaine publique Haberturk.
"La Turquie est un pays très avantageux du fait de son union douanière
avec l'UE et de ses accords commerciaux avec 28 autres pays", a-t-il
déroulé. "Les producteurs chinois souhaitent un accès rapide aux
marchés mondiaux. Un investissement en Turquie leur offre ceci",
idéalement situé entre l'Europe, le Moyen-Orient et l'Asie centrale.
Ankara a noué en 1995 un accord qui prévoit la libre circulation de
biens entre la Turquie et l'UE pour de nombreuses catégories de biens,
en particulier les automobiles, dont la Turquie s'est faite une
spécialité depuis les années soixante-dix, accueillant de nombreux
constructeurs tels Fiat, Renault, Ford, Toyota ou Hyundai.
L'implantation de BYD en Turquie doit permettre au spécialiste chinois
d'accéder au marché européen en contournant les taxes relevées début
juillet par Bruxelles sur les véhicules électriques chinois.
De son côté, Ankara a d'abord imposé le 3 juillet une taxe
supplémentaire de 40% aux voitures importées de Chine. Avant, deux
jours plus tard, de décréter une exonération pour les constructeurs qui
investissent en Turquie leur ouvrant de facto l'accès au marché
européen sans frais.
- Nouvelle entente -
Après BYD, au moins cinq autres constructeurs automobiles chinois
seraient en train d'étudier l'ouverture d'une usine en Turquie, selon
l'agence officielle turque Anadolu. Un partenariat a aussi été signé
entre le constructeur turc TOGG et le chinois Farasis pour produire des
batteries pour voitures électriques en Turquie.
Depuis un an, les rencontres se sont multipliées entre représentants du
gouvernement turc et industriels chinois, a d'ailleurs relevé le
ministre de l'Industrie.
Début juin, le chef de la diplomatie turque Hakan Fidan s'est rendu en
Chine pour sceller une nouvelle entente entre les deux pays, qualifiés
par le ministre comme "moteurs de la richesse de l'Asie".
Une première depuis 2012 pour un haut responsable turc, M. Fidan a pu
se rendre dans la région du Xinjiang où Pékin est accusé de crimes
contre l'humanité et de parquer plus d'un million de citoyens Ouïghours
et d'autres minorités musulmanes: une politique que le président turc
Recep Tayyip Erdogan avait qualifiée en 2009 de "génocide".
Mais depuis, Ankara a tempéré son discours et lors de sa visite, M.
Fidan a par deux fois insisté sur "le soutien total de la Turquie à
l'intégrité territoriale de la Chine".
Pour Gulru Gezer, ancienne diplomate et directrice de programme à la
Fondation Tepav de recherche sur les politiques économiques en Turquie,
bien qu'important, le sort des Ouighours n'est plus le seul ordre du
jour entre Pékin et Ankara et ne devrait pas faire obstacle au
développement de leurs relations.
"La visite de Fidan a joué en ce sens. Le fait que Pékin ait laissé
Fidan se rendre dans le Xinjiang, parler avec la population, ont été
des pas positifs", estime-t-elle.
Pire, s'alarme Ceren Ergenç, experte sur les relations turco-chinoises
au Centre for european policy studies, à Bruxelles: "Accueillir
davantage d'investissements chinois pourrait changer la position de la
Turquie sur la question ouïghoure et l'inciter à mettre en vigueur un
accord d'extradition. Ce qui aurait un impact très négatif sur la
sécurité de la diaspora ouïghoure en Turquie".
Celle-ci est estimé à plusieurs dizaines de milliers de réfugiés.
- Obstacles -
Pour la chercheuse, la Turquie suit les pays européens qui veulent eux
aussi inciter les entreprises chinoises à investir en Europe, en
multipliant les taxes à l'importation.
Mais des obstacles subsistent, relève-t-elle, citant "le règlement de
l'UE relatif aux subventions étrangères" qui pourrait "compliquer pour
la Chine l'utilisation de la Turquie comme tremplin vers l'UE".
Et aussi, "par le passé, des compagnies chinoises ont jugé le climat
économique pas assez fiable en Turquie, lui préférant la Hongrie ou la
Pologne".
Cependant, le rapprochement entre les deux pays est basé sur des
intérêts communs, fait valoir Mme Gezer. "Ankara et Pékin ont des
points communs dont une vision du monde multipolaire. Leurs relations
vont se développer encore d'avantage dans les périodes à venir",
prédit-elle.
