Droits
de l'Homme / Human Rights
Vibromasseur portable et analyse
éco-théologique des prières pour la pluie
Ragip Duran, TVXS.GR, 10 août 2026
Alors que, cette semaine, deux sujets sont au sommet de l’agenda de
l’opinion publique, à savoir la loi-cadre pour soi-disant amnistier les
activistes armés kurdes et les opposants en prison ou en exil en
rapport avec le PKK et les initiatives du Nouveau Parti d’Ozgur Ozel
(principale formation de l’opposition, kémaliste et sociale-démocrate,
91 sièges sur 592), au moins cinq autres événements représentent l’état
actuel du droit et de la scène politique turque.
Le nombre de maires, tous membres de l’opposition, arrêtés et écroués a
atteint 37 depuis les élections locales de mars 2024. Une dizaine de
maires sont toujours en prison et attendent de comparaître devant un
juge. 13 maires ont été révoqués et des « administrateurs civils » ont
été nommés à leur place. Ainsi, le régime poursuit les opérations
contre les maires élus de l’opposition au nom de la lutte contre les
pots-de-vin ou la gestion illégale.
Mme Bennu Gerede (54 ans), photographe et actrice, a été arrêtée le 4
août dernier ; accusée d’obscénité, elle a été relâchée par le Parquet.
Elle portait un collier métallique, « vibromasseur portable » selon sa
définition. Un internaute a réagi : « On dit dictateur, on va en prison
; on dit vibromasseur (vibrateur en turc), on va encore en prison ! »
M. Nasuh Mahruki (58 ans), alpiniste, auteur et photographe turc, connu
surtout pour avoir été le premier Turc à gravir le mont Everest et pour
son rôle dans la fondation de l'Association de recherche et de
sauvetage (AKUT), a été arrêté et écroué le 17 juillet dernier. Il
avait critiqué sur son compte X la position du régime Erdoğan au sujet
de l’initiative du coup d’État du 15 juillet 2016. Dans le cadre de
l’enquête menée par le Parquet d’Istanbul, Mahruki est accusé d’«
incitation à la haine et à l’hostilité ou d’outrage public ». Dans un
message partagé sur son compte X le 15 juillet, Mahruki avait écrit que
la tentative de coup d’État avait été « détectée à l’avance par le
pouvoir » mais qu’elle n’avait pas été « délibérément empêchée » afin
de provoquer un « changement de régime ».
Bien que le projet de physique intitulé « Un système peu coûteux,
rapide et portable capable de mesurer la teneur en eau des liquides à
l'aide d'aimants », développés par Mme Ilayda Samilgil durant ses
années de lycée, ait été éliminé sans être primé lors du concours
TÜBİTAK (CNRS turc) en Turquie, il a remporté le premier prix mondial
au concours international « First Step to Nobel Prize in Physique »
organisé en Pologne et a, par la suite, été intégré à des projets de la
NASA.
Enfin, l'octroi d'un financement en avril 2026, pouvant atteindre 3
millions de livres turques (environ 55 milles euros), dans le cadre du
programme de la même TÜBİTAK 2515-COST pour le projet intitulé «
Analyse éco-théologique des prières pour la pluie comme exemple de
prière participative dans l'histoire islamique (VIIe–XIe siècle) »,
dirigé par la professeure associée Dr. Oznur Ozdemir de l'Université
Bourse Uludag, a suscité des débats au sein du public et sur les
réseaux sociaux.
"La Turquie est un pays bizarre", constate un professeur grec de droit.
"Ses prisons sont pleines de gens honnêtes et intelligents et sa
direction est peuplée de gens assez médiocres" conclut-il.
Police
detain miners protesting over unpaid claims
despite ministry-mediated deal
Police detained miners and union officials outside the Energy and
Natural Resources Ministry in Ankara after workers resumed protests
over unpaid wages and compensation they say were covered by a
ministry-mediated agreement.
The miners, employed by Eti Gümüş silver company and Doruk Madencilik
mining company, both owned by Yıldızlar SSS Holding, had been
protesting in Ankara for four days. They said they would remain until
all outstanding payments were made.
Those detained included Independent Mine Workers Union (Bağımsız
Maden-İş) Chair Gökay Çakır and organizing specialist Başaran Aksu. Two
workers who became ill during the police intervention were taken to a
hospital by ambulance.
Protests began in April
The dispute dates back to April, when Doruk Madencilik miners traveled
from Eskişehir to Ankara on foot over months of unpaid wages and other
receivables. They ended weeks of protests after the Labor and Social
Security Ministry mediated a deal between the union and the company.
The ministry had said payment of the workers’ claims had been secured
under an agreed timetable.
The miners resumed protests on June 1, claiming that the company had
not fulfilled its end of the deal. After four days, the union announced
that all outstanding payments had been made and said the action had
ended in "victory."
Workers began protesting again on Aug 9, this time joined by employees
of Eti Gümüş.
According to Bağımsız Maden-İş, only about 50 of 176 workers at Eti
Gümüş in Elazığ received part of their unpaid wages. The union said
severance, notice compensation and payments related to retirement
remained outstanding.
Doruk Madencilik workers were also still awaiting severance and notice
compensation, wages for periods of mandatory unpaid leave and, in some
cases, compensation related to union activity, according to the union.
The workers then began a sit-in outside the Energy and Natural
Resources Ministry.
Negotiations with holding representatives
On the fourth day of the protest, four workers left the ministry area
to meet Yıldızlar SSS Holding representatives. Union officials said the
meeting produced no concrete result.
Aksu said the holding had initially denied owing the workers money
before making limited payments, adding that the union had requested a
meeting with ministry officials for four days without receiving a
response.
"We are not leaving because we do not want to have to come here again,"
Aksu said. "The ministry must take the initiative."
Çakır said payments made so far covered only part of what workers were
owed.
"If a worker is owed 100,000 liras, they paid 25,000 liras," he said.
"The boss now says, 'We paid the money.' If you paid the money, we
would leave. As a union, we will stay here until not even one lira owed
to one worker remains unpaid."
Police intervened after union officials said they would not leave the
ministry entrance until the outstanding claims were paid. Officers
moved journalists away from the protest area and prevented them from
filming the intervention.
Police then detained several miners, including Çakır and Aksu. (BIA, 14
August 2026)
Un
projet de loi qui exclut la mise en liberté de
tous les
prisonniers politiques

Le « projet de loi relatif au renforcement de la solidarité nationale
et de l'intégration sociale » a été approuvé ce vendredi par la
Commission de la justice de l'Assemblée nationale turque (TBMM).
La majorité des députés turcs s'est ralliée à ce projet de loi sur
l'avenir des combattants kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan
(PKK), qui avait annoncé sa dissolution en mai 2025 après plus de
quatre décennies de lutte armée.
Ce projet de loi, malgré le fait qu’il définit le PKK comme «
organisation terroriste », a été soutenu par son leader Abdullah
Öcalan, 77 ans dont 27 en prison à l'isolement sur l'île d'Imrali, et
par le DEM Parti, représentant une partie des électeurs kurdes en
Turquie.
Toutefois, ce projet de loi n'inclut pas les personnalités détenues
comme Osman Kavala, Can Atalay, Tayfun Kahraman, Çiğdem Mater et Mine
Özerden, détenus dans le cadre de l’affaire Gezi, ont été condamnés
pour « tentative de renversement du gouvernement de la République de
Turquie », alors que les dossiers judiciaires ne contiennent aucune
accusation liée au PKK/KCK.
Comme eux, des dizaines de milliers de prisonniers ou détenus
politiques ne seront pas libérés et resteront dans les prisons après
l’adoption de ce projet de loi controversé.
Le projet de loi inclut un mécanisme ouvrant le retour des combattants
du PKK à la vie civile en Turquie, à condition que l'organisation armée
« ait cessé son existence effective et remis toutes les armes et
munitions sous son contrôle, et qu'une décision du Conseil national de
sécurité confirmant cette détermination soit publiée au Journal
officiel ».
L'ouverture des enquêtes et l'exécution des peines concernant « la
création, la gestion et la propagande du PKK, ainsi que l'adhésion » au
groupe armé, ainsi que les activités qui en découlent, y compris son
financement, seront sujettes à un sursis de cinq à dix ans, selon les
faits reprochés aux combattants.
En cas de non-récidive jusqu'à la fin du délai de sursis, les enquêtes
seront classées et les peines seront considérées comme purgées, ce qui
pourrait signifier une amnistie de fait.
Le texte exclut cependant de cette amnistie « les homicides
intentionnels » commis dans le cadre des activités du PKK et « les
crimes passibles de perpétuité commis avant le 1er juin 2005 ».
Un conseil, composé de plusieurs ministres et du vice-président Cevdet
Yilmaz, ainsi qu'une commission parlementaire, seront chargés de suivre
l'application de la loi. Les recours seront limités à un délai de six
mois.
La loi prévoit aussi « l'enregistrement » des armes déposées ou
déclarées par les membres du PKK.
Opposition
leader Özgür Özel faces losing immunity in 'bribery' probe
The Ankara Chief Public Prosecutor's Office has requested main
opposition New (Yeni) Party leader Özgür Özel and MP Veli Ağbaba's
parliamentary immunity be lifted as part of an investigation on
allegations of aggravated bribery.
The allegations concern the Republican People's Party's (CHP) 2023
party congress, where Özel was elected leader, ending Kemal
Kılıçdaroğlu’s 14-year tenure, and the 2024 local elections, where the
CHP emerged as the leading party under Özel.
In a written statement, the prosecutor's office alleged that Özel
accepted bribes from then-Uşak Mayor Özkan Yalım “in exchange for
committing an offense” related to the leadership election congress. It
also accused him of taking bribes from Antalya Mayor Muhittin Böcek in
return for allowing him to seek reelection in 2024.
MP Ağbaba was the intermediary in the alleged bribery process,
according to the statement.
A court declared the congress in question null in May, removing Özel as
the head of the CHP and reinstating Kılıçdaroğlu. While the case
remains under appeal, Özel founded the New Party last month, bringing
in 90 of the 135 CHP deputies. The New Party formally gained the main
opposition status after it became the second-largest party represented
in parliament.
What will happen now?
The prosecutor's office has submitted summaries of proceedings
regarding Özel and Ağbaba to the Justice Ministry. The ministry must
forward them to parliament before lawmakers can vote on whether to
remove the two MPs’ immunity and clear the way for prosecution.
Turkey’s lawmakers have immunity from prosecution while in office.
Lifting it requires a simple majority in parliament and the ruling bloc
holds enough seats.
This legal action targeting Özel comes amid a broader crackdown on the
opposition since early 2025, which has seen dozens of mayors arrested,
the opposition movement split, and several mayors switch to President
Recep Tayyip Erdoğan’s ruling party. (BIA, August 4, 2026)
Expanding
Gülistan Doku murder investigation reveals network spanning state
institutions
The investigation into the 2020 disappearance of university student
Gülistan Doku is expanding after it was reopened in April, with more
than 30 suspects detained over the past two weeks.
The latest operation yesterday targeted law enforcement personnel
suspected of interfering with evidence. Police launched raids in 15
provinces, detaining 18 people, including police chiefs, commissioners,
serving and retired police officers and a computer operator, upon the
order of the Erzurum Chief Public Prosecutor's Office.
'A shadowy network'
After a request by the office, an Erzurum court yesterday issued
additional pretrial detention orders for former Tunceli governor Tuncay
Sonel, his former bodyguard Şükrü Eroğlu and former police officer
Gökhan Ertok, who were already in custody.
The new orders concern allegations of destroying or altering digital
data, deprivation of liberty, aggravated robbery and unlawfully
obtaining personal data.
In its referral letter to the court, the prosecutor’s office said
forensic examinations and cyber data recovery procedures carried out on
Sonel’s devices had uncovered concrete evidence capable of affecting
the course of the investigation.
The filing said investigators had examined instructions and messages
sent by Sonel to suspect Gökhan Ertok. Prosecutors assessed that the
two had established an unlawful and “shadowy” network of relations in
which public authority was used as a tool, Mezopotamya Agency (MA)
reported citing the investigation file.
Monitoring Doku's family illegally
The widening case now centers not only on what happened to Doku, but
also on allegations that officials used their positions to suppress
evidence, manipulate records and monitor the family illegally after her
disappearance.
Last week, 15 suspects were remanded in custody, including former
governor Sonel’s wife, Handan Sonel, who also faces allegations of
destroying, concealing or altering evidence. The arrests followed
operations in Elazığ, Malatya, Ankara, İstanbul and Dersim on Jul 21
and 23.
The suspects targeted included three doctors, a nurse, hospital and
information technology employees, the owner of a technology company, a
businessperson and two security guards.
The Erzurum Chief Public Prosecutor’s Office said investigators had
obtained new findings concerning the alleged deletion of medical
records and coordinated efforts to conceal evidence.
The inquiry has also expanded into the financial activities of Sonel
and other suspects. Prosecutors requested a detailed review of their
assets, bank transfers and property transactions. Transactions
involving Eroğlu, Sonel's bodyguard, since 2019 were included in the
review.
Prosecutors are also examining claims that Doku’s body, which has never
been found, was buried or otherwise disposed of.
Six years without answers
Doku, a 21-year-old child development student at Munzur University,
disappeared in Dersim on Jan 5, 2020.
The initial investigation focused on the possibility that she had
entered the Uzunçayır Dam Lake after a signal was detected from her
phone. No trace of her was found, despite extensive searches and the
draining of the reservoir.
For years, the case was largely treated as a disappearance or possible
suicide. Doku’s family repeatedly rejected that account and accused
public officials of withholding evidence.
The new investigation has shifted the focus toward a suspected killing
and an alleged institutional cover-up extending through law
enforcement, administrative bodies, hospitals and digital record
systems.
Despite dozens of detentions and arrests, Doku’s remains have not been
found, and the circumstances of her disappearance have yet to be
established. (BIA, 28 July 2026)
Seven arrested in Ankara ‘gay bar’ probe
An Ankara court today ordered seven people jailed pending trial in an
investigation into an entertainment venue frequented by the city's
LGBTI+ community.
The Ankara Chief Public Prosecutor’s Office said it launched the
investigation following complaints submitted to the Presidential
Communication Center (CİMER), witness statements, open-source research
and posts on the venue’s social media accounts.
Prosecutors alleged that the venue hosted sexually explicit
entertainment and activities that violated “public morality.”
The seven suspects were detained yesterday and later sent to court
after questioning by prosecutors.
The prosecutor's office did not disclose which legal provisions formed
the basis of the allegations. No details were provided about statements
from the suspects or their lawyers.
