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INFO-TURK

A non-government information center on Turkey

Un centre d'information non-gouvernemental sur la Turquie

45th Year / 45e Année
Juillet
 
2021 July
N° 515
53 rue de Pavie - 1000 Bruxelles
Tél: (32-2) 215 35 76 - Fax: (32-2) 897 78 71
Chief Editor /Rédacteur en chef: 
Dogan Ozgüden

Responsible editor/Editrice responsable:

Inci Tugsavul
Human Rights
Pressures on  media
Kurdish Question
Minorities
Interior politics
Armed Forces
Religious affairs
Socio-economics
Turkey-Europe
Turkey-USA
Regional Relations
Cyprus and Greece
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Titres des évènements du mois
Titles of this month's events



Droits de l'Homme / Human Rights

"Insulting Erdoğan": Nearly 10,000 people stood trial in a year
CEDH: la Turquie condamnée pour la détention d'un policier
Police attack Suruç Massacre commemoration in Adana
Police batter 8 months pregnant woman in Şırnak
La Turquie depuis la tentative de putsch de 2016 (CHRONOLOGIE)
TİHV-HRFT: People tortured in Turkey from age 5 to 70
Turkey ranks 107th out of 128 countries in Rule of Law Index
"Civil society" warning to Turkey by Venice Commission
Boğaziçi students battered, forced out of campus as rector restricts entrance
La Turquie quitte officiellement un traité protégeant les femmes

Pression sur les médias / Pressure on the Media

Attack, threat against journalist Acarer: Germany extends the investigation

Germany's police warn journalist Celal Başlangıç of risk of assassination
CEDH: la Bulgarie condamnée pour l'expulsion d'un journaliste turc critique
Erdogan limoge un recteur d'université contesté
Un journaliste d'opposition turc demande à Berlin d'intervenir après une agression
Journalist sentenced to prison over ‘news on Erdoğan cartoons’
Having attacked Can Dündar, defendant not to be jailed despite prison term
Un journaliste turc en exil agressé près de son domicile à Berlin
Constitutional Court: Daily Özgür Gündem’s closure was a violation of rights
Erdoğan once again on RSF’s list of ‘Press Freedom Predators’
Report: Turkey is the top country in violating the rights of women journalists
Manifestations après l'arrestation brutale d'un photographe de l'AFP
Police ‘realized Bülent Kılıç was a journalist when he was taken to police station’
Journalist and press freedom advocate Hakkı Boltan sentenced

Kurdish Question / Question kurde

15 bar associations condemn racist attacks against Kurds in Turkey

One person killed in third racist attack on Kurds in two weeks
Syrie: Macron rencontre des représentants du Nord-Est
Le député Gergerlioglu retrouve son siège après avoir été déchu
After ban by authorities, KCDK-E holds open-air congress in Germany
Attaque armée contre le bureau du HDP à Marmaris
9 imams arrested for preaching sermons in Kurdish
Germany bans the 4th Congress of the KCDK-E
Bientôt une place au nom de la militante kurde Hevrin Khalaf à Lyon
Un tribunal ordonne la libération du député kurde Gergerlioglu
Police attack Justice Watch for Gergerlioğlu, detain several people
Les droits d'un opposant kurde écroué ont été violés, selon un tribunal

Minorités / Minorities

Court issues detailed ruling on Hrant Dink murder case

Dancing on the gate of an Armenian church, three suspects released
La Chambre belge reconnaît le risque de génocide envers les Ouïghours
"L'histoire de la destruction des chrétiens de l'Empire ottoman"
La Chambre reconnaît le génocide des Yézidis par l'Etat islamique

Politique intérieure/Interior Politics

Erdogan commémore la tentative de putsch renforçant sa dictature

Forces armées/Armed Forces

La future mission turque à l'aéroport de Kaboul se précise
Un soldat turc tué par un tir provenant de Syrie
85 conscientious objectors fined 575 thousand lira in Turkey
Des ONG belges exigent l'arrêt de l'exportation de composants d'A400M vers la Turquie

Affaires religieuses / Religious Affairs
 

Erdoğan: "We have nothing against Taliban's beliefs"

La Turquie critique un arrêt de la justice européenne sur le voile
Frères musulmans en Belgique : une réalité tangible et mal connue
8 personnes tuées par l'EI à Al-Hol en juin, selon les forces kurdes
 Sivas Massacre remembered on 28th anniversary

Socio-économique / Socio-economic

Un jour de deuil national en Belgique après les inondations graves
Flood  in Rize: Six people lose their lives, two people missing
Istanbul déclare sa flamme aux JO-2036
AI slams Turkey for withdrawing from İstanbul Convention

Relations turco-européennes / Turkey-Europe Relations

L'UE dénonce le projet "inacceptable" d'Erdogan de rouvrir la ville de Varosha

Le Parlement européen a fermement condamné la répression de l’opposition en Turquie
Nouvelle condamnation de la Turquie par la CEDH pour la détention d'un juge

Turquie-USA-OTAN / Turkey-USA-NATO

Ankara prêt à prendre l'Aéroport de Kaboul en charge
Tension entre Ankara et Washington pour l'extradition d'un homme d'affaires sulfureux
La Turquie juge "inacceptable" un rapport américain sur le trafic d'être humains

Relations régionales / Regional Relations

Afghanistan: Avertissement des Talibans à la Turquie

Des centaines de femmes manifestent après des "crimes d'honneur" en Syrie

Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece

La position de la Turquie sur Chypre suscite les condamnations internationales

A Chypre, Erdogan pousse pour une solution à deux Etats et la réouverture de Varosha
Opposition in Northern Cyprus boycotts Erdoğan's visit to parliament
Un navire turc tire en direction de gardes-côtes chypriotes
Footballeurs refoulés: la Turquie convoque l'ambassadeur grec
Kutlu Adalı murder | Northern Cyprus requests information from Turkey

Immigration / Migration

Les sans-papiers en grève de la faim à Bruxelles suspendent leur mouvement

 Nouvel épisode de refoulement de migrants en Grèce
Haouach démissionne, informations sur de potentiels liens avec les Frères musulmans


Droits de l'Homme / Human Rights

"Insulting Erdoğan": Nearly 10,000 people stood trial in a year

About 45,000 people were investigated for "insulting the president" last year, according to figures compiled by main opposition Republican People's Party (CHP) deputy Sezgin Tanrıkulu.

Lawsuits were filed against 9,773 people, including 290 children, Tanrıkulu said in a video on his YouTube channel.

Eighty-four of the 290 children were in the 12-15 age group and 206 were in the 15-18 age group, he noted.

"President pressed charges against 290 children. He brought them to the court. He will get compensation from them, have them convicted and then he will be happy," said Tanrıkulu. "Is he aware of these? Does he do these himself or do his attorneys do these?"

Among the people who stood trial for insulting the president, 3,655 were convicted and 3,736 were given a deferred sentence, said Tanrıkulu.

While cases against 1,013 people were dropped, only 14 percent of those who faced this charge were acquitted, the deputy stressed.

"So, if the president filed a complaint and a case is filed against you, you have no chance of being acquitted. While the rate of [acquittal] is 60 or 70 percent in other crimes, it's 14 percent for insulting the president," he remarked.

The law of insulting the President started to be implemented more frequently after the election of Recep Tayyip Erdoğan in 2014.
(BIA, 21 July 2021)

CEDH: la Turquie condamnée pour la détention d'un policier

La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a condamnée mardi la Turquie pour le placement en détention provisoire d'un ancien officier de police, soupçonné d'être membre du réseau du prédicateur Fethullah Gülen, bête noire du président Recep Tayyip Erdogan.

Le requérant était soupçonné d'appartenir à FETÖ/PDY ("Organisation terroriste fethullahiste/Structure d'État parallèle"). Les autorités turques ont accusé cette organisation d'être à l'origine de la tentative de coup d'Etat en juillet 2016.

Le requérant a été arrêté en octobre 2016 et placé en détention provisoire car il avait utilisé "ByLock", la messagerie de communication prisée par les membres de FETÖ/PDY.

En juin 2017 il a été inculpé du chef d'appartenance à une organisation terroriste et malgré plusieurs recours il est resté en détention provisoire durant presque un an et demi, jusqu'en janvier 2018, quand il a été remis en liberté sous contrôle judiciaire. En septembre 2020 son procès était toujours pendant devant la cour d'assises.

La CEDH estime que le fait d'avoir mis le requérant en détention sur la seule base qu'il avait utilisé la messagerie ByLock, en l'absence de tout autre élément, ne constituait pas une base suffisante pour caractériser l'infraction qui lui était reprochée, à savoir son appartenance à FETÖ/PDY.

"La Cour conclut qu'il y a eu violation de l'article 5, paragraphe 1 de la Convention (européenne des droits de l'homme, relatif au droit à la liberté et à la sûreté, ndlr) à raison de l'absence de raisons plausibles, au moment de la mise en détention provisoire du requérant, de soupçonner celui-ci d'avoir commis une infraction", estime le bras judiciaire du Conseil de l'Europe.

La CEDH note également "l'absence alléguée de motivation de la décision de sa mise en détention provisoire" (article 5.3 de la Convention).

Enfin, elle estime que ni le requérant ni son avocat n'ont eu une connaissance suffisante du dossier pour pouvoir contester utilement sa mise en détention provisoire (article 5.4 de la Convention).

Ankara est donc condamnée à verser 12.000 euros au requérant pour dommage moral, et 1.000 euros pour frais et dépens.

La Turquie a été régulièrement condamnée par la CEDH ces derniers mois pour les nombreuses arrestations irrégulières de juges, policiers ou journalistes dans la foulée du coup d'Etat manqué de juillet 2016.
(AFP, 20 juillet 2021)

Police attack Suruç Massacre commemoration in Adana

The Adana Youth platform organized a commemoration ceremony for the 33 people who lost their lives in a bomb attack launched by ISIS in Suruç district in southeastern province of Urfa on July 20, 2015.

As reported by Etkin News Agency (ETHA), the group was surrounded by the police after the commemoration was held in the İnönü Park.

Surrounding the group who wanted to disperse after the ceremony, the police battered and detained 19 people, including the Adana Provincial Co-Chairs of the Peoples' Democratic Party (HDP).

While citizens in the vicinity condemned the attack, the detained have been released following the related formalities at the police department.

What happened?

Upon the call of the Socialist Youth Associations Federation (SGDF), around 300 young people came together in Suruç in Turkey's southeastern province of Urfa on July 20, 2015. They were there to bring toys and humanitarian aid to Kobanê in Syria. While they were in front of the Amara Cultural Center for a statement for the press, a suicide bomb attack was carried out. 33 people lost their lives in the attack:

Koray Çapoğlu, Cebrail Günebakan, Hatice Ezgi Sadet, Uğur Özkan, Nartan Kılıç, Veysel Özdemir, Nazegül Boyraz, Kasım Deprem, Alper Sapan, Cemil Yıldız, Okan Pirinç, Ferdane Kılıç, Yunus Emre Şen, Çağdaş Aydın, Alican Vural, Osman Çiçek, Mücahit Erol, Medali Barutçu, Aydan Ezgi Salcı, Nazlı Akyürek, Serhat Devrim, Ece Dinç, Emrullah Akhamur, Murat Yurtgül, Erdal Bozkurt, İsmet Şeker, Süleyman Aksu, Büşra Mete, Duygu Tuna, Polen Ünlü, Nuray Koçan, Vatan Budak, Mert Cömert.

It was identified that Şeyh Abdurrahman Alagöz was the one who carried out the bomb attack that claimed the lives of 33 people in Suruç. A confidentiality order was imposed on the file on July 23, 2015 on the ground that "the examination of the documents in the file would jeopardize the purpose of the investigation."
Judicial process

Filed by the Şanlıurfa Chief Public Prosecutor's Office 18 months after the massacre, the indictment demanded that three defendants, one of whom was arrested, be given life sentences aggravated for 104 times each.

Yakup Şahin, one of the defendants, was arrested as a suspect of the October 10 Ankara massacre, which claimed the lives of 103 people in 2015. According to the indictment, Deniz Büyükçelebi and İlhami Ballı, the other two defendants, are in Syria.

The lawsuit filed into the Suruç Massacre started 21 months after the incident at the Şanlıurfa 5th Heavy Penal Court on May 4, 2017. The only defendant of the case who was not a fugitive did not attend the hearing.

In the final hearing of the case filed against the public officials on January 9, 2017, Mehmet Yapalıal, the then district security director of Suruç, was fined 7,500 lira for "neglect of duty and misconduct in office." The court has ruled that he shall pay the fine in 12 instalments.

There were two police officers as defendants in the second case against public officials, who are still tried for "misconduct in office" at the Suruç Penal Court of First Instance.
(BIA, 19 July 2021)

Police batter 8 months pregnant woman in Şırnak

Raiding a house in İdil district in Turkey's Kurdish-majority southeastern province of Şırnak, the police battered 8 months pregnant Hatice Baykara (28). During the incident that happened on July 16, the police reportedly hit Baykara's waist with gunstocks.

As reported by Müjdat Can from Mezopotamya Agency (MA), Baykara was taken to the Public Hospital in an ambulance called by her relatives. After her treatment ended, he was discharged on July 17.
'They hit with gunstocks'

Speaking about what she went through, Hatice Baykara says that a raid was carried out against their house by nearly 20 police officers early in the morning. Baykara recounts, "At the moment they knocked on the door, they broke down the windows. As soon as I opened the door, they held me by my hair and threw me on the broken glass."
'They scared my children'

When she asked the officers a question, they reportedly shouted at her, saying, "Shut up, don't speak." Baykara says that while she was trying to stand up, the police hit her waist with a gunstock:

The children started screaming after the voices. I said, 'Why are you scaring the children?' They both beat and scared me. They woke my four children and scared them.

'They held a gun to my head'

Saying that the police held a gut to her had, Baykara adds, "The police held a gun to my head until the house search ended. The butt of the gun was on my head until the search ended. My pains intensified during the raid, I fell on the ground. After the police left the house, we called an ambulance. The doctors asked, 'How didn't you have a miscarriage?'"

Getting a report documenting the battery, Baykara went to the İdil District Security Directorate and filed a criminal complaint against the police officers.
(BIA, 19 July 2021)

La Turquie depuis la tentative de putsch de 2016 (CHRONOLOGIE)

Rappel des temps forts depuis le coup d'Etat avorté de juillet 2016, qui a traumatisé la Turquie, donné lieu à des purges d'envergure et conduit le président Recep Tayyip Erdogan à élargir ses pouvoirs.

- Putsch manqué sanglant -

Dans la nuit du 15 au 16 juillet 2016, une fraction de l'armée se soulève, s'emparant d'avions de chasse et d'hélicoptères et semant la panique à Ankara et à Istanbul.

Des bombes larguées par des F-16 ciblent l'Assemblée nationale, les routes autour du palais présidentiel et les sièges des forces spéciales et de la police dans la capitale.

M. Erdogan, en vacances à Marmaris (sud-ouest), exhorte les Turcs à résister à une "tentative de coup d'Etat" en descendant dans les rues, puis regagne Istanbul.

Il dénonce "une trahison" de soldats putschistes qu'il accuse d'être liés au prédicateur Fethullah Gülen, exilé aux Etats-Unis depuis 1997. Ex-allié devenu son pire ennemi, M. Gülen dément.

A la mi-journée, le chef de l'armée par intérim annonce l'échec de la tentative de putsch. A Istanbul, les partisans du président en liesse inondent les rues. M. Erdogan réclame l'extradition de M. Gülen.

La tentative fait officiellement 251 morts, hors putschistes, et plus de 2.000 blessés.

- Purges -

Les 16 et 17 juillet, des centaines de généraux, juges et procureurs sont arrêtés pour leur soutien présumé. Puis l'épuration s'étend à la police, à l'enseignement et aux médias. Le 20, l'état d'urgence est instauré.

Les purges visent les partisans présumés de Fethullah Gülen, avant de s'étendre à la mouvance prokurde et à des médias critiques et des ONG, suscitant l'inquiétude en Europe.

Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont été depuis arrêtées, plus de 140.000 limogées ou suspendues de leurs fonctions et des dizaines de médias fermés.

- Erdogan assoit son pouvoir -

Le 24 juin 2018, M. Erdogan remporte la présidentielle dès le premier tour.

Ce scrutin marque le passage du système parlementaire à un régime présidentiel dans lequel le chef de l'Etat concentre le pouvoir exécutif, après la révision constitutionnelle de 2017.

En juillet, l'état d'urgence est levé. L'UE évoque "un pas dans la bonne direction", mais épingle des restrictions des libertés.

- Revers cinglant -

Le 31 mars 2019, le Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur) de M. Erdogan arrive en tête à l'échelle nationale aux municipales, mais perd Ankara et Istanbul, la plus grande ville.

L'élection est invalidée à Istanbul après des recours de l'AKP, arguant d'"irrégularités massives". L'opposition dénonce un "putsch contre les urnes".

Le 23 juin, l'opposant Ekrem Imamoglu réédite sa victoire aux municipales à Istanbul, infligeant à M. Erdogan son pire revers électoral depuis l'arrivée au pouvoir de son parti en 2002.

- Lois controversées -

En juin 2020, le Parlement vote un projet de loi renforçant les pouvoirs des "vigiles de quartier", dénoncé comme un projet de "milice" par des opposants.

En juillet, il adopte un projet de réforme des barreaux, décrié par les avocats qui y voient une tentative de réduire leur indépendance, puis un autre élargissant le contrôle des réseaux sociaux.

- Pressions sur la société civile -

Fin décembre, la Cour constitutionnelle juge légale la détention prolongée de l'homme d'affaires et philanthrope Osman Kavala, un membre important de la société civile, accusé de tentative de coup d'Etat et d'espionnage et écroué depuis 2017.

Ce dernier, qui a toujours rejeté ces accusations, est devenu, avec l'ex-dirigeant du parti prokurde HDP Selahattin Demirtas, emprisonné depuis 2016, un des symboles de la répression.

Le 19 mars 2021, la Turquie se retire de la Convention dite d'Istanbul contre les violences à l'égard des femmes, suscitant la colère des organisations de défense des droits des femmes et des critiques de l'Union européenne.

- Condamnation à perpétuité -

Le 7 avril, 32 anciens militaires sont condamnés à la prison à vie après avoir été reconnus coupables d'avoir joué un rôle de premier plan dans le putsch manqué.

Selon les chiffres officiels, les tribunaux ont à ce jour condamné près de 4.500 personnes, infligeant des peines de prison à vie à près de 3.000 d'entre elles.
(AFP, 15 juillet 2021)

TİHV-HRFT: People tortured in Turkey from age 5 to 70

The Human Rights Foundation of Turkey (TİHV-HRFT) has released its 2020 Report on Treatment and Rehabilitation Centers.

Prepared based on the applications submitted to the Foundation, the report has shown that the age of the ones who complained about torture and maltreatment ranged from 5 to 70 in Turkey last year.

In 2020, which was marked by curfews, especially amid the novel coronavirus (COVID-19) outbreak, the number of people who were subjected to torture and ill treatment on the street increased.

While 24.6 percent of Turkey's population were born in the Southeast and Eastern Anatolia, 62.6 percent of the ones who complained about being tortured and maltreated were born in these two regions.

According to the report, people from all segments of the society, regardless of their educational level and employment status, were subjected to torture and ill treatment. One out of every four people who applied to the TİHV-HRFT with such complaints were students.

İstanbul on the top of the list

The report has indicated that 605 applications in total were made to the TİHV-HRFT Representatives and Reference Centers in 2020.

While the number of people who applied to the TİHV to get support for practices of torture and ill treatment that they suffered or witnessed was 190 (31.4 percent) in İstanbul, the number of people who applied to the Van Reference Center was 128 (21.2 percent).

116 people (19.2 percent) applied to the Diyarbakır Representative, 78 people (12.9 percent) to the İzmir Representative, 58 people (9.6 percent) to the Ankara Representative and 35 people (5.8 percent) to the Cizre Reference Center in Turkey southeastern province of Şırnak.

In 2020, 572 people (94.6 percent) made an application about torture and ill treatment while 2 people (0.3 percent) applied about grave human rights abuses except for torture and ill treatment. 31 people (5.1 percent) applied as relatives of the tortured and requested treatment, rehabilitation and documentation from the Human Rights Foundation of Turkey.

12 (2 percent) of the experienced or witnessed incidents of torture were detected to have taken place outside Turkey.
Application about people as young as 5 years old

While 62.5 percent of the applicants were men, 36.5 percent were women and 1 percent were LGBTI+s.

The report has shown that 3.4 percent of the applicants about torture were concerning people aged younger than 18. "In 2020, people of all ages, from 5 to 70, were subjected to torture," the report has said.
'Due to political opinions, identity or actions'

Of the 562 people who applied to the TİHV-HRFT in 2020 and were tortured in Turkey, 507 (90.2 percent) said that they were taken into custody due to their political opinions, identities or actions.

The report has found that "despite the COVID-19 outbreak and the bans, the rate of people detained in open spaces and on the street increased to 61 percent in 2021 while the rate of people taken into custody from their homes dropped to 26.6 percent in this period."

According to the report, the places where the incidents of torture were more frequently observed were first streets and open spaces, then vehicles, security departments and police/gendarmerie stations.

At this point, the TİHV-HRFT report has underlined that the fact that the applicants were tortured in different units during their detention indicate the continuity and widespreadness of the act of torture.

It is also a striking finding of the report that at least four out of every 10 people (40.7 percent) subjected to torture faced sexual torture.

According to the report, one out of every four people detained in 2020 say that the failures to make forensic medical examinations and to issue reports about them violated their fundamental assurances in detention conditions and led to an environment suspectible to torture.

On the ones detained in 2020;

    101 applications (46.8 percent) indicated that the law enforcement officers were not taken out of the room during the forensic medical examination,
    129 applications (59.7 percent) indicated that the forensic physician did not listen to the complaints,
    168 applications (77.9 percent) indicated that the forensic physician did not listen to the medical history,
    195 applications (90.3 percent) indicated that the forensic physician did not carry out a proper medical examination,
    173 applications (80.1 percent) indicated that the forensic physician did not carry out an examination in the light of complaints.

Average age of people subjected to torture: 10

According to the report, the average age of the 20 children subjected to torture in 2020 was 10 at the time of the incident. It was also indicated that the youngest person subjected to torture was 3 years old.

The report has also found that the mother language of all children who said they were tortured due to ethnic and political reasons was Kurdish and they were all subjected to torture in the East or Southeast.

While the incidents leading to the torture of 7 children were found to be "ethnic", it was defined as "political" for 6 children, "judicial" for 4 children, "other" for 2 children and "asylum seeking" for one child.

The report has noted that 10 children were detained at night (12 - 8 am):

The fact the detention and house raids faced by children mostly happened at midnight indicates that an arbitrary and de facto action was taken, rather than a legal one, and that the aims of intimidation and punishment came to the forefront. The information as to the legal processes indicates that the principle of the 'best interests of the child' was not observed in detaining children, they were subjected to arbitrary and extrajudicial practices, their procedural assurances were violated and no other option was used, other than the decision to restrict their freedom, which is expected to be the last resort.
(BIA, 13 July 2021)

Turkey ranks 107th out of 128 countries in Rule of Law Index

Turkey has ranked 107th out of 128 countries in the World Justice Project's (WJP) Rule of Law Index 2020.

The country climbed three places from 2019 although its score remained the same, 0.43 out of 1. Angola, Iran and Nigeria also had the same score.

In the rankings by region, Turkey had the lowest score among the 14 Eastern European and Central Asian countries.

In the rankings by income, Turkey was the third from last among the upper-middle income countries, only surpassing Iran and Venezuela

More countries declined than improved in overall rule of law performance for the third year in a row, continuing a negative slide toward weakening and stagnating rule of law around the world, the WJP noted.

In the Absence of Corruption Index, Turkey was 60th out of 128 countries with a score of 0.47 out of 1. The index examines three forms of corruption: bribery, improper influence by public or private interests, and misappropriation of public funds or other resources.

In the Open Government index, Turkey scored 0.42 points and ranked 97th out of 128 countries. The openness of government defined by the extent to which a government shares information, empowers
people with tools to hold the government accountable, and fosters citizen participation in public policy deliberations.

Turkey's ranking was particularly low in the list of fundamental rights, where it was 123rd out of 128 countries with 0.32 points.

The country's highest score was in the order and security section as it ranked 77th with 0.69 points.
(BIA , 9 Jul 2021)

"Civil society" warning to Turkey by Venice Commission

The Venice Commission has published its opinions that it adopted during its summer plenary session on July 2-3, 2021.

One of the opinions published by the Commission is about the compatibility with international human rights standards of the Law no. 7262 on the Prevention of Financing of the Proliferation of Weapons of Mass Destruction, which has recently passed by Turkey's National Assembly, amending the Law on Associations (No. 2860) and Law on Aid Collection.

In its 23-page opinion on the Law no. 7262, the Venice Commission has indicated that it is "fully aware of the difficult security situation faced by Turkey and the aspiration of the authorities to introduce effective measures to combat terrorism, including measures against its financing."

However, the Commission would like to remind the Turkish authorities that even in such circumstances Member States have to comply with all their obligations under international law, in particular international human rights law, international refugee law, and international humanitarian law, while taking any steps to counter terrorism. Respect for human rights and the Rule of Law are an essential part of any successful counterterrorism effort.

It has also underlined that "the solution chosen by the legislator in Articles 7-17 of Law No. 7262. goes beyond the scope" of the intention to comply with the recommendations provided by the 2019 Financial Action Task Force (FATF) report on Turkey, as well as with the Relevant United Nations Security Council (UNSC) Resolutions cited in the law.

According to the Commission, "the new provisions apply to all associations, irrespective of their goals and records of activities, and lead to far reaching consequences for basic human rights, in particular the right to freedom of association and expression and the right to a fair trial."
'Civil society not consulted'

It has also expressed its regret that "the law was adopted in a rushed manner without any consultation with civil society and other stakeholders, which is problematic from a democratic perspective," underlining that this failure "diminishes its legitimacy and acceptability."

According to the Venice Commission, the "coercive power" of the law "depends on whether it is in conformity with justice and fairness in the eyes of the community whose fate it may determine."

    Consultations with all stakeholders and civil society have to take place irrespective of other commitments a state has to comply with.

'It might violate freedom of association'

The Commission has also shared the following opinion:

    The Venice Commission is of the opinion that the provisions relating to aid collection activities of associations could result in a serious restriction of their freedom of association.
    The Commission recognises that there is a risk of funds being used to finance terrorist activities. However, in their indiscriminate scope the new legal provisions on aid collection do not seem to meet the requirements of necessity and proportionality.
    On the other hand, the ambiguity in the wording of the amendments of the Law on Aid Collection, government control over online fundraising attempts in the absence of clear and objective criteria of permit applications, along with the authorities' wide scope to apply sanctions, may have a negative impact on legitimate fundraising activities of NGOs and thus violate their right to freedom of association.

