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INFO-TURK

A non-government information center on Turkey

Un centre d'information non-gouvernemental sur la Turquie

52th Year / 52e Année
Avril
 
2026 April
N° 572
53 rue de Pavie - 1000 Bruxelles
Tél: (32-2) 215 35 76
Chief Editor /Rédacteur en chef: 
Dogan Ozgüden

Responsible editor/Editrice responsable:

Inci Tugsavul
Human Rights
Pressures on  media
Kurdish Question
Minorities
Interior politics
Armed Forces
Religious affairs
Socio-economics
Turkey-Europe
Turkey-USA
Regional Relations
Cyprus and Greece
Migration

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Titres des évènements du mois
Titles of this month's events



Contribution à la résistance démocratique depuis plus d'un demi-siècle


Info-Türk, qui diffuse des informations sur les violations des droits humains en Turquie, les luttes de résistance et les problèmes des immigrés et des diasporas dans diverses langues depuis plus d'un demi-siècle, a été fondée il y a 52 ans, le 25 avril 1974.
Réalisée par des exilés politiques qui avaient mené la lutte de Résistance Démocratique contre le régime de la junte dans divers pays européens après le coup d'État militaire du 12 mars 1971, Info-Türk a publié à ce jour 105 livres et 1074 bulletins mensuels en différentes langues.
Outre ses propres publications, Info-Türk a également réalisé l'édition, la composition et l'impression des journaux en turc des fédérations syndicales FGTB et CSC en Belgique et des organisations démocratiques dans différents pays.

Droits de l'Homme / Human Rights

Carnage dans deux lycées: Violence İndividuelle/Violence Sociale - Ragip Duran
Former governor's son arrested as primary suspect in Gülistan Doku murder case

"Douleur infinie" aux funérailles des jeunes victimes d'une tuerie
Un adolescent armé tue neuf personnes dans une école en Turquie
2025 justice statistics reveal one in five people in Turkey were suspects

L'opposition toujours sous pression en plein procès du maire d'Istanbul
11 défenseurs des droits des LGBT jugés pour "obscénité"
Bursa mayor arrested, suspended from office in ‘corruption’ probe
Rights groups call for effective investigation into Romani prisoner's death
Constitutional Court once again rules a Gezi convict's imprisonment violates rights

Après le 7ème renvoi de son procès, la sociologue Pinar Selek dénonce une "parodie"
L'ONU appellent la Turquie à cesser "la criminalisation" des défenseurs des droits humains

Pression sur les médias / Pressure on the Media

La Turquie adopte une loi pour interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans
Prosecutor seeks sentence for Bianet journalist over interview with Armenian youths

Un journaliste condamné à deux ans et demi de prison
Journalist sentenced for 'insulting the president' over 2016 statement
Journalist Bahadır Özgür investigated over report on ISIS shell companies in Turkey
Un appel depuis Bruxelles pour la liberté de la presse en Turquie -  Doğan Özgüden

Une question à l’occasion de la Journée des Journalistes Assassinés - Doğan Özgüden
"Disinformation law" used against 83 journalists since 2022
Kurdish journalists targeted in new wave of online censorship

Kurdish Question / Question kurde

Kurdish Journalism Day marked on 128th anniversary of first newspaper

En Syrie, des Kurdes apatrides se pressent pour obtenir la nationalité
Prisoner wrote 11 Kurdish books after entering prison illiterate
La Turquie enterre les preuves sur les Kurdes tués dans les années 90
Le leader du PKK veut pouvoir s'adresser au pays

Minorités / Minorities

De la célébration du 23 avril à la honte du 24 avril - Doğan Özgüden
Agos newspaper marks 30 years since founding

Politique intérieure/Interior Politics

İstanbul’s Ataşehir district mayor arrested in corruption probe

Photos turques: les poches vides et pas d’espoir - Ragip Duran
Le chef de l'opposition à Ankara arrêté
Quand on sait qu’on ne peut pas battre son rival, on le met en prison - Ragip Duran
Thirty-one CHP mayors removed from office since 2024 elections
Erdogan et justice: deux concepts, deux pratiques qui ne vont pas du tout ensemble - Ragip Duran

Forces armées/Armed Forces

Le Nigeria et la Turquie concluent un accord militaire
Erdogan: "La guerre au Moyen-Orient a "conduit à une impasse géostratégique"

Affaires religieuses / Religious Affairs
 

Arrestation de 90 personnes soupçonnées d'être liées au groupe EI
Mega-mosque project on Kadıköy shoreline met with local concerns over necessity
Près de 200 interpellations après l'attaque contre le consulat israélien d'Istanbul
Fusillade devant le consulat israélien à Istanbul, un assaillant tué

Socio-économique / Socio-economic

14 heures de garde à vue pour 110 mineurs en grève de la faim
La mort de deux adolescents néerlandais due à un pesticide

At least 148 workers killed on the job in March
Men killed 32 women in March
Une troisième bateau turc a franchi le détroit d'Ormuz
Hausse de 25% du prix du gaz et de l'électricité pour les ménages


Relations turco-européennes / Turkey-Europe Relations

Le groupe de distribution français Carrefour se désengage de la Turquie

Turquie-USA-OTAN / Turkey-USA-NATO

L'Otan "fera toujours le nécessaire pour défendre la Turquie", dit Rutte à Ankara
NATO to establish new multicorps in Adana

Retour en Turquie d'une étudiante figure de la défense de la liberté d'expression
Washington condamne l'attaque contre la résidence du président du Kurdistan irakien

Relations régionales / Regional Relations

Un forum diplomatique en Turquie pour "réduire les tensions" au Moyen-Orient
Un navire turc à Mogadiscio pour mener les premiers forages pétroliers en Somalie
Le président turc Erdogan accuse Israël de "saper tout effort" de paix
Poutine et Erdogan appellent à un cessez-le-feu, lors d'un entretien téléphonique
La Turquie annonce l'interception d'un quatrième missile tiré d'Iran
Entretiens à Islamabad entre Pakistan, Arabie Saoudite, Turquie et Egypte

Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece

Deux touristes grecs arrêtés après un incident à Sainte-Sophie

Avoir 20 ans à Nicosie, dernière capitale divisée du monde

Immigration / Migration

Hommage à Francis Duriau, ancien bourgmestre de Schaerbeek
Dix-neuf Afghans meurent noyés en mer Égée


Droits de l'Homme / Human Rights

Carnage dans deux lycées: Violence İndividuelle/Violence Sociale

Ragip Duran, TVXS.GR, 20 avril 2026

Mercredi et jeudi dernier, deux assaillants armés, le premier à Siverek (District d’Urfa, sud-est) et le second à Maras (sud-est) ont causé la mort de 9 personnes, des élèves, un enseignant et des concierges d’école et 32 autres ont été blessés.

Omer Ket, 19 ans, armé d’un fusil de chasse, a mitraillé la foule dans la cour de l’école. 10 élèves, 4 enseignants et 2 appariteurs ont été blessés. Il a été renvoyé de l’école à cause d’absences régulières, il avait également échoué plus tard à l’école par correspondance. Ancien élève de L’Ecole des Arts et Métiers Agricoles Ahmet Kuyumcu, croyait que c’était le Directeur de son école qui était responsable de ces échecs. Il avait envoyé sur ses comptes de réseaux sociaux des messages de menace contre le Directeur. Il a été mis en garde à vue deux jours avant l’attaque par la police, mais relâché plus tard.

L’administration centrale a envoyé sur place des inspecteurs et 2 directeurs de sûreté et 2 directeurs locaux de l’Académie ont été suspendus de leurs fonctions.

Candan Yildiz, chroniqueuse du site internet T24, estime que derrière cette attaque armée, des conflits intertribus et des querelles interfamiliales ont pu jouer un rôle.

A Maras, le lendemain vers midi, dans le Collège Aysel Calik du district 12 Subat, Isa Aras Mersinli, 14 ans, portant 5 armes et plusieurs chargeurs, a mitraillé deux classes : 9 morts et 16 blessés. İsa s’est suicidé à la fin de cette opération selon les témoins sur place, information non encore confirmée par les autorités. “C’était un enfant qui avait de graves problèmes psychologiques” constatent ses camarades et les enseignants. Son père M. Ugur Mersinli, était directeur de sûreté qui possédait plusieurs armes à la maison. Sa mère Mme Peyman Pinar était enseignante. Tous les deux ont été mis en garde à vue par la police locale. Le ministre de l’Éducation Nationale ainsi que le ministre de la Santé se sont rendus à Maras. Le ministre de la Justice a décrété une interdiction de publication “pour le salut de l’investigation”. Il a aussi qualifié l’événement “d’attaque purement personnelle donc pas d’action terroriste” alors que le Parquet n’avait même pas commencé ses travaux.

L’Association de la Psychiatrie de Turquie (TPD) a publié un communiqué dans lequel elle souligne que “les actes de violence ne se réalisent pas uniquement à cause des problèmes de la santé mentale des individus. Ces actes sont les conséquences des conditions économiques et sociales dans lesquelles ces individus vivent”. “Quand les inégalités, la pauvreté, la carence de sécurité et l’isolation grimpent, la violence devient un acte normal” poursuit le communiqué. La TPD propose comme remède “des politiques sociales exhaustives, des politiques égalitaire d’éducation et l’amélioration des services psychosociaux”.

En effet, la Turquie est devenue depuis au moins 5 ans, une scène d’attaques armées et d’assassinats en pleine rue entre les groupuscules de mafia ou d’autres organisations criminelles turcs et étrangers. Des bandes organisées, formées des jeunes de moins de 18 ans (pour éviter de lourdes condamnations) sont spécialisées dans l’extorsion des PME. De plus, la guerre des forces de sécurité depuis 1984 contre les Kurdes actualise toujours la violence dans la vie quotidienne des citoyens. Enfin, faut-il également mentionner les jeux vidéo et les séries populaires des TV dans lesquelles la force, la violence, les armes sont toujours louées ? Ces facteurs ont sûrement une certaine influence sur en particulier les jeunes, dont une partie est en chômage et ne va plus à l’école.    

“La Turquie sera une petite Amérique” avait prévu en 1949 le Ministre M. Nihat Erim (Parti Républicain du Peuple). Slogan repris en 1950 par le président de la République M. Celal Bayar (Parti Démocrate). Et M. Erim est mort, victime d’un assassinat en 1980. La Turquie n’est peut-être pas devenue une petite Amérique, mais elle ressemble désormais au Texas du temps des cow-boys et des fusillades.

Former governor's son arrested as primary suspect in Gülistan Doku murder case

Mustafa Türkay Sonel, the son of the former governor of Dersim (Tunceli) was arrested on Apr 18 as the prime suspect in the murder of university student Gülistan Doku.

The investigation into the 21-year-old student, who disappeared in the eastern province of Dersim on Jan 5, 2020, was recently reclassified from a missing persons case to a homicide inquiry following new findings.

The arrest follows a wave of detentions on Apr 17 that included the former governor. Tuncay Sonel, who served as the governor at the time of the disappearance, remains in custody after his detention period was extended. He is accused of spoliation of evidence.

Zeinal Abakarov, Doku's former boyfriend, and his stepfather Engin Yücer, a former police officer, are among those arrested. Yücer was previously dismissed from his profession after it was revealed he tampered with evidence in 2020. Investigative findings suggest Abakarov had unauthorized access to the case file as early as Feb 2020 through Yücer.

Video confession emerges

A video confession also entered the file, featuring a conversation between the family lawyer and the brother of another suspect, Umut Altaş.

In the footage, the brother recounts a statement allegedly made by Mustafa Türkay Sonel. "Türkay said the girl got pregnant and I shot her in the head. This 'I shot her in the head' phrase was mentioned several times," he said.

Case reopened after years

The case was reopened earlier this month following a witness statement.

The investigation gained momentum after an anonymous note mentioning Mustafa Türkay Sonel was sent to the family lawyer. Analysis of vehicle movements on the night Doku disappeared reportedly showed Sonel's activities were incompatible with the ordinary flow of events.

Technical examinations of phone traffic and bank transfers also expanded the scope of the case. Investigators found that certain public officials had established a circle around the Doku family to monitor their social media posts and contacts. Discrepancies were also found regarding Doku's SIM card, which was allegedly withheld from official records.

Gülistan Doku was a second-year student at Munzur University when she vanished. Initial search efforts, which included draining the Uzunçayır Dam Lake, failed to locate her body.

Her sister, Aygül Doku, stated in February that the family possessed documents proving the case involved a murder by public officials rather than the initially reported suicide narrative. (BIA, 20 April 2026)

"Douleur infinie" aux funérailles des jeunes victimes d'une tuerie

Yusuf, onze ans, tremble, en sanglots. Son ami Bayram, dix ans, a été tué mercredi dans sa salle de classe avec sept camarades et leur enseignante, une tuerie inédite en Turquie.

"Notre douleur est infinie. Ces enfants sont comme les nôtres, et ils étaient tous innocents", confie Vezir Yücel, le père de Yusuf, venu assister jeudi aux funérailles de quatre des jeunes victimes de la tuerie perpétrée par un adolescent de 14 ans, auxquelles se sont pressées plus d'un millier de personnes à Kahramanmaras (sud).

"Yusuf et Bayram jouaient au football dans la même académie depuis un an et demi. Ils jouaient aussi aux jeux vidéo ensemble. C'était un enfant bien élevé, très travailleur", confie Vezir Yücel, les yeux rougis, en serrant son fils contre lui.

Autour d'eux, l'émotion est d'autant plus forte que la Turquie, pourtant habituée aux drames en tous genres - séismes, catastrophes minières, attentats - n'avait jamais connu une telle tuerie dans une enceinte scolaire.

"Nous sommes profondément tristes. Nous ne les connaissions pas mais jamais une telle chose ne devrait arriver à des enfants", abonde Leyla Naz Kurtgoz, une étudiante de 19 ans venue avec sa mère.

D'autant, souligne-t-elle, que "tous ces enfants étaient des survivants" du séisme de magnitude 7,8 de février 2023 qui avait meurtri Kahramanmaras, une cité de 500.000 habitants construite à flanc de montagne.

Près de 13.000 personnes avaient perdu la vie dans la ville et sa province, épicentre du tremblement du terre qui avait fait plus de 53.000 morts en Turquie.

"Ces enfants avaient déjà beaucoup souffert à cause du tremblement de terre, c'est pourquoi nous sommes effondrées", ajoute Leyla Naz Kurtgoz, en pantalon et veste noires.

 - "Apocalyptique" -

 A dix mètres de là, les cercueils des jeunes victimes - toutes âgées de 10 et 11 ans -- sont alignés sur le parvis d'une grande mosquée, chacun recouvert d'un drapeau turc.

Un père et son jeune fils au visage poupon, hissé sur un tabouret, refusent de s'éloigner d'un des cercueils, celui de Zeynep, 10 ans. D'autres proches, effondrés, viennent coller leur visage une dernière fois sur les cercueils voisins.

Dans l'assistance, un homme d'âge mûr, venu seul, fond soudain en larmes tandis qu'un imam récite une prière mortuaire.

"Tout s'accumule: le tremblement de terre en 2023, le Covid avant ça et désormais ce massacre. Mentalement, nous sommes au plus bas", résume Ilker Bas, 18 ans, entouré de trois amis.

Eux non plus ne connaissaient pas directement les victimes mais "tout le monde est bouleversé", dit-il.

Une professeure de biologie d'un lycée de la ville, les yeux dissimulés derrière d'épaisses lunettes noires, confie sa "peine indicible", inquiète aussi que cette tuerie puisse en inspirer d'autres.

Assise seule à l'entrée du grand cimetière de Kahramanmaras où plusieurs des jeunes victimes ont été inhumées jeudi après-midi, Nilgün Ruci a les yeux rivés au sol.

Mercredi à la mi-journée, cette femme au foyer de 55 ans a accouru vers l'école Ayser Çalik de Kahramanmaras en entendant des coups de feu retentir.

"C'était apocalyptique, des gens couraient partout à la recherche de leurs enfants", raconte-t-elle en essuyant une larme d'un revers de main.

En arrivant devant l'établissement, elle aperçoit la fille d'une de ses voisines, grièvement blessée.

"Elle avait reçu une balle dans une jambe et une autre à l'épaule", explique-t-elle.

"J'ai d'abord cru qu'elle s'était évanouie mais aujourd'hui, j'ai appris qu'elle était décédée". (AFP, 16 avr 2026)

Un adolescent armé tue neuf personnes dans une école en Turquie

Une attaque armée perpétrée mercredi par un adolescent dans un établissement scolaire du sud de la Turquie a fait neuf morts, dont huit élèves, et treize blessés, selon un second bilan ministre turc de l'Intérieur.

"Nous déplorons neuf décès (...) et treize blessés. Six d'entre eux sont actuellement en soins intensifs, dont trois dans une situation critique", a indiqué le ministre, Mustafa Çiftçi, lors d'une déclaration à la presse depuis la ville de Kahramanmaras où a eu lieu la tuerie. Le gouverneur de la province de Kahramanmaras, Mükerrem Ünlüer, avait fait état plus tôt de quatre morts et vingt blessés.

"Un élève est arrivé à l'école avec des armes, vraisemblablement celles de son père, dans son sac à dos. Il est entré dans deux salles de classe et a ouvert le feu au hasard", avait détaillé plus tôt le gouverneur de la province de Kahramanmaras, Mükerrem Ünlüer, au lendemain d'une attaque similaire ayant fait seize blessés dans un lycée situé 200 km plus à l'est.

Les deux classes visées mercredi accueillaient des élèves âgées d'une dizaine d'années, ont précisé les autorités, ajoutant que les faits se sont déroulés aux alentours de 13h30 (12h30 suisses).

Le tireur décédé

L'auteur des faits, âgé d'environ 13 à 14 ans et fils d'un ancien policier, est décédé. "Il s'est tiré dessus. On ne sait pas encore s'il s'agit d'un suicide ou si cela s'est produit dans le chaos", a déclaré le gouverneur.

Le père de l'adolescent, identifié comme un ancien inspecteur de la police de la ville de Kahramanmaras, où a eu lieu l'attaque, a été interpellé, a rapporté l'agence de presse étatique Anadolu.

Des images diffusées par l'agence de presse privée DHA montrent une victime dans un sac mortuaire, ainsi que des parents d'élèves qui accourent, pour certains en larmes, au milieu d'ambulances.

Grève nationale

Sur une vidéo prise par une habitante d'un immeuble voisin, authentifiée par l'AFP, des élèves sautent d'une fenêtre d'une salle de classe du premier étage tandis que des dizaines d'autres fuient par la cour. Une quinzaine de coups de feu sont audibles au milieu de cris dans la vidéo d'une minute trente.

Une quinzaine de coups de feu sont audibles au milieu de cris dans la vidéo d'une minute trente. "Nous n'avons aucune information. Des enfants ont été visés", a déclaré une femme en pleurs à l'agence de presse IHA, sa voix couverte par des sirènes d'ambulance.

L'établissement, une "école intermédiaire", accueille des élèves âgés de 10 à 14 ans environ. Les établissements scolaires de la province de Kahramanmaras resteront fermés jeudi et vendredi, a indiqué le ministre de l'Intérieur.

Portant une bannière indiquant "Nous n'allons pas livrer nos écoles à la violence", des dizaines de membres des principaux syndicats d'enseignants se sont rassemblés mercredi soir devant le ministère turc de l'Education à Ankara et ont appelé à une grève de deux jours à travers la Turquie.

"Notre cœur saigne"

Le président Recep Tayyip Erdogan a déploré sur X une "attaque tragique (...) qui attriste profondément la Turquie". "La lumière sera faite sur cet évènement dans toute sa complexité", a-t-il promis, après que les autorités ont annoncé l'ouverture d'une enquête.

Le Haut conseil turc de l'audivisuel (RTUK) a pour sa part interdit aux chaînes de télévision turque de diffuser des images relatives à l'attaque.

"Notre cœur saigne. Nos condoléances à la nation", a déclaré le président du parlement turc, Numan Kurtulmus, tandis que les ministres de l'Intérieur, de la Justice, de la Santé et de l'Education se rendaient au chevet d'élèves blessés.

Mardi, un adolescent né en 2007, armé d'un fusil à pompe, avait déjà fait seize blessés dans un lycée technique de la province turque de Sanliurfa (sud-est), parmi lesquels dix élèves et quatre enseignants. Neuf des victimes sont toujours hospitalisées mercredi, avait indiqué plus tôt le président turc Recep Tayyip Erdogan.

Ce type d'incidents est d'ordinaire rare en Turquie où, selon les estimations d'une fondation locale, des dizaines de millions d'armes à feu sont en circulation, la plupart illégalement. (RTS, 15 avril 2026)

2025 justice statistics reveal one in five people in Turkey were suspects

The Justice Ministry has released the 2025 Justice Statistics, revealing a heavy burden on the judicial system in Turkey and more than 330,000 children caught in the judicial grip.

Data shows that in 2025, prosecutors faced nearly 13.3 million files, including those transferred from previous years. The number of suspects in these files is over 16.7 million people.

A total of 22.9 million criminal allegations were made. In other words, one out of every five people was a suspect according to the state in 2025.

Of the 13.3 million case files, 6 million were opened within 2025. Crimes against property, crimes against liberty, and crimes against honor ranked in the top three among investigation files under the Turkish Penal Code (TCK).

Number of investigations rose by 57%

The number of investigation files arriving at prosecutor offices increased by 57% in a decade.

While the number of files reaching the chief public prosecutor offices was 7.4 million in 2016, it rose to 11.6 million in 10 years with an increase rate of 57.7%.

In investigations conducted by prosecutor offices, 48.4% of the 11.67 million files, including those transferred from previous years, were resolved. Decisions of non-prosecution took first place with 48.5%. Public lawsuits were filed for 36.8%. This was followed by other decisions at 14.7%.

Workload of penal courts

There was also an increase in the workload of penal courts in 2025. Some 3.8 million case files came before the penal courts. This number was 2.4 million in 2016. The file load of penal courts increased by 58.4% in 10 years. A total of 3.9 million people stood trial in 2025.

These courts resolved 3.4 million cases. They issued convictions in 43.4% and acquittals in 20.3%. Additionally, decisions to defer the announcement of the verdict were made in 21.6%, while other decisions accounted for 14.7%.

The total number of files resolved in penal courts in 2025 was recorded as 2.3 million.

Average duration in penal courts is 248 days

The duration of trials was also noteworthy. In 2025, the average processing time for a file was 155 days in chief public prosecutor offices, 248 days in penal courts, and 243 days in civil courts. The longest average duration was seen in enforcement and bankruptcy offices with 883 days.

During the same period, the average duration in tax courts rose from 139 days to 152 days, while it decreased from 97 days to 74 days in the court of jurisdictional disputes.

Violence against women: More than 1 million decisions

The increase in preventive measure decisions issued under Law No. 6284 as part of the fight against violence against women continued.

In 2025, the number of people given preventive measures was 1.04 million, and the number of measures was 1.48 million. The number of people given protective measures was 15,975, and the number of measures was recorded as 22,618.

The most common decision in preventive measures was the order not to engage in words or behaviors aimed at violence or fear. Under this heading, 480,299 measure decisions were issued.

This was followed by 379,422 decisions ordered to not approach the protected persons, or their residence, school, and workplace.

Over 330,000 faced investigations

In 2025, the number of files belonging to children dragged into crime at the investigation stage in chief public prosecutor offices was recorded as 332,648. The number of children in these files was 330,496.

Regarding conviction decisions for children in penal courts, prison sentences were given in 28,255 files, while judicial fines were given in 21,362 files.

Gender gap

Human resources data for the judicial organization was also included in the report. As of 2025, the total number of judges was 18,386 and the number of prosecutors was 8,518. However, gender equality could not be achieved in the judiciary.

It was observed that female judges only outnumbered male judges in the Court of Cassation and judicial first instance courts. While 47% of judges in the Court of Cassation are men and 53% are women, this ratio is 47.6% to 52.4% in judicial first instance courts. In contrast, only 24.4% of judges in the Constitutional Court, 44.3% in the Council of State, 37.9% in regional judicial courts, 32.9% in regional administrative courts, 31% in administrative and tax courts, and only 20.8% in the central organization are women.

The situation is more unequal in prosecutor offices. Only 3.6% of chief public prosecutors are women. Only 21.2% of public prosecutors consist of women. Additionally, there are no women in the prosecutor offices of the regional judicial courts, the Council of State, or the Court of Cassation.

On the other hand, the number of lawyers in Turkey rose to 206,678; this consisted of 106,663 male and 100,015 female lawyers. (BIA, 13 April 2026)

L'opposition toujours sous pression en plein procès du maire d'Istanbul

Un mois après le début du procès pour "corruption" du maire d'Istanbul Ekrem Imamoglu, figure de l'opposition turque, la pression continue de s'accroître sur les voix dissonantes du pays.

Jugé avec 413 co-accusés, le maire emprisonné depuis mars 2025 est accusé d'avoir dirigé un vaste réseau criminel qualifié de "pieuvre". Il est visé par 142 chefs d'inculpation et encourt 2.430 années de prison.

"Dans ce dossier, il n'y a qu'une seule organisation criminelle, c'est l'accusation!", a lancé lundi le principal opposant au président Recep Tayyip Erdogan, qui ne cesse de clamer son innocence.

"C'est un procès politique, dans lequel la part du droit est très limitée. Mais les avocats essaient de glisser vers le terrain juridique", affirme à l'AFP le bâtonnier d'Istanbul, Ibrahim Kaboglu.

"Pour autant, cela ne veut pas dire qu'à la fin, on aura un verdict respectueux du droit", redoute l'avocat qui estime que les débats, ouverts le 9 mars, dureront encore "au moins trois ou quatre mois".

Venu s'exprimer lors de ce procès-fleuve organisé au tribunal de la prison stambouliote de Silivri, la plus grande d'Europe, le bâtonnier a jugé que les détentions provisoires de plus d'une centaine des accusés sont largement "inconstitutionnelles".

