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INFO-TURK

A non-government information center on Turkey

Un centre d'information non-gouvernemental sur la Turquie

45th Year / 45e Année
Novembre
 
2019 November
N° 495
53 rue de Pavie - 1000 Bruxelles
Tél: (32-2) 215 35 76 - Fax: (32-2) 588 69 53
Chief Editor /Rédacteur en chef: 
Dogan Ozgüden

Responsible editor/Editrice responsable:

Inci Tugsavul
Human Rights
Pressures on  media
Kurdish Question
Minorities
Interior politics
Armed Forces
Religious affairs
Socio-economics
Turkey-Europe
Turkey-USA
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Cyprus and Greece
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Titres des évènements du mois
Titles of this month's events


45 ans riches en apprentissage, leçons de français, leçons de vie...
Que d'émotions, regards, paroles, larmes, rires partagés...
Que d'envies d'émancipation, de lutte, de dignité, de justice, d'égalité ressenties…
Carrefour de citoyens du monde, citoyens en quête d'humanité....



Droits de l'Homme / Human Rights

Un secouriste birman tué dans un bombardement des forces pro-Ankara

Pression sur les médias / Pressure on the Media

Internet is 'Not Free' in Turkey, Says Freedom House Report
La mort lente mais inéluctable de la presse indépendante
Libération de deux intellectuels condamnés pour le putsch manqué
Nouveau livre d'Erol Özkoray en vente le 4 novembre 2019

AI: Hundreds arrested in crackdown on critics of military offensive
La fiancée de Khashoggi appelle le G20 à agir pour la liberté de la presse

Kurdish Question / Question kurde

Des Kurdes caillassent les blindés d'une patrouille russo-turque
Trustees Appointed to 15 HDP Municipalities Since Local Elections on March 31
Un nouveau maire prokurde arrêté pour "terrorisme"

Italie: des milliers de manifestants en faveur des Kurdes syriens
En solidarité avec la Syrie, les Kurdes d'Irak n'achètent plus turc
Les forces kurdes rejettent un appel à intégrer l'armée syrienne

Minorités / Minorities

Assyrian Genocide Monument Unveiled in Pohlheim, Germany

Un responsable américain dénonce le "nettoyage ethnique" de la Turquie en Syrie

La reconnaissance du génocide arménien : état des lieux
Erdogan: "La reconnaissance américaine n'a aucune valeur"

La Chambre des représentants des Etats-Unis reconnaît le "génocide arménien"


Politique intérieure/Interior Politics

Halloween flash mob in Nuremberg: Terrorist Erdoğan
Demirtaş: Those Who Support the War Owe Self-Criticism to People

Forces armées/Armed Forces

Erdoğan: We will Expand Our Safe Zone If Needs Be
Retrait kurde achevé dans le nord, premiers combats entre Syriens et Turcs


Affaires religieuses / Religious Affairs
 
17 étrangers soupçonnés de liens avec l'EI arrêtés
Erdogan affirme que la Turquie a arrêté une femme de Baghdadi
Arrestation en Turquie d'une jihadiste belge évadée d'un camp en Syrie
Une soeur de Baghdadi arrêtée par les Turcs en Syrie

Voile: la Turquie condamne un vote du Sénat en France

Socio-économique / Socio-economic



Relations turco-européennes / Turkey-Europe Relations

Ankara renverra à partir de lundi les membres étrangers de l'EI dans leurs pays
Orban et Erdogan affichent leur entente à Budapest

Colère d'Ankara après la résolution française contre son offensive
L'Assemblée unanime pour condamner l'offensive turque


Turquie-USA-OTAN / Turkey-USA-NATO

Erdogan va bien rencontrer Trump à Washington le 13 novembre
L'opération militaire en Syrie, une équation qui se complique pour Washington

Première patrouille américaine à la frontière syro-turque depuis 3 semaines

Relations régionales / Regional Relations

Jordanie, Turquie et Emirats arabes unis ont violé l'embargo sur les armes

Au moins 13 morts dans l'explosion d'une voiture piégée à Tal Abyad
Début des patrouilles turco-russes dans le nord-est de la Syrie
Pour Assad, la Turquie ne doit pas être un "ennemi", sauf Erdogan...

Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece


Immigration / Migration

Une femme turque,
Funda Oru, élue vice-présidente du SP.A

Ankara veut renvoyer dans leurs pays les jihadistes capturés en Syrie


Droits de l'Homme / Human Rights

Un secouriste birman tué dans un bombardement des forces pro-Ankara

Un secouriste birman de l'organisation médiale Free Burma Rangers a été tué dimanche par un bombardement des forces pro-Ankara dans le nord de la Syrie, où la Turquie a engagé une opération militaire, a annoncé l'ONG dans un communiqué.

Le secouriste et vidéaste était originaire de Birmanie et a été tué par un tir d'obus des forces turques ou des rebelles syriens qui les épaulent, selon un communiqué publié sur le site Internet des Free Burma Rangers (FBR), ONG fondée par un vétéran de l'armée américaine.

Après avoir lancé une offensive le 9 octobre dans le nord syrien contre la milice kurde des Unités de protection du Peuple (YPG), la Turquie et des supplétifs syriens ont suspendu leur opération, mais des combats sporadiques se poursuivent.

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) et les forces kurdes ont confirmé le drame survenu dans le village de Rachidiya, près de la localité de Tal Tamr.

L'obus est tombé "à environ 10 mètres" d'une position où l'ONG soigne les blessés, selon le communiqué des FBR, qui précise qu'un traducteur irakien de l'organisation a été blessé et hospitalisé mais que "son état est stable".

"Les combats se poursuivent et nous allons continuer à fournir des soins médicaux", souligne l'organisation.

Le FBR a été créée en Birmanie en 1997, avec un slogan tiré d'un verset de la Bible qui invite les gens à "prêcher la bonne nouvelle aux pauvres" et à "aider les opprimés".

L'organisation était impliquée en Syrie dans les secours dans la région de Baghouz (est), où les forces kurdes ont mené leur ultime offensive en mars contre les jihadistes du groupe Etat islamique (EI). L'ONG était également déployée en Irak au moment des batailles contre l'EI.

L'offensive de la Turquie lui a permis de prendre le contrôle d'une bande de territoire de 120 km de longueur et d'une trentaine de km de profondeur allant de Tal Abyad à Ras al-Aïn.

L'opération militaire a fait des centaines de morts et déplacé des dizaines de milliers de personnes. Mais elle a été interrompue après deux accords négociés par Ankara, d'abord avec Washington, puis avec Moscou le 22 octobre.

Les développements dans le nord de la Syrie illustrent la complexité du conflit qui a fait plus de 370.000 morts depuis 2011 et implique de multiples belligérants, avec des alliances en constante évolution.
(AFP, 3 novembre 2019)

Pression sur les médias / Pressure on the Media

Internet is 'Not Free' in Turkey, Says Freedom House Report

Freedom House, a US-based NGO, has released its "Freedom on the Net 2019: The Crisis of Social Media" report and shared its evaluations and ranking regarding Internet freedom around the world.

The report has shown that the Internet is "not free" in Turkey, as it was also the case in 2018. Turkey scores 37 out of 100 in Internet Freedom.

Focusing on the developments in 65 countries from June 2018 to May 2019, the report has commented, "What was once a liberating technology has become a conduit for surveillance and electoral manipulation."
Turkey scores 37 out of 100

Released for the ninth time this year and covering 87 percent of the world's Internet users, the report categorizes 65 countries as "free", "partly free" and "not free". While the countries scoring 70 to 100 are considered to have a "free" Internet, those that score 40 to 69 are regarded as "partly free" and the ones that score 39 and below are considered "not free".

Accordingly, scoring 37 out of 100, Turkey's Internet is regarded as "not free". The other countries who do not have Internet freedom according to Freedom House are Azerbaijan, Myanmar, Belarus, Tayland, Kazakhstan, Russia, Venezuela, Bahrayn, United Arab Emirates, Egypt, Pakistan, Saudi Arabia, Uzbekistan, Sudan, Vietnam, Kuba, Syria, Iran and China.

Iceland ranks first in the list

According to the report, scoring 95 out of 100, Iceland has become "the world's best protector of Internet freedom" in 2019.

"Users in this island country enjoy near-universal connectivity, minimal restrictions on online content, and strong protections for their rights online", the report has commented further.

Iceland has been respectively followed by Estonia, Canada, Germany, Australia, the UK, the US, Armenia, France, Georgia, Italy, Japan, Argentina, Hungary and South Africa.
'Internet freedom in Turkey is highly restricted'

Sharing details about Internet freedom in Turkey, Freedom House report has indicated that the country scores 15 out of 25 in "Obstacles to Access", 11 out of 35 in "Limits on Content" and 11 out of 40 in "Violations of User Rights", which accounts for 37 points out of 100 in total.

While Turkey has become the only country in Europe whose Internet is "not free", the report has shared the following comments on Turkey:

"While disruptions to connectivity and convictions for online activities were not observed during the coverage period, internet freedom in Turkey remained highly restricted. Online content was frequently blocked, including news articles, and authorities continued to investigate or arrest users.

"Worryingly, regulations requiring online content providers to secure broadcasting licenses came into force after the coverage period, possibly leading to increased censorship and content regulation of local streaming and news websites."

'Governments monitor users'

The report has evaluated Internet use around the world as follows:

"Internet freedom is increasingly imperiled by the tools and tactics of digital authoritarianism, which have spread rapidly around the globe.

"Repressive regimes, elected incumbents with authoritarian ambitions, and unscrupulous partisan operatives have exploited the unregulated spaces of social media platforms, converting them into instruments for political distortion and societal control.

" While social media have at times served as a level playing field for civic discussion, they are now tilting dangerously toward illiberalism, exposing citizens to an unprecedented crackdown on their fundamental freedoms.

" Moreover, a startling variety of governments are deploying advanced tools to identify and monitor users on an immense scale.

"As a result of these trends, global internet freedom declined for the ninth consecutive year in 2019."
(BIA, 7 November 2019)

La mort lente mais inéluctable de la presse indépendante

Céline Pierre-Magnani. LLB, 5 nov 2019

Ironie de l’histoire, c’est l’actualité de la presse elle-même qui fait les gros titres cette semaine en Turquie. Vendu à plus de 200 000 exemplaires, troisième titre le plus lu du pays, le quotidien national Hürriyet a remercié près de cinquante de ses journalistes par simple courrier, prenant par surprise Vahap Munyar lui-même, son rédacteur en chef. Une décision inattendue de la direction qui s’est, pour sa part, abstenue de toute justification à l’exception d’un laconique motif de "gestion".

Départs en cascade

La nouvelle a créé une onde de choc au sein de l’équipe. Elle a provoqué des démissions en série, dont celles de plumes particulièrement populaires comme la chroniqueuse Ayse Arman, qui se retire après 27 ans de service au journal :"Hürriyet n’existe plus. (… ) je suis née à Hürriyet, mais je réalise que je ne pourrais pas continuer à y vivre […] j’ai donné ma démission", a-t-elle annoncé pudiquement sur son compte Twitter. Dans un entretien accordé à la chaîne YouTube Medyascope, le journaliste sportif Kenan Basaran, qui fait partie de la "charrette", regrettait quant à lui que Hürriyet soit "progressivement vidé de sa substance […]. Il n’y a plus rien à dire ; professionnellement parlant, il n’existait plus aucun fondement éthique".

Les amis du président

Bien que spectaculaire, ce licenciement brutal n’est qu’un énième rebondissement dans le processus de dégradation du paysage médiatique en Turquie. La qualité de référence et le prestige de Hürriyet avaient déjà été largement entamés en avril 2018 lors de son rachat par le groupe Demirören, holding connue pour sa proximité avec le pouvoir de Recep Tayyip Erdogan. Si la concentration médiatique n’est pas un fait nouveau en Turquie, elle n’a jamais été aussi massive puisque 95 % des médias sont désormais inféodés au palais présidentiel, limitant toujours un peu plus l’expression de toute parole dissidente.

Dernier exemple en date de ce phénomène, la couverture de l’opération "Source de paix" lancée au nord de la Syrie le 9 octobre dernier, lors de laquelle les médias mainstream se sont exprimés d’une seule voix.

Les paroles critiques sont marginalisées de plusieurs façons : le think-tank conservateur Seta publiait par exemple début juillet un rapport, "Ramification en Turquie des institutions médiatiques internationales", qui prenait à partie nommément des journalistes travaillant pour des chaînes comme la BBC, Euronews ou Deutsche Welle, les accusant de partialité dans leur couverture notamment de la tentative de coup d’État du 15 juillet 2016. Rares sont les titres indépendants qui parviennent à se maintenir et à tenir le cap dans un contexte où l’autocensure est désormais un mal répandu. L’un des rares journaux d’opposition, le quotidien Cumhuriyet, en a d’ailleurs fait les frais lors des opérations contre son siège, l’emprisonnement et les procès d’une dizaine de ses journalistes en 2016.

Internet comme dernier refuge

Les chaînes YouTube et les journaux en ligne comme Medyascope ou Gazete Duvar se multiplient et proposent des analyses critiques de l’actualité, mais les moyens consacrés au journalisme d’investigation sont désormais extrêmement limités, voire inexistants. Si cette presse, marginale, peut encore se prévaloir d’une certaine indépendance, cela n’empêche pas la censure de la viser régulièrement ; le journalisme d’opposition est condamné à appliquer la pratique du Phénix, tant il a développé une capacité à toujours renaître de ses cendres sous d’autres formes.

Libération de deux intellectuels condamnés pour le putsch manqué

Deux intellectuels turcs de renom ont été libérés lundi après trois ans passés derrière les barreaux pour leur lien supposé avec le putsch manqué de 2016 qui leur avait valu une condamnation à la prison à vie.

Les journalistes et écrivains Ahmet Altan, 69 ans, et Nazli Ilicak, 74 ans, sont sortis de prison dans la soirée, ont constaté des correspondants de l'AFP.
 A sa sortie de la prison pour femmes de Bakirköy, à Istanbul, Mme Ilicak n'a pu retenir ses larmes. Plusieurs proches se sont précipités sur elle pour l'enlacer. Ahmet Altan a lui été été relâché sur une station-service près de la prison de Silivri, en bordure d'Istanbul, où des proches étaient aussi venus l'accueillir.

Plus tôt dans la journée, un tribunal d'Istanbul avait condamné les deux intellectuels à des peines de prison --dix ans et demi pour M. Altan et près de neuf ans pour Mme Ilicak--, mais ordonné leur remise en liberté sous contrôle judiciaire en raison du temps déjà passé derrière les barreaux.
 M. Altan et Mme Ilicak avaient été condamnés en 2018 à la prison à perpétuité pour participation au putsch, mais cette décision avait été cassée en juillet dernier. La cour avait estimé qu'ils n'auraient pas dû être jugés pour tentative de putsch, mais pour avoir aidé un "groupe terroriste", chef d'accusation passible d'une peine inférieure.