'Ministry cannot dissolve an association'

Raising further concerns about the law, the Commission has said:

"The amendments to the Law on Associations enable the authorities to remove the board members without judicial review and to replace them with trustees who do not need the approval of the members of the association concerned. Consequently, the introduction into the bodies of the association of one or more persons without approval and without clear guarantees that they act in the best interest of the association and its members, constitutes a serious infringement of the right of associations to conduct their own affairs.

    While the suspension leading to the dissolution of an association cannot be decided by the Minister of Interior but need a court decision, such decision should be taken only as a measure of last resort, in conformity with the principle of proportionality and with adequate guarantees of fair trial

'Foreign associations'

"Foreign associations, to which Turkish law is applicable for their activities in Turkey, including provisions on data reporting, are equally affected by the flaws of the amendments in question. In addition, imposing upon them the obligation to seek permission for any cooperation activity in Turkey does not meet the requirements of necessity and proportionality."
Recommendation for 're-examination'

In concluding the report, the Venice Commission has shared a series of recommendations, including the following:

    The Venice Commission expresses hope that the legislator will carry out a full and thorough re-examination of the aforementioned amendments to the Law on Associations and the Law on Aid Collection, introduced by Law No. 7262 and will ensure broad and inclusive consultations with all stakeholders, with the aim to finding an effective but also lawful solution to the problem of abuse of NGOs for the financing of terrorism or money laundering, while guaranteeing the full protection of fundamental civil and political rights of the civil society associations.
(BIA, 7 July 2021)

Boğaziçi students battered, forced out of campus as rector restricts entrance

Boğaziçi University's appointed rector Melih Bulu restricted the entrance to the campus, citing security and health reasons, while students gathered under a tent they set up in front of the campus.

Campus gates were locked and police set up barricades around the school on Saturday (July 3). Students and academics continued to stay in front of the South Campus.

Police separated academics from students, who then headed towards the North Campus.

After police battered students in front of the North Campus, academics also went there for support.

Then the students read out a statement and were about to disperse. However, police officers battered them again because they were "blocking the road."

Meanwhile, students who had been keeping a watch on the campus since Friday night were forced out of the school by private security guards.

The students had to leave their belongings on the campus and waited for hours to get them back.

Private security guards also searched students' bags. Lawyer Levent Pişkin, who had come to the campus to give legal support to the students, took a statement down.

About the campus gates being locked, police officers said, "The rector has the same authority as a district security director. Only the interior minister or the governor can give him instructions." (BIA, 5 July 2021)


La Turquie quitte officiellement un traité protégeant les femmes

La Turquie a officiellement quitté jeudi un traité international visant à lutter contre les violences faites aux femmes, une décision du président Recep Tayyip Erdogan qui a donné lieu à des manifestations, notamment à Istanbul où la police a fait usage de gaz lacrymogène.

Annoncé en mars par M. Erdogan, le retrait de la Turquie de la Convention d'Istanbul, le premier traité international à fixer des normes juridiquement contraignantes pour éviter les violences sexistes, est devenu effectif à minuit.

Cette décision, prise alors que les féminicides n'ont cessé d'augmenter en une décennie en Turquie, a suscité la colère des organisations de défense des droits des femmes et des critiques de l'Union européenne, de Washington et du Haut-Commissariat aux droits de l'homme de l'ONU.

Jeudi soir, des manifestants se sont rassemblés dans l'ensemble de la Turquie, notamment à Ankara et à Istanbul, pour exprimer leur soutien à la Convention d'Istanbul.

Plusieurs centaines de contestataires ont scandé dans la rue à Istanbul : "Nous ne demeurerons pas silencieux, nous n'avons pas peur, nous ne voulons pas obéir !".

La situation s'est tendue quand la police les a empêchés de marcher jusqu'à la célèbre place Taksim et ils ont tenté de forcer le passage malgré les avertissements répétés des forces de l'ordre, a constaté un journaliste de l'AFP.

"Nous sommes frustrés. Chaque jour une femme que nous connaissons ou ne connaissons pas est tuée. Il n'y a pas de garantie que demain nous ne subirons pas le même traitement", a déclaré une manifestante, Nevin Tatar, 35 ans.

Dans la capitale Ankara, la manifestation s'est en revanche terminée dans le calme.

Plusieurs milliers de femmes avaient manifesté en mars en Turquie pour dénoncer la décision de M. Erdogan, estimant qu'elle risquait de donner un sentiment d'impunité aux auteurs de violences.

- "Valeurs familiales" -

Datant de 2011, la Convention d'Istanbul a été ratifiée par 34 pays membres du Conseil de l'Europe. Premier Etat à l'avoir signée, la Turquie est aussi le premier à s'en retirer.

Le gouvernement turc a expliqué son choix en soutenant que ce traité "sape les valeurs familiales" et "normalise l'homosexualité", en raison de son appel à ne pas faire de discriminations en fonction de l'orientation sexuelle.

Contrairement à de nombreux pays peuplés majoritairement de musulmans, l'homosexualité n'est pas illégale en Turquie, mais l'homophobie y est largement répandue.

Les observateurs estiment que la décision de M. Erdogan s'explique avant tout par sa volonté de rallier sa base électorale conservatrice dans un contexte de difficultés économiques, avant la prochaine élection présidentielle en 2023 qui s'annonce difficile pour celui qui dirige la Turquie depuis presque vingt ans.

Parallèlement à l'abandon de la Convention d'Istanbul, le président turc a d'ailleurs multiplié ces derniers mois les déclarations jugées homophobes par les associations de défense des droits des LGBT+.

Conscient néanmoins du danger de se mettre les électrices à dos, M. Erdogan a dévoilé jeudi un "plan d'action" pour lutter contre les violences domestiques, évoquant par exemple un passage en revue de l'arsenal législatif et une meilleure formation des magistrats à ces questions.

"Certains tentent de présenter notre retrait de la Convention d'Istanbul (...) comme un retour en arrière. Notre lutte contre la violence envers les femmes n'a pas commencé avec la convention et ne prendra pas fin avec ce retrait", s'est défendu M. Erdogan.

Le président a aussi affirmé que la lutte contre les violences visait à "protéger l'honneur de nos mères et de nos filles", un commentaire risquant de susciter la colère des associations qui lui reprochent de réduire les femmes à la maternité.

-"Message dangereux" -

Malgré l'inflexibilité de M. Erdogan, plusieurs partis d'opposition ont affirmé qu'ils feraient tout pour que la Turquie réintègre la Convention d'Istanbul.

Des opposants au retrait avaient d'ailleurs saisi la justice pour stopper cette mesure mais leur recours a été rejeté mardi, au grand dam des ONG.

"Ce retrait envoie un message dangereux à ceux qui commettent des violences, mutilent et tuent : il leur dit qu'ils peuvent continuer de le faire en toute impunité", s'est alarmée jeudi la dirigeante d'Amnesty International, Agnès Callamard.

De fait, les associations de défense des droits des femmes redoutent une augmentation des violences, alors que la situation est déjà critique.

En 2020, 300 femmes ont été assassinées en Turquie par leur conjoint ou ex-conjoint, selon le groupe de défense des droits des femmes "Nous mettrons fin aux féminicides".

Et il n'y a aucun signe de ralentissement de cette tendance, avec 189 femmes tuées jusqu'à présent cette année, d'après la même source.
(AFP, 1 juillet 2021)

Pression sur les médias / Pressure on the Media

Attack, threat against journalist Acarer: Germany extends the investigation

The law enforcement authorities in Germany have decided to extend the investigation in the wake of a threatening message targeting journalist Erk Acarer, who lives in the country's capital city of Berlin and was subjected to a knife attack in front of his house a short time ago.

As reported by Deutsche Welle (DW) Türkçe, the police in Germany have announced that "it will be investigated whether the attack on Acarer a short time ago and the note with an egg are connected." The statement came shortly after the journalist had received a threatening message.

He was attacked, sent a threatening note

Journalist Erk Acarer has recently announced that a threatening message was left in the yard of his home in Berlin, Germany.

Unknown people left a paper that read "You wait" with a boiled egg and Acarer handed the threatening message over to the police.

"The German government, which I think is passive regarding the AKP-MHP [ruling Justice and Development Party - Nationalist Movement Party government], their gangs and precautions, will be responsible for anything that happens to me," he wrote.

On July 8, journalist Erk Acarer was assaulted by a group of people in front of his home. Announcing the attack on Twitter, he said he didn't have life-threatening injuries and was heading to the hospital.

"I know the perpetrators. I'll never surrender to fascism. Nobody should be worried, these days will pass," he wrote.

Having multiple arrest warrants against himself in Turkey in cases concerning his articles and social media messages, BirGün newspaper columnist Erk Acarer has been living in Germany since mid-2017.
(BIA, 22 July 2021)

Germany's police warn journalist Celal Başlangıç of risk of assassination

Celal Başlangıç, the editor-in-chief of Artı TV and Artı Gerçek website, has been notified by Germany's police that his life is in danger, the journalist said last night (July 20).

Two officers who visited Başlangıç at his home in Cologne also confirmed the existence of an "assassination list" consisting of the dissidents of President Recep Tayyip Erdoğan şiving abroad, Başlangıç said.

Earlier in the day, journalist Erk Acarer, who also lives in Germany, shared a threatening note left in front of his home in Berlin. Acarer was also attacked in front of his home on July 7. After the attack, a Twitter account named "jitemkurt" published an assassination list of 21 journalists, artists and intellectuals living in Europe and threatened the related people to "Watch your back."

Speaking to Artı TV, Başlangıç, whose name was also on the list, said, "We knew the names in the 21-people list. Then information was spread about a 43-people list but the names on this list were not known. The German police officers who came to my home mentioned a third list consisting of 55 Erdoğan dissidents and said that my name was on that list.

"We understood from what officers said that there is an investigation. There is a police officer handling the case and a case file. Our attorney is dealing with the matter and trying to get information. It seems like a file that the German police take seriously."

Several dissidents from Turkey currently live in exile in Germany and other European countries because of lawsuits against them.

In 2018, Germany's Federal Ministry of Interior banned the Osmanen Germania (Germany Ottomans) group for posing a threat to individuals and the public order. It has also demanded, along with France and the Netherlands, the EU ban the activities of the Turkish nationalist Grey Wolves group.

Mafia boss Sedat Peker, who has been making online confessions on state-mafia relations in Turkey, admitted last month that he had been giving financial support to pro-Erdoğan groups in Germany.

With a population of about one-and-a-half million, citizens of Turkey are the largest foreign group in Germany. (BIA, 21 July 2021)


CEDH: la Bulgarie condamnée pour l'expulsion d'un journaliste turc critique

La Bulgarie a été condamnée mardi par la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) pour avoir renvoyé dans son pays, sans examiner sa demande d'asile, un journaliste turc critique du pouvoir d'Ankara, suite au putsch manqué de 2016.

Le requérant, dont l'identité n'a pas été précisée, avait fui son pays après le putsch manqué, et avait "exprimé des craintes relatives à des mauvais traitements qu'il risquait de subir en cas de retour en Turquie", explique dans un résumé de l'arrêt la Cour, installée à Strasbourg.

Mais "les autorités bulgares n'ont pas examiné sa demande de protection internationale", déplore -t-elle.

Ce journaliste de 36 ans est actuellement emprisonné en Turquie où il a été condamné après son expulsion à sept ans et demi de prison pour appartenance à une "organisation terroriste".

Il travaillait au quotidien Zaman et à l'agence de presse Cihan, propriétés de Feza Media Group, un groupe de presse "perçu comme (...) critique envers" le régime du président turc Recep Tayyip Erdogan et réputé proche des réseaux de Fethullah Gülen, un prédicateur accusé d'avoir ourdi le putsch manqué de juillet 2016 contre M. Erdogan, rappelle la CEDH.

Quelques mois avant le coup d'Etat, la justice turque avait placé à la tête du groupe trois administrateurs. Zaman a adopté à partir de ce moment-là une ligne pro-Erdogan et le requérant a été licencié et privé de sa carte de presse.

Après le coup d'Etat, il a quitté la Turquie "dans un contexte où de nombreuses mesures étaient prises contre les médias et les journalistes", précise la CEDH.

Dans la nuit du 13 octobre 2016, il a été arrêté alors qu'il tentait de passer la frontière turco-bulgare dans un camion de marchandises en compagnie de plusieurs autres passagers clandestins, dont six Turcs.

Après avoir vainement demandé à plusieurs reprises à déposer une demande d'asile et à bénéficier de la protection internationale, ils ont été remis le 16 octobre aux autorités turques au poste frontière de Kapitan-Andréevo.

"La hâte avec laquelle la mesure de renvoi a été mise en oeuvre (...) a eu pour effet de rendre les recours (...) indisponibles", constatent les juges paneuropéens, qui concluent à l'unanimité à la violation des articles 3 (interdiction des traitements inhumains et dégradants) et 13 (droit à un recours effectif) de la Convention européenne des droits de l'homme.

Sofia devra verser 15.000 euros au requérant pour dommage moral.
(AFP, 20 juillet 2021)

Erdogan limoge un recteur d'université contesté

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a relevé de ses fonctions jeudi le recteur d'une prestigieuse université d'Istanbul dont la nomination au début de l'année avait déclenché des manifestations sur le campus.

Le limogeage de Melih Bulu, qui avait été désigné le 1er janvier par M. Erdogan pour diriger l'Université Bogazici, a été annoncé par un décret présidentiel publié dans la nuit de mercredi à jeudi. Son successeur n'était pas encore connu.

Cette décision constitue un pas en arrière inhabituel pour le chef de l'Etat, qui ne fait généralement pas grand cas des critiques et avait personnellement choisi M. Bulu, un proche de son parti politique.

Ce limogeage intervient après plusieurs mois de mobilisation de la part d'enseignants et d'étudiants de Bogazici qui dénonçaient la nomination par le pouvoir de ce recteur qu'ils jugeaient, de surcroît, insuffisamment qualifié.

Dans les semaines qui ont suivi l'arrivée de M. Bulu à la tête du prestigieux établissement, des centaines d'étudiants et de professeurs ont manifesté presque quotidiennement sur et autour du campus pour réclamer son départ.

Les autorités ont arrêté des dizaines de manifestants que M. Erdogan a comparés à des "terroristes". Dans un geste symboliquement fort, des policiers ont même menotté la grille d'entrée de l'université pour empêcher des étudiants d'y entrer.

Face à la répression, particulièrement virulente contre les étudiants LGBT de l'établissement, les manifestations d'ampleur ont cédé la place ces derniers mois à des veillées sur le campus et une forte mobilisation sur les réseaux sociaux.

Située sur la rive européenne d'Istanbul, Bogazici est l'une des plus prestigieuses universités de Turquie. Une grande partie de l'élite du pays a fréquenté ses amphithéâtres.

Alors que le recteur de Bogazici était autrefois choisi lors d'élections internes, il est directement nommé par M. Erdogan depuis 2016, une mesure dénoncée par les milieux académiques comme une atteinte à l'indépendance des universités.
(AFP, 15 juillet 2021)

Un journaliste d'opposition turc demande à Berlin d'intervenir après une agression

Le journaliste turc d'opposition Can Dündar, qui vit en exil à Berlin, a demandé mercredi au gouvernement allemand d'agir pour retrouver les commanditaires d'une agression commise contre un confrère également réfugié en Allemagne, accusant Ankara d'en être à l'origine.

"Nous demandons au gouvernement allemand de faire tout ce qui est nécessaire (...) pour retrouver non seulement les assaillants mais aussi les instigateurs", a assuré ce journaliste de renom réfugié en Allemagne depuis 2016, lors d'une conférence de presse à Berlin organisée par Reporters sans frontières (RSF).

"Nous savons tous que cet initiateur se trouve à Ankara et fait tout ce qu'il peut pour faire taire les voix des opposants vivant en Allemagne", a-t-il ajouté.

Le journaliste et opposant déclaré au président Recep Tayyip Erdogan, Erk Acarer, a été agressé dans la cour de son immeuble berlinois mercredi dernier.

Blessé à la tête, cet exilé de 48 ans a imputé cette attaque à des affidés du parti du chef de l'Etat turc, l'AKP, et assuré que l'un des trois assaillants avait crié en turc : "tu n'écriras pas".

Il a répété ses accusations mercredi, affirmant que l'agression avait été commanditée par Ankara.

"Les trois agresseurs parlaient turc (...) Ce n'est pas difficile à deviner" d'où vient l'ordre, "de tout en haut" à Ankara, a-t-il dit.

M. Dündar, qui fait l'objet d'une lourde condamnation dans son pays, a également averti que si "Berlin ignore l'origine de cette agression (...) je pense que d'autres suivront".

Ankara "a essayé de nous empêcher d'écrire et de parler de toutes les manières mais ce qui est nouveau, c'est que le gouvernement d'Erdogan essaie d'étendre ses attaques à l'Allemagne", a-t-il ajouté.

"Le message porté par Erdogan est : "je peux attaquer des opposants même sur votre sol. Vous ne pouvez pas empêcher ça car vous êtes liés à moi'", a-t-il insisté, citant notamment le pacte qui lie l'Union européenne et la Turquie sur l'accueil des réfugiés syriens.

En décembre dernier, un tribunal turc a condamné par contumace Can Dündar, ancien rédacteur en chef de Cumhuriyet, à 27 ans de prison pour avoir publié un article faisant état d'une livraison d'armes par les services secrets turcs à des groupes islamistes en Syrie.

La Turquie occupe la 153e place sur 180 au classement 2021 de RSF.
(AFP, 14 juillet 2021)

Journalist sentenced to prison over ‘news on Erdoğan cartoons’

Journalist Cem Şimşek has been sentenced to 11 months, 20 days in prison on charge of "insulting the President."

Şimşek, the news director of daily Evrensel, was put on trial over a news report titled "German Cartoonists Have Drawn Erdoğan Badly."

Standing trial over this news report published in 2015, Şimşek has been given a deferred prison sentence for allegedly insulting Justice and Development Party (AKP) Chair and President Recep Tayyip Erdoğan.

As reported by the Media and Law Studies Association (MLSA), final hearing held at the Bakırköy 27th Penal Court of First Instance was attended by Cem Şimşek's lawyer Devrim Avcı-Özkurt and Erdoğan's lawyer Furkan Berk Biberoğlu. Audience was not admitted into the courtroom on the grounds of the novel coronavirus (COVID-19) measures.

While the prosecutor's office reiterated its final opinion as to the accusations and demanded the journalist's penalization, Erdoğan's lawyer Biberoğlu also demanded penalization. Taking the floor, Avcı-Özkurt requested acquittal as the elements of the crime did not arise.

Handing down its ruling, the court board first ruled that journalist Cem Şimşek should be sentenced to 1 year in prison on charge of "insulting the President" as per the Article 299 of the Turkish Penal Code (TCK). On the grounds that the act was publicly committed, the court increased the prison term to 1 year, 2 months. Considering the "past of the defendant, his social relations and the potential impacts of the prison sentence on him," the court has reduced the prison term to 11 months, 20 days.

The prison sentence has been deferred.

Avcı: They circumvent the Press Law

Speaking after the ruling was handed down, lawyer Devrim Avcı has recalled that the lawsuit was filed over a news report published in 2015 and criticized the fact that a sentence was given six years later.

She has also defined it as "circumventing the Press Law" that the investigation was carried out against the news report published on Evrensel website, rather than the printed version of the newspaper:

Even though the daily newspaper is examined at the prosecutor's office everyday, there is unfortunately this practice of 'We saw this news on the Internet and filed a criminal complaint immediately.'

Noting that the related cartoons were published in other media outlets as well, Avcı has noted, "Even though there are judgements of the Court of Cassation and the European Court of Human Rights (ECtHT), indicating that politicians should accept harsh criticisms as much as they accept acclaims about themselves, judges do not enforce these judgements."

The lawyer has announced that they will appeal against the ruling. (BIA, 9 July 2021)

Having attacked Can Dündar, defendant not to be jailed despite prison term

The İstanbul 28th Penal Court of First Instance has handed down its ruling in the retrial of Murat Şahin, who carried out an armed attack against the then Cumhuriyet Chief Editor Can Dündar in front of the İstanbul Courthouse in Çağlayan and wounded NTV reporter Yağız Şenkal.

At the final hearing of Şahin, along with the other defendants Sabri Boyacı and Habip Ergün Celep, Şahin said that he knew Sabri Boyacı "from the town" and did not know Habip Ergün Celep at all. He said that he himself decided to carry out the attack against the journalist.

Defendant Murat Şahin demanded his acquittal, saying, "My act was against Can Dündar. The fire was opened on Can Dündar. But as he intervened and the bullet bounded, Yağız Şenkal was wounded."

Handing down its ruling, the court has ruled that Murat Şahin shall be sentenced to 1 year, 8 months in prison for threatening Can Dündar with a firearm and to 7 months, 15 days in prison for "deliberately wounding" Yağız Şenkal. He has also been sentenced to 10 months in prison and a judicial fine of 500 lira for "the possession of an unregistered firearm".

Taken together, assaulter Murat Şahin has been given 3 years, 1 month, 15 days in prison and a judicial fine of 500 lira.

The court board has also ruled that other defendants Sabri Boyacı and Habip Ergün Celep shall be acquitted of the charged offenses of "threat" and "wounding with a firearm" on the grounds of lack of evidence.

That being the case, Murat Şahin, who attacked Can Dündar with a gun and wounded Yağız Şenkal in his foot, will not be sent to jail.

What happened?

On May 6, 2016, while journalists Can Dündar and Erdem Gül were waiting for the ruling of the court in the MIT trucks case in front of Çağlayan Courthouse in İstanbul, Murat Şahin shot at Dündar with a firearm. Yağız Şenkal, the reporter of the NTV news channel, was injured in the attack.

Having launched the attack, Şahin was detained at the scene of the incident; he was released afterwards.

Two days later, two more people were detained as it was suspected that one of them instigated the attack and the other kept watch. Suspects Sabri Boyacı and Habip Ergün Celep were released after they were first interrogated at the prosecutor's office, then before the court.

Murat Şahin was indicted for "deliberate injury, threat with a firearm, possession of an unregistered firearm and insult" and faced 4 years to 12 years, 10 months in prison; Sabri Boyacı and Habip Ergün Celep, who allegedly instigated the attack, were also indicated for "attempted deliberate injury and threat with a firearm" and faced 2.5 years to 6.6 years in prison.

The İstanbul 28th Penal Court of First Instance released Murat Şahin at the first hearing on October 21, 2016. At the final hearing on October 2, 2018, Şahin was sentenced to a judicial fine of 270 days on charge of "injury with a firearm". Considering his "good conduct" during the hearings, the judicial fine of the defendant was reduced to 225 days.

All in all, the court sentenced assaulter Şahin to pay a judicial fine of 4,5000 lira in total and to pay it in 20 installments.

Şahin was given a prison sentence of 10 months on charge of "possession of an unregistered firearm." The other defendants were acquitted.

Wounded in the attack, NTV reporter Yağız Şenkal appealed against the ruling. Overturning the local court ruling, the appeals court ruled that a retrial should be held.
(BIA, 8 July 2021)

Un journaliste turc en exil agressé près de son domicile à Berlin

Le journaliste turc Erk Acarer, opposant déclaré au président Recep Tayyip Erdogan et vivant en exil à Berlin, a été attaqué et blessé à l'extérieur de son domicile mercredi soir, a indiqué jeudi la police.

Le journaliste, âgé de 48 ans, a également rendu publique son agression sur les réseaux sociaux, l'imputant à des affidés du parti du président turc, l'AKP.

Il a été "attaqué par trois hommes dans la cour de (son) immeuble", a expliqué dans un communiqué la police de Berlin, selon laquelle deux hommes l'ont frappé tandis qu'un troisième faisait le guet.

M. Acarer a été conduit à l'hôpital pour des blessures à la tête. Il a lui même indiqué dans une vidéo postée sur Twitter après l'agression que son état était rassurant et qu'il avait pu regagner son domicile.

Le journaliste, qui fait l'objet de plusieurs mandats d'arrêt en Turquie et vit en Allemagne depuis 2017, assure aussi dans la vidéo que l'un des assaillants a crié: "tu n'écriras pas"!

Un autre journaliste dissident turc, Can Dundar, également exilé dans la capitale allemande, a qualifié l'incident, dans une réaction sur Twitter, de "message direct" du président Erdogan destiné à montrer qu'Ankara "peut attaquer, même à Berlin, un journaliste qui critique le régime".

Can Dundar vit en Allemagne depuis 2016. Ancien rédacteur en chef du journal d'opposition Cumhuriyet, il avait été emprisonné en Turquie.

La journaliste Mesale Tolu, qui a passé en 2017 plusieurs mois en détention en Turquie, s'est également indignée. "Tant de personnes cherchent une protection en Allemagne et sont toujours soumises à une violence agressive ici. Cela doit cesser", a-t-elle tweeté. (AFP, 8 juillet 2021)

Constitutional Court: Daily Özgür Gündem’s closure was a violation of rights

The Constitutional Court has finalized the application regarding the closure of the Özgür Gündem newspaper in 2016.

The top court has concluded that the "freedoms of expression and press" of Özgür Gündem, closed by a Statutory Decree, have been violated.

What happened?

The İstanbul 8th Penal Court of Peace closed the Özgür Gündem (Free Agenda) newspaper on August 16, 2016.

While the ruling said that it was a "temporary closure", the exact date when the daily would be opened again was not indicated in the court ruling.

The court ruling said:

"...As it is understood that an investigation has been launched against the newspaper named Özgür Gündem on the allegation that it is is constantly propagandizing for the PKK [Kurdistan Workers' Party] terrorist organization and acting like the media outlet of the armed terrorist organization and an investigation has been launched against its executives as per the TCK [Turkish Penal Code] Articles 302/1, 314/2, 220/2,8 and the Article 7/2 of the [Anti-Terror] Law no. 3713, it is ruled that the newspaper shall be temporarily closed as per the last sentence of Article 28 of the Constitution..."

Before the decision of closure was even notified to the newspaper, it was published by the pro-government Yeni Şafak newspaper. In the afternoon of the same day, the police raided the office of Özgür Gündem newspaper, battering and detaining 24 journalists. Özgür Gündem Editor-in-Chief Bilir Kaya, Managing Editor İnan Kızılkaya and writer Aslı Erdoğan, who was detained in an operation against her house, were arrested.

Without being opened again, Özgür Gündem newspaper was closed by a Statutory Decree on October 29, 2016, in the aftermath of the failed coup attempt on July 15, 2016. (BIA, 5 July 2021)

Erdoğan once again on RSF’s list of ‘Press Freedom Predators’

After an interval of five years, the Reporters Without Borders (RSF) has issued its "2021 Press Freedom Predators", a list of "37 heads of state or government who crack down massively on press freedom".

While Turkey's President and ruling Justice and Development Party (AKP) Chair Recep Tayyip Erdoğan has been once again listed among the RSF's "Press Freedom Predators", a European prime minister, Hungary's Viktor Orbán, has become the first EU leader on the list:

"Nearly half (17) of the predators are making their first appearance on the 2021 list, which RSF is publishing five years after the last one, from 2016.