Dix-huit d'entre eux ont, depuis, été remis en liberté conditionnelle, sans que les charges pesant sur eux ne soient toutefois levées. Mais au vu du dossier, "les accusés devraient en principe comparaître libres", juge Me Kaboglu.

 - "Coup d'État civil" -

 "La paix, la justice et la prospérité de la nation sont sacrifiées à des fins personnelles", affirme vendredi le chef du parti du maire d'Istanbul, Özgür Özel, dans un message écrit à l'AFP, dénonçant un "coup d'État civil".

"Nous poursuivrons la résistance (...) jusqu'à ce que justice soit faite" et que la Turquie sorte de cette "période sombre", ajoute le président du Parti républicain du peuple (CHP).

Cette semaine, il avait déjà dénoncé "les efforts déployés pour maintenir nos amis en prison" et "freiner la marche du CHP vers le pouvoir", accusant le pouvoir de "transformer la Turquie en une prison à ciel ouvert".

D'autant que l'étau de la justice continue de se resserrer sur le parti social-démocrate, principale formation de l'opposition turque qui avait investi le maire d'Istanbul pour la prochaine présidentielle, prévue en 2028, le jour même de son incarcération.

Quatre maires de municipalités CHP, dont celui de Bursa (nord-ouest), quatrième ville du pays reprise en 2024 au Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur) de M. Erdogan, ont été arrêtés depuis l'ouverture du procès.

 - "Justice de Dieu" -

 L'ONG Human Rights Watch, qui s'inquiète du recul des droits humains en Turquie, a dénoncé les "restrictions arbitraires" qui entravent le travail des journalistes couvrant le procès du maire d'Istanbul, appelant à ce que "la justice (soit) rendue de manière transparente".

Venue assister mercredi à l'inauguration d'un terrain de football par le président du CHP dans un arrondissement d'Istanbul dont le maire est jugé au côté de M. Imamoglu, Sevgi Sancar, femme au foyer de 60 ans, ne se fait pas d'illusions.

Pour elle, le maire de la ville et les autres élus CHP emprisonnés "n'ont aucune chance de sortir avant l'élection présidentielle" et une éventuelle victoire de l'opposition.

"Je n'ai pas confiance en la justice. Il n'y a pas de justice!", tonne-t-elle.

"Nous n'avons pas confiance en la justice turque, seulement en la justice de Dieu", abonde Mine, une ingénieure de 50 ans qui refuse de donner son nom de famille.

"Mais nous ne perdons pas espoir. Tôt ou tard, ils seront tous libérés, car ils sont tous innocents", assure-t-elle. (AFP, 10 avr 2026)

11 défenseurs des droits des LGBT jugés pour "obscénité"

Le procès pour "obscénité" et "violation de la protection de la famille" de 11 dirigeants d'une association de défense des droits des LGBT a commencé mercredi à Izmir, dans l'ouest de la Turquie, a affirmé à l'AFP l'avocat de l'organisation.

Les dirigeants de l'association Genc LGBTI+ ("Jeune LGBTI+" en turc) à Izmir sont accusés d'agir contre l'article 41 de la constitution turque prévoyant la protection de la famille, pour avoir publié cinq images considérées comme "obscènes" sur les réseaux sociaux entre 2019 et 2022.

Ils risquent une peine allant de 1 à 3 ans de prison et une interdiction de leurs droits civiques.

"Ce procès découle d'une politique d'exclusion des personnes LGBT+ de la sphère publique. C'est une atteinte à la liberté d'expression et à la liberté d'association", a réagi Kerem Dikmen, avocat de l'association qui est lui même jugé pour être membre du conseil de surveillance de Genc LGBTI+.

Partagées sur les réseaux sociaux de l'association pour quatre d'entre elles à l'occasion des journées de visibilité des lesbiennes et des transgenres, les illustrations accusées représentent deux hommes et deux femmes sur le point de s'embrasser.

"Il n'est pas question d'obscénité. Des activités parfaitement légitimes, légales et conformes à la constitution sont criminalisées. C'est une forme de déshumanisation", a dénoncé Me Dikmen.

Les défenseurs des droits des LGBT ont contesté en appel une autre décision de justice qui avait ordonné en décembre dernier la dissolution de l'association en se basant sur les mêmes accusations.

"Nous n'abandonnerons pas la défense des droits de l'homme. Mais on essaye d'adresser un message à la société à travers nous", a estimé Me Dikmen.

La prochaine audience du procès a été fixée au 14 octobre prochain.

Un projet d'amendement prévoyant de poursuivre les personnes homosexuelles, bisexuelles et transgenres pour comportements jugés "contraires au sexe biologique et à la morale générale" ainsi que leur "promotion" en Turquie avait été abandonné en novembre dernier.

La communauté LGBT+ est fréquemment la cible du président turc Recep Tayyip Erdogan, qui la rend notamment responsable du déclin de la natalité.

L'homosexualité n'est pas interdite en Turquie. Mais depuis 2015, la marche annuelle des fiertés est quasi systématiquement interdite et réprimée. (AFP, 8 avr 2026)

Bursa mayor arrested, suspended from office in ‘corruption’ probe

Mustafa Bozbey, mayor of Bursa, Turkey’s fourth-largest city, and several municipal officials were formally arrested on Apr 4 as part of a corruption investigation. A total of 56 people had been detained as part of the probe conducted by the Bursa Chief Public Prosecutor’s Office.

The investigation is being carried out on charges of “establishing and leading a criminal organization,” “membership in a criminal organization,” “bribery,” “laundering assets derived from criminal activity,” and “causing zoning pollution.”

Bozbey and the 56 detainees, as well as eight other who had been detained earlier, face charges such as bribery, forming a criminal organization, and laundering assets derived from crime, according to the state-run Anadolu Agency (AA).

Since March last year, widespread corruption investigations have been carried out targeting municipalities controlled by the main opposition Republican People’s Party (CHP). As part of these investigations, several mayors, including those of major cities such as İstanbul, Antalya and Adana, have been placed in pretrial detention and suspended from office.

Eleven released

After giving statements to prosecutors, Mustafa Bozbey, his brother R. Bozbey, and 51 other suspects were referred to a criminal judgeship of peace with a request for arrest.

The judge arrested Bozbey and several others while releasing 11 suspects under judicial control.

Following Bozbey's arrest, the Interior Ministry has suspended him from office, exercising its authority in cases of criminal investigations against local administrators. The ministry’s statement said the following:

"Bursa Metropolitan Municipality Mayor Mustafa Bozbey has been suspended from office as a temporary measure by the Interior Ministry, in accordance with Article 127 of the Constitution and Article 47 of Municipal Law No. 5393, following his arrest by the Bursa 6th Criminal Judgeship of Peace on Apr 4, 2026, on charges of ‘establishing and leading a criminal organization and accepting bribes.’"

Bozbey is expected to be replaced by an acting mayor selected by the city council.

'We will meet again in free days'

Following Bozbey’s arrest, a statement was shared on his social media account:

“Bursa did not deserve this. An injustice has been done to the will and efforts of the people of Bursa. No one should lose hope, we will meet again in free days. We will continue to work and produce for our Bursa. Our word is our promise: Bursa will get what it deserves. Bursa will win!”

Gül Çiftçi, deputy chair responsible for election and legal affairs of the CHP, criticized Bozbey’s arrest in a social media a post, claiming that it was based solely on witness testimonies:

“Mustafa Bozbey left his post as Nilüfer mayor in 2019, did not hold any office for five years, and won the elections on March 31, 2024 as our party’s candidate for Bursa Metropolitan Mayor. Turning an allegation dating back seven years into grounds for arrest today, based solely on witness testimony, is an open conspiracy against the will of the people of Bursa.

“We all know that Mustafa Bozbey has been deprived of his freedom today because he refused to submit to any imposition aimed at undermining his will, despite clear and implicit pressure directed at him.

“We stand by our mayor. We will continue our struggle with determination until this unlawfulness comes to an end.” (BIA, 6 April 2026)

Rights groups call for effective investigation into Romani prisoner's death

Human rights organizations have issued a statement on the death of 26-year-old Romani prisoner Sinan Üstev, who died in the No. 2 T-Type Closed Prison in Tekirdağ, northwestern Turkey, describing the death as "foreseeable and preventable" and calling for an effective investigation.

In a press conference held today, the İstanbul branch of the Human Rights Association (İHD), the Romani Godi Association and the Civil Society in the Penal System Association (CİSST) said they had serious concerns that the current investigation was not being conducted in a way that would reveal the material truth.

Speaking at the conference, İHD's Eren Keskin underlined the prison administration's responsibilities regarding Üstev's death.

"Both imposing a visitation ban on him and additionally placing him in solitary made his suicide easier. Even if there had been an intention to die on the part of the prisoner, the main party responsible here is the prison administration. The prison administration could have saved Sinan Üstev. They could have directed him to psychological treatment and helped him reconnect with life. But they did not do that. Why? Because they do not value prisoners. Especially if the prisoner is Romani."

'Barred from enjoying rights'

Saying they would continue to follow the process concerning Üstev's death, Keskin said, "Roma are treated as if they are practically barred from enjoying any rights, both in prison and in all areas of life, and they are ignored by the state. I think the fact that Sinan Üstev was Romani also had a major impact on this. Because they think, 'No one will care anyway.' The prison is absolutely responsible here. The prosecutor said, 'If the handwriting in the letter is his, I will issue a decision of non-prosecution.' They will do that. Because just as the prison administration's responsibility does not concern them, they also want to cover up that responsibility. Human life has no value in this geography. Unfortunately, if you are in prison, and especially if you are Romani, it has no value at all," voicing her reaction.

Lawyer Zozan Vargün from the Romani Godi Association read a joint statement.

Saying, "Sinan Üstev's time in prison shows that his death was entirely foreseeable and preventable," Vargün gave the following information about the process leading to Üstev's death:

"On Oct 20, 2025, proceedings were initiated against Sinan Üstev over the allegation that he had escaped from the Karatepe Open Penal Execution Institution. However, shortly after this process began, on Oct 27, 2025, official records documented that Sinan Üstev harmed himself by swallowing razor blades in Ward C-16, where he was being held. This incident clearly showed that Sinan Üstev was at risk of suicide and was in a psychologically fragile state. This incident, which was recorded by the prison administration, became the subject of a disciplinary investigation, and it was understood that the prisoner's mental condition was too serious to be ignored."

Vargün said this clearly showed that Üstev was at risk of suicide, but despite that, disciplinary proceedings were carried out and his mental condition was not adequately taken into account. According to Vargün, Üstev was sentenced to 11 days in solitary confinement by the Çorlu enforcement judgeship on Nov 6, 2025. On Dec 8, he was also barred from receiving visitors for one month. In the defense statement he gave on the same date, Üstev clearly said that he was not psychologically well.

Vargün said, "Subjecting a prisoner who is at risk of suicide, has a history of self-harm and is psychologically fragile to solitary confinement clearly contradicts international human rights standards and obligations of medical care. Solitary confinement means isolating the prisoner and leaving him alone."

Vargün also recalled the United Nations Standard Minimum Rules for the Treatment of Prisoners, known as the Mandela Rules:

"The execution of the 11-day solitary confinement sentence was the most critical factor that increased the risk to Sinan Üstev's life. It is alleged that on Dec 25, 2025, which corresponded to the fifth or sixth day of the sentence, Sinan Üstev died by suicide. Keeping a prisoner who had previously engaged in self-harm and was psychologically fragile alone in a cell throughout the punishment period, without providing the necessary special monitoring, directly increased the risk of death. In this context, the application of solitary confinement amounts to serious administrative and medical negligence."

Vargün also said the report issued about Üstev stating that he was "fit to remain in a cell" was controversial, adding that this decision was incompatible with the duty of medical care. It was emphasized that the responsibility of the relevant health personnel should be examined in both its administrative and criminal dimensions.

Shortcomings in the investigation

Vargün said lawyers who visited the prison on Mar 17, 2026, met with the prison director, who argued that the death had occurred for family-related reasons and that there had been no ill-treatment.

On the other hand, Vargün said that in a meeting with the prosecutor handling the file, they were told that letters allegedly written by Üstev had been sent to an expert, but that the file was incomplete. She noted that important evidence still had not been collected in the investigation.

The evidence said to be missing includes the full medical and execution files, raw camera footage, observation reports and witness statements.

The rights groups said all findings indicated that Üstev's death was foreseeable and preventable, stressing that public authorities have an obligation to protect prisoners at risk.

In the statement, the groups called on authorities, especially the Justice Ministry, to ensure that the investigation is conducted independently, impartially and effectively, and that the necessary proceedings are initiated against all those responsible.

In the joint statement, the organizations said, "We will continue to follow this process until justice is secured for Sinan Üstev's family and for the public." (BIA, 3 April 2026)

Constitutional Court once again rules Gezi convict Tayfun Kahraman’s imprisonment violates rights

The Constitutional Court has again found a rights violation in the case of imprisoned urban planner Tayfun Kahraman, ruling unanimously on a new individual application filed after its earlier judgment was not implemented.

Kahraman was among the eight convicts of the case concerning the 2013 Gezi Park protests, who were convicted in 2022 on charges related to an attempted overthrow of the government. The ruling came after a retrial following two trials ended in the defendants' acquittal.

The new top court judgment concerns lower courts’ failure to act on the Constitutional Court’s previous decision in Kahraman’s case.

Kahraman, a multipe sclerosis patient, has been referred to the hospital multiple times in connection with the disease.

Court refused to implement earlier ruling

An earlier application by Kahraman related to his health was rejected on the grounds that there was not enough medical documentation. The Constitutional Court had later ruled that his right to a fair trial had been violated in the proceedings before the İstanbul 13th Heavy Penal Court.

After that decision, Kahraman sought release. However, the İstanbul 13th Heavy Penal Court rejected the request on Nov 6, accusing the Constitutional Court of exceeding its authority. His lawyers appealed, but the İstanbul 14th Heavy Penal Court also dismissed the objection on Nov 13.

Kahraman’s wife, Meriç Demir Kahraman, said she learned of the latest ruling from the press.

“Thank you very much to everyone who called and asked. We, like you, learned from the press that the Constitutional Court unanimously ruled a rights violation regarding Tayfun’s second application. It was a decision we expected, we are happy and hopeful,” she wrote on social media.

Özgür Özel, leader of the main opposition Republican People’s Party (CHP), also welcomed the ruling.

“The Constitutional Court has once again ruled a rights violation, this time unanimously. I thank all the members and we are waiting for the decision to be published in the Official Gazette. In other words, the debate is now over. Tayfun Kahraman must be released as soon as possible,” he wrote. “Meriç must reunite with her husband, Vera with her father, and this country with one of its honest sons. Turkey is a constitutional state. The Constitutional Court’s ruling must be implemented immediately.”

Kahraman was sentenced to 18 years in prison in Apr 2022 over his involvement in the 2013 protests. Philanthropist Osman Kavala received a life sentence in the same case for attempting to overthrow the government, while seven others, including Kahraman, were sentenced to 18 years for aiding the attempt.

The Court of Cassation in Sep 2023 overturned the sentences of Mücella Yapıcı, Ali Hakan Altınay and Yiğit Ali Ekmekçi. They were acquitted in Feb 2025 after a retrial. Kahraman and three others remain in prison. (BIA, 3 April 2026)

Après le 7ème renvoi de son procès, la sociologue Pinar Selek dénonce une "parodie"

La justice turque a renvoyé jeudi pour la septième fois d'affilée le procès de la sociologue franco-turque Pinar Selek, jugée par contumace pour "terrorisme", qui a dénoncé une "parodie" au terme d'une audience expéditive de sept minutes.

Universitaire et écrivaine de 54 ans réfugiée en France, Pinar Selek avait été arrêtée, torturée et emprisonnée en 1998 alors qu'elle venait d'achever de longues séries d'entretiens au sein de la communauté kurde.

Le procès fleuve de Mme Selek, ajourné de six mois en six mois, reprendra le 18 septembre à 13H00 (10H00 GMT), ont rapporté à l'AFP des membres de son comité de soutien qui ont assisté à l'audience, au tribunal d'Istanbul.

Comme chaque fois, l'audience de jeudi matin a été refermée à peine ouverte.

Pinar Selek s'est dite "surprise par la rapidité" de l'audience.

"Ce nouveau report montre qu'ils ne savent pas quoi faire. C'est vraiment une parodie", a-t-elle déclaré devant son comité depuis le siège de la Ligue des droits de l'homme (LDH) à Paris.

La justice turque poursuit la chercheuse, spécialiste des mouvements féministes kurdes, depuis près de 28 ans et a déjà prononcé quatre acquittements.

"Le juge a dit attendre que soient comblées des lacunes du dossier", a indiqué à l'AFP un de ses soutiens, militant turc des droits humains qui a refusé d'être identifié.

Selon ce témoin, il s'agit, entre autres, de la déposition in situ de Mme Selek elle-même et de celle d'un autre accusé dans ce long feuilleton judiciaire, Abdülmecit Öztürk, lui aussi acquitté à plusieurs reprises mais de nouveau poursuivi depuis 2023.

Lors de précédentes audiences, le tribunal avait déjà affirmé attendre une réponse d'Interpol, l'organisation internationale de police criminelle, à sa demande d'extradition.

Or, selon les avocats de Mme Selek, Interpol a bien refusé le mandat d'arrêt.

Pinar Selek a été arrêtée en Turquie en 1998 pour ses travaux sur la communauté kurde, puis accusée d'être liée à une explosion qui avait fait sept morts au bazar aux épices d'Istanbul.

Libérée fin 2000, elle est d'abord restée à se battre en Turquie avant d'être poussée à l'exil en avril 2009. Elle se dit convaincue d'être arrêtée dès son arrivée si elle rentre en Turquie.

Pour la député européenne Mélissa Camara, membre de la délégation d'élus et d'universitaires venus de France à Istanbul, "cet énième report du procès de Pinar Selek marque malheureusement un nouveau chapitre dans le harcèlement judiciaire dont elle fait l'objet et qui ne vise qu'une chose, la broyer".

"J'ai appris à ne pas lâcher et je sais que jusqu'à la fin de ma vie je vais lutter. Ce procès n'est qu'une partie de mes luttes", a pour sa part insisté Mme Selek, qui vit et enseigne à Nice, où elle a été naturalisée en 2017.

Elle vient de publier, outre ses travaux sur la communauté kurde, un recueil de souvenirs, "Lever la tête" (éditions Université Paris Cité). (AFP, 2 avr 2026)


L'ONU appellent la Turquie à cesser "la criminalisation" des défenseurs des droits humains

La "criminalisation persistante" des défenseurs des droits humains et des avocats qui s'appuie sur les lois antiterroristes en Turquie doit prendre fin, ont exhorté mardi des experts de l'ONU.

La législation antiterroriste turque, régulièrement dénoncée par les défenseurs des droits humains "ne doit pas servir à restreindre arbitrairement les droits à la liberté d'expression, d'opinion, de réunion pacifique et d'association, ni à autoriser ou justifier une détention arbitraire", ont déclaré ces cinq experts indépendants mandatés par l'ONU.

Dans un communiqué, ces derniers appellent Ankara à "cesser la criminalisation persistante des défenseurs des droits humains et des avocats" à l'aide de ces lois.

Parmi ces derniers "clairement pris pour cible", les experts mentionnent en particulier des membres de l'Association des droits de l'homme tels que Hatice Onaran, condamnée en 2024 pour "violation de la loi sur le financement du terrorisme" pour avoir fourni de petites sommes d'argent à des détenus malades et démunis.

Condamnée à quatre ans et deux mois de prison, elle a été libérée en février pour une durée de six mois pour raisons médicales, mais son avocate, Suna Bilgin, a été condamnée en décembre à six ans et trois mois de prison pour sa défense d'anciens membres du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), organisation classée comme terroriste, indiquent les experts.

"Nous sommes préoccupés par le fait que la condamnation de Mme Bilgin soit liée à son activité d'avocate", notent ces derniers, évoquant aussi le cas de deux autres militants de l'association, Tugba Kahraman et Mehmet Acettin, inculpés en février dans des affaires identiques.

Les experts, qui ne s'expriment pas au nom de l'ONU, rappellent que "l'utilisation abusive des lois antiterroristes" et le cas de l'Association des droits de l'homme ont fait l'objet de plusieurs lettres adressées au gouvernement turc.

Ils indiquent également être en contact avec les autorités, qu'ils appellent "à respecter pleinement le droit international des droits de l'homme et à veiller à ce que sa législation antiterroriste contienne une définition précise et ciblée du terrorisme, conforme aux principes de légalité, de nécessité, de proportionnalité et de non-discrimination". (AFP, 31 mars 2026)

Pression sur les médias / Pressure on the Media

La Turquie adopte une loi pour interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans

Un texte interdisant les réseaux sociaux aux moins de 15 ans a été adopté mercredi soir par le parlement turc, a rapporté l'agence étatique turque Anadolu.

Selon cette loi, les moins de 15 ans ne pourront pas s'inscrire sur les réseaux sociaux et les plateformes numériques seront tenues de mettre en place des systèmes de vérification de l'âge, a précisé la chaîne turque d'information NTV.

Les parents disposeront d'outils pour contrôler le temps passé devant les écrans et les dépenses en ligne, tandis "qu'en cas d'urgence" les principales plateformes de réseaux sociaux devront intervenir dans l'heure suivant la diffusion de contenus préjudiciables, a ajouté NTV.

La loi entrera six mois après sa publication dans le journal officiel, a précisé Anadolu.

Plusieurs pays débattent d'une interdiction d'accès des moins de 15 ans aux réseaux sociaux.

Emmanuel Macron a appelé la semaine dernière à instaurer une "journée sans connexion" mensuelle pour les jeunes, afin qu'ils retrouvent la lecture ou le sport, "la vitalité de la vie réelle", avant une réunion de "coordination" européenne sur l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de quinze ans.

La semaine dernière, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et les dirigeants de douze pays de l'UE (Allemagne, Autriche, Chypre, Espagne, Grèce, Irlande, Italie, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République tchèque, Slovénie) ont débattu d'une restriction similaire concernant l'accès aux réseaux sociaux pour les enfants. Soit "le double" des Etats initialement volontaires à l'automne dernier, ce qui montre que la mesure "gagne du terrain", s'est félicité le président français. (AFP, 22 avr 2026)

Prosecutor seeks sentence for Bianet journalist over interview with Armenian youths

The second hearing of the case against bianet editor Tuğçe Yılmaz was held today at the İstanbul 2. Penal Court of First Instance in Çağlayan.

Yılmaz faces charges of "insulting the Turkish nation and the state of the Republic of Turkey" under Article 301 of the Turkish Penal Code regarding an interview she conducted with Armenian youth in Turkey.

Yılmaz attended the hearing alongside bianet's lawyer Deniz Yazgan and Hazal Sürmeli from the Media and Law Studies Association (MLSA). Reporters Without Borders (RSF) Turkey representative Erol Önderoğlu and Committee to Protect Journalists (CPJ) Turkey representative Özgür Öğret also monitored the proceedings.

Both the judge and the prosecutor had changed before the hearing.

Following Yılmaz's defense against the indictment in the first session, the prosecution submitted its final opinion, requesting a conviction in line with the indictment.

Yılmaz and Yazgan requested additional time to prepare their defense against the prosecution's opinion. The court adjourned the case until Oct 20.

The lawsuit was initiated following a report filed by an individual through the Presidency Communications Center (CİMER). (BIA, 21 April 2026)

Un journaliste condamné à deux ans et demi de prison

Un tribunal d'Istanbul a condamné mardi le journaliste turc Zafer Arapkirli, chroniqueur pour le quotidien d'opposition BirGün, à deux ans et demi de prison pour "diffusion d'informations trompeuses", ont rapporté des ONG et son journal.

M. Arapkirli était poursuivi pour des commentaires publiés sur X au sujet d'affrontements internes en Syrie après le renversement en 2024 du président Bachar Al-Assad.

Ses publications faisaient notamment référence à des violences meurtrières entre des partisans d'Assad et des forces alignées sur les nouvelles autorités syriennes dans des villages à majorité alaouite.

La Turquie, qui a soutenu l'offensive rebelle ayant renversé Assad, a depuis tissé des liens étroits avec le nouveau pouvoir syrien du président Ahmed Al-Chareh.

S'adressant au tribunal, M. Arapkirli a nié ces accusations. "Ici, en présence du procureur, je veux dénoncer un crime bien plus grave: entraîner collectivement le public dans une profonde obscurité", a-t-il déclaré, dans des propos rapportés par l'Association pour les études sur les médias et le droit (MLSA).

Le tribunal l'a acquitté d'une autre accusation, celle d'incitation à la haine, selon BirGün.

Un responsable local de Reporters sans frontières (RSF), Erol Onderoglu, a condamné le verdict, estimant que cette peine visait à "priver de son rôle social un journaliste fort de 42 ans de carrière".

"Le journalisme ne pourra cesser d'être une profession dangereuse que lorsque l'instrumentalisation du droit aura pris fin", a-t-il dénoncé sur X.

Dans un entretien téléphonique avec l'AFP, M. Arapkirli a déclaré qu'il ferait appel de la décision du tribunal, même si les peines de prison de trois ans ou moins sont rarement appliquées en Turquie. Mais elles obligent généralement les personnes reconnues coupables à se présenter à des audiences ultérieures et entraînent des frais de justice élevés.

Interrogé sur ce que la peine signifiait concrètement, il a répondu: les autorités "essaient de créer des obstacles et de restreindre notre travail, mais notre résistance se poursuivra quoi qu'il arrive".

Le journaliste a décrit la situation comme "une tentative de nous lier les mains et de nous intimider, une forme de répression". "Ce sont des pratiques typiques des régimes répressifs. Cependant, nous tenterons de surmonter cela grâce à la solidarité", a-t-il ajouté.

