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INFO-TURK

A non-government information center on Turkey

Un centre d'information non-gouvernemental sur la Turquie

52th Year / 52e Année
Septembre
 
2026 September
N° 577
53 rue de Pavie - 1000 Bruxelles
Tél: (32-2) 215 35 76
Chief Editor /Rédacteur en chef: 
Dogan Ozgüden

Responsible editor/Editrice responsable:

Inci Tugsavul
Human Rights
Pressures on  media
Kurdish Question
Minorities
Interior politics
Armed Forces
Religious affairs
Socio-economics
Turkey-Europe
Turkey-USA
Regional Relations
Cyprus and Greece
Migration

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Titres des évènements du mois
Titles of this month's events


Droits de l'Homme / Human Rights

L'opération anti-LGBT+ en Turquie se poursuit, les protestations aussi
Opération anti-LGBT+ en Turquie: une manifestation dispersée, des comptes de réseaux sociaux bloqués
12 septembre 1980: Coup d’état de l’OTAN contre la lutte pour la démocratisation - Doğan Özgüden
Faire de l’apatridie une patrie: Un esprit de résistance internationale - Sait Çetinoğlu

Pression sur les médias / Pressure on the Media

Le procès de la sociologue Pinar Selek de nouveau renvoyé
La Turquie bloque l'accès à des comptes X de militants LGBT+
Turkey must release journalist Ahmet Polad following his transfer from Syria after months of captivity
Turkey must drop charges against 3 ETHA journalists, including jailed editor Nadiye Gürbüz

Journalists Canan Coşkun, Kazım Kızıl face up to 14 years in prison over investigation into suspicious child death
Journalist Tuğba Tekerek detained over interview with Georgian LGBTI+ activist
Turkey arrests journalist Selahattin Günday over 2011 report

Turkey’s law enforcement probed over 200,000 people over social media posts in 2025
Journalist and writer Erdal Süsem has been in prison for 25 years despite European court rulings
Journalist Oya Lale Arslan arrested in Turkey on suspicion of ‘spreading disinformation’
Le 74e anniversaire du début de notre combat dans la presse - Doğan Özgüden
Journalist İrem Delice arrested in Turkey on suspicion of ‘spreading disinformation’

Kurdish Question / Question kurde

Êtes-vous prêts à assurer la représentation de la nation kurde à l’ONU? - Doğan Özgüden
Le chef du PKK va siéger dans une instance du processus de paix
Manifestation dans une ville kurde en Syrie contre la hausse des prix des carburants
Sept morts dans une mutinerie dans une ville à majorité kurde en Syrie
Une histoire du mouvement politique kurde
Des violences dans une ville à majorité kurde après le meurtre d'un ancien combattant
Former Diyarbakır mayor Selçuk Mızraklı released after seven years in prison
Former Diyarbakır Mayor and Kurdish leader Mehdi Zana passed away


Minorités / Minorities


Politique intérieure/Interior Politics

Erdogan briguera un nouveau mandat lors d'une élection anticipée, affirme un conseiller
AKP takes control of İstanbul’s Üsküdar district, opposition claims threat from prosecutors
Un ex-Premier ministre d'Erdogan poursuivi pour "insulte au président"
Two voting members detained before Üsküdar deputy mayor election

Forces armées/Armed Forces



Affaires religieuses / Religious Affairs
 



Socio-économique / Socio-economic

Un cargo coule en mer de Marmara, dix disparus

Relations turco-européennes / Turkey-Europe Relations

L'Union européenne "préoccupée" par les arrestations de militants LGBT+
Ankara s’éloigne de Strasbourg - Ragip Duran

Turquie-USA-OTAN / Turkey-USA-NATO

Opération anti-LGBT+ en Turquie: l'ONU appelle à libérer les personnes détenues arbitrairement
Washington place sous sanctions une banque turque accusée de travailler avec Téhéran

Relations régionales / Regional Relations

Ankara propose un accord à Kiev et Moscou pour stopper les attaques en mer Noire


Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece

Les médias provoquent réciproquement des différends entre Athènes et Ankara - Ragip Duran
La Grèce prône le "dialogue" avec la Turquie tout en affichant sa fermeté
La Grèce scelle une "relation stratégique" avec Israël dans un exercice d'équilibre diplomatique
Chypre du Nord: le bilan du naufrage d'un ferry passe à 12 morts, 16 disparus
Athènes proteste auprès d'Ankara au sujet de la création de "parcs marins" turcs

Immigration / Migration

Trafic d'armes: des Turcs écroués en France



Droits de l'Homme / Human Rights

L'opération anti-LGBT+ en Turquie se poursuit, les protestations aussi

L'opération anti-LGBT des autorités turques, entamée dimanche, s'est poursuivie mardi avec l'arrestation d'une centaine de personnes à Ankara et Istanbul, provoquant la colère des partis d'opposition et d'organisations de défense des droits humains.

Selon des avocats, 91 personnes ont été interpellées après une manifestation à la mi-journée devant le palais de justice de Caglayan, sur la rive européenne d'Istanbul.

"Vive la lutte pour la liberté", "Malgré la haine, vive la vie", "Libérez immédiatement les détenus!" ont scandé les manifestants, qui tenaient une banderole où on pouvait lire "Etre LGBT+ et s'organiser n'est pas un crime".

Deux journalistes du quotidien turc Birgün et de la télévision publique allemande ARD ont aussi été arrêtés, selon le Syndicat des journalistes de Turquie. Une autre, interpellée dimanche pour un article sur le mouvement LGBT en Géorgie voisine, devait être entendue mardi par le parquet, selon l'ONG MLSA.

En début de soirée, jusqu'à 300 militants se sont à leur tour réunis à Ankara, la capitale. Selon une députée du DEM, le parti prokurde, 20 personnes ont été placées en détention.

Le chef de l'Etat, Recep Tayyip Erdogan, qui a proclamé en 2026 "la Décennie de la famille", prend régulièrement pour cible les LGBT+ qu'il qualifie de "pervers" et auxquels il impute la chute drastique de la natalité.

 - "Obscénité" -

 L'opération qui cristallise la colère actuelle a débuté dimanche, avec l'arrestation par la police de dizaines de personnes dans des bars gay et aux domiciles de militants LGBT+, pour "obscénité", "aide à la prostitution" ou "liens financiers avec l'étranger".

De nombreux comptes de réseaux sociaux de défenseurs des droits humains et de médias ont en outre été bloqués, dans le cadre d'opérations appelées "Ma famille est en sécurité".

Le Nouveau Parti (Yeni, opposition) a regretté "l'utilisation du système judiciaire comme outil de punition généralisée, fondée sur l'orientation sexuelle et les préférences des individus".

Le DEM, essentiel dans le processus de paix entre Ankara et le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), a pour sa part jugé sur X que le "langage de la paix ne (pouvait) aller de pair avec la répression".

Une intervention significative : intermédiaire entre le gouvernement et Abdullah Öcalan, chef emprisonné du

PKK, le DEM est régulièrement accusé par d'autres partis d'opposition de ménager le pouvoir pour pousser le processus de paix, après plus de quatre décennies de guérilla.

 - L'homophobie au sommet de l'Etat -

 A Istanbul, Zeynep, une manifestante de 44 ans refusant de donner son nom complet, a exprimé sa colère et sa frustration face à ce nouveau tour de vis.

"Alors que tant de crimes graves restent impunis, le gouvernement mène désormais des opérations contre les militants LGBT+. Ces personnes n'ont commis aucun autre crime que d'être elles mêmes et défendre leurs droits ou ceux des autres", a-t-elle déclaré à l'AFP.

L'opération suscite inquiétudes et protestations jusqu'à l'étranger.

Après l'Union européenne lundi, le Commissaire aux droits de l'Homme du Conseil de l'Europe Michael O'Flaherty a jugé que "de simples références aux +valeurs familiales+ ou à la +protection des enfants+ ne (pouvaient) servir de justification aux restrictions des droits de l'homme".

L'homosexualité n'est pas réprimée pénalement en Turquie, mais elle est largement réprouvée et l'homophobie y est répandue jusqu'au sommet de l'Etat.

En fin de journée, Amnesty International a exhorté les autorités à mettre fin à leur politique anti LGBT+.

"Cette répression généralisée (...) n'a absolument rien à voir avec la protection des familles et vise uniquement à porter davantage atteinte à une communauté déjà durement éprouvée par des décennies de discrimination et d'intimidation", a dénoncé dans un communiqué Esther Major, directrice régionale adjointe pour l'Europe de l'organisation. (AFP, 15 sept 2026)

Opération anti-LGBT+ en Turquie: une manifestation dispersée, des comptes de réseaux sociaux bloqués

Quelque 200 manifestants réunis à Izmir, dans l'ouest de la Turquie, pour protester contre un coup de filet anti-LGBT+ la veille ont été dispersés par la police qui a fait usage de gaz lacrymogènes, a constaté l'AFP.

Les policiers ont arrêté deux manifestants, dont un avocat. Parmi les slogans scandés, on pouvait entendre "En défi à la haine, vive la vie", "Tu ne marcheras jamais seul" et "Que votre soi-disant +sainte famille+ aille en enfer+".

Le chef de l'Etat turc Recep Tayyip Erdogan, qui a proclamé en 2026 "la Décennie de la famille", prend régulièrement pour cible les LGBT+, qu'il qualifie de "pervers" et auxquels il impute la chute drastique de la natalité.

Dans le cadre de la campagne des autorités appelées "Ma famille est en sécurité", des "poursuites judiciaires ont été engagées contre 162 suspects, 9 associations et 13 entreprises" dans 15 provinces turques dont Istanbul, Ankara et Izmir, les trois principales villes du pays, avait indiqué dimanche sur X le ministre de la Justice, Akin Gürlek.

A Istanbul, des policiers avaient mené des descentes dans des bars gay et une boîte de nuit considérée comme un refuge de la communauté LGBT+, selon des images de médias progouvernementaux. Un hammam pour hommes connu pour être un lieu de prostitution avait également été visé.

Plusieurs comptes de médias et d'ONG militantes sur les réseaux sociaux avaient été bloqués et des dizaines d'arrestations menées par la police dans des bars gay et aux domiciles de militants LGBT+, sur la base d'accusations "d'"obscénité", "d'aide à la prostitution" ou de "liens financiers avec l'étranger".

D'autres comptes X et Instagram ont connu le même sort lundi, selon l'association de défense de la liberté d'expression Iföd, "notamment ceux du journal Evrensel, d'Amnesty International Turquie, des Académiciens pour la paix et de l'Association des études sur les médias et le droit (MLSA)".

Selon l'organisation Kaos GL, dont les comptes ont été bloqués, les bureaux fouillés et les dirigeants placés en détention, les procureurs d'Ankara lui reprochent un contenu "obscène" accessible aux enfants.

 - "Préoccupation" de l'UE -

 Lundi, M. Gürlek a déclaré sur X que le gouvernement poursuivrait "ses efforts pour protéger la famille, les enfants et les jeunes contre toute forme d'exploitation, d'obscénité, de criminalité et de contenu préjudiciable".

"Nous ne tolérerons aucune organisation criminelle qui s'attaque à l'institution familiale, à l'avenir de notre jeunesse et à l'ordre de notre société", a-t-il ajouté.

Lundi soir, les organisateurs de la manifestation d'Izmir ont vivement dénoncé ces propos.

"Protéger la famille ne suppose pas d'emmener des gens en garde à vue au petit matin depuis leur domicile, de faire des descentes dans les locaux d'associations, de criminaliser des défenseur·e·s des droits, de faire de l'identité et de l'existence des personnes LGBTI+ l'objet d'enquêtes", ont-ils estimé dans un communiqué.

L'Union européenne a, de son côté, fait part lundi de sa "préoccupation".

Bruxelles "rappelle que la Turquie, en tant que pays candidat à l'Union européenne et membre de longue date du Conseil de l'Europe, doit promouvoir et garantir le respect des droits humains et de la dignité de toutes les personnes, indépendamment de leur identité de genre ou de leur orientation sexuelle", a ajouté Christian Wigand, un porte-parole de la Commission.

L'homosexualité n'est pas réprimée pénalement en Turquie, mais elle est largement réprouvée et l'homophobie y est répandue jusqu'au sommet de l'Etat. (AFP, 14 sept 2026)


12 septembre 1980: Coup d’état de l’OTAN contre la lutte pour la démocratisation



Doğan Özgüden

Il y a 46 ans, le 11 septembre, j’assistais à Bruxelles à une commémoration de l’anniversaire du coup d’État au Chili, et au cours de nos discussions qui durèrent jusqu’au bout de la nuit, nous avions souligné la menace imminente d’un coup d’État en Turquie.
 
Le matin du 12 septembre, comme d’habitude, je m’étais levé tôt et me préparais pour le travail. À 6 heures, en allumant la radio belge, je fus informé par un flash qu’un coup d’État militaire avait eu lieu en Turquie.
 
Sept ans auparavant, le coup d’État au Chili avait été mené par le général Pinochet, général pro-américain qu’Allende avait nommé commandant en chef des armées malgré les avertissements de Castro quant aux précautions nécessaires à prendre.
 
Le chef du coup d’État du 12 septembre en Turquie était le général Kenan Evren, général pro-américain expert de la contre-guérilla, que Bülent Ecevit avait nommé chef d’état-major le 7 mars 1978 alors qu’il était premier ministre.
 
Le coup d’État faisait également la une des nouvelles sur les radios européennes. La radio de Turquie diffusait en continu les communiqués putschistes.
 
Après nous être entretenus individuellement avec nos camarades en Belgique, en Allemagne, en France et en Suisse, avec lesquels nous luttions au sein de l’Union pour la Démocratie, nous publiâmes notre premier communiqué à l’intention de l’opinion publique internationale en plusieurs langues :
 
« Ce coup d’État est le point culminant de l’escalade fasciste dans notre pays. Le peuple de Turquie qui a subi les interventions militaires successives de 1960, de 1971 et enfin de 1980 déchirera sans doute ces ténèbres avec une lutte tenace.
 
« Aujourd’hui, c’est le jour d’unité et de lutte de toutes les forces de démocratie en Turquie contre le fascisme.
 
« Nous appelons toutes les forces démocratiques du monde à se solidariser avec la lutte légitime du peuple de Turquie. »
 
Immédiatement après, nous publiâmes également dans les bulletins Info-Türk en turc, anglais, français, néerlandais et allemand, un rapport détaillé couvrant la préparation du coup d’État du 12 septembre, le rôle de l’OTAN et des grands milieux financiers dans ce coup d’État, la position de l’armée qui l’a perpétré, non seulement sur le plan militaire mais aussi sur les plans politique, économique, social et culturel, ainsi que les premières réactions internationales au coup d’État.
 
En turc: https://www.info-turk.be/Eylul%201980.pdf
En anglais: https://www.info-turk.be/47E.pdf
En français: https://www.info-turk.be/47.pdf
En néerlandais: https://www.info-turk.be/September%201980.pdf
En allemand: https://www.info-turk.be/september%201980-d.pdf
 
Tandis que la Communauté économique européenne, le Conseil de l’Europe et même l’Assemblée parlementaire de l’OTAN condamnaient fermement ce coup d’État ayant renversé un régime parlementaire, l’attitude des parlementaires turcs, dont le parlement fut dissous et les partis fermés, fut vraiment honteuse.
 
Lors de la première réunion de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe à Strasbourg ayant suivi le coup d’État, Turan Güneş, Cevdet Akçalı, Metin Toker et Besim Üstünel y assistèrent sur instruction de la junte et y justifièrent la nécessité du coup d’État.
 
Heureusement, par une résolution du 14 mai 1981, l’APCE elle-même mit fin à cette comédie consistant à prendre au sérieux les représentants d’un parlement dissous par la junte.
 
Pour nous, le premier choc majeur sur la scène internationale, comme après le coup d’État du 12 mars, vint de l'Union soviétique. Tandis que les institutions occidentales, excepté les États-Unis, adoptaient une position critique à l’égard du coup d’État, le Premier ministre soviétique Kossyguine adressa des messages de félicitations à la fois au chef de la junte Evren et au Premier ministre Bülent Ulusu dès la formation du nouveau gouvernement militaire.
 
Nous n’avions guère été surpris… Même après le coup d’État du 12 mars 1971, en 1972, alors que nos trois jeunes révolutionnaires, Deniz Gezmiş, Yusuf Arslan et Hüseyin İnan, étaient dans le couloir de la mort, le président du Soviet suprême de l’Union soviétique Podgorni n’avait vu aucun inconvénient à effectuer une visite amicale en Turquie.
 
Le message de Kossyguine et la politique habituellement conciliante adoptée par l’URSS et les autres pays socialistes à l’égard de la junte, entraînèrent inévitablement, dès le départ, des désaccords au sein de la gauche turque quant à la manière de qualifier la junte et la position à adopter à son égard.
 
Tandis que la majorité des organisations progressistes de Turquie en exil qualifiaient le nouveau régime de « junte militaire fasciste », celles affiliées au Parti communiste de Turquie (TKP), suivant ses directives, s’opposaient farouchement à ce qualificatif, se contentant du terme « junte militaire ».
 
Peu de temps après, la publication en une et en pleine page du numéro 237 du 15 avril 1981 de l’organe de presse de l’ATTF [Fédération des socialistes de Turquie en Europe], organisation affiliée au TKP, Kurtuluş [Libération], des photos, en taille identique, de Kenan Evren et de Leonid Brejnev, sous le titre « L’amitié turco-soviétique a 60 ans », provoqua un tollé général.
 
Par ailleurs, l’année suivante, le chef de la junte Kenan Evren reçut, lors de sa visite des 25 au 28 février 1982 en Bulgarie, la médaille de la « Grande Étoile des Balkans ». Qui plus est dans les jours où des membres du TKP étaient arrêtés et torturés en Turquie…

Accès en ligne à nos publications sur les coups d’état en Turquie
 
Fondé à Bruxelles par le Mouvement de résistance démocratique après le coup d’État du 12 mars 1971 en Turquie, Info-Türk continue d’informer l’opinion publique internationale en plusieurs langues.
 
Outre ses bulletins d’information mensuels, Info-Türk a publié de nombreux ouvrages sur les coups d’État du 12 mars 1971 et du 12 septembre 1980.
 
