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INFO-TURK

A non-government information center on Turkey

Un centre d'information non-gouvernemental sur la Turquie

45th Year / 45e Année
Juin
 
2021 June
N° 514
53 rue de Pavie - 1000 Bruxelles
Tél: (32-2) 215 35 76 - Fax: (32-2) 897 78 71
Chief Editor /Rédacteur en chef: 
Dogan Ozgüden

Responsible editor/Editrice responsable:

Inci Tugsavul
Human Rights
Pressures on  media
Kurdish Question
Minorities
Interior politics
Armed Forces
Religious affairs
Socio-economics
Turkey-Europe
Turkey-USA
Regional Relations
Cyprus and Greece
Migration

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Titres des évènements du mois
Titles of this month's events



Droits de l'Homme / Human Rights

Rights defenders sentenced to 24 years, 3 months in Turkey in a year

Prison à vie en Turquie pour de fausses accusations de matches truqués
Des espions turcs "capturent" le neveu de l'ancien ami d'Erdogan
20 thousand people detained at demonstrations in 4 years
Saturday Mothers/People demand justice for 26 years

Pression sur les médias / Pressure on the Media

Journalist Ahmet Atmaca beaten in Gaziantep

Turkish presidency reintroduces press card controls that court found restrictive
Writer Nurcan Kaya faces up to 5 years in prison over a tweet
Making ‘peace news’ against Afrin operation, journalist sentenced to prison
Turkey requests a red notice for journalist Can Dündar
Ten journalists stood trial on 'terrorism' charges in two weeks
Investigation into journalist Kutlu Adalı's killing after confessions of mob boss
Report: Turkey among top countries in violence towards women journalists
Le romancier Orhan Pamuk critique violamment le régime d'Erdogan

Kurdish Question / Question kurde

Appeals court upholds jailed politician Leyla Güven’s prison sentence
Dans le nord de l'Irak, les bombardements turcs font fuir les habitants
Cinq peshmergas tués dans une embuscade du PKK en Irak
Jailed politician Gültan Kışanak granted ‘Clara Zetkin Honorary Award’
Demonstrations and events banned in Van
Kurds becoming a minority in Kurdish region of Afrin: Statement
Protest in Brussels against Turkey’s attacks, the US and NATO policies

Minorités / Minorities

Erdogan et Aliev au Nagorny Karabakh la semaine prochaine

Politique intérieure/Interior Politics

Peker claims Erdoğan aides organize arms delivery to 'terror' groups in Syria

Forces armées/Armed Forces



Affaires religieuses / Religious Affairs
 
Lale Gül, une jeune musulmane turco-néerlandaise qui a décidé de suivre sa propre voie
Islamisme : menacée de mort, la jeune romancière Lale Gül veut vivre !

Socio-économique / Socio-economic

Le tourisme turc en berne

Le «projet fou» d’Erdogan: un nouveau canal pour désengorger le Bosphore
Gaz naturel: Erdogan annonce une nouvelle découverte en mer Noire
Turquie: les côtes envahies par de la "morve de mer"
La banque centrale cherche à rassurer après un plongeon de la livre
Covid : restaurants et cafés en Turquie autorisés à accueillir des clients

Relations turco-européennes / Turkey-Europe Relations

À Paris, le chef de la diplomatie turque joue la carte de l’apaisement avec la France


Turquie-USA-OTAN / Turkey-USA-NATO

Manifestation contre le sommet de l'OTAN à Bruxelles
Un destroyer américain a traversé le Bosphore vers la mer Noire
Biden, Erdoğan to meet on June 14 at NATO summit
Les Etats-Unis risquent de "perdre un ami", prévient Erdogan

Relations régionales / Regional Relations

Erdogan reçoit le président du Kirghizstan après la disparition d'un opposant
Syrie: six morts dans des manifestations à Minbej
Erdogan appelle l'Egypte et les pays du Golfe à un partenariat "gagnant-gagnant"

Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece


Réouverture des points de passage entre les deux parties de l'île divisée

Le ministre turc des Affaires étrangères rend une visite controversée en Grèce

Immigration / Migration

Neutralité: Olivier Maingain propose un débat au Parlement bruxellois

Tuna Altinel de retour en France après avoir été bloqué 2 ans en Turquie
Vaste traque à l'étranger des membres présumés du groupe Gülen
Au Kenya, mystère autour de l'enlèvement d'un membre de la famille Gülen
Signes convictionnels: Maxime Prévot soutient Georges Dallemagne
Clerfayt: "Je suis sur la même ligne que mon président de parti"

Droits de l'Homme / Human Rights

Rights defenders sentenced to 24 years, 3 months in Turkey in a year


The Human Rights Foundation of Turkey (TİHV) has made a study on the rights violations faced by rights defenders in Turkey in 2020.

According to the Foundation's report, rights defenders were sentenced to 24 years, 3 months in prison in total last year.

The members and executives of rights-based organizations were detained and arrested while events were banned and peaceful demonstrations were prevented by the interventions of the police.

Prepared as part of the Hrant Dink Foundation Grant Program with the financial support of the European Union (EU), the study of the TİHV Documentation Center has offered a 2020 panorama of Turkey in the light of the United Nations Declaration on Human Rights Defenders.
Trial, imprisonment, access blocks...

According to a series of infographics prepared by the Center, in 2020, 17 rights defenders were put on trial in 7 separate cases; seven rights defenders were sentenced to 24 years, 3 months in prison in total.

While 324 members and executives of rights-based civil society organizations were taken into custody, 90 of them were arrested.

Last year, 10 events regarding LGBTI+ and women's rights were prevented and four events were banned in Turkey.

While the law enforcement intervened in 18 meetings and demonstrations, 164 people were taken into custody by being subjected to torture and maltreatment. Several people were given administrative fines.

18 peaceful meetings and demonstrations about environmental and urban rights were also intervened by the law enforcement. 84 people were subjected to torture and ill treatment during detention.

The study has also reminded the public and the authorities that according to the United Nations Declaration on Human Rights Defenders, every person has the right to "publicize and convey their opinions, news and information as to human rights and fundamental freedoms."

As an example of the violations committed in Turkey in this context, the study has referred to the access blocks on online content. Accordingly, in 2020, access blocks were imposed on 1,079 news, 97 websites, 635 internet addresses, 10 social media accounts and 301 contents.
(BIA, 10 June 2021)

Prison à vie en Turquie pour de fausses accusations de matches truqués

Trois personnes ont été condamnées à des peines allant jusqu'à près de 2.000 ans de prison dans une affaire de fausses accusations de matches truqués qui avait secoué le football turc en 2011, vendredi par un tribunal d'Istanbul.

Un ancien chef de la police, un ancien policier et l'ancien président d'une chaîne télévisée ont été condamnés à des peines allant de 161 ans à 1.972 ans de prison pour "aide à une organisation terroriste", "faux et usage de faux", "diffamation" et "violation du secret des communications privées", a rapporté l'agence de presse étatique Anadolu.

Ils ont été reconnus coupables d'être derrière de fausses accusations de corruption et de matches truqués visant notamment Fenerbahçe, l'un des trois plus grands clubs du pays, dont le président a été condamné et emprisonné.

Aziz Yildirim, qui a dirigé Fenerbahçe de 1998 à 2018, a écopé en 2012 d'une peine de six ans et trois mois de prison et passé un an en détention.

Il a toujours clamé son innocence et dénoncé un "complot" orchestré par le mouvement d'un prédicateur exilé aux Etats-Unis, Fethullah Gülen. Il a été acquitté lors d'un nouveau procès en 2015.

L'affaire a été vécue comme un traumatisme par les supporters de Fenerbahçe, dont un grand nombre soupçonnait le gouvernement d'être à la manoeuvre, un sentiment renforcé par l'alliance qui existait alors entre M. Gülen et Recep Tayyip Erdogan.

Mais M. Gülen est depuis devenu la bête noire du président turc qui l'accuse d'avoir ourdi une tentative de coup d'Etat en 2016.

Les trois hommes condamnés vendredi étaient accusés d'appartenir au mouvement de M. Gülen, désormais qualifié de "terroriste" par Ankara, et d'avoir fabriqué de faux documents pour mettre en cause M. Yildirim.

Près d'une centaine de personnes avaient été condamnées en première instance. Fenerbahçe avait été exclu par la Fédération turque de football de l'édition 2011/12 de la Ligue des champions.

"Aucun verdict ne peut être à la hauteur de ce que Fenerbahçe et ses millions de supporters ont vécu au cours de ce long processus", a réagi vendredi l'actuel président de Fenerbahçe, Ali Koç.

"Il reste un grand nombre de personnes et d'instances à qui nous avons à réclamer des comptes", a-t-il ajouté.
(AFP, 4 juin 2021)

Des espions turcs "capturent" le neveu de l'ancien ami d'Erdogan

Les services de renseignement turcs ont interpellé à l'étranger et rapatrié un neveu du prédicateur Fethullah Gülen, bête noire du président Recep Tayyip Erdogan, ont rapporté lundi des médias, l'épouse de Selahaddin Gülen affirmant qu'il avait été "capturé" en Kenya.

Selahaddin Gülen a été ramené en Turquie par des agents de l'Organisation nationale du renseignement (MIT) après avoir été interpellé à l'étranger, a rapporté l'agence de presse étatique Anadolu, sans dire dans quel pays. Dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux le 20 mai, son épouse a affirmé qu'ils vivaient tous les deux au Kenya et qu'elle était sans nouvelles depuis le 3 mai de son mari, qui enseignait dans une école à Nairobi.

Des personnes et médias liés au mouvement de Fethullah Gülen ont eux aussi déclaré sur les réseaux sociaux que Selahaddin Gülen avait été "kidnappé" au Kenya, et lancé une campagne appelant à sa libération.

Selahaddin Gülen est accusé par les autorités turques d'appartenir à l'"organisation terroriste Fetö", un acronyme qu'Ankara utilise pour désigner le mouvement du prédicateur Fethullah Gülen.

M. Erdogan, qui était autrefois allié à M. Gülen, le décrit aujourd'hui comme un "chef terroriste" et l'accuse d'avoir ourdi contre lui une tentative de coup d'Etat en juillet 2016. Le prédicateur, qui réside aux Etats-Unis, affirme être à la tête d'un réseau pacifique d'ONG et d'entreprises et nie toute implication dans la tentative de putsch.

Depuis le putsch manqué, plusieurs dizaines de milliers de personnes ont été arrêtées et plus de 140.000 limogées ou suspendues de leurs fonctions dans le cadre de purges d'une ampleur sans précédent dans l'histoire de la Turquie. Ankara traque également les membres présumés du réseau de Fethullah Gülen à l'étranger et affirme avoir "rapatrié" plusieurs dizaines de personnes depuis 2016, quitte à susciter des remous. En 2018, l'enlèvement au Kosovo par des agents du MIT de six ressortissants turcs accusés de liens avec M. Gülen avait provoqué une crise politique dans ce pays et conduit au limogeage du ministre de l'Intérieur et du chef du renseignement.

Par ailleurs, Ankara fait pression sur de nombreux pays, notamment des Balkans, d'Asie centrale et d'Afrique pour qu'ils ferment les écoles liées au mouvement "guléniste". Le Kenya avait refusé en 2016 de fermer six établissements malgré l'insistance d'Ankara.

Il n'était pas clair dans l'immédiat si la "capture" de Selahaddin Gülen s'est faite avec l'accord des autorités kényanes.

En 1999, le Kenya avait été le théâtre d'une spectaculaire opération des services turcs qui y avaient arrêté le dirigeant du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) Abdullah Ocalan, aujourd'hui emprisonné en Turquie.

"Nous allons bientôt annoncer la capture d'un membre très important de Fetö. Il est entre nos mains", avait déclaré M. Erdogan le 19 mai, vraisemblablement en référence à Selahaddin Gülen. (AFP, 31 mai 2021)

20 thousand people detained at demonstrations in 4 years

The Human Rights Foundation of Turkey (TİHV) has published a study titled "Closing the Street: Violations of Freedom Assembly and Demonstration." The study has revealed that freedom of assembly and demonstration was violated 4 thousand 771 times in Turkey in 2015-2019.

As a result of the interventions against the meetings and demonstrations, 20 thousand 71 people were detained, 662 people were arrested.

In the same period, lawsuits were filed against 4 thousand 907 people for reasons related to their exercise of their freedom of assembly and demonstration. 999 people were sentenced to 13 thousand 370 months in prison in total. 63 people were fined 268 thousand 235 lira in total.

While 4 thousand 450 people were subjected to the physical violence of law enforcement, 90 people were wounded by the shots fired by them.

A total of 160 people lost their lives in the attacks targeting meetings and demonstrations; while 19 of these deaths occurred as a result of the law enforcement's use of force, 141 people died in bomb attacks.

The highest number of violations were recorded in Ankara, İstanbul, İzmir, Diyarbakır, Malatya, Van, Adana, Kocaeli, Mersin and Mardin.

While 3 thousand 983 violations were witnessed at protest demonstrations, 358 were in political events, 124 in cultural, artistic and sports activities and 77 were witnessed during funerals and condolences. 229 violations happened as a result of general bans on meetings and demonstrations. 98 percent of them targeted outdoor meetings and demonstrations.

When considered by subjects, it was seen that the highest rate of rights violations happened during the protests against the discharges by Statutory Decrees and at the meetings and demonstrations about the Kurdish question. As for the groups most frequently facing the violations in this period, they were lawyers, politicians, association/union/chamber executives, artists, academics and press laborers, respectively. (BIA, 28 May 2021)

Saturday Mothers/People demand justice for 26 years

Saturday Mothers/People have been asking the fate and whereabouts of their enforced disappeared loved ones since May 27, 1995. On the 26th anniversary, they were once again at Galatasaray Square in İstanbul, where they expressed their demand for justice every Saturday for years, but they have "not been allowed" to gather since the 700th week in 2018.

Meeting at the square in Beyoğlu, Saturday Mothers/People laid red carnations at the square, saying, "Galatasaray Square, where we gathered to ask 'Where are our losses' 26 years ago, has become a meeting place with our losses for us. We will not give up Galatasaray Square, which has turned into a site of memory known by the world with us."

Among the ones who laid carnations on the square were also Peoples' Democratic Party (HDP) Co-Chair Pervin Buldan, HDP İstanbul MP Oya Ersoy, HDP İstanbul MP Dilşad Canbaz Kaya and main opposition Republican People's Party (CHP) İstanbul MP Sezgin Tanrıkulu.

Buldan: We won't give up

Speaking at the gathering, Buldan said, "Those who banned this square to us should know that we will never give up seeking justice. We would like to especially note that we will seek a fair trial. This struggle will continue until the losses are found and perpetrators are put on trial."

'Struggle until last missing person is found'

A message was also shared on the Twitter account of Saturday Mothers:

"26 years ago today, we took to Galatasaray Square for our people whose existence was denied after they had been detained by the security forces of the state; we went there for the truth and for justice.

"We have not given up our losses or Galatasaray, our site of truth and memory, despite all pressure, disregard and obstructions.

"We have promised our losses. We will not give up until our last loss is found. We will not forgive the ones who made our loved ones disappear and the ones who protect the people who made them disappear."

What happened?

It was 25 years ago on May 27, 1995 that Saturday Mothers/People gathered for the first time at Galatasaray Square for the ones disappeared in custody. The first sit-in protests started after the deceased body of Hasan Ocak, who was taken into custody on March 21, 1995, was found in the Cemetery of the Nameless after being tortured.

The Saturday protests at Galatasaray Square were interrupted for an indefinite period of time on March 13, 1999 due to heavy police intervention for the last three years. The interruption continued for the next 10 years.

The silent sit-in protests of Saturday Mothers/People, which they started again at Galatasaray Square in 2009, continued until the police intervention in August 2018.

In the 700th sit-in on August 25, 2018, the police attacked the crowd with rubber bullets, detaining several relatives of the disappeared. The detained were released after giving their statements on the same day.

Speaking about the incident, Human Rights Association (İHD) İstanbul Chair Gülseren Yoleri said that the 700th week gathering was "arbitrarily banned with a decision signed by the Beyoğlu Sub-Governor within the knowledge of Interior Minister Süleyman Soylu.

Detained in the 700th week, Maside Ocak said, "In 1997, we used to be detained as two generations; today, we were detained as three."

Maside Ocak, the elder sister of Hasan Ocak, whose dead body was found in a common grave after he was detained on March 21, 1995, said that her 82-year-old mother Emine Ocak was attempted to be detained as well, she was not taken to the police bus at the last minute, she was pushed with police shields and her arms were bruised.

According to the data of the Truth Justice Memory Center, 1,352 people have been subjected to enforced disappearance in Turkey. (BIA, 28 May 2021)


Pression sur les médias / Pressure on the Media

Journalist Ahmet Atmaca beaten in Gaziantep

Turkish journalist Ahmet Atmaca is seen after being attacked in Gaziantep. (Photo: İLKHA TV/YouTube)
Istanbul, June 10, 2021 – Turkish authorities should conduct a swift and through investigation into the attack on journalist Ahmet Atmaca and hold the perpetrators to account, the Committee to Protect Journalists said today.

This morning, a group of people in the southeastern city of Gaziantep attacked Atmaca, a reporter for the pro-government Demirören News Agency, while he was at a local morgue covering the case of a man who had recently been killed in a knife fight, according to a report by his employer, a statement by the Gaziantep Journalists Society, a local press group, and video of the attack published by the newspaper Hürriyet.

While the victim was being transferred from the morgue, a group people nearby began hitting and kicking Atmaca, and continued beating him until his colleagues and police intervened, according to those sources, which said that the journalist was hospitalized after the attack and was not in critical condition.

Atmaca filed a criminal complaint concerning the attack and police have opened an investigation, his employer reported.

“Turkey desperately needs to improve its track record regarding impunity for those who physically attack and hurt journalists who are carrying out their work,” said Gulnoza Said, CPJ’s Europe and Central Asia program coordinator, in New York. “Today’s attack on reporter Ahmet Atmaca is a perfect opportunity for authorities to show that they can conduct fast and thorough investigations into such assaults, and hold those responsible to account.”

Atmaca’s recent work for Demirören News Agency includes news coverage of local traffic accidents, government events, COVID-19 measures, and notable deaths.

CPJ was unable to immediately determine the details of the injuries Atmaca sustained in the attack, or what sparked the violence. CPJ called Demirören News Agency for comment and sent it a message via messaging app, but did not immediately receive any replies.

Physical attacks on journalists in Turkey are rarely prosecuted, as CPJ has documented.

CPJ emailed the Gaziantep police for comment but did not immediately receive any reply. (
CPJ, June 10, 2021)

Turkish presidency reintroduces press card controls that court found restrictive

On April 1 this year, press freedom groups in Turkey chalked up a small win when the nation’s top administrative court, the Council of State, suspended 2018 rules that made it easier for the authorities to cancel or refuse press cards. The changes had transferred authority over press cards to the presidency and barred them in connection with vague transgressions such as diminishing the dignity of the media profession or acting against national security, according to news reports. 

Then in May, Fahrettin Altun, head of the presidential communications directorate which regulates the press card process, announced on Twitter that new, replacement regulations had been put into effect. “The clauses that prevent those who make propaganda for terrorism and violence from hiding behind the press card were strengthened,” he wrote.

The revision was worse than the original, according to Gökhan Durmuş, chair of the Journalist’s Union of Turkey known by its Turkish acronym TGS, who spoke with CPJ. Notably, they re-establish Altun’s authority to decide who gets a card, he said.

