Droits
de l'Homme / Human Rights
Les
ministres guerriers de la “Turquie sans
terrorisme"
Doğan Özgüden, Artı Gerçek, 21 octobre 2026
Dans
la capitale de l’Union européenne, ils tentent encore de faire
arrêter des représentants de la résistance nationale kurde en les
qualifiant de « terroristes » et de les faire extrader vers la la
Turquie
Alors que des incertitudes persistent quant à la mise en œuvre de la
loi adoptée par la Grande Assemblée nationale de Turquie visant à «
mettre fin à la présence de fait de l’organisation terroriste PKK/KCK
», suite à l’initiative de « Turquie sans terrorisme » du leader du
MHP, Devlet Bahçeli, trois articles de presse consécutifs parus en
début de semaine ont révélé le vrai visage de cette mascarade de «
déterrorisation ».
Le premier émanait du ministre de la Défense, Yaşar Güler. En
déplacement au Qatar pour établir une coopération industrielle en
matière de défense entre la Turquie, le Qatar, le Pakistan et
l’Indonésie, ce dernier a fait une déclaration fracassante annonçant
que, malgré le dépôt des armes par le PKK et le passage de
l’administration autonome kurde du Rojava sous le contrôle de Damas, la
Turquie maintiendrait sa présence militaire en Irak et en Syrie.
La deuxième information émanait de Devlet Bahçeli, l’auteur du projet
de « Turquie sans terrorisme ». Non content de voir le PKK déposer les
armes en Turquie, en Irak et en Syrie, celui-ci a ordonné à
l’organisation kurde d’Iran, le PJAK, et à toutes ses branches de
déposer également leurs armes au plus vite.
Quant à la troisième information, elle nous vient de Bruxelles,
capitale de l’Union européenne. À l’occasion d’une réunion tenue ce
mardi, en présence des ministres belges et turcs des Affaires
étrangères, de la Justice et de l’Intérieur, la Turquie a adopté une
position belliqueuse, accusant la Belgique de ne pas prendre les
mesures nécessaires pour mettre fin à la présence à l’étranger
d’organisations originaires de Turquie, à commencer par le PKK.
À cette réunion critique, la Belgique était représentée par le
vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, Maxime
Prévot, la ministre de la Justice, Annelies Verlinden, le ministre de
la Sécurité et de l’Intérieur, Bernard Quintin, et la ministre de
l’Asile et de la Migration, Anneleen Van Bossuyt, tandis que la partie
turque était représentée par le ministre des Affaires étrangères, Hakan
Fidan, le ministre de la Justice, Akın Gürlek, et le ministre de
l’Intérieur, Mustafa Çiftçi.
Lors d’une intervention pendant la réunion, approuvée d’un hochement de
tête par Hakan Fidan et Akın Gürlek, le ministre de l’Intérieur,
Mustafa Çiftçi, a proféré ces attaques envers la Belgique :
« La présence en Belgique de membres d’organisations terroristes telles
que le PKK, le DHKP-C, le MLKP, le TKP-ML et le FETÖ, de même que leur
utilisation de ce pays comme base, est incompatible avec l’esprit
d’alliance. Le terrorisme est aujourd’hui le problème d’un pays et le
cauchemar de tous demain. En effet, des organisations comme le PKK, le
DHKP-C et le MLKP, même si elles ne mènent pas d’actions armées en
Belgique, y poursuivent leurs activités de financement, de recrutement
militant et de propagande. Il est primordial pour nous que
l’organisation terroriste PKK ne puisse pas instrumentaliser sa «
rhétorique de dissolution ». Déclarer la fin du terrorisme est une
chose, s’assurer du démantèlement complet de tous les réseaux
terroristes en est une autre ».
Réagissant à l’organisation du concert du Grup Yorum prévu à Liège le
19 décembre 2026, Çiftçi a poursuivi ses accusations contre la Belgique
:
« En dix ans, entre 2016 et 2026, aucune de nos demandes d’extradition
adressées à la Belgique concernant des infractions à caractère
terroriste n’a été acceptée. Ces demandes, visant principalement des
membres des organisations terroristes PKK et FETÖ, sont soit rejetées,
soit demeurées sans réponse. Cette situation permet aux membres
d’organisations terroristes de se sentir en sécurité en Belgique.
Empêcher les terroristes d’abuser de leur statut de réfugié est une
exigence commune à la fois pour notre sécurité et notre conscience.
Même avec le temps qui passe, l’État ne cessera jamais sa traque ».
Cette manifestation de terreur étatique à Bruxelles par des
représentants d’un pays membre du Conseil de l’Europe et candidat à
l’adhésion à l’Union européenne, alors même que des négociations pour
une « Turquie sans terrorisme » sont en cours dans ce pays, est tout
bonnement scandaleuse.
Comment pourrait-il en être autrement, quand toutes les tentatives du
gouvernement AKP-MHP de faire condamner comme « terroristes » des
résistants kurdes à l’étranger, notamment en Belgique, et de les
renvoyer menottés en Turquie, ont été rejetées il y a des années par
les juges de l’État belge et de l’Union européenne ?
Rappelons-le…
Suite aux demandes insistantes de l’État turc, en 2010, le parquet
belge a traduit en justice 36 personnalités kurdes, dont les députés
kurdes en exil Remzi Kartal et Zübeyir Aydar, pour appartenance à une
organisation terroriste. Alors que le procès se poursuivait, Kartal et
Aydar furent arrêtés dans d’autres pays européens où ils s’étaient
rendus, en vertu de notices rouges d’Interpol, et détenus pendant
plusieurs semaines. Finalement, le tribunal belge jugea infondées les
accusations du parquet, estimant que les activités armées du PKK ne
pouvaient être poursuivies au titre de la « loi antiterroriste ». La
cour d’appel belge, saisie par le parquet, confirma le jugement de
première instance en 2017, acquittant les 36 personnes.
En novembre 2018, la Cour de justice de l’Union européenne, siégeant à
Luxembourg, a jugé insuffisants les arguments avancés pour justifier
l’inscription du PKK sur la liste des « organisations terroristes » et
a décidé de l’annuler. Cependant, l’un des plus fervents soutiens de la
dictature de Tayyip au sein de l’Union européenne, à savoir
l’Angleterre, ayant interjeté appel, le PKK fut automatiquement
réintégré dans cette liste.
En parallèle, suite aux appels successifs des missions diplomatiques de
l’État turc en Belgique, de ses médias pro-gouvernementaux et de ses
avocats, le dossier fut renvoyé devant différentes juridictions belges…
Le 8 mars 2019, la cour d’appel a de nouveau statué que le PKK ne
pouvait être qualifié d’organisation terroriste et qu’aucun procès ne
pouvait se tenir dans ce cadre. Mais les avocats de l’État turc et le
procureur ont formé un pourvoi en cassation le 20 mars 2019.
Alors que la procédure judiciaire suit son cours, la Fondation pour la
recherche politique, économique et sociale (SETA), qui s’est donné pour
mission de dénoncer les opposants politiques en exil du gouvernement de
Tayyip Erdoğan, s’en est également mêlée. Dans son ouvrage de 666
pages, intitulé « La structure du PKK en Europe », publié en juillet
2019, elle a tenté d’influencer la justice belge en qualifiant de «
terroristes » toutes les organisations et personnalités de la diaspora
kurde, et de « sympathisants du terrorisme » toutes les organisations
et personnes leur témoignant leur solidarité.
À tel point que nous avons nous aussi été la cible de ces attaques…
Bien que le PKK ait été fondé en 1978, l’ouvrage affirme qu’il existe «
de nombreuses preuves que le Mouvement de résistance démocratique et
l’Union pour la Démocratie, que nous avons organisés en exil à partir
de 1971, ainsi qu’Info-Türk, se sont impliqués, directement ou
indirectement, dans des activités liées au PKK », et mes activités
journalistiques ont aussi été qualifiées de « terroristes ».
Malgré tout cela, le 28 janvier 2020, la Cour de cassation belge,
saisie de l’affaire, a confirmé la décision du tribunal de première
instance selon laquelle la lutte pour la liberté des Kurdes ne pouvait
être qualifiée de terrorisme et que la lutte du PKK, en tant que partie
prenante à ce conflit, devait être examinée au regard du droit
international des conflits armés et non de la loi antiterroriste.
Le gouvernement turc, les missions diplomatiques de l’État turc en
Belgique et ses médias pro-gouvernementaux ne tardèrent pas à lancer
une attaque insensée contre cette décision de la Cour de cassation
belge.
Le ministère turc des Affaires étrangères déclara que « cette décision
de la justice belge constitue un soutien manifeste au PKK, qui figure
sur la liste des organisations terroristes de l’UE ».
Immédiatement après, un communiqué publié au nom de la Cour de
cassation turque indiquait que « le PKK figure sur la liste des
organisations terroristes de nombreux pays de l’UE, ainsi que de
nombreux autres pays comme les USA, le Canada et l’Australie, et que
l’OTAN a également qualifié le PKK d’organisation terroriste dans
divers documents et déclarations ».
La décision finale de la justice belge a aussi porté un coup dur à la
liste des « organisations terroristes » sur laquelle les USA et l’UE,
ainsi que ses États membres, avaient inscrit le PKK durant des années,
en réponse aux chantages de l’État turc.
À l’instar du PKK, l’Organisation des Moudjahidines du Peuple d’Iran
(OMPI) a également figuré pendant des années sur les listes des
organisations terroristes des USA et de l’UE, avant d’en être retirée
par l’UE en 2009 et par les USA en 2012.
Suite à la décision de la Cour de cassation belge, Remzi Kartal,
coprésident du Kongra Gel, et Zübeyir Aydar, membre du Conseil exécutif
du KNK, accompagnés de représentants de groupes politiques au Parlement
européen et des avocats de la défense, ont tenu une conférence de
presse conjointe au Club de la presse à Bruxelles. Ils y ont
ouvertement dénoncé l’injustice du maintien du PKK sur la liste des
organisations terroristes.
Remzi Kartal a rappelé que le terrorisme perpétré par l’État turc
contre le peuple kurde bénéficie également du soutien de l’OTAN et de
l’UE, déclarant : « Les responsables politiques et les institutions
européennes doivent désormais agir conformément à la décision qui
exclut le PKK comme organisation terroriste. Si cette décision n’est
pas appliquée et que le politique agit autrement, justice ne pourra
jamais être rendue. »
Après avoir souligné que la liste terroriste de l’UE légitime les
arrestations, les actes de torture et les meurtres perpétrés par l’État
turc, Zübeyir Aydar a lancé l’appel suivant : « Plus personne ne doit
être complice de Tayyip Erdoğan. Cette liste a conduit à la
criminalisation de dizaines de milliers de nos compatriotes en Europe.
C’est une grave injustice. La Belgique doit se conformer à cette
décision de justice et retirer sa signature de la liste terroriste.
L’UE et le gouvernement belge doivent cesser de qualifier cette
question de terrorisme et d'œuvrer pour la paix ».
Il est indéniable que suite à la décision de la Cour de justice de
l’Union européenne, puis à celle de la Cour de cassation belge, l’UE et
tous ses États membres auraient dû reconsidérer leur attitude hostile
envers le mouvement national kurde, et l’État turc, candidat à
l’adhésion à l’UE, aurait dû immédiatement mettre fin à la terreur
étatique qu’il exerce contre la résistance nationale kurde.
Malheureusement, six ans après cet arrêt, et plus de deux ans après le
début des manœuvres pour une « Turquie sans terrorisme », trois
ministres de l’État turc peuvent encore accuser de terrorisme des
représentants de la résistance nationale kurde dans la capitale de
l’Union européenne et faire pression pour leur arrestation et leur
extradition vers la Turquie.
Après tout, ces messieurs sont les ministres guerriers de cette «
Turquie sans terrorisme » !
Traduction: Mazyar KHOOJINIAN
Un sans-abri insulte Erdogan pour dormir en prison
Un sans-abri du sud de la Turquie a insulté le président Recep Tayyip
Erdogan pour être logé et nourri en prison, ont rapporté vendredi des
médias turcs.
"Je n'ai nulle part où aller. Je dormais dans des décharges. C'est pour
ça que j'en suis arrivé là", a affirmé l'homme âgé de 66 ans lors de sa
déposition, selon le site du quotidien Sözcü, proche de l'opposition.
Il a été placé en détention à Alanya, dans la province d'Antalya (sud),
"pour insulte au président de la République". Il avait précédemment été
interpellé trois fois mais relâché à chaque fois. La quatrième
tentative a été la bonne.
Le nombre de dossiers judiciaires pour "insulte au président" a
considérablement augmenté depuis le passage au système présidentiel en
Turquie en 2018.
Selon les statistiques du ministère de la Justice, le nombre total
d'enquêtes ouvertes pour "crimes contre les symboles de la souveraineté
de l'État et la dignité de ses organes", dont l'insulte au chef de
l'État, a atteint les 83.000 unités entre 2016 et fin 2025.
Le journal Sözcü souligne lui aussi que le nombre d'enquêtes pour
"insulte au président" a explosé sous Erdogan, par rapport à ses
prédécesseurs.
Des journalistes, militants, politiciens ou de simples internautes sont
régulièrement visés par ce chef d'accusation, puni d'une peine allant
d'un à quatre ans d'emprisonnement. (AFP, 16 oct 2026)
Des
experts mandatés par l'ONU dénoncent une
"répression" des personnes LGBT+
Des experts des droits humains
nommés par l'ONU ont dénoncé mardi une "répression sévère" des
organisations LGBT+ en Turquie, affirmant que leur lutte était
injustement contrainte.
Les personnes LGBT+ sont de plus en plus visées par les autorités
turques, au premier rang desquelles le président Recep Tayyp Erdogan,
qui les qualifie de "pervers" et de membres d'un "mouvement déviant".
Le pays a récemment engagé une campagne répressive, multipliant les
descentes dans des bars et discothèques gays ainsi qu'aux domiciles de
militants et membres de la communauté.
"La Turquie doit cesser le harcèlement de défenseurs des droits humains
et d'organisations LGBTI et leur assurer un environnement sûr et
propice dans lequel ils peuvent exercer leurs droits à la liberté
d'expression, de réunion pacifique et d'association, et continuer leur
travail légitime sans craindre une arrestation, des intimidations, la
stigmatisation ou la criminalisation", ont appelé ces experts des
Nations unies dans un communiqué.
Bien que mandatés par le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU, ils ne
parlent pas au nom de l'organisation.
Les relations homosexuelles sont légales en Turquie, mais l'hostilité
envers les personnes LGBT n'en reste pas moins répandue.
Au nom de son opération "Ma famille est en sécurité", la Turquie a
fermé le 30 septembre le site web et les comptes sur les réseaux
sociaux de T24, un important média d'information indépendant,
l'accusant de "propagande LGBT".
"Nous somme préoccupés par le fait que des enquêtes invoqueraient,
selon certaines informations, des infractions liées à l'+obscénité+, la
+moralité+ et la prostitution, ainsi que par des communiqués officiels
décrivant des associations comme des promotrices de la cause +LGBT et
de l'immoralité+, et présentant les personnes LGBTI comme une menace
aux familles", ont ajouté les experts.
Ils ont exigé l'arrêt de l'opération "Ma famille est en sécurité",
évoquant des mesures judiciaires contre plus de 160 personnes, mais
aussi 20 associations et entreprises. Les experts réclament "la
libération immédiate des personnes détenues uniquement pour leur
travail légitime en faveur des droits humains".
Ces spécialistes ont également affirmé être en contact avec le
gouvernement turc à ce sujet. (AFP, 14 oct 2026)
La
Turquie interdit les réseaux sociaux aux moins
de 15 ans
La Turquie a interdit samedi l'usage des réseaux sociaux aux moins de
15 ans, rejoignant un nombre croissant de pays dans le monde soucieux
de protéger les enfants et adolescents contre les méfaits des
plateformes.
La gazette officielle a publié la décision après l'adoption d'une loi
au parlement en avril. Elle sera effective au 1er novembre.
Les fournisseurs de réseaux sociaux doivent "prendre les mesures
techniques et administratives nécessaires, y compris la vérification de
l'âge, pour mettre en oeuvre" la protection des jeunes, stipule le
texte.
"Aucun service susceptible de produire un effet addictif chez les
enfants ne peut être proposé", ajoute-t-il notamment.
De plus en plus de pays dans le monde ont commencé, ou réfléchissent, à
interdire les réseaux sociaux pour les enfants, pour les protéger des
risques liés au numérique : addiction aux écrans, manque de sommeil,
harcèlement, troubles alimentaires, etc.
La loi intervient pour autant dans une période de restrictions de la
liberté d'expression en Turquie, dans les milieux LGBT, les médias,
l'espace politique.
De nombreux comptes de réseaux sociaux ont été bloqués ces dernières
semaines. (AFP, 10 oct 2026)
Manifestations
à Izmir, un bastion de l'opposition dont le
maire fait défection
Plus de mille manifestants se sont rassemblés mercredi soir à Izmir, la
troisième ville de Turquie, pour dénoncer la défection du maire de ce
bastion de l'opposition au profit du parti du président turc Recep
Tayyip Erdogan.
La prise de contrôle de la mairie d'Izmir, une place forte de la
laïcité située sur la côte égéenne de la Turquie et que les
sociaux-démocrates gouvernent depuis 27 ans, par le Parti de la justice
et du développement (AKP, islamo-conservateur), constitue un coup
politique majeur pour cette formation, même si elle ne dispose pas de
la majorité au conseil municipal.
La décision de Cemil Tugay de rejoindre l'AKP a été annoncée par M.
Erdogan lui-même au cours d'une réunion de son groupe parlementaire à
Ankara. "Nous nous mettons en route pour remettre Izmir sur pied,
résoudre ses problèmes et la reconstruire presque entièrement", a
affirmé le maire après que le chef de l'Etat lui a remis un insigne du
parti.
Ce revirement a provoqué la colère à Izmir, où la police avait
barricadé les principales places de la ville, selon un correspondant de
l'AFP.
À la tombée de la nuit, une foule brandissant des drapeaux turcs s'est
rassemblée derrière les barrières autour de la place Cumhuriyet,
scandant "Tugay, démission !", "Tugay traître !", ou encore "Izmir est
libre et restera libre !".
Certains transportaient un cercueil de fortune sur lequel était inscrit
: "Mort politique". Des policiers antiémeutes et au moins quatre
camions équipés de canons à eau ont été déployés.
S'adressant à la foule, Cagatay Guc, le chef de l'opposition à Izmir, a
demandé la démission du maire. "Vous avez été révoqué, Cemil Tugay,
vous n'êtes pas le maire. Vous êtes assis là grâce aux voix de la
nation mais, aujourd'hui, cette nation vous a retiré ces fonctions".
- "Changer de visage" -
Certains proféraient même des paroles qui frisaient la menace.
"Il
ferait mieux de changer de visage car il ne pourra plus se promener
dans les rues d'Izmir", a ainsi déclaré Ali Mahir Basarir, un député du
principal parti d'opposition, Yeni Parti.
Les manifestants ont fini par se disperser sans qu'aucune
interpellation n'ait été signalée.
Une douzaine de personnalités culturelles de la ville ont démissionné,
parmi lesquelles le directeur artistique des théâtres d'Izmir, neuf
membres du conseil consultatif du théâtre municipal et un poète qui
dirige le Festival de littérature, selon le site internet Birgun.
Cette défection intervient à un moment où l'opposition turque fait face
à une intense répression, avec nombre d'arrestations et de procès
visant ses maires et ses élus, dans des affaires que les observateurs
considèrent comme ayant un caractère politique.
Le bras de fer a commencé après l'éclatante victoire du CHP (Parti
républicain du peuple, opposition) aux élections municipales de mars
2024, une lourde défaite pour l'AKP et le président turc.
-Défection par "peur"-
Six responsables de province ont été arrêtés, dont le maire
d'Istanbul
Ekrem Imamoglu, considéré comme un des adversaires les plus sérieux de
M. Erdogan devant les urnes, ainsi que 29 maires d'arrondissements,
dont 13 à Istanbul.
Parallèlement, au moins 17 édiles avaient fait défection avant celle de
Cemil Tugay.
Celui-ci avait été élu avec 48,97 % des voix. En juin, il avait
démissionné du CHP à la suite d'une décision de justice controversée
qui avait plongé ce parti dans la crise et entraîné l'éviction de son
chef, Özgür Özel.
Ce dernier a depuis fondé le Yeni Parti (Nouveau Parti), devenu la
principale formation de l'opposition. Mais M. Tugay n'y a pas adhéré,
affirmant vouloir rester indépendant tout en dénonçant les rumeurs sur
son intention de passer dans le camp adverse.
Selon l'analyste politique Berk Esen, cette défection tonitruante sert
"la stratégie de l'AKP visant à surmonter sa lourde défaite aux
élections (...) par la force et la répression". Les maires de
l'opposition ne changent pas de camp par conviction mais, pour
beaucoup, "par peur", a-t-il déclaré à l'AFP.
Mardi, Özgür Özel a dénoncé la campagne de menaces et de chantage dont
sont victimes selon lui les élus d'Izmir.
"Ceux qui n'ont pas cédé à ces pressions quitte à être en prison et qui
n'ont pas trahi leurs amis et leur parti sont nos frères jusqu'à la
mort. Ceux qui nous ont vendus et sont partis sont des traîtres. Et
ceux qui les ont achetés sont des voleurs de la volonté nationale",
a-t-il déclaré. (AFP, 7 oct 2026)
Men
killed 27 women in September
According to news reports compiled by bianet from local and national
newspapers, news websites, and news agencies, men killed at least 27
women in September. Men also killed at least four men who were with the
women.
In September, men injured at least 52 women, abused 19 girls and boys,
and harassed 28 women. Men forced 26 women into sex work.
Men killed 222 women in the first eight months of 2026.
In August, the deaths of at least 31 women and 14 children were
classified as “suspicious” cases where it could not be definitively
determined whether they were gender-based.
Suspicious deaths of women reported in the media in September
Adıyaman (2), Aksaray (1), Amasya (1), Antep (2), Aydın (2), Bolu (1),
Bursa (1), Çorum (1), Edirne (1), Eskişehir (1), İstanbul (1), Karaman
(2), Kastamonu (1), Kayseri (1), Kırşehir (1), Kütahya (1), Malatya
(1), Manisa (3), Mersin (1), Muğla (3), Ordu (1), Urfa (2).
Suspicious deaths of children reported in the media in September
Adıyaman (1), Aydın (1), Hakkari (1), İzmir (1), Konya (1), Mardin (1),
Muğla (2), Samsun (1), Urfa (4), Van (1).
2026–2024 male violence
In the first nine months of 2026, men killed 222 women, harassed 160
women, abused 175 children, committed acts of violence against 447
women, and raped 94 women. Men forced at least 871 women into sex work.
While the deaths of 372 women were reported in the media as
“suspicious,” men killed at least 17 children.
In the first nine months of 2025, men killed 224 women, harassed 164
women, abused 169 children, committed acts of violence against 561
women, and raped eight women. Men forced at least 805 women into sex
work. While the deaths of 347 women were reported in the media as
“suspicious,” men killed at least 51 children.
In the first nine months of 2024, men killed 278 women, harassed 60
women, abused 117 children, committed acts of violence against 443
women, and raped 11 women. Men forced at least 327 women into sex work.
While the deaths of 211 women were reported in the press as
“suspicious,” men killed at least 32 children. (BIA, 6 oct 2026)
Explained: Turkey's 'My Family Is Safe' operations
Authorities launched a sweeping crackdown on LGBTI+ communities on Sep
12, dubbed as the "My Family Is Safe" operations. Eighty-two people
including LGBTI+ rights advocates have been placed in pretrial
detention and hundreds of websites and social media accounts have been
blocked as part of the operations.
While authorities link the investigations to government policies on
family, rights groups say the they criminalize lawful advocacy,
LGBTI+
visibility and private relationships.
The operations and their scope
The campaign began with online restrictions on Sep 12, followed by
overnight and early-morning raids on Sep 13 spanning 15 provinces.
Police targeted homes, association offices and venues frequented by
queer people. İstanbul, Ankara, İzmir and Mersin were among the
provinces prominently affected.
Proceedings were launched against 162 people nationwide, as well as
nine associations and 13 businesses. By Sep 17, at least 116 people had
been taken into custody. Among them, 82 were placed in pretrial
detention, with over 40 of them rights defenders and activists.
The affected organizations inclued the Kaos GL Association, Hevi
LGBTI+, Pozitif-iz, SPoD, Lambdaistanbul, Muamma and Mersin 7 Colors.
All members of Kaos GL's board of directors and supervisory board are
currently in pretrial detention.
Kaos GL is Turkey's longest-standing queer rights organization and also
runs a news outlet, whose website and social media accounts were
already banned when the operations began.
What authorities allege
The investigations involve allegations of obscenity,
prostitution-related offenses, forming an organization to commit
crimes, drug offenses and violations of the Associations Law.
Justice Minister Akın Gürlek linked the operations to the government’s
2026–2035 Decade of Family and Population and Presidential Circular No.
2026/4.
Authorities have presented the campaign as an effort to protect
children, families and public order. Claims that organizations were
influencing children’s sexual orientation or gender identity also
appeared in the investigations, along with scrutiny of international
funding.
The campaign later gained a nationwide administrative framework. A
Justice Ministry circular sent to prosecutors in all 81 provinces
instructed them to take action against suspected activities encouraging
children and young people toward "genderlessness."
The circular instructed prosecutors to secure digital evidence, seek
online restrictions where deemed necessary and use organized-crime
methods and financial investigations under certain circumstances.
It also called for coordination with ministries, cybersecurity
authorities and law enforcement.
Use of ‘obscenity’
Provisions banning "obscenity" in the Turkish Penal Code was at the
center of the investigation against LGBTI+ rights advocates, with many
of the detainees facing this allegation. While the offense historically
applied to pronographic content, it is now used to characterize LGBTI+
advocacy.
Prosecutors alleged that material published on the Kaos GL website and
social media accounts was "obscene." Evidence cited by the court
included news articles and images, among them scenes showing two female
characters kissing in the “Agatha All Along” series and two male
football players kissing.
The law prohibits distribution of and exposing children to "obscene"
content but lacks a clear definition of obscenity.
Private communications used as evidence
The operations in İzmir also raised concerns about privacy and the
collection of evidence.