Vous pouvez consulter ces ouvrages en format PDF en cliquant sur leur couverture sur la page dont le lien figure ci-dessous:
 
https://www.info-turk.be/documents-pdf.htm#12
 

Vous pouvez également consulter les bulletins mensuels d’Info-Türk, publiés en plusieurs langues depuis 50 ans, en format PDF en cliquant sur leur couverture sur la page dont le lien figure ci-dessous :
 
https://www.info-turk.be/bulletins.htm

Traduction: Mazyar KHOOJINIAN

Faire de l’apatridie une patrie - Un esprit de résistance internationale

Sait Çetinoğlu, 4 septembre 2026

Le couple Özgüden, dont le nom est indissociable de l’esprit de résistance internationale dans notre région – le mot même de résistance étant celui qui leur correspond le mieux à tel point il le personnifie –, a publié dans le livre « Une rebelle dans l’encre d’exil. Le combat pluriel d’İnci Tuğsavul » le bilan d’un combat s’étendant sur plus d’un demi-siècle.

Écrire sur la vie d’une personnalité active dans des domaines aussi variés allant de la musique à la littérature est une tâche ardue. Seul Doğan Özgüden, figure emblématique de notre journalisme qui la connait intimement depuis des années, pouvait y parvenir.

Ce livre retrace et partage avec le lecteur la vie créative, productive, altruiste et solidaire de deux combattants engagés dans une lutte longue et plurielle, dont le regard et l’oreille restent tournés vers leur terre natale, au cœur du vague à l’âme hivernal et de l’indicible tristesse de l’exil, proclamant « La patrie, c’est là où l’on crée ! »

Comme chacun sait, l’œuvre du couple Özgüden constitue également un témoignage de l’histoire récente. À cet égard, je la perçois comme la mémoire de notre géographie, et je crois qu’il convient de la replacer dans son contexte et de la mettre en valeur. Son œuvre recèle de nombreux évènements, processus et combats significatifs qui ont été effacés de notre mémoire collective. En ce sens, elle agit comme un remède à l’amnésie.

Cet ouvrage offre un condensé de l’histoire récente vécue par İnci Tuğsavul : l’histoire de la presse, la presse provinciale, la presse de la capitale, la presse stambouliote, la gauche de Turquie, l’édition socialiste, et plus particulièrement la revue et les éditions Ant [Le Serment]… C’est un voyage dans le passé, imprégné des senteurs de ma jeunesse, l’odeur de l’encre, de celle du plomb, des mélodies des presses rotatives, des intertypes et des linotypes.

D’une certaine manière, on peut aussi y voir un document explicatif des raisons pour lesquelles la Turquie n’a pas pu devenir un État démocratique, social et respectueux de l’État de droit ; un résumé de 100 ans d’une histoire de 200 ans…

Le livre, qui s’ouvre sur une brève biographie d’İnci Tuğsavul, se poursuit par une introduction émouvante de Doğan Özgüden, un cadeau pour son épouse avec laquelle il a partagé 61 ans de vie à l’occasion de son 83e anniversaire. Ce texte résume en quelque sorte la vie et les combats de sa compagne et collègue : « Le moment est venu… Il est temps de rendre hommage à İnci, avec qui j’ai passé exactement 61 ans, partageant combat et amitié, joies et peines au quotidien, et dont j’ai publié la plupart des œuvres et des écrits sans jamais mentionner son nom ».

« Ce livre rassemble des extraits des écrits d’İnci Tuğsavul, qui se consacra dès son plus jeune âge à la musique et aux arts visuels, au journalisme durant ses études universitaires, et au combat socialiste durant les années qui nous avons passées ensemble, et qui a fait de son exil, de plus d’un demi-siècle, une vie véritablement créative… »

À travers ces mots, on peut dire que Doğan Özgüden souligne l’importance du travail féminin et de l’importance de sa femme dans son œuvre collective.

Dans la section intitulée « Pages de notre vie tumultueuse en Turquie avec İnci », nous ravivons simultanément notre mémoire collective : le complot d’Ismet Pacha contre Talat Aydemir et l’exécution de ce dernier et de Fethi Gürcan, la préparation et la publication des mémoires de Talat Aydemir, les querelles qui ont conduit à son départ du journal Akşam [Le Soir]… La fondation de la revue Ant… Le rôle d’İnci Tuğsavul dans la confection de la revue jusqu’au point où, quand la situation l’imposait, elle mettait la main dans le cambouis en participant à l’impression des matrices, au moulage des moules et à la création des sous-alimentations nécessaires sur les rouleaux, assurant ainsi le bon fonctionnement de la presse rotative… Durant cette période, İnci Tuğsavul semblait tout droit sortie du film Les Temps modernes de Charlot.

Outre les lourdes responsabilités liées à l’édition, la traduction, la rédaction, la mise en page et l’impression de livres, elle assuma également la direction éditoriale de la revue Ant jusqu’à sa fermeture… Les poursuites judiciaires successives dues à ses écrites, les peines de prison subies, les graves difficultés financières… Sur les 844 années de prison requises à l’encontre des 23 personnes poursuivies dans les procès intentés contre les rédacteurs d’Ant, 140 ans furent infligées à İnci Tuğsavul…

Dans le numéro d’Ant d’avril 1971, après la révélation, documents à l’appui, du processus ayant conduit à l’intervention militaire, l’appel suivant fut lancé : « Le renversement du gouvernement Demirel par l’ultimatum des généraux et la tentative d’instaurer un gouvernement « transpartisan » à sa place, ont d’une part exacerbé les contradictions entre les classes dirigeantes et leurs représentants au parlement, et d’autre part, entrainé l’épuration des éléments radicaux occupant des postes-clefs dans l’armée et l’anéantissement de tous les espoirs misés sur le réformisme petit-bourgeois… Tout gouvernement fasciste est voué à l’effondrement… La libération du peuple réside dans le gouvernement révolutionnaire ouvrier-paysan ».

Dans le numéro d’Ant de mai 1971, après que la véritable nature du « Plan de réforme et de paix » eut été révélée, preuves à l’appui, il fut souligné que le gouvernement en place était celui du « complexe militaro-industriel », et un appel fut lancé aux forces révolutionnaires de Turquie pour qu’elles mobilisent toutes leurs ressources afin de lutter contre ce gouvernement. 

L’opération Massue, les arrestations, les plans d’émigration et le départ du pays avec un faux passeport… « On nous arrache à notre pays bien-aimé, où nous sommes nés, avons grandi et avons combattu. Sans jamais imaginer qu’un jour nous serions « rendus apatrides »… Avec l’espoir de rentrer au plus vite et de tout recommencer comme si de rien n’était… »

La section suivante rassemble des écrits et des entretiens donnés par İnci Tuğsavul. Le livre nous apprend que nombre de ces écrits sont de sa plume. Elle y exprime ses vues sur une grande variété de sujets. Nous nous contenterons de mentionner quelques exemples dans le cadre de ce court texte.

La préface écrite en 1969 à la traduction du livre « Listen, Yankee », reste toujours d’actualité : « On a beaucoup parlé et écrit en faveur et en défaveur de la Révolution cubaine, l’un des plus importants mouvements de libération nationale de notre époque. Elle représente une voie de libération pour les nations affamées, mais pour les puissances impérialistes, elle constitue une plaie purulente qu’il y a lieu de traiter dans les plus brefs délais. Elle est un étendard derrière lequel des millions de Latino-américains de l’hémisphère occidental marchent, mais pour les Yankees de l’hémisphère nord, c’est un poignard planté dans le flanc de l’Amérique par les rouges ».

En 1973, lors de la rédaction du bilan de la deuxième année du régime militaire, il dresse la liste des réalisations de la Résistance démocratique de Turquie qu’ils fondèrent pour lutter contre la junte :

1. Liste exhaustive des personnes tuées dans le cadre de la chasse à l’homme
2. Recension de tous les procès et condamnations prononcées par les tribunaux militaires
3. Liste exhaustive des journaux et revues dont la publication a été suspendue par la loi martiale
4. Liste exhaustive des journalistes, traducteurs, rédacteurs, éditeurs et artistes détenus, arrêtés, jugés et condamnés
5. Liste des livres et revues confisqués et détruits par le régime de la loi martiale
6. Liste des professeurs et assistants d’université détenus, arrêtés, jugés et condamnés
7. Témoignages des personnes en détention torturées sous le régime de la loi martiale.

Outre ses écrits sur la classe ouvrière de Turquie, elle aborde les problèmes des travailleurs migrants en Europe. Elle participe à des commissions au nom d’Info-Türk, rédige des brochures et fournit des informations s’y rapportant… Par exemple, elle contribue à la traduction turque de brochures destinées aux travailleurs étrangers en Belgique… Ces brochures abordent les thèmes suivants : le marché du travail et les travailleurs migrants, la crise et la migration, la politique migratoire, la migration et les syndicats nationaux, les luttes des travailleurs migrants sur leur lieu de travail.

Dans son article intitulé « C’est un coup d’État fasciste », écrit en octobre 1980 suite au coup d’État militaire du 12 septembre 1980, elle condamne immédiatement ce dernier : « Le coup d’État militaire, dont le terrain et le prétexte ont été préparés par des provocations systématiques menées depuis des années par les forces fascistes, a eu lieu. C’est l’étape finale de l’escalade fasciste dans notre pays ».

Au premier anniversaire du coup d’État, dans son article intitulé « Nos tâches à l’aube de la seconde période », elle déclare : « La junte militaire fasciste en Turquie passe progressivement de la phase de répression et d’élimination à celle de l’institutionnalisation du nouvel ordre… »

Dans un long article intitulé « Les problèmes éducatifs des enfants des immigrés de Turquie, paru dans Info-Türk en avril 1984, elle recense ces problèmes et révèle le caractère raciste et chauvin du programme éducatif imposé par l’État turc.

İnci Tuğsavul a collaboré avec Tilda Kemal, l’épouse de Yachar Kemal, à la publication des premiers livres édités par Ant en Turquie. Lors du procès qui s’est ouvert après le coup d’État du 12 mars, dans lequel Doğan Özgüden et Tilda Kemal se trouvaient aussi sur le banc des accusés, le procureur militaire avait débuté par ces mots la partie de l’acte d’accusation relative à Tilda : « Cette accusée, d’origine juive, est mariée depuis 1956 à Kemal Sadık Gökçeli… »

Le livre affirme que ce jour-là, « le chauvinisme turc exacerbé a déchaîné sa haine et son animosité non seulement sur la gauche de Turquie, mais aussi, à travers la personne de Tilda, sur tous ceux qui n’étaient pas de race turque ».

Dans le numéro d’Info-Türk de mars 1991, Tuğsavul a abordé la question de la condition des femmes en Turquie.

Cette question est à nouveau abordée en 2012 dans son introduction intitulée « Pour la non-exclusion et l’égalité » au livre « Femmes au Proche-Orient ».

Dans son article intitulé « Le ressentiment inextinguible d’Ismet Pacha envers le colonel révolutionnaire » publié dans Info-Türk le 21 mars 2019, elle partage et révèle des détails inédits en tant que témoin de la tentative de coup d’État de Talat Aydemir, 56 ans plus tôt.

Dans la préface du 2ème volume du livre « Journaliste ‘apatride’ » paru en novembre 2011, elle déclare :

« Malgré toutes les difficultés rencontrées et les nuits blanches que nous avons traversées et que nous traversons encore, nous sommes heureux et pleins d’espoir ».  

« Avec Doğan, notre plus grande joie aujourd’hui est d’avoir appris à connaître de près les immigrés turcs vendus au capitalisme européen par l’État turc comme une marchandise à bas prix, et les diasporas anatoliennes, avec leurs Arméniens, Kurdes, Assyriens et Grecs, et partager leurs peines et leurs joies, leurs angoisses et leurs combats.

« Notre plus grand espoir est de voir s’effondrer le système raciste, colonial et exploiteur qui a déraciné tous ces peuples de leurs terres et de leur environnement, en Turquie comme partout dans le monde.

« Même si nous ne pourrons pas en être les témoins, nous sommes certains que les générations futures le verront ».

En bref, ils n’ont jamais oublié les problèmes de la Turquie et ont poursuivi leur travail là où ils l’avaient laissé depuis leur installation à l’étranger. Ils ont touché à tous les aspects de la vie.

Choisir et exercer le journalisme dans un pays où les assassinats de journalistes sont monnaie courante est un acte de courage. Ces défenseurs inébranlables du droit à l’information et la liberté, aussi essentiels que le pain, l’eau et l’air, ont poursuivi ce combat à l’étranger tout comme il l’avait fait en Turquie. Le livre en donne aussi des exemples. Il est effrayant de ressentir la pression de la Turquie, même dans la capitale de l’Europe. Une « haine sourde », profondément ancrée dans l’esprit des Chrétiens et des Juifs de Turquie, n’hésite pas à les poursuivre.

La section regroupant les impressions, les souvenirs et les témoignages d’amis qui ont marqué leur vie confère au livre une saveur et un esprit particuliers. Ces souvenirs et ces témoignages semblent s’adresser à ce duo extraordinaire depuis les profondeurs de l’histoire.

Il ne sera pas exagéré de dire que ce duo, éternellement opposant mais sans avoir jamais renié leurs valeurs, embrasse aujourd’hui le monde avec leurs Ateliers du Soleil en Belgique, dans la capitale de l’Europe, comme le soleil qui se lève chaque jour.

La revue et les éditions Ant furent elles aussi le soleil qui nous accompagnèrent dans notre jeunesse… 


Doğan Özgüden, Une rebelle dans l’encre d’exil - Le combat pluriel d'İnci Tuğsavul, Traduction: Bahar Kimyongür, Info-Türk, Bruxelles 2024

Traduction: Mazyar KHOOJINIAN

Pression sur les médias / Pressure on the Media

Le procès de la sociologue Pinar Selek de nouveau renvoyé

Le procès fleuve par contumace de Pinar Selek, sociologue franco-turque accusée de "terrorisme", a été renvoyé vendredi pour la huitième fois par un tribunal d'Istanbul, a constaté une journaliste de l'AFP.

La prochaine audience du procès ouvert en mars 2023 se tiendra le 5 février 2027, a indiqué un juge du tribunal stambouliote de Caglayan au terme d'une courte audience tenue devant plusieurs dizaines de soutiens de Mme Selek, venus notamment de France.

Sociologue et écrivaine de 54 ans réfugiée en France, Pinar Selek avait été arrêtée, emprisonnée et torturée en 1998 alors qu'elle venait d'achever de longues séries d'entretiens au sein de la communauté kurde.

Accusée d'être liée à une explosion meurtrière - en réalité accidentelle, selon une expertise - sur un marché d'Istanbul, elle a été libérée en 2000, puis acquittée quatre fois, en 2006, 2008, 2011 et 2014.

Un temps restée travailler en Turquie, elle a pris le chemin de l'exil en 2009, quand les menaces se sont multipliées après la publication de "Devenir un homme en rampant", un recueil de témoignages sur le service militaire, succès d'édition en Turquie.

Elle vit et travaille désormais à Nice (sud de la France), où elle a été naturalisée en 2017. Mais en 2022, la cour suprême turque a annulé tous ses acquittements et ordonné un nouveau procès, dont chaque audience a été régulièrement renvoyée depuis.

"Même s'il n'y a pas de décision, c'est déjà une condamnation", a regretté à l'AFP Mme Selek, qui ne peut pas se rendre au chevet de son père, hospitalisé dans un état grave à Istanbul. Avocat, c'est lui qui menait sa défense depuis son arrestation.

"Aujourd'hui c'est le jour où je me sens la plus faible depuis 28 ans, mais bien évidemment je vais résister jusqu'au bout", a-t-elle ajouté, saluant la mobilisation à l'audience de nombreux avocats et militants des droits humains, même si beaucoup de ses soutiens ont été touchés par la vague d'arrestations qui a visé la communauté LGBT et ses défenseurs cette semaine en Turquie.

Présente à chaque audience depuis son élection, l'eurodéputée écologiste Mélissa Camara, vice-présidente de la délégation interparlementaire UE-Turquie, a dénoncé un "harcèlement judiciaire" contre Mme Selek: "Face à cette machine judiciaire qui tente de la broyer, la mobilisation ne doit cesser".

"Cela dure depuis trop longtemps", a commenté Antoine Kouchner, professeur et vice-président des relations internationales à l'université Paris Cité, appelant la justice turque au "respect de la liberté académique". (AFP, 18 sept 2026)

Turkey must release journalist Ahmet Polad following his transfer from Syria after months of captivity

New York, September 18, 2026–The Committee to Protect Journalists calls on Turkish authorities to immediately release Ahmet Polad, a Kurdish-Turkish journalist who was transferred to Turkey this month after nearly eight months of enforced disappearance in Syria and is reported to be in extremely poor health.

Polad’s lawyer, Özlem Gümüştaş, told CPJ on Friday that the journalist, whose birth name is Mehmet Nizam Aslan and who has also been identified in previous reports as Ahmed Polad, had been transferred to Turkey and arrested but was in need of emergency medical treatment.

On January 18, 2026, Polad and German journalist Eva Maria Michelmann were detained while reporting from the northern Syrian city of Raqqa, as government forces advanced on the territory controlled by the Kurdish-led Syrian Democratic Forces (SDF). After months of denying knowledge, authorities admitted holding them in custody.

Both worked for Etkin News Agency (ETHA) and Özgür TV, which operates across several cities in Europe.

Michelmann was released on June 19 but at the time the whereabouts of Polad were unknown.

Gümüştaş told CPJ that Polad was transferred to Turkey on September 8 and arrested by a court in Istanbul on September 11 despite being in extremely poor health. The lawyer had not seen the arrest warrant and did not know what charges Polad faced as the case was classified.

Gümüştaş said Polad was regularly beaten and starved during his time in Syria and needs emergency medical care.

“Ahmet Polad suffered horribly during his captivity in Syria and now that he has been returned to Turkey, he belongs in a hospital and most definitely not in a prison,” said CPJ’s Chief Programs Officer Carlos Martínez de la Serna. “Turkey must immediately release Polad to allow him to receive the medical treatment he needs and Syrian authorities must account for what happened to him over the past months.”

Gümüştaş told CPJ that during his captivity Polad had never had any contact with Syrian officials. He was not allowed to see a lawyer and never presented to a Syrian court.

Gümüştaş said her client was beaten daily by his captors, kept in a cell with such a low ceiling that it was impossible to stand up and not allowed outside. She believed he was kept in the northwestern city of Aleppo until he was driven to the Syrian city of Idlib in early September and handed over to Turkish intelligence operatives on September 8. 

Polad was then made to lie in the back of a car, handcuffed and with a bag over his head, and driven to the Turkish capital Ankara, the lawyer said. He was kept there for two days. ETHA also published details of Polad’s transfer and the alleged abuses he endured in Syria in an article on September 14, in which they quoted the journalist.

Gümüştaş said the Turkish intelligence operatives should have informed Polad’s family as soon as he was in their custody but that was not done.