Press cards increase access for local reporters in the field, and foreign media workers can’t get a residence permit without one, journalists told CPJ. Yet the state decides who will get them and who will not, creating a tool to reward pro-government coverage, they said. Turkish officials have tried to deflect criticism for imprisoning dozens of journalists by claiming that those who lack card aren’t members of the press; President Recep Tayyip Erdoğan said in 2018 that if they had credentials, they must have been issued by terrorists. New regulation is a bad sign, since the situation had worsened under the 2018 rules, according to CPJ interviews. 

The revised rules say cards could be revoked if journalists create content that praises terror, endangers national security or provokes animosity and hatred, Durmuş told CPJ. “When you word it like that, there is no problem,” he said. “But who will decide? The problem starts there,” he said.

The revisions also enable the communications directorate to cancel permanent credentials – granted to card holders after 20 years – if they diminish the card’s “integrity,” meaning even senior journalists could be stripped of their status over a social media post, Durmuş said.

CPJ emailed the Directorate of Communications for comment but received no reply.

Press cards come with perks such as free or discounted public transportation and the right to retire early, according to Durmuş, though their main utility is that police often require anyone reporting from parliament, official events, or even public locations to present one.

“Journalists who had not felt the need to take that card out of their pockets in previous years now have to carry it around their necks, especially if they are covering social events,” Durmuş told CPJ.

Yet cards are not accessible to everyone, he and others told CPJ – journalists must show two years’ worth of employment under a high rate of insurance to qualify, and digital media outlets are ineligible. Several journalists working for opposition or pro-Kurdish media told CPJ they don’t have a card, either because they were denied access or have opted out of the process, asserting bias. In April, Vice President Fuat Oktay was quoted in news reports saying 15,148 press cards were in use, but Durmuş estimated there are about 25,000 print and broadcastjournalists working in Turkey, not to mention those at digital outlets, he said. Given that some permanent card holders are semi-retired, he guessed that only about a quarter of the actual press corps are credentialed. 

After the 2016 failed coup attempt, CPJ has noted before, the Turkish government canceled nearly 2000 press cards in 2016-2018, and another 1400 in 2020. They also changed the card’s color from yellow to turquoise and required yellow card holders to reapply.Durmuş said he is one of roughly 300 journalists who are still waiting for the evaluation of their reapplications, including some permanent card holders.

Fatih Polat, chief editor of the Evrensel daily newspaper, told CPJ by phone in May that he and other staff have been waiting for more than two years to replace yellow cards that expired in 2019. “They still haven’t given us the turquoise ones,” he said. “We are worried about the situation with this new regulation.”

Canan Coşkun, a reporter for the independent news website Diken, told CPJ that she only had a card was when she was working for the independent daily Cumhuriyet. She has been working with digital outlets since she let the newspaper and has not been eligible since, she said. When she applied for the alternative freelancers’ card, she was asked if she had a criminal record.

“Of course I had [a record],” Coşkun told CPJ. “It is not really possible to work at Cumhuriyet without being tried and convicted due to your reporting,” she said. In 2018, CPJ documented Coşkun’s conviction for “making targets of those assigned to combat terrorism” in relation to her work.

Coşkun said the lack of the card does not affect her job, although she is occasionally excluded from courtrooms. “Most of the time we overcome [the situation] by explaining to the security personnel” she said.

Veteran journalist Mehveş Evin was fired from the daily Milliyet newspaper in 2015 after writing about the clashes in Turkey’s southeastern Kurdish region, she told CPJ via messaging app; her dismissal was noted by local news reports as well as Human Rights Watch. She did not apply for credentials again, in part because so many colleagues’ cards were canceled after the 2016 coup attempt, she said. “Even if I change my mind today, they would never give it to me.”

Ferhat Çelik, an editor from the pro-Kurdish Mezopotamya News Agency, told CPJ that none of its staff has the card because the agency is not practicing the required pro-government journalism. “[No one] working with us has the card because of this,” he said. “It is not given to us even if we fit the criteria.”

For foreign journalists, credentials are a prerequisite for a residence permit, Chris Feiland, chair of the Foreign Media Association in Istanbul, told CPJ by messaging app. “Without a valid press card, foreign media personnel have no choice but to leave the country,” he said.

“Especially outside big cities and during demonstrations, [we] get asked for the press card all the time,” he said, noting that an international press card was sometimes accepted in the field. 

Feiland said the government’s control over the system was a problem, and cited occasional instances of press cards not being renewed or foreign media workers being deported, but noted that the system had been functioning more smoothly since the process for foreign applicants was revamped late last year.

Durmuş, of the journalists’ union, said the government should consult professional organizations before issuing press card rules. Along with other press freedom groups, the union has gone from welcoming the Council of State’s judgement on the old press card rules, to challenging the new ones in court, he said.
(CPJ, June 9, 2021)

Writer Nurcan Kaya faces up to 5 years in prison over a tweet

The prosecutor's office has presented its final opinion as to the accusations in the trial where human rights defender and writer Nurcan Kaya is facing charges due to her social media messages.

At the third hearing held at the Diyarbakır 9th Heavy Penal Court today (June 9), the prosecutor demanded up to five years in prison for Kaya on charge of "successively propagandizing for a terrorist organization."

While Kaya did not attend the hearing, her attorney Erselan Aktan was present in the courtroom. As reported by the Media and Law Studies Association (MLSA), the prosecutor was the first to take the floor. Stating that the office had no request of an extension of inquiry, the prosecutor presented the final opinion, where there was a reference to the following post:

"Not only Kurds but all people residing in Kobanê are in resistance. Democrat Arabs are also resisting..."

According to the prosecutor's office, with this tweet dated 2014, Kaya publicly "justified, praised and encouraged the forceful, violent and threatening methods of the Kurdistan Workers' Party (PKK), Kurdistan Communities Union (KCK) and People's Protection Units (YPG)". The office requested her penalization for "successive terrorist propaganda" via the press.

Attorney Aktan noted that they do not accept the prosecutor's opinion and requested time to present their defenses against it.

The court granted Kaya and her attorneys time until the next hearing, for which the date was set to September 27, 2021.
(BIA, 9 June 2021)

Making ‘peace news’ against Afrin operation, journalist sentenced to prison

Ozan Kaplanoğlu, the Managing Chief Editor of BursaMuhalif.com local news website, has been sentenced to 1 year, 10 months, 15 days in prison on the grounds that he reported on the press statement against Turkey's "Operation Olive Branch" or "Afrin Operation" into Syria in 2018.

Charged with "propagandizing for a terrorist organization", Kaplanoğlu had his final hearing at the Bursa 10th Heavy Penal Court yesterday (June 10). Kaplanoğlu has been convicted of the offense charged. Labor Party (EMEP) Provincial Chair Hasan Özaydın, who read the statement "We side with peace, not war" and stood trial in the same file, has been acquitted.

Making a statement after the hearing, the journalist's lawyer Özgür Özcan said, "The sentence given is purely political. It is not a crime to defend journalism; defending peace is not a crime in any way at all. An appeal can be lodged against the ruling, we will follow up the process."

Sentenced to prison over a news report, Kaplanoğlu stated, "Neither is it a crime to defend peace, nor is it a crime to defend people's right to obtain information. We, as honorable journalists, will keep on telling people the truths and being the voice of the oppressed."
What happened?

On January 30, 2018, occupational organizations and political parties in Bursa province protested the Turkish Armed Forces' cross-border military operation into Syria by releasing a joint statement.

Following this press statement, first, journalist Ozan Kaplanoğlu was detained on February 2, then, Özaydın was detained on February 3 on the grounds that they allegedly propagandized for the outlawed Kurdistan Workers' Party (PKK). Referred to the court on February 5, Kaplanoğlu was released while Özaydın was arrested. Following his defense at the first hearing on April 10, Özaydın was released pending trial.
(BIA, 9 June 2021)

Turkey requests a red notice for journalist Can Dündar

With his case file separated, journalist Can Dündar's hearing was held at the İstanbul 14th High Criminal Court today (June 8).

Put on trial over a news report published on Cumhuriyet newspaper regarding the trucks of the National Intelligence Organization (MİT) stopped by gendarmerie officers, the then Editor-in-Chief of the newspaper was previously sentenced to 27 years, 6 months in prison.

The court board has ruled that an extradition request shall be formed for Can Dündar, who is currently in Germany, and an arrest warrant shall be issued against the journalist. In addition, the court will also write to the Justice Ministry of Turkey so that a red notice will be issued against Dündar. The next hearing of the case will be held on October 6, 2021.

Following the interim ruling of the court, Can Dündar has made a statement on Twitter. Underlining that a red notice can only be issued by the Interpol, Dündar has briefly said the following:

"Courts can only demand that the Ministry of Justice apply to the Interpol to issue a red notice. And, as the Interpol knows that the real aim is to silence the dissidents, it takes none of the applications of Ankara seriously. Interpol has understood that the Turkish Government is misusing the red notice. For this reason, Turkey cannot get the real culprits back.

"In other words, murderers, putschists, drug traffickers, etc. get away thanks to the [ruling] AKP's desire to punish dissidents."

The Ministry of Justice applied to the Interpol several times before, demanding that a red notice be issued against Can Dündar.
(BIA, 8 June 2021)

Ten journalists stood trial on 'terrorism' charges in two weeks

Ten journalists stood trial for "terrorism-related" offenses in the last two weeks, according to bianet's Media Monitoring Database.

One journalist was acquitted, two journalists won a case against Turkey at the ECtHR, one journalist was released from house arrest.

Here is a summary of the cases:

The Redhack trial

Journalists Tunca Öğreten and Mahir Kanaat spent more than 300 days in pre-trial detention for reporting on leaked emails of then Energy Minister Berat Albayrak in late 2016.

They faced several charges, including "propagandizing for an illegal organization," "blocking, damaging information system, destroying or changing data," "membership of an illegal organization," "committing crimes on behalf of terrorist organizations as a non-member."

The European Court of Human Rights (ECtHR) concluded on May 18 that the arrests of Kanaat and Öğreten caused a rights violation.

What happened?

On December 25, 2016, BirGün newspaper employee Mahir Kanaat, Diken news website's former editor Tunca Öğreten, closed Dicle News Agency's News Director Ömer Çelik, its former reporter Metin Yoksu, Yolculuk Newspaper's Chief Editor Eray Sargın and Etkin News Agency's Managing Editor Derya Okatan were detained for reporting on the emails of Berat Albayrak, the then Minister of Energy and Natural Resources, that were shared by RedHack.

Held in detention for 24 days, Öğreten, Kanaat and Çelik were arrested; the other journalists were released on January 17, 2017.

Çelik, Okatan, Yoksu and Sargın were charged with "propagandizing for an organization", "blocking, damaging information system, destroying or changing data", while Kanaat was charged with "membership of an organization" and Öğreten was charged with "committing crimes on behalf of the FETÖ and DHKP-C as a non-member."

Arrested as part of the same investigation, the files of Die Welt reporter Deniz Yücel, journalist Fatih Yağmur and one person coded as "unknown person" were separated from the file of the other defendants.

The indictment was prepared six months later and the first hearing was held on October 24, 2017. Ömer Çelik was released at the first hearing. At the second hearing of the trial held on December 6, 2017, Tunca Öğreten and Mahir Kanaat, arrested for 323 days, were released with an international travel ban and a judicial control measure of giving signatures twice a week

The individual applications of Öğreten and Kanaat to Turkey's Constitutional Court remained inconclusive.

Vice News reporters

Vice news correspondent Jacob Philip John Gingell Hanrahan, cameraman Philip John Pendlebury, their translator Mohamed Ismael Rasool and driver Abdurrahman Direkci were detained on 28 August 2015 when they came to Diyarbakır to shoot a documentary about the life under curfew in Cizre, Silopi, Nusaybin and Sur, Kurdish-majority districts in the southeast where violent clashes between the army and the outlawed Kurdistan Workers' Party (PKK) were going on at the time.

Charged with "knowingly and willingly aiding an armed terrorist organization as a non-member" and "propagandizing for a terrorist organization," prosecutors seek up to 67 years of imprisonment for the four people.
(BIA, 4 June 2021)

Investigation into journalist Kutlu Adalı's killing after confessions of mob boss

Prosecutors in İstanbul have opened an investigation into the 1996 assassination of Cypriot journalist Kutlu Adalı following online confessions of mob boss Sedat Peker.

Adalı was threatened and killed after writing about an alleged armed raid on a monastery in Cyprus to rob millions of dollars worth of icons.

In a YouTube video on May 23, Peker claimed that he was the one who was first picked to carry out the assassination. After being approached by a security officer, he had sent his brother Atilla Peker as a hitman but the attempt had failed, he claimed.

One day later, Attila Peker filed a petition with the prosecutors, explaining in detail what they did in Cyprus with now-retired former security and intelligence officer Korkut Eken.

Sometime after they returned from Cyprus, Eken had implicitly told him that Adalı had been killed after a second attempt, said Atilla Peker.

Eken admitted they went to Cyprus together but said he didn't have any knowledge of an assassination attempt.

Who killed the journalist could never be found. In 2004, the ECtHR ruled that Turkey had not carried out an effective investigation into the incident.

The İstanbul Anadolu Chief Public Prosecutor's Office opened an investigation into the killing yesterday (June 1), after receiving the petition that Peker submitted to prosecutors in Fethiye, Muğla.

Documents related to the incident would be requested from the Northern Cyprus administration and Atilla Peker's detailed testimony would be taken, said the prosecutor's office.

Attila Peker went to the prosecutor's office at around 6 p.m. yesterday, Sedat Peker said on Twitter. "Many more cases will be opened, you'll see," he said.

Two former presidents of Northern Cyprus said Peker's confessions created an opportunity to solve the murder.
"An opportunity to solve the murder"

Mehmet Ali Talat, the second president of Northern Cyprus, noted that the police officer who had carried out the inquiry about the murder at the time currently heads the police and this would be an advantage.

"He is some who saw the evidence, he knows who told him to stop at what stage," he told the Cyprus-based Yenidüzen newspaper yesterday. "Maybe Ahmet Soyalan doesn't exactly know from which military authority the instruction came, because he got the instruction from his chief. But he is certainly a conscious person, I'm sure he also wants the incident to be uncovered."

"But what is essential here is that politicians [in Northern Cyprus] should take action and that Turkey should be convinced," he said.

Mustafa Akıncı, the previous president of Northern Cyprus, noted that Adalı's murder was immediately perceived as a political assassination carried out by Turkey among the public in Northern Cyprus.

"After concrete statements and concrete names are revealed, it would not be acceptable from now on to cover up this issue," he told daily BirGün.

"It has been revealed that this murder, like many similar murders, was carried out by monstrous fascists that were authorized to serve on behalf of the Turkish state in cooperation with mafia organizations," he said.
Sedat Peker videos

Formerly a pro-government figure who has been living abroad since late 2019, Peker has been releasing videos on state-mafia relations in the country since early May. Each of the videos where he makes serious allegations draw millions of viewers.

He has implicated current and former government officials in international drug trafficking, illegal arms and oil trade with Syria, political assassinations and corruption.

Among Peker's high profile targets are Interior Minister Süleyman Soylu, former Interior Minister Mehmet Ağar, former Prime Minister Binali Yıldırım.
(BIA, 2 June 2021)

Report: Turkey among top countries in violence towards women journalists


The Coalition For Women In Journalism (CFWIJ) recorded 70 incidents of violence, including murder, abduction, detentions and attacks, towards women journalists in May.

The three countries with the most cases were Belarus, Palestine and Turkey, according to the report published today (June 1).

The CFWIJ reported the following incidents in Turkey:

• Journalists who followed May 1 Labor Day events across Turkey were prevented by the police. Their equipment was damaged and they were battered. At least four women journalists were subjected to police intervention while covering the events.

• Journalists Derya Saadet and Fatoş Erdoğan were prevented by police while covering student demonstrations against Israeli attacks in Palestine.

• Mesopotamia Agency (MA) reporter Ceylan Şahinli was detained while following the May 1 Labour Day event in Ankara.

• The first hearing of the trial against Roza Metina, the Kurdish editor of Jin News, was held in Diyarbakır. The court ordered the prosecutor's office to file its opinion and postponed the next hearing to September 14, 2021.
(BIA, 1 June 2021)


Le romancier Orhan Pamuk critique violamment le régime d'Erdogan

Ragip DURAN, chroniqueturquie, 29 mai 2021

Orhan Pamuk, Prix Nobel de la Littérature (2006) a sévèrement critiqué le régime turc: ‘’Si vous parlez de la politique on vous frappe en pleine rue’’ a-t-il déclaré le 27 mai dernier lors d’un rare interview accordé à un nouveau

Pamuk, 69 ans, avoue qu’il n’aime pas beaucoup les entretiens politiques. ‘’Quand les journalists me posent des questions politiques, je leur dit que la liberté d’opinion n’existe pas en Turquie’’ a-t-il précisé.

‘’Les gens qui parlent de la politique sont battus en pleine rue, on leur brisent les doigts, on les menacent et c’est la mafia qui intervient’’ a-t-il poursuivi.

Méticuleux observateur de la vie sociale et culturelle du pays, Pamuk, dont les romans sont traduits en plusieurs langues est l’auteur des chefs d’œuvres comme ‘’La Neige’’, ‘’Je m’appelle rouge’’, ‘’Le Chateau Blanc’’, ‘’Le Livre Noir’’,enfin ‘’Le Musée de l’innocence’’. Son dernier livre ‘’Les Nuits de Coléra’’, qu’il avait commencé avant la pandémie de Covid-19, raconte la vie des gens sous le confinement.

Pamuk se plaint de l’inégalite entre les pauvres et les riches. De plus ‘’Les tribunaux ne sont plus indépendants et ce qui est encore plus important il n’y a plus de liberte d’opinion. Et ils ne respectent plus les minorités’’.

L’écrivain de renommé internationale rappelle que les kurdes ne sont pas représentés sur la scène politique et qu’il n’y a plus de séparation des pouvoirs en Turquie.

‘’La Turquie est devenu le pays où il y a le plus grand nombre de journaliste dans ses prisons  et elle est en même temps le pays où l’on emprisonne le plus grand nombre d’opposant’’ a-t-il déclaré.

Pamuk, se plaint également des débats politiques diffusés sur les chaînes de télévision: ‘’Quand il n’y a pas de liberté d’opinion, tous ces débats sont organisés pour cacher quelque chose. Je les suis. İls ne peuvent pas prononcer le nom du Président par exemple. İls ne peuvent pas critiquer le pouvoir. Alors quel débat?’’s’est-il exclamé.

Orhan Pamuk était dans le passé, avant de recevoir le Prix Nobel, un écrivain très actif sur la scène des droits de l’homme et des droits des kurdes et ceux des arméniens. Il participait à presque toutes les manifestations et marches de protestation.

Aujourd’hui il est toujours du coté de la démocratie et de la paix donc toujours un opposant au régime de l’Homme Unique. Il a été plusieurs fois jugés par les tribunaux et avait reçu des menaces de mort de la part de l’extrême-droite nationaliste.

Kurdish Question / Question kurde

Appeals court upholds jailed politician Leyla Güven’s prison sentence

Stripped of her MP status on the grounds of a final prison sentence and arrested afterwards, Democratic Society Congress (DTK) Co-Chair Leyla Güven's prison sentence of 22 years, 3 months has been upheld by the Diyarbakır Regional Court of Justice (court of appeals).