Pro-government media outlets used discriminatory language targeting
LGBTI+s in their coverage of the operation. A Haber news site used the
phrase “LGBT perversion” in its headlines. Sabah newspaper highlighted
phrases including “gay parties,” “erotic dancing between men” and “gay
bar." (BIA, 28 July 2026)
Gezi prisoners Mater and Özerden transferred back to
İstanbul after five days in İzmir
Gezi Park trial convicts Çiğdem Mater and Mine Özerden returned to
İstanbul on Jul 25, five days after their transfer to a prison in İzmir.
The two women were taken from the İzmir Women’s Closed Prison, also
known as Şakran Prison, to the Marmara Women’s Closed Prison in
İstanbul’s Silivri district.
Mater and Özerden had been held at the Bakırköy Women’s Closed Prison
since their imprisonment in 2022. They were transferred to Şakran
Prison on Jul 20, and admitted to the facility the same day.
Mater’s lawyer Hürrem Sönmez noted after the initial transfer that the
prisoners' families and lawyers were based in İstanbul and that the
transfer would be another form of punishment.
“Family visits will become more difficult, and they will face another
form of isolation beyond imprisonment itself,” she told bianet.
The İstanbul 13th Heavy Penal Court sentenced Mater and Özerden to 18
years in prison in Apr 2022, for “aiding an attempt to overthrow the
government.”
The Court of Cassation’s 3rd Penal Chamber upheld both sentences in Sep
2023.
The case concerned the 2013 Gezi Park protests, which drew millions of
people across Turkey. Eight rights advocates were accused of organizing
and financing the demonstrations with the intent of overthrowing the
government.
An initial trial ended in acquittals, but a retrial resulted in lengthy
prison sentences, including an aggravated life sentence for
philantropist Osman Kavala. Three defendants whose sentences were later
overturned were acquitted following another retrial. (BIA, 27 July 2026)
Pression
sur les médias / Pressure on the Media
Playwright
and political activist Bilgesu Erenus dies at 83
Bilgesu Erenus, a prominent playwright, author and activist whose work
brought Turkey’s political and social conflicts to the stage, died
yesterday at the age of 83.
The İstanbul Metropolitan Municipality City Theaters announced her
death and offered condolences to her family.
“We are deeply saddened to learn of the death of Bilgesu Erenus, one of
the valuable figures of Turkish theater and literature,” it said. “We
remember with respect and mercy Bilgesu Erenus, who left a profound
mark on dramatic literature through her works and wrote ‘Yaftalı
Tabut,’ which is part of our repertoire.”
A memorial ceremony will be held at the Harbiye Muhsin Ertuğrul Stage
on Aug 8 at 10.30 am local time (GMT+3).
Erenus continued writing politically engaged plays even when they
struggled to find stages. Her works addressed labor, history, political
pressure, identity and the position of intellectuals in society.
Her plays included “El Kapısı,” “Ortak,” “Kaside,” “Kelaynaklar,”
“Halide,” “555 K,” “Dokumacılar,” “Fikret,” “İkiantikomünist,” “Themis
ile Lombroso” and “Yaftalı Tabut.”
She also wrote the novels “Kazı,” “Gece” and “Göz,” as well as memoirs,
essays, biographies and screenplays. Her screenwriting credits included
“Bir Tren Yolculuğu,” “İkili Oyunlar,” “Devlerin Ölümü” and “Dersim 38.”
Erenus worked at the Turkish Radio and Television Corporation (TRT)
from 1965 to 1973. She left after her first play was staged by Ankara
Art Theater, but later described both TRT and the theater as her
principal schools.
Erenus served on the executive board of the Writers Union of Turkey
between 1977 and 1979, when author Aziz Nesin chaired the organization.
Erenus also recorded the music albums “Şarkılarımız” in 1987 and
“Şarkılarımız Kardeştir” in 1998.
Political activities
In 1984, she was among the intellectuals who took a declaration
opposing the rule of Kenan Evren to Çankaya.
She also contributed to Toplumsal Kurtuluş magazine, founded by the
late socialist author Yalçın Küçük and his colleagues, and was its
owner for a period. In 1987, she helped organize and presented the
first May Day gathering held after the 1980 military coup.
Her efforts to challenge restrictions on the Kurdish language through
music frequently resulted in her detention.
In 1995, she was briefly held at Bayrampaşa Prison after being tried by
a military court on an accusation of discouraging the public from
military service. The case followed her participation in a meeting
organized by the Cam-İş union.
Erenus also opened her home to people involved in political protests.
In 1986, she hosted university students who could not find a place to
hold a hunger strike during protests against the Council of Higher
Education.
In 2001, she hosted mothers of prisoners who sought to voice demands
concerning prison conditions, aiming to protect them from police
violence in the streets.
Pandora's Box
During the 2000s, Erenus performed a show titled “Pandora’nın Kutusu,”
or “Pandora’s Box,” at public gatherings and university theater
departments. Accompanied by her guitar and İbiş, a traditional Turkish
theater character, she revisited scenes from her plays to examine the
recent history of Turkey and the world.
Journalist Meral Aslankaya recalled meeting Erenus during the student
protests of Apr 1987, when more than 2,000 students marched from
Aksaray to Beyazıt against a proposed law restricting student
associations.
Erenus arrived with her guitar to support students holding a hunger
strike after hundreds of protesters were detained, Aslankaya wrote.
“At the darkest moment, when artists, intellectuals, academics, trade
unionists and society as a whole had been intimidated, Bilgesu Erenus
stepped forward with her guitar and her heart,” she said. “She was an
honorable intellectual of this country and an important symbol of a
period’s struggle for democracy.”
She was born in 1943 in Gölpazarı, in the northwestern province of
Bilecik, where her father served as a district governor.
After attending Kadıköy Girls’ College, she briefly studied law and at
a conservatory. She later graduated from İstanbul University’s
Institute of Journalism. (BIA, August 6, 2026)
Journalist Ertuğrul Özkök faces probe
After comparing Erdoğan to Spain’s Franco
Journalist Ertuğrul Özkök is under investigation for "insulting"
President Recep Tayyip Erdoğan after comparing his rule to Francisco
Franco’s dictatorship in Spain.
The İstanbul Chief Public Prosecutor’s Office announced yesterday that
it had launched an ex officio investigation into Özkök over his remarks
made during a YouTube broadcast.
Appearing on journalist Bahar Feyzan’s channel on Jul 31, the
79-year-old argued that Turkey’s current political system had been
built around Erdoğan’s personality and therefore could not survive
beyond him:
“These days will pass. As a student, I witnessed firsthand how Franco’s
regime collapsed in Spain. Franco’s 30-year dictatorship disappeared
overnight. The regime changed the very night he died, the very night!
“No one should think regimes like this can continue forever. They
cannot. Today’s regime in Turkey has been designed around Tayyip
Erdoğan’s personality, and it functions only through his personality.
There is no second person who could carry this regime forward in
Turkey, and there cannot be for a long time.
“After all, our president is 72 years old. Seventy-two is not that old,
he may have years ahead of him, but eventually age catches up with
everyone. I know that because I’m living it myself.
“That’s why everyone needs to stop and think. I believe that if justice
worked better in Turkey today, if human rights and meritocracy
functioned properly, and if there were greater media freedom, President
Erdoğan would actually have a much better chance of being re-elected.”
After clips from the interview circulated widely on social media, the
prosecutor’s office announced yesterday that it had opened an ex
officio investigation.
During the 1990s and 2000s, Özkök was one of the country’s most
influential journalists as editor-in-chief of Hürriyet, then Turkey’s
largest newspaper.
His prime years coincided with an era of unstable coalition governments
in the 1990s, when political parties were weaker and the mainstream
media wielded considerable influence over politics.
He stepped down as editor-in-chief of Hürriyet in 2009 but continued
writing columns until 2021.
In a 2024 interview with journalist Hasan Basri Akdemir on his YouTube
channel, Özkök admitted that "I'm not a dissident" and that "I made my
career as a journalist who has been close to the ruling power."
AKP spokesperson denounces Özkök
Ömer Çelik, spokesperson for Erdoğan's ruling Justice and Development
Party (AKP), criticized Özkök’s remarks in a written statement today,
emphasizing that Erdoğan is a democratically elected leader:
“Comparing our president, one of the world’s leaders with the highest
democratic legitimacy, to a dictator who committed crimes against
humanity reflects intellectual and moral bankruptcy.
“We fought our democratic struggle against this mindset during the most
difficult times, and we will continue to do so.
“This same mindset also claims that ‘there is no such party as the AK
Party.’ That is nothing more than the wishful thinking of a decayed
mentality. Anyone who wants to learn the truth should go out into the
streets, say the same thing, and experience the response firsthand.
(BIA, August 4, 2026)
Arrestation d'un acteur devenu
maire d'une banlieue d'Ankara
Star du petit écran en Turquie pour ses rôles de commissaire rebelle,
élu
maire d'opposition d'une banlieue d'Ankara, Erdal Besikcioglu a été
arrêté jeudi dans le cadre d'une enquête sur la corruption, a annoncé
la justice turque.
"Une opération simultanée a été menée dans neuf provinces, autour
d'Ankara, visant 55 suspects, dont le maire d'Etimesgut, Erdal
Besikcioglu, 42 employés municipaux et 13 dirigeants d'entreprise,
accusés de création et gestion d'une organisation criminelle,
détournement de fonds et corruption", a indiqué le bureau du parquet de
la région Ankara-ouest dans un communiqué.
L'enquête a été ouverte suite à des allégations d'irrégularités dans
certains appels d'offres de la municipalité d'Etimesgut et reprend des
chefs d'accusation similaires à ceux qui visent les élus d'opposition
depuis dix-huit mois, dont le maire d'Istanbul Ekrem Imamoglu arrêté en
mars 2025.
Elu en 2024 du CHP, Parti républicain du peuple, alors premier parti
d'opposition, après une carrière au théâtre et sur le petit écran, M.
Besikcioglu est notamment connu pour son rôle dans la série Behzat C,
où il incarnait un commissaire en lutte contre les vices du système.
Une autre élue du CHP, Sinem Dedetas, maire du district d'Uskudar sur
la rive asiatique d'Istanbul, a été arrêtée mercredi pour
"irrégularités dans le processus de délivrance des permis de
construire".
Depuis sa victoire écrasante aux élections locales, où il a largement
devancé l'AKP du président Erdogan, le CHP a fait face à une pression
judiciaire croissante: des centaines de ses responsables et élus ont
été arrêtés pour des faits présumés de corruption.
M. Imamoglu était considéré considéré comme l'un des rares hommes
politiques capables de vaincre le président turc Recep Tayyip Erdogan
dans les urnes.
À ce jour, au moins 28 maires membres du CHP sont, comme lui,
incarcérés.
La semaine dernière, le chef de l'opposition Özgür Özel a annoncé
quitter le CHP dont il a été évincé sur décision de justice, pour
fonder le Yeni Parti ("Nouveau Parti" en turc) emmenant avec lui 91
députés. (AFP, 30 juil 2026)
Kurdish
Question / Question kurde
Amnistie conditionnelle en Turquie, mais
insuffisante face à la question kurde
La joie était palpable dans le sud-est de la Turquie lundi. Mais dans
la région à majorité kurde se mêlaient également doutes et
incertitudes, après le vote ce 10 août au Parlement d’une loi sur la
démobilisation des combattants du Parti des travailleurs du Kurdistan
(PKK). Elle devrait en effet permettre le retour de milliers de
militants armés, tandis que les poursuites et l’exécution des peines
des auteurs de certaines infractions liées à l’insurrection kurde
contre le pouvoir d’Ankara devraient être suspendues pour cinq à dix
ans en fonction du crime. Période au bout de laquelle les enquêtes
seront classées et les peines considérées comme purgées, en l’absence
de récidive. Une étape importante dans le processus de paix lancé en
février 2025 entre Ankara et le groupe séparatiste armé qu’il considère
comme terroriste. D’autant que le pouvoir a réussi à bâtir un consensus
perçu comme historique sur la question. Mais l’étape ne règle pas
encore les questions de fond permettant de dépasser la « question kurde
» en Turquie.
Consensus sans précédent parmi les partis turcs
Si le média Daily Sabah, proche du pouvoir, parle d’une législation
antiterroriste, d’autres ont évoqué une loi d’amnistie conditionnelle.
Deux perspectives pour contenter tout le monde ? Car la « question
kurde » reste polarisante en Turquie. « Ce qui est sans précédent,
c’est qu’il n’y a pas eu de disputes, de critiques émanant de la
population. C’est la première fois qu’il y a un tel consensus sur la
question parmi pratiquement toutes les formations politiques, à part le
petit parti IYI ultranationaliste, laïc, très opposé au pouvoir en
place depuis des années, ainsi qu’à toute perspective d’ouverture sur
la question kurde », note pourtant Bayram Balci, ingénieur de recherche
au CNRS. Proposé par le parti présidentiel AKP et la formation prokurde
DEM, le texte a été adopté à une large majorité juste avant la pause
estivale, avec 468 voix pour sur les 562 parlementaires présents. À la
fin de la session, Devlet Bahçeli, chef du parti nationaliste MHP
devenu contre toute attente le visage du processus de réconciliation
avec les Kurdes dès fin 2024, a serré la main des responsables du DEM.
La « loi sur le renforcement de la solidarité nationale et de
l’intégration sociale » contenterait finalement le pouvoir et les
nationalistes, maintenant une conditionnalité sur la réintégration
définitive des partisans du PKK en société, soumise également au
désarmement du groupe. Les auteurs d’homicide ne seront ainsi pas
concernés par des suspensions de peine, ainsi que ceux condamnés à
perpétuité avant 2005. Surtout, le processus permet de rendre obsolète
le recours à la violence, alors que le PKK porte désormais haut et fort
le slogan de la démocratisation et de la participation politique pour
faire avancer ses intérêts, et que les familles de combattants se
lassent de leur exil forcé. « A priori, aucun pays de la région ne
pourra plus s’emparer du PKK pour l’utiliser contre la Turquie, y
compris Israël, avance Bayram Balci. Si les Kurdes sont dans une
logique de paix avec Ankara, un bon rapport pourrait se développer
entre les Kurdes de Syrie et le pouvoir à Damas notamment. » De quoi
renforcer la stratégie régionale du président Recep Tayyip Erdogan et
protéger la stabilité de la Turquie, au moment où le Moyen-Orient est
en proie à des conflits perturbateurs, de Gaza à l’Iran en passant par
le Liban et le Yémen.