"All are heads of state or government who trample on press freedom by creating a censorship apparatus, jailing journalists arbitrarily or inciting violence against them, when they don't have blood on their hands because they have directly or indirectly pushed for journalists to be murdered."
'Portrait of Recep Tayyip Erdoğan'

Listed among these 37 heads of state and government by the RSF, Erdoğan's portrait has also been shared by the organization in this context.

Reminding the international community that Turkey is ranked 153rd in the 180-country RSF World Press Freedom Index in 2021, the RSF has described President and AKP Chair Erdoğan as a "predator since 2009."

Indicating the "aggressive democracy" as his "predatory method," the organization has also defined "critical journalists" as his "favorite targets". Another subheading in the RSF's "portrait of Recep Tayyip Erdoğan" is the following: "Official Discourse: Denial and Veiled Threats."

The RSF has shared the following observations, comments and criticisms about Erdoğan's treatment of the press in Turkey:
'He doesn't like the media, or rather...'

"Turkey's president does not like the media, or rather, he likes the media to be submissive and docile and to sing his praises.

He persecutes critics with the help of a law under which they can be prosecuted for "insulting the president" and broad terrorism legislation that allows every kind of abuse. By various political and economic means, he also controls almost all the leading media groups (especially TV channels).

"The state of emergency declared in July 2016 (after a failed coup) gave him the opportunity to arrest unprecedented numbers of journalists and to close more than 100 newspapers, magazines, TV channels and radio stations.

A few courts, including the constitutional court, the court of cassation and the Council of State, have managed to put off some resistance. But the deteriorated climate encourages violence against journalists.

"More than 100 have been physically attacked in the past five years and one, who worked for a radio station in the city of Bursa, was killed by a listener.
Pandemic, refugees, access blocks...

"Whether left-wing, pro-Kurdish, pro-Gülen, secularist or nationalist – any journalist or media outlet regarded as critical is liable to be prosecuted. Even if Turkey is no longer the world's biggest jailer of journalists, the risk of imprisonment and the fear of having to work under judicial control or being stripped of one's passport are still ubiquitous.

"Around 50 journalists were briefly arrested in 2020 in connection with their coverage of the situation of Syrian refugees at the border with Greece or the Covid-19 pandemic.

"Any online reporting that reflects badly on prominent people close to the government is also routinely censored. More than 1,300 links to online articles (about corruption, clientelism and the like) were blocked in 2020 by magistrates under Erdogan's thumb."
(BIA, 5 July 2021)

Report: Turkey is the top country in violating the rights of women journalists

The Coalition For Women in Journalism (CFWIJ) has released its monthly report "Press Freedom Status for Women Journalists: June 2021."

The report sheds light on a total of 77 cases of violations against women journalists worldwide, in which Turkey again leads as the country with the most frequent cases of legal harassment. 36 of the 77 cases in total that include murders, abduction, detentions and physical assaults were reported in Turkey, followed by Pakistan with nine cases.

In Kabul, Mina Khairi got murdered during an improvised explosive device (IED) attack against the public. The journalist working for Ariana news is already the fourth Afghan journalist killed this year.

NOTE: Afghanistan is one of the most dangerous countries to work as a journalist. Now attacks by extremist wings become even more frequent after the agreement between the US and the Afghan Taliban.

"The number of assaults by the police against women reporters in the field increased by 83.3 percent compared to May."

The number of physical assaults in June counts 16 in total. A significant percentage were reported in Palestine, where several women journalists were attacked by Israeli armed forces, one case including sexual harassment of a journalist covering the Gaza protests.

'Highest number of legal harassments in a month'

In Turkey, several women journalists were "beaten with force and impeded" while covering women's demonstration in Ankara and Kadıköy protests in İstanbul as well as the LGBTI+ Pride in İstanbul, where also numerous attenders were violently intervened and detained.

At the end of June 2021, the first hearing of the court case filed against 33 women and two men journalists who joined the International Women's Day March in 2020 was held. They were sued for "participating in prohibited gatherings" and "resisting the police".

NOTE: Cases as such, in which the fundamental right to participate in mass movements in the field of women journalists is contested, happen very frequently in Turkey. The law enforcement, meant to assure journalists' safety during their coverage, prevents them from doing their job, as recently seen in a circular issued by the Directorate General of Security, banning audio and video recording during public incidents.

The involved Gazete Yolculuk reporter Buse Söğütlü rejected the accusations as she "attended the march firstly as a journalist and secondly as a woman" and further stated that these methods of intimidation won't hold the journalists back from covering the events.

Frequently, the cases of legal harassment were connected to the accusation of "being affiliated with terrorist groups and spreading propaganda".

A lawsuit was filed against journalist Ayşe Kara over her articles and her membership in the Free Journalists' Association (ÖGC).

The CFWIJ has also referred to the trial known as the "KCK Press Case", in which 17 women journalists and media workers were tried for nine years on charges of "being affiliated with a terrorist organization and establishing and leading an armed terrorist organization". The trial was postponed for the 22nd time. Next hearing will be held on November 23, 2021.

NOTE: According to the CFWIJ, "25 women journalists appeared in court to defend themselves in June". Concerning this, the CFWIJ has commented, "Turkey is one of the most dangerous countries with the cases of legal harassment and intimidation by the state."
(BIA, 5 July 2021)

Manifestations après l'arrestation brutale d'un photographe de l'AFP

Plusieurs dizaines de journalistes ont manifesté mardi à Istanbul et Ankara pour dénoncer les violences policières contre les reporters après l'interpellation brutale d'un photographe de l'AFP la semaine dernière.

Photojournaliste multiprimé, Bülent Kiliç a été violemment arrêté samedi pendant qu'il couvrait la marche des fiertés à Istanbul. Lors de son interpellation, des policiers ont appuyé avec leur genou sur son dos et son cou, gênant sa respiration.

Kiliç a été emmené au commissariat et relâché après plusieurs heures. Il a porté plainte pour "arrestation avec violences".

Pour dénoncer les mauvais traitements subis par Kiliç, une centaine de personnes, en majorité des journalistes, se sont rassemblées mardi devant le gouvernorat d'Istanbul en scandant "la presse ne peut pas être muselée" et "une presse libre et un pays libre".

Une vingtaine de personnes se sont également réunies à Ankara en brandissant des photos montrant Bülent Kiliç plaqué au sol et des pancartes sur lesquelles on pouvait lire "je ne peux plus respirer".

Signe de l'inquiétude suscitée par cette affaire, l'ambassadeur de l'Union européenne à Ankara, Nikolaus Meyer-Landrut, a souligné mardi que les "violences commises contre les journalistes" étaient "inacceptables".

Le représentant en Turquie de l'ONG Reporters sans frontières (RSF), Erol Onderoglu, a appelé le gouvernement à "donner des instructions claires aux forces de sécurité pour qu'elles mettent fin à ces pratiques inacceptables et injustes avant qu'il ne soit trop tard".

"Nos collègues sont victimes de violences alors qu'ils ne font que leur travail", a déploré Esra Kocak Mayda, présidente de la branche à Ankara du Syndicat des journalistes de Turquie (TGS), lors du rassemblement qui s'est tenu dans la capitale turque.

Dans une lettre adressée aux autorités turques, le PDG de l'AFP, Fabrice Fries, a "fermement protesté" contre l'arrestation de Kiliç et appelé à "enquêter sans délai sur cet incident et prendre les mesures nécessaires pour que les policiers impliqués rendent des comptes".

Le TGS a affirmé à l'issue d'une rencontre entre ses représentants et le gouverneur d'Istanbul Ali Yerlikaya que ce dernier leur a annoncé l'ouverture d'une "enquête administrative" à l'encontre des policiers impliqués dans la violente interpellation du photographe de l'AFP.

Les ONG dénoncent régulièrement des violations de la liberté de la presse en Turquie, en particulier depuis une tentative de putsch en 2016 qui a été suivie par l'arrestation de dizaines de journalistes et la fermeture de plusieurs médias jugés hostiles.

La Turquie figure à la 153e place sur 180 dans l'index annuel de la liberté de la presse établi par RSF.
(AFP, 29 juin 2021)

Police ‘realized Bülent Kılıç was a journalist when he was taken to police station’

The Provincial Security Directorate of İstanbul has released a written statement about Agence France-Presse (AFP) photojournalist Bülent Kılıç, who was subjected to police violence and detained while following up the 19th İstanbul LGBTI+ Pride March on June 26.

The statement of the Security Directorate has indicated that it was when Kılıç was taken to the Beyoğlu District Security Directorate that it was realized he was a journalist. The statement reads:

"The Sub-Governor's Office of Beyoğlu gave a decision of ban for one (1) day with regards to the illegal demonstration and march planned to be held by groups from the LGBT in the vicinity of İstiklal Avenue and Taksim Republic Monument on June 26, 2021.

"Not abiding by the related decision, the groups from the LGBT insisted on holding a march; they were repeatedly warned by our officers.

"However, of the groups who responded by resisting the officers despite all warnings, forty-six (46) were caught and a legal action was taken.

"It is understood that among the ones caught alongside the group displaying resistance while the illegal demonstration was prevented was unfortunately press member Bülent Kılıç as well.

"During the proceedings at the Beyoğlu District Security Directorate, the aforementioned press member stated that he was on duty as a press member and that he pressed charges against the related personnel; his statement was taken and he was released after this."

'They wanted to kill me'

Kılıç was released from detention in the evening on June 26. Making a statement on social media following his release, he referred to the killing of journalist Metin Göktepe in police detention in 1996:

"They tried to make an attempt on my life, they wanted to leave me breathless. Whoever did this to me, I will bring them to account before the Constitutional Court, European Court of Human Rights or before whatever court of the world. As long as I live, it will be answered for at court.

"The evil that killed Metin Göktepe in the Eyüp Sports Hall tried to make me breathless by pressing my neck today, but they have failed. The people thankfully claimed their journalist. All friends mobilized. It is not that easy. We have some unfinished business."

'Level of violence getting out of control'

Speaking to Dilan Aykıran from the ANKA news agency, Bülent Kılıç has recounted his detention briefly as follows:

"While I was lifting up my camera, the police held me by the wrist and pushed the camera against my face; I got angry as a result of this and told him to calm down. And he asked me for my ID. I was about to reach for my bag but, without finding the opportunity to do so, they started dragging me towards the other side of the barricade, to the side street.

"While I was trying to put the cameras in my hand on my neck so that they would not get broken, the police snatched the camera and smashed it. As the camera was thrown on the ground, I understood that it was getting out of control. There was an uncontrolled horror, aggressiveness.

"They forced me to lie on the ground; it was very hot, I had my mask on, four officers were on top of me and one of them was pressing my neck. I said to myself, 'I am not long for this world.' I got breathless.

"If there is anyone who thinks what happened there is not really important, if there is anyone who argues that it is something not considered, just let them take four people on their backs and see what kind of a feeling breathlessness and this sense of 'I am about to die' is."

Indicating that he has been professionally doing war photography for 10 years, Kılıç has said, "The risk that I took there was at the same level as the risk that I take in a war zone. Because they tried to kill me. If people had not reacted there and if I had been on the adjacent dark street, the İmam Adnan Street, my dead body would have come out of there."

Kılıç has indicated that the Vice Provincial Director of Security and Beyoğlu Security Director came to take him from the bus where the detained were held. Kılıç has explained what happened as follows:

This level of violence that they have reached is getting out of control. The Vice Provincial Director of Security and Beyoğlu Security Director came to take me from the bus. They took me out, brought me to their room and apologized. This reached a very dangerous level, they saw it as well. Which security director could shoulder the killing of a journalist in the Pride Week? They saw and understood this.

Criminal complaint against police officers

Bülent Kılıç has also said that the police officer who took him into custody tightened the handcuffs too much:

"They did not take off the handcuffs from my arm for half an hour; they tried to cut it with a knife, they would almost cut my arm. How tight that officer handcuffed me, what kind of a love problem, what kind of a human problem he has, he was about to dismember my arm."

Noting that the police took his camera, which has become unusable, for repair, he has announced that he will file a criminal complaint against the police officers.
(BIA, 28 June 2021)

Journalist and press freedom advocate Hakkı Boltan sentenced

Turkey must not contest journalist Hakkı Boltan’s appeal, and should ensure that all members of the press can work freely and without fear of imprisonment, the Committee to Protect Journalists said today.

Earlier today, the 12th Diyarbakır Court of First Instance, in the southeastern city of Diyarbakır, convicted Boltan of insulting President Recep Tayyip Erdoğan and former Prime Minister Ahmet Davutoğlu, and sentenced him to two years and 17 days in prison, according to news reports and the journalist’s lawyer, Resul Tamur, who spoke to CPJ via messaging app.

The sentence includes 14 months and 17 days for insulting Erdoğan, and 10 months for insulting Davutoğlu, according to those sources.

Boltan, the former editor of the Azadiya Welat newspaper and former chair of the Free Journalists Association advocacy group, is free pending appeal, Tamur told CPJ.

“Turkey must not contest the appeal of journalist and press freedom advocate Hakkı Boltan, who should not go to prison for exercising his freedom of speech,” said Gulnoza Said, CPJ’s Europe and Central Asia program coordinator, in New York. “Turkish authorities should make the necessary legal reforms so that journalists need not live in fear of arbitrary imprisonment for insulting state figures.”

Boltan was first charged with “insulting the president” and “insulting a public official because of their duty” in 2019, as CPJ documented at the time.

The charges stemmed from a public statement Boltan gave in 2016, when he served as the journalist association’s chair, in which he expressed concern over the death of Rohat Aktaş, a journalist for the Kurdish-language daily Azadiya Welat, in the city of Cizre, and blamed Erdoğan and Davutoğlu for the violence between Turkish forces and Kurdish rebels there, according to court documents reviewed by CPJ.

CPJ emailed the Directorate of Communications of the presidency and the Ankara office of the Future Party, which Davutoğlu currently leads, but did not receive any replies. (BIA, 28 June 2021)

Kurdish Question / Question kurde

15 bar associations condemn racist attacks against Kurds in Turkey

15 bar associations have released a joint written statement and condemned the recently mounting racist attacks in Turkey.

The bar associations have said, "We condemn these racist attacks leading to grave violations of rights, primarily the violation of the right to life, and we demand an end to the statements paving the way for all types of racist attacks and undermining public peace as well as an urgent and effective investigation into the attacks in their all aspects."

Drawing attention to the fact that the Kurdish identity and Kurdish language are cited as an excuse for the attacks, the bars have reminded the public of the subsequent racist attacks in the recent period:

"According to the news in the press and on social media: An attack was launched against a Kurdish family in Meram district of Konya province on May 12, 2021; the seasonal agricultural workers who went from Diyarbakır and Mardin to Afyon were subjected to a racist attack on July 19, 2021 because they spoke Kurdish; four people were injured, two severely, in an armed attack against a Kurdish family in Altındağ district of Ankara province on July 20, 2021; a racist attack was carried out against a family from Diyarbakır residing in Çarıklıköy in Konya's Meram for 20 years on July 21 and one person has lost his life in the attack."

'They are not isolated, forensic incidents'

The 15 bar associations have underlined that the related attacks must not be considered isolated or forensic incidents, warning against the discriminatory language used by politicians in Turkey:

"The language and policies of violence, along with discriminatory practices, the attacks on the Kurdish identity and language, the weakness of the law enforcement with regards to the security measures against the attacks and the lack of effective judicial activity can be seen as the major reasons behind these results. The use of a language of hate and polarization has an effect on the emergence of such attacks.

"In recent years, the discriminatory language used by political power holders has been paving the way for irreversible incidents in society."

The joint statement has been signed by:

"Adıyaman Bar Association, Ağrı Bar Association, Batman Bar Association, Bingöl Bar Association, Bitlis Bar Association, Dersim Bar Association, Diyarbakır Bar Association, Hakkari Bar Association, Kars Bar Association, Mardin Bar Association, Muş Bar Association, Siirt Bar Association, Şanlıurfa Bar Association, Şırnak Bar Association, Van Bar Association."
(BIA, 22 July 2021)

One person killed in third racist attack on Kurds in two weeks

One person has been shot dead in an attack by dozens of people against a Kurdish family in the Central Anatolian province of Konya, Mesopotamia Agency (MA) reported.

"They didn't want us [here] because we are Kurds. They would tell us, 'You'll sell these lands and leave'," said Hamdi Dal, the brother of Hakim Dal, who was killed in the attack.

The incident happened after an argument that started while shepherds were pasturing animals, Dal said. "After the argument, a group of at least 60 people came from Karahüyük [a neighboring village]. First, they fired shotgun shells at my uncle's son. We were three people and they arbitrarily attacked us on the excuse of the shepherds' argument. My brother died in the attack."

A witness, Mehmet Emin, said that there had been at least three attempted attacks against the family before. "The instigator is the mukhtar [village head]. He was provoking villagers against the family."

On July 12, a Kurdish family was attacked by the same group of villagers in Meram, Konya. Seven members of the family, including women, were injured in the attack.

On July 19, Kurdish seasonal agricultural workers were attacked in the western Afyon province.
(BIA, 21 July 2021)

Syrie: Macron rencontre des représentants du Nord-Est

Emmanuel Macron a reçu lundi une délégation de "représentants de l'administration et de la société civile" de la Syrie du Nord-Est, une région en partie contrôlée par les kurdes et des forces opposées au régime de Bachar al-Assad.

Au cours de cet entretien à l'Elysée, le président français a insisté sur "la nécessité de poursuivre le travail en faveur de la stabilisation politique du nord-est syrien et d'une gouvernance inclusive", a indiqué la présidence.

L'un des responsables présents, Berivan Khaled, a affirmé à l'AFP que la discussion avait notamment porté sur "le soutien de la France pour la reconnaissance de l'administration autonome kurde par la communauté internationale".

Ce responsable kurde était accompagné par Elham Ahmed, le co-président du Conseil démocratique syrien, et Ghassan Youssef, l'un des dirigeants du conseil civil de la ville de Deir Ezzor.

Emmanuel Macron a notamment "salué le courage des combattants du Nord-Est syrien et les sacrifices endurés par ces derniers et la population locale dans la lutte" contre le groupe Etat islamique (EI), et "a assuré" que Paris "poursuivrait le combat contre le terrorisme aux côtés des Forces démocratiques syriennes", selon l'Elysée.

Il a également promis que la France "allait continuer son action humanitaire" dans le nord-est, "où plus de 100 millions d'euros ont déjà été engagés par la France depuis la reprise de Raqa", l'ancien fief de l'EI, en 2017.

Cette rencontre s'est tenue deux jours après la prestation de serment du président syrien Bachar al-Assad pour un quatrième septennat après avoir remporté 95,1% des voix lors du scrutin du 26 mai, largement critiqué par l'Occident et l'opposition syrienne. Il a déclaré, dans son discours, que la reprise des zones échappant toujours au contrôle du pouvoir, dans la région d'Idleb et dans le nord-est, était "primordiale".
(AFP, 19 juillet 2021)

Le député Gergerlioglu retrouve son siège après avoir été déchu

Un député du principal parti prokurde de Turquie a retrouvé vendredi son siège après l'annulation d'une condamnation controversée qui l'avait conduit à être déchu de son mandat et emprisonné.

Omer Faruk Gergerlioglu, issu du Parti démocratique des peuples (HDP, prokurde), a récupéré son statut de député après la lecture officielle au Parlement d'un arrêt de la Cour constitutionnelle annulant sa condamnation pour "propagande terroriste".

"Dieu soit loué", a réagi sur Twitter le député âgé de 55 ans.

Connu pour ses combats en faveur des droits humains, M. Gergerlioglu a toujours nié faire de la "propagande terroriste", un chef d'accusation vague que les autorités utilisent régulièrement contre des opposants et journalistes. Après la confirmation de sa condamnation en appel, le député avait été déchu de son mandat et écroué en avril. Il avait été libéré la semaine dernière après que la Cour constitutionnelle eut tranché en sa faveur.

M. Gergerlioglu fait partie des dizaines d'élus du HDP qui ont été inquiétés par la justice dans le cadre d'une répression contre ce parti qui s'est accrue depuis 2016.

Le HDP, troisième plus grand groupe au Parlement turc, est accusé par le président Recep Tayyip Erdogan d'être la "vitrine politique" du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), un groupe qui livre une sanglante guérilla en Turquie et est qualifié de "terroriste" par Ankara. Depuis 2016, plusieurs centaines de membres du HDP ont été arrêtés, mais la répression semble avoir franchi un nouveau cap ces derniers mois. Le mois dernier, un procureur turc a saisi la Cour constitutionnelle pour demander l'interdiction pure et simple du HDP, un dossier qui est en cours d'examen.
(AFP, 16 juillet 2021)

After ban by authorities, KCDK-E holds open-air congress in Germany

On Sunday, about 250 people joined a demonstration in the German city of Cologne in protest against the ban on the congress of the European Democratic Kurdish Society Congress (KCDK-E) earlier in the week. The crowd was confronted with a massive police contingent.

The first to speak was the Kurdish politician Yüksel Koç, who is the co-chairman of the KCDK-E, at the rally entitled "Against the criminalization of the Kurdish democratic society in Europe". Koç introduced his speech with Article 1 of the German Basic Law: "Human dignity is inviolable. To respect and protect it is the obligation of all state authority." The 57-year-old politician then pointed to the right to freedom of expression and assembly enshrined in the fundamental right. "The question for us is whether the German government wants to prevent Kurds from organizing. The Council of Europe constantly talks about freedom and democracy. It is the people of Kurdistan who defend these values in the Middle East. Why doesn't Germany support the Kurdish people? Are the Kurds excluded from fundamental rights, for instance?" Koç called on the German authorities to abide by the Basic Law.

International guests protest against conference ban

Everyone should know that the Kurdish people will not be dissuaded from their legitimate resistance for freedom and self-determination, Koç said. Despite the ban on the conference, -he said- numerous people came to the Rhine metropolis to show solidarity with the association and thus with Kurdish society. Among them were numerous representatives of Kurdish and Turkish organizations as well as invited guests of the congress. Among others, Swedish politician Benny Gustavsson, who is the chairman of the cross-faction Kurdistan Solidarity Group in the Swedish Parliament, Italian teacher Silvana Barbieri and former Italian senator and Member of the European Parliament Luigi Vinci, who at 82 years of age also did not miss the opportunity to participate in the rally.

"This is politics à la Erdogan"

Fatoş Göksungur, the female co-chair of the KCDK-E, said the umbrella organization had 409 associations from across Europe with more than three million members. "That we nevertheless have to make our statements in a police encirclement reads to us as support for the Erdogan regime's anti-Kurdish policies."

Zübeyde Zümrüt, co-chair of the German umbrella organization KON-MED, explained that it was precisely this image that drove her into exile in Germany. "Unfortunately, I have to conclude that there is hardly any difference between the anti-Kurdish measures in Turkey and those in Germany. Here, politics à la Erdogan is being pursued."

Ertuğrul Kürkçü: Germany is heading into an unfortunate situation

HDP honorary chairman Ertuğrul Kürkçü, who is also a member of the advisory board of Progressive International (PI), warned that Germany is heading "straight into an unfortunate situation" that is concurrent with the situation in "autocratically ruled Turkey."

New Board Elections Open-Air

Other speakers and expressions of solidarity included Daniel Riazat (Member of the Swedish Parliament), Peter Weispfenning (ICOR), Goran Babaali (Gorran Movement), Huseyin Mirani (PUK), Kurdish exiled politician Hatip Dicle and former HDP MPs Nursel Aydoğan, Ahmet Yıldırım and Lezgin Botan. Afterwards, the rally was transformed into an open-air congress of KCDK-E. The board said there were enough members present to hold elections. Yüksel Koç and Fatoş Göksungur were re-elected as co-chairs. The rest of the board will henceforth consist of Zübeyde Zümrüt and Engin Sever (both KON-MED), Nadiy Salih, Hamit Biten, Nursel Aydoğan, Murat Ceylan and Ahmet Kobani. Ismail Parmaksız, Cuma Isviçre and Vedat Bingöl were elected to the Supervisory Board.
(ANF, 15 July 2021)

Attaque armée contre le bureau du HDP à Marmaris

Le bureau du HDP à Marmaris, dans la province turque de Mugla, visé mercredi matin par une attaque armée
Une attaque armée a visé ce matin le bâtiment du HDP à Marmaris, dans la province de Mugla. Le coprésident de l’antenne locale a accusé les autorités turques d’être responsables de cette énième agression contre le parti.

Un homme armé a attaqué mercredi matin le bureau du Parti démocratique des Peuples (HDP), à Marmaris, dans la province de Mugla, au sud-ouest de la Turquie, a-t-on appris de source locale. Il a tiré à quatre reprises sur le bâtiment, brisant les vitres et endommageant les biens à l’intérieur, a indiqué à l’agence de presse kurde Mezopotamya (MA) le coprésident de l’antenne locale, Güven Göknar.

L’auteur de l’attaque, un homme de 28 ans, a été arrêté sur les lieux. Il n’en est pas à son premier acte d’agression contre le HDP. En 2018 déjà, il avait brisé les vitres du même bâtiment, ce qui lui avait valu de simples poursuites pour « dégradations de biens ».

Güven Göknar a tenu pour responsables « ceux qui désignent notre parti comme une cible », faisant référence au gouvernement islamo-nationaliste turc.

En Turquie, les agressions contre le HDP se multiplient sur fond de criminalisation du parti par le régime du président turc Recep Tayyip Erdogan qui cherche à le faire interdire. Il y a moins d’un mois, la jeune militante kurde Deniz Poyraz a été tuée par un islamo-fasciste turc dans une attaque armée contre le siège du HDP à Izmir.
(ROJINFO, 14 juillet 2021)

9 imams arrested for preaching sermons in Kurdish

26 people were taken into custody as part of an operation against the Democratic Islam Congress (DİK) and Religious Scholars Association (DİAY-DER) in İstanbul on July 3, 2021. Nine of the 26 detained were arrested after appearing before the judge on Friday (July 9).

Hüseyin Boğatekin from the Association of Lawyers for Freedom (ÖHD), who represents the arrested DİK and DİAY-DER members, has stated that Kurdish was cited as criminal evidence against the clerics.
'Ruling was written beforehand'

As reported by the Mezopotamya Agency (MA), lawyer Boğatekin has indicated that his clients were asked "why they had not preached the sermon (khutbah) of the Presidency of Religious Affairs and why they made interpretations other than the ones offered by the Presidency."

The clerics were reportedly asked, "Why do you have interpretations and rituals of your own" and "Why do you lead the prayers in Kurdish?"

Stressing that "freedom of religion and belief has been openly violated", Boğatekin has said, "When we came for the interrogation before the arrest, the ruling of arrest had already been written on the computer screen. We, as lawyers, saw it. We will take legal action about this."
'Our pictures at mosque cited as evidence'

Held in detention for 7 days and released on probation, İbrahim Yalın has said that the doors of their houses were broken down during the detention and they were faced with psychological violence in detention.

