Droits
de l'Homme / Human Rights
Un combat d’exil qui dure depuis plus d’un
demi-siècle…

Doğan Özgüden, Artı Gerçek, 10 mai 2026
« C’est un dur métier que
l’exil » comme le disait Nazım Hikmet, mais comme le disait
Hasan Hüseyin
Korkmazgil, on peut aussi « transformer la douleur en douceur »…
Mai est le mois où İnci
et moi avons vécu la douleur atroce de la tension entre la survie et le
trépas dans notre propre vie de lutte au début de l’année 1971, et de
l’impuissance de n’avoir pu en 1972 sauver nos trois jeunes
révolutionnaires, Deniz Gezmiş, Yusuf Arslan et Hüseyin İnan de leur
assassinat par la junte fasciste du 12 mars et de la majorité
parlementaire à son service…
55 ans se sont écoulés depuis le premier, et 54 ans depuis le second…
Commençons par la douleur du 6 mai…
Il y a 54 ans d’ici, nous n’oublierons jamais l’assassinat lâche des
trois jeunes pousses, Deniz Gezmiş, Yusuf Arslan et Hüseyin İnan, sur
la potence de la prison centrale d’Ankara, dans l’obscurité de la nuit
du 6 mai 1972, sur ordre de la junte de 1971 et avec l’approbation de
l’Assemblée nationale et du Sénat de la République de l’époque.
Je me souviens de ma dernière rencontre avec Deniz Gezmiş qui, au
moment de son exécution, cria « Vive la fraternité et la lutte pour
l’indépendance des peuples turc et kurde ! »…
C’était à la fin septembre 1969. J’attendais que l’huissier m’appelle
pour comparaître devant le 4e Tribunal correctionnel d’Istanbul en
raison d’un article que j’avais publié dans Ant. Soudain, un grand
tumulte se fit entendre à la porte d’entrée, Deniz Gezmiş, menotté par
les policiers, était devant, suivi de jeunes révolutionnaires…
Ce jour-là, Deniz avait été arrêté par la police lors d’une descente à
la faculté de droit à la suite d’une dénonciation du doyen de la
faculté, le professeur Orhan Aldıkaçtı, avec lequel il devait
s’entretenir, et emmené au tribunal pour que son mandat d’arrêt, émis
par contumace, soit converti en mandat d’arrêt en personne. Ils
conduisirent immédiatement Deniz dans une salle d’attente un étage
en-dessous.
Après mon audience, je descendis à cet étage où je trouvai Deniz. Il
avait toujours les mains menottées. Il me dit : « Mes amis m’ont dit
que tu étais acquitté, courage »… « Mais ces procès contre la presse et
la jeunesse révolutionnaires ne s’arrêteront jamais. Nous allons
affronter des choses pires encore… Ils ont abattu Mehmet Cantekin… Qui
d’autre va l’être ? Même si je suis libéré demain, me laisseront-ils la
vie sauve ? Mais nous résisterons… »
Deniz avait raison. Le jour de son arrestation, Mustafa Taylan Özgür
fut à son tour abattu à Istanbul, et la machine à tuer était en marche.
Moins de trois ans plus tard, Deniz, Yusuf et Hüseyin ne furent pas
épargnés non plus…
Je n’ai jamais rencontré Yusuf Arslan et Hüseyin İnan en personne, mais
j’ai appris à les connaître de nom grâce aux messages qu’ils
m’envoyaient durant leur incarcération après leur retour de Palestine.
Dans leurs articles, que je publiai dans la revue Ant, ils déclaraient
: « Dans le contexte actuel, notamment au Moyen-Orient dont
l’impérialisme a fait une zone de guerre chaude, la création d’un front
anti-impérialiste rassemblant tous les peuples – peuples de Turquie,
d’Iran, arabe, chypriote et kurde – et la formation d’un Cercle
révolutionnaire du Moyen-Orient constituent une condition essentielle
pour porter un coup décisif à l’impérialisme ».
Alors qu’une campagne sans précédent était menée en Turquie pour
empêcher l’exécution de trois révolutionnaires, nous avions, comme tous
nos amis en exil, lancé une campagne intensive au nom de l’organisation
de la Résistance démocratique.
A Paris, nous rencontrâmes une délégation du Parti communiste d’Union
soviétique, comprenant le célèbre compositeur Aram Khatchatourian et
Galina Oulanova, une des ballerines du Ballet du Bolchoï, et alors que
nous attendions une promesse de soutien à notre campagne, nous fûmes
anéantis d’apprendre que le président du Soviet suprême de l’Union
soviétique Podgorny se rendait en Turquie pour une visite amicale alors
que Deniz et ses camarades étaient dans le couloir de la mort.
Notre douleur s’intensifia lorsque, durant cette visite à Ankara, les
condamnations à mort furent confirmées par un vote majoritaire des
membres du parti qu pouvoir et de l’opposition à l’Assemblée nationale
et au Sénat de la République.
S’agissant de notre exil qui a commencé il y a 55 ans…
Et que dire de cette tension indescriptible vécue, entre survie et
trépas, durant les dix premiers jours de mai, il y a exactement 55 ans
en Turquie, où nous avions lutté pendant des années au sein des médias
et des organisations de gauche ?
En réalité, cette tension avait commencé dès 1970, après la résistance
ouvrière des 15 et 16 juin, face à la terreur martiale qui s’ensuivit.
Comme nous avions pris position contre cette répression dans la revue
Ant en titrant « Les officiers capitalistes ne peuvent juger les
travailleurs », je fus menacé par neuf officiers durant mon
interrogatoire au Commandement de la 1ère Armée. Cela s’aggrava avec le
début des arrestations de jeunes révolutionnaires en février 1971 que
nous avions défendu en titrant « Deniz et ses camarades sont des
enfants du peuple qui luttent contre le système de pillage » et lorsque
nous publiâmes pour la première fois en Turquie l’Histoire Kurde de
Cheref-Khan.
Malgré la proclamation de loi martiale par la junte du 12 mars, nous
réussîmes à publier le dernier numéro de la revue Ant grâce au
dévouement de notre équipe éditoriale et de nos imprimeurs. Ce numéro,
que nous parvînmes à diffuser au quatre coins du pays, contenait des
articles dénonçant la manœuvres douteuses de la junte et un message de
célébration du 1er mai de notre classe ouvrière.
Après la parution de ce numéro, notre revue fut interdite par la loi
martiale, ses rédacteurs et journalistes recherchés et poursuivis pour
des peines totalisant les 770 ans de prison, et nos bureaux et notre
domicile perquisitionnés à plusieurs reprises…
Des annonces de la loi martiale, fréquemment diffusées sur les radios
de Turquie et dans les médias aux ordres du régime, nous ordonnaient de
nous rendre immédiatement aux militaires. Des affiches portant nos
photos et comme titre « Recherchés par la commandement de la loi
martiale » furent placardées sur les places publiques et aux postes
frontières de Turquie.
Lors d’une réunion secrète de notre comité de rédaction, après avoir
examiné les liens d’Ant avec des associations ouvrières et étudiantes
progressistes et des politiciens de gauche dans les pays européens, il
fut décidé que nous devions quitter illégalement le pays pour
poursuivre la lutte pendant un certain temps à
l’étranger.
Nos premières tentatives de fuite par la frontière sud ou les côtes
égéennes ayant échoué, nous décidâmes de falsifier les noms et de
changer les photos sur les passeports des parents d’İnci afin de
quitter la Turquie.
Munis de ce passeport et déguisés, nous quittâmes Ankara le 11 mai 1971
à bord d’un vol Lufthansa et fîmes nos premiers pas en exil à Munich…
Avec un faux passeport, nous voyageâmes de pays en pays, en établissant
des contacts avec les rédacteurs et les lecteurs d’Ant, ainsi qu’avec
les associations ouvrières et étudiantes dont nous diffusions les
informations depuis des années, et intensifiâmes nos activités
d’organisation d’une Résistance démocratique pour contribuer à la lutte
internationale contre la junte à l’étranger. Durant cette période, nous
publiâmes des bulletins d’information et des livres en anglais
intitulés « File on Turkey », « Man Hunts in Turkey » et « Turkey on
Torture » pour informer, à commencer par les membres du Conseil de
l’Europe, les organisations internationales de défense des droits
humaines et les partis progressistes, sur les répressions, arrestations
et actes de torture commis en Turquie.
En raison de ces activités, nous fûmes rapidement aussi déclarés «
coupables » en Europe… En 1972, Turhan Feyzioğlu, chef de la délégation
parlementaire turque, révéla nos véritables noms depuis la tribune de
l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe et demanda notre
arrestation par la police européenne sous prétexte que nous menions des
« activités subversives à l’étranger »…
Puis, à la demande de l’état-major, un Livre blanc publié en plusieurs
langues par le bureau du Premier ministre nous désigna à la face du
monde comme des « coupables » recherchés en vertu de la loi martiale.
De ce fait, nous obtînmes aux Pays-Bas le statut de réfugié des Nations
Unies au début de l’année 1973.
En 1973, après la publication dans la revue britannique Index d’un de
mes articles décrivant les violations de la liberté de la presse en
Turquie, et la parution aux Pays-Bas, sous mon vrai nom, de mon livre
intitulé « Turquie, fascisme et résistance », les « accusations » se
poursuivirent sans relâche.
Après la fondation en 1974 de l’agence Info-Türk, publiant en cinq
langues, l’ambassade de Turquie ne tarda pas à intervenir, et alors que
nous étions reconnus comme réfugiés des Nations Unies aux Pays-Bas,
nous fûmes durant des années privés de permis de travail et de séjour
en Belgique sous les pressions de l’ambassade…
Dans ces conditions difficiles, İnci, qui assurait seule la mise en
page, l’impression, la reliure et la distribution de toutes les
publications, en travaillant jour et nuit, commença également à donner
des cours de turc aux enfants de Turquie qui fréquentaient les écoles
de la commune de Bruxelles. L’ambassade de Turquie fit rapidement
pression sur le bourgmestre de la Ville de Bruxelles pour empêcher le
travail d’İnci, mais en vain.
À cette époque, outre nos propres publications, İnci réalisa aussi des
publications, tout d’abord pour les deux plus grands syndicats de
Belgique, ainsi que pour de nombreuses organisations de défense des
droits humains et associations progressistes immigrées.
Après deux brefs voyages en Turquie en 1978, et alors que nous
préparions notre retour définitif, le parquet militaire de la Marine me
déclara à nouveau « coupable » et émit à mon encontre un mandat d’arrêt
à la suite de la publication à Istanbul d’un livre que j’avais traduit
sur le militarisme…
Répressions après le coup d’État du 12 septembre
Après le coup d’État du 12 septembre 1980, nous accueillîmes Behice
Boran, la présidente du Parti ouvrier de Turquie (TİP) et d’autres
responsables dirigeants du parti arrivés comme réfugiés en Belgique, et
les aidâmes à nouer des relations internationales. Le 14 février 1981,
nous organisâmes une manifestation de masse contre la junte du 12
septembre au centre de Bruxelles.
À cette époque, comme nos amis de l’opposition en exil, nous fûmes
traités de « dégénérés » par Kenan Evren et, en 1983, déchus de notre
nationalité turque par un décret signé par le vice-Premier ministre
Turgut Özal.
Malgré toutes ces pressions, à nouveau à l’initiative d’İnci, les
Ateliers du Soleil, offrant des services éducatifs et culturels à des
femmes, des hommes et des enfants de plus de 50 nationalités
différentes, notamment des réfugiés turcs, kurdes, arméniens et
assyriens, furent créés.
En 1986, après avoir témoigné sur la chaîne française A2 de
l’oppression exercée contre les Kurdes, les Arméniens et les Assyriens
en Turquie, je fus interdit d’entrée sur le territoire français par le
gouvernement Mitterrand sous la pression du gouvernement turc…
En 1988, lors d’une conférence de presse à Bruxelles, à la suite de nos
questions sur la situation des droits humains en Turquie, le Premier
ministre de l’époque, Turgut Özal, nous jugea à nouveau « coupable » et
nous fit remettre une nouvelle fois, par l’intermédiaire de l’ambassade
de Bruxelles, le décret de « dénaturalisation » datant de cinq ans
auparavant et portant sa signature.
Après avoir été rendus « apatrides », afin de pouvoir voyager librement
dans les pays européens, notre demande de naturalisation pour obtenir
la nationalité belge fut bloquée pendant des années par le parquet
fédéral du Royaume de Belgique, là encore sous la pression de l’État
turc.
Le 27 septembre 2002, un tribunal d’Istanbul me déclara « coupable »
d’avoir soi-disant insulté l’armée turque dans un article que j’avais
écrit pour la revue Yazın à l’occasion du 30e anniversaire du coup
d’État du 12 mars, et émit un mandat d’arrêt à tous les points de
passage frontières afin que je sois immédiatement arrêté si je revenais
en Turquie.
Notre « culpabilité » aux yeux de l’État turc n’a jamais cessé avec les
provocations à notre encontre par l’entremise des médias turcs au
service du régime à Bruxelles, et les accusations de « trahison à la
patrie » à l’époque du gouvernement AKP… À tel point qu’en 2008, une
campagne de lynchage fut lancé à mon encontre par le biais à la fois de
certains sites internet turcs et de la presse quotidienne en Turquie,
simplement pour avoir contribué à l’organisation d’une conférence sur
le génocide du Dersim au Parlement européen.
À la suite de cela, comme annoncé dans le journal La Libre Belgique du
13 décembre 2008, l’État belge fut contraint de me placer sous
protection.
En 2015, parce que j’avais soutenu la reconnaissance du génocide des
Arméniens, je fus pris pour cible par un site internet en turc qui
publia une photo de moi prenant la parole devant le Monument au
génocide des Arméniens à Bruxelles, accompagnée de la légende «
Apprenez à bien connaître cet homme ! »
Et en 2016, le même site internet me prit à nouveau pour cible, en
affirmant : « Ceux qui, à la moindre occasion, prennent parti pour les
organisations terroristes et les séparatistes opèrent à l’intérieur
même des limites de la commune de Saint-Josse à Bruxelles ! À la tête
de ces associations anti-turques, se trouve leur chef, Doğan Özgüden,
fondateur d’Info-Türk et ancien vétéran de gauche… »
L’obscure officine du nom de Fondation pour la recherche politique,
économique et sociale (SETA), chargée par la dictature de l’AKP de
surveiller l’identité et les activités des dissidents à l’étranger, n’a
pas tardé à me prendre pour cible dans un rapport de 666 pages publié
en 2019 :
« Doğan Özgüden, qui a fui en Europe après le Mémorandum du 12 mars
1971, est connu en Turquie pour ses articles dans divers journaux et
comme représentant du Parti ouvrier de Turquie.
« Özgüden, qui a regroupé les citoyens turcs en Europe sous la bannière
de la gauche, a fondé le Mouvement de Résistance démocratique de
Turquie à travers l’Europe et a commencé à publier des revues
s’attaquant à la Turquie.
« Il a continué à produire une rhétorique anti-Turquie à travers des
structures intitulées Union pour la Démocratie entre 1975 et 1982,
Collectif 1971 en 2006-2008 et Assemblée européenne pour la Paix en
2008. La structure dénommée Assemblée européenne pour la Paix, fondée
en 2008, en particulier, a concentré ses activités sur la « question
kurde » et a reçu le soutien de nombreuses organisations affiliées ou
liées au PKK. On sait qu’Özgüden, fondateur et rédacteur en chef de
l’agence Info-Türk, a tenu des réunions conjointes avec des
représentants de haut rang du PKK tels que Remzi Kartal et Zübeyir
Aydar. ».
La lutte organisationnelle des exilés politiques…
Dans mon discours d’ouverture à l’Assemblée des Exilés en Europe, dont
je suis fier d’être un membre fondateur, le 15 décembre 2012 à Cologne,
j’avais déclaré ceci :
« Mes soixante années de vie professionnelle et politique en qualité de
journaliste se sont toujours déroulées sous le joug du militarisme, des
lois martiales, des tribunaux militaires et des coups d’État.
« Lorsqu’İnci et moi sommes arrivés en Europe comme exilés politiques,
nous nous sommes retrouvés au cœur d’une grande lutte anti-impérialiste
et antifasciste qui a véritablement transcendé les frontières
nationales. Tandis que la dictature des généraux se poursuivait en
Turquie, des colonels étaient au pouvoir en Grèce et des régimes
fascistes régnaient au Portugal et en Espagne.
« Il y a eu ensuite la résistance contre le coup d’État de Pinochet au
Chili. Et aussi les organisations communes contre eux…
« Tous ces régimes inhumains se sont effondrés les uns après les
autres. Les putschistes ont été traduits en justice, et certains ont
passé le reste de leur vie en prison.
« Un fait tout aussi important : avec l’effondrement de ces régimes,
des centaines de milliers d’exilés politiques, séparés de leur pays
depuis des années, sont immédiatement rentrés chez eux sans craindre
d’être de nouveau arrêtés.
« Je me souviens très bien du jour où la junte grecque a été renversée,
à l’été 1974. Nos amis grecs exilés à Bruxelles étaient fous de joie de
pouvoir rentrer librement dans leur pays après tant d’années. Toutes
les figures importantes de l’exil politique grec – communistes,
socialistes, anarchistes, libéraux – avaient mis de côté leurs
divergences idéologiques pour célébrer cet évènement historique, nous
invitant à partager leur joie. Ils buvaient à profusion et dansaient le
sirtaki.
« La plupart avaient déjà réservé leurs billets d’avion ou de train ce
soir-là, impatients de partir pour la Grèce.
« Malgré toutes les prétentions du régime d’Ankara à devenir plus civil
et démocratique, les exilés politiques de Turquie n’ont jamais connu
une telle joie.
« Je comprends parfaitement le cri qui anime l’appel commun qui nous
rassemble aujourd’hui : ‘Nous ne voulons pas vivre comme exilés pour le
reste de notre vie’
« Je ressens aussi en moi les émotions qui ont suscité cet appel. La
lutte pour nous libérer de l’exil est sacrée.