In the trial heard by the Diyarbakır 9th Heavy Penal Court, Güven was sentenced to 14 years, 3 months in prison on charge of "being a member of a terrorist organization" and to 4 years in prison twice on charge of "propagandizing for a terrorist organization."

As reported by Mezopotamya Agency (MA), the appeal of Güven's attorneys against this local court ruling has been rejected by the appeals court.

The 2nd Penal Chamber of the Diyarbakır Regional Court of Justice also reviewed the request for overturning the local court ruling and for ending the arrest of Leyla Güven on the grounds of ongoing judicial proceedings. The Chamber has rejected the request as to the merits.

It has rejected the request for Güven's release on the grounds that she has flight risk, the judicial control measure will be insufficient and the measure of arrest is proportionate to the offenses charged.

An appeal can be lodged against the ruling of continuation of arrest by appealing to the 3rd Penal Chamber of the Diyarbakır Regional Court of Justice. In the event that it also upholds the ruling, Güven's attorneys can appeal against it by applying to the Court of Cassation.

About Leyla Güven

Living in Germany for a long time, she worked in the women's organization of the People's Democracy Party (HADEP) in 1994.

In the local elections in 2004, she was elected as the Adana Küçük Dikili Mayor; in 2009, she was elected as the Viranşehir Mayor.

As part of the operation against the Kurdistan Communities Union (KCK), Leyla Güven was arrested in December 2009. Following an imprisonment for five years, she was released in 2014. In the KCK main trial, she was sentenced to 6 years, 3 months in prison.

In the Parliamentary elections in June 2015, Leyla Güven was elected as the Peoples' Democratic Party (HDP) 25th Term Şanlıurfa MP and entered the Parliament. In the Parliamentary elections in 2018, she was elected as the HDP 27th Term Hakkari MP.

While she was in prison as part of the KCK investigation, she went on a hunger strike, demanding that the isolation of imprisoned Kurdistan Workers' Party (PKK) leader Abdullah Öcalan be lifted.

Her prison sentence of 6 years, 3 months in the KCK main trial was upheld by the Court of Cassation while she was the HDP Hakkari MP. With her finalized prison sentence read out at the General Assembly of the Parliament, she was stripped of her MP status on June 4, 2020. While she was arrested shortly afterwards, she was released on June 9, 2020.

On December 21, 2020, she was sentenced to 22 years, 3 months in prison on charge of "leading an organization", arrested and sent to Elazığ Type E Prison in eastern Turkey.
(BIA, 11 June 2021)

Dans le nord de l'Irak, les bombardements turcs font fuir les habitants

Un beau jour de mai, Yohanna Khouchfa a rassemblé ses 200 moutons et plié bagage avec les 120 habitants de son village du Kurdistan, effrayés par les drones turcs qui poursuivent chez leur voisin irakien le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

"Les éclats d'obus qui pleuvent ont fait exploser nos fenêtres et nos meubles", raconte à l'AFP le maire de Jelki, village du secteur d'al-Amadiya.

"On a eu peur pour nos vies et on est partis", poursuit cet Irakien de 71 ans joint par téléphone tant la bande frontalière accidentée est dangereuse pour les journalistes ou observateurs indépendants.

Depuis que la Turquie a lancé le 23 avril une nouvelle campagne, aérienne et parfois terrestre, dans le nord de l'Irak, trois civils ont été tués hors du Kurdistan et quatre blessés dans les zones frontalières kurdes. L'un des morts hors du Kurdistan est, selon M. Erdogan, un commandant du PKK.

En outre, 300 familles --environ 1.500 personnes-- ont fui leurs villages, selon le ministère irakien des Déplacés.

- Retour plus qu'incertain -

D'autres avaient déjà quitté leur maison depuis longtemps, comme Berqi Islam, parti en 2017 de Chiladzi, localité proche de la Turquie où son frère a été emporté par un bombardement turc.

Avec les terres agricoles familiales brûlées par une énième campagne turque et zéro dédommagement des autorités kurdes ou fédérales irakiennes, il n'est toujours pas revenu.

De même que des milliers de familles yazidies ayant fui en 2014 les exactions des jihadistes et aujourd'hui effrayées à l'idée de rentrer au Sinjar, dans le nord-ouest de l'Irak, de peur des tirs turcs.

Et si Ankara se dit depuis 1992 déterminée à en finir avec le PKK, qu'elle considère avec ses alliés occidentaux comme "terroriste", le président Recep Tayyip Erdogan a récemment fait monter la pression.

"Il a déplacé du territoire turc au territoire irakien le combat contre le PKK", qui livre depuis 1984 une sanglante guérilla sur le sol turc ayant fait plus de 40.000 morts, affirme à l'AFP Aykan Erdemir, spécialiste de la question kurde turque et ex-député d'opposition en Turquie.

Ce à quoi le ministre turc de la Défense Hulusi Akar rétorque: "Bagdad dit qu'il va nettoyer la région", on dit +OK+ mais on dit aussi que (...) notre combat continuera jusqu'à ce que le dernier terroriste soit neutralisé".

De longue date, Bagdad et Erbil, capitale du Kurdistan irakien grand allié d'Ankara, ont accepté cette sous-traitance de la guerre, faute de pouvoir en finir avec le PKK.

L'Etat irakien, qui doit encore contenir les cellules clandestines du groupe Etat islamique (EI) et qui est régulièrement débordé par les combattants chiites pro-Iran, "ne dispose d'aucun moyen de pression sur le PKK pour le faire partir", explique Adel Bakawan, directeur du Centre français de recherche sur l'Irak (CFRI).

"Sans monopole de la violence et du contrôle sur son territoire, l'Irak s'en remet à un autre acteur régional" --Ankara--, poursuit le spécialiste.

Mais, désormais, M. Erdogan promet "l'éradication totale de la menace terroriste (...) tout le long de la frontière sud". M. Akar est même allé jusqu'à visiter les troupes début mai en Irak, alors que la dizaine de bases et les autres positions militaires que l'armée turque y a installées depuis un quart de siècle est illégale aux yeux du droit irakien.

- "Crime environnemental" -

Bagdad a convoqué à plusieurs reprises l'ambassadeur turc, mais les bombes continuent de tomber -- emportant 2,5% des forêts d'Irak, "un crime environnemental inhumain" pour le président irakien Barham Saleh.

Et les incursions turques sont de plus en plus profondes, "sur 10, 15 ou 20 kilomètres", assure à l'AFP Rivink Mohammed, député de la majorité au Parlement kurde lui-même originaire d'al-Amadiya.

"Jusqu'à cette dernière campagne, les forces turques entraient par les postes-frontières, maintenant, elles aménagent leurs propres voies de circulation pour éviter les passages officiels", renchérit son collègue d'opposition Ali Saleh.

La Turquie, accuse le PKK, veut réitérer en Irak le scénario de la Syrie. Là, Ankara a mené depuis 2016 trois offensives militaires pour contrôler un territoire de plus de 2.000 km2 dans le nord. Au Kurdistan irakien, Ankara pourrait prolonger son no man's land pour étouffer le projet de grand Kurdistan à cheval sur la Syrie, l'Irak, l'Iran et la Turquie.

"Ces attaques stratégiques visent à occuper des zones kurdes pour couper les contacts entre Kurdes et créer un cordon sécuritaire", affirme ainsi à l'AFP Zagros Hiwa, porte-parole du PKK.
(AFP, 9 juin 2021)

Cinq peshmergas tués dans une embuscade du PKK en Irak

Cinq peshmergas, les combattants du Kurdistan irakien, ont été tués samedi dans une embuscade du Parti des travailleurs kurdes (PKK), groupe rebelle kurde de Turquie qui a sa base arrière dans le nord irakien, a indiqué un vice-ministre kurde.

Cette attaque survenue au mont Metin à Dohouk, province du Kurdistan irakien frontalière de la Turquie, a également blessé deux peshmergas, a ajouté Serbast Lazkin, vice-ministre des Peshmergas dans le gouvernement de la région autonome kurde du nord de l'Irak.

Les Forces de défense du peuple (HPG), la branche armée du PKK, ont accusé les peshmergas d'être "entrés dans une zone de conflit à Metin" entre le PKK et l'armée turque "qui veut occuper le Kurdistan" irakien.

"Ces mouvements de peshmergas sont un coup de couteau dans le dos du PKK et nous refusons leur entrée dans une zone sous notre contrôle", ajoutent-elles dans leur communiqué.

Ces violences interviennent alors qu'Ankara mène depuis le 23 avril une nouvelle campagne militaire, aérienne et parfois terrestre, contre le PKK qu'elle considère comme "terroriste".

La Turquie dénonce des violations de sa souveraineté depuis l'Irak et le président Recep Tayyip Erdogan a évoqué début juin la région de Makhmour, où le PKK est actif au sud de Dohouk.

"Si les Nations unies ne nettoient pas cet endroit, alors nous nous en chargerons en tant que membre des Nations unies", avait-il prévenu.

La région se trouve à 250 km au sud de la frontière turque, mais pour M. Erdogan "Makhmour est presque devenu l'incubateur de Qandil", place-forte du PKK plus au nord, et "si nous n'intervenons pas, cet incubateur va continuer de produire (des terroristes)".

Dans le Kurdistan irakien, le ministère des Peshmergas a officiellement appelé "tout le monde à respecter les frontières du Kurdistan et à ne pas mettre sa sécurité et sa stabilité en danger".
(AFP, 5 juin 2021)

Jailed politician Gültan Kışanak granted ‘Clara Zetkin Honorary Award’

Granted in Germany since 2007, this year's "Clara Zetkin Honorary Award" has been offered to Gültan Kışanak, the arrested former Metropolitan Mayor of Turkey's Kurdish-majority Diyarbakır province.

In announcing the award of Kışanak, it is said, "The honorary award for social commitment has been granted to Gültan Kışanak. It is unbelievable that you have to be in prison in Turkey, we stand with you."

The Women's Assembly of the Peoples' Democratic Party (HDP) has also announced the award on its social media account.

"The Clara Zetkin 2021 Honorary Award has been granted to Dear Gültan Kışanak. We congratulate her. We will keep struggling together against the male dominant order with our women's solidarity, inside and outside," the Women's Assembly has said in its message.

Previously, the Clara Zetkin Honorary Award was granted to Feleknas Uca, the then MP of the Peace and Democracy Party (BDP) and the current MP of the HDP, in 2017. Four years before, in 2013, Bilkay Öney, the Integration Minister of the Baden-Württemberg Federal State of Germany, was also granted the Clara Zetkin Honorary Award.

About Gültan Kışanak


In announcing the award-winning of jailed politician Gültan Kışanak, the prize committee has introduced her in the following words:

"Gültan is a jailed Kurdish politician of the HDP. In 2014, she became the first woman to be elected as the Co-Mayor of Diyabakır province. In 2016, she was removed from office and imprisoned. During her time as a co-mayor mayor, she introduced several political initiatives for wpmen. They were aimed at improving the chances of women to participate in social life and offering them more protection against domestic violence. That was tantamount to a revolution in the Sunni and patriarchal city of millions.

In Diyarbakır, there are hardly any jobs for less educated women. The municipality created jobs for women, e.g. as park rangers.

The municipality signed a collective agreement that awarded the man's salary to women beaten by their husbands or whose husbands are alcoholics.

Women's shelters, psychological counseling centers, kindergartens were set up.

In the fight for gender liberation, the HDP introduced a model in which all board positions are occupied by one woman and one man. The patriarchal AKP system sees the gender parity dual leadership as a threat.

"Gültan Kışanak was sentenced to 14 years and 3 months in prison on charge of 'terrorist propaganda'. The charges include the introduction of gender parity dual leadership, as well as official documents from the city administration, which were rededicated in the indictment to papers of a banned organization. In the indictment against her, she was also charged with trying to convert the infamous 'Hell No. 5 prison', where she had been once tortured in 1980, into a museum as a mayor."
(BIA, 31 May 2021)

Demonstrations and events banned in Van


The Governor's Office of Turkey's eastern province of Van has announced that protest marches and public protest meetings will be banned from June 3 to 17 on the grounds of "public health and public order."

According to the statement released on the official website of the Van Governor's Office, the following events can take place on the condition that they are permitted by the local administration: "Making press statements, staging a sit-in protest, conducting surveys, setting up tents and stands, launching petitions, distributing leaflets, handouts and flyers."

While the protest marches and public protest meetings have been banned in reference to the Article 17 of the Law no. 2911 on Meetings and Demonstrations and it will be in effect for 15 days starting from June 3 until June 17, its objective has been indicated in following words:

"Preventing the protests and attacks considered to directly and openly meet the criteria for restriction and ban foreseen in our Constitution and laws; ensuring the safety of life and property of our citizens; eliminating the plans of the terrorist organizations and, within this context, ensuring national security, public order and public health, preventing the committal of crimes, maintaining fundamental rights and freedoms as well as the fundamental rights and freedoms of others and public order, preventing the spread of incidents of violence."
(BIA, 31 May 2021)

Kurds becoming a minority in Kurdish region of Afrin: Statement

25 local civil society and human rights organizations on Friday said only about 20 percent of the original Kurdish population of northern Syria's Afrin remain in the region three years after Turkey and its allied armed groups seized the area.

After the assault on Afrin, Turkey settled thousands of Syrian Arabs there who been displaced from other areas in the country by offensives conducted by the regime of Bashar al-Assad. This significantly altered the demography of Afrin.

Kurds made up 96 percent of Afrin's population before 2011 but now represent about 25 percent, read a statement cosigned by 25 organizations and published by Human Rights Organisation – Afrin-Syria (HRO). It added that 75 percent of the current residents are Arab and Turkmen settlers.

The organizations accused Ankara of changing the "demographic composition" and the Kurdish identity of the region by bringing in hundreds of thousands of settlers.

They called on the United Nations and major powers to intervene and "end the Turkish occupation."

On March 18, 2018, Turkey and Turkish-backed rebels occupied the Kurdish enclave of Afrin during their so-called Operation Olive Branch. The occupation has continued amid widespread accusations of war crimes, including ethnic cleansing, kidnapping for ransom, and gender-based violence.

Read More: After 3 years of Turkish occupation, Syrian Kurds condemn ongoing human rights violations in Afrin
According to a report by the Office of the United Nations High Commissioner for Human Rights (OHCHR) published in June 2018, permitting ethnic Arabs to occupy houses of Kurds may be an intentional attempt to permanently change the ethnic composition of the area.

Just this week, armed groups in Turkish-controlled zones kidnapped three Kurds from Afrin, the Syria-based HRO reported. One of them was Besar Osman from Kefir Cene village, whom the Turkish-backed military police abducted while he was going to Azaz and transferred to a prison in al-Rai in northern Aleppo.

The group also accused the Turkish-backed Faylaq al-Sham group of kidnapping Shewqi Mustafa (65) and Horo Ahmed (37) on May 27 in Meydan Ekbesê village in Afrin's Rajo subdistrict on charges of having links with the Kurdish-led Autonomous Administration of North and East Syria (AANES).
(Kurdistan 24, 30 May 2021)

Protest in Brussels against Turkey’s attacks, the US and NATO policies

The demonstration was promoted by a number of organizations including NAV-BEL (Belgian Democratic Kurdish Community Centre); ILPS (International League of People's Struggle); HBDH Belgium (Peoples’ United Revolutionary Movement); KCDK-E (European Democratic Kurdish Society Congress); AIDL (International Alliance for Defence of Rights and Freedoms); VREDE (Belgian Peace Organization); YJK-B (Kurdish Women's Union-Belgium); Belgian Kurdish Institute; Democratic Union of Belgium; RESIST US-led War Movement.

The protest began at 11:00 am this morning in front of the US Embassy in Boulevard du Régent 27.

The banners unfurled by the demonstrators read “NATO-US Hands off Kurdistan”, “Stop the fascist Turkish state’s barbaric invasion in Kurdistan”.

The crowd protested against the US bounty on PKK’s leading members Cemil Bayık, Murat Karayılan and Duran Kalkan as well as the Turkish occupation operation in Avashin, Zap and Metina regions in South Kurdistan.

In a speech in the name of NAV-BEL, Davut Keskin pointed to the guerrilla resistance against Turkish occupation attacks and the silence of western countries and the US.

Speaking after, an internationalist activist stated that the crimes to which the US and NATO are partner, are shaped in accordance with their economic and geopolitical interests. Highlighting the effect of these policies on not only Kurdistan and the Middle East but East Europe as well, the activist expressed solidarity with the Kurdish people.

Another internationalist activist condemned Turkey’s attacks on Zap, Avashin and Metina.

More speeches were held by the Democratic Forces Union, the Kurdish Women’s Movement in Europe and HBDH. 
(ANF, 29 May 2021)

Minorités / Minorities

Erdogan et Aliev au Nagorny Karabakh la semaine prochaine

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a indiqué mercredi qu'il se rendrait la semaine prochaine dans une ville symbolique du Nagorny Karabakh récemment repassée sous le contrôle de Bakou, lors d'une visite de trois jours en Azerbaïdjan.

Dans la foulée d'un sommet de l'Otan à Bruxelles lundi, "j'irai à Bakou où je serai reçu par mon frère (le président d'Azerbaïdjan) Ilham Aliev. De là, nous nous rendrons à Choucha", a déclaré mercredi M. Erdogan lors d'un discours à Ankara.

La ville de Choucha a été reprise par Bakou lors du dernier conflit dans la région séparatiste du Nagorny Karabakh qui a opposé les forces arméniennes et azerbaïdjanaises à l'automne dernier.

L'Arménie et l'Azerbaïdjan sont en lutte depuis les années 1990 pour le Nagorny Karabakh, république auto-proclamée et de facto indépendante soutenue par Erevan.

A l'automne 2020, une guerre a brusquement éclaté, faisant au total 6.000 morts et se soldant par la victoire de Bakou qui a regagné de nombreux territoires perdus, dont Choucha.

Lors de ce conflit, la Turquie a soutenu l'Azerbaïdjan en lui fournissant notamment des drones. Plusieurs pays ont également accusé Ankara d'avoir envoyé des combattants syriens pour soutenir les forces de Bakou.

Outre son emplacement stratégique, Choucha est un symbole pour les Azerbaïdjanais, qui la considèrent comme un centre culturel majeur. Les Arméniens jugent qu'elle relève de leur patrimoine, en particulier sa cathédrale.

M. Erdogan a indiqué qu'il achèverait son déplacement en Azerbaïdjan en assistant le 16 juin à Bakou à un match de football qui opposera la Turquie au Pays de Galles dans le cadre de l'Euro-2020.
(AFP, 9 juin 2021)

Politique intérieure/Interior Politics

Peker claims Erdoğan aides organize arms delivery to 'terror' groups in Syria

In the eighth episode of his online confessions, mafia boss Sedat Peker talked about alleged arms deliveries to an al-Qaeda branch in Syria and illicit trade in the country.

He pointed out two of President Recep Tayyip Erdoğan's aides, who he said were responsible for organizing such activities.

One of them is retired Brigadier General Adnan Tanrıverdi, the founder and the head of SADAT private military company.

Peker accused SADAT of sending weapons and equipment that he had paid for to the Nusra Front, an al-Qaeda affiliate in Syria, in 2018. Tanrıverdi was a senior advisor to the president at the time. He resigned in January 2020.

The Nusra Front rebranded itself as the Jabhat Fatah al-Sham in 2016 and merged with other groups in 2017 to form the Hayat Tahrir al-Sham, which currently controls most of Syria's Idlib province, where Turkey also has a military presence.

