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INFO-TURK

A non-government information center on Turkey

Un centre d'information non-gouvernemental sur la Turquie

44th Year / 44e Année
Septembre
 
2020 September
N° 505
53 rue de Pavie - 1000 Bruxelles
Tél: (32-2) 215 35 76 - Fax: (32-2) 897 78 71
Chief Editor /Rédacteur en chef: 
Dogan Ozgüden

Responsible editor/Editrice responsable:

Inci Tugsavul
Human Rights
Pressures on  media
Kurdish Question
Minorities
Interior politics
Armed Forces
Religious affairs
Socio-economics
Turkey-Europe
Turkey-USA
Regional Relations
Cyprus and Greece
Migration

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Titres des évènements du mois
Titles of this month's events



Droits de l'Homme / Human Rights

Les deux sœurs Timtik, Ebru et Barkin, distinguées par des avocats européens
L'ONU évoque des crimes de guerre dans les zones sous contrôle turc en Syrie
La Cour suprême ordonne la libération d'un avocat gréviste de la faim
Human Rights Association addresses an open letter to ECtHR President Spano
EU ‘deeply saddened’ by death of Turkish lawyer Ebru Timtik while on hunger strike
Erdogan’s private police force: a new blow to Turkish democracy

Pression sur les médias / Pressure on the Media

Özgür Gündem trial: Prison sentences of 7 journalists upheld

US journalist Andre Vltchek dies suspiciously in İstanbul
CEDH: la Turquie condamnée pour la détention de l'écrivain Ragip Zarakolu
Des journalistes condamnés pour avoir "révélé des secrets d'Etat"
Joint call by rights organizations: ‘Release Osman Kavala’
Meurtre de Khashoggi: un verdict final saoudien annule les cinq peines capitales
Khashoggi: RSF dénonce le nouveau verdict saoudien
Meurtre Khashoggi: sa fiancée qualifie de "farce" le verdict en Arabie
Le Conseil de l'Europe réclame la "libération immédiate" d'Osman Kavala
Décès de l'acteur turco-allemand Birol Ünel, interprète fétiche de Fatih Akin
"The blackout of TELE 1 reveals the state of freedom of expression in Turkey"
Turkey to try 2 journalists for alleged membership in terrorist groups

Kurdish Question / Question kurde

Nouvelles arrestations massives des dirigeants du HDP
HDP: The onslaught on the HDP continues unabashedly!
La Turquie réclame une notice rouge contre un ex-député kurde
Un militant kurde en "danger" après une procédure d'expulsion
Une députée du parti prokurde HDP condamnée à 10 ans de prison
"Call for Peace Declaration" by HDP
“Vingt-cinq années aux côtés du peuple kurde” est paru

Minorités / Minorities

La riposte catégorique russe à Erdogan qui a menacé l'Arménie

Appel par l'Association des Arméniens démocrates de Belgique
Sept points clés pour comprendre le conflit entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan
 280 racist attacks in Turkey in 10 years
Après Ste-Sophie, une autre église transformée en mosquée par Erdogan
"Appel à la haine": un extrémiste pro-Turquie plaide le malendendu
65 years have passed since September 6-7 pogrom, no apologies offered
Exercices militaires turco-azerbaidjanais près de l'Arménie

Politique intérieure/Interior Politics

En Méditerranée, Erdogan poursuit la fracassante montée en puissance de la Turquie
Parliamentary Speaker announces support for reintroduction of death penalty

Forces armées/Armed Forces

La Turquie va conduire un exercice de tir au large de Chypre

Début de manoeuvres militaires turques en Chypre du Nord
Méditerranée: Ankara accuse Athènes d'armer une île démilitarisée
Nouvelles manoeuvres militaires turques en Méditerranée orientale

Affaires religieuses / Religious Affairs
 
Manifestation islamiste à Istanbul contre Charlie Hebdo
Le port du voile à Molenbeek met le président du PS bruxellois sous pression
Charlie Hebdo: la Turquie condamne la republication des caricatures de Mahomet

Socio-économique / Socio-economic

La Banque centrale augmente le taux d'intérêt pour la première fois en deux ans

L'UE sanctionne une entreprise turque pour violation de l'embargo imposé à la Libye
Impactés par le virus, les fastueux mariages ne sont pas à la noce
Les femmes déterminées à défendre une convention menacée contre la violence
Turkey debates dropping landmark women’s treaty
La Turquie prolonge sa recherche d'hydrocarbures malgré les appels à y mettre fin

Relations turco-européennes / Turkey-Europe Relations

Macron appelle Erdogan à s'engager "sans ambiguïté" pour la désescalade

Erdogan refute "le language de la menace" et s'en prend à Macron
L'UE demande le départ d'un navire turc de la zone maritime de Chypre
Tensions en Méditerranée: Charles Michel apporte le soutien de l'UE à Chypre
Von der Leyen met en garde Ankara contre toute tentative d'"intimidation" de ses voisins
Erdogan avertit Macron de ne pas "chercher querelle à la Turquie"
Ankara dénonce la déclaration "biaisée" des pays du sud de l'UE
7 pays du sud de l'Europe menacent la Turquie de sanctions
UE: Charles Michel envisage une "conférence multilatérale" avec Ankara
Le président de la CEDH appelle la Turquie à exécuter les arrêts de la Cour

Une visite du président de la CEDH suscite des critiques
Erdogan s'en prend aux dirigeants grecs et français, "cupides et incompétents"

Turquie-USA-OTAN / Turkey-USA-NATO

Ankara s'en prend à Pelosi, qui a cité la Turquie parmi les pays non-démocratiques
Les Etats-Unis lèvent partiellement l'embargo sur les armes visant Chypre

Relations régionales / Regional Relations

La Turquie condamne l'accord entre Israël et Bahreïn
Libye: "compromis" consentis par les deux camps lors de pourpalers au Maroc
Erdogan renouvelle son soutien au gouvernement libyen reconnu par l'ONU
La Turquie critique la décision du Kosovo d'ouvrir une ambassade à Jérusalem
L'opposant et prisonnier Mokoko de retour à Brazzaville après des soins en Turquie

Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece

La Turquie et la Grèce optent pour un apaisement

Ankara condamne les insultes d'un journal grec envers Erdogan
Ankara dément toute reculade après le retour d'un navire de recherche
Le Premier ministre grec annonce l'achat d'avions de combats français
Chypre condamne un exercice militaire turc "illégal" au large de ses côtes
De nouvelles menaces turques envers la Grèce
Grèce et Turquie se déchirent à nouveau après une médiation de l'OTAN
Chypre inquiet du contexte "très volatil" dû à "l'agressivité" turque, dit son président

Immigration / Migration

La lutte de Florida Mukeshimana
An appeal from Europe for solidarity
La justice européenne rejette la requête d'un professeur de religion contre Charlie Hebdo
Dans l'est de la Turquie, un lac engloutit les rêves de migrants



Droits de l'Homme / Human Rights

Les deux sœurs Timtik, Ebru et Barkin, distinguées par des avocats européens

L'avocate turque Barkin Timtik et sa soeur Ebru, dont la mort après une longue grève de la faim avait suscité l'indignation internationale, se sont vu décerner le prix international des Droits de l'Homme Ludovic-Trarieux jeudi à Genève.

«Le Jury a choisi de rappeler au monde le martyre que subissent les avocats en Turquie aujourd'hui et de ne pas dissocier dans son hommage et sa gratitude les deux soeurs Barkin et Ebru Timtik, l'une en prison pour dix-huit années et l'autre morte de sa grève de la faim pour réclamer un procès équitable», a expliqué à l'AFP jeudi l'avocat bordelais Bertrand Favreau, fondateur du prix et président du jury qui s'est prononcé à Genève.

Ebru Timtik avait été condamnée en 2019 à plus de 13 ans de prison pour «appartenance à une organisation terroriste». Elle avait entamé une grève de la faim en février mais est décédée en août 2020 à l'âge de 42 ans, après 238 jours de grève de la faim. Sa mort a provoqué une vague d'indignation dans le monde entier. Sa soeur Barkin, 38 ans, a pour sa part été condamnée en mars 2019 à 18 ans et 9 mois d'emprisonnement, accusée par la justice turque d'être proche du Parti-Front révolutionnaire de libération du peuple (DHKP-C) dont elle a défendu des militants. Le DHKP-C est désigné comme organisation terroriste par la Turquie mais aussi par les Etats-Unis et l'Union européenne.

Le jury de ce 25e prix Ludovic-Trarieux, du nom de l'avocat fondateur de la Ligue des Droits de l'Homme en 1898, était composé de 27 avocats européens, représentant les barreaux d'Amsterdam, Athènes, Barcelone, Berlin, Bordeaux, Bruxelles, Genève, Luxembourg, Paris, Rome et Venise. Le prix, dont le premier lauréat en 1985 était Nelson Mandela, alors emprisonné, vise à récompenser chaque année un avocat ayant illustré «par son oeuvre, son activité ou ses souffrances, la défense du respect des droits de l'Homme».

Le barreau de Port au Prince s'est vu attribué la mention spéciale de barreau de l'année 2020, ont précisé les organisateurs. L'an dernier, il avait été attribué à un jeune avocat de 33 ans, défendant les petits paysans spoliés en Colombie, Rommel Duran Castellanos et en 2018 l'avocate iranienne Nasrin Sotoudeh, emprisonnée après avoir notamment défendu des femmes iraniennes ayant ôté leur voile en public. (Le Figaro avec AFP, 24 sept 2020)

L'ONU évoque des crimes de guerre dans les zones sous contrôle turc en Syrie

Des crimes de guerre pourraient avoir été commis dans les zones syriennes sous contrôle de la Turquie ou des groupes armés qu'elle soutient, a alerté vendredi la Haute-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme Michelle Bachelet.

Dans un communiqué, le Haut-Commissariat de l'ONU décrit une situation des droits humains "sombre" dans certaines parties du nord, du nord-ouest et du nord-est de la Syrie qui sont sous le contrôle des forces turques et des groupes armés qui leur sont affiliés, avec une violence et une criminalité répandues.

"Les personnes vivant dans ces régions dont les droits ont été violés ont droit à une protection et à un dédommagement", a affirmé Michelle Bachelet.

Elle a "exhorté la Turquie à lancer immédiatement une enquête impartiale, transparente et indépendante sur les incidents que nous avons observés, à rendre compte du sort des personnes détenues et enlevées par les groupes armés affiliés et à poursuivre les auteurs de ce qui pourrait, dans certains cas, constituer des crimes au regard du droit international, notamment des crimes de guerre".

"Ceci est d'autant plus important, a-t-elle ajouté, que nous avons reçu des rapports inquiétants selon lesquels certains détenus et personnes enlevées auraient été transférés en Turquie suite à leur détention en Syrie par des groupes armés affiliés" à Ankara.

La Turquie, qui contrôle par le biais de groupes armés syriens qu'elle soutient de vastes territoires en Syrie, a vigoureusement rejeté ces accusations.

"Nous rejetons entièrement les allégations infondées contre des groupes de l'opposition syrienne opérant sur le terrain pour combattre le terrorisme et permettre le retour des réfugiés", a indiqué le ministère des Affaires étrangères turc dans un communiqué.

Il a aussi rejeté "les allégations infondées à l'encontre de notre pays en lien avec ces groupes et les critiques injustifiées de la Haute-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme contre notre pays".

Le ministère turc a aussi accusé l'Onu d'avoir omis de signaler dans son communiqué les "violations" commises par le régime syrien et par les milices kurdes des YPG.

L'ONU indique avoir constaté ces derniers mois la répétition d'un schéma alarmant de graves violations dans ces régions, notamment à Afrin, Ras al-Ain et Tel Abyad, majoritairement kurdes, où une augmentation des meurtres, des enlèvements, des transferts illégaux de personnes, des confiscations de terres et de biens, et des expulsions forcées ont été documentées.

Du 1er janvier au 14 septembre, le Haut-Commissariat a confirmé la mort d'au moins 116 civils due notamment à des engins explosifs improvisés (EEI). Environ 463 civils ont été blessés.

"Les groupes armés affiliés à la Turquie ont également confisqué et pillé des maisons, des terres et d'autres biens privés et commerciaux sans nécessité militaire apparente, et ont occupé nombre d'entre eux avec leurs propres familles", a détaillé le Haut-Commissariat.

Parmi d'autres violations graves des droits de l'homme, l'ONU a également documenté l'enlèvement et la disparition de civils, y compris femmes et enfants, dont le sort reste pour certains inconnu.
(AFP, 18 septembre 2020)

La Cour suprême ordonne la libération d'un avocat gréviste de la faim

La Cour suprême de Turquie a ordonné jeudi la libération d'un avocat emprisonné en grève de la faim, une semaine après le décès d'une consoeur détenue qui avait cessé de s'alimenter pendant 238 jours.

L'avocat Aytac Unsal doit être "immédiatement libéré" eu égard au
"danger pour sa vie que représente son maintien en prison", a affirmé la Cour suprême dans son verdict.

Agé de 32 ans, Aytac Unsal est en grève de la faim depuis 213 jours. Condamné l'an dernier à plus de 10 ans de prison pour "appartenance à une organisation terroriste", il avait entamé une grève de la faim en février avec sa consoeur Ebru Timtik pour réclamer un nouveau procès.

La mort d'Ebru Timtik la semaine dernière au 238e jour de sa grève de la faim a suscité une vive émotion dans le pays et des condamnations d'organisations de défense des droits humains.

M. Unsal est membre de l'Association des avocats contemporains, spécialisée dans la défense de cas politiquement sensibles.

Les autorités turques accusent cette association d'être liée à l'organisation marxiste-léniniste radicale DHKP-C, un groupe qui a commis plusieurs attentats et est qualifié de "terroriste" par Ankara et ses alliés occidentaux.

Un tribunal d'Istanbul avait refusé en juillet de libérer Ebru Timtik et Aytac Unsal, en dépit d'un rapport médical indiquant que leur état de santé ne leur permettait plus de rester en prison.

Une demande similaire avait aussi été déposée en août auprès de la Cour constitutionnelle, sans succès.

Au lieu d'une libération, Ebru Timtik et M. Unsal avaient été transférés dans deux hôpitaux différents en juillet.

Après le décès de Timtik, le barreau d'Istanbul avait dénoncé les violations du droit au procès équitable dont ont été victimes les deux avocats.

Remplacement des juges qui avaient ordonné leur libération, verdict annoncé sans que la défense ait pu proprement s'exprimer: leur procès a été totalement "injuste", s'était indigné le barreau d'Istanbul.

La décision de libérer M. Unsal coïncide avec une visite qu'effectue depuis jeudi en Turquie le président de la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) Robert Spano.

Ce déplacement de M. Spano en Turquie, où il s'est notamment entretenu jeudi avec le président Recep Tayyip Erdogan, a suscité des critiques en raison des violations des droits humains reprochées au pouvoir turc.
(AFP, 3 septembre 2020)

Human Rights Association addresses an open letter to ECtHR President Spano

The Human Rights Association (İHD) Central Executive Board has addressed an open letter to European Court of Human Rights (ECtHR) President Robert Spano ahead of his visit to Turkey on September 3-4.

The letter has emphasized that his program had no plans to visit civil society organizations working in the field of human rights and law, particularly those critical of the political power's practices.

Spano will be granted an honorary doctorate from the İstanbul University on September 3 (tomorrow) and teach in the Justice Academy of Turkey in the capital city of Ankara on September 4.

'It is not late to organize a public meeting'

"We believe that it is not late to organize a public meeting with the press during which you can answer questions by civil society organizations," the letter of the İHD has emphasized, briefly adding:

"Dear President, we do see the will to maintain communication with Turkish authorities in spite of all these negative developments.

"Turkey, however, is not merely composed of the political power itself. There stand before your court, on one side, the political power alleged to have violated rights and on the other side the victims of those rights violations.

"Turkey has a quite developed and dynamic web of civil society organizations working in the field of human rights in spite of all these setbacks. In order for your visit to Turkey to genuinely be beneficial, your lending an ear to these civil society organizations that make the voices of rights victims be heard bears vital significance.

"As the largest and oldest human rights organization in Turkey, the Human Rights Association would be honored to host such a meeting, which would eliminate the perception that the European Court of Human Rights was supporting the government and condoning its practices."

'It may mean you condone all these'

Other highlights from the İHD letter are as follows:

"The setback in human rights in Turkey specifically in recent years has been identified by independent observers, notably the Council of Europe bodies.

"The Council of Europe Venice Commission has explained in detail the degree to which the constitution that was amended by the referendum of 16 April 2017 threatened judicial independence.

"The Commission also issued reports that revealed the destruction of democracy and human rights in Turkey created by the state of emergency decree laws, curfews, the system of criminal peace judgeships, appointment of state trustees to replace elected mayors, Internet censorship, and criminal legislation restricting freedom of speech among others.

"The office of the Commissioner for Human Rights, another human rights body within the Council of Europe, has also been closely following the problems posed by the rising authoritarianism in Turkey.

The former Commissioner Nils Muznieks depicted such setbacks in human rights in Turkey in his reports and memorandums, while Muznieks' successor Dunja Mijatovic identified the judicial problems in Turkey and the repression that human rights defenders faced in detail in her report published this year.

"Dear President, the ECtHR has been denounced for failing to take the necessary steps during this process. In spite of this, your court has also exposed the panorama of the state of emergency Turkey in its judgments in the cases of politicians like Selahattin Demirtaş, journalists like Mehmet Altan and Şahin Alpay, civil society activists like Osman Kavala, and judges like Alparslan Aslan and Baş. The judgments delivered in the cases of Osman Kavala and Selahattin Demirtaş were the first Article 18 violation judgments delivered for Turkey and these judgments represent the overt instances of how the judiciary was placed under political guardianship in Turkey.

"A visit to Turkey under such circumstances solely addressing state institutions may mean that you condone all that has been happening. This state of affairs becomes even more alarming when one takes into account the institutions you will be speaking at within the scope of your visit."
(BIA, 2 September 2020)

EU ‘deeply saddened’ by death of Turkish lawyer Ebru Timtik while on hunger strike

The European Union (EU) announced that it is “deeply saddened by the death of Ebru Timtik,” who passed away on the 238th day of her hunger strike while calling for a fair trial after being charged with alleged membership of a terrorist organization.

“The tragic outcome of [the prisoners’] fight for a fair trial painfully illustrates the urgent need for the Turkish authorities to credibly address the human rights situation in the country, which has severely deteriorated in recent years, as well as serious shortcomings observed in the judiciary,” an EU spokesperson said in a statement.

Friends said Ebru Timtik weighed just 30 kilograms (65 pounds) at the time of her death, with opposition parties condemning the Turkish government for its human rights abuses.

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“She is the fourth prisoner to die this year as the result of a hunger strike, following the deaths of Helin Bölek and Ibrahim Gökçek, two musicians from the Grup Yorum band, and Mustafa Koçak. We offer our condolences to their families … Turkey urgently needs to demonstrate concrete progress on the rule of law and fundamental freedoms,” the spokesperson added.

Timtik was a member of the Contemporary Lawyers' Association (CHD), another leftist group accused of having close ties to the outlawed Revolutionary People's Liberation Party-Front (DHKP-C), a far-left Marxist organization.

The DHKP-C has claimed responsibility for a number of deadly attacks in Turkey, including a 2013 suicide bombing at the US embassy in Ankara, which killed a Turkish security guard.

In 2019, an Istanbul court handed multiple sentences to 18 lawyers, including Timtik, on charges of “forming and running a terror group” and “membership in a terror group.”

Timtik, who had been initially detained in September 2018, was sentenced to 13 years and six months in prison, which prompted her and some other lawyers to start a hunger strike in February.

Timtik, who turned her hunger strike into a death fast together with another lawyer, Aytac Unsal, was moved from the prison to a hospital in July.

The pair were consuming only liquids and vitamins, and a forensic report showed at the time that their condition was “not suitable” for a continued stay in prison.
(Al Arabiya English, 29 August 2020)

Erdogan’s private police force: a new blow to Turkish democracy

Turkish parliament passed a controversial bill in July providing the neighborhood watchmen (Bekci in Turkish) with extended yet unprecedented powers, including the authority to stop and search citizens, and to carry firearms and use force whenever necessary.

With the introduction of the new law, the neighborhood watchmen will have almost the same powers as the police. The new legislation elicited immediate backlash from the civil and political opposition in Turkey, accusing the incumbent Justice and Development Party (AKP) of attempting to establish a paramilitary force loyal to the president, Recep Tayyip Erdogan.

Night watchmen or Bekcis have been a longstanding part of the policing structure in Turkey. Assigned to the neighborhood police station, the watchmen were basically uniformed auxiliaries responsible for assisting the police with their duties, patrolling neighborhoods during the nights to prevent disturbances and petty crimes, handing over burglars and other petty criminals to the police when arrested, as well as carrying out some administrative duties including notifying local residents of official communication and doing official paperwork.

They did not carry firearms but batons and whistles instead during their shifts. The recruitment of neighborhood watchmen was halted in 2008 by the same AKP government before it was revived again following the failed military coup of 15 July 2016.

Since 2017, after President Erdogan publicly uttered his desire to “hear the watchmen’s whistles again at night”, thousands of new neighborhood watchmen have been recruited by the Turkish Ministry of Interior, who has command and control of the civilian law enforcement agencies, including the National Police and the Gendarmerie forces.

The opposition has since then expressed their concerns over the reinstatement of the night watchmen system, alleging that the nearly 30,000 member force would serve as a militia loyal to the president, and that most members of the guard are being recruited from the youth wings of the AKP.

Research on coercive institutions in authoritarian regimes suggests that authoritarian regimes/leaders reconfigure their internal security apparatus to more effectively manage popular or elite threats against their survival, creating separate security or paramilitary forces with overlapping functions with the existing institutions. Hitler’s so-called Brownshirts, Hugo Chávez’s Bolivarian National Militia, Maduro’s Special Actions Forces (FAES), and Putin’s National Guard (Rosgvardiya) are some prominent examples of such pro-government coercive structures.

These forces are ostensibly created for maintaining internal security and public order. However, in practice, such loyalist forces have been sweepingly used to suppress political opponents or to serve as counterbalancing forces to protect the regime against coups, rather than fighting crimes or law enforcement.

In this respect, the reinstatement of the neighborhood watchmen recruitment and the recent expansion of their powers constitutes a further step in the transformation of the structure and functioning of the internal security apparatus in Turkey in line with the security concerns of the increasingly autocratic Erdogan and the AKP regime, who would like to secure their survival against their perceived enemies, including political opponents, such as leftists, Gulenists, and Kurdish activists, as well as potential coup plotters inside the formal security apparatus.

Indeed, during Turkey’s authoritarian transformation which further crystallized following the AKP’s victory in the 2011 parliamentary elections, especially following the anti-government Gezi Park protests in 2013 which unraveled the public outcry against AKP’s increasingly authoritarian policies, several transformations happened with critical implications for policing and internal security structure in Turkey.

Following major corruption charges against senior members of the AKP government in December 2013, and particularly after the failed coup attempt of July 2016, the ruling AKP government launched mass purges in the National Police, which resulted in the mass dismissals of about thirty three thousand police officers over their alleged links to Gulenists, the former ally of AKP who have been since then criminalized as a national security threat in Turkey.

In March 2015, a new Domestic Security Bill was passed into law which allocated expanded powers to the police, including a broader authority to use weapons at protest sites, and the authority to more easily search homes and wiretap telephones without obtaining a search warrant. The bill also allowed the government to shut down the Turkish National Police Academy, which prepared students for command roles in the Turkish National Police, and the Police Colleges established to lead to matriculation at the Police Academy.

Instead, a new Police Supervisor Training Center (Polis Amirleri Egitim Merkezi, or PAEM) was established to train prospective commanding officers for the national police. Many in the opposition alleged that the goal of these changes in police training was to ensure government’s control over the allocation of police jobs to their supporters and to claim the loyalty of police cadres graduating from the newly established police training centers.

Moreover, pro-government paramilitary structures such as People’s Special Forces (Halk Özel Harekat, or HÖH) and the notorious private security contractor firm SADAT (International Defense Consulting), whose founder was a top advisor to President Erdogan, have gained increasing visibility in Turkey as possible tools of regime protection following the failed coup of July 2016. Indeed, multiple Turkish language and foreign media outlets reported eyewitness accounts that members of the pro-AKP armed groups, including SADAT and People’s Special Forces, were involved in the killing of civilians and lynching of the alleged coup-plotters on the night of the failed coup attempt.

The reinstatement of the neighborhood watchmen system and the introduction of legislative changes furnishing the guards with greater coercive powers just represents another layer in the reconfiguration of the internal security apparatus in Turkey in line with the AKP and Erdogan’s concern with maintaining their political survival.

Empowered neighborhood watchmen, together with other pro-government paramilitary groups, might serve as a separate armed force loyal to Erdogan, allowing him to balance against other formal security forces, including the military and the police, enabling him to secure his political and personal survival against another coup attempt, which Erdogan is still worried about.

With the introduction of legally-vague provisions which would enable the guard members to bear firearms, to stop and search citizens on “reasonable ground” and “to take necessary measures against demonstrations and marches that might disrupt public order”, the expanded and strengthened neighborhood watchmen also might be used by the AKP government to further monitor and suppress political opponents under the pretext of public security and combating crimes.

Moreover, the new duties granted to the neighborhood watchmen by the new legislation, including reporting suspected individuals or places to the police, would increase the state-sanctioned surveillance of public life under the pretext of crime prevention, creating concerns among the opposition that the night watchmen might easily turn into a copy of the Iran’s Basij militia, a loyalist paramilitary force responsible for suppressing dissent and policing morals under the Iranian regime.

Given the opposition claims that the neighborhood guards are mostly recruited among the young men affiliated with the youth wing of the AKP and the recent reports of violence towards citizens, empowered neighborhood watchmen, as a potential loyalist group of armed auxiliaries, are likely to bring further abuse and oppression of anyone perceived as the enemy of the AKP and the Erdogan regime, wreaking more havoc on the already suffering human rights and civil liberties in Turkey.
(towardfreedom.org, August 12, 2020)

Pression sur les médias / Pressure on the Media

Özgür Gündem trial: Prison sentences of 7 journalists upheld

The 3rd Penal Chamber of the İstanbul Regional Court of Justice, the court of appeals, has announced its ruling in the lawsuit filed against journalists and writers for having participated in the "Editors-in-Chief on Watch" campaign in solidarity with the Özgür Gündem newspaper, which was closed by a Statutory Decree on October 26, 2016.

The court of appeals has upheld the prison sentences of seven journalists and acquittal of four journalists.

Announcing its final ruling on April 3, 2019, the İstanbul 14th Heavy Penal Court ruled that Ertuğrul Mavioğlu, Fehim Işık, Celal Başlangıç, İhsan Çaralan, Öncü Akgül and Celalettin Can should be sentenced to 1 year, 3 months in prison for "propagandizing for a terrorist organization" and Hüseyin Aykol, the Co-Editor-in-Chief of the newspaper, to 3 years, 9 months.

The court ruled that Ömer Ağın, Veysel Kemer, Mehmet Şirin Taşdemir and Yüksel Oğuz should be acquitted of "propagandizing for a terrorist organization, inciting to commit crimes, praising the crime and criminal."
Appeals rejected on merits

As reported by Mezopotamya Agency, the court has rejected the appeals of Celalettin Can, Hüseyin Akyol, Ertuğrul Mavioğlu, Mehmet Fehim Işık, Mehmet Celal Başlangıç, Öncü Akgül and Dilşah Kocakaya against the their conviction of "terror propaganda" in following words:

"...on the grounds that there is no contrariety to law as to the procedure or merits in their conviction, there is no deficiency in evidence or proceedings, the evaluation of proof is sound, the action is defined correctly and overlaps with the type of crime foreseen in the law and the penalty is imposed within the legal context, the reasons put forward by the appealers are not found valid and their appeals have been rejected on merits as per the article 280/1-a of the Code of Criminal Procedure (CMK)..."

The court of appeals has also upheld the acquittal of Ömer Ağın, Veysel Kemer, Mehmet Şirin Taşdemir and Yüksel Oğuz of "propagandizing for a terrorist organization, openly inciting to commit crimes and praising the crime and criminal; Celalettin Can of openly inciting to commit crimes, praising the crime and criminal, propagandizing for a terrorist organization; and Hüseyin Aykol of "targeting persons who were on duty in fight against terrorism."
(BIA, 23 September 2020)

US journalist Andre Vltchek dies suspiciously in İstanbul

Andre Vltchek (57), a journalist and author from the US, was found dead in a car this morning (September 22) in Karaköy, İstanbul.

Vltchek and his wife, Rossie Indira Vltcheck, traveled to İstanbul from the Black Sea province of Samsun with a rented and chauffeured car, the state-run Anadolu Agency reported.

When they came in front of the hotel they would stay at around 5.30 a.m., his wife tried to wake Vltchek up but he didn't respond, according to the report. She then called medical teams to the scene and they confirmed that Vltchek died.

The police recorded the incident as a "suspicious death" and the journalist's body was taken to the Forensic Medicine Institution for autopsy.

The İstanbul Chief Public Prosecutor's Office opened an investigation into the incident.