According to Yalın, several people were hospitalized due to their illnesses during the detention. Halil Bulut (82) reportedly fainted several times.

Yalın has also said that their pictures taken while they were leading the prayers at the mosque and in the prayer room were cited as criminal evidence against them: "Several imams faced charges for preaching sermons in Kurdish."
(BIA, 12 July 2021)

Germany bans the 4th Congress of the KCDK-E

German security authorities have banned the fourth congress of the Kurdish European umbrella organization KCDK-E. As the board of directors informed, the association was told on Friday by the Cologne police that the conference planned for Sunday in Bergisch Gladbach may not take place. At the same time, defamatory reports about Kurdish self-organization and the activities of the umbrella organization were published on German-language news portals such as Focus Online, Kölner Stadtanzeiger and DPA. These reports said, among other things, that "200 high-ranking PKK officials" wanted to come together at the congress. The KCDK-E firmly rejects the allegations.

“The Congress of the Democratic Society of Kurdistan in Europe -KCDK-E- is an officially registered association in Belgium and has the right to organize conferences in all European countries. The reason given by the Cologne authorities for the ban is simply a lie,” explains the organization’s co-presidents, Fatoş Göksungur and Yüksel Koç, to ANF.

According to Göksungur and Koç, delegates from officially registered associations from Belgium, the Netherlands, Great Britain, France, Austria, Switzerland, Sweden, Denmark, Finland, Norway, Italy, Cyprus, Greece, Canada and Australia had planned to attend the meeting. Likewise, the chairmen and representatives of Kurdish social centers from cities such as Hamburg, Berlin, Hanover, Stuttgart, Frankfurt and Cologne were also invited.

“We were only informed of the ban by phone on Friday evening, although preparations for the congress have been going on for weeks and people are traveling from all over Europe, so that effective legal protection is not granted due to the short notice. We have no written justification for the ban of the event. Rather, the German media seem to be providing targeted information in order to create an environment of hostility.”

The co-chairs added: “The assumption that the delegates are high-ranking PKK executives and thus part of a banned association, is a threat to the very existence of our organisation. This unsubstantiated assertion is intended to silence the Kurdish self-organization. Depriving us of the fundamental rights to freedom of assembly and expression is only the first step.”

Göksungur and Koç continued: “This short-term ban by the German authorities is synonymous with criminalization of the political engagement of Kurdish associations and thousands of people who are members of these social centers, which are organized throughout Europe. A large number of MPs, important personalities and institutions have sent expressions of solidarity to the planned congress. This ban is part of a chronicle of arbitrary political measures taken by the German authorities. The PKK ban not only severely restricts the political participation rights of the Kurdish community in Germany, but also represents an obstacle to a political solution to the Kurdish question in general. We will take legal steps against the ban of our congress.”

What is the KCDK-E                                                        

The KCDK-E was founded in 2015 and is a European umbrella organization of Kurdish associations and institutions. A total of 26 entities make it up. Kurdish social centers from Europe, Canada and Australia, the women's and youth movements, institutions from all parts of Kurdistan and various religious communities are represented by the KCDK-E. A total of 403 associations are linked to the 26 associations and institutions making up the KCDK-E. (ANF , 10 Jul 2021)


Bientôt une place au nom de la militante kurde Hevrin Khalaf à Lyon

Une place du 7e arrondissement de Lyon portera le nom de la femme politique kurde Hevrin Khalaf, assassinée en 2019 en Syrie, a-t-on appris jeudi auprès de la municipalité et de l'association Amitiés Kurdes de Lyon.

Hevrin Khalaf, 35 ans, militante des droits des femmes, a été assassinée le 12 octobre 2019, avec son chauffeur, sur une route du nord de la Syrie par des rebelles pro-Turcs.

"Personnalité importante de la région kurde autonome du Rojava, elle participa en 2018 à la formation à Raqqa du parti de centre gauche Avenir de la Syrie prônant une +Syrie démocratique, plurielle et décentralisée+, réunissant arabes et kurdes dans un même combat contre le régime de Bachar El-Assad et l'état islamique", indique dans un communiqué le président d'Amitiés Kurdes de Lyon, Thierry Lamberthod, précisant que l'inauguration de la place aura lieu le 21 septembre.

Hevrin Khalaf occupait le poste de secrétaire générale du parti Avenir de la Syrie et était membre de la direction du Conseil démocratique syrien, le bras politique de l'alliance de forces kurdes et arabes alliées de Washington dans la lutte antijihadiste.

La place qui portera son nom, située à l'angle de la rue Salomon Reinach et de la rue de Marseille, a été récemment réaménagée et n'était pas encore dénommée, ajoute-t-on à la mairie de Lyon.

Ces derniers mois, des tensions sont apparues à Lyon et dans l'agglomération entre le groupe ultranationaliste turc des "Loups gris" et les communautés kurde et arménienne. (AFP, 8 juillet 2021)

Un tribunal ordonne la libération du député kurde Gergerlioglu

Un tribunal turc a ordonné mardi la libération d'un ex-député d'opposition prokurde incarcéré, après que la plus haute cour du pays a estimé que ses droits avaient été violés par les autorités, selon les médias et sa famille.

Omer Faruk Gergerlioglu, issu du Parti démocratique des peuples (HDP, prokurde), avait été arrêté et emprisonné en avril après avoir été déchu de son mandat de député, dans la foulée d'une condamnation pour "propagande terroriste" à deux ans et demi de prison à cause d'une publication en 2016 sur les réseaux sociaux.

Pour protester contre l'annulation de son mandat, M. Gergerlioglu avait refusé pendant plusieurs jours de quitter le Parlement, mangeant et dormant sur place jusqu'à son expulsion manu militari.

Jeudi dernier, la Cour constitutionnelle a estimé dans un arrêt que son droit de mener des activités politiques et ses libertés individuelles avaient été "violés", ont rapporté plusieurs médias turcs et son fils.

Suite à cette décision, un tribunal de première instance a ordonné mardi la libération de l'ex-élu, a rapporté la chaîne HaberTurk.

Peu après ce jugement, M. Gergerlioglu a été libéré. "Il est libre", a tweeté son fils Salih Gergerlioglu, publiant une photo de l'intéressé assis à l'arrière d'une voiture.

Connu pour ses combats en faveur des droits humains, M. Gergerlioglu, âgé de 55 ans, a toujours rejeté les accusations de "propagande terroriste".

Son parti, le HDP, troisième plus grand groupe au Parlement turc, est régulièrement accusé par le président Recep Tayyip Erdogan d'être la "vitrine politique" du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), un groupe qui livre une sanglante guérilla en Turquie et est qualifié de "terroriste" par Ankara.

Depuis 2016, plusieurs centaines d'élus et de militants du HDP ont été arrêtés, mais la répression semble avoir franchi un nouveau cap ces derniers mois.

Un procureur a saisi la Cour constitutionnelle pour demander l'interdiction pure et simple du HDP, une affaire qui est train d'être examinée. (AFP, 7 juillet 2021)

Police attack Justice Watch for Gergerlioğlu, detain several people

The Peoples' Democratic Party (HDP) has started keeping a justice watch in front of the Sincan Prison in the capital city of Ankara in response to the failure to release Ömer Faruk Gergerlioğlu, who was stripped of his MP status and arrested and for whom the Constitutional Court gave a ruling of rights violation at its session last Thursday (July 1).

While the watch started at 11 am today (July 5), the Mezopotamya Agency (MA) has reported that the police attacked the justice watch, battering and detaining Salih Gergerlioğlu, the son of the jailed politician.

The police alo prevented the reporters from filming the moment of Salih Gergerlioğlu's detention. Seizing their equipment, the police threatened the journalists, including MA reporters, with seizing their phones.

While several people have been battered and taken into custody during the police intervention, the HDP has continued keeping the justice watch despite the attack and made a statement for the press.

HDP İstanbul MP Züleyha Gülüm has underlined that Ömer Faruk Gergerlioğlu is still deprived of his freedom despite the ruling of the Constitutional Court, noting that they are keeping a justice watch for Gergerlioğlu, who has not been released despite the ruling of the top court.

The MP has further indicated that Gergerlioğlu has been unjustly and unlawfully arrested over a tweet that he posted.

While the justice watch in front of the Ankara Sincan Prison Campus will reportedly continue until 5 in the evening today, the advisors of the MPs and journalists have not been allowed into the site of justice watch.

Gergerlioğlu's trial and expulsion from the parliament

Peoples' Democratic Party (HDP) Kocaeli MP Ömer Faruk Gergerlioğlu was sentenced to 2 years, 6 months in prison on the charge of "propagandizing for a terrorist organization" on February 21, 2018, because of a social media post from the year 2016. The conviction was upheld by the 16th Penal Chamber of the Court of Cassation on February 19, 2021.

Speaking shortly after this ruling was handed down, Gergerlioğlu said that the verdict was "political", adding, "Strip searches, abductions, tortures... Some people got disturbed by us talking about all these."

He also made an application to the Constitutional Court. However, the final ruling of the court was read out at the Plenary Session of the Parliament on March 17, 2021, and he was stripped of his MP duty. He refused to leave the parliament in protest of the decision, starting a "justice watch."

During his protest, he was detained at the parliament as part of a new investigation on March 21 and released on the same day.

Ömer Faruk Gergerlioğlu was detained from his house on April 2, 2021; he was arrested and sent to prison shortly afterwards.

The Constitutional Court rejected an application against the revocation of his parliamentary mandate on March 31.

The Constitutional Court examined the individual application of Peoples' Democratic Party (HDP) dismissed Kocaeli MP Ömer Faruk Gergerlioğlu, who was stripped of his MP status and arrested afterwards.

Giving its ruling, the Constitutional Court has concluded that Ömer Faruk Gergerlioğlu's "right to be elected and to engage in political activities" and "the right to personal liberty and security" have been violated. (BIA, 5 July 2021)

Les droits d'un opposant kurde écroué ont été violés, selon un tribunal

La plus haute cour de Turquie a estimé jeudi que les droits d'un ex-député d'opposition prokurde incarcéré avaient été violés par les autorités, une décision qui pourrait ouvrir la voie à sa libération.

Faruk Gergerlioglu, issu du Parti démocratique des peuples (HDP, prokurde), a été arrêté et emprisonné en avril après avoir été déchu de son mandat de député dans la foulée d'une condamnation pour "propagande terroriste".

Pour protester contre l'annulation de son mandat, M. Gergerlioglu avait refusé pendant plusieurs jours de quitter le Parlement, mangeant et dormant sur place jusqu'à son expulsion manu militari.

Jeudi, la Cour constitutionnelle a estimé dans un arrêt que son droit de mener des activités politiques et ses libertés individuelles avaient été "violés", ont rapporté plusieurs médias turcs et son fils.

"La Cour constitutionnelle a reconnu la +violation des droits+ de mon père. Mon père va être libéré, il va être libéré !", s'est réjoui sur Twitter le fils de l'ex-député, Salih Gergerlioglu.

L'arrêt de la Cour constitutionnelle doit normalement ouvrir la voie à la libération de M. Gergelioglu, mais il est arrivé dans le passé qu'un tribunal turc défie la haute cour en ne suivant pas sa décision.

Connu pour ses combats en faveur des droits humains, M. Gergerlioglu, âgé de 55 ans, a toujours rejeté les accusations de "propagande terroriste".

Son parti, le HDP, est régulièrement accusé par le président Recep Tayyip Erdogan d'être la "vitrine politique" du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), un groupe qui livre une sanglante guérilla en Turquie et est qualifié de "terroriste" par Ankara.

Depuis 2016, plusieurs centaines d'élus et de militants du HDP ont été arrêtés, mais la répression semble avoir franchi un nouveau cap ces derniers mois.

Un procureur a en effet saisi la Cour constitutionnelle pour demander l'interdiction pure et simple du HDP, une affaire qui est train d'être examinée.
(AFP, 1 juillet 2021)

Minorités / Minorities

Court issues detailed ruling on Hrant Dink murder case

The İstanbul 14th Heavy Penal Court has issued the detailed ruling on the case of the murder of journalist Hrant Dink in 2007.

Thirty-seven defendants were acquitted, 26 were given prison sentences and the files of 13 defendants were separated at the final hearing of the case on March 26.

The 4,532-page ruling attributes the murder to the "Fetullahist Terrorist Organization (FETÖ)," which is also held responsible or the 2016 coup attempt.

Former police chiefs Faruk Sarı, Ramazan Akyürek and Ali Fuat Yılmazer had acted in unison, considering the interests of the FETÖ and the latter two were also responsible for the premeditation of the killing and tried to hinder the investigations by using their power coming from the FETÖ, according to the court ruling.

"It has been understood that instead of taking the necessary precautions and making an intervention with respect to their positions, they ensured that the murder took place ... and recordings and documents are destroyed ..." the court stated.

Muharrem Demirkale, a former commander of İstanbul Gendarmerie Intelligence, had his subordinates carry out reconnaissance around Dink's home and workplace before the murder, the court noted. Demirakale and Yılmazer were in contact, it said.

On the day of the killing, Dink was followed by people who reported to Demirkale, according to the ruling.

The FETÖ also intended to defame the gendarmerie by associating it with the killing, said the court.

Hrant Dink, the editor-in-chief of Agos, a weekly newspaper in Armenian and Turkish, was shot dead in front of the newspaper's office in Şişli, İstanbul, on January 19, 2007.
(BIA, 14 July 2021)

Dancing on the gate of an Armenian church, three suspects released

Taken into custody for dancing on the gate of the Surp Takavor Armenian Church in Kadıköy, three suspects have been released from detention, two on probation.

Suspects Y.E.U., Ö.F.A. and O.Y., who climbed over the entrance gate of the Surp Takavor Armenian Church in İstanbul's Kadıköy district and danced on top of the gate, were taken into custody. Referred to the Anadolu Courthouse in Kartal in the afternoon, all three suspects have been released from detention; two have been released on probation.

A group of people played music and partied on the pedestrian road in front of the Surp Takavor Armenian Church yesterday evening (July 11).

Three people from the group climbed over the entrance gate of the church and started dancing there. As the images started circulating on social media, the incident sparked criticisms and reactions on Twitter.
'Police wait at the gate all the time'

Peoples' Democratic Party (HDP) Diyarbakır MP and HDP Vice Co-Chair Responsible for Economy Garo Paylan has posted a message about the incident. "The Ministry of Interior has to immediately launch an investigation against the police officers on duty on that spot where there are police officers all the time," Paylan has said in his social media message.

Former HDP Central Executive Board member and Demokrat Haber columnist Murad Mıhçı has also shared the images of the ones who danced, attaching the note, "The state of our Kadıköy Surp Takavor Church. Police constantly wait in front of it so that no press statement takes place."

In a second social media post about the issue, Mıhçı has said, "I dropped by the Surp Takavor at the Kalkedon Square in the morning. Luckily, nothing bad has happened to the friend on duty at our church."
Statement by the ruling party

Ruling Justice and Development Party (AKP) Central Decision and Executive Board (MKYK) member Mücahit Birinci has condemned the attack on the church and said that they will follow up the issue.

Condemning the ones who danced, AKP Spokesperson Ömer Çelik has said, "Disrespect for places of worship is disrespect for everyone."

Governor's Office: We condemn it

The Governor's Office of İstanbul announced that the three people identified to have danced on the church gate had been taken into custody. The statement of the Governor's Office of İstanbul indicated, "We condemn this ugly behavior against the place of worship."

Statement by Interior Minister Soylu

Minister of Interior Süleyman Soylu also made a brief statement about the issue on Twitter. He said that "he called Arman Bükücüyan, the Executive Board Chair of the Church Foundation, and expressed his sadness about the disrespect for the Armenian Church in Kadıköy."

"The suspects who displayed disrespect to the church were detained by the İstanbul Security at 5.30 in the morning; the legal process is ongoing."
(BIA, 13 July 2021)

La Chambre belge reconnaît le risque de génocide envers les Ouïghours

Nicolò Tissier, Le Soir, 8 juillet 2021

La Chambre a approuvé ce jeudi en fin de journée, en séance plénière, une proposition de résolution qui reconnaît « un risque sérieux de génocide » de la minorité ouïghoure en Chine. La Belgique devient ainsi le sixième pays à reconnaître le caractère génocidaire de ces violences à l’encontre de cette minorité musulmane dans la province chinoise du Xinjiang, après notamment le Canada, le Royaume-Uni et les Pays-Bas.

Le texte a été adopté avec 125 votes pour, 0 vote contre, et 12 abstentions. L’ensemble des partis politiques a voté favorablement, à l’exception du PTB, qui a décidé de s’abstenir. Une décision qui a fait l’objet de plusieurs interpellations lors des débats qui ont précédé le vote. De nombreux députés ont déploré ce choix qui empêche le « message fort de l’unanimité ».

Cette reconnaissance et l’utilisation du terme « génocide » étaient depuis longtemps réclamées par la Belgium Uyghur Association (BUA). Cette association a organisé aux alentours de midi ce jeudi une manifestation à proximité du parlement, afin d’appeler les députés à voter en faveur du texte. Une cinquantaine de personnes étaient présentes, dont certains députés qui ont participé à l’écriture de la motion.

« Je voudrais remercier tous les partis de la Chambre qui ont voté pour la reconnaissance du risque de génocide. […] Même si la Belgique est un petit pays, elle a une place importante en Europe. Cette prise de position revêt donc une importance cruciale et j’espère que cela inspirera les autres pays à faire de même », a réagi le président de la BUA, Abdymutalip Imerov, suite à l’adoption du texte.

La résolution a été initiée et portée par Samuel Cologati. Pour le député Ecolo, cette reconnaissance « n’est qu’un début », et ne doit pas rester au stade de déclaration mais être suivi d’actions. Le texte prévoit dans ce sens trois mesures : le gel de l’accord entre l’UE et la Chine sur les investissements, la cessation de la convention d’extradition signée en 2016, ainsi que la fin des importations de produits commerciaux issus du travail forcé des Ouïghours au Xinjiang.

"L'histoire de la destruction des chrétiens de l'Empire ottoman"

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN, Par Martin Bernier, 2 juillet 2021

Docteur en histoire habilité à diriger des recherches, Yves Ternon étudie l'histoire des génocides du XXe siècle depuis cinquante ans. Après avoir consacré de nombreux ouvrages au génocide arménien, il publie La Turquie aux Turcs. Destruction des communautés chrétiennes de l'Empire ottoman: nestoriens, chaldéens, syriaques et grecs (1914-1924) (Cerf, 2021).

FIGAROVOX. - Après avoir beaucoup écrit sur le génocide des Arméniens, vous consacrez un ouvrage aux persécutions des autres communautés chrétiennes de l'Empire ottoman. Avez-vous le sentiment qu'elles ont été négligées par l'historiographie jusqu'alors?
Yves TERNON. - Oui, j'ai ce sentiment qu'elles ont été négligées par l'historiographie, et surtout par l'historiographie du génocide des Arméniens. Pendant près d'un demi-siècle, j'ai consacré mes travaux uniquement au génocide des Arméniens, et j'avais conscience que les autres communautés chrétiennes avaient été elles aussi victimes de violences qui, selon moi, ne semblaient pas être de même nature que celles qu'ont subies les Arméniens de l'Empire ottoman. Donc quand j'entendais parler du «génocide des Arméniens et des chrétiens d'Orient», ou bien du génocide des Assyriens, chaldéens, syriaques, Grecs et Arméniens, il me semblait qu'on n'était pas dans la même situation criminelle.

Je suis toutefois parti d'un chiffre éloquent: il y avait à peu près 4,5 millions de chrétiens en Anatolie et dans la Thrace orientale en 1900 ; ils ne sont plus que quelques milliers à peine en 1924. Que sont-ils devenus et dans quelles circonstances? C'est notamment en faisant des recherches sur la ville chrétienne de Mardin que j'ai constaté que d'autres communautés comme les syriaques orthodoxes et les syriens catholiques avaient aussi été victimes de violences.

Contrairement à d'autres historiens comme Benny Morris, Dror Zeevi ou, en France, Joseph Jacoub, vous ne qualifiez pas les massacres perpétrés contre ces communautés chrétiennes-ci de l'Empire ottoman, parfaitement avérés, de «génocide», à la différence du génocide des arméniens. Pourquoi?
Étant vraiment historien des génocides du XXe siècle, je suis très exigeant pour qualifier un meurtre de masse de génocide. Il est apparu que la destruction de chrétiens ne correspondait pas exactement au crime de génocide. Dans les destructions de chrétienté en Anatolie, il y avait une différence dans la nature du crime. Il fallait donc analyser groupe par groupe, moment par moment, lieu par lieu, les circonstances de ces massacres.

Le génocide des Arméniens se situe dans un temps précis: d'avril 1915 à décembre 1916. Les disparitions des autres chrétiens sous le gouvernement des Jeunes-Turcs puis de Mustafa Kemal se passent de 1914 à 1924. Il m'est apparu qu'il y avait une cause unique de cette disparition: le nationalisme turc.

J'ai disposé des archives du Vatican publiées par le père Ruyssen et tout cela confirme les travaux des historiens israéliens Benny Morris et Dror Zeevi en ce qui concerne les faits. Mais eux les qualifient de génocide de trente ans débutant avec les massacres commis en 1894 par le sultan Abdülhamid. Or il s'agit en effet dans ce cas de massacres, mais il n'y a pas de volonté génocidaire. C'est la nuance que j'ai voulu apporter. Il s'agit d'une nuance terminologique mais je ne conteste pas leurs travaux. Ayant travaillé à la fois sur le droit pénal international et sur l'histoire des génocides, je suis sensible à la qualification du crime, bien que l'historien dispose d'une marge d'analyse plus vaste.
Vous expliquez que les Jeunes-Turcs du «Comité Union et Progrès» ont formulé une idéologie raciste inspirée des sciences sociales européennes à l'égard des chrétiens. Pouvez-vous nous en dire davantage?
Les Jeunes-Turcs du «Comité Union et Progrès» ont en fait deux racines idéologiques: l'une est occidentale, autour des idées européennes du nationalisme et du positivisme ; l'autre est russe et vient des musulmans de Russie expulsés vers l'Empire ottoman par les Russes. Les Jeunes-Turcs, qui sont des athées, savent qu'ils ne peuvent réaliser leur but national qu'en s'appuyant sur la majorité de la population turque qui est musulmane. Il y a donc un paradoxe car ce sont des athées s'appuyant sur une religion musulmane qui n'est pas la leur. Ils savent très bien que les chrétiens et les juifs ne rejetteront pas leurs propres religions pour s'intégrer dans une entité politique turque. Dès la fin du XIXe siècle, certains chrétiens comprennent qu'ils n'ont plus qu'une solution: la valise ou le cercueil. D'où ce paradoxe qui est repris ultérieurement à la fin de l'Empire ottoman par Mustafa Kemal.
Justement, vous faites de Mustafa Kemal le continuateur de cette politique de turquification visant à exclure les chrétiens de Turquie. N'était-ce pas en contradiction avec sa volonté de laïciser le pays et d'abandonner l'islam comme religion officielle?
Mustafa Kemal a retenu l'enseignement des Jeunes-Turcs en s'appuyant sur la modernité de l'Europe. Il a été très moderne, en particulier sur le statut de la femme, mais il a construit sont État sur le génocide des Arméniens et la disparition de l'ensemble des chrétiens. L'ensemble des cadres Jeunes-Turcs ont ensuite été des kémalistes, ils ont été repris dans ce mouvement.

Mustafa Kemal n'a pas vraiment formulé cette volonté de s'appuyer sur la population musulmane mais c'était une évidence. Il était vraiment non-croyant officiellement et a fondé une République de Turquie qui n'était pas fondée sur l'islam bien que peuplée en grande majorité de musulmans - dont certains non-Turcs. Après la fondation de la République de Turquie, la politique de répression s'est exercée contre ces autres peuples musulmans: les Kurdes et les Alévis. C'est là l'ambiguïté de Mustafa Kemal. Le nationalisme turc est un nationalisme qui est obligé de se reposer sur la religion musulmane dans un pays laïc.
Sous l'Empire ottoman, l'ordre de massacrer les chrétiens n'est pas venu du pouvoir central, estimez-vous, mais résulte d'initiatives locales. Y a-t-il eu une politique de purification ethnique visant tous les chrétiens ordonnée par les Jeunes-Turcs?
Ce qui est certain, c'est que les Jeunes-Turcs ont décidé d'exterminer les Arméniens des six provinces orientales et du vilayet de Trébizonde, à l'est de l'Anatolie. Ils jugeaient que c'était une nécessité vitale pour eux car s'ils perdaient la guerre et que les Arméniens constituaient un État, il aurait été impossible à l'Etat turc de s'étendre à l'est, vers l'Azerbaïdjan.

Il y a toutefois une différence dans toutes ces chrétientés. Deux sont des peuples: les Arméniens et les Grecs - qui, eux, ont une nation, avec aussi une population musulmane. La destruction des Grecs a été liée aux relations que l'Empire ottoman a entretenues avec la Grèce. Tant que la Grèce n'était pas en guerre avec l'Empire, les autorités turques sont restées prudent. L'expulsion des Grecs ne s'est ensuite pas faite de la même manière que les Arméniens: il y a eu des expulsions, des massacres et des échanges de population après le traité de Lausanne de juillet 1923.

A l'époque, les autres chrétientés qui ne sont pas des peuples ne représentent pas une menace directe pour l'Empire ottoman. Ils sont liés uniquement par leur religion et leurs rites. Les nestoriens sont réfugiés dans le Hakkâri et les syriaques orthodoxes dans le Tur Abdin. Par contre, sur le plan local, ils entretiennent souvent de mauvaises relations avec leurs voisins kurdes ou turcs ottomans. Ils vont donc aussi être massacrés.

J'ai voulu détailler et préciser ces nuances locales région par région. On parle par exemple aussi des Grecs pontiques, des Grecs de la cote égéenne, qui sont souvent de la citoyenneté grecque, un groupe tout à fait différent. Je montre dans mon livre dans quelles circonstances on les a éliminés. En résumé, il n'y a pas de politique d'extermination de tous les chrétiens par les Jeunes-Turcs mais d'autres chrétientés ont fait l'objet de massacres. Et ces décisions ont été prises au plan local sans que ce soit décidé à Constantinople.
Quel a été le rôle des pays occidentaux dans la protection de ces communautés?
Tout cela est très compliqué. Pendant la Première Guerre mondiale, vous avez d'un côté l'Entente, et de l'autre les puissances centrales. Le centre de la politique militaire de l'Allemagne et de l'Autriche-Hongrie consistait à isoler la Russie de l'Angleterre et la France en s'appuyant sur l'Empire ottoman. Cela explique que l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie se soient sentis obligés d'accepter politiquement et militairement les crimes commis par l'Empire ottoman. C'est pourquoi ils ont fermé les yeux sur le génocide des Arméniens et sur ces massacres, bien qu'ils en aient été parfaitement conscients - les diplomates décrivent une destruction des Arméniens et des communautés chrétiennes.