Jeudi, en marge du sommet de l'Otan à Washington, le président Erdogan
a confirmé son intention de rejoindre comme membre permanent
l'Organisation de coopération de Shanghaï (OCS) qui réunit notamment la
Russie, la Chine et l'Iran et dont la Turquie n'est encore que
"partenaire". (AFP, 12 juil 2024)
Syrie: sept morts dans des manifestations contre la Turquie
Sept personnes ont été tuées dans le nord de la Syrie, lors de heurts
dans des secteurs frontaliers contrôlés par la Turquie, entre des
manifestants et des gardes de positions turques, selon un nouveau bilan
fourni mardi par une source médicale et une ONG.
Des centaines de personnes ont manifesté lundi dans plusieurs villes
syriennes de cette bande frontalière, selon l'Observatoire syrien des
droits de l'homme (OSDH), en réaction aux attaques menées la veille par
des groupes d'hommes contre des biens et commerces syriens à Kayseri,
dans le centre de la Turquie.
"Le bilan s'élève à sept morts lors des manifestations lundi, dont six
dans la ville d'Afrine et un autre à Jarablos, dans des échanges de
tirs avec des gardes turcs", a déclaré à l'AFP le directeur de l'OSDH,
Rami Abdel Rahmane, sans préciser si les victimes étaient armées. Un
bilan précédent faisait état de quatre morts.
Une source médicale dans le nord de la Syrie a confirmé le nouveau
bilan à l'AFP.
Un calme relatif est revenu mardi dans le secteur sous contrôle turc, a
indiqué un correspondant de l'AFP dans le nord de la Syrie.
Selon l'OSDH, basé au Royaume-Unis mais qui dispose d'un vaste réseau
de sources en Syrie, la Turquie a fermé quatre postes frontaliers dans
le nord de la Syrie "face à l'escalade des événements".
Un photographe de l'AFP a vu des dizaines de personnes enterrer l'une
des victimes dans la ville d'Azaz, dans le nord de la Syrie.
Des manifestations avaient eu dans d'autres villes syriennes où des
protestataires ont arraché le drapeau turc qui flottait sur des
bâtiments, d'après l'OSDH et le correspondant de l'AFP.
Les garde-frontières turcs avaient en outre ouvert le feu sur des
manifestants qui tentaient de prendre le poste-frontière de Jarablos,
selon l'OSDH.
A Ankara, le ministère de l'Intérieur turc a annoncé mardi
l'arrestation de 474 personnes après des émeutes anti-syriennes dans
plusieurs villes déclenchées à la suite de l'arrestation d'un
ressortissant syrien soupçonné de harcèlement sur une enfant de son
entourage.
La Syrie a été morcelée par la guerre civile déclenchée en 2011 après
la répression de manifestations prodémocratie.
L'armée turque y contrôle avec des groupes affiliés deux vastes zones
frontalières après avoir mené des opérations d'envergure contre les
groupes kurdes de la région.
La Turquie a soutenu des groupes de l'opposition et des rebelles
désireux de renverser le président syrien, mais elle s'efforce
désormais de retisser des liens avec Damas, qui exige toutefois le
retrait des troupes turques du nord du pays. (AFP, 2 juil 2024)
Un avion israélien atterrit en urgence en Turquie, le
personnel refuse
l'avitaillement
Un avion de la compagnie israélienne El Al ayant dû atterrir en urgence
à l'aéroport d'Antalya dimanche pour évacuer un passager malade, s'est
vu refuser l'avitaillement par le personnel turc, a rapporté le
transporteur.
Le vol LY5102 en provenance de Varsovie et en direction de Tel-Aviv a
été contraint de repartir vers Rhodes, en Grèce, a indiqué la compagnie
El Al dans un communiqué.
"Les travailleurs locaux (à Antalya) ont refusé de ravitailler l'avion
de la compagnie en carburant même si (l'atterrissage d'urgence) a eu
lieu pour raison médicale", a-t-elle dit.
Des sources diplomatiques turques ont confirmé à l'AFP que l'appareil
avait été autorisé à effectuer un atterrissage d'urgence car un
passager à bord était souffrant.
"Le carburant devait être transféré vers l'avion (...) mais alors que
la procédure adéquate était sur le point de se finaliser, le commandant
de bord a décidé de partir de son propre chef", a dit une source
diplomatique turque.
Les relations entre Israël et la Turquie, rare pays à majorité
musulmane à le reconnaître, se sont détériorées depuis le début de la
guerre dans la bande de Gaza, déclenchée par l'attaque du Hamas
islamiste sur le sol israélien le 7 octobre.
Les vols entre les deux pays ont été suspendus.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a multiplié les déclarations de
soutien au mouvement palestinien Hamas et dénoncé l'opération
israélienne à Gaza.