Au terme du nouveau procès qui s'est conclu lundi, les deux intellectuels ont ainsi été reconnus coupables d'avoir aidé une "organisation terroriste", expression désignant le mouvement d'un prédicateur islamique, Fethullah Gülen, qu'Ankara accuse d'avoir ourdi la tentative de coup d'Etat.

Pour les ONG, l'affaire Altan-Ilicak est emblématique de la détérioration des droits humains en Turquie après le putsch manqué en juillet 2016 contre le président Recep Tayyip Erdogan, qui a lancé des purges massives ayant frappé de plein fouet médias et milieux intellectuels.

Le tribunal d'Istanbul a par ailleurs acquitté lundi le frère d'Ahmet Altan, le romancier Mehmet Altan. Il avait été remis en liberté l'an dernier après avoir été également condamné à la prison à vie en lien avec la tentative de putsch, et la Cour de cassation avait demandé à ce qu'il soit innocenté.

Agé de 66 ans, Mehmet Altan est l'auteur de plusieurs ouvrages sur la politique. Il avait été arrêté en septembre 2016 avec son frère Ahmet.

- "Pas une preuve" -

A peine relâché, Ahmet Altan s'est attablé sous les néons déversant une lumière blafarde de la cafétaria de la station-service pour se lancer dans une conversation à bâtons rompus avec ses proches venus l'accueillir, en sirotant un thé brûlant, selon un photographe de l'AFP.

"Depuis le début, il n'y a rien. Il n'y a pas une seule preuve. Comment un tel crime serait possible et pourquoi voudrait-on que je commette une telle chose ?", a-t-il déclaré aux journalistes présents.

Il a toutefois estimé que les années passées en prison n'avaient "pas été perdues". "J'ai travaillé en prison, j'ai écrit des livres", a-t-il dit.

Ahmet Altan, qui a fondé le journal d'opposition Taraf, s'est notamment fait connaître en dehors de Turquie par son récit de sa vie en prison. Son livre "Je ne reverrai plus le monde" a paru cette année en France aux éditions Actes Sud.

Mme Ilicak, journaliste et écrivaine qui a travaillé jusqu'en 2013 pour le grand quotidien pro-gouvernemental Sabah, est en prison depuis fin juillet 2016.

M. Altan et Mme Ilicak, des intellectuels respectés en Turquie, ont toujours nié toute implication dans la tentative de coup d'Etat, rejetant des accusations "grotesques".

Ils étaient notamment accusés d'avoir envoyé des "messages subliminaux" lors d'une émission retransmise en direct sur une chaîne pro-Gülen à la veille du putsch manqué, un élément qui a ensuite disparu de l'acte d'accusation.

La Turquie, où plusieurs médias ont été fermés et journalistes arrêtés depuis 2016, figure à la 157ème place sur 180 au classement 2019 de la liberté de la presse de l'ONG Reporters sans frontières.
(AFP, 4 novembre 2019)

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AI: Hundreds arrested in crackdown on critics of military offensive

Hundreds of people have been detained in Turkey for commenting or reporting on Turkey’s military offensive in northeast Syria, said Amnesty International in a new report today.

Amnesty’s report - ‘We can’t complain’: Turkey’s continuing crackdown on dissent over its military operation ‘Peace Spring’ in northeast Syria - shows how last month’s offensive was accompanied by a wave of repression in Turkey, which swept up anyone who deviated from the Government’s official line.

Journalists, social media users and protesters have been accused of “terrorism” and subjected to criminal investigation, arbitrary detention and travel bans. If prosecuted and found guilty, they could face lengthy prison sentences.

In the first week of the offensive alone, 839 social media accounts were under investigation for “sharing criminal content”, with 186 people reportedly taken into police custody and 24 remanded in pre-trial detention, according to official figures.
 
One social media user, who was detained and accused of spreading “propaganda for a terrorist organisation”, had retweeted three tweets, one of which read: “Rojava [the autonomous Kurdish area in northern Syria] will win. No to War”. Like others, these tweets did not come remotely close to constituting evidence of an internationally-recognisable crime. He was given an overseas travel ban and required to report to a local police station twice a month.

One lawyer told Amnesty: “Using the words ‘war’, ‘occupation’, ‘Rojava’ has become a crime. The judiciary says ‘you cannot say no to war’.”

Marie Struthers, Amnesty International’s Europe Director, said: 

    “As the tanks rolled across the Syrian border, the Government took the opportunity to launch a domestic campaign to eradicate dissenting opinions from media, social media and the streets.

    “Since the start of the military offensive, Turkey’s already entrenched atmosphere of censorship and fear has deepened, with detentions and trumped-up charges used to silence the few who dare to utter any challenge or criticism of Operation Peace Spring.

    “Critical discussion on issues of Kurdish rights and politics has become even further off- limits.

    “The Turkish authorities must stop gagging opinions they don’t like and end the ongoing crackdown.

    “All charges and prosecutions of those targeted for peaceful expression of their opposition to Turkey’s military operations should be immediately dropped.”

Journalists detained

On 10 October, a day after the offensive began, Turkey’s broadcasting regulatory body (RTÜK) warned media outlets that there would be zero tolerance of “any broadcasting that may negatively impact the morale and motivation of […] soldiers or may mislead citizens through incomplete, falsified or partial information that serves the aims of terror”.
 
On the same day, two journalists were detained. Hakan Demir of the daily newspaper Birgün was questioned over a tweet on the paper’s Twitter account based on an NBC report stating that “Turkish warplanes have started to carry out airstrikes on civilian areas.” Meanwhile Fatih Gökhan Diler, managing editor of the Diken news website, was detained after publication of an article with the headline “SDF claim: two civilians lost their lives”. Both journalists were accused of “inciting enmity and hatred”, before being released with overseas travel bans pending the outcome of criminal investigations. 
 
On 19 October, police burst into the home of journalist and human rights defender, Nurcan Baysal. She told Amnesty:

 “Having my home raided and my children terrorised by 30 heavily-armed, masked police officers simply for some social media posts calling for peace, shows the level of suppression of freedom of expression in Turkey.”

Meanwhile, the journalist Özlem Oral was detained on the same day and questioned over tweets criticising Operation Peace Spring posted on a Twitter account not belonging to her. She was released the next day with an overseas travel ban, required to regularly report at a local police station, and not to leave İstanbul where she lives.

On 27 October, lawyer and columnist Nurcan Kaya was detained at Istanbul airport for criticising the offensive by tweeting “We know from experience how everything you call a peace operation is a massacre”. She was released after questioning the same day but received an international travel ban.

It is not just Turkish journalists who have been targeted. On 25 October, President Erdoğan’s lawyers announced that they have filed a criminal complaint against the director and editor of French magazine Le Point, following the publication of an issue which used the cover headline “Ethnic cleansing: the Erdoğan method” in its coverage of the offensive. The lawyers claimed the cover is insulting to the president, a crime under Turkish law.
Crackdown on politicians and activists

Operation Peace Spring has also been used by the Turkish Government as a pretext to escalate a crackdown on opposition politicians and activists. Several MPs are currently subject to criminal investigations, including Sezgin Tanrıkulu, who is facing investigation for comments he made in the media and a tweet which read: “Government needs to know this, this is an unjustified war and a war against the Kurds”.
 
According to lawyers from the Bar Association in Şanlıurfa province, at least 54 people were taken into police custody in the province by counter-terrorism officers on 9 and 10 October. Among them were members of the Kurdish-rooted leftist opposition People’s Democratic Party, as well as members of trade unions. Within the first week of the military offensive, at least 27 people - many of whom were affiliated with People’s Democratic Party - were detained in Mardin province on terrorism-related charges. Detainees included the elected mayor of the town of Nusaybin, who has been replaced by the unelected district governor.
 
On 12 October, the Saturday Mothers - relatives of victims of enforced disappearances who have been holding weekly peaceful vigils for the past decade - were warned by police that they would break up their vigil “if they utter the word ‘war’”. The peaceful gathering was violently broken up as soon as a statement criticising the military operation in Syria was read out. (
amnesty.org.uk, Nov 1, 2019)

La fiancée de Khashoggi appelle le G20 à agir pour la liberté de la presse

Le G20, dont l'Arabie saoudite va bientôt prendre la présidence tournante, doit obtenir des engagements du Royaume en faveur de la liberté de la presse et lutter contre les meurtres de reporters commis dans le monde, selon un appel lancé par RSF et la fiancée du journaliste saoudien assassiné Jamal Khashoggi.

A l'occasion de la journée internationale de la fin de l'impunité des crimes commis contre les journalistes, le 2 novembre, le secrétaire général de Reporters sans Frontières, Christophe Deloire, et Hatice Cengiz, fiancée du journaliste saoudien, tué dans le consulat du Royaume à Istanbul par un commando de son pays en 2018, ont lancé cet appel dans une tribune publiée dans une douzaine de langues.

Ils jugent qu'"une large mobilisation est nécessaire, à l'échelle internationale, dès lors que plus de 90% des crimes commis contre les reporters, dans des pays en guerre comme en paix, demeurent impunis". Et ils soulignent la responsabilité du G20 à cet égard, car le groupe de pays va être bientôt présidé par l'Arabie Saoudite, qui figure à la 172e place sur 180 pays dans son classement mondial de la liberté de la presse, et inclut aussi d'autres États comme la Chine (177e), la Turquie (157e) ou la Russie qui violent régulièrement voire systématiquement le droit d'informer.

Ils rappellent aux dirigeants du G20 qu'un an et un mois après les faits, le corps de Jamal Khashoggi n'a toujours pas été retrouvé, et que 32 journalistes, professionnels ou non, sont toujours dans les prisons saoudiennes. Et s'indignent que de nombreux autres assassinats de journalistes restent non élucidés ou impunis, évoquant ceux de Daphne Caruana Galizia à Malte, Gauri Lankesh en Inde, Javier Valdez et Miroslava Breach au Mexique, Jean Bigirimana au Burundi, Pavel Cheremet en Ukraine.

"Les dirigeants du G20 ont le devoir d'agir" et ils "ne peuvent pas se contenter d'être les spectateurs passifs de l'assassinat des journalistes", écrivent-ils.

Et pour que cette présidence saoudienne du G20 en 2020 ne soit pas l'équivalent d'"un permis de tuer" les journalistes, ils demandent solennellement aux dirigeants de l'organisation "d'obtenir de l'Arabie saoudite des engagements clairs en faveur de la liberté de la presse, à commencer par la libération des journalistes emprisonnés".
(AFP, 31 octobre 2019)

Kurdish Question / Question kurde

Des Kurdes caillassent les blindés d'une patrouille russo-turque

Des Kurdes ont lancé vendredi des cailloux contre les blindés d'une patrouille russo-turque, qui ont renversé et tué à leur passage un de ces manifestants opposés à la présence militaire d'Ankara dans le nord-est de la Syrie.

Un petit groupe de Kurdes s'est rassemblé près de la localité de Maabda, non loin de la frontière avec la Turquie, lançant pierres et chaussures sur le convoi, ont rapporté des correspondants de l'AFP sur place.

Un jeune homme a été renversé par l'un des blindés et transféré à un hôpital de la ville voisine de Derek. "Il est mort d'une hémorragie interne" a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Avec l'aide des supplétifs syriens, les forces turques ont lancé le 9 octobre une offensive dans le nord syrien pour éloigner de sa frontière la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG).

L'opération militaire a été suspendue après un accord négocié par Ankara d'abord avec Washington, puis avec Moscou, le 22 octobre, même si des combats sporadiques se poursuivent.

Aux termes de l'accord avec Moscou, les forces kurdes ont abandonné leurs positions à la frontière et des patrouilles menées par l'armée turque et l'armée russe, ont été mises en place.

La présence militaire turque dans le nord-est de la Syrie provoque la colère des habitants kurdes.

L'offensive lancée par la Turquie a tué des dizaines de civils et fait des dizaines de milliers de déplacés. Elle lui a permis de prendre le contrôle à sa frontière d'une bande de territoire de 120 km de longueur et d'une trentaine de km de profondeur allant des villes de Tal Abyad à Ras al-Aïn.

A terme, Ankara souhaite établir une "zone de sécurité" dans le nord syrien, avec l'objectif d'y installer deux millions de Syriens réfugiés en Turquie.

L'intervention de Moscou, allié du régime syrien, a été décisive pour maintenir un arrêt des hostilités. Elle a eu lieu après un rapprochement inédit amorcé par les forces kurdes et le régime, qui a déployé son armée dans des régions du nord syrien qui lui échappaient depuis des années.

Depuis 2011, le conflit syrien a fait plus de 370.000 morts et des millions de déplacés.
(AFP, 8 novembre 2019)

Trustees Appointed to 15 HDP Municipalities Since Local Elections on March 31

The Ministry of Interior released a statement on August 19 and announced that Metropolitan Mayors of Diyarbakır, Van and Mardin were dismissed on the ground that there are ongoing investigations against them.

Since then, the number of trustee-appointed Peoples' Democratic Party (HDP) Provincial and District Municipalities has been constantly surging. As of today (November 4), trustees have been appointed in place of 15 elected HDP mayors since the last local elections on March 31.

Most of these dismissed mayors were then either taken into custody or arrested on terror-related charges.

Click here for the 15 trustee-appointed municipalities.

(BIA, 7 November 2019)

Un nouveau maire prokurde arrêté pour "terrorisme"

Les autorités turques ont arrêté vendredi un maire appartenant au principal parti d'opposition prokurde de Turquie, le soupçonnant de "propagande terroriste" et d'"appartenance à une organisation terroriste", selon l'agence de presse étatique Anadolu.

Azim Yacan, le maire d'Ipekyolu, dans la province de Van (sud-est), ainsi que son adjointe Sehsade Kurt ont été interpellés tôt dans la matinée et placés en garde à vue, soupçonnés par les autorités d'appartenir au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), selon Anadolu.

Ces interpellations font suite à une série d'arrestations et de destitutions visant depuis plusieurs semaines des élus du Parti démocratique des peuples (HDP), le plus important parti prokurde de Turquie, dans le sud-est à majorité kurde du pays.

En octobre, les autorités turques avaient arrêté trois maires de ce même parti pour des accusations similaires, ainsi que Selçuk Mizrakli, écarté en août de la mairie de Diyakabkir et remplacé par un administrateur après sa victoire aux dernières élections municipales.

