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INFO-TURK

A non-government information center on Turkey

Un centre d'information non-gouvernemental sur la Turquie

52th Year / 52e Année
Juillet
 
2026 July
N° 575
53 rue de Pavie - 1000 Bruxelles
Tél: (32-2) 215 35 76
Chief Editor /Rédacteur en chef: 
Dogan Ozgüden

Responsible editor/Editrice responsable:

Inci Tugsavul
Human Rights
Pressures on  media
Kurdish Question
Minorities
Interior politics
Armed Forces
Religious affairs
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Turkey-USA
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Titres des évènements du mois
Titles of this month's events


Droits de l'Homme / Human Rights

75-year-old retired teacher among arrested in crackdown ahead of Ankara NATO summit

13 écologistes détenus risquent de rester en prison jusqu'à la fin du sommet de l'Otan
Une cinquantaine d'arrestations à la Gay Pride d'Istanbul
178 personnes en détention provisoire avant le sommet de l'OTAN


Pression sur les médias / Pressure on the Media

Le stand-upper accusé d'insulte au président placé en détention
Journalist Gülnur Saydam detained after reporting on criminal groups
Renowned Actor Kadir İnanır laid to rest in İstanbul

Kurdish Question / Question kurde

Six combattants kurdes tués en Iran, selon un groupe d'opposition kurde
Access to several Kurdish media outlets, social accounts blocked

Minorités / Minorities

La Turquie dénonce la reconnaissance du génocide arménien par Israël

Politique intérieure/Interior Politics

Le sommet de l'OTAN: pour Erdogan, une plateforme pour l'influence turque

Forces armées/Armed Forces

De l'argent, mais pas assez d'armes: l'Otan pousse à produire plus

Affaires religieuses / Religious Affairs
 



Socio-économique / Socio-economic

La Turquie et la FIFA 2026 : Une débâcle politique, culturelle et sportive - Ragip Duran
İstanbul pride march held in Kadıköy despite obstacles

Relations turco-européennes / Turkey-Europe Relations

Erdogan demande "l'intégration" de la Turquie à l'architecture de défense européenne

Turquie-USA-OTAN / Turkey-USA-NATO

"Tout ce maquillage n'est pas pour nous" : Ankara se refait une beauté pour l'Otan

Relations régionales / Regional Relations

Un attentat dans un café de Damas fait neuf

Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece



Immigration / Migration

"Une torture": les Turcs dénoncent une "crise des visas" Schengen


Droits de l'Homme / Human Rights

75-year-old retired teacher among arrested in crackdown ahead of Ankara NATO summit

An Ankara court last week formally arrested 178 other individuals including academics, journalists, environmental activists, and students in a mass crackdown conducted ahead of the upcoming NATO summit in the capital city.

Ayten Yakut, 75, a long-time teacher and volunteer for the Turkish Foundation for Combating Soil Erosion (TEMA), was among the 41 members of the foundation targeted in the crackdown. She was remanded in custody on Jun 25 for on allegations of "being a member of a terrorist organization" and sent to Sincan Women's Closed Prison along with other women volunteers of TEMA.

She was released today following an appeal by her lawyer.

Lawyers link the targeting of TEMA in the investigation to a coincidental ID check on Jun 3, when the group organized a visit to the Nallıhan Bird Sanctuary on the outskirts of Ankara. The group's bus was stopped by police who had set up checkpoints at the entrances to Ankara to prevent the entry of Eskişehir-based miners who were protesting over their unpaid wages and attempting to bring their protest to the capital city.

"When we evaluate the events from the perspective of legal technique, it is clear that we are facing a complete legal absurdity," Gürbüz Özdemir, Yakut's lawyer, told bianet, describing the proceedings as "the implementation of a purely political scenario."

"My client is a 75-year-old woman with health issues," said Özdemir. "She is a retired teacher who has spent years educating people in this community and has never set foot in a courthouse or police station."

"Under these circumstances, her arrest and subsequent detention—cruelly linked to an armed terrorist organization—is unacceptable both legally and morally," added the lawyer.

'There is no single piece of evidence'

Police raided the home of Yakut, who lives alone, at around 4 in the morning on Jun 23. Along with several other detainees, she is accused of being a member of the Communist Party of Turkey/Marxist-Leninist (TKP/ML), an outlawed armed group that has been barely active over the past two decades.

"Not a single piece of evidence or allegation was included during the interrogation to substantiate my client's connection with the TKP/ML," Özdemir said. "The questions asked were limited to whether she was familiar with this organization. During the interrogation, no evidence or allegations were presented to substantiate the client’s connection to the group."

Despite this, the prosecutor's office alleged in its formal request for arrest following interrogations that the suspects could "carry out terrorist acts in an effort to portray the Republic of Turkey as a country associated with terrorism."

Özdemir asserted this request alone showed that the process was politically motivated.

An appeal has been filed against Yakut's detention. (BIA, 29 June 2026)

13 écologistes détenus risquent de rester en prison jusqu'à la fin du sommet de l'Otan

Treize écologistes placés en détention provisoire par les autorités turques pour des accusations de "terrorisme" avant le sommet de l'Otan risquent de demeurer en prison jusqu'à la fin du sommet, a dénoncé lundi leur avocat à l'AFP.

"Treize de nos bénévoles, âgés de 65 à 73 ans, sont actuellement en détention suite à une grave erreur judiciaire. (...) Des recours ont été déposés, mais selon nos informations, leur libération n'interviendrait qu'après le sommet de l'Otan, bien qu'ils soient âgés et sous traitement médical", a affirmé à l'AFP l'avocat des écologistes Suleyman Cetin.

225 personnes avaient été interpellées lors des opérations menées le 23 juin et 178 personnes ont été placées en détention provisoire pour des accusations de "terrorisme" avant le sommet de l'Otan qui se tiendra le 7 et 8 juillet à Ankara, dont des bénévoles de la fondation turque de protection de l'environnement Tema.

Le parquet a fait valoir que les suspects "pourraient commettre des actes terroristes".

"En droit, la détention préventive n'existe pas. Il n'est pas possible d'arrêter quelqu'un sur une simple possibilité", regrette Me Cetin.

Les procureurs reprochent aux bénévoles, qui étaient de retour d'un sanctuaire d'oiseaux le 3 juin, d'avoir croisé et salué une manifestation de mineurs, selon l'ONG turque MLSA.

"Parmi les détenus, il y a un professeur spécialiste de la biodiversité ainsi que des experts (de) l'érosion. Ce sont des gens épris de leur terre et de leur pays. Il est absolument inconcevable qu'ils soient associés à une organisation terroriste", ajoute Me Cetin.

La Fondation Tema est l'une des principales organisations environnementales de Turquie.

Le rédacteur en chef d'un magazine LGBT+, une syndicaliste et une universitaire font aussi partie des personnes placées en détention après la même vague d'arrestation.