Lawyers said police obtained detainees’ phone passwords without a court
order, searched their devices and added private messages and
photographs to case files as evidence of obscenity.
Sixteen people were jailed in İzmir on Sep 14 on obscenity- and
prostitution-related allegations.
Lawyers also noted that the investigation began with social media
monitoring through “online patrols,” a practice that had previously
been found unlawful by the Constitutional Court.
Online censorship and the extension to journalism
The initial access-blocking order targeted platforms belonging to
numerous organizations and activists.
A later İstanbul Bar Association tally listed 11 association websites,
32 X accounts and 419 social media accounts as blocked. Requests had
also been submitted concerning another 107 accounts.
Journalist Tuğba Tekerek was detained and was subsequently remanded in
custody over a 2024 article published by Kaos GL. She was accused of
being a responsible for managing Kaos GL's social media accounts
questioned over an obscenity allegation.
The campaign extended to independent news outlet T24 on Sep 30.
An İstanbul court ordered the outlet’s website and social media
accounts blocked. It also ordered the removal of 118 columns,
describing them as “LGBTI+ propaganda.”
The website became inaccessible within hours. T24’s X account remained
accessible when the decision was reported. The outlet urged readers to
use its mobile application to evade censorship. (BIA, Oct 1, 2026)
Foot:
le patron des arbitres en Turquie arrêté
Le patron de l'arbitrage en Turquie et six autres personnes ont été
interpellés, a indiqué mardi le ministre de la Justice, promettant
d'oeuvrer pour un "football propre" dans un pays déjà secoué par des
malversations.
Le président du Comité central des arbitres de la Fédération turque de
football (MHK), Ferhat Gündogdu, son vice-président et cinq autres
suspects ont été arrêtés et placés en garde à vue au terme d'un coup de
filet organisé dans quatre provinces du pays, selon l'agence de presse
Anadolu.
"Des perquisitions judiciaires ont été menées à leurs domiciles, lieux
de travail et bureaux", a précisé le ministre de la Justice Akin Gürlek
sur X.
Il a évoqué des "allégations d'ingérence dans l'établissement des
classements des arbitres, dans les désignations (pour les matches,
ndlr), les processus de notation et de nomination, ainsi que les
examens de règles".
Dans un communiqué sur son site, la Fédération turque de football (TFF)
a assuré coopérer avec les ministères de la Justice, de l'Intérieur et
des Sports, sans toutefois évoquer directement les arrestations.
"L'enquête et la coopération avec ces institutions sont toujours en
cours", affirme la TFF, qui souligne avoir "déposé plusieurs plaintes
pénales auprès du parquet d'Istanbul depuis avril 2025, afin de
garantir que justice soit faite".
Tous les documents réclamés par les enquêteurs "détenus au sein de la
TFF ont été transmis au parquet d'Istanbul sous pli scellé, avec une
demande de remise à l'Institut de médecine légale pour analyse
d'empreintes digitales et d'ADN, ainsi que pour tout autre examen
nécessaire", a poursuivi la fédération.
- Arbitres parieurs -
Selon le quotidien Hurriyet, le parquet général d'Istanbul
s'appuie
sur des audits financiers du Bureau d'enquête sur les crimes financiers
(Masak), des relevés de télécommunications, des témoignages et des
rapports d'experts.
Les personnes arrêtées sont aussi soupçonnées de production de
documents frauduleux et d'intimidations systématiques, ajoute la même
source.
Il y a un an, le Conseil de discipline de la TFF avait suspendu 149
arbitres accusés d'avoir parié sur des matches au mépris de
l'interdiction qui leur en est faite. Les suspensions allaient de huit
à douze mois.
Une enquête de la fédération portant sur 571 arbitres des ligues
professionnelles turques avait révélé que 371 d'entre eux possédaient
des comptes de paris sportifs et 152 pariaient activement.
Vingt-deux des arbitres incriminés (7 arbitres centraux et 15 arbitres
assistants) officiaient en première division, selon la fédération.
Ni le ministre, ni les médias turcs, ni la fédération n'évoquaient
mardi cette première affaire ou d'éventuels liens entre les deux.
"Nous poursuivrons résolument la lutte pour un football propre, afin
que les allégations sapant la confiance envers le football turc soient
éclaircies (et) que les responsables soient traduits en justice", a en
revanche promis le ministre de la Justice, Akin Gürlek. (AFP, 29 sept
2026)
Pression
sur les médias / Pressure on the Media
Government
steps up censorship and imprisonment of
journalists
Turkey's political leaders have demonstrated their willingness to
launch sweeping censorship campaigns against journalists who report on
developments that could jeopardize projects such as "My Family Is Safe"
or question the role of the government and public authorities in
financial misconduct.
Meanwhile, following the revocation of Açık Radyo's broadcasting
license in 2024 and the seizure of TELE1 and appointment of a
government trustee in 2025, authorities have now moved to silence the
T24 news website, reflecting the government's continued pursuit of
policies aimed at weakening independent journalism and media outlets
over the past three years, which could lead to a media landscape
dominated by a single voice.
Published for 25 years, the BİA Media Monitoring Report, whose latest
quarterly edition runs 61 pages, provides extensive data about efforts
to silence journalism having become part of the government's strategy
ahead of the 2028 elections. Highlighting the scale of judicial
pressure, the report documents the arrest of seven journalists in just
three months, access restrictions on the X accounts of 16 journalists
and eight media outlets, the blocking of at least 52 online news
reports and the shutdown of T24 over allegations of "LGBT propaganda,"
the report shows that that authorities have "stepped up efforts to
silence critical media."
Unprecedented online censorship!
The Information and Communication Technologies Authority (BTK) and
penal judgeships of peace imposed censorship on an unprecedented scale
against journalists and media outlets reporting on or discussing
alleged irregularities in investment funds. The alleged misconduct
affected nearly 500,000 people and involved political and financial
circles close to the government. Those whose X accounts were subjected
to access restrictions included journalists Meral Danyıldız, Sarya
Toprak, Esra Tokat, Ersin Eroğlu, Hilmi Hacaloğlu, Canan Kaya, Razi
Canikligil, Uğur Gürses, Naz Yavuzarslan, Dinçer Gökçe and Alptekin
Dursunoğlu, as well as media outlets bianet, Kısa Dalga and Bizim TV.
Reports on the allegations published by Gazete Pencere, Evrensel, Sözcü
and Nefes were also blocked.
Over the past three months, access restrictions were also imposed on
the X accounts of five journalists, Şirin Payzın, Alican Uludağ, İrfan
Değirmenci, Nasuhi Bektaş and Fırat Fıstık, and four media outlets, soL
Haber, Özgürüz, Mezopotamya Haber and Sendika.org. At least 52 online
news reports covering various topics were blocked, and one publication
ban was issued. However, one of the most severe and arbitrary
interventions during the period was the shutdown of the T24 news
website over allegations of "LGBT propaganda." The censorship,
challenged in court by the website's lawyers, also prompted widespread
criticism both domestically and internationally.
'Disinformation': Four years of judicial notoriety
At least two journalists were convicted and two acquitted in trials
held over the past three months, a period that partly coincided with
the judicial recess. The notorious Article 217/A of the Turkish Penal
Code, which introduced the offense of "publicly disseminating
misleading information" in October 2022, has figured prominently not
only in growing investigations and prosecutions of journalists but also
in their arrests.
Journalist Neşe İdil was sentenced to two months and 24 days in prison
on charges of "praising crime and criminals" over a post on her X
account. In Kocaeli, journalist Cihat Polat received a suspended
10-month prison sentence for "violating the inviolability of a
residence" after attempting to report on a structure alleged to have
been built illegally. The property belonged to Esra Yargıcı, the sister
of Radiye Sezer Katırcıoğlu, a Kocaeli lawmaker from the ruling Justice
and Development Party (AKP), and Katırcıoğlu's adviser Bülent Yargıcı.
Journalist Timur Soykan was prosecuted on charges of "publicly
disseminating misleading information" and "publicly inciting the
commission of a crime" over a post on X following the detention of
Adıyaman Mayor Abdurrahman Tuttere. The post read: "The coup continues.
The will of the people is being usurped. The ballot box is losing its
meaning." Soykan was acquitted. BirGün reporter Sarya Toprak was also
acquitted after standing trial on charges of "publicly disseminating
misleading information" over a report about a detained student titled
"Don't steal Esila's life and hope."
Seven journalists arrested in three months, Yanardağ held hostage
Pretrial detention, considered an exceptional measure under modern
legal standards, is anything but exceptional when it comes to critical
or independent journalists in Turkey. In just the past three months, at
least seven journalists, Tuğba Tekerek, Ali Tarakcı, Selahattin Günday,
Oya Lale Arslan, Fatih Ergin, İrem Delice and Fatma Sibel Gürcihan,
were arrested on allegations including "publicly disseminating
misleading information" (disinformation), "violating the National
Intelligence Organization (MİT) Law" and "LGBT propaganda." At least
five of these arrests were based on Article 217/A of the Turkish Penal
Code, the so-called "disinformation" provision introduced in October
2022. At the time, then-Justice Minister Bekir Bozdağ had misled the
public by promising that the provision would be applied only in cases
of public outrage.
The judiciary continues to refuse to release TELE1 editor-in-chief
Merdan Yanardağ, citing the lack of a response from MİT. Yanardağ has
been arbitrarily held in pretrial detention for 11 months on "political
espionage" charges in a case involving three other defendants,
including İstanbul Metropolitan Mayor Ekrem İmamoğlu. (BIA, 21 Oct 2026)
Another journalist detained over reporting on
Turkey's investment fund
crisis
Journalist Bahadır Özgür, a columnist and television host at Halk TV,
has been detained on suspicion of violating the confidentiality of an
investigation into an investment fund scandal in Turkey.
Bengü Şap-Babaeker, editor-in-chief of Halk TV's web portal, announced
the detention on social media. Police detained Özgür at his home and
took him to the İstanbul Security Directorate according to Evrensel
newspaper.
The detention follows an Oct 13 report by Özgür about asset freezes
imposed in connection with the fund investigation.
In the article, titled "Another 'inadvertent inclusion' on the fund
fraud list!", Özgür reported that prosecutors had sent relevant
institutions a list of 141 people subject to asset freezes. The list
included former minister Fatma Betül Sayan Kaya and her husband, İlyas
Kaya.
According to Özgür, the prosecutor's office sent another letter on Oct
13 stating that 29 people had been included on the list
"inadvertently." Among those named were Enver Çevik and Kemal Akkaya.
The İstanbul Chief Public Prosecutor's Office issued a statement the
same day, saying it had not ordered any new asset freezes.
Prosecutors said information about certain restrictions that had
previously been lifted had mistakenly not reached the relevant
institutions. The office said it had corrected the error through a new
letter and that asset freezes remained in place for 109 people.
Journalists targeted over commentary on the fund crisis
Özgür's detention follows legal action against other journalists over
their reporting on the fund crisis.
Four journalists have been placed in pretrial detention or under house
arrest in connection with the probe.
Journalist Şaban Sevinç and Sözcü editor Mustafa Balcı were placed in
pretrial detention on Oct 9 on charges of "publicly disseminating
misleading information."
Journalists İsmail Saymaz and Murat Ağırel were placed under house
arrest on the same charges.
Authorities have also blocked access to dozens of social media
accounts, including those belonging to economists who posted about the
fund scandal. (BIA, 16 oct 2026)
İsmail Kızıl Doğan
Government seizes control of 10 TV channels in
less than two years
Halk TV, one of Turkey's largest pro-opposition television channels,
became the latest media outlet to be placed under government-appointed
trustees today.
Police raided Halk TV's headquarters in İstanbul at around 5.15 am,
taking the channel off the air and preventing employees from entering
the building. The seizure took place as part of a financial crimes
investigation into the channel's owner.
The broadcaster became the tenth television channel taken under control
by the Savings Deposit Insurance Fund (TMSF) since Mar 2025.
Before Halk TV, TELE1, another pro-opposition channel, was seized in
Oct 2025, after its founder and editor-in-chief, Merdan Yanardağ, was
taken into custody as part of a "political espionage" investigation.
Yanardağ was placed in pretrial detention on Oct 27, 2025 and remains
in prison.
After taking control of the channel, the trustees suspended live news
broadcasts. Documentaries replaced news programs, and the publication
of new stories on TELE1's website was blocked.
Days later, most TELE1 journalists, including presenters, executives,
columnists and other staff members, resigned en masse, citing
interference with the channel's editorial policy.
They launched an online news channel called TELE2 Haber in Nov 2025.
However, before it could complete its first year, the Radio and
Television Supreme Council (RTÜK) required it to obtain licenses for
online broadcasting. The channel announced that it could not afford the
combined cost of two licenses, totaling more than 2.3 million liras
(~46,500 US dollars), and ceased operations in October 2026.
The wave of trustee appointments at television broadcasters began with
Flash Haber TV in March last year.
Mar 14, 2025 – Flash Haber TV: As part of an illegal betting
investigation by the İstanbul Chief Public Prosecutor's Office,
authorities seized 23 companies, including Flash Haber TV, Pozitifbank
and Payfix, owned by Erkan Kork. The TMSF was appointed trustee to
oversee their management.
Aug 11, 2025 – Ekotürk TV: An illegal betting investigation targeting
electronic money company Papara was extended to Ekotürk TV, an economic
news channel in which the company held a stake. Management of the
broadcaster was transferred to the TMSF.
Sep 11, 2025 – Six Can Holding channels: An investigation into Can
Holding resulted in trustee appointments at 121 companies. Six
television channels owned by the group, Habertürk TV, Show TV,
Bloomberg HT, HT Spor, Show Türk and Show Max, were also placed under
TMSF management.
Oct 24, 2025 – TELE1: Trustees were appointed to the channel following
the detention of Merdan Yanardağ in a political espionage
investigation. News broadcasts were subsequently suspended.
Oct 14, 2026 – Halk TV: Authorities seized control of Halk TV's
management as part of an investigation involving Cafer Mahiroğlu. The
channel's live broadcast was interrupted. (BIA, 14 oct 2026)
4 more journalists arrested for ‘spreading
disinformation’ as media
crackdown intensifies
Turkey’s ongoing crackdown on independent media is continuing at an
alarming pace with four more journalists arrested and placed under
house arrest over the weekend on suspicion of publicly spreading
disinformation, the Committee to Protect Journalists said Monday.
On October 9, Turkish police questioned Mustafa Balcı and İsmail Saymaz
from the independent Sözcü media outlet, freelancer Şaban Sevinç, and
Murat Ağırel, who works for the independent Cumhuriyet and Onlar news
outlets, about their reporting on a recent investment fund scandal.
Later that same day, an Istanbul court arrested Balcı and Sevinç on
suspicion of “publicly spreading disinformation.” Saymaz and Ağırel,
who were released after questioning on October 9 under judicial control
– meaning a foreign travel ban and regular check-ins with the police –
were placed under house arrest on October 10 after the prosecution
lodged an objection to their releases.
“By arresting Mustafa Balcı and Şaban Sevinç and placing İsmail Saymaz
and Murat Ağırel under house arrest on suspicion of publicly spreading
disinformation, Turkey continues to erode press freedom at an alarming
rate. We are reaching a crisis point with at least 22 journalists
arrested or detained under the disinformation law this year alone,”
said Özgür Öğret, CPJ’s Turkey representative. “All of the journalists
who were either imprisoned or placed under house arrest must be
immediately freed and Turkey’s disinformation law should be abolished
without delay.”
At the time of publishing, CPJ could not determine what content
produced by Balcı and Sevinç formed the basis of their arrests. After
he was summoned by the police to testify, Balcı said in a post on X
that he believed he was going to be questioned about his reporting on
the investment fund scandal.
Saymaz and Ağırel were questioned about their participation in a live
broadcast on Sözcü TV on October 7. Writing in their regular columns in
Sözcü and Cumhuriyet on Monday, they denied spreading disinformation.
These new arrests come after Faruk Acar, deputy chair of the ruling AKP
party in charge of publicity and media, threatened journalists who
report so-called false news in comments posted on X on October 8.
Turkish authorities have also blocked access to thousands of social
media accounts belonging to journalists and rights defenders as part of
the media crackdown.
CPJ emailed the Istanbul Chief Public Prosecutor’s Office for comment
but did not receive a reply. (CPJ, 15 oct 2026)
La
Turquie veut "détourner l'attention" d'un scandale
boursier, selon le PDG d'une TV saisie
Le pouvoir turc tente par tous les moyens de "détourner l'attention" de
l'opinion sur un scandale boursier qui met en cause sa probité,
affirme, dans un entretien exclusif avec l'AFP, le PDG d'une chaîne
d'information désormais neutralisée.
De sa résidence de Londres où il vit depuis quelques années, Cafer
Mahiroglu a assisté impuissant, mercredi à l'aube, à l'irruption dans
les locaux de Halk TV de policiers équipés de casques et de boucliers
anti-émeute.
Quatre journalistes ont été arrêtés, suivis de sept membres de sa
famille, dans le cadre d'une enquête pour "corruption, trucage d'appels
d'offres et blanchiment", selon le bureau du procureur d'Istanbul.
Jeudi, la rédactrice en chef du site de Halk TV a annoncé sur le réseau
social X l'arrestation d'un cinquième journaliste, au coeur de la
couverture du scandale boursier.
Les autorités ont récemment indiqué vouloir sanctionner la violation du
secret de l'instruction.
Tout en niant les faits reprochés, Cafer Mahiroglu, qui est sous le
coup d'un mandat d'arrêt, dénonce une manoeuvre destinée à sortir des
unes des médias l'envahissante affaire des fonds d'investissements
turcs.
Des sommes colossales (15 milliards d'euros, selon les médias
officiels) "ont été siphonnées à l'étranger, sorties clandestinement"
et les autorités "essaient de modifier l'ordre du jour en nommant un
administrateur à Halk TV", a-t-il affirmé à son domicile de la capitale
britannique.
Pour lui, l'opération vise "à empêcher qu'on en débatte, à détourner
l'attention et déplacer le sujet de la conversation".
Car le sujet secoue chaque jour un peu plus l'échiquier politique turc
depuis la liquidation, en août, de 131 fonds d'investissement aux
actifs tous plus toxiques les uns que les autres.
- "N'importe qui demain" -
Un demi-million de petits épargnants ont été spoliés et de hauts
responsables du pouvoir sont sur la sellette, fragilisant autant le
gouvernement que l'AKP (Parti de la justice et du développement,
islamo-conservateur) du président Recep Tayyip Erdogan.
Les autorités ont promis de rembourser les victimes et de ne laisser
aucune infraction impunie. Mais le message passe mal.
Soupçonnée de s'être enrichie avec son mari dans l'affaire, une
ex-ministre et haute responsable de l'AKP a dû démissionner de toutes
ses fonctions. Mais elle est la risée des réseaux sociaux, faute d'être
poursuivie.
Deux ministres actuellement en poste ont aussi été dénoncés par
l'opposition, qui menace de sortir d'autres noms si rien n'est fait
pour porter les responsables présumés devant les tribunaux.
Pour Cafer Mahiroglu, c'est bien dans ce contexte-là qu'il faut
observer l'émoi qu'a provoqué la saisie de Halk TV, première chaîne
d'information nationale en termes d'audience. "La même chose peut
arriver à n'importe qui demain", affirme-t-il.
De fait, la coupure de faisceau de Halk TV intervient deux semaines
après le blocage du site d'information indépendant T24, l'un des plus
importants du pays, accusé de "propagande LGBT". Et un an après la
prise de contrôle par le pouvoir de la chaîne d'opposition Tele 1,
depuis rentrée dans le rang.
Mi-septembre, les autorités ont aussi lancé une campagne contre les
milieux LGBT, appelée "Ma famille est en sécurité". En outre, de
nombreux élus de l'opposition ont été suspendus ou arrêtés depuis deux
ans, permettant progressivement à l'AKP de reprendre des couleurs après
sa défaite aux élections municipales de 2024.
- "Nous continuerons sur YouTube" -
Pour autant, le PDG refuse d'abdiquer. "Nous traversons une
période où
ce que l'on pensait autrefois impossible peut se produire (...). La
barre a été placée si haut qu'il est vraiment très difficile de prévoir
où sera la limite."
Malgré la nomination d'un administrateur à la tête de sa chaîne, "nous
continuerons nos émissions sur YouTube. Si possible, sur d'autres
plateformes également (...). Je n'ai aucune intention d'abandonner Halk
TV. Je repousserai mes limites jusqu'au bout", promet-il.
"Cette chaîne est la bouée de sauvetage du peuple turc. Les tentatives
de réduire au silence les médias au moyen d'un système aussi répressif
(...) n'ont jamais abouti".
Et le PDG d'insister : "si un Cafer ou une Halk TV disparaît, dix
autres apparaîtront".
Sur son cas judiciaire, l'homme d'affaires assure pouvoir prouver son
honnêteté. "J'ai vécu toute ma vie dans mon pays et y ai mené ma vie
professionnelle. Et je n'ai jamais eu le moindre problème, jusqu'à ce
que j'achète Halk TV et commence à diffuser de manière démocratique,
dans un pays démocratique", martèle-t-il.
Son combat, il en est convaincu, ne fait que commencer. "Le peuple turc
peut tolérer beaucoup de choses (...) Mais il ne peut supporter
longtemps une injustice qui heurte sa conscience." (AFP, 15 oct 2026)
Télévision
: des députés de l'opposition portent un bandeau
sur les yeux
Des députés de l'opposition turque ont participé mercredi à une
commission parlementaire avec un bandeau noir sur les yeux pour
protester contre la prise de contrôle par le pouvoir d'une chaine
d'information privée.
Les membres du Parti Yeni (Nouveau) ont siégé en commission du Plan et
du Budget avec un sparadrap sur les yeux et sur la bouche, une scène
filmée par l'agence Anka et diffusée sur X par le site Medyascope.
La police turque a pris le contrôle à l'aube du siège de la principale
chaîne d'opposition et interpellé onze de ses salariés, dernier avatar
d'une vaste campagne du pouvoir contre les milieux médiatiques,
politiques et associatifs du pays.
Cette saisie de la chaîne d'information la plus regardée du pays
provoque un émoi considérable.
A Istanbul, Ali Mahir Basarir, député Yeni, a dénoncé une "décision
attristante et honteuse" devant les locaux de la chaîne.
"Il ne reste en Turquie que trois ou quatre chaînes qui disent la
vérité, les faits - je ne dis pas +d'opposition+, mais qui peuvent
jouer ce rôle d'opposition en rapportant exactement ce qu'elles voient,
tel que c'est", a-t-il déclaré.
"Le but ici, c'est de faire taire. Le but ici, c'est d'empêcher le
questionnement et l'expression de la vérité", a-t-il ajouté. (AFP, 14
oct 2026)
Le
pouvoir prend le contrôle de la principale
télévision de l'opposition
La police turque a pris le contrôle mercredi du siège de la principale
chaîne privée d'opposition et interpellé onze de ses salariés, dernier
avatar d'une vaste campagne du pouvoir contre les milieux médiatiques,
politiques et associatifs du pays.
La chaîne et le bureau du procureur d'Istanbul ont annoncé
l'information concomitamment en tout début de journée.
"La police est dans le bâtiment de Halk TV. Un administrateur est
désigné (pour prendre le contrôle de la chaîne, NDLR). La diffusion en
direct a été interrompue", a-t-elle affirmé sur X.
"Des mandats d'arrêt ont été émis contre 17 personnes et 11 personnes
ont été placées en garde à vue lors d'opérations simultanées" dans le
cadre d'une enquête sur "la corruption, le trucage d'appels d'offres et
le blanchiment d'argent", a annoncé de son côté le bureau du procureur
d'Istanbul, cité par les médias turcs.
La prise de contrôle de Halk TV intervient deux semaines après le
blocage du site d'information indépendant T24, l'un des plus importants
du pays, accusé de "propagande LGBT".
Les journalistes et médias d'opposition sont constamment visés par la
justice turque pour une série d'infractions présumées, allant de la
diffamation à l'insulte au président Recep Tayyip Erdogan, en passant
par la corruption ou la diffusion de fausses nouvelles.
Un total de 17 journalistes sont actuellement détenus, selon le
Syndicat des journalistes de Turquie.
Le tour de vis concerne aussi les milieux politiques, avec les
arrestations de nombreux élus des partis de l'opposition.
La pouvoir a par ailleurs lancé mi-septembre un vaste coup de filet
dans les milieux LGBT, en investissant les sièges d'organisations
militantes et en bloquant leurs comptes de réseaux sociaux.
Un grand nombre de personnes sont là aussi sous les verrous pour
divers chefs d'accusations.
Il y a un an quasiment jour pour jour, les autorités avaient pris le
contrôle de la chaîne de télévision d'opposition Tele l et arrêté son
rédacteur-en-chef.
- "Arbitraire" -
"La nomination d'administrateurs à la tête de Halk TV après Tele
1, et
l'attention exclusive portée par le pouvoir judiciaire aux émissions
critiques, laissent présager que le journalisme indépendant en Turquie
pourrait bien être en voie de disparition", a affirmé à l'AFP le
défenseur de la liberté de la presse, Erol Önderoglu.
L'administration de la chaîne a été confiée au Fonds d'assurance des
dépôts d'épargne (TMSF), un organisme public, a ajouté le bureau du
procureur.
Les équipements de la télévision "ont été saisis. Notre chaîne est
officiellement assiégée. Je ne peux toujours pas accéder au bâtiment où
je travaille depuis cinq ans", a écrit sur X la journaliste Gamze
Altunay.
Dans une vidéo partagée par Halk TV sur le même réseau social, on peut
voir le rédacteur en chef, Suat Toktas, en train de parler avec
l'administrateur désigné pour le convaincre de ne pas couper le direct.
"Ce qui est en train de se passer est hors la loi", clame-t-il.
La police a commencé sa perquisition aux alentours de 05H30 (02H30 GMT)
et empêche les employés d'entrer dans le bâtiment, a précisé la chaîne.
"Faire irruption dans une chaîne de télévision à l'aube et nommer un
administrateur est une chose que seuls les dictateurs feraient.
Malheureusement, c'est ce qu'ils ont fait à notre pays", a dénoncé sur
X le chef du principal parti de l'opposition, Özgür Özel.