Pas de libération pour Öcalan
Le PKK avait cependant exprimé sa désapprobation avant même le vote. «
Cette loi contient de graves erreurs et lacunes. Les recommandations
(...) concernant la démocratisation et le règlement de la question
kurde n’ont pas été prises en compte », a critiqué le groupe retranché
principalement dans les montagnes irakiennes de Qandil. Depuis l’appel
du 27 février 2025, lorsque le chef de la formation, Abdallah Öcalan,
avait enjoint depuis sa prison au groupe de désarmer et se dissoudre,
les avancées ont été peu nombreuses. Certes, le PKK a annoncé en mai
2025 sa dissolution officielle, tandis qu’une cérémonie symbolique de
remise des armes a eu lieu en Irak en juillet. Mais les revendications
kurdes ne se sont jusqu’à présent pas concrétisées, comme la demande de
libérer le leader emprisonné depuis 1999, exclue de la législation
votée lundi. Sans cette remise en liberté, « de nombreuses dispositions
de la loi resteront lettre morte », a prévenu le mouvement.
« Les détails de la mise en pratique du processus, notamment la manière
dont on donnera des droits aux Kurdes, culturels, politiques ou encore
relatifs à l’enseignement de la langue, continueront certainement de
provoquer des désaccords et des tensions, prévoit Bayram Balci. Mais la
libération d’Öcalan ne sera jamais acceptée par la population et le PKK
en est conscient, il la demande surtout pour la forme. » Le pouvoir
avait par ailleurs assuré avant le vote que le leader historique du PKK
resterait « en mesure de contribuer au processus » de paix, bénéficiant
déjà de conditions allégées de détention. Affaibli ces dernières années
face à une puissance de feu turque inégalée jusque-là dans ce conflit,
le groupe semble avoir choisi le pragmatisme. Selon l’AFP, près de 3
500 anciens combattants kurdes pourraient être libérés dans la première
phase d’application de la loi d’amnistie conditionnelle. Dans un délai
de six mois, des milliers de combattants à l’étranger devraient par
ailleurs pouvoir rentrer en Turquie sans avoir à faire face à la
justice. Les personnes touchées par la loi pourraient en outre
recouvrer leurs droits politiques si elles ne sont pas coupables de
nouveaux crimes. Des perspectives qui ne pourraient en aucun cas
résulter d’une action militaire, mais qui seront liées au désarmement
et à la dissolution effectifs du groupe.
Reste que la Turquie de Recep Tayyip Erdogan s’emploie à neutraliser
l’opposition, et que rien ne protégera particulièrement les anciens
combattants réhabilités face à la répression politique. Dans le
contexte régional actuel, où les Kurdes pourraient être
instrumentalisés dans l’espoir de faire tomber le régime iranien ou
pour déstabiliser le nouveau pouvoir syrien, les antagoniser serait
néanmoins une stratégie risquée, si ce n’est perdante, pour Ankara. Le
parti présidentiel pourrait plutôt utiliser ce processus de paix pour
rallier l’électorat kurde, dans le cas où Recep Tayyip Erdogan
souhaiterait briguer un nouveau mandat, pour lequel il aurait besoin
d’un amendement constitutionnel ou d’une dissolution anticipée du
Parlement. (orientlejour.com, 12 août 2026)
Le PKK
dénonce les "erreurs" du projet de loi sur
l'avenir de ses combattants
Le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), en voie de dissolution, a
fustigé dimanche les "erreurs et lacunes" du projet de loi sur l'avenir
de ses combattants, qui sera soumis lundi aux députés turcs, exigeant
également la libération du chef historique de la guérilla kurde.
"Cette loi comporte de graves erreurs et lacunes. Les recommandations
du rapport de la commission parlementaire (chargée de préparer un cadre
légal au processus de paix avec le PKK, NDLR) concernant la
démocratisation et le règlement de la question kurde n'y sont pas
prises en compte", déplore la direction du PKK dans un communiqué
diffusé par l'agence de presse ANF, proche du groupe armé.
"Le fait que (le projet de loi) mentionne uniquement le désarmement
sans employer le terme +Kurde+ montre que la question n'a pas été
abordée dans sa globalité", estime le PKK en exigeant la garantie que
ses combattants renonçant aux armes "pourront participer à une vie
politique démocratique fondée sur la liberté de pensée et
d'association", sans risquer d'être "emprisonnés en raison de leurs
propos".
Les responsables du PKK affirment en outre que "de nombreuses
dispositions de la loi resteront lettre morte" si le chef historique du
groupe armé, Abdullah Öcalan, âgé de 77 ans et emprisonné à l'isolement
depuis 1999, n'est pas remis en liberté.
Or, le sort de ce dernier, qui avait appelé l'an dernier le PKK à
déposer les armes en réponse à une initiative de paix des autorités
turques lancée fin 2024, n'a pas été officiellement tranché.
Le projet de loi prévoit le retour à la vie civile d'une partie des
combattants du PKK qui déposeront les armes, sans toutefois ouvrir la
voie à une amnistie générale.
Le texte, porté notamment par le Parti de la justice et du
développement (AKP, islamo-conservateur) du président Recep Tayyip
Erdogan et le parti prokurde DEM, prévoit de suspendre les poursuites
et l'exécution des peines des auteurs de certaines infractions pour une
période allant de cinq à dix ans.
En l'absence de récidive au cours de ce délai de sursis, les enquêtes
seront classées et les peines considérées comme purgées, selon le
projet de loi consulté par l'AFP.
Les auteurs des crimes les plus graves - comme les homicides
volontaires -
seront toutefois exclus de ce mécanisme. Des médias progouvernementaux
turcs affirment que cela devrait aussi être le cas d'Abdullah Öcalan,
qui purge une peine de prison à vie.
L'opposant kurde Selahattin Demirtas, emprisonné depuis 2016, s'est lui
prononcé dimanche en faveur du projet de loi, disant espérer qu'"une
nouvelle étape cruciale" sera franchie "dans cet effort de paix
historique".
Selon l'ancien coprésident du principal parti prokurde de Turquie,
cette loi "transformera radicalement le destin de notre pays et de
notre région", après plus de quatre décennies d'une lutte armée qui a
fait au moins 50.000 morts. (AFP, 9 août 2026)
Kurdes
tués à Paris: un cheminot retraité sera jugé aux
assises en février 2027
Un cheminot retraité, qui a reconnu avoir tué trois Kurdes en décembre
2022 à Paris, sera jugé du 23 février au 8 mars devant la cour
d'assises pour assassinats et tentatives d'assassinats commis en raison
de l'origine, l'ethnie ou la religion des victimes, a appris l'AFP
vendredi de source judiciaire.
William Malet, conducteur de TGV à la retraite, désormais âgé de 73
ans, a reconnu avoir ouvert le feu, le 23 décembre 2022, devant un
centre culturel kurde rue d'Enghien, dans le 10e arrondissement, "un
repaire" du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), selon lui,
faisant trois morts et trois blessés.
Mis en examen et écroué après les faits, M. Malet a expliqué son geste
par sa "haine pathologique" des étrangers.
Onze jours avant son attaque, il était sorti d'un an de détention
provisoire pour avoir blessé, avec un sabre, des migrants dans un
campement parisien en décembre 2021.
Il avait expliqué que les assassinats des Kurdes étaient "la suite" du
cambriolage de son pavillon de Livry-Gargan (Seine-Saint-Denis) en
2016, lors duquel il avait agressé au couteau trois intrus qu'il avait
surpris alors qu'il revenait chez lui, ce qui lui a valu trois ans de
prison. En mai 2023, la cour d'appel de Paris avait écarté
"complètement l'état de légitime défense".
Depuis cet épisode, "j'ai toujours eu envie d'assassiner des migrants,
des étrangers", a affirmé M. Malet devant le juge d'instruction,
décrivant son intention de se suicider ensuite "pour que (sa) mort ne
passe pas inaperçue".
La justice antiterroriste s'est plusieurs fois interrogée pour savoir
si elle devait se saisir de ce dossier et avait été consultée par les
magistrats instructeurs.
Mais, selon les juges d'instruction,"rien dans la procédure ne permet
de relever des indices" que le suspect avait pour "intention de
troubler gravement l'ordre public par l'intimidation ou la
terreur".
La "motivation profonde" de William Malet est "davantage d'ordre intime
que politique" et aucun document ni référence idéologique n'a pu le
rattacher à "un quelconque courant, notamment d'ultra-droite ou
politique d'extrême droite", ont-ils souligné dans leur ordonnance de
renvoi en juillet 2025.
Contactés par l'AFP, les avocats de M. Malet ou de parties civiles
n'ont pas donné suite ou pas souhaité commenter ce procès à venir. Ces
dernières avaient déploré en novembre 2025 que la qualification
terroriste n'ait pas été retenue. (AFP, 7 août 2026)
Le
président du Kurdistan autonome en Syrie pour
discuter de l'intégration des Kurdes
Le dirigeant syrien Ahmad al-Chareh a reçu lundi à Damas le président
du Kurdistan autonome, Nechirvan Barzani, pour des discussions sur
l'accord visant à intégrer les institutions kurdes syriennes au sein du
pouvoir central, selon des sources officielles à l'AFP. Il
a été
signé en janvier après des affrontements entre les forces
gouvernementales et les Kurdes mais sa mise en oeuvre piétine.
Nechirvan Barzani avait contribué à cet accord, sous l'égide des
Etats-Unis, et avait alors rencontré le commandant des Forces
démocratiques syriennes (FDS), Mazloum Abdi, à Erbil, capitale du
Kurdistan irakien. Il s'agit de sa première visite à Damas
depuis la
chute de Bachar al-Assad fin 2024. Selon le bureau du
président
syrien, l'entretien des deux hommes a porté sur les moyens de
"renforcer la coordination, notamment sur le plan économique (...), de
manière à contribuer au maintien de la sécurité et de la stabilité" du
pays, dévasté par des années de guerre.
De son côté, Nechirvan Barzani a déclaré, dans un communiqué publié à
l'issue de la réunion, avoir exprimé à son interlocuteur son "soutien à
une Syrie stable et unie, où les droits de toutes les composantes
ethniques et religieuses sont préservés". Ils ont également
discuté
de "l'importance du rôle de la Syrie dans le renforcement de la paix,
de la sécurité et de la stabilité dans la région".
Le déplacement de M. Barzani a pour objectif d'aborder "l'accord du 29
janvier et les mesures d'intégration des FDS au sein du gouvernement"
central, a indiqué une source officielle syrienne à
l'AFP. Il "porte
essentiellement sur le suivi" de cet accord, a confirmé une source
diplomatique sous couvert d'anonymat, sans exclure une possible
rencontre avec Mazloum Abdi.
A la faveur de la guerre civile (2011-2024), les Kurdes soutenus par
l'Occident avaient pris le contrôle de larges parties du nord et du
nord-est de la Syrie et étaient le fer de lance de la lutte
anti-jihadiste.
Après qu'une coalition de rebelles islamistes a renversé le président
Bachar al-Assad en décembre 2024, les nouvelles autorités ont cherché à
stabiliser et réunifier le pays.
Et un an plus tard, les forces kurdes ont dû, sous la pression
militaire de Damas, se retirer de larges pans du nord du pays.
L'accord avec le gouvernement syrien conclu dans la foulée a sonné le
glas des espoirs d'autonomie de cette minorité. L'aéroport
de
Qamichli, le seul du nord-est de la Syrie, dont les Kurdes s'étaient
emparés après la chute d'Assad, est ainsi passé sous le contrôle des
autorités islamistes.
Les Kurdes ont également remis à l'Etat les champs pétroliers,
principale source de financement de l'administration autonome.
Mais des divergences entre les deux camps ont retardé l'intégration de
brigades kurdes dans l'armée. Nechirvan Barzani avait salué
en début
d'année la signature de l'accord, y voyant l'espoir d'une "protection
des droits des kurdes (...) dans la future Constitution" que devra
rédiger le nouveau Parlement. (AFP, 3 août 2026)
La
guérilla kurde exige l'implication "directe"
de son fondateur dans le processus de paix
La guérilla kurde du PKK a exigé que son leader historique Abdullah
Öcalan, en détention depuis 1999, soit "directement" impliqué dans
toute décision la concernant et que son statut soit "clarifié", dans
une déclaration relayée jeudi par l'agence de presse ANF, proche du
mouvement armé kurde.
Un projet de loi concernant l'avenir des combattants du Parti des
travailleurs du Kurdistan (PKK), qui a annoncé sa dissolution en mai
2025 afin de sceller la paix avec le gouvernement turc après plus de
quatre décennies de lutte armée, devrait être soumis la semaine
prochaine au Parlement turc.
"Nous avons affirmé à chaque occasion que le statut du Leader Apo (nom
familier de M. Öcalan signifiant oncle en kurde, ndlr) doit être
clairement défini et sa liberté effective" a indiqué la guérilla dans
un communiqué repris par l'ANF et signé "la direction du mouvement".
"Car il est impossible de répondre aux exigences des décisions prises
et des lois adoptées sans la participation du Leader Apo et sans qu'il
dirige ce processus de manière directe", a insisté le PKK.
Abdullah Öcalan, 77 ans, est détenu depuis 1999 sur l'île-prison
d'Imrali (nord-ouest), en mer de Marmara, au large d'Istanbul.
Un processus entamé en octobre 2024 à l'initiative du leader du parti
nationaliste MHP, Devlet Bahçeli, allié du gouvernement turc, vise à
mettre un terme aux années de violences qui ont fait au moins 50.000
morts.
Il reste à trouver un statut légal et une issue pour ses combattants :
la mission a été confiée à une commission parlementaire ad hoc qui a
rendu son rapport en février, sans avancée ensuite. (AFP, 30 juil 2026)
En
Syrie, des Kurdes déplacés attendent toujours
de rentrer chez eux
Depuis le camp du nord-est de la Syrie où il vit depuis sept ans, Ahmad
Oussi lance un appel à l'aide pour pouvoir revenir dans sa ville
natale, dont il a été chassé par des combats entre l'armée turque et
les forces kurdes.
Le retour des déplacés kurdes constitue l'une des pierres d'achoppement
de l'application de l'accord signé en janvier entre les Kurdes syriens
et le pouvoir central.
"Tous les habitants du camp veulent rentrer" à Ras al-Aïn, dit Ahmad
Oussi, 26 ans, mais "des membres des factions (proturques, NDLR) vivent
dans nos maisons et nous disent qu'on ne peut pas revenir".
Ces combattants et leurs familles, eux-mêmes déplacés d'autres régions,
se sont installés dans les maisons abandonnées par les Kurdes, selon
des témoignages d'habitants.