Les Français et les Anglais n'ont aucune possibilité d'intervenir directement car leurs responsables ont été chassés de l'Empire ottoman, mais ils publient des textes révélant ces crimes. Les Américains sont restés sur place jusqu'en 1917, si bien que lorsque les États-Unis entrent en guerre, ils n'entrent pas en guerre contre l'Empire ottoman. Mais tous les Occidentaux qui sont sur place (médecins, prêtres, diplomates, etc.) ne font que témoigner de ce qu'ils voient. Ce n'est que quand on compile ces témoignages que l’on parvient à avoir une image de ce qui s'est passé.

Au moment de la conférence de la paix, il y a une différence de vues totale entre le président américain Woodrow Wilson, qui voudrait rétablir une harmonie entre les peuples, et les deux autres vainqueurs, Georges Clemenceau et David Lloyd George, qui mènent une politique locale défendant les intérêts de leurs pays. On assiste alors à une perte d'espoir pour ces communautés chrétiennes - et Arménienne notamment - qui espéraient la justice, voire l'autonomie. Ces espoirs s'éteignent dès le début de la conférence de la paix.

Le traité de Sèvres d'août 1920 est un traité qui signifie la destruction de l'Empire ottoman avec des territoires accordés aux Italiens, aux Grecs et aux Français. L'Empire ottoman se recentre sur l'Anatolie, en partie amputée. Pour les Turcs, ce traité est insupportable, et ils ne l'ont jamais ratifié. Entre les traités de Sèvres et Lausanne, la Turquie et la Grèce sont en guerre. C'est cette guerre gréco-turque qui marque la fin de la présence grecque dans l'Empire ottoman. Il y a donc une continuation de la politique des Jeunes-Turcs par le mouvement kémaliste qui se résume en une formule de Mustafa Kemal: «la Turquie aux Turcs».

La Chambre reconnaît le génocide des Yézidis par l'Etat islamique

La commission des Relations extérieures de la Chambre a approuvé mercredi à l'unanimité une proposition de résolution visant à reconnaître et à poursuivre les crimes de génocide à l'encontre des Yézidis ainsi qu'à leur venir en aide.

Par cette résolution, la Chambre "reconnaît et condamne" le crime de génocide perpétré par l'État islamique en Irak et en Syrie à l'égard des Yézidis à partir de 2014. Les députés demandent en outre au gouvernement fédéral d'utiliser "toutes les voies de droit interne et international pour s'assurer que le crime de génocide perpétré contre les Yézidis en Irak et en Syrie par l'État islamique ne reste pas impuni."

Les élus demandent également à l'exécutif "d'encourager et de soutenir les efforts de la justice belge afin d'identifier et de poursuivre en justice les éventuels auteurs belges de crimes à l'égard de la communauté yézidie." Ils appellent en outre la Belgique à participer au retour des yézidis sur leur terre et à aider à la reconstruction.

Femmes yézidies violées et vendues : "Nous étions considérées comme des animaux"

Ce texte, déposé par le cdH, a été co-signé par Koen Metsu (N-VA) et a reçu le soutien des sept partis de la Vivaldi.

"Je suis ému et très fier de ce soutien unanime", a commenté en commission le député Georges Dallemagne (cdH), primo-signataire du texte. "Les preuves étaient là. Elles étaient nombreuses et importantes. Il ne faisait pas de doute qu'à partir de l'été 2014, le groupe État islamique a planifié ce génocide. Des charniers ont été découverts, des conversions forcées ont été démontrées. (...) C'est un crime qui nous concerne tous en tant qu'humanité."

Georges Dallemagne et Koen Metsu s'étaient rendus à la fin de l'année dernière sur le terrain syrien.
(Belga, 30 juin 2021)

Politique intérieure/Interior Politics

Erdogan commémore la tentative de putsch renforçant sa dictature

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a salué jeudi une "victoire de la démocratie" en commémorant l'échec d'une sanglante tentative de putsch en 2016 qui lui a permis d'élargir ses pouvoirs au prix d'une répression implacable.

Dans la nuit du 15 au 16 juillet 2016, des éléments factieux de l'armée déployaient des chars dans les rues pendant que des avions survolaient Istanbul et Ankara, bombardant plusieurs sites importants comme le Parlement.

L'intervention d'éléments loyalistes et de dizaines de milliers de partisans de M. Erdogan descendus dans la rue à l'appel du président a permis de mettre en échec le soulèvement. Bilan officiel: 251 personnes tuées, hors putschistes.

"Le 15-Juillet, c'est la victoire du peuple, de la volonté nationale et de tous ceux qui croient en la démocratie", a déclaré le président turc lors d'une cérémonie d'hommage aux victimes au Parlement.

Signe de l'importance historique qu'il accorde à la mise en échec du putsch, M. Erdogan devait prononcer dans la soirée un discours devant des milliers de partisans et inaugurer un "musée de la démocratie" retraçant les principaux événements de cette nuit qui a, selon lui, "changé le destin" de la Turquie.

Pour nombre d'analystes, le coup d'Etat manqué a surtout hâté la dérive autoritaire de M. Erdogan, qui a considérablement renforcé ses pouvoirs en 2017 en remplaçant le système parlementaire par un régime présidentiel fort.

Accusant un ancien allié, le prédicateur Fethullah Gülen, d'avoir ourdi le putsch, M. Erdogan a aussi lancé une répression implacable contre ses partisans présumés, qui s'est élargie à l'opposition prokurde et à la société civile.

Le putsch manqué a permis à M. Erdogan de "justifier la répression visant une large opposition" en soutenant que "des groupes hostiles cherchent en permanence à nuire" à la Turquie, explique Soner Cagaptay, expert au Washington Institute of Near East Policy.

- Traque sans frontières -

Cinq ans après le putsch manqué et en dépit des critiques, la répression bat son plein: des partisans présumés de M. Gülen continuent d'être arrêtés chaque semaine et le principal parti prokurde HDP, dont plusieurs députés ont été incarcérés, fait l'objet d'une procédure d'interdiction.

Les chiffres parlent d'eux-mêmes : depuis 2016, plus de 300.000 personnes ont été interpellées dans le cadre de la lutte contre le mouvement de M. Gülen et près de 3.000 condamnées à la prison à vie, selon les autorités.

Et dans le cadre de purges d'une ampleur sans précédent, plus de 100.000 personnes ont été limogées des institutions publiques, dont quelque 23.000 soldats et 4.000 magistrats.

La traque se poursuit aussi à l'étranger: les services secrets turcs ont en effet mené plusieurs opérations dans des pays d'Asie centrale, d'Afrique et des Balkans pour ramener de force des partisans présumés de M. Gülen.

Ankara a ainsi annoncé début juillet avoir "rapatrié" un enseignant turc habitant au Kirghizstan, Orhan Inandi, qui s'était volatilisé quelques semaines auparavant et que les autorités turques présentent comme un cadre du mouvement guléniste.

Mais M. Gülen, qui réside aux Etats-Unis et nie toute implication dans la tentative de coup d'Etat, reste pour le moment hors d'atteinte.

Ankara a plusieurs fois demandé son extradition, sans succès. Ce dossier a donné lieu à des tensions entre la Turquie et les Etats-Unis, dont les relations se sont dégradées depuis 2016.

En parallèle, la Turquie s'est rapprochée de la Russie de Vladimir Poutine et a mené une politique étrangère plus affirmée, intervenant militairement dans plusieurs conflits au prix de tensions croissantes avec ses partenaires de l'Otan.

M. Erdogan a également systématiquement rejeté les critiques de l'Union européenne concernant la dégradation de l'Etat de droit depuis le putsch manqué, dénonçant un "manque d'empathie".

Les célébrations jeudi permettent aussi au président turc de battre le rappel de ses troupes, au moment où sa popularité s'érode en raison de difficultés économiques.

M. Erdogan a vu le putsch manqué comme "une opportunité d'accélérer la concentration du pouvoir entre ses mains", souligne un diplomate occidental.

Mais "le revers de la médaille", ajoute-t-il, c'est que "lorsque les choses se passent mal, il est plus dur de rejeter la responsabilité sur autrui".
(AFP, 15 juillet 2021)

Forces armées/Armed Forces

La future mission turque à l'aéroport de Kaboul se précise

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a annoncé vendredi qu'Ankara et Washington étaient d'accord sur les "modalités" d'une future prise en charge de l'aéroport de Kaboul par les forces turques après le retrait américain d'Afghanistan.

"Avec les Etats-Unis et l'Otan, nous avons défini les modalités de la future mission, ce que nous acceptons et ce que nous n'acceptons pas", a déclaré M. Erdogan à la presse lors d'une visite à Diyarbakir dans le sud-est à majorité kurde de la Turquie.

"Nous avons évoqué cette question lors des réunions de l'Otan et lors de ma rencontre avec (Joe) Biden et lors des discussions entre nos délégations. Si Dieu le veut, nous allons mettre en oeuvre cette mesure en Afghanistan de la meilleure des manières", a-t-il ajouté.

Après une rencontre entre le président américain Joe Biden et M. Erdogan en marge d'un sommet de l'Otan en juin à Bruxelles, Washington avait salué un "engagement clair" d'Ankara à jouer un "rôle-clé" dans la sécurisation de l'aéroport de Kaboul.

Après cette rencontre, les discussions entre les deux parties pour définir les modalités de la future mission turque à l'aéroport de Kaboul se sont multipliées, notamment avec une visite d'une délégation américaine à Ankara en juin et plusieurs entretiens téléphoniques entre le ministre turc de la Défense Hulusi Akar et le chef du Pentagone Lloyd Austin.

L'aéroport de Kaboul est la principale voie de sortie pour les diplomates occidentaux et les travailleurs humanitaires. La crainte qu'il tombe aux mains des talibans à l'occasion du retrait des forces étrangères pousse l'Otan à rechercher une solution rapidement.

Membre de l'Otan, la Turquie a été depuis 2001 un acteur important en Afghanistan, pays où elle a déployé des centaines de militaires.

M. Biden a annoncé dans un discours jeudi que la mission militaire de Washington en Afghanistan serait achevée le 31 août, près de 20 ans après son début, estimant qu'il n'était pas "inévitable" de voir le pays tomber aux mains des talibans.

Mais quelques heures après son discours, les talibans ont affirmé vendredi avoir capturé Islam Qala, le poste-frontière avec l'Iran le plus important d'Afghanistan et qu'ils contrôlaient désormais 85% du territoire afghan.

La proposition turque d'assurer la sécurité de l'aéroport de Kaboul intervient au moment où M. Erdogan s'efforce de réparer les relations entre Ankara et Washington qui se sont tendues depuis 2016 en raison d'une série de désaccords. (AFP, 9 juillet 2021)


Un soldat turc tué par un tir provenant de Syrie

Un soldat turc a été tué mercredi dans le sud-est de la Turquie par un tir provenant d'une zone contrôlée par une milice kurde dans le nord de la Syrie, a rapporté l'agence de presse étatique Anadolu.

Le militaire turc a été atteint par balle à l'abdomen alors qu'il conduisait un véhicule de patrouille près de la frontière dans la province turque de Mardin, a précisé Anadolu, ajoutant qu'il est mort dans l'hôpital où il avait été transporté.

Après avoir été touché, le conducteur a perdu le contrôle du véhicule et les trois autres passagers, également militaires, ont été légèrement blessés dans l'accident, selon la même source.

La province turque de Mardin est située en face d'une zone du nord de la Syrie où est présente la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG).

Armées et soutenues par plusieurs pays occidentaux, dont les Etats-Unis et la France, les YPG ont joué un rôle de premier plan dans la lutte contre l'organisation jihadiste Etat islamique (EI) en Syrie.

Mais Ankara considère ce groupe kurde comme "terroriste" en raison de ses liens étroits avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui livre une sanglante guérilla en Turquie qui a fait plus de 40.000 morts depuis 1984.

Entre 2016 et 2019, la Turquie a mené trois opérations militaires d'envergure dans le nord de la Syrie visant à la fois l'EI et les YPG.

Si la situation s'est relativement stabilisée depuis deux ans, des échanges de tirs transfrontaliers ont régulièrement lieu entre l'armée turque et les YPG. (AFP, 7 juillet 2021)

85 conscientious objectors fined 575 thousand lira in Turkey

"I am 37 years old, and I have been a professional tourist guide for about seven years. I declared my conscientious objection in May 2013.

"I am a conscientious objector because military service, organized violence, taking orders and giving orders, marching marches, singing anthems, that others answer the question of whether it is right to kill a person or not, which is not compatible with natural flow of life bothered me. It still does.

"I think I got my first administrative fine just 1 week later I had declared my objection, I deserted the army.

"It continued like this after that. Official records have become a part of my life; at the exits of subway stations, streets, cafes, hotels, and demonstration venues, I would often have an official report in hand.

"As most of us know, there is no penalty for being a conscientious objector in Turkey, but there are sanctions. They apply that sanction as follows. Each official report corresponds to a certain monetary fine, then a lawsuit is filed against you for not paying those fines.

"At some point I felt compelled to complete the obligation for military service by payment. Until 2015, I was able to sustain my own life with different alternative economic models.

 "However, when another person - our daughter - joined our lives, it became increasingly difficult to survive in metropolitan conditions..."

The report "Conscientious Objection to Military Service in Turkey", prepared as part of the "Campaign to Support the Right to Conscientious Objection in Turkey" was released yesterday (July 5).

Published by the Conscientious Objection Association and prepared by Dr. Mine Yıldırım and Hülya Üçpınar, the report shares detailed information and findings about the violations of rights and juridical processes experienced by the conscientious objectors in Turkey.

"The Conscientious Objection to Military Service in Turkey" was prepared by interviewing 18 conscientious objectors and lawyers. Turkey is reportedly the only country within the Council of Europe which does not recognize the right to conscientious objection to military service.

The report examines the cases of 85 conscientious objectors. As indicated in the report, to date, conscientious objectors have made 45 separate applications to the Constitutional Court, Turkey's top court.

The report has found that conscientious objectors whose cases are included in the report have been fined a total of 575,517 Turkish Liras (approximately 55,815 Euros) combined together. The report includes information and stories from conscientious objectors including anti-militarists, Jehovah's Witnesses, and those objecting based on their Islamic belief.

Some highlights from the report are as follows:

'It leads to "civil death"'

"Although the right to conscientious objection to military service is protected under the European Convention on Human Rights (ECHR) and the International Covenant on Civil and Political Rights (ICCPR) as part of the right to freedom of thought, conscience and religion, conscientious objection in practice leads to 'civil death' in Turkey.

    It means that conscientious objectors face multiple rights violations, including their right to vote and to be elected, freedom of movement, right to education, freedom to work, and prohibition from public rights, and aggravated execution, which are under fundamental rights and freedoms.

'Turkey is obliged to grant this right'

"As being party to both ECHR and ICCPR, Turkey is obliged to recognize the right to conscientious objection to military service as part of its commitments under international law. It's also Turkey's obligation according to her own constitution whose Article 24 protects freedom of religion and conscientious, and whose Article 90 recognizes the superiority of international law in matters related to fundamental rights and freedoms when there is a conflict between the national and international law.

    Yet, the Turkish government insists on not recognizing the right to conscientious objection as military service remains compulsory for men aged 20-41.

"The report includes recommendations to the Turkish Government for a basic legislation for conscientious objection, as well as to the International mechanisms for monitoring human rights violations in Turkey, which cover the 'civil death' processes and litigation processes faced by conscientious objectors and are prepared by field experts for solutions when dealing with fundamental human rights violations."
(BIA , 6 Jul 2021)

Des ONG belges exigent l'arrêt de l'exportation de composants d'A400M vers la Turquie

Dans une lettre recommandée adressée aux gouvernements flamand, wallon et bruxellois, quatre organisations de défense des droits humains demandent jeudi que cesse immédiatement l'exportation de composants militaires vers la Turquie et plus particulièrement ceux destinés aux avions de transport A400M."L'armée de l'air turque viole l'embargo des Nations unies sur les armes en Libye en ayant recours à la technologie belge", s'insurgent jeudi La Ligue des droits humains (LDH), Amnesty International (AI), la Coordination nationale d'Action pour la Paix et la Démocratie (CNAPD) et Vredesactie.

Des entreprises qualifiées "d'armement" belges fournissent depuis 2013 des composants pour les A400M turcs. Cet avion de transport militaire joue un rôle important dans la livraison d'armes et de troupes pour les guerres en Libye, en Syrie et au Nagorny-Karabakh, selon les organisations. "Le rapport d'un groupe d'experts des Nations unies fait état de 34 vols d'A400M turcs vers la Libye, en violation de l'embargo sur les armes décrété par les Nations unies (depuis 2011)", soulignent les ONG.

Les ONG exigent l'arrêt des exportations dans le cadre du programme A400M

La LDH, AI, la CNAPD, et Vredesactie exigent donc l'arrêt des exportations de composants dans le cadre du programme A400M. "Nos gouvernements agissent en violation des lois sur le commerce des armes en fournissant un utilisateur qui viole l'embargo international sur les armes. Si les trois régions ne veulent pas se conformer à leur propre réglementation, nous n'aurons d'autre choix que d'intenter une action en justice", déclarent les organisations.

Les pièces produites par les entreprises d'armement belges finissent dans les avions militaires turcs et servent à alimenter les conflits

Asco Industries, Sabca, Sonaca et Safran Aero Boosters produisent des pièces du moteur, des ailes et du train d'atterrissage de l'A400M turc. "Les pièces produites par les entreprises d'armement belges finissent dans les avions militaires turcs et servent à alimenter les conflits (.... ). Le fait que la technologie des armes belges soit utilisée dans ce processus est non seulement immoral mais aussi illégal", argumentent encore les ONG. Ces dernières demandent aux gouvernements flamand, wallon et bruxellois de prendre des mesures dans les 30 jours afin que la Turquie ne soit plus utilisatrice finale des licences actuelles et futures.
(Belga, 1 juillet 2021)

Affaires religieuses / Religious Affairs

Erdoğan: "We have nothing against Taliban's beliefs"

Turkey can negotiate with the Taliban about its plan to keep running Kabul airport after the withdrawal of the US troops, President Recep Tayyip Erdoğan has said.

"... as the Taliban held some talks with the US, it should hold these talks with Turkey much more comfortably. Because Turkey has nothing that contradicts their beliefs," Erdoğan told reporters in Cyprus.

The Taliban warned Turkey last week that it will "face consequences" if it fulfills the airport plan.

The plan was first discussed in mid-June, during the meeting of Erdoğan and US President Joe Biden at the NATO summit. Washington and Ankara have been in talks on the details of the plan.

"Now there is a new era. Three authorities are seen here: NATO, America and Turkey with them. Now America has decided to withdraw and asked us to run the Kabul airport, which we have already been running for 20 years," said the president.

Ankara leans towards the plan but it has laid down some conditions to the US, namely diplomatic, logistic and financial backing, Erdoğan noted. "First, the US will be on our side at the point of diplomacy, in diplomatic relations. Secondly, they will mobilize their means for us at the logistics point, and will transfer whatever power they have to Turkey in terms of logistics ... Another one is that they will give financial and administrative support to Turkey."

Referring to peace talks in the Qatar's capital Doha, Erdoğan said, "I think we will make good use of this process. There are other alternatives (as well), and we are currently working on these alternatives."

Turkey has had non-combatant troops in Afghanistan as part of the NATO mission and has been running the Kabul airport for six years. However, the Taliban said last week that it would consider any foreign country's troops as invaders after September.

The group has been expanding the areas it controls in the country, which has led to a new refugee influx from Afghanistan to Turkey through Iran. (BIA, 21 July 2021)

La Turquie critique un arrêt de la justice européenne sur le voile

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a vivement critiqué lundi un arrêt de la justice européenne autorisant sous condition l'interdiction du voile islamique sur le lieu de travail, l'accusant de méconnaître la liberté de religion.

Jeudi, la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) avait estimé qu'interdire le port du voile pouvait être justifié "par la nécessité pour l'employeur de projeter une image de neutralité à l'égard de la clientèle ou d'éviter des conflits sociaux".

"La Cour de Justice devrait changer de nom. Cette question n'a rien à voir ni de près, ni de loin avec une cour de justice", a taclé M. Erdogan lors d'une conférence de presse à Istanbul.

"Il ne peut pas y avoir une Cour de justice qui ne sait pas ce qu'est la liberté de religion", a-t-il ajouté.

Le chef d'Etat turc accuse régulièrement les pays européens et l'UE d'"islamophobie".

La Turquie a elle-même une histoire complexe avec le voile islamique. Le port de ce dernier a été interdit dans les institutions de l'Etat pendant des décennies, jusqu'à ce que le gouvernement de M. Erdogan l'autorise en 2013.

Avant M. Erdogan, le ministère turc des Affaires étrangères avait fermement condamné dimanche la décision de la CJUE, la qualifiant de "dangereuse" et susceptible d'"alimenter la haine de l'islam".

La cour, basée à Luxembourg, avait été saisie par deux femmes musulmanes vivant en Allemagne, une employée d'une pharmacie, l'autre comme puéricultrice. Elles contestaient devant la justice européenne l'interdiction de porter le voile islamique sur leur lieu de travail.
(AFP, 19 juillet 2021)

Frères musulmans en Belgique : une réalité tangible et mal connue

Carte blanche, Le Vif, 14 juillet 2021


Lundi dernier, le député Georges Dallemagne (CDH) a fait des déclarations pertinentes au sujet des Frères musulmans en Belgique et de l'influence qu'exercent des pays étrangers dans le sillage de cette mouvance pour infléchir notre démocratie.

Jusque-là, il n'y a rien de vraiment nouveau. Le travail de sape de pays comme l'Arabie saoudite, la Turquie ou le Qatar est largement documenté. Ce qui l'est moins en revanche, c'est l'activisme politique des Frères musulmans à travers des "personnalités d'influence" qu'on pourrait presque qualifiées d' "insoupçonnables". Dans leurs cas, il suffit de brandir leur parcours académique ou professionnel pour confondre tous les "soupçonneux". C'est le fameux CV en béton ! Et si c'était, précisément, cet élément qui faisait de ces "potentiels" recrus de "futurs" cadres au service de la Confrérie ? Il y a dans l'ADN de cette société secrète depuis sa création, en Egypte, en 1928, un appétit insatiable du pouvoir. Ses chasseurs de têtes s'activent parmi les jeunes diplômés dès leurs sorties de l'université. Des membres du Collectif Laïcité Yallah en ont fait l'expérience, à Bruxelles, et sont en mesure d'en témoigner. Au début des années 2000, c'est du côté des jeunes femmes que les Frères lorgnent pour piloter leur nouvelle stratégies politique. Fait rarissime, des jeunes femmes voilées sont poussées au devant de la scène. D'ailleurs, face aux caméras, il n'y a plus que des "Soeurs" partageant le même profil. Quel est-il ?

On le sait, du moins depuis le virage politique (en est-il un d'ailleurs ?) de Mahinur Ozdemir (CDH), qu'il est possible d'être jeune, femme, diplômée, voilée, occuper une fonction de députée en Belgique et se destiner à un poste d'ambassadrice de Turquie en Algérie. Si cette reconversion en a surpris quelques-uns, pour d'autres, ce bond vertigineux ne constituait qu'une suite logique d'un cheminement d'activiste chevronnée au service de l'islam politique. Il reste à savoir à quel moment au juste, la jeune-femme vire sa cuti. Était-ce à la fin de son mandat politique, à mi-chemin ? Était-elle déjà dans la mouvance erdoganiste lorsqu'elle est élue comme conseillère communale à Schaarbeek en 2006 ? Qui organise sa campagne, en 2009, pour le parlement régional bruxellois ? La stratégie d'entrisme au sein de nos institutions, pilotée par Ankara, était-elle déjà à l'oeuvre ? La Belgo-Turque a-t-elle été un agent d'influence auprès d'autres femmes ayant le même potentiel qu'elle ?

Rappelons qu'en 2015 lorsque son parti lui montre la porte pour non reconnaissance du génocide arménien, elle se recycle dans l'associatif et lance le Collectif Les Cannelles avec Ihsane Haouach. L'asbl molenbeekoise, organise une campagne en grande pompe "Bruxelloise et voilée" avecune dizaine d'autres femmes, occupant, aujourd'hui, des positions de premier plan à différents niveaux. La tonalité du message propagandiste pro-voile ne fait aucun doute. La neutralité est vue comme un racisme d'Etat et l'interdiction des signes convictionnels dans la fonction publique et à l'école est considérée comme une discrimination à l'endroit des femmes voilées. En 2018, les deux jeunes-femmes signent un texte avec plusieurs autre militantes européennes évoquant que : "L'argument de la "neutralité" est souvent utilisé afin de discriminer de manière légale les femmes musulmanes. D'autre part, de nombreux partis d'extrême droite se font les défenseurs de telles interdictions, en prônant des discours islamophobes. [1]".

Voilà résumé en peu de mots l'alpha et l'oméga de la nouvelle stratégie de l'islamisme qui va ouvrir la voie à toutes les dérives que nous connaissons aujourd'hui. Face aux accusations de racisme, la défense de la neutralité bat de l'aile. Les laïques sont paralysés ! Surtout à gauche. Lorsque vient le moment de dénoncer le patriarcat musulman, les dés sont pipés. Certains, "progressistes" se réclamant du féminisme intersectionnel suggèrent fermement de se taire, au prétexte que critiquer l'islam ce n'est pas pareil que de critiquer le christianisme. Derrière cette attitude paternaliste se profile une nouvelle forme de racisme : le relativisme culturel. Une gauche prétendument humaniste -- mais en fait profondément raciste -- apporte ainsi des justifications culturelles à des attitudes sectaires incompatibles avec la démocratie. Ceux-là mêmes qui ont enterré la Déclaration universelle des droits de l'Homme de 1948 pour la remplacer par la Déclaration islamique des droits de l'Homme de 1991 trouvent parmi les "progressistes" leurs plus fidèles alliés.

La stratégie des Frères: former une élite capable de prêcher la démocratie et son contraire

Pourquoi faut-il encore et toujours s'intéresser aux Frères musulmans ? Parce que, depuis la création de la Confrérie, ils sont au coeur du processus de politisation de l'islam. Leur idéologie est au centre de la militance djihadiste. Leur slogan n'a jamais bougé d'un iota et se résume en quelques mots : "Dieu est notre but, le Prophète notre chef, le Coran notre Constitution, le Jihad notre voie, la mort pour Allah notre plus grande espérance." Leur visibilité s'est accrue d'année en année et leur succès, aujourd'hui, ne fait plus aucun doute puisqu'ils représentent le courant dominant de l'islam politique aussi bien dans le monde musulman qu'en Occident où ils cultivent un double objectif : former une élite capable d'entretenir des liens étroits avec les différents pouvoirs de façon à assurer une pénétration de l'islam dans la sphère politique, et devenir les représentants "légitimes" des communautés musulmanes. A défaut de pouvoir "islamiser" le droit, par exemple, ils militent sans relâche pour une prise en compte accrue des revendications religieuses à travers les fameux "accommodements". Les Frères, qui visent à placer tous les musulmans sous leur tutelle, ont compris que leur force réside dans leur capacité fédératrice, en monnayant par exemple, en période électorale, les voix de cette masse d'électeurs potentiels. Et ça marche ! Des politiciens de tous bords, naïfs ou calculateurs, se sont montrés prêts à toutes les compromissions pour gagner en popularité, se faire élire ou réélire. En retour, les Frères obtiennent une reconnaissance politique accrue et une prise en considération de leurs revendications communautaristes. C'est ainsi que les Frères, en bons politiques qu'ils sont, dissèquent tous les programmes électoraux de chacun des partis en lice pour un scrutin avec comme seul objectif d'influencer directement les législations des démocraties.