In early 2018, Peker had shared photos of equipment he had sent to the Free Syrian Army on social media. Dozens of pickups, hundreds of body armors and other equipment were shown in the photos.

"Dozens of 4x4 off-road vehicles from Sedat Peker to the Free Syrian Army" read the cards on the cars in the photo posted on Instagram by Peker in March 2018.

It was a project that he discussed with an MP from the ruling Justice and Development Party (AKP) at the time, he said in today's (May 30) video.

"He conveyed this idea to the necessary places. And then they said, 'We can give you additional trucks and they can go together with your trucks.' Our trucks were going as 'the Sedat Peker aid convoy'," said Peker.

"We were giving pictures to the press. We were sending all the equipment. But other vehicles were going [to Syria] under my name. We thought that these were going to Turkmens in other places.

"We didn't know what was inside them. I mean, there were weapons, I'm not a naive child ... And this was normal, something that should happen.

"But this was not organized by the MİT [National Intelligence Agency] or the military. This was organized by SADAT, by a team inside the SADAT.

"I bought everything with my own money, except for those. But they were sent to Syria under my name. There were no procedures, no registries. They would directly cross [into Syria]."

He was later informed by his "Turkmen friends" that some of the pickups he sent to Syria had been delivered to the Nusra Front members, said Peker.

SADAT immediately denied Peker's claims, saying on Twitter that what he did was confessing that he had been smuggling weapons to Syria under the name of humanitarian aid.

"We call on the slanderers to prove their slanders and deliver the documents they have to the prosecutor's office," it said. "In his video, Peker confesses that he sold weapons to terrorist groups. But our company has no relation whatsoever with the weapons that were sold to terrorist groups."
"Let's open Pandora's box"

About the alleged illicit trade in Syria, Peker pointed out Methin Kıratlı, the head of the Presidency Administrative Affairs.

"Let's open Pandora's box. Do you know what you should do to trade in Syria? There is Mr. Metin Kıratlı, the chair of the Presidency Administrative Affairs, in the Presidential Complex. You go to him," he said.

"I'm not talking about the dealings of one or two trucks. Illegal raw oil, tea, sugar, aluminum, copper, second-hand cars... Billions of dollars, big money.

"... When you get the approval from [Metin Kıratlı], they send you to the MT Group. Murat Sancak [MT Grup Board Chair], Ramazan Öztürk, all [members] of the hierarchy are there.

"After their approval, you go to the al-Nusra officer responsible for economics: Abu Abdurrahman, he also uses the Abu Shayma alias.

"This is how trade is done as well. You can't do big business there outside of what I've explained."
The next video will be about Erdoğan

After staying silent for weeks, President Erdoğan talked about Peker's videos on Wednesday, claiming that they were a part of a plot targeting Turkey.

"I wish big brother Tayyip would intervene in the affairs and resolve them. As there is a lot of data, documents and words. But, I don't know why he chose to believe them, not me" said Peker, adding that he would talk about the president in his next video.

"Mr. President, big brother Tayyip, said, without mentioning my name, that this is an international conspiracy and I'm at the center of it. 'You'll see, we'll find and bring him here,' he said.

"No problem, the state can find and take me. But will finding and taking me change the truths, big brother Tayyip?

"If I'm a spy who is involved in an international conspiracy, I'll sit down and talk in front of you as a brother in the next video, big brother Tayyip."

Peker also said he stood with Erdoğan when he had no power. After his video, "big brother Tayyip" [#TayyipAbi] became a trending topic on Twitter in Turkey.

The mafia boss says he has personally known Minister of Interior Süleyman Soylu, whom he describes as "a man I had invested in for years," and Erdoğan for over 20 years.
(BIA, 31 May 2021)

Forces armées/Armed Forces


Affaires religieuses / Religious Affairs

Lale Gül, une jeune musulmane qui a décidé de suivre sa propre voie

Die Welt, 10 juin 2021

D’un point de vue occidental, Lale Gül est une jeune femme tout à fait normale. Du point de vue des musulmans les plus stricts, en revanche, elle est une véritable honte. Après la publication d’un livre qui lui a valu de recevoir pas mal de menaces, elle vit aujourd’hui cachée dans un endroit tenu secret.

Lale Gül a déjà reçu plus de 70 menaces de mort. Parce qu’elle a écrit un livre sur sa vie de jeune femme de 23 ans. La police a jusqu’à présent pu identifier et arrêter deux des individus qui ont souhaité sa mort sur Instagram et d’autres médias sociaux. Ils appartiennent au mouvement Sharia4Belgium.

Lale Gül vient des Pays-Bas. Née de parents turcs très conservateurs et religieux, elle grandit à Amsterdam-Ouest, dans le quartier de Kolenkitbuurt, composé à 85 % de migrants. A ses 12 ans, elle commence à porter le foulard. Le week-end, elle fréquente une école coranique du mouvement islamiste Milli Görüs. Milli Görüs ne fait pas grand cas de l’intégration. A l’école normale, Lale Gül se fait des amis néerlandais – et se familiarise avec leur idée de la liberté. Dans la bibliothèque de son quartier, elle se documente sur le monde. A 16 ans, elle sort avec son premier petit ami, un Néerlandais « blanc ». En cachette. Et à 18 ans, elle laisse tomber le foulard. Elle refuse le mariage arrangé. Sa famille tombe des nues. Mais ce n’est que le début.

Car Lale Gül a décidé de vivre librement. De suivre sa propre voie. L’étudiante en littérature a écrit un livre à ce sujet. L’ouvrage s’intitule Ik ga leven (Je veux vivre, non traduit). C’est un livre audacieux, sauvage et assez drôle. Et il figure sur la liste des best-sellers aux Pays-Bas depuis plusieurs semaines. Dire qu’il a suscité le débat serait un euphémisme. Il a touché une corde sensible. Aujourd’hui, le pays entier parle de Lale Gül.

Sa famille est consternée : « Comment peux-tu nous faire ça ? » Ses collègues, ses voisins, les membres de sa mosquée et ses proches en Turquie se sont mis à harceler ses parents, désireux de savoir ce qui avait bien pu mal tourner dans l’éducation de leur fille. Le populiste d’extrême droite Geert Wilders, leader du Parti pour la liberté, a dit d’elle que c’était une « jeune femme turque courageuse » qui avait tourné le dos à l’islam et se retrouvait maintenant menacée. Elle est la preuve que « l’islam turc ne s’intègre pas aux Pays-Bas ».

Le problème avec cette thèse, c’est que la jeune auteure néerlando-turque à succès démontre également le contraire. Depuis que Geert Wilders a fait son éloge, les gauchistes accusent la jeune femme de faire les affaires des populistes de droite. Ainsi, l’ancien camarade de parti de Geert Wilders, Arnoud van Doorn, une figure vacillante de la politique néerlandaise qui s’est depuis converti à l’islam, n’a pas hésité à qualifier Lale Gül de blasphématrice.
« Mes parents seront encore plus sévères avec ma sœur »

Cependant, à côté des douzaines de menaces, chants de combat islamistes et photos d’armes qu’elle a reçus, Lale Gül peut également compter sur des milliers de mails d’encouragement : « Tu lis dans mes pensées, j’ai traversé exactement la même chose », lui écrivent des jeunes femmes – et de nombreux homosexuels issus, comme elle, de familles musulmanes archireligieuses. « C’est d’eux que je tire ma force. Et ça me confirme que je n’ai pas perdu la tête », nous confie Lale Gül depuis les locaux de sa maison d’édition, située sur le Herengracht d’Amsterdam.

Pour une jeune femme dont la vie vient de basculer, Lale Gül semble étonnamment posée, comme si elle s’observait et contemplait cette agitation soudaine de l’extérieur. Elle a quitté l’appartement de ses parents, où elle vivait encore récemment. « Je leur ai dit que j’étais libre d’écrire ce que je voulais, mais ils ne comprennent pas vraiment le concept de liberté ou de liberté d’expression », déplore-t-elle. « Ils m’ont dit : “Mais tu es folle, comment peux-tu faire une chose pareille ?” C’est la pire chose qui pouvait leur arriver. »

Lale Gül décrit ce drame familial avec des mots empreints de retenue, mais on peut deviner la violence des bouleversements personnels qu’elle vient de vivre. « Je n’ai même pas essayé de me défendre. Ça n’aurait fait qu’empirer les choses, tout le monde était contre moi, y compris les voisins. Je ne pouvais même plus me rendre au supermarché, tout le monde me dévisageait. Deux garçons marocains m’ont même craché dessus. Il n’y avait plus de vie possible pour moi dans ce quartier. »

Si elle a tenu le coup tout ce temps, c’est uniquement par amour pour sa petite sœur de 10 ans. Lale Gül craint que ce ne soit désormais encore plus difficile pour sa cadette que ça ne l’a été pour elle-même. « Mes parents sont maintenant au courant de tout ce que j’ai fait. Ils seront encore plus sévères avec ma sœur. »

Elle vit aujourd’hui dans un endroit tenu secret. Et elle ne sort plus seule. Elle négocie l’adaptation de son livre au cinéma, mais craint l’impact peut-être encore plus violent d’un film. Après tout, Büsra, la protagoniste de son essai autobiographique, ne fait que des choses qui sont interdites selon les règles de l’islam. Aller à des fêtes. Faire l’amour. C’est l’émeute assurée.
« Une histoire qui a été largement passée sous silence »

Certaines personnes la considèrent déjà comme la nouvelle Ayaan Hirsi Ali. Cette militante et critique de l’islam a travaillé avec le cinéaste Theo van Gogh, assassiné par un islamiste à Amsterdam en 2004, et fut elle-même la cible de nombreuses menaces. Cela fait aujourd’hui plusieurs années qu’elle vit aux Etats-Unis. « Je n’ai jamais voulu devenir ce genre de figure, mais tout le monde me met dans cette case. J’ai simplement écrit mon histoire. Je n’aurais jamais pensé devenir la nouvelle Ayaan Hirsi Ali avec ce livre. Mais aujourd’hui tout le monde dit que je suis comme elle », raconte Lale Gül. Le succès de son livre l’oblige à jouer un rôle qu’elle n’est pas encore sûre de vouloir remplir.

Lorsqu’on lui demande pourquoi elle a écrit ce livre, elle nous parle de ses amis non musulmans qui ne cessaient de lui poser des questions. Ils lui demandaient en permanence pourquoi elle ne venait pas aux fêtes ou à la plage, pourquoi elle portait un foulard (quand elle en portait encore un). A un moment donné, elle s’est donc dit : « Comme je dois sans cesse donner des explications, je devrais peut-être écrire un livre à ce sujet afin que tout le monde comprenne. » L’écho que trouve aujourd’hui son ouvrage la conforte dans l’idée qu’elle n’a pas perdu son temps. « Les enseignants qui travaillent dans des quartiers comme le mien me disent qu’ils ont vu ce qui s’y passait et qu’ils comprennent mieux les choses maintenant. C’était mon objectif », explique Lale Gül.

Parce que l’histoire des femmes musulmanes aux Pays-Bas est une « histoire qui a été largement passée sous silence jusqu’à présent ». « Nous sommes nombreuses, mais nous sommes absentes de la littérature. » Et la place des femmes dans l’Islam est loin d’être abordée. Si vous en parlez, « vous êtes immédiatement catalogué comme étant de droite ». Un partisan du juste milieu libéral se laissera convaincre que les femmes musulmanes aiment porter le foulard et qu’il s’agit même d’une sorte de féminisme. Si vous remettez cela en question, vous vous retrouvez rapidement accusé de racisme.

« Mais c’est tout à fait faux », assure Lale Gül. « Quand il fait très chaud dehors et que tout le monde a envie d’aller à la plage, quelle femme irait de son plein gré porter une longue tunique et un foulard ? Aucune. Elles le font parce que c’est une coutume culturelle et sociale, parce que c’est une règle religieuse. Voilà pourquoi on ne peut pas aller à des fêtes ou avoir un petit ami qui n’est pas musulman. Ce n’est qu’à cause de la religion et de la culture, mais on ne peut pas le dire. C’est pourquoi j’ai décidé de l’écrire. »
« Ils veulent simplement vous mettre dans des cases »

Et ce n’est pas le fait qu’on la catalogue d’islamophobe qui va l’arrêter. « Cela m’agace d’entendre les gens dire que je suis de droite simplement parce que mes idées ne les intéressent pas. Ils ne veulent rien comprendre, ils veulent simplement vous mettre dans des cases, des cases qui vous présentent comme bon ou mauvais. » Avec le sarcasme qui lui est propre, Lale Gül décrit la façon dont elle met en échec ce système de cases : évidemment, comme elle est turque, elle n’est pas raciste, mais ça n’en fait pas une « bonne » personne pour autant, car elle a des idées qui pourraient faciliter la discrimination à l’égard des musulmans.

Une amie néerlandaise, qui sort elle-même avec un musulman, lui a un jour demandé comment elle avait pu écrire un livre renforçant le stéréotype selon lequel les hommes musulmans sont des oppresseurs et les femmes musulmanes des opprimées. Ce à quoi Lale Gül a rétorqué : « Tu t’attendais à quoi ? A ce que je ne raconte pas mon histoire pour que tu puisses en raconter une plus positive ? » Lale Gül trouve ce genre d’entrave au débat « assez fatigante ».

Elle ne considère pas son histoire comme universelle. « Je suis très claire là-dessus, je parle de mes parents qui n’ont pas été à l’école. Je viens d’une famille conservatrice et j’ai fréquenté une école du mouvement Milli Görüs. » Pourtant, elle serait accusée de diffuser des stéréotypes sur « tous les Turcs ». « Qu’est-ce que vous voulez en fin de compte ? Je ne dis nulle part que cela s’applique à tous les musulmans. » Dans le même temps, ces mêmes milieux tenteraient de la présenter comme une exception absolue. Ce qui serait également tout sauf vrai : « Je ne suis pas si exceptionnelle que ça. Ce que je décris, ce sont les règles qui s’appliquent à toutes les filles musulmanes que j’ai rencontrées au cours de mon existence. »

Islamisme : menacée de mort, la jeune romancière Lale Gül veut vivre !

Menacée de mort… à cause de Je vais vivre ! Lale Gül vient de publier un premier roman largement autobiographique qui décrit l’enfance et la jeunesse d’une jeune femme dans un milieu turc musulman. Ce roman est aujourd’hui en tête des ventes, mais depuis sa publication, à l’instar d’un Salman Rushdie, son auteure vit cachée, à 23 ans seulement, visée par de nombreuses menaces de mort.

Les Pays-Bas sont décidément à la pointe des « affaires » littéraires ces derniers temps. Après la triste polémique Gorman/Rijneveld, qui a vu la seconde interdite de traduire la première pour des raisons « racialistes », voire carrément racistes, voici que nous apprenons que la jeune romancière Lale Gül, vingt-trois ans, est menacée de mort. En cause ? Un premier roman publié le mois dernier, qui retrace de manière indirecte et littéraire son enfance et sa jeunesse au sein d’une famille turque immigrée.

En voici un extrait :

« Écouter, jouer de la musique : interdit. Donner un rendez-vous : pas le droit. Fréquenter des personnes du sexe opposé : illégal. S’habiller avec élégance et se maquiller : inapproprié. Rester dehors le soir : pas autorisé. Regarder des films ‘‘immoraux’’, des séries ‘‘infectes’’ : inacceptable (je ne parle pas de porno, juste de films où l’on échange un baiser). Célébrer un anniversaire ou d’autres fêtes d’infidèles : hors de question. Travailler avec des hommes : proscrit. Sortir danser ou assister à un festival : prohibé. […] Suis-je donc condamnée à vivre comme une grasse plante d’intérieur ? Suis-je censée aller vers un mariage d’où tout sexe a été dégagé avant même que ça n’ait commencé, parce que mes géniteurs ont choisi pour moi une exsangue bite coranique totalement dénuée d’humour ? Puis me transformer en poule pondeuse comme toutes les femmes de mon entourage ? Et ronger ainsi mon frein le reste de mon existence ? Est-ce là ma raison de vivre ? Ma tragédie réjouit-elle donc Dieu ? »

Ainsi s’exprime Bürsa, héroïne du roman Ik ga leven (« Je vais vivre ») de Lale Gül, jeune femme née en 1997 à Amsterdam de parents analphabètes, arrivés peu avant de Turquie. Âgée de vingt-trois ans aujourd’hui, elle a une sœur de dix ans et un frère de vingt ans, lequel serait apparemment le seul de toute la famille à la défendre.

Une existence sous une cloche de vert islamique

Lale Gül grandit dans un quartier défavorisé et peuplé d’immigrés, essentiellement des communautés turques et marocaines, totalement musulmanes, à l’exception de chrétiens originaires du Surinam – dont la nourriture est moquée à Noël, traitée comme de la merde parce que non halal. Parmi les rares Néerlandais autochtones, on compte les professeurs. Le week-end, Lale se rend à l’école coranique où on lui dit quoi manger, comment se tenir, de même qu’on lui inculque à marche forcée une haine tenace contre les États-Unis et plus encore contre Israël.

Les cinq membres de la famille partageant un petit logement de 60 m², elle n’a jamais de chambre à elle. Sa vie est ainsi totalement cadrée, enserrée dans une culture turque et la religion musulmane : tout le monde autour d’elle croit dur comme fer au Allah du Coran.

Sa mère – aujourd’hui malade – étant femme au foyer, elle n’a pas appris le néerlandais, a même refusé de l’apprendre ; elle fait ses courses dans des magasins turcs, ne regarde que les chaînes turques, etc. Le père de Lale a suivi des cours de langue pour trouver un emploi (il est facteur et agent de nettoyage dans les trains), mais a toujours du mal aujourd’hui à formuler des phrases correctes. Autrement dit, une vie en vase clos, entre voisins turcs, magasins turcs et la mosquée qui diffuse la propagande d’Erdoğan : par exemple, distribution (à la petite sœur de Lale) de dépliants pour boycotter les produits français à la suite des mesures annoncées par Macron contre l’islamisme.

Enfant, explique la romancière, elle ne songe pas à remettre en cause une telle éducation puisqu’elle ne connaît pas l’existence d’autres cultures, d’autres modes de vie et de pensée. C’est alors que, adolescente, elle découvre l’existence des bibliothèques : elle s’y rend fréquemment, dévorant des livres « interdits » qui, témoigne-t-elle, lui apprennent à aimer la langue et la culture néerlandaise. Ses yeux s’ouvrent : elle entame des études de lettres et finit, à l’âge de dix-neuf ans, par se découvrir athée – ce que ses parents ignoraient jusqu’à la publication de Je vais vivre.

Mais, à qui parler de ce qu’elle vit, de ce qu’elle ressent, des changements qui s’opèrent en elle ? Lale Gül ne peut partager ses sentiments avec la moindre femme de sa communauté d’origine ; dès lors qu’elle prend ses distances d’avec la religion, ses meilleures amies du secondaire lui tournent en effet le dos, ne voulant plus lui parler. Elle ose tout de même adresser une série de questions, par courriel, à un imam sur l’excision, l’assassinat de Theo van Gogh, le traitement que réserve l’islam aux homosexuels, l’hypocrisie dans le traitement différent des hommes et des femmes (les filles doivent rester vierges, les garçons ont le droit « de décharger »), etc. Elle ne reçoit aucune réponse réellement argumentée.