Ces interpellations surviennent dans le sillage du déclenchement le 9 octobre par la Turquie d'une offensive dans le nord-est de la Syrie contre la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), qualifiée de "terroriste" par Ankara mais soutenue par les pays occidentaux.

Le HDP a été le seul parti représenté au Parlement turc à exprimer son opposition à cette opération militaire, plusieurs de ses responsables l'ayant qualifiée d'"invasion".

Le président turc Recep Tayyip Erdogan affirme régulièrement que le HDP est lié au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), une organisation qualifiée de "terroriste" par la Turquie et ses alliés occidentaux.

Le HDP affirme être visé en raison de son opposition virulente au gouvernement.

Dans le cadre de l'enquête contre les élus arrêtés vendredi, les véhicules de fonction de la municipalité d'Ipekyolu "ont été fouillés" et du "matériel ayant pu être utilisé pour commettre des délits" a été saisi, selon Anadolu.
(AFP, 8 novembre 2019)

Italie: des milliers de manifestants en faveur des Kurdes syriens

Des milliers de personnes, 10.000 selon les organisateurs, ont manifesté vendredi à Rome en faveur des Kurdes de Syrie, tués par centaines et déplacés par milliers dans le nord-est du pays après une offensive turque dans cette zone frontalière.

Brandissant des pancartes au nom des Kurdes de Syrie, les manifestants, dont plusieurs centaines de Kurdes et des milliers d'Italiens de groupes de gauche, ont dénoncé "l'agression turque".

En tête du cortège qui a défilé depuis la gare jusqu'à la Place Venise au coeur historique de la ville, une douzaine de femmes, surtout des Kurdes, montraient des photos à l'effigie de "martyrs" de la "révolution du Rojava", la région kurde de Syrie qui aspirait à devenir autonome, parmi lesquels des combattants de la milice kurde syrienne de l'YPG (Unités de protection du peuple).

L'YPG est considérée comme "terroriste" par la Turquie alors qu'elle a été l'alliée indispensable des pays occidentaux dans la lutte contre le groupe Etat islamique (EI).

Une photo montrait Hevrin Khalaf, 35 ans, secrétaire générale du parti Avenir de la Syrie, qui faisait partie d'un groupe de civils "exécutés" par des supplétifs syriens de l'armée turque au début de l'offensive en Syrie.

Mme Khalaf était membre de la direction du Conseil démocratique syrien, bras politique de l'alliance de forces kurdes et arabes, alliées de Washington dans la lutte contre l'EI, et son meurtre a été condamné par les Etats-Unis.

D'autres photos rendaient hommage à Ayse Deniz Karacagil, une jeune Turque de 25 ans, pro-Kurde et héroïne de la bataille de Kobané (septembre 2014), tuée dans un affrontement de l'YPJ avec l'EI en mai 2017 à Raqqa en Syrie.

Des pancartes portées par une importante délégation venue de Florence rappelaient aussi la figure de Lorenzo Orsetti, un jeune anti-fasciste toscan de 30 ans qui avait rejoint la milice kurde du Rojava et a été tué dans une bataille avec l'EI en mars dernier, près de Baghouz.

Grimpés sur un énorme camion, plusieurs orateurs se sont succédés pour dire "non à la guerre turque dans le nord-est de la Syrie" et pour "défendre le Rojava". "Rise up Rojava, Onda Resistente (vague résistante, ndlr)", clamait une pancarte, appelant la région "à se soulever".

"Liberté pour (Abdullah) Ocalan", le chef du parti indépendantiste kurde du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) emprisonné depuis 20 ans par la Turquie, "et pour les prisonniers politiques", disaient d'autres banderoles.
(AFP, 1 novembre 2019)

En solidarité avec la Syrie, les Kurdes d'Irak n'achètent plus turc

En solidarité avec les Kurdes de Syrie menacés de la reprise d'une offensive d'Ankara et de ses supplétifs syriens, de nombreux Kurdes d'Irak boycottent désormais les produits venus de Turquie, premier exportateur dans le pays.

Fruits, seaux en plastique, yaourts ou produits cosmétiques, l'Irak importe chaque année pour huit milliards de dollars de biens turcs, qui transitent tous par le Kurdistan autonome.

Mais depuis le lancement le 9 octobre d'une opération militaire turque dans le nord de la Syrie, plus de 12.000 Kurdes ont quitté cette zone pour se réfugier dans des camps du Kurdistan irakien, laissant derrière eux des dizaines de morts.

"On ne peut pas aller au front combattre les Turcs avec des armes, alors notre arme à nous c'est le boycott des produits turcs", explique à l'AFP Hamid Banye, célèbre chanteur kurde irakien qui a lancé avec d'autres cette campagne.

"On va toucher un maximum de monde et comme ça on portera le coup de grâce à l'économie turque", veut croire celui qui appelle aussi à ne plus regarder de films turcs ou écouter des chansons venus du pays du Bosphore.

Convaincu, Hogir Ali, 31 ans et père de trois enfants, a déjà chamboulé une tradition familiale: les biscuits qu'on a toujours mangé chez lui avec le thé étaient turcs.

 Mais aujourd'hui, "je dois faire ma part", dit cet habitant d'Erbil, la capitale du Kurdistan irakien, en scrutant à la loupe les code-barres des produits, dans les rayons
du supermarché du coin.

"Je ne vais plus soutenir par aucun moyen l'économie turque parce que la Turquie ne croit pas aux droits des Kurdes ni même à leur existence", assène-t-il en s'emparant finalement d'un paquet, des biscuits qui viennent d'Espagne.

- Gains iraniens -

Zana Ahmed, 28 ans, a, lui, toujours vendu des crèmes pour le visage, des gels pour cheveux et autres crayons à maquillage venus de Turquie.

Mais aujourd'hui, "après l'offensive turque, nous cherchons des alternatives", assure à l'AFP ce commerçant de Souleimaniyeh, dans le nord-est de l'Irak.

Et la nouvelle est déjà arrivée de l'autre côté de la frontière. La campagne de boycott a reçu le soutien des Forces démocratiques syriennes (FDS) qui ont instauré une semi-autonomie kurde dans le nord-est de la Syrie, en guerre depuis 2011.

"Chaque centime dépensé pour acheter des produits turcs ou alimenter le tourisme se transforme en balles et en bombes qui tuent nos enfants dans le nord-est syrien", a récemment lancé Mustafa Bali, un porte-parole des forces kurdes.

Au niveau politique, le Parti démocratique du Kurdistan (PDK) au pouvoir à Erbil entretient de forts liens économiques et politiques avec Ankara alors que son rival l'Union patriotique du Kurdistan (UPK), dont Souleimaniyeh est le bastion, s'oppose à la Turquie.

Au Kurdistan irakien autonome, qui partage 350 km de frontière avec la Turquie au nord et 500 autres avec l'Iran à l'est, la très grande majorité des produits disponibles sur le marché viennent de ces deux pays.

Et les pertes turques sont déjà en train de se transformer en gains pour l'Iran, si l'on en croit Karwan Jamal, 45 ans.

Ce conducteur dans une compagnie de transport a récemment découvert que la solidarité avait un coût. La dernière fois qu'il a dû acheter de l'huile de cuisine, il a préféré opter pour une marque iranienne plutôt que turque.

"J'ai payé la bouteille 10.500 dinars irakiens, alors que la bouteille turque est à 6.000 dinars", raconte-t-il à l'AFP, soit une différence d'environ 3,50 euros.

Si ce n'est qu'une histoire de prix, il se dit prêt à le payer. En revanche, pour les vêtements, "ceux faits en Iran ne sont pas aussi beaux et il y en a moins sur le marché que des habits turcs", affirme-t-il.

- "Toucher les consciences" -

Nasreddine Mahmoud, lui, vend biscuits et produits laitiers en gros, et il a déjà vu la différence.
 "La demande a été divisée par deux, les commerçants refusent d'acheter turc, ils demandent des produits iraniens à la place ou cherchent des alternatives sur le marché local", affirme-t-il à l'AFP.

Chaque jour, Sirwan Mohammed reçoit à la Chambre de commerce de Souleimaniyeh des hommes d'affaires inquiets.

"Je pense que cette campagne va avoir un impact négatif sur les entreprises turques et les entreprises locales qui importent depuis la Turquie", assure-t-il à l'AFP.

"Mais les consommateurs, eux, ne seront pas touchés parce qu'il y a aussi sur le marché des produits du Golfe, d'Iran et d'Europe --en plus de ceux du Kurdistan et du reste de l'Irak", ajoute-t-il.

Mais au-delà de toucher au portefeuille, cette campagne va surtout "toucher les consciences", espère-t-il.
(AFP, 1 nov 2019)

Les forces kurdes rejettent un appel à intégrer l'armée syrienne

Le régime syrien a appelé mercredi les forces kurdes à intégrer les rangs de l'armée, après une offensive turque interrompue par deux accords de trêve, une proposition rejetée par les Kurdes.

L'appel du régime de Bachar al-Assad a été fait après le plus important déploiement depuis 2012 des troupes du régime dans le nord et le nord-est du pays dont elles s'étaient retirées après le début de la guerre.

Les forces kurdes avaient plus tôt en octobre appelé le régime de Bachar al-Assad à l'aide pour les aider à contrer l'offensive d'Ankara lancée le 9 octobre, après voir été lâchées par les Etats-Unis qui ont donné un feu vert de facto à cette assaut.

"Le commandement général des forces armées est prêt à accueillir les membres des unités des Forces démocratiques syriennes (FDS, dominées par les combattants kurdes, ndlr) qui souhaitent rejoindre ses rangs", a indiqué le ministère syrien de la Défense dans un communiqué relayé par l'agence étatique SANA.

Tous les Syriens, y compris la minorité kurde, sont confrontés à "un seul ennemi", ajoute le texte dans une allusion à la Turquie.

Le ministère syrien de l'Intérieur a pour sa part appelé les membres de la police kurde des Assayech à rejoindre les rangs de la police syrienne, selon SANA.

Les FDS ont affirmé dans un communiqué qu'elles ne pourraient rejoindre l'armée syrienne avant "un accord politique qui reconnaîtrait et préserverait le statut et la structure spécifiques" de leurs forces.

Une telle mesure nécessiterait aussi "un mécanisme pour restructurer" l'armée syrienne, ont-elles ajouté.

Dans un communiqué séparé, le chef des FDS Mazloum Abdi a ensuite affirmé que ses forces avaient proposé un
arrangement "qui préserverait le spécial statut des FDS dans les zones où elles sont présentes". Cela permettrait alors aux FDS "de faire partie" de l'armée syrienne, a-t-il dit sur Twitter.

Un accord conclu la semaine dernière entre la Turquie et la Russie, alliée de M. Assad, a mis fin à l'offensive turque avec le retrait des forces kurdes d'une grande partie du nord et du nord-est du pays, ce qui a permis de renforcer la présence de l'armée syrienne dans cette région.

Avant leur retrait et à la faveur de la guerre en Syrie déclenchée en 2011, les FDS contrôlaient de vastes régions du nord et nord-est du pays où ils avaient instauré une autonomie de facto pendant plusieurs années.
(AFP, 30 octobre 2019)

Minorités / Minorities

 Assyrian Genocide Monument Unveiled in Pohlheim, Germany

An Assyrian genocide monument was unveiled yesterday in Pohlheim, Germany. The monument commemorates the Assyrians who were killed in the Turkish genocide of Assyrians, Greeks, and Armenians between 1915 and 1918. The genocide targeted the Christian subjects of the Ottoman Empire and claimed the lives of 750,000 Assyrians (75%), 1 million Greeks and 1.5 million Armenians.
(AINA, November 3, 2019)

Un responsable américain dénonce le "nettoyage ethnique" de la Turquie en Syrie

Un haut responsable américain a critiqué dans un rapport le manque d'efforts de l'administration Trump pour empêcher l'offensive turque en Syrie, qui a selon lui causé un "nettoyage ethnique", a rapporté jeudi le New York Times.

William Roebuck, l'envoyé américain de la coalition internationale contre le groupe Etat Islamique, a dans un rapport fustigé les "efforts déterminés de nettoyage ethnique" de la part de la Turquie et de ses alliés à l'encontre des Kurdes en Syrie qui "ne peuvent être que définis comme des crimes de guerre ou du nettoyage ethnique", selon le quotidien américain.

"Un jour, lorsque l'histoire diplomatique sera écrite, on se demandera ce qu'il s'est passé ici et pourquoi des responsables n'ont pas fait plus pour empêcher ça, ou au moins dénoncer plus fermement auprès de la Turquie son comportement", cite le New York Times, qui a obtenu ce rapport.

La porte-parole du département d'Etat américain a refusé de dire si ces "prétendues communication internes privées" étaient vraies.

"Ceci dit, nous avons été clairs sur le fait que nous nous opposions fermement à la décision du président Erdogan d'entrer en Syrie et nous avons tout fait, à part une confrontation militaire, pour l'éviter", a assuré Morgan Ortagus.

Elle a ajouté que les Etats-Unis avaient pris au sérieux les informations selon lesquelles des combattants soutenus par les Turcs auraient commis des exactions, dont le meurtre de civils.

"Ces questions demeurent et nous avons porté la question aux échelons les plus élevés de l'Etat turc", a-t-elle précisé.

La Turquie avait lancé son opération militaire après l'annonce par M. Trump du retrait des troupes américaines déployées en Syrie le long de la frontière avec la Turquie, ce qui a été interprété par un feu vert accordé à Ankara.

Fortement critiqué, y compris dans son propre camp, M. Trump a ensuite durci le ton et autorisé des sanctions contre la Turquie, qui ont été levées après qu'Ankara eut suspendu son offensive en Syrie aux termes d'un accord conclu entre M. Erdogan et le vice-président américain Mike Pence.

Les présidents turc et américain doivent se rencontrer à la Maison Blanche le mercredi 13 novembre.
(AFP, 7 novembre 2019)

La reconnaissance du génocide arménien : état des lieux

La reconnaissance du génocide arménien entre 1915 et 1917, votée mardi par la Chambre des représentants des Etats-Unis, est une source de tensions régulière entre la Turquie et la communauté internationale.

- Génocide ou massacres -

Les Arméniens estiment qu'un million et demi des leurs ont été tués de manière systématique pendant la Première Guerre mondiale par les troupes de l'Empire ottoman, alors allié à l'Allemagne et à l'Autriche-Hongrie. Ils commémorent ce génocide chaque année le 24 avril.

La Turquie, issue du démantèlement de l'empire en 1920, reconnaît des massacres mais récuse le terme de génocide, évoquant une guerre civile en Anatolie, doublée d'une famine, dans laquelle 300.000 à 500.000 Arméniens et autant de Turcs ont trouvé la mort.