Born in Leningrad, USSR, in 1962, Vltchek had later acquired US citizenship. As a journalist, author and filmmaker, he lived in several countries, including Chile, Peru, Mexico, Vietnam, Samoa and Indonesia.
(BIA, 22 September 2020)

CEDH: la Turquie condamnée pour la détention de l'écrivain Ragip Zarakolu

La Cour européenne des Droits de l'Homme (CEDH) a condamné mardi la Turquie pour la détention de l'écrivain Ragip Zarakolu entre octobre 2011 et avril 2012, estimant cette détention "arbitraire" et ayant porté atteinte à sa "liberté d'expression".

Ragip Zarakolu, militant des droits de l'Homme et fondateur de la maison d'édition "Belge", avait été arrêté le 28 octobre 2011 et placé en garde à vue dans le cadre d'une enquête visant des personnes soupçonnées d'appartenance à l'Union des communautés du Kurdistan (KCK), une organisation illégale en Turquie, proche du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK).

Il a ensuite été placé en détention provisoire pour "appartenance à une organisation terroriste". Après plusieurs recours, la justice turque a finalement ordonné sa remise en liberté, le 10 avril 2012, soit 165 jours après son arrestation. Mais la procédure pénale à son encontre est toujours pendante, et M. Zarakolu risque 10 ans d'emprisonnement.

La CEDH a jugé cette détention provisoire "arbitraire et irrégulière", pointant "l'absence de faits, d'information ou de preuves solides pour démontrer l'activité délictuelle" de Ragip Zarakolu.

Les juges ont également souligné la "restriction totale" d'accès au dossier imposée à M. Zarakolu, pendant les cinq premiers mois qui ont suivi son arrestation, ne lui laissant "pas de possibilité satisfaisante de réfuter" les motifs de sa détention.

Enfin, ils ont condamné "l'ingérence dans l'exercice du droit à la liberté d'expression", un droit garanti par l'article 10 de la Convention européenne des Droits de l'Homme.

La Turquie devra verser 6.500 euros pour dommage moral à M. Zarakolu, qui réside en Suède.
(AFP, 15 septembre 2020)

Des journalistes condamnés pour avoir "révélé des secrets d'Etat"

Un tribunal d'Istanbul a condamné mercredi à de la prison cinq journalistes jugés pour avoir "révélé des secrets d'Etat" mais ils ont été relâchés en bénéficiant de remises de peines pour certains ou dans l'attente de l'examen de leur appel pour les autres.

Les cinq journalistes du site OdaTV, ainsi qu'un sixième confrère qui a été acquitté, étaient jugés sous les chefs d'accusation de "révélation de secrets d'Etat" et "divulgation de l'identité d'un agent des services secrets".

L'affaire a commencé lorsque OdaTV a publié début mars un article sur les discrètes obsèques d'un agent des services de renseignement turcs (MIT) tué, selon le média, en Libye, où Ankara appuie militairement le gouvernement de Tripoli face aux forces dissidentes du maréchal Khalifa Haftar.

Dans son article, OdaTV identifiait l'agent présumé par son prénom et la première lettre de son nom de famille.

Trois journalistes, Hulya Kilinc, Baris Pehlivan et Murat Agirel ont été condamnés chacun à 3 ans et neuf mois en prison, selon l'agence étatique Anadolu.

Deux autres confrères, Ferhat Celik et Aydin Keser, ont écopé chacun de 4 ans et huit mois de prison.

Ils ont toutefois été tous remis en liberté après avoir bénéficié de remises de peines ou dans l'attente de l'examen de la procédure d'appel.

Baris Terkoglu, rédacteur en chef du site OdaTV, a quant à lui été acquitté.

Les six accusés, qui ont été incarcérés début mars avant que trois d'entre eux ne soient remis en liberté conditionnelle, étaient passibles de jusqu'à 20 ans de prison, selon Anadolu.

Ils ont clamé leur innocence tout au long du procès.

Plusieurs dizaines de personnes s'étaient rassemblées devant le tribunal mercredi matin avant l'audience pour soutenir les accusés en scandant des slogans défendant la liberté de la presse.

La Turquie est régulièrement accusée par les ONG de porter atteinte à la liberté de la presse en arrêtant des journalistes et en fermant des médias.

Le pays est classé à la 154e position sur 180 à l'index de la liberté de la presse publié par RSF.
(AFP, 9 septembre 2020)

Joint call by rights organizations: ‘Release Osman Kavala’

"Turkish authorities should immediately release human rights defender Osman Kavala, in compliance with the Council of Europe Committee of Ministers' decision of September 3, 2020," the International Commission of Jurists (ICJ), Human Rights Watch and the Turkey Human Rights Litigation Support Project said yesterday (September 7).

The decision followed a Committee of Ministers hearing to assess the execution of the judgment of the European Court of Human Rights (ECtHR) in the case of arrested rights defender and businessperson Kavala.

The Committee, acting in its supervisory capacity for Court judgments, ordered the authorities in Turkey "to ensure the applicant's immediate release," pointing to "a strong presumption that his current detention is a continuation of the violations found by the Court."

'ECtHR rulings are binding'

Against this backdrop, Roisin Pillay, the Director of the Europe and Central Asia Programme at the International Commission of Jurists, has said:

"After the finding by the European Court of Human Rights that Kavala's detention is unlawful, the Committee of Ministers has affirmed that Turkey is continuing to violate his rights by keeping him in detention."

"European Court rulings are binding, and Osman Kavala should be released immediately," she has indicated further.
'Turkey continues to violate Kavala's rights'

Emma Sinclair-Webb, Turkey director at Human Rights Watch, has also said, "The decision by the Council of Europe Committee of Ministers confirms our submission that political considerations are behind the court orders prolonging Osman Kavala's detention, and that there has been a concerted official effort to prevent Kavala's release."

"Instead of complying with the European Court's judgment, Turkey has continued to violate Kavala's human rights," she has added.
'It leads to a chilling environment for rights defenders'

Ayşe Bingöl Demir, the Co-director of the Turkey Human Rights Litigation Support Project, has also spoken about the issue:

"The campaign of persecution against Osman Kavala and the failure to release him and drop all charges have perpetuated a chilling environment for all human rights defenders in Turkey.

"Ending this blatantly unlawful detention, which has been ongoing for over 1,000 days, will not only play a role in preventing further violations to Kavala's rights, it will also give a strong signal to the human rights defenders community that the oversight mechanisms in place to ensure Turkey's compliance with its international human rights obligations can still be effective."
(BIA, 8 September 2020)

Meurtre de Khashoggi: un verdict final saoudien annule les cinq peines capitales

Un tribunal de Ryad a annulé lundi les peines capitales prononcées pour le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi, dans un verdict final aussitôt qualifié de "parodie de justice" et "farce" par une experte de l'ONU et la fiancée de cet ancien critique du pouvoir saoudien.

"Cinq prévenus ont été condamnés à 20 ans de prison et trois autres à des peines allant de 7 à 10 ans", a indiqué l'agence officielle saoudienne SPA, citant les services du procureur général.

"Le procureur saoudien a joué un nouvel acte dans cette parodie de justice", a réagi sur Twitter la rapporteure spéciale de l'ONU sur les exécutions sommaires, Agnès Callamard, selon qui "ces verdicts n'ont aucune légitimité juridique ou morale".

La fiancée turque de Jamal Khashoggi, Hatice Cengiz, les a elle qualifiés de "farce": "Les autorités saoudiennes ont clos ce dossier sans que le monde sache la vérité sur qui est responsable du meurtre de Jamal."

Reporters sans frontières (RSF) a également dénoncé ce verdict. "Ce procès sans public ni journalistes n'a pas permis de connaître la vérité et de comprendre ce qui s'est passé le 2 octobre 2018 au consulat d'Arabie saoudite à Istanbul (où Jamal Khashoggi a été assassiné, ndlr) et qui avait donné préalablement l'ordre de commettre ce crime d'Etat", a déclaré à l'AFP le secrétaire général de l'ONG, Christophe Deloire.

Depuis le début de la procédure judiciaire en Arabie saoudite, il n'y a eu "que des tentatives répétées de dissimulation", a déclaré à l'AFP Ines Osman, directrice de MENA, une ONG de défense des droits humains basée à Genève.

Le verdict intervient après que les fils de Jamal Khashoggi ont annoncé en mai "avoir pardonné" ses tueurs. Par le passé, son fils ainé Salah Khashoggi avait assuré avoir "pleinement confiance" dans le système judiciaire saoudien.

En avril 2019, le Washington Post avait affirmé que les quatre enfants du journaliste, y compris Salah, avaient reçu des maisons d'une valeur de plusieurs millions de dollars et étaient payés des milliers de dollars par mois par les autorités. La famille avait alors démenti.

- Versions -

Collaborateur du Washington Post et critique du régime saoudien après en avoir été proche, Khashoggi a été assassiné et son corps découpé en morceaux dans le consulat d'Arabie saoudite à Istanbul, où il s'était rendu pour récupérer un document.

Il avait alors 59 ans et ses restes n'ont jamais été retrouvés.

Ce meurtre a plongé l'Arabie saoudite dans l'une de ses pires crises diplomatiques et terni l'image du prince héritier Mohammed ben Salmane, dit "MBS", désigné par des responsables turcs et américains comme le commanditaire du meurtre.

Après avoir nié l'assassinat, puis avancé plusieurs versions, Ryad a affirmé qu'il avait été commis par des agents saoudiens qui auraient agi seuls et sans recevoir d'ordres de leurs dirigeants.

Le procureur saoudien a innocenté le prince héritier. Ce dernier a déclaré à la télévision américaine PBS qu'il acceptait la responsabilité du meurtre, parce qu'il s'est produit "sous son règne" tout en niant en avoir eu connaissance auparavant.

La CIA américaine aurait également conclu que le prince, qui contrôle tous les leviers du pouvoir, a probablement ordonné le meurtre.

La justice saoudienne s'était elle-même saisie de l'affaire et, en décembre dernier, à l'issue d'un procès opaque, cinq Saoudiens avaient été condamnés à mort et trois autres à des peines de prison, sur un total de 11 personnes inculpées. Les trois autres avaient été "blanchies".

- "Fin" -

Les personnes condamnées lundi n'ont pas été identifiées.

Les services du procureur général ont en revanche souligné que ce nouveau jugement mettait "fin" à l'affaire, marquant la volonté de Ryad de tourner définitivement la page.

La justice turque a pour sa part commencé début juillet à juger par contumace 20 Saoudiens, dont deux proches du prince héritier, l'ex-conseiller Saoud al-Qahtani et l'ancien numéro deux du renseignement, le général Ahmed al-Assiri, identifiés comme les commanditaires du meurtre.

Le premier a fait l'objet d'une enquête en Arabie saoudite mais n'a pas été inculpé "en raison de preuves insuffisantes" et le second, mis en accusation, a été acquitté pour les mêmes motifs, selon le parquet saoudien.

Les deux hommes ont été officiellement évincés du cercle politique de MBS.
(AFP, 7 septembre 2020)

Khashoggi: RSF dénonce le nouveau verdict saoudien

L'organisation Reporters sans frontières (RSF) a dénoncé lundi le verdict final prononcé en Arabie Saoudite contre huit prévenus pour le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi, estimant que ce procès n'aura pas permis de connaître la vérité sur ce crime.

"Le procès s'est tenu à huis clos et n'a donc pas respecté les principes élémentaires de la justice" a rappelé le secrétaire général de RSF Christophe Deloire, interrogé par l'AFP.

"Ce procès sans public ni journalistes n'a pas permis de connaître la vérité et de comprendre ce qui s'est passé le 2 octobre 2018 au consulat d'Arabie saoudite à Istanbul (où Jamal Khashoggi a été assassiné, NDLR) et qui avait donné préalablement l'ordre de commettre ce crime d'Etat", a-t-il ajouté.

Selon lui, le verdict de la justice soaudienne, qui a écarté toute préméditation contre les personnes inculpées, laisse croire que ce crime aurait été le fruit d'un "dérapage", "alors que nombre d'éléments prouvent le contraire".

Seul motif de satisfaction pour RSF, "l'abandon de la peine capitale qui avait été prononcée contre certains accusés". L'ONG avait en effet estimé que les condamnations à mort prononcées initialement pouvaient être "un moyen de faire taire à jamais des témoins de l'assassinat".

Un tribunal de Ryad a annulé lundi les peines capitales prononcées pour le meurtre du journaliste, dans un verdict final aussitôt qualifié de "parodie de justice" et "farce" par une experte de l'ONU et la fiancée de cet ancien critique du pouvoir saoudien.

"Cinq prévenus ont été condamnés à 20 ans de prison et trois autres à des peines allant de 7 à 10 ans", a indiqué l'agence officielle saoudienne SPA, citant les services du procureur général.
(AFP, 7 septembre 2020)

Meurtre Khashoggi: sa fiancée qualifie de "farce" le verdict en Arabie

La fiancée turque du journaliste saoudien assassiné Jamal Khashoggi a qualifié lundi de "farce" le verdict final rendu par la justice saoudienne, accusant Ryad de clore ce dossier sans que l'identité de réels commanditaires du meurtre ne soit connue.

"La communauté internationale n'acceptera pas cette farce", a tweeté la fiancée, Hatice Cengiz. "Les autorités saoudiennes ont clos ce dossier sans que le monde sache la vérité sur qui est responsable du meurtre de Jamal".

Un tribunal saoudien a annulé lundi, dans un verdict final, les cinq peines capitales prononcées pour le meurtre du journaliste critique du pouvoir Jamal Khashoggi, condamnant huit des 11 accusés à des peines allant de sept à 20 ans de prison.

Ce verdict intervient après que les fils de Jamal Khashoggi ont annoncé en mai "avoir pardonné" ses tueurs après que cinq d'entre eux ont été condamnés à mort à l'issue d'un procès opaque.

"Le verdict rendu aujourd'hui en Arabie saoudite est une totale moquerie de justice", a ajouté Mme Cengiz, se disant "plus déterminée que jamais à se battre pour que justice soit rendue à Jamal".

Collaborateur du Washington Post et critique du régime saoudien après en avoir été proche, Jamal Khashoggi a été assassiné et son corps découpé en morceaux en octobre 2018 dans le consulat d'Arabie saoudite à Istanbul, où il s'était rendu pour récupérer un document.

Il était alors âgé de 59 ans et ses restes n'ont jamais été retrouvés.

Ce meurtre a plongé l'Arabie saoudite dans l'une de ses pires crises diplomatiques et terni l'image du prince héritier Mohammed ben Salmane, dit "MBS", désigné par des responsables turcs et américains comme le commanditaire du meurtre.

Après avoir nié l'assassinat, puis avancé plusieurs versions, Ryad a affirmé qu'il avait été commis par des agents saoudiens qui auraient agi seuls et sans recevoir d'ordres de leurs dirigeants.

La justice turque a pour sa part commencé début juillet à juger par contumace 20 Saoudiens, dont deux proches du prince héritier, l'ex-conseiller Saoud al-Qahtani et l'ancien numéro deux du renseignement, le général Ahmed al-Assiri, identifiés comme les commanditaires du meurtre.

Le premier a fait l'objet d'une enquête en Arabie saoudite mais n'a pas été inculpé "en raison de preuves insuffisantes" et le second, mis en accusation, a été acquitté pour les mêmes motifs, selon le parquet saoudien.
(AFP, 7 septembre 2020)

Le Conseil de l'Europe réclame la "libération immédiate" d'Osman Kavala

Le Conseil de l'Europe a une nouvelle fois réclamé vendredi la "libération immédiate" d'Osman Kavala, mécène turc défenseur des droits de l'homme, après une décision définitive de la CEDH condamnant la Turquie pour cette détention visant à le "réduire au silence".

"Le Comité des Ministres du Conseil de l'Europe a exhorté la Turquie à garantir la libération immédiate de l'homme d'affaires", a annoncé l'institution dans un communiqué.

Soupçonné de "tentative de renversement du gouvernement" pour avoir soutenu des manifestations antigouvernementales en 2013, Mehmet Osman Kavala avait été arrêté le 18 octobre 2017 à Istanbul, et placé en détention.

En décembre 2019, la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) avait estimé que sa détention avait lieu "en l'absence d'éléments de preuve à charge suffisants" et poursuivait en fait un autre objectif, à savoir "le réduire au silence et intimider d'autres défenseurs des droits de l'homme". Elle avait requis sa libération immédiate.

La décision de la CEDH est devenue définitive le 11 mai dernier lorsque l'appel des autorités turques a été rejeté.

En février 2020, la justice turque avait finalement acquitté M. Kavala et ordonné sa libération. Mais avant même de pouvoir quitter la prison, il avait été placé en garde à vue dans le cadre d'une autre enquête, portant celle-là sur la tentative de coup d'Etat de juillet 2016. Il avait une nouvelle fois été placé en détention.

Une troisième série de chefs d'inculpation a ensuite été prononcée à son encontre le 9 mars.

Soulignant "l'urgence" de la situation, le Comité des Ministres du Conseil de l'Europe a d'ores et déjà annoncé son intention de "reprendre l'examen de cette affaire" lors d'une prochaine réunion, du 29 septembre au 1e octobre.

Jeudi, le président de la CEDH, Robert Spano, en visite à Ankara, avait rappelé au chef de l'Etat turc Recep Tayyip Erdogan "l'obligation des États d'exécuter les arrêts de la Cour".

En mai, le Conseil de l'Europe avait déjà réclamé la libération d'Osman Kavala, soulignant, outre les aspects légaux, que le détenu était exposé au Covid-19.

Homme d'affaires et philanthrope, Osman Kavala est devenu le symbole de la répression orchestrée contre la société civile en Turquie, en particulier depuis une tentative de putsch en 2016 suivie de purges massives. Jamais libéré depuis son arrestation en octobre 2017, il a passé plus de 1050 jours en détention.
(AFP, 4 septembre 2020)

Décès de l'acteur turco-allemand Birol Ünel, interprète fétiche de Fatih Akin

L'acteur turco-allemand Birol Ünel, premier rôle dans les films "Soul Kitchen" et "Head-On" de Fatih Akin, est décédé à Berlin à l'âge de 59 ans, a indiqué vendredi à l'AFP le théâtre berlinois Maxim Gorki.

"Malheureusement, je peux confirmer la mort de Birol Ünel. Il est mort hier (jeudi) à Berlin des suites d'une grave maladie", a déclaré à l'AFP une porte-parole du théâtre.

Birol Ünel était né en Turquie en 1961, avant d'émigrer en Allemagne avec ses parents.

Il avait fait le conservatoire de Hanovre, puis multiplié les rôles dans des pièces de théâtre et à la télévision, notamment dans la célèbre série policière Tatort.

Mais ce sont ses rôles dans des films du réalisateur allemand Fatih Akin qui ont assis sa renommée.

"Repose en paix, mon ami. Tu avais une lumière en toi qui m'a toujours ébloui", a réagi Fatih Akin sur Instagram après l'annonce du décès.

Dans "Head-On", en 2004, Ünel incarne un marginal alcoolique qui accepte d'épouser une jeune Allemande d'origine turque qui veut à tout prix échapper à sa famille traditionnelle très religieuse.

Il reçoit plusieurs prix d'interprétation en Europe après ce rôle tandis que le film est curonné de l'Ours d'or à la Berlinale.

Akin et Ünel retravaillent ensemble en 2010 pour "Soul Kitchen", une ode au métissage qui reçoit le Grand prix du jury au festival de Venise. Ünel y incarne le cuistot irascible d'un restaurant de Hambourg.
(AFP, 4 septembre 2020)

"The blackout of TELE 1 reveals the state of freedom of expression in Turkey"

Fined over criticisms about Ottoman Sultan Abdülhamid II by the Radio and Television Supreme Council (RTÜK), broadcaster TELE 1 has been blacked out for five days starting from September 3.

The Press Council of Turkey has slammed this decision in a written statement. Underlining that the blackout is a violation of freedom of communication, the Press Council has noted, "The blacked out screen is a picture of shame showing the latest state of people's right to information and freedom of expression and press in the country."

The Press Council has made the following statement:

"With its unprecedented decision, the Radio and Television Supreme Council (RTÜK) has blacked out TELE 1 Television for five days.

"Relying on the majority of votes of representatives from the ruling party, watching for opportunities to silence non-pro-government television channels, the RTÜK Supreme Board decided to suspend the broadcasts of TELE 1 and Halk TV channels for five days and the Administrative Court gave a ruling of stay of execution upon the application of the Press Council and the application of these channels.

"As the stay of execution was annulled upon its objection, the RTÜK swiftly blacked out TELE 1 screens for five days at midnight. The blacked out screen is a picture of shame showing the latest state of people's right to information and freedom of expression and press in the country.

"The annulment of the stay of execution upon an objection is also a new blow dealt by the judiciary to freedom of communication.

"TELE 1 channel has not been able to express none of its claims verbally and before the court so far. This situation itself proves that the channel has been closed without the procedural guarantees of freedom of expression and with a violation of freedom of communication.

"Apart from this, though no such authority is granted as per the Law no. 6112, it was said that a 'notification' was made on the phone and Twitter and the blackout was notified by the same means. It also shows that the administration acts arbitrarily and all guarantees of the principle of rule of law preventing arbitrariness are eliminated when dissidents are concerned.

"We, as the Press Council, believe that everyone who believes in people's right to get information and freedom of expression, must stand up against this treatment of TELE 1 Television and say 'Stop' to this."

What happened?

The Radio and Television Supreme Council (RTÜK) imposed a five-day broadcast suspension ban on TELE1 channel starting from September 3.

The Council announced that it would enforce the penalty after a court verdict of stay of execution was overturned by the higher court.

The penalty was imposed because of TELE1 editor-in-chief Merdan Yanardağ's remarks on Ottoman Empire's Sultan Abdülhamid II, TELE 1 said. RTÜK Chair Ebubekir Şahin previously stated that the broadcaster was under investigation over Yanardağ's remarks on Abdülhamid II.

Yanardağ had described the sultan as "a despot who was a despicable dictator serving imperialism, drowned Mithat Pasha in Taif, oppressed all intellectuals who advocated the Ottoman-Turkish enlightenment and modernization, such as Namık Kemal, Tevfik Fikret..."

This was the first time that the RTÜK imposed a blackout penalty against a national broadcaster as part of the current legislation.
(BIA, 4 September 2020)

Turkey to try 2 journalists for alleged membership in terrorist groups

Turkish authorities should drop all charges against journalists Rawin Sterk and Selman Keleş, release Sterk from prison, and cease filing bogus terrorism charges against the press, the Committee to Protect Journalists said today.

On September 2, the 34th Istanbul Court of Serious Crimes, in Çağlayan, is scheduled to begin proceedings against Sterk, a reporter at the Iraqi-Kurdish news outlet Rudaw, who has been charged with membership in a terrorist organization and held in prison since February, according to news reports.

On September 3, the trial is scheduled to resume for Keleş, a former photographer with the now-shuttered Dicle News Agency, who has faced charges of terrorist organization membership since his arrest in 2017, and has been free during his trial, reports said.

Both journalists are accused of being members of the Kurdistan Workers’ Party, or PKK, a militant group and political party that Turkey classifies as a terrorist group, according to those reports.

If convicted, the journalists could each face up to 10 years in prison, according to Turkish law.

“Journalists Rawin Sterk and Selman Keleş should never have faced trumped-up terrorism charges for their work, let alone have these charges hanging over them for months–and in Keleş’ case, years–thanks to Turkey’s slow and unjust legal system,” said Gulnoza Said, CPJ’s Europe and Central Asia program coordinator, in New York. “Authorities must immediately release Sterk, who remains at high risk in prison amid the COVID-19 pandemic, and drop the charges against both journalists.”

The gendarme in Turkey’s western Edirne province detained Sterk and at least four other journalists on February 29, 2020, while they were covering refugees moving through the country from Syria, as CPJ documented at the time.

While the other journalists were released, an Ankara court formally arrested Sterk on March 6 and charged him with making terrorist propaganda, as CPJ documented. In a June 24 indictment, which CPJ reviewed, the prosecution changed those charges to membership in a terrorist group, and alleged that Sterk was a member of the PKK and the Group of Communities in Kurdistan, or KCK, an umbrella organization of pro-Kurdish groups that includes the PKK.

The prosecution has presented pictures and videos from Sterk’s digital devices, his employment at news outlets that allegedly supported those groups, and his social media posts as evidence, according to the indictment. Sterk is being held at the Sincan Prison in Ankara, according to reports. His lawyer, Özcan Kılıç, denied all the charges against him, according to the indictment.

On March 20, 2017, authorities detained Keleş after he photographed a municipal building in the eastern province of Van, and held him for eight months, as CPJ documented. He was freed on bail on November 21, 2017, according to reports. He also denied the charges against him, reports said.

CPJ emailed the Justice Ministry of Turkey for comment but did not receive any reply.
(CPJ, August 31, 2020)

Kurdish Question / Question kurde

Nouvelles arrestations massives des dirigeants du HDP

Les autorités turques ont émis vendredi des mandats d'arrêt contre 82 personnes actives dans les milieux soutenant la cause kurde, dont un maire, accusées d'être impliquées dans des manifestations datant d'il y a six ans, et se préparent à lever l'immunité parlementaire de sept élus.

Les mandats d'arrêt ont été émis par le parquet d'Ankara dans le cadre d'une enquête sur les violentes manifestations qui avaient éclaté en octobre 2014 pour protester contre le siège de Kobané, une ville syrienne en majorité peuplée de Kurdes, par les jihadistes du groupe Etat islamique (EI). Les mandats visent 82 personnes dans la capitale turque et six autres villes, selon l'agence de presse étatique Anadolu.

Parmi les personnes recherchées, 20 ont été placées en garde à vue, a annoncé le parquet d'Ankara. Les autres suspects, à l'exception d'un d'entre eux recherché en Turquie, seraient à l'étranger ou auraient rejoint les miliciens séparatistes du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan), considéré comme "terroriste" par Ankara et ses alliés occidentaux. Le maire de Kars (est), Ayhan Bilgen, ainsi que plusieurs ex-députés et dirigeants du HDP (Parti démocratique des peuples, prokurde) font partie des personnes arrêtées. M. Bilgen avait été élu maire de cette ville en 2019 sous l'étiquette HDP, le deuxième plus grand parti d'opposition représenté au parlement.

Le parquet a aussi annoncé son intention de demander la levée de l'immunité parlementaire de sept élus du HDP, qui faisait partie du comité exécutif central du parti au moment des émeutes d'octobre 2014. "Cette opération ne doit pas être considérée comme visant uniquement le HDP, mais aussi la politique démocratique et la détermination de lutter contre le fascisme", a réagi le coprésident de ce parti Mithat Sancar, au cours d'une conférence de presse à Ankara.

"Neutraliser le HDP"

Le HDP fait l'objet d'une répression implacable depuis plusieurs années. Selahattin Demirtas, sa figure de proue et un ancien rival du président turc Recep Tayyip Erdogan à l'élection présidentielle, est en prison depuis 2016.

Après des élections municipales en 2019, les autorités turques ont fait arrêter ou ont évincé plusieurs dizaines de maires élus sous les couleurs du HDP dans le sud-est de la Turquie. Selon ce parti, le gouvernement a remplacé ses maires dans 47 des 65 villes qu'il avait remportées.

Le gouvernement affirme que le HDP est lié au PKK. Le HDP rejette ces accusations et se dit persécuté en raison de son opposition farouche à M. Erdogan.

De violentes émeutes pour dénoncer le siège de Kobané par l'EI avaient fait plus de 30 morts en 2014 dans le sud-est de Turquie. Les autorités turques accusent les dirigeants du HDP d'avoir organisé ces émeutes. Le HDP nie et accuse les forces de l'ordre d'avoir provoqué ces violences.

"Le HDP n'a pas déclenché ces protestations", a déclaré Mithat Sancar. "Au contraire, c'est le gouvernement qui en est responsable en ayant annoncé les attaques de l'EI contre Kobané comme une bonne nouvelle et en ayant préparé le terrain pour la violence".

Les manifestants avaient reproché à la Turquie de ne pas avoir fourni une aide militaire à Kobané prise en étau.
Les forces kurdes, soutenues par les frappes de la coalition conduite par les Etats-Unis, ont chassé l'EI de Kobané en janvier 2015, après plus de quatre mois d'intenses combats.

"Le gouvernement est déterminé à neutraliser et, si possible, achever le HDP", a estimé M. Sancar. "Mais c'est un effort vain. Aucun pouvoir ne peut détruire le HDP tant que le peuple nous soutient".

Quelque 200 personnes ont participé en début de soirée à une manifestation de soutien au HDP à Istanbul, selon des journalistes de l'AFP sur place. Déployée en force, la police n'est pas intervenue.
(AFP, 25 sept 2020)

HDP: The onslaught on the HDP continues unabashedly!

Feleknas Uca and Hişyar Özsoy, HDP Foreign Affairs Spokespersons issued a statement on today's political operation targeting the party.