Dans une autre affaire, un tribunal d'Istanbul a acquitté la journaliste Sule Aydin tout en condamnant trois autres personnes à des peines de prison pour des commentaires faits lors d'une émission télévisée diffusée en 2024 sur la chaîne d'opposition Halk TV, qui portait sur des allégations concernant les échanges commerciaux de la Turquie avec Israël.

Timur Soykan a été condamné à 10 mois de prison pour "violation du secret", tandis que Murat Agirel et Baris Pehlivan ont chacun écopé d'un an et trois mois pour" diffusion publique d'informations trompeuses", a rapporté MLSA.

En 2022, le gouvernement du président Recep Tayyip Erdogan a adopté une législation controversée rendant passible de jusqu'à trois ans de prison la diffusion d'informations "trompeuses".

La loi dite sur la "désinformation", qualifiée de loi sur la "censure" par les détracteurs d'Erdogan, étend la portée des précédentes réglementations sur les médias pour couvrir également les publications en ligne et les plateformes de réseaux sociaux.

Les Nations unies avaient alors exhorté Ankara à garantir le plein respect de la liberté d'expression, affirmant que la loi laissait une marge importante aux abus.

La Turquie se classe au 159e rang sur 180 pays dans le dernier classement mondial de la liberté de la presse de RSF, entre le Pakistan et le Venezuela. (AFP, 14 avr 2026)

Journalist sentenced for 'insulting the president' over 2016 statement

Journalist Hakkı Boltan has been sentenced to 1 year, 2 months, and 17 days in prison for "insulting the president" over his statement condemning the killing of a colleague in 2016.

The Diyarbakır 12th Penal Court of First Instance reached the verdict today during the tenth hearing of a retrial which Boltan did not attend.

His lawyer, Resul Temur, argued during the defense that the statements were made within the scope of freedom of expression. Temur noted that Boltan was acting as a representative of a journalists' association at the time.

Boltan is the former co-chair of the Free Journalists Association (ÖGC) and former head of the Dicle Fırat Journalists Association (DFG), both active in the Kurdish-populated regions.

Temur noted that the remarks were intended as criticism following the killing of a journalist in Cizre, Diyarbakır, during clashes between security forces and local militia.

"The client made the statements subject to trial because he is both a journalist and knew Rohat Aktaş closely," he said.

Background

The case originated from an indictment prepared by the Diyarbakır Chief Public Prosecutor's Office in 2019. It listed President Recep Tayyip Erdoğan and Ahmet Davutoğlu, the PM at the time of the incident, as complainants.

Boltan made the statement in question on Feb 11, 2016, condemning the death of Rohat Aktaş, the former managing editor of Azadiya Welat, the only Kurdish-language daily newspaper in Turkey for a long time.

In Jun 2021, the local court had initially sentenced Boltan to separate prison terms for insulting both Erdoğan and Davutoğlu.

The 2nd Penal Chamber of the Diyarbakır Regional Court of Justice, the appeals court, overturned that decision in Oct 2022.

The appeals court ruled that establishing separate convictions constituted an excessive sentence. The case was subsequently sent back to the local penal court of first instance for the retrial concluded today. (BIA, 14 April 2026)


Journalist Bahadır Özgür investigated over report on ISIS shell companies in Turkey

İstanbul prosecutors have opened an investigation into journalist Bahadır Özgür, a columnist for the pro-opposition Halk TV's website, following a criminal complaint by the Financial Crimes Investigation Board (MASAK).

The investigation is based on allegations that Özgür disclosed a "confidential report containing state intelligence information" in a news article published in 2022.

In the article titled "Million-dollar exports from Mersin to ISIS" (Mersin'den IŞİD'e milyon dolarlık ihracat) published in the daily BirGün, Özgür reported that drone parts brought from China were sold to individuals responsible for ISIS drone attacks through foreign trade companies established in Mersin.

The report stated that the founders of these companies obtained Turkish citizenship and were linked to high-ranking ISIS militants in Syria who were later killed in US air strikes.

A report by MASAK and intelligence units, which detailed ISIS-linked names and activities in Turkey, served as the basis for the article. The document included names and activities in Turkey involved in this illegal trade.

The report was submitted to the court upon request as part of the 2015 Ankara bombings trial, after defense lawyers requested information regarding the ISIS members involved in the massacre. The report was included in the case file. The twin suicide bombing was the deadliest carried out by ISIS in Turkey, claiming more than 100 lives and injuring hundreds of others.

Bahadır Özgür gave a statement at the İstanbul Chief Public Prosecutor Office Terrorism Crimes Investigation Bureau on Apr 9.

He stated that the information in question was submitted to a public court and that there was no confidentiality order on the file.

Özgür noted that he did not include any information that could be considered a "state secret" in his report, emphasizing that the report itself mentioned that state institutions had also imposed sanctions on the ISIS-linked individuals featured in the news. (BIA, 13 April 2026)

Un appel depuis Bruxelles pour la liberté de la presse en Turquie

 

Doğan Özgüden, Artı Gerçek, 13 avril 2026

Hier, la capitale de la Belgique a été la scène d’une importante réunion contre la répression des journalistes et pour la reconnaissance de la liberté de la presse en Turquie. Dans le cadre de la table ronde organisée par la Plateforme formée par des organisations et personnalités démocratiques de Turquie à la salle paroissiale Moorsel à Tervuren, près de Bruxelles, l’écrivaine Sevim Kahraman Yanardağ a lu un message de son mari, le journaliste Merdan Yanardağ, toujours détenu en Turquie. Ce dernier a appelé tous les progressistes et démocrates à l’étranger à se joindre à la lutte pour la liberté de la presse en Turquie.
 
Après les interventions de Mehmet Tanlı, ancien représentant de Tele1 venu d’Allemagne, et de l’écrivain Erdinç Utku, qui ont soutenu cet appel, j’ai également prononcé le discours repris ci-dessous, en soulignant la dimension historique de la violation de la liberté de la presse en Turquie depuis les années 1940, au début de la soi-disant « transition démocratique », et ai soutenu cet appel.
***
Chers amis,
 
Je remercie du fond du cœur tous les amis qui ont organisé cette rencontre exceptionnelle en solidarité avec Merdan Yanardağ, un estimé collègue qui lutte pour la liberté en Turquie. Et évidemment, un immense merci à Mehmet Tanlı, Sevim Kahraman Yanardağ et Erdinç Utku, qui ont pris la parole avant moi et exposé dans le détail la lutte et les injustices subies par Merdan…
 
Ce qui me réjouit particulièrement à l’occasion de cette rencontre, c’est d’être à la même tribune que la chère épouse de Merdan, l’écrivaine Sevim Kahraman Yanardağ, qui partage le même combat… Comment aurait-il pu en être autrement, moi qui, comme eux, dans mes 74 ans de journalisme, ai partagé, avec mon épouse İnci Tuğsavul, journaliste depuis 61 ans, toutes ses luttes, ses succès et ses peines.  
 
Elle a insisté pour être présente à cette rencontre avec ses collègues et amis, alors qu’elle doit affronter un grave problème de santé.
 
Aujourd’hui, alors que je m’adresse à vous, je porte également en moi la douleur du 58e anniversaire du sacrifice d’un ami éditeur socialiste à l’hostilité de l’État turc envers la presse et l’édition.
 
En effet, il y a exactement 58 ans aujourd’hui, le 12 avril 1968, Mehmet Ali Ermiş, l’un des éditeurs militants des années 1968, mourait dans le box des accusés du tribunal où il était jugé en vertu de l’article 142 du Code pénal turc, malgré de graves problèmes de santé.
 
Mon ami Mehmet Ali, qui luttait dans le même immeuble que notre revue et notre maison d’édition Ant à Cağaloğlu, était jugé pour avoir publié, pour la première fois en Turquie, l’œuvre de notre grand poète Nazım Hikmet, mort en exil, intitulée « Vivre est une belle chose mon frère ».
 
Par ailleurs, je suis encore profondément touché par la tristesse suscitée par une émission que j’ai écoutée hier soir sur Apaçık Radio, une station régulièrement censurée pour être la voix de la liberté en Turquie… Il s’agissait de la présentation du documentaire « Comme un roman », retraçant comment, il y a 80 ans, des foules nationalistes manipulées par un complot gouvernemental, avaient pris d’assaut les locaux de Tan, le seul journal de gauche de l’époque, et comment ses deux grands journalistes dirigeant le journal, Sabiha Sertel et Zekeriya Sertel, furent contraints à l’exil.
 
Le raid de Tan est l’un des évènements majeurs qui a le plus marqué ma carrière de journaliste et a renforcé mon engagement dans la lutte de gauche.
 
Oui, j’ai débuté ma carrière de journaliste en 1952 à Izmir dans un journal d’opposition. Mais mes débuts remontent à bien plus loin… Enfant de cheminot, j’ai passé mes années d’école primaire, qui ont coïncidé avec la Seconde Guerre mondiale, dans les villages de la steppe d’Anatolie centrale sous le joug de la gendarmerie. Dans la dernière année de la guerre, j’étais dans une école primaire à Konya… Pour nous apprendre comment les journaux étaient publiés, on nous avait emmené visiter l’imprimerie d’un quotidien local. À seulement 9 ans, j’y fis connaissance avec le plomb antimoine qui allait à jamais marquer ma vie.
 
De plus, nos professeurs qui nous informaient de l’actualité mondiale en lisant chaque jour le journal Cumhuriyet ainsi que le journal Tan, nous avaient confiés la tâche de réaliser un journal mural, ce fut mon premier pas dans le journalisme.
 
Nous étions très heureux… Cependant, quelques mois plus tard, à partir de la fin de 1945, le journal Tan cessa d’arriver… Nos professeurs nous expliquèrent avec une grande tristesse que l’imprimerie avait été détruite, raison pour laquelle le journal s’était tu.
 
Dans les années 60, près qu’İnci et moi ayons transformé Akşam, le plus ancien journal de Turquie, en la voix quotidienne de la gauche, puis commencé à publier la revue socialiste Ant, la famille Sertel fut parmi les premières à nous apporter un soutien important depuis l’étranger.
 
Il y avait une raison spéciale à cela… L’imprimerie Tan, attaquée en 1945, fut par la suite restaurée par Halil Lütfü Dördüncü, et dès le début de 1967, nous commençâmes à y composer et à imprimer la revue Ant.
 
Toutefois, sous le gouvernement Demirel, des capitalistes islamistes en pleine ascension s’emparèrent de l’imprimerie pour une somme considérable, dans le seul but de faire taire Ant, et interdirent l’impression de notre revue.
 
Les Sertel, qui suivaient depuis l’étranger les publications d’Akşam et d’Ant que nous dirigions, nous ont demandé de publier en Turquie les livres qu’ils avaient écrits en exil… Nous publiâmes les œuvres intitulées « Comme un roman » de Sabiha Sertel et « Le Géant aux yeux bleus » de Zekeriya Sertel sur Nazım Hikmet, ainsi que « Les courants progressistes en Turquie » de leur fille en exil Yıldız Sertel, sans jamais imaginer qu’un jour, comme eux, nous serions nous aussi contraints à l’exil.
 
Un autre évènement douloureux qui a marqué mon enfance fut l’annonce de la mort de Sabahattin Ali, dont je lisais avec grand plaisir les livres et la revue Marko Paşa, qu’il co-dirigeait avec Aziz Nesin, alors que j’étais élève au lycée Atatürk d’Ankara… Fin 1948, l’État turc assassina sous un complot abject ce grand journaliste, qui dans un de ses poèmes, disait : « Ne baisse pas la tête, ne t’inquiète pas mon cœur, ne t’inquiète pas ».
 
J’ai débuté dans le journalisme à Izmir en 1952 comme sténographe dans des journaux d’opposition… C’était l’époque où le Parti démocrate, arrivé au pouvoir avec des promesses de démocratie et de liberté, lançait les célèbres arrestations du « Parti communiste de Turquie », envoyait une brigade de 4500 hommes en Corée, et faisait ensuite entrer la Turquie dans l’OTAN, époque à laquelle un quartier général de l’OTAN fut établi au cœur d’Izmir.
 
La première arrestation de journaliste dont je fus directement témoin dans ma carrière remonte à 1955, suite au Pogrom des 6-7 septembre à Istanbul et Izmir, où toutes les minorités, aussi bien les Grecs et les Arméniens que les Juifs, avaient été prises pour cible. Au lieu d’arrêter et d’emprisonner les assaillants et les meurtries, on arrêtait les journalistes d’opposition, en particulier ceux de gauche. Orhan Rahmi Gökçe, directeur du Sabah Postası, le journal pour lequel je travaillais, figurait parmi les journalistes arrêtés…
 
Dans les années qui suivirent, outre la direction du Sabah Postası, j’assumai aussi les fonctions de correspondant du journal Milliyet d’Istanbul et du journal Öncü d’Ankara.
 
Dès le début, j’assumai des responsabilités au sein de l’Association des journalistes et du Conseil déontologique de la presse pour défendre la liberté de la presse, du Syndicat des journalistes et de la Fédération des syndicats de journalistes de Turquie pour défendre les droits sociaux des professionnels de la presse, et du Parti ouvrier de Turquie, qui initia à partir des années 1960 la lutte des classes sur le plan légal.
 
Après une période de relative liberté au début des années 60, à la suite de l’accession au pouvoir de Morrison Süleyman, imposé par les USA, lors des élections de 1965, les pressions les plus abjectes commencèrent à s’exercer contre la presse, et en particulier la presse de gauche.
 
La revue Ant que nous publiions devint une cible, non seulement du gouvernement Demirel, mais aussi de l’armée qui le soutenait.
 
Dès 1967, je fus traîné devant un tribunal militaire pour y être jugé comme « traître à la patrie » sur ordre du chef d’état-major de l’époque, Cemal Tural, pour avoir appelé à la résistance en révélant le projet américain d’implantation de mines nucléaires dans l’est de la Turquie.
 
Au quartier général de la 1ère Armée, neuf officiers m’interrogèrent et me menacèrent pour avoir expliqué, documents à l’appui, que le Fonds d’entraide de l’Armée (OYAK) avait été créé pour intégrer tous les officiers à la classe capitaliste. De plus, j’avais publié en couverture de la revue Ant, après les arrestations qui suivirent la résistance légendaire des 15-16 juin à Istanbul, que « les officiers devenus capitalistes ne peuvent pas juger la classe ouvrière ».
 
Si la plupart des poursuites engagées à notre encontre étaient fondées sur l’accusation de « propagande communiste », de nouvelles instructions commencèrent à être ouvertes pour avoir relaté la juste résistance de la nation kurde pour la liberté et l’égalité, pour avoir publié des articles d’écrivains kurdes, et surtout pour la publication de l’œuvre intitulée « Histoire Kurde » de Cheref Khan.
 
Après le coup d’État du 12 mars, les peines demandées à notre encontre s’élevèrent à plus de 300 ans, la revue Ant fut fermée, les colis de livres de notre maison d’édition furent déchirés à la baïonnette, et nous fûmes recherchés par voie d’affiches et d’annonces à la radio. C’est pourquoi, nous fûmes contraints de quitter la Turquie le 11 mai 1971 avec de faux passeports pour poursuivre la lutte depuis l’étranger.
 
Depuis exactement 55 ans, nous avons travaillé à alerter l’opinion publique internationale sur les pratiques fascistes menées sans cesse en Turquie et à soutenir toutes les organisations de résistance des diasporas, d’abord en organisant le Mouvement de résistance démocratique et Info-Türk, puis après le coup d’État de 1980, l’Union pour la Démocratie. Nous en avons payé le prix, en étant déchus de notre nationalité turque après le coup d’État de 1980.
 
Le temps me manque… Je ne veux pas vous ennuyer en racontant des souvenirs… De toute façon, j’ai déjà partagé le récit de ma vie et de mes luttes, de mon enfance à mes années d’exil, dans les deux volumes de mes mémoires intitulées Journaliste « apatride », ainsi que tous les articles que j’ai écrits et les entretiens que j’ai donnés durant mes 55 années de lutte en exil, dans les neuf volumes de mon livre intitulé Écrits d’Exil. Et le combat d’İnci dans mon livre « Une rebelle dans l’encre d’exil »…
 
Tout comme pour ces livres, les versions pdf de toutes les revues et livres que j’ai publiés en Turquie et dans l’exil sont disponibles sur la page internet d’Info-Türk.
 
Concernant le sujet du panel d’aujourd’hui sur « La liberté de la presse en Turquie », mes amis qui sont intervenus avant moi, ont apporté des informations très précieuses. Je les en remercie.
 
J’aimerais vous rappeler une dernière chose pendant que nous sommes ensemble…
 
La semaine dernière, le 6 avril était la « Journée des journalistes assassinés ». Depuis l’assassinat d’Hasan Fehmi, journaliste opposé à l’Union et Progrès, abattu sur le pont de Galata le 6 avril 1909, le nombre de journalistes tués en Turquie et dans les pays limitrophes où la Turquie est intervenue militairement s’élève à 117.
 
Nous souhaitons que Merdan Yanardağ et tous nos amis, journalistes, écrivains, scientifiques et politiciens, qui souffrent depuis des années dans les prisons de Turquie, retrouvent au plus vite la liberté.
 
Et que justice soit rendue au plus vite aux journalistes assassinés.
 
Naturellement, nos organisations démocratiques à l’étranger ont une grande responsabilité à cet égard. Je leur souhaite à toutes un plein succès dans leur combat.
 
Pour conclure, je tiens à adresser spécialement mes salutations à mes chers amis Erdinç Utku et Serpil Aygün, qui sont en première ligne de ce combat depuis des années et qui m’ont toujours manifesté leur solidarité face aux attaques des médias contrôlés par le gouvernement, à Ali Cabbar et Fahire Kurt, auteurs des ouvrages documentaires « Aşk Olsun Çocuk (Bravo mon enfant) » sur Deniz Gezmiş et « Yaşamak Güzel Şey (Vivre est une belle chose) » sur Nazım Hikmet, et à Bahar Kimyongür et Deniz Demirkapı qui, comme nous, ont été constamment pris pour cible non seulement par l’État turc mais aussi par les médias turcophones à son service en raison de leur lutte contre le fascisme en Turquie.
 
Je me souviens également avec respect et affection de mes précieux amis journalistes-écrivains Barbro Karabuda, Güneş Karabuda, Teslim Töre, Garbis Altınoğlu, Ali Ertem, Doğan Akhanlı, Celal Başlangıç et Ergün Sönmez, qui nous ont quittés pendant que nous combattions ensemble en exil.
 
Comme le disait Ernesto Che Guevara : Hasta la victoria sempre… Pour toujours, jusqu’à la victoire toujours…
 
Traduction: Mazyar KHOOJINIAN  

Doğan Özgüden, Arti Gerçek, 6 avril 2026
 
Après une interruption de trois semaines due à divers obstacles, je me suis remis devant mon ordinateur pour deux évènements importants sur la liberté de la presse en Turquie.
 
Erdinç Utku et Serpil Aygün, fondateurs et dirigeants de Bin Fikir, dont nous suivons avec estime le travail effectué en Belgique tant sur le plan des médias que dans le domaine de la culture, à commencer par le théâtre, organisent un panel le dimanche 12 avril pour dénoncer les violations constantes de la liberté de la presse en Turquie. 
 
Il y a trois ans d’ici, le 8 janvier 2023, avait été organisé à leur initiative la manifestation « Le journalisme n’est pas un crime » sur la place Schuman à Bruxelles. Avec mes jeunes collègues, nous avions scandé « On ne peut pas faire taire la presse ! » et « Halte à la censure en Turquie, liberté pour les journalistes ! » devant les murs des institutions de l’Union européenne.
 
Dimanche prochain, à partir de 15h, nous allons discuter dans la table ronde qu’ils organiseront à la salle paroissiale Moorsel à Tervuren, près de Bruxelles, des atteintes à la liberté de la presse en Turquie et des moyens de les combattre, en compagnie de l’écrivaine Sevim Kahraman Yanardağ, épouse du directeur de Tele1 et journaliste Merdan Yanardağ, incarcéré en Turquie depuis le 24 octobre 2025, du représentant de Tele1 en Allemagne Mehmet Tanlı, de l’écrivain Erdinç Utku et du caricaturiste İsmail Doğan.
 
Par ailleurs, à Istanbul, à l’occasion de la « Journée des Journalistes Assassinés du 6 avril », l’Association des Journalistes de Turquie, le Syndicat des Journalistes de Turquie, l’Union des Éditeurs de Turquie, le Syndicat des Écrivains de Turquie, le PEN Club de Turquie, le syndicat Basın İş affilié à la DİSK et l’Association des Journalistes Contemporains se réuniront au Centre de conférences Burhan Felek du TGC pour exprimer leurs objections face aux entraves au droit à l’information du peuple ainsi qu’aux pressions et arrestations visant les journalistes, les éditeurs et les écrivains.
 
L’appel commun des organisations professionnelles dit : « Nous faisons du journalisme dans un pays où 67 journalistes ont été tués. En cette Journée des Journalistes Assassinés du 6 avril, dédiée à nos collègues assassinés, nous nous rassemblons pour faire vivre le journalisme. Pour le droit du peuple à l’information et pour la survie du journalisme, nous lancerons un appel à la libération de nos collègues emprisonnés ».
 
Je soutiens de tout mon cœur cette initiative conjointe de l’Association des Journalistes de Turquie dont je suis membre depuis plus d’un demi-siècle.
 
Toutefois, j’ai été très surpris que la Turquie soit décrite comme un pays où seulement 67 journalistes auraient été assassinés…
 
Il n’y a pas de désaccord sur le fait que le premier journaliste assassiné en Turquie ait été Hasan Fehmi, abattu sur le pont de Galata le 6 avril 1909, pour avoir critiqué le gouvernement de l’Union et Progrès dans son journal Serbesti dont il était le rédacteur en chef.
 
Cependant, au cours des 117 années qui se sont écoulées depuis, le nombre de journalistes assassinés en Turquie ou dans le pays voisins où l’État turc est intervenu militairement a plus que doublé le nombre de 67 journalistes assassinés.
 
La principale raison de cette disparité est sans aucun doute que, si les journalistes assassinés au cours des années précédentes sont commémorés, les assassinats de nos collègues arméniens et kurdes ne sont jamais mentionnés.
 
La première déclaration sur ce sujet, fondée sur des recherches sérieuses, fut faite en 2021 par Necati Abay, représentante en exil de la Plateforme de solidarité avec les journalistes détenus (Tutuklu Gazetecilerle Dayanışma Platformu – TDGP), qui avait fourni les informations détaillées suivantes concernant les journalistes et écrivains assassinés depuis 1909 :
 
« D’après mes recherches, que je mène depuis de nombreuses années, 124 journalistes et écrivains ont été assassinés au cours des 112 années écoulées depuis le 6 avril 1909.
 
« La plupart de ces journalistes et écrivains ont perdu la vie dans des affaires dites "non résolues", qui étaient en réalité des exécutions de rue et des disparitions forcées commises par les forces étatiques.
 
« Les cibles de ces attaques se trouvent être les journalistes et écrivains dissidents de la presse turque, de la presse kurde et de la presse arménienne.
 
« Ces attaques, qui visent directement à tuer conformément à la politique étatique traditionnelle, constituent des attaques contre la liberté de pensée et d’expression, la liberté de la presse et le droit du peuple à l’information.
 
« En matière d’assassinats de journalistes, l’année 1915 et les années 1970, 1980 et 1990 se distinguent particulièrement. Un lien direct est établi entre ces assassinats et des phénomènes historiques et sociaux.
 
« La plupart des journalistes et écrivains de la presse turque ont été tués dans les années 1970, 1980 et 1990, les journalistes et écrivains de la presse arménienne, à l’exception de Hrant Dink, ont été tués en 1915 lors du Génocide des Arméniens, et la grande majorité des journalistes et écrivains de la presse kurde ont été tués dans les années 1990-1994.
 
« Le 24 avril 1915, à Istanbul, 220 dirigeants, intellectuels et personnalités arméniennes ont été arrêtés, détenus, déportés (exilés à Çankırı) et victimes d’attaques génocidaires. Parmi eux figuraient 32 journalistes et écrivains. Tous ont été tués lors de ces attaques en détention-déportation. Parmi eux figuraient notamment Krikor Zohrab, Siamanto, Sarkis Minasyan, Armen Doryan et Rupen Zartaryan. On ignore encore où se trouvent la plupart de leurs sépultures. Avec l’assassinat de Hrant Dink, journalistes et écrivain arménien, rédacteur en chef du journal Agos, à Istanbul le 19 janvier 2007, le nombre des journalistes et écrivains arméniens assassinés s’est élevé à 33.
 
« Dans les années 1990-1994, durant l’intense sale guerre coloniale menée dans les provinces kurdes, 18 journalistes et écrivains de la presse kurde, ainsi que de nombreux distributeurs de journaux, furent assassinés.
 
« Parmi ces journalistes et écrivains kurdes figurent Musa Anter, Ferhat Tepe, Nazım Babaoğlu, Hüseyin Deniz et Hafız Akdemir, assassinés alors qu’ils travaillaient pour le journal Özgür Gündem.
 
« À différentes époques, des journalistes et écrivains de la presse turque, tels que Sabahattin Ali, Recai Ünal, Abdi İpekçi, Çetin Emeç, Turan Dursun, Uğur Mumcu, Ahmet Taner Kışlalı et Metin Göktepe, ont également été tués.
 
« Des milliers d’assassinats "non élucidés", dont ceux de journalistes et d’écrivains, ont été commis par les forces étatiques sur ces terres. Il est impératif de faire la lumière sur ces crimes "non élucidés" et de traduire en justice aussi bien leurs auteurs que les forces étatiques qui les ont commandités ».
 
À la fin de cet article, je reproduirai la liste du TGDP, en y ajoutant les noms d’Ahmet Muzaffer Gürkan et Ayhan Hikmet, rédacteurs du journal Kıbrıs-Cumhuriyet, assassinés à Nicosie les 23 et 24 avril 1962, ainsi que ceux des journalistes assassinés après 2021.
 