Des affrontements meurtriers avec les Turcs avaient déjà commencé à la fin du XIXe siècle, avec le massacre de 100.000 à 300.000 Arméniens en 1895-1896, selon des sources arméniennes.

Lorsque l'Empire ottoman essuie de lourdes pertes dans les combats de la Grande guerre affectant les provinces arméniennes, les autorités en rejettent la responsabilité sur les Arméniens, qualifiés d'"ennemi intérieur" et accusés de collaboration avec les Russes.

Le 24 avril 1915, des milliers d'Arméniens suspects de sentiments nationaux hostiles au gouvernement central sont arrêtés. Le 26 mai, une loi autorise les déportations "pour des raisons de sécurité intérieure", une autre loi du 13 septembre ordonne la confiscation de leurs biens.

La population arménienne d'Anatolie et de Cilicie (une région intégrée à la Turquie en 1921) est exilée de force dans les déserts de Mésopotamie. Beaucoup sont tués en chemin ou dans des camps, brûlés vifs, noyés, empoisonnés ou victimes du typhus, selon des rapports des diplomates étrangers et des agents de renseignement de l'époque.

En 2000, 126 chercheurs, dont le lauréat du prix Nobel Elie Wiesel, affirment dans un communiqué publié par le New York Times que "le génocide arménien pendant la Première Guerre mondiale est un fait historique incontestable".

- Une trentaine de pays -

 Le 20 avril 1965, l'Uruguay a été le premier pays à reconnaître le génocide arménien.

En France, la reconnaissance est intervenue dans une loi en 2001, et une journée de commémoration a été pour la première fois célébrée le 24 avril 2019.

La négation du génocide n'y est cependant pas pénalisée, contrairement à la Suisse, Chypre et la Slovaquie.

Au total, les Parlements d'une trentaine de pays ont voté des lois, résolutions ou motions reconnaissant explicitement le génocide arménien : Allemagne, Argentine, Autriche, Belgique, Bolivie, Brésil, Canada, Chili, Chypre, Etats-Unis, France, Grèce, Italie, Liban, Lituanie, Luxembourg, Paraguay, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Russie, Slovaquie, Suède, Suisse, Uruguay, Vatican, Venezuela.

- Des votes pas toujours contraignants -

Ces votes, émanant parfois seulement d'une des chambres du Parlement et avec lesquels les gouvernements peuvent prendre leurs distances, ont des portées juridiques très diverses.
 Le Parlement européen a reconnu le génocide arménien en 1987.

Parmi les pays où a récemment été votée une résolution reconnaissant le génocide figurent les Pays-Bas en 2018 et le Portugal en 2019. En Allemagne, le Bundestag, la chambre basse, a aussi adopté une résolution en 2016, qualifiée de non contraignante par la chancelière Angela Merkel.

Le 24 avril 2015, en pleine commémoration par l'Arménie du 100e anniversaire du génocide, le pape François a parlé de "premier génocide du XXe siècle".
(AFP, 31 octobre 2019)

Erdogan: "La reconnaissance américaine n'a aucune valeur"

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré mercredi que la reconnaissance du "génocide arménien" par la Chambre des représentants des Etats-Unis n'avait "aucune valeur" pour Ankara.

"Je m'adresse au public américain et au reste du monde: cette mesure n'a aucune valeur, nous ne la reconnaissons pas", a déclaré M. Erdogan lors d'un discours devant les députés de son parti à Ankara.

"Dans notre foi (musulmane), le génocide est interdit (...) Nous voyons cette accusation comme la plus grande insulte qui soit à notre nation", a ajouté le président turc.

Mardi, la Chambre des représentants des Etats-Unis a adopté, à une écrasante majorité, un texte appelant à "commémorer le génocide arménien", à "rejeter les tentatives (...) d'associer le gouvernement américain à la négation du génocide arménien" et à éduquer sur ces faits.

Le "génocide arménien" est reconnu par une trentaine de pays et de nombreux historiens. Selon les estimations, entre 1,2 million et 1,5 million d'Arméniens ont été tués pendant la Première Guerre mondiale par les troupes de l'Empire ottoman, alors allié à Allemagne et à l'Autriche-Hongrie.

Mais la Turquie refuse l'utilisation du terme "génocide", évoquant des massacres réciproques sur fond de guerre civile et de famine ayant fait des centaines de milliers de morts dans les deux camps.

Mercredi, le ministère turc des Affaires étrangères a convoqué l'ambassadeur américain à Ankara pour lui transmettre la protestation turque.

"Un pays dont l'histoire est entachée par des génocides et l'esclavage n'a ni le droit de nous faire des remarques, ni le droit de nous donner des leçons", a lancé M. Erdogan.

Il a également déclaré que le Parlement turc allait étudier l'adoption d'un texte en réponse à celui adopté par la Chambre des représentants. S'il n'a pas précisé sur quoi celui-ci porterait, M. Erdogan a déjà critiqué dans le passé le traitement des Amérindiens et le passé esclavagiste des Etats-Unis.

- Déplacement à Washington ? -

La reconnaissance du "génocide" intervient au moment où les relations entre Washington et Ankara, deux alliés au sein de l'Otan, traversent d'importantes turbulences.

L'opération déclenchée par la Turquie le 9 octobre dans le nord-est de la Syrie contre une milice kurde soutenue par les Etats-Unis a suscité l'ire de responsables et d'élus américains.

Après le texte sur le "génocide", la Chambre des représentants a d'ailleurs adopté mardi un texte prévoyant des sanctions contre des responsables turcs en lien avec l'offensive en Syrie.

Le président Donald Trump, qui avait dans un premier temps semblé y donner son feu vert en annonçant le retrait de troupes américaines déployées dans cette zone, a durci le ton et autorisé des sanctions contre la Turquie.

Mais celles-ci ont été levées dans la foulée d'un accord conclu entre Ankara et Washington prévoyant l'arrêt de l'offensive turque en échange du retrait des combattants kurdes d'une zone frontalière de la Turquie.

Interrogé par des journalistes après son discours mercredi sur une visite prévue le 13 novembre à Washington, M. Erdogan a déclaré qu'il n'avait "pas encore pris (sa) décision". "Il y a un point d'interrogation", a-t-il ajouté.
(AFP, 31 octobre 2019)

La Chambre des représentants des Etats-Unis reconnaît le "génocide arménien"

La Chambre des représentants des Etats-Unis a reconnu formellement mardi le "génocide arménien", lors d'un vote symbolique inédit qui a suscité la colère de la Turquie au moment où les relations américano-turques sont déjà soumises à rude épreuve.

C'est la première fois qu'une telle résolution est adoptée en séance plénière d'une des chambres du Congrès à Washington.

Appelant à "commémorer le génocide arménien", à "rejeter les tentatives (...) d'associer le gouvernement américain à la négation du génocide arménien" et à éduquer sur ces faits, ce texte non-contraignant a été adopté par l'écrasante majorité de 405 voix sur 435, avec une rare union entre démocrates et républicains, et seulement onze voix contre.

Le résultat du vote a été accueilli par des applaudissements dans l'hémicycle.

La Turquie a réagi immédiatement par la voix de son ministère des Affaires étrangères en "condamnant fortement" un "acte politique dénué de sens", ayant pour "seuls destinataires le lobby arménien et les groupes anti-turcs".

De son côté, le Premier ministre arménien Nikol Pashinyan a "salué le vote historique du Congrès américain reconnaissant le génocide arménien", jugeant que cette résolution "est un pas audacieux vers la vérité et la justice historique qui offre également un réconfort à des millions de descendants des survivants du génocide arménien", a-t-il tweeté.

Il a également fait part de son "admiration pour des générations d'Arméniens et d'Américains d'origine arménienne, dont l'activisme désintéressé et la persévérance ont été le moteur et l'inspiration derrière le vote historique d'aujourd'hui". "#Jamais plus!", a encore écrit M. Pashinyan.

Le génocide arménien est reconnu par une trentaine de pays et la communauté des historiens. Selon les estimations, entre 1,2 million et 1,5 million d'Arméniens ont été tués pendant la Première Guerre mondiale par les troupes de l'Empire ottoman, alors allié à Allemagne et à l'Autriche-Hongrie.

Mais la Turquie refuse l'utilisation du terme "génocide", évoquant des massacres réciproques sur fond de guerre civile et de famine ayant fait des centaines de milliers de morts dans les deux camps.

"Trop souvent, de manière tragique, la réalité de ce crime abominable a été niée. Aujourd'hui, nous disons clairement, dans cet hémicycle, afin que ce soit gravé dans le marbre des annales du Congrès: les actes barbares commis contre le peuple arménien constituent un génocide", a lancé la présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi.

La star américaine de téléréalité Kim Kardashian avait dans la matinée appelé sur Twitter le Congrès à "passer à l'acte". Selon les estimations, entre 500.000 et 1,5 million d'Américains ont, comme elle, des origines arméniennes.

- Sanctions contre Ankara -

En avril 2017, peu après son arrivée à la Maison Blanche, Donald Trump avait qualifié le massacre des Arméniens en 1915 d'"une des pires atrocités de masse du XXe siècle". Bien qu'il se soit gardé d'employer le terme "génocide", Ankara avait alors exprimé sa colère, dénonçant la "désinformation" et les "mauvaises définitions" du président américain.

Avant d'être élu en 2008, son prédécesseur Barack Obama s'était lui engagé à reconnaître le génocide, mais il n'avait finalement jamais employé ce terme durant ses deux mandats présidentiels.

Ce vote intervient le jour de la fête nationale turque alors que les relations entre Washington et Ankara, alliés au sein de l'Otan, viennent de traverser une nouvelle zone de fortes turbulences. Le président Trump a laissé le champ libre à une offensive turque en Syrie contre les combattants kurdes, pourtant également alliés des Etats-Unis, en retirant ses forces du nord du pays début octobre.

Cette décision a suscité un tollé au sein de la classe politique américaine, jusque dans le camp républicain du locataire de la Maison Blanche, dont des élus ont menacé d'imposer des sanctions "infernales" à la Turquie et à ses dirigeants.

Face à la pression, le gouvernement américain a lui-même annoncé des mesures punitives, plus modestes, avant de les lever à la faveur d'un cessez-le-feu négocié avec Ankara.

Dans la foulée du vote sur le génocide arménien, la Chambre des représentants a aussi adopté mardi soir à la quasi-unanimité un texte prévoyant des sanctions contre des responsables turcs en lien avec l'offensive en Syrie ainsi qu'une banque turque.

Mais cette proposition de loi doit encore être approuvée par le Sénat pour devenir effective. Or, après avoir été vent debout contre les décisions de Donald Trump, les sénateurs républicains, qui contrôlent la chambre haute du Congrès, ont mis leurs critiques en sourdine dans la foulée du cessez-le-feu et de l'annonce de la mort, dans un raid américain, du chef du groupe jihadiste Etat islamique Abou Bakr al-Baghdadi.
(AFP, 30 octobre 2019)

Politique intérieure/Interior Politics

Halloween flash mob in Nuremberg: Terrorist Erdoğan

On occasion of Halloween, activists in the German city of Nuremberg protested Turkish President Tayyip Erdoğan’s genocidal campaign against the Kurdish people and their lands, and the military offensive seeking to invade North and East Syria in violation of international law.

The activists with masks of “terrorist” Erdoğan attracted a lot of attention as they walked through the pedestrian zone.

They distributed flyers explaining why the Turkish President is rightly called a "terrorist" in their eyes:

"The fascist AKP regime began a war of aggression against the Democratic Confederation of Northern and Eastern Syria. With the support of Islamist militias, the Turkish army wants to destroy the grassroots democratic, feminist and ecological revolution there".

The demands highlighted on the flyers distributed to passers-by are:

- An immediate end to Turkey's war of aggression in Northern Syria!

- Stop all German arms deliveries to Turkey!

- No-fly zone over Rojava to prevent further air raids!

- No economic and military cooperation of Germany with Turkey!

An activist spoke to ANF on their action and said the following: "It is not enough to take to the streets again and again with demonstrations or rallies. Creative actions are needed to shake people up. The invasion of the Turkish army, in which German weapons are used among others, means looting, terror, expulsion and death. Everyone now knows that Erdoğan and the ISIS are cooperating. To call ISIS a terrorist organization and to shake hands with Erdoğan at the same time is hypocrisy. That's why we are on the road with the masks. We say: Erdoğan is a terrorist."
(ANF, November 1, 2019)

Demirtaş: Those Who Support the War Owe Self-Criticism to People

Peoples' Democratic Party (HDP) imprisoned former Co-Chair Selahattin Demirtaş has answered the questions of Yavuz Özcan from the daily Yeni Özgür Politika (New Free Policy).

Commenting on the recent developments in Turkey's politics, Demirtaş has shared his views on criticisms against HDP, Turkey's cross-border military operation into northern Syria and its foreign policy.

Arrested since November 4, 2016, Demirtaş was not released despite a European Court of Human Rights (ECtHR) verdict of release. Demirtaş is currently behind bars as a convict as the 2nd Penal Chamber of the İstanbul Regional Court of Justice upheld his prison sentence.

In his written interview to Yavuz Özcan via his attorneys, Selahattin Demirtaş has stated the following brief:
'Ballot box will come sooner or later...'

"In an attempt to prevent the HDP from taking to the streets, to prevent them from even leaving the party building and to make them invisible, they are savagely attacking and unlawfully preventing them. Our MPs and party executives are subjected to serious physical assaults. Young people, women, even mothers are arrested and battered everyday.

"However, in this period, I do not think that we should give up just because mass democratic plans are prevented. If the masses are prevented from reaching and uniting with the leader, the leader has to go to the masses.

"On the other side, ballot box and election units had better be kept educated, at the ready and well-organized all the time. That ballot box will come before the people sooner or later.
'War has not saved the AKP'

"The AKP [Justice and Development Party] government and leadership know it very well that they cannot stay in power even for a month without a policy of war. Therefore, war is raison d'être of the AKP. However, war is like a double-edged knife. If you cannot obtain any results, it will cut you in the end.

"AKP is experiencing a deep loneliness and collapse both at home and in the world. It cannot explain this unjust war to anyone, it cannot do it.

"You will see, in a couple of weeks, AKP will start to be widely and strongly criticized from inside. In other words, the war has not saved the AKP. It has caused and triggered new equations in Syria and Rojava, but it has not made Turkey win anything. We can say that the Turkish Armed Forces (TSK) will be removed from Syria by Russians and Americans themselves.