Feleknas Uca and Hişyar Özsoy said: "The ultranationalist and decisively anti-Kurdish AKP-MHP alliance continues with its onslaught on the HDP under the conditions of a global pandemic. Today we woke up to the news that the chief prosecutor in Ankara issued arrest warrants for 82 more people. So far many of those in the 82-people-list have been detained on the grounds of their “role” in the Kobane protests in Turkey on 6-8 October 2014. Former deputy and Kars co-mayor Mr Ayhan Bilgen, former deputies Mr Ayla Akat Ata, Mr Sırrı Süreyya Önder, Mr Nazmi Gur, Mr Emine Ayna, Ms Beyza Ustun, Mr Altan Tan, former party spokesperson Mr Günay Kubilay, and HDP Central Executive Board member Mr Alp Altınörs are among the detainees. These people were then members of HDP’s Central Executive Board. Former co-chairs Mr Selahattin Demirtaş and Ms Figen Yüksekdağ, too, have been under arrest for the case on the Kobane protests."

The two HDP executives continued: "The office of the prosecutor refers to the Kobane protests as the reason for this new wave of arrests. These protests took place on 6-8 October 2014 against the siege of the town of Kobane in northern Syria by ISIS and the inaction of the Turkish government in the face of an imminent ISIS massacre. During the protests, at least 43 people were killed. The overwhelming majority of these people were members or sympathizers of the HDP and murdered with Turkish police’s firearms. President Erdoğan has been accusing our arrested co-chairs and the HDP of inciting violence.

This charge is a blatant lie and has absolutely nothing to do with what really happened in reality. In fact, HDP deputies have so far tabled more than ten parliamentary proposals to establish an all-party parliamentary commission to investigate the protests, reveal the truth, and help to clarify the provocateurs and instigators of violence. But all of our proposals were refused by the AKP-MHP alliance. To the best of our knowledge, so far no single police officer has been prosecuted for these murders. Adding insult to injury, the government is putting all the blame and responsibility of these murders on the HDP by means of a judiciary that is under its total control. (The chief prosecutor making these arrests has recently married, and, together with the bride, visited President Erdoğan in his Palace. President Erdoğan did welcome them with gifts.)"

The HDP executives added: "As our co-chair Mr Mithat Sancar stated today, this operation is a political one that is implemented “under the guise of a judicial decision.” It is clear that the government has been preparing for such a massive wave of arrests, but we think that the government pulled the trigger at yesterday’s National Security Council meeting and at the chief prosecutor’s wedding visit to the Palace.

President Erdoğan and the Turkish government were clearly not happy with the defeat of the ISIS by Kurdish fighters in Kobane in 2014. Since then, the government has been very aggressive towards the HDP and we think these new arrests are just a part of Erdoğan’s politics of revenge for the defeat of ISIS in Kobane. Otherwise, how can one explain the fact that the government is chasing those who did show solidarity with the Kobane resistance even six years after the fact? Another interesting point is that some of the people arrested today had already been arrested, prosecuted and acquitted in the past for the exact same charges, such as the co-mayor of Mr Ayhan Bilgen."

Since 2015, about 16,000 HDP members and administrators have been detained and over 5000 of them were later arrested and sent to prisons. "Our former co-chairs, members of parliament, dozens of elected mayors, and countless members and administrators still remain behind bars. - said the two HDP executives adding: "The government is putting so much pressure on the HDP because it sees and fears the fact that in the first elections the HDP will play a crucial political role for the democratic future of Turkey (which simultaneously means the demise of the AKP-MHP alliance). Of course, we do not kneel down before such unlawful attacks. We invite everybody to join our ongoing struggle for freedom, justice, and dignity. The victory of HDP and the broader democratic opposition against President Erdoğan and his allies in Turkey will have dramatic consequences for the peoples of the Middle East and Europe." 
(ANF, 25 Sep 2020)

La Turquie réclame une notice rouge contre un ex-député kurde

La Turquie a réclamé jeudi l'émission d'une notice rouge d'Interpol contre un ex-député d'origine kurde, ont rapporté les médias.

Le procureur de la République de Diyarbakir, dans le sud-est de la Turquie, a envoyé au ministère turc de la Justice une demande pour établir une notice rouge, un avis de recherche international, visant Osman Baydemir, ancien député du parti HDP (Parti de la démocratie des peuples, pro-kurde).

L'ancien député est recherché pour "appartenance à une organisation terroriste".

Déchu de son mandat en avril 2018 après avoir été condamné "pour insulte à la police", Osman Baydemir avait quitté la Turquie à la suite de l'ouverture d'une enquête judiciaire à son encontre pour "terrorisme".
 Une demande d'extradition visant M. Baydemir devrait aussi être transmise à la Grande-Bretagne, où il se trouverait selon les autorités turques.

Une peine de prison allant jusqu'à 15 ans est requise contre M. Baydemir qui avait aussi été maire de Diyarbakir avant d'être élu à l'Assemblée.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan accuse régulièrement le HDP d'être une "vitrine politique" du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), classé organisation terroriste par Ankara et ses alliés Occidentaux.

Le HDP, dont plusieurs responsables ont été arrêtés depuis trois ans, rejette ces accusations et se dit victime de répression en raison de sa farouche opposition au président turc.

Selahattin Demirtas, ancien dirigeant emblématique du HDP est détenu depuis novembre 2016 pour des accusations en lien avec le "terrorisme".

Plusieurs maires pro-kurdes dans le sud-est de la Turquie ont été déchus de leur mandat et arrêtés ces derniers mois pour leurs liens présumés avec le PKK.
(AFP, 17 septembre 2020)

Un militant kurde en "danger" après une procédure d'expulsion

Un militant associatif kurde, résidant près de Bordeaux depuis 2006, faisait l'objet mercredi d'une procédure d'expulsion vers la Turquie qui "met sa vie en danger", a accusé son avocat bordelais.

Mehmet Yalcin, 40 ans, a été arrêté mardi à son domicile dans la banlieue de Bordeaux et transféré dans le centre de rétention de Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne) d'où il devait être expulsé vers la Turquie, selon Me Gabriel Lassort.

L'homme, marié et aujourd'hui père de trois enfants, a fui la Turquie en 2006.

Accusé d'avoir soutenu financièrement le PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan), mouvement indépendantiste armé kurde - ce qu'il contestait - il avait été définitivement condamné en janvier 2019 à deux ans de prison dont un avec sursis par la cour d'appel de Paris.

Le militant associatif avait effectué sa peine sous bracelet électronique mais avait été placé en juillet 2020 en rétention administrative à Bordeaux.

M. Yalcin avait alors déposé une nouvelle demande d'asile et "était considéré comme un demandeur d'asile", selon son avocat, accusant la préfecture de Gironde de ne pas avoir "laissé le temps pour que la demande soit
examinée". Me Lassort a annoncé qu'il allait contester devant la justice la régularité de la procédure.

"Macron vient de livrer Mehmet Yalcin, un opposant kurde, à la police d'Erdogan. En dépit de nos alertes et protestations. Honte au double langage assassin", a réagi le chef de file des Insoumis Jean-Luc Melenchon.

Une manifestation de protestation devait avoir lieu en fin d'après-midi devant le centre de rétention de la banlieue parisienne.
(AFP, 16 septembre 2020)


Une députée du parti prokurde HDP condamnée à 10 ans de prison

Une députée du principal parti prokurde de Turquie a été condamnée vendredi à dix ans de prison pour des accusations en lien avec le "terrorisme".

Selon les attendus du verdict rendus public, la députée Remziye Tosun, a été reconnue coupable d'appartenance à "un groupe terroriste armé", ce qui désigne dans la terminologie officielle turque le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), fer de la lance de la guérilla kurde depuis 1984.

L'élue restera en liberté dans l'attente de l'examen de l'appel qu'elle a interjeté.

Mme Tosun est députée du Parti démocratique des peuples (HDP) pour Diyarbakir, plus grande ville à majorité kurde dans le sud-est de la Turquie.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan accuse régulièrement le HDP d'être une "vitrine politique" du PKK, classé organisation terroriste par Ankara et ses alliés Occidentaux.

Le HDP, dont plusieurs responsables ont été arrêtés depuis trois ans, rejette ces accusations et se dit victime de répression en raison de sa farouche opposition au président turc.

Selahattin Demirtas, ancien dirigeant emblématique du HDP est détenu depuis novembre 2016 pour des accusations en lien avec le "terrorisme".

Plusieurs maires pro-kurdes dans le sud-est de la Turquie ont été déchus de leur mandat et arrêtés ces derniers mois pour leurs liens présumés avec le PKK.
(AFP, 11 septembre 2020)

"Call for Peace Declaration" by HDP

"Turkey urgently needs a 'Great Peace Movement.' For this reason, we invite all intellectuals, academics and artists who are willing to take action to make a stronger effort than ever, reach out to all sides and nurture a free discussion."

Ahead of September 1 World Peace Day tomorrow, the Peoples' Democratic Party (HDP) has released its "Call for Peace Declaration."

Shared with the public by HDP Co-Chairs and MPs in a press conference at the Parliament, the declaration has called on the government, opposition parties and all segments of the society to "end war and conflict and contribute to the creation of a climate of peace."

'There is nothing to gain from these policies'

The declaration read out by HDP Co-Chairs Pervin Buldan and Mithat Sancar briefly indicates the following:

"1. We call on the AKP-MHP government and the mentality of the state to abandon their 'insistence on war' and 'policies of deadlock.' The policies failing to foresee a comprehensive political solution based on social peace and democratic consensus have not contributed to the resolution of the problem; on the contrary, they have aggravated the conflict even further. We would like to once again reiterate that no one can win with these methods. Rather than trying to solve our problems with violence, our main principle must be to solve them by talking, negotiating and engaging in a dialogue. Even though it is ignored today, the process of Dolmabahçe Agreement, which was ripened thanks to mutual efforts, is still valuable in terms of its spirit and philosophy for solving the Kurdish issue.

2. The political and social opposition has vital responsibilities for solving this problem. Because the Kurdish issue is too vital to be left only to the mercy of the government and the state. We value the recent statements of opposition parties both from inside and outside the parliament. It is undoubtedly important to say a word and express a will about the resolution of the Kurdish issue. Everyone who wants to play a part in a democratic resolution must first assume an attitude suitable for the seriousness of the issue and offer concrete recommendations. Opposition parties must see the Kurdish people's demands for rights and freedoms not as a longing for separation, but as part of an aim to democratize Turkey and to build a shared and equal life. In that sense, opposition parties need to take more advanced steps than the government itself. We expect the opposition parties to openly offer their suggestions as to how this issue can be solved and with what methods peace will be built and share these suggestions with the public.

3. This problem cannot be seen solely as the problem of Kurds or the HDP. HDP is on the side of rights and freedoms in solving the Kurdish issue. While it is waging a struggle to ensure that the Kurdish people are granted their rights and freedoms, it is also ready to assume a constructive role that will take notice of the problems and concerns of all social segments in Turkey. Our role as the HDP is dialogue and negotiation. We are ready to work with everyone who wants a democratic solution and peace. Even the modest steps to be taken in the direction of peace will free Turkey from this bottleneck, thereby paving the way for a democratic country.

4. In addressing the Kurdish issue, it is obvious that, apart from arms and conflict methods, the options of dialogue and negotiation historically impose themselves and they are current. For this reason, we remind the related parties of their responsibility to act with selflessness and sacrifice and to take steps by considering the good and future of all peoples of Turkey. Similar experiences from the world have shown that there is a peace for every conflict and war and no parties can avoid this reality. The soil of this country is way too much filled with blood, tears and sorrows. Without losing any more people, time, energy and sources, a 'ground for dialogue and negotiation' must be laid, conflict and war must be ended now."
(BIA, August  31, 2020)

“Vingt-cinq années aux côtés du peuple kurde” est paru

Depuis 25 ans, les Amitiés kurdes de Bretagne soutiennent les Kurdes “ici et là-bas” dans leur lutte pour la reconnaissance de leurs droits. Autant d’occasions de rencontrer des personnalités attachantes et courageuses jusqu’à la prison, jusqu’à la mort. Avec, au fond du cœur, la fureur de vivre.

Vingt-cinq années aux côtés du peuple kurde
Histoire des Amitiés kurdes de Bretagne (1994-2019)

est l’histoire de cette fraternité partagée, une aventure humaine et politique qui se poursuivra jusqu’à ce que l’on ne puisse plus dire que “l’on revient d’un pays qui n’existe pas.”

Un livre de photos, de portraits, de rencontres, de coups de cœur, des documents inédits, des analyses politiques, des témoignages poignants.

Préfaces de Nils Andersson et Mgr Jacques Gaillot
Format A5 – 200 pages – 170 photos

Prix unitaire : 15 Euros – Participation aux frais d’envoi à prix libre (offerts à partir de 10 exemplaires)

Merci de bien vouloir calculer et insérer ci-dessous le montant total de votre commande :
(nbre d’exemplaires x 15 Euros) + participation libre aux frais d’envoi
(AKB, 23 août 2020) 

Minorités / Minorities

La riposte catégorique russe à Erdogan qui a menacé l'Arménie

Le Kremlin a appelé mardi la Turquie à s'abstenir à "mettre de l'huile sur le feu" et œuvrer pour la paix au Nagorny Karabakh, où des combats entre séparatistes arméniens et l'Azerbaïdjan ont fait près de 100 morts depuis dimanche.

Il s'agit d'un refus de la menace d'Erdogan qui a appelé l'Arménie, qui soutient l'enclave politiquement, économiquement et militairement, à mettre fin à "l'occupation du Nagorny Karabakh" et a promis qu'Ankara resterait "aux côtés" de Bakou "par tous les moyens". Il avait dit: "La Turquie continuera à se tenir aux côtés du pays frère et ami qu'est l'Azerbaïdjan de tout notre cœur et par tous les moyens".

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré à la presse: "Nous appelons tous les pays, surtout nos pays partenaires comme la Turquie, à faire tout leur possible pour (parvenir à) un cessez-le-feu et un règlement pacifique de ce conflit".

"Toutes sortes de déclarations sur un soutien ou une activité militaire quelconques ne font sans doute que mettre de l'huile sur le feu", a estimé M. Peskov.

La Russie est "catégoriquement contre cela", a-t-il souligné, en réitérant un appel de Moscou à "mettre fin aux combats le plus vite possible".

Dès le début des affrontements dimanche, dans cette enclave peuplée majoritairement d'Arméniens, la Turquie, alliée de Bakou, a affiché son soutien à l'Azerbaïdjan, qui cherche à reprendre le contrôle du Nagorny Karabakh. (AFP, 29 septembre 2020)


Appel par l'Association des Arméniens démocrates de Belgique


Nous venons d’apprendre que l’armée de l’Azerbaïdjan a lancé une offensive de large envergure contre l’Arménie et Artsakh (Karabagh) le matin du 27 septembre 2020.

Il y a avait des signes avant-coureurs depuis les attaques de juillet 2020 à la frontière arménienne de Tavush, des gesticulations belliqueuses d’Aliev et surtout de la Turquie dans la bouche même de son président Erdogan, les manouvres militaires conjointes de Turquie avec l’Azerbaïdjan et l’annonce quasi officielle d’envoie des forces djihadistes de Syrie à la solde de la Turquie en Azerbaïdjan.

C’est une guerre par procuration que la Turquie vient de lancer sur l’Arménie par l’entremise du clan du dictateur Aliev et les 4000 mercenaires djihadistes d’Erdogan. Les avions F16 turc, les drones turcs ainsi que des soldats et officiers turc prenant part à l’attaque.

Ni les Aliev ni l’état Turc n’ont digéré la défaite au Karabagh de 1994. En effet les habitants du Haut-Karabagh avaient demandé leur indépendance et un referendum organisé avait été remporté largement, sellant le processus d’indépendance conformément à la constitution Soviétique d’alors. Malgré tout l’Azerbaïdjan n’acceptant pas cette volonté populaire a essayé d’anéantir le Karabagh avec ses forces d’auto-défense mais avait subi une défaite majeure en 1994 et contraint d’accepter un cessez-le- feu. Depuis, l’Azerbaïdjan n’a jamais cessé de tenir un langage belliqueux et des escarmouches quotidiennes le long de la frontière n’ont jamais cessé. Azerbaïdjan a tenté de nombreuses fois de prendre le dessus quand il s’est estimé être suffisamment fort pour vaincre les forces arméniennes, comme dans la guerre des 4 jours en avril 2016 et plus récemment en juillet 2020.

L’Azerbaïdjan a une population trois fois plus nombreuse qu’Arménie et une PIB quatre fois plus. Depuis 25 ans, l'Azerbaïdjan utilise ses pétrodollars pour une course effrénée d’armement au prix d’affamer sa population avec une rhétorique raciste anti-arménienne et antipopulaires autochtones de la région (les lezgis, les talishs…).

Depuis quelques années la Turquie d’Erdogan fait tout pour s’affirmer encore plus en Azerbaïdjan et arriver à concrétiser le rêve de ses prédécesseurs panturquistes en anéantissant l’Arménie et ouvrant la voie vers les contrés turcophiles d’Asie centrale. Il pense que le moment est venu.

Pour le reste la Turquie attaque la Syrie, l’Irak, Libye et recourt aux provocations en méditerranée, sans compter la terreur et l’oppression faites aux Kurdes et sa propre population.

Devant ce danger important, nous devons tout faire pour arrêter ces génocidaires et négationnistes et empêcher que la situation ne nous conduise à une situation sans retour.

Les peuples d’Azerbaïdjan ne doivent pas se tromper d’ennemie, car le peuple de Haut-Karabagh n’aspire qu’à la liberté, liberté de pratiquer sa langue, sa culture et être son propre maitre pour son avenir sur ses terres ancestrale de plusieurs millénaires. Sans oublier que le clan d’Aliev dilapide les richesses du pays depuis plus de 25 ans en exacerbant la haine d’arménien ainsi éloigne le regard du peuple de la réalité de son pouvoir dictatorial.

Les peuples de Turquie ne peuvent plus rester sourd et muet devant toutes les injustices dont ils sont victimes de la part du pouvoir islamo-fasciste, qui fait la guerre à tous ses voisins, qui opprime le peuple Kurde et les minorités, réprime l’opposition démocratique.

Tandis que les peuples d’Europe ne peuvent pas continuer de ne pas voir le danger imminent de ce pouvoir islamo-fasciste dirigé par Erdogan et qui par son arrogance sans limite, présente un véritable danger pour l’Europe. Il ne s’agit pas des conflits sans répercussions pour l’Europe mais au contraire l’issue négative pour l’Arménie sera délétère pour toute l’Europe et la Russie en passant par la Chine.

L’ensemble des arméniens se trouvent aujourd’hui derrière l’Arménie pour repousser cette attaque et appelons tout le monde de se joindre à nous pour défendre l’Arménie en sachant qu’en le faisant on défend l’humanité contre le racisme, le fascisme et expansionnisme de l’état islamo fasciste Turc.

Nous appelons les autorités politiques de notre pays pour venir en aide à l’Arménie dans ces moments difficiles.

28 septembre 2020

ASSOCIATION DES ARMENIENS DEMOCRATES DE BELGIQUE

Sept points clés pour comprendre le conflit entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan

Un tank de l'armée de défense du Nagorny Karabagh près de la capitale de la région séparatiste Stepanakert, le 6 avril 2016 (image d'illustration). AddThis Sharing Buttons Share to Facebook Share to TwitterShare to TelegramShare to WhatsAppShare to Plus d'options...Share to ImprimerShare to Email

De violents combats ont éclaté le 27 septembre dans la région du Haut-Karabagh, un territoire que l'Arménie et l'Azerbaïdjan se disputent depuis 30 ans. Retour sur les origines et les enjeux du conflit.

L’Arménie et l'Azerbaïdjan étaient au bord de la guerre ce 27 septembre, des combats meurtriers ayant éclaté entre les forces azerbaïdjanaises et la région du Haut-Karabagh, une république autoproclamée soutenue par Erevan. Les belligérants ont fait état de victimes militaires et civiles. Selon la partie arménienne, une femme et un enfant ont été tués. Les deux pays se livrent des combats par intermittence depuis maintenant plus de 30 ans. Quelques éléments pour comprendre ce conflit complexe et méconnu.

Que s’est-il passé le 27 septembre ?

L'Azerbaïdjan a lancé le 27 septembre une offensive contre les forces arméniennes de la région du Haut-Karabagh, ont annoncé ces dernières, qui affirment avoir infligé des «pertes» à l'armée azerbaïdjanaise.

Un porte-parole du ministère azerbaïdjanais de la Défense a indiqué à l'AFP que Bakou avait conquis une demi-douzaine de villages sous contrôle arménien lors de ces affrontements. Le président azerbaïdjanais, Ilham Aliev, a convoqué une réunion de son conseil de sécurité au cours de laquelle il a dénoncé une «agression» de l’Arménie.

«C'était une provocation prévue à l'avance», a-t-il dénoncé, cité par l'agence de presse russe Interfax, promettant plus tôt dans la journée de «vaincre» Erevan.

L'Arménie a démenti les accusations d'agression, toujours selon Interfax. Après l'annonce des premiers combats, le Premier ministre arménien, Nikol Pachinian, a décrété «la mobilisation générale» et l'instauration de la «loi martiale», tout comme les autorités du Karabagh. «Nous allons vaincre. Longue vie à la glorieuse armée arménienne !», a écrit le Premier ministre sur Facebook.

Deux hélicoptères azerbaïdjanais ont été abattus, a par ailleurs indiqué le ministère arménien de la Défense, qui soutient les autorités de la république du Haut-Karabagh.

«Tôt ce matin, la partie azerbaïdjanaise a lancé des bombardements tout au long de la ligne de contact. Ils bombardent aussi Stepanakert (la capitale), nous appelons la population à se mettre à l'abri», a indiqué le porte-parole de la présidence de la république autoproclamée.

Le conflit a été réveillé plus tôt cette année, le 12 juillet 2020 : des combats avaient éclaté à la frontière nord entre les deux pays, loin du Haut-Karabagh, peu après la menace du président azerbaïdjanais de quitter les pourparlers de paix, jugeant que Bakou avait le droit de chercher «une solution militaire au conflit».

Selon les bilans officiels, 19 personnes ont été tuées en juillet, 12 militaires et un civil azerbaïdjanais, ainsi que six soldats arméniens.

Les affrontements ont baissé en intensité à partir du 17 juillet, mais des heurts ont été signalés quotidiennement.

Plus de 30 000 morts et des millions de déplacés depuis 1990

Le Haut-Karabagh a été au début des années 1990 le théâtre d'une guerre qui a fait 30 000 morts et des millions de déplacés. Depuis lors, Bakou cherche à en reprendre le contrôle. Des pourparlers de paix sont dans l'impasse depuis de longues années. Les deux camps ont l'habitude de se rejeter la responsabilité de ces flambées de violence.

En décembre 2015, le président arménien de l'époque Serge Sarkissian et son homologue azerbaïdjanais Ilham Aliev se rencontrent sans parvenir à un compromis. Les médiateurs de l'OSCE dénoncent alors une situation «insoutenable» sur le terrain.

Début avril 2016, d'intenses combats opposent forces azerbaïdjanaises et arméniennes, laissant craindre une guerre ouverte. Ces affrontements se soldent par la mort d'au moins 110 personnes, civils et militaires, des deux côtés.

Un cessez-le-feu négocié par la Russie met fin aux combats, mais les tirs et les affrontements meurtriers sur la ligne de front restent fréquents.

Un territoire convoité

Territoire de l'Empire russe disputé par l'Arménie et l'Azerbaïdjan lors de la guerre civile ayant suivi la révolution bolchévique de 1917, le Haut-Karabagh, peuplé majoritairement d'Arméniens, est rattaché en 1921 par Staline à la République socialiste soviétique d'Azerbaïdjan avec, à partir de 1923, un statut d'autonomie.

En février 1988, des violences interethniques éclatent alors que l'Arménie et l'Azerbaïdjan sont encore membres de l’URSS. Le 10 décembre 1991, le Haut-Karabagh proclame son indépendance de Bakou avec le soutien d'Erevan, sur fond de dislocation de l'Union soviétique.

Après la chute de l'URSS, l'armée soviétique quitte la région, laissant ses armes derrière elle et conduisant à une escalade du conflit marqué par deux grandes offensives des forces arméniennes en 1992 et 1993.

Le 17 mai 1994, un cessez-le-feu négocié par Moscou entre en vigueur. Les Arméniens contrôlent alors environ un cinquième du territoire de l'Azerbaïdjan, dont le Haut-Karabagh.

Erdogan, allié de l’Azerbaïdjan

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, allié traditionnel de Bakou, a renouvelé son soutien au pays le 27 septembre, lors d'un entretien téléphonique avec son homologue azerbaïdjanais Ilham Aliev dont il a salué «la position avisée et déterminée», selon la présidence.

«Le peuple turc va soutenir nos frères azerbaïdjanais avec tous nos moyens, comme toujours», a déclaré Recep Tayyip Erdogan sur Twitter. Il a critiqué la communauté internationale pour ne pas avoir «réagi de manière suffisante, comme il le fallait» à ce qu'il a appelé une «agression» de l'Arménie.

Le ministre turc de la Défense Hulusi Akar avait auparavant estimé que «la plus grave menace à la paix et à la stabilité dans le Caucase est l'agression menée par l'Arménie, et elle doit cesser cette agression qui risque de mettre le feu à la région».

De son côté, le porte-parole de la présidence turque Ibrahim Kalin a «fermement» condamné les affrontements au Karabagh et affirmé que l'Arménie avait «une nouvelle fois violé les lois internationales et montré qu'elle ne souhaitait pas la paix et la stabilité ».

La Russie appelle à un cessez-le-feu

La Russie, allié proche des deux pays et médiateur privilégié, a appelé via son ministère des Affaires étrangères les parties en conflit à un cessez-le-feu et à l’ouverture de négociations.

«Selon nos informations, la situation s’est rapidement détériorée dans la zone du conflit du Haut-Karabagh. Des tirs intenses éclatent le long de la ligne de contact des deux côtés. Il y a des victimes», indique un communiqué publié sur le site internet de la diplomatie russe. «Nous appelons les parties à un cessez-le-feu immédiat et à lancer des pourparlers afin de stabiliser la situation», souligne la publication.

Lors d’une conversation téléphonique avec son homologue arménien, Sergueï Lavrov s’est dit préoccupé par les affrontements. Il a précisé que Moscou était disponible pour agir en tant qu’intermédiaire afin d'obtenir une désescalade.

Le groupe de Minsk et l'échec des négociations

En 1994, l'Organisation pour la coopération et la sécurité en Europe (OSCE) crée le Groupe de Minsk, chargé de promouvoir un règlement du conflit et constitué des Etats-Unis, de la France et de la Russie.

Malgré cette médiation et plusieurs cycles de pourparlers, aucune solution ne se matérialise, Bakou et Erevan ne parvenant pas à se mettre d'accord sur le statut de ce territoire que la communauté internationale considère toujours comme azerbaïdjanais. A ce jour, aucun traité de paix n'a été conclu.

En novembre 2008, l'Arménie et l'Azerbaïdjan signent une déclaration appelant à un «règlement pacifique» du conflit, mais les accrochages se poursuivent.

Le 12 novembre 2014, les forces azerbaïdjanaises abattent un hélicoptère militaire arménien dans le Haut-Karabagh, provoquant la mort des trois membres de son équipage, selon les médias arméniens. Les incidents se multiplient, les deux camps s'accusent d'y déclencher des attaques.

L’UE appelle à la cessation des hostilités

L'Union européenne a appelé le 27 septembre à la cessation des combats et à un «retour immédiat aux négociations».

«L'action militaire doit cesser, de toute urgence, pour éviter une escalade supplémentaire», a indiqué sur Twitter Charles Michel, le président du Conseil européen. «Un retour immédiat aux négociations, sans conditions préalables, est la seule voie possible», a ajouté l'ex-Premier ministre belge.

«L'Union européenne appelle à une cessation immédiate des hostilités, à la désescalade et à une stricte observation du cessez-le-feu», a déclaré le Haut représentant de l'Union européenne pour les affaires étrangères, Josep Borrell, dans un communiqué.

Il a aussi souligné l'urgence de relancer les négociations sur le conflit au Haut-Karabagh sous les auspices du Groupe de Minsk.

Un conflit majeur impliquant l'Azerbaïdjan et l'Arménie pourrait entraîner l'intervention des puissances en concurrence dans la région du Caucase, la Russie et la Turquie. (RT France avec AFP, 28 sept 2020)

280 racist attacks in Turkey in 10 years

The Human Rights Association (İHD) has released its "Special Report on Hate Crimes and Recent Racist Attacks in Turkey."

As reported by Mezopotamya Agency (MA), the report of the association has underlined that the lack of a comprehensive legal framework regarding hate crimes leads to serious legal loopholes.

It has been further indicated that the increase in the number of racist attacks targeting several groups, especially Syrian refugees and Kurdish seasonal workers, is directly related to "impunity" in Turkey.
27 people died as a result of hate attacks

According to the report of the İHD, while one person died in a racist attack in 2019, five people lost their lives in the attacks targeting the LGBTI+s. 27 people lost their lives in hate attacks last year.

Since 2010, 280 racist attacks have taken place; while 15 people were killed in these attacks, 1,097 people were wounded.
Details from the report

The report of the association has also referred to the attacks targeting graves. According to the report, 47 attacks were launched on graves.

