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INFO-TURK

A non-government information center on Turkey

Un centre d'information non-gouvernemental sur la Turquie

52th Year / 52e Année
Janvier
 
2026 January
N° 569
53 rue de Pavie - 1000 Bruxelles
Tél: (32-2) 215 35 76
Chief Editor /Rédacteur en chef: 
Dogan Ozgüden

Responsible editor/Editrice responsable:

Inci Tugsavul
Human Rights
Pressures on  media
Kurdish Question
Minorities
Interior politics
Armed Forces
Religious affairs
Socio-economics
Turkey-Europe
Turkey-USA
Regional Relations
Cyprus and Greece
Migration

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74 ème année de la contribution à la documentation de l'histoire des résistances en Turquie. Historiquement, Info-Türk est la continuation de plusieurs initiatives de média
contribuées depuis 1952 par ses deux fondateurs, Dogan Özgüden et Inci Tugsavul.
https://www.info-turk.be/homepage.htm


Titres des évènements du mois
Titles of this month's events



Droits de l'Homme / Human Rights

80 ans plus tard exactement, un même complot, une même trahison! - Doğan Özgüden
Court deems local election alliance with pro-Kurdish parties a ‘terrorist act’
Prison occupancy in Turkey exceeds 130%
Human rights advocate Ali Aydın killed in western Turkey

Une « Turquie sans terreur » à l’exemple de la « Syrie sans terreur » ? -   Doğan Özgüden
Gezi trial convict Tayfun Kahraman hospitalized after multiple sclerosis attack
Le roman-photo sur Nâzım Hikmet : La vie est belle... - Doğan Özgüden
Rising racism in football stadiums threatens the peace process

Pression sur les médias / Pressure on the Media

Journalists covering pro-Kurdish protests detained in Turkey
Turkey blocks access to pro-Kurdish news agencies amid Syria offensive

Journaliste français arrêté en Turquie: des appels à sa libération depuis Paris
Journalist Nedim Oruç detained while covering protest in Şırnak over Aleppo clashes
Journalist Perihan Kaya receives prison sentence for 'terrorist propaganda'
Le journaliste décédé Hakan Tosun a subi de "terribles violences"
Prosecutor seeks up to 10 years in prison over contributions to pro-Kurdish publications

Un tribunal ordonne la libération d'un journaliste détenu pour  "menace" envers Erdogan

Kurdish Question / Question kurde

La guérilla du PKK jure de "ne pas abandonner" les Kurdes de Syrie
Plus de 134.000 déplacés dans le nord-est de la Syrie
Les rassemblements interdits jusqu'à lundi dans une grande ville kurde
Un parti kurde iranien accuse Téhéran d'avoir visé au drone ses locaux en Irak
Les partis kurdes solidaires de leurs "frères" en Syrie
Erdogan salue l'offensive "mesurée" de l'armée syrienne, malgré les "provocations"

Les Kurdes de Syrie jugent insuffisant un décret publié vendredi sur leurs droits nationaux
Rassemblements de soutien aux Kurdes de Syrie dans le sud-est de Turquie
L'armée syrienne revendique la prise d'une ville stratégique tenue par les Kurdes
Le PKK dénonce un sabotage du processus de paix en cours en Turquie

Les forces kurdes quittent Alep après des jours de combats meurtriers
La manifestation kurde à Bruxelles contre la barbarie en Syrie
L'armée syrienne bombarde des quartiers kurdes d'Alep et somme les combattants de se rendre
Les combattants kurdes refusent d'évacuer Alep, malgré l'appel des autorités
La Turquie "salue" l'offensive syrienne à Alep contre les combattants kurdes
La Turquie prête à "soutenir" l'armée syrienne contre les combattants kurdes à Alep
Des Kurdes manifestent en Turquie contre l'offensive de l'armée syrienne à Alep
Neuf morts dans des affrontements à Alep entre forces kurdes et gouvernementales
Two pro-Kurdish news agencies' X accounts banned in Turkey
Ankara demande à tous les groupes armés kurdes de déposer les armes
Demirtaş sentenced to prison for ‘insulting the president’

The Kurd’s lament: Roboskî
Le chef emprisonné du PKK appelle la Turquie à faciliter un accord entre les Kurdes syriens et Damas

Minorités / Minorities

La Turquie veut une normalisation "le plus rapidement possible" avec l'Arménie

Rassemblement à Bruxelles pour dénoncer les "crimes" contre les Alaouites
La Turquie et l'Arménie annoncent un allègement réciproque de leurs procédures de visas

Politique intérieure/Interior Politics

Quatre sujets d’actualité et un autre bien grave... - Ragip Duran
Le maire emprisonné d'Istanbul reste "combatif", affirme une députée européenne

Forces armées/Armed Forces

Erdogan compte sur Trump pour réintégrer le programme des F-35
Erdogan salue l'accord sur la livraison à l'Espagne d'avions de combat turcs

Affaires religieuses / Religious Affairs
 
357 personnes arrêtées dans une opération contre l'organisation Etat islamique
Trois policiers tués lors d'une opération contre le groupe Etat islamique

Socio-économique / Socio-economic

Men killed at least 299 women in 2025

"Nous n'arrivons pas à joindre les deux bouts", dénoncent les fonctionnaires
"Sécheresse record" à Ankara où des coupures d'eau perdurent
Men killed 28 women in December
La Turquie envisage de conclure un accord avec la Syrie pour  l'exploration énergétique en mer

Relations turco-européennes / Turkey-Europe Relations

Une manifestation Kurde interdite à Marseille après des incidents
Trahir les Kurdes, c'est réveiller Daech - Dorian de Meeûs

Paris assure ne pas "lâcher" les Kurdes, malgré la reprise en main de Damas
Six blessés dans une attaque au couteau lors d'une manifestation kurde

Turquie-USA-OTAN / Turkey-USA-NATO

Les Forces démocratiques syriennes, créées puis lâchées par les Etats-Unis
Washington va transférer de Syrie vers l'Irak jusqu'à 7.000 détenus de l'EI
En Turquie, polémique autour d'un protocole jugé "colonialiste"

Trump a "invité" Erdogan à siéger au Conseil de la paix pour Gaza
Erdogan coincé entre Trump et Maduro - Ragip Duran
Erdogan à Trump : "le Venezuela ne doit pas sombrer dans le chaos ou l'instabilité"`
Trump envisage la vente d'avions de combat F-35 à la Turquie

Relations régionales / Regional Relations

Les forces kurdes quittent une prison du nord de la Syrie après un accord avec Damas
Les Iraniens d'Istanbul interdits de manifester
Iran: plusieurs milliers de personnes manifestent à Londres

Yémen: la Turquie propose à Ryad d'oeuvrer au dialogue entre factions belligérantes
Des milliers de personnes manifestent en faveur de Gaza à Istanbul

Erdogan: La reconnaissance par Israël du Somaliland est "illégitime et inacceptable"

Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece


Immigration / Migration

Un mort et sept disparus dans le naufrage d'un bateau de migrants


Droits de l'Homme / Human Rights

80 ans plus tard exactement, un même complot, une même trahison !



Doğan Özgüden, Artı Gerçek, 20 janvier 2026
Ceux qui ont anéanti la République de Mahabad de la nation kurde en Iran en 1946 s’attaquent aujourd’hui avec la même abjection à l’entité autonome de la même nation au Rojava en Syrie.
Cela fait exactement 80 ans… Durant la dixième année de mon enfance passée dans les villages d’Anatolie centrale, je m’étais trouvé à Ankara où mon père, cheminot, avait été affecté, en plein tumulte de la fin de la guerre. La Turquie se préparait à ses premières élections multipartites, et le processus de capitulation face à l’impérialisme américain, amorcé après la visite de l’USS Missouri, prenait rapidement de l’ampleur avec le lavage de cerveau par les médias.
 
Un jour d’hiver 1946, Cevdo, un de mes amis arméniens, grecs et kurdes avec qui je jouais souvent à la balle au prisonnier dans notre quartier, près du marché aux puces, vint nous trouver avec un visage empreint de tristesse et nous raconta que la République de Mahabad, établie par les Kurdes en territoire iranien à la fin de la guerre, était occupée par l’armée iranienne et ses dirigeants arrêtés.
 
Et précisément dans les mêmes jours, tout comme la dissolution par la loi martiale des deux partis de gauche nouvellement créés en Turquie, le Parti socialiste de Turquie et le Parti socialiste ouvrier et paysan de Turquie, ne suscita aucune réaction dans les médias, pris dans l’hystérie anticommuniste orchestrée par les USA, cet évènement dans le pays voisin passa inaperçu.
 
Ce n’est que des années plus tard, dans les années 1960, que j’appris les raisons de l’anéantissement de la République de Mahabad, l’un des épisodes les plus honteux de l’histoire de l’humanité, grâce à mes amis kurdes avec lesquels je militais dans les médias de gauche et dans les rangs du Parti ouvrier de Turquie.
 
En effet… A la fin de la Première Guerre mondiale, lors de l’effondrement de l’Empire ottoman et de la création de la République de Turquie, alors que de nombreux Etats arabes étaient fondés sous le contrôle des Etats impérialistes, la nation kurde avait été spécifiquement privée de ce droit et les terres du Kurdistan furent partagées entre la Turquie, la Syrie, l’Irak et l’Iran.
 
Toutefois, un évènement surprenant se produisit durant la Seconde Guerre mondiale. A la suite de l’occupation de l’Iran par les troupes soviétiques depuis l’est et les troupes anglaises par le sud en 1941, des organisations kurdes du nom de Komela, Xoybun et Hevi établirent le 22 janvier 1946, avec le soutien de l’Union soviétique, la République kurde de Mahabad dans une région proche de la Turquie et de l’Irak.
 
S’exprimant ce jour-là devant des milliers de personnes rassemblées sur la place historique de Chahar Cheragh (Quatre Bougies), Qazi Muhammad proclama la république, en déclarant : « Je jure par Allah, par la nation kurde et sur le drapeau du Kurdistan sacré que je protégerai l’indépendance et la république du Kurdistan jusqu’à la dernière goutte de mon sang et à mon dernier souffle ».
 
Un gouvernement kurde de 14 ministres fut institué sous la présidence du président Qazi Muhammad, et un drapeau républicain aux couleurs symbolisant l’unité kurde ainsi qu’un hymne national basé sur les paroles du poème « Ey Reqip », écrit en prison en 1938 par le poète kurde Dildar, furent adoptés.
 
Alors qu’un enseignement en kurde débutait dans les écoles situées dans les frontières de la République, le processus de transformation des milices en une armée régulière fut également amorcé.
 
La république kurde privilégiait les domaines de la culture, des arts et de la littérature ; un opéra fut créé et de nombreuses activités de presse et d’édition, allant des ouvrages scientifiques aux revues pour enfants, furent menées.
 
Cependant, cette première tentative de constitution d’un Etat par la nation kurde s’évanouit avant même sa première année d’existence, avec le retrait de l’Armée rouge du territoire iranien le 9 mai 1946 et la capture des dirigeants de la République kurde par l’armée iranienne entrée à Mahabad le 17 décembre 1946.
 
Le chef d’état-major de la République de Mahabad, Molla Mustafa Barzani, accompagné de ses 500 peshmergas, traversa le fleuve Araxe après une longue et pénible marche et se réfugia en Union soviétique.
 
De plus, exactement un an et un jour après la proclamation de la république, le 23 janvier 1947, Qazi Muhammad fut condamné à mort par une cour militaire iranienne, et le 31 mars de la même année, fut exécuté avec deux de ses amis sur la place Chahar Cheragh où il avait proclamé la république.
 
Tout comme en Turquie, l’hostilité et la persécution contre les combattants de la liberté et de l’égalité des droits de la nation kurde se poursuivirent des années durant en Iran. Alors que les Kurdes du Rojhilat furent constamment victimes de tortures et de massacres à la fois sous le régime du Shah et celui des Mollahs qui lui succédèrent, l’éminent leader kurde Abdul-Rahman Ghassemlou, avec qui j’eus une longue conversation à Bruxelles peu avant sa mort, et ses deux assistants furent assassinés à Vienne le 13 juillet 1989.
 
Un an après l’assassinat de Ghassemlou, Efat Ghazi, la fille du président Qazi Muhammad, fut à son tour assassinée dans la ville de Västerås en Suède en 1990.
 
Exactement 80 ans après l’anéantissement de la République kurde de Mahabad en Iran, le gouvernement syrien aux mains des terroristes daechiens, à commencer par la République de Turquie, soutenu ou toléré par les USA et les Etats de l’Union européenne, tente de détruire la région autonome du Rojava, un acquis majeur de la nation kurde en Syrie, par des méthodes abjectes.
 
Dans un discours prononcé aujourd’hui, Devlet Bahçeli, le leader du MHP, à l’origine de la supercherie de la « Turquie sans terreur », a pris pour cible les FDS en émettant cette fatwa : « Les racines des activités terroristes opérant à l’est de l’Euphrate, d’Ayn al-Arab à Qamishli, doivent être éradiquées, et le nettoyage de la région doit être mené de manière globale et coordonnée ».
 
Je ne sais pas ce que diront les dirigeants du parti DEM qui, depuis plus d’un an, ont témoigné d’un respect excessif envers Bahçeli et placé en lui de grands espoirs quant à une « solution pacifique », et Abdullah Öcalan que Bahçeli a désigné comme unique interlocuteur en lui conférant le titre de « leader fondateur », mais les déclarations faites sur Rûdaw TV par Rohilat Efrin, la commandante générale des Unités féminines de défense (YPJ), qui a rencontré Ahmed al-Shara à Damas en compagnie du commandant général des FDS, Mazlum Abdi, devraient inciter tous les participants à ce processus, ainsi que ceux qui les applaudissent, à une sérieuse réflexion.
 
Efrin explique : « Notre attitude aujourd’hui visait à prévenir un éventuel massacre et des morts. Or, nous n’avons constaté aucune attitude concrète de la coalition. Un nouvel Etat islamique est en train d’émerger. S’ils ne prennent pas les devants, celui-ci constituera une menace inédite pour toute la Syrie et les pays limitrophes ».
 
Murat Karayılan,  commandant du HPG, la branche militaire du PKK, qu’Öcalan avait déclaré être devenu de l’histoire ancienne sous la pression de Bahçeli, déclare ce qui suit concernant ces derniers développements :
 
« Il ne fait aucun doute que l’Etat turc joue un rôle actif dans ce complot. Nous observons sa participation à cette guerre avec des avions de combat et de reconnaissance. Il utilise même des soldats dans ces attaques, sous couvert de groupes irréguliers. Les responsables turcs devraient savoir que nous ne sommes pas des enfants. Vous prétendez vouloir instaurer la paix intérieure au nom de la fraternité, tout en détruisant les acquis du peuple kurde au Rojava et au Kurdistan en perpétrant un génocide par le biais de ces groupes armés. Personne ne se laissera berner ».
 
Et s’adressant au peuple du Rojava :
 
« Sachez que nous ne vous abandonnerons pas. Quel qu’en soit le prix, nous ne vous abandonnerons jamais. Dans ce processus, au nom de tout le peuple kurde, et au nom de notre Mouvement, nous ferons tout ce qui est nécessaire ».
 
Effectivement… Soutenir le peuple du Rojava et l’Administration autonome du Rojava, menacée d’anéantissement exactement 80 ans après l’odieuse destruction de la République kurde de Mahabad, et la soutenir jusqu’au bout, est aujourd’hui le devoir primordial de tous ceux qui défendent la liberté, l’égalité et la fraternité entre les peuples, quelles que soient leurs origines nationales ou ethniques, et en particulier du parti DEM et de toutes les organisations kurdes de résistance.

Traduction: Mazyar KHOOJINIAN  

Court deems local election alliance with pro-Kurdish parties a ‘terrorist act’

An İstanbul court sentenced Ahmet Özer, the dismissed mayor of İstanbul’s Esenyurt district, to six years and three months in prison on charges of “membership in a terrorist organization.”

Özer, a member of the main opposition Republican People’s Party (CHP), was tried over his role in a political alliance between the CHP and the pro-Kurdish Peoples' Equality and Democracy (DEM) Party during the 2024 local elections.

The cooperation, known as the “urban consensus,” involved DEM not fielding candidates in certain İstanbul districts and some of its members entering municipal council races on CHP lists. Prosecutors claimed the arrangement was orchestrated by the outlawed Kurdistan Workers’ Party (PKK).

The hearing was attended by CHP Chair Özgür Özel, İstanbul Metropolitan Municipality Deputy Mayor Nuri Aslan, and CHP İstanbul Provincial Chair Özgür Çelik.

This case is part of a wave of criminal proceedings launched after the 2024 local elections, targeting the CHP and municipalities under its control. The CHP views the legal crackdown as retaliation by the government for its electoral success, while the government points to widespread corruption allegations within CHP-run municipalities.

Özer was arrested on Oct 30, 2024, and remained in pretrial detention for over a year before his release in November. Rejecting the charges, Özer said, “These allegations do not even amount to a reasonable suspicion, let alone constitute a crime.”

During his final defense, Özer criticized the indictment for relying heavily on anonymous witness testimonies that he argued were not backed by factual evidence. “The so-called evidence in this file does not prove any organizational link,” he told the court.

Özer highlighted his 35-year academic and political background, stating that he had always supported peace and human rights. “Not only am I not a member of any terrorist group, but even the suggestion of such a connection is unacceptable,” he said.

He also criticized the conditions of his detention and the broader investigation, noting the seizure of his digital materials and what he described as violations of his home’s privacy. Özer questioned the timing of media reports on the potential appointment of a trustee before he had even appeared before a judge.

He said the case misrepresented his communications, financial transactions, and social contacts, arguing that they were taken out of context. One example he gave was the inclusion of a religious donation sent to his brother, which was listed in the case file as a suspicious transfer. He also noted that while his contacts with academics and public officials were used as grounds for suspicion, his official meetings with state authorities were excluded from the file.

“Defending peace should not be treated as a crime,” he said. “If it is, then I will continue to commit this crime.”

'Legal disaster'

Özer's lawyer, Hüseyin Ersöz, also denounced the verdict, describing it as a "legal disaster."

“Every piece of evidence showed his innocence, and they were collected by the court itself. There was not a single piece of evidence against him," he said.

Ersöz claimed the case exposed the political nature of the judiciary process. “Where there is politics, there is no law,” he said, adding that the ruling “will go down in legal history as a dark day.”

He added that the legal team would appeal the decision, expressing confidence that higher courts would overturn the verdict.

Meanwhile, Özer is also named in a separate case involving allegations of rigging a public tender, which concerns dozens of municipal officials from the CHP, including suspended İstanbul mayor Ekrem İmamoğlu, who has been in pretrial detention for over 10 months. (BIA, 23 Jan 2026)

Prison occupancy in Turkey exceeds 130%

The Civil Society in the Penal System Association (CİSST) has released its January 2026 prison statistics, reporting that the occupancy rate in Turkish prisons has surpassed 131%.

According to the data, the total prison population dropped by 7.27% compared to the previous month and by 2.84% over the last six months, reaching 402,012 people.

The number of prisoners in open prisons fell by 12.36% from December, dropping to 108,059. Closed prisons, meanwhile, saw a 5.18% decline, with 293,955 people currently held in these facilities.

338,109 convicts

Inmates in closed prisons now make up 73.12% of the total prison population.

The number of convicted prisoners decreased by 8.26% from the previous month to 338,109. While the number of pre-trial detainees dropped by 1.65% since December, it has risen by 11.13% over the last six months, now totaling 63,905.

Nearly 100,000 'excess prisoners'
As of January, the official capacity of Turkish prisons stands at 305,286. However, the actual population exceeds this by 96,726, resulting in an occupancy rate of 131.69%.

Although the number of prisoners exceeding capacity fell by 24.53% compared to the previous month, it increased by 9.82% over the past six months.

Children in prison

The number of incarcerated children aged between 12 and 18 dropped by 5.25% compared to December but has risen by 2.41% over six months, reaching 4,421. Girls account for 4.57% of this group.

Based on Justice Ministry data from Oct 13, 2025, 881 children under the age of six are currently living in prison with their mothers.

The population of prisoners aged 65 and over fell by 5.64% from the previous month and by 2.30% over six months, reaching 6,285.

The number of women prisoners dropped by 6.66% compared to December but increased slightly by 0.59% in the past six months, rising to 18,946. (BIA, 14 jan 2026)

Human rights advocate Ali Aydın killed in western Turkey

Lawyer Ali Aydın, former co-chair of the İzmir branch of the Human Rights Association (İHD), was found dead today in İzmir, western Turkey.

Aydın's body was discovered in the the Evka-6 neighborhood of Çiğli district, where he walked regularly in the mornings, Vetha Aydın, a regional İHD representative, told bianet. He suffered a blow to his head with a hard object near a livestock pen on his return path.

While the walking route is used by many local residents, no witnesses have come forward so far, she added. "There are no witnesses, no cameras, nothing at the moment. His body was crushed with stones. The autopsy has been performed and he has been taken to the Forensic Medicine Institute," Vetha Aydın said.

Theft did not appear to be a motive as his phone and personal belongings were not taken, Aydın noted.

Vetha Aydın emphasized the lawyer's long history of human rights activism, noting his work with both the İHD and the Progressive Lawyers Association (ÇHD).

"We cannot say anything definitive, but he was a colleague from Dersim and of Alevi identity," she said, adding that "there are many question marks" surrounding the death.

The İHD headquarters issued a statement expressing deep sorrow over the loss of their colleague. "The incident is being followed by our lawyer members and the İzmir Bar Association," it stated.

The İHD indicated that further details would be shared with the public within the framework of investigation confidentiality once facts are clarified. (BIA, 14 jan 2026)


Une « Turquie sans terreur » à l’exemple de la « Syrie sans terreur » ?


 
Doğan Özgüden, Artı Gerçek, 12 janvier 2026
La juste protestation des Kurdes et des Alaouites à Bruxelles pendant que les dirigeants de l’UE saluent le génocidaire des Kurdes et des Alaouites al-Charaa à la mode islamique.
Dans sa chronique du jour, le directeur de l’un des organes de média en exil, Özgürüz [Nous sommes libres], a exprimé à juste titre l’indignation suivante :
 
« Je vais évoquer deux images d’Alep et de Damas la semaine dernière. De l’image qui nous vient d’Alep, le corps sans vie d’une femme kurde appartenant aux forces de sécurité intérieure était jeté du balcon d’un immeuble en ruines par des groupes djihadistes. Des djihadistes soutenues par Damas criaient « Allahu Akbar », accompagnés de cris de victoire.
 
« L’autre image fut prise lors d’une rencontre entre la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le président du Conseil européen, Antonio Costa, avec le président syrien Ahmed al-Charaa, dans la capitale syrienne. al-Charaa, qui ne serre pas la main aux femmes, portait la main à sa poitrine, et von der Leyen en faisait de même.
 
« Issu de la tradition djihadiste du Front al-Nosra, al-Charaa fut salué par l’Occident pour la cravate qu’il portait après sa prise de pouvoir à Damas. Pourtant, la scène montre que c’est l’Occident qui se rapproche de sa ligne plutôt que l’inverse. Ce n’est pas seulement l’impression que donne la seconde photographie ; l’indifférence de l’Occident face à la barbarie de la première image en est également un signe… »
 
Lors de sa première visite en Syrie, alors que le régime de Damas était en train d’attaquer les quartiers kurdes de Sheikh Maqsoud et d’Achrafiyeh à Alep, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a réaffirmé son soutien au pays et annoncé une aide financière de 700 millions d’euros. Elle a par ailleurs annoncé l’ouverture d’un dialogue politique de haut niveau avec le gouvernement syrien dès le premier semestre de cette année.
 
Pendant que les présidents de la Commission et du Conseil de l’UE effectuaient cette visite « de soumission » au nom de leurs institutions respectives, le Conseil démocratique des communautés kurdes de Belgique (NAV-BEL), représentant l’une des diasporas les plus importantes en Belgique, a exprimé ainsi sa protestation contre les atrocités commises en Syrie et la passivité de l’Union européenne face au régime de Damas lors d’une manifestation organisée à la gare Centrale de Bruxelles le vendredi 9 janvier :
 
« Les Kurdes de Belgique sont profondément préoccupés par la situation à Alep, où les civils sont victimes de violences barbares et de violations des droits humains. Parmi les membres de NAV-BEL figurent de nombreux Kurdes originaires d'Afrin, de Tel Rifaat et d'Alep même, qui avaient déjà été contraints à l'exil et s'étaient réfugiés dans les quartiers kurdes de la ville.
 
« Plus de cent mille personnes fuient à nouveau […] il semble qu'il n'y ait plus de place pour les Kurdes à l'ouest de l'Euphrate. Après Afrin, Tel Rifaat et Menbić, Alep est la quatrième enclave kurde à être attaquée et envahie.
 
« Les groupes djihadistes affiliés aux nouveaux dirigeants de Damas, soutenus par la Turquie, affichent une fois de plus leur hostilité envers les Kurdes. Ces forces ne respectent ni l'identité ni les droits des Kurdes. Elles menacent la diversité ethnique, culturelle, religieuse et sociale, ainsi que les femmes.
 
« La communauté internationale, sous l'impulsion des États-Unis, tolère ouvertement cette situation. […] La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, était également à Damas hier et a promis au régime, qui a même refusé de lui serrer la main, une aide de 700 millions d'euros, notamment pour le renvoi en Syrie des réfugiés syriens présents en Europe.
 
« Le fait que le régime ait créé plusieurs centaines de milliers de nouveaux réfugiés à ce moment-là témoigne de l'aveuglement, de la faiblesse et de l'incompétence de l'UE. […]
 
« En tant que communauté kurde, nous continuons d'appeler à une intervention urgente de la communauté internationale et des pays européens pour protéger les Kurdes. […]
 
« Nous appelons aussi toutes les forces et organisations démocratiques du monde entier à se préoccuper de cette nouvelle tragédie qui frappe les Kurdes. La reconnaissance des droits des Kurdes est le seul rempart contre les attaques génocidaires des dictatures locales.
 
Le lendemain de cette manifestation justifiée de la diaspora kurde, le samedi, le Comité de soutien aux Alaouites syriens a organisé un rassemblement place du Luxembourg, face au Parlement européen à Bruxelles pour condamner les crimes commis par le régime syrien contre les Alaouites, les Kurdes et les Druzes, et appeler les organisations internationales à faire preuve de solidarité envers les peuples opprimés.
 