'Responsibility of self-criticism lies with the opposition'

"If the emotional break experienced by the Kurds in these periods leads to ultranationalist arguments, it will not do any good to anyone. Yes, Kurds are outraged, they are rightfully offended and hurt. But, acting with emotions does not always bind up these wounds. When appropriate, we have to make decisions by bringing the wisdom forward.

"However, no one will, of course, forget these days. No one will harden their hearts when the time comes, it happens only once. The responsibility of making self-criticism before the people who demand peace lies with the opposition which stands behind the war.

"If I were in their shoes, I would not underestimate the Kurds. From this very day on, I would take convincing steps in practice to make amends. Otherwise, it can be too late tomorrow. Kurds are not the sharecroppers, tails or supporting piers of anyone. Those who offered their unconditional support for this war owe a self-criticism to the people. When the time comes, Kurds will not recognize the ones who view Kurds as worthy of only war and death.

"Kurds will remember both the opposition and the government who sees meetings and negotiations with all powers of the world as legitimate, but says, 'Terrorists cannot be negotiated with' when it comes to a dialogue with Kurds. And if Kurdish politics keeps on its policy of alliance, it should take this sensitivity of people into account. I do not think that any distance can be covered without eliminating this broken feeling."
(BIA, 30 October 2019)

Forces armées/Armed Forces

Erdoğan: We will Expand Our Safe Zone If Needs Be

President and ruling Justice and Development Party (AKP) Chair Recep Tayyip Erdoğan spoke at the group meeting of his party today (October 30).

Addressing the question of a journalist as to whether his state visit to the US will take place on November 13 as planned, President Erdoğan said, "I have not made up my mind yet. It is a question mark."

In response to US House of Representatives' recently passed resolution officially recognizing the Armenian Genocide, Erdoğan said, "Genocide is forbidden in our faith. Those who call an incident of deportation a genocide are looking for someone to blame."

Other highlights from Erdoğan's speech were as follows:

'Has economy collapsed?'

"They said, 'We are destroying and obliterating your economy'. They said, 'The economy has collapsed, it is devastated.' What happened, then? Has it collapsed? Is it devastated? Praise to Allah, just as we rose from our ashes in history, we have now risen from our ashes and carry on our path.

"As you see, interest rates are constantly falling. Inflation is similarly going down. If Allah permits, in the earliest time, we will reach single-digit figures. We will reach them in inflation as well.

'It will be too little too late'

"With the Operation Peace Spring, we have once again seen that the ones against us felt the same way as they did a century ago. No matter how civilized, how rich, how developed they seem to be, they express grudge, hate and primitivity at the first possible opportunity. There is nothing new.

"Since the operation started, almost 700 protests were staged by terrorist organization members abroad, especially in Europe. Most of them are with us at the NATO. Most of them are our addressees at the EU. Despite all these, protests are held. Do they say something? No.

"I am calling on the countries supporting the terrorist organization: You are making a mistake, the snake of terror that you feed with your own hands today will bite you sooner or later. When bombs start to explode on your streets, when the weapons of terrorists strat to spill out death, when vandals start to devastate your surroundings, you will, of course, come to realize your mistake. You know the yellow vests, right? They will not be in a single country, they will be in all countries.

"But, then, it will too little too late. Correct your mistake before it is too late. We know that you let them leave your countries with bags full of weapons just to get rid of this trouble. We know that you have taken no action about the terrorists whose names we gave to you.

"And, now, we know that you are trying not to take back your own terrorist citizens. You have terrorists in DAESH. We tell you to take them, but you evade. You raised these terrorists, why don't you take them back? Come on, take them. They don't. Why? Because it is a matter of character.

'Another important step is Tell Rifaat and Kobani'

"Our heroic soldiers and our Syrian brothers from Syrian National Army entered a depth of 30 kilometers in the operation area in a couple of hours.

"They have also promised us to clear Manbij from the YPG. They say that we have 'cleared' it as well. Our armed forces are following it. Is it enough? No.

"Another important step is Tell Rifaat. And we are proceeding to its western side, to Kobani as they call it today, to Ain al-Arab. Terrorists need to be removed from there as well, it needs to be under our control. What will happen, then? Will we enter it as well? No, our Syrian brothers will enter it. The real owners of these areas will enter. We take these steps for that.

'We will expand the safe zone if needs be'

"After our phone call with President Trump, American sent a delegation to our country. They came here, we sat and talked, we made our negotiations. Then, we shared our 13-point agreement with the public.

"An area of 120-km width and 30-32-km-depth had to be cleared of terrorist organizations. We paused our operation for 120 hours for that. Unfortunately, attacks continue. We are scanning the region inch by inch, neutralizing the terrorists and collecting the ammunition and equipments left behind by them.

"I am speaking frankly and warning our addressees: The attacks coming outside this line will be responded in the harshest way possible and we will expand our safe zone if needs be.

"On Friday, we will start our joint action with Russians in the field, we will start the patrol. If we see that members of the terrorist organization are not removed from the 30-kilometer zone and if attacks continue, we reserve our right to launch our own operation. We will take up a stance depending on the developments and bring it into action." (BIA, 30 October 2019)

Retrait kurde achevé dans le nord, premiers combats entre Syriens et Turcs

La Russie, acteur clé dans le conflit syrien, a annoncé mardi la fin du retrait des forces kurdes du nord de la Syrie, où des combats meurtriers entre soldats syriens et turcs accentuent la volatilité de la situation sur le terrain.

Selon les termes d'un accord conclu le 22 octobre par les présidents russe Vladimir Poutine et turc Recep Tayyip Erdogan, la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG) avait jusqu'à mardi 15H00 GMT pour se retirer de ses positions frontalières de la Turquie.

Cette milice - qui a activement aidé la coalition internationale à vaincre militairement les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) mais qui est considérée comme "terroriste" par Ankara - a achevé son retrait de la zone, a assuré la Russie. M. Erdogan a dit avoir été informé par Moscou de ce retrait "total".

Ankara a lancé une offensive le 9 octobre contre les YPG, avec pour but affiché de mettre en place une "zone de sécurité" d'une trentaine de kilomètres de profondeur pour éloigner les YPG, avant d'interrompre son opération à la faveur de deux accords négociés séparément avec les Etats-Unis et la Russie.

"Le retrait des unités armées du territoire sur lequel un corridor de sécurité doit être créé a été terminé plus tôt que prévu", a déclaré mardi le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou.

Les forces kurdes avaient déjà éloigné ces derniers jours leur artillerie lourde et les blindés de plusieurs secteurs frontaliers.

Des patrouilles conjointes turco-russes sont prévues dans une partie de la zone tampon, selon l'accord conclu entre Ankara et Moscou.

Le ministre turc de la Défense Hulusi Akar a déclaré mardi que ces patrouilles russo-turques allaient commencer "prochainement" à vérifier si les combattants kurdes se sont effectivement retirés.

La Turquie "n'hésitera pas" à reprendre les opérations militaires dans le nord-est de la Syrie si elle y repère des combattants kurdes à proximité de sa frontière, a par ailleurs averti depuis Genève le ministre des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu. Peu avant le ministère de la Défense avait indiqué avoir capturé 18 personnes qui ont affirmé être des éléments du régime syrien, près de Ras al-Aïn, une ville frontalière stratégique.

- Combats syro-turcs -

Mardi, des combats ont opposé les armées turque et syrienne pour la première fois depuis l'arrivée des soldats du régime syrien dans le nord de la Syrie, qui s'y sont déployés à la demande des Kurdes après l'annonce du retrait américain.

Bien que l'offensive d'Ankara est à l'arrêt depuis l'accord russo-turc, la trêve est émaillée d'accrochages entre les groupes syriens proturcs et les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les YPG et désormais soutenues par Damas.

Cinq soldats syriens ont été tués par des "tirs d'artillerie" turcs, et un sixième a été "exécuté" par les rebelles proturcs près du village d'Al-Assadiya, à moins de 10 km de la frontière, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Contactées par l'AFP, les autorités turques n'ont pas donné suite dans l'immédiat.

Il s'agit, d'après l'OSDH, des premiers combats entre soldats turcs et syriens depuis le lancement de l'offensive turque.

Des affrontements ont également opposé les soldats de Damas à des supplétifs syriens d'Ankara, a affirmé l'OSDH.

Par le passé, des affrontements avaient déjà opposé les forces du régime aux supplétifs syriens proturcs. Ces derniers, entraînés et financés par la Turquie, combattaient auparavant le régime de Bachar al-Assad.

Mardi, une patrouille de la police militaire russe au poste-frontière de Derbassiyé (nord-est) a aussi été la cible d'un tir d'obus d'Ankara, selon l'agence officielle Sana, qui a dénoncé une "agression turque". Elle a fait état de six civils syriens blessés.

- Multiples belligérants -

Conformément à l'accord russo-turc, la Turquie garde la haute main sur une autre région frontalière du nord-est longue de 120 km, dont elle a pris le contrôle au cours de son offensive.

De son côté, le pouvoir syrien se déploie dans des secteurs du nord qui lui échappaient depuis 2012, et son armée se retrouve désormais à proximité de soldats turcs.

Cette reconfiguration des forces sur le terrain illustre la complexité du conflit syrien qui implique aujourd'hui de multiples belligérants et des puissances étrangères, avec des alliances en constante évolution.

Longtemps fer de lance de la lutte anti-EI, les forces kurdes, affaiblies par l'offensive turque, ont mis en garde contre une résurgence jihadiste alors qu'elles retiennent encore des milliers de jihadistes, dont des Européens et des Américains, dans plusieurs prisons à travers le nord-est syrien.

Les FDS retiennent aussi des milliers de femmes et d'enfants de jihadistes étrangers dans des camps de déplacés.

Pour les Kurdes, le retour du régime de Damas dans le nord risque également de leur faire perdre leur autonomie de facto, arrachée à la faveur du conflit qui a fait en Syrie plus de 370.000 morts depuis 2011.
(AFP, 30 octobre 2019)

Affaires religieuses / Religious Affairs

17 étrangers soupçonnés de liens avec l'EI arrêtés

La police turque a arrêté jeudi 17 ressortissants étrangers soupçonnés d'avoir des liens avec l'organisation Etat islamique (EI), a rapporté l'agence de presse étatique Anadolu.

Les 17 personnes, dont les nationalités n'ont pas été précisées, ont été arrêtées à Ankara et emmenées au siège de la police antiterroriste pour y être interrogées, selon l'agence.

Dans la foulée de la mort du chef de l'EI Abou Bakr al-Baghdadi lors d'un raid américain en Syrie fin octobre, la Turquie a multiplié les coups de filet sur son territoire contre des personnes soupçonnées de liens avec le groupe jihadiste.

Les autorités turques ont arrêté cette semaine une soeur de Baghdadi et annoncé qu'une épouse de l'ancien chef de l'EI avait été capturée l'an dernier.

Le président Recep Tayyip Erdogan a déclaré jeudi que l'entourage de Baghdadi essayait de gagner la Turquie et que les arrestations se multipliaient.

Le nombre de proches de Baghdadi arrêtés par la Turquie "s'approche d'un nombre à deux chiffres", a déclaré M. Erdogan, sans autre précision.

Longtemps soupçonnée d'avoir laissé les jihadistes traverser sa frontière pour rejoindre la Syrie après le début du conflit qui déchire ce pays depuis 2011, la Turquie, frappée par plusieurs attentats commis par l'EI, a rejoint en 2015 la coalition antijihadiste.

Mais Ankara a été accusé ces dernières semaines d'affaiblir la lutte contre les éléments dispersés de l'EI en lançant, le 9 octobre, une offensive contre la milice kurde des Unités de protection.
(AFP, 7 novembre 2019)

Erdogan affirme que la Turquie a arrêté une femme de Baghdadi

Le président Recep Tayyip Erodgan a déclaré mercredi que la Turquie avait capturé une épouse d'Abou Bakr al-Baghdadi, le chef du groupe Etat islamique (EI) tué par un commando américain fin octobre.

Après avoir mené l'opération ayant mené à la mort de Baghdadi, les Etats-Unis "ont lancé une gigantesque campagne de communication", a déclaré M. Erdogan lors d'un discours à Ankara retranmis à la télévision.

"Quant à nous, nous avons attrapé son épouse --je le dis aujourd'hui pour la toute première fois--, mais nous ne fanfaronnons pas à ce sujet", a dit le président turc, sans indiquer quand ni où cette arrestation avait eu lieu.

Un responsable turc a par la suite précisé que l'épouse de Baghdadi, qu'il a présentée comme la "première femme" de l'ancien chef de l'EI décrit comme polygame, avait été arrêtée le 2 juin 2018 dans la province turque de Hatay, frontalière de la Syrie.

Elle a été arrêtée en compagnie de 10 autres personnes, dont une fille de Baghdadi, a ajouté ce responsable sous couvert d'anonymat, affirmant que le lien de parenté avait été établi à la suite d'analyses ADN effectuées à l'aide d'un échantillon fourni par les autorités irakiennes.

Selon le responsable turc, après son arrestation, l'épouse de l'ex-chef de l'EI a "communiqué beaucoup d'informations au sujet de Baghdadi et sur le fonctionnement interne de l'EI".

"Nous avons pu confirmer beaucoup de choses que nous savions déjà. Nous avons aussi obtenu de nouvelles informations qui ont conduit à plusieurs arrestations ailleurs", a-t-il ajouté, sans livrer davantage de détails.

Il a indiqué que les 11 personnes interpellées étaient aujourd'hui détenues dans un centre de rétention pour migrants en Turquie.

Cette annonce intervient au lendemain d'une autre annonce : celle de l'arrestation d'une soeur de Baghdadi, de l'époux de celle-ci, de sa belle-fille et de cinq enfants, lors d'une opération des forces turques menée lundi en Syrie.
 Le président américain Donald Trump a annoncé le 27 octobre la mort de Baghdadi lors d'un raid au cours de la nuit précédente dans le nord-ouest de la Syrie, à quelques kilomètres de la frontière turque.

Le lendemain de cette annonce, la Turquie a affirmé que ses services de renseignement et ses militaires avaient eu des contacts "intenses" avec leurs homologues américains dans la nuit où s'est déroulée l'opération ayant conduit à l'élimination de Baghdadi.

Longtemps soupçonnée d'avoir laissé les jihadistes traverser sa frontière pour rejoindre la Syrie après le début du conflit qui déchire ce pays depuis 2011, la Turquie, frappée par plusieurs attentats commis par l'EI, a rejoint en 2015 la coalition antijihadiste.

