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INFO-TURK

A non-government information center on Turkey

Un centre d'information non-gouvernemental sur la Turquie

45th Year / 45e Année
  Janvier
2019 January
N° 485
53 rue de Pavie - 1000 Bruxelles
Tél: (32-2) 215 35 76 - Fax: (32-2) 588 69 73
Chief Editor /Rédacteur en chef: 
Dogan Ozgüden

Responsible editor/Editrice responsable:

Inci Tugsavul
Human Rights
Pressures on  media
Kurdish Question
Minorities
Interior politics
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Socio-economics
Turkey-Europe
Turkey-USA
Regional Relations
Cyprus and Greece
Migration

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KAVGANIN 67. YILI
67e ANNEE DE LA LUTTE
67th YEAR OF COMBAT



https://www.info-turk.be/homepage.htm

*

Titres des évènements du mois
Titles of this month's events


Droits de l'Homme / Human Rights


2018 Democracy Index: Turkey Ranks 110th

Les suspects de l'assassinat de l'ambassadeur russe devant la justice

Nouvelle vague d'arrestations liées au putsch manqué
At Least 351 Curfews Declared in Last 3.5 Years

Investigation Against Diyarbakır Bar Association
Right to Education of LGBTI+ Students Ignored

Pression sur les médias / Pressure on the Media

Denial to Erdoğan on January 10 Working Journalists’ Day
Deferred Prison Sentence of 1 Year, 3 Months for 1 Academic
Journalist Pelin Ünker Sentenced to Prison for Paradise Papers Stories
Khashoggi: Amnesty demande une enquête

Meurtre Khashoggi: ouverture du procès, cinq peines de mort requises
Lawsuit Against Journalist Hasan Cemal

Khashoggi: diffusion d'images montrant le corps transporté dans des sacs
Lawsuit Due to Article Series on Cancer Research Results
Legal Action Taken Against 18,376 People Due to ‘Social Media’ This Year
Prosecutor's Office Launches Investigation Against TV Anchor Portakal


Kurdish Question / Question kurde

Öcalan a rencontré son frère en prison
Thousands demanded justice for Sakine, Fidan and Leyla in Paris
Une députée prokurde en grève de la faim en danger de mort
HDP Honorary Chair Kürkçü Faces Up To 20 Years in Prison
7 Kurdish Parties Form Alliance for Local Elections

Prison Sentence of Selahattin Demirtaş Taken to Constitutional Court
Le régime annonce le retrait de 400 "combattants kurdes" de Minbej
Arrested Kurdish Politician Zeydan on Hunger Strike


Minorités / Minorities

Hommage à Hrant Dink à Bruxelles


Politique intérieure/Interior Politics

13 Parties to Participate in Local Elections

Ankara Bar Association Denounces Decision of Supreme Election


Forces armées/Armed Forces



Affaires religieuses / Religious Affairs
 

Le patriarche de Constantinople officialise la nouvelle Eglise d'Ukraine
Rate of the Religious on Decline, That of Atheists on Increase in Turkey

Socio-économique / Socio-economic

Maisons vides, chantiers laissés en plan: la construction flanche en Turquie

Hasankeyf, une ville de 12.000 ans bientôt engloutie

Relations turco-européennes / Turkey-Europe Relations


"Le lâchage des Kurdes de Syrie par les Américains est une trahison"


Turquie-USA-OTAN / Turkey-USA-NATO

Erdogan s'en prend à Bolton venu discuter du retrait américain

Washington veut s'assurer que "les Turcs ne massacrent pas les Kurdes"

Relations régionales / Regional Relations

Quel avenir pour Idleb, passé sous l'emprise totale des jihadistes?

La police militaire russe commence à patrouiller dans la région de Minbej

Ankara et Bagdad promettent de renforcer leur coopération contre le terrorisme

Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece



Immigration / Migration

"Faisons un nettoyage, balayons tous les imams bruxellois!"
Le terrible bilan des migrants morts en 2018 en Méditerranée
Nouvel An qui dégénère à Molenbeek: des policiers également pris pour cible





Droits de l'Homme / Human Rights

2018 Democracy Index: Turkey Ranks 110th

According to the latest edition of the Economist Intelligence Unit's Democracy Index, the democracy stopped declining in 2018.

Rating 167 countries by 60 indicators across five categories, namely, electoral process and pluralism, functioning of government, political participation, democratic political culture and civil liberties, the report has concluded that only 4.5 percent of the world lives in a "full democracy."

The report has still shown that the overall global score remained stable in 2018 for the first time in three years. While 42 countries experienced a decline in democracy in 2018, this figure was 89 in the previous year, indicating that democracy improved in 48 countries in 2018.

Turkey's score declined for the sixth time in a row

Turkey, which ranked 100th in the 2017 Democracy Index of the Economist, ranked 110th in 2018. Reiterating that Recep Tayyip Erdoğan was re-elected as President and Chair of the ruling Justice and Development Party (AKP) in June 2018, the report made the following remarks on Turkey:

"Turkey's score declined for the sixth year in a row as President Recep Tayyip Erdogan swept aside most constraints on his power."

Biggest decline in Europe measured in Italy

According to the report, the biggest decline in terms of democracy has been measured in Italy, whose ranking fell from its previous level of 21 to 33.

Italy has been followed by Turkey, the score of which fell from 100 in 2017 to 111 in 2018. The third biggest decline in democracy has been observed in Russia, which has ranked worse than Afghanistan as reported by the Economist.
(BIA, January 10, 2019)

Les suspects de l'assassinat de l'ambassadeur russe devant la justice

Plusieurs suspects se sont défendus à la barre mardi à l'ouverture du procès de 28 personnes soupçonnées d'implication dans l'assassinat de l'ambassadeur russe en Turquie, plus de deux ans après ce meurtre derrière lequel Ankara voit la main de sa bête noire, le prédicateur Fethullah Gülen.

L'ambassadeur Andreï Karlov a été tué le 19 décembre 2016 par un policier turc, en congé ce jour-là, lors du vernissage d'une exposition dans le centre-ville de la capitale turque.

Le meurtrier, Mevlüt Mert Altintas, avait affirmé avoir agi pour venger Alep, la grande ville du nord de la Syrie alors en passe d'être entièrement reprise par le régime syrien avec l'appui de Moscou.
 L'auteur de ce meurtre dont les images prises en direct ont fait le tour du monde a été abattu au cours d'une fusillade avec des policiers sur le lieu de l'assassinat.

Mais la Turquie a très vite désigné comme responsable le réseau de Fethullah Gülen, qualifié de "groupe terroriste" par les autorités turques qui lui imputent le putsch manqué contre le président Recep Tayyip Erdogan survenu quelques mois seulement avant l'assassinat de l'ambassadeur.

Douze des 28 suspects jugés à partir de jeudi sont poursuivis pour "appartenance à une organisation terroriste", et les autres sont accusés notamment de "tentative de renversement de l'ordre constitutionnel" et de meurtre ou tentative de meurtre "avec un objectif terroriste", selon l'acte d'accusation.

Treize d'entre eux sont actuellement en détention préventive.

Au premier jour de ce procès qui se poursuivra toute la semaine, six personnes ont été auditionnées. Elles ont nié avoir des liens avec l'assassin et le mouvement guléniste, certains admettant toutefois avoir été approchés par ce dernier.

- "Chaos" -

Selon l'acte d'accusation, ce meurtre était un acte visant à créer un "environnement de chaos" et à "briser" les relations bilatérales entre Ankara et Moscou en provoquant un conflit ouvert entre eux.

La veuve de M. Karlov, Marina Karlova, a soutenu cette hypothèse dans une interview à la télévision Rossiya-24.

"Je pense que le but de ce meurtre était de briser ces pourparlers et de plomber les relations entre la Russie et la Turquie", a-t-elle déclaré.

Le procureur d'Ankara réclame la réclusion à perpétuité pour l'ensemble des personnes accusées.

L'assassinat avait eu lieu en plein réchauffement des relations entre Ankara et Moscou entamé après une grave crise provoquée par la destruction d'un bombardier russe par l'aviation turque en novembre 2015 au-dessus de la frontière turco-syrienne.

Depuis, la Turquie et la Russie ont nettement renforcé leur coopération, notamment en Syrie où ces deux pays soutiennent pourtant des camps opposés.

M. Gülen, qui réside aux Etats-Unis depuis une vingtaine d'années, est l'un des suspects dans ce procès et un mandat d'arrêt a été émis en avril 2018 contre lui dans le cadre de cette enquête.

Moscou n'a jamais publiquement soutenu la piste guléniste. Des enquêteurs russes ont collaboré à l'enquête turque mais, comme le souligne Selim Koru dans un rapport du Foreign Policy Research Institute, "s'ils ont fait des trouvailles différentes, ils ne l'ont pas dit".

L'assassinat de l'ambassadeur Karlov a choqué la Turquie qui se remettait alors de la sanglante tentative de putsch survenue quelques mois plus tôt et était secouée par une vague d'attentats.

Les images spectaculaires de ce meurtre ont fait le tour du monde et une photographie, prise par le photographe d'Associated Press Burhan Özbilici du meurtrier se tenant près de sa victime juste après son crime a été récompensée par le premier prix du World Press Photo en 2017.
(AFP, 8 janvier 2019)

Nouvelle vague d'arrestations liées au putsch manqué

Les autorités turques ont émis vendredi des mandats d'arrêt contre 137 personnes, poursuivant les purges engagées contre le mouvement guléniste, accusé par Ankara d'avoir fomenté le putsch manqué de 2016, selon le parquet d'Ankara et les médias locaux.

Le procureur d'Ankara a émis des mandats d'arrêt à l'encontre de 35 sous-officiers de la Marine, dont 10 d'active, selon une déclaration envoyée à la presse.

Des mandats d'arrêt ont par ailleurs été émis à l'encontre de 42 personnes par le procureur d'Istanbul et contre 60 militaires par le procureur de Konya (centre), selon l'agence étatique Anadolu.

En fin de matinée, 22 personnes avaient déjà été interpelées à Konya, a précisé Anadolu.

Ces 137 personnes recherchées sont soupçonnées de liens avec le mouvement de Fethullah Gülen, un prédicateur installé aux Etats-Unis depuis une vingtaine d'années.

Ankara accuse M. Gülen d'avoir fomenté le coup d'Etat manqué de juillet 2016, ce que nie fermement l'intéressé.

Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont été arrêtées depuis le putsch manqué et plus de 140.000 limogées ou suspendues.

Ces purges ne connaissent pas de répit plus de deux ans après la tentative de putsch, avec de nouveaux coups de filet annoncés chaque semaine ou presque. Mais ces vagues d'arrestations semblent avoir pris de l'ampleur ces dernières semaines.
(AFP, 4 janvier 2019)

At Least 351 Curfews Declared in Last 3.5 Years

The Human Rights Foundation of Turkey (TİHV) has shared information regarding the curfews declared from August 16, 2015 to January 1, 2019.

According to the figures announced by the Foundation, within the indicated 1,234-day period, at least 351 officially confirmed curfews were declared in 11 provinces and at least 51 districts in Turkey.

The starting date of the data has been determined as August 16, 2015 since it marks the first day, when indefinite curfews (ending dates of which are not announced beforehand) and/or round-the-clock curfews (which are expected to be in effect for 24 hours) started to be declared.

Highest number of curfews in Diyarbakır

The figures have shown that Turkey's southeastern province of Diyarbakır has been the city, where the highest number of curfews were declared.

Accordingly, in 3 years, 4 months and 16 days since August 16, 2015;

204 curfews were declared in Diyarbakır, 54 curfews in Mardin, 23 curfews in Hakkari, 13 curfews in Şırnak, 20 curfews in Bitlis, 7 curfews in Muş, 7 curfews in Bingöl, 6 curfews in Tunceli, 6 curfews in Batman, 2 curfews in Elazığ and 9 curfews were declared in Siirt.

The curfews with hour limitations have not been included in this count.

In addition, from August 11, 2017 to January 1, 2019, at least 23 curfews with hour limitations (within the time period indicated in the announcement) were declared in different villages and hamlets in the district of Şemdinli in Hakkari and in Hizan, Güroymak, Mutki, Tatvan and Merkez (Center) in Bitlis.

As stated by the TİHV Documentation Center, according to the last population census conducted in Turkey in 2014, at least 1 million 809 thousand people were living in the related districts.

It is estimated that fundamental rights of these people such as the right to liberty and security; right to privacy, family, home or correspondence; freedom of assembly and association; freedom of religion; freedom to receive and impart information; right to reserve of property; right to education and right to life; right to health and prohibition of torture were violated.
(BIA, 3 January 2019)

Investigation Against Diyarbakır Bar Association

The Diyarbakır Chief Public Prosecutor's Office has launched an investigation against the former Chair and Administrative Board members of the Diyarbakır Bar Association on charge of "openly degrading the Turkish nation, State of the Republic of Turkey and the bodies of the state" as per the Article no. 301 of the Turkish Penal Code (TCK).

Speaking to bianet about the investigation, former Chair of the Diyarbakır Bar Association Ahmet Özmen has stated that the activities of the association for the last two years have become subjects to the investigation and added that regardless of who chairs the Diyarbakır Bar Association, it will continue fulfilling its duty of protecting human rights.

In the investigation, the statements and reports released by the association have been referred to as "a number of statements contrary to law."

The investigation has been launched upon the complaints submitted to the then Prime Minstry [Presidency] Communication Center (CİMER).

The Ministry of Justice has granted the permission for both the investigation as per the Article 301 of the TCK and trial of the lawyers. The lawyers have been notified about the investigation and summoned to depose.

Turkish Penal Code (TCK) Article no. 301

A person who publicly degrades Turkish Nation, State of the Republic of Turkey, Grand National Assembly of Turkey the Government of the Republic of Turkey and the judicial bodies of the State shall be sentenced a penalty of imprisonment for a term of six months to two years. A person who publicly degrades the military or security organisations shall be sentenced according to the provision set out in paragraph one. The expression of an opinion for the purpose of criticism does not constitute an offence.

"Human rights activities subjected to investigation"

Lawyer Ahmet Özmen has stated that he has not made his deposition yet and added that they have been informed that the investigation has been launched as per the Article 301 of the Turkish Penal Code.

Regarding the investigation, Özmen has stated:

"The investigation covers the activities of the bar association between the years 2016 and 2018. The statements for the press made by the association regarding the current legal, political and social issues have become subjects of investigation. It has been alleged that these activities as well as the remarks in the statements constitute crimes.