"Le détournement des lois antiterroristes pour procéder à des arrestations massives et réduire au silence des personnes à l'approche d'un sommet de l'Otan va à l'encontre des valeurs fondatrices de l'alliance", avait dénoncé jeudi l'ONG Human Rights Watch. (AFP, 29 juin 2026)

Une cinquantaine d'arrestations à la Gay Pride d'Istanbul

La police turque a interpellé dimanche au moins 50 personnes dont un journaliste, au cours de la Gay Pride à Istanbul, où les manifestations ont été interdites par les autorités locales, le principal lieu de rassemblement ayant été bouclé par les forces de l'ordre ont indiqué les organisateurs.

La police a renforcé la sécurité autour de l'emblématique place Taksim à Istanbul, en installant des barrières métalliques, tandis que les autorités locales ont interdit les manifestations dans les principaux lieux de rassemblements, dont le quartier de Kadikoy, situé sur la rive asiatique. La circulation du métro a également été restreinte dans plusieurs endroits du centre-ville.

Selon l'Union turque des journalistes, l'une des personnes interpellées est la journaliste Muberra Unsal.

"Les journalistes couvrant la Marche des Fiertés à Istanbul sont confrontés de nouveau cette année à des entraves illégales. Bien qu'elle se soit identifiée d'une manière répétée comme journaliste, Unsal a été placée en détention", a indiqué l'Union turque des journalistes sur X.

Les manifestants défendant la cause LGBT, qui se sont rassemblés dans plusieurs quartiers de la ville, ont proclamé leur intention de poursuivre leurs manifestations.

"La journée n'est pas terminée. En fait nous ne faisons que commencer. Nous ne renonçons pas. Nous continuerons à descendre dans la rue, où que nous soyons", scandaient les manifestants.

L'association du Barreau d'Istanbul a déployé une grande banderole sur son bâtiment avec l'inscription: "les droits LGBT sont des droits humains".

L'homosexualité n'est pas illégale en Turquie, mais la communauté LGBT+ est souvent prise pour cible par le président Recep Tayyip Erdogan, qui l'accuse de la baisse de la natalité dans le pays.

Depuis 2015, la Marche annuelle des Fiertés est presque systématiquement interdite.

Par ailleurs, les autorités turques ont ordonné samedi la fermeture d'un bar gay, l'accusant d'infractions, après des protestations contre son propriétaire émanant de groupes islamistes.

Les groupes islamistes ont lancé sur les réseaux sociaux une campagne contre une croisière destinée aux voyageurs LGBT+. Ils ont affirmé que l'étape en Turquie de la croisière avait été organisée par le propriétaire du bar, Mustafa Dogan Yilmaz.

L'escale à Istanbul était prévue le 8 juillet.

Le quotidien pro-gouvernemental Yeni Safak a indiqué que l'organisateur de la croisière avait décidé de supprimer l'escale à Istanbul. (AFP, 28 juin 2026)

178 personnes en détention provisoire avant le sommet de l'OTAN

Cent soixante-dix-huit personnes ont été placées en détention provisoire en Turquie pour des accusations de "terrorisme" avant le sommet de l'OTAN, a rapporté samedi l'agence publique Anadolu, en citant un communiqué du parquet d'Ankara.

Ces détentions font suite à une série d'opérations menées cette semaine, en amont du sommet des 7 et 8 juillet auquel doivent participer 32 dirigeants, dont le président américain Donald Trump.

Selon Anadolu citant le parquet, à ce stade 178 des 225 personnes placées en garde à vue ont été formellement arrêtées, 34 ont été remises en liberté sous contrôle judiciaire.

Vendredi, l'ONG turque MLSA (Media and Law Studies Association) avait indiqué que parmi les personnes arrêtées figurent des journalistes, des universitaires, des avocats, des syndicalistes, des enseignants, des étudiants et d'autres représentants de la société civile.

Parmi les personnes placées en détention provisoire figure Yildiz Tar, rédacteur en chef du magazine LGBT+ Kaos GL, Emel Memis, professeure d'économie à l'université d'Ankara, ou encore Nevzat Ozer de la fondation Tema, et plusieurs bénévoles de cette importante ONG environnementale.

La MLSA a rapporté que, lors des interrogatoires de police, il a été demandé à ces bénévoles s'ils étaient membres du Parti communiste de Turquie/marxiste-léniniste (TKP/ML) - une organisation interdite -, s'ils utilisaient des noms de code et s'ils avaient reçu un entraînement au maniement des armes. (AFP, 27 juin 2026)

Pression sur les médias / Pressure on the Media

Le stand-upper accusé d'insulte au président placé en détention

Un célèbre humoriste turc, connu pour ses stand-up qui génèrent des millions de vues en ligne, a été placé en détention provisoire par un tribunal d'Istanbul pour "incitation à la haine" et "insulte au président", a déclaré son avocat à l'AFP.

Le comédien Deniz Göktas "a été arrêté pour deux chefs d'accusation, pour incitation à la haine et insulte au président", a affirmé à l'AFP son avocat Metin Sinan Aslan.

"L'enquête avait commencé par une allégation d'insulte à la religion mais, considérant qu'il n'était pas possible de le placer en détention sur cette base, l'accusation a été modifiée, au prix d'une interprétation pour le moins forcée, en incitation à la haine et insulte au président", a estimé Me Aslan.

Lors de son interrogatoire, des policiers lui ont posé des questions sur son utilisation du mot "dictateur" pour désigner le président turc Recep Tayyip Erdogan et "ont laissé entendre qu'il avait tenu des propos offensants concernant des préceptes de l'islam cités dans le Coran", a ajouté Me Aslan.

Selon son avocat, le comédien de 32 ans a déclaré "Ils ne pourront pas voler notre joie", tout en restant de bonne humeur malgré son transfert à la prison de Metris à Istanbul.

L'arrestation de Deniz Goktas intervient dans ce que les opposants dénoncent une vague de répression visant toute personne considérée comme une voix critique envers le gouvernement islamo-conservateur et ses valeurs.

Un nombre croissant d'enquêtes judiciaires visent musiciens, artistes, journalistes et responsables politiques de l'opposition.

Son stand-up, produit à Istanbul le 1er juin, a été mis en ligne dans une vidéo de 90 minutes sur YouTube le 24 juin et a depuis été visionné près de neuf millions de fois.

Dans ce spectacle, le comédien porte un regard satirique sur l'évolution politique du pays, mentionnant le président Recep Tayyip Erdogan et son principal rival, le maire d'Istanbul emprisonné Ekrem Imamoglu, dont l'arrestation en mars 2025 a déclenché des manifestations de masse dans les rues.

Deniz Goktas - qui avait indiqué sur X se trouver à l'étranger en vacances - a été interpellé à sa descente d'avion jeudi.

Le comédien, né à Ankara il y a 32 ans, a commencé sa carrière de stand-up dans un club d'Istanbul en 2019. Il s'est depuis produit dans des salles à travers l'Europe et les États-Unis.
(AFP, 3 juil 2026)

Journalist Gülnur Saydam detained after reporting on criminal groups

Gülnur Saydam, a reporter for the daily Cumhuriyet, was detained late yesterday following the publication of her article on rampant criminal activities in İstanbul's Göktürk neighborhood.

