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INFO-TURK

A non-government information center on Turkey

Un centre d'information non-gouvernemental sur la Turquie

46th Year / 46e Année
Août
 
2022 August
N° 528
53 rue de Pavie - 1000 Bruxelles
Tél: (32-2) 215 35 76
Chief Editor /Rédacteur en chef: 
Dogan Ozgüden

Responsible editor/Editrice responsable:

Inci Tugsavul
Human Rights
Pressures on  media
Kurdish Question
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Interior politics
Armed Forces
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Socio-economics
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Titres des évènements du mois
Titles of this month's events


La Confédération des Bandes Mafieuses se disloque - Ragip Duran

Droits de l'Homme / Human Rights

Kavala to send ECtHR decision to all MPs


Pression sur les médias / Pressure on the Media

Ahmet Altan: «La prison n’a pas pu tuer mon désir d’écrire»

Journalist Zeynep Kuray detained while following workers' protests
Arrest of 16 Kurdish journalists to continue
One of  Türkiye's longest-running rock festivals banned

Imprisoned Kurdish journalists not allowed to use fridge amid scorching heat

Kurdish Question / Question kurde

La Cour constitutionnelle rejette la demande de libération d'une opposante kurde
Une opposante kurde maintenue en prison malgré sa démence
Kurdistan National Congress: How can Turkey be stopped?
Aysel Tuğluk forced to make defense in Kobanî trial despite dementia

Minorités / Minorities

"Türkiye should recognize Ezîdî genocide"

2717 Yézidis victimes de l’EI toujours portés disparus

Young Armenian with autism was severely beaten to death

Politique intérieure/Interior Politics

La Confédération des Bandes Mafieuses se disloque - Ragip Duran

Forces armées/Armed Forces



Affaires religieuses / Religious Affairs
 

Federation of Alevi Foundations expels the cemevi visited by Erdogan

Alevi communities in Turkey: Discriminated and persecuted

Socio-économique / Socio-economic

Men killed 28 women in July

Relations turco-européennes / Turkey-Europe Relations

Chants pro-Poutine à Fenerbahçe: l'UEFA inflige 50.000 euros d'amende au club turc
Une centaine de parlementaires français dénoncent "la politique de guerre d'Erdogan"
Fenerbahçe refuse de s'excuser auprès de l'Ukraine pour les slogans pro-Poutine


Turquie-USA-OTAN / Turkey-USA-NATO



Relations régionales / Regional Relations

Des milliers de Syriens manifestent contre la Turquie
Poutine-Erdoğan : les dictateurs copinent sur les dos des Kurdes

A Sotchi, Erdogan et Poutine font ami-ami

Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece


Immigration / Migration

Japan grants refugee status to a Kurd of Turkish nationality


Droits de l'Homme / Human Rights

Kavala to send ECtHR decision to all MPs

Main opposition Republican People's Party (CHP) deputy Utku Çakırözer on Saturday (July 30) visited the Gezi trial convicts Osman Kavala, Tayfun Kahraman, Hakan Altınay, and Can Atalay.

Sending a message through Çakırözer, Kavala said, "I will get the ECtHR's latest decision regarding Türkiye, which did not comply with the decision that my arrest is a rights violation, translated, and send it to the all deputies at the Grand National Assembly of Türkiye.

"All deputies should know and read the issue of violation of Article 18, which explains that these were done deliberately, especially for the purpose of silencing and deterring."

In late April, Kavala, a businessperson and a rights defender was sentenced to aggravated life imprisonment for "attempting to overthrow the government" in the case concerning the countrywide anti-government protests in 2013, known as the Gezi Park protests. Seven other defendants were sentenced to 18 years in prison for aiding the attempt.

Prior to that, Kavala had been behind bars since November 2017 without conviction, despite a 2019 ECtHR decision for his release.

The ECtHR Grand Chamber on July 11 ruled that Türkiye had failed to abide by that decision. It concluded that Turkey violated article 46/1 of the European Convention on Human Rights (ECHR) about the binding force of the ECtHR decisions.

In the 2019 verdict, the European court concluded that Turkey had violated article 18 of the ECHR, which prohibits the abuse of powers by the judicial authorities in the limitation on the use of restrictions on rights.

Türkiye has asserted that it abided by the 2019 decision as a court had ordered Kavala's release at the time. However, Kavala remained behind bars after another court, shortly after the ECtHR decision, had ordered his arrest in a case related to the 2016 coup attempt.

"Unlawfulness must end"

Also speaking to MP Çakırözer, the other convicts called for their release.

Tayfun Kahraman said it would be 100 days since their imprisonment on August 3, adding that the appeals court should examine their case as soon as possible.

Hakan Atay said, "No recognizing an ECtHR verdict, not abiding by Council of Europe decisions... These never happened before. Sixty-six governments have been established in Türkiye. The 48 governments that have been established since we became a Council of Europe member have always considered that compliance with ECtHR decisions were in Türkiye's interest."

Speaking to reporters after the visit, MP Çakırözer said, "We have always said and we are saying it again: In Gezi, millions of people exercised their right to protest, which is a constitutional right. Tayfun Kahraman, Hakan Altınay, Can Atalay, Mücella Yapıcı, Mine Özerden, and Çiğdem Mater have been in prison for months, and they will complete their 100th day in prison next week.

"Likewise, Osman Kavala has been under arrest for 1,734 days. It is unfair and unlawful to keep them in prison, even for one day. The Constitutional Court should address their applications as soon as possible, and this unlawfulness should be reversed. These innocent people should be freed immediately." (BIA, 2 August 2022)

Pression sur les médias / Pressure on the Media

Ahmet Altan: «La prison n’a pas pu tuer mon désir d’écrire»

Béatrice Delvaux, Le Soir, 13 août 2022
En 2016, l’écrivain et journaliste turc Ahmet Altan est arrêté à l’aube chez lui, avec son frère. Il est jugé et condamné à la prison à vie pour « aide à une organisation terroriste », dans le cadre de son activité de rédacteur en chef du journal Taraf, aujourd’hui disparu. Ce défenseur des droits de l’Homme, âgé de 70 ans, subit alors le sort infligé à nombre d’intellectuels par le régime d’Erdogan après la tentative de coup d’Etat de juillet 2016. Il est libéré en avril 2021, avec interdiction de sortir du pays, mais est toujours sous le coup de jugements qui peuvent à tout moment le renvoyer en cellule.

C’est l’écriture qui va permettre à cet écrivain majeur de la littérature turque contemporaine de défier les dix mètres carrés de sa cellule. A l’insu de ses geôliers et avec la complicité de ses avocats qui feront sortir les centaines de feuillets noircis en cachette et à la hâte, il va signer, derrière les barreaux, deux romans d’une beauté fulgurante qui sont chacun une ode à la liberté : celle qui naît du pouvoir de la littérature (Je ne reverrai plus le monde. Textes de prison. Actes Sud) et celle qui naît des femmes, de l’amour et du courage (Madame Hayat. Actes Sud, prix Fémina étranger 2021).

Alors qu’Ahmet Altan était toujours en prison, soutenu par les deux centres PEN belges (défenseurs de la liberté d’expression d’écrivains et journalistes incarcérés), l’Intime Festival de Namur avait proposé une grande lecture de Je ne reverrai plus le monde par Pietro Pizzuti et une conversation avec son traducteur Julien Lapeyre de Cabanes. Ce 20 août, l’acteur Yannick Renier lira Madame Hayat, mais cette fois, c’est Altan en personne qui répondra aux questions posées à Istanbul par Chloé Colpé, la directrice de l’Intime Festival, lors d’une rencontre événement à laquelle nous avons participé.

Vous ne pouvez pas être parmi nous, alors nous venons à vous, à Istanbul dans votre appartement…

J’aurais souhaité venir vous voir mais je n’y suis pas autorisé. Je ne peux pas sortir du pays. Je ne recommanderais à aucun écrivain les conditions d’écriture de Madame Hayat. Ce livre a été écrit en prison, dans une petite cellule de dix mètres carrés avec deux codétenus, sur la table en plastique blanc que nous utilisions pour prendre nos repas. Mais j’ai été très heureux en prison avec Madame Hayat. J’ai vécu avec elle et elle m’a beaucoup aidé. C’est une femme très sensuelle, se promener et plaisanter avec elle en prison, lui parler, a été pour moi un événement libérateur. Je l’ai beaucoup aimée et grâce à elle, la littérature m’a protégé.

Prenez-vous des risques en nous recevant chez vous ?

Non, mais j’aimerais me concentrer surtout sur le livre car être un martyr est très ennuyeux. C’est la littérature qui doit être mise en évidence, pas moi. Je mourrai, mais pas le livre, du moins je l’espère. Les livres sont plus importants que les écrivains. Mais nous parlerons politique évidemment : nous sommes en Turquie…

C’est dans cet appartement que vous avez été arrêté ?

Oui, ainsi que mon frère, et mon père avant nous, il y a 45 ans. Nous vivons dans ce quartier depuis plus de 100 ans. Ils étaient six policiers ce matin-là, à 5h32. Je leur ai demandé, comme mon père l’avait fait à l’époque, s’ils voulaient un café, en précisant que ce n’était pas de la corruption. Ces policiers antiterroristes, armés jusqu’aux dents, étaient un peu gênés : m’arrêter était si facile, j’étais sans résistance, j’offrais le café et mon sac était déjà préparé (il rit). Je n’ai pas eu peur lors de l’arrestation, et pas davantage de la prison, ni avant, ni après.

Parce que cela fait partie de la tradition familiale ?

(Il éclate de rire) Non ! Mais si vous êtes un écrivain turc, que vous vous mêlez de politique, que vous voulez changer le pays et que le pouvoir ne veut pas ce changement, vous savez qu’ils vont vous faire quelque chose. C’est une pauvre réaction du pouvoir, mais je savais qu’ils allaient m’arrêter, comme ils avaient arrêté mon père, je connaissais les « règles », cela fait partie du jeu. Et donc, ils sont venus. J’ai été condamné à la prison à vie, ce qui veut dire que normalement, vous ne sortirez pas. La prison, je ne la recommande pas ! (nouveaux éclats de rire), mais s’ils vous prennent, vous ne pouvez pas changer les conditions. Vous pouvez par contre toujours faire quelque chose sous ces conditions. Comme écrire dans votre cellule, comme je l’ai fait.

Comment sont vos journées depuis votre sortie de prison ?

Je me promène, je regarde la télévision. Ce week-end, le Tour de France commence, j’adore ! (l’entretien a été réalisé le 29 juin dernier, NDLR). Je regarde des films, je lis des livres. Mais bientôt, je vais commencer à écrire sur 1915, une année marquée par la Première Guerre mondiale et les massacres arméniens. J’ai écrit trois livres sur l’histoire de ma famille, je vais écrire le quatrième et dernier tome de ce « quartet ».