"In other words, all human rights activities that were undertaken by the administrative board of a bar association for two years have been scanned and turned into subjects of investigation.

"We did not do anything clandestine. Reports, statements for the press and speeches are already open to public, these were all statements that were made to be shared with the public."

The investigation has been launched against the then Chair of Diyarbakır Bar Association Ahmet Özmen and its the then board members Mahsum Batı, Nurşin Uysal, Cihan Ülsen, Sertaç Buluttekin, Neşet Girasun, Serhat Eren, İmran Gökdere, Velat Alan, Ahmet Dağ and Nahit Eren.
(BIA, 2 January 2019)

Right to Education of LGBTI+ Students Ignored

The Education and Science Workers' Union (Eğitim-Sen) has released its Year-End Report on Sexism in Education for 2018.

The report has shown that the inequalities between girl and boy children as well as sexual abuse of children have increased over the last year.

Here are some of the highlights from the report:

"Women more disadvantaged than men"

In the Organization for Economic Co-operation and Development (OECD) countries, the level of education of men is lower than women. However, when Turkey is considered, the exact opposite is the case:

* In 2017, while the rate of men leaving education early in Turkey is 31 percent, the rate of women who interrupted their education is 34 percent.

* While the rate of women who are between the ages of 25 and 34 and who have not received any high school education in Turkey is 47 percent, the rate of men is 42 percent.

* When compared with other OECD countries, the country which spends the lowest amount of money per student is Turkey.

Women-men gap in youth unemployment

* When the rate of young women (between the ages of 18 and 24) who are neither employed nor receive education is considered, it can be seen that Turkey has fared worst among other OECD countries with 33.1 percent.

* While the gender gap in wages is expected to be closed in 50 years in OECD countries, the data on Turkey have indicated that the wage difference between men and women on high school level is 10 percent.

* Contrary to expectations, the gender-based wage difference in Turkey rises to 22 percent on university and higher levels of education.

Sexual offenses against children on the increase

* Throughout 2017 and in the first six months of 2018, 12,597 children have been registered as pregnant in Turkey.

* The number of offenses in lawsuits filed due to sexual abuse of children has reached to 16,348 in 2017.

* The possibility of poor girl children to get married at a young age in Turkey is 2.5 times higher than their rich peers.

* According to the Homophobia- and Transphobia-Based Hate Crimes Report for 2017, 23 of 117 hate crimes against LGBTI+ individuals were committed against children LGBTI+s and 10 of these 23 took place at schools.
(BIA, 31 December 2018)

Pression sur les médias / Pressure on the Media

Denial to Erdoğan on January 10 Working Journalists’ Day

The Presidency Press Center released a message on the occasion of January 10 Working Journalists' Day today (January 9).

In the message shared on behalf of President and Justice and Development Party (AKP) Chair Recep Tayyip Erdoğan, it was stated,

"The Turkish press, unfortunately, suffered serious pressure and unjust treatment during the periods of tutelage, when our democracy was interrupted and rights and freedoms were suspended.

"The reforms adopted over the last 16 years in our country have contributed to the enrichment and diversification of the Turkish press and helped it to have a more democratic and liberal structure."

However, the data shared by the Media Monitoring Report of bianet have been saying the exact opposite:

123 journalists in prison on October 1, 2018

According to Media Monitoring Report, in July-August-September 2018;

* 7 journalists were taken into custody,

* 85 journalists were dismissed,

* 37 journalists became defendants in lawsuits filed for insult,

* 20 journalists faced 93 years, 4 months in prison in total on charge of "insulting the President,"

* 247 journalists faced life imprisonment aggravated for 46 times, one aggravated life imprisonment, 2 thousand 855 years and 6 months in prison and 30 thousand Turkish Lira as penalty fines in total,

* Access to at least 2 thousand 518 news reports and articles was banned,

* The Radio and Television Supreme Council (RTÜK) imposed administrative fines of 2 million 33 thousand 185 Turkish Lira in total on television channels.

* European Court of Human Rights (ECtHR) sentenced Turkey to pay a compensation of 2 thousand 500 Euro for violating freedom of expression,

* 123 journalists were in prison on October 1, 2018.

Journalists arrested between 2001 and 2011

bianet previously published a book compiling its Media Monitoring Reports from 2001 to 2011.

According to the book "Ten Years of Freedom of Expression", while the number of arrested journalists between 2001 and 2004 did not exceed 10, 15 journalists from eight media outlets were arrested in 2004.

In 2007, 20 journalists from 11 different media outlets were arrested. On December 31, 2011, 104 journalists and 30 distributors/media workers in total were behind bars in Turkey.

Journalists imprisoned between 2012 and 2017

According to the BİA Media Monitoring Reports, the number of imprisoned journalists in Turkey from 2012 to 2017 is as follows:

2012 - 68 imprisoned journalists
2013 - 59 imprisoned journalists
2014 - 22 imprisoned journalists
2015 - 31 imprisoned journalists
2016 - 131 imprisoned journalists
2017 - 122 imprisoned journalists

(BIA, January 10, 2019)

Khashoggi: Amnesty demande une enquête internationale

L'ONG Amnesty International a appelé jeudi à ouvrir une enquête internationale sur le meurtre de Jamal Khashoggi, lors d'une cérémonie marquant le centième jour de l'assassinat de cet éditorialiste saoudien dans le consulat d'Arabie à Istanbul.

"Nous demandons une nouvelle fois l'ouverture d'une enquête internationale placée sous l'autorité de l'ONU sur le meurtre de Jamal Khashoggi", a indiqué Amnesty International dans une déclaration lue par l'une de ses responsables en Turquie, Göksu Ozahishali.

"Nous réclamons justice pour Jamal Khashoggi qui se battait pour la liberté d'expression dans le monde arabe", selon cette déclaration lue devant le consulat d'Arabie à Istanbul, scène de ce meurtre qui a suscité une onde de choc mondiale et considérablement terni l'image de la pétromonarchie.

Après la déclaration, des militants d'Amnesty ont symboliquement accroché une plaque portant le nom de Jamal Khashoggi à l'entrée de la rue menant au consulat dont l'accès est bloqué par des barrières métalliques.

Plus de trois mois après le meurtre perpétré le 2 octobre, le corps de Khashoggi n'a toujours pas été retrouvé et plusieurs questions, dont l'identité du ou des commanditaires de cette opération menée par un commando de 15 responsables saoudiens, restent sans réponse.

"Il est tout simplement choquant que 100 jours après, rien de concret n'a été fait pour que la justice soit rendue dans ce meurtre", a déclaré à l'AFP Andrew Gardner, chercheur à Amnesty en Turquie.

"Hélas, la (réaction de la) communauté internationale a été d'une faiblesse sidérante, et les relations commerciales et diplomatiques avec l'Arabie saoudite ont pris le dessus sur des principes humains fondamentaux", a-t-il ajouté.

La Turquie et l'Arabie saoudite ont ouvert des enquêtes séparées, mais Ankara accuse régulièrement Ryad de ne pas coopérer et s'interroge sur la volonté des autorités saoudiennes de chercher à identifier les "vrais donneurs d'ordre".

Des responsables turcs et américains ont fait porter la responsabilité de ce meurtre au prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed ben Salmane, ce que les autorités saoudiennes nient catégoriquement.

Un procès s'est ouvert la semaine dernière en Arabie saoudite. Le procureur a requis la peine de mort contre cinq personnes dont les identités n'ont pas été révélées.
(AFP, 10 janvier 2019)

Deferred Prison Sentence of 1 Year, 3 Months for 1 Academic

Trial of academics, who have been charged with "propagandizing for a terrorist organization" for having signed the declaration entitled "We will not be a party to this crime" prepared by the Academics for Peace, continued in İstanbul Çağlayan Courthouse today (January 8).

The hearing of Assoc. Prof. Dr. Y.A. from Kemerburgaz University was held at the İstanbul 37th Heavy Penal Court.

Announcing its verdict, the court board ruled that the academic shall be sentenced to 1 year and 3 months in prison on charge of "propagandizing for a terrorist organization" as per the Article 7/2 of the Anti-Terror Law (TMK).

The announcement of the verdict has been deferred.

Demand of acquittal

The Prosecutor's Office repeated its opinion as to the accusations which it gave in the previous hearing, demanding the defendant to be sentenced according to the Article 7 of the TMK. Y.A. and his attorney demanded acquittal in their defense as to the accusations.

The court board ruled that the the defendant was proven guilty of the offense of "propagandizing for a terrorist organization" and sentenced Y.A. to 1 year and 3 months in prison.

Announcement of the verdict has been deferred considering defendant's behavior in the hearing and the defendant having no criminal record.
(BIA, January 8, 2019)

Journalist Pelin Ünker Sentenced to Prison for Paradise Papers Stories

Journalist Pelin Ünker has been sentenced to 1 year, 1 month and 15 days in prison and fined 8,860 TRY (~1,615 USD) for "defamation and insult" for her stories that were published on the daily Cumhuriyet regarding the then Prime Minister Binali Yıldırım's and his sons' offshore companies in Malta. The companies were revealed in the Paradise Papers in 2017.

The second hearing of the case was held at the İstanbul 2nd Penal Court of First Instance in the Çağlayan Courthouse today (January 8).

Muhammed Gök, the attorney of Binali Yıldırım and his son Bülent Yıldırım, Pelin Ünker and her attorneys Abbas Yalçın, Tora Pekin, Halil Kocabaş attended the hearing. Reporters Without Borders (RSF) Turkey Representative Erol Önderoğlu and journalists also watched the hearing.

Attorney Muhammed Gök spoke first and said that his clients' personal rights were violated as they stated in their petition of complaint.

"Petition of complaint includes stories that do not belong to Ünker"

Ünker's attorney Abbas Yalçın said that the petition of complaint includes news stories that were not written by his client and the statements in the series of articles that were mentioned in the complaint are not true.

Attorney Pekin, speaking after Yalçın, called for the acquittal of his client, stating that Ünker cannot be held responsible for stories she did not write:

"[Paradise Papers] were reported as news all across the world but the only one who is being tried for that is Pelin Ünker. In a democratic society, the press has an indispensable duty. It is obliged to reveal all the documents that interest the public. Pelin did this" the attorney said.

"They did not deny founding companies in tax haven"

"Founding a company in a tax haven... The story is all about this. They did not deny this in the petition of complaint. Anybody can found this type of companies anyway. It is not a crime. But can Prime Minister's son do this? They cannot ethically. If they do, the people have the freedom to receive news on this. The people have the right to read the Paradise Papers."

"I did my duty as a journalist"

Pelin Ünker stated that she repeats her previous defenses and what she did was an act of journalism.

"I did my duty as a journalist. The story was about public figures. I fulfilled my duty to announce the incident to the public. The right to reply was granted to himself. I don't think the story I did constitutes a crime."

Prison sentence and fine for Ünker

Pelin Ünker has been fined 8,660 Turkish Liras for "insulting a public officer", considering "how the offense was committed, importance and value of the subject of the offense, weight of the result and intention of the defendant." Ünker has been sentenced to 1 year, 1 month, 15 days in prison for "defamation."

The court rejected to defer the announcement of the verdict on the ground that they could not reach a conclusion on whether Ünker will again commit an offense. Ünker and her attorneys will bring the case to the court of appeal.
(BIA, January 8, 2019)

Meurtre Khashoggi: ouverture du procès, cinq peines de mort requises

Le procureur général saoudien a formellement requis la peine de mort contre cinq suspects à l'ouverture jeudi du procès des meurtriers présumés du journaliste Jamal Khashoggi, alors que des zones d'ombre demeurent dans cette affaire qui a terni l'image du royaume.

Khashoggi, un détracteur du pouvoir de Ryad qui collaborait notamment avec le Washington Post, a été tué le 2 octobre par des agents saoudiens au consulat du royaume à Istanbul.

Le meurtre, qui a eu un retentissement planétaire, a ébranlé l'Arabie saoudite, certains responsables en Turquie et aux Etats-Unis évoquant une responsabilité directe du puissant prince héritier, Mohammed ben Salmane, jeune dirigeant qui était présenté comme un réformateur pressé.

Trois mois après le meurtre, un procès s'est ouvert jeudi devant une cour pénale de Ryad, selon un communiqué du procureur général publié par l'agence de presse officielle SPA.

Onze suspects ont comparu en présence de leurs avocats, ajoute le communiqué, sans dévoiler l'identité des suspects.

Le procureur général "demande la peine de mort pour cinq des accusés en raison de leur implication directe dans le meurtre", indique le communiqué.

Les avocats ont demandé à prendre connaissance des accusations exactes portées contre leurs clients et un délai pour les étudier. Le tribunal a accédé à leurs demandes, sans fixer de date pour la prochaine audience, pendant que l'enquête se poursuit, selon le communiqué.

Le procureur saoudien a indiqué que ses deux demandes auprès des autorités turques pour obtenir des éléments de preuve sur cette affaire sont restées sans réponse.

"Ce procès suscite un immense intérêt au niveau international, mais aussi beaucoup de suspicion quant à savoir si les responsables réels du crime seront tenus de rendre des comptes", a déclaré à l'AFP H.A. Hellyer, membre associé du Royal United Services Institute (RUSI), un centre de réflexion britannique sur la défense et la sécurité.

Après avoir un temps nié la mort du journaliste, Ryad a fini par expliquer qu'il avait été tué lors d'une "opération hors de contrôle" de l'Etat, supervisée par deux hauts responsables qui ont été destitués depuis.

Mais Ankara a accusé les "plus hauts niveaux" de l'Etat saoudien. Des médias turcs et américains, ainsi que la CIA, soupçonnent le prince héritier saoudien, surnommé MBS, d'avoir lui-même commandité l'opération contre Jamal Khashoggi.

La Turquie a demandé l'extradition de 18 Saoudiens arrêtés dans leur pays et soupçonnés d'implication dans le meurtre.

Mais l'Arabie saoudite a répondu qu'il n'était pas question d'extrader des citoyens saoudiens en Turquie en affirmant que les suspects seraient jugés dans leur pays.

- Procès rapide -

La justice saoudienne n'a pas traîné en désignant dès le 15 novembre 21 suspects et en inculpant onze personnes.

Son impartialité dans cette affaire est mise en doute par des défenseurs des droits de l'Homme, dont Samah Hadid, directrice des campagnes d'Amnesty International au Moyen-Orient.

"Vu le manque d'indépendance du système de justice pénale en Arabie saoudite, l'impartialité de toute enquête et de tout procès serait mise en doute", a-t-elle déclaré à l'AFP.