L'attaque menée par le Hamas le 7 octobre a entraîné la mort de 1.195
personnes, majoritairement des civils, selon un décompte de l'AFP
établi à partir de données officielles israéliennes.
Son offensive à Gaza a fait jusqu'à présent 37.877 morts, en majorité
des civils, selon des données du ministère de la Santé du gouvernement
de Gaza dirigé par le Hamas. (AFP, 30 juin 2024)
President
Erdoğan open to renewing talks with Assad
President Recep Tayyip Erdoğan has expressed his openness to resuming
talks with his Syrian counterpart, Bashar Assad.
Speaking to reporters after Friday prayers in İstanbul, Erdoğan
responded to a question about whether diplomatic relations between
Turkey and Syria could be reestablished. The question referenced Syrian
President Bashar al-Assad's recent comments during a meeting with
Russian representatives, where Assad indicated Syria's willingness to
improve relations with Turkey while emphasizing respect for Syrian
sovereignty.
Erdoğan said, "There is no reason why relations should not be
reestablished. Just as we have cooperated with Syria in the past, we
can continue to do so, and we have no intention or goal of interfering
in Syria's internal affairs. The Syrian people are our brothers and
sisters, with whom we have lived together as a community.
"In the past, we maintained very close relations with Syria, including
family meetings with President Assad. There is no reason to say that
such cooperation cannot happen again in the future. We have no desire
to interfere in Syria's internal matters."
Background
On June 26, Syrian President Bashar al-Assad met with Russian President
Vladimir Putin’s Special Envoy Alexander Lavrentiev in Damascus. During
the meeting, Assad stated, "Syria is open to all initiatives concerning
Syrian-Turkish relations, based on Syria's sovereignty over all its
territories and the fundamental principle of fighting terrorism and
terrorist organizations."
The Syrian government has stipulated that any normalization of
relations with Turkey requires the complete withdrawal of Turkish
military forces from Syrian territory.
Previously, Assad had said, "Relations cannot normalize as long as
Turkey occupies Syrian land," while Syrian Foreign Minister Faisal
Mekdad emphasized that any talks with Turkey must be based on respect
for Syria’s sovereignty and territorial integrity, ending the
occupation, and ceasing support for terrorism. (BIA, 28 June 2024)
Erdogan
"rencontrera probablement" Poutine au Kazakhstan
début
Le président turc Recep Tayyip Erdogan "rencontrera probablement"
son
homologue russe Vladimir Poutine au Kazakhstan "dans les
prochains
jours", a déclaré lundi à la télévision le chef de la diplomatie
turque Hakan Fidan, faisant référence à un sommet qui doit se
tenir à
Astana.
"Notre président le rencontrera probablement au Kazakhstan dans
les prochains jours", a déclaré M. Fidan.
Le ministère turc des Affaires étrangères a précisé à l'AFP qu'il
évoquait une possible rencontre entre les deux chefs de l'Etat à
Astana lors du sommet de l'Organisation de coopération de
Shanghai qui
se tiendra les 3 et 4 juillet.
La dernière rencontre de MM. Erdogan et Poutine a eu lieu en septembre
2023 à Sotchi, en Russie.
Le chef de la diplomatie turque s'est rendu début juin en Russie,
où
il a assisté à une réunion des Brics et a été reçu par M.
Poutine,
ainsi que son homologue russe Sergueï Lavrov.
Ankara, qui veille à maintenir des relations aussi bien avec Kiev
qu'avec Moscou depuis le début de la guerre en Ukraine, a, à
plusieurs
reprises, offert ses bons offices pour une sortie négociée du
conflit
entre les deux pays.
M. Erdogan a reçu en mars le président ukrainien Volodymyr Zelensky
à
Istanbul. Il s'était préparé à accueillir le président russe le 9
février, visite finalement reportée à une date ultérieure.
La Turquie, membre de l'Otan, est voisine, sur la rive sud de la
mer
Noire, des deux pays en guerre depuis février 2022. (AFP, 24 juin
2024)
Chypre
et la Grèce / Cyprus and Greece
Erdogan: la
Turquie prête à construire une base navale à
Chypre "si nécessaire"
La Turquie est prête à construire une base militaire navale dans le
nord de Chypre "si nécessaire", a déclaré le président turc Recep
Tayyip Erdogan selon des propos rapportés dimanche par l'agence
officielle Anadolu.
"Si nécessaire, nous pouvons construire une base et des structures
navales dans le nord. Nous aussi nous avons la mer", a indiqué le
président turc dans l'avion qui le ramenait de Chypre, accusant la
Grèce de vouloir établir une telle base dans l'île.