She told CPJ that Polad was brought to Istanbul on September 10, put through what she called an “accelerated medical treatment” for one day at a hospital before being arrested by court a day later. She said he needed more treatment because of the beatings and added that he was suffering from malnutrition and an infestation of lice.

Gümüştaş said she would file an appeal against the arrest order but her first priority was to arrange permission for a hospital visit and an extensive check-up.

CPJ emailed Turkey’s Justice Ministry for comment but did not receive a reply. CPJ also contacted Syrian Ministry of Information official Omar Haj Ahmed, who said he was unaware of the transfer and would seek more information. (CPJ, 18 sept 2026)


Turkey must drop charges against 3 ETHA journalists, including jailed editor Nadiye Gürbüz

Istanbul, September 17, 2026—Journalist Nadiye Gürbüz, who went on trial in Istanbul this week after spending more than seven months behind bars, must be freed immediately and Turkish authorities must stop abusing anti-terrorism laws to prevent journalists from doing their jobs, the Committee to Protect Journalists said on Thursday.

Gürbüz, an editor at the socialist Etkin News Agency (ETHA), was imprisoned alongside her colleagues, editor Pınar Gayıp and reporter Elif Bayburt, in Istanbul in early February after their outlet’s offices were raided.

They all faced court for the first time this week in separate hearings on charges of membership of a terrorist organization but while Gayıp and Bayburt were released pending trial, Gürbüz remains imprisoned at least until her next hearing in December, with the court determining that she could not be released because all the witnesses had not been heard.

“Three journalists have lost more than seven months of their lives behind bars and while Pınar Gayıp and Elif Bayburt were finally freed, Nadiye Gürbüz remains in prison,“ said Özgür Öğret, CPJ’s Turkey representative. “The authorities should free Gürbüz without delay and put an end to trials like this where the practice of journalism is presented as evidence of a crime.”

Turkish authorities raided the Istanbul offices of ETHA on February 3, 2026 as part of a larger operation targeting the Socialist Party of the Oppressed (ESP) and civil society groups on suspicion of having ties to the banned Marxist-Leninist Communist Party (MLKP), which Turkey designates a terrorist group. More than 100 people were detained during the operation, including Gürbüz, Gayıp and Bayburt.

On February 5, the three journalists were arrested pending trial on suspicions of terrorist organization membership.

CPJ inspected the three indictments and monitored the court hearings of Gayıp on September 14; Gürbüz on September 15; and Bayburt on September 17 in the 23rd, 25th and the 24th Istanbul Courts of Serious Crimes, respectively.

In all three indictments, prosecutors based the charge of MLKP membership on the fact that the journalists were employed by ETHA and had attended certain public events. All three journalists told the courts they were not members of the MLKP.

Gayıp’s trial will continue on December 7 while Gürbüz’s is scheduled for December 8 and Bayburt’s takes place on December 10.

CPJ emailed the Istanbul Chief Public Prosecutor’s Office for comment but did not receive a reply. (CPJ, 17 sept 2026)

Journalists Canan Coşkun, Kazım Kızıl face up to 14 years in prison over investigation into suspicious child death

Prosecutors in Giresun have filed charges against two journalists and Şaban Vatan, the father of 11-year-old Rabia Naz Vatan, in connection with her suspicious death in 2019. The case centers on an interview conducted with an eyewitness in Nov 2019.

The indictment accuses journalist Canan Coşkun, documentary filmmaker Kazım Kızıl and Şaban Vatan of "depriving a person of their liberty through force, threats or deception by multiple people acting jointly." Kızıl also faces a charge of "attempting to influence a fair trial."

According to the indictment, the investigation stemmed from an incident involving Mürsel Küçükal, a witness in the investigation into Rabia Naz’s death who had also testified before a parliamentary committee establish to investigate the death.

The journalists were detained in 2019 on similar allegations but were later released.

On Nov 13, 2019, Küçükal described at the scene how he had found Rabia Naz and reenacted her movements by crawling on the ground.

In his statement to police, Küçükal said he had been taken to the scene by the suspects and asked to demonstrate how Rabia Naz had crawled. He alleged that he was pressured while doing so and was later taken to a room and questioned about his earlier statement.

Prosecutors included in the indictment Küçükal’s claim that he felt pressured and frightened.

‘I signaled Şaban to stop’

Coşkun and Kızıl denied the allegations according to their statements included in the indictment.

According to Coşkun’s account, she went alone to Küçükal’s home. While they were speaking, Küçükal suddenly lay on the floor to demonstrate how he had found Rabia Naz. He then volunteered to go to the scene, saying, "Come, I’ll show you there."

Şaban Vatan and Kızıl later arrived at the scene. Küçükal then began crawling on the ground again.

Coşkun said she and Kızıl were uncomfortable with the reenactment. Kızıl stopped filming, and they asked Vatan to stop the reenactment, she said.

Kızıl said Küçükal suddenly lay on his back and began crawling after being asked, "How did you see her?"

Kızıl said he was uncomfortable with what was happening. "I touched Şaban’s arm and signaled with my hand for him not to do it, but he continued," he said.

Both Coşkun and Kızıl said they then left the scene.

The indictment also includes statements attributed to Şaban Vatan about Küçükal: "This is the eyewitness. He changed his statement. He didn’t tell it before because of pressure, and now he is telling it."

Vatan is also quoted as telling Küçükal, "Just so you know, they will finish you. I recorded all the footage of you. They will finish you through the DNA under the fingernail."

Alleged deprivation of liberty

Six years later, prosecutors had the footage recorded by Kızıl and the audio recordings made by Coşkun transcribed and examined. An expert report was added to the case file on Feb 1, and later cited in the indictment.

The Görele Chief Public Proseutor's Office said that, taken together, the recordings and statements from the complainant and witnesses showed that Coşkun, Kızıl and Vatan had acted with a "unity of intent and action," pressured Küçükal and restricted his freedom of movement.

The prosecutor charged all three with "depriving a person of their liberty through force, threats or deception by multiple people acting jointly" and sought prison sentences ranging from four to 14 years.

The prosecutor also sought a sentence for Kızıl on a separate charge of "attempting to influence a fair trial."

The Görele 1st Penal Court of First Instance accepted the indictment. The first hearing is scheduled for Oct 22 at 9.30 am.

The court also ordered that Coşkun and Kızıl give their defense statements to courts in the locations where they are based via videoconference.

No prosecution for four others in same investigation

İlhan Dede, Ömer Kıran, Tuba Demir and Uğur Dede had also been investigated on allegations of "attempting to influence a fair trial" and "depriving a person of their liberty."

The Görele Chief Public Prosecutor’s Office issued a decision of non-prosecution for the four on Apr 6, 2026.

Prosecutors said there were no eyewitnesses or "any camera or audio recording capable of proving" the allegations against them. They said no concrete evidence beyond unsubstantiated statements had been obtained to establish sufficient suspicion for a prosecution. (BIA, 15 sept 2026)

Journalist Tuğba Tekerek detained over interview with Georgian LGBTI+ activist

Journalist and author Tuğba Tekerek has been detained as part of a sweeping investigation targeting LGBTI+ organizations and activists, with authorities citing a 2024 article she wrote about LGBTI+ rights in Georgia.

Tekerek was detained overnight in İstanbul and taken to the police morality bureau, where she was questioned over an allegation of "obscenity" under Article 226 of the Turkish Penal Code.

She was later transferred to Ankara and is being held at Ankara Courthouse, where she is expected to give a statement to prosecutors. The Media and Law Studies Association (MLSA) is providing her legal representation.

The article cited as grounds for Tekerek's detention was published by Kaos GL on Oct 26, 2024, titled, "Being LGBTI+ in Georgia's election: 'I feel both like a hero and like I'm in a dystopia'."

The Kaos GL Association is one of the groups at the center of the investigation. Its board members were taken into custody in Ankara during the Sep 13 raids.

In the article, Tekerek reported on legislation targeting LGBTI+s in Georgia, anti-LGBTI+ rhetoric used during the election campaign and security concerns faced by Tamar Jakeli, head of Tbilisi Pride.

The report also examined the ruling Georgian Dream party's anti-LGBTI+ campaign ahead of the country's general election and legislation titled "Family Values and Protection of Minors."

Jakeli said they had been portrayed during the campaign as one of the symbols of "moral decay" and had taken security precautions because she feared being attacked.

Tekerek's article also reported that LGBTI+ organizations in Georgia were struggling to continue their work amid growing pressure, new legislation and threats of attacks.

Following news of her detention, the Journalists' Union of Turkey (TGS) condemned what it described as judicial harassment and called for her immediate release.

"A journalist's job is to report the news," the union said. "We do not accept professional activities being turned into grounds for investigations and detention. Without freedom of the press and expression, there can be no professional security for journalists." (BIA, 15 sept 2026)

Turkey arrests journalist Selahattin Günday over 2011 report


Istanbul, September 15, 2026—Turkish authorities must release arrested journalist Selahattin Günday without delay and stop abusing the country’s laws to harass journalists and prevent them from doing their jobs, the Committee to Protect Journalists said Tuesday.

Günday, a former broadcast reporter for the now closed Doğan News Agency (DHA), was taken into custody by Istanbul police on September 10 as part of a newly reopened investigation into the death of Turkish intelligence operative Kaşif Kozinoğlu in 2011.

On September 12, Günday was arrested on suspicion of exposing an intelligence operative and illegally obtaining personal data while reporting on Kozinoğlu in 2011, his lawyer Hüseyin Ersöz told local media.

Camera operator İdris Tiftikçi, who worked with Günday at DHA, was also taken into custody on September10 but he was released pending trial under judicial control.

“The arrest of journalist Selahattin Günday defies logic: how could he be involved in any way in the death of Kaşif Kozinoğlu, a jailed man he never met?” said Özgür Öğret, CPJ’s Turkey representative. “The authorities must release Günday immediately and stop harassing the press.”

Kozinoğlu, who worked for the National Intelligence Agency ((MİT), was arrested in March 2011 and died in prison in November that same year, just days before he was due to testify in the Ergenekon trials, a series of court cases against individuals, including journalists, accused by the authorities of plotting to overthrow the government in a military coup.

According to reports in local media, the accusations against Günday and Tiftikçi relate to their coverage of Kozinoğlu’s appearance at a court in Istanbul after his arrest, with authorities claiming they were the first to broadcast the news in violation of a law relating to publishing information about MİT or its officers.

Ersöz said on social media on September 15 that he had objected to the arrest warrant and expected a decision on this objection to be made within days.

He previously said the arrest was made under Article 27 of the MİT law, which was altered in 2014 to ban exposing the identities of intelligence operatives, and that in any case the statute of limitations had already passed for the alleged offences. 

“An arrest warrant was issued for an act that was not a crime at the time but, in any case, had ‘lapsed under the 15-year statute of limitations,’” Ersöz wrote on X.

CPJ emailed the Chief Prosecutor’s Office of Istanbul for comment but did not receive a reply. (CPJ, 15 sept 2026)

La Turquie bloque l'accès à des comptes X de militants LGBT+

Les comptes X d'une quinzaine d'organisations et militants turcs LGBT+ ont été bloqués samedi sur demande des autorités, qui prônent la défense de la famille traditionnelle, a rapporté l'association de défense de la liberté d'expression Iföd.

Ces comptes X, suivis pour certains par plusieurs dizaines de milliers d'abonnés, ne sont plus accessibles sans VPN depuis la Turquie, a constaté l'AFP.

Parmi eux figurent le compte de Kaos GL, une association de défense des droits des LGBT+, et celui de l'avocat Levent Piskin.

Des ONG de défense des droits humains avaient déjà dénoncé en juin le blocage de près de 40 comptes X d'associations LGBT+ et féministes du pays.

L'homosexualité n'est pas réprimée pénalement en Turquie, mais l'homophobie y est largement répandue jusqu'au sommet de l'Etat, le président Recep Tayyip Erdogan qualifiant les LGBT+ de "pervers" responsables du déclin de la natalité.

La justice turque ordonne régulièrement au réseau social X de bloquer l'accès à des comptes d'opposants, de militants et de journalistes.

Le compte X du correspondant de l'AFP dans le sud-est à majorité kurde du pays, qui compte plus de 50.000 abonnés, est ainsi inaccessible depuis mars.

L'an passé, les autorités turques avaient obtenu de X le blocage de plus de 700 comptes critiques du pouvoir, au plus fort d'une vague de contestation déclenchée par l'arrestation du maire d'opposition d'Istanbul, Ekrem Imamoglu. (AFP, 12 sept 2026)

Turkey’s law enforcement probed over 200,000 people over social media posts in 2025

The police and gendarmerie examined more than 600,000 social media accounts in 2025 and initiated legal proceedings into more than 200,000 users, according to annual activity reports cited by the daily BirGün.

The police reviewed 257,481 accounts as part of what authorities call “virtual patrol” activities. Users of 162,298 accounts were identified and reported to judicial authorities.

Police detained 8,471 people as a result of the monitoring. Courts ordered the arrest of 496 suspects and placed 1,360 under judicial supervision, while no further action was taken against 6,615 individuals.

The police report said the accounts were investigated over suspected offenses including "propaganda for terrorist organizations," "selling or promoting drugs," "incitement to hatred and enmity," "violence against women and animals," "insulting the president," "threatening the country’s territorial integrity or public safety," "insulting the Turkish nation and state," and offenses against Atatürk.

The gendarmerie separately reviewed 342,699 social media accounts. They identified 47,936 users and initiated proceedings against them.

Together, the police and gendarmerie examined 600,180 accounts and launched investigations involving 210,234 people during the year.

Online patrols deemed unlawful by top court

The monitoring has continued despite a 2020 Constitutional Court ruling that struck down the legal provision authorizing police to conduct such "online patrols."

Police were granted the authority in 2017 through an amendment to Law No. 2559 on Police Duties and Powers. The provision allowed police investigating online offenses to obtain internet subscribers’ identity information and conduct online inquiries to determine the competent chief public prosecutor’s office.

After the amendment was challenged on constitutional grounds, the top court annulled it.

The court found that the provision did not meet the requirements of a democratic social order and noted that personal data are protected under the Constitution.

It also noted that police could investigate an identified person only on the instructions of a prosecutor. (BIA, 10 sept 2026)

Journalist and writer Erdal Süsem has been in prison for 25 years despite European court rulings

Journalist and writer Erdal Süsem, who has been in prison for nearly 25 years, sent a letter from Tekirdağ No. 1 F-Type High Security Closed Prison, where he is being held.

In his letter, Süsem explained that despite favorable rulings from the European Court of Human Rights (ECtHR), the Constitutional Court, and the Court of Cassation, the İstanbul 12th Heavy Penal Court has refused to release him in his retrial.

Ahead of his hearing scheduled for Oct 6, he issued a call to press workers and the public:

Hello,

I am one of the detained and convicted journalists. I will soon complete my 25th year in prison. I am still in prison, and I am still on trial.

I have been acquitted in my other cases. Although I should legally be acquitted in this case as well—despite rulings in my favor by the European Court of Human Rights (ECtHR), the Constitutional Court of Turkey (AYM), and the Court of Cassation—I remain in prison due to the Istanbul 12th High Criminal Court’s insistence on keeping me behind bars.

I was the editor and a writer for the September Arts and Literature Magazine. Recently, I also published “The Perfect Murder I / Shadows and Images,” one of the novels I’ve been writing and keeping on the back burner for years.

The history of my trial is quite long. Here, I’d like to focus only on the developments from the past few years.

On May 23, 2019, the European Court of Human Rights (ECtHR), citing Turkey’s acceptances and commitments, ruled that my “right to a fair trial”—guaranteed under Article 6(1) of the European Convention on Human Rights (ECHR)—had been violated in my trial.

In accordance with this decision, on July 16, 2019, I filed a request for a retrial with the 12th Istanbul High Criminal Court. The court rejected my request. I then appealed to the Constitutional Court.

On September 13, 2022, the Constitutional Court, citing the ECtHR's ruling in my favor, ruled that my “right to a fair trial,” guaranteed under Article 36 of the Constitution, had been violated and that a retrial was necessary to remedy the violation. It emphasized the fundamental principles of a fair trial, such as the exclusion of evidence obtained in violation of the law, the investigation of the material truth, the collection of evidence, the hearing of witnesses, and the defense’s ability to cross-examine witnesses.

The first retrial process began on December 7, 2022, when the Constitutional Court’s decision was sent to the Istanbul 12th High Criminal Court.

However, during this four-hearing process, the 12th High Criminal Court once again violated my “right to a fair trial.

It retained evidence obtained in violation of the law in the case file. It rejected my requests for an investigation, the collection of evidence, and the examination of witnesses. It did not even grant my request to personally attend the hearings.

Although I argued that all the alleged evidence was in my favor and no new evidence was presented against me, the previous verdict was upheld.

On December 21, 2023, I exercised my right to appeal. On April 9, 2025, the Third Criminal Chamber of the Court of Appeals, citing the Constitutional Court’s decision, overturned the verdict on its merits and, like the Constitutional Court, emphasized the fundamental principles of a fair trial.

The Court of Cassation also ruled that the retrial must be conducted under Article 311/1-e of the Code of Criminal Procedure (CMK). This provision governs the retrial process when new facts or evidence could warrant the acquittal of the convicted person or a lighter sentence.

Although the İstanbul 12th Heavy Penal Court initiated the second retrial process, it defied not only the Constitutional Court’s ruling in my favor but also the Supreme Court’s decision. My requests for an investigation, the collection of evidence, and the hearing of witnesses were rejected.

I have been unjustly and unlawfully detained for approximately 25 years. The rulings in my favor by the European Court of Human Rights (ECHR), the Constitutional Court, and the Court of Cassation all call for my acquittal, yet the 12th Heavy Penal Court is failing to implement the decisions of the higher courts.

Because I have clear doubts about the court’s fairness and impartiality, I filed a motion to recuse the judge. My motion was rejected without undergoing a thorough review.

I have been imprisoned for 25 years. I continue to be held unjustly and unlawfully. For 25 years, I have been waging an exhausting legal battle.

My hearing is scheduled for October 6, 2026, at the 12th Heavy Penal Court in Istanbul (Çağlayan). I am counting on your support, as well as that of the press and the democratic public.(BIA, 10 sept 2026)

Journalist Oya Lale Arslan arrested in Turkey on suspicion of ‘spreading disinformation’

Turkish authorities must immediately release arrested journalist Oya Lale Arslan and stop weaponizing the law against independent media, the Committee to Protect Journalists said on Tuesday.

Arslan, a freelance journalist with over 118,000 followers on X and 151,000 on YouTube where she posts under the name Lale Özan Arslan, was detained on September 4 after police in Ankara searched her home and confiscated her digital devices.