Underlining that impunity has been adopted as a state policy in Turkey, the report has specifically referred to the release of Specialist Sergeant Musa Orhan, who abducted and sexually assaulted 18-year-old İpek Er in Kurdish-majority Batman province and drove her to suicide.

The attacks indicated in the report:

* Hoping that he would earn money and get education, Hafizullah (18) from Afghanistan came to Turkey; however, he was stabbed to death in Ataşehir, İstanbul on May 30, 2020 while he was collecting used paper.

* On May 31, 2020, Barış Çakan (20) from Patnos, Ağrı was stabbed to death in Alsancak neighborhood in Etimesgut district of Ankara at around 10.30 p.m. because he was listening to Kurdish music.

* On June 7, 2020, Taha B. attacked the Yusuf family from Syria in the neighborhood of Uzunkavak in Reyhanlı, Hatay. Wounded in the armed attack, Halid Yusuf (2) lost his life on June 9, 2020. Grandfather Muhammed Yusuf was also seriously wounded in the attack.

* Mehmet Nur Deniz alleged that when he went to the Şişli Sub-Governor's Office in İstanbul to get social aid on June 12, 2020, he was battered by the officials there and subjected to racist and discriminatory statements because of his Kurdish identity.

* Working in the recycling business in Turkey's Black Sea province of Giresun, Osman İnan was attacked by a group of 50-60 people on June 14, 2020 because he shared the picture of Selahattin Demirtaş, the imprisoned former Co-Chair of the Peoples' Democratic Party (HDP).

* On July 15, 2020, working in a bazaar in the district of Gürsu in Bursa province, Hamza Acan (17) from Syria warned a group who verbally harassed a Syrian woman and was also working in the bazaar. In the ensuing fight, he was hit by a stone in his head and seriously wounded. Taken to a hospital, he lost his life due to a cerebral hemorrhage.

* Kurdish workers working as forest workers in the villages of Bazlamaç and Kayalar in Çekerek, Yozgat were attacked on July 21, 2020.

* As reported in the press on July 30, 2020, after they left the preparation course for the Foreign Student Exam (YÖS) in Kırıkhan, Hatay on July 26, 2020, five students from Syria were attacked by a racist group who said, "You will either leave this country or we will kill you."

* As reported by the press on August 1, 2020, Muhammed Saeed (19), a refugee from Syria, was attacked by a racist group in the district of Küçükçekmece in İstanbul on July 26, 2020.

* In Zeytinburnu, İstanbul, six people from Syria were first verbally attacked by an unidentified person on August 17, 2020. He then opened fire on the group. Abdulkadir Davud (21) from Syria died in the attack.

* Construction workers were targeted in an armed attack by a person named Ömer A. in Dinar, Afyon on September 13, 2020. While Özkan Tokay lost his life in the attack, two workers (Fırat T and Emrah Ö.) were wounded.

* According to the news reported in the press on September 14, 2020, Eymen Hammami (16) from Syria was killed in a racist attack in Samsun.

* As reported in the press on September 14, 2020, conscript Çetin Doğan was attacked by a group of racist soldiers in the 54th Mechanized Infantry Brigade in the district of Süloğlu in Turkey's northwestern province of Edirne on August 15, 2020.
(BIA, 22 September 2020)

Après Ste-Sophie, une autre église transformée en mosquée par Erdogan

Céline Pierre-Magnani, La Libre Belgique, 18 sept 2020

Une nouvelle reconversion très symbolique qui confirme le tournant islamo-nationaliste du pouvoir.

Le 21 août dernier, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a confirmé, par décret, la transformation du musée en mosquée.

"Je n’arrive pas y croire", se désole Sayat, guide touristique qui amène depuis des années des groupes de visiteurs découvrir les lieux. "On essaie de s’ouvrir au reste du monde et voilà qu’il transforme ces musées en mosquées. C’est du chauvinisme et rien d’autre."

Symbole de l’apogée de l’art byzantin, l’église Saint-Sauveur-in-Chora, ou en turc, a été convertie en mosquée après la prise de Constantinople par les Ottomans en 1453, puis en musée après la Seconde Guerre mondiale. Un minbar flambant neuf a été installé aux côtés de la Vierge et les fidèles attendent la première prière du vendredi qui marquera l’avènement d’une nouvelle ère pour le bâtiment.

Conversions en chaîne

Cette décision présidentielle intervient à la suite d’une série de conversions similaires dont celle, spectaculaire, du musée de Sainte- Sophie, monument phare de l’identité d’Istanbul, en juillet dernier. Cet effacement d’une partie du multiculturalisme du pays n’est pas sans rappeler les heures sombres de la République turque.

Historiquement stambouliote et toujours installé sur les rives de la Corne d’or, le patriarche orthodoxe grec Bartholoméos Ier a condamné ces transformations lors d’une réunion commémorative le dimanche 6 septembre : "Les dirigeants politiques ont pris une décision à la hâte, comme si les mosquées d’Istanbul ne suffisaient pas, comme s’il manquait de lieux de culte pour les croyants de la religion majoritaire. Cette décision nous offense dans notre identité, notre histoire et notre culture."

"C’est un message idéologique", dénonce le byzantiniste Engin Akyürek dans un entretien accordé à la chaîne d’information en ligne Medyascope. "Il s’agit du bâtiment le mieux conservé de la fin de l’Empire byzantin. Ses fresques et ses mosaïques sont le meilleur exemple des techniques artistiques de la période qui se sont ensuite répandues dans les Balkans et en Europe. Pour nous, peu importe l’usage du bâtiment, le plus important, c’est de pouvoir le conserver le mieux possible" conclut-il tout en résumant les préoccupations du monde scientifique.

"Dans le cas de l’église Saint- Sauveur-in-Chora comme dans le cas de Sainte-Sophie, cela vise à plaire à son électorat, à humilier les Grecs et les kémalistes les plus attachés à conserver intact l’héritage d’Atatük, explique sous couvert d’anonymat un responsable religieux catholique joint par La Libre Belgique. Les catholiques en Turquie ne sont pas concernés ; ils partagent néanmoins l’inquiétude de beaucoup de voir dévier le pays vers un nationalisme de plus en plus agressif", précise-t-il, rappelant que ces monuments avaient été transformés en musées suivant la volonté même du fondateur de la République.

Un Président sous tensions

Nombre d’observateurs estiment que Recep Tayyip Erdogan, fragilisé en interne par une économie en berne et une absence de perspective politique, compense par une politique extérieure offensive. Alors que le Président est en conflit avec la Grèce en Méditerranée orientale, les conversions de Sainte-Sophie et de Saint-Sauveur-in-Chora sont un message fort envoyé à l’Europe, mais surtout une manière de resserrer les rangs islamo-nationalistes derrière lui.

"Appel à la haine": un extrémiste pro-Turquie plaide le malendendu

Un jeune homme d'origine turque, accusé d'"incitation à la violence ou à la haine raciale" pour avoir appelé à s'en prendre à la communauté arménienne, a plaidé le malentendu jeudi à la barre du tribunal de Bourg-en-Bresse.

"Que le gouvernement me donne 2.000 euros et une arme, et je ferai ce qu'il y a à faire où que ce soit en France (...) On est à peu près 200.000 Turcs, faites ce que vous devez faire par vous-mêmes. Que chacun s'occupe de sa ville", avait exhorté cet été Ahmet Cetin, 23 ans, dans une vidéo en turc et français diffusée sur les réseaux sociaux.

Le jeune homme est aussi soupçonné d'être l'initiateur du rassemblement d'un groupe d'extrémistes pro-Turquie armés de barres de fer qui ont tenté, en vain, de perturber une manifestation de la communauté arménienne de Décines-Charpieu, près de Lyon, cet été.

Les "Loups gris", groupe ultranationaliste turc inféodé au président Recep Tayyip Erdogan dont le prévenu a nié être membre, sont montrés du doigt mais le volet "regroupement armé" de l'affaire n'était pas jugé ce jeudi dans l'Ain.

Le tribunal correctionnel était seulement saisi d'établir si cet agent de maintenance a professé la haine et la violence auprès de ses quelque 7.000 abonnés sur Instagram, principalement d'origine turque ou maghrébine selon lui.

- "Imbéciles" -

Face aux juges, ce père d'un jeune enfant versé dans la politique - il a été candidat aux législatives de 2017 dans l'Ain sous l'étiquette du Parti égalité et justice, proche du gouvernement turc - se plaint d'être "catalogué comme mafieux, extrémiste" et avance qu'il a "utilisé des mots +trash+" parce que ses abonnés le "comprennent parfois mal".

Puis il se perd dans ses explications: "je ne me souvenais pas", "il y a un problème de traduction", "dans des villes où la communauté arménienne est plus nombreuse, il peut y avoir des actes de violence, je leur demande de faire attention". Tout juste admet-il que "les mots étaient mauvais" en voulant dire qu'"il faut que les +Turcs+ se prennent en main".

Selon lui, il a employé le mot "arme" pour "faire le lien avec la caricature qu'on veut (lui) donner", ce qui ne convainc pas l'avocat du Comité pour la défense de la cause arménienne (CDCA), partie civile, Me Charles Consigny.

"En disant cela, on appelle au meurtre", rétorque-t-il à l'accusé, soulignant que la communauté arménienne avait été clairement mentionnée dans une autre partie de la vidéo.

Selon l'avocat, le mis en cause "essaye de nous prendre pour des imbéciles".

"M. Cetin est animé par une haine irrationnelle des Arméniens", poursuit le conseil, exhumant des tweets qu'il qualifie de "négationnistes, prônant l'allégeance à l'Etat turc, professant la haine".

"Je ne pense pas que j'aurais fait un appel à la haine d'une manière publique si j'avais voulu le faire", soutient le jeune homme au cheveu ras et à la poitrine de culturiste, cintrée dans un blazer bleu, de plus en plus emprunté au fil de l'audience.

"Est-ce que le génocide arménien a existé?", l'interroge brusquement Me Consigny, en référence au massacre d'environ 1,5 million d'Arméniens entre 1915 et 1917, que la Turquie refuse de reconnaître comme "génocide". "Je ne suis pas historien", renvoie mécaniquement le prévenu.

- Compte Instagram supprimé -

Face à Me Ivan Terel, conseil de SOS Racisme et du Conseil de coordination des organisations arméniennes de France (CCAF), M. Cetin assure qu'il ne se "rendait pas forcément compte" de la portée de ses propos, en dépit de l'importance de son audience.

"Je veux me reconcentrer sur ma vie professionnelle et familiale, j'arrête les réseaux sociaux et l'activité politique", conclut-il à la barre.
 Son avocate, Marie Audineau, plaide avec vigueur la mésinterprétation de ses propos, avance le préjudice du retentissement de l'affaire sur le jeune homme et son entourage, et assure que son compte Instagram a été supprimé.

Mais le procureur, observant notamment que le "caractère volontairement prosélyte a été établi", réclame 6 mois de prison avec sursis et une amende de 2.000 euros, assortis d'une peine d'inéligibilité de 5 ans.

Le délibéré a été fixé au 5 novembre et la plainte déposée devant le tribunal correctionnel de Lyon par le CDCA pour "regroupement armé" est quant à elle toujours à l'étude.
(AFP, 17 septembre 2020)

65 years have passed since September 6-7 pogrom, no apologies offered

Peoples' Democratic Party (HDP) Central Executive Committee has released a statement to mark the 65th year of September 6-7, 1955 Pogrom.

Underlining that the September 6-7 pogrom is one of the most painful and shameful incidents in Turkey's history, the statement has briefly read:

"On September 6-7, 1955, Christian and Jewish citizens, primarily the Rums (Greek) and Armenians, living in İstanbul, İzmir and several parts of Turkey were subjected to a wave of planned and systematic attacks.

"According to the official figures, as a result of militarist powers' guidance and inhuman attacks of groups mobilized by lies and black propaganda, 73 churches, 8 holy springs of Orthodox Greeks, 2 monsateris and 5,538 houses and workplaces, 3,584 of which belonged to Rums, were burned down and ravaged only in İstanbul.
'Religious leaders battered'

"While several people were massacred in the pogrom, religious leaders were battered, cemeteries were damaged and tens of thousands of citizens had to leave Turkey due to pressures and threats to their safety of life.

"Hundreds of women were subjected to sexual assault, which showed that all attacks of harassment and rape targeting women also lived on racist and belligerent mentality.

'Assaulters were rewarded with promotions'

"Special War Bureau Chief and National Security Council Secretary General Sabri Yirmibeşoğlu said, 'September 6-7 was also done by the Special War. It was a terrific organization. It achieved its purpose.' These words prove that the pogrom was committed as a policy of the state. The attack is also a striking indication of how power holders use racism and animosity towards the other in every period to overshadow social problems and economic crisis.

"Even though 65 years have passed since the attack, the assaulters have been protected and the massacre has been covered up, as in the case of every sad and shameful incident in the Republican history. On the contrary, the assaulters have been rewarded by being promoted.

'Damages have not been compensated in any way'

"The state has not faced up to the September 6-7 pogrom, apologies have not been offered to Christain and Jewish citizens, primarily Rums and Armenians, and the damages have not been compensated in any way at all.

"It is our major demand and a must of living together that this shame targeting the old peoples of Turkey be faced, the perpetrators be identified and the material and immaterial losses of suffered by the aggrieved people or their families be compensated."
(BIA, 8 September 2020)

Exercices militaires turco-azerbaidjanais près de l'Arménie

La Turquie et l'Azerbaïdjan et la Turquie ont organisé la première étape des exercices tactiques et de vols tactiques conjoints de grande envergure à Nakhitchevan près de la frontière arménienne, auxquels ont participé les forces terrestres et les forces aériennes des deux pays.

D'après l'information diffusée par le service online azvision.az, les exercices se sont déroulés conformément à l'accord de coopération militaire entre les deux pays, a-t-on appris auprès du ministère azerbaïdjanais de la Défense.

Le président de l'Assemblée suprême de la République autonome du Nakhitchevan Vassif Talibov et le commandant de la troisième armée turque, le général de corps d'armée Seref Ongay, ont assisté aux exercices.

Jusqu'à 5 000 militaires ont participé à la phase de préparation. Près de 2 600 militaires ont rejoint la phase de tir réel des exercices.

En outre, plus de 200 chars et autres véhicules blindés, environ 180 missiles et pièces d'artillerie, des lance-roquettes et des mortiers, 18 avions, hélicoptères et véhicules aériens sans pilote, plus de 30 systèmes de défense aérienne et environ 320 véhicules militaires ont été impliqués dans les exercices.

L’armée arménienne avait déjà déclaré qu’elle suivrait de près ces exercices de guerre conjoints turco-azerbaïdjanais. (
azvision.az, 8 Sept 2020)

Politique intérieure/Interior Politics

En Méditerranée, Erdogan poursuit la fracassante montée en puissance de la Turquie

Libéré de toute échéance électorale d’ici à 2023, l’année très symbolique du centième anniversaire de la République turque, le président Recep Tayyip Erdogan peut davantage se consacrer à reprofiler la Turquie sur le plan international, une Turquie qui se veut "incontournable" et libre de ses mouvements.

Comme à son habitude, le leader islamo-nationaliste turc le fait de façon fracassante : interventions militaires en Syrie, Irak et Libye, et, depuis cet été, déploiement d’un navire sismique, escorté par des bateaux de guerre, à la recherche de réserve d’hydrocarbures dans la zone de la Méditerranée orientale revendiquée par la Grèce.

Depuis dimanche, et pour cinq jours, l’armée turque conduit ses manœuvres à Chypre Nord baptisées cette année "Tempête méditerranéenne" tandis que des navires de guerre français et grecs croisent dans les eaux contestées.

Ces manœuvres sont une démonstration de la volonté de s’opposer "à ceux qui veulent confiner la Turquie au golfe d’Antalya", a déclaré le vice-président turc, Fuat Otkay, le 6 septembre, tout en appelant à "des solutions diplomatiques".

"Des documents immoraux"

La veille, Erdogan avait menacé de "déchirer les cartes et documents immoraux" qui départagent actuellement les zones maritimes en Méditerranée. "La Turquie et le peuple turc sont parés désormais à toute éventualité et à toute conséquence", a ajouté le leader lors de l’inauguration d’un hôpital à Istanbul.

Ankara vise sans doute la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (Unclos), que la Turquie est un des rares États à n’avoir pas signée. Cette convention envisage de porter à 12 miles marins (contre 6 actuellement) la portée des eaux territoriales de chaque pays. Or, compte tenu du fait que la Grèce possède la plupart des îles de la mer Égée, la Turquie verrait sa longue frontière maritime réduite à sa portion congrue. Un casus belli, pour Ankara.

"La Turquie se considère comme incontournable", explique le professeur Jean Marcou, titulaire de la chaire Méditerranée-Moyen-Orient de Sciences Po Grenoble. "Et elle est enclavée sur ses côtes, en mer Égée, en mer Noire et en mer Méditerranée. D’où l’idée d’une ‘patrie bleue’ (théorisée par le contre-amiral Cem Gürdeniz, NdlR) qui lui donnerait un droit d’influence sur les mers qui l’entourent."

Ankara a annoncé en août avoir trouvé dans sa Zone économique exclusive en mer Noire de gigantesques réserves de gaz, estimées à près de 320 milliards de mètres cubes, qui pourraient changer ses relations avec la Russie, son principal fournisseur de gaz. Mais la Turquie ne se satisfait pas de cette découverte et cherche à redessiner la carte de la Méditerranée.

"C’est un tournant", estime le professeur Marcou. Autrefois membre discipliné de l’Otan et candidate appliquée à l’Union européenne, la Turquie a adopté depuis plusieurs années "une politique plus réaliste avec la promotion de ses intérêts sur la scène internationale".

"Les pays producteurs de cette manne en hydrocarbures - Chypre, Israël, Égypte et, dans une moindre mesure, la Grèce - voyaient la Turquie comme un pays coupé de la Méditerranée et replié sur lui-même. Là, d’un seul coup, cette puissance se révèle et s’affirme", dit-il.

D’où l’accord de démarcation maritime de novembre 2019 avec le gouvernement libyen basé à Tripoli, contre les intérêts du général Khalifa Haftar, l’autre prétendant de la Libye, que défendent la France et l’Égypte.
En concurrence avec la France

Ce n’est pas le seul point de friction avec la France. Erdogan entre en concurrence directe avec Emmanuel Macron sur le Liban et sur les Kurdes. Lors de sa visite à Bagdad le 2 septembre, le président français a reçu le président des Kurdes irakiens, Nechirvan Barzani. Ce dernier a été accueilli quelques jours plus tard dans la capitale turque avec les honneurs d’un chef d’État.

Incontournable, la Turquie l’est aussi dans l’accueil depuis 2012 des quatre millions de réfugiés syriens, qu’elle tente de reloger dans le nord de la Syrie dans les territoires qu’elle conquiert ou menace d’envoyer aux Européens, paralysés à l’idée de voir l’extrême droite monter en puissance dans l’Union européenne. Entre menaces verbales d’Erdogan et pressions diplomatiques, la Turquie avance ses pions.
(La Libre Belgique, Christophe Lamfalussy, 9 sept 2020)

Parliamentary Speaker announces support for reintroduction of death penalty

Parliamentary Speaker Mustafa Şentop has announced support for the death penalty "for a limited number of crimes."

His remarks came after he was asked about Nationalist Movement Party (MHP) Chair Devlet Bahçeli's call for the reintroduction of the death penalty on Wednesday.

The MHP is an ally of the ruling Justice and Development Party (AKP), which Şentop is also a member of.

"I am of the opinion that the death penalty should exist to a very limited extent, for certain crimes," he told reporters during a visit to the northwestern Tekirdağ province, the state-run Anadolu Agency reported.

He specified the crimes that should be penalized with death as premeditated murder and sexual crimes against children.

However, he added, an amendment to the Constitution is needed to reintroduce the death penalty, which the ruling bloc is not currently capable of.

A qualified majority is needed to change the Constitution, which amounts to 390 lawmakers whereas the AKP and the MHP have a total of 339 MPs.

Şentop also noted that Turkey is a party to the European Convention Human Rights and its supplementary protocols, should also be evaluated in terms of the death penalty.

With the Law no. 5170 enacted on May 7, 2004, Turkey removed the Constitution's articles related to the death penalty. On July 14, 2004, this was followed by Law No. 5218, which removed the Turkish Penal Code articles related to the death penalty.

In 2002, the government passed a law converting death penalties that had not been executed until that time to aggravated life sentences.

The last death penalty in Turkey was executed in October 1984.
(BIA, 4 September 2020)

Forces armées/Armed Forces

La Turquie va conduire un exercice de tir au large de Chypre

La Turquie a annoncé qu'elle menerait un exercice naval de tir réel au large de Chypre entre samedi et lundi, malgré la menace de sanctions brandie par l'Union européenne en raison de ses actions en Méditerranée orientale.

Dans une notice d'information maritime (Navtex) publiée vendredi, la Turquie a annoncé qu'elle allait effectuer cet exercice au large de Sadrazamkoy, dans le Nord de Chypre.

Cette annonce a été faite au lendemain d'une déclaration de sept dirigeants de pays du sud de l'UE qui ont exhorté la Turquie à cesser sa politique de "confrontation" en Méditerranée orientale, et ont agité le spectre de sanctions européennes si Ankara continuait à contester les droits d'exploration gazière de la Grèce et de Chypre dans la zone.

Cette question sera à l'agenda du Conseil européen des 24 et 25 septembre.

En réaction, la Turquie a dénoncé une déclaration "biaisée", estimant qu'elle contenait des éléments "déconnectés de la réalité et dépourvus de base juridique".

La Turquie et la Grèce, toutes deux membres de l'Otan, se déchirent à propos de gisements d'hydrocarbures en Méditerranée orientale, dans une zone qu'Athènes estime relever de sa souveraineté.

La tension est montré d'un cran quand la Turquie a envoyé, le 10 août, un navire de prospection sismique accompagné de navires de guerre dans des eaux revendiquées par la Grèce, ce qui a poussé Athènes à lancer des manoeuvres navales pour défendre son territoire maritime.

Le navire de prospection est censé rester dans les eaux contestées jusque samedi.
(AFP, 12 septembre 2020)

Début de manoeuvres militaires turques en Chypre du Nord

L'armée turque a débuté dimanche ses manoeuvres annuelles en République turque de Chypre du Nord, une entité uniquement reconnue par Ankara, dans un contexte de fortes tensions avec la Grèce en Méditerranée orientale.

La Turquie et la Grèce, toutes deux membres de l'Otan, se déchirent à propos de gisements d'hydrocarbures en Méditerranée orientale, depuis que la Turquie y a envoyé le 10 août un navire de prospection sismique accompagné de navires de guerre.

Samedi, le président turc Recep Tayyip Erdogan a menacé la Grèce lors d'une allocution télévisée: "Ils vont comprendre, soit par le langage de la politique et de la diplomatie, soit sur le terrain via d'amères expériences".

L'Otan avait annoncé cette semaine que les dirigeants grec et turc avaient accepté d'engager des "pourparlers techniques" pour prévenir tout nouvel incident entre leurs marines respectives. Mais la Grèce avait ensuite démenti être prête à participer à des discussions, poussant la Turquie à accuser Athènes de refuser le dialogue.

Dans ce contexte de fortes tensions, l'armée turque a lancé dimanche "Orage méditerranéen", des manoeuvres effectuées en collaboration avec les forces de sécurité de Chypre du Nord, a écrit le vice-président turc Fuat Oktay sur Twitter.

"Les impératifs sécuritaires de notre pays et de la RTCN (République turque de Chypre du Nord) sont incontournables", selon M. Oktay.

Le ministère turc de la Défense a tweeté que les exercices, prévus pour durer jusqu'à jeudi, étaient "un succès".

L'île de Chypre est divisée en deux: au sud, la République de Chypre, un Etat membre de l'Union européenne, et la RTCN au nord.

La Turquie a installé dans le nord de l'île des dizaines de milliers de soldats depuis son invasion en 1974, qui faisait suite à un coup d'Etat mené par la dictature militaire grecque alors au pouvoir à Athènes.
(AFP, 6 septembre 2020)

Méditerranée: Ankara accuse Athènes d'armer une île démilitarisée

La Turquie a accusé lundi la Grèce d'actes de "piraterie" en essayant d'"armer" une île démilitarisée située à proximité du littoral turc dont le statut est au coeur des tensions actuelles en Méditerranée orientale.

Dans un contexte d'escalade entre la Turquie et la Grèce, la publication la semaine dernière de photos par l'AFP montrant des militaires grecs arrivant sur l'île grecque de Kastellorizo, située à deux kilomètres des côtes turques, a suscité l'ire d'Ankara.

"Les initiatives grecques visant à armer Meis (nom turc de Kastellorizo) sont un nouvel exemple de piraterie", a déclaré lundi Omer Celik, le porte-parole du parti islamo-conservateur AKP du président Recep Tayyip Erdogan.

"Diriger des armes vers le littoral turc, c'est une sottise", a-t-il ajouté sur Twitter.

Dimanche, le ministère turc des Affaires étrangères avait qualifié l'arrivée de militaires grecs à Kastellorizo de "provocation", dénonçant une violation de son statut d'île démilitarisée fixé par un traité datant de 1947.

"Nous rejetons les tentatives illégitimes visant à modifier le statut de cette île", avait déclaré le ministère dans un communiqué.

Vendredi, l'AFP a publié des photos montrant l'arrivée de militaires grecs armés à Kastellorizo. Ces images ont été largement reprises par les médias turcs.

Selon un responsable grec, des militaires étaient déjà présents sur l'île avant cette date et l'arrivée des soldats vendredi s'inscrivait dans le cadre d'une rotation des effectifs.

L'île de Kastellorizo est l'un des principaux points de discorde entre la Turquie et la Grèce dans leur dispute concernant le partage des immenses réserves gazières découvertes ces dernières années en Méditerranée orientale.

Athènes soutient que le droit d'exploiter les ressources naturelles autour de cette île lui appartient. Mais Ankara refuse, estimant que cela reviendrait à priver la Turquie de dizaines de milliers de km2 de mer et à l'"emprisonner à l'intérieur de ses côtes".

L'escalade des tensions actuelle a d'ailleurs été déclenchée par le déploiement d'un navire de recherche sismique turc dans des eaux revendiquées par Athènes au sud de Kastellorizo, le 10 août.

Affichant son inflexibilité en dépit des menaces de sanctions européennes, la Turquie a plusieurs fois prolongé la mission de son navire de recherche, l'Oruç Reis.
(AFP, 31 août 2020)

Nouvelles manoeuvres militaires turques en Méditerranée orientale

La Turquie a commencé samedi de nouveaux exercices militaires en Méditerranée orientale qui doivent durer deux semaines, prolongeant l'escalade des tensions avec la Grèce qui a accusé Ankara de manoeuvres aériennes agressives.

Dans une notice d'information maritime (Navtex) publiée vendredi soir, la marine turque a indiqué qu'elle effectuerait des "exercices de tir" du 29 août au 11 septembre dans une zone située au large de la ville d'Anamur (sud de la Turquie), au nord de l'île de Chypre.

Après plusieurs semaines de bras de fer entre Athènes et Ankara qui se disputent des zones riches en gaz naturel en Méditerranée orientale, les incidents se sont multipliés ces derniers jours, renforçant l'inquiétude de l'Europe.

L'état-major de l'armée grecque a ainsi accusé samedi des avions de chasse turcs d'avoir pénétré vendredi dans la région d'information de vol d'Athènes pendant que des appareils grecs accompagnaient un bombardier américain dans le cadre d'un exercice, dénonçant une "provocation".

De son côté, Ankara a affirmé vendredi que deux appareils turcs ont escorté le bombardier américain "dans l'espace aérien international en mer Egée", sans fournir davantage de détails, ni mentionner d'incident.

Vendredi, le ministère turc de la Défense avait fait état d'un autre incident aérien, affirmant que des avions de chasse d'Ankara avaient intercepté jeudi six appareils grecs qui approchaient d'une zone où un navire de recherche sismique turc est déployé, les forçant à faire demi-tour.

Selon le ministère grec de la Défense, les avions F-16 d'Athènes étaient en train de rentrer à leur base sur l'île de Crète lorsque deux avions de chasse turcs se sont approchés.

- Inflexibles -

La Méditerranée orientale, une région riche en ressources énergétiques par où transite une part importante du trafic maritime mondial, est devenue ces dernières semaines le théâtre de démonstrations de forces rivales de la part d'Ankara et Athènes, deux membres de l'Otan.

Avant l'annonce des manoeuvres turques ayant débuté samedi, Ankara avait déjà indiqué que ses bâtiments de guerre procéderaient à des exercices militaires mardi et mercredi dans une autre zone.

Mercredi, ces deux pays aux relations historiquement délicates ont par ailleurs effectué des manoeuvres navales séparées en Méditerranée orientale, affichant leur inflexibilité sous les yeux d'une Europe préoccupée.

Réunis à Bruxelles, les ministres européens des Affaires étrangères ont menacé vendredi d'infliger de nouvelles sanctions à la Turquie en cas d'absence de progrès dans le dialogue entre Ankara et Athènes.