Pour s'enraciner dans le paysage social, les Frères bénéficient d'un gigantesque réseau associatif, financier, caritatif et d'entraide, implanté en Europe depuis la fin des années 1950. Ces organismes (sous différentes appellations) leur assurent une couverture honorable au sein de la plupart des pays. Dans une contribution très instructive intitulée "La Conquête de l'Europe par les Frères Musulmans [2]", Lorenzo Vidino, spécialiste des Frères musulmans, décrit en détail leur épopée européenne.

Les Frères sont par ailleurs de véritables champions de la dissimulation : la taqiyya. Ils sont à la fois pragmatiques, adeptes du double langage, de la stratégie des "petits pas" et du djihad. Dans les démocraties occidentales, ils prêchent tout et son contraire : ils condamnent publiquement la boucherie de Charlie Hebdo mais continuent de glorifier les djihadistes et leurs mosquées, très nombreuses, prêchent la haine contre les "kouffars" (mécréants) dans des sermons enflammés qui sont autant d'appels au meurtre. Mais lorsqu'ils ne sont plus sur les plateaux de télévision, les Frères européens retrouvent leur vrai visage. Ils abandonnent leurs sourires de façade et leur prêchi-prêcha sur le "dialogue interreligieux" pour renouer avec leurs véritables objectifs : la conquête du pouvoir (à long terme) à travers un ancrage social et des mises en gardes répétées contre la "décadence" des sociétés occidentales et la "suprématie" américano-sioniste.

Harceler les lanceurs d'alerte pour abêtir les consciences

L'ancien frériste, Mohamed Louizi, qui a rompu ses liens avec la Confrérie explique ses méthodes de recrutement aussi bien au Maroc, son pays d'origine, qu'en France, dès son arrivée comme étudiant en génie électrique. Dès l'âge de 13 ans, il est enrôlé, à Casablanca, dans la jeunesse frériste par le biais d'activités parascolaires et un soutien académique constant. En France, il rejoint les rangs de l'Union des organisations islamiques de France (UOIF) connue pour sa militance en faveur du voile à l'école, sa croisade contre la laïcité et ses campagnes de haine à l'endroit de Charlie Hebdo. Ce père de trois enfants qui a passé 15 ans de sa vie (1991 à 2006) au premier plan de la Confrérie décortique ses rouages dans un livre passionnant, Pourquoi j'ai quitté les Frères musulmans. Preuves à l'appui, il lève le voile sur la stratégie d'islamisation globale des Frères musulmans. Son divorce avec ses anciens compagnons de route ne s'est pas fait sans conséquence puisqu'il a subi six procès en diffamation (cinq gagnés et un en attente de jugement).

Cette technique d'intimidation rappelle la plainte au conseil de déontologie journalistique (CDJ) à l'endroit de la journaliste du magazine Le Vif, Marie-Cécile Royen, à la suite de son enquête sur les Frères musulmans en Belgique. "Entre le 15 avril et le 6 mai 2015, le CDJ a reçu sept plaintes dirigées contre un même dossier publié par l'hebdomadaire Le Vif-L'Express dans son édition du 6 mars. Trois de ces plaintes provenaient de personnes individuelles et quatre d'associations : l'Association belge des professionnels musulmans (ABPM), le Comité contre l'islamophobie en Belgique (CCIB), Empowering Belgian Muslims (EmBeM) et Vigilance musulmane. [3]" Parmi les plaignants individuels, on retrouve le mandataire Ecolo de Verviers, Hajib El Hajjaji, figure de proue du frérisme en Belgique, qui siège au conseil d'administration d'UNIA depuis le début de l'année 2021 et qui occupe en même temps la fonction de vice-président du CCIB. Pour faire taire la seule journaliste d'enquête de l'islamisme dans l'espace francophone belge, les islamistes ont déployé leur grosse artillerie. La journaliste en question en fait les frais depuis 2015. En réalité, cet acharnement contre Royen n'a jamais cessé. Ce qui, d'ailleurs, ne l'a pas empêché de continuer à faire son travail.

Débat parlementaire nécessaire et inévitable

Aujourd'hui, nous sommes face à un choix sociétal difficile : continuer à nier l'évidence de l'existence, en Belgique, d'un réseau politique et social au service des Frères musulmans ou saisir cette problématique à bras le corps. Surtout, il faut bien se rendre compte, que plus on tarde à clarifier les enjeux, plus nos chances de succès s'amenuisent. Il ne s'agit pas de dire comme le soutient l'extrême droite que derrière chaque musulman se cache un "frérot" ou un "salafiste" en puissance mais de soulever une problématique politique tangible, celle de l'islam politique qui avance masqué, dans notre pays, pour détruire notre démocratie de l'intérieur. Il faut donc savoir appréhender ce phénomène avec rigueur. On ne peut laisser ce sujet entre les mains de pyromanes au risque d'accentuer une dérive existante. Une chose est sûre par ailleurs, l'heure des décisions est arrivée. Et pourquoi pas un débat parlementaire sur cette question ? C'est l'idée que propose le Collectif Laïcité Yallah. Pour comprendre les intentions des Frères et prendre la véritable mesure de leur vertigineuse expansion, il faut aller au-delà des apparences et exposer les faits à l'état brut, dans une perspective historique élargie, de façon à mettre en lumière les relations de causalité, les liens tus et les liens assumés. Braquer les projecteurs sur la maison mère, les Frères égyptiens, parait indispensable pour quiconque souhaite percer le fonctionnement occulte de l'internationale islamiste. Reprendre ce combat politique dans une perspective humaniste devient un impératif dans ce le contexte actuel. Pour que le fanatisme et les extrémismes ne soient pas la promesse d'avenir que nous laisserons à nos enfants.

Par Collectif Laïcité Yallah (*)

(*) Les signataires : Malika Akhdim, militante féministe et laïque, Radouane El Baroudi, cameraman ; Djemila Benhabib, politologue et écrivaine ; Yeter Celili, militante féministe et laïque ; Bahar Kimyongur, activiste des droits humains ; Kaoukab Omani, éducatrice ; Abdel Serghini, réviseur d'entreprises ; Sam Touzani, artiste-citoyen.

[1] https://www.lalibre.be/debats/opinions/les-droits-des-musulmanes-font-partie-des-droits-des-femmes-5b61dea855324d3f13b1727d

[2] "La Conquête de l'Europe par les Frères Musulmans", www.meforum.org, 2005.

[3] https://lecdj.be/telechargements/CDJ-15-23-Divers-c-M-C-Royen-LeVif-avis-14-oct-2015.pdf

8 personnes tuées par l'EI à Al-Hol en juin, selon les forces kurdes

Au moins huit personnes du camp de déplacés d'Al-Hol en Syrie, dont des adolescents, ont été abattues en juin, ont annoncé mardi les forces kurdes qui pointent du doigt des cellules du groupe Etat islamique (EI).

L'ONU met régulièrement en garde contre une détérioration de la situation sécuritaire à Al-Hol, dans le nord-est de la Syrie. Le camp a connu ces derniers mois des dizaines d'assassinats, des évasions et des attaques contre des gardes et des travailleurs humanitaires.

"Les cellules terroristes de Daech poursuivent leur action dans le camp d'Al-Hol avec de nouveaux assassinats contre les résidents qui s'écartent des idées extrémistes de l'organisation", affirment mardi dans un rapport mensuel les Forces démocratiques syriennes (FDS), coalition militaire arabo-kurde contrôlant le camp.

"Huit personnes de nationalité syrienne et irakienne ont été tuées d'une balle dans la tête" pour le seul mois de juin, indique le rapport.

Parmi ces victimes figurent un adolescent irakien de 16 ans et deux soeurs syriennes, dont l'une avait 17 ans. Une femme russe a aussi été blessée.

Les forces kurdes ont également assuré avoir empêché en juin 42 adultes et 43 enfants de s'évader du camp, où les conditions de vie sont insalubres.

Les autorités locales ont lancé en mars une vaste opération ayant conduit à l'arrestation de 125 "membres" de l'EI dans le camp. Elles avaient à l'époque rapporté "plus de 47 meurtres" depuis début 2021 à Al-Hol.

Le camp est une véritable cité de tentes qui accueille selon l'ONU près de 62.000 personnes, dont 93% sont des femmes et des enfants, la moitié venant d'Irak.

Il y vit environ 10.000 femmes étrangères et leurs enfants, des proches de combattants jihadistes.

Début juillet, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a tiré la sonnette d'alarme: "des centaines d'enfants, principalement des garçons, certains âgés d'à peine 12 ans" sont "séparés de leurs familles et transférés vers des centres de détention pour adultes".

Les autorités kurdes, qui reconnaissent les détentions de mineurs, plaident pour la création de centres de réhabilitation, craignant "l'apparition d'une nouvelle génération de terroristes" parmi les enfants.

Malgré les exhortations répétées des Kurdes, la plupart des pays --notamment européens-- refusent de rapatrier leurs citoyens. Certains, dont la France, ne l'ont fait que pour un nombre limité de mineurs, dont des orphelins. (AFP, 6 juillet 2021)


Sivas Massacre remembered on 28th anniversary

The people who lost their lives when a mob set fire to Madımak Hotel in Sivas on July 2, 1993, have been commemorated on the 28th anniversary of the massacre.

Representatives of Alevi organizations from Turkey and Europe participated in the commemoration led by the Pir Sultan Abdal Cultural Association (PSAKD) in Sivas.

The crowd marched to the Madımak Hotel, where they left carnations and stood in silence in the memory of the 33 intellectuals and two hotel workers who lost their lives in the massacre.

MPs from the main opposition Republican People's Party (CHP) and the Peoples' Democratic Party (HDP) also attended the commemoration.

The crowd displayed placards that read "Don't forget Sivas" and "Justice for Sivas."

Alevi organizations reiterated their demand for the conversion of the hotel into a "Museum of Shame."

Giving a speech during the event, Hüseyin Güzelgül, the chair of the Federation of Alevi and Bektashi Associations, said, "New massacres are being added to our 28-year struggle."

"Those who can't live together in peace can't tolerate the existence of others today as well. They continue to discriminate, ignore and murder," he said.

PSAKD Chair Gani Kaplan said the justice is not served because "the state was involved in the massacre."

"We don't forgive those who are responsible for this massacre, those who released the killers and those who dropped the case due to the statute of limitations," he remarked.
About Sivas Massacre

26 years ago on July 2, 37 people, including 33 artists, intellectuals and writers, two hotel workers and two perpetrators, lost their lives in the fire that started at Madımak Hotel in Sivas. 33 intellectuals were in Sivas to attend the Pir Sultan Abdal festivities. 65 people, 14 of whom were police officers, got wounded in the fire.

124 people were arrested in relation to the fire. In the seven-year trial, 33 people were sentenced to death and 85 people were given prison sentences of 2 to 15 years. 37 defendants were acquitted. The death sentences of 33 people were converted to aggravated life sentences.

On March 13, 2012, the Ankara 11th Heavy Penal Court dropped the charges of the Sivas Massacre trial in line with the prosecutor's demand to apply the statute of limitations to the case.

As the 9th Penal Chamber of the Supreme Court of Appeals upheld the verdict on violation of the statute of limitations, attorney Şenal Sarıhan took the case to the Constitutional Court in 2014. However, the court has not yet announced its judgment. In response, lawyer Sarıhan appealed to the Constitutional Court regarding the long judicial processes.

Those who lost their lives: Muhibe Akarsu – (35 years old, guest), Muhlis Akarsu – (45 years old, artist), Gülender Akça – (25 years old, artist), Metin Altıok – (52 years old, poet and writer), Ahmet Alan – (22 years old, artist), Mehmet Atay – (25 years old, journalist), Sehergül Ateş – (30 years old, artist), Behçet Aysan – (44 years old, poet), Erdal Ayrancı – (35 years old, director), Asım Bezirci – (66 years old, researcher and writer), Belkıs Çakır - (18 years old, artist), Serpil Canik –(19 years old, artist), Muammer Çiçek – (26 years old, actor), Nesimi Çimen – (67 years old, poet and artist), Carina Cuanna – (23 years old, journalist from the Netherlands), Serkan Doğan – (19 years old, artist), Hasret Gültekin– (23 years old, poet and artist), Murat Gündüz - (22 years old, artist), Gülsüm Karababa –(22 years old, artist), Uğur Kaynar – (37 years old, poet), Asaf Koçak – (35 years old, cartoonist), Koray Kaya – (12 years old, child), Menekşe Kaya – (17 years old, artist), Handan Metin – (20 years old, artist), Sait Metin – (23 years old, artist), Huriye Özkan – (22 years old, artist), Yeşim Özkan – (20 years old, artist), Ahmet Öztürk – (21 years old, hotel employee), Ahmet Özyurt – (21 years old, artist), Nurcan Şahin – (18 years old, artist), Özlem Şahin – (17 years old, artist), Asuman Sivri – (16 years old, artist), Yasemin Sivri – (19 years old, artist), Edibe Sulari – (40 years old, artist), İnci Türk – (22 years old, artist), Kenan Yılmaz – (21 years old, hotel employee).
(BIA, 2 July 2021)

Socio-économique / Socio-economic


Flood  in Rize: Six people lose their lives, two people missing

Heavy rainfall hit Turkey's Black Sea province of Rize yesterday (July 14), causing landslides and flooding in several towns and districts.

In Muradiye town in central Rize, a 2-storey house collapsed as a result of a landslide; the fate of three people living in the house were unknown. The search and rescue teams started searching for the missing people.

One person also went missing in Tepebaşı Neighborhood in the district of Güneysu as a result of the rainfall and flooding.

As reported by the state-run Anadolu Agency (AA) earlier today (July 15), the dead body of a person who got missing in Güneysu district hit by flooding and lanslides has been found some 100 meters away from his house.

In Orta Neighborhood in Muradiye, the dead body of a woman has been taken out of the collapsed building, which brought the death toll to two. As of 12 a.m. on July 16, six people have lost their lives while the search and rescue efforts for two missing people are still ongoing.

One woman stranded in Muradiye has been rescued by the teams.
Roads closed, agricultural fields damaged

While some roads in Rize have been closed due to the heavy rainfall, nearly 100 villages have been affected by the flood and agricultural fields have been damaged. The basements of some houses have been flooded.

While some roads have been closed due to landslides in İslahiye village in Güneysu and Levent village in Hemşin, a stream in Güneyse Merkez Neighborhood has overflowed its banks and flooded the district. Nearly 10 vehicles have been damaged due to the flood.

5-storey building damaged

In Çayeli district, a five-storey building has been damaged due to a landslide. The 10-member Sağkol family has been evicted from the house. They have taken shelter in the community health center.

A house collapsed in Büyükköy

In Büyükköy town, landslide has reportedly caused the collapse of an uninhabited house. Büyükköy Mayor Hamza Saruhan has indicated that they are receiving reports about the roads of the town being closed and some citizens being stranded due to the heavy rainfall.

No excavators used because of landslide risk

The heavy rainfall has also caused flooding in Rize's Pazar district. While some vehicles have been submerged in water, several workplaces have also been flooded. The search and rescue teams working in the area are not using excavators on the grounds of landslide risk.

Ministers, politicians heading to the region

While Minister of Environment and Urbanization Murat Kurum, Interior Minister Süleyman Soylu and Minister of Transport and Infrastructure Adil Karaismailoğlu have set off for the region hit by flooding and landslides, the main opposition Republican People's Party (CHP), upon the instruction of CHP Chair Kemal Kılıçdaroğlu, has also sent a delegation to the region.

The 11th Regional Directorate of Meteorology has warned against heavy rainfall in the Black Sea region, especially in central and eastern Trabzon and around Rize. It has urged the citizens to be careful and cautious in the face of flooding, lightning, landslide and hail risks.
(BIA, 15 July 2021)

Un jour de deuil national en Belgique après les inondations graves


"Notre pays traverse des moments très difficiles", a déclaré le Premier ministre Alexander De Croo (Open Vld). "Nos pensées vont aux victimes et à leurs proches, et le pays tout entier pensent à eux. Ce qui aurait dû être de belles journées d'été sont soudainement devenues des journées sombres, noires, pour beaucoup de nos compatriotes."

Alexander De Croo indique que l'évaluation finale n'est pas encore terminée, mais il parle des "pires inondations que notre pays ait jamais connues, probablement". Le mardi 20 juillet sera un jour de deuil national. Les célébrations des jours fériés du 21 juillet seront écourtées.

"L'armée belge fait son possible pour accueillir les victimes. Je voudrais profiter de cette occasion pour exprimer ma profonde gratitude aux services de secours qui ont parfois mis en péril leur propre vie," a continué Alexander De Croo. Le Premier ministre a également rappelé que les indépendants touchés par les intempéries recevront des aides supplémentaires.

"Nous avons reçu beaucoup de solidarité internationale. Nos services de secours ont reçu beaucoup d'aide de l'étranger, dont une aide logistique", souligne le Premier.

112 communes touchées

"Je me suis rendue à Chaudfontaine hier, dans des zones où on a assisté à des pluies exceptionnelles, des choses qu'on ne voit qu'une fois tous les 200 ans. J'ai vu des gens qui ont perdu tout ce qu'ils avaient", a expliqué Madame Verlinden.

"Officiellement, il y a eu 20 décès jusqu'à présent", déclare la ministre de l'Intérieur Annelies Verlinden (CD&V). "Neuf victimes ont été identifiées. On a parlé précédemment de 23 décès, mais tous n'ont pas encore été officiellement confirmés. Vingt autres personnes sont toujours portées disparues. Au total, 112 communes ont été touchées par les inondations", précise la ministre.

La ministre de l'Intérieur explique également que des drones et des hélicoptères continuent de rechercher les personnes en détresse. La ministre a activé le système d'aide européen. "Nous avons reçu des aides de nombreux pays. Plus de 250 secouristes étrangers, 20 bateaux et quelques hélicoptères ont été envoyés pour nous aider", explique Verlinden.

"Les dégâts seront énormes et les biens de nombreuses personnes ont disparu. Le chemin sera long et difficile. J'espère que la solidarité dont j'ai été témoin hier va se poursuivre. Ne perdons pas espoir dans l'avenir", insiste la ministre.

Des mesures prises en Wallonie

Elio Di Rupo a lui annoncé plusieurs mesures prises pour aider les victimes en Wallonie :

    Un prêt financier d'un maximum de 2500 euros est immédiatement disponible pour toutes les personnes sinistrées via les bourgmestres
    2,5 millions ont été accordés aux gouverneurs pour leur permettre, avec les bourgmestres, de procéder aux aménagements les plus urgents.
    Les indépendants et les entreprises pourront bénéficier de prêts (jusque 50 000 euros) à taux 0.
    5 millions d'euros sont débloqués afin de rémunérer du personnel supplémentaire pour aider les communes à déblayer les lieux.

Istanbul déclare sa flamme aux JO-2036

Le maire d'Istanbul a annoncé mardi son intention de proposer la candidature de la capitale économique de la Turquie pour accueillir les Jeux olympiques d'été en 2036, après une tentative infructueuse en 2020.

"Notre objectif, c'est (l'organisation des) Jeux olympiques et paralympiques (...) en 2036", a déclaré l'édile, Ekrem Imamoglu. "Je suis convaincu que nous l'emporterons", a-t-il ajouté.

Bien dotée en infrastructures, la ville d'Istanbul avait déjà présenté sa candidature pour accueillir les Jeux de 2020, mais avait perdu en finale contre Tokyo.

M. Imamoglu a expliqué que la candidature pour 2036 s'inscrivait dans un plan visant à encourager la pratique d'activités sportives à Istanbul et dans le reste de la Turquie.

Outre les aspects sportifs, la candidature présentée par le maire d'Istanbul revêt également une dimension politique.

Issu de l'opposition, M. Imamoglu est en effet l'un des principaux rivaux du président turc Recep Tayyip Erdogan et fait partie des personnalités pressenties pour affronter le chef de l'Etat lors de la prochaine élection présidentielle en 2023.

Avec l'annonce de cette candidature, il défie M. Erdogan sur un terrain qui lui est cher.

En effet, le président turc, adepte de la diplomatie sportive, a plusieurs fois tenté d'arracher l'organisation de compétitions internationales, comme les JO-2020 et l'Euro-2024, sans succès.

Ces revers ont été vécus comme des humiliations par M. Erdogan, qui s'était personnellement investi dans ces candidatures dans l'espoir de soigner son image et d'exhiber les infrastructures bâties à Istanbul depuis son arrivée au pouvoir en 2003.

Mais en raison de sa rivalité avec M. Imamoglu, il est peu probable que M. Erdogan soutienne la nouvelle candidature d'Istanbul, dont le maire accuse régulièrement le gouvernement de lui mettre des bâtons dans les roues.

Aucun ministre n'était présent à la cérémonie mardi.

Malgré tout, M. Imamoglu a appelé "l'Etat et toutes les institutions concernées à coopérer autour de cet objectif commun".

Si le processus officiel de dépôt des candidatures pour l'organisation des JO-2036 n'a pas encore débuté, Londres avait exprimé en mai son souhait de les accueillir.
(AFP, 13 juillet 2021)

AI slams Turkey for withdrawing from İstanbul Convention

Turkey has withdrawn from the the Council of Europe Convention on Preventing and Combating Violence Against Women and Domestic Violence - or the İstanbul Convention - by a Presidential decision issued by Justice and Development Party (AKP) Chair Recep Tayyip Erdoğan.

As of today (July 1), the Convention will no longer be in force in Turkey, according to the Article 80 of the Convention regarding denunciation.

Releasing a written statement within this context yesterday (June 30), Amnesty International said, "Turkey's withdrawal from the İstanbul Convention rallies the fight for women's rights across the world."

"Turkey's shameful withdrawal from the Istanbul Convention today will put millions of women and girls at greater risk of violence," said the organization:

President Erdoğan's announcement of the decision to quit the landmark treaty on preventing and combating violence against women and domestic violence will go down in history as the first time a Council of Europe member has withdrawn from an international human rights convention.

Amnesty International reminded the international community that "the move has drawn blanket condemnation from around the world and sparked nationwide protests in a country where domestic violence is prevalent and at least 300 women were murdered last year alone."

'A terrifying precedent setting the clock back'

Speaking about the issue, Amnesty International's Secretary General Agnès Callamard briefly said:

"At the stroke of midnight today, Turkey turned its back on the gold standard for the safety of women and girls. The withdrawal sends a reckless and dangerous message to perpetrators who abuse, maim and kill: that they can carry on doing so with impunity.

"Turkey has set the clock back ten years on women's rights and set a terrifying precedent. This deplorable decision has already become a rallying point for women's rights activists all over the world, and we must come together to resist further assaults on our rights.

'Extremely worrying development'

As indicated by Amnesty Internation, the Convention is a widely accepted human rights instrument to address rampant levels of violence against women in Europe. In June, Liechtenstein became the 34th country out of 47 in the Council of Europe to ratify it.

But the Convention is also facing a disturbing backlash across many parts of Europe and becoming a tool by several governments to spread misinformation and demonise gender equality, women's and LGBTI rights.

Amnesty International shared the following comment in this context:

"Turkey's withdrawal from the Istanbul Convention is an extremely worrying development amid an ongoing erosion of rights in the country.

"On 26 June, riot police used excessive force on Istanbul Pride marchers who saw the annual celebration of LGBTI rights be banned for the sixth consecutive year. Hundreds of Pride participants were subjected to tear gas and plastic bullets.

"At least 47 people were detained, including two minors and an AFP journalist who was subjected to torture or other ill treatment when several police officers restrained him on the ground. One officer knelt on his neck, severely restricting his ability to breathe."

'Tip of a dangerous anti-rights iceberg'

Agnès Callamard further commented:

"Turkey's withdrawal from the Istanbul Convention is the tip of a dangerous anti-rights iceberg. But it has also galvanized activists around the world to stand up for women's and LGBTI rights.

"In the months since President Erdoğan issued his decree, women in Turkey and beyond have been talking about the Convention more than ever and taking to the streets to defend what it stands for.

"The fight to uphold the human rights of all those impacted by the scourge of gender-based violence continues."
What happened?

Turkey has withdrawn from the İstanbul Convention with a Presidential decision published in the Official Gazette on March 20, 2021.

The decision in question said that "the Council of Europe Convention on Preventing and Combating Violence Against Women and Domestic Violence, which was signed by Turkey on May 11, 2011 and approved with the Cabinet Decree no. 2012/2816 on February 10, 2012, shall be terminated on the part of Turkey as per the Article 3 of the Presidential Decree no. 9."

Following this Presidential decision published at midnight, several social media users, women's rights defenders, lawyers and politicians, denounced the decision, recalling that the convention was unanimously approved at the Parliament and stressing that it is not possible for Turkey to withdraw from an international convention with a Presidential decision.

After the Presidential decision pulling Turkey out of the İstanbul Convention was met with criticisms and objections in both Turkey and around the world, the Communications Directorate of the Presidency released a written statement about the issue on March 22.

"As known, Turkey was the first signatory to the Istanbul Convention," the statement noted, arguing that the "İstanbul Convention, originally intended to promote women's rights, was hijacked by a group of people attempting to normalize homosexuality – which is incompatible with Turkey's social and family values. Hence the decision to withdraw."

The protests are still ongoing.

The 10th Chamber of the Council of State finalized the court cases demanding the stay of execution and annulment of the Presidential decision withdrawing Turkey from the İstanbul Convention ahead of July 1, when the İstanbul Convention will no longer be in force in Turkey, according to the Article 80 of the Convention regarding denunciation.

By a vote of three to two, the 10th Chamber of the Council of State has rejected the requests for the stay of execution and annulment of the Presidential decision, which has pulled Turkey out of the İstanbul Convention, or the Council of Europe Convention on Preventing and Combating Violence Against Women and Domestic Violence.
(BIA, 1 July 2021)

Relations turco-européennes / Turkey-Europe Relations

L'UE dénonce le projet "inacceptable" d'Erdogan de rouvrir la ville de Varosha

Le chef de la diplomatie de l'UE, Josep Borrell, s'est dit mardi "préoccupé" par l'annonce du président turc Recep Tayyip Erdogan d'un projet de réouverture de l'ancienne station balnéaire de Varosha à Chypre qu'il a jugé "inacceptable".