M. Erdogan s'est rendu samedi dans la partie nord de Chypre où Ankara a
instauré en 1983 une République turque de Chypre nord (RTCN), reconnue
par elle seule, à l'occasion du 50e anniversaire de l'intervention des
forces armées turques sur l'île.
"Nous construisons sur l'île le bâtiment de la présidence de (la
République turque de) Chypre Nord et le bâtiment du Parlement. Ils
construisent une base militaire, nous construisons une base politique."
a-t-il complété.
Le chef de l'Etat turc a de nouveau exclu toute reprise des
négociations internationales sur l'avenir de Chypre autre que de façon
directe avec la partie chypriote grecque.
"Franchement, nous ne pensons pas qu'il soit possible de démarrer un
nouveau processus de négociation sans établir une équation dans
laquelle les deux parties s'assoient sur un pied d'égalité et quittent
la table sur un pied d'égalité", a-t-il insisté.
Enfin il s'est félicité de la présence "précieuse" de l'opposition à
Nicosie samedi, représentée par le président du CHP, premier parti
d'opposition parlementaire en Turquie, Özgür Özel, à la tribune
officielle.
"Je trouve précieuse l'image d'unité que nous avons donnée en tant que
gouvernement et opposition. Elle a montré que la cause de Chypre n'est
pas seulement la nôtre, mais celle de 85 millions de personnes", soit
la totalité de la population turque. (AFP, 21 juil 2024)
Chypre et
la Turquie campent sur leur position en
commémorant les 50 ans de l'invasion de l'île
Les Chypriotes n'ont "pas d'autre option" que la réunification de leur
pays, a affirmé samedi le président chypriote Nikos Christodoulides
lors des commémorations marquant les 50 ans de l'invasion de l'île par
la Turquie, qui refuse de reprendre les négociations en ce sens sous
l'égide de l'ONU.
Il n'y a "pas d'autre option" que la réunification, a assuré à la
presse M. Christodoulides, après des cérémonies à Nicosie, dernière
capitale divisée au monde. "Nous savons très bien ce que nous voulons,
nous savons comment y parvenir", a-t-il ajouté, promettant de "faire
tout ce qui est possible pour libérer et réunifier" l'île.
S'exprimant depuis la partie nord de Nicosie, sous contrôle turc, où il
a assisté à une parade militaire, le président turc, Recep Tayyip
Erdogan, a lui rejeté la perspective de nouvelles négociations
internationales sous l'égide de l'ONU en vue d'une réunification.
"Nous pensons qu'une solution fédérale n'est pas possible à Chypre. Il
n'y a aucun bénéfice pour personne à poursuivre des négociations comme
celles abandonnées en Suisse" en 2017, à l'issue d'un nouvel effort de
l'ONU, a-t-il affirmé.
"La partie chypriote turque devrait s'asseoir avec la partie chypriote
grecque sur un pied d'égalité", en vue "d'une paix durable et d'une
solution", a-t-il prôné.
A l'aube, les sirènes ont retenti dans la partie sud de l'île contrôlée
par la République de Chypre - seule reconnue internationalement et
membre de l'Union européenne depuis 2004 - pour commémorer, à 05H30
locales, le début en 1974 de l'opération Attila de l'armée turque, qui
allait conquérir un tiers du territoire, provoquant le déplacement
d'environ 40% de la population.
- Règlement "urgent" -
Au mémorial de Makedonitissa, à Nicosie, des familles se sont
recueillies sur les tombes de leurs proches, tués lors de l'invasion.
Toute vêtue de noir, une dame caresse, en pleurs, la photo de son fils,
alors jeune soldat, d'autres déposent fleurs ou drapeau grec.
Le Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, est attendu plus tard
dans la journée pour assister, aux côtes du président chypriote, à la
présentation d'un projet artistique autour de la mémoire de l'invasion,
avant des discours.
L'île reste aujourd'hui traversée d'ouest en est par une zone tampon,
où patrouille la Force des Nations unies chargée du maintien de la paix
à Chypre (UNFICYP), séparant le sud, à majorité chypriote grecque, du
nord chypriote turc.
La République Turque de Chypre du Nord (RTCN), autoproclamée en 1983 et
reconnue seulement par Ankara, y reste soumise à un embargo
international, et vit sous perfusion de la Turquie.
Après des décennies de pourparlers infructueux en vue d'une
réunification, la dernière envoyée en date des Nations unies, la
diplomate colombienne Maria Angela Holguin Cuellar, a écrit dans une
lettre ouverte début juillet qu'il était nécessaire de "s'éloigner" des
solutions du passé et de "penser différemment".