Dans son discours prononcé au nom du comité, Bahar Kimyongür, écrivain-chercheur exilé depuis des années et victimes de pressions et menaces de l’Etat turc en raison de son combat contre le régime répressif en Turquie, a souligné les points suivants :
 
« Depuis l’arrivée au pouvoir des forces islamistes en Syrie, le peuple alaouite est devenu la cible d’une brutalité systématique. Les massacres, exécutions extrajudiciaires, violences sexuelles, pogroms, disparitions forcées, destructions de sanctuaires et de cimetières, pillages, pogroms, lynchages, expropriations de maisons, de commerces et de jardins et licenciements massifs visant les Alaouites se poursuivent en toute impunité.
 
« Les nouveaux dirigeants du pays, figures importantes du djihadisme, ont encouragé leurs milices à exterminer les Alaouites. En juillet dernier, l’agence de presse Reuters a révélé que l’un des planificateurs des exécutions de masse qui ont coûté la vie à plus de 1500 personnes les 7 et 8 mars 2025 était Hassan Abdel Ghani, également connu sous le nom de Jalalouddin (Abou Ahd) al-Hamawi. Dans de nombreuses vidéos de propagande djihadiste, on entend des figures importantes du nouveau régime donner explicitement l’ordre de tuer tous les Alaouites, y compris les femmes et les enfants.
 
« Le silence, le déni ou la complicité de certaines personnalités politiques et médiatiques européennes contribuent objectivement à la poursuite de cette entreprise destructrice. Ne pas agir maintenant, c’est accepter l’anéantissement de populations entières sous nos yeux ».
 
A la fin du rassemblement, l’appel suivant a été lancé aux dirigeants européens et à la communauté internationale :
 
« Il est impératif de reconnaître la réalité des crimes systématiques commis contre les Alaouites et les autres minorités en Syrie, et d’assurer d’urgence la protection internationale des populations civiles menacées.
 
« Tout soutien politique, financier ou militaire apporté aux milices djihadistes doit cesser, et un système fédéral démocratique doit être instauré afin de garantir aux régions et aux communautés la capacité d’assurer leur propre sécurité.
 
« L’impunité des responsables de massacres de masse, en ce compris les responsables et milices du régime chariatique, doit cesser ».
 
Alors que ces évènements se déroulaient en Syrie et à Bruxelles, où se trouvent les institutions de l’Union européenne, les coprésidents du parti DEM Tülay Hatimoğulları et Tuncer Bakırhan, soutenant avec une grande abnégation le processus de « Turquie sans terreur » initié par le leader du MHP Devlet Bahçeli, ont publié la déclaration suivant, qualifiant les attaques en Syrie de « crimes contre l’humanité » :
 
« Le régime de Damas a clairement démontré qu’il ne respecte pas l’Accord du 10 mars… Alep en témoigne. Des attaques massives sont perpétrées sous le blason de Daesh contre des zones civiles. Ces attaques sont ouvertement encouragées par des fatwas obscurantistes déclarant que le ‘sang des Kurdes est halal’. Il s’agit d’une attaque non seulement contre les Kurdes, mais aussi contre la conscience collective de l’humanité ».
 
Les intervenants ont également vivement critiqué le ministre des Affaires étrangères, Hakan Fidan, qui soutient le régime syrien et ses pratiques terroristes, en lui demandant : « C’est le langage d’une politique belliqueuse, pas celui de la diplomatie. Êtes-vous diplomate ou militaire ? Parlez-vous depuis les corridors diplomatiques ou depuis la salle des opérations dirigée par al-Charaa ? Si vous êtes diplomate, faites votre travail. Sinon, allez donc siéger dans la salle des opérations syrienne que nous sachions qui vous êtes ».
 
Hakan Fidan est-il toutefois le seul à utiliser le langage d’une politique belliqueuse au lieu de celui de la diplomatie ?
 
Depuis plus d’un an, Devlet Bahçeli, leader du MHP, est porté au pinacle comme une « colombe de la paix » pour avoir lancé le processus de « Turquie sans terreur », suivant des calculs qui lui sont propres. Que va-t-il bien pouvoir dire aux représentants et parlementaires du DEM face aux attaques, provocations et menaces virulentes lancées par ses parlementaires et ses médias concernant la Syrie ?
 
Lors de la réunion tenue la semaine passée par le groupe parlementaire du MHP, Bahçeli avait déjà accordé son feu vert aux brutalités préparées en Syrie, en déclarant : « Les FDS-YPG ont établi un contrôle de facto sur une vaste zone du nord-est de la Syrie. Cette région est extrêmement riche en ressources souterraines et de surface. Le fait que les FDS et les YPG tombent sous l’influence d’Israël, et que Mazloum Abdi soit préparé par cette machination sioniste à prendre la relève du fondateur du PKK, ne fera qu’aggraver l’impasse et le chaos. Personne n’a le droit d’agir ainsi. Que ce soit le consensus ou par la force, l’unité et l’intégrité politique et territoriale de la Syrie doivent être rétablies et les tribus arabes doivent soutenir le gouvernement de Damas ».
 
Suite à la dernière opération brutale, le quotidien du MHP, Türkgün [Le Jour turc], a publié ce jour en première page un message haineux et hostile : « L’armée syrienne éradique le terrorisme à Alep… Pas à pas, une Syrie sans terreur… »
 
Est-ce seulement dans le journal du MHP ? Les médias, soutenus par le gouvernement AKP, n’ont pas fait exception. L’agence ANF a publié la déclaration suivante à la suite de son enquête sur cette question :
 
« Lors des massacres perpétrés par HTS, avec le soutien de l’Etat turc, dans les quartiers kurdes de Sheikh Maqsoud et d’Achrafiyeh à Alep, l’attitude des journalistes et des médias en Turquie – dont beaucoup de revendiquent de ‘l’opposition’ – envers les Kurdes s’est révélée au grand jour. L’appareil de guerre spéciale, conscient de son influence sur la société et qui, de ce fait, a su utiliser les médias avec efficience, a lancé une campagne de désinformation effroyable dès le début des massacres. Celle-ci s’est tout particulièrement déroulée par le biais de médias bénéficiant d’une certaine audience au sein de la société turque et présentés comme appartenant à ‘l’opposition’. 
 
« Une autre tactique de guerre spéciale, concomitant à cette période, visait les médias kurdes qui rendaient compte des évènements et présentaient les attaques telles qu’elles se déroulaient. Dans un premier temps, l’accès aux comptes des réseaux sociaux de l’Agence Mezopotamya et du site Jinnews paraissant en Turquie fut bloqué. L’accès aux comptes nouvellement créés fut également bloqué simultanément, et leur activation empêchée. Par la suite, le site internet du journal Yeni Özgür Politika [Nouvelle Politique Libre], publié en Europe, fut fermé sans le moindre motif. Une fois encore, la visibilité des comptes numériques d’ANF, qui montraient régulièrement l’ampleur des attaques des groupes armés et leurs tentatives de massacres, fut bloquée.
 
En effet, l’objectif principal de cette campagne de désinformation orchestrée par le gouvernement était de qualifier les FDS-YPG d’« organisation terroriste » afin d’anéantir la résistance kurde en Syrie et de présenter la terreur génocidaire du régime de Damas comme une opération visant à créer une « Syrie sans terreur ».
 
Au vu de ces faits, je pose la question :
 
L’objectif d’une « Turquie sans terreur », constamment évoqué par Bahçeli et Erdoğan et auquel personne ne s’est opposé au sein de la Commission pour la solidarité nationale, la fraternité et la démocratie ni lors des entrevues d’İmralı, sera-t-il atteint, à l’exemple de la « Syrie sans terreur », en détruisant toutes les organisations de résistance et les médias de la nation kurde ? 

Traduction: Mazyar KHOOJINIAN

Gezi trial convict Tayfun Kahraman hospitalized after multiple sclerosis attack

Tayfun Kahraman, who has been in prison since Apr 25, 2022, in connection with the Gezi Park trial, was hospitalized following a multiple sclerosis (MS) attack, according to a medical report.

Kahraman, a city planner and one of the defendants in the widely debated Gezi case, was admitted to İstanbul University Cerrahpaşa Faculty of Medicine. The report stated that he showed signs of “hypoesthesia and paresis in the lower left extremity,” prompting his hospitalization for further tests and treatment.

“The patient was hospitalized with a preliminary diagnosis of MS attack due to the detection of hypoesthesia and paresis in the lower left extremity during his recent examination,” the report said, noting that Kahraman has been under follow-up since 2005 for MS.

Journalist Murat Sabuncu, who said he had reviewed the report and consulted a neurosurgeon, noted that numbness and weakness in Kahraman’s left leg could suggest a new lesion in the brain or spinal cord.

In Jul 2025, the Constitutional Court ruled that Kahraman's right to a fair trial had been violated and called for a retrial. However, the 13th İstanbul Heavy Penal Court did not implement the ruling. No action was taken even after the reasoned decision was published in the Official Gazette on Oct 17, 2025.

Cansu Çifçi, Kahraman's lawyer, cited his deteriorating health, time already served, and the Constitutional Court’s decision as grounds to request his release pending trial. His wife, Meriç Kahraman, has repeatedly appealed to the public about both his medical condition and the failure to enforce the top court’s ruling. (BIA, 2 jan 2026)

Le roman-photo sur Nâzım Hikmet : La vie est belle...


Doğan Özgüden, Artı Gerçek, 29 décembre 2025
•    Toutes les informations détaillées sur notre grand poète, dont je suis le lecteur depuis mon enfance et dont j'ai publié les lettres et les polémiques dans les années 60, se trouvent dans le documentaire d'Ali Cabbar
Cette semaine, la douleur de l'exil nous a frappés, İnci et moi, trois fois de suite... Dans mon article de la semaine dernière, j'avais annoncé le décès, le 20 décembre en Suisse, d'Ergün Sönmez, notre ami et camarade depuis les années 60 en Turquie. Le lendemain, nous avons appris le décès à Berlin de Mugaffer Erdoğan, également notre ami depuis les années 60... Puis, le 25 décembre, nous avons perdu notre ami arménien Hovsep Yalım à Bruxelles.
 
Comme Ergün, j'avais rencontré Mugaffer, qui appartenait à la première génération d'immigrés, en 1968, lorsqu'il était venu visiter notre revue Ant à Istanbul. Il avait travaillé pendant des années comme ouvrier dans l'usine Siemens et était représentant du syndicat IG Metall à Berlin. Il était le fondateur de la librairie Kurtuluş Kitabevi, qui distribuait, comme toutes les publications socialistes, notre revue Ant et nos livres. Sur le plan organisationnel, il a également été l'un des fondateurs de la Fédération européenne des socialistes de Turquie (ATTF), créée en novembre 1968 à Cologne par les organisations progressistes de travailleurs immigrés en Allemagne.
 
Mugaffer a été un de nos premiers amis en Allemagne avec qui nous avons pris contact lorsque nous avons été contraints à l'exil après le coup d'État du 12 mars 1971. Il a organisé notre rencontre le 10 septembre 1971 à Berlin-Est avec Yakup Demir, secrétaire général du Parti communiste de Turquie (TKP)  et, comme moi, un des accusés recherchés du procès du TKP qui s'est ouvert à Istanbul en 1971. Avec lui, nous avons parlé de la lutte à mener contre la junte militaire du 12 mars.
 
Hovsep Yalım, l'une des personnalités de la diaspora arménienne que nous avons perdue à Bruxelles, était le père de notre ami révolutionnaire arménien Nubar Yalım, assassiné le 5 novembre 1982 aux Pays-Bas par les services secrets turcs, et l'oncle de notre ami Bogos Yalım, président de l'Association des Arméniens démocrates de Belgique.
 
Alors que nous vivions la tristesse de ces pertes successives, notre ami Ali Cabbar, qui avait déjà réalisé le roman-photo documentaire « Aşk Olsun Çocuk » (Que l'amour soit avec toi, enfant) pour Deniz Gezmiş, nous a amené da nouvellel œuvre sur notre grand poète Nâzım Hikmet, décédé il y a 62 ans, le 3 juin 1963, à Moscou.
 
Dans ce nouveau livre, Ali Cabbar a documenté également 70 ans de la vie sociale, politique et culturelle de la Turquie grâce à des recherches minutieuses.
 
Ali Cabbar a fait partie du mouvement de résistance de la jeunesse révolutionnaire pendant ses études à la Faculté des Beaux-Arts de l'Université Marmara. Il a été emprisonné pendant trois ans dans une prison militaire après le coup d'État militaire de 1980.
 
Ali Cabbar, qui a consacré une grande partie de son temps à des recherches sur l'histoire politique de la Turquie lors de ses activités artistiques, culturelles et journalistiques à l'étranger, écrit dans l'introduction de son dernier ouvrage :
 
« Dans ce livre, je raconte la vie du grand poète Nâzım Hikmet à la lumière des événements politiques, sociaux et culturels importants qui ont marqué la Turquie et le monde entre les années 1900 et le début des années 1960.
 
« Comme tous les intellectuels de gauche de l'époque en Turquie, Nâzım Hikmet a été victime d'injustices incroyables de la part de l'État. Il a passé 14 ans et demi de sa vie dans des conditions difficiles en prison et 12 ans en exil à l'étranger. Il a été témoin de deux guerres mondiales qui ont causé la mort de millions de personnes et donné lieu à des génocides, de la chute de la monarchie en Turquie et de la naissance du socialisme en Russie. Il a vécu à une époque difficile, marquée par la refonte du monde, le développement de la technologie et de l'art, mais aussi par la persistance de la tyrannie.
 
« Dans ce livre, nous suivrons non seulement Nâzım, mais aussi ses amis poètes, écrivains et artistes. Nous découvrirons leurs efforts pour contribuer à la formation de la République, qui grandira et mûrira avec eux, et pour créer un pays plus démocratique, depuis les derniers jours de l'Empire ottoman qui les a vus naître. Nous passerons en revue la brève histoire de la transition d'un empire en décomposition à la République, avec ses péchés et ses vertus. Je rappellerai de nombreuses informations intéressantes qui ont été enseignées de manière erronée par l'histoire officielle ou que nous avons ignorées, car elles éclairent notre époque actuelle.
 
« Je parlerai beaucoup d'Orhan Kemal, Kemal Tahir, Suat Derviş, Abidin Dino, Sabahattin Ali, Zekeriya et Sabiha Sertel, qui ont particulièrement marqué la vie de Nâzım. Ces personnes, nées, ayant vécu et créé il y a plus de cent ans, méritent le respect pour leur vie remplie d'incroyables sacrifices.
 
« Des dizaines de livres ont été écrits sur Nâzım par des auteurs de renom. Outre ses poèmes magnifiques, sa lutte politique, sa vie haute en couleur, ses amours et son emprisonnement ont suscité l'intérêt de tous. Si l'on devait l'exprimer avec les valeurs d'aujourd'hui, sa vie ferait l'objet d'une série Netflix qui durerait des dizaines de saisons.
 
« J'ai conçu La vie est belle dans le même format que mon premier livre Que l'amour soit avec toi, enfant, qui a connu deux éditions et a été très apprécié par les lecteurs. Je l'ai qualifié de 'roman-photo', un genre unique en son genre.
 
« J'ai généralement indiqué mes propres commentaires entre parenthèses dans les textes. »
 
À la dernière page du livre, Ali Cabbar fait une autre remarque importante:
 
« Je voudrais aborder certains sujets que j'ai appris ou trouvés intéressants au cours des deux années de recherche, de prise de notes et de préparation à la publication de La vie est belle. La République turque a été fondée par des militaires. La quasi-totalité des fondateurs étaient de jeunes officiers ottomans unionistes. Révolutionnaires (on pourrait aussi dire putschistes), audacieux, pour la plupart patriotes et sans intérêt personnel, mais méprisant le peuple, ils avaient une mentalité qui ne s'intéressait guère à la démocratie, à la liberté d'expression et aux droits de l'homme. Ils n'aimaient pas les civils ; ils glorifiaient les intellectuels tant qu'ils les soutenaient, mais faisaient regretter leur naissance à ceux qui s'opposaient à eux et les réduisaient à la misère.
 
« La Turquie, qui a été gouvernée par un parti unique jusqu'en 1950, est restée sous la menace et la répression des coups d'État militaires même après le passage à un système multipartite. La liberté du peuple de s'organiser en dehors du contrôle de l'État et celle des intellectuels de diffuser leurs idées ont été entravées. La création de la République n'a pas apporté la démocratie ni la liberté d'un système multipartite.
 
« Dans ce livre, j'ai essayé de raconter ce qui est arrivé à Nâzım Hikmet, parallèlement aux souffrances endurées par d'autres intellectuels. J'ai attiré l'attention sur le fait que les persécutions et les interdictions d'il y a cent ans se poursuivent aujourd'hui de manière presque identique. (Je m'étonne que cela soit possible. Peut-être qu'un siècle n'est pas une assez longue période dans l'évolution des sociétés.)
 
« Nous savons que Nâzım Hikmet est le plus grand homme de lettres que la Turquie ait produit. Vous avez lu comment il est devenu un célèbre 'citoyen du monde' pendant ses années d'exil à l'étranger. S'il avait vécu plus longtemps, il aurait sans aucun doute atteint le sommet de la liste des plus grands hommes de lettres du monde.
 
« La vie est belle, ainsi que "Que l’amour soit avec toi, enfant", un roman-photo sur la vie de Deniz Gezmiş, forment une série qui tente de résumer 70 ans d’histoire turque (et, dans une certaine mesure, mondiale), et se lisent comme une suite logique. J’espère qu’elle aura permis aux lecteurs de mieux connaître Nâzım Hikmet et de mieux comprendre la Turquie. »
 
En effet, en lisant ces deux ouvrages, vous découvrez non seulement la vie, les combats et les pensées de Deniz Gezmiş et Nâzım Hikmet, mais aussi, grâce à des illustrations réalisées avec brio, les luttes sociales et politiques, les courants de pensée et les personnalités qui ont marqué l'histoire, non seulement en Turquie, mais aussi dans le monde entier, depuis leur naissance jusqu'à leur mort.
 
Malgré les nombreuses arrestations et pressions qu'il a subies, Nâzım Hikmet était libre et ses livres n'étaient pas encore interdits en 1936, année où je suis né dans une gare isolée de l'Anatolie centrale, fils d'un cheminot.
 
Avant même d'entrer à l'école primaire, mon père m'avait apprisla lecture, l’écriture et les tables de multiplication. Parmi les premiers livres que j'ai lus dans sa bibliothèque, il y avait les livres de poche et l'Encyclopédie pour enfants de Sertel, ainsi que les œuvres de Nâzım Hikmet... 835 Lignes, Jokond et Si-Ya-U, Benerci pourquoi d'est-il suicidé?, Les lettres à Taranta-Babu et L'épopée de Cheikh Bedreddin...
 
Nâzım Hikmet a été arrêté en 1938 à la suite d'un complot ignoble et a passé plusieurs années en prison avant d'être libéré en 1950 grâce à une amnistie. Toutefois, sous la menace et la pression de l'armée, il a été contraint de s'exiler en 1951... Je me souviens avec une grande tristesse qu'il fut déclaré « traître à la patrie » et que ses livres, qui jusqu'alors n'avaient pas été touchés, même pendant son emprisonnement, furent cachés dans les foyers sous l'effet de la terreur créée par les célèbres arrestations du Parti communiste de Turquie (TKP) en 1951.
 
Les livres de Nâzım Hikmet ne réapparurent dans les vitrines des librairies et les bibliothèques privées qu'à partir des années 60, après que le Parti ouvrier de Turquie (TIP) eut commencé à s'organiser dans tout le pays.
 
Les lettres que Nâzım Hikmet écrivit à son épouse Piraye depuis la prison centrale d'Ankara en 1938 furent publiées dans notre revue Ant sous le titre « Tout le problème, c'est la destruction de Nâzım Hikmet ! » Le 24 janvier 1967, date de cette publication, fut l'un des jours les plus heureux de notre vie avec İnci... Elle fut immédiatement suivie par la publication des livres « Les polémiques de Nâzım Hikmet » écrit par Kemal Sülker et « Le géant aux yeux bleus » écrit par Zekeriya Sertel.
 
Bien sûr, l'un des moments les plus émouvants de notre exil avec İnci a été notre visite à Moscou en octobre 1976, où nous avons visité la tombe du poète politique exilé Nâzım Hikmet, et l'autre, juste après, le 20 janvier 1977, à Bruxelles, où nous avons organisé une réunion commémorative en l’honneur de Nâzım Hikmet au siège de la fédération des syndicats socialistes et publié un livre en deux langues intitulé « Nâzım Hikmet à 75 ans » ainsi qu’une cassette intitulée « Nâzım Hikmet de sa propre voix », compilée à partir d'enregistrements de la radio de Budapest.
 
De plus, Vera Feonova, responsable de la section de Turquie de l'Union des écrivains soviétiques, que nous avions rencontrée lors de notre visite en Union soviétique, nous avait annoncé avec une grande joie : « Nous nous efforçons d'obtenir que la poste soviétique émette un timbre et une enveloppe à la mémoire de Nazım Hikmet... ». La bonne nouvelle annoncée par Vera s'est concrétisée en 1978 avec l'envoi d'une carte de vœux de Nouvel An à l'effigie de Nazım Hikmet.
 
Aujourd'hui, la publication en Turquie du roman-photo d'Ali Cabbar intitulé La vie est belle met en lumière non seulement la vie et le combat de Nazım Hikmet, mais aussi 70 ans d'histoire de la Turquie et du monde dans leurs moindres détails.
 
Avant d'être imprimé en Turquie par la maison d'édition Boyut à Istanbul, je l'avais lu page par page à Bruxelles à partir de l'original, et j'avais rédigé, sur la suggestion d'Ali Cabbar, le texte suivant qui figurera au dos du livre:
 
« Dès mon plus jeune âge, j'étais fasciné par Nâzım Hikmet, que j'avais découvert dans les années 40, alors qu'il était emprisonné et souffrait le martyre en tant que 'maudit du régime', en lisant ses poèmes dans la bibliothèque de mon père cheminot. Pendant mes années de lycée à Ankara, j'ai vécu l'excitation de la lutte pour sa libération, la joie de sa libération en 1950, puis la douleur de son exil forcé l'année suivante et de sa déchéance de la nationalité turque.
 
« Notre lutte pour la liberté et le socialisme, qui a commencé dans notre jeunesse et a atteint son apogée avec la révolte de 1968, a été magnifiée par ses vers, comme ceux de nombreux autres poètes de talent... C'est à cette époque que j'ai publié de nombreux articles et deux livres sur Nâzım Hikmet dans la maison d'édition Ant.
 
« Ali Cabbar avait déjà illustré une période que j'avais moi-même vécue de près avec son livre, Que l’amour soit avec toi, enfant, à l'aide de documents incontestables et d'images qu'il avait lui-même créées.
 
« La vie est belle contribue grandement à la reconnaissance de l'histoire de nos luttes sociales en documentant minutieusement non seulement notre époque, mais aussi les années 40, que notre génération n'a pas connues. Il apporte par exemple des éclaircissements sur la position controversée de Nâzım Hikmet concernant la question kurde et le génocide arménien. »
 
En relisant aujourd'hui le livre dans sa version imprimée, je félicite chaleureusement Ali Cabbar, l'éditrice du livre Fahire Kurt et la maison d'édition Boyut qui a présenté cet ouvrage important à un large public.


Rising racism in football stadiums threatens the peace process

In recent days, groups opposing the peace process have carried their campaigns to football fields, posing a serious threat to social peace and the success of the process. Due to the sensitivity of the process and the peaceful discourse expected from all segments of society, effective measures need to be taken against these racist campaigns targeting Kurds before it is too late.

The anti-Kurdish, racist slogans chanted in the stands, which appear to be organized, clearly demonstrate the nationalist stance to block peace efforts. The sexist, abusive, and racist chants targeting Leyla Zana, a prominent Kurdish politician, by Bursaspor fans during the Somaspor-Bursaspor match on Dec 16, 2025, and the subsequent continuation of these attacks by fans of teams like Ankaragücü and Rizespor, show that these racist attacks are part of an organized campaign.

As a country aiming to build peace and democracy, the language used toward "others" has a special importance, and the current period requires a critical examination of daily language. Everyone needs to be aware that consciously or unconsciously used offensive words against minorities undermine the peace process. Therefore, maintaining a peaceful discourse across society will help avoid hateful words of racist origin that insult others.

Furthermore, considering the discrimination against Amedspor in recent years, the occasional racist attacks against players and fans call for acknowledging that these developments constitute a serious threat to social peace. Following the racist attacks and police intervention against Amedspor and its fans during the Başakşehir match in İstanbul on Jan 28, 2016, Amedspor was fined, banned from playing matches with fans, and subjected to discrimination with compulsory away games.

The tendency of politicians and football figures to ignore the seriousness of these racist campaigns serves those who want to provoke and hinder the peace process. As the peace process is on the country’s agenda, evaluating and discussing measures against rising racism in the stands appears to be a primary mission for NGOs and rights organizations.

In a country where racism has developed alongside a nationalist culture over the years, hate speech is often accepted as the normal discourse of daily life. Politics is built on conflict, and "others" are frequently addressed with insults. Therefore, the rise of racist chants in the stands should not be surprising. In a society where racist rhetoric is used by a wide segment of people and reflected in the public sphere, it is expected that the average football fan's mentality readily embraces such language.

While football is seen as the easiest arena for expressing racist slogans and hate speech, its effects on young fans also show it can significantly impact the militancy of young fanatics. Additionally, racism renews itself through the daily repetition of hate speech in certain visual and social media outlets.

Since our country has experienced various racist-rooted tragedies in the past, designing and implementing long-term projects to fight racism in football fields deserves special attention during ongoing efforts to resolve the Kurdish issue.

Since crowds in football stadiums reflect the attitudes of an average segment of the country, football constitutes a suitable arena for initiating a fight against racism. While stadiums are spaces where racist and hateful rhetoric is expressed, they also serve as platforms that can reach millions of people through modern communication technology.

It needs to be acknowledged that long-term campaigns aimed at preventing racism in football are expected to make a significant contribution to developing a peace discourse against widespread xenophobia and hate speech. It is also hoped that those who define themselves as nationalists, yet deny being racist, may begin to question their own positions.

Therefore, the historical background and recent developments observed in the country call for the necessity of drafting a long-term strategy and a short-term action plan to fight against rising racism. Within this approach, projected works and activities are expected to include various public information campaigns introducing the nature and values of multicultural democratic societies and respect for "other" identities.

On the other hand, the drafting of specially designed projects to fight against racism in football fields needs to be developed in line with UEFA and FIFA programs and recommendations.

