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INFO-TURK

A non-government information center on Turkey

Un centre d'information non-gouvernemental sur la Turquie

52th Year / 52e Année
Juillet
 
2026 July
N° 575
53 rue de Pavie - 1000 Bruxelles
Tél: (32-2) 215 35 76
Chief Editor /Rédacteur en chef: 
Dogan Ozgüden

Responsible editor/Editrice responsable:

Inci Tugsavul
Human Rights
Pressures on  media
Kurdish Question
Minorities
Interior politics
Armed Forces
Religious affairs
Socio-economics
Turkey-Europe
Turkey-USA
Regional Relations
Cyprus and Greece
Migration

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Titres des évènements du mois
Titles of this month's events


Droits de l'Homme / Human Rights

Le sort du procureur international, l’ami d'Erdogan - Doğan Özgüden
10ème anniversaire du coup d’État bizarre - Ragip Duran
Près de 1.000 mandats d'arrêt 10 ans après le putsch raté
Attaque contre les livres dans la capitale de l’OTAN - Doğan Özgüden
Tout juste 59 ans après, le même jeu sordide ! - Doğan Özgüden
75-year-old retired teacher among arrested in crackdown ahead of Ankara NATO summit
13 écologistes détenus risquent de rester en prison jusqu'à la fin du sommet de l'Otan
Une cinquantaine d'arrestations à la Gay Pride d'Istanbul
178 personnes en détention provisoire avant le sommet de l'OTAN


Pression sur les médias / Pressure on the Media

Journalists speaking out means prison and persecution!

Online censorship: Research, criticism, and LGBTI+ reporting targeted
La Cour constitutionnelle décide d'indemniser les familles des victimes d'un massacre de 1993
La plaque d’honneur de l'Association des journalistes de Turquiea été transmise à Özgüden
L'arrestation du chanteur et fondateur d'une ONG Haluk Levent
CPJ, partners condemn multiple journalist arrests in Turkey
Turkey detains dozens, including journalists, in new wave of raids ahead of NATO summit
Authors, Journalists and Cultural Figures from Europe Call for the Release of Deniz Göktaş
Deux journalistes arrêtés puis remis en liberté du sommet de l'Otan
Un humoriste de stand-up a bousculé la société turque ! - Ragip Duran
Le stand-upper accusé d'insulte au président tplacé en détention
Journalist Gülnur Saydam detained after reporting on criminal groups
Renowned Actor Kadir İnanır laid to rest in İstanbul

Kurdish Question / Question kurde

Six combattants kurdes tués en Iran, selon un groupe d'opposition kurde
Access to several Kurdish media outlets, social accounts blocked

Minorités / Minorities

L'Aiglon Blessé, le livre documentant le massacre du Haut-Karabakh, nous est enfin parvenu -  Doğan Özgüden
Génocide arménien : l'Azerbaïdjan fait pression sur Israël
Armenian church cemetery vandalized in İstanbul
La Turquie dénonce la reconnaissance du génocide arménien par Israël

Politique intérieure/Interior Politics

Le chef de l'opposition turque quitte son parti et fonde un nouveau mouvement
La pétition en faveur d'un gouverneur limogé après une polémique sur sa tenue de cycliste
Nouvelles arrestations au sein du principal parti d'opposition
Le maire d'Istanbul de nouveau expulsé du tribunal lors de son procès
Nouveau renvoi du procès d'Imamoglu pour "falsification de diplômes"
Le sommet de l'OTAN: pour Erdogan, une plateforme pour l'influence turque

Forces armées/Armed Forces

Un revolver, six balles: l'étrange cadeau du président turc aux dirigeants de l'OTAN
De l'argent, mais pas assez d'armes: l'Otan pousse à produire plus

Affaires religieuses / Religious Affairs
 

119 suspects arrêtés pour être en lien avec le groupe Etat islamique
Turkey detaines two Russian tourists for 'reciting Bible' at Hagia Sophia

Socio-économique / Socio-economic

Police block power plant workers’ march to Ankara, detain union leaders

Séisme de magnitude 5 dans le sud-est de la Turquie
Workplace deaths in Turkey exceed 1,000 in first half of 2026
Corruption: l'OCDE adresse un avertissement à la Turquie
La Turquie et la FIFA 2026 : Une débâcle politique, culturelle et sportive - Ragip Duran
İstanbul pride march held in Kadıköy despite obstacles

Relations turco-européennes / Turkey-Europe Relations

Erdogan demande "l'intégration" de la Turquie à l'architecture de défense européenne

Turquie-USA-OTAN / Turkey-USA-NATO

La Turquie et les États-Unis au sein de l'OTAN : Frères ennemis ou Frères siamois ? -
Ragip Duran

Le sommet d’Ankara sauvé des eaux en fin de partie par… son boulet : Donald Trump
Erdogan a réservé un accueil impérial à Trump
"Tout ce maquillage n'est pas pour nous" : Ankara se refait une beauté pour l'Otan

Relations régionales / Regional Relations

6 morts dans une frappe russe sur un navire marchand turc après une nuit de bombardements

Ukraine: la diplomatie turque appelle à éviter une extension du conflit en mer Noire
Moscou et Ankara en contact au sujet de la revente de systèmes antiaériens russes à un pays tiers
Un attentat dans un café de Damas fait neuf

Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece

La Turquie condamne la fermeture de huit écoles turques en Grèce

Le président de la République turque de Chypre du Nord hospitalisé

Immigration / Migration

"Une torture": les Turcs dénoncent une "crise des visas" Schengen


Droits de l'Homme / Human Rights

Le sort du procureur international, l’ami d'Erdogan


Doğan Özgüden, Artı Gerçek, 25 juillet 2026
Le procureur général de la CPI, Karim Ahmad Khan, limogé pour « agression sexuelle », avait empêché l’ouverture d’une procédure judiciaire à La Haye contre l’État turc
Depuis des années, l’Alliance AKP-MHP, qui foule aux pieds l’indépendance de la justice en Turquie et transforme tous les juges et procureurs en instruments du terrorisme d’État, a porté cette audace au-delà des frontières du pays en prenant sous sa coupe, il y a tout juste deux ans, le procureur général de la Cour pénale internationale, Karim Ahmad Khan.

Toutefois, une récente nouvelle en provenance de New York, infamante non seulement pour Karim Ahmad Khan, mais aussi pour le gouvernement de Tayyip Erdoğan, qui se servait de cette personne comme un pion… Lors de réunions diplomatiques tenues à huis clos aux Nations Unies à New York, les représentants des États membres de la CPI ont décidé de destituer le procureur général Karim Ahmad Khan, en poste depuis 2021, pour « faute grave » dans le cadre d’une enquête pour agression sexuelle le visant.

Le procureur général destitué, Karim Ahmad Khan, est accusé d’avoir harcelé sexuellement une employée qui était son adjointe au sein de la CPI.

En 2023, Karim Ahmad Khan qui avait émis un mandat d’arrêt de la CPI à l’encontre du président de la Russie Poutine, ignorant les années de violations continues des droits humains en Turquie, pays situé au sud de la Russie, où des partis d’opposition, des maires, des journalistes et des défenseurs de la démocratie sont emprisonnés, a rencontré l’ancien chef des services de renseignement turcs et actuel ministre des Affaires étrangères, Hakan Fidan, en posant devant un drapeau turc, lors de la 60e Conférence sur la sécurité à Munich, le 17 février 2024, avant d’échanger leurs vues sur le drame humain à Gaza. 

De façon incroyable, la Cour pénale internationale communiqua également sur cette rencontre par l’entremise de son compte Twitter, en postant une photo de la rencontre avec le drapeau turc accompagnée du commentaire suivant : « Le procureur général de la CPI, Karim Ahmad Khan, s’est félicité de s’entretenir avec le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, à Munich ».

Les médias au service du pouvoir avaient aussi relayé cette rencontre comme un nouveau succès de la politique étrangère de Tayyip.

La seule réaction à cet évènement vint du Tribunal pour la Turquie qui, le 24 septembre 2021 à Genève, avait condamné le régime d’Ankara pour « torture, disparitions, violations de la liberté de la presse, impunité, atteintes à l’indépendance et à l’accès à la justice, et crimes contre l’humanité ».

Le Tribunal pour la Turquie, présidé par la professeure Françoise Tulkens, juge auprès de la Cour européenne des droits de l’homme de 1998 à 2012, a critiqué sur son compte Twitter le communiqué de la CPI relative à la rencontre entre Fidan et Ahmad Khan : « Scandale à la Conférence sur la sécurité de Munich… Le procureur général de la CPI, Karim Ahmad Khan, a serré la main de l’ancien chef des services de renseignement turcs, connu pour avoir organisé l’enlèvement de nombreuses personnes innocentes en Turquie et à l’étranger, y compris dans des États membres de la CPI. »

J’ai suivi de près le combat mené par le Tribunal pour la Turquie contre les violations des droits humains en Turquie depuis sa création, et en ai parlé dans différents articles publiés dans Artı Gerçek.

Le 1er mars 2023, le Tribunal pour la Turquie, en collaboration avec les Juges européens pour la Démocratie et les Libertés (MEDEL) et le cabinet d’avocats belge VSA, a déposé une plainte contre l’État turc devant la Cour pénale internationale.

Lors de la conférence de presse tenue à La Haye pour annoncer à l’opinion publique le dépôt de cette plainte, au cours de laquelle j’intervins également en qualité de témoin, le professeur Johan Vande Lanotte, ancien vice-premier ministre de Belgique, représentant les organisations plaignantes, a déclaré ce qui suit concernant les violations des droits humains en Turquie :

« La requête adressée à la Cour contient 463 déclarations individuelles de torture concernant 800 personnes identifiées ou identifiables. Les déclarations décrivent en détail comment la torture est pratiquée de manière généralisée et systématique. Les preuves fournies par l’Association des droits de l’homme en Turquie montrent également que l’organisation a reçu en moyenne 1.460 plaintes pour torture par an au cours de la période 2003-2021 et que la torture systématique s’est poursuivie en 2022.

« La requête adressée à la Cour a permis de documenter 109 cas de disparitions forcées à l’étranger et dans le pays. Alors que l’État turc a toujours nié toute implication dans les disparitions à l’intérieur du pays, les autorités se sont constamment vantées d’enlèvements illégaux à l’étranger.

« En ce qui concerne les détentions, qui violent les règles fondamentales du droit international, les statistiques officielles turques montrent qu’au cours de la période 2015-2021, 2.217.000 personnes ont fait l’objet d’une enquête pour appartenance présumée à une "organisation terroriste". 560 000 personnes ont été jugées et 374.000 ont été condamnées à la prison, dont 270.000 ont été accusées d’être membres d’une organisation terroriste. Le simple fait de se rendre sur les tombes ou d’assister aux funérailles de personnes considérées comme des opposants au régime constitue un motif d’arrestation.

« Les preuves montrent clairement que l’État turc a commis des crimes contre des centaines de milliers de personnes simplement parce qu’elles étaient perçues comme des ennemis du régime d’Erdoğan. Les responsables de ces crimes savaient que leurs actions contrevenaient à toutes les règles fondamentales du droit international, mais ils étaient sûrs de leur impunité.

« La Cour pénale internationale a été créée pour mettre fin à cette impunité et elle doit le faire également dans notre procès. Nous demandons au procureur de la CPI de se saisir de cette affaire et de prouver qu’aucun individu, pas même un haut fonctionnaire d’un membre de l’alliance de l’OTAN, ne peut être considéré comme au-dessus des lois ».

Un an après l’ouverture de cette action, le 25 janvier 2024, la Cour européenne des droits de l’homme publiait son rapport statistique 2023, loin d’être honorable pour les dirigeants de la Turquie… Ce document stipulait que la Turquie était le pays ayant enregistré le plus grand nombre de plaintes à son encontre cette année-là, avec 23.397 des 68.450 affaires ouvertes devant cette Cour originaires de Turquie, soit 34,2%.

Malgré cela, même des années plus tard, le procureur général Karim Ahmad Khan ne s’est jamais expliqué sur la manière dont il a traité cette plainte justifiée contre le régime d’Ankara.

Pourtant, le 17 mars 2023, la Cour pénale internationale, dans une affaire ouverte par le procureur général Karim Ahmad Khan, a émis des mandats d’arrêt contre le président de la Russie, Vladimir Poutine, et la commissaire aux droits des enfants, Maria Lvova-Belova, où qu’ils se trouvent, au motif que plus de 16.000 enfants ukrainiens avaient été emmenés de force en Russie après le début de l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

Mais Recep Tayyip Erdoğan était tellement convaincu que la justice internationale ne le toucherait pas que, le 2 décembre 2023, à l’occasion d’une interview accordée à des journalistes pro-gouvernementaux dans l’avion qui le ramenait des Émirats Arabes Unis, il déclarait : « Près de 3 000 avocats ont déposé la requête nécessaire auprès de la Cour pénale internationale à La Haye. Notre député d’Istanbul, Cüneyt Yüksel, faisait partie de cette délégation. Ils suivront également la procédure à La Haye. Nous espérons que ces génocidaires, ces bouchers de Gaza, pris en flagrant délit, à commencer par Netanyahu, recevront la peine qu’ils méritent ».

Suite aux instructions d’Erdoğan, le procureur général de la CPI, Karim Ahmad Khan, demandera l’arrestation de Netanyahu, mais pour atténuer les réactions des États pro-israéliens, sera aussi contraint de demander celle d’Haniyeh, qu’Erdoğan avait reçu un mois auparavant et présenté au monde entier comme le chef de la résistance palestinienne.

La Cour pénale internationale est-elle la seule en cause ? Il est tout préoccupant de constater que les Nations unies et le Conseil de l’Europe, dont la République de Turquie est membre depuis les années 1940, ainsi que l’Union européenne, dont elle est candidate à l’adhésion depuis un quart de siècle, n’ont imposé aucune sanction sérieuse à l’encontre de ce régime islamofasciste, hormis quelques déclarations de pure forme, et continuent de collaborer avec Recep Tayyip Erdoğan et ses hommes pour servir leurs intérêts stratégiques, économiques et militaires.

La seule institution qui a su résister à cet opportunisme et à cette capitulation, dont j’ai été témoin à maintes reprises au cours de mon combat de plus d’un demi-siècle à l’étranger, d’abord contre les juntes du 12 mars et du 12 septembre, et ces vingt dernières années contre la dictature de l’AKP, est la Cour européenne des droits de l’homme.

Malheureusement, les décisions qu’elle a prises en faveur des citoyens qui croupissent dans les geôles de Turquie ou dont les droits fondamentaux sont bafoués, comme dans le cas de Selahattin Demirtaş, ont été largement ignorées par la justice turque.

Suite à la crise ukrainienne, le Conseil de l’Europe, qui a immédiatement exclu la Russie de son Conseil des Ministres et de son Assemblée parlementaire, n’a imposé aucune sanction contre le régime d’Ankara qui ne tient aucun compte des arrêts de la CEDH.

Pourtant, la Turquie, qui se classe au 17e rang parmi les 193 États membres des Nations Unies avec une population de plus de 85 millions d’habitants, 8e parmi les 145 pays possédant les armées les plus puissantes et 4e au rang des pays membres de l’OTAN, occupe la 148e place sur 173 pays dans la catégorie « État de droit » et l’avant-dernière place parmi 45 pays européens selon un rapport de l’Institut International de la Démocratie (IDEA).

Ce tableau, dans lequel l’État turc, qui a célébré avec faste et fierté le centenaire de la fondation de la République en 2023, continue de figurer aux plus bas rangs des « démocraties », est une honte non seulement pour ses dirigeants, mais aussi pour tous ceux qui les applaudissent tant au pays qu’à l’étranger…

Parmi ceux qui doivent porter sur leur front cette honte figure sans nul doute le procureur général Karim Ahmad Khan, accusé d’« agression sexuelle », qui a empêché l’ouverture d’une action devant la Cour pénale internationale à La Haye contre l’État turc qui viole constamment les droits humains… Ainsi que tous ceux qui, avec lui, ont conspiré dans les coulisses…      

Traduction: Mazyar KHOOJINIAN

10ème anniversaire du coup d’État bizarre

Ragip Duran, TVXS.GR, 19 juillet 2026


« Depuis la tentative du coup d’État du 15 juillet 2016, la Turquie est dirigée par un régime de plus en plus autoritaire », constate la majorité des observateurs qui essaient de faire un bilan de la dernière décennie.

A la suite de l’appel de M. Erdogan, qui avait demandé aux citoyens de descendre dans la rue contre le coup, 253 personnes dont 184 civils ont été tuées lors des accrochages à Istanbul et plus de 34 militaires putschistes ont été tués à Ankara le même jour.

Alors que la Turquie a une grande expérience des coups d’État (1960, 1971 et 1980), le dernier n’est toujours pas bien compris malgré l’ouverture de 289 procès. 720 mille accusés ont été jugés dont 127 mille condamnés. Il y a aujourd’hui encore des procès qui durent.

Mais le public ne sait toujours pas qui étaient les organisateurs, les commanditaires et les responsables politiques de ce coup. De plus, personne ne se porte volontaire pour assumer la responsabilité du coup.

« Ce coup n’était pas un plan d’Erdogan, ni celui d’un service étranger, ni la tentative de "démocrates" qui désiraient instaurer l’État de droit en Turquie. C’était un véritable coup d’État, oui mal géré, mal exécuté, associant une partie de l’armée et d’autres cercles, notamment les gülenistes. (...) R. T. Erdogan a su tirer profit du coup d’État pour une dérive autoritaire qui se poursuit aujourd’hui », croit Mme Muriel Domenach, consule générale de France à Istanbul à l’époque du coup.

En effet, l’état d’urgence a été décrété, 36 décrets-lois ont été promulgués. Plus de 100 mille fonctionnaires, accusés d’avoir des relations avec la confrérie Gülen, ont été licenciés. Parmi eux, il y avait plus de 4 mille juges et procureurs. Plus de 200 quotidiens, hebdomadaires, chaînes de TV, stations de radio et sites Internet ont été interdits. Environ 150 écoles privées, lycées et universités, toujours accusés d’appartenir à la confrérie Gülen, ont été fermés. Enfin, une vaste opération d'épuration a été menée au sein de l'armée.

Le 16 avril 2017, lors du référendum sur la nature du régime, Erdogan a gagné avec 51,47 % des voix et le nouveau système présidentiel a été mis en vigueur. Donc, fin de l’Ancien Régime (parlementaire) et début du régime de l’Homme Unique qui contrôle les trois pouvoirs (le législatif, l’exécutif et le judiciaire).

Les spécialistes rappellent que la Turquie a renforcé depuis 10 ans ses relations avec la Russie, la Chine et les pays islamiques alors qu’Ankara menait une diplomatie pro-occidentale depuis la fondation de la République en 1923.

Le 15 juillet est un jour férié et le régime organise des manifestations populaires et médiatiques pour commémorer ‘’les martyrs du 15 juillet’’ et pour renforcer ‘’l’image démocratique’’ voire héroïque du président Erdogan. Cette année, mercredi dernier, M. Nasuh Mahruki, fondateur d’une ONG d’aide aux victimes des catastrophes naturelles a été mis en garde à vue à cause de trois phrases publiées sur son compte X. Il critiquait la version officielle de la tentative du Coup d’Etat.

Erdogan avait déjà en 2022 avoué que ‘’Dieu merci grâce à ce Coup et grâce à la résistance et l’opposition contre ces traîtres nous avons pu depuis réaliser de grands projets’’.

M. Fetullah Gulen, chef de la confrérie, ancien allié et nouvel ennemi no 1 d’Erdogan, a succombé à la maladie et est décédé en exil aux Etats Unis en octobre 2024. Mais la confrérie  Gulen reste encore et toujours une étiquette utile et pratique pour accuser les opposants du régime.

‘’Si l’ensemble des dossiers et documents seront un jour publié, j’ai peur que plusieurs personnalités proches d’Erdogan et peut être lui-même et les membres de sa famille risquent dans le futur de se présenter devant un vrai juge’’ prévoit Ahmet Shik, député du Parti Ouvrier de Turquie.

Près de 1.000 mandats d'arrêt 10 ans après le putsch raté

Les procureurs ont ordonné l'arrestation de  près d'un millier de suspects liés au réseau güleniste qu'Ankara tient  responsable de la tentative de coup d'état de juillet 2016, a annoncé lundi le  ministre de la Justice.

Le 15 juillet 2016, une partie de l'armée avait tenté de renverser le  gouvernement du président Recep Tayyip Erdogan, faisant au cours du chaos qui  est survenu plus de 250 morts et des 2.000 blessés.

 Le président a accusé son ancien allié, le prédicateur musulman Fethullah  Gülen, basé aux États-Unis où il est décédé en 2024, d'en être l'instigateur  avec son organisation.

Ankara a décrété l'état d'urgence jusqu'en 2018 et procédé à de vastes  purges dans l'armée, la police, les médias, la justice, l'administration en  général dont la diplomatie et l'éducation.

Des centaines de milliers de personnes ont été arrêtées et des dizaines de  milliers limogées et partis en exil, imprimant une marque indélébile sur la  société turque.

 Qualifiant lundi les derniers mandats d'arrêt de "grande campagne de  purification" le ministre de la justice Akin Gurlek, ancien procureur  d'Istanbul et le ministre de l'intérieur Mustafa Ciftci ont indiqué que la  police recherchait "968 suspects" afin d'éradiquer les éléments liés à  l'organisation "terroriste" FETO.

 "La volonté de notre nation et la survie de notre État sont menacées par le  réseau traître FETO/PDY, et notre lutte contre celui-ci se poursuit avec la  même détermination qu'au premier jour" ont-ils écrit sur X, utilisant un  acronyme désignant la "structure étatique parallèle" que, selon Ankara, les  gülenistes ont mis en place.

Le coup d'État manqué de 2016 est considéré comme un tournant dans  l'histoire politique de la Turquie moderne, qui a permis à M. Erdogan de  consolider son emprise sur le pays.

La semaine dernière, M.Ciftci a envoyé une lettre aux gouverneurs des 81  provinces de Turquie, décrivant les événements du 15 juillet 2016. (AFP, 13 juil 2026)


Attaque contre les livres dans la capitale de l’OTAN


Doğan Özgüden, Artı Gerçek, 10 juillet 2026

Alors que je tentais de suivre sur les réseaux sociaux la réunion de l’OTAN à Ankara et les attaques et arrestations menées par le gouvernement turc, se présentant comme « une Turquie sans terreur », contre les manifestations anti-OTAN, j’ai été profondément bouleversé, pour la première fois en 74 ans de carrière dans l’édition, par deux atteintes consécutives à notre liberté de pensée et d’expression en plein cœur de Bruxelles, capitale de l’OTAN et de l’Union européenne.

Les quatre derniers volumes d’Écrits d’exil, reprenant mes articles publiés dans la presse turque et européenne depuis 55 ans ainsi que des interviews réalisées avec nous, ont été imprimés en Turquie, puis expédiés par les éditions Belge à notre adresse en Belgique par le biais du transporteur international UPS, le 30 janvier 2026.

Près de six mois se sont écoulés… Et non seulement les livres ne sont pas arrivés, mais nous avons appris qu’ils avaient été réexpédiés en Turquie le jour même où le sommet de l’OTAN à Ankara s’ouvrait en grande pompe et en démonstration de force.

Lorsque le colis est parvenu à Bruxelles début février, on m’a informé que, pour le recevoir, je devais payer des droits de douane en fournissant mon numéro de TVA. Ces dernières années, une taxe a été instaurée sur tous les produits venant hors de Belgique. J’étais donc prêt à payer le montant demandé. Malgré cela, ils ont insisté pour que je leur fournisse d’abord mon numéro de TVA.

Le 4 février, j’ai donc envoyé à UPS le message suivant :

« L’envoi de ce colis n’est pas une transaction commerciale. Ce colis contient des livres en turc que j’ai écrits et qui ont été publiés par une maison d’édition en Turquie. Je ne suis pas un commerçant et je ne possède pas de numéro de TVA. Je suis un journaliste retraité de 90 ans, membre de l’Association des journalistes professionnels.