"Toutes les parties concernées, y compris les deux communautés
chypriotes, ainsi que la Turquie en particulier, doivent de toute
urgence s'engager véritablement en faveur d'un règlement pacifique" sur
la base des résolutions de l'ONU, a exhorté l'Union européenne dans une
déclaration marquant cet anniversaire.
Avant l'échec du dernier cycle de pourparlers, les Chypriotes grecs
avaient rejeté, en avril 2004, lors d'un référendum, un plan
d'unification soutenu par les Nations unies.
L'invasion a été déclenchée par une tentative de coup d'Etat de
nationalistes chypriotes grecs, soutenu par la junte des colonels à
Athènes, pour rattacher l'île à la Grèce.
L'opération Attila a été le point culminant d'une période de conflits
dans l'histoire de l'île, colonie britannique à partir de 1878 et
devenue indépendante en 1960.
Le Royaume-Uni, la Grèce, la Turquie et les dirigeants chypriotes
avaient négocié cette indépendance dans le cadre d'une Constitution
complexe, conçue pour garantir les droits de la minorité chypriote
turque, forte alors d'environ 18% de la population.
Le traité d'indépendance interdit l'union avec la Grèce ou la Turquie
ainsi que la partition, et fait de Londres, Athènes et Ankara les
garants de l'indépendance, de l'intégrité territoriale et de la
sécurité de l'île.
Le système s'était effondré fin 1963 dans un contexte de violences
intercommunautaires, qui avaient conduit les Chypriotes turcs à se
retirer dans des enclaves, divisant déjà Nicosie. (AFP, 20 juil 2024)
Le Parlement turc réclame "la fin de l'isolement
inhumain" de Chypre Nord
Le Parlement turc a adopté une résolution réclamant la "fin de
l'isolement inhumain" de la partie nord de Chypre où Ankara a fondé une
république reconnue par elle seule, à la veille du cinquantième
anniversaire de la division de l'île.
"Nous appelons la communauté internationale à mettre fin à l'isolement
inhumain imposé aux Chypriotes-turcs et à la reconnaissance méritée de
Chypre Nord", indiquent les députés turcs dans une résolution adoptée
jeudi soir.
La République turque de Chypre Nord (RTCN), fondée en 1983, neuf ans
après l'intervention militaire des forces turques sur l'île, n'a pas
d'existence internationale légale et vit sous perfusion d'Ankara.
"Malgré le rôle constructif de la partie turque dans le processus de
négociation qui dure depuis plus de 50 ans, aucun résultat n'a été
obtenu en raison de l'intransigeance de la partie grecque", indiquent
les députés turcs.
"Alors que les Chypriotes-grecs ont été récompensés par leur adhésion à
l'Union européenne, les Chypriotes-turcs ont été soumis à l'isolement,
à des restrictions et à des embargos injustes et inhumains",
ajoutent-ils.
"Aujourd'hui la seule solution sur l'île est la reconnaissance de
l'égalité souveraine et du statut international" de la partie turque de
l'île, poursuivent les élus, en appelant à une "solution à deux Etats,
seul moyen de garantir la stabilité et une paix durable dans la région".
Le président truc Recep Tayyip Erdogan doit se rendre sur l'île samedi
pour le cinquantième anniversaire du débarquement de l'armée turque sur
les côtes nord de Chypre, cinq jours après une tentative de coup d'Etat
de nationalistes chypriotes-grecs pour rattacher l'île à la Grèce.
(AFP, 18 juil 2024)
Ankara,
le Moyen-orient et la
Grèce: positions contradictoires
Ragip Duran, TVXS.GR, 30 Juin 2024
La place géostratégique de la Turquie et en particulier sa position
vis-à-vis du Moyen-Orient fut un sujet de débat depuis la création de
la République en 1923 et surtout depuis le début de l’ère d’Erdogan en
2002.
La diplomatie kémaliste (1923-2002) œuvrait essentiellement avec le
monde occidental et entretenait des relations ‘’assez froides’’ avec le
monde musulman et arabe.
Mais depuis l’avènement au pouvoir de l’AKP du Président Erdogan (Parti
de Justice et de Développement, İslamo-Conservateur, grand perdant des
dernières élections locales, mais encore majoritaire au Parlement, 265
sièges sur 594), Ankara a presque complètement changé d’itinéraire et
avance sur la voie d’intenses relations avec le monde musulamano-arabe
du Moyen-Orient. Les nouveaux diplomates de l’Homme Unique critiquent
souvent très sévèrement les prises de position de Washington et de
Bruxelles. Ankara a beaucoup plus de lien diplomatico-politique avec
Moscou, Pékin et l’ensemble des capitales arabes en comparaison avec
celles du monde occidental. Erdogan désire même être membre à part
entière du BRICS (Bloc formé par le Brésil, la Russie, l’Inde et la
Chine).