Au surplus, je partage une information importante tirée du livre de mon ami Kadir Akın, « Paramaz révolutionnaire arménien – Les socialistes arméniens et le génocide, d’Abdülhamid à l’Union et Progrès », qui expose le contexte historique et politique préparatoire du génocide des Arméniens de 1915 et reproduit des souvenirs et documents de cette époque.
 
Les intellectuels arméniens condamnés à la pendaison sur la place Beyazıt à Istanbul le 15 juin 1915 à 3h30 du matin :
 
Vahan BOYACIYAN, Aram AÇIKBAŞYAN, Bedros TOROSYAN, Armenak HAMPARTSUMYAN, Sımbat KILIÇYAN, Hagop BASMACIYAN, Minas KEŞİŞYAN, Mıgırdiç YERETSYAN, Hrant YEGAVYAN, Yeremya MANANDYAN, Karekin BOĞOSYAN, Keğam VANİKYAN, Kamig BOYACIYAN, Hovhannes DER-ĞAZARYAN, Boğos BOĞOSYAN, Murad ZAKARYAN, Tovmas TOVMASYAN, Abraham MURADYAN, Yervant TOPUZYAN.
 
***
 
LISTE DES « JOURNALISTES ASSASSINÉS » DU TDGP
 
* Hasan Fehmi, journal Serbesti, İstanbul, 6 avril 1909
* Ahmet Samim, journal Sada-yı Millet, İstanbul, 9 juin 1910
* Zeki Bey, journal Şehrah, İstanbul, 10 juillet 1911
* Şair Hüseyin Kami, journal Alemdar, Konya, 1912
* Silahçı Tahsin, journal Silah, İstanbul, 27 juillet 1914
* Kevork Ferid, journal Tasvir’i Efkar, İstanbul, déporté du 24 avril 1915, sort inconnu.
* Hovhannes Kazancıyan, journaliste-écrivain, İstanbul, déporté du 24 avril 1915, sort inconnu.
*  Krikor Torosyan, revue humoristique Dizağik, İstanbul, déporté du 24 avril 1915, sort inconnu
* Sarkis Minasyan, journal Azadamard, İstanbul, déporté du 24 avril 1915, mort à Ayaş, 5 mai 1915
* Sarkis Suin (Süngücüyan), journal İravunk, arrêté le 1er juin 1915, sort inconnu.
* Nerses Papazyan, journal Azadamard, İstanbul, déporté du 24 avril 1915, mort à Ankara en 1915
*  Harutyun Şahrigyan, journal Azadamard, député, İstanbul, déporté du 24 avril 1915, mort à Ankara en 1915
*  Garabed Paşayan Khan, écrivain, docteur, député, İstanbul, déporté du 24 avril 1915, mort à Ankara en 1915
* Levon Larents, journal Tsayn Hayrenyats, journal Murc, İstanbul, déporté du 24 avril 1915, mort à Ankara en 1915
* Simpad Pürad, journal Pünig, revue Kağapar, İstanbul, déporté du 24 avril 1915, mort à Ankara en 1915
* Hampartsum Hampartsumyan, journal Azadamard, İstanbul, déporté du 24 avril 1915, mort à Ankara en 1915
* Keğam Parseğyan, journal Azadamard, İstanbul, déporté du 24 avril 1915, mort à Ankara en 1915
* Şavarş Krisyan, journal Marmnamarz, İstanbul, déporté du 24 avril 1915, mort à Ankara en 1915
* Siamanto (Adom Yarcanyan), journal Azadamard, İstanbul, déporté du 24 avril 1915, mort à Ankara en 1915
* Armen Doryan, écrivain, İstanbul, déporté du 24 avril 1915, mort à Ankara en 1915
* Sarkis Parseğyan (Şamil), journal Aşkhadank, mort à Ankara en 1915
* Yervant Srmakeşhanlıyan (Yerukhan), journaliste-écrivain, Harput, 1915
* Tılgadintzi (Hovhannes Hanıtyunyan), journaliste-écrivain, Harput 1915
* Gagik Ozanyan, revue Merzifon Halguni, İstanbul, déporté du 24 avril 1915, Sivas 1915
* Mardiros H. Kundakçıyan, journal Ceride-i Şarkiye, İstanbul, déporté du 24 avril 1915, condamné à mort à Kayseri.
* Vıramyan (Onnig Tertsagyan), journal Azadamard, Van, 1915
* Dikran Odyan (Aso), journal Yergir, 1915
* K. Khajag (Karekin Çakalyan), écrivain, Diyarbakır 1915
* Rupen Zartaryan, journal Azadamard, İstanbul, déporté du 24 avril 1915, Diyarbakır 1915
* Karakin Gozikyan (Yesalem), journal Manzume, revue NorGyank, déporté de Trabzon, 1915
* E. Agnuni (Khaçadur Malumyan), journal Azadamard, İstanbul, déporté du 24 avril 1915, Diyarbakır, 5 mai 1915
* Krikor Zohrab, journaliste-écrivain, député, İstanbul, déporté le 20 mai 1915, mort à Urfa, le 15 juillet 1915
* Mihran Tabakyan, écrivain, İstanbul, déporté du 24 avril 1915, Yozgat, août 1915
* Hagop Terziyan (Hagter), journaliste-écrivain, İstanbul, déporté du 24 avril 1915, Yozgat 24 août 1915
* Diran Kelegyan, journal Sabah, İstanbul, déporté du 24 avril 1915, Çankırı, 26 août 1915
* Daniel Varoujan, écrivain-poète, İstanbul, déporté du 24 avril 1915, Çankırı, 26 août 1915
* Rupen Sevag, (Çilingiryan), journal Azadamard, İstanbul, déporté du 24 avril 1915, Çankırı, 26 août1915
* Hasan Tahsin, journal Hukuk-u Beşeri, İzmir, 15 mai 1919
* Mustafa Suphi, journal Yeni Dünya, Mer Noire (au large de Trabzon) 28 janvier 1921
* Ethem Nejat, journaux Kurtuluş et Aydınlık, Mer Noire (au large de Trabzon) 28 janvier 1921
* Hüseyin Hilmi (İştirakçi/Sosyalist Hilmi), journal İştirak-revue Medeniyet, İstanbul, 15 novembre 1922
* Ali Kemal, journal Peyam-ı Sabah, İzmit, 1922
* Ali Şükrü Bey, journal Tan, député de Trabzon, Ankara 27 mars 1923
* Hikmet Şevket, 1930
* Sabahattin Ali, revue Marko Paşa, Kırklareli, 2 avril 1948
* Ahmet Muzaffer Gürkan, Kıbrıs-Cumhuriyet, Lefkoşa/Nicosie, 23-24 avril 1962
* Ayhan Hikmet, Kıbrıs-Cumhuriyet, Lefkoşa/Nicosie, 23-24 avril 1962
* Adem Yavuz, Anka Ajansı, Kıbrıs, 27 août 1974
* Zeki Erginbay, revue Teknik Güç, İstanbul, 3 février 1977
* Hüseyin Şen, revue Kawa, İstanbul, 21 mars 1978
* Gani Bozarslan, revue Aydınlık, 10 mai 1978
* Ali İhsan Özgür, journal Politika, İstanbul, 21 novembre 1978
* Cengiz Polatkan, journal Hafta Sonu, Ankara, 1 décembre 1978
* Abdi İpekçi, journal Milliyet, İstanbul, 1 février 1979
* İlhan Darendelioğlu, journal Ortadoğu, İstanbul, 19 novembre 1979
* İsmail Gerçeksöz, journal Ortadoğu, İstanbul, 4 avril 1980
* Ümit Kaftancıoğlu, TRT, İstanbul, 11 avril 1980
* Muzaffer Fevzioğlu, journal Hizmet, Trabzon, 15 avril 1980
* Hayrabet Honca, journal Halkın Birliği, Kayseri, 1 mai 1980
* Recai Ünal, journal Demokrat, İstanbul, 2 juillet 1980
* Mevlüt Işıt, journal Türkiye, Ankara, 1juin 1988
* Seracettin Müftüoğlu, journal Hürriyet, Nusaybin, 29 juin 1989
* Sami Başaran, journal Gazete, İstanbul, 29 juin 1989
* Kamil Başaran, journal Gazete, İstanbul, 7 novembre 1989
* Çetin Emeç, journal Hürriyet, İstanbul, 7 mars 1990
* Turan Dursun, revues İkibine Doğru et Yüzyıl, İstanbul, 4 septembre 1990
* Gündüz Etil, journal Yeni Günaydın, İstanbul,18 septembre 1991
* Mehmet Sait Erten, revue Azadi-Denk, Diyarbakır, 3 novembre 1992
* Halit Güngen, revue İkibine Doğru, Diyarbakır, 18 février 1992
* Cengiz Altun, journal Yeni Ülke, Batman, 24 février 1992
* İzzet Kezer, journal Sabah, Cizre, 23 mars 1992
* Bülent Ülkü, journal Körfeze Bakış, Bursa, 31 mars 1992
* Mecit Akgün, journal Yeni Ülke, Nusaybin, 2 juin 1992
* Hafız Akdemir, journal Özgür Gündem, Diyarbakır, 8 juin 1992
* Çetin Ababay, revue Özgür Halk, Batman, 29 juillet 1992
* Yahya Orhan, journal Özgür Gündem, Ceylanpınar, Gercüş, 9 août 1992
* Hüseyin Deniz, journal Özgür Gündem, Ceylanpınar, 10 août 1992
* Musa Anter, journal Özgür Gündem, Diyarbakır, 20 septembre 1992
* Yaşar Aktay, journal Türkiye, Hani, 9 novembre 1992
* Hatip Kapçak, journal Hürriyet, Mazıdağı, 18 novembre 1992
* Namık Tarancı, revue Gerçek, Diyarbakır, 20 novembre 1992
* Orhan Karaağar, journal Özgür Gündem, Van, 19 janvier 1993
* Uğur Mumcu, journal Cumhuriyet, Ankara, 24 janvier 1993
* Kemal Kılıç, journal Özgür Gündem, 18 février 1993
* Mehmet İhsan Karakuş, journal Silvan, Silvan, 13 mars 1993
* Ercan Gürel, HHA, Bergama, 20 mars 1993
* İhsan Uygur, journal Sabah, İstanbul, 6 juillet 1993
* Rıza Güneşer, journal Halkın Gücü, İstanbul, 14 juillet 1993
* Ferhat Tepe, journal Özgür Gündem, Bitlis, 2 juillet 1993
* Muzaffer Akkuş, journal Milliyet, Bingöl, 20 septembre 1993
* Ruhi Can Tul, TDN, Kırıkkale, 14 janvier 1994
* Nazım Babaoğlu, journal Özgür Gündem, Siverek-Urfa, 12 mars 1994
* Kamil Koşapınar, journal Zaman, Erzurum, 19 mars 1994
* İsmail Ağay, journal Özgür Ülke, Batman, 29 mai 1994
* Erol Akgün, revue Devrimci Çözüm, Gebze, 8 septembre 1994
* Bahri Işık, journal Çağdaş Marmara, İstanbul, 17 septembre 1994
* Ersin Yıldız, journal Özgür Ülke, İstanbul, 3 décembre 1994
* Onat Kutlar, journal Cumhuriyet, İstanbul, 11 février 1995
* Seyfettin Tepe, journal Yeni Politika, Bitlis, 2 août 1995
* Metin Göktepe, journal Evrensel, İstanbul, 8 janvier 1996
* Kutlu Adalı, journal Yeni Düzen, Kıbrıs, 8 juillet 1996
* Yemliha Kaya, journal Halkın Gücü, İstanbul, 27 juillet 1996
* Selahattin Turgay Daloğlu, journaliste indépendant, İstanbul, 9 septembre 1996
* Gurbetelli Ersöz, journal Özgür Gündem, Başûr, 8 avril 1997
* Reşat Aydın, Anadolu Ajansı, TRT, 20 juin 1997
* Ayşe Sağlam, journaliste indépendant, Derince, 3 septembre 1997
* Abdullah Doğan, Candan FM, Konya, 13 juillet 1997
* Ünal Mesuloğlu, TRT, Manisa, 8 novembre 1997
* Mehmet Topaloğlu, revue Kurtuluş, Adana, 1998
* Süleyman Yeter, journal Sömürüsüz Bir Dünya İçin Dayanışma, İstanbul, 7 mars 1999
* Ahmet Taner Kışlalı, journal Cumhuriyet, Ankara, 21 octobre 1999
* Önder Babat, revue Devrimci Hareket, İstanbul, 3 mars 2004
* Yaşar Parlak, journal Silvan Mücadele, 18 août 2004
* Hrant Dink, journal Agos, İstanbul, 19 janvier 2007
* Engin Çeber, revue Yürüyüş, İstanbul, 9 octobre 2008
* İsmail Cihan Hayırsevener, Güney Marmara Yaşam Gazetesi (Balıkesir), Bandırma, 19 décembre 2009
* Metin Alataş, journal Azadiya Welat, Adana, 4 avril 2010
* Cevdet Kılıçlar, Bureau de presse du Hak ve Hürriyetleri İnsani Yardım Vakfı (İHH), eaux internationales, 31 mai 2010
* Deniz Fırat, Sterk TV, Med Nüçe TV, İMC TV, Ronahi ve Fırat Haber Ajansı, Camp de réfugiés de Maxmur, 8 août 2014
*  Kadri Bağdu, journal Azadiya Welat, Adana, 14 octobre 2014
* İbrahim Abdulkadir, journaliste syrien, journal Ayn El Vatan, Urfa, 30 octobre 2015 (assassinat revendiqué par DAESH)
* Faris Hammadi, journaliste syrien, journal Ayn El Vatan, Urfa, 30 octobre 2015 (assassinat revendiqué par DAESH)
* Rohat Aktaş, journal Azadiya Welat, brûlée vive par les forces étatiques en février 2016 dans les caves de Cizre
* Mustafa Cambaz, journal Yeni Şafak, İstanbul, 15 juillet 2016
* Tuba Akyılmaz (Nujilyan Erhan), journal Özgür Politika, Urfa-Hilvan, grièvement blessée par balle le 3 mars 2017 par les forces de l’État turc et du KDP à Şengal, décédée le 23 mars 2017.
* Mehmet Aksoy, journaliste et documentariste, 26 septembre 2017, assassiné par DAESH à Rakka.
* Rızgar Adanmış, ANHA, Sterk TV ve Çira TV, blessé le 12 octobre 2017 à Deir ez-Zor dans un attentat de DAESH, décédé le 18 décembre 201.
* Cemal Kaşıkçı, The Washington Post, assassiné par les agents saoudiens au consulat d’Arabie saoudite à İstanbul le 2 octobre 2018
* Güngör Arslan, Ses, Kocaeli, tué par balle à son bureau le 19 février 2022
* İsam Abdullah, ANHA et ANF, tué dans le nord de la Syrie par une attaque de drone de l’État turc le 20 novembre 2022
* Murad Mirza, Çira FM, tué le 8 juillet 1923 dans les environs de Mossoul par une attaque de drone de l’État turc
* Necmeddin Faysal, Jin TV, tué dans le nord de la Syrie le 23 août 2023 par une attaque de drone de l’État turc
* Gülistan Tara, Chatr Medya, tuée le 23 août 2024 dans les environs de Süleymaniye par une attaque de drone de l’État turc
* Hero Bahadin, Chatr Medya, tué le 23 août 2024 dans les environs de Süleymaniye par une attaque de drone de l’État turc
* Cihan Bilgin, ANHA, tué en Syrie le 19 décembre 2024 par une attaque de drone de l’État turc
* Nazım Daştan, Mezopotamya et ANF, tué en Syrie le 19 décembre 2024 par une attaque de drone de l’État turc
 
Traduction: Mazyar KHOOJINIAN  


"Disinformation law" used against 83 journalists since 2022

The law on publicly spreading misleading information (TCK 217/A), passed by parliament in 2022 with assurances it would not be used against journalists, has become an increasingly frequent tool in investigations and lawsuits against members of the press.

Since Oct 2022, when the article known publicly as the disinformation law was enacted, 83 journalists have faced investigations, been detained, arrested, or tried under this allegation.

According to a report by data journalism outlet Veriler Ne Diyor, these 83 journalists were accused of publicly spreading misleading information 114 times over the past three and a half years.

Within the scope of this allegation, 54 investigations were launched and 39 lawsuits were filed against journalists. Detentions were carried out 11 times, while 10 arrests were made based on this charge.

A convenient punishment: Judicial control

Of the 54 investigations launched, 41 resulted in decisions of non-prosecution. While five investigations remain ongoing, judicial control measures in the form of a signature requirement and a ban on traveling abroad were applied to a journalist in one investigation. Information regarding the status of seven investigations could not be obtained.

The situation in the 39 lawsuits:

        Judicial control sanctions stood out in the 11 detention procedures against journalists:
        Judicial control in the form of a ban on traveling abroad for 4 journalists,
        Judicial control in the form of both a signature requirement at the police station and a ban on traveling abroad for 3 journalists,
        Judicial control in the form of house arrest and a ban on traveling abroad for 1 journalist,
        Judicial control in the form of reading two books on the limits of press freedom and writing a summary for 1 journalist.
        2 journalists were released without sanctions.
        Half of the 10 arrests resulted in release:

Three journalists sentenced to prison

Since the disinformation law came into effect, three journalists have been sentenced to prison on charges of publicly spreading misleading information.

Although it was later overturned on appeal, the first of these sentences was given to journalist Sinan Aygül in Feb 2023.

In a post on Dec 13, 2022, Aygül wrote that a child had been abused by a police officer and a specialized sergeant in Tatvan, Bitlis. Aygül, who was arrested following this, was released on Dec 22, 2022, but was sentenced to 10 months in prison on Feb 28, 2023.

His appeal to the Van Regional Court of Justice was rejected on May 26, 2023, after which Aygül took the case to the Court of Cassation. The 8th Penal Chamber of the Court of Cassation unanimously overturned the appellate court's verdict. Aygül was acquitted in the subsequent retrial.

The second journalist sentenced to prison under this charge was Yüsra Batıhan from the Mezopotamya Agency (MA).

Reporting on the Feb 6 earthquake from debris sites, Batıhan made two posts on her X account alleging that AFAD was obstructing the press and seizing aid. Batıhan was sentenced to 10 months in prison in the lawsuit filed over these posts.

The third journalist is Sedef Kabaş. Kabaş was sentenced to 10 months in prison on Nov 4, 2025, for a post on Feb 8, 2024, stating: "Central Bank Governor Fatih Karahan: ‘We can expect a 150-200% hike in electricity and natural gas after the election.’ Now that you’ve given the authority, you see the impact..." (BIA, 10 April 2026)

Kurdish journalists targeted in new wave of online censorship

Kurdish journalist Ruşen Takva’s X account has been blocked four times in the past year. He’s currently on his fifth and it’s unclear how long it’ll be until that one could be blocked too.

Unfortunately for many journalists, especially Kurdish journalists, his situation is hardly unique. In fact, over the last few weeks Kurdish journalists’ X accounts have been targeted in what is the latest in a long line of online censorship campaigns against them.

Several X accounts of journalists and news agencies, such as Fırat News Agency and Nupel, have been blocked on X. According to a tweet by the Dicle Fırat Journalists Association (DFG), at least four Kurdish journalists' X accounts were blocked within a 24-hour period on Monday. The exact number of blocked accounts is unknown.

Mezopotamya Agency, a Kurdish news wire service, also had its Turkish Bluesky account suspended this past weekend. The agency's website is currently banned in Turkey. According to the Media and Law Studies Association (MLSA) 49 accounts were banned in Turkey between the months of January and March.

“The government doesn't want any dissenting voices outside of its official narrative, outside of what it says, outside of its propaganda … They don’t want any dissenting voices in this propaganda war,”  Takva said.

Takva believes that the legal system and the weak position of journalists make them an easy target for government suppression, even more so for Kurdish journalists.

Şevket Uyanık, a communications expert at the Human Rights Foundation of Turkey, said that he’s not particularly surprised by the account restrictions given Turkey’s troubling history of censorship. However, the legal mechanisms created by those in power to increase censorship will further erode freedom of expression. (BIA, 10 April 2026)

Kurdish Question / Question kurde

Kurdish Journalism Day marked on 128th anniversary of first newspaper

Today marks 128 years since Mikdat Midhat Bedirxan published the first Kurdish newspaper, Kurdistan, in Cairo, Egypt, on Apr 22, 1898.

The Dicle Fırat Journalists Association (DFG) and Mesopotamia Women Journalists Association (MKG) gathered in Diyarbakır today to mark the Kurdish Journalism Day, celebrated since 1973.

Speaking on behalf of both associations at the event, MKG Chairperson Roza Metina said that Kurdish journalism today is under detention, arrest, judicial pressure, censorship, access bans, economic siege, and digital attacks.

"Targeting journalists during news coverage, attempting to make press institutions invisible, closing accounts on digital platforms, and blocking news content are open attacks on the public's right to reach the truth," she said.

"Reports from international and local press freedom organizations reflect deepening digital censorship against journalists and news outlets, practices harming the right to a fair trial in press cases, and systematic pressure on media outside the government line. This picture is not accidental. Pressures on Kurdish journalism are part of the policy to silence the truth and leave society in the dark."

Metina commemorated all journalists who lost their lives for press freedom and noted their solidarity with colleagues held in prisons, facing trial, threatened, forced into exile, or prevented from working.

Calling on international press organizations and human rights institutions, she said, "Do not remain silent against the pressures on Kurdish journalism and free press workers. Take a clear stance against policies trying to show journalism as a crime. Writing the truth is not a crime. Defending the public's right to receive news is one of the most basic conditions of a democratic society. We will not take a step back in the face of pressure; we will continue to defend the word of women, the truth of peoples, and the Free Press tradition."

'Kurdish press is essential for Kurdish people'

Peoples' Equality and Democracy Party (DEM) Party Spokesperson Ayşegül Doğan also spoke at the event.

"There was exile 128 years ago, and today there is pressure and siege. There is pressure on the entire press, but this pressure is even greater on the Kurdish press," Doğan said.

Recounting her recent visit to imprisoned journalist Nedim Oruç, a reporter for Ajansa Welat, Doğan said, "Nedim was also arrested for political rather than legal reasons. He was practicing journalism during the attacks on Eşrefîyê and Şêxmeqsûd and was arrested. He was arrested unjustly, and his hearing is soon.

"I am making a call from here and asking for the release of all journalists arrested due to journalism. Nedim sent his greetings. He said he misses practicing his profession, his friends, and his daughter. We must grow this solidarity. I once again celebrate Kurdish Journalists Day. May this be an occasion for the alliance, peace, and freedom of the Kurdish press, the Kurdish people, and those living with Kurds."

DEM Party Deputy Co-Chair Tayip Temel also called for the release of imprisoned journalists in a written statement to mark the day.

He mentioned that the Kurdistan Newspaper, which Mîqdat Mîdhed Bedirxan began publishing in Cairo, was the "first torch lit in exile, under impossible conditions and great pressure." He called it "the first institutional step in the search to make the voice of a people heard by the world."

"Kurdish journalism has maintained its existence against pressure, censorship, and bans throughout history, having to pay great prices," the statement read. "The Kurdish press, prevented from making its voice heard in its own lands, has struggled to exist all over the world from Cairo to Geneva, London to İstanbul. Kurdish Journalism Day, celebrated since 1973, has insisted on walking in the footsteps of truth and stubbornly continued the free press tradition on the path opened by Mîqdat Mîdhed Bedirxan despite continuous attacks, obstacles, destruction and assimilation policies, and massacres.

"Today, the journalism profession is still under heavy threats. The presence of our colleagues who are tried and arrested for their reports, and whose pens are sought to be broken, is the biggest obstacle before Peace and Democratic Society. On this occasion, we reiterate that journalism activities are not a crime and that journalists in prisons should be released immediately."

He commemorated Musa Anter, Gurbetelli Ersöz, Nagihan Akarsel, Cihan Bilgin, and Nazım Daştan, along with all killed Kurdish journalists. (BIA, 22 April 2026)

En Syrie, des Kurdes apatrides se pressent pour obtenir la nationalité

Dans une salle bondée de Qamichli, dans le nord-est de la Syrie, Firas Ahmad attend avec impatience de pouvoir déposer sa demande de nationalité syrienne "car un être humain sans nationalité est comme mort".

Cet homme de 49 ans fait partie de la minorité kurde du pays, dont une partie s'est vu retirer la nationalité syrienne il y a des dizaines d'années.

"Imaginez que je ne peux ni déclarer la naissance de mes enfants, ni enregistrer des maisons à notre nom", déclare-t-il.

  "Mon grand-père n'a pas la nationalité, et nous avons vécu jusqu'à ce jour sans documents" officiels, explique-t-il.

Dans la salle du stade municipal devant laquelle s'étire une longue file d'attente, les demandeurs remplissent des formulaires auxquels ils doivent joindre photos d'identité et documents administratifs

Des employés gouvernementaux entrent ensuite les données sur des ordinateurs, et la demande est validée.

Depuis la semaine dernière, les Kurdes de Syrie concernés affluent vers des centres comme celui de Qamichli, dans la province de Hassaké, ou à Alep (nord) et Damas pour déposer leur dossier.

 - Recensement controversé -

 Après un recensement controversé en 1962 à Hassaké, principale région où habitent les Kurdes, environ 20% des membres de cette communauté s'étaient vu retirer leur nationalité.

Le président syrien Ahmad al-Chareh, arrivé au pouvoir en 2024, a reconnu en janvier par décret les droits nationaux des Kurdes et prévu d'accorder, y compris aux sans-papiers, la nationalité.

  Il a proclamé en outre le kurde "langue nationale" et déclaré le nouvel an célébré par ce groupe jour férié officiel.

M. Chareh a décidé ces mesures alors que ses forces étaient en pleine offensive dans de vastes zones du nord et l'est de la Syrie administrées par les Kurdes.