Quelle différence avant et après l’emprisonnement ?

C’est très surprenant et en même temps effrayant : je ne sens pas de différence. En ce moment, je suis condamné à 20 ans à partir de trois procès différents. Tout peut arriver, je sais que je peux y retourner et pourtant, je ne pense pas à la prison. Par contre, je pense à ceux qui y sont encore – des milliers d’innocents – et qui me hantent. Je connais leurs histoires, je sais ce qu’ils ressentent le soir lors de l’appel à la prière, quand on ferme les portes de fer, qu’ils ne peuvent plus sortir, coincés toute la nuit dans dix mètres carrés.

Etes-vous surveillé, écouté ?

Non. Mais ils peuvent le faire, j’y suis habitué depuis mon enfance. Ils écoutaient mon père, ma famille et donc je m’en fiche.

La prison vous manque-t-elle pour écrire ?

(Dans un éclat de rire) Ah non ! La prison ne me manque pas. Tous les écrivains veulent être seuls dans une pièce, si possible sans bruit : en prison, c’est impossible. A la maison, je me lève à 8 heures le matin et je commence à écrire jusque minuit. J’écoute toujours les mêmes chansons, qui changent de livre en livre. Mais je ne quitte pas ma pièce et personne ne vient. Or, en prison, la table sur laquelle j’écrivais appartenait à trois personnes et servait pour le petit-déjeuner, le lunch et le dîner. Parfois j’écrivais lorsqu’ils regardaient la télé. Ce n’était pas si facile mais tant que je pouvais écrire, je ne me plaignais pas. J’avais évidemment peur que les gardiens confisquent mes papiers. Et j’avais donc l’habitude de mémoriser tout avant de commencer à écrire, au cas où. Mes codétenus ont préservé mon secret et je leur en suis très reconnaissant. Ils ne se sont pas plaints, même quand je fumais : ils m’ont laissé travailler.

Certains, comme l’écrivaine turque Asli Erdogan, disent que la prison a tué leur désir d’écrire. Pas vous ?

La prison, le pouvoir politique, le système judiciaire, le juge, le procureur ou la police ne peuvent attraper mon désir d’écrire, ils n’ont pas ce pouvoir : je suis plus puissant qu’eux tous.

La prison a-t-elle fait de vous un meilleur écrivain ?

Cela a changé mon style d’une certaine façon. J’aime écrire des descriptions à propos des amoureux, de la nature, de votre robe, de la couleur de vos cheveux, des détails. Mais en prison, j’essayais de finir le livre le plus vite possible, pour l’envoyer vers l’extérieur sans qu’il soit confisqué, et donc cela a rendu mon style un peu plus direct et épuré.

Dans Je ne reverrai plus le monde, vous expliquez pourquoi la peur ne vous a pas anéanti en prison : « Il y avait ce quelqu’un, cet être en moi que j’imaginais tissé des ombres lumineuses que tous ces glorieux morts projetaient dans mon âme – votre père vous souriant depuis la voiture de police qui l’emmène en prison, Sénèque consolant ses amis au moment de se trancher les veines, Boèce écrivant son plus grand livre dans sa cellule de condamné à mort. Et il avait parlé, et cela avait tout changé. La réalité n’a pas su m’attraper au vol. C’est moi qui l’ai empoignée au col. »

C’est une sorte de tradition familiale. Mon arrière-grand-père Hassan Pacha s’est battu durant dix ans – guerre des Balkans, Première Guerre mondiale, Guerre d’indépendance. Mon grand-père a été condamné à la prison à vie, mon père a été en prison, mon frère a été arrêté, j’ai été arrêté. Je parle de ces morts mais je pense que la littérature doit être nue, sans aucun autre enjeu, politique ou autre. Je me fiche de qui je suis, je me préoccupe de ce que j’écris. Je me suis souvent posé cette question très difficile : qu’est-ce qui est le plus important, aider les gens en écrivant leurs drames ou ignorer tout ce qui est autour de vous et écrire pour la littérature ?

Regrettez-vous d’avoir été un journaliste ?

Non, mais votre temps et votre énergie sont limités : vivre veut dire faire des choix. Si vous voulez aider, cela vous donnera moins de temps pour votre propre écriture, si vous choisissez d’écrire vos romans, vous allez ignorer ceux que vous pouvez aider. C’est un dilemme très dur.

Dans Je ne reverrai plus le monde, vous décrivez le moment où vous recevez votre premier livre – Les cosaques, de Tolstoï : « La vie semblait soudain libérée de ses chaînes, comme un morceau de terre mal arrimé s’arrache au continent dans un bruit de cassure énorme. Je n’étais pas fini, je n’étais pas abandonné, je n’étais pas perdu. J’avais un livre ». La liberté : c’est ce que les livres nous apportent ?

Ils ne m’ont pas laissé lire durant des mois. Et donc quand vous lisez enfin un bon livre, vous oubliez tout, c’est comme l’amour, littéralement. Vous oubliez que vous êtes en prison. C’est une espèce de soulagement de tout.

Dans Madame Hayat, une protagoniste dit au héros : « Il y a une liberté que nous gagnons quand nous nous conformons aux règles, et une liberté que nous gagnons en définissant les règles ». Avez-vous choisi l’une des deux voies ?

C’est une bonne question pour tout lecteur : comment gagnez-vous votre liberté ? Je pense que je suis quelqu’un qui défie les règles, j’ai été éduqué comme cela par mon père. Je suis un rebelle. J’ai écrit ce que je voulais écrire, sans jamais essayer d’adoucir : j’ai exprimé mes sentiments, mes pensées avec toute ma sincérité et clarté.

C’est ce qui manque au journalisme aujourd’hui : le courage de la vérité ?

Pour gouverner le pays, le pouvoir veut que les journalistes disent ses mensonges, ne pose pas les vraies questions et tente d’effrayer la presse, surtout dans des pays comme la Turquie. Mais dans d’autres pays européens, ce ne sont pas seulement les enjeux politiques, mais aussi financiers qui jouent. Tout journaliste connait cette peine. Nous sommes là pour combattre cela. Thank god, il y a des façons de le faire aujourd’hui en publiant via d’autres canaux, comme YouTube ou Twitter. Cette « guérilla » est une grande chance.

Vous ne citez jamais la Turquie dans vos livres mais nous la voyons à chaque page ?

La plus grande menace pour l’humanité, c’est le nationalisme. Nous le vivons ici, oui. Au Moyen Orient, en Russie, en Hongrie avec Orban, en Inde. Les Français sont au bord de ce précipice. Partout, même aux Etats-Unis, on voit les nationalistes. Je pense que c’est lié au changement technologique. Au temps de la révolution industrielle, les gens avaient peur de perdre leur travail. Ici, c’est la même chose avec les nouvelles technologies : peur de perdre son travail, son revenu, son futur. Les foules ont peur d’un futur qu’ils ne peuvent pas voir, peur des ordinateurs devant lesquels nous ne sommes pas égaux. Et donc, certains tentent de cacher ces peurs derrière des frontières, demandent à l’Etat de les protéger, ils veulent se battre contre le futur. Mais ce combat est très dangereux car ils deviennent les ennemis des autres. Le nationalisme signifie qu’un petit groupe est contre toute l’humanité.

Chaque nation dit qu’elle est la meilleure, or c’est impossible, c’est un non-sens – il ne peut y avoir des centaines de « meilleurs » dans le monde – et c’est dangereux – tout leader nationaliste a besoin d’une guerre et de la mort des jeunes hommes. Nous le voyons en Ukraine aujourd’hui avec Poutine, comme Saddam ou Hitler avant lui. J’aimerais que tous les intellectuels se regroupent et disent au monde : « nous vivons sur une planète sans importance, très petite comparée à l’espace. Nous sommes tous du monde. Chacun de nous doit être contre les bizarres et sales guerres de ce nationalisme. »

Votre livre s’intitulait Je ne reverrai plus le monde. Maintenant que vous l’avez revu, êtes-vous déçu ?

Evidemment non. J’ai écrit ce passage quand j’ai été condamné à rester en prison jusqu’à ma mort. Puis, quelque chose a changé, je ne sais pas pourquoi, ils m’ont libéré, j’ai revu le monde, et j’en suis très heureux. C’est si beau. En prison, vous ne voyez pas le ciel, pas de vert, de plantes, de femmes, vous n’avez pas de pain frais, vous manquez de tellement de choses.

Vous préférez pourtant être ici avec le danger d’être emprisonné à nouveau, qu’en exil ?

Ici, je parle ma langue natale, même en prison. C’est mon pays natal, ma ville natale, mes êtres chers sont ici, j’aime la cuisine turque, je sais ce que la Turquie est. Je ne veux pas devenir un citoyen de seconde classe. Et donc oui, si je dois choisir, je préfère la prison à l’exil.

Madame Hayat donne à son jeune amant un conseil : « La seule chose que je te demande, c’est de choisir un moment unique. Et de ne pas l’oublier. Si tu essaies de te souvenir de tout, tu oublieras tout, mais si tu choisis un moment parmi tous ceux que nous avons partagés, alors il t’appartiendra pour toujours, tu ne l’oublieras jamais. » Utile pour nous tous ?

Je veux vous embrasser : vous êtes la première journaliste qui cite cette phrase, que j’adore. Personne ne m’en a parlé jusqu’à maintenant. Or, je sais que ce qu’elle dit est tellement vrai : « Choisissez un moment. Si vous essayez de tout retenir, vous allez tout oublier. » Ces moments-là sont très intimes, on ne peut pas les partager, seulement les garder, s’en souvenir, les regarder.

C’est votre message à nos lecteurs ?

Penser va contre la pureté et la sincérité de l’écriture. Donc je ne pense pas, je ne donne pas de message, j’écris avec mon instinct. Cela vient d’un endroit en moi que je ne peux pas atteindre. J’écris quelque chose à propos de moi, de mes sentiments, de ma vie et c’est cela que je veux partager : regardez, j’ai vraiment vu une femme incroyable, voulez-vous partager la sensation avec moi ? Regardez-la. N’oubliez pas cette femme. C’est tout ce que j’ai à dire.

Journalist Zeynep Kuray detained while following workers' protests

Journalist Zeynep Kuray was detained today (August 12) while she was following the protest of the workers of the company that built the Halkbank Plaza in the Ataşehir Financial Center in İstanbul.

The workers of the YDA GROUP, a contractor of Emlak Konut GYO, the state-run real estate developer, began protesting yesterday, demanding better working conditions and their rights.