"J'espère que l'administration kurde et le gouvernement syrien (...)
nous feront sortir du camp et nous permettront de regagner notre ville
au plus vite", ajoute M. Oussi.
Comme des milliers de Kurdes, le jeune homme a été forcé en 2019 de
fuir sa ville de Ras al-Aïn, à la frontière turque, devant une
offensive des troupes turques et de leurs alliés syriens contre les
forces kurdes, leur bête noire.
Il vit depuis dans le camp informel d'al-Talaeh, sous contrôle kurde, à
quelque 70 km de sa ville natale.
Le camp poussiéreux d'al-Talaeh abrite environ 17.000 personnes de la
région de Ras al-Aïn qui était habitée par des Kurdes et des Arabes,
dont des chrétiens.
- Maisons squattées -
Dans le camp situé dans une zone aride, des femmes préparent à manger
en s'abritant du soleil près d'un camion citerne. D'autres habitants
vendent de l'essence dans des bouteilles en plastique.
"On nous dit sans cesse que nous rentrerons cette semaine ou la semaine
prochaine (..)", dit Kubar Qader, une mère de sept enfants en fouillant
dans un étal de vêtements.
"Nous ne savons même pas si nous pourrons un jour rentrer chez nous",
ajoute cette femme de 43 ans.
L'accord entre Damas et les Kurdes, qui prévoit l'intégration des
institutions militaires et civiles kurdes au sein de l'Etat, a sonné le
glas des espoirs d'autonomie de cette minorité.
"Le dossier du retour des déplacés (...) est l'une des principales
questions en suspens" qui retardent l'application de l'accord, explique
à l'AFP Abdel Karim Omar, représentant de l'administration autonome
kurde à Damas.
A la faveur de la guerre civile (2011-2024), les Kurdes soutenus par
l'Occident avaient pris le contrôle de larges parties du nord et du
nord-est de la Syrie.
Après qu'une coalition de rebelles islamistes a renversé le président
Bachar al-Assad en décembre 2024, les nouvelles autorités ont cherché à
stabiliser et réunifier le pays.
Mais le dossier des déplacés reste l'un des plus épineux, avec quelque
5,5 millions de Syriens qui n'ont toujours pas regagné leurs foyers
selon l'ONU.
Interrogé par l'AFP, un responsable local relevant du pouvoir central
confirme sous couvert d'anonymat que des membres de factions proturques
se sont installés dans des maisons abandonnées de Ras al-Aïn.
Il assure cependant qu'ils ont quitté certaines maisons "dès que les
propriétaires se sont adressés aux autorités locales ou aux forces de
sécurité".
Et selon lui, "des dizaines de familles sont revenues", certaines "sous
la protection du gouvernement" ou en coordination avec des autorités
locales.
- "Mourir là-bas" -
Jawan Isso, membre d'un comité représentant les déplacés de Ras al-Aïn,
ou Sari Kani en kurde, explique à l'AFP que des "mesures préliminaires"
ont été récemment prises pour le retour des déplacés, "comme de
premières visites sur place et le déploiement d'équipes de déminage".
Mais "d'importants obstacles persistent", souligne-t-il, d'autant que
"la région reste sous influence turque".
Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, l'armée turque
maintient notamment trois positions dans la région.
Cette ONG qui dispose d'un vaste réseau de sources en Syrie affirme que
de nombreux habitants kurdes relèvent des Forces démocratiques
syriennes (FDS, contrôlées par les Kurdes) et qu'ils redoutent "des
actes de vengeance" s'ils reviennent.
Fatna Abdel-Qader, une habitante du camp de 65 ans, pleure en évoquant
sa vie passée à Ras al-Aïn.
"Ma terre me manque, c'est là-bas que je souhaite mourir", confie cette
femme au visage buriné, qui partage une tente avec son mari et sept
petits-enfants. (AFP, 29 juil 2026)
Minorités
/ Minorities
Politique
intérieure/Interior Politics
Öcalan attend la paix, Erdogan continue
de détruire l’opposition
Ragip Duran, TVXS.GR, 3 août 2026
« La Turquie a deux agendas : pas à pas vers la paix, pas à pas vers de
nouvelles arrestations », écrit Murat Sabuncu, chroniqueur du site
d’information générale T24.com.tr.
En effet, les deux plus importants sujets de la semaine étaient la
répression qui continue de s’abattre sur les maires et membres de la
principale formation de l’opposition (auparavant le CHP, 135 sièges, et
depuis le 21 juillet dernier le Nouveau Parti, 91 sièges), et l’attente
de la promulgation par l’Assemblée nationale de la loi-cadre au sujet
de « la Turquie sans terreur ».
Le président Erdogan, apparemment satisfait, a déclaré mercredi que
cette loi sera à l’ordre du jour de l’Assemblée « dans les jours à
venir ». « Quand le processus de la Turquie sans terreur atteindra son
objectif, les Turcs, mais également les Kurdes, les Arabes, les Lazes
et les Circassiens vont gagner », a-t-il estimé. Il a évalué à
2.3
billions de dollars le coût des dégâts économiques et financiers causés
par le terrorisme.
Öcalan, leader emprisonné du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan,
créé en 1978, en lutte armée contre le pouvoir central depuis 1984 et
qui s’est dissous le 12 mai 2025) et ses partisans, qui parlent du
processus de « la paix et de la démocratie sociale », ne sont pas très
contents du contenu de cette nouvelle loi. Car cette loi ne fait aucune
référence ni à la paix, ni à la démocratie, ni d’ailleurs aux Kurdes.
Il s’agit d’un texte qui organise le retour au pays des militants armés
kurdes basés en Irak, en Syrie et en Iran, et des activistes kurdes en
exil à l’étranger. Les conditions imposées sont assez lourdes selon le
projet de loi.
La majorité des Kurdes, qui ont beaucoup souffert depuis 1984 — environ
40 000 guérilleros et civils tués, des centaines d’hameaux et villages
détruits, des centaines de milliers d’arrêtés et écroués, leur langue
et expression culturelle interdites —, s’oppose à cette initiative du
pouvoir ouvertement et passionnément soutenue par Öcalan, qui préconise
« l’intégration démocratique », id est l’assimilation totale des Kurdes
aux normes et valeurs de la Turquie et des Turcs. Le leader controversé
a publiquement déclaré le 27 février 2025 que « les Kurdes ne veulent
ni un État indépendant, ni une fédération ou bien l’autonomie ». Le PKK
s’est autodissous et une trentaine de militants ont brûlé leurs armes,
signe symbolique de la démilitarisation à la demande de leur chef
suprême, « qui est en harmonie complète avec le pouvoir », précise
Metiner Mehmet, un ancien député kurde d’Erdogan.
« Il n’y a pas de négociation entre l’État turc et Öcalan. Ce dernier a
désormais la seule mission de faire appliquer la stratégie antikurde du
régime Erdogan », croit le Dr Yektan Turkyilmaz, spécialiste du sujet.
« Dans ces conditions, c’est-à-dire quand le pouvoir ne cesse de
réprimer l’opposition, comment réaliser la paix ? » se demandent Murat
Sabuncu et plusieurs autres observateurs turcs et kurdes.
İstanbul's
Üsküdar
district mayor detained in 'corruption'
investigation
Üsküdar Mayor Sinem Dedetaş and five others were detained in İstanbul
today as part of an investigation into alleged irregularities in
building permit procedures.
The İstanbul Anatolian Chief Public Prosecutor’s Office is conducting
the investigation on allegations of bribery, extortion through abuse of
office, and forming and leading a criminal organization.
Police raided 11 addresses across İstanbul and seized digital
equipment, the prosecutor's office said in a statement. The
investigation was launched following tipoffs, statements from
contractors and testimony from some suspects.
The investigation is the latest in a series of "corruption" probes
targeting opposition-run municipalities since March last year. More
than 35 mayors have been detained in those investigations, including
mayors of major cities such as İstanbul, Bursa, Adana and Antalya. The
opposition views these operations as politically motivated efforts
orchestrated by the goverment to weaken their rivals.
Most of these municipalities have remained under the control of the
opposition because acting mayors to replace suspended mayors are
elected by municipal councils, where opposition parties generally hold
a majority.
The other people detained this morning were Üsküdar's deputy mayor
F.D., mayoral adviser U.M., chief of staff A.K., and N.A., general
director of Kent AŞ, a municipal subsidiary operating in urban renewal
projects.
Alleged irregularities
According to the prosecutor's office, the municipality involved the
Kent AŞ subsidiary in building permit procedures to generate income,
despite the subsidiary lacking authority to issue permits.
Prosecutors claimed that municipal staff pressured contractors to sign
“consultancy service” contracts with the subsidiary. Kent AŞ signed
contracts worth a total of 1.08 billion liras (~47.5 million US
dollars) with contractors and collected 361.4 million liras under these
agreements, according to Financial Crimes Investigation Board findings.
Kent AŞ head N.A. was also allegedly involved in determining how much
money would be requested from contractors, including for turning a
blind eye to regulatory violations at construction sites. Part of the
money was distributed to municipal employees.
For major construction projects, payments from contractors were
demansed in US dollars, according to the investigation file. (BIA, 29
July 2026)
Erdogan
très mécontent de la réorganisation de
l’opposition
Ragip Duran, TVXS.GR, 27 juillet 2026
Le président Erdogan, qui continue à perdre des points dans les
sondages d’opinion, avait cru que, grâce à la décision d’un tribunal
qui avait nommé M. Kemal Kilicdaroglu à la tête du CHP (Parti
républicain du Peuple, kémaliste, 135 sièges sur 592), la principale
formation de l’opposition serait affaiblie, voire complètement divisée
et marginalisée.
La cour régionale d’appel d’Ankara avait, le 21 mai dernier, décidé la
nullité absolue du dernier congrès général du CHP, tenu les 4 et 5
novembre 2023, lors duquel M. Ozgur Ozel avait détrône Kilicdaroglu. Ce
dernier très passif, très conciliatoire envers le régime était
Président du Parti depuis mai 2010 et avait été battu lors de 11
élections générales, locales et référendums.
Ozgur Ozel, Président élu, mène une lutte politique contre à la fois le
régime Erdogan et ‘’le Président nommé’’. Il voulait reprendre
légalement les reins du Parti sinon créer un nouveau Parti. La seconde
option est désormais à l’ordre du jour.
Yalçin Dogan, chroniqueur chevronné du site d’information T24.com.tr,
estime que ‘’La nouvelle route est pleine de conviction et
d’enthousiasme, mais elle est en temps douloureuse et épineuse’’. Dogan
observe qu’Ozel ‘’au lieu de lutter contre la bureaucratie judiciaire
et le régime d’Ankara, il a préféré descendre dans la rue et rassembler
derrière lui les masses mécontentes d’Erdogan’’. Cette stratégie a mis
le régime en difficulté. ‘’AKP est inquiet. AKP a peur de voir la fin
de son règne’’ écrit-il. Kilicdaroglu est désormais devenu un
instrument du pouvoir, mais seul un très petit minorité du CHP le suit,
constate-t-il.
‘’Ozel a déjoué les plans du Palais’’ croit de son côté Mehmet Y. Yakup
le chef chroniqueur du même site. ‘’Ozel est tout le temps avec le
peuple. Erdogan n’arrive plus à dormir à cause des cauchemars. AKP ne
peut plus diriger le pays. Il a également perdu la légitimité’’
estime-t-il. Mais il n’omet pas non plus d’avertir les dirigeants du
nouveau parti: ‘’Erdogan continuera de se servir de l’appareil
judiciaire qui est à sa disposition contre Ozel’’ écrit-il. L’immunité
parlementaire d’Ozel peut être levée, croit-il. En effet, le régime
avait annulé la validité du diplôme universitaire de M. Ekrem Imamoglu,
le candidat favori contre Erdogan pour les élections présidentielles
prévue pour l’été 2028. Un tribunal avait arreté et mis en prison
l’ancien maire d’Istanbul en mars 2025.
Erdogan est capable de tout faire pour rester au pouvoir, analyse
l’ensemble des observateurs de l’opposition. La conjoncture régionale
et internationale, la crise économique et sociale sont à l’avantage de
l’Homme Unique. ‘’Il est au pouvoir depuis 2002, mais le début de la
fin est au seuil du Palais. La chute ne sera sûrement pas tout de suite
et créera un grand bouleversement de longue durée’’ prévoit le Prof.
Cengiz Aktar.
Forces
armées/Armed Forces
La
Turquie a déployé cinq F-16 en Estonie dans le
cadre de l'Otan
La Turquie a déployé cinq avions de chasse F-16 et leurs équipages en
Estonie dans le cadre de la mission de police de l'air de l'Otan, a
indiqué jeudi le ministère turc de la Défense.
"Dans le cadre de la mission de police aérienne renforcée de l'OTAN, le
déploiement de cinq avions F-16 et de leur personnel sur la base
aérienne d'Amari en Estonie, où ils seront stationnés du 1er août au 30
novembre 2026, est achevé", a déclaré le ministère.
"Durant cette mission, nos unités contribueront à la sécurité de
l'espace aérien balte dans le cadre des activités conjointes de défense
aérienne de l'OTAN", a ajouté le ministère, précisant que la Turquie
prendra vendredi le relais du Portugal pour cette mission.
Les Etats baltes, ex-républiques soviétiques membres de l'Alliance
atlantique, qui partagent une longue frontière avec la Russie, ont
enregistré depuis l'invasion russe de l'Ukraine en 2022 un nombre
croissant d'intrusions et de chutes de drones sur leurs territoires.
Des avions Rafale français de l'Otan stationnés dans les pays baltes
ont abattu un drone errant début juin en Lettonie. (AFP, 30 juil 2026)
Affaires
religieuses / Religious Affairs
Dozens detained, assets seized in crackdown on
Süleymancılar religious order
Police have detained at least 30 people, including Alihan Kuriş, the
leader of the religious order known as Süleymancılar, in an
investigation led by the Ankara Chief Public Prosecutor’s Office.
The office said the investigation targeted the alleged "Alihan Kuriş
criminal organization" and did not mention the Süleymancılar group.
Simultaneous raids in the morning targeted 123 addresses in 17
provinces, İstanbul, Ankara and Antalya. Prosecutors issued detention
warrants for 49 suspects and three were found to be abroad.
Authorities also seized assets belonging to the suspects and appointed
trustees to over 30 companies linked to their members.
The group is facing allegations of “establishing and leading a criminal
organization,” “membership in a criminal organization,” “laundering
assets derived from crime,” “fraud to the detriment of public
institutions and organizations” and violations of the Tax Procedure Law.