« Mais si l’exil est un destin irréversible, considérer son nouvel
espace comme une seconde partie, y poursuivre le combat en exploitant
toutes les ressources disponibles et en acquérant de nouvelles
compétences, est une autre manière honorable de témoigner du respect de
soi et de service son peuple, sa culture et sa terre natale.
« Les meilleurs exemples en ont été donnés par des combattants créatifs
du monde des arts et des sciences comme Nazım Hikmet, Yılmaz Güney,
Ahmet Kaya et Fahrettin Petek… Et aussi par des milliers d’anonymes
issus des diasporas arménienne, assyrienne, kurde, yézidie et turque… »
Au cours des 14 années qui ont suivi cette rencontre, le régime
fasciste islamiste de Tayyip Erdoğan a ajouté de nouvelles valeurs et
des combattants productifs et créatifs à notre armée d’exilés.
Le 11 mai 2026 marquera le 55e anniversaire du début de notre exil, qui
a radicalement transformé nos vies et nos destins, à İnci et à moi, qui
dure depuis plus d’un demi-siècle…
Il y a 15 ans, j’avais documenté dans un livre intitulé Journaliste
‘apatride’, et publié successivement en deux volumes, notre vie de
lutte en Turquie et en exil et les raisons de notre exil, les problèmes
de notre vie en exil, nos responsabilités et nos luttes.
Un de mes derniers livres, « Une rebelle dans l'encre d'exil »,
publié en 2023, est consacré à la vie semée d’embûches d’Inci.
Mes articles dans Artı Gerçek et les bulletins d’Info-Türk, ainsi que
tous mes écrits publiés depuis le premier jour de mon exil, aussi bien
à l’étranger qu’en Turquie, de même que les entretiens réalisés avec
İnci et moi, sont compilés dans les neuf volumes de mes ouvrages
intitulés Écrits d’Exil, publiés successivement dans les sept dernières
années.
Tous les volumes de Journaliste ‘apatride’, tout comme des Écrits
d’Exil et Une rebelle dans l'encre d'exil ont été publiés en Turquie
par les éditions Belge.
Depuis notre exil le 11 mai 1971, jusqu’à nos jours, les livres,
revues, brochures, bulletins d’information et communiqués, que nous
avons écrits et publiés en plusieurs langues au nom d’un certain nombre
d’organisations de résistance, à commencer par Info-Türk, dépassent les
15 000 pages.
Une grande partie de nos documents relatifs à nos combats en exil,
correspondances privées et organisationnelles, photographies, films et
vidéos, enregistrements audio, affiches, manifestes, sont conservés à
l’Institut International d’Histoire Sociale (IISG) à Amsterdam depuis
2013, tandis qu’une part importante de notre bibliothèque personnelle
se trouve à la Bibliothèque Royale de Belgique à Bruxelles.
Nous avons confié les archives de coupures de presse que nous avons
constituées dès le premier jour de notre exil à nos amis arméniens de
l’Association des Arméniens démocrates de Belgique.
Les versions numériques des livres, brochures et bulletins
d’information que nous avons publiés en exil sont accessibles depuis
longtemps à l’adresse suivante :
https://www.info-turk.be/documents-pdf.htm Ceux-ci comprennent des
journaux, manifestes et livres publiés au nom du Parti ouvrier de
Turquie et de l’Union pour la Démocratie. Nous avons aussi mis en ligne
sur cette même page les versions numériques de tous nos livres publiés
par le journal Akşam et les éditions Ant durant nos années de lutte en
Turquie.
Oui, le 11 mai 2026, nous avons franchi le 55e anniversaire de notre
exil.
Si notre vie et notre état de santé à notre âge avancé nous le permet,
nous poursuivrons le combat et resterons solidaires des forces
démocratiques qui, en Turquie, continuent courageusement leur lutte
malgré les pressions, les machinations et les écrans de fumée du
gouvernement de Tayyip.
Traduction: Mazyar KHOOJINIAN
Police
detain students in house raids after fight at
METU spring festival
Police detained several students in morning house raids today following
a physical altercation at the Middle East Technical University's (METU)
spring festival.
The incident occurred on during a concert by İlkay Akkaya on May 6,
when a group of right-wing students opened a Turkish flag and performed
the grey wolf gesture while chanting "We are the soldiers of Mustafa
Kemal" targeting the singer. A fight broke out shortly after the
demonstration.
After the incident, leftist students were subsequently targeted on
social media by claims that they had "attacked the Turkish flag."
The Ankara Chief Public Prosecutor’s Office launched an ex officio
investigation covering allegations of "insulting the signs of state
sovereignty," "qualified intentional injury," "threat," and "insult."
The General Directorate of Security (EGM) announced that judicial
proceedings concerning the incidents during the concert had begun
against six individuals identified by their initials.
"Our glorious crescent and star red flag is the greatest symbol of our
nation’s will for independence," the directorate stated.
Before the raids, the İstiklal Kadınları Hareketi (Women of
Independence Movement), a group linked to the anti-refugee Victory
(Zafer) Party, posted on social media yesterday, "Expect news of
detentions tonight."
Students dismiss claims of attacking flag
METU students issued a joint statement yesterday, arguing that the
incident was being deliberately framed as an "attack on the flag" to
mask a planned provocation against the student festival.
"The artist on stage at Devrim Stadium was booed by a group in a
planned and organized manner," the students said.
The students called on the university administration to prevent actions
that harm the festival’s continuity.
"The best thing we can do against these attacks is to embrace the
tradition started by those who wrote DEVRİM on the stadium," the
statement continued. "We must raise our voices in every field and say:
The festival belongs to ODTÜ, and ODTÜ belongs to us." (BIA, 8 May 2026)
L’article de Doğan Özgüden publié dans la revue Europe Orient

Juillet-Décembre 2025
Cela fait exactement 75 ans jour pour jour... J'étais un jeune lycéen à
Ankara... Le 14 juillet 1950, la nouvelle Grande Assemblée nationale,
formée après la victoire du Parti démocrate aux élections législatives,
devait voter la « loi d'amnistie générale » dont on parlait depuis des
mois.
Ni dans ma famille, ni dans celle de mes amis, il n'y avait pas de
parents emprisonnés dont nous attendions la libération. Néanmoins, mon
père cheminot, qui était un admirateur de Nazım Hikmet, s'inquiétait de
savoir si le grand poète, emprisonné depuis des années, serait
libéré... Moi qui, déjà pendant mon enfance, avais admiré les poèmes de
Nazım dans la bibliothèque de mon père, j'attendais avec impatience le
résultat du vote au Parlement, car il était dit que même si une
amnistie générale était accordée, les prisonniers condamnés pour
organisation et propagande communiste n'en bénéficieraient pas.
D'après ce que nous avons lu dans le quotidien Cumhuriyet le lendemain,
103 personnes qui purgeaient une peine de prison pour propagande
communiste ne bénéficieraient pas de l'amnistie générale. Nazım Hikmet,
par contre, bénéficierait de l'amnistie, non pas pour "organisation et
propagande communiste", mais parce qu'il avait été condamné à 28 ans et
4 mois pour subversion de l'armée et incitation à la rébellion
militaire et qu'il avait purgé environ un tiers de sa peine.
Cependant, lors des débats au Parlement, le ministre des transports
Tevfik İleri avait prononcé le discours suivant afin de s'assurer que
Nazım Hikmet soit maintenu en prison parce qu'il était communiste :
"Douter du communisme de Nazım Hikmet serait une erreur. Hier encore,
en prison, Nazım Hikmet a déclaré : ‘Une moitié de mon cœur est abattue
chaque matin en Grèce, l'autre moitié est abattue en Chine. Je suppose
que l'autre moitié de son cœur est abattue en Corée ! Nazım Hikmet est
un communiste absolu, lui-même ne l'a pas nié".
Néanmoins, la majorité du Parlement a approuvé la libération de Nazım
Hikmet au motif qu'il avait été condamné en vertu de l'article 94 du
code pénal militaire, et non des articles 141 et 142 du code pénal turc.
Libéré le 15 juillet 1950, Nazım Hikmet a été appelé au service
militaire à un âge avancé, alors qu'il n'y était pas légalement obligé.
Pour éviter d'être victime d’un complot dans l'armée, il a quitté
Istanbul le 17 juin 1951 et s'est rendu à Moscou via la Roumanie. Tout
de suite, il a été déchu de sa nationalité turque par une décision du
Conseil des ministres du 25 juillet 1951.
Après deux semaines de l’amnistie générale, les communistes ont été
arrêtés le 29 juillet 1950 pour avoir envoyé un message de protestation
à la présidence de la Grande Assemblée nationale turque au nom de
l'Association des défenseurs de la paix en réponse à la décision du
Parti démocrate d'envoyer une brigade en Corée pour assurer
l’acceptation de la Turquie à l'OTAN. Six mois plus tard, le 30
décembre 1950, ils ont été condamnés à quinze mois d'emprisonnement
chacun par un tribunal militaire au motif qu'ils avaient « tenté, à des
fins politiques, de perturber l'amitié de la Turquie avec les
États-Unis et de saper la confiance du public dans le gouvernement ».
La grande arrestation des membres du Parti communiste de Turquie en
1951 ne tarde pas à suivre, et 118 des intellectuels et dirigeants
syndicaux les plus en vue de Turquie, dont Şefik Hüsnü Deymer, Zeki
Baştımar, Reşat Fuat Baraner, Mehmet Bozışık, Halil Yalçınkaya, Vedat
Türkali et Mihri Belli, sont condamnés à des peines allant jusqu'à dix
ans de prison et jusqu'à trois ans d'exil.
En 1950, on avait essayé d’empêcher le bénéfice de l'amnistie générale
pour les communistes. 24 ans plus tard, sous le gouvernement CHP-MSP,
issu des élections de 1974 qui ont suivi le coup d'État du 12 mars
1971, nous avons assisté à quelque chose de similaire.
Dans les années 60-70, de nombreux procès ont été intentés contre nous
en vertu des articles 141 et 142 du code pénal turc en raison de nos
publications et des peines de prison ont été requises allant jusqu'à
300 ans.
Quelque temps après la formation de la coalition dans laquelle Bülent
Ecevit était premier ministre et Necmettin Erbakan vice-premier
ministre, une amnistie politique a été adoptée et la libération des
islamistes arrêtés et condamnés en vertu de l'article 163 du code pénal
turc a été approuvée à l'unanimité, mais lorsqu'il s'est agi de
l'amnistie des gens de gauche arrêtés et condamnés en vertu des
articles 141 et 142, les députés du MSP ont voté « non » avec grande
fierté. Ce n'est que quelques mois plus tard qu'ils ont pu être libérés
du cachot grâce à la décision de la Cour constitutionnelle.
75 ans après l'amnistie de 1950 et 51 ans après l'amnistie de 1974,
selon les statistiques annoncées par la direction générale des prisons
et des maisons de détention de Turquie, au 2 juin 2025, il y a 403 060
prisonniers dans les prisons turques, dont 359 227 condamnés et 57 700
arrêtés. Une partie importante de cette masse est constituée de
citoyens de l'opposition qui ont été privés de leur liberté en raison
de leurs choix politiques, comme Selahattin Demirtaş, Osman Kavala et
Ekmel İmamoğlu… Des maires ont été démis de leurs fonctions, arrêtés et
remplacés par des fantoches du régime.
Il ne fait aucun doute que de nombreux autres citoyens turcs vivent
dans la clandestinité ou en exil parce qu'ils sont membres
d'organisations ou des médias de différentes tendances qui s'opposent à
la dictature de Tayyip Erdogan.
Si l'on veut vraiment faire un pas sérieux dans le processus que l'AKP
et le MHP appellent « Turquie sans terreur » et l'opposition « Paix et
société démocratique », le premier travail concret de la commission
interpartis formée au Parlement devrait être de veiller à ce qu'une loi
garantissant la libération immédiate de tous ces condamnés et détenus
politiques, de ceux qui sont exilés ou qui sont contraints de vivre
dans la clandestinité, soit adoptée par l'Assemblée générale du
Parlement avant le début des vacances législatives.
Non à « une alliance tripartite sur base de la fraternité islamique
turco-kurde-arabe » qui dominera la géographie du Moyen-Orient…
Le peuple de Turquie, avec ses Turcs, Kurdes, Arméniens, Assyriens,
Grecs et Arabes, aspire à un pays vraiment démocratique.
Pour réaliser cette aspiration, il faut une amnistie générale, vider
les prisons, mettre un terme aux chasses à l'homme sur le sol turc,
dans les pays voisins et dans les diasporas…
Tant Abdullah Öcalan à İmralı que les membres du PKK qui ont mis le feu
à leurs armes hier en Irak au nom de la « paix » doivent reprendre leur
place dans la vie politique de Turquie.
Et de toute urgence...
Assez de rhétorique, êtes-vous vraiment pour cela ?
29
nouvelles arrestations dans l'enquête visant le maire d'Istanbul
Vingt-neuf personnes ont été arrêtées vendredi pour des soupçons de
trucage d'appels d'offres dans l'enquête pour "corruption" visant le
maire d'opposition d'Istanbul, Ekrem Imamoglu, a rapporté l'agence de
presse étatique Anadolu.
Selon Anadolu, les vingt-neuf suspects sont accusés d'avoir participé à
un "système d'appels d'offres fictifs ou irréguliers" via une filiale
de paysagerie de la municipalité d'Istanbul.
Parmi les suspects figure la directrice des parcs et jardins de la
mégapole turque.
Cette opération intervient alors que le maire d'Istanbul, considéré
comme le plus sérieux rival du président Recep Tayyip Erdogan, est jugé
depuis deux mois aux côtés de 413 co-accusés.
Arrêté en mars 2025, Ekrem Imamoglu est accusé d'avoir dirigé un vaste
réseau criminel qualifié de "pieuvre", ce qu'il récuse. (AFP, 8 mai
2026)
Constitutional Court finds rights violations
in detention of HDP members
The Constitutional Court ruled that the rights to liberty and security
of Ahmet Bayazit and Livan Orman, members of the pro-Kurdish Peoples’
Democratic Party (HDP), were violated following their arrests in 2022.
The court stated that the evidence used to justify the detention of the
two applicants on charges of "membership in a terrorist organization"
did not constitute a strong suspicion of guilt. It ordered the state to
pay 200,000 liras in non-pecuniary damages to each applicant.
Livan Orman, a member of the HDP Party Assembly, and Ahmet Bayazit, a
member of the HDP Youth Assembly, were detained on Jul 29, 2022, as
part of an investigation by the İstanbul Chief Public Prosecutor’s
Office. The İstanbul 3rd Penal Court of First Instance ordered their
arrest on Aug 1, 2022. They were later released under judicial control
measures by the İstanbul 25th Heavy Penal Court on Sep 7, 2022.
Peaceful event
In its evaluation of Livan Orman’s case, the Constitutional Court
examined an HDP Beşiktaş district branch event held on Jun 16, 2019.
The court noted there was no concrete evidence that the event was not
peaceful, involved violence, or was organized under instructions from
an illegal organization.
The ruling emphasized that there was no evidence Orman shouted slogans,
carried banners, or directed participants during the event. The court
added it was unclear how his participation in an event three years
prior could serve as a concrete basis for a detention order.
The court also addressed messages sent by Orman, including the phrase
"Come here, we need to get something." It ruled that interpreting this
statement as evidence of illegal activity was based entirely on
assumptions. The court noted that no concrete data showed Orman used
applications like WhatsApp, Instagram, or Telegram for organizational
motives.
Regarding Ahmet Bayazit, the court reviewed personal notes found in his
home. The court found these documents supported the defense that they
were personal notes regarding an HDP Youth Assembly congress held in
Diyarbakır in 2021.
Unsubstantiated accusations
The ruling stated that while the notes contained critical expressions,
they did not directly encourage violence or glorify terrorist acts. The
court held that personal notes found in a home that were not shared
with the public could not be reasonably interpreted as a link between
Bayazit and an illegal organization.
The court also dismissed the claim that Bayazit’s presence in a
Telegram group titled "2nd Region Youth Assembly" constituted evidence
for arrest. It noted there was no finding that the group belonged to an
illegal youth structure rather than the HDP. His membership alone,
without proof of organizing violent activities, did not meet the
threshold for strong suspicion of a crime.
The court concluded that the prosecution failed to establish the
necessary legal grounds for the detentions.
"It has been concluded that the strong indication that a crime was
committed, which is required for detention, was not sufficiently
demonstrated by the investigative authorities for either applicant,"
the court stated.
The court ruled that the right to liberty and security under the third
paragraph of Article 19 of the Constitution was violated. Bayazit and
Orman will each receive 200,000 liras in compensation. (BIA, 5 May 2026)
Un 1er Mai
très suivi, près de 600 arrestations
Des milliers de manifestants ont rejoint les célébrations du 1er Mai en
Turquie vendredi, malgré des déploiements en force de policiers à
Ankara, la capitale et à Istanbul, entièrement verrouillée, où près de
600 personnes ont été interpellées.
Selon un bilan livré par le bureau du gouverneur d'Istanbul, à 18H00
(15H00 GMT), 575 personnes se trouvaient en garde à vue, qualifiées de
"marginaux (qui) ont fait fi des décisions prises en matière de
sécurité", selon le comuniqué.
L'Association des avocats ÇHD qui s'était déployée sur le terrain avait
comptabilisé "au moins 550" interpellations deux heures auparavant,
parfois musclées; la police a fait usage de gaz lacrymogènes depuis des
véhicules anti-émeutes, au milieu de la foule, ont constaté des
journalistes de l'AFP.
Les autorités ont ainsi empêché les manifestants de rejoindre la place
Taksim, haut lieu de la contestation stambouliote, fermée aux
rassemblements depuis 2013 et une vague de manifestations
antigouvernementales.
Un responsable syndical, Basaran Aksu, a été arrêté alors qu'il venait
de dénoncer ce verrouillage: "On ne peut pas fermer une place aux
travailleurs de Turquie. Tout le monde utilise Taksim, pour les
cérémonies officielles, les célébrations. Seuls les ouvriers, les
travailleurs, les pauvres se voient fermer la place".