« En tant que journaliste, j’ai un besoin urgent de recevoir ces livres, que je dédicacerai pour mes amis et critiques en Europe. Ce retard de livraison constitue une atteinte à la liberté d’expression. »

La réponse d’UPS à cette réclamation a été de présenter ses excuses, tout en insistant sur la nécessité de fournir un numéro de TVA :

« Merci pour votre courriel. D’après notre système, votre envoi est actuellement bloqué en douane dans le pays d’importation faute de numéro de TVA. Nous vous prions de bien vouloir accepter nos excuses pour ce blocage et les désagréments occasionnés. Afin de résoudre cette situation et d'assurer la livraison de votre colis, veuillez nous communiquer votre numéro de TVA à l’adresse beimport@ups.com .

Suite à cela, Sinan Zarakolu, le directeur des éditions Belge, qui ont publié les livres, est intervenu auprès du bureau de représentation d’UPS en Turquie, mais a reçu la réponse suivante :

« Nous n’avons pas pu joindre votre destinataire concernant le dédouanement. Son numéro d’identification fiscale est requis. Nous vous prions de bien vouloir nous communiquer ses informations d’identification, ses numéros de téléphone fixe et mobile valides, ainsi que son adresse électronique au plus tard le 16 juin 2026.

« Si nous ne recevons pas de réponse de votre part dans les délais impartis, ou si votre destinataire refuse les frais d’expédition, UPS se réserve le droit de conserver votre colis dans le pays de destination. En cas de retour ou de destruction de votre colis, tous les frais, en ce compris les droits de douane et les frais de retour, vous seront facturés. »

À la suite de cela, j’ai envoyé le 25 juin à UPS la notification suivante, en précisant mes informations d’identification, mes numéros de téléphone fixe et portable valides, ainsi que mon adresse courriel :

« Ce colis contient des livres que j’ai écrits et qui ont été publiés par une maison d’édition d’Istanbul. Il ne s’agit donc pas d’une activité commerciale à but lucratif. Je vais envoyer ces livres à des critiques. Les vacances d’été approchant, ce colis doit impérativement nous parvenir avant la fin du mois. »

Malgré cette réponse, UPS a renvoyé les livres en Turquie au lieu de me les livrer à Bruxelles et m’a adressé la réponse suivante, signée par un représentant du service clientèle :

« Merci pour votre courriel. Je comprends votre inquiétude relative à ce colis, d’autant plus qu’il contient des exemplaires de votre livre destinés à des critiques… Je suis désolé pour la gêne occasionnée.

« Cependant, la procédure de renvoi étant déjà engagée, je ne peux malheureusement pas réexpédier le colis à l’adresse du destinataire à Bruxelles. Par conséquent, je vous prie de bien vouloir contacter directement l’expéditeur des livres afin de déterminer la solution la plus appropriée pour un éventuel nouvel envoi ou pour obtenir une aide supplémentaire. »

En conclusion, je n’ai toujours pas pu me procurer les derniers volumes d’Écrits d’Exil publiés en Turquie et les envoyer à nos amis en Europe.

Alors que nous étions sous le coup de cette déception, nous avons dû faire face à une surprise analogue, cette fois de la part de la poste belge, bpost.

Notre ami Demir Sönmez, journaliste et exilé politique en Suisse, a écrit un livre intitulé « Aigle blessé », qui documente par des photographies les évènements survenus au Haut-Karabakh (Artsakh) entre 2020 et 2023 et l’occupation de cette région sous administration arménienne par l’Azerbaïdjan avec le soutien de l’armée turque durant la guerre de 44 jours, en plongeant le lecteur au cœur du conflit, sur les lignes de front et dans les rues de Stepanakert, Chouchi, Martouni et Martakert.

Le livre dédicacé que Demir m’a envoyé de Suisse le 10 mai est resté introuvable pendant plus d’un mois sur le système de suivi postal. Demir, qui avait eu deux infarctus et était en traitement, avait alors contacté les services postaux suisses pour se renseigner au sujet de l’acheminement du livre. Le 23 juin, il recevait la réponse suivante :

« Monsieur Sönmez, votre envoi, numéro de suivi LT113410293CH, à destination de la Belgique, se trouve actuellement en douane et sera expédié dès que le destinataire aura accompli les formalités douanières. Le destinataire a été informé par écrit par les services postaux belges qu’il devait s’acquitter des frais de douane. Le dédouanement est effectué conformément à la législation belge en vigueur. »

Suite à cela, j’ai communiqué notre adresse de livraison aux services postaux belges et leur ai fourni un extrait d’un article concernant le livre, paru dans la Tribune de Genève, en précisant que j’étais prêt à régler immédiatement les frais de douane.

En réponse à mon message, bpost m’a informé le 29 juin : « Nous avons besoin d’un numéro EORI [Enregistrement et identification des opérateurs économiques] valide pour le dédouanement de votre envoi. Dès réception de votre numéro EORI, une demande de paiement vous sera adressée. »

Précédemment, UPS m’avait demandé mon numéro de TVA pour la réception de livres expédiés de Turquie, mais cette fois-ci, il était exigé un numéro EORI pour la réception d’un livre en provenance de Suisse. Or, ce numéro étant obligatoire pour les particuliers et les entreprises important des marchandises à des fins commerciales, j’ai renvoyé la même réponse à bposte le 30 juin : « Je ne suis pas un commerçant, je suis un journaliste retraité de 90 ans et je ne suis pas dans l’obligation d’obtenir un numéro EORI. »

Cette fois-ci, le 8 juillet, on m’a demandé de payer 31,22 € de frais de douane pour que le livre puisse m’être livré.

J’ai répondu à ce message le jour même en disant : « Étant une personne âgée, je suis exaspéré par toutes ces formalités pour un colis qui attend à la poste depuis près de deux mois. Je vais régler la somme demandée immédiatement et vous prie d’envoyer le colis à mon adresse ». J’ai donc versé les frais de douane sur leur compte.

Cependant, cette pratique, portant atteinte à la liberté de pensée et d’expression, a persisté.

Le 8 juillet, jour où la réunion de l’OTAN à Ankara s’est soldée par une grande victoire pour Trump, Erdoğan et leurs alliés, j’ai reçu le message suivant des services postaux belges :

« Votre paiement a réussi et celui-ci sera présenté à la douane au plus tard le 10-07-2026, où le contenu peut être contrôlé pour vérifier s'il est autorisé à l'importation.  Tous les envois en provenance de l’extérieur de l’UE doivent passer par une procédure d'importation. À l'arrivée en Belgique, la plupart des envois sont libérés immédiatement, mais dans certains cas, la douane belge peut contrôler le contenu de l'envoi. Si l'envoi est soumis à inspection, vous pouvez vous attendre à un délai de 3 à 7 jours.  Une amende doit être payée ou des documents supplémentaires peuvent devoir être fournis. Les marchandises peuvent être soumises à des restrictions à l'importation et leur importation peut être interdite. Vous en serez informé(e) par lettre ou par e-mail avec des instructions plus détaillées. Remarque importante : si vous avez payé les frais d’importation et que l’envoi est retenu, vous ne serez pas remboursé(e). » 

Oui, dans la capitale de l’OTAN dont, malgré les violences policières et les arrestations survenues avant et pendant la réunion d’Ankara, les dirigeants ont été récompensés par Tayyip Erdoğan de pistolets et de balles – symboles de « guerre » plutôt que de « paix » - pour la confiance et le respect qu’ils lui ont témoignés, un livre documentant ce qui s’est passé au Haut-Karabakh (Artsakh) il y a trois ans avec le soutien militaire de ce même Tayyip Erdoğan était examiné, risquant même une interdiction d’entrée.
 
Une fois de plus, un journaliste qui, tout au long de ses 74 ans de carrière depuis l’implantation de l’OTAN en Turquie en 1952, a combattu l’impérialisme états-unien et toutes les alliances qu’il dirige, voit ses livres, publiés en Turquie, empêchés de lui parvenir à Bruxelles, capitale de l’OTAN, et renvoyés en Turquie.
 
Vraisemblablement, cela se fait au nom de la garantie de la liberté de pensée et d’expression, non seulement dans notre pays, sous le gouvernement d’une « Turquie sans terreur » coupable de nombreuses violations des droits humains, mais aussi dans un pays européen membre de l’OTAN qui ne ménage aucun effort pour le soutenir !

Traduction: Mazyar KHOOJINIAN

Tout juste 59 ans après, le même jeu sordide !



Doğan Özgüden, Artı Gerçek, 5 juillet 2026
Bien que j’aie dû m’interrompre depuis un certain temps pour des raisons de santé, j’ai jugé nécessaire d’écrire cet article face à ce que l’on fait subir à notre jeune artiste Deniz Göktaş… En effet, le traitement qui lui a été infligé à son entrée dans la « Turquie sans terreur » d’aujourd’hui fut également infligé à notre grand écrivain Aziz Nesin, il y a exactement 59 ans, au début du mois de juillet 1967.

L’arrestation d’Aziz Nesin cette année-là, à son retour d’un voyage en Union soviétique, fut l’un des plus grands scandales de l’ère Demirel. Après la confiscation de ses valises à la douane, il fut soumis à un interrogatoire sous prétexte « d’avoir importé en Turquie des enregistrements audio contenant le testament de Nazım Hikmet et de s’être entretenu avec les dirigeants du Parti communiste de Turquie à l’étranger ».

Et ce n’était pas une première… Aziz Nesin avait déjà été arrêté en 1955 à la suite du pogrom des 6-7 septembre.

Pris de panique à la suite de la perte de contrôle des événements survenus à Istanbul et à Izmir qu’il avait provoqués, le gouvernement décréta immédiatement la loi martiale et les arrestations commencèrent. Cependant, les personnes arrêtées n’étaient ni les instigateurs des événements, ni les pillards.

Le journal d’opposition Sabah Postası pour lequel je travaillais à Izmir, fut fermé par les autorités de l’état de siège, et son rédacteur en chef, Orhan Rahmi Gökçe, arrêté.

À Istanbul, 48 personnes, dont d’éminents intellectuels de gauche comme Aziz Nesin, Kemal Tahir, Ratip Tahir, İsmet Selimoğlu, Emin Sekun, Ziya Tüzmen, Muzaffer Kolçak, Hadi Malkoç, Recep Yelkendağ, Tahsin Güzel, Fehmi Kurucu, Hasan Kaşarcı, Dr. Hulusi Dosdoğru, Dr. Müeyyet Boratav, Dr. Can Boratav, İsmet Selimoğlu, Faik Muzaffer Amaç, Aslan Kaynardağ, Asım Bezirci, Ali Ertekin, Hasan İzettin Dinamo, Mustafa Börklüce, İlhan Berktay, Suni Büyük et Ali Akça, qualifiés de « communistes », furent arrêtés sous les accusations de provocation et de complot.

Injustement incarcéré pendant neuf mois durant cette période, Aziz Nesin fut de nouveau arrêté, six ans plus tard, le 18 mai 1961, à une époque où le Comité d’union nationale, auteur du coup d’État du 27 mai 1960, faisait souffler des vents de « liberté de la presse », sous l’accusation de « propagande communiste » pour un article paru dans le journal Tanin, propriété de l’ancien secrétaire général du CHP [Parti républicain du Peuple], Kasım Gülek. Ce même Aziz Nesin qui, persuadé qu’une ère de liberté allait commencer après le 27 mai, avait fait don à l’État de la Palme d’or qu’il avait remportée au concours international d’humour de Bordighera…

J’eus le plaisir de suivre le procès d’Aziz Nesin durant l’été 1961, à la fois en qualité de journaliste et de syndicaliste, et à cette occasion, de le rencontrer en personne.

En 1963, alors que j’étais à la fois journaliste et syndicaliste à Bâbıâli [quartier de la presse à Istanbul] et militant dans les rangs du Parti ouvrier de Turquie, nous étions souvent ensemble ; il nous soutenait et nous encourageait, nous les jeunes.

Aziz Nesin a aussi grandement contribué, par ses écrits, à faire du journal Akşam, dont je pris la direction en 1964, la voix de la gauche.

Nous avons également vécu, à vingt ans d’intervalle, les difficultés rencontrées par Aziz Nesin en 1946 lors de la publication de Marko Paşa, lorsque nous publiâmes, avec İnci, la revue Ant.    

Malgré toutes les pressions, menaces et procès, Ant, que nous avons maintenu en vie jusqu’au coup d’État de 1971, publia l’une de ses premières grandes séries en 1967 avec les impressions d’Aziz Nesin sur sa visite de la République arabe unie.

Un autre article important d’Aziz Nesin, que nous avons publié dans Ant, était son appel à la création d’un Comité Nazım Hikmet en Turquie.

Nous avons annoncé son arrestation à son retour de voyage d’Union soviétique en 1967, en couverture de la revue Ant du 11 juillet 1967, sous le titre « Jeu sordide », et dans le même numéro, dans mon éditorial intitulé « C’est un mauvais chemin ! » , je formulais la critique suivante :

« Les masques sont finalement tombés. Après avoir tenté de faire adopter la loi antiterroriste et de lever l’immunité parlementaire de Çetin Altan, le vrai visage du pouvoir, sollicitant du parlement l’autorisation de gouverner par des décrets dignes de Mussolini ou d’Hitler, s’est révélé dans toute son ignominie en orchestrant des manœuvres policières douteuses à l’encontre d’Aziz Nesin.

« L’AP [Parti de la Justice], arrivé au pouvoir en trompant les masses grâce aux promesses de la Constitution du 27 mai et au soutien des milieux capitalistes, loin d’appliquer la Constitution et de servir les citoyens qui l’ont élu, tout au contraire, instaure désormais le fascisme en Turquie et livre le pays aux intérêts d’une poignée de privilégiés et de leurs parrains de Wall Street. Un engagement à développer le secteur privé, et non la Turquie, sous couvert d’un Plan, a été adopté par le Parlement, et non-content de cela, un stratagème a été mis sur pied pour distribuer les ressources de l’État, sans le moindre contrôle si ce n’est la seule volonté de Demirel, à une poignée de privilégiés.

« Afin d’éliminer les forces de gauche qui s’opposent à ce pillage, ils tentent d’instaurer un régime tyrannique en levant l’immunité parlementaire, en arrêtant des écrivains sans preuves et en recourant à la force brute des pauvres dupes poussés à descendre dans la rue. »

Dans sa « Lettre ouverte au Premier ministre », que nous avons publiée dans la revue Ant du 18 juillet 1967 après sa libération, Aziz Nesin déclarait :

« Tout comme il existe des représentants de l’État et du gouvernement, je représente avec mes amis la littérature turque contemporaine. Et personne n’a le droit de me déposséder de cette autorité. Personne ne peut me considérer comme moins patriote qu’elle-même. Je me rends où je le souhaite et rencontre qui je veux. En tant qu’écrivain, je n’ai pas de leçon à recevoir de mes interrogateurs sur les personnes avec lesquelles je devrais m’entretenir, les sujets que je devrais aborder ou encore les intérêts de mon pays.

« Des heures durant, j’ai subi un interrogatoire intimidateur selon lequel j’aurais remis un colis et des messages de Yakup Demir, représentant du Parti communiste de Turquie à l’étranger, à mon ami Mehmet Ali Aybar, président du Parti ouvrier de Turquie. Je ne connais pas Yakup Demir, je ne l’ai jamais vu ni en Turquie ni à l’étranger. Mais si je l’avais vu, je lui aurais parlé, et j’aurais souhaité lui parler. De même que, par exemple, je ne vous soupçonne absolument pas lorsque vous parlez à Brejnev ou à Kossyguine, personne n’a le droit, qui que soient mes interlocuteurs, et sans la moindre preuve ou le moindre document à ma charge, de remettre en cause mon patriotisme ou de me contraindre à répondre comme bon leur semble.

« Votre police politique, qui m’a interrogé, m’a menacé en déclarant : "Si Dieu le veut, nous vous attraperons un jour, très bientôt, et écraserons votre cervelle". Après cet écrit, ils risquent de s’énerver totalement et de me traiter plus mal encore. Mais je n’ai pas peur. Car j’ai confiance en moi et n’ai rien fait qui justifie d’avoir peur. Ils peuvent m’insulter encore plus durement, mais je n’ai pas peur, car par leurs insultes, ils auront bafoué leur propre dignité. Ils peuvent me battre, me torturer ; je n’aurai toujours pas peur, car ma dignité est intacte, mais perdra la leur. Je pourrais même me retrouver en prison à la suite d’un complot, je n’aurai toujours pas peur. Je sais comment vivre et travailler en prison, et la vérité éclatera de toute façon un jour. La mort serait-elle la chose la plus terrible ? Je n’en ai pas peur non plus. Bien sûr, je veux vivre, faire de bonnes choses pour ma patrie, et écrire davantage. Mais j’ai cinquante-deux ans et je ne vivrai plus aussi longtemps.

« Dans vos discours et vos déclarations, vous évoquez fréquemment le respect pour la Constitution et l’ordre démocratique. Ce que votre police politique m’a infligé est contraire à ces principes. C’est contraire à la Constitution et à l’ordre démocratique. Ils sont sur la mauvaise pente. Je vous en informe en supposant que vous l’ignoriez et en pensant que cela vous sera utile ».

À partir du 3 août 1967, nous avons publié pendant cinq semaines dans la revue Ant une série d’articles d’Aziz Nesin intitulés « Trente-six heures de garde à vue et d’interrogatoire policier » dans laquelle il décrivait dans le détail sa détention.

Nos informations et commentaires à ce sujet, ainsi que la série d’articles d’Aziz Nesin, sont accessibles sur le lien ci-dessous de la TÜSTAV :

https://www.tustav.org/sureli-yayinlar-arsivi/ant-dergisi/

Dans un article paru dans Ant au début de 1970, consacré à un livre d’Emin Türk Eliçin, Aziz Nesin mettait en garde ceux qui pensaient que le kémalisme était anticapitaliste, soulignant que l’étatisme kémaliste avait en réalité servi à développer le capitalisme national…

Après le coup d’État du 12 mars, qui nous a contraints à l’exil, il n’avait pas ménagé son soutien à nos camarades qui s’efforçaient de maintenir les éditions Ant en activité avec des livres pour enfants durant cette période de répression… Le premier livre pour enfants publié en 1971 était « Dors mon petit » d’Aziz Nesin…

Dans les années 1970, alors qu’Aziz Nesin jetait les bases de la Fondation Nesin pour venir en aide aux enfants en Turquie, nous fondions à Bruxelles les Ateliers du Soleil pour servir les migrants et les exilés de différentes origines…

Son dévouement et sa détermination dans le domaine socioculturel ont été pour nous une source d’inspiration au moins aussi importante que son esprit combatif dans le journalisme.

En 1978, lors d’un bref séjour en Turquie pour préparer notre retour définitif, l’une des personnalités que je tenais absolument à revoir était Aziz Nesin… C’était notre première rencontre après huit ans… Il était furieux de la campagne lancée contre lui par des membres du TKP [Parti communiste de Turquie]…

« Écoute Doğan, j’avais appris ton retour en Turquie, je t’attendais. Ce fait des années que nous ne nous sommes pas vus, bienvenue » me dit-il, avant d’ajouter sans me laisser le temps de répliquer : « Si tu es devenu le membre du TKP, là-bas, sache ceci : je ne les laisserai pas s’en tirer à si bon compte. Tu dois leur transmettre ce message ! »

« Je ne peux pas le leur transmettre » répondis-je, « car je suis membre du Parti ouvrier de Turquie… »

Je comprenais sa colère. Depuis quelque temps, le TKP menait une campagne intitulée « Qui es-tu Aziz Nesin ? » en raison de certaines de ses critiques à l’égard du Syndicat des Mineurs. C’est une campagne odieuse.

Tant comme écrivain que comme président de l’Union des écrivains de Turquie, Aziz Nesin a toujours fait preuve de solidarité envers tous ceux qui, comme nous, avaient été déchus de leur nationalité après le coup d’État de 1980.

En 1984, lorsqu’ils furent poursuivis pour leur participation à la campagne de la Pétition des Intellectuels, nous avions renforcé nos liens avec Aziz Nesin afin d’obtenir un soutien de l’étranger. Il m’avait également envoyé le texte de sa défense devant le tribunal, dont la publication avait été interdite en Turquie. Nous l’avons publiée à Bruxelles, la portant ainsi à l’attention de l’opinion publique européenne.

Parmi les intellectuels pris pour cible des décennies avant l’arrivée au pouvoir de ceux qui ont plongé la Turquie dans l’emprise d’un régime islamofasciste, Aziz Nesin figurait en première ligne.

Alors que nous espérions pouvoir un jour accueillir notre cher Aziz Nesin en Europe, lui qui avait survécu à l’incendie criminel de Sivas en 1993, la triste nouvelle tomba le 6 juillet 1995. Aziz Nesin nous avait quittés.

Pourtant, une semaine plus tôt, le 30 juin 1995, il avait tenu une conférence de presse à Istanbul, appelant à la lutte contre la réaction islamiste qui commençait à menacer le monde entier, à commencer par les pays musulmans. Nous avions tenté de diffuser son appel dans différentes langues à travers le monde.

Le monde occidental allait prendre conscience de la justesse de cet appel, vingt ans plus tard, le 7 janvier 2015, lorsque des réactionnaires islamistes attaquèrent le célèbre journal satirique français Charlie Hebdo, tuant onze caricaturistes. L’ampleur du danger serait encore mieux comprise lors des massacres perpétrés par des terroristes islamistes à Paris la même année, et à Bruxelles l’année suivante.

Est-ce tout ?

Trente ans après la mort d’Aziz Nesin, la Turquie est toujours sous la dictature d’un régime islamofasciste… Tandis que le spectacle de la « Turquie sans terreur » se poursuit, les dirigeants du parti kurde HDP, les résistants de Gezi et le maire de l’une des plus grandes municipalités d’Europe sont toujours incarcérés… Le principal parti d’opposition, le CHP, essaie d’être réduit en morceaux et privé de toute chance de gagner les élections par l’entremise des « curateurs » complices des crimes des initiateurs de la « Turquie sans terreur »…

Et tout comme Aziz Nesin fut placé en garde à vue et sous l'interrogatoire à son retour de l’étranger il y a 59 ans, un jeune artiste de 32 ans, Deniz Göktaş, est lui aussi arrêté et jeté en prison, les mains menottées dans le dos, dès qu’il a posé le pied dans cette « Turquie sans terreur » à son retour de l’étranger.

Tout en essayant de soutenir la campagne de solidarité lancée à l’étranger pour Deniz Göktaş, la merveilleuse mélodie de Bob Dylan, « Blowin’ in the Wind », traduite par Can Yücel, me trotte sans cesse dans la tête :

Combien de routes un homme doit-il parcourir
Avant que vous ne l’appeliez un homme
Combien de mers la blanche colombe doit-elle traverser
Avant de s’endormir sur le sable

Combien de fois doivent tonner les canons
Avant d’être interdits pour toujours
La réponse, mon ami, est soufflée dans le vent/La réponse est soufflée dans le vent
Combien d’années faut-il aux arbres pour s’enraciner
Avant l’avènement du printemps

Combien d’années faut-il que les hommes attendent
Avant que la justice triomphe
Combien de lumières du jour faut-il voir
Avant qu’elles passent inaperçues

Combien faut-il de morts pour qu’il comprenne
Que beaucoup trop de gens sont morts
Combien de mains vides doivent se lever au ciel
Avant que le cœur s’éveille
Combien de cordes doivent se briser des instruments
Jusqu’à ce que ce son résonne

Traduction: Mazyar KHOOJINIAN


75-year-old retired teacher among arrested in crackdown ahead of Ankara NATO summit

An Ankara court last week formally arrested 178 other individuals including academics, journalists, environmental activists, and students in a mass crackdown conducted ahead of the upcoming NATO summit in the capital city.