Similar religious orders and communities in Turkey have a presence in
both civil society and the economy, operating through foundations and
companies.
Who are the Süleymancılar?
The group widely known as Süleymancılar, which literally means
“Süleymanists,” and referred to by their own community as
"Süleymanlılar," is a Sunni Muslim religious order, or tariqa, based in
Turkey. It is believed to have a few million followers and sympathizers.
The group takes its name from Süleyman Hilmi Tunahan, who conducted
religious education activities during the early republican era. It is
known for Quran courses, student dormitories, associations and
educational activities.
After Tunahan’s death in 1959, the group continued to be led by members
of the his family and people close to them.
Alihan Kuriş became the group’s leader following the death of Arif
Ahmet Denizolgun in 2016.
The Süleymancılar also operate outside Turkey, particularly in Germany,
through religious education centers and associations.
The group’s relations with public institutions, its student dormitories
and educational activities, as well as its economic structure have
previously been the subject of public debate and news coverage.
Suspicious money transfers
The prosecutor’s office said the investigation was focused on the
financial activities of companies linked to the suspects.
According to a report by Turkey’s Financial Crimes Investigation Board
(MASAK) included in the case file, some of the companies examined saw
sharp increases in financial transactions and the volume of goods
bought and sold after 2020.
MASAK assessments found that some companies received large cash inflows
whose sources required explanation and that substantial transfers were
made between companies and their shareholders.
Investigators are also examining discrepancies between some companies’
commercial records and banking transactions, as well as foreign
currency transfers received from companies abroad.
Some 100 billion liras, or around 23 million dollars, were transferred
abroad through various methods using individuals and companies believed
to be linked to the group, according to MASAK.
The investigation includes allegations that some transactions may have
involved fraudulent invoicing. (BIA, 13 August 2026)
Comment l’Europe
finance les réseaux islamistes de la famille Erdogan
Guillaume Perrier, le point, 7 août 2026
Cinquante mille personnes sont rassemblées début août dans le stade de
football du club de Galatasaray, à Istanbul. Les tribunes sont animées,
les supporters agitent des drapeaux, entonnent des chants et déploient
de grands portraits de leurs héros. Non pas des stars du ballon rond,
mais des sultans ottomans, Mehmet II et Selim Ier, ainsi que le
président turc Recep Tayyip Erdogan en costume et lunettes de soleil…
Et quand ce dernier apparaît en chair et en os dans le stade, la foule
s’électrise. Dans une ferveur quasi mystique et un culte de la
personnalité digne des satrapes d’Asie centrale, le « Reis » serre des
mains, salue ses ouailles d’un geste lent, un haut-parleur fait rugir
des extraits de ses discours. « Je me tiens fièrement aux côtés de
cette jeunesse, avec les sultans ». Puis il harangue son public pendant
une bonne demi-heure.
Génération pieuse
Ce n’est pas un match de football auquel le public est venu assister
mais un congrès estival de la fondation Tügva (fondation pour la
jeunesse de Turquie, Türkiye Gençlik Vakfi), une puissante ONG
islamique. Prières et bénédictions accompagnent Erdogan. Plus de 700
000 collégiens ont participé cette année aux activités d’été de cette
organisation, s’enorgueillit le dirigeant turc.
Cette structure a été fondée en 2014, un an après les émeutes
antigouvernementales de Gezi, dans le but de propager au sein de la
jeunesse turque les projets de l’AKP (Parti de la justice et du
développement), le parti islamo-conservateur du président. C’est cette
« génération pieuse » qu’il appelait de ses vœux dès 2012 pour
supplanter en Turquie la culture laïque et kémaliste, perçue comme
dépravée et occidentalisée.
Supervisée par Bilal Erdogan, second fils du président et membre de son
conseil d’administration, la fondation Tügva met l’accent sur les
études coraniques, l’éducation aux enseignements du prophète Mahomet,
les hadiths, ainsi que la morale islamique, le sport et les arts. Dans
son discours, le dirigeant de l’ONG, Ismail Besinci, a salué « une
organisation qui renforce l’esprit d’unité, de solidarité et de
fraternité ». « La fondation pour la jeunesse turque n’est pas
seulement une fondation, a-t-il poursuivi. C’est une école. Un cap. Une
civilisation en marche. Une cause, une position, une maison de haute
moralité. » Sur les réseaux sociaux, des membres de Tügva se mettent en
scène, en t-shirt de l’ONG, marchant aux côtés des soldats ottomans qui
assiègent Constantinople. Une véritable armée militante acquise à
Erdogan.
Cela n’empêche la Tügva d’être dûment accréditée auprès de l’Union
européenne et même de bénéficier de généreux financements européens,
comme l’avait rapporté en 2024 le journaliste turc d’investigation
Metin Cihan, dont les trouvailles avaient été relayées par Le Point.
La fondation dirigée par le fils du président a reçu pas moins de 700
000 euros de fonds issus du programme Erasmus+ pour 16 projets depuis
2020, rapportait-il alors. S’ajoutent à cela quatre projets financés
par le programme European Solidarity Corps de la Commission européenne
depuis 2021. En 2021, Tügva met sur pied une « académie des jeunes
diplomates » et fait venir des participants de France et d’Allemagne…
Elle organise aussi des « camps d’action » où les jeunes participants
sont embrigadés et incités à « faire le djihad ». Ironie du sort, c’est
déjà à cause de révélations sur cette organisation islamiste et ses
ramifications au sein de l’État turc que Metin Cihan a été contraint de
fuir la Turquie. Il était sous la menace de six ans de prison.
Ces révélations avaient suscité de vives critiques de la part de
l’opposition en Turquie… Mais pas en Europe. Le financement des projets
de Tügva par Bruxelles n’a pas été remis en cause. En décembre 2025
encore, un programme d’échange avec le Corps européen de solidarité a
financé le séjour de six semaines à Istanbul de jeunes venus de toute
l’Europe, ainsi que leur formation.
Fonds européens
Tügva n’est pas la seule fondation à relayer la vision et les projets
d’Erdogan. Türgev, Seta, l’IHH, Önder, mais aussi Kadem, Ensar, Nur,
sont autant d’organisations islamistes, parfois liées à des confréries
religieuses, qui prospèrent grâce au soutien de l’AKP et qui reçoivent
des fonds européens pour leurs projets internationaux, souligne Metin
Cihan. Tügva gère en Turquie plus de 400 branches et des dizaines de
foyers étudiants. Certaines de ces entités possèdent même des camps
d’été sur le sol européen, notamment en France.
En Turquie, ces structures ont totalement phagocyté les milieux
humanitaires et capté une partie des circuits de financement. En 2021,
Metin Cihan avait aussi mis en évidence le rôle joué par ces ONG pour
placer leurs membres au cœur de l’appareil d’État. Selon les documents
cités par le journaliste dans son enquête, une recommandation de Tügva
serait plus précieuse qu’un diplôme pour intégrer l’administration de
la défense, de l’éducation ou de la justice. Ces fondations servent de
relais politiques, distribuent des subsides et des emplois,
récompensent les loyautés… Elles jouent le rôle de caisse noire pour le
pouvoir et son premier cercle.
Une affaire de famille
C’est aussi la fonction de la fondation Türgev (Türkiye gençlik ve
egitim vakfi, fondation pour la jeunesse et l’éducation de Turquie),
qui vient de célébrer ses 30 ans, fin juin, à Istanbul, en présence du
président Erdogan et de son épouse, Emine. Dans son discours, le leader
turc a affirmé que « les fondations qui soutiennent la société et la
famille sont ciblées par certains cercles. Ces mêmes cercles œuvrent à
injecter dans l’esprit des jeunes des déviances comme les LGBT,
incompatibles avec la nature humaine, et ce genre d’idées et
d’idéologies ». Dirigée de 2018 à 2024 par Fatmanur Altun, la femme de
l’ancien directeur de la communication présidentielle, Fahrettin Altun,
la fondation Türgev est désormais menée par une avocate, chercheuse et
militante associative, Hatice Yilmaz, qui a longtemps défendu les
droits des étudiantes voilées à l’université. Bilal Erdogan est l’un de
ses fondateurs, mais il est désormais impliqué dans l’organisation
sœur, Ilim Yayma Vakfi.
Quant à la fille aînée de Recep Tayyip Erdogan, Esra Albayrak, elle est
membre de son conseil d’administration. Cette dernière est mariée à
Berat Albayrak, ancien ministre de l’Énergie puis des Finances (entre
2015 et 2020), et occupe discrètement des fonctions stratégiques au
sein de plusieurs de ces fondations caritatives. Elle est ainsi membre
du conseil d’administration de Turken, une entité créée aux États-Unis
pour accompagner les étudiants turcs, qui brasse plus de 100 millions
de dollars.
Elle est par ailleurs l’une des fondatrices de la fondation Turkuvaz,
créée en 2024 pour soutenir des projets éducatifs, sociaux et
culturels. Elle siège également au conseil d’administration du
Croissant-Vert, qui lutte contre les addictions à l’alcool et à la
drogue. Elle soutient aussi Kadem, une fondation pour « les femmes et
la démocratie » dirigée par sa sœur, Sümeyye Erdogan Bayraktar.
Elle dirige enfin la fondation NUN, qui gère des écoles, et supervise
des événements internationaux comme le Forum mondial de la
décolonisation, dont une assemblée générale a été organisée à Istanbul
en mai dernier. Elle y a déclaré souhaiter que le monde s’enrichisse de
« nouveaux centres » et de « la sagesse produite à Istanbul,
Addis-Abeba, Jakarta, Rabat, Le Caire et Gaza ».
Syrie:
un pasteur kurde évangélique relâché
Un pasteur kurde évangélique qui avait été arrêté en Syrie après des
commentaires sur les réseaux sociaux a été relâché après deux semaines
de détention, a indiqué mardi un responsable religieux.
"Le pasteur Nihad Hassan a été libéré hier soir", a déclaré ce
responsable de l'Eglise kurde au Liban, qui a souhaité garder
l'anonymat.
Il "va retourner au Liban", où il réside habituellement, "car rester en
Syrie est dangereux pour lui et sa famille", a ajouté cette source.
Fin juillet, l'Eglise kurde du Liban avait fait état de son arrestation
"en lien avec des publications sur les réseaux sociaux".
Un responsable local avait précisé qu'il avait été arrêté dans la
région majoritairement kurde d'Afrine, dans le nord du pays, "à la
suite de publications sur Facebook incitant à la haine religieuse".
Sur un compte portant son nom, un message semble être directement
dirigé contre les musulmans.
Selon un responsable de l'Eglise kurde, M. Hassan, qui s'est converti
au christianisme en 2008, avait été arrêté le 19 juillet. Il se rendait
fréquemment dans le nord de la Syrie mais avait l'intention cette fois
de s'y établir, a-t-il indiqué.
Les autorités islamistes syriennes, qui ont pris le pouvoir en décembre
2024, se sont engagés à protéger les minorités mais le pays a été le
théâtre de massacres d'alaouites en mars 2025 et d'affrontements
sanglants avec des combattants druzes il y a un an. Et en
juin 2025,
un attentat avait eu lieu contre une église de Damas, faisant 25 morts.
(AFP, 4 août 2026)
Socio-économique
/ Socio-economic
80
mineurs arrêtés devant le ministère de l'Energie
Plus de 80 mineurs turcs, réclamant des impayés, ont été interpellés
mardi à Ankara devant les grilles du ministère de l'Energie, a annoncé
leur syndicat.
"Plus de 80 mineurs ont été arrêtés", a indiqué sur le réseau social X
le syndicat indépendant des mineurs, qui avait appelé les employés de
deux mines de charbon et d'argent du centre et de l'est du pays à
protester dans la capitale turque.
"Pas de pain, pas de paix!", avait écrit plus tôt mardi le syndicat, en
appelant les responsables du ministère de l'Énergie à "trouver une
solution".
En avril, une centaine de mineurs de l'une de ces deux mines avaient
mené une grève de la faim de neuf jours à Ankara pour exiger le
versement d'impayés par leur employeur.
Cent-dix d'entre eux avaient été arrêtés et placés en garde à vue
quatorze heures durant, après avoir demandé à être reçus au ministère
de l'Energie.
La grève avait été levée à la suite de l'annonce d'un accord avec leur
employeur. Mais les mineurs, qui disent avoir perçu leurs arriérés de
salaires et/ou indemnités de licenciement, réclament toujours le
versement d'une compensation pour un congé forcé long de plusieurs mois.
Sollicité mardi par l'AFP, le ministère turc de l'Energie n'avait pas
répondu dans l'immédiat. (AFP, 13 août 2026)
Plus
de 100 passagers évacués d'un bateau pour enfants en
flammes
Plus de cent passagers d'un bateau proposant des excursions pour
enfants au large des côtes du sud-ouest de la Turquie ont été évacués
jeudi après qu'un important incendie s'est déclaré à son bord, ont
annoncé les autorités maritimes locales.
Onze passagers légèrement intoxiqués par la fumée, qui avaient été
conduits vers un hôpital de la région, "ont été autorisés à sortir" de
cet établissement en fin de journée, a déclaré la Direction des
affaires maritimes.
Un total de 115 personnes, dont de nombreuses familles et des
animateurs, se trouvaient à bord du "Toys Boat", une embarcation longue
de 32 mètres équipée de jeux pour enfants, lorsque les flammes se sont
propagées.
Ces 115 personnes, parmi lesquelles 103 passagers, "ont été évacuées
vers le rivage", avait dit plus tôt sur X la Direction des affaires
maritimes, diffusant plusieurs images sur lesquelles on peut voir des
enfants aux côtés de leurs parents.
Contactés par l'AFP, les garde-côtes turcs ont affirmé avoir évacué 107
personnes, sans pouvoir préciser le nombre des enfants figurant parmi
elles.
Ce navire de tourisme, en grande partie détruit dans l'incendie, se
trouvait à proximité d'une crique au nord de la station balnéaire de
Fethiye, très prisée des touristes britanniques.
"Nous tenons à informer le public que nos clients et nos employés sont
en sécurité", a écrit l'entreprise exploitant le bateau dans un
communiqué sur Facebook. (AFP, 13 août 2026)
Près d'un million d'euros découvert chez le chef des
ultras de Galatasaray
Plus de 840.000 euros en liquide ainsi que de l'or, des bijoux et
d'autres devises d'une valeur de plus de 300.000 euros ont été saisis
au domicile du meneur des ultrAslan, principal groupe de supporters de
Galatasaray, ont rapporté lundi les médias turcs.