Police did not allow the protest to continue and detained the workers and the journalist.

"Police are attacking the construction workers. I'm being detained," she wrote on Twitter.

She announced her release in another tweet a couple of hours later. "The bosses of the Emlak Konut GYO, with the guidance of a plainclothes police officer, filed a complaint against me for 'damaging public property," she wrote.

The Journalists' Association of Türkiye (TGS), the DİSK Basın-İş union and Erol Önderoğlu, the Reporters Without Borders (RSF) representative in Türkiye, had called on for the immediate release of the journalist in Twitter posts. (BIA, 12 August 2022)

Arrest of 16 Kurdish journalists to continue

In the monthly evaluation of the arrest of 16 journalists arrested in the southeastern Diyarbakır province on June 16, the Diyarbakır 5th Criminal Judgeship of Peace ruled that their arrest should continue.

Resul Temur, the attorney of the journalists who requested their release, said that their access to the case file was restricted even though there was no restriction order on the file.

Due to the restriction, they did not have the opportunity to examine the evidence in the file, he said, adding that it was against the right to a fair trial, which is guaranteed by article 36 of the Constitution.

He noted that a six-page document including the request for the journalists' referral to the prison had been prepared only a few minutes after they had given their statements to the prosecutor, which showed the decision was given in advance.

It was clear that the journalists were arrested for reasons that were "illegitimate and unlawful," the lawyer said, demanding the release of his clients.

The judgeship decided to continue the journalists' arrest because there is evidence showing "strong suspicion" that the journalists committed the alleged offense, that there is no change in the evidence in favor of the suspect journalists, that the crime charged against them is one of the catalog crimes specified in the Criminal Procedure Code, and that the detention measure is proportional according to the expected sentence.

On June 8, the police raided several homes and offices of news outlets in the predominantly Kurdish populated province of Diyarbakır. Twenty-two people, including 20 journalists, were detained.

After eight days in detention, a judgeship ruled for the arrest of 16 journalists on "terrorist propaganda" charges, citing their news reports and social media posts as evidence.

During their interrogation, the questions they were asked included what they meant by "Kurdish question" and whether they had received instructions, an attorney of the journalists had told bianet.

The arrests triggered a backlash from journalists and international organizations. (BIA, 11August 2022)


One of  Türkiye's longest-running rock festivals banned


The sub-governor of Burhaniye, Balıkesir, has banned the Zeytinli Rock Festival, which was due to take place between August 17-21, a document revealed yesterday (August 10) has shown.

Security, traffic and environmental problems that arose during the festival in the previous years were among the reasons for the decision, Sub-governor İlyas Memiş said in the written response to the organizers' application.

"Considering intense complaints and grumbling by our citizens, [the festival] has not been deemed appropriate for public safety and health, public peace, and environmental protection," said the document dated August 5.

The organizing company, Milyonfest, has yet to make a statement about the issue.

About 70 musicians and bands were going to perform at the festival, which has been held in the northwestern province of Balıkesir since 2005.

Reactions from musicians

Several musicians, including those who were going to perform at the festival, criticized the ban on Twitter.

"What is tried to be prevented is not a festival, but the freedom and right to choice of the youth of the country," wrote Moğollar, a pioneering rock band in Türkiye whose career spans over 50 years.

"The youth of this country deserve everything their peers in the world have," wrote Mor ve Ötesi, a well-known rock band.

Gökhan Özoğuz wrote, "The Zeytinli rock Festival is the festival of the young people who unite against all elements that disrupt public peace, deception and unfairness."

"Prostitution and drugs"

Days before the ban, the Balıkesir branch of the Community for Spreading Wisdom (İlim Yayma Cemiyeti), one of the largest conservative NGOs in Türkiye, released a statement condemning the festival, where it claimed "prostitution, rape and harassment took place in public."

Homes and businesses "are damaged and looted" and "every kind of drug is used" at the festival, the group claimed.

"We don't accept these festivas, where every kind of inappropriate situation is offered to our youth," it said.

The government and municipalities have banned several concerts the past couple of years for similar reasons, as well as introducing a live music ban after midnight as part of the coronavirus measures, which has remained in place despite the lifting of all other restrictions.

Another music festival was banned in May in Eskişehir, a city with a high student population.

Also, spring festivals in many universities have been canceled or turned into "alcohol-free" events. (BIA, 11 August 2022)


Imprisoned Kurdish journalists not allowed to use fridge amid scorching heat

One of the 16 Kurdish journalists who were remanded in custody in June in a "terrorism-related" investigation said they were not allowed to buy TVs, refrigerators to use in their cells.

The prison administration also did not deliver the books sent for them, Ömer Çelik told his family during a visit the Mezopotamya Agency (MA) reported.

The prison administration told them that the books could only be delivered in the first week of September and did not explain why they were not allowed to buy a refrigerator and a TV, said the journalist. Temperatures in the southeastern city of Diyarbakır are currently about 40 Celsius degrees, he noted.

Attorneys of the journalists said they will apply to the Diyarbakır High Security Closed Prison No. 2 administration regarding the issue.

What happened?

On June 8, the police raided several homes and offices of news outlets in the predominantly Kurdish populated province of Diyarbakır. Twenty-two people, including 20 journalists, were detained.

After eight days in detention, a judgeship ruled for the arrest of 16 journalists on "terrorist propaganda" charges, citing their news reports and social media posts as evidence.

During their interrogation, the questions they were asked included what they meant by "Kurdish question" and whether they had received instructions, an attorney of the journalists had told bianet.

The arrests triggered a backlash from journalists and international organizations. (BIA, 4 August 2022)


Kurdish Question / Question kurde

La Cour constitutionnelle rejette la demande de libération d'une opposante kurde

La Cour a refusé de libérer et de reporter l'exécution de la peine d'Aysel Tugluk, une ancienne vice-présidente du HDP, le Parti démocratique des peuples (prokurde) et atteinte de démence depuis 2021.

Elle a cependant ordonné une mesure d'urgence pour que Mme Tugluk puisse recevoir un traitement et bénéficier régulièrement de consultations de neurologie et de psychiatrie dans un hôpital.

"L'évolution de sa maladie doit être suivie et la nécessité d'une libération doit être évaluée à des intervalles réguliers", a décidé la Cour.

Âgée de 57 ans, Mme Tugluk a été arrêtée en 2016 et condamnée à dix ans de prison en 2018 pour "appartenance à une organisation terroriste".

Elle a été condamnée pour ses activités au sein du "Congrès de la société démocratique" (DTK), une organisation considérée par les autorités turques comme liée au PKK, le Parti des travailleurs du Kurdistan, classé mouvement "terroriste" par Ankara et ses alliés occidentaux.

"Je ne sais pas pourquoi je suis jugée, ni ce qui s'est passé, où et quand", a-t-elle affirmé lors d'une audience début août, ont rapporté les médias turcs.

Mme Tugluk a perdu sa mère en 2017 et, alors qu'elle avait été autorisée à assister aux obsèques, celles-ci ont dû être annulées en raison de menaces de groupes nationalistes.

Pour son entourage, la démence de l'opposante date de cet épisode douloureux.

"Les autorités estiment que Mme Tugluk reçoit un traitement parce qu'elle a accès à des médicaments. Mais sa maladie empire en détention", a affirmé samedi à l'AFP son avocat, Serdar Celebi.

Les milieux prokurdes, en particulier le HDP, font l'objet d'une répression implacable depuis plusieurs années en Turquie.

Le pouvoir accuse le parti d'être la "vitrine politique" du PKK, ce que ce dernier dément, en se disant visé en raison de sa farouche opposition au président Recep Tayyip Erdogan.

Selahattin Demirtas, ancien dirigeant emblématique du HDP, est lui aussi détenu depuis novembre 2016 pour des accusations en lien avec le "terrorisme". (AFP, 12 août 2022)


Une opposante kurde maintenue en prison malgré sa démence

La justice turque a ordonné vendredi soir le maintien en détention d'une opposante kurde malgré des rapports attestant qu'elle est atteinte de démence, a affirmé samedi son avocat à l'AFP.

Vice-présidente du HDP, le Parti démocratique des peuples (pro-kurde), avant son arrestation en 2016, Aysel Tugluk, 57 ans, a été condamnée en 2018 à 10 ans de prison pour "appartenance à une organisation terroriste".

Bien qu'il ait décidé de la libérer dans le cadre d'un autre dossier, le tribunal d'Ankara qui était saisi l'a quand même maintenue en prison vendredi soir pour sa condamnation de 2018, alors qu'elle n'est "pas consciente de ce qui passe autour d'elle", a affirmé à l'AFP son avocat, Serdar Celebi.

"Les juges ont vu de leur propres yeux que Mme Tugluk ne comprenait pas les questions qui lui étaient posées et n'était pas capable de présenter une défense. Mais ils ont refusé de prendre en compte les rapports que nous avons soumis et de la transférer dans un hôpital", a-t-il dit.

Considérée comme atteinte de démence depuis 2021, Mme Tugluk avait été arrêtée pour ses activités au sein du "Congrès de la société démocratique" (DTK), une organisation considérée par les autorités turques comme liée au PKK, le Parti des travailleurs du Kurdistan, classé mouvement "terroriste" par Ankara et ses alliés occidentaux.

"Je ne sais pas pourquoi je suis jugée, ni ce qui s'est passé, où et quand", a-t-elle affirmé lundi lors d'une audience, ont rapporté les médias turcs.

Mme Tuglu a perdu sa mère en 2017 et, alors qu'elle avait été autorisée à assister aux obsèques, celles-ci ont dû être annulées en raison de menaces de groupes nationalistes.

Pour son entourage, la démence attestée de l'opposante date de cet épisode douloureux.

Tout en reconnaissant son état de santé, l'Institut de médecine légale, organisme public chargé d'émettre des avis officiels sur la santé des détenus, a estimé en juillet qu'elle était apte à rester en prison.

"Les autorités estiment que Mme Tugluk reçoit un traitement parce qu'elle a accès à des médicaments. Mais sa maladie empire en détention", s'alarme son défenseur.

Les milieux prokurdes, en particulier le HDP, font l'objet d'une répression implacable depuis plusieurs années en Turquie.

Le pouvoir accuse le parti d'être la "vitrine politique" du PKK, ce que ce dernier dément, en se disant visé en raison de sa farouche opposition au président Recep Tayyip Erdogan.

Selahattin Demirtas, ancien dirigeant emblématique du HDP, est lui aussi détenu depuis novembre 2016 pour des accusations en lien avec le "terrorisme". (AFP, 6 août 2022)

Kurdistan National Congress: How can Turkey be stopped?