Ayten Yakut, 75, a long-time teacher and volunteer for the Turkish Foundation for Combating Soil Erosion (TEMA), was among the 41 members of the foundation targeted in the crackdown. She was remanded in custody on Jun 25 for on allegations of "being a member of a terrorist organization" and sent to Sincan Women's Closed Prison along with other women volunteers of TEMA.

She was released today following an appeal by her lawyer.

Lawyers link the targeting of TEMA in the investigation to a coincidental ID check on Jun 3, when the group organized a visit to the Nallıhan Bird Sanctuary on the outskirts of Ankara. The group's bus was stopped by police who had set up checkpoints at the entrances to Ankara to prevent the entry of Eskişehir-based miners who were protesting over their unpaid wages and attempting to bring their protest to the capital city.

"When we evaluate the events from the perspective of legal technique, it is clear that we are facing a complete legal absurdity," Gürbüz Özdemir, Yakut's lawyer, told bianet, describing the proceedings as "the implementation of a purely political scenario."

"My client is a 75-year-old woman with health issues," said Özdemir. "She is a retired teacher who has spent years educating people in this community and has never set foot in a courthouse or police station."

"Under these circumstances, her arrest and subsequent detention—cruelly linked to an armed terrorist organization—is unacceptable both legally and morally," added the lawyer.

'There is no single piece of evidence'

Police raided the home of Yakut, who lives alone, at around 4 in the morning on Jun 23. Along with several other detainees, she is accused of being a member of the Communist Party of Turkey/Marxist-Leninist (TKP/ML), an outlawed armed group that has been barely active over the past two decades.

"Not a single piece of evidence or allegation was included during the interrogation to substantiate my client's connection with the TKP/ML," Özdemir said. "The questions asked were limited to whether she was familiar with this organization. During the interrogation, no evidence or allegations were presented to substantiate the client’s connection to the group."

Despite this, the prosecutor's office alleged in its formal request for arrest following interrogations that the suspects could "carry out terrorist acts in an effort to portray the Republic of Turkey as a country associated with terrorism."

Özdemir asserted this request alone showed that the process was politically motivated.

An appeal has been filed against Yakut's detention. (BIA, 29 June 2026)

13 écologistes détenus risquent de rester en prison jusqu'à la fin du sommet de l'Otan

Treize écologistes placés en détention provisoire par les autorités turques pour des accusations de "terrorisme" avant le sommet de l'Otan risquent de demeurer en prison jusqu'à la fin du sommet, a dénoncé lundi leur avocat à l'AFP.

"Treize de nos bénévoles, âgés de 65 à 73 ans, sont actuellement en détention suite à une grave erreur judiciaire. (...) Des recours ont été déposés, mais selon nos informations, leur libération n'interviendrait qu'après le sommet de l'Otan, bien qu'ils soient âgés et sous traitement médical", a affirmé à l'AFP l'avocat des écologistes Suleyman Cetin.

225 personnes avaient été interpellées lors des opérations menées le 23 juin et 178 personnes ont été placées en détention provisoire pour des accusations de "terrorisme" avant le sommet de l'Otan qui se tiendra le 7 et 8 juillet à Ankara, dont des bénévoles de la fondation turque de protection de l'environnement Tema.

Le parquet a fait valoir que les suspects "pourraient commettre des actes terroristes".

"En droit, la détention préventive n'existe pas. Il n'est pas possible d'arrêter quelqu'un sur une simple possibilité", regrette Me Cetin.

Les procureurs reprochent aux bénévoles, qui étaient de retour d'un sanctuaire d'oiseaux le 3 juin, d'avoir croisé et salué une manifestation de mineurs, selon l'ONG turque MLSA.

"Parmi les détenus, il y a un professeur spécialiste de la biodiversité ainsi que des experts (de) l'érosion. Ce sont des gens épris de leur terre et de leur pays. Il est absolument inconcevable qu'ils soient associés à une organisation terroriste", ajoute Me Cetin.

La Fondation Tema est l'une des principales organisations environnementales de Turquie.

Le rédacteur en chef d'un magazine LGBT+, une syndicaliste et une universitaire font aussi partie des personnes placées en détention après la même vague d'arrestation.

"Le détournement des lois antiterroristes pour procéder à des arrestations massives et réduire au silence des personnes à l'approche d'un sommet de l'Otan va à l'encontre des valeurs fondatrices de l'alliance", avait dénoncé jeudi l'ONG Human Rights Watch. (AFP, 29 juin 2026)

Une cinquantaine d'arrestations à la Gay Pride d'Istanbul

La police turque a interpellé dimanche au moins 50 personnes dont un journaliste, au cours de la Gay Pride à Istanbul, où les manifestations ont été interdites par les autorités locales, le principal lieu de rassemblement ayant été bouclé par les forces de l'ordre ont indiqué les organisateurs.

La police a renforcé la sécurité autour de l'emblématique place Taksim à Istanbul, en installant des barrières métalliques, tandis que les autorités locales ont interdit les manifestations dans les principaux lieux de rassemblements, dont le quartier de Kadikoy, situé sur la rive asiatique. La circulation du métro a également été restreinte dans plusieurs endroits du centre-ville.

Selon l'Union turque des journalistes, l'une des personnes interpellées est la journaliste Muberra Unsal.

"Les journalistes couvrant la Marche des Fiertés à Istanbul sont confrontés de nouveau cette année à des entraves illégales. Bien qu'elle se soit identifiée d'une manière répétée comme journaliste, Unsal a été placée en détention", a indiqué l'Union turque des journalistes sur X.

Les manifestants défendant la cause LGBT, qui se sont rassemblés dans plusieurs quartiers de la ville, ont proclamé leur intention de poursuivre leurs manifestations.

"La journée n'est pas terminée. En fait nous ne faisons que commencer. Nous ne renonçons pas. Nous continuerons à descendre dans la rue, où que nous soyons", scandaient les manifestants.

L'association du Barreau d'Istanbul a déployé une grande banderole sur son bâtiment avec l'inscription: "les droits LGBT sont des droits humains".

L'homosexualité n'est pas illégale en Turquie, mais la communauté LGBT+ est souvent prise pour cible par le président Recep Tayyip Erdogan, qui l'accuse de la baisse de la natalité dans le pays.

Depuis 2015, la Marche annuelle des Fiertés est presque systématiquement interdite.

Par ailleurs, les autorités turques ont ordonné samedi la fermeture d'un bar gay, l'accusant d'infractions, après des protestations contre son propriétaire émanant de groupes islamistes.

Les groupes islamistes ont lancé sur les réseaux sociaux une campagne contre une croisière destinée aux voyageurs LGBT+. Ils ont affirmé que l'étape en Turquie de la croisière avait été organisée par le propriétaire du bar, Mustafa Dogan Yilmaz.

L'escale à Istanbul était prévue le 8 juillet.

Le quotidien pro-gouvernemental Yeni Safak a indiqué que l'organisateur de la croisière avait décidé de supprimer l'escale à Istanbul. (AFP, 28 juin 2026)

178 personnes en détention provisoire avant le sommet de l'OTAN

Cent soixante-dix-huit personnes ont été placées en détention provisoire en Turquie pour des accusations de "terrorisme" avant le sommet de l'OTAN, a rapporté samedi l'agence publique Anadolu, en citant un communiqué du parquet d'Ankara.

Ces détentions font suite à une série d'opérations menées cette semaine, en amont du sommet des 7 et 8 juillet auquel doivent participer 32 dirigeants, dont le président américain Donald Trump.

Selon Anadolu citant le parquet, à ce stade 178 des 225 personnes placées en garde à vue ont été formellement arrêtées, 34 ont été remises en liberté sous contrôle judiciaire.

Vendredi, l'ONG turque MLSA (Media and Law Studies Association) avait indiqué que parmi les personnes arrêtées figurent des journalistes, des universitaires, des avocats, des syndicalistes, des enseignants, des étudiants et d'autres représentants de la société civile.

Parmi les personnes placées en détention provisoire figure Yildiz Tar, rédacteur en chef du magazine LGBT+ Kaos GL, Emel Memis, professeure d'économie à l'université d'Ankara, ou encore Nevzat Ozer de la fondation Tema, et plusieurs bénévoles de cette importante ONG environnementale.

La MLSA a rapporté que, lors des interrogatoires de police, il a été demandé à ces bénévoles s'ils étaient membres du Parti communiste de Turquie/marxiste-léniniste (TKP/ML) - une organisation interdite -, s'ils utilisaient des noms de code et s'ils avaient reçu un entraînement au maniement des armes. (AFP, 27 juin 2026)

Pression sur les médias / Pressure on the Media

Journalists speaking out means prison and persecution!

Published for 25 years and running 54 pages in its latest quarterly edition, the BİA Media Monitoring Report shows that journalists are now widely convicted due to the news and topics they bring to the public, in proportion to the "risks" these efforts pose in the eyes of the government.

In the last three months, T24 columnist Tolga Şardan was convicted on charges of "insulting judicial organs" over his story on the "MİT judiciary report," journalists Barış Pehlivan, Murat Ağırel, and Zafer Arapkirli for "publicly disseminating misleading information (disinformation)," Timur Soykan for "violating confidentiality of an investigation," and journalist Erdoğan Alayumat for "making propaganda for a terrorist organization."

The report indicates that continuous arrests of journalists continued in the second quarter of 2026, following DW Türkçe reporter Alican Uludağ, Aydınpost editor-in-chief Yelis Ayaz, and BirGün newspaper's İsmail Arı, with Kaos GL news site editor-in-chief Yıldız Tar, who was jailed under the pretext of the NATO Summit.

Total of 7 years and 6 months in prison for six journalists in three months

In the past three months, during which dozens of journalists were put on trial, prosecutions carried out against at least 12 of them on charges of "publicly disseminating misleading information," "insulting state institutions," "insulting religious values," "violating confidentiality," "making organization propaganda," or "membership in an organization" were concluded. While some of the journalists were acquitted, six were sentenced to a total of 7 years and 6 months in prison (1 year and 6 months suspended) as a result of the trials:

T24 columnist Tolga Şardan was sentenced to a suspended five-month prison sentence on charges of "insulting judicial organs" over his news report titled "MİT judiciary report." Investigative journalists Barış Pehlivan and Murat Ağırel were sentenced to 1 year and 3 months in prison on charges of "publicly disseminating misleading information" due to their statements on the program "Kayda Geçsin" on Halk TV.

Timur Soykan was also given a suspended 10-month prison sentence on charges of "violating confidentiality." Journalist Zafer Arapkirli, a writer for BirGün newspaper, was sentenced to 2 years and 6 months in prison on charges of "publicly disseminating qualified misleading information" due to a social media post regarding attacks targeting Alawites in Syria. Erdoğan Alayumat was sentenced to a suspended 1 year and 3 months in prison on grounds of "making propaganda for a terrorist organization."

Journalist İskender Kahraman, who was retried on charges of "organization propaganda" over articles about Rojava and Afrin published on the Yüksekova Haber website in 2017 and 2018, was acquitted. Journalist Ender İmrek, who was held under house arrest for 100 days as part of the HDK investigation, and Ercüment Akdeniz, who was detained for eight months, were acquitted in the cases where they were tried for "organization membership." A similar decision was reached for Mezopotamya Agency (MA) reporters Esra Solin Dal and Mehmet Aslan.

Persecution through arrests continues with İsmail Arı and Yıldız Tar

Chronic problems regarding the arrest of journalists due to political conjuncture or after bringing political authorities to the agenda continued in the last three-month period with reporters such as BirGün newspaper reporter İsmail Arı, Aydınpost site owner Yelis Ayaz, and magazine journalist Bilal Özcan.

Along with these journalists, although DW Türkçe reporter Alican Uludağ, who was previously arrested, was recently released, the imprisonment of Kaos GL news site editor-in-chief Yıldız Tar under the pretext of an "organization operation" before the NATO Summit constituted a fresh example of the violation of fundamental journalism rights due to conjuncture. The detention of 40-year journalist and TELE1 editor-in-chief Merdan Yanardağ in a lawsuit filed with the allegation of "political espionage" has exceeded eight months.

Insulting the president: 16 journalists and cartoonists on trial

Arbitrary lawsuits regarding the charge of "insulting the president" against journalists in Turkey continued in the last three months with trials opened against at least 16 journalists and cartoonists (Alican Uludağ, Deniz Yücel, Sedef Kabaş, Baransel Ağca, Erk Acarer, Julien Serignac, Gerard Biard, Laurent Sourisseau, "Alice", Mehmet Tezkan, İbrahim Kahveci, Suat Toktaş, Ramazan Yurttapan, Haydar Ergül, Doğan Pehlevan, and Rüstem Batum) demanding up to 4 years and 8 months in prison. In this period, Sefer Selçuk Özbek and Gökay Başcan also came to the agenda with investigations opened against them. No conviction decision was identified under this article in the last three-month period.

Consequently, Article 299 of the Turkish Penal Code served as a basis for the prosecution of over 250 journalists and the sentencing of at least 80 (some suspended) to prison or fine penalties during President Erdoğan's 12-year term in office. Neither the Venice Commission recommendation of 2016 nor the "Vedat Şorli" conviction issued by the ECtHR against Turkey in Oct 2021 could, unfortunately, prevent journalists from being harassed with arbitrary lawsuits in the intervening time. (BIA, 24 July 2026)

Online censorship: Research, criticism, and LGBTI+ reporting targeted

The Information and Communication Technologies Authority (BTK) and penal judgeships of peace continue full steam ahead with online censorship based on "personal rights," which the Constitutional Court annulled as of Oct 10, 2024. Since then, they have been using the ground of "national security and public order" to prevent issues such as irregularities and corruption from reflecting to the public. Access to at least 24 online news articles was blocked in the last three months.

In the region of the "Year of the Family" policies declared by President Erdoğan, X accounts of numerous journalists and news outlets, such as Yusuf Çelik, Esra Ece Kutlu, Zilan Azad, and Kaos GL Editor Oğulcan Özgenç, were banned in the last three months, particularly along with LGBTI+ reporting. Access blocks in the last three months targeted the X accounts of Bülent Mumay, Erk Acarer, Abdurrahman Gök, İslam Özkan, Yusuf Çelik, Esra Ece Kutlu, Zilan Azad, Oğulcan Özgenç, and Nisan Çıra, as well as the TGS Women and LGBTI+ Commission and the Velvele website.

The censorship of the investigative dossier titled "Visa Empire" by Canan Coşkun on the Kısa Dalga news site, along with related news and social media posts, again in the name of "protecting national security and public order," constituted one of the clear and severe examples of investigative journalism being recklessly suffocated through the judiciary. The problem of accreditation discrimination against the media observed at the NATO Summit in Ankara, which was also registered by courts in Turkey, became part of the international agenda accompanied by harsh reactions from media freedom organizations. (BIA, 24 July 2026)


La Cour constitutionnelle décide d'indemniser les familles des victimes d'un massacre de 1993

Les familles de 33 personnes, principalement des intellectuels alévis, brûlées vives en 1993 par des islamistes radicaux à Sivas, dans l'est de la Turquie, seront indemnisées, a décidé jeudi la Cour constitutionelle turque, ouvrant la voie, selon l'avocat de trois descendants de victimes, à un rejugement des responsables.

"La Cour a décidé que le droit à la vie a été violé sur le plan procédural. Cela signifie que l'État a manqué à son obligation de mener une enquête effective dans cette affaire. (...) Cette violation justifie un rejugement", a affirmé à l'AFP Günal Kursun, l'avocat de trois descendants de victimes.

L'indemnisation, dont le montant reste inconnu jusqu'à la publication ultérieure du jugement motivé, "ne saurait constituer une réparation complète pour ces familles", a cependant précisé Me Kursun.

"Pour une véritable réparation, tous les responsables, y compris les hauts fonctionnaires et responsables politiques, doivent être traduits en justice. L'État a manqué à son devoir de poursuivre ses propres fonctionnaires", a-t-il ajouté.

Le 2 juillet 1993, 33 intellectuels, dont une majorité d'alévis, ont été tués dans l'hôtel Madimak à Sivas, où ils étaient réunis pour un festival, dans un incendie allumé par une foule d'islamistes radicaux.

Parmi les intellectuels figurait l'écrivain Aziz Nesin, qui a survécu à l'incendie avant de mourir d'une crise cardiaque en 1995. La présence de Nesin, qui avait entamé la traduction en turc des "Versets sataniques" de Salman Rushdie, avait motivé l'appel à manifester des partis islamistes de l'époque.

Cet incident a traumatisé la communauté alévie de Turquie, principale minorité religieuse du pays.   Les alévis forment un groupe hétérodoxe particulièrement attaché à la laïcité, dont la pratique religieuse diffère de celle des franges traditionnelles de l'islam.

Trente-trois personnes ont été condamnées à la perpétuité pour le massacre de Sivas, mais certains responsables n'ont jamais été jugés et ont bénéficié de la prescription des faits, dénoncent des défenseurs des droits de l'homme.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a amnestié deux des condamnés à perpetuité pour le massacre en 2020 et 2023. (AFP, 23 juil 2026)

La plaque d’honneur de l'Association des journalistes de Turquie a été transmise à Özgüden


Alors que l’Association des journalistes de Turquie célébrait à la fois son 80e anniversaire et le 38e anniversaire de la création du Musée de la presse lors d’une grande cérémonie, elle a également rendu hommage à 28 journalistes chevronnés ayant consacré de longues années à la profession en leur remettant la plaque d’honneur.

Faruk Pekin, l’un de ses compagnons de lutte, qui avait reçu la plaque d’honneur au nom de Doğan Özgüden – absent de la cérémonie car en exil –, a transmis ce cadeau à Doğan Özgüden et à son épouse, la journaliste İnci Tuğsavul, à Bruxelles.

Avant la cérémonie à Istanbul à laquelle il n’avait pas pu assister en personne, Doğan Özgüden avait adressé le message de remerciement ci-dessous au président de l’Association des journalistes turcs, Vahap Munyar, et à sa secrétaire générale, Sibel Güneş :

"Je vous remercie d’avance de m’honorer en me remettant une Plaquette d’Honneur à l’occasion du 80e anniversaire de notre association.

"J’ai débuté dans le journalisme il y a 74 ans, en 1952 à Izmir, et j’avais immédiatement assumé des responsabilités au sein de l’Association des Journalistes d’Izmir et du Syndicat des Journalistes d’Izmir. Lorsque je devins rédacteur en chef du journal Akşam à Istanbul en 1964, je devins membre de l’Association des Journalistes d’Istanbul.

"Alors que je dirigeais la revue Ant dans la seconde moitié des années 1960, le coup d’Etat du 12 mars nous a contraint, mon épouse, la journaliste İnci Tuğsavul, et moi-même, à l’exil, où nous dirigeons ensemble depuis 52 ans l’agence Info-Türk à Bruxelles.

"En Belgique, j’ai l’honneur d’être membre de l’Association des Journalistes Professionnels (AJP) tout en conservant mon adhésion à l’Association des Journalistes de Turquie."

L’Association des Journalistes de Turquie (TGC) avait décerné à İnci Tuğsavul le prix de « Journaliste de l’Année » en 1963.

Özgüden et Tuğsavul, qui dirigent l’agence de presse Info-Türk depuis 52 ans, ont également reçu les distinctions suivantes au cours de leur exil :

8 mars 2006 : Prix de la « Liberté de pensée » décerné par la branche stambouliote de l’Association des Droits de l’Homme (İHD),

4 novembre 2007 : « Prix Burhan Felek du Service à la Presse » décerné à Doğan Özgüden par l’Association des Journalistes de Turquie,

27 février 2014 : Prix « Citoyens de l’Humanité » décerné à Özgüden et Tuğsavul par l’Institut Kurde de Bruxelles, l’Association des Arméniens Démocrates de Belgique, l’Institut Assyrien de Belgique, les Ateliers du Soleil et la Maison du Peuple de Bruxelles,

10 juin 2015 : Prix « Liberté de pensée et d’expression » décerné à Özgüden et Tuğsavul par l’Association des Éditeurs de Turquie,

31 mai 2016 : Prix décerné à Doğan Özgüden « pour son engagement de toute une vie en faveur des droits humains, de la démocratie, de la vérité et de la justice » par la Fédération euro-arménienne pour la Justice et la Démocratie (EAFJD),

27 juin 2018 : Certificat de reconnaissance remis à Özgüden par l’Association des Journalistes de Turquie,

12 mars 2025 : Prix de reconnaissance décerné à Özgüden et Tuğsavul pour leur amitié et leur soutien indéfectibles par le Comité des Arméniens de Belgique.

L'arrestation du chanteur et fondateur d'une ONG Haluk Levent

La police turque a arrêté dimanche la rock  star Haluk Levent, un militant de la société civile dont l'ONG s'est fait  connaître par son aide à la population après le séisme de 2023, selon des  médias.

Le mandat d'arrêt a été émis par le parquet d'Istanbul dans le cadre d'une  enquête pour corruption visant l'ONG fondée par le musicien, AHBAP.

 Selon les médias BirGun et Sozcu, Haluk Levent, 57 ans, a été interpellé  par la police financière à Bursa, dans le nord-ouest de la Turquie, pour des  motifs incluant la violation de la loi sur les associations, le blanchiment  d'argent et la participation à un groupe criminel organisé.

Haluk Levent avait fondé l'ONG AHBAP en 2017. Celle-ci s'est fait connaître  par son réseau de volontaires dans tout le pays, ainsi que par son aide à la  population après le séisme de février 2023, qui avait fait plus de 53.000  morts dans le sud-est de la Turquie.

Selon les médias, Haluk Levent doit être présenté, à une date non précisée,  devant un juge à Istanbul. (AFP, 12 juil 2026)

CPJ, partners condemn multiple journalist arrests in Turkey

The Committee to Protect Journalists joined 26 other press freedom and human rights organizations Wednesday in condemning the detentions and arrests of at least 11 journalists in the past two weeks leading up to the NATO summit in Ankara on July 7-8.

“The targeting of critical journalists also cannot be viewed in isolation,” the statement said, asking for their immediate release. The organizations also urged Turkish authorities to drop all charges against the journalists and to end the misuse of the country’s laws against journalism.

Full statement.

The undersigned media freedom, freedom of expression, journalists’ and human rightsorganisations express profound alarm at the recent wave of detentions and arrests of journalistsand civil society representatives in Türkiye in the immediate lead-up to the NATO Summit inAnkara on 7-8 July.

In the last two weeks, Turkish authorities have launched a coordinated crackdown on criticalvoices in the country, including independent media. In this period, the Media Freedom RapidResponse (MFRR) monitoring platform Mapping Media Freedom documented 11 journalists andmedia workers detained under vague or unjustified pretexts, many with no connection to theNATO event in Ankara.

Turkish Media regulator RTÜK also issued a written warning ahead of the NATO Summit, urgingbroadcasters to keep “public interest and the national security perspective” in mind whencovering the event in news and discussion programs. The statement called for broadcasting tobe based on verified information, to remain measured, and sensitive to “societal sensitivities,”noting that RTÜK’s monitoring experts would be watching all broadcast content.Developments since the last week of June 2026 represent a coordinated strategy to silencecritical voices in Türkiye. The targeting of critical journalists also cannot be viewed in isolation.

The detentions and arrests are linked to the denial of accreditation for independent mediaoutlets operating in the country, which previously prompted a joint letter to NATO SecretaryGeneral Mark Rutte, urging the organisation to reconsider the requests of these media to coverthe summit in Ankara. The targeting of journalists also coincides with the pre-emptive detentionand arrest of hundreds of activists, lawyers, academics and rights defenders from diversebackgrounds. (BIA, 9 July 2026)

Turkey detains dozens, including journalists, in new wave of raids ahead of NATO summit

Police detained dozens of people this morning in simultaneous raids across multiple provinces ahead of a NATO summit scheduled for Jul 7–8 in Ankara, the capital.