"C'est pourquoi une enquête indépendante et dirigée par l'ONU est nécessaire sur ce meurtre", a dit Samah Hadid.

Les Nations unies et d'autres groupes de défense des droits de l'Homme ont appelé eux aussi à une enquête indépendante sur le meurtre de Khashoggi.

Le 20 octobre, les autorités saoudiennes ont annoncé le limogeage de cinq personnalités présentées comme des responsables indirects du meurtre.

Parmi elles figure le général Ahmed al-Assiri, chef adjoint du renseignement accusé, selon le procureur, d'avoir ordonné à une équipe de 15 agents de ramener de "gré ou de force" Khashoggi en Arabie saoudite.

Autre responsable destitué: Saoud al-Qahtani, conseiller à la Cour royale qui aurait joué un rôle de premier plan dans l'expédition turque.

On ignore si ces anciens responsables seront ou non poursuivis par la justice.

Mais Saoud al-Qahtani figure sur une liste de 17 responsables saoudiens sanctionnés par les Etats-Unis et d'autres pays occidentaux pour leur "responsabilité ou leur complicité" dans le meurtre.

Le président américain Donald Trump a refusé de suivre les conclusions de la communauté du renseignement qui penche pour une responsabilité du prince héritier. Il n'a jamais mis directement en cause Mohammed ben Salmane.

Mais d'influents parlementaires au Congrès américain n'ont pas renoncé à l'idée de représailles contre Ryad et pourraient accentuer la pression sur M. Trump dans les prochaines semaines.
(AFP, 4 janvier 2019)

Lawsuit Against Journalist Hasan Cemal

The first hearing of the lawsuit, which was filed against journalist Hasan Cemal on charge of "propagandizing for a terrorist organization" due to his article entitled "From Silvan: They have so accustomed us to deaths" published on T24 news website on December 4, 2015, was held at the İstanbul Courthouse in Çağlayan today (January 3).

In 2015, Hasan Cemal went to the district of Silvan in Diyarbakır, met and talked to three people and wrote an article afterwards. While the three people, whom Cemal interviewed three years ago, have been acquitted in the lawsuits filed against them, Cemal had his first hearing today.

In his written petition to the board of the 36th Heavy Penal Court, attorney Fikret İlkiz stated that in the article that his client Hasan Cemal penned three years ago, the journalist recounted his observations and interviews that he made with Gülsüma Güçer, Mehmet Ali Dünser and the then Silvan Co-Mayor Zuhal Tekiner when he went to Silvan.

Emphasizing that Güçer and Tekiner, whose names are mentioned in the article of Cemal, were acquitted of the charges which were pressed against them by the Diyarbakır 4th Heavy Penal Court, attorney İlkiz requested that his client Hasan Cemal be also acquitted.

Rejecting the request for acquittal, the court board ruled that a writ shall be issued to the Diyarbakır 4th Heavy Penal Court to request the minutes of the hearing of Güçer and Tekiner, the justified ruling (if it has been announced) and a copy of the judgement (if it has been finalized).

The next hearing of Hasan Cemal will be held on April 16, 2019.

Cemal: It was an article defending peace

Appearing before the judge, Hasan Cemal rejected the charge brought against him with following remarks:

"I have written four books and thousands of articles and essays on Kurdish question. This article was one of them. It was an article defending peace and condemning sorrows and deaths.

"The entire article is within the scope of journalistic activity and freedom of expression. Neither journalism nor freedom of expression is a crime. I have never propagandized for a terrorist organization. I request my acquittal since this article is within limits of freedom of expression."

İlkiz: Term of litigation has expired

Stating that the article of Cemal subject to lawsuit was written three years ago, attorney İlkiz also underlined that the term of litigation has expired as per the related articles of the Press Law.
(BIA, 3 January 2019)

Khashoggi: diffusion d'images montrant le corps transporté dans des sacs

La chaîne de télévision turque A-Haber a publié tard dimanche des images de vidéosurveillance montrant des hommes transportant des sacs dans lesquels se trouve, selon elle, le corps démembré du journaliste Jamal Khashoggi après qu'il a été tué dans le consulat saoudien d'Istanbul le 2 octobre.

Les images, tirées de la vidéosurveillance, montrent trois hommes transportant un total de cinq valises et deux gros sacs sombres à l'intérieur de la résidence du consul saoudien, située non loin du consulat.

Citant des sources turques, A Haber affirme que le corps démembré de Jamal Khashoggi se trouve dans ces sacs et valises.

Les autorités turques n'avaient pas encore commenté ces images lundi à la mi-journée.

L'éditorialiste saoudien critique du pouvoir de Ryad a été tué le 2 octobre par un commando saoudien dans le consulat de son pays à Istanbul où il s'était rendu pour des démarches administratives.
 Après avoir un temps nié la mort du journaliste, collaborateur du Washington Post, Ryad a fini par expliquer qu'il a été tué lors d'une "opération hors de contrôle" de l'Etat, menée par deux responsables qui ont été destitués depuis.

Mais Ankara accuse les "plus hauts niveaux" de l'Etat saoudien et des médias turcs et américains, ainsi que la CIA, soupçonnent le prince héritier Mohammed ben Salmane lui-même de l'avoir commandité.

Le corps de Jamal Khashoggi n'a toujours pas été retrouvé, près de trois mois après sa mort. Les autorités turques ont révélé que le corps avait été démembré puis sorti du consulat, mais des interrogations persistent sur ce qu'il s'est passé ensuite.

A-Haber explique que les valises et sacs visibles sur ses images ont été apportés à bord d'un minibus qui se trouvait initialement devant le consulat et qui s'est ensuite rendu dans un garage de la résidence du consul.

Selon A-Haber, les trois hommes que l'on voit portant des sacs et valises avec lesquels ils entrent dans la résidence du consul viennent de décharger le minibus. Celui-ci n'est pas lui-même visible sur les images diffusées.

La résidence et le consulat ont été fouillés par les autorités turques mi-octobre. Plusieurs autres localités à Istanbul et près de la ville ont également été fouillées, sans permettre pour autant de retrouver le corps du journaliste.

Les médias turcs avaient ainsi rapporté pendant un temps que les enquêteurs privilégiaient la piste d'une dissolution du corps dans de l'acide après son démembrement.
(AFP, 31 déc 2018)

Lawsuit Due to Article Series on Cancer Research Results

A lawsuit has been filed against Food Engineer and bianet columnist Asst. Prof. Dr. Bülent Şık on charges of "disclosure of secrets about duty" (Turkish Penal Code Article No. 258); "provision of prohibited information" (Turkish Penal Code Article No. 334); and "disclosure of prohibited information" (Turkish Penal Code Article No. 336).

In the indictment issued by Prosecutor Gökhan Boydak from the İstanbul Terror and Organized Crimes Investigation Bureau, the article series of Bülent Şık published on Cumhuriyet newspaper have been cited as the reason for the charges brought against Şık.

Investigation launched upon Ministry's complaint

The article series of Bülent Şık subjected to investigation were on "the Project on Assessment of Environmental Factors in the Provinces of Kocaeli, Antalya, Tekirdağ, Edirne, Kırklareli and Their Impacts on Health," the findings of which have not been published by the state officials.

The article series entitled "The state has concealed the carcinogen products, we are making them public! Here is the poison list" were published on Cumhuriyet daily newspaper for four days from April 15 to April 18, 2018.

After the article series were published on Cumhuriyet, the Ministry of Health filed a criminal complaint against Şık. The indictment, which demands that Şık be sentenced to 5 to 12 years in prison, was first prepared by the Press Crimes Investigation Bureau of the İstanbul Chief Public Prosecutor's Office.

However, this indictment was returned to the Prosecutor's Office and it was re-submitted to court by the terror crimes bureau without any changes.
(BIA, 2 January 2019)

Legal Action Taken Against 18,376 People Due to ‘Social Media’ This Year

The Ministry of Interior released a statement today (31 December) regarding the operations conducted in 2018.

According to the statement which was released on the official website of the ministry, 42,406 social media accounts were investigated and legal action was taken against 18,376 persons.

The legal action was taken regarding these offenses:

"Propagandizing for a terrorist organization, promoting these organizations, declaring affiliation with terrorist organizations, inciting people to enmity and hatred, insulting state officials, attempting against state's indivisible integrity and people's life security, committing hate speech."

7 thousand detentions in one year

Minister of Interior Süleyman Soylu made this statement on December 11 at the Cyber Crimes Workshop:

"We formed virtual patrols working 24/7 on the purpose of investigation of criminal content on the internet.

"Within this context, in 2018, 110 thousand social media accounts have been investigated, users of 45 thousand accounts have been identified, 7 thousand of them have been caught and sent to judicial authorities."

Legal action against 2,793 people in İstanbul

İstanbul General Directorate of Security, Combating Cyber Crimes Branch Directorate also released a statement, saying that legal action was taken against 2,793 people in relation with the following charges:

* 750 persons for propagandizing for a terrorist organization,

* 236 persons for insulting Atatürk's spiritual memory and state authorities,

* 507 persons for propagandizing for Fethullahist Terrorist Organization (FETÖ), which is held responsible for the coup attempt on July 15, 2016,

* Provoking, driving people into hatred and animosity,

* 81 persons regarding crimes of smuggling,

* 16 persons for illegal arms sales and trade,

* 5 persons regarding suicide and suicide attempts,

* 440 persons for other crimes.
(BIA, 2 January 2019)

Prosecutor's Office Launches Investigation Against TV Anchor Portakal

The Chief Public Prosecutor's Office in Bakırköy district of İstanbul has launched an investigation against Fox TV anchor Fatih Portakal because of what he said on prime-time news bulletin on December 10, 2018.

It has been stated that a written request has been made to Radio and Television Supreme Council (RTÜK) for the records of the mentioned program and the 16 complaint petitions submitted against Portakal were combined.

What did Portakal say?

While presenting the news on December 10, Portakal said,

"Here we go, let's protest these price increases, the increases in prices of natural gas with a peaceful protest demonstration. Come on, let's do it. Can we do it? How many people can take to the streets out of fear and concern? Can you please tell me, for God's sake, how many people can take to the streets? They are trying to take the individual and social opposition under pressure, they are trying to intimidate them.

"It is the most natural right, but it cannot be implemented. To be honest, it doesn't make any difference whether it is in France or Turkey."

From Erdoğan to Portakal: This nation will hit you in the back of your neck

After these statements, Fatih Portakal was targeted by pro-government media outlets as well as President and Justice and Development Party (AKP) Chair Recep Tayyip Erdoğan, who said,

"Somebody, I do not know if he is orange, mandarin or citrus, calls people to streets. Know your place. If you do not know your place, this nation will hit you in the back of your neck. Nobody can play games with my nation's honor. That would cost them dear."

CLICK - Journalism Organizations Comment on Erdoğan's Threat to TV Anchor Fatih Portakal

The Radio and Television Supreme Council also imposed a penalty of broadcast suspension for three days and an administrative fine on FOX TV Prime News Bulletin presented by Fatih Portakal.
(BIA, 28 December 2018)

Kurdish Question / Question kurde

Öcalan a rencontré son frère en prison

Le leader emprisonné du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), Abdullah Öcalan, a été autorisé à rencontrer samedi son frère dans sa prison située dans une île proche d'Istanbul, à la suite d'une grève de la faim sur ses conditions de détention lancée par un parlementaire d'un parti prokurde.

Öcalan a rencontré son frère Mehmet pour la première fois depuis plus de deux ans, a annoncé sur Twitter Pervin Buldan, co-présidente du Parti démocratique des peuples (HDP, gauche kurde).
 Le chef historique du PKK -- parti interdit en tant que groupe terroriste par la Turquie -- "était en bonne santé", a-t-elle précisé.

Öcalan, 55 ans, purge une peine de prison à vie après avoir été capturé par la Turquie en 1999.

La rencontre a été confirmée à l'AFP par le neveu du fondateur du PKK, Omer Öcalan, un parlementaire, qui a précisé que son oncle restait en isolement dans sa prison de l'île d'Imrali.

"En tant que famille, nous demandons qu'Öcalan soit soumis aux mêmes règles que d'autres prisonniers(...) Il a le droit de rencontrer sa famille chaque semaine", a plaidé le neveu.
 Abdullah Öcalan avait pour la dernière fois rencontré son frère Mehmet le 11 septembre 2016.

La députée du HDP Leyla Güven, détenue depuis janvier 2018, avait entamé une grève de la faim en prison le 8 novembre pour protester contre les condition de détention d'Öcalan.

Le HDP avait alors affirmé que la santé du leader turc s'était dégradée à un point "mettant sa vie en danger".

Plus de 150 prisonniers politiques sont en grève de la faim dans les prisons turques pour protester contre "le maintien à l'isolement" de M. Öcalan, selon le HDP.

Mme Güven a été arrêtée en janvier 2018 après avoir critiqué l'offensive turque qui était alors en cours dans l'enclave à majorité kurde d'Afrine dans le nord de la Syrie.

Le HDP avait fait porter au gouvernement turc la responsabilité "pour toutes les conséquences négatives découlant de la protestation de Leyla Güven et les autres militants qui poursuivent leur grève de la faim en prison".
(AFP, 12 janvier 2019)

Thousands demanded justice for Sakine, Fidan and Leyla in Paris

Joining a massive rally in Paris today, thousands protested the policy of impunity and silence on the triple murder of Sakine Fidan, Leyla, while at the same time demanding freedom for Öcalan, international guarantee for Rojava and saluting Leyla Güven.

Around 15 thousand people gathered in front of Gare Nord in Paris in the early morning hours today before staging a march to the Republique Square, giving the message “We know the perpetrators, we demand them put on trial”.

The slogan of the march this year was “For justice against impunity” and it was marked by the ongoing hunger strikes inspired by the action of DTK Co-chair and HDP MP Leyla Güven who is on the 66th day of her indefinite hunger strike against the aggravated isolation regime imposed upon Kurdish People’s Leader Abdullah Öcalan.

Dozens of women's organizations like the World Women's March and political parties and organizations like the Communist Party France attended the march. Leftist organizations from Turkey and people from various ethnicities in France were also present in the march where the crowd chanted “We know the murderers” and demanded France put the perpetrators and instigators on trial.

The march was followed by a rally at the Republique Square where speeches were made, highlighting the following reactions and demands:

- We know the perpetrators, we know who ordered it, they must be put on trial

- French judiciary must carry out its duty, the government must take on responsibility

- Öcalan must be freed

- Solidarity with hunger strikes must be expanded

- Kurds are our main ally

- Turkish occupation must be stopped

- French government must take an initiative at the UN Security Council in order for Kurds to be out under international guarantee and for Rojava to be declared a no-fly zone

- PKK must be removed from the list of terrorist organisations.