International dimensions

In the fight against racism in football, when we look at the work done in recent years by European and international football organizations of which Turkey is a member, such as UEFA and FIFA, it is clear that they have intensified their efforts through more determined sanctions. Turkey can join these organizations’ programs and act through various campaigns aimed at raising awareness among the public, football clubs, and players regarding the sanctions applied.

FIFA's commitment to using football’s power to create a positive social impact is evident in its partnerships with UN human rights organizations to spread the message "No to Discrimination."2 FIFA and UEFA address this issue within the scope of their social responsibility activities through special units and working groups.

The comprehensive projects that Turkey initiates will demonstrate that its policies and actions are in unity with UEFA and FIFA. Moreover, considering the international dimensions of these campaigns, the issue is not limited to football organizations but also falls within the framework of institutions concerned with human rights, such as the UN Human Rights Office, the Council of Europe, and the European Union.

The "Global Stance Against Racism" aims to implement FIFA's zero-tolerance policies and work programs globally to fight all forms of racism in football.4 Approved unanimously by FIFA's 211 member federations at the 74th FIFA Congress in May 2024, the Global Stance Against Racism includes action plans aimed at ending racism in football.

On the other hand, compliance with obligations arising from international law due to the conventions ratified by Turkey is also necessary. In addition to UN and European human rights conventions, the International Convention on the Elimination of All Forms of Racial Discrimination prohibits racial discrimination in all areas of private and public law and obliges signatory states to take immediate and effective measures to eliminate racist ideas and practices.6 Furthermore, efforts to fight racism in sport are ongoing under the auspices of the UN. The UN Durban Declaration and Programme of Action invited states to take measures to prevent and combat the emergence of neo-fascist, violent nationalist ideologies that promote racist hatred and racial discrimination.

Considering the development of football in recent decades, a significant structural change has occurred; it is evident that football has become a wealthy sector thanks to match broadcasts at regional and global levels, sponsorship, the corporatization of clubs, and advertising revenues.7 Furthermore, it is accepted that football is not confined to the pitch, but remains important due to its political and economic dimensions. (BIA, 31 December 2025)

Pression sur les médias / Pressure on the Media

Journalists covering pro-Kurdish protests detained in Turkey

Turkish authorities must release all journalists detained in recent days across Turkey and allow them to cover political rallies and protests unobstructed, the Committee to Protect Journalists said Thursday.

Police in the cities of Şırnak, Istanbul, and Nusaybin interrupted political protests by Kurdish citizens of Turkey about renewed clashes between the Syrian government and Kurdish forces in Syria in recent days, and took several journalists into custody, one of whom was arrested by a court last week. Others remained in custody at the time of publication.

Police in the southeastern province of Şırnak detained Nedim Oruç, a reporter for the Kurdish-language outlet Ajansa Welat, on January 14, and a court arrested him on January 17, pending trial on the suspicion of publishing terrorist propaganda, according to reports and court documents reviewed by CPJ. He told the authorities that he had been planning to cover a protest that night.

“It is unacceptable that journalists following public events in Turkey have been taken into police custody and kept from doing their jobs,” said Özgür Öğret, CPJ’s Turkey representative. “Turkish authorities must release them all, including reporter Nedim Oruç. They do a vital job — informing the public about important events in the country.”

Police in the Nusaybin district of southeastern Mardin province interrupted a march in solidarity with the Syrian Kurds and took six journalists into custody, according to news reports. CPJ was able to immediately identify three: reporters Pelşin Çetinkaya (JİNNEWS), Heval Önkol (Mezopotamya News Agency), and Kesira Önel (co-chair of Dicle Fırat Journalists Association).

Authorities in Istanbul detained French freelancer Raphaël Boukandoura as he was following a rally by the pro-Kurdish DEM Party on January 19, and transferred him to a deportation center the next day, his lawyers told CPJ. He has lived in Turkey since 2015 and has a work permit. Boukandoura was released on January 21.

CPJ’s emails requesting comment from the chief prosecutor’s offices in Şırnak, Istanbul, and Mardin did not receive replies. (CPJ, January 22, 2026)

Turkey blocks access to pro-Kurdish news agencies amid Syria offensive

The Information and Communication Technologies Authority (BTK) has blocked access to the websites and social media accounts of two pro-Kurdish news outlets, Mezopotamya Agency (MA) and JinNews.

The BTK presidency issued the restriction orders on Jan 21, citing the protection of national security and public order. The censorship covers the main website of MA and its X accounts in Turkish, Kurdish, and English. JinNews faced similar restrictions on its website and social media platforms.

Following the block, MA began publishing news through a new domain, as usually done by news outlets subject to censorship. The access ban also targeted the X account of the Etkin News Agency (ETHA) and the personal accounts of journalists Amed Dicle and Doğan Cihan.

The decision comes during a military offensive by Syrian transitional government forces against the Kurdish-led Syrian Democratic Forces (SDF) in northern Syria. As the SDF lost significant territory, large-scale protests occurred in Turkey's Kurdish-populated border towns.

The Dicle Fırat Journalists Association (DFG) criticized the move, describing the restrictions as an attack on press freedom.

"This is an effort to hide the truth," the DFG said in a statement. "These bans are attacks directed at the freedom of the press."

The association noted that the social media accounts of both agencies were blocked for the third time since the beginning of the Syrian interim government forces' offensive.

"We view the censorship against the press as an effort to hide the truth. These bans are attacks on press freedom," said DFG. (BIA, 22 Jan 2026)

Journaliste français arrêté en Turquie: des appels à sa libération depuis Paris

Plusieurs médias employant Raphaël Boukandoura ont appelé mardi à la libération du journaliste français, en garde à vue depuis la veille en Turquie et la France a dit espérer sa libération "le plus rapidement possible".

Le ministère français des Affaires étrangères a indiqué mardi à l'AFP avoir été informé "hier soir" (lundi soir) de cette arrestation.   "Notre ambassade en Turquie, avec le consulat général à Istanbul, suit la situation de près et se tient prêt à exercer la protection consulaire", a précisé le Quai d'Orsay, espérant que le journaliste "pourra recouvrer la liberté le plus rapidement possible".

"Nous aurons des nouvelles (à son sujet) demain matin" (mercredi), a indiqué dans la foulée à l'AFP son avocate turque, Emine Özhasar.   Raphaël Boukandoura, qui vit et travaille légalement en Turquie depuis plus d'une décennie, a été interpellé lundi à Istanbul par la police alors qu'il couvrait une manifestation du parti prokurde DEM contre l'offensive de Damas dans le nord-est de la Syrie.

L'hebdomadaire Courrier international, les quotidiens Libération, Ouest-France, et le site Mediapart "demandent sa libération immédiate", ont-ils indiqué dans un communiqué commun.

"Raphaël Boukandoura est un excellent professionnel, installé en Turquie depuis 2015. Nous pensons à sa famille", ajoutent-ils, en soulignant que "la liberté d'informer est un droit essentiel".    "Nous exigeons des autorités turques qu'elles respectent la liberté de la presse", avait déclaré un peu plus tôt dans un communiqué la direction de Courrier international, à laquelle s'est associée sa Société des journalistes.

Raphaël Boukandoura, correspondant de l'hebdomadaire depuis neuf ans, "ne faisait qu'exercer son métier de journaliste en couvrant cette manifestation", soulignaient-ils.

Ouest-France avait demandé dès lundi sa "libération immédiate".

Le Syndicat national des journalistes (SNJ), premier dans la profession, a aussi "exigé la libération immédiate" du journaliste, rappelant "avec force que ce journaliste ne faisait qu'exercer son métier".

Selon le DEM, plusieurs membres du parti ont été également interpellés.

Erol Önderoglu, représentant de l'organisation Reporters sans Frontières (RSF), a jugé "inacceptable que le journaliste français, présent à Sarigazi (Istanbul) pour couvrir une manifestation, se retrouve arbitrairement en garde à vue(...) Boukandoura n'est pas un manifestant, et on ne peut traiter un journaliste comme un criminel" a-t-il insisté en appelant les autorités à "revenir sur cette grave injustice".

RSF place la Turquie à la 159e place sur 180 de son classement de la liberté de la presse, entre le Pakistan et le Venezuela.

Le parti DEM entendait notamment dénoncer "la mort de nombreux civils, y compris femmes et enfants", dans les quartiers à majorité kurde d'Alep "transformés en zones de guerre".

En mars 2025, un photographe de l'AFP, Yasin Akgül, avait également été arrêté pour participation à une manifestation interdite qu'il couvrait dans l'exercice de son métier.

Détenu pendant quatre jours, il a été jugé et finalement relaxé en novembre ainsi que trois de ses confrères.

Proche allié de la nouvelle direction syrienne qui a renversé en décembre 2024 Bachar al-Assad, le président turc Recep Tayyip Erdogan a salué lundi l'offensive "méticuleuse de Damas". (AFP, 20 jan 2026)

Journalist Nedim Oruç detained while covering protest in Şırnak over Aleppo clashes

Journalist Nedim Oruç was detained today while covering a protest in the Kurdish-populated southeastern province of Şırnak. The protest was organized to denounce recent attacks on Kurdish neighborhoods in Syria's Aleppo.

Oruç, a reporter for the Kurdish news outlet Ajansa Welat, was beaten by security forces before being taken away in an armored vehicle along with his camera, Mezopotamya Agency (MA) reported.

The detention occurred in theCizre district as youths held a demonstration featuring fireworks and slogans such as "Bijî Berxwedana Rojava" (Long Live Rojava). Clashes between protesters and police continued in side streets after the journalist’s detention.

The demonstrations in Turkey follow a military offensive launched by the Damascus government in early January to seize control of the Kurdish-held neighborhoods of Sheikh Maqsoud and Ashrafieh in Aleppo. Syrian government forces captured Ashrafieh on Jan 9 and have since entered parts of Sheikh Maqsoud.

The escalation in Syria comes as integration talks between the Kurdish-led Syrian Democratic Forces (SDF), which controls northern and eastern Syria, and the Damascus government have stalled.

Turkey has expressed support for the Damascus government’s actions. Ankara has publicly supported the Syrian government’s position and maintains that the SDF should dissolve itself, citing the ongoing Kurdish peace process within Turkey. Various Kurdish groups across Turkey have organized protests in response to the ongoing conflict in Aleppo.

The SDF is demanding a decentralized administrative system for Syria. (BIA, 11 jan 2026)

Journalist Perihan Kaya receives prison sentence for 'terrorist propaganda'

Journalist Perihan Kaya was sentenced to prison yesterday during the tenth hearing of her retrial on charges of spreading ""terrorist propaganda" under Article 7/2 of the Anti-Terror Law (TMK).

Kaya, who resides abroad, did not attend the hearing at the Diyarbakır 10th Heavy Penal Court while her lawyer Resul Temur was present.

The prosecution repeated the final opinion on the merits presented in the previous session, requesting that Kaya be punished for the alleged crime.

Defending against the opinion, Resul Temur stated, "The social media account in question was taken under investigation when there was no existing investigation against my client. The virtual patrol regulation has been annulled by the Constitutional Court. For this reason, the evidence in question should not be taken as a basis for the verdict."

In the remainder of the defense, Temur referred to the precedents of the Constitutional Court and the European Court of Human Rights (ECtHR). He argued that the news-related posts subject to the case could not be considered elements of a crime and requested her acquittal.

Announcing its decision, the court sentenced Kaya to 1 year, 6 months, and 22 days in prison for the crime of "terrorist propaganda." Since Kaya had previously received a suspension of the announcement of the verdict (HAGB) in a case in Dersim, the court did not apply HAGB in this case on the grounds that she committed a crime within the probation period.

Background

The case against journalist Perihan Kaya was filed on charges of "terrorist propaganda" and "membership in a terrorist organization." The indictment alleged that she was "responsible for the press field of the KCK structure," citing her membership in the closed Free Journalists Association (ÖGC), social media posts, phone calls with colleagues, and secret witness statements.

In the indictment, eight posts made in 2015 on a Facebook account allegedly belonging to Kaya and 24 tweets with unknown dates were presented as evidence for the charges.

During the first hearing held on Mar 24, 2021, Kaya was sentenced to 1 year and 3 months in prison for "organization propaganda," while she was acquitted of the "organization membership" charge.

However, the appellate court overturned the local court's decision and sent the file back for a retrial, ruling that the provisions for successive crimes were not considered and the sentence given was insufficient. (BIA, 8 jan 2026)

Le journaliste décédé Hakan Tosun a subi de "terribles violences"

Le journaliste turc Hakan Tosun connu pour sa défense de l'environnement, décédé en octobre à Istanbul, a subi "de terribles violences", selon les premières conclusions du rapport d'autopsie consulté jeudi par l'avocat et la famille.

Selon l'avocat Onur Cingil, contacté par l'AFP, il s'agit d'un rapport préliminaire, l'Institut médico-légal qui a pratiqué l'examen étant encore en attente de plusieurs documents médicaux.

Néanmoins, insiste M. Cingil, "ce rapport atteste que la victime a été battue et tuée après de terribles violences, prolongées et atroces", ce que montraient déjà les images des caméras de surveillances qui ont enregistré l'agression de la victime, diffusées dans la presse rappelle-t-il.

Me Cingil mentionne des "ecchymoses et des traces de violence sur le corps, ainsi que des blessures mortelles" et précise que le rapport fait état de "beaucoup d'éléments détaillés. Il n'y a simplement pas de conclusion définitive sur la cause du décès", précise-t-il.

Contrairement aux rumeurs qui avaient circulé après le décès de M. Tosun, le 13 octobre, "le rapport n'a identifié aucune trace de stupéfiant", a insisté par ailleurs la soeur du journaliste, Öznur Tosun.

"Le document détaille des fractures à de nombreux endroits du corps et un coup porté au crâne. La cause du décès est évidente", affirme-t-elle à l'AFP en dénonçant un "passage à tabac" déjà attesté par les images.

"Il y a de nombreux coups de pied portés à la tête. Le rapport constate une fracture du crâne. Cela nous amène à conclure que le décès est survenu à la suite de coups portés à la tête", ajoute-t-elle en disant "attendre désormais le rapport final qui précisera la cause du décès".

"Le rapport médico-légal (...) dissipe tout doute quant à la nature de ce meurtre", a commenté pour sa part auprès de l'AFP Baris Altintas, directrice du groupe de défense des journalistes MLSA.

"Les conclusions contredisent directement les déclarations des suspects et soulignent qu'il ne s'agit pas d'un accident, mais d'une agression mortelle", insiste-t-elle.

Hakan Tosun, 50 ans, avait été retrouvé inconscient après avoir été agressé par deux personnes dans une rue d'un quartier excentré d'Istanbul.

Les agresseurs avaient été arrêtés deux jours plus tard.

Hakan Tosun était connu pour ses reportages et documentaires sur des luttes pour la protection de l'environnement et la gentrification des quartiers.

Pour l'organisation Reporters sans Frontières (RSF) "la question est de savoir le plus rapidement possible si l'agression est en lien ou motivée par ses activités journalistiques", a indiqué à l'AFP Erol Önderoglu, représentant de RSF en Turquie. (AFP, 8 jan 2026)

Prosecutor seeks up to 10 years in prison for journalists over contributions to pro-Kurdish publications

The İstanbul Chief Public Prosecutor’s Office has submitted its final opinion in the case against bianet editor Tuğçe Yılmaz, journalists Erdoğan Alayumat, Suzan Demir, Taylan Abatan, Gülcan Dereli, translator Serap Güneş, and sociologist Berfin Atlı.

Prosecutor Muhammet Yağcı accused the seven defendants of “aiding an armed terrorist organization” based on their contributions to Yeni Özgür Politika and its supplement PolitikArt, which are published in Germany. He alleged that the articles they wrote and the royalties they received amounted to support for the outlawed Kurdistan Workers’ Party (PKK), and demanded prison sentences under Articles 220/7 and 314/2 of the Turkish Penal Code.

'Language used by the publications'

The initial hearing of the case was held on Dec 9, 2025, where the defendants presented their defenses against the charges.

In a written opinion submitted to the İstanbul 13th Heavy Penal Court between hearings, the prosecutor argued that freedom of the press is not without limits. Citing rulings from the European Court of Human Rights (ECtHR) in the cases of Leyla Zana and Kamil Tekin Sürek, he claimed that press freedom can be restricted on the grounds of national security and territorial integrity.

The prosecutor described Yeni Özgür Politika and PolitikArt as media outlets affiliated with the PKK/KCK and claimed they engaged in “propaganda for the organization.” He argued that the publications provided space for the writings of PKK leaders and used language that targeted security forces. Therefore, he concluded, the activities carried out in these publications could not be considered as “normal journalistic activity.”

'Aiding the organization'

According to the prosecutor, the defendants’ submissions to Yeni Özgür Politika and PolitikArt contributed to the continuity of these publications. The opinion alleged that their work served to disseminate the goals and messages of the organization to the public, misused the power of the press for illicit purposes, and fostered public sympathy for the organization’s acts of violence.

The prosecutor further argued that by accepting royalties, the defendants established a “financial relationship” with the organization, which constituted sufficient grounds for the aiding charges.

He emphasized that aiding a terrorist organization is not limited to providing material support. Citing the case law of the Court of Cassation’s General Criminal Assembly, he stated that any action contributing to the organization’s activities falls within the scope of this offense.

Prosecutor demands prison terms
Based on these allegations, the prosecutor requested prison sentences ranging from five to ten years for Tuğçe Yılmaz, Erdoğan Alayumat, Suzan Demir, Taylan Abatan, Gülcan Dereli, Serap Güneş, and Berfin Atlı.

The trial will resume on Feb 17, when the defendants are expected to respond to the final opinion. The court is then expected to deliver its verdict.

Background

The investigation originated with the Eskişehir Chief Public Prosecutor’s Office, which ordered raids on Nov 26 targeting the homes of journalists, writers, poets, and cartoonists in İstanbul, Diyarbakır, Ankara, and Batman. Eight individuals were detained in the initial operation.

Those detained included Bianet reporter Tuğçe Yılmaz, Roza Metina, Erdoğan Alayumat, Hamza Kaan (Bilge Aksu), Ahmet Sümbül, Bilal Seçkin, Mehmet Uçar, Havin Derya, and Suzan Demir.

Other detainees included filmmaker Ardin Diren, poet Hicri İzgören, writer and translator Ömer Barasi, cartoonist Doğan Güzel, photographer Emrah Kelekçier, publishing coordinator Baver Yoldaş, dismissed academic Abdurrahman Aydın, LGBTI+ activist Berfin Atlı, and translator Serap Güneş.

Among those detained, Mehmet Uçar and Hamza Kaan (Bilge Aksu) were arrested. The others were released after four days in custody under judicial supervision.

The indictment for the two detained individuals was accepted by the Eskişehir 2nd Heavy Penal Court, but the case was later referred to other courts due to jurisdictional issues. The journalists’ files were separated and sent to courts in the cities where they were detained. The indictment cited their reporting, social media posts, and royalty payments from their media outlets as evidence for the charges. The two were released at their first hearings on Jul 3 and Jul 8.

Separately, the Ankara Chief Public Prosecutor’s Office decided not to pursue charges against journalist Bilal Seçkin. (BIA, 5 jan 2026)

Un tribunal ordonne la libération d'un journaliste détenu pour  "menace" envers Erdogan

Un tribunal d'Istanbul a ordonné la libération  du journaliste turc Fatih Altayli, l'un des commentateurs politiques les plus  populaires du pays, qui était détenu depuis fin juin pour "menace" envers le  président turc Recep Tayyip Erdogan, a rapporté lundi l'ONG de défense des  médias MLSA.

M. Altayli avait été arrêté et écroué fin juin après avoir déclaré, à  propos d'un sondage indiquant qu'une large majorité des Turcs s'opposerait à  une éventuelle présidence à vie de Recep Tayyip Erdogan, que plusieurs sultans  ottomans avaient fini "assassinés" ou "étranglés".

Il avait été condamné fin novembre à quatre ans et deux mois de prison.

"Malheureusement, un journaliste renommé, dont l'arrestation et le procès  constituent une flagrante injustice, a été maintenu en détention pendant six  mois. Il devient aujourd'hui un des symboles de la politisation de la justice  et de l'intimidation qui visent le droit à l'information. Nous demandons la  relaxe en appel du journaliste", a déclaré à l'AFP Erol Önderoglu,  représentant en Turquie de l'ONG Reporters sans frontières (RSF).

M. Altayli, détenu pendant six mois à la prison stambouliote de Silivri,  est suivi par 2,8 millions d'abonnés sur X et près de 1,7 million d'abonnés  sur YouTube, où il animait jusqu'en juin une émission quotidienne très suivie.

"Ce pays a déjà étranglé ses sultans par le passé. Quand il ne les  appréciait pas, quand il ne les voulait pas... Nombre de sultans ottomans ont  été étranglés, assassinés ou se seraient suicidés", expliquait M. Altayli sur  sa chaîne YouTube le 20 juin en commentant les résultats d'une enquête  d'opinion.

 Un procureur avait requis le placement en détention provisoire du  journaliste de 63 ans, affirmant qu'il avait par son commentaire menacé le  président turc. (AFP, 29 déc 2025)

Kurdish Question / Question kurde

La guérilla du PKK jure de "ne pas abandonner" les Kurdes de Syrie

La guérilla kurde du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) jure de ne "jamais abandonner" les Kurdes de Syrie face à l'offensive de l'armée syrienne, a affirmé mardi un haut responsable de l'organisation Murat Karayilan à l'agence de presse ANF, proche du mouvement.

"Sachez que nous ne vous abandonnerons jamais. Quel qu'en soit le prix, nous ne vous laisserons jamais seuls. Dans ce processus, nous, le peuple kurde tout entier et le mouvement, ferons tout ce qui est nécessaire", a-t-il dit en s'adressent aux Kurdes syriens.

"Ces attaques contre le Kurdistan du Rojava (dans le nord-est de la Syrie, NDLR) ne visent pas seulement cette région, mais l'ensemble du Kurdistan" estime-t-il en dénonçant "une tentative de saper le processus initié par le leader Apo au Kurdistan du Nord", en référence au processus de paix initié par Ankara avec le chef historique du PKK, Abullah Öcalan, "Apo" (oncle) pour ses partisans.

M. Öcalan est détenu depuis 1999 au large d'Istanbul.

Proche allié de la nouvelle direction syrienne qui a renversé en décembre 2024 Bachar al-Assad, le gouvernement turc est engagé depuis plus d'un an dans une tentative de règlement négocié avec les combattants du PKK.

Le responsable kurde, Murat Karayilan, accuse les autorités de Damas, la Turquie et l'organisation Etat islamique (EI) de soutenir l'offensive syrienne "dans le cadre d'un accord international".

"Daech (acronyme arabe de l'EI, nldr) joue un rôle prépondérant parmi les agresseurs. Cette décision des puissances internationales, leur attitude consistant à permettre ces attaques, restera une tâche indélébile pour les États-Unis, le Royaume-Uni, l'Allemagne, la France et les autres États membres de la coalition internationale", qui s'était mobilisés contre les jihadistes, dénonce-t-il.

Lundi, malgré le froid et la neige, quelque 600 personnes se sont rassemblées à Diyabarkir (sud-est), principale ville à majorité kurde du pays, pour protester contre l'offensive de Damas, avant d'être dispersés sans ménagement par la police.

Le parti pro-kurde DEM, troisième force du Parlement turc, a appelé à un rassemblement mardi dans la ville de Nusaybin, située sur la frontière turco-syrienne. (AFP, 21 jan 2026)

Plus de 134.000 déplacés dans le nord-est de la Syrie

Plus de 134.000 personnes ont été déplacées dans le nord-est de la Syrie, a estimé jeudi l'agence de l'ONU pour les migrations, suite aux affrontements entre l'armée et les forces kurdes forcées à abandonner leurs territoires.

Au cours des trois derniers jours, le nombre de personnes déplacées à l'intérieur de la province syrienne de Hassaké a atteint 134.803 personnes, alors qu'il était de 5.725 personnes dimanche, précise dans un communiqué l'agence de l'ONU.

Délogés d'Alep plus tôt en janvier après des combats meurtriers, puis des provinces de Raqa et Deir Ezzor lundi, les Forces démocratiques syriennes (FDS), bras armé de l'administration autonome kurde, se sont repliées au coeur de leur province de Hassaké.

Le président syrien Ahmad al-Chareh a accordé mardi un cessez-le-feu de quatre jours aux Kurdes pour proposer un plan sur "l'intégration pacifique" de cette province à majorité kurde au sein de l'Etat.

"Les déplacements de population observés pendant cette période reflètent les craintes d'affrontements potentiels entre les FDS et les forces gouvernementales, en particulier parmi les personnes résidant à proximité des prisons et des quartiers généraux militaires des FDS", note l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Selon elle, plus de 41.000 personnes ont trouvé refuge dans des abris collectifs dans la province de Hassaké et "ont un besoin urgent de nourriture" et autres articles de première nécessité tels que des matelas et des couvertures.

En outre, elle dénombre 1.647 personnes déplacées ayant cherché refuge dans la ville kurde de Kobané (Aïn al-Arab en arabe), située à la frontière turque dans la province d'Alep, où des habitants ont déclaré à l'AFP manquer de nourriture, d'eau et d'électricité.

Kobané a constitué la première victoire des forces kurdes contre les jihadistes du groupe l'Etat Islamique (EI) en Syrie, après des mois de combats de rue acharnés, en 2015, qui ont détruit une grande partie de la ville.

Il a fallu ensuite quatre ans aux forces kurdes, soutenues par la coalition internationale antijihadiste menée par les Etats-Unis, pour venir à bout de l'EI en Syrie et mettre fin à son "califat".   Le président américain Donald Trump a déclaré mardi soutenir M. Chareh, un ex-jihadiste, dans son offensive contre les forces kurdes. (AFP, 22 jan 2026)

Les rassemblements interdits jusqu'à lundi dans une grande ville kurde

Les autorités turques ont interdit de vendredi à lundi tout rassemblement à Diyarbakir, la principale ville du sud-est à majorité kurde, en raison des tensions dans le nord de la Syrie voisine, a annoncé jeudi le gouvernorat provincial.

Plusieurs manifestations de la minorité kurde de Turquie, qui représente environ 20% de la population, ont été réprimées depuis le début de la semaine dans le sud-est de la Turquie, dont une marche, mardi, jusqu'à la frontière avec la Syrie, où Damas a entrepris de déloger les combattants kurdes de leur région autonome dans le nord-est du pays.