The operations took place in İstanbul, Ankara, İzmir, Kocaeli, Antalya, Dersim, Urfa, Çanakkale, and Bursa. Those detained include academics, lawyers, law students, association members, political party representatives, and trade unionists.

Journalists are among the detained. Police detained bianet contributor Abbas Vural, T24 editor Buse Söğütlü, and OdaTV editor Ceren Erdoğdu during morning raids on their homes.

Erdoğdu recently reported on a petition launched by the "No to NATO Initiative," formed by Muslims against the bloc.

Lawyers detained

The Progressive Lawyers Association (ÇHD) announced that its İstanbul branch head, lawyer Ezgi Önalan, and member Yunusemre Işık were detained. The group said many clients of its lawyers were also detained in simultaneous operations.

"End the political operations that promise a rose garden without thorns to NATO," the association stated.

Law students Boran Işıldak and Burhan Can were detained in Ankara. The ÇHD stated the detentions were based on work conducted prior to the NATO summit and demanded their release.

Socialist groups targeted

In Antalya, police raided homes and detained at least 35 people. The detainees include 11 members of the People's Houses (Halkevleri) group, among them central executive board member Gürkan Gülseven, Antalya branch head Gülcan Şahin, and the entire local branch management.

Members of the Workers' Party of Turkey (TİP) Antalya provincial organization, Labor Youth, and the Kaldıraç Movement were also taken into custody. Additionally, Private Sector Teachers' Union central executive board member Yiğit Pertev, Antalya provincial spokesperson Diğde Simay Pertev, and provincial representative Mehmet Akif Karaca were detained in the province.

In Ankara's Tuzluçayır neighborhood, police raided a branch office of the Anatolia Culture and Researc Association (AKA-DER) on the evening prior to the morning operations, detaining at least nine people.

Police also detained at least six people from Antakya and three from Adana from the Kaldıraç movement, alongside at least five people traveling from İzmir to Ankara.

Raids in Kocaeli resulted in the detention of at least six people, including members and executives of the Labor Party (EMEP) and members of Kaldıraç.

In Urfa, members of EMEP, TİP, and the Socialist Laborers Party (SEP) were taken into custody. Detentions in Çanakkale and Bursa involved members of Revolutionary Youth Associations and employees and readers of the Devrimci Hareket magazine.

In İstanbul, raids targeted Revolutionary Youth Associations and the Revolutionary Movement, while the Friendship and Culture Association reported multiple detentions of its members in both İstanbul and İzmir. Members of Partizan, BDSP, SMİ, and SODAP were also detained in İzmir, while readers of Partizan were targeted in Dersim.

Academic and writer taken into custody

Separately, academic Sibel Özbudun and writer Temel Demirer were detained in İstanbul as part of an investigation conducted by the Muğla Chief Public Prosecutor's Office regarding social media posts. Both individuals are expected to be transferred to Muğla.

Crackdown ahead of NATO summit

Official authorities have not yet released a statement regarding the detentions. In a previous crackdown on Jun 23-24, authorities detained over 220 people, including journalists, academics, environmental activists, and students, on terrorism charges. Courts later formally arrested 103 of those individuals.

Authorities have not explicitly linked either wave of crackdowns to the upcoming alliance meeting.

The upcoming NATO summit will take place at the Presidential Complex in Ankara, bringing together officials from 32 countries. Around 40,000 security personnel will be deployed during the event, and strict traffic restrictions will be implemented, completely prohibiting access to the summit venue and areas hosting foreign leaders.

Road preparation along convoy routes has included painting house facades and erecting billboards focused on NATO and the Turkish defense industry, drawing public criticism for restricting movement and presenting a superficial display for visiting dignitaries. (BIA, 7 July 2026)


Authors, Journalists and Cultural Figures from Europe Call for the Release of Deniz Göktaş

A broad group of writers, illustrators, journalists, publishers and artists living in Europe has issued a joint appeal calling for the release of Turkish stand-up satirist Deniz Göktaş.

The statement was signed more than 185 names from Germany, Belgium, the Netherlands, Austria, Sweden, France, the United Kingdom, Switzerland and Ireland. Among the signatories are one of Germany’s first Turkish-origin cabaret artists, Şinasi Dikmen; theatre figures Atilla Cansever, İbrahim Yarar, Şaban Ol and Hilal Nesin; folk poets Âşık Şahturna and Ozan Emekçi; artist Ferhat Tunç; rapper Ezhel; journalists and writers Doğan Özgüden, İnci Tuğsavul, Osman Okkan, Gürsel Köksal, Atilla Keskin, Can Dündar, Nihat Kemal Ateş, Haydar Eroğlu and Murat Tuncel; cartoonists İsmail Doğan, Hayati Boyacıoğlu and Erdoğan Karayel; and humour writer Erdinç Utku.

In the joint statement, the signatories emphasized that freedom of thought and expression, art and humour are inseparable parts of democratic life.

They underlined that artists and satirists have, throughout history, produced works that critically examine those in power, social contradictions and everyday life. Such creative expression, they said, is one of the most vital domains of freedom of expression.

The statement stressed that criticism, humour and art are not areas to be punished in democratic societies, but values that must be protected.

According to the signatories, disagreeing with an opinion can never justify silencing it through criminal sanctions. They also recalled the fundamental principles of the rule of law, including the presumption of innocence, the right to a fair trial and the principle of proportionality.

Reference to Article 10 of the European Convention on Human Rights

The signatories drew attention to Article 10 of the European Convention on Human Rights, to which Türkiye is a party. They noted that freedom of expression protects not only ideas that are welcomed or considered harmless, but also those that are disturbing, critical or humorous.

The statement also referred to the European Court of Human Rights’ ruling in Eon v. France, in which the Court emphasized that satire is a legitimate form of expression which, by its nature, may involve exaggeration and provocation, and that punishing such expression can have a chilling effect on democratic public debate.

“Humour that refuses to remain silent is thought that cannot be silenced”

One of the central sentences of the appeal reads:

“Humour that refuses to remain silent is thought that cannot be silenced.”

The signatories placed the case of Deniz Göktaş within a broader discussion on artistic freedom, satire and democratic culture.

Anatolia’s tradition of humour and satire

The statement also referred to Anatolia’s long tradition of humour and satire, mentioning Nasreddin Hodja, Bektashi anecdotes, Mevlana, and Karagöz and Hacivat.

It also pointed to Diyojen, founded in 1870 during the Ottoman era, as part of the institutionalization of modern written humour and satire. Against this cultural background, the signatories argued, artists and satirists must be able to express themselves freely without fear of criminal sanctions.

Concern over pre-trial detention

The signatories described the pre-trial detention order against Deniz Göktaş as deeply troubling from the perspective of freedom of expression and condemned it.

They called for the decision to be reconsidered in light of Article 10 of the European Convention on Human Rights.

Call for immediate release

Göktaş was remanded in pre-trial detention over several humorous remarks in his latest performance on allegations of “insulting the President” and “publicly denigrating religious values.”

The signatories said they expect Deniz Göktaş to be released immediately, with due regard for fundamental rights and freedoms.

A call to the democratic public

The statement concludes with a call for a future in which polarization once again gives way to peace and tolerance, free thought prevails, and joy also has its rightful place. (BIA, 7 July 2026)

Deux journalistes arrêtés puis remis en liberté du sommet de l'Otan

Deux journalistes turcs ont été interpellés et placés en garde à vue lundi soir avant d'être remis en liberté, pour l'un sous contrôle judiciaire, avant l'ouverture du sommet de l'Otan à Ankara mardi soir, selon l'association de défense des droits MLSA.

Le reporter Kayhan Ayhan, qui suit le procès du maire d'Istanbul Ekrem Imamoglu et de l'équipe municipale pour "corruption", a été interpellé lundi soir à son domicile pour "diffusion de fausses nouvelles" et libéré mardi sous contrôle judiciaire, a indiqué sa publication, le site d'opposition Bir Gün.

"Il est obligé de se présenter deux fois par semaine au contrôle judiciaire et est interdit de quitter le pays", précise Bir GÜn.

"Je n'ai fait que du journalisme et je continuerai d'écrire", a déclaré Kayhan Ayhan, selon le site.

"Bien que toutes les questions posées à M. Ayhan au commissariat aient porté sur son travail et sur la procédure judiciaire (contre le maire d'Istanbul, ndlr), l'enquête a été ouverte par le Bureau d'enquête sur les crimes terroristes", a précisé Bir Gün.

M. Imamoglu, détenu depuis mars 2025, comparaît depuis le 9 mars.

Par ailleurs, le journaliste Hazar Dost qui avait été placé en garde à vue, également à Istanbul, pour sa participation à une manifestation remontant à 2018, a été lui aussi remis en liberté.

Selon l'association MLSA, Hazar Dost a été interpellé dans le cadre d'une procédure "ayant conduit à son acquittement" dont le parquet a fait appel.

"Dost a été interpellé alors qu'il faisait des courses chez un primeur de son quartier (...) le procureur a demandé une garde à vue au lieu de le convoquer pour une déposition" a expliqué l'association d'avocats.

Le journaliste a rapporté au site en anglais Bianet avoir été "malmené, insulté et privé d'accès aux toilettes" et annoncé son intention de porter plainte.

Les arrestations se sont multipliées par dizaines, ciblant tous les milieux et voix critiques, alors que le président turc Recep Tayyip Erdogan accueille mardi et mercredi les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Otan en sommet, dont il entend faire un succès pour son pays. (AFP, 7 juil 2026)

Un humoriste de stand-up a bousculé la société turque !

Ragip Duran, TVXS.GR, 6 juillet 2026

Deniz Goktas (32), nouvelle étoile montante de la comédie stand-up, représentant la génération de la Protestation de Gezi (Campagne de soulèvement spontanée de la jeunesse en mai 2013 à Istanbul) est à la une de l’ensemble des médias fin juin-début juillet.

Plus de 6 millions de citoyens en seulement une semaine ont vu ce spectacle d’à peu près 90 minutes diffusé sur la Toile. Simple, calme, intelligent et cultivé, Göktaş fait de la comédie politique et attaque les responsables de l’ordre établi, y compris le président Erdoğan, d’une façon très sophistiquée.

Le régime, fou de colère, a tout de suite contre-attaqué : les scènes sur X ont été interdites et le parquet d’Istanbul a ouvert une enquête contre ce jeune homme accusé de « dénigrer les valeurs religieuses et spirituelles ». Le parquet estime qu’il y a « des éléments constitutifs d'une infraction » dans le discours de Göktaş. « La sécurité nationale et l’ordre public doivent être préservés », croit-il.

Deux députés de l’EMEP (le Parti du travail, gauche) ont déposé une question parlementaire à laquelle doit théoriquement répondre le ministre de la Justice pour savoir en détail la raison de l’ouverture de l’enquête contre Goktas.

Selahattin Demirtaş, ancien président du parti kurde, en prison depuis environ un an, a également réagi contre l’ouverture de l’enquête du parquet.

Fils d’une famille alévie (secte minoritaire en général progressiste) de l’Anatolie centrale, Göktaş a une licence en psychologie de la prestigieuse Université technique du Moyen-Orient (ODTU) d’Ankara. Il poursuit ses études de maîtrise en cinématographie.

Le stand-up est très à la mode dans plusieurs grandes villes du pays. Les jeunes spectateurs, en particulier les étudiants et les jeunes cadres, remplissent les salles des clubs de comédie pour assister aux spectacles de ces troubadours modernes. Ces conteurs sont également très populaires sur les médias sociaux. Mais la très grande majorité de ces artistes n’ont pas osé, jusqu’à maintenant, ce que Goktas a réussi : critiquer l’ordre établi, critiquer le régime et les politiciens d’une façon habile et subtile.  Sur scène, il ne se comporte pas comme un activiste de gauche qui fait de la propagande, mais comme un homme de la rue qui raconte des histoires et des blagues. Il parle ironiquement, sans le nommer, du Coran et du Prophète, ce qui énerve les islamistes et les responsables du pouvoir. Alors qu’il s’agit uniquement de blagues, même pas de blasphème, les nationalistes et l’extrême droite sont également au menu.

Goktas, dont le prénom est une référence à Deniz Gezmiş (grand révolutionnaire des années 70, exécuté le 6 mai 1972), ne se prive pas de critiquer l'opposition, tout comme il critique le régime d’Erdoğan.

Alors que ses collègues sur scène racontent souvent des histoires de fesses avec des insultes machos, Goktas respecte les valeurs des femmes et des féministes. Tout au long de ses spectacles, il n’attaque jamais les membres de son public (ce qui est rare chez les autres), mais il dénonce et condamne minutieusement le régime et ses partisans avec rire et loisir.

Goktas a un éventail assez large car il parle un peu de tout : politique, psychologie, Grèce antique, commentateurs sportifs des TV, etc.

Göktaş est, depuis le 28 juin, en vacances à l’étranger.  Face à l’initiative du parquet et aux attaques des cercles proches du président, il a publié un message sur la Toile : « S’il le faut, je peux rentrer urgemment. » Il est rentré et a tout de suite été arrêté et écroué.

« Quand l’humour intervient sur la scène, le pouvoir est aveugle, sourd et muet, alors il attaque », observe un universitaire en exil.


Le stand-upper accusé d'insulte au président placé en détention

Un célèbre humoriste turc, connu pour ses stand-up qui génèrent des millions de vues en ligne, a été placé en détention provisoire par un tribunal d'Istanbul pour "incitation à la haine" et "insulte au président", a déclaré son avocat à l'AFP.

Le comédien Deniz Göktas "a été arrêté pour deux chefs d'accusation, pour incitation à la haine et insulte au président", a affirmé à l'AFP son avocat Metin Sinan Aslan.

"L'enquête avait commencé par une allégation d'insulte à la religion mais, considérant qu'il n'était pas possible de le placer en détention sur cette base, l'accusation a été modifiée, au prix d'une interprétation pour le moins forcée, en incitation à la haine et insulte au président", a estimé Me Aslan.

Lors de son interrogatoire, des policiers lui ont posé des questions sur son utilisation du mot "dictateur" pour désigner le président turc Recep Tayyip Erdogan et "ont laissé entendre qu'il avait tenu des propos offensants concernant des préceptes de l'islam cités dans le Coran", a ajouté Me Aslan.

Selon son avocat, le comédien de 32 ans a déclaré "Ils ne pourront pas voler notre joie", tout en restant de bonne humeur malgré son transfert à la prison de Metris à Istanbul.

L'arrestation de Deniz Goktas intervient dans ce que les opposants dénoncent une vague de répression visant toute personne considérée comme une voix critique envers le gouvernement islamo-conservateur et ses valeurs.

Un nombre croissant d'enquêtes judiciaires visent musiciens, artistes, journalistes et responsables politiques de l'opposition.

Son stand-up, produit à Istanbul le 1er juin, a été mis en ligne dans une vidéo de 90 minutes sur YouTube le 24 juin et a depuis été visionné près de neuf millions de fois.

Dans ce spectacle, le comédien porte un regard satirique sur l'évolution politique du pays, mentionnant le président Recep Tayyip Erdogan et son principal rival, le maire d'Istanbul emprisonné Ekrem Imamoglu, dont l'arrestation en mars 2025 a déclenché des manifestations de masse dans les rues.

Deniz Goktas - qui avait indiqué sur X se trouver à l'étranger en vacances - a été interpellé à sa descente d'avion jeudi.

Le comédien, né à Ankara il y a 32 ans, a commencé sa carrière de stand-up dans un club d'Istanbul en 2019. Il s'est depuis produit dans des salles à travers l'Europe et les États-Unis.
(AFP, 3 juil 2026)

Journalist Gülnur Saydam detained after reporting on criminal groups

Gülnur Saydam, a reporter for the daily Cumhuriyet, was detained late yesterday following the publication of her article on rampant criminal activities in İstanbul's Göktürk neighborhood.

Saydam was taken to the İstanbul Security Directorate, where she was accused of "publicly disseminating misleading information" due to her report.

Following her statement to the police and a routine health check, the journalist was released from custody.

"If they had called, I would have gone myself, but I was unlawfully taken from my home by prosecutorial order," Saydam said after her release. "I was released after giving a statement for about four hours. I stand behind my report. I will continue to practice journalism and make the voice of the public heard."

The article, titled "Citizens struggle for survival amid attacks: Is the new address of gangs Göktürk, İstanbul's favorite neighborhood?", detailed allegations of threats and armed attacks alongside the safety concerns of local residents.

The report also included an official statement from the police department, which maintained that there is not a single unsolved crime record in the upper-middle class neighrborhood. (BIA, 2 July 2026)

Renowned Actor Kadir İnanır laid to rest in İstanbul

Renowned actor Kadir İnanır was laid to rest in İstanbul yesterday following his death at age 77. İnanır passed away on Jun 26 at a hospital where he was receiving treatment for respiratory distress linked to pneumonia.

A memorial ceremony was held for the artist at 1.00 pm local time at the Atatürk Cultural Center in Taksim. His funeral prayer was performed at the Barbaros Hayrettin Paşa Mosque in Beşiktaş, followed by his burial at the Ulus Cemetery.

İnanır was a leading figure of the Yeşilçam era of Turkish cinema, appearing in nearly 200 films and television series. His screen persona was characterized by rigid archetypes of honorable, tough, and fiercely anti-injustice protagonists.

His partnership with actress Türkan Şoray produced several foundational works of Turkish romantic drama, most notably Selvi Boylum Al Yazmalım in 1977. His performances in Tatar Ramazan and Yılanların Öcü reinforced his cinematic brand as a defiant defender of the marginalized.

Political stance

Beyond his acting career, İnanır maintained a prominent left-wing political profile. He frequently leveraged his cultural capital to engage in systemic issues, emphasizing human rights, democratization, and labor issues. In 2013, the government appointed him to the Committee of Wise People, an advisory body established from public figures and intellectuals to facilitate the Kurdish peace process.

İnanır frequently expressed his political views in writing. In a 2015 article titled "Long Live the Brotherhood of Peoples" for the 13th issue of the monthly KAFA Magazine, he emphasized the social responsibilities of cultural figures:

Artists’ attitudes toward eliminating their country’s fundamental problems, which have lagged behind the times, or toward being sensitive to these issues, are just as important as the works they produce. When an artist combines their artistic power with their enlightening power, humanity in that country grows and is elevated to the beauty of a work of art. Throughout my 46-year career as an artist, I have always championed and defended these ideas.

I travel to conflict zones around the world. I witness firsthand the hardships and deaths endured along the paths toward peace. I work tirelessly so that the climate of conflict in our country may be eliminated and transformed into lasting peace. I am dedicating the most beautiful years of my life to this cause. In defiance of those wretched opponents, I will not give up this struggle until the very end.

This structure imposed upon us is, without a doubt, nothing more than a deliberate method they employ to stand in the way of the world’s most beautiful country. In light of these truths, we have no other choice but to join hands, embrace one another, and shout “PEACE” at the top of our lungs. This heavenly homeland is rich and vast enough to feed 500 million people. There is only one slogan for us to experience this happiness together: Long live the Brotherhood of Peoples! Long live PEACE! Long live a Fully Independent Turkey. (BIA, 29 June 2026)

Kurdish Question / Question kurde

Six combattants kurdes tués en Iran, selon un groupe d'opposition kurde

 Un groupe d'opposition kurde iranien a déclaré jeudi que six de ses combattants avaient été tués dans des affrontements avec les Gardiens de la Révolution dans l'ouest de l'Iran, près de la frontière avec le Kurdistan irakien.

"Six peshmergas sont tombés en martyrs" lors de heurts avec les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, "dans la nuit de mercredi près du village de Qazqapan", à 3 km de la ville de Piranshahr, a indiqué le Parti démocratique du Kurdistan iranien (PDKI) sur X.

Le PDKI est l'un des groupes rebelles kurdes qui disposent de camps et bases dans la région du Kurdistan irakien, et maintiennent une présence clandestine dans l'ouest de l'Iran à majorité kurde, y compris à Piranshahr.

Pendant la guerre au Moyen-Orient, déclenchée en février par une attaque israélo-américaine contre Téhéran, l'Iran a frappé à plusieurs reprises ces groupes, dont le PDKI, dans la région autonome du Kurdistan irakien.

Téhéran les désigne comme des organisations terroristes et les accuse de servir les intérêts occidentaux ou israéliens.

Au début du conflit au Moyen-Orient, le président américain Donald Trump s'était initialement prononcé en faveur d'une offensive des factions kurdes, avant de revenir sur ses déclarations.

Téhéran avait de son côté menacé de viser des bases au Kurdistan irakien si des combattants franchissaient la frontière.

Qubad Talabani, Premier ministre adjoint du Kurdistan autonome d'Irak, avait affirmé fin mars à l'AFP qu'il n'y avait eu "aucune tentative des Etats-Unis, d'une quelconque branche des Etats-Unis, d'armer les groupes de l'opposition iranienne au Kurdistan". (AFP, 2 juil 2026)

Access to several Kurdish media outlets, social accounts blocked

The Information Technologies and Communication Authority (BTK) blocked access to several Kurdish media outlets and their social media accounts in Turkey on Jul 1.

The affected outlets include Nûmedya24, a Kurdish-focused website published in Turkish, along with Kurdish-language Azadiya Welat newspaper and Ajansa Welat agency.

The BTK blocked the websites of all three outlets, as well as the official X accounts of Nûmedya24 and Ajansa Welat.

Nûmedya24 reported that the access ban on its website was implemented without any court order or justification. An inquiry on the BTK website confirmed the administrative decision.

"The website numedya24.com has been blocked from access by the Information Technologies and Communication Authority decision dated 01/07/2026 and numbered 490.05.01.2026.-748333," the BTK notice read.

Nûmedya24’s official X account, which has over 22,000 followers and was opened about a year ago, was also restricted in Turkey on the same date.

In a notification sent to Nûmedya24, X stated that the restriction was implemented pursuant to Article 8/A of the Internet Law No. 5651. The account remains accessible in other countries. (BIA, 2 July 2026)


Minorités / Minorities

L'Aiglon Blessé, le livre documentant le massacre du Haut-Karabakh, nous est enfin parvenu
 
Doğan Özgüden, 22 juillet 2026
Après les quatre derniers volumes des Écrits d’Exil, dont l’acheminement vers la Belgique m’a été bloqué pendant six mois, le livre de notre ami journaliste en exil politique en Suisse, Demir Sönmez, intitulé L’Aiglon Blessé, nous est lui aussi enfin parvenu, après avoir surmonté un blocage de deux mois à la poste belge.
 
L’ouvrage, qui documente également par des photographies les événements survenus au Haut-Karabakh (Artsakh) entre 2020 et 2023 ainsi que l’occupation de la région administrée par les Arméniens par l’Azerbaïdjan, avec le soutien de l’armée turque, au cours de la guerre de 44 jours, avait été expédié de Suisse le 11 mai 2026. Avant de nous être remis, il avait toutefois été retenu par l’administration des douanes afin de déterminer s’il présentait un caractère jugé problématique.
 
À l’issue du sommet d’Ankara, où les dirigeants de l’OTAN avaient été récompensés par Tayyip Erdoğan non pas avec un symbole de « paix », mais avec des pistolets et des munitions, symboles de la « guerre », j’avais adressé, le 10 juillet 2026, à tous mes lecteurs ainsi qu’aux autorités belges un texte protestant contre ce blocage intervenu dans la capitale de l’OTAN.
 
J’ai immédiatement commencé la lecture de L’Aiglon Blessé, rédigé en deux langues, en arménien et en français, par Demir, et qui nous a été remis hier…
 
Entre 1978 et 1982, Demir Sönmez fut arrêté à de nombreuses reprises en Turquie et soumis à la torture. Il fut également torturé pendant trois semaines entières dans la prison de Mamak sur ordre de Raci Tetik. Contraint à l’exil en 1990, il s’installa en Suisse, où il apprit seulement à l’âge de cinquante ans qu’il était arménien. En 1994, avec ses compagnons de lutte, il fonda la Maison du Peuple de Genève, dont il assura la présidence jusqu’en 2006. En raison de ces activités, il fut, à de nombreuses reprises, menacé par le lobby turc et par des groupes fascistes.
 