"L'arbitraire dont le pouvoir politique s'est servi ces dernières
années pour régler les problèmes a une fois de plus frappé la liberté
de la presse. (...) Nous refusons cette tyrannie", a affirmé de son
côté le Syndicat des journalistes de Turquie.
Selon la loi turque, un administrateur ou tuteur peut être désigné par
les autorités pour prendre le contrôle d'une entreprise, ainsi que des
municipalités, en cas d'enquête ou mandat d'arrêt visant ses
dirigeants. (AFP, 14 oct 2026)
La
Turquie interdit les réseaux sociaux aux moins de 15
ans
La Turquie a interdit samedi l'usage des réseaux sociaux aux moins de
15 ans, rejoignant un nombre croissant de pays dans le monde soucieux
de protéger les enfants et adolescents contre les méfaits des
plateformes.
La gazette officielle a publié la décision après l'adoption d'une loi
au parlement en avril. Elle sera effective au 1er novembre.
Les fournisseurs de réseaux sociaux doivent "prendre les mesures
techniques et administratives nécessaires, y compris la vérification de
l'âge, pour mettre en oeuvre" la protection des jeunes, stipule le
texte.
"Aucun service susceptible de produire un effet addictif chez les
enfants ne peut être proposé", ajoute-t-il notamment.
De plus en plus de pays dans le monde ont commencé, ou réfléchissent, à
interdire les réseaux sociaux pour les enfants, pour les protéger des
risques liés au numérique : addiction aux écrans, manque de sommeil,
harcèlement, troubles alimentaires, etc.
La loi intervient pour autant dans une période de restrictions de la
liberté d'expression en Turquie, dans les milieux LGBT, les médias,
l'espace politique.
De nombreux comptes de réseaux sociaux ont été bloqués ces dernières
semaines. (AFP, 10 oct 2026)
Scandale
boursier en Turquie: deux journalistes
arrêtés pour "informations trompeuses"
Deux journalistes ont été placés vendredi en détention provisoire pour
avoir prétendument diffusé de fausses informations sur un scandale de
fonds d'investissement, tandis que deux autres ont été libérés sous
conditions, selon les médias.
Les quatre journalistes ont tous été interpellés vendredi en raison de
contenus qui soulevaient également des questions sur l'implication de
hauts responsables de l'AKP, le parti au pouvoir.
Le tribunal a ordonné l'incarcération, dans l'attente de leur procès,
de Mustafa Balci du quotidien d'opposition Sozcu et de Saban Sevinc de
la chaîne d'information en ligne Bizim TV, pour avoir publié sur X une
image suggérant un lien entre le porte-parole de l'AKP, Omer Celik, et
l'un des principaux suspects liés au fonds d'investissement.
Mais le tribunal a accordé une libération conditionnelle à deux autres
journalistes - Ismail Saymaz et Murat Agirel de Sozcu TV - qui étaient
visés dans une plainte déposée par le ministre du commerce à la suite
d'un reportage mettant en cause ses liens avec le scandale.
L'échiquier politique turc est bouleversé depuis quelques semaines par
cette affaire, dans laquelle le gendarme de la bourse (SPK) a liquidé
sept sociétés qui géraient 131 fonds d'investissement.
Leurs actifs toxiques ont été évalués à environ 17 milliards de dollars
par la presse locale, pour quelque 455.000 petits épargnants lésés.
L'opposition et certains médias accusent des personnalités au pouvoir
de s'être illégalement enrichies. Une responsable de haut rang de l'AKP
a même déjà dû démissionner.
Le principal parti de l'opposition, Yeni (Nouveau), a accusé jeudi
nommément deux ministres de malversation, accentuant ainsi la pression
sur le président turc Recep Tayyip Erdogan.
Le ministre du Commerce Ömer Bolat et la ministre de la Famille Mahinur
Özdemir Göktas ont tous les deux nié les accusations.
"Nous sommes confrontés à un tissu de mensonges, à une campagne de
diffamation qui s'attaque à notre gouvernement", a dénoncé vendredi le
secrétaire général de l'AKP, Eyyup Kadir Inan, sur la chaîne privée
turque NTV.
- Mensonges et calomnies -
"Nous ne laisserons pas notre parti et notre gouvernement être
pris
pour cible, que ce soit de la part du Parti Yeni, ou bien de ces
journalistes qu'ils payent pour qu'ils leur servent de porte-parole",
a-t-il affirmé, promettant qu'Özgür Özel, le chef du parti Yeni, et ses
alliés "(paieraient) pour ces mensonges et calomnies".
La ministre de la Famille a de son côté annoncé sur X qu'elle portait
plainte pour accusations mensongères.
Elle a aussi menacé les médias qui ont "diffusé ces calomnies", clamant
que "la liberté de la presse ne (pouvait) servir de bouclier à une
entreprise de diffamation".
Dans un entretien au journal Sabah, le ministre de la Justice a pour sa
part affirmé que 141 individus et 73 entités légales avaient enregistré
des profits records dans cette affaire.
Selon Akin Gürlek, "les procureurs demanderont que ces sommes soient
versées sur un compte de restitution volontaire" avant d'être
redistribuées aux victimes.
Un projet de loi prévoyant cette procédure de remboursement doit être
présenté par le parti au pouvoir.
Le ministre avait déjà assuré qu'un remboursement ne permettrait pas
aux personnes concernées d'échapper à des poursuites, un sujet qui
obnubile les médias et responsables politiques de l'opposition.
Dans la même affaire, le ministre du Commerce a porté plainte jeudi
contre deux autres journalistes de la chaîne Sozcu TV et du journal
Cumhuriyet.
Ils sont également poursuivis pour diffusion d'informations trompeuses.
(AFP, 9 oct 2026)
Court orders access ban on bianet’s X account
An İstanbul court has ordered an access ban on the X account of bianet
and several journalists, citing "the protection of national security
and public order."
The Bakırköy 7th Penal Judgeship of Peace issued the decision on Sep
30, 2026. The ruling also targeted the accounts of several journalists,
including İrfan Değirmenci, Şirin Payzın, Burak Acerakis, Erdal Sağlam,
Dinçer Gökçe, Sarya Toprak, Esra Tokat and Furkan Karabay, according to
the Freedom of Expression Association (İFÖD), a group monitoring online
censorship.
While X made some of the accounts unavailable in Turkey following the
decision, bianet’s account remained accessible at the time of
publication.
The same X accounts belonging to Değirmenci and Payzın were also
blocked under a Sep 16 decision.
bianet’s X account had previously been targeted by an access-ban order
during the countrywide protests in March last year, which began after
then-İstanbul Mayor Ekrem İmamoğlu's detention. X did not enforce that
decision.
X typically implements most of access-ban orders it receives from
Turkish authorities.
The latest ruling comes amid a wave of online censorship in Turkey
since last month. Hundreds of X accounts, including those of rights
groups and activists, were blocked as part of the “My Family Is Safe”
operations targeting the LGBTI+ community.
The blocked accounts included those of the İFÖD.
The website and social media accounts of independent news outlet T24
were also blocked over articles about the LGBTI+ community. (BIA,7 oct
2026)
Journalist
Derya Okatan jailed over classified files found
on drive seized separate probe
Journalist and DİSK Basın-İş union's disciplinary board member Derya
Okatan sent a message from prison following her arrest on Oct 2.
Okatan, who was transferred to Bakırköy Women’s Closed Prison, said in
her message that she was in good health and good spirits:
“Unfortunately, in the 20th year of my career, I too have now seen the
prisons that almost every journalist in Turkey passes through at least
once... But I’m in good health and good spirits. I hope the mistake
that led to my arrest will be resolved as soon as possible and that I
will return to you. Thank you very much to everyone who has shown
solidarity. My greetings and love to all my friends....”
Jailed over a drive seized in 2019
Okatan was arrested over an external hard drive that had been seized in
2019 as part of a separate investigation.
The İstanbul Provincial Gendarmerie Command said it found PowerPoint,
Word, Excel and PDF files in a folder on the drive.
The İstanbul 1st Penal Judgeship of Peace ordered Okatan’s arrest after
concluding that the files included “classified documents concerning
Çorum and Tokat that should only be in the possession of security
forces.”
During questioning by the judgeship, Okatan said the drive had
previously been seized as part of another investigation. She said she
used it to store her movie archive and had nothing to do with the
documents:
“The hard drive, said to be a WD drive, contains data believed to have
been produced by the state. Most of it is intelligence information. I
saw these for the first time at the gendarmerie. I’ve had this external
drive for quite a long time. I don’t know whether someone else put them
on it or what happened, but there has clearly been a mistake.” (BIA, 5
oct 2026)
Le
compte X d'une journaliste britannique de
Sky News bloqué en Turquie
Le compte X de la correspondante britannique de Sky News en Turquie a
été bloqué lundi, a-t-elle confirmé à l'AFP, dans le cadre d'une
campagne qu'une organisation de défense des droits qualifie de "vague
de censure devenue un tsunami".
Alex Crawford a expliqué avoir reçu deux notifications, dont une lundi,
avant que son compte devienne inaccessible. La chaîne "va contester (la
décision), par principe", a-t-elle précisé.
Ce compte faisait partie de ceux visés en septembre par la justice
turque dans une enquête pour "obscénité", selon l'organisation IFÖD
(Association pour la liberté d'expression).
Le gouvernement islamo-conservateur du président Recep Tayyip Erdogan
mène depuis la mi-septembre une vaste campagne contre les clubs,
groupes et associations LGBT+, appelée "Ma famille est en sécurité".
Mais la campagne dépasse le seul milieu LGBT+.
"Le blocage s'est étendu à un très large éventail d'acteurs" -
journalistes et médias divers, défenseurs des droits, organisations de
femmes, universitaires, économistes, milieux politiques et religieux -
déplore IFÖD. "La vague de censure est devenue un tsunami".
Selon IFÖD, au moins 1.275 comptes sur la plateforme X ont été rendus
inaccessibles en septembre. "Le nombre de comptes bloqués en un seul
mois a dépassé le total de l'année dernière", expliquait-elle en fin de
semaine dernière, dénonçant un "confinement numérique".
Un total de 995 comptes avaient déjà été bloqués en 2025, année marquée
par l'arrestation du maire d'Istanbul Ekrem Imamoglu, qui avait
déclenché les pires manifestations de rue qu'ait connues la Turquie
depuis plus de dix ans.
De nombreux autres maires de l'opposition ont été arrêtés depuis 2024,
dont celui de Mersin, une grande ville du sud du pays, pour corruption
présumée la semaine dernière. (AFP, 5 oct 2026)
Turkey
bans online censorship monitor’s X account
A court has issued an access-blocking order for the X account of
EngelliWeb, a project that monitors and documents online censorship
decisions in Turkey.
The Freedom of Expression Association (İFÖD), which runs EngelliWeb,
announced the decision. At the time of publication, X had not yet made
the account inaccessible from Turkey.
The court that issued the order and its legal basis were not
immediately known.
The decision follows a recent access ban on the X account of Yaman
Akdeniz, one of İFÖD’s founders. X subsequently withheld Akdeniz’s
account in Turkey.
The blocking orders come amid a broader wave of online censorship in
Turkey, with hundreds of social media accounts restricted in recent
weeks. The wave began with anti-LGBTI+ operations on Sep 12 and
continued with bans targeting accounts posting about an investment fund
crisis that led to the liquidation of billions of liras. Journalists,
academics and rights groups were among those affected.
What is EngelliWeb?
EngelliWeb tracks access-blocking and content-removal decisions
involving websites, news reports, social media accounts and other
online content in Turkey. Its website archives the measures according
to their legal basis and the authorities that issued them.
According to İFÖD’s EngelliWeb 2025 report, published in June, over 1.5
URLs had been blocked in Turkey by the end of last year.
The report said the restrictions were imposed through nearly 1.3
million decisions issued by 875 different institutions and judgeships.
Some notices published on EngelliWeb’s own website have also previously
been blocked by court orders. (BIA, Oct 1, 2026)
La
Turquie ferme le site d'information en ligne T24
pour "propagande LGBT"
Les autorités turques ont annoncé mercredi la fermeture du site
d'information indépendant T24, l'un des plus importants du pays, lui
reprochant sa "propagande LGBT" dans le cadre d'une campagne de
répression entamée mi-septembre.
Le site s'est vu notifier officiellement cette décision du ministère de
la Justice en milieu d'après-midi. Il n'est plus accessible depuis la
Turquie sans VPN.
Selon le communiqué du ministère, "les comptes internet et réseaux
sociaux de T24, un portail d'information en ligne ayant publié 118
contenus de propagande LGBT l'année dernière, ont été fermés par le
tribunal de première instance d'Istanbul. La décision a été transmise à
la Direction de la cybersécurité pour exécution".
Le site et son compte X ont été fermés par une ordonnance d'un tribunal
stambouliote datée du mardi 29 septembre, selon EngelliWeb, qui
surveille la censure d'internet en Turquie.
Dans le cadre d'une campagne appelée "Ma famille est en sécurité", un
vaste coup de filet s'est abattu sur le milieu LGBT+ en Turquie le 12
septembre, avant la fermeture de nombreux comptes de réseaux sociaux.
Les autorités ont par la suite procédé à des dizaines d'arrestations
suite à des manifestations dans les trois plus grandes villes du pays,
Ankara, Istanbul et Izmir (ouest).
Le gouvernement a promis de poursuivre cette campagne malgré notamment
les protestations de l'Union européenne et de quelques ONG
internationales.
"Un État ne peut pas être gouverné de cette manière", a protesté sur X
le chef de l'opposition, Özgür Özel. "Nous ne nous sommes jamais soumis
à cette répression, à cet état d'esprit autoritaire, et nous ne le
ferons jamais".
- Les LGBT, "des pervers" -
Dans la rédaction de T24, on décrivait cette mesure comme le
point culminant d'une pression croissante.
"Nous sommes l'un des médias numériques indépendants les plus
importants de Turquie. Nous faisons l'objet d'une campagne de
harcèlement sur les réseaux sociaux depuis quelques jours", a expliqué
à l'AFP Buse Sögütlü, rédactrice au service international de T24.
"Certains comptes sur les réseaux sociaux affirment que T24 reçoit des
fonds de l'étranger pour protéger le mouvement LGBTQ", a-t-elle
affirmé. Mais "c'est bien plus large que cette campagne. C'est une
attaque contre l'activité journalistique elle-même".
T24 dispose d'un siège à Istanbul et d'un bureau dans la capitale,
Ankara. Au total, le site emploie environ 40 employés, y compris pour
sa chaîne YouTube et ses comptes sur les réseaux, selon la journaliste.
L'homosexualité n'est pas réprimée pénalement en Turquie, mais elle est
largement réprouvée et l'homophobie y est répandue jusqu'au sommet de
l'État. Le président Recep Tayyip Erdogan qualifie régulièrement les
LGBT+ de "pervers", auxquels il impute la chute drastique de la
natalité.
Dans un communiqué commun, une dizaine d'organisations représentatives
des journalistes en Turquie ont condamné cette mesure.
Nous considérons la décision de fermer T24, l'un des portails
d'information les plus lus du pays (...) et l'un des sites d'actualité
les plus établis (...), comme une attaque grave contre notre
profession" et une "une entrave directe au droit des citoyennes et
citoyens à l'information".
Les signataires ont exigé son annulation "sans délai", promettant de
"continuer à défendre" la profession.
La journaliste Tugba Tekerek, une des personnes arrêtées et toujours
incarcérée, a écrit dans une lettre publiée par le groupe de défense
des droits MLSA au quinzième jour de sa détention que sa
"détermination" à "se battre pour le journalisme, dans la quête
d'un
monde meilleur et d'un pays démocratique et libre, n'a pas vacillé le
moins du monde.
Elle a été arrêtée en lien avec un article qu'elle avait écrit sur la
communauté LGBTQ de Géorgie, avant les élections de 2024 dans le pays,
et qui avait été publié sur le site internet du principal groupe turc
de défense des droits LGBTQ, Kaos GL. (AFP, 30 sept 2026)
Turkey
arrests 2 more journalists as authorities
ramp up use of disinformation law to silence the press
Turkey is blatantly using its disinformation law to detain and arrest
journalists, with two more reporters arrested in recent days. The
Committee to Protect Journalists calls urgently on authorities to
repeal this poorly conceived legislation and release all those unjustly
held.
Ali Tarakçı, a journalist who broadcasts on YouTube, was arrested on
September 26 and Fatih Ergin, news coordinator for the left-wing
nationalist daily Nefes, was arrested on September 28, both on
suspicion of spreading disinformation.
“When the disinformation law came into force in 2022, Turkish
authorities promised it would not target journalists, but today we see
it being used with alarming regularity to silence journalists and
prevent them from doing their jobs,” said Özgür Öğret, CPJ’s Turkey
representative.
“Since the beginning of 2026 alone, more than a dozen journalists have
been detained or arrested under this legislation. This must stop. Ali
Tarakçı, Fatih Ergin and all journalists harassed, detained and
arrested under this law must be freed and the law itself should be
abolished at once.”
Tarakçı was taken into custody at his house around midnight on
September 25 and arrested pending trial by Ankara’s 8th Criminal Court
the next day on suspicion of “publicly spreading disinformation.”
His detention came after he posted on X on September 23 that “a very
important minister will resign on Friday”; local media linked his
arrest to this post. Tarakçı’s X account has since been blocked in
Turkey.
Ergin was taken into police custody in Istanbul on September 27, his
lawyer posted on X. Local media said his arrest was related to a
post
on X referring to the death of Turgay Tamer, a doctor who was
briefly
detained this month as part of a reopened investigation into the 2011
death in custody of former Turkish intelligence operative Kaşif
Kozinoğlu.
Ergin identified Tamer as a forensic expert in his post on X but later
corrected himself, and said he was a prison campus doctor.
This is the second arrest in recent weeks of a journalist in relation
to the reopened Kozinoğlu investigation. On September 12, Selahattin
Günday, a former broadcast reporter for the now closed Doğan News
Agency (DHA), was arrested on suspicion of exposing an intelligence
operative and illegally obtaining personal data while reporting on
Kozinoğlu in 2011.
CPJ emailed Turkey’s Justice Ministry for comment but did not receive a
reply. (CPJ, 29 sept 2026)
Condamné mais libéré jusqu'en appel, un humoriste
tient tête à Erdogan
Un spectacle satirique et une vidéo sur YouTube lui ont valu des
poursuites, il a amené sa verve jusque dans le tribunal. Un humoriste
turc a été condamné lundi à plus de 19 mois de prison mais libéré,
contre toute attente, jusqu'à la décision en appel.
Deniz Göktas, 32 ans, connu pour son humour pince-sans-rire et sa
satire politique grinçante, avait été interpellé le 2 juillet, puis
placé en détention provisoire le lendemain, une semaine après la mise
en ligne sur YouTube d'une vidéo de son spectacle, vue près de neuf
millions de fois.
Détenu dans la prison de haute sécurité de Karatepe, à 120 kilomètres
d'Istanbul, il était poursuivi pour insultes envers le président
Erdogan, insulte envers la religion et apologie du crime et des
criminels.
Après un procès de quelques heures, il a été déclaré coupable des deux
premiers chefs et relaxé du dernier. Contre toute attente, le tribunal
a toutefois ordonné sa remise en liberté dans l'attente de la décision
en appel.
Le comédien devait être ramené lundi dans sa prison puis libéré.
Devant une salle d'audience remplie de journalistes, de soutiens du
comédien et de dizaines de policiers, le vibrionnant trentenaire a
conquis la salle par son aisance et son absence délibérée de remords.
Il lui était notamment reproché d'avoir utilisé le terme de
"dictateur". Mais "il n'y a aucun élément criminel dans cette blague
sur les dictateurs", s'est-il défendu. "Dictateur n'est pas une
insulte, c'est une qualification politique".
"Il est président et chef du parti au pouvoir, qui dirige le pays
depuis 25 ans. Une émission de comédie politique dans laquelle le nom
de Recep Tayyip Erdogan n'est jamais mentionné n'aurait ni sincérité,
ni aucun lien avec le réel".
- Göktas "n'est pas seul !" -
Plusieurs milliers de personnes ont été poursuivies ces dernières
années en Turquie, en particulier pour "insulte au président", parfois
en raison de publications sur les réseaux sociaux vieilles de plusieurs
années.
Une campagne orchestrée par le gouvernement islamo-conservateur en
place, qui a visé responsables politiques, artistes, musiciens,
journalistes et militants LGBTQ+, entre autres.
Sous une pluie battante, une cinquantaine de manifestants abrités sous
des parapluies s'étaient rassemblés devant le palais de justice de
Çaglayan, à Istanbul, sous l'oeil de plusieurs dizaines de policiers,
en scandant : "Deniz Göktas n'est pas seul !", selon des journalistes
de l'AFP.
"L'inculpation repose sur l'idée de protéger nos fondements moraux et
nos valeurs. Mais l'humour aussi est une composante séculaire de la
culture de cette région", a déclaré le comédien à ses juges. "Il ne
devrait y avoir aucune place pour la censure, les interdictions ou la
détention pour des artistes qui montent sur scène".
Souriant, combatif, tribun, il a arraché des éclats de rire à la salle
en présentant sa défense. Tout en maintenant mordicus son
positionnement.
"Les lois protégeant la liberté d'expression n'ont pas changé (...).
Mais aujourd'hui, un humoriste est assis dans une cellule", a-t-il
relevé. "Ce qui a changé, c'est un pouvoir de plus en plus fragile, qui
ne supporte plus la plaisanterie".
Ce comédien, né à Ankara, a débuté sa carrière de stand-up au club de
comédie TuzBiber d'Istanbul en 2019. Il s'est depuis produit dans des
salles à travers l'Europe et les États-Unis.
Certains comédiens, qui se produisent actuellement dans cette salle,
étaient présents pour le soutenir ainsi que des diplomates néerlandais
et américains.
"On m'a enlevé trois mois de ma vie (en détention provisoire). J'ai
arrêté de fumer, donc je rajouterai de toute façon trois mois à la fin
de ma vie", a-t-il plaisanté, sous les applaudissements nourris de la
salle.
Devant le tribunal, Fatih Yilmaz, un stand-upper de 22 ans qui a débuté
il y a un an à Alanya (sud), revendiquait une filiation symbolique avec
Deniz Göktas : "Je n'ai pas peur de faire du stand-up après son
arrestation (...) (qui) m'a rendu fier. Sa fermeté et sa façon de
continuer à faire des plaisanteries depuis sa cellule me donnent de la
force".(AFP, 28 sept 2026)
Kurdish
Question / Question kurde
Syrie
: Les femmes interdites d’accès aux écoles de
défense et de sécurité
Kurdistan au féminin; 18 octobre 2026
Les autorités syriennes ont imposé des règles d’admission qui
interdisent aux femmes l’accès à la plupart des programmes de deux
nouvelles universités d’État spécialisées dans la défense et la
sécurité. Les candidatures ferment le 19 octobre 2026, a alerté Human
Rights Watch (HRW) dans un communiqué daté de 16 octobre 2026. Après
l’anéantissement des acquis de la révolution féministe initiée par les
Kurdes du Rojava, les femmes syriennes voient leurs droits les plus
élémentaires disparaitre sous le régime djihadiste d’al-Sharaa (Jolani).
Selon l’organisation, ces mesures discriminatoires violent clairement
les obligations juridiques internationales de la Syrie. Elles
s’inscrivent dans une série d’actions des autorités de transition qui
restreignent le rôle des femmes dans les institutions étatiques et
renforcent les stéréotypes de genre.
Le 30 septembre, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la
Recherche scientifique a annoncé que l’admission aux programmes de
droit, d’économie et de gestion, ainsi que de sciences sociales de
l’Université nationale des sciences de la défense est réservée aux
hommes. À l’Université syrienne des sciences de la sécurité, les femmes
ne peuvent postuler qu’aux filières de cybersécurité. À l’inverse,
certains cursus – formation d’enseignants en maternelle, programmes de
sage-femme et écoles d’infirmières de Damas et d’Alep – restent
réservés aux femmes.
« Les autorités syriennes reconstruisent l’armée et les forces de
sécurité sans les femmes », a déclaré Hiba Zayadin, conseillère
principale pour la Syrie à Human Rights Watch. « Les femmes ne peuvent
pas être formées comme officières, ni même étudier pour devenir
juristes ou administratrices militaires. C’est de la discrimination
pure et simple. »
À l’Université nationale des sciences de la défense, où le service
militaire est obligatoire, seuls les hommes peuvent intégrer les écoles
militaires (terre, marine, air) et la faculté des lettres et des
sciences administratives. Seule la faculté des sciences appliquées et
de technologie, ouverte aux femmes, n’impose aucun engagement
militaire. À l’Université des sciences de la sécurité, la faculté et
l’institut technique n’admettent que des hommes ; les diplômés doivent
servir pendant 10 à 20 ans dans les forces de sécurité intérieure.
Ces restrictions s’étendent aussi à d’autres instituts techniques
d’État (pétrole et gaz, chemins de fer) et à certains départements de
l’institut des médias d’Idlib. Les femmes peuvent encore étudier le
droit, l’économie ou les sciences sociales ailleurs et intégrer la
police via un institut distinct, mais elles sont de fait exclues de
l’armée. Cette exclusion s’est déjà manifestée dans le nord-est du
pays, où les autorités ont refusé en août d’intégrer les Unités de
protection des femmes (YPJ) aux côtés des combattants masculins.
Ces mesures contredisent la Déclaration constitutionnelle de mars 2025,
qui garantit l’égalité sans discrimination fondée sur le sexe et le
droit des femmes à l’éducation et au travail. Elles violent également
la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination
à l’égard des femmes (CEDAW), à laquelle la Syrie est partie, ainsi que
la résolution 1325 du Conseil de sécurité de l’ONU sur la participation
des femmes à la reconstruction post-conflit.
Depuis décembre 2024, les femmes restent largement marginalisées :
elles n’ont obtenu que 6 des 119 sièges lors des élections législatives
indirectes d’octobre 2025. Des responsables ont publiquement remis en
question leur aptitude à certains postes, et le gouverneur de Lattaquié
a même interdit en janvier 2026 le « maquillage excessif » aux
employées du secteur public.