"Afin de préserver l'ordre public et la sécurité dans l'ensemble de notre province, les réunions, marches de protestation et déclarations à la presse, ainsi que l'installation de tentes, les affiches et les banderoles, sont interdites pour une durée de 4 jours", a annoncé le gouvernorat de Diyarbakir.

Plusieurs mouvements prokurdes, dont le parti DEM, troisième force au parlement turc, avaient convoqué pour dimanche un rassemblement de soutien au fondateur et chef historique du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, interdit), Abdullah Öcalan.

M. Öcalan, détenu sur une île-prison au large d'Istanbul depuis 1999, est engagé dans un processus de paix avec Ankara.

Le président Recep Tayyip Erdogan, proche allié de la nouvelle direction syrienne, s'est félicité jeudi du cessez-le-feu de quatre jours conclu jusqu'à samedi soir entre les autorités syriennes et les combattants des Forces démocratiques syriennes (FDS, majoritairement kurdes), mettant également en garde contre tout désordre dans son propre pays. (AFP, 22 jan 2026)

Un parti kurde iranien accuse Téhéran d'avoir visé au drone ses locaux en Irak

Un parti kurde iranien réfugié en Irak a accusé mercredi Téhéran d'avoir mené des frappes sur ses locaux, tuant un de ses membres et en blessant plusieurs autres, selon des déclarations d'un responsable du mouvement à l'AFP.

L'attaque de drone et de roquettes s'est produite à l'aube et "a visé un des bâtiments de l'Armée nationale du Kurdistan", a affirmé le Parti de la liberté du Kurdistan (PAK), en référence à un groupe armé opérant sous son autorité.

"Nous pensons avoir été visés (...) car nous avons appelé aux manifestations en Iran contre le régime et aussi parce que nous disposons d'une force armée organisée et entraînée", a ajouté le responsable du parti.

Installées en Irak depuis les années 1980 - avec la bénédiction de Saddam Hussein en pleine guerre avec le voisin iranien - les factions de l'opposition kurde iranienne sont qualifiées de "terroristes" et "séparatistes" par l'Iran qui les accuse d'attaques contre les forces iraniennes.

Toujours réfugiés au Kurdistan d'Irak, région autonome frontalière de l'Iran, ces mouvements armés ont toutefois largement abandonné leur insurrection pour se concentrer sur le militantisme politique.   Mais ils disposent de combattants, qui s'entraînent au maniement des armes sur des bases dans les montagnes du Kurdistan d'Irak (nord).

Durant les manifestations en Iran en 2022, déclenchées par la mort de la jeune Kurde iranienne Mahsa Amini, Téhéran avait bombardé ces groupes à plusieurs reprises, et notamment le PAK.

L'Iran a été secoué début janvier par des manifestations violemment réprimées, ayant fait plusieurs milliers de morts. (AFP, 21 jan 2026)

Les partis kurdes solidaires de leurs "frères" en Syrie

Les mouvements et partis prokurdes de Turquie affichent leur solidarité mardi avec leurs "frères" de Syrie face à l'offensive de Damas soutenue par Ankara, au risque de faire dérailler le processus de paix avec la guérilla du PKK.

Des incidents ont éclaté à la frontière syrienne lors d'un rassemblement convoqué par le parti prokurde DEM, troisième force au parlement et médiateur dans le processus engagé par Ankara avec le Parti des travailleurs du Kurdistan.

Plus d'un millier de manifestants ont tenté de forcer le passage au poste-frontière de Nusaybin (sud-est), face à la localité syrienne de Qamichli, située dans le nord-est de la Syrie sous la pression de Damas, a constaté un journaliste de l'AFP.

Bloqués par la police qui a fait usage de gaz lacrymogènes et de canons à eau, ils ont riposté à jets de pierre aux cris de "Vive la résistance du Rojava", du nom de la région autonome tenue depuis une dizaine d'années par les Forces démocratiques syriennes (FDS, dominées par les Kurdes) que Damas a entrepris de déloger.   D'autres rassemblements étaient prévus en fin de journée devant les consulats syriens à Ankara et Istanbul.

Le PKK, qui a annoncé sa dissolution et le dépôt de ses armes l'an dernier à l'appel de son chef historique, Abdullah Öcalan, a juré mardi de ne "jamais abandonner" les Kurdes de Syrie.

- "Jamais seuls" -

"Quel qu'en soit le prix, nous ne vous laisserons jamais seuls. Nous, le peuple kurde tout entier et le mouvement, ferons tout ce qui est nécessaire", a déclaré un haut responsable de l'organisation, Murat Karayilan, à l'agence de presse ANF proche du PKK.

La communauté kurde de Turquie constitue environ 20% de la population.

Le ministre turc de l'Intérieur Ali Yerlikaya a cependant prévenu qu'il ne tolèrerait "aucune provocation" de la part de ces mouvements, en particulier le long des plus de 900 km de frontière commune.

Lundi, tous les rassemblements avaient été réprimés par la police, notamment à Diyarbakir, la principale ville à population kurde dans le sud-est.

Un journaliste français travaillant pour plusieurs médias, dont Courrier International et Ouest-France, Raphaël Boukandoura, interpellé lundi à Istanbul alors qu'il couvrait une manifestation du parti DEM, était toujours en garde à vue mardi, a indiqué l'organisation Reporters sans Frontières, en contact avec ses avocats.

Outre RSF, des syndicats et plusieurs des employeurs du journaliste, qui réside et travaille légalement en Turquie depuis une décennie, ont appelé à sa libération.

Selon le DEM, plusieurs membres du parti ont été également interpellés.

- "Opportunité historique"-

Proche allié de la nouvelle direction syrienne qui a renversé en décembre 2024 Bachar al-Assad, le président turc Recep Tayyip Erdogan a salué lundi l'offensive "méticuleuse de Damas contre les combattants kurdes en Syrie, malgré les provocations".

"La Syrie a saisi une opportunité historique. En tant que pays frère et ami du peuple syrien, nous ne permettrons aucune tentative de sabotage", a-t-il déclaré.

Le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan a également réitéré son soutien au gouvernement syrien et au cessez-le-feu signé dimanche entre le président syrien Ahmad al-Chareh et le chef des FDS, Mazloum Abdi, évoquant "un accord précieux".

"Son application et les sacrifices qu'il impose sont également importants" a-t-il insisté, à l'issue d'une rencontre avec l'ambassadeur américain à Ankara, Tom Barrack, également envoyé spécial du président Donald Trump pour la Syrie.

M. Fidan a rappelé que l'accord du 10 mars, signé "volontairement", a-t-il insisté, entre Damas et les FDS prévoyait la dissolution des institutions et des forces combattantes kurdes.

L'armée syrienne s'est déployée progressivement dans les zones dont les forces kurdes se sont retirées en vertu d'un accord de cessez-le-feu, mais depuis les pourparlers ont achoppé.

Dès dimanche, M. Erdogan avait appelé son homologue à Damas pour l'assurer du "soutien de la Turquie".

L'offensive de Damas porte un coup sévère aux espoirs d'autonomie des populations kurdes, mais aussi aux perspectives de paix en Turquie entre les combattants du PKK et les autorités.

Initié en octobre 2024 par l'allié nationaliste du chef de l'Etat, ce processus vise à mettre fin à plus de quatre décennies d'affrontements qui ont fait 50.000 morts.

Mais au cours du week-end, Abdullah Öcalan, incarcéré depuis 1999, et le parti DEM, ont tous deux dénoncé une "tentative de sabotage" du processus de paix".  (AFP, 20 jan 2026)

 Erdogan salue l'offensive "mesurée" de l'armée syrienne, malgré les "provocations"

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a salué lundi l'offensive "méticuleuse de Damas contre les combattants kurdes en Syrie, malgré les "provocations".

"La gestion mesurée de cette opération délicate par l'armée syrienne, ainsi que sa remarquable sensibilité à l'égard de la sécurité des civils, sont louables. Malgré les provocations, l'armée syrienne a réussi cette épreuve, évitant toute action qui aurait pu la discréditer alors qu'elle était dans son droit", a-t-il affirmé.

"La Syrie a saisi une opportunité historique. En tant que pays frère et ami du peuple syrien, nous ne permettrons aucune tentative de sabotage. Le principe d'un État, une armée est une condition essentielle à la stabilité d'un pays. La Turquie soutient pleinement toutes les mesures prises pour l'instaurer", a-t-il ajouté.

L'armée syrienne s'est déployée lundi dans les zones dont les forces kurdes se sont retirées dans le nord et l'est de la Syrie, en vertu d'un accord de cessez-le-feu qui porte un coup aux espoirs d'autonomie des Kurdes.

L'accord prévoit l'intégration des forces et des institutions kurdes au sein de l'Etat, ainsi que la remise immédiate au gouvernement des provinces majoritairement arabes de Deir Ezzor et Raqa.

Malgré le froid et la neige, quelque 600 personnes se sont rassemblées lundi à Diyarbakir (sud-est), principale ville à majorité kurde de la Turquie, pour protester contre l'offensive de Damas. (AFP, 19 jan 2026)

Les Kurdes de Syrie jugent insuffisant un décret publié vendredi sur leurs droits nationaux

Les Kurdes de Syrie ont affirmé samedi qu'un décret présidentiel, publié la veille, qui fait du kurde une langue officielle et garantit à cette minorité des droits nationaux, était un premier pas mais restait insuffisant.

Le décret du président Ahmad al-Chareh constitue "un premier pas mais ne satisfait pas les aspirations et les espoirs du peuple kurde", a déclaré dans un communiqué l'administration kurde du nord et du nord-est de la Syrie.

Le président syrien Ahmad al-Chareh a annoncé vendredi soir reconnaître par décret les droits nationaux des Kurdes dont la langue sera désormais officielle, au moment où il est engagé dans un conflit avec les forces kurdes qui contrôlent le nord du pays.

Pour la première fois depuis l'indépendance de la Syrie en 1946, la langue kurde pourra être enseignée dans les écoles et le nouvel an kurde, le Nowrouz, sera un jour férié officiel.

Le chef de l'Etat islamiste a affirmé que les Kurdes constituaient "une partie intégrante" du pays où ils ont souffert de décennies de marginalisation et d'oppression des régimes précédents.

Dans un discours télévisé adressé aux Kurdes, à la fin duquel il signe ce décret historique, Ahmad al-Chareh les appelle "participer à l'édification du pays" et s'engage à "garantir leurs droits".

Le texte accorde par ailleurs la nationalité aux Kurdes dont environ 20% avaient été privés de la citoyenneté syrienne à la suite d'un recensement controversé en 1962.

M. Chareh a renversé en décembre 2024 Bachar al-Assad à la tête d'une coalition islamiste, et veut étendre son autorité sur l'ensemble du territoire syrien.

- Impasse -

Son annonce est intervenue alors que ses négociations avec les Kurdes pour mettre en oeuvre un accord signé en mars 2025, visant à intégrer leurs institutions civiles et militaires au sein de l'Etat syrien, sont dans l'impasse.

Cette minorité avait profité du chaos de la guerre civile (2011-2024) pour s'emparer de vastes territoires du nord et du nord-est de la Syrie -incluant champs pétroliers et gaziers- après avoir défait le groupe jihadiste Etat islamique (EI) avec l'appui d'une coalition multinationale.

Selon l'analyste Fabrice Balanche, spécialiste de la Syrie, les Kurdes sont estimés à quelque deux millions sur une population de 20 millions d'habitants.
 Ils sont notamment concentrés dans le nord-est (1,2 million) mais ils seraient aux alentours de 300.000 dans les villes de Damas et autant à Alep et sont également présents dans d'autres parties de la Syrie.

Des combats avaient opposé la semaine dernière l'armée syrienne aux forces kurdes à Alep, où elles ont été délogées des deux quartiers qu'elles contrôlaient. (AFP, 17 jan 2026)

Rassemblements de soutien aux Kurdes de Syrie dans le sud-est de Turquie

Des rassemblements se sont déroulés samedi dans plusieurs villes turques en majorité peuplées de Kurdes, dont Batman et Siirt, en soutien aux combattants kurdes assiégés dans le nord-est de la Syrie, ont rapporté un correspondant de l'AFP et des médias prokurdes.

A Batman, plus de cent manifestants, dont de nombreux jeunes, se sont retrouvés à l'appel de la branche Jeunesse du parti prokurde DEM, la troisième force au Parlement turc, souligne le site internet d'information Rüdaw Türkce.

Selon cette source, qui diffuse des images de la marche, la police est intervenue pour canaliser la foule, "sans incidents".

D'autres images montrent des manifestants regroupés derrière des banderoles sur lesquelles est écrit "Le Rojava n'est pas seul", du nom de l'Administration autonome kurde autoproclamée dans le nord et l'est de la Syrie.

Des rassemblements similaires ont eu lieu ces derniers jours dans plusieurs localités de la région, tandis que l'armée de Damas repousse les Forces démocratiques syriennes (FDS, majoritairement kurdes), à l'est de l'Euphrate, après avoir exigé qu'elles évacuent les derniers quartiers d'Alep qu'elles tenaient encore.

Les FDS ont affirmé avoir perdu un certain nombre de leurs combattants samedi, en dépit d'un accord de cessez-le-feu de 48 heures censé leur permettre de quitter deux villes tombées aux mains des autorités syriennes.

Le président islamiste Ahmad al-Chareh, qui a renversé Bachar al-Assad en décembre 2024, est déterminé à étendre son contrôle sur l'ensemble du territoire syrien.

La Turquie lui a apporté son appui malgré un processus de paix en cours depuis un an avec le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), la guérilla kurde de Turquie, qu'Ankara considère comme affiliée aux FDS.

Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a défendu jeudi devant la presse "le recours à la force".

"J'espère que les problèmes seront réglés par le dialogue mais lorsqu'ils ne peuvent l'être par la négociation et de bonne foi, le recours à la force devient malheureusement une option pour le gouvernement syrien", a-t-il déclaré. (AFP, 17 jan 2026)

L'armée syrienne revendique la prise d'une ville stratégique tenue par les Kurdes

L'armée syrienne a affirmé dimanche avoir pris le contrôle d'une localité stratégique du nord, progressant au prix d'intenses combats face aux forces kurdes qui jouissaient d'une autonomie de facto depuis plus de dix ans dans la région.

Malgré les appels de Washington et Paris à cesser son offensive, le président islamiste Ahmad al-Chareh étend son emprise sur de nouveaux pans du pays, après avoir accordé vendredi des droits nationaux inédits aux Kurdes, mais jugés insuffisants par les autorités représentant cette minorité.

Ses troupes se rapprochent désormais de Raqa, ancien bastion du groupe jihadiste Etat islamique en Syrie.

Face à l'impasse dans les négociations du pouvoir central avec les Kurdes, qui contrôlent une partie du nord et du nord-est de la Syrie, les forces gouvernementales syriennes ont délogé leurs combattants de quartiers d'Alep la semaine dernière. Elles les ont ensuite sommés de se retirer d'une zone entre l'est de cette ville et le fleuve Euphrate.

Après avoir massé des renforts dans la région et bombardé vendredi des positions kurdes, l'armée a progressé tout au long de la journée de samedi.

Au petit matin dimanche, les autorités de Damas ont annoncé contrôler la ville de Tabqa, dans la province de Raqa, "y compris le barrage sur l'Euphrate qui est le plus grand de Syrie", selon le ministre de l'Information Hamza Moustafa, cité par l'agence Sana.

Les Forces Démocratiques Syriennes (FDS), bras armé des Kurdes, ont cependant assuré avoir "pris les mesures nécessaires pour restaurer la sécurité et la stabilité" à Tabqa, à une quarantaine de kilomètres de Raqa.

L'agence Sana a affirmé que les FDS avaient fait exploser l'un des ponts menant vers Raqa, située sur la rive orientale de l'Euphrate et donc en théorie pas concernée par l'ordre de retrait des forces kurdes. Cela a interrompu selon elle l'alimentation en eau de la localité.

- "Premier pas" -

Les FDS ont fait par ailleurs état d'"intenses affrontements" dans cinq localités à l'est de l'Euphrate entre Deir Ezzor et la frontière irakienne. Les autorités de Deir Ezzor, également sur le fleuve, ont accusé les forces kurdes de bombarder le centre-ville, sous contrôle gouvernemental.

Raqa, dans la province du même nom, était considérée comme la capitale de l'EI avant qu'il ne soit défait par les FDS soutenues par une coalition multinationale dirigée par les Etats-Unis.

La minorité kurde avait alors profité du chaos de la guerre civile (2011-2024) pour s'emparer de vastes territoires du nord et du nord-est de la Syrie, incluant champs pétroliers et gaziers.

Un peu plus d'un an après avoir renversé Bachar al-Assad, Ahmad al-Chareh, un ex-jihadiste, veut rétablir l'autorité de Damas sur l'ensemble du territoire syrien.

Dès samedi matin, les correspondants de l'AFP ont vu l'armée entrer dans la ville de Deir Hafer, à une cinquantaine de kilomètres à l'est d'Alep, tandis que les combattants kurdes s'en retiraient.

Dans la localité de Maskana, l'armée a été acclamée par les habitants, en majorité arabes. "Ce jour est le premier jour de notre libération", a déclaré à l'AFP un habitant, Ahmad al-Faraj.

- "Libération" -

L'offensive a provoqué l'inquiétude de pays occidentaux, dont les Etats-Unis, qui ont récemment levé leurs sanctions imposées à Damas sous Bachar al-Assad.

Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a exhorté les forces syriennes à cesser toute attaque dans la zone située entre Alep et Tabqa, appelant à "une coopération étroite entre les partenaires syriens".

Samedi, le chef des FDS Mazloum Abdi a rencontré à Erbil, dans le nord de l'Irak, l'émissaire américain Tom Barrack.

"Une Syrie unie et stable passe par l'intégration des Forces démocratiques syriennes en son sein et non par la guerre contre celles et ceux qui ont combattu Daech (l'acronyme arabe de l'EI, ndlr) à nos côtés", a déclaré sur X le président français Emmanuel Macron. "L'offensive des autorités syriennes doit cesser immédiatement."

Le pouvoir a conclu en mars dernier un accord avec les Kurdes pour intégrer leurs institutions civiles et militaires au sein de l'Etat, mais son application bute sur les exigences contradictoires des deux parties, toutes deux soutenues par Washington.

Confronté au défi d'unifier un pays déchiré par la guerre civile, le président a annoncé vendredi soir reconnaître par décret les droits nationaux des Kurdes. Leur langue sera désormais officielle, une décision historique dans le pays où cette minorité est estimée à quelque deux millions sur une population de 20 millions d'habitants.

L'administration autonome kurde du nord de la Syrie a estimé que ce décret constituait "un premier pas mais ne satisfai(sai)t pas les aspirations et les espoirs du peuple kurde".

Les Kurdes sont une minorité notamment répartie entre la Turquie, la Syrie, l'Irak et l'Iran.

Ils ont souffert de décennies de marginalisation et d'oppression des régimes précédents en Syrie.

Nanar Hawach, analyste sur la Syrie à l'International Crisis Group, estime que le décret du président Chareh "accorde des concessions culturelles tout en consolidant le contrôle militaire".

"Il ne répond pas aux revendications du nord-est en matière d'autogouvernance", explique-t-il à l'AFP, ajoutant que le président est d'accord avec "l'idée d'accorder des droits culturels, mais trace une ligne rouge lorsqu'il s'agit du partage du pouvoir". (AFP, 18 jan 2026)


Le PKK dénonce un sabotage du processus de paix en cours en Turquie

Les récents combats meurtriers à Alep, dans le nord de la Syrie, entre forces syriennes et kurdes, visent à "saper le cessez-le-feu" entre Ankara et la guérilla du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), a affirmé mardi le groupe armé kurde.

Le PKK assure que "des bandes et mercenaires affiliés à l'État turc" ont participé aux violences, ce qui "remet en cause le cessez-le-feu entre notre mouvement et la Turquie, ainsi que le processus de paix et pour la démocratie qui en découle".

"Ces attaques contre les quartiers kurdes (d'Alep, NDLR), avec des références constantes au PKK, sont une attaque visant à saper le mouvement de libération et le cessez-le-feu qu'il a méticuleusement mis en oeuvre", dénonce le PKK dans un communiqué transmis par l'agence prokurde ANF.

"Comment l'appel du guide Apo (le chef historique du PKK Abdullah Öcalan, NDLR) à abandonner la lutte armée (...) peut-il être suivi face à une telle attitude ?", ajoute le groupe armé kurde, qui affirme avoir jusqu'ici "assumé ses responsabilités" face à Ankara.

Depuis sa cellule où il est à l'isolement depuis 1999, Abdullah Öcalan, 76 ans, a appelé en février 2025 les combattants du PKK, considérés comme terroristes par Ankara, à renoncer à la lutte armée.

Le PKK a décrété un cessez-le-feu unilatéral le 1er mars, annonçant ensuite sa dissolution le 12 mai.

Le parti AKP au pouvoir à Ankara a pour sa part estimé lundi soir que les récents combats à Alep étaient une tentative des combattants kurdes de "saboter" les efforts pour mettre fin en Turquie au conflit avec le PKK, vieux de plus de quatre décennies.

L'armée syrienne a demandé mardi aux forces kurdes de se retirer de la zone qu'elles contrôlent entre l'est d'Alep et l'Euphrate, après les voir délogées de la principale ville du nord du pays au prix de violents combats. (AFP, 13 jan 2026)


Les forces kurdes quittent Alep après des jours de combats meurtriers

Les forces kurdes en Syrie ont annoncé dimanche l'évacuation de leurs combattants des deux quartiers où ils étaient retranchés à Alep, après plusieurs jours de combats meurtriers contre les forces gouvernementales.

"Nous sommes parvenus à un accord qui a conduit à un cessez-le-feu et permis l'évacuation des martyrs, des blessés, des civils pris au piège et des combattants des quartiers d'Achrafieh et de Cheikh Maqsoud vers le nord et l'est de la Syrie", ont écrit les Forces démocratiques kurdes (FDS) dans un communiqué.

L'agence officielle syrienne Sana a confirmé que "les bus transportant le dernier groupe de membres des FDS ont quitté le quartier de Cheikh Maqsoud à Alep, en direction du nord-est".

Après avoir pris le contrôle d'Achrafieh, l'armée syrienne avait déjà annoncé samedi la fin de ses opérations à Cheikh Maqsoud et le départ des combattants kurdes vers le nord. Mais les forces kurdes avaient démenti ces affirmations.

Les affrontements, les plus violents à Alep depuis la chute de Bachar al-Assad en décembre 2024, ont fait au moins 21 morts parmi les civils depuis mardi, et provoqué le déplacement d'environ 155.000 personnes, selon les données officielles.

 - Accusations mutuelles -

 Les deux camps s'accusent mutuellement d'en être à l'origine.

Ces combats ont fragilisé encore plus un accord conclu en mars entre les deux parties pour intégrer les institutions civiles et militaires de l'administration autonome kurde au sein de l'Etat syrien, qui n'a pas encore été appliqué.

L'évacuation des combattants a été obtenue "grâce à la médiation des parties internationales pour mettre fin aux attaques et aux violations commises contre notre peuple à Alep", a affirmé le FDS, après avoir au contraire dénoncé quelques heures plus tôt des déplacements forcés et des enlèvements de civils.

Depuis Damas, l'émissaire américain Tom Barrack avait lancé samedi un appel à la "retenue" et à la fin des hostilités, après avoir rencontré le président Ahmad al-Chareh dont le gouvernement se dit déterminé à asseoir son autorité sur Alep, la deuxième ville du pays.

Un correspondant de l'AFP posté samedi à l'entrée du quartier Cheikh Maqsoud a vu au moins cinq autocars transporter des hommes, escortés par les forces de sécurité.

Prises au piège pendant des jours, des familles hagardes ont enfin pu quitter le lieu des combats.

Des hommes portent leurs enfants sur le dos, des femmes et des enfants pleurent. "Papa, papa", répète une petite fille cherchant son père.

Mais plusieurs dizaines de jeunes gens sont mis à l'écart par les forces de sécurité, qui les forcent à s'asseoir par terre, tête baissée, sous leur garde, avant de les embarquer dans des cars.

Les FDS, qui ont été le fer de lance de la lutte contre les jihadistes du groupe Etat islamique en Syrie, sont soutenues par Washington qui appuie également Ahmad al-Chareh.

Les combats ont fait craindre une escalade régionale, la Turquie voisine se disant prête à intervenir aux côtés des autorités syriennes et Israël prenant la défense des Kurdes.

Depuis la chute de Bachar al-Assad, le pouvoir islamiste s'est engagé à protéger les minorités. Mais les combats d'Alep sont le troisième épisode de violences avec des minorités, après des massacres d'alaouites sur la côte en mars et des combats avec les druzes dans le sud en juillet.

Les Kurdes, qui ont tiré profit du chaos de la guerre civile (2011-2024) pour s'emparer de vastes territoires du nord et du nord-est de la Syrie, y compris des champs pétroliers et gaziers, réclament notamment un système de gouvernance décentralisé, ce que rejette Damas. (AFP, 11 jan 2026)

La manifestation kurde à Bruxelles contre la barbarie en Syrie

La communauté belgo-kurde a manifesté à la gare centrale de Bruxelles le vendredi 9 janvier. Les Kurdes sont profondément préoccupés par la situation à Alep, où les civils sont victimes de violences barbares et de violations des droits humains. Parmi les membres de NavBel figurent de nombreux Kurdes originaires d'Afrin, de Tel Rifaat et d'Alep même, qui avaient déjà été contraints à l'exil et s'étaient réfugiés dans les quartiers kurdes de la ville.

Plus de cent mille personnes fuient à nouveau. Pour beaucoup d'habitants de ces quartiers, il s'agit déjà de leur troisième exode en huit ans. Les familles en Belgique sont très angoissées par ces événements et font preuve d'une grande résistance et d'un courage exceptionnel. Les Kurdes n'ont d'autre choix que de se défendre et de lutter farouchement pour leur survie.

Mais ils constatent également une tendance inquiétante : il semble qu'il n'y ait plus de place pour les Kurdes à l'ouest de l'Euphrate. Après Afrin, Tel Rifaat et Menbić, Alep est la quatrième enclave kurde à être attaquée et envahie.

Les groupes djihadistes affiliés aux nouveaux dirigeants de Damas, soutenus par la Turquie, affichent une fois de plus leur hostilité envers les Kurdes. Ces forces ne respectent ni l'identité ni les droits des Kurdes. Elles menacent la diversité ethnique, culturelle, religieuse et sociale, ainsi que les femmes.