Les combats ont pris fin avec la signature, plus tard en janvier, d'un accord prévoyant l'intégration progressive des institutions et forces kurdes au sein de l'Etat syrien.

"Nous avons beaucoup souffert, mes cinq enfants n'ont pu poursuivre leurs études et nous n'avons pas pu voyager", confie en kurde à l'AFP Ghalia Kalach, mère de cinq enfants.

  "Jusqu'à ce jour, notre maison n'est même pas enregistrée à notre nom", ajoute-t-elle.

L'absence de nationalité affecte tous les aspects de la vie quotidienne, et de nombreux apatrides vivent en marge de l'Etat, faute d'une pleine reconnaissance juridique de leur existence.

Environ 150.000 personnes "sans papiers" vivant en Syrie sont recensés par le Réseau des victimes d'apatridie de Hassaké, indique à l'AFP un de ses membres, Ali Moussa.

  Il demande aux autorités syriennes de faire preuve de "souplesse" en facilitant "les démarches des résidents à l'étranger", dont le cas n'est pas mentionné dans le décret.

 - "Pas de diplôme" -

 Beaucoup d'entre eux ne peuvent se rendre en Syrie en raison notamment "des restrictions liées à leur statut de demandeurs d'asile dans des pays européens", dit-il, alors que la Syrie a été le théâtre d'une guerre civile entre 2011 et 2024 qui a poussé à l'exil des millions de personnes sur les routes.

Le responsable des registres de l'état civil au sein du gouvernement, Abdallah al-Abdallah, explique à l'AFP que les Kurdes ont un délai d'au moins un mois pour déposer leur dossier. Ces personnes vont pouvoir "acquérir la nationalité après en avoir été privé pendant toutes ces années", met-il en avant.

Estimés à quelque deux millions sur une population de 20 millions d'habitants, les Kurdes ont souffert de décennies de marginalisation et d'oppression.

Mohamed Ayo, 56 ans, égrène les difficultés auxquelles il s'est heurté toute sa vie, faute de nationalité.

"On étudie de longues années, et au final on vous dit que vous n'avez pas de diplôme", dit-il. Après le lycée, il n'a pas pu obtenir le document qui lui aurait permis de s'inscrire à l'université.

"Nous n'avions pas le droit de nous présenter aux élections ni de voter ", ajoute cet homme, qui travaille dans le commerce. Il a été privé de permis de conduire et même de séjour dans un hôtel à Damas, faute de papiers en règle. (AFP, 16 avr 2026)

Prisoner wrote 11 Kurdish books after entering prison illiterate

Hamit Adiman, who was detained in Mersin in 1994 and sentenced to life imprisonment by a now-defunct State Security Court, was released on Nov 8, 2024, after 30 years of incarceration.

Adiman, who was held in Mersin, Konya, Gaziantep, and Şakran prisons, described the 30-year period as an "area of knowledge and experience."

Adiman told Mezopotamya Agency (MA) that he could not read or write a single letter when he entered prison. He authored 11 books through studies conducted in his mother tongue.

"At the beginning, I could not even write my name, but now I have taken responsibility for the Kurdish language. For me, every Kurdish paragraph is resistance," Adiman said. "An honorable peace is possible through language, history, and a free life."

Adiman published works titled "Xeyalên Rîsandî," "Kervana Hesretê," "Rêwiyê Evînê," and "Awzemka Xemên Min."

Some of his books were banned on allegations of "terrorist propaganda." (BIA, 13 April 2026)


La Turquie enterre les preuves sur les Kurdes tués dans les années 90

Kurdistan Au Féminin, 2 avril 2026
Les autorités turques abandonnent les poursuites concernant des restes humains découverts dans la province kurde de Diyarbakir (Amed). Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large d’impunité systématique pour les crimes commis contre les Kurdes dans les années 1990. Des milliers de disparitions forcées restent non élucidées, et les autorités turques continuent de classer les affaires sans identifier ni poursuivre les responsables, qu’ils soient militaires, paramilitaires ou membres du JITEM.

En mai 2025, un berger a découvert des restes humains dissimulés sous deux pierres dans le hameau d’Işıktan, quartier rural de Dêrqam (Duru), à Lice, dans la province kurde de Diyarbakır (Amed). Les autorités médico-légales ont daté ces ossements des années 1990, une période marquée par un conflit intense et par des milliers de disparitions forcées et d’exécutions extrajudiciaires de civils kurdes dans les régions kurdes de Turquie.

Malgré les preuves médico-légales confirmant que les restes appartiennent à au moins deux personnes, dont un enfant, les autorités locales ont décidé de ne pas engager de poursuites. Les ossements, retrouvés à environ 300 mètres d’un lit de rivière asséché, ont été envoyés à l’Institut de médecine légale (ATK) d’Istanbul. Le rapport du service d’examen osseux et dentaire conclut qu’il s’agit bien de restes humains et que les modifications morphologiques des os (liées aux méthodes d’inhumation, à l’intervention d’animaux et aux conditions environnementales) indiquent des décès remontant à environ 30 ans ou plus.

Cette datation coïncide précisément avec les années 1990, au cours desquelles des milliers de civils kurdes ont été kidnappés, exécutés et enterrés clandestinement par des paramilitaires turcs, notamment par le JITEM (Jandarma İstihbarat ve Terörle Mücadele), un organisme de la gendarmerie turque dont l’existence n’est pas reconnue officiellement par l’État turc et qui a été impliqué dans de nombreuses affaires de disparitions forcées et d’exécutions sommaires dans le Kurdistan de Turquie.

Allégations de violations de procédure et non-lieu controversé

Des avocats du barreau de Diyarbakır, de l’Association des avocats pour la liberté (ÖHD) et de l’Association des droits de l’homme (İHD) ont immédiatement demandé l’ouverture d’une enquête approfondie. Le parquet de Lice a pourtant prononcé un non-lieu, arguant qu’aucun suspect n’avait pu être identifié. Dans une déclaration qui contredit directement le rapport médico-légal, les autorités ont même affirmé qu’il n’avait « pas été établi que les ossements étaient humains ».

Berfin Elçi, responsable de l’İHD à Diyarbakır, a vivement critiqué cette décision, la qualifiant de nouvelle tentative d’éviter d’affronter l’histoire des meurtres non résolus dans la région kurde. Elle a également dénoncé de graves irrégularités lors de la récupération des restes :

« Malgré nos objections, les fouilles ont été menées avec des engins lourds, endommageant gravement les vestiges. Nous avons vu un crâne écrasé par une pelleteuse. Face à ces irrégularités, nous avons demandé des méthodes de travail plus respectueuses des preuves, mais les autorités ont au contraire interrompu les travaux et recouvert les ossements restants de terre. »

Un site potentiel de fosse commune

Les enquêtes locales menées par des militants des droits humains indiquent que la zone n’a jamais été un cimetière officiel. « Nous avons interrogé les habitants les plus âgés du village : il n’existe aucune trace d’un ancien cimetière à cet endroit », a expliqué Berfin Elçi.

« Il s’agit très probablement d’une fosse commune où ont été jetés des civils kurdes exécutés. Nous n’avons pour l’instant retrouvé que les ossements de deux personnes, mais toute la zone doit être fouillée avec soin et examinée selon les standards internationaux. Les familles des disparus ont déjà demandé des tests ADN pour identifier les victimes. »

Appel devant la cour

Les trois organisations ont interjeté appel auprès du tribunal correctionnel de Diyarbakır contre la révocation du procureur. L’appel expose plusieurs griefs :

- Les fouilles du 17 mai 2025 ont été menées sans la présence d’un procureur ni d’un expert médico-légal.
- L’utilisation d’engins lourds a entraîné la destruction d’un crâne et la perte de fragments d’os.
- L’affirmation du procureur selon laquelle les ossements n’étaient pas humains contredit directement le rapport médico-légal d’ATK.

Le leader du PKK veut pouvoir s'adresser au pays

Le leader du PKK Abdullah Öcalan, détenu à l'isolement sur une île au large d'Istanbul, souhaite pouvoir s'adresser librement au pays, indique-t-il dans un message publié mardi.

Dans un message transmis par une délégation d'élus du parti prokrude DEM, autorisés vendredi 27 mars à lui rendre visite, précisent-ils, M. Öcalan, fondateur du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) confirme son engagement en faveur du processus de paix initié fin 2024 par et avec Ankara.

"Comme je l'ai exprimé dans mon appel du 27 février (2025), la période de lutte armée est terminée. Il n'est plus possible de revenir en arrière".

"Les développements en Iran ont une nouvelle fois mis en lumière la justesse et l'importance du processus mené en Turquie", ajoute le leader kurde en référence à la guerre déclenchée le 28 février par les Etats-Unis et Israël.

"À ce stade, je considère comme important, pour que mes idées concernant le processus soient correctement comprises, de pouvoir atteindre l'ensemble de l'opinion publique par des moyens appropriés", souligne-t-il.

"Le processus que nous vivons est un processus de transition vers la paix avec la République démocratique", poursuit le leader kurde de 76 ans, dont 27 ans en détention.

Se tournant vers la commission parlementaire mise en place pour définir le futur statut du PKK et de ses anciens combattants, il la presse de parvenir "sans tarder à un cadre juridique global et inclusif".

M. Öcalan, que ses partisans continuent d'appeler "Apo", (oncle, en kurde), plaide pour une "conception social et de la citoyenneté qui organise de manière positive la relation des Kurdes avec l'État" turc.

"L'État doit également constater qu'aucune activité destructrice n'est conduite, ni menace pour la sécurité" du pays, note-t-il.

Après l'appel de son chef, le congrès du PKK avait confirmé sa dissolution et commencé en juillet à déposer les armes, lors d'un cérémonie symbolique dans le nord de l'Irak où sont retranchés la plupart de ses combattants.

Ce processus entamé en octobre 2024 à l'initiative du parti nationaliste MHP, allié du gouvernement, vise à mettre un terme à plus de quatre décennies de combats qui ont fait au moins 50.000 morts. (AFP, 31 mars 2026)

Minorités / Minorities

De la célébration du 23 avril à la honte du 24 avril…


Doğan Özgüden, Artı Gerçek, 23 avril 2026

Le 23 avril, marquant le 106e anniversaire de la fondation de l'Assemblée nationale de Turquie, a été célébré en grande pompe, tant en Turquie que dans les pays abritant d'importantes communautés turques. Cependant, un autre 24 avril suit, celui du 111e anniversaire du génocide arménien de 1915, l'un des pires crimes de masse de l'histoire de l'humanité, dont les commémorations ont été honteusement passées sous silence en Turquie cette année encore.
 
En tant que militants de la Résistance démocratique, nous avons déjà ressenti la douleur du 24 avril pour une autre raison il y a 54 ans, durant notre exil.
 
En effet, la Grande Assemblée nationale de Turquie, dont l'anniversaire de la fondation est célébré chaque 23 avril en grande pompe, a validé les condamnations à mort de trois jeunes révolutionnaires – Deniz Gezmiş, Yusuf Arslan et Hüseyin İnan – prononcées par un tribunal militaire sous la junte fasciste du 12 mars, après que la Cour constitutionnelle eut cassé ces condamnations.
 
C’était l’époque où nous menions une campagne intense sur l’axe Paris-Bruxelles-Strasbourg pour empêcher l’exécution de trois jeunes révolutionnaires. C’est à cette époque que nous avons été interrogés sur l’une des pages les plus honteuses de l’histoire de notre pays, une page passée sous silence en Turquie pendant plus d’un demi-siècle : le génocide de 1915, durant lequel l’Empire ottoman a massacré ou forcé à la déportation ses citoyens arméniens et assyriens.
 
Un soir, j’étais chez notre collègue Marcel Croës, de la télévision belge, en compagnie d’un autre invité. Alors que nous discutions des violations des droits de l’homme en Turquie, cet invité m’a posé une question directe : « Que pensez-vous du génocide arménien de 1915 ?»
 
N'ayant pu apporter de réponse satisfaisante à cette question, j'ai dès lors entrepris d'examiner ce sujet en me référant à des sources publiées en Occident…
 
Lorsque l'organisation arménienne ASALA a lancé des actions violentes contre des cibles turques en 1975 afin de contraindre le régime d'Ankara à reconnaître le génocide de 1915, cette question, intentionnellement ou non, s'est inscrite à l'agenda des organisations démocratiques en Turquie.
 
Ces actions ayant engendré une campagne anti-arménienne dans les médias au service du régime d'Ankara, nous avons publié en 1981, dans notre journal  Tek Cephe (Front Uni) à Bruxelles, le premier article appelant les forces démocratiques turques à prendre au sérieux la question du génocide arménien.
 
En 1987, nous avons publié un Livre Noir détaillé sur les violations des droits de l'homme en Turquie, comprenant une section consacrée à l'oppression des Kurdes et des chrétiens dans le pays.
 
Dès lors, nous n'étions plus seuls dans notre quête de la vérité historique.
 
À la fin des années 1970, et surtout après le troisième coup d'État de 1980, l'afflux massif de réfugiés politiques arméniens, assyriens et kurdes fuyant la répression a marqué un tournant dans la vie sociale des citoyens turcs en Europe.
 
Alors que la quasi-totalité des associations d'immigrants en Turquie était soumise à la politique répressive de la junte militaire, les communautés arménienne, assyrienne et kurde ont créé leurs propres organisations dans tous leurs pays d'accueil européens.
 
La lutte historique de la diaspora pour la reconnaissance du génocide de 1915 a pris un nouvel élan grâce au soutien de ces nouvelles associations, qui ont toujours entretenu des liens organisationnels étroits avec la Turquie.
 
Dans les années 1990, l'Association belge des Arméniens démocrates, l'Institut assyrien de Belgique, l'Institut kurde de Bruxelles, les Ateliers du Soleil  et la Fondation Info-Türk ont créé une plateforme pour la défense des droits humains et des peuples en Turquie.
 
Cette plateforme, en collaboration avec la Fédération arménienne d'Europe, a organisé en 2005 une série d'événements académiques et culturels pour commémorer le 90e anniversaire des génocides arménien et assyrien.
 
Indigné par ces événements, le lobby turc n'a pas hésité à inciter des groupes ultranationalistes turcs à s'en prendre aux organisations arméniennes, kurdes et assyriennes.
 
Dès 1994, les Loups Gris ont attaqué une centaine de Kurdes participant à une marche pacifique.
 
Je me souviens avec horreur de l'incendie criminel perpétré en 1998 contre les bâtiments de l'Institut kurde de Bruxelles et d'une autre association kurde située rue Bonneels, juste devant le commissariat de police bruxellois !
 
En 2008, une campagne de lynchage fut lancée contre les dirigeants d'Info-Türk pour avoir critiqué le négationnisme. L'État belge dut me protéger.
 
Un tournant plus significatif dans la lutte contre le négationnisme d'Ankara fut l'assassinat du journaliste arménien Hrant Dink par les forces obscures de l'État turc en 2007.
 
Pour la première fois en Turquie, des dizaines de milliers de démocrates turcs organisèrent des manifestations contre cette nouvelle étape du négationnisme du génocide arménien, scandant des slogans tels que « Nous sommes tous Arméniens… Nous sommes tous Hrant Dink ! »
 
La reconnaissance du génocide de 1915 est depuis devenue l'une des principales revendications des forces démocratiques en Turquie.
 
Cependant, le gouvernement actuel, qui a transformé la Turquie en prison et bafoue systématiquement les droits humains, notamment au cours de la dernière décennie, interdit depuis des années les commémorations du 24 avril.
 
Je partage en annexe les déclaration de la Plateforme de commémoration du 24 avril et de l’Association des droits humains (IHD).
 
LA PROTESTATION DE LA PLATFORME DE COMMÉMORATION
 
La Plateforme de commémoration du 24 avril, qui organisait ces dernières années des manifestations à Taksim, Tünel et Şişhane à l'occasion de l'anniversaire du 24 avril 1915, avait déposé une demande auprès de la préfecture d'Istanbul pour organiser un rassemblement devant l'Opéra Süreyya de Kadıköy, le 24 avril à 19 h.
 
Les demandes des quatre années précédentes n'avaient pas non plus été autorisées.
 
Voici la déclaration de la Plateforme de commémoration du 24 avril concernant cette décision :
 
« La commémoration du 24 avril est un droit démocratique.
 
Depuis 2010, et jusqu’au début de la pandémie, les commémorations du 24 avril que nous organisions dans de nombreuses villes, notamment à Istanbul, ont commencé à être interdites.
 
Cette année encore, nous avons soumis notre requête au préfet d'Istanbul concernant la commémoration du génocide et nous avons commencé à organiser un événement commémoratif au cours duquel nous rendons hommage à ceux qui ont perdu la vie en 1915 et nous appelons à affronter le passé.
 
Cette année encore, la préfecture a interdit notre cérémonie de commémoration. Nous ne renoncerons pas à insister. Il n'y a aucune explication à l'interdiction, sans aucune justification, des commémorations qui se tenaient encore dans les places publiques il y a quatre ou cinq ans.
 
Les commémorations du 24 avril sont un espace où nous exprimons notre respect pour les centaines de milliers de personnes massacrées, mais aussi un message adressé aux vivants d'aujourd'hui.
 
Pour faire progresser la démocratie, construire une culture du vivre-ensemble et lutter contre la violence et les discours de haine, il est essentiel de se souvenir, le 24 avril, de ceux que nous avons perdus : les personnes, les êtres vivants, la culture et les traditions ; de montrer que nous n’oublions pas ; de faire face à la réalité. Nous protestons contre cette interdiction et appelons les décideurs à changer d'avis. »
 
Les commémorations s’étaient déroulées sans interruption entre 2010 et 2019. D’abord organisées sur la place Taksim, elles ont ensuite pu avoir lieu sur la place Tünel, puis à Şişhane ; en raison de la pandémie, aucune commémoration n’a pu être organisée sur la place depuis. Cependant, après la pandémie, les commémorations n’ont plus été autorisées sous aucune forme.
 
DÉCLARATION DE L’IHD : « METTEZ FIN AU DÉNI ! »
 
Comme les années précédentes, la Commission contre le racisme et la discrimination de l’Association des droits humains (IHD) a publié une déclaration écrite. Voici un extrait de cette déclaration intitulée « Un crime impuni continue d’être commis : reconnaissez, demandez pardon, indemnisez » :
 
« Les graves violations des droits humains commises sur ces terres et qui se poursuivent encore aujourd’hui sont l’héritage du génocide sur lequel le régime républicain a été bâti. Le génocide perpétré au début du XXeme siècle en Asie Mineure et en Mésopotamie du Nord contre les populations chrétiennes — Arméniens, Assyro-Chaldéens et Grecs —, ainsi que son déni, ont légitimé la violation par l’État de ses propres lois et sa sortie de l’État de droit ; cette mentalité étatique a perduré tout au long de l’histoire de la République.
 
Le déni a pris une telle ampleur que le mot « génocide » a été interdit pendant longtemps ; la société l’a intériorisé et évité d’en parler. Même les intellectuels hésitaient à l'utiliser. À cette époque, notre commission, qui opérait sous l’égide de la section d’Istanbul, a organisé le 24 avril 2005 une réunion commémorative au cours de laquelle le mot « génocide » a été utilisé ouvertement pour la première fois dans notre région, et a lancé l’appel « Reconnais, demande pardon, indemnise ».
 
Au fil des ans, des poursuites judiciaires ont été engagées à la suite de déclarations relatives au génocide. Des poursuites ont notamment été engagées contre la section de Dersim de l’IHD (Association turque des droits de l’homme) et le barreau de Diyarbakır pour « dénigrement de la nation turque et de la République de Turquie », car ils avaient commémoré le génocide. Ces deux procès se sont soldés par des acquittements. De même, une action en justice a été intentée contre nos membres à la suite de la déclaration de notre commission en 2021 ; le tribunal de première instance no 51 d’Istanbul a rendu un verdict d’acquittement, confirmé par la suite par la cour d’appel d’Istanbul.
 
La justice de la République de Turquie ne souhaite même pas que ce sujet soit débattu. En effet, tout débat entraînerait une remise en question. C'est la raison pour laquelle, malgré les pressions et les interdictions qui se poursuivent, une politique visant à ne pas prononcer de peines dans les procès intentés est suivie.
 
Le génocide ne se résume pas à la mort. Il englobe également l'exil, les agressions sur les routes, la famine, la maladie, les viols et des souffrances indescriptibles. Mais il ne s'arrête pas là. Le génocide est aussi un vol. Les biens immobiliers confisqués aux victimes ne se limitent pas aux ateliers, aux vignobles, aux jardins, aux champs, aux manoirs, aux maisons, aux hôpitaux, aux monastères et aux terrains d'églises. Il inclut également la confiscation de leurs comptes bancaires et de leurs objets de valeur. Le montant de ce grand pillage, dont on parle peu, est estimé à 22 millions de dollars selon la valeur de 1915.
 
En cette journée de commémoration du génocide, nous rendons également hommage à Sevag Şahin Balıkçı, tué par balle le 24 avril 2011 à Batman par un autre soldat alors qu'il effectuait son service militaire obligatoire. Nous nous engageons à perpétuer sa mémoire.
 
Depuis 2005, nous réitérons la même revendication chaque 24 avril : nier le génocide, c’est le perpétuer. Mettez fin au déni. Reconnaissez ce crime et toutes ses conséquences juridiques. Ce n'est qu'alors que les âmes des victimes trouveront la paix et que justice sera faite. Sinon, le fléau du génocide ne sera jamais éradiqué de cette terre.

Agos newspaper marks 30 years since founding

Agos, an İstanbul-based weekly newspaper published in Turkish and Armenian, marked its 30th anniversary with an event attended by its readers, writers, and supporters.

Because the anniversary date of Apr 5 coincided with Easter, the event was held on Apr 4. Eggs were painted, Easter bread was baked, and participants listened to music together.

In its latest issue published on Apr 3, the newspaper featured its writers’ memories of the past 30 years and their wishes for the future.

Agos published its first issue on Apr 5, 1996, with a team that included Hrant Dink, Harutyun Şeşetyan, and Anna Turay.

Hrant Dink, the then editor-in-chief of the paper, was assassinated outside its office on Jan 19, 2007. Although the gunman was caught, those behind the killing were not fully identified.

After Dink, the role of editor-in-chief was held in turn by Etyen Mahçupyan, Rober Koptaş, and Yetvart Danzikyan. (BIA, 6 April 2026)

Politique intérieure/Interior Politics

Istanbul’s Ataşehir district mayor arrested in corruption probe

Onursal Adıgüzel, mayor of the Ataşehir district in İstanbul, was formally arrested yesterday along with other municipal officials in a corruption investigation.

The suspects face charges of bribery and bid rigging in tender, zoning, and settlement procedures. They are also accused of forming and being members of a criminal organization.

A total of 20 suspects were detained on early Apr 18. Following a prosecutor's questioning yesterday, the court ordered the arrest of 18 individuals. One suspect was released under judicial control.

In a note sent through his lawyers after his detention, Adıgüzel claimed the operation was political.

"Like my other friends who are held in detention unfairly and unlawfully, I am away from you today due to various slanders," said Adıgüzel. "My neighbors in Ataşehir know me very well. What we are going through is completely political and a character assassination. The truth will come out sooner or later and we will meet again."

The operation is part of a nationwide crackdown on municipalities controlled by the main opposition Republican People's Party (CHP) since Mar 2025. More than 30 CHP mayors, including those in major cities like İstanbul, Adana, Bursa and Antalya, have been dismissed in corruption-related investigations.

The CHP claims these operations are a political move by the government after the its major success against the ruling bloc in the 2024 local elections. The government denies the allegations and maintains that the investigations are based on findings. (BIA, 22 April 2026)

Photos turques: les poches vides et pas d’espoir

Ragip Duran, TVXS.GR, 13 avril 2026

A Yalvac, district d’Isparta (Anatolie Centrale) mercredi dernier un grutier qui travaille dans un chantier de bâtiment, a quitté sa cabine pour aller au bout du pont a plus de 40 m de haut et a menacé de se suicider si ses salaires non payés ne sont pas déposés sur son compte.

Les gendarmes et les équipes de premiers secours ont pris les mesures nécessaires et ont essayé de convaincre le grutier. A la suite de presqu’une heure de négociation, quand les salaires non payés ont été déposés sur le compte du travailleur enragé et désespéré ce dernier a d’abord contrôlé le transfert sur son téléphone cellulaire et puis descendu. Les gendarmes l’ont amené au poste de police.

Les étudiants, les membres des classes moyennes, les petits fonctionnaires, les paysans, les chômeurs, les femmes vivant seules donc une grande partie de la population souffrent depuis longtemps de la vie chère. De plus, les patrons des PME ne sont pas non plus du tout content de l’état de l’économie turque. “Auparavant, on sortait moi et ma femme au moins trois fois par semaine dîner dans un restaurant. Désormais, on mange dehors seulement une fois par semaine. On devrait aller en France pour rendre visite à notre fille, on a dû annuler ce voyage à cause de la vie chère” avoue un homme d’affaires patron d’une boîte où travaillent 90 ouvriers. L’agression israélo-américaine contre l’Iran a encore aggravé la crise économique et les prix montent en flèche alors que les revenus des gens restent stables.

83.4 % des citoyens croient que “l’économie est mal gérée” selon un sondage d’opinion publique réalisé sur 2004 personnes par Ank-Ar en mars 2026. Même 67.2% des électeurs d’Erdogan ne sont pas contents de la gestion économique.

75.5% des gens interrogés avouent qu’ils n’ont pas pu payer lors des 6 derniers mois au moins une fois leurs loyers, leurs factures ou leurs dettes de carte de crédit. Ce pourcentage est de 75.7% chez les électeurs du parti au pouvoir.

“La situation économique sera pire en 2026” disent 53% des gens. Seulement 20% croient que l’économie ira mieux d’ici jusqu’à la fin de l’année.