-A statement on behalf of the Kurdish Women’s Movement in Europe (TJK-E) said: “Those who murdered comrade Sakine have helped her meet with the world’s women”. 
(ANF, 12 Jan 2019)

Une députée prokurde en grève de la faim en danger de mort

Le principal parti prokurde de Turquie a affirmé jeudi que l'une de ses députées, en grève de la faim en prison depuis plus de deux mois, était en danger de mort.

Leyla Güven, détenue depuis janvier 2018, a entamé une grève de la faim en prison le 8 novembre pour protester contre les condition de détention d'Abdullah Öcalan, le chef historique du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui purge une peine de prison à vie dans une île proche d'Istanbul après avoir été capturé par la Turquie en 1999.

La formation de Mme Güven, le Parti démocratique des peuples (HDP), a affirmé dans un communiqué que sa santé s'était dégradée à un point "mettant sa vie en danger".

Selon le HDP, Mme Güven a perdu "quelque 15 kilos" depuis le début de sa grève de la faim et "ne peut plus subvenir à ses besoins ou marcher seule".

Son rythme cardiaque et sa pression artérielle sont très bas et "elle ne peut plus consommer de liquides, y compris l'eau", a ajouté le HDP.

Selon le HDP, "171 prisonniers politiques" sont actuellement en grève de la faim dans les prisons turques pour protester contre "le maintien à l'isolement" de M. Öcalan dans sa prison sur l'île d'Imrali.

Mme Güven a été arrêtée en janvier 2018 après avoir critiqué l'offensive turque qui était alors en cours dans l'enclave à majorité kurde d'Afrine dans le nord de la Syrie.

Dans son communiqué, le HDP fait porter au gouvernement turc la responsabilité "pour toutes les conséquences négatives découlant de la protestation de Leyla Güven et les autres militants qui poursuivent leur grève de la faim en prison".

Le président turc Recep Tayyip Erdogan accuse le HDP d'être la vitrine politique du PKK, classé "terroriste" par Ankara et ses alliés occidentaux.

Le chef de file du HDP, Selahattin Demirtas est détenu depuis novembre 2016. Il est accusé de diriger une "organisation terroriste", de "propagande terroriste" et d'"incitation à commettre des crimes".

Le HDP a été frappé de plein fouet par les purges qui ont suivi la tentative de putsch de juillet 2016 et, outre M. Demirtas, plusieurs de ses députés ont été arrêtés.
(AFP, 10 janvier 2019)

HDP Honorary Chair Kürkçü Faces Up To 20 Years in Prison

A lawsuit has been filed against Peoples' Democratic Party (HDP) Honorary Chair and 24th Term Mersin and 25th-26th Term İzmir MP Ertuğrul Kürkçü. Kürkçü has been facing up to 20 years in prison.

Upon seeing that the summaries of proceedings which were issued against Kürkçü while he was an MP became subject to two different investigations, Diyarbakır Public Prosecutor Kenan Karaca issued an indictment against Kürkçü by combining these investigations.

Charging Kürkçü with "membership of an armed terrorist organization", "praising the crime and the criminal" and "attending illegal meetings and demonstrations unarmed and not dispersing despite warnings", Prosecutor Karaca demanded that the lawsuit to be filed against Kürkçü would be combined with the one at the Diyarbakır 10th Heavy Penal Court.

Court has combined the two cases

Accepting the indictment of the Diyarbakır Public Prosecutor's Office, the Diyarbakır 10th Heavy Penal Court has ruled that the recent lawsuit filed against Kürkçü shall be combined with the ongoing court case filed on charges of "membership of an armed terrorist organization", "openly inciting the public to enmity and hatred", "propagandizing for a terrorist organization" and "inciting the public to disobey the laws."

Cases in Mardin and Diyarbakır were also combined

Two other lawsuits were also filed against Ertuğrul Kürkçü in Mardin and Diyarbakır in relation with a speech that he made in Nusaybin in 2012 and three speeches that he made in Diyarbakır in 2015-2016.

The Mardin 4th Heavy Penal Court ruled that two cases shall be combined at the Diyarbakır 10th Heavy Penal Court. Kürkçü and his attorney Mustafa Bayram Mısır objected to the verdict.

However, the Regional Court upheld the verdict and the case of the combined files began at the Diyarbakır 10th Heavy Penal Court.

Issuing a single indictment based on two investigations, Prosecutor Karaca demanded that the lawsuit to be filed against Kürkçü be combined with the above-mentioned lawsuit.
(BIA, January 8, 2019)

7 Kurdish Parties Form Alliance for Local Elections

Seven Kurdistani political movements, associations and parties have released a joint declaration and announced that they have formed an alliance for the local elections on March 31, 2019.

The political entities partaking in the alliance are as follows:

Kurdistan Islamic Movement (AZADÎ), Democratic Regions Party (DBP), Revolutionary Democratic Kurdish Association (DDKD), Peoples' Democratic Party (HDP), Human and Freedom Party (PİA), Partîya Komunîsta Kurdistan (KKP), Platforma Demokrata Kurdistan (PDK) and Partîya Demokrata Kurdistanê -Türkiye (PDK-T).

These parties will enter the local elections under the umbrella of HDP.


Demirtas: "I call our people to close ranks around this alliance"

HDP's former Co-Chair Selahattin Demirtaş has sent a message from Edirne Prison regarding the alliance of the Kurdish parties:

"I congratulate all my friends who have contributed to this work, which I believe will lay the ground for stronger and more successful alliances, and, with the belief that this alliance will be beneficial, I am making a call to our whole people, young and old alike, to close ranks around this alliance."

Reasons of the alliance

Releasing a joint declaration, the groups party to the declaration have expressed their reasons for forming the alliance as well as its importance.

They have referred to four main reasons for the alliance: The Parliament has been rendered non-functional with the adoption of the Presidential system; The perception of 'a trustee will be appointed anyway' has been created; There is an insistence on politics based on the loss of Kurds; The formation of a Kurdistani local election alliance has become indispensable in order to overcome the Justice and Development Party (AKP) government with peoples' will in a democratic legitimate election process.
(BIA, 7 January 2019)

Prison Sentence of Selahattin Demirtaş Taken to Constitutional Court

After the 2nd Penal Chamber of the İstanbul Regional Court of Justice upheld the prison sentence of 4 years and 8 months given to Peoples' Democratic Party (HDP) former Co-Chair Selahattin Demirtaş, his attorneys appealed to the Constitutional Court on December 31, 2018.

Making a statement on January 1, the attorneys stated, "The court should give a verdict that would protect the rule of law in the face of reckless attacks directed to Demirtaş by the executive and judiciary."

The prison sentence of 4 years and 8 months, which was given to Demirtaş on the ground of his Newroz speech dated March 20, 2013 by the İstanbul 26th Heavy Penal Court on September 7, 2018, was upheld by the court of appeal, the 2nd Chamber of the İstanbul Regional Court of Justice. Demirtaş has been behind bars in Edirne Type F Prison since November 4, 2016.

Regarding the lawsuit filed against Demirtaş by the Ankara 19th Heavy Penal Court, the European Court of Human Rights (ECtHR) ruled that "all necessary measures shall be adopted to end the pre-trial detention of Demirtaş." However, the court did not put the verdict into effect.

Reference to the ECtHR ruling in application

Appealing to the Constitutional Court against the upheld prison sentence of Demirtaş, his attorneys referred to the ruling of release pronounced by the ECtHR on November 20, 2018, reminding that his right to a fair trial and the principle of presumption of innocence, his right to a free election as well as his freedom of expression have been violated.

In its ruling, the ECtHR also emphasized that the pre-rial detention of Demirtaş "pursued the predominant ulterior purpose of stifling pluralism and limiting the freedom of political debate."

"The application should be urgently concluded"

Shortly after the ECtHR ruling on Selahattin Demirtaş was announced, President and Justice and Development Party (AKP) Chair Recep Tayyip Erdoğan said, "The judgements of the ECtHR are not binding for us. We will make our counter-move and close the deal."

In their statement, the attorneys of Demirtaş also indicated that President Erdoğan met the Ankara Chief Public Prosecutor on the day when the ECtHR verdict was pronounced.

The attorneys added, "It has been understood that what Erdoğan meant by 'counter-move' was that the court of appeal upheld the prison sentence of 4 years and 8 months given to Demirtaş on charge of 'propagandizing for a terrorist organization', thereby invalidating the ECtHR ruling."

Pointing to "the possibility that any ruling of violation that could be given by the ECtHR or the Constitutional Court might be invalidated by another criminal sentence," his attorneys emphasized that "Demirtaş is face to face with a systematic threat of penalty."

Attorneys also stated that their application to the Constitutional Court "should be urgently considered and concluded."
(BIA, 2 January 2019)

Le régime annonce le retrait de 400 "combattants kurdes" de Minbej

L'armée syrienne a annoncé mercredi le départ de "près de 400 combattants kurdes" de la région de Minbej, dans le nord du pays, quelques jours après son déploiement dans le secteur à l'appel des forces kurdes menacées par une offensive turque.

Minbej est un des points de contentieux entre la principale milice kurde de Syrie, les Unités de protection du peuple (YPG), les Etats-Unis, leur allié qui a des troupes déployées dans le secteur, et la Turquie, qui menace de lancer une offensive contre la ville.
 Aujourd'hui, un tel assaut semble de fait écarté depuis que le pouvoir de Bachar al-Assad a déployé fin décembre des forces dans la région de Minbej, après un appel des forces kurdes.

Par le passé, les YPG ont assuré avoir retiré leurs hommes de Minbej, mais le voisin turc n'a eu de cesse d'affirmer que ce retrait n'avait pas eu lieu.

Le 28 décembre, les YPG, confirmant leur retrait de la région face aux "menaces turques", avaient appelé l'armée syrienne à reprendre leurs positions. Et Damas avait annoncé le jour même son déploiement.

"Un convoi des unités de combat kurdes comprenant plus de 30 véhicules a quitté la région de Minbej, se dirigeant vers la rive est du fleuve Euphrate", a indiqué mercredi le ministère syrien de la Défense sur son site Internet.

Le ministère a publié une vidéo montrant un long cortège de 4X4 et de pick-ups blancs, montés par des combattants en treillis militaire, exhibant des drapeaux des YPG, ou de la coalition arabo-Kurde des Forces démocratiques syriennes (FDS).

"Des informations indiquent que près de 400 combattants kurdes ont quitté Minbej jusqu'à maintenant", poursuit le ministère syrien.

- "provocation" -

Contacté par l'AFP, un porte-parole des YPG n'a pas réagi dans l'immédiat à l'annonce de Damas.

De son côté, l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a assuré que "les combattants qui se sont retirés mercredi ne font pas partie des YPG, mais appartiennent à des milices" alliées au sein de la coalition arabo-kurde des FDS.

La région de Minbej jouxte directement des territoires tenus par des rebelles syriens pro-Ankara. Mercredi, ces factions ont retiré les renforts déployés depuis plusieurs jours sur la ligne de démarcation, selon l'OSDH, signalant une détente.

Les forces kurdes avaient appelé le pouvoir syrien à déployer ses troupes après des déclarations inattendues du président Donald Trump, annonçant le 19 décembre un retrait de quelque 2.000 militaires américains stationnés en Syrie.

M. Trump avait souligné que ce désengagement serait "lent" mais aussi "extrêmement coordonné" avec la Turquie.

Vendredi, la Turquie avait dénoncé le déploiement près de Minbej des troupes prorégime, estimant que les forces kurdes n'avaient "pas le droit" de faire appel à elles et mettant en garde contre toute "provocation".

Soutenu militairement par ses alliés indéfectibles, l'Iran et la Russie, le régime Assad a réussi à renverser la donne et contrôle désormais près des deux-tiers du pays morcelé par une guerre ayant fait plus de 360.000 morts depuis 2011.
(AFP, 2 janvier 2019)

Arrested Kurdish Politician Zeydan on Hunger Strike

Peoples' Democratic Party (HDP) 26th Term MP for Hakkari Abdullah Zeydan has announced that he has begun a 10-day hunger strike.

Zeydan was detained on November 4, 2016 and is arrested in the Edirne Type F Prison with HDP's former Co-Chair Selahattin Demirtaş. The MP is on a hunger strike in support of HDP Hakkari MP Leyla Güven.

Güven is on the 56th day of her hunger strike. Zeydan began his hunger strike yesterday (January 1) and will end it at the end of the 10th day.

HDP has announced that there will be more people to begin hunger strikes on January 5.

Abdullah Zeydan announced his decision yesterday with the note he sent with his attorneys:

"Our DTK (Democratic Society Congress) Co-Chair and Hakkari MP Leyla Güven left her body hungry for removal of the isolation on Öcalan (Abdullah, leader of the PKK). For Turkey, the way out of this spiral of violence which claimed thousands of our people's lives is removal of the isolation on Öcalan. I would like to state that I begin a 10-day hunger strike in response to our valuable MP's outcry and call."

What happened?

HDP MP Leyla Güven, who has been held arrested in Diyarbakır Type E Prison since January 31, 2018, began a hunger strike on November 7, 2018, demanding the right to a fair trial and removal of the isolation on PKK (Kurdistan Workers Party) leader Abdullah Öcalan.

On December 1, 2018, Democratic Regions Party (DBP) Co-Chair Sebahat Tuncel and 14 women began hunger strikes for ten days in support of Güven. Diyarbakır Metropolitan Co-Mayor Gültan Kışanak and Dersim Co-Mayor Nurhayat Altun also began supporting the strikes on December 18.

HDP former Co-Chair Figen Yüksekdağ and Socialist Party of the Oppressed (ESP) Chair Çiçek Otlu announced that they began hunger strikes. Human Rights Association (İHD) Co-Chair Öztürk Türkdoğan announced 80 convicts in 17 prisons began hunger strikes with the same demands.

HDP MPs in the parliament went on two-day hunger strikes.
(BIA, 2 January 2019)

Minorités / Minorities

Hommage à Hrant Dink à Bruxelles




A l’occasion de la commémoration du 12éme anniversaire de l’assassinat de Hrant Dink
Pour dire non à cette injustice.
Pour dire assez à l’hypocrisie fasciste de l’Etat turc.
Nous vous invitons à être présent nombreux (après le requiem à la mémoire de Hrant Dink à l’Eglise arménienne)
Lieu : Square Henri Michaux
Ixelles 1050 Bruxelles
Association des Arméniens Démocrates de Belgique
Info: Gsm. 0489 00 14 01

Politique intérieure/Interior Politics

13 Parties to Participate in Local Elections

The Supreme Election Council (YSK) has announced that 13 parties will participate in the local elections, which will be held on March 31, 2019.