"L'UE souligne une nouvelle fois la nécessité d'éviter les actions unilatérales contraires au droit international et les nouvelles provocations, qui pourraient accroître les tensions sur l'île et compromettre la reprise des pourparlers en vue d'un règlement global de la question chypriote", a-t-il déclaré dans un communiqué.

Le président turc a réaffirmé mardi lors d'une visite à Chypre-Nord son attachement à une solution à deux Etats et a accusé le gouvernement chypriote-grec de "malhonnêteté" pour résoudre le problème de la partition de l'île méditerranéenne.

A ses côtés, le "président" de Chypre-Nord, Ersin Tatar, a annoncé le début de "la seconde phase de notre (plan) d'expansion de Varosha", afin d'"en finir avec le deuil".
 La réouverture de cette ancienne station balnéaire, fuie par ses habitants en 1974 et entourée de barbelés par l'armée turque, est une ligne rouge pour le gouvernement chypriote-grec. "La vie reprendra" à Varosha, a affirmé M. Erdogan.

M. Borrell s'est dit "profondément préoccupé par les annonces faites par le président Erdogan et M. Tatar (...), concernant la zone clôturée de Varosha". Il a dénoncé "une décision unilatérale inacceptable visant à modifier le statut de Varosha".

Dans son communiqué, l'UE "demande qu'il soit mis fin immédiatement aux restrictions à la liberté de mouvement de la Force des Nations unies chargée du maintien de la paix à Chypre (UNFICYP) imposées dans la zone de Varosha, afin que la mission puisse patrouiller et mener à bien les activités qui lui ont été confiées".

L'île méditerranéenne est divisée depuis que son tiers-nord a été envahi en 1974 par la Turquie, en réaction à un coup d'Etat de nationalistes chypriotes-grecs qui souhaitaient la rattacher à la Grèce. Les négociations sur une réunification de l'île sont au point mort depuis 2017.

L'UE refuse toute solution à deux Etats pour le règlement de ce conflit.
(AFP, 20 juillet 2021)

Le Parlement européen a fermement condamné la répression de l’opposition en Turquie

    •    Tous les partis politiques en Turquie doivent pouvoir exercer librement et pleinement leurs fonctions légitimes
    •    Des maires démocratiquement élus ont été démis de leurs fonctions et remplacés par des administrateurs non élus
    •    La délégation de l’UE en Turquie doit observer les procès et dénoncer les violations des droits de l’homme
    •    Tout progrès concernant l’évolution des relations UE-Turquie ne sera possible que si la situation en matière de droits de l’homme et d’État de droit s’améliore

Dans une résolution adoptée le 8 juillet 2021, les députés expriment leur vive inquiétude quant aux attaques et à la pression constantes visant les partis d’opposition en Turquie.

Les députés condamnent la répression des partis politiques d’opposition, notamment du Parti démocratique populaire (HDP), et exhortent le gouvernement turc à garantir que tous les partis puissent exercer librement et pleinement leurs activités légitimes, conformément aux principes fondamentaux d’un régime pluraliste et démocratique.

Dans une résolution adoptée jeudi par 603 voix pour, 2 contre et 67 abstentions, les députés condamnent fermement l’acte d’accusation déposé par le procureur général de la Turquie auprès de la Cour constitutionnelle, qui demande la dissolution du HDP, le troisième plus grand parti au Parlement turc, ainsi que la mise à l’index politique de près de 500 membres du HDP. Ce cas de dissolution est le point culminant d’une répression visant le parti depuis plusieurs années, avec des milliers de membres, de responsables, de députés, de conseillers locaux et de co-maires poursuivis en justice, principalement pour des accusations liées au terrorisme.

Ne pas entraver la participation du HDP aux institutions démocratiques turques est un moyen simple de rendre la société turque plus inclusive et de créer un élan positif pour aboutir à un règlement pacifique de la question kurde, soulignent les députés.

Les députés condamnent par ailleurs la décision prise par les autorités turques de démettre des maires démocratiquement élus sur la base de preuves douteuses, et de les remplacer par des administrateurs non élus. Ils soulignent les mesures politiques, législatives et administratives prises par le gouvernement turc pour paralyser les municipalités dirigées par des maires d’opposition à Istanbul, Ankara et Izmir.

Ces actions continuent de saper la capacité de l’opposition politique à exercer ses droits et à remplir ses missions démocratiques, avertissent les députés. Ces derniers appellent la Turquie à garantir le pluralisme et à respecter les libertés d’association et d’expression.

La résolution appelle la délégation de l’UE en Turquie à surveiller l’évolution de la situation, notamment en observant les procès, dont celui de Kobanî, à faire des déclarations publiques et à demander l’autorisation de visiter les prisons.

Enfin, les députés précisent qu’en plus des améliorations en matière de politique étrangère, les progrès sur tout agenda positif qui pourrait être proposé à la Turquie devraient également dépendre des améliorations de la situation des droits civils et humains et de l’État de droit dans le pays, y compris les droits des femmes, tels que garantis par la Convention d’Istanbul, la liberté de religion et les droits des minorités ethniques et de la communauté LGBTI.

Nouvelle condamnation de la Turquie par la CEDH pour la détention d'un juge

La Turquie a été une nouvelle fois condamnée mardi par la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) pour la détention d'un juge à la suite de la tentative de coup d'Etat en 2016.

A l'unanimité, les sept juges de la cour du Conseil de l'Europe, installée à Strasbourg, ont considéré qu'Ankara avait violé plusieurs articles de la Convention européenne des droits de l'Homme en plaçant en détention provisoire un ancien juge de la Cour constitutionnelle et en perquisitionnant son domicile au lendemain du putsch manqué du 15 juillet 2016.

"Sur un simple soupçon d'appartenance à une organisation armée", celle de Fethullah Gülen, cerveau désigné par Ankara de la tentative de coup d'Etat, Erdal Tercan, juge à la Cour constitutionnelle turque depuis 2011, fut arrêté dès le 16 juillet. Il fut maintenu en détention provisoire jusqu'à sa condamnation à dix ans de prison en 2019, une peine contre laquelle l'ancien juge, actuellement toujours en détention, a formé un pourvoi encore en cours.

"La Cour estime que la mise en détention de M. Tercan (...) ne s'est pas déroulée selon les voies légales", a considéré la CEDH, soulignant "l'absence de raisons plausibles de soupçonner celui-ci d'avoir commis une infraction".

En outre, "la Cour estime qu'il n'y avait pas de motifs pertinents et suffisants pour maintenir M. Tercan en détention provisoire pendant plus de deux ans et huit mois dans l'attente de son jugement", a ajouté la cour qui condamne Ankara à verser 20.000 euros à Erdal Tercan pour dommage moral.

La Turquie a été condamnée à plusieurs reprises ces derniers mois par la CEDH pour des violations des droits humains, commises notamment après la tentative de coup d'Etat de juillet 2016, qui a été suivie d'importantes purges dans l'armée, la justice, les médias et les ONG.
(AFP, 29 juin 2021)


Turquie-USA-OTAN / Turkey-USA-NATO

Ankara prêt à prendre l'Aéroport de Kaboul en charge

La Turquie prendra en charge l'aéroport de Kaboul si les Etats-Unis, son allié au sein de l'Otan, remplit certaines conditions y compris logistiques et financières, a déclaré mardi le président Recep Tayyip Erdogan.

"Nous étudions actuellement positivement", l'idée d'opérer l'aéroport de Kaboul après le départ des soldats américains d'Afghanistan, a expliqué M. Erdogan lors d'un échange télévisé avec des journalistes dans la partie nord de Nicosie, en République turque de Chypre du Nord (RTCN) autoproclamée en 1983 dans le tiers nord de Chypre et reconnue uniquement par la Turquie.

"Mais nous voulons que l'Amérique remplisse certaines conditions", a-t-il ajouté.

"Quelles sont-elles? Tout d'abord, l'Amérique sera à nos côtés dans les relations diplomatiques. Deuxièmement, ils mobiliseront leurs moyens logistiques pour nous (...) et ensuite il y aura de sérieux problèmes sur les questions financières et administratives et ils fourniront le soutien nécessaire à la Turquie".

"Si ces conditions sont remplies, nous, la Turquie, prévoyons d'opérer l'aéroport de Kaboul", a-t-il assuré.

La Turquie négocie avec les Etats-Unis sa proposition d'assurer la sécurisation et la gestion de l'aéroport international Hamid Karzaï.

M. Erdogan et le président américain Joe Biden ont abordé le sujet durant leur première rencontre en face à face, en marge d'un sommet de l'Otan en juin.

Début juillet, le président turc avait indiqué que Washington et Ankara s'étaient mis d'accord sur les modalités du maintien d'une force turque pour sécuriser l'aéroport.

La crainte de le voir tomber aux mains des talibans est d'autant plus grande que ces derniers mènent depuis mai une offensive contre l'armée afghane et ont conquis de vastes pans de territoires. En parallèle, les Etats-Unis ont accéléré le retrait de leurs forces qui devrait s'achever d'ici le 31 août, 20 ans après leur arrivée.

"Il y a maintenant une nouvelle ère" en Afghanistan, a dit M. Erdogan tout en réaffirmant la volonté d'Ankara de parler avec les talibans.

"Les talibans, qui ont eu des pourparlers avec l'Amérique, doivent être capables de parler de ces questions plus confortablement avec la Turquie", a-t-il assuré. "Je pense que nous pouvons obtenir un accord".

Les talibans ont fermement mis en garde la Turquie la semaine dernière contre le maintien de militaires pour prendre en charge la sécurité de l'aéroport de Kaboul, affirmant que "les envahisseurs seront traités comme tels".
(AFP, 20 juillet 2021)

Tension entre Ankara et Washington pour l'extradition d'un homme d'affaires sulfureux

Un homme d'affaires turc détenu en Autriche fait l'objet d'un bras de fer entre la Turquie et les Etats-Unis qui souhaitent tous deux son extradition, un dossier potentiellement explosif qui risque de raviver les tensions entre Ankara et Washington.

Homme d'affaires touche-à-tout, Sezgin Baran Korkmaz est au coeur de plusieurs scandales financiers qui ont déjà coûté sa place à un présentateur vedette de la télévision turque et plongé un puissant ministre du président Recep Tayyip Erdogan dans la tourmente.

Après avoir fui la Turquie en décembre, il a été arrêté le 19 juin en Autriche à la demande des Etats-Unis et doit comparaître lundi devant un tribunal autrichien qui se prononcera sur la demande d'extradition déposée par Washington, a indiqué son avocat.

Les procureurs américains reprochent à M. Korkmaz et des complices aux Etats-Unis d'avoir blanchi plus de 112 millions d'euros frauduleusement obtenus par le biais de comptes bancaires en Turquie et au Luxembourg.

Ils accusent l'homme d'affaires d'avoir utilisé cet argent pour acheter la compagnie aérienne turque Borajet, des hôtels en Turquie et en Suisse, un yacht baptisé le Queen Anne, ainsi qu'une villa et un appartement à Istanbul surplombant le Bosphore.

Rendu public le mois dernier, l'acte d'accusation américain rédigé à l'encontre de M. Korkmaz inclue les chefs d'inculpation de "complot pour commettre un blanchiment d'argent", d'"entrave à une enquête judiciaire" et de "fraude électronique".

- Lobbying -

Mais dans une interview accordée depuis sa prison à un journaliste turc, M. Korkmaz, qui rejette ces accusations, a indiqué qu'il souhaitait être renvoyé en Turquie où il est aussi recherché.

Un responsable turc de l'ambassade à Vienne, qui a requis l'anonymat, a dit à l'AFP qu'Ankara voulait juger M. Korkmaz pour "blanchiment d'argent".

Selon l'agence de presse turque DHA, Ankara a transmis à Vienne une demande officielle d'extradition.

Si M. Korkmaz était renvoyé en Turquie, l'éventualité d'une extradition future aux Etats-Unis s'évaporerait en raison de différends judiciaires opposants les deux pays, notamment le refus de Washington de livrer à Ankara le prédicateur Fethullah Gülen, ennemi de M. Erdogan.

Et une éventuelle bataille juridique au sujet de M. Korkmaz compliquerait davantage les relations turco-américaines qui sont déjà empoisonnées par de nombreux dossiers.

Autre point sensible, le nom de M. Korkmaz apparaît aussi dans la liste des personnalités mobilisées par Ankara pour gagner les faveurs de Donald Trump après son élection à la présidence américaine en 2016, selon l'Organised Crime and Corruption Reporting Project (OCCRP), un consortium des journalistes d'investigation.

D'après l'OCCRP, M. Korkmaz a notamment facilité en 2018 la venue en Turquie de personnalités américaines liées à M. Trump pour obtenir la libération d'un pasteur américain, Andrew Brunson, qui était alors détenu en Turquie.

- Mauvais moment -

L'arrestation de M. Korkmaz tombe mal pour M. Erdogan, qui s'efforce d'apaiser les tensions avec les Etats-Unis et l'Europe pour attirer des investisseurs étrangers et redresser l'économie turque.

Les relations turco-américaines sont déjà minées par de nombreux dossiers, notamment le procès aux Etats-Unis d'une banque turque accusée d'avoir violé les sanctions contre l'Iran et l'achat par Ankara de missiles russes.

"Erdogan est dans une phase de réconciliation avec les Etats-Unis et tente de calmer les choses pour avoir un répit sur le plan économique", souligne Max Hoffman du Center for American Progress, un think tank.

"Je doute qu'il désire un nouveau point de désaccord dans les relations bilatérales", ajoute-t-il.

Si le cas de M. Korkmaz ne semble pas pour l'instant être une priorité dans les relations entre ces deux pays membres de l'Otan, il a cependant déjà fait des vagues dans la vie politique turque.

Un présentateur vedette de la chaîne Habertürk, Veyis Ates, a ainsi été accusé d'avoir participé à une tentative d'extorsion de M. Korkmaz en échange de la fin de ses ennuis judiciaires en Turquie.

M. Ates a démissionné, tout en rejetant ces allégations.

Un chef mafieux turc en fuite, Sedat Peker, dont les allégations contre de hauts responsables embarrassent le pouvoir depuis plusieurs semaines, a en outre accusé le puissant ministre de l'Intérieur Süleyman Soylu d'avoir prévenu M. Korkmaz que son arrestation était imminente pour lui permettre de fuir à temps le pays.
(AFP, 4 juillet 2021)

La Turquie juge "inacceptable" un rapport américain sur le trafic d'être humains

Le gouvernement turc a qualifié vendredi d'"allégations sans fondement" le rapport annuel du département d'Etat américain sur le trafic d'êtres humains, qui a épinglé la Turquie pour avoir recruté et "utilisé des enfants soldats en Syrie et en Libye".

Le rapport 2021 du département d'Etat sur le trafic d'êtres humains établit une liste de pays qui font des efforts pour combattre ce fléau et d'autres qui aux yeux de Washington ne répondent pas aux critères minimum de lutte contre ce trafic et ne font pas suffisamment d'efforts pour y parvenir.

Le ministère turc des Affaires étrangères a critiqué ce rapport, le jugeant "inacceptable" et contenant "des allégations sans fondement". Il a accusé Washington d'ignorer les activités d'une milice kurde en Syrie et en Irak qui selon Ankara, entraîne des enfants et leur fournit des armes.

La Turquie est outrée par le soutien des Etats-Unis au mouvement armé kurde de Syrie les Unités de protection du peuple (YPG) qu'elle considère comme une émanation de la guérilla kurde du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qui mène une lutte armée contre l'Etat turc.

"Les Etats-Unis espèrent travailler avec la Turquie pour encourager tous les groupes impliqués dans les conflits syrien et libyen à ne pas recourir à des enfants soldats", a déclaré cette semaine un haut responsable du département d'Etat.
(AFP, 2 juillet 2021)

Relations régionales / Regional Relations

Afghanistan:
Avertissement des Talibans à la Turquie


Les talibans ont appelé mardi les citadins afghans à se rendre pour éviter les combats dans les villes et mis en garde Ankara contre le maintien prévu de troupes turques après le départ des forces étrangères.

"Maintenant que les combats depuis les montagnes et les déserts ont atteint les portes des villes, les moudjahidines ne veulent pas de combats dans les villes. Il vaut mieux que nos compatriotes, les érudits et les oulémas utilisent tous les canaux pour entrer en contact" avec les talibans afin "de parvenir à un accord sensé pour éviter des dommages à leurs villes", a lancé un haut responsable des insurgés, Amir Khan Muttaqi.

Ancien ministre de l'Information et de la Culture de l'ex-régime taliban (1996-2001), Amir Khan Muttaqi dirige la "Commission d'invitation et de conseil" du mouvement taliban, à qui doivent s'adresser ceux - militaires, policiers, responsables gouvernementaux, fonctionnaires ou simples civils - qui veulent faire défection ou se rendre aux insurgés.

Les talibans "assurent tous les habitants (...) que l'Afghanistan sera leur patrie à tous et que personne ne cherchera à se venger", poursuit-il dans un message audio relayé sur Twitter par Zabihullah Mujahid, un porte-parole du mouvement.

Après s'être emparés ces deux derniers mois de vastes portions rurales de territoire lors d'une offensive lancée au commencement, début mai, du retrait définitif des forces étrangères du pays, les talibans encerclent plusieurs capitales provinciales.

Désormais privée ducrucial soutien aérien américain, l'armée afghane n'a offert que peu de résistance et ne contrôle plus essentiellement que les grandes villes et les axes majeurs.

Cet appel des talibans rappelle la stratégie utilisée durant leur conquête du pouvoir au milieu des années 1990: assiéger les localités et contraindre les chefs traditionnels à négocier une reddition.

Plusieurs districts de provinces voisines de Kaboul sont récemment tombés aux mains des talibans, faisant craindre qu'ils n'attaquent prochainement la capitale ou son aéroport, seule voie de sortie des ressortissants étrangers de la ville.

- Avertissement à la Turquie -

Mardi, les talibans ont fermement averti la Turquie contre le maintien annoncé de ses troupes en Afghanistan, pour protéger l'aéroport de Kaboul après la fin du retrait des forces étrangères, prévu d'ici fin août.

"La décision des dirigeants turcs n'est pas judicieuse, c'est une violation de notre souveraineté et de notre intégrité territoriale", ont estimé les talibans dans un communiqué, quelques jours après l'annonce par le président turc, Recep Tayyip Erdogan, qu'Ankara et Washington étaient d'accord sur les "modalités" d'une future prise en charge de l'aéroport de la capitale afghane par les forces turques après le retrait américain.

"Nous considérons le maintien de forces étrangères dans notre patrie, par quelque pays que ce soit et quel que soit le prétexte, comme de l'occupation et les envahisseurs seront traités comme tels", ont averti les insurgés.

"Si les autorités turques ne reconsidèrent pas leur décision de continuer à occuper notre pays", les talibans "leur résisteront, comme ils ont résisté à 20 ans d'occupation" étrangère, ont-ils prévenu.

Ces dernières années, les talibans ont attaqué des villes importantes sans pouvoir en prendre durablement le contrôle. Ils se sont brièvement emparés à deux reprises - en 2015 et 2016 - de la ville septentrionale de Kunduz, et en 2018 de celle stratégique de Ghazni, à 150 km au sud-ouest de Kaboul, avant d'en être finalement chassés.

En juillet, ils ont attaqué, pour la première fois depuis le début de leur actuelle offensive, une capitale provinciale, Qala-i-Naw (nord-ouest). Mardi, le ministère afghan de la Défense a annoncé que les forces afghanes avaient totalement nettoyé la ville, capitale de la province de Badghis, après plusieurs jours de combats.

Mais les insurgés se sont aussi emparés de deux districts dans la province de Bamyan (centre), après un "retrait tactique" des forces afghanes, a indiqué mardi à l'AFP un membre du conseil provincial, Mohammad Hassan Assadi.

La province est peuplée par la minorité chiite hazara, victime d'exactions massives de la part des talibans sunnites durant leur règne et qui leur est farouchement opposée. Depuis la chute de leur régime, les talibans n'avaient pas réussi à entrer dans cette province où ils avaient dynamité en mars 2001 des statues de bouddhas géants, déclenchant une condamnation mondiale.
(AFP, 13 juillet 2021)

Des centaines de femmes manifestent après des "crimes d'honneur" en Syrie

Des centaines de femmes ont manifesté mardi dans le nord-est de la Syrie sous contrôle kurde pour dénoncer les "crimes d'honneur" et les violences dont elles sont victimes, après les meurtres de deux adolescentes tuées par des proches à quelques jours d'intervalle.

Brandissant les drapeaux d'une association féministe kurde, certaines manifestantes défilant dans les rues de la ville de Hassaké avaient revêtu des tee-shirts sur lesquels était écrit "non à la violence", a constaté un journaliste de l'AFP.

Les participantes se sont notamment rassemblées devant le domicile d'une adolescente de 16 ans, tuée la veille par son père, selon des témoignages locaux que l'AFP n'a pas pu confirmer de sources officielles.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme, la victime a été étranglée par son père qui la gardait enfermée après qu'elle avait été violée il y a plus d'un an.

"Nous condamnons ces actes commis au nom des traditions ou de la religion, ou pour +laver la honte+", a fustigé Evin Bacho, militante de l'association féministe Kongra Star.

"Notre rassemblement devant la maison de cette dernière victime, c'est un rassemblement contre toute famille qui se donne le droit de priver une femme de sa liberté", ajoute-t-elle.

"Le meurtre est un crime de non-honneur", "Arrêtez de tuer les femmes", pouvait-on lire sur certaines pancartes.

La semaine dernière, le meurtre d'une autre adolescente par ses proches, rapporté dans les médias, avait provoqué l'émoi. Le mot-dièse arabe "la fille de Hassaké" a été très repris sur les réseaux sociaux.

Des vidéos présentées comme montrant son exécution par balle ont circulé en ligne, mais l'AFP n'était pas en mesure de confirmer leur authenticité.

L'Observatoire a confirmé l'assassinat, mené par plusieurs hommes armés appartenant à la tribu de la jeune fille après qu'elle a tenté de s'enfuir avec un partenaire.

Un tel crime n'est permis par "aucune religion et aucune morale", s'indigne la manifestante Intissar al-Hamadi, réclamant "que des comptes soient rendus".

Les autorités kurdes locales criminalisent les "crimes d'honneur". A Damas, le parlement syrien avait aboli en 2020 un article juridique permettant un allègement des peines pour les auteurs de tels crimes.

Mais dans les différentes régions d'une Syrie morcelée par la guerre depuis 2011, les communautés tribales et les milieux ruraux sont encore régis par des traditions conservatrices, souvent au détriment des femmes qui restent confrontées à des restrictions drastiques de leurs libertés, aux violences domestiques et aux mariages précoces.

Les années de guerre ont exacerbé les souffrances des femmes, soumises par les belligérants à toute forme de violences documentées par des ONG, dont des violences sexuelles et des viols. (AFP, 6 juillet 2021)


Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece

La position de la Turquie sur Chypre suscite les condamnations internationales

La volonté de la Turquie de pousser une solution à deux Etats pour Chypre et de rouvrir la ville fantôme de Varosha a continué de susciter mercredi une levée de boucliers internationaux, les Etats-Unis plaidant pour une "réponse ferme" de l'ONU.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a estimé mardi lors d'une visite à Chypre-Nord que les efforts des Nations unies pour trouver une solution à la division de l'île méditerranéenne avaient échoué, et qu'il devait y avoir "deux peuples et deux Etats".

Depuis son invasion par l'armée turque en 1974 en réaction à un coup d'Etat de nationalistes chypriotes-grecs qui souhaitaient la rattacher à la Grèce, l'île est divisée entre la République de Chypre -- membre de l'Union européenne -- qui exerce son autorité au sud, et la République turque de Chypre-Nord (RTCN) autoproclamée en 1983, uniquement reconnue par Ankara.

Les négociations sont au point mort depuis 2017. En avril, une tentative de relance des pourparlers organisée par l'ONU, qui surveille une zone tampon entre les deux parties de l'île, s'est soldée par un échec.

La numéro trois de la diplomatie américaine, Victoria Nuland, s'est inquiétée mercredi des conséquences des propos turcs sur la diplomatie onusienne.

Priée de dire, lors d'une audition parlementaire, si le gouvernement américain rejetait sans ambiguïtés une telle option à deux Etats, elle a répondu: "oui, absolument". "Nous pensons que seul un processus mené par les Chypriotes, bizonal et bicommunautaire, peut apporter la paix et la stabilité à Chypre", a-t-elle insisté.

Le "président" de Chypre-Nord, Ersin Tatar, a lui annoncé mardi avec le soutien appuyé de Recep Tayyip Erdogan le début de "la seconde phase" de son plan pour rouvrir Varosha, ancienne station balnéaire huppée fuie par ses habitants en 1974 et bouclée depuis par l'armée turque.

Après avoir condamné fermement, dès mardi soir, cette décision "provocatrice, inacceptable et incompatible" avec les engagements passés des Chypriotes-Turcs "à prendre part de manière constructive dans des pourparlers de paix", le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a affirmé mercredi sur Twitter s'être entretenu avec son homologue de la République de Chypre Nikos Christodulides pour réaffirmer cette position.

"Nous faisons pression pour une réponse ferme du Conseil de sécurité de l'ONU", a-t-il assuré, estimant qu'une réouverture de Varosha était contraire aux résolutions de cette instance.

Victoria Nuland a dit pour sa part avoir parlé mercredi matin avec des responsables turcs pour exiger qu'ils reviennent sur leur décision concernant Varosha.

Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres s'est également dit "profondément préoccupé" à ce sujet. Il a appelé "toutes les parties à s'abstenir de tout acte unilatéral qui provoque des tensions et risque de compromettre" les efforts diplomatiques, a rapporté son porte-parole dans un communiqué.

Ces critiques s'ajoutent à celles de l'Union européenne, de la France et de la Russie.

La Grèce a elle estimé mercredi que le comportement de la Turquie devait susciter une réaction.

Egalement en visite à Nicosie, le ministre grec des Affaires étrangères Nikos Dendias a estimé que le projet concernant Varosha confirmait l'intention d'Ankara "d'étendre son occupation de Chypre et établir un pouvoir néo-Ottoman dans la région de la Méditerranée orientale".

"Il ne peut y avoir d'amélioration dans les relations entre la Turquie et la Grèce" et "avec l'Union européenne tant que la Turquie à agir de manière illégale au sujet de Chypre", a-t-il prévenu.
(AFP, 21 juillet 2021)

A Chypre, Erdogan pousse pour une solution à deux Etats

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a réaffirmé mardi lors d'une visite à Chypre-Nord son attachement à une solution à deux Etats et annoncé la poursuite de la réouverture de Varosha, ville fantôme symbole de la division de l'île méditerranéenne.

Depuis son invasion par l'armée turque en 1974 en réaction à un coup d'Etat de nationalistes chypriotes-grecs qui souhaitaient la rattacher à la Grèce, l'île est divisée entre la République de Chypre -- membre de l'Union européenne -- qui exerce son autorité au sud, et la République turque de Chypre-Nord (RTCN) autoproclamée en 1983, uniquement reconnue par Ankara.