Ouverture amoureuse et premières pressions

La solution est dans une nouvelle transgression aux yeux de son milieu : elle fréquente en cachette un jeune homme néerlandais, dont elle est amoureuse, et qui l’accueille chez lui. Elle peut respirer dans cette maison et parler de tout avec cette famille où elle est la bienvenue, chose impensable dans son milieu d’origine qui ne tolère aucune greffe impure. Elle découvre alors la liberté d’aller et venir, de se vêtir à son gré, d’aborder tous les sujets, en particulier la sexualité, sujet tabou dans son milieu d’origine…

Elle doit se faire discrète pour goûter d’un peu de cette liberté : elle se prétend caissière dans un supermarché alors qu’elle travaille dans la restauration – une jeune musulmane qui sert du vin dans un restaurant ! Cette double vie – amoureuse, estudiantine, préprofessionnelle – lui permet de survivre dans une société parallèle qui n’a rien à voir avec les valeurs européennes qu’elle fait dorénavant siennes.

Elle commence à revisiter sa vie, à saisir les contours de cette prison invisible, qui ne lui autorise aucune liberté de pensée, d’action et de croyance. C’est l’histoire d’une femme qui éprouve le profond désir d’échapper à un destin dicté d’avance, grâce à des prises de conscience dont certaines restent à venir. Aujourd’hui encore, elle s’interroge sur ce qui a rendu cette libération possible, quand beaucoup de ses amies d’enfance sont toujours voilées, mariées de force, totalement soumises.

Ses écarts entraînent par ailleurs des mises en garde de plus en plus insistantes, qui lui sont adressées directement ou à sa famille. Comme on considère, dans ces milieux, les gens comme un collectif, la famille entière de la jeune femme subit les pressions de l’extérieur. Si Lale Gül souligne l’absence de sens critique de ses parents devant de telles injonctions, elle en comprend cependant les raisons : l’origine réside dans le manque d’éducation.

Le choix romanesque

À force de lire les grandes œuvres de la littérature, Lale Gül fait un constat : aucun personnage principal ne ressemble au sien dans les lettres néerlandaises. C’est alors qu’elle décide de publier, sous la forme romanesque, un récit de sa vie : Bürsa devient son double. Elle porte le nom d’une ville du nord-ouest de la Turquie, au sud d’Istanbul, connue notamment pour avoir été la résidence des sultans ottomans au XIVe siècle.

Elle commence par suivre un atelier d’écriture du romancier Kees ’t Hart, puis poursuit, seule, son roman, qu’elle met moins de deux ans à terminer. Se réclamant de l’écrivain Multatuli, auteur du roman Max Havelaar (Babel) qui vient d’être réédité dans une traduction de Philippe Noble révisée, elle tire des épigraphes de son œuvre.

Dans son roman, elle prend soin de ne pas mentionner que son héroïne tourne le dos à la religion, de ne pas ridiculiser Dieu comme peuvent le faire certains écrivains (Gerard Reve) ou polémistes. Mais elle se doit de dire dans le même temps ce qu’elle a vécu, l’étouffement, l’incompréhension, les non-dits… dans une forme qu’elle souhaite néanmoins fictive. La mère est une cible toute trouvée, bien plus que la religion.

Le 6 février 2021, le roman de trois cent cinquante-deux pages est publié aux éditions Prometheus. Il est intitulé Ik ga leven : « Je vais vivre ». En moins d’un mois, le roman atteint le top 10 des ventes nationales et même la première place, à l’heure d’écrire ce papier, selon l’annonce faite ce mercredi 24 mars par l’éditeur aujourd’hui même sur Twitter.
(profession-spectacle.com, 24 Mars 2021)

Socio-économique / Socio-economic

Le tourisme turc en berne

 Ragip Duran,  chroniqueturquie, 7 juin 2021

La mauvaise gestion de la pandémie de Covid-19 plus les politiques agressives à l’étranger et les politiques répressives à l’intérieur du pays ont presque complètement saboté l’ensemble des activités touristiques en Turquie.
La Turquie était devenue une destination touristique à partir des années 1980. C’est à dire après le Coup d’Etat militaire du 12 septembre avec M.Turgut Ozal qui dirigeait l’économie du pays. De grands hôtels ont été construits sur les côtes de l’Egée et de la Méditerannée pour recevoir en masse les touristes en provenance de l’Europe. L’économie turque avait besoin de devises étrangères car elle ne produisait pas et n’exportait pas beaucoup. Donc les dollars des touristes américains et européens étaient un revenu important voire crucial. Cependant la nature était deformée, le béton bouffait le vert et le bleu, peu importe!

Depuis maintenant donc plus de 40 ans le tourisme est devenu un atout économique et politique important pour Ankara.

La pandémie de Covid-19 mais aussi la dictature du Président Erdogan a fait beaucoup de mal au tourisme turc: Déjà il y a eu une chute de 65% dans le nombre de touriste en 2020 par rapport au 2019 et cette année le secteur a peur de voir ce pourcentage augmenter encore.

Les russes et les européens en générale sont en tête de liste des touristes qui rendent visite en Turquie. Mais cette année le Président Poutine a annulé tous les vols vers la Turquie car Erdogan s’est rangé du coté de l’Ukraine et déjà il ne s’entend pas très bien avec Moscou en Syrie non plus. La visite du ministre turc de tourisme à Moscou n’a pas changé la position de Kremlin.

Il en fut de même en ce qui concerne la visite de plusieurs ministres turcs en Allemagne pour convaincre les autorités de Berlin afin qu’ils envoient des touristes en Turquie.

Par ailleurs les citoyens turcs qui ont même un visa Schengen ne peuvent non plus toujours pas voyager en Europe pour cause de Covid.

Cavusoglu, a pu récemment se mettre d’accord avec son homologue grec au sujet de la reconnaissance mutuelle de la validité des vaccins administrés en Turquie et en Grèce. Ainsi les turcs et les grecs qui ont déjà reçu les deux doses et qui ont un certificat de test négatif pourront voyager entre les deux pays. Vu le nombre de peu de touristes grecs qui vont en Turquie pour les vacances d’été ce sont surtout les touristes turcs qui vont prochainement remplir les hôtels; les tavernes et les ouzéris des îles grecques.

Le Président Erdogan qui se rendra le 14 juin à Bruxelles pour le Sommet de l’OTAN aura des entretiens bilatéreaux avec ses homologues, y compris le Président Biden et le Premier Ministre Mitsotakis. Le tourisme sera un des sujets importants de son ordre du jour. Mais il y a sur la terre toute entière peu de pays qui est prêt pour encourager ses concitoyens à partir en Turquie pour les vacances d’été. Ankara n’arrive pas à réduire le nombre de cas et de mort causé par la pandémie.  (6602 nouveaux cas et 114 morts selon les chiffres officiels seulement pour le 3 juin dernier).

Par ailleurs le Président Erdogan n’a pas l’image du leader le plus démocratique de la région.

‘’Les mois de mai et juin…on les a déjà perdus. Probablement personne ne viendra en juillet…alors  peut être en août et en septembre on peut recevoir quelques touristes’’  croient les voyagistes (Tour Operators) turcs.

La crise a une influence directe sur plusieurs centaines de milliers de travailleurs du secteur qui ne reçoivent pas une seule centime d’aide de l’Etat. Par ailleurs les secteurs secondaires sont également presqu’en faillite. Mais l’İnstitut des Statistiques de Turquie (TUIK), dirigé par un proche du Président Erdogan, publie des chiffres toujours très positifs sur l’ensemble des activités économiques.

La mauvaise gestion de la pandémie de Covid-19 plus les politiques agressives à l’étranger et les politiques répressives à l’intérieur du pays ont réduit considérablement les revenus du tourisme. La Turquie gagnait auparavant environ 35 milliards de dollars US grâce aux activités touristiques, qui correspondait à peu près aux 5pc de PNB. (FIN/RD)

Le «projet fou» d’Erdogan: un nouveau canal pour désengorger le Bosphore

Marco Ansaldo, La Repubblica, 4 juin 2021


C’est mon rêve. Un projet fou. » Le matin du samedi 29 mai, à l’ombre de la nouvelle tour Camlica, haute de 580 mètres et destinée au traitement des signaux de radiodiffusion depuis la rive asiatique d’Istanbul – une énième inauguration après celle de la nouvelle mosquée sur la place centrale de la ville –, Recep Tayyip Erdogan a annoncé que les travaux de construction du Canal d’Istanbul démarreraient « en juin ».

De l’autre côté du Bosphore, dans la zone verte d’Arnavutköy, l’éleveur Aydin garde son bétail, écarte les bras et se met à grommeler : « Pour moi, ils sont tous fous. Comment peut-on construire un autre canal artificiel, en arrachant des arbres et de la végétation pour construire des ports et des ponts et relier la mer de Marmara à la mer Noire, sans que tout cela n’affecte l’environnement ? »

Traverser du nord au sud les 45 kilomètres de la Thrace orientale, un territoire sur le point d’être coupé en deux pour créer un nouvel isthme et faire place à un Bosphore parallèle, c’est rencontrer des pâturages et des parcs, des cultures maraîchères, des élevages de buffles, des lacs, des barrages et des fermes. Cette zone proche de la mer Noire, déjà secouée l’an dernier par la construction du troisième aéroport d’Istanbul, est habituée aux secousses telluriques occasionnées par des fouilles désormais devenues permanentes. Mais dans les « köy », c’est-à-dire des villages comme celui de Dursun, ou dans le district de Sazlidere, certaines personnes s’inquiètent et commencent à se poser des questions. Où les ponts seront-ils construits ? Quels seront les tracés des bassins ? Qu’est-ce qui sera détruit et qu’est-ce qui sera sauvé ?

Les écologistes et les verts s’insurgent déjà. La section locale de Greenpeace met en garde : « Le projet affectera profondément la nature et l’écosystème, et rendra Istanbul, déjà vulnérable, encore plus vulnérable. » Au gouvernement, les pétitions et les courriers de protestation affluent. Dans un de ses rapports, le WWF Turquie s’alarme et écrit que « le Canal d’Istanbul constituera non seulement un énorme investissement, mais aussi la plus grande opération d’ingénierie à laquelle la nature d’Istanbul ait jamais été confrontée au cours de son histoire séculaire ».

« Les mécontents se feront une raison »

Certains, cependant, voient l’investissement d’un œil favorable. Dans le district de Başakşehir, par exemple, qui abrite non seulement le nouveau stade construit par Erdogan pour l’équipe présidée par son neveu par alliance, mais aussi de magnifiques jardins et fontaines, la confiance règne. La zone, traversée par des nuées noires de femmes voilées, est en effet riche en végétation, et les familles assises sur les bancs votent toutes pour le parti conservateur au pouvoir.

Selon un sondage, pourtant, près de la moitié de la population turque n’approuve pas le projet. Et quatre des principales banques turques ont des doutes, révèle une enquête de Reuters. Elles ont en effet refusé de financer ce projet dont le montant est passé de 13 milliards de dollars en 2019 à 20 milliards de dollars (16,5 milliards d’euros) actuellement. Les risques environnementaux sont trop élevés.

Mais alors, qui paiera pour le canal ? Le soutien, Erdogan l’a trouvé auprès de familles qataries aux portefeuilles bien garnis qui se sont vues attribuer des portions importantes du tracé à l’étude. A coup d’expropriations et d’achats de terrains, une « nouvelle ville » de 500.000 habitants ainsi que des quartiers bordant les deux rives verront le jour. « Les mécontents se feront une raison », a ajouté Erdogan, « de nouveaux quartiers seront construits, Istanbul gagnera en valeur stratégique et deviendra encore plus belle. »

Le premier mécontent n’est autre que le maire d’Istanbul, le Républicain Ekrem İmamoğlu. « C’est un projet assassin », réplique-t-il, « une trahison pour Istanbul, il va tuer la ville. » Et il déballe les chiffres. Les arbres à abattre ? Plus de 200.000. Les hectares de terres agricoles à détruire ? Jusqu’à 10.000. Le porte-parole présidentiel, l’ambassadeur Ibrahim Kalin, s’attaque à « l’ingérence des autorités de la ville » et précise : « Ce n’est pas un projet local, mais national. »

Un enjeu vital pour Erdogan

Les préoccupations environnementales ne sont toutefois qu’un aspect du problème. En avril, une centaine d’amiraux turcs à la retraite ont signé une lettre ouverte critiquant le projet : « Cela pose les conditions d’un retrait de la Turquie de la convention de Montreux. » Ce document, chef-d’œuvre de la diplomatie kémaliste, a été signé en 1936 en Suisse et garantit le libre passage des navires commerciaux en imposant des limites précises au transit des navires de guerre sur le Bosphore. Erdogan a crié à la « tentative de coup d’Etat » et fait arrêter dix amiraux, dont Cem Gürdeniz, l’inventeur du nouveau concept stratégique de « Patrie bleue », c’est-à-dire la conquête des mers par la Turquie. Les militaires qui résistent encore à Erdogan malgré les coups d’Etat ratés ont en effet compris quelque chose de très important : le président n’a pas l’intention d’appliquer les mêmes règles au nouveau canal, qui serait totalement géré par Ankara.

C’est la Russie qui se montre la plus critique à l’égard du Canal d’Istanbul. Les Etats-Unis, quant à eux, pourraient même amener leurs navires jusqu’aux rives de la mer Noire, donnant ainsi à Erdogan l’opportunité de restaurer pleinement les rapports avec le pays. La prochaine rencontre avec le président américain Joe Biden, prévue le 14 juin, servira précisément à dégeler les relations entre Ankara et Washington.

L’enjeu est vital pour le leader turc. Erdogan est à la recherche de ce que les analystes appellent un « délicat équilibre de coopération simultanée » – avec la Russie sur les problématiques communes en Syrie et en Libye, avec l’Union européenne et les Etats-Unis à travers l’Otan – tout en gérant les liens tissés avec l’Ukraine, la Roumanie, la Bulgarie et la Géorgie. Une approche diplomatique qui nécessitera d’excellentes capacités d’équilibriste.


Gaz naturel: Erdogan annonce une nouvelle découverte en mer Noire

La Turquie a effectué une nouvelle découverte de gaz naturel en mer Noire, a affirmé vendredi le président Recep Tayyip Erdogan, ajoutant qu'Ankara allait intensifier ses recherches dans l'espoir d'alléger sa lourde facture énergétique.

"Une nouvelle découverte de 135 milliards de mètres cubes a été faite dans le puits d'exploration Amasra-1", a annoncé M. Erdogan dans un discours à Zonguldak (nord).

Cette découverte a été faite dans le gisement baptisé Sakarya, là où la Turquie avait annoncé l'an dernier avoir repéré 405 milliards de mètres cubes de gaz naturel dans un autre puits d'exploration.

Le président turc, qui a vu sa popularité chuter ces derniers mois en raison des difficultés économiques de la Turquie, avait voulu créer le suspense en déclarant mardi qu'il annoncerait "une grande nouvelle" vendredi.

Les quantités de gaz découvertes par Ankara restent modestes par rapport aux principaux gisements mondiaux et les experts anticipent des coûts d'extraction élevés en raison notamment de leur profondeur.

Mais les efforts consacrés par Ankara à la recherche d'hydrocarbures traduisent son désir de devenir un acteur énergétique majeur et l'exploitation de ces ressources devrait contribuer à alléger la lourde facture énergétique turque.

La Turquie consomme chaque année entre 45 et 50 milliards de mètres cubes de gaz naturel, presque entièrement importés, notamment de Russie. Cela représente environ 11 milliards d'euros, selon l'autorité régulatrice des marchés énergétiques (EPDK).

Après la découverte du premier gisement en mars, M. Erdogan avait promis que ce gaz naturel "100% turc" commencerait à arriver dans les foyers en 2023, l'année de la prochaine élection présidentielle.

En parallèle de ses recherches en mer Noire, Ankara a également multiplié les initiatives en Méditerranée orientale, où la découverte ces dernières années d'immenses réserves de gaz naturel a aiguisé l'appétit des pays riverains.

Les forages réalisés par la Turquie dans des eaux grecques et chypriotes ces derniers mois ont suscité des tensions et renforcé l'isolement diplomatique d'Ankara, qui cherche désormais à apaiser les relations avec ses voisins méditerranéens.
(AFP, 4 juin 2021)

Turquie: les côtes envahies par de la "morve de mer"

Une mousse visqueuse a envahi depuis plusieurs semaines les côtes du nord-ouest de la Turquie sous l'action combinée de la pollution et du réchauffement climatique, un phénomène qui préoccupe les défenseurs de l'environnement.

Les mucilages, parfois surnommés "morve de mer", apparaissent lorsque des organismes végétaux vivant en suspension dans l'eau gonflent jusqu'à former une sorte de mucus jaunâtre qui recouvre de vastes pans de mer.

Outre les désagréments pour les riverains et les pêcheurs, les mucilages posent surtout un danger pour l'écosystème en bloquant notamment la lumière du soleil et en privant la flore et la faune sous-marines d'oxygène.

Les nappes de mucilages se sont multipliées ces dernières semaines dans la mer de Marmara, y compris à Istanbul, capitale économique de la Turquie.

Ce phénomène naturel a été recensé en Turquie pour la première fois en 2007. Mais l'invasion actuelle est de loin la plus importante à ce jour.

Selon les experts, elle est due à la pollution et au réchauffement des températures, qui favorisent la prolifération des substances végétales à leur origine.

"Les mucilages recouvrent la surface de la mer comme un drap. Au bout d'un certain temps, celui-ci s'enfonce dans l'eau et recouvre l'écosystème" marin, empoisonnant mollusques et crustacés, explique à l'AFP Muharrem Balci, professeur de biologie à l'Université d'Istanbul.

"Si ce processus n'est pas enrayé, une odeur d'oeuf pourri apparaîtra" bientôt, souligne-t-il.

- "Toutes mortes" -

Les pêcheurs sont déjà fortement affectés par ce phénomène.

"Vous savez ce que ça fait aux crustacés ? Ca les empêche de se refermer (...) Les escargots de mer meurent, les poissons aussi, car ils ne peuvent plus respirer", déclare à l'AFP Mahsum Daga.

"L'autre jour, j'ai vu 20 ou 30 crevettes sur une couche de mucilages. Elles étaient toutes mortes. Elles s'étaient retrouvées coincées après avoir sauté" hors de l'eau, ajoute un de ses confrères, Muhterem Güldane.

L'invasion de mucilages pourrait durer tout l'été si des mesures urgentes ne sont pas prises, s'alarme Cevahir Efe Akçelik, ingénieur en environnement et secrétaire général de l'Union des chambres d'ingénieurs et architectes de Turquie.

"Des études montrent que les mucilages ne sont plus seulement à la surface, mais également à des profondeurs de 25, 30 mètres", dit-il à l'AFP.

La mer de Marmara, qui s'étire d'Istanbul à la mer Egée, est bordée par des zones qui sont parmi les plus peuplées, industrialisées et polluées de Turquie.

Le problème est aggravé par la pollution élevée du Danube, fleuve qui se jette dans la mer Noire, laquelle est reliée à celle de Marmara par le détroit du Bosphore.

Les autorités turques ont déployé des chalutiers pour drainer les substances visqueuses, mais les experts estiment que ces moyens sont insuffisants.

Pour M. Balci, il faudrait notamment que les villes côtières coordonnent leurs actions et que les substances rejetées dans la mer par les usines soient mieux traitées.
(AFP, 4 juin 2021)

La banque centrale cherche à rassurer après un plongeon de la livre

Le gouverneur de la Banque centrale de Turquie a cherché mercredi à dissiper les craintes d'une baisse prématurée de son taux directeur, après un appel en ce sens du président Recep Tayyip Erdogan qui a fait plonger la livre turque.