Saydam was taken to the İstanbul Security Directorate, where she was accused of "publicly disseminating misleading information" due to her report.

Following her statement to the police and a routine health check, the journalist was released from custody.

"If they had called, I would have gone myself, but I was unlawfully taken from my home by prosecutorial order," Saydam said after her release. "I was released after giving a statement for about four hours. I stand behind my report. I will continue to practice journalism and make the voice of the public heard."

The article, titled "Citizens struggle for survival amid attacks: Is the new address of gangs Göktürk, İstanbul's favorite neighborhood?", detailed allegations of threats and armed attacks alongside the safety concerns of local residents.

The report also included an official statement from the police department, which maintained that there is not a single unsolved crime record in the upper-middle class neighrborhood. (BIA, 2 July 2026)

Renowned Actor Kadir İnanır laid to rest in İstanbul

Renowned actor Kadir İnanır was laid to rest in İstanbul yesterday following his death at age 77. İnanır passed away on Jun 26 at a hospital where he was receiving treatment for respiratory distress linked to pneumonia.

A memorial ceremony was held for the artist at 1.00 pm local time at the Atatürk Cultural Center in Taksim. His funeral prayer was performed at the Barbaros Hayrettin Paşa Mosque in Beşiktaş, followed by his burial at the Ulus Cemetery.

İnanır was a leading figure of the Yeşilçam era of Turkish cinema, appearing in nearly 200 films and television series. His screen persona was characterized by rigid archetypes of honorable, tough, and fiercely anti-injustice protagonists.

His partnership with actress Türkan Şoray produced several foundational works of Turkish romantic drama, most notably Selvi Boylum Al Yazmalım in 1977. His performances in Tatar Ramazan and Yılanların Öcü reinforced his cinematic brand as a defiant defender of the marginalized.

Political stance

Beyond his acting career, İnanır maintained a prominent left-wing political profile. He frequently leveraged his cultural capital to engage in systemic issues, emphasizing human rights, democratization, and labor issues. In 2013, the government appointed him to the Committee of Wise People, an advisory body established from public figures and intellectuals to facilitate the Kurdish peace process.

İnanır frequently expressed his political views in writing. In a 2015 article titled "Long Live the Brotherhood of Peoples" for the 13th issue of the monthly KAFA Magazine, he emphasized the social responsibilities of cultural figures:

Artists’ attitudes toward eliminating their country’s fundamental problems, which have lagged behind the times, or toward being sensitive to these issues, are just as important as the works they produce. When an artist combines their artistic power with their enlightening power, humanity in that country grows and is elevated to the beauty of a work of art. Throughout my 46-year career as an artist, I have always championed and defended these ideas.

I travel to conflict zones around the world. I witness firsthand the hardships and deaths endured along the paths toward peace. I work tirelessly so that the climate of conflict in our country may be eliminated and transformed into lasting peace. I am dedicating the most beautiful years of my life to this cause. In defiance of those wretched opponents, I will not give up this struggle until the very end.

This structure imposed upon us is, without a doubt, nothing more than a deliberate method they employ to stand in the way of the world’s most beautiful country. In light of these truths, we have no other choice but to join hands, embrace one another, and shout “PEACE” at the top of our lungs. This heavenly homeland is rich and vast enough to feed 500 million people. There is only one slogan for us to experience this happiness together: Long live the Brotherhood of Peoples! Long live PEACE! Long live a Fully Independent Turkey. (BIA, 29 June 2026)

Kurdish Question / Question kurde

Six combattants kurdes tués en Iran, selon un groupe d'opposition kurde

 Un groupe d'opposition kurde iranien a déclaré jeudi que six de ses combattants avaient été tués dans des affrontements avec les Gardiens de la Révolution dans l'ouest de l'Iran, près de la frontière avec le Kurdistan irakien.

"Six peshmergas sont tombés en martyrs" lors de heurts avec les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, "dans la nuit de mercredi près du village de Qazqapan", à 3 km de la ville de Piranshahr, a indiqué le Parti démocratique du Kurdistan iranien (PDKI) sur X.

Le PDKI est l'un des groupes rebelles kurdes qui disposent de camps et bases dans la région du Kurdistan irakien, et maintiennent une présence clandestine dans l'ouest de l'Iran à majorité kurde, y compris à Piranshahr.

Pendant la guerre au Moyen-Orient, déclenchée en février par une attaque israélo-américaine contre Téhéran, l'Iran a frappé à plusieurs reprises ces groupes, dont le PDKI, dans la région autonome du Kurdistan irakien.

Téhéran les désigne comme des organisations terroristes et les accuse de servir les intérêts occidentaux ou israéliens.

Au début du conflit au Moyen-Orient, le président américain Donald Trump s'était initialement prononcé en faveur d'une offensive des factions kurdes, avant de revenir sur ses déclarations.

Téhéran avait de son côté menacé de viser des bases au Kurdistan irakien si des combattants franchissaient la frontière.

Qubad Talabani, Premier ministre adjoint du Kurdistan autonome d'Irak, avait affirmé fin mars à l'AFP qu'il n'y avait eu "aucune tentative des Etats-Unis, d'une quelconque branche des Etats-Unis, d'armer les groupes de l'opposition iranienne au Kurdistan". (AFP, 2 juil 2026)

Access to several Kurdish media outlets, social accounts blocked

The Information Technologies and Communication Authority (BTK) blocked access to several Kurdish media outlets and their social media accounts in Turkey on Jul 1.

The affected outlets include Nûmedya24, a Kurdish-focused website published in Turkish, along with Kurdish-language Azadiya Welat newspaper and Ajansa Welat agency.

The BTK blocked the websites of all three outlets, as well as the official X accounts of Nûmedya24 and Ajansa Welat.

Nûmedya24 reported that the access ban on its website was implemented without any court order or justification. An inquiry on the BTK website confirmed the administrative decision.

"The website numedya24.com has been blocked from access by the Information Technologies and Communication Authority decision dated 01/07/2026 and numbered 490.05.01.2026.-748333," the BTK notice read.

Nûmedya24’s official X account, which has over 22,000 followers and was opened about a year ago, was also restricted in Turkey on the same date.

In a notification sent to Nûmedya24, X stated that the restriction was implemented pursuant to Article 8/A of the Internet Law No. 5651. The account remains accessible in other countries. (BIA, 2 July 2026)


Minorités / Minorities

La Turquie dénonce la reconnaissance du génocide arménien par Israël

La Turquie a dénoncé dimanche la reconnaissance par Israël du génocide arménien de 1915 comme une "décision politique" visant à couvrir "les crimes" commis par l'armée israélienne à l'encontre de la population palestinienne à Gaza.

"Le gouvernement israélien, qui a systématiquement persécuté le peuple palestinien sous les yeux du monde entier et qui est actuellement jugé devant la Cour internationale de justice pour génocide à l'encontre de la population de Gaza, cherche à dissimuler ses propres crimes avec la décision politique qu'il a adoptée concernant les événements de 1915", a déclaré le ministère turc des Affaires étrangères dans un communiqué.