Enfin, dernier point: 40.7% des gens estiment que l’opposition peut mieux gérer l’économie, alors que 25.6% soutiennent encore Erdogan. Chiffre significatif : 33.7% des gens croient “qu’aucun parti ne peut remettre l’économie sur pied”.

La vie chère est encore et toujours à la tête de l’ordre du jour de la population. Mais les médias, sous stricte contrôle du pouvoir, publient des informations et des opinions sur le procès du maire d’Istanbul, sur les “stars médiatiques” arrêtés, accusés de consommer des stupéfiants.

Ces médias gardent le silence sur deux sujets : le Projet de” la Turquie Sans Terrorisme” qui n’avance pas du tout car Erdogan ne fait rien. Et puis, ils ne parlent pas non plus sur les efforts de la diplomatie pakistanaise qui a su gagner la confiance du Washington et de Téhéran pour devenir un pont de communication entre ces deux capitales. Erdogan avait dès le début de la guerre déclaré qu’il pouvait être un très bon entremetteur entre MM. Trump et Khamanei. Ces deux derniers ont préféré le Pakistan.

“L’homme propose Dieu dispose” dit un adage français. Il avait proposé mais dans les faits  “Dieu”  a nommé le Pakistan!

Le chef de l'opposition à Ankara arrêté

Le responsable du premier parti d'opposition parlementaire turc pour Ankara a été arrêté et placé en détention dimanche au terme de sa garde à vue, dans une enquête pour corruption, a rapporté la presse locale.

Ümit Erkol, président de la section provinciale d'Ankara du Parti républicain du peuple (CHP), a été interpellé en même temps que huit autres personnes dans le cadre d'une enquête conduite par le parquet d'Izmir portant sur des irrégularités présumées dans un contrat entre la municipalité de cette ville et une entreprise coopérative de construction, Izbeton, expliquent les sites d'information T24 et Birgün.

Selon le procureur d'Izmir, cité par ces publications, l'enquête porte sur des "accusations de détournement de fonds, escroquerie aggravée, falsification de documents officiels et manquement aux obligations de surveillance".

Mansur Yavas, le maire CHP d'Ankara, la capitale turque, a dénoncé ce placement en détention, soulignant dans un message sur X que M. Erkol est "une figure bien connue, avec une adresse claire et un rôle public précis", ajoutant qu'il "n'y a aucun risque d'évasion, aucune possibilité de falsification de preuves".

"Si un mandat d'arrêt est émis dans ces circonstances, alors on ne peut parler de justice" insiste-t-il.

L'opposition turque est sous pression depuis l'arrestation et la détention du maire d'Istanbul Ekrem Imamoglu en mars 2025, jugé depuis le 9 mars pour corruption, avec 413 co-accusés.

M. Imamoglu, désigné par le CHP comme son candidat à l'élection présidentielle prévue en mai 2028, faisait figure de favori et seul capable de défaire le président Recep Tayyip Erdogan, au pouvoir depuis 2003 et réélu en 2023.

Quatre maires de municipalités CHP, dont celui de Bursa (nord-ouest), quatrième ville du pays passée reprise en 2024 par l'opposition ont été arrêtés depuis l'ouverture du procès. (AFP, 12 avr 2026)


Quand on sait qu’on ne peut pas battre son rival, on le met en prison

Ragip Duran, TVXS.GR, 6 avril 2026

La semaine passée quatre sujets ont dominé l’actualité:

- L’intervention israélo-américaine contre l’Iran

- Le procès contre le maire d’Istanbul M. Ekrem Imamoglu

- L’équipe internationale de football qui a battu le Kosovo participera donc à la Coupe du Monde aux Etats Unis cet été

- Et le sujet inévitable de la hausse des prix

Les médias d’opposition, dits médias indépendants accordent une grande place au procès d’Imamoglu qui est devant les juges depuis deux semaines. Le maire élu d’Istanbul est jugé avec 54 autres personnes, membres du Conseil municipal, officiers de divers départements de la Grande Municipalité, responsables des sociétés privées qui ont des contrats avec la Municipalité et voire des époux, épouses ou enfants des suspects. Le parquet a requiert en somme une peine entre 828 et 2352 ans de prison ferme contre Imamoglu, accusé de fraude, de pot-de-vin, de népotisme, d’aider une organisation terroriste voire d’espionnage.

Mais la majorité de la population sait très bien qu’il s’agit essentiellement d’un complot pour neutraliser le candidat aux élections à la présidence de la République qui devrait théoriquement se tenir en mai 2028.

Tous les sondages d’opinion publique montrent clairement qu’Imamoglu peut facilement gagner devant Erdogan.

Le régime Erdogan, à la suite de la grande défaite des élections locales du 31 mars 2024 où la principale formation de l’opposition (CHP, le Parti Républicain du Peuple, Kémaliste, centre-gauche et nationaliste) a remporté une victoire (% 38 contre % 35.5), a adopté une stratégie pour affaiblir voire briser la base municipale de l’opposition. Car selon le CHP, les municipalités ont essentiellement deux particularités:

- Elles produisent une source financière importante

- Elles renforcent le lien des citoyens avec le parti de l’opposition 

Le régime a arrêté et emprisonné 21 maires du CHP depuis octobre 2024. Seulement deux de ces maires ont été libérés, mais ils ont tous perdu leurs postes. Il y a parmi ces détenus, les maires d’Istanbul, d’Izmir, d’Adana, d’Antalya et de Bursa.

Il y a eu également 11 maires tous kurdes destitués sans être arrêtés.

En Turquie, le ministère de l'Intérieur, tutelle des maires, peut révoquer sans une ordonnance du tribunal, par un simple décret les maires élus et nommer des administrateurs à leur place. Rarement, le Conseil municipal  peut élire un nouveau maire.

Le ministère invoque généralement ‘’aide à une organisation terroriste’’ ou bien ‘’corruption’’ pour licencier le maire élu et nommer un administrateur, un préfet, un sous-préfet ou bien un autre fonctionnaire.

Il n’y a eu aucun maire élu appartenant au Parti d’Erdogan qui a été destitué par le Ministère, alors que plusieurs d’entre eux étaient accusés de nombreuses irrégularités. Le Ministère peut toujours trouver un prétexte, l'acte irrégulier dénonce par un témoin anonyme, pour ‘’licencier’’ le maire élu.

Le CHP résiste à sa façon contre les coups et manœuvres d’Erdogan lors des meetings populaires hebdomadaires organisés aux quatre coins du pays, mais une grande partie des citoyens qui souffre de la vie chère et qui a peur d’être en prison n’est pas en mesure de rétorquer comme il faut contre le régime répressif. La victoire de l’équipe turque contre Kosovo n’a pas renforcé le dynamisme de l’opposition. 

Par ailleurs, Erdogan semble récemment augmenter ses points, car ‘’la sécurité nationale mise en danger à cause de la guerre chez le voisin Iranien’’ pousse les citoyens vers le pouvoir, constate-t-on.


Thirty-one CHP mayors removed from office since 2024 elections

Turkey’s 2024 local elections pushed the ruling Justice and Development Party (AKP) into second place in the overall vote for the first time, while the main opposition Republican People’s Party (CHP) emerged as the leading party with 37.81%.
The result gave the CHP control of 14 metropolitan municipalities, including Ankara and İstanbul, consolidating gains it first made in those cities in 2019.

Those earlier losses had already unsettled the AKP. At the time, then-Interior Minister Süleyman Soylu signaled that the government could extend its practice of appointing trustees, previously used in pro-Kurdish municipalities, to CHP-run cities as well. Soylu said trustees had been appointed to municipalities of the Peoples’ Democratic Party (HDP) after President Recep Tayyip Erdoğan expressed discomfort, and similar concerns were later directed at CHP municipalities.

Following the 2019 elections, authorities alleged that members of terrorist organizations had been hired by the İstanbul Metropolitan Municipality and even claimed that utility bill collections could be handled by such individuals.

After the 2024 elections, discussions of appointing trustees intensified, particularly as İstanbul Mayor Ekrem İmamoğlu, who had defeated AKP candidates three times, gained prominence as a potential presidential contender. Starting with Esenyurt on Oct 30, 2024, a series of dismissals and trustee appointments targeting CHP municipalities followed.

Changes in local administrations since the elections have significantly altered the political landscape. Due to trustee appointments in municipalities run by the pro-Kurdish Peoples’ Equality and Democracy (DEM) Party and the CHP, as well as party defections, the current balance of power no longer reflects the original voter mandate.

A total of 55 mayors switched to the AKP or its ally, the Nationalist Movement Party (MHP). Party changes among municipal council members also shifted control of three municipalities to the AKP, while trustees were appointed to 13 municipalities.

On Mar 27, Uşak Mayor Özkan Yalım was detained in Ankara as part of a corruption investigation, later arrested, and removed from office.

Most recently, Bursa Mayor Mustafa Bozbey was detained over allegations related to money laundering and forming or joining an organization, tied to his tenure as Nilüfer district mayor between 1999 and 2019.

Under Turkish law, the Interior Ministry can suspend local officials under criminal investigation. In practice, however, such suspensions have become permanent, with no mayor appointed as trustee returning to office in the past decade.

Typically, trustees are appointed in cases involving "terrorism-related" charges, while municipal councils select acting mayors in other cases. In 13 municipalities where mayors were removed on terrorism charges, the Interior Ministry appointed trustees directly.

In these municipalities, not only were elected mayors removed, but municipal councils also effectively lost their governing role. Trustees, along with appointed executive committees, assumed full control, sidelining elected representatives. (BIA, 2 April 2026 )

Erdogan et justice: deux concepts, deux pratiques qui ne vont pas du tout ensemble

Ragip Duran, TVXS.GR, 30 mars 2026

“Si l'on transformait en scénario tous les articles et commentaires sur le ministre de la Justice parus la semaine passée dans les médias turcs, aucun producteur de cinéma ni société de production, où que ce soit dans le monde, ne prendrait le projet au sérieux. Pourtant, la quasi-totalité des informations publiées dans les médias d’opposition est véridique” estime Erk Acarer, journaliste d’investigation en exil en Allemagne.

En effet, tout a commencé avec une déclaration d’Ozgur Ozel, président de la principale formation de l’opposition (Parti Républicain du Peuple, Kémaliste, légèrement, centre-gauche, 138 sièges sur 592) qui a exhibé les documents officiels de l’ensemble des biens immobiliers que possède le nouveau ministre de la Justice, M. Akin Gurlek : 16 appartements dans 4 villes du pays dont la valeur totale est de 452 millions de livres turques (environ 9 millions d’euros).

Nommé ministre de la Justice le 11 février dernier M. Gurlek était le chef procureur de la ville d’Istanbul. Il était déjà accusé d’agir comme le représentant du Président Erdogan, car il menait des enquêtes, des interrogations tachées d’irrégularités contre les adversaires du régime. Âgé de 44 ans, il se croyait petit fonctionnaire, pauvre mais bon travailleur : “A la Faculté de Droit pendant les cours, je tenais régulièrement des notes et puis je les faisais photocopier et vendre à mes camarades de classe. Et puis comme je n’avais pas assez d’argent, j’ai pris des petits rôles dans les séries télévisées” avait-il avoué.

Mais un comptable a fait les calculs : M. Gurlek ne peut acheter ses immobiliers qu’avec la totalité de ses salaires de 190 ans, sans dépenser un sou. Alors que les documents, les titres de propriété démontrent qu’il a eu tous ces immobiliers depuis seulement 19 ans. En 2007, justement, il a été nommé pour la première fois auxiliaire de justice. 

Les médias du Palais, croient qu’ils s’agissent d’un complot, défendent encore le Ministre, mais il y a même au sein du parti au pouvoir des députés et des responsables qui émettent des doutes sur la richesse personnelle du ministre.

Un procureur d’Erdogan, au lieu d’enquêter les sources de cette richesse a donné l’ordre d’arrestation de 3 directeurs et responsables des bureaux du cadastre qui aurait fourni à Ozgur Ozel les titres de propriété. Bizarrement, M. Gurlek garde le silence, “car M. le Président m’a donné l’ordre de se taire, de ne pas entrer en polémique et de ne pas prendre au sérieux M. Ozel” a-t-il dit. Mais son avocat a déposé une plainte contre Ozel pour “insulte, calomnie et falsification de document”.

“Les bureaucrates, les serviteurs d’Erdogan n’agissent pas pour la patrie et la nation, mais c’est essentiellement pour remplir leurs proches qu’ils commettent des actes illégaux ou illégitimes. Et ce ministre n’est pas seul dans cette catégorie” estime un professeur de droit public en exil en France.

Forces armées/Armed Forces

Le Nigeria et la Turquie concluent un accord militaire

Le Nigeria et la Turquie ont conclu un accord de défense afin d'aider le pays le plus peuplé d'Afrique à lutter contre la menace jihadiste qui le mine depuis dix-sept ans, a annoncé le ministre nigérian de la défense samedi.

"Nous avons convenu de nous orienter vers la formation, la production et l'amélioration de notre coopération dans le domaine de l'industrie de la défense", a déclaré à la télévision turque Christopher Musa, ministre de la défense du Nigeria en déplacement à Antalya, dans un message relayé par l'agence de presse turque Anadolu.

Deux cents personnels des forces spéciales nigérianes seront rapidement envoyés en Turquie pour être formés, a précisé le ministre.

Le Nigeria est en proie à de nombreux défis sécuritaires: une insurrection jihadiste depuis plus de 17 ans dans le nord-est, un conflit entre agriculteurs et éleveurs dans le centre, des violences séparatistes dans le sud-est et des gangs armés appelés "bandits" qui pillent, tuent et kidnappent dans le nord-ouest.

En outre, la détérioration de la sécurité dans le Sahel a permis à des groupes jihadistes d'étendre leurs actions dans le nord-ouest.

La multiplication des attaques de jihadistes et de bandits au cours des derniers mois a suscité l'ire des Etats-Unis qui ont mené, en coordination avec les autorités nigérianes, des frappes aériennes ciblant des jihadistes, le jour de Noël dans l'Etat de Sokoto (nord).

Depuis, le partenariat sécuritaire s'est renforcé entre le Nigeria et les Etats-Unis, ces derniers ayant envoyé deux cents soldats au Nigeria avec pour mission de former leurs homologues nigérians.

Mais Abuja cherche à diversifier ses partenaires sécuritaires.

Cet accord avec la Turquie vient couronner la visite, fin janvier, du président Bola Tinubu en Turquie - la première d'un chef d'Etat nigérian en neuf ans: "nous sommes entrés dans une ère de coopération plus étroite dans le domaine militaire", avait déclaré en février l'ambassadeur turc au Nigeria, Mehmet Poroy.

La Turquie est réputée pour ses drones armés, dont elle est le premier exportateur mondial, jugés performants et peu coûteux.

"La Turquie a considérablement amélioré sa production de matériel militaire, tandis que le Nigeria est encore en phase de développement", a déclaré M. Musa.

"Nous avons convenu de nous associer afin de coproduire certains équipements dès maintenant, car nous menons une guerre asymétrique depuis près de 17 ans. La Turquie possède plus de 40 ans d'expérience", a-t-il ajouté. (AFP, 18 avr 2026)

Erdogan: "La guerre au Moyen-Orient a conduit à une impasse géostratégique"

La guerre au Moyen-Orient a "conduit à une impasse géostratégique", a affirmé samedi le président turc Recep Tayyip Erdogan lors d'un entretien téléphonique avec le secrétaire général de l'Otan Mark Rutte, selon un communiqué de la présidence turque.

"Le président Erdogan a déclaré que le processus entamé par l'intervention contre l'Iran avait conduit à une impasse géostratégique et que la communauté internationale devait redoubler d'efforts pour mettre fin à cette guerre", a précisé la présidence.

La Turquie, qui s'est impliquée dans les tentatives de médiation pour mettre fin à la guerre, notamment par des négociations menées avec le Pakistan et l'Egypte, entend rester en dehors du conflit déclenché le 28 février.

Le chef de l'Etat turc a également affirmé à M. Rutte que la Turquie poursuivait ses "efforts pour parvenir à une issue pacifique au conflit russo-ukrainien".

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky est arrivé samedi à Istanbul pour des discussions avec son homologue turc.

Un haut responsable ukrainien a indiqué à l'AFP que les discussions ne seraient "pas uniquement à propos des intercepteurs (de drones)" mais aussi "sur la coopération pour la sécurité en général".

La présidence turque de son côté a déclaré sur X que les discussions porteraient "sur les questions bilatérales avec l'Ukraine, l'évolution de la situation régionale et les efforts déployés en vue d'un cessez-le-feu et d'une solution durable, notamment dans le cadre du processus d'Istanbul". (AFP, 4 avr 2026)

Affaires religieuses / Religious Affairs

Arrestation de 90 personnes soupçonnées d'être liées au groupe EI

Un total de 90 personnes soupçonnées d'être liées au groupe jihadiste Etat Islamique (EI) ont été arrêtées en Turquie, a annoncé lundi le ministère turc de l'Intérieur, deux semaines après une attaque devant le consulat israélien d'Istanbul.

Les autorités avaient déjà interpellé 198 personnes soupçonnées de liens avec le groupe EI au lendemain de l'attaque.

Parmi les 90 suspects arrêtés dans 24 des 81 provinces du pays figurent "des membres de l'organisation terroriste (...), des personnes (...) participant à son financement (...) et des suspects diffusant [sa] propagande", a détaillé le ministère de l'Intérieur sur X.

Les autorités n'ont pas relié officiellement ces arrestations à l'attaque perpétrée le 7 avril devant le consulat israélien d'Istanbul, dans laquelle deux policiers ont été blessés.

L'un des trois assaillants - tué par la police - était lié "à une organisation terroriste qui instrumentalise la religion", avaient indiqué les autorités sans toutefois nommer le groupe EI.

Fin décembre, trois policiers turcs avaient été tués lors d'une opération anti-EI dans la province de Yalova (nord-ouest). Six suspects, tous de nationalité turque, avaient également été abattus lors d'affrontements qui avaient duré plusieurs heures. (AFP, 20 avr 2026)

Mega-mosque project on Kadıköy shoreline met with local concerns over necessity

The Kadıköy Rıhtım Grand Mosque (Ulu Cami) and an underground parking project planned for Kadıköy's shoreline, one of the most vibrant public spaces on İstanbul's Asian side, is back on the agenda after years of legal proceedings.

First proposed in 2015 following an application by the Presidency of Religious Affairs, the project is designed as a complex with the mosque and surrounding facilities on the landfill area on the waterfront.

The project follows a trend seen over the last decade where monumental mosques have been built at landmark locations across İstanbul such as Taksim Square, Çamlıca Hill and Levent. Kadıköy is now being added to these sites.

According to the project details announced in 2019, the construction in Kadıköy will cover a total area of 33,559 square meters, with a footprint of 11,232 square meters for the mosque, fountain, and service units.

The groundbreaking ceremony is scheduled for May, with construction expected to be completed within three years.

As part of the project, a three-story underground parking lot is planned to replace or sit beneath the current facility. The existing parking lot was closed on Mar 17 following an evacuation notice sent by the Kadıköy District Governor’s Office to İSPARK, a subsidiary of the İstanbul Metropolitan Municipality.

The project was previously canceled by the İstanbul 3rd Administrative Court. However, it was reinstated after an appeals court overturned that decision. The case is currently under review by the Council of State.

Criticism of the project is not limited to legal objections.

Urban advocates opposing the project argue that numerous places of worship already exist in the area. They emphasize that Kadıköy has an increasing need for green spaces and disaster assembly points instead.

The earthquake risk of building a massive structure on landfill ground, along with its impact on coastal use and wind corridors, remains a central concern. Critics also state that the underground parking lot will attract more vehicles to the area and worsen existing traffic congestion. (BIA, 17 April 2026)

Près de 200 interpellations après l'attaque contre le consulat israélien d'Istanbul

Près de 200 personnes ont été interpellées dans les milieux jihadistes en Turquie au lendemain de l'attaque non revendiquée devant le consulat israélien d'Istanbul, a annoncé mercredi le ministre turc de la Justice Akin Gurlek.

Douze personnes liées à l'attaque de trouvaient déjà mercedi en garde à vue, dont deux des assaillants hospitalisés, blessés par la police pendant la fusillade, avait indiqué auparavant le ministère.

Un troisième homme avait été tué sur place.

"Après l'attaque armée perpétrée hier (...) une opération simultanée contre l'organisation terroriste Daech (l'acronyme arabe du groupe Etat islamique EI, ndlr) a été menée dans 34 provinces", a indiqué le ministre sur X.

"198 suspects ont été interpellés", a-t-il ajouté.

L'attentat n'a pas été revendiqué mais l'assaillant tué, Yunus E., 32 ans, né à Adana dans le sud de la Turquie, a été présenté par la presse turque comme lié au groupe jihadiste Etat islamique (EI).

  Le ministère de l'Intérieur avait seulement indiqué qu'il était lié "à une organisation terroriste qui instrumentalise la religion".

Les deux blessés sont deux frères, liés au trafic de drogue, avait-il dit.

Le consulat ainsi que toutes les représentations diplomatiques israéliennes, "en Turquie et dans la région", ont été évacuées dans les semaines qui ont suivi les attaques du 7 octobre 2023 perpétrées par le Hamas palestinien en territoire israélien.

La fusillade a éclaté mardi à la mi-journée dans le quartier d'affaires de Levent à Istanbul: les trois assaillants, armés de fusils, étaient arrivés à bord d'une voiture de location en provenance d'une province voisine.

Deux policiers qui se sont interposés ont été légèrement blessés.

Selon des témoins interrogés par l'AFP, l'affrontement a duré au moins une dizaine de minutes. (AFP, 8 avr 2026)

Fusillade devant le consulat israélien à Istanbul, un assaillant tué

Un assaillant "lié à une organisation terroriste" a été tué et deux blessés dans une fusillade mardi devant le consulat israélien d'Istanbul, vidé de ses diplomates depuis fin 2023, selon un bilan officiel.

Deux policiers en faction devant les locaux ont été "légèrement" atteints, l'un à une oreille, l'autre à une jambe, a précisé le ministère de l'Intérieur.

Trois autres personnes, "en relation avec l'attaque", ont été interpellées peu après les faits et placées en garde à vue, a rapporté la chaine de télévision publique TRT.

Selon le gouvernorat d'Istanbul, "des individus non identifiés ont ouvert le feu sur des policiers en service" aux alentours de 12H15 (09H15 GMT) avant d'être visés par des tirs de riposte.

Aucun diplomate israélien "ne se trouve actuellement sur le sol turc", a précisé à l'AFP une source proche du dossier.

Les représentations diplomatiques israéliennes avaient été évacuées "non seulement en Turquie mais dans toute la région pour raisons de sécurité", peu après les attaques du 7 octobre 2023 conduites par le Hamas palestinien sur le sol israélien, selon cette source.

"J'ai vu une fusillade éclater soudainement de l'autre côté. Ça a duré un bon moment. J'ai vu un policier s'effondrer. Les gens ont paniqué", a raconté à l'AFP un marchand de rue qui a souhaité l'anonymat.

Un autre commerçant, qui a lui aussi préféré taire son nom, a estimé que "les tirs ont duré entre huit et dix minutes", affirmant avoir "eu peur qu'une balle n'atteigne [son] kiosque".

 - "Organisation terroriste" -

 Le ministre de l'Intérieur, Mustafa Çiftçi, a précisé que les assaillants étaient arrivés mardi matin de la province voisine d'Izmit (nord-ouest), à bord d'une voiture de location.

Les autorités ont identifié les trois assaillants et, selon le ministère de l'Intérieur, celui qui est décédé était "lié à une organisation terroriste qui instrumentalise la religion".

Les deux autres, des frères, sont actuellement interrogés par la police.

Selon les images diffusées sur les réseaux sociaux, les trois suspects qui se cachent derrière des voitures garées pour tirer, étaient armés de fusils d'assaut ; tous trois portaient des hauts et des gants noirs, un pantalon beige et un sac à dos.

Des dizaines de policiers casqués et équipés de gilets pare-balles ont été déployés devant le consulat, situé dans le quartier d'affaires de Levent, sur la rive européenne d'Istanbul, ont constaté des journalistes de l'AFP qui ont vu plusieurs ambulances quitter les lieux.

Les journalistes ont également vu des traces de sang au sol sur un parking adjacent.

Les accès au consulat, situé dans une haute tour de bureaux, sont filtrés même en temps normal, le périmètre étant encadré par des barrières de police.

Des images diffusées par la chaîne NTV montrent des policiers, certains en civil, ouvrir le feu près d'un axe très fréquenté ainsi qu'une personne blessée évacuée sur un brancard.

 - Attaque "odieuse" -

 Une enquête a été ouverte par le parquet d'Istanbul et trois procureurs ont été chargés des investigations, a indiqué sur X le ministre turc de la Justice, Akin Gürlek.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a condamné une attaque "odieuse" et juré de "combattre toutes les formes de terrorisme".

"La terreur ne nous intimidera pas", a réagi sur X le ministère israélien des Affaires étrangères, "saluant l'action rapide des forces de sécurité turques qui ont déjoué cette attaque".

"Les États-Unis condamnent dans les termes les plus forts l'attaque d'aujourd'hui contre le consulat israélien à Istanbul", a également écrit sur X l'ambassadeur des Etats-Unis à Ankara, Tom Barrack.

Fin décembre, trois policiers avaient été tués ainsi que six suspects lourdement armés accusés d'appartenir au groupe Etat islamique (EI) lors d'une affrontement dans la province de Yalova, au sud d'Istanbul.

Les autorités avaient annoncé peu après l'arrestation de 125 personnes soupçonnées d'être affiliées aux jihadistes de l'EI.

L'EI a perpétré dans le passé plusieurs attaques meurtrières dans le pays - dont l'une, dans une discothèque d'Istanbul, a fait 39 morts en 2017. (AFP, 7 avr 2026)

Socio-économique / Socio-economic

14 heures de garde à vue pour 110 mineurs en grève de la faim

Cent-dix mineurs turcs en grève de la faim à Ankara depuis lundi pour réclamer le paiement d'arriérés de salaire ont été placés en garde à vue quatorze heures durant mardi, a annoncé leur syndicat.