Depuis 1994, ses articles sont publiés dans Özgür Politika, Evrensel, Artı Gerçek, Ermeni Haber, Le Courrier ainsi que sur le site internet de la Tribune de Genève. À partir de 2006, il se consacra principalement au journalisme et, entre 2016 et 2019, se rendit au Kurdistan du Sud et au Rojava pour y réaliser des reportages.
 
Le premier livre de Demir, Place des Nations, Place des Peuples, publié en 2016, ainsi que l’exposition des photographies de cet ouvrage organisée sur la Place des Nations devant le siège de l’ONU, provoquèrent une crise diplomatique entre la Turquie et la Suisse. L’État turc fit pression à deux reprises sur la Suisse pour obtenir son extradition vers la Turquie.
 
En 2021, pendant la pandémie de coronavirus, l’exposition genevoise des photographies de son livre consacré à cette période fut attaquée à six reprises.
 
En 2023, il publie, pour l'Association Photography Geneva, sur le pavé genevois, l'Arc-en-ciel, un ouvrage consacré à la diversité et aux luttes de la communauté LGBTQIA+ à Genève.
 
Dans L’Aiglon Blessé, Demir Sönmez documente le crime contre l’humanité commis au Haut-Karabakh par le tandem Aliyev-Erdoğan, cent huit ans après le génocide de 1915, avec en outre le soutien du principal parti d’opposition au Parlement turc. Ce faisant, il met également clairement en lumière une autre réalité…
 
Alors que le président turc Erdoğan, qui a entretenu pendant des années des relations étroites avec l’État d’Israël, se présente aujourd’hui comme le défenseur du peuple palestinien, il est de notoriété publique que son proche allié en Azerbaïdjan, Aliyev, poursuit et renforce sa coopération politique, économique et surtout militaire avec l’État d’Israël. À tel point que l’adoption par la Knesset israélienne d’une résolution reconnaissant le génocide de 1915 a été empêchée par le gouvernement Netanyahu sous la pression d’Aliyev.
 
•Dans le dernier chapitre de son livre, Demir Sönmez pose à juste titre les questions suivantes :
 
•Erdoğan et Aliyev, qu'il appelle son frère, n'ont-ils pas bloqué le Karabagh (Artsakh) du 12 janvier 2022 au 20 septembre 2023, interdisant l'entrée et la sortie du territoire et privant la population des besoins humains les plus élémentaires ?
 
•N’étiez-vous pas, vous Erdoğan et votre frère Aliyev, les organisateurs du massacre de 120 000 Arméniens sans défense, sans armes, sans armée, accablés par la faim, la soif et la maladie ?
 
•N’êtes-vous pas, avec votre frère Aliyev, ceux qui ont contraint les Arméniens à quitter les terres de leurs ancêtres ?
 
•Le 29 octobre 2020, la cathédrale Ghazanchetsots de Chouchi, considérée comme l'une des plus grandes églises du monde arménien, n'a-t-elle pas été bombardée par des avions de guerre turcs F 16 sur ordre de vous et de votre frère Aliyev ?
 
•Les maternités et hôpitaux pour enfants de Stepanakert, la capitale du Karabagh, n'ont-ils pas été bombardés par des avions de guerre turcs F 16 le 30 octobre 2020 ?
 
•N'est-ce pas vous et votre frère Aliyev qui avez bombardé les villages, les villes et les cités où vivaient 120 000 personnes sans défense et assassiné des milliers de civils ?
 
•Vous avez commis ce massacre contre le peuple arménien avec le soutien militaire et technologique que vous a fourni l'État israélien.
 
•Vous avez tous deux commis des crimes contre l’humanité à l’encontre du peuple arménien et continuez d’en commettre.
 
•Votre frère Aliyev achète toujours des armes à l’État d’Israël, vous savez mieux que quiconque à qui elles s’adressent. Vous vous préparez à massacrer à nouveau le peuple arménien avec des armes israéliennes.
 
•Au cours des 18 années qui se sont écoulées depuis votre arrivée au pouvoir en 2002 et jusqu’en 2020, au moins 43 780 personnes, dont 3 396 enfants, sont mortes des suites de violations du droit à la vie.
 
•Erdoğan, vous avez commis et continuez de commettre des crimes contre l’humanité à l’encontre du peuple arménien, du peuple kurde, du peuple palestinien et des peuples du Moyen-Orient.
 
•Erdoğan, Netanyahu, Aliyev, un jour, vous serez inévitablement jugés ; ce jour n’est pas loin.
 
Nous félicitons chaleureusement Demir Sönmez pour cet ouvrage.
 
Adresse de correspondance de l’auteur: sonmez93@bluewin.ch

Génocide arménien : l'Azerbaïdjan fait pression sur Israël

La proposition visant à reconnaître officiellement le génocide arménien n'a finalement pas été soumise au vote de la Knesset.

La proposition de reconnaître officiellement le génocide arménien en Israël n'a finalement pas été soumise au vote de la Knesset, malgré l'approbation d'une résolution gouvernementale le mois dernier. Selon des informations révélées par le quotidien Haaretz, le texte a été retiré de l'ordre du jour à la suite de pressions exercées par l'Azerbaïdjan.

Des responsables azerbaïdjanais en poste en Israël ont confirmé au journal que la question avait été retirée de l'agenda parlementaire, empêchant ainsi son examen lors de la dernière série de votes précédant la suspension des travaux de la Knesset.

Génocide arménien : projet de loi pour la reconnaissance par Israël

D'après une source israélienne citée par Haaretz, le Premier ministre Benjamin Netanyahou aurait personnellement bloqué la tenue du vote, « en passant outre » le ministre des Affaires étrangères Gideon Sa'ar, à l'origine de la proposition. Selon cette même source, cette décision serait intervenue après une intervention du conseiller politique du président azerbaïdjanais Ilham Aliyev auprès du cabinet du Premier ministre.

Ni le bureau de Benjamin Netanyahou ni celui de Gideon Sa'ar n'ont, à ce stade, commenté ces informations.

Le dossier est particulièrement sensible pour Israël, qui entretient une coopération stratégique étroite avec l'Azerbaïdjan, notamment dans les domaines de la sécurité, de l'énergie et de la défense. Bakou s'oppose fermement à toute reconnaissance internationale du génocide arménien de 1915, qu'il considère comme contraire à ses intérêts diplomatiques et à ceux de son allié turc. (i24NEWS, 19 juillet 2026)

Armenian church cemetery vandalized in İstanbul

Six graves and a fountain inside the Surp Garabet Armenian Cemetery in Üsküdar, İstanbul, were damaged in an attack on he nght of Jul 7, the Armenian Patriarchate of Turkey announced.

An unidentified individual climbed over the cemetery wall to enter the grounds and damaged six graves in "an incident that deeply saddened our community," said the patriarchate. The incident was immediately reported the situation to law enforcement.

"The Patriarchal Seat strongly condemns this heinous attack against the sacred values and eternal resting places of our community, and thanks the law enforcement units continuing their sensitive work to clear up the incident," the statement said.

Rafi Kirkoryan, the president of the Üsküdar Surp Garabet Church Foundation, told Agos newspaper that the basin section under the fountain was broken during the attack. He added that cross motifs on six separate gravestones were also destroyed. Police teams are continuing their investigation to identify and apprehend the suspect. (BIA, 10 July 2026)

La Turquie dénonce la reconnaissance du génocide arménien par Israël

La Turquie a dénoncé dimanche la reconnaissance par Israël du génocide arménien de 1915 comme une "décision politique" visant à couvrir "les crimes" commis par l'armée israélienne à l'encontre de la population palestinienne à Gaza.

"Le gouvernement israélien, qui a systématiquement persécuté le peuple palestinien sous les yeux du monde entier et qui est actuellement jugé devant la Cour internationale de justice pour génocide à l'encontre de la population de Gaza, cherche à dissimuler ses propres crimes avec la décision politique qu'il a adoptée concernant les événements de 1915", a déclaré le ministère turc des Affaires étrangères dans un communiqué.

La Turquie, qui accuse régulièrement Israël de perpétrer un génocide dans la bande de Gaza - ce qu'il réfute -, rejette catégoriquement ce terme pour qualifier les massacres des Arméniens sous l'Empire ottoman pendant la Première guerre mondiale.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, fervent défenseur de la cause palestinienne, a souvent dénoncé le "terrorisme" israélien à Gaza.

"La Turquie continuera à oeuvrer avec détermination pour mettre fin aux politiques expansionnistes et déstabilisatrices d'Israël dans la région", a ajouté la diplomatie turque dans son communiqué.

Le gouvernement israélien a approuvé dimanche à l'unanimité la reconnaissance du génocide arménien, dans un contexte de vives tensions avec la Turquie. La mesure doit encore être entérinée par le Parlement.

Les gouvernements israéliens successifs avaient jusqu'à présent évité de reconnaître officiellement le génocide arménien, notamment afin de préserver leurs relations avec la Turquie, autrefois l'un des plus proches partenaires stratégiques du pays dans la région.

Ce génocide est reconnu par les gouvernements ou les parlements de nombreux pays, dont les Etats-Unis, la France et l'Allemagne. Le nombre des Arméniens ayant trouvé la mort dans ces massacres commis par l'armée turque pendant la première guerre mondilae est évalué à entre 600.000 et 1,5 million. (AFP, 29 juin 2026)

Politique intérieure/Interior Politics

Le chef de l'opposition turque quitte son parti et fonde un nouveau mouvement

Le chef de l'opposition turque Özgür Özel a annoncé vendredi avoir quitté, avec 91 députés, son parti historique, le CHP, dont il a été évincé, pour fonder un nouveau mouvement, le Yeni Parti ("Nouveau Parti" en turc).   "Ce matin, avec 91 de nos collègues députés du Parti républicain du peuple (CHP), nous avons remis notre démission du parti et déposé nos requêtes" pour la fondation du Yeni Parti, a affirmé Özgür Özel précisant que sa nouvelle formation sera celle des "des retraités, des travailleurs, des agriculteurs, des jeunes, des femmes, des opprimés, de la Turquie, des kémalistes, des démocrates".

M. Özel a été élu président du Yeni Parti lors d'une réunion qui a suivi des démarches marquées de symboles, comme sa participation à la prière de vendredi dans une mosquée où le fondateur de la Turquie moderne, Mustafa Kemal Ataturk, avait aussi prié avant d'inaugurer le premier parlement turc à Ankara en 1920.

"Puisse (cette démarche, NDLR) être bénéfique à notre pays, à notre nation, à notre parti et à nous tous", avait affirmé dans la matinée M. Özel dans une vidéo partagée par son équipe où il est vu, portant une épingle de drapeau turc sur sa veste, en train de signer sa démission et les documents pour fonder son nouveau mouvement.   Avec le départ de 91 députés du CHP en faveur du comité fondateur du "Yeni Parti" ("Nouveau Parti" en turc), ce dernier devient la première force d'opposition au parlement turc, après le parti au pouvoir du président turc Recep Tayyip Erdogan AKP qui détient 277 sièges.

"Ce n'est pas facile, mais certaines difficultés doivent être surmontées avant de s'engager sur la bonne voie. Puisque l'autre camp était déterminé à bloquer toutes les voies et à ne jamais ouvrir de canaux démocratiques, il n'y avait pas d'autre choix", a affirmé M. Özel aux journalistes.

"Vous êtes avec nous en ce jour si important, si crucial. (...) Je remercie tous ceux qui marchent à nos côtés pour la démocratie, affirmant que la parole appartient à la nation, qu'elle ne réside pas dans des palais, ni entre les mains d'un seul homme. (...) A partir de maintenant, mes amis, marchons sans relâche jusqu'à atteindre le pouvoir", a-t-il précisé.

L'Internationale socialiste (IS) et le Parti socialiste européen (PSE) ont a salué la création du Yeni Parti.   "Le lancement du Nouveau Parti marque un tournant pour les forces progressistes et démocratiques en Turquie. (...) Le PSE soutient Özgür Özel, le Nouveau Parti et tous ceux qui oeuvrent pour une Turquie démocratique, libre et juste", a affirmé le PSE.

"L'Internationale Socialiste salue la création du Yeni Parti en Turquie comme un engagement renouvelé en faveur de la démocratie, du pluralisme politique et de l'État de droit. (...) Nous exprimons notre plein soutien à Özgur Özel", a de son côté déclaré l'IS.

Le CHP, parti social-démocrate historique fondé par le père de la république turque, Mustafa Kemal Ataturk, voit sa représentation sérieusement entamée avec une quarantaine de députés restants.

M. Özel, président depuis novembre 2023 de ce qui fut le premier parti d'opposition parlementaire, a été évincé en mai sur décision de justice et remplacé par l'ancien dirigeant du CHP, Kemal Kiliçdaroglu.

Özgür Özel avait dénoncé une manoeuvre du gouvernement destinée à faciliter la victoire du Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur) du président Recep Tayyip Erdogan lors des prochaines élections, prévues en 2028.

"L'AKP sait qu'il ne peut plus remporter d'élections démocratiques. Il sait que le peuple turc ne veut plus de lui", avait-il estimé.

Bien que M. Özel ait fait appel de la décision, la Cour suprême n'a pu examiner son recours avant sa suspension pour les vacances d'été, ce qui a déclenché sa décision de créer un nouveau parti.

- "Une chemise de feu" -

La décision du tribunal d'Ankara a annulé l'élection à la tête du CHP de 2023 en raison d'allégations d'achat de votes, une mesure largement perçue comme une manoeuvre politique visant à faire taire les opposants d'Erdogan.

M. Özel avait déclaré mardi que la Turquie se trouvait à "un carrefour historique".

"Nous ne renonçons pas à nos convictions, au contraire, nous assumons tous un fardeau difficile et risqué pour le bien du pays", a-t-il affirmé, utilisant une expression turque signifiant "revêtir une chemise de feu".

Quelques mois après l'élection de M.Özel à la tête du CHP, le destin de ce parti s'est radicalement transformé, grâce à une victoire écrasante aux élections locales, où il a largement devancé l'AKP du président Erdogan.   Depuis, le CHP fait face à une pression judiciaire croissante, avec l'arrestation de centaines de ses responsables pour des faits présumés de corruption, dont le maire d'Istanbul, Ekrem Imamoglu, considéré comme l'un des rares hommes politiques capables de vaincre Erdogan aux urnes.   À ce jour, au moins 27 maires membres du CHP sont incarcérés. (AFP, 24 juil 2026)

La pétition en faveur d'un gouverneur limogé après une polémique sur sa tenue de cycliste

Un gouverneur turc démis de ses fonctions après une polémique suscitée par des images le montrant à vélo vêtu d'un cuissard a reçu le soutien de plusieurs milliers de personnes réclamant sa réintégration.

Mehmet Fatih Cicekli, gouverneur de la province d'Ardahan, dans le nord-est de la Turquie, a été relevé de ses fonctions par un décret présidentiel publié le 17 juillet, après une controverse déclenchée par des vidéos et des photographies de lui à vélo qu'il avait partagées sur les réseaux sociaux.

Le décret ne précise pas les raisons de cette décision, mais les médias et le débat public l'ont attribuée à sa tenue de cycliste.

Une pétition en ligne lancée sur Change.org sous le titre "Le gouverneur d'Ardahan Mehmet Fatih Cicekli doit rester en fonction" a recueilli plus de 8.300 signatures.

Sa tenue a également suscité ce mois-ci un débat au Parlement, où même un député du principal parti d'opposition, le CHP, a réclamé son départ.

Se défendant à l'époque, M. Cicekli, haut fonctionnaire nommé par le gouvernement, avait expliqué que cette tenue était l'équipement habituel des cyclistes.

"Les vêtements que je porte sont des vêtements de sport. Je fais du sport en vêtements de sport", avait-il dit.

Interrogé sur ses projets après son limogeage, M. Cicekli a répondu: "Je continuerai à pédaler". (AFP, 21 juil 2026)

Nouvelles arrestations au sein du principal parti d'opposition

Le gouvernement turc a poursuivi samedi sa  campagne contre le principal parti d'opposition, le CHP (social-démocrate), en  procédant à des dizaines d'arrestations dans une zone d'Ankara administrée par  cette formation, ont rapporté les médias.

 Quelque 27 personnes ont été interpellées lors de raids menés tôt le matin  à Çankaya, sur un total de 36 individus visés par un mandat émis par le  procureur d'Ankara, toujours selon les médias.

 Ce mandat comprend des accusations de constitution ou d'appartenance à une  organisation criminelle, de corruption et de trucage d'appels d'offres.

 Le maire de Çankaya, Hüseyin Can Güner, figure parmi les personnes visées  par le mandat.

 Ces arrestations interviennent alors que le plus ancien parti politique de  Turquie - le Parti républicain du peuple (CHP) - traverse une crise qui  s'aggrave, après qu'un tribunal a écarté son président élu, Özgür Özel, pour  confier le poste à son prédécesseur battu, Kemal Kiliçdaroglu.

Cette décision très controversée du tribunal d'Ankara, annulant l'élection  à la tête du parti de 2023 en raison d'allégations d'achat de voix, a été  largement perçue par les critiques comme une nouvelle tentative du président  Recep Tayyip Erdogan de paralyser ses opposants politiques.

 A  la suite des raids de samedi, M. Özel, actuellement en déplacement dans  le sud du pays, a appelé les membres du parti à se rassembler en signe de  solidarité devant la mairie de Çankaya.

 Des centaines de responsables du CHP ont été arrêtés dans le cadre  d'enquêtes en cours pour corruption présumée, notamment le maire d'Istanbul,  Ekrem Imamoglu, considéré par beaucoup comme l'un des rares hommes politiques  capables de battre M. Erdogan dans les urnes.

 La pression sur le CHP s'est intensifiée depuis sa victoire écrasante aux  élections locales de 2024 face à l'AKP d'Erdogan.

 Au moins 26 de ses maires ont été incarcérés, accusés de diverses  infractions liées à la corruption, selon des chiffres datant de fin juin.

Après l'arrestation d'Imamoglu, M. Özel a joué un rôle clé dans la  mobilisation des plus importantes manifestations de rue en Turquie depuis plus  de dix ans, ce qui a entraîné une hausse de la popularité du parti dans les sondages. (AFP, 11 juil 2026)

Le maire d'Istanbul de nouveau expulsé du tribunal lors de son procès

Le maire emprisonné d'Istanbul et principale figure de l'opposition turque, Ekrem Imamoglu, a de nouveau été expulsé du tribunal mercredi à la reprise de son procès pour corruption, ont constaté les médias turcs présents.

"Imamoglu est expulsé de la salle d'audience sans pouvoir se défendre pour avoir perturbé l'ordre et la discipline", a indiqué la chaine T24 sur son compte X.

Son avocat, Tora Pekin, a dénoncé "une décision arbitraire" et "contraire au droit".

Selon M. Pekin, M. Imamoglu avait été expulsé une première fois le 2 juillet, accusé de perturber l'audience parce qu'il contestait le calendrier fixé par les juges pour les plaidoiries de la défense, prévues pendant le sommet de l'Otan à Ankara qui s'est ouvert mercredi.

"Je ne suis pas venu pour être interrogé. Je suis venu exprimer mes demandes", a déclaré mercredi le maire en détention depuis près de 16 mois, avant que le président du tribunal ne réclame à nouveau son expulsion, a rapporté le journal proche de l'opposition Bir Gün.

Avant de quitter la salle, le maire a apostrophé ses juges: "Avec les dirigeants du monde entier présents en Turquie, à Ankara, comment et à qui expliquerez-vous qu'Ekrem Imamoglu soit réduit au silence ?", a-t-il demandé, selon des propos rapporté par le journaliste indépendant Furkan Karabay, qui suit les audiences en continu.

"L'idée que +la défense d'Ekrem Imamoglu doit absolument se terminer le 9 juillet+ est inexplicable", a encore accusé l'édile, selon la même source. "Le ministère de la Justice est un ministère de l'Effondrement".

M. Imamoglu comparaît depuis le 9 mars avec 414 co-accusés, dont 59 également en détention provisoire, devant le tribunal installé dans l'enceinte de la vaste prison de Silivri, dans l'ouest d'Istanbul, où il est détenu depuis mars 2025.

Le président du tribunal avait prévenu qu'il "pourrait être de nouveau écarté s'il perturbe le bon déroulement de l'audience".

Ekrem Imamoglu, 55 ans, a été investi le jour de son incarcération comme candidat de son parti (CHP, social-démocrate), principale formation de l'opposition, à la présidentielle de 2028.

Il apparaît à ce jour comme le mieux placé pour vaincre le chef de l'État Recep Tayyip Erdogan, si celui-ci se représente.

Le président élu du CHP, Özgür Özel, qui assistait à l'audience, a dénoncé "une mise en scène factice qui n'essaie même pas de singer un tribunal".

"Rien n'est acceptable dans cette affaire; même les pires tribunaux essaient au moins de faire semblant d'être des tribunaux mais ici, ils n'ont même pas cette préoccupation", a-t-il lancé aux chaînes de télévision présentes.

Dans une déclaration publiée sur un compte X intitulé "Bureau du candidat à la présidence", Ekrem Imamoglu avait alerté avant l'audience sur "une violation très grave de (ses) droits et le comble de l'injustice".

"Le tribunal restreint et ignore les arguments présentés pour leur défense par les personnes les plus lourdement visées par l'acte d'accusation et ceux de leurs avocats", avait-il dit. "Ceci prouve que toute l'affaire de la municipalité métropolitaine d'Istanbul s'est effondrée et se transforme en une série de décisions extrajudiciaires."

M. Imamoglu, largement réélu en mars 2024 à la tête de la plus grande ville de Turquie, est accusé d'avoir dirigé un vaste réseau criminel qualifié de "pieuvre", ce qu'il réfute.

Visé par 142 chefs d'inculpation, il encourt 2.430 années de prison.

A l'approche du sommet de l'Otan qui réunit 36 chefs d'État et de gouvernement à Ankara, la capitale, les autorités turques ont cherché à étouffer toute voix critique en multipliant les arrestations dans tous les milieux, sans susciter la moindre réprobation internationale. (AFP, 9 juil 2026)

Nouveau renvoi du procès d'Imamoglu pour "falsification de diplômes"

Le procès pour "falsification de diplômes" du maire emprisonné d'Istanbul Ekrem Imamoglu a été renvoyé lundi pour la cinquième fois consécutive depuis son ouverture en octobre, ont rapporté les médias turcs.

La prochaine audience de l'édile, une figure de l'opposition détenu depuis mars 2025 pour "corruption", qui croule sous les procédures, a été renvoyée au 25 décembre.

L'annulation de son diplôme universitaire, prononcée par le recteur de l'université d'Istanbul, l'empêcherait de facto de se porter candidat au nom de l'opposition à la prochaine présidentielle prévue pour 2028.

Il risque en outre jusqu'à huit ans et neuf mois de prison dans le cadre de cette affaire.

Prenant la parole devant le tribunal administratif, au sein même de l'immense prison de Silivri, dans l'ouest d'Istanbul, où il est détenu, M. Imamoglu a relevé que cette audience se déroulait à la veille de l'ouverture du sommet de l'Otan à Ankara.

"Que dira le chef de ce pays ?" a-t-il demandé à propos du président Recep Tayyip Erdogan : "Regardez, j'ai emprisonné mon adversaire, j'ai intenté vingt procès contre lui ?!", rapporte le site internet d'opposition Bir Gün.

"Chaque génération a payé le prix fort pour laisser à ce pays un peu plus de justice, un peu plus de liberté. (...) Mais hélas !, à ce jour, nous en sommes à zéro. Nous sommes au plus bas en termes de réputation en Europe", a-t-il poursuivi.

Les autorités ont procédé à des dizaines d'arrestations dans tous les milieux avant que ne s'ouvre, mardi, cette réunion internationale, selon des propos retranscrits par le quotidien Cumhuriyet.