"Le fait que l'UE appelle au dialogue d'un côté et prépare d'autres plans de l'autre reflète un manque de sincérité", a réagi samedi le vice-président turc Fuat Oktay.

"Nous maîtrisons le langage diplomatique, mais la Turquie n'hésitera pas à faire ce qu'elle doit pour défendre ses intérêts", a-t-il ajouté.

La veille, le ministère turc des Affaires étrangères avait affirmé que des sanctions européennes ne feraient que "renforcer la détermination" d'Ankara.

- "Casus belli" -

L'escalade actuelle a été provoquée par le déploiement le 10 août d'un navire de recherche sismique turc, l'Oruç Reis, dans des eaux revendiquées par la Grèce.

Cet incident n'a fait qu'exacerber l'un des nombreux contentieux maritimes entre Ankara et Athènes, qui ont pris une autre dimension depuis la découverte d'importants gisements dans cette région au cours de la décennie écoulée.

Parmi les dossiers qui empoisonnent leurs relations, figure l'étendue des eaux territoriales des deux pays.

La Grèce soutient que le droit maritime international lui permet d'établir à 12 milles marins la limite de ses eaux territoriales, contre six aujourd'hui. Ce que rejette la Turquie, au motif qu'elle n'aurait plus accès à certaines zones.

"Vous attendez-vous à ce que nous acceptions une telle chose? Si cela n'est pas un +casus belli+, alors qu'est-ce qui peut l'être?", a déclaré samedi M. Oktay.

Athènes a vivement dénoncé ces déclarations.

"La perspective inédite de voir la Turquie menacer les pays voisins d'avoir recours à la force lorsque ces derniers utilisent leurs droits est contraire à la civilisation politique contemporaine", a réagi le ministère grec des Affaires étrangères dans un communiqué.
(AFP, 29 août 2020)

Affaires religieuses / Religious Affairs

Manifestation islamiste à Istanbul contre Charlie Hebdo

Environ 200 personnes ont manifesté dimanche dans les rues d'Istanbul contre la nouvelle publication par l'hebdomadaire français Charlie Hebdo de caricatures de Mahomet.

Douze personnes, dont des caricaturistes célèbres, ont été abattus par des tueurs islamistes qui ont attaqué les locaux du journal à Paris, le 7 janvier 2015.

Quatorze personnes sont jugées depuis le 2 septembre à Paris, soupçonnées de soutien logistique aux trois jihadistes qui ont fait au total 17 morts dans trois attentats. Trois d'entre elles sont jugées par défaut.

Des manifestants sur la place Beyazit, sur la rive européenne de la ville, portaient des pancartes menaçant le journal et le président français Emmanuel Macron "d'avoir à payer un prix élevé".

Le ministère turc des Affaires étrangères a condamné la republication des caricatures, estimant que c'était "un manque de respect pour notre religion et notre prophète".

Nureddin Sirin, rédacteur en chef de la chaîne de télévision Kudus ("Jerusalem"), a affirmé que "Macron va payer un prix élevé, à la fois pour son arrogance en Méditerranée orientale et pour son soutien aux insultes contre l'Islam, sous prétexte de liberté de la presse".

Il faisait référence aux tension actuelles entre Ankara, Athènes et Paris à propos de la campagne d'exploration pétrolière turque en Méditerranée. (AFP, 13 septembre 2020)

Le port du voile à Molenbeek met le président du PS bruxellois sous pression

Le président de la Fédération bruxelloise du Parti socialiste, Ahmed Laaouej, pratiquerait-il la politique de l’autruche au sujet de la sempiternelle question relative au port de signes religieux au sein de l’administration et à l’école supérieure ? Près d’un an après son accession à la fonction, force est de constater que l’homme n’a toujours pas clarifié sa position en la matière.

"Lors de la campagne électorale pour la présidence du PS bruxellois, Ahmed avait pourtant déclaré qu’il n’éviterait plus le débat sur le port de signes religieux dans la fonction publique, commente un socialiste et observateur de longue date du PS bruxellois. Aujourd’hui, avec ce qui revient au-devant de l’actualité, il ne peut plus faire le gros dos sur cette question […]." Lundi soir, une nouvelle étape a en effet été franchie sur cette délicate problématique qui divise depuis des décennies les socialistes, tantôt partisans d’une laïcité pure et dure, tantôt favorables à une laïcité inclusive.
Le MR vote contre

Le conseil communal de Molenbeek-Saint-Jean, commune bruxelloise actuellement dirigée par la socialiste Catherine Moureaux, a voté en faveur d’une motion ouvrant la voie à la neutralité inclusive (ou "neutralité d’ouverture") autorisant selon des critères encore à définir le port de signes religieux dans l’administration communale.

L’objectif : permettre l’engagement, parmi les fonctionnaires de la commune, de personnes affichant des signes religieux, en l’occurrence le voile islamique. La commune de Molenbeek comporte en effet une importante population de confession musulmane. En vertu du règlement de travail des agents communaux, l’accès à la fonction publique locale n’est actuellement pas possible pour les personnes portant le voile. Les autorités molenbeekoises (excepté le MR, partenaire de majorité, qui a voté contre la motion sauf une abstention) souhaitent modifier ce règlement de travail afin de changer la donne.

Une décision, lourde de sens, qui contraste farouchement avec la position martelée du côté des socialistes de la Ville de Bruxelles. En juin dernier, son échevine de l’Instruction publique Faouzia Hariche en avait en effet irrité plus d’un au sein du Parti socialiste en se réjouissant quant au contenu de l’arrêt rendu par la Cour constitutionnelle au sujet du port de signes religieux à l’école supérieure. "La Cour garantit la validité du projet pédagogique de la Ville visant à instituer un environnement éducatif totalement neutre", avait-elle notamment déclaré.
Laaouej, un "double discours" ?

À l’origine, c’est une étudiante de la Haute École Francisco Ferrer (dont le pouvoir organisateur est la Ville de Bruxelles) qui avait en fait introduit une plainte au sujet du règlement d’ordre intérieur de l’établissement qui interdit le port de signes convictionnels dans l’enceinte de l’école. La Cour constitutionnelle a estimé dans son arrêt qu’une haute école peut interdire le port de signes convictionnels. Selon elle, cela relève de l’autorité de chaque établissement.

"À la Ville de Bruxelles, ils parviennent à être plus libre-exaministes que le temple du libre-examen lui-même, l’ULB, ou que la République française qui autorise le port du foulard à l’université", égratigne un socialiste. Aussi, entre les socialistes de Molenbeek et ceux de la Ville de Bruxelles, où donc se situe leur président de fédération ? "Il a toujours existé plusieurs sensibilités au sein du PS bruxellois à ce sujet. Le débat doit vivre", réplique machinalement Ahmed Laaouej. Durant la campagne électorale pour la présidence du PS bruxellois, certains lui ont notamment reproché d’employer un double discours à ce sujet en fonction du public cible : ouvert aux questions communautaires dans les quartiers populaires de Molenbeek et, dans le même temps, fervent défenseur d’une laïcité pure et dure dans les salons feutrés.

Reste cette donne non négligeable : Ahmed Laaouej est tenu par son alliance avec Philippe Close, le bourgmestre de la Ville de Bruxelles. Il y a un an, ce dernier avait en effet accepté de soutenir (et d’apporter ses soutiens) au candidat Laaouej pour la présidence du PS bruxellois. En contrepartie, Philippe Close avait décroché la vice-présidence du parti, un poste traditionnellement (mais pas statutairement) dévolu au président élu de la Fédération bruxelloise du PS.
(Alice Dive, La Libre Belgique, 2 septembre 2020)

Charlie Hebdo: la Turquie condamne la republication des caricatures de Mahomet

La Turquie a condamné mercredi la republication des caricatures de Mahomet par le journal satirique français Charlie Hebdo et critiqué le président Emmanuel Macron pour avoir défendu le droit au blasphème, dans un contexte de vives tensions entre Ankara et Paris.

"Nous condamnons vivement la décision de Charlie Hebdo de republier les caricatures irrespectueuses envers notre religion et notre prophète", a affirmé le porte-parole du ministère turc des Affaires étrangères dans un communiqué.

Ankara a aussi critiqué le président Emmanuel Macron pour avoir défendu mardi "la liberté de blasphémer", estimant qu'il était "inadmissible" de justifier la publication des caricatures controversées au nom de la liberté d'expression.

La réédition en une de Charlie Hebdo des caricatures du prophète Mahomet à l'occasion de l'ouverture du procès des attentats jihadistes de janvier 2015 en France risquerait, selon Ankara, "d'encourager la haine contre l'Islam et les étrangers" et "de faire le jeu des racistes".

Charlie Hebdo était devenu une cible des jihadistes après avoir publié en 2006 douze caricatures de Mahomet, provoquant un tollé et des manifestations parfois violentes dans plusieurs pays musulmans.

Les représentations du prophète sont considérées comme un blasphème dans l'islam traditionnel.

La réaction turque intervient à un moment où les tensions sont vives entre Ankara et Paris à propos des recherches turques d'hydrocarbures dans une zone revendiquée par la Grèce en Méditerranée orientale.

La France s'est attiré les foudres du président turc Recep Tayyip Erdogan en affichant son soutien à la Grèce dans cette crise.
(AFP, 2 septembre 2020)

Socio-économique / Socio-economic

La Banque centrale augmente le taux d'intérêt pour la première fois en deux ans

La Banque centrale de Turquie a relevé jeudi son principal taux d'intérêt de 200 points de base, pour la première fois en deux ans, pour soutenir la livre turque qui bat des records à la baisse.

Le principal taux d'intérêt a été porté à 10,25% contre 8,25%, une décision bien accueillie par les marchés avec un rebond immédiat de la livre turque face au dollar après avoir atteint un niveau sans précédent à la baisse dans la matinée à 7,71 livres contre le billet vert.

Le taux d'intérêt principal avait atteint le niveau inédit de 24% en septembre 2018 quand la Banque centrale avait décidé de le remonter de 625 points de base pour tenter d'enrayer la dégringolade de la livre turque et une inflation record.

Il a été depuis ramené sous la barre de 10% à la faveur d'une série de baisses décidées par la Banque centrale, incitée à agir de la sorte par le président Recep Tayyip Erdogan qui ne cesse de marteler son opposition aux taux d'intérêts élevés.

M. Erdogan avait tenté de rassurer les marchés début août alors que la libre turque était en pleine chute libre depuis plusieurs mois déjà, mais n'avait pas réussi à enrayer durablement ce cycle baissier.

"Je suis convaincu que la livre turque va se stabiliser. Ces choses-là sont temporaires, des variations se produisent tout le temps", avait-il déclaré le 7 août.

L'affaiblissement de la livre alourdit le fardeau déjà écrasant de la dette libellée en devises étrangères qui pèse sur de nombreuses entreprises turques.
(AFP, 24 septembre 2020)

L'UE sanctionne une entreprise turque pour violation de l'embargo imposé à la Libye

L'Union européenne va sanctionner lundi une entreprise turque impliquée dans les violations de l'embargo sur les ventes d'armements imposé à la Libye par les Nations unies, ont annoncé vendredi plusieurs diplomates à Bruxelles.

"Les sanctions sont modestes, mais significatives. Il s'agit d'un signal" adressé aux pays qui violent cet embargo, a confié l'un des diplomates.

Une entreprise turque contre laquelle des preuves probantes ont été constituées figure au nombre des trois entités sanctionnées, a précisé un autre diplomate.

Les deux autres entreprises seraient jordanienne et kazakhe, selon ces mêmes sources.

Leur avoirs dans l'UE seront gelés et elles ne pourront plus avoir de relations avec les entreprises de l'UE, ni avoir accès aux marchés financiers européens.

Ces sanctions seront formellement endossées par les ministres des affaires étrangères de l'UE lors d'une réunion lundi à Bruxelles.

L'Union européenne a mis en place une opération navale, Irini, chargé de contrôler le respect de l'embargo de l'ONU. Elle a permis de "documenter" de nombreuses violations commises par la Turquie, ont souligné les diplomates.

Ces violations "minent le processus politique engagé pour mettre un terme au conflit en Libye", a expliqué l'un d'eux. Toutes les preuves de ces violations sont par ailleurs transmises à l'ONU qui peut aussi décider de sanctions, a-t-il précisé.

La Libye est déchirée par un conflit entre deux pouvoirs rivaux: le Gouvernement d'union nationale (GNA), reconnu par l'ONU et basé à Tripoli, et le maréchal Haftar, qui règne sur l'Est et une partie du Sud.

Le premier est soutenu par la Turquie, qui a des militaires sur place, et le second par l'Egypte voisine, les Emirats arabes unis et la Russie.
(AFP, 18 septembre 2020)

Impactés par le virus, les fastueux mariages ne sont pas à la noce

Avec sa coiffure de cérémonie et son maquillage, Ayse Keles est une ravissante mariée. Elle est soulagée d'avoir réussi à organiser à temps ses noces avant l'entrée en vigueur des nouvelles restrictions pour lutter contre la propagation du Covid-19 en Turquie.

"Ma meilleure amie a dû reporter cinq fois son mariage", raconte cette jeune femme de 28 ans dans sa robe de mariée blanche en train de se préparer pour une séance photo sur la rive asiatique d'Istanbul.

Les unions hors mariage étant plutôt mal vues dans ce pays à majorité musulmane, des cérémonies de mariage fastueuses avec des gâteaux géants, des robes scintillantes et des fêtes dignes des contes de Mille et Une nuits deviennent pour beaucoup un "must" avant d'entamer leur vie de couple.

Mais ces cérémonies joyeuses ont attiré les foudres du gouvernement lorsque des vidéos de célébration sans masque, avec des danses traditionnelles en ronde, sont devenues virales alors que la Turquie connaît une recrudescente de cas de Covid-19 depuis plusieurs semaines.

A Trabzon, sur les rives de la Mer noire, des dizaines de personnes ayant participé à une soirée de henné, une célébration traditionnelle de la dernière nuit de la mariée, ont tous été mis en quarantaine après qu'un des invités a été diagnostiqué positif au Covid-19.

Le gouvernement a finalement décidé le 4 septembre de limiter toutes les cérémonies de mariage, de fiançailles ou de circoncision à une heure maximum et d'interdire les danses et le service de repas.

Ayse Keles a pu épouser Alp Colak le 21 août, donc avant la mise en place du nouveau train de restrictions, mais avec deux mois de retard sur la date initialement prévue, en raison des incertitudes qui planaient sur le sort des cérémonies.

"Je sais bien qu'aujourd'hui, même une cérémonie réduite relève du rêve", acquiesce Alp Colak, le marié.

-"Les mariées du Corona"-

Selon le ministre de la Santé Fahrettin Koca, la Turquie est en train de traverser le "second pic de la première vague" de la pandémie qui a coûté la vie à près de 7000 personnes dans le pays.

"Le laisser-aller pendant les fêtes religieuses et les mariages" aurait contribué à la hausse du nombre de cas d'après M. Koca.

L'incertitude entourant les mariages est particulièrement traumatisante pour de nombreux couples turcs qui doivent continuer à vivre avec leurs parents avant de devenir officiellement mari et femme.

"Tous les couples veulent avoir un mariage digne d'un conte de fée. Mais nous, les mariées du Corona de 2020, nous sommes toutes préoccupées", affirme Mme Keles.

La Turquie enregistre environ 600.000 mariages par an et l'organisation de la cérémonie coûte à certains foyers leur revenu annuel.

Des pièces d'or, des bijoux et de l'argent sont offerts aux couples par les invités pour les aider à éponger d'éventuelles
dettes.

"Nous parlons d'un secteur de 60 milliards de livres turques (6,7 milliards d'euros) si on prends en compte que les couples dépensent environ 100 000 livres turques (11 000 euros) pour un mariage", explique Emek Kirbiyik, qui dirige dugun.com, un site d'organisation de mariages.

"35% des mariages prévus cette année ont été reportés à l'année prochaine, ajoute-t-il.

Zeynep Ece Dundar, une organisatrice de mariage basée à Istanbul, raconte qu'elle a pu seulement organiser 10 cérémonies cette année contre 70 en 2019.

"On arrive difficilement à joindre les deux bouts", affirme-t-elle.

-"Bouc émissaire"-

Pourtant, certaines cérémonies géantes peuvent toujours avoir lieu, surtout si elles impliquent des hautes personnalités.

Cemil Yaman, un député de l'AKP, le parti au pouvoir, a pu organiser un mariage avec 1500 invités pour son fils après l'entrée en vigueur des restrictions.

"On a servi des repas parce qu'on avait des invités venant de villes lointaines", a-t-il déclaré aux médias turcs. "Sinon ils se seraient plaints qu'on ne leur a pas donné à manger".

Le président Recep Tayyip Erdogan n'a pas, au moins publiquement, désavoué M. Yaman, mais il a appelé les Turcs à "renoncer aux mariages et aux cérémonies avec repas".

Mais pour M. Kirbiyik, restreindre les mariages pour lutter contre la pandémie alors que d'autres secteurs, comme les cafés et les restaurants, continuent leurs activités revient à essayer de "remplir un seau troué"

"Si les mesures doivent être prises, elles doivent l'être pour tout le monde", affirme-t-il. "Les mariages ne doivent pas devenir des boucs émissaires".
(AFP, Fulya OZERKAN, 13 septembre 2020)

Les femmes déterminées à défendre une convention menacée contre la violence

Hasret a failli payer de sa vie l'indulgence supposée des forces de l'ordre turques lorsqu'il s'agit de prévenir la violence contre les femmes. Son ex-mari n'a jamais été inquiété malgré maintes plaintes qu'elle a portées pour coups, blessures et menaces de mort.

Son mari, qui refusait à l'époque le divorce, est resté en liberté même après avoir poignardé Hasret à 43 reprises avec un tournevis.

Il a finalement été arrêté en 2014 sur la base d'un rapport médical prouvant que les coups auraient pu être mortels. Mais les "mini-jupes" et les sorties nocturnes de Hasret ont été considérées comme une "circonstance atténuante" par le tribunal qui a condamné son ex-mari à onze ans de prison au lieu de vingt qui étaient requis.

Selon la plateforme "Nous mettrons fin aux féminicides", 474 femmes ont été tuées en Turquie en 2019, contre 440 en 2018 et 180 en 2010. Pour les militants féministes, le laxisme des autorités pour faire appliquer les lois contre les violences envers les femmes sont à l'origine de cette hausse.

Dans ce contexte, l'annonce récente par le président turc Recep Tayyip Erdogan d'un éventuel retrait de la Turquie de la Convention d'Istanbul, un traité international ratifié en 2011 visant à mieux lutter contre les violences domestiques, a suscité des inquiétudes.

- "Peur de perdre nos droits"-

Des associations conservatrices radicales demandent le retrait d'Ankara, estimant que le traité "nuit aux valeurs familiales" et "banalise l'homosexualité".

"Lorsque j'entends ces débats, une peur de perdre nos droits m'envahit", dit Hasret. "Mais les femmes ne se laisseront pas faire".

Des milliers de femmes manifestent en effet depuis plusieurs semaines à travers la Turquie pour demander au gouvernement de sauvegarder la Convention d'Istanbul.

La mobilisation dépasse le clivage entre religieux et laïcs. Des femmes conservatrices, ayant voté ou non pour l'AKP (le parti islamo-conservateur au pouvoir), se battent aussi pour la convention, de peur de voir leurs droits se détériorer.

"Les détracteurs de la convention ont été surpris de la vive opposition des femmes conservatrices à l'idée du retrait", estime l'écrivaine et activiste Berrin Sonmez.

Même l'association de Sumeyye Erdogan, la fille du président turc, a annoncé son soutien au traité, au prix de vives attaques et insultes.

"Avec l'arrivée au pouvoir de l'AKP, les femmes conservatrices ont pu accéder à un statut social qu'elles n'avaient pas auparavant. Mais elles se rendent compte que les hommes politiques qu'elles ont soutenus sont prêts à les sacrifier. Elles ne veulent pas perdre leurs droits", analyse Mme Sonmez.

- Forte mobilisation -

Selon un sondage de l'institut Metropoll effectué en juillet, seulement 17% des Turcs soutiendraient un retrait de la convention d'Istanbul.

L'émotion suscitée par de nombreux meurtres récents de jeunes femmes par des hommes, ainsi que la forte mobilisation des femmes à travers la Turquie, jouent un rôle dans cette sensibilisation.

Les tentatives du gouvernement de rogner les droits des femmes au nom de "la protection de la famille", comme l'abaissement de l'âge légal du mariage, ont toutes rencontré une vive opposition.

"Le mouvement des femmes est le seul à avoir fait reculer le pouvoir depuis la tentative du coup d'Etat en 2016", estime Adile Dogan, présidente de l'Association de solidarité entre les femmes d'Esenyali.

Dans cette banlieue défavorisée d'Istanbul, où de nombreux habitants se sont trouvés au chômage à la cause de la pandémie de Covid-19, la violence envers les femmes est en hausse.

"En deux mois seulement, 300 femmes victimes de violences ont fait appel à nous", raconte Mme Dogan.

Même si les autorités sont accusées de traîner les pieds pour ne pas entièrement l'appliquer, la convention d'Istanbul représente des avancées concrètes pour les femmes, estime cette activiste.

"Avant la convention, les procureurs mettaient parfois plus d'un mois pour établir un ordre de protection. Maintenant on peut les obtenir immédiatement", explique-t-elle.

Selon des observateurs, la forte mobilisation pour la sauvegarde du traité aurait poussé le gouvernement à envisager d'émettre une réserve, sans pourtant s'en retirer. Autre option étudiée: la Turquie élaborerait sa propre convention, en éliminant toute référence aux LGBT et aux unions hors mariage.

"Des tentatives similaires visant à inventer une convention conforme aux "valeurs familiales" existent dans d'autres pays autoritaires comme la Pologne ou la Russie", explique Berrin Sonmez. "Mais nous n'accepterons jamais un abandon de la convention d'Istanbul".
(AFP, 10 septembre 2020)

Turkey debates dropping landmark women’s treaty

Just as Turkey began debating leaving the world's first treaty prosecuting femicide and domestic abuse, a jealous killer set a woman's body on fire and covered it in cement.

Pinar Gultekin’s murder in July shocked the mostly Muslim but secular country, quite possibly helping stall its departure from the 2011 Istanbul Convention — a document once lauded by the government of then prime minister Recep Tayyip Erdogan.

Gultekin’s confessed killer, Cemal Metin Avci, claimed to be the 27-year-old university student’s boyfriend, acting “in a moment of anger”.

Gultekin’s family denies this, accusing him of being a stalker who became enraged when she blocked him on social media after discovering he already had a wife.

“In a period where violence against women and femicides are increasing, it would be bad legally to withdraw from the convention,” the Gultekin family’s lawyer, Rezan Epozdemir, told AFP.

“This planned, organised murder should be punished with aggravated life imprisonment,” the lawyer said.

Instead, Turkish feminists fear Avci, once tried, could avoid jail thanks to “good behaviour”, which has in the past included things such as wearing a clean shirt in court.

Turkish society split

Gultekin is one of 209 women killed in the first eight months of 2020 in Turkey, where the rate of femicide is rising each year, according to the We Will Stop Femicide women’s rights group.

Only three weeks before her death, Numan Kurtulmus, a top official in Erdogan’s ruling party, raised the prospect of dropping the treaty Turkey took pride in helping craft.

Signed by 43 countries and the EU, the convention requires governments to adopt legislation prosecuting domestic violence and similar abuse.

For Turkish conservatives, who have been on the political ascent in the years since the treaty went into force, these laws hurt family unity and encourage divorce.

Some, including Kurtulmus, claim that the treaty’s references to equality are being used by the LGBT community to gain broader acceptance in society.

But to Berrin Sonmez, a Muslim feminist and activist, such charges mask “hostility to women” and gender equality.

This divide runs across Turkish society and even splits the family of Erdogan.

The president’s younger daughter Sumeyye Erdogan Bayraktar, who is the deputy head of the Women and Democracy Association, published a piece defending the convention in August.

But Bilal Erdogan, the president’s younger son, sits on the advisory board of the Turkish Youth Foundation, which recommended dropping the treaty in July.

‘No contradiction’

The debate grabbed headlines when Kurtulmus, who is the deputy chairman of Erdogan’s Justice and Development Party (AKP), declared on July 2 that Turkey was “wrong” to ever sign up.

Pundits thought Erdogan might announce Turkey’s plans to withdraw at a party conference on August 5.

That meeting ended up being postponed after the discovery of Gultekin’s remains.

When the party did meet on August 18, AKP spokesman Omer Celik said only that “work continues on the issue”.

“We don’t see a contradiction in strengthening women and protecting families,” he said.

Fearing that this means Turkey’s withdrawal is imminent, the convention’s defenders are trying to raise public awareness, which appears thin on the ground.

One poll last month found seven percent of those surveyed believed Turkey should withdraw and 36 percent said it should stay — but 57 percent said they had no opinion at all.

Sonmez, the feminist activist, said awareness was growing with every week.

“The public now knows it better than (the government) wanted them to,” she told AFP.

The main opposition Republican People’s Party (CHP) has launched a street campaign across Istanbul’s 39 districts, plastering them with posters and organising rallies that have drawn thousands.

Anger over a possible withdrawal has spilled out online, where women have shared black and white photos demanding the convention’s enforcement.

‘Makes me worry’

Survivors of domestic violence watch the debates with alarm.

Hasret Camoglu, who suffered years of abuse after her arranged marriage at the age of 16 went wrong, said her husband had only been sentenced once, to 120 days in jail, which the court converted into a financial penalty.

The attacks continued until he assaulted her with a screwdriver in front of the couple’s children. She suffered life-threatening injuries, and the husband was put behind bars for 11 years.

“When I hear debates over the convention, it makes me worry that our rights will be taken away,” Camoglu told AFP.

Before he was jailed, Camoglu’s ex-husband was one of many Turkish men who succeeded in obtaining a lesser sentence for “good behaviour”.

She said he “gave excuses like the clothes I wore and the friends I met”, which the court accepted as mitigating factors.

Adile Dogan, an activist with the Esenyali Women’s Solidarity Association, said the convention has helped protect women, despite systemic failures in court.

“The period before and after the convention is very different,” Dogan said. “Protection orders are now immediately given.” (24matins.uk,  10 Sept 2020)

La Turquie prolonge sa recherche d'hydrocarbures malgré les appels à y mettre fin

La Turquie a annoncé lundi l'extension de ses recherches gazières dans une zone riche en hydrocarbures en Méditerranée orientale, faisant fi des appels internationaux à apaiser les tensions avec la Grèce.

Les activités d'Oruç Reis, accompagné de deux autres navires sismiques Cengizhan et Ataman, ont été prolongées jusqu'au 12 Septembre, a annoncé la marine turque dans une notice maritime (Navtex).

Le déploiement initial de l'Oruç Reis au sud de l'île grecque de Kastellorizo le 10 août avait suscité l'ire d'Athènes et déclenché une escalade des tensions entre les deux pays.

Quelques heures avant l'annonce de la marine turque, le président Recep Tayyip Erdogan a affirmé, lundi, qu'Oruç Reis "continuait ses activités avec détermination".

"Si Dieu le permet, nous espérons en peu de temps avoir de bonnes nouvelles provenant de la Méditerranée, comme nous avons eu de la mer Noire", a-t-il affirmé, en référence à la récente découverte par la Turquie en mer Noire d'une réserve de gaz naturel estimée à 320 milliards de mètres cubes.

La Turquie et la Grèce se disputent le partage de réserves gazières découvertes ces dernières années en Méditerranée orientale.

Athènes soutient que le droit d'exploiter les ressources naturelles autour de ses îles situées à proximité des côtes turques lui appartient. Mais Ankara refuse, estimant que cela reviendrait à priver la Turquie de dizaines de milliers de km2 de mer et à l'"emprisonner à l'intérieur de ses côtes".

Préoccupée par des tensions croissantes, l'Union européenne a menacé vendredi d'infliger de nouvelles sanctions à la Turquie en cas d'absence de progrès dans le dialogue entre Ankara et Athènes.

"Nous ne céderons jamais à la piraterie et le banditisme en Méditerranée et en mer Egée", a affirmé M. Erdogan lundi.
(AFP, 1 septembre 2020)

Relations turco-européennes / Turkey-Europe Relations

Macron appelle Erdogan à s'engager "sans ambiguïté" pour la désescalade

Le président français Emmanuel Macron a demandé mardi à son homologue turc Recep Tayyip Erdogan de s'engager "sans ambiguïté" pour la désescalade des vives tensions avec la Grèce et Chypre, pays de l'UE, en Méditerranée orientale.

Dans un entretien téléphonique, M. Macron "a appelé la Turquie à respecter pleinement la souveraineté des Etats membres de l'Union européenne ainsi que le droit international, à s'abstenir de toute nouvelle action unilatérale de nature à provoquer des tensions, et à s'engager sans ambiguïté dans la construction d'un espace de paix et de coopération en Méditerranée", selon la présidence française.

De son côté, la présidence turque a dit que le président Erdogan a fait savoir qu'"il attendait de la France du bon sens et une attitude constructive dans ce processus", a annoncé la présidence turque, alors que la Turquie et la Grèce viennent de se dire prêtes à entamer des négociations. Paris a apporté son soutien à Athènes dans cette crise.