Arrêtés à l'aube alors qu'ils demandaient à être reçus par un responsable du ministère de l'Energie, les mineurs sont sortis de garde à vue en début de soirée, a indiqué sur X le Syndicat indépendant des mineurs (Bagimsiz Maden-Is).

"Nous reviendrons demain. Nous n'abandonnerons pas. Peu importe le nombre de personnes que vous arrêterez, nous n'irons nulle part tant que nous n'aurons pas obtenu les droits de nos travailleurs", a déclaré dans une vidéo le patron du syndicat, Gökay Çakir.

Les mineurs, arrivés dans la capitale turque lundi depuis la province voisine d'Eskisehir (centre) après neuf jours d'une marche de près de 200 km, avaient entamé une grève de la faim devant les grilles du ministère de l'Energie.

"Nous avons faim", avaient écrit plusieurs d'entre eux au feutre à même leur corps.

"Dans ce pays, les travailleurs ne comptent pas, seul l'argent compte (...) Honte à ceux qui dirigent ce pays", avait lancé lundi soir Gökay Çakir.

Les mineurs ont reçu le soutien mardi de nombreuses personnalités, parmi lesquelles le chef du principal parti de l'opposition turque (CHP, social-démocrate), Özgür Özel, qui a brandi un casque jaune de mineur devant les députés de sa formation au parlement.

Encerclés par la police, les grévistes réclamaient le versement d'impayés de salaires et d'indemnités de licenciement par leur employeur, Doruk Mining.

Interrogé par l'AFP mardi, le ministère de l'Energie n'a pas souhaité commenter ce dossier. (AFP, 21 avr 2026)

La mort de deux adolescents néerlandais due à un pesticide

Deux adolescents néerlandais retrouvés morts en août dernier dans un hôtel d'Istanbul ont succombé à une intoxication à la phosphine, a conclu une analyse toxicologique citée mardi par des médias turcs.

Selon l'agence de presse privée DHA et le quotidien Sabah, des traces de phosphine, un gaz utilisé comme pesticide et dont l'inhalation à forte dose peut entraîner la mort, ont été retrouvées dans le corps des deux frères, âgés de 15 et 17 ans.

La publication des conclusions de l'Institut de médecine légale d'Istanbul intervient alors que s'est ouvert mardi un procès censé déterminer les responsabilités dans la mort en novembre à Istanbul de quatre membres d'une famille turco-allemande intoxiqués par le même pesticide.

Les quatre victimes avaient elles aussi séjourné dans un hôtel de l'arrondissement stambouliote de Fatih, sur la péninsule historique de la ville.

Dans les deux cas, la piste d'une intoxication alimentaire avait d'abord été privilégiée avant d'être abandonnée.

Cinq personnes, parmi lesquelles le directeur de l'hôtel dans lequel les deux adolescents néerlandais séjournaient et le patron d'une entreprise de désinsectisation ayant été mandatée par l'établissement, ont été arrêtées et placées en détention provisoire, ont rapporté les médias turcs. (AFP, 21 avr 2026)

At least 148 workers killed on the job in March

At least 148 workers died in work-related incidents in March, according to a monthly report from the Health and Safety Labor Watch (İSİG).

With 155 deaths in January and 129 in February, the total number of work related deaths in the first three months of 2026 reached at least 432. During the same period last year, 447 workers lost their lives.

Women, migrant and child workers

Among those who died this month, 16 were women, 15 were migrants, and eight were child or young workers.

Women worked in sectors including agriculture, mining, trade, office work, education, metal, transportation, and warehousing.

The 15 migrant workers were from Syria, Afghanistan, Georgia, Iran, Kazakhstan, and Egypt. They were employed in agriculture, construction, transportation, textiles, and metal sectors.

Six of the children were aged 0-14, while two were in the 15-17 age group.

Only three of the deceased workers (2.02 percent) held union memberships. The remaining 145 workers (97.98 percent) were working without union representation.

Construction and transportation see highest fatalities

Sectoral data for March showed the highest number of deaths in industry with 56 cases. This was followed by the service sector with 43 deaths, construction with 28, and agriculture with 21.

The construction sector recorded the highest number of deaths in Mar with 26 fatalities. The transportation sector followed with 23 deaths, while the agriculture and forestry sector ranked third with 21 deaths.

Traffic and shuttle accidents were the leading cause of death, occurring primarily in the transportation and agriculture sectors. Heart attacks and brain hemorrhages, which affect all sectors, were the second most common cause. Falls from heights ranked third, with 72 percent of these incidents occurring at construction sites. Crushing and collapses in mining, textiles, construction, agriculture, and metal sectors were the fourth leading cause.

'Slaughterhouse system'

The İSİG report highlighted the imprisonment of Mehmet Türkmen, the general president of the United Textile, Knitting, and Leather Workers Union (BİRTEK-SEN). Türkmen has been held since Mar 16 for participating in a protest by Sırma Halı workers who were seeking unpaid wages.

The report added that in Antep, which is presented as a "role model for Anatolia," there are efforts to suppress the labor movement to maintain production and export speeds.

"Boasted export figures and profit margins are made possible through a repressive labor regime that imposes extreme and intensive work, hinders the struggle for rights, and establishes a collaborative unionism approach. Unions that object to this and defend a legitimate line of action are being silenced," İSİG stated. (BIA, 9 April 2026)

Men killed 32 women in March

According to news compiled by bianet from local and national newspapers, news websites, and news agencies, men killed at least 32 women and four children in March 2026.

Men injured at least 37 women in March, abused at least 11 girls and boys, and harassed 28 women. Men forced 19 women into sex work.

The deaths of 58 women and 14 children in March were “suspicious” cases where it could not be definitively determined whether they were gender-based.

Suspicious deaths of women reported in the media in March

Afyon (2), Aksaray (1), Ankara (1), Antalya (3), Aydın (2), Balıkesir (1), Burdur (1), Bursa (3), Çorum (2), Denizli (1), Edirne (1), Erzurum (1), Eskişehir (2), Hakkari (3), Isparta (2), İstanbul (9), Karabük (1), Karaman (1), Kastamonu (2), Kayseri (2), Manisa (3), Mardin (3), Muğla (2), Muş (1), Ordu (1), Samsun (1), Sinop (1), Sivas (1), Tekirdağ (2), Van (2).

Suspicious child deaths reported in the media in March

Adıyaman (1), Aydın (3), Bolu (1), Eskişehir (1), Giresun (1), Hatay (1), İstanbul (3), İzmir (1), Malatya (1), Siirt (1)
(BIA, 7 April 2026)

Une troisième bateau turc a franchi le détroit d'Ormuz

Un troisième bâtiment appartenant à un armateur turc, un pétrolier à destination de la Malaisie, a franchi le détroit d'Ormuz dimanche soir, a annoncé lundi le ministre turc des Transports Abdulkadir Uraloglu.

"Grâce à nos efforts conjoints avec le ministère des Affaires étrangères, le navire turc Ocean Thunder, qui faisait route vers la Malaisie avec du pétrole brut chargé en Irak, a franchi sans encombre le détroit d'Ormuz hier soir", a précisé le ministre sur X.

Selon le site spécialisé Marine Traffic, le pétrolier Ocean Thunder, qui bat pavillon panaméen, provenait du port irakien de Bassorah.

L'Iran a quasiment fermé le détroit d'Ormuz depuis les frappes américano-israéliennes du 28 février, qui ont déclenché le conflit et provoqué une envolée des prix mondiaux du pétrole et du gaz.

Selon M. Uraloglu, huit bâtiments appartenant à des armateurs turcs demandent toujours le passage du détroit.

Un premier navire appartenant à un armateur turc avait traversé le détroit d'Ormuz "avec l'autorisation de l'Iran" le 13 mars et un second, samedi.

"Nous poursuivons sans relâche nos efforts pour assurer le passage en toute sécurité de nos huit navires et de leurs 156 membres d'équipage qui souhaitent actuellement quitter la zone", a assuré le ministre turc. (AFP, 6 avr 2026)


Hausse de 25% du prix du gaz et de l'électricité pour les ménages

L'augmentation de 25% des prix de l'électricité et du gaz pour les ménages entre en vigueur à partir de samedi, a annoncé l'Autorité de régulation du marché de l'énergie (EPDK) dans un communiqué.

"En raison de l'augmentation des coûts de production et de distribution de l'électricité, les prix de vente finaux de l'électricité au détail ont été augmentés de 25% (...) et les prix de vente finaux du gaz naturel ont été augmentés en moyenne de 25% pour les abonnés résidentiels", a affirmé l'EPDK.

"Suite à cette augmentation, le montant à payer pour un abonné résidentiel consommant 100 kWh d'électricité s'élève désormais à 323,8 TL (6,29 euros, NDLR)", a ajouté l'organisme public.

Des hausses allant de 5,8% à 24,8% entrent aussi en vigueur à partir de samedi pour les abonnés industriels, commerciaux ou agricoles, a-t-il précisé.

L'Iran a quasiment fermé le détroit d'Ormuz depuis les frappes américano-israéliennes du 28 février, qui ont déclenché le conflit et provoqué une envolée des prix mondiaux du pétrole et du gaz. (AFP, 4 avr 2026)

Relations turco-européennes / Turkey-Europe Relations

Le groupe de distribution français Carrefour se désengage de la Turquie

Le géant français de la distribution Carrefour a annoncé vendredi avoir signé un accord pour la vente de sa participation minoritaire dans CarrefourSA, qui exploite en Turquie quelque 1.200 magasins.

Les 32% du capital de CarrefourSA que détenaient Carrefour seront revendus à un groupe turc, Aydin, propriétaire de la chaîne de supermarchés A101.

Le montant de la cession n'a pas été divulgué, mais "l'opération n'aura pas d'impact financier significatif pour Carrefour", a fait savoir le groupe français dans un communiqué.

Les 1.237 magasins de la marque CarrefourSA continueront d'utiliser ce nom "pour une durée minimum de deux ans", précise l'enseigne.

"Cette opération s'inscrit dans le cadre de la revue stratégique initiée par Carrefour au début de l'année 2025", explique ce dernier.

Soucieux de dégager davantage de rentabilité, le distributeur a notamment cédé Carrefour Italie en 2025 et veut se recentrer sur ses principaux marchés: la France, le Brésil et l'Espagne.

En 2025, CarrefourSA a généré un chiffre d'affaires de 1,9 milliard de dollars.

Le groupe Carrefour était actionnaire minoritaire de CarrefourSA, aux côtés d'un des plus importants conglomérats industriel de Turquie, Sabanci, qui va également céder ses parts au même acheteur. (AFP, 17 avr 2026)

Turquie-USA-OTAN / Turkey-USA-NATO

L'Otan "fera toujours le nécessaire pour défendre la Turquie", dit Rutte à Ankara

L'Otan "fera toujours le nécessaire pour défendre la Turquie", pays membre de l'Alliance atlantique visé par quatre tirs de missiles iraniens le mois dernier, a déclaré mercredi à Ankara son secrétaire général, Mark Rutte.

"L'Iran sème la terreur et le chaos, et cela se ressent fortement ici en Turquie. Ces dernières semaines, l'Otan a intercepté avec succès, à quatre reprises, des missiles balistiques iraniens se dirigeant vers la Turquie", a indiqué M. Rutte.

"L'Otan est préparée à de telles menaces et fera toujours le nécessaire pour défendre la Turquie et tous les autres pays" de l'Alliance, a ajouté le secrétaire général de l'Alliance atlantique, dont les 32 pays membres doivent se réunir début juillet dans la capitale turque à l'occasion d'un sommet.

L'ancien Premier ministre néerlandais, qui visitait le siège de l'entreprise Aselsan, un géant turc de l'industrie de défense, a salué à cette occasion la "révolution de l'industrie de défense turque".

Face aux "immenses dangers" auxquels les pays de l'Otan sont confrontés, "il faut poursuivre sur cette voie, produire et innover encore davantage et plus rapidement", a déclaré M. Rutte, qui doit s'entretenir mercredi avec le président turc Recep Tayyip Erdogan.

"Ce sont les systèmes de défense aérienne, les drones, les munitions, les radars, les capacités spatiales, et bien d'autres choses encore, qui nous protégeront. Vous développez des technologies de pointe dans ce pays (...) et maîtrisez nombre de ces capacités, et c'est ce dont nous avons besoin", a-t-il ajouté. (AFP, 22 avr 2026)

NATO to establish new multicorps in Adana

At Turkey’s request, NATO is preparing to establish a multinational corps, a military headquarters hosting troops from several member states, in Adana as part of the NATO southern regional defense plan. The plan covers the Mediterranean, the South Caucasus, the Black Sea and North Africa.

Turkey already hosts significant NATO infrastructure, including a NATO radar base in Malatya, the NATO Allied Land Command in Izmir, and bases in Kürecik and Incirlik (which is also in Adana). Turkey is currently among the top five NATO contributors in operations and missions among the 32 member states and boasts the second largest military in the group, only after the United States.

Little is known about the new NATO multinational corps (MNC-TUR) yet, including the size or the number of troops it will hold.

Dr. Mehmet Ali Tuğtan, an international relations professor at Bilgi University, believes MNC-TUR is simply the latest in a long line of deep collaboration between the US and Turkey that has existed since the Cold War. It is not representative of any major shifts in Turkey’s relationship with the US or the West more broadly.

He said the establishment of MNC-TUR reaffirms Turkey’s usefulness to the US due to its geographical position and military capabilities.

Tuğtan also said this is part of a broader long-term readjustment in NATO after US President Donald Trump demanded partners contribute more to the alliance. This led Allies to pledge five percent of their gross domestic product (GDP) annually on core defense requirements and security-related spending by 2035.

“NATO is trying to be a more robust, combat-ready and, more importantly, more deterrent force posture, this is what they’re trying to achieve,” he said.

“Whenever they [the West] need a powerful, dependable, regional ally, they look at the map, they look at the charts, they look at the figures, and they realize there is no one else but Turkey," he said.

Tuğtan said the West has been “in trouble” since Russia’s war on Ukraine and believes the new multicorp is partially about combatting Russian influence. He stressed that it is not a reaction to the US-Israel war on Iran. Turkey has been planning for the MNC-TUR since 2023, years before the current Iran war.

“Since the end of the Cold War in early 1990s, there had been no external threat against NATO so this is the first time NATO countries feel that they are actually threatened by a conventional military actor,” Tuğtan said. (BIA, 21 April 2026)

Retour en Turquie d'une étudiante figure de la défense de la liberté d'expression

Une étudiante turque propalestinienne, devenue une figure de la lutte pour la liberté d'expression aux Etats-Unis après son arrestation et sa détention par la police de l'immigration, a annoncé vendredi qu'elle rentrait dans son pays.

Rumeysa Ozturk, doctorante à l'université Tufts dans le Massachusetts, avait été arrêtée en mars 2025 pour avoir co-signé un article dans son journal universitaire critiquant la façon dont l'établissement gérait le mouvement de contestation contre la guerre menée par Israël à Gaza.

Elle avait été détenue pendant six semaines en Louisiane, avant d'être remise en liberté sur ordre d'un juge fédéral, au nom du droit à la liberté d'expression.

"J'ai décidé de rentrer chez moi comme prévu afin de poursuivre ma carrière de chercheuse, sans perdre plus de temps avec la violence d'Etat et l'hostilité que j'ai subies aux Etats-Unis, simplement pour avoir co-signé une tribune plaidant pour les droits des Palestiniens", a-t-elle déclaré dans un communiqué publié par l'American Civil Liberties Union (ACLU).

Pendant la guerre entre Israël et le Hamas à Gaza, Donald Trump a pris pour cible les universités américaines, devenues l'épicentre du mouvement de protestation contre le conflit, en ordonnant aux services d'immigration d'expulser des étudiants étrangers ayant participé aux manifestations.

Des images montrant six agents masqués traînant Rumeysa Ozturk dans la rue alors qu'elle se rendait à la rupture du jeûne du ramadan avec des amis avaient suscité une vague d'indignation.

"L'arrestation et la détention de Rumeysa par le gouvernement étaient illégales et préjudiciables, comme l'ont confirmé de nombreuses décisions de justice fédérales, qui ont établi que les autorités n'avaient aucun fondement à leurs actions", a déclaré Jessie Rossman, directrice juridique de l'American Civil Liberties Union (ACLU) du Massachusetts.

Les procédures d'expulsion en cours contre la doctorante ont été abandonnées cette semaine dans le cadre d'un accord transactionnel conclu avec les autorités de l'immigration, a encore indiqué l'ACLU.

"Après 13 années d'études intensives, je suis très fière d'avoir achevé mon doctorat et de pouvoir rentrer chez moi selon mon propre calendrier", a ajouté Rumeysa Ozturk, dont les recherches portent sur la psychologie de l'enfant. (AFP, 17 avr 2026)

Washington condamne l'attaque contre la résidence du président du Kurdistan irakien

Les Etats-Unis ont condamné samedi "avec la plus grande fermeté" les attaques "perpétrées en Irak par les milices terroristes agissant pour le compte de l'Iran", et notamment celle "contre la résidence privée du président de la région du Kurdistan irakien, Nechirvan Barzani", selon un communiqué du département d'Etat.

"Ces actes commis par l'Iran et ses proxys constituent une atteinte directe à la souveraineté, à la stabilité et à l'unité de l'Irak", ajoute le département d'Etat. "Nous rejetons catégoriquement les actes terroristes aveugles et lâches que l'Iran et ses proxys terroristes ont perpétrés dans la région du Kurdistan irakien et dans tout l'Irak."

Depuis le lancement de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran le 28 février, l'Irak a été aspiré dans un conflit régional qu'il tente d'éviter. Des groupes pro-Iran en Irak revendiquent quotidiennement des dizaines d'attaques de drone et tirs de roquettes contre la présence militaire américaine, en Irak et ailleurs au Moyen-Orient.

Ces attaques ont notamment pris pour cible l'ambassade américaine à Bagdad, mais aussi les effectifs d'une coalition internationale antijihadiste déployée en Irak.

Samedi, une "attaque" de drone dans l'extrême nord du pays a aussi visé une résidence secondaire du président du Kurdistan autonome, Nechirvan Barzani. Les autorités à Bagdad ont annoncé l'ouverture d'une enquête pour traduire en justice les auteurs. (AFP, 29 mars 2026)

Relations régionales / Regional Relations

Un forum diplomatique en Turquie pour "réduire les tensions" au Moyen-Orient

Un forum diplomatique a commencé vendredi dans le sud de la Turquie, en présence notamment du Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, au moment où l'Iran a déclaré le détroit d'Ormuz "entièrement ouvert" et Islamabad intensifie ses efforts pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

"Je crois que la fenêtre d'opportunité ouverte par le cessez-le-feu doit être exploitée au mieux pour instaurer une paix durable", a affirmé le président turc Recep Tayyip Erdogan au début de ce forum, qui se déroule pendant trois jours dans la station balnéaire méditerranéenne d'Antalya.

"Quelles que soient les profondeurs des désaccords, nous ne devons pas laisser les armes remplacer les mots", a précisé M. Erdogan qui a pris la parole avant l'annonce par l'Iran de la réouverture du détroit d'Ormuz tant que durera la trêve au Moyen-Orient.

"Nous devons rester vigilants et prêts à contrer les tentatives d'Israël de saboter le processus de négociation", a ajouté le chef de l'Etat turc sans se prononcer sur le dernier cessez-le-feu conclu entre Israël et le Liban.

 - Rencontres à haut niveau -

 Une réunion entre les chefs de la diplomatie de la Turquie, de l'Egypte, du Pakistan et de l'Arabie Saoudite pour "des discussions sur le développement de solutions régionales aux problèmes régionaux, notamment à propos du conflit entre les Etats-Unis, Israël et l'Iran" a eu lieu vendredi soir en marge du forum.

Une photo diffusée par le ministère turc des Affaires étrangères montrait les ministres des Affaires étrangères des quatre pays ensemble.

Le forum annuel d'Antalya intervient sur fond de multiplication des initiatives du Pakistan pour permettre une nouvelle série de pourparlers entre Washington et Téhéran afin d'arrêter la guerre déclenchée le 28 mars par les Etats-Unis et Israël.

Le chef d'état-major de l'armée pakistanaise a rencontré jeudi à Téhéran des négociateurs de haut niveau et M. Sharif, arrivé jeudi dans le sud de la Turquie, s'est entretenu cette semaine avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et l'émir du Qatar Tamim ben Hamad al-Thani dans le cadre d'une tournée régionale.

M. Erdogan a eu une réunion avec M. Sharif en marge du forum.

La guerre et le quasi blocus jusqu'alors du détroit d'Ormuz devraient être au coeur des discussions. La date et l'heure de cette rencontre n'ont pas encore été communiquées.

De premiers pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis au Pakistan se sont soldés par un échec dimanche sans toutefois conduire à une rupture du cessez-le-feu de deux semaines mis en place le 8 avril.

La Turquie veut également contribuer au processus de stabilisation.

Concernant le détroit d'Ormuz, son accès ne devrait pas être restreint, a affirmé le président turc.

"L'Iran borde le détroit d'Ormuz, tandis qu'Oman s'y trouve également. Le droit des pays du Golfe à la navigation en haute mer ne doit pas être limité", a-t-il souligné vendredi.

Mercredi, M. Erdogan avait assuré que la Turquie déployait "les efforts nécessaires pour réduire les tensions, prolonger le cessez-le-feu et poursuivre les négociations".

 - 150 pays représentés -

 La Maison Blanche a fait savoir que de nouvelles discussions avec l'Iran auraient lieu "très probablement" à Islamabad, où le vice-président JD Vance a dirigé la délégation américaine au cours du premier cycle de négociations.

"Nous continuerons à apporter tout le soutien possible pour faire en sorte que le cessez-le-feu temporaire en cours devienne permanent", a déclaré jeudi une source au ministère turc de la Défense.

"Nous espérons que cette guerre, dont les effets se font de plus en plus sentir non seulement au niveau régional mais aussi mondial, prendra fin au plus vite et que les parties agiront de manière constructive dans le processus de négociation en cours", a encore dit cette source.

La Turquie, qui critique avec virulence Israël, s'est jointe aux actions diplomatiques du Pakistan et de l'Egypte pour contribuer à l'établissement d'un cessez-le-feu, tant en Iran qu'au Liban.

Le forum accueille les représentants de plus de 150 pays, dont le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et plus de 20 chefs d'Etat et de gouvernement.

Intervenant pendant cette rencontre vendredi, le président syrien Ahmed al-Chareh a dit envisager l'éventualité de "négociations" avec Israël au sujet du plateau du Golan si les deux pays parvenaient à un accord de sécurité garantissant le retrait d'Israël des territoires syriens récemment occupés. (AFP, 17 avr 2026)

Un navire turc à Mogadiscio pour mener les premiers forages pétroliers en Somalie

Un navire turc de forage s'est amarré vendredi au port de Mogadiscio, capitale de la Somalie, en vue d'entamer prochainement les premiers forages pétroliers au large de ce pays miné par des décennies de guerre, ont annoncé les autorités turques et somaliennes.

Un accord "d'exploration et de production d'hydrocarbures" a été été signé en 2024 entre la Turquie et la Somalie, autorisant la compagnie pétrolière nationale turque à prospecter trois zones d'environ 5.000 km2 chacune.

Fin 2024, un précédent navire turc, l'Oruc Reis, avait mené des recherches sismiques dans ces trois blocs pour identifier les zones de forages.

Le Cagri Bey, à la proue rouge ornée d'une étoile et d'un croissant blancs, couleurs de la Turquie, et surmonté d'un derrick, a accosté vendredi au port de Mogadiscio, a indiqué à l'AFP Abshir Yare, un employé du port.

"Le navire est gigantesque, on n'a jamais rien vu de tel dans ce port auparavant", a-t-il ajouté.

Selon l'agence de presse nationale somalienne Sonna, le navire lancera "les premières opérations de forage jamais réalisées au large de la Somalie".

Arrivé vendredi à Mogadiscio, le ministre turc de l'Énergie et des Ressources naturelles Alparslan Bayraktar, a pris part avec le président somalien Hassan Sheikh Mohamud à une cérémonie sur le port à l'occasion de l'arrivée du navire, le premier à forer hors des eaux turques, a-t-il indiqué.

Les études sismiques menées par l'Oruç Reis ont permis "d'identifier une structure géologique porteuse de grandes promesses. Nous avons nommé ce puit Curad, ce qui signifie bébé premier-né en somali", a déclaré le ministre turc, précisant qu'il se situait à environ 370 km (au large) de Mogadiscio.

"La profondeur à cet endroit est de 3.500 mètre et nous prévoyons un forage descendant à 4.000 m sous le fond marin", soit "une profondeur totale de 7.500 mètres" ce qui en ferait "le deuxième projet de forage parmi les plus profonds au monde", a affirmé M. Bayraktar.

Environ 500 personnes travailleront sur le navire et à terre et la mission durera entre six et neuf mois, a-t-il ajouté.

"Aujourd'hui commence la deuxième des trois étapes" vers la production de pétrole, après la phase d'étude "et nous souhaitons bon voyage à ce navire", s'est de son côté réjoui le président somalien.

Ankara est un des principaux partenaires militaires et économiques de la Somalie. La plus grande base militaire turque à l'étranger a été inaugurée à Mogadiscio, en 2017.

Aucune date de début d'une éventuelle exploitation, en cas de réussite de la mission, n'est avancée.

Des études sismiques ont évalué à 30 milliards de barils les possibles réserves de pétrole et de gaz en Somalie, selon le ministère américain du Commerce qui souligne qu'une éventuelle production ne peut commencer qu'après une "exploration minutieuse qui prend généralement de trois à cinq ans".