La Turquie, qui accuse régulièrement Israël de perpétrer un génocide dans la bande de Gaza - ce qu'il réfute -, rejette catégoriquement ce terme pour qualifier les massacres des Arméniens sous l'Empire ottoman pendant la Première guerre mondiale.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, fervent défenseur de la cause palestinienne, a souvent dénoncé le "terrorisme" israélien à Gaza.

"La Turquie continuera à oeuvrer avec détermination pour mettre fin aux politiques expansionnistes et déstabilisatrices d'Israël dans la région", a ajouté la diplomatie turque dans son communiqué.

Le gouvernement israélien a approuvé dimanche à l'unanimité la reconnaissance du génocide arménien, dans un contexte de vives tensions avec la Turquie. La mesure doit encore être entérinée par le Parlement.

Les gouvernements israéliens successifs avaient jusqu'à présent évité de reconnaître officiellement le génocide arménien, notamment afin de préserver leurs relations avec la Turquie, autrefois l'un des plus proches partenaires stratégiques du pays dans la région.

Ce génocide est reconnu par les gouvernements ou les parlements de nombreux pays, dont les Etats-Unis, la France et l'Allemagne. Le nombre des Arméniens ayant trouvé la mort dans ces massacres commis par l'armée turque pendant la première guerre mondilae est évalué à entre 600.000 et 1,5 million. (AFP, 29 juin 2026)

Politique intérieure/Interior Politics

Le sommet de l'OTAN: pour Erdogan, une plateforme pour l'influence turque

Le président turc Recep Tayyip Erdogan mise sur le sommet de l'OTAN pour renforcer sa stature internationale au mépris de ses opposants en but à une répression croissante, estiment des analystes.

En accueillant le sommet de l'Alliance atlantique les 7 et 8 juillet, le chef de l'Etat espère conforter le rôle de puissance régionale de la Turquie et sa place d'intermédiaire entre les États-Unis et l'Europe, dans un contexte géopolitique tendu.

Le président Erdogan veut poser la Turquie comme "un acteur incontournable en Europe et au-delà", indique à l'AFP l'expert en relations internationales Serkan Demirtas.

L'unité de l'Otan a été récemment éprouvée par l'offensive américaine et israélienne contre l'Iran, que les gouvernements européens ont refusé de suivre et à laquelle la Turquie s'est également opposée, malgré la colère du président Donald Trump.

Ce dernier a néanmoins promis de rejoindre le sommet d'Ankara.

Deuxième armée de l'Otan sur son flanc oriental, la Turquie occupe une position géostratégique privilégiée entre l'Europe et le Moyen-Orient, sur la rive sud de la Mer noire.

"L'organisation de ce sommet en Turquie rappellera le rôle important qu'elle a joué depuis son entrée dans l'OTAN en 1952, au sein de l'Alliance et à l'échelle régionale", estime Luke Coffey, chercheur au Hudson Institute.

-"Dans la bonne direction"-

Serkan Demirtas insiste aussi sur le rôle actif de la Turquie au sein des missions de l'OTAN dans la région de la Baltique où elle contribue à la surveillance de l'espace aérien et participe aux exercices conjoints.

Pour autant, les relations sont loin d'être exemptes de frictions, selon Luke Coffrey. "Les nombreuses turbulences entre Washington et Ankara ont parfois débordé sur le fonctionnement interne de l'Alliance", dit-il.

Après l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022, la Turquie a traîné des pieds pour valider l'adhésion de la Suède et de la Finlande à l'OTAN.

Elle a aussi provoqué la colère des alliés, États-Unis en tête, en acquérant le système de défense antiaérienne russe S-400, ce qui lui a valu d'être écartée du programme des chasseurs F-35.

Mais les bonnes relations entre Donald Trump et Recep Tayyip Erdogan, après une période de glaciation sous Joe Biden, ont permis de préserver le dialogue.

"C'est dans l'intérêt de tous que ce sommet se déroule sans accroc", fait valoir M. Coffey.

- Des inquiétudes en sourdine -

Pour Aaron Stein, directeur du Foreign Policy Research Institute, son adhésion à l'OTAN reste "l'ultime garantie de sécurité de la Turquie", donnant à Ankara la possibilité de gérer séparément sa relation complexe avec Moscou.

Les analystes soulignent l'importance de maintenir la Turquie alignée avec l'OTAN compte tenu de sa capacité à intervenir sur plusieurs fronts, de l'Ukraine au Moyen-Orient et sur de nombreuses crises régionales.

Depuis l'invasion russe de l'Ukraine, Ankara avance sur une ligne de crête, ayant soutenu l'Ukraine par ses drones et munitions tout en conservant le lien avec Moscou, au point d'avoir accueilli plusieurs cycles de négociations entre les deux parties.

-Pragmatisme-

Le sommet d'Ankara survient néanmoins en pleine dérive autoritaire et alors que la Turquie traverse une nouvelle période de turbulences politiques, après une décision de justice d'évincer le principal leader de l'opposition.

Cette mesure, après l'arrestation en mars 2025 du populaire maire d'Istanbul Ekrem Imamoglu est considérée comme une manoeuvre pour écarter les rivaux de M. Erdogan avant l'élection présidentielle prévue en 2028.

Mais comme le relève M. Demirtas, les capitales européennes gardent leurs inquiétudes et leurs critiques pour elles et veillent à ne pas fragiliser leurs liens avec Ankara.

"L'OTAN n'est pas un club réservé aux démocraties", balaie encore Aaron Stein.

M. Erdogan voit quant à lui le sommet comme l'occasion de conforter son image de "dirigeant qui défend le mieux les intérêts de la Turquie sur la scène internationale", avance M.Demirtas.

Enfin, même si les négociations d'entrée de la Turquie dans l'Union européenne sont au point mort, la coopération s'est réorientée vers des domaines plus pragmatiques, dont l'industrie de défense, via plusieurs accords de partenariat avec l'Espagne, la Pologne, l'Italie ou la Roumanie.

Selon une source sécuritaire turque, Ankara espère d'ailleurs un assouplissement des restrictions pesant sur ce secteur. (AFP, 30 juin 2026)

Forces armées/Armed Forces

De l'argent, mais pas assez d'armes: l'Otan pousse à produire plus

Les Alliés de l'Otan ont pris il y a un an, à La Haye, l'engagement de dépenser des centaines de milliards d'euros pour leur défense. Cette année, au sommet d'Ankara, ils sont confrontés à un autre défi: amener l'industrie à produire suffisamment d'armes.

Les Pays européens de l'Otan et le Canada ont dépensé l'an dernier 90 milliards d'euros de plus que l'année précédente pour leur défense. Il s'agit là d'"énormes quantités d'argent", a souligné récemment le secrétaire général de l'Otan Mark Rutte.