The Kurdistan National Congress (KNK) published a document on the new and very justified debate that began in the international community after the Turkish massacre in Zakho.

The Turkish state attacked the village of Perex on July 20. Nine Iraqi citizens were killed, and dozens were injured. Following this massacre, a new and very justified debate began in the international community.

The document underlined that "there has been a lot of discussion so far about putting an end to Turkey's invasion and attacks in Kurdistan in general, and South Kurdistan/Northern Iraq in particular. Such calls were always made by Kurdish public opinion to international powers. But international powers have always remained silent about this illegal behavior of Turkey, which constitutes war crimes. As the reason for this silence, they stated that the Iraqi government did not take a sufficient attitude. Now, with this latest attack, an important opportunity has arisen for these forces to fulfill their obligations. Especially if the UN wants to fulfill its own credibility and its obligations arising from its charter, it should consider this complaint by the Iraqi state as an opportunity. Indeed, Iraq has now explicitly asked them to take steps."

The document reads as follows:

"As a result of the sensitivity and public pressure that emerged after the massacre of Iraqi tourists by Turkey, the UN finally had to make some statements and the UN Security Council had to take an emergency meeting. United Nations on Thursday called for a “prompt and thorough” investigation into the deadly bombardment that struck a tourist resort in the Kurdistan Region’s Duhok province, killing nine Iraqi tourists and injuring 33 other people in an attack by Turkey. The incident was widely condemned by the international community, including the US, the Arab League, China, the European Court of Human Rights, the UK and the UN.

At the Iraqi authorities’ demand the U.N. Security Council held a meeting on 26 July, 2022.  During that meeting the Iraqi government called on the United Nations to pass a resolution to force the withdrawal of the Turkish military from the north of the country. The Iraqi Foreign Minister, also denounced the attack before the UN Security Council, naming it "a flagrant aggression by the Turkish Army against innocent civilians" and stressed that it was "a military aggression against the sovereignty, security and territorial integrity of Iraq". He asked the international body for the mentioned resolution and reminded them that the presence of Turkish troops in the semi-autonomous region of Kurdistan is "illegal", given that it does not have the approval of the Iraqi government nor is it framed in a security or military agreement with Ankara. In this sense, he warned that the presence of Turkish military in this area of the country will increase instability. In a message sent to the Security Council concerning the Turkish attack on 20 July, the Iraqi Foreign Ministry said that “22,740 Turkish violations have been documented. Baghdad demands an apology from the Turkish side for Iraq and its people.

Why did Turkey attack this resort place

The Turkish state did not carry out this attack by mistake; it did it deliberately. This is certain, as Turkish troops are directly opposite the village, and 400-500 Turkish military vehicles are deployed there. There are generally about a thousand tourists based there. The Turkish state also knows that it is a touristic place. The Turkish state can see a person under a tree and assassinate him with its advanced technology, how can it possibly hit a picnic area accidentally? There is no mistake here and the Turkish state did not shell the area just because a commander in the region wanted to do so.

This is Turkey’s official approach in politics. Turkish power elites want to establish their dominance in South Kurdistan and Iraq. They want to intimidate and kidnap people and seek domination by putting psychological pressure in this way. This is not the first attack. For many years they have been killing civilians in Southern Kurdistan, Rojava and Northern Kurdistan based on this policy. They want to intimidate people. And it seems that they don't want it to remain a picnic area; they rather want the area to be left to them. Turkey does not want people in those areas and seeks to establish a complete military domination. In short, the Turkish state carried out this attack on purpose.

Almost 30 thousand Turkish soldiers in South Kurdistan

The number of military points established by the Turkish state in South Kurdistan is around 100, but the number of soldiers currently deployed and active on Iraqi territory is at least 30 thousand. Furthermore, the Turkish state's special forces, commandos, and all expert brigades are currently based in South Kurdistan, that is, in Iraq. In the three-month period from April 14 to July 14, 2022 the number of Turkish bombings by fighter jets on Iraqi territory is 2,574, and the number of attacks by helicopters is 1,933.

Now this attack is being discussed intensely in Iraq, South Kurdistan and throughout Kurdistan. The village of Perex is located in Heftanîn. The village is one and a half kilometres away from the official border of Turkey. There is the Kiryaresh area, where a large Turkish military base is located. The Turkish state has currently occupied 23 hills in Heftanîn, it has built military bases in 23 places, and most of them are located around Perex.

Behind Perex, there are Turkish colonial forces, and there is a border line to the west. In fact, it is a region under the control of Turkish troops.

Turkey did not expect such a reaction

Maybe Turkey didn't expect such a strong reaction to its attack. They did not expect it because they have committed many massacres before that, and no country has ever reacted. For instance, several massacres took place around Qandil, in Sheladize and most recently in Bamerne. Last year, they hit a hospital in Sikeniyê in Shengal (Sinjar) and 8 civilians were martyred. If the Iraqi state and al-Kadhimi government had reacted to Turkey at that time, this latest massacre would not have happened. In August 2020, the two top military commanders of the Iraqi army, Zubayir Hali and Muhammed Rashit, were deliberately murdered by the Turkish state, but the Iraqi Prime Minister submitted to Erdoğan. They didn't react at all. That’s why the Turkish government is acting comfortably, but this time, especially the Iraqi people has given Turkey a very valuable response.

The Iraqi people have declared that 'enough is enough'. The latest attack was the last straw in this sense. A serious reaction has thus developed. When the people showed such a response to Turkey collectively, both Iraqi and South Kurdistan officials made statements, and there has been reaction on the part of the governments.

Although there are some shortcomings, there is a certain level of reaction that has emerged. If they had shown this reaction before, the Turkish state would not have been able to commit such massacres. If the Turkish state is not halted, it could do anything because it wants to establish its dominance over the area. They have such a purpose, and when necessary, they strike without making any distinction between soldiers and civilians.

Massacre, denial and lies

The Turkish state has denied committing this massacre. It even claimed that the "PKK did it". Although Iraq proved that this massacre was committed by the Turkish state, Turkey denied it. This denial causes the world to see Turkey’s reality. What is this reality? This is what Turkey always does. Turkey promotes terror in Kurdistan, but it accuses us of being 'terrorists'. It kills our people but says that 'I don't kill civilians'. It completely denies and ignores the Kurdish people anyway. The reality of the Turkish state is denial, massacre and lies. The Turkish state is practicing state terrorism. This is what the Turkish state is. It has denied this last incident as well. Iraqi authorities have confirmed that Turkey did it, but they don't even take it into account. For example, Turkish authorities did not even reply to Iraq. They even said "Don't fall into a trap, let's cooperate " as if they were talking to a child. They don't even have respect. Therefore, the massacre showed the true face of the Turkish state a little more.

Why has the PKK relocated all their forces to South Kurdistan

Some criticize the PKK, saying that it has carried its war with the Turkish state to South Kurdistan.

There have also been some discussions in the Iraqi Parliament over this issue. Some allege that the PKK enters the territory of North Kurdistan (Turkey) from South Kurdistan, strikes the Turkish forces there, and then returns to South Kurdistan. This is not the case. Nothing like this has happened in the last 10 years. Ten years ago, there was a ceasefire between PKK and the Turkish state. The ceasefire lasted two and a half years. According to the agreement, PKK was set to relocate all their forces to South Kurdistan. They had already withdrawn some of their forces, but when they saw that the Turkish state did not have good intentions, they stopped the withdrawal of the troops. At that time, the Kurdistan Regional Government was also involved in the relocation of PKK forces to South Kurdistan; they knew and confirmed it. Iraq also confirmed it de facto. Guerrilla forces had to withdraw to South Kurdistan to continue negotiations with Turkey. Then Erdogan, halted the peace process even though a memorandum of understanding was signed at Dolmabahçe Palace, Istanbul. Since then, the Turkish state has been unilaterally mounting attacks wherever PKK has forces. This is how the current war is taking place. Turkey has brought this war to South Kurdistan. They attack PKK unilaterally and want to occupy the lands that comprise the territories of its National Pact.

If the target is the PKK, what are Turkish troops doing in Bashiqa near Mosul?

If the PKK is the cause of the attacks, then why does the Turkish military have a base in Bashiqa? Why did the Turkish state not withdraw its troops from Bashiqa when the Iraqi government asked them to do so 3-4 years ago? Turkey has never withdrawn its forces, and now secretly deploys its troops to Kirkuk. It also wants to occupy Kirkuk through its troops that it deploys as civilians and MIT (Turkish intelligence service) elements. It builds up a force and trains its forces over there. The Turkish state has plans for these lands. This needs to be seen. Maybe a part of the issue concerns the PKK, but the PKK is not the whole problem. This is a reality, too, and must be seen.

How can Iraq, the UN Stop Turkish occupation

Despite the current internal problems, the Iraqi state holds a strong position against the Turkish state. And now for example, if Iraq closes the border gate for two months and does not trade with Turkey, it could even cause the AKP-MHP government to collapse. Currently, South Kurdistan and Iraq are like a lifesaver for the Turkish state. Turkey sells its products in these lands. If the Iraqi state halts trade with Turkey now, Turkey will not be able to endure the resulting economic crisis and will collapse. In other words, Iraq has an economic card which strengthens its hand. Iraq can take a stance and give the necessary answer to the Turkish state in this way. In this manner, not only the people who were killed in Perex-Zakho, but also 138 of civilians who were martyred on Iraqi soil as a result of the Turkish attacks in the last 7 years, including those who were martyred by colonialism in South Kurdistan, Iraq and Rojava, can rest in peace. Therefore, such an attitude needs to be developed.

So, the fact that today the Turkish state is occupying ever larger parts of Southern Kurdistan, establishing military bases, causing massacres in towns and villages with artillery and air strikes, and that Iraq is unable to show a deterrent reaction to this as a state, is precisely the result of this internal political conflict and because the international powers have so far refused to make any serious criticism against this occupation.

If the UN and Iraq really do not want the Zakho massacre to be repeated and if they want to end the current state of occupation by the Turkish state, they must adopt a more resolute stance and fulfill their legal obligations. Otherwise, the inhuman policy of the Turkish state will be the cause of even more suffering and losses, and the Turkish state will become a permanent occupying power in Iraq.

The latest urgent UN Security Council meeting on this massacre was a positive step, but if it doesn't follow its decisions and take the necessary steps to stop the Turkish state's attacks, the Turkish state will continue these attacks.

The annex shows how Turkey has practiced massacring in South Kurdistan for many years. They could only do it because the silence of the international forces has given them the encouragement to do so. Therefore, it is time to put an end to the Turkish human rights and international humanitarian law violations." (ANF, 1 Aug 2022)

Aysel Tuğluk forced to make defense in Kobanî trial despite dementia

At today's (August 1) hearing in the Kobanî trial, arrested Kurdish politician Aysel Tuğluk said, "I don't know when it happened, what happened. I don't know what I'm being tried for."