Le président français a aussi "appelé à ce qu'un dialogue similaire dans le même esprit soit accepté par la Turquie avec la République de Chypre", selon l'Elysée.

Les relations entre les deux pays sont dégradées à cause des tensions en Méditerranée orientale où la France s'est impliquée en faveur de la Grèce et Chypre, mais aussi à cause de la crise libyenne où la Turquie parraine un des partis belligerants et est accusé par Paris de ne pas respecter l'embargo international sur les armes.

Le président français "a également appelé la Turquie à respecter pleinement l'embargo sur les armes en Libye dans le cadre défini par les Nations unies, ainsi que les intérêts de sécurité de ses alliés en Syrie".

"Les deux chefs de l'Etat ont décidé de poursuivre leur dialogue régulier sur ces sujets à leur niveau ainsi qu'au niveau ministériel", selon le communiqué de l'Elysée.
(AFP, 22 septembre 2020)

Erdogan refute "le language de la menace" et s'en prend à Macron

Le président turc Recep Tayyip Erdogan s'en est pris jeudi à son homologue français Emmanuel Macron, le qualifiant d'"ambitieux incapable" en raison de son ferme soutien à la Grèce dans la crise qui l'oppose à la Turquie en Méditerranée orientale.

Lors d'une vidéoconférence avec les dirigeants locaux de son parti, le président turc a justifié sa politique étrangère musclée et s'en est pris particulièrement au chef de l'Etat français qui a multiplié récemment les critiques à son encontre.

"Pourquoi la Turquie est-elle en Syrie, en Libye, en Méditerranée orientale, se demandent certains. (...) Si la Turquie renonce à tout, la France pourrait-elle se débarrasser du désordre que l'ambitieux incapable qui la dirige a provoqué et embrasser une politique de bon sens?", a-t-il affirmé.

Les relations entre Paris et Ankara se sont considérablement détériorées ces dernières semaines en raison du soutien apporté par la France à la Grèce dans le conflit qui l'oppose à la Turquie en Méditerranée orientale.

La Turquie revendique le droit d'exploiter des gisements d'hydrocarbures dans une zone maritime qu'Athènes estime relever de sa souveraineté. Les deux pays ont montré leurs muscles à coups de déclarations martiales, de manoeuvres militaires et d'envois de navires sur zone.

La France a clairement affiché son soutien à la Grèce en déployant des navires de guerre et des avions de combat dans la région, une initiative vivement dénoncée par le président turc.

Le ton entre les deux pays est monté la semaine dernière lorsque le chef de l'Etat français a déclaré que "le peuple turc qui est un grand peuple mérite autre chose", dans une apparente allusion aux actions du gouvernement turc et à leurs conséquences.

Lors d'un deuxième discours, M. Erdogan a affirmé que son pays, que l'UE menace de sanctions, ne plierait pas devant "le langage de la menace".

"Nos interlocuteurs ont compris que le langage de la menace ne mène à rien et que la Turquie ne se soumettra pas au chantage et au banditisme", a-t-il dit

Il a aussi réitéré le refus de la Turquie d'être "emprisonnée à l'intérieur de ses côtes alors qu'elle dispose du plus long littoral sur la Méditerranée", une formule utilisée par les officiels turcs à l'appui des revendications maritimes d'Ankara.
(AFP, 17 septembre 2020)

L'UE demande le départ d'un navire turc de la zone maritime de Chypre

L'Union européenne a demandé mercredi le départ du Yavuz, un autre navire de prospection turc, de la zone maritime de Chypre, pour mettre fin aux tensions en Méditerranée orientale.

"Le récent retrait du navire de recherche Oruç Reis est une étape importante qui ouvre la voie à un dialogue significatif entre la Grèce et la Turquie. L'UE appelle également à une décision similaire en ce qui concerne Chypre", a annoncé le porte-parole de Josep Borrell, le chef de la diplomatie européenne.

La poursuite de la mission du navire de forage Yavuz "va alimenter les tensions et l'insécurité en Méditerranée orientale à un moment où il est possible de poursuivre une désescalade immédiate et de reprendre le dialogue et les négociations, ce qui est la seule voie vers des solutions durables", a souligné le porte-parole Peter Stano.

La crise en Méditerranée orientale est au programme d'un sommet européen les 24 et 25 septembre à Bruxelles avec, à la clé, la menace de sanctions contre la Turquie.

"Nous devons être très fermes lorsqu'il s'agit de défendre les droits de tous les Etats membres (de l'UE), y compris Chypre", a déclaré mercredi le président du Conseil européen Charles Michel après un entretien à Chypre avec le président Nicos Anastasiades.

La Turquie revendique le droit d'exploiter des gisements d'hydrocarbures dans des zones maritimes relevant de la souveraineté de la Grèce et de Chypre, divisée depuis l'invasion de son tiers nord par l'armée turque en 1974.
(AFP, 16 septembre 2020)

Tensions en Méditerranée: Charles Michel apporte le soutien de l'UE à Chypre

Le président du Conseil européen Charles Michel a exprimé mercredi à Nicosie l'engagement de l'Union européenne à défendre les droits de Chypre dans son bras de fer avec la Turquie à propos des droits d'exploration gazière en Méditerranée.

La Grèce et l'île méditerranéenne de Chypre sont en première ligne face à la Turquie, qui revendique le droit d'exploiter des gisements d'hydrocarbures dans une zone maritime qu'Athènes estime relever de sa souveraineté. Le déploiement le 10 août d'un navire de prospection sismique turc, l'Oruc Reis, dans des eaux revendiquées par Athènes a mené à une escalade des tensions.

Ce navire est rentré au port pour des travaux de routine selon Ankara. Mais un autre navire turc, le Yavuz, continue toujours ses activités de sondage en Méditerranée orientale malgré les protestations internationales.

La crise en Méditerranée orientale est au programme d'un sommet européen les 24 et 25 septembre à Bruxelles avec, à la clé, la menace de sanctions contre la Turquie.

"L'UE est solidaire de Chypre qui fait face à une situation grave. Pour cela nous avons décidé d'appeler à un sommet sur les liens avec la Turquie", a déclaré M. Michel à des journalistes après un entretien avec le président Nicos Anastasiades.

"Nous devons être très fermes lorsqu'il s'agit de défendre les droits de tous les Etats membres (de l'UE), y compris Chypre", a-t-il dit.

Avant lui, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a mis en garde la Turquie contre toute tentative d'"intimidation" de ses voisins dans le conflit gazier en Méditerranée orientale.

M. Anastasiades a évoqué une période "extrêmement inquiétante", en accusant "la Turquie de continuer à violer les zones maritimes" de Chypre avec des forages "illégaux".

Pour lui, l'UE doit se montrer prête à agir pour défendre les droits de ses membres.

Chypre est divisée depuis l'invasion de son tiers nord par l'armée turque en 1974 après un coup d'Etat visant à rattacher l'île à la Grèce. La République de Chypre n'exerce son autorité que sur les deux tiers sud du territoire tandis que l'autoproclamée République turque de Chypre-Nord n'est reconnue que par la Turquie.
(AFP, 16 septembre 2020)

Von der Leyen met en garde Ankara contre toute tentative d'"intimidation" de ses voisins

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a mis en garde la Turquie mercredi contre toute tentative d'"intimidation" de ses voisins dans le conflit gazier qui l'oppose à la Grèce en Méditerranée orientale.

"La Turquie est un voisin important et le sera toujours. Mais si nous sommes géographiquement proches, la distance entre nous semble ne cesser de croître", a-t-elle déclaré lors de son discours-programme annuel sur l'état de l'Union européenne devant le Parlement européen.

"Oui, la Turquie se situe dans une région qui connaît des troubles. Et oui, elle reçoit des millions de réfugiés, pour l'accueil desquels nous versons une aide financière considérable. Mais rien de tout cela ne justifie les tentatives d'intimidation de ses voisins", a ajouté la dirigeante allemande.

La Grèce et la Turquie se disputent des zones en Méditerranée orientale potentiellement riches en gaz naturel. La tension s'est aggravée fin août, lorsqu'elles ont effectué des manoeuvres militaires rivales.

"Nos États membres, Chypre et la Grèce, pourront toujours compter sur une solidarité totale de l'Europe pour protéger leurs droits légitimes en matière de souveraineté", a promis Ursula von der Leyen.

"La désescalade en Méditerranée orientale est dans notre intérêt mutuel", a-t-elle poursuivi. "Il n'y a qu'une voie à suivre: se garder d'agir unilatéralement et reprendre les pourparlers en toute bonne foi, car c'est la voie qui mène vers la stabilité et les solutions durables."

La France a clairement affiché son soutien à la Grèce en déployant des navires de guerre et des avions de combat dans la région, une initiative vivement dénoncée par Ankara.

Le navire d'exploration turc au centre des tensions a finalement regagné la côte turque dimanche, ouvrant peut-être la voie à un apaisement entre les deux pays.

Il s'agit d'"une étape dans la bonne direction", "nécessaire pour créer l'espace indispensable au dialogue", a estimé Mme von der Leyen.

La crise en Méditerranée orientale est au programme d'un sommet européen les 24 et 25 septembre à Bruxelles avec, à la clé, la menace de sanctions contre la Turquie.
(AFP, 16 septembre 2020)

Erdogan avertit Macron de ne pas "chercher querelle à la Turquie"

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a averti samedi son homologue français Emmanuel Macron de "ne pas chercher querelle à la Turquie" alors que la tension monte entre les deux pays à propos de la situation en Méditerranée orientale.

"Ne cherchez pas querelle au peuple turc, ne cherchez pas querelle à la Turquie", a lancé M. Erdogan dans un discours télévisé à Istanbul, en référence aux sévères critiques émises par M. Macron envers Ankara dans le cadre du conflit entre la Turquie et la Grèce à propos de la prospection pétrolière en Méditerranée.

Emmanuel Macron et ses six homologues du sud de l'UE ont exhorté jeudi la Turquie à cesser sa politique de "confrontation" en Méditerranée orientale et l'ont menacée de sanctions européennes si Ankara continue à contester les droits d'exploration gazière de la Grèce et de Chypre dans la zone.

M. Macron avait aussi estimé que le gouvernement turc "avait aujourd'hui des comportements inadmissibles" et devait "clarifier ses intentions".

M. Erdogan a exhorté samedi la Grèce à "se tenir à l'écart" des actions "erronées" soutenues par des pays comme la France en Méditerranée orientale. La France a intensifié sa présence militaire dans cette zone le mois dernier.

"M. Macron, vous n'avez pas fini d'avoir des ennuis avec moi", a lancé le président turc, en s'en prenant pour la première fois directement et nommément à son homologue.

M. Erdogan l'a aussi accusé de "manquer de connaissances historiques" et a estimé que la France "ne pouvait pas donner de leçon d'humanité" à la Turquie en raison de son passé colonial en Algérie et de son rôle dans le génocide de 1994 au Rwanda.

La Turquie revendique le droit d'exploiter des gisements d'hydrocarbures dans une zone maritime qu'Athènes estime relever de sa souveraineté. Ces dernières semaines, les deux pays ont montré leurs muscles à coups de déclarations martiales, de manoeuvres militaires et d'envois de navires sur zone.

La France a clairement affiché son soutien à la Grèce en déployant des navires de guerre et des avions de combat dans la région, une initiative vivement dénoncée par le président turc.
(AFP, 13 septembre 2020)

Ankara dénonce la déclaration "biaisée" des pays du sud de l'UE

La Turquie a dénoncé vendredi la déclarations finale "biaisée" de sept dirigeants de pays du sud de l'Union européenne qui ont menacé jeudi Ankara de sanctions en raison de ses actions en Méditerranée orientale.

"Les éléments contenus dans la déclaration finale en lien avec la Méditerranée orientale et la question de Chypre sont biaisés, déconnectés de la réalité et dépourvus de base juridique", a déclaré dans un communiqué le porte-parole du ministère turc des Affaires étrangères, Hami Aksoy.

Le président français Emmanuel Macron et ses six homologues du sud de l'UE ont exhorté jeudi la Turquie à cesser sa politique de "confrontation" en Méditerranée orientale, agitant le spectre de sanctions européennes si Ankara continue à contester les droits d'exploration gazière de la Grèce et de Chypre dans la zone.

"Nous soutenons que si la Turquie ne progresse pas sur la voie du dialogue et ne met pas un terme à ses activités unilatérales, l'UE est prête à élaborer une liste de mesures restrictives supplémentaires qui pourraient être évoquées lors du Conseil européen des 24 et 25 septembre 2020", ont convenu les sept dirigeants dans la déclaration finale du sommet du Med7 (France, Grèce, Italie, Espagne, Chypre, Malte, Espagne, Portugal) qui s'est tenu sur l'île française de Corse.

La Turquie et la Grèce, toutes deux membres de l'Otan, se déchirent à propos de gisements d'hydrocarbures en Méditerranée orientale, dans une zone qu'Athènes estime relever de sa souveraineté.

Le 10 août, la Turquie a envoyé un navire de prospection sismique accompagné de navires de guerre dans les eaux entre la Grèce et Chypre, ce qui a poussé Athènes à lancer des manoeuvres navales pour défendre son territoire maritime.

La France a clairement affiché son soutien à la Grèce en déployant des navires de guerre et des avions de combat dans la région, une initiative vivement dénoncée par le président turc Recep Tayyip Erdogan.

Le porte-parole turc a invité la Grèce à "renoncer à ses revendications illégales et maximalistes sur la zone maritime" et à "s'asseoir à la table de négociation sans conditions préalables".

Jeudi, la Turquie avait dénoncé des déclarations "arrogantes" de M. Macron critiquant les actions d'Ankara en Méditerranée orientale et accusé le président français de "mettre en péril" les intérêts de l'Europe en s'alignant sur les positions grecques.

Dans une apparente allusion aux actions du gouvernement turc et leurs conséquences, M. Macron avait aussi affirmé que "le peuple turc qui est un grand peuple mérite autre chose".

Ces propos, perçus par Ankara comme une tentative de dresser le peuple turc contre le président Erdogan, ont été vivement dénoncés jeudi par la présidence turque et le ministère des Affaires étrangères.
(AFP, 11 septembre 2020)

7 pays du sud de l'Europe menacent la Turquie de sanctions

Le président français Emmanuel Macron et ses six homologues du sud de l'Union européenne (UE) ont exhorté jeudi la Turquie à cesser sa politique de « confrontation » en Méditerranée orientale, agitant le spectre de sanctions européennes si Ankara continue à contester les droits d'exploration gazière de la Grèce et de Chypre dans la zone.

"Nous soutenons que, si la Turquie ne progresse pas sur la voie du dialogue et ne met pas un terme à ses activités unilatérales, l'UE est prête à élaborer une liste de mesures restrictives supplémentaires qui pourraient être évoquées lors du Conseil européen des 24 et 25 septembre 2020", ont convenu les sept dirigeants dans la déclaration finale du sommet du Med7 (France, Grèce, Italie, Espagne, Chypre, Malte, Portugal) qui s'est tenu sur l'île française de Corse.

Les dirigeants européens n'auront "pas d'autres choix" que d'imposer des "sanctions significatives" à la Turquie si celle-ci "refuse d'entendre raison", avait déjà martelé le premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis avant le sommet.

La Grèce et Chypre sont en première ligne face à la Turquie, qui revendique le droit d'exploiter des gisements d'hydrocarbures dans une zone maritime qu'Athènes estime relever de sa souveraineté, affirmant, avec ses homologues, qu'Ankara viole le droit.

Ces dernières semaines, ces pays ont montré leurs muscles à coups de déclarations martiales, de manœuvres militaires et d'envois de navires dans la zone.

La France a clairement affiché son soutien à la Grèce en déployant des navires de guerre et des avions de combat dans la région, une initiative vivement dénoncée par le président turc.

Citant la Turquie, mais aussi la Russie, le président Macron a une nouvelle fois dénoncé jeudi le "jeu hégémonique de puissances historiques" en Méditerranée, de la Libye à la Syrie, et plaidé pour une "Pax Mediterranea".

Il y a de "vrais risques de déstabilisation de la Méditerranée en raison des menaces de la Turquie", a renchéri son homologue chypriote Nicos Anastasiades, appelant l'UE à "utiliser tous les moyens" dont "elle dispose pour éviter un conflit catastrophique pour toute la région".

Consensus européen difficile contre Ankara

La France, particulièrement offensive face à la Turquie, ainsi que la Grèce doivent encore convaincre des partenaires européens parfois frileux sur l'opportunité d'une riposte alors qu'Ankara menace régulièrement d'utiliser le levier migratoire à l'encontre de l'UE.

"L'Europe doit avoir une voix plus unie et plus claire" face à la Turquie, a insisté Emmanuel Macron avant le sommet, appelant à la "fermeté" face à des "comportements inadmissibles".

La Turquie "n'est plus un partenaire dans cette région", a-t-il ajouté, tout en soulignant son "souhait profond" de "réengager un dialogue fécond".

La France assure bénéficier d'un soutien "croissant" au sein de l'UE face à la Turquie, après s'être retrouvée assez isolée sur ce dossier à l'OTAN.

Cinq bateaux en escortent un sixième.

Le navire sismique turc Oruç Reis escorté par des bateaux de la marine turque.

La présidence turque a aussitôt répliqué contre le président français, ironisant sur le "prétendu Napoléon et sa campagne méditerranéenne" dans un tweet de son directeur de la communication.

Le ministère turc des Affaires étrangères a dénoncé pour sa part les "déclarations arrogantes, dans un vieux réflexe colonialiste" du président français, l'accusant de "mettre en péril" les intérêts de l'Europe.

D'ici le sommet des 24 et 25 septembre, les Européens espèrent pousser la Turquie à discuter les termes d'un accord avec la Grèce sous médiation allemande.

"Nous voulons envoyer un message clair pour un dialogue véritable. Nous pensons que ce dialogue authentique est possible, nous pensons qu'il est possible de suivre la voie de la désescalade", a déclaré le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, dans une main tendue à Ankara.

"Ces négociations n'ont pas pu reprendre fin août, puisque les Turcs ne sont pas revenus à la table des négociations", a souligné l'Élysée.

Les discussions doivent notamment porter sur la délimitation des zones exclusives en Méditerranée orientale.

La Turquie exhorte pour sa part l'UE à rester "impartiale", assurant que la menace de sanctions n'aidera "pas à résoudre le problème".
(AFP, 11 septembre 2020)

UE: Charles Michel envisage une "conférence multilatérale" avec Ankara

Le président du Conseil européen, Charles Michel, a évoqué vendredi la possibilité d'organiser une "conférence multilatérale sur la Méditerranée orientale", avec la participation d'Ankara, pour tenter d'apaiser les tensions entre Grèce et Turquie.

"Nous avons déjà testé cette idée de manière informelle avec certains collègues européens et des collègues extérieurs. Avec la Turquie, également", a-t-il déclaré à la presse.

"Je ne dirais pas qu'il y a un +oui+ clair, mais il n'y a pas de réaction négative à ce sujet. La réaction a plutôt été: +Quelles sont les modalités ? Qui peuvent être les participants ? Quels seront les objectifs ?+", a-t-il ajouté.

Une telle conférence pourrait selon lui inclure "tous les pays impliqués dans les différentes discussions sur les frontières maritimes" en Méditerranée.

Outre cette question, la rencontre pourrait aussi se pencher sur les problèmes liés à l'énergie, à la sécurité ou aux migrations, a-t-il dit.

Les tensions entre Athènes et Ankara sont au plus haut depuis que la Turquie a déployé début août un bateau sismique, escorté de navires de guerre, pour procéder à des explorations au large de l'île grecque de Kastellorizo, à 2 km des côtes turques, dans une zone riche en hydrocarbures.

La situation s'est encore aggravée fin août quand les deux pays ont effectué des manoeuvres militaires rivales, Ankara avec les Etats-Unis puis la Russie, et Athènes avec la France, Chypre et l'Italie.

La crise en Méditerranée orientale est déjà au programme d'un sommet européen les 24 et 25 septembre à Bruxelles.

Charles Michel, qui se rendra avant cette rencontre en Grèce, à Chypre et à Malte, a réaffirmé vendredi "une solidarité totale" des Européens avec Athènes.

"Nous n'acceptons pas de comportements unilatéraux non conformes au droit international de la part de la Turquie", a-t-il insisté, souhaitant développer une "approche de la carotte et du bâton" avec Ankara.

"Nous sommes prêts à réagir si nous avons le sentiment de ne pas être respectés", a-t-il souligné.
 L'UE a menacé la Turquie de sanctions s'il n'y a pas de dialogue avec Athènes pour résoudre la crise.

M. Michel a précisé avoir "testé l'idée" de cette conférence multilatérale avec le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg.

Ce dernier a annoncé jeudi soir que la Grèce et la Turquie avaient "convenu d'entamer des pourparlers techniques à l'Otan" pour entamer une désescalade, mais Athènes a immédiatement démenti.

"La désescalade n'aura lieu qu'avec le retrait immédiat de tous les navires turcs du plateau continental grec", ont insisté les autorités grecques.
(AFP, 4 septembre 2020)

Le président de la CEDH appelle la Turquie à exécuter les arrêts de la Cour

Le président de la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) a appelé jeudi Ankara à exécuter les arrêts de la Cour, lors d'une visite en Turquie qui suscite des critiques en raison des violations des droits humains reprochées au pouvoir turc.

Lors d'une rencontre avec le chef d'Etat turc Recep Tayyip Erdogan, le président de la CEDH, Robert Spano, a rappelé "l'obligation des États d'exécuter les arrêts de la Cour", a indiqué la CEDH sur Twitter.

Des défenseurs des droits humains reprochent à la Turquie de faire fi des arrêts de la CEDH dans de nombreux cas politiques, notamment dans ceux d'Osman Kavala, un mécène turc détenu pour "tentative de renversement du gouvernement" ou de Selahattin Demirtas, leader kurde emprisonné pour "terrorisme".

Osman Kavala est incarcéré depuis près de trois ans en dépit d'une demande de la CEDH de le libérer et d'un acquittement rendu par un tribunal turc.

Selahattin Demirtas est détenu depuis près de quatre ans, alors que la CEDH avait demandé sa libération en 2018.

Ankara justifie leur maintien en prison par de nouveaux chefs d'accusation.

"M. Spano pourra-t-il dire aux autorités qu'il est inadmissible de contourner les arrêts de la Cour en inventant de nouvelles charges?", se demandait Riza Turmen, ancien juge à la CEDH, dans une chronique publiée lundi sur le site d'information T24.

- Doctorat honoraire -

Lors de sa rencontre avec M. Erdogan, le président de la CEDH a souligné l'importance de l'indépendance du pouvoir judiciaire et de la liberté d'expression, selon un communiqué publié par la Cour.

Le juriste italo-islandais, qui a pris la tête de la CEDH en mai dernier, doit recevoir vendredi un doctorat honoraire de l'Université d'Istanbul.

L'annonce de cette distinction a suscité des critiques car des milliers d'universitaires ont été touchés par la vague de répression qui a suivi la tentative de coup d'Etat en 2016.

"Je ne suis pas sûr à quel point il est réjouissant de devenir un membre honoraire d'une institution qui a condamné des centaines d'universitaires au chômage et à la pauvreté en les virant de manière injuste", s'est indigné Mehmet Altan, écrivain et universitaire, dans une lettre ouverte à M. Spano.

M. Altan, qui avait été accusé d'être impliqué dans la tentative de coup d'Etat et emprisonné pendant près de deux ans, n'a pas pu retrouver son poste à l'université, malgré son acquittement.

Emma Sinclair-Webb, directrice de Human Rights Watch en Turquie, a exprimé sa "stupeur" que M. Spano ait accepté ce doctorat honoraire.

La Turquie arrive en tête des pays qui ont commis le plus de violations depuis la création de la CEDH en 1959, avec 3.224 condamnations.

A la suite de la tentative de coup d'Etat en 2016, de nombreux journalistes, universitaires, activistes et opposants ont été arrêtés et plusieurs médias interdits d'activité.

Actuellement, 92 journalistes sont derrière les barreaux, selon la Plateforme pour le journalisme indépendant.

"Une visite dans de telles circonstances s'adressant uniquement aux institutions étatiques peut signifier que vous tolérez ce qui se passe en Turquie", a indiqué l'Association des droits de l'homme dans une lettre ouverte à M. Spano.

Celui-ci devait aussi rencontrer vendredi et samedi des représentants de la société civile turque, dont le président du barreau d'Istanbul.
(AFP, 3 septembre 2020)

Une visite du président de la CEDH suscite des critiques

Le président de la Cour Européenne des droits de l'homme (CEDH), Robert Spano, a entamé jeudi en Turquie une visite qui suscite des critiques de défenseurs des droits humains en raison des violations reprochées au pouvoir turc.

M. Spano s'est entretenu jeudi avec le ministre turc de la Justice Abdulhamit Gul avant une rencontre prévue dans l'après-midi avec le président turc Recep Tayyip Erdogan.

Le juriste italo-islandais, qui a pris la tête de la CEDH en mai dernier, doit recevoir vendredi un doctorat honoraire de
l'Université d'Istanbul.

L'annonce de cette distinction a suscité des critiques, dans un contexte où des milliers d'universitaires ont été purgés dans la vague de répression qui a suivi la tentative de coup d'Etat en 2016.

"Je ne suis pas sûr à quel point il est réjouissant de devenir un membre honoraire d'une institution qui a condamné des centaines d'universitaires au chômage et à la pauvreté en les virant de manière injuste", s'est indigné Mehmet Altan, écrivain et universitaire, dans une lettre ouverte qu'il a adressée au président de la CEDH.

M. Altan, qui avait été accusé d'être impliqué dans la tentative du coup d'Etat et emprisonné pendant près de deux ans, n'a pas pu retrouver son poste à l'université, malgré son acquittement.

Des défenseurs des droits de l'homme ont aussi appelé le président de la CEDH à ne pas "cautionner" par sa visite l'instrumentalisation de la justice par les autorités turques pour punir les opposants.

L'Association des droits de l'homme (IHD) a notamment rappelé les cas d'Osman Kavala, un mécène turc détenu pour "tentative de renversement du gouvernement" et de Selahattin Demirtas, leader kurde, emprisonné pour "terrorisme".

Osman Kavala est incarcéré depuis près de trois ans en dépit d'une demande de la CEDH de le libérer et d'un acquittement rendu par un tribunal turc.

La Turquie arrive en tête des pays qui ont commis le plus de violations depuis la création de la CEDH en 1959, avec 3.645 condamnations.

La situation des droits humains a empiré dans le pays après la tentative du coup d'Etat en 2016. De nombreux journalistes, universitaires, activistes et opposants ont été arrêtés alors que plusieurs médias ont été interdits d'activité.

Actuellement, 92 journalistes sont derrière les barreaux, selon la Plateforme pour le journalisme indépendant.

"Une visite dans de telles circonstances s'adressant uniquement aux institutions étatiques peut signifier que vous tolérez ce qui se passe en Turquie", a indiqué l'Association des droits de l'homme dans une lettre ouverte adressée mercredi au président de la CEDH.

Robert Spano devrait aussi rencontrer vendredi et samedi des représentants de la société civile turque, dont le président du
barreau d'Istanbul.
(AFP, 3 septembre 2020)

Erdogan s'en prend aux dirigeants grecs et français, "cupides et incompétents"

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a qualifié dimanche de "cupides et incompétents" les dirigeants de la France et de la Grèce, dans un contexte de vives tensions entre Ankara, Athènes et Paris en Méditerranée orientale.

Ces déclarations virulentes interviennent alors que la Turquie célèbre dimanche le Jour de la victoire, une fête nationale marquant la mise en déroute des forces grecques par l'armée de Mustafa Kemal Atatürk, en 1922, lors de la guerre d'indépendance turque.

Un siècle plus tard, Ankara et Athènes, qui se disputent le partage des immenses ressources gazières en Méditerranée, font rouler les tambours de guerre, multipliant les manoeuvres navales sous les yeux d'une Europe préoccupée.

"Le peuple grec accepte-t-il ce qui risque de lui arriver à cause de ses dirigeants cupides et incompétents ?", a lancé M. Erdogan lors d'un discours à Ankara.

"Le peuple français sait-il le prix qu'il devra payer à cause de ses dirigeants cupides et incompétents ?", a-t-il ajouté.

Ces propos reflètent la volatilité de la situation en Méditerranée, après trois semaines d'une escalade déclenchée le 10 août par le déploiement d'un navire de recherche sismique turc dans des eaux revendiquées par Athènes.

"Lorsqu'il s'agit de combattre, nous n'hésitons pas à donner des martyrs (...) La question est la suivante: ceux qui s'érigent contre nous en Méditerranée et (au Proche-Orient) sont-ils prêts aux mêmes sacrifices ?", a déclaré M. Erdogan.

"A nos ennemis, nous disons +chiche !+", a-t-il poursuivi.

Les tensions entre Ankara et Athènes sont notamment cristallisées autour de la petite île grecque de Kastellorizo, située à deux kilomètres au large des côtes turques.

La Grèce soutient que le droit d'exploiter les ressources naturelles autour de cette île lui appartient, ce que la Turquie refuse.