Arslan was questioned about her work by Ankara’s Chief Public Prosecutor’s Office before being arrested later that same day by a court pending trial on suspicion of “publicly spreading disinformation” and making propaganda for a terrorist organization.

“Oya Lale Arslan is the latest journalist to be imprisoned in Turkey because of the authorities’ draconian interpretation of laws on disinformation and terrorism. This legislation is being used again and again to silence journalists,” said Özgür Öğret, CPJ’s Turkey representative. “Oya Lale Arslan must be released without delay and the authorities should immediately implement legal reforms to allow the news media to exercise their constitutional right to work freely.”

CPJ inspected the documents regarding Arslan’s testimony during her interrogation.

The journalist was questioned about her past YouTube broadcasts concerning the so-called FETÖ organization, a group linked to deceased Islamic cleric Fethullah Gülen and which the Turkish government blames for a coup attempt in 2016.

Arslan told interrogators she considers the said group to be a terrorist organization and would not make propaganda for them, according to the documents.

The Ankara Chief Public Prosecutor’s Office released a statement on September 4, confirming the arrest and the allegations, which may become charges if the case goes to a trial.

No trial date has been set yet. (CPJ, 8 sept 2026)

Le 74e anniversaire du début de notre combat dans la presse


Doğan Özgüden, Artı Gerçek, 8 septembre 2026

Être solidaires de toutes les organisations de résistance en Turquie, comme de toutes les organisations qui défendent la liberté de la nation kurde, constitue l’une des pages les plus honorables de notre combat.

***

9 septembre… Le 74e anniversaire de mes débuts dans le journalisme… Une vie professionnelle de près de trois quarts de siècle passée dans l’opposition de gauche, et les 55 dernières années en exil…

Bien que ne l’ayant pas choisi de ma propre volonté, le journalisme est un métier pour lequel j’ai toujours été reconnaissant, car il m’a permis de participer activement, dès l’âge de 16 ans, aux luttes sociales et politiques des opprimés de notre pays et du monde…

À l’été 1952, après avoir obtenu mon baccalauréat au lycée commercial d’Izmir, je rêvais naturellement d’intégrer l’École supérieure d’économie et de commerce. Mais mon père, cheminot qui peinait à financer mes études avec son maigre salaire, attendait de moi que je trouve immédiatement un emploi pour contribuer aux finances familiales et ainsi pouvoir m’inscrire dans l’enseignement supérieur. Comme j’étais parmi les meilleurs élèves en cours de sténographie au lycée, je prévoyais de travailler comme sténo-dactylographe en dehors des heures de cours.

À cette même époque, d’intenses préparatifs étaient en cours dans la ville d’Izmir, en Turquie, alors membre de l’OTAN, pour y établir le quartier général des forces terrestres d’Europe sud-orientale et de la 6e Force aérienne tactique.

En récompense de l’envoi d’une brigade de 4 500 hommes en Corée en 1950 et du lancement des arrestations anticommunistes en 1951, le protocole d’adhésion de la Turquie à l’OTAN fut signé le 17 octobre 1951. La Grande Assemblée nationale de Turquie, avec le soutien du parti d’opposition CHP [Parti républicain du peuple], approuva la loi d’adhésion à l’OTAN le 18 février 1952. Et le 18 août 1952, il fut décidé qu’Izmir deviendrait le centre du quartier général de l’OTAN pour l’Europe sud-orientale…

Un afflux massif de soldats états-uniens se dirigea sur Izmir. Le quartier général de la 6e Force aérienne tactique de l’OTAN fut d’abord établi à Şirinyer. Quelques années plus tard, le quartier général des forces terrestres d’Europe sud-orientale de l’OTAN s’établit dans un magnifique bâtiment de la rue de la promenade des Quais (Kordonboyu) à Izmir, initialement construit pour servir d’hôtel, mais réquisitionné par la suite par les États-uniens.

L’OTAN publiait des annonces dans les journaux pour recruter des employés maîtrisant au moins un peu l’anglais, sachant taper à la machine et prendre des notes en sténographie, et ayant des notions de travail de bureau et de comptabilité. Les salaires étaient deux à trois fois supérieurs à ceux des emplois comparables en Turquie, et ils étaient exonérés d’impôt. De plus, il était possible d’utiliser les magasins et cafétérias bon marché PX [Post Exchange] mis en place pour les États-uniens.

Alors que la pression de ma famille pour que je trouve un emploi allait en s’intensifiant, mes camarades de promotion, diplômés en même temps que moi, me rappelaient les offres d’embauche de l’OTAN et me conjuraient : « Mon fils, es-tu fou ? Comment peux-tu laisser passer une telle opportunité ? Trouve un travail, et tu feras ce que tu voudras ! »

Les recrutements de l’OTAN se faisaient à son quartier général de Şirinyer. N’ayant pu trouver immédiatement un travail, j’ai fini par m’en lasser et j’ai pris le bus pour Şirinyer. Il y avait une longue file à l’entrée, et la plupart des personnes qui attendaient postulaient pour des postes de service comme le nettoyage, la cuisine et les réparations.

Arrivés que depuis un an d’Ankara, je ne connaissais pas encore bien tous les quartiers de la ville d’Izmir… En faisant la queue, j’appris que le nom d’origine de Şirinyer [Le bel endroit] était Kızılçullu [Habillé de rouge]. Le bâtiment où les États-uniens s’étaient installés avait été ouvert comme une école pour les enfants du village sous le nom d’Institut de village de Kızılçullu à partir de 1940. Mais le Parti démocrate, arrivé au pouvoir en 1950, fit fermer l’Institut, comme tous les autres instituts de village, et pour faire plaisir à ses amis états-uniens, rebaptisa Kızılçullu en Şirinyer avant de céder le bâtiment à l’OTAN.

Les Instituts de village ont marqué mon enfance… En 3e année de primaire à l’école de Muncusun, un village de Kayseri, les premiers diplômés de ces instituts, de jeunes villageois en uniforme noir, étaient venus faire un stage dans notre école et nous avaient beaucoup impressionnés.

Alors que mon tour approchait pour l’entretien, mes interrogations s’intensifiaient. L’idée de travailler sous les ordres d’un sergent états-unien m’était tout simplement insupportable. Influencé par mes souvenirs d’enfance et par ce que j’avais récemment appris, je me dis « Hors de question » et quittai la file d’attente en prenant le premier bus pour Izmir.

À Izmir, les préparatifs des célébrations du 9 septembre battaient leur plein, avec le montage des arcs… Alors que je me dirigeais vers la vieille librairie à l’entrée de la rue Beyler, sur l’avenue Kemeraltı, pour regarder les livres, une affiche attira mon attention : « Le journal Ege Güneşi [Soleil de l’Égée], disponible dans tous les kiosques à partir du 9 septembre… »

Je postulai immédiatement et, après une courte période d’essai, je fus embauché comme sténographe… À cette époque, il n’y avait pas d’enregistreurs vocaux comme de nos jours. Les appels longue distance étant extrêmement chers, prendre des notes sur les nouvelles d’Ankara, d’Istanbul et des correspondants de province par téléphone et les retranscrire permettait au propriétaire du journal d’économiser plusieurs fois le montant qu’il me versait… C’était un travail qui commençait à 16 heures et se terminait à minuit… Je pouvais ainsi poursuivre mes études supérieures pendant la journée. De plus, je gagnais presque le double du salaire mensuel de mon père, et ma mère pouvait enfin quitter la misérable maison familiale où l’on partageait avec trois familles une seule toilette pour emménager dans une maison avec ses propres toilettes.

Lorsque Ege Güneşi cessa de paraître au bout d’un certain temps, j’occupais le même poste à Sabah Postası [L’édition du Jour], qui avait commencé à paraître début 1953 comme le seul journal d’opposition d’Izmir. J’y fis la connaissance de Çetin Altan, Altan Öymen, Oktay Ekşi, Orhan Birgit et bien d’autres collègues en prenant leurs écrits sur l’actualité d’Ankara et d’Istanbul au téléphone.

Au Sabah Postası, j’occupai tous les postes, de sténographe à reporter, de chroniqueur à rédacteur en chef, jusqu’en 1961, et j’assumai aussi la représentation régionale pour l’Égée des journaux Milliyet et Öncü.

Durant cette période, je défendis les droits des travailleurs de la presse au sein du Syndicat des journalistes d’Izmir et de la Fédération des syndicats de journalistes de Turquie, ainsi que la liberté de la presse au sein de l’Association des journalistes d’Izmir et du Conseil de déontologie de la presse. Sur le plan politique, je siégeai dans les instances dirigeantes du Parti ouvrier de Turquie.

À partir de 1963, à la demande du président du parti, Mehmet Ali Aybar, je me rendis à Istanbul et y assumai des responsabilités au sein du bureau d’étude et de recherche et du comité exécutif central du Parti ouvrier de Turquie, tout en étant rédacteur en chef des journaux Gece Postası et Akşam.

Notre vie et combat communs avec İnci Tuğsavul débuta en 1965 au journal Akşam… En 1967, avec la participation de Yaşar Kemal et Fethi Naci, nous avons fondé la revue et les éditions Ant. Jusqu’à leur fermeture suite au coup d’État du 12 mars 1971, nous avons tenté de contribuer au combat socialiste et anti-impérialiste de notre pays.

Dès la première année d’existence d’Ant, en 1967, j’ai été jugé pour « trahison » devant le Tribunal militaire de la 1ère Armée, sur ordre du général Cemal Tural, chef d’état-major général, valet de l’OTAN, pour avoir publiquement révélé le projet états-unien de déploiement de mines nucléaires en Anatolie orientale et appelé à la résistance contre ce projet.

Après la grande résistance ouvrière des 15-16 juin 1970, j’ai été interrogé et ouvertement menacé par neuf officiers du quartier général de la 1ère Armée pour avoir publié en couverture de la revue Ant : « Les officiers capitalistes ne peuvent pas juger les ouvriers ».

Après la fermeture de la revue Ant par la loi martiale et les poursuites engagées contre nous, nous exposant à des centaines d’années de prison, İnci et moi fûmes contraints de quitter illégalement la Turquie en 1971.

Durant nos plus de 50 ans d’exil, nous avons été parmi les fondateurs du Mouvement de résistance démocratique, de l’Union pour la Démocratie, d’Info-Türk et des Ateliers du Soleil.

Dans notre lutte à l’étranger, nous avons constamment été pris pour cible par la junte de 1971, la junte de 1980, les missions diplomatiques de l’État turc, ainsi que par les organisations et publications sous leur contrôle.

Après la publication en anglais du Dossier Turquie, qui révélait les rouages du régime du 12 mars, et sa transmission aux organisations internationales, le ministère des Affaires étrangères adressa le 26 septembre 1972 une circulaire à tous les services diplomatiques, déclarant :

« Des communistes turcs se trouvant à l’étranger, avec le soutien de communistes étrangers alignés sur Moscou, ont mis en place une organisation articulée autour de l’Allemagne, du Danemark, des Pays-Bas, de la Suède et de la France. Bien qu’il n’existe pas encore de preuves probantes et circonstancielles formelles, Doğan et İnci Özgüden sont impliqués dans cette activité ».

En 1973, un « Livre blanc » intitulé Réalités de Turquie et terrorisme, nous visait explicitement : « La Résistance démocratique de Turquie est une organisation fondée par Doğan ÖZGÜDEN, son épouse İnci ÖZGÜDEN et 4-5 communistes révolutionnaires se trouvant à leurs côtés, dont certains sont des fugitifs. Ils n’entretiennent aucun rapport sérieux et honnête avec la démocratie, la résistance ou la Turquie. Avant le 12 mars, Doğan ÖZGÜDEN a publié en Turquie une revue intitulée ANT. À travers cette revue, il tentait de diffuser la théorie et la conscience marxistes-léninistes révolutionnaires armées ».

En raison de ces attaques, bien que nous fûmes reconnus comme réfugiés politiques par les Nations Unies en 1973, nous fûmes privés des années durant de permis de séjour et de travail en Belgique. À tel point que, malgré ma carte de presse provisoire délivrée par le ministère belge des Affaires étrangères, la police d’Anderlecht me la confisque le 17 mars 1975 et m’expulsa vers les Pays-Bas.

La veille du nouvel an entre 1977 et 1978, alors que je me rendais en train en Allemagne pour passer du temps avec des amis, je fus détenu toute la journée car mon nom figurait sur la « liste des journalistes étrangers dont l’entrée en Allemagne est jugée indésirable » du quartier général de la sécurité allemande à Coblence, avant d’être refoulé vers la Belgique sous escorte policière tard dans la soirée.

Après le coup d’État du 12 septembre 1980, İnci et moi, tout comme Behice Boran Gültekin Gazioğlu, Şanar Yurdatapan, Melike Demirağ, Yılmaz Güney, Cem Karaca, Mehmet Emin Bozarslan, Nihat Behram, Mahmut Baksı, Şah Turna, Fuat Saka, Demir Özlü , Yücel Top et Ali Baran, fûmes déchus de la citoyenneté (turque) par le chef de la junte Evren, qui nous accusait d’être « dépourvus de sang ».

Comme si cela ne suffisait pas, en 1988, İnci et moi fûmes une nouvelle fois notifiés par le consulat général de Turquie à Bruxelles que nous avions été déchus de la citoyenneté turque, pour avoir posé des questions au sujet des violations des droits humains en Turquie au Premier ministre Turgut Özal lors d’une conférence de presse à Bruxelles.

Le 3 janvier 1985, lors d’un débat sur l’émission « Résistances » de la chaîne de télévision A2, suite à la diffusion du documentaire « La Turquie sous les bottes », je fournis des informations sur les nouvelles répressions perpétrées contre les Kurdes, les Arméniens, les Assyro-chaldéens et les Turcs de tendance démocrate en Turquie. Le lendemain, le journal Hürriyet publia un nouvel article provocatif m’accusant d’avoir tenu des propos hostiles à la Turquie à la télévision.

De plus, sous la pression du gouvernement Özal, le gouvernement français refusa après cette date systématiquement de me délivrer un visa. Qui plus est, cette atteinte à ma liberté de circulation en qualité de journaliste se produisit sous la présidence du socialiste Mitterrand.

Notre demande de naturalisation belge, visant à recouvrir une liberté de circulation, fut bloquée pendant des années après la publication d’un rapport négatif à notre encontre de la Sûreté de l’État belge nous accusant « d’avoir assisté depuis 1986 à des conférences de presse du PKK, une organisation dont les activités terroristes sont notoires ».

Lorsque nous révélâmes les pressions exercées sur une famille kurde à Bruxelles, l’ambassadeur de Turquie, Fuat Tanlay, publia une déclaration hystérique dans le journal Hürriyet du 21 avril 2007, visant directement Info-Türk.

L’année suivante, en raison de ma contribution à l’organisation à Bruxelles d’une conférence internationale sur le massacre de Dersim et de mon intervention lors d’une conférence des Assyriens, le journal Yeni Çağ en Turquie et un site internet turc basé à Bruxelles lancèrent le 22 novembre 2008 une campagne de diffamation à mon encontre. De ce fait, l’État belge dut me placer sous protection policière renforcée.

En 2015, une photo de moi prenant la parole devant un mémorial au génocide des Arméniens, à l’occasion du centenaire du génocide des Arméniens, fut publiée sur un site internet turc avec la légende « Reconnaissez cet homme ! », me visant personnellement. De même, en 2016, la provocation fut répétée avec l’affirmation suivante : « Voici le parrain à la tête des associations hostiles à la Turquie, le fondateur d’Info-Türk et ancien vétéran de gauche Doğan Özgüden ! »

Dans un rapport de 666 pages intitulé « La structure du PKK en Europe », publié en 2019, le (think tank) SETA, qui s’est donné pour mission d’être le chien de garde de la dictature de l’AKP au sein de la diaspora, s’en prenait au Mouvement de résistance démocratique et à l’Unité pour la démocratie, que nous avions organisés en exil à partir de 1971, en écrivant « qu’il existe de nombreuses preuves qu’ils ont mené, directement ou indirectement, des activités liées au PKK », alors même que le PKK n’a été fondé qu’en 1978.

Malgré ces attaques, notre solidarité avec toutes les organisations de résistance en Turquie, ainsi qu’avec toutes les organisations défendant la liberté de la nation kurde, demeure l’un des chapitres les plus honorables de notre combat.

Comme nous le faisons depuis 1974, nous continuerons avec la même détermination à informer l’opinion publique internationale, via l’agence Info-Türk, sur les problèmes et les revendications démocratiques de la Turquie et de ses exilés.

Toutefois, à nos âges avancés – j’ai 90 ans et İnci 86 – nos problèmes de santé de plus en plus lourds nous contraignent à consacrer une grande partie de notre temps à l’archivage des périodiques et publications que nous avons réalisés durant notre demi-siècle d’exil.

Quoi qu’il arrive, nous promettons à nos lecteurs, à nos amis et à notre peuple de poursuivre sans relâche notre combat.

À de nombreuses années encore ensemble…

Traduction: Mazyar KHOOJINIAN

Journalist İrem Delice arrested in Turkey on suspicion of ‘spreading disinformation’

Journalist İrem Delice and three other staff members from Aydın Denge, a news outlet in the western Aydın Province, were taken into police custody on August 26 after the publication of a report on the death of a local woman named Gülşen Erdoğan under the headline “Erdoğan passed away.”

The four – publisher Emin Aydın, responsible news editor Yeşim Ülker and reporters İslam Keleş and Delice – were placed under investigation for publicly spreading disinformation on the basis that the deceased had the same surname as President Recep Tayyip Erdoğan.

In a column published in Aydın Denge, publisher Aydın said the death report was a routine story and the outlet did not intend to confuse or trick the readers.

A court in Aydın released the four pending investigation under judicial control on the same day but Delice, who wrote the story about the local woman’s death, was later imprisoned on August 28 after the prosecution appealed the releases. 

“Once again authorities have used Turkey’s disinformation law to deprive a journalist of her freedom. İrem Delice should be released immediately, and authorities must stop their abuse of this vague legislation to criminalize journalism,” said Özgür Öğret, CPJ’s Turkey representative. “Representatives of Aydın Denge say they reported the death of a local as they always do and with no intention of clickbait. Even if mistakes were made, nobody deserves to go to prison in this case.”

In his column published on August 29, Aydın said there was no intention to insult the president.

“In the post in question, we absolutely had no intention of targeting the President of the Republic of Turkey, Mr. Recep Tayyip Erdoğan, sending him a message, insulting him, or creating any implication that could constitute a crime,” he wrote.

“Certainly a headline may be misunderstood. A visual (for the headline) may be prepared in a more careful way. We learn lessons from experiences, review our publishing process and take precautions to prevent similar misunderstandings as every outlet does. However, we believe that a nonexistent criminal intent cannot be fabricated from a technical or editorial choice,” he wrote.