The court board decided that Tuğluk, who has dementia, should attend the hearing via videoconference. They asked questions even though she said, "I'm not in a situation to defend myself."

Gültan Kışanak, another defendant and a prominent Kurdish politician, lashed out at the judges, saying, "Aren't you ashamed? You keep asking questions to a woman who doesn't even know her lawyer. Have respect."

The fifth session of the 15th hearing of the case where 108 members, including former co-chairs, of the Peoples' Democratic Party (HDP) are facing aggravated life sentences for "attempted overthrow" is being held at the Ankara 22nd Heavy Penal Court. The case concerns the deadly 2014 protests against the ISIS' assault on Syria's Kurdish town of Kobanî.

The politicians who are held at Ankara's Sincan Prison attended the hearing in person while defendants in other prisons attended via videoconference.

"Tuğluk should be released immediately"

Ahead of the hearing, politicians and the "Platform of 1000 Women for Aysel Tuğluk" gathered in front of the Sincan Prison Campus.

Speaking at the demonstration, Prof. Dr. Özgün said Tuğluk's rapidly progressing disease makes it impossible for her to live in prison conditions.

"Unfortunately, Aysel Tuğluk no longer has the opportunity to meet her needs and maintain her personal care without assistance. As a result of the treatment and examinations carried out by Kocaeli University Forensic Medicine Department months ago, it was stated that Aysel Tuğluk could not stay in prison, as we all know. Despite this, Aysel Tuğluk is still in prison pursuant to the reports of the Forensic Medicine Institution.

"Aysel Tuğluk needs to be released immediately to be able to be treated. Her illness is getting worse and worse. However, the right of defense, which can be used effectively only after treatment, is being taken away from her." (BIA, 1 August 2022)

Minorités / Minorities

2717 Yézidis victimes de l’EI toujours portés disparus

Alors que 6415 yézidis victimes de l’EI ont été secourus à ce jour, le sort de 2717 autres est toujours inconnu, a indiqué un responsable du KRG.

Dindar Zêbari, chargé des relations avec les ONG au sein du Gouvernement régional du Kurdistan (KRG), a tenu une conférence de presse à l’occasion du 8e anniversaire du massacre perpétré par l’Etat islamique (EI) contre les yézidis de Shengal le 3 août 2014. D’après Zêbarî, 550 000 yézidis vivent dans la région du Sud-Kurdistan (nord de l’Irak), dont 135 000 dans des camps de réfugiés, tandis que 100 000 ont émigré vers l’étranger. 5 000 yézidis ont été tués et 68 lieux de culte yézidis ont été détruits lors du génocide, a ajouté le responsable kurde qui a également fait état de la découverte de 83 charniers dans la région.

Concernant les milliers de personnes, surtout des femmes et des enfants, enlevées par les djihadistes de l’EI lors de l’invasion de Shengal, Zebarî a déclaré que 6 415 d’entre elles avaient été secourues jusqu’à présent, tandis que le sort de 2717 autres était toujours inconnu.

Le représentant du KRG a également abordé la question de la reconnaissance internationale du génocide des yézidis « De nombreux comités ont été créés pour documenter les crimes de l’Etat islamique », a-t-il dit. Et d’ajouter: « Ces documents ont été soumis à la Cour pénale internationale de La Haye. Depuis deux ans, nous nous efforçons d’obtenir une reconnaissance internationale du massacre des yézidis. »

Pour finir, le représentant du KRG a souligné « la nécessité de surmonter les obstacles politiques et administratifs qui empêchent de rendre justice aux familles des victimes », afin de favoriser le retour des yézidis sur leurs terres. Il a toutefois passé sous silence les nombreux efforts déployés par l’administration autonome de Shengal pour le retour des réfugiés. (ROJINFO - 4 août 2022)

"Türkiye should recognize Ezîdî genocide"

Peoples' Democratic Party (HDP) deputy Feleknas Uca has submitted a law proposal for the recognition of the Ezîdî Genocide on the eighth anniversary of the mass slaughter of Ezîdîs in Shingal, Iraqi Kurdistan.

Belgium, the Netherlands, and Germany have recognized the Ezîdî Genocide.

"The majority of the Ezîdî people, who were separated from each other by the borders, lived in the Shexan and Shengal regions in the Iraqi Kurdistan Federated Region, and some of them lived in Armenia, Georgia, Afrin, Syrian Aleppo and the southeast of Türkiye.

"Throughout history, Ezîdîs have been subjected to genocide, massacred and forced to migrate many times, especially because of their faith.

"For this reason, Ezîdîs are dispersed in different parts of the world, such as Europe, America and Canada.

"The Êzidîs in the lands ruled by the Ottoman Empire, which ruled a large part of the Middle East, were not given the status of a nation by the Ottoman administration.

"The Ezîdîs living in the Republic of Türkiye immigrated to different parts of the world in the 1960s.

"The fate of the Ezîdîs, who were massacred 74 times in the past because of their different beliefs, did not change in the 21st century, and the Ezîdîs, who have passed their beliefs and cultures to the present day, were deprived of the means of defense against ISIS's combat vehicles and equipment with a devastating power. They were subjected to the massacre called the 74th Edict.

"The Ezîdîs who were displaced by ISIS were left for dead and deprived of all their material foundations to continue their lives.

"Thousands of Ezîdîs were killed, thousands of women and children were kidnapped, hundreds of children and sick and old people lost their lives because of hunger and thirst, heat during the day and cold at night.

"The whole world, especially Türkiye, the Iraqi Kurdistan Federated Region, Iraq and the United Nations should protect Ezîdîs. This cultural belief has been inherited not only by the Kurds, but by all humanity.

"The UN report included many recommendations for countries that should take responsibility for the genocide directly, such as Syria and Iraq, especially the UN agencies, as well as countries that are a part of the problem because they receive Ezîdî migration, such as Türkiye.

"As one of the countries hosting the sacred lands of the ancient Ezîdî community, Türkiye should be a country to take responsibility to prevent the destruction of the Ezîdî faith and culture through massacres and genocides. Unfortunately, the genocide against the Êzidî people was seen all over the world too late.

"Türkiye, which is the homeland of the Ezîdîs, has still not accepted the massacre of Ezîdîs by ISIS as genocide.

"In the eighth year of the genocide against the Ezîdî-Kurds, Türkiye should play its historical role by recognizing this genocide and waging an effective fight against ISIS." (BIA, 4 August 2022)


Young Armenian with autism was severely beaten to death

A young Armenian with autism was severely beaten by a group of men in Istanbul, Turkey, last week, journalist Ceylan Sever said in her tweet on Friday.

She told that a man assaulted 21-year-old Arlen Demirhan, reportedly accusing him of gazing at his wife suggestively, and Demirhan was hospitalized by the man and his friends.

Sever added that Demirhan had to undergo a surgical operation after the violent incident in order for his bladder to function normally again.

A suspect was captured, only to be released.

Garo Paylan, Armenian MP for the Peoples' Democratic Party (HDP), said:

"Arlen, a young man with autism, was attacked by five people in Uskudar last week. The incident is likely to be a hate crime as he was beaten almost to death, and no effective investigation has been launched to capture the assailants. Was Arlen beaten almost to death because he is an Armenian?" .  (GercekNews, 31 July 2022)

Politique intérieure/Interior Politics

La Confédération des Bandes Mafieuses se disloque






Ragip Duran, Chronique Turquie, 6 août 2022



Dessin: LeMan, 2 juin 2021






L’Etat, en tant que mécanisme dirigeant n’existe plus en Turquie. La Confédération des Bandes Mafieuses qui essaie de survivre est devenue la scène d’une lutte interfractionelle.

Dans les grandes villes, il y a presque tous les jours des assassinats en pleine rue, les comptes entre les bandes sont réglés avec des balles et du sang.






La police maritime a ouvert le feu contre un yacht à Bodrum (Egée) plusieurs dizaines de kilos d'héroïne ont été saisis le 29 juillet dernier.






Halil Falyalı, grand patron de casino et des sociétés de jeux on-line dans la partie turque de Chypre a été fusillé le 8 février devant son hôtel.






Un avocat est tué dans son restaurant par un tueur à gages à Istanbul, le 27 janvier.





Désormais, presque tout mort est considéré tout au moins est conçu comme un meurtre dans cette lutte interne des bandes mafieuses.






L’ancien chef de Mafia, Sedat Peker, ex partisan du régime d’Erdogan, a dû se réfugier aux Emirats Arabes Unis. Il publiait depuis mai 2021 sur les réseaux sociaux des vidéos ou des messages dans lesquels il dévoilait les actes illégaux, illégitimes, les combines, les irrégularités et les opérations de corruption menées par les hommes d’affaires soutenus par le gouvernement. Il publiait également des documents officiels originaux qui démontraient clairement l’illégalité de ces actes. Les procureurs et les médias du Palais ainsi que la presse de l’opposition kémaliste sont toujours sourds et aveugles devant ces révélations.



Récemment le gendre de la famille Koc, M. İnan Kirac, fut également l’objectif de Peker. Un monsieur de 80 ans, très gentil apparemment un homme d’affaires honnête, serait selon Peker, un agent du régime qui magouille au sein des milieux de l’industrie. Le silence continue chez les procureurs et dans la presse traditionnelle.






Seuls quelques journalistes indépendants, dont certains vivent à l’étranger, prennent au sérieux les aveux de Peker et les interroge à fond sur leurs comptes personnels de médias sociaux. 






Sur fond de crise économico-financière, les dénonciations de Peker attire l’attention du public. Il a plus de 5 millions d’abonnés et ses vidéos sont suivis en direct par au moins 3 millions d’internautes. Peker est désormais considéré comme le Robin des Bois, le nouveau sauveur des pauvres. Très peu de spécialistes remarquent que Peker n’est qu’un instrument d’une fraction de l’Etat Profond, qui soigneusement ne touche jamais aux bandes mafieuses de l’extrême-droite. Il est lui-même issu des Loups Gris.