Parmi les soutiens du maire présents dans la salle d'audience, Nacho Sánchez Amor, député européen et rapporteur sur la Turquie, a aussi relevé qu'Ekrem Imamoglu était sommé de comparaître "le même jour dans trois affaires différentes" - les deux autres audiences concernant les accusations de "corruption" et d'"espionnage".

"Nous ne voulions pas penser que la situation pourrait empirer. Cependant, l'imagination du pouvoir parvient à chaque fois à dépasser les limites" a-t-il jugé sur X.

Le maire déchu de la plus grande et plus riche ville de Turquie avait été désigné candidat à la présidence par le principal parti d'opposition, le CHP, et apparaît comme étant le plus sérieux rival du président Erdogan. (AFP, 6 juil 2026)

Le sommet de l'OTAN: pour Erdogan, une plateforme pour l'influence turque

Le président turc Recep Tayyip Erdogan mise sur le sommet de l'OTAN pour renforcer sa stature internationale au mépris de ses opposants en but à une répression croissante, estiment des analystes.

En accueillant le sommet de l'Alliance atlantique les 7 et 8 juillet, le chef de l'Etat espère conforter le rôle de puissance régionale de la Turquie et sa place d'intermédiaire entre les États-Unis et l'Europe, dans un contexte géopolitique tendu.

Le président Erdogan veut poser la Turquie comme "un acteur incontournable en Europe et au-delà", indique à l'AFP l'expert en relations internationales Serkan Demirtas.

L'unité de l'Otan a été récemment éprouvée par l'offensive américaine et israélienne contre l'Iran, que les gouvernements européens ont refusé de suivre et à laquelle la Turquie s'est également opposée, malgré la colère du président Donald Trump.

Ce dernier a néanmoins promis de rejoindre le sommet d'Ankara.

Deuxième armée de l'Otan sur son flanc oriental, la Turquie occupe une position géostratégique privilégiée entre l'Europe et le Moyen-Orient, sur la rive sud de la Mer noire.

"L'organisation de ce sommet en Turquie rappellera le rôle important qu'elle a joué depuis son entrée dans l'OTAN en 1952, au sein de l'Alliance et à l'échelle régionale", estime Luke Coffey, chercheur au Hudson Institute.

-"Dans la bonne direction"-

Serkan Demirtas insiste aussi sur le rôle actif de la Turquie au sein des missions de l'OTAN dans la région de la Baltique où elle contribue à la surveillance de l'espace aérien et participe aux exercices conjoints.

Pour autant, les relations sont loin d'être exemptes de frictions, selon Luke Coffrey. "Les nombreuses turbulences entre Washington et Ankara ont parfois débordé sur le fonctionnement interne de l'Alliance", dit-il.

Après l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022, la Turquie a traîné des pieds pour valider l'adhésion de la Suède et de la Finlande à l'OTAN.

Elle a aussi provoqué la colère des alliés, États-Unis en tête, en acquérant le système de défense antiaérienne russe S-400, ce qui lui a valu d'être écartée du programme des chasseurs F-35.

Mais les bonnes relations entre Donald Trump et Recep Tayyip Erdogan, après une période de glaciation sous Joe Biden, ont permis de préserver le dialogue.

"C'est dans l'intérêt de tous que ce sommet se déroule sans accroc", fait valoir M. Coffey.

- Des inquiétudes en sourdine -

Pour Aaron Stein, directeur du Foreign Policy Research Institute, son adhésion à l'OTAN reste "l'ultime garantie de sécurité de la Turquie", donnant à Ankara la possibilité de gérer séparément sa relation complexe avec Moscou.

Les analystes soulignent l'importance de maintenir la Turquie alignée avec l'OTAN compte tenu de sa capacité à intervenir sur plusieurs fronts, de l'Ukraine au Moyen-Orient et sur de nombreuses crises régionales.

Depuis l'invasion russe de l'Ukraine, Ankara avance sur une ligne de crête, ayant soutenu l'Ukraine par ses drones et munitions tout en conservant le lien avec Moscou, au point d'avoir accueilli plusieurs cycles de négociations entre les deux parties.

-Pragmatisme-

Le sommet d'Ankara survient néanmoins en pleine dérive autoritaire et alors que la Turquie traverse une nouvelle période de turbulences politiques, après une décision de justice d'évincer le principal leader de l'opposition.

Cette mesure, après l'arrestation en mars 2025 du populaire maire d'Istanbul Ekrem Imamoglu est considérée comme une manoeuvre pour écarter les rivaux de M. Erdogan avant l'élection présidentielle prévue en 2028.

Mais comme le relève M. Demirtas, les capitales européennes gardent leurs inquiétudes et leurs critiques pour elles et veillent à ne pas fragiliser leurs liens avec Ankara.

"L'OTAN n'est pas un club réservé aux démocraties", balaie encore Aaron Stein.

M. Erdogan voit quant à lui le sommet comme l'occasion de conforter son image de "dirigeant qui défend le mieux les intérêts de la Turquie sur la scène internationale", avance M.Demirtas.

Enfin, même si les négociations d'entrée de la Turquie dans l'Union européenne sont au point mort, la coopération s'est réorientée vers des domaines plus pragmatiques, dont l'industrie de défense, via plusieurs accords de partenariat avec l'Espagne, la Pologne, l'Italie ou la Roumanie.

Selon une source sécuritaire turque, Ankara espère d'ailleurs un assouplissement des restrictions pesant sur ce secteur. (AFP, 30 juin 2026)

Forces armées/Armed Forces

Un revolver, six balles: l'étrange cadeau du président turc aux dirigeants de l'OTAN

Fallait-il laisser l'arme à Ankara? L'emporter avec soi? Ou l'offrir à un musée? Les dirigeants des pays de l'Otan se sont retrouvés dans l'embarras après le cadeau remis par le président turc à l'issue de leur sommet annuel: un revolver, avec six munitions.

Plusieurs leaders ont déclaré avoir découvert sur le tard le contenu du paquet cadeau, ou ne même pas l'avoir vu avant qu'il soit saisi par leurs services de sécurité. La surprise a en tout cas été quasi générale.

"Mon cadeau du type sirop d'érable était un peu en décalage", a ironisé jeudi le Premier ministre canadien Mark Carney devant des journalistes en Arabie saoudite.

La veille au soir, son homologue britannique Keir Starmer avait été le premier à évoquer ce cadeau pour le moins insolite, offert par Recep Tayyip Erdogan à ses convives.

Dans son avion de retour d'Ankara, où les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Alliance atlantique s'étaient réunis durant deux jours, M. Starmer a expliqué que le président turc avait offert à chaque leader un revolver gravé à son nom.

Egalement présentes dans cette boîte rouge, tapissée de noir: six balles réelles, et une note dispensant les armes des contrôles à l'exportation.

Un présent qui a donné lieu à des scènes "lunaires" au sein des différentes délégations.

Ainsi, ce n'est qu'à leur arrivée en Belgique que les équipes du Premier ministre belge Bart De Wever ont "pris connaissance de la nature exacte du cadeau".

"Le Premier ministre a été surpris et l'a immédiatement remis à la police aéroportuaire, afin qu'il soit placé dans un coffre sécurisé et que la suite soit gérée dans le respect des procédures applicables", a expliqué son entourage à l'AFP.

- L'arme neutralisée -

Les équipes de sécurité du Premier ministre belge se sont aussi vu remettre les armes offertes à Ursula von der Leyen et Antonio Costa, chefs des institutions européennes situées à Bruxelles --avec tout le casse-tête en matière de sécurité et de protocole qu'une telle opération peut représenter.

La présidente de la Commission européenne, tout aussi étonnée par le cadeau que les autres dirigeants, "a remercié le président Erdogan pour ce geste", d'après un de ses porte-parole. La dirigeante prévoit de faire don de l'arme "à un musée militaire", une fois qu'elle sera mise hors service, a-t-il précisé.

Le Premier ministre luxembourgeois Luc Frieden va conserver le revolver au ministère d'Etat comme tous les autres "cadeaux diplomatiques". Mais il a d'abord fait en sorte qu'il soit neutralisé et rendu "irréversiblement inutilisable", selon ses services.
 Ce revolver de type Magnum 357 est aussi arrivé à bon port à la présidence polonaise, mais avec les précautions d'usage et un antécédent spectaculaire dans tous les esprits à Varsovie.

En décembre 2022, le chef de la police polonaise avait ramené d'Ukraine un lance-grenade anti-char qu'il venait de recevoir en cadeau. L'engin a explosé dans son bureau, le blessant légèrement et provoquant d'importants dégâts au siège du QG de la police.

Cette fois, "il est certain que personne ne va tirer avec", a affirmé à une radio locale un collaborateur du président Nawrocki.

- Pourquoi un tel cadeau? -

Plusieurs armes, comme celles offertes à Keir Starmer, au Premier ministre néerlandais Rob Jetten ou au chancelier allemand Friedrich Merz, sont pour l'instant restées dans la capitale turque. Et pour cause: en fonction des législations en vigueur, il n'est souvent pas si simple de faire voyager des armes à feu, qui plus est lorsqu'elles sont fonctionnelles.

L'arme offerte à Ulf Kristersson "devra être acheminée en Suède dans les règles de l'art", assure ainsi son équipe dans un message à l'AFP.

Interrogé, l'Elysée n'a fait aucun commentaire.
 Au-delà du défi logistique, ces revolvers ont aussi suscité l'incompréhension de plusieurs délégations présentes à ce sommet, consacré à l'Ukraine, l'Iran et les relations avec Trump. Avec une question, répétée à l'envi: pourquoi un tel cadeau?

Il est certes extrêmement courant que les chefs d'Etat s'échangent divers présents lors de leurs rencontres ou sommets. Mais sans qu'ils nécessitent de telles précautions.

Sollicitées par l'AFP, les services du président turc n'avaient pas répondu jeudi soir. (AFP, 9 juil 2026)

De l'argent, mais pas assez d'armes: l'Otan pousse à produire plus

Les Alliés de l'Otan ont pris il y a un an, à La Haye, l'engagement de dépenser des centaines de milliards d'euros pour leur défense. Cette année, au sommet d'Ankara, ils sont confrontés à un autre défi: amener l'industrie à produire suffisamment d'armes.

Les Pays européens de l'Otan et le Canada ont dépensé l'an dernier 90 milliards d'euros de plus que l'année précédente pour leur défense. Il s'agit là d'"énormes quantités d'argent", a souligné récemment le secrétaire général de l'Otan Mark Rutte.

"Mais vous ne pouvez pas arrêter un missile ou un char avec 1 dollar ou 1 euro, nous devons transformer cet argent en capacités de combat opérationnelles, et vite", a-t-il ajouté.

Or, les guerres en Ukraine, et en Iran, ont révélé les difficultés des industries de défense, des deux côtés de l'Atlantique, à produire vite et en masse.

Et avec le risque d'un désengagement américain de leur continent, les Européens veulent monter en puissance. Mais ils peinent à combler leur retard face aux Etats-Unis dans certains secteurs stratégiques comme le renseignement depuis l'espace, l'intelligence artificielle ou les avions de ravitaillement en vol.

En Europe, l'industrie de défense reste encore une "industrie de temps de paix", soulignait mi-juin le commissaire européen à la Défense Andrius Kubilius, lors du salon mondial défense Eurosatory, près de Paris.

"Beaucoup d'industriels investissent dans une capacité de production qui est significativement supérieure", a toutefois assuré dans un entretien avec l'AFP Camille Grand, secrétaire général de l'Association européenne des industries de défense (ASD).

"Est-ce que ça veut dire qu'on est exactement où on devrait être ? Probablement pas", a-t-il toutefois reconnu.

 - Souveraineté nationale -

 Et cela pour plusieurs raisons.

La première tient à la nature même de l'industrie de défense, très liée à des enjeux de souveraineté nationale, qui en fait un secteur à part.

"Dans l'Union européenne, nous avons 27 marchés de la défense, régis par 27 ensembles de règles", résume M. Kubilius. "Cette fragmentation coûte de l'argent," et empêche les PME, pourtant clés dans l'innovation, de prospérer, regrette-t-il.

Les grosses entreprises du secteur ne sont pas incitées à investir car elles se savent privilégiées sur le plan national, explique à l'AFP Guntram Wolff, expert de l'économie de défense auprès de l'Institut Bruegel à Bruxelles. Avec pour résultat une fâcheuse tendance à monter les prix.

La solution consiste à créer un "marché unique de la défense", préconise le commissaire Kubilius.

Les industriels européens restent très réservés.

"Nous en avons discuté tous ensemble au sein de notre association, l'ASD, et nous sommes parvenus à la conclusion commune que le marché de la défense ne peut pas vraiment être qualifié de marché unique", a ainsi reconnu le vice-président pour les Affaires européennes du groupe français Dassault, Yves-Marie Gourlin.

 - Simplifier les règles -

 "Les achats allemands destinés aux entreprises nationales, sont passés d'environ 30% en 2020-2021 à 60% aujourd'hui, en 2025-2026", relève ainsi Guntram Wolff. L'Allemagne vient d'ailleurs d'annuler un contrat de frégates auprès d'une entreprise néerlandaise pour le confier, en version plus modeste, à une entreprise allemande.

Les industriels préfèrent évoquer la nécessaire simplification des règles. "Quand on veut aujourd'hui créer une usine d'armement, (...) ça prend parfois deux ans pour passer de la décision au lancement effectif des travaux", a ainsi déploré M. Grand.

L'autre grand problème c'est le manque de flexibilité, la difficulté d'adapter des chaînes de production.

On fait de "la haute couture" quand il faut faire du "prêt-à-porter" de masse, comme l'a fait l'Ukraine, résume Andrius Kubilius.

"Les Russes ont produit l'année dernière 2.000 missiles balistiques et de croisière. Nous ne produisons que 250 missiles de croisière, aucun missile balistique. Les Ukrainiens ont commencé à en produire l'année dernière, et cette année ils en produiront 700, parce qu'ils les fabriquent de manière suffisamment efficace", a expliqué le commissaire européen.

De plus en plus d'entreprises européennes développent des partenariats avec leurs homologues ukrainiennes pour profiter de cette expertise, particulièrement dans le secteur des drones.

"C'est un modèle qui doit nous inspirer dans sa capacité à innover et à produire rapidement à des coûts raisonnables", résume Camille Grand. (AFP, 29 juin 2026)

Affaires religieuses / Religious Affairs

119 suspects arrêtés pour être en lien avec le groupe Etat islamique

Cent dix-neuf suspects accusés d'être en lien avec le groupe Etat islamique (EI) ont été interpellés dans une opération menée à travers la Turquie, a affirmé samedi le ministère turc de l'Intérieur dans un communiqué.

"119 suspects ont été interpellés dans une opération menée dans 30 provinces contre l'organisation terroriste Daech par notre gendarmerie" dans trente provinces, dont Istanbul (nord-ouest), Ankara (centre) et Adana (sud), a précisé le ministère.

Les suspects sont accusés d'être membre du groupe Etat islamique, de faire sa propagande sur les réseaux sociaux et de le financer "par le biais des personnes en lien avec l'organisation terroriste et des soi-disant associations caritatives", a-t-il ajouté.

Un homme soupçonné d'être lié au groupe Etat islamique avait été tué fin juin dans un échange de tirs avec la police au sud d'Ankara, à deux semaines d'un sommet de l'Otan dans la capitale turque.

209 personnes soupçonnées de liens avec l'EI et avec des groupuscules d'extrême gauche avaient par la suite été arrêtées à Ankara, à la demande du procureur de la capitale. (AFP, 18 juil 2026)

Turkey detaines two Russian tourists for 'reciting Bible' at Hagia Sophia

Police detained two Russian tourists for allegedly reading the Bible aloud at the Hagia Sophia Grand Mosque in İstanbul.

The incident occurred on Jul 14 in the visitor section of the historic site, with police detaining the individuals identified as I.F., 32, and V.F., 36, according to the state-run Anadolu Agency (AA). Russian media first reported the incident, stating that it incident happened on Jul 13.

Authorities initiated legal proceedings against the tourists on charges of "inciting the public into hatred and enmity," and subsequently handed them over to the Provincial Directorate of Migration Management.

Russia’s consulate in İstanbul had contacted the couple’s attorney, according to reports in the Russian media.

Hagia Sophia, a UNESCO World Heritage site since 1985, was re-converted into a mosque by a decree from President Recep Tayyip Erdoğan in 2020.

It was built as an Orthodox cathedral under the Byzantine Empire in the 6th century. Following the Ottoman conquest of İstanbul in 1453, it was converted into a mosque. In 1934, it became a museum under the secularization policies of the new republic.

Steps to convert the Hagia Sophia back into a mosque began in Jun 2020, when the Council of State, Turkey's top administrative court, annulled the 1934 cabinet decree that had granted the structure its museum status.

Following this ruling, President Recep Tayyip Erdoğan issued a decree on Jul 10, 2020, transferring the administration of the site to the Directorate of Religious Affairs (Diyanet) to open it for worship.

With this decision, the 1,500-year-old structure officially regained mosque status. The first Friday prayers in 86 years were held at the site on Jul 24, 2020.

The İstanbul Metropolitan Municipality Assembly subsequently updated its zoning plans, changing the designation of the building from a museum to the Hagia Sophia Grand Mosque and Complex. (BIA, 16 July 2026)


Socio-économique / Socio-economic

Police block power plant workers’ march to Ankara, detain union leaders

Police used pepper spray to stop workers from an Eskişehir thermal power plant marching to Ankara over unpaid wages and working conditions, detaining two union leaders.

The workers, organized by the DİSK Energy Workers Union (Enerji-Sen), were on the second day of their march from the Yunus Emre Thermal Power Plant in Eskişehir, central Turkey. They had planned to reach Ayaş in the adjacent province of Ankara today.

Police surrounded the workers as they attempted to resume the march after stopping at a gas station, according to a statement from the union.

Officers blocked the group and used pepper spray when they insisted on continuing. The union's chair Süleyman Keskin and secretary-general Emin Atsız were detained during the incident. No workers were reported to be taken into custody.

An ambulance was called to the gas station for workers affected by the pepper spray.

Police later attempted to disperse the group, but the workers said they would remain at the site.

The union called for the release of its executives.

Workers' demands

Workers at the Yunus Emre plant say they have not received their wages for three months and that payments have also been repeatedly delayed in the past.

In June, the plant management sought to place workers on unpaid leave. It later limited the leave period to 10 days following objections.

Workers have also raised concerns about occupational health and safety measures. They say they were given only one set of work clothes during winter and received no work clothes for summer.

They also say they have had to purchase their own gloves and that the masks provided by the company are insufficient in number and do not meet required standards.

The plant also lacks an ambulance, which concerns workers about access to hospitals during emergencies.

Workers travel about 60 kilometers each day to reach the plant and they say the company’s shuttle buses are poorly maintained.

More than 350 workers have joined Enerji-Sen in an effort to improve conditions. The Labor and Social Security Ministry has determined that the union has the required authorization to begin collective bargaining talks.

The workers are demanding payment of their outstanding wages, the immediate start of collective bargaining and stronger occupational health and safety measures.

The action is the second labor dispute involving Yıldızlar SSS Holding in recent months. Workers at the holding’s Doruk Mining company previously staged a strike and marched to Ankara during a campaign lasting nearly two months. They later secured payment of their outstanding receivables. Workers at the Yunus Emre plant then sought to pursue a similar course. (BIA, 22 July 2026)


Séisme de magnitude 5 dans le sud-est de la Turquie

Un séisme de magnitude 5 est survenu samedi matin à Battalgazi, dans la province de Malatya, dans le sud-est de la Turquie et ressenti dans plusieurs provinces voisines sans faire des dégâts ni de victimes, a annoncé l'agence turque de gestion des catastrophes AFAD dans un communiqué.

"Aucune situation problématique n'a été signalée après le séisme de magnitude 5 survenu à 06H20 (03H20 GMT, NDLR) dans le district de Battalgazi, dans la province de Malatya et ressenti dans les provinces de Malatya, Elazig, Adiyaman, Tunceli et Sanliurfa. Nos équipes continuent à travailler sur le terrain", a précisé l'AFAD.

"Nous n'avons constaté aucun développement négatif mais nous évaluons tous les signalements", a de son côté affirmé sur X le ministre turc de l'Environnement et de l'Urbanisation Murat Kurum.   Un séisme meurtrier a frappé en 2023 le sud-est de la Turquie faisant plus de 53.000 morts et détruisant plusieurs villes de la région. (AFP, 18 juil 2026)

Workplace deaths in Turkey exceed 1,000 in first half of 2026

At least 228 workers died in work-related incidents across Turkey in June, bringing the toll for the first half of the year to 1,063, according to a monthly report by the Health and Safety Labor Watch (İSİG). The six-month death toll surpassed the last two years.

The killed workers included six children, with three employed in construction, two in agriculture, and one in the glass industry.

Six killed workers were aged 15-17, 33 were aged 18-29, 97 were aged 30-49, 65 were aged 50-64, and 22 were aged 65 and over. The ages of five workers remained unidentified.

At least 10 women workers also lost their lives in June. Four worked in agriculture, three in municipal and general works, one in commerce, one in education, and one in healthcare.

Fourteen of the workers killed last monrh were migrants. These included five citizens of Azerbaijan, three of Syria, two of Egypt, and one each of China, Iran, Uzbekistan, and Turkmenistan.

Sectors and causes of death

By sector, 75 industrial, 56 construction, 54 agricultural, and 43 service sector workers died in the last month. These were followed by 24 deaths in transportation, 19 in the metal industry, 14 in municipal and general works, and 12 in commerce, office, education, and cinema.

The leading cause of death in June was crushing and collapse, which claimed the lives of 55 workers. Other causes included 35 falls from heights, 35 traffic and shuttle accidents, 33 heart attacks and brain hemorrhages, and 18 electrocutions. Violence caused 10 deaths, while nine workers died by suicide, seven by poisoning or drowning, five by explosion or fire, three by falling objects, and one by cuts or amputation. Another 17 workers died of other causes.

Only 12 of the workers killed in June, or 5 percent, were union members. The remaining 216 workers, representing 95 percent of the total, were non-union. Among the unionized workers, four worked in metal, three in municipal works, two in mining, and one each in education, energy, and transportation. (BIA, 15 July 2026)


Corruption: l'OCDE adresse un avertissement à la Turquie

L'Organisation de coopération et de développement économiques a identifié "de graves manquements" dans la mise en oeuvre par la Turquie de la Convention anticorruption de l'OCDE, dans une évaluation publiée jeudi, qui avertit d'une "vigilance renforcée" à l'égard du pays.

Cette évaluation émane du Groupe de travail de l'OCDE sur la corruption dans le cadre de transactions commerciales internationales.

Le Groupe de travail pointe "l'absence d'effort significatif pour enquêter et poursuivre les allégations crédibles de corruption d'agent public étranger" et "l'absence de stratégie de lutte contre la corruption d'agent public étranger", a indiqué l'OCDE dans un communiqué.

Il signale aussi des "lacunes législatives en matière de responsabilité des personnes morales", "l'impossibilité d'imposer des amendes à des personnes physiques en cas de corruption d'agent public étranger" ou "le défaut de protection des lanceurs d'alerte dans les secteurs privé et public".

Le Groupe de travail précise que le non-respect par la Turquie de "dispositions essentielles" de la Convention anticorruption "pourrait rendre nécessaire une vigilance renforcée à l'égard d'entreprises turques par leurs partenaires commerciaux, les banques multilatérales de développement, les pays membres du Groupe de travail, et d'autres juridictions".

L'appel à une vigilance renforcée est une des mesures pouvant être prise par le Groupe de travail à l'égard d'un pays dans le cadre de ses évaluations en cas de mise en oeuvre "inadéquate" de la Convention sur la lutte contre la corruption d'agents publics étrangers dans les transactions commerciales internationales.