The following political parties will participate in the elections:

Justice and Development Party (AKP)
Independent Turkey Party (BTP)
Great Union Party (BBP)
Republican People's Party (CHP)
Democratic Party (DP)
Democratic Left Party (DSP)
Peoples' Democratic Party (HDP)
Free Cause Party (HÜDAPAR)
İYİ Party
Nationalist Movement Party (MHP)
Felicity Party (SP)
Communist Party of Turkey (TKP)
Patriotic Party (Vatan Partisi)

The parties' places on the joint ballot paper will be determined by a draw which will take place on January 27.

Voter lists for neighborhood units will be hung from January 4 to January 17. Voters who are confined to bed because of disabilities or illness should apply through a relative within the designated time.

Political parties will submit their lists of candidates on February 19. Temporary candidate lists will be announced on February 22, final lists will be announced on March 3.

Election propaganda and election silence will begin on March 21.

From March 21, 2019 to March 30, 2019 on 6 p.m., it will be forbidden to publish the results of public opinion polls, surveys or forecasts regarding the election or make broadcasts that can influence the opinions of the voters ten days before the election.

Criticism from EMEP, LDP and ÖDP

Three political parties which were not included in the list of the participating parties in the local elections have criticized the Supreme Election Council.

The Labor Party (EMEP) Chair Selma Gürkan has said, "The Supreme Election Council ignored the records of the Supreme Court of Appeals and did not include our party in the list of the parties which will participate in the elections. This approach of the YSK is far from objective, totally arbitrary and antidemocratic" in a written statement.

Gürkan has said that they will make "necessary objections with documents, will never accept the arbitrary decision by the YSK and will not permit their right to do politics to be extorted."

The Liberal Democratic Party (LDP) has said, "We regretfully announce that our party was not permitted to participate in the elections due to not being with the political power and its team, unlike HÜDAPAR and because of farcical reasons. We want you to know that we need you more than ever to join our party to remove the excuses which were presented as reasons" in a statement it posted on Twitter.

The Freedom and Solidarity Party (ÖDP) has also made a statement on Twitter:

"Our party is not included in the list of the parties to participate in the elections. Our party provided the conditions of organizing which were determined by the YSK. For this reason, we will use our right to object the decision."
(BIA, 2 January 2019)

Ankara Bar Association Denounces Decision of Supreme Election

Ankara Bar Association has released a written statement in the wake of a decision by the Supreme Election Council (YSK), which prevents prisoners and those convicted of negligent offenses from casting votes ahead of local elections on March 31, 2019.

The Association has denounced the decision of the YSK by stating, "It is an open intervention in the essence of the right to vote, which is one of the most fundamental rights guaranteed by the Constitution."

Here are some of the highlights from Ankara Bar Association's statement:

"The right to vote is sacred"

"Though the Article 67 of the Constitution and the Article 7 of the Law no. 298 openly grant the right to vote to prisoners and the ones convicted of negligent offenses and though the Article 13 of the Constitution states that the right to vote can only be restricted by a law, such a regulation has been introduced with a decision by the YSK by ignoring the Constitution.

"The right to vote is so sacred that it cannot be abolished with administrative practices or administrative restrictions introduced as part of these administrative practices. No administrative authority has the right or jurisdiction to decide on the existence or survival of this right.

"In this country, democracy and Constitutional rights can be abolished with a single administrative decision, the presumption of innocence can be equated with execution as per the same decision.

"In the legal history of Turkey, this decision, which was published on the Official Gazette, is evidence that shows how the presumption of innocence, which is the biggest guarantee of the state of law, Constitutional and most fundamental human rights, democracy and human dignity, can be abolished with a single administrative act."
(BIA, 31 December 2018)

Forces armées/Armed Forces


Affaires religieuses / Religious Affairs

Le patriarche de Constantinople officialise la nouvelle Eglise d'Ukraine

Le patriarche Bartholomée de Constantinople a signé samedi à Istanbul le décret confirmant formellement la création d'une Eglise ukrainienne indépendante de Moscou, a constaté un correspondant de l'AFP.

"Chers Ukrainiens, c'est un événement historique! C'est un grand jour", a déclaré, en remerciant le patriarche, le président ukrainien Petro Porochenko qui assistait à la cérémonie de signature de ce décret ("tomos").

"Une fois de plus, des mots de grande gratitude au nom du peuple ukrainien, au nom de notre nation, pour votre Sainteté", a poursuivi M. Porochenko. "Cela nous a pris très longtemps pour en arriver là".

L'ancien président ukrainien Victor Iouchtchenko était également présent à la cérémonie.

Le patriarcat de Constantinople a pris en octobre 2018 la décision historique de reconnaître une Eglise orthodoxe indépendante en Ukraine, suscitant l'ire de l'Eglise russe qui a dénoncé un "schisme" et rompu ses liens avec Constantinople.

Basé à Istanbul, l'ancienne Constantinople qui fut la capitale de l'empire byzantin avant la conquête ottomane en 1453, le patriarche de Constantinople est considéré comme "le premier parmi ses égaux" et exerce une primauté historique et spirituelle sur les autres patriarches du monde orthodoxe.

- Concile à Kiev -

En décembre 2018, un concile réuni à Kiev a acté la création d'une nouvelle Eglise orthodoxe, mettant fin à 332 ans de tutelle religieuse russe sur l'Ukraine, et élu à sa tête le métropolite Iepifani, né Serguiï Doumenko, âgé de 39 ans.

La nouvelle Eglise rassemble deux formations orthodoxes, le Patriarcat de Kiev autoproclamé en 1992 et doté du plus grand nombre de fidèles, selon les sondages, ainsi que la minuscule Eglise dite autocéphale.

La troisième branche, loyale au Patriarcat de Moscou, qui a perdu une partie de ses fidèles depuis le début de la crise avec la Russie en 2014 mais dispose toujours du plus grand nombre de paroisses en Ukraine, a rejeté le concile comme "illégal".

Cette reconnaissance officielle par le patriarche de Constantinople n'est donc pour l'Eglise indépendante ukrainienne que "le premier pas sur une longue route", a jugé Regina Elsner, experte du Centre pour les Etudes sur l'Europe de l'Est à Berlin.

"Il faut voir maintenant combien d'évêques ukrainiens vont rejoindre cette Eglise, et combien d'autres Eglises orthodoxes la reconnaissent".

Un représentant du patriarcat de Moscou, Vladimir Legoïda, a déclaré que le décret constituait "un document qui résulte d'ambitions politiques et personnelles incontrôlables". Il a été "signé en violation des canons et ne possède donc aucune force canonique", a-t-il ajouté dans un communiqué.

Un autre haut responsable de l'Eglise orthodoxe russe, Nikolaï Balachov, a de son côté accusé le patriarche Bartholomée d'avoir ainsi "mis fin à la fraternité orthodoxe mondiale, et d'avoir perdu le droit d'être appelé un dirigeant spirituel".

Critique de l'influence religieuse russe en Ukraine, Mgr Iepifani est considéré comme un proche du patriarche de Kiev, Filaret, excommunié par Moscou pour la création d'une Eglise dissidente en Ukraine en 1992, après la dissolution de l'URSS, et réhabilité en octobre 2018 par le patriarcat de Constantinople.

Les tensions religieuses marquent un nouvel épisode du divorce politique, culturel et social entre Kiev et Moscou depuis l'annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée en 2014 et l'éclatement d'un conflit armé entre l'armée ukrainienne et des séparatistes prorusses.
(AFP, 5 janvier 2019)

Rate of the Religious on Decline, That of Atheists on Increase in Turkey

Konda Research and Consultancy published the results of its research entitled "What Has Changed in 10 Years?" on January 2.

Based on the interviews conducted between 2008 and 2018, the research has been offering findings on a series of subjects such as urbanization, religious structure, gender roles and discrimination.

The research has shown that while the rate of the ones who say that "I am happy" or "I am very happy" has decreased from 57 percent to 52 percent, the rate of those who believe that living conditions in Turkey will change for the better in five years has increased from 25 to 38 percent.

Farming on the verge of disappearing

According to the findings of the research on occupational groups, the rate of farmers has decreased from 10 percent to 3 percent and that of workers has fallen from 10 percent to 8 percent. The rates of shopkeepers, private sector workers and civil servants have increased.

"Religiosity" both on the decrease and increase

The findings of the research have shown that no significant change has occurred in the religious structure in Turkey within the indicated time period.

However, the rate of "religious conservatives" has decreased from 32 percent to 25 percent while that of "traditional conservatives" has increased from its previous level of 37 percent to 45 percent.

Also, the rate of the ones defining themselves as "religious" has fallen from 55 to 51 percent while the rate of those who refer to themselves as "believer" has increased from 31 percent to 34 percent.

The rate of atheists has also increased from 1 percent to 3 percent and that of "non-believers" has increased from 1 percent to 2 percent.

No significant changes in gender roles

More than half of the respondents said that they have been subjected to discrimination. The rate of the ones who say that their children can marry a person with a different ethnic background, sect or religion has increased.

While over half of the participants have stated that a woman has to get the permission of her husband to be able to work, this rate has fallen from its former level of 69 percent to 55 percent in 2108.

The rate of people who say that their children "can have different sexual orientations" has increased from its former level of 10 percent to 14 percent.

Newspaper readership on decrease

The results of the research have also shown that the use of social media, which was 38 percent in 2008, has increased to 72 percent in 2018.

As for the rate of the ones who read newspaper, it has fallen from its former level of 61 percent to 26 percent. The rate of those who follow the news on television has also decreased from 98 percent in 2010 to 84 percent.

Also, the rate of the people who say "Political parties should be closed if needs be" has fallen from 50 percent to 37 percent and that of the ones who say "The military should seize the power if needs be" has decreased from its former level of 48 percent to 19 percent.
(BIA, 4 January 2019)

Socio-économique / Socio-economic

Maisons vides, chantiers laissés en plan: la construction flanche en Turquie

Des centaines de villas en rangées impeccables, d'un style évoquant tant les châteaux français que ceux de Disney, se dressent dans cette province du nord-ouest de la Turquie. Mais ces bâtisses destinées à de riches acheteurs étrangers sont vides et n'ont plus rien du conte de fées pour les investisseurs.

L'ambitieux projet fait les frais du marasme de la construction en Turquie, un secteur-clé pour l'économie du pays, ainsi que de troubles régionaux, au moment où l'économie turque ralentit.

Après une longue période de croissance, celle-ci s'est contractée de 1,1% entre le 2e et le 3e trimestre 2018 et de nombreux économistes craignent désormais une récession.

La livre turque s'est effondrée en août, sur fond de tensions diplomatiques avec les Etats-Unis, et l'inflation a atteint de nouveaux sommets. La devise turque a perdu 28% de sa valeur face au dollar en 2018 et les marchés restent sceptiques devant la stratégie mise en place par Ankara pour gérer les problèmes sous-jacents de l'économie (hausse de la dépense publique, baisse de la TVA...)

- Faillites -

Aux abords de Mudurnu, dans la province montagneuse de Bolu, s'alignent des centaines de villas mitoyennes blanches aux toits pointus, censées évoquer l'architecture européenne. Elles font partie d'un ambitieux projet lancé en 2014 par Sarot, un groupe de construction turc engagé dans plusieurs programmes immobiliers importants dans la région.

A terme, le chantier "Burj al-Babas" est censé compter jusqu'à 732 villas et un centre commercial.

Mais il a essuyé des revers financiers au point que Sarot a, comme des centaines d'autres entreprises turques, demandé à être placé sous le régime des faillites: la justice l'a autorisé en novembre à suspendre les paiements à ses créanciers pour restructurer sa dette, tout en continuant à fonctionner sous la protection de l'Etat.

Le groupe Sarot a été acculé après que des clients se sont retrouvés incapables de payer pour les villas qu'ils avaient achetées, a déclaré à l'AFP le vice-président du groupe, Mezher Yerdelen.

Sarot avait déjà vendu 351 villas, d'une valeur variant entre 400.000 et 500.000 dollars chacune, principalement à des investisseurs des pays du Golfe - ce qui laissait espérer des recettes d'au moins 140 millions de dollars. Mais certaines ventes ont été annulées, alors que 100 millions de dollars avaient déjà été engagés dans ce projet évalué à 200 millions au total, et que 80% des 351 villas vendues étaient déjà sorties de terre.

A l'origine du problème, selon M. Yerdelen: les difficultés rencontrées par les investisseurs du Golfe, liées notamment à la chute du prix du pétrole, ainsi que "l'impact négatif des fluctuations économiques sur les prix" du BTP en Turquie.

Alors que la bataille pour l'avenir de Sarot est en cours devant les tribunaux turcs, M. Yerdelen reste optimiste et veut croire que le projet sera achevé en octobre.

- Bulle -

Sarot est loin d'être un cas isolé en Turquie. La construction a été l'un des moteurs assurant à l'économie une solide croissance depuis l'arrivée au pouvoir de Recep Tayyip Erdogan en 2003, mais le secteur s'est replié de 5,3% sur un an au troisième trimestre 2018, et les difficultés s'accumulent.

"Sur quatre entreprises demandant à être placées sous le régime des faillites ou se déclarant en faillite, trois relèvent du secteur de la construction", explique Alper Duman, professeur associé à l'Université d'économie d'Izmir.

"Qu'on l'appelle une bulle de la construction ou une bulle immobilière, il y a une bulle en Turquie", ajoute-t-il.

La preuve en est selon lui la quantité de logements invendus: en 16 ans, 10,5 millions d'appartements ont été construits mais seulement 8 millions sont utilisés.

"Il y a de grandes chances que cette bulle explose", estime-t-il.

La ministre du Commerce, Ruhsar Pekcan, a déclaré mi-décembre que 846 entreprises avaient demandé à être placées sous le régime des faillites depuis mars 2018, un chiffre très en deçà de la réalité aux yeux du quotidien d'opposition Sözcü, qui évoquait en octobre celui de 3.000 entreprises concernées.

- Jeune population -

Pour le président de la Chambre des ingénieurs civils de Turquie, Cemal Gökçe, trop de logements ont été construits dans le pays. Il prédit davantage de demandes de placement sous le régime des faillites et de faillites parmi les entreprises de construction.

Mais sur le long terme, d'autres se veulent plus optimistes, comme l'ancien directeur exécutif du groupe d'études Reidin Data and Analytics, Kerim Alain Bertrand.