Koray Duzgoren (75), journaliste indépendant, expliquait vendredi dernier, sur la chaîne Arti TV le nouveau paysage politique de la Turquie: ‘’L’Etat, au sens que nous savons n’existe plus. Car il n’y a plus de loi, plus de droit. Tout dépend d’un seul homme. Auparavant, des bandes mafieuses existaient toujours. Ils s’entendaient assez bien quand il y avait assez de revenus à partager. De plus, depuis 20 ans, il y avait, un homme au sommet de la pyramide qui dirigeait l’ensemble des bandes. C’était lui qui distribuait les dividendes, c’était lui qui faisait la division du travail. Mais désormais, les caisses sont vides. Il n’y a plus d’argent, plus de revenus, plus d’espace à exploiter. A l’exception peut-être des stupéfiants en provenance de l’étranger, de l’Amérique du Sud en particulier. Donc, dans ce nouveau paysage politico-économique, les bandes commencent à s’entre-déchirer. Chaque bande a son parrain dans l’Etat, ça peut être un ministre, ça peut être un petit fonctionnaire ou ça peut être quelqu’un de très haut placé. Ce qui est intéressant, c’est que chaque fraction a des documents qui peuvent compromettre les autres fractions. C’est en même temps une lutte de dénonciation et d’affichage entre les bandes. Cette lutte est menée via les médias.’’






Vers la fin de le règne d’Erdogan, le président de la République, préfère garder le silence alors que certains attaquent très violemment l’entourage proche d’Erdogan. Il n’a probablement pas beaucoup de choses à dire ou bien il y a autres personnes qui ont beaucoup de choses à dire.


Forces armées/Armed Forces



Affaires religieuses / Religious Affairs

Federation of Alevi Foundations expels the cemevi visited by Erdogan

As the controversy over President Tayyip Erdogan's visit to the Huseyin Gazi Cemevi in Ankara continues, it is declared that the cemevi is in the process of being expelled from the Federation of Alevi Foundations.

In a statement published on social media, the Federation of Alevi Foundations stressed that although they, as the Federation of Alevi Foundations, consider Erdogan's visit socially cohesive, they were not informed about the visit.

The statement noted that the Huseyin Gazi Culture and Art Foundation has remained silent on the blatant abuse of the Alevi faith and rituals related to the month of "Muharram" and "Matem" (mourning) during the visit, and stated that the exclusion procedure has been initiated against the foundation:

"We condemn the board of directors of the Huseyin Gazi Culture and Art Foundation, which has remained silent about the blatant abuse of ‘Muharrem/Matem’ and our belief rituals, which are among the most sacred values of the Alevi-Bektashi community, which have been developed by the Alevi-Bektashi community for centuries and which have reached our days despite the persecution and oppression they have suffered, and we share with the entire public that we have initiated an expulsion procedure against the Huseyin Gazi Culture and Art Foundation in accordance with the decision made by the Board of Directors of our Federation."

Haydar Baki Dogan, chairman of the Federation of Alevi Foundations, noted in an interview with +GercekNews that there were scenes incompatible with Alevi faith and culture. "During the visit, scenes were witnessed such as the photos of Hz. Ali, Haci Bektashi Veli and Ataturk being removed from the cemevi hall and hung on a side wall, and the breaking of the fast in the cemevi hall, even though there was a dining room there." Dogan stated that it was not correct to receive President Erdogan without informing them and went on to say:

"President Erdogan visited a cemevi for the first time in 20 years. In this sense, the Huseyin Gazi Foundation has deprived us of the opportunity to convey our demands."

Explaining that they have had no contact with the administration of the Huseyin Gazi Foundation, Dogan said, "There is no need for talks, it is obvious what they have done." Dogan added that they consider President Erdogan's visit meaningful, "At a time when attacks on Alevis are increasing, such a visit is exactly one of the tasks of the president of the republic. An inclusive visit that sends a message of cohesion to society is meaningful in this sense. However, the accommodation did not conform to the Alevi faith and culture. The head of cemevi and his administration are responsible for this. Since this administration also belongs to our organization and we no longer want to be partners with them, we have severed all relations with this foundation and have initiated expulsion proceedings."
(GerçekNews, Seda Taskin, August 11, 2022)

Alevi communities in Turkey: Discriminated and persecuted

A demonstration to be staged in protest against a series of attacks that targeted Alevi institutions in Turkish capital Ankara was banned by Turkish authorities on Sunday, Yagmur Kaya of +Gerçek reported.

Three Alevi institutions, a house of gathering (djemevi) for the Alevi community and the offices of an association and a foundation, located in different neighborhoods, were subjected to simultaneous attacks on Saturday, the first day of Muharram fasting.

An official of the targeted Alevi foundation was injured by a an assailant.

The street where the demonstration was planned to begin were cordoned off by the police on Sunday as a large group of people including representatives of various Alevi institutions gathered in front of a djemevi in the neighborhood.

Following negotiations with the police, the officials of Alevi institutions announced their decision to cancel the demonstration, and were met with reactions from the crowd.

In a statement, the Ankara police department said that all three attacks were carried out by a single individual and the suspect was arrested.


Alevis have been subjected to discrimination and persecution throughout the history of the Ottoman Empire and the Turkish Republic, and were targeted in massacres, more recent of which were the massacre of Maras in 1978, Çorum in 1980 and Sivas in 1993, which left hundreds dead.

Alevi faith is not officially recognized as a distinct faith in Turkey, and djemevis are not accepted as places of religious significance like the mosques.  (GercekNews, 31 July 2022)

Socio-économique / Socio-economic

Men killed 28 women in July

According to the news compiled by bianet from local and national newspapers, news websites and news agencies, men killed at least 28 women and one child in July.

In June, the deaths of at least 14 women (in the provinces of (Adıyaman (2), Aydın (2) Antalya (1), Kastamonu (1), Erzincan (1), İstanbul (2), Muğla (1), Kocaeli (1), Edirne (1), Urfa(1), Sakarya (1)) were reported in the press as "suspicious."

Men inflicted violence on at least 64 women, abused at least 16 girls and boys, harassed at least 17 women, and forced 12 women to do sex work.

2021-2022

In the first seven months of 2022, men killed 191 women, harassed 89 women, abused 163 women, inflicted violence on 455 women, and raped 20 women. Men forced at least 363 women to do sex work. In the first seven months of 2022, deaths of 119 women were reported in the press as "suspicious," and men killed 23 women in the first seven months of 2022.

In the first seven months of 2021, men killed 174 women, harassed 78 women, abused 85 children, and raped 62 women.men forced at least 409 women to do sex work, inflicted violence and injured on at least 491 women. In the first seven months of 2021, deaths of 131 women were reported in the press as "suspicious," and men killed at least 15 children.

Feminicide

Men killed at least 28 women in July; this figure was 24 in the same month last year. Men also killed three men who were with the women whom they killed.

At least five women were killed despite protection orders. One of the killed women was from Uzbekistan.

Women killed by men in July

Birgül BÇ., Derya Tekin, Döndü S., E.B., Elif Güneş, Emine Y., Esra Altınkaynak, Esra Yamak, Ezgi Ö., Fatma Ö., Güllü S., Gülperi Aksoy, Huriye B., Kader D., Nedime Dinçer, Nurcan Orman, Nurgül Gülsoy D., Nuriye M., Nurten O., Öznur Tufan, Pınar Damar, R.D.A, Servet Bakırtaş, Sojida Kalandarova, Sultan P., Tülay E., Yasemin Çedik, Zeynep T. (BIA, 3 August 2022)


Relations turco-européennes / Turkey-Europe Relations

Chants pro-Poutine à Fenerbahçe: l'UEFA inflige 50.000 euros d'amende au club turc

L'Union européenne de football a infligé vendredi une amende de 50.000 euros au club turc de Fenerbahçe pour sanctionner les slogans chantés par une partie de ses supporters en faveur du président russe Vladimir Poutine lors d'un match contre les Ukrainiens du Dynamo Kiev le 27 juillet dernier à Istanbul.

L'UEFA a par ailleurs imposé une fermeture partielle du stade du club turc, avec la condamnation d'au moins 5.000 places, lors de son prochain match européen à domicile.

L'instance européenne précise dans un communiqué que ces mesures ont été décidées en réponse aux "jets d'objets et à la transmission d'un message provocateur à caractère offensant, à savoir des chants illicites".

Les incidents se sont produits lors d'un match comptant pour le 2e tour des qualifications de la Ligue des champions, remporté 2-1 par le Dynamo Kiev.

Après un but inscrit par l'Ukrainien Vitaliy Buyalski (57e), quelques centaines de supporters de Fenerbahçe ont scandé le nom du chef d'État russe, selon des vidéos publiées sur des réseaux sociaux.

L'UEFA avait ouvert dans la foulée une enquête disciplinaire sur les "supposés mauvais comportements" des supporters turcs.

Fenerbahçe s'était dans un premier temps excusé par voie de communiqué, avant que son président annonce trois jours plus tard que le club ne présenterait pas ses excuses à l'Ukraine pour ces slogans pro-Poutine.

De son côté, l'ambassadeur d'Ukraine en Turquie, Vasyl Bodnar, a condamné ces chants dès le lendemain du match. "Il est très triste d'entendre de la part des supporters de Fenerbahçe des mots qui soutiennent l'assassin et l'agresseur qui bombarde notre pays", avait-il réagi en turc sur Twitter.

Les slogans pro-Poutine ont aussi provoqué un tollé sur les réseaux sociaux, où de nombreux internautes turcs les ont qualifiés de "honteux".

Tout en condamnant rapidement l'offensive russe en Ukraine, la Turquie a opté pour la neutralité entre les deux pays et ne s'est pas jointe aux sanctions occidentales contre Moscou. (AFP, 5 août 2022)

Une centaine de parlementaires français dénoncent "la politique de guerre d'Erdogan"

Une centaine de parlementaires français, surtout de gauche, dénoncent "la politique de guerre du président" turc Recep Tayyip Erdogan à l'égard des Kurdes du nord de la Syrie et appellent à "ne rien céder face à ses intimidations", dans une tribune sur le site du JDD samedi.

"Alors que la Russie de Vladimir Poutine multiplie les crimes de guerre en Ukraine, Recep Tayyip Erdogan , à l'ombre de l'émotion mondiale, envisage de lancer une énième offensive sanguinaire contre les Kurdes du nord de la Syrie", affirment les signataires de cette tribune initiée par la sénatrice communiste du Val-de-Marne Laurence Cohen.

Le président turc "profite de son statut de pivot de l'Otan dans le cadre du conflit en Ukraine pour obtenir le blanc-seing de l'Alliance atlantique afin d'intensifier ses attaques dans le nord de la Syrie", estiment ces députés et sénateurs communistes, LFI, socialistes, écologistes mais aussi quelques LR ou de la majorité.

"Parlementaires de toutes sensibilités politiques, nous dénonçons la politique de guerre du président Erdogan et appelons les dirigeants et responsables européens à ne rien céder face à ses intimidations !", réclament-ils.

"En 2019 déjà, Erdogan avait lancé une offensive au prix d'innombrables pertes civiles, de destructions et d'actes de barbarie, visant à la déstabilisation du tissu social et politique kurde. Face aux exactions commises par l'armée turque, les pays occidentaux ne doivent plus détourner les yeux", dénoncent ces élus.