Des images diffusées par la chaine d'opposition HALK TV montraient
aussi le président du Parti des travailleurs de Turquie, Erkan Bas,
noyé sous une douche de gaz au poivre.
"Le pouvoir parle déjà 365 jours par an, laissez donc les travailleurs
parler des difficultés qu'ils vivent au moins un jour par an", a-t-il
dénoncé.
Les syndicats et associations avaient appelé aux rassemblements sous le
slogan "Pain, Paix, Liberté", alors que l'inflation officielle dépasse
toujours les 30% - et même 40% à Istanbul selon la Chambre de Commerce
- et que les autorités procèdent régulièrement à des vagues
d'arrestations dans les rangs de l'opposition parlementaire et de la
presse.
Dès le début de la semaine, plusieurs dizaines de personnes avaient été
placées en garde à vue en amont du 1er Mai.
A Ankara, la centaine de mineurs d'une mine de charbon qui avaient
suivi une grève de la faim neuf jours durant pour réclamer le paiement
de leurs salaires ont été acclamés en se joignant au cortège,
particulièrement fourni et jeune, dans ue ambiance fetsive malgré
un
important déploiement policier, a constaté une journaliste de l'AFP.
Comme à l'accoutumée, Istanbul avait été placée sous cloche dès le
milieu de la nuit, les quartiers centraux de la rive européenne
entièrement cernés de barrière métallique et les lignes de métro bus et
tramway suspendues.
Simultanément, un rassemblement autorisé sur la rive asiatique du
Bosphore, à l'appel de confédérations syndicales, a réuni dans le calme
plusieurs milliers de personnes, selon un journaliste de l'AFP et la
presse. (AFP, 1 mai 2026)
Des dizaines d'arrestations avant les célébrations du
1er-Mai
Près d'une quarantaine de personnes dont des journalistes, des
syndicalistes et des opposants, ont été arrêtées mardi en prévision des
célébrations du 1er Mai à Istanbul, traditionnellement verrouillées par
la police, rapportent plusieurs sources.
Le bureau du procureur général d'Istanbul a annoncé à la presse des
mandats d'arrêt et des perquisitions visant soixante-deux personnes,
dont quarante-six "susceptibles de commettre des attentats".
Parmi elles, trente-neuf personnes ont été interpellées, à Istanbul et
dans un quartier de Kocaeli (nord-ouest), a-t-il précisé.
Selon l'association de défense de la presse et des droits MLSA, qui
évoque "46 arrestations", des perquisitions ont été menées chez un
avocat et dans les locaux des journaux d'opposition Özgür Gelecek et
Yeni Demokrasi "dont les portes ont été enfoncées".
Selon "l'avocat Serhat Alan, dont le domicile a été perquisitionné, les
documents de garde à vue concernant 46 personnes lui ont été
présentés", écrit la MLSA, ajoutant que "ce dossier faisant l'objet
d'une décision de confidentialité de 24 heures, des restrictions ont
été imposées pour l'accès aux avocats".
Le principal parti pro-kurde DEM, troisième force au parlement, a
dénoncé "avant même le 1er mai, des opérations ciblant la gauche et les
socialistes" et ainsi que des organisations étudiantes.
"De nombreux camarades ont été placés en garde à vue" s'insurge le DEM,
évoquant des "interventions visant à rétrécir l'espace de la politique
démocratique" et qui ne feront "qu'approfondir les tensions sociales",
estime-t-il.
Chaque année, le 1er-Mai donne lieu à un important déploiement policier
qui verrouille intégralement, dès la veille au soir, un large périmètre
au coeur d'Istanbul et autour de la place Taksim, lieu emblématique des
contestations fermé aux manifestations, sur la rive européenne du
Bosphore.
En mai 2025, alors que les manifestations s'étaient déplacées vers le
quartier de Kadikoy, sur la rive asiatique, plus de 400 personnes
avaient été arrêtées. (AFP, 28 avril 2026)
Le vice-ministre de l'Éducation limogé après des
fusillades dans des
écoles
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a limogé le vice-ministre de
l'Éducation après deux fusillades dans des écoles qui ont fait neuf
morts, selon le Journal officiel publié vendredi soir.
Huit élèves âgés de 10 et 11 ans ainsi qu'un enseignant ont été tués en
avril lorsqu'un adolescent de 14 ans a ouvert le feu dans une école de
la province méridionale de Kahramanmaras.
Selon les autorités, l'assaillant, mort sur les lieux, était en
possession de cinq armes à feu, et il était le fils d'un ancien
inspecteur de police, qui a depuis été arrêté.
Lors d'une autre attaque dans la province de Sanliurfa, dans le sud-est
du pays, un ancien élève a ouvert le feu dans son ancien lycée, avant
de se donner la mort.
En vertu d'un décret signé par M. Erdogan, le vice-ministre de
l'Éducation Nazif Yilmaz a été démis de ses fonctions et remplacé par
Cihad Demirli.
Ces événements ont suscité une vive indignation dans l'opinion, et M.
Erdogan a déclaré que le gouvernement introduirait des restrictions sur
la détention d'armes à feu. (AFP, 25 avril 2026)
Pression
sur les médias / Pressure on the Media
Journalist Reyhan
Hacıoğlu sentenced to over four years in prison in 'terror' case
The Van 2nd Heavy Penal Court sentenced journalist Reyhan Hacıoğlu to
four years and two months in prison for "knowingly and willingly aiding
a terrorist organization." The court also ruled for the continuation of
a ban on traveling abroad as a judicial control measure.
The verdict hearing was attended by defense lawyers and representatives
from civil society organizations, while Hacıoğlu was not present in the
courtroom.
During the hearing, the prosecutor reiterated their earlier opinion
requesting that the journalist be punished on charges of membership in
a terrorist organization.
Defense lawyers called for Hacıoğlu's acquittal, arguing the case was
based on her professional journalism activities. Attorney Resul Temur
stated the accusations lacked merit and emphasized that his client was
merely performing her job as a journalist.
Hacıoğlu was initially detained in Van on Jan 17, 2025, during house
raids conducted as part of an İstanbul-based investigation. She was
formally arrested on Jan 20 on charges of membership in a terrorist
organization and was later released pending trial during the first
hearing on Jun 13.
'I stand behind and every word I said'
Following the ruling, Hacıoğlu released a statement on social media. "I
stand behind every report I made and every word I said. You cannot
cover up the truth with the sentences handed down," she wrote.
Hacıoğlu further criticized government policies and the judicial system
in her statement:
"Journalism is not a crime; it is a crime to pit this country and these
peoples against each other, to attack, to arrest, to plunder nature, to
carry out inhuman practices in prisons, to isolate a person by cutting
off their communication—their most basic right—to usurp the will of the
people, and to leave harassment and rape unpunished."
"We will continue to stand against this, to report on it, and to follow
in the footsteps of our colleagues who paid a price for the TRUTH!
Because we have a belief in the TRUTH that we know will have a
magnificent end." (BIA, 14 May 2026)
Journalist
İsmail Arı faces six years prison for 'spreading
disinformation'
The Press Crimes Bureau of the Ankara Chief Public Prosecutor's Office
has prepared an indictment against BirGün reporter İsmail Arı, seeking
up to six years in prison for "spreading misleading information" and
"violating confidentiality."
The charges stem from Arı’s news reports and social media commentary.
Arı was detained during a house raid on Mar 21 and remains in pretrial
detention.
News subject to accusations
Arı’s statements regarding President Recep Tayyip Erdoğan’s family
members serving on the boards of foundations such as TÜGVA, TÜRGEV, and
İlim Yayma Cemiyeti formed the basis for the charge of spreading
misleading information. Arı had reported that public resources are
channeled to these organizations and that they benefit from tax
exemptions.
Prosecutors also included Arı’s posts concerning a dorm construction
project at the İstanbul İmam Hatip High School in Fatih where President
Erdoğan graduated. Arı had reported that the dormitory construction had
begun on Treasury land that included registered cultural assets.
Regarding the news, the indictment used a statement from the
Presidential Communications Directorate's Center for Combating
Disinformation (DMM) as evidence against Arı. The center had labeled
the report as "clear disinformation."
Arı's post about a 630 million liras corruption investigation involving
the Yunus Emre Foundation was also included in the indictment.
Regarding this report, the prosecution charged Arı with violating
confidentiality, noting that the Ankara 2nd Penal Court of First
Instance had issued a restriction order on the investigation on Dec 23,
2024.
The prosecution is seeking one to three years for spreading misleading
information and an additional one to three years for violating
confidentiality. (BIA, 13 May 2026)
Comedian
faces three-year prison sentence over Sultan Suleiman joke
An indictment has been prepared against comedian Tuba Ulu following a
joke about Ottoman Sultan Suleiman the Magnificent made during a
stand-up performance.
The İstanbul Chief Public Prosecutor’s Office is seeking a prison
sentence of up to three years for Ulu on charges of "inciting the
public into hatred and hostility."
The accusation concerns the joke where Ulu said, "even Sultan Suleiman
married his fuck buddy," referring to the sultan's relationship with
Hürrem Sultan.
A clip from the performance containing the remark circulated on social
media last month, leadint o a targeted campaign against the comedian
and a subsequent criminal investigation.
Ulu was detained and accused of insulting historical, national, and
spiritual values. She was later released under judicial control.
Following her release, she issued an apology on social media, sayign,
"To perform satire, it may be necessary to stretch or exaggerate some
boundaries, and the adjustment might be off for some people."
Ulu’s accounts on X and YouTube were also blocked from access after the
incident. (BIA, 11 May 2026)
Trial begins for murder of journalist Hakan Tosun
The first hearing in the trial of two defendants facing life
imprisonment for the intentional murder of journalist and environmental
activist Hakan Tosun was held in Bakırköy, İstanbul, on May 6.
The Bakırköy 17th Heavy Penal Court heard 13 witnesses during the
hearing and ruled for the continued detention of the two defendants.
The next hearing is scheduled for Jul 8.
Tosun was physically assaulted by two individuals on Oct 10 while
walking to his home in Esenyurt, İstanbul. He died at the hospital
after sustaining severe blows to the head.
Abdurrahman Murat, 19, and Adnan Şahin, 25, were detained and formally
arrested following the attack, which was captured on local security
cameras.
The hearing
Before the hearing Tosun's family members, journalists and
environmental activists carried out a march to the courthouse,
demanding justice and all motives and entities behind the murder be
fully uncovered.
The court restricted access to the hearing, allowing only a few people
and seven journalists to enter, leaving many out. The decision led to a
brief confrontation where police used shields to push back members of
the press.
Following insistence from the Tosun family's lawyers, the court opened
an additional hall where activists, representatives, and other
journalists watched the proceedings via video conference.
While the family was present in the courtroom, the defendants
participated from prison through a video link. (BIA, 11 May 2026)
Un chanteur
populaire gay acquitté du crime d'"obscénité"
Le chanteur populaire turc Mabel Matiz, accusé d'"obscénité" pour des
paroles décrivant un rapport sexuel entre hommes, a été acquitté
vendredi par un tribunal d'Istanbul, a indiqué à l'AFP l'une de ses
avocates.
Le ministère turc de l'Intérieur avait annoncé en septembre avoir
déposé une plainte contre le chanteur ouvertement homosexuel, dans un
contexte de pression sur les artistes et d'attaques répétées du
président Recep Tayyip Erdogan contre les LGBTQ+.
"Qu'ils me déshabillent et me jettent sur un oreiller/ Qu'ils me
retrouvent éreinté/ Qu'ils me crucifient", dit le refrain de sa chanson
"Perperisan".
Un procureur avait requis une peine allant jusqu'à trois ans de prison
contre l'artiste âgé de 40 ans, mais le tribunal l'a acquitté en
estimant que les éléments constitutifs du crime d'"obscénité" n'étaient
pas réunis, a déclaré à l'AFP son avocate Efsun Türker.
Un avocat du ministère de la Famille avait dénoncé au cours du procès
une "atteinte à la pudeur", tandis que des médias progouvernementaux
accusaient Mabel Matiz d'être "un missionnaire LGBT".
L'artiste s'était défendu sur X en affirmant "(raconter) une histoire
d'amour par métaphores" en s'inspirant de "traditions populaires".
(AFP, 8 mai 2026)
Début du procès des suspects du meurtre d'un
journaliste
Le procès de deux hommes accusés du meurtre, fin 2025, du journaliste
et militant turc Hakan Tosun s'est ouvert mercredi à Istanbul, ont
rapporté des associations de défense des droits humains autorisées à
assister aux débats.
D'abord accusés d'homicide involontaire, les deux suspects, âgés de 19
et 25 ans, sont jugés pour homicide volontaire.
Des associations de journalistes avaient aussitôt soupçonné que la mort
d'Hakan Tosun, qui avait couvert de nombreuses luttes sociales et
environnementales, soit liée à sa profession. Mais les suspects et des
témoins affirment que son décès est survenu à la suite d'une rixe née
d'un simple accrochage verbal.
Des images de vidéosurveillance avaient montré la victime, âgée de 50
ans, être violemment agressée de nuit dans une rue de l'arrondissement
stambouliote d'Esenyurt. Une autopsie avait conclu à une mort par
hémorragie cérébrale.
"Reporters sans frontières exige que toute la vérité soit faite,
notamment afin de savoir si le meurtre a été commis en raison de ses
activités journalistiques", a déclaré à l'AFP le représentant en
Turquie de RSF, Erol Önderoglu.
Selon l'association turque de défense des droits humains MLSA, seuls
trois des nombreux journalistes désireux d'assister au procès mercredi
ont été autorisés à pénétrer dans la salle d'audience. (AFP, 6 mai 2026)
Turquie/Racisme:
Trois mots qui font scandale
Ragip Duran, TVXS.GR, 3 mai 2026
Mme Mine Kirikkanat (74), chroniqueuse du quotidien Cumhuriyet
(République, Kémaliste, nationaliste) a qualifié sur son compte X, M.
Kemal Kilicdaroglu, ex-Président du CHP (Parti Républicain du Peuple,
opposition, 138 sièges sur 592 au Parlement) de ‘’Kripto Kilic Artığı’’
.
‘’Kripto Kilic Artigi’’ signifie « Rescapé caché de l'épée ». En turc,
dans le langage familier, cette expression est une insulte contre les
personnes qui ont survécu aux massacres de chrétiens et des alévis dans
l'Empire ottoman, puis en Turquie.
M. Kilicdaroglu de secte alévie est d’origine de Dersim (Est). En 1915
lors des massacres, plusieurs milliers d’Arméniens s’étaient réfugiés
chez les Alévis de Dersim et étaient plus tard devenus alévis eux-mêmes.
Ainsi, Mme Kirikkanat insinuait que M. Kilicdaroglu est d’origine
arménienne vêtu d’une veste alévie ! L’arménien et l’alévi sont selon
l’idéologie et le discours officiel les deux pires ennemis de la
République Kémaliste.
Le terme utilisé par la journaliste reconnaît et voire légitimes les
massacres des alévis depuis le règne du Sultan Yavuz Selim (1470-1520)
et le génocide des arméniens depuis 1915.
Tout au long de la semaine ‘’Le Cas des rescapés de l’épée’’ était à la
une des médias et de la Toile. Mme Kirikkanat s’est excusée
publiquement auprès des Alevis et a avoué qu’elle ne savait pas le sens
profond de cette expression.
Cette excuse n’a pas été acceptée ni par les Alévis ni la majorité de
l’opinion publique. Le quotidien Cumhuriyet a d’abord publié un
éditorial dans lequel il défend la liberté d’expression de ses
chroniqueurs et se plaint des critiques publiées dans les médias
sociaux.
Devant les protestations massives, la chroniqueuse a dû déclarer
qu’elle arrête de rédiger ses chroniques sans préciser pour combien de
temps. ‘’Les mauvais ont gagné. J’arrête d’écrire mes chroniques. La
place est désormais à vous’’ a-t-elle écrit.
Ses collègues chroniqueurs du quotidien Cumhuriyet ont préféré garder
le silence sur cet événement. Et la direction du journal critique les
Internautes ‘’qui mènent une campagne de lynchage contre le quotidien
d’opposition’’.
La chroniqueuse, étendard du Kémalisme nationaliste, était déjà en août
2005 était licenciée du quotidien Radikal (gauche libérale) pour avoir
publié ‘’une chronique de couleur raciste’’.
Mme Kirikkanat a publié plus de 15 livres, romans et essais. Elle avait
fait il y a un an un procès contre la romancière Elif Şafak, accusée de
plagiat. Elle avait gagné grâce aux procureurs, aux juges et aux
Kémalistes qui détestent Mme Şafak, soutenue auparavant par la
communauté Gulen, ancien alliée nouvel ennemi du régime Erdogan. Mme
Şafak poursuit sa carrière littéraire en exil à Londres.
Les critiques de la chroniqueuse, très en colère contre Mme Kirikkanat,
n’omettent pas non plus de lancer des missiles virtuels sur la vie
privée de cette personnalité très controversée., soutenue auparavant
par la communauté Gulen, ancien alliée nouvel ennemi du régime Erdogan.
Mme Shafak poursuit sa carrière littéraire en exil à Londres.
Les critiques de la chroniqueuse, très en colère contre Mme Kirikkanat,
n’omettent pas non plus de lancer des missiles virtuels sur la vie
privée de cette personnalité très controversée.
Turkey
falls to 163rd in RSF press freedom index
Turkey ranked 163rd out of 180 countries in the 2026 World Press
Freedom Index prepared by Reporters Without Borders (RSF), falling from
159th place last year.
The ranking made Turkey the 18th worst country in the index. RSF cited
the regular use of accusations such as “disinformation,” “insulting the
president” and “denigrating state institutions” as tools to suppress
journalism and imprison journalists.
For the first time in the history of the index, most countries
worldwide are classified as being in a “difficult” or “very serious”
situation. The average score of all countries reviewed has never been
this low in the past 25 years.
The spread of increasingly restrictive legal regulations, particularly
those linked to national security policies, has eroded the right to
access information even in democracies since 2001.