La publication par la presse d'images montrant des militaires grecs arrivant à Kastellorizo ces derniers jours a suscité la colère d'Ankara.

"Ces provocations ne serviront en rien les intérêts de la Grèce. Si la Grèce continue de faire monter les tensions dans la région, c'est elle qui sera perdante", a déclaré dimanche le porte-parole du ministère turc des Affaires étrangères, Hami Aksoy, dans un communiqué.

- "Ligne rouge" -

Ankara, qui se montre inflexible face aux menaces de sanctions européennes, a par ailleurs annoncé samedi de nouvelles manoeuvres militaires au nord de l'île de Chypre.

Et le vice-président turc Fuat Oktay a mis en garde le même jour contre toute extension des eaux territoriales grecques à 12 milles marins, contre six actuellement. Ce serait un "casus belli", a-t-il déclaré.

Dans cette crise, la France a affiché son soutien à la Grèce en renforçant sa présence militaire en Méditerranée orientale.

Vendredi, le président français Emmanuel Macron a dit souhaiter réengager un "dialogue constructif" avec la Turquie, mais défendu une "politique de la ligne rouge" dès qu'il s'agit "de la souveraineté en Méditerranée".

Le ministère turc des Affaires étrangères a vivement dénoncé dimanche les propos de M. Macron.

"Ceux qui croient tracer des lignes rouges ne feront que constater notre détermination", a indiqué son porte-parole, M. Aksoy.

"Il est temps, pour ceux qui se voient dans un miroir grossissant, d'accepter la réalité : l'époque où les impérialistes traçaient les lignes sur les mappemondes est révolue", a-t-il ajouté.
(AFP, 31 août 2020)

Turquie-USA-OTAN / Turkey-USA-NATO

Ankara s'en prend à Pelosi, qui a cité la Turquie parmi les pays non-démocratiques

Le chef de la diplomatie turque a dénoncé vendredi "l'ignorance flagrante" de la présidente de la Chambre des représentants aux Etats-Unis Nancy Pelosi, qui avait cité la Turquie parmi les pays non-démocratiques en s'en prenant au président Donald Trump.

M. Trump s'était attiré jeudi des réactions outrées après avoir refusé de promettre un transfert pacifique du pouvoir si son rival Joe Biden l'emportait lors de la présidentielle américaine du 3 novembre, certains le comparant à un dictateur.

 Il faut "lui rappeler: +vous n'êtes pas en Corée du Nord, vous n'êtes pas en Turquie, vous n'êtes pas en Russie M. le président. Et d'ailleurs, vous n'êtes pas en Arabie saoudite. Vous êtes aux Etats-Unis d'Amérique. Nous sommes une démocratie", a ainsi martelé en conférence de presse la "Speaker" démocrate Nancy Pelosi.

En rangeant la Turquie parmi les pays qu'elle considère comme non-démocratiques, elle a suscité l'ire d'Ankara.

"Ce qui est vraiment inquiétant pour la démocratie américaine, c'est l'ascension de Nancy Pelosi pour devenir présidente de la Chambre des représentants, compte tenu de sa flagrante ignorance", a tweeté le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu.

"Vous allez apprendre à respecter la volonté du peuple turc", a-t-il ajouté à l'adresse de Mme Pelosi.

Accusé de dérive autoritaire par ses détracteurs, M. Recep Tayyip Erdogan, au pouvoir depuis 2003 d'abord en tant que Premier ministre avant de devenir président, a remporté toutes les élections nationales auxquelles il a participé. Ses victoires n'ont jamais été disputées par l'opposition.
(AFP, 25 septembre 2020)

Les Etats-Unis lèvent partiellement l'embargo sur les armes visant Chypre

Les Etats-Unis ont annoncé mardi qu'ils levaient pour un an un embargo vieux de plus de trente ans sur les ventes d'équipement militaire "non létal" à Chypre, suscitant la colère de la Turquie.

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo "a informé" dans un appel téléphonique le président de la République de Chypre, Nicos Anastasiades, "de sa décision de lever temporairement pour l'année budgétaire 2021 les restrictions sur l'exportation, la réexportation, le retransfert et l'importation temporaire d'articles de défense non létaux et de services de défense" soumis aux régulations internationales, a déclaré le département d'Etat dans un communiqué.

Le Congrès américain avait voté une disposition en ce sens en décembre.

Les Etats-Unis avaient imposé cet embargo en 1987, dans l'espoir d'encourager une réunification de l'île, dont le nord est occupé par la Turquie depuis son invasion en 1974.

Mais la mesure avait été jugée contre-productive car elle avait encouragé le gouvernement chypriote à s'allier à d'autres partenaires, sans mettre fin à la division de Chypre.

Le sénateur démocrate Bob Menendez a salué une "reconnaissance de l'importance" de la relation avec Chypre, "un partenaire stratégique fiable". "Il est dans notre intérêt de lever ces restrictions obsolètes sur l'armement instaurées depuis des décennies et d'approfondir notre relation sur la sécurité", a-t-il ajouté dans un communiqué.

En revanche, le ministère turc des Affaires étrangères a vivement condamné la levée partielle de l'embargo, appelant Washington à "revenir" sur cette décision qui "va avoir un impact négatif sur les efforts visant à apporter une solution à la question chypriote".

"Dans le cas contraire, la Turquie (...) prendra les mesures de réciprocité nécessaires pour assurer la sécurité des Chypriotes-Turcs", a prévenu le ministère dans un communiqué.

Mike Pompeo a de son côté réaffirmé le soutien américain à "une solution globale pour réunifier l'île au sein d'une fédération".

Le secrétaire d'Etat avait déjà annoncé en juillet un renforcement de la coopération de Défense avec Chypre, sous la forme de financements pour la formation militaire.

L'annonce américaine intervient alors qu'une escalade des tensions est en cours en Méditerranée orientale entre la Turquie et la Grèce, avec une multiplication des démonstrations de force rivales et des incidents qui ont renforcé l'inquiétude des Européens.
(AFP, 1 septembre 2020)

Relations régionales / Regional Relations

La Turquie condamne l'accord entre Israël et Bahreïn

La Turquie a "vivement condamné" l'accord de normalisation entre Israël et Bahreïn, y voyant un "nouveau coup" porté à la cause palestinienne.

Le président américain Donald Trump a annoncé vendredi cet "accord de paix" entre Israël et Bahreïn, qui devient ainsi le quatrième pays arabe, et le deuxième en moins d'un mois, à normaliser ses relations avec son ancien ennemi.

"Ceci est un nouveau coup porté aux efforts pour défendre la cause palestinienne, et qui va renforcer Israël dans ses pratiques illégales envers la Palestine et ses tentatives de rendre permanente l'occupation des territoires palestiniens", a déclaré Ankara dans un communiqué publié vendredi soir par le ministère des Affaires étrangères.

Cet accord, a encore souligné le ministère, est contraire à l'Initiative de paix arabe, qui demande le retrait complet de l'Etat hébreu des territoires arabes occupés depuis 1967 en échange d'une normalisation, ainsi qu'aux résolutions de l'Organisation de la Coopération islamique.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan avait déjà condamné l'accord le mois dernier l'accord de normalisation entre Israël et les Emirats arabes unis, et menacé de suspendre les relations diplomatiques avec cet Etat du Golfe.
(AFP, 12 septembre 2020)

Libye: "compromis" consentis par les deux camps lors de pourpalers au Maroc

Les pourparlers réunissant au Maroc des parlementaires des deux camps rivaux libyens --le gouvernement d'union (GNA) à l'Ouest, et un pouvoir incarné par le maréchal Khalifa Haftar à l'Est-- ont débouché sur d'"importants compromis", a rapporté mardi l'agence marocaine MAP.

A l'initiative du Maroc, le "Dialogue libyen" réunit depuis dimanche deux délégations de cinq députés issus du Haut Conseil d'Etat libyen (ouest) et du Parlement de Tobrouk (est), en présence du ministre marocain des Affaires étrangères Nasser Bourita.

"Les deux parties espèrent obtenir des résultats positifs et concrets susceptibles d'ouvrir la voie à l'achèvement du processus d'un règlement politique global", selon la MAP qui rapporte une déclaration, au nom des deux délégations, du représentant du Haut Conseil d'Etat libyen, Mohamed Khalifa Najm.

Sur fond d'implications étrangères croissantes, la Libye est déchirée depuis 2015 par un conflit meurtrier entre le GNA, reconnu par l'ONU, et un pouvoir incarné par le maréchal Haftar.

Les deux camps ont annoncé le 22 août, séparément, un cessez-le-feu et des élections dans ce pays meurtri par les conflits depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011.

Les discussions au Maroc ont abouti à "d'importants compromis", dont l'établissement de normes claires pour "éradiquer la corruption et la dilapidation des fonds publics" et "mettre fin à l'état de division institutionnelle", selon l'agence marocaine.

Abdessalam Al-Safraoui, qui préside la délégation du Haut Conseil d'Etat libyen, avait fait savoir lundi que "le dialogue s'était concentré sur les nominations à faire à la tête des institutions régaliennes" du pays.

Les postes de directeur de la Banque centrale, de la Compagnie nationale de pétrole (NOC) et de chef des armées sont ceux qui divisent le plus les deux camps, selon des médias libyens.

Les rencontres se sont tenues à huis-clos dans un complexe hôtelier de Bouznika, au sud de la capitale marocaine Rabat, symboliquement très proche de Skhirat, la bourgade qui a donné son nom à l'accord de règlement politique signé en décembre 2015 sous l'égide de l'ONU et en vertu duquel a été créé le GNA.

Le porte-parole du secrétaire-général de l'ONU a qualifié lundi l'accord de Skhrirat de "testament de l'engagement résolu du Maroc à trouver une solution à la crise libyenne" tout en souhaitant que la nouvelle initiative du royaume ait un "impact positif".
(AFP, 8 septembre 2020)

Erdogan renouvelle son soutien au gouvernement libyen reconnu par l'ONU

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a renouvelé son soutien dimanche au gouvernement libyen reconnu par l'ONU, dont il a rencontré le chef à huis clos, selon la présidence turque.

Le président turc s'est entretenu à Istanbul avec le chef du Gouvernement d'union nationale (GNA) basé à Tripoli (ouest), Fayez al-Sarraj, des derniers développements en Libye, de leurs relations bilatérales et de problématiques régionales, d'après un communiqué de la même source.

Durant la rencontre, M. Erdogan "a déclaré que la Turquie continuera de rester solidaire avec le gouvernement légitimement reconnu par l'ONU de Libye, et répété que la priorité de la Turquie est de restaurer la stabilité en Libye sans délai", a indiqué la présidence turque.

M. Erdogan a ajouté que "la paix et la stabilité en Libye bénéficieront à ses voisins et à toute la région, à commencer par l'Europe", et que "la communauté internationale devrait assumer une position de principe à cet égard".

Depuis la chute du régime du dictateur Mouammar Kadhafi en 2011 après une révolte populaire appuyée par l'Otan, la Libye est en proie à des luttes d'influence, et aujourd'hui deux autorités se disputent le pouvoir: le GNA de Fayez al-Sarraj, reconnu par l'ONU, et un pouvoir incarné par Khalifa Haftar, homme fort de l'Est soutenu par une partie du Parlement élu et son président, Aguila Saleh.

La Turquie soutient le GNA face à Khalifa Haftar, lui-même soutenu par l'Égypte, les Émirats arabes unis et la Russie.

Ankara a signé des accords maritimes et sécuritaires avec le GNA l'an dernier et fourni des drones qui ont changé le cours du conflit en faveur du gouvernement de M. Sarraj.

Le 21 août dernier, les autorités rivales en Libye ont annoncé séparément la cessation des hostilités et l'organisation prochaine d'élections dans le pays meurtri par des années de conflits, une initiative saluée par l'ONU et plusieurs pays arabes et occidentaux. Des représentants des deux camps étaient en pourparlers au Maroc dimanche.

Lors de la rencontre à Istanbul, MM. Erdogan et Sarraj ont aussi évoqué comment renforcer leur coopération et "défendre les droits de la Turquie et de la Libye en Méditerranée orientale", selon la présidence turque.

Les accords maritimes avec la Libye ont provoqué la colère de la Grèce, qui estime qu'ils violent les lois internationales.

La Turquie et la Grèce, toutes deux membres de l'Otan, se déchirent à propos de gisements d'hydrocarbures en Méditerranée orientale, depuis que la Turquie y a envoyé le 10 août un navire de prospection sismique accompagné de navires de guerre.
(AFP, 6 septembre 2020)

La Turquie critique la décision du Kosovo d'ouvrir une ambassade à Jérusalem

La Turquie s'est déclarée dimanche "déçue" par la décison du Kosovo, à majorité musulmane, d'établir des relations diplomatiques avec Israël et d'ouvrir une ambassade à Jérusalem.

La Turquie, qui défend la cause palestinienne, a été l'un des premiers pays à reconnaître le Kosovo lorsqu'il a proclamé en 2008 son indépendance de la Serbie.

"Rien que l'idée que les responsables du Kosovo fassent un tel pas, qui est une claire violation du droit international, est décevante", a déclaré le ministère turc des Affaires étrangères dans un communiqué.
 Il a appelé les dirigeants du Kosovo à éviter toute mesure qui pourrait porter atteinte au statut légal de Jérusalem.

Vendredi, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait annoncé que la Serbie allait devenir le premier pays européen à transférer son ambassade en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem.

Il avait également annoncé que le Kosovo allait établir des relations diplomatiques avec l'Etat hébreu et ouvrir lui aussi son ambassade dans la Ville sainte.

"Le Kosovo sera le premier pays à majorité musulmane à ouvrir une ambassade à Jérusalem", a déclaré M. Netanyahu, remerciant le président américain Donald Trump pour sa "contribution" à ces succès diplomatiques pour Israël.

Dans un premier communiqué tard samedi, le ministère turc des Affaires étrangères s'est déclaré "gravement préoccupé" par l'initiative de la Serbie.

Avec le transfert de son ambassade de Tel-Aviv à Jérusalem, la Serbie emboîte le pas aux Etats-Unis et au Guatemala qui avaient transféré leur ambassade dans la Ville sainte en mai 2018, brisant le consensus international, et provoquant la colère des Palestiniens.

Le statut de Jérusalem est l'une des questions les plus épineuses en vue d'un règlement du conflit israélo-palestinien.
 L'ONU considère que cette question doit faire l'objet d'un accord entre Israéliens et Palestiniens, et qu'en attendant les capitales ne doivent pas établir à Jérusalem leur représentation diplomatique en Israël.

L'Etat hébreu a occupé Jérusalem-Est en 1967, l'a annexée et considère l'ensemble de la ville comme sa capitale "éternelle" et "indivisible". Les Palestiniens veulent faire de Jérusalem-Est la capitale de l'Etat auquel ils aspirent.
(AFP, 6 septembre 2020)

L'opposant et prisonnier Mokoko de retour à Brazzaville après des soins en Turquie

L'opposant congolais Jean-Marie Michel Mokoko, 73 ans, qui purge une peine de 20 ans de prison, est rentré dimanche à Brazzaville après un mois de soins en Turquie, a appris l'AFP auprès de son avocat.

"Le général Mokoko est rentré de la Turquie et a été conduit à l'hôpital militaire de Brazzaville où j'ai pu le voir", a déclaré à l'AFP Me Yvon Eric Ibouanga.

"Il est en forme même s'il doit subir de façon régulière des exercices à cause des douleurs musculaires", a-t-il ajouté. "Nous allons formuler une demande de libération pour lui dans quelques jours", a annoncé l'avocat.

Au terme de son contrôle à l'hôpital militaire, M. Mokoko doit regagner sa cellule à la maison d'arrêt, a indiqué une source pénitentiaire.

Les autorités de Brazzaville avaient autorisé le 30 juillet l'évacuation par avion médicalisé du général Mokoko à Ankara, au terme de longues semaines de tractations.

"Envoyer le général Mokoko en Turquie pour des soins, c'est exporter la maison d'arrêt de Brazzaville à Ankara, parce que la Turquie n'est pas un modèle en matière des droits de l'Homme et des libertés fondamentales", avait alors réagi l'opposant Paulin Makaya, dirigeant du parti Unis pour le Congo (UPC).

Candidat malheureux au scrutin présidentiel en mars 2016, le général Mokoko, qui avait contesté la réélection de Denis Sassou Nguesso, a été condamné pour "atteinte à la sûreté de l'État" et "détention illégale d'armes et munitions de guerre", au terme d'un procès controversé en 2018.

Il avait été admis à l'hôpital militaire de Brazzaville le 2 juillet pour "fatigue générale et manque d'appétit", selon son avocat.

Le président Sassou Nguesso, 77 ans, qui cumule 35 ans au pouvoir, avait estimé début mai qu'il n'y avait "pas de raison" de libérer deux opposants politiques, dont M. Mokoko, pour désengorger les prisons face au coronavirus.
(AFP, 31 août 2020)

Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece

La Turquie et la Grèce optent pour un apaisement

La Turquie et la Grèce semblent avoir opté pour l'apaisement dans la crise que les oppose en Méditerranée orientale en se disant prêtes à entamer des négociations, après des semaines de tensions exacerbées par des manoeuvres militaires rivales.

L'annonce de ces pourparlers à été faite à l'issue d'une énième conférence téléphonique entre le président turc Recep Tayyip Erdogan et la chancelière allemande Angela Merkel, qui joue les médiatrices entre les deux pays, à laquelle a également participé le président du Conseil européen Charles Michel.

Selon la présidence turque, les participants ont affirmé que "la Turquie et la Grèce sont prêtes pour commencer des pourparlers exploratoires" au sujet de la Méditerranée orientale où les deux pays se disputent des zones potentiellement riches en gaz naturel.

M. Erdogan a affirmé lors de la réunion que "l'élan visant à faire baisser les tensions et à exploiter les canaux de dialogue doit être appuyé par des mesures réciproques", selon la même source.

A Athènes, le ministère des Affaires étrangères grec a indiqué que les pourparlers programmés auraient lieu "bientôt" à Istanbul sans préciser à quelle date.

M. Erdogan s'était dit vendredi prêt à rencontrer le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis s'il voyait des signes de "bonne intention" de sa part dans la crise qui oppose leurs pays en Méditerranée orientale.

Les dernier round de "pourparlers exploratoires" visant à régler leurs différends en Méditerranée orientale avait eu lieu en 2016.

La Turquie et la Grèce, toutes deux membres de l'Otan, se déchirent à propos de gisements d'hydrocarbures en Méditerranée orientale, dans une zone qu'Athènes estime relever de sa souveraineté.

Le 10 août, la Turquie a envoyé un navire de prospection sismique accompagné de navires de guerre dans les eaux entre la Grèce et Chypre. La tension s'était aggravée fin août, lorsque les deux pays ont effectué des manoeuvres militaires rivales.

- "Dialogue sincère" -

La crise est au programme d'un sommet européen qui devait se tenir les 24 et 25 septembre à Bruxelles avant d'être reporté à début octobre, plusieurs pays, notamment la France - qui a pris fait et cause pour la Grèce dans cette crise -, brandissant le menace de sanctions contre la Turquie.

Un autre signal d'apaisement a justement été envoyé par un entretien téléphonique dans la soirée entre le président Emmanuel Macron et M. Erdogan, qui s'étaient invectivés avec une rare véhémence ces dernières semaines.

M. Erdogan a déclaré à M. Macron qu'il attendait de Paris une "attitude constructive" dans la crise qui oppose Ankara à Athènes en Méditerranée orientale, selon la présidence turque.

Le président français a demandé de son côté à son homologue turc, selon la présidence française, de s'engager "sans ambiguïté" pour la désescalade des vives tensions avec la Grèce et qu'un dialogue similaire "soit accepté par la Turquie avec la République de Chypre", autre pays de l'UE.

Pour appuyer leur revendications sur les secteurs disputés en Méditerranée la Turquie et la Grèce ont signé ces derniers mois des accords de délimitation maritime controversés, respectivement avec le gouvernement libyen de Tripoli et avec l'Egypte.

Dans une rencontre avec des journalistes mardi, l'ambassadeur des Etats-Unis à Ankara David Satterfield a affirmé qu'"aucune carte ou déclaration unilatérale impactant les droits d'une partie tierce n'est valable dans le cadre d'un règlement d'une dispute maritime", a-t-il dit.

M. Erdogan a adopté un ton plus conciliant dans son discours devant l'Assemblée générale annuelle de l'ONU lors duquel il appelé à un "dialogue sincère" pour résoudre le conflit avec la Grèce et l'Union européenne en Méditerranée, tout en rejetant tout "harcèlement" visant la Turquie.

"Notre priorité est de résoudre les conflits par un dialogue sincère, fondé sur le droit international et une base équitable", a déclaré le chef de l'Etat turc qui parlait par visioconférence.

"Cependant, je veux clairement affirmer que nous n'allons jamais tolérer aucun diktat, harcèlement ou attaque", a-t-il ajouté.

Il a proposé l'organisation d'une conférence régionale pour discuter "des droits et des intérêts" des pays riverains de la Méditerranée orientale, comprenant aussi l'autoproclamée République turque de Chypre-Nord (RTCN).

Pour "donner une opportunité à la diplomatie", Ankara avait rappelé au port le 13 septembre le navire de recherche, l'Oruç Reis, dont le déploiement en Méditerranée orientale avait porté la tension à son comble.
(AFP, 22 septembre 2020)

Ankara condamne les insultes d'un journal grec envers Erdogan

La Turquie a condamné samedi la publication par un journal grec, Demokratia, d'une manchette invitant, en turc, le président Recep Tayyip Erdogan à "aller se faire foutre", et appelé les autorités grecques à traduire en justice les responsables.

"Le gouvernement turc condamne de la manière la plus ferme la publication d'insultes visant notre président (...) en première page d'un journal d'extrême droite", a déclaré le directeur de la communication de la présidence turque, Fahrettin Altun, dans une lettre au porte-parole du gouvernement grec, Stelios Petsas, rendue publique samedi.

Il a appelé les autorités grecques à traduire en justice les responsable de cet acte "éhonté".

Le ministère grec des Affaires étrangères avait fait valoir vendredi que la liberté d'expression était protégée dans l'Union européenne dont la Grèce est un pays membre, tout en soulignant que "le recours à des insultes est contraire à la culture politique de notre pays et ne peut qu'être condamné".

Vendredi, le ministère des Affaires étrangères a convoqué l'ambassadeur de Grèce à Ankara après cette publication. Le chef de la diplomatie turque, Mevlut Cavusoglu, avait dénoncé le "vil titre à l'encontre du président Erdogan" publié par le journal grec.

Cet incident intervient sur fond de tensions entre la Turquie et la Grèce au sujet de la Méditerranée orientale, aggravées fin août lorsque les deux pays ont effectué des manoeuvres militaires rivales.

Cette crise est née de l'envoi par Ankara d'un navire de prospection sismique dans des zones revendiquées par la Grèce et supposées être riches en réserves gazières. Ce navire est finalement rentré au port.

Mais la mission d'un autre navire turc de prospection, le Barbaros Hayrettin Pasa, a été prolongée au large des côtes chypriotes jusqu'au 18 ocotbre, a rapporté vendredi le système d'alerte maritime NAVTEX. Un bateau de forage restera également dans la zone jusqu'au 12 octobre.

M. Erdogan s'était dit vendredi prêt à rencontrer le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis s'il voyait des signes de "bonne volonté" de sa part dans ce dossier.

Dans un entretien au quotidien grec Naftemporiki, le ministre grec des Affaires étrangères Nikos Dendias a déclaré qu'un dialogue ne pourrait s'engager que si Ankara mettait "fin aux menaces et aux provocations".

"Un dialogue substantiel doit se baser sur les lois internationales et de bonnes relations de voisinage", a-t-il ajouté.

Le président français Emmanuel Macron, dont le pays soutient la Grèce, s'est réjoui de la volonté turque de dialoguer.

"À Ajaccio (lors d'une réunion avec des dirigeants du sud de l'Europe la semaine dernière), nous avons adressé un message clair à la Turquie : réouvrons un dialogue responsable, de bonne foi, sans naïveté. Cet appel est désormais aussi celui du Parlement européen. Il semble avoir été entendu. Avançons", a-t-il écrit dans la nuit de vendredi à samedi sur Twitter en français et en turc.

La crise est au programme d'un sommet européen les 24 et 25 septembre à Bruxelles.
(AFP, 19 septembre 2020)

Ankara dément toute reculade après le retour d'un navire de recherche

Ankara a assuré lundi que le retour au port de son navire de recherche déployé en Méditerranée orientale, au centre de tensions avec la Grèce, ne constituait pas une reculade et appelé Athènes à faire un geste en retour.

"L'Oruc Reis a mouillé près du port d'Antalya pour des travaux de maintenance et l'approvisionnement", a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu lors d'un entretien à la chaîne turque NTV.

Pour M. Cavusoglu, interpréter ces travaux de "routine" comme "un pas en arrière", comme l'a laissé entendre le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis en y voyant "un premier pas très positif" serait "une erreur".
 
"Il ne faut pas le tourner autrement", a-t-il précisé.

Selon le ministre turc, les autres navires turcs, comme Barbaros Hayrettin et Yavuz, continuent toujours leurs activités de sondage en Méditerranée orientale.

M. Cavusoglu n'a cependant pas tout à fait fermé la porte à une interprétation positive du retour au port de l'Oruc Reis, à condition que la Grèce effectue aussi des pas à son tour.

"La Grèce pourrait considérer ces travaux de routine comme un signe de bonne intention et de renoncer par cette occasion à ses demandes maximalistes", a-t-il déclaré.

Le ministre turc a particulièrement fustigé "la carte de Séville", sur laquelle s'appuie la Grèce pour justifier ses revendications maritimes.

Préparée en début des années 2000 par l'Université de Séville pour être présentée à la Commission européenne, cette carte soutient que le droit d'exploiter les ressources naturelles autour de îles grecques situées à proximité des côtes turques revient à Athènes. Mais Ankara estime que cela reviendrait à priver la Turquie de dizaines de milliers de km2 de mer.

"Si la Grèce avait des bonnes intentions, elle aurait renoncé à la carte de Séville", a déclaré M. Cavusoglu.
 Le retour au port de l'Oruc Reis dimanche avait suscité des espoirs d'apaisement entre la Turquie et la Grèce.

Les deux pays se disputent des zones en Méditerranée orientale potentiellement riches en gaz naturel.

La tension s'était aggravée fin août, lorsque les deux pays ont effectué des manoeuvres militaires rivales.

La crise est au programme d'un sommet européen les 24 et 25 septembre à Bruxelles.
(AFP, 14 septembre 2020)

Le Premier ministre grec annonce l'achat d'avions de combats français

Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a annoncé samedi un "important" programme d'achats d'armes, notamment de 18 avions de combat français Rafale, face à la montée de tension avec la Turquie en Méditerranée orientale, où Athènes a le soutien affiché et appuyé de Paris.

M. Mitsotakis a précisé que la Grèce allait se procurer, outre les 18 Rafale, quatre frégates et quatre hélicoptères de la marine, recruter 15.000 soldats supplémentaires et financer davantage son industrie de défense.

Le programme prévoit également la rénovation de quatre frégates, et l'acquisition d'armes anti-chars, de torpilles et de missiles, a-t-il ajouté.

"L'heure est venue de renforcer nos forces armées (...) Il s'agit d'un programme important qui formera un bouclier national", a déclaré le Premier ministre dans un discours à Thessalonique, dans le Nord de la Grèce.

Il a assuré que ce programme devrait permettre la création de milliers d'emplois.

Plus de détails sur le coût du programme et l'origine des armements seront annoncés dimanche lors d'une conférence de presse, a indiqué à l'AFP une source gouvernementale.

La ministre française des Armées, Florence Parly, s'est félicitée dans un communiqué du choix de la Grèce d'acquérir 18 Rafale: "Ce choix (...)vient renforcer le lien entre les forces armées grecques et françaises, et permettra d'intensifier leur coopération opérationnelle et stratégique".

"La France poursuit son action en faveur d'une Europe de la défense plus forte, plus autonome et unie, conformément aux orientations stratégiques" du président Emmanuel Macron, ajoute le communiqué.

Pour sa part le PDG de Dassault Aviation, Eric Trappier, a assuré se réjouir "de cette annonce qui conforte la relation exceptionnelle que nous entretenons avec la Grèce depuis près d'un demi-siècle".

La Turquie et la Grèce, toutes deux membres de l'Otan, se déchirent à propos de gisements d'hydrocarbures en Méditerranée orientale, dans une zone qu'Athènes estime relever de sa souveraineté.

- Manoeuvres militaires -

M. Mitostakis a accusé samedi la Turquie de "menacer" les frontières orientales de l'Europe et de "mettre en péril" la sécurité régionale.

"Nous avons besoin d'un dialogue, mais pas quand il a lieu avec le pistolet sur la tempe", a-t-il ajouté, dans une tribune publiée par trois quotidiens européens.

La tension entre les deux pays est montée d'un cran quand la Turquie a envoyé, le 10 août, un navire de prospection sismique accompagné de navires de guerre dans des eaux revendiquées par la Grèce, ce qui a poussé Athènes à lancer des manoeuvres navales, avec le soutien notamment de la France.