"Il faut que les attentes injustifiées sur les marchés d'un assouplissement précoce soient complètement levées", a déclaré le gouverneur Sahap Kavcioglu lors d'une rencontre avec des investisseurs, selon des propos rapportés par les médias turcs.

"Nous continuerons de maintenir le taux directeur à un niveau supérieur à celui de l'inflation (...) jusqu'à ce que les indicateurs témoignent d'une baisse durable" de celle-ci, a-t-il ajouté.

M. Kavcioglu semble ainsi vouloir résister aux pressions du président Erdogan qui, dans une interview à la télévision turque mardi, a appelé la banque centrale à abaisser ses taux dès cet été.

"J'ai parlé au gouverneur de la banque centrale aujourd'hui [mardi]. Il est impératif d'abaisser les taux, il faut qu'ils commencent à baisser en juillet-août", a affirmé M. Erdogan.

Ces déclarations ont suscité l'inquiétude des marchés qui voient d'un mauvais oeil les pressions de M. Erdogan sur la banque centrale et redoutent qu'un assouplissement de la politique monétaire provoque une accélération de l'inflation.

Signe de cette préoccupation, la livre turque a atteint mercredi son plus bas historique face au dollar, à 8,6266 livres pour un billet vert.

La hausse des taux est l'un des principaux instruments permettant de lutter contre l'inflation. En Turquie, celle-ci s'élevait à 17,14% en rythme annuel en avril, selon les chiffres officiels.

Cependant, le président Erdogan est hostile à des taux d'intérêt élevés qu'il voit comme un frein à la croissance. A rebours des théories économiques classiques, il soutient même que relever les taux alimente la hausse des prix.

Excédé par plusieurs hausses du taux directeur de la banque centrale, M. Erdogan a brutalement limogé en mars son gouverneur Naci Agbal, un ex-ministre des Finances respecté des milieux économiques.

Depuis son arrivée à la tête de l'institution, M. Kavcioglu a maintenu son taux directeur inchangé à 19%.

Mais face aux déclarations de M. Erdogan, "ce n'est qu'une question de temps pour que la banque centrale commence à assouplir sa politique" monétaire, estime l'analyste Jason Tuvey, du cabinet Capital Economics.

"Abaisser les taux soutiendrait la croissance économique à court terme, mais au prix d'une inflation élevée", alimentant l'inquiétude des marchés et accentuant la pression sur la livre turque, ajoute-t-il.
(AFP, 2 juin 2021)

Covid : restaurants et cafés en Turquie autorisés à accueillir des clients

Les restaurants et les cafés en Turquie, dont les activités étaient limitées aux ventes à emporter depuis la mi-avril dans le cadre des restrictions contre la pandémie, seront autorisés à recevoir des clients à partir de mardi, a annoncé lundi le président turc.

La réouverture de ces établissements a été décidée dans le cadre d'une série d'allègements annoncés par le président Recep Tayyip Erdogan.

Ils pourront accueillir des clients entre 07H00 et 21H00 tandis que les ventes à emporter seront autorisées jusqu'à minuit.

La Turquie avait observé une période de confinement entre le 29 avril et le 17 mai pour endiguer la propagation de l'épidémie de coronavirus après une explosion du nombre des cas quotidiens.

Les restrictions avaient été allégées après le 17 mai mais les restaurants sont restés fermés aux clients et un couvre-feu était observé pendant le week-end. Il se limitera désormais aux seuls dimanches.

La Turquie a enregistré lundi plus près de 6.500 nouveaux cas de Covid-19 et 122 morts supplémentaires, après avoir atteint des pics de plus de 60.000 contaminations par jour début avril.

Ce pays, qui compte 83 millions d'habitants, a entamé en janvier une campagne de vaccination nationale avec le sérum chinois CoronaVac avant d'aussi utiliser celui de BioNTech-Pfizer.

A ce jour, 16,6 millions de personnes en Turquie ont reçu la première dose de ce vaccin et 12,5 millions les deux doses.
(AFP, 31 mai 2021)


Relations turco-européennes / Turkey-Europe Relations

À Paris, le chef de la diplomatie turque joue la carte de l’apaisement avec la France

Le ministre turc des Affaires étrangères a effectué, lundi, une première visite de haut niveau à Paris, où il a rencontré son homologue français. Cette rencontre intervient après une année de tensions autour de plusieurs dossiers comme la Libye, la Syrie, la Méditerranée orientale ou encore l'offensive de Paris contre l'influence turque sur l'islam en France.

Les chefs des diplomaties française et turque se sont rencontrés, lundi 7 juin à Paris, pour engager un dialogue plus apaisé après plus d'une année de tensions au sommet entre le président Emmanuel Macron et son homologue Recep Tayyip Erdogan, de la Méditerranée orientale à la Libye.

"Nous envisageons de renforcer nos relations avec la France sur la base du respect mutuel", a tweeté Mevlut Cavusoglu, dont le pays cherche à normaliser ses relations avec Paris, à quelques jours d'un sommet de l'Otan le 14 juin à Bruxelles.

Son homologue, Jean-Yves Le Drian, est resté plus factuel dans sa communication. Selon son ministère, les deux ministres ont fait un tour d'horizon des sujets de contentieux et fait un point sur la relation bilatérale.

La France et la Turquie ont affiché des positions antagonistes sur nombre de sujets au sein de l'Alliance atlantique, qui se sont notamment cristallisées en Méditerranée orientale où Paris a soutenu Athènes face aux ambitions gazières d'Ankara et où un incident a opposé des bâtiments turc et français en juin 2020.

Multiples désaccords

Faisant fi des mises en garde de l'Europe, la Turquie a en effet organisé l’année dernière plusieurs missions d'exploration gazière dans des eaux grecques, provoquant une crise diplomatique d'une ampleur inédite depuis 1996, année où les deux pays ont frôlé la guerre. Mais après l'annonce de sanctions européennes contre Ankara, Recep Tayyip Erdogan avait multiplié les gestes d'apaisement et appelé la Grèce à discuter.

Les relations entre la France et la Turquie se sont aussi fortement dégradées en raison de désaccords sur la Syrie, la Libye et plus récemment sur le conflit entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie dans le Haut-Karabakh. Durant la guerre, les Arméniens ont accusé les Turcs d'être impliqués directement dans les combats, ce qu'Ankara a démenti. Plusieurs pays dont la France avaient également dénoncé l'envoi sur le front aux côtés des forces azerbaïdjanaises de combattants pro-turcs venus de Syrie.

"Mon cher ami Aliev (le président azerbaïdjanais Ilham Aliev) a donné un conseil aux Français leur disant que s'ils aiment tant les Arméniens, ils n'ont qu'à leur donner Marseille. Moi aussi, je leur donne le même conseil", avait déclaré Recep Tayyip Erdogan.

"Macron est un problème pour la France"

En octobre, le président turc avait mis en cause la "santé mentale" de son homologue français, l'accusant de mener une "campagne de haine" contre l'islam, parce qu'il avait défendu le droit de caricaturer le prophète Mahomet et pour son discours contre le "séparatisme" islamiste en France. Il avait également appelé au boycott des produits français, ajoutant une pierre aux critiques qui pleuvent sur Emmanuel Macron dans le monde musulman sur fond de contexte dramatique avec l'assassinat de Samuel Paty.  

En réponse, Emmanuel Macron avait décidé de rappeler l'ambassadeur de France en Turquie, tandis que le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian avait pour sa part dénoncé de la part de la Turquie "une volonté d'attiser la haine" contre la France et son président.

La colère de la Turquie s'était ravivée fin octobre après la publication en une par "Charlie Hebdo" d'un dessin montrant le président Erdogan en tee-shirt et sous-vêtements, en train de boire une bière et de soulever la jupe d'une femme portant le voile, découvrant ainsi ses fesses nues. Ankara avait réagi en annonçant l'adoption de mesures "judiciaires et diplomatiques" contre la France.

Début décembre, Recep Tayyip Erdogan a de nouveau ciblé le locataire de l’Élysée. "Macron est un problème pour la France. Avec Macron, la France vit une période très dangereuse. J'espère que la France va se débarrasser du problème Macron le plus tôt possible", avait-il également déclaré, le 4 décembre, lors d’un échange avec des journalistes à Istanbul.

Depuis, en signe d'apaisement, les deux chefs d'État aux relations exécrables se sont entretenus en mars dernier par visioconférence.

Ankara tente de sortir de son isolement croissant 

La Turquie insiste désormais sur les points de "convergence" et les "intérêts communs" avec la France, qui continue pour sa part de réclamer des signes tangibles d'apaisement des tensions de la part d'Ankara.

Le résumé de la semaine
France 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine
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Paris demande notamment le retrait des mercenaires syriens déployés par la Turquie en Libye au côté du précédent gouvernement à Tripoli.

"En Libye, tout doit être mis en œuvre pour faire respecter le calendrier de transition politique, sécuritaire et électorale et traduire dans les faits le cessez-le-feu", a rappelé la porte-parole du ministère français des Affaires étrangères.

Sur le plan bilatéral, les deux ministres ont rappelé leur "souhait de tenir la prochaine session du comité mixte économique et commercial France-Turquie (JETCO) cet automne", a-t-elle ajouté.    

Ankara multiplie depuis le début de l'année les gestes envers ses alliés occidentaux et régionaux pour sortir de son isolement croissant sur les scènes régionale et internationale. (FRANCE 24, 8 juin 2019)

Turquie-USA-OTAN / Turkey-USA-NATO

Manifestation contre le sommet de l'OTAN à Bruxelles

Le 14 juin, un sommet de l’OTAN se tiendra à Bruxelles. L’OTAN qui pousse toujours plus pour la confrontation et la militarisation, alors que la pandémie mondiale nous apprend que seule la coopération internationale garantit notre sécurité.

Le mouvement de la paix belge appelle à un rassemblement le dimanche 13 juin à 13h sur le Mont des arts (Place de l’Albertine).

Le sommet de l’OTAN sera concentré sur le rapport « OTAN 2030. Unis pour une nouvelle ère » qui doit servir de ligne directrice de la nouvelle stratégie de l’OTAN pour la décennie à venir.

Ce rapport, recyclage et approfondissement du credo de l’OTAN dans la militarisation et la confrontation, menace de conduire le monde vers de nouvelles guerres et une nouvelle guerre froide: rivalité plutôt que collaboration avec la Russie et la Chine, obstination en faveur de l’armement nucléaire, défense des intérêts économiques et de la “prospérité” aux quatre coins du globe, soutiens politiques et militaires à des régimes autoritaires comme la Turquie. Même le changement climatique, “qui va accélérer la pénurie de ressources” ou qui va “entraîner une augmentation des flux migratoires” devient une menace militaire!

Cette fuite en avant s’accélère avec, notamment, les exercices militaires pharaoniques, “Defender 2020” et “Defender 2021” dont l’organisation n’a pas été suspendue suite à la crise sanitaire, au contraire de beaucoup d’autres secteurs réellement essentiels.

L’OTAN est un facteur de déstabilisation majeur. Elle a une lourde responsabilité dans l’escalade guerrière.

11% d’investissements supplémentaires dans la militarisation

En pleine pandémie, les dépenses militaires mondiales ont atteint le record de 1 981 milliards de dollars l’année dernière. Jamais auparavant les dépenses militaires n’ont été aussi élevées. Les États membres de l’OTAN représentent 55 % du total mondial. À la demande des États-Unis, ils doivent consacrer 2 % de leur PIB à leur “défense”. La Belgique voulait clairement être le bon élève de la classe: ses dépenses militaires ont augmenté de pas moins de 11,1% en 2020, s’élevant à quelques 4,75 milliards d’euros[2]. 9,2 milliards d’investissements militaires ont été contractés par le gouvernement Michel.

La guerre n’est pas un secteur essentiel! Le secteur culturel, l’horeca et tant d’autres secteurs dits « non essentiels » ont dû fermer pendant des mois. Beaucoup d’entre nous ne savent pas comment surmonter les chocs financiers de cette crise, tandis que les multinationales de la guerre continuent d’encaisser.

Matériel de guerre extrêmement coûteux

Vous souvenez-vous encore du “contrat du siècle” ? Le gouvernement précédent signait pour l’achat de 34 nouveaux avions de combat F-35, à la demande de … l’OTAN. Un contrat d’environ 15 milliards d’euros, transférés sur nos épaules et celles des générations futures. Une heure de vol d’un tel avion peut coûter 40 000 euros. Entre-temps, l’appareil présente toujours plus de 800 défauts et s’avère totalement inadapté à la protection de notre espace aérien, qui devrait pourtant être la tâche essentielle de la “Défense”. Le F35 vient pourtant d’être testé par Israël sur Gaza.

Quand la population belge a-t-elle été consultée pour savoir si elle était favorable à l’adhésion à cette logique de guerre ? Jusqu’à quand continuerons-nous de suivre les diktats de l’OTAN et les intérêts de l’industrie militaire qui nous empêchent de réaliser les vraies priorités pour la sécurité de toutes les populations ?

Les armes nucléaires hors de Belgique

Alors que 122 pays non membres de l’OTAN s’engagent en faveur d’un monde sans armes nucléaires, l’OTAN s’accroche aux armes nucléaires comme “garantie suprême” de sa sécurité. Au lieu de réduire son arsenal nucléaire, elle le modernise (et dans le cas du Royaume-Uni, il est même en cours d’élargissement)! Les bombes nucléaires étatsuniennes stationnées à Kleine Brogel seront également remplacées par des bombes nucléaires plus petites et “plus facilement déployables« . L’OTAN entraîne notre pays dans une course à l’armement nucléaire. Notre gouvernement s’en accommode, tandis qu’il plaide publiquement, et hypocritement, pour le désarmement.

Attaques contre l’environnement et contre les réfugiés

Ces dépenses militaires plus élevées, notamment de la part des pays de l’OTAN, augmentent énormément les émissions de CO2 à un moment où tous les moyens doivent être mis en œuvre pour lutter contre les dérèglements climatiques.

L’empreinte carbone de l’industrie militaire européenne en 2019 était d’environ 24,8 millions de tonnes de CO2, soit l’équivalent des émissions d’environ 14 millions de voitures. Les émissions de CO2 d’une heure de vol d’un avion de chasse F-35 sont à peu près équivalentes à celles de huit voitures sur une année entière.

Les conflits se multiplient et la militarisation s’organise dans le monde entier pour la lutte pour l’accès aux ressources.

D’ici 2050, 200 millions de réfugiés climatiques seront à la recherche d’un nouveau lieu de vie plus habitable. Dans son rapport “OTAN 2030”, l’OTAN y voit une menace contre laquelle il faut se protéger militairement!

Dans tous les « secteurs », nous avons mille projets et mille raisons de faire de « l’après pandémie », un progrès social, économique, politique, culturel pour toute la population. Il faut cesser d’investir des milliards dans la course aux armements imposée par l’OTAN. Au lieu d’opter pour la confrontation militaire, nous demandons une politique centrée sur la sécurité collective[3] et la sécurité humaine[4]. Nous ne sommes en sécurité que si l’autre (l’adversaire supposé) se sent en sécurité et si la sécurité d’existence de chacune et chacun est garantie.

Des revendications concrètes :

–   Pour une politique commune, mondiale, de détente et de sécurité

– Réduction drastique des dépenses militaires, vers un monde où l’armement est maintenu au niveau le plus bas possible

– Transfert des dépenses en armement vers les secteurs qui participent effectivement à la sécurité de toutes et tous (sécurité sociale, environnementale, diplomatie, lutte pour l’égalité et contre l’exclusion, etc).

– Signature du Traité d’interdiction des armes nucléaires des Nations Unies

– Retrait des bombes nucléaires de Kleine Brogel.

– Dénonciation du contrat d’achat des avions de combat F-35

Un destroyer américain a traversé le Bosphore vers la mer Noire

Un navire de guerre américain a traversé vendredi les détroits turcs pour gagner la mer Noire, sur fond de tensions entre l'Ukraine et la Russie, a rapporté l'agence étatique turque Anadolu.

Le destroyer USS Laboon a traversé le détroit des Dardanelles puis celui du Bosphore en direction de la mer Noire, a indiqué Anadolu.

La traversée du Bosphore, lors de laquelle le navire de guerre américain a été accompagné d'une équipe de gardes-côtes turcs, a duré près de deux heures, a précisé l'agence qui a publié des photos et une vidéo du destroyer pendant ce passage.

Les Etats-Unis avaient renoncé à la mi-avril à déployer deux navires de guerre en mer Noire via les détroits turcs, en pleines tensions entre l'Ukraine et la Russie, avait alors affirmé des responsables et médias turcs.

La Convention de Montreux de 1936, qui régit la circulation dans les détroits turcs, oblige les pays non-riverains de la mer Noire d'annoncer 15 jours au préalable le passage de leurs navires.

L'annonce du déploiement finalement annulé en avril était intervenue dans un contexte de flambée de tensions entre la Russie et l'Ukraine et la décision d'envoyer des bâtiments de guerre avait été accueillie comme un signe de soutien de Washington à Kiev.

L'annulation de cette manoeuvre annoncée par les Turcs était intervenu au lendemain d'un entretien téléphonique entre le président américain Joe Biden et son homologue russe Vladimir Poutine.

Lors de cet entretien, M. Biden avait notamment proposé à M. Poutine de se réunir dans un pays tiers et demandé au président russe de "faire baisser les tensions" en Ukraine, selon la Maison Blanche.

Les deux dirigeants doivent se rencontrer mercredi à Genève.

Le conseiller à la sécurité nationale américain Jake Sullivan a annoncé lundi que M. Biden avait invité son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky à la Maison Blanche cet été.
(AFP, 11 juin 2021)


Biden, Erdoğan to meet on June 14 at NATO summit

US President Joe Biden is preparing to embark on his first overseas trip next week, including stops in the UK, Belgium and Switzerland.

Biden will meet several leaders "to highlight America's commitment to restoring our alliances, revitalizing the Transatlantic relationship, and working in close cooperation with our allies and multilateral partners to address global challenges," the White House said yesterday (June 3).

He will meet the UK's Prime Minister Boris Johnson on June 10 to affirm the enduring strength of the special relationship between the two countries. On June 13, Biden will meet Queen Elizabeth at Windsor Castle.

Biden will later travel to Brussels where he will participate in a NATO summit on June 14.

The US president will also meet President Recep Tayyip Erdoğan to "discuss the full range of bilateral and regional issues," according to the White House.

Biden had the first phone call with Erdoğan as the US president more than three months after he assumed office. He called Erdoğan on April 23 to inform him that he would formally recognize the Armenian Genocide the next day.

The two leaders also agreed to meet on the sidelines of the NATO summit during the phone call.

Biden will hold a summit with President Vladimir Putin of Russia on June 16 in Switzerland.

In Geneva, Biden will also meet his counterpart from Switzerland, Guy Parmelin and Foreign Minister Ignazio Cassis. (BIA, 4 June 2021)

Les Etats-Unis risquent de "perdre un ami", prévient Erdogan

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a prévenu mardi les Etats-Unis qu'ils risquaient de "perdre un ami précieux" en "acculant" la Turquie, à deux semaines d'une rencontre avec son homologue américain Joe Biden sur fond de tensions bilatérales.