"Mais vous ne pouvez pas arrêter un missile ou un char avec 1 dollar ou 1 euro, nous devons transformer cet argent en capacités de combat opérationnelles, et vite", a-t-il ajouté.

Or, les guerres en Ukraine, et en Iran, ont révélé les difficultés des industries de défense, des deux côtés de l'Atlantique, à produire vite et en masse.

Et avec le risque d'un désengagement américain de leur continent, les Européens veulent monter en puissance. Mais ils peinent à combler leur retard face aux Etats-Unis dans certains secteurs stratégiques comme le renseignement depuis l'espace, l'intelligence artificielle ou les avions de ravitaillement en vol.

En Europe, l'industrie de défense reste encore une "industrie de temps de paix", soulignait mi-juin le commissaire européen à la Défense Andrius Kubilius, lors du salon mondial défense Eurosatory, près de Paris.

"Beaucoup d'industriels investissent dans une capacité de production qui est significativement supérieure", a toutefois assuré dans un entretien avec l'AFP Camille Grand, secrétaire général de l'Association européenne des industries de défense (ASD).

"Est-ce que ça veut dire qu'on est exactement où on devrait être ? Probablement pas", a-t-il toutefois reconnu.

 - Souveraineté nationale -

 Et cela pour plusieurs raisons.

La première tient à la nature même de l'industrie de défense, très liée à des enjeux de souveraineté nationale, qui en fait un secteur à part.

"Dans l'Union européenne, nous avons 27 marchés de la défense, régis par 27 ensembles de règles", résume M. Kubilius. "Cette fragmentation coûte de l'argent," et empêche les PME, pourtant clés dans l'innovation, de prospérer, regrette-t-il.

Les grosses entreprises du secteur ne sont pas incitées à investir car elles se savent privilégiées sur le plan national, explique à l'AFP Guntram Wolff, expert de l'économie de défense auprès de l'Institut Bruegel à Bruxelles. Avec pour résultat une fâcheuse tendance à monter les prix.

La solution consiste à créer un "marché unique de la défense", préconise le commissaire Kubilius.

Les industriels européens restent très réservés.

"Nous en avons discuté tous ensemble au sein de notre association, l'ASD, et nous sommes parvenus à la conclusion commune que le marché de la défense ne peut pas vraiment être qualifié de marché unique", a ainsi reconnu le vice-président pour les Affaires européennes du groupe français Dassault, Yves-Marie Gourlin.

 - Simplifier les règles -

 "Les achats allemands destinés aux entreprises nationales, sont passés d'environ 30% en 2020-2021 à 60% aujourd'hui, en 2025-2026", relève ainsi Guntram Wolff. L'Allemagne vient d'ailleurs d'annuler un contrat de frégates auprès d'une entreprise néerlandaise pour le confier, en version plus modeste, à une entreprise allemande.

Les industriels préfèrent évoquer la nécessaire simplification des règles. "Quand on veut aujourd'hui créer une usine d'armement, (...) ça prend parfois deux ans pour passer de la décision au lancement effectif des travaux", a ainsi déploré M. Grand.

L'autre grand problème c'est le manque de flexibilité, la difficulté d'adapter des chaînes de production.

On fait de "la haute couture" quand il faut faire du "prêt-à-porter" de masse, comme l'a fait l'Ukraine, résume Andrius Kubilius.

"Les Russes ont produit l'année dernière 2.000 missiles balistiques et de croisière. Nous ne produisons que 250 missiles de croisière, aucun missile balistique. Les Ukrainiens ont commencé à en produire l'année dernière, et cette année ils en produiront 700, parce qu'ils les fabriquent de manière suffisamment efficace", a expliqué le commissaire européen.

De plus en plus d'entreprises européennes développent des partenariats avec leurs homologues ukrainiennes pour profiter de cette expertise, particulièrement dans le secteur des drones.

"C'est un modèle qui doit nous inspirer dans sa capacité à innover et à produire rapidement à des coûts raisonnables", résume Camille Grand. (AFP, 29 juin 2026)

Affaires religieuses / Religious Affairs


Socio-économique / Socio-economic

La Turquie et la FIFA 2026 : Une débâcle politique, culturelle et sportive

Ragip Duran, TVXS.GR, 29 juin 2026

La disqualification de l’équipe nationale turque de la Coupe du monde de la FIFA 2026 organisée aux États-Unis, après deux défaites et un seul match gagné en affichant un jeu extrêmement médiocre, a révélé une situation bien trop grave pour être expliquée uniquement par des lacunes et des erreurs techniques, tactiques et stratégiques sur le plan sportif.

L’équipe turque, lors du dernier match, a battu 3 à 2 les États-Unis vendredi, tôt dans la matinée. Les dirigeants essaient de profiter de ce résultat pour couvrir la grande défaite. La Turquie avait pu, 24 ans après, gagner le droit de participer à la FIFA 2026. L’objectif publiquement déclaré au départ était « au moins les quarts de finale ».

Les déclarations incohérentes du président de la Fédération turque de football (TFF), les plans de jeu de l’entraîneur, la formation des onze et, enfin, les échecs des joueurs font l’objet d’une analyse approfondie et de critiques de la part des experts sur le plan technique.

Cependant, rares sont les journalistes et experts qui abordent actuellement la question la plus importante : que va-t-il se passer maintenant ? Le président de la TFF et l’entraîneur, qui sont les principaux responsables, vont-ils démissionner ?

Il ne faut pas prendre un match de foot à la légère. S’il s’agit d’un match de l’équipe nationale, l’ambiance, le jeu et le résultat fournissent des indices intéressants sur le climat politique et culturel du pays.

La défaite aux États-Unis ne se résume pas au score affiché à la fin du match. Sur les réseaux sociaux, des milliers de citoyens expriment leur déception et leur colère tout en énumérant les causes de cette défaite :

- Accompagner la délégation de l'équipe nationale avec des dizaines de voitures de marque nationale n'ayant aucun rapport avec le sujet n'a servi qu'à faire de la publicité pour ces véhicules. Les résultats obtenus sur le terrain n'ont sans doute pas non plus fait grimper les ventes de ce modèle.

- De plus, le fait que le président Erdogan, des avions de combat et les emblèmes du parti au pouvoir aient été utilisés pour diffuser un spot publicitaire accompagné d’un discours nationaliste et militariste pour un match de football, censé être un symbole d’amitié et de paix, n’a pas du tout motivé les joueurs.

- Lorsque tous les sponsors de l’équipe nationale ont mobilisé les joueurs pour promouvoir leurs marques et leurs produits, la concentration des footballeurs n’a pas été au sommet.

- Pour les matchs retransmis à des heures inhabituelles, le régime a tenté d’instaurer un lien entre religion et football à des heures qui coïncidaient avec la prière du petit matin.

- Alors que les footballeurs auraient dû se concentrer sur les entraînements techniques et tactiques, ils se sont davantage préoccupés de leurs coiffures et de leurs moustaches, ce qui n’a pas amélioré leurs performances sur le terrain.