La communauté internationale, sous l'impulsion des États-Unis, tolère ouvertement cette situation. L'attitude laconique du président Trump qui, contrairement à ce qui s'est passé en Iran, a formulé des déclarations fermes et des menaces d'intervention, démontre son indifférence face à cet état de fait.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, était également à Damas hier et a promis au régime, qui a même refusé de lui serrer la main, une aide de 700 millions d'euros, notamment pour le renvoi en Syrie des réfugiés syriens présents en Europe.

Le fait que le régime ait créé plusieurs centaines de milliers de nouveaux réfugiés à ce moment-là témoigne de l'aveuglement, de la faiblesse et de l'incompétence de l'UE. L'UE serait la risée de tous si les événements n'étaient pas si tragiques et inhumains.

En tant que communauté kurde, nous continuons d'appeler à une intervention urgente de la communauté internationale et des pays européens pour protéger les Kurdes.

Nous demandons également à la Turquie, leur alliée au sein de l'OTAN, de prendre ses responsabilités.

Nous appelons aussi toutes les forces et organisations démocratiques du monde entier à se préoccuper de cette nouvelle tragédie qui frappe les Kurdes. La reconnaissance des droits des Kurdes est le seul rempart contre les attaques génocidaires des dictatures locales. (NAV-BEL, 10 jan 2026)

L'armée sysrienne bombarde des quartiers kurdes d'Alep et somme les combattants de se rendre

L'armée syrienne a sommé samedi les combattants kurdes retranchés dans un quartier d'Alep de se rendre après avoir repris ses bombardements pour les déloger, à la suite de plusieurs jours d'affrontements impliquant cette minorité que l'Etat central peine à intégrer aux institutions.

Les violences, qui ont tué au moins 21 civils depuis mardi, sont les plus graves dans cette grande ville du nord de la Syrie entre le gouvernement central et les Kurdes, une importante minorité ethnique contrôlant une partie du nord-est du pays.

Les combats ont contraint des dizaines de milliers de civils à fuir, l'ONU estimant à au moins 30.000 le nombre de familles déplacées.

Un cessez-le-feu avait été annoncé tôt vendredi par les autorités, qui avaient affirmé que les combattants kurdes encerclés dans les deux quartiers de Cheikh Maqsoud et Achrafieh seraient évacués vers la zone autonome kurde.

Les autorités avaient même acheminé des cars pour évacuer les combattants, mais ces derniers ont annoncé refuser toute "reddition" et dit qu'ils voulaient défendre leurs quartiers.

L'armée syrienne a alors annoncé qu'elle reprendrait le bombardement de "sites militaires" à Cheikh Maqsoud, appelant les habitants à s'en éloigner.

Tard vendredi, un correspondant de l'AFP a signalé des bombardements à l'artillerie lourde et des tirs.

"La seule option qui reste aux éléments armés dans la zone de Cheikh Maqsoud à Alep est de se rendre immédiatement, armes à la main, au poste de contrôle militaire le plus proche, en échange d'une garantie pour leur vie et leur sécurité personnelle", a averti samedi matin le ministère de la Défense, cité par l'agence officielle Sana.

L'armée a averti qu'elle "traitera avec fermeté et détruira toute source de tir afin d'assurer la sécurité et la stabilité de la zone et de protéger les habitants".

 - Evacuations -

 Les violences ont éclaté alors que les deux parties peinent à appliquer un accord conclu en mars pour intégrer les institutions de l'administration autonome kurde et ses forces armées, les Forces Démocratiques Syriennes (FDS), au sein du nouvel Etat.

Sur Telegram, les FDS ont affirmé dans la nuit que l'armée avait attaqué avec "une importante couverture de tanks et des bombardements d'artillerie brutaux", répétant qu'ils comptaient "continuer à résister".

La télévision syrienne a pour sa part accusé les Kurdes d'avoir lancé des drones sur des quartiers résidentiels d'Alep.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) a affirmé que des tirs d'artillerie de l'armée avaient tué une fillette de 10 ans, et fait état d'intenses tirs de roquettes des combattants kurdes en direction d'un aéroport militaire à l'est d'Alep.

Selon cette ONG disposant d'un vaste réseau de sources dans le pays, les combats ont fait sept morts en deux jours au sein de l'armée syrienne.

Dans la journée, l'armée avait permis aux civils désireux de fuir d'emprunter deux "couloirs humanitaires" entre 13H00 et 15H00 GMT. Un correspondant de l'AFP a vu des habitants sortir de Cheikh Maqsoud sous la pluie, chargés de bagages.

Le gouvernement syrien, via le ministère de la Religion, a indiqué avoir ouvert 20 mosquées pour accueillir 400 familles de déplacés "face à l'escalade".

 - Emissaire américain -

 Une source diplomatique a indiqué vendredi à l'AFP que l'émissaire américain pour la Syrie Tom Barrack était "en route pour Damas".

Le ministère français des Affaires étrangères a appelé les parties "à revenir immédiatement au cessez-le-feu", indiquant que Paris comptait "se mobiliser avec ses partenaires, en premier lieu les États-Unis, pour parvenir au retour de la sécurité et de la stabilité à Alep, dans le cadre d'une Syrie unie, souveraine et plurielle."

Les combats en cours sont les plus violents à Alep entre les Kurdes et les autorités syriennes depuis la chute de Bachar al-Assad en décembre 2024.

Le nouveau pouvoir islamiste s'était engagé à protéger les minorités mais a été confronté à des massacres d'alaouites sur la côte en mars et des violences avec les druzes dans le sud en juillet.

"La partie gouvernementale cherche, par ces attaques, à mettre fin aux accords conclus. Nous y sommes attachés et nous nous efforçons de les mettre en oeuvre", a déclaré à l'AFP Elham Ahmed, chargée des relations extérieures de l'administration locale kurde.

Ces violences "mettent à l'épreuve le cadre déjà fragile d'intégration entre Damas et les FDS", a estimé Nanar Hawach, de l'International Crisis Group. "Le recours à la pression militaire montre qu'on s'éloigne de la négociation technique vers des formes plus coercitives".  (AFP, 10 jan 2026)

Les combattants kurdes refusent d'évacuer Alep, malgré l'appel des autorités

Les combattants kurdes retranchés dans deux quartiers d'Alep ont refusé vendredi de quitter cette grande ville du nord de la Syrie, défiant les autorités qui ont lancé un appel à évacuer après avoir décrété un cessez-le-feu.

Les violences, qui ont fait au moins 21 morts depuis mardi, sont les plus graves à Alep entre le gouvernement central et les Kurdes, une importante minorité ethnique contrôlant une partie du nord-est du pays.

Les combats ont contraint des dizaines de milliers de civils à fuir, l'ONU estimant à au moins 30.000 le nombre de familles déplacées.

Un cessez-le-feu annoncé tôt vendredi matin tient en milieu de matinée, selon les correspondants de l'AFP postés à l'entrée du quartier kurde d'Achrafieh, encerclé par l'armée syrienne.

Ils ont vu des membres des forces de sécurité commencer à entrer dans ce quartier, avec des véhicules destinés à l'évacuation des combattants.

Un petit nombre de civils sortait également du quartier, selon eux.

Les autorités ont annoncé que les combattants kurdes seraient évacués avec leurs armes légères vers la zone autonome kurde du nord-est du pays, leur "garantissant un passage sûr".

Mais ceux-ci ont refusé de quitter Achrafieh et Cheikh Maqsoud où ils sont retranchés. "Nous avons décidé de demeurer dans nos quartiers et de les défendre", ont déclaré les comités locaux, disant refuser toute "reddition".

 - "Gratitude" -

 Les Etats-Unis ont exprimé leur "profonde gratitude à toutes les parties (...) pour la retenue et la bonne volonté qui ont rendu possible cette trêve vitale". "Nous travaillons activement pour prolonger ce cessez-le-feu", a déclaré sur son compte X l'émissaire américain pour la Syrie Tom Barrack.

Jeudi, l'armée syrienne avait encore pilonné les quartiers kurdes d'Alep et des combats ont fait rage jusque dans la soirée sur fond de tirs d'artillerie.

Les autorités avaient accordé trois heures aux civils pour fuir à travers deux "couloirs humanitaires", empruntés selon elles par quelque 16.000 personnes pour cette seule journée.

Les deux parties se sont rejeté la responsabilité du début des violences.

Elles surviennent alors que les Kurdes et le gouvernement peinent à appliquer un accord conclu en mars pour intégrer les institutions de l'administration autonome kurde et son bras armé, les puissantes Forces Démocratiques Syriennes (FDS), au sein du nouvel Etat syrien.

Le chef des FDS, Mazloum Abdi, a jugé jeudi que "les tentatives de prise d'assaut des quartiers kurdes, en pleine phase de négociation, sapaient les chances de parvenir à une entente".

 - Rivalités régionales -

 Selon Aron Lund, chercheur au centre Century International, "Alep est la zone la plus vulnérable des FDS. Ses quartiers kurdes sont entourés de tous côtés par des territoires contrôlés par le gouvernement".

Les violences ont exacerbé la rivalité en Syrie entre Israël et la Turquie, qui se livrent une lutte d'influence depuis la chute de Bachar al-Assad en décembre 2024.

Ankara, allié des autorités syriennes, s'est dit prêt à "soutenir" l'armée dans son "opération antiterroriste" contre les combattants kurdes.

La Turquie, qui possède une frontière de plus de 900 kilomètres avec la Syrie, y a mené entre 2016 et 2019 plusieurs opérations d'envergure contre les forces kurdes.

Israël, qui mène des négociations avec Damas pour parvenir à un accord de sécurité, a condamné les "attaques" du pouvoir syrien contre la minorité kurde.

Le dirigeant syrien Ahmad al-Chareh a évoqué la situation à Alep au cours d'un appel avec son homologue turc Recep Tayyip Erdogan, soulignant qu'il était déterminé à "mettre un terme à la présence armée illégale" dans la ville, a indiqué la présidence syrienne.

Il s'est également entretenu avec le président français Emmanuel Macron, auquel il a assuré que le pouvoir considérait les Kurdes comme "une partie intégrante du tissu national et un partenaire essentiel dans la construction de l'avenir de la Syrie".

M. Chareh a par ailleurs reçu vendredi à Damas la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, plus haute responsable de l'UE à se rendre en Syrie depuis la chute de Bachar al-Assad fin 2024. L'UE avait appelé jeudi les belligérants à Alep à faire preuve de "retenue" et à "protéger les civils". (AFP, 9 jan 2026)

La Turquie "salue" l'offensive syrienne à Alep contre les combattants kurdes

Le ministre turc de la Défense Yasar Güler a "salué" vendredi l'opération de l'armée syrienne contre les combattants kurdes à Alep, principale ville du nord de la Syrie.

"Nous saluons favorablement cette opération qui vise l'ensemble des groupes terroristes. Je voudrais réaffirmer que nous considérons la sécurité de la Syrie comme notre propre sécurité et que nous soutenons la lutte de la Syrie contre les organisations terroristes", a déclaré M. Güler lors d'une conférence de presse conjointe avec le ministre turc des Affaires étrangères, prônant "un seul État, une seule armée, ainsi que l'unité et l'intégrité territoriale de la Syrie".

"Le rétablissement de l'ordre public en Syrie est primordial pour la paix et le bien-être de la population. La lutte contre le terrorisme doit se poursuivre efficacement", a de son côté déclaré le chef de la diplomatie turque Hakan Fidan.

"Nous attendons également des FDS (Forces démocratiques syriennes, NDLR) qu'elles respectent l'accord du 10 mars et remplissent leurs obligations dans les meilleurs délais", a-t-il affirmé.

Les violences ont éclaté mardi entre des combattants kurdes et l'armée dans la deuxième ville de Syrie, alors que les deux parties peinent à appliquer un accord conclu en mars pour intégrer les institutions de l'administration autonome kurde et ses forces armées au sein du nouvel Etat.

La Turquie s'est dite prête jeudi à "soutenir" l'armée syrienne dans son "opération antiterroriste" si elle "sollicite" son assistance.

La Turquie considère les groupes armés kurdes en Syrie, les Unités de protection du peuple kurde (YPG), qui constituent l'épine dorsale des FDS et ont notamment lutté contre les jihadistes de l'organisation Etat islamique, comme une émanation du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) interdit par Ankara. (AFP, 9 jan 2026)

 La Turquie prête à "soutenir" l'armée syrienne contre les combattants kurdes à Alep

La Turquie s'est dite prête jeudi à "soutenir" l'armée syrienne dans son "opération antiterroriste" contre les combattants kurdes à Alep, principale ville du nord de la Syrie, a annoncé le ministère turc de la Défense.

"Si la Syrie sollicite notre assistance, la Turquie lui apportera le soutien nécessaire", a indiqué le ministère turc, au troisième jour d'affrontements meurtriers entre forces gouvernementales et kurdes.

"La sécurité de la Syrie est notre sécurité", a insisté le ministère turc de la Défense, qui affirme que les combats sont menés jusqu'ici "intégralement par l'armée syrienne".

Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a déclaré de son côté qu'Ankara menait des "consultations intensives" avec Damas et Washington depuis deux jours afin de prévenir une "nouvelle effusion de sang" en Syrie.

Les affrontements qui ont éclaté mardi, les plus graves à Alep entre les forces gouvernementales et les combattants kurdes, ont fait au moins 17 morts, selon la Défense civile syrienne.

Ils interviennent alors que le pouvoir syrien et les forces kurdes ont échoué jusqu'à présent à appliquer un accord signé en mars prévoyant l'intégration des institutions de l'administration autonome kurde du nord du pays au sein du nouvel Etat syrien.

Les autorités syriennes ont prévenu jeudi matin qu'elles allaient reprendre le bombardement de deux quartiers d'Alep encerclés par l'armée.

La Turquie, qui possède une frontière de plus de 900 km avec la Syrie, y a mené entre 2016 et 2019 plusieurs opérations d'envergure contre les combattants kurdes. (AFP, 8 jan 2026)

Des Kurdes manifestent en Turquie contre l'offensive de l'armée syrienne à Alep

Plusieurs centaines de personnes ont manifesté jeudi à Diyarbakir, principale ville du sud-est de la Turquie, à majorité kurde, pour dénoncer l'offensive de l'armée syrienne contre des combattants kurdes à Alep, ont constaté des correspondants de l'AFP.

Les manifestants ont défilé en rangs serrés pour appeler notamment à la "résistance", au troisième jour d'affrontements meurtriers dans la grande ville du nord de la Syrie.

"Nous appelons les États à agir comme ils l'ont fait pour le peuple palestinien, pour nos frères kurdes qui subissent oppression et souffrances", a déclaré à l'AFP Zeki Alacabey, un retraité de 64 ans.

Les violences, qui ont fait au moins 17 morts depuis mardi, sont les plus graves survenues à Alep entre les autorités islamistes et les combattants kurdes depuis l'avènement du gouvernement d'intérim à Damas.

Les combats ont éclaté alors que les deux parties peinent à appliquer un accord conclu en mars pour intégrer les institutions de l'administration autonome kurde au sein du nouvel Etat syrien.

Plusieurs manifestants de Diyarbakir ont brandi, à visages découvert et sous le regard de policiers, un grand portrait du chef historique du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), Abdullah Öcalan, a constaté un vidéaste de l'AFP.

Ankara, qui a engagé un processus de paix avec les combattants du PKK, s'est toutefois dit prêt jeudi à "soutenir" l'armée syrienne face aux forces kurdes qui tiennent plusieurs quartiers d'Alep et sont accusées d'être liées au PKK.

Des manifestants étaient déjà descendus mercredi soir dans les rues de plusieurs grandes villes turques à majorité kurde, dont Diyarbakir et Van, selon des images diffusées par le DEM, principal parti prokurde du pays.

Des députés du DEM ont protesté jeudi devant le parlement turc à Ankara, dénonçant un "crime contre l'humanité" visant les Kurdes à Alep. (AFP, 8 jan 2026)


Neuf morts dans des affrontements à Alep entre forces kurdes et gouvernementales

Au moins neuf personnes ont été tuées mardi lors d'affrontements entre forces gouvernementales et kurdes à Alep, parmi les plus meurtriers depuis des mois entre les deux parties.

Devant ces violences qui se poursuivaient dans la soirée, les autorités ont décidé de suspendre pour 24 heures tous les vols de l'aéroport de cette grande ville du nord du pays, et de fermer mercredi les écoles, universités et services gouvernementaux.

Les affrontements ont éclaté alors que les discussions patinent pour la mise en oeuvre d'un accord signé en mars, qui était censé intégrer d'ici fin 2025 les Forces démocratiques syriennes (FDS, à majorité kurde) au sein de l'Etat syrien.

Les FDS ont d'abord annoncé que des groupes pro-gouvernement avaient ciblé le quartier de Cheikh Maqsoud, tuant un habitant et en blessant deux autres.

Elles ont ensuite révisé le bilan à quatre civils morts, dont deux femmes et un enfant, victimes de "tirs d'artillerie et de missiles aveugles" à Cheikh Maqsoud et Achrafieh.

Ces deux quartiers à majorité kurde d'Alep sont restés sous le contrôle d'unité kurdes liées aux FDS, malgré un accord de retrait conclu en avril.
(AFP, 6 jan 2026)

Two pro-Kurdish news agencies' X accounts banned in Turkey

The X accounts of the pro-Kurdish outlets Mezopotamya Agency (MA) and Jin News were blocked in Turkey following a court order.

Both accounts were withheld pursuant to a court order under Article 8/A of Law No. 5651, citing the protection of national security and public order as the reason for the ban.

Following the decision, X made the account invisible to users accessing the platform from within Turkey. MA announced its new X handle as "@maturkce2".

Law No. 5651, frequently used by Turkish authorities to regulate online content, allows for the removal of content or the blocking of access to websites and social media accounts to protect national security. (BIA, 9 jan 2026)

Ankara demande à tous les groupes armés kurdes, "y compris en Syrie", de déposer les armes

Tous les groupes armés kurdes, "y compris en Syrie", doivent déposer les armes, a affirmé mardi le ministre turc de la Défense Yasar Guler.

"Le PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan, NDLR) et tous les groupes affiliés doivent immédiatement cesser toute activité terroriste dans toutes les régions où ils sont présents, y compris en Syrie, et déposer les armes sans condition, conformément à la décision de dissolution", a-t-il déclaré, en référence à la décision prise par le PKK en mai de renoncer à la lutte armée.

"Nous ne permettrons à aucune organisation terroriste, et en particulier au PKK, au PYD, aux YPG et aux FDS, de s'implanter dans la région", a-t-il ajouté, citant les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes, ainsi que les Unités de protection du peuple kurde (YPG), qui constituent l'épine dorsale des FDS.

Un accord conclu en mars dernier entre les Kurdes et les nouvelles autorités syriennes prévoit l'intégration des institutions kurdes au pouvoir central, en particulier leurs forces militaires, appelées à rejoindre l'armée syrienne.

Ankara demandait que l'accord puisse être mise en oeuvre avant la fin de 2025, mais les négociations pour son application patinent.

La Turquie considère les groupes armés kurdes en Syrie, en particulier les YPG et les FDS, qui ont notamment lutté contre les jihadistes de l'organisation Etat islamique comme une émanation du PKK.

Le chef historique du PKK, Abdullah Öcalan, détenu depuis 26 ans, avait appelé fin décembre la Turquie à faciliter un accord entre les FDS et Damas.

Le dirigeant des Kurdes syriens Mazloum Abdi, qui commande les FDS, était dimanche à Damas pour de nouvelles discussions avec des responsables sur l'intégration de ses forces dans celles du gouvernement central.

Les pourparlers n'ont pas permis d'avancées significatives, selon les médias d'Etat. (AFP, 6 jan 2026)


Demirtaş sentenced to prison for ‘insulting the president’

His attorneys requested additional time to respond to the prosecutor’s final opinion, citing earlier motions they had submitted. The presiding judge denied the request, stating that time had already been granted for this purpose. The defense then requested recusal, claiming their right to a fair defense was violated. That motion was also rejected.

The court also refused Demirtaş’s request to attend the hearing in person, citing security concerns.

After reviewing the defense, the panel of judges concluded that Demirtaş had insulted the president in a "continuous manner" during two separate speeches and issued the sentence accordingly.

DEM co-leader condemns ruling

Following the verdict, Tuncer Bakırhan, co-chair of the Peoples' Equality and Democracy (DEM) Party, successor of the HDP, made a statement on social media condemning the ruling. “We reject the prison sentence handed down to our valued comrade Selahattin Demirtaş on the pretext of insulting the president. We do not recognize this decision.

“Such court rulings create serious obstacles to building peace. They deepen injustice and strike a blow to the hope for peace. This coup-mentality must be stopped immediately. Our beloved Demirtaş and all political prisoners must be released without delay. The path to peace is built not with coup-style judicial rulings but through freedom and justice.”

Demirtaş has been imprisoned since 2016 on a range of charges and has received multiple sentences. Despite multiple rulings by the European Court of Human Rights (ECtHR) calling for his release, Turkish courts have not complied. Most recently, the European court ruled in July that his continued detention following a 2019 arrest was arbitrary and politically motivated. (BIA, 6 jan 2026)

The Kurd’s lament: Roboskî

In its century-long ordeal with the Republic of Turkey, Roboskî is not merely a wound of the Kurd; it is their history, their memory, and their unending lament. What occurred cannot be reduced to a singular massacre; it is a persistent mark left on the Kurdish body by denial, impunity, and the logic of the state.

Roboskî did not remain frozen on the night the bombs fell. As justice is postponed and truth suppressed, it has turned into a space of mourning passed on to each new generation. For this reason, Roboskî is not a footnote written into Kurdish history; it is a scream that has seeped into every line of it.

Roboskî never became a date left behind on a calendar. It has become a place that freezes anew every winter in our memories and bleeds again every spring. On that night, the bombs raining from the sky shattered not only bodies, but also the sense of justice, the possibility of living together, and the most basic moral thresholds of being human.

While those who were killed were spoken of in the cold, responsibility-free language of “faulty intelligence,” the skies west of the Euphrates were lit up with fireworks during New Year celebrations. At the same moment, those left in the darkness east of the Euphrates were tasked with more than mourning; they were forced to shoulder testimony against enforced forgetting and to keep memory alive against silence.

Once again, the Kurdish reality—and struggle—goes beyond narrating Roboskî merely as a tragedy in its confrontation with the state; it is an effort to place memory in opposition to silenced screams, unfinished lives, and a silence woven through denial.

Because Roboskî is a truth that is killed a second time the moment it is forgotten.

One of those who conveys this most powerfully is the artist Mehmet Akbaş. In his piece Qêrîna Roboskî, Akbaş does not recount the Roboskî Massacre as an “event”; rather, he reconstructs it as a wound opened within the collective Kurdish memory. Mourning lies at the center of the song, but this is not a passive mourning—it is a form of grief that bears witness and demands accountability. Qêrîn (the scream) is both the voice of those who were killed and the unsilenced memory of those who survived. In this way, the work consciously moves between lament and political objection.

A central theme throughout the melody is the targeting of innocence. The bombing of impoverished Kurdish villagers—children and young people—whose lives are part of the everyday reality of the borderlands, is presented as a moral rupture that renders narratives of “mistake” or “accident” untenable. In this song, Roboskî is positioned not only as a Kurdish wound but as a void opened in the conscience of humanity.

Another prominent theme is the regime of impunity and denial. Rather than employing an explicit political language, the song constructs the absence of justice through recurring images and calls of mourning. This choice invites the listener not into a legal debate, but into an ethical confrontation. Silence, forgetting, and the state’s muteness are placed face to face with images of nature, the laments of mothers, and a collective sense of loss.

In the piece, the collective voice precedes the individual narrative. The narrator is not an “I” but a “we,” removing Roboskî from the realm of a singular tragedy and situating it within the ongoing ruptures of Kurdish history. The lyrical and melodic structure, reminiscent of the dengbêj tradition, carries Roboskî into the domain of oral memory rather than written history, producing a form of remembrance resilient against erasure.

Ultimately, Qêrîna Roboskî demonstrates that mourning is not merely a personal state of grief, but can also be a political act and a collective practice of memory. The song reproduces Roboskî not as a closed file, but as a call to conscience that must remain open until justice is served and truth is acknowledged. This call is articulated through words against silence, through lament against denial, and through memory against forgetting.

A shared fate across the Mediterranean

The lament Qêrîna Roboskî, voiced by Kurdish artist Mehmet Akbaş living in exile, intersects in Germany with the story of Greek artist Alexandra Gravas, who comes from another history of exile. The fact that the house where Gravas’s ancestors lived before the population exchange is today located in Söke, Aydın, transforms this encounter from coincidence into something deeper, rendering visible the shared fate of exile, displacement, and lost memories across the Mediterranean geography.

What brings Alexandra Gravas and Mehmet Akbaş together on the same stage, in different languages, is the shared conscience of humanity. Together they remind us once more that one of the most powerful languages for peace, reconciliation, and rebuilding life with all its differences is music. On this stage, as Qêrîna Roboskî rises from Mehmet Akbaş’s voice, Leylim Ley echoes through Alexandra Gravas’s. Mesopotamia, Anatolia, and the Aegean intertwine in these melodies—through shared pains, shared hopes, and shared human values.

Every word spoken about Roboskî—whether a lament, a song, or a text—is at the same time a call to accountability in the face of a history woven through denial. Genuine peace is only possible through a confrontation in which truth, not bombs, speaks; where justice, not silence, prevails. Roboskî will continue to stand as a wound of conscience that cannot be closed until justice is done. What falls to us is not to cover this wound, but to heal it with truth, responsibility, and justice—until justice finally comes to these lands, where the codes engraved into our skin and souls endure. (BIA, 31 December 2025)

Le chef emprisonné du PKK appelle la Turquie à faciliter un accord entre les Kurdes syriens et Damas

Le chef historique du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), Abdullah Öcalan, détenu depuis 26 ans, a appelé la Turquie à faciliter un accord entre les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes, et Damas, dans un message partagé mardi par le parti prokurde DEM.

Ce message intervient la veille du délai d'application d'un accord sur l'intégration des forces kurdes dans les institutions en Syrie.

"Il est essentiel que la Turquie joue un rôle de facilitateur, constructif et axé sur le dialogue dans ce processus. Ceci est crucial tant pour la paix régionale que pour le renforcement de sa propre paix intérieure", a affirmé Abdullah Öcalan dans un message écrit et daté du 30 décembre.