"La construction est la locomotive du pays", soulignait-il à la fin de l'année 2018. "Même si c'est limité, nous nous attendons à une consolidation dans ce secteur", notamment parce qu'il sera "maintenu en vie" par la jeune population, dans un pays à la très forte croissance démographique, selon lui.

L'âge médian en Turquie était de 31,7 ans en 2017, selon l'Office national des statistiques, contre 42,8 ans dans l'Union européenne.
(AFP, 9 janvier 2019)

Hasankeyf, une ville de 12.000 ans bientôt engloutie

Depuis la citadelle qui domine la vallée, Ridvan Ayhan observe le Tigre avec une ride au front. Après avoir subvenu aux besoins de ses ancêtres pendant des siècles, le fleuve s'apprête à engloutir sa ville, Hasankeyf.

Située dans le sud-est à majorité kurde de la Turquie, la petite cité de Hasankeyf, habitée depuis 12.000 ans, est vouée à disparaître dans les prochains mois sous un lac artificiel, conséquence du barrage hydroélectrique d'Ilisu construit en aval sur le Tigre.

"Mes petits-enfants ne verront pas où j'ai grandi, où j'ai vécu. Ils me demanderont +papy, tu viens d'où ? Tu as vécu où ?+ Je vais faire quoi ? Leur montrer le lac ?", demande Ridvan en réajustant l'écharpe qui soutient son visage émacié.

Ilisu est une pièce centrale du Projet d'Anatolie du Sud-Est (GAP), un plan d'aménagement du territoire visant à doper l'économie de cette région longtemps négligée par Ankara en s'appuyant sur l'énergie et l'irrigation.

Face à cet ouvrage qui noiera leur ville et une centaine de villages, les quelque 3.000 habitants de Hasankeyf sont partagés entre la colère contre le sacrifice qui leur est imposé et l'impatience de profiter des retombées économiques promises par le gouvernement.

- "Grand crime" -

Retraité, Ridvan consacre tout son temps et toute son énergie à militer contre le barrage au sein du collectif "Maintenir Hasankeyf en vie", qui rassemble des ONG et des élus locaux.

Assyriens, Romains, Seljoukides... Les empires se sont succédé ici, laissant derrière eux un patrimoine exceptionnel sur un site prisé des touristes pour ses milliers de grottes habitées jusque dans les années 1970.

"Il y a tellement d'histoire ici. A chaque coup de pioche, on tombe sur une civilisation différente", indique Ridvan. "Détruire Hasankeyf, c'est commettre un grand crime."

Le gouvernement turc balaie ces critiques et soutient que tout est fait pour sauver les monuments du site, dont plusieurs ont été déplacés lors d'impressionnantes opérations.

Ce jour-là, des ouvriers s'efforcent de caler les restes d'une mosquée ayyoubide du 14e siècle sur une plateforme qui l'emportera à trois kilomètres de là, vers le futur "parc culturel".

Ce grand déménagement a transformé Hasankeyf en chantier. Aux cars de touristes ont succédé une grue à l'entrée de la ville et un fourmillement de camions-bennes.

"Il n'y a plus de touristes, qui voudrait venir voir ça ?", peste Zeki, boucher "depuis toujours" dans le vieux bazar où les commerçants font grise mine. "A chaque pas, tu marches dans un trou."

- "De la plongée à Hasankeyf !" -

En inaugurant le chantier d'Ilisu en 2006, le président Recep Tayyip Erdogan, alors Premier ministre, avait promis que ce barrage, voué à devenir le deuxième plus grand du pays, apporterait "le plus grand bénéfice" aux habitants.

Dans le cadre de ce projet, un "nouveau Hasankeyf" est en train d'être construit de l'autre côté du fleuve, avec des appartements spacieux et un hôpital ultramoderne.

Ahmet Akdeniz, un ancien berger qui préside aujourd'hui l'Association culturelle de Hasankeyf, soutient sans réserve la construction du barrage et n'a qu'une hâte : "Enfin commencer (sa) nouvelle vie".

Mais la construction de la ville, une succession de petits immeubles séparés par des routes boueuses pour la plupart non goudronnées, traîne en longueur. Ahmet, qui devait emménager en décembre, cible désormais l'été prochain.

"Regardez comment on vit aujourd'hui", dit-il en faisant visiter sa maisonnette de 45m2 aux murs fissurés et chauffée par un poêle à bois. Il y habite avec six membres de sa famille. "Tout ce qu'on veut, c'est vivre dignement."

Ahmet est également persuadé que le barrage va donner un coup de fouet au tourisme, grâce à la rénovation de la citadelle et de certaines grottes qui seront épargnées par la montée des eaux.

"Il va y avoir des bateaux, un téléphérique, on va avoir des hôtels", s'enthousiasme-t-il. "Certains de nos jeunes ont déjà commencé à se former à la plongée. De la plongée à Hasankeyf, vous imaginez ?"

- Vie en suspens -

Les ingénieurs attendent le feu vert de M. Erdogan pour fermer la dernière des trois vannes du barrage encore ouverte et achever de retenir l'eau, un processus entamé l'été dernier.

A ce moment-là, un compte à rebours de trois mois s'enclenchera pour Hasankeyf avant la submersion.

Contactée par l'AFP, la Gestion des eaux (DSI), responsable des barrages en Turquie, n'a pas communiqué de calendrier. Mais les médias rapportent que l'affaire sera bouclée en 2019.

Avant même d'être terminé, le projet a déjà eu un impact considérable sur les habitants, explique Süleyman Agalday, propriétaire d'un petit café fait de quelques tabourets protégés par une toiture de branchages.

L'opacité, les retards et les péripéties notamment financières qui ont accompagné la construction du barrage, dont le projet initial remonte aux années 1960, ont "causé beaucoup d'incertitude dans notre vie", dit-il, emmitouflé dans sa parka.

Le classement de Hasankeyf en zone spéciale de conservation en 1981 s'est accompagné d'une interdiction de construire qui a tenu les investisseurs à l'écart et poussé de nombreux habitants à quitter la ville.

Il y a quelques semaines, Süleyman s'est rendu dans la province voisine de Sanliurfa pour voir le village de Halfeti, submergé depuis une vingtaine d'années à cause d'un barrage sur l'Euphrate, l'autre grand fleuve qui abreuve la région.

"Là-bas, j'ai vu à quoi ressemblerait mon avenir et ça m'a fait mal", raconte-t-il. "Je suis allé m'asseoir dans un coin et j'ai pleuré."
(AFP, 8 janvier 2019)

Relations turco-européennes / Turkey-Europe Relations

"Le lâchage des Kurdes de Syrie par les Américains est une trahison"


Le député Georges Dallemagne (CDH)

Bien sûr, le lâchage des Kurdes de Syrie par les Américains est une trahison, une faute morale grave comme Donald Trump nous y a malheureusement habitués. Les Forces démocratiques syriennes, alliance des Unités de protection du peuple (YPG kurdes), de tribus arabes sunnites et de forces chrétiennes syriennes, au sein desquelles les Kurdes sont très majoritaires, ont été le fer de lance de la lutte contre Daech. Ils ont perdu huit mille hommes et femmes dans la reconquête des territoires occupés par l'Etat islamique. Ils ont sauvé Kobané en janvier 2015, contre la volonté turque, alliée aux islamistes. Ils ont aussi repris les bastions islamistes d'où sont partis les terroristes qui nous ont frappés : Raqqa en octobre 2017 et Deir ez-Zor en novembre de la même année.

Alors qu'ils sacrifiaient ces milliers de soldats pour combattre ceux qui étaient autant nos ennemis que les leurs, nous, Belges, limitions les risques, refusant que notre aviation intervienne en Syrie. Nos forces spéciales et nos avions de combat réalisaient un travail remarquable en Irak, il faut le souligner, mais s'abstenaient en Syrie, faute d'autorisation formelle du Conseil de sécurité de l'ONU, en raison du veto de la Russie.

Au même moment, Bachar al-Assad matait ses opposants avec cruauté et sans discrimination, avec l'aide cruciale de l'aviation russe et des milices du Hezbollah appuyées par l'Iran.

Les oublis de la diplomatie belge

Les Kurdes syriens espéraient au moins en retour, pour prix du sang versé, une protection contre la volonté d'Erdogan de les envahir et de les écraser. Mais, lorsque l'armée turque et ses supplétifs islamistes syriens ont envahi l'enclave kurde d'Afrin en janvier 2018, prétextant un harcèlement kurde envers la Turquie totalement imaginaire, nous avons détourné le regard. La diplomatie belge s'est contentée d'appeler à ce que le droit humanitaire, c'est à dire le droit de la guerre, soit respecté. Notre ministre des Affaires étrangères oubliait au passage de rappeler que cette invasion était évidemment illégale et violait la Charte des Nations unies. Il oubliait aussi de rappeler à l'ordre un allié au sein de l'Otan qui foulait aux pieds le Traité de l'Atlantique Nord. Il y eut des centaines de morts et des dizaines de milliers de déplacés.

Mais ce lâchage des Kurdes n'est pas qu'une infamie, il est aussi une gigantesque erreur stratégique que les Etats-Unis, mais aussi les Européens, pourraient payer lourdement s'il ne devait y avoir aucun sursaut de leur part. Avec son credo répété à l'envi, " America first ", Trump accélère paradoxalement le déclin américain, entre autres sa suprématie en matière de sécurité internationale.

Les dirigeants russes ont largement tourné le dos aux idéaux démocratiques. L'actualité démontre chaque jour un peu plus qu'ils cherchent à affaiblir et à fracturer nos propres démocraties. Ils interviennent aujourd'hui massivement, notamment via les réseaux sociaux pour antagoniser nos sociétés et dynamiter le projet européen. Car ces idéaux européens nuisent à leur volonté de reconquête idéologique et militaire. Ils cherchent furieusement à recouvrer de vastes zones d'influence à leur profit. Leur opposition à douze résolutions du Conseil de sécurité tout au long des sept années du conflit syrien a largement contribué à l'enlisement de cette horrible guerre, à sa violence extrême, au terrorisme qui en est surgi, aux millions de réfugiés qui l'ont fui.

Toutes ces années, les Kurdes de Syrie ont réussi à maintenir dans le Rojava, au nord de la Syrie, une zone stable, sans grande violence, laïque, où tous les peuples, Arabes, Kurdes, chrétiens et Yézidis coexistent plutôt bien. Les femmes y tiennent un rôle proéminent, comme nulle part ailleurs dans cette partie du monde. Mais cette expérience unique, qui affiche une forte affinité pour l'Europe, est menacée de disparition. Les Kurdes n'ont eu d'autre choix que de chercher la protection de Damas et de la Russie. Ils ont choisi le moindre mal. C'est à Moscou que se joue leur sort. Ils négocient aujourd'hui âprement un reste d'autonomie contre la protection russe. Poutine ne cache pas son plaisir.

L'Etat islamique n'est pas mort

L'Europe est quasi hors-jeu. Pourtant, les Kurdes l'appellent au secours. Ils viennent d'adresser un appel à l'aide pressant à ses Etats membres, y compris la Belgique. La France et la Grande-Bretagne maintiennent encore sur place - pour combien de temps ? -, de petits contingents de Forces spéciales. La Belgique serait bien inspirée d'y envoyer ses meilleurs éléments les épauler. Et nous pourrions y déployer un bataillon européen. Une véritable initiative de défense européenne pourrait voir le jour. Les Européens démontreraient enfin leur capacité à assurer eux-mêmes leur sécurité, en l'absence de l'oncle Sam. Car l'Etat islamique n'est pas mort. Il ressurgit déjà ça et là comme en témoignent la récente attaque contre les forces spéciales britanniques à Deir ez-Zor et les attentats quasi quotidiens aux alentours de Raqqa.

Notre présence là-bas est d'autant plus cruciale que des millions de Syriens devraient un jour pouvoir rentrer chez eux. C'est leur désir ardent. C'est notre intérêt. Ils ne le feront que si nous assurons leur protection et que nous contribuons à la reconstruction de leurs villes dévastées. Les Russes ne le feront pas. Ils ne l'ont jamais fait nulle part. Les Kurdes ont besoin de notre assistance militaire, humanitaire et civile. Ils ont besoin que nous restions à leur côté. Et nous avons encore besoin d'eux. Notre partenariat est fondamental. Soyons à la hauteur des valeurs que nous affichons et de nos intérêts stratégiques. (Vif/L'Express du 10 janvier 2019)


Turquie-USA-OTAN / Turkey-USA-NATO

Erdogan s'en prend à Bolton venu discuter du retrait américain


Le conseiller américain à la sécurité nationale John Bolton, venu à Ankara discuter du retrait américain prévu de Syrie, a essuyé mardi la colère du président turc Recep Tayyip Erdogan pour avoir défendu une milice kurde syrienne que la Turquie entend mettre en déroute.

Les désaccords entre les deux pays portent sur les Unités de protection du peuple (YPG), partenaires de Washington dans la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI) mais considérées comme "terroristes" par Ankara qui menace depuis plusieurs semaines de lancer une nouvelle offensive pour les déloger du nord de la Syrie.

Lors d'un déplacement en Israël dimanche, M. Bolton avait déclaré que le retrait des Etats-Unis de Syrie, annoncé le mois dernier par le président américain Donald Trump, serait notamment conditionné à des garanties concernant la sécurité de leurs alliés kurdes.

Ces propos "sont pour nous inacceptables et impossibles à digérer", a déclaré M. Erdogan lors d'un discours, peu après la fin d'un entretien à Ankara entre M. Bolton et un haut responsable de la présidence turque, Ibrahim Kalin.

"Alors que ces gens sont des terroristes, certains disent: +Ne touchez pas à ceux-là, ils sont kurdes+. (...) Ils pourraient aussi bien être turcs, turkmènes ou arabes. D'où qu'ils viennent, si ce sont des terroristes, alors nous ferons le nécessaire", a lancé le président turc.

"Nous allons très bientôt passer à l'action pour neutraliser les groupes terroristes en Syrie", a insisté M. Erdogan.

M. Kalin a en outre catégoriquement démenti que le chef de l'Etat turc s'était engagé auprès de Donald Trump à garantir la sécurité des milices kurdes après le retrait américain de Syrie, comme l'a affirmé lundi le secrétaire d'Etat Mike Pompeo.

"En ce qui concerne les déclarations de Pompeo, il n'est absolument pas question d'une telle assurance donnée lors des entretiens (entre Erdogan et Trump) ou via d'autres canaux", a assuré M. Kalin.