Frequent use of law

In April, CPJ joined 22 press freedom and human rights organizations in condemning Turkey’s frequent use of its disinformation law – Article 217/A of the Turkish Penal Code – to prosecute and imprison journalists. The signatories urged the Turkish authorities to release all journalists imprisoned under this law and ultimately repeal it.

The 2022 law introduced prison sentences of up to three years for spreading false information about security, public order, and the general health of the country that causes concern, fear, or panic. Since it came into force, at least 83 journalists have been charged 114 times over disinformation, according to news reports.

At the time of publishing, CPJ was unable to confirm whether the investigation would result in a trial for Delice and the other three Aydın Denge staff.

CPJ emailed the Aydın Chief Public Prosecutor’s office for comment but did not receive a reply. (CPJ, 2 September 2026)

Kurdish Question / Question kurde

Êtes-vous prêts à assurer la représentation de la nation kurde à l'ONU?



Doğan Özgüden, Artı Gerçek, 17 Septembre 2026
Les partis ayant voté la loi visant à « mettre fin à l'existence de l'organisation terroriste PKK/KCK » soutiendront-ils cette juste initiative du Congrès national du Kurdistan (KNK)?
Malgré les incertitudes persistantes quant à la mise en œuvre de la loi visant à « mettre fin à l'existence de facto de l'organisation terroriste PKK/KCK et de toutes les formations qui lui sont liées », née de l'appel de Devlet Bahçeli pour une « Turquie sans terrorisme » et adoptée à une large majorité par la Grande Assemblée nationale turque, y compris par le parti DEM, le Congrès national du Kurdistan (KNK) a franchi une étape importante pour garantir la représentation de tous les Kurdes de Turquie, d'Irak, d'Iran, de Syrie et de la diaspora aux Nations Unies.
 
Dans son appel pour la tenue d'une conférence internationale à Bruxelles, le 3 octobre 2026, le KNK formule la juste demande suivante :
 
« Le Kurdistan compte environ 60 millions d'habitants. Malgré cette population importante, les Kurdes ne sont pas représentés au sein des organisations internationales. Notamment aux Nations Unies, où presque toutes les nations sont représentées, la nation kurde est totalement absente et son nom n'est même pas mentionné. De nombreuses réunions ont été organisées avec des experts sur cette question, et leurs avis ont été sollicités. De plus, une lettre à ce sujet a été adressée au Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, au nom du KNK. Cependant, il s'agit d'un problème majeur et important; il ne saurait être résolu par quelques réunions et quelques lettres. Le KNK ne peut relever ce défi seul. Une coopération aux niveaux national et international est indispensable. »
 
L’État turc, sous l’impulsion de Devlet Bahçeli, chef du parti d'action nationaliste (MHP), a lancé la campagne « Turquie sans terreur », visant à interdire non seulement le PKK, mais aussi toutes les organisations kurdes qualifiées de « terroristes », tant en Turquie qu’à l’étranger. Cependant, les organisations formées par la diaspora kurde, en résistance aux pressions et aux interdictions imposées par l’État turc et les États européens, poursuivent aujourd’hui avec la même détermination leur lutte pour les droits et les libertés.

Parmi ces organisations, figure le Congrès national du Kurdistan (KNK), fondé le 24 mai 1999 à Amsterdam, aux Pays-Bas, par des personnalités kurdes originaires non seulement de Turquie, mais aussi d'Irak, de Syrie et d'Iran.
 
Le KNK avait été créé à l'initiative du Parlement kurde en exil (SKP), fondé exactement 31 ans plus tôt à Bruxelles.
 
Comme on le sait, la lutte parlementaire de la nation kurde en Turquie a débuté il y a 35 ans, en 1990, avec la création du Parti travailliste populaire (HEP). Cependant, le HEP et tous les partis qui lui ont succédé ont été dissous ou contraints de cesser leurs activités, victimes de la terreur d'État.
 
L'un de ces partis, le Parti pour la démocratie (DEP), a été dissous il y a exactement 31 ans, en 1994, par un décret fasciste. Les députés kurdes Hatip Dicle, Orhan Doğan, Ahmet Türk, Leyla Zana, Selim Sadak, Sedat Yurttaş, Mahmut Alınak et Sırrı Sakık ont été condamnés à de lourdes peines de prison.
 
La même année, le président du DEP, Yaşar Kaya, et les députés du DEP Remzi Kartal, Zübeyir Aydar, Nizamettin Toğuç, Ali Yiğit et Mahmut Kılınç, parvenus à s'exiler, lancèrent une campagne de « solidarité internationale avec le DEP » dès leur arrivée à Bruxelles et fondèrent le Parlement kurde en exil (SKP) le 12 avril 1995.
 
Suite à la création du Congrès national du Kurdistan (KNK) aux Pays-Bas à l'initiative du SKP, dans un de mes articles paru dans Özgür Politika le 24 mai 1999, j'ai souligné les similitudes entre la fondation du Congrès national africain (ANC) et celle du Congrès national du Kurdistan (KNK). J'ai souligné que, tout comme l'ANC avait libéré l'Afrique du Sud du joug du racisme et de la discrimination, cette nouvelle formation kurde s'était donné pour mission de libérer le Kurdistan dans toutes ses régions, des griffes de l'oppression, et que quiconque se considérait comme démocrate ou épris de paix devait soutenir cette lutte.
 
İsmail Beşikçi, dans une déclaration diffusée sur la BBC le 9 avril 2014, a exprimé sa réaction à l'absence des Kurdes aux Jeux olympiques de 2012 comme suit :
 
« Aujourd'hui, au sein de l'Union européenne à 27 membres, le Luxembourg, Malte et Chypre sont des États comptant environ un demi-million d'habitants. Si l'on considère les Kurdes du Moyen-Orient, leur population dépasse les 40 millions, mais pourquoi n'ont-ils aucun statut ? Au sein du Conseil de l'Europe à 47 membres, par exemple, il y a quatre petits états: Saint-Marin, Monaco, le Liechtenstein et Andorre. Mais les Kurdes n'ont aucun statut. Dès qu'on parle de terrorisme, le nom des Kurdes est évoqué. L'ordre international est un ordre anti-kurde.
 
« Les derniers Jeux olympiques se sont tenus à Londres en 2012. Les Kurdes, malgré leur nombre important, étaient absents… Entre l'Australie et la Nouvelle-Zélande se trouvent des États comme Tawalu et Vanuatu. L'un compte dix mille habitants, l'autre quinze mille. Ils sont membres de l'ONU. »
 
À ceux qui menacent le peuple kurde irakien aspirant à l'indépendance sous prétexte de « sécurité régionale », notre ami Recep Maraşlı a apporté une réponse pertinente sur sa page Facebook, le 22 septembre 2017 :
 
« La puissante URSS s'est effondrée, s'est désintégrée, et dix États indépendants en sont issus… Cela ne suffisait pas ; le Pacte de Varsovie s'est dissous, les régimes ont changé… Le Mur est tombé, l'Allemagne de l'Ouest a annexé l'Allemagne de l'Est. Les Tchèques et les Slovaques se sont séparés. La Yougoslavie s'est désintégrée, et sept États indépendants en sont issus… L'ordre et la stabilité mondiaux n'ont pas été perturbés, sa sécurité n'a pas été menacée…
 
« Mais si cinq millions de Kurdes se rendent aux urnes pour décider de leur propre avenir, il y aura de l'instabilité dans la région, l'ordre mondial sera bouleversé !…
 
« Il y a exactement 22 États arabes. Il n'y a ni instabilité ni bouleversement de l'ordre au Moyen-Orient, mais si les Kurdes, l'un des peuples les plus anciens et les plus sédentaires de la région, avait un État ? Oh non ! Il y aurait de l’instabilité, la paix mondiale serait perturbée… »
 
J’ai moi aussi posé cette question dans un article paru le 28 septembre 2017, lors de la première année de publication d’Artı Gerçek :
 
« Quoi de plus naturel que l’une des nations les plus anciennes et les plus établies de la région souhaite se libérer de ses chaînes de dépendance et prendre sa place au sein de la communauté des nations, avec son propre drapeau et sa propre langue ?
 
« Eh oui, aux Nations Unies, que nous appelons la communauté des nations, Saint-Kitts-et-Nevis, avec une population d’à peine 50 000 habitants ; le Liechtenstein, Monaco et Saint-Marin, avec des populations d’à peine 30 000 habitants ; les Palaos, avec des populations d’à peine 20 000 habitants ; et Tuvalu, avec des populations d’à peine 10 000 habitants, sont tous des États membres jouissant de droits égaux… Nul ne peut, doté d’un minimum d’équité et de bon sens, à moins d’être rongé par le racisme, rester silencieux face à cette injustice honteuse.»
 
Dans mon article publié sur Artı Gerçek le 28 juillet 2024, concernant l'absence de représentation du Kurdistan aux Jeux olympiques de Paris de 2024, j'ai réitéré cette injustice :
 
« Oui, tandis que j'observais attentivement les athlètes de 54 pays d'Afrique, 48 d'Europe, 44 d'Asie, 41 d'Amérique et 17 d'Océanie, brandissant leurs drapeaux nationaux sur des embarcations de tailles diverses, la douleur que j'ai ressentie tout au long de ma carrière journalistique, que ce soit en participant à des événements internationaux ou en les regardant à la télévision, m'a de nouveau profondément touché… »
 
« En tant qu'enfant d'Europe du Sud-Est et du Proche-Orient, ce qui m'a profondément choqué et indigné, c'est que, tandis que des athlètes de pays de seulement dix mille habitants défilaient sur la rivière avec leurs bateaux, leurs drapeaux et leurs costumes traditionnels, la nation kurde, qui a su préserver sa langue ancestrale, ses coutumes et son honneur malgré toutes les formes d'oppression et de persécution, était totalement absente de cet événement international. »
 
Plus récemment, dans mon article publié sur Artı Gerçek le 31 juillet 2025, concernant l'activation de la Commission « Turquie sans terreur » au sein de la Grande Assemblée nationale turque, qui inclut des partis d'opposition, j'ai de nouveau posé la question suivante :
 
« Le monde turcophone que la Turquie aspire à diriger ne se limite pas aux pays du Turkestan. Il existe également l'Organisation des États turcophones, dont l'Azerbaïdjan est membre à part entière et la Hongrie, le Turkménistan et la République turque de Chypre du Nord sont membres observateurs. La Hongrie, également membre de l'Union européenne, joue un rôle important dans le renforcement des relations des États turcophones avec le monde occidental.
 
« La question est donc la suivante : alors que les pays de la région du Turkestan existent partout sous le nom et l'identité de Turc et tentent de faire reconnaître la région du Xinjiang, en République populaire de Chine, comme faisant partie du Turkestan, quand la nation kurde, dont la patrie millénaire est divisée entre quatre États, pourra-t-elle enfin obtenir ce droit fondamental ? »
 
« Oui, après une période d'inertie de dix mois, la Commission Turquie sans terreur, qui débutera ses travaux pendant la pause estivale du Parlement, s'attaquera-t-elle à cette injustice historique subie par la nation kurde… Que fera-t-on pour mettre fin au déni et garantir que le Kurdistan, dont le nom est effacé par sa division en quatre pays du Moyen-Orient, retrouve la place qui lui revient aux niveaux national et international, à l'instar des communautés flamande, wallonne et allemande en Belgique ? »
 
Plus d'un an s'est écoulé depuis.
 
Dans le cadre du processus « Turquie sans terreur », en cours depuis deux ans, la seule chose qui soit ressortie de la Grande Assemblée nationale turque a été une loi mettant fin à l'existence de facto de l'organisation terroriste PKK/KCK et de toutes les formations qui lui sont liées, adoptée à la majorité des voix par 468 députés, y compris ceux des partis d'opposition.
 
Je pose encore la question :
 
Les partis qui ont voté pour cette loi soutiendront-ils l'initiative légitime du Congrès national du Kurdistan (KNK) visant à faire reconnaître la nation kurde sur la scène internationale ?


Le chef du PKK va siéger dans une instance du processus de paix

Le chef emprisonné du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), Abdullah Öcalan, participera aux travaux d'une sous-commission chargée de superviser le désarmement du groupe armé kurde, a annoncé jeudi un haut conseiller du président Recep Tayyip Erdogan.

Le Parlement turc avait adopté début août une loi historique ouvrant la voie à la réintégration des combattants du PKK, étape majeure du processus de paix visant à mettre fin à plus de quatre décennies d'une guérilla qui a fait quelque 50.000 morts, selon Ankara.

Dans le cadre de ce processus, quatre sous-commissions ont été créées afin de superviser la dissolution du PKK, annoncée l'an passé en réponse à un appel en ce sens de son chef historique, Abdullah Öcalan.

L'une d'elles, consacrée au dépôt des armes du PKK, accueillera M. Öcalan, sans que celui-ci ne soit toutefois autorisé à quitter sa prison, a déclaré jeudi devant des médias turcs Mehmet Uçum, un haut conseiller du président Erdogan.

Il s'agissait d'une demande, entre autres, du parti prokurde DEM, partie prenante du processus de paix initié fin 2024 par un allié d'extrême droite du chef de l'Etat turc.

La loi adoptée début août ne précisait pas quel sort serait réservé à Öcalan, âgé de 77 ans et emprisonné depuis 1999 à l'isolement sur l'île-prison d'Imrali, au sud d'Istanbul, où il purge une peine de prison à perpétuité. (AFP, 17 sept 2026)

Manifestation dans une ville kurde en Syrie contre la hausse des prix des carburants

Des centaines de personnes ont manifesté mardi dans la ville à majorité kurde de Qamichli, dans le nord-est syrien, après deux jours de protestations similaires dans d'autres régions du pays contre la hausse drastique des prix des carburants.

Les manifestants ont parcouru les rues de Qamichli, portant des pancartes proclamant en arabe: "Non à la politique de la faim", "Non à la hausse des prix des carburants" et "Protégez les moyens de subsistance du peuple", a constaté un correspondant de l'AFP.

"Notre pétrole appartient au peuple", ont scandé certains.

La hausse des prix "est une mauvaise décision, dirigée contre les paysans, les ouvriers et les étudiants, contre tous les pauvres de Syrie", affirme Abdel Rahman Khalil, 56 ans.

"Le peuple ne restera pas silencieux", ajoute-t-il.

"Nous réclamons nos droits. Les prix du mazout doivent revenir à ce qu'ils étaient, comme ceux du pain (...) ils doivent se plier aux demandes du peuple", assène Khansa Nehmat, 48 ans.

Les autorités syriennes avaient annoncé dimanche une majoration des prix des carburants, en invoquant notamment la forte hausse des prix de l'énergie depuis le déclenchement par les Etats-Unis d'une guerre contre l'Iran.

Le prix du diesel est passé de 125 livres syriennes (SYP, soit un dollar environ) à 175 SYP pour un litre, en hausse de 40%, et le prix de l'essence a été majoré de 26%.

La décision a provoqué dimanche et lundi des manifestations dans plusieurs régions du nord et l'ouest du pays, notamment à Idleb et Hassaké.

Il s'agit des premières manifestations de ce genre depuis la prise du pouvoir en décembre 2024 par une coalition islamiste qui a renversé Bachar al-Assad.

La Syrie, dévastée par une longue guerre civile, ne produit plus qu'environ 100.000 barils de pétrole par jour, bien en deçà de la demande locale qui oscille entre 300.000 et 325.000 barils par jour, selon le chef du département médias du ministère de l'Énergie, Abdul Hamid Salat.

Le nord et le nord-est, qui étaient sous contrôle kurde avant de passer sous le contrôle du pouvoir central à la suite d'un accord entre Damas et les Kurdes, abritent les plus grands champs de pétrole et de gaz du pays. (AFP, 15 sept 2026)

Sept morts dans une mutinerie dans une ville à majorité kurde en Syrie

Un média d'Etat syrien a rapporté samedi la mort de sept prisonniers dans un incendie provoqué lors d'une mutinerie à Kobané, ville du nord de la Syrie à majorité kurde théâtre de violences après le meurtre d'un ancien combattant issu de cette communauté.

Ce meurtre constitue le premier incident depuis l'annonce en août de la dissolution des puissantes Forces démocratiques syriennes (FDS, à majorité kurdes) dans le cadre d'un accord pour l'intégration des institutions civiles et militaires des Kurdes au sein de l'Etat syrien.

"Sept prisonniers sont morts et des dizaines ont été blessés, brûlés ou asphyxiés, à la suite d'une mutinerie" dans la prison de Kobané, a rapporté la télévision d'Etat syrienne.

"Des détenus ont incendié" le bâtiment pénitentiaire et "le feu s'est propagé à plusieurs dortoirs", a-t-elle ajouté.

Après le meurtre de l'ancien combattant kurde Sami Sheikhmous Hiso (également connu sous le nom de Sepan), qui aurait été enlevé et dont le corps criblé de balles a été retrouvé jeudi, des violences ont secoué Kobané dans la nuit de vendredi à samedi, selon la télévision d'Etat.

Des "hors-la-loi" s'en sont pris à des voitures de police et ont mené une "attaque contre le bâtiment de la Direction de la sécurité intérieure", a-t-elle rapporté.

- Demande d'enquête -

 Un déploiement de forces de sécurité dans le périmètre de la prison de Kobané a fait craindre un transfert de prisonniers, et plusieurs d'entre eux ont protesté en déclenchant un incendie, a indiqué samedi l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), ONG basée au Royaume-Uni et disposant d'un vaste réseau de sources en Syrie.

Le Parti de l'Union démocratique (PYD), principale formation politique kurde de Syrie, a donné une version similaire des faits dans un communiqué.

Pris de "panique", les prisonniers ont mis le feu dans certains dortoirs, a indiqué l'OSDH, qui a fait état de neuf morts parmi les prisonniers.

Les Forces de sécurité intérieure syriennes ont dit samedi ouvrir une enquête sur ces violences, soulignant que l'administration de la prison de Kobané n'avait pas encore été transférée aux autorités gouvernementales.

Le PYD a de son côté imputé au gouvernement "la pleine responsabilité" des incidents, l'exhortant à ouvrir une enquête "complète et transparente" dans le meurtre de Sami Sheikhmous Hiso et l'incendie.

Lors d'un hommage vendredi matin à Hiso, un ancien haut responsable militaire kurde, Sipan Hamo, a déclaré que plusieurs personnes avaient été arrêtées dans le cadre de cette affaire.

"J'appelle notre peuple à faire preuve de retenue", a-t-il ajouté.

Arrivé au pouvoir après la chute de Bachar al-Assad fin 2024, le président Ahmad al-Chareh a conclu en janvier un accord avec les Kurdes pour intégrer leurs institutions civiles et militaires au sein de l'Etat.