The legal indicator recorded the sharpest decline this year, showing
that journalism is increasingly being criminalized. A significant shift
is also taking place in the Americas, where the US fell seven places in
the index and many Latin American countries are being drawn into a
spiral of violence and pressure. (BIA, 30 April 2026)
Press freedom groups call on Turkey to abolish
‘disinformation law’
Twenty-five press and freedom of expression organizations, including
the IPS Communication Foundation/bianet, have criticized the growing
use of the "disinformation law" against journalists and called for its
abolishment.
In a joint statement, the organizations said Article 217/A of the
Turkish Penal Code, titled “Publicly Spreading Misleading Information,”
and known publicly as the “disinformation law,” is being used to
arrest, detain and prosecute journalists.
The statement noted that at least 83 journalists have been charged with
spreaing disinformation 114 times since the law entered into force in
Oct 2022. BirGün reporter İsmail Arı and DW Türkçe reporter Alican
Uludağ were the journalists most frequently targeted under the charge.
Arı has been accused six times, and Uludağ four times. Both journalists
are currently in prison.
'Legitimate journalism is being criminalized'
The organizations said Article 217/A has been applied more intensively
and swiftly in recent months, adding that this is part of a broader
pattern of legal pressure criminalizing legitimate journalism in Turkey.
In addition to the detention of Uludağ and Arı, they cited the cases of
Bilal Özcan, Murat Ağırel, Barış Pehlivan, Zafer Arapkirli, Turgay
Kılıç and Mehmet Yetim, who have been detained, arrested, prosecuted or
sentenced to prison under the same charge. The statement continued:
“Documented examples of this kind of abuse of the ‘disinformation law’
against journalists and the media make Turkey a regional, and even
global, outlier in the misuse of regressive fake news and
disinformation legislation to suppress media freedom and freedom of
expression. This further weakens an environment that is already hostile
to free and independent journalism in the country.
"Turkey’s disinformation law is structurally incompatible with
international press freedom standards. The law does not clearly define
what constitutes ‘false information’ or what content poses a threat to
national security or public order.
"As one journalist prosecuted under the law emphasized, the government
can deem any kind of information false. The vagueness of the law gives
courts unlimited authority to determine the existence of an offense,
enabling the prosecution of critical journalism.
"A free and independent press is the most lasting safeguard against the
spread of false information. Criminalizing journalism is neither a
legal nor an effective response to it.”
Demands
- The organizations called on Turkey to immediately and unconditionally
take the following steps:
- Release all journalists imprisoned under Article 217/A of the Turkish
Penal Code,
- Drop all cases against journalists over their reporting or commentary,
- Fully repeal Article 217/A of the Turkish Penal Code,
- Bring all of Turkey’s legislation governing freedom of expression
into line with its international obligations. (BIA, 28 April 2026)
Kurdish
Question / Question kurde
ECtHR rules
2016 detention of Kurdish politician Ayla Akat
Ata unlawful
The European Court of Human Rights (ECtHR) has ruled that the 2016
detention of Kurdish politician Ayla Akat Ata was unlawful and Turkey
violated Ata’s rights by targeting her for political activities.
Ata, a former MP for the pro-Kurdish Peoples’ Democratic Party (HDP),
was detained on Oct 26, 2016, during a public statement in front of the
Diyarbakır Metropolitan Municipality, which the government had taken
over from the HDP at the time. Following her detention, the Diyarbakır
Chief Public Prosecutor’s Office launched an investigation into Ata on
charges of "founding or managing a terrorist organization."
Prosecutors cited Ata’s activities within the Democratic Society
Congress (DTK), an umbrella group for pro-Kurdish and leftist
organizations, her participation in meetings and demonstrations, her
speeches, and her social media posts as evidence. Ata was also accused
of being a leader of the shuttered Free Women’s Congress (KJA) and
engaging in "terrorist propaganda."
On Oct 30, 2016, the Diyarbakır 1st Peace Judgeship ordered her arrest.
She remained in custody for more than five months before her release on
May 4, 2017.
Ata applied to the ECtHR on the grounds that her detention lacked a
legal basis and that she was targeted for political reasons.
The ruling
The European court ruled on May 12 that there was no concrete evidence
to justify Ata's detention, finding violations of the right to liberty
and security and the right to freedom of expression. The court noted
that the charges were based on democratic activities that did not
involve calls for violence.
"Reasonable suspicion" required for detention was not established with
concrete evidence, the court said. It noted that local courts failed to
form a clear link between Ata’s words and the alleged crimes, merely
listing her political statements and attendance at meetings.
The court found a violation of Article 5/1 of the European Convention
on Human Rights (ECHR). It also ruled that Article 5/3 of the ECHR was
violated because the decisions to prolong her six-month detention
lacked sufficient reasoning. The court noted that authorities failed to
demonstrate a risk of flight or tampering with evidence, or why
alternative measures like judicial control were inadequate.
The ECtHR further concluded that Ata’s detention constituted an
interference with her freedom of expression, leading to a violation of
Article 10 of the ECHR. The court held that an unlawful detention
cannot be considered a legitimate restriction on free speech. (BIA, 15
May 2026)
Afrin occupée : Le drapeau turc ou rien, même pour la
Journée de la langue kurde
L’événement de la Journée de la langue kurde qui devait avoir lieu
aujourd’hui à Afrin a été annulé à cause de la mentalité coloniale
turque.
L’événement prévu aujourd’hui, jeudi, au Centre culturel d’Afrin à
l’occasion de la Journée de la langue kurde a été annulé après un vif
différend autour du drapeau turc.
Selon des sources locales, plusieurs participants ont exigé le retrait
du drapeau turc présent dans l’auditorium du centre, qui dépend du
ministère syrien de la Culture. Les responsables de l’université turque
de Gaziantep, partenaires de l’événement, ont refusé cette demande,
entraînant l’annulation pure et simple de la manifestation initialement
prévue à 13h et le départ des participants.
Contexte d’occupation
Depuis l’invasion turque et l’occupation du canton d’Afrin en mars
2018, la région subit une turquification forcée systématique. La langue
kurde a été progressivement effacée des institutions publiques, et son
enseignement est interdit dans les écoles. (armenews.com, 15 mai 2026)
Processus de paix turco-kurde bloqué
Ragip Duran, TVXS.GR, 11 mai 2026
Le processus de paix lancé il y a maintenant 19 mois entre Ankara et le
PKK, semble être bloqué à cause des revendications contradictoires des
deux parties : Le Président du PKK Abdullah Ocalan (Apo), en prison
depuis 1999, désire désormais un statut juridique pour être un vrai
négociateur en chef dans ses contacts avec les autorités turques. Il
demande également la promulgation urgente des lois spécifiques pour
poursuivre les entretiens avec ses interlocuteurs dans le but de
résoudre pacifiquement et politiquement le problème kurde qui est à
l’ordre du jour de la Turquie depuis au moins 1925!
Ce problème pluridimensionnel a causé la mort d’au moins 50 milles
personnes depuis seulement 1984. Ocalan parle du “Processus de Paix et
de la Démocratie Sociale” alors que le régime parle du “Processus
de
La Turquie Sans Terrorisme”.
Le pouvoir turc a pour le moment deux porte-paroles: M. Devlet Bahceli,
Président du MHP (Parti d’Action Nationaliste, extrême-droite, allié
d’Erdogan, 46 sièges sur 592) encourage Ocalan et propose lui accorder
“un statut officiel” afin qu’il mène comme il faut les pourparlers avec
les représentants du gouvernement. “Par exemple, il peut être
Coordinateur du Processus de Paix et de la Politisation” a-t-il
déclaré. Les proches de Bahceli, ont même prononcé le titre du poste du
“Sous-ministre de l’Intérieur”.
L’autre acteur principal, le Président Erdogan qui soutient en général
le processus, plutôt du bout des lèvres, a préféré depuis 19 mois
garder le silence sur les points critiques de l’itinéraire. Les
officiels pro-Erdogan insistent sur “la démilitarisation complète du
PKK avec l’ensemble de ses branches dans tous les pays du Moyen-Orient”
Id est l’Irak, la Syrie et l’Iran. Les Kurdes de ces pays sont encore
et toujours sur place avec leurs armées.
Le PKK qui a la demande d’Ocalan (peut être de l’Etat turc) s’était
auto-dissous lors de son 12e Congrès extra-ordinaire le 5-7 mai 2025
organise encore des conférences de presse sous la bannière du
“Mouvement Apoiste” avec des guérilleros armés. Ces derniers insistent
sur le “statut à accorder” à Ocalan, condition sine qua non pour une
démilitarisation complète.
Le PKK met l’accent uniquement sur “le statut à accorder au Président
Apo” et ne parle plus de la liberté pour la langue kurde, des
prisonniers politiques kurdes, des maires kurdes destitués ni du
Kurdistan d’ailleurs.
Les partisans du régime Erdogan et une grande partie de l’opinion
publique turque sont fermement contre les propositions de Bahceli. “Le
terroriste en chef ne peut pas être couronné d’un statut officiel”, “La
République turque n’est pas une république bananière !” disent-ils.
Alors qu’Ocalan semble être complètement du côté de l’idéologie
officielle depuis son incarcération sur l’île d’Imrali, revendique
“l’intégration démocratique”, c’est-à-dire l’assimilation volontaire de
l’ensemble des Kurdes à la société et à l’Etat turcs, refusant
l’identité nationale kurde et rejetant l’indépendance ou l’autonomie
pour les Kurdes.
De nouvelles contradictions surgissent au sein du régime et l’opinion
publique kurde est également divisée. Une minorité soutient encore le
Président Apo alors que surtout, les jeunes s’opposent contre les plans
et politiques de “turquification des Kurdes”.
La partie kurde n’a presque rien gagné depuis le début de ce processus,
c’est-à-dire depuis octobre 2024, alors que le régime Erdogan a su
diviser le camp de l’opposition (DEM, Parti de l’Egalité et de la
Démocratie, kurdes et gauches, 56 sièges, ne s’oppose plus contre les
politiques et pratiques autoritaires du régime) et a gagné du temps
pour préparer une nouvelle Constitution dans le but de perdurer le
régime de l’Homme Unique.
Les deux premiers processus de paix entre Ankara et le PKK avaient
échoué à cause essentiellement des interventions d’Erdogan. (Processus
d’Oslo en 1993 et Première Processus de Solution en 2013). Cette fois,
estiment les observateurs, “le processus risque encore d’échouer à
cause des positions irréalistes des deux parties”.
Ankara
prisoners not allowed to send letters in Kurdish
unless paying for translation
Prisoners held at the Sincan Prison Campus in Ankara report that their
right to correspond in Kurdish is being blocked by prison authorities.
Ramazan Çeper, who is held at Sincan No. 2 High Security Closed Penal
Institution, detailed the restrictions in a letter sent to the Civil
Society in the Penal System Association (CİSST). Çeper stated that for
months, outgoing Kurdish letters have not been sent and incoming
letters in the language have not been delivered.
According to Çeper, prison authorities are demanding that inmates pay
for translation services before any Kurdish correspondence is processed.
"A ban has been placed on our Kurdish letters for months, and it has
been stated that none of our letters will be sent unless we cover the
translator fees ourselves," Çeper wrote.
He further noted that prisoners attempted to resolve the issue through
dialogue but were unsuccessful due to the administration rejecting all
alternative solutions. Çeper said he felt compelled to contact the
association to ensure the situation was scrutinized.
'There is Kurdish-speaking personnel'
Çeper reported that while the prison previously assigned guards who
spoke Kurdish to the Letter Reading Commission, this practice was
discontinued this year. He claimed there are more than 10 guards at the
facility who speak Kurdish, but the administration has refused requests
to assign them to the commission.
"If there is a shortage of translators, this could be resolved within a
week by writing to the ministry, but this is not being done," Çeper
added.
He further noted that the restriction appears specific to his facility,
claiming that no such ban exists at the neighboring Sincan No. 1 High
Security Prison.
CİSST files applications
Following the report, CİSST filed applications with several
authorities, including the Prison Monitoring Board, the Provincial
Human Rights Board, the Presidency Communications Center (CİMER), the
Parliamentary Human Rights Investigation Commission, and the Prisons
and Detention Houses General Directorate.
Heval Zelal Avcı, a specialist at CİSST focusing on aggravated life
sentences, told bianet that prisoners under this penal enforcement
regime already face intense isolation and correspondence is a critical
link for them to the outside world. These prisoners have limited rights
to phone calls, visits, and social activities compared to others.
"Practices that limit the right to correspondence or make it
effectively unusable weaken one of the last remaining communication
channels for prisoners already living under conditions of heavy
isolation," Avcı added.
Parliamentary question
The pro-Kurdish Peoples’ Equality and Democracy (DEM) Party has brought
the allegations to the parliament with MP Beritan Güneş submitting a
written parliamentary question addressed to Justice Minister Akın
Gürlek.
Güneş pointed to the freedom of communication guaranteed by Article 22
of the Constitution and cited Constitutional Court rulings regarding
the principle of proportionality. She argued that blocking Kurdish
letters despite the presence of bilingual staff and available technical
alternatives violates both proportionality and the prohibition of
discrimination.
In her motion, Güneş asked the minister how many Kurdish-speaking
guards are employed at the Sincan No. 1 and No. 2 institutions and why
they are not assigned to the reading commissions.
She also questioned why electronic language support from other
institutions is not being utilized if a local shortage exists. (BIA, 8
May 2026)
Le PKK appelle les autorités à surmonter les "blocages"
Deux cadres du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) ont appelé
mardi les autorités turques à surmonter les "blocages" empêchant
l'avancée du processus de paix avec Ankara, un an après l'annonce de la
dissolution du groupe armé kurde.
Les deux responsables, s'exprimant en kurde et en turc face caméra
depuis un lieu non identifié, ont exhorté Ankara à "prendre les mesures
législatives nécessaires au bon déroulement du processus", estimant que
les déclarations récentes de responsables turcs "selon lesquelles le
processus progresse sans blocages ne reflètent pas la situation
actuelle".
Ces cadres de la guérilla kurde, Mustafa Karasu et Sozdar Avesta,
affirment que le PKK, qui a annoncé fin octobre le retrait de ses
derniers combattants présents sur le sol turc vers le nord de l'Irak, a
"accompli (sa) part au-delà des espérances".
Les deux responsables, dont les déclarations ont été relayées par
l'agence de presse prokurde ANF, ont insisté sur la question du statut
d'Abdullah Öcalan, chef historique du PKK détenu à l'isolement depuis
1999 qui avait appelé en février 2025 les combattants kurdes à déposer
les armes.
Le PKK avait annoncé en mai 2025 sa dissolution, après plus de quatre
décennies d'une lutte armée qui a fait au moins 50.000 morts selon
Ankara.
"Nous ne pourrons parler de l'avancement du processus que lorsque le
statut du Guide Apo (Abdullah Öcalan, NDLR) sera détermMore than six
workers killed on the job every day in April The highest number of
fatalities were recorded in the construction sector while deaths in the
agricultural sector nearly doubled. (AFP, 5 mai 2026)
Le club kurde d'Amedspor en 1ère division et la
communauté aux anges
Ils l'ont fait ! Amedspor, le petit club de Diyarbakir, la principale
ville en majorité kurde de Turquie (sud-est), a conquis samedi son
billet pour la première division, une victoire bien au-delà du foot qui
touche la communauté au coeur.
A peine le match terminé (3-3 face au club d'Igdir, ouest) une clameur
a résonné de ville en ville, dans le sud-est du pays comme dans les
grandes villes de l'ouest, telle Istanbul où la communauté kurde très
présente a déferlé sous les bannières aux couleurs rouge et verte du
club et du drapeau kurde.
"Toute la ville est dans la rue", a témoigné le correspondant de l'AFP
à Diyarbakir, où Amedspor est un trésor de famille : à domicile, le
club joue régulièrement devant 18.000 spectateurs, sept fois plus que
la moyenne de la deuxième division turque.
La municipalité avait installé deux écrans géants dans deux parcs
devant lesquels se sont massés des milliers de spectateurs dont une
majorité de femmes.
"Ca fait 15 ans qu'on attendait ça ! Notre joie est immense, je l'offre
à notre peuple, à tous les Kurdes" exultait Abdurrahim Toprak, un
commerçant de 26 ans.
Güler Isik, une femme au foyer de 48 ans s'exprimant en kurde,
affirmait : "Nous l'avons mérité ! Que je me sacrifie pour ces jeunes,
que je me sacrifie pour les joueurs".
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a tenu lui aussi sur "X" à
"féliciter de tout coeur Amedspor qui représentera notre Diyarbakir la
saison prochaine en Süper Lig (...) et mes frères kurdes".
C'est que tous en conviennent, comme l'expliquait le président du club,
Nahit Eren, cette semaine à l'AFP : "Nous sommes plus qu'un club, plus
qu'une simple équipe de football" : "Amedspor, c'est une identité, des
couleurs, des valeurs et des prises de position", résumait-il.
Samedi soir, il a adressé ses chaleureuses félicitations aux joueurs et
aux supporteurs. "Nous sommes ravis de cette victoire et espérons
qu'Amedspor continuera sur sa lancée et portera toujours haut les
couleurs d'Amed".
La bonne nouvelle tombe alors que le processus de paix engagé fin 2024
par les autorités avec la guérilla kurde du Parti des travailleurs du
Kurdistan (PKK) patine.
En optant il y a dix ans pour l'appellation kurde de Diyarbakir,
"Amed", le club a déclenché l'ire des nationalistes et doit
régulièrement essuyer des insultes quand il se déplace en Turquie où
les Kurdes constituent environ un cinquième des 86 millions d'habitants.
Mais peu importe pour la députée du parti prokurde DEM, Ceylan Akça,
une habituée des tribunes d'Amedspor : "Qu'il gagne ou non, le club
continuera d'être le ciment des Kurdes dispersés dans la région et à
travers le monde" affirmait-elle cette semaine. (AFP, 2 mai 2026)
"Plus qu'un
club": en Turquie, une équipe kurde touche à son
rêve
Club de Diyarbakir, la "capitale" du sud-est à majorité kurde de la
Turquie, Amedspor peut décrocher samedi son billet vers la première
division, une perspective inédite qui suscite une vague d'enthousiasme
parmi les millions de Kurdes du pays et de la diaspora.