"Ne cherchez pas querelle au peuple turc, ne cherchez pas querelle à la Turquie", a lancé samedi le président turc Recep Erdogan dans un discours télévisé à Istanbul, en référence aux sévères critiques émises par M. Macron envers Ankara à propos du différend gréco-turc.

M. Macron et ses six homologues du sud de l'UE ont exhorté jeudi la Turquie à cesser sa politique de "confrontation" en Méditerranée orientale et l'ont menacée de sanctions européennes si Ankara continue à contester les droits d'exploration gazière de la Grèce et de Chypre dans la zone.

M. Macron avait aussi estimé que le gouvernement turc "avait aujourd'hui des comportements inadmissibles" et devait "clarifier ses intentions".

M. Erdogan a appelé samedi la Grèce à "se tenir à l'écart" des actions "erronées" soutenues par des pays comme la France. La France a intensifié sa présence militaire dans En Méditerranée orientale le mois dernier.

"M. Macron, vous n'avez pas fini d'avoir des ennuis avec moi", a lancé le président turc, en s'en prenant pour la première fois directement et nommément à son homologue.

M. Erdogan l'a aussi accusé de "manquer de connaissances historiques" et a estimé que la France "ne pouvait pas donner de leçon d'humanité" à la Turquie en raison de son passé colonial en Algérie et de son rôle dans le génocide de 1994 au Rwanda.

La Turquie revendique le droit d'exploiter des gisements d'hydrocarbures dans une zone maritime qu'Athènes estime relever de sa souveraineté. Ces dernières semaines, les deux pays ont montré leurs muscles à coups de déclarations martiales, de manoeuvres militaires et d'envois de navires sur zone.

La France a clairement affiché son soutien à la Grèce en déployant des navires de guerre et des avions de combat dans la région, une initiative vivement dénoncée par le président turc.
(AFP, 12 septembre 2020)

Chypre condamne un exercice militaire turc "illégal" au large de ses côtes

Chypre a condamné samedi l'annonce par la Turquie d'un exercice naval de tir réel au large de la côte nord de l'île, affirmant que de telles manoeuvres seraient "illégales" et "violeraient" sa souveraineté dans un contexte de tensions exacerbées en Méditerranée orientale.

Dans une notice d'information maritime (Navtex) publiée vendredi, la Turquie a annoncé qu'elle allait effectuer un exercice naval de tir réel au large de Sadrazamkoy, dans le Nord de Chypre, de samedi à lundi.

Dans un Navtex, le Centre conjoint de coordination des opérations de sauvetage -- qui dépend du ministère de la Défense chypriote -- a répondu que l'exercice turc était "illégal" et "violait la souveraineté de la République de Chypre".

Chypre est divisée depuis l'invasion du tiers nord de l'île méditerranéenne par l'armée turque en 1974 après un coup d'Etat visant à rattacher le pays à la Grèce. La République de Chypre, membre de l'Union européenne, n'exerce son autorité que sur les deux tiers sud de l'île tandis que l'autoproclamée République turque de Chypre-Nord n'est reconnue que par la Turquie.

L'annonce d'Ankara a été faite au lendemain d'une déclaration de sept dirigeants de pays du sud de l'Union européenne qui ont exhorté la Turquie à cesser sa politique de "confrontation" en Méditerranée orientale et ont agité le spectre de sanctions européennes.

La Turquie et la Grèce, toutes deux membres de l'Otan, se déchirent à propos de gisements d'hydrocarbures, dans une zone qu'Athènes estime relever de sa souveraineté.

La tension est montré d'un cran quand la Turquie a envoyé, le 10 août, un navire de prospection sismique accompagné de navires de guerre dans des eaux revendiquées par la Grèce, ce qui a poussé Athènes à lancer des manoeuvres navales.

Dans un communiqué séparé, la garde nationale chypriote a annoncé que deux navires des forces spéciales de la marine américaine étaient à Chypre pour "un exercice militaire conjoint" qui a commencé samedi et doit prendre fin le 20 septembre, selon le ministère de la Défense.

Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo est attendu samedi après-midi à Chypre, afin de chercher une solution aux tensions croissantes en Méditerranée.
(AFP, 12 septembre 2020)

De nouvelles menaces turques envers la Grèce

La Turquie et la Grèce, toutes deux membres de l'Otan, se déchirent à propos de gisements d'hydrocarbures en Méditerranée orientale, depuis que la Turquie y a envoyé le 10 août un navire d'exploration sismique accompagné de navires de guerre.

"Ils vont comprendre que la Turquie est assez forte politiquement, économiquement et militairement pour déchirer les cartes et les documents immoraux", a déclaré M. Erdogan, faisant allusion à des zones maritimes que la Grèce et Chypre considèrent comme leurs zones économiques exclusives.

"Ils vont comprendre, soit par le langage de la politique et de la diplomatie, soit sur le terrain via d'amères expériences", a prévenu le dirigeant turc lors d'une allocution télévisée. "La Turquie et le peuple turc sont préparés à toute éventualité et à toute conséquence".

L'armée turque va démarrer dimanche cinq jours de manoeuvres militaires en République turque de Chypre du Nord, une entité reconnue uniquement par la Turquie, ont indiqué des responsables militaires turcs.

L'Otan avait annoncé cette semaine que les dirigeants grec et turc avaient accepté d'engager des "pourparlers techniques" pour prévenir tout nouvel incident entre leurs marines respectives.

Mais la Grèce avait ensuite démenti être prête à participer à des discussions, poussant la Turquie à accuser Athènes de refuser le dialogue.

La Grèce et Chypre accusent la Turquie de violer leur souveraineté en menant des forages d'exploration dans leurs eaux.

"La Turquie est prête à toute forme de partage (des ressources en hydrocarbures), du moment qu'il est équitable", a encore déclaré samedi M. Erdogan.

Depuis le 10 août, Ankara a déployé le bateau sismique Oruç Reis et une escorte de navires de guerre turcs pour prospecter une zone riche en hydrocarbures, au large de l'île grecque de Kastellorizo et à 2 km des côtes turques.

La Turquie prospecte également dans les eaux de la République de Chypre, pays de l'UE qu'elle ne reconnaît pas depuis la partition de l'île en 1974.

Fin août, la tension est montée d'un cran quand les deux pays ont effectué des manoeuvres militaires rivales, la Turquie avec les Etats-Unis puis avec la Russie, la Grèce avec la France, Chypre et l'Italie.
(La Libre Belgique, 5 septembre 2020)

Grèce et Turquie se déchirent à nouveau après une médiation de l'OTAN

La Turquie a accusé vendredi la Grèce de refuser le dialogue et de mentir après que le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a déclaré que des pourparlers négociés par l'Otan pour réduire les tensions en Méditerranée orientale ne pourraient avoir lieu que si Ankara cessait ses "menaces".

"La Grèce a montré une fois de plus qu'elle n'était pas en faveur du dialogue", a déclaré vendredi à la presse le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu.

Jeudi soir, Athènes avait démenti être prête à participer à des discussions avec Ankara sur une désescalade en Méditerranée orientale, après un tweet du secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg.

Selon ce dernier, la Grèce et la Turquie, membres de l'Alliance, étaient convenus "d'entamer des pourparlers techniques à l'Otan", avec pour objectif de prévenir tout nouvel incident en Méditerranée orientale, où un bateau sismique turc accompagné de navires de guerre se trouvent dans les eaux grecques depuis le 10 août.

Le gouvernement grec a averti jeudi que "la désescalade n'(aurait) lieu qu'avec le retrait immédiat de tous les navires turcs du plateau continental grec."

Jens Stoltenberg, est revenu sur ses propos vendredi en conférence de presse: "Aucun accord n'a été trouvé, mais les discussions ont commencé".

"Le but de ces discussions est d'établir des mécanismes de désescalade militaire afin de réduire les risques d'incidents et d'accidents en Méditerranée orientale", a-t-il ajouté.

A Ankara, le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, soutient que la Grèce avait accepté la proposition de pourparlers lorsque celle-ci avait été faite.

"Celui qui ment ici n'est pas le secrétaire général de l'Otan, c'est la Grèce elle-même", a-t-il déclaré à la presse.

Selon des médias grecs, Jens Stoltenberg a remis un "document d'une page" exposant ses idées aux représentants militaires des deux pays "lors d'une réunion de cinq minutes", qui été transmis à Athènes pour délibération.

- "La situation est très volatile" -

A New York, à l'issue d'une rencontre avec le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres à la résidence de l'ambassadeur grec auprès de l'ONU, le ministre des Affaires étrangères grec Nikos Dendias a confirmé la réception de ce document mais a indiqué "n'avoir pas étudié" son contenu.

"La Grèce ne négocie pas avec la Turquie" et ne discutera avec ce pays qu'après le retrait des navires turcs des eaux grecques, a-t-il fait valoir.

Interrogé sur une éventuelle saisie du Conseil de sécurité de l'ONU du litige gréco-turc, Nikos Dendias est resté vague. C'est "un droit" pour tous les membres des Nations unies, y compris la Grèce, a-t-il dit, en précisant que l'actionner dépendait "des réalités à un moment donné".

Selon des diplomates, aucun membre du Conseil de sécurité n'a exprimé à ce jour l'idée d'une saisine de l'instance de l'ONU.

Depuis le 10 août, Ankara a déployé le bateau sismique Oruç Reis et une escorte de navires de guerre turcs pour prospecter une zone riche en hydrocarbures, au large de l'île grecque de Kastellorizo et à 2 km des côtes turques.

La Turquie prospecte également dans la ZEE de la République de Chypre, pays de l'UE qu'elle ne reconnaît pas depuis la partition de l'île en 1974.

Fin août, la tension est montée d'un cran quand les deux pays ont effectué des manoeuvres militaires rivales, la Turquie avec les Etats-Unis puis avec la Russie, la Grèce avec la France, Chypre et l'Italie.

"Il y a une agressivité (turque), avec en réalité l'intention de prendre le contrôle de l'ensemble de la zone. (..). La situation est très volatile et inquiétante", a estimé dans un entretien avec l'AFP le président de Chypre, Nicos Anastasiades.

Il a appelé l'ONU et la communauté internationale à "accentuer la pression sur la Turquie", afin qu'elle "cesse ses activités illégales".

L'Union européenne a menacé Ankara de nouvelles sanctions s'il n'y a pas de progrès dans le dialogue avec Athènes sur la crise en Méditerranée. Selon le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell, des mesures pourraient être prises lors du Conseil européen des 24 et 25 septembre.
(AFP, 4 septembre 2020)

Chypre inquiet du contexte "très volatil" dû à "l'agressivité" turque, dit son président

Le président de Chypre, Nicos Anastasiades, s'est dit inquiet vendredi du contexte "très volatil" en Méditerranée orientale autour de la délimitation des frontières maritimes et des prospections gazières, dû selon lui à "l'agressivité" d'Ankara, et a exhorté au "dialogue", dans un entretien à l'AFP.

"Il y a une agressivité (de la Turquie), avec en réalité l'intention de prendre le contrôle de l'ensemble de la zone, et nous assistons en conséquence à une tension croissante. La situation est très volatile et inquiétante", a déclaré M. Anastasiades.

Cette "situation très sérieuse" est le résultat des "provocations", des "violations de la loi internationale", "de la loi maritime internationale" et "de notre propre zone économique exclusive" (ZEE) par Ankara, a affirmé Nicos Anastasiades, lors de cet entretien réalisé au palais présidentiel de Nicosie.

Le chef de l'Etat chypriote a en conséquence appelé "l'ONU et la communauté internationale (...) à recourir à tous les moyens pour accentuer la pression sur la Turquie", afin qu'elle "cesse ses activités illégales".

"Alors je suis persuadé que nous serions en mesure d'éviter toute nouvelle escalade", a-t-il ajouté.

- "Sanctions" ou "dialogue"? -

Les tensions sont fortes en Méditerranée orientale autour des prospections gazières et de la délimitation des frontières maritimes, impliquant tous les pays de la zone, parmi lesquels la Grèce, Chypre et la Turquie.

Depuis le 10 août, Ankara a déployé un bateau sismique et une escorte de navires de guerre pour procéder à des explorations au large de l'île grecque de Kastellorizo, à 2 km de ses côtes.

La Turquie effectue également des prospections dans la ZEE de la République de Chypre, pays de l'UE qu'elle ne reconnaît pas en raison de la partition de l'île.

Fin août, ces tensions se sont encore exacerbées entre Ankara et Athènes, qui ont effectué des manoeuvres militaires rivales, la première avec les Etats-Unis puis la Russie, la seconde avec la France, Chypre et l'Italie.

L'UE a de son côté menacé la Turquie de nouvelles sanctions, tout en incitant au dialogue: vendredi, son chef de la diplomatie, Charles Michel, a émis l'idée d'une "conférence multilatérale sur la Méditerranée orientale".

Le président chypriote a noté qu'il aborderait le sujet lors du sommet EuroMed rassemblant sept pays européens jeudi et vendredi prochains en Corse (France).

"Les sanctions ne sont pas notre objectif, a assuré à l'AFP Nicos Anastasiades. Notre but est, par le dialogue, de parvenir à un règlement en tout point conforme à (...) la loi internationale."

- Paris, "force motrice" -

Interrogé sur l'attitude de l'UE face à cette crise, il a en particulier salué la "solidarité" de la France, "force motrice de ce que l'Europe devrait faire pour protéger les Etats membres de (l')agressivité" turque, selon lui.

Dans le même temps, "je comprends ce que la chancelière (allemande Angela) Merkel fait" en tentant de promouvoir une médiation, a signalé M. Anastasiades. Mais, "bien sûr, nous aimerions voir l'Allemagne et la France faire front commun", a-t-il dit.

Paris, avec laquelle Nicosie a accru les liens y compris militaires, a "un rôle à jouer dans l'ensemble de la région", dans le cadre des efforts visant à "consolider la paix" et la "stabilité", a insisté M. Anastasiades.

Il a également salué la relation avec les Etats-Unis, qualifiés de "partenaire proche et de confiance", trois jours après l'annonce par Washington d'une levée partielle d'un embargo sur les armes vieux de trente ans visant Chypre.

Ankara a aussitôt fustigé la décision, qui concerne les ventes d'équipement militaire "non létal". Le lendemain, le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, a par ailleurs exhorté la Grèce et la Turquie à "réduire les tensions".

Mais les deux pays ont poursuivi leurs joutes verbales vendredi.

Après avoir démenti jeudi soir des discussions avec Ankara au sein de l'Otan, Athènes, par la voix de son Premier ministre, Kyriakos Mitsotakis, a demandé à Ankara de cesser ses "menaces". Et à Ankara, le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, a accusé Athènes de se dérober à la négociation en niant ce dialogue à l'Otan, organisation dont les deux pays voisins sont membres.
(AFP, 4 septembre 2020)

Immigration / Migration

La lutte de Florida Mukeshimana


Notre chère collègue et formatrice principale des Ateliers du Soleil, Florida Mukeshimana, après un travail exemplaire durant 24 ans, a pris sa retraite, retraite qu’elle mérite pleinement. Réunie le 30 septembre 2020 à cette occasion, l’équipe des Ateliers du Soleil lui a souhaité un bon voyage au pays de la retraite heureuse avec la certitude qu’elle restera toujours  présente à chaque instant lorque l’équipe et les adhérents des Ateliers du Soleil auront besoin de ses conseils et coups de pouce.

A cette occasion, nous partageons “Le cri de Florida”, écrit par Doğan Özgüden, exilé politique comme Florida et un des fondateurs des Ateliers du Soleil, dans ses mémoires:

LE CRI DE FLORIDA

En 1996, les Ateliers du Soleil avaient intégré une enseignante rwandaise à son équipe multinationale: Florida Mukeshimena. Lorsqu’elle était arrivée chez nous, elle n’avait pas évoqué le drame qu’elle avait vécu. Ce n’est qu’avec le temps que nous avons appris ce qu’il lui était arrivé. Quand elle témoigna du génocide devant le parlement belge, j’écrivis ceci dans le journal Gündem du 29 mai 2000 :

Le Rwanda est un pays d’Afrique centrale peuplé de Hutus et de Tutsis. Les Hutus sont majoritaires, les Tutsis minoritaires… Le FPR, soutenu non seulement par les Tutsis, mais aussi par les Hutus démocrates et pacifistes, lutte contre la dictature du général Habyarimana arrivé au pouvoir à la suite d’un coup d’Etat en 1973.

Ngurinzira Boniface, le mari de Florida, était le courageux ministre des Affaires étrangères qui avait pris fait et cause pour apporter un règlement pacifique au conflit ethnique hutu-tutsi attisé par le capital belge au Rwanda… Il avait négocié avec la guérilla et signé l’accord de paix d’Arusha en août 1993.

On savait dès les tout premiers jours que l’attentat contre l’avion du président qui avait fait explosé le processus de paix et provoqué le génocide était un complot des cercles qui se nourrissent des rentes de la guerre, et que le génocide avait été perpétré à l’incitation de la Radio des Mille Collines dirigée par un Belge.

Le mari de Florida a payé de sa vie le prix de son idéal démocrate et pacifiste. Florida a vécu toute l’horreur du génocide et de la trahison ! Après l’assassinat de son mari, elle est arrivée à Bruxelles avec ses trois filles et son fils…

La langue maternelle de Floride est le kinyarwanda… Son défunt mari en était un des rares spécialistes… Mari et femme avaient œuvré pour maintenir et développer leur langue face à l’hégémonie du français.

A présent, Florida enseigne le français comme langue de communication aux Arméniens de Diyarbakır, aux Assyriens du Tur-Abdin, aux Kurdes du Dersim, aux Turcs d’Emirdağ, aux Afghans, aux Pakistanais, aux Africains, aux Latino-américains, aux Albanais, aux Bosniaques et aux Azéris. Elle ne manque pas de leur rappeler de ne jamais oublier leur propre langue, l’arménien, l’araméen, le kurde, et tout au contraire, de la développer davantage…

Elle partage leurs peines et leurs joies.

Et elle lutte de toutes ses forces pour qu’il n’y ait plus de massacre. C’est elle qui a révélé à la commission d’enquête parlementaire du Sénat belge toute l’infamie et la trahison des Casques bleus belges…

C’est le digne combat de Florida qui force le Premier ministre Guy Verhofstad à se rendre avec tous les membres de son gouvernement au Rwanda demander pardon au peuple rwandais au nom de la Belgique, le mois dernier.

Comme avait fait le Président de la République fédérale d’Allemagne se rendant en Israël pour demander pardon au peuple juif au nom de sa nation.

Alors qu’au 85ème anniversaire du génocide arménien… l’impassivité et le négationnisme de l’Etat turc à cet égard sont à leur comble.

C’est le cri des Florida qui met les Etats à genoux. Désormais, le visage de Florida est plus souriant, ses yeux brillent d’un nouvel éclat.

Et le cri de Karakin, Simuni et Beriwan se joignent à celui de Florida pour s’envoler tel un chœur céleste qui résonne dans tout le Cosmos.

Arrivera le jour où leurs visages seront plus souriants et où leur yeux brilleront d’un nouvel éclat!

(Dogan Özgüden, Journaliste Apatride, Academic&Scientific Publications, Bruxelles, 2014)


An appeal from Europe for solidarity




PEN-Zentrum Deutschland
Deutsche Journalist*innen Union/ver.di
Deutscher Journalisten-Verband DJV
Börsenverein des Deutschen Buchhandels e.V.
KulturForum TürkeiDeutschland


In Turkey, 101 prominent public figures have issued an urgent appeal to the democratic opposition to stand up for peace, democracy and human rights, strongly criticising not only the ruling AKP party but also the opposition parties.

They appeal to a sense of democratic responsibility and call for a united stand against the AKP's longstanding regime of injustice, which has imprisoned and persecuted tens of thousands of academics, journalists, artists and other cultural practitioners and is now also fanning the flames in several trouble spots in the Mediterranean. Turkey’s entire population, with its different ethnic and cultural communities of Turks, Kurds, Lazi, Arabs, Armenians, Greeks, Alevites, Jews, Assyrians, etc., is suffering the economic and political consequences.

Calling themselves the "101 wise people" to reflect their long and broad life experience, the signatories come from many different social and political circles. Their appeal has met with an unexpectedly broad echo in Turkey and among the Turkish opposition abroad.

APPEAL'S TEXT

We ask you to express your solidarity with the democratic opposition in Turkey and to support this appeal.

The first signatories in Europe include:

Taner Akçam, Lale Akgün, Doğan Akhanlı, Fatih Akın, Süleyman Ateş, Mustafa Ayrancı, Celal Başlangıç, Kemal Bozay, Anke Brunn, Angelika Claussen, Hıdır Çelik, Safter Çınar, Burak Çopur, Molla Demirel, Süleyman Demirtaş, Amke Dittert, Can Dündar, Kenan Engin, Hüseyin Erdem, Aslı Erdoğan, Çiler Fırtına, Ahmet Kerim Gültekin, Kazım Gündoǧan, Nezahat Gündoǧan, Ülkü Gürkan-Schneider, Banu Güven, Ahmet Insel, Atilla Keskin, Kader Konuk, Klaus Kost, Dilek Mayatürk-Yücel, Ralf Nestmeyer, Osman Okkan, Mehmet Oturan, Alper Öktem, Nafiz Özbek, Cem Özdemir, Doğan Özgüden, İnci Özgüden-Tuğsavul, Toni Rütten, Alexander Skipis, John Steinmark, Nilüfer Tarıkahya, Kamil Taylan,  İlias Uyar, Regula Venske, Felix von Grünberg, Günter Wallraff, Kemal Yalçın.

You can add your solidarity by mailing your

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La justice européenne rejette la requête d'un professeur de religion contre Charlie Hebdo

La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a déclaré jeudi "irrecevable" une requête déposée par le professeur Yacob Mahi, sanctionné pour avoir considéré, un mois après l'attentat de janvier 2015 contre Charlie Hebdo, que le journal avait "abusé" de la liberté d'expression.

Selon la Cour, les propos incriminés, tenus dans une lettre ouverte adressée à la presse et datée du 4 février 2015, étaient "incompatibles avec le devoir de réserve qui s'appliquait" à Yacob Mahi, alors professeur de religion islamique à l'Athénée royal Leonardo Da Vinci à Anderlecht.

“Abus de la liberté d’expression”

Dans cette lettre, publiée après attentats de janvier 2015 en France - qui avaient fait 17 morts en trois jours, dont 11 lors de l'attaque de la rédaction du journal satirique - , Yacob Mahi estimait notamment que "toute dérision qui ne prend pas en compte les sensibilités (...) fait de la liberté d'expression un abus".

Le gouvernement de la Fédération de Wallonie-Bruxelles (FWB), jugeant ces propos contraires à son devoir de réserve, l'avait sanctionné en octobre 2017 en le mutant dans un autre établissement, à La Louvière, à une cinquantaine de kilomètres d'Anderlecht.
Requête jugée “irrecevable”

Après un recours rejeté par le Conseil d'Etat, Yacob Mahi s'était tourné vers la CEDH, en invoquant la "liberté d'expression" et le "droit au respect de la vie privée et familiale". À l'unanimité, les magistrats de la CEDH ont déclaré sa requête "irrecevable" car "manifestement mal fondée", précisant que cette décision était "définitive".

Tout comme la justice belge, la Cour a jugé les propos de M. Mahi "incompatibles avec le devoir de réserve" lié à ses fonctions d'enseignant "en particulier dans le contexte de tension qui régnait au sein de l'établissement scolaire à la suite des attentats de Paris de janvier 2015".

Tensions dans l’établissement scolaire

Ces tensions "se caractérisaient par des attaques des élèves de cet établissement contre un autre professeur du même établissement qui avait défendu Charlie Hebdo et par des agressions contre un élève qui avait refusé de signer une pétition contre ce professeur", a-t-elle précisé.

La sanction n’était pas “disproportionnée”

"Compte tenu de l'impact potentiel desdits propos sur ses élèves, la Cour estime que la sanction de déplacement disciplinaire de M. Mahi vers un autre établissement (...) n'était pas disproportionnée", concluent les juges de Strasbourg dont la décision a été rendue au lendemain de l'ouverture à Paris du procès des attentats de janvier 2015.
(7sur7, 2 septembre 2020)

Dans l'est de la Turquie, un lac engloutit les rêves de migrants

Des dizaines de pierres tombales grises sur lesquelles des numéros d'identification ont été griffonnés: c'est tout ce qu'il reste de migrants dont l'embarcation a sombré fin juin dans le lac de Van, en Turquie.

Située dans l'est du pays, cette vaste étendue d'eau, six fois plus grande que le lac Léman, est devenue ces derniers mois un piège mortel pour les migrants qui tentent de rejoindre l'Europe.

Deux naufrages survenus à six mois d'intervalle ont révélé la dangerosité de cette route qu'empruntent les candidats à l'exil pour contourner les check-points dans la région kurde de Van.

Mehdi Mosin, un jeune homme de 17 ans originaire de Kharian, dans le nord-est du Pakistan, fait partie des 60 migrants morts lors du naufrage d'un bateau de pêche survenu fin juin.

Son corps, retrouvé coincé dans l'épave, a été restitué le mois dernier à ses parents, toujours effondrés.

"La nuit, ma femme pousse des cris, me demande d'ouvrir la porte, pensant que notre fils va rentrer", raconte son père, Shafqat Mosin, par téléphone.

Il dit avoir tenté de dissuader son fils, qui rêvait d'un "avenir meilleur", avant de céder après plusieurs disputes. "Si j'avais su que c'était aussi dangereux, je ne l'aurais jamais laissé partir", ajoute-t-il en éclatant en sanglots.

La Turquie, véritable voie express vers l'Europe pendant la crise migratoire de 2015, est devenue ces dernières années un pays de plus en plus difficile à franchir pour les migrants.

Un premier durcissement a eu lieu en 2016 après la signature d'un accord migratoire entre Ankara et Bruxelles, mais les mesures ont surtout été renforcées depuis 2018, sur fond de crise économique.

- Tombes prêtes -

A Van, province frontalière de l'Iran d'où arrivent chaque année des dizaines de milliers d'Afghans, d'Iraniens et de Pakistanais, près de 80 migrants sont morts depuis le début de l'année, selon les médias, contre 59 en 2019.

Avant d'atteindre le lac, ils doivent franchir les périlleuses montagnes frontalières. Chaque année, lorsque les neiges fondent, des villageois découvrent des corps congelés.

Deux cimetières ont été aménagés à Van pour accueillir les dépouilles des migrants morts sans avoir été identifiés. Des tombes, vides, attendent les prochaines victimes.

Par beau temps, le lac a l'air inoffensif. Des vacanciers chancellent sur leur paddle, sous le regard de familles qui pique-niquent sur des tables en bois.

Mais ses eaux capricieuses peuvent se déchaîner brusquement.

Muhammad, un Pakistanais de 25 ans qui a réussi à gagner Istanbul, a effectué la traversée début mars. Un trajet de deux heures, de nuit, dans une embarcation ballottée par les vagues.

"Il y avait environ 50 personnes à bord, dont des femmes et des enfants, et seulement cinq gilets de sauvetage", raconte-t-il. "Je me demandais comment on s'en sortirait si le bateau coulait".

Trois mois plus tôt, une autre embarcation avait chaviré, faisant sept morts.

Après le naufrage du 27 juin, les autorités ont arrêté plusieurs passeurs et les traversées du lac, jusque-là presque quotidiennes, ont pratiquement cessé, selon des villageois.

- "Pas le choix" -

Sans bateau, les migrants sont pour l'instant contraints de marcher vers l'ouest pendant des jours, coupant à travers champ pour contourner les check-points.

A la gare routière de Tatvan, de l'autre côté du lac, une vingtaine d'hommes harassés sont assis par terre. Certains ont retiré leurs chaussures trouées pour soulager leurs pieds.

Ici, les contrôles sont plus rares, alors certains cherchent des taxis pour les rapprocher d'Istanbul.

Le voyage jusque-là a été "dangereux", indique Mahmoud, un Kurde d'Irak aux yeux cernés. "J'ai faim, j'ai froid, mais je n'ai pas le choix".

Selon Mahmut Kaçan, avocat spécialiste des questions migratoires à Van, l'explosion du nombre de morts de migrants coïncide avec la fermeture de l'antenne locale du Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) en 2018.

Les demandes d'asile, désormais traitées par Ankara, s'éternisent, "créant un climat d'incertitude" pour les migrants qui "prennent davantage de risques", explique-t-il.

Face à tous ces dangers, certains ont jeté l'éponge.

Abbas Khasimi, un Afghan arrivé à Van l'an dernier, avait payé un passeur pour l'emmener jusqu'en Grèce.

"Mais j'ai décidé de rester pour la vie de ma femme et de mon enfant, car le voyage était trop dangereux", dit-il.

Leur dernier espoir: la demande qu'ils ont déposée pour obtenir le statut de réfugié et pouvoir ainsi se rendre en Europe.

"Il faut que notre fille puisse avoir un avenir", dit M. Khasimi. "Pour ma femme et pour moi, c'est trop tard. Mais il ne faut pas que ce soit trop tard pour elle".
(AFP, 31 août 2020)




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