HRW appelle le ministère de l’Enseignement supérieur à ouvrir
immédiatement les programmes de défense et de sécurité aux femmes avant
la clôture des candidatures, et les autorités de transition à supprimer
toutes les restrictions fondées sur le sexe. L’organisation demande
également aux gouvernements et donateurs de prioriser la fin de toute
discrimination dans le secteur de la sécurité.
« Les femmes sont sous-représentées au Parlement, dans la police et
dans certains services publics, et sont désormais exclues de l’armée »,
a conclu Hiba Zayadin. « Les autorités ont promis de respecter les
droits des femmes, mais leurs actions contredisent directement ces
promesses. »
La
Turquie confirme que le PKK a évacué quatre
bases du nord de l'Irak
Les services de renseignement turcs ont confirmé que la rébellion kurde
du PKK a évacué quatre bases du nord de l'Irak, étape majeure pour la
poursuite du processus de paix, ont rapporté lundi les médias officiels.
Ces bases situées dans les régions de Metina et de Baze "ont été
évacuées le 8 octobre 2026. Cette avancée démontre que le processus se
poursuit avec détermination", ont-il affirmé en citant des "sources
sécuritaires", ce qui désigne habituellement l'Organisation nationale
du renseignement turc (MIT).
Ankara et les responsables kurdes sont aujourd'hui d'accord pour mettre
fin à plus de quatre décennies d'une guérilla qui a fait quelque 50.000
morts, selon Ankara, même si de nombreux obstacles demeurent à la
concrétisation du projet.
Jeudi, le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) avait déclaré, via
l'agence de presse kurde Firat, avoir retiré récemment tous ses
combattants du territoire turc ainsi que des positions dans le nord de
l'Irak "afin que l'État turc ne les perçoive pas comme une menace".
Le mouvement accusait en parallèle le gouvernement du président Recep
Tayyip Erdogan de ne pas poursuivre le processus suffisamment
sincèrement et rapidement.
Et il revendiquait avoir effectué sa part de travail, deux mois après
l'adoption par le Parlement d'une loi historique ouvrant la voie à la
réintégration de ses militants armés.
- "Une Turquie libérée du terrorisme" -
Le texte conditionnait son application au fait que "les
institutions
de sécurité déterminent que l'organisation a cessé d'exister
effectivement et a remis toutes les armes et munitions sous son
contrôle".
L'objectif est d'assurer l'intégration dans la société des membres du
PKK "qui pourront rentrer au pays ultérieurement en bénéficiant de la
loi" grâce "à des programmes dans de nombreux domaines tels que
l'éducation et l'économie", a précisé lundi l'agence officielle Anadolu.
L'armée turque avait constamment frappé cette zone frontalière
stratégique du nord de l'Irak pendant la guerre. Le PKK y disposait de
bases et y a même abrité initialement son quartier général avant son
transfert plus à l'est, dans les monts Qandil, tout en y conservant une
forte présence.
La loi adoptée en août ne précisait pas quel sort serait réservé à
Abdullah Öcalan. Âgé de 77 ans et emprisonné depuis 1999 à l'isolement
sur l'île-prison d'Imrali, au sud d'Istanbul, il purge une peine de
prison à perpétuité.
Quatre sous-commissions ont été récemment créées par la Turquie pour
superviser la dissolution du PKK. Il participera à l'une d'elles,
consacrée au dépôt des armes du mouvement, mais sans être autorisé à
quitter sa prison.
Quelque 3.500 personnes détenues dans les prisons turques pour des
faits liés à la guérilla pourraient être libérées, la loi prévoyant de
suspendre les poursuites et l'exécution des peines des auteurs de
certaines infractions.
Le processus de paix est de fait constamment évoqué par les autorités
turques comme une de leurs grandes réussites, y compris par le
président Erdogan lui-même.
"Nous connaîtrons tous le jour où la paix remplacera la terreur (...),
a-t-il déclaré début octobre. "Nul ne pourra faire obstacle à notre
objectif d'une Turquie libérée du terrorisme". (AFP, 12 oct 2026)
Le
PKK reproche à Ankara son inaction et dit avoir
retiré ses combattants de Turquie
Le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) a dénoncé jeudi l'inaction
d'Ankara dans le processus de paix entamé en 2024, affirmant via
l'agence de presse kurde avoir retiré "il y a quelques jours" tous ses
combattants du territoire turc.
Le Parlement turc avait adopté début août une loi historique ouvrant la
voie à la réintégration des combattants du PKK, étape majeure du
processus de paix visant à mettre fin à plus de quatre décennies d'une
guérilla qui a fait quelque 50.000 morts, selon Ankara.
Le mouvement accuse le gouvernement du président Recep Tayyip Erdogan
de ne pas poursuivre le processus suffisamment sincèrement et
rapidement.
La rébellion kurde, "afin d'empêcher le gouvernement de l'AKP (parti au
pouvoir, ndlr) de se chercher des excuses ou de justifier son approche
insuffisante du processus, a complètement retiré il y a quelques jours
(ses) forces se trouvant en Turquie, lesquelles ne représentaient aucun
risque de conflit", a déclaré le mouvement à l'agence kurde Firat (ANF).
"Nous avons également évacué, à peu près au même moment, les quatre
tunnels de guerre et positions à Metina, à l'ouest de Zap (en Irak,
ndlr) afin que l'État turc ne les perçoive pas comme une menace", a
ajouté le mouvement.
L'armée turque avait, à plusieurs reprises, frappé cette région
notamment lors d'une vaste opération en avril 2022.
"Nous avons retiré toutes nos forces armées se trouvant à l'intérieur
et à l'extérieur de la Turquie, susceptibles d'être considérées comme
proches de la frontière", a insisté le PKK en précisant que "les
exigences de notre stratégie visant à mettre fin à la lutte armée
contre la Turquie et à entrer dans une lutte politique démocratique ont
été pleinement remplies".
En revanche selon lui, depuis le vote de la loi en août, "le
gouvernement de l'AKP n'a pris aucune mesure supplémentaire".
Dans le cadre de ce processus de paix historique, quatre
sous-commissions ont été récemment créées par Ankara afin de superviser
la dissolution du PKK, annoncée l'an passé en réponse à un appel en ce
sens de son chef historique, Abdullah Öcalan.
L'une d'elles, consacrée au dépôt des armes du PKK, accueillera M.
Öcalan lui même, sans que celui-ci ne soit toutefois autorisé à quitter
sa prison.
Il s'agissait d'une demande, entre autres, du parti prokurde DEM,
partie prenante du processus de paix.
La loi adoptée début août ne précisait pas quel sort serait réservé à
Öcalan. Âgé de 77 ans et emprisonné depuis 1999 à l'isolement sur
l'île-prison d'Imrali, au sud d'Istanbul, il purge une peine de prison
à perpétuité. (AFP, 8 oct 2026)
Dans
les régions kurdes de Syrie, les femmes
redoutent un retour au "point zéro"…
Il y a cinq ans, Rohêyu Delil vivait encore chez ses parents, dans un
village perdu du nord-est de la Syrie. Cette jeune Kurde aux yeux d'un
bleu translucide venait d'achever le collège, sans désir de poursuivre
ses études ni savoir ce qu'elle ferait de sa vie. De cette adolescence
sage mais sans horizon, elle retient surtout : "n'avoir jamais vraiment
eu conscience de qui [elle] était".
Elle a depuis rejoint les quelque 1 500 membres des Unités de
protection de la femme (YPJ). Créée en 2013, cette unité de femmes
combattantes s'est fait connaître à Kobané contre l'organisation État
islamique (EI), avant de se battre au sein des Forces démocratiques
syriennes (FDS) jusqu'à la chute de Baghouz, en 2019.
Pour Rohêyu Delil, ce choix a été "existentiel". La formation militaire
et idéologique qu'elle y a suivie a, dit-elle, bouleversé son rapport à
elle-même : "Je me suis construite ici." Elle évoque la hevaltiya jin,
la camaraderie entre femmes, comme une voie de transformation
personnelle qui l'a conduite à renoncer au mariage et à la maternité,
sans le ressentir comme un sacrifice.
Au Rojava, le rôle de ces femmes soldats dépasse le champ militaire.
"Notre combat est éminemment politique. Nous avons démontré qu'une
femme peut défendre ses droits sans qu'un père, un frère ou un mari la
représente", affirme leur porte-parole, Roxana Mohammed. Les YPJ sont
ainsi devenues le symbole d'une transformation profonde de la société
kurde avec, entre autres, l'accès des femmes aux responsabilités, la
coprésidence des institutions et la réforme du droit familial.
Ce modèle s'inspire du "confédéralisme démocratique "d'Abdullah Öcalan,
fondateur du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), emprisonné
depuis 1999. Mêlant féminisme, démocratie locale et héritage marxiste,
sa mise en œuvre s'est toutefois traduite par une organisation
verticale et fortement idéologisée.
Ses détracteurs accusent le Parti de l'union démocratique (PYD), qui
domine l'Administration autonome du Nord et de l'Est de la Syrie
(AANES), de marginaliser ses opposants, restreindre la liberté
d'opinion et imposer sa doctrine.
Aujourd'hui, l'intégration des Forces démocratiques syriennes (FDS) à
l'État syrien et la disparition programmée des institutions de l'AANES
menacent ces acquis. Dissoutes le 26 août en application de l'accord
conclu avec Damas après l'offensive éclair de janvier, les FDS doivent
rejoindre les structures nationales. Le processus est engagé pour les
hommes, mais le ministère de la Défense, qui ne compte aucune femme
dans ses rangs, refuse d'incorporer les YPJ dans ses effectifs.
"La pensée patriarcale domine sa hiérarchie. Certaines des factions qui
y ont été incorporées après la victoire [contre la dictature, NdlR] ne
sont pas prêtes à admettre notre présence", déplore Roxana Mohammed.
Ces combattantes sont en cours de rattachement au ministère de
l'Intérieur, mais au risque de perdre leur statut militaire et leur
autonomie. "Nous souhaitons a minima rester un bloc cohérent et être
déployées, pour l'heure, dans notre seule région : la confiance reste à
construire", souligne encore leur porte-parole.
Cette inquiétude traverse de même les structures de l'ancienne AANES.
En quatorze ans d'autonomie, la place des femmes s'est largement
améliorée. "Nous avons interdit la polygamie et le mariage des
mineures, instauré l'égalité entre filles et garçons en matière
d'héritage et permis aux femmes de témoigner sans être accompagnées
d'un tuteur garant de leur moralité. Nous luttons aussi contre les
violences domestiques", énumère Siham Mulla Ali, coordinatrice de
Kongra Star, principale organisation féminine de la région.
Au Rojava, ces dispositions ont même été consacrées par une "loi des
femmes" adoptée en 2014, puis complétée en 2022 par des mesures
relatives à la famille et aux enfants. Mais avec la réintégration, la
justice est appelée à appliquer de nouveau le droit syrien. Or celui-ci
autorise la polygamie, admet des dérogations au mariage des mineures et
maintient les inégalités successorales entre les sexes.
"Nous refusons que les femmes soient effacées, de nouveau
marginalisées", prévient Siham Mulla Ali. Dans les régions à dominante
arabe de Raqqa et Deir ez-Zor, passées depuis janvier sous la tutelle
de Damas, certaines lui ont déjà confié se sentir "revenues au point
zéro, à la situation d'avant 2011".
Kongra Star, qui rassemble des femmes arabes, kurdes, syriaques, ou
arméniennes, cherche désormais à élargir son action au-delà de la seule
région du nord-est pour "peser dans les futurs débats".
"Avant, même dans la société kurde, la femme n'existait pas en tant que
personne", témoigne Khouloud Abdo, coprésidente du Congrès de l'islam
démocratique d'Hassaké. Elle-même a dû affronter ses frères pour
étudier. "Les premières fois que je suis intervenue en public, je
tremblais, je bégayais. Je n'avais jamais eu d'espace pour m'exprimer."
Les larmes aux yeux, elle poursuit : "Nous avons tellement lutté pour
simplement exister, comme Kurdes et comme femmes. Imaginer que l'on
puisse nous arracher ces droits…"
Depuis 2014, chaque institution de l'AANES était en principe dirigée
par un homme et une femme aux pouvoirs équivalents. Contestée jusque
dans la société kurde, où certains y voyaient une parité plus formelle
que réelle, cette coprésidence garantissait néanmoins aux femmes une
place dans les instances de décision.
De prochains mois cruciaux pour le combat des femmes
Damas lui substitue désormais une direction unique. Selon Siham Mulla
Ali, de nombreuses femmes proposées à des fonctions élevées ont déjà
été écartées, tandis que les postes les plus prestigieux, comme celui
de gouverneur de Hassaké, sont revenus à des hommes. "On nous parle de
privilégier les compétences, mais les candidatures de femmes très
compétentes ont été balayées d'un revers", insiste-t-elle.
La bataille se joue désormais autour de la future Constitution
syrienne. Pour la militante de Kongra Star, une proclamation générale
d'égalité ne suffira pas : elle réclame des garanties contraignantes
sur les droits familiaux, la représentation politique et l'accès aux
responsabilités, ainsi que des mécanismes empêchant qu'une loi
ordinaire ou une décision administrative puisse les abolir.
Dans le camp des YPJ, sur les hauteurs du Jabal Kawkab, pas très loin
d'hassaké, le soleil couchant donne une teinte pâle au paysage
désertique. Engagée depuis six ans, Sosin Birhat veut croire
irréversible le mouvement auquel elle a consacré une large partie de sa
vie : "Les femmes ont trouvé leur chemin ; on ne peut plus revenir en
arrière. Les institutions peuvent disparaître, mais l'idée qu'elles ont
semée germera." (La Libre Belgique, Muriel Rozelier, 5 octobre 2026)
Message
d'Özgüden à la conférence sur la
représentation de la nation kurde à l'ONU

Malgré
les incertitudes persistantes quant à la mise en œuvre de la loi visant
à « mettre fin à l'existence de facto de l'organisation terroriste
PKK/KCK et de toutes les formations qui lui sont liées », née de
l'appel de Devlet Bahçeli pour une « Turquie sans terrorisme » et
adoptée à une large majorité par la Grande Assemblée nationale turque,
y compris par le parti DEM, le Congrès national du Kurdistan (KNK) a
franchi une étape importante pour garantir la représentation de tous
les Kurdes de Turquie, d'Irak, d'Iran, de Syrie et de la diaspora aux
Nations Unies.
Dans son appel pour la tenue d'une conférence internationale à
Bruxelles, le 3 octobre 2026, le KNK formule la juste demande suivante :
« Le Kurdistan compte environ 60 millions d'habitants. Malgré cette
population importante, les Kurdes ne sont pas représentés au sein des
organisations internationales. Notamment aux Nations Unies, où presque
toutes les nations sont représentées, la nation kurde est totalement
absente et son nom n'est même pas mentionné. De nombreuses réunions ont
été organisées avec des experts sur cette question, et leurs avis ont
été sollicités. De plus, une lettre à ce sujet a été adressée au
Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, au nom du KNK.
Cependant, il s'agit d'un problème majeur et important; il ne saurait
être résolu par quelques réunions et quelques lettres. Le KNK ne peut
relever ce défi seul. Une coopération aux niveaux national et
international est indispensable. »
Doğan Özgüden, rédacteur en chef d'Info-Türk, a envoyé le message
suivant à cette conférence internationale:
Chers amis,
"Comme je l’ai souligné à maintes reprises dans mes articles, alors que
Saint-Kitts-et-Nevis, le Liechtenstein, Monaco, Saint-Marin, les Palaos
et Tuvalu, dont la population ne compte que quelques milliers
d’habitants, sont représentés aux Nations unies en tant qu’États
membres jouissant de droits égaux, l’exclusion de la nation kurde, qui
compte 60 millions d’habitants, de cette organisation internationale
est une honte pour l’humanité.
"En tant que journaliste qui a l’honneur d’être, depuis 74 ans, aux
côtés de mes amis kurdes, tant dans les médias que dans la lutte
politique, je soutiens de tout cœur cette initiative historique lancée
par le KNK pour assurer la représentation de la nation kurde aux
Nations unies, et je vous souhaite plein succès."
L'article d'Özgüden sur la répresentation de la nation kurde à l'ONU
publié à Artı Gerçek du 17 septembre 2026:
https://www.info-turk.be/577.htm#assurer
Au
Kurdistan irakien, le traumatisme de la
guerre avec l'Iran refait surface
Dans les montagnes verdoyantes du Kurdistan irakien, le conflit au
Moyen-Orient a réveillé de douloureux souvenirs chez ceux qui, tout
jeunes, ont vécu la guerre avec l'Iran voisin et craignent désormais
une nouvelle bascule dans la violence.
A l'époque, la ville frontalière de Penjwen se trouvait en première
ligne. Cette fois encore, elle a été fréquemment survolée par des
drones et missiles, depuis le début du conflit déclenché par des
frappes israélo-américaines contre l'Iran le 28 février.
"Chaque fois qu'un avion ou un missile passent au-dessus de nos têtes,
les souvenirs refont surface", confie à l'AFP Omid Hassan, un ouvrier
de 57 ans. "Repenser à tout cela m'inquiète et m'attriste".
Le 22 septembre 1980, l'Irak de Saddam Hussein attaquait son voisin
iranien, déclenchant une guerre qui allait durer huit ans, tuer des
centaines de milliers de personnes et plonger le pays dans une très
longue période d'instabilité.
Installé sur l'un des marchés de la ville pour boire son thé, Ahmed
Faraj, du même âge, se souvient "très clairement du 6 juin 1981, quand
l'Iran a lourdement bombardé le centre-ville, faisant des dizaines de
victimes".
- "Les frontières n'existent plus" -
Penjwen avait alors été en grande partie évacué et plus tard,
Téhéran
s'est emparé des collines environnantes, relate-t-il. "Finalement le
régime irakien a rasé la ville, démolissant ses maisons à coups de TNT
et de bulldozers, afin que les forces iraniennes ne puissent pas y
pénétrer et établir une base".
Et en 1987-88, le gouvernement de Saddam Hussein a mené l'impitoyable
"opération Anfal", au cours de laquelle environ 180.000 Kurdes auraient
été tués.
"En temps de guerre, les frontières n'existent plus", souffle Ahmed
Faraj.
Ancien élu au Parlement de cette région irakienne autonome, Abdul
Rahman Ali Reda avait lui 10 ans quand les forces irakiennes ont
incendié sa maison familiale à Penjwen.
"Cette image ne m'a jamais quitté", dit-il, aujourd'hui âgé de 53 ans.
"Les maisons, les écoles, les administrations et les lieux de culte ont
tous été rasés, et même après toutes ces années, de nombreux bâtiments
sont encore en ruines et n'ont jamais été reconstruits".
Il souligne que les habitants des zones frontalières sont ceux qui
souffrent le plus, et doivent désormais se tenir prêts à affronter
"toute catastrophe potentielle".
Ces derniers mois, le Kurdistan irakien a été régulièrement pris pour
cible par Téhéran et les factions armées irakiennes qui lui sont
alliées. Car la région abrite des troupes américaines et des groupes
kurdes iraniens opposés à la République islamique, établis de longue
date dans la zone.
- "Pas notre guerre" -
Au début du conflit, le président américain Donald Trump s'était
prononcé en faveur d'une offensive de ces factions contre la République
islamique, avant de revenir sur ses déclarations.
Des combattants de ces groupes - qualifiés de terroristes par Téhéran -
ont eux écarté toute intervention en l'absence d'une insurrection
populaire en Iran.
Si la violence des affrontements s'est atténuée en plus de six mois de
guerre, le conflit, qui s'enlise et s'étend, provoque régulièrement des
poussées de fièvre.
Parmi les groupes qui ont trouvé refuge au Kurdistan irakien, le parti
Komala, fondé en 1969 par des étudiants et des intellectuels à Téhéran
et dans les villes kurdes, a été visé dernièrement par des drones et
missiles iraniens, à plusieurs reprises.
Téhéran "craint un soulèvement potentiel" et a envoyé des troupes au
Kurdistan iranien, y compris le long de la frontière avec l'Irak, au
cours des derniers mois, s'inquiète Idriss Kolahduzi, membre du Komala.
Selon lui, ce déploiement militaire supplémentaire ne peut "qu'accabler
davantage les Kurdes, qui ne possèdent ni usines ni grandes
installations industrielles, et dépendent essentiellement de
l'agriculture dans les zones frontalières".
Dans un café de Pejwen, Hadi Abdullah, fonctionnaire de 56 ans en
habits traditionnels kurdes, peste contre l'impact économique du
conflit, qui a déjà engendré instabilité et hausse des prix.
"Ce n'est pas notre guerre et nous ne devrions pas y être entraînés",
s'agace-t-il. (AFP, 26 sept 2026)
Minorités
/ Minorities
Déstabilisation,
voile et Israël : rien ne va plus entre la Turquie et l’Azerbaïdjan
Guillaume Perrier, Le Point, 22 octobre 2026
«Deux États, une nation. » Comme le ministre turc des Affaires
étrangères, Hakan Fidan, en visite éclair à Bakou mi-octobre, les
responsables politiques en Turquie et en Azerbaïdjan se plaisent à
rappeler les liens qui unissent leurs pays autour de l’identité et de
la langue turques. Pourtant, depuis fin septembre, les deux frères se
déchirent comme jamais autour de ce qui les sépare.
Le régime de Bakou accuse son voisin occidental de « tentative de
déstabilisation ». Le site d’information proche du pouvoir Qafqazinfo
pointe même directement l’action néfaste des services secrets turcs, le
MIT, et de quelques-unes de ses officines comme l’agence de coopération
(Tika) ou l’organisation humanitaire islamiste IHH… Leur but serait de
« s’immiscer dans les affaires intérieures de l’Azerbaïdjan, bâtir un
réseau de fidèles à la Turquie, mener des opérations de renseignement
et attiser les troubles internes », accuse le compte rendu de
Qafqazinfo. Du jamais-vu entre les deux pays.
D’un côté, la Turquie est dirigée depuis vingt-trois ans par le régime
islamiste-nationaliste de Recep Tayyip Erdogan, qui n’a eu de cesse,
depuis son arrivée au pouvoir, de remettre en cause les fondements
laïques de l’État turc, bâtis par Mustafa Kemal « Atatürk », au profit
d’un islam politique. De l’autre, l’Azerbaïdjan, dictature
post-soviétique gorgée de pétrole et de gaz, est dirigé par la famille
Aliev. De culture chiite, contrairement à la Turquie sunnite, la
société azerbaïdjanaise a été largement désislamisée après des
décennies de pouvoir soviétique.
Crise du voile
Leur belle entente s’est fissurée le 21 septembre avec la promulgation
en Azerbaïdjan de nouvelles règles pour renforcer la laïcité à l’école.
Et pour interdire les vêtements « qui rompent l’uniformité de la tenue
scolaire imposée ou qui ne sont pas conformes au principe de laïcité.
Ce n’est pas de l’islamophobie, c’est de la pédagogie », se défend le
directeur de Vision TV, un autre média de propagande progouvernementale.
Le port du voile islamique, ouvertement visé, est plutôt rare en
Azerbaïdjan, mal vu et très encadré. Mais depuis la rentrée, des élèves
et des enseignantes se sont fait refuser l’accès aux salles de classe
sous ce prétexte. En cause, un changement de loi pour renforcer l’école
publique laïque. Une vidéo montrant deux écolières en pleurs après
avoir été refoulées à la porte de leur établissement a ému bien au-delà
des frontières du pays.
En Turquie, les partis conservateurs et nationalistes y ont vu une
analogie avec ce qui se passait trente ans plus tôt sous le régime
militaire turc. Le quotidien Türkiye, vitrine médiatique du parti
d’action nationaliste (MHP) des « Loups gris », parle de « crise du
voile » et estime que « les images qui circulent sur les réseaux
sociaux rappellent les événements du 28 février 1997 », en référence au
dernier coup d’État militaire en Turquie. Le leader nationaliste,
Devlet Bahçeli, allié d’Erdogan, a toutefois mis en garde contre « les
graines de la discorde » qui seraient semées entre les deux pays
turciques.
Le président turc lui-même a critiqué la décision de Bakou, dès le 22
septembre, au cours de son discours devant l’Assemblée générale de
l’ONU, à New York. « Les interdictions du voile mises en place dans les
écoles de certains pays, sont une atteinte aux droits les plus
fondamentaux », a déploré Recep Tayyip Erdogan. On se souviendra que,
pour contourner une interdiction similaire, l’ancien maire d’Istanbul
avait envoyé ses deux filles étudier aux États-Unis, au début des
années 2000.
Sanctions et listes noires
« Nous attendons de l’Azerbaïdjan qu’il revienne au plus vite sur cette
erreur », a déclaré pour sa part son conseiller en chef, Oktay Saral.
En réponse, le parti du président Ilham Aliev, le nouveau parti
d’Azerbaïdjan (YAP), a qualifié ces critiques de « populistes » et «
irresponsables ». Bakou a dénoncé des centaines de comptes de
désinformation sur les réseaux sociaux et accusé Ankara et Téhéran
d’actions de déstabilisation coordonnées…
Autre signe de la colère de l’autocrate Aliev contre son aîné turc :
mercredi 21 octobre, au moins 31 personnes de nationalité turque ont
été frappées d’une interdiction d’entrée sur le territoire
azerbaïdjanais. Des personnalités dont les positions publiques
constitueraient, selon Bakou, « une menace à la sécurité nationale » et
une tentative « de renverser le gouvernement ». La liste compte des
figures politiques, des journalistes et des universitaires, tous
proches du parti d’Erdogan...
Parmi les plus vocaux figure la vice-présidente du groupe parlementaire
AKP (parti de la justice et du développement, au pouvoir) à l’Assemblée
nationale, Leyla Sahin. Cette femme de 53 ans est un symbole pour les
islamistes. Étudiante, elle avait été refoulée de l’université turque
en 1998 à cause de son foulard, puis elle avait choisi de s’exiler en
Autriche, d’où elle avait mené la bataille juridique par un recours
devant la Cour européenne des droits de l’Homme, qui l’avait finalement
déboutée en 2005.
L’autre pomme de discorde qui apparaît entre la Turquie et
l’Azerbaïdjan, c’est leur relation avec Israël. Ankara, allié
traditionnel de l’État hébreu, a pris ses distances avec le
gouvernement de Benyamin Netanyahou et sa stratégie belliciste dans la
région. En mai 2024, le pays avait déjà restreint ses exportations vers
Israël et, en 2025, elle avait interdit à ses navires d’y accoster.