Il s'agit d'une "déclaration publique" indiquant que "des mesures de vigilance renforcée peuvent être décidées à l'égard des entreprises de ce pays".

Cet avertissement peut être levé une fois que les problèmes qui ont été soulevés ont été réglés. (AFP, 9 juil 2026)

La Turquie et la FIFA 2026 : Une débâcle politique, culturelle et sportive

Ragip Duran, TVXS.GR, 29 juin 2026

La disqualification de l’équipe nationale turque de la Coupe du monde de la FIFA 2026 organisée aux États-Unis, après deux défaites et un seul match gagné en affichant un jeu extrêmement médiocre, a révélé une situation bien trop grave pour être expliquée uniquement par des lacunes et des erreurs techniques, tactiques et stratégiques sur le plan sportif.

L’équipe turque, lors du dernier match, a battu 3 à 2 les États-Unis vendredi, tôt dans la matinée. Les dirigeants essaient de profiter de ce résultat pour couvrir la grande défaite. La Turquie avait pu, 24 ans après, gagner le droit de participer à la FIFA 2026. L’objectif publiquement déclaré au départ était « au moins les quarts de finale ».

Les déclarations incohérentes du président de la Fédération turque de football (TFF), les plans de jeu de l’entraîneur, la formation des onze et, enfin, les échecs des joueurs font l’objet d’une analyse approfondie et de critiques de la part des experts sur le plan technique.

Cependant, rares sont les journalistes et experts qui abordent actuellement la question la plus importante : que va-t-il se passer maintenant ? Le président de la TFF et l’entraîneur, qui sont les principaux responsables, vont-ils démissionner ?

Il ne faut pas prendre un match de foot à la légère. S’il s’agit d’un match de l’équipe nationale, l’ambiance, le jeu et le résultat fournissent des indices intéressants sur le climat politique et culturel du pays.

La défaite aux États-Unis ne se résume pas au score affiché à la fin du match. Sur les réseaux sociaux, des milliers de citoyens expriment leur déception et leur colère tout en énumérant les causes de cette défaite :

- Accompagner la délégation de l'équipe nationale avec des dizaines de voitures de marque nationale n'ayant aucun rapport avec le sujet n'a servi qu'à faire de la publicité pour ces véhicules. Les résultats obtenus sur le terrain n'ont sans doute pas non plus fait grimper les ventes de ce modèle.

- De plus, le fait que le président Erdogan, des avions de combat et les emblèmes du parti au pouvoir aient été utilisés pour diffuser un spot publicitaire accompagné d’un discours nationaliste et militariste pour un match de football, censé être un symbole d’amitié et de paix, n’a pas du tout motivé les joueurs.

- Lorsque tous les sponsors de l’équipe nationale ont mobilisé les joueurs pour promouvoir leurs marques et leurs produits, la concentration des footballeurs n’a pas été au sommet.

- Pour les matchs retransmis à des heures inhabituelles, le régime a tenté d’instaurer un lien entre religion et football à des heures qui coïncidaient avec la prière du petit matin.

- Alors que les footballeurs auraient dû se concentrer sur les entraînements techniques et tactiques, ils se sont davantage préoccupés de leurs coiffures et de leurs moustaches, ce qui n’a pas amélioré leurs performances sur le terrain.

En conséquence, un tel climat s’est instauré que l’équipe nationale turque est devenue l’équipe non pas de la Turquie, mais du pouvoir, c’est-à-dire du régime d’Erdoğan. Comme plus de la moitié du pays s’oppose à ce régime, ces citoyens ne souhaitent plus que l’équipe nationale remporte des victoires. De plus, comme une éventuelle victoire les aurait poussés à descendre dans la rue pour « s’amuser » en tirant en l’air au son de slogans nationalistes militaristes pour célébrer la victoire, ce qui avait entraîné des morts et des blessés, la majorité ne souhaitait pas recevoir de bonnes nouvelles des États-Unis.

L’arrogance, la publicité-propagande et le complexe de grandeur ne sont pas des éléments positifs pour remporter des succès sportifs, mais au contraire négatifs, voire obstructifs. Ceux qui rêvaient d’une demi-finale à la Coupe du monde 2026 ont dû faire leurs valises à la fin du troisième match et rentrer chez eux. La réalité a réduit à néant leurs rêves creux.

Il existe une autre raison majeure à l’échec de l’équipe nationale turque : la FIFA est une institution mondiale, une organisation globale. La FIFA a ses règles, ses experts indépendants. Or, en Turquie, dans aucun domaine, y compris le football, il n’y a de règles, car le droit n’existe plus sur l’ensemble du territoire et dans tous les secteurs ; et si elles existent, elles ne sont pas appliquées, ou bien elles le sont de manière arbitraire et sélective. C’est ainsi que le régime d’Erdoğan fait ce qu’il veut en Turquie. Mais lorsqu’on se rend aux États-Unis pour un tournoi de la FIFA, il n’y a pas là-bas de dirigeants pratiquant la corruption, ni de procureurs et de juges soumis au pouvoir ; les personnes et les institutions censées être indépendantes et impartiales ne se comportent pas comme des instruments du pouvoir.

L’entraîneur italien Montella serait « plus turc que nous ». Il a prononcé des mots comme « destin », « chance » et « dessein » dans les déclarations qu’il a données après les deux premiers matchs pour expliquer les raisons de la défaite.

Le président de la Fédération turque de football, M. Haciosmanoglu, a menacé les journalistes qui critiquent ces résultats et a demandé au ministre de la Justice une nouvelle loi pour sanctionner les « mauvaises langues ».

MM. Montella et Haciosmanoglu ont publiquement déclaré qu’ils refusent de démissionner.

« Quel secteur, quelle institution en Turquie travaille correctement, remplit sa mission et remporte des succès, au point de pouvoir réussir dans le football ? » conclut un professeur de droit public en exil.

İstanbul pride march held in Kadıköy despite obstacles

The 24th İstanbul Pride March was held in the Kadıköy district yesterday despite official bans and transportation restrictions.

At least 65 people including journalists were detained during the incidents as police dispersed groups emerging from various streets. All detainees were released at night after testifying to the police.

The march began at around 12 pm local time in Caferağa neighborhood. MPs Özgül Saki of the pro-Kurdish People's Equality and Democracy (DEM) Party and Sera Kadıgil of the Workers’ Party of Turkey (TİP) also joined the crowd.

'We are here with our courage'

After police surrounded the group, several other groups emerged from various streets and continued the demonstrations throughout the day despite crackdowns. They unfurled banners and chanted "Where are you, my love? - I'm here my love."

"Our friends were detained with torture during the 24th LGBTI+ Pride March we held today," demonstrators said in a statement during the march:

"But we are on the streets once again today. We are here with our courage. We are here to carry on the laughter and the words of our detained friends. We came out openly, we speak openly. We say it once again: We are not giving up on our struggle."

The İstanbul LGBTI+ Pride Week Committee also released a statement on social media during the incidents:

"We have always said it, and we will continue to say it; we are here, we resist both the detentions and your hate on the streets that belong to us!"

"My love, today is not over yet, in fact, we are just getting started! We are not dispersing! We continue to be on the street from every area we are in!"

Prior to the march, both Kadıköy and Beyoğlu district governor's offices banned all events during the weekend.

DİSK Press Workers (Basın-İş) union and the Journalists’ Union of Turkey (TGS) condemned the detentions of media workers in separate statements, calling for their immediate release.

LGBTI+ pride marches have been banned in Turkey for the past decade. Activists continue to hold the events, employing various methods to evade police crackdowns.

This year, an extensive wave of online censorship also targeted the LGBTI+ community during Pride month. Authorities banned the social media accounts of queer rights groups, media outlets, and individual activists. (BIA, 29 June 2026)

Relations turco-européennes / Turkey-Europe Relations

Erdogan demande "l'intégration" de la Turquie à l'architecture de défense européenne

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a demandé lundi "l'intégration" de la Turquie aux structures de défense européennes et la levée des restrictions frappant son industrie, à l'approche d'un sommet de l'OTAN à Ankara les 7 et 8 juillet.

Le chef de l'Etat cible notamment le programme SAFE de l'Union européenne, dont la Turquie a été exclue et qui permet à la Commission européenne de lever et distribuer des fonds pour soutenir les capacités industrielles et technologiques de défense des Etats membres, s'attirant une réponse peu convaincue de Bruxelles.

"Si nous voulons surmonter les défis auxquels nous sommes confrontés, nous devons répartir le fardeau de manière juste et équitable entre nos alliés tout en éliminant les obstacles au commerce de l'industrie de défense", a déclaré le président turc lors d'un discours à l'ouverture du sommet parlementaire de l'Otan à Istanbul.

Dans une remarque presque simultanée, le porte-parole de la commission Thomas Regnier lui a répondu en rappelant que, "le texte juridique est très clair. Tout état tiers a déjà la possibilité, dans le cadre de SAFE, de participer à tout projet de défense à hauteur de 35%".

"Toute négociation" en vue d'une association "au même degré que les États membres et que la Norvège, l'Islande et l'Ukraine, requiert un accord bilatéral comme nous l'avons fait avec le Canada pour une association pleine", a-t-il ajouté avant d'insister: "Ce n'est pas un accord que nous avons pour l'instant conclu avec la Turquie".

M. Erdogan a également insisté sur la participation d'Ankara "aux initiatives de défense et de sécurité sur le continent", et sur  "l'inclusion de la Turquie" dans ces initiatives.

La Turquie est la deuxième armée de l'Otan en nombre d'hommes et ses industries de défense se situent au 11e rang mondial, avec une croissance de 29,5% de ses exportations sur les cinq premiers mois de l'année, atteignant près de 4 milliards de dollars contre 7 milliards en 2024.

"Ce que nous faisions en un an, nous le faisons désormais en une semaine", s'est réjoui le chef de l'Etat la semaine dernière.

Le président turc fait aussi valoir la participation de son pays aux différentes missions passées de l'Otan, comme l'Afghanistan, et le "contexte" régional.

"Si nous voulons surmonter les défis qui nous sont posés, nous devons lever les obstacles au commerce des industries de défense et nous assurer d'un juste partage des responsabilités entre alliés" a-t-il insisté.

Mais Ankara reste confronté à la méfiance de certains pays européens, dont la France et l'Allemagne en raison de ses positions sur Chypre.

Située sur les rives sud de la Mer Noire, la Turquie a joué un rôle décisif aux premières heures de la guerre en Ukraine en fournissant à Kiev les drones de combat qui ont aidé à repousser l'avancée des chars russes.

Outre les drones, la Turquie fabrique des chars, véhicules blindés, munitions et navires de guerre (corvettes, frégates, sous marins...) comme celui livré le 20 juin à la Roumanie - "un pays membre de l'OTAN et de l'Union européenne" a relevé le chef de l'Etat.

Avec de longues frontières partagées avec l'Iran, l'Irak et la Syrie au sud, elle se veut aussi garante de stabilité aux portes du Moyen-Orient.
(AFP, 29 juin 2026)

Turquie-USA-OTAN / Turkey-USA-NATO

La Turquie et les États-Unis au sein de l'OTAN : Frères ennemis ou Frères siamois ?

Ragip Duran, TVXS.GR, 13 juillet 2026

De nombreuses questions d’une grande importance politique et géostratégique à l’échelle mondiale ont été abordées lors du sommet de l’OTAN qui s’est tenu cette semaine dans la capitale turque. Cependant, le caractère autoritaire du régime d’Erdoğan n’a délibérément pas été inscrit à l’ordre du jour. De cette manière, les chefs d’État et de gouvernement des 32 pays semblent avoir, ne serait-ce qu’indirectement, apporté leur soutien à « l’Homme unique » d’Anatolie.

Tout d’abord, les autorités turques chargées de l’organisation ont refusé d’accréditer une vingtaine de journalistes turcs.

Plus de 200 personnes – militants de gauche, syndicalistes, universitaires, journalistes et étudiants – ont été placées en garde à vue afin d’empêcher des manifestations contre l’OTAN. Parmi elles, des femmes d’environ 70 ans, anciennes militantes d’organisations écologistes et de gauche, toutes en règle avec la loi, qui ont passé toute la semaine derrière les barreaux.

Les partisans d’Erdoğan ont érigé des « murs Potemkine » pour dissimuler les bidonvilles situés le long de la rue centrale.

Les collaborateurs d’Erdoğan ont érigé des « murs de Potemkine » pour dissimuler les bidonvilles situés le long de l’avenue centrale qui relie l’aéroport d’Ankara au centre-ville.

L'accueil réservé au Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, a été mis à profit pour diffuser la propagande sur le « passé glorieux de l'Empire ottoman ». Le défilé des janissaires glorifie l'expansionnisme et l'agressivité des Turcs. Ce corps de soldats d’élite constituait la garde rapprochée du sultan, comprenez aujourd’hui d’Erdoğan. Les soldats provenaient de familles chrétiennes, principalement orthodoxes, des Balkans : des enfants qui avaient été enlevés et convertis à l’islam.

Le président Trump a également été accueilli par ce même corps, les janissaires brandissant leurs épées. Personne n’a mentionné que le corps des janissaires avait déjà été dissous en 1826 par le sultan réformateur Mahmud II. Curieusement, les historiens officiels qualifient cette dissolution d’« Événement heureux ».

Ankara a une nouvelle fois insisté auprès du président Trump pour qu’on l’autorise à acheter des avions de combat F-35, ainsi que des moteurs de pointe pour l’avion de combat turc Kaan. Le Congrès américain a rejeté cette demande, mais le président américain n’a cessé, tout au long de la réunion, de faire l’éloge de son homologue, Recep Tayyip Erdoğan.

Les médias européens, mais aussi bons nombre de médias américains, ont rappelé que le régime d'Ankara, bien que membre de l'OTAN, a acheté les systèmes de missiles russes S-400 et continue de menacer la Grèce et Chypre. Malgré tout, les dirigeants des 31 autres États membres ont choisi de garder le silence tant sur ces questions que sur les pratiques antidémocratiques, voire fascisantes, du régime d’Erdoğan.

« L’OTAN et les États-Unis en général ne jouissent pas d’une grande estime auprès de la grande majorité des Turcs », rappelle un professeur de sciences politiques résidant en Allemagne. « L'image d'Erdogan aux côtés de Trump a encore attisé les sentiments anti-américains au sein de la société turque », observe-t-il.

Le sommet d’Ankara sauvé des eaux en fin de partie par… son boulet : Donald Trump

Par Philippe Regnier, Le Soir, 8 juillet 2026

Voilà qui en dit long – des troubles qui agitent l’Alliance atlantique. Le sommet d’Ankara s’est achevé mercredi sans fixer la date (ni le lieu) du prochain rendez-vous, contrairement aux habitudes. A celui de La Haye, en juin 2025, les dirigeants des 32 pays de l’Otan se « réjouissaient (de) la perspective de nous retrouver l’année prochaine en Turquie, puis de nous revoir en Albanie ». Rien de tel ce 8 juillet. Pourquoi, en effet, s’infliger un tel calvaire, avec pareil éléphant dans la pièce, comme disent les Anglo-Saxons : Donald Trump…

Tout du long, le qui-vive a dominé les esprits. Le bouillant président allait-il « renverser la table » ? Menacer de larguer les amarres de l’Otan ? Diviser en distribuant les punitions à ceux qu’il a dans le collimateur et les bons points à ses « bons amis » (à Ankara : le président à poigne Recep Tayyip Erdogan et son flatteur-en-chef, le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte) ?

Et puis, non : au cours d’une conférence de presse, décousue comme il en a le secret, passant du sommet d’Ankara à ses tariffs, de l’IA à Toyota, d’Ormuz à Tik Tok et au communisme, le 47e président des Etats-Unis a loué « un moment formidable », qualifié le sommet de « grand succès », « une immense unité », « incroyable ». Bref, « il y avait énormément d’amour dans cette pièce ».

Et une bonne dose d’hypocrisie.

Car, de son arrivée sur les marches du phénoménal palais présidentiel, mardi, à l’entame de l’unique session du Conseil de l’Atlantique nord, Donald Trump a multiplié les saillies, creusant encore un peu plus le fossé transatlantique. Il n’a fallu que quelques heures avant cette session de travail pour que l’ouragan Maga plombe l’ambiance.

Trump a fait du Trump et ressassé son bréviaire. En vrac, la civilisation européenne est perdue pour cause de migration et d’éoliennes, le Groenland danois doit être « rendu » aux Etats-Unis, l’Espagne, ce faible dépensier gauchiste, est « une cause perdue », la guerre acharnée livrée par le Kremlin contre Kiev « ne nous concerne pas ». Bref, avec des alliés pareils, qui ont eu l’outrecuidance de le laisser seul s’enfoncer dans son expédition iranienne : « Je suis très en colère contre l’Otan. »

« J’ai dit deux fois, au cours de mon intervention de trois minutes, que le respect mutuel dans l’Alliance aiderait beaucoup », nous a dit Bart De Wever, interrogé sur l’état de cette relation transatlantique. Notamment pour garder le soutien de l’opinion, précise le chef du gouvernement belge. « Il faut éviter de fragiliser cette grande organisation de l’intérieur : les ennemis sont à l’extérieur », abonde Maxime Prévot, le ministre des Affaires étrangères.

Les Alliés de l’Amérique avaient pourtant mitonné leur script : éblouir le président des Etats-Unis avec un blitzkrieg de dollars. Plus de 50 milliards de contrats engrangés au jour 1 du sommet, a souligné Mark Rutte, plus de 250 milliards investis dans la défense en deux ans par les Européens et le Canada. A La Haye, sous l’épée de Damoclès d’un Trump toujours susceptible de rompre le ban, les Alliés européens et le Canada s’étaient engagés à porter leurs investissements dans la défense et la sécurité à 5 % de leur PIB d’ici 2035 : les 4 % sont déjà atteints, a trompeté Rutte, « alors que ce projet sur dix ans n’en est qu’à sa première année ».

« L’Otan de papa »

Il faudra attendre la conférence de presse de Donald Trump, bien après la fin du sommet, pour entendre le président reconnaître « un bon progrès » vers ces 5 %. Avec, s’enthousiasme-t-il, « des achats d’équipements US Made pour la plupart – les meilleurs ».

C’est l’enjeu, pour les Européens. Les voilà mis au pied du mur du désengagement militaire des Etats-Unis, en hommes et en capacités, jusqu’ici maîtres des lieux à l’Otan. Il s’agira d’assumer davantage de responsabilités, gagner en autonomie, assumer le fardeau financier de ce transfert de charge – tout en choyant leurs économies… alors que Washington est prompt à dénoncer le « protectionnisme ». Et les Etats-Unis » ne dépenseront plus autant pour la défense de leurs alliés mais ne cèdent pas encore tout le contrôle : « Nous mettons au point un cloud de combat interopérable à l’échelle transatlantique », indique le sommet.

« La question de savoir si ce changement ouvre des perspectives ou crée une vulnérabilité dépendra de la rapidité et de la pérennité de la réponse européenne, ainsi que de la façon dont Washington perçoit une base industrielle européenne plus forte : un atout ou une menace concurrentielle », analyse mercredi soir Alexandra de Hoop Scheffer, présidente du think tank transatlantique German Marshall Fund.

Au fond, c’est ce qui émerge de la courte déclaration – six paragraphes – du sommet d’Ankara : « l’Otan de papa » a vécu.

Le sommet de Washington en 2024, le dernier du président Biden, soulignait encore que l’Otan « demeure l’unique forum transatlantique, essentiel et indispensable, pour les consultations, la coordination et l’action sur toutes les questions touchant à notre sécurité individuelle et collective » – l’offensive lancée contre Téhéran a illustré tout le contraire. A Ankara, les 32 Alliés ont acté la transformation en cours de l’Otan. Avec des Européens et le Canada qui « prennent une part de plus en plus grande dans la défense de l’Alliance ».

Erdogan a réservé un accueil impérial à Trump

Des guerriers ottomans en armure au palais de marbre de son hôte, Donald Trump a reçu mardi en Turquie le type d'accueil qu'il affectionne.

Les dirigeants du monde qui cherchent à séduire l'imprévisible Trump ont compris que rien n'impressionne davantage le président américain de 80 ans qu'une arrivée impériale, en fanfare et fastueuse.

Son homologue turc Recep Tayyip Erdogan le sait, qui lui a réservé un accueil à la hauteur de leur "bromance", pour son arrivée au sommet de l'Otan à Ankara. Car les deux dirigeants vieillissants partagent le même goût pour une architecture présidentielle fastueuse et un style de gouvernement autocratique.

"Vous êtes un grand dirigeant" a lancé Donald Trump, manifestement satisfait, alors qu'il était assis aux côtés d'Erdogan dans l'immense complexe présidentiel de Bestepe, en lisière de la capitale. "Nous avons une relation très particulière", a-t-il loué.

Le président Erdogan, 72 ans, est venu en personne accueillir son homologue au pied de l'avion - le nouvel Air Force One offert par le Qatar - lui prenant le bras à plusieurs reprises pour le conduire sur un tapis d'apparat bleu azur.

- "le Palais blanc" -

Une escorte de cavaliers a ouvert ensuite la route déserte à la limousine blindée de Donald Trump jusqu'au palais présidentiel, où il était attendu par une garde d'honneur en uniformes rouges et bleus.

Et c'est au garde-à-vous qu'il s'est tenu pendant les hymnes nationaux, tandis que passaient dans le ciel les chasseurs turcs, lâchant derrière eux des panaches de fumée rouge, blanche et bleue.

Comme pour les hôtes de marque, une vingtaine de soldats moustachus vêtus des armures et des uniformes traditionnels de l'armée ottomane l'attendaient sur les marches du palais, connu comme le "Palais blanc", inauguré en 2014.

L'immense complexe bâti sur une colline déboisée puise son inspiration architecturale dans l'héritage ottoman et seldjoukide de la Turquie.

Son coût exorbitant et ses près de mille pièces, le luxe du marbre vert d'Italie, les verres importés et les onyx des vastes halls avaient poussé les critiques à le dénoncer comme le dernier caprice du "Reis" Erdogan.

En revanche la démesure de l'édifice semble presque avoir été conçue pour susciter la jalousie de Trump, qui ne cesse de s'extasier devant les demeures opulentes des dirigeants étrangers qu'il visite.

Pour son deuxième mandat, l'ancien milliardaire de l'immobilier parait de plus en plus obsédé par l'idée de transformer Washington selon son idée d'une capitale impériale.

Il a ainsi démoli toute une aile de la Maison-Blanche pour y construire à la place une immense salle de bal, prévoit un gigantesque arc de triomphe, "l'Arc de Trump" et a lancé une vaste campagne de rénovation des monuments de la capitale fédérale. (AFP, 7 juil 2026)

"Tout ce maquillage n'est pas pour nous" : Ankara se refait une beauté pour l'Otan

Sur la route de l'aéroport d'Ankara, des employés municipaux travaillent sans relâche sous le soleil pour fleurir les bas-côtés et masquer par des panneaux géants tout panorama indésirable, maisons délabrées ou quartiers défavorisés.

Autant de travaux cosmétiques pour faire bonne impression auprès des chefs d'Etat et délégations de 32 pays, dont le président américain Donald Trump, attendus dans la capitale turque à partir de mardi pour le sommet de l'Otan, dénoncent l'opposition et la population.

En raison des mesures de sécurité, plusieurs grands axes seront fermés pendant les deux jours du sommet, contraignant habitants et commerçants à limiter leurs déplacements et parfois à fermer temporairement leurs boutiques.

Tout rassemblement ou manifestation a aussi été interdit à Ankara depuis le 28 juin jusqu'à l'issue du sommet.

"Ankara est pratiquement devenue une prison à ciel ouvert. (...) Toute la capitale est paralysée pour faciliter la circulation de quelques cortèges officiels", a protesté le co-président du parti de l'opposition prokurde DEM Tuncer Bakirhan.