"Que personne n'attende de la Turquie qu'elle donne des assurances à une organisation terroriste", a-t-il lâché.

- "Récupérer les armes" -

Selon la presse progouvernementale turque, M. Erdogan a refusé de rencontrer M. Bolton, mais selon M. Kalin la tenue d'une telle entrevue n'avait jamais été confirmée dans le programme de la visite.

Un porte-parole de M. Bolton, Garrett Marquis, a néanmoins qualifié son entretien avec M. Kalin de "productif".

M. Trump a annoncé en décembre le retrait des quelque 2.000 soldats américains postés en Syrie, prenant de court les alliés de Washington, des milices kurdes sur le terrain aux autres membres de la coalition internationale antijihadiste.

Les autorités turques attendaient d'obtenir de M. Bolton, venu avec le chef d'état-major Joseph Dunford et l'envoyé spécial pour la coalition internationale antijihadiste James Jeffrey, des détails sur le plan de retrait des Etats-Unis.

Depuis l'annonce de Donald Trump, le gouvernement américain multiplie en effet les messages destinés à gommer l'impression initiale de départ précipité.

"Nous quitterons (la Syrie) à un rythme adapté tout en continuant en même temps à combattre l'EI et à faire ce qui est prudent et nécessaire pour tout le reste", a ainsi tweeté M. Trump lundi.

L'annonce surprise du retrait américain et le flou qui entoure ses modalités et son calendrier ont poussé la Turquie à surseoir à l'offensive qu'elle semblait sur le point de déclencher mi-décembre dans le nord de la Syrie.

Mardi, M. Kalin a par ailleurs indiqué que la Turquie attendait des Etats-Unis qu'ils récupèrent les armes livrées aux YPG après le retrait des troupes américaines.
 "Ce que nous attendons, c'est que toutes les armes livrées soient récupérées", a-t-il déclaré après son entretien avec M. Bolton.

"Ils nous ont dit qu'ils étaient en train d'y travailler, mais les détails deviendront plus clairs dans les prochains jours", a poursuivi M. Kalin, ajoutant qu'il n'y avait pour la Turquie "aucune alternative acceptable" à la récupération de ces armes.

La Turquie s'est engagée à éradiquer ce qui reste de l'EI en Syrie après le retrait américain mais des experts doutent de sa capacité à mener ce combat sans la pleine coopération de la Russie, alliée du régime syrien et acteur clef dans le conflit.

L'EI "est actuellement à 350 km de la frontière turque. Comment est-ce que l'armée de l'air turque est censée les atteindre? Sans le feu vert de Moscou, cela est impossible", souligne l'analyste militaire Metin Gürcan.
(AFP, 8 janvier 2019)

Washington veut s'assurer que "les Turcs ne massacrent pas les Kurdes"

Les Etats-Unis veulent continuer de s'assurer que "les Turcs ne massacrent pas les Kurdes" en Syrie malgré le retrait des militaires américains décidé par Donald Trump, a déclaré jeudi le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo.

"L'importance de faire en sorte que les Turcs ne massacrent pas les Kurdes, la protection des minorités religieuses en Syrie, tout ça fait toujours partie de la mission américaine", a-t-il dit dans un entretien au site Newsmax.

Il a refusé de fournir un calendrier du retrait américain, pour éviter que "les adversaires" des Etats-Unis "sachent précisément" quand les GIs quitteront le territoire syrien.

Le président américain a créé la surprise avant Noël en annonçant le départ des quelque 2.000 soldats déployés en Syrie pour combattre les jihadistes du groupe Etat islamique.

Cette décision a ébranlé de nombreux alliés de Washington et a provoqué la démission du ministre de la Défense Jim Mattis et de l'envoyé spécial des Etats-Unis auprès de la coalition internationale antijihadistes Brett McGurk.

Depuis, Donald Trump a assuré que le retrait se ferait "sur un certain temps" et pas "du jour au lendemain", semblant avoir pris acte des appels à éviter un départ précipité.

Le retrait américain représente notamment une menace pour les combattants kurdes jusqu'ici alliés de Washington dans la lutte contre les jihadistes.

Ankara ne cache pas son intention de lancer une offensive contre eux pour éviter la formation, à ses portes, d'un embryon d'Etat kurde susceptible de raviver le séparatisme des Kurdes de Turquie.
(AFP, 3 janvier 2019)

Relations régionales / Regional Relations

Quel avenir pour Idleb, passé sous l'emprise totale des jihadistes?

La province d'Idleb dans le nord-ouest de la Syrie est désormais totalement contrôlée par Hayat Tahrir al-Cham (HTS), une alliance jihadiste dominée par l'ex-branche syrienne d'Al-Qaïda.

Certaines factions jihadistes également présentes dans cette région sont déjà alliées à HTS. Les groupes rebelles devront eux accepter la tutelle de l'administration locale mise en place par HTS ou alors quitter le secteur et rejoindre d'autres zones insurgées du nord de la Syrie.

Comment les jihadistes de HTS ont-ils pu consolider leur "émirat" de facto? Quelle influence peuvent-ils désormais avoir sur l'évolution du conflit et sur ses autres protagonistes?

- Les jihadistes en expansion? -

En septembre, la Turquie, soutien des rebelles, et la Russie, alliée indéfectible du président syrien Bachar al-Assad, ont dévoilé un accord qui a permis d'éviter une offensive meurtrière du régime syrien contre Idleb et des territoires adjacents dans les provinces voisines de Hama et Alep.

L'initiative prévoyait la création d'une "zone démilitarisée" pour séparer les secteurs insurgés des territoires gouvernementaux. Mais certaines conditions de l'accord n'ont pas été respectées, notamment par les jihadistes.

Moscou avait chargé la Turquie, qui soutient à Idleb la coalition rebelle du Front National de Libération (FNL), de neutraliser les factions les plus extrémistes, selon les experts.

Cela ne s'est pas produit et HTS a lancé début janvier une offensive contre le FNL, prenant le contrôle de plusieurs localités rebelles, au terme de combats qui ont fait plus de 130 morts dans les deux camps, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Jeudi, les jihadistes ont imposé aux rebelles un accord qui permet à HTS d'étendre son emprise sur toute la province d'Idleb et ses environs, par le biais de son administration locale, le "Gouvernement du Salut".

"Désormais, HTS peut se présenter à la Turquie et à d'autres comme un interlocuteur indispensable pour toute solution non-militaire à Idleb", souligne Sam Heller, analyste au centre de réflexion International Crisis Group.

"La Turquie n'a pas empêché la prise de contrôle de HTS, mais il semble qu'elle n'était en mesure de le faire", soutient-il.

HTS disposerait d'environ 25.000 combattants aguerris et bien armés, selon certaines estimations.

- Un revers pour la Turquie ?

Ankara, qui dispose de troupes à Idleb et ailleurs dans le nord syrien, n'a pas réagi à l'offensive jihadiste.

"Pour la Turquie, c'est une défaite de ses alliés", confirme le géographe à l'Université française de Lyon et expert sur la Syrie, Fabrice Balanche.

Avec l'accord de jeudi, plusieurs secteurs, dont les villes rebelles de Maarat al-Noomane et d'Ariha, dans le sud de la province d'Idleb, passent sous la coupe des jihadistes.

Les factions du FNL qui s'y trouvent, Ahrar al-Cham et Souqour al-Cham, resteront sur place, mais sous la supervision du "Gouvernement du Salut".

Les rebelles qui refusent le pouvoir jihadiste pourront eux migrer vers des territoires insurgés pro-Ankara près de la frontière turque.

C'est le cas du groupe Noureddine al-Zinki, dont les combattants mis en déroute par HTS se sont réfugiés dans l'enclave d'Afrine (province voisine d'Alep), conquise par des rebelles proturcs l'an dernier.

La Turquie soutient des factions syriennes qui l'épaulent dans ses opérations militaires contre les Unités de protection du Peuple (YPG), principale milice kurde de Syrie.
 Ankara menace depuis décembre d'une offensive contre cette milice implantée dans le nord-est syrien. Le principal obstacle à un tel assaut est la présence de troupes américaines dans ce secteur.

Mais le retrait des forces américaines entamé jeudi sur décision du président Donald Trump pourrait changer la donne.

- Le régime va-t-il attaquer ? -

Le renforcement des jihadistes démontre que les dispositions de l'accord russo-turc de septembre n'ont pas été respectées.

Ces violations pourraient servir de prétexte au régime syrien pour remettre à l'ordre du jour une offensive contre Idleb, où vivent quelque trois millions de personnes.

Un assaut pourrait provoquer une catastrophe humanitaire de grande échelle. La Turquie, qui accueille déjà sur son territoire 3,6 millions de réfugiés syriens, cherche à tout prix à éviter des violences qui pourraient provoquer un nouvel afflux vers sa frontière.

Mais avec le retrait des troupes américaines et le rapprochement amorcé entre les forces kurdes et Damas, Idleb n'est pas la priorité du régime, estime M. Balanche.

"Récupérer l'est de la Syrie est plus important. Il y a le pétrole et ça sera plus facile politiquement", explique l'expert, évoquant les territoires et les champs pétroliers tenus par les Kurdes.

Selon M. Balanche, Moscou se sert de la Turquie "pour mettre la pression sur les Américains afin qu'ils quittent le nord-est de la Syrie".

Jeudi les autorités turques ont vivement réagi à de récentes déclarations de Washington perçues comme un rétropédalage, menaçant de lancer leur offensive contre les forces kurdes si le retrait américain devait être retardé.
(AFP, 11 janvier 2019)

La police militaire russe commence à patrouiller dans la région de Minbej

La police militaire russe a commencé à patrouiller dans les environs de la ville syrienne de Minbej, une zone autrefois sous contrôle des combattants kurdes soutenus par les Etats-Unis, a indiqué mardi un porte-parole de l'armée russe.

"L'objectif est d'assurer la sécurité de la zone de responsabilité et de surveiller la situation et les mouvement des formations armées", a précisé à la chaîne de télévision Rossiïa 24 Ioussoup Mamatov, ajoutant que la police militaire russe était déployée "autour de Minbej", mais pas dans la ville en elle-même.

Selon Rossiïa 24, la police militaire russe sera déployée dans la zone "de manière régulière". La chaîne a montré un groupe d'une dizaine de membres de cette force, vêtus de kaki, traverser des villages à bord de véhicules tout-terrain et de camions arborant le drapeau russe.

La Russie intervient depuis septembre 2015 en soutien des troupes gouvernementales syriennes, qui se sont récemment déployées dans la région de Minbej, située dans le nord de la Syrie, près de la frontière avec la Turquie.

Les combattants kurdes, redoutant une offensive turque, ont appelé le régime syrien à déployer ses troupes dans la zone fin décembre, après l'annonce surprise par Donald Trump d'un retrait américain de Syrie.

De hauts responsables militaires américains ont multiplié les mises en garde à l'égard de Donald Trump contre un retrait précipité qui laisserait la voie libre en Syrie aux alliés du régime de Bachar al-Assad, à savoir la Russie, grande rivale des Etats-Unis, et l'Iran, bête noire de l'administration Trump.

Quelque 2.000 soldats américains, essentiellement des forces spéciales, sont actuellement déployés en Syrie pour combattre le groupe Etat islamique et former les forces locales dans les zones reprises aux jihadistes.

Les combattants kurdes forment l'épine dorsale des Forces démocratiques syriennes (FDS) qui avaient pris Minbej à l'EI en 2016. Ils se sont récemment retirés de cette ville après l'annonce du départ américain.

Lundi, Donald Trump a assuré que le retrait américain serait mené "à un rythme adapté tout en continuant en même temps à combattre l'EI et à faire ce qui est prudent et nécessaire pour tout le reste".
(AFP, 8 janvier 2019)

Ankara et Bagdad promettent de renforcer leur coopération contre le terrorisme

La Turquie et l'Irak ont insisté jeudi sur leur volonté de renforcer leur coopération dans la lutte contre le terrorisme, au cours d'une visite du président irakien à Ankara.

"Nous sommes conscients de l'importance qu'il y a à ce que nous travaillions ensemble pour avoir du succès dans notre lutte contre le terrorisme", a déclaré lors d'une conférence de presse conjointe le président turc Recep Tayyip Erdogan.

"Si Dieu le veut, nous allons approfondir notre coopération dans ce domaine", a-t-il poursuivi, citant nommément le groupe Etat islamique (EI), le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et le mouvement guléniste accusé par Ankara d'avoir fomenté le putsch manqué de juillet 2016.

"L'Irak souhaite une coopération réelle et un partenariat stratégique avec la Turquie", a déclaré le président irakien Barham Saleh, estimant que cela bénéficierait "non seulement aux deux pays, mais à l'ensemble de la région".

Le PKK, qui mène une insurrection armée en Turquie depuis 1984, dispose dans le nord de l'Irak de bases arrière régulièrement visées par les forces armées turques.

Jeudi encore, l'armée turque a ainsi affirmé avoir détruit la veille, dans les zones de Zap, Metina et Avashin-Basyan, des abris et des dépôts de munitions appartenant au PKK, classé organisation "terroriste" par la Turquie, mais aussi l'Union européenne, les Etats-Unis et le Canada.

Mi-décembre, ces frappes avaient provoqué des remous dans les relations entre les deux pays: les autorités irakiennes avaient convoqué l'ambassadeur turc à Bagdad pour protester contre les bombardements turcs "répétés" sur le sol irakien, dénonçant une "violation de la souveraineté" de l'Irak.

Ankara avait pour sa part appelé Bagdad à coopérer dans la lutte contre le PKK, invoquant dans le cas contraire son droit à la légitime défense pour intervenir en Irak.
(AFP, 2 janvier 2019)

Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece


Immigration / Migration

"Faisons un nettoyage, balayons tous les imams bruxellois!"

Jeune retraité, Hamid Benichou a derrière lui près de trente ans d'expérience d'agent de police de proximité dans les communes de Saint-Josse, Schaerbeek et Evere. Restant actif dans l'associatif, ce Belge d’origine algérienne continue de s'informer quasi quotidiennement auprès de ses anciens collègues de la situation dans les rues de Bruxelles. Il faut dire, Hamid Benichou s'est toujours énormément impliqué dans son métier. D'ailleurs, dès les années 1990, tel un lanceur d'alertes, c'est lui qui, parmi les premiers, a prévenu que l'intégrisme prospérait chez certains jeunes. Aujourd'hui, ce musulman pratiquant livre un regard sans concession et plutôt inquiétant sur l'islam rigoriste qui s'implante dans la capitale de l'Europe. Hamid Benichou est l'Invité du samedi.