La police turque a également découvert, au cours d'une perquisition
pendant plus de huit heures, un pistolet, des munitions et quatre
gilets pare-balles, selon les agences de presse DHA et IHA.
Sebahattin Sirin, interpellé dimanche, est notamment accusé de vente de
billets au marché noir, "troubles à l'ordre public" à l'intérieur
d'enceintes sportives et diffusion publique de fausses informations.
Le chef des ultras de Galatasaray avait accusé la veille sur X le
ministre turc de la Justice, Akin Gürlek, de faire partie d'un "groupe
au sein de l'État qui souhaite faire de Fenerbahçe le champion cette
saison".
Ni le ministre ni le club de Fenerbahce, grand rival stambouliote de
Galatasaray, n'ont réagi publiquement à cette accusation.
Le parquet d'Istanbul n'a pas précisé si l'arrestation de Sebahattin
Sirin était liée à une plainte déposée en 2024 par le président de
Galatasaray, quadruple champion de Turquie en titre, pour des
allégations de vente de billets au marché noir. (AFP, 10 août 2026)
Men
killed 28 women in July
According to news reports compiled by bianet from local and national
newspapers, news websites, and news agencies, men killed at least 28
women and one child in July. Men also killed at least five men who were
with the women.
In July, men injured at least 54 women, abused at least 11 girls and
boys, and harassed 13 women. Men forced 64 women into sex work.
Men killed 170 women in the first seven months of 2026.
The deaths of at least 39 women and eight children in July were
suspicious cases where it could not be definitively determined whether
they were gender-based.
Suspicious deaths of women reported in the media in July
Antalya (3), Aydın (3), Batman (1), Bilecik (1), Burdur (2), Bursa (1),
Eskişehir (2), Hakkari (1), Isparta (2), İstanbul (4), Kastamonu (1),
Kütahya (1), Malatya (2), Manisa (2), Mardin (1), Mersin (1), Ordu (1),
Osmaniye (1), Sakarya (1), Samsun (2), Sinop (1), Urfa (1), Uşak (1),
Zonguldak (2).
Suspicious deaths of children reported in the media in July
Antep (1), Maraş (1), Mardin (2), Tokat (1), Urfa (1), Van (2).
2026–2024: Male violence
In the first six months of 2026, men killed 170 women, harassed 111
women, abused 147 children, committed acts of violence against 324
women, and raped four women. Men forced at least 776 women into sex
work. While the deaths of 306 women were reported in the press as
“suspicious,” men killed at least 15 children.
In the first seven months of 2025, men killed 177 women, harassed 127
women, abused 148 children, committed acts of violence against 414
women, and raped four women. Men forced at least 764 women into sex
work. While the deaths of 264 women were reported in the media as
“suspicious,” men killed at least 35 children.
In the first seven months of 2024, men killed 218 women, harassed 45
women, abused 91 children, committed acts of violence against 335
women, and raped eight women. Men forced at least 230 women into sex
work. While the deaths of 177 women were reported in the media as
“suspicious,” men killed at least 25 children. (BIA, August 6, 2026)
La
lutte contre les incendies se poursuit pour le
troisième jour
Une lutte intensive contre les incendies de forêts attisés par le vent
se poursuivait vendredi en Turquie, dans les régions touristiques du
sud et de l'ouest du pays, alors qu'une partie des feux a été largement
maîrisée.
"Depuis le (mercredi) 29 juillet, 218 incendies ont nécessité une
intervention, dont 138 hors forêt. 213 ont été totalement maîtrisés.
Cinq incendies sont toujours en cours à Balikesir-Gomec, Antalya-Alanya
et Mersin-Gulnar, où ils sont en grande partie maîtrisés. Hormis
quelques reprises de feu sans gravité, la situation semble stable dans
ces zones", a affirmé vendredi le ministre turc de l'Agriculture et des
Forêts Ibrahim Yumakli.
"Un incendie s'est déclaré hier après-midi à Cine, dans la province
d'Aydin (ouest, ndlr) attisé par des vents violents. Un autre feu a
commencé aujourd'hui à Susurluk, dans le district de Balikesir (ouest,
ndlr), et il continue de progresser avec des vents dépassant les 50
km/h. Nos collègues sont intervenus, mais le vent représente un
obstacle important", a-t-il ajouté.
Le risque de vents violents devrait persister la semaine prochaine, a
précisé le ministre.
A Cine, dans le province d'Aydin, le feu s'est propagé à une grande
vitesse vendredi après-midi, vers les zones habitées, notamment le
village de Dutluoluk qui avait été évacué par précaution jeudi, a
rapporté la chaîne privée turque NTV.
Les habitants ont tenté de stopper la propagation du feu en jetant de
la terre et de l'eau qu'ils ont transporté par les tracteurs, mais en
vain, a précisé la chaîne.
"Nous sommes réduits en cendres. Il ne nous reste plus rien. Mon chien
est parti. Je prenais soin de lui comme un agneau. Il me manque
tellement. Il était plus précieux que ma propre vie, il était tout pour
moi", a raconté en larmes une habitante de Cine à l'agence privée
turque DHA Arzu.
D'autres ont évoqué des vergers et des oliveraies dévastés.
"Tout ce que nous possédions est parti en fumée. Nous avons emmené nos
animaux en amont, si nous étions restés ici, nous aurions péri nous
aussi dans les flammes", a affirmé une autre habitante, Raziye Askin.
Le ministre de l'Environnement, Murat Kurum, a indiqué que 65 bâtiments
avaient été "gravement endommagés ou détruits" par les incendies,
presque tous situés dans les régions méridionales d'Antalya et de Mugla.
Selon les médias, l'incendie de Mugla a ravagé 5.000 hectares de forêt.
La Turquie, qui avait connu des feux de forêt précoces en 2025 en
raison de la sécheresse, avait été largement épargnée jusqu'à présent
grâce aux fortes pluies hivernales et aux chutes de neige qui ont
reconstitué les nappes phréatiques et protégé la végétation.
Les autorités ont également fermé l'accès aux forêts dans les zones les
plus vulnérables au début de l'été.
Selon le site web du Système européen d'information sur les feux de
forêt (EFFIS), 64 incendies ont ravagé 22.587 hectares (55 800 acres)
de terres en Turquie cette année. (AFP, 31 juil 2026)
Lutte intensive contre le feu autour d'Antalya et sur
la côte sud
Une lutte intensive contre les feux de forêts se poursuit jeudi en
Turquie dans les régions touristiques d'Antalya (sud) et des
Dardanelles (ouest), rapportent les autorités.
"Nous intervenons de manière intensive avec nos forces aériennes et
terrestres contre les incendies de forêt en cours", déclenchés mercredi
sous l'effet de vents violents, affirme l'Office des forêts (OGM).
L'office cite en particulier l'axe "Antalya/Alanya" et "Mugla/Fethiye",
où se succèdent les stations balnéaires le long de la "côte Turquoise",
en bordure de Méditerranée.
"Notre lutte pour protéger la patrie verte se poursuit à travers tout
le pays" clame l'OGM sur X.
Le ministre de l'Agriculture chargé des forêts, Ibrahim Yumakli, se
montre plus rassurant en affirmant sur son compte X que les quatre
incendies principaux dans les régions de Mugla (sud-ouest), Antalya et
Kas (sud), Balikesir et Canakkale dans les Dardanelles (ouest) "sont en
grande partie sous contrôle".
Le ministre ne précise pas combien d'hectares ont été touchés.
D'autres foyers plus mineurs sont eux "totalement sous contrôle"
affirme-t-il également, là encore sans donner de bilan.
Selon le président Recep Tayyip Erdogan, "90 foyers" d'incendie ont été
enregistrés durant la seule journée de mercredi en Turquie, dont les
deux tiers (59) en zone non forestière.
La Turquie, qui avait connu des feux précoces en 2025 en raison de la
sécheresse, avait été épargnée jusqu'à présent grâce aux pluies et
chutes de neige abondantes de l'hiver qui ont renfloué les nappes
phréatiques et protégé la végétation. (AFP, 30 juil 2026)
Poverty threshold remains over four minimum wages
The poverty threshold for a family of four rose to 120,325 liras in
July, more than four times the minimum wage in Turkey, according to the
Confederation of Turkish Trade Unions' (Türk-İş) monthly report (1 US
dollar = 47.4 Turkish liras).
The poverty threshold is calculated based on the monthly food, housing,
clothing, transportation, education and health expenses of a family of
four living in Ankara.
The hunger threshold, which includes expenses for a healthy and
balanced diet for a four-person family, was calculated at 36,940 liras.
This figure was 8,865 liras above the minimum wage of 28,075 liras.
The estimated monthly cost of living for a single person in Ankara rose
to 47,758 liras.
All three indices rose by over 20% since the start of the year,
according to Türk-İş figures.
The gap between the hunger threshold and the minimum wage more than
doubled since January, rising from 3,149 to 8,865 liras.
'Wages are insufficient for basic needs'
Türk-İş said wages and pensions needed to be protected against rising
living costs:
"While the current minimum wage is insufficient to meet basic needs,
workers with fixed incomes are able to purchase fewer goods and
services each month with the same income because wage increases have
failed to keep pace with the rising cost of living.
"The fact that the minimum wage was not raised in the second half of
the year has further eroded the purchasing power of millions of
workers."
The confederation opposed regional minimum wage proposals, which have
recentlybeed publicly discussed, citing the current situation of
minimum wage earners:
"Rather than debates over regional variations in the minimum wage, the
top priority should be ensuring that workers can earn a living wage
that allows them and their families to lead a dignified life."
It added that pensions also remain inadequate in the face of sharp cost
increases and the current work to increase them will not be sufficient
either:
"Expectations of increases in pension payments and the regulatory
measures reported in the media will not, on their own, be sufficient to
resolve the livelihood challenges faced by retirees. In the face of
sharp cost increases in basic expenditure categories—particularly food,
housing, transportation, and healthcare—pension payments continue to
fall short." (BIA, 30 July 2026)
Plusieurs incendies attisés par le vent dans les
zones touristiques
La Turquie luttait mercredi soir contre plusieurs incendies de forêt
attisés par des vents violents en particulier dans les régions
touristiques du sud et de l'ouest du pays, nécessitant d'importants
moyens, selon les autorités.
Selon le président Recep Tayyip Erdogan, "90 foyers" d'incendie ont
éclaté pour la seule journée de mercredi en Turquie, dont les deux
tiers (59) en zone non forestière, et la grande majorité (81) étaient
"désormais maitrisés".
Les efforts qui mobilisent plus de 3.000 personnes "se poursuivent pour
contenir les feux restants à Mugla, Balikesir, Antalya et Çanakkale",
principales zones touristiques situées dans le sud et l'ouest du pays,
a-t-il ajouté.
Un foyer en particulier dans la province de Mugla (sud-ouest)
continuait de mobiliser cinq avions et dix-huit hélicoptères, plus de
90 camions de pompier et engins de chantier ainsi que des centaines
d'hommes, selon le ministère de l'Agriculture et des forets.
Les images disponibles montrent des montagnes et des routes noyées de
fumée et un ciel jauni dans lequel s'activent les avions de lutte
contre le feu.
En début de soirée, le ministère de l'agriculture et l'office de
gestion des forêts (OGM) affirmaient avoir "réduit l'intensité" des
foyers. "Mais les interventions de nos équipes aériennes et terrestres
se poursuivent sans relâche", ajoutaient-ils.
C'était notamment le cas pour les incendies survenus le long de la côte
sud, entre Antalya et Kas, lieux de villégiature estivale ainsi que
dans l'ouest autour des Dardanelles, et de Balikeshir près du littoral
égéen.
Dans l'après-midi les médias avaient signalé la fermeture de
l'autoroute qui relie la ville touristique d'Antalya à la station
balnéaire de Fethiye, sur la côte sud, en raison des fumées.
La chaine de télévision privée NTV a également rapporté que l'accès au
site antique d'Olympos avait dû être fermé.
Les causes de ces incendies ne sont pas connues alors que la Turquie a
fermé préventivement en début d'été l'accès aux forêts les plus
menacées.
Dans la région de Mugla (sud-ouest), le feu s'est déclaré dans une zone
agricole avant de se propager à la forêt, a précisé la préfecture de
Mugla qui ajoute que 202 personnes ont été évacuées ainsi que les
patients d'un hôpital local.
Au total, une vingtaine d'avions, 58 hélicoptères, 420 camions de
pompiers, près de 200 camions-citernes et engins lourds et près d'un
millier de camions ont été mobilisés, a détaillé le chef de l'état.
Les premières critiques se sont fait jour sur les réseaux sociaux alors
que la Turquie a récemment envoyé deux avions Air Tractor de lutte
contre les incendies à l'Espagne et deux autres à la France, deux pays
confrontés à des mégafeux de forêt en raison de la sécheresse et des
fortes chaleurs.
La Turquie en revanche, qui avait connu des feux précoces en 2025,
avait été épargnée jusqu'à présent grâce aux pluies et chutes de neige
abondantes de l'hiver qui ont renfloué les nappes phréatiques et
protégé la végétation. (AFP, 29 juil 2026)
Surtaxes sur les véhicules électriques : l'OMC
donne raison à la Chine face à la Turquie
L'Organisation mondiale du commerce a donné raison à la Chine dans son
différend avec la Turquie concernant des droits de douane additionnels
sur les importations de véhicules électriques chinois, selon un rapport
publié mardi.
Pékin avait porté plainte en octobre 2024 contre la Turquie auprès de
l'OMC pour dénoncer l'imposition de droits de douane supplémentaires de
40% sur les véhicules électriques importés de Chine.
L'Organe de règlement des différends (ORD) de l'OMC a estimé dans son
rapport que "les droits additionnels sur les véhicules électriques et
sur les véhicules hybrides" imposés par la Turquie "sont incompatibles"
avec divers articles de l'Accord général sur les tarifs douaniers et le
commerce (GATT) de 1994.
"Nous recommandons que la Turquie rende ses mesures conformes à ses
obligations au titre du GATT de 1994", indique le groupe d'experts de
l'ORD dans ses conclusions.
L'ORD a notamment fait valoir que les surtaxes étaient "étaient
incompatibles avec l'article I:1 du GATT de 1994, dans la mesure où les
véhicules en provenance des partenaires de la Turquie au titre
d'accords commerciaux régionaux (ACR) étaient exonérés de ces droits",
a expliqué l'OMC.
Les parties peuvent faire appel. Toutefois, l'organe d'appel est
paralysé depuis fin 2019, les Etats-Unis bloquant la nomination de ses
juges. Washington leur reproche d'outrepasser leurs prérogatives, de
restreindre abusivement sa souveraineté commerciale et d'empiéter sur
des questions de sécurité nationale.