"Ceux qui acculent la République de Turquie perdront un ami précieux", a déclaré M. Erdogan dans un entretien avec la chaîne de télévision étatique turque TRT, en réponse à une question sur les relations entre Ankara et Washington.

Cette mise en garde intervient avant la première rencontre entre MM. Erdgan et Biden, prévue pour le 14 juin en marge d'un sommet de l'Otan à Bruxelles visant à apaiser les relations entre la Turquie et les Etats-Unis.

Fortement tendus depuis 2016, les rapports entre ces deux pays membres de l'Otan se sont encore dégradés depuis l'élection à la Maison Blanche de M. Biden, qui a succédé à Donald Trump avec lequel M. Erdogan avait noué des liens personnels.

Ankara a notamment vivement réagi après la reconnaissance par Washington en avril du génocide des Arméniens par l'Empire ottoman pendant la Première Guerre mondiale.

La Turquie, héritière de l'Empire ottoman, rejette le terme de génocide, évoquant une guerre civile en Anatolie, doublée d'une famine, dans laquelle 300.000 à 500.000 Arméniens et autant de Turcs ont trouvé la mort.

"Quelle est la raison de nos tensions (avec les Etats-Unis) ? Le soi-disant génocide arménien", a déclaré mardi M. Erdogan. "Vous n'avez donc aucun autre problème à régler plutôt que de vous faire l'avocat de l'Arménie ?", a-t-il lancé.

M. Erdogan a aussi listé plusieurs sujets qui empoisonnent depuis 2016 les relations entre Ankara et Washington, à commencer par le soutien américain à des milices kurdes en Syrie que la Turquie qualifie de "terroristes".

"Si les Etats-Unis sont bien nos alliés, doivent-ils se ranger aux côtés des terroristes ou à nos côtés ? Malheureusement, ils continuent de soutenir les terroristes", a ainsi déclaré le président turc mardi.

Au cours de son entretien avec M. Biden, M. Erdogan devrait toutefois s'efforcer de calmer les tensions.

La semaine dernière, il avait ainsi estimé que leur rencontre permettrait d'ouvrir une "nouvelle ère" dans les relations entre Ankara et Washington.

M. Erdogan, qui dirige la Turquie depuis 2003, a d'ailleurs souligné mardi qu'il était toujours parvenu à travailler avec l'hôte de la Maison Blanche, "qu'il soit républicain ou démocrate".
(AFP, 1 juin 2021)

Relations régionales / Regional Relations

Erdogan reçoit le président du Kirghizstan après la disparition d'un opposant

Le président Recep Tayyip Erdogan a reçu mercredi en Turquie son homologue kirghize Sadyr Japarov en pleine polémique au Kirghizstan après la disparition d'un enseignant appartenant au mouvement d'un ennemi juré d'Ankara.

La visite de M. Japarov dans la capitale turque intervient au lendemain d'une manifestation à Bichkek qui a rassemblé plusieurs centaines de personnes réclamant que la lumière soit faite sur le sort d'Orhan Inandi, un Kirghiz d'origine turque qui s'est volatilisé fin mai.

Son épouse soupçonne la Turquie de le retenir dans son ambassade à Bichkek après l'avoir enlevé en raison de son affiliation au mouvement du prédicateur Fethullah Gülen, un responsable religieux qui réside aux Etats-Unis et dont les partisans sont traqués par Ankara sur son territoire comme à l'étranger.

M. Erdogan, qui fut autrefois son allié, accuse M. Gülen d'être le chef d'un groupe "terroriste" qu'Ankara a baptisé "Fetö" et le désigne comme le cerveau d'une tentative de coup d'Etat qui l'a visé en 2016.

"Nous sommes tous deux d'accord sur le fait que Fetö représente une menace à la sécurité nationale de nos deux pays", a affirmé mercredi M. Erdogan lors d'une déclaration conjointe à la presse avec M. Japarov, à l'issue d'un entretien derrière portes closes à Ankara.

"Si Dieu le veut, nous surmonterons cette menace ensemble", a-t-il ajouté.

MM. Erdogan et Japarov n'ont pas évoqué le cas de l'enseignant disparu lors de leur allocution et n'ont pas pris de questions.

Les deux dirigeants ont insisté sur leur intention de resserrer les liens entre leurs pays, notamment sur le plan économique.

"Nous avons discuté des mesures à prendre pour développer nos relations économiques et porter notre volume commercial à un milliard de dollars", a ainsi déclaré le président kirghize, selon la traduction officielle en turc de ses propos.

Reste que la disparition de M. Inandi a plongé le Kirghizstan dans l'embarras.

Les écoles privées inspirées du mouvement de M. Gülen sont en effet considérées comme d'un niveau supérieur aux écoles publiques, mais la Turquie reste un partenaire important pour ce pays d'Asie centrale.

La police kirghize affirme avoir mobilisé d'importantes ressources pour localiser M. Inandi, dont la voiture a été retrouvée vide et avec la portière entrouverte.
(AFP, 9 juin 2021)

Syrie: six morts dans des manifestations à Minbej

Six personnes ont été tuées par des tirs de la police kurde locale à Minbej et ses environs, ville majoritairement arabe du nord de la Syrie, qui a connu deux jours de heurts et de manifestations contre la conscription obligatoire, a rapporté mercredi une ONG.

Les accrochages meurtriers ont secoué lundi et mardi Minbej et des villages environnants, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), poussant les autorités locales à annoncer mercredi une suspension de la conscription.

Ces affrontements, dans une région majoritairement arabe mais avec une présence kurde, illustrent les limites de l'administration semi-autonome kurde face au mécontentement populaire, attisé par les difficultés économiques marquées par des pénuries de carburant et de matériaux de construction.

"Six manifestants ont été tués en 48 heures par des tirs des forces de sécurité (...) durant des manifestations organisées contre la conscription obligatoire", a indiqué l'Observatoire après avoir fourni un premier bilan de quatre morts.

La conscription dure environ un an et vient grossir les rangs d'une unité sous les ordres des Forces démocratiques syriennes (FDS), coalition militaire arabo-kurde, a expliqué à l'AFP le directeur de l'Observatoire, Rami Abdel Rahmane.

Après la mort lundi d'une première personne tuée par des tirs de la police kurde durant une manifestation dénonçant la conscription, la mobilisation a ensuite grossi. Des manifestants ont bloqué des routes et attaqué un barrage de contrôle, selon la même source.

Après une réunion des forces de sécurité avec des figures tribales locales, les responsables ont annoncé mercredi "l'arrêt" de la campagne de conscription à Minbej et ses environs pour soumettre le dossier "à l'étude et à la discussion", selon un communiqué publié par le Conseil militaire de Minbej, rattaché aux FDS.

Le texte annonce aussi la libération de manifestants arrêtés et la création d'une commission pour enquêter sur les violences des jours précédents.

Le Conseil militaire de Minbej avait dénoncé mardi soir des "attaques" contre des locaux des forces de l'ordre, pointant du doigt des acteurs cherchant à "pousser la région vers le chaos".

"Ces instances prennent pour prétexte l'enrôlement dans l'auto-défense (la conscription), mais ce devoir est en vigueur depuis sept ans sans aucun problème", a justifié le Conseil.

A la mi-mai, des manifestations contre une hausse des prix du carburant ont secoué des régions kurdes. L'observatoire avait fait état de deux morts dans de violentes échauffourées, avant que les autorités kurdes ne fassent marche arrière.

Les FDS, fer de lance de la lutte antijihadistes soutenues par les Occidentaux, contrôlent aujourd'hui de vastes pans de territoires dans l'Est et le Nord-Est de la Syrie.

Depuis fin 2019, des soldats du régime syrien sont stationnés à Minbej, à l'issu d'un accord entre le pouvoir de Bachar al-Assad et les Kurdes, acculés à l'époque par une offensive de la Turquie voisine.

"L'administration autonome (...) est en plein effondrement économique", a souligné sur Twitter l'expert sur la Syrie Nicholas Heras.

"Cela donnera à la Turquie, à Assad et ses alliés des opportunités pour défaire l'administration (...). Cela va accélérer l'instabilité. De nombreux Minbej se profilent à l'horizon", a-t-il ajouté.
(AFP, 2 juin 2021)

Erdogan appelle l'Egypte et les pays du Golfe à un partenariat "gagnant-gagnant"

La Turquie souhaite avec l'Egypte et les pays du Golfe un partenariat "gagnant-gagnant", a déclaré mardi le président Recep Tayyip Erdogan, au moment où Ankara cherche à normaliser ses relations avec ses rivaux régionaux.

"Nous voulons exploiter au mieux les opportunités de coopération avec l'Egypte et améliorer nos relations selon le principe +gagnant-gagnant+", a déclaré M. Erdogan lors d'un entretien à la chaîne de télévision étatique turque TRT.

"Cela est valable également pour les pays du Golfe", a ajouté M. Erdogan, en référence à l'Arabie saoudite et aux Emirats arabes unis avec lesquels la Turquie entretient des relations tendues.

Après plusieurs années de crise diplomatique, la Turquie a lancé une offensive de charme pour réparer ses relations avec ces trois pays, à commencer par l'Egypte.

Les rapports entre Ankara et Le Caire ont été quasiment rompus après la destitution en 2013 du premier président démocratiquement élu d'Egypte Mohamed Morsi, issu des Frères musulmans et soutenu par la Turquie.

Début mai, une importante délégation turque s'est rendue au Caire pour y mener les discussions au plus haut niveau entre les deux pays depuis 2013.

"Je connais très bien et j'aime le peuple égyptien. Nos relations culturelles sont très fortes", a insisté mardi M. Erdogan.

Les gestes d'ouverture de la Turquie interviennent alors qu'elle cherche à sortir de son isolement diplomatique en Méditerranée orientale, où la découverte d'importants gisements de gaz naturel ces dernières années a donné lieu à un partage entre les pays riverains dont Ankara se sent exclu.

Cette amorce de dégel entre Ankara et Le Caire coïncide aussi avec un apaisement en cours entre l'Egypte et le Qatar, principal allié de la Turquie dans la région.

Mais le chemin vers une réconciliation entre la Turquie et ses rivaux du monde arabe ne semble pas évident, tant la liste des dossiers qui empoisonnent leurs relations est longue.

Ces pays se sont notamment opposés dans le récent conflit en Libye, où Ankara a appuyé militairement le gouvernement de Tripoli combattu par une faction soutenue par l'Egypte, les Emirats arabes unis et l'Arabie saoudite.

Les relations entre Ankara et Ryad restent également plombées par l'assassinat en 2018 de l'opposant saoudien Jamal Khashoggi au consulat de son pays à Istanbul. (AFP, 1 juin 2021)

Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece

Réouverture des points de passage entre les deux parties de l'île divisée

Les points de passage entre les parties nord et sud de Chypre divisée ont rouvert vendredi, permettant aux habitants de part et d'autre de la zone tampon contrôlée par l'ONU de se retrouver après plus d'un an de fermeture pour cause de pandémie.

L'île méditerranéenne est divisée depuis que son tiers-nord a été envahi en 1974 par la Turquie, en réaction à un coup d'Etat de nationalistes chypriotes-grecs qui souhaitaient la rattacher à la Grèce.

Les neuf points de passage à travers l'île ont rouvert sans fanfare dans la matinée, après plusieurs semaines de discussions impliquant Chypriotes-grecs, Chypriotes-turcs et l'ONU, afin de permettre de nouveau la circulation entre les deux côtés.

"C'est une bonne étape pour que les deux communautés se rapprochent après un an et demi sans pouvoir se voir", a affirmé Pentaliotis Panayiotis, 35 ans, l'un des premiers Chypriotes-grecs à franchir le point de passage de la rue Ledra, en plein centre de Nicosie, dernière capitale divisée au monde, pour se rendre dans le nord de l'île.

"Notre objectif n'est pas seulement d'ouvrir les points de passage mais d'avoir une solution globale qui n'inclue pas de frontière au sein de notre pays", a-t-il toutefois souligné.

Les négociations sur une réunification de l'île sont au point mort depuis 2017 et une rencontre sous l'égide de l'ONU à Genève fin avril n'est pas parvenue à les relancer.

La décision de rouvrir les points de passage a été prise à la suite d'un accord sur des mesures sanitaires harmonisées entre les deux parties, confirmé par les dirigeants chypriote-grec, Nicos Anastasiades, et chypriote-turc, Ersin Tatar, avait annoncé dans la semaine l'ONU.

- "Construire la confiance" -

Un comité technique mixte se réunira toutes les deux semaines pour évaluer la situation sanitaire à l'aide d'un code couleur.

Le vert indique qu'il n'y a aucune restriction à la circulation, le orange signale qu'il faut présenter un test PCR ou antigénique négatif de moins de sept jours et le rouge signifie que les points de passage sont fermés au grand public.

Vendredi, la catégorie orange était en application.

"Les mesures seront appliquées à toutes les catégories de personnes et aux ressortissantes de pays tiers", a souligné la mission de l'ONU dans un communiqué, estimant que "la libre-circulation facilitera les contacts entre les gens, construira la confiance et aura un impact socio-économique positif".

En temps normal, plusieurs milliers de personnes franchissent quotidiennement les points de passage pour aller travailler, étudier ou se faire soigner.

"Je ne pouvais plus voir mon petit ami et j'avais des problèmes de visa (...) maintenant que c'est ouvert je suis si heureuse", a déclaré à l'AFP Rozhan Amiri, étudiante iranienne de 19 ans.

La République de Chypre, qui exerce son autorité sur la partie sud de l'île, a enregistré 72.626 cas d'infection au Covid-19, incluant 362 décès. Elle avait fermé quatre points de passage fin février 2020 pour la première fois depuis leur ouverture en 2003.

Les cinq autres avaient été fermés le 10 mars après le premier cas recensé en République turque de Chypre du Nord (RTCN, autoproclamée et uniquement reconnue par Ankara), où 7.375 cas ont été enregistrés, dont 33 décès.

Certaines restrictions à la circulation avaient été progressivement levées notamment pour les Chypriotes-turcs étudiant dans la partie sud de l'île.
(AFP, 4 juin 2021)

Le ministre turc des Affaires étrangères rend une visite controversée en Grèce

C'est par un tweet laconique que le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, a annoncé dimanche une visite privée à la minorité musulmane de Grèce en Thrace, avant sa rencontre lundi avec le Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis : «En Grèce pour rencontrer des membres de la minorité turque de Thrace occidentale et discuter de nos relations bilatérales».

Posté dès son atterrissage à l'aéroport d'Alexandroupolis, le tweet soulève l'épineuse question de la désignation de cette minorité de la Thrace occidentale, qui compte jusqu'à 150.000 musulmans. Le traité de Lausanne de 1923 leur avait accordé le statut de minorité à la fin d'une guerre entre la Turquie et la Grèce, qui a sonné le glas de l'empire ottoman.

M. Cavusoglu avait soulevé la même question mi-avril lors d'une passe d'armes sur un large éventail de sujets avec son homologue grec, Nikos Dendias, au cours d'une conférence de presse houleuse à Ankara. «Vous ne permettez pas à la minorité turque de s'appeler turque. Vous les appelez musulmans», avait objecté M. Cavusoglu. «S'ils se disent turcs, ils sont turcs - vous devez le reconnaître», avait-il ajouté à l'intention de M. Dendias, qui avait de son côté relayé le profond mécontentement de la Grèce face à la transformation par la Turquie, l'an dernier, de la cathédrale Sainte-Sophie de musée en mosquée.

Le ministre turc des Affaires étrangères est attendu à Athènes dimanche après-midi et sera reçu lundi par le Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, et son homologue, Nikos Dendias, dans un effort pour maintenir le dialogue après une détérioration des relations entre les deux pays.
(AFP, 30 mai 2021)

Immigration / Migration

Neutralité: Olivier Maingain propose un débat au Parlement bruxellois

L’ancien président de Défi ouvre la voie à la discussion, « en commençant par les principes ». Mais martèle : « Entre partis de la majorité, il n’y avait pas d’accord pour changer la règle. Ce qu’a fait Ecolo, c’est un coup de poignard. »

La question du port ostentatoire de signes convictionnels dans la fonction publique régionale ne figure pas dans l’accord de majorité bruxellois. En renonçant à s’entendre sur cette question, bien présente dans la campagne électorale, les six partis (PS, Ecolo, Défi, Groen, Open VLD et Vooruit) ont-ils créé les conditions de la crise gouvernementale actuelle ? Olivier Maingain, à l’époque président amarante et négociateur, livre sa version.

N’aurait-il pas été plus sage de s’entendre en 2019 ?

Soyons clairs : il n’y avait pas d’accord pour changer la règle existante, à savoir le principe, repris dans le statut de la fonction publique, fédérale ou régionale, de l’interdiction de port ostentatoire de signes convictionnels. Cela vaut quelle que soit la fonction qu’on assume. Le parti Ecolo a fait valoir qu’il souhaitait que la règle soit adaptée mais n’en a pas fait une exigence ni un point de rupture entre partenaires. De notre côté, mais aussi du côté socialiste, Laurette Onkelinx étant à la table, on a dit très rapidement que nous n’acceptions pas que l’on modifie cette règle.

Et donc ?

Rien ne changera ! C’est le principe d’un accord politique : quand il n’y a pas d’accord politique pour changer une règle, la règle demeure. Exemple, au fédéral : il n’y a pas d’accord pour changer la loi sur la compétitivité, elle demeure. Et il n’y a pas lieu de confirmer qu’elle s’applique puisqu’on ne la modifie pas. Je n’accepte donc pas l’argument selon lequel une espèce de vide politique ou de vide juridique aurait été créé en Région bruxelloise sur cette question.

 Vous en voulez à Ecolo et Groen d’avoir trahi (l’esprit de) l’accord de gouvernement ?

Ah oui totalement. Comme l’a dit Laurette Onkelinx, c’est un coup de poignard, ça ne se fait pas, ce n’est pas ma conception de la loyauté dans l’exécution et le respect des accords politiques. On ne m’a jamais pris en défaut de respecter des accords politiques. Cela fait partie de l’honneur des responsables politiques, celui d’assumer un accord. Très clairement, Ecolo a mis le feu aux poudres de manière assez irresponsable et peu respectueuse de l’esprit de notre entente au sein de la majorité.

Ecolo mais aussi Groen…

Oui, et après ça certains socialistes se sont engouffrés de manière calculée aussi, c’est tout aussi condamnable. J’ose croire que le ministre-président et les membres du gouvernement vont entendre un discours de pondération, de réserve et ne pas se laisser entraîner dans une logique de précipitation et de changement de la règle. Nous ne l’accepterions pas. Si, demain, on nous dit qu’il faut toutes affaires cessantes imposer un autre règlement de travail à la Stib, et a fortiori à toute la fonction publique régionale, là nous allons avoir un vrai problème de gouvernement.

Il y a de l’électoralisme derrière tout cela ?

Si Ecolo a voulu faire un coup pour prendre une sorte de leadership au regard d’un public électoral en ne respectant pas l’accord de majorité, en menaçant la stabilité des institutions, en empêchant le fonctionnement normal de la Justice, ce n’est pas très digne d’un parti qui parlait pourtant de bonne gouvernance.
(Le Soir, 11 juin 2021)

Tuna Altinel de retour en France après avoir été bloqué 2 ans en Turquie

Le mathématicien turc Tuna Altinel, enseignant à Lyon, est rentré vendredi en France après deux ans de "combat" en Turquie pour récupérer son passeport, qui lui avait été confisqué, a constaté une journaliste de l'AFP.