A Molenbeek, la nuit du Nouvel an, des jeunes ont détruit des voitures, des vitrines ou des abribus, puis ils se sont confrontés à la police. Cela vous étonne-t-il ?

Les autorités communales et policières connaissent le terrain, elles auraient dû anticiper. Il n'empêche, ces événements sont insupportables. Je trouve fou que des gens saccagent, pillent au moment de la Saint-Sylvestre. Ces kets, qui ont parfois à peine 10 à 16 ans, ne devaient pas traîner dans la rue dans un tel moment de fraternité. Mais ils considèrent que le Nouvel an n'est pas leur fête, que c'est celle des autres. Je n'ai jamais entendu autant de rejet de cette célébration qu'aujourd'hui. Ce discours date d'il y a des années, mais il s'exprime avec de plus en plus de force. Mais qui sont-ils pour juger ce qui est bon de ce qui est mauvais ?

Leur vision serait binaire, entre le bon et le mauvais ?

Ils mettent dans leur vision de la société une dose de religion qui sépare le licite (halal) de l'illicite (haram). Tout ce qui est bien est musulman, tout ce qui est impropre est non musulman. Vous savez, leurs parents ne veillent pas sur eux, ignorent à quelle heure ils rentrent, ne s'étonnent pas qu'ils reviennent avec des objets qui ne leur appartiennent pas... Il y a un manque flagrant d'éducation, de communication au sein de beaucoup de familles. On ne leur enseigne pas non plus le respect de l'autre, la vie en communauté. Par contre, dans la famille, on explique bien à ces jeunes la différence entre haram et halal !

Certains leur trouvent des excuses, à travers le racisme ambiant, l’absence de perspectives, la discrimination à l’embauche... Vous y souscrivez ?

Très vite, surtout sur les réseaux sociaux, certains ont brandi le panneau "victimisation" ou "stigmatisation" pour expliquer de tels comportements. Ces excuses viennent toujours des mêmes personnes, issues de la communauté musulmane, soutenues globalement par des bobos occidentaux, auxquels s'adjoignent quelques politiques en recherche de voix. Moi, je réponds que chacun doit s'intégrer complètement dans cette société et faire face aux discriminations et au racisme qui touchent toutes les communautés, même chez les Belgo-Belges. Pourquoi cette frange musulmane de la population cherche-t-elle à s'accaparer l'excuse de la stigmatisation ? J'ai vécu des situations insupportables, mais je me suis défendu moi-même, sans l'aide des associations et des bobos.

Cela concerne davantage la communauté musulmane que les autres communautés ?

Il n'y a pas photo ! Il suffit de voir où les problèmes se posent et qui vit à ces endroits... Il est temps de sévir contre ces voyous, il faut les interpeller et qu'ils assument leurs actes, sans leur trouver d'excuse.

Est-il possible de raisonner ces jeunes ?

C'est un travail à mettre en oeuvre en amont. Il faut que les agents de quartier les identifient, puis qu'ils travaillent avec des partenaires du monde associatif. Avant, il y avait des passerelles : dans les années 1990, je discutais avec les associations de jeunes, je leur signalais des problèmes, je leur demandais d'être vigilants. J'allais aussi voir les parents, chez eux, en présence du gosse. Ça demande du travail, de la motivation, de l'empathie. Qui ose encore faire ça ? Or, il faut disposer de suffisamment de renseignements sur chacun pour savoir qui est qui et pour pouvoir intervenir rapidement.

En quoi l'approche policière a-t-elle changé aujourd'hui ?

Avant, on travaillait 4/5e de notre temps à l'extérieur. Aujourd'hui, ce n'est plus que 1/5e, tant il y a de paperasse. Il y a tout de même moyen de dégager du temps. Mais il faut que l'agent de quartier aime aller au contact de l'autre, c'est un minimum ! Actuellement, il y a une défaillance incroyable dans le temps d'intervention à cause du manque de motivation, d'engagement. Il faut aussi que les horaires des agents soient adaptés pour qu'ils soient présents sur le terrain aux moments où la commune bouge, soit après la sortie des classes.

Y a-t-il des endroits à Bruxelles où la police n’ose pas intervenir ou craint de se rendre ?

Oui, Etangs noirs, place Liedts, quartier Nord, Pavillon... La police y passe mais, au moindre incident, c'est le grabuge assuré. Pourquoi ? Entre autre parce que notre police de proximité n'a pas été suffisamment à la rencontre des citoyens pour dire qu'elle était présente pour régler les soucis. La police ne doit pas être là uniquement pour surveiller, elle doit apporter une quiétude et faire respecter la loi.

Fusionner les six zones de police en Région bruxelloise entraînerait plus d'efficacité ?

Je ne sais pas, mais la police locale est trop dépendante du pouvoir des bourgmestres et des Collèges de police. Il faut la libérer de cette main politique qui codifie les interventions et qui peut fluctuer d'élection en élection. On entend parfois dire "le bourgmestre n'aime pas qu'on fasse ceci", et donc on n'y touche pas... Evidemment, ils ne l'admettront pas, mais les bourgmestres interviennent énormément. Et certaines de leurs décisions sont aberrantes.

D'après vous, beaucoup de musulmans intégristes vivent à Bruxelles ?

De plus en plus deviennent rigoureux dans le concept islamique. Pour eux, le halal est devenu le sixième commandement du coran. Demain, ils pourraient même ajouter un septième, la polygamie, car cette pratique est de plus en plus courante, notamment en Afrique du Nord. Ils rabaissent l'islam au niveau du caniveau et cela me blesse. Ils se disent Frères musulmans mais ils sont salafistes dans leur idéologie, ce sont des purs et durs. Ce sont ces musulmans qui affirment que le Nouvel an c'est haram, qui ne veulent pas d'alcool dans les cafés, pas de certaines viandes dans les restaurants. Ils disent qu'ils veulent vivre en paix, mais en tant que citoyens à part, en tant que "bons musulmans" qui se regroupent entre eux.

Quel est leur poids dans la communauté ?

Il est important, ils sont nombreux ! Ils disent aux jeunes que ce qu'ils subissent est dû au rejet de la religion. L'extrême droite, le racisme, la discrimination sont devenus des slogans dont ils se servent.

Comment leurs messages sont-ils véhiculés ?

Evidemment, ces messages vivent sur les réseaux sociaux. Mais ils passent d'abord au sein de la famille, où il existe un vrai conditionnement. Chez certains, tu peux à peine embrasser ta femme devant tes gosses. La danse du ventre, c'est terminé. Que Madame Moureaux organise une fête avec des danseuses du ventre ou un concert de musique, et elle verra comment cela va se passer... Il n'y a plus que les chants religieux qu'ils acceptent.

Cet endoctrinement se déroule aussi dans les mosquées ?

Le vendredi, les mosquées sont pleines. Au lieu d'aborder des problèmes concrets, de la société, du respect des lois, des logements, les imams ne parlent que de halal et de haram. Ils continuent de rapper sans cesse les fameux hadiths, ces textes écrits plus de 200 ans après la mort du prophète. Faisons un nettoyage, balayons tous les imams bruxellois ! Certains sont là depuis 40 ans, qu'ils partent à la retraite ! Et recrutons un jeune qui fasse des discours en français ou en néerlandais, sans aller puiser dans les hadiths, et qui ose évoquer les problèmes causés par ces jeunes.

Certains de ces jeunes pourraient-ils devenir des djihadistes et passer à l'acte ?

Je ne suis pas capable de le dire. En tout cas, leur violence verbale, notamment à l'égard des femmes, prend de plus en plus d'espace dans notre société. La police, le monde associatif, les citoyens savent et voient ce qu'il se passe. Mais qui ose interpeller ces gens ? Dès qu'on leur dit que la religion relève du privé, ils s'offusquent et ils présentent leur religion comme un étendard. Quand ils apprennent qu'un musulman est aussi laïque, ils se fâchent.

Votre discours est très franc. Vous ne craignez pas qu'on s'en prenne à votre intégrité ?

Je suis souvent agressé via les réseaux sociaux. Je leur réponds que leurs discours c'est du réchauffé, que tout ce qu'ils disent je l'ai connu pendant la décennie noire algérienne, ou sur le terrain dans les années 1990. Il faut créer un dialogue direct avec eux, tout mettre à plat.

(La Libre Belgique, Jonas Legge, 12 janvier 2019)

Le terrible bilan des migrants morts en 2018 en Méditerranée

Plus de 2.260 migrants ont trouvé la mort en tentant de traverser la mer, selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés.

Des arrivées en baisse, mais plus de 2.260 morts : la Méditerranée est restée en 2018 la voie maritime la plus meurtrière pour les migrants, selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), qui a appelé les pays européens à "sortir de l'impasse".

Un total de 2.262 migrants sont "morts ou portés disparus" en tentant de traverser la Méditerranée l'an passé, contre 3.139 en 2017, selon les chiffres publiés par le HCR sur son site internet.

Baisse du nombre d'arrivées

Du côté des arrivées, 113.482 personnes ont traversé la mer pour gagner les côtes des pays méditerranéens, soit une baisse par rapport à 2017 (172.301). A ces chiffres, il faut ajouter quelque 6.700 personnes enregistrées dans les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla en territoire africain, mais qui n'ont pas traversé la mer. Au total, 120.200 migrants sont arrivés en Europe en 2018.

Ces chiffres marquent une chute drastique par rapport au "pic" de 1,015 million d'arrivées en 2015, au cœur de la crise des réfugiés. Mais pour les décès, la baisse est moins marquée : il y avait alors eu près de 3.800 morts.

En proportion, la mortalité a d'ailleurs un peu augmenté en 2018 par rapport à l'année précédente.

Meurtrière Méditerranée

Dans une déclaration à l'AFP, la porte-parole du HCR en France Céline Schmitt s'inquiète :

"La Méditerranée est depuis plusieurs années la voie maritime la plus meurtrière au monde pour les réfugiés et les migrants, avec un taux de mortalité qui a fortement augmenté."

"En 2019, il est essentiel de sortir de l'impasse actuelle et de mettre fin à des approches au cas par cas, c'est-à-dire bateau par bateau, pour savoir où débarquer les passagers secourus", a-t-elle ajouté, en plaidant pour un "mécanisme régional de débarquement".

L'année 2018 a été marquée par une crise diplomatique entre pays européens autour de l'accueil des réfugiés, notamment après que le gouvernement italien, au fort discours anti-migrants, a fermé les ports aux bateaux humanitaires cet été.

L'Espagne en première ligne

Alors que la voie principale de migration passait jusque-là par la Libye et l'Italie, l'Espagne est ainsi redevenue en 2018 la première porte d'entrée en Europe, avec 55.756 arrivées par la mer (contre 22.103 en 2017).

Cette tendance pourrait se poursuivre puisque les garde-côtes espagnols ont indiqué, mercredi, avoir porté secours à 401 migrants au cours des deux premiers jours de 2019.

De son côté, l'Italie a enregistré 23.371 arrivées, en chute libre par rapport à 2017 (119.369), et la Grèce 32.497.

En 2018, le premier pays d'origine des migrants était la Guinée (13.068 personnes), suivi du Maroc (12.745) et du Mali (10.347). La Syrie n'était que le quatrième pays d'origine des arrivants, suivie de l'Afghanistan et de l'Irak.

Entraves aux navires humanitaires

Autre conséquence, plusieurs navires humanitaires ont été contraints d'errer en Méditerranée depuis l'été, faute de savoir où accoster. Chaque situation s'était débloquée avec un accord trouvé dans l'urgence entre pays européens pour la répartition des réfugiés.

En ce début 2019, deux navires d'ONG allemandes transportant 49 migrants ont reçu l'autorisation de s'"abriter" dans les eaux maltaises. Les Pays-Bas se sont dits prêts à accueillir une partie d'entre eux, "à condition que d'autres pays européens fassent de même".

Mais les navires humanitaires, qui dénoncent des entraves croissantes à leur action, sont de moins en moins nombreux : début décembre, Médecins sans frontières et SOS Méditerranée ont dû mettre un terme aux opérations de l'"Aquarius", devenu un symbole de la crise européenne sur l'accueil des migrants.

Responsabilité de l'Europe

MSF avait alors pointé la responsabilité des gouvernements européens dans les décès en Méditerranée, "en soutenant les garde-côtes libyens pour intercepter les personnes en mer".

Au large de la Libye, une vaste zone est aujourd'hui placée sous la responsabilité de garde-côtes libyens, dont le niveau de formation et d'équipement est régulièrement dénoncé du côté des ONG.

Mme Schmitt rappelle :

"Nous réitérons notre appel à la communauté internationale pour qu'elle lutte contre les causes profondes des déplacements et les facteurs qui forcent les gens à entreprendre des voyages de plus en plus dangereux et périlleux."
(L'Obs avec AFP, 3 janvier 2019)

Nouvel An qui dégénère à Molenbeek: des policiers également pris pour cible

La police de Bruxelles-Ouest (Molenbeek-Saint-Jean, Jette, Ganshoren, Berchem-Sainte-Agathe et Koekelberg) a procédé, dans la nuit de lundi à mardi, à une vingtaine d’arrestations administratives, dont tout du moins deux sont déjà devenues judiciaires, a indiqué mardi matin Caroline Vervaet, porte-parole de la police locale. L’identification des personnes impliquées dans les dégradations et violences, qui donnera lieu à des arrestations judiciaires, se poursuit. Au total, sept voitures privées ont été incendiées.

Sur la place devant la station de métro Etangs noirs, des jeunes du quartier ont mis le feu à des déchets qui traînaient sur la voie publique ainsi qu’à un véhicule. Les vitres de trois commerces ont été endommagées. Des jeunes sont entrés dans une pharmacie, qui a été vandalisée. Des jets de cailloux ont ciblé des pompiers et des policiers. Au total, quatre véhicules de police et deux autopompes ont été endommagés par des caillassages et quatre policiers ont été légèrement blessés. Seul l’un d’entre eux a fait valoir le besoin de voir son médecin traitant ce mardi.

Par la suite, trois voitures ont été incendiées dans la rue Ribaucourt. Le feu est parti dans une camionnette, garée à proximité des deux autres voitures. Les façades de deux immeubles inhabités ont également été endommagées. Un expert incendie est descendu rue de Ribaucourt, à la demande du parquet, a précisé Gilles Dejemeppe, porte-parole du parquet de Bruxelles. Il ajoute que l’intention criminelle n’est pas forcément à l’œuvre dans l’éventualité de jets de pétards. (Le Soir, 1 janvier 2019)


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