En août, le dirigeant kurde Mazloum Abdi avait annoncé l'achèvement de ce processus.

Kobané a une valeur symbolique pour les Kurdes: c'est là que leurs combattants avaient repoussé et vaincu les jihadistes du groupe Etat islamique en 2015. (AFP, 12 sept 2026)

Une histoire du mouvement politique kurde

Un nouveau livre écrit par Chris Den Hond et Mehmet Ali Doğan sur la résistance kurde vient de paraître en France: Parole de Kurdes... Avec le préface de Hamit Bozarslan.
La maison d'édition Le Croquant présente le livre avec le texte suivant:

Les Kurdes continuent à jouer un premier rôle dans le paysage politique en Turquie, en Syrie, en Iran et en Irak. Plutôt qu'un livre sur « la question kurde », nous avons fait le choix de recueillir vingt-deux témoignages qui racontent l'histoire contemporaine des Kurdes : Gültan Kışanak, Eren Keskin, Akın Birdal, Feleknas Uca, Ragıp ZarakoIu, Berivan Aslan, Remzi Kartal, Ferda Çetin, Rıza Altun, Fidan Yıldırım, Nuray Şen, Helin Gül, Doğan Özgüden, Derwich Ferho, Can Dündar, Hozane Ehmed, Doğan Amed, Cüneyt Yılmaz, Tuncay Doğan et Seydi Firat.

« Ces portraits ne sont pas statiques, mais superposent époques, espaces, contraintes et subjectivités » écrit Hamit Bozarslan dans la préface.

Mehmet Ali Dogan est anthropologue et kurde. Il s'engage très tôt dans les mouvements de libération du Kurdistan. Emprisonné après le coup d'État militaire de 1980, il passe six années en détention.

Chris Den Hond est vidéo-journaliste, membre d'Orient XXI, coauteur du livre La Commune du Rojava, l'alternative kurde à l'État-nation, éditions Syllepse, 2017.


Des violences dans une ville à majorité kurde après le meurtre d'un ancien combattant

Des violences ont éclaté à Kobané, ville à majorité kurde située dans le nord de la Syrie, alors que des habitants protestaient contre le meurtre d'un ancien combattant kurde, a affirmé vendredi un média d'Etat syrien.

Des "hors-la-loi" s'en sont pris à des voitures de police et mené une "attaque contre le bâtiment de la Direction de la sécurité intérieure", a déclaré la télévision d'Etat syrienne.

L'homme en question, Sami Sheikhmous Hiso, également connu sous le nom de Sepan, aurait été enlevé avant que son corps ne soit rendu, criblé de balles, jeudi, dans la province de Hasakhe, dans le nord-est du pays.

Des Kurdes se sont rassemblés dans plusieurs lieux du nord et du nord-est de la Syrie pour protester contre son meurtre.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), ONG basée au Royaume-Uni et disposant d'un vaste réseau de sources en Syrie, a avancé que les forces de sécurité avaient imposé un couvre-feu à Kobané.

"Nous condamnons avec la plus grande fermeté le crime odieux qui a coûté la vie au jeune homme, Sami Sheikhmous Hiso, lors d'un incident répréhensible qui bafoue les valeurs humaines, morales et juridiques et constitue une atteinte à la sécurité de la société et au caractère sacré de la vie des citoyens", a déclaré le gouverneur de la province de Hasakeh, Noureddine Ahmed Eissa.

Vendredi matin, Sipan Hamo, vice-ministre régional de la Défense et ancien haut responsable militaire kurde, a rendu hommage à M. Hiso et déclaré qu'un certain nombre de personnes avaient déjà été arrêtées dans le cadre de cette affaire.

"Je condamne toute rhétorique médiatique incendiaire qui incite à la violence et au meurtre, et j'appelle notre peuple à faire preuve de patience et de retenue et à ne pas se laisser entraîner dans des tentatives pour attiser la discorde", a-t-il déclaré.

En janvier, le gouvernement syrien et les Kurdes, qui contrôlaient autrefois de vastes régions du nord et du nord-est de la Syrie, ont conclu un accord d'intégration à la suite d'affrontements entre les combattants kurdes syriens et les forces des nouvelles autorités, au cours desquels les Kurdes ont perdu de larges portions de territoire.

En août, le dirigeant kurde Mazloum Abdi a déclaré que l'intégration des institutions civiles et militaires des Kurdes au sein de l'Etat syrien était achevée, et a annoncé quelques jours plus tard la dissolution des Forces démocratiques syriennes dirigées par les Kurdes.

Mazloum Abdi a été nommé conseiller du président syrien Ahmed al-Chareh fin août.

Kobané a une valeur symbolique pour les Kurdes, car c'est là que des combattants kurdes ont repoussé et vaincu les djihadistes du groupe Etat islamique en 2015. (AFP, 11 sept 2026)

Former Diyarbakır mayor Selçuk Mızraklı released after seven years in prison

Selçuk Mızraklı, the former co-mayor of the Kurdish city of Diyarbakır, was released today after nearly seven years in prison.

A crowd that included senior officials and MPs from the pro-Kurdish Peoples’ Equality and Democracy (DEM) Party welcomed Mızraklı outside the Edirne Type-F Prison in northwestern Turkey.

In his first statement upon his release, Mızraklı called for the release of Selahattin Demirtaş, the Kurdish leader who has been in the same prison since Oct 2016:

"The person who should be here before me is the beloved Selahattin Demirtaş, the beloved of this people.

"Demirtaş, as always, stands for democracy no matter what, peace no matter what, and a solution no matter what. That has always been his message.

"With the hope that the day will come when you can conduct interviews freely and without any restrictions—not just with Demirtaş, but with everyone, starting with Mr. Öcalan [Abdullah, the PKK leader].

"I, we, and the dozens of comrades currently standing behind us in prison have found strength together with you. We have found strength. That energy has transformed into a force that has multiplied and strengthened our resilience. Drawing on that strength together with you, we have made it our guiding principle to stand firm in the face of the sentences imposed on us unlawfully, through conspiracies, and in violation of the law, and to emerge from here with our heads held high.

"We have also reached a fundamental turning point for Turkey. A critical process is underway. This critical process must be carried out carefully, meticulously, and swiftly, while also taking into account the possibility of all kinds of provocations that may come from outside.”

Mızraklı and Demirtaş had shared the same prison cell for the past five years.

Supporters placed banners on their vehicles featuring photographs of Mızraklı and former Peoples’ Democratic Party (HDP) co-leader Selahattin Demirtaş, who has been kept in the same prison since Oct 2016.

Demirtaş had announced Mızraklı’s release on Sep 5.

“For the past five years, I was entrusted to him, and he was entrusted to me,” Demirtaş wrote in an article delivered through his attorneys. “He will leave here on Tuesday morning and will be at Diyarbakır Airport that evening. From now on, he is entrusted to you.”

Hours before his release, a message posted on Mızraklı’s social media account said, “Tomorrow, once again, together with hope and passion...”

According to DEM Party sources, Mızraklı is expected to make several visits in İstanbul after leaving prison before traveling to Diyarbakır.

Background

Mızraklı was elected co-mayor of the Diyarbakır Metropolitan Municipality for the HDP in the Mar 2019 local elections with more than 62 percent of the vote.

The Interior Ministry removed him from office on Aug 19, 2019 and appointed a government trustee to replace him, citing a "terrorism" investigation against the politician as part of a broader crackdown on mayors from the pro-Kurdish party.

Mızraklı was detained on Oct 21 and arrested the following day on charges of "membership in a terrorist organization" and "ropaganda for a terrorist organization."

The Diyarbakır 9th Heavy Penal Court sentenced Mızraklı on Mar 9, 2020 to nine years, four months and 15 days in prison membership charges. The 9th Penal Chamber of the Diyarbakır Regional Court of Appeals upheld the sentence in July 2020.

The 3rd Penal Chamber of the Court of Cassation, the top appeals court, overturned the ruling in Dec 2022, citing an incomplete examination and insufficient reasoning. Despite that, the high court rejected Mızraklı’s request for release.

Following a retrial, the Diyarbakır 9th Heavy Penal Court imposed the same sentence on Nov 29, 2023. The Court of Cassation upheld the conviction on Oct 9, 2024.

Mızraklı’s lawyers said after the ruling that they would file an individual application with the Constitutional Court, the final legal remedy.

In 2025, the Prison Administration and Observation Board rejected Mızraklı's requests for transfer to an open prison and eligibility for supervised release. (BIA, 8 sept 2026)


Former Diyarbakır Mayor and Kurdish leader Mehdi Zana passed away

Mehdi Zana began his political education as a tailor shop worker and would eventually go on to become a defining voice in Kurdish politics. After a long political career, the former Diyarbakır mayor and activist passed away at the hospital this weekend at the age 85.

Zana passed away while receiving intensive care for chronic obstructive pulmonary disease.

Following a ceremony in front of the Diyarbakır Metropolitan Municipality, his funeral was held at Grand Mosque (Ulucamii). The funeral, accompanied by a cortege, was well-attended by community members and political leaders. He was ultimately laid to rest at Yeniköy Cemetery in Diyarbakır.

Zana, who dedicated his life to the Kurdish movement, was sent off in a coffin adorned with flowers and wrapped in yellow, green and red — the colors of the Kurdish flag. 

Who was Mehdi Zana?

The former Diyarbakır mayor was given the surname “Bilici” upon birth but changed it to the Kurdish equivalent “Zana,” meaning “wise.” He first learned about politics while working in a tailor shop owned by Kurdish political activist Niyazi Tatlıcı.

Zana launched his political career with the left-wing Workers’ Party of Turkey (TİP) in 1963, helping establish the Silvan branch, where he served as branch president for two years. He was also a member of the Revolutionary Eastern Cultural Hearths (DDKO), an association of mostly Kurdish students later outlawed after the 1971 military coup.

Zana was initially elected mayor of Diyarbakır in 1978 after running as an independent, but was imprisoned shortly after during the 1980 military coup. He experienced heavy repression throughout his political career, spending a total of about 16 years in Diyarbakır, Aydın, Afyonkarahisar and Eskişehir prisons, where he experienced immense torture. He was recognized by Amnesty International as a prisoner of conscience. Zana spent about 10 years in Sweden as a political exile, but returned to Turkey in 2004. He was known for his left-wing, pro-Kurdish advocacy. (BIA, 30 August 2026)

Minorités / Minorities


Politique intérieure/Interior Politics

Erdogan briguera un nouveau mandat lors d'une élection anticipée, affirme un conseiller

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, âgé de 72 ans, entend briguer un nouveau mandat dans le cadre d'une élection anticipée en 2028, afin de contourner la constitution qui l'empêche de se représenter s'il va au terme de son mandat, a affirmé jeudi un de ses conseillers en chef.

Le scrutin "aura lieu le 16 avril 2028 (soit un mois avant la fin théorique de son mandat de cinq ans, NDLR), si la décision d'organiser de nouvelles élections est prise avec le soutien de 360 parlementaires" sur 600, a déclaré devant plusieurs médias Mehmet Uçum, le conseiller du chef de l'Etat turc pour les affaires juridiques, affirmant qu'il s'agira de son dernier mandat s'il sort vainqueur des urnes.

Le parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur) et ses alliés contrôlent actuellement 326 sièges au Parlement turc, mais M. Uçum avait évoqué en juin la possibilité d'une dissolution de l'assemblée en vue de la convocation d'une élection anticipée.

Le chef de l'Etat pourrait aussi s'adjoindre le soutien de députés d'autres partis dans le cadre de tractations, selon des analystes, ou même entreprendre un projet de réforme constitutionnelle.

Au pouvoir depuis 2003, d'abord comme Premier ministre puis, depuis 2014, comme président, Recep Tayyip Erdogan briguerait ainsi un quatrième mandat.

- Dérive autoritaire -

Réélu pour la dernière fois en mai 2023, alors qu'il semblait menacé par la crise économique et l'usure du pouvoir, le chef de l'Etat turc avait alors promis qu'il s'agirait de son ultime mandat, jurant de confier ensuite le sort du pays "à nos jeunes".

Mais plusieurs de ses déclarations récentes avaient laissé deviner le désir du président turc -- qui ne dispose pas d'héritier naturel -- de poursuivre.

Le scrutin précédent, en 2018, avait marqué le passage, à la faveur d'une révision constitutionnelle, du système parlementaire à un régime présidentiel où le chef de l'Etat concentre la totalité du pouvoir exécutif.

Accusé de dérive autocratique, en particulier depuis la tentative de putsch de juillet 2016 qui a été suivie de purges massives, M. Erdogan continue d'être perçu par ses partisans comme le seul capable de tenir tête à l'Occident, le seul à pouvoir traverser sans tanguer les crises régionales et internationales.

En 2023, pour sa troisième campagne présidentielle, le chef de l'Etat avait comme à son habitude enchaîné les meetings, jusqu'à trois par jour, pugnace malgré une démarche ralentie et un visage trahissant la fatigue.

L'opposition turque, qui lui avait infligé sa plus sévère défaite lors d'élections locales un an plus tard, est depuis dans le viseur de la justice turque.

Le populaire maire d'Istanbul Ekrem Imamoglu, considéré comme son plus redoutable rival, a été arrêté pour "corruption" en mars 2025, et placé en détention le jour même de sa désignation comme candidat du principal parti d'opposition à la prochaine élection présidentielle. (AFP, 17 sept 2026)

AKP takes control of İstanbul’s Üsküdar district, opposition claims threat from prosecutors

The ruling Justice and Development Party (AKP) took control of İstanbul’s Üsküdar district after its candidate won a municipal council vote to replace suspended mayor Sinem Dedetaş, as the opposition alleged that council members who switched sides had faced pressure from prosecutors.

Dündar Ziya Gültekin, the candidate of the AKP-led ruling alliance, defeated Republican People’s Party (CHP) candidate Sibel Tan Çetinkaya by 23 votes to 19 in the fourth round of voting yesterday.

Üsküdar, a Bosporus-side district on İstanbul’s Asian side, had traditionally been regarded as a conservative stronghold. The main opposition CHP won the district in the 2024 local elections, ending decades of conservative control. Dedetaş also became Üsküdar’s first woman mayor.

Dedetaş was detained on Jul 29 and subsequently arrested as part of an investigation into building and occupancy permit procedures at the municipality. Prosecutors accuse Dedetaş and other municipal officials of forcing contractors to obtain services from a municipal subsidiary during licensing procedures.

The investigation is part of a countrywide crackdown on municipalities run by the main opposition party following its major success in the 2024 local elections, which saw more than 30 mayors suspended, including those of major cities like İstanbul, Bursa, and Antalya. The opposition claims the operations are politically motivated while the government maintains that they are based on corruption allegations.

The Interior Ministry suspended Dedetaş on Aug 1 citing the criminal investigation against her. Under Turkish law, when a mayor is suspended, the municipal council elects an acting mayor from among its members.

First election annulled by court

The CHP initially held a council majority and its candidate won the acting mayor vote on Aug 5 by 22 to 19 votes.

Gültekin challenged the council decision at the İstanbul 2nd Administrative Court. The court found that five ballots declared invalid in the third round clearly showed which candidate had been selected and should not have been rejected.

The court also said tensions during a 10-minute break between the third and fourth rounds raised doubts about whether the election had been conducted in a sound and secure manner.

On Aug 24, the court suspended the execution of the council decision. The İstanbul Regional Administrative Court rejected the municipality’s appeal on Sep 2, prompting the İstanbul Governor’s Office to call a new election under Article 45 of the Municipal Law.

CHP members change sides

The balance in the council shifted over the past week after some council members were detained and four CHP members resigned from the party and joined the AKP.

At the first acting mayor election, the CHP had 27 council members while the AKP and its ally, the Nationalist Movement Party (MHP), had 17. Following the defections, the CHP’s representation fell to 23 while the AKP-MHP bloc increased to 21.

Four additional detentions took place shortly before the latest vote, including a deputy mayor, a deputy speaker and two council members.

In the first round of yesterday's election, AKP's Gültekin received 21 votes and Çetinkaya 19. Two ballots among the 42 cast were declared invalid, one because of a dot on the ballot and another because a letter was missing, preventing either candidate from securing the required absolute majority.

Gültekin received 22 votes to Çetinkaya’s 20 in the second round and 23 to 19 in both the third and fourth rounds. Two of Gültekin’s votes in the final round were challenged, but the council chair declared him elected.

After the result was announced, Gültekin said, “Dedetaş won an election here after 30 years. It is an honor to work with her.”

Members of the New (Yeni) Party, which was founded by Özgür Özel after he was removed by a court as the head of the CHP, protested outside the municipal building. According to an ANKA broadcast, one protester said, “They will jail my elected mayor and make someone who was not elected my mayor.” Another said, “You bought them with money, you stole our will.”

Criticism from European Parliament rapporteur

Nacho Sanchez Amor, the European Parliament rapporteur to Turkey, described the proceedings as a "mockery of democracy" in a social media post:

"What happened today in Üsküdar is a mockery of democracy, it's just normal that people reacted in tears. The whole system was perverted in order to win what was lost at the ballot box. It took arrests, defections, threats & today's 4 rounds of voting. It's a blatant power grab."

Opposition claims threats to council members

Özgür Çelik, identified as New Party’s İstanbul provincial chair, later alleged that council member Ayhan Aydın, one of those who left the CHP for the AKP, had told him that a prosecutor threatened him with arrest.

“Ayhan Aydın called me crying,” Çelik said. “He said, ‘The prosecutor threatened me with arrest. My son and my wife are disabled. Who will look after them? I surrendered to them because there is no one else to take care of them.’”

The İstanbul Chief Public Prosecutor’s Office opened an investigation into Çelik’s claim on its own initiative. Prosecutors also ordered Aydın to appear before the office to provide information about the allegation.

Çelik separately alleged that the four council members who switched parties had been prevented from communicating with their families and kept at a hotel outside İstanbul for four days under police supervision.

“What happened after these four council members were transferred?” Çelik said. “One of them had a brother come from Africa and try to reach him to say, ‘Don’t make this mistake.’ One of their families tried to contact him. These people were kept at a hotel outside the city for four days, and our state’s police were stationed over them.”

He also alleged that İstanbul Governor Davut Gül and police officers were involved. (BIA, 8 sept 2026)

Un ex-Premier ministre d'Erdogan poursuivi pour "insulte au président"

Une enquête pour "insulte au président" a été ouverte contre l'ancien Premier ministre turc Ahmet Davutoglu, en poste de 2014 à 2016 avant de passer dans l'opposition, a annoncé jeudi le parquet d'Ankara.