En réponse à ce blocage, plusieurs membres de l'OMC ont créé un
mécanisme provisoire d'appel (MPIA en anglais). La Chine y a adhéré,
mais pas la Turquie. (AFP, 28 juil 2026)
Relations
turco-européennes / Turkey-Europe Relations
L'ONU
dénonce le durcissement des peines pour les
mineurs
Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme a dénoncé jeudi les
récentes modifications législatives adoptées par le Parlement turc qui
pourraient conduire à condamner des mineurs à de longues peines de
prison.
Les amendements à la loi sur la protection de l'enfance, adoptés le 8
août, prévoient également de placer les mineurs dans des établissements
fermés, leur transfert vers une structure éducative étant ensuite
soumis à une évaluation, a détaillé le Haut-Commissariat dans un
communiqué, soulignant que "cela rompt avec la pratique actuelle" qui
prévoit qu'ils soient pris en charge "dans des établissements axés sur
la réinsertion et l'éducation".
"Si certaines propositions peuvent être positives - telles que celles
visant à assurer une meilleure coordination entre les services de
protection de l'enfance et les services éducatifs, et à empêcher les
enfants d'avoir accès à des armes à feu -, d'autres soulèvent de graves
préoccupations en matière de droits de l'homme", a déclaré le
Haut-Commissaire, Volker Türk, cité dans le communiqué.
La nouvelle législation prévoit notamment un durcissement des
peines
d'emprisonnement infligées aux mineurs délinquants âgés de 12 à 18 ans.
La loi parle des "crimes passibles d'une peine à perpétuité" et définit
les limites de peine dans ce cas précis pour les mineurs (10 à 18 ans
de prison en fonction des crimes pour les mineurs âgés de 12-15 ans, 15
à 27 ans de prison en fonction des crimes pour les mineurs âgés de
15-17 ans).
Le Haut-Commissaire juge "essentiel que la loi soit modifiée pour
garantir que toutes ses dispositions soient pleinement conformes aux
obligations de la Turquie en matière de droit international relatifs
aux droits de l'homme, y compris en ce qui concerne les droits de
l'enfant". (AFP, 13 août 2026)
Turquie-USA-OTAN
/
Turkey-USA-NATO
Relations
régionales / Regional Relations
Syrie: le retour de déplacés kurdes syriens suspendu
après des attaques
Plusieurs centaines de Kurdes de Syrie, déplacés pendant des années,
ont commencé lundi à rentrer chez eux dans la région de Ras al-Aïn dans
le nord-est du pays, mais la suite prévue de ces retours a été
suspendue après des attaques de groupes armés, a indiqué un responsable
local.
Un accord signé en janvier entre les Kurdes syriens et le pouvoir
central pour l'intégration dans l'Etat des institutions de
l'administration autonome, prévoit le retour des Kurdes déplacés
pendant la guerre civile en Syrie (2011-2024).
Selon Jawan Isso, membre d'un comité représentant les déplacés de Ras
al-Aïn, un premier groupe de 2.500 déplacés avait pris la route pour
rentrer, mais a subi une attaque "délibérée et préméditée" de "groupes
armés", qui a fait plusieurs blessés.
Plusieurs des auteurs présumés de ces attaques ont été arrêtées, mais
les retours "ont été temporairement suspendus par mesure de précaution
afin de garantir la sécurité des habitants", a ensuite annoncé Mahmoud
Khalil Ali, adjoint au chef des forces de sécurité dans la province de
Hassaké, dont fait partie Ras al-Aïn.
"Ces trajets reprendront dès que la situation se sera stabilisée et une
protection complète assurée pour les personnes de retour", a-t-il
ajouté.
Selon M. Isso, un deuxième groupe de déplacés devait suivre "dans les
tout prochains jours", alors que quelques 100.000 personnes au total
veulent rentrer.
Des dizaines de milliers de Kurdes ont été forcés de fuir la région,
située dans le nord-est syrien, en 2019, face à une offensive des
forces turques et leurs supplétifs syriens, qui ont alors pris le
contrôle d'une bande territoriale de 120 km, le long de la frontière
avec la Turquie.
- "Comme un rêve" -
L'attaque a déclenché une protestation à Qamichli, ville voisine à
majorité kurde, où des manifestants en colère ont tenté de pénétrer
dans les locaux des forces de sécurité, avant d'être repoussés par des
officiers syriens, a rapporté un journaliste de l'AFP.
À Kobané, une ville du nord à majorité kurde, la télévision d'Etat
syrienne a rapporté que des habitants avaient pris pour cible des
bâtiments officiels et décroché le drapeau syrien devant le quartier
général des forces de sécurité locales.
"Nous condamnons l'agression dont ont été victimes les familles kurdes
pendant leur retour", a écrit sur X Mazloum Abdi, le commandant des
Forces démocratiques syriennes, organisation kurde signataire de
l'accord de janvier.
Il a appelé le peuple kurde "à faire preuve de retenue, à ne pas se
laisser entraîner dans des actes irresponsables", assurant être en lien
avec les autorités pour "garantir la protection des civils déplacés
rentrant chez eux".
Plus tôt dans la journée, un journaliste de l'AFP a vu des dizaines de
camions aux abords de la ville de Hassaké, chargés de meubles et
d'affaires, et des familles prêtes à prendre la route.
"J'attendais ce moment. (...) C'est comme un rêve, de retourner chez
soi. Je suis heureuse que cette souffrance prenne fin", a confié à
l'AFP Noura Khoder, 37 ans, depuis cette ville où elle a trouvé refuge
ces dernières années.
Selon des témoignages de résidents et d'organisations de défense des
droits humains, des maisons et biens ont été pillés, volés et
endommagés à Ras al-Aïn.
Après l'offensive de 2019, certains combattants s'étaient installés
dans la zone, autrefois multiethnique, et certains y habitent encore.
Raouda Mohammed, 39 ans, a appris que sa maison était "complètement
détruite". Mais "nous n'allons pas nous laisser gagner par le
pessimisme, car nous sommes heureux de revenir, (...) nous verrons ce
que nous pouvons faire", dit cette femme de 39 ans.
Au total, quelques 5 millions et demi de personnes restent déplacées en
Syrie, selon les Nations unies. (AFP, 11 août 2026)
Arabie saoudite, Pakistan et Turquie scellent un
pacte de défense en pleine guerre au Moyen-Orient
L'Arabie saoudite, le Pakistan et la Turquie ont conclu vendredi un
pacte de défense liant les trois pays dans un contexte marqué par des
attaques contre le royaume saoudien et la guerre au Moyen-Orient.
Le pays du Golfe, où a été signé l'accord, entend renforcer ses
alliances sécuritaires alors qu'il a été ciblé par l'Iran en
représailles aux bombardements américains et qu'il fait face à une
reprise des hostilités avec les rebelles yéménites houthis.
L'annonce
de ces trois alliés de Washington envoie un message à Téhéran mais
aussi aux Etats-Unis, perçus comme un partenaire de moins en moins
fiable, selon des experts.
"L'accord vise à renforcer la dissuasion collective contre tout acte
d'agression et stipule que toute attaque armée contre l'un des trois
Etats sera considérée comme une attaque contre eux tous", a précisé le
ministère pakistanais des Affaires étrangères, la Turquie y voyant une
"contribution importante à la préservation de la paix" dans la région.
Il a été signé à La Mecque par le prince héritier saoudien Mohammed ben
Salmane, le président turc Recep Tayyip Erdogan et le Premier ministre
pakistanais Shehbaz Sharif.
"La question était en discussion depuis longtemps, mais les récents
développements dans la région en ont accéléré le rythme", a indiqué à
l'AFP une source proche de l'armée saoudienne, sous couvert d'anonymat,
alors qu'en début d'année, la participation de la Turquie semblait
encore écartée selon Ryad.
Les trois pays musulmans sunnites ont en commun de participer aux
efforts de règlement du conflit entre l'Iran et les Etats-Unis, qui a
embrasé la région et ébranlé l'économie mondiale.
- Se détacher de Washington -
L'Arabie saoudite et le Pakistan sont en outre déjà liés par un accord
de défense mutuelle conclu en septembre 2025, fruit d'une longue
tradition de coopération militaire. Son annonce avait
suscité de
nombreuses interrogations, Islamabad possédant la bombe
atomique.
Vendredi, Ryad a nié tout lien avec "des ambitions nucléaires" et
assuré, comme Ankara, que ce pacte ne visait aucun pays de la région.
"Cet accord est l'un des signes les plus clairs à ce jour que le
Moyen-Orient s'éloigne d'un ordre sécuritaire organisé exclusivement
par les Etats-Unis", commente pour l'AFP Andreas Krieg, expert en
sécurité au King's College de Londres.
Selon l'analyste, cette annonce soutient les ambitions saoudiennes de
devenir le parrain de la sécurité régionale et de diversifier sa
défense. Pour la Turquie - qui assure que l'accord n'est "pas en
contradiction" avec ses engagements vis-à-vis de l'Otan - et le
Pakistan, il s'agit de gagner en influence et d'attirer des
investissements saoudiens.
Ce rapprochement "est clairement orienté contre l'Iran", relève Oumar
Karim, spécialiste de l'Arabie saoudite à l'université de
Birmingham.
Pour lui, l'alliance "vise à répondre à la nouvelle approche
stratégique" de Téhéran, "qui entend dominer l'ensemble de la région du
Golfe et contrôler le trafic maritime dans les voies navigables
stratégiques, qu'il s'agisse du détroit d'Ormuz ou du détroit de Bab
el-Mandeb".
- L'enjeu d'Ormuz -
Pour l'Arabie saoudite, premier exportateur de brut au monde,
l'ouverture des passages maritimes est essentielle.
La mer Rouge et le détroit de Bab el-Mandeb étaient devenus des voies
de substitution alors que l'Iran verrouille de nouveau le détroit
d'Ormuz depuis la reprise des affrontements avec les Etats-Unis en
juillet.
Mais les Houthis yéménites, soutenus par l'Iran, ont récemment imposé
un blocus aux navires saoudiens et menacent aussi la navigation à Bab
el-Mandeb, de l'autre côté de la péninsule arabique.
L'entente entre Ryad, Islamabad et Ankara intervient au moment où des
progrès semblent se dessiner concernant Ormuz: Téhéran a assuré s'être
accordé avec le sultanat d'Oman, autre pays riverain, sur un nouvel
itinéraire de transit des navires. Mais toute réouverture
dépendra de
Washington, qui a de son côté imposé un blocus des ports iraniens, ont
prévenu les autorités iraniennes.
Outre le front maritime, l'Arabie saoudite a été ciblée sur son
territoire par les Houthis, qui ont visé ces dernières semaines des
infrastructures pétrolières. La coalition menée par Ryad,
alliée du
gouvernement du Yémen depuis 2015, a aussi accusé vendredi les rebelles
d'avoir mené des bombardements dans la région frontalière de Najran,
qui ont fait 11 blessés civils, une attaque sans précédent dans le
royaume depuis la trêve de 2022 entre les deux camps. (AFP, 7 août 2026)
La
Turquie dénonce des attaques contre deux
navires civils turcs en mer Noire
La Turquie a dénoncé mardi des attaques de drone survenues lundi en mer
Noire contre deux navires appartenant à des armateurs turcs, faisant
des blessés parmi l'équipage.
"Les navires civils appartenant à des armateurs turcs Yasar et Nadezhda
ont été attaqués par des drones après leur départ du port de
Novorossisk hier soir (lundi soir, NDLR), et certaines personnes de
l'équipage, dont nos ressortissants, ont été blessées. La sécurité de
nos citoyens est notre priorité absolue et leur situation est suivie de
près", a affirmé le ministère turc des Affaires étrangères dans un
communiqué.
"Nous sommes profondément préoccupés par l'escalade du conflit entre la
Russie et l'Ukraine en mer Noire, qui affecte la navigation civile
malgré nos nombreux avertissements. Si des mesures préventives ne sont
pas prises, cette escalade aura de multiples répercussions négatives,
notamment sur la sécurité alimentaire", a ajouté le ministère, appelant
les parties à "mettre en oeuvre d'urgence des mesures concrètes pour
garantir la sécurité de la navigation en mer Noire".
Selon le site de surveillance Marine Traffic, les deux navires Yasar et
Nadezhda arborent respectivement les pavillons panaméen et camerounais.
La Russie et l'Ukraine multiplient les frappes sur des navires cargo,
notamment en mer Noire, depuis plusieurs semaines.
Un navire de pêche turc avait aussi été attaqué fin juin en mer Noire
près des côtes de la Crimée, faisant un mort et quatre blessés.
Fin mai, la Turquie avait mis en garde contre une "escalade
incontrôlée" dans la région de la mer Noire après une attaque de drone
contre un cargo turc. La marine ukrainienne a affirmé qu'un drone russe
avait attaqué le navire. (AFP, 4 août 2026)
La
Turquie sanctionne le site Temu pour "entrave
à une inspection"
L'Autorité turque de la concurrence a sanctionné le site de commerce en
ligne chinois Temu pour "entrave à une inspection" et
"non-communication d'informations" à temps, dans le cadre d'une enquête
sur ses prix, a annoncé mercredi la plateforme.
Dans une décision que l'AFP a pu consulter, l'Autorité a en revanche
décidé de rejeter une plainte accusant Temu de violation des règles de
concurrence et de ne pas ouvrir d'enquête, estimant "sa part de marché
relativement faible".
Temu se situe "en cinquième position après ses principaux concurrents"
en Turquie fait-elle valoir et, par conséquent, ses pratiques "ne
devraient pas engendrer de problème de concurrence".
Dans son communiqué, la plateforme "prend acte de la décision de
l'Autorité turque de la concurrence de ne pas ouvrir d'enquête formelle
sur les pratiques tarifaires de Temu et de classer officiellement
l'affaire".
Mais elle ajoute : "Nous prenons également acte de l'amende de 3,696
millions de livres turques (environ 68.600 euros) infligée par
l'Autorité pour entrave à une inspection et non-communication des
informations demandées dans les délais impartis" - concernant
l'élaboration de ses prix.
Temu se voit également sanctionnée dans deux autres décisions
distinctes pour avoir refusé aux inspecteurs de l'Autorité l'accès de
son bureau d'Istanbul et pour n'avoir pas fourni à temps des
informations concernant ses chiffres d'affaires.
Le 21 janvier, le porte-parole de Temu avait annoncé que ses bureaux en
Turquie avaient fait l'objet d'une perquisition par l'Autorité de la
concurrence.