Mais Ankara a été accusé ces dernières semaines d'affaiblir la lutte contre les éléments dispersés de l'EI en lançant, le 9 octobre, une offensive contre la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), fer de lance du combat contre l'organisation jihadiste.
(AFP, 6 novembre 2019)

Arrestation en Turquie d'une jihadiste belge évadée d'un camp en Syrie

Une jihadiste belge qui s'était enfuie d'un camp sous contrôle kurde du nord de la Syrie a été arrêtée en Turquie et la Belgique va demander son extradition, a annoncé mardi le parquet fédéral belge, confirmant les informations de deux quotidiens flamands.

Selon les journaux De Morgen et Het Laatste Nieuws, l'arrestation qui remonte à vendredi a eu lieu à Kilis, près de la frontière syro-turque que la jeune femme venait de franchir avec l'aide de passeurs.

Présentée comme étant Fatima Benmezian, une Anversoise de 24 ans condamnée par défaut en Belgique pour avoir rejoint le groupe Etat islamique, elle s'était évadée du camp d'Aïn Issa le mois dernier, à la faveur du chaos provoqué par l'offensive militaire turque dans cette région.

Selon le parquet fédéral, la jeune femme a été condamnée à Anvers (nord), le 18 mai 2015, à cinq ans d'emprisonnement pour participation aux activités d'un groupe terroriste.

"Elle a été effectivement arrêtée à Kilis, puis transférée vers un centre de détention en Turquie et on prépare une demande d'extradition" à adresser à Ankara, a précisé à l'AFP le porte-parole du parquet fédéral Eric Van Duyse.

Il a souligné que les autorités turques pourraient aussi décider d'expulser la ressortissante belge sans se conformer à cette procédure.

A son arrivée en Belgique, sa condamnation de 2015 lui sera officiellement signifiée et elle disposera d'un délai de 15 jours pour décider d'être ou non rejugée, a ajouté M. Van Duyse.

Actuellement, des milliers de jihadistes du groupe Etat islamique sont détenus par les forces kurdes en Syrie, parmi lesquels une cinquantaine de Belges d'après les chiffres officiels communiqués à Bruxelles. Le 16 octobre, les autorités belges avaient fait état de l'évasion de deux combattants belges de leur centre de détention.

Outre ces prisons, les forces kurdes administrent aussi des camps où sont retenus les proches des jihadistes, femmes et enfants notamment, de multiples nationalités.

Environ 800 personnes se sont évadées du camp d'Aïn Issa dans le sillage de l'offensive turque déclenchée le 9 octobre.

Malgré un accord russo-turc conclu le 22 octobre qui a mis fin à cette opération, les inquiétudes persistent sur l'avenir des jihadistes dans cette région.
(AFP, 5 novembre 2019)

Une soeur de Baghdadi arrêtée par les Turcs en Syrie

Une soeur d'Abou Bakr al-Baghdadi, le chef du groupe Etat islamique (EI) tué par un commando américain fin octobre, a été arrêtée par la Turquie dans le nord de la Syrie, a affirmé mardi un haut responsable turc.

"La Turquie a capturé la soeur d'Abou Bakr al-Baghdadi à Azaz", dans le nord-ouest de la Syrie, a indiqué le responsable turc, parlant sous couvert d'anonymat.

"Rasmiya Awad, née en 1954, a été capturée lors d'un raid contre un campement près d'Azaz", a-t-il ajouté.

Selon lui, la soeur de Baghdadi se trouvait en compagnie de son mari, de sa belle-fille et de cinq enfants.

"Les trois adultes sont en cours d'interrogatoire", a-t-il affirmé. "Ce que nous apprendrons (de ces interrogatoires) aidera la Turquie, ainsi que le reste de l'Europe, à mieux se protéger des terroristes", a-t-il encore dit.

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), une ONG qui dispose d'un vaste réseau sur le terrain, a confirmé l'arrestation de la soeur de Baghdadi, son mari, sa belle-soeur, et ses "cinq petits-enfants", dans un camp près d'Azaz. "Quatre autre Irakiens ont été arrêtés", a ajouté le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

La ville d'Azaz se trouve dans un secteur du nord-ouest de la Syrie contrôlée par la Turquie depuis une offensive militaire qu'elle y avait menée en 2016.

Le président américain Donald Trump a annoncé le 27 octobre la mort de Baghdadi lors d'un raid au cours de la nuit précédente dans le nord-ouest de la Syrie, à quelques kilomètres de la frontière turque.

Le lendemain de cette annonce, la Turquie a affirmé que ses services de renseignement et ses militaires avaient eu des contacts "intenses" avec leurs homologues américains dans la nuit où s'est déroulée l'opération ayant conduit à l'élimination de Baghdadi.

Longtemps soupçonnée d'avoir laissé les jihadistes traverser sa frontière pour rejoindre la Syrie après le début du conflit qui déchire ce pays depuis 2011, la Turquie, frappée par plusieurs attentats commis par l'EI, a rejoint en 2015 la coalition antijihadiste.

Mais Ankara a été accusé ces dernières semaines d'affaiblir la lutte contre les éléments dispersés de l'EI en lançant, le 9 octobre, une offensive contre la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), fer de lance du combat contre l'organisation jihadiste.
(AFP, 5 novembre 2019)

Voile: la Turquie condamne un vote du Sénat en France

La Turquie a condamné jeudi comme discriminatoire un texte voté par le Sénat français visant à interdire le port du voile pendant les sorties scolaires.

Ce texte est "le dernier exemple en date des discriminations et d'une approche tendant à marginaliser les musulmans", a jugé le ministère turc des Affaires étrangères dans un communiqué.

La proposition de loi visant à interdire le port de signes religieux aux parents accompagnant les sorties scolaires a été présentée au sénat français par l'opposition de droite, et adoptée mardi au terme d'un débat houleux alors que la France est en pleine réflexion sur la place et l'organisation de l'islam.

"Il aurait été plus bénéfique de prendre des mesures pour combattre l'islamophobie", a ajouté le ministère turc, estimant que le texte adopté au Sénat "viole l'un des droits fondamentaux les plus basiques".

Le texte a peu de chances d'être voté par l'Assemblée nationale, dominée par la majorité présidentielle.

Pays officiellement laïque, la Turquie du président islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan se pose comme le défenseur des droits des musulmans dans le monde.

En mars 2017, M. Erdogan avait accusé la justice européenne de lancer "une croisade" contre l'islam après un arrêt autorisant une entreprise à interdire le port du voile au travail.

Ses gouvernements ont progressivement annulé depuis 2003 l'interdiction du port du voile dans les institutions, autorisant les femmes à être voilées dans les universités et au Parlement et, ces dernières années, dans la fonction publique et les lycées, au grand dam des tenants de la République laïque fondée en 1923 par Mustafa Kemal Atatürk.
(AFP, 31 octobre 2019)

Socio-économique / Socio-economic


Relations turco-européennes / Turkey-Europe Relations

Ankara renverra à partir de lundi les membres étrangers de l'EI dans leurs pays

Ankara renverra dans leurs pays à partir de lundi les membres étrangers du groupe Etat islamique (EI), y compris européens, qui sont actuellement détenus en Turquie, a déclaré vendredi le ministre turc de l'Intérieur.

"Nous commencerons à partir de lundi", a déclaré Süleyman Soylu lors d'un discours à Ankara. "Pas besoin de courir dans tous les sens : nous allons vous renvoyer les membres de l'EI. Ils sont à vous, faites-en ce que vous voudrez", a-t-il ajouté.

Le ministre turc n'a pas précisé quels étaient les pays concernés par cette mesure, mais s'est adressé à l'"Europe" pendant son discours.

Le président Recep Tayyip Erdogan a affirmé vendredi que la Turquie avait à ce jour extradé plus de 7.600 "terroristes étrangers" vers leurs pays, ajoutant que plus de 1.200 membres de l'EI étaient actuellement incarcérés dans des prisons turques.

Ankara appelle régulièrement les pays européens à reprendre leurs ressortissants qui ont intégré les rangs de l'EI en Syrie, mais ceux-ci sont peu enclins à les récupérer, notamment pour des raisons sécuritaires et d'impopularité d'une telle mesure.

M. Soylu répète depuis plusieurs jours que la Turquie renverra les combattants étrangers de l'EI dans leurs pays même si ces derniers leur retiraient leur nationalité.

"Que cela vous fasse plaisir ou non, que vous leur retiriez ou non leur nationalité, nous vous renverrons ces membres de l'EI, vos propres gens, vos propres ressortissants", a-t-il martelé vendredi.

Mais la manière dont la Turquie pourrait s'y prendre pour renvoyer une personne dans un pays dont elle ne serait plus formellement un ressortissant n'est pas claire.

Longtemps soupçonnée d'avoir laissé les jihadistes traverser sa frontière pour rejoindre la Syrie après le début du conflit qui déchire ce pays depuis 2011, la Turquie, frappée par plusieurs attentats commis par l'EI, a rejoint en 2015 la coalition antijihadiste.

Mais Ankara a été accusé ces dernières semaines d'affaiblir la lutte contre les éléments dispersés de l'EI en lançant, le 9 octobre, une offensive contre la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), fer de lance du combat contre l'organisation jihadiste.

M. Erdogan a indiqué vendredi que la Turquie avait capturé 287 personnes qui s'étaient échappées de prisons pour membres de l'EI en Syrie après le déclenchement de l'offensive d'Ankara.
(AFP, 7 novembre 2019)

Orban et Erdogan affichent leur entente à Budapest

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban reçoit jeudi le président turc Recep Tayyip Erdogan, une semaine après un déplacement à Budapest du Russe Vladimir Poutine, alimentant les critiques sur son inclination pour les pouvoirs autoritaires.

Recep Tayyip Erdogan connaît bien le chemin de la capitale hongroise: il y avait effectué une visite officielle il y a un an. C'est sa dernière rencontre bilatérale en date dans un pays de l'UE alors que la plupart des dirigeants européens manifestent ostensiblement leur réserve à l'égard du dirigeant turc, critiqué pour sa dérive antidémocratique.

Les relations ne se sont guère améliorées avec l'offensive militaire lancée par Ankara début octobre dans le nord-est de la Syrie. La Turquie a été accusée d'affaiblir la lutte contre les éléments dispersés de l'Etat islamique en visant la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), fer de lance du combat contre l'organisation jihadiste.

Mais Budapest, à la différence des autres capitales européennes, s'est rallié aux arguments du président Erdogan, estimant que l'offensive militaire était dans l'intérêt de l'Europe pour éviter une augmentation du nombre de réfugiés cherchant à quitter la Turquie.

Lors d'une réunion au Kazakhstan en octobre, Recep Tayyip Erdogan a personnellement remercié le dirigeant hongrois pour son "soutien".

Quelques milliers de manifestants sont attendus jeudi dans la capitale hongroise à l'appel de plusieurs organisations de la société civile "solidaires avec le peuple kurde et contre l'accueil de dictateurs" en Hongrie.

Viktor Orban et Recep Tayyip Erdogan tiendront une conférence de presse dans l'après-midi.

- Tanks et pétrole -

"Le gouvernement hongrois semble percevoir la Turquie comme un acteur géopolitique émergent et décisif, non seulement en Syrie, mais également en Europe du Sud-Est et au Moyen-Orient", selon Daniel Hegedus, analyste au groupe de réflexion German Marshall Fund of the United States.

"Il semble prêt à assumer des divergences importantes au sein de l'UE pour plaire à Ankara et agit en fonction des intérêts de la Turquie et de la Russie plutôt que des alliances occidentales auxquelles Budapest appartient", comme l'UE et l'OTAN, souligne M. Hegedus.

Le Hongrois, au pouvoir depuis 2010, avait été l'un des rares responsables européens à assister à la cérémonie d'investiture du second mandat présidentiel du leader turc, en juillet 2018.

Les deux hommes sont souvent présentés comme les visages d'une nouvelle catégorie de dirigeants démocratiquement élus mais mus par une tentation autoritaire et agissant contre les libertés individuelles.

Le gouvernement hongrois est visé par une procédure inédite du Parlement européen en raison notamment des risques pour l'Etat de droit dans ce pays.

Selon la presse, l'armée hongroise envisage d'acheter des véhicules blindés turcs. Le hongrois MOL, principal groupe pétrolier partiellement détenu par l'Etat, a également annoncé cette semaine une participation dans l'oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan, qui achemine du pétrole brut vers la Méditerranée via la Turquie.

Plus étonnant, la bonne relation entre les deux pays passe par un épisode de l'histoire qui pourrait les diviser: les 150 ans d'occupation ottomane de la Hongrie (1541-1699).

En 2016, la Hongrie avait commémoré, en présence de représentants turcs, les 450 ans de la mort de Soliman le Magnifique, sultan ottoman tombé près de la forteresse de Szigetvar, dans le sud du pays.

Jeudi, MM. Erdogan et Orban se rendront à Budapest sur le mausolée rénové de Gül Baba, derviche et poète, arrivé en Hongrie avec les troupes de Soliman.

Alors que le président turc s'affiche en nostalgique de l'empire ottoman, le gouvernement de Viktor Orban promeut les thèses dites touranistes, très controversées par historiens et linguistes, qui voudraient que les peuples de langues turques et finno-ougriennes (dont le hongrois) partagent une origine commune.

Cette thèse lui permet avant tout de se présenter en "cousin lointain" dans des pays d'Asie que la Hongrie courtise pour des raisons économiques. M. Orban a décrété en 2014 "l'ouverture à l'Est" de son pays de 9,8 millions d'habitants, qui courtise aussi bien les décideurs russes que les entrepreneurs chinois.
(AFP, 7 novembre 2019)

Colère d'Ankara après la résolution française contre son offensive

La Turquie a convoqué jeudi l'ambassadeur de France à Ankara pour protester contre l'adoption par le Parlement français d'une résolution critiquant son opération militaire contre une milice kurde dans le nord-est de la Syrie.

"Notre réaction a été transmise à l'ambassadeur de France lors de sa convocation au ministère" des Affaires étrangères, ont indiqué des responsables turcs.

Peu avant, le ministère turc des Affaires étrangères avait "fermement" rejeté, dans un communiqué, les "décisions prises en France par le Sénat et l'Assemblée nationale au sujet de l'opération +Source de Paix+".

L'Assemblée nationale française a adopté mercredi à l'unanimité une proposition de résolution non-contraignante condamnant l'offensive militaire turque dans le Nord-Est syrien.

Par cette résolution, l'Assemblée "affirme son indéfectible soutien aux Forces démocratiques syriennes (FDS)", principalement composées des Unités de protection du Peuple (YPG), une milice considérée comme "terroriste" par Ankara.

La semaine dernière, le Sénat français avait déjà adopté une proposition de résolution demandant "l'engagement résolu de la France" en faveur de toute initiative au niveau européen ou international visant à mettre un terme à l'offensive turque.