"L'exigence fondamentale énoncée dans l'accord signé le 10 mars entre les FDS et le gouvernement de Damas est un modèle politique démocratique permettant aux peuples de se gouverner ensemble. Cette approche inclut également une base d'intégration démocratique négociable avec les autorités centrales. La mise en oeuvre de l'accord du 10 mars facilitera et accélérera ce processus", a-t-il ajouté.

Considérées comme une émanation du PKK, les Unités de protection du peuple kurde (YPG) constituent l'épine dorsale des FDS.

Un accord conclu en mars dernier entre les Kurdes et les nouvelles autorités syriennes prévoit l'intégration des institutions kurdes au pouvoir central, en particulier leurs forces militaires, appelées à intégrer l'armée syrienne.

Cet accord était censé être mis en oeuvre d'ici la fin de l'année, mais les négociations patinent.

Le dirigeant des Kurdes syriens Mazloum Abdi avait assuré jeudi faire tout son possible pour éviter l'échec de l'accord avec Damas.

Il avait réitéré les demandes des FDS de décentralisation, rejetées par le pouvoir central dirigé par l'ancien jihadiste Ahmad al-Chareh, qui a renversé en décembre 2024 l'ex-président Bachar al-Assad.

Le chef de la diplomatie turque Hakan Fidan, proche des nouvelles autorités syriennes, avait exhorté les Kurdes à appliquer l'accord et à ne pas être un "obstacle à la stabilité du pays".

Ankara, qui considère la présence de combattants kurdes à sa frontière comme une menace et a déjà effectué trois opérations armées en Syrie entre 2016 et 2019, a prévenu récemment les Kurdes que les partenaires de l'accord "perdaient patience"  (AFP, 30 déc 2025)


Minorités / Minorities

La Turquie veut une normalisation "le plus rapidement possible" avec l'Arménie

La Turquie souhaite normaliser ses relations avec l'Arménie "le plus rapidement possible", a affirmé le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan lors d'une conférence de presse à Istanbul.

"Notre objectif est clair, il ne faut pas que nombreuses questions techniques nous retardent. Nous souhaitons que les accords signés entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie soient ratifiés et que la normalisation des relations entre la Turquie et l'Arménie soit engagée le plus rapidement possible afin de poursuivre vers la stabilité et la prospérité de la région", a-t-il déclaré.

Le chef de la diplomatie turque a assuré que "cette volonté existe actuellement au sein des instances politiques azerbaïdjanaises, arméniennes et turques", et a souligné l'importance des élections en juin prochain en Arménie.

"Nous constatons que (le Premier ministre arménien Nikol) Pachinian est en tête des sondages. Nous soutenons pleinement le rôle constructif qu'il joue dans ce dossier. Cette voie, cette volonté, doit se poursuivre", a-t-il insisté.

L'Arménie et l'Azerbaïdjan s'étaient engagés en août dernier à Washington à "cesser définitivement", selon le président américain Donald Trump, le conflit territorial qui les oppose depuis des décennies.

L'accord entre les deux pays prévoit la création d'une zone de transit passant par l'Arménie et reliant l'Azerbaïdjan à son enclave du Nakhitchevan, plus à l'ouest.

La Turquie et l'Arménie avaient annoncé fin décembre un allègement réciproque de leurs procédures dès le 1er janvier 2026, nouvelle étape vers la normalisation de leurs relations.

La Turquie a fermé en 1993 sa frontière avec l'Arménie à la suite de la première guerre du Karabakh entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan.

Les relations diplomatiques entre les deux pays ont été suspendues depuis, mais Ankara et Erevan ont entrepris depuis la fin 2021 de les normaliser avec la nomination d'émissaires. (AFP, 15 jan 2026)

Rassemblement à Bruxelles pour dénoncer les "crimes" contre les Alaouites

Une cinquantaine de personnes se sont rassemblées samedi après-midi sur la place du Luxembourg de Bruxelles pour dénoncer les "crimes" commis contre les populations alaouites en Syrie par le régime syrien, mais aussi ceux perpétrés contre d’autres minorités en Syrie, notamment druzes et kurdes.

"Les Alaouites sont véritablement victimes d’une campagne génocidaire", a dénoncé Bahar Kimyongür, responsable du Comité de soutien aux Alaouites de Syrie. "Leurs quartiers et leurs villages sont mitraillés. Des fermiers et des commerçants sont victimes d’exécutions extrajudiciaires. C’est tous les jours ainsi", a déploré le responsable.

Depuis 2024, et la chute du régime de Bachar al-Assad, c’est l’ancien chef rebelle Ahmed al-Charaa qui est arrivé au pouvoir. Ce dernier affirme avoir rompu avec son passé de combattant djihadiste et tente de réhabiliter la Syrie sur la scène internationale.

"Les Alaouites ont toujours été haïs et détestés par une frange radicale des musulmans sunnites", a précisé Bahar Kimyongür. "Sous l’ère Assad, les Alalouites bénéficiaient d’une certaine protection. Depuis le départ d’Assad, les Alaouites sont complètement à la merci du régime".

D’autres associations représentant d’autres minorités étaient également présentes au rassemblement.

Cette action intervient alors que l’armée syrienne a mené une opération militaire contre des combattants kurdes à Alep samedi. (RTBF, 10 janvier 2026)

La Turquie et l'Arménie annoncent un allègement réciproque de leurs procédures de visas

La Turquie et l'Arménie ont annoncé lundi un allègement réciproque de leurs procédures de visas à partir du 1er janvier 2026, une nouvelle étape dans la normalisation des relations entre Ankara et Erevan, ont indiqué les ministères des Affaires étrangères des deux pays.

"Les titulaires des passeports diplomatiques, spéciaux et de service des deux pays pourront obtenir un visa électronique gratuitement à compter du 1er janvier 2026", ont annoncé les deux pays dans deux communiqués identiques mais séparés.

"À cette occasion, l'Arménie et la Turquie réaffirment leur engagement à poursuivre le processus de normalisation entre les deux pays dans le but de parvenir à une normalisation complète sans aucune condition préalable", ont-ils ajouté.

"Une nouvelle étape dans le processus de normalisation entre la Turquie et l'Arménie. Nous espérons qu'elle sera bénéfique", a de son côté réagi sur X l'émissaire turc Serdar Kiliç, chargé de normaliser les relations entre les deux pays.

La Turquie a fermé en 1993 sa frontière avec l'Arménie à la suite de la première guerre du Karabakh entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan.

Les relations diplomatiques entre les deux pays ont été suspendues depuis, mais Ankara et Erevan ont entrepris depuis la fin 2021 de les normaliser avec la nomination d'émissaires.

Le Premier ministre arménien Nikol Pachinian a effectué en juin une visite qualifiée "d'historique" en Turquie.

Les premiers vols commerciaux avaient repris en 2022 entre les deux pays, assurés par les compagnies à bas prix, FlyOne en Arménie et Pegasus en Turquie.

La compagnie nationale turque Turkish Airlines a annoncé la semaine dernière que ses premiers vols Istanbul-Erevan-Istanbul seront effectués tous les jours à partir du 11 mars. (AFP, 29 déc 2025)

Politique intérieure/Interior Politics

Quatre sujets d’actualité et un autre bien grave...

Ragip Duran, TVXS.GR, 19 janvier 2026

Cette semaine, les médias turcs, proches du pouvoir ou proches de l’opposition tous confondus, se sont concentrés sur quatre sujets :

- Les opérations de la police et du parquet contre les célébrités accusés de consommer des stupéfiants.

- Les opérations militaires contre les FDS (Forces Démocratiques de la Syrie) dans la région d’Aleppo.

- Les procès en cours contre le maire élu d’Istanbul en prison depuis le 27 mars 2025.

- Les conditions météorologiques de plus en plus dures avec la neige qui bloque le train de vie.

A la une des quotidiens, on peut lire tous les jours les noms des stars du show-business, du football ou bien des médias ‘’accusés de consommer des stupéfiants’’ mis en garde à vue et plus tard écroués. Comme la consommation à elle toute seule n’est pas un délit ou un crime, ces célébrités sont accusés par le parquet ‘’d’encourager la consommation de drogues’’ ou bien ‘’d’organiser des groupes pour consommer des drogues’’. Arrêtes chez eux au petit matin, ils sont envoyés à l’hôpital pour un test. Et si le test est positif, ils se trouvent devant le procureur.

‘’Ainsi, le régime a trouvé un sujet populaire pour divertir les citoyens. Par ailleurs, le pouvoir passe pour une autorité fidèle aux bonnes mœurs, alors qu’il y a pas mal de célébrités proche d’Erdogan parmi les victimes de cette vague d’arrestation’’ constate un internaute.

Le problème kurde est toujours à la une des médias, en particulier en rapport avec les développements récents en Syrie. Le projet appelé ‘’La Turquie Sans Terrorisme’’ par le régime et ‘’La Paix et la Démocratie Sociale’’ par Ocalan, est presque complètement bloqué. Car Erdogan insiste sur le désarmement des FDS, qui ont été la cible des attaques à Aleppo par les groupes islamistes soutenus par Ankara. Damas, désire désormais ‘’se débarrasser’’ des Kurdes afin de créer la République Arabe de Syrie, qui ressemble beaucoup au régime d’Assad, mais aussi au régime en vigueur en Turquie : un Etat central et centraliste, avec une seule nation, un seul drapeau, une seule langue, une seule religion voire un seul secte (sunnite) qui renie l’existence même des Kurdes, des Druzes, des Alaouites, des Chrétiens, des Arméniens, des Circassiens et des Turkmènes. Washington, Tel Aviv, Londres, Paris et Riyad sont également militairement et politiquement présents en Syrie et essaient de trouver une solution pacifique.

Le régime turc poursuit ses attaques politiques et ‘’juridiques’’ contre le maire élu d’Istanbul M. Ekrem Imamoglu, candidat aux élections présidentielles qui devraient se tenir théoriquement au plus tard le 14 mai 2028. Imamoglu en prison depuis environ dix mois, est encore et toujours à la tête des sondages d’opinion publique devant Erdogan. La licence universitaire d’Imamoglu a été annulée à la suite des manœuvres abracadabresques et plusieurs procès sont en cours contre lui. Il est accusé de corruption et d’aider une organisation terroriste.

Enfin, la météo est devenue, comme toujours en cette saison, un sujet populaire et grave. Car certaines routes sont bloquées, les écoles sont fermées à cause de la neige dans certaines villes du pays.

A part ces quatre sujets médiatiques, l’homme de la rue souffre de plus en plus de la vie chère. Le taux d’inflation est de 30.8 % selon TUİK organisme officiel des statistiques alors que l’ENAG (Groupe d’Études de l’Inflation), formé des universitaires et spécialistes indépendants, déclare que le taux est de 56.1 %. Rappelons que le SMIG (le salaire minimum) pour l’année 2026 est de 33.030 livres turques (environ 665 euros). Cette somme correspondant à peine à un mois de location d’un appartement de 2 pièces dans la banlieue d’Istanbul.

‘’Les citoyens dont le salaire s’évapore à la fin de la deuxième semaine du mois, s’occupent des célébrités qui se droguent, des attaques des islamistes en Syrie, d’un maire en prison et enfin de la neige qui tombe. Les pauvres...’’ Constate un professeur de finances publiques en exil en Allemagne.

Le maire emprisonné d'Istanbul reste "combatif", affirme une députée européenne

Le maire d'opposition d'Istanbul Ekrem Imamoglu, emprisonné depuis dix mois et qui risque la prison à vie, reste "combatif" et veut poursuivre son "combat politique", a affirmé vendredi une député européenne lui ayant rendu visite à la prison stambouliote de Silivri.

"Il est plongé dans un combat judiciaire... Il se bat pour obtenir justice (et le droit) de (poursuivre) son combat politique", a expliqué Isabel Wiseler-Lima, élue luxembourgeoise au Parlement européen, à un groupe de journalistes à l'issue d'une visite de deux jours en Turquie au côté d'élus européens.

"Il est combatif et c'est une bonne chose", a ajouté l'élue, membre du Parti populaire européen (PPE, droite), qui a pu s'entretenir pendant plus d'une heure vendredi avec M. Imamoglu.

Arrêté en mars, Ekrem Imamoglu est accusé d'avoir dirigé une organisation criminelle, une accusation qu'il rejette. Il est poursuivi pour un total de 142 chefs d'inculpation qui lui font encourir plus de 2.400 ans de prison.

L'arrestation de l'édile, figure du principal parti d'opposition (CHP, social-démocrate) et considéré comme le plus sérieux rival du président Recep Tayyip Erdogan, avait provoqué une vague de contestation inédite en Turquie depuis 2013.

"Nous réclamons (...) sa libération et qu'il puisse poursuivre sa carrière politique", a déclaré Mme Wiseler-Lima, qui a également pu s'entretenir à la prison de Silivri avec le philanthrope turc Osman Kavala, condamné à la prison à vie pour des accusations qu'il nie lui aussi.

La délégation européenne appelle les autorités turques à respecter l'Etat de droit et les droits humains.

"Nous demandons des signes concrets, pas seulement des mots mais des actes, qui montrent que c'est la direction que la Turquie souhaite prendre", a insisté la députée.

Fin août, une délégation de maires de grandes villes européennes (Barcelone, Athènes, Budapest, Belgrade et Sofia...) était déjà venue soutenir le maire d'Istanbul, qui avait été réélu largement en 2024. (AFP, 9 jan 2026)

Forces armées/Armed Forces

Erdogan compte sur Trump pour réintégrer le programme des F-35

Le président turc Recep Tayyip Erdogan compte sur le retour de Donald Trump à la Maison Blanche pour réintégrer le programme des avions de chasse F-35 dont il estime que son pays a été "injustement écarté", a-t-il dit lors d'un entretien rapporté lundi par la présidence.

"La réception par la Turquie des avions F?35 et sa réintégration au programme sont importantes et nécessaires", a-t-il déclaré dans un entretien écrit à l'agence Bloomberg, rapporté par la présidence turque.

"Le président Erdogan a précisé que cet objectif vise à améliorer les relations avec les États-Unis et à contribuer à la défense de l'OTAN", indiquent ses services, soulignant que "la commande de F-35 a été payée".

M. Erdogan "a qualifié d'injuste la décision d'exclure la Turquie du programme F-35 en raison de l'acquisition de matériel militaire auprès de la Russie et a confirmé avoir personnellement fait part de cette préoccupation à (Donald) Trump" lors de sa réception en septembre à la Maison Blanche, poursuit la présidence.

Ankara avait été exclu du programme des F-35 en 2019, non seulement comme client mais aussi comme partenaire industriel de l'avion de combat américain, pour avoir acquis un système de défense russe anti-missile S-400.

"La réception par la Turquie des avions F?35 qu'elle a déjà payés et sa réintégration au programme sont importantes et nécessaires", a insisté le chef de l'Etat qui a précisé que cet objectif "vise à améliorer les relations avec les États-Unis et à contribuer à la défense de l'OTAN".

M. Erdogan a souligné par ailleurs qu'en ayant "su rester hors du conflit" entre Moscou et Kiev, "la Turquie demeure un possible hôte de futures négociations de paix" et qu'Ankara "pourrait apporter son soutien au contrôle d'un cessez-le-feu entre les pays".

"La Turquie est le seul acteur capable de s'entretenir directement à la fois avec (le président de la Russie Vladimir) Poutine et le président de l'Ukraine, (Volodymyr) Volodymyr Zelensky", a-t-il rappelé.

"La porte de la Turquie reste ouverte à tous", insiste la présidence en relevant que le chef de l'Etat a "clairement exprimé sa détermination, à de nombreuses reprises, aux deux dirigeants." (AFP, 5 jan 2026)

Erdogan salue l'accord sur la livraison à l'Espagne d'avions de combat turcs

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a salué samedi un accord au terme duquel l'Espagne va acquérir des avions de combat d'entraînement Hurjet, fabriqués en Turquie, une preuve selon lui du "rôle pionnier" de son pays dans l'industrie de la défense et de l'aviation.

De source officielle turque, l'accord signé cette semaine prévoit l'achat par l'armée de l'air espagnole de 30 de ces appareils, pour un montant évalué à 2,6 milliards d'euros.

"Tout récemment, l'accord que nous avons conclu avec l'Espagne a confirmé le rôle pionnier de notre pays dans ce domaine", a déclaré M. Erdogan lors d'un événement à Istanbul samedi.

L'intégration du Hurjet par un État membre de l'Union européenne et de l'Otan élargira encore les opportunités de la Turquie dans les années à venir, a-t-il ajouté.

Mardi, Haluk Gorgun, chef de l'agence de l'industrie de défense turque, avait décrit cet accord comme étant bien plus qu'une simple vente d'avions.

"Il ne s'agit pas seulement d'un contrat portant sur un avion d'entraînement. C'est un package complet qui comprend des systèmes au sol, des systèmes de simulation, des services de maintenance et de soutien, ainsi qu'un modèle de coopération", avait-il affirmé, soulignant l'approfondissement de la coopération entre la Turquie et l'Espagne dans l'industrie de la défense et les hautes technologies.

La Turquie a progressivement développé ses exportations de défense ces dernières années, notamment de drones qui ont été vendus à de nombreux pays.

Selon M. Erdogan, ces exportations, qui s'élevaient à 248 millions de dollars (211 millions d'euros) en 2002, ont atteint 9,8 milliards de dollars (8,3 milliards d'euros) en 2025. (AFP, 3 jan 2026)

Affaires religieuses / Religious Affairs

357 personnes arrêtées dans une opération contre l'organisation Etat islamique

Les forces de l'ordre ont arrêté 357 personnes dans un coup de filet mené dans 21 provinces contre l'organisation Etat islamique (EI), a annoncé mardi le ministre turc de l'Intérieur Ali Yerlikaya, au lendemain d'une opération contre l'EI où trois policiers ont été tués dans le nord-ouest de la Turquie.

"Lors d'opérations simultanées menées ce matin par nos forces de police dans 21 provinces, nous avons appréhendé 357 suspects liés à l'EI. (...) Nous n'avons jamais laissé la moindre chance à ceux qui tentent de mettre ce pays à genoux par le terrorisme", a affirmé le ministre sur X.

Trois policiers ont été tués lundi au cours d'une opération contre l'EI à Yalova, dans le nord-ouest de la Turquie.

Un affrontement qui a duré plusieurs heures entre la police et des membres de l'EI a éclaté à la suite de cette opération où six membres de l'EI, tous de nationalité turque, ont été tués.

Jeudi dernier, le procureur d'Istanbul avait ordonné l'arrestation de 137 membres présumés de l'EI "à la suite de renseignements indiquant que l'organisation terroriste EI planifiait des attaques pendant les célébrations de Noël et du Nouvel An".

La Turquie, qui a une frontière de 900 km avec la Syrie, redoute des infiltrations de ce groupe jihadiste toujours actif chez son voisin. (AFP, 30 déc 2025)

Trois policiers tués lors d'une opération contre le groupe Etat islamique

Trois policiers ont été tués lundi au cours d'une opération contre l'organisation Etat islamique (EI) à Yalova, dans le nord-ouest de la Turquie, a annoncé le ministre turc de l'Intérieur Ali Yerlikaya.

"Ce matin, des opérations simultanées ont été menées à 108 adresses différentes dans 15 provinces. L'une d'elles a eu lieu à Yalova à 02h00 (23h00 GMT, NDLR). (...) Au cours de cette opération, des terroristes de l'EI ont ouvert le feu sur nos courageux policiers. A la suite de cette attaque perfide, trois de nos policiers ont malheureusement perdu la vie. Huit policiers et un agent de sécurité ont été blessés", a affirmé le ministre.

Six membres de l'EI, tous de nationalité turque, ont été tués, tandis que cinq femmes et six enfants se trouvant à leurs côtés ont été évacués sain et saufs, a précisé M. Yerlikaya.

Les affrontements entre la police et des membres de l'EI ont duré plus de sept heures, jusqu'à 9h40 (6h40 GMT). En raison de l'opération, le gouverneur de Yalova a ordonné la fermeture des écoles pour la journée.

"Nous poursuivrons notre lutte contre les criminels sanguinaires qui menacent la paix de notre nation et la sécurité de notre État, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de nos frontières, de manière déterminée, multiforme et intransigeante", a affirmé le président turc Recep Tayyip Erdogan, présentant ses condoléances aux proches des policiers tués.

Cinq suspects ont été placés en garde à vue dans le cadre de l'enquête ouverte par le parquet de Yalova, a de son côté annoncé le ministre de la Justice Yilmaz Tunç.

Jeudi dernier, le procureur d'Istanbul avait ordonné l'arrestation de 137 membres présumés de l'EI "à la suite de renseignements indiquant que l'organisation terroriste EI planifiait des attaques pendant les célébrations de Noël et du Nouvel An".

La Turquie, qui a une frontière de 900 km avec la Syrie, redoute des infiltrations de ce groupe jihadiste toujours actif chez son voisin.

L'EI a notamment été accusé récemment d'avoir frappé des Américains à Palmyre, dans le centre de la Syrie, provoquant la mort de deux militaires et d'un interprète.

Les services de renseignement turcs ont en outre annoncé l'arrestation, "entre Afghanistan et Pakistan", d'un chef présumé de l'EI soupçonné de préparer des attentats dans la région et jusqu'en Europe.

Au moment de son arrestation, le suspect, Mehmet Gören, ramené en Turquie depuis, a été accusé par les renseignements turcs, le MIT, de "préparer des attentats-suicides contre des civils en Afghanistan, au Pakistan, en Turquie et en Europe".

Plusieurs pays dont la France ont fait état d'une menace terroriste particulièrement vive en cette fin d'année. (AFP, 29 déc 2025)


Socio-économique / Socio-economic

Men kiled at least 299 women in 2025

According to data compiled by bianet from news reports in local, national, and online media outlets in Turkey between Jan 1 and Dec 31, 2025, men killed at least 299 women and 64 children in 2025.

In 2025, the deaths of at least 471 women, including trans women, were "suspicious" and could not be definitively determined whether they were femicides.

Femicide

In 2025, men killed at least 299 women.

At least 11 of the women killed by men were women who had migrated to Turkey.

Shaxnoz L. (Özbekistan), Leeqa Azemi, Valentina Gurgenadze, Vasılahon Usmanova (Özbekistan), Zukaa Mahmoud (Suriye), Nura Zemzem, Shabana Solaıman K. (Afganistan), Muattar Alıeva (Özbekistan), Najiba İ. (Afganistan), Nıgına Sattarova (Özbekistan), Jawhara Aboucheikh (Fas).

Where did men kill the women?

Men killed 196 women indoors and 101 women outdoors. The location of where two women were killed was not reported in the media.

Who killed the women?

In 2025, 195 women were killed by men such as their husbands, boyfriends, or ex-boyfriends. Fifty-eight women were killed by family members such as fathers or brothers. Nine women were killed by their sons-in-law, 10 by their neighbors, nine by coworkers or friends, three by their employers, two by burglars who broke into their homes, and one by a non-commissioned officer. The degree of closeness of the men who killed 12 women was not reported in the media.

How did men kill the women?

Men killed 201 women with firearms, 68 with sharp objects, and 29 by beating/strangling, throwing them from balconies, or burning them. The method by which at least one woman was killed was not reported in the media.

With what "excuses" did men kill the women?

In 2025, men killed 122 women because they refused to reconcile, rejected a marriage proposal, or wanted to divorce. Men killed five women to rob them and five others out of jealousy. The “excuse” for killing 167 women was not reported in the media.

Legal proceedings

There were at least 344 perpetrators who killed women in 2025. Two hundred twenty-seven perpetrators were arrested. One perpetrator was released. Forty-six were detained. Fifty-seven committed suicide. Twelve fled. The legal process of one perpetrator was not reported in the media. (BIA, 22 Jan 2026)

"Nous n'arrivons pas à joindre les deux bouts", dénoncent les fonctionnaires

Plusieurs centaines de fonctionnaires ont manifesté mercredi à Ankara pour réclamer de nouvelles hausses de salaires face à l'inflation, supérieure à 30% sur un an.

Malgré une hausse de 18,6% de leurs salaires au 1er janvier, la plupart des employés des services publics vivent sous le seuil de pauvreté, affirme la Kesk, une des principales confédérations des syndicats de fonctionnaires en Turquie, qui demande un nouveau coup de pouce de 20%.

Depuis le 1er janvier, le salaire minimum des fonctionnaires, allocations familiales incluses, s'élève à 61.890 livres turques (1.230 euros environ).
 Mais selon la principale confédération syndicale de Turquie, le seuil de pauvreté pour un ménage de quatre personnes est passé désormais au-dessus de 98.000 livres turques (1.950 euros environ).

De nombreuses familles dépendent d'un seul salaire.

"Nos salaires ne suffisent même plus à couvrir la hausse des loyers !", affirme Ayfer Kocak, la co-présidente de la Kesk, lors d'un rassemblement devant le ministère du Travail à Ankara.

Selon l'institut national de la statistique (Tüik), l'inflation a ralenti à 30,9% en décembre en glissement annuel, après un pic au-delà des 75% au printemps 2024.

Mais les chiffres officiels sont contestés par les syndicats et le groupe d'économistes indépendants Enag selon lequel l'inflation en décembre 2025 a atteint 56,14% sur l'année.

"Le gouvernement condamne les fonctionnaires à vivre dans des conditions insalubres, en se basant sur les données mensongères du Tüik", a affirmé à l'AFP Tülay Yildirim, professeur et dirigeant de la branche locale du syndicat des enseignants Egitim-sen.

"Nous voulons faire entendre la voix des travailleurs, dire que nous n'arrivons pas à joindre les deux bouts et recevoir la part qui nous revient de ce budget (de l'Etat) obtenu grâce aux impôts de tous", a-t-elle ajouté.

"Nous n'avons même pas de quoi nous habiller pour aller travailler, et encore moins nous acheter un costume-cravate. Avec un tel salaire, impossible de vivre dans une grande ville !", a déploré Osman Seheri, dirigeant de la branche locale du syndicat des travailleurs
municipaux Tumbelsen, réclamant que les salaires de tous les fonctionnaires dépassent le seuil de pauvreté. (AFP, 14 jan 2026)

"Sécheresse record" à Ankara où des coupures d'eau perdurent

Les coupures d'eau mises en place depuis  plusieurs semaines à Ankara, la capitale turque, sont la conséquence d'"une  sécheresse record", a indiqué samedi à l'AFP un responsable de la municipalité  en rejetant les accusations de mauvaise gestion.

"2025 a été une année record en termes de sécheresse. Le volume d'eau  alimentant les barrages a chuté à des niveaux historiquement bas, à 182  millions de m² sur l'année 2025, contre 400 à 600 millions de m² les années  précédentes. Il s'agit de la période la plus sèche de ces 50 dernières  années", a déclaré le directeur général de la direction des eaux de la  municipalité d'Ankara, Memduh Akçay.