En conséquence, un tel climat s’est instauré que l’équipe nationale turque est devenue l’équipe non pas de la Turquie, mais du pouvoir, c’est-à-dire du régime d’Erdoğan. Comme plus de la moitié du pays s’oppose à ce régime, ces citoyens ne souhaitent plus que l’équipe nationale remporte des victoires. De plus, comme une éventuelle victoire les aurait poussés à descendre dans la rue pour « s’amuser » en tirant en l’air au son de slogans nationalistes militaristes pour célébrer la victoire, ce qui avait entraîné des morts et des blessés, la majorité ne souhaitait pas recevoir de bonnes nouvelles des États-Unis.

L’arrogance, la publicité-propagande et le complexe de grandeur ne sont pas des éléments positifs pour remporter des succès sportifs, mais au contraire négatifs, voire obstructifs. Ceux qui rêvaient d’une demi-finale à la Coupe du monde 2026 ont dû faire leurs valises à la fin du troisième match et rentrer chez eux. La réalité a réduit à néant leurs rêves creux.

Il existe une autre raison majeure à l’échec de l’équipe nationale turque : la FIFA est une institution mondiale, une organisation globale. La FIFA a ses règles, ses experts indépendants. Or, en Turquie, dans aucun domaine, y compris le football, il n’y a de règles, car le droit n’existe plus sur l’ensemble du territoire et dans tous les secteurs ; et si elles existent, elles ne sont pas appliquées, ou bien elles le sont de manière arbitraire et sélective. C’est ainsi que le régime d’Erdoğan fait ce qu’il veut en Turquie. Mais lorsqu’on se rend aux États-Unis pour un tournoi de la FIFA, il n’y a pas là-bas de dirigeants pratiquant la corruption, ni de procureurs et de juges soumis au pouvoir ; les personnes et les institutions censées être indépendantes et impartiales ne se comportent pas comme des instruments du pouvoir.

L’entraîneur italien Montella serait « plus turc que nous ». Il a prononcé des mots comme « destin », « chance » et « dessein » dans les déclarations qu’il a données après les deux premiers matchs pour expliquer les raisons de la défaite.

Le président de la Fédération turque de football, M. Haciosmanoglu, a menacé les journalistes qui critiquent ces résultats et a demandé au ministre de la Justice une nouvelle loi pour sanctionner les « mauvaises langues ».

MM. Montella et Haciosmanoglu ont publiquement déclaré qu’ils refusent de démissionner.

« Quel secteur, quelle institution en Turquie travaille correctement, remplit sa mission et remporte des succès, au point de pouvoir réussir dans le football ? » conclut un professeur de droit public en exil.

İstanbul pride march held in Kadıköy despite obstacles

The 24th İstanbul Pride March was held in the Kadıköy district yesterday despite official bans and transportation restrictions.

At least 65 people including journalists were detained during the incidents as police dispersed groups emerging from various streets. All detainees were released at night after testifying to the police.

The march began at around 12 pm local time in Caferağa neighborhood. MPs Özgül Saki of the pro-Kurdish People's Equality and Democracy (DEM) Party and Sera Kadıgil of the Workers’ Party of Turkey (TİP) also joined the crowd.

'We are here with our courage'

After police surrounded the group, several other groups emerged from various streets and continued the demonstrations throughout the day despite crackdowns. They unfurled banners and chanted "Where are you, my love? - I'm here my love."

"Our friends were detained with torture during the 24th LGBTI+ Pride March we held today," demonstrators said in a statement during the march:

"But we are on the streets once again today. We are here with our courage. We are here to carry on the laughter and the words of our detained friends. We came out openly, we speak openly. We say it once again: We are not giving up on our struggle."

The İstanbul LGBTI+ Pride Week Committee also released a statement on social media during the incidents:

"We have always said it, and we will continue to say it; we are here, we resist both the detentions and your hate on the streets that belong to us!"

"My love, today is not over yet, in fact, we are just getting started! We are not dispersing! We continue to be on the street from every area we are in!"

Prior to the march, both Kadıköy and Beyoğlu district governor's offices banned all events during the weekend.

DİSK Press Workers (Basın-İş) union and the Journalists’ Union of Turkey (TGS) condemned the detentions of media workers in separate statements, calling for their immediate release.

LGBTI+ pride marches have been banned in Turkey for the past decade. Activists continue to hold the events, employing various methods to evade police crackdowns.

This year, an extensive wave of online censorship also targeted the LGBTI+ community during Pride month. Authorities banned the social media accounts of queer rights groups, media outlets, and individual activists. (BIA, 29 June 2026)

Relations turco-européennes / Turkey-Europe Relations

Erdogan demande "l'intégration" de la Turquie à l'architecture de défense européenne

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a demandé lundi "l'intégration" de la Turquie aux structures de défense européennes et la levée des restrictions frappant son industrie, à l'approche d'un sommet de l'OTAN à Ankara les 7 et 8 juillet.

Le chef de l'Etat cible notamment le programme SAFE de l'Union européenne, dont la Turquie a été exclue et qui permet à la Commission européenne de lever et distribuer des fonds pour soutenir les capacités industrielles et technologiques de défense des Etats membres, s'attirant une réponse peu convaincue de Bruxelles.

"Si nous voulons surmonter les défis auxquels nous sommes confrontés, nous devons répartir le fardeau de manière juste et équitable entre nos alliés tout en éliminant les obstacles au commerce de l'industrie de défense", a déclaré le président turc lors d'un discours à l'ouverture du sommet parlementaire de l'Otan à Istanbul.

Dans une remarque presque simultanée, le porte-parole de la commission Thomas Regnier lui a répondu en rappelant que, "le texte juridique est très clair. Tout état tiers a déjà la possibilité, dans le cadre de SAFE, de participer à tout projet de défense à hauteur de 35%".

"Toute négociation" en vue d'une association "au même degré que les États membres et que la Norvège, l'Islande et l'Ukraine, requiert un accord bilatéral comme nous l'avons fait avec le Canada pour une association pleine", a-t-il ajouté avant d'insister: "Ce n'est pas un accord que nous avons pour l'instant conclu avec la Turquie".

M. Erdogan a également insisté sur la participation d'Ankara "aux initiatives de défense et de sécurité sur le continent", et sur  "l'inclusion de la Turquie" dans ces initiatives.

La Turquie est la deuxième armée de l'Otan en nombre d'hommes et ses industries de défense se situent au 11e rang mondial, avec une croissance de 29,5% de ses exportations sur les cinq premiers mois de l'année, atteignant près de 4 milliards de dollars contre 7 milliards en 2024.

"Ce que nous faisions en un an, nous le faisons désormais en une semaine", s'est réjoui le chef de l'Etat la semaine dernière.

Le président turc fait aussi valoir la participation de son pays aux différentes missions passées de l'Otan, comme l'Afghanistan, et le "contexte" régional.

"Si nous voulons surmonter les défis qui nous sont posés, nous devons lever les obstacles au commerce des industries de défense et nous assurer d'un juste partage des responsabilités entre alliés" a-t-il insisté.