Tuna Altinel a été accueilli à son arrivée à l'aéroport de Lyon-Saint-Exupéry sous les applaudissements de son comité de soutien, où figurait le député et mathématicien Cédric Villani, le président de l'université Lyon-I Frédéric Fleury, ainsi que Cédric Van Styvendael, le maire PS de Villeurbanne, ville qui l'a fait citoyen d'honneur.

"J'ai passé deux ans dans diverses sortes de rétention, juste parce que j'avais participé à une soirée légale, publique, sur les revendications d'un peuple, en l'occurrence du peuple kurde. C'est la raison pour laquelle le consulat de Turquie m'a dénoncé", a rappelé l'universitaire devant des journalistes.

"Il y a des centaines, des milliers de Tuna Altinel qui n'ont pas de comité de soutien. Le combat n'est donc pas terminé", a-t-il ajouté.

Arrêté en mai 2019 et emprisonné en Turquie pour "terrorisme", puis acquitté, Tuna Altinel était empêché de rentrer en France à cause du refus des autorités turques, réitéré à plusieurs reprises, de lui rendre son passeport.

Après des recours, ce maître de conférences à l'Université Claude-Bernard à Lyon pu récupérer fin mai son document de voyage. Mais "mon combat personnel n'est pas terminé car la décision du tribunal administratif est en appel", a précisé M. Altinel, qui s'attend à ce que sa "vie en France se transforme en vie d'exilé".

L'universitaire vit en France depuis 25 ans.

Pour Cédric Villani, la situation de M. Altinel est une "ironie tragique", pour un "mathématicien habitué au raisonnement clair et logique et qui se retrouve confronté à l'absurde et à l'arbitraire".

Il a dit souhaiter que le mathématicien "reprenne sa place qui est la sienne auprès de ses collègues lyonnais".

M. Altinel a remercié l'université Lyon-I de l'avoir soutenu, notamment en "ne lui coupant pas" son salaire. Il a souligné "l'importance de l'université publique en France alors qu'en Turquie, le corps universitaire est en train d'être démantelé".
(AFP, 11 juin 2021)

Vaste traque à l'étranger des membres présumés du groupe Gülen

Depuis le putsch manqué contre le président Recep Tayyip Erdogan en 2016, la Turquie traque les partisans présumés du réseau de Fethullah Gülen à l'étranger et affirme avoir "rapatrié" plusieurs dizaines de personnes, quitte à susciter des remous.

Un Kirghiz d'origine turque, Orhan Inandi, s'est ainsi volatilisé fin mai, son épouse soupçonnant la Turquie de le retenir dans son ambassade à Bichkek après l'avoir enlevé en raison de son affiliation au mouvement du prédicateur Gülen.

M. Erdogan accuse M. Gülen, qui réside aux Etats-Unis, d'être le chef d'un groupe "terroriste" nommé "Fetö" par Ankara et le désigne comme le cerveau de la tentative de coup d'Etat de 2016.

Fethullah Gülen nie tout lien avec la tentative de putsch et affirme être à la tête d'un réseau d'organisations caritatives et d'entreprises.

Ankara fait aussi pression sur de nombreux pays, notamment des Balkans, d'Asie centrale et d'Afrique pour qu'ils ferment les écoles liées au mouvement "guléniste".

- Disparition au Kirghizstan -

Orhan Inandi, un éducateur ayant fondé un réseau d'écoles inspirées par les enseignements de M. Gülen, disparaît fin mai.

La police, qui a annoncé avoir déployé plus de 1.000 personnes pour retrouver sa trace, dit avoir découvert sa voiture garée près de son domicile, vide et avec la portière entrouverte.

Le président Erdogan a reçu mercredi en Turquie son homologue kirghiz Sadyr Japarov. La veille plusieurs centaines de personnes ont manifesté à Bichkek pour réclamer que lumière soit faite.

- Enlèvement au Kenya -

Fin mai 2021, l'agence de presse étatique Anadolu affirme que le neveu du prédicateur, Selahaddin Gülen, a été rapatrié par des agents des renseignements turcs, son épouse affirmant qu'il a été "capturé" au Kenya.

Selahaddin Gülen a été vu pour la dernière fois le 3 mai au commissariat central de Nairobi, selon un document déposé en référé devant le tribunal, deux jours plus tard, par l'un de ses avocats.

En mars, la justice kényane avait interdit l'extradition vers la Turquie de Selahaddin Gülen qui possède le statut de demandeur d'asile.

Déjà en 1999, le Kenya avait été le théâtre d'une spectaculaire opération des services turcs qui y avaient arrêté le dirigeant du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) Abdullah Ocalan, aujourd'hui emprisonné en Turquie.

- Ouzbékistan -

En février 2021, deux partisans présumés de M. Gülen, Urbuz Sevilay et Tamer Avci, sont ramenés en Turquie par les services secrets turcs après avoir été capturés en Ouzbékistan, selon l'agence Anadolu.

Outre ses liens avec les réseaux du prédicateur, Urbuz Sevilay est accusé par Ankara d'avoir participé "à la fourniture d'armes" à des miliciens affiliées aux rebelles kurdes du PKK en Syrie et en Irak, selon la même source.

- La Moldavie condamnée -

En juin 2019, la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) condamne la Moldavie pour l'extradition de cinq ressortissants turcs à la demande d'Ankara en raison de leurs liens présumés avec le mouvement Gülen.

Les cinq enseignants avaient déposé en 2018 une demande d'asile, craignant d'être la cible de représailles en Turquie du fait de leurs opinions politiques.

- Tentative d'enlèvement en Mongolie -

Fin juillet 2018, la Mongolie empêche le décollage d'un avion soupçonné d'appartenir à l'armée de l'air turque, après une tentative d'enlèvement sur son sol d'un homme lié au mouvement Gülen. Selon plusieurs amis et témoins, au moins cinq hommes ont kidnappé Veysel Akcay dans sa demeure à Oulan-Bator.

Ankara nie toute tentative d'enlèvement du directeur d'école turc.

- Gabon -

En avril 2018, trois partisans présumés de Fethullah Gülen sont ramenés en Turquie depuis Libreville à bord d'un avion privé par les services secrets turcs.

Les trois hommes, qui travaillaient pour l'école internationale La Lumière à Libreville, ont été expulsés avec leurs familles, selon leurs avocats qui dénombrent au total 13 personnes transférées en Turquie.

- Crise politique au Kosovo -

En mars 2018, six Turcs, cinq professeurs d'une école turque à Pristina et un médecin, présentés comme des adeptes du mouvement Gülen, sont ramenés en Turquie à bord d'un avion privé après avoir été interpellés lors d'une opération commune des services de sécurité des deux pays.

L'enlèvement provoque une crise politique et conduit au limogeage du ministre de l'Intérieur et du chef du renseignement.

- Opération conjointe au Soudan -

En novembre 2017, les services de renseignement turcs rapatrient en Turquie un homme d'affaires accusé d'être un financier du réseau Gülen après l'avoir capturé au Soudan.

Memduh Cikmaz, présenté comme l'un des principaux "argentiers" de la mouvance Gülen, a été arrêté lors d'une opération conjointe des services secrets turcs (MIT) et soudanais (NISS), selon Anadolu.
(AFP, 10 juin 2021)

Manifestation au Kirghizstan après la disparition d'un éducateur lié au prédicateur Gülen

Des centaines de manifestants ont protesté mardi au Kirghizstan face à la disparition suspecte d'un éducateur ayant fondé un réseau d'écoles inspirées par les enseignements du prédicateur Fetullah Gülen, ennemi juré du président turc Recep Tayyip Erdogan.

La plupart des protestataires rassemblés devant le siège du gouvernement sont d'anciens élèves de ce réseau d'écoles fondé par Orhan Inandi, Kirghiz d'origine turque.

"Le principal est (d'espérer) qu'il soit encore en vie", a déclaré à l'AFP l'une des manifestantes, Zarina Sydykbekova, 39 ans, qui craint qu'il ne soit retenu par la Turquie dans son ambassade, une accusation déjà lancée la semaine dernière par sa femme.

La police, qui a annoncé avoir déployé plus de 1.000 personnes pour retrouver la trace d'Orhan Inandi depuis sa disparition fin mai, a dit avoir découvert sa voiture garée près de son domicile, vide et avec la portière entrouverte.

L'avocate de la famille Inandi, Taalaïgoul Toktakounova, a précisé à l'AFP que son client possède la citoyenneté kirghize depuis 2012 et était arrivé dans le pays dans les années 1990 pour fonder les écoles.

La Turquie a arrêté ces dernières années des dizaines de milliers de personnes soupçonnées de liens avec Fethullah Gülen, un prédicateur musulman basé aux Etats-Unis et accusé d'avoir orchestré un coup d'Etat contre le président Erdogan en 2016.

Fethullah Gülen dément tout lien avec la tentative de coup d'Etat de 2016 et affirme être à la tête d'un réseau d'organisations caritatives et d'entreprises.

Le conflit entre M. Erdogan et le prédicateur Gülen met le Kirghizstan dans l'embarras : les écoles privées inspirées de son mouvement sont considérées comme d'un niveau supérieur aux écoles publiques mais la Turquie reste un partenaire important pour ce pays d'Asie centrale.

Lors d'une visite dans en 2018, M. Erdogan a juré de "secourir le Kirghizstan" du mouvement de Fethullah Gülen.

Le président kirghize Sadyr Japarov doit entamer une visite en Turquie mercredi.
(AFP, 9 juin 2021)

Au Kenya, mystère autour de l'enlèvement d'un membre de la famille Gülen


Comment un citoyen étranger a-t-il pu disparaître du siège de la police kényane et se retrouver détenu en Turquie, malgré une décision de justice interdisant son extradition ?

Une semaine après la divulgation du retour forcé dans son pays de Selahaddin Gülen, dont l'oncle est la bête noire du président turc Recep Tayyip Erdogan, le Kenya reste mutique sur cet incident et sur le rôle qu'il a pu y jouer.

Pour certains défenseurs des droits, l'affaire montre combien le Kenya d'Uhuru Kenyatta, l'actuel président, se joue des décisions de justice et collabore avec des agences de renseignements étrangères.

La Turquie a arrêté des dizaines de milliers de personnes soupçonnées de liens avec Fethullah Gülen, un prédicateur musulman basé aux Etats-Unis et accusé d'avoir orchestré un coup d'Etat contre M. Erdogan en 2016.

Selon des documents déposés devant un tribunal kényan, son neveu, Selahaddin Gülen, résident aux Etats-Unis et âgé de 30 ans, a été arrêté à son arrivée à l'aéroport de Nairobi le 17 octobre, avant d'être placé en liberté provisoire.

Nairobi avait été alertée par Ankara, qui voulait le faire arrêter pour "pédophilie" et réclamait son extradition. Mais ses avocats rétorquent que ces actes présumés ont été "jugés et se sont conclus par un acquittement (...) en 2018".

Ils ajoutent que le gouvernement turc mène "de longue date une campagne afin de poursuivre et de persécuter le requérant ainsi que sa famille", affirmant que le frère, la soeur et 62 autres membres de la famille de Selahaddin sont actuellement en prison.

"Leur seul crime était d'être lié à Fethullah Gülen," argumente l'un des documents.

Fethullah Gülen nie tout lien avec la tentative de coup d'Etat de 2016 et affirme être à la tête d'un réseau d'organisations caritatives et d'entreprises.

- "Détenu au secret" -

En mars, la justice kényane avait interdit l'extradition vers la Turquie de Selahaddin Gülen, qui possède le statut de demandeur d'asile.

Selon les conditions de sa liberté provisoire, ce dernier devait se rendre au commissariat tous les lundis.

Il a été vu pour la dernière fois le 3 mai au commissariat central de Nairobi, selon un document déposé en référé devant le tribunal, deux jours plus tard, par l'un de ses avocats, Jotham Arwa.

M. Arwa accuse les autorités kényanes d'avoir "capturé de manière gratuite et flagrante" son client et de l'avoir "détenu au secret", dans le but de "contourner la loi" et de le renvoyer en Turquie.

L'agence de presse étatique turque Anadolu a affirmé le 31 mai que Selahaddin avait été rapatrié par des agents des renseignements turcs.

La police et les responsables kényans de l'immigration n'ont pas répondu aux multiples demandes de commentaires de l'AFP.

D'après Otsieno Namwaya, analyste à Human Rights Watch (HRW), le gouvernement kényan se borne à dire qu'il a été kidnappé par des agents turcs à la porte du commissariat.

"Comment des agents étrangers peuvent-ils parvenir à attraper quelqu'un, partir avec et l'emmener à JKIA (l'aéroport international) et le faire sortir du pays ? Sans que personne ne pose de questions?", interroge-t-il.

HRW prévoit de demander des explications dans une lettre au gouvernement, affirme l'analyste.

"L'administration Kenyatta s'est faite connaître pour collaborer avec des agences de sécurité étrangères et pour kidnapper des citoyens étrangers qui se trouvent au Kenya pour des raisons de sécurité", ajoute-t-il.

- "Hostilité" -

M. Namwaya cite le cas de deux opposants au gouvernement du Soudan du Sud, Dong Samuel Luak et Aggrey Idri, kidnappés à Nairobi en janvier 2017, malgré, là encore, une décision de justice interdisant leur extradition.

En 2019, les Nations unies ont estimé "hautement probable" que les deux hommes, qui avaient été ramenés à Juba, aient été exécutés par les renseignements.

L'analyste mentionne de nombreux cas de Rwandais, de Burundais, de Congolais et d'Ethiopiens arrêtés au Kenya et forcés à rentrer chez eux.

"L'hostilité du gouvernement kényan envers les demandeurs d'asile est tout simplement stupéfiante", dit-il. "Le gouvernement actuel ne respecte pas du tout la justice."

La semaine dernière, l'association des avocats kényans a décrié l'"offensive continue de l'exécutif contre la justice" après de nouvelles critiques du président Kenyatta contre cette dernière.

Le Kenya et la Turquie possèdent des liens forts mais Nairobi avait refusé en 2016 de fermer des écoles liées au mouvement "guléniste".

En 1999, les services turcs avaient arrêté au Kenya le leader du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), Abdullah Ocalan, emprisonné depuis en Turquie.
(AFP, 9 juin 2021)

Signes convictionnels: Maxime Prévot soutient Georges Dallemagne

Le président du cdH Maxime Prévot a ouvertement apporté son soutien, vendredi matin, au député fédéral Georges Dallemagne dont une prise de position récente dans le dossier du port de signes convictionnels a provoqué des remous en interne, en particulier au sein de la régionale bruxelloise du parti.

«Débattre, partager des opinions parfois différentes, comme elles existent au sein de la société, et ensuite tracer la voie d’un projet fédérateur, c’est l’essence même d’un parti. Du nôtre», dit le président du centre démocrate Humaniste, dans un message adressé vendredi aux membres de son parti et dont voici l’intégralité:

«Georges Dallemagne n’est ni extrémiste ni islamophobe. Je ne tolère donc pas que l’on puisse le laisser penser. Son parcours humaniste parle pour lui. Il n’a pas selon moi à être sanctionné pour l’opinion exprimée. Il a mis le doigt lors de son interview sur une préoccupation réelle, celle du radicalisme salafiste. Je ne cautionne donc pas les chasses à l’homme ni les propos agressifs.

Il a tenu un propos ayant été diversement interprété et à ce titre ayant pu heurter. Je regrette et entends l’émoi que cela a pu susciter auprès de certaines personnes. Le cdH n’a jamais assimilé le simple port consenti du voile à l’islamisme radical. Je l’ai dit. Et Georges Dallemagne a lui-même pu le repréciser dans La Libre ce mardi.

La saisine du Comité de déontologie d’un parti est un droit ouvert à tout militant. Quel qu’en soit le motif. Cela ne présage de rien quant à ses conclusions, mais j’en suis sûr, la voie de l’écoute et de l’apaisement sera privilégiée, comme semblent d’ailleurs le souhaiter aussi ceux qui l’ont saisi.

Ce débat sur le voile qui traverse tous les partis et enflamme l’actualité au détour de la STIB et de la désignation d’une commissaire du gouvernement fédéral, mérite du respect et de la sérénité. Loin des tentatives d’instrumentalisation politique. La communauté musulmane en a légitimement ras-le-bol d’être trop souvent réduite à des caricatures. Beaucoup de familles se sentent blessées. Des élus et militants aussi.

Il ne s’agit pas d’être permissif à tout. Mais d’être juste et ouvert, dans le respect de la neutralité de l’Etat.

C’est pour cela que le cdH est défavorable au port du voile dans toutes les fonctions d’autorité et lors d’un service de première ligne en contact direct avec les citoyens (guichets...). Mais qu’il estime cela admissible dans le reste de la fonction publique où, plus que l’apparence de neutralité, se joue surtout la neutralité effective du service rendu.

Prenons donc collectivement de la hauteur et veillons, dans tous les parlements et au sein des partis, à en débattre avec justesse et sans naïveté ni tabou. Avec la raison plutôt que l’émotion. Pour rassembler et non cliver».


Clerfayt: "Je suis sur la même ligne que mon président de parti"

Antoine Clevers et Tom Guillaume, LLB, 5 juin 2021

La neutralité des services publics divise l’exécutif bruxellois après l’affaire du voile à la Stib. Pour le ministre Bernard Clerfayt (Défi), le politique doit se saisir du problème et enfin trancher. Il va aussi remettre la question de l’abattage rituel sur la table.

Des caisses en carton jonchent le sol du cabinet de Bernard Clerfayt (Défi). Le ministre bruxellois de l’Emploi serait-il sur la sellette ? "Je devrais au contraire déballer ces cartons. Ils sont là depuis mon entrée en fonction", plaisante-t-il, avant d’entrer dans le vif du sujet.

Jeudi, son président de parti, François De Smet, laissait entendre que Défi pourrait débrancher la prise du gouvernement bruxellois si celui-ci décidait de ne pas aller en appel de la décision de justice condamnant la Stib. La société bruxelloise des transports en commun s’est rendue coupable, selon le tribunal, de discrimination à l’embauche en refusant d’engager une femme portant le voile islamique. Le comité de gestion de la Stib a décidé de ne pas faire appel. La question a alors été renvoyée aussitôt au gouvernement par le commissaire au gouvernement.

Pour votre président de parti, il faut faire appel. Il en fait une affaire de gouvernement. Vous aussi ?

Je suis sur la même ligne que mon président de parti. J’ai indiqué depuis longtemps à nos partenaires que la décision concernant la Stib ne peut faire jurisprudence (et engendrer une modification des règlements de travail dans les administrations, NdlR) si on ne passe pas par l’appel. Pour nous, la question de la neutralité des services publics est fondamentale pour construire le vivre-ensemble. Si nous voulons accepter les identités de toutes et tous, il faut créer un espace commun dans lequel les identités ne sont pas exaltées. Cela demande un juste équilibre. Initialement, c’était à la Stib de décider. Malheureusement, le politique s’en est mêlé. C’est donc désormais au politique de la gérer, il doit assumer.

Est-ce au gouvernement ou au Parlement de trancher ?

C’est le politique qui doit trancher. Après, quel organe, on verra bien. Mais vous savez, au Parlement, il y a une majorité qui est celle qui soutient le gouvernement… Quand le ministre-Président de la Région, Rudi Vervoort (PS), dit, jeudi matin, que c’est le Parlement qui doit s’en occuper, soyons clairs, ce sont les mêmes partenaires. On se téléphone, on se parle, et les positions sont identiques.



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