Afin d'économiser les maigres ressources en eau de la ville, où le taux de  remplissage des barrages est tombé à 1,12%, les robinets sont coupés plusieurs  heures par jour dans certains quartiers, selon un système de rotation,  obligeant de nombreux habitants à faire la queue devant des fontaines  publiques pour y remplir des bonbonnes.

Ces scènes ont conduit le président turc Recep Tayyip Erdogan à qualifier  d'"incapables" les responsables de la municipalité d'Ankara, dirigée par le  principal parti d'opposition.

Rejetant ces critiques, la mairie affirme qu'Ankara subit les conséquences  du changement climatique et de la hausse de sa population, qui a doublé depuis  les années 1990 pour atteindre près de 6 millions d'habitants.

"Outre la baisse des précipitations, l'irrégularité du régime  pluviométrique, la diminution des chutes de neige et la conversion rapide des  précipitations en ruissellement (due à l'urbanisation, NDLR) empêchent le  remplissage efficace des barrages", explique M. Akçay.

Grâce à un nouveau système de pompage permettant d'utiliser l'eau des  barrages située sous la hauteur minimum requise, aucune coupure d'eau n'aura  lieu ce week-end, assure la mairie d'Ankara qui prévient toutefois que le  problème perdurera en l'absence de précipitations suffisantes.

Une grande partie de la Turquie a également subi en 2025 une sécheresse  historique.

La municipalité d'Izmir (ouest), troisième ville du pays sur la côté  égéenne, impose des coupures d'eau quotidiennes à une partie de ses  administrés depuis l'été dernier. (AFP, 10 jan 2026)

Men killed 28 women in December

According to the news compiled by bianet from local and national newspapers, news sites, and agencies, men killed at least 28 women and 4 children in December.

In December, men subjected at least 51 women to violence, abused at least 59 girls and boys, and harassed 14 women. Men forced 153 women into sex work.

In December, the deaths of at least 56 women and nine children were reported in the media as “suspicious.” One of the suspicious deaths was that of Poyraz, a trans person in prison.

Provinces where suspicious deaths of women

Adana (1), Adıyaman (1), Afyon (1), Ağrı (1), Aydın (3), Ankara (1), Antalya (3), Bursa (2), Burdur (2), Çanakkale (4), Çorum (1), Denizli (2), Diyarbakır (1), Edirne (1), Giresun (1), Isparta (1), İstanbul (3), İzmir (1), Kayseri (2), Kilis (1), Konya (1), Malatya (1), Manisa (2), Mardin (1), Muğla (3), Niğde (2), Sakarya (1), Samsun (2), Tokat (1), Urfa (2), Van (1), Zonguldak (2)

Provinces where suspicious deaths of children

Antalya (1), Antep (1), Denizli (1), Konya (1), Kocaeli (1), Manisa (1), Mersin (1), Osmaniye (1), Urfa (1).

2025–2020 male violence data

In 2025, men killed 299 women, harassed 201 women, abused 265 children, subjected 724 women to violence, and raped 14 women. Men forced at least 1,168 women into sex work. While the deaths of 471 women were reported in the media as “suspicious,” men killed at least 64 children.

In 2024, men killed 378 women, harassed 131 women, abused 229 children, subjected 645 women to violence, and raped 16 women. Men forced at least 772 women into sex work. While the deaths of 315 women were reported in the media as “suspicious,” men killed at least 43 children.

In 2023, men killed 333 women, harassed 355 women, abused 123 children, subjected 745 women to violence, and raped 18 women. Men forced at least 371 women into sex work. While the deaths of 270 women were reported in the media as “suspicious,” men killed at least 28 children.

In 2022, men killed 327 women, harassed 156 women, abused 238 children, subjected 793 women to violence, and raped 32 women. Men forced at least 442 women into sex work. In 2022, the deaths of 198 women were reported in the media as “suspicious,” and men killed 39 children.

In 2021, men killed 324 women, harassed 424 women, abused 208 children, and raped 96 women. Men forced at least 772 women into sex work and subjected at least 793 women to violence or injury. In 2021, the deaths of 213 women were reported in the media as “suspicious,” and men killed at least 34 children.

In 2020, men killed at least 284 women, harassed 147 women, abused 265 children, and raped 96 women. Men forced at least 818 women into sex work and subjected at least 792 women to violence. (BIA, 5 Jan 2026)

La Turquie envisage de conclure un accord avec la Syrie pour  l'exploration énergétique en mer

La Turquie envisage de conclure en 2026 un  accord avec la Syrie pour l'exploration énergétique en mer, a affirmé lundi le  ministre turc de l'Energie Alparslan Bayraktar.

"Nous avons un accord-cadre général avec la Syrie. Cependant, un accord  spécifique pour l'exploration en mer sera nécessaire. Nous espérons le  conclure en 2026", a déclaré le ministre lors d'une interview au site turc  d'information GDH.

"Je ne dis pas que les forages débuteront en 2026, mais après la signature  de l'accord, nous devrons peut-être, dans un premier temps, effectuer des  études sismiques afin d'obtenir des informations sur le terrain", a-t-il  ajouté.

La Turquie et la Syrie ont signé en mai un accord de coopération visant à  développer et renforcer la collaboration dans le domaine de l'énergie.

 "L'accord que nous avons signé aujourd'hui dans les domaines de l'énergie,  des mines et des hydrocarbures constitue une feuille de route importante pour  les étapes à venir", avait alors commenté M. Bayraktar.

La Turquie reste fortement dépendante des importations pour couvrir ses  besoins énergétiques et le président turc Recep Tayyip Erdogan souligne  régulièrement la volonté de son pays d'atteindre l'indépendance énergétique.

 A l'été 2020, la Turquie a voulu explorer des gisements d'hydrocarbures en  Méditerranée orientale, suscitant des tensions avec la Grèce et l'Union  européenne.

En août 2020, la France a dépêché deux chasseurs Rafale et deux bâtiments  de la Marine nationale en Méditerranée orientale, au côté de la Grèce, après  le déploiement du navire Oruç Reis dans une zone disputée entre Ankara et  Athènes. (AFP, 29 déc 2025)

Relations turco-européennes / Turkey-Europe Relations

Une manifestation Kurde interdite à Marseille après des incidents

Les autorités ont interdit vendredi une nouvelle manifestation de la communauté kurde prévue samedi à Marseille, après plusieurs mobilisations similaires émaillées de "troubles à l'ordre public".

Jeudi, environ 2.500 membres de la communauté kurde ont manifesté dans le centre de Marseille.   La préfecture a signalé des échauffourées au cours desquelles les forces de l'ordre ont été la cible de jets de projectiles et de tirs de mortiers d'artifice, qui ont fait dix blessés légers dans leurs rangs.   Des journalistes de l'AFP ont vu des motos calcinées, des arrêts de bus et de tramway aux vitres pulvérisées.

Une nouvelle manifestation kurde qui devait se tenir samedi en début d'après-midi dans le quartier touristique de la Canebière et du Vieux-Port est interdite, selon un arrêté de la préfète de police déléguée, Corinne Simon.

Outre les incidents de jeudi, Mme Simon cite pour justifier cette décision une "manifestation non déclarée" à Marignane mardi qui avait "engendré d'importants troubles à l'ordre public" et fait neuf blessés parmi les forces de l'ordre.

Ce même mardi à Marseille, une vingtaine de personnes issues de la communauté kurde avaient pénétré "sans autorisation" dans les locaux de France 3, "causant ainsi d'importants troubles."

"Si la liberté de manifester est un droit fondamental protégé par la République, de tels troubles à l'ordre public ne peuvent être tolérés", a déclaré de son côté le préfet des Bouches-du-Rhône Jacques Witkowski, indiquant dans un communiqué qu'un "dispositif de maintien de l'ordre" sera déployé pour s'assurer que l'interdiction de manifester samedi sera bien respectée.

Ces manifestations interviennent au moment où la communauté kurde en Syrie, qui dispose de ses propres forces et d'une région autonome dans le nord-est syrien, est engagée dans des tensions avec le pouvoir de Damas, déterminé à étendre son autorité sur l'ensemble du pays morcelé par la guerre.

"Nous ne lâchons pas les Kurdes, nous savons ce que nous leur devons. Ce sont nos frères d'armes", a déclaré jeudi le Quai d'Orsay, en allusion au rôle essentiel joué par les forces kurdes, aux côtés de la coalition internationale antijihadiste menée par les Etats-Unis, dans la lutte contre le groupe Etat islamique (EI). (AFP, 23 jan 2026)

Trahir les Kurdes, c'est réveiller Daech

Dorian de Meeûs, La Libre Belgique, 22 jan 2026


Les images qui nous parviennent du nord-est de la Syrie sont insoutenables. Elles montrent une répression d'une brutalité extrême menée par les forces du régime syrien et des milices contre les populations kurdes. Tortures, exécutions sommaires et violences aveugles contre des civils et des enfants. La barbarie est à l'œuvre.

À cette tragédie humaine s'en ajoute une autre : l'effondrement du dispositif de détention des djihadistes de l'État islamique. Depuis des années, ce sont les forces kurdes qui gardaient, souvent seules, des camps et prisons renfermant des milliers d'hommes et de femmes radicalisés, parmi lesquels de nombreux ressortissants européens. Aujourd'hui, ces camps se vident. Et avec eux s'échappe un poison que l'on croyait contenu. Pourtant, les États-Unis pressent les Européens depuis des années de rapatrier leurs ressortissants djihadistes afin de les juger. Nous avons fermé les yeux.

Face à cette double alerte – morale et sécuritaire -, que font les dirigeants occidentaux ? Ils temporisent, serrent des mains à Damas, invoquent la stabilité régionale et promettent des aides financières. Mais ils se taisent quand nos alliés les plus fiables contre l'État islamique sont abandonnés à leur sort.

Les Kurdes ont été l'infanterie de la coalition internationale contre Daech. Quand les avions occidentaux frappaient à distance, leurs combattants tenaient le terrain. Quand l'État islamique semait la terreur à Bruxelles, Paris ou Londres, ils mouraient à Kobané, à Raqqa ou dans le désert. Plus de 13 000 d'entre eux ont payé de leur vie cette guerre menée aussi pour notre sécurité.

Les abandonner aujourd'hui ne serait pas seulement une faute morale. Ce serait une erreur stratégique majeure. Une trahison de nos engagements, mais aussi de nos intérêts les plus élémentaires. Il faudrait s'accommoder du pouvoir en place à Damas, quel qu'il soit, pour éviter le chaos ? Non, il n'y a rien de réaliste à sacrifier une minorité alliée sur l'autel d'une stabilité illusoire. Rien de responsable à fermer les yeux sur la libération de djihadistes aguerris. Rien de lucide à croire que l'incendie syrien ne projettera pas, demain, ses étincelles sur le sol européen.

Chaque compromis avec l'inhumanité revient, tôt ou tard, frapper à notre porte. C'est pourquoi il faut défendre les Kurdes qui nous appellent à l'aide. Faisons-le au moins par instinct de survie. À défaut d'honneur, qu'il y ait la lucidité.

Paris assure ne pas "lâcher" les Kurdes, malgré la reprise en main de Damas


La France a martelé jeudi qu'elle n'abandonnait pas les Kurdes, ces "frères d'armes" qui ont joué un rôle clé pour combattre le groupe Etat islamique (EI), mais dont les espoirs d'autonomie en Syrie ont été douchés par les autorités de Damas.

"Nous ne lâchons pas les Kurdes, nous savons ce que nous leur devons", a déclaré Pascal Confavreux, porte-parole du ministère français des Affaires étrangères lors d'une conférence de presse, alors que quelques milliers de Kurdes manifestent quasi-quotidiennement en France pour exprimer leur colère et le sentiment d'avoir été trahis.

La minorité kurde, qui avait instauré une zone autonome dans le nord et le nord-est de la Syrie, le Rojava, après avoir défait l'EI avec l'aide de la coalition internationale antijihadiste menée par les Etats-Unis, a connu un important revers face à un pouvoir central soucieux de l'unité du pays.

Dans une offensive éclair menée avec l'assentiment apparent de Washington et avec le soutien de la Turquie, les nouvelles autorités syriennes dirigées par Ahmed al-Chareh ont repris par la force les territoires administrés par les Forces démocratiques syriennes (FDS), bras armé de l'administration autonome kurde, mettant fin au Rojava.

Délogés successivement d'Alep, des provinces de Raqa et Deir Ezzor, les FDS ont dû se replier au coeur de leur zone, à Hassaké.

Le présidence française souligne ne pas avoir été informé "en amont de cette offensive".

Le président Emmanuel Macron s'est en revanche à "nouveau entretenu ces derniers jours avec le président Ahmed al-Chareh ainsi qu'avec le général Mazloum Abdi et le président de la région autonome du Kurdistan, Nechirvan Barzani", a fait savoir l'Elysée. (AFP, 23 jan 2026)


Six blessés dans une attaque au couteau lors d'une manifestation kurde

Six personnes ont été blessées jeudi en Belgique, dont deux grièvement, dans une attaque au couteau lors d'une manifestation kurde à Anvers, a annoncé à l'AFP un porte-parole de la police locale.

Les victimes ont toutes été hospitalisées et quatre individus ont été arrêtés, a ajouté le porte-parole, sans pouvoir confirmer à ce stade le nombre et les motivations des assaillants.

L'attaque est intervenue en début de soirée devant l'Opéra d'Anvers, dans le nord du pays, où la manifestation avait lieu.

"La manifestation se déroulait dans le calme et sans incident. De nombreuses familles, femmes, jeunes et enfants étaient présents. Alors que le rassemblement se dispersait, les manifestants kurdes ont été attaqués par un groupe d'hommes", a rapporté dans un communiqué NavBel, le conseil des communautés kurdes de Belgique.

"Ces hommes s'étaient infiltrés dans la manifestation et ont soudainement sorti des couteaux", puis se sont mis à poignarder les manifestants "sans distinction", a affirmé NavBel.

Une enquête a été ouverte pour tentatives de meurtres, et non pour terrorisme, a précisé la police.

Le porte-parole de la police d'Anvers, Wouter Bruyns, a précisé à l'AFP qu'une enquête était en cours pour tenter de vérifier le nombre total d'assaillants et retrouver d'éventuels autres suspects.

Des images de vidéosurveillance du quartier sont en cours d'examen.

La manifestation avait été organisée en soutien aux Kurdes de Syrie, où Damas a entrepris de déloger les combattants kurdes de leur région autonome établie dans le nord-est du pays, le Rojava.

NavBel a précisé qu'une autre manifestation qui devait avoir lieu vendredi à Anvers avait été annulée, "par respect pour les victimes et afin de préserver la sérénité". (AFP, 22 jan 2026)


Turquie-USA-OTAN / Turkey-USA-NATO

Les Forces démocratiques syriennes, créées puis lâchées par les Etats-Unis

Les puissantes Forces démocratiques syriennes (FDS), dont la dissolution est exigée par Damas, sont le bras armé de la zone autonome kurde en Syrie et ont été en première ligne de la lutte contre les jihadistes, avec l'appui des Etats-Unis.

Mais Washington a estimé mardi, par la voix de son émissaire pour la Syrie Tom Barrack, que leur mission initiale de lutte contre les jihadistes n'avait plus de raison d'être, avec l'émergence d'un Etat central fort et soutenu par les Etats-Unis.

Les FDS comptaient avec les forces de sécurité kurdes, les Assayich, jusqu'à 100.000 combattants selon les estimations et contrôlaient à leur apogée de vastes pans du nord et du nord-est de la Syrie, riches en pétrole.

Leurs effectifs ont chuté avec la défection des combattants arabes, qui se sont ralliés en masse au pouvoir syrien, lorsque l'armée du président Ahmad al-Chareh a pris le contrôle lundi de deux bastions kurdes, Raqa et Deir Ezzor.

Selon le chercheur spécialisé sur la Syrie Fabrice Balanche, ils ne seraient désormais plus qu'environ 50.000.

Les FDS se sont depuis repliées vers le coeur de la zone autonome kurde dans le nord-est, autour de laquelle est déployée l'armée du président islamiste.

Ces forces ont été créées en 2015 sous l'impulsion des Etats-Unis, impressionnés par les combattants kurdes qui avaient défait l'EI à Kobané (nord), et qui cherchaient un partenaire fiable dans la lutte contre les jihadistes.

- Noyau dur -

Le noyau dur des FDS, toujours intact, est constitué par les Unités de protection du peuple (YPG, kurdes), qui comptent 30.000 combattants, y compris les Unités de protection de la femme, exclusivement féminines, explique Fabrice Balanche.

Même s'ils nient toute relation avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, la guérilla kurde turque), "c'est bien le PKK qui dirige le YPG en sous-main", dit l'analyste.

Ces unités ont une discipline de fer, inspirée du modèle du PKK, interdit par la Turquie.

"Les YPG ont été formés en 2011 par des vétérans du PKK" dont le chef des FDS Mazloum Abdi, explique Nanar Hawach, de l'International Crisis Group.

Selon lui, "l'autorité est partagée" au sein des FDS entre M. Abdi et "d'autres figures importantes, dont certaines du PKK".

Mazloum Abdi, un ingénieur civil de formation né en 1967, est un kurde syrien qui a rejoint le PKK en 1990 avant de revenir en Syrie en 2011-2012 pour aider à établir les YPG, précise l'analyste. Il s'est notamment illustré lors de la bataille de Kobané.

- Influence du PKK -

L'accord annoncé dimanche par Damas, qui prévoit l'intégration des combattants kurdes dans les structures étatiques, stipule que les FDS s'engagent à "faire sortir du pays tous les chefs et les membres du PKK" qui n'ont pas la nationalité syrienne.

Ces combattants non-Syriens "affiliés au PKK au sein des FDS sont estimés entre des centaines et quelques milliers", selon Nawar Hawach. "La plupart sont des Kurdes de Turquie, avec dans une moindre mesure des Kurdes iraniens et irakiens", ajoute l'analyste.

"Même si leur nombre est limité, ils ont une influence significative dans les rôles de commandement et administratifs, c'est pourquoi leur départ est une demande centrale de Damas", ajoute-t-il.

Le PKK a annoncé sa dissolution et le dépôt de ses armes l'an dernier à l'appel de son chef historique, Abdullah Öcalan. Il garde une base arrière dans les monts Qandil, dans le nord de l'Irak.   Les Etats-Unis ont été les principaux fournisseurs en armes des FDS et ont assuré leur entraînement et leur financement. Mais "les armes lourdes ont été délibérément limitées par Washington pour calmer les inquiétudes" de la Turquie, souligne M. Hawach.

La Turquie, qui possède une frontière de plus de 900 km avec la Syrie, y a mené entre 2016 et 2019 plusieurs opérations d'envergure contre les FDS. (AFP, 21 jan 2026)

Washington va transférer de Syrie vers l'Irak jusqu'à 7.000 détenus de l'EI

Washington a annoncé mercredi mener des opérations pour transférer jusqu'à 7.000 prisonniers du groupe Etat islamique (EI) vers l'Irak depuis la Syrie, où des affrontements entre l'armée et les forces kurdes font craindre des failles sécuritaires.

Cette annonce survient après que les Etats-Unis ont estimé que "la mission initiale" des FDS (Forces démocratiques syriennes, dominées par les Kurdes), la lutte contre l'EI, "a largement pris fin, car Damas est désormais prêt à prendre le relais en matière de sécurité" et peut contrôler les centres de détention jusque là tenus par les Kurdes.   "Les forces américaines ont transporté avec succès 150 combattants de l'EI détenus dans une prison de Hassaké, en Syrie, vers un lieu sûr en Irak. Au total, jusqu'à 7.000 prisonniers du groupe EI pourraient être transférés de Syrie vers des structures contrôlées par l'Irak" voisin, a écrit le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom, sur X.

"Oeuvrer au transfert ordonné et sécurisé des prisonniers du groupe EI est essentiel pour éviter des évasions qui constitueraient une menace directe pour les Etats-Unis et la sécurité régionale", a avancé l'amiral Brad Cooper, à la tête du Centcom.

- "Calvaire" -

Les forces kurdes font face à une avancée de l'armée syrienne dans le nord-est, le président Ahmad al-Chareh étant déterminé à étendre son autorité sur l'ensemble du pays.

Les Kurdes avaient instauré une zone autonome qui couvrait le quart du territoire au cours de la guerre civile (2011-2024).   Un accord imposé par Damas prévoit que l'Etat syrien devienne "responsable" des prisonniers de l'EI et que l'administration kurde chargée de ce dossier soit "intégrée aux institutions étatiques", un revers pour cette minorité qui se sent lâchée par les Etats-Unis l'ayant soutenue dans la lutte antijihadiste.

Mardi, les FDS ont annoncé avoir été "contraintes de se retirer" d'al-Hol, le plus grand des camps de détention de jihadistes, pour défendre leurs régions menacées par l'armée.

Les forces de sécurité syriennes sont entrées mercredi dans cet immense camp où des tentes blanches s'étendent à perte de vue.

Le correspondant de l'AFP a vu un grand nombre de soldats ouvrir la barrière métallique et pénétrer à pied, tandis que d'autres en gardaient l'entrée.   Al-Hol abrite quelque 24.000 personnes, dont 15.000 Syriens et environ 6.300 femmes et enfants étrangers de 42 nationalités. Parmi eux figurent des Français et d'autres Occidentaux, que leurs pays respectifs refusent de rapatrier.   Les Syriens et les Irakiens vivent dans le camp principal, tandis que les étrangers sont détenus dans une "annexe" isolée.

"Nous avons vécu un calvaire (...) j'espère que le nouveau gouvernement se montrera plus clément", affirme à l'AFP Oum Sadek, une Syrienne de 33 ans qui porte le niqab et dément tout lien avec l'EI.

"Je suis venu dans le camp à l'âge de 10 ans", dit Ibrahim Ibrahim, un adolescent de 18 ans originaire d'Alep (nord), qui indique vivre avec sa mère et ses frères et soeurs. "J'espère pouvoir sortir d'ici. Je ne connais rien à part ce camp. J'espère que le gouvernement va nous libérer".

- "Terroristes européens" -


Lundi, les forces kurdes ont affirmé qu'une autre prison de jihadistes, Chaddadi, avait été "attaquée" par les troupes gouvernementales. Celles-ci ont en retour accusé les FDS d'avoir libéré des détenus de l'EI.

Le ministère de l'Intérieur a annoncé mardi que 120 membres de l'EI s'en étaient évadés et dit avoir réussi à "arrêter 81 fugitifs".

Donald Trump a lui soutenu qu'il avait "arrêté une évasion" de "terroristes européens" de cette prison, "en collaboration" avec les autorités syriennes.

Les FDS contrôlent toujours un autre camp, Roj, près de la frontière turque.

Dans la province de Raqa, les forces de sécurité de Damas sont déployées mercredi autour de la prison d'Al Aqtan, toujours sous contrôle des forces kurdes, selon un correspondant de l'AFP.

Le pouvoir islamiste syrien avait annoncé mardi un nouveau cessez-le-feu avec les forces kurdes, poussées à se replier dans leur bastion de Hassaké. Mercredi, les deux parties se sont mutuellement accusées de l'avoir violé.

L'armée a annoncé que sept soldats étaient morts dans une "attaque de drone" imputée aux forces kurdes, qui ont démenti toute implication.

Damas a accordé un délai de quatre jours expirant samedi soir aux Kurdes syriens pour présenter un plan sur l'intégration de leur région au sein de l'Etat. (AFP, 21 jan 2026)

En Turquie, polémique autour d'un protocole jugé "colonialiste"

Un cliché de l'ambassadeur des Etats-Unis à Ankara, semblant présider une réunion au ministère turc de la Défense, suscite un déluge de critiques en Turquie, certains accusant ce proche de Donald Trump de se comporter en "gouverneur colonial".   Sur cette photo partagée vendredi par les autorités turques, Tom Barack -- par ailleurs émissaire de Washington pour la Syrie -- occupe le fauteuil central, reléguant sur les côtés le ministre de la Défense Yasar Güler et plusieurs hauts responsables du pays.

"Cet homme est-il ambassadeur ou gouverneur colonial?", s'est interrogé sur X Lütfü Türkkan, député du parti d'opposition Iyi (nationaliste), jugeant le cliché humiliant pour la nation turque.

Ce n'est pourtant pas la première fois qu'un responsable étranger prend place dans ce fauteuil: huit jours avant Tom Barrack, c'est le chef d'état-major jordanien qui y était installé, son homologue turc et le ministre turc de la Défense assis sur sa gauche.

Idem ce lundi avec le ministre ouzbek de la Défense, ainsi que d'autres ambassadeurs par le passé, selon des images diffusées par les autorités turques.

Des responsables du ministère, cités par des médias locaux, ont également souligné que ce protocole de placement est celui appliqué à tous les responsables reçus.

Rien n'y fait.

"En près de 35 ans de journalisme, dont 25 passés à couvrir la diplomatie, je n'ai jamais vu pareil protocole ailleurs dans le monde", affirme la journaliste turque Barçin Yinanç, jugeant "encore plus surprenant (...) que cela se produise au ministère de la Défense, une institution réputée pour son strict respect de la hiérarchie et des règles".

S'étonnant lui aussi, Namik Tan, vice-président du principal parti d'opposition (CHP, social-démocrate) et ancien ambassadeur de Turquie à Washington, a accusé sur X les responsables du ministère de la Défense d'avoir "nommé des personnes non qualifiées (...) aux unités protocolaires".

La polémique s'est immiscée jusque dans les rangs de la majorité: Bülent Arinç, membre fondateur du parti au pouvoir (AKP, islamo-conservateur) et ex-président du parlement, a dénoncé sur X "un nouvel écart de protocole difficilement justifiable".

"Qu'un ambassadeur semble présider une réunion avec le ministre de la Défense et les responsables militaires est contraire au protocole d'État. Si une telle pratique est devenue habituelle, alors elle doit être immédiatement réexaminée", a-t-il jugé. (AFP, 19 jan 2026)

Trump a "invité" Erdogan à siéger au Conseil de la paix pour Gaza

Le président américain Donald Trump a "invité" son homologue turc Recep Tayyip Erdogan à siéger au Conseil de la paix pour Gaza, a annoncé samedi le service de communication de la République turque.

"Le 16 janvier 2026, le président américain Donald Trump, en sa qualité de président fondateur du Conseil de la paix, a envoyé une lettre invitant notre président Recep Tayyip Erdogan à devenir membre fondateur du Conseil de la paix" écrit sur X Burhanettin Duran, directeur de la communication de la République turque.