Divergences sur Israël
L’été dernier, les échanges entre Erdogan et Netanyahou se sont
envenimés, le second qualifiant le premier de « dictateur antisémite »,
en réponse à un mandat d’arrêt pour « génocide » lancé par la justice
turque. La Turquie est présentée comme une menace. En Syrie, les deux
pays se toisent et l’armée israélienne, qui occupe le Sud syrien, a
mené plusieurs frappes contre des installations militaires que les
Turcs étaient suspectés d’occuper.
Dans le même temps, Bakou a, au contraire, resserré son alliance avec
Tel-Aviv. En 2020, Israël a été l’un des principaux alliés et
fournisseurs d’armes de l’Azerbaïdjan, lancé dans son opération de
reconquête du Haut-Karabakh. Ensuite, la guerre contre l’Iran a fait du
territoire azerbaïdjanais un poste d’observation stratégique. Dans un
environnement hostile, Israël se repose aussi sur ce petit État du sud
du Caucase pour son approvisionnement en hydrocarbures. Israël importe
d’Azerbaïdjan jusqu’à 40 % de son pétrole et de son gaz. Des ressources
qui transitent par le pipeline Bakou Tbilissi Ceyhan, via la Turquie.
Ces divergences ont pris un tour conflictuel, mi-octobre, avec le
voyage du président israélien, Isaac Herzog, à Bakou. La Turquie
interdit depuis 2024 aux avions officiels israéliens de survoler son
territoire, mais elle continue d’autoriser les vols civils à
destination et en provenance d’Israël. En raison de ces restrictions,
Benyamin Netanyahou avait renoncé à une visite en Azerbaïdjan.
Cette fois, le président Herzog a emprunté un avion civil de la
compagnie azerbaïdjanaise AZAL, pour se poser à Bakou. Sans en avertir
Ankara. Un appel téléphonique entre Erdogan et Aliev, le 21 octobre,
pourrait permettre d’aplanir le différend. L’autocrate azerbaïdjanais a
été invité à participer au 13e sommet de l’Organisation des États
turcs, qui doit se tenir à la fin du mois à Ankara.
Politique
intérieure/Interior Politics
Le maire d'Izmir quitte l'opposition
pour rejoindre le parti au pouvoir
Le maire d'Izmir, troisième ville de Turquie et bastion de
l'opposition, a fait défection mercredi pour rejoindre le parti au
pouvoir, l'AKP, une importante victoire symbolique pour le président
turc Recep Tayyip Erdogan.
La décision du maire Cemil Tugay de rejoindre le Parti de la justice et
du développement (AKP, islamo-conservateur) a été annoncée par M.
Erdogan lors d'une réunion du groupe parlementaire à Ankara, où il l'a
accueilli dans une ambiance quasi festive, retransmise en direct à la
télévision.
"Je souhaite la bienvenue au maire d'Izmir, Cemil Tugay, qui rejoint
aujourd'hui la famille de l'AKP", a déclaré M. Erdogan.
"Nous nous mettons en route pour remettre Izmir sur pied, résoudre ses
problèmes et la reconstruire presque entièrement", a affirmé à son tour
Cemil Tugay.
La prise de contrôle de la mairie d'Izmir, bastion laïc sur la côte
égéenne de la Turquie gouverné depuis 27 ans par les sociaux-démocrates
de l'opposition, constitue un coup politique majeur pour Erdogan.
Mais bien qu'elle contribue à étendre l'influence de l'AKP à Izmir,
elle ne signifie pas que ce parti dispose d'une majorité au sein du
conseil municipal métropolitain de la ville, qui reste dominé par
l'opposition.
Cette défection intervient alors que l'opposition turque affronte une
répression de plus en plus intense, avec nombre d'arrestations et de
procès que les observateurs jugent politiquement motivés, visant ses
maires et élus.
Cette vague de répression a suivi la victoire éclatante du principal
parti d'opposition de l'époque, le CHP (Parti républicain du peuple),
aux élections municipales de mars 2024, infligeant une lourde défaite à
l'AKP et portant un coup dur à M. Erdogan.
Depuis, l'opposition turque fait face à une campagne d'intimidation
grandissante qui a entraîné l'arrestation de six maires de province,
dont le maire d'Istanbul Ekrem Imamoglu, ainsi que de 29 maires de
district, dont 13 à Istanbul.
Parallèlement aux procès, on observe un nombre croissant de défections,
au moins 17 maires de l'opposition ayant rejoint l'AKP avant la
défection de M. Tugay.
-"Sa femme devrait le quitter"-
La décision de M. Tugay est intervenue après des semaines de
rumeurs concernant son intention de changer de parti.
M. Tugay a été élu maire en mars 2024 avec 48,97 % des voix, soit près
de 1,3 millions de votes dans la troisième ville de Turquie, qui compte
près de 4,5 millions d'habitants.
Mais en juin, il a démissionné du parti à la suite d'une décision de
justice controversée qui a plongé le CHP dans la crise et entraîné
l'éviction de son chef, Özgür Özel, qui a fondé le Yeni Parti (Nouveau
Parti), aujourd'hui principale formation d'opposition en Turquie.
Malgré son départ, M. Tugay n'a pas suivi M. Özel, affirmant vouloir
rester indépendant. Des rumeurs ont circulé durant l'été, laissant
entendre qu'il envisageait de rejoindre l'AKP, ce qu'il avait toujours
nié.
"Si j'étais à la place de sa mère, je n'oserais plus me montrer en
public. Sa femme devrait le quitter", a réagi Kadir Ozturk, retraité et
habitant d'Izmir.
"Je suis ravi car sous le CHP, Izmir a considérablement régressé. Il
n'y avait aucun investissement", a de son côté affirmé Mert, chauffeur
de taxi.
-Défection par "peur"-
Selon l'analyste politique Berk Esen, la défection de M. Tugay
correspond à "la poursuite de la stratégie de l'AKP visant à surmonter
sa lourde défaite aux élections locales de 2024 par la force et la
répression".
Les maires d'opposition ne changent pas de camp parce qu'ils ont changé
d'idéologie, beaucoup le font "par peur", a-t-il déclaré à l'AFP.
"Dans un contexte de répression judiciaire croissante, qui dure depuis
près de deux ans, certains maires d'opposition ont décidé de changer de
camp. Et Cemil Tugay en est un exemple flagrant", a-t-il ajouté.
Plus d'une centaine de personnes se sont réunies mardi soir à Izmir
pour protester contre la défection du maire. Une nouvelle manifestation
est prévue mercredi soir, mais la police a fermé l'accès à plusieurs
places du centre ville, selon des journalistes de l'AFP sur place.
S'exprimant mardi lors d'une réunion du Yeni Parti au parlement, M.
Özel a dénoncé la campagne de pression, de menaces et de chantage dont
sont victimes les élus d'Izmir.
"Ceux qui n'ont pas cédé à ces pressions, quitte à être en prison, et
qui n'ont pas trahi leurs amis et leur parti, sont nos frères jusqu'à
la mort. Ceux qui nous ont vendus et sont partis sont des traîtres. Et
ceux qui les ont achetés sont des voleurs de la volonté nationale",
a-t-il déclaré. (AFP, 7 oct 2026)
Scandale
financier en Turquie : l'opposition accuse
deux ministres
L'opposition turque a accusé jeudi deux ministres de s'être enrichis
dans un vaste scandale boursier lié à des fonds d'investissement,
accentuant la pression sur le président Recep Tayyip Erdogan.
Le député d'Izmir du Parti Yeni (Nouveau), Ümit Özlale, a désigné
publiquement le ministre du Commerce Ömer Bolat et la ministre de la
Famille Mahinur Özdemir Göktas.
Selon un communiqué du parti, il a affirmé que les autorités
disposaient de documents prouvant ses accusations et demandé aux deux
ministres "de faire, devant l'opinion publique, des déclarations
détaillées".
Dans cette affaire, l'Autorité des marchés de capitaux de Turquie (SPK)
a été contrainte de liquider sept sociétés qui géraient 131 fonds
d'investissements, dont les actifs sont évalués à environ 17 milliards
de dollars par la presse turque.
Leurs actifs étaient essentiellement toxiques, avec notamment des
valeurs d'actions sans lien avec la réalité des activités et des
volumes d'échange hautement suspects.
Le gouvernement a promis de rembourser les 455.000 petits épargnants
lésés. Au total, 85 personnes ont été placées en détention provisoire.
Une ex-ministre et personnalité de premier plan du Parti de la justice
et du développement (AKP, au pouvoir) a été contrainte à la démission
sans avoir été inquiétée par la justice.
Et les procureurs ont demandé au ministère des Finances l'autorisation
d'enquêter sur Ibrahim Omer Gonul, ex-président de l'autorité des
marchés, selon l'agence de presse Anka. Il est soupçonné d'avoir manqué
à ses responsabilités pendant son mandat de quatre ans, achevé en avril.
Selon Ümit Özlale, "les allégations de transactions privilégiées et
d'utilisation, à des fins de gain personnel, d'informations obtenues du
fait de l'exercice d'une fonction publique ne peuvent pas rester sans
réponse".
S'adressant au président Erdogan, l'élu a exigé qu'il publie avant
lundi "la liste complète des personnalités de l'AKP" suspectés de
malversations.
A défaut, il a promis de le faire.
Il a aussi affirmé avoir informé l'an passé le ministre des Finances
Mehmet Simsek sur les responsables concernés. "Aucune de ces mises en
garde n'a été prise en compte", selon lui. (AFP, 8 oct 2026)
Scandale financier
en Turquie: les avoirs d'une ex-ministre gelés
La justice turque a gelé les avoirs d'une ex-ministre et poids-lourd du
parti du président Recep Tayyip Erdogan, dans un scandale boursier qui
secoue l'échiquier politique juste avant l'ouverture de la session
parlementaire.
L'étau s'est resserré sur Fatma Betül Sayan Kaya, après l'annonce ce
week-end de sa démission de toutes ses fonctions au sein du Parti de la
Justice et du développement (AKP), dont elle était une des
vice-présidents.
"Une lettre concernant le gel de l'ensemble des biens appartenant à
Ilyas Kaya et à son épouse (...) a été envoyée aux institutions
compétentes", a indiqué le parquet général d'Istanbul mardi soir, dans
un communiqué publié par les médias turcs.
Le nom de l'ancienne ministre de la Famille (2016-18) avait émergé dans
la presse ces derniers jours, en marge d'une immense affaire qui aurait
lésé plus de 455.000 investisseurs particuliers.
Elle n'a reconnu aucune infraction, affirmant souhaiter simplement que
"l'enquête puisse être menée de manière indépendante, impartiale, et
sans la moindre suspicion ni influence indue".
- Actifs toxiques et montages illégaux -
La crise a débuté quand l'Autorité des marchés de capitaux de
Turquie
(SPK) a ordonné fin août aux fonds d'investissements de ne plus placer
leurs actifs sur une seule action et de diversifier leurs placements.
Pour s'y conformer, ils ont commencé à vendre des actions et les
investisseurs à se retirer. Certains fonds ont alors déclaré n'être pas
en mesure de liquider leurs actifs assez rapidement.
La SPK a placé en liquidation sept sociétés qui géraient 131 fonds,
dont les actifs toxiques seraient évalués à environ 15 milliards
d'euros.
Le gouvernement et la majorité ont depuis promis de rembourser aux
victimes les pertes accumulées et de punir les coupables, y compris
dans leur propre camp si nécessaire.
Mais si les mesures prises pour calmer les marchés semblent
fonctionner, la dimension politique du scandale ne faiblit pas.
Le Nouveau Parti (Yeni, opposition) a promis de publier la liste des
personnalités de l'AKP qui auraient bénéficié de détournements de fonds.
Il accuse Mme Kaya d'avoir investi dans ces montages véreux pour 63
millions de livres turques (1,15 million euros) en avril, avant de les
revendre en septembre avec un bénéfice d'environ 1,3 milliard (23,6
millions euros).
Avec les agissements distincts de son mari, les profits du couple
atteindraient les 2,2 milliards (environ 40 millions euros), selon
Gokhan Gunaydin, porte-parole du Nouveau Parti. Certains médias
affirment que la responsable a depuis remboursé les sommes amassées,
tout en relevant qu'elle n'était toujours pas poursuivie.
Le ministre de la Justice Akin Gürlek a déclaré pour sa part mercredi
que 217 suspects étaient désormais visés. Parmi eux, 56 ont été placés
en détention provisoire et 88 sont sous contrôle judiciaire.
- "Sommet de l'iceberg" -
L'enquête, a-t-il assuré sur X, continue de s'étendre. "Les
mouvements
sur 26 actions considérées comme susceptibles d'avoir fait l'objet
d'opérations spéculatives et manipulatoires sont examinés en détail",
a-t-il écrit.
"L'historique des transactions, les flux financiers et les (...)
comptes ayant réalisé des gains à des taux extraordinairement élevés en
peu de temps font également l'objet d'investigations".
Le président Erdogan a mis en place un comité ad hoc pour gérer la
crise, en martelant mardi que l'AKP était un parti propre, comme son
nom l'indique" (en turc, "ak" signifie "blanc" NDLR).
Désignant l'opposition, il a ajouté : "sans même regarder leurs propres
dossiers, noirs comme du charbon, ils essaient de nous donner des
leçons de morale et d'éthique politique. Je leur dis : +Fichez-moi le
camp+".
Le sujet risque de parasiter l'ouverture de la session parlementaire
jeudi, lors de laquelle le chef de l'Etat doit prononcer un discours.
Le chef de l'opposition turque Özgür Özel a décidé de ne pas y
participer. Le cas de Mme Kaya n'est que "le sommet de l'iceberg",
a-t-il affirmé, qualifiant ce scandale de "casse du siècle".
Mercredi, lors d'une réunion de parlementaires de son parti, il a
annoncé la création de "groupes de travail" pour enquêter, souhaitant
que sa formation participe à une commission parlementaire si elle était
créé.
"D'une manière ou d'une autre, nous démasquerons nous-mêmes ceux qui
ont volé l'argent", a-t-il promis. (AFP, 30 sept 2026)
Forces
armées/Armed Forces
L'armée turque restera en Irak et Syrie jusqu'à la "sécurisation
des frontières"
Turquie maintiendra ses troupes en Syrie et en Irak en accord avec ses
voisins jusqu'à ce que la sécurité de son territoire soit pleinement
assurée, a prévenu dans un entretien avec l'AFP le ministre turc de la
Défense.
Sans divulguer de détails sur les unités projetées, Yasar Güler a argué
de la nécessité de poursuivre la lutte antiterroriste et de sécuriser
ses frontières.
"Nous maintenons notre présence militaire en Irak et en Syrie", a-t-il
déclaré dans une interview à l'AFP réalisée par écrit. "Lorsque nous
jugerons que les conditions nécessaires seront réunies en matière de
sécurité régionale et frontalière, le statut de nos zones de
déploiement et de notre présence dans la région sera réexaminé".
Le ministre n'a pas précisé le nombre de soldats concernés.
Mais selon une source sécuritaire irakienne, ils seraient entre 800 et
1.000 en Irak. Quant à la Syrie, ils étaient entre 16.000 et 18.000 au
moment de la chute de Bachar al-Assad fin 2024, selon des sources
turques à l'époque.
Aucune estimation fiable plus récente n'était disponible.
"Il ne serait pas exact d'évaluer notre présence militaire en Irak et
en Syrie uniquement sur la base de nos effectifs", a fait valoir le
ministre.
"Notre structure de forces et notre posture sur le terrain sont
définies (...) en fonction de l'évolution de la menace terroriste, de
la sécurité de nos frontières, des développements sur le terrain et de
la coopération avec les pays concernés".
- "Déploiement ou création de bases" -
La Syrie post-Assad a fait entrer Ankara dans une nouvelle ère.
Les
deux voisins sont devenus alliés et travaillent à "un document
stratégique global", selon les termes du ministre syrien des Affaires
étrangères, Assaad al-Chaibani.
"Une coordination étroite dans le domaine de la sécurité a été mise en
place", notamment en matière de renforcement capacitaire et de
formation, a expliqué Yasar Güler.
Des sources turques ont aussi évoqué des discussions pour déterminer le
"statut légal" futur des troupes d'Ankara de l'autre côté de la
frontière. Le ministre a refusé de détailler ces "plans de déploiement
ou de création de bases qui n'ont pas été rendus publics".
Mais "une fois la menace terroriste dans la région complètement
éliminée, la sécurité des frontières assurée et l'autorité de l'État
pleinement et uniformément établie sur l'ensemble du territoire syrien,
sans exception, le statut de nos forces sera réévalué".
Plus à l'est, la question de la présence turque en Irak est, elle,
étroitement liée au processus de paix entamé en 2024 avec la rébellion
kurde.
Les services de renseignement d'Ankara ont récemment confirmé que le
Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) avait évacué quatre bases du
nord de l'Irak, étape majeure du processus.
Cela "ne signifie pas que les mesures de sécurité ont été assouplies",
a prévenu pour autant le ministre. "Nos forces armées et unités de
sécurité continuent de suivre de près les développements sur le
terrain".
- "Soutien aux forces armées irakiennes" -
En parallèle, Ankara observe "les initiatives du gouvernement
central
irakien pour désarmer les milices et les placer sous le contrôle de
l'État".
Le 1er octobre Bagdad a fixé au 30 juin prochain la date butoir pour le
désarmement des factions pro-iraniennes sur son territoire, consécutif
au retrait de la coalition antijihadiste dirigée par les États-Unis.
Les forces internationales avaient été déployées en 2014 en Irak et
Syrie, où le groupe État islamique (EI) s'était emparé de vastes pans
de territoires et y avait commis de multiples atrocités.
Fin septembre, Ankara s'est par ailleurs engagé à remettre
progressivement aux forces irakiennes le contrôle de la base turque de
Bachiqa, à une trentaine de kilomètres de Mossoul (nord irakien).
Etablie en 2015, la base a accueilli jusqu'à 600 soldats, selon la
presse turque.
Au-delà, le ministre turc de la Défense a fait état de contacts
destinés à "élever à un niveau supérieur la coopération militaire et
sécuritaire" bilatérale.
Son pays, assure-t-il, entend "soutenir les forces armées irakiennes
(...) dans le développement de leurs capacités militaires, le partage
d'expérience (...) dans l'antiterrorisme, la formation et la
coopération dans l'industrie de défense".
Et Yasar Güler de souligner combien, pour la Turquie, sécurité
nationale rime avec stabilité régionale.
"Notre lutte contre le terrorisme se poursuit sans concession pour la
sécurité de notre pays ainsi que pour la paix et la stabilité de notre
région", a-t-il relevé. (AFP, 20 oct 2026)
Conflit
avec les Houthis: la Turquie et le Pakistan vont envoyer des
forces militaires en Arabie saoudite
La Turquie et le Pakistan, liés par un pacte de défense mutuelle avec
l'Arabie Saoudite, ont annoncé lundi envoyer des forces militaires dans
le royaume, cible d'attaques régulières de la part des combattants
houthis du Yémen.
Après une réunion à Ryad, les trois pays se sont mis d'accord pour
passer "immédiatement à la mise en pratique de l'accord de défense
mutuelle", signé en août à La Mecque, et "de prendre les mesures
nécessaires pour fournir les forces et moyens militaires convenus, et
les déployer rapidement dans le royaume", est-il écrit dans un
communiqué commun des trois pays.
Le texte ne nomme pas directement les Houthis pro-iraniens, mais
"condamne dans les termes les plus forts" les frappes ayant visé les
villes saintes de Médine et La Mecque - imputées aux Houthis par
l'Arabie saoudite - ainsi que "les attaques continues sur les villes et
installations civiles et économiques" du pays.
C'est la première fois que cet accord associant la deuxième armée de
l'Otan (la Turquie), la principale puissance du Golfe (Arabie Saoudite)
et la seule puissance nucléaire du monde musulman (le Pakistan) est mis
en action.
Les hostilités entre les forces gouvernementales yéménites, soutenues
par l'Arabie saoudite, et les combattants houthis, au pouvoir dans une
grande partie du Yémen depuis une décennie, ont repris en juillet après
des années d'accalmie, ouvrant un nouveau front dans la guerre au
Moyen-Orient.
A l'issue d'une offensive éclair en septembre, les Houthis ont pris le
contrôle de tout le littoral ouest du Yémen, bordant la mer Rouge. Et
ils ciblent depuis régulièrement les installations pétrolières et
militaires du royaume voisin.
L'Arabie saoudite et les forces gouvernementales yéménites, peinant à
repousser les attaques des Houthis, ont plusieurs fois demandé du
soutien international, notamment des Etats-Unis, sans succès jusqu'ici.
- Espace aérien "pas sûr" -
Soutenues par les avions de combat saoudiens, les forces
gouvernementales du Yémen ont annoncé dimanche une vaste
contre-offensive pour reprendre aux Houthis les territoires récemment
conquis, voire les déloger de l'ensemble du pays.
Elles ont affirmé avoir mené plus de 1.000 frappes, et lancé une
offensive sur la capitale Sanaa, aux mains des Houthis depuis 2015.
La coalition dirigée par l'Arabie saoudite, alliée militaire depuis
2015 du gouvernement yéménite réfugié à Aden, a reconnu un "soutien
aérien 24H/24 aux forces armées yéménites au sol", indiquant que "100
avions de combat ont participé" à l'offensive et que "324 cibles de
grande valeur" ont été détruites.
Selon les Houthis, une femme et une fillette ont péri dans des
bombardements dans la province de Sanaa.
Ces combattants ont de leur côté averti les compagnies aériennes
que le ciel au-dessus de l'Arabie saoudite n'était "pas sûr" - à
l'exception des villes saintes de Médine et La Mecque, qu'ils
soutiennent ne jamais avoir visées.
Dans la soirée, des fortes explosions ont été entendues à Ryad par un
journaliste de l'AFP et des habitants.
"J'ai vu mes fenêtres trembler", a décrit l'un d'eux, résidant non loin
de l'aéroport international de la capitale saoudienne.
- Oléoduc à l'arrêt -
Dimanche, le très stratégique oléoduc Est-Ouest, qui permet à
l'Arabie saoudite de transférer son pétrole bloqué à l'est à cause du
verrouillage du détroit d'Ormuz vers l'ouest du royaume, avait
également été pris pour cible, et a été mis à l'arrêt - il avait déjà
dû l'être le mois dernier.
"Une station de pompage située à Khurais, à l'est de Ryad, a été
touchée. Elle n'avait jamais été visée auparavant. Les dégâts sont
importants et les pompages ont de nouveau été interrompus", a indiqué à
l'AFP une source du secteur énergétique.
Le patron du géant pétrolier saoudien Aramco a mis en garde contre le
niveau "dangereusement faible" des stocks mondiaux de pétrole, quelques
jours après que les pays du G7 ont annoncé une libération des stocks
pour atténuer les inquiétudes concernant l'approvisionnement.
La coalition a elle également déclaré "assurer la protection aérienne
du détroit de Bab el-Mandeb", essentiel pour le transport des
hydrocarbures.
Les Houthis avaient renforcé en septembre leur contrôle sur ce détroit,
dont l'importance stratégique s'est accrue avec le verrouillage par
l'Iran de celui d'Ormuz, de l'autre côté de la péninsule arabique,
après le début de la guerre au Moyen-Orient en février.
Les combats entre les forces gouvernementales et les Houthis se
poursuivent aussi sur le littoral du Yémen, où des sources militaires
ont affirmé lundi que les forces progouvernementales avaient coupé la
seule voie d'approvisionnement vers la ville de Mokha, prise par les
Houthis en septembre - s'abstenant toutefois de confirmer
officiellement la reprise de ce port stratégique. (AFP, 5 oct 2026)
France et Turquie signent un programme de
coopération militaire
Paris et Ankara ont signé une "feuille de route pour développer leurs
relations en matière de défense et de sécurité", dans un contexte de
conflits au Moyen-Orient et en Ukraine, a-t-on appris jeudi de sources
officielles.
Les deux membres de l'Otan divergent parfois, voire sont rivaux sur
certains théâtres, selon les enjeux géopolitiques. Mais ils souhaitent
institutionnaliser leurs relations militaires sur leurs intérêts
communs.
La feuille de route prévoit notamment "la lutte contre les menaces
hybrides, le partage de renseignements, un renforcement de la
coopération en matière de défense aérienne et l'amélioration de
l'interopérabilité des systèmes" d'armement, selon le ministère turc de
la Défense.
Des formations sont aussi prévues, ainsi que des entraînements
conjoints et "des échanges réciproques (...) entre les écoles de
guerre".
Des réunions régulières se tiendront alternativement à Paris et à
Ankara, la première "pour le dernier trimestre 2026", selon la même
source.
Samedi, le directeur général des relations internationales et de la
stratégie de l'armée française (DGRIS) avait salué sa rencontre à Paris
avec son "homologue turc, le lieutenant-général Ilkay Altindag pour un
dialogue stratégique" bilatéral.
"Dans un environnement géopolitique marqué par la guerre en Ukraine et
les tensions persistantes au Moyen-Orient, cette rencontre nous a
permis de partager nos analyses et d'identifier des convergences",
avait ajouté Guillaume Ollagnier sur LinkedIn, évoquant déjà cette
"feuille de route".
Les relations franco-turques sont contrastées. En 2020, un incident
avait opposé leurs marines en Méditerranée.
La France participait pour l'Otan à une tentative de contrôle d'un
cargo suspecté de transporter des armes en Libye. Les navires turcs
assuraient la protection du cargo et ont illuminé le navire français
"avec leur radar de conduite de tir", selon Paris. Une version
contestée par Ankara.
Bien d'autres sujets restent clivants mais les points de convergence
sont tout aussi nombreux.
Les deux pays sont membres de la Coalition des volontaires, prête à
mettre en oeuvre des garanties de sécurité pour l'Ukraine après un
hypothétique cessez-le-feu avec la Russie.
Le Royaume-Uni sera la nation-cadre pour le volet terrestre, la France
pour le volet aérien et la Turquie pour la partie maritime, a indiqué à
l'AFP une source informée du dossier en France.