Ces parlementaires français appellent les Etats membres de l'Union européenne "à garantir la protection des militants et des associations kurdes présents sur le sol européen. Nous invitons la France à saisir le Conseil de sécurité de l'ONU pour décréter une zone d'exclusion aérienne au nord de la Syrie et placer les Kurdes de Syrie sous protection internationale".

"Enfin, nous demandons que l'Aanes (l'Administration autonome du nord et de l'est de la Syrie) puisse bénéficier d'une reconnaissance internationale, afin d'aboutir à une solution politique susceptible de construire une paix durable dans la région", concluent-ils dans cette tribune.

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a menacé à plusieurs reprises de lancer une offensive militaire contre les militants kurdes dans le nord de la Syrie, afin de créer une "zone de sécurité", à la suite d'une opération menée en 2019. (AFP, 30 juil 2022)

Fenerbahçe refuse de s'excuser auprès de l'Ukraine pour les slogans pro-Poutine

Le président de Fenerbahçe a affirmé samedi que le club turc ne présenterait pas ses excuses à l'Ukraine pour les slogans pro-Poutine chantés par ses supporters lors du match contre le Dynamo Kiev mercredi soir à Istanbul.

"Nous n'allons pas nous excuser auprès de l'Ukraine. C'est à l'ambassadeur de l'Ukraine et au porte-parole du ministère ukrainien des Affaires étrangères de nous présenter des excuses, après leurs propos déplacés", a affirmé le président du club Ali Koç.

"Je pense que c'était un slogan inapproprié et inutile, loin de l'identité de Fenerbahçe. Mais que pouvons-nous faire? Fermer leur bouche?", a-t-il ajouté.

L'ambassadeur d'Ukraine en Turquie, Vasyl Bodnar, avait condamné jeudi les slogans chantés par les supporters turcs.

"Il est très triste d'entendre de la part des supporters de Fenerbahçe des mots qui soutiennent l'assassin et l'agresseur qui bombarde notre pays", avait-il réagi en turc sur Twitter.

"Nos forces armées ont battu 2-1 Poutine sur le terrain turc (...) Nous recommendons aux supporters turcs d'être du côté du vainqueur", avait tweeté de son côté le porte-parole du ministère ukrainien des Affaires étrangères Oleg Nikolenko.

Le Dynamo Kiev a battu Fenerbahçe 2 à 1 au 2e tour de qualification pour la Ligue des champions.
 Après le but marqué par l'Ukrainien Vitaliy Buyalski (57e), les supporters de Fenerbahçe ont commencé à chanter le nom du chef de l'État russe, selon les vidéos partagées par les réseaux sociaux.

L'UEFA a annoncé jeudi l'ouverture d'une enquête disciplinaire sur les "supposés mauvais comportements" des supporters turcs.

Avant le refus de demander pardon de son président, Fenerbahçe avait condamné l'attitude de ses supporters jeudi dans un communiqué.

Les slogans pro-Poutine ont aussi provoqué un tollé sur les réseaux sociaux où de nombreux internautes turcs les ont qualifiés de "honteux".

"Je condamné ceux qui tentent de donner un sens politique à un slogan qui a duré 20 secondes, comme si c'était une action coordonnée. La position de Fenerbahçe, comme celle de la Turquie, par rapport à cette invasion est nette. Nous ne sommes du côté de personne. Nous avons des joueurs ukrainiens et russes", a affirmé M. Koç.

Tout en condamnant rapidement l'offensive russe en Ukraine, la Turquie a opté pour la neutralité entre les deux pays et ne s'est pas jointe aux sanctions occidentales contre Moscou. (AFP, 30 juil 2022)


Turquie-USA-OTAN / Turkey-USA-NATO


Relations régionales / Regional Relations

Poutine-Erdoğan : les dictateurs copinent sur les dos des Kurdes

André Métayer, akb.bzh, 12 août 2022
Le président turc Recep Tayyip Erdoğan et son homologue russe Vladimir Poutine se sont entretenus en tête à tête pendant près de quatre heures, vendredi 5 août, à Sotchi (sud de la Russie). Toute la presse en parle, Erdoğan étant présenté comme le médiateur incontournable entre Moscou et Kiev concernant l’acheminement des céréales ukrainiennes bloquées dans les ports ukrainiens de la mer Noire. “Aujourd’hui, bien sûr, les yeux du monde entier sont tournés vers Sotchi“, s’est réjoui le dirigeant turc, auréolé de son statut.

L’objectif est aussi, et sans doute d’abord, d’assurer la mise en œuvre de l’accord sur la reprise des exportations de céréales russes, comme le souligne l’agence TASS citant le communiqué du Kremlin : “l’objectif est d’abord de renforcer les échanges commerciaux entre les deux pays et d’aller à la rencontre des attentes mutuelles dans le domaine de l’économie et de l’énergie“. Et de rappeler “l’importance cruciale des relations sincères, franches et de confiance entre la Russie et la Turquie pour assurer la stabilité régionale et internationale”.

Côté russe, il s’agit d’imposer le rouble dans les règlements internationaux face à l’euro et au dollar, pour contourner les sanctions économiques occidentales qui pèsent sur l’économie russe.

Le président Erdoğan a aussi besoin, pour sauver son économie mal en point, des touristes russes, du gaz russe, des céréales russes et de l’aboutissement du projet de construction de la centrale nucléaire d’Akkuyu par le géant nucléaire russe Rosatom. Il a estimé, à l’issue de ces discussions politiques et économiques, qu’une “page très différente “ s’ouvrait dans les relations bilatérales entre les deux pays. Il espère surtout avoir le feu vert de Moscou pour envahir la Syrie et anéantir le Rojava. Déjà, il avait obtenu de l’Iran, et la Russie, lors de la rencontre de Téhéran le 19 juillet dernier, un soutien implicite dans sa lutte contre les Kurdes, indiquant “rejeter toutes les initiatives d’auto-détermination illégitimes” selon un communiqué de l’AFP :

L’Iran, la Turquie et la Russie ont dans leur communiqué conjoint soutenu implicitement Ankara dans sa lutte contre les Kurdes, indiquant rejeter toutes les initiatives d’auto-détermination illégitimes. Ils ont affiché leur volonté de s’opposer à des ambitions séparatistes qui pourraient saper la souveraineté et l’intégrité de la Syrie et menacer la sécurité des pays voisins avec des attaques transfrontalières et des infiltrations.

Erdoğan, cheval de Troie de Poutine

Pour écraser les Kurdes, le président Erdoğan est prêt à tout. Après avoir fait le chantage aux migrants, paralysant les européens devant la menace de devoir accueillir des milliers de réfugiés fuyant Daech, il continue sa basse politique en conditionnant l’entrée dans l’OTAN de la Finlande et à la Suède à la livraison de ses opposants kurdes qui ont trouvé asile dans ces pays. Sa démarche n’a rien d’anodin, note Luc de Barochez, éditorialiste au Point, le 24 mai dernier, qui qualifie Erdoğan de “meilleur agent d’influence de Vladimir Poutine au sein de l’Otan ” :

Le cynisme du président turc ne le cède en rien à celui de son homologue russe. En bloquant, sous des motifs fallacieux, l’élargissement de l’organisation militaire transatlantique à la Finlande et à la Suède, le satrape d’Ankara pulvérise l’unité manifestée par les Occidentaux face à l’agression dont l’Ukraine est victime. 

La question kurde n’est donc pas anecdotique : elle devient centrale

Le coup de gueule de Franz-Olivier Giesbert : Erdoğan, notre ennemi de l’intérieur

Franz-Olivier Giesbert, journaliste, éditorialiste, biographe, écrivain, au parler tranchant et volontiers polémiste, laisse éclater sa colère :

Nostalgique de l’Empire ottoman, le guerrier Erdoğan rêve d’en découdre avec les Arméniens, les Kurdes et même les Grecs. Le pire est à craindre. Vous avez aimé le spectacle donné depuis des mois par Poutine, criminel de guerre et prévaricateur professionnel, qui rêve de reconstituer l’URSS ? Vous allez adorer la séquence à venir avec Erdoğan qui, comme son homologue russe, entend aller au bout de ses fantasmes en essayant de recréer l’Empire ottoman. Poutine et Erdoğan obéissent à la logique pavlovienne de ces tyrans dont l’hubris mène les pas et qui flattent les instincts les plus bas de leur peuple pour faire oublier leurs échecs économiques : rien ne va plus, le pays s’effondre, le peuple gronde, une seule solution, j’attaque. Les conquêtes territoriales ne calmeront-elles pas la colère de leurs sujets ?

La question kurde n’est donc pas anecdotique : elle devient centrale.

Il est urgent que les Européens imposent au “guerrier Erdoğan” les termes d’une négociation pour une paix juste et durable. Le dialogue est reste nécessaire mais, avec les dictateurs, il faut employer le seul langage qu’ils comprennent vraiment : la fermeté.

Des milliers de Syriens manifestent contre la Turquie

Des milliers de Syriens ont manifesté vendredi dans des régions sous contrôle des rebelles pour dénoncer l'appel du chef de la diplomatie turque Mevlut Cavusoglu à une "réconciliation" entre régime et insurgés.

Depuis le début de la guerre en Syrie en 2011, Ankara, qui déploie des soldats dans des zones limitrophes de Syrie, se dit farouchement opposée au régime de Bachar al-Assad et se pose en soutien indéfectible des groupes rebelles syriens.

Mais jeudi, M. Cavusoglu a plaidé pour "réconcilier l'opposition et le régime en Syrie" afin de sceller une "paix durable". Cette déclaration marque un changement dans la position de la Turquie dont le président Recep Tayyip Erdogan qualifiait encore en mai le régime Assad de "meurtrier".

La déclaration du ministre turc a provoqué la colère des opposants et rebelles syriens qui ont appelé à la mobilisation contre la Turquie dans des secteurs contrôlés par des soldats turcs et leurs supplétifs syriens dans la province d'Alep (nord), et dans des secteurs sous contrôle des jihadistes et de factions rebelles.

Après la prière hebdomadaire musulmane du vendredi, la foule a crié "Non à la réconciliation" à Aazaz, Al-Bab et Afrine dans la province d'Alep, ainsi que dans la province d'Idleb (nord-ouest) sous contrôle des jihadistes et de groupes rebelles.

- "Un suicide" -

"En tant que révolutionnaires, nous rejetons toute réconciliation avec le régime car elle signifierait la destruction et le déplacement de millions de Syriens", explique à l'AFP Yassine Ahmed, 37 ans, un déplacé à Al-Bab.