Mais cette semaine, le nouveau ministre des affaires étrangères, ancien
chef des services de renseignements, M. Hakan Fidan, No 2 du régime et
potentiel successeur selon plusieurs observateurs turcs et étrangers, a
presque bouleversé la nouvelle diplomatie moyen-orientale du pouvoir
islamiste.
"Quand vous faîtes partie d’un front dans les guerres en cours au
Moyen-Orient, le feu viendra jusqu’à vous. Nous sommes dans la même
géographie et le feu viendra nous brûler" a-t-il déclaré lors d’une
émission de télévision.
Ces phrases réfutent la position officielle d’Ankara, déclarée et
adoptée depuis au moins 20 ans.
M. Ahmet Davutoglu qui était d’abord le chef conseiller du président de
la République (2003-2009), puis Ministre des Affaires Étrangères
(2009-2014) enfin Premier ministre (2014-2016) serait l’architecte et
l’idéologue de cette diplomatie pro-arabe, faisait très souvent l’éloge
du Moyen-Orient accompagné des références tantôt islamiques tantôt en
rapport avec l’Empire Ottoman.
Le Président Erdogan lui-même était également un fervent défenseur de
l’amélioration des rapports entre la Turquie et les monarques du monde
arabo-musulman du Moyen-Orient. Il estime toujours que "le Hamas est
une organisation de libération nationale". Il avait même déclaré que
"le Hamas est l’équivalent des ‘Forces Nationales’ (Armée dirigée par
Moustapha Kémal entre 1919 et 1923). Selon lui, ‘la Résistance du Hamas
fait partie de la défense de l’Anatolie". Par ailleurs, il s’oppose
contre les cercles laïcs et pro-européens qui refusent
l’intensification des relations politiques, économiques, commerciales
et culturelles avec le Moyen-Orient. Ces opposants qualifient cette
région de "marécage", alors que le Moyen-Orient serait "la Terre
Sainte" selon Erdogan.
M. Fidan, lors de cette même émission a également averti La Grèce et
"les Grecs de Chypre" afin qu’ils ne soutiennent pas Israël. Mehmet Y.
Yilmaz, chroniqueur chevronné du site d’information populaire T24, pose
une question au diplomate en chef d’Ankara :
"Vous lancez un avertissement contre la Grèce et les Grecs de Chypre,
mais vous ne dites rien à l’Azerbaïdjan, le plus grand allié d’Israël
dans la région. Quel est donc le sens de ce silence ?"
Immigration /
Migration
À
Schaerbeek, le sénateur turc Koyuncu candidat au
poste de bourgmestre
Bien que le bourgmestre Emir Kır, expulsé du Parti socialiste, est en
train d’organiser sa propre campagne indépendante pour les élections
communales sous la bannière "Ensemble, agissons" pour maintenir le
poste de bourgmestre, le PS se présente aux élections communales du
mois d’octobre à Schaerbeek avec comme tête de liste le député
bruxellois Hasan Koyuncu, avec Justine Harzé.
Koyuncu s'est déclaré dans la foulée candidat-Bourgmestre.
Pour renforcer la chance de Hasan Koyuncu pour le poste de bourgmestre
à Schaerbeek, le Parti socialiste a intégré cet élu du Parlement
bruxellois également au groupe PS au Sénat à sa séance d’hier.
Depuis la 6e réforme de l’État, les sénateurs ne sont plus élus
directement. Les partis doivent désigner leurs sénateurs parmi leurs
députés siégeant dans les parlements des entités fédérées. Ils sont 50
au total. S’y ajoutent 10 sénateurs cooptés.
Le PS dispose de 5 sénateurs des entités fédérées : Anne Lambelin,
Thierry Witsel, Hasan Koyuncu, Ozlem Ozen et Nadia El Yousfi.
Hasan Koyuncu, né le 8 mai 1981 à Schaerbeek (Bruxelles), est député au
Parlement de la région de Bruxelles-Capitale, vice-président du
Parlement Francophone Bruxellois et conseiller communal à Schaerbeek.
En 2012, il adhère au PS et est élu conseiller communal à Schaerbeek en
octobre 2012.
En Juin 2014, il est élu député au Parlement de la région de
Bruxelles-Capitale. Il est ensuite réélu député lors des élections
régionales de 2019 en réalisant le 4éme score de sa liste en ordre
d'importance (juste derrière 3 ministres sortant avec 6368 voix de
préférences). (Info-Türk, 19 juillet 2024)
A Saint-Josse, Emir Kir seul contre
presque tous
Julien Thomas, Le Soir, 19 juillet 2024
L’exclusion d’Emir Kir du PS, en janvier 2020, rebat les cartes pour le
scrutin communal d’octobre à Saint-Josse. Face au PS et Ecolo qui
rêvent de le renvoyer dans l’opposition, l’ex-député table sur sa
grande popularité locale pour obtenir une majorité absolue.