D'un point de vue industriel, la Turquie est par ailleurs intéressée
depuis des années par le système franco-italien de missiles sol-air
mobile SAMP-T (ou Mamba). (AFP, 8 oct 2026)
Un
"travail" en cours sur le transfert à un pays
tiers des systèmes antiaériens russes de la Turquie
Le Kremlin a fait état mercredi d'un "travail" en cours entre Moscou et
Ankara au sujet du transfert possible par Ankara de systèmes de défense
antimissiles russes à un pays tiers, qui devrait être un pays allié de
la Russie.
Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a déclaré samedi que
Moscou pourrait éventuellement donner son accord à la revente des
systèmes S-400 à un pays "responsable et lié par des relations
amicales" avec la Russie, sans plus de détails.
"Ce sujet est à l'ordre du jour. Un travail approprié et des contacts
appropriés sont en cours", a déclaré mercredi le porte-parole du
Kremlin, Dmitri Peskov, en répondant à une question de l'AFP lors de
son point presse quotidien.
La Turquie avait acheté ces systèmes de défense antiaérien en 2017, à
une époque où les relations étaient tendues entre Washington et Ankara.
Ils n'ont jamais été activés à d'autres fins que pour des tests.
Cet achat avait valu à la Turquie d'être exclue du programme américain
de chasseurs F-35 en 2019, la privant d'appareils déjà payés, et d'être
soumise l'année suivante à des sanctions américaines.
La livraison de moteurs F110 pour le chasseur turc KAAN a été également
entravée.
Ankara cherche depuis longtemps à résoudre le contentieux sur les F-35
et les systèmes S-400. Mais le consentement de la Russie est nécessaire
pour leur revente, la Turquie ne disposant pas de licence de
ré-exportation. (AFP, 30 sept 2026)
Affaires
religieuses / Religious Affairs
31 ressortissants turcs interdits d'entrée à
l'Azerbaïdjan sur fond de tensions " hijab à l'école"
L'Azerbaïdjan a interdit mercredi l'entrée à 31 ressortissants turcs,
dont des députés et des dirigeants de partis, sur fond de tensions
inédites entre les deux alliés à la suite des restrictions imposées par
Bakou sur le voile islamique à l'école.
Les tensions ont pris de l'ampleur depuis l'introduction, le mois
dernier, de nouvelles règles sur les uniformes scolaires en
Azerbaïdjan, interdisant les accessoires jugés incompatibles avec la
laïcité.
Bien que ces règles ne mentionnent pas le voile, des jeunes filles
portant le hijab auraient été refusées à l'entrée d'établissements
scolaires, provoquant des manifestations.
Le ministère azerbaïdjanais des Affaires étrangères a indiqué que les
personnes refoulées avaient publié sur les réseaux sociaux des
déclarations "visant la souveraineté, la sécurité nationale, l'ordre
constitutionnel, la population et les dirigeants" du pays.
Elles ont appelé "au renversement violent du gouvernement, ainsi qu'à
des actes de violence motivés par le radicalisme religieux, à
l'incitation à la haine et à l'hostilité religieuses", a ajouté le
communiqué, sans plus de précisions.
Bakou a aussi prévenu que d'autres "mesures appropriées" pourraient
être envisagées.
La liste comprend notamment Omer Faruk Gergerlioglu, député du parti
d'opposition DEM, ainsi que deux responsables de formations
minoritaires. Des journalistes, blogueurs, experts des questions
religieuses et un ancien responsable de l'AKP, le parti au pouvoir en
Turquie, y figurent également.
- "Ridicule" -
Ankara n'a pas officiellement protesté, mais la présidence a fait
état
d'un entretien téléphonique entre le président turc Recep Tayyip
Erdogan et son homologue azéri Ilham Aliyev, sans mentionner l'incident.
Le président Erdogan a souligné que les deux pays, "forts de leurs
liens fraternels, porteraient leur coopération à un niveau supérieur",
selon le texte publié sur X.
"Je trouve cela ridicule. J'y vois un signe de faiblesse. Le
gouvernement Aliyev opprime son propre peuple et ne tolère même pas les
critiques d'un député d'un pays voisin", a affirmé à l'AFP le député du
DEM, Ömer Faruk Gergerlioglu.
"C'est un honneur pour moi. Si on me bloque parce que je défends la
justice et m'oppose à la tyrannie, qu'il en soit ainsi", a-t-il ajouté,
accusant Ankara de "garder le silence" pour préserver "une alliance
d'intérêts" entre les deux pays.
"Il nous suffirait que l'interdiction du voile (...) soit levée, nous
n'avons même pas besoin de venir", a ironisé de son côté Fatih Erbakan,
député et chef du Nouveau Parti du bien-être, également interdit
d'entrée.
Le torchon brûle entre les deux pays depuis qu'Oktay Saral, conseiller
du président Erdogan, a critiqué les restrictions sur le port du voile.
En réaction, le parti du président Aliyev a accusé les critiques
turques d'ingérence dans ses affaires intérieures.
Les deux pays turcophones entretiennent des relations politiques et
militaires étroites, résumées par la formule "une nation, deux États".
Mais l'Azerbaïdjan est devenu l'un des États les plus laïques du monde
musulman, alors que la Turquie affiche une politique ouvertement
islamo-conservatrice.
L'incident de mercredi intervient après l'inculpation à Bakou du
journaliste turc Celal Ciftci, accusé d'avoir prôné un coup d'État
violent et fait la promotion de l'extrémisme religieux.
Les autorités de l'ex-république soviétique ont demandé l'aide d'Ankara
dans cette affaire, sans réponse officielle jusqu'à présent. (AFP, 21
oct 2026)
Plus
de 2.000 proches de jihadistes toujours aux
mains des Kurdes en Syrie
Quelque 2.200 proches de jihadistes présumés d'une cinquantaine de
nationalités se trouvent toujours dans un camp du nord-est de la Syrie
sous le contrôle des Kurdes malgré un accord d'intégration des
institutions kurdes au sein de l'Etat syrien.
Une équipe de l'AFP qui s'est rendue lundi dans le camp de Roj, où se
trouvent notamment des Russes, des Français et des Britanniques, a pu
voir des femmes en niqab, des enfants et des adolescents circuler parmi
les tentes de toile. Certains ont refusé d'être filmés.
Deux sources officielles syriennes ont indiqué à l'AFP que le transfert
de la gestion du camp au pouvoir central allait encore prendre du temps.
"Le camp de Roj abrite 729 familles de Daech (acronyme arabe du groupe
Etat islamique, NDLR), soit plus de 2.200 personnes", a déclaré à l'AFP
la responsable du camp, Hakmieh Ibrahim.
"Il n'y a pas eu de changement dans l'administration jusqu'à présent",
a-t-elle ajouté.
Le camp, gardé par des forces de sécurité kurdes, abrite selon elle des
familles d'une cinquantaine de nationalités, les Russes formant le
groupe le plus important.
Les Français sont évalués à une quarantaine de familles, et le camp
compte également des proches de jihadistes originaires d'Allemagne, de
Turquie, et de pays arabes dont la Tunisie et le Maroc.
L'une des habitantes les plus connues du camp est Shamima Begum, déchue
de sa nationalité britannique après avoir quitté le Royaume-Uni en 2015
à l'âge de 15 ans avec deux amies pour épouser un combattant de l'EI.
Les Kurdes, qui contrôlaient pendant la guerre de vastes parties du
nord et du nord-est de la Syrie, avaient conclu en janvier un accord
avec Damas pour intégrer leurs institutions civiles et militaires au
sein de l'Etat.
L'accord était intervenu sous la pression d'une offensive lancée par
les forces du président islamiste Ahmad al-Chareh, qui veut réunifier
la Syrie après avoir renversé Bachar al-Assad en décembre 2024.
En août, le chef des puissantes Forces démocratiques syriennes (FDS,
dominées par les Kurdes) Mazloum Abdi avait annoncé leur dissolution.
Roj est le dernier camp resté sous contrôle kurde, après le retrait des
forces kurdes de celui, plus grand, d'al-Hol lors de l'offensive du
gouvernement.
Al-Hol accueillait plus de 23.000 personnes dont des Syriens mais aussi
plus de 6.000 étrangers d'une quarantaine de pays. La plupart ont
quitté le camp pour des destinations inconnues pendant et après les
violences.
Mardi, un responsable du gouvernement syrien qui suit la question des
combattants de l'EI et de leurs familles a déclaré à l'AFP que
"l'intégration du camp de Roj, comme d'autres institutions, est en
cours".
"Le transfert de son administration prendra du temps", a-t-il ajouté,
en soulignant ses dimensions "humanitaires et politiques complexes"
ainsi que le fait que "des parties étrangères" sont impliquées, en
référence aux pays refusant de rapatrier leurs ressortissants.
Un responsable du ministère de l'Intérieur syrien, qui a également
demandé à rester anonyme, a déclaré à l'AFP que le camp de Roj "fait
partie d'un problème général sur lequel on travaille".
En février, plus de 5.700 personnes soupçonnées d'être membres de l'EI
ont été transférées en Irak par les États-Unis, après des années
passées dans des prisons supervisées par les FDS.
Les FDS avaient défait, avec l'appui d'une coalition multinationale
dirigée par les Etats-Unis, l'EI en Syrie en 2019 et capturé des
milliers de combattants présumés du groupe jihadiste ainsi que des
membres de leurs familles. (AFP, 6 oct 2026)
Socio-économique
/ Socio-economic
Istanbul
submergée... Quatre raisons de la
catastrophe
Ragip Duran, TVXS.GR, 18 octobre 2026
« 3 personnes sont mortes et 5 disparues », selon la préfecture
d’Istanbul, à la suite de la catastrophe due aux inondations qui ont
frappé la ville depuis mercredi.
3 districts de la ville ont enregistré plus de 200 kg de précipitations
par mètre carré du 13 au 15 octobre.
Les ruisseaux ont débordé, des villages ont été inondés et les rues de
la ville se sont transformées en rivières, observe-t-on dans les vidéos
diffusées sur les réseaux sociaux. « 1 277 cas d’inondation, 15
glissements de terrain et 47 personnes bloquées chez elles », précise
le communiqué de la préfecture.
Le service météorologique a indiqué que les précipitations pourraient
se poursuivre tout au long du week-end.
Les élèves et les étudiants, ainsi que les fonctionnaires, ne peuvent
pas aller à l’école ou au travail dans au moins cinq quartiers.
Le quotidien d’opposition Cumhuriyet (La République) a publié un
article jeudi dernier indiquant que la catastrophe liée aux inondations
avait, en réalité, déjà été prévue par des scientifiques, lesquels
avaient également appelé à prendre des mesures préventives.
Le quotidien cite trois revues internationales (Sustainability, Journal
of Hydrologic Engineering et Sustainable Cities and Society) dans
lesquelles les spécialistes turcs se concentrent sur quatre raisons qui
provoquent la catastrophe due aux inondations :
- Construction excessive en béton
- Capacité de drainage des chantiers
- Bâtiments construits sur des lits de rivière
- L’emplacement des structures des bâtiments, en particulier celui des
appartements en rez-de-chaussée et situés en dessous du sol
Par contre, la majorité des électeurs du président Erdogan croit qu’il
s’agit de l’œuvre de la puissance divine et que le destin ne peut être
évité.
La nouvelle star du régime, le ministre de la Justice, M. Akin Gürlek,
a publié un message de sympathie face aux fortes pluies et aux
inondations, ainsi que des condoléances pour les personnes ayant perdu
la vie. « Des enquêtes judiciaires ont été ouvertes concernant ces
incidents. Des efforts sont minutieusement déployés pour faire toute la
lumière sur les événements et déterminer s'il y a eu négligence ou
faute », a-t-il ajouté.
Les porte-paroles de l’opposition, trop occupés à résister contre les
attaques du régime, accusent le pouvoir et surtout les municipalités
tenues par les partisans d’Erdogan. Ils leur reprochent de ne pas avoir
pris les précautions nécessaires à temps.
« Le pouvoir en place se désagrège peu à peu dans tous les domaines,
et, dans ce contexte, la nature apporte elle aussi sa propre réponse »,
ironisent les mauvaises langues.
Deux morts dans une explosion survenue dans une mine
de charbon
Deux personnes sont mortes et cinq ont été blessées dans une explosion
survenue dans une mine de charbon à Zonguldak, dans le nord-ouest de la
Turquie, a annoncéé vendredi le gouverneur de la province aux médias
turcs.
"Une explosion de grisou s'est produite à 10h00 dans la mine. Huit
personnes se trouvaient dans la galerie, sept ont été extraites.
Malheureusement, deux de nos mineurs sont arrivés décédés à l'hôpital.
Cinq autres ont été blessés", a affirmé le gouverneur de Zonguldak,
Osman Hacibektasoglu.
"Un des mineurs se trouve toujours dans la mine. Nous avons établi le
contact avec lui et nous essayons de le sortir", a-t-il ajouté, sans
pouvoir confirmer son état de santé. Deux des blessés souffrent de
brûlures et sont dans un état grave.
Début octobre, cinq personnes avaient été tuées dans l'effondrement
d'une mine de charbon dans l'ouest du pays.
Soma, aussi dans l'ouest, a été le théâtre de la catastrophe minière la
plus meurtrière de l'histoire de la Turquie en 2014, lorsque 301
mineurs sont morts d'un empoisonnement au monoxyde de carbone à la
suite d'un incendie souterrain déclenché par une explosion.
Les témoignages de nombreux mineurs et plusieurs rapports techniques
avaient mis en évidence une série de manquements élémentaires aux
règles de sécurité, notamment un manque de détecteurs de monoxyde de
carbone.
Après cet accident meurtrier, le gouvernement avait fait voter en
urgence une réforme censée améliorer les conditions de travail des
mineurs. (AFP, 23 oct 2026)
Scandale
boursier en Turquie: 26 dirigeants et responsables de
fonds arrêtés
Les autorités turques ont interpellé 26 personnes, dont un ancien haut
fonctionnaire et des dirigeants de sociétés, dans un vaste scandale
boursier qui frappe le pays depuis septembre, a annoncé la justice
mercredi.
Un mandat d'arrêt a été émis contre 31 personnes dont 26 déjà
appréhendées, a ajouté le bureau du procureur d'Istanbul, cité par
l'agence étatique Anadolu.
Un ancien haut fonctionnaire des Finances ainsi que des dirigeants de
fonds d'investissements et de banques figurent parmi les personnes
placées en garde à vue, selon la chaîne privée turque NTV.
"Quatre sociétés cotées en bourse ont été examinées", a précisé la
chaîne. La liste comprend plusieurs gestionnaires de portefeuille et
des membres de conseils d'administration de sociétés.
Mardi, le ministre turc des Finances Mehmet Simsek avait affirmé que
tous les bénéficiaires du scandale avaient été identifiés.
Le code de l'Autorité des marchés de capitaux de Turquie (SPK) intègre
la notion de "remords effectif", qui permet notamment d'échapper à une
poursuite pénale ou, selon le cas, de bénéficier d'une réduction de
peine en versant au Trésor public "une somme égale au double du profit
obtenu".
Mais les médias et partis de l'opposition s'indignent de ce que des
personnalités, selon eux mouillées dans l'affaire, ne soient pas
inquiétées par la justice.
"Ceux qui ont réalisé des gains réels de 10 millions de livres turques
(202.000 dollars) ou plus seront contactés. En l'absence de restitution
volontaire, le ministère de la justice engagera les procédures
judiciaires appropriées", a promis le ministre des Finances sur
HaberTurk TV.
- "Ceux qui manipulent l'opinion" -
Le dossier est hautement sensible. L'affaire a déjà éclaboussé
une
ex-ministre et cadre de premier plan de l'AKP, parti du président Recep
Tayyip Erdogan.
Elle a depuis démissionné de ses fonctions mais reste l'objet des
attaques de l'opposition, n'ayant à ce jour pas été poursuivie. Le
montant de ses remboursements n'a pas été publiquement clarifié.
Le gouvernement et le parti sont fragilisés par ce scandale impliquant
131 fonds d'investissements aux actifs toxiques, qui ont dû être
liquidés.
Quelque 455.000 petits épargnants ont été lésés, 85 personnes ont été
placées en détention provisoire. Gestion des marchés et probité des
responsables au pouvoir sont depuis au coeur de débats enflammés
quotidiens.
Le président de la SPK, le gendarme de la bourse, Mahmut Sütçü, a été
limogé lundi, cinq mois après sa prise de fonction. Le parquet a obtenu
du ministre des Finances le feu vert pour ouvrir une enquête contre son
prédécesseur, Ibrahim Ömer Gönül.
L'adjoint du ministre lui-même a dû prendre sa retraite après
l'arrestation de son gendre.
Mercredi, le président Erdogan a repris la parole sur le sujet,
assurant que tout serait fait pour rembourser les épargnants, punir
ceux qui se sont enrichis et empêcher qu'un tel scandale ne se
reproduise.
Il a aussi de nouveau pointé les médias et partis de l'opposition,
alors que cinq journalistes ont été arrêtés après avoir beaucoup publié
sur l'affaire.
Les citoyens turcs, a recommandé le chef de l'Etat, "devraient se
méfier de ceux qui manipulent l'opinion publique dans les médias et les
réseaux sociaux" et "ne devraient pas prêter attention aux rumeurs
infondées et élucubrations de ceux qui sont plongés jusqu'au cou dans
la corruption". (AFP, 21 oct 2026)
Le
Lac Salé en Turquie : l'assèchement des eaux et
de la vie
Au coeur de l'Anatolie, un lac salé d'une beauté à couper le souffle.
Des flamants roses et des ouvriers du sel turcs entretiennent la vie
d'un site menacé, prisé par les touristes.
En plein centre de la Turquie, le Tuz Gölü (Lac Salé en turc), deuxième
plus grand lac du pays, est réputé pour sa splendeur naturelle et son
importance économique. Mais il est confronté à une sécheresse chronique
et à la diminution des ressources en eau.
Des centaines de flamants roses continuent pourtant de se nourrir dans
ces eaux peu profondes, 50 centimètres à peine, leurs ailes roses et
rouges offrant des scènes saisissantes au coucher du soleil sur
l'immense plaine de salines.
L'étendue lacustre demeure l'un des habitats privilégiés les plus
importants du pays pour l'espèce ainsi que pour de nombreux autres
oiseaux.
Et elle assure les deux tiers de la production nationale de sel. De
lourdes machines le récoltent en couches, que des camions transportent
vers des installations de traitement.
Le Tuz Gölü reste une source de subsistance essentielle, sous le regard
de touristes avides de selfies et de photos de leur propre reflet à la
surface miroitante, sur un arrière-plan aux mille couleurs.
Derrière cette beauté sauvage se dessine pourtant une terrible crise de
l'eau.
Selon une étude réalisée en 2024 à l'Université technique du
Moyen-Orient (METU) d'Ankara, l'utilisation intensive des eaux
souterraines à des fins agricoles, dans le bassin fermé de Konya, à
quelques dizaines de kilomètres à l'est, a accru la vulnérabilité du
lac à la sécheresse.
L'étude révèle que seulement trois pour cent des précipitations tombant
sur le bassin atteignent le lac.
En juillet 2021, le ministère de l'Agriculture a déploré la mort
d'environ 1.000 poussins de flamants roses, attribuant ces décès aux
pénuries d'eau et à l'augmentation des taux de salinité, qui ont privé
les oisillons d'une quantité d'eau suffisante.
L'avenir du site, où faune sauvage, travail humain et tourisme
coexistent, dépendra de la protection effective de ses ressources, que
le réchauffement climatique rend un peu plus rares chaque année. (AFP,
16 oct 2026)
Scandale
boursier en Turquie : feu vert pour poursuivre
l'ex-chef de l'autorité de régulation
Le ministre turc des Finances a donné son feu vert pour une enquête
contre l'ex-directeur du gendarme de la bourse dans le scandale
boursier qui fait trembler le parti au pouvoir, a annoncé l'agence
officielle Anadolu mercredi.
Les procureurs turcs chargés d'enquêter sur ce scandale lié à des fonds
d'investissement véreux veulent ouvrir une enquête contre Ibrahim Ömer
Gönül, l'ancien président de l'Autorité des marchés de capitaux de
Turquie (SPK).
Ils ont obtenu l'accord formel du ministre des Finances Mehmet Simsek,
"sur la base d'un rapport préliminaire du département d'inspection du
ministère", a précisé Anadolu.
Selon les enquêteurs, il existe des "indices clairs et suffisants"
montrant que le haut responsable aurait manqué à ses responsabilités au
cours de son mandat de quatre ans, achevé en avril dernier.
La SPK a pour mission principale de protéger les investisseurs et de
veiller à ce que les marchés financiers fonctionnent de manière
équitable, transparente et efficace.
Et elle a, à tout le moins, échoué à prévenir un vaste scandale dans
lequel quelque 455.000 petits épargnants ont été lésés. Au total, 85
personnes ont été placées en détention provisoire dans ce dossier.
L'affaire a déjà éclaboussé une ex-ministre et personnalité de premier
plan de l'AKP, le parti du président Recep Tayyip Erdogan. Elle a
depuis démissionné de toutes ses fonctions mais reste l'objet de moult
attaques de l'opposition, n'ayant à ce jour pas été inquiétée par la
justice.
La crise a débuté quand la SPK a publié, le 28 août, des directives
ordonnant aux fonds d'investissements de ne plus placer leurs actifs
sur une seule action et de diversifier leurs placements.
Pour se conformer aux nouvelles règles, les fonds ont commencé à vendre
des actions et les investisseurs à se retirer. Certains fonds ont alors
déclaré n'être pas en mesure de liquider leurs actifs assez rapidement.
La SPK a placé en liquidation sept sociétés qui géraient 131 fonds,
dont les actifs toxiques seraient évalués à environ 17 milliards de
dollars (15 milliards d'euros). (AFP, 14 oct 2026)
Quatre morts, quatre disparus lors de pluies
torrentielles à Istanbul
Quatre personnes sont mortes mercredi soir et quatre autres portées
disparues à Istanbul, frappée par des pluies d'une ampleur
exceptionnelle, qui ont perturbé le trafic à l'aéroport et provoqué
d'importants dégâts matériels, selon les autorités.
Le gouverneur de la ville, Davut Gul, a évoqué jeudi "le niveau de
précipitations le plus élevé jamais enregistré à Istanbul depuis le
début des relevés par la Direction générale de la météorologie, en
1942".
A Kagithane, district du nord de la métropole, le corps d'un homme a
été retrouvé près d'un parc. "Les démarches d'identification de la
personne sont en cours", a précisé le bureau du gouverneur, faisant
état d'un bilan de trois morts et quatre disparus, ainsi que trois
blessés dont l'état ne suscite pas d'inquiétude.
L'une des victimes est un adolescent de 14 ans, mort électrocuté en
posant un pied dans une flaque.
Les services municipaux s'employaient jeudi à dégager les rues rendues
impraticables par un enchevêtrement de branches, de débris divers et de
voitures empilées les unes sur les autres dans les eaux boueuses, a
constaté un photographe de l'AFP.
La nuit a été très agitée pour les riverains, qui tentaient encore
jeudi d'identifier leurs véhicules et de nettoyer les traces du
désastre. Stades, écoles et autres infrastructures publiques étaient
eux aussi peu à peu remis en état.
Une cinquantaine de vols au départ et à l'arrivée d'Istanbul ont été
déroutés vers d'autres aéroports, tandis qu'une vingtaine ont été
annulés.
Certains quartiers du centre-ville, construits sur des collines
escarpées et traversés de ruelles étroites, ont été quasiment
inaccessibles pendant plusieurs heures.
Dans la soirée, le gouverneur avait exhorté les habitants à rester chez
eux "sauf en cas de nécessité absolue", conseillant à ceux qui vivent
dans des logements en sous-sol "de passer la nuit à des étages plus
sûrs et plus élevés".
- Embouteillages monstres -
Il a également recommandé à la population de s'éloigner des cours
d'eau, des passages souterrains et autres zones exposées au risque
d'inondation.
Les municipalités les plus touchées sont concentrées dans les parties
nord et centrales de la rive européenne d'Istanbul.
Le métro a été maintenu jusqu'à une heure tardive dans la nuit de
mercredi à jeudi pour permettre aux gens de rentrer chez eux, tandis
qu'une bonne partie de la ville était paralysée par des embouteillages
monstres. La circulation des deux-roues a été interdite jusqu'à nouvel
ordre.
Les autorités ont par ailleurs coupé l'alimentation en eau dans
certains quartiers et parfois l'électricité, le temps que les eaux
s'évacuent. Les services ont été ensuite progressivement restaurés dans
l'après-midi.
Les écoles primaires et secondaires de la ville resteront en revanche
fermées jeudi et vendredi.
Mercredi soir, le gouvernorat faisait état de 1.277 incidents
d'inondation, 15 glissements de terrain, 47 personnes bloquées, 13
arbres abattus, deux toitures arrachées.
Près de 3.000 personnes ont été secourues dans toute la province, dont
certaines par bateau, et des opérations de sauvetage de petite
envergure se sont poursuivies jeudi. (AFP, 15 oct 2026)
Cinq morts, dont trois enfants, dans l'effondrement
d'un immeuble à Istanbul
Cinq personnes, dont trois enfants, ont été tuées à Istanbul dans
l'effondrement jeudi matin des trois premiers étages d'un immeuble qui
en comptait sept, a annoncé vendredi le bureau du gouverneur de la
ville.
"Les opérations de recherche et de sauvetage dans la zone ensevelie
sous les décombres (...) ont pris fin après la découverte du corps de
la dernière victime à 6H15 (03H15 GMT)", a-t-il précisé.
Deux fillettes âgées de 5 et 10 ans, ainsi qu'un garçon de 12 ans se
trouvent parmi les morts. Neuf autres personnes ont été retirées saines
et sauves des décombres depuis l'incident.
Situé sur la rive asiatique d'Istanbul, l'immeuble est resté debout,
avec ses quatre étages supérieurs posés sur les décombres des trois
premiers.
"Le bâtiment a été construit en 1987. Le sous-sol, le rez-de-chaussée
et les deux étages supérieurs ont été construits conformément aux
normes de l'époque, mais des étages supplémentaires ont été ajoutés
ultérieurement", a expliqué aux journalistes le vice-maire d'Istanbul
Nuri Aslan.
Cinquante-cinq personnes, qui habitaient dans des immeubles aux
alentours, ont été évacuées par mesure de sécurité, selon le bureau du
gouverneur.