"Cette réconciliation n'est ni entre nos mains ni entre les mains de la Turquie. Ce serait un suicide pour nous", dit-il sous une nuée de drapeaux de l'opposition syrienne et une bannière proclamant "Pas de réconciliation, la révolution continue".

Des dizaines de manifestants se sont rassemblés devant un point de contrôle de l'armée turc dans la localité d'Al-Mastouma dans la province d'Idleb au cri de "A bas le régime" syrien.

"Nous sommes contre la réconciliation et nous n'oublierons pas le sang des martyrs et les massacres (du régime, ndlr)", lance Sanaa Al-Ali, une manifestante.

- Mise au point -

La veille, des Syriens sont descendus dans la rue à Al-Bab aussitôt après la conférence de presse à Ankara du chef de la diplomatie turque.
 Face au tollé, vendredi, le porte-parole de son ministère, Tanju Bilgiç, a publié une mise au point dans laquelle n'apparaissait plus le terme "réconciliation" et qui réaffirmait "le plein soutien de la Turquie à l'opposition" au régime Assad.

Il a aussi souligné que son pays "continuera à contribuer aux efforts visant à trouver une solution durable" au conflit.

M. Erdogan est l'un des principaux détracteurs de M. Assad qu'il a souvent qualifié de "tyran sanguinaire" depuis 2011. En 2020, des affrontements meurtriers ont même opposé forces syriennes et turques.

Le pouvoir syrien, lui, ne rate pas une occasion pour s'en prendre à la Turquie accusée de soutenir des "groupes terroristes" en Syrie.

La Turquie accuse surtout les forces kurdes syriennes qui contrôlent la majeure partie du nord-est du pays d'être des "terroristes" et a mené plusieurs opérations contre elles en Syrie.

Lors de sa conférence de presse, M. Cavusoglu a souligné que depuis 2011, "beaucoup de gens sont morts (en Syrie), beaucoup ont quitté leur pays. Ces gens devraient pouvoir rentrer y compris ceux (réfugiés) en Turquie. Une paix durable est nécessaire".

Il a néanmoins nié tout contact direct entre MM. Erdogan et Assad, mais a reconnu une reprise de contact entre les services de renseignements des deux pays et un bref entretien avec son homologue syrien en octobre 2021.

Le conflit en Syrie, pays morcelé, s'est complexifié après l'intervention de multiples groupes et puissances étrangères. Il a fait environ un demi-million de morts. (AFP, 12 août 2022)

A Sotchi, Erdogan et Poutine font ami-ami

Blandine Lavignon, Libération, 5 août 2022

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, qui tente de se poser en médiateur dans la guerre en Ukraine, a rencontré son homologue russe, Vladimir Poutine, à Sotchi, en Russie. Ils se sont mis d’accord pour renforcer leur coopération.

«Le fer se bat quand il est rouge de chaleur» («demir tavında dövülür»). Un proverbe turc que le président Recep Tayyip Erdogan semble prendre au pied de la lettre. Ce vendredi, il était en visite à Sotchi, sur les rives russes de la mer Noire, pour une rencontre avec son homologue Vladimir Poutine. Est-ce un hasard, le déplacement d’Erdogan coïncidait avec le départ de trois nouveaux navires de céréales d’Ukraine sur la route du Bosphore, de nouveau ouverte depuis la signature d’un accord sur les exportations de céréales entre Kyiv et Moscou sous la médiation d’Ankara.

A l’issue de leur entretien, les deux dirigeants se sont mis d’accord pour accentuer leur coopération énergétique et économique : «renforcer les échanges commerciaux entre leurs pays» et «aller à la rencontre des attentes mutuelles dans le domaine de l’économie et de l’énergie», précise le communiqué. Un succès diplomatique qu’Erdogan compte bien exploiter pour se positionner comme un interlocuteur privilégié auprès du Kremlin.

Après l’arrivée de l’avion présidentiel turc sur le sol russe en milieu d’après-midi, Recep Tayyip Erdogan et Vladimir Poutine se sont d’abord retrouvés pour un entretien en tête à tête, trois semaines après celui qui les avait réunis à Téhéran, en Iran. L’occasion d’une première prise de température et d’entretenir l’image d’une relation privilégiée entre les deux hommes. Ils ont ensuite été rejoints par leurs délégations respectives pour un échange plus formel. Celle de la Turquie, composée des ministres des Affaires étrangères, de la Défense, de l’Economie et de l’Energie, était à l’image des thématiques à l’ordre du jour de cette rencontre.

Objectif turc : ouvrir des négociations en vue d’une trêve en Ukraine

La guerre en Ukraine a été le sujet central des discussions. Forte de son récent succès sur la réouverture de la route des céréales, la Turquie souhaite désormais tenter d’obtenir l’ouverture de négociations en vue d’une trêve entre Moscou et Kyiv. Depuis le début de la guerre, Ankara est au cœur des tentatives de médiation entre l’agresseur et l’agressé. Entretenant de bonnes relations avec les deux belligérants, le régime turc tente de s’imposer comme un acteur modéré, un négociateur clef du conflit. Un premier face-à-face des chefs de la diplomatie russe et ukrainienne avait ainsi été organisé le 10 mars en marge du forum diplomatique d’Antalya dans l’espoir de mettre fin au conflit russo-ukrainien. Mais les négociations n’avaient pu aboutir à des avancées concrètes.

Ce vendredi, Vladimir Poutine a souligné le rôle turc dans l’accord sur les exportations de céréales, sans toutefois se dire prêt à plancher sur un cessez-le-feu. «Grâce à votre participation directe et à la médiation du secrétariat de l’ONU, le problème lié aux livraisons des céréales ukrainiennes en provenance des ports de la mer Noire a été réglé. Les livraisons ont déjà commencé, et je voudrais vous en remercier», a-t-il déclaré.

Vers une nouvelle offensive contre les Kurdes en Syrie ?

Autre dossier particulièrement sensible, celui de la menace d’une nouvelle offensive turque en Syrie. A Téhéran, Poutine avait mis en garde Erdogan de toute nouvelle opération dans ce pays, où les intérêts russes et turcs sont opposés. Moscou appuie le régime de Bachar al-Assad tandis qu’Ankara soutient des groupes d’opposition. Mais le chef de l’Etat turc compte bien aborder cette ligne rouge avec son homologue à Sotchi. «Discuter à cette occasion des développements en Syrie permettra d’apaiser la région. Notre solidarité dans la lutte contre le terrorisme est très importante», a-t-il souligné.

Depuis plusieurs semaines, le régime turc ne cesse d’agiter l’imminence d’une opération en Syrie, par laquelle il souhaite repousser les forces kurdes qui contrôlent les localités à la frontière turco-syrienne. L’intervention militaire, qui vise à établir une «zone de sécurité» d’une profondeur de 30 kilomètres depuis la frontière turque dans les terres syriennes, serait la quatrième du genre lancée par Ankara depuis 2016. Mais comme les précédentes, elle nécessite l’aval russe. Selon la presse turque, le Kremlin serait prêt à donner son feu vert en échange de la fourniture de drones de combat Bayraktar-TB2, ceux fournis par la Turquie à l’Ukraine. Une information non confirmée par les chefs d’Etat, bien que le président des industries de défense turques, Ismail Demir, ait accompagné Recep Tayypip Erdogan à Sotchi.

Dépendance au gaz russe

La question de la coopération économique a également été au menu de la rencontre sur les rives de la mer Noire, alors que la Turquie s’enfonce dans une profonde crise économique avec une inflation qui avoisine les 80 %. Ainsi, Poutine a dit espérer la signature d’un accord pour renforcer la coopération économique avec la Turquie. Il a également souligné le rôle d’Ankara dans le transit du gaz russe vers l’Europe, via le gazoduc TurkStream : «Les partenaires européens doivent être reconnaissants envers la Turquie parce qu’elle assure le transit ininterrompu du gaz russe.»

La Turquie, qui importe l’essentiel de son énergie, est particulièrement dépendante du gaz russe, qui lui fournit 45 % de ses besoins. Le chef de l’Etat turc espère que la construction de la future centrale de la société russe Rosatom, sur la côte méditerranéenne de la Turquie, respectera le «calendrier fixé». Une fois opérationnelle, elle devrait couvrir 10 % des besoins énergétiques du pays.

En amont de la rencontre, Recep Tayyip Erdogan a dit avoir l’espoir que cette visite à Sotchi puisse ouvrir «une page très différente dans les relations russo-turques», soulignant que les discussions entre les délégations avaient été «très productives». Productive aussi pour son image, lui qui voit dans la crise ukrainienne et ses conséquences une opportunité inespérée de redorer sa popularité ternie à l’intérieur comme à l’extérieur des frontières turques.


Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece


Immigration / Migration

Japan grants refugee status to a Kurd of Turkish nationality

A 30-year-old Kurdish man with Turkish nationality has been granted refugee status, according to government sources, which a refugee advocate group praised as the first such case in Japan.

Koji Yamada, a lawyer representing the Kurdish man, said he was recognized as a refugee on July 28 by the Immigration Services Agency of Japan (ISA) before being issued a certification letter on Aug. 9.

According to the Japan Lawyers Network for Refugees, this is the first time that a Kurd who holds Turkish nationality was recognized as a refugee in Japan.

“I almost exhausted all my strength during the long fight, but confidence in justice and the law was maintained," said the Kurdish man, who took eight years to gain refugee status. "I wish that the justice achieved will bring hope to others as well.”

The man came to Japan in February 2014.

Both of his applications for refugee status that he submitted in April 2014 and 2018 on the grounds that Kurdish people were persecuted in Turkey were rejected.

He filed a lawsuit at the Sapporo District Court in 2019 demanding that the decision not to grant him refugee status be revoked.

After the district court decided not to overturn the decision, he appealed the ruling to a higher court.

In May, a Sapporo High Court ruling pointed out that he had been tortured as he had bruises and scars that he would not have sustained in his daily life.

It said that he would be at risk of persecution and would not be protected in Turkey.

It concluded that he qualified as a refugee and that the decision not to recognize him as such was illegal.

The ruling was finalized as the government decided not to appeal it.

It is believed that the ISA reconsidered the case following the high court’s ruling, before concluding that no new circumstances have emerged that should prohibit him from gaining refugee status.

A total of 74 foreigners were recognized as refugees in Japan in 2021.

It is estimated that around 2,000 Kurds with Turkish nationality reside in Japan, but none had gained refugee status until now, inviting criticism directed toward the difficulty in doing so.

Yamada praised the latest decision saying, “This is an important decision and a big step forward.” (The Asahi Shimbun, 10 August 2022)




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