"On parle même de fermer les parcs pour qu'un président puisse y courir! Les habitants sont traités comme des indésirables dans leur propre ville", a-t-il ajouté, reprenant la rumeur, pourtant démentie, d'une fermeture de plusieurs parcs de la capitale supposément réservés au jogging matinal du président français, Emmanuel Macron.

-Quartiers pauvres cachés-

Selon la presse turque, l'ensemble des préparatifs, y compris la rénovation d'un aéroport militaire et la construction de nouvelles routes, a coûté plus de 11 milliards de livres turques (plus de 205 millions d'euros).

Les autorités présentent ces travaux comme des investissements pérennes destinés à moderniser les infrastructures de la capitale.

"C'est notre argent qui est dilapidé. On ne dépense pas pour nous ou les quartiers pauvres, cachés derrière ces panneaux, mais pour les présidents d'autres pays", s'insurge néanmoins Ümit Örkan, gérant d'une supérette dont l'entrée est obstruée par des panneaux vantant le sommet et les attractions touristiques d'Ankara.

"Nous, les commerçants, sommes dans une situation très difficile. Les clients ne peuvent plus venir. Nous sommes obligés de fermer pendant une semaine", se plaint M. Örkan.

"J'ai sept employés, une assurance, un loyer à payer. Mais aucune indemnisation n'est prévue pour compenser la perte de revenus".

"Notre commerce repose sur sa visibilité. Les clients s'arrêtent en voyant nos plantes. Ces panneaux ont réduit nos ventes de 95%", renchérit le fleuriste Kadir Kokus.

"On n'y peut rien... On doit supporter ça pendant dix jours", soupire-t-il, l'installation des panneaux géants ayant commencé fin juin.

-Des loukoums dans les taxis-

La Fédération turque des chauffeurs de taxi en revanche saisit la balle au bond: elle impose pantalon gris et chemise blanche aux conducteurs et prévoit assaut d'amabilités pour les visiteurs.

"Nous offrirons à nos clients de l'eau, des loukoums et de l'eau de Cologne pour témoigner de l'hospitalité turque", a annoncé le président de la Fédération Mehmet Yiginer.

Autres nouveautés: pour la première fois, des policiers à cheval seront en patrouille dans la capitale, les trous des chaussées sont bouchés, les trottoirs repeints et les plaques d'égouts enfin ajustées au ras du bitume.

Tous ces préparatifs génèrent quantités de plaisanteries sur les réseaux sociaux: "Désormais si tu fais des efforts pour tes invités, on te dira que tu accueilles l'OTAN" dit l'un. Un autre suggère aux salons de beauté de proposer des "soins OTAN" à leurs clients.

"C'est bien tous ces efforts mais j'aurais voulu qu'ils le soient pour nous et pas pour l'Otan", regrette Cem Özbek, gérant d'une pâtisserie proche d'une avenue qui sera fermée pendant le sommet.

"Les routes interdites sont connues à l'avance, mais les itinéraires alternatifs ne sont pas clairs. Nos clients, nos employés et les fournisseurs auront du mal à venir ici. Les petites entreprises vont beaucoup souffrir", craint-il.

De nombreux habitants préfèrent fuir la capitale: les train et les avions au départ d'Ankara sont déjà pleins à l'approche du sommet.

"Je ne compte pas rester en ville. Beaucoup de lieux seront fermés, les transports seront perturbés", indique Demir Balemir, jeune diplômé de l'université.

"Tout ce maquillage n'est pas pour nous", déplore Sima, étudiante, qui reprend une blague devenue virale sur les réseaux sociaux: "Si Macron pouvait prendre les transports en commun, nous aurions peut-être enfin la climatisation dans les bus!". (AFP, 3 juil 2026)

Relations régionales / Regional Relations

6 morts dans une frappe russe sur un navire marchand turc après une nuit de bombardements

Les autorités ukrainiennes ont annoncé dimanche soir que six marins avaient été tués dans un tir de missiles russes sur un navire marchand turc transportant des céréales, après une nouvelle nuit de bombardements sur la capitale visée par une vingtaine de missiles balistiques.

Un vraquier, battant pavillon de la Guinée-Bissau mais appartenant à la Turquie, a été touché par trois missiles de croisière après avoir quitté le port d'Odessa, situé sur la mer Noire dans le sud de l'Ukraine, ont affirmé sur Telegram la marine ukrainienne et le Premier ministre Serguiï Koretsky.

L'équipage était composé de 17 hommes de nationalités syrienne et indienne, ainsi que d'un capitaine ukrainien ; huit marins ont été secourus et le sort de quatre autres reste inconnu, a indiqué dans la soirée le ministre des Transports Mykola Kalashnyk.

"La Russie commet des crimes de guerre et sape la sécurité de la mer Noire en attaquant des navires marchands civils. Il s'agit d'une atteinte à la liberté de navigation et aux principes de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer", a déclaré Serguiï Koretsky.

L'armée russe bombarde très régulièrement les infrastructures portuaires ukrainiennes, en particulier dans la région d'Odessa.

Cette frappe intervient alors que la capitale, Kiev, a été touchée la nuit dernière par une des "plus importantes attaques de missiles balistiques", selon le président Volodymyr Zelensky, qui a déploré un mort et 16 blessés.

Parmi les 40 missiles tirés figuraient selon l'armée de l'air 25 missiles balistiques, rapides et plus difficiles à intercepter que les drones ou les missiles de croisière - 17 ont été stoppés.

- "Les uns après les autres" -

Dans la matinée, des journalistes de l'AFP à Kiev ont vu des immeubles d'habitation calcinés, leurs fenêtres brisées, des voitures déformées et renversées.

"Les missiles continuaient d'arriver les uns après les autres, les explosions étaient puissantes, c'était horrible", raconte à l'AFP Ganna Zagorodnia, 47 ans. "J'ai cru que ma vie allait s'arrêter".

Ces dernières semaines, Kiev est régulièrement visée par des frappes de missiles, alors que l'Ukraine manque de projectiles d'interception dans une guerre qui se joue toujours plus dans les airs, la ligne de front terrestre étant presque figée plus de quatre ans après le début de l'invasion russe.

Sept autres personnes ont été tuées à Kharkiv et Zaporijjia (est) ainsi que dans les régions de Dnipropetrovsk (est) et d'Odessa (sud), selon les autorités locales.

La Russie, qui dément viser des civils, a affirmé avoir frappé des installations militaires et des centres logistiques à Kiev, ainsi que des infrastructures portuaires utilisées par l'armée ukrainienne à Odessa.

La capitale ukrainienne est touchée dans une période d'instabilité politique: pour la quatrième jour consécutif, des manifestants se sont rassemblés à Kiev et dans d'autres villes pour dénoncer le limogeage du ministre de la Défense Mykhaïlo Fedorov et réclamer la démission du commandant en chef de l'armée Oleksandre Syrsky, a constaté un journaliste de l'AFP.

"Les autorités veulent tout simplement gagner du temps, afin que tout ça finisse par se calmer. Mais nous, nous ne calmerons pas. Chaque jour, nous serons plus nombreux, et nous deviendrons plus radicaux", a déclaré Vitalii, un manifestant qui n'a pas souhaité donner son patronyme.

- Terminal frappé en Russie -

Chantre des technologies sur le champ de bataille, M. Fedorov a dit être entré en conflit avec M. Syrsky, qui privilégie une approche plus traditionnelle des opérations militaires.

Volodymyr Zelensky a poursuivi ses consultations dimanche avec de hauts responsables militaires, après avoir dit samedi "entendre" la population et promis "des décisions concernant l'armée".

Selon les médias d'Etat russes et les autorités locales, quatre personnes sont mortes dans différentes régions de Russie ainsi que dans la région occupée de Lougansk, au lendemain de frappes ukrainiennes ayant touché deux centres logistiques et tué huit personnes.

Toujours sur le littoral de la mer Noire, une autre salve de drones ukrainiens a visé le terminal du Caspian Pipeline Consortium, près du port russe de Novorossiïsk, un axe stratégique d'exportation du pétrole kazakh, détenu en partie par Chevron et Shell.

Le consortium a indiqué que deux pétroliers chargés de brut kazakh avaient été endommagés et que les opérations de pompage avaient été interrompues. La diplomatie kazakhe a "fermement condamné" cette attaque qu'elle considère notamment comme un "acte délibéré visant à déstabiliser le commerce international".

Ces derniers mois, l'Ukraine a intensifié ses attaques contre la Russie, disant viser particulièrement des infrastructures d'hydrocarbures pour tenter d'assécher la capacité de Moscou à financer son effort de guerre. (AFP, 19 juil 2026)

Ukraine: la diplomatie turque appelle à éviter une extension du conflit en mer Noire

Le ministre turc des Affaires  étrangères a affirmé mercredi à Kiev que son pays ne souhaitait pas voir la  guerre entre l'Ukraine et la Russie s'étendre à la région de la mer Noire,  indiquant qu'il "intensifiait les contacts" avec les deux pays pour une  reprise des négociations.

"Nous ne voulons pas que la guerre s'étende à la mer Noire", dont fait  partie la Turquie, a déclaré Hakan Fidan aux côtés de son homologue ukrainien,  Andriï Sybiga.

 Depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine il y a plus de quatre ans,  Kiev et Moscou ont mené de multiples attaques contre des navires en mer Noire,  axe stratégique pour les exportations des deux pays.

"Il est tout simplement incompréhensible qu'une guerre en Europe se  poursuive pendant cinq ans au XXI? siècle. Nous avons plus que jamais besoin  de paix", a déclaré M. Fidan, ajoutant qu'"il serait extrêmement bénéfique que  les négociations en Turquie se poursuivent."

"Nous intensifions nos contacts diplomatiques avec les deux pays afin de  renforcer les efforts de paix", a-t-il ajouté.

La visite de M. Fidan en Ukraine intervient dans un contexte d'impasse  diplomatique et vise à relancer les discussions entre Kiev et Moscou en vue de  trouver une issue au conflit.

La Turquie a accueilli plusieurs cycles de pourparlers entre représentants  russes et ukrainiens, d'abord au début de la guerre puis à nouveau en 2025,  sans avancée majeure autre que des échanges de prisonniers à grande échelle.

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères a pour sa part assuré que le  président Volodymyr Zelensky était prêt à rencontrer son homologue russe  Vladimir Poutine en Turquie.

Ce dernier a jusqu'à présent refusé de rencontrer le président ukrainien,  estimant qu'un accord sur les grandes lignes d'un règlement devait être trouvé  au préalable.

La Russie a dit ne pas voir de "perspectives rapides de reprise" des  négociations.

"Nous savons bien que nos amis turcs sont prêts à continuer de contribuer  au retour à une voie pacifique dans la situation autour de l'Ukraine. Nous  leur en sommes reconnaissants", a déclaré jeudi le porte-parole du Kremlin  Dmitri Peskov lors de son point-presse quotidien auquel participait l'AFP.

 "Pour l'instant, il n'y a pas vraiment de perspectives rapides de reprise  du processus de négociation. Nous n'en constatons pas. Mais la partie russe,  bien sûr, demeure ouverte à cette voie", a-t-il ajouté. (AFP, 16 juil 2026)

Moscou et Ankara en contact au sujet de la revente de systèmes antiaériens russes à un pays tiers

La Russie et la Turquie sont en contact au sujet de la revente possible par Ankara d'encombrants systèmes de défense anti-missiles russes à un pays tiers, qui nécessite l'accord de Moscou, a annoncé vendredi le Kremlin.

"Nous avons eu des contacts avec la partie turque à ce sujet et nous continuerons nos contacts avec la partie turque à ce sujet", a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, en réponse à une question de l'AFP lors de son briefing quotidien.

"Je ne peux vous dire qu'une chose: il s'agit d'un sujet qui appartient à la catégorie très sensible", a-t-il indiqué.

Selon les informations de l'éditorialiste turc Abdulkadir Selvi, parues vendredi dans le quotidien Hurriyet Daily, réputé proche du pouvoir, "les S-400 ont été vendus à un pays tiers", un "pays dans le Golfe".

La Turquie cherche à se débarrasser de ses systèmes de défense anti-missiles achetés à la Russie en 2017 et pour lesquels elle a été mise sous sanctions de la part du Congrès américain.

Cet achat a valu à Ankara d'être exclue du programme F-35 en 2019, la privant d'avions de chasse déjà payés, et d'être soumise l'année suivante à des sanctions CAATSA (une loi du Congrès) par les États-Unis.

La livraison de moteurs F110 pour le chasseur turc KAAN est également entravée.

Participant au sommet de l'Otan à Ankara mardi et mercredi, le président américain Donald Trump avait affirmé qu'il était d'accord pour lever ces sanctions, mais que sa seule décision était insuffisante.

La Turquie doit d'abord se débarrasser des S-400 sur son sol, même s'ils n'ont jamais été activés à d'autres fins que des tests.

Le consentement de la Russie est nécessaire pour une telle revente, la Turquie ne disposant pas de licence de ré-exportation. (AFP, 10 juil 2026)

Un attentat dans un café de Damas fait neuf

Un attentat à la bombe dans un café de Damas a fait neuf morts jeudi selon les autorités syriennes qui s'efforcent de pacifier le pays après plus de dix ans de guerre civile.

L'attaque, la plus sanglante depuis un attentat suicide contre une église il y a un an, n'a pas été revendiquée à ce stade.

L'explosion est survenue dans un café situé près du Palais de justice, dans un quartier très animé du centre de la capitale.

Elle a été provoquée par un engin explosif qui avait été déposé sur place, a annoncé le général des forces de sécurité intérieure, Mohammad Khit, à la télévision d'Etat.

Dans un dernier bilan, le ministère de la Santé a fait état de neuf morts et 20 blessés.

Un correspondant de l'AFP a vu des ambulances se diriger vers le secteur, sirènes hurlantes, au milieu de scènes de panique.

Les forces syriennes ont établi un cordon de sécurité autour du lieu de l'explosion, dans une rue résidentielle et commerciale du coeur de Damas.

"J'ai entendu une forte détonation vers 15h00 (12h00 GMT) et la devanture de mon magasin a tremblé. Les gens se sont précipités vers le café et ont commencé à appeler les secours", raconte à l'AFP Nawar Khayyat, 40 ans, propriétaire d'une boutique de batteries pour panneaux solaires située en face du Palais de justice.

 - "Du sang partout" -

 Autre témoin de la scène, Mohammad al-Dahabi, qui possède un magasin d'optique proche du café, en tremble encore.

"J'ai couru vers les lieux et j'ai vu des personnes étendues sur le sol, et du sang partout autour d'elles", dit-il. La scène lui a rappelé "les explosions qu'a connues Damas" pendant la guerre civile, entre 2011 et 2024.

Accouru sur les lieux, le gouverneur de Damas, Maher Edelbi, a affirmé qu'une enquête avait été ouverte.

"Si Dieu le veut, les responsables de cette effusion de sang seront punis", a-t-il promis.

"A chaque fois que le pays connaît une période de stabilité, des parties malveillantes tentent de le déstabiliser", a-t-il ajouté.

La prise du pouvoir par une coalition islamiste menée par Ahmad al-Chareh, qui a renversé en décembre 2024 le président Bachar al-Assad, avait mis fin à la guerre civile. Depuis, les autorités s'emploient à réunifier le pays morcelé par le conflit et à rebâtir ses institutions.

L'envoyé spécial adjoint des Nations unies pour la Syrie, Claudio Cordone, a condamné l'attentat et présenté ses condoléances aux familles des victimes.

"Quels qu'en soient les auteurs, ils doivent être traduits en justice", a-t-il dit sur X.

L'Egypte, la Jordanie, le Qatar, l'Irak et la Turquie ont également condamné l'attaque.

Cet attentat est le plus sanglant à Damas depuis celui qui a visé une église en juin 2025, faisant 25 morts. Il avait été revendiqué par un groupe fondamentaliste sunnite, tandis que les autorités en avaient imputé la responsabilité au groupe jihadiste Etat islamique (EI).

Soutenue par Washington, la Syrie d'Ahmad al-Chareh a rejoint l'an dernier la coalition internationale contre l'EI.

Le groupe jihadiste s'était emparé en 2014 de vastes territoires en Syrie avant d'être défait en 2019 par les forces kurdes syriennes, aidées par la coalition antijihadistes. Il conserve cependant des cellules dormantes et a appelé à défier le pouvoir d'Ahmad al-Chareh.

La capitale a connu plusieurs incidents au cours des derniers mois. Le 19 mai, un soldat avait été tué dans l'explosion d'une voiture piégée. (AFP, 2 juil 2026)

Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece

La Turquie condamne la fermeture de huit écoles turques en Grèce

Le ministère turc des Affaires étrangères a condamné dimanche la fermeture de huit écoles appartenant à la minorité turque en Grèce dans un communiqué.

"Nous condamnons la décision de la Grèce de fermer huit écoles primaires appartenant à la minorité turque en Thrace occidentale, sous prétexte d'un nombre insuffisant d'élèves", a réagi le ministère turc précisant que le nombre d'écoles appartenant à cette minorité est désormais réduit à 76.

La Turquie a également dénoncé "des pratiques systématiques visant à bafouer les droits à l'éducation de la minorité turque en Thrace occidentale".

"Nous appelons une nouvelle fois la Grèce (...) à agir conformément à ses obligations contractuelles relatives aux droits des minorités et aux droits fondamentaux", a ajouté le ministère.

Les autorités grecques estiment de leur côté que la fermeture des écoles est due à la baisse du nombre d'élèves et ne touche pas seulement la minorité musulmane.   Une cinquantaine d'écoles ont été fermées à cause de la baisse des effectifs dans le nord-est du pays et une école précédémment fermée va rouvrir, ont-elles affirmé.

Une importante minorité musulmane d'origine turque, 120.000 personnes selon les chiffres officiels de 2021, vit en Thrace, dans le nord-est de la Grèce, près de la frontière turque.

Elle bénéficie de droits spécifiques dont la liberté de la religion et de l'éducation dans le cadre du traité de Lausanne, signé après la Première Guerre mondiale. (AFP, 19 juil 2026)

Le président de la République turque de Chypre du Nord hospitalisé

Le président de de la République turque de Chypre du Nord (RTCN), Tufan Erhurman, a été hospitalisé vendredi soir après être tombé malade, ont annoncé les médias locaux.

M. Erhurman, qui assistait à un événement dans la vieille ville de Nicosie, la capitale divisée de l'île de Chypre, a reçu des soins sur place avant d'être transporté à l'hôpital en ambulance, selon le site internet d'information Haber Kibris.

Dans un communiqué cité par Haber Kibris, le ministre de la Santé, Hakan Dincyurek, a affirmé que les résultats de l'angiographie pratiquée sur M. Erhurman étaient "normaux", qu'aucune pathologie n'avait été détectée au niveau de l'artère principale et que son état général était "bon".

M. Erhurman, qui a été élu en octobre à la tête de la RTCN, un territoire séparatiste, pourrait rester hospitalisé jusqu'à ce que tous les examens soient terminés, a-t-il ajouté.
 Chypre est divisée depuis 1974, date à laquelle l'armée turque a occupé le tiers nord de son territoire en réaction à un coup d'Etat chypriote grec orchestré par Athènes, qui visait à l'unir à la Grèce.

Cette île se compose aujourd'hui de la RTCN, uniquement reconnue par Ankara, et de la République de Chypre, reconnue internationalement. Membre de l'Union européenne, cette dernière contrôle le sud, une zone en majorité peuplée de Chypriotes grecs.

Contrairement à son prédécesseur, qui s'alignait sur la position turque prônant deux Etats distincts à Chypre, M. Erhurman s'est dit favorable à un Etat unique de nature fédérale. (AFP, 10 juil 2026)

Immigration / Migration

"Une torture": les Turcs dénoncent une "crise des visas" Schengen

La foule patiente, d'énormes dossiers en main. Chacun vérifie une dernière fois la liste des documents requis dans une anxiété palpable, en attendant d'être appelé par le vigile.

"Enfin!", s'écrie Güney Hazan, qui tombe à genoux en ouvrant son passeport, dans ce centre commercial d'Istanbul qui abrite trois étages de bureaux de demandes de visa.

L'étudiant de 19 ans vient d'obtenir le graal lui ouvrant la porte d'un échange universitaire en Allemagne. "Même si tous mes documents étaient en ordre, j'attendais le résultat avec angoisse", confie-t-il à l'AFP.

"C'est devenu une torture. On a l'impression d'être des citoyens de troisième classe. A la fin, ça abîme les gens", regrette un peu plus loin une serveuse de 25 ans qui préfère ne pas être nommée, par crainte d'un rejet de sa demande de visa pour la France.

"J'ai eu par le passé un visa de cinq ans, ensuite ça a été deux ans et avec deux refus sans motif entretemps", poursuit-elle.

Pour l'amie qui l'accompagne, c'est "à cause de la conjoncture en Turquie qu'il est devenu aussi difficile d'avoir un visa depuis trois ou quatre ans".

"Comme l'Europe n'apprécie pas la politique de la Turquie, elle ne veut pas non plus de ses citoyens", assure-t-elle, elle aussi sous couvert d'anonymat.

 - "Risque migratoire" -

 La "crise des visas", comme la qualifie la presse turque, crée un sentiment de frustration dans la population.

Selon les données publiées par la Commission européenne, sur 1,25 million de demandes de visas pour l'espace Schengen (29 pays, majoritairement membres de l'UE) déposées en Turquie en 2025, 1,07 million ont été approuvées.

Mais l'augmentation des demandes ces dernières années (906.000 en 2019) s'est accompagnée d'une hausse du taux de refus, passé de 9,7% en 2019 à 14,6% en 2025.

Par comparaison, seules 4% des demandes de visa Schengen émanant de la Chine, premier pays demandeur devant la Turquie, ont été refusées l'an passé.

"Avec la crise économique persistante, les profils des demandeurs de visas ont changé. Certaines personnes n'obtiennent pas de visas parce que leur situation économique s'est dégradée, alors que nos critères restent les mêmes", explique à l'AFP une source à l'ambassade de France à Ankara.

Pour un visa touristique Schengen, il faut disposer sur son compte en banque d'un minimum de 2.800 euros depuis trois mois, soit plus de cinq fois le salaire minimum turc.

En outre, en 2025, les ressortissants turcs figuraient au cinquième rang des demandeurs d'asile en Europe, selon l'UE.

Cette réalité "conduit les États de la zone Schengen à appliquer strictement les critères et surtout à vérifier de près le risque migratoire", poursuit cette source.

Le ministère allemand des Affaires étrangères souligne par ailleurs qu'une libéralisation du régime des visas ne sera possible qu'une fois qu'Ankara aura "mis en oeuvre les réformes nécessaires exigées par l'UE".

Or, la Turquie ne remplit pas certains des soixante-douze critères de l'Union, qui juge notamment sa loi antiterroriste "abusive".

 - "Marché noir" -

 Trouver un créneau de rendez-vous pour déposer sa demande de visa relève aussi du casse-tête.

"On peut attendre près d'un an. Moi, je suis resté deux mois sur liste d'attente sans savoir quand j'obtiendrai une réponse", confie un étudiant de 22 ans, impatient d'entamer un stage en génie informatique en Allemagne.

Cette pénurie s'explique par la prolifération d'agences qui se jettent sur les créneaux mis en ligne par les prestataires. Ces intermédiaires, mandatés par les consulats, sont chargés de recueillir les dossiers et de gérer les rendez-vous en fonction des quotas définis par les Etats.

"Lorsque le système de rendez-vous est ouvert, il est immédiatement saturé par des bots. Des rendez?vous sont vendus au marché noir à des prix exorbitants, jusqu'à 300, 500, voire 1.000 euros en cas d'urgence", explique Hamit Kuk, un responsable de l'association des agences de voyage turques (Türsab).

"C'est un peu comme un jeu de hasard. On a lancé les dés et on verra", soupire la jeune serveuse en rangeant sa pile de documents avec résignation, prête à recommencer si besoin. (AFP, 30 juin 2026)



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