"Si nous montons, nous serons les plus heureux du monde", lâche Ercan
Simsek, un supporteur de 52 ans habitué des divisions inférieures.
Venu à Istanbul le mois dernier pour assister à une rencontre décisive,
l'homme en costume gris, le cou enroulé d'une écharpe d'Amedspor rouge
et verte, deux couleurs emblématiques des bannières kurdes, avait
échoué face aux grilles du stade, faute de billet.
"Qu'importe: nous ne sommes pas ici uniquement pour le football. Nous
sommes ici car c'est une question de fierté", expliquait-il à l'AFP.
"Amedspor est la fierté de Diyarbakir, la fierté du sud-est, la fierté
des Kurdes!".
"Nous sommes plus qu'un club, plus qu'une simple équipe de football",
abonde Nahit Eren, le président d'Amedspor, dont les joueurs évoluent à
domicile devant 18.000 spectateurs en moyenne, sept fois plus que la
moyenne de la deuxième division turque.
"Amedspor, c'est une identité, des couleurs, des valeurs et des prises
de position", résume à l'AFP le président du club, qui a pris il y a
une décennie le nom kurde historique de Diyarbakir, "Amed", un choix
qui lui vaut encore aujourd'hui la haine des nombreux supporteurs
nationalistes du pays.
- "Propagande" -
Amedspor, qui mêle le turc et le kurde - qui n'a pas le statut de
langue officielle en Turquie - dans ses messages sur les réseaux
sociaux, a été sanctionné fin janvier par la Fédération turque de
football, accusé d'avoir fait la "propagande" de combattants kurdes.
Son tort: avoir réalisé une vidéo en soutien à une combattante kurde
dont la natte avait été coupée et brandie en trophée par un soldat de
l'armée syrienne lors de combats dans le nord de la Syrie.
Le président du club, qui dénonce "les tentatives visant à impliquer
Amedspor dans diverses polémiques", déplore aussi les insultes qui
fusent des tribunes à chaque déplacement ou presque, symptomatiques du
racisme subi par les Kurdes, qui représentent un cinquième environ des
86 millions d'habitants du pays.
Sur le terrain toutefois, contrairement à l'Athletic Bilbao qui
n'aligne que des joueurs nés ou formés au Pays basque, les joueurs
kurdes d'Amedspor, prédominants dans l'effectif, évoluent au côté de
coéquipiers étrangers, à l'instar de leur meilleur buteur, le
Sénégalais Mbaye Diagne.
"L'Athletic est un club centenaire. Amedspor n'a que dix ans", relève
le président Eren, admiratif du club basque mais fier aussi de "ne
pratiquer aucune discrimination".
- "Ciment des Kurdes" -
La montée d'Amedspor en Süper Lig coïnciderait avec le lent
processus de paix en cours entre Ankara et la guérilla du Parti des
travailleurs du Kurdistan (PKK), entamé fin 2024.
La vieille ville de Diyarbakir porte encore les stigmates de combats à
l'arme lourde qui y ont opposé en 2015-2016 l'armée au groupe armé
kurde, un conflit qui a fait plus de 50.000 morts depuis 1984.
Et si d'autres clubs kurdes sont parvenus par le passé à accéder à
l'élite, le dernier à la fin des années 2000, Amedspor suscite une
ferveur inédite qui s'explique par "son identité kurde revendiquée",
explique Ceylan Akça, députée DEM (parti prokurde) de Diyarbakir, qui
rappelle que la ville "est considérée par les Kurdes du monde entier
comme la capitale du Kurdistan".
Signe de cet engouement jusque dans la diaspora kurde, une boutique
officielle du club doit être inaugurée mi-mai à Hanovre, en Allemagne.
Ceylan Akça, habituée des tribunes d'Amedspor, estime cependant qu'en
Turquie "toutes les institutions de l'État s'opposent à la réussite de
cette équipe", citant en exemple les amendes "absurdes" infligées par
la Fédération.
Mais pour elle, l'important est ailleurs: "Qu'il gagne ou non, le club
continuera d'être le ciment des Kurdes dispersés dans la région et à
travers le monde". (AFP,
30 avril 2026)
Minorités
/ Minorities
Turquie-Arménie:
instauration de relations commerciales
directes
Turquie et l'Arménie reprennent leurs relations commerciales directes
via un pays tiers, dans le cadre du rapprochement entre les deux pays
entamé en 2022, a annoncé mercredi le ministère turc des Affaires
étrangères.
Les échanges peuvent reprendre depuis lundi 11 mai, a indiqué dans un
communiqué le porte-parole du ministère, Öncü Keçeli, qui a précisé que
"l'origine et la destination finale" des marchandises pourront
désormais être mentionnées comme étant la Turquie et l'Arménie, même si
les échanges continueront de transiter par un pays tiers faute de
poste-frontière fonctionnel.
Une décision "importante", a salué l'Arménie.
Dans les faits, les échanges entre les deux pays sont déjà une réalité
de part et d'autre via la Géorgie notamment.
"Dans le cadre du processus de normalisation avec l'Arménie, en cours
depuis 2022, et dans le cadre des mesures de confiance prises, les
préparatifs administratifs pour le lancement d'échanges commerciaux
directs entre notre pays et l'Arménie ont été achevés depuis le 11 mai
2026", a annoncé M. Keçeli.
"Les travaux techniques et administratifs nécessaires à l'ouverture de
la frontière commune entre les deux pays sont toujours en cours",
a-t-il rappelé.
De son côté, le porte-parole du ministère arménien des Affaires
étrangères a salué "une nouvelle étape dans le processus de
normalisation des relations entre l'Arménie et la Turquie" et
"significative pour le développement des échanges commerciaux et le
renforcement des liens entre les milieux d'affaires des deux pays, la
promotion de la connectivité économique et la garantie de la paix et de
la prospérité dans la région".
"Le prolongement logique (de cette décision) sera l'ouverture de la
frontière arméno-turque et l'établissement de relations diplomatiques",
a-t-il souhaité.
Les deux capitales n'ont pas encore établi de relations diplomatiques
et leur frontière terrestre, brièvement ouverte au début des années
1990, reste fermée.
Les deux pays ont entamé des relations fin 2021, après la défaite de
l'Arménie face aux Azerbaïdjanais au Karabakh.
"Compte tenu de l'opportunité historique de consolider une paix et une
prospérité durables dans le Caucase du Sud, la Turquie continuera de
contribuer au développement des relations économiques et à la poursuite
de la coopération dans la région, pour le bénéfice de tous les pays et
peuples de la région", a affirmé le porte-parole turc. (AFP, 13 mai
2026)
Ara
Güler, la légende de la photo turque sur la Croisette
L'actrice italienne Sophia Loren lève une coupe de champagne sous le
regard énamouré de ses fans. A côté, la Française Brigitte Bardot
sourit dans l'herbe, en tee-shirt et jean.
Une exposition inédite, nouvellement ouverte à Istanbul, restitue des
instants, figés dans le temps mais toujours animés par leur charme et
leur spontanéité, saisis sur le vif au Festival de Cannes, en France,
par le légendaire photographe turc de l'agence Magnum, Ara Güler.
Surnommé "l'OEil d'Istanbul", Ara Güler (1928-2018) est surtout connu
pour ses images emblématiques de la ville en noir et blanc, captées au
fil du Bosphore et dans les petits quartiers populaires.
Mais il s'est aussi régulièrement rendu sur la Croisette entre 1957 et
1967 pour le festival de cinéma.
"Au-delà des cérémonies de remise de prix et des tapis rouges, Ara
Güler a saisi les coulisses, les fêtes fastueuses, les réunions
intimistes, et même un déjeuner donné en l'honneur de Sophia Loren",
explique à l'AFP Cagla Sarac, conseillère artistique du Dogus Group,
fondateur du musée Ara Güler.
"Il en résulte un portrait complet du festival, qui révèle non
seulement son faste mais toutes les histoires humaines qui
l'entourent", ajoute-t-elle.
Les clichés du festival de Cannes sont exposés jusqu'au 11 octobre au
musée Ara Güler, inauguré pour son 90e anniversaire en 2018 à Istanbul,
deux mois avant sa mort.
À côté du musée, une équipe d'experts continue de travailler
minutieusement sur ses vastes archives, préservant ainsi l'héritage du
maître de la photographie turque.
- La passion du cinéma -
Toute son oeuvre témoigne de sa passion pour le cinéma, jusque
dans
ses journaux intimes d'adolescent à la fin des années 1940 et dans les
années 1950, assure Temel Yilmaz, conservateur des archives.
"Dans ses journaux de lycéen, on retrouve sans cesse la même phrase :
+Je ne suis pas allé à l'école aujourd'hui+... Parce qu'il était allé
au cinéma", sourit-il.
Plus tard, son objectif saisira tout autant l'artiste espagnol Salvador
Dali que le réalisateur américain Alfred Hitchcock ou le Premier
ministre britannique Winston Churchill.
Né dans une famille arménienne à Istanbul, Ara Güler a commencé à
travailler comme photographe pour le journal turc Yeni Istanbul et
décroché ses premières couvertures pour la presse internationale en
1958, lorsque le magazine américain Time-Life a ouvert un bureau en
Turquie.
Il rencontre ensuite les Français Marc Riboud et Henri Cartier-Bresson,
qui le font venir chez Magnum, la prestigieuse agence photo.
"Tout l'intéressait. Il était toujours en quête d'une nouvelle
histoire", se souvient Alin Tasciyan, critique de cinéma qui suit le
Festival de Cannes depuis 2002 et le connaissait bien.
Ce qui ressort des archives, c'est sa capacité à voir au-delà des
apparences, ajoute-t-elle. "Quand je regarde ses photos je vois les
instants qu'Ara Güler a saisis: il parcourait les rues et les plages de
Cannes, observait ce qui se passait. Pour lui, la photographie relevait
davantage de la vérité que du spectacle".
"Il a su capter l'esprit de son temps et des lieux. Dans cette
exposition, je vois à quel point il savait tirer parti d'un endroit que
je connais si bien", assure-t-elle. (AFP, 9 mai 2026)
La Turquie
et l'Arménie vont restaurer ensemble un pont
historique à leur frontière
La Turquie et l'Arménie ont signé lundi un accord pour restaurer
ensemble le pont médiéval d'Ani à la frontière entre les deux pays, une
décision symbolique sur la voie de la normalisation entre Ankara et
Erevan.
"Nous estimons que les domaines de coopération symboliques et concrets,
telle la restauration conjointe du pont d'Ani, formalisée aujourd'hui
par un protocole d'accord, contribueront à instaurer un climat durable
de paix et de sécurité", a annoncé le vice-président turc Cevdet Yilmaz
sur "X", après une rencontre avec le Premier ministre arménien Nikol
Pachinian en marge du 8e Sommet de la Communauté politique européenne
(CPE) à Erevan.
"J'ai eu un échange fructueux avec le vice-président turc Cevdet
Yilmaz" a confirmé M. Pachinian sur "X", ajoutant avoir "salué la
signature du protocole relatif à la reconstruction conjointe du pont
historique d'Ani".
Ce pont, construit au 10è siècle au-dessus de la rivière Arpaçay qui
borde le site médiéval d'Ani dans l'est de la Turquie, capitale de
l'ancien royaume arménien, laissait passer sur ses deux étages les
caravanes en bas et les piétons au-dessus.
Seules ses piles sont encore debout et visibles.
La restauration du site, entré en 2016 au patrimoine mondial de
l'Unesco, fait déjà l'objet d'une coopération scientifique entre les
deux pays.
Erevan et Ankara n'ont toujours pas établi de relations diplomatiques
et leur frontière terrestre, brièvement ouverte au début des années
1990, reste fermée.
Les deux pays poursuivent un rapprochement prudent depuis fin 2021 et
la défaite de l'Arménie face aux Azerbaïdjanais au Haut-Karabakh.
Fin avril ils ont décidé de remettre en service la ligne ferroviaire
Kars-Gyumri, de part et d'autre de la frontière et la compagnie
nationale turque Turkish Airlines a effectué un premier vol direct
entre Istanbul et Erevan en mars.
Ils restent divisés sur les massacres de 1,2 à 1,5 millions d'Arméniens
pendant la Première Guerre mondiale par les troupes de l'Empire
ottoman: un génocide pour les Arméniens, déjà reconnu par de nombreux
historiens et les gouvernements ou parlements d'une trentaine de pays.
Un terme que récuse la Turquie qui évoque des massacres dans lesquels
300.000 à 500.00 Arméniens et autant de Turcs ont trouvé la mort. (AFP,
4 mai 2026)
Politique
intérieure/Interior Politics
"Foutaises !", s'écrie le maire d'Istanbul accusé
d'espionnage
"Foutaises !" s'est écrié lundi devant le tribunal le maire
d'opposition d'Istanbul emprisonné, Ekrem Imamoglu, accusé d'espionnage
en parallèle au procès-fleuve qui lui est intenté pour "corruption",
selon le compte-rendu d'avocats et de journalistes présents.
Ekrem Imamoglu, chef de file de l'opposition au président Recep Tayyip
Erdogan, détenu depuis mars 2025, a brandi l'acte d'accusation en
dénonçant "une parodie de justice et du grand n'importe quoi", a
rapporté l'association de défense des droits MLSA, présente dans la
salle du tribunal de l'immense prison de Silivri, dans l'ouest
d'Istanbul.
"Je m'exprime ici en tant que maire d'Istanbul et candidat à la
présidence. Que l'Organisation nationale du renseignement (MIT) se
présente et produise un seul document s'il y a eu espionnage", a
poursuivi M. Imamoglu, accusé avec trois autres suspects d'avoir
partagé des millions de données personnelles d'habitants d'Istanbul
avec des services de renseignement étrangers à des fins d'"espionnage
politique".
"L'acte d'accusation fait 159 pages. Tout cela n'est que foutaises !
(...) Honte à vous, Monsieur le Président, honte à vous, membres du
jury", a-t-il lancé, affirmant refuser de lire "une seule page" des
accusations formulées à son encontre, a également rapporté le journal
BirGün, proche de l'opposition.
"Gagner les élections à Istanbul, asseoir son influence sur la
politique turque, en particulier à Istanbul, est-ce un crime ?", a
interrogé l'édile, reconduit en 2023 à la tête de la plus grande ville
de Turquie.
"Qui osera encore qualifier cela d'affaire ? Qui osera encore parler
d'espionnage ? C'est une affaire politique (...) Allez-vous laisser
faire puis voter des lois au Parlement (afin que) les investissements
étrangers affluent dans ce pays ? Qui essayez-vous de duper ?" a-t-il
martelé.
Ekrem Imamoglu, 54 ans, a été arrêté le 19 mars 2025 alors qu'il
s'apprêtait à être désigné par son parti, le CHP (social-démocrate),
comme candidat à la prochaine élection présidentielle, prévue en 2028.
Placé en détention depuis à la prison de Silivri, il a été accusé
d'espionnage en octobre dernier. (AFP, 11 mai 2026)
Dismissed Hakkari mayor sentenced to over 19
years in prison
The dismissed co-mayor of the Kurdish-populated eastern province of
Hakkari (Colemêrg), Mehmet Sıddık Akış, has been sentenced to 19 years
and 6 months in prison for "managing a terrorist organization" after a
retrial. The case was heard yesterday at the Hakkari 1st Heavy Penal
Court
Akış was removed from office by the Interior Ministry on Jun 3 due to
the charges against him and replaced by a state-appointed trustee. The
Van Regional Court of Justice 2nd Penal Chamber had previously
overturned his conviction, citing procedural flaws and insufficient
evidence. The appeals court noted that Kurdish speech translations were
not properly conducted and that the local court failed to specify which
actions constituted a crime or establish an organic link to an
organization.
Akış participated the hearing through videoconference from Van High
Security Closed Prison. Lawyers and Peoples’ Equality and Democracy
Party (DEM) Party lawmaker Vezir Coşkun Parlak attended the proceedings
at the Hakkâri courthouse.
Akış rejected the allegations, stating that the case relied solely on
secret witness testimonies without concrete evidence. "A secret witness
claims I collected taxes. If such a situation existed, why was it not
reported to state authorities at the time?" Akış asked. He argued that
the statements were brought forward years later to seize the will of
the people.
The dismissed mayor also requested that voice recordings be sent to
Mardin Artuklu University for accurate translation, but the court did
not grant the request. "They want to silence those they could not
defeat at the ballot box through the judiciary," Akış said, describing
the trial as an attack on democracy.
Court maintains sentence
The court maintained its original sentence of 19 years and six months
for Akış without addressing the specific evidentiary concerns raised by
the appeals court. Ten other defendants were also sentenced. İzzet
Belge, Hıfzullah Kansu, Kadriye İlbaş, Mikail Atan, Seyhan Şahin, and
Faruk Yıldız received eight years and nine months for membership in an
organization. Tahir Koç, Hüsna Sağın, and Hamdiye Çiftçi Öksüz were
sentenced to six years and three months.
Following the ruling, protesters gathered in front of the courthouse.
DEM Party lawmaker Parlak criticized the decision, stating that a case
opened in 2009 was revived 16 years later to justify the appointment of
a trustee. He described the proceedings as being based on empty
indictments and unlawfully obtained records, claiming the judiciary has
been politicized against the Kurdish people. (BIA, 30 April 2026)
Forces
armées/Armed Forces
La
Belgique et la Turquie ont signé neuf
accords de défense
La Belgique et la Turquie ont signé neuf accords de défense, a annoncé
mercredi à l'AFP le ministre belge de la Défense à Ankara, après des
entretiens de haut niveau avec son homologue turc.
"Aujourd'hui, c'était vraiment un grand pas en avant", a déclaré le
ministre belge de la Défense, Theo Francken, après ses entretiens avec
son homologue turc, Yasar Guler, dans le cadre d'une mission économique
de quatre jours menée par la reine Mathilde de Belgique.
Cette initiative intervient alors que les pays européens cherchent à
redynamiser leurs industries de défense à la lumière de la menace russe
et du risque de désengagement des États-Unis vis-à-vis de l'OTAN.