L'entreprise avait temporairement suspendu ses activités dans le pays
avant de les reprendre en février, en créant une société d'importation
basée en Turquie. (AFP, 29 juil 2026)
La
Turquie annonce un accord avec le géant
pétrolier BP en Irak
La Turquie a annoncé mardi un accord avec le géant pétrolier British
Petroleum (BP) en Irak pour l'exploitation d'hydrocarbures dans la
région de Kirkouk (nord), selon le ministre de l'Energie.
Cette annonce survient au soir de la visite à Ankara du Premier
ministre irakien, Ali al-Zaidi, qui a été reçu par le président Recep
Tayyip Erdogan.
Elle fait également suite à la fin programmée, le 22 juillet, de
l'accord historique de 1973 sur l'oléduc reliant les champs
pétrolifères de Kirkouk au port turc de Ceyhan sur la Méditerranée.
"Aux termes de l'accord de transfert d'actions signé aujourd'hui entre
Turkish Petroleum et BP, TPAO a acquis une participation de 15% dans BP
Energy Company of Kirkuk Limited (BPECKL), qui opère à Kirkouk", a
indiqué le ministre turc, Alparslan Bayraktar sur son compte X.
"Grâce à ce partenariat, TPAO s'implantera dans la région de Kirkouk,
l'une des plus importantes zones de production d'hydrocarbures d'Irak"
poursuit-il.
La société turque "travaillera aux côtés des partenaires de BPECKL pour
mettre en production les réserves potentielles estimées à 3 milliards
de barils".
"Cette étape constitue un élément clé de notre objectif de renforcer la
présence et l'efficacité de Turkish Petroleum sur la scène
internationale" poursuit le ministre.
En juillet 2025, la Turquie avait annoncé mettre fin à l'accord de 1973
sur l'oléoduc Kirkouk-Ceyhan qui a pris effectivement fin le 22 juillet.
Un accord transitoire doit continuer d'assurer à Bagdad un débouché
vital pour ses exportations tout en maintenant le rôle de la Turquie
comme corridor énergétique.
Le transit par cet oléoduc a été régulièrement perturbé depuis par une
série de différends d'ordre juridiques mais aussi financiers entre
Bagdad, le Gouvernement régional du Kurdistan irakien et la Turquie.
Lors d'un point de presse commun mardi soir avec M. Zaidi, arrivé au
pouvoir en avril et dont c'était la première visite officielle en
Turquie, M. Erdogan a salué le renforcement de la coopération entre les
deux pays notamment en matière de défense, d'énergie et de lutte contre
le terrorisme.
M. Zaidi est venu avec son ministre des Affaires étrangères Fouad
Hussein qui a rencontré son homologue turc, Hakan Fidan.
La Turquie partage quelque 350 km de frontière avec l'Irak, notamment
la région autonome du Kurdistan irakien (nord) dans laquelle les
combattants kurdes du PKK, le Parti des Travailleurs du Kurdistan
interdit) ont trouvé refuge.
Ankara a engagé fin 2024 un processus de paix avec le PKK qui a annoncé
sa dissolution en mai 2025, suivie en juillet 2025 d'un début de
désarmement.
Mais depuis, le processus semble en panne, suspendu aux travaux d'une
commission parlementaire turque transpartisane dont les conclusions se
font attendre. (AFP, 28 juil 2026)
Chypre
et la Grèce / Cyprus and Greece
Des Turcs s'offrent une escapade
européenne sur des îles grecques
Sur le port de l'île grecque de Samos, Ikra Altumsek, étudiante
d'Izmir, attend le ferry qui la ramènera sur la côte juste en face, en
Turquie, après son premier voyage à l'étranger.
"Samos était l'endroit idéal pour commencer!", se félicite cette jeune
Turque de 21 ans, originaire de la troisième ville du pays et venue
séjourner à Samos avec sa mère.
Pour le troisième été consécutif, de nombreux Turcs profitent d'une
procédure simplifiée pour l'obtention d'un visa de courte durée qui
leur permet de séjourner sur certaines îles grecques de la mer Egée.
Des bateaux battant pavillon turc assurent plusieurs fois par jour,
surtout en été, la liaison entre Samos et le port turc de Kusadasi, à
seulement 17 milles nautiques.
De nombreux restaurants affichent leur carte en turc devant l'entrée de
leur établissement tandis que familles turques avec enfants dans les
poussettes et jeunes se pressent sur le port.
"La nourriture est délicieuse. J'ai un fils de 17 ans qui ne cesse de
me demander : +Maman, quand est-ce qu'on va manger en Grèce?+",
s'enthousiasme Nevin Cagliguney, 51 ans.
Avec ses eaux turquoises, des criques tranquilles, des villages
traditionnels et des tavernes au bord de la mer, Samos présente tous
les atouts typiques des îles grecques prisées des touristes étrangers.
Habitée depuis l'Antiquité, elle est également l'île natale du
philosophe et mathématicien grec Pythagore.
- Visa à l'arrivée -
Connu en Turquie sous le nom de "Kapi vizesi" (visa de la porte), ce
visa est délivré aux Turcs à l'arrivée sur l'île et leur permet de
séjourner au maximum sept jours s'ils ne disposent pas d'un visa
Schengen.
Le programme, lancé en avril 2024 par la Grèce, pays membre de l'espace
Schengen, concernait 10 îles grecques avant d'être étendu à douze.
Parmi elles, les touristiques Rhodes et Kos.
Sa durée ne peut pas être prolongée et il ne permet pas de voyager vers
la Grèce continentale ou vers le reste de l'espace européen de libre
circulation.
"Obtenir un visa Schengen devient de plus en plus difficile pour les
Turcs mais ce système nous permet de visiter des îles grecques
facilement", explique Emirhan Gurses, étudiant de 21 ans originaire de
Manisa (ouest de la Turquie).
Selon la Banque de Grèce, près de 1,5 million de Turcs se sont rendus
en Grèce en 2025, contre 1,2 million en 2024.
D'après les agences de voyage turques, la plupart d'entre eux l'ont
fait via ce programme de visas.
Se rendre en Grèce est également devenu avantageux pour de nombreux
Turcs qui subissent une forte inflation, rendant les vacances dans leur
pays de plus en plus coûteuses.
Rivaux régionaux mais alliés au sein de l'Otan, la Grèce et la Turquie
entretiennent des relations souvent acrimonieuses en raison de conflits
territoriaux.
Mais le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a jugé ce programme
approuvé par la Commission européenne "particulièrement réussi".
Athènes et Ankara souhaitent d'ailleurs le voir prolongé en 2027.
"Des centaines de milliers d'amis turcs ont voyagé vers les îles
grecques rapprochant ainsi davantage nos peuples", s'est-il félicité en
février aux côtés du président turc Recep Tayyip Erdogan.
- 'Un soutien important' -
De nombreux Turcs qui déposent des demandes de visa Schengen sont
confrontés à de longs délais d'attente car la demande de voyages vers
l'Europe a dépassé les capacités de traitement dans de nombreux
consulats.
Pour le guide touristique Mikail Esabalioglu, résident grec de Samos et
originaire d'Istanbul, les Turcs représentent une manne financière de
plus en plus importante pour l'économie touristique de l'île.
Mais "les visiteurs doivent parfois attendre longtemps à l'arrivée pour
obtenir le visa" express, déplore-t-il.
Pour le chef d'entreprise Giannis Kagias, l'afflux de touristes turcs
fait "une grande différence" pour les revenus de l'île.
"Nos amis turcs nous apportent un soutien (financier) important",
martèle-t-il.
Cet afflux permet également un rapprochement de deux peuples qui ont
partagé des siècles d'Histoire, affirme Selim Zuberi, consultant de 38
ans originaire de Mersin (dans le sud de la Turquie).
"On découvre nos cultures respectives", lance-t-il.
"L'histoire a connu des conflits mais nous ne devrions pas porter ce
fardeau éternellement", estime-t-il. (AFP, 30 juil 2026)
Guterres
propose une relance des discussions à Chypre, Erdogan méfiant
Le secrétaire général de l'ONU a proposé mercredi à Chypre une réunion
des deux parties rivales avec les "garants" de l'équilibre
institutionnel de cette île divisée depuis 1974 afin de sortir de
l'impasse, s'attirant la méfiance d'Ankara.
Cette proposition a été favorablement accueillie par les deux
présidents rivaux de Chypre qui ont salué les efforts déployés par
Antonio Guterres.
La Turquie, marraine de la République turque de Chypre du Nord (RTCN)
autoproclamée sur un tiers du territoire chypriote, a en revanche
rapidement relevé que, pour l'instant, "aucun terrain d'entente"
n'existait "encore entre les deux parties sur l'île".
Dans la soirée, le chef de l'Etat turc Recep Tayyip Erdogan a prévenu
que toute "initiative qui ignorerait l'égalité souveraine des
Chypriotes turcs, leurs droits et leurs intérêts légitimes" serait
vouée à l'échec.
"Les tentatives de reléguer les Chypriotes turcs au rang de minorité
ont échoué par le passé. Seule une solution juste, durable et pérenne
permettra d'instaurer un calme durable sur l'île'" a-t-il insisté, tout
en saluant la visite de M. Guterres à Chypre.
Après huit ans de paralysie et seize ans après la précédente visite
d'un patron des Nations unies, M. Guterres a eu mardi des entretiens
avec les responsables de la RTCN, reconnue par la seule Turquie et avec
ceux de la République de Chypre, membre de l'UE.
- "En concertation" -
"Nous travaillerons en concertation avec les deux parties et les
garants afin de créer les conditions du succès de la réunion", a
déclaré M. Guterres devant la presse à Nicosie, faisant référence aux
responsables chypriotes turcs et grecs, à la Grèce, à la Turquie, au
Royaume-Uni ainsi qu'à l'ONU.
"J'ai obtenu l'accord des deux parties et des garants pour organiser
une réunion à cinq plus un. Cependant, une préparation adéquate est
indispensable car je souhaite éviter de nouvelles réunions qui ne
servent à rien : je veux que celle-ci soit fructueuse et favorise la
recherche d'une solution", a prévenu M. Guterres.
Le président chypriote Nikos Christodoulides a fait savoir dans un
communiqué qu'il avait "accepté la convocation d'une conférence
élargie", assurant que les préparatifs allaient se poursuivre.
M. Guterres a montré qu'il était "pleinement attaché aux résolutions du
Conseil de sécurité des Nations unies" qui prônent la réunification de
l'île, a-t-il souligné.
De son côté, le président de la RTCN Tufan Erhürman, qui plaide depuis
son élection en octobre pour la mise en place d'une fédération, a
affirmé "vouloir une solution" en accord avec la Turquie afin de ne pas
froisser ses tuteurs.
"Cette fois il faut faire quelque chose de différent. Nous continuerons
à mener le processus en étroite et pleine concertation avec le pays
garant, la République de Turquie, comme nous l'avons fait jusqu'à
présent" a-t-il dit.
- "Rétablir la confiance" -
Néanmoins, Ankara a réitéré son hostilité à tout projet de
réunification qui mettrait en péril l'existence de la RTCN, qu'elle
considère comme faisant partie de son territoire.
"Les modèles de solutions qui ont été testés et approuvés pendant des
décennies appartiennent au passé" a jugé le porte-parole du ministère
turc des Affaires étrangères, renvoyant à la responsabilité de la
partie chypriote grecque.
"La perspective d'une solution ne se concrétisera pas tant que la
position intransigeante de la partie chypriote grecque ne changera pas
et que ses actions, qui affectent également négativement la sécurité
régionale, ne cesseront pas" a-t-il mis en garde.
Rappelant des décennies de vaines réunions pour parvenir à un projet de
réunification, M. Guterres a appelé les dirigeants des deux parties à
"intensifier" leurs efforts et à définir des "mesures de confiance".
"Il était de mon devoir de venir à Chypre" a-t-il estimé alors que son
ultime mandat s'achève à la fin de l'année et que la course à sa
succession est engagée.
"C'est le moment où tous les efforts doivent être déployés pour
rétablir la confiance".
"Il est essentiel de redoubler d'efforts pour définir et mettre en
oeuvre des mesures de confiance, susceptibles d'améliorer concrètement
le quotidien de tous les Chypriotes. J'appelle les deux dirigeants à
intensifier ces efforts", a-t-il insisté. (AFP, 29 juil 2026)
Immigration
/ Migration
Une Kurde expulsée par la Suisse
emprisonnée en Turquie
Bahar Yalçınkaya, demandeuse d’asile kurde, a été renvoyée de force de
Suisse vers la Turquie avec ses deux enfants. Dès son arrivée, elle a
été placée en détention provisoire et envoyée à la prison fermée pour
femmes de Bakırköy, accompagnée de son enfant de 15 mois.
Yalçınkaya résidait depuis près de deux ans au centre de renvoi
Rückkehrzentrum Oberhalden Finkenried, à Zurich. Mère de deux enfants —
une fillette de cinq ans et un bébé de quinze mois, né en Suisse —,
elle a été extraite de sa chambre par la police avant son expulsion.
Selon des témoignages de résidents, elle aurait été menottée dans le
dos sous les yeux de ses enfants, puis conduite à l’aéroport de Zurich.
À son arrivée en Turquie, elle a d’abord été placée en garde à vue
pendant environ une journée, puis présentée à un juge qui a ordonné sa
détention provisoire. Elle a ensuite été transférée à l’établissement
pénitentiaire pour femmes de Bakırköy, toujours avec son bébé de 15
mois.
Son avocat en Suisse, Murat Özten, avait alerté à plusieurs reprises
sur les risques. Il avait indiqué que sa cliente faisait l’objet
d’enquêtes et de procédures judiciaires sérieuses en Turquie, notamment
liées à des accusations de propagande en lien avec le mouvement kurde,
et qu’elle risquait l’arrestation dès son retour.
Cette affaire relance les critiques contre les pratiques suisses de
renvois forcés, en particulier lorsqu’elles concernent des familles
avec de jeunes enfants. Défenseurs des droits humains et associations
soulignent le caractère traumatisant de ces opérations et les dangers
auxquels sont exposées les personnes renvoyées en Turquie. Les
autorités suisses font face à de nouvelles questions sur le respect des
obligations internationales en matière de protection des réfugiés et de
l’intérêt supérieur de l’enfant.
L’expulsion de Bahar Yalçınkaya et son incarcération immédiate
illustrent une nouvelle fois les tensions entre politique migratoire
suisse et risques de persécution dans le pays d’origine.
(kurdistan-au-feminin, 6 août 2026)
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