"Nul progrès dans les négociations ne peut être fait sans accepter qu'il y a deux peuples et deux Etats (...) Nous n'avons pas cinquante ans à perdre sur des modèles dont l'invalidité a été prouvée", a déclaré M. Erdogan en référence aux précédentes négociations sur la base d'une réunification de l'île sous la forme d'un Etat fédéral.

Les négociations sont au point mort depuis 2017. En avril, une tentative de relance des pourparlers organisée par l'ONU, qui surveille une zone tampon entre les deux parties de l'île, s'est soldée par un échec.

"Un nouveau processus de négociation peut seulement reprendre entre deux Etats (...) Pour cela, la souveraineté et un statut à égalité (entre Chypriotes-turcs et Chypriotes-grecs, NDLR) doivent être confirmés", a insisté M. Erdogan lors d'un discours dans la partie nord de Nicosie, dernière capitale divisée au monde, devant une foule qui l'acclamait en agitant des drapeaux turcs.

En visite sur l'île pour le 47e anniversaire de l'invasion de Chypre par la Turquie, M. Erdogan a accusé les Chypriotes-grecs de "bloquer la route à toute solution" et d'être "malhonnêtes". Il a aussi insisté sur les "mensonges" de l'Union européenne, qui a prévenu qu'elle "n'accepterait jamais une solution à deux Etats".

Des avions turcs ont tracé dans le ciel le croissant et l'étoile du drapeau turc et du drapeau chypriote-turc tandis que M. Erdogan assistait au défilé des forces turques stationnées dans le nord de l'île.

- "Expansion de Varosha" -

A ses côtés, le "président" de Chypre-Nord, Ersin Tatar, a annoncé le début de "la seconde phase de notre (plan) d'expansion de Varosha" afin d'"en finir avec le deuil".

Quelques jours avant l'élection du nationaliste Ersin Tatar en octobre 2020, ce dernier, alors "Premier ministre" de la RTCN, avait annoncé depuis Ankara la réouverture du front de mer de cette ancienne station balnéaire huppée, fuie par ses habitants en 1974 et bouclée depuis par l'armée turque.

Cette mesure a scandalisé les Chypriotes-grecs mais aussi nombre de Chypriotes-turcs qui y ont vu une intervention directe dans l'élection en faveur de M. Tatar, protégé de M. Erdogan.

Le Conseil de sécurité de l'ONU avait mis en garde contre "toute action unilatérale susceptible de faire monter les tensions sur l'île".

"La vie reprendra" à Varosha, a réaffirmé mardi le président turc, appelant une nouvelle fois les propriétaires chypriotes-grecs à demander, via une commission chypriote-turque, compensation pour la perte de leurs propriétés.

M. Tatar a lui affirmé que 3,5% de la zone entourée de barbelés par l'armée turque serait rouverte et passerait ainsi sous l'autorité des Chypriotes-turcs, qui dépendent économiquement de la Turquie.

Par la voix de leur chef de la diplomatie Antony Blinken, les Etats-Unis ont condamné l'annonce par le président Erdogan de rouvrir Varosha, qualifiant ces actions de "provocatrices et inacceptables".

A Bruxelles, le chef de la diplomatie de l'Union européenne, Josep Borrell, s'est dit "préoccupé" par les annonces de MM. Erdogan et Tatar "concernant la zone clôturée de Varosha", dénonçant "une décision unilatérale inacceptable".

Lors d'un appel entre le ministre des Affaires étrangères russe Sergueï Lavrov et son homologue chypriote Nikos Christodoulides, ce dernier a aussi exprimé ses "inquiétudes" face à la situation de Varosha.

M. Lavrov a réaffirmé "l'adhésion de la Russie aux résolutions" de l'ONU et souligné le "besoin de réfréner toute action supplémentaire qui pourrait déstabiliser" l'île, selon son ministère.

Le ministre grec des Affaires étrangères, Nikos Dendias, se rendra mercredi à Chypre pour rencontrer le président chypriote Nicos Anastasiades, M. Christodoulides et le maire chypriote-grec de Famagouste (en exil), dont Varosha est un quartier, selon la diplomatie grecque qui a fermement condamné les déclarations du président turc sur Varosha "en violation avec les résolutions de l'ONU".
(AFP, 20 juillet 2021)

Opposition in Northern Cyprus boycotts Erdoğan's visit to parliament

President and Justice and Development Party (AKP) Chair Recep Tayyip Erdoğan has started a two-day visit to Northern Cyprus to mark the anniversary of Turkey's military operation on the island on July 20, 1974.

Speaking in the Northern Cyprus parliament, Erdoğan said Turkey fully supports the proposal of TRNC President Ersin Tatar in Geneva. "We cannot and will not compromise," he said.

Erdoğan also announced that the construction of a new "presidential complex" will start soon in Metehan, Nicosia.

Earlier in the day, the president said any new negotiation process in Cyprus can only be held between two equal and sovereign states.

Every year, the Northern Cyprus administration celebrates July 20 as its "Peace and Freedom Day" to mark the operation – a large-scale military intervention that resulted in the division of the island.

Cyprus has been mired in a decades-long dispute between Greek and Turkish Cypriots, despite a series of diplomatic efforts by the UN to achieve a comprehensive settlement.

The latest round of Cyprus talks in Geneva that started in April was inconclusive as Turkey and the Northern Cyprus administration insisted on a two-state solution.

Earlier in the month, EU Commission President Ursula von der Leyen said the bloc would never accept a two-state deal for the island.

The opposition's boycott

Meanwhile, opposition parties in Northern Cyprus boycotted today's parliamentary session that Erdoğan attended. The Republican Turkish Party (CTP) and the Communal Democracy Party (TDP), which have 15 seats combined in the 50-seat parliament of Northern Cyprus, did not attend the session.

Last week, former President Mehmet Ali Talat told Yeni Düzen newspaper that "I don't think I will attend these ceremonies, which will potentially turn into the primitive policies of challenging the world."

President Ersin Tatar accused the boycotting parties of "cooperating with Greeks."
(BIA, 19 July 2021)

Un navire turc tire en direction de gardes-côtes chypriotes

Un navire turc a tiré vendredi des coups de semonce en direction d'un bateau des gardes-côtes chypriotes menant une opération contre l'immigration clandestine depuis la Turquie au large de la côte nord de l'île divisée, sur fonds de tensions croissantes entre Nicosie et Ankara.

Cet incident survient à quelques jours de la visite du président turc, Recep Tayyip Erdogan, dans l'autoproclamée République turque de Chypre-Nord (RTCN). Celle-ci doit marquer le 47e anniversaire de l'invasion turc du tiers nord de l'île méditerranéenne en 1974, en réaction à un coup d'Etat de nationalistes chypriotes-grecs qui souhaitaient la rattacher à la Grèce.

Les tirs se sont produits vers 03H30 (00H30 GMT) à quelque 11 milles nautiques (environ 20 km) du petit port de pêche de Kato Pyrgos, juste à l'ouest de la ligne de démarcation surveillée par l'ONU et séparant la RTCN de la République de Chypre, membre de l'UE, a indiqué l'agence de presse chypriote CNA.

L'incident souligne le récent "comportement agressif" de la Turquie à l'égard de Chypre, a déclaré le porte-parole du gouvernement, Marios Pelekanos, à la télévision d'Etat. "Il n'y avait jamais eu d'incident de cette nature", a-t-il affirmé, ajoutant qu'il n'avait pas fait de blessés.

Des sources diplomatiques turques contactées par l'AFP ont elles démenti tout tir depuis un bateau turc ou de la RTCN contre un patrouilleur chypriote-grec.

Outre les tensions autour de la division de l'île, l'immigration clandestine vers Chypre, membre du bloc européen situé le plus à l'Est, est également un sujet épineux entre Nicosie et Ankara. D'après les autorités chypriotes, la plupart des migrants clandestins arrivent de la RTCN par la zone tampon.

- "Etat d'urgence" -

Nicosie a intensifié ses patrouilles tant sur terre qu'en mer Méditerranée depuis que le gouvernement a déclaré "l'état d'urgence" en mai face à un afflux de migrants syriens qui a inondé ses centres d'accueil.

Réagissant à l'incident survenu dans la nuit, le porte-parole de la police chypriote, Christos Andreou, a déclaré que le patrouilleur menait dans ses eaux territoriales une opération de surveillance contre l'immigration clandestine depuis la Turquie, quand il a été approché par le navire turc en provenance du nord de l'île.

"L'équipage de trois membres du patrouilleur, voyant les intentions des gardes-côtes turcs, a tenté d'éviter tout incident et s'est dirigé vers le port de pêche de Kato Pyrgos", a indiqué M. Andreou.

"A une distance de 4 milles nautiques (environ 7 km du port), le patrouilleur a reçu des coups de semonce des gardes-côtes turcs. Puis, les gardes-côtes turcs qui étaient proches des côtes (chypriotes) sont repartis en direction des territoires occupés" par la RTCN, a-t-il poursuivi.

Le mandat de l'ONU, qui n'a pas souhaité réagir dans l'immédiat, ne s'étend pas aux eaux territoriales de Chypre.

- "Situation extrêmement difficile" -

Mardi, le président Recep Tayyip Erdogan doit se rendre à Varosha, ville-symbole de la division de Chypre, située au sud-est. La cité balnéaire, fuie par ses habitants chypriotes-grecs en 1974 est devenue une ville-fantôme, zone militaire sous contrôle direct d'Ankara, inaccessible derrière les barbelés.

Les autorités chypriotes-turques, soutenues par la Turquie, souhaitent la reconnaissance de deux Etats indépendants et égaux sur l'île. Les Chypriotes-grecs eux veulent la réunification de l'île sous forme d'Etat fédéral.

Les négociations sont au point mort depuis 2017. En avril, une tentative de relance des pourparlers organisée par l'ONU s'est soldée par un échec.

Chypre a aussi demandé l'aide de l'UE pour lutter contre les flux de migrants clandestins depuis la Turquie avant qu'ils n'atteignent l'île.

"Malgré les énormes efforts déployés par les autorités chypriotes pour gérer les flux migratoires disproportionnés, nous sommes toujours dans une situation extrêmement difficile", avait déclaré en juin le ministre de l'Intérieur, Nicos Nouris.

Selon lui, la division de l'île le long d'une ligne de cessez-le-feu de 180 km "créé des conditions uniques pour le développement de l'immigration clandestine".
(AFP, 16 juillet 2021)

Footballeurs refoulés: la Turquie convoque l'ambassadeur grec

La Turquie a convoqué mardi l'ambassadeur de Grèce à Ankara pour protester contre le refus d'Athènes de laisser l'équipe de football de Galatasaray entrer sur son territoire en raison de tests de dépistage du coronavirus jugés non conformes.

Les autorités turques ont "fermement protesté" auprès de l'ambassadeur grec Michael-Christos Diamessis lors d'une convocation au ministère des Affaires étrangères à Ankara, a rapporté l'agence de presse étatique turque Anadolu.

Lundi soir, l'équipe de football turque de Galatasaray, qui devait disputer un match amical contre le club grec de l'Olympiakos, s'était vu refuser l'entrée en Grèce par les autoritaires aéroportuaires d'Athènes en raison de tests de dépistage du Covid-19 jugés non conformes.

Le club stambouliote avait présenté des tests PCR de moins de 72 heures, mais les autorités grecques ont fait valoir que le protocole d'entrée en provenance de Turquie nécessitait des tests de moins de 24 heures.

Selon les autorités grecques, les membres du club de Galatasaray ont refusé de se soumettre à de nouveaux tests sur place et ont préféré rentrer en Turquie.

De son côté, le club turc a dénoncé lundi dans un communiqué "un manque de respect inédit" et appelé les autorités grecques à "présenter leurs excuses".

Cet incident est survenu dans un contexte de tensions diplomatiques entre la Turquie et la Grèce, deux pays membres de l'Otan aux relations historiquement tendues.

Les tensions se sont renforcées ces dernières années en raison notamment de la découverte de gaz naturel en Méditerranée orientale qui a exacerbé des désaccords anciens entre les deux pays concernant leurs frontières maritimes.
(AFP, 13 juillet 2021)


Kutlu Adalı murder | Northern Cyprus requests information from Turkey

After Sedat Peker, who is accused of leading a criminal organization, made some allegations about the assassination of journalist Kutlu Adalı in Northern Cyprus, the police forces of Northern Cyprus have announced that they have requested information from Turkey.

This request was made on the 25th anniversary of the journalist's death yesterday (July 6). An investigation commission was also formed in the Northern Cypriot Parliament to inquire his assassination.

Releasing a written statement for the press, the Northern Cypriot Police Press Office has briefly stated the following:

"Recently, in a social network site known to stem from abroad, some posts with some statements about the issue were shared. Within the frame of these posts and developments, the file of the murder has been taken under investigation and inquiry again by the Directorate General of Police.

"For this purpose, as per the 'Law on Extradition of Offenders, Mutual Enforcement of Court Orders and Legal Assistance', which was signed by the Turkish Republic of Northern Cyprus and the Republic of Turkey on December 25, 1987, a request was submitted to the relevant authorities of the Republic of Turkey for the necessary information."

The statement has also noted that the necessary is being done about the murder case by the Directorate General of Police, adding that the inquiries and examinations will continue within the frame of new information to be obtained until the incident is brought to light.

What happened?

Accused of leading a criminal organization and currently abroad, Sedat Peker has been posting some videos on YouTube regarding the 'state-mafia' relations in Turkey, targeting especially Minister of Interior Süleyman Soylu and former Interior Minister Mehmet Ağar.

In his 7th video shared on May 23, Sedat Peker made some allegations about the assassination of Cypriot journalist Kutlu Adalı:

"At that time, we were all together, Mehmet Ağa, Korkut Eken... We were young, we were patriots. They would usually give me jobs related to businesspeople rather than unsolved murders," he said, referring to the widespread extrajudicial killings at the time, for which both Ağar and Eken stood trial. A court yesterday overturned their acquittal of killing 19 people.

"[Eken] told me that 'There is a man in Cyprus, he wants to sell Cyprus to the Greeks.' He said 'two professionals'... I told him 'I'll give you my brother, Atilla Peker.' He is a specialist, he grew up on the streets.

"Another team affiliated with them killed [Adalı]. I came across brother Korkut, he said to me 'That job is done.'

"Atilla Peker will tell the truth. If we killed him, I'd say we killed him. It's time-barred now. I always watched his spouse's struggle from afar. What should I say? We are all the same."

After the video, Attila Peker was detained in a villa in Fethiye's Kayaköy Neighborhood. Police officers also detained Yunus O., who is said to be his bodyguard, and seized an unlicensed gun and two magazines.

Taken into custody together with his private guard, Atilla Peker was released on probation with an international travel ban.

The Fethiye Prosecutor's Office has also launched an investigation into the assassination of Kutlu Adalı. Speaking in a live program on Habertürk TV on May 24, Minister of Interior Süleyman Soylu announced that he had given an instruction for an investigation into the death of Kutlu Adalı, who was killed in an armed attack in front of his house on July 6, 1996.
(BIA, 7 July 2021)

Immigration / Migration

Les sans-papiers en grève de la faim à Bruxelles suspendent leur mouvement

Répartis sur trois sites de la ville de Bruxelles, les 476 sans-papiers qui avaient entamé une grève de la faim depuis le 23 mai 2021 ont annoncé suspendre leur mouvement. Leurs dossiers seront examinés individuellement dans les jours à venir par une « zone neutre » mise spécialement en place par le gouvernement belge. Cinquante personnes en urgence critique ont été évacuées, selon l'ONG Médecins du monde, interrogée par RFI.

La situation sanitaire était tendue, comme l’explique Michel Genet, le président de Médecins du monde Belgique. « Les services médicaux sont sur place pour prendre en charge les cas les plus critiques, explique-t-il ce jeudi 22 juillet. La Croix-Rouge a déjà hospitalisé 50 personnes, venues du site du Béguinage, qui regroupait 230 personnes. On parle de quinze personnes devant être hospitalisées à l’ULB [Université libre de Belgique, NDLR], et nous sommes encore en train d’évaluer les urgences sur le site de la VUB [Vrije Universiteit Brussel, NDLR]. » Pour le médecin, certains devront être placé en soins intensifs, en raison notamment de problèmes rénaux.

Les 476 sans-papiers occupant ces trois sites de la ville de Bruxelles avaient entamé une grève de la faim le 23 mai 2021, et certains l’avaient doublée d’une grève de la soif depuis le 16 juillet. Ils réclamaient une régularisation et un permis de travail. La majorité étaient présents en Belgique depuis de nombreuses années. « J’ai discuté avec quelqu’un qui est depuis 17 ans en Belgique, développe Michel Genet. Il a déjà fait deux grèves de la faim et est maintenant dans une forme d’incertitude. D’après ce que les autorités ont dit, son cas devrait être pris en charge, mais ils ne savent pas ce qu’il va se passer. »

Évaluation des dossiers au cas par cas

C’est donc une atmosphère de doute et d’incertitude qui prévaut chez les grévistes. Le mouvement a en effet échoué à obtenir la régularisation collective qu’il réclamait. Les dossiers seront finalement examinés au cas par cas par les autorités belges. Ils pourraient bénéficier de la prise en compte de « circonstances exceptionnelles », d’après l’AFP, ou, pour un plus petit nombre, de « la possibilité d’une protection internationale. »

L’ancienneté de la présence en Belgique, l’emploi dans des secteurs manquant de main-d’œuvre, mais aussi l’épidémie de Covid-19 qui sévit dans les pays du Maghreb dont la majorité des grévistes sont issus, pourraient ainsi entrer en ligne de compte.

Le Premier ministre belge Alexander De Croo a réagi immédiatement en estimant que « mettre fin à la grève de la faim est la seule bonne décision ». « Un gouvernement ne peut jamais accepter le chantage », a ajouté le dirigeant libéral flamand dans un communiqué distinct.

Selon notre correspondant à Bruxelles, un petit groupe qui avait rejoint le mouvement en cours de route continue néanmoins la grève de la faim depuis le campus de l'université néerlandophone VUB.

Tensions au gouvernement belge

Cette grève de la faim hors norme entamée le 23 mai sur trois sites bruxellois occupés par les sans-papiers mettait sous pression le gouvernement belge, une fragile coalition de sept partis associant notamment libéraux, socialistes et écologistes. Le week-end dernier, les chefs du PS francophone et d'Ecolo-Groen avaient dit publiquement redouter « un drame imminent », interpellant le Premier ministre pour lui demandant de décharger du dossier le secrétaire d'État à la Migration Sammy Mahdi.

Une solution a donc été trouvée temporairement, mais l’occupation des trois sites continue pour les prochains jours. « Le fait que les grévistes soient réunis facilite leur prise en charge médicale, résume Michel Genet. Mais beaucoup d’entre eux sont également sans logement, et c’est quelque chose auquel il va également falloir s’atteler rapidement. »
(rfi.fr,  22 juillet 2021)

Nouvel épisode de refoulement de migrants en Grèce

A quelques minutes seulement du rivage de l'île grecque de Kos, Tchinda, un migrant camerounais, raconte à l'AFP avoir été intercepté avec 30 demandeurs d'asile, puis refoulé vers la Turquie par des garde-côtes grecs "armés", lors d'un nouvel épisode de refoulements illégaux dont la Grèce est accusée.

"Un premier navire militaire nous a barré la route, puis il a été rejoint par deux plus petits bateaux, de type Zodiac. Les garde-côtes (grecs) étaient armés et nous criaient de rentrer chez nous", raconte à l'AFP Tchinda, interrogé à plusieurs reprises entre les 1er et 8 juillet par téléphone.

Le Camerounais âgé de 39 ans et sa compagne Benita ont été bloqués le 10 juin à l'approche de l'île égéenne de Kos, avec vingt-neuf autres migrants, et renvoyés vers Datça dans la province turque de Mugla.

Sur des vidéos d'une durée d'environ 20 minutes, transmises à l'AFP par l'exilé camerounais, des garde-côtes armés de mitraillettes et barres de fer entourent le canot. "Ils ont vu que nous les filmions et n'ont pas osé nous frapper", estime Tchinda.

"Ensuite, les bateaux ont créé des vagues pour nous éloigner vers les eaux turques. Heureusement, personne n'est tombé à l'eau mais cela aurait pu être très dangereux", confie-t-il.

Dans un communiqué du 11 juin, les garde-côtes turcs confirment avoir récupéré les 31 migrants la veille vers 12h55.

Depuis l'année dernière, médias et ONG publient des enquêtes sur les renvois forcés de migrants présents sur le territoire grec ou dans les eaux grecques vers la Turquie.

Le gouvernement grec ne cesse de démentir ces incidents et accuse la Turquie de "ne pas empêcher le départ" des migrants depuis ses côtes occidentales, proches des îles grecques.

"Malheureusement, au lieu d'empêcher les départs illégaux, la Turquie est souvent occupée à les filmer", a déclaré mardi le ministre des Migrations et de l'Asile, Notis Mitarachi, dans un communiqué réagissant aux "soi-disant +refoulements+ présumés".

"Ces allégations, qui affectent la Grèce, sont clairement infondées, basées sur des images ou des témoignages fournis par le pays de départ", assure le ministre. "De nombreux cas ont fait l'objet d'enquêtes, y compris par l'Union européenne et les rapports n'ont trouvé aucune preuve d'une quelconque violation des droits fondamentaux de l'UE".

- Expulsée sans avoir pu demander l'asile -

Mais le Haut-Commissariat aux Réfugiés de l'ONU (HCR) a documenté environ 300 incidents signalés d'expulsions illégales autour des îles de la mer Égée et de la frontière terrestre gréco-turque entre janvier 2020 et mars 2021.

Le 29 novembre 2020, Ange, une jeune Burundaise, racontait avoir été renvoyée de force en Turquie sur un radeau de survie, avec 28 autres migrants depuis l'île grecque de Lesbos, sans pouvoir déposer sa demande d'asile.

Son témoignage avait été recueilli par plusieurs ONG, dont le Greek Helsinki Monitor, qui ont porté plainte le 21 mai auprès de la Cour de justice européenne contre Frontex, l'agence de surveillance des frontières de l'UE, qu'elles accusent aussi de "violations graves et persistantes des droits fondamentaux".

Ange et un mineur congolais ont dit avoir été "agressés, volés", "détenus" à leur arrivée sur l'île de Lesbos, puis "expulsés collectivement et finalement abandonnés sur des radeaux, sans moteur, ni eau, ni nourriture".

Le 6 juillet, Ange est parvenue à regagner la Grèce, cette fois en débarquant sur l'île de Samos avec une vingtaine d'autres personnes, selon son avocat Panayote Dimitras.

Après s'être cachée dans les bois pendant plusieurs heures, la jeune Burundaise a contacté son avocat qui a écrit au HCR, à la direction du camp et à la police, pour s'assurer que cette fois elle ne serait pas renvoyée vers la Turquie.

Après une période de quarantaine, Ange "sera enregistrée auprès des autorités et pourra déposer sa demande d'asile", a précisé Me Dimitras à l'AFP.

- "Je rejette le concept de refoulement" -

Le 3 mai, la commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe Dunja Mijatovic a exhorté la Grèce à mettre fin "instamment" aux refoulements de migrants qui violent "l'article 3 de la Convention européenne des droits de l'homme" et de la Convention des Nations unies sur les réfugiés.

Démentant catégoriquement les allégations de retours forcés de migrants, le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a "rejeté le concept de refoulement. Ce mot n'existe pas dans mon vocabulaire", a-t-il dit début juillet au journal grec Kathimerini.

"Lorsque nous voyons une barque arriver (...) nous allons faire tout ce que nous pouvons pour que cette barque retourne d'où elle vient", a-t-il ajouté.
(AFP, 13 juillet 2021)

Haouach démissionne, informations sur de potentiels liens avec les Frères musulmans

Par Bernard Demonty et Fanny Declercq, Le Soir, 9 juillet 2021
Des informations des services de renseignement sont remontées au gouvernement après la séance de la Chambre. Ihsane Haouach nie tout lien avec les Frères musulmans et assure que sa démission est une décision personnelle.
Ihsane Haouach démissionne, le gouvernement en possession d’informations sur de potentiels liens avec les Frères musulmans
La commissaire de gouvernement auprès de l’Institut pour l’égalité entre les femmes et les hommes, Ihsane Haouach, a présenté sa démission ce vendredi soir. Dans sa lettre, elle fait état de « violentes attaques la concernant, qui n’ont été qu’en s’amplifiant. Ce contexte de défiance et de violence à mon égard rend impossible l’exercice de ma fonction de manière efficiente. »

Sans que ces éléments de harcèlement à son égard, depuis sa nomination, notamment sur les réseaux sociaux, ne soient contestables, il nous revient qu’un autre élément est intervenu. Après la séance de la Chambre où le Premier ministre, Alexander De Croo, avait indiqué avec fermeté qu’il n’y aurait plus de nouvelle polémique, des informations, circulant au sein des services de renseignement, sont remontées au gouvernement. Ces informations feraient état de liens éventuels entre Ihsane Haouach et les Frères musulmans. Selon plusieurs sources gouvernementales, elles ont été jugées suffisamment crédibles pour aller dans le sens d’une démission. Une source de sécurité confirme, évoquant un « faisceau de suspicions », sans conclure à un lien parfaitement établi.

De son côté, Ihsane Haouach, qui nous a contactés, assure que sa démission résulte d’une décision personnelle, sans aucun lien avec ces éléments, dont elle assure n’avoir pas connaissance. « J’ai pris cette décision hier soir, pour des raisons qui sont indiquées dans le courrier que j’ai envoyé. J’entendais que le gouvernement pouvait être déstabilisé par ce qui se passait et j’étais prête à remettre ma démission pour l’apaisement. »

Quant aux informations dont dispose le gouvernement, Ihsane Haouach assure ne pas en avoir connaissance, et nie tout lien avec les Frères musulmans.

Précisons que dans l’interview qu’elle nous accordait samedi dernier, nous lui avions posé la question en ces termes : « Certains s’inquiètent de votre proximité éventuelle avec les Frères musulmans. » Voici ce qu’elle nous répondait : « J’invite qui que ce soit à prouver quoi que ce soit, je n’ai rien à cacher. Je ne connais pas cette mouvance, ni de près ni de loin. Là aussi, je réfléchis à l’opportunité d’une action en justice. »

Interrogé, le porte-parole d’Ecolo nous a déclaré vendredi soir : « Des rumeurs affirmant que Madame Haouach serait membre des Frères musulmans circulent depuis un certain temps. Madame Haouach a eu l’occasion d’y répondre elle-même clairement dans le journal “Le Soir” en les démentant. D’aucuns continuent à propager ces rumeurs mais nous n’avons reçu aucun élément qui aille dans le sens contraire à ce qu’elle a affirmé à ce propos. Nous nous tenons donc aux explications données par Madame Haouach concernant sa démission. »




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