Le ministre belge s'exprimait lors d'un événement organisé dans les
domaines de la défense et de l'aéronautique à la résidence de
l'ambassadeur de Belgique en Turquie.
Six des accords dans le domaine de l'industrie de défense ont été
signés à Ankara mercredi et trois autres à Istanbul lundi, a indiqué
son cabinet dans un communiqué, sans préciser leur montant.
"La Belgique et la Turquie ont franchi une étape majeure vers un
partenariat stratégique de défense à long terme grâce à la signature
d'une lettre d'intention de haut niveau entre les ministres de la
Défense", ajoute le texte.
"Ces accords reflètent l'approfondissement des relations bilatérales en
matière de défense, qui passent d'un dialogue politique à une
coopération industrielle et militaire concrète", indique-t-il aussi.
- Initiative SAFE -
La Belgique a également exprimé son soutien à l'adhésion de la
Turquie
à l'initiative SAFE de l'UE, un programme d'un montant de 150 milliards
d'euros destiné à renforcer les capacités de défense européennes.
M. Francken a indiqué que les contacts portaient sur des
investissements belges et turcs ainsi que sur des "coopérations", sans
entrer dans les détails, tout en exprimant son intérêt pour l'achat de
drones turcs.
"Oui, ce serait très bien", a-t-il déclaré, en soulignant qu'une telle
décision serait soumise aux règles européennes en matière de marchés
publics.
"La Turquie est vraiment un pays qui a de la force sur la défense, la
deuxième plus grande puissance au sein de l'OTAN, alors bon, c'est
clair que c'est important d'avoir aussi des collaborations et des
coopérations avec leur industrie", a-t-il déclaré à l'AFP, en précisant
que l'objectif était de signer d'autres contrats l'année prochaine.
"Ca, c'est l'ambition", a-t-il ajouté, en soulignant que la délégation
belge avait signé "beaucoup de contrats" dans des dommaines autres que
la défense.
La Belgique s'intéresse aussi à un large éventail d'autres domaines, de
la biotechnologie à la santé publique, en passant par la logistique et
les transports, a-t-il ajouté.
La lettre d'intention prévoit une coopération accrue entre les deux
pays en matière de développement des capacités militaires et de
collaboration dans l'industrie de la défense.
La Belgique a également accepté que des officiers turcs suivent des
études à l'École Royale Militaire à Bruxelles.
"L'importance stratégique de la Turquie dans le réarmement et le
renforcement industriel de défense de l'Europe est évidente. L'Europe
ne peut pas se permettre de négliger l'immense potentiel qui existe
ici", a déclaré M. Francken dans le communiqué.
"Favoriser les partenariats industriels entre alliés de l'OTAN doit
être un objectif majeur du prochain sommet de l'OTAN à Ankara. Et aussi
pour l'UE. C'est pourquoi la Belgique plaide pour l'inclusion de la
Turquie dans les futurs programmes SAFE", a-t-il dit. (AFP, 13 mai 2026)
Affaires
religieuses / Religious Affairs
Socio-économique
/ Socio-economic
En Turquie,
les mines "épuisent notre eau", dénoncent les
riverains
Guney était un village de Turquie riche en eau, baigné par une
cinquantaine de sources dans la province d'Usak (ouest). Mais vingt ans
après l'ouverture d'une mine d'or, à une trentaine de kilomètres,
toutes sont taries.
"Avant, il suffisait de forer à 60 mètres pour trouver de l'eau.
Aujourd'hui, même à 400 mètres, il n'y a plus rien. La mine a
épuisé
notre eau", déplore Ugur Sumer, habitant et défenseur de
l'environnement.
Le nombre de permis de forage et de mine concernant plusieurs minéraux
ou matériaux, notamment l'or et le charbon, s'est envolé en Turquie
depuis qu'une loi, adoptée en juillet dernier, facilite les procédures.
Leur nombre a atteint 410.000 en 2025.
Alors que la Turquie accueillera la COP31 en novembre, cet essor met en
péril les ressources en eau et l'économie des zones rurales, dénoncent
experts et défenseurs de l'environnement.
"Je suis convaincu que la nouvelle loi accélérera l'arrivée
d'investissements étrangers en Turquie", affirmait en mars le
ministre
turc de l'Energie, Alparslan Bayraktar, lors d'une visite au Canada où
il a rencontré les responsables de la mine d'or Tuprag à Usak, détenue
par la société canadienne Eldorado Gold.
La Turquie entend porter sa production d'or, actuellement de 28 tonnes,
à 100 tonnes par an, "sans compromettre la santé humaine et
l'environnement " afin de figurer " parmi les cinq premiers mondiaux en
matière de terres rares ", avait affirmé auparavant le ministre.
L'extraction de certains métaux comme l'or implique cependant l'usage
combiné de grandes quantités d'eau et de cyanure, provoquant
d'importants risques de pollution et pour la santé.
"En 2006, près de deux mille habitants ont été pris de vertiges, de
troubles visuels et de nausées après une pluie à Guney. Des analyses
ont révélé la présence de cyanure dans leur sang", raconte Ugur Sumer.
"La pollution tue aussi l'élevage des bêtes et la culture des raisins,
autrefois au coeur de l'économie locale. On se demande: comment va-t-on
survivre?", s'indigne-t-il.
Les mines exploitées ont capté à elles seules 5,8% des 20,3 milliards
de m3 d'eau prélevés en Turquie sur l'année 2024, selon les données
officielles, soit quatre fois plus qu'en 2016.
"Nos pâturages ont été interdits d'accès à cause du projet de sondage
de la mine d'or. Que faire si nous ne pouvons plus élever de bétail?
Devons-nous abandonner nos terres et partir?", déplore Nuriye Dilek,
éleveuse sur le plateau d'Aybasti dans la province d'Ordu, dans le
nord-est du pays, où les villageois se sont mobilisés contre un projet
de mine d'or.
L'agriculture et l'élevage sont les principales sources de revenu pour
les habitants de la région, connue surtout pour ses noisettes exportées
dans le monde entier.
"Une fois que la mine d'or sera ouverte, on ne pourra plus cultiver de
noisettes ici", s'inquiète Omer Aydin, producteur et exportateur de
noisettes à Ordu.
"L'or véritable n'est pas dans le sous-sol mais dans les noisettes de
ce pays. Nous entendons que 80% des terres d'Ordu ont été ouvertes à
l'exploitation minière. Cette situation nous inquiète énormément",
confie-t-il.
Le "centre de lutte contre la désinformation" de la présidence turque a
toutefois affirmé en avril que "la surface totale des mines en activité
ne couvre pas plus de 0,18%" de la superficie du pays.
- "Inaction" -
Les investissements dans le secteur minier sont privilégiés et le
coût
de la pollution comme les risques pesant sur l'économie locale ignorés,
s'insurge Ozer Akdemir, qui étudie les mobilisations en faveur de
l'environnement.
"Les exploitations minières entraînent une consommation excessive d'eau
et de produits chimiques. L'eau n'est pas seulement exploitée, elle est
aussi polluée", confirme l'hydrologue Erol Kesici.
"La Turquie est confrontée à une grave sécheresse hydrique: lacs, cours
d'eau et nappes phréatiques sont à sec en conséquence directe d'une
gestion défaillante de l'eau", dénonce-t-il.
L'hydrologue affirme avoir récemment quitté le Conseil national de
l'eau, organisme public chargé d'élaborer les politiques d'eau en
Turquie, en raison de son "inaction".
"Lorsqu'on rase les montagnes pour y creuser des mines, des îlots de
chaleur se forment, réduisant les précipitations et par conséquent, le
niveau des nappes phréatiques. Comment peut-on accorder autant de
permis aux mines? La Turquie est victime de surexploitation",
s'émeut-il.
Pour Arif Ali Cangi, avocat et défenseur de l'environnement, la loi
adoptée en juillet 2025, qui ouvre forêts et terres agricoles aux
exploitations minières, a aggravé la situation.
"Les procédures d'évaluation d'impact environnemental et autres
mécanismes de contrôle sont devenus totalement inefficaces",
dénonce-t-il.
La nationalisation immédiate des terres ouvertes à l'exploitation
minière vise à tuer dans l'oeuf les contestations qui s'étendent en
Turquie, poursuit l'avocat des villageois d'Ikizkoy, à Mugla
(sud-ouest), qui se sont dressés pour protéger leurs oliviers menacés
par une mine de charbon. (AFP, 15 mai 2026)
Men killed 28 women in April
Men killed at least 28 women and a child in April, according to reports
compiled by bianet from local and national newspapers, news sites and
agencies.
Men injured at least 40 women, abused at least 20 girls and boys, and
harassed 20 women in April. Men forced 184 women into sex work.
The deaths of 40 women and 8 children in April were “suspecious” cases
where it could not be definitvely determined whether they were
gender-based or not.
Suspicious deaths of women reported in the press in April
Adana (1), Afyon (1), Ağrı (1), Aksaray (4), Amasya (1), Antep (1),
Aydın (3), Batman (3), Burdur (3), Bursa (1), Dersim (1), Diyarbakır
(1), Düzce (1), Elazığ (1), Eskişehir (1), Hatay (1), Isparta (1),
İstanbul (1), Kastamonu (1), Manisa (2), Mardin (1), Niğde (1), Rize
(1), Samsun (1), Sinop (1), Sivas (1), Tekirdağ (1), Tokat (1), Urfa
(1), Zonguldak (1)
Suspicious deaths of children reported in the press in April
Çankırı (1), Edirne (1), Hakkari (1), Isparta (1), Kars (1), Mersin
(1), Urfa (2).
Femicide
Men killed at least 28 women in April, compared to 36 in the same month
last year. One of the women killed by the men was a citizen of
Azerbaijan.
Names of the women killed by men in April
Ayşe Karademir, Bahar A., B.I., Cangül Ç., Ceylinaz Ş., Deniz B., Elif
K., Fatma Ekinci, Fatma K., Hatice Kocaefe, Hatice Kübra Duran, Hatice
Yeysikan, Kerime A., Maise Bayramova, Medine H., Medine K., Müslümat
Özer, Nazlı Yılmaz, Nurcan Ç., Ruhan Çalu, Selver S., Serap Yılmaz,
Serpil Özlem Argüden, Sevimgül Bodur, Şahsenem Zoroğlu, Türkan Bildik,
Yonca Kölge, Zekiye Z.
Men killed six women because they did not want to separate/make peace.
Men killed two women to rob them. The men's excuses for killing 20
women was not reported in the press.
14 women were killed by their husbands, partners, and ex-husbands, four
women by family members such as their sons and fathers, two women by
their sons-in-law, one woman by her neighbor, and three women by her
friends/relatives. The degree of acquaintance between one man and four
women whom he killed was not reported in the press.
Men killed 20 women inside the house and eight women outside the house.
Men killed 21 women with firearms and five women with cutting tools.
Men strangled a woman and beat and killed another woman. (BIA, 7 May
2026)
More than six workers killed on the job every day in
April
At least 189 workers were killed while working in Turkey during April,
according to the monthly report released by the Health and Safet Labor
Watch (İSİG). These figures bring the total number of workplace
fatalities in the first four months of the year to 622.
Some 155 workers were killed in January, 129 in February, and 149 in
March before the sharp increase in April. On average, at least six
workers died every day during the past month.
Breakdown of workers
Among the killed workers last month were 14 women and three refugees.
The report highlighted a significant lack of union representation,
noting that 176 of the deceased workers, or 93 percent, were
non-unionized. Only 13 of those killed held union memberships.
At least five children or young people died in work-related incidents
in April. Three of these victims were under the age of 14, a group
legally prohibited from working, while two were between the ages of 15
and 17.
Highest fatalities in construction sector
Fatalities were concentrated in industrial hubs and regions with high
agricultural or construction activity. The construction sector recorded
the highest number of deaths with 48 fatalities. The agriculture and
forestry sector followed with 41 deaths, while 16 workers were killed
in the transportation sector.
Traffic and shuttle accidents were the primary cause of workplace
deaths, mostly affecting those in the transportation and agriculture
sectors. Crushing and collapses in mines, textile factories,
construction sites, and metalworks were the second leading cause.
Heart attacks and brain hemorrhages, which the İSİG linked to overwork
and poor living conditions across all sectors, ranked third. Falls from
heights were the fourth most common cause, with 69 percent of such
incidents occurring at construction sites.
Five engineers killed
The report also detailed the deaths of five engineers in April. The
İSİG noted that engineers are increasingly facing the same precarious
conditions as other laborers.
Görkem Selvitop, a 38-year-old civil engineer, was killed in İstanbul
when a pickup truck struck him while he waited for a bus after leaving
a workplace shuttle. In Şırnak, 32-year-old civil engineer Murat Bektaş
died in a soil collapse while taking measurements at a school
construction site in Balveren.
Levent Acar, a 52-year-old site manager, fell to his death from a roof
while filming at a construction site in İstanbul. Harun Yıldız, a
branch manager for the State Hydraulic Works, died in a collision with
a truck while returning from a flood inspection in Bahçesaray.
The report also included the death of Mehet Derda Işık, a 25-year-old
maritime engineering student at Piri Reis University. Işık died by
suicide, with the report mentioning an email he had sent regarding
workplace bullying during an internship.
Deaths in agriculture doubled
Agricultural deaths nearly doubled in April, rising to 41 from 21 in
March as warmer weather increased seasonal activity. The İSİG
attributed this to farmers using old tractors without protective frames
and the unsafe transportation of seasonal laborers. In Burdur, seven
agricultural workers were killed when their shuttle collided with a
concrete tanker.
The report concluded that a lack of inspections and enforcement has
turned many workplaces into sites of constant danger. In Kocaeli, three
workers died at the Çolakoğlu Metalurji factory when a maintenance
platform collapsed. The facility has a 20-year history marked by
numerous worker injuries and deaths. (BIA, 6 May 2026)
Turkey's inflation in first four
months nearly hits year-end target
Turkey's annual consumer inflation rose to 32.37% in Apr, according to
data released today by the Turkish Statistical Institute (TurkStat).
Monthly inflation increased by 4.18%, bringing the total rise since
December to 14.64%. The figures indicate challenges for the Central
Bank’s year-end target, which was maintained at 16% in the latest
inflation report.
Rising global energy costs linked to conflict involving Iran and supply
concerns in the Strait of Hormuz impacted the data. These pressures
reflected in Turkey through increased costs in transportation, housing,
and food.
Housing, water, electricity, and gas prices saw the highest monthly
jump at 7.99%. On an annual basis, this category rose by 46.60%.
Transportation prices followed with a 35.06% annual increase, while
food and non-alcoholic beverages rose by 34.55%.
The 12-month average used for calculating rent increases was recorded
at 32.43%. Out of 174 sub-categories covered in the index, prices rose
in 147 areas, remained unchanged in eight, and decreased in 19.
Despite multiple court rulings, TurkStat continued to withold its item
price list. The institution has not released those figures since Apr
2022.
The Confederation of Progressive Trade Unions of Turkey (DİSK)
previously sued TurkStat over the matter. The Ankara 6th Administrative
Court ruled on Mar 31, 2023, that the requested data must be provided
under the right to information. TurkStat also lost its appeal in the
case.
However, TurkStat has not included the basket of goods in any inflation
announcements for four years. According to TurkStat, which now provides
expenditure group statistics instead, prices increased in 127 of the
143 sub-indices covered. Prices fell in 40 sub-indices and remained
unchanged in seven. (BIA, 4 May 2026)
Le bilan de la tuerie dans une école monte à 10 morts
Une élève de onze ans blessée dans la tuerie perpétrée mi-avril par un
adolescent dans un établissement scolaire du sud de la Turquie est
décédée, portant à dix le nombre de victimes, ont annoncé les autorités.
"C'est avec une profonde tristesse que j'ai appris le décès de notre
chère Almina Agaoglu, grièvement blessée dans (cette) odieuse attaque
(...), après 18 jours d'une lutte pour la vie", a écrit sur X le
ministre turc de l'Intérieur, Mustafa Çiftçi.
Les funérailles de la jeune victime ont eu lieu dimanche, selon les
images de chaînes de télévision turques.
Le tireur, âgé de 14 ans, avait ouvert le feu dans deux salles de
classe d'une "école intermédiaire" (l'équivalent d'un collège en
France) de la ville de Kahramanmaras, tuant une enseignante et des
élèves âgés de 10 à 11 ans.
L'adolescent, fils d'un policier à la retraite, est mort au cours de
l'attaque et ses parents ont été placés en détention provisoire.
La tuerie, la pire jamais perpétrée en Turquie en milieu scolaire, a
suscité une vague d'émotion dans le pays et conduit au limogeage du
vice-ministre de l'Education. (AFP, 4 mai 2026)
L'inflation
grimpe à 32,4% sur un an en avril
L'inflation a connu une forte hausse en avril en Turquie, à 32,4% sur
un an, contre 30,9% en mars, dû notamment au renchérissement du coût de
l'énergie, selon les données officielles publiées lundi.
Sur un mois, la hausse des prix à la consommation a atteint 4,2%
(contre 1,9% en mars), alimentée en particulier par le logement, l'eau,
l'électricité, le gaz et autres combustibles (+8%), selon l'institut
statistique turc (Tüik).
Sur un an, la flambée des prix a porté particulièrement sur l'éducation
(+50,6%), les dépenses de logement incluant les factures d'énergie
(+46,6%), les transports (+35,1%) et l'alimentation (+34,6%).
L'inflation, supérieure à 30% en glissement annuel depuis décembre
2021, avait dépassé les 75% en mai 2024 avant d'entamer un
ralentissement.
Selon la Chambre de commerce d'Istanbul (ITO), l'inflation s'élève à
36,9% sur douze mois à Istanbul, la principale ville du pays. (AFP, 4
mai 2026)
"Ils vont
nous chasser d'ici": la reconstruction contestée de la
vieille Antioche
Selahattin Yogurtçuoglu a sorti sa chaise pour discuter avec ses
voisins, comme avant, devant l'entrée de son immeuble sur un trottoir
du centre d'Antakya, l'antique Antioche.