A Saint-Josse, la place du même nom accueille une église, de nombreux
commerces et beaucoup de trafic automobile. Sur les deux bâtiments
contigus, une immense affiche montre le bourgmestre Emir Kir souriant.
Le slogan tient en deux mots : « Ensemble, agissons. » La prédominance
du rouge fait penser à un visuel du parti socialiste. L’impression se
révèle trompeuse.
Depuis son exclusion du PS en janvier 2020, Emir Kir ne possède plus
aucune carte de parti. A l’époque, la commission de vigilance interne
justifie sa décision en estimant que le député-bourgmestre a rompu le
cordon sanitaire en recevant une délégation de maires turcs, dont deux
élus MHP (extrême droite). Ces événements rebattent les cartes pour le
scrutin communal d’octobre prochain. La saga y connaîtra en tout cas
son épilogue. Les électeurs trancheront les questions concernant
l’avenir de la section socialiste et celui d’Emir Kir. Contrairement à
2018, le Tennoodois mènera une liste distincte du PS en plus de la
concurrence d’Ecolo. Les deux formations ne cachent ni leur hostilité,
ni leur espoir de le renvoyer dans l’opposition.
« Travailler avec lui au conseil communal a été infernal », s’exclame
la cheffe de groupe Ecolo Elodie Cornez. « Je ne sais pas ce que mon
parti décidera, mais moi, je ne m’associerai plus avec lui dans un
collège. Humainement, ce n’est pas possible », lâche le socialiste
Philippe Boïketé. Le bourgmestre espère, de son côté, obtenir à nouveau
une majorité absolue. « Le projet que je porte avec l’équipe est assez
épais. Ce qu’on a dit, on l’a fait lors de cette législature »,
assure-t-il.
Emir Kir peut compter sur sa grande popularité locale. En 2018, son
score personnel (3.903 voix) dépassait de loin celui de sa principale
opposante, Zoé Genot (Ecolo, 1.463 voix). Ses futurs challengers
écologiste et socialiste, l’ex-député régional Ahmed Mouhssin et
l’échevin Philippe Boïketé, avaient obtenu, quant à eux, 373 et 857
votes. Figurant à la quatrième et septième place, ils ne se
présentaient cependant pas comme têtes de liste à l’époque. Au fil des
années, le maïeur tennoodois a travaillé chaque jour à entretenir, ou
plutôt à accroître, son capital sympathie. « Moi, je suis toujours en
campagne », lance-t-il d’ailleurs.
Tant les socialistes que les écologistes assurent aussi ambitionner le
mayorat. « L’objectif est évidemment d’être la première formation
politique », tranche-t-on du côté de la fédération bruxelloise du PS.
Laquelle peut éventuellement trouver des raisons de se rassurer avec
les bons résultats régionaux de juin dans la commune (33 % des voix).
Dans la même optique, l’absence de liste PTB en octobre constitue une
autre bonne nouvelle pour les rouges. Reste que le divorce avec Emir
Kir s’est révélé particulièrement douloureux pour la section locale du
PS. Depuis novembre 2022, la voilà d’ailleurs mise sous tutelle par la
fédération régionale. Militants et élus communaux ont été sommés de
choisir leur camp et une bonne partie d’entre eux ont préféré rejoindre
celui du bourgmestre.
« En dehors de quelques personnes, tout le monde est resté chez nous.
Quand ils font leurs réunions, une cabine suffirait. Ils n’arrivent
même pas à faire leur liste », lâche Emir Kir. De son côté, son
concurrent socialiste Philippe Boïketé, qui dément, évoque en revanche
une opportunité : « Il y a des gens qui partent et d’autres qui
arrivent avec de nouvelles énergies. Il n’y aura pas d’effondrement du
PS parce que le PS, ce sont des valeurs.» La tutelle régionale devrait
idéalement, quant à elle, s’achever d’ici la fin de l’année, indique
une source bien informée.
Face à ses opposants, Emir Kir assure disposer d’un bon bilan. Il met
en avant les nombreuses aides visant à renforcer le pouvoir d’achat des
habitants, comme les chèques sports et la gratuité des garderies ou des
plaines de jeux. « Pour un ménage de deux adultes avec deux enfants,
c’est 1.500 euros de pouvoir d’achat qu’on rend à la population. » Pour
rappel, la situation budgétaire de Saint-Josse possède un paradoxe de
taille. Ses habitants figurent parmi les plus pauvre du pays, mais la
commune dispose de rentrées considérables grâce à la présence
importante de bureaux et d’hôtels sur son territoire. « Ce n’est pas de
la distribution, mais plutôt de l’aumône », réplique, de son côté,
l’écologiste Ahmed Mouhssin.