M. Erdogan n'avait pas immédiatement commenté cette annonce samedi.

Le chef de la diplomatie turque, Hakan Fidan, a par ailleurs été désigné pour participer au comité exécutif que supervisera le Conseil de la paix, a confirmé son ministère samedi à l'AFP.

La Turquie, proche de la direction politique du mouvement palestinien Hamas et soutien affiché des Palestiniens, a participé à l'accord de cessez-le-feu à Gaza signé en octobre en Egypte.

Ankara s'est dit prêt à participer à tout déploiement d'une force de surveillance de cet accord, ainsi qu'aux efforts de reconstruction du territoire palestinien dévasté par deux ans de bombardements israéliens, conduits en représailles aux tueries du 7 octobre 2023 perpétrées par le Hamas en territoire israélien. (AFP, 17 jan 2026)

Erdogan coincé entre Trump et Maduro

Ragip Duran, TVXS.GR, 11 janvier 2026

Alors ce qu’on appelle ‘’la communauté internationale’’ prend en général une position qui ressemble à celle de Munich 1938, Ankara a beaucoup de difficulté à condamner l’agression américaine contre le Venezuela ainsi à défendre son partenaire politico-commercial le Président Maduro.

Le ministère turc des affaires étrangères a publié un communiqué qui prendra sa place dans les registres de la diplomatie de l’incompétence des sourds et des aveugles. ‘’La crise au Venezuela’’ estime la diplomatie turque qui ‘’invite les parties à faire preuve de retenue’’.

Pire encore, le sénateur américain Lindsey Graham a publiquement déclaré que ‘’Maduro a refusé de quitter le pays et de se réfugier en Turquie’’.  Ces propos ont été démentis par le Président Erdogan qui avait quand même des relations personnelles et très amicales avec le Président du Venezuela.

Le fils du dernier Premier Ministre Binali Yıldırım, M. Erkam Yıldırım était accusé par les médias d’opposition de se rendre fréquemment à Caracas pour ‘’discuter avec les responsables du pays sur le trafic de stupéfiants et le commerce illégal d’or’’.

Une photo créée par l’Intelligence Artificielle montrait le Président Erdogan les mains menottées entre deux soldats américains, exactement comme celle de Maduro. Un internaute l’avait postée sur les médias sociaux. Plus de 2 millions de personnes ont aimé cette photo et plusieurs centaines de milliers de Turcs proche d’Erdogan ont protesté.

Dr. Michael Rubin analyste et chercheur du American Enterprise Institute, spécialiste de Turquie, a posé sur son compte X la question suivante : ‘’Est-ce que le futur d’Erdogan est le passé de Maduro?’’. Message refusé et accompagné des insultes de la part des défenseurs du Président Turc.

Erdogan a eu une conversation téléphonique le 6 janvier dernier, avec son homologue américain. ‘’Nous avons transmis au Président Trump nos préoccupations à propos du Venezuela’’ aurait-il affirmé. Mais ces propos n’ont pas été publiés dans le ‘’Read-Out/Memcons’’ (Mémorandum de Conversation) de la Maison Blanche ni dans les médias outre-atlantique.

Can Dündar, journaliste et documentariste d’investigation en exil, pose la question suivante : ‘’Est ce qu'Erdogan risque d’être dénoncé par Madura lors de son procès à New York?’’.

Les relations entre les deux leaders américain et turc sont ambivalentes, rappelle-t-on. ‘’Deux Présidents de droite, autoritaire qui ne respectent pas toujours la loi et le droit et qui peuvent tout faire pour garder le pouvoir’’ estiment la majorité des obsevateurs. Erdogan apprécie beaucoup Trump, mais ne désire pas paraître comme un pro-américain vu que les Etats Unis d’Amérique ne sont pas le pays favori de la grande partie de la population turque. De son côté Trump, estime que ‘’son ami’’ Erdogan, est ‘’un homme très fort que je respecte’’ et que c’est ‘’quelqu’un qui ne refuse pas du tout mes demandes’’. Mais Trump peut être très dur, voire malfaisant contre ‘’son ami’’. Deux exemples : il avait adressé une lettre le 17 octobre 2019 à Erdogan dans laquelle il a menace ‘’de détruire l’économie turque’’. Il n’avait pas omis de terminer sa lettre par un conseil pas du tout diplomatique : ‘’ Ne joue pas l’homme dur. Ne fais pas de bêtise’’. Le 25 septembre 2025, quand Trump recevait Erdogan à la Maison Blanche, le Président américain avait osé, devant les caméras de montrer du doigt son interlocuteur et de dire en souriant "c’est lui qui sait le mieux les élections truquées’". Une blague selon l’entourage de Trump qui a été reçu par un silence impuissant de la part d’Erdogan.

Enfin, Erdogan est également bien connu par ses changements rapides de position politique, d’ami et d’ennemi. En Turquie, il y a déjà trois exemples notoires : MM. Devlet Bahceli, Fetullah Gulen et Abdullah Ocalan. Tout d’abord des amis et puis des ennemis ou vice-versa. Sur le plan international MM. Barzani, Poutine, Assad et Mitsotakis furent parfois des amis et plus tard des ennemis jurés.

On attend la nouvelle position d’Erdogan sur Maduro.

Erdogan à Trump : "le Venezuela ne doit pas sombrer dans le chaos ou l'instabilité"

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, proche du président vénézuélien Nicolas Maduro, a prévenu lundi Donald Trump que "le Venezuela ne doit pas sombrer dans le chaos ou l'instabilité".

"Toute atteinte à la souveraineté du peuple et toute violation du droit international engendreront de graves complications au sein de l'ordre international, et non l'état de droit" a déclaré M. Erdogan à son homologue américain lors d'un entretien téléphonique, soulignant que "le Venezuela ne doit pas sombrer dans le chaos ou l'instabilité".

"La Turquie ne souhaite ni le chaos, ni la confusion, ni les tensions dans sa région, ni ailleurs. La préservation d'un système international fondé sur des règles est donc essentielle" a-t-il insisté devant la presse à l'issue de la réunion de son gouvernement.

"Lorsque la force prime sur le droit, l'instabilité, les crises et les conflits s'ensuivent" a mis en garde le président turc qui a réaffirmé son amitié envers M. Maduro, capturé et emmené par les forces américaines à New York.

"Nous nous efforçons d'agir au mieux des intérêts de la Turquie et du peuple vénézuélien ami. M. Maduro et le peuple vénézuélien ont maintes fois démontré leur amitié envers notre nation (...), nous avons toujours privilégié et valorisé la solidarité mutuelle dans les moments difficiles. Aujourd'hui, nous agissons dans le même esprit" a poursuivi M. Erdogan.

Le président vénézuélien déchu a plaidé lundi non coupable devant un tribunal de New York où il est poursuivi principalement pour trafic de drogue. (AFP, 5 jan 2026)

Trump envisage la vente d'avions de combat F-35 à la Turquie

Donald Trump a dit lundi envisager la vente d'avions de combat F-35 à la Turquie, malgré les objections d'Israël lors de la visite de son Premier ministre Benjamin Netanyahu en Floride.

"Nous y réfléchissons très sérieusement", a déclaré le président américain en réponse à une question sur un potentiel accord avec la Turquie sur ces avions de combat.

Washington avait exclu la Turquie de son programme de développement des F-35 en 2019, avant d'imposer un an plus tard des sanctions à Ankara, pourtant son allié au sein de l'Otan, en raison de son achat du système russe de défense antiaérienne S-400.

Mais Donald Trump entretient des relations étroites avec son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan, qu'il avait reçu fin septembre à la Maison Blanche.

L'idée d'un accord fait grincer des dents Israël, qui considère que des F-35 bénéficieraient à la Turquie en cas de potentielle guerre, alors que les deux pays connaissent des tensions à propos de la Syrie.

Interrogé à ce sujet, Donald Trump a estimé que Recep Tayyip Erdogan était un "très bon ami". "Nous n'aurons pas de problèmes", a-t-il ajouté. "Rien n'arrivera."

Le F-35 de Lockheed Martin, le plus sophistiqué des avions de chasse américains, a été développé par les Etats-Unis en partenariat avec d'autres pays de l'Otan, dans le cadre d'un programme appelé Joint Strike Fighter (JSF).

Lors de son premier mandat, le président américain avait accepté d'en vendre aux Emirats arabes unis après leur reconnaissance d'Israël.

Il a également donné son feu vert, en novembre, à un accord de vente d'armement à l'Arabie saoudite, qui inclut de futures livraisons de F-35. (AFP, 29 déc 2025)

Relations régionales / Regional Relations

Les forces kurdes quittent une prison du nord de la Syrie après un accord avec Damas

La Syrie a annoncé vendredi que les forces kurdes quittaient une prison du nord du pays où elles gardaient jusque-là des membres présumés de l'organisation jihadiste Etat islamique (EI), au moment où le pouvoir central cherche à étendre son autorité sur l'ensemble du pays.

La minorité kurde, qui avait instauré une zone autonome dans le nord et le nord-est de la Syrie, le Rojava, après avoir défait l'EI avec l'aide de la coalition internationale antijihadiste, a connu récemment un important revers face à un pouvoir central soucieux de l'unité du pays.

Dans une offensive éclair menée avec l'assentiment manifeste de Washington et avec le soutien de la Turquie, les nouvelles autorités syriennes dirigées par Ahmed al-Chareh ont repris par la force des territoires administrés par les Forces démocratiques syriennes (FDS), bras armé de l'administration autonome kurde.

Dimanche, le président syrien avait annoncé un accord de cessez-le-feu avec les forces kurdes.

Il comprend l'intégration de leurs institutions civiles et militaires au sein de l'Etat, la remise immédiate au gouvernement des provinces sous contrôle kurde de Deir Ezzor et Raqa, et la prise en charge par Damas des prisonniers du groupe Etat islamique et de leurs familles détenus dans des prisons et des camps contrôlés par les Kurdes.  (AFP, 23 jan 2026)

Les Iraniens d'Istanbul interdits de manifester

Nina a dessiné une carte d'Iran et des larmes de sang sur son visage pour venir protester dimanche devant le consulat iranien à Istanbul. Mais la police turque, déployée en grand nombre, a cerné le quartier et bloqué les manifestants.

Parmi une vingtaine de réfractaires, Nina (un prénom d'emprunt), jeune trentenaire originaire de Tabriz (ouest de l'Iran), exilée en Turquie depuis quatre ans, veut quand même manifester sa solidarité avec ses compatriotes qui, chaque soir depuis 14 jours, descendent dans les rues d'Iran.

Son maquillage, elle l'a réalisé en venant, faute de drapeau.

"Ca fait 72 heures que nous n'avons aucune nouvelle du pays, de nos familles. Ni internet, ni télévision, nous ne pouvons plus joindre l'Iran. "Le régime tue au hasard" et ne se préoccupe pas qu'il y ait des enfants, lâche-t-elle.

Titulaire d'une simple carte de séjour, elle préfère taire son identité, comme les autres protestataires qui jouent pendant plus d'une heure au chat et à la souris avec les forces de l'ordre. Sans comprendre que leur pays d'accueil refuse son soutien à la mobilisation en cours.

La Turquie, pays majoritairement sunnite, partage 500 km de frontière et trois points de passage avec son grand voisin chiite dont elle accueille officiellement plus de 74.200 citoyens détenteurs de permis de séjour et 5.000 réfugiés.

Nombre d'entre eux ont renoncé à ce rassemblement non autorisé dimanche, "par respect et courtoisie", envers leur pays d'accueil, ont-ils expliqué à l'AFP.

Amir Hossein, chanteur de Téhéran en exil en Turquie depuis vingt-ans et récemment naturalisé, est venu sous la pluie froide "pour que d'ici, mes amis, toute la nation iranienne m'entende".

"Dans chaque pays, on accorde des autorisations de manifester pour la liberté, pour la démocratie, mais en Turquie, malheureusement, jamais", regrette-t-il.

Vendredi soir, le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan, a dénoncé l'ingérence d'Israël dans la situation en Iran.

"Bien qu'issues de raisons légitimes et de problèmes structurels, les manifestations sont également instrumentalisées depuis l'étranger, par les rivaux de l'Iran", a-t-il dit en désignant "le Mossad", les services de renseignements israéliens.

- "drapeau honteux" -

A ce stade, le président Recep Tayyip Erdogan ne s'est pas exprimé sur le sujet.

Amir Hossein souhaite une intervention des Etats-Unis face aux bilans accablants qui lui parviennent - sans qu'aucun chiffre ne puisse être vérifié.

"Nous demandons une intervention du président Trump, de partout dans le monde. Parce que notre gouvernement n'est pas normal, il tue".

Mais "cette fois, la victoire est à nous et nous allons gagner. Ce n'est pas comme les autres fois" croit-il. "Nous avons un leader, le prince Reza Pahlavi", fils du Shah déchu en 1979, en exil depuis aux Etats-Unis. "Il s'est tenu debout et c'est lui que nous voulons".
 Non loin, une jeune femme déploie le drapeau de l'ancien régime iranien, frappé d'un lion et d'un soleil. Mais très vite un groupe hausse le ton. "Tu ne peux pas brandir ce drapeau honteux" crie l'un en tentant de le lui arracher.

Mehdi, jeune ingénieur de Tabriz en exil avec son épouse, regrette ces divisions de l'opposition iranienne, "même ici en Turquie".

"Moi, je suis contre les mollahs mais pas pour le retour de Pahlavi. Nous voulons la démocratie, une république, pas une monarchie" martèle-t-il: "Reza est incapable d'unir les gens. +Femmes Vie Liberté+ c'était inclusif" - le slogan avait fleuri après la mort de la jeune Mahsa Amini en 2022, qui avait enfreint le strict code vestimentaire féminin.

Les yeux mouillés, sous son maquillage vert blanc et rouge, Nina soupire. "Nous sommes tous épuisés, fatigués de la terreur déversée sur notre pays. Nous voulons vraiment que les choses changent, que le peuple iranien décide du régime iranien. Qu'il choisisse l'avenir de l'Iran".

"Je le dis à la Turquie: elle devrait se tenir au côté du peuple iranien: le régime iranien, c'est fini. Il n'a plus sa place dans le monde". (AFP, 11 jan 2026)

Iran: plusieurs milliers de personnes manifestent à Londres

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté dimanche à Londres pour soutenir la contestation en cours contre le pouvoir en Iran, lors de différents rassemblements devant l'ambassade iranienne et Downing Street.

Dans l'après-midi, ils étaient plusieurs milliers à avoir convergé devant la résidence officielle du Premier ministre britannique, brandissant des drapeaux iraniens de l'époque ayant précédé l'instauration de la république islamique en 1979.

Dans la soirée, des manifestants se sont rendu devant l'ambassade iranienne dans le quartier cossu de Kensington à Londres, et selon une vidéo diffusée sur X, qui n'a pu être authentifiée par l'AFP, un homme a décroché le drapeau de la République islamique du bâtiment, pourtant sous surveillance policière.

Sollicitée par l'AFP, la Metropolitan police n'a pas réagi à ce stade.

La veille, des centaines de personnes avaient déjà manifesté devant l'ambassade, et un homme était parvenu à grimper sur le balcon du bâtiment pour remplacer brièvement le drapeau de la République islamique par un drapeau de l'époque de la monarchie.

"Nous voulons la révolution, changer le régime", a affirmé à l'AFP Afsi, 38 ans, venu manifester devant Downing Street, et qui n'a pas de nouvelle de ses proches en Iran avec la coupure d'internet qui dure depuis près de quatre jours dans le pays.

La contestation qui a débuté le 28 décembre à Téhéran contre la cherté de la vie a pris de l'ampleur ces derniers jours. Et au moins 192 personnes sont mortes, selon l'ONG Iran Human Rights, basée en Norvège.

Ce n'est pas la première fois que la République islamique fait face à un tel mouvement de révolte, mais "cette fois, nous avons de l'espoir", assure Afsi.

"Nous avons le sentiment que nous pouvons le faire cette fois-ci", ajoute-t-il.

"Nous essayons de faire entendre notre voix pour interpeller le monde, lui dire que notre peuple est tué et demander aux pays et gouvernements étrangers, en particulier au Premier ministre (britannique) Keir Starmer, d'agir contre la République islamique d'Iran qui tue des gens", témoigne aussi Sassan, ingénieur de 34 ans.

Dans la foule, où se trouvait également l'activiste d'extrême droite Tommy Robinson, des drapeaux de l'ex-famille royale ayant régné en Iran (avec les armoiries des Pahlavi au centre sur fond bleu clair) et quelques drapeaux israéliens étaient aussi visibles.

Auparavant, plusieurs centaines de personnes s'étaient rassemblées devant l'ambassade iranienne à Londres.

Parmi elles, Fahimeh Moradi, 52 ans, était présente "pour soutenir le peuple iranien qui est tué et assassiné par le régime".

"Mon fils est là-bas, et je ne sais pas s'il est vivant ou pas. Nous voulons juste que ce régime meurtrier quitte l'Iran", a-t-elle dit à l'AFP.

Par ailleurs, dimanche matin, des dizaines de partisans du Conseil national de la résistante iranienne, coalition d'opposants au pouvoir en place à Téhéran, s'étaient rassemblés devant Downing Street, brandissant des pancartes "Pas de Shah, pas de Mollahs".

Ces manifestants réclament notamment que le Corps des Gardiens de la Révolution soit inscrit sur la liste des organisations terroristes au Royaume-Uni.

Dimanche également, plus de 2.000 personnes ont défilé à Paris à l'appel des partisans du fils de l'ancien chah d'Iran, aux cris de "Non à la république islamiste terroriste". Les autorités française ont cependant interdit aux manifestants d'accéder aux abords de l'ambassade iranienne.

A Istanbul, une vingtaine de personnes ont bravé l'interdiction de manifester, tentant de s'approcher du consulat iranien malgré le déploiement des forces de l'ordre. (AFP, 11 jan 2026)

Yémen: la Turquie propose à Ryad d'oeuvrer au dialogue entre factions belligérantes

La Turquie est prête à faciliter le dialoguer entre les factions belligérantes au Yémen, a fait savoir dimanche le président turc Recep Tayyip Erdogan au prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane au cours d'un entretien téléphonique, a indiqué le cabinet présidentiel turc.

Le Yémen est ravagé par la guerre depuis que des rebelles chiites houthis, soutenus par l'Iran se sont emparés en 2014 de la capitale Sanaa, puis de larges pans du pays.

Le conflit s'est internationalisé un an plus tard quand l'Arabie Saoudite a pris la tête d'une coalition internationale pour soutenir le gouvernement yéménite face aux houthis.

Des rivalités internes au sein du camp anti-houthis ont déclenché un nouveau conflit en 2018, opposant des séparatistes du sud du Yémen regroupés au sein d'un puissant Conseil de transition du sud (STC) aux forces du gouvernement, respectivement soutenus par les Emirats arabes unis et l'Arabie Saoudite, autrefois réunis au sein de la même coalition.

Selon son cabinet, le président Erdogan a dit au prince ben Salmane que la Turquie était "prête à contribuer aux efforts visant à rapprocher les parties".

Cet entretien téléphonique s'est déroulé au lendemain de l'appel à participer à un "dialogue" à Ryad, lancé par le ministère saoudien des Affaires étrangères aux séparatistes du Yémen du sud.

M. Erdogan a ajouté qu'Ankara surveillait attentivement la situation au Yémen mais aussi en Somalie, soulignant que la préservation de l'intégrité territoriale des deux pays était vitale pour la stabilité régionale.

La Turquie est une allié des autorités de Mogadiscio et M. Erdogan a fin décembre estimé "illégitime et inacceptable" la reconnaissance par Israël du Somaliland, république autoproclamée, indépendante de fait depuis 1991 mais non reconnue au niveau international et que la Somalie considère comme partie de son territoire.

Ancienne Somalie britannique, le Somaliland a fusionné avec la Somalie italienne pour former la Somalie en 1960. Il a autoproclamé son indépendance en 1991, au moment de l'effondrement de l'Etat en Somalie, ravagée par la guerre civile. (AFP, 4 jan 2026)

Des milliers de personnes manifestent en faveur de Gaza à Istanbul

Des dizaines de milliers de personnes ont participé jeudi à un rassemblement en soutien à Gaza à Istanbul, brandissant des drapeaux palestiniens et turcs et appelant à la fin des violences dans ce territoire ravagé par la guerre.

Les manifestants se sont rassemblés sous un ciel bleu et par des températures glaciales pour marcher jusqu'au pont de Galata, où ils ont organisé un rassemblement sous le slogan "Nous ne resterons pas silencieux, nous n'oublierons pas la Palestine", a constaté un journaliste de l'AFP.

Plus de 400 organisations de la société civile étaient présentes lors de cette mobilisation, dont l'un des organisateurs était Bilal Erdogan, le plus jeune fils du président turc Recep Tayyip Erdogan.

Selon des sources policières et l'agence de presse officielle Anadolou, quelque 500.000 personnes ont pris part à la manifestation, au cours de laquelle plusieurs discours ont été prononcés et le chanteur d'origine libanaise Maher Zain a interprété sa chanson "Free Palestine".

"Nous prions pour que 2026 apporte le bonheur à toute notre Nation et aux Palestiniens opprimés", a déclaré Bilal Erdogan.

La Turquie, l'un des pays les plus critiques de la guerre lancée à Gaza, a joué un rôle actif dans les négociations pour un cessez-le-feu dans l'enclave palestinienne, qui a mis fin à la guerre meurtrière menée par Israël en réponse à l'attaque sans précédent du Hamas le 7 octobre 2023.

Mais la trêve, entrée en vigueur le 10 octobre, demeure précaire, les deux camps s'accusant mutuellement d'en violer les termes, tandis que la situation humanitaire dans le territoire reste critique.  (AFP, 1 jan 2026)

Erdogan: La reconnaissance par Israël du Somaliland est "illégitime et inacceptable"

La reconnaissance par Israël du Somaliland est "illégitime et inacceptable", a affirmé mardi le président turc Recep Tayyip Erdogan, Israël défendant sa décision.

"La préservation de l'unité et de l'intégrité de la Somalie en toutes circonstances revêt une importance particulière à nos yeux. La décision d'Israël de reconnaître le Somaliland est illégitime et inacceptable", a déclaré le chef de l'Etat turc lors d'une conférence de presse avec son homologue somalien à Istanbul.

"Le gouvernement Netanyahu, responsable de la mort de 71.000 Palestiniens, tente aujourd'hui de déstabiliser la Corne de l'Afrique après ses attaques contre Gaza, le Liban, le Yémen, l'Iran, le Qatar et la Syrie", a-t-il ajouté.

La visite du chef de l'Etat somalien en Turquie, une proche alliée de son pays, intervient quatre jours après la reconnaissance par Israël du Somaliland.

Cette république autoproclamée a unilatéralement proclamé son indépendance en 1991, à un moment où la République de Somalie sombrait dans le chaos après la chute du régime militaire de l'autocrate Siad Barre.

- "Ingérence étrangère" -

"Nous avons fermement condamné l'agression illégale du Premier ministre Netanyahu qui a reconnu une partie du nord de la Somalie comme un État indépendant. Cette agression et cette ingérence flagrante constituent une violation manifeste du droit international", a déclaré le président somalien Hassan Cheikh Mohamoud.

"De telles actions créent un climat propice au développement de groupes extrémistes violents qui se nourrissent d'un discours d'ingérence étrangère, ce qu'Israël a désormais fait de manière flagrante. Il en résulte une insécurité croissante en Somalie et dans l'ensemble de la Corne de l'Afrique", a-t-il ajouté.

"Le président Erdogan m'a déclaré aujourd'hui que la Turquie reste pleinement engagée et prête à soutenir la Somalie", a-t-il précisé.

Israël a défendu mardi sa décision de reconnaître le Somaliland comme Etat souverain, estimant que nul ne pouvait remettre en question sa politique étrangère et notant que de nombreux pays reconnaissaient un Etat palestinien.

"D'autres pays sont autorisés à reconnaître un Etat qui n'existe pas. Israël n'a pas le droit de reconnaître un véritable Etat", a dénoncé sur X le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar.

La Turquie apporte son assistance militaire et économique aux autorités de la Somalie dévastée par la guerre civile depuis le début des années 1990, dont elle contribue à rétablir l'armée et les infrastructures tout en garantissant sa présence - également maritime - en Afrique de l'Est.

"La Turquie a intégré deux nouveaux navires de forage en eaux profondes à sa flotte. Le premier, baptisé Cagri Bey, opérera au large des côtes somaliennes" à la recherche d'hydrocarbures, a-t-il précisé.

Ankara prévoit par ailleurs d'établir un "spatioport", spécialisé dans des lancements spatiaux et des technologies satellitaires, en Somalie, a déclaré le chef de l'Etat turc.

Le Somaliland fonctionne depuis de manière autonome, avec ses propres monnaie, armée et police, et se distingue par sa relative stabilité comparé à la Somalie, minée par l'insurrection islamiste des shebab et les conflits politiques chroniques.

Mais ce territoire n'est reconnu publiquement par aucun pays, en dehors désormais d'Israël, ce qui le maintient dans un certain isolement politique et économique malgré sa situation à l'entrée du détroit de Bab-el-Mandeb, sur l'une des routes commerciales les plus fréquentées du monde reliant l'océan Indien au canal de Suez. (AFP, 30 déc 2025)


Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece


Immigration / Migration


Un mort et sept disparus dans le naufrage d'un bateau de migrants

Une personne est morte et sept autres sont  portées disparues après le naufrage samedi matin d'une embarcation de migrants  en mer Égée au large de la Turquie, ont annoncé les garde-côtes turcs.

Trente-sept passagers de ce canot pneumatique ayant pris l'eau avant l'aube  au large de Dikili (ouest), au nord de la grande ville d'Izmir, ont pu être  secourus vivants, ont précisé les garde-côtes dans un communiqué.

La petite station balnéaire de Dikili fait face à l'île grecque de Lesbos,  située à une vingtaine de kilomètres.

"Les opérations de recherche (...) se poursuivent pour retrouver les sept  migrants irréguliers portés disparus", indiquent les garde-côtes.

Les naufrages sont fréquents lors de ces traversées périlleuses vers les  îles grecques, porte d'entrée dans l'Union européenne.

Près de 1.900 migrants ont disparu ou ont été repêchés morts en  Méditerranée en 2025, selon l'Organisation internationale pour les migrations  (OIM). (AFP, 10 jan 2026)



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