Le parquet "a ouvert une enquête concernant des publications diffusées sur les réseaux sociaux et considérées comme contenant des propos insultants envers le président", a-t-il indiqué dans son communiqué, sans plus de détails.

Influent ministre des Affaires étrangères (2009-2014) lorsque l'actuel chef de l'Etat turc, Recep Tayyip Erdogan, occupait les fonctions de Premier ministre, Ahmet Davutoglu avait dirigé le premier gouvernement de ce dernier après son élection comme président en 2014.

Longtemps allié jugé fidèle et docile, il avait aussi dirigé la formation politique cofondée par M. Erdogan, le Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur). Mais il avait fini par être perçu comme un possible rival par le président et été démis de ses fonctions de Premier ministre en 2016.

Il était passé officiellement à l'opposition en fondant son propre parti en 2019, rejetant tout "culte de la personnalité" et appelant au respect de l'Etat de droit, une pique à peine voilée à l'adresse du président, accusé de dérive autoritaire.

Ahmet Davutoglu, 67 ans, avait dissous le mois dernier sa formation, annonçant son retrait de la vie politique.

Plusieurs dizaines de milliers de personnes, dont des journalistes, des artistes et des politiques, ont été poursuivies ces dernières années en Turquie pour "insulte au président", parfois en raison de publications sur les réseaux sociaux vieilles de plusieurs années. (AFP, 3 septembre 2026)

Two voting members detained before Üsküdar deputy mayor election

Following the arrest of Republican People's Party (CHP) Üsküdar Mayor Sinem Dedetaş in late July; a deputy mayoral election was held, won by the CHP and ultimately cancelled by the judiciary. Now, as Üsküdar prepares for its second deputy mayoral election, the police detained two CHP council members yesterday, who will remain in custody for four days.

According to Article 45 of Municipal Law No. 5393, Turkish deputy mayor elections are voted on by members of the municipal council, as opposed to the public, which means that the detention of the two council members could result in a critical loss of votes for the opposition.

Deputy mayor elections can last multiple rounds if neither candidate receives the required two-thirds of total votes in the first round. The threshold subsequently drops if elections are pushed into third and fourth rounds.

Only hours after the detention of the council members, the Istanbul Governor’s Office requested that the election be held within the 4-day detention period, on Saturday, September 5 at 10am.

Opposition members accused the judiciary of being politicized. (BIA, 3 September 2026)


Forces armées/Armed Forces


Affaires religieuses / Religious Affairs


Socio-économique / Socio-economic

Un cargo coule en mer de Marmara, dix disparus

 Un cargo turc a coulé avec un équipage de dix personnes à son bord après une collision encore inexpliquée dans la nuit avec un autre navire en mer de Marmara, au sud-ouest d'Istanbul, ont annoncé mercredi les autorités turques.

"Dix marins se trouvaient sur le navire coulé. Tous sont Turcs", a déclaré le ministre turc des Transports, Abdulkadir Uraloglu, ajoutant qu'"aucun survivant" n'avait été retrouvé.

La mer de Marmara communique avec la mer Noire et la mer Egée via les détroits très fréquentés du Bosphore et des Dardanelles.

"Si l'on considère que la collision a eu lieu à 03H15 (00H15 GMT) et que l'alerte a été donnée à 03H26 (00H26 GMT), le naufrage s'est produit très rapidement, en l'espace de onze minutes. Nous avons repéré des bouées et un canot de sauvetage, mais il était vide", a déploré M. Uraloglu.

La Direction turque des affaires maritimes avait déjà précisé plus tôt que le Tugberk Imamoglu, un vraquier battant pavillon turc, "ne répondait à aucun appel", estimant elle aussi que le navire avait coulé à 18 milles nautiques (33 km environ) au sud du district stambouliote de Silivri.

Les autorités turques ont arrêté neuf des dix membres d'équipage d'un pétrolier entré en collision avec un cargo mercredi en mer de Marmara, entraînant son naufrage, a rapporté jeudi l'agence de presse étatique Anadolu.

Selon les autorités turques, dix personnes se trouvaient à bord du Tugberk Imamoglu lorsque ce cargo battant pavillon turc a coulé peu avant 03H30 (00H30 GMT) à 18 milles (33 km) au sud-ouest d'Istanbul, avant l'arrivée des premiers secours.

Neuf des dix membres d'équipage du pétrolier turc Alsu ont été placés en garde à vue après avoir été entendus mercredi à bord du navire, a détaillé Anadolu. Seul le cuisinier a été laissé libre.

Le Alsu, vide au moment de l'accident, n'a pas subi de dommages.

Le capitaine du Tugberk Imamoglu, qui transportait quelque 4.200 tonnes d'acier laminé et de barres d'armature, avait sommé le Alsu de dévier sa course, selon un enregistrement radio diffusé par des médias turcs et des déclarations du propriétaire du navire.

Construit en 1990, le navire mesurait 90 mètres de long pour 12 mètres de large, selon le site spécialisé Vessel Finder. Il était parti d'Iskenderun (sud) en direction de Karadeniz Eregli (nord), sur la mer Noire.

La profondeur de la mer dans la zone du naufrage est d'environ 800 à 900 mètres, selon le gouvernorat d'Istanbul, laissant présager des opérations de recherche complexes. (AFP, 3 septembre 2026)

Relations turco-européennes / Turkey-Europe Relations

L'Union européenne "préoccupée" par les arrestations de militants LGBT+

L'Union européenne a fait part lundi de sa "préoccupation" après les "récentes arrestations et procédures judiciaires engagées contre des militants" LGBT+ en Turquie.

"La Commission est préoccupée (...) Nous suivons l'évolution de la situation de près", a assuré Christian Wigand, un porte-parole de la Commission européenne.

Bruxelles "rappelle que la Turquie, en tant que pays candidat à l'Union européenne et membre de longue date du Conseil de l'Europe, doit promouvoir et garantir le respect des droits humains et de la dignité de toutes les personnes, indépendamment de leur identité de genre ou de leur orientation sexuelle", a-t-il ajouté.

La police turque a procédé dimanche à des dizaines d'arrestations dans des bars gays et aux domiciles de militants LGBT+, une vaste opération mise en lumière par le pouvoir islamo-conservateur, qui dit agir au nom de la protection de la famille traditionnelle.

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, prend régulièrement pour cible les LGBT+, qu'il qualifie de "pervers" et auxquels il impute la chute drastique de la natalité.

Selon les parquets d'Ankara, d'Istanbul et d'Izmir, cités par l'agence de presse étatique Anadolu, au moins 63 personnes ont été interpellées, dans les rangs notamment des militants LGBT+, qui forment avec les féministes l'un des principaux pôles de résistance au gouvernement islamo-conservateur au pouvoir depuis 2002.

Lundi, l'Union européenne a également déploré "le blocage de sites internet et de comptes sur les réseaux sociaux, accompagné d'allégations concernant le financement d'organisations de la société civile" en Turquie.

"Toutes les organisations de la société civile doivent pouvoir exercer leurs activités librement, en toute sécurité et sans discrimination, dans le respect de l'État de droit", a exhorté Bruxelles.

Sur le papier, la Turquie figure toujours parmi les pays candidats à une entrée dans l'UE, mais dans les faits, les négociations sont gelées depuis plusieurs années. (AFP, 14 sept 2026)

Ankara s’éloigne de Strasbourg

Ragip Duran, TVXS.GR, 31 août 2026

Le verdict rendu le 25 août par la Grande Chambre de la Cour européenne des droits de l’homme (Strasbourg) a fait l'effet d'un tremblement de terre sur la classe politique turque. La Cour, pour la troisième fois (le premier en 2019, le second en 2022), précise qu’Ankara a violé plusieurs articles de la Convention européenne des droits de l’homme, impose 70 000 euros de compensation morale à M. Osman Kavala (homme d’affaires, activiste des ONG culturelles, en prison depuis novembre 2017) et demande sa libération immédiate.

Le régime Erdoğan a refusé jusqu’à maintenant d’appliquer  les décisions de la Cour, alors que la Turquie fait partie de la Convention depuis 1954. Elle avait reconnu le droit des citoyens de faire appel individuel à la Cour depuis 1987 et la reconnaissance de la compétence obligatoire de la Cour en 1990.

Malgré ces dispositions, M. Mehmet Uçum, conseiller principal en droit du président Erdoğan, a réagi violemment contre le dernier verdict de la Cour. « La juridiction nationale est primaire alors que les juridictions internationales sont secondaires », croit-il. M. Uçum propose même de se retirer de la Convention. Il parle du « colonialisme européen au niveau du droit » et n’omet pas de lancer un appel à la Cour et à M. Nacho Sánchez Amor (groupe Socialistes et Démocrates), rapporteur spécial sur la Turquie du Parlement européen : « Vous devrez connaître votre place ! ».

Le président de l’Union des barreaux de Turquie (TBB), maître Erinç Sağkan, rejette les propos du conseiller principal : « Il ne sait pas de quoi il parle. Il viole la Constitution ». M. Sağkan rappelle que le président peut en effet, par un simple décret, signer le retrait de la Turquie de la Convention, bien que la Convention ait été intégrée dans la législation turque par une décision du Parlement. « M. Erdoğan avait déjà signé un décret pour que la Turquie se retire de la Convention d’Istanbul, convention pour la protection des droits des femmes », a-t-il poursuivi. De son côté, maître Doğan Erkan estime que le Conseil de l’Europe peut également exclure la Turquie et de la Convention et de la Cour.

Dr Ahmet Saltık, chroniqueur du quotidien Cumhuriyet (République, opposition kémaliste), écrit que « l’État de droit est en train de s’effondrer ». Il dénonce « l’usage stratégique du droit » par le régime pour les intérêts politiques d’Erdoğan.

M. Amor, en visite à Istanbul pour assister aux procès de l’ancien maire d’Istanbul, M. Ekrem İmamoğlu, le candidat présidentiel le plus fort face à Erdoğan, accusé de corruption, d’irrégularités et de soutien à une organisation terroriste, en prison depuis mars 2025, a déclaré que la juridiction en Turquie « n’est pas indépendante ». « Nous n’avons pas reçu de bonnes nouvelles de la Turquie depuis les manifestations de Gezi (mai 2013). La Turquie est un pays autoritaire. Ne faites pas semblant d'être démocratique. Ne jouez pas avec nous », a-t-il poursuivi.

« Les relations entre la Turquie et l’Europe étaient des relations d’amour et de haine. Désormais la haine pèse plus lourd », estime le Dr Cengiz Aktar, spécialiste de l’Union européenne.

Turquie-USA-OTAN / Turkey-USA-NATO

Opération anti-LGBT+ en Turquie: l'ONU appelle à libérer les personnes détenues arbitrairement

Le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme s'est dit jeudi vivement préoccupé après la vague d'arrestations au sein de la communauté LGBT+ en Turquie, réclamant la libération "immédiate" des personnes détenues arbitrairement.

"Très préoccupé par les informations faisant état de l'arrestation et de la détention massives de plus de 150 personnes LGBTIQ+ et défenseurs des droits humains ainsi que de mauvais traitements infligés en détention, et par les conséquences potentielles de cette situation sur l'espace civique", a réagi le Haut-Commissariat sur X.

Le Haut-Commissaire Volker Türk appelle "les autorités turques à respecter les droits humains de chacun sans discrimination, y compris en ce qui concerne l'orientation sexuelle ou l'identité de genre, et à libérer immédiatement les personnes détenues arbitrairement".

Le ministre de la Justice, Akin Gürlek, avait annoncé dimanche l'ouverture de poursuites judiciaires "contre 162 suspects, neuf associations et 13 entreprises" dans 15 provinces turques, après une vaste opération menée au cours de la nuit dans des bars gays et aux domiciles de militants LGBT+.

Ce vaste coup de filet, qui a suscité des condamnations internationales, s'inscrit dans le cadre de la "Décennie de la famille" proclamée par le président Recep Tayyip Erdogan, afin de "protéger nos enfants, l'institution familiale et l'ordre social", a souligné le ministre turc de la Justice.

De nombreux comptes de réseaux sociaux de défenseurs des droits humains et de médias ont en outre été bloqués, dans le cadre d'opérations appelées "Ma famille est en sécurité".

L'homosexualité n'est pas réprimée pénalement en Turquie, mais elle est largement réprouvée et l'homophobie y est répandue jusqu'au sommet de l'Etat, le président Erdogan qualifiant régulièrement les LGBT+ de "pervers", auxquels il impute la chute drastique de la natalité.

Selon l'ONG Amnesty International, "cette répression généralisée (...) n'a absolument rien à voir avec la protection des familles et vise uniquement à porter davantage atteinte à une communauté déjà durement éprouvée par des décennies de discrimination et d'intimidation". (AFP, 17 sept 2026)

Washington place sous sanctions une banque turque accusée de travailler avec Téhéran

Le gouvernement américain a placé vendredi sur sa liste noire une banque turque, Golden Global Bank, accusée d'avoir transféré des fonds au profit des autorités iraniennes, ce qu'elle réfute.

Le ministre américain des Finances Scott Bessent avait prévenu en début de semaine qu'il comptait sanctionner une nouvelle institution financière pour resserrer l'étau sur Téhéran.

"Golden Global Yatirim Bankasi Anonim Sirketi (Golden Global Bank) et ses filiales ont facilité des transactions d'une valeur de plusieurs dizaines de millions de dollars pour le compte" des Gardiens de la Révolution, puissante force armée de l'Iran, écrit le Trésor dans un communiqué.

Il affirme également que l'établissement a permis au gouvernement iranien "de transférer ses fonds à l'international".

La banque d'investissement turque, qui se présente comme "la première en Turquie à suivre les principes de la banque sans intérêts dans toutes ses opérations", a réagi vendredi soir, affirmant s'être toujours "conformée à l'ensemble des réglementations, pratiques et exigences de conformité bancaires locales et internationales".

"Notre banque n'a effectué aucune opération bancaire susceptible d'étayer" les affirmations du Trésor américain, a-t-elle ajouté dans un communiqué.

Scott Bessent est chargé par Donald Trump de mener, à coups de sanctions, le volet économique de l'offensive américaine contre l'Iran, que la force militaire n'a pas réussi à faire plier jusqu'ici.

Depuis le sommet du G20 Finance qui s'est tenu aux Etats-Unis en début de semaine, M. Bessent avait fait savoir que deux banques étaient dans son radar. Il ne les avait pas nommées.

La semaine d'avant, son ministère avait annoncé l'exclusion du système financier américain de la branche émiratie de la banque publique égyptienne Misr, accusée de participer aux échanges financiers avec l'Iran.

Les sanctions agissent comme des embargos interdisant aux entreprises et citoyens américains de faire des transactions avec les organisations visées. (AFP, 4 septembre 2026)

Relations régionales / Regional Relations

Ankara propose un accord à Kiev et Moscou pour stopper les attaques en mer Noire

La Turquie, exaspérée par les frappes en mer Noire, a soumis un protocole d'accord à Kiev et Moscou pour mettre fin aux attaques contre les navires de commerce, a affirmé jeudi à l'AFP une source diplomatique turque.

Depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine, en 2022, la Turquie paye un lourd tribut: quelque vingt-cinq navires appartenant à des armateurs turcs ont été la cible d'attaques au cours de l'été, selon la Chambre turque de commerce maritime Imeak.

Ankara avait réclamé début août aux belligérants la mise en place d'un "moratoire" face à la recrudescence des frappes contre les navires de commerce, dans un espace maritime saturé de bâtiments de guerre, drones, mines et autres avions de chasse.

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov avait cependant estimé que l'application d'une telle mesure serait "impossible à surveiller".

 - Projet de protocole -

 Plusieurs bateaux ont été la cible d'attaques de drones attribuées à l'Ukraine, qui entend entraver le transport de céréales et d'hydrocarbures au bénéfice de la Russie.

Fin août, la Turquie avait ainsi convoqué l'ambassadeur d'Ukraine à Ankara après l'attaque d'un navire turc, le Lider Bordo Mavi, puis d'un second bâtiment qui était allé le remorquer, le Lider Kocatepe.

Ancré dans le port de Trabzon, dans le nord-est de la Turquie, le Lider Bordo Mavi semble avoir subi des dommages importants à sa passerelle et aux deux ponts inférieurs, présentant des stigmates d'un incendie, selon des journalistes de l'AFP.

Récemment, mais à une date qui n'a pas été précisée, la Turquie "a partagé un protocole d'accord - un brouillon - avec les Russes et les Ukrainiens afin de trouver une solution aux frappes en mer Noire", a déclaré la source diplomatique à l'AFP.

Selon elle, le texte aujourd'hui à l'étude s'inspire notamment de l'accord sur les céréales conclu en juillet 2022 entre Moscou et Kiev sous l'égide de la Turquie et des Nations unies, mais qui n'a duré qu'un an.

La Russie s'en était retirée, dénonçant les entraves au commerce de ses produits agricoles. Quelque 33 millions de tonnes de céréales avaient pu être exportées en un an.

 - "Partie dangereuse" en haute mer -

 Depuis, l'Ukraine exporte via un itinéraire de navigation qui longe les pays européens de la mer Noire, un trajet plus long mais loin des bâtiments de guerre russes.

En vertu de ce mécanisme, les bateaux ukrainiens demeurent dans les eaux territoriales de la Roumanie et de la Bulgarie avant de décharger les produits et de les acheminer vers l'Europe, a rappelé le diplomate turc.

"Il y a peut?être un intervalle de quatre ou cinq milles où le navire ukrainien doit quitter les eaux territoriales nationales et naviguer en haute mer. C'est la partie dangereuse", a-t-il expliqué.

"Notre proposition s'inspire de ce dispositif. Nous voulons utiliser les eaux territoriales des Etats voisins, y compris de la Turquie, ainsi que de la Géorgie si elle est disposée à y participer".

Sans préciser si Ankara avait déjà reçu des réponses, il a assuré que les protagonistes étudiaient le dossier.

Jeudi, le ministre ukrainien des Affaires étrangères Andriï Sybiga a assuré que son pays souhaitait ardemment un cessez-le-feu et préparait une rencontre entre le président Volodymyr Zelensky et son homologue Donald Trump, en marge de l'Assemblée générale de l'ONU la semaine prochaine.

Objectif: "Obtenir un cessez-le-feu. Cela pourrait être en même temps un cessez-le-feu (dans le secteur) énergétique et un cessez-le-feu en mer Noire", a-t-il souligné.

Les marchés des céréales en Europe et aux Etats-Unis oscillent au gré des espoirs - et des désillusions - sur un début de déblocage des exportations de céréales russes et ukrainiennes dans la zone.

Mais la versatilité des négociations russo-ukrainiennes ne présage pas d'une issue rapide.