Face à l’axe PS-Ecolo, Emir Kir tente au cas où de se ménager des
alliés pour le soir du 13 octobre. De nombreux bruits renvoient à un
accord avec le MR, qui avait obtenu, en 2018, un siège de conseiller
communal. Deux libéraux figurent d’ailleurs sur la liste du
Bourgmestre. Interrogé sur un éventuel accord, l’entourage du patron du
MR bruxellois David Leisterh n’a pas souhaité faire de commentaire et
renvoyé vers le service presse de son parti. Patience en tout cas, plus
que trois mois à attendre et la saga tennoodoise livrera son verdict...
Sharp increase in emigration from Turkey in 2023
Emigration from Turkey spiked by 53% in 2023 compared to the previous
year, according to figures released by the Turkish Statistical
Institute (TurkStat).
Among over 714,000 individuals who emigrated from Turkey, 291,377 were
Turkish nationals and 423,202 were foreigners. Turkey’s population is
nearly at 85 million, and the country hosts nearly 4 million refugees
and migrants according to government figures.
The age group most likely to emigrate was the 25-29 group, comprising
15% of the total emigrants. This was followed by the 30-34 age group at
12.9%, and the 20-24 age group at 12.5%. Notably, men constituted 55.2%
of the emigrants, while women made up 44.8%.
Immigrations on decline
The number of people immigrating to Turkey saw a 35.9% decline last
year, with some 316,456 people moving to Turkey. Among these
immigrants, 101,677 were Turkish citizens returning to the country, and
214,779 were foreigners. Men represented 54.2% of the incoming
population, with women accounting for 45.8%.
İstanbul, Turkey’s largest city with a population of over 15 million,
remained the primary city for both immigration and emigration. It
received 29.2% of all immigrants to Turkey in 2023, followed by Antalya
(9.5%), Ankara (6.5%), Mersin (4.9%), and Bursa (4.4%). Similarly,
İstanbul was the leading city for emigration, with 36.4% of emigrants
leaving from there, followed by Antalya (10%), Ankara (7.1%), İzmir
(3.5%), and Bursa (2.6%).
Russians remain the largest group
Among the foreign nationals moving to Turkey, Russian citizens made up
the largest group at 13.2%, just as the previous year due to the
Ukraine war. They were followed by citizens of Azerbaijan (8.2%),
Turkmenistan (7.3%), Iran (6.7%), and Afghanistan (5.9%).
For those leaving Turkey, Russian nationals also topped the list at
17%, followed by Iraqis (15.7%), Afghans (8.3%), Iranians (6.5%), and
Turkmens (4.9%).(BIA, July 19, 2024)
More than 1,000 individuals detained across Turkey
over anti-refugee
violence
More than a thousand individuals have been detained across Turkey
following anti-refugee violence that erupted in the central Anatolian
city of Kayseri and spread to other regions. The unrest began on a
Sunday in Kayseri's Melikgazi district after allegations surfaced that
a Syrian national had sexually assaulted a minor.
Interior Minister Ali Yerlikaya announced that of those detained, 13
have been arrested. "Following the despicable incident on June 30,
several actions took place in Kayseri. As a result, 855 individuals
were taken into custody, with 13 arrested and 145 placed under judicial
control," Yerlikaya stated.
"Of those detained in Kayseri, 468 have criminal records for 50
different offenses, including human smuggling, intentional injury,
looting, theft, sexual abuse, threats, insults, drug-related crimes,
property damage, fraud, and extortion,” the minister further disclosed.
The violence has not been confined to Kayseri alone. Nationwide,
similar incidents have led to the detention of 1,065 individuals, with
28 arrested and 187 subjected to judicial control measures.
Yerlikaya highlighted the role of social media in exacerbating the
situation, with bot accounts spreading manipulative, negative, and
false information. "Our Cyber Crimes Unit, in coordination with our
Security Directorate, has identified 189 account managers who made
provocative and disinformative posts related to the events in Kayseri,
6 of whom are abroad. 108 individuals have been captured, and 12 of
them have been arrested.”
In the aftermath of the Kayseri events, violence against refugees also
occurred in Antep, a border city with a significant refugee population,
and Antalya, where a 15-year-old Syrian child was stabbed to death on
Thursday. (BIA, 5 July 2024)
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