Citée par les médias turcs, la gérante d'un magasin de textile situé à
l'entrée de l'immeuble a indiqué avoir remarqué, depuis avril dernier,
des fissures de plus en plus importantes sur les murs.
Plus de 1.200 bâtiments à Istanbul risqueraient ainsi de s'effondrer à
tout moment en raison de constructions hors norme et de l'utilisation
de matériaux défectueux, selon les médias locaux.
Un bâtiment vide s'était déjà effondré en août à Istanbul, mais sans
faire de victimes. (AFP, 9 oct 2026)
Monthly
work-related deaths in Turkey exceed 200 for fifth
straight month
At least 226 workers died across Turkey while working in September,
bringing the death toll for the first nine months of 2026 to at least
1,736, according to a report by the Health and Safety Labor Watch
(İSİG).
The monthly toll has now exceeded 200 for five consecutive months, the
first time that has happened since İSİG began keeping records in 2013.
İSİG recorded 155 work-related deaths in January, 129 in February, 151
in March, 190 in April, 214 in May, 228 in June, 216 in July and 227 in
August.
Of the 226 deaths in September, 79 occurred in industry, 54 in
construction, 48 in the service sector and 45 in agriculture.
Women and migrant workers
Twenty-one of those killed were women and 14 were migrant workers from
Syria, Azerbaijan, Turkmenistan, Bulgaria, Iraq, Russia and Ukraine.
At least seven of the workers who died in September were union members,
while 219 were not. Nonunion workers accounted for 97 percent of the
deaths.
Three of the child deaths occurred in agriculture, with the others
recorded in food production, textiles, metalworking, construction and
accommodation services.
Eleven of the workers who died in September were 65 or older.
Sixty-six child worker deaths in nine months
The report also recorded the deaths of eight child workers in
September. Five were 14 or younger, while three were between 15 and 17.
At least 66 child workers have died since the start of the year.
The group said Vocational Education Centers (MESEM), had become one of
the most visible areas of child labor over the past two years:
“An institutional and legal mechanism has been created to bring child
labor into production as a low-cost, even free, insecure and
unregulated workforce.
“At this point, the issue that needs to be discussed regarding MESEMs
is not only the lack of inspections or occupational safety measures,
but the model itself, which makes child labor an ordinary and
acceptable element of the labor market.”
Child labor outside the MESEM system continued informally, particularly
in agriculture, small businesses, industrial sites and seasonal work,
the goup noted.
Sectors
Construction and road work recorded the highest number of deaths by
sector, with 50 workers killed. Agriculture and forestry followed with
45 deaths, transportation with 28, municipal and general services with
16, and shipbuilding, shipyards, maritime and port work with 15.
Commerce, office work, education and cinema recorded 10 deaths,
accommodation and entertainment nine, and mining seven.
Traffic and shuttle accidents were the leading cause of work-related
deaths in September, killing 49 workers.
Another 41 workers died after falling from heights, 40 in crushing
incidents or collapses, and 30 from heart attacks or brain hemorrhages.
Electrocution caused 15 deaths, poisoning and suffocation 14, and
violence 13.
Work-related deaths were recorded in 62 cities across Turkey and in six
countries abroad during September.
İstanbul had the highest number, with 39 deaths. It was followed by
Antep with nine, Ankara and Urfa with eight each, Düzce and Manisa with
seven each, and Samsun and Trabzon with six each. (BIA,7 oct 2026)
Foot:
le patron des arbitres turcs placé en détention
Le patron des arbitres de football en Turquie et quatre autres
personnes ont été placés en détention provisoire, dans le cadre d'une
affaire qui fait trembler la Fédération turque de football (TFF), a
rapporté samedi l'agence de presse Anadolu.
En réponse à cette affaire, la TFF a communiqué pour la première fois
samedi en annonçant sur son site internet qu'elle allait, "à la lumière
de ces développements", mettre en oeuvre une réorganisation de son
comité central des arbitres (MHK).
Ferhat Gündogdu, l'actuel président de cette instance, et six autres
personnes ont comparu vendredi devant un juge, au tribunal de Caglayan
à Istanbul, pour répondre d'accusations de manipulation du processus de
gestion des arbitres.
Ils sont accusés notamment de "falsification de documents officiels",
d'"abus de confiance" et d'"acquisition illégale de données
personnelles".
Le juge a ordonné le placement en détention de cinq d'entre eux et
accordé une libération conditionnelle aux deux autres, a précisé
Anadolu.
Il s'agit du dernier scandale en date à secouer le football turc, un an
après que la TFF a suspendu 149 arbitres pour des faits de paris
illégaux.
Jeudi soir, la police spécialisée dans la lutte contre les paris
illégaux et la criminalité liée au sport avait aussi interpellé Yasin
Kol, arbitre de Süper Lig, la première division turque, et un arbitre
assistant, selon des médias.
Le ministre de la Justice, Akin Gurlek, a déclaré que les procureurs
examinaient des "allégations d'ingérence dans l'établissement des
classements des arbitres, dans les désignations (pour les matches,
ndlr), les processus de notation et de nomination, ainsi que les
examens" de contrôle de connaissances des règles.
Lors des perquisitions, la police a notamment fouillé la salle de
l'arbitrage vidéo (VAR) au siège de la TFF à Istanbul. Selon des
observateurs, l'enquête serait liée au scandale des paris de l'an
dernier et pourrait toucher la fédération.
Ces nouvelles étapes judiciaires "semblent bien être la suite de 2025,
et il est probable que cela se poursuive", a déclaré à l'AFP le
journaliste sportif Ayhan Sensoy.
Auteur en 2024 d'un livre sur le sujet ("Bahis Cukuru", soit "La Fosse
au jeu"), M. Sensoy doute que les actuels dirigeants du football turc
"aient la moindre chance de rester en fonction".
Sur le terrain, la Turquie s'est à nouveau inclinée vendredi soir en
Ligue des nations à Liège, face à la Belgique (3-0). (AFP, 3 oct 2026)
L'ex-directeur
de l'autorité de régulation dans le viseur de
la justice
Les procureurs turcs chargés d'enquêter sur un vaste scandale lié à des
fonds d'investissement veulent ouvrir une enquête contre l'ancien
président de l'autorité de régulation des marchés financiers, soupçonné
d'abus de pouvoir, rapportent dimanche des médias.
Dans une lettre adressée au ministère des Finances et datée du 30
septembre, les procureurs ont demandé l'autorisation d'ouvrir une
enquête sur Ibrahim Omer Gonul, ancien président de l'Autorité des
marchés de capitaux de Turquie (SPK), a rapporté l'agence de presse
ANKA.
Selon cette lettre, il existerait des "indices clairs et suffisants"
montrant qu'il aurait manqué à ses responsabilités au cours de son
mandat de quatre ans, achevé en avril.
En tant que principale autorité de régulation, le SPK a pour mission
principale de protéger les investisseurs et de veiller à ce que les
marchés financiers fonctionnent de manière équitable, transparente et
efficace.
L'impact du scandale ne cesse de croître, en dépit de mesures fortes
prises par le gouvernement pour calmer les marchés.
Samedi, 20 personnes ont été placées en détention provisoire par un
tribunal d'Istanbul, ce qui porte à 85 le nombre de personnes
incarcérées dans l'attente de leur procès dans cette affaire.
Le scandale a déjà éclaboussé une personnalité de premier plan du parti
au pouvoir et une ancienne ministre, contrainte à la démission le
week-end dernier après des allégations selon lesquelles elle aurait
tiré profit de la crise.
La crise a débuté quand la SPK a publié, le 28 août, des directives
ordonnant aux fonds d'investissements de ne plus placer leurs actifs
sur une seule action et de diversifier leurs placements.
Pour se conformer aux nouvelles règles, les fonds ont commencé à vendre
des actions et les investisseurs à se retirer. Certains fonds ont alors
déclaré n'être pas en mesure de liquider leurs actifs assez rapidement.
La SPK a placé en liquidation sept sociétés qui géraient 131 fonds,
dont les actifs seraient évalués à environ 17 milliards de dollars (15
milliards d'euros).
Le gouvernement a promis de retrouver les fonds et de rembourser les
455.000 petits épargnants lésés dans l'affaire.
"Notre priorité absolue est d'éviter tout préjudice à l'économie
turque", a déclaré samedi le président turc Recep Tayyip Erdogan.
"Notre deuxième priorité est de veiller à ce que toute personne ayant
tiré des gains indus soit traduite en justice. Nous nous employons à
résoudre cette question rapidement, dans le respect de la justice et de
l'équité, sans que les droits de quiconque ne soient compromis", a-t-il
ajouté. (AFP, 4 oct 2026)
Une
mine s'effondre dans l'ouest de la Turquie, cinq
morts
Cinq personnes sont mortes dans l'effondrement d'une mine dans l'ouest
de la Turquie, ont annoncé vendredi les autorités locales après la
découverte de trois nouveaux corps.
"Les opérations de recherche et de sauvetage menées après
l'effondrement de la mine dans le district de Soma sont terminées et
les corps des trois mineurs qui étaient piégés ont été retrouvés", a
indiqué le bureau du gouverneur local sur X.
L'accident s'est produit jeudi à l'heure du déjeuner dans une mine de
la province de Manisa, à une centaine de kilomètres de la station
balnéaire d'Izmir.
Sept mineurs étaient piégés par l'effondrement de la mine. Les équipes
de secours avaient d'abord récupéré les corps de deux d'entre eux,
avant d'en extraire deux autres vivants, qui ont été hospitalisés.
Le bilan total est de cinq morts, a confirmé le ministre de la Justice,
qui a demandé l'ouverture d'une enquête.
Soma a été le théâtre de la catastrophe minière la plus meurtrière de
l'histoire de la Turquie en 2014, lorsque 301 mineurs sont morts d'un
empoisonnement au monoxyde de carbone à la suite d'un incendie
souterrain déclenché par une explosion.
Les témoignages de nombreux mineurs et plusieurs rapports techniques
avaient mis en évidence une série de manquements élémentaires aux
règles de sécurité, notamment un manque de détecteurs de monoxyde de
carbone. (AFP, 2 oct 2026)
Turbulences majeures
sur le marché boursier
Ragip Duran, TVXS.GR, 28 septembre 2026
Bourse Istanbul, l'ancienne Bourse des valeurs mobilières d'Istanbul
(IMKB) depuis 2013, est en pleine turbulence depuis une semaine. Les
spécialistes parlent d'une « crise de 891 milliards de livres turques »
(environ 16 milliards d'euros) où plus de 450 000 petits investisseurs
risquent de perdre leur capital investi et les intérêts anticipés.
Le parquet a arrêté et emprisonné 26 personnes, cadres supérieurs de
ces sociétés de fonds d'investissement, et 51 autres directeurs ont été
interdits de quitter le pays.
Des professeurs d'université, des PDG, d'anciens hauts bureaucrates,
des spécialistes de la finance, tous membres des conseils
d'administration de ces sociétés de fonds d'investissement, attendent
en prison le jour où ils comparaîtront devant un juge.
Tout a commencé le 16 septembre dernier lorsque deux sociétés de fonds
d'investissement (Pusula et Tera) ont annoncé qu'elles ne pouvaient
plus payer leurs investisseurs. Bourse Istanbul a perdu 5,4 % de sa
valeur et le très officiel Conseil des marchés de capitaux (SPK) est
immédiatement intervenu pour calmer la tempête. Il a décidé la
liquidation pure et simple de 7 sociétés qui gèrent 131 fonds.
« Les personnes impliquées dans la fraude aux fonds savent quelles
personnalités politiques en sont les instigatrices. Les bureaucrates
subissent des pressions et font l'objet de chantage », a déclaré M.
Deniz Yavuzyilmaz, député de Zonguldak (mer Noire) du Nouveau Parti,
principale formation de l'opposition.
L'état de l'économie et des finances en Turquie va de mal en pis, comme
le constate l'ensemble des observateurs en Turquie et à l'étranger.
Le parquet d'Istanbul, « pour des raisons de sécurité nationale et de
protection de l'ordre public », a décidé jeudi soir d'interdire
plusieurs articles publiés dans les médias turcs sur « la crise des
fonds ».
Mahfi Egilmez, ancien haut responsable du ministère des Finances et de
la Banque mondiale, pose la question suivante dans son article publié
sur T24.com.tr, site d'information générale : « Qui va donc rembourser
les petits investisseurs ? Ce sont les gens qui ont créé ce système et
ceux qui n'ont pas contrôlé le déroulement des opérations. »
Ali Bilge, spécialiste de l'économie et des finances, rappelle sur
Radio Apacik, la seule station de radio coopérative d'Istanbul, que «
depuis qu'Erdogan est arrivé au pouvoir en 2002, il y a eu 29 grands
scandales financiers, surtout dans le secteur bancaire et les finances
». Il estime que « dans le système du gouvernement de la présidence,
tout est concentré entre les mains du président. Il n'y a pas de
contrôle proprement dit dans ce régime. Ou bien le contrôle est
arbitraire. On contrôle seulement les institutions qui ne sont pas
proches du Palais. »
La
Turquie saisit un avion iranien criblé de dettes
La justice turque a saisi un avion de la compagnie iranienne Caspian
Airlines, ont indiqué mardi les autorités turques, des médias des deux
pays évoquant une dette de 3 millions d'euros sans lien apparent avec
les sanctions américaines.
Le Boeing 737 avait terminé l'embarquement sur le tarmac et s'apprêtait
à décoller lundi, lorsque les autorités aéroportuaires sont intervenues
pour l'en empêcher.
Sollicité par l'AFP, un haut-responsable turc a confirmé l'information
sous couvert de l'anonymat, en indiquant que l'incident était lié à "un
différend commercial", sans autre détail.
"Nous pouvons confirmer qu'un appareil de la compagnie Caspian
Airlines, à l'aéroport d'Istanbul, a fait l'objet d'une mesure
d'exécution en vertu d'une décision des autorités compétentes", a-t-il
précisé dans une réponse écrite.
"Nous ne sommes pas en mesure de confirmer le montant réclamé tel qu'il
a été rapporté, ni de commenter davantage la procédure judiciaire en
cours".
Dans un communiqué repris par la télévision d'État iranienne, Caspian
Airlines avait auparavant annoncé qu'un de ses appareils avait été
"confronté à des restrictions opérationnelles temporaires (...) en
raison d'un problème administratif en Turquie".
La télévision a expliqué que les passagers avaient été contraints de
descendre de l'avion, faisant état d'une "dette de 3 millions d'euros
pour des services de l'aéroport d'Istanbul".
Selon l'agence turque Anadolu, qui donne le même montant, les avocats
représentant la société créancière et les huissiers se sont présentés à
l'aéroport pour exécuter la saisie ordonnée par le tribunal.
Aucun lien direct n'a été fait par les médias et les autorités turques
entre cette saisie et les sanctions américaines visant les compagnies
aériennes iraniennes.
Les États-Unis ont placé sous sanctions début septembre l'ensemble du
secteur aérien de l'Iran et juré d'être intraitables à l'égard des
entreprises étrangères qui lui prêteraient assistance, sous peine
d'être à leur tour placées sur liste noire.
Pour l'heure, Ankara n'a pas cédé à ces injonctions. Plusieurs
compagnies, notamment Iran Air, continuent de proposer des vols
commerciaux réguliers entre les deux pays.
En revanche, Mahan Air, un poids lourd du transport aérien iranien, a
annoncé la semaine dernière la suspension de tous ses vols vers la
Turquie voisine à la demande d'Ankara. (AFP, 29 sept 2026)
Relations
turco-européennes / Turkey-Europe Relations
Station
Starlink incendiée en Pologne : deux Turcs
arrêtés en Allemagne
L'Allemagne a placé en détention deux ressortissants turcs soupçonnés
d'avoir incendié une station Starlink en Pologne, a déclaré lundi soir
le Premier ministre polonais Donald Tusk, qualifiant cet incendie
survenu fin septembre d'acte de "guerre hybride".
"Au nom des services polonais, la police allemande a interpellé deux
citoyens turcs soupçonnés d'avoir incendié une station Starlink en
Mazovie" (centre-est), a écrit M. Tusk sur X, ajoutant qu'il "s'agit là
d'un nouvel acte de guerre hybride".
Les deux suspects "vont répondre devant la justice polonaise", a-t-il
ajouté.
Cette station, qui appartient à l'entreprise publique de
télécommunications Exatel, sert notamment à acheminer le trafic
Internet à travers la Pologne, y compris vers l'Ukraine, selon le
ministre chargé des affaires numériques, Krzysztof Gawkowski.
Elle est également utilisée par les systèmes SpaceX qui assurent la
connectivité via les terminaux Starlink.
L'attaque s'était produite de nuit, fin septembre, et la station est
restée opérationnelle même après l'incendie. Le lendemain, M. Gawkowski
avait déclaré à la chaîne publique TVP Info que "cet acte de sabotage
visait délibérément à mettre la station hors service (...) perturbant
ainsi l'accès à Internet pour diverses institutions, dont l'armée
ukrainienne".
La Pologne, État membre de l'OTAN et de l'Union européenne situé sur le
flanc oriental des deux blocs, a accusé la Russie de "sabotage" à
plusieurs reprises depuis l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par
Moscou en 2022.
La Pologne est devenue la principale plaque tournante pour
l'acheminement de l'aide militaire et humanitaire occidentale vers
Kiev. Le mois dernier, Donald Tusk a averti que les plans de la Russie
dans le cadre de la guerre contre l'Ukraine comprenaient des frappes
"hybrides" à l'aide de drones et de missiles contre les alliés de Kiev.
(AFP, 12 oct 2026)

L'UE rappelle à la Turquie que la répression
l'éloigne de l'intégration
La répression contre les milieux LGBT, l'opposition politique et les
médias en Turquie l'éloigne de l'intégration à l'Union européenne, a
jugé vendredi la commissaire à l'élargissement Marta Kos, relançant
malgré tout l'idée d'un étroit partenariat rendu nécessaire par les
tensions internationales.
Le dossier de l'adhésion turque est au point mort depuis des années,
notamment autour des questions d'indépendance de la justice, de respect
des droits de l'homme et des minorités sexuelles et de liberté de la
presse, des sujets devenus brûlants en Turquie.
"Les derniers évènements touchant la liberté des médias, les droits des
personnes LGBTIQ+ et la démocratie locale creusent encore l'écart avec
l'objectif de la Turquie de rejoindre l'UE", a déclaré la commissaire à
Edirne (nord-ouest), près de la frontière avec la Bulgarie, au cours
d'une visite officielle.
"Notre prochain rapport sur l'élargissement, qui sera publié le 28
octobre, reflètera nos graves préoccupations dans ces domaines. Et je
ne me déroberai pas non plus à l'obligation d'énoncer les faits
publiquement et clairement".
Dans le cadre d'une campagne baptisée "Ma famille est en sécurité", une
répression s'est abattue mi-septembre sur le milieu LGBT+ en Turquie,
avec de nombreuses arrestations et fermetures de comptes de réseaux
sociaux de militants.
Des journalistes ont aussi été arrêtés, ainsi que des maires de
l'opposition dans différentes affaires. Le gouvernement a promis de
poursuivre cette campagne contre la communauté LGBT+ malgré les
protestations de l'UE et de quelques ONG internationales.
De fait, les relations entre Ankara et Bruxelles sont assez fraîches,
alors que la Turquie a déposé sa candidature dès 1987 à l'entrée dans
la Communauté économique européenne et en 1999 à l'adhésion à l'Union
européenne. Les négociationsà ce sujet, entamées en 2005, sont
complètement à l'arrêt depuis des années.
Les tensions s'étaient accrues après la tentative de putsch de juillet
2016 et les purges massives à l'encontre des opposants et des
journalistes qui avaient suivi. Le gouvernement turc est depuis accusé
de céder à la tentation de l'autoritarisme.
"Nouvelles réalités en Europe" -
L'UE dénonce aussi les positions turques sur l'île divisée de
Chypre,
où elle a instauré en 1983 une République turque de Chypre nord (RTCN),
reconnue par elle seule, à côté de la République de Chypre, membre à
part entière de l'Union européenne.
Bruxelles souhaite qu'Ankara autorise de nouveaux pourparlers sous
l'égide de l'ONU, une solution rejetée en 2024 par le président turc
Recep Tayyip Erdogan, qui revendique la reconnaissance par la
communauté internationale d'une solution à deux Etats.
De fait, le chef de l'Etat a estimé en août dernier qu'une adhésion à
l'Union européenne n'était plus une priorité, même si la candidature
n'est pas officiellement retirée.
L'UE entend toutefois développer des relations mutuellement bénéfiques
avec la Turquie, dont l'importance stratégique s'est accrue ces
dernières années, avec, entre autres, la guerre en mer Noire entre
Russie et Ukraine et les multiples conflits au Moyen-Orient.
Marta Kos a ainsi appelé à une "coopération mutuellement bénéfique qui
reflète les nouvelles réalités en Europe (...) ou dans le monde".
La commissaire a en particulier cité les attaques en mer Noire contre
les navires de commerce, dont beaucoup appartiennent à la Turquie ou
sont exploités par des sociétés turques.
"La réalité de l'Europe autour de la mer Noire a profondément changé.
Nous pouvons le voir ces derniers jours, avec les attaques de drones
visant les navires en mer Noire, ce qui montre l'importance de notre
coopération", a-t-elle relevé.
A l'occasion d'une visite à Ankara en février, Mme Kos avait jugé que
l'UE devait réexaminer ses relations avec la Turquie "d'un oeil neuf,
précisément en raison de ces nouvelles réalités". Mais un rapprochement
dépendra aussi des rapports qu'entretient ce pays avec ses voisins de
l'Union, avait-elle souligné, dans une allusion directe aux relations
gréco-turques, souvent houleuses.
De "bonnes relations de voisinage contribueraient à instaurer la
confiance entre l'UE et la Turquie", a-t-elle noté. "Cela déterminera
largement jusqu'où nous pourrons aller". (AFP, 9 oct 2026)
La
restriction des droits en Turquie
l'éloigne d'une intégration européenne
La répression qui s'abat en Turquie sur les milieux LGBT, l'opposition
politique et les médias éloigne Ankara de ses projets d'intégration
européenne, a estimé vendredi la commissaire à l'élargissement, Marta
Kos, lors d'une visite officielle.
"Les derniers développements touchant la liberté des médias, les droits
des personnes LGBTIQ+ et la démocratie locale creusent encore l'écart
avec l'objectif de la Turquie de rejoindre l'UE", a-t-elle déclaré à
Edirne (nord-ouest), près de la frontière avec la Bulgarie.
"Notre prochain rapport sur l'élargissement, qui sera publié le 28
octobre, reflètera nos graves préoccupations dans ces domaines. Et je
ne me déroberai pas non plus à l'obligation d'énoncer les faits
publiquement et clairement", a-t-elle ajouté.
La Turquie, toujours officiellement candidate, a déposé sa candidature
en 1987 à la Communauté économique européenne et en 1999 à l'Union
européenne. Mais les négociations d'adhésion entamées en 2005 sont
complètement à l'arrêt depuis plusieurs années.
Les relations s'étaient très fortement tendues après la tentative
manquée de putsch de juillet 2016 et les purges massives contre les
opposants et des journalistes qui avaient suivi.
Bruxelles demande notamment à Ankara d'accomplir des progrès en matière
de démocratie. L'organisation européenne dénonce aussi les positions
turques sur l'île divisée de Chypre, où Ankara a instauré en 1983 une
République turque de Chypre nord (RTCN), reconnue par elle seule.
L'Union européenne souhaiterait qu'Ankara autorise de nouveaux
pourparlers sous l'égide de l'ONU, solution rejetée en juillet 2024 par
le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui revendique la
reconnaissance par la communauté internationale d'une solution à deux
États.
Dans le cadre d'une campagne appelée "Ma famille est en sécurité", une
répression s'est abattue sur le milieu LGBT+ en Turquie à la
mi-septembre, avec de nombreuses arrestations et fermetures de comptes
de réseaux sociaux de militants.
Des journalistes ont aussi été arrêtés, ainsi que des maires de
l'opposition dans différentes affaires. (AFP, 9 oct 2026)
L'UE
rappelle à la Turquie que la répression
l'éloigne de l'intégration
La répression contre les milieux LGBT, l'opposition politique et les
médias en Turquie l'éloigne de l'intégration à l'Union européenne, a
jugé vendredi la commissaire à l'élargissement Marta Kos, relançant
malgré tout l'idée d'un étroit partenariat rendu nécessaire par les
tensions internationales.
Le dossier de l'adhésion turque est au point mort depuis des années,
notamment autour des questions d'indépendance de la justice, de respect
des droits de l'homme et des minorités sexuelles et de liberté de la
presse, des sujets devenus brûlants en Turquie.
"Les derniers évènements touchant la liberté des médias, les droits des
personnes LGBTIQ+ et la démocratie locale creusent encore l'écart avec
l'objectif de la Turquie de rejoindre l'UE", a déclaré la commissaire à
Edirne (nord-ouest), près de la frontière avec la Bulgarie, au cours
d'une visite officielle.
"Notre prochain rapport sur l'élargissement, qui sera publié le 28
octobre, reflètera nos graves préoccupations dans ces domaines. Et je
ne me déroberai pas non plus à l'obligation d'énoncer les faits
publiquement et clairement".
Dans le cadre d'une campagne baptisée "Ma famille est en sécurité", une
répression s'est abattue mi-septembre sur le milieu LGBT+ en Turquie,
avec de nombreuses arre
s et fermetures de comptes de réseaux
sociaux de militants.
Des journalistes ont aussi été arrêtés, ainsi que des maires de
l'opposition dans différentes affaires. Le gouvernement a promis de
poursuivre cette campagne contre la communauté LGBT+ malgré les
protestations de l'UE et de quelques ONG internationales.
De fait, les relations entre Ankara et Bruxelles sont assez fraîches,
alors que la Turquie a déposé sa candidature dès 1987 à l'entrée dans
la Communauté économique européenne et en 1999 à l'adhésion à l'Union
européenne. Les négociationsà ce sujet, entamées en 2005, sont
complètement à l'arrêt depuis des années.
Les tensions s'étaient accrues après la tentative de putsch de juillet
2016 et les purges massives à l'encontre des opposants et des
journalistes qui avaient suivi. Le gouvernement turc est depuis accusé
de céder à la tentation de l'autoritarisme.