"La perception de la réalité" des autorités françaises "est paralysée par un soi-disant +romantisme du YPG+, et elles restent aveugles aux persécutions perpétrées par cette organisation terroriste qui prétend représenter les Kurdes", a dénoncé le ministère turc dans son communiqué.

Ankara a interrompu son opération à la faveur de deux accords négociés séparément avec les Etats-Unis et la Russie.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan accuse régulièrement les pays occidentaux de soutenir les milices kurdes qu'Ankara considère comme des groupes "terroristes" au même titre que l'organisation Etat islamique (EI).

Mais les pays occidentaux soutiennent les combattants kurdes qui ont été le fer de lance dans la lutte contre les jihadistes en Syrie du groupe Etat islamique.
(AFP, 31 octobre 2019)

L'Assemblée unanime pour condamner l'offensive turque

L'Assemblée nationale a adopté mercredi à l'unanimité une proposition de résolution condamnant l'offensive militaire turque dans le Nord-Est syrien, des élus de tous bords disant leur "indignation" et saluant un moment qui "fait honneur à la France".

Cette proposition de résolution, non contraignante, initiée par la présidente de la commission des Affaires étrangères Marielle de Sarnez (MoDem), était co-signée par les présidents des huit groupes politiques de l'Assemblée. Elle a été adoptée par 121 voix.

Elle indique notamment que l'Assemblée "condamne fermement" l'offensive déclenchée le 9 octobre, "demande l'arrêt immédiat des hostilités" et "affirme son indéfectible soutien aux Forces démocratiques syriennes (FDS), dont les kurdes et leurs alliés arabes, qui ont été et demeurent nos alliés dans la lutte contre Daech".

"À cette heure, nous déplorons plusieurs centaines de morts, près de 300.000 personnes sur les routes de l'exil, des exactions insoutenables que continuent de perpétrer sur le terrain des supplétifs de l'armée turque", a affirmé Mme de Sarnez, saluant un "geste rare" d'unité de l'Assemblée qui a "valeur de symbole".

"Nos condamnations unanimes de ce jour doivent impérativement se traduire en actions fermes et résolues", a-t-elle plaidé, soulignant notamment l'"impérieuse nécessité" pour la France et l'Europe de se doter d'une "véritable autonomie de pensée et d'action".

Tous les orateurs des groupes ont apporté leur appui à la résolution, la jugeant "à l'honneur" de l'Assemblée (Valérie Boyer, LR), et estimant à l'instar de Jean-François Mbaye (LREM) que la France ne doit demeurer "ni silencieuse, ni oisive". Plusieurs élus comme Valérie Rabault (PS) ont déploré que l'Europe se soit transformée "en spectatrice".

Pour Jean-Luc Mélenchon (LFI), cette condamnation de l'Assemblée et ce salut au "rôle des kurdes dans la lutte contre la tyrannie de l'obscurantisme (...) pèse lourd et sera entendu comme un réconfort par les combattants".

Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a salué à son tour "un moment fort", face à une "situation très grave", de nature à "remettre en cause les cinq ans d'effort contre Daech" de la coalition internationale avec les FDS.

"Nous sommes à partir de cette crise devant un tournant stratégique", qui montre la nécessité d'"un vrai sursaut européen", a-t-il jugé.

La semaine dernière, le Sénat avait déjà adopté à l'unanimité une proposition de résolution demandant "l'engagement résolu de la France" en faveur de toute initiative au niveau européen ou international visant à mettre un terme à l'offensive turque.
(AFP, 30 octobre 2019)


Turquie-USA-OTAN / Turkey-USA-NATO

Erdogan va bien rencontrer Trump à Washington le 13 novembre

Le président turc Recep Tayyip Erdogan va bien se rendre la semaine prochaine aux Etats-Unis pour rencontrer son homologue américain Donald Trump avec lequel il s'est entretenu mercredi, a annoncé la présidence turque, en pleines tensions entre leurs deux pays.

Dans un entretien téléphonique mercredi, "les deux dirigeants ont reconfirmé qu'ils se verraient à Washington le mercredi 13 novembre, à l'invitation du président Trump", a fait savoir la présidence.

Depuis plusieurs jours, M. Erdogan menaçait d'annuler sa visite en raisons de tensions entre la Turquie et les Etats-Unis liées notamment à la Syrie et à un vote de la Chambre des représentants sur le génocide arménien.

Il avait indiqué cette semaine qu'il prendrait sa décision finale lors d'un entretien téléphonique avec M. Trump.

Le président américain a confirmé mercredi la venue de M. Erdogan à la Maison Blanche, évoquant sur Twitter un "très bon entretien téléphonique" avec son homologue turc.

Au cours de cette conversation, les deux dirigeants ont abordé la question de la frontière turco-syrienne, "l'éradication du terrorisme, la fin des hostilités avec les Kurdes et plein d'autres sujets", a détaillé Donald Trump.

"Il m'a informé qu'ils avaient arrêté de nombreux combattants de l'EI (groupe Etat islamique ndlr) dont on avait annoncé l'évasion pendant le conflit, y compris une femme et une soeur du tueur terroriste al-Baghdadi", a poursuivi M. Trump en parlant du chef du groupe Etat islamique tué par un commando américain fin octobre.

Le déplacement de M. Erdogan aux Etats-Unis interviendra un mois après le déclenchement par Ankara d'une offensive contre une milice kurde soutenue par Washington dans le nord-est de la Syrie.

La Turquie avait lancé son opération militaire après l'annonce par M. Trump du retrait des troupes américaines déployées dans cette zone, ce qui a été interprété par un feu vert accordé à Ankara. Cette annonce était survenue dans la foulée d'un entretien téléphonique entre le milliardaire américain et M. Erdogan.

Fortement critiqué, y compris dans son propre camp, M. Trump a ensuite durci le ton et autorisé des sanctions contre la Turquie, qui ont été levées après qu'Ankara eut suspendu son offensive en Syrie aux termes d'un accord conclu entre M. Erdogan et le vice-président américain Mike Pence.

La milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG) visée par l'offensive turque est qualifiée de "terroriste" par Ankara, mais soutenue par les pays occidentaux dans la lutte contre le groupe Etat islamique (EI).

Outre les désaccords liés à la Syrie, Ankara a laissé éclater son mécontentement la semaine dernière après le vote d'un texte par la Chambre des représentants des Etats-Unis qualifiant de "génocide" le massacre de centaines de milliers d'Arméniens par l'Empire ottoman, un terme que la Turquie rejette.

Le président Erdogan a en outre plusieurs fois exhorté ces derniers jours les Etats-Unis à extrader un prédicateur turc, Fethullah Gülen, qui réside en Pennsylvanie et qu'Ankara accuse d'être derrière une tentative de coup d'Etat en 2016.

Les relations entre la Turquie et les Etats-Unis, deux alliés au sein de l'Otan, se sont sensiblement dégradées depuis le putsch manqué de 2016.
(AFP, 6 novembre 2019)

L'opération militaire en Syrie, une équation qui se complique pour Washington

L'équation se complique pour l'armée américaine en Syrie, où son opération militaire est désormais limitée à une zone réduite et plus difficile à défendre, centrée sur la "protection" de champs de pétrole qui appartiennent légalement à l'Etat syrien.

Dénonçant des "guerres sans fin", le président Donald Trump a annoncé le 6 octobre le retrait des 1.000 soldats américains déployés dans le nord-est de la Syrie pour lutter contre les jihadistes du groupe Etat islamique.

Mais un mois plus tard, les effectifs américains dans le pays sont quasiment les mêmes, les forces spéciales qui se sont parties du nord ayant été remplacées par des unités de blindés dans la région de Deir Ezzor (est), où se trouvent les principaux champs pétroliers syriens.

- Un retrait qui n'en est pas un -

Le retrait des zones frontalières de la Turquie "se poursuit", a assuré jeudi un responsable de l'état-major américain, le vice-amiral William Byrne, au cours d'une conférence de presse au Pentagone. "La plupart des équipements et des hommes se sont retirés de cette zone".

Les combattants kurdes des Forces démocratiques syriennes (FDS), qui se sont d'abord sentis trahis par les Etats-Unis, ont recommencé à coopérer avec les forces américaines, a assuré le vice-amiral Byrne. Le Pentagone continue à leur fournir des armes, a-t-il précisé.

Plus question de départ. "Nous sommes déterminés à rester dans la région", a déclaré un porte-parole du Pentagone, Jonathan Hoffman, au cours de la même conférence de presse. Il a précisé que les forces américaines resteraient dans le pays "aussi longtemps que nous le considérerons nécessaire".

Alors que M. Trump a affirmé que la mission des militaires américains était désormais de protéger les champs de pétrole, les responsables du Pentagone doivent se livrer à des contorsions sémantiques pour assurer qu'il s'agit toujours de contrer l'EI, la justification légale de l'intervention américaine sur un territoire étranger contre la volonté de son gouvernement.

"Je ne dirais pas que la mission est de sécuriser les champs de pétrole", a ainsi déclaré le vice-amiral Byrne. "La mission est de vaincre l'EI. Sécuriser les champs de pétrole est une tâche subordonnée à cette mission. Et l'objectif de cette tâche est d'empêcher l'EI de bénéficier de cette infrastructure pétrolière."

"Il s'agit donc d'empêcher l'EI d'y avoir accès et aussi de permettre aux Kurdes et aux FDS de contrôler" le pétrole, a ajouté M. Hoffman. L'objectif est "d'accorder aux Kurdes de la région, les forces FDS, une source de revenus et la possibilité de monter en puissance dans leur campagne militaire contre l'EI".

"Ce n'est pas une nouvelle mission", a-t-il assuré. "Tout le monde semble penser que ça a changé. Ce n'est pas le cas."

-Une mission dangereuse -

Alors que les forces américaines contrôlaient jusque là l'ensemble du territoire syrien situé à l'est de l'Euphrate, protégées par une couverture aérienne et par la frontière naturelle que représente le fleuve, la présence de forces russes, turques et syriennes dans le nord a ouvert un nouveau front, ce qui explique l'envoi de blindés.

"Il y a deux raisons. L'une est la mobilité: ils ont des roues et ils vont vite. L'autre est la protection de nos forces. Ils sont blindés", a expliqué le vice-amiral Byrne, précisant que le choix de ces unités était dû à "la menace".

Après les attentats du 11 septembre 2001, le Congrès américain a autorisé l'exécutif à mener des opérations militaires illimitées contre le terrorisme, et le Pentagone se base sur cette autorisation pour justifier légalement la prise de contrôle des champs de pétrole de la Syrie.

"Les Etats-Unis sont-ils en train de voler le pétrole?", a demandé un journaliste américain.

"Les Etats-Unis ne tirent aucun bénéfice de tout ceci. Les bénéfices reviennent aux FDS", a dû assurer M. Hoffman.
(AFP, 8 novembre 2019)

Première patrouille américaine à la frontière syro-turque depuis 3 semaines

Des forces américaines ont patrouillé jeudi dans une zone du nord-est de la Syrie proche de la frontière turque, qu'elles avaient quittée il y a trois semaines avant une offensive d'Ankara, a constaté un correspondant de l'AFP.

Cinq véhicules blindés arborant des drapeaux américains se trouvaient dans la matinée dans le village d'al-Qahtaniyah, malgré la volonté affichée par Washington de se désengager de cette région dont le contrôle est désormais revendiqué par le régime de Damas et son allié russe.

La patrouille américaine était accompagnée de combattants kurdes des Forces démocratiques syriennes (FDS), alliées des Etats-Unis dans la lutte contre le groupe Etat islamique (EI) et qui avaient semblé être lâchées par le président Donald Trump avant l'offensive turque du 9 octobre.

Les forces américaines présentes en Syrie menaient régulièrement dans cette zone des patrouilles communes avec les FDS avant l'attaque turque. Celle-ci a permis à Ankara de chasser les FDS et de prendre le contrôle d'une bande frontalière située à l'ouest d'al-Qahtaniyah.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), les forces américaines cherchent à garder une présence dans cette partie de la frontière syro-turque.

 "Elles veulent éviter que la Russie et le régime de Damas n'atteignent les zones frontalières à l'est de Qamichli", la principale ville kurde du nord-est de la Syrie, explique Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH.

Les présidents russe et turc, Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan, avaient conclu le 22 octobre à Sotchi (Russie) un accord prévoyant le contrôle en commun de la majeure partie de la bande frontalière syro-turque, où les forces syriennes alliées de Moscou viennent également de faire leur réapparition après plusieurs années d'absence.
(AFP, 31 octobre 2019)

Relations régionales / Regional Relations

Jordanie, Turquie et Emirats arabes unis ont violé l'embargo sur les armes

La Jordanie, la Turquie et les Emirats arabes unis ont violé l'embargo sur les armes imposé depuis 2011 à la Libye, affirme un récent rapport confidentiel d'experts de l'ONU chargés de son contrôle, auquel l'AFP a eu accès jeudi.

"Les Emirats arabes unis, la Jordanie et la Turquie ont fourni des armes de manière régulière et parfois flagrante sans vraiment d'efforts pour en dissimuler la provenance", soulignent les experts dans une synthèse de leurs travaux accompagnant leur étude qui porte sur une période d'un an.

Selon des diplomates, la Jordanie est notamment accusée d'avoir formé des troupes du maréchal Khalifa Haftar, l'homme fort de l'Est libyen qui a déclenché en avril une offensive militaire pour s'emparer de Tripoli. Les Emirats arabes unis, autre soutien du maréchal, sont soupçonnés d'avoir utilisé des avions-bombardiers au profit de ses troupes.
 La Turquie, qui a appporté ouvertement son soutien au gouvernement du Premier ministre Fayez al-Sarraj, a fourni du matériel à ses troupes, allant des véhicules blindés aux drones, selon les mêmes sources.

"Les parties des deux côtés ont reçu des armes et de l'équipement militaire, du soutien technique (...) en violation de l'embargo sur les armes", affirme le rapport des experts de l'ONU remis le 29 octobre aux pays membres du Conseil de sécurité.

Le document très fouillé fait 85 pages et comprend plus de 300 pages d'annexes: photos, cartes, manifestes de cargaisons livrées par bateaux... Il doit être débattu en fin de mois par les 15 membres du Conseil de sécurité au sein du Comité de sanctions chargé de la Libye et être approuvé avant d'être rendu public, probablement en décembre.

"Le groupe d'experts a identifié de multiples actes qui menacent la sécurité, la paix et la stabilité en Libye", soulignent les experts.

Depuis le déclenchement de l'offensive du maréchal Haftar, une "nouvelle phase d'instabilité, combinée avec des intérêts de plusieurs Etats et d'acteurs non étatiques, a amplifié le conflit par procuration qui s'est développé depuis 2011", estiment-ils.