Avant la guerre civile ayant conduit à l'effondrement de l'Etat somalien en 1991, des grandes compagnies pétrolières et gazières internationales avaient passé des accords d'exploration avec la Somalie, mais se sont ensuite retirées du pays.

Deux compagnies américaines, Coastline Exploration et Liberty Petroleum Corporation, ont signé en 2022 et 2024 avec le gouvernement somalien des accords de partage de production relatifs à plusieurs blocs offshore. (AFP, 10 avr 2026)

Le président turc Erdogan accuse Israël de "saper tout effort" de paix

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé lundi Israël de "saper tout effort" de paix au Moyen-Orient.

"Le gouvernement israélien continue de saper tout effort visant à mettre fin à la guerre" a déclaré le chef de l'Etat à l'issue d'une réunion de son cabinet, promettant de "poursuivre des efforts sincères" tant qu'il "restera la moindre chance de faire taire les armes et de l'espace pour des négociations".

La Turquie, avec l'Egypte et via le Pakistan, tente de promouvoir un cessez-le-feu en Iran, alors que la guerre déclenchée le 28 février par  les Etats-Unis et Israël touche toute la région du Golfe persique.

"Alors que la guerre s'éternise, nous avons prévenu que l'incendie risquait de se propager à d'autres pays" a continué M. Erdogan, disant, "au 38e jour du conflit, continuer malheureusement de nourrir les mêmes inquiétudes pour notre région".

"Face à l'augmentation des risques, moi, en tant que Président d'une part, et nos ministres d'autre part, intensifions nos contacts diplomatiques. S'il existe ne serait-ce qu'une infime chance de faire taire les armes et d'ouvrir un espace aux négociations, nous faisons des efforts sincères pour la saisir".

"Notre espoir est que cette guerre illégale, insensée, illégitime et extrêmement coûteuse pour toute l'humanité prenne fin le plus rapidement possible", a-til affirmé. (AFP, 7 avr 2026)

Poutine et Erdogan appellent à un cessez-le-feu, lors d'un entretien téléphonique

Le président russe Vladimir Poutine et son homologue turc Recep Tayyip Erdogan ont appelé à un cessez-le-feu immédiat au Moyen-Orient, invoquant notamment la crise énergétique qui en découle, lors d'un entretien téléphonique vendredi, a indiqué le Kremlin.

"Les dirigeants ont souligné leurs positions communes sur la nécessité d'un cessez-le-feu dans les plus brefs délais et de l'élaboration d'accords de paix tenant compte des intérêts légitimes de tous les États de la région", indique le communiqué.

"Il a été souligné que l'intensification des actions militaires entraîne de graves conséquences non seulement au niveau régional mais aussi mondial, notamment dans les domaines de l'énergie, du commerce et de la logistique", a ajouté le Kremlin, précisant que l'entretien téléphonique s'était déroulé à l'initiative d'Ankara.

Les deux dirigeants ont également évoqué l'"importance de mesures coordonnées" pour assurer la sécurité dans la région de la mer Noire, Moscou accusant Kiev de cibler des infrastructures gazières reliant la Russie à la Turquie et d'attaquer des pétroliers en mer Noire.

Gazprom a indiqué jeudi qu'un site énergétique garantissant la livraison de gaz à la Turquie avait été ciblé dans la nuit par une attaque de drones, qui a été repoussée.

Kiev vise les installations énergétiques en Russie avec des frappes de drones, afin de tenter d'assécher les ressources tirées des hydrocarbures avec lesquelles Moscou finance son offensive à grande échelle en Ukraine. (AFP, 3 avr 2026)


La Turquie annonce l'interception d'un quatrième missile tiré d'Iran

La Turquie a annoncé lundi l'interception d'un quatrième tir de missile contre son territoire, attribué à l'Iran par le ministère de la Défense.

"Une munition balistique, dont il a été établi qu'elle avait été tirée d'Iran et qu'elle avait pénétré dans l'espace aérien turc, a été neutralisée par les moyens de défense antiaérienne et antimissile de l'Otan déployés en Méditerranée orientale", a déclaré le ministère dans un communiqué.

La Turquie, qui s'est impliquée dans les tentatives de médiation pour mettre fin à la guerre, notamment par des négociations menées avec le Pakistan et l'Egypte, entend rester en dehors du conflit en cours depuis le 28 février.

"Empêcher que notre pays ne soit entraîné dans ce brasier est notre priorité numéro un", avait dit le président Recep Tayyip Erdogan.

Il s'agit du quatrième missile tiré vers la Turquie, membre de l'Alliance atlantique, depuis le début de la guerre en Iran et aucun n'a atteint le sol turc, selon les autorités.

"Toutes les mesures nécessaires sont prises avec détermination et sans hésitation face à toute menace contre le territoire et l'espace aérien de notre pays et l'ensemble des développements dans la région est suivi de près, en donnant la priorité à notre sécurité nationale", affirme le ministère.

L'ambassade d'Iran en Turquie a nié toute responsabilité de Téhéran, se disant prête à mettre en place "une équipe technique commune" pour enquêter sur ces incidents.

Ankara a néanmoins annoncé la semaine dernière le déploiement par l'Otan d'une nouvelle batterie antiaérienne Patriot sur la base militaire d'Incirlik (sud), qui abrite des forces américaines. (AFP, 30 mars 2026)


Entretiens à Islamabad entre Pakistan, Arabie Saoudite, Turquie et Egypte

Pakistan, Arabie saoudite, Egypte et Turquie ont débuté dimanche des discussions quadripartites visant à tenter de mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, alors qu'Islamabad joue le rôle d'intermédiaire entre les États-Unis et l'Iran.

Commencée dans l'après-midi, la réunion des ministres des Affaires étrangères de ces pays musulmans a duré plusieurs heures dans la capitale pakistanaise. Elle se poursuivra lundi.

Le gouvernement pakistanais s'est imposé comme un facilitateur clé entre l'Iran et les États-Unis, permettant l'échange de messages, alors que la guerre, que Washington mène avec Israël, vient d'entrer dans son deuxième mois.

Islamabad cherche à tirer parti de ses liens anciens avec Téhéran et des contacts étroits dans le Golfe, tandis que le Premier ministre Shehbaz Sharif et le maréchal Asim Munir, chef de l'armée, ont noué une relation personnelle avec le président américain Donald Trump.

Le ministre des Affaires étrangères Ishaq Dar a déclaré que les pourparlers, organisés sous haute sécurité dans son ministère mais sans aucun délégué américain, israélien ou iranien, intervenaient à un "moment critique".

"Nos discussions franches et constructives se concentrent sur l'évolution de la situation régionale et la promotion de la paix et de la stabilité, tout en renforçant notre partenariat et en approfondissant notre coopération", a-t-il écrit sur X.

M. Dar, qui est également vice-Premier ministre du Pakistan, a eu des entretiens bilatéraux séparés avec ses homologues - Badr Abdelatty pour l'Égypte, Hakan Fidan pour la Turquie et le Saoudien Fayçal ben Farhane.

Les trois visiteurs ont également rencontré le maréchal Munir.

Le Pakistan et l'Arabie saoudite sont liés par un pacte de défense mutuelle et, lors d'une autre réunion, le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a déclaré à Fayçal ben Farhane que Ryad avait fait preuve d'une "retenue remarquable" dans la crise.

"Tout en soulignant le rôle de leader du Royaume au sein de l'Oumma musulmane (la communauté mondiale), le Premier ministre a insisté sur la nécessité de forger l'unité entre les pays islamiques en cette période critique", indiquait un communiqué.

 - Rencontre Iran-USA "très bientôt" ? -

 Téhéran dément la tenue de tous pourparlers officiels avec Washington, mais a transmis une réponse au plan en 15 points de M. Trump visant à mettre fin à la guerre, via Islamabad, selon une source anonyme citée par l'agence de presse iranienne Tasnim.

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, a déclaré vendredi qu'il s'attendait à une rencontre directe entre les États-Unis et l'Iran au Pakistan "très bientôt", sans révéler l'origine de son information.

"La réunion a examiné les moyens de renforcer la coordination face à l'escalade militaire, rapide et dangereuse, dans la région, et de faire de la diplomatie et du dialogue les premiers outils pour contenir la crise et ses graves répercussions sur la sécurité et la stabilité régionales", a déclaré le ministre des Affaires étrangères égyptien, Badr Abdelatty.

"Elle a abordé les efforts déployés dans le cadre du Quartet pour réduire l'escalade et apaiser les tensions, ainsi que pour encourager la mise en place d'un cadre de négociations entre les États-Unis et l'Iran afin de parvenir à une désescalade et empêcher la région de sombrer dans un état de chaos total", a-t-il ajouté.

Samedi, M. Sharif a indiqué qu'il avait eu une conversation téléphonique de plus d'une heure avec le président iranien Massoud Pezeshkian, détaillant "l'action diplomatique en cours" de son pays.

Tard samedi, M. Dar a annoncé que l'Iran avait autorisé 20 navires battant pavillon pakistanais supplémentaires - soit deux navires par jour - à transiter par le détroit d'Ormuz, apaisant ainsi les craintes d'une crise imminente du carburant.

"Le dialogue, la diplomatie et ce type de mesures de confiance sont la seule voie à suivre", a déclaré M. Dar sur X, dans un post adressé au vice-président américain JD Vance, au secrétaire d'État Marco Rubio, à l'émissaire Steve Witkoff et au ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi. (AFP, 29 mars 2026)


Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece

Deux touristes grecs arrêtés après un incident à Sainte-Sophie

Deux touristes grecs ont été arrêtés à Istanbul après avoir déployé un drapeau orné d'un slogan orthodoxe nationaliste à l'intérieur de l'ex-basilique Sainte-Sophie, reconvertie en mosquée en 2020, a appris l'AFP mardi.

Contactée par l'AFP, la porte-parole du ministère grec des Affaires étrangères, Lana Zochiou, a indiqué que "deux touristes grecs, une femme et un homme, ont été arrêtés samedi dernier à Istanbul".

"Le consul général grec leur fournit l'assistance consulaire adéquate", a-t-elle ajouté, sans préciser le motif de leur arrestation.

Selon des images de vidéosurveillance diffusées mardi par la chaîne de télévision privée turque NTV, les deux touristes ont brandi tour à tour le drapeau à l'étage de la mosquée Sainte-Sophie, avant l'intervention d'agents de sécurité.

Un aigle bicéphale et l'inscription en grec "L'orthodoxie ou la mort", un slogan des cercles religieux orthodoxes ultraconservateurs, ornent ce drapeau constitué d'une croix blanche sur fond bleu, selon une photo publiée par la chaîne privée turque.

Selon NTV et le quotidien turc Sabah, proche du pouvoir, les deux touristes ont été placés en détention provisoire.

Interrogé par l'AFP, le ministère turc de l'Intérieur n'avait pas répondu dans l'immédiat.

La Grèce, qui entretient des relations historiquement difficiles avec son voisin turc, avait exprimé en 2020 son profond mécontentement face à la transformation de Sainte-Sophie, haut-lieu de l'orthodoxie, en mosquée.

Le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis avait notamment jugé que "ce qui se passe à Constantinople n'est pas une manifestation de puissance mais au contraire un signe de faiblesse".

Convertie en mosquée après la prise de Constantinople par les Ottomans en 1453, Sainte-Sophie avait été transformée en musée en 1934 par le premier président de la République turque, Mustafa Kemal Atatürk, soucieux de "l'offrir à l'humanité". (AFP, 14 avr 2026)

Avoir 20 ans à Nicosie, dernière capitale divisée du monde

Tu ne peux pas oublier que la ville est divisée. Ils nous observent, je me sens moins en sécurité ici. » Chrystalla n’est pas originaire de Nicosie. Et pour cette Chypriote grecque de vingt ans, née à Limassol, loin de la ligne de séparation qui coupe Chypre et sa capitale en deux, la différence est nette entre Nicosie, où elle est venue étudier, et sa ville natale, au sud de l’île méditerranéenne.

Contrairement à Berlin avant le 9 novembre 1989, la délimitation entre les deux parties de Chypre n’est pas un grand mur couvert de graffitis d’un côté et gris de l’autre. Ce n’est même pas un mur, à proprement parler. Ce sont ici des sacs de sable kaki entassés bordant une terrasse de café, là des murs de bidons d’essence, ou là encore des grillages de l’ONU avec des messages en anglais interdisant la prise de photos. Le tout surmonté de fils barbelés. Avec de temps en temps, des soldats armés postés sur des miradors. Cette frontière – nommée « ligne verte » en référence à un trait de crayon vert tracé par un général anglais et qui coupe parfois des maisons en deux – fait de Nicosie la dernière capitale divisée au monde.

Au détour de ruelles du centre-ville, deux files encadrent un petit bureau rehaussé d’un auvent aux tons bleus. Certains veulent passer du côté nord – dans le quasi-Etat de la République turque de Chypre du Nord (RTNC), qui n’est reconnu que par la Turquie – d’autres se rendent dans le sud, dans la République de Chypre, grécophone. Le passage est possible depuis 2003, à condition d’avoir une carte d’identité européenne ou un visa à présenter aux gardes-frontières. Muhammad et Abdulhasib, deux vingtenaires venus d’Arabie saoudite et des Emirats arabes unis pour étudier la médecine, se sentent enfermés dans la partie nord de l’île, interdits de passer l’autre côté. « Dans le nord, il n’y a pas de chouettes activités disponibles aux étudiants à part étudier. Mais nous ne pouvons pas traverser la frontière et aller du côté grec. »

Depuis le sud de Nicosie, où les cartes de la ville indiquent que le nord est « occupé depuis 1974 », on voit à plusieurs endroits des drapeaux de la Turquie et de la RTNC – une inversion du drapeau turc – flotter de l’autre côté de la frontière. Le plus ostentatoire est l’énorme version, de 426 mètres de long, placée sur les montagnes de Kyrenia et visible sur des dizaines de kilomètres. « Ils nous narguent », peste Konstantinos, 24 ans, étudiant en médecine à la European University Cyprus. Dans le sud de Nicosie, il n’est à l’inverse pas rare de voir des drapeaux grecs flotter, avec ou sans le drapeau chypriote, y compris sur des postes de miradors.

Comme Konstantinos, Chrystalla refuse de passer la frontière vers la partie turcophone, même pour quelques heures. « Beaucoup de gens vont faire du shopping de l’autre côté car c’est moins cher. » Alors que la République de Chypre utilise l’euro, la monnaie du nord de l’île est la lire turque, fortement impactée par l’inflation qui frappe la Turquie. « Mais moi je ne le fais pas », continue l’étudiante grécophone, « je ne veux pas leur donner de l’argent. »

Julian, 27 ans, se souvient avoir traversé la frontière quand elle était enfant pour découvrir le village natal de sa mère, dans le nord. « C’était bizarre de se sentir comme une touriste dans son propre pays », se souvient la jeune femme qui ne compte pas renouveler l’expérience. Comme de nombreux Chypriotes grecs, ses parents ont quitté leur région d’origine en 1974, année qui marque un tournant dans l’histoire du pays.

Après des années de tensions intercommunautaires, notamment nourries durant la période coloniale britannique, la dictature des colonels grecs, sur le déclin, s’apprêtait à annexer Chypre, avec le soutien d’une partie de la population grécophone, majoritaire dans le pays. Une tentative de coup d’Etat a fait réagir la Turquie, qui voulait protéger la minorité turcophone. Le pays, démocratique à l’époque, a répliqué en envoyant son armée dans le nord, prenant le contrôle de 37 % de l’île, dont la superficie totale dépasse de peu la Corse. De grands mouvements de population ont suivi : dans les années 70, 200.000 grécophones ont fui vers le sud, tandis que 50.000 turcophones sont remontés dans le nord. « Depuis, c’est un des conflits les plus gelés parmi les conflits gelés », pointe Elena Aoun, professeure et chercheuse en relations internationales à l’UCLouvain. « Il ne s’est structurellement pas passé grand-chose en cinquante ans. »

Des relations effilochées

Alors que les deux communautés ont longtemps habité côte à côte, les liens se sont distendus depuis. « Ma famille connaissait des Chypriotes turcs, certains étaient des amis. Ils se parlent encore de temps en temps », songe Evi, 26 ans, qui ne peut pas en dire autant. Même chose pour son amie Julian : « C’est encore un peu controversé aujourd’hui. » De l’autre côté de la ligne verte, la réponse est quasiment identique. « Notre génération n’a pas d’amis qui sont des Chypriotes grecs. Mais mon grand-père oui. Il va parfois leur rendre visite », raconte Azra, 21 ans, qui étudie pour devenir professeure d’anglais. Même si des exceptions existent : son amie Behiye connaît des jeunes qui travaillent auprès de l’ONU – en charge de la zone tampon – qui ont des amis dans les deux communautés.

Raif, jeune avocat de 30 ans, compte parmi ces rares cas. Mais selon lui, même les plus progressistes de part et autre de l’île « ne sont pas tout à fait prêts à s’accepter ». « Mes amis qui viennent du sud pensent que nous avons des différences culturelles. Parfois ils m’expliquent des trucs comme si j’en avais jamais entendu parler alors que j’ai connu ça toute ma vie. »

Tenter sa chance au sud

Dans la partie nord de Nicosie, où les cartes de la ville omettent de représenter la zone méridionale de la capitale, les jeunes se savent surveillés, raconte Raif, surtout s’ils manifestent. « Des amis ont déjà été arrêtés à cause de choses qu’ils ont dites. Même si tu dis à quelqu’un qu’il est stupide dans la rue, cela peut mener à une enquête criminelle. Dans certains cas, insulter a de pires conséquences que frapper. » Les pratiques rappellent celles de la Turquie, dont le gouvernement est très proche de celui de Chypre du nord. D’autres connaissances de Raif ont été arrêtées pour des actions de protestation qu’elles n’avaient, selon lui, pas commises. Politiquement engagé, le jeune homme a tiré un trait sur une potentielle carrière dans le public, après avoir été débouté une fois.

« Il y a deux sociétés chypriotes, et les deux ne sont absolument pas au même niveau » en matière socio-économiques, analyse Elena Aoun. « Il y a la société grecque chypriote qui est très loin devant, et l’autre partie de la population qui est restée enfermée. Et ça se traduit en terme éducatif, culturel, de mobilité, de pouvoir d’achat, d’accession à l’Etat-providence… » Cette différence, renforcée depuis que la République de Chypre a adhéré à l’Union européenne en 2004, incite de nombreux Chypriotes turcs à tenter leur chance du côté sud de l’île, comme Gokser. La jeune femme de 29 ans, poussée par l’inflation qui frappe la RTCN et le manque d’opportunités professionnelles, travaille aujourd’hui dans le café du centre communautaire Home for Cooperation, situé dans la zone tampon. « Si on parle anglais, ce n’est pas si difficile de trouver un job, même si on ne parle pas grec, comme dans des entreprises internationales. »

Dans le centre communautaire où Gokser travaille, situé en face du Ledra Palace Hotel, qui était l’un des plus luxueux avant d’être transformé en quartier général des Forces des Nations unies en 1974, des activités bicommunautaires sont organisées. Vers 17 h, alors que le soleil se couche, des enfants, accompagnés généralement de leur maman, arrivent des deux côtés de la ligne verte pour un cours de basket. Une fois que la petite dizaine de personnes est réunie, ils se mettent en route, avec un charriot rempli de balles et un baffle qui fait resonner Pitbull.

Un traumatisme transmis de génération en génération

Mais ce genre d’initiatives restent marginales. « Le trauma ne guérit pas réellement, je pense qu’il a été transmis à la nouvelle génération », regrette Elini, 23 ans. Selon elle, les blessures ont nourri un nationalisme extrême et une haine à l’égard de la Turquie chez certains de ses compatriotes grécophones. « L’ennemi vit avec nous », assure Konstantinos, qui a fait son service militaire obligatoire dans les forces spéciales, et sait qu’il pourra être rappelé. En attendant, il rêve du jour où « son pays pourra récupérer l’autre partie ». Du côté turcophone, devant la façade de la version chypriote des Loups gris, des jeunes se prennent en photo en faisant le signe de ralliement de ce mouvement nationaliste et suprémaciste turc.

« L’éducation n’aide pas à soigner les traumatismes », indique Raif. « D’un côté, les Chypriotes grecs voient une invasion et une occupation turque illégale. De l’autre, les Chypriotes turcs estiment que sans l’intervention de la Turquie, ils auraient tous été tués. » Mais plusieurs jeunes interrogés espèrent voir un jour un pas vers une réconciliation. « Les jeunes veulent un changement, plus que ma grand-mère. On veut la paix », confie Gokser. « Beaucoup se focalisent sur les différences, par exemple de religion », souligne de son côté Julian. « Nous sommes majoritairement chrétiens quand au nord, ils sont musulmans. Mais je pense qu’on pourrait passer au-dessus de ça. Chacun croit en ce qu’il veut. »

Elini, qui est la secrétaire générale de l’ONG Cyprus Youth Council, ne voit pas que le gouvernement actuel – ou la population – place une résolution de conflit en haut de ses priorités. « Quand vous ne pouvez même pas répondre à vos besoins primaires, vous ne vous dites pas que votre problème numéro un est le problème chypriote. Mais ça devrait être le cas, à mon avis. Car sans solution, sans réunification, nous ne pouvons pas envisager l’avenir. Je veux dire, rien ne reste gelé pour toujours. » (Agathe Decleire, Le Soir, 3 avril 2026)

Immigration / Migration

Hommage à Francis Duriau, ancien bourgmestre de Schaerbeek

Il y a 10 ans, le 29 mars 2016, nous avions perdu notre ami Francis Duriau, l’ancien bourgmestre de Schaerbeek qui avait dirigé la commune de 1992 à 2000. Nous n’oublions jamais sa solidarité avec les Ateliers du Soleil.

Avant d'être bourgmestre, Francis Duriau avait occupé les fonctions d'échevin des Affaires sociales et président du CPAS. C'est au cours de sa direction la cité des ânes avait rompu avec son passé "nolsiste" (du nom de Roger Nols, l'ancien bourgmestre xénophobe de Schaerbeek) en investissant en masse dans les quartiers du bas de la commune.

Alors que nous subissions beaucoup d’attaques de la part des serviteurs du régime d’Ankara, Francis Duriau, en tant que bourgmestre de Schaerbeek, avait courageusement ouvert les salles de la maison communale à la célébration du 25e anniversaire des Ateliers du Soleil en 1999.

Il s'agissait du premier évènement culturel dans la maison communale de Schaerbeek en vue de faire connaître la richesse culturelle des peuples de Turquie.

Le 25 février 1999, l’ambassadeur turc avait téléphoné à M. Duriau pour l’interdiction de cet “évènement organisé par les opposants d’Ankara” dans une commune habitée par des ressortissants turcs.

Rappelant que la Belgique est un pays démocratique, M. Duriau avait refusé cette demande et a déclaré lors de l’ouverture de la soirée son appréciation pour les travaux réalisés par les Ateliers du Soleil.

En échange, nous lui avions offert une petite statuette représentant Nasreddin Hoca chevauchant son âne à l'envers, symbole de l'humour de notre pays.

Toujours à cette année-là, M. Duriau avait organisé au Park Josaphat une grande fête intitulée "L'âne dans tous ses états".

Les 11-12 septembre 1999, 160 ânes de tailles différentes en provenance de plusieurs pays ont fait une marche triomphale dans les rues de Schaerbeek, avec en tête de cortège, le bourgmestre Duriau coiffé d’un bonnet d’âne, traversèrent le quartier au son d’une fanfare.

Les Ateliers du Soleil avaient participé à cette fête avec un stand exposant plusieurs objets représentant l'âne et un album humoristique de Joz Smeets: Âne'thologie…


Dix-neuf Afghans meurent noyés en mer Égée

Dix-neuf migrants afghans, parmi lesquels un bébé, ont péri noyés dans le naufrage de leur canot pneumatique mercredi en mer Égée, au sud-ouest de la Turquie, et un autre est porté disparu, ont annoncé les autorités turques.

Selon un bilan actualisé à la mi-journée, "un des 21 migrants secourus lors des opérations de recherche et de sauvetage est décédé à l'hôpital malgré les soins prodigués".

"Le nombre de migrants en situation irrégulière secourus vivants s'élève ainsi à 20, tandis que le nombre de migrants en situation irrégulière décédés atteint 19", précisent les garde-côtes dans un communiqué.

Le gouverneur de la province, Idris Akbiyik, a indiqué à l'agence de presse officielle Anadolu que "tous les passagers de l'embarcation étaient de nationalité afghane".

L'une des victimes est un bébé, a-t-il précisé.

Les garde-côtes ont rapporté avoir repéré le groupe en mer aux alentours de 06H00 (03H00 GMT), affirmant que "l'embarcation pneumatique a refusé de s'arrêter, pour continuer sa fuite à grande vitesse" avant de prendre l'eau et de couler au large de Bodrum.

Bodrum, station balnéaire très courue, est située à proximité de plusieurs îles grecques, parmi lesquelles Kos, un des points d'entrée dans l'Union européenne en mer Égée.

Moins de cinq kilomètres séparent Kos de la Turquie.

Les naufrages sont fréquents lors de ces traversées périlleuses vers les îles grecques.

Le nombre de migrants morts en tentant de rejoindre l'Union européenne a plus que doublé au cours des deux premiers mois de 2026, comparé à l'an dernier aux mêmes dates, a indiqué mi-mars l'agence européenne des frontières Frontex.

La semaine dernière, vingt-deux personnes parties de Libye sont mortes au cours de six jours d'errance de leur embarcation pneumatique en mer Méditerranée et leurs corps ont été jetés à l'eau, selon le récit des vingt-six rescapés aux garde-côtes grecs.

Ces vingt-six survivants, dont une femme et un mineur, avaient pu être secourus par un bateau de Frontex à 53 miles nautiques au large de l'île grecque de Crète.

Au moins 831 migrants ont disparu ou ont été retrouvés morts en Méditerranée depuis le début de l'année, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). (AFP, 2 avr 2026)



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