Mais Ankara reste confronté à la méfiance de certains pays européens, dont la France et l'Allemagne en raison de ses positions sur Chypre.

Située sur les rives sud de la Mer Noire, la Turquie a joué un rôle décisif aux premières heures de la guerre en Ukraine en fournissant à Kiev les drones de combat qui ont aidé à repousser l'avancée des chars russes.

Outre les drones, la Turquie fabrique des chars, véhicules blindés, munitions et navires de guerre (corvettes, frégates, sous marins...) comme celui livré le 20 juin à la Roumanie - "un pays membre de l'OTAN et de l'Union européenne" a relevé le chef de l'Etat.

Avec de longues frontières partagées avec l'Iran, l'Irak et la Syrie au sud, elle se veut aussi garante de stabilité aux portes du Moyen-Orient.
(AFP, 29 juin 2026)

Turquie-USA-OTAN / Turkey-USA-NATO

"Tout ce maquillage n'est pas pour nous" : Ankara se refait une beauté pour l'Otan

Sur la route de l'aéroport d'Ankara, des employés municipaux travaillent sans relâche sous le soleil pour fleurir les bas-côtés et masquer par des panneaux géants tout panorama indésirable, maisons délabrées ou quartiers défavorisés.

Autant de travaux cosmétiques pour faire bonne impression auprès des chefs d'Etat et délégations de 32 pays, dont le président américain Donald Trump, attendus dans la capitale turque à partir de mardi pour le sommet de l'Otan, dénoncent l'opposition et la population.

En raison des mesures de sécurité, plusieurs grands axes seront fermés pendant les deux jours du sommet, contraignant habitants et commerçants à limiter leurs déplacements et parfois à fermer temporairement leurs boutiques.

Tout rassemblement ou manifestation a aussi été interdit à Ankara depuis le 28 juin jusqu'à l'issue du sommet.

"Ankara est pratiquement devenue une prison à ciel ouvert. (...) Toute la capitale est paralysée pour faciliter la circulation de quelques cortèges officiels", a protesté le co-président du parti de l'opposition prokurde DEM Tuncer Bakirhan.

"On parle même de fermer les parcs pour qu'un président puisse y courir! Les habitants sont traités comme des indésirables dans leur propre ville", a-t-il ajouté, reprenant la rumeur, pourtant démentie, d'une fermeture de plusieurs parcs de la capitale supposément réservés au jogging matinal du président français, Emmanuel Macron.

-Quartiers pauvres cachés-

Selon la presse turque, l'ensemble des préparatifs, y compris la rénovation d'un aéroport militaire et la construction de nouvelles routes, a coûté plus de 11 milliards de livres turques (plus de 205 millions d'euros).

Les autorités présentent ces travaux comme des investissements pérennes destinés à moderniser les infrastructures de la capitale.

"C'est notre argent qui est dilapidé. On ne dépense pas pour nous ou les quartiers pauvres, cachés derrière ces panneaux, mais pour les présidents d'autres pays", s'insurge néanmoins Ümit Örkan, gérant d'une supérette dont l'entrée est obstruée par des panneaux vantant le sommet et les attractions touristiques d'Ankara.

"Nous, les commerçants, sommes dans une situation très difficile. Les clients ne peuvent plus venir. Nous sommes obligés de fermer pendant une semaine", se plaint M. Örkan.

"J'ai sept employés, une assurance, un loyer à payer. Mais aucune indemnisation n'est prévue pour compenser la perte de revenus".

"Notre commerce repose sur sa visibilité. Les clients s'arrêtent en voyant nos plantes. Ces panneaux ont réduit nos ventes de 95%", renchérit le fleuriste Kadir Kokus.

"On n'y peut rien... On doit supporter ça pendant dix jours", soupire-t-il, l'installation des panneaux géants ayant commencé fin juin.

-Des loukoums dans les taxis-

La Fédération turque des chauffeurs de taxi en revanche saisit la balle au bond: elle impose pantalon gris et chemise blanche aux conducteurs et prévoit assaut d'amabilités pour les visiteurs.

"Nous offrirons à nos clients de l'eau, des loukoums et de l'eau de Cologne pour témoigner de l'hospitalité turque", a annoncé le président de la Fédération Mehmet Yiginer.

Autres nouveautés: pour la première fois, des policiers à cheval seront en patrouille dans la capitale, les trous des chaussées sont bouchés, les trottoirs repeints et les plaques d'égouts enfin ajustées au ras du bitume.

Tous ces préparatifs génèrent quantités de plaisanteries sur les réseaux sociaux: "Désormais si tu fais des efforts pour tes invités, on te dira que tu accueilles l'OTAN" dit l'un. Un autre suggère aux salons de beauté de proposer des "soins OTAN" à leurs clients.

"C'est bien tous ces efforts mais j'aurais voulu qu'ils le soient pour nous et pas pour l'Otan", regrette Cem Özbek, gérant d'une pâtisserie proche d'une avenue qui sera fermée pendant le sommet.

"Les routes interdites sont connues à l'avance, mais les itinéraires alternatifs ne sont pas clairs. Nos clients, nos employés et les fournisseurs auront du mal à venir ici. Les petites entreprises vont beaucoup souffrir", craint-il.

De nombreux habitants préfèrent fuir la capitale: les train et les avions au départ d'Ankara sont déjà pleins à l'approche du sommet.

"Je ne compte pas rester en ville. Beaucoup de lieux seront fermés, les transports seront perturbés", indique Demir Balemir, jeune diplômé de l'université.

"Tout ce maquillage n'est pas pour nous", déplore Sima, étudiante, qui reprend une blague devenue virale sur les réseaux sociaux: "Si Macron pouvait prendre les transports en commun, nous aurions peut-être enfin la climatisation dans les bus!". (AFP, 3 juil 2026)

Relations régionales / Regional Relations

Un attentat dans un café de Damas fait neuf

Un attentat à la bombe dans un café de Damas a fait neuf morts jeudi selon les autorités syriennes qui s'efforcent de pacifier le pays après plus de dix ans de guerre civile.

L'attaque, la plus sanglante depuis un attentat suicide contre une église il y a un an, n'a pas été revendiquée à ce stade.

L'explosion est survenue dans un café situé près du Palais de justice, dans un quartier très animé du centre de la capitale.

Elle a été provoquée par un engin explosif qui avait été déposé sur place, a annoncé le général des forces de sécurité intérieure, Mohammad Khit, à la télévision d'Etat.

Dans un dernier bilan, le ministère de la Santé a fait état de neuf morts et 20 blessés.

Un correspondant de l'AFP a vu des ambulances se diriger vers le secteur, sirènes hurlantes, au milieu de scènes de panique.

Les forces syriennes ont établi un cordon de sécurité autour du lieu de l'explosion, dans une rue résidentielle et commerciale du coeur de Damas.