"Les opérations militaires ont été dominées par le recours à des munitions guidées de précision tirées par des drones, ce qui a permis dans une certaine mesure de limiter les dommages collatéraux attendus dans un conflit de ce type", notent aussi les experts.

Le recours aux drones "est massif et pour les deux côtés", affirme un diplomate, confirmant les accusations cet été de l'émissaire de l'ONU Ghassan Salamé qui s'en était inquiété auprès de l'ONU.

Selon un autre diplomate s'exprimant sous couvert d'anonymat, le rapport n'évoque pas la présence de mercenaires russes en Libye. Plusieurs centaines d'entre eux auraient été déployés sur le territoire libyen ces derniers mois où ils participent aux combats en soutien aux troupes du maréchal Haftar, selon des médias américains cette semaine.
(AFP, 7 novembre 2019)

Au moins 13 morts dans l'explosion d'une voiture piégée à Tal Abyad

Au moins 13 personnes ont été tuées samedi dans l'explosion d'une voiture piégée à Tal Abyad, une localité du nord de la Syrie contrôlée par les forces turques, tandis que des milliers de personnes ont manifesté contre Ankara dans une ville dominée par les Kurdes.

Située à la frontière avec la Turquie, Tal Abyad a été conquise par l'armée turque et des supplétifs syriens à la faveur d'une offensive déclenchée le 9 octobre contre une milice kurde.

L'explosion qui s'est produite sur un marché a provoqué la mort de 13 civils et fait 20 blessés, selon le ministère turc de la Défense. L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a annoncé que 14 personnes avaient péri, des civils et des rebelles soutenus par Ankara.

Sur des images prises par un collaborateur de l'AFP, on peut voir une victime grièvement brûlée, au visage noirci, transportée par plusieurs hommes jusqu'à la plateforme d'une camionnette.

A l'aide de boissons gazeuses, des hommes tentent d'éteindre les flammes qui enveloppent deux motos carbonisées.

Des volutes de fumée grise et noire s'élèvent au milieu d'un enchevêtrement de gravats, de béton et de ferraille qui jonchent la rue où s'est déroulé l'attentat. Les rideaux de fer des boutiques ont été tordus.

- "Occupation turque" -

Ankara a attribué l'attaque à la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), mais l'OSDH n'était pas en mesure d'identifier les responsables de ces violences.

"Nous condamnons (...) cet attentat inhumain perpétré par les terroristes sanguinaires des YPG contre des civils innocents à Tal Abyad", a déclaré le ministère turc de la Défense dans un communiqué.

Un porte-parole des Forces démocratiques syriennes, dominées par les YPG, a accusé la Turquie et ses supplétifs syriens d'avoir été à l'origine de l'attaque.

"L'armée turque et ses supplétifs créent le chaos à Tal Abyad avec des explosions visant les civils" pour les pousser à fuir et les remplacer par des réfugiés syriens installés en Turquie, a réagi Mustafa Bali sur son compte Twitter.

L'offensive déclenchée par la Turquie lui a permis de prendre le contrôle d'une bande de territoire de 120 km de longueur et d'une trentaine de km de profondeur allant de Tal Abyad à Ras al-Aïn.

Ankara souhaite établir une "zone de sécurité", avec l'objectif à terme d'y installer deux millions de Syriens réfugiés en Turquie.

Cette opération militaire, qui a fait des centaines de morts et déplacé des dizaines de milliers de personnes, a été interrompue après deux accords négociés par Ankara, d'abord avec Washington, puis avec Moscou le 22 octobre.

L'objectif était d'éloigner les YPG de la frontière turque. Vendredi, des troupes turques et russes ont effectué leurs premières patrouilles communes pour s'assurer du retrait total des forces kurdes.

Samedi, dans la ville de Qamichli dominée par les Kurdes, à plus de 200 km à l'est de Tal Abyad, des milliers de personnes ont manifesté pour dénoncer la présence des militaires turcs.

"Non à l'occupation turque !", "A bas, à bas Erdogan !", ont scandé les manifestants à l'adresse du président turc.

Des manifestations de soutien aux Kurdes ont rassemblé plusieurs centaines de personnes à Berlin et à Paris, où les protestataires ont réclamé des "sanctions concrètes" contre Ankara.

- "Blindés américains" -

Pour se protéger de l'offensive turque, les forces kurdes n'ont pas eu d'autre choix que d'amorcer un rapprochement inédit avec le pouvoir de Bachar al-Assad et son indéfectible allié russe.

La décision a été prise après que Donald Trump a ordonné le 6 octobre le retrait des troupes américaines présentes dans le nord de la Syrie.

Les Kurdes ont accusé Washington de les avoir abandonnés. Le régime syrien a déployé des troupes dans des secteurs qui lui échappaient depuis des années et des soldats russes sont également sur place, profitant du vide engendré par le départ américain.

Cette reconfiguration des forces illustre la complexité du conflit syrien qui a fait plus de 370.000 morts depuis 2011 et implique de multiples belligérants, avec des alliances en constante évolution.

Samedi, des blindés américains se sont toutefois rendus dans plusieurs bases des forces kurdes près de Qamichli, deux jours après une patrouille des forces américaines dans un autre secteur du nord-est.

Une source militaire des FDS qui a participé aux réunions samedi entre Américains et forces kurdes, a assuré sous le couvert de l'anonymat que les Etats-Unis voulaient installer une base militaire à Qamichli.

"La coalition poursuit son retrait délibéré de forces du nord de la Syrie", a toutefois affirmé un porte-parole de la coalition internationale emmenée par les Américains et engagée aux côtés des unités kurdes contre les jihadistes.

Dans un entretien avec le quotidien italien La Repubblica paru samedi, le commandant des FDS, Mazloum Abdi, a souligné que le dialogue se poursuivait avec Washington, affirmant que "des garanties ont été proposées par les Etats-Unis, mais (qu')il y a une certaine lenteur à concrétiser ces garanties sur le terrain".
(AFP, 2 novembre 2019)

Début des patrouilles turco-russes dans le nord-est de la Syrie

Des militaires turcs et russes ont commencé vendredi à patrouiller conjointement dans le nord-est de la Syrie aux termes d'un accord qui a mis fin à une offensive d'Ankara contre les forces kurdes syriennes, a constaté un correspondant de l'AFP.

Les patrouilles ont débuté à environ 09H00 GMT dans un village de la région de Dirbassiyeh, a constaté le correspondant de l'AFP depuis le côté turc de la frontière où l'armée turque a emmené des journalistes pour couvrir l'évènement.

Les soldats, à bord d'une dizaine de véhicules militaires turc et russes se sont dirigés vers l'est de Dirbassiyeh pour patrouiller dans une bande de territoire longue de plusieurs dizaines de kilomètres, selon des sources militaires turques.

Aux termes d'un accord conclu le 22 octobre entre les présidents turc Recep Tayyip Erdogan et russe Vladimir Poutine, la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG) avait jusqu'à mardi 15H00 GMT pour se retirer de ses positions frontalières de la Turquie.

La Turquie entend mettre en place une "zone de sécurité" d'une trentaine de kilomètres de profondeur le long de sa frontière pour séparer celle-ci des YPG, qu'elle qualifie de "terroristes" mais qui sont alliées aux pays occidentaux dans la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI).

L'accord avec la Russie et un autre conclu quelques jours auparavant avec les Etats-Unis ont permis l'arrêt d'une offensive que la Turquie avait lancée le 9 octobre contre les forces kurdes.

Le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou avait affirmé mardi que le retrait des combattants kurdes était terminé.

M. Erdogan a affirmé que la Turquie pourrait vérifier la réalité de ce retrait après le lancement des patrouilles conjointes avec les Russes prévues par l'accord russo-turc.
(AFP, 1 nov 2019)

Pour Assad, la Turquie ne doit pas être un "ennemi", sauf Erdogan...

Le président syrien Bachar al-Assad a déclaré jeudi qu'il ne voulait pas faire de la Turquie voisine un "ennemi", malgré le déploiement turc dans le nord du pays qui a provoqué un affrontement entre leurs deux armées.

"Nous devons nous assurer de ne pas transformer la Turquie en ennemi", a affirmé M. Assad, lors d'une interview pré-enregistrée à la télévision d'Etat.

"C'est là qu'intervient le rôle des (pays) amis", à l'instar de la Russie et de l'Iran, a-t-il indiqué.

Le président syrien a cependant qualifié son homologue turc Recep Tayyip Erdogan d'"ennemi" en raison de sa politique hostile au pouvoir de Damas.

Tout au long du conflit syrien, ayant fait plus de 370.000 morts depuis son déclenchement en 2011, la Turquie a soutenu des groupes rebelles contre le régime de Bachar al-Assad.

L'armée turque et des supplétifs syriens ont, par ailleurs, mené des opérations militaires dans le nord du pays contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI) et contre les forces kurdes qu'Ankara qualifie de "terroristes".

La dernière offensive, lancée le 9 octobre, a permis à la Turquie et ses alliés de s'emparer d'une bande frontalière de 120 km au détriment de la principale milice kurde syrienne des Unités de protection du peuple (YPG).

L'opération a été suspendue par deux accords séparés conclus par Washington et Moscou avec les autorités turques.

Ankara veut créer une "zone de sécurité" d'une trentaine de km de profondeur à l'intérieur du territoire syrien, afin d'empêcher l'émergence d'un noyau d'Etat kurde à sa frontière, susceptible de galvaniser les revendications indépendantistes de cette minorité ethnique également présente sur son sol.

L'objectif est aussi de rapatrier une partie des 3,6 millions de réfugiés syriens accueillis par la Turquie depuis 2011.

De son côté, le régime syrien voit également d'un mauvais oeil l'autonomie autoproclamée par les Kurdes dans le nord du pays à la faveur du conflit et aspire à terme à reconquérir l'ensemble du territoire, y compris les zones contrôlées par l'armée turque.

L'offensive lancée par Ankara a conféré à Damas l'opportunité de se déployer, pour la première fois depuis 2012, dans plusieurs secteurs du nord syrien à la faveur de l'appel à la rescousse lancé par les Kurdes après leur lâchage par Washington.

Le 7 octobre, le président américain Donald Trump avait ordonné le retrait de ses troupes, qui a été perçu comme une trahison par les Kurdes.

"L'entrée de l'armée syrienne (dans le nord) signifie l'entrée de l'Etat", a affirmé M. Assad, ajoutant toutefois que le recouvrement de la souveraineté nationale dans ces zones et un éventuel désarmement des forces kurdes se feront "progressivement".

Quant à l'accord entre Ankara et Moscou qui prévoit des patrouilles conjointes turco-russes le long de la frontière syro-turque, le président syrien l'a qualifié de "temporaire".

"Nous devons faire la distinction entre les objectifs stratégiques (...) et les approches tactiques", a-t-il affirmé.

M. Assad a également évoqué la situation dans la région d'Idleb, dans le nord-ouest du pays, ayant fait l'objet d'un accord entre la Russie et la Turquie en septembre 2018, resté lettre morte.

"Les Turcs n'ont pas respecté cet accord, mais nous libérerons Idleb (...) progressivement par le biais d'opérations militaires", a-t-il affirmé.

La région d'Idleb est le dernier grand bastion hostile à Assad qui échappe à son pouvoir.
(AFP, 31 octobre 2019)

Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece


Immigration / Migration


Une femme turque,
Funda Oru,
élue vice-présidente du SP.A

Le socialiste flamand Conner Rousseau, 26 ans, devient le plus jeune président de parti de l’histoire belge. Signe de ces temps dominés par les réseaux sociaux : il l’a lui-même annoncé vendredi via son compte Instagram. Conner Rousseau est le chef de groupe SP.A au Parlement flamand. Élu en Flandre orientale pour le Parlement flamand en mai dernier, Conner Rousseau était opposé dans l’élection pour la présidence du parti socialiste flamand à Hannes De Reu et Christ’l Van der Paal. Chaque candidat se présentait avec un “running mate”, c’est-à-dire un colistier appelé à occuper la vice-présidence.

Conner Rousseau et Funda Oru ont obtenu 72 % des voix exprimées par les membres du parti. Christ’l Van der Paal et Bart Callaert ont obtenu 16 %. Hannes De Reu et Elhasbia Zayou ont récolté 11 % des voix. Le score obtenu évite au SP.A de devoir organiser un second tour. Conner Rousseau, qui aura 27 ans dans quelques jours, succédera à John Crombez pour un mandat de 4 ans, avec Funda Oru comme vice-présidente. Il devient du même coup le plus jeune président de parti de l’histoire politique belge. (Belga, 8 novembre 2019)

Ankara veut renvoyer dans leurs pays les jihadistes capturés en Syrie

La Turquie a affirmé samedi qu'elle ne garderait pas "jusqu'à la fin des temps" les prisonniers étrangers du groupe Etat islamique (EI) capturés en Syrie et finirait par les renvoyer dans leurs pays d'origine, notamment européens.

"En ce qui concerne les (jihadistes) étrangers, nous allons les garder sous notre contrôle pendant encore un certain temps. Ensuite, nous les renverrons dans leurs pays", a déclaré à la presse le ministre turc de l'Intérieur Süleyman Soylu.

"Nous n'allons pas pouvoir les garder jusqu'à la fin des temps (...) Nous ne sommes pas un hôtel pour les membres de Daech", a-t-il insisté.

Le ministre turc a en outre accusé plusieurs pays européens, comme les Pays-Bas et la Grande-Bretagne, de déchoir certains de leurs ressortissants de leur nationalité pour empêcher Ankara de les expulser.

"Ils ont trouvé une solution facile (...) Ils disent: +Je l'ai déchu de sa nationalité, débrouillez-vous+. C'est inacceptable de notre point de vue. C'est totalement irresponsable", a déclaré M. Soylu.

La Turquie a lancé le mois dernier une offensive dans le nord-est de la Syrie contre une milice kurde qu'elle qualifie de "terroriste" mais qui a été le fer de lance de la lutte contre l'EI avec l'appui des pays occidentaux.

Dans le cadre de cette incursion, stoppée après la signature d'accords avec les Etats-Unis et la Russie, les forces turques ont mis la main sur des membres de l'EI qui avaient été faits prisonniers par les combattants kurdes.

Selon plusieurs pays, comme les Etats-Unis, d'autres prisonniers de l'EI se sont échappés de prison en Syrie en profitant du chaos causé par l'offensive turque.

Ankara appelle régulièrement les pays européens à reprendre leurs ressortissants qui ont intégré les rangs de l'EI en Syrie, mais ceux-ci sont peu enclins à les récupérer, notamment pour des raisons sécuritaires.
(AFP, 2 novembre 2019)


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