"Un tel corridor sécurisé serait dans l'intérêt des autres pays de la mer Noire qui exploitent des navires marchands", relève Serhat Güvenç, professeur de relations internationales à l'université Kadir Has d'Istanbul.

"Mais hormis eux, la Russie et l'Ukraine sont engagés dans une guerre totale et font tout leur possible pour contraindre l'autre camp à capituler. Dans cette perspective, (...) je ne pense pas qu'ils accepteront". (AFP, 17 sept 2026)

Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece

Les médias provoquent réciproquement des différends entre Athènes et Ankara

Ragip Duran, TVXS.GR, 14 septembre 2026

Les conflits, même les plus petits problèmes entre Athènes et Ankara, sont de très bons matériaux de provocation et de nationalisme pour les médias des deux pays respectifs. Lors de la grande crise de 2020 en Méditerranée orientale, les chaînes de télévision et les quotidiens populaires  des deux pays avaient tout fait pour préparer le terrain à un conflit armé.

Le tremblement de terre en 2023 en Turquie et l’accident de chemin de fer en Grèce la même année avaient un peu adouci le ton.

Mais depuis, les initiatives respectives prises par les deux capitales ont subi de mauvais traitements par les médias des deux pays. Stelios Berberakis, correspondant du site Internet turc T24 à Athènes, critique Athènes et Ankara sur plusieurs niveaux :

- L’annonce par la Grèce de « parcs maritimes » dans la mer Égée et la réaction de la Turquie.

- Les liens qui se renforcent entre la Grèce et Israël, ainsi que le câble électrique sous-marin reliant la Grèce, Chypre et l’Egypte, inquiètent la Turquie, qui se croit isolée, voire encerclée.

- Le projet de la Patrie Bleue turc, carte d’expansion d’Ankara qui prochainement peut devenir un texte législatif et l’opposition de la Grèce.

- Le renforcement de l’armée grecque et l’augmentation du budget militaire de la Turquie.

Il y a désormais très peu de confiance entre les deux gouvernements. Ce qui encourage les deux médias des deux pays, mais surtout ceux de la Turquie, à provoquer l’animosité entre les deux pays.

Plusieurs observateurs rappellent que les deux pays sont membres de l’OTAN et du Conseil de l’Europe. Alors qu’ Athènes a signé et approuvé la CNUDM (la Convention des Nations unies sur le droit de la mer), la Turquie n’est pas partie à cette convention. Par ailleurs, la Cour internationale de justice à La Haye peut également essayer de résoudre les problèmes maritimes entre les deux pays. Mais il faut avant tout une bonne entente entre les dirigeants des deux voisins.

Les médias grecs accordent beaucoup d’importance aux relations gréco-turques alors que les médias turcs s’intéressent à la Grèce selon la conjoncture politique. Il y aura des élections en Grèce au printemps 2027 et en Turquie en mai 2028.

Les hommes politiques, mais surtout des militaires en retraite et de faux spécialistes des relations turco-grecques, occupent les écrans de télé et les pages des quotidiens pour essayer de démontrer combien la Turquie est puissante. Du côté des médias grecs, même type d’intervenants désirent défendre les thèses officielles d’Athènes.

Cependant, plusieurs milliers de touristes turcs visitent les îles grecques d’Égée, où la cuisine, les hôtels et la réception des résidents locaux sont beaucoup mieux qu’en Turquie. Et moins chère…

Bien que les médias indépendants turcs ont la semaine dernière commémoré la tragédie (pogrom selon certains) du 6-7 septembre 1955, aucun responsable turc n’a fait mention de ces événements. Plusieurs centaines d’hommes, armés par le département de La Mobilisation Générale dépendant de l’Etat Majeur avaient pillé pendant deux jours les propriétés des citoyens grecs d’Istanbul. 14 personnes avaient été tuées. Maisons, écoles, magasins et églises des Grecs étaient détruits. (plus de 5 milles bâtiments). Le gouvernement de l’époque avait simplement arrêté quelques communistes qui n’avaient aucun lien avec cette campagne. Le gouvernement et les médias turcs avaient provoqué ce vandalisme sous prétexte que les Grecs avaient mis une bombe à la maison de naissance d’Atatürk à Salonique. Alors qu’il s’agissait de M. Engin Aydin, un étudiant turc en droit de l’Université de Salonique, originaire de la Thrace Occidentale, fonctionnaire des services de renseignement qui avait posé la bombe. Au retour au pays, il a été promulgué d’abord vice-directeur de la sécurité et plus tard gouverneur. 

La réparation des relations entre les deux pays demandera encore un peu plus de temps, croit l’ensemble des observateurs des deux rives.

La Grèce prône le "dialogue" avec la Turquie tout en affichant sa fermeté

Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a envoyé dimanche à la Turquie un message de "paix" et de "dialogue", tout en réaffirmant la détermination de la Grèce à défendre ses droits souverains face à son voisin, avec lequel elle entretient historiquement des relations difficiles.

A l'issue d'une visite de trois jours sur la petite île de Kastellorizo (appelée également Megisti), située près de la frontière maritime greco-turque et à proximité des côtes occidentales turques, Kyriakos Mitsotakis a assuré que "le dialogue (entre les deux pays, NDLR) constitue un choix de confiance en soi et de fidélité au droit international".

"Ici, à l'extrémité la plus orientale de notre patrie, les frontières de la Grèce coïncident avec celles de l'Europe", a-t-il souligné à l'occasion des manifestations ce week-end pour marquer le 83e anniversaire de la libération de cette île en 1943.

"Le message que transmet Megisti revêt sa propre signification particulière, car son territoire est aussi un territoire européen (...) il constitue ainsi un lieu emblématique pour exprimer notre intention d'un avenir de paix", a-t-il précisé, selon des images diffusées en direct par la télévision publique Ertnews.

Il a également indiqué que la Grèce veille à la "sécurité" de cette île. "Nous ne menaçons personne. Mais nous n'acceptons ni menaces" et "nous sommes prêts à défendre notre intégrité nationale et nos droits souverains".

Afin de soutenir la population de cette île, qui compte moins de 600 habitants, il a annoncé un train de mesures financières, surtout des aides et des subventions pour les fonctionnaires qui travaillent sur l'île ainsi que des incitations pour aider d'autres citoyens du pays à s'y installer.

Ce message du Premier ministre grec intervient après l'annonce en août de la Turquie de créer un "parc national marin", composé de deux aires marines protégées au large des côtes turques de Fethiye et de Kas (sud) et dans le nord de la mer Egée et au large des Dardanelles, autour d'épaves militaires de la Première guerre mondiale.

Athènes avait alors jugé "illégale" la création de ces "parcs marins", situés dans des zones au-delà des eaux territoriales turques.

De telles initiatives de la part de la Turquie "ne contribuent pas à la consolidation d'un climat de bon voisinage et compromettent gravement les efforts déployés pour maintenir des relations de compréhension réciproque entre les deux pays", avait encore dénoncé début septembre le ministère grec des Affaires étrangères, après une protestation auprès d'Ankara. (AFP, 13 sept 2026)

La Grèce scelle une "relation stratégique" avec Israël dans un exercice d'équilibre diplomatique

Le récent achat par la Grèce à Israël d'un vaste système de défense aérienne de trois milliards d'euros a scellé leur "relation stratégique", selon Athènes, qui tente parallèlement de maintenir de bonnes relations avec les autres pays du Moyen-Orient.

Ce contrat, négocié depuis plus de trois ans, est le résultat d'un rapprochement entre la Grèce et Israël, entamé en 2010 en matière de défense, d'énergie et de sécurité.

La Grèce est l'un des premiers pays de l'UE à se doter d'un tel système, dit multicouches, destiné à protéger le territoire contre drones, avions, missiles de croisière ou balistiques et qu'elle a baptisé "Bouclier d'Achille".

Lors de la signature de l'accord à Tel Aviv le 1er septembre, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a présenté ce contrat d'armement comme "l'un des plus importants de l'histoire du pays".

Il s'"inscrit dans le prolongement de notre alliance en Méditerranée orientale conclue il y a dix ans avec la Grèce et Chypre", a-t-il fait valoir.

De son côté, le chef du gouvernement grec, le conservateur Kyriakos Mitsotakis, a souligné que son pays entretenait "une relation stratégique avec Israël".

"Nous avons estimé que le système fourni par Israël (était) le meilleur disponible compte tenu des ressources dont nous disposions", a-t-il insisté.

"La Grèce est un pont entre l'Europe et le Moyen-Orient", a-t-il également martelé, rappelant le soutien au Liban et l'envoi de matériel militaire, ainsi que sa récente visite en Jordanie.

- Tensions Israël-Turquie -

La signature du contrat intervient en pleines tensions entre Israël et la Turquie, voisine de la Grèce et dont la relation avec Ankara est également traversée de turbulences.

"Ce contrat a scellé la coopération stratégique entre les deux pays (mais) il ne s'agit pas d'une alliance" contre la Turquie, juge toutefois auprès de l'AFP George Tzogopoulos, analyste des relations internationales au Centre international de formation européenne basé à Nice (France).

"Israël ne va pas prendre le parti de la Grèce contre la Turquie", selon l'expert, pour qui "Israël a ses propres problèmes avec la Turquie qui dépassent le cadre des relations gréco-turques".

Les changements géopolitiques au Moyen-Orient "créent une nouvelle donne que la politique étrangère grecque ne peut pas ignorer", soutenait également Ino Afentouli, analyste du think tank grec Eliamep récemment dans le quotidien Ta Nea.

Le gouvernement grec a lancé l'an dernier le plus vaste programme de modernisation de ses armées de plus de 25 milliards d'euros.

La Grèce a également renouvelé en avril son partenariat stratégique en matière de défense avec la France.

Mardi, la Grèce et l'Italie ont signé l'achat de deux frégates de type FREMM (classe Bergamini), "une nouvelle coopération stratégique en matière de défense", selon le ministre grec de la Défense, Nikos Dendias.

- Difficile équilibre -

Ce contrat d'armement avec Israël a toutefois suscité des critiques en Grèce.

Le chef du principal parti d'opposition Pasok (socialiste), Nikos Androulakis, a averti qu'"il n'était pas question d'effacer les responsabilités de M. Netanyahu qui auraient dû le conduire devant la Cour pénale internationale (CPI)".

L'institution internationale, basée à La Haye, a émis en 2024 des mandats d'arrêt contre Benjamin Netanyahu pour crimes de guerre et contre l'humanité dans la bande de Gaza, dans le cadre de l'offensive israélienne menée en représailles à l'attaque du Hamas du 7 octobre 2023.

Contrairement à certains nombreux pays de l'UE, comme la France et l'Espagne, la Grèce n'a pas reconnu l'État de Palestine.

Depuis le déclenchement de la guerre à Gaza, de multiples rassemblements ont eu lieu pour dénoncer ce qu'une partie des Grecs qualifie de "génocide" perpétré par Israël.

Des paquebots de croisière israéliens ont également été la cible de protestations lors de leurs escales au Pirée ou dans les îles grecques.

"La Grèce tente de trouver un équilibre en conservant ses relations traditionnellement bonnes avec les États arabes" au Moyen-Orient. Et "c'est difficile", juge M. Tzogopoulos.

Kyriakos Mitsotakis, en déplacement au Caire mardi, doit également se rendre prochainement en Arabie saoudite, où la Grèce maintient une batterie de Patriot dans le cadre d'un accord bilatéral, contribuant à la protection du territoire saoudien contre les attaques de drones. (AFP, 8 sept 2026)

Le bilan du naufrage d'un ferry passe à 12 morts, 16 disparus

Les dépouilles de deux nouvelles victimes du naufrage dimanche d'un ferry au large de la République turque de Chypre du Nord (RTCN) ont été retrouvées, portant le bilan à 12 morts et 16 disparus, ont indiqué vendredi les autorités.

"Le nombre de personnes décédées (...) s'élève désormais à 12", a écrit sur X Ünal Üstel, le Premier ministre de la république autoproclamée, en annonçant la découverte des corps de deux femmes, à 550 mètres de profondeur.

Deux autres corps avaient déjà été remontés mercredi et jeudi, outre les huit repêchés à la surface dans les heures ayant suivi le naufrage.

Les équipes de recherche estiment très probable que l'ensemble des disparus soient prisonniers de la carcasse du navire.

Selon les autorités, la grande majorité des morts et disparus étaient de nationalité turque, avec seulement deux d'entre eux originaires de la RTCN.

Quelque 267 personnes (passagers et équipage) se trouvaient à bord du Filojet, un catamaran dit "perce-vagues" qui devait relier Kyrenia/Girne, sur la côte nord de la RTCN, au port turc de Tasucu (sud), quand celui-ci a commencé à prendre l'eau. 239 d'entre elles avaient pu être secourues en mer dimanche.

Selon les enquêteurs, cités par les médias locaux, la catastrophe aurait pu être évitée si le capitaine avait réduit sa vitesse pour regagner prudemment le port de Kyrenia, distant de seulement quelques milles.

La RTCN, reconnue uniquement par la Turquie, a proclamé son indépendance en 1983, neuf ans après l'invasion par l'armée turque du nord de Chypre, à la suite d'un coup d'Etat nationaliste chypriote soutenu par la Grèce.

Elle occupe environ un tiers de cette île méditerranéenne. (AFP, 4 septembre 2026)

Athènes proteste auprès d'Ankara au sujet de la création de "parcs marins" turcs

L'ambassade de Grèce à Ankara a protesté auprès du ministère turc des Affaires étrangères au sujet de la récente création de "deux parcs marins turcs", a indiqué jeudi l'Agence de presse grecque (Ana) citant des sources diplomatiques.

La Grèce "rejette comme nulle et dépourvue de tout effet juridique" la création de parcs marins en mer Egée, qui sépare les deux pays voisins, "dans la mesure où ils s'étendent à des zones situées en dehors de la juridiction turque et à l'intérieur du plateau continental grec", ont indiqué ces sources diplomatiques, dans des propos rapportés par l'Ana.

"Le régime de souveraineté en mer Égée a été clairement et définitivement établi par les conventions internationales relatives", soulignent ces sources.

La Grèce "continuera à porter à l'attention" de ses partenaires européens et internationaux "toute action unilatérale qui viole le droit international et porte atteinte à sa souveraineté", concluent ces sources.

Ankara a annoncé à la mi-août la création de deux aires marines protégées en mer Méditerranée, au large des côtes de Fethiye et de Kas (sud) et dans le nord de la mer Egée au large des Dardanelles, autour d'épaves militaires de la Première guerre mondiale. Ces zones seront désignées comme "parc national marin", avait alors indiqué le décret publié au Journal officiel turc.

Le Parc national marin de Fethiye-Kas recouvre un large périmètre d'environ 21.706 km³ et celui du nord de l'Égée s'étend sur 1.742 km³ autour de Çanakkale, Tekirdag et l'île de Gökçeada, au large des Dardanelles.

Athènes avait alors jugé "illégale" la création de ces "parcs marins", situés dans des zones au-delà des eaux territoriales turques.

De telles initiatives de la part d'Ankara "ne contribuent pas à la consolidation d'un climat de bon voisinage et compromettent gravement les efforts déployés pour maintenir des relations de compréhension mutuelle entre les deux pays", avait alors indiqué le ministère grec des Affaires étrangères.

Les tensions avec la Turquie voisine, à la fois rival historique de la Grèce et partenaire au sein de l'Otan, ressurgissent à intervalles réguliers sur la souveraineté autour de la mer Egée.

En décembre 2023, le président turc Recep Tayyip Erdogan et le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis avaient signé une "déclaration d'amitié et de relations de bon voisinage" visant à apaiser les relations. (AFP, 3 septembre 2026)


Immigration / Migration

Trafic d'armes: des Turcs écroués en France

Au moins huit Turcs, dont certains sont soupçonnés d'appartenir à l'organisation criminelle turque Daltonlar, ont été mis en examen et écroués en France récemment dans le cadre d'une enquête pour trafic d'armes, a appris l'AFP mardi de sources proches du dossier.

Douze personnes, suspectées d'être membres des Daltonlar, ont été arrêtées jeudi et vendredi en France, a indiqué à l'AFP une source proche, confirmant une information de BFM.

Lors d'une opération policière, 150 armes à feu ont été saisies dans une camionnette dans l'Ain, a-t-elle ajouté.

L'organisation Daltonlar, soit "les Dalton", comme la bande dessinée, est impliquée, selon les autorités turques, dans des extorsions de fonds, des rackets, des assassinats, des trafics de stupéfiants ou de cigarettes.

Selon une deuxième source proche du dossier, confirmant Le Parisien, sept hommes membres de la communauté turque ont été mis en examen lundi à Paris pour trafic d'armes et association de malfaiteurs, puis placés en détention provisoire.

Un premier Turc avait été interpellé le 24 août, puis mis en examen et écroué le 28. Selon Le Parisien, il avait été interpellé à Paris alors qu'il transportait des sacs contenant une trentaine de pistolets, des contrefaçons de Glock vendues entre 1.300 et 2.800 euros l'unité.

Ceci porte donc à huit le nombre de mises en examen connues pour le moment dans cette enquête menée par le Parquet national anti-criminalité organisée (Pnaco), qui s'est refusé à tout commentaire.

Les enquêteurs s'intéressent à un trafic d'armes pouvant s'étendre en Espagne, en Italie, en Belgique notamment, et pouvant ou ayant pu bénéficier à des organisations comme la DZ Mafia pour le narcotrafic ou la guérilla kurde du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan).

Selon la deuxième source proche du dossier, certaines armes ont été utilisées lors d'une tentative d'assassinat à Marseille qui serait liée à la DZ Mafia.

Sollicité par l'AFP, l'avocat du premier Turc mis en examen, Me Louis-Joseph Ricard, a simplement indiqué que son client avait "gardé le silence".

Me Mikaël Benillouche, qui défend un Kurde mis en examen et écroué lundi, a expliqué que ce dernier avait pris conscience de la "gravité des faits commis, lors de sa garde à vue". Selon lui, son client, résidant à Garges-lès-Gonnesse (Val-d'Oise), ne faisait pas partie des Dalton, mais il a commencé à cacher des armes pour rendre service à des membres de sa communauté. Alors qu'il voulait arrêter, il a ensuite été passé à tabac et a dû également vendre des armes.

Les Dalton sont présentés par la presse turque comme "une organisation criminelle de nouvelle génération", qui recrute des jeunes membres (moins de 25 ans) et utilise activement les réseaux sociaux.

En 2025, un tribunal d'Istanbul avait condamné deux dirigeants des Dalton, ainsi que 258 autres personnes, à de lourdes peines de prison, selon l'agence étatique Anadolu. (AFP, 15 sept 2026)



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