"Nouvelles réalités en Europe" -
L'UE dénonce aussi les positions turques sur l'île divisée de
Chypre,
où elle a instauré en 1983 une République turque de Chypre nord (RTCN),
reconnue par elle seule, à côté de la République de Chypre, membre à
part entière de l'Union européenne.
Bruxelles souhaite qu'Ankara autorise de nouveaux pourparlers sous
l'égide de l'ONU, une solution rejetée en 2024 par le président turc
Recep Tayyip Erdogan, qui revendique la reconnaissance par la
communauté internationale d'une solution à deux Etats.
De fait, le chef de l'Etat a estimé en août dernier qu'une adhésion à
l'Union européenne n'était plus une priorité, même si la candidature
n'est pas officiellement retirée.
L'UE entend toutefois développer des relations mutuellement bénéfiques
avec la Turquie, dont l'importance stratégique s'est accrue ces
dernières années, avec, entre autres, la guerre en mer Noire entre
Russie et Ukraine et les multiples conflits au Moyen-Orient.
Marta Kos a ainsi appelé à une "coopération mutuellement bénéfique qui
reflète les nouvelles réalités en Europe (...) ou dans le monde".
La commissaire a en particulier cité les attaques en mer Noire contre
les navires de commerce, dont beaucoup appartiennent à la Turquie ou
sont exploités par des sociétés turques.
"La réalité de l'Europe autour de la mer Noire a profondément changé.
Nous pouvons le voir ces derniers jours, avec les attaques de drones
visant les navires en mer Noire, ce qui montre l'importance de notre
coopération", a-t-elle relevé.
A l'occasion d'une visite à Ankara en février, Mme Kos avait jugé que
l'UE devait réexaminer ses relations avec la Turquie "d'un oeil neuf,
précisément en raison de ces nouvelles réalités". Mais un rapprochement
dépendra aussi des rapports qu'entretient ce pays avec ses voisins de
l'Union, avait-elle souligné, dans une allusion directe aux relations
gréco-turques, souvent houleuses.
De "bonnes relations de voisinage contribueraient à instaurer la
confiance entre l'UE et la Turquie", a-t-elle noté. "Cela déterminera
largement jusqu'où nous pourrons aller". (AFP, 9 oct 2026)
Turquie-USA-OTAN
/
Turkey-USA-NATO
Canada et Turquie
ouvrent des négociations sur un accord de libre-échange
Le Canada, en pleine guerre commerciale avec les États-Unis, et la
Turquie ont ouvert jeudi des négociations sur un accord de
libre-échange à l'occasion de la visite du Premier ministre canadien
Mark Carney.
"Nous avons décidé d'engager des négociations en vue d'un accord de
libre-échange (...) avant la fin de l'année", a déclaré le président
turc Recep Tayyip Erdogan, lors d'une intervention commune devant les
médias.
"Nous espérons porter notre volume d'échanges, actuellement d'environ 3
milliards de dollars, à 5 milliards, puis à 10 milliards", a-t-il
ajouté, précisant vouloir "à peu près doubler le nombre de vols
directs" entre les deux pays.
"Le mois prochain, nos négociateurs se réuniront ici à Ankara pour le
premier cycle de négociations sur le libre-échange", a confirmé Mark
Carney.
"Notre objectif n'est pas l'autosuffisance, mais la résilience
collective. C'est pourquoi le Canada noue des partenariats plus étroits
avec des partenaires fiables, qui créent de nouvelles opportunités pour
nous deux", a-t-il ajouté.
"Et en Turquie, nous avons un partenaire exceptionnel", a-t-il déclaré.
Le chef du gouvernement canadien doit s'entretenir vendredi avec des
entrepreneurs turcs à Istanbul, dans des secteurs stratégiques comme
l'énergie, l'aérospatiale ou les minéraux critiques.
Le Canada et la Turquie ont aussi identifié un potentiel de coopération
en matière d'énergie nucléaire.
"Nous resserrons nos liens pour faire face aux menaces communes et
ouvrir de nouveaux marchés à nos travailleurs et à nos entreprises", a
ajouté Mark Carney, dans un message sur son compte X, en saluant un
"partenariat ambitieux".
Les deux hommes s'étaient déjà croisés au sommet de l'Otan à Ankara en
juillet, mais c'était la première visite officielle d'un chef de
gouvernement canadien en Turquie.
Ils ont annoncé par ailleurs un accord de partenariat sur l'industrie
de défense.
"Dans un monde plus dangereux et plus divisé, les alliés doivent
pouvoir compter les uns sur les autres pour disposer des équipements et
des capacités qui nous protègent. Et là aussi, nos atouts sont
complémentaires", a estimé Mark Carney.
L'ex-banquier central canadien a fait de la réduction de la dépendance
aux États-Unis et de la diversification des partenariats de son pays
l'une des pierres angulaires de son mandat, débuté en mars 2025.
Il a multiplié les déplacements à l'étranger, renouant avec certains
États - Arabie saoudite, Inde, Chine -, avec lesquels les relations
avaient été tendues, voire rompues, sous le mandat de l'ex-Premier
ministre Justin Trudeau.
Il s'est également rapproché de l'Europe. La présidente de la
Commission européenne, Ursula von der Leyen, avait proposé en septembre
de faire du Canada le premier "membre associé" de l'Union européenne.
(AFP, 22 oct 2026)
Relations
régionales / Regional Relations
L'Égypte
et Israël dénoncent l'accord maritime entre la
Libye et la Turquie
L'Égypte et Israël ont tous deux rejeté mercredi un accord de
délimitation maritime en Méditerranée entre Tripoli et Ankara validé
mardi par le Parlement libyen, basé dans l'est du pays divisé.
Cet accord "constitue une violation manifeste des droits souverains de
l'Égypte au sein de sa zone économique exclusive et de son plateau
continental", a déclaré le ministère égyptien des Affaires étrangères.
Selon Le Caire, le texte, signé il y a près de sept ans mais jusque-là
non ratifié, enfreint la Convention sur le droit de la mer et est par
conséquent "nul et non avenu et dénué de tout effet juridique".
Sa ratification par le Parlement libyen - avec le soutien de l'exécutif
de l'est, rival du gouvernement internationalement reconnu de Tripoli,
à l'ouest - "ne produit aucune conséquence juridique pour l'Égypte", a
ajouté le ministère.
L'Union européenne avait dit mardi "profondément regretter" la
ratification de l'accord, qui "porte atteinte aux droits souverains
d'États tiers", et réaffirmé sa "solidarité avec la Grèce - qui a
rejeté le vote du Parlement libyen - et Chypre.
Israël, pays proche d'Athènes comme de Nicosie, et dont les relations
avec la Turquie sont exécrables depuis le début en 2023 de la guerre à
Gaza, a "fermement" condamné le vote du Parlement libyen.
"Malheureusement, nous assistons une fois de plus aux efforts de la
Turquie pour déstabiliser la zone de la Méditerranée orientale", a
réagi le ministère israélien des Affaires étrangères dans un message
publié sur X.
Le Parlement libyen avait dans un premier temps rejeté l'accord. Sa
ratification signale un réchauffement des relations entre le maréchal
Khalifa Haftar, qui contrôle l'est libyen, et la Turquie.
La Turquie et l'Égypte sont des alliés sécuritaires proches et
coopèrent étroitement sur de nombreuses questions régionales, bien
qu'ils aient longtemps été dans des camps opposés en Libye. (AFP, 21
oct 2026)
L'Azerbaïdjan
inculpe un journaliste turc pour des appels à
un "coup d'État"
La justice de l'Azerbaïdjan a annoncé vendredi l'inculpation d'un
journaliste turc, accusé d'avoir appelé au renversement du pouvoir
azerbaïdjanais "par la force", alors que les relations entre les deux
pays alliés se sont tendues au sujet du port du voile islamique à
l'école.
Le parquet général azerbaïdjanais a indiqué dans un communiqué qu'un
"mandat d'arrêt international" avait été émis à l'encontre de Celal
Ciftci, chroniqueur au quotidien turc Sanliurfa Olay. Les autorités
judiciaires de ce pays du Caucase demandent également l'"entraide" de
leurs homologues turcs.
Le journaliste est poursuivi pour avoir appelé à "la prise du pouvoir
en République d'Azerbaïdjan par un coup d'État et par la force" et pour
avoir fait la promotion de "l'extrémisme religieux", a précisé le
parquet.
L'enquête concerne des écrits diffusés sur les réseaux sociaux après un
décret gouvernemental du 21 septembre sur les uniformes scolaires en
Azerbaïdjan.
La justice azerbaïdjanaise affirme que ces contenus, y compris des
éléments générés par l'intelligence artificielle, appelaient à un coup
d'État et à la violence religieuse, sans toutefois reproduire ces
propos.
Aucun détail n'est donné sur l'endroit où se trouve Celal Ciftci.
Le décret du 21 septembre interdit les ajouts aux uniformes scolaires
jugés incompatibles avec l'enseignement laïque. Bien que le texte ne
mentionne pas explicitement le hijab, certaines écolières qui le
portent auraient été refoulées d'établissements scolaires, provoquant
des manifestations.
Oktay Saral, conseiller du président turc Recep Tayyip Erdogan, a
critiqué lundi l'exclusion des élèves portant le voile et exhorté
l'Azerbaïdjan à revoir sa position.
Le parti du président Ilham Aliev, le Nouvel Azerbaïdjan, a répliqué
mardi en accusant M. Saral et des députés du parti turc au pouvoir,
l'AKP, d'ingérence dans les affaires intérieures du pays.
La Turquie et l'Azerbaïdjan, pays turcophone, entretiennent des liens
politiques, militaires et culturels étroits, et décrivent leur relation
comme "une nation, deux États".
Ancienne république soviétique, l'Azerbaïdjan est un pays
majoritairement musulman chiite, mais après des décennies au sein de
l'URSS, il est devenu l'un des États les plus laïcs du monde musulman.
(AFP, 16 oct 2026)
La
Turquie et le Pakistan vont envoyer des forces
militaires en Arabie saoudite
La Turquie et le Pakistan, liés par un pacte de défense mutuelle avec
l'Arabie Saoudite, ont annoncé lundi envoyer des forces militaires dans
le royaume, cible d'attaques régulières de la part des combattants
houthis du Yémen.
Après une réunion à Ryad, les trois pays se sont mis d'accord pour
passer "immédiatement à la mise en pratique de l'accord de défense
mutuelle", signé en août à La Mecque, et "de prendre les mesures
nécessaires pour fournir les forces et moyens militaires convenus, et
les déployer rapidement dans le royaume", est-il écrit dans un
communiqué commun des trois pays.
Le texte ne nomme pas directement les Houthis pro-iraniens, mais
"condamne dans les termes les plus forts" les frappes ayant visé les
villes saintes de Médine et La Mecque - imputées aux Houthis par
l'Arabie saoudite - ainsi que "les attaques continues sur les villes et
installations civiles et économiques" du pays.
C'est la première fois que cet accord associant la deuxième armée de
l'Otan (la Turquie), la principale puissance du Golfe (Arabie Saoudite)
et la seule puissance nucléaire du monde musulman (le Pakistan) est mis
en action.
Les hostilités entre les forces gouvernementales yéménites, soutenues
par l'Arabie saoudite, et les combattants houthis, au pouvoir dans une
grande partie du Yémen depuis une décennie, ont repris en juillet après
des années d'accalmie, ouvrant un nouveau front dans la guerre au
Moyen-Orient.
A l'issue d'une offensive éclair en septembre, les Houthis ont pris le
contrôle de tout le littoral ouest du Yémen, bordant la mer Rouge. Et
ils ciblent depuis régulièrement les installations pétrolières et
militaires du royaume voisin.
L'Arabie saoudite et les forces gouvernementales yéménites, peinant à
repousser les attaques des Houthis, ont plusieurs fois demandé du
soutien international, notamment des Etats-Unis, sans succès jusqu'ici.
- Espace aérien "pas sûr" -
Soutenues par les avions de combat saoudiens, les forces
gouvernementales du Yémen ont annoncé dimanche une vaste
contre-offensive pour reprendre aux Houthis les territoires récemment
conquis, voire les déloger de l'ensemble du pays.
Elles ont affirmé avoir mené plus de 1.000 frappes, et lancé une
offensive sur la capitale Sanaa, aux mains des Houthis depuis 2015.
La coalition dirigée par l'Arabie saoudite, alliée militaire depuis
2015 du gouvernement yéménite réfugié à Aden, a reconnu un "soutien
aérien 24H/24 aux forces armées yéménites au sol", indiquant que "100
avions de combat ont participé" à l'offensive et que "324 cibles de
grande valeur" ont été détruites.
Selon les Houthis, une femme et une fillette ont péri dans des
bombardements dans la province de Sanaa.
Ces combattants ont de leur côté averti les compagnies aériennes
que
le ciel au-dessus de l'Arabie saoudite n'était "pas sûr" - à
l'exception des villes saintes de Médine et La Mecque, qu'ils
soutiennent ne jamais avoir visées.
Dans la soirée, des fortes explosions ont été entendues à Ryad par un
journaliste de l'AFP et des habitants.
"J'ai vu mes fenêtres trembler", a décrit l'un d'eux, résidant non loin
de l'aéroport international de la capitale saoudienne.
- Oléoduc à l'arrêt -
Dimanche, le très stratégique oléoduc Est-Ouest, qui permet à
l'Arabie
saoudite de transférer son pétrole bloqué à l'est à cause du
verrouillage du détroit d'Ormuz vers l'ouest du royaume, avait
également été pris pour cible, et a été mis à l'arrêt - il avait déjà
dû l'être le mois dernier.
"Une station de pompage située à Khurais, à l'est de Ryad, a été
touchée. Elle n'avait jamais été visée auparavant. Les dégâts sont
importants et les pompages ont de nouveau été interrompus", a indiqué à
l'AFP une source du secteur énergétique.
Le patron du géant pétrolier saoudien Aramco a mis en garde contre le
niveau "dangereusement faible" des stocks mondiaux de pétrole, quelques
jours après que les pays du G7 ont annoncé une libération des stocks
pour atténuer les inquiétudes concernant l'approvisionnement.
La coalition a elle également déclaré "assurer la protection aérienne
du détroit de Bab el-Mandeb", essentiel pour le transport des
hydrocarbures.
Les Houthis avaient renforcé en septembre leur contrôle sur ce détroit,
dont l'importance stratégique s'est accrue avec le verrouillage par
l'Iran de celui d'Ormuz, de l'autre côté de la péninsule arabique,
après le début de la guerre au Moyen-Orient en février.
Les combats entre les forces gouvernementales et les Houthis se
poursuivent aussi sur le littoral du Yémen, où des sources militaires
ont affirmé lundi que les forces progouvernementales avaient coupé la
seule voie d'approvisionnement vers la ville de Mokha, prise par les
Houthis en septembre - s'abstenant toutefois de confirmer
officiellement la reprise de ce port stratégique. (AFP, 5 oct 2026)
Ryad
accuse les Houthis d'avoir mené une attaque à
Médine en Arabie saoudite
Les Houthis pro-iraniens du Yémen ont attaqué un transformateur
électrique dans la ville sainte de Médine en Arabie saoudite, selon la
coalition militaire dirigée par Ryad, un acte fermement condamné jeudi
par plusieurs pays musulmans.
"Ce lâche attentat, visant une infrastructure civile alimentant en
électricité la mosquée du prophète à Médine, s'inscrit dans les
tentatives de cette milice extrémiste de cibler les deux mosquées
saintes et la provocation délibérée de millions de musulmans en s'en
prenant à La Mecque et Médine", souligne le communiqué de la coalition
publié sur X, précisant que l'attaque s'était produite mardi.
Ryad, allié du gouvernement yéménite, avait déjà accusé à la
mi-septembre les Houthis d'avoir mené une attaque de drone contre La
Mecque, ce qu'avaient démenti ces combattants pro-iraniens.
Les Houthis ont rejeté jeudi toute responsabilité dans d'éventuelles
attaques contre ces lieux saints, par la voix de Mehdi al-Machat, chef
du conseil politique suprême cité par la chaîne Almasirah.
La Mecque et Médine, dans l'ouest de l'Arabie saoudite, sont les deux
villes les plus sacrées de l'islam. Médine abrite le tombeau du
prophète Mahomet.
- Vague de condamnations -
Le gouvernement yéménite, soutenu par Ryad et reconnu par la
communauté internationale, a dénoncé "une violation flagrante de la
souveraineté du Royaume d'Arabie saoudite et du caractère sacré de
Médine, ainsi qu'une provocation délibérée à l'égard des musulmans du
monde entier".
Le Yémen "considère la milice terroriste houthie et le régime iranien
qui la soutient entièrement responsables de cette attaque", a écrit le
ministère yéménite des Affaires étrangères sur X.
L'attaque a soulevé une vague de condamnations dans la région.
"Le Qatar considère cet acte comme une grave atteinte au caractère
sacré des lieux saints de l'islam, une provocation manifeste des
sentiments des musulmans, un mépris inacceptable pour les vies civiles,
une violation flagrante de la souveraineté de l'Arabie saoudite et une
transgression évidente du droit international", a dénoncé le ministère
des Affaires étrangères de l'émirat.
Pour la Ligue arabe, "cette attaque suscite la colère des musulmans du
monde entier et traduit une dangereuse escalade de la part de la milice
houthie", a indiqué l'organisation dans un communiqué.
La mosquée Al-Azhar du Caire, siège de la plus haute autorité de
l'islam sunnite, a également exprimé son "rejet catégorique" de cette
attaque "qui menace la sécurité de la Cité du Messager d'Allah (paix
soit sur lui) et la met en danger".
Le Soudan a dénoncé un "acte haineux".
"Nous condamnons fermement l'attaque des Houthis contre les
infrastructures civiles" à Médine, a réagi pour sa part le ministère
turc des affaires étrangères dans un communiqué jeudi, réaffirmant son
soutien à son allié saoudien.
"Ces attaques provocatrices, qui menacent la souveraineté et la
sécurité de l'Arabie saoudite et visent les valeurs sacrées du monde
islamique, doivent cesser immédiatement et sans condition".
La Turquie, le Pakistan et l'Arabie Saoudite sont liés par un pacte de
défense mutuelle, signé en août à la Mecque. Malgré cet accord,
Islamabad et Ankara n'ont jusqu'à présent pas riposté aux frappes des
Houthis yéménites contre l'Arabie saoudite. (AFP, 2 oct 2026)
Arrestation d'un
suspect majeur d'un attentat en 2013 près de la Syrie
Les services secrets turcs ont arrêté un suspect clé dans la double
attaque meurtrière, survenue en 2013 près de la frontière syrienne, qui
avait fait 53 morts en marge de la guerre civile en Syrie, ont annoncé
jeudi les médias turcs.
Omar al-Khatib, objet d'une notice rouge d'Interpol et de nationalité
syrienne selon l'agence Anadolu, serait le coordinateur de l'opération
entre les auteurs de l'attaque et des responsables des services de
renseignement fidèles au président syrien de l'époque, Bachar al-Assad.
Il a été arrêté par les services de renseignement intérieurs turcs
(MIT), alors qu'il tentait de fuir vers l'Europe par la mer, ont ajouté
ces médias en citant des sources sécuritaires.
La date et le lieu précis de l'arrestation n'ont pas été précisés.
Le double attentat aux voitures piégées, dans le district de Reyhanli
(sud-est), avait constitué l'attaque la plus meurtrière en Turquie liée
aux répercussions de la guerre civile en Syrie, démarrée en 2011.
A l'époque, Ankara avait accusé des groupes extrémistes turcs soutenus
par le gouvernement syrien, des accusations que Damas avait rejetées.
Avant l'attentat, le suspect était entré en Turquie par Hatay (sud-est)
pour identifier les lieux où l'attaque devait être menée, selon le
quotidien Hürriyet. Il aurait également remis aux auteurs le mécanisme
utilisé pour l'attentat.
Les participants auraient été récompensés financièrement par le régime
syrien de l'époque, affirme Hürriyet.
Le quotidien rappelle que quatre autres auteurs de l'attentat arrêtés
ces dernières années ont été condamnés à des peines de prison à vie.
Kifah Melhem, présenté comme le commanditaire, est devenu le chef du
Bureau de la sécurité nationale syrienne en février 2024 et aurait fui
le territoire après la chute d'Assad en décembre de la même année,
toujours selon Hürriyet.
Il figure dans une liste des personnalités syriennes sous sanction du
département d'État américain, selon un document daté d'août 2020 sur
son site.
La Turquie a été un fervent soutien des rebelles syriens cherchant à
renverser Assad et a accueilli des millions de Syriens ayant fui le
conflit.
Depuis la destitution d'Assad, Ankara a noué des liens très étroits
avec les nouvelles autorités syriennes, dirigées par le président Ahmed
al-Chareh. (AFP, 1 oct 2026)
Somalie : la Turquie, partenaire majeur, happée
dans les rivalités internes
La Turquie a lourdement investi politiquement et économiquement en
Somalie, mais où elle se retrouve entraînée dans les rivalités
intérieures violentes qui agitent ce pays miné par des années sans
véritable Etat central, par les luttes claniques et par une
insurrection islamiste.
Lundi, autour de la localité de Baidoa, des avions de combat turcs ont
tiré des missiles pour soutenir les troupes fédérales somaliennes lors
d'une nouvelle offensive menée sur cette ville de centaines de milliers
d'habitants par les forces loyales au gouverneur déchu de l'Etat
somalien du Sud-Ouest, Abdiaziz Laftagareen.
La Turquie est également accusée d'avoir mené la frappe aérienne qui a
blessé le 3 septembre, dans sa demeure de Dolow, ville du sud-ouest
somalien, le général Mahad Abdirahman, un proche d'Abdiaziz
Laftagareen, même si le gouvernement fédéral somalien nie toute
responsabilité.
Cet incident a provoqué de rares manifestations antiturques dans la
zone, au cours desquelles le drapeau de la Turquie a été brûlé et des
portraits de son président Recep Tayyip Erdogan saccagés.
"La Turquie est une nouvelle puissance coloniale qui occupe la Somalie
et tuent les Somaliens", a accusé un responsable local, Omar Abdullahi,
haranguant des manifestants dans la localité voisine d'Afmadow.
-
Hostilité croissante -
Plusieurs partenaires occidentaux de la Somalie, dont les
Etats-Unis
ou l'Union européenne, ont fini ces dernières années par se lasser
d'injecter des fonds depuis deux décennies sans voir de progrès
politiques ou sécuritaires en Somalie, entravés par le clientélisme, la
corruption et les luttes intestines de sa classe politique somalienne,
et ont commencé à fermer le robinet.
La Turquie, elle, a établi en Somalie sa plus vaste base militaire hors
de ses frontières. Elle achève une base de lancement spatial sur la
côte somalienne et fore au large à la recherche de pétrole.
Elle entraîne les forces fédérales somaliennes, fournit de l'aide en
périodes de sécheresse, d'inondations ou de famine, a participé à la
modernisation de la capitale, désormais dotée de routes neuves et de
lampadaires, et dont le port et l'aéroport sont gérés par des
entreprises turques. (AFP, 29 sept 2026)
Chypre
et la Grèce / Cyprus and Greece
Immigration
/ Migration
Mihrac Ural arrêté par Damas: un responsable libanais affirme qu'il a été
"enlevé"
Un responsable libanais a affirmé vendredi qu'un chef paramilitaire
turco-syrien allié de Bachar al-Assad, dont Damas avait annoncé
l'arrestation, avait en fait été "enlevé" au Liban par les services de
renseignement syriens et turcs, assurant que Beyrouth n'avait pas été
informé.
L'agence officielle syrienne Sana avait fait état jeudi de
l'interpellation d'Ali Kayali, alias Mihrac Ural, principal suspect du
massacre qui avait fait au moins 248 morts à Banias et Bayda en 2013,
pendant la guerre civile en Syrie.
Selon une source sécuritaire syrienne à l'AFP, l'homme d'origine turque
mais naturalisé syrien a été "appréhendé au Liban lors d'une opération
sécuritaire coordonnée avec la partie libanaise".
Mais un responsable de sécurité libanais, qui a requis l'anonymat en
raison du caractère sensible de l'information, a livré une autre
version des faits, assurant à l'AFP que les autorités "n'étaient pas au
courant" de l'opération.
"Des membres des services de renseignement syriens et turcs ont enlevé
l'homme à Mansourieh", dans la montagne près de Beyrouth, et l'ont
emmené "à l'ambassade de Syrie au Liban, puis transféré en Syrie", a
précisé cette source.
Le responsable a ajouté qu'Ali Kayali résidait au Liban depuis la chute
d'Assad en décembre 2024.
L'agence Sana a de son côté affirmé qu'il avait été appréhendé "alors
qu'il tentait de fuir en franchissant la frontière".
Ali Kayali, surnommé le "boucher de Banias", dirigeait un groupe
paramilitaire qui combattait aux côtés des troupes de l'ex-président
syrien pendant la guerre civile.
L'ONG Human Rights Watch (HRW) avait qualifié les massacres dont il est
accusé de "l'un des épisodes d'exécutions de masse les plus meurtriers"
de la guerre civile.
La Syrie et le Liban tentent d'écrire une nouvelle page de leurs
relations bilatérales depuis la chute d'Assad, et l'arrivée au pouvoir
d'une coalition islamiste qui a arrêté des dizaines de responsables du
régime déchu.
Le Liban, soupçonné d'avoir accueilli des responsables du pouvoir
d'Assad, a ainsi arrêté en septembre un ancien officier des services de
renseignement syriens, après avoir extradé en août vers Damas un ancien
général accusé de crimes, en particulier de meurtre et de torture.
Selon l'agence officielle turque Anadolu, Mihrac Ural, marié à une
proche de la famille Assad, est en outre soupçonné d'avoir planifié,
avec l'aide des services de renseignement d'Assad, un double attentat à
la voiture piégée qui a fait 53 morts le 11 mai 2013 à Reyhanli, dans
le sud-est de la Turquie.
Les services turcs ont récemment arrêté un suspect clé dans ce double
attentat qui avait constitué l'attaque la plus meurtrière en Turquie
liée aux répercussions de la guerre civile en Syrie. (AFP, 16 oct 2026)
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