"J'ai entendu une forte détonation vers 15h00 (12h00 GMT) et la devanture de mon magasin a tremblé. Les gens se sont précipités vers le café et ont commencé à appeler les secours", raconte à l'AFP Nawar Khayyat, 40 ans, propriétaire d'une boutique de batteries pour panneaux solaires située en face du Palais de justice.

 - "Du sang partout" -

 Autre témoin de la scène, Mohammad al-Dahabi, qui possède un magasin d'optique proche du café, en tremble encore.

"J'ai couru vers les lieux et j'ai vu des personnes étendues sur le sol, et du sang partout autour d'elles", dit-il. La scène lui a rappelé "les explosions qu'a connues Damas" pendant la guerre civile, entre 2011 et 2024.

Accouru sur les lieux, le gouverneur de Damas, Maher Edelbi, a affirmé qu'une enquête avait été ouverte.

"Si Dieu le veut, les responsables de cette effusion de sang seront punis", a-t-il promis.

"A chaque fois que le pays connaît une période de stabilité, des parties malveillantes tentent de le déstabiliser", a-t-il ajouté.

La prise du pouvoir par une coalition islamiste menée par Ahmad al-Chareh, qui a renversé en décembre 2024 le président Bachar al-Assad, avait mis fin à la guerre civile. Depuis, les autorités s'emploient à réunifier le pays morcelé par le conflit et à rebâtir ses institutions.

L'envoyé spécial adjoint des Nations unies pour la Syrie, Claudio Cordone, a condamné l'attentat et présenté ses condoléances aux familles des victimes.

"Quels qu'en soient les auteurs, ils doivent être traduits en justice", a-t-il dit sur X.

L'Egypte, la Jordanie, le Qatar, l'Irak et la Turquie ont également condamné l'attaque.

Cet attentat est le plus sanglant à Damas depuis celui qui a visé une église en juin 2025, faisant 25 morts. Il avait été revendiqué par un groupe fondamentaliste sunnite, tandis que les autorités en avaient imputé la responsabilité au groupe jihadiste Etat islamique (EI).

Soutenue par Washington, la Syrie d'Ahmad al-Chareh a rejoint l'an dernier la coalition internationale contre l'EI.

Le groupe jihadiste s'était emparé en 2014 de vastes territoires en Syrie avant d'être défait en 2019 par les forces kurdes syriennes, aidées par la coalition antijihadistes. Il conserve cependant des cellules dormantes et a appelé à défier le pouvoir d'Ahmad al-Chareh.

La capitale a connu plusieurs incidents au cours des derniers mois. Le 19 mai, un soldat avait été tué dans l'explosion d'une voiture piégée. (AFP, 2 juil 2026)

Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece


Immigration / Migration

"Une torture": les Turcs dénoncent une "crise des visas" Schengen

La foule patiente, d'énormes dossiers en main. Chacun vérifie une dernière fois la liste des documents requis dans une anxiété palpable, en attendant d'être appelé par le vigile.

"Enfin!", s'écrie Güney Hazan, qui tombe à genoux en ouvrant son passeport, dans ce centre commercial d'Istanbul qui abrite trois étages de bureaux de demandes de visa.

L'étudiant de 19 ans vient d'obtenir le graal lui ouvrant la porte d'un échange universitaire en Allemagne. "Même si tous mes documents étaient en ordre, j'attendais le résultat avec angoisse", confie-t-il à l'AFP.

"C'est devenu une torture. On a l'impression d'être des citoyens de troisième classe. A la fin, ça abîme les gens", regrette un peu plus loin une serveuse de 25 ans qui préfère ne pas être nommée, par crainte d'un rejet de sa demande de visa pour la France.

"J'ai eu par le passé un visa de cinq ans, ensuite ça a été deux ans et avec deux refus sans motif entretemps", poursuit-elle.

Pour l'amie qui l'accompagne, c'est "à cause de la conjoncture en Turquie qu'il est devenu aussi difficile d'avoir un visa depuis trois ou quatre ans".

"Comme l'Europe n'apprécie pas la politique de la Turquie, elle ne veut pas non plus de ses citoyens", assure-t-elle, elle aussi sous couvert d'anonymat.

 - "Risque migratoire" -

 La "crise des visas", comme la qualifie la presse turque, crée un sentiment de frustration dans la population.

Selon les données publiées par la Commission européenne, sur 1,25 million de demandes de visas pour l'espace Schengen (29 pays, majoritairement membres de l'UE) déposées en Turquie en 2025, 1,07 million ont été approuvées.

Mais l'augmentation des demandes ces dernières années (906.000 en 2019) s'est accompagnée d'une hausse du taux de refus, passé de 9,7% en 2019 à 14,6% en 2025.

Par comparaison, seules 4% des demandes de visa Schengen émanant de la Chine, premier pays demandeur devant la Turquie, ont été refusées l'an passé.

"Avec la crise économique persistante, les profils des demandeurs de visas ont changé. Certaines personnes n'obtiennent pas de visas parce que leur situation économique s'est dégradée, alors que nos critères restent les mêmes", explique à l'AFP une source à l'ambassade de France à Ankara.

Pour un visa touristique Schengen, il faut disposer sur son compte en banque d'un minimum de 2.800 euros depuis trois mois, soit plus de cinq fois le salaire minimum turc.

En outre, en 2025, les ressortissants turcs figuraient au cinquième rang des demandeurs d'asile en Europe, selon l'UE.

Cette réalité "conduit les États de la zone Schengen à appliquer strictement les critères et surtout à vérifier de près le risque migratoire", poursuit cette source.

Le ministère allemand des Affaires étrangères souligne par ailleurs qu'une libéralisation du régime des visas ne sera possible qu'une fois qu'Ankara aura "mis en oeuvre les réformes nécessaires exigées par l'UE".

Or, la Turquie ne remplit pas certains des soixante-douze critères de l'Union, qui juge notamment sa loi antiterroriste "abusive".

 - "Marché noir" -

 Trouver un créneau de rendez-vous pour déposer sa demande de visa relève aussi du casse-tête.

"On peut attendre près d'un an. Moi, je suis resté deux mois sur liste d'attente sans savoir quand j'obtiendrai une réponse", confie un étudiant de 22 ans, impatient d'entamer un stage en génie informatique en Allemagne.

Cette pénurie s'explique par la prolifération d'agences qui se jettent sur les créneaux mis en ligne par les prestataires. Ces intermédiaires, mandatés par les consulats, sont chargés de recueillir les dossiers et de gérer les rendez-vous en fonction des quotas définis par les Etats.

"Lorsque le système de rendez-vous est ouvert, il est immédiatement saturé par des bots. Des rendez?vous sont vendus au marché noir à des prix exorbitants, jusqu'à 300, 500, voire 1.000 euros en cas d'urgence", explique Hamit Kuk, un responsable de l'association des agences de voyage turques (Türsab).

"C'est un peu comme un jeu de hasard. On a lancé les dés et on verra", soupire la jeune serveuse en rangeant sa pile de documents avec résignation, prête à recommencer si besoin. (AFP, 30 juin 2026)



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