Rien, pourtant, n'est plus "comme avant" le séisme qui a dévasté la
ville plurimillénaire et le sud de la Turquie en février 2023, faisant
au moins 53.000 morts: "On entend qu'ils vont raser le quartier pour
construire des villas pour des riches. Ils vont nous chasser d'ici et
nous jeter au pied de la montagne".
"On ne pourra même pas acheter notre propre terrain!", lâche
Selahattin, 68 ans.
Trois ans après la catastrophe, les habitants dénoncent des plans de
reconstruction opaques qui menacent de vider la vieille ville et de
mettre en danger son identité multiculturelle.
Autrefois animée, adjacente aux quartiers populaires ainsi qu'aux lieux
de cultes musulmans, chrétiens et juifs, l'avenue Kurtulus est
aujourd'hui un vaste chantier où se reconstruisent à la hâte les
bâtiments historiques classés, avec le soutien de l'Union européenne.
La vieille ville d'Antakya abritait plus de 13.000 résidents avant le
séisme, mais il n'y restera presque plus d'habitations, selon un
nouveau plan d'urbanisme contesté.
La plupart des habitants devraient être déplacés en périphérie, au pied
des montagnes jugées plus stables où le Toki, l'agence nationale du
logement social, construit des appartements.
Plusieurs secteurs de la vieille ville sont classés "zones à risque" ou
"zones de réserve", donnant à l'État un contrôle total sur le sort des
propriétés, sans garantie de retour pour les habitants.
Même des bâtiments aux dégâts mineurs risquent la destruction.
-"Village Potemkine"-
Des inscriptions "Pas de dégâts. Des habitants sont présents"
sont apparues sur des maisons du centre-ville, espérant empêcher leur
destruction.
Une perspective inacceptable pour Kemal Aribas, 65 ans, très attaché à
son quartier qu'il refuse de voir transformé en "village Potemkine".
"A quoi ça sert de reconstruire le café Affan si les habitants ne sont
plus là? C'est pour les touristes?", s'insurge-t-il en évoquant le café
historique du quartier où sa famille vit depuis des générations.
Avant, il y retrouvait chaque matin son ami Dimitri, prêtre de l'Eglise
orthodoxe, pour une partie de backgammon.
"L'Antakya multiculturelle où cohabitaient différentes communautés
n'était pas un cliché, c'était une réalité", assure-t-il.
"Elle est aujourd'hui menacée. Mes voisins, y compris Dimitri, ont été
relogés à des dizaines de kilomètres d'ici. On y construit des
mosquées, mais y aura-t-il aussi une église? Pourrais-je retrouver mon
lieu de culte?", se demande ce pratiquant alévi, communauté dont les
rites diffèrent de ceux de l'islam orthodoxe.
"On reconstruit les commerces, les monuments historiques. Mais où
va-t-on vivre? Nous sommes exclus des plans qui déterminent notre
sort", poursuit M. Aribas, qui a lancé une plateforme pour défendre les
droits des habitants de la vieille ville.
"Les résidents n'ont pas été entendus. Le processus est très confus,
centralisé et opaque. Il est difficile de contester les décisions",
estime le politologue Harun Aslan, spécialiste du dossier.
- Rupture du tissu urbain -
"Le besoin en logements est urgent, mais pour l'instant, les
habitants n'ont pas la possibilité de construire dans les zones de
réserve et les zones à risque. Ils se voient contraints d'être relogés
loin du centre, dans les Toki", explique-t-il.
Plus de 100.000 bâtiments ont été détruits ou gravement endommagés lors
du séisme dans la province de Hatay qui abrite Antakya, selon le
ministère turc de l'Urbanisme qui a affirmé y avoir construit, fin
2025, plus de 85.000 unités de logements.
A Antakya, "la destruction est telle que l'unité de la ville est
brisée. La reconstruction signifie une +Tokification+ de la ville, les
habitants n'ont aucun droit de regard sur leurs propres logements",
reprend Harun Aslan.
Selon le muhtar (maire) du quartier central Fevzi Cakmak, Sefik
Fatihoglu, les incertitudes autour de la reconstruction empêchent le
retour d'un tiers de ses 4.000 administrés, partis dans d'autres villes.
"Une zone de 309 hectares incluant notre quartier a été déclarée à
risque. Selon la loi, cela autorise tout, même l'expropriation",
rapporte-t-il.
"Je devrais pouvoir reconstruire mon bien sur la terre de mes ancêtres,
ou l'Etat pourrait s'en charger. Mais ni l'un ni l'autre n'est
possible. On nous dit juste d'attendre, d'être patient", regrette-t-il.
"La population craint de ne pas pouvoir reconstruire sa communauté, de
ne plus pouvoir revivre dans les mêmes lieux", reconnaît Jurgis
Vilcinskas, chef-adjoint de la délégation de l'Union européenne en
Turquie, en visite à Antakya.
"Tout dépendra des solutions locales", estime-t-il en pointant "le rôle
essentiel du dialogue".
L'UE a engagé près d'un milliard d'euros pour financer les hôpitaux,
écoles, logements temporaires et la restauration des monuments
historiques dans les onze provinces touchées par le séisme.
"On aurait voulu que l'Europe questionne le sort des habitants pour les
projets qu'elle finance", lâche Kemal Aribas, déterminé à poursuivre la
lutte. (AFP, 30 avril 2026)
Les mineurs impayés mettent fin à leur
grève
La centaine de mineurs en grève de la faim à Ankara depuis neuf jours
pour réclamer des arriérés de salaire ont mis fin à leur action mardi
après un accord avec leur employeur, a annoncé leur syndicat.
"La plupart de nos camarades ont perçu leur salaire (...). Nous mettons
fin à notre action dès aujourd'hui", a déclaré à la presse Gökay Çakir,
le président du syndicat indépendant des mineurs, à l'issue d'une
réunion au ministère de l'Intérieur.
Les mineurs, entrés en grève le 12 avril, étaient arrivés à pied dans
la capitale turque lundi dernier depuis la province voisine d'Eskisehir
au terme d'une marche de neuf jours de 190 km.
Ils avaient été arrêtés et placés en garde à vue le lendemain pendant
14 heures après avoir entamé une grève de la faim et demandaient à être
reçus au ministère de l'Energie.
"Nous avons faim", avaient écrit plusieurs d'entre eux au feutre à même
leur corps.
Lundi, les mineurs, qui occupaient un parc d'Ankara depuis une semaine,
avaient été repoussés par la police et aspergés de gaz lacrymogène
alors qu'ils tentaient de rejoindre le ministère de l'Energie. (AFP, 30
avril 2026)
Nouvelle manifestation de mineurs impayés en grève de
la faim
Torses nus et coiffés de casques jaunes, au coude-à-coude pour
repousser les boucliers des policiers, plus d'une centaine de mineurs
turcs en grève de la faim ont de nouveau réclamé lundi à Ankara leurs
arriérés de salaire.
Depuis une semaine, les mineurs arrivés à pied de la province voisine
d'Eskisehir (centre), où leur mine de lignite alimente une centrale
thermique, demandent à être reçus au ministère de l'Energie. En vain.
Lundi, au huitième jour de leur grève de la faim, ils ont été de
nouveau bloqués dans un parc et aspergés de gaz lacrymogène, ont
constaté les journalistes de l'AFP.
Deux responsables du Syndicat indépendant des mineurs, dont son
président, Gökay Çakir, ont été arrêtés, a annoncé leur organisation
sur X.
Les mineurs ont fini par s'allonger à même le bitume, à côté de leurs
casques sur lequel certains avaient écrit "Combat pour du pain".
"On a cinq à six salaires de retard, le patron n'a versé qu'une infime
partie de ce qu'il nous doit", a déclaré l'un d'eux à l'AFP, refusant
de donner son nom.
Le groupe est arrivé à Ankara le 20 avril après 180 km à pied en neuf
jours pour se faire entendre.
Le lendemain, les 110 mineurs étaient placés en garde à vue pendant
quatorze heures, selon leur syndicat.
Doruk Mining est une filiale de Yildizlar SSS Holding qui exploite la
centrale thermique d'Eskisehir.
Yildizlar SSS, qui a repris la mine et la centrale en 2022, a
licencié ou placé en congé sans solde des centaines de salariés et les
salaires impayés et indemnités de licenciement se sont accumulés sans
qu'une solution soit apportée, dénonce le syndicat.
Cette situation suscite une forte émotion dans le pays, dont le charbon
assure un tiers de la production d'électricité selon les chiffres du
ministère de l'Energie. D'autant que les mineurs étaient intervenus en
février 2023 sur le site du tremblement de terre qui a fait plus de
53.000 morts, notamment à Kahramanmaras.
"Quand ils sont arrivés après le séisme, ils ont ramené le sourire sur
les visages. Avec leurs pelles, leurs pioches, leurs bras et leur
coeur, ils ont sorti des milliers de personnes des décombres", a
rappelé sur X le vice-président du groupe parlementaire CHP, premier
parti d'opposition, Ali Mahir Basarir. (AFP, 27 avril 2026)
Relations
turco-européennes / Turkey-Europe Relations
La reine
Mathilde accueillie par Mahinur Özdemir,
exclue du CDH
Adrien de Marneffe, LLB, 11 mai 2026
La reine Mathilde a entamé, ce dimanche en Turquie, sa première mission
économique belge à la tête d'une importante délégation composée de
chefs d'entreprise et de figures de proue du paysage politique national.
Alors que la délégation visitait les installations de l'entreprise
technologique Baykar, elle a été accueillie par la ministre turque de
la Famille et des Affaires sociales, Mahinur Özdemir, qui accompagnera
la délégation belge durant l'ensemble de la mission.
Pour plusieurs ministres belges présents ce visage est loin d'être
celui d'une inconnue.
Cette ancienne protégée de Joëlle Milquet, d'abord élue conseillère
communale à Schaerbeek, avait suscité une attention médiatique
internationale en devenant la première parlementaire voilée en Europe.
Mahinur Özdemir a siégé de 2009 à 2019 sur les bancs du Parlement
bruxellois sous l'étiquette du CDH.
Sa trajectoire au sein de ce parti s'était toutefois arrêtée en 2015.
Elle avait alors été exclue du CDH (devenu ensuite Les Engagés), pour
avoir refusé de reconnaître explicitement le génocide arménien. Benoît
Lutgen était alors le président de parti. Mahinur Özdemir avait à
l'époque introduit un recours contre la décision, s'estimant victime
d'une injustice. Sans succès.
La Belgo-Turque est parvenue à rebondir dans son pays d'origine
puisqu'elle y est devenue ministre de la Famille et des Affaires
sociales. Mahinur Özdemir est la seule femme nommée au sein du nouveau
gouvernement turc.
"En tant que personne née et élevée en Belgique, ayant exercé des
fonctions en politique et en diplomatie en Europe, et qui aujourd'hui
sert notre nation en Turquie tout en portant la responsabilité de
représenter notre pays à la fois sur la scène nationale et
internationale, cette visite revêt pour moi une signification
particulière", a souligné Mahinur Özdemir sur les réseaux sociaux.
Un retournement de situation qui place Maxime Prévot, ancien président
des Engagés, dans une position diplomatique pour le moins singulière
face celle qui fut députée au sein de son parti, avant d'en être exclue…
"Tout se passe de manière cordiale", nous assure toutefois une source
au sein de la délégation belge.
"Mme Özdemir et le ministre-Président bruxellois ont été collègues au
Parlement et ont conservé une relation cordiale, ce qui peut apporter
des retombées positives dans ce type de mission", ajoute la
parole-parole de Boris Dilliès (MR).
Au sein de la délégation politique, qui se compose du ministre des
Affaires étrangères, Maxime Prévot (Les Engagés), du ministre de la
Défense, Theo Francken (N-VA), du ministre-Président flamand, Matthias
Diependaele (N-VA), du ministre-Président bruxellois, Boris Dilliès
(MR), et du ministre wallon de l'Économie, Pierre-Yves Jeholet,
l'objectif est clairement de ne pas faire de vague.
Une entreprise turque proche d'Erdogan pour les
drones de l'armée belge ?
Baykar, le fabricant turc de drones, jouit d'une belle réputation dans
le secteur de la défense. Cette entreprise, par ailleurs co-détenue par
l'un des gendres du président Erdogan, intéresse beaucoup notre
ministre de la Défense, Theo Francken (N-VA).
Durant la mission économique qui se déroule en ce moment en Turquie, le
ministre a visité l'usine du fabricant turc de drones, en compagnie de
la reine Mathilde. En marge de cet événement, le ministre nous a
expliqué que, plus largement, l'armée turque l'inspirait. "C'est une
armée qui a changé de cap, avec succès, vers l'innovation et la
modernisation, déclare-t-il. Ce qu'ils font sur les drones et les
systèmes anti-drones est impressionnant. L'armée belge doit aller dans
cette direction, mais il y a un arriéré à rattraper. Rien n'a été fait
par le précédent gouvernement en raison de l'opposition des écologistes
aux drones".
L'armée belge a l'intention de s'équiper de drones, mais aussi de
systèmes de protection contre les drones.
Le ministre N-VA n'exclut d'ailleurs pas de travailler avec la Turquie,
pour l'acquisition de drones. "Il y a des pays, comme la Russie, avec
lesquels on ne va évidemment pas travailler, déclare-t-il. Mais cela ne
concerne pas la Turquie, qui est un pays membre de l'Otan depuis des
décennies. La société Baykar a des capacités de production de drones
qui peuvent être intéressantes pour la Belgique. C'est aussi moins cher
de produire sur place".
"Des entreprises belges pourraient travailler avec des partenaires
turcs et faire de la sous-traitance là-bas", ajoute Bernard Phaleg,
directeur des ressources et de l'armement au sein de l'armée belge.
Quid de la qualité ? "Les drones de Baykar sont testés tous les jours
en Ukraine", répond Theo Francken. Et ceux-ci donneraient satisfaction,
si l'on en croit le ministre de la Défense.
Ceci dit, le dossier d'acquisition des drones par l'armée belge n'est
pas encore prêt.
En revanche, le dossier de l'acquisition d'un système de défense contre
les drones pourrait avancer prochainement. En effet, il devrait y avoir
prochainement une première sélection des candidats à la fourniture de
ce système.
La reine Mathilde et la délégation belge en Turquie ont été accueillies
par la ministre Mahinur Özdemir... exclue du CDH en 2015
"On va travailler avec un consortium, dont au moins une entreprise sera
belge, précise Bernard Phaleg. Il va bientôt y avoir une première
sélection qui doit permettre d'avancer avec un nombre restreint de
candidats. La sélection définitive interviendra plus tard".
Selon lui, le budget total du système de défense contre les drones
devrait s'élever à 1 milliard d'euros, sur une durée de douze ans.
Bernard Phaleg estime que la menace peut venir de plusieurs endroits,
pas uniquement de la Russie. "Généralement, il n'est pas possible de
déterminer l'origine d'un drone, déclare-t-il. La menace peut être
intentionnelle mais aussi accidentelle". (La Libre Belgique, 11 mai
2026)
Un
"imprévu technique" contraint le
Premier ministre espagnol à atterrir à Ankara
L'avion qui transportait le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez
vers l'Arménie pour assister au sommet de la Communauté politique
européenne a dû atterrir à Ankara (Turquie) dimanche soir en raison
d'un "imprévu technique", ont annoncé les services du chef du
gouvernement espagnol.
"La délégation espagnole passera la nuit à Ankara avant de reprendre
demain son voyage vers l'Arménie", a-t-on ajouté de même source, sans
plus de précision sur la nature du problème rencontré.
Une source s'exprimant sous couvert d'anonymat avait auparavant annoncé
à l'AFP que l'avion de Pedro Sanchez avait effectué un atterrissage
d'urgence à Ankara, sans plus de précision.
Pedro Sanchez se rend à Erevan, en Arménie, pour le 8e Sommet de la
Communauté politique européenne (CPE), un forum informel qui réunit
deux fois par ans les dirigeants de la quasi-totalité des pays
européens, membres ou non de l'UE, à l'exception de la Russie et du
Bélarus.
Le Premier ministre canadien Mark Carney a également été invité à ce
sommet. Ce sera la première participation d'un pays non européen à une
réunion de la CPE, illustration du rapprochement à l'oeuvre entre
l'Europe et le Canada pour mieux résister aux assauts de Donald Trump.
Le Premier ministre espagnol bénéficie d'une image favorable en Turquie
en raison de son soutien appuyé à la cause palestinienne et de son
hostilité affichée à la guerre lancée par les Etats-Unis et Israël
contre l'Iran. (AFP, 3 mai 2026)
La
Turquie allège sa fiscalité et se rêve en pôle
financier régional
La Turquie veut attirer entrepreneurs et capitaux en abaissant voire
annulant la fiscalité sur les entreprises et les nouveaux résidents,
arguant de sa position de "corridor central" entre l'Europe et le
Moyen-Orient.
"La Turquie bénéficie d'une position géographique exceptionnelle de
corridor central", a relevé lundi le ministre du Trésor et des Finances
Mehmet Simsek en déroulant un programme de réformes destiné à faire de
ce pays de 86 millions d'habitants et d'Istanbul, sa capitale
économique, "un des principaux pôles de la région" et un centre
financier "aligné sur ceux de Singapour, Hong Kong et des Pays-Bas".
Le mot d'ordre: "Exporter davantage de biens et de services. Attirer
plus de talents, d'entrepreneurs et de capitaux", a-t-il résumé.
Avec ce programme de réformes, la Turquie promet "l'exonération fiscale
à 100%" du commerce de transit "si l'entreprise est basée au Centre
financier d'Istanbul et 95% d'exonération fiscale si l'entreprise est
située en dehors".
Simultanément, pour doper les exportations, elle offre une "réduction
radicale" de la fiscalité, a expliqué M. Simsek: actuellement soumis à
un taux d'imposition standard de 25%, "les exportateurs bénéficieront
désormais d'une réduction majeure" et se verront imposer une taxe de
14%, tandis que les exportateurs de produits manufacturés bénéficieront
d'un taux unique de 9%.
Les exportations de services "à forte valeur ajoutée", y compris des
logiciels, des jeux vidéo, de l'ingénierie et du design, bénéficieront
une exonération fiscale de 100%, selon le programme.
Le programme prévoit aussi d'accorder une exonération d'impôts de 20
ans sur les revenus provenant de l'étranger pour les nouveaux résidents
en Turquie.
Les citoyens turcs qui rapatrient leur fortune en Turquie pourront
bénéficier des mêmes avantages fiscaux selon des conditions qui restent
à définir, a souligné M. Simsek.
Les mesures annoncées devront être adoptées par le parlement turc avant
d'entrer en vigueur.
"Nous sommes déterminés à faire de la Turquie un pôle d'attraction
mondial (...) et à renforc[er] considérablement l'attractivité de notre
pays", avait affirmé vendredi le président turc Recep Tayyip Erdogan.
Interrogé sur les impacts de la situation internationale et du blocage
du détroit d'Ormuz, alors que la Turquie dépend des importations
énergétiques, notamment de Russie, le ministre a jugé la situation
"difficile mais gérable".
"Nous avons une faible exposition directe au détroit (...) La plupart
de (nos importations de) pétrole et gaz arrivent par oléoducs ou de
pays qui ne sont pas concernés par le détroit. Par conséquent, la
sécurité de l'approvisionnement énergétique n'est pas en jeu", a-t-il
assuré.
Il a par ailleurs vanté la situation économique du pays, citant un
"déficit budgétaire à 2,9% du PIB, ce qui nous donne la capacité de
réagir, ainsi qu'une dette juste en dessous de 24% du PIB".
Il a toutefois reconnu qu'en raison de la flambée des prix liée à la
guerre au Moyen-Orient, "l'inflation sera d'environ 3% plus élevée par
rapport à notre scénario de base", estimant cela "gérable".
En mars, le taux d'inflation en Turquie atteignait 30,9% en glissement
annuel. Le gouvernement avait déjà relevé ses prévisions, estimant que
l'inflation se situerait entre 15 et 21% à la fin de l'année, contre 13
à 19% initialement. (AFP, 27 avril 2026)
Turquie-USA-OTAN
/
Turkey-USA-NATO
Relations
régionales / Regional Relations
Une
nouvelle "flottille pour Gaza" partie de
Turquie
Une nouvelle "flottille pour Gaza" composée d'une cinquantaine de
bateaux a quitté jeudi à la mi-journée le port turc de Marmaris
(sud-ouest), ont annoncé les organisateurs à l'AFP.
Il s'agit de la troisième tentative de briser le blocus du territoire
palestinien de Gaza depuis le 7 octobre 2023.
La précédente avait été interceptée par les forces israéliennes le 30
avril et ses 175 militants arrêtés dans les eaux internationales.
"Une cinquantaine de bateaux ont quitté Marmaris il y a environ une
heure" a annoncé à l'AFP un des coordinateurs de la flottille Global
Sumud (GSF), Gorkem Duru.
"Ils font actuellement route pour Gaza".
Ce convoi sera rejoint en mer par "quatre à cinq bateaux de la
Coalition de la flottille de la Liberté", dans les eaux
internationales, a-t-il précisé.
Les organisateurs ont promis de partager régulièrement les plans de
voyage de la flotte une fois regroupée et élargie.
A l'automne 2025, un premier voyage de la Flottille globale Sumud
("résilience" en arabe) à travers la mer Méditerranée, jusqu'aux abords
de Gaza, avait attiré l'attention du monde entier.
Elle avait été interceptée par les forces israéliennes au large des
côtes égyptiennes et gazaouies, et ses militants transférés en Israël
avant d'être rapidement expulsés.
Tout au long de la guerre à Gaza, déclenchée par l'attaque sans
précédent du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, le petit territoire
a souffert de pénuries de nourriture et autres biens essentiels.
Israël contrôle tous les points d'entrée dans Gaza, soumise à un blocus
israélien depuis 2007, et l'accès à l'aide humanitaire y reste
largement restreint.
Israël et le mouvement islamiste palestinien s'accusent mutuellement de
violer un cessez-le-feu entré en vigueur le 10 octobre 2025, après deux
ans de guerre, déclenchée par l'attaque d'une ampleur sans précédent du
mouvement palestinien sur le sol israélien le 7 octobre 2023. (AFP, 14
mai 2026)
Un poste-frontière turco-syrien rouvre après douze ans
Un poste-frontière entre la Turquie et la Syrie fermé depuis 2014 en
raison de la guerre va rouvrir intégralement mardi après sa reprise en
main par le pouvoir central côté syrien, ont annoncé lundi les
autorités turques.
Ce point de passage qui relie la ville turque d'Akçakale (sud-est) à la
ville syrienne de Tal Abyad (nord) sera à nouveau ouvert "à la
circulation commerciale et civile (...) en raison de la normalisation
de la situation dans la région", a indiqué le gouvernorat de la
province de Sanliurfa dans un communiqué.
Les autorités turques, soutien du gouvernement de Damas, soulignent que
cette réouverture est permise par l'accord scellé fin janvier entre les
forces kurdes de Syrie et le pouvoir central à Damas, aux termes duquel
les combattants kurdes qui géraient la région ont cédé le contrôle du
poste-frontière.
"La Syrie se normalise", s'est réjoui sur X l'ambassadeur de Turquie à
Damas, Nuh Yilmaz, en commentant cette annonce.
Ce poste-frontière avait rouvert de manière "contrôlée" après une
opération turque dans le nord de la Syrie en 2019, indiquent les
autorités turques qui dénombrent six points de passage terrestres
ouverts avec la Syrie le long de leur frontière de plus de 900 km.
(AFP, 11 mai 2026)
Arrivée à Istanbul d'une
soixantaine de membres de la "flottille pour Gaza"
Une soixantaine de membres de la "Flottille pour Gaza" interceptés par
Israël, dont dix-huit Turcs, sont arrivés vendredi soir à l'aéroport
d'Istanbul en provenance de Crète, a annoncé le ministère turc des
Affaires étrangères qui a organisé leur transfert.
Un vol spécial a été organisé pour eux, a déclaré le porte-parole du
ministère Öncü Keçeli.
Selon une source au ministère, deux des vingt Turcs qui avaient au
total été "kidnappés" par les forces israéliennes au cours de leur
intervention jeudi et étaient aussi attendus à Istanbul doivent subir
un contrôle médical et rentreront samedi.
Outre les citoyens turcs, une quarantaine de personnes de quatorze
autres nationalités se trouvaient également à bord de l'avion, selon la
même source: parmi elles figuraient quatre Américains, six
Britanniques, cinq Argentins, dix Malaisiens et trois Espagnols.
"A la suite de l'intervention illégale des forces israéliennes dans les
eaux internationales contre la Flottille mondiale Sumud, nos
ressortissants et les autres participants qui avaient été retenus ont
débarqué en Crète", au sud de la Grèce, avait expliqué dans la journée
le ministère turc dans un communiqué.
L'armée israélienne a intercepté jeudi une partie de la flottille qui
souhaitait briser le blocus de la bande de Gaza dans les eaux
internationales au large de la Crète et arrêté au moins 175 militants
propalestiniens.
Selon Gorkem Duru, ressortissant turc de 40 ans et responsable de l'un
des bateaux, le Ghea, les militants arraisonnés ont été emmenés dans
une prison flottante et gardés dans des conteneurs jusqu'à vendredi
matin, puis ont été conduits au large de la Crète.
Interrogé par l'AFP à sa descente d'avion, il a dénoncé des "violences"
subies par certains d'entre eux, sans précision, et appelé "tous les
peuples à se mobiliser contre leurs gouvernements jusqu'à la rupture de
toute relation avec le gouvernement sioniste".
La flottille était initialement composée de plus de 50 bateaux partis
ces dernières semaines de Marseille (France), Barcelone (Espagne) et
Syracuse (Italie).
Elle avait pour objectif, selon les organisateurs, de briser le blocus
de la bande de Gaza et d'apporter de l'aide humanitaire à ce territoire
palestinien dont l'accès reste encore largement restreint malgré un
fragile cessez-le-feu entre Israël et le mouvement islamiste Hamas en
vigueur depuis octobre
Dans une déclaration commune, les ministres des Affaires étrangères
d'une douzaine de pays dont la Turquie, le Brésil, la Jordanie,
l'Afrique du Sud et l'Espagne ont condamné l'opération israélienne,
parlant de "violations flagrantes du droit international et du droit
international humanitaire".
Les ministres ont "exhorté les autorités israéliennes à prendre les
mesures nécessaires" pour assurer la "libération immédiate" des
personnes arrêtées. (AFP, 1 mai 2026)
Chypre
et la Grèce / Cyprus and Greece
A
Athènes, Macron assure que la France sera aux
côtés de la Grèce "quoi
qu'il arrive"
Emmanuel Macron a assuré samedi à Athènes que la France soutiendrait la
Grèce "quoi qu'il arrive" en cas de menace sur le pays méditerranéen,
confronté à des tensions récurrentes avec la Turquie voisine, dans un
partenariat de défense censé "inspirer" le reste de l'Europe.
"Ne vous posez même pas la question. Quoi qu'il arrive, nous serons là,
à vos côtés", a lancé le président français lors d'une conférence de
presse avec le Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, au second
jour de sa visite.
Les deux pays ont renouvelé leur partenariat stratégique dans la
défense et la sécurité, signé pour la première fois en 2021 et qui
prévoit une clause d'assistance mutuelle en cas d'agression.
"Cette clause (...) est intangible", a insisté le dirigeant français.
"Elle n'est pas discutée entre nous. Donc, il n'y a pas de point
d'interrogation à avoir, il n'y a pas de doute à nourrir."
"Pour tous nos ennemis, potentiels ou réels, il faut qu'ils le sachent
très clairement", a-t-il encore ajouté.
La veille, Emmanuel Macron avait tenu des propos similaires lors d'une
discussion avec Kyriakos Mitsotakis dans le site antique de l'Agora
romaine.
Ces déclarations ont "véritablement touché le coeur des Grecs", lui a
répondu le Premier ministre qui, depuis son arrivée au pouvoir en 2019,
a largement relancé les achats d'armements notamment français.
La presse grecque se consacrait largement à cette visite très suivie.
Le principal quotidien grec, Kathimerini, reprenait ainsi en Une une
phrase du président français: "Nous serons là pour vous si votre
souveraineté est menacée".
Le chef du gouvernement grec a vu dans cette clause d'assistance
mutuelle "la pierre angulaire" de l'accord franco-grec, qui sera
désormais reconduit tacitement et a été complété samedi par un
partenariat stratégique "global".
Les tensions avec la Turquie, à la fois rival historique de la Grèce et
partenaire au sein de l'Otan, ressurgissent à intervalles réguliers et
sont souvent évoquées par Athènes pour justifier l'achat d'armements.
Face aux défis grandissants pour la sécurité de l'Europe, la Grèce a
lancé l'an dernier une refonte de son armée, présentée comme la plus
importante de son histoire moderne.
Elle va y consacrer quelque 25 milliards d'euros, avec la volonté de se
doter notamment d'un dôme anti-missiles, anti-aérien et anti-drones
appelé "Bouclier d'Achille". Selon des sources ministérielles, cette
refonte doit s'étaler sur 12 ans.
- "Bouleversements géopolitiques" -
Client historiquement important de l'industrie de la défense
européenne et américaine, la Grèce est actuellement l'un des quatre
pays de l'Alliance atlantique qui consacrent plus de 3% de leur PIB aux
dépenses de défense, derrière la Pologne, l'Estonie et la Lettonie.
Elle entretient des relations acrimonieuses avec la Turquie malgré un
certain réchauffement depuis la fin 2023 marqué par des rencontres
entre M. Mitsotakis et le président turc, Recep Tayyip Erdogan.
Après un gel du budget d'armements pendant la décennie de la crise
financière (2009-2018), la Grèce avait décidé en 2021 de moderniser ses
forces armées, sur fond à l'époque de tensions avec Ankara.
Elle a dans ce cadre acquis à la France 24 avions de combat Rafale puis
trois frégates Belharra pour un montant total de plus de 5,5 mds
d'euros. Une quatrième frégate avait été ajoutée l'an dernier.
Pour les deux dirigeants, cette alliance entre leurs pays doit servir
de modèle à la défense européenne.
"Ce rapprochement gréco-français a précédé les récents bouleversements
géopolitiques majeurs", a noté Kyriakos Mitsotakis. "Il a préfiguré la
nécessité plus large d'une autonomie stratégique pour notre continent",
a-t-il insisté.
Emmanuel Macron a aussi estimé que ce "mouvement" avait "inspiré et
continue d'inspirer le reste de l'Europe et a consolidé ce pilier
européen de l'Otan, cette Europe de la défense" devenue "une vraie
stratégie". (AFP, 25 avril 2026)
Immigration
/ Migration
Cem Özdemir est le premier ministre-président allemand
d’origine
Delphine Nerbollier, La Libre Belgique, 16 mai 2026
Depuis le 13 mai, Cem Özdemir est le premier ministre-Président
allemand d’origine turque. Cem Özdemir est habitué aux places de
premier. En 1994, cet écologiste devient le premier député fédéral
allemand d’origine turque. Né en 1965, dans les Alpes souabes, Cem
Özdemir est en effet le fils d’un couple de travailleurs dits "invités",
originaire d’Istanbul et Rebelote en 2021 lorsqu’il devient le premier
ministre fédéral avec de telles origines. Au sein de la coalition
"tricolore" du chancelier Olaf Scholz, ce végétarien reçoit le
portefeuille de l’agriculture.
Enfin, depuis le 13 mai, Cem Özdemir est le premier ministre-Président
allemand d’origine turque, en l’occurrence du Bade-Wurtemberg. Il y
succède à son mentor, Winfried Kretschmann, qui fut, lui, le premier
écologiste à diriger une région.
Et quelle région ! Berceau de Daimler, Mercedes et Bosch, le
Bade-Wurtemberg est l’un des poids lourds de l’automobile allemande.
Tout un symbole pour des écologistes longtemps braqués contre la
voiture.
À l’image de son prédécesseur, Cem Özdemir est par ailleurs un
"Superrealo", un écologiste parmi les plus pragmatiques qui soient, à
tendance conservatrice, et souvent en opposition avec l’aile gauche de
son parti. S’il se rendait à vélo au travail lorsqu’il était ministre
fédéral à Berlin et roulait en Fiat, il assure désormais vouloir rouler
en Daimler, et appelle son parti à être plus flexible envers
l’automobile. Son conservatisme sur les questions migratoires suscite
aussi des remous chez les Verts, comme lorsqu’il évoque le sexisme et
la misogynie de certains immigrés, ou affiche son amitié avec le très
polémique maire de Tübingen et ex- écologiste Boris Palmer.
Or, c’est justement ce pragmatisme et ce conservatisme qui lui ont fait
remporter les élections régionales le 8 mars dernier, à l’issue d’une
remontada inattendue. Le "Souabe d’Anatolie", comme il se décrit
lui-même, est désormais l’écologiste le plus puissant d’Allemagne - son
parti est dans l’opposition au niveau fédéral - et devra mettre son
pragmatisme en pratique. Une tâche qui pourrait être plus compliquée
que prévu aux côtés de partenaires chrétiens-démocrates qui n’ont
toujours pas digéré leur place de numéro deux, sur le fil.
Turkish citizens rank first in deportations from EU to
third countries
Turkish citizens ranked first among those deported from European Union
countries to third countries in 2025, according to data released by
Eurostat. A total of 13,405 Turkish nationals were returned following
administrative decisions.
Turkish citizens also rank fifth in the "refused entry" category, which
includes individuals denied entry at border gates or airports.
In the refused entry statistics, Ukraine ranked first with 26,975
citizens, followed by Albania with 12,430, Moldova with 11,660, and
Colombia with 6,565. Turkey followed with 5,635 citizens denied entry.
In total, 132,600 people were refused entry at EU external borders
throughout 2025, marking a 7.1% increase compared to 2024.
Human rights organizations argue that official data only captures a
portion of actual practices. A report titled "Beaten Back at Europe’s
Borders," which included contributions from the Hungarian Helsinki
Committee, identified at least 80,865 informal "pushback" cases in
2025. (BIA, 13 May 2026)
Un
migrant décède en mer Egée, les garde-côtes grecs
pointés du doigt
Une personne est morte mercredi en mer Egée et 43 autres ont été
secourues, ont rapporté jeudi les autorités turques et une ONG qui
accuse les garde-côtes grecs d'avoir mis le groupe de migrants en
danger en endommageant leur embarcation.
Selon les garde-côtes turcs, les migrants et leur passeur se trouvaient
au large du district de Foça (ouest), situé à 30 km de l'île grecque de
Lesbos, lorsque leur canot pneumatique s'est retrouvé "partiellement
submergé".
Quarante-trois passagers ont été secourus, dont quatre se trouvaient à
l'eau à l'arrivée des garde-côtes turcs, ont indiqué ces derniers.
"Le corps d'un migrant en situation irrégulière a été repêché et un
passeur présumé a été appréhendé", ont-ils ajouté.
L'ONG norvégienne Aegean Boat Report, qui vient en aide aux migrants en
détresse en mer Egée, affirme pour sa part avoir reçu un appel
d'urgence mercredi soir de passagers accusant les garde-côtes grecs
d'avoir refoulé et endommagé leur embarcation.
"Le groupe nous a raconté avoir été violemment repoussé par les
garde-côtes grecs. D'après les survivants, ces derniers ont détruit le
moteur, endommagé le canot (...) et les ont laissés dériver en mer
tandis que l'embarcation prenait l'eau", écrit l'ONG, qui documente
depuis des années les refoulements illégaux ("pushbacks") dont sont
accusés les garde-côtes grecs -- des accusations rejetées par la Grèce.
Début février, 15 migrants avaient été tués dans une collision entre
leur embarcation et un patrouilleur des garde-côtes grecs au large de
l'île de Chios, située à quelques encablures des côtes turques.
Au moins 1.209 migrants sont morts ou ont disparu en Méditerranée
depuis le début de l'année, selon l'Organisation internationale pour
les migrations (OIM). (AFP, 7 mai 2026)
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